• Je n’étais déjà pas bien optimiste sur l’avenir de la musique — comprise comme expérience sensible, mousikê , quoi, « qui renvoie à l’Art des Muses (suivantes d’Apollon), à toute culture de l’esprit, artistique ou scientifique » —, mais là, je crois bien que c’est foutu. Ce qui suis n’est pas neuf, mais le fait même que ça nous revienne brutalement, aujourd’hui, dans ce pays, est tout à fait symptomatique :
    https://clients.sacem.fr/actualites/valeur-de-la-musique/marketing-sonore--la-musique-dans-les-points-de-vente
    Même pas envie de m’étendre, lisez.

    • Si cela peut vous rassurer, rien de neuf dans cette étude, ni dans la forme, ni sur le fond : c’est le #marketing_scientifique appliqué depuis 3/4 de siècle pour refourguer de la #musique_d'ambiance partout. Et, pour cette étude comme pour bien d’autres, elle est financée par des gens qui ont tout intérêt qu’elle trouve des résultats positifs : une société de droits d’auteur (Sacem), une revue professionnelle de la grande distribution (LSA) et une boîte de musique d’ambiance (Mood média). Et c’est pour ça qu’elles communiquent aussi abondamment sur ladite étude.

      Ça ne manipulera certainement pas nos comportements (d’achat ou d’autre chose), en revanche ça uniformisera un peu plus le #paysage_sonore.

      Quand même, une astuce : pour ne plus être ennuyé·e par la musique d’ambiance, la faire sortir du premier plan sonore en concentrant l’écoute sur tout le paysage alentour (bruits du travail, de conversation, de climatisation, d’animaux, de véhicules...). Ça devient tout de suite beaucoup plus amusant, et riche.

  • Culture : un nouveau reniement des socialistes
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/07/16/un-nouveau-reniement-des-socialistes_4457992_3232.html

    Enfin, c’est dit. Marchandise ou pas marchandise ? Jamais compris ce besoin d’identification à l’adversaire :

    … plusieurs décennies de renoncements : du temps où l’art et la culture ne devaient pas être des marchandises à celui où l’art et la culture ne devaient pas être des marchandises comme les autres - reconnaissant au passage qu’ils l’étaient tout de même un peu. Ce furent dans les années 1990 les grandes mobilisations qui entendaient excepter les activités liées à la culture du droit commercial commun.

    Cette bagarre, légitime, se menait simultanément à l’abandon de toute idée d’extension de l’exception à d’autres secteurs tels que la santé ou l’éducation. C’était donc avant qu’on ne vante l’apport de la culture et de l’art à la richesse du pays.

    C’est désormais, au contraire, à les repérer comme marchandises qu’ils deviendraient presque légitimes. Que le gouvernement se fasse le publicitaire de sa nouvelle orientation est logique. Plus complexe est la reprise dans les milieux artistiques et culturels de ce refrain. Faut-il que les artistes aient été culpabilisés ces dernières années pour indexer leurs légitimités au PIB... ?

  • Intermittents : inventons un contre-modèle
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/06/18/inventons-un-contre-modele_4440496_3232.html

    A la conception réactionnaire de la culture, les intermittents en lutte ont donc opposé une critique sociale du néolibéralisme. Ils ont déplacé le terrain du conflit actuel : de la culture comme secteur d’activité que l’on voudrait séparer – la culture comme exception – vers une autre « culture », néolibérale, qui imprègne les esprits et les réformes. Ils ont tracé un chemin possible pour en sortir, un chemin à parcourir aujourd’hui avec les artistes, les postiers, les cheminots, les universitaires et toutes les autres catégories sociales.

    Si la « culture » néolibérale fait du risque l’affaire de tous et la responsabilité de chacun, la « culture » défendue par les intermittents du spectacle en lutte fait du mutualisme le coeur d’un nouveau rapport des individus à eux-mêmes et aux autres.

