• Présentation publique de La Matérielle
    http://dndf.org/?p=17513

    MARSEILLE, le 17 janvier à partir de 18h30, au local de MANIFESTEN, rue Thiers.

    PARIS, le 24 janvier à 19h à la librairie PUBLICO 145, Rue Amelot, 75011 Paris

    Les apports de la Matérielle se laissent le mieux saisir dans l’objet auquel elle entend donner la primauté : la situation actuelle. Le fait qu’au cours du grèves de mai-juin 2003 « la lutte » soit devenue le « seul horizon des luttes » n’est pas à voir comme un simple manque, comme le signe de ce que rien ne s’est passé. C’est au contraire la dimension positive d’une situation sans médiations politiques ou syndicales susceptibles de donner un sens aux activités des grévistes au-delà de celui qu’ils développent au cours des grèves elles-mêmes. Cette dimension est une détermination objective à part entière et non l’aiguillon de la recomposition d’un nouveau sujet révolutionnaire à l’instar de l’ouvrier social de Hardt et Negri. Il s’agit de se confronter à ce qui est : en mai-juin 2003, toute unité du prolétariat brille par son absence, et les négociations entre prolétaires et capitalistes se sont progressivement déplacées du niveau de l’État à celui, local, de l’entreprise. Ces analyses se sont trouvées confirmées par le mouvement bien étrange auquel nous avons eu affaire, en France, entre mars et juillet 2016. Au cours de ce mouvement, les espaces mêmes qui avaient été créés en alternative au calendrier saccadé des journées de mobilisation nationale – Nuit Debout, ainsi que les innombrables comités de lutte et assemblées générales – ont pourtant pu être le théâtre de l’imploration d’une unité du prolétariat auprès des centrales syndicales sous la bannière de la « convergence des luttes ». Aussi, la déconnexion entre les niveaux local et global des luttes repérée par la Matérielle dès 2003 semble désormais achevée, puisqu’en 2016, certains des tracts desdites centrales se contentèrent d’annoncer la nécessité de se mobiliser… localement. Dans cette situation, nulle stratégie, nulle perspective ne transcende les pratiques des prolétaires – ni même celle d’une solution « collective », puisqu’il est désormais courant d’avoir un recours passager aux syndicats dans le seul but de satisfaire à des intérêts de court terme.

    #livres #édition #communisme #communisation #théorie


  • Mark Fisher, pop philosophe mélancolique
    https://www.liberation.fr/debats/2018/12/18/mark-fisher-pop-philosophe-melancolique_1698587

    C’est un petit livre, à peine plus épais qu’un opuscule, qui cache une forêt. Publié par Entremonde, éditeur genevois spécialisé dans les essais critiques et politiques, on aurait vite fait de laisser sa couverture noire et argent s’évanouir dans la pléthore éditoriale de l’automne. Certains, pourtant, attendent le Réalisme capitaliste, première traduction française du philosophe et critique Mark Fisher, depuis très longtemps. Ceux qui connaissaient la réputation de cette dissection habile du capitalisme tardif éditée en anglais en 2009, et louée par Slavoj Zizek et les philosophes accélérationnistes. Egalement ceux qui suivaient à la trace ses critiques musicales dans les magazines NME ou The Wire. Encore ceux qui étaient abonnés, dans les années 2000, au forum de discussion Dissensus, qu’il avait créé avec le blogueur journaliste Matt Ingram, et lisaient régulièrement son blog K-Punk pour découvrir au jour le jour les inventions théoriques qu’il y développait.

    #livres #édition #culture #musique #cinéma

    • Résultat de six ou sept années de recherches entamées à l’université et affinées sur Internet, Réalisme capitaliste n’est pas un livre sur l’art, ni sur la musique. Quelques musiciens comme Kurt Cobain y apparaissent, tout comme certains films et cinéastes (Wall-E, Blue Collar de Paul Schrader) mais c’est de loin son texte le moins référencé - il est ainsi moins ardu que le suivant, Ghosts of My Life (2014), qui développe nombre de ses idées par le prisme de la musique électronique, dont Fisher était un défenseur et un « pratiquant » fervent depuis l’ère des raves, au début des années 90. Vincent Chanson, qui travaille pour la maison d’édition Entremonde, précise : « Pour introduire Fisher aux lecteurs français, on a choisi de commencer par Réalisme capitaliste. L’entrée dans son œuvre par la musique est un peu rédhibitoire - les œuvres dont il parle sont peu connues hors des amateurs de jungle et de techno. »

