• La politique du style : entretien avec Daniel Hartley
    http://revueperiode.net/la-politique-du-style-entretien-avec-daniel-hartley

    Sans doute devrais-je commencer par exposer rapidement le cadre systématique de la théorie du style que j’ai élaboré, car cela est décisif pour répondre à cette question. Premièrement, je soutiens que ma théorie du style représente un élément fondationnel de ce qui pourrait devenir un jour une « poétique marxiste » plus générale. Par conséquent, je ne considère certainement pas ma théorie du style comme étant en soi une théorie littéraire auto-suffisante. C’est plutôt le premier volet de ce qui devrait devenir un série de « réétalonnages » fondamentaux des concepts littéraires et esthétiques classiques (par ex. genre, personnage, intrigue, forme, etc.) dans le cadre d’un projet de recherche historico-matérialiste global – ce à quoi Bakhtine et Medvedev appelaient déjà en 1928. Deuxièmement, je l’appelle « poétique » parce que la poïésis, comme l’ont souligné les meilleurs commentateurs de l’ouvrage éponyme d’Aristote, doit être comprise comme étant une opération dynamique. Autrement dit, une composition littéraire est un acte « poïétique » productif et transformateur dont la stylisation est l’élément essentiellement verbal. Je préfère en effet la notion de « stylisation » à celle de « style ». D’une part, parce qu’elle met en valeur cette dynamique, cet aspect processuel et, d’autre part, parce qu’elle nous permet de voir que la composition littéraire combine et sculpte une multiplicité de styles parlés et écrits préexistants. Parler du style d’un écrivain au singulier, c’est donc, en réalité, se référer à un ensemble artistiquement organisé de sous-styles ; le « style » en tant que tel n’est jamais réductible à l’un de ces sous-styles. C’était l’une des grandes intuitions de Bakhtine.‬

    #littérature


  • Soirée de soutien aux médias libres
    http://paris-luttes.info/soiree-de-soutien-aux-medias-2429

    Les deux émissions de radio Au fond près du radiateur et l’Actu des luttes, le site coopératif Paris Luttes ainsi que le sound system Dub on top organisent une soirée de soutien aux médias libres, samedi 24 janvier.

    Côté Paris Luttes, l’argent récolté servira à améliorer encore le site, à le faire connaitre via affiches et stickers, et à booster notre matos informatique (serveur en particulier). C’est grâce à vous, nos complices et camarades, que Paris-luttes.info vit.

    Le programme des concerts :

    – Stepper Allianz (Paris)
    – Gamma Sound (Bruxelles)
    – King Hi-Fi* (Lyon)

    Ouverture à 18h

    L’entrée, le bar et la restauration sont à prix libres.

    Venez nombreux !


  • « On nous cache tout ! »
    http://cqfd-journal.org/On-nous-cache-tout

    Ils sont partout !… dans les transports en commun, au bureau, au fond de la salle de classe du lycée, dans les manifestations, et surtout, la majeure partie du temps, rivés derrière leur écran d’ordinateur. « Ils », ce sont les conspis. En apparence, rien ne les distingue foncièrement du reste de la population. « On nous cache tout » est le refrain entêtant, accompagné d’une abondance de liens, qu’ils font circuler exponentiellement sur Internet, distillant de « petites idéologies malodorantes qui rivalisent aujourd’hui pour le contrôle de notre âme (Orwell) ». Pour les plus malins, les théories du complot sont même devenues de lucratifs fonds de commerce. (...) Source : (...)

    • #complotisme #conspirationnisme

      Dossier intéressant de @cqfd, notamment ces deux brèves, in. http://cqfd-journal.org/Conspirationnisme-en-breves

      « La faute aux banquiers juifs »

      Cela fait un moment déjà que les disciples d’étienne Chouard ou de Soral et Dieudonné parviennent à s’infiltrer dans les milieux d’extrême gauche (le dernier cas en date étant celui du festival Alternatiba-Lille). Au-delà de l’habileté particulière de ces gens-là, comment expliquer un phénomène désormais récurrent ? La réponse réside peut-être dans le concept d’anticapitalisme tronqué, développé depuis le milieu des années 1980 par les théoriciens de la « critique de la valeur ». Sous ce nom sont regroupés des auteurs tels que Moishe Postone, Robert Kurz ou Anselm Jappe, qui, rejetant le marxisme traditionnel, proposent une nouvelle lecture de Marx en vue de relancer la critique du capitalisme. L’anticapitalisme tronqué, selon eux, c’est l’attitude qui consiste à concentrer les attaques sur la finance, les banques, les spéculateurs, censés « vampiriser » le peuple, la classe ouvrière, les travailleurs, etc. – un penchant qui est effectivement très répandu à l’extrême gauche. Le problème est qu’en attribuant les problèmes sociaux à des catégories particulières de population, cette extrême gauche se place d’emblée sur le terrain du conspirationnisme, qui cherche toujours à « personnifier » la domination, et elle échoue à remettre en question les structures du capitalisme. La critique de ce dernier doit donc se porter à un niveau systémique, celui des logiques sociales et des rapports sociaux dominants, plutôt que de cibler des acteurs spécifiques.

