• L’État coule le #transport_fluvial
    https://reporterre.net/L-Etat-coule-le-transport-fluvial

    C’est la première fois que le vote annuel du budget de Voies navigables de France (#VNF, cet établissement public à caractère administratif gère et exploite le réseau fluvial français) soulève une telle tempête. Tous les membres du conseil d’administration, parmi lesquels Transport et logistique de France (#TLF, la première organisation professionnelle représentative des métiers du transport) et #France_Nature_Environnement, s’opposent farouchement à l’#État. Au point d’avoir tous signé le 20 décembre un communiqué de presse intitulé « Les #voies_navigables lâchées par le gouvernement ». Une manifestation de colère inédite dans le petit monde du transport #fluvial.

    explications...


  • Les #CCAS en première ligne pour aider des usagers désorientés | Banque des Territoires
    https://www.banquedesterritoires.fr/les-ccas-en-premiere-ligne-pour-aider-des-usagers-desorientes

    Les méfaits de la #dématérialisation dénoncés par le récent rapport du Défenseur des #droits sont tout sauf une surprise pour l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas). « A chaque fois qu’un guichet administratif ferme, les CCAS constatent un afflux de personnes, dont beaucoup ne faisaient pas partie de leur public habituel », relève Benoît Calmels, le délégué général de l’Unccas.


  • Raspoutitsa
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Raspoutitsa


    Dimanche le 22 juin 1941 les généraux de Hitler lancent l’opération Barbarossa , l’invasion militaire de l’Union soviétique. Le jour suivant mon grand-père rentre du travail au ministère de l’Aviation à #Wilhelmstraße et déclare : La guerre est perdue. Désormais l’enjeu est de survivre.

    Pourtant
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Op%C3%A9ration_Barbarossa#L'attaque_initiale

    Cette attaque commence sans déclaration de guerre à 3 h 30 (par 2770 avions ) et vise 66 aérodromes soviétiques. Elle a des résultats désastreux pour l’Armée rouge, puisqu’elle donne à la Luftwaffe la maîtrise absolue du ciel soviétique pendant plusieurs semaines.

    Ce qui m’a toujours étonné c’est l’aveuglement des états-majors alors que la folie de l’opération était évidente pour chacun maîtrisant les opérations mathématiques de base. La météo russe avait déjà fait échouer Napoléon 130 ans auparavant. Pourtant l’empereur avait arrangé des coalitions avec la majorité des pays d’Europe contrairement à l’Allemagne nazie qui était en guerre contre la quasi totalité de ses voisins.

    The Treachery of the Climate : How German Meteorological Errors and the Rasputitsa Helped Defeat Hitler‘s Army at Moscow
    https://www.tcc.fl.edu/media/divisions/library/citation-guide/turabianx2fchicago/Turabian-Sample-2012-Footnotes_ADA.pdf


    A German infantryman walks toward the body of a killed Soviet soldier and a burning BT-7 light tank in the southern Soviet Union in in 1941, during the early days of Operation Barbarossa.

    ... on June 22, 1941, Hitler ordered his armies to mount Operation Barbarossa, a mammoth invasion of the Soviet Union:thelast major power incontinental Europe capable of resisting the Nazis.
    ...
    Hitler blamed his generals for the failure of Operations Barbarossa and Typhoon and immediately sacked several dozen top commanders, but the Führer and his meteorologists bore the greater responsibility for the German defeat. More than any other factor, however, it was the Rasputitsa that halted the Moscow Blitzkrieg in its tracks and sabotaged the Germans‘ resupply effort. As Guderian observed that fateful fall, ―We have seriously underestimated the Russians, the extent of the country and the treachery of the climate. This is the revenge of reality.― By impeding the Nazi plan to decisively defeat the Red army before the onset of winter, the Russian Rasputitsap layed a critical role in the Nazis‘ ultimate defeat.

    The Crucial Role of the Operational Artist : A Case Study of Operation Barbarossa
    https://apps.dtic.mil/dtic/tr/fulltext/u2/1039919.pdf

    Operation Barbarossa helps one to understand that tactical success cannot prevent strategic failure if the responsible military leader, the operational artist, is not able to exercise operational art as the crucial bridge between tactical actions and the overall policy aim. The analysis of the planning and the execution phases of Operation Barbarossa is therefore relevant because it reveals the crucial function of the operational artist at the intersection of political aims and military actions and thereby calls for a new emphasis within today’s doctrinal understanding of operational art.

    Effects of Climate on Combat in European Russia
    http://www.allworldwars.com/Effects-of-Climate-on-Combat-in-European-Russia.html

    This study was prepared by a committee of former German generals and general staff officers under the supervision of the Historical Division, EUCOM. The material, based on the personal experiences of the principal author and his associates, was written largely from memory, with some assistance from diaries, earlier studies, and documents. All the German officers involved had extensive experience on the Eastern Front during the period 1941-45. The principal author, for example [Raus], commanded in succession a panzer division, a panzer army, and an army group.

    #histoire #guerre #climat #météorologie

    • Martin van Creveld (cité dans ta dernière référence) pense que Barbarossa était perdue avant même l’attaque. Spécialiste de logistique, il constate l’impossibilité absolue de rassembler les approvisionnements nécessaires et le blocage de l’offensive avant même la raspoutitsa.

      En conclusion de cette partie (le chapitre 5), il ajoute, en plus, que de toutes façons, c’était perdu stratégiquement, mais qu’Hitler n’avait pas vraiment d’autre choix…

      Supplying War : Logistics from Wallenstein to Patton – 2nd edition | European history : general interest | Cambridge University Press
      https://www.cambridge.org/fr/academic/subjects/history/european-history-general-interest/supplying-war-logistics-wallenstein-patton-2nd-edition

      Why did Napoleon succeed in 1805 but fail in 1812? Could the European half of World War II have been ended in 1944? These are only two of the many questions that form the subject-matter of this meticulously researched, lively book. Drawing on a very wide range of sources, van Creveld examines the specifics of war: namely, those formidable problems of movement and supply, transportation and administration, so often mentioned - but rarely explored - by the vast majority of books on military history. In doing so he casts his net far and wide, from Gustavus Adolphus to Rommel, from Marlborough to Patton, subjecting the operations of each to a thorough analysis from an unusual point of view. In this edition with a new introduction, van Creveld revisits his now-classic text, and comments in a new afterword on the role of logistics in high-tech, modern warfare.

      Un immense classique ! À lire !

    • Merci pour vos commentaires. Je m’intéresse surtout à la question « que pouvaient savoir et comprendre les Allemands des événements qui se développaient autour d’eux ».

      Les nazis s’inspiraient des succès militaires du 19ème siècle. Pendant 100 ans les armées prusses gagnaient systématiquement toutes les guerres et construitsaient l’unité nationale à travers ses victoires. Les nazis voyaient la défaite de 1918 comme un lapsus historique et envisagaient d’unifier l’Europe avec les moyens du 19ème siècle à savoir les batailles militaires.

      Pour les conservateurs parmi les Allemands cette perspective était complètement plausible. Ils ne comprenaient pas que l’ére des guerres « productives » était terminée et désormais chaque nouvelle guerre entre grandes puissances devait systématiquement finir en hécatombe sans rentabilité selon les critères anciens. Mao Tse-Toung et Ho Chi Minh ont montré que c’est pareil pour les grandes puissance quand ils s’engagent dans les guerres asymmétrques.

      Je ne suis pas sûr si Hitler avait comme unique choix l’attaque de l’Union soviétique déjà en 1941. Il aurait pu attendre un moment plus propice et en préparant le terrain. Mai c’est une question sans importance par ce que de toute manière ses décisions ne suivaient aucune règle apart celles imposées par sa volonté fanatique d’en finir avec les juifs.

      Cette guerre ne suivait aucune règle et aucun plan traditionnel et le début de l’opération Barbarossa aurait dû pousser chaque militaire intelligent à tirer la même conclusion que mon grand-père. Pourtant les Stauffenberg et Beck continuaient encore pendant deux ans à soutenir la guerre nazie et leur politique d’extermination des Unternmensch .

      Alors que savaient les Allemands même s’ils ignoraient forcément des détails et ne comprenaient pas la signification de chaque événement ? J’ai des éléments qui me font penser qu’ils savaient tout. Ils savaint surtout qu’on assassinait les habitants civils de régions entières, de préférence quand il s’agissait de juifs dépourvus de la solidarité de leurs compatriotes.

      Alors quels options avaient les Allemands et 1941, que pouvaient-ils faire ? Bien sûr il était impossible pour eux d’arrêter la machine de guerre et d’oppression, mais il restait à chacun le choix de prendre quelques petits risques et de s’entraider, de saboter le système en suivant strictement toutes ses règles et de ne rien contribuer au mal sauf sous contrainte directe.

      C’est honteux mais beaucoup d’Allemands soutenaient le régime activement et de plein gré. Les nazis c’étaient les voisin et les membres de la famille. On était ou criminel sois-même ou entouré de criminels dont les crimes étaient perçus comme des actes de bravoure chevaleresque. Ceci nous semble peu cempréhensible aujourd’hui, mais il est possible de convaincre tout un peuple à se ruer sur ses voisin pour les voler, torturer et assassiner.

      La même chose est en train de se passer là, dans cette seconde, à bien des endroits dans le monde. A nous de combattre les forces qui y poussent les peuples.

    • Pour la résistance de certains Allemands à Hitler et l’apathie des généraux allemands (et de la population), j’avais lu le bouquin de Joachim Fest, La résistance allemande à Hitler publié chez Perrin.

      Concernant le lancement de Barbarossa, Hitler voulait absolument attaquer l’URSS (l’élimination des Juifs n’était pas le premier objectif, loin de là) par idéologie ( Lebensraum (doctrine de l’espace vital), Slaves considérés comme des sous-hommes, rejet absolu du communisme), nécessité économique (blé ukrainien, pétrole caucasien) et pensait n’en faire qu’une bouchée, comme pour la France. D’ailleurs, les pertes soviétiques initiales n’ont pu que confirmer cette impression dans un premier temps et pouvait laisser penser à un effondrement du régime soviétique qui n’a finalement pas eu lieu. Enfin, le renseignement militaire allemand s’est complètement planté sur son évaluation des forces soviétiques (147 divisions le 5 août 1941 avant de se rendre compte qu’il y en avait 580 le 31 décembre).


  • L’impact du couple sur les inégalités de revenus - Xerfi Canal | France Stratégie
    https://www.strategie.gouv.fr/actualites/limpact-couple-inegalites-de-revenus-xerfi-canal
    https://youtu.be/fkj9Zeb0y8Y

    #Travail des #femmes, recul du #couple, renforcement de l’#homogamie de #revenus : quels sont les effets sur les #inégalités des évolutions sociales de ces vingt dernières années en France ?

    https://www.strategie.gouv.fr/publications/couple-contribue-t-reduire-inegalites



  • Tapis - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2019/02/04/tapis

    J’ai commencé à empiler mes petites courses de fin de semaine sur le long tapis quand je les vois arriver derrière moi, un couple de gens pratiquement aussi petits que moi et avec juste quelques articles dans les bras. Je suis loin d’avoir rempli le caddy, mais bon, y a pas photo, pour eux, ce sera l’affaire d’une minute, alors je recule ce que j’ai déjà déposé sur le tapis et je leur propose de passer avant moi.


  • Face à l’explosion des loyers à Berlin, un puissant mouvement d’habitants veut exproprier les gros bailleurs privés
    https://www.bastamag.net/Face-a-l-explosion-des-loyers-a-Berlin-un-puissant-mouvement-d-habitants-v

    En France, les loyers continuent d’augmenter, le mal-logement de s’enraciner avec 4 millions de personnes concernées, alors que la loi Elan ouvre la voie à la privatisation du #Logement social et que la construction de logements à loyer modéré diminue. Les élus devraient peut-être regarder du côté de Berlin, également confrontée à l’explosion des loyers et à la difficulté de se loger. Un large mouvement y demande un référendum d’initiative citoyenne. Objectif : exproprier les grands bailleurs privés, qui (...)