      Comme son sous-titre l’indique (N’y a-t-il aucune alternative ?), le premier livre de Mark Fisher est plutôt un guide de survie dans un #capitalisme si englobant qu’il en circonscrit tous les possibles politiques. On connaît l’adage attribué à Zizek comme quoi « la fin du monde est plus facile à imaginer que la fin du capitalisme ». Le Slovène avait imaginé sa formule (ou l’avait emprunté au philosophe américain Fredric Jameson, personne n’en est bien sûr) pour expliquer la recrudescence des scènes de destruction massive dans l’#imaginaire hollywoodien. Lui-même lecteur attentif de Zizek et de Jameson et critique féru de cinéma de genre, Fisher débute son livre par un chapitre titré d’après la fameuse phrase du philosophe slovène et une analyse des Fils de l’homme d’Alfonso Cuarón (2006). Le philosophe l’estimait plus qu’aucun autre film d’anticipation pour sa manière de présenter « une dystopie qui soit spécifique au capitalisme tardif […], dans lequel l’ultra-autoritarisme et le capital ne sont nullement incompatibles : les camps d’internement y coexistent avec des coffee bars franchisés. » A travers ce film, qui se déroule au beau milieu d’une catastrophe dont les causes sont aussi impossibles à déterminer qu’une action qui viendrait l’arrêter, Fisher décrypte un temps où les sociétés auraient intégré que plus aucune rupture ne viendra mettre fin à un cycle infini de « réitération et repermutation ». Ce monde presque stérile, animé d’un « espoir messianique faible » et charriant la #dépression comme une épidémie, c’est bien sûr le nôtre, condamné depuis l’effondrement de l’URSS à survivre au sein d’un capitalisme sans alternative.

      Dans les années 2000 et 2010, d’où écrit Fisher, l’#art ne « peut plus qu’imiter des styles morts, parler avec des masques », et le capitalisme n’a plus besoin de « contenir et absorber les énergies venues du #dehors. A présent, c’est le problème contraire qui se pose à lui : n’étant que trop bien parvenu à assimiler l’extérieur, comment peut-il fonctionner sans un ailleurs qu’il peut coloniser et s’approprier ? » Le réalisme capitaliste est ainsi une tentative de description de ce qui reste quand « les croyances se sont effondrées, ramenées au niveau de l’élaboration rituelle ou symbolique ». C’est un capitalisme qu’on ne critique plus en soi mais dont on #critique les dérives de ceux qui profitent du système ; un réalisme qu’on ne peut plus contester sans se voir opposer un principe de réalité puisque l’idéologie qu’il incarne se présente comme un fait et non plus comme un argument (le fameux « il n’y a pas d’alternative » thatchérien).

      Incarnation d’un monde hanté
      Comment lutter ? Où planter les graines pour refonder un autre monde quand la gauche se partage entre les « immobilistes » et les « communistes libéraux, qui affirment que les excès immoraux du capitalisme doivent être contrebalancés par la charité », et que la croyance même à cet autre monde est présentée comme un fanatisme ? Avant de se lancer dans un sommaire préambule de réponse, Fisher, dans Réalisme capitaliste, décrit, analyse, fouille où il peut, dans les objets culturels notamment, qui sont ses biais critiques de choix. Et une grande part de son inquiétude provient des symptômes qu’il décèle dans les œuvres d’art elles-mêmes. D’une part, elles sont l’incarnation d’un monde hanté par son incapacité à se renouveler réellement, qu’il désignera plus tard par le mot-valise, emprunté à Derrida dans Spectres de Marx, d’« #hantologie ». De l’autre, elles se retrouvent emblématiques d’une incapacité à subvertir la culture capitaliste puisque cette dernière est désormais capable de les « précorporer », c’est-à-dire « formater et façonner de manière préventive les désirs, les aspirations et les espoirs » qu’ils expriment.

      #désir


  • « Le #Communisme expliqué aux enfants » : le livre de Bini Adamczak qui scandalise l’alt-right
    https://www.lautrequotidien.fr/articles/2018/11/15/le-communisme-expliqu-aux-enfants-all-les-dputs-lrm

    La parution du livre aux États-Unis a provoqué une véritable levée de boucliers de la part de toute la mouvance conservatrice, de l’alt-right, et a par conséquent largement contribué à faire de ce livre l’un des grands emblèmes de l’opposition à Trump. « Au grand dam des parents, les éditions MIT Press ont récemment publié un petit livre portant le titre de Communism for Kids. Il apprendrait aux enfants à diriger un goulag, à imiter certains dictateurs génocidaires, à adorer Satan, et globalement à contribuer à la destruction de la civilisation occidentale ‒ le tout pour la modique somme de 12,95 dollars […] L’auteur de ce texte répandrait subrepticement certaines valeurs “anti-américaines”, féministes, queers, etc. C’est en tout cas ce que peuvent raconter pléthore de figures ou médias conservateurs comme Breitbart, National Review, American Conservative, The Daily Beast, The Daily Signal, Alex Jones, Rush Limbaugh, Milo Yiannopoulos, Steven Crowder, The Blaze, Pamela Geller, The Christian Truther, The Washington Free Beacon et Fox News. » — Jacob Blumenfeld, The New York Times