      Mais cet anticapitalisme défectueux est aussi défini comme tronqué dans la mesure où il oppose au « capital fictif », mobile et volatil, les richesses « concrètes » produites dans les usines qu’il s’agirait simplement de redistribuer entre tous. Ce faisant, le travail et la production industrielle apparaissent comme un processus créateur, séparable des rapports sociaux capitalistes, tandis que le capital est identifié au seul capital financier. Outre l’aveuglement qu’elle implique sur une organisation du travail, des technologies et une manière de produire qui sont intrinsèquement liées au capitalisme, cette approche recèle un danger politique immédiat : celui de peindre le capital sous la forme d’une puissance parasitaire, dont la force réside dans son caractère fuyant et sa capacité à se jouer des frontières nationales… Soit autant de caractéristiques qui ont été attribuées au peuple juif par les mouvements antisémites du XIXe et du XXe siècle  ! Résultat  : dans ce type d’analyses, explique Postone, il n’y a rien d’étonnant à ce que « l’insaisissable domination mondiale, abstraite, du capital [soit] comprise comme l’insaisissable domination mondiale, abstraite, des Juifs ». En rester à un anticapitalisme tronqué, c’est donc rendre possible des rapprochements objectifs – et peut-être même subjectifs – avec l’extrême droite conspirationniste et antisémite, tout en se privant d’une compréhension globale du capitalisme comme phénomène social multidimensionnel. — Patrick Marcolini

      Et

      Strategia della tensione

      S’il est un pays où politique rime avec complot, c’est bien l’Italie de la période incandescente des années de plomb. Au pays des Ides de Mars, des Borgia, de Machiavel et de la Loge P2, la conspiration s’insinua dans tous les coins. Le bilan de ces années établit que l’ultra-droite a été responsable de plus des trois quarts des actes de violence politique des années 1970. Elle aura provoqué de véritables meurtres de masse – de l’attentat de la piazza Fontana à Milan en 1969 à celui de la gare de Bologne en 1980 – dans une volonté de précipiter l’instauration d’un régime néo-fasciste et avec la bénédiction d’officines des services secrets et de l’Otan à travers les réseaux Gladio. Pourtant, c’est le souvenir de la violence révolutionnaire qui traumatise encore la péninsule, toujours paralysée à l’idée d’une amnistie. Après l’assassinat d’Aldo Moro, les Brigades rouges vont subir une répression féroce mais aussi un puissant discrédit populaire, dès lors qu’elles voulurent rivaliser avec l’état en lui contestant le monopole de la terreur. — Mathieu Léonard


  • Pour une nouvelle historiographie marxiste. Entretien avec Jairus Banaji
    http://revueperiode.net/pour-une-nouvelle-historiographie-marxiste-entretien-avec-jairus-banaj

    Nombre de gardiens du temple du « matérialisme historique » considèrent que l’histoire humaine se résume à une succession d’étapes bien démarquées : esclavage, féodalisme, capitalisme. Pour ce marxisme canonisé, le capitalisme s’identifierait en outre au salariat – à une forme de travail « libre » – et exclurait les formes « archaïques » que sont l’esclavage ou le salariat bridé. Le travail de Jairus Banaji s’inscrit en faux contre ces lectures dogmatiques. Pour Banaji, les modes de production ne sont pas des mondes clos : le salariat a existé dans l’antiquité, et l’esclavage de plantation a permis l’essor du capitalisme. Une historiographie marxiste doit donner sa part à la richesse empirique des sociétés humaines et fournir des conceptualisations complexes sur les transitions historiques. Une telle démarche implique de repenser le travail d’hier à aujourd’hui, à envisager la pluralité irréductible des formes de travail qui constituent le prolétariat global. Jairus Banaji revient avec nous sur son cheminement intellectuel, de son histoire magistrale de l’antiquité tardive à ses textes d’intervention sur le fascisme en Inde.

    #histoire #philosophie


  • A propos de Charlie
    http://dndf.org/?p=13979

    Ce sont ces dangers, ces insécurités qui, de la République à la Nation, se sont fugacement cristallisés dans le mythe de la citoyenneté comme protection. Celle qu’apporte un vrai Etat-nation et une citoyenneté nationale non seulement identitaire mais identitaire parce que protectrice, celle qui a foutu le camp depuis les années 1970. Mais la citoyenneté nationale n’est pas innocente ni dans sa naissance ni dans ses implications. Elle se construit face à « l’Autre » qui la menace et elle implique la suppression de la menace. Aujourd’hui l’islamisme, demain ou en même temps la lutte de classe ou les luttes de femmes. Quatre millions de personnes se rassemblent et ce qui est frappant c’est le vide du discours : il n’y a rien à dire, rien à faire d’autre que de dire « je suis républicain », rien d’autre qu’à comprendre « ce qu’est une nation », rien d’autre qu’à promener une immense représentation de la République menacée par d’anonymes corbeaux noirs que tout le monde identifie sans peine.

