Davduf

Livres linéaires, documentaires interactifs, police partout, punk rock, #Linux, #webdoc, #nouvelles_narrations et filatures. Dernier opus : « New Moon » http://davduf.net/new-moon

  • Procès de Tarnac – Jour 10 par Ingrid Merckx | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2018/03/proces-de-tarnac-jour-10-38580

    David Dufresne est à la barre. L’ancien journaliste indépendant – qui se décrit maintenant comme écrivain et documentariste – vient d’expliquer à la présidente du tribunal ce qu’est un « habillage en termes de police ». « Vous croyez vraiment que les services de renseignements déclarent tout ce qu’ils font ? », demande-t-il, un peu interloqué, à Corinne Goetzmann. « Vous inversez les rôles !, riposte-t-elle en souriant. Ça n’est pas David Dufresne qui interviewe le tribunal mais le tribunal qui interroge David Dufresne... » Un peu piquée quand même, car l’auteur de Tarnac, Magasin Général, met les pieds dans le plat.

    Depuis qu’il est arrivé à la barre, il y a plus d’une heure – pantalon noir, chemise blanche, cravate noire, lunettes, petit bouc châtain foncé –, il rompt le match que joue ce procès depuis dix jours : le ministère public défend le travail de la police. En face, la défense se bat pour démontrer que les enquêteurs ont fabriqué le dossier de #Tarnac.

    David Dufresne, c’est la voix qui manquait à ce procès. Celle qui ne mâche pas ses mots et ne fait pas semblant. Il dit par exemple qu’il n’a jamais douté de la sincérité des prévenus et ne croit pas à la séparation des pouvoirs. Pour lui, le juge Thierry Fragnoli échangeait en permanence avec les services de la sous-direction antiterroriste, qui étaient en guerre avec la DCRI. L’époque était à la fusion des services de renseignements, à la fusion de la police et de la gendarmerie, à l’affaissement de la droite traditionnelle. L’affaire de Tarnac est arrivée dans ce contexte : il fallait justifier la « vente des services de renseignements », frapper fort pour effacer les retards de trains le week-end du 11 novembre 2008, brandir le « péril rouge » pour regonfler la droite. « Ils incarnaient le péril rouge », résume David Dufresne, en évoquant « eux », les prévenus. Qui boivent ses paroles assis derrière lui.


  • « Une cascade de dysfonctionnements » : un journaliste fait parler les grands absents du procès Tarnac - Tarnac (19170) - La Montagne
    https://www.lamontagne.fr/tarnac/justice/correze/2018/03/27/une-cascade-de-dysfonctionnements-un-journaliste-fait-parler-les-grands-a

    L’ancien journaliste David Dufresne, qui a rencontré les principaux protagonistes de l’affaire Tarnac pour un livre, a décrit mardi les pressions politiques et la guerre des services de police qui ont pesé dans l’enquête sur les sabotages de lignes SNCF.

    Pour son ouvrage « #Tarnac magasin général », David Dufresne a eu accès à plus de témoins clef du dossier que le tribunal ne pourra en entendre, ces derniers ayant invoqué le secret défense ou un emploi du temps chargé pour ne pas se déplacer à l’audience.

    Parmi eux figurent des responsables du renseignement, dont l’ex-patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) Bernard Squarcini, l’ancien procureur de Paris Jean-Claude Marin ou encore Michel Delpuech, l’ex-directeur de cabinet de la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie et actuel préfet de police de Paris.

    C’est donc par la voix de M. Dufresne que ces hautes personnalités ont fait irruption mardi dans la salle du tribunal correctionnel de Paris où huit membres de la communauté libertaire de Tarnac sont jugés notamment pour association de malfaiteurs et la dégradation d’une ligne SNCF.


  • (20+) Scandale Facebook : les petits remèdes du Dr Zuckerberg - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2018/03/22/scandale-facebook-les-petits-remedes-du-dr-zuckerberg_1638235

    L’un des investisseurs historiques de Facebook, l’homme d’affaires Roger McNamee, a quant à lui déclaré sur la radio NPR : « J’ai bien peur qu’il y ait un problème systémique avec les algorithmes et que le modèle économique de Facebook permette à de mauvais acteurs de nuire à des utilisateurs innocents. »
    « Intégrité »

    De fait, depuis l’époque où il balayait les critiques sur la propagation des « fake news », le patron de Facebook a changé de langage. « La question n’est pas "faut-il ou non de la régulation", la question, c’est comment on procède », déclare-t-il à Wired. « Comment on procède », c’est bien toute la question. Car Zuckerberg met sur la table l’idée d’une détection « proactive », appuyée sur les progrès de l’intelligence artificielle, des contenus « choquants » ou illégaux. Soit la perspective d’une surveillance algorithmique généralisée, qui alarme les défenseurs des libertés publiques.