    #livres #édition


  • Gilles Dauvé - « Cher camarade Staline ». Homo au pays des soviets
    https://ddt21.noblogs.org/?page_id=2111

    Cela ne signifiait ni indifférence ni acceptation sociale. Des comportements « bisexuels » étaient assez répandus, sans le concept ni le mot car, comme en Europe à l’époque, les pratiques homosexuelles étaient généralement le fait d’hommes menant parallèlement une vie de famille traditionnelle. Par ailleurs, bien que le libertinage des couches aisées nous soit mieux connu grâce aux traces écrites qu’elles ont laissées, la « Russie profonde » était loin d’être uniformément soumise au conformisme moral et religieux.

    Pour que naisse une « culture homosexuelle » moderne, il fallait la modernisation capitaliste, c’est-à-dire l’industrialisation, l’urbanisation, l’apparition de l’individu et son possible anonymat. Alors seulement, certains hommes commencent à se considérer comme un groupe différent parce qu’ils s’écartent de la norme masculine dominante, ou s’habillent en femme, ou se prostituent à d’autres hommes – voire parfois combinent les trois. Dans l’espace public, la sexualité devient une manière d’« auto-affirmation » (Dan Healey).


  • Le salariat comme au temps de Marx ?
    https://lecourrier.ch/2018/10/28/le-salariat-comme-au-temps-de-marx

    Les femmes ne sont pas considérées comme des travailleuses professionnelles, mais avant tout comme des ménagères et mères de famille. Leur légitimité trouve sa place dans l’espace domestique et non dans l’espace professionnel, et cela même si elles ont, de fait, toujours travaillé pour la production.

    Pour Silvia Federici6, cette division sexuelle du travail s’installe comme un élément fondamental dans le passage du féodalisme au capitalisme. Les relations de genre sont alors remodelées en profondeur, la lente exclusion des femmes du domaine public accompagnant l’émergence des rapports de production capitalistes.

    #production #reproduction #féminisme


  • R.F. et Bruno Astarian - Ménage à trois: Episode 9 – Printemps Égyptien 2011–2013 (deuxième partie)

    Dans la première partie de ce texte, il s’est agi d’identifier les composantes et le devenir du capitalisme égyptien à la veille du Printemps Égyptien, puis de reconstruire la séquence des événements qui se sont déroulés de janvier-février 2011 au coup d’État de juillet 2013 et à la période immédiatement suivante. Dans cette deuxième partie, nous nous attacherons à une analyse d’ensemble de ces événements sous leurs différentes facettes.

    #Égypte #théorie #communisme #communisation

    http://www.hicsalta-communisation.com/accueil/menage-a-trois-episode-9-printemps-egyptien-2011-2013-deuxie


  • Dauvé versus Marx
    http://libcom.org/blog/dauve-versus-marx-31072018

    In critiquing Silvia Federici’s Caliban and the Witch Gilles Dauvé highlights limitations in his own conception of the creation of the proletariat internationally, and his understanding of Marx’s work on slavery. These limitations are not unique to Dauvé, but as someone libcom cites as an influence, especially due to his insistence on the proletariat as a negative rather than positive category, and who has been influential on the communisation tendency generally, we should expect better.

    #communisme #théorie #esclavage #histoire


  • Traduction française de l’entretien avec Silvia Federici paru dans la Wochenzeitung :
    http://dndf.org/?p=17003

    WOZ : Silvia Federici, vous êtes une féministe marxiste. Qu’avez-vous hérité de Marx ?

    Silvia Federici : Je ne me qualifie pas comme une féministe marxiste, même si d’autres le font. Je me sépare de Karl Marx sur des points fondamentaux, bien que son analyse ait fortement influencé mon travail. Nous avons besoin de Marx pour comprendre notre monde actuel et la dynamique de la perpétuation du capitalisme. Marx a apporté une contribution majeure à la théorie féministe – par exemple, avec sa thèse centrale qu’il n’y a pas de « nature humaine », mais qu’à travers certaines luttes et en fonction des conditions historiques, les gens se font ce qu’ils sont. Cela nous a aidées à briser l’image de l’éternelle féminité et de sa conception essentialiste.