    #France

    • Ce ne sont pas quatre millions d’ « idiots utiles » qui sont descendus dans la rue, en France, le dimanche 11 janvier. Ils ne réclamaient pas une « opération militaire intérieure » mobilisant 10 000 soldats déployés sur le « territoire national » (déclaration du gouvernement le lundi 12). Dès l’après-midi et la soirée du mercredi 7 (le jour de la tuerie à la rédaction de Charlie) c’est spontanément que se sont organisés les premiers rassemblements et les premières #manifestations citoyennes sur les « #valeurs_de_la_République » et la « liberté d’expression », contre « la barbarie », et qu’est apparu le slogan « Je suis #Charlie ». Il n’était pas besoin de « l’exhortation de l’Etat » et de la mise en branle qui a suivi de l’écrasante machine de propagande. L’Etat a pris le train en marche, non sans quelques maladresses au départ comme celle de l’organisation des manifestations sous l’égide d’un cartel des organisations politiques. Le 11 janvier, le personnel politique était plutôt discret face à un cadeau en partie empoisonné pour la nature actuelle de l’Etat que l’on ne peut plus qualifier simplement de national.

      (...) Ramener l’énorme mobilisation du dimanche 11 janvier à une affaire de manipulation, de propagande, d’embrigadement est un peu facile et à la limite réconfortant. En aurait-il été ainsi, encore faudrait-il expliquer que ça ait marché. Ce n’est pas si simple et peut-être plus grave. Cette soudaine mobilisation du dimanche 11 janvier 2015 était éminemment actuelle.

      L’événement n’est pas survenu comme un coup de tonnerre dans un ciel serein. Dans tout les pays européens, que cela soit sous des thématiques de gauche (Front de Gauche, Podemos, Syriza …) ou de droite (inutile de donner la liste), la #citoyenneté_nationale est devenue l’idéologie répondant à la crise ramenée à l’ « injustice de la distribution des richesses ». Cette « citoyenneté nationale » sous-tend tout un discours mettant en cause la légitimité de l’Etat devenu un appareil dénationalisé responsable de l’injustice. Quand les manifestants applaudissent au passage des cars de #CRS, c’est à l’ordre rêvé de l’Etat protecteur « d’avant la mondialisation libérale » qu’ils rendent hommage et qu’ils croient retrouver . Cela, momentanément, quelles que soient la diversité des insécurités, des dangers, réels ou fantasmés, qui menacent leur vie.

      (...) A la suite des attaques du mercredi 7 et du vendredi 9, les actes anti arabo-musulmans se sont multipliés, mais considérons plutôt l’autre face de la même pièce, l’attitude ouverte et humaniste (ce qui nous évitera les facilités de la condamnation humaniste du racisme et de « l’islamophobie »).

      L’injonction humaniste à accepter « l’Autre » présuppose l’existence de « l’Autre », sa construction comme tel et donc la hiérarchie vis-à-vis de « l’Un » qui a le pouvoir de dire qui est « l’Autre ». Entre « Nous » et « les Autres », il y a une organisation de la société qui s’impose aux individus et préexiste à chacun d’eux. Ceux qui sont invités à « accepter l’Autre » constituent la société normale, légitime. A l’origine des Uns et des Autres, il y a le pouvoir simple et brut. L’Un est celui qui a le pouvoir de distinguer.

      La distinction est la mise en pratique réelle, empirique, quotidienne de l’#universalisme du citoyen. Si l’on abandonne la baudruche d’un « vrai universalisme », l’Occident peut légitimement s’accaparer le monopole de valeurs universelles, si besoin est avec des F16 et des Rafales. L’universalisme est une production idéologique lié au mode de production capitaliste, à l’#abstraction du travail, de la valeur et du citoyen. Ce mode de production est le seul universel et à pratiques idéologiques universelles, à condition que les individus correspondent aux critères de l’universalité, c’est-à-dire qu’ils ne soient pas des femmes ou entretenant des liens communautaires, ethniques, raciaux, familiaux, religieux en concurrence avec l’Etat-nation. Un État, c’est un État-nation car c’est un État capitaliste, il ne connait pas de communautés intermédiaires, d’identités multiples reconnues en son sein, et démarque comme corps étrangers, communautés particulières, donc nuisibles, tout ce qui nuit ou interfère dans son critère d’homogénéité universelle. Toute médiation entre le pouvoir et l’individu a cessé d’exister. Il faut insister sur ce moyen terme qu’est l’État-nation dans sa structure politique, moyen terme sans lequel on ne ferait que renvoyer grossièrement l’explication de l’homogénéisation au développement de la valeur et du capital, à partir desquels on peut expliquer tout et n’importe quoi dans une totalité indifférenciée. Si seul l’État est censé représenter l’individu abstrait de ses déterminations qu’est le citoyen, individu « émancipé », la seule garantie de son « émancipation » est son appartenance-intégration à la collectivité nationale représentée par l’État.

      La #religion, quant à elle est une forme primaire, instable et inaccomplie, d’universalisme de l’Etat, d’idéologie sous laquelle s’effectue la pratique politique. Primaire et instable car au moment où la religion se constitue en idéologie dominante en coagulant les idéologies sous lesquelles s’exercent les pratiques des rapports sociaux et de production, elle révèle et revendique que l’universalité abstraite de l’Etat n’est pas dans l’Etat lui-même, qu’il n’est pas lui-même « la religion réalisée » (Marx, La Question juive).