  • Les intermittents luttent pour les droits de tous - Attac France
    https://france.attac.org/actus-et-medias/salle-de-presse/article/les-intermittents-luttent-pour-les

    La lutte présente des intermittents du spectacle est exemplaire à plusieurs titres. Elle montre d’abord que lorsque le travail conserve un sens, et c’est le cas pour beaucoup de métiers du spectacle, la lutte collective est possible et dépasse les questions strictement catégorielles. Les intermittents parlent aujourd’hui pour tous les précaires, dispersés, atomisés, culpabilisés, qui ne peuvent mener une telle lutte. Ils se battent pour des droits et non pour une aumône distribuée par l’État. Enfin, ils sont conscients de préfigurer la société de demain, où la mobilité du travail devra, quoiqu’en disent le Medef et ses alliés, s’accompagner d’une stabilité du revenu.

    Pas un combat d’arrière-garde, peut-être un marchepied… Qui sait.

  • Samuel Churin - Que faire maintenant ?
    https://www.facebook.com/notes/soutien-aux-intermittents-du-spectacle/samuel-churin-que-faire-maintenant-/240394599489396

    Le gouvernement communique et parle de « table des négociations ». PARFAIT.
    Prenons-les au mot. Nous sommes heureux d’apprendre que ces négociations sont ouvertes à tous. Faisons en jurisprudence : les accords sur l’assurance chômage ne pourront plus se passer sans nous.

  • « L’Unedic s’attaque aux intermittents par idéologie »
    http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/04/14/l-unedic-s-attaque-aux-intermittents-par-ideologie_4400969_3232.html

    Pourquoi le Medef prend-il pour cibles les intermittents, si peu nombreux, les intérimaires, si précaires ? Parce que les annexes 4, 8 et 10 de l’assurance-chômage faisaient partie des rares dispositifs de protection sociale pensés pour l’emploi discontinu. Aujourd’hui 86% des embauches se font en CDD, il y a des millions de salariés pauvres ou à temps partiel. Le Medef ne veut pas que le régime des intermittents du spectacle ou des intérimaires servent de modèle aux autres : il s’agit d’empêcher à tout prix les précaires de réclamer des droits sociaux en échange de l’hyper-flexibilité voulue par leurs employeurs. On procède à des licenciements massifs et dans le même temps on détruit les droits de ceux qui les subissent.

  • fracture d’âmes, work in progress avec Philippe de Jonckheere | Tracé provisoire
    http://pifarely.net/wordpress/?p=11476
    Projections, performances, installations : simplement des catégories vagues qui ne rendent pas bien compte des idées de dialogue que nous agitons, Philippe de Jonckheere et moi, depuis le spectacle « Formes d’une guerre » en compagnie de François Bon et Michele Rabbia.

    A la fois étape intermédiaire dont nous avons besoin pour un plus vaste projet, mais aussi dictionnaire bilingue (tentative de), « work in progress », et volonté de dialogue entre nos pratiques, nous présentons, « Fractures d’âmes » qui est donc un peu tout cela à la fois, et qui est amené à être développé dans des formes que nous ne connaissons pas encore mais que nous appelons de tous nos vœux.

    Fractures d’âme, une tentative de dialogue en 13 épisodes de Philippe de Jonckheere (images, création numérique) / Dominique Pifarély (violon, traitement numérique en temps réel).

  • Le sarkosysme dans les têtes

    Agir plutôt que penser : dans sa fascination de l’action, le sarkozysme véhicule une dénonciation de toutes les idéologies. Là est peut-être le pire des dangers. Car cette attitude attaque la pensée elle-même. Le temps est fait pour travailler. Travailler plus et penser moins. Cesser de bâtir des systèmes qui ne servent à rien (Serge Portelli, Le sarkozysme sans Sarkozy, Grasset).

    L’ancien président n’a pas fait grand-chose (à part détruire ce qu’il pouvait...), n’a pas été grand-chose. Simplement le condensateur d’un mouvement de fond qui le précédait, ou plutôt qui précédait son élection, avec lequel il s’est progressivement construit, probablement. Pour cette raison, il n’est pas la pire chose qui nous soit arrivée : ce qui agit comme puissance négative, désespérante, c’est plutôt cet état d’esprit déjà présent, qu’il a incarné, cette chose qu’on a post-nommée sarkosysme, qu’il a simplement reprise à son compte, exprimée, mise en actes, autorisée.

