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  • LBD, grenades : ces armes dont les manifestants réclament l’interdiction - Libération
    https://www.liberation.fr/depeches/2019/01/31/lbd-grenades-ces-armes-dont-les-manifestants-reclament-l-interdiction_170

    Mâchoires cassées, yeux crevés, mains arrachées... La mobilisation des « gilets jaunes » intensifie le débat sur le lanceur de balles de défense (LBD) et sur deux grenades, défendus par le gouvernement mais jugés inutilement dangereux par les manifestants, qui réclament leur interdiction.

    Toutes trois sont des « armes de force intermédiaire » en principe non mortelles, que le gouvernement juge jusqu’ici essentielles pour éviter des contacts directs violents, et davantage de blessures, entre manifestants et force de l’ordre. Elles ne doivent en principe être utilisées qu’en « absolue nécessité et de façon proportionnée », dans des conditions proches de la légitime défense « des personnes et des biens ».

    #maintien_de_l'ordre

  • L’éborgnement : châtier les regards dans la France néolibérale ... | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/olivier-beuvelet/blog/060219/leborgnement-chatier-les-regards-dans-la-france-neoliberale

    Y a t il un lien entre ces éborgnements et le fait que se multiplient les enregistrements vidéos compromettants ? Sont-ils une forme de sanction des regards émancipés qui n’ont plus peur d’exercer leur droit de filmer, et qui gardent parfois trace des agissements illégaux des représentants de la légalité ? cherche-t-on à punir ou à intimider le témoin qui filme par réflexe citoyen ?

    #maintien_de_l'ordre

  • Des violences policières aux violences judiciaires, par Raphaël Kempf (Le Monde diplomatique, février 2019)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2019/02/KEMPF/59541

    n visite à Carcassonne, le 14 janvier dernier, M. Christophe Castaner surjoue son rôle de ministre de l’intérieur : « Moi, je ne connais aucun policier, aucun gendarme qui ait attaqué des “gilets jaunes” ; par contre, je connais des policiers et des gendarmes qui utilisent des moyens de défense. » La phrase arrache à M. Antonio Barbet un éclat de rire. Âgé de 40 ans, il habite près de Compiègne, dans l’Oise, où il occupait il y a encore deux mois un poste de chargé de clientèle intérimaire rémunéré au salaire minimum. Présent sur les ronds-points dès le début du mouvement des « gilets jaunes », il a manifesté pour la première fois à Paris le 24 novembre 2018. En fin d’après-midi, dans une rue alors calme à proximité des Champs-Élysées, les forces de l’ordre lancent une arme, très probablement une grenade lacrymogène de type GLI-F4. L’engin explose sur le pied de M. Barbet. Deux mois plus tard, il se déplace toujours avec des béquilles, et son contrat d’intérim n’a pas été renouvelé.

    Journaliste indépendant, David Dufresne recense de façon méthodique, sur Twitter, les violences policières subies par les « gilets jaunes » depuis le début du mouvement. Le 19 janvier, au soir de l’acte X, il en avait déjà comptabilisé plus de 330, images à l’appui. Dans un ouvrage sur le maintien de l’ordre paru en 2007 , il rappelait les mots du ministre de l’intérieur Dominique de Villepin (2004-2005) à propos de la doctrine hexagonale consistant à tenir les manifestants à distance : « Cette vision de l’ordre public fait partie du génie français. » Une décennie plus tard, des chercheurs dénoncent le « splendide isolement » d’un maintien de l’ordre désormais tourné vers l’action répressive et sourd aux méthodes de dialogue et de désescalade mises en œuvre dans d’autres pays européens.

    #maintien_de_l'ordre

  • Pourquoi si peu d’enquêtes de l’IGPN concernent les CRS?
    https://www.bfmtv.com/police-justice/pourquoi-si-peu-d-enquetes-de-l-igpn-concernent-les-crs-1623853.html

    Des policiers pas formés au maintien de l’ordre

    Une très faible minorité de ces procédures concerne en effet des violences policières présumées commises par les CRS. La question du pourquoi devient alors récurrente. « La réponse est assez simple : les CRS sont aguerries au maintien de l’ordre, elles sont formées tout au long de l’année à toutes situations complexes et difficiles d’une manifestation, surtout quand il s’agit d’une manifestation ultra-violente », constate Denis Jacob, du syndicat Alternative police. A l’inverse, les effectifs de service public sont préparés à des violences urbaines, ponctuelles.

    « Les effectifs de sécurité publique ne sont pas habitués au maintien de l’ordre pour lequel ils ne sont pas formés ni en formation initiale, ni en formation continue », poursuit-il, évoquant l’introduction d’un apprentissage dans les écoles de police.

    #maintien_de_l'ordre

  • « Gilets jaunes » : comment les films amateurs, les chaînes d’info et la vidéosurveillance nourrissent les enquêtes judiciaires
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/01/gilets-jaunes-les-videos-de-surveillance-amateurs-ou-des-chaines-d-infos-nou

    Sur les réseaux sociaux, les films amateurs pullulent

    Quel que soit le service sollicité, les enquêteurs s’accordent à souligner le poids pris par l’analyse des images dans leur travail. « C’est formidable », résume une source policière, qui raconte comment on peut désormais « filocher » un individu à travers quasiment toute la capitale, en mêlant caméras officielles et observation des réseaux sociaux, où pullulent les films amateurs.

    La plus symptomatique de ces affaires « vidéo résolues » par la police judiciaire parisienne est certainement l’interpellation, le 31 décembre 2018, de l’un des agresseurs des trois motards d’une compagnie de sécurité et d’intervention. La scène, qui avait eu lieu le 22 décembre, avait marqué les esprits : face à une foule menaçante, l’un des gardiens de la paix avait dégainé son arme brièvement, avant de la ranger.

    Sur les images d’un vidéaste indépendant, on pouvait voir un homme, coiffé d’un casque de scooter bleu et ceint d’un mégaphone, frapper l’un des policiers. Ce sont ces deux détails qui le trahiront quelques jours plus tard. Les enquêteurs ont retracé son parcours, en le suivant de caméra en caméra grâce à son mégaphone visible, jusqu’à le retrouver en train d’enfourcher son scooter dans une rue. Le relevé de la plaque d’immatriculation aboutira quelques jours plus tard à l’interpellation de ce jeune homme de 26 ans habitant le 18e arrondissement de Paris, sur son lieu de travail, un magasin de jeux vidéo.

    Les enquêteurs ont établi qu’il avait par ailleurs tenté de se procurer sur Internet un bouclier antiémeute ainsi… qu’un lanceur de balles de défense, l’arme de force intermédiaire de la police, si décriée actuellement.

    #maintien_de_l'ordre

  • Maintien de l’ordre en manifestations : la France à l’écart des initiatives européennes pour une « désescalade »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/31/maintien-de-l-ordre-en-manifestation-la-france-a-l-ecart-des-initiatives-eur

    Entre 2010 et 2013, neuf pays européens ont participé au programme de recherches Godiac (Good practice for dialogue and communication as strategic principles for policing political manifestations in Europe), soutenu par l’Union européenne (UE) pour trouver de nouveaux moyens d’apaiser les relations souvent tendues entre citoyens et forces de l’ordre lors des manifestations politiques.

    L’absence d’une force de police fut remarquée : celle de la France, qui revendique, pourtant, une longue tradition du maintien de l’ordre public, avec une doctrine mise en place dès la fin du XIXe siècle.

    « En France, les forces de l’ordre disent avoir inventé le maintien de l’ordre et montrent une belle résistance à coopérer et à recevoir des leçons des autres sur leurs stratégies », constate Olivier Fillieule, chercheur en sciences politiques à l’université de Lausanne (Suisse) et au CNRS. Le lourd bilan humain (au moins 1 900 blessés) et judiciaire (plus de 5 500 interpellations) du mouvement des « gilets jaunes » pourrait, cependant, pousser les autorités françaises à envisager la stratégie de « désescalade » adoptée par leurs homologues européennes face aux nouvelles formes de manifestations.

    #maintien_de_l'ordre

  • Sebastian Roché : « En France, la démocratisation de la police n’est pas achevée »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/30/sebastian-roche-en-france-la-democratisation-de-la-police-n-est-pas-achevee_

    Selon les forces de l’ordre, le LBD 40 est indispensable pour se sortir de situations d’ultraviolence sans faire usage de l’arme à feu. L’usage de cette arme est-il un mal nécessaire ?

    En Europe, beaucoup de pays gèrent les foules et les groupes radicaux sans arme à feu et sans arme intermédiaire, et ils ne tuent pas pour autant des manifestants. De plus, plusieurs gouvernements ont révisé leurs positions : en Espagne, la Catalogne a par exemple banni le LBD après l’épisode de dispersion de la manifestation des « indignés » sur la Puerta del Sol, à Madrid.
    Lire le décryptage : « On ne tire pas à la légère avec le LBD, si on s’en sert, c’est qu’il y a une raison »

    Permettre de tirer sur la foule avec des armes à « létalité réduite » (LBD, grenades diverses, etc.) est une décision politique. Il ne s’agit pas pour autant de laisser penser que le système français est le pire du monde ou que nous vivons dans une dictature. Comparativement au Venezuela ou à l’Egypte, notre police est, évidemment, bien plus démocratique. Mais à qui veut-on se comparer ? A ces pays-là ou aux pays du nord de l’Europe, comme le Danemark ou l’Allemagne, qui font beaucoup mieux que nous sans les LBD ?