    #Inventer

    / #Luttes_sociales, #Habitat_écologique_et_social, #Innovation_politique, #Garantir_l'accès_au_logement, #Europe, #Reportages, Logement, A la (...)

    • « Les sociétés capitalistiques qui ont racheté des logements en masse veulent juste faire de l’argent avec, et distribuer des dividendes à leurs actionnaires », dénonce Katalin Gennburg. Les locataires qui ne peuvent plus payer partent, le plus souvent en périphérie. C’est ce que les habitants de la Karl-Marx-Allee ont craint quand ils ont appris que leurs logements devaient bientôt être une nouvelle fois revendus, à la plus grande société immobilière privée de Berlin, Deutsche Wohnen. Créée en 1998 par la Deutsche Bank, elle possède aujourd’hui plus de 110 000 appartements dans la capitale.

      Autant de loyers payés chaque mois qui servent surtout à enrichir les actionnaires de l’entreprise cotée en bourse. En 2017, Deutsche Wohnen a versé à ses actionnaires plus de 260 millions d’euros de dividendes, 80 millions d’euros de plus que l’année précédente.



  • Grosse enquête de @lahorde : Gilets jaunes : quand les nationalistes font les Zouaves…
    http://lahorde.samizdat.net/2019/02/03/gilets-jaunes-quand-les-nationalistes-font-les-zouaves

    Le 10 janvier 2019, de jeunes militants d’extrême droite, appartenant la plupart à un groupe intitulé « Zouaves Paris », passent en procès pour des faits de violence, mettant sous la lumière ce groupe qui n’existe que par sa violence parfaitement assumée, son discours politique étant pour ainsi dire nul. Dernier méfait en date : l’attaque samedi 26 janvier 2019 de militants du NPA. Afin de comprendre à qui l’on a affaire et s’organiser en conséquence, voici quelques éléments sur la genèse du groupe et sa composition.

    #extreme_droite #nationalisme #identitaires


  • « On ne comptait pas un seul jeune » : aux réunions du #grand_débat national, les #seniors ont le pouvoir
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/on-ne-comptait-pas-un-seul-jeune-aux-reunions-du-grand-debat-national-l

    Perte de pouvoir d’achat, inquiétude pour les générations qui viennent, dégradation des services publics ... Les seniors ont saisi la balle au bond pour exprimer leurs doléances, tandis que les jeunes semblent aux abonnés absents

    #jeunesse #politique #abstentionnisme #apolitisme


  • « Parcoursup oblige les jeunes à devenir adulte trop tôt » | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/thomas-schauder/blog/270119/parcoursup-oblige-les-jeunes-devenir-adulte-trop-tot?xtor=EREC-83-%5

    Quand on travaille dans un lycée, le mois de janvier n’est pas seulement la saison de la galette des rois et de la rhino-pharyngite : c’est la période des journées portes ouvertes, des Salons de l’orientation, et de la réouverture de Parcoursup. Il faudra répondre à l’angoisse des parents, courir après les élèves pour leur rappeler de formuler des vœux, excuser leurs absences parce qu’ils doivent visiter un IUT [institut universitaire de technologie] à 500 kilomètres de chez eux… On oublierait presque que nous sommes censés leur faire cours !

    Au-delà de Parcoursup, c’est le problème du rapport de la jeunesse à son avenir qu’il faut poser. Avec la réforme du lycée et la loi ORE (relative à l’orientation et à la réussite des étudiants), on demande aux lycéens de se conformer de plus en plus à une logique de projet (littéralement : se jeter en avant). On fait peser sur les épaules d’élèves de seconde la responsabilité d’un choix déterminant pour toute la suite des études. Comment voulez-vous que les enfants (que sont les lycéens, ne l’oublions pas) ne soient pas angoissés ?
    Rentabilité du parcours

    Tout se passe comme si le monde des adultes entrait de plus en plus tôt dans le monde des enfants. Ce processus n’est bien sûr pas nouveau, et il ne se limite pas à la question de l’orientation : par exemple, leur smartphone leur donne accès à la totalité des informations disponibles sur Internet, sans aucun filtre (1).

    Dans ce contexte, l’insistance sur le projet plutôt que sur l’ici et maintenant apporte une dimension supplémentaire : celle de la rentabilité du parcours. Il ne s’agit pas de faire quelque chose parce qu’on trouve ça intéressant, mais parce que c’est utile. « L’Homo œconomicus entrepreneur de lui-même » n’a pas de temps à perdre, car le temps, c’est de l’argent.

    Pour s’en convaincre, il suffit de jeter un coup d’œil au dernier numéro de l’année 2018 du magazine Challenges, titré « La vraie cote 2019 des diplômes – Ceux qui assurent un emploi », dont le dossier fait la part belle aux grandes écoles, sans toujours préciser le coût total de la scolarité ni si ces établissements sont publics ou bien privés.

    Même Gilles Roussel, président de la Conférence des présidents d’université (CPU), a invoqué la nécessité des « plates-formes numériques » et de « la pédagogie en mode projet ». M. Roussel essaie ainsi de vanter la « valeur » des formations universitaires, mises en concurrence sur le marché de l’éducation. Pour un lecteur de Challenges, « numérique, projet et réforme » forment un triptyque dans lequel il a confiance.

    On me répondra peut-être qu’il s’agit là d’un ajustement nécessaire du système éducatif à la marche du monde actuel. Le « There is no alternative » invoqué naguère par Margaret Thatcher a de beaux jours devant lui. Mais justement, l’éducation ne devrait-elle pas plutôt échapper à cette logique tayloriste et managériale ? Dans son livre Bullshit Jobs, David Graeber s’interroge sur l’attitude consistant à pousser les jeunes à chercher du travail, même si ce n’est qu’un « job à la con », et même si celui-ci nuit à leurs études à cause du temps et des efforts qu’il coûte. « C’est troublant – d’autant plus troublant que cette attitude paraît extrêmement répandue. Cela n’a pas toujours été le cas. Il fut un temps où […] l’on voyait d’un bon œil qu’il y ait dans la vie de ces jeunes gens quelques années au cours desquelles l’argent ne serait pas la motivation première, les laissant libres de poursuivre d’autres valeurs : la philosophie, la poésie, le sport, les expérimentations sexuelles, les états modifiés de conscience, la politique, l’histoire de l’art occidental… Aujourd’hui, ce qui compte, c’est qu’ils bossent. Que ce soit à quelque chose d’utile ou non n’a aucune espèce d’importance. » (2)

    L’angoisse que provoque Parcoursup chez les lycéens n’est que le symptôme d’une société de concurrence, de réseaux et de projets (3). Une société dont ils doivent comprendre les mécanismes, s’y adapter rapidement et les maîtriser efficacement. Toute la rhétorique sur la liberté de choix ne fait que renforcer le poids de la responsabilité : si tu échoues, ce sera de ta faute, et de ta faute uniquement. Comme l’écrivait Hannah Arendt : « C’est comme si, chaque jour, les parents disaient : (…) vous devez essayer de faire de votre mieux pour vous en tirer ; de toute façon vous n’avez pas de comptes à nous demander. Nous sommes innocents, nous nous lavons les mains de votre sort. » (4)

    (1) C. et T. Schauder, « Menaces sur l’intime et construction de la subjectivité » in Cliniques méditerranéennes n° 98, Erès, 2018.

    (2) D. Graeber, Bullshit Jobs, Les liens qui libèrent, 2018.

    (3) L. Boltanski et E. Chiapello, Le Nouvel Esprit du capitalisme, Gallimard, 1999.

    (4) H. Arendt, « La Crise de l’éducation » in La Crise de la culture, Gallimard, 1972.

    (Article initialement paru sur le site internet Le Monde Campus le 24 janvier 2019. Plus d’infos sur mon site internet : thomasschauder.fr)


  • C’est la petite musique qu’on entendait monter depuis des semaines : ça apparaissait hier dans une pétition de commerçants du centre ville de #Montpellier :
    https://e-metropolitain.fr/2019/02/01/non-aux-gilets-jaunes-a-montpellier-petitions-commercants-de-lecusso

    Ils dénoncent ces violences de casseurs, qui sont orchestrées par un groupe d’anarchistes montpelliérains bien connus de la police et de la justice…

    Ce que ces belles âmes indignées ne percutent pas, c’est que malgré ce « groupe d’anarchistes bien connus de la police » et le fait que les manifs ont systématiquement dérapé en fin de soirée tous les samedi :
    – les GJ (ceux pas anarchistes, pour faire simple) continuent à venir manifester, eux, tout en sachant que ça va se terminer de manière un peu olé-olé ; c’est vraiment fondamental dans cette histoire de « casseurs » et de cortège de tête : les manifestants ne se désolidarisent pas du mouvement, viennent tous les samedis, malgré la répétition des violences ;
    – les GJ (toujours les pas anarchistes) manifestent chaque semaine notamment contre les violences policières (encore aujourd’hui, c’était le thème) et en solidarité avec les blessés ; d’ailleurs quand tu te retrouves avec eux au moment du lâché des gaz, ils n’accusent pas un petit « groupe d’anarchistes », mais la répression policière ;
    – les gens qui se promènent en ville et qui se font gazer collatéralement le samedi n’attaquent jamais les GJ. Ça se voit, les gens sont tranquilles, et subissent les gazages et les palmiers en feu calmement. Je veux dire, depuis le temps que dure et que les médias se montent le choux sur les séditieux, si les gens (pas GJ) adhéraient à ce discours, il y aurait des règlements de compte un peu musclés, et les GJ ne pourraient pas traverser la ville en long et en large chaque semaine sans qu’il y ait quelques bagarres un peu spontanées. Je veux dire : ça n’arrive jamais, je n’ai jamais vu les manifestants se faire insulter, cracher dessus, ni encore moins molester.

    Et clairement, dans le discours sur la violence des casseurs, des anarchistes professionnels qui détourneraient le mouvement, ce qui énerve profondément les commentateurs, c’est bien que les GJ ne se lâchent pas l’affaire, continuent à rejeter la responsabilité des violences sur le gouvernement et les flics, et que la population non-GJ continue à considérer le mouvement avec sympathie. Cela malgré les dérapages et les violences absolument chaque semaine dans le centre-ville depuis des semaines et des semaines.


  • Vienne, l’utopie réalisée du logement pour tous

    https://www.lemonde.fr/smart-cities/article/2019/01/29/vienne-l-utopie-realisee-du-logement-pour-tous_5416087_4811534.html

    Vienne, l’utopie réalisée du logement pour tous

    Pionnière mondiale de l’interventionnisme urbain, la capitale autrichienne a misé dès 1919 sur l’habitat social. Résultat, 62 % des Viennois en bénéficient aujourd’hui.

    #vienne #otto_neurath #logement #urban_matter Autriche


  • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté » - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

    Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

    • Francis Dupuis-Déri : « Les hommes sont en crise dès que les femmes avancent vers plus d’égalité et de liberté »
      Erwan Cario, Libération, le 1 février 2019
      https://www.liberation.fr/debats/2019/02/01/francis-dupuis-deri-les-hommes-sont-en-crise-des-que-les-femmes-avancent-

      Quelle que soit l’époque, quel que soit le lieu, la règle semble immuable : dès que les femmes s’affranchissent un tant soit peu des rôles qui leur sont assignés, les hommes se déclarent perdus, déstabilisés, en danger… Le chercheur québécois déconstruit ce mythe qui est avant tout une manipulation rhétorique pour préserver la domination masculine.

