• Tous les moyens sont bons pour imposer cette merde. J’ai besoin d’augmenter la puissance de mon compteur car nous hébergeons deux tiny houses dans le jardin. Je préviens Enercoop, mon fournisseur. C’est cette charmante société Enedis qui s’en occupe. Ma correspondante au téléphone m’informe : « ah mais je vois que vous avez encore un compteur xxx ! Ce sera l’occasion pour Enedis de changer pour vous installer un Linky - Mais, le Linky, je n’en veux pas ! - Alors il y a des chances pour qu’Enedis refuse de modifier votre abonnement... » Pour l’heure je ne modifie rien mais je vais revenir à la charge contre cette vente forcée. D’autant que, du coup, j’ai découvert sur le tarif des « prestations » de ces gangsters que le relevé manuel de compteur par un employé était facturé 38 euro à chaque fois... même prix qu’une modif d’abonnement. Je précise qu’Enercoop n’a rien à voir dans cette affaire. Eux n’ont pas le droit d’intervenir sur le compteur.

    • J’ai été relancé toute cette année par Enedis. D’abord par mail pendant le 1er confinement puis par téléphone au moins 10 ou 15 fois entre les 2 confinements. Il y a deux ans c’était la même chose mais en moins harcelant (juste 1 mail et 2 appels). Le releveur du compteur m’a aussi entrepris cette année. Le gars scie la branche sur laquelle il est assis, je le lui ai dit mais il ne comprend pas...

    • Pareil, harcèlement d’#enedis avec plus de 20 appels téléphoniques pour me caser linky, et des lettres de rendez-vous dans le même but que je garde en preuve de leur harcèlement. J’ai quand même bloqué les numéros et j’interdis l’accès de chez moi à ces pourris.
      Ma voisine me regarde bizarrement, genre pour qui elle se prend à refuser le progrès et pense que je la juge de haut vu que je lui ai dit que je ne voulais pas non plus ni de gazpard ni de debidelo (le nouveau compteur électronique de l’eau TM mapomme). Vrai que dans l’entrée de leur appart de 50m2 enedis a réussi à coller deux compteurs linky vu qu’ils ont un cabanon dans la cour, jaunes pétards les compteurs stupides, #misère.
      Je vais peut-être devoir m’armer pour les empêcher d’entrer installer le compteur de feuilles de PQ.

  • Cancers pédiatriques : « On dirait qu’ils ont réfléchi à la meilleure manière de faire disparaître le cluster » | Nolwenn Weiler
    https://www.bastamag.net/Sainte-Pazanne-cluster-cancers-pediatriques-collectif-Stop-aux-cancers-de-

    « Pourquoi y a-t-il tant d’enfants malades sur notre territoire ? » C’est la question que se posent les parents du collectif Stop aux cancers de nos enfants, basé en Loire-Atlantique. En cinq ans, 24 enfants sont tombés malades dans la commune de Sainte-Pazanne et alentour, cinq sont morts. Les autorités sanitaires ont décrété qu’il n’y avait rien d’anormal. Sidérés, les parents poursuivent leurs recherches. Deuxième volet de notre série sur les cancers pédiatriques. Source : Basta !

  • Je reproduis ci-dessous la présentation par son auteur vigneron Mathieu Léonard, ami que vous connaissez peut-être comme auteur d’un excellent livre sur la première Internationale (La Fabrique), de son vin Potlatch, cuvée 2019. J’ai rarement bu un vin aussi goûteux. Idéal pour se consoler en fêtes clandestines du confinement à (re)venir, pour célébrer toute l’année prochaine l’anniversaire de la Commune, et pour boire à l’indépendance du monde !

    https://lignesdeforce.wordpress.com/2020/10/25/potlatch-un-excellent-vin-pour-boire-a-lindependance-du-mon

    Potlatch est donc un vin rouge issu de raisins cultivés sans recours aux produits chimiques de synthèse et récoltés à la main. Un vin « tout raisin » élaboré dans la rusticité, sans intrants, sans technologies œnologiques, sans sulfites ajoutés ni levures artificielles, sans filtrage, sans machine à la cave – le fouloir, le pressoir, la pompe à piston, la boucheuse sont manuels –… et sans autre mystère que celui de l’alchimie du vin.

    Issu de terroirs côtes-du-Rhône Villages, l’assemblage est 60 % grenache, 20 % carignan, 15 % syrah et 5 % mourvèdre. Sa robe est de couleur pourpre profond. Ample et long en bouche, il libérera des arômes intenses de fruits rouge et noir, avec une note cerise confite.

    Il chiffre à 15 % vol. C’est donc un aliment tannique et puissant mais parfaitement digeste. Garde : 5 à 8 ans. J’ai établi son prix public de lancement à 12 euros.

    Ah oui au fait, pourquoi « Potlatch » ? Sans doute en référence à de vieilles lectures ethnographiques et au bulletin éponyme de l’Internationale lettriste. Le potlatch en soi fait référence à une cérémonie chez les Indiens de l’Ouest de l’Amérique du Nord reposant sur le don ostentatoire et la destruction de richesse. Cette fête était aussi un rituel de défi entre chefs indiens – la prodigalité des uns obligeant les autres à une surenchère. Peu de temps après m’être arrêté sur ce choix de nom, je lisais dans l’ouvrage de Christelle Pineau, La Corne de vache et le microscope (La Découverte, 2019) que l’esprit du don qui prévaut dans le milieu des vins nature – et que j’ai rencontré chez Jean-Claude Leyraud – « exclut toute notion de potlatch [car] la dimension d’honneur et de supériorité n’intervient pas dans ce type d’échange qui reste amical et égalitaire. » Caramba, c’est pas faux, néanmoins j’ai souhaité garder ce nom parce qu’il sonne bien et qu’il ouvre à d’autres discussions – ce qui me semble un des objectifs du boire-ensemble.

    Sa signification n’est donc pas à prendre au cep…euh, au pied de la lettre. J’espère juste que ce vin saura accompagner de belles fêtes comme des moments intimes ou tout simplement de convivialité tout aussi mémorables.

    #Vin #Vin_naturel #viticulture

    • Vin naturel : dynamique ou produit fini ?
      https://cqfd-journal.org/Vin-naturel-dynamique-ou-produit

      Le vin dit « naturel » est né dans la mouvance de l’agriculture biologique. Alors que beaucoup se contentaient d’un vin issu de raisins cultivés en agriculture biologique, certains ont fait remarquer que le vin bio, malgré le travail honorable effectué sur la vigne, ne tranchait pas vraiment avec ce qu’était devenu le vin à l’heure industrielle : un produit édulcoré, dénaturé par l’ajout d’antioxydants, de levures artificielles, d’exhausteurs d’arôme, de correcteurs d’acidité… en bref, un produit mort. Il fallait donc étendre l’exigence de respect des processus naturels à la vinification, l’élevage et la mise en bouteille, afin d’obtenir un produit vraiment « naturel », « vivant ».

    • « Le vin nature est une goutte de vin dans un océan de produits œnotechniques »
      https://cqfd-journal.org/Le-vin-nature-est-une-goutte-de

      Dans Dionysos sacrifié, vous dénonciez une standardisation commerciale du goût. Vous parliez des crus de Pauillac, de Chinon, de Châteauneuf-du-Pape ou de Californie « qui tendent vers une même et monocorde architecture à laquelle les conduit l’œnologie moderne. »

      L’architecture désigne ce que je nomme aussi la « forme », c’est-à-dire l’ensemble des sensations tactiles procurées en bouche, mais ça ne concerne pas les parfums. J’ai voulu montrer à l’époque que les standards esthétiques de l’œnologie moderne faisaient que les vins devaient avoir une forme unique, la plus confortable, la plus voluptueuse, la plus flatteuse possible, à l’intérieur de laquelle on pouvait se livrer à de nombreuses extravagances aromatiques, dues à toute une pharmacopée de levures sélectionnées pour développer de manière intensive tel ou tel parfum. Cette façon dont le commerce des levures chimiques s’est développé constitue presque une aromatisation occulte, au détriment des levures naturelles qu’on trouve sur la vigne et dans la cave, pour peu que les traitements chimiques ne les aient pas bousillées.