    On doit reconnaître les limites de notre système sans le caricaturer excessivement. Malheureusement, cette approche nuancée a du mal à être entendue. Comme toutes les polices des pays où j’ai travaillé – la Turquie, l’Egypte ou l’Italie –, la police française pense qu’elle est la meilleure. L’idée que le maintien de l’ordre « à la française » est un modèle dans le monde n’a, pourtant, pas de base sérieuse : aucun classement n’a jamais été réalisé. C’est une légende, un imaginaire professionnel.

    #maintien_de_l'ordre

  • Comment les violences policières sont devenues le principal ciment des « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2019/01/30/comment-les-violences-policieres-sont-devenues-le-principal-ciment-des-gilet

    C’est un thème qui ne s’est imposé que récemment dans le débat public, au point que le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, pouvait encore se dire « sidéré » par les accusations de violences policières, le 18 janvier. Mais il hante les « gilets jaunes » de longue date. Depuis le début des manifestations, les groupes Facebook des manifestants évoquent fréquemment la répression brutale, les violences injustifiées, les blessés graves. Ce thème est même devenu central.

    Nous avons analysé les 200 publications les plus populaires de la « jaunosphère ». Parmi eux, trente-deux posts – partagés 1,17 million de fois – ont pour sujet ces violences.

    #maintien_de_l'ordre

  • Comment l’Allemagne prévient-elle les violences policières ? | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/087591-000-A/comment-l-allemagne-previent-elle-les-violences-policieres

    Depuis le début de la crise des gilets jaunes, la stratégie de la police est très critiquée. Les forces de l’ordre sont régulièrement accusées de violences contre les manifestants : 1 700 d’entre eux auraient été blessés, contre 1 000 dans les rangs de la police. Chez nos voisins allemands, les manifestations sont gérées différemment par les forces de l’ordre. D’où viennent ces différences ?

    #maintien_de_l'ordre

    • À propos de l’exemple allemand et de la doctrine du maintien de l’ordre basé sur la déescalade de la violence. Je suis un peu circonspect. J’ai le sentiment sûrement exagéré que cela réduit le débat sur le maintien de l’ordre à une question technique, gestionnaire. En écoutant les cours du collège de France d’Alian Soupiot, je me suis demandé dans quelle mesure il était possible de mettre en relation les modèles de maintien de l’ordre et les modèles sociaux en cours dans les pays concernés. En France, on cite le modèle allemand à la fois pour son modèle de concertation sociale et son modèle de maintien de l’ordre basé sur le dialogue. Le modèle social allemand n’est pas moins libéral qu’ailleurs, mais il a su préserver un modèle historique de concertation fondée sur les notions de « co-détermination » et de « communauté ». Pour la France, le renversement de la doctrine du maintien de l’ordre en acte et le retour à une forme de guerre à basse intensité ne sont-ils pas corrélés au renversement du modèle économique et social keynésien issu de l’après-guerre ? Fin du dialogue social et monté en puissance d’un maintien de l’ordre guerrier. En ce sens, l’exemple allemand est malheureusement plutôt l’exception qui arrive encore à marier libéralisme et dialogue social. L’histoire présente ne semble pas aller dans ce sens. Et on imagine mal un changement du maintien de l’ordre en France sans une brèche dans la nasse libérale.
      « La démocratisation de la police n’est pas achevée. » Je dirai même qu’elle recule et à grands pas.

    • La flicologie travaille au partage #manifestant / « #casseur », ça fonctionne bien en Allemagne, moins en France où cette frontière reste poreuse, trouée, révisable, incertaine.
      Un exemple de la production culturelle issue de ce modèle allemand, ce film du Bundeskriminalamt (BKA) : Extrémisme de gauche - Entre protestation et terreur
      https://www.arte.tv/fr/videos/078741-000-A/extremisme-de-gauche-entre-protestation-et-terreur

  • Vu des États-Unis. Les violences policières attisent la colère des gilets jaunes | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/article/vu-des-etats-unis-les-violences-policieres-attisent-la-colere

    Depuis le début du mouvement social, de nombreux manifestants ont été grièvement blessés par les forces de l’ordre. Les méthodes d’intervention de la police française semblent inadaptées, renforçant le ressentiment des “gilets jaunes” envers le gouvernement, explique The New York Times.
    Nos services

    “Le gouvernement prétend que nous sommes des pilleurs et des manifestants violents, mais la plupart d’entre nous sont juste des citoyens pacifiques”, s’emporte dans The New York Times Jean-Marc Michaud, qui a perdu l’usage de son œil droit, touché par une balle en caoutchouc lors d’une manifestation au début de décembre à Bordeaux.

    #maintien_de_l'ordre

    • C’est intéressant. Dans les forum altermondialistes, on nous répétait que la police française offrait ses conseils à d’autres états, comme le Méxique... On voit ce que ça donne (Oaxaca, morts, enlevements, disparus toussa). Genre la frensse est leader. Pourtant, à domicile, on joue de mal entendus.

  • Verney-Carron prêt à fabriquer des LBD 40
    https://www.lessor42.fr/verney-carron-pret-a-fabriquer-des-lbd-40-22448.html

    L’entreprise stéphanoise, dont le Flash-Ball® n’est plus en dotation dans la police nationale depuis 2016, envisage désormais de fabriquer le LBD 40, dont le ministre de l’Intérieur vient d’annoncer un encadrement plus strict de l’utilisation.

    Face à la controverse qui s’est développée ces dernières semaines autour de blessures graves occasionnées à des manifestants par le lanceur de balles de défense LBD 40, le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a annoncé le 22 janvier qu’il conditionne désormais son usage par les forces de l’ordre au port d’une caméra piéton, à la suite d’une expérimentation menée samedi 19 janvier à Bourg-en-Bresse lors d’un défilé de Gilets jaunes.

    Le 23 décembre dernier, le ministère de l’Intérieur a lancé un appel d’offres pour acquérir, au profit de la police et de la gendarmerie, trois lots de LBD 40 : un lot de 180 lanceurs multi-coups à six coups, un lot de 270 lanceurs multi-coups à quatre coups, enfin, un lot de 1 280 lanceurs mono-coup. « C’est sur ce dernier lot que nous allons très certainement répondre à la consultation », déclare Guillaume Verney-Carron, le directeur général de l’entreprise stéphanoise éponyme.

    Il affirme par ailleurs que le Flash-Ball® « n’a blessé aucun manifestant lors des actions revendicatives des Gilets jaunes », contrairement à certaines affirmations. Il est nécessaire de faire de la pédagogie car il y a des amalgames, notamment dans les médias et sur les réseaux sociaux où on constate une utilisation abusive du nom Flash-Ball®, qui est une marque déposée ». « Notre entreprise reçoit des insultes et subit un préjudice commercial », déplore-t-il.

    La décision de la police nationale du remplacement du Flash-Ball® en dotation depuis 1995 par le LBD 40 de l’armurier suisse Brügger & Thomet avait fait suite à une préconisation de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), de 2010, reprise par le Défenseur des droits, en 2013, puis par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), en 2015, estimant que son manque de précision était à l’origine d’incidents graves.

    « Le LBD 40, qui est plus puissant avec un projectile de calibre 40 mm plus dangereux pour l’oeil que le 44 mm du Flash-Ball®, est conçu pour tirer à une distance de plusieurs dizaines de mètres. Il peut se révéler dangereux lorsqu’il est utilisé sur de courtes distances », déclare le directeur général de l’entreprise. « Le Flash-Ball® n’a quant à lui pas été conçu pour gérer des foules et faire du maintien de l’ordre, mais pour se défendre à courte distance d’individus agressifs et dangereux », souligne Guillaume Verney-Carron, qui dit avoir constaté au fil du temps et d’événements tels que les émeutes dans les banlieues une évolution de sa doctrine d’emploi par les forces de l’ordre françaises.

    #maintien_de_l'ordre

  • Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/26/apres-dix-semaines-de-mobilisation-comment-la-police-analyse-le-mouvement-de

    Semaine après semaine, ils ont été au contact des « gilets jaunes », ils ont coordonné le maintien de l’ordre ou ils ont bénéficié des remontées d’information des services de renseignement : alors que l’acte XI de la protestation doit avoir lieu samedi 26 janvier, Le Monde a interrogé des policiers, des gendarmes, des préfets pour comprendre les tendances de fond qui structurent depuis novembre 2018 ce mouvement inédit.

    Au-delà des analyses sociologiques et des chiffres de la mobilisation – imprécis et épars par nature –, nous avons cherché à identifier les grands pôles géographiques du mouvement et les différentes logiques de rassemblement à l’œuvre sur le territoire. Nous avons croisé le regard de gardiens de la paix proches du terrain, d’officiers issus de la hiérarchie intermédiaire, ou de fonctionnaires aux plus hautes responsabilités. Seules les sources syndicales ont toutefois pu être citées nommément, devoir de réserve oblige.

    Deux mouvements parallèles : un la semaine, un le week-end

    De l’avis unanime de nombreuses sources, deux mobilisations parallèles coexistent un peu partout en France, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018 : la première, la semaine, sur les ronds-points, avec des revendications très sociales ; la seconde, chaque samedi, lors des manifestations, avec des mots d’ordre beaucoup plus antisystème.