      Qui a écrit : « Les femmes sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public » ? Non, pas Eric Zemmour, mais Caton l’Ancien, en 195 avant J.-C., alors que les Romaines se mobilisaient contre une loi leur interdisant de conduire des chars et de porter des vêtements colorés. Le polémiste réac, lui, constatait en 2006, dans son ouvrage le Premier Sexe, que « face à cette pression féminisante, indifférenciée et égalitariste, l’homme a perdu ses repères ». Vingt-deux siècles n’ont donc pas suffi pour que l’homme, le pauvre, trouve sa place dans une société par trop féminisée. Dans son dernier essaila Crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace, qui sortira jeudi en France (Editions du remue-ménage), Francis Dupuis-Déri, professeur de science politique à l’Université du Quebec à Montréal, est remonté aux origines de ce discours pour mettre en lumière ses rouages antiféministes.

      Comment cette crise de la masculinité se définit-elle à travers les âges ?

      C’est tout à fait cyclique, avec une intensification en période de crise politique ou économique. Mais elle a toujours à peu près le même canevas et elle est portée par des hommes qui occupent des positions privilégiées. Il y a cinq siècles, par exemple, au sein des cours royales, en Angleterre et en France, le roi, des évêques et des intellectuels considèrent que les hommes de la cour commencent à avoir des comportements efféminés. En parallèle - et c’est toujours comme ça avec ce discours de crise -, les femmes ne restent pas à leur place. Elles empiètent sur des domaines qui sont considérés comme masculins. C’est très élastique, cela va des modes vestimentaires et des coiffures aux métiers réservés aux hommes, en passant par la vie intime, et comment se comportent les conjointes. Cette crise concerne donc, à une époque donnée, la perception des hommes et la perception des transgressions des femmes. A partir de là, on déclare que les hommes sont déstabilisés, en danger, désespérés, perturbés, perdus, parce qu’ils n’auraient plus de modèle. C’est une rhétorique qui porte fondamentalement sur la différence entre les sexes, elle réaffirme une opposition sociale, une opposition économique, une opposition politique. On veut surtout réaffirmer une suprématie masculine dans ces domaines.

      La crise de la masculinité, c’est donc avant tout une mécanique d’autodéfense pour la domination masculine ?

      Tout à fait. On pourrait faire l’exercice avec d’autres discours de crise. D’une manière générale, quand on dit qu’il y a une crise, on appelle à l’aide et on identifie la source du problème qui doit être neutralisée. Quand c’est un incendie ou une inondation, il n’y a pas de débat politique quant à la nature de la menace, mais quand il s’agit d’un sujet social, culturel, économique ou politique, ça oppose des groupes, des catégories ou des classes entre elles. Dans ce cas-là, donc, les hommes appellent les autorités à agir en leur faveur.

      Le problème n’est donc pas la masculinité en crise, mais les femmes qui cherchent à s’émanciper…

      C’est un des multiples registres des discours antiféministes. Certains vont parler de l’ordre divin qui impose telle répartition des rôles, d’autres auront un discours plus nationaliste, axé sur la natalité, comme à la fin du XIXe et au début du XXe où, en France, il fallait des enfants pour la prochaine guerre. On peut aussi avoir de l’antiféminisme à l’extrême gauche, quand on établit que l’ennemi principal, c’est le capitalisme et que le féminisme divise les forces syndicales ou ouvrières. Ma thèse, c’est donc que la crise de la masculinité est une forme rhétorique spécifique qui s’exprime quand les femmes avancent collectivement vers plus d’égalité et de liberté.

      Ce discours de crise connaît-il une grande variation dans le temps et selon les pays ?

      Je suis politologue et, au quotidien, je travaille surtout sur des pays comme la France, le Québec, un peu les Etats-Unis. Quand j’ai projeté d’approfondir le sujet, je suis allé voir les collègues en histoire et j’ai voulu sortir de l’Occident pour voir ce qui se passe ailleurs. Et, des deux côtés, cela a été pour moi une découverte, basée sur le travail d’autres chercheuses et chercheurs. J’ai été complètement éberlué par ce que je trouvais : ça se répète presque toujours à l’identique, dans l’histoire et sur toute la planète. Sur cinq cents ans, en Occident, à des époques où l’égalité n’était pas d’actualité, et aujourd’hui dans des pays où on ne peut soupçonner une prise de contrôle par les féministes, comme la Russie, le Qatar, ou certains pays d’Amérique latine ou d’Asie, le masculin est toujours en crise. Cela peut presque suffire pour établir qu’il y a quelque chose de fallacieux là-dedans.

      Comment est définie cette masculinité en crise ?

      Ce sont toujours un peu les mêmes clichés et les mêmes raisonnements circulaires. Ce sont d’immenses généralités qui cherchent des références hors contexte, que ce soit Dieu qui nous a faits comme ça, ou la nature, avec la chasse au mammouth et la préhistoire, ou la biologie, avec la taille des crânes. Selon qui parle et où on se trouve, il y aura toujours une bonne explication. Et les femmes sont toujours comme on veut qu’elles soient : douces, passives, attentives, attentionnées, surtout pas combattantes, car la compétition est évidemment une caractéristique masculine. Ce qui est inquiétant dans cette conception, c’est que s’il y a un conflit entre les deux sexes, on annonce déjà qui va gagner, puisque le combat et la force ne sont que d’un seul côté. Le comble de l’absurde, c’est qu’on va finir par associer le principe même de l’égalité à la féminité et celui de la hiérarchie et de la structuration organisationnelle à la masculinité. Donc l’égalité provoque mécaniquement une crise de la masculinité, ce qui est incroyable au niveau politique, et ce qui ne laisse pas beaucoup d’espoir.

      Vous expliquez que le discours actuel de la crise de la masculinité prend naissance dans les années 60 avec l’apparition de groupes d’hommes proféministes…

      C’est surtout en termes de réseaux et d’organisation que ça se passe, ce ne sont pas nécessairement les mêmes individus. A cette époque, les féministes radicales s’organisent en groupes de conscience où elles se retrouvent, en non-mixité, à déconstruire leur propre socialisation. Elles commencent d’ailleurs à critiquer sérieusement les réseaux d’extrême gauche comme étant machistes et sexistes. Mais dans ces réseaux, il y a des hommes solidaires qui se disent « qu’est-ce qu’on peut faire pour soutenir ce mouvement ? ». Par effet de mimétisme, ils vont créer des groupes, non mixtes, d’hommes très progressistes en solidarité avec le mouvement féministe. Le problème c’est que, rapidement, ils commencent à développer des discours de moins en moins solidaires avec les femmes et de plus en plus préoccupés par leur nombril. Ils commencent par retourner la réflexion sur eux-mêmes, dans une perspective antisexiste, en parlant du système d’oppression des normes patriarcales sur les hommes. Rapidement, ils vont parler de leurs ex, de leurs conjointes, de leurs mères, etc. Les hommes proféministes vont finalement se retrouver minoritaires. A partir de ce moment, certaines organisations vont commencer à parler uniquement de la question de la paternité. On finit, dans certains congrès, par avoir des ateliers pour trouver un bon avocat ou un bon détective privé destinés aux pères divorcés en conflit au sujet de la garde de leur enfant.

      Sur quoi se base le discours de crise aujourd’hui ?

      Les époques induisent des problématiques particulières. Dans ma recherche, j’ai isolé quatre axes. Le premier, c’est que les hommes ne peuvent plus séduire car les femmes ont pris le contrôle de la sexualité. Le deuxième, c’est la question du suicide des hommes qui est, par exemple, très présente au Québec depuis dix ou quinze ans. Le troisième concerne les difficultés scolaires des garçons, et on termine avec la question de la pension alimentaire et de la garde des enfants qui est directement liée à la question des violences conjugales. En effet, certains prétendent que les femmes « instrumentalisent » ces violences pour obtenir la garde et affirment qu’il y a une symétrie dans la violence entre les sexes, même si celle des femmes serait avant tout « psychologique et verbale ».

      Comment expliquer la facilité avec laquelle ce type de discours se propage ?

      On a l’impression, en surface, que tout ça relève du sens commun. Les gens sont convaincus qu’il y a une crise de la masculinité. On le voit sur les blogs, sur les commentaires d’articles en ligne, ce sont toujours les mêmes arguments qui reviennent. Il est possible très facilement de les déconstruire. Sur l’éducation, par exemple, les inégalités économiques jouent un rôle beaucoup plus important sur la réussite que le sexe des élèves. J’ai découvert, par ailleurs, une citation de John Locke au XVIIe siècle qui se plaint que les garçons réussissent moins bien en apprentissage des langues que les filles…

      Concernant le suicide, on peut remonter à la fin du XIXe siècle et l’étude de Durkheim, où il trouvait, déjà à l’époque, un taux de suicide environ trois fois plus élevé chez les hommes que chez les femmes.

      Vous écrivez que ce mythe est « ridicule et risible, absurde et faux, scandaleux et dangereux »…

      Je voudrais appuyer le terme « dangereux », car c’est un mot que j’ai pesé quand je l’ai écrit. Ce discours de la crise de la masculinité peut aller dans certains cas jusqu’à la glorification de l’assassinat et des meurtres de masse de femmes pour se venger de cette crise qu’elles feraient subir aux hommes, comme avec les attentats en Amérique du Nord des involontary celibats, les incels (1), qui vont jusqu’à tuer car ils n’auraient pas eu une sexualité qui leur reviendrait de droit. Il faut aussi toujours déconstruire ces discours sur la symétrie des violences, car on voit même, aux Etats-Unis, des plaintes déposées contre les refuges pour les femmes victimes de violences, en expliquant que c’est discriminatoire car il n’existe pas d’équivalents pour les hommes, et demandant la fin des subventions.

      Finalement, vous dénoncez le mythe et le discours, mais vous l’attendez, cette crise…

      Si on est dans une société injuste, inégalitaire, dominatrice, si on veut mettre en acte des principes de solidarité, d’égalité et de liberté, on ne peut qu’espérer une crise. Et une vraie, cette fois !

      (1) Le dernier en date remonte au 23 avril 2018, à Toronto. Il a fait 10 morts et 14 blessés. Son auteur, Alek Minassian, a publié sur Facebook un message évoquant « la rébellion des incels ».

      #Francis_Dupuis-Déri #Hommes #Femmes #domination_masculine #masculinité #paywall


  • Réaction à l’article du Point, pointé ici …https://seenthis.net/messages/756905 par @gjpvernant
    Macron : « Éric Drouet est un produit médiatique » - Le Point
    https://www.lepoint.fr/politique/emmanuel-berretta/macron-gilets-jaunes-eric-drouet-est-un-produit-mediatique-01-02-2019-229061
    … et en particulier, au chapeau de l’article :

    Le président de la République appelle les médias à se ressaisir et décortique l’influence des activistes et des Russes sur la frange radicale des Gilets jaunes.

    Le " plan d’action " délirant de Macron n’est que la mise en musique de l’analyse faite pour la Fondation Jean Jaurès par Roman Bornstein

    Plongée dans les comptes Facebook des "gilets jaunes"
    https://www.nouvelobs.com/politique/20190111.OBS8351/plongee-dans-les-comptes-facebook-des-gilets-jaunes.html

    EXCLUSIF. Pour la Fondation Jean-Jaurès, le journaliste Roman Bornstein s’est plongé à étudier les comptes Facebook de nombreux « gilets jaunes ». Edifiant.

    ou, ici, l’original, découpé en chapitres

    En immersion numérique avec les « Gilets Jaunes »
    https://jean-jaures.org/nos-productions/en-immersion-numerique-avec-les-gilets-jaunes

    Comment une pétition en ligne et un appel Facebook, semblables aux milliers d’autres qui naissent et meurent chaque jour dans l’anonymat des réseaux sociaux et l’indifférence des médias, ont-ils pu aboutir en quelques semaines à la constitution d’un mouvement en fonction duquel l’ensemble des acteurs du jeu démocratique sont désormais contraints de définir leur ligne politique et éditoriale ? Le journaliste Roman Bornstein se livre à une analyse inédite.