    Interrogé sur CNN, Zuckerberg a souvent semblé dépassé par sa propre créature : « Nous avons un gros travail à faire pour qu’il soit plus difficile pour des Etats, comme la Russie, d’interférer dans les élections. Nous avons la responsabilité de le faire, pas seulement pour les élections de mi-mandat aux Etats-Unis en 2018 […]. Il y a aussi une élection importante cette année en Inde, une autre au Brésil… » Et le patron du réseau social de s’engager à tout faire pour que « l’intégrité de ces élections soit assurée sur Facebook ». « On ne parle plus de sociétés commerciales, mais d’entités qui font à la fois du commerce et de la politique », expliquait en septembre à Libé, à propos des plateformes du Net, l’enseignant-chercheur Olivier Ertzscheid, blogueur sur Affordance.info. Nous y voilà, plus que jamais.
    Amaelle Guiton

    #Surveillance #Facebook #Cambridge_analytica


  • La Souveraineté technologique - Ritimo
    https://www.ritimo.org/La-Souverainete-Technologique-Volume2

    Nous méritons d’autres technologies, quelque chose de mieux que ce que nous appelons aujourd’hui les « Technologies de l’information et de la communication ». Ce dossier aborde des aspects sociaux, politiques, écologiques et économiques à travers des expériences visant à développer des formes de Souveraineté Technologique.

    Les auteur.e.s nous invitent à partager d’autres façons de désirer, concevoir, produire et maintenir des technologies. Des expériences et initiatives pour maintenir la liberté, l’autonomie et la justice sociale tout en créant des systèmes autonomes de téléphonie mobile, des réseaux de traduction simultanée, des plateformes pour lancer des alertes, des outils numériques sûrs, des algorithmes souverains, des serveurs éthiques et des technologies appropriées.

    Déjà annoncé par @supergeante mais cela vaut la peine de remettre une couche

    #technologies_libres #souveraineté_technologique #trans/border


  • CNC - publications - Guide de l’accompagnement - Ecriture, développement, réalisation et post-production
    http://www.cnc.fr/web/fr/publications/-/ressources/11143948

    Ce guide à destination des auteurs comprend 6 rubriques regroupant : des résidences d’écriture et ateliers ; des résidences de réalisation, montage et post-production ; des résidences de compositeurs ; des collectifs d’auteurs ; des structures d’accompagnement et ateliers ainsi que des bureaux d’accueil des professionnels de l’audiovisuel et des maisons des auteurs.

    Pour caractériser les activités de chaque structure, nous avons retenu certains critères qui résultent d’un choix pratique ; ils ne prétendent nullement donner un panorama complet des activités de chaque résidence, atelier, structure d’accompagnement, Maison des auteurs ou bureaux d’accueil, mais offrir des clés de compréhension aux auteurs.

    #nouvelles_narrations_financement #nouvelles_narrations


  • Clément Cogitore : « Raconter une histoire, c’est prendre le pouvoir » - Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/200318/clement-cogitore-raconter-une-histoire-c-est-prendre-le-pouvoir?onglet=ful

    Il y a un dogme, qui s’est installé depuis assez longtemps, et particulièrement depuis les années 1990, qui serait le suivant : comme le #récit est partout, les musées, les espaces d’art contemporain devraient y échapper. Le musée ne serait pas le lieu pour raconter des histoires. Pour moi, cela revient à oublier que l’histoire de l’art est totalement narrative, depuis la grotte de Lascaux ! On sait depuis assez peu de temps que dans nos diverses civilisations, il n’y a pas d’images qui ne soient pas portées par des récits.

    Quand il y a un bison dans une grotte, il n’est pas tout seul : ce peut être un bison mâle cherchant à échapper à un chasseur, ou qui fait la cour à une femelle… Il y a des séquences, organisées de manière narrative. Quand Giotto peint les fresques de la chapelle des Scrovegni à Padoue, c’est du blockbuster qui fait appel à différents niveaux de récits, mythologiques, illusionnistes… On s’est dit, en histoire de l’art, comme en littérature, que puisque c’était la fin des grands récits, on pouvait s’en débarrasser : mais non, c’est comme un besoin de transcendance, ça reste fondamental dans l’expérience humaine.

    #cinéma


  • Facebook facing an existential crisis over privacy and data - Mar. 19, 2018
    http://money.cnn.com/2018/03/19/technology/business/facebook-data-privacy-crisis/index.html

    he scandal also highlights a problem that is built into the company’s DNA: Its business is data exploitation. Facebook makes money by, among other things, harvesting your data and selling it to app developers and advertisers. Preventing those buyers from passing that data to third parties with ulterior motives may ultimately be impossible.

    Indeed, the most alarming aspect of Cambridge Analytica’s “breach” is that it wasn’t a breach at all. It happened almost entirely above board and in line with Facebook policy.

    Aleksandr Kogan, a University of Cambridge professor, accessed the data of more than 50 million #Facebook users simply by creating a survey filled out by 270,000 people. Facebook provided Kogan with the data of anyone who took the survey, as well as their friends’ data. In a statement, Facebook said, “Kogan gained access to this information in a legitimate way and through the proper channels that governed all developers on Facebook at that time.”