    Néanmoins, la mobilisation en semaine, sur les ronds-points, symbole politique initial du mouvement, a fortement évolué ces dernières semaines. « La bascule a été constatée après les fêtes de Noël », précise un fonctionnaire. Les annonces du chef de l’Etat le 10 décembre sur le pouvoir d’achat ont satisfait une partie du mouvement. Les manifestants ont aussi, en parallèle, été progressivement évacués par les forces de l’ordre en raison du caractère illégal de leur occupation. La mobilisation s’est donc reportée sur les rassemblements du week-end, dans les villes.

    Un certain nombre de « gilets jaunes » ont par ailleurs quitté les ronds-points, mais sont allés occuper des terrains de collectivités locales ou de particuliers ayant décidé de les soutenir. Ces « points de fixation », comme les appellent désormais policiers et gendarmes, sont très éparpillés. Ils réunissent un petit nombre de personnes et demeurent essentiellement le fait d’individus en recherche de lien social, parmi lesquels de nombreux retraités, affirme un haut gradé.

    A Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), par exemple, vingt à trente « gilets jaunes » qui étaient les plus engagés se sont installés sur un terrain privé, à une centaine de mètres d’un rond-point d’accès à l’autoroute A51, qu’ils avaient occupé presque sans discontinuer du 17 novembre au 7 janvier, selon Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). Des ronds-points ou des sorties d’autoroute sont encore occupés régulièrement dans le reste du département et il y a parfois des opérations « péage gratuit », à Peyruis et à Sisteron, avec dix ou vingt manifestants.

    Une protestation rurale qui s’est étendue aux villes petites et moyennes

    A l’origine, le mouvement des « gilets jaunes » part du monde rural. Faute de transports publics, la contestation de la hausse des taxes sur les carburants envisagée à l’automne par le gouvernement y a en effet trouvé un écho particulièrement fort. Mais, au fil des semaines, dans de nombreux départements, les forces de l’ordre ont constaté un report progressif de la mobilisation sur les petites et moyennes villes, avec une extension du conflit à des personnes issues du tissu périurbain.

    « De façon générale, la mobilisation parisienne a servi de prise de conscience, puis il y a eu un report sur la province », confirme un haut responsable de la sécurité intérieure.

    Dans l’Est, par exemple, les grandes villes, comme Besançon, Strasbourg, Metz, ou Reims, sont restées plutôt à l’écart de la crise des « gilets jaunes ». Des tensions sont bien progressivement apparues à Mulhouse. Mais elles sont restées très inférieures à ce qu’ont connu de plus petites villes comme Bar-le-Duc, Dole, Forbach et Thionville, dont certaines sont très paupérisées et marquées au fer rouge par la désindustrialisation. Charleville-Mézières en particulier, a été confrontée à plusieurs épisodes de violences urbaines. Cette montée des tensions tiendrait notamment aux effectifs de police et de gendarmerie. A l’exception de la Moselle, les départements de la région sont moins bien dotés pour faire face à des événements impromptus.

    Dans ce paysage, Nancy, qui est un grand pôle urbain, fait figure d’exception. Les violences ont débuté dès le 17 novembre 2018 et ont eu lieu ensuite chaque week-end. Le 22 décembre 2018, quelque 2 000 manifestants se sont rassemblés, et des fusées de clous et de billes ont été jetées sur les forces de l’ordre. Cette exception nancéienne pourrait s’expliquer par la position centrale de l’agglomération : une ville entourée de territoires plus enclavés, comme la Meuse ou les Vosges, d’où sont venus une partie des manifestants. Cette « régionalisation » du mouvement façon vases communicants a surtout été constatée dans l’Est à partir du 5 janvier.

    Beaucoup de régions ont aussi observé un afflux de manifestants qui avaient initialement pris l’habitude de venir à Paris. Des personnes motivées à l’idée d’agir désormais plus localement, ou contraintes financièrement. Ainsi les autorités ont constaté des niveaux de mobilisation baissant par endroits, tandis que d’autres villes ont pris le relais, comme Nantes ou Rennes, entrées dans le mouvement plus tardivement.

    Toulouse et Bordeaux : deux exceptions épicentres des violences

    Si, en région, les petites et moyennes villes concentrent désormais la mobilisation et les dérapages, deux métropoles échappent aujourd’hui à cette règle : Toulouse et Bordeaux. Les forces de l’ordre sont certes habituées à la « tradition contestataire » d’extrême gauche de la première. Toulouse attire, qui plus est, tous les manifestants des villes lui étant périphériques ainsi qu’un certain nombre de jeunes issus des quartiers sensibles comme le Mirail. Mais le niveau de violence qui se cristallise inquiète désormais au plus haut niveau. Chaque samedi, la mobilisation toulousaine se scinde généralement en deux, avec d’un côté l’action des « gilets jaunes » « classiques », et en deuxième rideau, un « sur-appel à manifester » de l’extrême gauche, qui se prolonge parfois très tard dans la nuit.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : « Un terreau contestataire » fait de Toulouse une « capitale de la colère jaune »

    A Bordeaux, davantage connue pour son flegme bourgeois que pour ses éruptions de fureur, la récurrence des dégradations a davantage surpris les autorités. Le scénario se répète inlassablement chaque semaine depuis le 1er décembre. Le nombre de « gilets jaunes » ne faiblit pas et « pourrait continuer d’augmenter », anticipe même un haut gradé : ils étaient encore 4 000 pour l’acte X, samedi 19 janvier.

    Parmi les casseurs récurrents identifiés par la police, les plus actifs sont les groupes d’extrême gauche, antifascistes et black blocs. Les interpellations montrent que Bordeaux agit comme un aimant pour tout le Sud-Ouest. La plupart des manifestants ne sont pas bordelais et viennent plutôt des départements alentour : des Landes, de Dordogne, de Charente-Maritime, et même des Pyrénées-Atlantiques, à deux ou trois heures de voiture.

    « Chaque fois, c’est pareil, raconte un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre en Gironde. Ils se regroupent, ils défilent, en passant par les quartiers les plus favorisés, et vers 17 heures, à la tombée de la nuit, les plus violents arrivent place Pey-Berland, où se situe la mairie. Ils font face aux forces de l’ordre et se mettent à tout dégrader. Ils s’attaquent à ce que représente la ville : un centre riche, entièrement rénové et un maire, Alain Juppé, qui a soutenu Macron. »

    Bordeaux, symbole parfait d’un affrontement de classes qui sous-tendrait le mouvement des « gilets jaunes » ? « L’exclusion, ces dernières années, des petites et moyennes classes sociales a contribué à un sentiment antibourgeois qui se caractérise de temps à autre par des réflexions faites aux habitants aisés du centre de l’agglomération », note un officier de police, pointant les loyers devenus inaccessibles pour les salaires moyens, notamment sous l’effet de l’arrivée, à l’été 2017, de la ligne à grande vitesse, qui place désormais la ville à seulement deux heures en train de Paris.

    Le Sud plus agité que le Nord

    Même si certains militants « gilets jaunes » s’y essayent, difficile d’établir une cartographie très précise du mouvement, aux yeux de nombreuses sources policières. Seule chose évidente : de façon globale, la mobilisation apparaît nettement plus forte dans le sud de la France qu’au nord. Ainsi serait en train de se former une sorte d’arc méditerranéen très virulent, allant des « contreforts pyrénéens à la vallée du Rhône », en passant par Tarbes, Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes et Avignon, résume Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du SCSI.

    Une mobilisation parfois violente, qui peut passer inaperçue dans les médias, regrettent certains fonctionnaires. Comme à Nîmes, le 12 janvier, où se sont rassemblés tous les « gilets jaunes » d’Occitanie, soit plus de 1 250 manifestants dont 250 motards. Beaucoup de dégâts matériels ont été à déplorer, notamment sur des banques. C’est dans la région qu’a aussi eu lieu, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2018, le spectaculaire incendie de la barrière de péage d’Agde-Bessan (Hérault) sur l’A9. Depuis, plus de 45 personnes ont été interpellées, 18 ont été mises en examen et 12 placées en détention provisoire.

    A l’inverse, le nord de la France, et plus précisément la région des Hauts-de-France, qui cumule sur le papier tous les indicateurs socio-économiques de précarité, apparaît plus en retrait du mouvement. Même si la mobilisation n’y est pas absente – des rassemblements ont lieu régulièrement à Calais (Pas-de-Calais), Laon ou Soissons (Aisne) – « le Nord bouge moins que ce que l’on pouvait imaginer, il y a une forme de “paradoxe” du Nord », confirme David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « A Amiens, il y a eu deux ou trois manifestations dures, mais depuis, c’est le retour à la normale. »

    Le calme de Roubaix apparaît aussi comme une curiosité à de nombreux observateurs. Ils n’étaient qu’une quinzaine de « gilets jaunes », le 1er décembre, pour leur premier rassemblement… Deux hypothèses pourraient expliquer ce constat, aux yeux d’un cadre des services de renseignement. D’abord le fait que le département du Nord soit globalement assez urbain. Seconde explication possible selon lui : la précarité y est telle que les aides sociales peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Le mouvement des « gilets jaunes » demeure majoritairement le fait d’actifs issus de la classe moyenne inférieure.

    Une mobilisation qui demeure très « sporadique »

    S’il donne l’impression d’une grande continuité depuis le début, le mouvement des « gilets jaunes » se traduit localement par un aspect très sporadique et une forte éruptivité. Certaines villes sont ainsi apparues dans les radars des autorités, avec parfois de soudains pics de violences, comme à Saint-Etienne, puis ont disparu, sans véritables explications. A l’ouest, des villes comme Tours, Le Mans, Caen ou Quimper font parler d’elles seulement depuis peu.

