Davduf

Livres linéaires, documentaires interactifs, police partout, punk rock, #Linux, #webdoc, #nouvelles_narrations et filatures. Dernier opus : « New Moon » http://davduf.net/new-moon

  • Castaner demande des explications après la violente évacuation d’une manifestation d’Extinction Rebellion à Paris
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/06/30/evacuation-d-une-manifestation-ecologiste-castaner-demande-des-explications-

    Il avait été nommé pour rétablir l’ordre, il est désormais sommé de s’expliquer sur des méthodes jugées trop musclées. Le préfet de police de Paris, Didier Lallement, devra rendre un rapport au ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, après la diffusion d’images « extrêmement choquantes », selon les mots de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye. On y voit l’évacuation, à l’aide de gaz lacrymogène, de militants écologistes qui occupaient pacifiquement le pont de Sully, au cœur de la capitale, vendredi 28 juin. Le parquet de Paris a ouvert lundi une enquête préliminaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».

    Les vidéos, tournées par le journaliste indépendant Clément Lanot, montrent des personnes assises par terre, à l’appel d’Extinction Rebellion, un mouvement de désobéissance civile issu du Royaume-Uni, qui alertent sur le désastre écologique. Les militants, qui se revendiquent non violents, bloquent la chaussée – une manifestation non déclarée – et sont invités par les CRS à libérer la circulation.

    PARIS - Intervention des CRS qui utilisent des gazeuses pour tenter de déloger les militants. Plusieurs journalis… https://t.co/j2JGVsxTTR
    — ClementLanot (@Clément Lanot)

    Rapidement la situation dégénère, et les policiers tentent d’évacuer manu militari les personnes présentes en les traînant sur le sol, avant de se saisir de leurs bombes lacrymogènes et d’asperger les visages à bout portant, à de nombreuses reprises. L’opération, qui dure quarante-cinq minutes environ, se solde par l’évacuation complète de la voie. Lundi, le parquet de Paris a annoncé avoir ouvert une enquête confiée à l’inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices », du chef de « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ».
    Images « insoutenables »

    Alors que les images d’affrontements entre les forces de l’ordre et les « gilets jaunes » sont devenues monnaie courante ces derniers mois, ne provoquant quasiment plus de réactions dans l’opinion publique, cette vidéo qui montre un usage disproportionné des aérosols à l’encontre de personnes pacifiques a provoqué une vive indignation, notamment chez des artistes engagés.

    Cyril Dion, le réalisateur du documentaire Demain, alertant sur l’urgence climatique, a annoncé, samedi, qu’il refusait sa promotion dans l’ordre du Mérite : « Comment accepter d’être décoré par un gouvernement qui fait usage d’une telle violence à l’encontre d’une partie de sa population ? »

    L’actrice Marion Cotillard, également mobilisée sur les enjeux environnementaux, a interpellé le gouvernement sur son compte Instagram, jugeant les images « insoutenables » : « Des activistes français et des étudiants en grève se font asperger de gaz lacrymogène alors qu’ils protestent pacifiquement, à Paris, contre une situation climatique désastreuse et trop ignorée. »
    Explications circonstanciées

    Le gouvernement a de son côté mis quarante-huit heures à se saisir du problème. François de Rugy, le ministre de la transition écologique et solidaire, interrogé sur BFM-TV, a dans un premier temps minimisé les faits, estimant qu’il s’agissait de militants « très radicaux », qui ignorent les sommations : « On est obligés de mobiliser des CRS pour prendre les personnes une par une et essayer de les enlever. » Avant d’ajouter, en guise de justification : « Ça se finit avec l’utilisation, en effet, de gaz qui ont pour but que les gens s’en aillent. »

    La porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, s’est montrée plus critique sur LCI, dimanche soir : « Je crois que les militants en question participaient à un rassemblement qui n’était ni déclaré ni autorisé. » Mais « ça ne justifie pas le gazage en plein visage et avec une telle proximité, évidemment », a-t-elle noté. Elle a par ailleurs annoncé qu’outre les explications circonstanciées du préfet le gouvernement attendait le rapport de l’inspection technique des CRS pour faire toute la lumière.

    L’enquête interne doit notamment déterminer si les fonctionnaires sur le terrain ont agi sur une injonction directe de la salle de commandement, placée sous l’autorité directe du préfet, ou s’ils ont pris l’initiative de cette méthode radicale.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Sebastian Roché : « Affirmer que la “police des polices” est indépendante est faux »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/06/27/sebastian-roche-affirmer-que-la-police-des-polices-est-independante-est-faux

    Le système de contrôle français de la police s’est incontestablement modernisé, notamment sous l’impulsion de Marie-France Moneger, la précédente patronne de l’IGPN, qui a œuvré à la décision de publication d’un rapport annuel incluant une compilation de l’usage des armes et de la violence policière (les chiffres n’ont toujours pas été publiés à ce jour). Elle a aussi introduit des personnes non policières dans sa « mission d’appui et de conseil » (une sorte d’organe d’orientation), et a créé une plate-forme Internet pour que les citoyens puissent la saisir directement. Ce n’est pas rien. Mais transparence n’est pas indépendance.

    En effet, il n’en reste pas moins qu’on ne peut, hors de tout esprit de polémique, qualifier l’IGPN d’indépendante. Il n’y a qu’à lire l’article 1er du décret qui l’établit : « L’Inspection générale de la police nationale est un service actif de la direction générale de la police nationale. » Raisonnons par l’absurde : si un service de la police est qualifié d’indépendant, comment nomme-t-on un service d’inspection qui serait extérieur à la police mais dans le périmètre du ministère de l’intérieur ? L’Inspection générale de l’administration (IGA) serait alors « super-indépendante » ? Et que penser des « autorités indépendantes » qui n’ont pas de lien avec l’exécutif comme la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) ? Elles aussi tomberaient dans la même catégorie fourre-tout ?

    L’indépendance ne se réduit pas au fait de ne pas recevoir d’instruction du ministre. Affirmer que l’IGPN est indépendante est simplement faux. Cela ne signifie nullement que les enquêteurs qui travaillent à l’IGPN ne sont pas professionnels, faut-il le préciser ?
    Deux concepts distincts

    Professionnalisme et indépendance sont deux concepts distincts. Mais il faut appeler un chat un chat : l’IGPN est non seulement un service du ministère de l’intérieur, mais en plus un service de police. Que les enquêtes pénales menées par l’IGPN soient dirigées par un juge, ce qui est une bonne chose, n’y change rien. Le directeur de l’IGPN est nommé par l’exécutif, les agents y sont affectés par le ministère de l’intérieur et leurs carrières en dépendent. Enfin, ce sont des policiers qui enquêtent sur des policiers.