      « L’Etat politique parfait est, d’après son essence, la vie générique de l’homme par opposition à sa vie matérielle. Toutes les suppositions de cette vie égoïste continuent à subsister dans la société civile en dehors de la sphère politique, mais comme propriétés de la société bourgeoise. Là où l’Etat politique est arrivé à son véritable épanouissement, l’homme mène, non seulement dans la pensée, dans la conscience, mais dans la réalité, dans la vie, une existence double, céleste et terrestre, l’existence dans la communauté politique, où il est considéré comme un être général, et l’existence dans la société civile, où il travaille comme simple particulier, voit dans les autres hommes de simples moyens et devient le jouet de puissances étrangères. L’Etat politique est, vis-à-vis de la #société_civile, aussi spiritualiste que le ciel l’est vis-à-vis de la terre. (…) L’Etat démocratique, le véritable Etat, n’a pas besoin de la religion pour son achèvement politique. Il peut, au contraire, faire abstraction de la religion, parce qu’en lui le fond humain de la religion est réalisé de façon profane. » (ibid).



  • Ce soir à #Genève : Présentation de la revue JEF KLAK
    http://www.darksite.ch/ladecadanse/evenement.php?idE=83934

    MAIS QUI EST DONC CE JEF KLAK ????
    JEF KLAK, c’est un collectif, une revue papier tous les six mois accompagnée d’un CD de création sonore, un site internet et un journal mural. Le premier numéro de la revue est sorti en septembre 2014.

    Ce jeudi 15 janvier, le collectif JEF KLAK vient à Genève présenter la revue. Pour l’occasion, la compagnie LES TROIS POINTS DE SUSPENSION viendra faire une performance sur le thème de la croyance. Suivra une présentation du premier numéro, « Marabout », qui aborde la magie et les relations entre croire et pouvoir. Pour clore la soirée, DJ Rêve Bleu (accompagné des projections magico-lumineuses de CENC) nous transportera au-delà du réel, pour les plus acharnés.

    #presse


  • 17/01/2015 - 3e séance GRM 8e année
    http://grm.hypotheses.org/1370

    Critiques de l’économie politique (2)
    Analyses matérialistes de la reproduction sociale

    Interventions :

    Fabrizio Carlino, Au-delà de l’expropriation initiale et en-deçà de l’histoire : à propos du rapport entre la structure du temps et sa forme capitaliste.

    Oriane Petteni, Otto Neurath, planification urbaine et projet encyclopédique. Une voie de l’austromarxisme

    Lieu : Salle de conférence de Bruxelles Laïque (1er étage), 18-20 avenue de Stalingrad, 1000 Bruxelles

    Horaire : 14h-17h

    #philosophie #histoire


  • « Winter is coming »
    http://cqfd-journal.org/Winter-is-coming

    Comme si ça ne suffisait pas, il y a toujours des pressions qui s’ajoutent à notre aliénation quotidienne au travail. Aujourd’hui, la mention « anglais, lu, écrit, parlé » sur la fiche de poste des ouvriers et employés de l’usine est presque devenue une réalité incontournable. Pas avec nos collègues (...) Source : CQFD


  • Il a inventé Amazon-Killer, l’extension qui court-circuite Amazon
    https://mrmondialisation.org/voici-amazon-killer-lextension-qui-court-circuite-amazon

    « C’est assez drôle, je n’ai pas fait grand-chose. Il y a une base de données, celle de la Place des Libraires, et il y a Amazon. J’ai juste fait un petit pont entre les deux. Il y a aujourd’hui une volonté affichée par les commerçants en ligne d’être les plus rapides, les plus pratiques. Mais si on prend le métro, en moins d’une heure on a son bouquin. Aussi rapide que soit Amazon, il ne vous livre que le lendemain. » ajoute Elliot Lepers.

    Lancé le vendredi 12 décembre dernier suite à une loi interdisant les frais de port gratuits que Amazon s’est empressé de contourner en fixant son tarif de livraison à 1 centime d’euro, l’outil a été bien accueilli par le syndicat des libraires français et ses homologues européens.

    De l’aveu même de son créateur, Amazon Killer demande à être amélioré et devrait être prochainement porté sur les autres principaux navigateurs : Explorer, Firefox et Safari.

    #livres


  • Keepsakes: A response to Ray Brassier
    http://www.metamute.org/editorial/articles/keepsakes-response-to-ray-brassier

    The relationship between cognitive abstraction (knowledge) and social (or real) abstraction indeed concerns the ability to critique both capitalism and our own practice in struggles and everyday life. If the production of knowledge is determined by capitalist social forms, how far does this social determination go, and how is critique possible? Indeed, this is a problem that emerges quite glaringly if the social domination of capital is articulated as the subsumption of all social life under capital’s logic, as the ‘logicisation of social reality’, which tends to hypostatise social form. However, I want to show that, in following Endnotes’ line of thought and attempting to bring it to bear upon Accelerationism, Brassier commits a slippage. While recognising that it is practice which produces social abstraction, his discussion of cognition and theory identifies the question of how we can know which practices abolish existing social abstractions, but, as we will see, leaves out that of the transformation of cognition by revolutionary practice. As a result, the question of the validity of theory becomes one of not only distinguishing ‘good’ theoretical abstractions but also of distinguishing ‘between progressive and regressive social forms’. While communist theory, however, as the self-critique in the process of struggles, is tasked with criticising the oppressive practices the struggles themselves might produce, it is not meaningful for it to classify in this way existing social forms or ‘forms of mediation’.