    Au Puy-en-Velay, l’attaque de la préfecture le 1er décembre a ainsi laissé de profondes traces. « On ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé, raconte un officier de police local. On s’était préparé pour du maintien de l’ordre, mais on a eu une scène de guérilla urbaine. Et en face de nous, on avait nos voisins ! Il y avait quelques mecs d’extrême gauche et d’extrême droite, mais c’était surtout des quidams, des gens modestes venus de la campagne environnante. Il y a eu un effet de meute, un peu d’alcool aussi sans doute, mais ça ne justifie pas tout. »

    La ville, qui a reçu des renforts en gendarmerie mobile importants par la suite, n’a plus connu de tels épisodes depuis. Les manifestants n’étaient plus que 200 à 300 pour l’acte X, le 19 janvier, alors qu’ils étaient 4 000 le 1er décembre 2018. Les groupuscules des extrêmes se sont eux déplacés dans d’autres villes. « Dans cette région où on a besoin de la voiture pour vivre, la revendication sur les carburants était légitime, mais maintenant il y a une lassitude, sans compter les dégâts économiques pour les commerçants », explique ce policier.
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    L’ultragauche et l’ultradroite, plus aiguillons que moteurs

    Depuis le début du mouvement, les groupes d’ultragauche et d’ultradroite sont visibles dans la plupart des rassemblements qui dégénèrent. Parfois, ils s’affrontent aussi entre eux. Le matin du 1er décembre, jour de l’apogée des violences à Paris, des militants d’extrême droite ont ainsi été vus en train de monter une barricade dans une avenue voisine de l’Arc de triomphe, tandis que des profils identifiés à l’extrême gauche tenaient le pavé sur le terre-plein central. Au fil des week-ends, ces individus se sont toutefois éparpillés sur le territoire, notamment à Nantes, Toulouse et Dijon – où existe un foyer anarchiste historique.

    A Rennes, ville habituée aux soubresauts avec un fort noyau d’extrême gauche, le mouvement des « gilets jaunes » s’est ainsi déroulé dans le calme, les premiers temps. « Ça ne s’est radicalisé que depuis quinze jours, constate David Leveau, secrétaire régional Unité SGP Police FO, l’un des principaux syndicats de gardien de la paix. On a vu ressortir les nids d’ultragauche et les black blocs, alors qu’ils ne se mêlaient pas aux “gilets jaunes” au début. » Les revendications liées au prix des carburants ne correspondaient pas à leur logiciel idéologique, note une source policière haut placée, qui estime que leur ralliement au mouvement est un effet d’opportunité.

    Une évolution sur le terrain dont témoigne aussi un policier de la brigade anticriminalité (BAC) : « Au départ, pendant les premiers samedis, c’était plutôt calme, on avait des contacts avec les manifestants, il y avait même un dialogue : ça nous a surpris vu le climat habituel à Rennes. Mais, maintenant, il y a une montée en puissance de la violence, avec des groupes d’extrême gauche virulents qui profitent de ça pour foutre le bordel. Ils viennent au contact, caillassent et vont se réfugier dans la foule en mettant des gilets jaunes. »

    Une radicalisation préoccupante d’une partie des manifestants

    La polémique sur les violences policières et l’usage du lanceur de balle de défense 40 mm (LBD 40) a également accentué les heurts sur le terrain, témoigne le même policier de la BAC à Rennes : « La violence augmente contre nous parce qu’il y a eu des blessés graves. Il y a beaucoup de “gilets jaunes” qui ont l’impression de ne pas être entendus ou d’être victimes d’interventions policières qu’ils ont du mal à comprendre. Alors ils s’en prennent à des organismes représentant l’Etat, à l’immobilier qui incarne la richesse ou à l’institution police. »
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    Une contestation de l’action des forces de l’ordre qui touche l’ensemble du pays, même dans les zones n’ayant eu à déplorer aucune violence, ni d’un côté ni de l’autre. En Ardèche, par exemple – « où aucune grenade lacrymogène n’a été tirée depuis le début du mouvement », d’après une source policière –, le mouvement, principalement animé par des retraités, s’est durci, rapporte un gardien de la paix présent sur les ronds-points. « Au début, on discutait avec eux. Je me souviens d’une femme âgée à qui j’ai parlé pendant près de deux heures un samedi. Je la recroise un mois plus tard, elle ne me reconnaît pas, et elle se met à m’insulter de tous les noms… »

    David Le Bars, patron du SCPN, le principal syndicat des commissaires, regrette aussi « cette espèce d’accoutumance à la violence verbale » ainsi que « le développement d’une rancœur nourrie d’une semaine sur l’autre dans l’affrontement avec les policiers ». « Beaucoup de violences physiques sont commises par des gens lambda », note un cadre des services de renseignement, qui estime cependant que ceux qui sont le plus actifs aujourd’hui étaient déjà souvent dans une forme de radicalité avant le début du mouvement, avec, par exemple dans le Sud, des pratiques issues des mouvements agricoles ou viticoles.

    Les autorités craignent par-dessus tout que cette radicalisation n’aboutisse à des dérapages fatals. L’interpellation d’un « gilet jaune » équipé d’un pistolet chargé, mercredi 23 janvier, à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), et la découverte chez lui d’un arsenal d’armes ont réactivé la peur d’un passage à l’acte grave.

    Des tentatives de récupération politique mais pas de lien direct avec le vote RN ou LFI

    Le mouvement des « gilets jaunes » est, depuis ses débuts, l’objet de diverses tentatives de récupération politique. Qu’elles soient locales ou le fait de responsables nationaux. Un certain nombre de mots d’ordre du mouvement sont en effet en adéquation avec les thèses de La France insoumise (LFI) ou du Rassemblement national (RN). « Certains militants sont clairement là pour encourager la mobilisation, mais les “gilets jaunes” restent majoritairement un mouvement de citoyens, rappelle un haut fonctionnaire. Ce n’est ni l’ultradroite ni l’ultragauche qui structurent le mouvement. »

    Dans le Sud, il a par exemple été constaté à plusieurs reprises sur des ronds-points que des personnes venant de bords politiques très opposés (RN et LFI) discutaient ensemble sans aucune difficulté, le tout en débattant de leur vote lors du scrutin présidentiel. Un constat qui fait dire aux forces de l’ordre ayant pu assister à ces échanges que les raisons les unissant étaient bien supérieures à leurs divisions politiques.

    Dans certaines régions, récemment, les choses sont certes allées plus loin, avec des tentatives ponctuelles de « phagocytage » du mouvement par des représentants syndicaux ou issus de LFI. Mais celles-ci ont surtout contribué à attiser les tensions et à diviser la mobilisation, estime un commissaire de police parisien qui a travaillé à centraliser les nombreuses informations venant de ses collègues sur le terrain.

    De même, la carte de France du vote RN ou LFI ne se superpose pas clairement avec le mouvement des « gilets jaunes », estiment la plupart des observateurs. La seule zone où cet emboîtement apparaît très visible concerne l’arc méditerranéen, ainsi que Bordeaux, où de nombreux manifestants viennent chaque week-end du Médoc voisin : un territoire très marqué par le vote RN.

    Ce constat général n’empêche pas de trouver des concordances à l’échelle locale. Dans le Pas-de-Calais, début décembre, La Voix du Nord a ainsi réussi à rapprocher la carte des votes RN et LFI au premier tour de l’élection présidentielle 2017 avec celle des rassemblements de « gilets jaunes » dans le département. Aucun systématisme ne se dégageait pour autant.
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    Un mouvement citoyen qui cherche à se structurer politiquement pour durer

    Le mouvement des « gilets jaunes » a compris, avec l’hiver, les vacances scolaires, et les annonces du chef de l’Etat début décembre, qu’il devait s’organiser s’il comptait durer et obtenir plus. D’où son rapprochement récent, par exemple, avec les milieux syndicaux et l’appel à la grève générale, le 5 février, de la CGT. « On est passé d’une logique de sincérité à un besoin de fédération politique, abonde un cadre de la sécurité intérieure. Il ne faut toutefois pas forcément voir dans la structuration actuelle quelque chose d’organisé politiquement. »

    Il y a surtout un besoin « d’auto-justification » du mouvement, selon ce fonctionnaire. Celle-ci passerait aujourd’hui par le besoin de fédérer les rancœurs autour de « personnalités politiques », telles que le président Emmanuel Macron ou le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Cette nécessité de resserrer les rangs passerait aussi par l’utilisation de la « victimisation », avec un vecteur tout trouvé : les violences policières. Cette « deuxième phase » du mouvement s’appuie enfin beaucoup sur le soutien affiché de l’opinion. Un soutien qui risque de s’effriter mais va sans doute durer sur le long terme, estime un haut responsable de la gendarmerie.

    Une mobilisation très dépendante du charisme des leaders locaux

    Si quelques profils ont crevé l’écran au niveau national, comme Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Priscillia Ludosky, ou encore Ingrid Levavasseur, notamment par le biais des réseaux sociaux, le mouvement des « gilets jaunes » doit également sa réussite à l’émergence, parfois éphémère, de leaders ultra-locaux.