    #féminisme


  • NORTHUP Solomon – Douze ans d’esclavage
    https://yekrikyekrak.wordpress.com/2018/07/08/northup-solomon-douze-ans-desclavage

    Le récit de S. Northup est riche dans sa manière factuelle et intellectuelle d’aborder les différents éléments de l’esclavage. Il nous relate précisément sa condition d’homme libre, son enlèvement, les différentes plantations sur lesquelles il travaille, les comportement des maîtres, les enjeux économiques, les mutations sociales et politiques de l’époque. C’est un récit très documenté y compris sur la culture du coton et de la canne à sucre. À cette photographie des États-Unis du Sud au milieu du XIXème siècle, S. Northup interroge le rapport et la posture entretenus avec la notion d’esclavage. S. Northup est certes né libre mais son père l’a sensibilisé sur l’esclavage.

    #livres #édition #histoire #esclavage #États-Unis


  • R. F. - Bruno Astarian - Ménage à trois: Episode 8 – Printemps Égyptien 2011–2013 (première partie)
    http://www.hicsalta-communisation.com/accueil/menage-a-trois-episode-8-printemps-egyptien-2011-2013-premie

    Nous en venons au Printemps Égyptien, qui est sans doute le plus important de ceux que nous avons avons à traiter dans cette partie empirique sur les luttes de la classe moyenne, avec ou sans le prolétariat, au cours de la dernière décennie. Il serait impossible de traiter le sujet de façon exhaustive sans lui consacrer un livre entier. Nous nous sommes concentrés, dans le récit aussi bien que dans l’analyse, sur les phases et les aspects qui sont les plus fondamentaux du point de vue du thème qui nous occupe dans ce feuilleton. Nous verrons que le cas de l’Égypte présente quelques analogies avec celui de la Tunisie, dont la première est d’être un exemple d’interclassisme franc, manifeste. Mais il y a aussi des différences : l’histoire économique et sociale du pays, sa taille, la composition du prolétariat et des classes moyennes, les clivages internes à la classe capitaliste, etc. L’issue des luttes n’a pas été la même non plus. Surtout, le cas de l’Égypte fournit des indications utiles sur ce que nous appelons la rupture de l’interclassisme, lorsque la classe moyenne salariée en lutte se désengagera de son association avec le prolétariat pour se ranger derrière les militaires. Voyons ça de plus près.

    #théorie #communisme #communisation #Egypte


  • Traduction italienne de Quand meurent les insurrections de Gilles Dauvé :
    http://illatocattivo.blogspot.com/2018/06/quando-muoiono-le-insurrezioni.html

    1917-1937: vent’anni che hanno fatto tremare il mondo. Lo strascico degli orrori del fascismo, la Seconda guerra mondiale e gli sconvolgimenti che ne seguirono, furono l’effetto di una gigantesca crisi sociale, apertasi con le insurrezioni del 1917 e chiusa dalla Guerra di Spagna.

    #théorie #communisation #communisme


  • De l’émeute : l’Histoire et son Sphinx
    http://www.platenqmil.com/blog/2018/06/10/de-lemeute--lhistoire-et-son-sphinx

    Viennent ensuite les commentateurs pour qui les émeutiers sont des égarés, plutôt que le reflet de l’idéologie capitaliste. Pour ces essayistes, les émeutes sont une machine lancée sur une mauvaise trajectoire. L’échec est alors plus largement imputable à une gauche radicale en déréliction, incapable d’avancer une « alternative » ou un « programme politique » à même de canaliser, structurer et enfin diriger la rage des émeutiers. Žižek demande : « Qui réussira à diriger la rage des pauvres ? » Oubliez la possibilité que les pauvres puissent diriger leur propre rage.

    Il est facile de repérer les grandes lignes foncièrement condescendantes, communes à toutes ces réactions. A chaque fois, l’intellectuel attribue une sorte de fausse conscience aux émeutiers, afin de se rendre, lui (et c’est généralement lui), d’autant plus indispensable en tant que voix de l’autorité vacante. Ces intellectuels entendent dans les émeutes une question à laquelle ils se doivent de répondre. Ils ne réalisent pas que les émeutes sont plutôt une réponse à la question qu’ils se refusent à poser.