      Tout cela s’inscrit bien sûr dans la logique de l’agro-alimentaire durant la seconde moitié du XXe siècle, qui travaille sur une matière naturelle de plus en plus pauvre et dégradée et sur laquelle se rajoute une cuisine chimique pour compenser. Pour reprendre l’exemple de la Bourgogne, c’est dans les années 1960 que sont arrivés les premiers pesticides pour soigner les maladies de la vigne, associés à des engrais potassiques, présentés d’abord comme des miracles mais qui n’ont fait à moyen terme que des désastres, ce qui a modifié radicalement la culture des vignes. Dans un premier temps, le travail en cave est resté très traditionnel alors que la matière première avait beaucoup changé, du coup il est arrivé pleins d’accidents en cave et il a bien fallu faire appel aux médecins œnologues, aux « vétérinaires des barriques et des foudres », pour soigner ces vins attaqués par des dérives bactériennes ou autre et qui s’en trouvent imbuvables.

  • Comment dresser son smartphone ? | Vivons heureux avant la fin du monde
    https://www.arteradio.com/son/61665033/comment_dresser_son_smartphone

    Ce que le smartphone fait à nos vies, à la planète, à nos cerveaux. Avec : Frédéric Bordage, Spécialiste français du numérique responsable ; Francoise Berthoud, Ingénieure de recherche en informatique ; Philippe Bihouix, Ingénieur spécialiste de l’épuisement des ressources minérales ; Nicolas Nova, Professeur associé à la Haute École d’art et de design à Genève ; Sebastien Bohler, Rédacteur en chef de la revue Cerveau & Psycho, auteur de « Le bug humain » ; Anne-Sophie Jacques, Journaliste, co-auteure de « Déclic » ; Maxime Guedj, Ingénieur, co-auteur de "Déclic"Durée : 44 min. Source : Arte Radio

    https://download.www.arte.tv/permanent/arteradio/sites/default/files/sons/25vivonsheureux3smartphone_ok_hq_fr.mp3

  • CE MATIN LA MER EST CALME - Les Étaques
    https://lesetaques.org/2020/11/11/ce-matin-la-mer-est-calme

    Journal d’un marin-sauveteur en Méditerranée

    La mer est un miroir que seule notre étrave vient troubler. Le ciel est voilé, mais la lumière est forte. L’atmosphère d’un gris métallique. Nous sommes en route vers notre dernier sauvetage avant de remonter vers le nord. Je suis tendu, ma tête se remplit de tous les « et si… » que je peux imaginer après les jours que nous avons vécus. Nous mettons les canots rapides à l’eau. À notre approche, la tension est palpable, les gens nous demandent si nous sommes de la police. On dégaine le speech habituel – « nous sommes ici pour vous aider ». Nos « invités » sont pleins de vie, et sans le savoir ils rallument notre motivation. Dans l’équipage, certains disent que ce n’est pas nous qui les avons sauvés, mais eux qui nous sauvent.

    Par le récit de ses expériences du sauvetage en #Méditerranée, #Antonin_Richard nous embarque là où la démagogie des politiques européennes fusionne avec la police des régimes dictatoriaux. Là, aussi, où celles et ceux qui font vivre la camaraderie marine apprivoisent quotidiennement la mer – et s’activent pour laisser aux personnes qui migrent le droit de se donner un présent et un avenir.

    cc @cdb_77 et @tout_le_monde. Je l’ai lu, c’est très bien. ça sort demain...

  • David Perrotin sur Twitter
    9:07 AM · 26 nov. 2020
     : « Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Ils l’ont ensuite accusé à tort d’avoir voulu prendre leurs armes et de rébellion. Mais les policiers ignoraient une chose : tout a été filmé. https://t.co/PTo71fzJzP » / Twitter
    https://twitter.com/davidperrotin/status/1331872160445587460

    Michel, un producteur de musique, a été tabassé par trois policiers samedi dernier à Paris. Ils l’ont ensuite accusé à tort d’avoir voulu prendre leurs armes et de rébellion.

    Mais les policiers ignoraient une chose : tout a été filmé.

    https://video.twimg.com/amplify_video/1331691821399990272/vid/720x720/zb99zSkabAmx6aIB.mp4?tag=13

    Contactée mardi, la préfecture de police de Paris a d’abord dit ne pas trouver d’éléments sur cette intervention de police. Elle a ensuite contacter Loopsider hier pour préciser qu’elle ne ferait aucun commentaire mais que l’IGPN était saisie.
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    Les policiers ont ensuite accusé la victime d’avoir voulu subtiliser leurs armes et de violences.

    Le parquet (après avoir reçu les vidéos) a classé sans suite les poursuites contre la victime. Et a ouvert une enquête contre les 3 policiers pour violences et faux en écriture
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    Michel, la victime principale qui a d’abord eu 6 jours d’ITT a dû être hospitalisé hier soir après avoir fait un malaise.

    La préfecture n’a pas souhaité préciser si les policiers du 17e en cause avaient été suspendus.

    #violences_policières

    • David Perrotin
      @davidperrotin
      11:01 AM · 26 nov. 2020

      https://twitter.com/davidperrotin/status/1331900775203827712
      Précisions : La victime a d’abord fait 48h de garde à vue. L’IGPN a été saisie seulement lorsque les vidéos ont été consultées (grâce à l’avocate). C’est après cela que le parquet a classé les poursuites contre Michel et a en effet ouvert une enquête contre les policiers mardi.

      Gérald DARMANIN
      @GDarmanin
      · 30 min
      [Intervention à Paris 17ème]
      Je me félicite que l’IGPN ait été saisie par la justice dès mardi.
      Je demande au préfet de police de suspendre à titre conservatoire les policiers concernés. Je souhaite que la procédure disciplinaire puisse être conduite dans les plus brefs délais.

    • #copwatch c’est le fait de savoir qu’ils sont filmés qui fait que les flics arrêtent de tabasser
      « Sans ces images, je serais en prison »

      Et ne trouver aucune trace de l’intervention, c’est toujours et systématique à chaque fois que les policiers vrillent salement, je le sais pour l’avoir vécu, les flics se croient tout permis. Surtout maintenant avec le soutien de nos bons maitres de l’assemblée nationale.

      #les_amis_de_Darmanin
      #racisme
      #impunité

      Attention, la vidéo montre un déchainement de #violences_policières.

    • Ce quinquennat et son casting exceptionnel est un enfer.

      Que le locataire de l’Élysée ne parle plus jamais d’humanisme.

      Il est le président de la violence.

      Dans n’importe quelle grande démocratie, le préfet de police aurait été limogé et le ministre de l’Intérieur aurait proposé sa démission. Une réforme totale de la Police Nationale serait engagée et un débat national ouvert largement à la société civile.
      Au lieu de quoi, on a : #LoiSecuriteGlobale

      L’extrême droite est au pouvoir !

    • Tu as tellement raison @marielle ...

      Dans n’importe quelle grande démocratie, le préfet de police aurait été limogé et le ministre de l’Intérieur aurait proposé sa démission. Une réforme totale de la Police Nationale serait engagée et un débat national ouvert largement à la société civile.

    • Des policiers suspendus et une enquête ouverte après une violente interpellation à Paris

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/26/violences-policieres-a-paris-des-policiers-suspendus-et-une-enquete-de-l-igp

      Des policiers suspendus et une enquête ouverte après une violente interpellation à Paris

      Samedi soir, trois policiers ont été filmés par une caméra de vidéosurveillance en train de s’en prendre violemment à un homme, sans aucun motif apparent.

    • Quatre policiers suspendus

      Mais quelle enfumage, les flics ne sont pas quatre, ils sont nettement plus nombreux à les tabasser dehors quand les jeunes sortent terrorisés du studio.

      #im_monde

    • À l’air libre (33) Violences policières, racisme : « Un puissant déni »
      26 novembre 2020

      Un homme a été tabassé pendant vingt minutes samedi par des policiers dans le 17e arrondissement de Paris. Les images sont insoutenables. La victime s’appelle Michel, il est producteur et il est noir. Il affirme que pendant son passage à tabac, les policiers l’ont traité de sale nègre. Ces images ont été révélées par le média Loopsider et le journaliste David Perrotin, qui est avec nous ce soir.