    #GAFA


  • Procès de Tarnac : « Passez un bon week-end ».
    https://lundi.am/Proces-de-Tarnac

    La tournure prise jusqu’ici par le procès tient sans doute pour une part à la personnalité de Madame le Président. Entre son insistance et ses étonnements pour le moins lourdingue sur le fait que des jeunes gens puissent vouloir faire l’amour dans une voiture, et, le vendredi matin, sa déclaration de « recadrage » comme on dit dans les institutions scolaires, au cours de laquelle elle a raconté (et s’est raconté) qu’elle avait laissé dans un premier temps les choses aller pour que « la colère compréhensible des prévenus » puisse s’exprimer, on a bien compris quel rôle elle s’attribuait, celui de la prof un peu coincée qui sait se montrer psychologue mais aussi reprendre sa classe en main avant de la remercier et de souhaiter « un bon week-end à tous ». Le rappel à l’ordre des journaux (et peut-être un coup de fil de supérieur) jouant ici le rôle de l’inspecteur d’académie qui lui signalerait qu’elle ne sait pas tenir ses élèves, a dû aussi avoir une influence. Peu importe le degré d’authenticité de cette comédie : l’essentiel est sans doute dans l’indication qu’elle a fournie au terme de son admonestation finale : « si vous voulez un procès de rupture, c’est votre droit ».
    Le procès de rupture, qui consiste à se servir du tribunal comme tribune en ne se préoccupant nullement des conséquences punitives, a certes des vertus. Nos amis sont peut-être en train d’inventer autre chose : non pas l’affrontement direct, mais, grâce à une belle pugnacité et à une connaissance sans faille du dossier, la subversion, au fur et à mesure qu’il le déroule, du récit que le pouvoir judiciaire cherche à imposer. Non pas une rupture fracassante, mais une série de ruptures multiples qui lézardent et préparent l’effondrement général.

    #Tarnac


  • Tarnac : “L’antiterrorisme est devenu un mode de gouvernance en France” - LesInrocks
    https://www.lesinrocks.com/2018/03/18/actualite/medias-actualite/lantiterrorisme-est-devenu-un-mode-de-gouvernance-en-france-111059681

    Vous avez défendu dans une précédente interview que l’affaire de #Tarnac c’est “l’antiterrorisme bras armé de la politique”. Pourriez-vous développer ce point ?

    Étymologiquement, par “police” on entend gestion de la cité. Il y a plusieurs sortes de polices. Parmi lesquelles deux sont éminemment politiques : la police du maintien de l’ordre et celle de l’antiterrorisme. Deux polices que j’ai étudiées pendant des années. Précisons par ailleurs qu’il n’existe pas de définition universelle du terrorisme. A l’ONU, par exemple, il n’y en a pas. Parce que le terroriste de l’un est le résistant de l’autre. Alors évidemment, aujourd’hui en France, avec tous les attentats qui ont été perpétrés - à Nice, au Bataclan, à Charlie Hebdo, au magasin Hyper Cacher, à Toulouse -, c’est très délicat d’en discuter. Je reste bouleversé comme chacun par ces actes sans nom. Mais l’on se doit, tous, de raisonner. Or, dans le cadre de mon enquête sur l’affaire dite de Tarnac, tous les protagonistes de la machine antiterrorisme que j’ai rencontrés, police, justice, et autres, se situaient, fatalement, d’un point de vue politique. Dans cette affaire, on n’est pas dans le droit commun. Ce n’est pas un braquage qui est examiné, mais un mode de pensée. Un mode d’action. Des modes de vie. Il faudrait être aveugle pour ne pas voir qu’aujourd’hui l’antiterrorisme est devenu un mode de gouvernance en France. La vie politique et sociétale entière est axée sur l’antiterrorisme. Sarkozy, Valls, Collomb, même combat.

    Dans “Tarnac, magasin général”, j’avais souligné comment les fonctionnaires de la #DCRI (La direction générale de la Sécurité intérieure) étaient en service commandé. Ils exécutaient les ordres. Les grands patrons du renseignement étaient obligés d’alimenter le ministère de photos, de documents, concernant des groupes présentés comme terroristes. La DCRI, fleuron de Sarkozy, était vendue par ce dernier comme un “FBI à la française”. On se focalisait notamment sur l’ultragauche. Un vieux fantasme de la droite classique. Dans son imaginaire, quand la gauche de gouvernement se trouve en état faiblesse - c’était le cas au début du quinquennat Sarkozy -, l’extrême gauche retrouve du succès.

    #AutoPromo

    • Disons que je m’opposais à sa conception du journalisme. Une confrontation qui symbolisait le duel entre ce que j’appelle le “journalisme de PV”, le journalisme de révélation, et le journalisme de compréhension. Autrement dit, le journalisme de scoop, d’un côté, et le journalisme qui prend son temps, qui avance pas à pas, de l’autre. Ce dernier, bien qu’il ne soit plus bien en vogue, demeure mon préféré. Je pense qu’il faut les deux. Mais le scoop, seul, ne nous permet pas de raconter le monde, de le comprendre. Et si mon livre est truffé de PV, c’est justement pour tenter d’aller au bout de ma démonstration : les réponses d’un gardé à vue, quel qu’il soit, ne suffisent pas, encore moins les passages soigneusement extraits. Les questions des policiers valent autant pour comprendre les logiques à l’œuvre.

      C’est en ce sens, selon moi, que l’affaire dite de Tarnac était et reste éloquente bien au-delà des faits policiers : elle en dit long sur notre époque, les dérives de la police du renseignement, le piétinement des libertés publiques, la collusion des pouvoirs, police-politique-justice-médias.

      #journalisme


  • #tarnac : un début de #procès chaotique
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170318/tarnac-un-debut-de-proces-chaotique

    Confuse, parsemée d’incidents, la première semaine de procès du « groupe de Tarnac » a servi de tribune à Julien #Coupat et Mathieu #Burnel. Mais la défense politique des huit prévenus ne garantit pas qu’ils seront entendus par le tribunal.