    #théorie #communisme

    • Pour la liaison, réflexion, car lu récemment :
      https://seenthis.net/messages/695845

      L’impuissance satisfaite du citoyennisme a beaucoup contribué à la (re)naissance d’un courant insurrectionnaliste dans les années 2000. Beaucoup de jeunes ont été séduits par des discours qui exaltaient l’affrontement avec la police lors du contre-sommet de Gênes en 2001, les émeutes de banlieues en 2005, la casse en marge de défilés syndicaux pacifiques et répétitifs. Il en est sorti une mouvance porteuse d’une critique foisonnante de la vacuité de l’existence sous le capitalisme et qui prétend avoir trouvé la panacée pour exercer un pouvoir sur sa vie et sur le cours du monde.

      […]

      Face à la vague sécuritaire, à l’omniprésence de la police, à la prolifération du contrôle électronique, imaginer des stratégies de subversion n’est pas simple. Mais ce qui est sûr c’est que l’appel à l’affrontement systématique avec les forces de l’ordre, au saccage et à l’émeute comme moyens de constituer une opposition à l’oppression actuelle, est fallacieux. S’il s’entend à la lettre comme un appel au combat physique, étant donné le déséquilibre des forces, c’est un appel au sacrifice. S’il s’entend de manière métaphorique, il dessert la révolte qu’il entend susciter car il insiste sur un moment de la lutte politique qu’il sacralise alors que ce n’est pas le plus important.

      La violence est parfois une exigence morale ou stratégique. Autour du chantier TGV Lyon-Turin, des trains de déchets nucléaires, (de la ZAD de Notre-Dame des Landes), le fait de tenir tête aux forces de l’ordre et d’infliger des dommages matériels peut marquer les esprits et faire exister un rapport de forces. Comment la violence pourrait-elle être exclue par un mouvement d’opposition puisque l’Etat de son côté ne l’exclut jamais ?

      Le pacifisme bêlant est exaspérant, mais la fétichisation de la violence qui figure l’affrontement avec l’appareil de répression comme une jouissance est franchement tendancieuse. Quand l’heure arrive de s’amuser dans les batailles rangées avec la police, c’est en règle générale par la grâce du travail politique accompli en amont, grâce à l’information, au débat, à des actions étayées par une parole publique, qui ont donné au combat une légitimité populaire telle que les autorités ne peuvent réprimer au-delà d’un certain point.

      Adopter l’émeute comme stratégie signifie qu’il n’y a plus rien à espérer et à construire ici-bas. Bien que la configuration politique contemporaine soit, à bien des égards, désespérante, ce n’est pas notre avis.


  • Exposition sur le MLF #Genève au Centre d’art contemporain, vernissage aujourd’hui :
    https://lecourrier.ch/2018/06/05/plongee-artistique-dans-le-combat-feministe

    Le projet est signé Rosa Brux, collectif d’artistes actuellement en résidence au Centre d’art contemporain. Intéressé par les thématiques politiques et sociales, pratiquant un art tout en transversalités, il co-organise en ce moment une permanence juridique destinée aux artistes (Le Courrier du 28 mars). Et vient de clore une exposition autour des changements politiques et sociaux en Helvétie dès 1968, montrée au Centre culturel suisse de Paris. Elle partait des Archives contestataires de Carouge, qui fournissent également la matière exposée à Genève, entre 1968 et 1986, « sous la forme de facsimilés – les originaux ne sortent pas de l’institution », précise Rosa Brux, en l’occurrence Jeanne Gillard, Clovis Duran et Nicolas Rivet.

    #féminisme


  • Interview avec Silvia Federici dans la Wochenzeitung :
    https://www.woz.ch/1822/durch-den-mai-mit-karl-marx-5/die-halten-uns-wirklich-fuer-bloed

    Also ich bezeichne mich nicht als marxistische Feministin, auch wenn andere das tun. Von Karl Marx trennen mich elementare Unterschiede, dennoch hat seine Analyse meine Arbeit stark geprägt. Wir brauchen Marx, um unsere gegenwärtige Welt und die Dynamiken des sich perpetuierenden Kapitalismus zu verstehen. Marx hat einen grossen Beitrag an die feministische Theorie geleistet – zum Beispiel mit seiner zentralen These, dass es keine «menschliche Natur» gibt, sondern dass sich Menschen durch gewisse Kämpfe und in Abhängigkeit von den historischen Bedingungen zu dem machen, was sie sind. Dies hat uns Feministinnen geholfen, das Bild der ewigen Weiblichkeit und eine essenzialistische Auffassung des Frauseins zu durchbrechen.

