• Combler le fossé conceptuel : une réponse aux « Remarques sur le genre » de Cinzia Arruzza
    http://dndf.org/?p=14212

    Ce rejet du genre et de la race hors du cadre de la logique interne du capital n’est pas particulier à Arruzza. C’est une pratique courante au sein du féminisme marxiste, ainsi que dans d’autres courants qui tentent de faire valoir l’importance d’axes de violence, d’oppression ou d’exploitation au-delà de la classe (par exemple, la race, la sexualité, le genre) dans le mode de production capitaliste. La possibilité que le genre et la race soient en quelque sorte inhérents à la logique interne du capital n’est pas rejetée parce que les tentatives de le prouver ont échoué , elle est rejetée à priori, avant toute tentative. Les hypothèses qui placent le genre ou la race à l’intérieur de la structure logique essentielle du capital sont si rares ou impopulaires que les critiques marxistes comme Arruzza ne sentent même pas la nécessité d’argumenter contre cette possibilité. Il est tenu pour acquis que ces relations ne figurent pas dans la logique interne du Capital , dans la structure abstraite du cœur du capitalisme.

    #théorie #communisme #communisation

  • Interfoto s’expose
    http://renverse.ch/Geneve-Interfoto-s-expose-142

    L’agence Interfoto, créée en 1976 par un groupe de photographes non-professionnels proches des organisations de gauche, expose ses clichés au Centre de la #photographie de #Genève. Petit récit subjectif d’une visite impromptue de cette exposition.

    Un lundi après-midi, sous un soleil qui tape, j’erre entre les galeries d’art vides de la Jonction. Des branchouillards fument devant des graffitis sur toile pendant que des étudiants fument devant leur école de commerce. Le prochain bus qui peut m’extraire de cet enfer propre-sur-lui ne passe que dans 15 minutes ; je décide de marcher un peu. Mes pieds me mènent devant le MAMCO où des gens s’affairent à démonter les restes de la bétaillère festive du week-end. Et là, en lettres grasses et majuscules, je lis « Exposition INTERFOTO ». Attiré, je me faufile dans cet espace sans âme, et entame la visite, seul.

  • Les éditions Entremonde seront présentes au Salon du livre anarchiste à Berne
    http://buechermesse.ch/?lang=fr

    Le salon du livre anarchiste

    Cette année, le salon se tient à Berne autour du week-end de l’ascension, du 15 au 17 mai. La frontière linguistique s’éloigne quelque peu, mais le salon reste trilingue (allemand, français et italien). Des stands de livres de quelque 20 exposants vous y attendent, de même que des exposés avec débats, des lectures, des concerts, un bistrot sympa et des projections au cinéma de la Reitschule.

    #livres #édition #Berne #Suisse

  • Johnnie B. Smith
    http://www.foxylounge.com/Johnnie-B-Smith

    Un des derniers enregistrements de chants de travail de prisonniers noirs américains refait surface grâce au label #Dust-to-Digital. En 1933, Alan Lomax et son fils John, ont été les premiers a enregistrer ces chants de travail, en allant à la rencontre des prisonniers dans les équipes de constructions des routes ou les groupes de travailleurs agricoles. Les pénitenciers du sud des États-Unis recréaient alors la brutalité des plantations esclavagistes. Sous la surveillance d’hommes blancs armés, des (...)

    / #blues, #musiques, #soul, #work_chants, #spirituals, #USA, #Southern_Comfort, Subcultures & ways of life, #folk, (...)

  • Radical America (1967-1987) : redécouvrir une tradition révolutionnaire. Entretien avec #Paul_Buhle
    http://revueperiode.net/radical-america-1967-1987-redecouvrir-une-tradition-revolutionnaire-en

    Radical America a pris naissance en 1967 à l’initiative de Paul Buhle. Cette revue d’histoire radicale a mené des enquêtes approfondies et novatrices sur les luttes sociales de l’époque (des luttes de libération noires aux mouvements féministes), fait retour sur l’histoire sociale et politique américaine et a fait connaître aux États-Unis des courants politiques émergents comme l’autonomie ouvrière italienne. Cet entretien avec Paul Buhle est l’occasion de revenir sur cette expérience importante de la #nouvelle_gauche_étudiante des années 1960-1970, sur la conjoncture historique qui l’a vue naître, et sur ce que pourrait signifier un usage radical et révolutionnaire de l’histoire des luttes sociales. Radical America ou l’idée d’un « passé à réactiver », comme pour mieux insister sur les temporalités (...)

