• Le temps de l’#injonction à la #productivité est terminé​ par #Rebecca_Amsellem

    Je ne sais pas vous mais moi, je n’arrive à rien. Nada.

    Alors que j’adore passer ma journée dans les livres, terminer une page devient une mission quasi impossible. Chaque feuille est entrecoupée de deux – voire trois– coupures pour vérifier les dernières nouvelles sur les réseaux sociaux. Rien de plus qu’il y a 16 secondes apparemment – me répond « muettement » le réseau choisi pour la pause.

    Et c’est l’#éternel_recommencement. Je sais combien de pains au levain cette connaissance a réalisé dans les dernières vingt-quatre heures, je suis au courant de toutes les frasques de Trump et de toutes les tentatives de Macron pour se faire voir comme l’homme providentiel dans les yeux des Français.e.s. Je sais qui s’habille et qui reste en pyjama.

    Malgré tout ce savoir, je me sens noyée par des messages qui me disent que je n’en fais pas assez. « Les rituels quotidiens des génies créatifs pour être productifs » ; « 21 livres à lire au moins une fois dans votre vie », « Hop hop hop, les enfants sont couchés, plus d’excuses pour ne pas s’épiler ». Malgré son caractère très réaliste, le dernier est faux, je précise. Les autres, non. En somme, on a l’impression que tout le monde est engagé pour sauver le monde ou écrire un chef-d’œuvre pendant qu’on galère à ne pas ouvrir la bouteille de vin avant 17 h 30.

    Si l’#injonction_à_la_productivité est épuisante en temps normal, elle est éreintante en période de pandémie. La notion d’injonction à la productivité fait référence aux éléments externes – entourage, société, réseaux sociaux – qui nous encouragent à penser que la valeur d’une personne est corrélée à ce qu’elle produit et de ce qu’elle fait. Cette injonction on se l’applique dans un premier temps à nous-même. Exemple : « Hum, et si je profitais de ce confinement pour apprendre à chanter. » Je me suis vraiment dit ça. Moi. Alors qu’il n’y a aucune possibilité pour que je sache chanter juste un jour.

    Cette injonction nous entraîne à combler chaque temps « mort », chaque « vide » pour que le rien n’existe pas.

    Sommes-nous en train de perdre notre temps si nous ne faisons « rien » ? Oui, selon les critères de notre société prépandémique. Nous existions au regard de notre production, de nos impôts, de nos enfants, de nos hobbies. Celles et ceux qui étaient salué.e.s et « liké.e.s » avaient accepté ce système nous poussant à produire toujours plus, à être visible toujours plus.

    J’en parle comme si cette époque était révolue alors que l’injonction à la production est toujours là. Mais là où l’ennui était proscrit, il devient une possibilité acceptée et peut-être même voulue.

    Susan Sontag écrivait dans son journal qu’[Arthur] Schopenhauer était un des premiers à écrire sur l’ennui, le classant dans la « douleur » comme l’un des jumeaux maléfiques de la vie. La douleur est réservée aux démunis tandis que l’ennui est réservé aux nantis ? « C’est une question de richesse », ajoute-t-elle.

    Sontag continue d’écrire dans son journal : « L’ennui est une fonction de l’attention. Nous apprenons de nouveaux modes d’attention – disons, favorisant l’oreille plus que l’œil – mais tant que nous travaillons dans l’ancien cadre d’attention, nous trouvons X ennuyeux… par exemple écouter le sens plutôt que le son (étant trop orienté message). Peut-être après la répétition de la même phrase ou du même niveau de langage ou d’image pendant longtemps – dans un texte écrit ou un morceau de musique ou un film donné, si nous nous ennuyons, nous devons nous demander si nous fonctionnons dans le bon cadre d’attention. Ou – peut-être que nous fonctionnons dans un cadre droit, où nous devrions fonctionner dans deux simultanément, réduisant ainsi de moitié la charge sur chacun (en tant que sens et son) ».

    La notion de productivité est toute relative, rappelons-le. Ainsi l’ennui peut être production. C’est ce que rappelle l’autrice irlandaise Anne Enright dans le
    Guardian ce week-end.

    « Honnêtement, il y a beaucoup à dire sur le fait de traîner toute la journée, de chercher des recettes et ne pas les faire, de ne pas se soucier de peindre le salon ni d’écrire un roman. Au milieu du désordonné moment où il ne se passe rien –appelé votre milieu d’après-midi, vous pourriez obtenir quelque chose – une pensée à noter, un bon paragraphe, un potin pour envoyer un texto à un.e ami.e. L’ennui est un état productif tant que vous ne le laissez pas vous envahir. Essayez de ne pas confondre l’envie de faire quelque chose avec l’idée que vous êtes inutile. Essayez de ne pas confondre l’envie de contacter quelqu’un avec la pensée que vous n’êtes pas aimé. Faites la chose ou ne la faites pas. Les deux sont ok. »

    Ces temps, caractérisés par l’incertitude du dénouement, précipitent le bouleversement de notre façon de travailler, de notre vision du monde ou encore de nos valeurs. Ne nous laissons pas définir par le nombre de tâches accomplies sur notre liste de choses à faire ou par le fait qu’on ait choisi – ou non – de s’habiller aujourd’hui. Cette période est également l’occasion de regarder vers l’avenir en se rappelant que la société telle qu’elle était n’était pas si séduisante. L’injonction à la productivité n’en est qu’un exemple.