    En matière d’indépendance, on doit pouvoir faire mieux. Et c’est précisément ces limites que les pays les plus attentifs à l’Etat de droit, et donc au contrôle de l’usage de la violence par la police, ont voulu corriger.

    C’est, par exemple, le cas du Royaume-Uni où, pour les affaires graves, l’Office indépendant du comportement policier (IOPC, Independant Office for Police Conduct) peut s’autosaisir. Il ne rend pas de comptes à l’exécutif, dispose de son propre budget, de ses propres enquêteurs, qui ne sont pas rattachés à un service actif de la police, et ses directeurs ne peuvent pas, du fait de la loi, être des policiers.

    Au Danemark, l’Autorité indépendante pour les plaintes à l’encontre de la police, qui a été créée en 2012, est dirigée par un bureau composé d’un juge, d’un avocat, d’un professeur de jurisprudence et de deux membres du public. Elle dispose d’enquêteurs. Isoler l’organe de l’influence directe et indirecte de l’exécutif, de la hiérarchie policière, donner un rôle aux personnels non policiers (pour échapper aux normes informelles de la profession), voilà les critères en vigueur.
    Gagner la confiance du public

    L’absence de complète indépendance, en toute logique, limite l’action du directeur d’un organe d’inspection, fût-il animé de la meilleure bonne volonté au monde. Comment expliquer autrement qu’un organisme dont les statuts lui donnent « une mission générale d’inspection, d’étude, d’audit et de conseil (…) de la direction générale de la police nationale » ne juge pas opportun de le faire de toute urgence, étant donné le nombre de blessés graves ?

    Si les propos tenus par la direction de l’IGPN lors de la conférence de presse de juin sont exacts, « dans une majorité de cas, nous n’avons pas pu identifier les policiers », pourquoi dire en même temps qu’il n’y a pas urgence à mettre sur pied une mission d’audit pour modifier profondément la traçabilité des violences ?

    Gagner la confiance du public, telle est chez nos voisins la motivation à l’origine de la création des organismes indépendants de contrôle de la police. Cette ambition nous fait défaut. Cela entrave la démocratisation de la police. Reconnaître les problèmes, plutôt que les couvrir d’un voile de novlangue, aiderait à sortir de la crise ouverte par un usage immodéré des armes « moins mortelles », lanceurs de balles de défense (LBD) et grenades au premier chef.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Le lourd bilan des lanceurs de balles de défense de la police

    Dans la droite ligne des prises de parole du président de la République Emmanuel Macron et du ministre de l’intérieur Christophe Castaner, on constate que le procureur de Paris puis la directrice de l’IGPN réfutent en chœur – et en toute indépendance – le terme de « violence policière ». Il est pourtant aisé à comprendre.

    Une violence policière est une violence commise par un policier, une violence non policière est commise par un non-policier. Soyons-en conscients : si les violences policières sont légales dans notre pays, le problème n’est pas moindre, mais plus sérieux encore.

    Car violence légale n’est pas légitime pour autant, et il est préjudiciable que les deux concepts soient confondus. On se souvient que les révoltes de Los Angeles de 1992 n’ont pas été déclenchées par les violences des policiers qui frappaient au sol un citoyen sans défense, mais par la décision de justice : leurs actes étaient déclarés conformes à la loi, et les agents, innocents. C’est dire l’enjeu d’un examen impartial des faits par des organes indépendants auxquels le public fait confiance. Et de décisions justes dans les cours de justice. La tempête est devant nous.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice #igpn

  • 29 Juin 19 : L’Université des quartiers populaires à Roubaix | Pas Sans Nous
    http://www.davduf.net/29-juin-19-l-universite-des-quartiers-populaires

    Les 28, 29 et 30 juin, Pas sans Nous organise sa deuxième Université des quartiers populaires à Roubaix. Véritable temps de rencontres et d’échanges conviviaux, cet événement sera aussi l’occasion de soulever les défis communs à relever dans nos quartiers. Ces temps de partage nous permettront de définir une stratégie efficace dans un contexte politique recomposé, où les questions liées aux discriminations, à l’éducation, l’emploi, le logement et la rénovation urbaine restent des priorités. Samedi 29 juin, (...)

    #Agenda

  • 28 juin 19 - The Pittsburgh police series #2
    http://www.davduf.net/28-juin-19-the-pittsburgh-police-series-2

    Loin du slogan de campagne « law and order » de Nixon, The Pittsburgh Police Series dresse un portrait contrasté de l’Amérique des années soixante. Dans un contexte de ségrégation sociale et ethnique et de fortes mobilisations, John Marshall suit pendant plusieurs années le travail des policiers de Pittsburgh. Entre mission sociale, prévention et maintien de l’ordre, quels rôles jouent-ils ? Des questions qui résonnent aujourd’hui avec la situation en France. Périphérie et le Comité du film (...)

    #Agenda

  • Paris : les goélands attaquent les drones de la police - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-goelands-attaquent-les-drones-de-la-prefecture-de-police-de-paris-25-

    Selon des sources concordantes, plusieurs drones de la préfecture de police de Paris ont essuyé ces derniers mois la colère de ces oiseaux au bec jaune, des goélands de grande envergure. Environ une dizaine d’incidents aurait été recensée par la DOSTL, dont l’un encore le week-end dernier, lors de l’acte 32 des Gilets jaunes. Ce samedi-là, des oiseaux marins auraient été aperçus à proximité du drone de la PP qui survolait la manifestation. Une simple tentative d’intimidation… Le télépilote aurait fait atterrir son appareil pour éviter tout risque de collision. Depuis plusieurs mois des conseils de vigilance ont été transmis aux opérateurs chargés de guider à vue ces engins volants.

    Au cours des attaques, aucun drone, parmi la petite quinzaine d’appareils opérationnels que compte la PP, ne serait tombé à terre ni même n’aurait été heurté, selon une source proche du dossier. « Soit les télépilotes les ont fait atterrir en urgence, soit ils ont trouvé un autre terrain d’envol, explique un proche du dossier. Le risque, c’est que ces drones soient heurtés par les volatiles au risque de tomber. Mais nous sommes très vigilants », rapporte un connaisseur du dossier.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Affaire Legay : la gendarmerie a refusé d’obéir au commissaire de Nice

    https://www.mediapart.fr/journal/france/240619/affaire-legay-la-gendarmerie-refuse-d-obeir-au-commissaire-de-nice?onglet=

    Il s’agit d’un compte-rendu d’opérations de maintien de l’ordre transmis le 25 mars à l’ensemble de la hiérarchie et jusqu’à la Direction générale de la gendarmerie nationale, ayant pour mention : « Observations sur la mission confiée ».

