• Passeuse d’enthousiasme
    http://www.lecourrier.ch/126381/passeuse_d_enthousiasme

    Il y a un peu plus d’une année, après six ans de nomadisme, le haut lieu genevois des musiques hors normes inaugurait ses nouveaux espaces. A la barre, un tandem acharné et passionné formé par Fernando Sixto et Marion Innocenzi. Visite des lieux.

    Bonnet vissé sur la tête, petites lunettes rondes, barbe de trois jours, Fernando Sixto nous conduit dans la loge des artistes de la Cave 12, tout confort, équipée d’une cuisine et qui sent encore le neuf. « J’ai ­besoin d’un café, je ne suis pas encore bien réveillé », s’excuse-t-il presque. Il est treize heures, moment de la première cigarette. D’une enfance passée à écouter la radio, le maître des lieux ­garde un goût très prononcé pour les surprises musicales. « J’ai assez vite été ennuyé par les ­musiques dites conventionnelles. J’ai voulu aller voir ailleurs, et j’ai découvert qu’il y avait tout un monde en dehors du mainstream », confie-t-il. Et de citer comme éléments déclencheurs le Velvet Underground, Frank Zappa ou encore le Miles Davis de la période fusion électrique. Sa curiosité pour toutes les musiques sortant des sentiers battus, il la juge après coup « plutôt obsessionnelle ». Cela ne l’empêche pas d’aimer les premiers albums de Britney Spears, ou de réécouter Julio Iglesias, « qui a quand même fait des trucs assez fous dans sa jeunesse », et dont son père collectionnait les disques.

    #musique #Genève #Suisse

  • « Bonjour chez vous »
    http://cqfd-journal.org/Bonjour-chez-vous

    Alors que tu vas au boulot, le matin, coincé dans une circulation soutenue, voilà que l’autoradio t’apprend que ton ancien PDG vient de passer l’arme à gauche. Tout de suite, ta journée prend un autre air. Un mélange de plaisir et de déception. Déception parce que tu aurais plutôt aimé voir sa tête au bout d’une pique pendant qu’on aurait dansé une joyeuse Carmagnole. Tu pensais aussi que, vu les accointances du sieur avec Poutine, son goût très marqué pour la vodka et ses magouilles sur le prix du gaz, ce serait plutôt la mafia russe qui le dessouderait. Même pas. Un banal accident du travail.

    Sauf que celui-là on en parle (quoiqu’on ne sache rien des membres du personnel du Falcon qui sont morts avec lui). La presse et les politiques sont intarissables sur la mort de de Margerie, bien plus que sur les accidents mortels qui ont eu lieu dans les raffineries Total de Feyzin ou Gonfreville.

    A l’usine, c’est le sujet de discussion et de rigolade. Tout le monde se lâche  : « Il n’avait pas encore son parachute doré », « Il n’aura pas de problème avec l’amiante », « C’est Depardieu qui conduisait la déneigeuse ou bien ? », etc.

    #travail

  • Danses prolétariennes et conscience communiste
    http://revueperiode.net/danses-proletariennes-et-conscience-communiste

    Dans cet article, je souhaite revenir sur l’œuvre d’Edith Segal, danseuse et chorégraphe communiste, active sur la scène des arts du spectacle « prolétariens » des années 1930, un milieu culturel qui voyait la danse comme une expérience esthétique capable de produire une conscience communiste au sein des participant-e-s et spectateurs/spectatrices. Je m’intéresse ici à trois aspects de l’œuvre de Segal : tout d’abord, à ses troupes de danse issues de syndicats d’industrie, ensuite à la représentation en mars 1930 de Black and White au Rockland Palace à Harlem, et enfin, aux deux danses qu’elle a créées et qui avaient pour thème l’éducation des enfants et le travail domestique. Par ce biais, je tenterai de démontrer que la scène des arts de la danse prolétariens a servi de moyen de « reproduction sociale » (social reproduction) au mouvement communiste. Puis dans un second temps, j’étudierai la double-approche de Segal – dont les chorégraphies évoquent à la fois le travail domestique et le travail industriel – et tracerai les contours de cette question au sein des débats sur le genre à l’intérieur du mouvement communiste, polarisés par les textes de Mary Inman écrits à la même époque.