    #Uncategorized #autonomie #enquête_ouvrière

  • Contre le racisme et l’égalité abstraite des hommes
    http://dndf.org/?p=14203

    Le racisme ne découle pas d’un manque d’information ou de la diffusion de fausses informations. Il joue cependant un rôle crucial dans l’imposition des contraintes et des normes du procès de production capitaliste et de la société bourgeoise. Dans le capitalisme, une discipline (du travail) sévère est imposée à l’individu, et il doit l’intégrer pour arriver à réussir face à la concurrence omniprésente. Chacun de ceux qui vivent dans ce si triste pays et doivent s’imposer les contraintes du quotidien le sait bien, et il ne s’agit pas seulement des contraintes du monde du travail. Dans la concurrence quotidienne, chacun doit s’affronter à l’autre et se défendre en permanence contre les autres dans une compétition pour satisfaire aux besoins de valorisation du capital. Les envies qui vont à son encontre sont inacceptables et souvent attribuées à des collectifs imaginaires. On connaît bien tout ce discours : ce sont les « parasites sociaux » « paresseux » et « criminels ». Peu importe, dans la logique de cette pensée social-chauvine, que tel ou tel groupe soit concrètement visé. Les individus qui, pour quelque raison que ce soit, ne peuvent pas correspondre aux impératifs de valorisation du capital sont disqualifiés par la pensée raciste. En outre, surtout en temps de crise, il y a une grande peur de la relégation sociale omniprésente dans le combat de tous les jours et, comme d’habitude, ce sont ceux qui sont un peu plus bas dans l’échelle sociale qui sont visés par les attaques toujours plus violentes. On ne peut pas vraiment nier non plus que cette peur a un fondement matériel : dans les crises, que le capitalisme produit en permanence de façon inéluctable, beaucoup d’individus ne se préoccupent guère que du soin de leur propre existence. Ceux qui sont menacés de déclassement social guettent avec peur et dédain ceux que la société a placé aux échelons plus bas que le leur ; ceux à qui est échu un sort encore pire dans la ségrégation sociale et dont la situation pourrait représenter leur propre avenir.

    #racisme #antiracisme

  • Thomas Perrodin, la beauté du geste
    http://www.lecourrier.ch/129769/thomas_perrodin_la_beaute_du_geste

    Il s’avoue discret, communique peu sur son travail : « Je n’ai pas facebook, juste un blog. » Son empreinte graphique est néanmoins omniprésente, sur les flyers et programmes de l’organisateur de concerts Kalvingrad et du cinéma Spoutnik, à l’Usine, ceux de l’Ecurie des Cropettes, et sur les affiches tour à tour abstraites et trash, monumentales et racées, qui annoncent les concerts de la Cave12. Entièrement réalisées à la main, du dessin au tirage en sérigraphie, elles sont limitées à une trentaine d’exemplaires. Cet artisanat imprègne chaque centimètre de l’espace que Thomas Perrodin partage, au deuxième étage de l’Usine, avec l’atelier Crache Papier et son camarade Yannis La Macchia, auteur et éditeur de BD, cofondateur du collectif Hécatombe, ­actif dans la microédition – la production de livres et objets graphiques hybrides, souvent uniques. La microédition a sa vitrine, le Monstre Festival, qui occupe une fois l’an tout le bâtiment et plusieurs lieux associés. L’idée a germé dans cet atelier, au milieu des tables à dessin, racles d’impression, pots de peinture et solvants, et même un Kärcher dont Thomas Perrodin ­utilise la pression du jet d’eau pour réaliser ses œuvres les moins cadrées.