    https://lesglorieuses.fr/injonction-productivite

    via @mobileborders

    • Tout change et pour tout le monde avec ce confinement. De celui qui ne faisait rien en passant par celui qui ne voulait pas s’autoriser à changer d’habitude pour autant que tout le monde soit confiné (à moitié, il y a toujours l’attestation de déplacement au début) et celui qui était fier de son status social et qui doit s’isoler malgré tout. Il y a les coureurs parisiens qui sont peut-être une minorité à vouloir s’empresser de commencer un programme cardio dès les premiers jours du confinement, plus seulement le week end, c’est tout le temps qu’on les voit, maintenant que vont-ils faire de leurs journées ? et ceux qui voulaient commencer un programme léger de cardio à ce stade du confinement plus comme un nécessité que comme une lubie, vont-ils tomber malade à cause du confinement total ? En tout cas j’ose espérer que personne ne reste de marbre face à cette épidémie, et que tout le monde en va de sa propre transformation/mutation/passage à un autre niveau de conscience/changement de dimension. Il y a les survivalistes qui sont peut-être sur le point d’abandonner ou d’adapter leurs stratégies face au chaos. Du survivaliste bien préparé en dépit de lui même au survivaliste manqué angoissé à l’idée d’une poursuite du confinement. On en arrive à changer notre regard sur les télécommunications puisque tout se bouscule, les échanges ne sont plus les mêmes, les publications ne ressemblent à rien de précédemment observé. Nous allons vers quelque chose de nouveau et même les plus réfractaires au changement s’y prépare déjà.

    • En tout cas j’ose espérer que personne ne reste de marbre face à cette épidémie, et que tout le monde en va de sa propre transformation /mutation/passage à un autre niveau de conscience/changement de dimension.

      De marbre, Madame et moi nous restons. Parce que le confinement, on l’avait déjà expérimenté « grave » depuis que nous avions respectivement cessé notre « activité ». Et comme les « jeunes générations » manquent de respect aux « anciens » ou plutôt tentent d’en obtenir des « services » pour mieux profiter de leur niveau de vie en mode gorets qui se gavent, et bien, rien que pour les faire chier, on va s’accrocher comme des tiques, survivre à l’épidémie et continuer à aspirer goutte après goutte la « substantifique moelle » de cette société ruinée par son manque d’empathie et son anomie. La transformation ? Elle ne pourra être induite que par un manque cruel de « trésorerie » (chez les membres de la « white middle class », j’entends, parce que pour les « lumpen », ils sont rentrés dans le dur depuis un moment).

      Sinon, s’inscrire à un « club » de marche, de bridge ou de macramé pour maintenir le « lien social », plutôt crever, ouais ! ...
      (Mais non, on n’est pas aigri... on est juste #white_trash.)

    • C’est étonnant mais personne ne se pose la question. Pour préparer « l’après », quand donc les armureries vont réouvrir, histoire de pouvoir programmer quelques délestements tout à fait justifiés dans la période :-)

  • « Sans renouement avec le vivant, il n’y a pas de sortie du technocapitalisme »
    https://reporterre.net/Sans-renouement-avec-le-vivant-il-n-y-a-pas-de-sortie-du-technocapitalis

    Ode au vivant et à ceux qui luttent pour renouer avec lui, « Les Furtifs », troisième roman de l’auteur de #science-fiction #Alain_Damasio, vient de paraître. Reporterre a évoqué avec lui les Zad, les luttes écologiques, les Gilets jaunes, et les pistes pour faire émerger ce qu’il appelle « une politique du vivant ».

    Déjà, une ligne très classique mais sur laquelle il faut insister : l’ultralibéralisme. On a marchandisé l’amitié avec Facebook, on a marchandisé l’amour, l’éducation, le monde associatif, la générosité en faisant des plateformes sur lesquelles on prélève des pourcentages sur les dons. On est dans un monde où l’empire du marché s’enfile dans toutes les failles.

    Je voulais montrer cela et l’appliquer au domaine urbain. Les villes empruntent de l’argent sur le marché bancaire international, aux banques privées. Paris est côté triple A, mais, le jour où elle est cotée triple B, il y a des risques de faillite. La stratégie du capital est toujours la même, c’est-à-dire dégrader les services publics en disant que les gens ne veulent pas payer d’impôts, puis les faire gérer par les multinationales. C’est potentiellement ce qui peut se passer dans les villes. Mais seules celles qui sont rentables sont réinvesties par le capital. Paris, c’est LVMH qui la rachète, Cannes, c’est la Warner, la capitale de la gastronomie, Lyon, est rachetée par l’empire de la bouffe Nestlé, donc c’est Nestlyon, et puis, Orange est racheté par Orange, et ils en font une smart city. Je voulais montrer aux gens ce qui vient.

    J’habite Marseille depuis dix ans et c’est une ville où, comme les inégalités sont très fortes, pour des raisons sécuritaires se créent des îlots privatisés dont l’accessibilité est gérée par des technologies. Pour moi, couplé avec la smart city, c’est le prototype de la ville de demain.