    #philosophie


  • Les intellectuels dans la guerre civile européenne. Enjeux philosophiques d’une histoire à écrire
    http://grm.revues.org/477

    Le dossier thématique du sixième numéro des Cahiers du GRM se propose de contribuer à une nouvelle articulation de la période 1914-1945, qui est celle – suivant l’expression de l’historien Enzo Traverso – de la « guerre civile européenne ». Les articles de ce numéro sont autant d’applications d’une hypothèse spécifique : dans la mesure où les intellectuels aux origines et attaches sociales les plus diverses avaient parmi tous les autres acteurs socio-politiques l’intérêt le plus brûlant à un examen approfondi et circonstancié du corps social et politique, ainsi que de la dynamique de l’histoire, l’étude des documents du devenir-conscient de leur être-social peut contribuer grandement à la construction d’une image adéquate et équilibrée de l’époque en question. En se concentrant sur le cas de l’intelligentsia centre-européenne progressiste à la fin de la Grande Guerre et dans la période révolutionnaire qui l’a suivie, les traductions qui clôturent le dossier thématique offrent un regard sur les voies possibles de ce devenir-conscient des intellectuels dans la « guerre civile européenne ».

    #philosophie #histoire


  • Marx et Engels poètes romantiques
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2014/12/30/marx-et-engels-poetes-romantiques

    « Il connaissait par cœur Henri Heine et Goethe qu’il citait souvent dans sa conversation », écrivait Paul Lafargue quelques années après la mort de son beau-père. « Marx possédait une imagination poétique incomparable ; ses premières œuvres furent des poésies. Mme Marx gardait soigneusement les œuvres de jeunesse de son mari, mais ne les montrait à personne. » Dans ses premières années d’étudiant, autour de ses dix-huit ans, Karl Marx se consacra en effet avec énergie à l’écriture de ces poèmes ; au même âge, Friedrich Engels, de deux ans son cadet, en avait déjà publié plusieurs et si sa production fut à l’époque moins abondante, elle n’était certainement inférieure ni en contenu, ni en style, à celle de son aîné.

    #poésie


  • Eloge du zombie (World War Z)
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=309

    En Afrique du Sud, dans les années 1980, face au progrès du mouvement noir, aurait été conçu un Plan Orange : « imaginez », disait Redeker, son inventeur, « ce qui pourrait être accompli si seulement la race humaine se dépouillait de son humanité » Il s’agissait en effet de constituer un réduit où survivrait une minorité d’Afrikaners… au prix du sacrifice de beaucoup d’autres : ainsi seraient « préservées la légitimité et la stabilité du gouvernement ». L’hostilité des milieux afrikaners et le compromis mettant fin à l’apartheid ont rendu le projet caduc mais, jamais appliqué contre les Noirs, il s’avère utile contre les zombies. Début 21e siècle, ce plan imaginaire visant à abandonner des territoires et populations au chaos pour se replier sur des zones protégées évoque irrésistiblement l’Europe-forteresse et les périphéries délaissées à la misère et au désordre : Somalie, Libye, Irak…

    #cinéma #littérature #science-fiction


  • Sur le livre de Lénine « Matérialisme et empiriocriticisme »
    http://www.non-fides.fr/?Sur-le-livre-de-Lenine

    On objectera sans doute que Marx ne s’est jamais dit en désaccord avec la, doctrine exposée par Engels dans ses ouvrages philosophiques, qu’il a lu l’Anti-Dühring en manuscrit et l’a approuve ; mais cela signifie seulement que Marx n’a jamais pris le temps de réfléchir a ces problèmes assez pour prendre conscience de ce qui le séparait d’Engels. Toute l’œuvre de Marx est imprégnée d’un esprit incompatible avec le matérialisme grossier d’Engels et de Lénine. Jamais il ne considère l’homme comme étant une simple partie de la nature, mais toujours comme étant aussi, du fait qu’il exerce une activité libre, un terme antagoniste vis-à-vis de la nature. Dans une étude sur Spinoza, il reproche expressément à celui-ci de confondre l’homme avec la nature qui le contient, au lieu de les opposer. Dans ses Thèses sur Feuerbach, il écrit : « Le défaut principal de toutes les doctrines matérialistes qui ont été formées jusqu’à ce jour, y compris celle de Feuerbach, consiste en ce que le réel, le sensible, ne sont conçus que sous la forme de l’objet, de la contemplation, et non comme activité humaine sensible, comme praxis, d’une manière subjective. C’est pourquoi le cote actif a été développé, d’une manière abstraite, il est vrai, en opposition avec le matérialisme, par l’idéalisme – qui, bien entendu, ne connaît pas l’activité réelle, sensible, comme telle. » Bien que ces formules soient obscures, elles disent du moins clairement qu’il s’agit de faire une synthèse de l’idéalisme et du matérialisme, synthèse ou soit sauvegardée une opposition radicale entre la nature passive et l’activité humaine. À vrai dire Marx refuse de concevoir une pensée pure qui s’exercerait hors de toute prise de contact avec la nature ; mais il n’y a rien de commun entre une doctrine qui fait de l’homme tout entier un simple produit de la nature, de la pensée un simple reflet, et une conception qui montre la réalité apparaissant au ‘contact de la pensée et du monde, dans l’acte par lequel l’homme pensant prend possession du monde. C’est selon cette conception qu’il faut interpréter le matérialisme historique, qui signifie, comme Marx l’explique longuement dans son Idéologie allemande, que les pensées formées par les hommes dans des conditions techniques, économiques et sociales déterminées répondent à la manière dont ils agissent sur la nature en produisant leurs propres conditions d’existence. C’est de cette conception enfin qu’il faut tirer la notion même de la révolution prolétarienne ; car, l’essence même du régime capitaliste consiste, comme l’a montre Marx avec force, en un « renversement du rapport entre le sujet et l’objet », renversement constitué par la subordination du sujet à l’objet, du « travailleur aux conditions matérielles du travail » ; et la révolution ne peut avoir d’autre sens que de restituer au sujet pensant le rapport qu’il doit avoir avec la matière, en lui rendant la domination qu’il a pour fonction d’exercer sur elle.