    Pourquoi cet exorde ? Les vacataires du CFMI de Poitiers, dont je suis, sont actuellement en conflit avec l’administration de l’université de Poitiers, à laquelle il est rattaché, dans la composante Sciences Humaines et Arts.

    J’interviens au CFMI depuis 13 ans. J’y ai découvert une vraie mission musicale militante, des collègues engagés, et un rapport unique avec les étudiants. C’est, sans aucun doute, la raison qui m’a fait avaler des couleuvres pendant si longtemps…

    Année après année, les problèmes se sont succédés. Dossier d’intermittent bloqué à plusieurs reprises à Pôle Emploi faute d’attestations d’employeur, basculement dans le régime général il y a 2 ans (ce que recherche Pôle Emploi au moindre prétexte : faire diminuer le nombre d’ayant-droits relevant du régime de l’intermittence à la moindre occasion…), paiements très en retard, bien plus que les 2 mois minimum dus au Trésor Public (…), remboursements de frais aléatoires, contrats et fiches de paie qui ont même fait ricaner les agents de Pôle Emploi (du genre : c’est quoi, ce truc ?…).

    L’attitude hautaine, méprisante de l’administration a fait déborder le vase : il est en effet trop facile pour eux de manipuler des chargés de cours qui viennent des quatre coins du pays et même de Belgique, et qui ne se croisent presque jamais, chacun pensant être le seul malchanceux de l’histoire.

    En l’occurrence, cette administration, avant et après changement de président (on parle là de l’université, n’est-ce pas…), se comporte à l’égard des vacataires comme un patron moyen formé aux séminaires du MEDEF : autoritarisme, absence d’écoute, et — surtout — non respect du code du travail (voir l’introduction de ce billet...).

    Préserver le travail que nous faisons au CFMI, qui a tout à voir avec l’éducation artistique tellement vantée dans les projets politiques, c’est aussi ne pas accepter plus longtemps ce dédain de la culture, de ses acteurs et de ses formateurs.

    Vous pouvez consulter le site que nous avons mis en place, et apporter, si vous le voulez, vos témoignages, histoire de rappeler la situation globalement scandaleuse des vacataires de l’université dans ce pays...

    Vacataires de l’université en lutte❞ : https://sites.google.com/site/vacatairesdeluniversiteenlutte

    Témoignages  : https://sites.google.com/site/vacatairesdeluniversiteenlutte/nos-temoignages

  • bémols
    Une armure contre l’industrie
    http://pifarely.net/wordpress/?p=5339
    Armure : nom féminin, réunion en tête de la portée, après la clef et avant le chiffre de mesure, des accidents qui expriment les altérations constitutives du ton du morceau. Les signes ainsi placés ont une action permanente, qui subsiste, sauf les altérations accidentelles, jusqu’à un changement d’armure. Elle est composée soit exclusivement de dièses, soit exclusivement de bémols.

    On revient sur le Centre national de la musique, c’est non seulement urgent, essentiel, mais indispensable face à ce qui s’annonce, encore une fois, comme une belle entreprise de communication (lire : désinformation), après lecture de Culture Box, comme de Libération et d’autres… Il est facile, en effet, de maintenir aujourd’hui la confusion entre les intérêts de l’industrie du disque, dont on nous rebat les oreilles, notamment en s’appuyant sur l’Hadopi, et la question de la création et de la diffusion de la musique vivante. L’appel des 333, qui a réuni 2777 signatures, est relayé à présent par un nouveau texte contre le CNM, qu’on reproduit en bas de page, ainsi que par l’ouverture d’un blog http://cnm-contrenousmusiciens.blogspot.fr.

    Essai de clarification.
    L’accord cadre créant le Centre National de la Musique signé en janvier par le gouvernement Fillon, promettait un organisme public chagé de soutenir la création sur le modèle du Centre national du Cinéma (CNC).