    #livre

  • La #recette très secrète de #Tinder
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/03/28/la-recette-tres-secrete-de-tinder_5442513_4408996.html

    L’un des exemples du brevet évoque ainsi la possibilité qu’un homme âgé de dix ans de plus et disposant d’un plus gros #salaire qu’une femme soit davantage susceptible d’être montré dans Tinder à cette femme, que l’inverse. Car, selon ce brevet, une femme de 30 ans gagnant peu d’argent serait davantage attirée par un homme âgé et riche. Et un homme de 30 ans gagnant peu d’argent n’aurait que peu de chances d’aimer une femme plus âgée rémunérée davantage que lui. Une vision que dénonce fortement dans son livre Judith Duportail, qui rappelle que de nombreuses #applications_sociales sont conçues par des ingénieurs masculins, en #Californie, répercutant des #stéréotypes_masculins.

    #machisme
    #sugar_daddy

  • Les logiques algorithmiques de la #rencontre en ligne sont moins sophistiquées que les logiques sociales
    http://www.internetactu.net/2019/03/28/les-logiques-algorithmiques-de-la-rencontre-sont-moins-sophistiquees-q

    Sociologue à l’Institut national d’études démographiques (Ined), Marie Bergström vient de publier Les nouvelles lois de l’amour : sexualité, couple et rencontres au temps du numérique (La découverte, 2019). Un ouvrage dont le grand apport est d’analyser les transformations apportées par le numérique dans le domaine des relations amoureuses, sexuelles et (...)

    #Articles #Interviews #Recherches #sociologie

  • « 5 mn pour les victimes, 5 mn pour les bourreaux ». Le démon de la #symétrie – La pensée du discours

    https://penseedudiscours.hypotheses.org/14153

    Ça date de 2017 mais c’est très actuel et très intéressant.

    Le désir de symétrie, outil de l’idéologie

    Il existe effectivement un désir de symétrie qui semble être le moteur de bien des discours, et ce, quand bien même et, pourrait-on dire, surtout, quand les deux éléments d’une opposition en miroir ne relèvent pas du même ordre, n’appartiennent pas à la même catégorie, ne se situent pas dans le même contexte, bref, ne sont pas comparables. La destruction des Juif.ve.s d’Europe par le régime nazi fournit une sorte de métaréférence pour dire cet argument, qui a plusieurs formulations ordinaires. Celle qui inspire le titre de ce billet, « 5 minutes pour les juifs, 5 minutes pour Hitler », est une dénonciation ironique d’une symétrisation absurde et monstrueuse, reposant sur l’argument des torts partagés : chaque camp aurait le même temps pour défendre ses positions, dans une sinistre mise en scène de répartition des fautes. Elle est attribuée à Jean-Luc Godard, à propos de l’objectivité à la télévision, et circule sous la forme suivante : « L’objectivité à la télévision, c’est 5 minutes pour Hitler, 5 minutes pour les Juifs ».

  • N°4 #Zelig RTM - (H)acktivismes : l’information veut toujours être libre - samedi 17 mars 2018, 11h-13h

    Conception : Peggy Pierrot (chercheuse indépendante), Philippe Rivière (journaliste), animation : Peggy Pierrot @supergeante, intervenant.es : Geert Lovink (théoricien des média @geert), Aris Papatheodorou (Réseau Samizdat @aris), Philippe Rivière (@fil), Marie Lechner (Gaîté lyrique)

    Peggy Pierrot rappelle la genèse des rencontres Zelig au début des années 2000 qui ont permis de développer un discours alternatif aux média dominants et de créer des « média tactiques ». Puis le court « Internautes » de #Nathalie_Magnan est projeté. Les intervenant.es abordent alors la nécessité pour les « réseaux des réseaux » de développer un discours critique, des actions stratégiques (s’extraire du Cloud, créer des plateformes opensource, relever le défi d’un web ouvert), des positions dialectiques (lien entre machines/usages et identités/subjectivités), des réseaux de pairs égaux, le tout face aux GAFA. Il est également question de ponts entre les générations et de préservation des lieux indépendants dont certaines initiatives (Lundi matin, Rebellyon, Seenthis, Mastodon, Framasoft, Les Chatons, Ronja, Mesh, Guifi, Freifunk, Athens Wireless Metropolitan Network, Consume.net, Call, etc.) sont des exemples.

    https://archive.org/details/n6linternetcritiqueentredesillusionsetspeculationssamedi17mars201817h19h329

    #conférence #internet #web_indépendant #cccp

  • Il est urgent de dépasser le clivage gauche-droite
    http://www.dedefensa.org/article/il-est-urgent-de-depasser-le-clivagegauche-droite

    Il est urgent de dépasser le clivage gauche-droite

    Les grands médias alliés aux oligarques continuent de nous prendre pour des ânes en mettant en scène un combat simulé entre la gauche et la droite. Et, certains chroniqueurs en rajoutent en souhaitant que la jeunesse sorte de sa torpeur actuelle afin de reprendre goût à cette politique des apparences qui aura contribué à berner leurs parents. Parce que les clivages auxquels nous sommes habitués nous empêchent de poser les bons diagnostics sur les maux qui gangrènent nos sociétés.

    Les patriotes qui se battent pour la survie de leur nation doivent éviter de tomber dans le piège des catégories politiques.