    #philosophie


  • Entretien avec Paul Mattick junior (1991)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2014/12/27/entretien-avec-paul-mattick-junior-1991

    Je dirais que le fondement de leur analyse était que le bolchevisme, tel qu’à l’origine Lénine le décrivait dans ses premiers écrits, représentait une variante révolutionnaire de social-démocratie, c’est-à-dire d’une social-démocratie placée dans les conditions de ce que, aujourd’hui, on appelle le tiers-monde ; conditions d’un stade très élémentaire du capitalisme, ou bien quasi précapitaliste, dans lesquelles le parti situé à gauche, le parti social-démocrate, ne pouvait pas même envisager être l’instigateur d’une révolution socialiste. Mais il devait avant tout remplir la tâche que la bourgeoisie était incapable d’assumer dans un pays arriéré : instaurer un système capitaliste. Je dirais donc qu’ils analysaient fondamentalement le bolchevisme comme une idéologie d’un type de capitalisme particulier à des régions du monde où un développement lent, du genre de celui qui avait eu lieu en Angleterre, disons entre le XVe et le XIXe siècles, n’était plus possible ; faisant usage, pour ce faire, d’une théorie empruntée à la social-démocratie comme d’une sorte de couverture afin de dissimuler l’institution effective d’une forme de travail salarié et de relations capitalistes.

    #communisme #conseillisme #histoire


  • The Christmas truce, 1914
    http://libcom.org/history/christmas-truce-1914-steven-johns

    Despite the mass slaughter orchestrated by European governments, rank-and-file soldiers during World War I often attempted to resist the war effort and refuse to fight their fellow workers from different countries.

    Everyday resistance to fighting often took the form of an unofficial “live and let live” policy on the front, where troops on each side agreed not to launch offensive action. And “search and ignore” patrols were common.

    Later on in the war this resistance exploded into outright mutinies, which eventually ended the conflict.

    But an early and spectacular example of this unofficial rebellion was the 1914 Christmas truce.

    #histoire


  • Piquet de grève dans les entrepôts d’Amazon France
    https://www.actualitte.com/economie/piquet-de-greve-dans-les-entrepots-d-amazon-france-54388.htm

    À quelques encablures de Noël, la CGT annonce que le préavis de grève est déposé, pour ce lundi 22 décembre. Le délégué central du syndicat, Sébastien Boissonnet, explique que les salariés méritent « des salaires décents et de bonnes conditions de travail », ce qui ne serait pas le cas à l’heure actuelle, donc. L’appel au débrayage interviendra sur les sites de Lauwin-Planque (Nord), Saran (Loiret), Sevrey (Saône-et-Loire) et Montélimar (Drôme).

    À l’AFP, le représentant syndical affirme : « Nous avons appelé à la grève d’une part sur les salaires et d’autre part sur la durée de la pause (...) nous allons essayer d’avoir une bonne mobilisation. » Il assure également que la démarche n’a pas pour but d’empêcher la livraison, ni de bloquer le ballet des camions, mais de faire entendre les revendications des employés, et leur assurer un minimum dans les conditions de travail.

    Le mouvement n’est pas parti de rien. En Allemagne, le syndicat Verdi, outre-Rhin, tente de défendre les 9000 salariés qu’emploie la firme de Jeff Bezos, et a déclenché une autre grève, voilà trois jours, dans les centres de distributions de Bad Hersfeld, Leipzig et Graben.

    #grève #France


  • Passeuse d’enthousiasme
    http://www.lecourrier.ch/126381/passeuse_d_enthousiasme

    Il y a un peu plus d’une année, après six ans de nomadisme, le haut lieu genevois des musiques hors normes inaugurait ses nouveaux espaces. A la barre, un tandem acharné et passionné formé par Fernando Sixto et Marion Innocenzi. Visite des lieux.

    Bonnet vissé sur la tête, petites lunettes rondes, barbe de trois jours, Fernando Sixto nous conduit dans la loge des artistes de la Cave 12, tout confort, équipée d’une cuisine et qui sent encore le neuf. « J’ai ­besoin d’un café, je ne suis pas encore bien réveillé », s’excuse-t-il presque. Il est treize heures, moment de la première cigarette. D’une enfance passée à écouter la radio, le maître des lieux ­garde un goût très prononcé pour les surprises musicales. « J’ai assez vite été ennuyé par les ­musiques dites conventionnelles. J’ai voulu aller voir ailleurs, et j’ai découvert qu’il y avait tout un monde en dehors du mainstream », confie-t-il. Et de citer comme éléments déclencheurs le Velvet Underground, Frank Zappa ou encore le Miles Davis de la période fusion électrique. Sa curiosité pour toutes les musiques sortant des sentiers battus, il la juge après coup « plutôt obsessionnelle ». Cela ne l’empêche pas d’aimer les premiers albums de Britney Spears, ou de réécouter Julio Iglesias, « qui a quand même fait des trucs assez fous dans sa jeunesse », et dont son père collectionnait les disques.