    « Souvent, un abcès de fixation prend parce qu’il y a une ou deux personnes qui agrègent les autres et prennent de manière implicite la tête du dispositif », témoigne un policier chargé de dégager des ronds-points.

    Quand l’un de ces chefs de file disparaît, le noyau se disloque en général assez rapidement. Ce cas de figure s’est présenté récemment à Béziers (Hérault), autour de la figure d’une femme. « Depuis son interpellation et sa condamnation à une forte peine de prison avec sursis, il y a un gros flottement sur le secteur », décrypte M. Ryckewaert, du SCSI.

    Mais si certains policiers constatent un étiolement de ce type de blocages, d’autres estiment qu’après avoir atteint son étiage, la mobilisation des « gilets jaunes » est partie pour durer. Un enkystement et une détermination que le lancement du grand débat national par M. Macron ne semble pas encore avoir entamés. « C’est une grande séance de thérapie collective ce débat, c’est bien, mais quand les gens vont se rendre compte à la fin qu’ils ne sont toujours pas soignés, il va y avoir de la frustration », prédit une source policière de haut rang. Si le mouvement des « gilets jaunes » passe l’hiver et notamment la période actuelle de grand froid, les autorités craignent qu’il bourgeonne de plus belle au printemps.

    #maintien_de_l'ordre

  • David Dufresne, le journaliste qui traque les violences policières : « La surdité du gouvernement est incompréhensible » - LCI
    https://www.lci.fr/social/david-dufresne-le-maintien-de-l-ordre-en-france-plus-qu-ailleurs-est-affaire-de-

    Depuis les premières manifestations de Gilets jaunes, il y a près de trois mois, David Dufresne tient sur son compte Twitter le compte des violences policières suspectées et avérées. Avec toujours cette même formule, à l’adresse du ministère de l’Intérieur : « Allô place Beauvau - c’est pour un signalement ». Au 27 janvier, ce journaliste, qui se présente désormais comme un « écrivain-documentariste » en était à son 364e signalement. Entre temps, la question des violences policières a fait irruption dans le débat public en étant reprise par de nombreux médias.

    David Dufresne a répondu par mail aux questions de LCI, évoquant à la fois son travail, le traitement des violences policières par les médias, et la manière dont ces violences peuvent modifier le mouvement. Il revient enfin sur le cas de Jérôme Rodrigues, une figure des Gilets jaunes blessée gravement à l’œil lors de la dernière manifestation des Gilets jaunes, samedi 26 janvier à Paris.

    #maintien_de_l'ordre

  • Gilets jaunes : grenades GLI-F4, LBD... ces armes de maintien de l’ordre de plus en plus contestées - LCI
    https://www.lci.fr/police/gilets-jaunes-grenades-gli-f4-lbd-ces-armes-de-maintien-de-l-ordre-qui-creent-la

    Depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, en novembre, plusieurs dizaines de personnes ont été blessées par les forces de l’ordre. De l’ecchymose à la perte d’un œil ou d’une main, ces blessures sont d’une gravité variables et ont eu lieu dans des contextes très différents, mais beaucoup ont en commun d’avoir été causées par deux armes qui sont à disposition des forces de l’ordre : le « lanceur de balles de défense » LBD 40 et la grenade à effet de souffle GLI-F4.

    Ces 2 mois de manifestations ont vu gonfler la liste des blessés. Libération décompte 109 blessés graves au 21 janvier, tandis que le collectif « Désarmons-les ! » évoque 124 blessés au 28 janvier, pour la plupart graves et pour certains plus légers. Le journaliste David Dufresne a recensé pour sa part plus de 300 blessures qui aurait été causés par les forces de l’ordre dans le cadre des manifestations de Gilets jaunes. Dans chacune de ces listes, on constate l’omniprésence de blessures causées par le LBD et la GLI-F4.

    #maintien_de_l'ordre

  • (3) Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/25/grenade-gli-f4-revelations-sur-une-arme-qui-mutile_1705396

    Mains arrachées, plaies de plusieurs centimètres… La GLI-F4, essentiellement composée de TNT, a fait beaucoup de dégâts lors des manifestations des gilets jaunes. Un rapport de la gendarmerie auquel « Libé » a eu accès révèle que sa dangerosité a été sous-estimée par les forces de l’ordre, ce qui ne les empêche pas de l’utiliser.

    Grenade GLI-F4 : révélations sur une arme qui mutile

    C’est la première fois, en deux mois, que Gabriel Pontonnier a mis des mots sur l’instant où sa main a été en partie arrachée par une grenade tirée par les forces de l’ordre. Jeudi, cet apprenti chaudronnier de 21 ans a été auditionné par la police des polices sur les circonstances de sa grave blessure. L’unique parole pour ce jeune homme dont la vie est suspendue depuis le 24 novembre. Ce jour-là, il participait avec sa mère, son frère et sa sœur, à la première journée parisienne de mobilisation des gilets jaunes. Vers 18 heures, accompagné de son frère Florent, 30 ans, il observe la progression des policiers. Ce dernier raconte la scène  : « On s’est mis à distance pour éviter qu’ils nous prennent pour des casseurs ou des personnes mal intentionnées, juste derrière un petit camion qui vendait de la nourriture, nous étions en sécurité. Je me suis mis à filmer. » La séquence démarre, quelques instants avant l’explosion…

    La ligne des forces de sécurité, visible en arrière-plan, est distante d’environ une trentaine de mètres. Proche des deux frères, un vieux monsieur avec un bonnet rebrousse doucement chemin, un manifestant a les mains en l’air, un autre est au téléphone, tandis que deux personnes marchent tranquillement. Soudain, un homme crie plusieurs fois « attention ». Un blast lumineux survient, ainsi qu’une effroyable détonation. « Je me suis retourné, un nuage de fumée nous recouvrait, poursuit Florent Pontonnier. Mon frère a traversé ce nuage en ma direction, le bras en avant, en criant « putain ma main bordel, j’ai plus de main, j’ai plus de main ». C’est l’image qui restera à vie dans mes pensées et que je vois à chaque fois que je ferme les yeux. Une main éclatée avec les os à l’air libre, un doigt qui pendait sur le côté et plus rien sur le reste. » ­Gabriel est hospitalisé en urgence, il subit douze opérations pour tenter de sauver ce qu’il reste de sa main et retirer les nombreux éclats qui l’ont blessé aux jambes et à la tête. L’amputation totale est toujours envisagée.

    Le même jour, Antonio B., 40 ans, est aussi gravement touché au pied et Maxime W., 30 ans, perd l’audition. Le week-end suivant, deux mains sont arrachées. Celle de Frédéric Roy, 35 ans, à Bordeaux, et celle de Ayhan P., 52 ans, à Tours, qui est aussi gravement blessé à la jambe. Le 8 décembre, c’est la main d’Antoine Boudinet, 26 ans, qui est mutilée. Plusieurs autres personnes ont été grièvement blessées, criblées de plaies de plusieurs centimètres.
    « Déstabiliser »

    L’arme mise en cause dans toutes ces blessures de guerre est la grenade lacrymogène instantanée, dite GLI-F4. Son nom est trompeur car cette arme est surtout composée de tolite, un explosif mieux connu sous le nom de TNT. Elle est utilisée à la fois par la gendarmerie et la police. Cette grenade avait déjà arraché la main de Maxime Peugeot, un manifestant de 21 ans, à Notre-Dame-des-Landes. Le 22 mai 2018, il ramasse la munition, sa main est entièrement arrachée et son corps est touché par plusieurs impacts. Libération a eu accès au rapport du laboratoire scientifique de la gendarmerie réalisé sur cette blessure (et versé à l’enquête), avant le mouvement des gilets jaunes. Il conclut que la dangerosité de la grenade a été sous-estimée par les autorités françaises et le fabricant. Le ministère de l’Intérieur fait pourtant le choix d’en tirer « jusqu’à épuisement des stocks », sans préciser le nombre de grenades encore disponibles. Daté du 11 juillet 2018, ce rapport est effectué par l’Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN). Les deux experts, spécialisés en explosifs, effectuent une batterie de tests sur la GLI-F4, pour vérifier qu’elle est bien responsable de la mutilation de Maxime Peugeot.

    « Selon le fabricant, notent les deux experts en explosifs, elle est destinée au rétablissement de l’ordre, par son triple effet lacrymogène, assourdissant et de souffle. Elle permet de déstabiliser les manifestants dans des situations particulièrement difficiles (violences, émeutes). » La dangerosité de la grenade « au contact » est rappelée par les gendarmes. Leur rapport précise que l’« onde de choc générée fragmente les tissus, les os et provoque des blessures très importantes dont la létalité dépend de la zone impactée ». L’IRCGN précise enfin que « l’explosion d’une grenade tenue en main est susceptible de provoquer son arrachement ». En effet, l’arme est composée d’une capsule de gaz lacrymogène, mais surtout de 26 grammes de TNT et de 4 grammes d’hexocire, un autre explosif utilisé pour l’amorçage.

    Pour réaliser son expertise, l’IRCGN déclenche successivement dix grenades et note à chaque fois les effets produits. Test après test, le laboratoire consigne que la puissance de l’arme est bien plus importante que ce qu’annoncent les données théoriques. « La grenade est normalement conçue pour ne pas générer d’éclats, indique-t-il. Cependant, des projections d’éclats transfixiants et de débris divers partiellement calcinés ont été constatées lors de tous les essais. » Ce sont justement ces « éclats transfixiants », autrement dit qui traversent les chairs, qui ont gravement blessé de nombreux manifestants sur tout le corps ces dernières semaines. Le 24 novembre, Florent Pontonnier, le frère de Gabriel dont la main est mutilée, est également touché par ces éclats transfixiants et a dû lui aussi subir une opération. De même pour leur cousin, Marvin, touché par la même grenade et qui doit être opéré prochainement.