    Y sont consignées des divergences sur le dispositif de manœuvre, incompatibilités qui ont conduit le capitaine de gendarmerie à ne pas engager son escadron (près de 70 hommes) dans la charge décidée par le commissaire Rabah Souchi, responsable des opérations, et dont le comportement avait déjà fait l’objet de critiques émanant de syndicats de police.

    Lorsque l’ordre est donné d’utiliser la force pour évacuer la place Garibaldi, le samedi 23 mars, les manifestants ne présentent aucun signe d’hostilité envers les forces de l’ordre et par ailleurs aucune violence ni dégradation n’est à déplorer, selon le rapport des gendarmes, qui fait état d’« une foule calme ». Compte tenu de la physionomie des lieux, de la nature et de l’attitude des manifestants, les ordres reçus sont donc jugés « disproportionnés », et il n’y a pas de « nécessité absolue d’utiliser les armes pour charger cette foule ».

    Comme nous l’a expliqué un officier de police chargé du maintien de l’ordre, face à pareille situation, une vague de refoulement suffit. À la différence d’une charge, les forces de l’ordre n’utilisent alors aucune arme. Les matraques sont rangées et les boucliers mis en position « latérale », c’est-à-dire de côté. Les casques peuvent également ne pas être portés.

    « Il s’agit d’une phase lors de laquelle le dialogue est privilégié car possible si la menace en face est faible. Le but du maintien de l’ordre en France est de ne pas être au contact physique, ce qui est, d’ailleurs, en train d’être remis en question aujourd’hui. L’usage de la force doit répondre entre autres aux principes de nécessité absolue, de proportionnalité et de gradation », précise ce même officier de police, qui a préféré garder l’anonymat.

    À Nice, le capitaine commandant l’escadron a décidé, fait particulièrement exceptionnel, de ne pas engager ses hommes dans une opération impliquant l’usage de la force.

    Contacté par Mediapart, le général de gendarmerie Bertrand Cavallier, ancien commandant du Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier, tient à préciser qu’« on est dans un cas peu fréquent qui mérite toute notre attention ».

    « Il faut toujours garder en tête que le contact avec les manifestants et le recours à la force sont l’ultime réponse. Il existe des dispositions du code pénal et du code de la sécurité intérieure qui encadrent l’usage de la force. Et si cet emploi n’est pas justifié, il est illégal », explique le général, avant de rappeler que « le libre arbitre est primordial et c’est la raison pour laquelle il existe le devoir de désobéir ».

    #maintien_de_l'ordre

    • Le début (avant le #paywall (merci @davduf !))

      La charge au cours de laquelle Geneviève Legay a été blessée était « disproportionnée ». Ce constat est celui de gendarmes dans un rapport du 25 mars qui ont refusé de participer aux opérations le 23 mars à Nice. Mediapart publie des extraits de ce document, preuve de violences policières.

      Sans doute sera-t-il compliqué pour le ministre de l’intérieur Christophe Castaner de nier l’existence de violences policières survenues le 23 mars, à Nice, et ayant grièvement blessé la militante pacifiste Geneviève Legay. Ce sont les gendarmes, ses propres hommes, qui en apportent la preuve. Dans un rapport dont Mediapart a pu prendre connaissance, leur constat est aussi évident qu’accablant : « Ordres reçus disproportionnés face à la menace (foule calme) ».

  • L’interminable traque des black blocs - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/l-interminable-traque-des-black-blocs_2083881.html

    Alors que le mouvement des gilets jaunes semble à bout de souffle, des groupes d’enquête sont engagés dans un vrai travail de fourmi pour identifier les casseurs.

    Ils le surnomment le « Punisher » parce qu’il porte un masque de super-héros - une sorte de face de squelette. Le 23 février dernier, à Toulouse, lors de l’acte XV des gilets jaunes, la vidéosurveillance l’a surpris en train de jeter un cocktail Molotov sur les forces de l’ordre. Impossible de l’identifier, il est camouflé de la tête aux pieds. Comme n’importe quel pilier d’un black bloc - comprendre un regroupement ponctuel de manifestants qui ne se connaissent pas forcément mais passent à l’affrontement. Des heures durant, les enquêteurs toulousains écument toutes les sources d’images possibles : caméras de la ville ou des policiers eux-mêmes, photos de la presse régionale, live sur Facebook tournés par des manifestants... Et soudain, enfin, dans un banal reportage filmé par un Youtubeur, la chance leur sourit. A l’arrière-plan, on aperçoit le « Punisher » qui a relevé son masque deux minutes pour griller une cigarette...

    Ce genre de « traque » constitue le quotidien du « groupe d’enquête gilets jaunes » basé dans la Ville rose. Neuf policiers de la sûreté départementale ont été choisis et totalement détachés depuis le mois de janvier pour confondre les casseurs des rassemblements de chasubles. Des limiers de la brigade criminelle, de la financière ou de la lutte contre la cybercriminalité constituent cette force logée à l’hôtel de police, dans un open space dont les murs arborent des photos de suspects. Sur un tableau blanc, une trentaine d’hommes au visage immortalisé, auxquels aucun nom n’a encore été donné. « Des objectifs », selon la terminologie, qui accaparent leur journée. 80 % de celle-ci est occupée à visionner les 10 000 heures d’images stockées sur leurs ordinateurs.
    De nouvelles interpellations chaque semaine

    Une quinzaine de groupes similaires ont été mis en place en France, parfois brièvement, dans les villes marquées par les plus fortes tensions. Le mot d’ordre : « Ne laisser passer aucune exaction », selon Kevin Gutter, le chef adjoint de la sûreté départementale toulousaine. Un travail de fourmi qui perdure, malgré le déclin du mouvement : « Chaque semaine, à l’aube, il y a de nouvelles interpellations, assure ce commissaire. Encore aujourd’hui, nous identifions des individus pour des faits datant de janvier. » Dans la capitale occitane, où les services de renseignement jaugent le noyau dur à 500 ultras, les violences ont blessé 249 membres des forces de l’ordre. Il y en a eu plus de 1600 au niveau national. Le préfet d’Occitanie, Étienne Guyot, l’assure à L’Express : « On a parfois eu l’impression d’avoir en face de nous des gens prêts à tuer. »

    LIRE AUSSI >> Profession : avocats de black bloc

    Pour chaque manifestation décortiquée, la première étape consiste à cerner les faits commis, de la destruction de mobilier urbain aux tentatives d’homicide avec cocktails Molotov (les faits seront peut-être requalifiés en violences volontaires au moment du procès). Puis vient l’identification des auteurs. N’importe quel détail saisi par un zoom sur les images compte : une boucle d’oreille, la couleur d’une semelle, même un tic. Un vandale s’est, par exemple, trahi parce qu’il avait la manie de poser ses mains sur ses hanches. Ce même détail a ensuite été recherché sur les vidéos jusqu’à ce que la « cible » en laisse voir davantage.