    #France #anarchie #antiterrorisme #DCRI #Dhuisy #insurrection #Justice #sabotage #SDAT #Seine-et-Marne #SNCF #terrorisme #TGV

    • « Tout le monde s’étonne qu’on puisse faire l’amour en se sachant suivi par des policiers, mais personne ne s’étonne qu’on commette une infraction en étant suivis par des policiers ? », intervient Marie Dosé, l’avocate de Yildune Lévy.

      En colère, la jeune femme assure avoir été « insultée sexuellement » et traitée de « salope de juive » par un policier, pendant sa garde à vue. « Évidemment que je n’allais pas tout raconter sur cette nuit-là », explose-t-elle. Depuis sa garde à vue, voici 10 ans, elle fait encore des crises d’angoisse, ce qui ne lui était jamais arrivé auparavant. Sans se désolidariser de ses camarades, elle est la seule à avoir sa propre défense, et ses parents ne ratent pas une seule audience.

      Se reconstruire après l’affaire de Tarnac n’est pas simple. D’autant que personne ne peut prédire l’issue d’un procès comme celui-là. Avec leur défense très politique, en utilisant les audiences comme une tribune et en refusant parfois de répondre sur des points précis, Julien Coupat et Mathieu Burnel prennent peut-être le risque d’être condamnés, et leurs camarades avec eux. Rien n’est encore joué. Les débats reprendront mardi et s’achèveront le 30 mars.


  • Procès Tarnac : « Le tribunal perd pied… »
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/03/16/proces-tarnac-le-tribunal-perd-pied_5271722_1653578.html

    « Il va falloir vous adapter »

    Difficile de dire si l’attitude de Me Jérémie Assous et Julien Coupat, provocateurs par nature, relève d’une stratégie de guerre totale à l’accusation et d’occupation du terrain décidée à l’avance, ou si ce n’est que le cours des débats qui les incite à s’exprimer spontanément. De fait, les deux hommes se lancent fréquemment dans des explications à rallonge sur des points d’un dossier complexe qu’ils maîtrisent parfaitement, et dont ils ont décidé de souligner la moindre faille. Ils donnent parfois l’impression de vouloir aller plus vite que la musique. « Le tribunal perd pied, doit convenir la présidente. Vous faites référence à des éléments que je n’ai pas encore évoqués, c’est dans la suite de mon rapport, mais vous ne me laissez pas le lire. »

    En fin de journée, alors qu’il s’exprime sur une revendication du sabotage venue d’Allemagne au lendemain des faits – piste étonnamment peu exploitée par les enquêteurs à l’époque – et qu’il semble parti pour un long monologue, la présidente interrompt Julien Coupat. « La défense prend la main sur la présentation du dossier et ne me laisse pas le temps de présenter les éléments. Il est 20 heures, je n’ai pas lu la moitié du rapport que je devais lire. On ne va pas pouvoir aller au bout dans ces conditions. Il va falloir vous adapter si vous voulez que ce procès se fasse, il faut peut-être réfléchir à une autre manière de faire passer les messages. On peut être percutant sans monopoliser la parole. »

    Au bout de trois jours, le programme doit déjà être revu. Les audiences, uniquement prévues l’après-midi, pourraient également se tenir tous les matins, ainsi que le lundi, jour de repos en théorie. Et dire que dans un tout premier temps, ce procès, qui doit s’achever le 30 mars, avait été prévu pour s’étaler sur six demi-journées à peine…

    #Tarnac


  • Tarnac : “La politisation intense de la jeunesse fait peur aux gouvernants” - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/tarnac-politisation-intense-jeunesse-fait-peur-aux-gouv

    En marge du procès de l’affaire #Tarnac qui se tient au tribunal correctionnel à Paris entre le 13 et le 30 mars 2018, deux prévenus, Mathieu Burnel et Benjamin Rosoux évoquent avec nous le regard qu’ils portent sur la perception et la répression de l’activisme aujourd’hui.

    Dans l’affaire Tarnac, Mathieu Burnel et Benjamin Rosoux sont poursuivis pour « refus de se soumettre à un prélèvement biologique ». Ils comparaissent, depuis le 13 mars 2018, devant la XIVe chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris avec 6 autres prévenus dont Julien Coupat, accusé notamment du sabotage d’une ligne SNCF en 2008. Tarnac, un village de Corrèze qui a donné son nom à ce groupe d’activistes et de militants qui a traversé 10 années de procédures avant ce procès. Mathieu Burnel et Benjamin Rosoux portent un regard, leur regard, sur le militantisme d’aujourd’hui, avec le recul de leur expérience.

    En 10 ans, la répression s’est accentuée

    Pour Mathieu Burnel, aujourd’hui, la politisation rapide et intense de la jeunesse peut faire peur aux gouvernants. Concernant le groupe de Tarnac, il rappelle que l’accusation de terrorisme a été abandonnée, mais conteste que le fait que l’affaire de Tarnac se soit dégonflée". Il estime que depuis 10 ans, depuis leur arrestation, « des militants, des activistes, de simples manifestants » sont de plus en plus nombreux à être « inquiétés ». Pour lui, « les techniques de répression se sont accrues. » Aujourd’hui, le procès est fatigant mais il pense que leur défense est entendue.