    #danse #communisme #histoire #États-Unis

  • Massacre : Le Mexique dans tous ses démons
    http://cqfd-journal.org/Massacre-Le-Mexique-dans-tous-ses

    « Au Mexique, c’est tous les jours le jour des morts », affirmait une banderole lors d’une manifestation d’étudiants, profs et parents des 43 normaliens disparus le 26 septembre à Iguala, dans l’état du Guerrero. Le cadavre d’un des jeunes a été retrouvé le lendemain des faits avec la peau du visage et les yeux arrachés. L’ultra-violence endémique qui déchire le pays – avec ses dizaines de milliers de morts au nom de la « guerre au narcotrafic » –, a pris ce jour-là un tour démentiel. Comment expliquer que des policiers municipaux abattent six personnes et en fassent disparaître 43 autres pour « donner une leçon » à des élèves de l’école normale rurale d’Ayotzinapa qui manifestaient ? Quel intérêt ont les narcos – qu’on accuse d’avoir pris livraison des 43 étudiants des mains des policiers pour ensuite les trucider et les enterrer dans des fosses clandestines – à se mêler du maintien de l’ordre dans une ville de province ?

    #Mexique #Guerrero

  • Workerism Beyond Fordism: On the Lineage of Italian Workerism
    http://viewpointmag.com/2014/12/15/workerism-beyond-fordism-on-the-lineage-of-italian-workerism