    #féminisme #communisme


  • Une thèse émeutiste
    http://blog.tempscritiques.net/archives/2058

    Contrairement à l’insurrection (qu’on nommait jadis une « émotion sociale ») qui peut, dans certaines conjectures historiques être annonciatrice de bouleversements politiques et sociaux, l’émeute est immédiatiste ; elle n’est pas porteuse d’un horizon, d’une visée, d’une autre voie pour les émeutiers et les autres humains. L’acte émeutier contient son commencement et sa fin ; il est clos sur lui-même. Expression d’une révolte instantanée et momentanée, l’émeute ne contient pas de médiation autre que sa propre immédiateté. En ce sens, le sous-titre du livre de Clover : « Une nouvelle ère des soulèvements » n’est pas approprié à son objet car au-delà de leurs particularités conjoncturelles, les émeutes comportent une dimension d’invariance historique, de répétition, qui ne permet pas, en tant qu’émeutes, de définir une période historique.

    #livre #édition #théorie #communisme


  • Recension de Tout ce qui est solide se volatilise :
    http://www.lm-magazine.com/blog/2018/06/02/solide-se-volatilise

    S’appuyant sur une foule d’écrivains et de penseurs, Marshall Berman (1940-2013) ausculte les notions de modernité, de modernisme. Ces deux questions étaient souvent vues sous un angle strictement artistique. Le philosophe américain va plus loin, interrogeant ce que signifie vivre dans une métropole moderne. Cette dernière façonne nos déplacements et, avec, nos existences elles-mêmes.

    #livres #édition #philosophie #littérature #modernité


  • À cause d’un accident, Joshua Clover ne pourra malheureusement pas venir présenter son livre en Europe. On lui souhaite bon rétablissement ! Uniquement les dates à Marseille et Genève sont maintenues :
    http://entremonde.net/actualite

    mercredi 13 juin 2018
    Rencontre avec les éditions Entremonde et le traducteur à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    19H00 la librairie L’Hydre aux mille têtes, 96, rue Saint Savournin, Marseille
    vendredi 8 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    20H00 La Parole errante, coorganisé avec le café librairie Michèle Firk, 9, rue François Debergue, Montreuil
    lundi 11 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    19H00 la Maison de la Grève, 37, rue Legraverend, Rennes
    vendredi 15 juin 2018
    Rencontre avec les éditions Entremonde à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    18H30 la librairie Oraibi + Beckbooks, 10, rue des Vieux-Grenadiers, Genève
    samedi 16 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    19H00 l’ERG, 87, rue du Page, Bruxelles
    dimanche 17 juin 2018
    ANNULÉE ! Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Suivi de la projection de The Spook Who Sat by the Door

    20H00 la Cafétéria Collective Kali, 32, rue Saint-Thomas, Liège
    mercredi 20 juin 2018
    ANNULÉE ! Séminaire Conséquences — Rencontre avec Joshua Clover à l’occasion de la sortie de L’Émeute prime

    Information sur le lieu à venir

    19H00 Paris

    #livres #édition #théorie #communisme #communisation


  • Organize. Strike. Organize
    Review of Riot. Strike. Riot
    https://www.jacobinmag.com/2018/05/riot-strike-riot-joshua-clover-review

    In his lively and engaging book Riot. Strike. Riot, Joshua Clover presents a unique (and avowedly Marxist) argument for why he thinks employed workers are less likely to be the source of social upheaval and why, he argues, riots are replacing strikes as the major expression of social revolt in today’s turbulent capitalism.

    There is a lot of interesting and original material in this book. Much of what Clover says about the turbulence of contemporary capitalism and even its apparent slowing down is on the money, even if one disagrees with some specifics of his analysis. More than that, he points to a rise in social struggle, a promise that everyone on the Left is certain to relish.

    #livres #édition #théorie #communisme #communisation


  • Les #éditions Entremonde seront présentes au Petit Salon du livre politique au Lieu dit à #Paris
    http://lelieudit.com/La-onzieme-edition-du-petit-salon-du-livre-politique

    Ce salon réunit une quinzaine d’éditeurs qui tous, quelle que soit leur taille, consacrent une partie importante de leur catalogue à « la politique », c’est-à-dire à la critique de l’ordre existant et aux moyens d’en sortir.