    #graphisme #Genève

  • A bas le nationalisme ! Assez de pogroms, massacres et déportations !
    http://www.non-fides.fr/?A-bas-le-nationalisme-Assez-de

    A Arcachon, quatre cents travailleurs allemands et mille juifs français font grève pour une meilleure alimentation. Dix Allemands et vingt-cinq Juifs ont été fusillés mais la grève continue. Les Allemands partagent la nourriture avec les Juifs car les SS ont interdit la distribution de vivres aux Juifs. Les ouvriers français et étrangers s’entendent dans la lutte contre les gendarmeries française et allemande.
    Des ouvriers allemands désertent, la résistance passive s’étend dans le pays. Tous les mois, des milliers et des milliers d’hommes sont fusillés. Dans le monde entier, il y a beaucoup de grèves et de luttes. La guerre impérialiste se transforme en guerre civile contre les bourreaux capitalistes.

    #histoire

  • Revenu garanti, salaire social… un tour d’horizon critique
    http://www.tantquil.net/2015/05/05/revenu-garanti-salaire-social-un-tour-dhorizon-critique

    Une des premières manifestations du revenu garanti vient d’économistes entre le keynésianisme et le libéralisme. Parmi eux on peut citer Tobin, l’inventeur (libéral) de la taxe qui porte son nom. Celui ci avait notamment persuadé le candidat démocrate aux élections présidentielle américaine de 1972 Mac Govern d’inclure le revenu garanti à son programme. Raté, ce fut l’une des plus cuisantes défaites des démocrates, face au républicain Nixon.

    En résumé (avec plus ou moins d’emballage) ce type de revenu est un parachute minimum qui permet d’avoir de quoi survivre très chichement. En échange, plus question de sécu, de retraites, etc : prend l’oseille et tire toi !

    Si on met de côté les tenants libéraux d’un revenu minimal de base, en réalité une arme pour démanteler les couvertures sociales actuelles et faire pression sur les salaires, on peut énumérer trois différentes propositions de salaires garantis.

    #économie #communisme

  • D’une mutation anthropologique
    http://acontretemps.org/spip.php?article565

    Sur les luttes sociales de la fin de l’époque médiévale, les processus d’expropriation qui se développent en Europe à la fin du XVe siècle, la « lutte contre le corps rebelle » et la « grande chasse aux sorcières », les réflexions de Silvia Federici entrent souvent en écho avec les travaux de certains théoriciens classiques de l’École de Francfort, mais aussi avec les théoriciens de la critique de la valeur (Krisis, Anselm Jappe, Gérard Briche, etc.). L’historienne s’efforce de démontrer comment, à partir du XVIe siècle et tout au long du XVIIe, se mettent en place, au nom de la rationalité et du principe de rendement, des politiques étatiques qui bénéficieront, au XIXe siècle, des conditions historiques de leur triomphe avec, notamment, la constitution du mythe de l’État-Nation fonctionnant comme instrumentalisation de l’histoire (le roman national) et de la géographie (le mythe des frontières naturelles). Cette forme d’expression d’une rationalité exclusive et hégémonique – culte du progrès, de l’efficience et de la performance – représente une forme de paradigme que l’on peut tout aussi bien décliner pour comprendre notre époque. Dans la continuité de Marx, Silvia Federici se concentre sur la période anglaise des « enclosures », période durant laquelle les grands propriétaires fonciers clôturent les terres qui appartenaient à la communauté paysanne afin de rentabiliser l’élevage des moutons. Avec les « enclosures » s’amorce, à la fin du XVe siècle, en Angleterre, un mouvement de privatisation des terres qui se développera aux XVIe et XVIIe siècles. Le développement du salariat – et surtout la primauté accordée à la valeur d’échange sur la valeur d’usage, qui induit une relation au travail marquant la fin du monde médiéval – annonce le début d’une ère nouvelle. Cette mutation économique, sociale et idéologique, insiste l’historienne, va aussi transformer, pour les besoins de la rationalisation capitaliste de la production, le corps en « machine-travail » : il sera dès lors « travaillé » par une logique propre au processus de création de la valeur. De plus en plus subordonné « à un procès de travail reposant sur des formes uniformes et prévisibles », le corps « pourra donc devenir un outil s’ouvrant aux infinies possibilités des manipulations uniformes et prévisibles ». Cette mutation va de pair avec la création d’un État dont Hobbes fut, avec son Léviathan, le théoricien.