  • Tarnac : La nuit de l’invraisemblable filature - LesJours
    https://lesjours.fr/obsessions/proces-tarnac/ep4-quatrieme-jour

    La discussion s’éternise. Pour maintenir sa position de fermeté, la présidente tient à terminer le programme alors qu’il est plus de 22 heures. Il reste au moins deux heures de débats. Une suspension et une conversation qu’on imagine mouvementée avec toutes les parties la font changer d’avis. Corinne Goetzmann revient dépitée dans la salle. Consciente qu’Yildune Lévy est « fatiguée » et Julien Coupat « énervé », la présidente accepte de s’arrêter là pour ce soir et de rajouter une demi-journée d’audience au calendrier, mardi matin. « J’ai dit à maître Assous que ses interventions perturbaient le rapport. Si une partie de la défense souhaite un procès de rupture, c’est possible. » Dans un malaise général sur la tournure que prend le procès, chacun est allé se reposer pour le week-end. Ça ne peut pas faire de mal.

    #Tarnac


  • En mars à Tarnac | Deux week-ends de rencontres au Magasin Général de Tarnac pendant le procès de « l’affaire »
    https://tarnac2018.noblogs.org/en-mars-a-tarnac

    Pendant ces trois semaines de procès, on verra se déplier longuement, une fois encore, tout le storytelling policier, médiatique et judiciaire qui a pour l’instant mené où l’on sait.

    Sur #Tarnac, nous sommes quelques-uns à nous être dit qu’il serait bon de donner de la voix, comme un modeste contre-feu à cette machinerie, à des récits plus ancrés dans notre réalité. On partira donc, pour la blague ou pour le geste, de certains des actes qui sont reprochés aux prévenus… mais pour mieux les replacer dans leur contexte réel.

    Une des prévenues a été soupçonnée de passer un message codé en téléphonant à ses camarades pour leur dire que « la choucroute est prête » ? Eh bien, on partagera au moins une fois une choucroute à la cantine !❞


  • L’édition française de livres en quelques chiffres
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2018/03/16/l-edition-francaise-de-livres-en-quelques-chiffres_5271815_3260.html

    Le Salon Livre Paris 2018 ouvre ses portes vendredi. En 2017, ce sont plus de 68 000 #livres qui ont été publiés en France.

    Un petit nombre d’auteurs, tels Guillaume Musso (967 300 exemplaires pour ses différents livres), Aurélie Valognes (641 800), Michel Bussi (486 100) et Marc Lévy (478 500), concentrent l’essentiel des ventes.

    Les 410 500 exemplaires vendus de La Fille du train, de Paula Hawkins (Sonatine, 2015), montrent aussi que le polar reste très populaire.

    #foliedouce #édition


  • Procès Tarnac : « L’amour dans une voiture quand on est suivi par des policiers »
    https://www.nouvelobs.com/justice/20180316.OBS3758/proces-tarnac-l-amour-dans-une-voiture-quand-on-est-suivi-par-des-policie

    Entre-temps, dans ces auditions souvent très techniques - ah, cette longue exploration des routes départementales de la Seine-et-Marne ! - il était enfin passé un souffle, une émotion dans une Chambre des Criées toujours pleine à craquer. Certes, Yldune Lévy a tenu un discours qui a pu paraître décousu, elle a refusé de répondre aux questions du procureur, mais pour la première fois, on a enfin vu une personne parler avec son cœur dans un procès qui en manque singulièrement. Pudique quand il a fallu s’expliquer sur sa relation avec Julien Coupat ; émue quand elle a parlé du choc de leur arrestation, le 11 novembre 2008, et des jours qui ont suivi, quand « on était présenté comme des jeunes hérétiques qu’on devait envoyer au bûcher » ; attachante quand elle a décrit sa réaction après ce fameux « câlin » dans la Mercédès de Coupat : « On s’est regardé et on a éclaté de rire. Et là on s’est dit, ce week-end, c’est vraiment trop la loose ! ». Et bouleversante, disons-le, quand au bord des larmes, elle a raconté d’un trait cette scène stupéfiante :
    ""J’étais assise dans un coin de ma cellule, et il y a un gros molosse qui arrive droit sur moi et qui me dit : « Alors, elle est pas assez grosse, la bite de Julien Coupat ? Tu veux en voir une autre, salope de juive ? » "

    Elle avait les joues rouges, tremblait légèrement. Elle ne cherchait pas à donner une image mais simplement à rester debout. Un temps très court, on n’a plus rien entendu, ni les bavardages du public, ni les rires potaches des accusés.

    #Tarnac


  • L’affaire Tarnac
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-des-idees/le-journal-des-idees-du-jeudi-15-mars-2018

    Le Comité invisible, dix ans de subversion

    Dans Le Monde, Nicolas Truong observe une évolution à l’égard du « ton péremptoire » et du « style comminatoire » hérités des situationnistes et de Guy Debord. « Voir la gueule de ceux qui sont quelqu’un dans cette société peut aider à comprendre la joie de n’y être personne », écrivaient-ils encore récemment pour justifier une forme militante de clandestinité. Aujourd’hui le collectif s’affiche pour organiser des débats, comme le 27 janvier autour du thème « Tout le monde déteste le travail », ou encore le 8 mars à Montreuil, où Julien Coupat a exprimé sa volonté de « ne pas s’enfermer dans un ghetto radical ». Ce soir-là, Frédéric Lordon ou l’écrivain Serge Quadruppani étaient présents. Le quotidien consacre sa double page Débats & analyses aux dix ans de subversion du Comité invisible, soulignant son indéniable empreinte. Un collectif d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes signe une tribune de soutien aux « inculpés de Tarnac », parmi lesquels Giorgio Agamben, Olivier Cadiot ou Rony Brauman, Eric Fassin, Marielle Macé ou Jean-Luc Nancy… Ils dénoncent une justice « d’exception » qui incrimine les intentions et contamine le droit commun. Selon eux, les services de renseignement ont désormais les coudées franches et fonctionnent sous le régime de l’état d’urgence comme une « police politique ».