    Alexandre S., 27 ans, a été blessé aux cuisses le 1er décembre, place de l’Etoile, à Paris. Vers 15 h 30, il décrit une situation qui « stagnait » avec « les forces de l’ordre d’un côté, les gilets jaunes de l’autre », quand une « grenade assourdissante » est envoyée à ses pieds, « à environ un mètre cinquante ». « La détonation et l’impact des morceaux de la grenade m’ont presque fait tomber au sol. J’ai tout de suite regardé mes jambes, un morceau de la grenade était planté dans ma cuisse droite », poursuit Alexandre S. Aidé par d’autres manifestants, il est évacué par les secours. Hospitalisé pendant deux jours, il est opéré en urgence pour nettoyer et refermer les plaies. « Au réveil, c’était très choquant de découvrir ma jambe si mutilée », raconte-t-il. Des photos prises à l’hôpital permettent de constater que de larges cicatrices lardent ses cuisses. Des semaines d’arrêt de travail et de marche avec l’aide de béquilles ont suivi pour lui. Des photos de blessures équivalentes, provoquées par ces éclats, ont accompagné plusieurs week-ends de mobilisation des gilets jaunes.

    Au-delà de la dangerosité de l’arme elle-même, le cadre légal et les instructions relatives à son utilisation ne sont pas rendues publiques par les autorités. Comme pour de nombreux sujets ­concernant l’usage de la force, le ministère de l’Intérieur se cantonne le plus souvent à des réponses approximatives, voire fait preuve d’une totale opacité. C’est une instruction datée du 27 juillet 2017, consacrée aux armes dites de « force intermédiaires », et commune à la police et la gendarmerie, qui prévoit notamment le cadre légal de tir des GLI-F4. Libération a consulté un compte rendu de ce document réalisé par l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) intitulé « réglementation, utilisation et manipulation des grenades GLI-F4 », daté du 19 juin 2018. Pour faire simple, en dehors de l’usage en situation de légitime défense, cette grenade peut être utilisée en maintien de l’ordre en présence d’un superviseur. Comme pour les autres armes, son utilisation doit être « proportionnée » et « n’est possible que si les circonstances la rendent absolument nécessaire ». Si l’ordre de tir a été donné par l’autorité civile, c’est-à-dire le préfet ou son représentant, les policiers et gendarmes doivent avant tout procéder à deux sommations. Sur le terrain, le commandement peut prendre l’initiative de tir sans sommation, si « des violences ou voies de fait sont exercées contre eux ou s’ils ne peuvent défendre autrement le terrain qu’ils occupent ».
    « Responsabilité »

    Le même compte rendu de l’IGGN, synthétise aussi une instruction datée du 19 janvier 2018, là encore non publique. Ce document détaille les modes de lancer de cette grenade explosive. Elle peut être utilisée à la main, « en faisant rouler la grenade au sol afin d’éviter des explosions à hauteur de visage », mais aussi « par balancé du corps [en courbe], par-dessus un obstacle », ou encore par « détente du bras fléchi [en direct] plus précis pour atteindre une fenêtre ou un passage étroit ». Autrement dit, tous les lancers sont possibles. L’arme peut aussi être tirée en courbe, avec un lanceur de grenade.

    Dès 2014 et la mort de Rémi Fraisse à Sivens (Tarn), la GLI-F4 était sur la sellette car composée – en quantité moindre – du même explosif que la grenade qui a tué le jeune homme (de type OF-F1). Mais à l’époque, l’IGGN note dans le cadre de l’instruction que « la cartouche explosive et lacrymogène [de la GLI-F4, ndlr] ne produit aucun éclat dangereux ». « A la suite de la mort de Rémi Fraisse, la décision a seulement été d’interdire une seule de ces deux grenades. Il y a donc une vraie responsabilité politique à ce propos », souligne l’avocat de la famille de Rémi Fraisse, Arié Alimi, qui défend aussi des manifestants blessés récemment.

    Qu’en est-il désormais  ? Pourquoi les récents résultats d’expertise de l’IRCGN n’ont-ils pas conduit à une remise en cause de l’usage de l’arme en vue du mouvement des gilets jaunes  ? Contactée, la procureure de la République de Saint-Nazaire, qui a reçu ce rapport dans le cadre de l’enquête sur la blessure de Maxime Peugeot en mai dernier, répond qu’il ne lui appartient pas « de se positionner sur l’aspect dangereux de l’arme ». Les directions générales de la police et de la gendarmerie n’ont pas répondu à nos questions à ce propos. De son côté, le constructeur, l’entreprise Alsetex, déclare simplement que « la grenade en question n’est plus fabriquée depuis cinq ans ».

    Alors pourquoi les forces de l’ordre continuent-elles à utiliser cette arme qui n’est plus commandée  ? Et quel est l’état des stocks  ? Selon nos informations, la grenade qui a mutilé Maxime Peugeot a été fabriquée en 2004. Même silence des autorités sur cette question. « Il semble évident que la décision qui a été prise, d’arrêt de commande de cette grenade, aurait dû s’accompagner immédiatement d’une suspension de son utilisation. On est inquiets sur les stocks », réagit son avocat, Hervé Gerbi. Une position partagée par Aïnoha Pascual, avocate de la famille Pontonnier  : « Le ministère de l’Intérieur est dans une logique économique alors que des vies sont en jeu. »

    #maintien_de_l'ordre

  • Les armes suisses de la police française suscitent la controverse - SWI swissinfo.ch
    https://www.swissinfo.ch/fre/politique/-gilets-jaunes-_les-armes-suisses-de-la-police-fran%C3%A7aise-suscitent-la-controverse/44708584

    Le LBD 40 « a été conçu pour le maintien de l’ordre », assure Cédric Zeller, porte-parole de B&T, dont le siège est à Thoune (canton de Berne). Ceux qui accusent le LBD 40 « prétendent à tort que les munitions utilisées, considérées comme dangereuses ou impropres, ont été fabriquées et livrées par B&T ». Or la France s’est fournie auprès du producteur français Alsetex. « Nous ne pouvons pas juger le danger potentiel des munitions utilisées en France. Il doit être souligné à ce propos que les munitions utilisées exercent une influence substantielle sur les effets et la précision. »

  • Soudain, la société, découvre les violences policières ?
    https://www.mouv.fr/emissions/mouv-13-actu/soudain-la-societe-decouvre-les-violences-policieres-347117

    De nombreux collectifs et associations alertent : il y a Désarmons-les, qui comptabilise les victimes de grenades et de lanceurs de balles, les collectifs comme Justice pour Adama, des ONG comme l’ACAT ou encore Amnesty International. Tous ont mis en lumière la dangerosité de ces armes dites « non-létales ».

    Le débat est ouvert, Marion a rencontré David Dufresne, il est documentariste et écrivain, ça fait 20 ans qu’il travaille sur les questions de maintien de l’ordre et il fait le compte des blessés depuis le mois de novembre, ses messages commencent par « Allo Place Beauvau, c’est pour un signalement », à l’heure où on se parle on en est à 350…

    #maintien_de_l'ordre

  • Seulement quatre « gilets jaunes » éborgnés par la police, vraiment ?
    https://www.nouvelobs.com/societe/20190122.OBS8950/seulement-quatre-gilets-jaunes-eborgnes-par-la-police-vraiment.html

    Quatre personnes ont été gravement blessées à l’oeil par des lanceurs de balle de défense (LBD) depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », a affirmé ce mardi le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner lors d’une audition devant les députés.

    « Il y a eu quatre personnes qui ont eu des atteintes graves à la vision. Certains pouvant effectivement perdre un oeil », a reconnu le ministre.

    Quatre cas, vraiment ? Le collectif militant « Désarmons-les » et le journaliste indépendant David Dufresne ont, eux, recensé 17 personnes ayant perdu un oeil à la suite d’interventions policières depuis le début du mouvement.

    Des chiffres sont étayés avec détails sur les incidents et les victimes, photos et parfois vidéos à l’appui.

    De son côté, le site du quotidien « Libération », qui tient un observatoire des « gilets jaunes » blessés, a recensé « au moins 15 personnes [qui] ont perdu un œil ».

    #maintien_de_l'ordre

  • Gilets jaunes : « Je n’ai jamais vu autant de blessés graves » - L’Express
    https://www.lexpress.fr/actualite/societe/gilets-jaunes-je-n-ai-jamais-vu-autant-de-blesses-graves_2058008.html

    Pour les soignants, l’ampleur des blessures physiques observées lors des manifestations des gilets jaunes est inédite.

    Antoine et Frédéric ont chacun eu une main arrachée à Bordeaux. Jérôme, Fiorina, Patrick et Alexandre ont tous les quatre perdu un oeil. Quant à Florent et Geoffrey, ils sont désormais défigurés. Leur point commun, au-delà des sutures et des bandages : tous ont été blessés ces dernières semaines lors des manifestations des gilets jaunes. L’IGPN - la police des polices - a reçu 200 signalements sur sa plate-forme et a été saisie par la justice à 78 reprises.