    #musique #Genève #Suisse


  • « Bonjour chez vous »
    http://cqfd-journal.org/Bonjour-chez-vous

    Alors que tu vas au boulot, le matin, coincé dans une circulation soutenue, voilà que l’autoradio t’apprend que ton ancien PDG vient de passer l’arme à gauche. Tout de suite, ta journée prend un autre air. Un mélange de plaisir et de déception. Déception parce que tu aurais plutôt aimé voir sa tête au bout d’une pique pendant qu’on aurait dansé une joyeuse Carmagnole. Tu pensais aussi que, vu les accointances du sieur avec Poutine, son goût très marqué pour la vodka et ses magouilles sur le prix du gaz, ce serait plutôt la mafia russe qui le dessouderait. Même pas. Un banal accident du travail.

    Sauf que celui-là on en parle (quoiqu’on ne sache rien des membres du personnel du Falcon qui sont morts avec lui). La presse et les politiques sont intarissables sur la mort de de Margerie, bien plus que sur les accidents mortels qui ont eu lieu dans les raffineries Total de Feyzin ou Gonfreville.

    A l’usine, c’est le sujet de discussion et de rigolade. Tout le monde se lâche  : « Il n’avait pas encore son parachute doré », « Il n’aura pas de problème avec l’amiante », « C’est Depardieu qui conduisait la déneigeuse ou bien ? », etc.

    #travail


  • Danses prolétariennes et conscience communiste
    http://revueperiode.net/danses-proletariennes-et-conscience-communiste

    Dans cet article, je souhaite revenir sur l’œuvre d’Edith Segal, danseuse et chorégraphe communiste, active sur la scène des arts du spectacle « prolétariens » des années 1930, un milieu culturel qui voyait la danse comme une expérience esthétique capable de produire une conscience communiste au sein des participant-e-s et spectateurs/spectatrices. Je m’intéresse ici à trois aspects de l’œuvre de Segal : tout d’abord, à ses troupes de danse issues de syndicats d’industrie, ensuite à la représentation en mars 1930 de Black and White au Rockland Palace à Harlem, et enfin, aux deux danses qu’elle a créées et qui avaient pour thème l’éducation des enfants et le travail domestique. Par ce biais, je tenterai de démontrer que la scène des arts de la danse prolétariens a servi de moyen de « reproduction sociale » (social reproduction) au mouvement communiste. Puis dans un second temps, j’étudierai la double-approche de Segal – dont les chorégraphies évoquent à la fois le travail domestique et le travail industriel – et tracerai les contours de cette question au sein des débats sur le genre à l’intérieur du mouvement communiste, polarisés par les textes de Mary Inman écrits à la même époque.

    #danse #communisme #histoire #États-Unis


  • Massacre : Le Mexique dans tous ses démons
    http://cqfd-journal.org/Massacre-Le-Mexique-dans-tous-ses

    « Au Mexique, c’est tous les jours le jour des morts », affirmait une banderole lors d’une manifestation d’étudiants, profs et parents des 43 normaliens disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’état du Guerrero. Le cadavre d’un des jeunes a été retrouvé le lendemain des faits avec la peau du visage et les yeux arrachés. L’ultra-violence endémique qui déchire le pays – avec ses dizaines de milliers de morts au nom de la « guerre au narcotrafic » –, a pris ce jour-là un tour démentiel. Comment expliquer que des policiers municipaux abattent six personnes et en fassent disparaître 43 autres pour « donner une leçon » à des élèves de l’école normale rurale d’Ayotzinapa qui manifestaient ? Quel intérêt ont les narcos – qu’on accuse d’avoir pris livraison des 43 étudiants des mains des policiers pour ensuite les trucider et les enterrer dans des fosses clandestines – à se mêler du maintien de l’ordre dans une ville de province ?

    #Mexique #Guerrero


  • Workerism Beyond Fordism: On the Lineage of Italian Workerism
    http://viewpointmag.com/2014/12/15/workerism-beyond-fordism-on-the-lineage-of-italian-workerism