    #histoire #anthropologie

  • Lire : Silvia Federici, « Caliban et la Sorcière »
    http://www.alternativelibertaire.org/?Lire-Silvia-Federici-Caliban-et-la

    Les éditions Entremonde et Senonevero ont publié, en avril 2014, la traduction de l’ouvrage de Silvia Federici, Caliban et la Sorcière, sous-titré Les femmes, les corps et l’accumulation primitive et paru en 2004 dans sa version anglaise.

    L’objectif de l’auteure est d’envisager la transition entre le féodalisme et le capitalisme (de la fin du XVe siècle à la fin du XVIIIe siècle) par le biais de l’histoire des femmes. Elle y développe la thèse selon laquelle l’oppression des femmes a joué un rôle dans l’émergence du capitalisme et dans l’accumulation primitive du capital, au même titre que le mouvement des enclosures, la colonisation du Nouveau Monde et la révolution industrielle. En gros, elle ne propose rien de moins que d’ajouter un chapitre au Capital !

    #histoire #féminisme

  • Encore Blackout
    http://www.lesaltimbanque.com/?_escaped_fragment_=food/c1jo3#!food/c1jo3

    Blackout, c’est un projet au long cours entre le contrebassiste Vincent Bertholet de l’Orchestre tout puissant Marcel Duchamp et l’auteur-metteur en scène Jérôme Richer. Ils travaillent comme un groupe de rock. Ils répètent dans une cave quand ils en ont le temps. Leur volonté est de proposer une lecture-spectacle qui s’apparente plus à un concert qu’à une pièce de théâtre.

    Blackout, c’est un poème de l’auteur italien Nanni Balestrini. Une tentative de remémoration des dix années de lutte de la gauche extra-parlementaire dans les années 1970 en Italie à base de collages, répétitions, télescopages de son et de mots. Un poème révolutionnaire tant dans son contenu que dans sa forme qui a son origine dans un concert hommage lié à la mort du chanteur Demetrio Stratos (du groupe Area).

    https://www.youtube.com/watch?v=5XYcAYKUL-A

    Une troisième lecture aura lieu au Salon du Livre de Genève le 1er mai à 20h : http://www.salondulivre.ch/fr/agenda/le-cercle

    #poésie #musique #Italie

  • Les éditions Entremonde seront au Salon du Livre de Genève au stand du Cercle de la Librairie et de l’édition de Genève
    http://www.salondulivre.ch/fr

    Rendez-vous culturel incontournable en Suisse romande, le Salon du livre et de la presse de Genève accueille, chaque printemps, quelque 100’000 amoureux des mots. C’est ainsi que se retrouvent pendant cinq jours, lecteurs, auteurs, éditeurs, libraires, médias dans un esprit convivial où le plaisir, l’échange et la découverte règnent en maîtres.

    Près de 2’300 animations sont proposées en cinq jours aux adultes et au jeune public : séances de dédicaces, interviews, tables rondes, lectures publiques ou chuchotées, ateliers, dictées, expositions, spectacles, etc.

    http://www.cercledelalibrairie.ch

    #livres #édition #Suisse #Genève

  • Lecture musicale de Blackout à la Librairie du Boulevard ce vendredi
    https://www.facebook.com/events/1454313404860009

    Blackout, c’est un poème de l’auteur italien Nanni Balestrini publié aux Editions Entremonde (Genève). Une tentative de remémoration des dix années de lutte de la gauche extra-parlementaire dans les années 1970 en Italie à base de collages, répétitions, télescopages de son et de mots. Un poème révolutionnaire tant dans son contenu que dans sa forme qui a son origine dans un concert hommage lié à la mort du chanteur Demetrio
    Stratos (du groupe Area).