    #Tarnac


  • Procès du « groupe de Tarnac » : le tribunal décortique la nuit des sabotages
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/16/01016-20180316LIVWWW00141-en-direct-proces-tarnac-coupat-jour-4.php

    Ce qu’il faut retenir de la première partie de l’audience :

    Elle a été intégralement consacrée au PV D104, pièce importante puisqu’elle relate la surveillance de Julien Coupat et sa compagne de l’époque, Yildune Lévy, le soir des sabotages de lignes TGV. Ce PV est contesté par la défense, qui estime qu’il comporte de nombreuses incohérences.

    Yildune Lévy et Julien Coupat ont répété ce qu’ils avaient déjà pu dire aux enquêteurs, à savoir qu’ils tentaient d’échapper un peu à la surveillance policière dont ils étaient l’objet à Paris en passant un weekend à la campagne. Qu’ils ont constaté qu’ils étaient toujours suivis et ont donc fini par renoncer à leur weekend.

    Le procureur, de son côté, estiment qu’ils ont effectué, avant la soirée, des repérages préalables aux sabotages.

    Sur les incohérences, chaque camp reste campé sur ses positions.


  • Procès de Tarnac – Jour 4 par Ingrid Merckx | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2018/03/proces-de-tarnac-jour-4-38531

    orinne Goetzmann a-t-elle été recadrée elle-même ? Lui a-t-on renvoyé de mauvais échos du déroulement de ce procès de #Tarnac qui se tient au palais de justice, à Paris, depuis le 13 mars ? Ou bien a-t-elle eu le sentiment qu’on avait profité de son indulgence ? Toujours est-il que la présidente du tribunal démarre ce quatrième jour d’audience par une mise au point assez ferme.

    « Les débats ont été assez atypiques », commence-t-elle avant d’embrayer sur la raison d’être d’un procès pénal : l’existence d’un débat contradictoire. « Le tribunal a choisi de laisser un certaine colère s’exprimer… », mais cela ne doit pas se faire au détriment de certains usages, explique-t-elle en substance. En tête de ces « usages » : écouter les parties adverses et ne pas confondre le temps des discussions et le temps des plaidoiries.

    Adresse spéciale à Jérémie Assous, avocat de sept des prévenus dont Julien Coupat, qui tient clairement et brillamment le crachoir depuis quatre jour ? Ou à Julien Coupat et Mathieu Burnel, qui n’hésitent pas à jouer les mauvais garnements en interrompant les débats de manière intempestive tout en faisant un peu comme s’ils étaient chez eux… « C’est un procès sérieux, les peines encourues sont de cinq ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende… Il y a des enjeux humains à ce procès… », enfonce Corinne Goetzmann, visiblement décidée à grever l’ambiance faussement détendue des premiers jours.

    « Merci, Madame la présidente, pour le rappel de ces règles… que nous connaissons », grince Jérémie Assous. Vous évoquez le contradictoire, mais l’ensemble de cette affaire a été instruite à charge depuis le début. Les magistrats instructeurs n’ont fait que couvrir les agissements des policiers et justifier la véracité du PV 104 [sur la base duquel Julien Coupat a été incarcéré, ndlr]. La contradiction, cela fait dix ans qu’on l’attend ! », s’exclame-t-il pour justifier ce qui aurait pu apparaître comme des débordements. Sans compter que de contradictions, il ne peut y avoir complètement, ne manque pas de rappeler l’avocat.


  • Revivez la deuxième journée du procès du « groupe de Tarnac » via @julienlicourt
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/14/01016-20180314LIVWWW00115-proces-direct-groupe-tarnac-sabotage-coupat-jour-

    Voici les points importants qui ont été abordés en cette deuxième journée de procès.

    L’après-midi a commencé par l’acquisition de la ferme du Goutailloux, à #Tarnac. La présidente cherchant à savoir les motivations de cet achat, les prévenus ont globalement refusé de répondre, expliquant simplement vouloir vivre ensemble, et rejetant toute qualification de « base arrière ».

    C’est ensuite le voyage au Canada et aux États-Unis de Yildune Levy et Julien Coupat qui a été évoqué. Les enquêteurs affirment qu’ils s’y sont rendus pour assister à une réunion internationale d’anarchistes. Eux évoquent un « voyage en amoureux ». L’instruction mentionne également une liste retrouvée, par les douaniers canadiens, dans les affaires du couple. Les enquêteurs y voient un document préparatoire de sabotage. Julien Coupat a tourné l’argument en dérision.

    La surveillance de Julien Coupat a été détaillée. Ce dernier a affirmé avoir repéré les nombreux policiers qui le suivaient. Le procureur a assuré qu’il n’en était rien.

    La présidente est ensuite longuement revenue sur la manifestation qui s’est déroulée à Vichy, en novembre 2008, afin de protester contre un sommet européen sur l’immigration et au cours de laquelle des affrontements avec la police ont eu lieu. C’est une manifestation importante pour l’accusation car elle permet de poursuivre plusieurs prévenus pour association de malfaiteurs. Les prévenus concernés ont expliqué ne pas comprendre en quoi la préparation d’une manifestation pouvait être considérée comme un délit et ont minimisé les violences qui ont pu avoir lieu.