    Le cinéma fonctionne sur un « modèle économique » sans rapport avec la musique, aussi bien sur le plan des sommes engagées, que sur celui de la « chaîne » production-fabrication-distribution. En ce sens, on s’accorde à parler d’industrie, l’artisanat (production n’engageant que très peu de monde et de moyens) étant assez rare. En outre, ce modèle s’appuie sur la production d’un objet, physique ou dématérialisé, destiné à la vente. La première manifestation de la musique, historiquement comme dans l’esprit des musiciens, se trouve être la prestation en publique, qui n’a donc pas grand-chose à voir avec le modèle du cinéma.

    A l’inverse, l’immense majorité des musiciens (compositeurs, interprètes, ensembles et groupes), dans tous les domaines, se trouve être organisée en tout petits modules — individus ou groupes isolés ou constitués en petites associations. L’organisation de type « industrielle » — boites de production, majors, labels indépendants ayant suffisamment de moyens pour produire de A à Z, tourneurs) ne concerne qu’un nombre limité d’acteurs, essentiellement dans le domaine de la chanson.

    Sa mission devait être, selon les mots de Frédéric Mitterrand, de fédérer une filière « historiquement morcelée » et de « défendre les intérêts communs » de ses différentes composantes en France comme à l’étranger.

    Rien ne permet de constituer le monde de la musique en « filière », la continuité n’étant pas établie, ni parfois souhaitée entre la scène et le « disque ». D’autre part, la multiplicité des pratiques, des usages, des publics et donc des économies particulières donnent à la musique enregistrée de toutes aussi multiples fonctions. Dans certains cas, il s’agira de vendre le maximum de disques, physiques ou dématérialisés ; dans d’autres cas, l’enregistrement sera destiné à un public relativement restreint, ce qui ne laissera pas espérer une quelconque rentabilité ; enfin, le CD ou le téléchargement, parfois gratuits, viendront en complément de ce qui reste le premier objet et (de loin) la première source de revenus du musicien : la scène. Ce monde n’est donc pas « historiquement morcelé » , mais simplement multiple, avec des intérêts complémentaires, mais pas nécessairement communs.

    Il est donc non seulement important, mais encore vital de comprendre l’inadéquation de ce projet à la réalité que vivent les acteurs de la musique, quelles que soient les déclarations sur « la création et la diversité » — surtout quand on lit chez la ministre, en deux phrases : « Je souhaite aujourd’hui mettre sur pied une véritable politique de soutien au secteur musical, pour notamment encourager la diversité de la création et de la diffusion. Les industries musicales ont subi de plein fouet la révolution numérique, donc l’Etat doit se préoccuper de l’avenir de la musique et l’aider à se conforter avec des outils et des modes de financement qui sont adaptés et pérennes. » , ce qui mélange des objectifs et des besoins différents, voire divergents.

    Je me souviens d’une intervention de François Hollande il y a quelques années à Avignon, dans une rencontre sur le spectacle vivant, passant avec brio en une demi-phrase du théâtre à l’industrie audio-visuelle, sans doute plus facile à appréhender d’un point de vue comptable.

    DP

  • Article11 - Le son qui « désinfecte la contestation » - Juliette Volcler
    http://www.article11.info/?Le-son-qui-desinfecte-la

    "À quand des groupes de travail regroupant habitants, militants et amoureux du son, pour discuter de l’embrigadement de l’espace sonore et de son impact sur le droit de manifester et la liberté de circuler ?"
    Au moment où les considérations d’Adorno sur la "muzak", ou l’utilisation de la musique par le capitalisme ont dépassé toute attente, et quand les politiques annoncées, pour la plupart, montrent bien que l’aliénation de l’écoute est durablement et banalement inscrite comme exigence démocratique — la confusion permanente entre ce qui est de l’ordre de la création et ce qui vise à la domination industrielle en témoigne chaque jour —, il ne manque plus, évidemment, que le son devienne arme de répression policière. On devait s’y attendre : la musique diffusée très fort sur les prisonniers irakiens ou ceux de Guantanamo, les sons censés éloigner les jeunes ou les SDF, les flics attendent ces "matraques" d’un nouveau genre, déjà employées aux USA, au Canada, en Israël, en Thaïlande...
    A quand les bouchons à oreilles distribuées gratuitement dans les manifs comme dans certaines salles de concert ?... Ami protestataire, n’oublie pas ton foulard, ton citron, et tes... boules Quiès.