      ➡️ Nous revenons également sur cette affaire avec Mame-Fatou Niang, professeure associée à l’Université Carnegie Mellon à Pittsburgh, où elle enseigne la littérature française et francophone. Et avec Lilian Thuram, l’ancien joueur de football qui vient de faire paraître La pensée blanche (éditions Philippe Rey).

      ➡️ Dialogue également avec une actrice et réalisatrice engagée, Aïssa Maïga, rencontrée mercredi 25 novembre.

      https://www.youtube.com/watch?v=ZkBSiSbqtwM&feature=emb_logo

    • Video of Police Beating Black Man in Paris Fuels Debate on Filming Officers

      Footage from security cameras and bystanders suggested the officers had lied about the beating, bolstering critics of a new bill that would restrict circulating videos of security forces.
      Video of police officers beating a Black man in Paris caused an outcry in France on Thursday, fueling criticism of a new bill that would place restrictions on sharing footage of security forces as the French authorities grapple with longstanding accusations of police racism and brutality.

      The beating, on Saturday, only came to light because of a graphic video posted Thursday on social media by Loopsider, a French digital news outlet. By Thursday evening, it had been viewed more than 8 million times — days after video of police forcefully clearing migrants from a protest camp in Paris sparked a similar outcry.

      Prosecutors in Paris have opened an investigation into the beating, and the officers involved have been suspended. The police in Paris also said that an internal inquiry had been opened.

      “They sullied the uniform of the Republic,” Gérald Darmanin, the French interior minister, told France 2 television on Thursday evening, adding that if investigations confirmed the officers had acted wrongly — there was “little doubt,” he said — they would be fired.

      The beaten man, #Michel_Zecler, a music producer, told Loopsider that he had been approaching his recording studio on Saturday evening when he spotted a police car on a side-street in the 17th Arrondissement, an upscale residential area of northwestern Paris.

      Fearing a fine because he was not wearing a mask, which is mandatory in France because of the coronavirus pandemic, Mr. Zecler said he quickly entered the studio. Three police officers exited the car and followed him inside.

      Security camera footage obtained by Loopsider shows that a scuffle began when Mr. Zecler resisted the officers as they grabbed him. The officers pummeled him repeatedly over several minutes, using their fists and feet, as well as a police baton. Mr. Zecler said that the officers also had insulted him and used a racial slur against him.

      Alerted by the commotion and Mr. Zecler’s cries for help, a group of young artists who were attending a recording session in the studio’s basement came upstairs, and managed to push the police out the door, just as reinforcements were arriving.

      The police tried to force their way back into the studio, according to videos filmed by neighbors and obtained by Loopsider, before throwing a tear-gas canister through the window, which quickly filled the small enclosed entrance with gas.

      “‘It’s my last day and I don’t know why,’” Mr. Zecler said he was thinking at the time, telling Loopsider that the beating left bruises across his body, a torn tendon and a head wound.

      Several officers pointed firearms toward the entrance. Mr. Zecler came out and was arrested, as were the nine young men from the recording studio, who told Loopsider that they were also held at gunpoint and hit by officers. The nine men were released the same day without charge.

      Mr. Zecler was held for 48 hours, accused of violence against the police and resisting arrest, but the Paris prosecutor’s office dropped the charges after his lawyer brought video of the incident to the police. The prosecutor’s office declined to specify whether the charges had been dropped because of the footage.

      Speaking to reporters in Paris on Thursday, Mr. Zecler said the incident had left him feeling fearful.

      “The people who are supposed to protect me are holding me at gunpoint,” he said, adding that many police officers “did their work well” and that he felt lucky the incident had been caught on video.

      “I would like that it never happen again, for anyone,” he said. “Camera or no camera.”

      Hafida El Ali, Mr. Zecler’s lawyer, told reporters that he was “lucky to have these videos” showing acts of police violence that are “isolated” but “exist.”

      “If we didn’t have that, unfortunately, he would obviously be detained,” Ms. El Ali told reporters in Paris after having filed a formal complaint against the officers. “Because it’s his word against the word of the police officers, and we know perfectly well that it’s the police officers that would win.”

      The beating came amid heated debates over a new security bill pushed by President Emmanuel Macron’s government, which includes a provision that prescribes a penalty of a year in prison and a fine of about $54,000 for anyone who broadcasts “the face or any other identifying element” of police officers in action if the goal is to “physically or mentally harm” them.

      Critics say that language is too open to interpretation and intended to discourage journalists and bystanders armed with smartphone cameras from documenting police brutality, amid growing criticism of aggressive police tactics and resistance from police unions. George Floyd’s death in Minneapolis last summer has also prompted scrutiny of racism within the French police force.

      Opponents of the bill seized upon footage of the beating to argue the bill should be scrapped, even though it was unclear that the provision would have applied in this case. The bill was passed by France’s lower house of Parliament this week and will be examined by the French Senate in January.

      “Without the videos nothing would have come out,” Julien Bayou, the head of Europe Écologie — Les Verts, France’s Green party, said on Twitter. “Videos that you want to ban. To protect police officers who carry out their mission with integrity? Or to guarantee the impunity of this behavior that dishonors the uniform?”

      The French government tried to quell the criticism on Thursday by announcing that it would establish a special commission headed by France’s human rights watchdog to look at ways of rewriting the provision.

      After the incident on Saturday, the officers said in their report that they had been trying to stop Mr. Zecler for failing to wear a mask when, in their telling, he forcefully pushed them into the building, according to Agence France-Presse. The officers also say he hit them several times and tried to grab their weapons, according to the news agency.

      But on the security camera footage, the officers seem to follow Mr. Zecler inside, and he tries to protect his face and body but does not appear violent toward the officers or appear to reach for their weapons.

      The Paris police, citing the investigation, declined to comment.

      Mr. Darmanin argued on France 2 that the “vast majority” of security forces acted professionally, saying that only 9,500 incidents were flagged every year, out of a total of roughly 3 million police operations.

      He also made public a preliminary internal police report on the evacuation of the migrant camp earlier this week, which faulted one officer who had tripped a running migrant for using a “disproportionate use of force.” But the report said more time was needed to review other incidents during the evacuation.

      The outcry over Mr. Zecler’s beating was swift and broad on French social media, even drawing condemnation from French sports stars — who are usually less vocal than their American counterparts on heated social debates — like Rudy Gobert or Kylian Mbappe.

      Valérie Atlan, who works with Mr. Zecler at the recording studio, told Loopsider that she did not understand why he had been targeted so violently.

      “I don’t know if it’s a question of skin color, a question of social status,” she said, or “a question of ‘what is this tall Black man doing in the 17th, this building can’t be his’.”

      https://www.nytimes.com/2020/11/26/world/europe/Paris-police-beating-video.html?smid=tw-nytimes&smtyp=cur

    • Sujet de dissertation sur la liberté d’expression : comparer avec les faits relatés et le contexte politique actuel, l’article du monde et celui du nytimes. Vous noterez ce qui a été omis dans le premier et saurez dégager les principes en œuvre du #déni des violences policières des journaux français à la botte du gouvernement.

    • Je serai curieux de savoir ce qu’ils avaient dit sur la radio-police, pour qu’aucun des policier·e·s en renforts ne s’opposent. Aucun.

      -- « un terroriste dangeureusement armé, prêt à tout faire sauter ? » — « un groupe de migrants armé de tentes explosives ? »

      Ou alors ielles ont aussi peur de se faire eux·elles-mêmes tabasser par leurs collègues ?