    Blackout, c’est aussi un projet au long cours entre le contrebassiste Vincent Bertholet de l’Orchestre Tout Puissant Marcel Duchamp et l’auteur-metteur en scène Jérôme Richer. Ils travaillent comme un groupe de rock. Ils répètent dans une cave quand ils en ont le temps. Leur volonté est de proposer une lecture-spectacle qui s’apparente plus à un concert qu’à une pièce de théâtre.

    http://librairieduboulevard.ch

  • To Be a Pilgrim
    http://www.metamute.org/editorial/articles/to-be-pilgrim

    Helen Macfarlane was a Chartist revolutionary. She was from a family of Scottish calico printers near Glasgow. Born in 1818, the same year as Karl Marx whose Communist Manifesto (1848) she was the first to translate into English (1850). She was well prepared for this, having been Hegel’s translator into English. In Vienna she participated in the 1848 Revolution, a ‘universal tumbling of impostors.’ She returned to England and worked with Marx and Engels. She lived in Lancashire and in London (Great Titchfield Street). After the collapse of the Chartist ‘Land Plan,’ she emigrated to Natal, South Africa, in 1852. (Her brother was an agent for an emigration company.) On the voyage out her husband abandoned her, her daughter perished in Durban, and she returned to England a year later and re-married, this time to a radical clergyman. She died at the age of 41 in 1860.

    #histoire #Angleterre

  • Sur la route du rêve américain, une caravane à la recherche des disparus
    http://www.bastamag.net/Sur-la-route-du-reve-americain-une-caravane-a-la-recherche-des-disparus

    Espérant une vie meilleure, des centaines de milliers de centraméricains traversent chaque année le Mexique pour tenter de rejoindre les États-Unis. Une route périlleuse où les migrants sont victimes des gangs, qui les rançonnent, les battent, les violent, les forcent à travailler ou les tuent. Depuis 10 ans, une caravane des mères des migrants disparus part à la recherche des fils ou des maris qu’elles n’ont jamais revus. Rencontre avec ces femmes qui se battent, entre détermination, colère et espoir. (...)

    #Résister

    / #Amériques, #Migrations, A la une, #Inégalités, #Droits_fondamentaux

  • L’éditeur et écrivain François Maspero est décédé
    http://www.ledevoir.com/culture/livres/437051/l-ecrivain-et-editeur-contestatraire-francois-maspero-est-mort

    À l’époque, en entrevue au Devoir, il analyse : « En France, dans les années 70, on a restructuré le secteur de l’édition sur le modèle économique général et essentiellement commercial de la compétition. Mais le livre le plus compétitif n’est pas forcément le plus intéressant à long terme. On encourage de cette façon la production d’un livre consommable très rapidement, mais pas celle d’une livre qui apporte à la vie culturelle ou à la recherche. Il y a eu une stérilisation terrible de la production littéraire en France. »

    #édition #livres #France #histoire

  • L’An 02 — Caliban et la sorcière
    http://www.lan02.org/2015/04/caliban-et-la-sorciere

    C’est bien le capitalisme, main dans la main avec l’État naissant, dans toute l’Europe, qui a forgé le premier outil au service de son empire : le corps travailleur. Et pour le produire et l’entretenir, il a fallu la contribution gratuite et invisible de deux sortes d’esclaves : les femmes et leur ventre d’un côté ; les esclaves et colonisé·e·s qui produisent les marchandises à bon marché, rendant possible le maintien des bas salaires, de l’autre côté. Camarade gaucho-anarcho-viril (blanc), l’antiracisme et le féminisme ne seront jamais des luttes secondaires puisque c’est bien le racisme et le sexisme qui ont permis ce merdier.

    #femmes #sexisme #racisme #capitalisme #sorcières

  • Lénine et sa légende (Mattick, 1935)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/04/10/lenine-et-sa-legende-mattick-1935-2