    « On n’a pas affaire à des professionnels de la criminalité, ils font donc forcément des erreurs, même s’ils pensent être des maîtres en camouflage », constate le capitaine Vincent Escorsac, qui dirige le groupe. Mais la réalité n’est pas la science-fiction : même lorsqu’un visage finit par se découvrir, aucun logiciel à leur disposition ne permet la reconnaissance faciale. La plupart du temps, les portraits sont donc transmis aux différentes brigades dans l’espoir d’un contrôle fructueux sur la voie publique.
    Radicalisés en cours de mouvement

    La difficulté est d’autant plus grande qu’une large partie des suspects est inconnue des services de police et de renseignement. « Nous avons des profils qui se sont radicalisés au cours du mouvement, observe Kevin Gutter. Il y a ceux qui nourrissent une réelle haine des institutions et ceux qui se sont laissé entraîner par la foule. En général, ceux-là s’effondrent en garde à vue. Mais ceux qui nous intéressent le plus, ce sont les recruteurs. »

    Les profils débusqués ménagent parfois des surprises : comme ce sexagénaire, qui se prétendait légionnaire, et stimulait les cortèges. Ou cette étudiante en ergothérapie qui dévoilait les identités de policiers sur les réseaux sociaux dissimulée sous un pseudonyme masculin. Un phénomène qui porte un nom - le #copwatching - et qui a d’ailleurs attiré l’attention des services de renseignement au niveau national depuis la fin mars. A Toulouse, les investigations sur cette pratique ont également été confiées au groupe d’enquête spéciale.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Six mois après les blessures : « Les violences policières ont ruiné ma vie »
    https://www.rue89strasbourg.com/six-mois-apres-blessures-violences-policieres-155944

    Il y a six mois, ils ont été blessés par un tir de #LBD ou des coups de matraque. Aujourd’hui, certains ont abandonné le gilet jaune, résignés et contraints par le porte-monnaie. D’autres sont encore traumatisés, allant parfois jusqu’à la dépression ou la décision de déménager. Retour sur les violences policières et les cicatrices indélébiles.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Eborgnements, tabassages, humiliations: les syndicats de police imposent l’omerta | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/110519/eborgnements-tabassages-humiliations-les-syndicats-de-police-imposent-l-om

    En six mois d’affrontements, pas un syndicat de police représentatif n’a pris ses distances avec le maintien de l’ordre prôné par Christophe Castaner. Non seulement les lanceurs de balles de défense sont défendus et les violences policières légitimées, mais toute voix discordante est chassée, étouffée, poursuivie.

    #maintien_de_l'ordre

  • Les syndicats font la police dans les tribunaux - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/06/13/les-syndicats-font-la-police-dans-les-tribunaux_1733613

    Il y a le ton outragé : « Un policier renvoyé aux assises, mais comment des juges ont-ils pu prendre une telle décision ? » (Unité SGP-Police). La mise en garde : « Attention, nous n’accepterons pas que nos collègues servent de boucs émissaires pour satisfaire une idéologie antiflics » (Alliance police nationale). La menace nette et sans bavure : « Si nos collègues venaient à être injustement condamnés, nous saurons ce qu’il nous reste à faire… et notre colère, personne ne pourra la contenir » (Alliance encore).

    Ces communiqués, les deux syndicats, qui représentent les deux tiers de la profession, les ont rédigés après l’interview accordée par le procureur de Paris, Rémy Heitz, au Parisien le 31 mai. Que disait le magistrat ? Rien de tonitruant, à part que pour la police aussi, la justice passera. « Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder les violences [commises par les forces de l’ordre, ndlr] ou de les minimiser. […] Toutes les procédures vont être analysées avec beaucoup d’attention. Il y aura des classements sans suite. Il y aura aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici à la fin de l’année. » D’où cette question : les syndicats de police sont-ils contre l’Etat de droit que leur profession est pourtant censée garantir ?

    Ce rapport de force, les organisations l’ont de tout temps entretenu. En son for intérieur, chaque juge ou presque garde en mémoire ce jour ou des policiers ont roulé des mécaniques devant leur tribunal, après une décision peu appréciée. « Lorsqu’un policier est mis en cause pour une bavure, les syndicats vont à la fois se mobiliser sur la reconnaissance de la légitime défense, mais aussi protester contre les décisions des juges. Le moindre regard de la justice sur un événement déclenche des colères. Les policiers veulent une présomption d’usage légitime de la force », observe Vanessa Codaccioni, maîtresse de conférence à l’université Paris-VIII. Son confrère Fabien Jobard, chercheur au CNRS, dressait le même constat en 2016 dans la revue Esprit, ajoutant tout le sel de l’affaire : « Récurrentes, presque mécaniques, les colères policières sont de celles qui font immanquablement peur au politique. Parce qu’elles s’articulent à une rhétorique systématique de retrait, de vacance de la force publique, les gouvernements leur prêtent d’emblée une écoute inquiète. »

    Voilà qui tombe parfaitement dans le mille. Depuis 2014, la menace terroriste est si forte que la Place Beauvau ne peut se permettre aucun coup de canif dans le contrat. A ce titre, il est d’ailleurs impressionnant de noter à quel point le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, et son secrétaire d’Etat, Laurent Nuñez, multiplient les soutiens appuyés aux troupes.

    Le mouvement des gilets jaunes a complexifié la donne, certains bleus ayant parfois envisagé de déposer le casque, étranglés eux aussi par un salaire chiche, des heures pléthoriques et un avenir morose. En cas de renvois massifs, certains syndicats agitent déjà le spectre d’un débrayage des officiers de police judiciaire, qui refuseront alors d’exercer le moindre acte de procédure. C’est dire si l’avis de tempête s’avère sérieux.