    • @dominique Je me demande si l’omniprésence de la « musique » telle qu’elle est entre autres choses décrites dans la Haine de la musique de Pascal Quignard n’est pas encore là le point où le son, dans son ressassement insidiueux, est véritablement une arme de l’aliénation.

      Un peu comme ce technicien, dont on pensait beaucoup de bien, toi et moi, à Louvain-la-Neuve la semaine dernière, qui nous a très bien servis pendant le spectacle et à peine étions-nous descendus de scène et les lumières rallumées qu’il passait déjà de la musique en sourdine dans les hauts-parleurs au travers desquels, pas plus de deux minutes plus tôt, tu avais joué, notamment ce passage oriental si beau.

      De plus en plus, je me fais l’effet du personnage interprété par Mathieu Amalric dans En tournée et qui sans cesse tente de demander aux différents guichets des lieux qu’il traverse s’il ne serait pas possible de baisser un peu la musique, ce que seule une guichetière dans une station-service isolée, consent à faire. Et du coup les deux personnages peuvent enfin échanger.

      On ne pourrait pas baisser un peu le son ?

  • Je veux bien entendre les appels au calme, fondés sur la « complexité » du droit d’auteur international, et sur l’erreur supposée de François Bon à cet égard. On m’a même vulgairement rétorqué sur Twitter que dans cette affaire c’était « boutique contre boutique dans un pays d’épiciers »...
    C’est décidément ne pas vouloir voir la réalité en face : pour l’industrie, il s’agit d’abord et avant tout de ne pas permettre l’émergence de moyens de création et de diffusion autonomes, qui risqueraient de libérer les auteurs du contrôle exercé par le circuit commercial et industriel dominant. Ce n’est donc pas fondamentalement la question du droit d’auteur qui se joue, mais plutôt, comme en musique, en théâtre, du droit de créer, d’agir, de rêver en dehors des circuits dominants, privés ou institutionnels.
    Je maintiens : ce sont des chiens.

    Le projet publie.net est une expérience incomparable, d’une importance capitale pour tous ceux (public compris) dont la survie artistique se joue maintenant, loin des tribunes électorales. C’est cela qu’il faut comprendre, et défendre.

    Que protègent les droits d’auteur ?
    http://blogs.mediapart.fr/blog/andre-gunthert/180212/que-protegent-les-droits-d-auteur

    • @dominique Suis bien d’accord avec toi, il est manifeste qu’en s’en prenant à notre chanteur (François Bon, on s’excuse pour la private joke ) les peigne-culs veulent faire un exemple. Se faire l’auteur d’ Après le livre , l’occasion était trop belle.

      Quant à la manière, c’est effectivement d’une grande élégance, les peigne-culs se sont adressés aux distributeurs, ou est-ce, là aussi, une façon révélatrice : pour eux c’est le distributeur qui compte, pas l’éditeur.

      Tu co-axes cela avec le futur projet de réappropriation des droits d’auteur pour les oeuvres désormais hors tirage, et tu vois très bien le monde de l’édition qui se prépare.

      Il y a longtemps que je ne dis plus droits d’auteur, je préfère dire droits d’éditeurs.

  • « Si l’on en reste au projet politique, c’est à dire continuer avec les chantres de tous bords de la concurrence libre et non faussée (mais uniquement entre les travailleurs, c’est la partie de la proposition que tout le monde n’a manifestement pas encore bien intégrée) et foncer dans le mur en klaxonnant ou tenter notre chance dans un projet politique qui rejette totalement ce concept, alors, on se rend compte que la ligne de fracture est strictement identique à celle qui s’est dessinée autour du référendum pour le TCE. Et vous savez quoi ? C’était nous, les plus nombreux ! »

    Le piège du « tout sauf Sarko » - Le Monolecte
    http://blog.monolecte.fr/post/2012/02/09/Le-piege-du-tout-sauf-Sarko

  • « J’ai commencé à m’inquiéter lorsqu’en consultation j’ai vu un, puis deux, puis dix enfants qui venaient se faire soigner le ventre vide, sans avoir pris aucun repas la veille », raconte Nikita Kanakis, président de la branche grecque de Médecins du monde.