    • https://www.instagram.com/p/CIIptm2D10R

      Le producteur de musique Michel Zecler sur une photo publiée le 29 novembre 2020. (MICHEL ZECLER / INSTAGRAM)

      mimich_music
      Je m’en tiens le plus souvent à peu de mots. Je vais rester fidèle à cette règle. Les images qui tournent en boucle depuis 2 jours parlent d’elles-mêmes. Je remercie tous ceux qui m’ont témoigné du soutien : proches, collègues, voisins, artistes, célébrités ou simples anonymes.
      Je sens bien que mon cas est peut-être la goutte de trop pour beaucoup d’entre vous. Je réclame qu’aucune violence ni aucun amalgame ne soit fait en mon nom. Les faits sont graves. Ma réponse sera froide mais résolue. Les entailles les plus profondes ne sont pas forcément celles qui se voient. Elles mettront du temps à se refermer. Merci de respecter l’intimité de mes proches et de ma famille. La justice passera. J’y veillerai.

  • Castoriadis contra Heidegger (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?1038-Castoriadis-contra-Heidegger-1-2

    #Castoriadis contra #Heidegger « C’est l’activité humaine qui a engendré l’exigence d’une vérité brisant les murs des représentations de la tribu chaque fois instituées » Cornelius Castoriadis, « La ’fin de la #Philosophie' ? » Cornelius Castoriadis est né le 11 mars 1922 à Constantinople. Il grandit à Athènes et y fait des études de droit, d’économie et de philosophie. Précocement engagé en politique, il adhère en 1937 à l’organisation illégale des Jeunesses communistes sous la dictature de Metaxás, puis, en (...) #Mirages_de_la_technoscience

    / Helbling Cl., Fressard O., #Philosophie, #Scientisme, #Article, #Science, #Technoscience, #Anéantissement / Génocide, Création (...)

    #Helbling_Cl. #Fressard_O. #Anéantissement_/_Génocide #Création_sociale-historique
    https://journals.openedition.org/labyrinthe/4031#bodyftn5

  • La réforme de l’assurance chômage cassée par le Conseil d’État | Rapports de Force
    https://rapportsdeforce.fr/classes-en-lutte/la-reforme-de-lassurance-chomage-cassee-par-le-conseil-detat-1125871

    C’est un coup de tonnerre. La réforme de l’assurance chômage, défendue contre vents et marrées par le gouvernement comme étant « une bonne réforme », ne verra pas le jour. En tout cas, pas dans son second volet. Et pas sous la forme adoptée en 2019 et dont les décrets d’application avaient été signés au mois de juin. Une décision du Conseil d’État vient de rendre illégaux plusieurs des articles de la loi, notamment sa disposition centrale, selon la CGT qui s’est rapidement fendue d’un communiqué de presse. Et ce, avant même la publication publique de la décision sur le site du Conseil d’État.

    Au cœur de la réforme : un nouveau mode de calcul du #salaire_journalier_de_référence (#SJR) qui devait entrer en vigueur le 1er avril 2020. Et qui n’a eu de cesse d’être repoussé, de trois mois en trois mois, par le gouvernement à cause de la crise économique liée à l’épidémie de Covid-19. Ce nouveau mode prévoyait de calculer le montant des #allocations sur le total des salaires divisés, non plus par le nombre de jours travaillés, mais par le nombre de jours de l’ensemble de la période couverte par les contrats de travail ouvrant les droits à allocation. Avec pour conséquence une baisse importante de celles-ci pour de nombreux #chômeurs. Particulièrement celles et ceux alternant périodes de #chômage et périodes travaillées.

     

    Une nouvelle bataille commence
     

    C’est cette inégalité entre deux chômeurs qui a motivé la décision du Conseil d’État, considérant qu’il y avait une rupture d’égalité, explique la CGT

  • Maradona : « Dieu et le diable » - paru dans De l’autre côté du papier , par Mickael Correia - CQFD
    http://cqfd-journal.org/Maradona-Dieu-et-le-diable

    Né le 30 octobre 1960 dans un bidonville de Buenos Aires, Diego Armando Maradona, au-delà d’avoir été un des plus grands génies du football, incarne aux yeux du peuple argentin le pibe, l’enfant malicieux des rues qui, pour survivre, doit ruser voire voler. Et quand il débarque en 1984 pour jouer à Naples, il devient l’objet d’un culte religieux populaire après ses exploits footballistiques qui redorent le blason de la cité déshéritée et stigmatisée du Sud de l’Italie.

    Alors que la presse argentine annonce le décès de Maradona, CQFD republie dans leur intégralité les pages consacrées au « Pibe de Oro » du livre Une Histoire populaire du Football (La Découverte, 2018) où notre camarade Mickaël Correia revient sur la dimension populaire du footballeur et in fine sa portée éminemment politique.

    « Et un beau jour la déesse du vent baise le pied de l’homme, ce pied maltraité, méprisé, et de ce baiser naît l’idole du football. »
    (Eduardo Galeano, Le Football, ombre et lumière, 1998.)

    *
    « J’ai grandi dans un quartier privé de Buenos Aires… privé d’eau, d’électricité et de téléphone », s’amuse Diego Armando Maradona en mars 2004, lors d’une visite en Bolivie. Parmi le flot de déclarations provocatrices, égocentriques ou affligeantes du célèbre footballeur, émergent de temps à autres des réminiscences de son enfance modeste à Villa Fiorito, un bidonville de la banlieue sud de Buenos Aires. Jusqu’au coucher du soleil, le jeune Diego, surnommé Pelusa (Peluche) à cause de sa touffe de cheveux, passait alors le plus clair de son temps à pratiquer le football sur les potreros, ces bouts de terrains vagues où les enfants aiment à jouer.

    En 1971, âgé de 11 ans à peine, le petit gaucher à la peau mate est repéré par Francis Cornejo, un recruteur des Argentinos Juniors, formation phare de Buenos Aires. Le club aux origines populaires – l’équipe se dénommait initialement les « Martyrs de Chicago », en hommage aux anarchistes morts suite au massacre de Haymarket Square en 1886 – intègre alors Maradona au sein des Cebollitas, son équipe junior. Aussitôt, les foules viennent admirer les dribbles ravageurs du talentueux pibe, le « gamin » des rues. Intriguée par ce phénomène sportif, la télévision elle-même viendra interviewer l’enfant prodige des bidonvilles alors qu’il n’a que 12 ans.

  • « Nous construisons avec toutes ces lois sécuritaires les outils de notre asservissement de demain »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/25/lois-securitaires-nous-construisons-avec-ces-mesures-les-outils-de-notre-ass

    Avocat au Conseil d’Etat et à la Cour de cassation, Me Patrice Spinosi dénonce une accumulation sans précédent de mesures sécuritaires. Il y voit un point de bascule menaçant l’équilibre démocratique. Selon lui, « un Trump à la française » élu en 2022 aurait à sa disposition, sans avoir besoin de changer la loi, « tous les outils juridiques lui permettant de surveiller la population et de contrôler ses opposants politiques ».

    Depuis le traumatisme de l’élection présidentielle de 2002, tous les gouvernements ont fait voter des lois sécuritaires. En quoi estimez-vous la situation différente aujourd’hui ?

    Nous avons atteint un point de bascule pour deux raisons. D’abord, depuis la rentrée, on observe une inflation sans précédent de législations sécuritaires avec le schéma national de maintien de l’ordre, le renouvellement de l’état d’urgence sanitaire, les projets de loi sur le séparatisme et la sécurité globale. Ensuite, en raison du confinement, les Français touchent du doigt la réalité quotidienne des restrictions de liberté.
    Auparavant, ces sujets étaient latents, mais personne ne se sentait vraiment concerné. Depuis plusieurs mois, nous sommes tous soumis à des mesures de contrainte exceptionnelles sans savoir vraiment quand elles seront levées. Nous prenons mieux conscience des risques d’une dérive. Il y a un an, qui aurait pu penser que nous ne pourrions plus sortir de chez nous sans attestation ou que certaines activités professionnelles pourraient être interdites sur une simple décision du gouvernement ?

    #Paywall #état_urgence #sécurité_globale

    • Ces restrictions de liberté ne paraissent pourtant pas aberrantes face à une crise sanitaire inédite…

      Peut-être. Mais la question est surtout celle de la légitimité de ces restrictions. L’Etat de droit se définit par la garantie de la séparation des pouvoirs. Le Parlement vote la loi, l’exécutif l’applique et le judiciaire la contrôle. Or, pendant un état d’urgence, qu’il soit terroriste ou sanitaire, le pouvoir législatif abandonne une partie de sa responsabilité à l’exécutif. L’exigence démocratique est mise entre parenthèses.