    Une réalité qui dépasse les clivages politiques

    Le politologue Arnaud Imatz, invité à débattre de la question sur le site de réflexion Le Cercle Aristote, (...)

    • « Les patriotes qui se battent pour la survie de leur nation » sont clairement de droite (droite-droite) s’ils se posent la question en ces termes. Je ne sais même pas pourquoi on continue à avoir ce flux RSS ici.

    • C’est peut-être le mot « survie » ici qui pose problème mais c’est le thème recherché du site j’ai l’impression. La question de survie en temps de crise dans un climat d’exclusion social peut faire du bien à entendre.

  • Votre monde réel | blogschizo
    https://blogschizo.wordpress.com/2019/03/06/votre-monde-reel

    Longtemps, j’ai souffert d’être enfermée dans l’autre monde. Mais je n’étais pas prête à en sortir à tout prix. Rétablir la communication par la contention, comme le prône certains soignants, ça ne m’intéresse pas. Je préfère qu’on me laisse dans mon monde. Je n’ai pas envie de parler avec quelqu’un qui ne peut pas communiquer autrement qu’en attachant. Ni avec quelqu’un qui ne peut aimer qu’en tuant.

    Maintenant, je suis soulagée d’avoir vécu dans l’autre monde. Parce que je sais qu’il n’y a pas qu’une réalité.

    Sur un mur de ma chambre, j’ai toujours cette phrase d’un auteur dont j’ai oublié le nom : « Vous sur une rive, moi sur l’autre, nous resterons des étrangers ».

  • La Ligue du LOL, la prescription ne tient plus qu’à un tweet - Pénal | Dalloz Actualité
    https://www.dalloz-actualite.fr/node/ligue-du-lol-prescription-ne-tient-plus-qu-un-tweet

    La prescription et l’oubli

    Traditionnellement, la prescription et l’oubli sont intimement liés. Le principal argument relatif à l’oubli considère qu’au fil des années, la tourmente se dissipe, les conséquences de l’infraction s’évanouissent et l’agitation collective disparaît. Ainsi, la prescription consacrerait juridiquement la fin du trouble à l’ordre public. Cela revient à supposer que, si l’agitation a disparu, le déclenchement de l’action publique aurait pour unique effet la réouverture de blessures cicatrisées.

    Parallèlement, l’oubli se manifeste sous une autre forme, celle de l’apaisement de la victime. Selon cet argument, la victime n’aurait plus besoin de réponse pénale, passé un certain temps.

    Toutefois, fonder l’institution sur la notion d’oubli rencontre rapidement quelques limites. En effet, nous évoluons dans une société hypermnésique car avant tout médiatique. Défiant l’effet du temps, internet peut faire ressurgir des événements que le législateur considérait pourtant comme « oubliés ». En témoignent les faits d’espèce, puisque ces cyberharcèlements réapparaissent après plusieurs années de silence. Rien ne s’efface. De même, il est difficile d’interpréter le silence comme un apaisement ou une renonciation. L’esprit humain ne semble pas si limpide et l’on sait pertinemment que nombreuses peuvent en être les causes. La peur, la culpabilité, le refoulement… Rien ne permet d’affirmer que tout silence signifie renonciation et oubli. User de celui de la victime pour fonder la prescription serait en abuser. À cet égard, les révélations concernant la Ligue du LOL illustrent parfaitement le fait que les victimes étaient loin d’avoir oublié. Des années après, les blessures n’étaient toujours pas cicatrisées.

    La situation semble plus complexe qu’il n’y paraît, « “la grande loi de l’oubli” n’apparaît plus dans notre société, tout à la fois société médiatique et de mémoire, comme une loi sociale si évidente qu’elle puisse fonder la prescription de l’action publique »10. Il nous est donc permis de nous interroger sur la connexion qui peut être faite entre prescription et sanction. Prescription pour mettre fin à la sanction, mais également prescription en tant que sanction.

    La prescription et la sanction

    Autour de l’idée de sanction gravitent deux fondements usuellement rattachés à la prescription. Le premier recouvre un aspect moral et touche au délinquant lui-même. Il se déduit de l’idée selon laquelle la vie du délinquant en attente d’une potentielle poursuite ne peut être qu’une vie effroyable, faite de crainte et d’angoisse. Finalement, une sanction en soi.

    À l’inverse, le second fondement s’éloigne du délinquant pour se rapprocher du ministère public. Il cristallise l’idée selon laquelle la prescription servirait à sanctionner le parquet pour son inaction et sa négligence, celle de ne pas avoir agi dans le temps imparti.

  • A Jérusalem, des Palestiniens expulsés de chez eux au profit de colons israéliens AFP - 17 Février 2019 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/monde/detail_a-jerusalem-des-palestiniens-expulses-de-chez-eux-au-profit-de-colons-is

    Une famille palestinienne a été expulsée dimanche de sa maison dans la Vieille ville de Jérusalem au profit de colons israéliens, a constaté un photographe de l’AFP.

    Des affrontements ont éclaté entre les habitants du quartier, situé dans la partie palestinienne de Jérusalem, et la police peu après qu’une dizaine de colons israéliens ont investi la bâtisse, protégés par les forces de l’ordre.