    Work­erist groups devel­oped in an his­tor­i­cal period in which there seemed to be no alter­na­tive to mass pro­duc­tion in cap­i­tal­ist soci­eties, where big com­pa­nies were able to obtain large economies of scale. The large fac­tory, in which thou­sands of work­ers always car­ried out the more sim­pli­fied oper­a­tions, while the machines took care of the more com­plex ones, seemed to be the cul­mi­na­tion of a his­tor­i­cal process that orig­i­nated in the rise of indus­tri­al­ism. Mass pro­duc­tion was the best way to pro­duce cheap goods that could be bought by every­body, above all by the very work­ers who pro­duced them, even when these goods were as com­plex as a car. Thus, the con­di­tions for real­iz­ing the irre­place­able coun­ter­part to mass pro­duc­tion – that is to say, mass con­sump­tion – were cre­ated. This was such a per­fect and well-functioning sys­tem that even com­mu­nist coun­tries ended up adopt­ing it. Actu­ally, the com­mu­nist rev­o­lu­tion had tri­umphed in coun­tries where this sys­tem was still very imper­fect, under­de­vel­oped, or even non-existent. It there­fore fell on the gov­ern­ments emerg­ing from the rev­o­lu­tion to per­fect the devel­op­ment of mass pro­duc­tion by orga­niz­ing it in big Kom­bi­nats, indus­trial com­plexes with thou­sands of work­ers, and also by extend­ing it to agri­cul­ture. In the West this sys­tem was called, for con­ve­nience, “Fordism,” because it found its most com­plete prac­ti­cal and the­o­ret­i­cal appli­ca­tion in the orga­ni­za­tion of the auto­mo­bile fac­to­ries of Henry Ford. The idea at the base of work­erism, obvi­ously bor­rowed from Marx­ian the­ory, was that the large fac­tory with its thou­sands of work­ers could become a large fer­tile ter­rain for a rev­o­lu­tion­ary project, and shift from the site of mass pro­duc­tion to a space lib­er­ated from cap­i­tal­ist oppres­sion. Cap­i­tal­ism had to be caught right where it lived, the walls of its home becom­ing the bars of its prison. The Fordist assembly-line had to become the train­ing field where the worker could develop a rev­o­lu­tion­ary sub­jec­tiv­ity, and become the mass worker. As you can see, the pri­mor­dial idea of work­erism was the mold, as inverted foot­print, of Fordism. With­out a social orga­ni­za­tion like that of the Fordist fac­tory, work­erism would have had dif­fi­culty elab­o­rat­ing its rev­o­lu­tion­ary project; the mass worker formed as a class in a pro­duc­tive sys­tem with par­tic­u­lar tech­no­log­i­cal char­ac­ter­is­tics, and was one with this sys­tem, which pro­vided his means of sub­sis­tence. The mass worker was first and fore­most a wage earner. The struc­ture of his pay­check was com­posed of a fixed part, the base wage, and a vari­able part, linked to pro­duc­tiv­ity. There were also items that cor­re­sponded to con­trac­tual gains like pace with infla­tion, fam­ily allowances, over­time, pro­duc­tion bonuses, com­pen­sa­tion for night work and haz­ardous work, etc. The orga­ni­za­tion of Fordist pro­duc­tion was not only the dom­i­nant sys­tem within the fac­tory, but also pro­jected its rigid struc­ture onto soci­ety, onto urban and sub­ur­ban mobil­ity, hous­ing set­tle­ments, shop­ping hours. Thou­sands of work­ers left the fac­to­ries early in the morn­ing after work­ing the night shift, while many oth­ers were already out­side wait­ing at the gates to enter for the first morn­ing shift. This was the best moment to dis­trib­ute and spread the fly­ers of Classe Operaia and Potere Operaio. These fly­ers were almost always writ­ten accord­ing to direc­tions given by the work­ers of those same fac­to­ries, after a long labor of “co-research,” a dia­logue and exchange of opin­ions and infor­ma­tion between mil­i­tant work­erists and fac­tory work­ers. Work­erism there­fore was in all respects the inverted image of Fordism, it was one with Fordism, lived in sym­bio­sis with it. Work­erism with­out a Fordist soci­ety, with­out mass pro­duc­tion, with­out the mass worker, did not seem imaginable.

    #opéraïsme #Italie #communisme

  • Carrés rouges. Regards sur le « printemps érable »
    http://www.contretemps.eu/lectures/carr%C3%A9s-rouges-regards-sur-printemps-%C3%A9rable

    Plus de deux ans et demi après le mouvement social de l’hiver et du printemps 2012 au Québec, sa postérité éditoriale est impressionnante ! Au fil des mois, plusieurs ouvrages importants ont été publiés, sous différents formats : récits « profanes » de la grève (Collectif, 2013), analyses politiques (Ancelovici & Dupuis-Déri, 2014) ; livres de photos (Nadeau, 2012), bande-dessinée (Collectif, 2012), et même une anthologie (Bonenfant & al., 2013), pour n’en citer que quelques uns. La multiplication des publications est à la hauteur de l’onde de choc que le mouvement a provoqué sur la société québécoise et au-delà.

    #grève #Québec #Canada

  • La « flore rouge » squattée par une barbouze
    http://cqfd-journal.org/La-flore-rouge-squattee-par-une

    Les occupants de la Rote Flora ne sont pourtant pas nés de la dernière pluie. Depuis l’ouverture du lieu en 1989, cet ancien théâtre converti en QG d’autonomes, régulièrement en proie aux menaces d’expulsion et aux attaques des néo-nazis, a vu défiler quantité de mouchards et de flicaillons de tout poil. Comme le reconnaît un ancien, « l’infiltration, c’est une évidence avec laquelle il faut vivre ». Inutile de soumettre chaque nouvelle recrue à un interrogatoire serré, ou de refouler X ou Y pour défaut de cooptation, comme cela se voit en France  : les flics sont en général les mieux formés pour endormir les paranos et les naïfs, qui sont souvent les mêmes. A la Rote Flora, le comportement un chouïa trop « parfait » d’Iris Schneider a bien éveillé quelques soupçons, sans que cela l’empêche de s’incruster pendant six ans. « La crainte d’exclure injustement une camarade l’a emporté sur notre méfiance », résume le témoin. D’autant que l’adrénaline de la vie militante agit parfois comme une colle forte.