    Merci à tous de nous avoir suivis et à demain. Le tribunal doit commencer à examiner jeudi les sabotages de lignes SNCF.


  • Revivez la première journée du procès du « groupe de Tarnac » via @julienlicourt -
    http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/03/13/01016-20180313LIVWWW00106-proces-en-direct-groupe-de-tarnac-tgv-sabotages-c

    Initialement mises en examen pour des faits de terrorisme, huit personnes présentées en 2008 comme de dangereux terroristes d’ultragauche comparaissent depuis ce mardi, soit dix ans plus tard, pour la dégradation d’une ligne ferroviaire. Elles réfutent ces accusations, dénonçant un procès politique.

    #Tarnac


  • Affaire de Tarnac : mais où est donc passée Michèle Alliot-Marie ? - Challenges.fr

    On sait que le discrédit qui frappe les politiques vient notamment de ce qu’ils n’assument pas leurs responsabilités. Michèle Alliot-Marie, aujourd’hui députée européenne Les Républicains, vient d’en donner une nouvelle et piteuse illustration. Elle s’est en effet déclarée indisponible pour ce procès du groupe de Tarnac, qui se tient ces jours-ci à Paris. Il eut été pourtant indispensable d’entendre ses explications, voire l’aveu des errements et erreurs qu’elle a provoqués, puis couverts. Ministre de l’Intérieur, elle fut particulièrement active dans la dénonciation et la traque de ce « gruppetto » de post-situationnistes installés en Corrèze qu’elle s’employa à faire passer « pour une mouvance d’ultra gauche en lien avec des sabotages ». A tour de bras et de déclarations, elle fit monter la mayonnaise, qui retomba une première fois lorsque la justice refusa de poursuivre pour terrorisme, et qui aujourd’hui tourne au ridicule au cours de ces audiences où apparaît sous le trop plein le vide de l’enquête et la fabrique paranoïaque de faux coupables d’une « prétendue association de malfaiteurs ».

    Elle aurait donc mérité une place centrale, cette ex-chef de la police, ainsi que quelques autres fantômes qui se sont soigneusement défilés eux aussi, tel Bernard Squarcini, ex-chef de la direction de la sécurité intérieure, ou encore Jean-Claude Marin, procureur général de Paris qui, lui, avait cru voir dans cette communauté anarchiste « un lieu d’endoctrinement, une base arrière aux actions violentes ». Mais, à tout seigneur tout honneur, Michèle Alliot-Marie donna une impulsion politique décisive à cette affaire de sabotage d’une ligne de TGV, dont elle fit une menace terroriste d’ampleur nationale. Avec le concours ardent de médias qui voyaient du « rouge » et fonçaient dans le panneau, les suspects étaient transformés en coupables, puisqu’ils avaient participé à une réunion d’anarchistes à New York, qu’ils se cachaient dans une base arrière auvergnate, et que l’un d’entre eux avait rédigé un ouvrage fumeux mais au titre provocateur, « L’insurrection qui vient »... Tout cela puait le montage à mille lieux.

    #Tarnac


  • Le « groupe de Tarnac » adopte une défense politique | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150318/le-groupe-de-tarnac-adopte-une-defense-politique

    Le moment le plus spontané et le plus rafraîchissant de ce début de procès vient de Yildune Lévy, l’ancienne compagne de Julien Coupat. Malgré la gêne, elle raconte avec simplicité leur voyage au Canada et à New York, en janvier 2008, qui a nourri les soupçons des services de renseignement. « On a arraché un bout de ma vie, qui était en fait un voyage en amoureux », dit-elle.

    Une virée où le couple passe la frontière à pied, en forêt, par refus des passeports biométriques, est hébergé par des amis et rencontre d’autres militants du mouvement antiglobalisation, raconte la jeune femme. Des discussions informelles qui seront transformées en prétendues réunions conspiratrices, à cause de l’agent infiltré britannique Mark Kennedy, assure-t-elle, comme les autres membres du « groupe de Tarnac » et leurs avocats. « Les choses s’autoalimentent, le FBI est là et parle de nous parce qu’il y a Kennedy, qui invente et grossit les choses. Il joue sa place. Il faut dire qu’il y a une menace, explique Yildune Lévy. C’est du storytelling : créer la menace pour justifier de sa fonction et de son emploi. C’est tautologique. »

    Corinne Goetzmann, la présidente de la XIVe chambre correctionnelle, gère avec une certaine souplesse cette défense groupée et militante qui pourrait rendre les débats chaotiques. La magistrate ne se braque pas quand le public, acquis aux prévenus, applaudit, hue et rigole comme au spectacle. Helyette Bess, 87 ans, figure iconique des milieux anarchistes et autonomes, ne loupe pas une audience et a droit à une ovation. Ceux qui n’ont pas pu entrer crient et sifflent dans la salle des pas perdus. À l’ouverture du procès, certains soutiens arboraient des masques avec le visage du procureur Olivier Christen et d’autres haranguaient les photographes, sous le regard blasé des gendarmes.