    Sur les réseaux sociaux, les vidéos de CRS en action se multiplient, tout comme les photos et témoignages de blessés. Aux premières loges de ce triste spectacle, les soignants, qui chaque week-end de manifestation pansent les plaies de dizaines de victimes. Les passages aux urgences s’intensifient régulièrement les samedis, jours de rassemblement de ce mouvement social inédit. Témoins d’une situation sans précédent, ils craignent, non pas d’être débordés, mais bien de devoir faire face à de plus en plus de cas graves.
    Une centaine de blessés graves

    Mi-décembre, Amnesty international alertait déjà contre un « usage excessif de la force lors des manifestations des gilets jaunes ». Selon l’Intérieur, 1800 manifestants et 1000 membres des forces de l’ordre ont été blessés au cours des neuf premiers actes de la révolte populaire. Le ministère ne distingue pas les cas graves des autres car « il est impossible de qualifier la nature des blessures », assure-t-on à Beauvau.

    LIRE AUSSI >> Gilets jaunes : une enquête pour violences policières à Rouen

    Du côté des militants, une comptabilité non officielle est mise à jour. Sur sa page Twitter, le documentariste engagé David Dufresne relaie le signalement de plus de 300 blessés graves. Dans cet hospice 2.0, il répertorie mains arrachées, mâchoires brisées et yeux crevés. Sur les réseaux sociaux, des pontes de la médecine comme le Professeur Lantieri -spécialiste de la greffe de visage- dénoncent aussi cette vague de mutilation hors norme, toujours difficile à quantifier.

    Selon le collectif « Désarmons-Les », les forces de l’ordre auraient grièvement blessé 98 personnes ces deux derniers mois. Un ordre de grandeur proche de ce que constatent, sur le terrain ou dans les hôpitaux, les services d’urgence amenés à soigner ces manifestants.
    Le résultat « n’est pas beau à voir »

    « Certaines journées ont provoqué un nombre de passages aux urgences supérieur à la moyenne, en particulier à Paris, notamment lors de l’acte IV [le 8 décembre 2018] », souligne Christophe Prudhomme, urgentiste au SAMU 93. Pour faire face à l’afflux de blessés, l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement, a ainsi mis en place des mesures d’exception, afin de permettre aux urgences de continuer à tourner malgré les épidémies et le manque de personnel.
    Evacuation d’un blessé lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Nantes, le 22 décembre 2018

    Evacuation d’un blessé lors d’une manifestation de « gilets jaunes » à Nantes, le 22 décembre 2018

    afp.com/Sebastien SALOM-GOMIS

    « Nous devons rester disponibles en cas de besoin », explique le docteur François Lecomte, qui précise qu’un plan d’urgence est également prévu en cas d’attaque terroriste, un jour de manifestation. « Nous avons renforcé le SAMU de Paris et les pompiers. Les associations de secouristes ont aussi multiplié leurs effectifs par deux, voire par trois », complète Patrick Pelloux, président de l’association des médecins urgentistes de France. Malgré l’afflux, pas de panique au bloc. « Certains hôpitaux, à proximité des lieux de rassemblements, ont vu arriver un nombre conséquent de blessés. Mais ça n’a pas provoqué de catastrophe. Nous n’avons pas été totalement débordés, confirme son confrère, le Dr Prudhomme. En revanche, le nombre de blessés graves a augmenté au fil des semaines. Il commence à être très conséquent. » Et le résultat « n’est pas beau à voir », assure le soignant.

    « Il y a des lieux prévus pour manifester, avec des parcours protégés. Les rassemblements spontanés, eux, sont beaucoup plus violents », observe François Lecomte. Mutilations, blessures à la tête, lésions fonctionnelles importantes - notamment intracrâniennes, comme à Bordeaux où un gilet jaune a été placé en coma artificiel la semaine dernière - et séquelles permanentes... Face à la gravité des cas, il est temps d’alerter sur les moyens de défense utilisés par la police, inappropriés selon lui. « En termes de santé publique, nous constatons un usage disproportionné de la force. La police doit s’adapter si on ne veut pas encore voir le nombre de blessés graves augmenter. »
    Le Flash-Ball au coeur des préoccupations

    Selon Libération, les tirs de Flash-Ball (ou « lanceur de balles de défense » dans leur dernière version) sont impliqués dans 60 des cas graves répertoriés au 11 janvier. Les grenades de désencerclement (9 cas) et les grenades lacrymogènes (2 cas), complétant le tableau. Face à « l’évidence » de la dangerosité des tirs de Flash-Ball, le Défenseur des droits, Jacques Toubon, réclame que le gouvernement prenne des dispositions et suspende son utilisation. Avant lui, dès 2016, des médecins du CHU Pellegrin de Bordeaux alertaient déjà sur la dangerosité de cette arme dite « non-létale ». Mais pour le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, il y aurait « beaucoup plus de blessés » si elle n’était pas utilisée.

    D’autant que la tête est par ailleurs touchée - les enquêtes détermineront si elle était réellement visée - dans la majeure partie des cas (67 personnes) contre 8 personnes blessées à la main et une au pied. « La tête est tout de même quelque chose de très fragile. Au niveau de la face, des projectiles à haute vélocité ne peuvent que provoquer des dégâts », confirme l’urgentiste Christophe Prudhomme. Les policiers ciblent-ils volontairement le visage des manifestants - ce qui est interdit - ou ne maîtrisent-ils que partiellement ces armes ? « Que ce soit volontaire ou un signe d’incompétence, ça pose problème », tranche le médecin, qui voit défiler « des citoyens lambda, pas des délinquants » dans sa salle d’attente.
    Les « street medics » en renfort

    Pour lui, l’ampleur des dégâts physiques est inédite. « Je travaille depuis les années 1980 dans ce secteur et c’est la première fois que je vois autant de blessés graves lors d’un mouvement social. » Sur ce point, ni la loi Travail, pourtant perçue comme particulièrement violente à l’époque, ni les manifestations étudiantes de ces quarante dernières années n’égaleraient celles des gilets jaunes.

    Sur le terrain, une aide informe s’est aussi organisée : les « street médics » - des manifestants secouristes souvent équipés de matériel d’urgence dont certains sont formés au secourisme - gèrent une partie des premiers soins ainsi que les blessures superficielles. Munis de désinfectant, bandages et sérum physiologique, ils parcourent les manifs un peu partout en France chaque samedi. « Cela évite que les patients dont les blessures sont les moins graves ne se rendent aux urgences, où ils craignent d’être fichés », analyse l’urgentiste.

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  • GLI-F4, LBD 40 : derrière les sigles, une réalité sanglante - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/01/17/gli-f4-lbd-40-derriere-les-sigles-une-realite-sanglante_1703699

    La GLI-F4, grenade au souffle puissant

    Petite bombe dotée de 25 grammes de TNT (tolite), la grenade GLI-F4 produit, en plus d’un effet lacrymogène, une forte explosion (165 décibels à 5 mètres) provoquant un effet de souffle particulièrement effrayant pour les manifestants. Depuis l’interdiction de la grenade OF-F1 suite au décès de Rémi Fraisse à Sivens en 2014, c’est la grenade la plus puissante de l’arsenal des forces de l’ordre. « Même pour […] les plus agressifs, il est difficile de se prémunir », notait un rapport commun de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et de la police nationale (IGPN), publié le 13 novembre 2014. C’est aussi, et de loin, la plus dangereuse. Ce même rapport reconnaissait ainsi que ces « dispositifs à effet de souffle […] sont susceptibles de mutiler ou de blesser mortellement un individu ». Et « quel que soit le moyen utilisé, comme il s’agit d’un dispositif pyrotechnique, une atteinte à la tête ou sur le massif facial ne peut jamais être totalement exclue ». Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, elle est suspectée d’avoir conduit à quatre mains arrachées, un œil endommagé (perte de la vue) et un pied blessé. Cette arme particulièrement mutilante - et que la France est la seule à utiliser en Europe en opérations de maintien de l’ordre - devrait néanmoins appartenir au passé. Les commandes ont cessé, le ministère ayant choisi de la remplacer par la GM2L. Cette dernière produit un effet lacrymogène et assourdissant, mais pas déflagrant comme la GLI-F4, selon le ministère de l’Intérieur. Reste que les stocks actuels seront bien utilisés jusqu’à épuisement.
    Le LBD 40, fusil précis et disproportionné

    En forme de fusil terminé par un gros canon, le LBD 40 (lanceur de balles de défense de 40 millimètres de diamètre) fait florès dans les rangs policiers. Fin décembre, le ministère de l’Intérieur a passé commande de 1 280 nouveaux LBD sur quatre ans. Apparus en maintien de l’ordre en France au début des années 2000, et notamment après les émeutes de 2005, les premiers LBD étaient de type Flash-Ball Super-Pro. De fabrication française, ils ont été progressivement remplacés depuis 2009 par le LBD 40, de fabrication helvétique, plus puissant et plus précis. Une caractéristique qui rend d’autant plus inexplicable le nombre important de blessés graves liés à cette arme - 71 depuis le début du mouvement des gilets jaunes, selon le recensement de Libération. Car sur le papier, l’usage du LBD est très encadré. Le tireur, explique une instruction du ministère de l’Intérieur de septembre 2014, doit viser « de façon privilégiée le torse ainsi que les membres supérieurs ou inférieurs », mais en aucun cas la tête. Chaque tir doit également faire l’objet d’un rapport détaillé. Des recommandations sans grand effet sur le nombre de bavures constatées sur le terrain. Et pour cause : « Dans le cadre d’un rassemblement sur la voie publique, le lanceur de balles de défense ne permet ni d’apprécier la distance de tir ni de prévenir les dommages collatéraux […] Au cours d’une manifestation où, par définition, les personnes visées sont généralement groupées et mobiles, le point visé ne sera pas nécessairement le point touché et la personne visée pourra ne pas être celle atteinte », expliquait le Défenseur des droits dans un rapport de décembre 2017.