    La maison était habitée par sept membres de la famille Abou Assab qui avait reçu un ordre d’éviction lui laissant jusqu’au 12 février pour quitter les lieux, selon l’ONG israélienne Ir Amim. Les Abou Assab y vivaient depuis les années 1960, d’après l’ONG.

    Le bâtiment appartenait à une famille juive avant la guerre de 1948, date de la création d’Israël, selon l’ONG israélienne La Paix Maintenant, qui lutte contre la colonisation par Israël des Territoires palestiniens.

    Expulsée de leur maison dans un autre quartier de Jérusalem en 1948, la famille Abou Assab s’était alors installée dans cette maison dont les habitants juifs avaient fui, a indiqué l’ONG dans un communiqué.


    Des policiers israéliens arrêtent un membre de la famille palestinienne Abou Assab, qui proteste contre son éviction de leur maison dans la Vieille ville de Jérusalem-est, le 17 février 2019 - © AHMAD GHARABLI

    Retour des Juifs
    Grâce à une loi israélienne permettant le retour des Juifs dans leurs propriétés à Jérusalem-Est, partie palestinienne de la ville occupée et annexée par Israël, des colons israéliens ont pu s’installer après un recours en justice au nom de la famille juive propriétaire avant 1948, selon l’ONG.

    L’annexion de Jérusalem-Est n’a jamais été reconnue par la communauté internationale. D’après la loi israélienne, les Palestiniens ne peuvent pas réclamer les propriétés qu’ils ont abandonnées ou dont ils ont été chassés en 1948.

    « On habite là. C’est ma maison, c’est toute ma vie », s’est écriée devant les journalistes Rania Abou Assab, tandis que les colons, surplombant la foule, hissaient déjà des drapeaux israéliens tout autour de la terrasse.

    « Ils ont tout pris », a-t-elle ajouté avant de s’effondrer en pleurs, ses effets personnels se trouvant toujours dans le domicile auquel elle ne peut plus accéder.

    Mme Abou Assab a indiqué que son fils de 15 ans et son mari avaient été arrêtés après leur éviction. La police israélienne a confirmé l’arrestation de deux personnes pour « avoir perturbé les activités de la police », ne précisant pas si elles avaient été libérées depuis.

    A Jérusalem-Est, « presque toutes les propriétés qui appartenaient à des Juifs avant 1948 sont menacées » de voir leurs occupants palestiniens expulsés, a indiqué Hagit Ofran de La Paix Maintenant, assurant que des dizaines de maisons dans la Vieille ville avaient fini par aboutir depuis les années 1980 aux mains de colons israéliens.

    A Jérusalem-Est, environ 70 familles palestiniennes dans le quartier de Sheikh Jarrah et quelque 700 personnes dans le quartier de Silwan sont menacées d’expulsion car leurs propriétés appartenaient à des Juifs avant 1948,selon Mme Ofran.

    #palestine #jérusalem #Jérusalem-Est #israël #colonisation #israel #colonisation #apartheid

  • Security Token Offerings — The New Kid On The Block
    https://hackernoon.com/security-token-offerings-the-new-kid-on-the-block-e691397ea74b?source=rs

    Security Token Offerings — The New Kid On The BlockFamiliar with ICOs? That’s great. But it’s time to move on because something new has just arrived to the neighbourhood: Security Token Offerings.Photo by Breno AssisInitial Coin Offerings (ICOs) have proven themselves effective in raising funds for entrepreneurs all around the globe. Despite the bearish trend in the #cryptocurrency market, there were 2.5 times more ICOs that successfully raise money in 2018.While the number of ICOs showed promising growth last year, the amount of money raised by all those projects only increased by 15% compared to 2017. Overall, the nearly one thousand projects that managed to convince investors in 2018 put together $12 billion.There is more. Only in the fourth quarter, the amount of Total Funds Raised declined (...)

    #token-sale #ico #blockchain #security-token

  • Pourquoi la levée de l’anonymat sur Internet ne mettra pas fin aux délits en ligne
    https://www.marianne.net/societe/pourquoi-la-levee-de-l-anonymat-sur-internet-ne-mettra-pas-fin-aux-delits-

    Un anonymat déjà très relatif

    Le levée de l’anonymat, une mesure miracle ? Renseignements pris, pas si sûr. Dans les faits, il s’agit déjà d’une notion très relative sur internet. Hormis quelques hackeurs insaisissables, l’immense majorité des internautes, qui sèment des petits cailloux à longueur de navigation, sont déjà traçables sur internet et peuvent être retrouvés, à condition de s’en donner les moyens. « Les gens qui le veulent peuvent se rendre plus difficilement traçable sur internet, mais ce n’est pas pour tout le monde, ce n’est pas à la portée du petit apprenti djihadiste », nous confirme Stéphane Bortzmeyer, ingénieur en réseaux informatiques. Ne laisser aucune emprunte en ligne relève, selon ce militant des libertés sur internet, de la gageure. « L’anonymat sur internet, ça revient au mode de pensée d’un espion en territoire ennemi, à la moindre erreur, vous êtes démasqué. Ça demande une mentalité paranoïaque. »