    Pour autant, ce type de discours tétanise-t-il les juges ? « Non », rétorquent plusieurs magistrats à Libération. « Les syndicats de police sont en quelque sorte dans leur rôle », estime Sarah Massoud, du Syndicat de la magistrature. En 2012, alors en poste au parquet, elle avait vu 200 policiers déferler devant le tribunal d’Evry après des réquisitions qu’ils estimaient trop clémentes contre des prévenus pour outrage et violences contre des policiers. « En pareil cas, il est primordial que la chancellerie sorte du bois et nous exprime son soutien, insiste la magistrate. Notre indépendance doit être systématiquement protégée et garantie. C’est la condition pour que des décisions courageuses continuent d’être prises. »

    #maintien_de_l'ordre

  • 3 juil 19 : Les 33èmes Rencontres de Pétrarque / France Culture - davduf.net
    http://www.davduf.net/3-juil-19-les-33emes-rencontres-de-petrarque

    MERCREDI 3 JUILLET La rue comme espace de confrontation
    Les mobilisations sociales ont perdu leur côté festif. Elles s’accompagnent souvent désormais d’actes violents, que ce soit du côté des manifestants ou de celui des forces de l’ordre. Comment sortir par le haut d’un tel champ de bataille ?
    Avec Jean-Marie Delarue, président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH), ancien contrôleur général des lieux de privation de liberté, David Dufresne, journaliste, documentariste et écrivain, il recense les violences policières sur son fil Twitter Allo @Place_Beauvau, et Danielle Tartakowsky, historienne, spécialiste de l’histoire des mouvements sociaux, ancienne présidente de Paris VIII, coauteure avec Michel Margairaz de L’Etat détricoté. De la Résistance à la République en marche (éd. du Détour, 2018)

    #maintien_de_l'ordre #AutoPromo

  • LE POLICIER BÉNÉFICIE T’IL D’UNE JUSTICE D’EXCEPTION ? - CGT-Intérieur IdF
    https://cgtpolice75.fr/2019/06/18/reaction-syndicale-face-a-la-responsabilite-penale-du-policier-usant-de-

    Le 31 mai, le Procureur de Paris, Rémy HEITZ donnait une interview au quotidien Le Parisien au cours de laquelle il s’exprimait sur les actes violents recensés au cours de la répression des mouvements sociaux du type « gilets jaunes ».

    Ainsi, il annonçait : « Je veux être très clair : il n’y a aucune volonté de ma part d’éluder les violences

    ou de les minimiser. […] Toutes les procédures vont être analysées avec beaucoup d’attention. Il y aura des classements sans suite. Il y aura aussi des renvois de policiers devant le tribunal correctionnel d’ici à la fin de l’année. »

    Cette annonce semble avoir surpris bon nombre de policiers malgré le fait que ces derniers soient rompus à la pratique de la convocation à la barre des tribunaux, du fait de leurs actions de service.

    Face à cette situation, la CGT-Police plutôt sereine, devant la mise en place d’enquêtes destinées à connaître le déroulement des faits ayant conduits à des blessures de part et d’autre, dans le rang des manifestants comme celui des forces de police, s’interroge devant l’attitude de certains syndicats professionnels qui diffusent de manière à peine voilée un climat menaçant à l’endroit des acteurs de justice.

    En matière de justice pénale, le policier ne bénéficie pas d’un régime spécial. Dans le contexte, ce dernier est responsable des conséquences de ses actes quelques soient les conditions dans lesquelles ils ont été commis ( unité constituée et légitime défense).

    La situation dans laquelle nos collègues se sont retrouvés est le fruit de l’incapacité des donneurs d’ordre, englués dans la panique générée par les réactions suscitées par la politique anti-sociale du gouvernement et les enquêtes devrait mettre cet état de fait en évidence.

    Ce qui veut dire que la justice doit passer ! Elle devra faire la lumière sur les conditions dans lesquelles un usage disproportionné de la force aurait pu naître. Nous sommes convaincus que les actes mis en lumière proviennent d’ordres reçus et appliqués de manière parfois trop rapide.

    Seul le magistrat indépendant pourra déterminer les circonstances et la nature des faits. Donc l’enquête et ses suites ne surprend pas . Elle doit être conduite dans les règles en respectant la présomption d’innocence, la confidentialité et surtout aller jusqu’au bout afin de mettre en lumière la responsabilité des donneurs d’ordres. La CGT y veillera et sera particulièrement attentive.

    Si nous demandons que les agents concernés bénéficient de la protection fonctionnelle, nous insistons aussi sur la nécessité d’entendre les enregistrements des bandes sonores du trafic radio entre les acteurs de terrain et les donneurs d’ordres abrités derrières leurs pupitres.

    Celles-ci pourraient livrer bon nombre d’informations, notamment sur l’incitation à la répression forte du mouvement.

    #maintien_de_l'ordre

  • 22 juin 19 : Le Bal Jaune
    http://www.davduf.net/22-juin-19-le-bal-jaune

    Dans la continuité des événements « Fin du grand débat, début du grand débarras » puis « Dernier débat avant la fin du monde »*, nous vous invitons à venir participer au « BAL JAUNE ». Une occasion de se rencontrer, de faire la fête, et de continuer ce qui a été commencé il y a 6 mois. SAMEDI : De 19h à 22h // Prises de paroles : David Dufresne / Taha Bouhafs / Militant.e.s / Gilets jaunes. Appels à de prochaines dates. // Soirée le Bal jaune : DJ set du collectif « Bruits de la passion » (...)

    #Agenda

  • 22 juin 19 : Le Bal Jaune
    http://www.davduf.net/le-bal-jaune

    Dans la continuité des événements « Fin du grand débat, début du grand débarras » puis « Dernier débat avant la fin du monde »*, nous vous invitons à venir participer au « BAL JAUNE ». Une occasion de se rencontrer, de faire la fête, et de continuer ce qui a été commencé il y a 6 mois. SAMEDI : De 19h à 22h // Prises de paroles : David Dufresne / Taha Bouhafs / Militant.e.s / Gilets jaunes. Appels à de prochaines dates. // Soirée le Bal jaune : DJ set du collectif « Bruits de la passion » (...)

    #Agenda

  • Le ministère de l’Intérieur verrouille sa réflexion sur le maintien de l’ordre - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/06/17/le-ministere-de-l-interieur-verrouille-sa-reflexion-sur-le-maintien-de-l-

    Beauvau campe sur ses positions

    Toujours dans le même registre, Christophe Castaner affirme que « ce n’est pas aux internautes, aux journalistes, aux commentateurs, ni même à [lui] d’établir les faits et les responsabilités, c’est à la justice, et à la justice seule. » Ce ne serait donc pas aux journalistes d’établir les faits ? L’affirmation est surprenante. Et ce ne serait pas le rôle du ministre de l’Intérieur de déterminer les responsabilités ? Christophe Castaner est pourtant comptable d’éventuelles sanctions disciplinaires, indépendantes des procédures judiciaires.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Pourquoi les infractions d’« outrage et rébellion » sont-elles critiquées ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/06/16/pourquoi-les-infractions-d-outrage-et-rebellion-dont-est-accuse-le-journa

    Dissimuler les violences policières

    La critique du délit d’outrage ne s’appuie pas que sur ces considérations financières. « Toute la difficulté de ces infractions c’est que ceux qui établissent les PV sont aussi victimes », pose Sophie Legrand, du syndicat de la magistrature. Un argument qu’on retrouve déjà dans une tribune de 2008 dans Libé, rédigée par le Collectif pour une dépénalisation du délit d’outrage (Codedo).