    Le texte se focalise sur les outils numériques employés par les " Gilets Jaunes ". En véritable #intellectuel_organique, Roman Bornstein décline, vus du pouvoir, les thèmes " classiques ", sur le nouvel algorithme de FaceBook, les bulles cognitives, puis le rôle des médias traditionnels, rappelant d’ailleurs que si le démarrage du mouvement s’est appuyé sur l’outil FB, le véritable coup d’accélérateur a été donné par le passage de quelques GJ à BFMTV, acquérant à l’occasion un statut de leaders, car visibles. Puis, il remonte leurs affinités avec l’extrême-droite.

    De cette trame découlent la totalité des axes évoqués par E. Macron : contrôle des réseaux et des médias (" hiérarchisation de l’information ",…)

    Cette approche " théorique ", E. Macron et le groupe autour de lui la connaissent sans doute plutôt bien, ayant eux-mêmes utilisé les mêmes ficelles, particulièrement les médias, dans leur raid pour conquérir le pouvoir. Il y a d’ailleurs, un côté " c’est pas du jeu ! " à leurs réactions quand ces mécanismes actionnés par d’autres jouent contre eux. E. Macron, visiblement de plus en plus paniqué, sans prises sur le déroulement de la crise et voyant son pouvoir menacé, y ajoute l’indémodable et centenaire " main de Moscou " actualisée en usine à trolls. Notons que l’argument, le fameux #décorticage (!) se dispense du moindre élément de commencement d’indice et vient quelque peu télescoper celui de " la faute à FB " : à quel moment VVP ou ses sbires ont-ils acquis (ou hacké…) les données de FB ? Dans la même veine, par une (fausse) preuve par association, E. Macron nous ressort la " #russosphère " de l’inénarrable " étude " sur l’affaire Benalla pondue par #EU_Disinfolab (tiens, d’ailleurs, il est où, N. Vanderbielst, dont les mots exacts étaient l’écosystème russophile ?) Il est assez cocasse de voir le président invoquer une " information " parfaitement #bidon au profit de la #hiérarchie_de_la_parole,…

    Dans ce texte (de commande ?) et dans les déclarations de Macron, pas un mot de la multidécennale crise de la représentation, pas une analyse socioéconomique du mouvement (rien sur l’accroissement des inégalités au profit des " #premiers_de_cordée ", rien sur une Europe du capital (ou de la finance) partant à l’assaut de l’Europe du travail,…) Juste une focalisation sur les dynamiques des médias et des réseaux.

    Et pourtant, 4 mois auparavant, cette même Fondation Jean Jaurès sortait un texte, tout aussi repris par l’Obs qu’ils pourraient lire (peut-être, même, relire ? en tous cas en intégrer le sens) :

    Vers un exil fiscal de l’intérieur : comment Macron favorise la " #sécession_des_riches "
    https://www.nouvelobs.com/economie/20180919.OBS2596/vers-un-exil-fiscal-de-l-interieur-comment-macron-favorise-la-secession-d

    Les mesures d’allégement de la fiscalité du capital, entrées en vigueur le 1er janvier dernier, ne sont-elles qu’une gigantesque niche fiscale ? Ces mesures, qui profitent aux 400.000 ménages les plus riches de France, sont la plus forte baisse d’impôts jamais accordée aux « 1% », dénonce ce jeudi 20 septembre une note de la Fondation Jean-Jaurès dont « l’Obs » publie ci-dessous des extraits en exclusivité. Le texte montre comment cette réforme va mécaniquement accentuer la concentration des revenus et des patrimoines aux mains des ménages du haut de l’échelle, pour un impact sur l’investissement et l’emploi plus qu’incertain.

    Dont le chapeau, relu à la lumière des événements ultérieurs, se révèle prémonitoire : la sécession des riches, vue de l’autre bord, est devenue une révolte des pauvres (on en revient à Agrippa Menenius,…, https://seenthis.net/messages/753604) le président Macron ayant réactivé un front de la lutte des classes chère à Warren Buffet.


  • Assistant·es maternelles, aides à domiciles, contre la réforme de l’assurance chômage, manifestation le 2 février - Rebellyon.info
    https://rebellyon.info/Assistant-es-maternelles-aides-a-20122

    Les syndicats FO et CGT appellent Assistantes Maternelles et salariés du particulier employeur à se mobiliser massivement le SAMEDI 2 FÉVRIER 2019 entre 10 heures et midi dans toutes la France et à Lyon, rdv place Bellecour

    Le syndicat FO des emplois de la famille et la CGT services à la personne appellent à une journée nationale d’action contre la réforme de l’assurance chômage.

    Dans la lettre de cadrage adressée aux partenaires sociaux, le Gouvernement leur a demandé de réaliser plus de 3 milliards d’économie sur 3 ans.

    Après le renforcement des sanctions contre les demandeurs d’emploi, c’est aux plus précaires que le MEDEF entend demander des efforts supplémentaires.

    Assistantes Maternelles et Salarié(e)s du Particulier Employeur seront lourdement pénalisés par cette réforme si celle-ci aboutit.

    Dans ces métiers où l’on travaille la plupart du temps pour plusieurs employeurs et où les contrats se succèdent au fil des différents événements tels que la scolarisation des enfants, le déménagement des parents, l’hospi-talisation des personnes âgées, le complément d’activité versé par pôle emploi est un élément essentiel pour disposer d’un revenu à peine décent.

    Les scénarios proposés par le MEDEF visant à diminuer le complément d’activé sont totalement inadmissibles pour des salariés qui permettent à des millions de Français de faire garder leurs enfants ou de conserver leur autonomie au domicile.

    Pour les seules Assistantes Maternelles, ce sont plus de 2 millions de parents employeurs qui grâce à elles, peuvent aller travailler chaque jour.

    Dans un contexte social très dégradé, FO et CGT, aux côtés de ces professionnel/les préviennent d’ores et déjà que d’autres actions, y compris une ou des journées nationales de grève pourraient être organisées.
    Les 2 organisations syndicales appellent Assistantes Maternelles et salariés du particulier employeur à se mobiliser massivement le SAMEDI 2 FÉVRIER 2019 entre 10 heures et midi sur tous les points de manife

    Derrière les négociations sur le #chômage, la crainte des #assistantes_maternelles
    HTTPS://WWW.MEDIAPART.FR/JOURNAL/ECONOMIE/010219/DERRIERE-LES-NEGOCIATIONS-SUR-LE-CHOMAGE-LA-CRAINTE-DES-ASSISTANTES-MA

    Partout en France, des assistantes maternelles manifestent ce samedi sous le nom de « Gilets roses ». Elles dénoncent la future réforme de l’assurance-chômage – objet d’un bras de fer entre le patronat, les syndicats et le gouvernement –, qui risque de leur être très défavorable.

    Un petit coup de pression chacun, puis tout revient à la normale. Jeudi 31 janvier, le Medef, suivi par les deux autres organisations patronales, la CPME et l’U2P, a annoncé qu’il acceptait de se rasseoir à la table des négociations pour discuter des nouvelles règles de l’assurance-chômage. Le lundi précédent, les représentants du patronat avaient annoncé qu’ils « suspendaient » leur participation, à la suite des déclarations du président de la République, jeudi 24 janvier, lors au grand débat à Bourg-de-Péage (Drôme). Emmanuel Macron y avait réaffirmé son souhait de voir instaurer un « bonus-malus » sur les cotisations patronales, en vue de limiter le recours aux contrats courts.

    Pour apaiser les choses, c’est le premier ministre qui s’y est collé mercredi 30 janvier à l’Assemblée nationale, appelant le patronat à revenir négocier, en prenant bien soin de ne pas prononcer le terme honni de « bonus-malus ». Le patronat a donc à nouveau consenti à se prêter au jeu. La séance prévue jeudi 31 a été annulée, mais le patronat et les syndicats se retrouveront le 14 février pour discuter une fois de plus, en espérant boucler leur bras de fer pour la fin du mois.

    Bien qu’elle ait largement occupé pendant une semaine les observateurs habituels des dossiers sociaux, cette petite séquence théâtrale, chacun bien dans son rôle, n’a sans doute pas fait évoluer la situation d’un pouce. Démarrées fin septembre à la demande d’Emmanuel Macron, les discussions du patronat avec les syndicats sont toujours très étroitement encadrées, puisque le gouvernement leur demande d’aboutir à des économies de 1 à 1,3 milliard d’euros par an. Le risque est très grand que cette exigence aboutisse à une réduction des allocations accordées aux demandeurs d’emploi (pour rappel, en 2018, moins de la moitié des 5,6 millions d’inscrits à Pôle emploi ont touché de telles allocations).

    Quant aux positions du président, des syndicats et du patronat, elles restent irréconciliables, laissant ouverte la possibilité pour le gouvernement de reprendre les choses en main faute d’accord, et d’imposer ses vues. C’est pour éviter cette issue que les interlocuteurs sociaux ne veulent pas vraiment quitter la table des négociations. Ils perdraient définitivement le droit de décider quelles conditions sont réservées aux chômeurs.

    Rien ne dit pour l’heure comment les positions des uns et des autres pourraient finir par se rapprocher. Le patronat reste farouchement opposé au « bonus-malus », auquel est officiellement très attaché Emmanuel Macron (et l’un de ses principaux conseillers en la matière, l’économiste Marc Ferracci) depuis sa campagne présidentielle. Et les syndicats présentent encore ce dispositif comme une revendication incontournable, même s’ils proposent en fait chacun des solutions alternatives : bonus seulement pour la CFDT, malus uniquement pour la CGT, autre mode de calcul pour FO.

    Depuis l’élection d’Emmanuel Macron, le « bonus-malus » est sans doute le seul point de crispation entre l’exécutif et le patronat. Cela fait plus de 18 mois que le premier assure qu’il va mettre en place le dispositif, malgré l’opposition du second. Il faudra attendre la fin de la pièce qui se joue actuellement pour savoir si, et sous quelle forme, cette promesse sera tenue.

    Mais quelle que soit l’issue de ce point de négociation, on voit mal comment les demandeurs d’emploi, et les plus précaires d’entre eux en particulier, pourront éviter de voir réduit le montant de leurs allocations. Comme nous l’avons détaillé ici, le gouvernement a en effet listé les sujets qu’il souhaite voir remis en cause, et presque tous concernent le calcul ou la répartition des droits des chômeurs. Les quelque 800 000 personnes en situation de « cumul » entre courtes périodes de travail et chômage sont particulièrement visées. Si les syndicats souhaitent aboutir à un accord, il faudra bien qu’ils en acceptent une partie. S’ils refusent, c’est le gouvernement qui imposera les réformes qu’il souhaite.

    Une catégorie de travailleurs – de travailleuses, dans leur immense majorité – a bien compris le danger. Et se mobilise, loin des effets d’estrade des acteurs institutionnels chargés de trancher sur son avenir. Ce samedi 2 février, dans 29 villes de France, les assistantes maternelles se rassemblent sous le label « Gilets roses » pour dire leurs craintes. Elles sont environ 330 000 dans l’Hexagone, et pourraient être parmi les principales victimes de la réforme à venir.

    Les assistantes maternelles sont en effet directement concernées par les révisions annoncées de la règle de « l’activité conservée ». Tout comme les intérimaires ou les journalistes pigistes, ces travailleuses cumulent très souvent plusieurs employeurs. Les règles actuelles de l’assurance-chômage leur permettent d’être bien indemniséeslorsqu’elles perdent un employeur, mais en conservent deux ou trois autres. Cette situation « mérite d’être corrigée afin d’inciter davantage les personnes à privilégier les revenus d’activité », indique la lettre de cadrage du gouvernement envoyée aux partenaires sociaux en septembre.