    Anonymat = violence ? Une idée reçue

    Hélas, allouer des moyens supplémentaires pour permettre à la police de retrouver les délinquants du web, et aux tribunaux de les condamner, n’aurait rien d’une solution miracle mettant fin à la haine sur la toile. En effet, le secret de l’identité civile sur internet ne semble pas corrélé avec le fait d’être plus ou moins violent en ligne. « Ce n’est pas le pseudo qui va faire le comportement déviant », insiste Lucile Merra. « Ces comportements violents préexistent à Internet. (…) Cela relève d’un comportement malsain de certains individus au sein de leur environnement social. »

    Une étude de juin 2016, publiée par équipe de chercheurs de l’Université de Zurich, tend à montrer que dans le contexte d’une polémique en ligne, l’anonymat ne démultiplie pas systématiquement l’agressivité des internautes. Au contraire, sur les 532197 commentaires analysés, tous postés sur une plateforme de pétitions en ligne allemande entre 2010 et 2013, les internautes écrivant sous leurs véritables identités étaient plus agressifs que ceux recourant à l’anonymat. La même année, une étude de l’université d’Etat du Michigan a également montré que, selon les données compilées dans 16 études scientifiques sur la question, les individus « sont en fait plus sensibles aux normes collectives d’un groupe lorsqu’ils sont moins identifiables par les autres membres de ce groupe ».

    L’idée selon laquelle le fait de se cacher derrière un avatar confèrerait aux internautes un sentiment d’impunité, qu’ils se penseraient alors invulnérables et profiteraient de la situation pour se livrer à un certain nombre de dérives, tiendrait ainsi de l’idée reçue. « Le sentiment d’impunité tient plus à qui vous êtes et d’où vous parlez qu’au fait que vous le fassiez sous pseudonyme. Un homme blanc éduqué pourra par exemple se sentir davantage autorisé à tenir certains propos », avance Stéphanie Wojcik, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université Paris-Est Créteil. Tristan Nitot, auteur du livre Surveillance, les libertés au défi du numérique, abonde en ce sens : « Le discours de haine ou le harcèlement surviennent quand ils sont considérés comme socialement acceptables, voire fédérateurs, au sein d’un groupe qui partage les mêmes opinions. » Le vice-président du moteur de recherche français Qwant pointe en outre une « inconscience » des internautes. "Je pense que le premier facteur du sentiment d’impunité, c’est le rapport au numérique, perçu à tort comme un domaine « virtuel », plutôt que le fait de porter un pseudonyme", explique-t-il. « Dans un café, je suis inconnu, anonyme, et pourtant je ne tiens pas de discours haineux. A l’inverse, les membres de la Ligue du LOL ne portaient pas de pseudonyme pour la plupart. »

    Une voie royale pour les Gafam

    Cependant, donner voix au chapitre aux géants du web sur ces questions, notamment en leur fournissant davantage d’éléments concernant l’identité de leurs utilisateurs, ne va pas sans de vives inquiétudes. Stéphane Bortzmeyer s’alarme du pouvoir exorbitant qui serait entre les mains de ces structures : « Les Gafam (Google, Amazon, Facebook, Apple, Microsoft) ont déjà trop d’informations, et on veut en faire les auxiliaires privés de l’Etat dans le contrôle des identités en ligne ! L’obsession du contrôle de l’internet mène à oublier à quel genre de sociétés on veut confier notre surveillance. On ne peut pas reprocher à Facebook de collaborer avec le gouvernement chinois pour contrôler qui fait quoi, si on fait la même chose chez nous. »

    Pour ces raisons, la « levée progressive de toute forme d’anonymat », tel qu’Emmanuel Macron l’avait initialement envisagé, a de quoi faire frémir quant aux rôles de ces entreprises privées, expose Tristan Nitot. « Aujourd’hui, sur Facebook, de nombreuses personnes se sont exprimées sur les gilets jaunes. Chacune a été identifiée, ça se fait automatiquement, par des robots qui analysent les données et des algorithmes de deep learning. Le métier de Google, c’est de tout savoir sur vous. Facebook ou Google sont conçus, structurellement, pour offrir un ciblage très fin à des annonceurs, c’est leur modèle commercial. Que vous ayez un pseudonyme ou non, on pourra vous cibler sur internet. Or, la question des identités appartient à l’Etat, pas aux entreprises. »

    Si le projet de loi qui sera présenté en mai prochain n’est que la première étape de cette « levée progressive » de l’anonymat, le poids des Gafam ne sera que l’un des problèmes qui se posera aux citoyens. Ne plus pouvoir se cacher sous un pseudonyme est loin d’aller soi en matière de liberté d’expression. « Si on va vers l’interdiction de l’anonymat, on va vers beaucoup plus de discrimination, avec des gens au statut social particulier - policiers, professeurs, hauts fonctionnaires ou anciens détenus - médiatisés ou non, qui pourraient devenir victimes de harcèlement, voire mis au ban de groupes sociaux », nous détaille Maryline Laurent, professeur à Telecom sup Paris et auteur du livre La gestion des identités numériques.

    #Anonymat #Identité_numérique #Liberté_expression #Stéphane_Bortzmeyer #Tristan_Nitot

  • #1990
    http://www.radiopanik.org/emissions/pbg/1990

    Une PBG à nouveau exploratoire, parcourant les allées du temps, remontant vers notre passé, trottinant, désinvolte, les yeux dans le rétroviseur.