      C’est à ce déséquilibre institutionnel que nous nous habituons. Sur les cinq dernières années, nous en avons passé trois sous le régime de l’état d’urgence. Les privations de liberté décidées en ces circonstances sont peut-être justifiées, mais qui le dit ? Un homme, Emmanuel Macron, et son gouvernement. Aujourd’hui, nous nous retrouvons à attendre fébrilement les annonces du président de la République pour savoir ce que va être notre vie dans les prochains mois. On est bien loin de la démocratie parlementaire pensée par Tocqueville et Montesquieu !

      Sur la crise sanitaire, la lutte contre le terrorisme ou la protection des forces de l’ordre face à des formes de protestation violente, le gouvernement ne répond-il pas à des attentes fortes de l’opinion ?

      L’attente des Français en matière de sécurité est considérable. Nous avons pris l’habitude dans nos sociétés contemporaines de croire que l’homme pouvait tout maîtriser. Tout drame est alors vécu comme une anormalité insupportable et la surmédiatisation accroît ce sentiment d’insécurité. Notre génération a peur. Ce sentiment a été largement instrumentalisé par les responsables politiques depuis 2002. C’est encore plus vrai aujourd’hui, à l’approche de 2022, quand le thème de la sécurité apparaît comme le clivage principal entre la majorité présidentielle et les partis de droite. Dans ce contexte, en toute bonne foi, nous acceptons d’abandonner notre mode de vie aux mains du gouvernement. Mais nous construisons avec ces lois sécuritaires les outils de notre asservissement de demain.

      En quoi cela constitue-t-il un risque ?

      Le risque est réel de la victoire en 2022 ou en 2027 d’un leader populiste, un Trump à la française. Il trouvera alors tous les outils juridiques lui permettant de surveiller la population et de contrôler ses opposants politiques. Il sera trop tard pour regretter d’avoir voté ces lois quand un président, avec une moindre ambition démocratique, les appliquera avec une intention bien différente de celle du gouvernement actuel.
      L’article 24 de la proposition de loi sur la « sécurité globale » en est un exemple. Il représente une menace pour toute personne qui filmerait les forces de police, qu’il s’agisse d’un journaliste ou d’un simple citoyen. Selon la lettre du texte, seule la diffusion des images est sanctionnée quand elle s’accompagne de l’intention de porter atteinte à l’intégrité du policier. Mais en pratique, si ce texte passe [adopté par l’Assemblée nationale mardi 24 novembre et examiné par le Sénat en janvier], les forces de l’ordre n’accepteront plus d’être filmées. Elles useront pour cela de tous les moyens du droit pénal : confiscation du téléphone, arrestation ou garde à vue. Ceux qui auront filmé des policiers auront le droit pour eux et ressortiront libres sans poursuite judiciaire, mais l’atteinte aura été portée.

      En matière de liberté d’expression, la Cour européenne des droits de l’homme est très attentive à ce qu’elle appelle « l’effet dissuasif » d’une loi. Il s’agit du recours disproportionné par un Etat à une sanction pénale qui conduit ceux qui cherchent à informer le public à l’autocensure. Or, c’est exactement ce qui se passe. En créant ce nouveau délit, le gouvernement va décourager certaines personnes de filmer les forces de l’ordre quand le débat sur les violences policières a rendu ces images légitimes.

      Protéger l’intégrité des forces de l’ordre est également légitime…

      Bien sûr, mais on est en train d’inverser l’ordre de la loi. Le principe, c’est la liberté d’informer. L’interdiction doit rester l’exception. Lors des dernières manifestations, certaines images ont été dévastatrices pour le gouvernement. Conscient, il a décidé d’en reprendre la maîtrise. Dans le schéma national de maintien de l’ordre, le ministère veut distinguer les « vrais » journalistes appartenant à des médias reconnus des « faux » journalistes, pigistes, sans carte de presse, taxés d’activisme. Mais ces dernières années, ce sont ces journalistes indépendants, ceux que l’on veut faire taire, qui étaient en première ligne pour filmer au plus près l’action des forces de police. Ce sont leurs images que l’on a retrouvées le soir dans les grandes rédactions.

      En Mai 68, Maurice Grimaud, préfet de police, écrivait aux forces de l’ordre : « Frapper un manifestant tombé à terre, c’est se frapper soi-même ». C’est une phrase que l’on imaginerait mal aujourd’hui dans la bouche d’un préfet comme Didier Lallement, capable de dire à une sympathisante des « gilets jaunes » : « Madame, nous ne sommes pas dans le même camp. »

      Le Conseil constitutionnel, la Cour de cassation et le Conseil d’Etat ne sont-ils pas en situation de protéger les libertés fondamentales et les principes de l’Etat de droit ?

      La magistrature, évidemment, est saisie, et largement. Mais, l’expérience montre qu’elle n’intervient qu’à la marge sans jamais remettre frontalement en question l’action du gouvernement. Dans notre tradition française, ce n’est d’ailleurs pas son rôle. Nous considérons que le juge est seulement là pour appliquer la loi. Pour preuve, les quelques décisions du Conseil constitutionnel qui ont invalidé ces dernières années des dispositions législatives, comme celles de la loi Avia [visant à lutter contre les contenus haineux sur Internet] ou celles sur les mesures de sûreté pour les terroristes sortants de prison, ont été largement critiquées comme autant d’atteintes à la légitimité démocratique du Parlement. Certains responsables politiques ont été jusqu’à proposer de modifier la Constitution ou sortir de la Convention européenne des droits de l’homme. Quand les juges défendent trop bien les libertés fondamentales, on leur reproche de méconnaître la démocratie. Quel paradoxe !

      #libertés_fondamentales

  • « La Division » d’Emmanuel Suarez | Fictions
    https://www.franceculture.fr/emissions/fictions-le-feuilleton/la-division-demmanuel-suarez

    Cinquante ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, une jeune historienne écrit une thèse sur les survivants de la Division Charlemagne. Durée : 5 épisodes de 28 min. chacun. Source : France Culture

    https://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/13026-16.11.2020-ITEMA_22485193-2020C3480E0056.mp3

  • Sur l’origine Sars-Cov2, « on tente d’expliquer les zones d’ombre »
    https://reporterre.net/Sur-l-origine-Sars-Cov2-on-tente-d-expliquer-les-zones-d-ombre

    L’origine du Sars-CoV2, le virus du Covid-19, reste mystérieuse près d’un an après sa possible apparition. Passage direct depuis la chauve-souris ? Animal intermédiaire (le pangolin n’y est finalement pour rien) ? Accident de laboratoire ? Reporterre s’est entretenu avec Étienne Decroly, directeur de recherche au CNRS. Source : Reporterre

    • Et que penser de la thèse de l’accident de laboratoire ? Il est quand même notable que cette pandémie soit née dans une des seules villes de Chine où il y avait un laboratoire consacré aux coronavirus de chauve-souris !

      L’hypothèse de l’accident de laboratoire doit être considérée au même titre que les autres, et rien pour l’instant ne permet de la disqualifier. Les évasions de laboratoires sont rares mais documentées, il y en a eu quatre en vingt ans seulement avec les coronavirus humains Sars-Cov1 et Mers-Cov, et il y a eu de nombreux accidents avec d’autres pathogènes viraux et bactériens. Des infections accidentelles de chercheurs ou techniciens peuvent advenir en manipulant des animaux infectés, qui parfois se débattent, mordent, etc., ou bien simplement en travaillant sur les virus ; et si ces infections sont asymptomatiques, elles peuvent passer inaperçues. On peut aussi imaginer que le virus s’échappe par les eaux usées, contamine des animaux sauvages, et se mette à circuler de cette façon.

      Une chose est certaine, outre le fait que l’Institut de virologie de Wuhan détenait une collection de virus de chauve-souris : les projets scientifiques qui étaient financés dans ce laboratoire visaient à comprendre les mécanismes de franchissement de la barrière d’espèce et le développement de contre-mesures. C’est écrit dans leurs demandes de financements, et les publications de ces chercheurs montrent bien que c’était l’objet de leurs recherches.