    Autrement dit, « les assistantes maternelles pourraient, selon nos calculs, perdre de 30 à 300 euros par mois lorsqu’elles perdent un employeur », alerte Laurence Joly, assistante maternelle à Langon, en Gironde. Elle est l’une des cinq administratrices du groupe Facebook des Gilets roses, toutes basées dans ce département. « Aujourd’hui, lorsque nous perdons un employeur parce qu’une famille déménage ou qu’un enfant qu’on nous a confié entre à l’école, Pôle emploi nous indemnise à hauteur de 57 % à 75 % du montant du contrat perdu, jusqu’à ce que nous en retrouvions un nouveau, détaille Laurence Joly. Avec les nouvelles règles, ces modalités seront révisées, soit dans la durée, soit dans le montant. Cela va nous précariser encore plus. »

    La plupart des « cumulards » emploi-chômage ne cherchent pas à optimisent leur situation

    Les collègues de Laurence Joly ont vite flairé l’entourloupe. Alors que le groupe Facebook des cinq assistantes maternelles visait un public départemental, il a vite agrégé plus de 9 000 professionnelles partout en France. « Nous avons écrit des courriers aux maires, aux députés et au gouvernement pour sensibiliser sur notre cas, puis nous avons écrit à tous les syndicats pour qu’ils nous aident à organiser des manifestations », explique Laurence Joly. Véronique Delaitre, secrétaire générale FO pour les services à la personne, et Stéphane Fustec, son coordinateur national CGT du secteur, ont répondu présent et accompagnent les assistantes maternelles dans leur lutte.

    « Nous ne comprenons pas pourquoi nous sommes ciblées, souligne Laurence Joly. Ce n’est pas nous qui décidons d’arrêter un de nos contrats, ce sont nos employeurs. De même, nous ne pouvons pas les démarcher, ce sont eux qui nous sollicitent, nous ne maîtrisons pas le délai qui peut exister entre deux contrats. Et ce n’est pas comme si nous pouvions faire du porte-à-porte en distribuant des CV pour trouver des enfants en âge d’être gardés ! »

    Ce cri du cœur souligne tout le paradoxe de la position gouvernementale sur l’activité réduite, comme sur les contrats courts. Son diagnostic est le bon, mais il risque de faire porter la responsabilité de façon démesurée sur ceux qui pâtissent le plus de la situation : les demandeurs d’emploi eux-mêmes.

    Comme le rappelle régulièrement la ministre du travail Muriel Pénicaud, plus de 80 % des embauches se font aujourd’hui en CDD ou en intérim. Entre 2000 et 2016, le nombre d’embauches en CDD a doublé. Et plus de quatre sur cinq de ces embauches en CDD l’ont été pour une durée inférieure à un mois… Elle a aussi raison de souligner que de ce fait, de nombreux Français se retrouvent dans une situation où ils peuvent cumuler dans l’année des allocations chômage et des salaires.

    Mais la ministre va plus loin, en laissant tout aussi régulièrement entendre que cette situation est recherchée par les salariés. « Une personne qui travaille à mi-temps au Smic perçoit un salaire de 740 euros par mois. Mais si elle alterne 15 jours de chômage et 15 jours de travail dans un mois, elle percevra un revenu de 960 euros. Ce n’est pas normal. On ne doit pas gagner plus en étant au chômage qu’en travaillant », a-t-elle par exemple récemment déclaré au magazine Challenges. Une déclaration qui fait écho à celle d’Emmanuel Macron, le 15 janvier dans l’Eure, estimant que parmi les chômeurs, « il y en a qui font bien et il y en a qui déconnent ».

    Le problème, c’est qu’aucune étude, quantitative ou qualitative, ne donne raison à ces phrases à l’emporte-pièce. Aucune ne dit que les demandeurs d’emploi cherchent majoritairement à « optimiser » leur situation. Au contraire, la dernière étude de l’Unédic sur le sujet, datant de fin octobre, conclut que les allocataires de l’assurance-chômage qui travaillent (c’est-à-dire ceux qui sont en situation de #cumul_allocations-salaires) « ont une connaissance limitée des règles d’indemnisation ».

    Bien sûr, certains salariés précaires sont conscients de l’avantage de rémunération auquel ils ont droit, et sont satisfaits de leur situation. Mais pour leur immense majorité, leur motivation n’est pas de se jouer des règles pour toucher le maximum d’argent possible, mais de multiplier les contrats, mêmes courts et précaires, pour « gagner de l’argent », « augmenter ses chances d’être embauché » ou répondre à « l’envie de se sentir utile et actif ». Et un allocataire « cumulard » sur trois ne sait même pas que travailler lui permet de prolonger ses droits au chômage.

    En revanche, comme le souligne le dossier de référenceétabli par l’Unédic à l’occasion des négociations en cours, les employeurs savent bien ce qu’ils font en privilégiant les contrats courts. L’Unédic souligne ainsi que « les baisses de charges sur les bas salaires ont certainement favorisé l’embauche en contrats courts », puisque ces derniers concernent la plupart du temps des emplois à bas salaires, justement la cible de toutes les baisses de cotisations depuis trente ans. En 2019, ces exonérations équivalaient à presque 55 milliards d’euros par an, contre 11 milliards en 2000, et 21 milliards en 2010…

    Par ailleurs, une enquête du Crédoc réalisée en 2018 pour le compte de l’Unédic souligne que les employeurs ayant recours aux contrats courts le font pour répondre à « des besoins saisonniers » d’activité, mais aussi et surtout pour privilégier une « minimisation des coûts salariaux ». Autant de raisons pour s’attaquer sérieusement aux contrats courts. Mais sans doute pas aux salariés #précaires qui les subissent.

    #chômeuses_en_activité_à_temps_réduit #chômeurs_en_activité_à_temps_réduit


  • « Gilets jaunes » : les vidéos amateurs, des chaînes d’info ou de surveillance nourrissent les enquêtes judiciaires et font tomber plein de gens pris dans la tourmente d’une légitime colère...
    Par Nicolas Chapuis : https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/01/gilets-jaunes-les-videos-de-surveillance-amateurs-ou-des-chaines-d-infos-nou

    À ajouter à la compile que je tente de faire sur la responsabilité des preneureuses d’images en manifestations : https://seenthis.net/messages/490706

    A Paris, les mobilisations et leurs dérapages ont été largement filmés, permettant aux policiers de « filocher » virtuellement des fauteurs de troubles peu vigilants.

    /.../

    « C’est formidable », résume une source policière, qui raconte comment on peut désormais « filocher » un individu à travers quasiment toute la capitale, en mêlant caméras officielles et observation des réseaux sociaux, où pullulent les films amateurs.

    #photo #video #fichage & #criminalisation des #mouvements_sociaux
    #filocher ... et #filochage, aussi, du coup !

    • « Gilets jaunes » : comment les films amateurs, les chaînes d’info et la vidéosurveillance nourrissent les enquêtes judiciaires, Nicolas Chapuis
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/01/gilets-jaunes-les-videos-de-surveillance-amateurs-ou-des-chaines-d-infos-nou

      " Un basculement de la #police dans l’ère de la #vidéo, que certains n’hésitent pas à comparer à la révolution des empreintes digitales. "

      A Paris, les mobilisations et leurs dérapages ont été largement filmés, permettant aux policiers de « filocher » virtuellement des fauteurs de troubles peu vigilants.

      C’est une bataille de l’image qui fait rage. Jamais un conflit social en France n’a été autant filmé de toutes parts que celui des « gilets jaunes », qui ont fait de ces séquences postées sur les réseaux sociaux une arme de contestation massive. Mais une arme à double tranchant. Grâce à cette profusion de vidéos, les enquêteurs de police bénéficient depuis deux mois d’une masse d’information totalement inédite, surtout à Paris où tous les projecteurs sont braqués.

      Qu’elles proviennent de caméras d’amateurs, de journalistes indépendants – par exemple du média Brut, apprécié des « gilets jaunes » –, de chaînes d’information – notamment RT France, qui a la confiance des manifestants –, du plan de vidéoprotection de la Ville de Paris, des forces de l’ordre ou même des magasins, ces bandes sont visionnées avec une grande attention par les officiers de police judiciaire, pour résoudre les enquêtes dont ils ont la charge.

      Car si l’accent est mis depuis le début du mouvement des « gilets jaunes » sur les opérations de maintien de l’ordre, une grande partie des effectifs de police sont en réalité consacrés quotidiennement au travail d’#investigation. Sur la zone de compétence de la Préfecture de police de Paris, chaque samedi et chaque dimanche, quelque 300 agents de la direction de la sécurité publique de l’agglomération parisienne (DSPAP) ont été mobilisés pour traiter l’ensemble des procédures d’interpellation, ainsi qu’une bonne partie des affaires judiciaires. Les dossiers les plus sensibles, au nombre de dix-neuf, ont été confiés à la direction régionale de la police judiciaire, le fameux « 36 ».

      Sur les réseaux sociaux, les films amateurs pullulent

      Quel que soit le service sollicité, les enquêteurs s’accordent à souligner le poids pris par l’analyse des images dans leur travail. « C’est formidable », résume une source policière, qui raconte comment on peut désormais « filocher » un individu à travers quasiment toute la capitale, en mêlant caméras officielles et observation des réseaux sociaux, où pullulent les films amateurs.

      La plus symptomatique de ces affaires « vidéo résolues » par la police judiciaire parisienne est certainement l’interpellation, le 31 décembre 2018, de l’un des agresseurs des trois motards d’une compagnie de sécurité et d’intervention. La scène, qui avait eu lieu le 22 décembre, avait marqué les esprits : face à une foule menaçante, l’un des gardiens de la paix avait dégainé son arme brièvement, avant de la ranger.

      Sur les images d’un vidéaste indépendant, on pouvait voir un homme, coiffé d’un casque de scooter bleu et ceint d’un mégaphone, frapper l’un des policiers. Ce sont ces deux détails qui le trahiront quelques jours plus tard. Les enquêteurs ont retracé son parcours, en le suivant de caméra en caméra grâce à son mégaphone visible, jusqu’à le retrouver en train d’enfourcher son scooter dans une rue. Le relevé de la plaque d’immatriculation aboutira quelques jours plus tard à l’interpellation de ce jeune homme de 26 ans habitant le 18e arrondissement de Paris, sur son lieu de travail, un magasin de jeux vidéo.
      Les enquêteurs ont établi qu’il avait par ailleurs tenté de se procurer sur Internet un bouclier antiémeute ainsi… qu’un lanceur de balles de défense, l’arme de force intermédiaire de la police, si décriée actuellement.

      Capture d’écran d’une vidéo prise pendant l’acte III des gilets jaunes, le 22 décembre 2018 : un homme frappe un policier avec un mégaphone. C’est à partir de ces images que la police a pu l’identifier, à l’aide d’autres images (instagram, FB, vidéosurveillance), afin de le mettre en examen. LINEPRESS

      Images vidéo associées à des #prélèvements

      Au sein de la « PJ » parisienne, c’est le 1er district (compétent sur le centre et l’ouest de la capitale) qui a récupéré l’essentiel des dossiers les plus marquants, les faits se déroulant principalement aux abords des Champs-Elysées.
      Ainsi, l’enquête menée par ce service sur les dégradations de l’Arc de triomphe, le 1er décembre, a abouti, notamment grâce à l’exploitation des images, à quatorze #interpellations, dont celle, dans le Doubs, de l’auteur présumé du tag sur le monument signé « Sanglier », un militant proche de l’ultradroite. Les investigations se poursuivent dans ce dossier qui pourrait donner lieu à d’autres arrestations.
      Ce sont également des images vidéo, associées à des prélèvements, qui ont permis de progresser dans le dossier de l’incendie de l’hôtel particulier situé sur le rond-point de l’Etoile, le 1er décembre. Le rez-de-chaussée et le premier étage d’un cabinet d’avocats américain, Hughes Hubbard & Reed LLP, avaient été ravagés par les flammes et des pilleurs s’étaient généreusement servis à l’intérieur ; pour un préjudice total estimé à 500 000 euros. Deux hommes de 24 et 25 ans, issus du 9e arrondissement de Paris et du Val-de-Marne, ont été depuis interpellés et renvoyés devant la justice.