    L’année 1990, une année transitoire, une année qui annonce à de nombreux titres la fin de l’innocence et de l’hystérie cocaïno-capitaliste des annés 80, un pied encore dedans, mais déjà un pied dehors, dans le brouillard héroïno-post-historique des années 90. Des formes musicales qui s’affinent, d’autres qui atteignent leur apex, des naissances, des morts, de l’art, des fringues ridicules, c’était tout ça 1990, tout ça et bien plus encore !

    Et c’est justement cette année 1990 que nous allons ausculter sans pitié.

    Donc cachez ce GSM que nous ne saurions voir, et laissez-vous embarquer dans le passé.

    Let’s (...)

    #Rock #Hip-Hop #House #Fassean #Guerres #choucroute #chaos #Rock,Hip-Hop,House,Fassean,Guerres,choucroute,1990,chaos
    http://www.radiopanik.org/media/sounds/pbg/1990_06213__1.mp3

  • Mega-thread sur « La ligue du lol »

    https://www.reddit.com/r/france/comments/ap2luk/megathread_sur_la_ligue_du_lol

    Bonjour,

    Je propose de faire un mega-thread pour concentrer en un seul lieu les articles, tweets et discussions autour de l’affaire de la Ligue du lol (merci à u/thefoxinmotion pour son aide). N’hésitez pas à poster les éléments que vous avez. J’essayerais d’updater le post au fur et à mesure pour que ça reste bien lisible.

    Pour celleux qui n’ont pas suivi : la « Ligue du lol » était, il y a une dizaine d’années, un groupe composé d’hommes, principalement des journalistes, très en vu sur twitter et qui faisait subir un harcèlement immonde aux femmes, féministes, personnes racisées et LGBT. L’affaire a été ressuscitée il y a quelques jours par un article (au demeurant très critiquable) de Libé, et depuis une discussion émerge sur le sujet sur twitter. Il s’avère que certains des journalistes/rédac chef les plus en vue, dirigeant des journaux « de gauche » soit-disant féministes, font partie d’une clique de harceleurs qui avait entre autre pour habitude de poster des photo-montage porno des femmes harcelées. Soulignons d’ailleurs que cette ascension sociale a probablement été aidée par cette pratique du harcèlement qui 1) permettait de marginaliser ou d’écarter de la profession les femmes victimes et 2) construisait un réseau de connivence et solidarité masculine. Les femmes témoignent de ce qu’elles ont subi et de l’impact dévastateur que ce harcèlement a eu sur leurs parcours pro et leurs vies. Les agresseurs font pour certains de pseudo excuses. On attend toujours les réparations et les licenciements : Mélusine compare très justement ça à l’affaire Meklat, qui s’est fait ostraciser par toute la presse pour bien moins pire.

  • #LigueDuLoL
    Laughing out loud
    Nous étions de sacrées merdes qui n’avions même pas la bêtise comme excuse.

    https://www.linkedin.com/pulse/laughing-out-loud-baptiste-fluzin

    Nous étions de sacrées merdes qui n’avions même pas la bêtise comme excuse. Des merdes cyniques. Des merdes bien conscientes d’avoir de fortes chances de nous en tirer. Et maintenant nous voilà devenues de sacrées merdes qui avons bien appris. Appris à parler une langue policée, à faire des excuses au conditionnel, comme les pires politiciens, producteurs de cinéma, sportifs de haut niveau... On joue le mauvais spectacle contemporain de la contrition pour pouvoir passer à la suite d’autant plus vite et la suite, c’est le retour à la normale.

    Peut-être me suis-je éloigné de ce groupe plus tôt que d’autres. Peut-être ai-je essayé, dans l’ombre, par certaines de mes actions, de compenser ce que j’avais pu faire à l’époque. Tâche impossible. Aucun mérite. Je dois tout à la patience infinie d’un couple d’amis qui m’ont éduqué, donné à lire ce que j’avais soigneusement évité de lire jusqu’ici. Je ne leur serai jamais assez reconnaissant. A eux et à toutes celles qui font le travail de documenter, expliquer, répéter inlassablement alors qu’elles auraient toutes les raisons de l’être.

    #harcelement #meute #masculinisme #domination

  • J’ai, il y a huit ans, et pendant plusieurs années, été harcelé par la Ligue du Lol | Benjamin LeReilly
    https://medium.com/@LeReilly/jai-il-y-a-huit-ans-et-pendant-plusieurs-ann%C3%A9es-%C3%A9t%C3%A9-harcel%C3

    Tout le monde savait, à l’époque, tant qui en était que ce qu’ils faisaient. Les membres les moins virulents savaient ce que faisaient les membres les plus virulents. J’ai reçu des messages insultant des deux tiers des membres, ceux-là même qui se défendent d’avoir fait usage de comptes fakes ou de ne pas avoir participé hors du groupe. J’ai, plusieurs années après, reçu régulièrement des pics de la part de membres, ceux-là même qui disent avoir quitté le groupe il y a bien longtemps. Tous, ou presque, mentent. Source : Relevé sur le Net...