    « Nous vivons sous une dictature économique. Et la Grèce est le laboratoire où l’on teste la résistance des peuples. Après nous, ce sera le tour des autres pays d’Europe. Il n’y aura plus de classe moyenne. »

    J’ai oublié le nom - Fragments, chutes et conséquences.
    http://www.joachimsene.fr/txt/politique/article/j-ai-oublie-le-nom#article

  • La communication de la 4ème fortune mondiale s’invite dans la campagne. C’est la démocratie, comme chacun sait.

    Lejaby : Bernard Arnault acclamé en héros (Le Monde diplomatique)
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2012-02-07-Bernard-Arnault

    Invité au Fouquet’s le soir de la victoire de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, délesté d’une part importante de l’impôt sur la fortune qu’il acquittait avant 2007, Bernard Arnault n’est pas ingrat. En pleine campagne électorale de M. Sarkozy, le PDG de la multinationale du luxe LVMH a accepté de recruter les 93 ouvrières de l’usine Lejaby à Yssingeaux (Haute-Loire), dont le sort avait ému l’opinion et symbolisé la désindustrialisation du pays. Très vite, les médias en ont fait le héros de la mondialisation intelligente qui est compatible avec le « made in France », tout en se montrant moins diserts sur les 350 autres emplois du fabricant de lingerie qu’il reste à sauver, comme à Rilleux-la-Pape, au siège de la société, où 150 salariés doivent être licenciés aux alentours du 7 février.

  • Jésus Ier aimait le cannabis... | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/2003/01/09/jesus-ier-aimait-le-cannabis

    Jésus était vraisemblablement un consommateur de cannabis et l’un des premiers hommes à vanter les vertus médicinales de cette drogue. Il semblerait même que lui et ses disciples s’en soient servis pour opérer leurs guérisons miraculeuses.
    Selon un article de Chris Bennett paru dans le magazine spécialisé High Times sous le titre « Was Jesus a stoner ? » (Est-ce que Jésus se camait ?), l’huile d’onction qu’ils utilisaient contenait une substance appelée kaneh-bosem, qui a été identifiée comme un extrait de cannabis. L’encens employé par le Christ lors des cérémonies renfermait lui aussi un extrait de cannabis, poursuit Bennett en citant des universitaires à l’appui de sa thèse.
    « Le cannabis a sans aucun doute joué un rôle dans la religion judaïque », déclare Carl Ruck, professeur de mythologie classique à l’université de Boston. A propos de sa présence dans les huiles d’onction, il ajoute : « Compte tenu des possibilités d’accès au cannabis et de sa longue tradition dans le judaïsme de l’époque [...], c’est une substance qui ne pouvait qu’être présente dans les mélanges [chrétiens]. »

    pour @baroug

  • non au Centre national de la musique « tracé provisoire
    http://pifarely.net/wordpress/?p=4654
    Pas les occasions de colère qui manquent, parait-il. Je confirme, évidemment : toujours pas de relais de cette pétition — 1300 signatures aujourd’hui — chez Libé, par exemple, à qui elle a été envoyée avec force détails et informations utiles il y a bien une semaine. En revanche, on sait tout sur le marché de la musique, les coulisses du Midem (sorte de Davos de l’industrie musicale) ou des NRJ music awards.
    C’est vrai que le monde s’en fout, concentré qu’il est sur le principal problème de la musique aujourd’hui : les usages commerciaux entre enseignes de la grande distribution et besoins irrépressibles de consommateurs inquiets.
    Rassurons-nous, l’Elysée a voulu ce CNM, comme il a voulu le Haut Conseil de la Création artistique (pas de raison de se méfier, qu’allez-vous penser), et le putatif futur élyséen n’en remettra pas le principe en cause.
    On se sent écouté, c’est fou.
    Si vous voulez des infos sur l’industrie musicale, vous pouvez lire Libé, Le Monde, tout ça. Rien à voir avec la création non soumise au marché, mais qui s’en soucie ?