    Bref, cette arme détient « un degré de dangerosité disproportionné au regard des objectifs du maintien de l’ordre ». Sensible à ce rapport, le préfet de police de Paris avait fini par renoncer au LBD en maintien de l’ordre… avant de faire machine arrière lors du mouvement des gilets jaunes, continuant ainsi à faire de la France un des rares pays en Europe (avec la Grèce, l’Espagne et la Pologne) à l’utiliser. « Le Royaume-Uni avec ses hooligans ou l’Allemagne avec ses néonazis ont aussi des vraies problématiques de maintien de l’ordre. Et pourtant, ils réussissent très bien à s’en passer », relève David Dufresne. Pour ce journaliste spécialisé, les dérives dans l’usage du LBD en France sont aussi et surtout le fait de policiers non formés au maintien de l’ordre, comme les membres des brigades anticriminalité. Un phénomène qui rejaillit avec les gilets jaunes, et qui a au moins le mérite de mettre en lumière ce « qu’il se passe depuis quinze ans dans les banlieues, sans que personne n’en parle », selon Dufresne.

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  • Gilets jaunes : le maintien de l’ordre à l’épreuve des blessés graves - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/gilets-jaunes-le-maintien-de-l-ordre-a-l-epreuve-des-blesses-graves-18-01

    Chaque samedi depuis l’Acte I des Gilets jaunes le 17 novembre, qui a engendré une fronde inédite et de grandes violences, le nombre de blessés ne cesse de s’amplifier. Deux mille chez les manifestants, 1 000 parmi les forces de l’ordre selon le ministère de l’Intérieur. A l’IGPN, la « police des polices » saisie des enquêtes les plus graves, on dénombrait 81 procédures judiciaires au 15 janvier, dont 31 concernant des blessures graves. Parmi elles, 13 à la suite de tirs de lanceurs de balles de défense (LBD), 18 provoquées par des grenades GLI ou GMD ou par la force physique.

    Cette réalité judiciaire pourrait être en dessous de la réalité. La recension sur le réseau social Twitter par David Dufresne, un journaliste spécialiste du maintien de l’ordre, compte 308 signalements documentés par images, dont une centaine de blessés atteints à la tête. Parmi eux, une quinzaine de personnes ont perdu un œil. Il a également comptabilisé quatre mains arrachées. Les blessures mutilantes, quelle que soit l’issue judiciaire des enquêtes en cours, sont essentiellement causées par deux armes : d’une part le lanceur de balles de défense (LBD), qui tire des projectiles de caoutchouc de 40 mm de diamètre d’une portée de 10 à 40 mètres à la puissance de 160 joules, soit 10 fois la puissance d’un paintball, et d’autre part la grenade GLIF4, qui contient 25 g de TNT.

    #maintien_de_l'ordre

  • Évacuation de la Zad. Des gendarmes et civils recevront une médaille
    https://www.ouest-france.fr/environnement/amenagement-du-territoire/nddl/evacuation-de-la-zad-des-gendarmes-et-civils-recevront-une-medaille-617

    Le 25 janvier, à Matignon, Édouard Philippe doit remettre la médaille de la sécurité intérieure, mention spéciale « Notre-Dame-des-Landes » à une centaine de gendarmes, civils et autorités administratives.

    Une centaine de personnes, d’après nos informations, seront médaillées le 25 janvier, à Matignon. Ces gendarmes, civils et autorités administratives ont participé, sur le terrain, ou d’un peu plus loin, aux opérations de maintien de l’ordre sur le site de Notre-Dame-des-Landes et à l’évacuation partielle de la Zad, au printemps 2018.

    Le Premier ministre, Édouard Philippe, leur remettra à chacun la médaille de la sécurité intérieure portant la mention « Notre-Dame-des-Landes ». On ne connaît pas encore les profils et fonctions précises des récompensés. On sait, en revanche, que la préfète Nicole Klein en fera partie. Depuis, elle a rejoint le cabinet de François de Rugy, ministre de la Transition écologique.

    Cette agrafe « Notre-Dame-des-Landes » est toute nouvelle. Elle a été créée au Journal officiel du 1er décembre, pour distinguer les personnels des forces de sécurité qui ont été déployés sur le site de Loire-Atlantique où devait être construit un aéroport international et qui avait été investi par des opposants au projet.

  • Aux JT, les violences policières n’existent pas - Par Juliette Gramaglia | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/articles/aux-jt-les-violences-policieres-nexistent-pas
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/retraites-frappes/action/show?format=thumbnail&t=2019-01-14T20:31:12+01:00

    PLUS DE 90 BLESSÉs graves mais deux sujets de jt

    “Violences policières”, le mot est donc enfin lâché. Mais pourquoi si tard, huit semaines après le début du mouvement ? Et pourquoi, là encore, Andrieux ? “Le choix de traiter des violences du commandant Andrieux s’appuie sur l’existence d’une vidéo et d’éléments très étayés : des témoignages de sa hiérarchie, de collègues et de l’intéressé”, explique France 2, contactée par Arrêt sur images ; pourtant, de nombreux autres cas sont largement documentés dans la presse écrite ou via Twitter. Mais le cas d’Andrieux fait surtout figure d’exception. Depuis le 17 novembre, et la première manifestation des Gilets jaunes, les JT de 20 heures de TF1 et France 2 n’ont pas été prolixes sur la question, alors que "Libération "a recensé plus de 90 blessés graves par les forces de l’ordre (dont beaucoup suite à un tir de flashball). Nos recherches dans les 20 heures des deux chaînes n’ont pas permis de retrouver un seul sujet spécifiquement dédié - avant, donc, l’affaire Andrieux. Seule l’émission Envoyé Spécial a consacré un numéro aux violences policières le 13 décembre, se fondant notamment sur le travail du journaliste indépendant David Dufresne, qui recense sur Twitter, depuis plusieurs semaines, les blessures des manifestants causées par des violences policières.

    #Maintien_de_L'ordre

  • Présentation des armements des forces de l’ordre - Désarmons-les ! - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=dLnkMOb-V3Y

    Présentation des armements utilisées par les forces de l’ordre françaises dans le cadre du maintien de l’ordre. Vidéo réalisée à partir des images d’une conférence présentée à l’école de Médecine de Paris le 22 novembre 2018 et de travaux du collectifs Désarmons-les !

    #Maintien_de_L'ordre

  • Tirs de flashball, grenades : combien y a-t-il eu de blessés graves parmi les gilets jaunes ? - Libération
    https://www.liberation.fr/checknews/2019/01/12/tirs-de-flashball-grenades-combien-y-a-t-il-eu-de-blesses-graves-parmi-le

    Depuis le début des manifestations du mouvement des gilets jaunes le 17 novembre 2018, de nombreuses compilations de photos et de noms de blessés circulent sur les réseaux sociaux, alors que les critiques n’ont cessé de s’intensifier pour dénoncer l’usage par les forces de l’ordre de grenades explosives GLIF4 ou de lanceurs de balle de défense contre les manifestants.

    La plupart du temps, elles reprennent le recensement établi par Désarmons-les, un collectif « contre les violences d’État ». Nous nous sommes basés sur cette source, sur les pages des groupes de gilets jaunes sur Facebook, ainsi que sur le recensement des violences policières réalisé sur twitter par le journaliste indépendant David Dufresne. Au total, CheckNews a analysé plus d’une centaine de témoignages et d’images de mutilations et blessures.

    Sur environ 110 cas circulant sur Internet ou mentionnés dans la presse, nous avons écarté les doublons, et les cas insuffisamment documentés (impossibilité d’identifier la victime par son nom, absence d’images) pour retenir 82 « blessés graves ».

    Cette dénomination est bien sûr subjective, et rassemble des blessures de nature et de gravité différentes : certaines personnes garderont des infirmités à vie (perte d’une main ou d’un œil) quand d’autres s’en tireront avec des cicatrices. Nous avons retenu comme blessures les membres arrachés, les organes ayant perdu leur fonction principale, les fractures, les pieds et jambes incrustés de bouts de grenades, les brûlures graves, mais aussi toutes plaies ouvertes au niveau de la tête. Les hématomes, parfois exceptionnellement vastes, causés par des tirs de lanceur de balles de défense (LBD) ou des coups de matraques n’ont pas été comptabilisés#Maintien_de_L'ordre
    Sur les 82 blessés graves (dont 10 femmes) soixante déclarent avoir été touchés par des tirs de lanceur de balles de défense, dans la grande majorité des cas à la tête, occasionnant dans plus de dix cas la perte d’un œil.

    Contacté par CheckNews, le ministère de l’intérieur n’a pas pu nous fournir un nombre détaillé des blessés par type d’arme. Il évoque « une cinquantaine » de blessés graves parmi 1700 manifestants blessés depuis le début du mouvement.

    #Maintien_de_L'ordre