      Or, ce type d’étude, qui a une vraie utilité bien sûr, peut être conduit avec des techniques plus ou moins risquées. Le moins risqué, c’est de travailler avec ce qu’on appelle des pseudotypes, autrement dit des pseudoparticules virales qui ont les mêmes protéines de surface que les virus, et qui peuvent suffire à comprendre si un virus donné est susceptible d’entrer dans des cellules humaines — ou pas. Mais si le résultat est positif, l’on peut ensuite construire des virus recombinants, autrement dit des virus mutés, pour confirmer qu’ils sont vraiment infectieux sur des cultures cellulaires humaines. Et là, le danger d’accident est beaucoup plus important puisque ce sont des virus viables. Ce sont d’ailleurs parfois les revues scientifiques qui demandent de faire ce travail pour publier la découverte ! L’Institut de virologie de Wuhan disposait de tous ces outils technologiques, et avait déjà généré des virus recombinants.

  • Affaire Théo : la démonstration implacable d’une lourde série de manquements policiers

    Après trois ans d’enquête, la Défenseure des droits publie une « décision » que « Le Monde » a pu consulter. La liste des manquements et des comportements contraires à la déontologie des forces de sécurité, à tous les niveaux de la hiérarchie, est longue.

    Par Nicolas Chapuis Publié le 24 novembre 2020
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/11/24/affaire-theo-la-demonstration-implacable-d-une-lourde-serie-de-manquements-p

    Captures d’écran vidéo issues d’une caméra de surveillance, sur lesquelles les policiers apparaissent floutés, montrant l’interpellation de Théodore Luhaka, à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le 2 février 2017. L’enquête avait été relancée après la diffusion de ces images par Europe 1, en janvier 2018. EUROPE 1

    « Petite altercation avec des jeunes, ramenez-nous un petit véhicule ! » Quand le message du gardien de la paix B. passe sur les ondes de la police d’Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) ce jeudi 2 février 2017, l’affaire ne paraît pas très sérieuse. Presque banale. Un après-midi d’hiver comme un autre sur la dalle située devant le centre culturel, lieu habituel du trafic de drogue de la ville. Aux pieds du chef d’équipage qui s’exprime à la radio, gît pourtant un jeune homme de 22 ans, mains menottées dans le dos. Théodore Luhaka est très grièvement blessé après avoir reçu un coup de matraque au niveau de l’anus.

    Une « petite altercation » donc, qui a donné naissance à « l’affaire Théo », un dossier emblématique des violences policières ayant provoqué des émeutes urbaines et l’intervention du chef de l’Etat, François Hollande, qui s’était rendu au chevet du jeune homme.

    Alors que l’information judiciaire est sur le point d’être clôturée, la Défenseure des droits, Claire Hédon, publie, mardi 24 novembre, une « décision », que Le Monde a pu consulter. Il s’agit d’un travail d’enquête de plus de trois ans, mené par une équipe de juristes qui a eu accès à l’ensemble du dossier d’instruction, aux rapports de l’inspection générale de la police nationale (IGPN), à des documents administratifs inédits et qui a auditionné toutes les personnes impliquées.

    Il ne s’agit pas pour l’institution de se prononcer sur les infractions commises dans cette affaire mais d’évaluer l’intégralité des faits au regard du code de la déontologie qui régit l’action des forces de l’ordre et de proposer des sanctions au ministère de l’intérieur. Le débat judiciaire a jusqu’à présent gravité principalement autour de la blessure anale du jeune homme, qui gardera une infirmité à vie et autour de la qualification de viol aggravé, retenue lors de l’ouverture de l’information judiciaire, et abandonnée ensuite par le parquet dans ses réquisitions.

    La procureure de la République a demandé en octobre le renvoi de trois des quatre fonctionnaires impliqués devant la cour d’assises pour violences volontaires. La juge d’instruction doit rendre prochainement son ordonnance, dans laquelle elle donnera son interprétation sur le caractère sexuel ou non de ces violences.
    Manquements documentés

    L’enquête édifiante, la première du genre publiée par la Défenseure des droits, complétée par des documents que Le Monde s’est procurés, dépasse largement ce débat juridique. Au-delà du coup de matraque, Claire Hédon pointe une accumulation de comportements en contradiction totale avec la déontologie policière, du début de l’intervention réalisée sur des bases juridiques floues, à la gestion in fine du commissaire divisionnaire responsable du commissariat – qui n’a pas pris les mesures nécessaires pour préserver l’enquête –, en passant par les nombreux coups portés sur Théo – avant et après son menottage –, l’humiliation par la prise de photo, les coups portés dans le véhicule de police, l’usage d’armes intermédiaires en toute illégalité, l’introduction de données fausses dans les fichiers de police… Tous ces manquements sont documentés par des vidéos, des éléments d’enquête ou par des pièces obtenues de l’administration, qui a obligation de les fournir à la Défenseure des droits. (...)

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  • La participation à une manifestation permettant l’expression de ses convictions est un motif de sortie autorisée par le décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020, et il faut voir comment, Base de #jurisprudence, Decision n° 446629, Conseil d’État
    https://www.conseil-etat.fr/fr/arianeweb/CE/decision/2020-11-21/446629

    ... des instructions ont été données aux préfets pour que les personnes souhaitant participer à une manifestation sur la voie publique puissent se rendre sur le lieu de la manifestation sans que puisse leur être opposée l’interdiction prévue à l’article 4 du décret. Ces personnes pourront invoquer un motif « déplacement professionnel » si la manifestation porte sur des revendications professionnelles ou un motif « familial impérieux » ou « d’intérêt général » si la manifestation présente un autre motif. Ils devront uniquement indiquer l’heure et le lieu de la manifestation ou son itinéraire pour permettre aux forces de sécurité intérieure d’apprécier la plausibilité du motif invoqué.

    13. Dans ces conditions, en l’état de l’instruction, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le décret litigieux porterait une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester.

    #droit_de_manifestation #attestation #Conseil_d'État

  • Thierry Fournier | La Main invisible

    https://www.thierryfournier.net/la-main-invisible

    La Main invisible

    Série d’#images numériques, impressions fine art sur dibond, dimensions variables, 2020
    Créées à partir de photographies et avec l’aimable autorisation de NnoMan, Amaury Cornu, Benoît Durand, Anne Paq, Julien Pitinome, Kiran Ridley et Charly Triballeau, de 2016 à 2020

    La Main invisible transforme des photographies qui témoignent de #violences_policières, en effaçant intégralement les policiers de l’image. En soulevant la question de la censure et en faisant mine de s’y soumettre, l’image ne montre plus que les personnes subissant un assaut, mené par un vide spectral qui n’a plus ni corps ni visage. Le terme de “main invisible” est un des concepts historiques du libéralisme, qui postule que la somme spontanée des actions du marché conduirait au bien commun.

    Je remercie très chaleureusement les photographes pour leur confiance et leur concours.

  • De Re Metallica 1556
    https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5037683/f3.item.r=De%20re%20metallica

    Dans le livre le plus complet écrit à ce jour sur la métallurgie, le De Re Mettalica de 1556, le médecin et apothicaire Georgius Agricola résumait ainsi les griefs des opposants à l’exploitation minière :
    « Une quantité considérable de bois est nécessaire à la construction des édifices et des machines, et à la réduction des minerais. La disparition des bois et des forêts entraîne celle des oiseaux et des bêtes qui, pour la plupart, fournissent à l’homme une nourriture riche et agréable. Les eaux des lavoirs à minerais empoisonnent fleuves et rivières et font périr ou chassent les poissons. Les habitants des régions minières, à cause de la dévastation des champs, des bois, des forêts, des rivières et des fleuves, éprouvent les plus grandes difficultés à vivre ; la destruction des bois oblige à employer d’autres matériaux plus chers pour la construction des bâtiments. Il est évident pour tous ces gens que les exploitations minières causent plus de détriments qu’elles ne procurent de bénéfices . »

    Source : Fabian Scheidler, La fin de la mégamachine , coll. Anthropocène, Seuil, p. 172-173.