    Work­erist groups devel­oped in an his­tor­i­cal period in which there seemed to be no alter­na­tive to mass pro­duc­tion in cap­i­tal­ist soci­eties, where big com­pa­nies were able to obtain large economies of scale. The large fac­tory, in which thou­sands of work­ers always car­ried out the more sim­pli­fied oper­a­tions, while the machines took care of the more com­plex ones, seemed to be the cul­mi­na­tion of a his­tor­i­cal process that orig­i­nated in the rise of indus­tri­al­ism. Mass pro­duc­tion was the best way to pro­duce cheap goods that could be bought by every­body, above all by the very work­ers who pro­duced them, even when these goods were as com­plex as a car. Thus, the con­di­tions for real­iz­ing the irre­place­able coun­ter­part to mass pro­duc­tion – that is to say, mass con­sump­tion – were cre­ated. This was such a per­fect and well-functioning sys­tem that even com­mu­nist coun­tries ended up adopt­ing it. Actu­ally, the com­mu­nist rev­o­lu­tion had tri­umphed in coun­tries where this sys­tem was still very imper­fect, under­de­vel­oped, or even non-existent. It there­fore fell on the gov­ern­ments emerg­ing from the rev­o­lu­tion to per­fect the devel­op­ment of mass pro­duc­tion by orga­niz­ing it in big Kom­bi­nats, indus­trial com­plexes with thou­sands of work­ers, and also by extend­ing it to agri­cul­ture. In the West this sys­tem was called, for con­ve­nience, “Fordism,” because it found its most com­plete prac­ti­cal and the­o­ret­i­cal appli­ca­tion in the orga­ni­za­tion of the auto­mo­bile fac­to­ries of Henry Ford. The idea at the base of work­erism, obvi­ously bor­rowed from Marx­ian the­ory, was that the large fac­tory with its thou­sands of work­ers could become a large fer­tile ter­rain for a rev­o­lu­tion­ary project, and shift from the site of mass pro­duc­tion to a space lib­er­ated from cap­i­tal­ist oppres­sion. Cap­i­tal­ism had to be caught right where it lived, the walls of its home becom­ing the bars of its prison. The Fordist assembly-line had to become the train­ing field where the worker could develop a rev­o­lu­tion­ary sub­jec­tiv­ity, and become the mass worker. As you can see, the pri­mor­dial idea of work­erism was the mold, as inverted foot­print, of Fordism. With­out a social orga­ni­za­tion like that of the Fordist fac­tory, work­erism would have had dif­fi­culty elab­o­rat­ing its rev­o­lu­tion­ary project; the mass worker formed as a class in a pro­duc­tive sys­tem with par­tic­u­lar tech­no­log­i­cal char­ac­ter­is­tics, and was one with this sys­tem, which pro­vided his means of sub­sis­tence. The mass worker was first and fore­most a wage earner. The struc­ture of his pay­check was com­posed of a fixed part, the base wage, and a vari­able part, linked to pro­duc­tiv­ity. There were also items that cor­re­sponded to con­trac­tual gains like pace with infla­tion, fam­ily allowances, over­time, pro­duc­tion bonuses, com­pen­sa­tion for night work and haz­ardous work, etc. The orga­ni­za­tion of Fordist pro­duc­tion was not only the dom­i­nant sys­tem within the fac­tory, but also pro­jected its rigid struc­ture onto soci­ety, onto urban and sub­ur­ban mobil­ity, hous­ing set­tle­ments, shop­ping hours. Thou­sands of work­ers left the fac­to­ries early in the morn­ing after work­ing the night shift, while many oth­ers were already out­side wait­ing at the gates to enter for the first morn­ing shift. This was the best moment to dis­trib­ute and spread the fly­ers of Classe Operaia and Potere Operaio. These fly­ers were almost always writ­ten accord­ing to direc­tions given by the work­ers of those same fac­to­ries, after a long labor of “co-research,” a dia­logue and exchange of opin­ions and infor­ma­tion between mil­i­tant work­erists and fac­tory work­ers. Work­erism there­fore was in all respects the inverted image of Fordism, it was one with Fordism, lived in sym­bio­sis with it. Work­erism with­out a Fordist soci­ety, with­out mass pro­duc­tion, with­out the mass worker, did not seem imaginable.

    #opéraïsme #Italie #communisme


  • Carrés rouges. Regards sur le « printemps érable »
    http://www.contretemps.eu/lectures/carr%C3%A9s-rouges-regards-sur-printemps-%C3%A9rable

    Plus de deux ans et demi après le mouvement social de l’hiver et du printemps 2012 au Québec, sa postérité éditoriale est impressionnante ! Au fil des mois, plusieurs ouvrages importants ont été publiés, sous différents formats : récits « profanes » de la grève (Collectif, 2013), analyses politiques (Ancelovici & Dupuis-Déri, 2014) ; livres de photos (Nadeau, 2012), bande-dessinée (Collectif, 2012), et même une anthologie (Bonenfant & al., 2013), pour n’en citer que quelques uns. La multiplication des publications est à la hauteur de l’onde de choc que le mouvement a provoqué sur la société québécoise et au-delà.

    #grève #Québec #Canada


  • La « flore rouge » squattée par une barbouze
    http://cqfd-journal.org/La-flore-rouge-squattee-par-une

    Les occupants de la Rote Flora ne sont pourtant pas nés de la dernière pluie. Depuis l’ouverture du lieu en 1989, cet ancien théâtre converti en QG d’autonomes, régulièrement en proie aux menaces d’expulsion et aux attaques des néo-nazis, a vu défiler quantité de mouchards et de flicaillons de tout poil. Comme le reconnaît un ancien, « l’infiltration, c’est une évidence avec laquelle il faut vivre ». Inutile de soumettre chaque nouvelle recrue à un interrogatoire serré, ou de refouler X ou Y pour défaut de cooptation, comme cela se voit en France  : les flics sont en général les mieux formés pour endormir les paranos et les naïfs, qui sont souvent les mêmes. A la Rote Flora, le comportement un chouïa trop « parfait » d’Iris Schneider a bien éveillé quelques soupçons, sans que cela l’empêche de s’incruster pendant six ans. « La crainte d’exclure injustement une camarade l’a emporté sur notre méfiance », résume le témoin. D’autant que l’adrénaline de la vie militante agit parfois comme une colle forte.

    #répression #Hambourg #Allemagne