  • Google Takes Its First Steps Toward Killing the URL | WIRED
    https://www.wired.com/story/google-chrome-kill-url-first-steps

    The Chrome team’s efforts so far focus on figuring out how to detect URLs that seem to deviate in some way from standard practice. The foundation for this is an open source tool called TrickURI, launching in step with Stark’s conference talk, that helps developers check that their software is displaying URLs accurately and consistently. The goal is to give developers something to test against so they know how URLs are going to look to users in different situations. Separate from TrickURI, Stark and her colleagues are also working to create warnings for Chrome users when a URL seems potentially phishy. The alerts are still in internal testing, because the complicated part is developing heuristics that correctly flag malicious sites without dinging legitimate ones.*

    For Google users, the first line of defense against phishing and other online scams is still the company’s Safe Browsing platform. But the Chrome team is exploring complements to Safe Browsing that specifically focus on flagging sketchy URLs.
    Google

    “Our heuristics for detecting misleading URLs involve comparing characters that look similar to each other and domains that vary from each other just by a small number of characters,” Stark says. “Our goal is to develop a set of heuristics that pushes attackers away from extremely misleading URLs, and a key challenge is to avoid flagging legitimate domains as suspicious. This is why we’re launching this warning slowly, as an experiment.”

    #internet #Google #disruption

  • The Nazis and your privacy / Boing Boing
    https://boingboing.net/2019/01/21/census-and-genocide.html

    Roderick Miller is a US-born historian living in Berlin and the chairman of the nonprofit organization Tracing the Past, whose online project Mapping the Lives ties personal biographies of those persecuted by the Nazi regime with interactive street maps.

    The Nazi German government conducted a census on 17 May 1939 in which a special “supplementary card” was included, where every person had to list if each of their four grandparents was Jewish or not. In the 1980s, a census was conducted in West Germany that led to a lot of resistance from the left, including massive street demonstrations. Several academic works about the planned 1980s census were published at the time, in which the thesis was put forth that the Nazis misused the 1939 census data to create the deportation lists to send the Jews to concentration camps and their subsequent deaths. The resistance to the 1980s census led to its being delayed from the original date of 1981 until they finally managed, in 1987, to meet the criteria put forth by a decision of a 1983 German Supreme Court which severely limited the extent to which the private data of individuals could be used.

    Later research, however, proved that although the Nazis did, in the end, misuse the 1939 census data, in that they sent the “supplementary cards” of people with Jewish grandparents to the local police (ie Gestapo) registration offices throughout Germany, this only happened in late 1941 and 1942. Not only were the deportations already in full operation by this point, but by this time the data on the “supplementary cards” was largely no longer valid — many Jews had already been deported, and most of those who remained had been forced in the interim to move into smaller, crowded apartments, so-called “Jew houses.”

    The 1939 census data was not needed to create deportation lists by 1941/1942 anyway, since the Jewish communities had been forced by the Gestapo to make card indexes of all known Jewish people. These card indexes — it was a typical Nazi tactic to force the people they were persecuting to directly assist in their own persecution — were usually the basis of the deportation lists. In some cases, the Jewish community was itself forced to write the deportation lists and decide who could remain and who got on the train.

    Today we don’t need the Gestapo to force us to give up our personal data, we offer it up voluntarily to social media like Facebook or major US government contractors for the military and intelligence communities like Google. Many people offer their data up to maintain their social presence on the internet or merely for convenience. The standard reply to this is often “I don’t have anything to hide,” but that’s based upon the assumption of a government that respects personal privacy and doesn’t arrest people based on their political opinions, sexual preferences, or lifestyle choices.

    If the Nazis had had access to personal data the same way that these corporate conglomerates do today, there would likely have been very few survivors of the persecution of people for their race, political stance, sexual preference or for the fact that they were somehow seen as physically or mentally handicapped.

    https://www.tracingthepast.org

    https://www.mappingthelives.org

    #cartographie #nazis #vie_privée #Volkszählungsurteil

  • Infographic: 4,000 Years Of Human History Captured In One Retro Chart
    https://www.fastcompany.com/1673266/infographic-4000-years-of-human-history-captured-in-one-retro-chart

    If time is a river, the Histomap, created by John B. Sparks and first published by Rand McNally back in 1931, is a raging Mississippi. In that massive river of time, each of humanity’s great civilizations becomes a confluence that ebbs, wanes, and sometimes ebbs again, each a separate current in a river that inexorably rages down to the mouth of the present day.

  • Sortir ses griffes face à la fin du monde
    3 février 2019

    Le futur sera catastrophique. Les signes se multiplient en ce sens, les modèles scientifiques, aussi différents soient-ils, convergent vers le même résultat. Les terribles dérèglements climatiques annoncent la fin de l’humanité, si des événements politiques ou guerriers ne les précèdent pas.

    Face à cette situation, Pierre-Henri Castel1 suggère que nous avons au moins une chance : pour une fois, nous pouvons faire l’effort de penser en-dehors de notre présent, et à partir de ce sombre futur. Dans cette optique, son petit livre Le Mal qui vient s’efforce de questionner la nature complètement nouvelle du Mal qui ne manquera pas de s’imposer dans un monde où l’horizon de l’humanité se restreint à celui des survivants. Ce qui ne va pas sans la nécessité de penser à ce que pourrait être un Bien « avec des crocs et des griffes » qui viendrait s’y opposer. L’auteur a bien voulu répondre à nos questions.

    https://grozeille.co/sortir-ses-griffes-face-a-la-fin-du-monde