    #extractivisme #extraction_minière #forêt #mines #XVIe_siècle #De_Re_Metallica

  • « Un musée de Caroline du Nord vient d’acquérir des fossiles exceptionnels : un T. Rex et un Tricératops enchevêtrés, qui semblent s’être donnés mutuellement la mort. »

    « L’organisation à but non lucratif Friends of the North Carolina Museum of Natural Sciences a pu acquérir le fossile pour une somme non communiquée »

    « Aux États-Unis, les fossiles découverts sur les terres fédérales doivent intégrer des entrepôts homologués, comme ceux de musées agréés. Mais ceux mis au jour sur les terres privées, comme les Dinosaures se battant en duel, peuvent être achetés et vendus en toute légalité. »

    « Lorsque le couple a racheté la part des terres des Severson en 2005, les deux frères ont conservé deux tiers des droits miniers sous-jacents du terrain. D’après les Severson, leurs droits miniers leur conféraient une part du fossile des Dinosaures se battant en duel, deux des plus beaux spécimens jamais mis au jour au Montana, et le droit de percevoir des bénéfices de sa vente. »

    « La Cour d’appel des États-Unis pour le neuvième circuit a partagé cet avis en juin, affirmant que les Murray étaient propriétaires des Dinosaures se battant en duel et qu’ils avaient le droit de vendre le fossile. Cette décision a ouvert la voie à son acquisition par le NCMNS. »

    https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/11/le-mysterieux-duel-entre-un-t-rex-et-un-triceratops-va-enfin-pouv

    #paléontologie #culte_du_fric

  • En Amazonie, l’exploitation minière expose les populations locales au paludisme | National Geographic
    https://www.nationalgeographic.fr/sciences/2020/08/en-amazonie-lexploitation-miniere-expose-les-populations-locales-

    Les mineurs mettent le feu aux arbres, les uns après les autres, avant de creuser des fosses profondes dans la terre défrichée pour en extraire l’or. Ces fouilles empiètent en grande partie sur des terrains protégés près des clairières, détruisant bien plus encore ce couvert forestier dont dépend la survie des habitants. L’eau déversée dans les cratères caverneux devient encore plus stagnante une fois les mines laissées à l’abandon. Là-bas, les maladies transmises par les moustiques comme le paludisme se propagent plus facilement.

    « Tous ces bassins d’eau deviennent des habitats de reproduction spectaculaires », affirme Marcia Castro, directrice du Department of Global Health and Population de l’université Harvard. « Depuis les années 1980, innombrables sont les exemples de #mines ouvertes en Amazonie qui ont conduit à une flambée du #paludisme. »

    Cette année, le lien entre #déforestation et #maladies a suscité l’inquiétude des spécialistes en Amazonie et de ses habitants. La région a enregistré des taux de déforestation sans précédent l’année dernière. Ceux-ci ont continué de grimper au cours du premier semestre de 2020 et ne devraient pas ralentir leur course effrénée, sachant que la saison des incendies est aux portes et que le gouvernement ne surveille pas de près la destruction de la forêt. De plus, le prix d’une once d’#or (28 grammes environ) est de 1 690 euros, ce qui incite à l’#exploitation minière illégale, souvent dans des zones de conservation et des #terres #autochtones. L’#Amazonie, laissée à la merci des habitats de reproduction des #moustiques, est contrainte de gérer une autre crise sanitaire.

    #extraction_minière #forêt

  • Les Éditions de l’Olivier viennent de publier, en trois volumes, les œuvres complètes de #Roberto_Bolano.

    Bolaño, c’est avant tout un parcours fulgurant. Né en 1953 et mort en 2003, il a commencé à écrire en 1979 : soit seulement 25 ans d’écriture, pour un nombre impressionnant de chefs d’œuvres. Au-delà des biens connus 2666 et Les Détectives Sauvages , citons aussi Anvers , Le Troisième Reich , Des Putains Meurtrières , Étoile Distante , La littérature nazie en Amérique , qui tous, pour des raisons diverses, s’imposent comme des incontournables classiques de notre littérature.

    Diacritik revient volume par volume sur cette publication :
    https://diacritik.com/2020/03/05/bolano-dans-le-miroir-convexe-notre-epoque-nos-perspectives-nos-modeles-d
    https://diacritik.com/2020/06/22/bolano-de-la-batrachomyomachie-a-lenvers-noir-de-la-poesie-oeuvres-comple
    https://diacritik.com/2020/11/10/hotel-bolano-architectures-dun-piege-oeuvres-completes-iii

    #Littérature #édition #livre
    @parpaing je t’en parlais hier !

    • Bolaño, poète avant tout
      https://www.en-attendant-nadeau.fr/2020/03/10/bolano-poete

      Il y a en effet de la poésie cachée sous ses romans, mais aussi des romans inachevés dans sa poésie. Car Roberto Bolaño pratiquait la poésie comme une forme hybride, dont l’impureté lui semblait nécessaire à sa survie au XXIe siècle. L’approche transversale adoptée pour cette édition en français – qui n’a pas d’équivalent en espagnol à ce jour – rend bien compte de cette porosité en incluant de surcroît une partie de ses nouvelles – Appels téléphoniques et autres nouvelles – et deux de ses romans courts, Amuleto et Étoile distante . En prenant le relais des éditions Christian Bourgois, cette nouvelle édition en français commence par offrir l’occasion d’une lecture d’ensemble de la poésie de Bolaño, dont une grande partie était demeurée inédite. Seuls deux recueils de poèmes étaient disponibles en français, Trois et Les chiens romantiques, traduits par Robert Amutio, à qui l’on doit la découverte de Bolaño en France. Ces nouveaux textes, qui paraîtront progressivement dans les six volumes prévus, seront traduits par Jean-Marie Saint-Lu.

    • La bibliothèque Bolaño
      https://www.en-attendant-nadeau.fr/2020/09/23/bibliotheque-bolano

      Les deux premiers textes de ce recueil (dépourvu de tout appareil critique) exigent la participation active du lecteur, en l’occurrence son indulgence ; le novice en matière de bolañisme est invité à sauter à pieds joints page 295, là où l’attendent les joies de L’esprit de la science-fiction. L’amateur ou le connaisseur de Bolaño se donnera pour devoir de lire Monsieur Pain, où il trouvera des phrases comme : « Sa réponse, coupante, me parvint à travers une voix de baryton » ou : « Je me contentai de soupirer, en essayant d’imprimer à mon visage un air de sérénité » (il y a encore le magnifique « – Non, non, m’empressai-je de nier », qui a un certain charme).

  • BALLAST | #Claude_Cahun, aucune femme n’est une île
    https://www.revue-ballast.fr/claude-cahun-aucune-femme-nest-une-ile

    C’est ici que va s’affirmer la cohé­rence et la force d’un par­cours intel­lec­tuel hors norme, allié à un cou­rage décon­cer­tant chez celle que tout pré­des­ti­nait à la ten­ta­tion du retrait confor­table. Qui aurait pu se taire et se ter­rer en lais­sant pas­ser l’orage. Partie s’installer en 1938 dans une demeure en gra­nit de Jersey avec Suzanne et le chat Kid qu’elles font pas­ser en contre­bande dans un sac Hermès pour esqui­ver la qua­ran­taine, elle pour­rait céder à la mélan­co­lie et au malaise qui l’envahissent très vite, accen­tué après la défaite par le sen­ti­ment d’être prise au piège. Et pour­tant, c’est là qu’elle se révèle. Elle le dira à Breton en 1946 : « Nous avons eu pen­dant quatre ans une acti­vi­té sur­réa­liste mili­tante comme nous avions vou­lu en avoir lors de Contre-Attaque. » D’abord à l’insu de Suzanne qu’elle veut pro­té­ger, puis avec elle, com­mencent les petites actions du quo­ti­dien, les seules pra­ti­cables au demeu­rant sur l’île : toutes formes d’action indi­recte à conno­ta­tion sub­ver­sive et déli­rante, propres à déclen­cher le trouble dans les rangs enne­mis, à recréer l’utopie d’une fausse bande orga­ni­sée, allant jusqu’à per­sua­der la Gestapo qu’elle a affaire à un véri­table réseau.