    Aussi, il est reproché aux forces de l’ordre de mobiliser les infractions de rébellion et d’outrages pour camoufler des violences et des erreurs policières. « Très souvent, les violences policières sont dissimulées derrière des outrages et rébellions. Si une personne blessée porte plainte alors qu’il n’y a pas de preuves, les policiers se retournent contre elle en parlant d’outrages et de rébellions. La victime des violences devient accusée. Dans un tribunal, c’est la parole des policiers contre la parole d’un jeune, qui ne fait pas beaucoup le poids. », déclarait l’actuel directeur de l’Ecole des hautes études en sciences sociales, Didier Fassin, à Franceinfo au début de l’affaire Théo en 2017.

    Sur le même mode, l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) écrivait dans un rapport en mars 2016 sur « l’usage de la force par les représentants de la loi » que « le risque d’être ainsi poursuivi constitue un obstacle dans le recours à la justice à double titre : d’une part il dissuade un grand nombre de personnes de porter plainte, d’autre part il participe à décrédibiliser le plaignant et à déconsidérer sa plainte. Dans ce type d’affaires, les plaintes pour outrage et rébellion participent de facto à une stratégie de défense contre les accusations de violences policières et aggravent le climat d’impunité. »

    #maintien_de_l'ordre #police

  • Les 10 ans de @seenthis, ça se fête ! Youpi !
    Ça se fête les 5, 6 et 7 juillet 2019 pour bien commencer l’été et en beauté, chez @fil, que l’on remercie bien chaleureusement ?, aux Grottes-sur-le-Loir...?

    L’occasion de discuter de comment on s’organise, de la gouvernance (et peut-être de la migration à SPIP 3 aussi… :p) (enfin là je recopie ce que celleux qui savent ont écrit)

    Pour s’inscrire c’est là ?
    https://framadate.org/seenthis10ans

    Pour organiser les covoiturages c’est là ?
    https://mensuel.framapad.org/p/seenthis10ans

    Au plaisir de vous voir ?, de partager un grand moment de convivialité ? riche de débats ? comme seule la communauté ? seenvisienne a le secret. ? Vive @seenthis ! Et ?? Bon anniversaire ?? @seenthis ! ??

  • Police : l’Etat en illégitime défense - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/06/13/police-l-etat-en-illegitime-defense_1733627

    « Comme les enquêtes administratives sont décidées par la hiérarchie, il n’y a pas besoin de chercher très loin l’explication, estime Sebastian Roché, chercheur au CNRS et auteur de l’essai De la police en démocratie. C’est pour ça que certains pays, notamment anglo-saxons, sont dans une logique inverse et ont créé des organismes qui peuvent se saisir et court-circuiter la voie hiérarchique. » Comme pour la police, l’inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) est placée sous l’autorité de la direction qu’elle doit inspecter. « D’un point de vue institutionnel, avec l’#IGPN, on est plus proches de la Turquie que de l’Angleterre. Les pouvoirs publics français se décrédibilisent avec une telle situation », poursuit le sociologue.

    « L’IGPN est indépendante et ne reçoit aucune instruction de la part du ministre de l’Intérieur dans ses enquêtes, rétorque Brigitte Jullien. Si le ministre, d’un point de vue disciplinaire, veut être indulgent, il pourra le décider lui-même. »

    #maintien_de_l'ordre

  • « On n’échappera pas à une réflexion sur l’usage du LBD », réagit la patronne de l’IGPN - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/on-n-echappera-pas-a-une-reflexion-sur-l-usage-du-lbd-reagit-la-patronne-de

    Brigitte Jullien dresse le bilan 2018 des activités de la « police des polices ». Le nombre d’enquêtes a explosé depuis la crise des gilets jaunes. Interview.

    Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, le nombre d’enquêtes judiciaires de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) visant des policiers a explosé. On en recense 265 depuis le 17 novembre, dont 40 % ont été transmises à la justice (huit informations judiciaires ont été ouvertes), a annoncé ce jeudi la « police des polices », lors d’un point presse.

    On note également une hausse de plus de 200 % de l’usage des décriés LBD et grenades de désencerclement en 2018 par les policiers. Des tirs largement concentrés sur les deux derniers mois de l’année, qui ont vu se massifier les mouvements de gilets jaunes.

    A ce jour, l’IGPN n’a effectué aucune proposition de sanction administrative contre des policiers visés par des enquêtes en lien avec ces manifestations, indique à L’Express Brigitte Jullien, directrice de l’Inspection générale de la police, qui dit attendre la fin des enquêtes. Cette nouvelle arrivée dans l’institution -elle a pris ses fonctions en janvier- dresse le bilan d’une année 2018 marquée par des manifestations hors normes.

    L’Express : Comment votre activité d’enquêteurs a-t-elle été modifiée par le mouvement des gilets jaunes ?

    Brigitte Jullien : L’IGPN n’avait jamais vécu une telle situation, mais nous n’avons pas renforcé nos effectifs (l’institution comprend 292 agents, dont 110 enquêteurs). Nous avons su nous mobiliser face à cet afflux de travail.

    LIRE AUSSI >> « À l’IGPN, je n’ai jamais eu de pressions politiques »

    Il n’y a pas que la situation des gilets jaunes. Dans tous les cas, 2018 a été une année importante en termes de manifestations sociales sur la voie publique et de violences urbaines. On a aussi vécu la Coupe du monde, le Printemps de Bourges, les manifestations contre l’enfouissement de déchets nucléaires, ou encore les débordements à Halloween...

    Pourquoi certaines enquêtes, notamment liées aux violences présumées contre des gilets jaunes, prennent autant de temps ?

    Identifier le policier qui a tiré n’est pas toujours évident. Les victimes se trouvent dans certains cas à 30 m de la personne qui a utilisé son arme, et ne sont pas capables de nous donner son signalement ou son positionnement.

    On a des vidéos, souvent, mais elles ne sont parfois pas très claires. Il faut qu’on fasse toutes les recherches sur l’unité qui était présente, puis il faut auditionner le commissaire qui dirigeait le service et enfin les officiers, afin de voir qui était positionné à tel endroit. Parfois aussi, on n’est pas certain que la blessure soit liée à un LBD.

    Les nombreuses vidéos prises par des manifestants ou témoins et diffusées sur les réseaux sociaux ont-elles modifié votre travail ?

    C’est un élément nouveau dans le cadre de nos enquêtes, qui n’existait pas il y a encore quelques mois et que l’on intègre maintenant. On a des enquêteurs qui se sont spécialisés dans l’étude des réseaux sociaux, qui cherchent avec des occurrences toutes les images qui existent, pour travailler dessus.