      La brigade criminelle a, pour sa part, récupéré les deux dossiers les plus sensibles aux yeux des forces de l’ordre : la tentative de lynchage d’un policier de la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) et les bombes agricoles lancées sur un gendarme mobile, deux scènes qui se sont déroulées aux abords de l’Arc de triomphe le 1er décembre. Le premier a été blessé au fémur, au nez et à la mâchoire. Le second a été gravement touché aux jambes, avec « des brûlures impressionnantes », selon une source policière. La justice a requalifié les faits en #tentative_d’homicide_volontaire_sur_personne_dépositaire_de_l’autorité.

      Amateurisme de certains casseurs

      Le cas du gendarme semble le plus difficile à résoudre, faute de vidéos probantes. « C’est typiquement le genre d’affaire où on manque cruellement d’images », résume une source policière, quand l’agression du policier a, elle, été filmée sous tous les angles. Deux personnes ont ainsi été interpellées, dont un homme de 45 ans demeurant dans le Tarn. Les enquêteurs ont retrouvé chez lui les vêtements qu’il portait le jour de la manifestation. « C’est la différence avec les enquêtes sur les voyous, qui se débarrassent de toutes leurs fringues dès qu’ils ont commis un délit », explique une source policière.

      L’amateurisme de certains casseurs est en effet criant. Un homme d’une trentaine d’années, issu de Seine-Saint-Denis, a ainsi été arrêté pour le pillage d’un magasin Givenchy, le 24 novembre, rue Francois-Ier, près des Champs-Elysées. Il avait tenté de revendre le produit de son larcin sur le site Leboncoin, surveillé par la police. Il a été condamné à douze mois de prison dont six avec sursis.

      Dans de rares cas, les enquêteurs n’ont pas eu à chercher bien loin.

      Dans l’affaire de la dégradation des Tuileries, l’un des casseurs, écrasé par le poids de la grille arrachée, avait fini la nuit à l’hôpital. Avant de s’échapper pour rentrer chez lui à Rouen, où les policiers de la brigade de répression du banditisme (BRB) venus prêter main-forte à leurs collègues débordés, l’ont cueilli.
      Quand ce n’est pas l’amateurisme, c’est parfois l’hybris qui les trahit. En effet, certaines affaires ont été résolues grâce aux images des coupables eux-mêmes, qui se sont filmés en train de commettre le délit. Les vidéos trouvées sur leurs propres téléphones permettent de les confondre en garde à vue. « J’appelle ça la délicieuse stupidité des voyous », s’amuse un policier.

      Plusieurs dossiers dans l’impasse

      La palme est sans doute détenue par le jeune homme qui s’est fait interpeller après le #pillage d’un magasin de vêtements, aux abords de l’Arc de triomphe. Il portait alors, empilé sur lui, l’ensemble de ses trouvailles. A la sortie du tribunal, il se vantait devant les caméras de TF1 de porter une veste volée que les policiers n’avaient pas remarquée. Et promettait de récidiver la semaine suivante. Mais si son visage était bien masqué, ses habits, les mêmes qu’il portait en garde à vue, étaient eux bien identifiables. Les agents de la DSPAP l’interpelleront de nouveau quelques jours plus tard.

      Si elle a changé le quotidien des enquêteurs, l’omniprésence de la vidéo ne permet cependant pas de tout résoudre. Plusieurs dossiers sont toujours en cours d’investigation. Le vol du fusil d’assaut HK G36 dans une voiture de police n’a pas encore été résolu. Deux personnes ont été interpellées dans cette affaire par la police judiciaire. La première, un SDF de 18 ans identifié sur les vidéos, détenait une munition de 5,56 mm correspondant à celles de l’arme, et portait les mêmes vêtements que le jour du vol. La seconde a été arrêtée pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l’ordre. Mais rien n’indique qu’il a participé au larcin. L’arme demeure à ce jour introuvable.
      L’intrusion dans le ministère des relations avec le Parlement le 5 janvier, à l’aide d’un engin de chantier, n’a pas encore été élucidée. Une seule certitude, les « gilets jaunes » n’ont pas eu à chercher bien loin pour trouver les clés du transpalette, l’outil qui a servi à enfoncer la porte : elles se trouvaient sous le tapis à côté, une pratique courante sur les zones de travaux. L’engin a également été utilisé pour saccager une banque dans une rue voisine.

      Les auteurs de #dégradations sur d’autres bâtiments symboliques, le Palais de Chaillot et l’ambassade de Belgique, n’ont pas non plus été identifiés. Tout comme certains pilleurs d’enseignes de luxe. C’est le cas de ceux qui ont saccagé la boutique Dior des Champs-Elysées le 24 novembre, pour un préjudice estimé à 1,5 million d’euros. Les casseurs, en plus des dégâts commis, sont partis avec un beau butin en bijoux.
      Une révolution
      Les enquêteurs ne désespèrent pas de faire parler les indices dans ces différents dossiers, voire de recevoir de nouvelles preuves par vidéo de la part de vidéastes amateurs, comme ce fut le cas dans certaines affaires.
      En attendant, ils continuent de visionner des dizaines d’heures de vidéos. Et pas que dans le cadre de la résolution d’#enquête. Les images des reporters indépendants qui filment les forces de l’ordre pour capter d’éventuelles violences policières sont aussi utilisées, mais à des fins pédagogiques cette fois. La hiérarchie s’en sert dans ses débriefings avec les troupes pour identifier les manœuvres ratées et les comportements à modifier.

      En attendant d’avoir ses propres images, avec la généralisation des caméras-piétons et des unités chargées de filmer. Un basculement de la police dans l’ère de la vidéo, que certains n’hésitent pas à comparer à la révolution des empreintes digitales.

      2 415 personnes interpellées à Paris depuis le début du mouvement

      Depuis le début du mouvement des « #gilets_jaunes », 2 415 personnes ont été interpellées à Paris et dans la petite couronne, parmi lesquelles 2 013 ont été placées en garde à vue, et 889 ont été déférées devant la #justice. Un pic a été atteint le 8 décembre 2018, avec 1 082 interpellés pour 974 gardes à vue. 87 % des personnes interpellées étaient majeures et près de 6 sur dix n’habitaient pas en Ile-de-France.

      La majorité des cas concerne des participations à des groupements en vue de commettre des dégradations, des violences sur personne dépositaire de l’autorité, des ports d’armes prohibées et des dégradations volontaires.

      Du côté de la préfecture de police de Paris, on souligne la volonté de mettre en place, les jours de rassemblement des « gilets jaunes », un dispositif qui permette d’interpeller et de mettre au plus vite les individus suspects « dans la chaîne judiciaire ». La justice a dû en effet se mettre au diapason pour traiter l’afflux de procédure. Sur les 889 personnes déférées, 296 sont passées en comparution immédiate, 197 condamnations, 56 renvois et 43 relaxes. 36 #mandats_de_dépôt ont été prononcés depuis le début, alors que 12 personnes sont en #détention_provisoire : au total, 48 personnes sont aujourd’hui écrouées.

      #surveillance #caméras_de_surveillance #journalistes #police #maintien_de_l'ordre



  • Gilets Jaunes, l’urgence de l’acte – Stathis Kouvélakis
    https://www.contretemps.eu/gilets-jaunes-urgence-acte-kouvelakis

    Ce qui caractérise à cet égard le mouvement des GJ, et révèle sa fragilité, c’est plutôt la profusion d’aspirants à la direction, à la fois au niveau local, régional et national. Pour l’instant, au niveau national, la corde semble être tenue par le trio, désormais scindé, de la France en colère Eric Drouet – Priscillia Ludosky – Maxime Nicolle. Le « serment du jeu de Paume » du 13 décembre, suivi par le rassemblement devant l’Hôtel de ville de Paris le 7 janvier, ouvert par la lecture d’une lettre adressée à Macron et suivi d’un cortège vers l’Assemblée, et, point d’orgue de la série, l’organisation réussie d’un rassemblement d’ampleur nationale à Bourges le 12 janvier sont autant d’initiatives qui témoignent d’une volonté évidente de conquérir une position de #leadership et de traduire sur le terrain de l’action de rue les succès acquis sur les #réseaux_sociaux. L’objectif est confirmé par la « scission » devenue à présent publique (via facebook naturellement) au sein de ce trio et qui semble relever exclusivement du jeu banal d’ambitions personnelles rivales[47].

    Cette évolution relève incontestablement du processus très classique de constitution et d’institutionnalisation d’un groupe. A ceci près que, du fait de l’unanimisme identitaire du mouvement des GJ, redoublé du refus (pour l’instant du moins) de toute autre forme de coordination que les réseaux sociaux, fait de ces questions l’objet d’une dénégation de principe. A l’évidence, rien ne déplairait plus à Maxime Nicolle ou Eric Drouet, et sans doute aussi à leurs nombreux « followers », que d’admettre leurs ambitions de leader, fût-ce dans un cadre différent que celui d’un parti politique. Pourtant, ce serait là faire œuvre de clarté, qui permettrait, entre autres choses, de les questionner sur leurs orientations, leur confusionnisme idéologique, leur rôle dans la propagation des théories délirantes d’un Philippe Argillier[48], ou dans la diffusion de propos racistes et complotistes sur le pacte de Marrakech, le rôle des « lobbies » et de « la finance », ou la caution apportée à la pancarte antisémite qui décorait la tribune du rassemblement de Bourges du 12 janvier etc. En réalité, il y a fort à parier que, s’il veut se prémunir de dérives trop prévisibles, et se doter d’une pérennité et d’une efficacité, le mouvement est condamné à réinventer la roue, à savoir trouver des formes de structuration, créer des #espaces_de_délibération et de coordination, bref se soumettre aux lois universelles d’une #action_collective démocratique. Les tentatives en cours de structurer à l’échelle nationale un processus de délégation émanant d’assemblées générales, une « assemblée des assemblées » telle que le propose notamment l’appel des GJ de Commercy[49], représente à l’évidence un enjeu crucial. Leur succès serait un pas vers un mouvement qui pourrait contribuer à la reprise en main de leur vie par les opprimé.e.s et les exploité.e.s, et s’ouvrir, sans garantie aucune, à une perspective émancipatrice.

    Les forces de la #gauche sociale et politique peuvent y contribuer, la question de l’utilité de leur existence même ne manquerait pas de se poser s’il en allait autrement. Il y a toutefois des conditions à cela, dont la satisfaction, disons-le, paraît assez lointaine à l’heure actuelle. L’attitude des directions syndicales, qui confine à l’aveuglement, est particulièrement alarmante. Au lieu de voir dans le mouvement, au minimum, une occasion pour s’affronter avec le macronisme et arracher de véritables concessions, bien au-delà de l’annulation de deux taxes injustes, elles se sont confinées dans le rôle parfaitement illusoire de médiation avec un pouvoir autoritaire et discrédité, allant même jusqu’à lui prêter main-forte au moment où celui-ci apparaissait le plus en difficulté[50]. Quant à la gauche politique, celle qui ne rechigne pas à aller au combat, lorsqu’elle ne s’est pas coupée du mouvement, elle refuse de se saisir de ces contradictions et de les politiser, se contentant de surfer sur les affects qu’il suscite ou de projeter sur lui des schémas, si ce n’est des fantasmes, manifestement inopérants et dépassés. Ce mouvement n’est certainement pas le modèle de toute mobilisation future, mais on peut parier que nombre de ses innovations, et des questions qu’elles posent, resurgiront, sous une forme ou une autre, dans la période à venir. Ne pas comprendre qu’il peut en sortir tout autre chose que tout ce à quoi les mouvements sociaux de la période antérieure nous ont habitué revient à s’exposer à de terribles déconvenues. Or, il convient d’y insister, compte tenu de la profondeur de la crise politique, le temps est dense, ce qui est une autre façon de dire qu’il est compté. On ne saurait accorder trop d’importance aux enquêtes d’opinion, mais on ne peut écarter d’un revers de main les indices qui suggèrent que seule l’#extrême-droite semble pour l’instant profiter de la situation. On le peut d’autant moins que le profil de la plupart des porte-paroles et aspirants leaders des GJ, et la persistance de certains symboles dans les actions les plus emblématiques du mouvement[51], a de quoi susciter l’inquiétude.