    Pendant quatre années, voi­ci qu’elles lacèrent des affiches, mul­ti­plient les tracts, col­lages et pho­to­mon­tages sur papier car­bone et papiers de soie, ins­crivent par­tout les mots « Ohne Ende » deve­nus signes de ral­lie­ment fic­tif, inventent de faux codes des­ti­nés à semer la confu­sion sur des mes­sages semés dans toute l’île, fabriquent des objets inso­lites et confon­dants, annoncent de fausses nou­velles au milieu de vieilles chan­sons détour­nées, insèrent des docu­ments dans des maga­zines, paquets de ciga­rette, bou­teilles de cham­pagne, voi­tures et par­fois jusque dans le casque ou les bottes des sol­dats alle­mands, sans comp­ter deux numé­ros d’un faux jour­nal paci­fiste dac­ty­lo­gra­phié en plu­sieurs langues : c’est au total près de 6 000 docu­ments qu’elles vont fré­né­ti­que­ment pro­duire pen­dant la guerre !
    Elles suspendent aussi des panneaux sardoniques dans les églises (« Jésus est grand, mais Hitler est plus grand encore. Car Jésus est mort pour les hommes alors que les hommes meurent pour Hitler »), fabriquent des croix de bois sur lesquelles sont gravées en allemand « Pour eux la guerre est finie », qu’elles dispersent au cimetière, y embrochent parfois un crâne de panthère réchappé de leurs cabinets de curiosité surréalistes, peignent des sous au vernis à ongles pour les regraver de slogans (« À bas la guerre ») et les mettent en circulation dans les machines à sous du casino fréquenté par les nazis. Elles signent tout ce qu’elles peuvent sous le nom générique du « Soldat Ohne Namen », le soldat sans nom, font croire à l’existence de rendez-vous secrets dans les grottes de l’île, qui mettent la Kommandantur sur les dents. Claude tente au cours de ses promenades de nouer des liens avec des prisonniers de guerre qui travaillent aux fortifications sur l’île. Offre à un Russe les chaussettes que Michaux avait oubliées lors de sa dernière visite. L’imaginaire a enfin rejoint le réel.
    Elle lutte enfin. Lutte vraiment, ni dégagée ni engagée : poète et résistante, indistinctement résistante et poète. Avec les seules armes qu’elle connaît — des armes spirituelles aux deux sens du terme, par l’humour et par l’esprit. Elle est alors sans cesse sur le fil de cet engagement qu’elle dénonce toujours comme une crétinisation, avant d’y retourner puisqu’elle ne peut s’en empêcher. Peut-être alors vaut-il mieux être un crétin qui résiste qu’un poète qui collabore. Elle veut n’être ni l’une ni l’autre et danse, sur cette ligne de crête. Quand on n’a que les mots, et qu’il faut les utiliser comme des sabres, même quand on sait qu’ils font un bruit de toupie. Alors, elle lutte. Quand elle agit, elle le fait bien en poète. Elle a beau douter des moyens qu’elle emploie, s’en vouloir après coup de ne pas travailler à son œuvre littéraire, de privilégier la subversion pratique, elle a choisi : elle est dans le monde, et dans ce monde-là, on ne peut prendre le parti de l’indifférence à l’insupportable. Dans ce monde-là, Claude n’aura pas écrit seule derrière une lampe dans son bureau qui donnait sur la mer, comme elle aurait pu le faire. Dans ce monde-là, Claude a choisi de faire entrer la poésie dans la vie, et de rendre la vie à la poésie. Affranchie de toute illusion, mais engagée jusqu’au cou dans le seul coup qui importe — vivre à hauteur d’homme, ou plutôt de femme.

    La Gestapo cherche pendant quatre ans l’auteur de ces menées inquiétantes, sans soupçonner celle qui joue à la vieille dame en noir. Mais, probablement dénoncées par une commerçante, Claude et Suzanne sont finalement arrêtées en juillet 1944. Craignant le pire, elles ont prévu de se suicider. Elles absorbent du Gardénal mais n’ont pas prévu la dose suffisante de poison. Enfermées, interrogées, humiliées, mais peu maltraitées semble-t-il par des nazis déconcertés devant le spectacle qu’elles offrent, elles assistent à leur propre procès avec un sentiment de théâtralité généralisé. Le réel est en train de rejoindre l’imaginaire.
    Le débarquement a eu lieu, les Allemands se savent en sursis. Si elles sont passibles de la peine de mort, et d’ailleurs condamnées à être fusillées, leur parcours désarçonne par trop les Allemands, qui temporisent avant d’appliquer la sentence, voyant le vent tourner. Finalement graciées en 1945, elles seront libérées en mai de la même année. D’une santé fragile et fatiguée de tout, plus consciente que jamais des limites de l’héroïsme, ne regrettant rien mais désirant encore tout, Claude reprend une correspondance active avec ses amis surréalistes avant de mourir brutalement, en décembre 1954, d’une embolie pulmonaire. Suzanne la rejoindra volontairement en 1972 après avoir souligné dans son carnet quelques mots : « Absurdité de la vie. Valeur de l’engagement individuel. »

    #résister #militer

  • Kythibong : un label 100 % famille – #Gonzaï
    http://gonzai.com/kythibong-un-label-100-famille


    https://kythibong.bandcamp.com

    Alors que les Born Bad, Howlin’ Banana et autres Pan European mènent leur carrière à Paris, un autre #label_rock a choisi de rester basé à Nantes en devenant ainsi un indépendant parmi les indépendants. Son nom : #Kythibong. Dirigé de façon bénévole par trois personnes seulement, dont deux frères, cette maison du risque a réussi à construire en presque vingt ans d’existence une véritable famille autour d’eux.

    https://kythibong.bandcamp.com/track/vous-et-nous

    https://kythibong.bandcamp.com/album/d-cennie-couverture

    #musique

  • Dans la nasse
    https://visionscarto.net/dans-la-nasse

    Description en images des techniques utilisées par la police pour perturber, casser, pourrir les manifestations. par Le Pantale Sortir de chez soi pour défendre ses idées ne relève plus du parcours de manifestation mais du parcours du combattant. Les forces de l’ordre développent des tactiques pour surveiller, maîtriser, réprimer les corps indésirables ; c’est cet art d’imaginer des dispositions dans l’espace pour y manifester son pouvoir qui m’intéresse. Dans cette série, j’ai tenté de poser des (...) #Billets

  • A propos de la liberté d’expression, Jacques Rancière
    https://blogs.mediapart.fr/jacques-ranciere/blog/201120/propos-de-la-liberte-d-expression

    L’abominable attentat perpétré contre Samuel Paty par un criminel fanatisé a suscité une indignation à la mesure de son horreur. Elle a aussi engendré un certain nombre de commentaires et propositions qui témoignent d’une redoutable confusion, concernant notamment la notion de liberté d’expression et ses manifestations.

    Il en est ainsi parce que, depuis quelques décennies déjà, s’est développé un discours dit républicain qui a systématiquement transformé des notions juridiques définissant les rapports entre l’Etat et les citoyens en vertus morales que ces citoyens doivent posséder et donc en critères permettant de stigmatiser ceux qui ne les possèdent pas.

    L’opération a commencé par la notion de laïcité. La laïcité inscrite dans les principes de notre constitution signifie que l’Etat n’enseigne aucune religion et ne permet à aucune religion d’intervenir dans l’organisation de l’enseignement public. Cette notion n’est pas inscrite dans on ne sait quelle essence de la république. La Troisième République l’a imposée pour mettre fin à un contrôle de l’enseignement public par l’Eglise catholique qui avait été instauré par une loi de… la Seconde République.

    #laïcité #liberté_d'expresssion #caricature #histoire #Jacques_Rancière

    • La caricature en général, laquelle a historiquement servi les causes les plus diverses en incluant les plus abjectes, est devenue l’expression suprême de cette liberté qui a été elle-même assimilée à une vertu de libre parole et de dérision attribuée par droit de naissance au peuple français.