    #répression #Hambourg #Allemagne

  • Test-Quiz : « Quel conspirationniste êtes-vous ? »
    http://cqfd-journal.org/Test-Quiz-Quel-conspirationniste

    Un maximum de a). Comment vous le dire sans vous vexer ? Est-ce que vous ne seriez pas un peu obsessionnel du complot juif ? Pour vous, qui avez bien compris Bricmont : « C’est de la faute aux Juifs s’il y a de l’antisémitisme, pas celle des antisémites ! ». Avez-vous pensé à envisager le monde autrement ? Voyager ? Damas ou Téhéran peut-être ?

    Un maximum de b). Satisfait d’avoir cassé votre télé, outil d’intoxication satanique, désormais vous savez que la vérité est au bout du clic. Les nuits sont trop courtes pour dévorer les monologues de Soral, de Dieudonné et de Salim le Libre-penseur sur Internet. Pensez à aérer de temps en temps, ça pue chez vous.

    Un maximum de c). Vous ne sauriez pas reconnaître un reptilien même s’il était assis à côté de vous sur le canapé et vous confondez Mimie Mathy et Illuminati ! Allez, un anxiolytique, un coup de télé-réalité et au lit !

    Un maximum de d). On aime beaucoup votre façon de voir les choses. Vous lisez CQFD, non ?

    Quoi ! Il n’y a pas de réponses d) ? Encore un complot ! Pour les découvrir, lisez le nouveau CQFD en kiosque dès mardi 9 décembre.

  • 68, année théo­rique…, etc. De l’ultragauche à la théo­rie de la communisation
    http://blogtc.communisation.net/?p=102

    Nous consi­dè­re­rons l’ultragauche comme une chose abso­lu­ment pas­sée. Ce livre est un bilan, bilan cri­tique et non exhaus­tif, bilan cepen­dant. Nous mon­tre­rons dans cette intro­duc­tion à la seconde édi­tion de ce livre que, pour effec­tuer ce bilan, il fal­lait qu’au tra­vers des luttes de la « période 1968 » émerge par bribes, de façon heur­tée, et par des cri­tiques suc­ces­sives, un nou­veau para­digme théo­rique de la lutte de classe et de la dis­tinc­tion de genre, de la révo­lu­tion et du com­mu­nisme que nous qua­li­fions comme celui de la com­mu­ni­sa­tion. Il fal­lait que l’on ne soit plus en situa­tion de se réfé­rer à l’ultragauche comme à un ensemble de posi­tions dans les­quelles nous pui­se­rions tel élé­ment, en reje­tant tel autre. Il fal­lait être en mesure de défi­nir l’ultragauche, tant théo­ri­que­ment que pra­ti­que­ment, comme une pro­blé­ma­tique, c’est-à-dire lui confé­rer un sens glo­bal. C’est l’émergence de ce nou­veau para­digme au tra­vers d’un nou­veau cycle de luttes et de l’accomplissement de la restruc­tu­ra­tion du capi­tal amor­cée dans les années 1970 qui est l’objet de cette intro­duc­tion. Cette restruc­tu­ra­tion du rap­port d’exploitation fut une contre-révolution qui ren­dit abso­lu­ment et défi­ni­ti­ve­ment caduque la pro­blé­ma­tique des Gauches construite dans la vague révo­lu­tion­naire qui sui­vit la pre­mière guerre mondiale.