     

    Passer à l’acte

    Dans l’hypothèse, peu probable, qu’il s’arrête ou décline rapidement sans laisser de traces durables, qu’aura appris d’utile le mouvement des GJ à celles et ceux pour qui le combat social et politique n’a pas commencé le 24 novembre dernier ? Au moins ceci : qu’il est possible de gagner un soutien majoritaire, d’ébranler en profondeur un pouvoir autoritaire en étant dix fois moins nombreux dans la rue que dans une manifestation syndicale et sans passer par la case des journées de grève « saute-mouton » (ou annoncées comme sur un planning d’examens) comme celles que nous avons connu depuis maintenant de trop nombreuses années. Qu’il est légitime, n’en déplaise aux belles âmes, de se défendre face au déchaînement répressif de l’État et que la contre-violence de celles et ceux qui luttent n’est pas toujours contre-productive, que ses effets dépendent d’une perception de la situation qui relève avant tout d’une compréhension politique. Que l’initiative d’une mobilisation d’envergure peut être prise, pas toujours mais en certaines occasions du moins, par des novices, qui manquent d’expérience, qui feront inévitablement des erreurs, mais qui sont également dépourvus du poids des routines bureaucratiques et des défaites intériorisées qui inhibent la pensée et l’agir des plus aguerris. Qu’il faut aussi commencer par s’organiser là où on peut et comme on peut, qu’un rond-point ou un parking peuvent devenir un foyer d’action collective, mais garder également à l’esprit que, pour gagner, il faut également savoir en sortir, aller voir ailleurs et rencontrer autrui pour construire une lutte commune.

    Le mouvement nous aura également appris que si l’on veut obtenir « plus », ou plutôt : autre chose, que des annulations de taxes sur les carburants ou des hausses de CSG, si on aspire à des choses très immédiates et simples comme des augmentations de salaires, le rétablissement de la législation du travail et la remise en cause de son infinie précarisation, il faudra s’y prendre autrement.

    On en conviendra, ce n’est déjà pas si mal…

    On peut également formuler les choses ainsi : le mouvement des GJ peut se comprendre comme une critique en acte de cette impuissance de plus en plus insupportable dans laquelle la gauche sociale et politique s’est enferrée au cours de cette dernière période, et dont l’origine remonte aux défaites sur lesquelles s’est achevé le siècle passé. Il est illusoire de penser que ce mouvement apporte de lui-même des réponses d’ensemble. Dans ce qui a précédé, nous nous sommes efforcés de montrer en quoi il achoppe également sur des obstacles bien visibles et, pour une large part, bien prévisibles, qui prolongent certaines des tendances parmi les plus sombres de la situation présente. Mais l’événement crée également le besoin, et, pour une part, les conditions d’une nouvelle rencontre. En ce sens, son signifiant le plus important n’est sans doute pas celui, à vrai dire insignifiant, d’un gilet d’automobiliste fluorescent mais bien celui d’« acte » qui scande cette séquence depuis son commencement. Si ces « actes » doivent aboutir à autre chose qu’à une série qui s’étire vers un enlisement terminal, c’est bien cette rencontre qu’il s’agit de construire, pour que cette scansion devienne celle d’un véritable passage à l’acte.

    #Gilets_jaunes

    • Ce qui ressort en revanche clairement, c’est la mise en avant de l’#unanimité en tant que trait constitutif du mouvement. Elle se traduit par l’affichage de revendications pouvant faire immédiatement #consensus, le RIC en est l’exemple-type, et la mise et l’écart des points qui prêtent à controverse, ou sont susceptibles d’en créer. Certes, tous les mouvements sociaux mettent en avant des revendications unifiantes, c’est même leur geste fondateur et une condition indispensable à leur succès. Une telle unification n’est toutefois pas donnée d’emblée, elle se construit au cours de la mobilisation elle-même, par une combinaison de débats et d’effets en retour induits par l’action collective elle-même. L’unanimisme des GJ est d’un autre ordre, il relève d’une dimension proprement #identitaire. En l’absence d’espaces de délibération à l’échelle du mouvement, les revendications ne sont pas débattues, mais plutôt adoptées « par acclamation », ou son strict équivalent qu’est la propagation mimétique-sérielle sur les réseaux sociaux. Les GJ ne se conçoivent pas d’ailleurs comme un « mouvement », ils n’agissent pas en vue de convaincre ou d’entraîner d’autres secteurs du peuple – on remarquera du reste un désintérêt quasi-total à l’égard de toute idée d’extension ou d’élargissement du mouvement – car ils « sont » « le peuple », une croyance largement entretenue par la nouvelle forme d’« entre-soi » induite par le fonctionnement des réseaux sociaux. Et « le » peuple en question ne peut qu’être homogène et unanime. Le rejet de la représentation et de toute médiation s’effectue ainsi au profit de la présence, de l’immédiateté et de la transparence supposées qu’autorise le recours aux réseaux sociaux ou à l’interconnaissance informelle comme seuls outils de coordination et de communication.


  • La domination comme pratique sociale | Alf Lüdtke
    https://www.cairn.info/revue-societes-contemporaines-2015-3-page-17.htm

    Pratique sociale et « champs de forces »

    La domination comme pratique sociale (Herrschaft als soziale Praxis) : cette formule renvoie à un « champ de forces » (Thompson, 1978, p. 151)  dans lequel des acteurs sont en relation ou engagent des relations par diverses interactions, y compris quand ils tentent de s’éviter ou de s’ignorer. Ce « champ » n’est pas une donnée statique ; son étendue et ses contours évoluent à mesure que les acteurs agissent ou restent inactifs. En même temps, ces acteurs ne sont pas des sujets autonomes qui entrent de l’extérieur dans ce champ. Leurs capacités à réaliser ou refuser des incitations ou des exigences inacceptables se développent dans l’interaction avec d’autres, qui agissent à leur tour à l’intérieur de ce champ. Voici un exemple concret : le bureaucrate d’un guichet d’une administration publique sous l’Empire allemand peut à la fois parler rudement à ses requérants et ramper devant son chef de service. Mais, parallèlement, il pouvait être membre d’une organisation social-démocrate : pour les uns, c’est un « ennemi de l’Empire », pour les autres, un défenseur obtus d’une « discipline révolutionnaire ».

    La figure du « #champ_de_forces », dans lequel un pouvoir (Macht) est imposé, une #domination est justifiée ou mise en cause, évite une représentation polarisée et trop simple de ce type de relations. En face des dominants il y a en effet des dominés ­ les dominants se constituent en définissant les dominés et en disposant d’eux. Néanmoins, les dominants peuvent être pris dans des relations de dépendance. Et les dominés, de leur côté, ne sont pas seulement les destinataires passifs des mouvements des dominants. Ce qui saute aux yeux, ce sont surtout les inégalités et les contradictions entre dominants ainsi qu’entre dominés.

    Les colons blancs dans des colonies européennes peuvent ici servir d’exemple : d’un côté, ils appartenaient à la race et à la classe « dominantes  » (herrschend) ; ils étaient donc des supérieurs hiérarchiques et se sentaient supérieurs. En même temps, ils étaient ou ils devenaient dépendants des pouvoirs locaux mais aussi des gouvernements centraux ou coloniaux ou bien de leurs bureaucraties. Les Zoulous de l’Afrique du Sud nous fournissent un autre exemple, complémentaire du premier, qui montre les significations multiples que peut prendre le fait d’être dominé. Ces dépositaires traditionnels de la puissance (herkömmlich Mächtigen) se préservaient et s’assuraient une position dominante face à d’autres peuples noirs. Ce faisant, ils étaient intégrés à l’administration de la puissance coloniale anglaise ­ de laquelle ils parvenaient à conserver une quantité importante de formes « propres » de formalisation et de règlement des conflits. Coopération en même temps que différence et confrontation : dans le cas esquissé, la domination s’éprouve moins dans la résistance ouverte que dans l’acceptation, l’évitement et l’exploitation.

    La contrainte n’exclut pas des moments de consentement ­ la stabilité intègre des débuts de transformation (et vice versa). On voit ainsi les significations multiples (Mehrdeutigkeiten) [9] menées par les personnes concernées. Au-delà des contraintes, et du caractère vexatoire et indigne du « pouvoir de commandement » (Befehlsgewalt) (Weber), la violence qui est créée sur les marchés par les incitations d’une « puissance monopolistique », si elle se distingue clairement du pouvoir de commandement, ne devient, elle aussi, « réalité » que par les formes par lesquelles les destinataires la comprennent, et la transforment en pratiques. Avec des marques d’attention ou d’indifférence aussi inévitables qu’indispensables, les « subordonnés » (Dienstpflichtigen), les « policés » (Polizierten)  ou les « salariés » (Arbeitnehmer) s’approprient comme des cadres d’action (handlungsanforderungen) les directives données ; qu’il s’agisse de celles délivrées par des inspecteurs sur les horaires du travail, des lois sur l’inaliénabilité de la propriété d’un tiers, des ordonnances de la police contre les batailles de boules de neige ou de la réglementation sur les cadences au travail. Les ordres n’ont de conséquences que lorsqu’ils sont suivis. Ce n’est que lorsque ces ordres sont interprétés convenablement qu’ils peuvent s’adapter aux exigences et contraintes que les réalités locales imposent. Ceci est également vrai pour les destinataires de ces directives. Suivre mécaniquement un ordre (ou une interdiction) est en effet impossible. Seule l’interprétation voire la transformation de l’ordre permettent de s’en sortir sur le lieu de travail et sauvent l’honneur auprès des collèges et voisins. Dans la Prusse wilhelmienne, par exemple, beaucoup étaient conscients qu’il fallait « ignorer » la puissance étatique d’un policier. À l’usine, l’expérience des « taquineries » brutales amenait les travailleurs à ne pas risquer l’estime des collègues sur un simple moment d’inadvertance. Dans les situations extrêmes de l’extermination physique, en tout cas dans les « institutions totales  », de telles opportunités ou bien de telles nécessités étaient réduites au minimum. Et même le plus grand « contre-pouvoir » (Gegenmacht), celui qui pouvait consister à « se-laisser-tuer » (Popitz 1986 : 86) ostensiblement, était en définitive miné par la machinerie de la mise à mort sous le national-socialisme.

    Les appropriations des manifestations de la domination s’orientent aussi toujours par rapport à des symboles qu’elles contribuent en retour à former. L’image et le lieu commun du « thaumaturge » (Bloch, 1983) dans la France et l’Angleterre à la fin du moyen âge et au début des temps modernes étaient interprétés, notamment par les dominés (Schramm, 1981), comme un signe et un renforcement de la domination du roi. Il faudrait examiner comment ces images ont marqué, jusqu’à l’époque contemporaine, les attentes et les revendications de ces mêmes dominés et plus généralement la domination. Ainsi, les sociaux-démocrates ont façonné autour de 1900 les utopies de l’État révolutionnaire à partir des images de l’État militaire et policier qu’ils critiquaient et qu’ils attaquaient en même temps (Köhler, 1891 ; Stephan, 1977, p. 123 et suiv., p. 161 et suiv.). Les symboles du quasi-absolutisme germano-prussien produisaient des effets jusqu’au sein de l’étiquette militaire, si bien que la « marche des masses » (Massentritt) emmenée par les sociaux-démocrates pendant les manifestations s’opposait explicitement à la « marche au pas » militaire (Marschtritt) (Warneken, 1986). Pour autant, la marche pendant les manifestations continuait fatalement à ressembler à la marche militaire. Autre exemple : les « images » présentes dans les têtes et à partir desquelles on mesurait l’accomplissement idéal du travail industriel montraient des métallurgistes expérimentés et sûrs d’eux (Lüdtke, 1989 et 1991). Or c’est aussi depuis une telle représentation de la masculinité que se sont formés, pendant le fascisme allemand, les processus d’exclusion de celles et ceux tenus pour « étrangers à la communauté » (Gemeinschaftsfremde) (Peukert, 1982, p. 219 et suiv., p. 246 et suiv.).