    Histoire, sociologie, philosophie, ethnographie, la plupart des disciplines qu’on regroupe sous le nom bizarre de « sciences humaines » y sont représentées. Peu d’ouvrages académiques, davantage de #livres subversifs (pour éviter de les appeler « militants » ou « engagés ».)

    http://lelieudit.com/La-onzieme-edition-du-petit-salon-du-livre-politique


  • Dès demain dans votre librairie rouge du coin : Joshua Clover - L’Émeute prime

    L’émeute est géné­ra­le­ment négli­gée par les marxis­tes, taxée d’apo­li­tisme et ren­voyée à l’ins­tant pur, à la spon­ta­néité. Joshua Clover s’atta­che à la théo­ri­ser et à com­pren­dre la suc­ces­sion des formes de contes­ta­tion dans la longue durée. Quand le capi­ta­lisme appa­raît, l’émeute est la forme de lutte domi­nante, s’atta­quant à la cir­cu­la­tion des mar­chan­di­ses. Puis, au moment de la révo­lu­tion indus­trielle et jusqu’à l’immé­diate après-guerre, la grève lui suc­cède, avec cette fois la sphère de la pro­duc­tion en ligne de mire. Depuis les années 1960 à 1970, une période mar­quée par la désin­dus­tria­li­sa­tion, le chô­mage de masse et le ralen­tis­se­ment de l’accu­mu­la­tion en Occident, l’émeute rede­vient la forme de contes­ta­tion par excel­lence ; cette émeute nou­velle, c’est l’émeute prime.

    http://entremonde.net/l-emeute-prime

    #livres #édition #théorie #communisme #communisation


  • Des extraits de #Théorie communiste n° 26 :
    http://dndf.org/?p=16870

    A la fin des années 1970 / début années 1980 (concomitance des grèves de l’automobile et des Marches sur laquelle nous n’insisterons jamais assez), deux phénomènes sociaux se rencontrent. D’une part, la fin de l’identité de l’immigré par le travail à laquelle se substitue la culturalisation de celui-ci et de sa descendance (leur présence irréversible) et, d’autre part (les deux ne sont sans liens, mais aucun n’est la cause de l’autre), la restructuration du mode de production capitaliste, la mise en place d’un nouveau paradigme de l’achat-vente de la force de travail, de sa précarisation et flexibilisation généralisée, la transformation des types d’emplois avec une désindustrialisation relative. Ce nouveau paradigme fixe la culturalisation qui devient essentielle et le marqueur des modalités d’utilisation de ceux et celles qui sont ainsi désigné.e.s. L’immigré n’est plus défini par le travail qu’il occupe, sa « présence transitoire », sa marginalité dans la société française qui le laissait quasi extérieur à la plupart des aspects de la vie sociale, culturelle et associative sans parler de la vie politique. C’est maintenant ce marqueur qui, quoi qu’il fasse lui colle à la peau, qui définit les emplois qui seront les siens, sa discrimination résidentielle, scolaire, la pression administrative et policière. Il est « d’ici », mais à tout moment on peut revenir sur le code de la nationalité, déposer des projets de loi sur la double nationalité qui n’aboutissent pas mais existent cependant, promulguer des mesures instituant la « double peine », créer un débat national sur « l’identité française », investir un Comité de sages sur la laïcité. Tout cela crée une suspicion, une instabilité et une discrimination aussi constantes les unes que les autres dont la situation des sans-papiers est le modèle paroxystique.

    #communisme #communisation #racialisation #genres


  • Les éditions Entremonde seront présentes au Salon du Livre anarchiste de #Berne :
    https://buechermesse.ch/?lang=fr

    Le salon du livre offre un éventail des publications anti-autoritaires, de sensibilité anarchiste ou proche des anarchistes, émanant d’éditions ou de groupes venus de Suisse, d’Allemagne, de France, d’Italie, etc. Autour du salon se tiennent des exposés et des débats, des lectures, des concerts…

    #livres #édition #anarchisme #Suisse


  • L’actualité de Karl Marx
    https://lecourrier.ch/2018/04/29/lactualite-de-karl-marx

    Quelques mois avant sa mort, Karl Marx aurait déclaré : « Tout ce que je sais, c’est que je ne suis pas marxiste. » Friedrich Engels s’en explique dans une lettre à Conrad Schmidt du 2 août 1890 : alors qu’il appelle à « réétudier toute l’histoire », un « domaine est infiniment vaste », il déplore que « les phrases vides sur le matérialisme historique (…) ne servent qu’à faire (…) de connaissances historiques relativement maigres (…) une construction systématique artificielle et à se croire ensuite des esprits tout à fait puissants ».

    Par déférence envers son compagnon décédé, dans une lettre du 27 août à Paul Lafargue, Engels revient sur le surprenant dédain du vieux Marx à l’égard du « marxisme » et rappelle la remarque désabusée de l’écrivain allemand Heinrich Heine : « J’ai semé des dragons et j’ai récolté des puces. » Pourquoi cet héritage difficile ? Parce que de jeunes bourgeois déclassés se sont pressés pour occuper les postes rétribués et gratifiants à la tête des journaux sociaux-­démocrates qui se multipliaient alors en Allemagne, formant ainsi une bureaucratie intellectuelle naissante.