    Sur notre plateforme de signalements, on reçoit aussi plein de vidéos qui sont parfois difficiles à identifier, car elles nous sont transmises par des internautes qui les ont eux-mêmes trouvées sur les réseaux sociaux. C’est alors compliqué de les raccrocher à un fait précis. Les réseaux sociaux font désormais partie du travail d’enquêteur et on ne le néglige pas.

    #maintien_de_l'ordre

  • Les Gilets jaunes ont fait exploser le nombre de tirs de LBD - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-gilets-jaunes-ont-fait-exploser-le-nombre-de-tirs-de-lbd-13-06-2019-8

    On constate surtout « une hausse inédite et importante » des usages du Lanceur de balles de défense avec 4 005 déclarations de tir (+ 61 %) et 19 071 munitions tirées (+ 200 %). Nette augmentation également pour les « grenades à main de désencerclement » (+ 296 % munitions tirées).

    #maintien_de_l'ordre

  • Gilets jaunes : la cheffe de l’IGPN « réfute totalement le terme de violences policières » - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-brigitte-jullien-refute-totalement-le-terme-de-violences-po

    Brigitte Jullien a présenté ce jeudi le rapport d’activité de la « police des polices » pour 2018. Une année marquée notamment par la crise des Gilets jaunes.

    Brigitte Jullien, la cheffe de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), présentait ce jeudi le rapport d’activité de la « police des polices » pour 2018. Une activité marquée par la crise des Gilets jaunes et la polémique sur l’utilisation du Lanceur de balles de défense. L’année dernière, les forces de l’ordre l’ont utilisé beaucoup plus massivement que l’année précédente, avec des blessures graves à la clé. Brigitte Jullien promet « une réflexion » sur le sujet.

    Quel a été l’impact du mouvement des Gilets jaunes sur l’activité de l’IGPN ?

    BRIGITTE JULLIEN. Cette crise a eu de fortes répercussions sur nos missions, notamment en termes d’organisation de travail. Et ceci de façon durable. Certains mois, nos 110 enquêteurs n’ont travaillé que sur les dossiers liés au mouvement des Gilets Jaunes, notamment au sein de la délégation de Paris, où l’IGPN a été saisie de très nombreuses enquêtes. Certaines affaires, de corruption par exemple, ont dû être temporairement mises de côté sans être évidemment abandonnées. Il fallait répondre aussi vite que nous pouvions, sans pour autant tomber dans la précipitation.

    Combien d’enquêtes sont liées à ce mouvement ?

    Au total, du 17 novembre 2018 au 8 juin, nous avons reçu 555 signalements sur la plateforme de l’IGPN mise à disposition du public. 265 enquêtes judiciaires ont été ouvertes. Parmi celles-ci, 105 - soit 45 % - sont terminées et ont été renvoyées aux différents parquets pour analyse. Dans une majorité de cas, nous n’avons pas pu identifier les policiers. Beaucoup de victimes présumées ne sont pas parvenues à déterminer les lieux et horaire précis des faits, et dans certaines villes ou rues, il n’existe pas de vidéoprotection. Les parquets peuvent désormais classer le dossier ou demander un complément d’investigations. Dans les cas où des fonctionnaires ont été identifiés, les parquets peuvent décider de les renvoyer devant un tribunal correctionnel s’ils estiment les faits caractérisés.

    Comment expliquez-vous qu’aucun policier ne soit suspendu à ce jour ?

    Pour qu’il y ait suspension, il faut qu’il y ait faute. Or, à ce jour, aucune enquête n’a permis de conclure que la responsabilité d’un policier était engagée à titre individuel. Cela ne veut pas dire que cela n’arrivera pas…

    Avez-vous des instructions de la part du ministère de l’Intérieur ?

    Aucune. L’IGPN est un service d’enquête indépendant.

    Y a-t-il eu selon, vous, des violences policières ?

    Je réfute totalement le terme de violences policières. Il y a eu des blessures commises à l’occasion de manifestations durant lesquelles la police a fait usage de la force. Notre travail est de chercher à savoir si cet usage était légitime et proportionné. Nous devons évaluer la proportionnalité et la légalité de la riposte. Il y a peut-être eu des situations où cela n’a pas été le cas. Mais il est encore trop tôt pour le dire.

    On a le sentiment d’une justice à deux vitesses. Les manifestants sont jugés très rapidement alors que les sanctions contre les policiers tardent à venir…

    Je conçois que ce décalage dans le temps soit mal compris. Policiers et manifestants ne se trouvent pas dans la même situation. Quand on participe à une manifestation non déclarée et qu’on commet des exactions, qu’on est interpellé en flagrant délit, il est logique que l’on passe rapidement devant le tribunal. Le policier, lui, se trouve dans une situation différente. La loi lui confère le droit de recourir à la force, ce qui est en soi une violence. Il faut déterminer si cet usage est légitime.

    Des policiers ont-ils tiré avec leur arme à feu ?

    Non, aucun tir de ce type n’a été recensé.

    Dans le mouvement des Gilets jaunes, quelle part de vos enquêtes porte sur l’utilisation du LBD ?

    Environ un tiers. La période du 17 novembre au 31 décembre 2018 a concentré plus du tiers des déclarations annuelles de tirs et la moitié des munitions tirées. Mais n’oublions pas les incidents en marge de la Coupe du monde, le 14 juillet, ainsi que les violences urbaines au moment d’Halloween.

    Avez-vous engagé un retour d’expérience sur l’usage de cette arme ?

    Nous n’échapperons pas à cette réflexion.

    #maintien_de_l'ordre

  • Le ministère de l’Intérieur commande en masse des munitions pour fusils d’assaut et des grenades de désencerclement - Basta !
    https://www.bastamag.net/Beauvau-Castaner-violences-policieres-fusils-d-assaut-LBD-grenades-blesses

    Les nouvelles armes de maintien de l’ordre et de « gestion démocratique des foules » sont responsables de dizaines de mutilations à vie et de blessures graves. Qu’importe ! Le ministère de l’Intérieur vient d’entériner de nouvelles commandes massives : 10 000 grenades de désencerclement par an, qui s’ajoutent aux centaines de lanceurs de balles de défense (LBD) achetés en fin d’année dernière. Plus étonnant, la place Beauvau a acheté 25 millions de cartouches de fusils d’assaut pour les quatre prochaines années. « Allô, place Beauvau ? C’est pour une commande » : enquête sur ces étranges appels d’offres.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • Justice : Jeune éborgné au Port (La Réunion) : un policier devant la cour criminelle
    http://www.ipreunion.com/faits-divers/reportage/2019/06/11/justice-jeune-eborgne-au-port-un-policier-devant-la-cour-crimine-lle,1034