    Plus le visage embaumé de Lénine jaunit et se parchemine, plus la queue des visiteurs à la porte de son mausolée s’allonge, et moins les gens s’intéressent au véritable personnage et à sa dimension historique. Chaque jour, de nouveaux monuments sont élevés à sa mémoire, des metteurs en scène en font le héros de leurs films, des livres sont écrits à son propos et les pâtissiers russes confectionnent des figurines de pain d’épice à son effigie. Mais les traits flous des Lénine en chocolat égalent bien les histoires inexactes et douteuses qui courent à son sujet. Et bien que l’Institut Lénine publie ses oeuvres complètes, elles ne signifient désormais plus rien en comparaison des légendes fabuleuses qui se sont développées autour de son nom. Dès l’instant où les gens commencèrent à s’intéresser aux boutons de col de Lénine, ils cessèrent d’attacher de l’importance à ses idées. Dès à présent, chacun façonne son propre Lénine, sinon d’après sa propre image, du moins selon ses propres désirs. La légende de Lénine est à la nouvelle Russie ce que la légende napoléonienne est à la France et ce que la légende du roi Frederik est à l’Allemagne. Et, de même qu’il y eut un temps où les gens refusaient de croire à la mort de Napoléon, et où d’autres attendaient la résurrection du roi Frederik, de même il existe encore aujourd’hui en Russie des paysans pour lesquels le » petit père Tsar » n’est pas mort, mais continue de satisfaire son insatiable appétit d’hommages sans cesse réitérés. D’autres font brûler éternellement des veilleuses sous son portrait ; pour ceux-là, il est un saint, un rédempteur qu’il faut prier pour qu’il vous vienne en aide. Pour les millions d’yeux braqués sur ces millions de portraits, Lénine symbolise le Moïse russe, saint George, Ulysse, Hercule, le diable ou le bon dieu. Le culte de Lénine a donné le jour à une nouvelle religion devant laquelle les plus athées des communistes ploient du genou avec empressement – cela simplifie bien la vie à tout point de vue. Lénine leur apparaît comme le père de la République soviétique, l’homme qui permit à la révolution de triompher, le grand chef sans lequel ils n’existeraient pas. La Révolution russe est devenue, non seulement en Russie et dans la légende populaire, mais aussi pour une large fraction de l’intelligentsia marxiste à travers le monde, un évènement mondial si étroitement lié au génie de Lénine, qu’il semblerait que sans lui la révolution – et par là même, l’histoire du monde – aurait pris un tour entièrement différent. L’analyse véritablement objective de la Révolution russe révèlera pourtant immédiatement l’ineptie d’une telle conception.

    #communisme #communisme_de_conseils #histoire #URSS

  • Entremonde à Montreui-sur-Livres
    http://www.montreuilsurlivres.fr

    Le samedi 11 avril, sous la halle de la place du Marché, venez à la rencontre des Montreuillois et des Montreuilloises qui font des livres, et de leurs invités des communes voisines, éditeurs indépendants de Bagnolet, Pantin, Romainville, Bobigny, Les Lilas et Paris.

    Vous pourrez découvrir le travail de 40 éditeurs et revues, de nombreux graphistes et illustrateurs, ainsi que des auteurs présents au fil des stands.

    La librairie Folies d’encre et Montreuil-sur-Livres proposeront sous la halle des ateliers gratuits pour petits et grands (voir le programme détaillé ci-dessous, inscriptions à la librairie).

    Des concerts seront proposés par des musiciens montreuillois, vous pourrez boire et manger plein de bonnes choses « made in montreuil », et échanger avec les nombreux auteurs montreuillois qui seront présents.

    #livres #édition #Montreuil #France

  • La production et son mythe (à propos de Georges Sorel)
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=373

    Il faut produire pour vivre. De cette nécessité, nombre de théories politiques (aussi opposées soient-elles, implicitement ou pas) font l’élément essentiel de l’évolution des sociétés, donc d’une révolution. C’est cette conviction qui traverse les phases successives d’une pensée aussi fluctuante que celle de Georges Sorel (1847-1922).

    Sorel passe à la fois pour l’introducteur du marxisme en France, et pour un précurseur du fascisme. On peut écrire un livre entier sur Sorel théoricien de l’autonomie ouvrière. On peut aussi relever ses propos antisémites. Ou citer son éloge de Lénine à la fin de sa vie. Le point commun à cette suite de visages si contradictoires, c’est la croyance en la primauté de la production, du producteur, du travail dans la société, dans toute société – croyance encore dominante cent ans plus tard. Les variations soréliennes ont donc plus qu’un intérêt historique. On les envisagera ici à partir des Réflexions sur la violence, réunion d’articles publiée en 1908.

    #syndicalisme #France #histoire

    • Une société du travail, même du travail en commun, associé, autogéré, raccourci, adouci, éthique… reste une société capitaliste.

      Bien vu.

      Le travail est capitaliste parce qu’il est « travail producteur de marchandises ». Et il n’y a pas d’autre travail que celui-là. Pas d’autre société que celle du capital où sa perpétuation constitue une nécessité, une contrainte objective.