    L’importance des socialisations culturelles pour l’analyse de la domination dans les « sociétés bourgeoises » a été analysée par Antonio Gramsci. « L’hégémonie » d’une classe repose selon lui sur la direction (« direzione ») des comportements et des interprétations imposés dans une société. Gramsci, bien sûr, donne beaucoup de poids à l’impulsion initiale de l’endoctrinement explicite ; dans ses textes majeurs, les formes calculées de production de la culture prédominent (Gramsci, 1977, p. 1638 et suiv. et p. 2010 et suiv. ; Anderson, 1976). Point décisif : la violence directe n’est qu’une exception, le dernier recours. Elle apparaît ainsi très peu comme une force systématiquement dotée d’effet dans ce qu’on peut appeler les ensembles d’assujettissement.

    De plus, l’interprétation des symboles est toujours liée aux situations, tout en les dépassant. Leur étonnant pouvoir d’attraction et la force d’influence (Wirkungsmacht) qui leur est liée résident dans le fait que ces symboles autorisent simultanément des lectures en apparence contraires et même qu’ils suscitent et affûtent ces lectures. Les symboles reposent sur ­ et renvoient à ­ des significations multiples. Ainsi, toutes sortes d’espoirs, mais aussi de peurs, deviennent concrets, c’est-à-dire réels, à travers et dans les pratiques symboliques, en tout cas l’espace d’un instant. Victor Turner a souligné que les symboles relient un « pôle normatif » à un « pôle émotionnel » (Turner, 1973, p. 27 et suiv. et p. 48 ; Turner, 1977 ; Firth, 1973) . Ce dernier serait en particulier défini par ses qualités « sensorielles ». Il parle directement aux sens à partir des bruits, des images et des odeurs, par exemple. Que l’on songe aux icônes ou aux mises en scène du prince (Herrscher), aux parades de ses troupes mais aussi aux « défilés » démonstratifs de ses opposants. Le souverain comme ses opposants faisaient toujours appel, et même parfois prioritairement, à l’ouïe et à la vue. Des symboles majestueux participent ainsi à la représentation d’un sujet « loyal » que l’on retrouve dans la figure du « citoyen » ; quant aux images rebelles ou oppositionnelles, elles montraient le héros combattant ou patriotique de la révolution auquel rêvaient les « camarades » (Agulhon, 1979 ; Lüsebrink, Reinhardt, 1990 ; Hardtwig, 1990).

    On se rappelle ou on oublie l’#assujettissement de diverses manières en particulier l’assujettissement conquis par la violence de la domination (Herrschaftsgewalt) ou la menace d’y recourir. Ici aussi chacun et chacune fait ses propres expériences et utilise des symboles spécifiques. L’interprétation, le langage non verbal et le langage verbal participent à la perception de ces symboles sans pour autant se confondre avec les perceptions elles-mêmes. La domination désigne en outre une pratique sociale qui inclut de manière particulièrement palpable des réalités qui ne se réduisent pas au langage : Heinrich Popitz a souligné que le « pouvoir de blesser » ne peut être distingué du « pouvoir de tuer » (Popitz, 1986, p. 69 et suiv.). La domination ne peut donc être détachée de l’expérience de douleurs et de souffrances physiques, de l’angoisse de la mort et du deuil des morts. L’expérience et l’action sont plus qu’un texte. Elles comprennent singulièrement des expériences sensibles que les mots ne peuvent tout à fait exprimer .

    C’est seulement au moment précis où elles se lient les unes aux autres qu’émerge l’appropriation (Aneignung). Dans ces liaisons par appropriation se développent ces potentialités qui seules rendent des dynamiques historiques possibles. Plus concrètement, même s’il est important de rappeler l’importance de la signification prise par toute imposition par la violence, la question reste entière de savoir si, au-delà des configurations bi-polaires, il n’existe pas aussi des simultanéités ambigües : docilité et insubordination, accord ou acceptation et distance. Cette perspective permet de voir de drôles « d’enchevêtrements ». Elle rend réels au quotidien les peines et efforts de la multitude (die Vielen) 

    #histoire #sciences_sociales


  • Des effets des outils sur nos pratiques : pourquoi les médecins détestent-ils leurs ordinateurs ? | InternetActu.net
    http://www.internetactu.net/2019/01/31/des-effets-des-outils-dans-nos-pratiques-pourquoi-les-medecins-deteste
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    Car le logiciel génère des heures de travail supplémentaires, passées non avec les patients, mais devant l’écran. En 2016, une étude montrait que les médecins passaient environ 2 heures devant leur écran pour chaque heure passée devant leur patient – l’Europe connaît le même phénomène : une étude menée dans le Service de médecine interne du Centre hospitalier universitaire vaudois indique que les médecins assistants passent 5 heures par jour devant un écran, contre 1,7 devant les malades. Ces 5,2 heures sont consacrées à entrer des informations dans le « dossier patient informatisé ».

    #numérique

    • @cedric3 Oh combien ! Me rappelle une prof de Maths qui a refusé de me recevoir arguant que je trouverais tout ce qu’il faut sur internet. #technocratie

      Cependant, il est assez incroyable, voire pitoyable, que chacun·e ne prenne pas sa part de responsabilité dans l’avènement du fachisme informatique. A commencer par les politiques, mais aussi les médecins qui ont accepté le fichage de ceux dont ils auraient du prendre soin. Rappeler que la #carte_vitale n’est pas obligatoire, pas plus que la carte bleue non plus de mettre son enfant dans des centres fermés nommés écoles ou d’emplir son sac de carte de fidélité.
      A un moment, on peut aussi dire non à la #technocratie et entrer en résistance, ça coûte cher à tout niveau mais le sens critique de mes contemporains semble s’être arrêté à leur porte monnaie.
      C’est plus facile de faire taire d’un revers de main ceux et celles qui dénoncent et se sont élevé·es contre cette #aliénation et d’aller jouir de son rôle dans le fichage de la population.
      Ça me met en colère à vrai dire et me fait penser à la vallée d’Aspe, une fois que les tunnels ont été construits et la vallée détruite, les habitants ont reconnu que finalement c’était une calamité mais ah ben zut les écolos givrés qui se cadenassaient sur les chantiers avaient donc raison.
      #DMP #données_personnelles #santé #fichage #amazon


  • Aurions-nous tout faux au sujet de la #dépression ? - ★ ZINZIN ZINE ★
    http://www.zinzinzine.net/tout-faux-depression.html

    Annotations :

    L’exception du deuil semblait avoir créé une faille dans l’affirmation voulant que les causes de la dépression seraient déjà scellées dans votre crâne. Cela laissait entendre qu’il existait des causes dans l’environnement extérieur, et qu’elles devaient être appréhendées et résolues dans cet environnement. Ce fut un débat que la #psychiatrie traditionnelle (à quelques exceptions près) ne voulu pas avoir. Donc, iels répondirent d’une manière simple – en réduisant petit à petit l’exception du deuil. À chaque nouvelle édition du manuel, iels réduisirent la période de deuil permise avant d’être étiqueté·e comme souffrant de maladie mentale – jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que de quelques mois et pour ensuite finir par disparaître complètement. (...)

    #travail #médicaments #Science

    • Mais alors, que ce passe-t-il réellement ? Lorsque j’ai interviewé des spécialistes des sciences sociales du monde entier – de São Paulo à Sydney, en passant par Los Angeles et Londres – j’ai commencé à entrevoir un tableau inattendu. Nous savons tou·tes que chaque être humain·e a des besoins physiques de base : en nourriture, en eau, en logement, en air pur. Il s’avère que, de la même manière, tou·tes les humain·es ont certains besoins psychologiques fondamentaux. Nous avons besoin de sentir que nous avons une place dans le monde. Nous avons besoin de nous sentir valorisé·es. Nous avons besoin de sentir que nous sommes bon·nes à quelque chose. Nous avons besoin de nous sentir securisé·es vis-à-vis de l’avenir. Et de plus en plus d’éléments montrent que notre culture ne répond pas à ces besoins psychologiques pour beaucoup de gens, probablement la plupart. J’ai appris que, de manières très différentes, nous avons fini par être déconnecté·es des choses dont nous avons vraiment besoin, et cette profonde déconnexion est le moteur de cette épidémie de dépression et d’anxiété qui nous entoure.

    • Il s’avère que si vous n’avez aucun contrôle sur votre travail, vous êtes beaucoup plus susceptible de devenir stressé·e – et surtout, déprimé·e. Les humain·es ont un besoin inné de sentir que ce qu’iels font, au jour le jour, est significatif. Lorsque vous êtes contrôlé·e, vous ne pouvez pas créer un sens à votre travail.

    • Il y a certes des facteurs sociaux et de travail dans de nombreux cas de dépressions, mais en faire l’explication centrale et la solution évidente qui va marcher pour tou·tes, c’est se foutre de la gueule du monde.


  • Au-delà des clichés : « Non, il ne suffit pas de traverser la rue pour décrocher un contrat »
    https://www.bastamag.net/Au-dela-des-cliches-Non-il-ne-suffit-pas-de-traverser-la-rue-pour-decroche

    A quoi ressemble la vie, quand on a moins de trente ans et qu’on ne trouve pas de travail ? Neuf récits publiés par les Éditions de l’Atelier livrent quelques réponses, et renversent ce cliché en vogue : « Quand on veut, on peut ! »... « Non, il ne suffit pas de traverser la rue, de se secouer un peu pour décrocher un contrat. Non, il ne suffit pas de quelques judicieuses réformes sociales pour que chacun ait accès à un emploi », répond Patrice Bride, dont l’ouvrage La vie devant nous. Récits de jeunes (...)

    #Témoignages

    / Emploi , #Inégalités, #Protections_sociales, A la une, #Revenus

    #Emploi_


  • « Un #écoféminisme à la française ? Les liens entre mouvements féministe et écologiste dans les années 1970 en France

    S’appuyant sur un dépouillement systématique de revues #écologistes (La Gueule ouverte et Le Sauvage) et #féministes (Sorcières, des femmes en mouvement, etc.) ainsi que sur des entretiens menés avec des journalistes et des militant·e·s, cet article revient sur la période qui, en France après les événements de mai 1968, a vu la réémergence des mouvements écologiste et féministe et les tentatives de quelques acteurs/actrices de ces mouvements sociaux pour les faire converger. Nous analysons particulièrement trois aspects de ces convergences : les tentatives de rencontres et de coalitions entre le mouvement écologiste et certaines féministes, l’articulation théorique proposée à partir de 1974 par Françoise d’Eaubonne autour du concept d’éco-féminisme, et l’intérêt grandissant porté à l’écologie par des féministes différentialistes situées à la jonction de différents mouvements sociaux. Cet article permet d’éclairer la spécificité de la situation française au moment où, à la fin des années 1970, émerge un mouvement écoféministe transnational. »

    https://journals.openedition.org/genrehistoire/3798


  • " « Brûlures, nausées, vomissements » : à Toulouse, les CRS utilisent bien des gaz plus agressifs

    Des gilets jaunes toulousains ont témoigné auprès de l’Observatoire des Pratiques Policières (OPP) des nausées, brûlures, qu’ils ont ressenties lors des dernières manifestations de janvier au contact des gaz lacrymogènes. Après son enquête, la préfecture vient de confirmer la livraison de grenades d’un nouveau type que l’OPP soupçonnées d’un degré de toxicité plus élevé."

    #GiletsJaunes #Toulouse #ViolencesPolicières #répression #politique #GazLacrymo #toxique

    https://revolutionpermanente.fr/Brulures-nausees-vomissements-a-Toulouse-les-CRS-utilisent-bien