    Poursuivi pour violence volontaire ayant entraîné une mutilation, un policier de la Brigade anti-criminalité (BAC) du Port a été renvoyé devant la Cour criminelle ce mardi 11 juin 2019. Les faits remontent à la nuit du 1er au 2 février 2014 lors de violences urbaines dans la commune portoise. Steve C. alors âgé de 16 ans avait reçu un tir de P40, une arme plus puissante qu’un flash-ball en plein visage. Il avait perdu définitivement l’usage d’un oeil. L’affaire avait au d’autant plus de retentissement que les quatre policiers de la #BAC mis en cause avaient aussi été poursuivis. Au final, un seul fonctionnaire est donc renvoyé devant la Cour criminelle. A mi chemin entre le tribunal correctionnel et la cour d’assises cette nouvelle juridiction composée de cinq magistrats qui jugeront à partir de septembre 2019 des crimes punis de 15 à 20 ans de prison

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

    • 50 ans après, le policier est enfin poursuivi. Dans 70 ans, le temps de l’enquête approfondi sur les faits et sur l’enquête psy concernant la victime, le procès aura lieu, et le policier sera sanctionné. 70 ans et 3 mois après, le policier sera relaxé en appel. 90 ans après, la Cour de cassation découvrira une erreur de procédure dans l’appel, et l’annulera. 120 ans après la CJUE condamnera l’état Français pour son absence de célérité et la violence de ses forces de l’ordre.

  • « Gilets jaunes » : face aux manifestants, de plus en plus de policiers choisissent l’anonymat au tribunal
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/05/24/gilets-jaunes-face-aux-manifestants-de-plus-en-plus-de-policiers-choisissent

    Le titre est réducteur : on voit bien que l’anonymisation va bien au delà des seuls tribunaux.

    L’anonymisation des forces de l’ordre dans les procédures judiciaires, auparavant réservée aux dossiers d’antiterrorisme, s’est multipliée depuis le début du mouvement des « gilets jaunes ». Une disposition adoptée après l’assassinat de deux fonctionnaires de police à Magnanville (Yvelines) à l’été 2016, et entrée en vigueur en avril 2018, a permis d’élargir la possibilité de l’identification « sous RIO » d’un policier dès lors que « la révélation de son identité (…) est susceptible de mettre en danger sa vie ou son intégrité physique, ou celle de ses proches ». A charge pour la hiérarchie policière de délivrer les autorisations.

    L’identification sous RIO est apparue dans au moins une centaine de dossiers depuis le début des manifestations

    En Loire-Atlantique par exemple, la DDSP a autorisé dès 2018 ses 1 300 policiers à avoir recours à l’anonymat dans plusieurs situations : lorsqu’ils rédigent un procès-verbal ou sont amenés à témoigner ou à demander des dommages et intérêts pour des faits passibles de plus de trois ans d’emprisonnement. L’anonymat reste cependant impossible lorsque les policiers sont eux-mêmes mis en cause.

    Inutilisée jusqu’au mois de novembre 2018, l’identification sous RIO est apparue, depuis le début des manifestations des « gilets jaunes », dans plus d’une cinquantaine de dossiers jugés dans les tribunaux de grande instance de Nantes et de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), selon les remontées d’avocats de manifestants et de policiers recueillies par Le Monde. Le dispositif est encore inutilisé à Paris, Toulouse ou Lyon, selon plusieurs avocats, mais une dizaine de policiers l’ont demandé à Bordeaux, affirme leur conseil, Me Guillaume Sapata.
    Lire : Quand des « gilets jaunes » disent manifester « la boule au ventre »

    Ce recours à l’anonymat pour des procédures liées au maintien de l’ordre traduit un niveau de crainte inédit des policiers quant à l’exposition de leur identité. « Ce n’est pas le fait que le prévenu connaisse notre nom qui pose problème, mais le fait qu’il puisse, avec son entourage, le diffuser sur Internet », estime le fonctionnaire menacé. Le précédent du site CopWatch, qui diffusait en 2011 les noms et les photographies de fonctionnaires avant d’être fermé, hante encore une partie de la profession.

    « On sait où il étudie, fais gaffe »

    L’identification sous RIO est avant tout demandée par les fonctionnaires de la BAC et des compagnies départementales d’intervention, qui évoluent chaque samedi « à domicile », selon l’expression d’un policier, contrairement aux CRS et aux escadrons de gendarmes mobiles, opérant dans toute la France. A Nantes, un policier raconte qu’il y a quelques mois un manifestant l’a interpellé par son prénom et celui de l’un de ses enfants, avant de lui lancer : « On sait où il étudie, fais gaffe. »

    Selon Jean-Christophe Bertrand, directeur départemental de la sécurité publique en Loire-Atlantique, la présence d’une « mouvance d’ultragauche » dans la région de Nantes a favorisé la multiplication de ce type de menaces.

    « Les manifestations d’opposition au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, puis contre la loi travail, ont été très dures et très violentes pour les fonctionnaires, estime le chef de la police nantaise. L’anonymat est une bonne extension de la protection policière, notamment quand les menaces touchent leur famille. »

    A Nantes, le recours de plus en plus fréquent à l’anonymat par les fonctionnaires fait, cependant, débat. Le 14 mai, un manifestant « gilet jaune », jugé pour avoir lancé des pierres et des morceaux de grenade lacrymogène sur des fonctionnaires de police lors de l’acte XII de la mobilisation, le 2 février, a été relaxé par le tribunal. Les magistrats ont considéré que « la décision générale d’anonymisation n’apparaît pas motivée » pour les deux victimes présumées et les deux auteurs des procès-verbaux, et qu’« aucun élément ne permet d’établir l’existence du risque d’atteinte à l’intégrité physique des quatre agents concernés ».

    Les juges nantais ont décidé de la nullité de la procédure. Une logique qui a abouti à au moins trois relaxes de manifestants depuis janvier – dans le reste des dossiers, les magistrats ont mené la procédure jusqu’au bout, malgré l’anonymat des policiers.

    #maintien_de_l'ordre #police #justice

  • 17 juin 19 : A quoi ressembleront les médias du futur ?
    http://www.davduf.net/17-juin-19-a-quoi-ressembleront-les-medias-du

    Appartient au cycle : La Fabrique des médias Les médias ont su innover avec la création de nouveaux formats comme la datavisualisation, les webdocumentaires, les séries d’actualité et les podcasts. Les enjeux sont de taille en raison de la concurrence entre médias, des évolutions technologiques et du renouvellement des pratiques du public. Comment sont élaborés ces nouveaux formats ? Quelle place donnent-ils à la connaissance, l’information, le divertissement ? A quoi pourraient ressembler la (...)

    #Agenda