  • Ce soir à #Bruxelles : Rencontre avec Julien Guazinni et les #éditions Entremonde : « Tout ce qui est solide se volatilise »
    http://www.librairie-par-chemins.be

    Nous avons le plaisir de vous inviter, le vendredi 20 avril à 19h, à rencontrer et discuter avec Les Éditions Entremonde et Julien Guazinni, traducteur de l’essai de Marshall Berman : « Tout ce qui est solide se volatilise. L’Expérience de la modernité« .

    Londres et New York se réin­ven­tent, Saint-Pétersbourg sort de terre. La marche en avant de la moder­ni­sa­tion exhume des navi­res de pierre depuis les marais de la Neva ou fait flot­ter des palais de cris­tal dont les ver­riè­res cap­tu­rent les étincelles solai­res d’un monde en révo­lu­tion. Mais la moder­nité détruit et se dévore elle-même, elle menace tout ce qui semble soli­de : d’abord les hommes à son ser­vice et plus tard les formes mer­veilleu­ses qu’elle aura enfan­tées.
    C’est l’ambi­va­lence – le regard chan­geant des grands témoins, de Pouchkine, Marx, Dostoïevski ou Baudelaire – que ce livre inter­roge. Au cœur des métro­po­les, les trans­for­ma­tions urbai­nes façon­nent le mode de vie, le reflè­tent, mais four­nis­sent aussi les armes de sa sub­ver­sion. Les bou­le­vards de Haussmann liqui­dent une exis­tence étouffante et unis­sent le pro­lé­ta­riat pari­sien, tout en l’excluant de la scène qu’illu­mine le moder­nisme. Le maca­dam s’ins­talle, les voi­tu­res accé­lè­rent et le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel).
    Voilà un livre d’aven­tu­res, de celles que le siècle pré­cé­dent et celui d’avant encore pro­met­taient, à l’huma­nité entière, à la raison, à l’art. Des aven­tu­res en forme de villes nou­vel­les, des ave­nues tra­cées depuis la péri­phé­rie jusqu’aux cœurs des hommes, des artè­res du chan­ge­ment et de la moder­ni­sa­tion : des feux d’arti­fice dont les lueurs sus­ci­taient l’effroi et la fas­ci­na­tion.

    #livres #urbanisme #gentrification #philosophie #littérature


  • Marshall Berman - Tout ce qui est solide se volatilise. L’Expérience de la modernité
    http://entremonde.net/tout-ce-qui-est-solide-se

    Londres et New York se réin­ven­tent, Saint-Pétersbourg sort de terre. La marche en avant de la moder­ni­sa­tion exhume des navi­res de pierre depuis les marais de la Neva ou fait flot­ter des palais de cris­tal dont les ver­riè­res cap­tu­rent les étincelles solai­res d’un monde en révo­lu­tion. Mais la moder­nité détruit et se dévore elle-même, elle menace tout ce qui semble soli­de : d’abord les hommes à son ser­vice et plus tard les formes mer­veilleu­ses qu’elle aura enfan­tées.
    C’est l’ambi­va­lence – le regard chan­geant des grands témoins, de Pouchkine, Marx, Dostoïevski ou Baudelaire – que ce livre inter­roge. Au cœur des métro­po­les, les trans­for­ma­tions urbai­nes façon­nent le mode de vie, le reflè­tent, mais four­nis­sent aussi les armes de sa sub­ver­sion. Les bou­le­vards de Haussmann liqui­dent une exis­tence étouffante et unis­sent le pro­lé­ta­riat pari­sien, tout en l’excluant de la scène qu’illu­mine le moder­nisme. Le maca­dam s’ins­talle, les voi­tu­res accé­lè­rent et le vieux Paris n’est plus (la forme d’une ville change plus vite, hélas ! que le cœur d’un mortel).
    Voilà un livre d’aven­tu­res, de celles que le siècle pré­cé­dent et celui d’avant encore pro­met­taient, à l’huma­nité entière, à la raison, à l’art. Des aven­tu­res en forme de villes nou­vel­les, des ave­nues tra­cées depuis la péri­phé­rie jusqu’aux cœurs des hommes, des artè­res du chan­ge­ment et de la moder­ni­sa­tion : des feux d’arti­fice dont les lueurs sus­ci­taient l’effroi et la fas­ci­na­tion.

    Votre camarade libraire l’aura dès le 13 avril.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Marshall_Berman
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Tout_ce_qui_est_solide_se_volatilise

    #urbanisme #modernité #philosophie #littérature