    #Tarnac


  • Procès de Tarnac – Jour 3 par Ingrid Merckx | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2018/03/proces-de-tarnac-jour-3-38525

    Le fameux crochet

    La présidente poursuit la description des dégradations dont celle reprochée à Julien Coupat et Yildune Lévy dans la nuit du 7 au 8 novembre. C’est un peu laborieux. On baille dans la salle. Mathieu Burnel se retourne vers Benjamin Rosoux qui, assis derrière lui au deuxième rang des prévenus, lui sourit sous sa fine moustache. Julien Coupat se penche vers Maître Assous assis à sa gauche. Il agite sa main droite en pinçant deux doigts. Il porte un pull sombre et des lunettes, comme Mathieu Burnel assis à sa droite. Me Jérémie Assous hoche la tête. Tous les trois ont des ordinateurs ouverts devant eux. L’un et l’autre de ces deux prévenus, moins impertinents que les deux premiers jours, se lèvent à tour de rôle pour apporter des précisions techniques, experts de leurs dossiers « un peu paranoïaques », reconnaît même Mathieu Burnel.

    « On pourrait faire venir un expert des fadettes, propose la présidente, ni vous ni le tribunal n’avons les compétences... » « On pourrait demander à David Dufresne quand il va témoigner, propose Mathieu Burnel. Dans son livre, #Tarnac, Magasin Général, il a interrogé un policier qui lui explique comment trafiquer des fadettes... »

    Les autres prévenus sont plus discrets. Sourient, ou parlent parfois entre voisins. Mais ils suivent les débats plus calmes, plus immobiles. Les faits qui leur sont reprochés : refus de prélèvements ADN et recel de papiers d’identités, n’ont pas encore été abordés.

    Remous dans la salle quand la présidente sort « l’arme du crime », le crochet « fer à béton » qui a servi à endommager la ligne SNCF. « C’est lourd ! Et pas forcément très propre..., prévient-elle. Ce crochet ne pouvait entraîner de déraillement... Il ne nécessitait pas de complicité à la SNCF. »

    Ce crochet, c’est aussi celui qui figure, dessiné, sur la couverture du deuxième numéro imprimé du journal en ligne Lundi matin et consacré aux archives de l’affaire de Tarnac. « Pas d’empreintes, pas de traces ADN », continue la présidente qui fait tourner l’objet. « Touche ! », jette Mathieu Burnel à Julien Coupat en lui tendant le crochet par la partie non couverte par un plastique. Nouveaux rires dans la salle.

    « Il a été fabriqué de façon astucieuse... ce crochet est parfait », commente l’expert, admiratif, qui a été introduit à l’audience. Applaudissements et rires dans la salle. « On peut s’électrocuter avec ce crochet mais si j’avais à le poser sur une ligne... (rires dans la salle), je veux dire : si j’étais malfaisant (nouveaux rires dans la salle)... un bâton d’isolant suffirait... »

    « Pas de risques pour le poseur, enchaine l’autre expert. Mais je voudrais détailler les risques pour la caténaire... » Les rapports des dégradations le montrent : elles ont été réalisées par des personnes qui avaient de « bonnes connaissances techniques », l’intention d’« entraîner des dommages » sur les lignes, mais savaient que les opérations seraient « sans danger pour les usagers ». « Pour qu’il y ait catastrophe, il faut deux causes, ajoute le deuxième expert. Ici, il n’y en a qu’une... »


  • Procès Tarnac : tension à l’extérieur de la salle d’audience - France 3 Nouvelle-Aquitaine
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/nouvelle-aquitaine/correze/proces-tarnac-tension-exterieur-salle-audience-1440489.

    Altercation...

    Les prévenus, dont Mathieu Burnel et Yldune Lévy se trouvent devant la salle. L’ex-compagne de Julien Coupat prend alors en photo un homme qui se trouve à proximité. Il s’avère qu’il s’agit d’un policier en civil. L’homme proteste : « Vous n’avez pas le droit de prendre en photo un policier ». Mathieu Burnel se dirige alors vers lui et s’étonne : « On n’a pas le droit de prendre un policier en photo ? Sortez-nous le Code pénal Monsieur ! »

    Cette petite altercation n’est pas allée plus loin mais elle est révélatrice de l’ambiance qui règne au tribunal correctionnel pour ce procès Tarnac. Lors des audiences, Julien Coupat et Mathieu Burnel prennent souvent la parole, avec un ton parfois de désinvolture, voire de provocation. Cet échange avec ce policier est du même ton.

    « Sortez-nous le Code pénal Monsieur ! »
    Tension entre un prévenu de l’affaire Tarnac et un policier en civil lors du procès le 14 mars 2018 devant la salle d’audience - Margaux Blanloeil

    Explication...

    Il est vrai que si un policier, comme tout citoyen a droit au respect de sa vie privée, aucune loi n’interdit qu’on le prenne en photo dans un lieu public dans l’exercice de ses fonctions. Une note du ministère de l’intérieur de 2008 rappelle d’ailleurs que « Les policiers ne peuvent [donc] s’opposer à l’enregistrement de leur image lorsqu’ils effectuent une mission », excepté pour les hommes « affectés dans les services d’intervention, de lutte anti-terroriste et de contre-espionnage spécifiquement énumérés dans un arrêté ministériel [GIGN, le GIPN...] »

    Manifestation...
    De nombreuses personnes, se déclarant soutien du groupe de #Tarnac patientent devant la salle et ne peuvent pas rentrer en raison des places limitées. Comme au premier jour, ces sympathisants manifestent leur mécontentement en scandant : « Plus de camarades, moins de journalistes ! »