  • A lire : Un extrait de « Trop jeunes pour mourir. Ouvriers et révolutionnaires face à la guerre (1909-1914) » de Guillaume Davranche
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-trop-jeunes-mourir-ouvriers-r%C3%A9volutionnaires-face-guer

    Cela ne décourage pas Pierre Dumas, qui développe une argumentation très moderne pour l’époque. Grâce à la semaine anglaise, explique-t-il, l’homme « sera amené à prendre sa part des travaux qui sont exclusivement abandonnés à la femme. Il n’est plus possible de se cantonner derrière le préjugé que les soins ménagers sont du ressort exclusif de la femme. […] Puisqu’elle doit, comme l’homme, être une salariée, passer dix heures à l’atelier, apporter sa paye, les travaux qui lui prenaient tout son temps doivent être partagés. »

    En raison sans doute des événements extérieurs – coup d’Agadir, 1re affaire du Sou du soldat, réactivation des lois scélérates, mouvement contre la vie chère – il faut attendre mars 1912 pour que débute la campagne pour la semaine anglaise.

    L’article de cadrage paru dans La Voix du peuple reste dans un schéma patriarcal en expliquant que si cette revendication triomphe, les femmes pourront concilier travail salarié, travail domestique et repos dominical, oubliant au passage la question du partage des tâches ménagères. Quelques semaines plus, le journal publie un dessin s’adressant spécifiquement aux ouvrières : on y voit une femme à l’atelier en semaine ; s’occupant de son intérieur le samedi après-midi ; passant son dimanche en loisir.

    #histoire #France

  • Librairie : Un regard moderne
    http://cqfd-journal.org/Librairie-Un-regard-moderne

    Outre la littérature et la poésie – situationnisme, beat generation, (post-)surréalisme – bien représentées, la renommée de l’endroit est due à l’impressionnante sélection d’œuvres graphiques  : ­­auto-productions, fanzines sérigraphiés, BD, comics, monographies… Le meilleur du médium visuel et dessiné est ici proposé. « L’endroit peut sembler et se veut peut-être “fermé”, c’est une étape à franchir, il faut faire le premier pas pour venir découvrir des ouvrages souvent fortement déstructurés qui ne sont pas ceux que l’on voit ailleurs. » Du fond de sa boutique, Jacques Noël, personnage discret, la voix douce, aura soutenu et exposé, supporté – dans tous les sens du mot – plusieurs générations d’artistes et de faiseurs de livres singuliers. « Des fois, le problème, c’est le trop d’amour par rapport à ces artistes, ils sont importants comme des enfants  ! »

    #livres #BD #fanzines #Paris

  • Plutôt sorcières que corps-usine
    http://francoisestereo.com/plutot-sorcieres-que-corps-usine

    La chasse aux sorcières visait moins à punir quelques écarts isolés à la norme qu’à éradiquer des comportements largement répandus parmi les femmes : « Ce n’était pas la femme déviante, mais la femme en tant que telle, particulièrement la femme des classes inférieures, qui était jugée. » Il s’agissait d’une véritable inquisition qui illustrait la capacité de l’État à générer la peur, alimenter les suspicions et transformer les dénonciations en preuves. On rendait les femmes responsables des mortalités inexplicables des nouveau-nés et de la destruction des récoltes ou du bétail. Elles étaient accusées de pactiser avec le diable, de tuer des enfants pour les manger ou de répandre de mauvais sorts. Leur don de guérisseuses et tous les savoirs ancestraux dont elles étaient dépositaires les rendaient suspectes. Plus largement, toute insubordination, capacité d’initiative, ou démonstration d’indépendance pouvaient les condamner. Le grand nombre de sages-femmes parmi les accusées montre que la contraception, l’avortement et l’ensemble des pratiques et des savoirs des femmes à propos de la procréation devaient être sinon détruits, du moins arrachés au contrôle des femmes. La chasse aux sorcières fut ainsi une étape cruciale dans la création d’un nouveau modèle féminin. Elle a contribué à assigner les femmes à la maternité forcée et à s’approprier leur travail gratuit comme reproductrices de la force de travail.

    #histoire #féminisme