    #communisme #communisation #théorie #histoire

  • Lire « Le Capital » après Louis Althusser : la centralité de la forme-valeur
    http://revueperiode.net/lire-le-capital-apres-louis-althusser-la-centralite-de-la-forme-valeur

    Parfois, Le Capital de Marx est envisagé comme un livre d’économie classique. Il n’en est rien. Comme le rappelle John Milios dans ce texte, la rupture de Marx avec Ricardo et Smith est totale et irréversible. Marx déplace les questions posées. Loin de se contenter de présenter le travail comme source de valeur, il interroge la manière dont cette valeur nous apparaît : la monnaie, les prix, ces grandeurs abstraites qui semblent aller de soi. Milios confronte les intuitions des « nouvelles lectures de Marx » allemandes aux propositions d’Althusser et des auteurs de Lire le Capital. Il renoue en cela le fil d’un marxisme critique, résolument opposé à toute lecture économiste de Marx.

    #valeur

  • Appel à soutien : Quilombo s’agrandit !
    http://paris-luttes.info/appel-a-soutien-quilombo-s-2156

    Jusqu’à maintenant nous louions un local de 35 m2 mais nous y sommes trop à l’étroit pour accueillir dans de bonnes conditions des débats et des rencontres, pour gérer la vente par correspondance et pour présenter tous les livres qui nous tiennent à cœur. Nous avons besoin de plus de place, non seulement pour proposer plus de livres aux lecteurs, mais aussi pour mieux nous organiser, ranger des cartons, agrandir notre fonds, classer les documents comptables, empaqueter des commandes, etc. Depuis peu nous avons la possibilité d’investir le local adjacent, de 15 m2, ce qui nous permettrait d’agrandir la surface de la librairie.

    #livres #librairie #Paris

  • Marx à table (à propos du “Karl Marx” d’Otto Rühle)
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=265

    Comparé aux flots de commentaires sur Marx, il existe relativement peu de biographies, encore moins écrites par des marxistes, et rarement par des marxistes « hérétiques » comme ceux de la Gauche Communiste, « germano-hollandaise » ou « italienne ». Aussi, quand les éditions Entremonde (Genève) republient en 2011 le Karl Marx d’Otto Rühle paru initialement en 1928, notre intérêt est tout de suite en éveil. Mais une surprise nous attend.

    Né en 1874, député du SPD hostile dès 1914 à l’Union Sacrée, spartakiste, un des fondateurs du KPD fin 1918, animateur de sa tendance anti-parlementaire, membre du KAPD quand le PC exclut son opposition de gauche, auteur en 1920 du classique La Révolution n’est pas une affaire de parti, Otto Rühle quitte le KAPD en 1921 par refus d’une organisation politique séparée de l’auto-organisation ouvrière, et jusqu’à sa mort en 1943 son activité s’inscrit dans le communisme de conseils.

    #livres #édition #communisme

  • Au turbin, camarade !
    http://cqfd-journal.org/Au-turbin-camarade

    Dans l’URSS de Khrouchtchev, on ne travaille plus trop pour la gloire du Petit Père des peuples ou pour la construction du modèle soviétique mais pour toucher une meilleure paye. Tandis que l’ouvrier au type slave compte ses billets d’un air satisfait, le métèque du Caucase se demande quelle mauvaise vodka il va pouvoir se payer avec ses clopinettes. « Qui travaille plus, gagne plus », proclame cette affiche, dont le mensuel Alternatives économiques supputait en 2008 qu’elle aurait pu être la source cachée du slogan de Nicolas Sarkozy.

    #travail #histoire

  • Ferguson : L’incendie impossible à éteindre
    http://dndf.org/?p=13862

    Le flinguage policier de Michael Brown résonne trop familièrement dans cette période transitoire. Cependant, contrairement à d’autres incidents similaires, Ferguson a eut une réaction explosive et surtout, pendant longtemps. Son impact est allé bien au-delà de la petite banlieue de Ferguson, Missouri, attirant non seulement les voisins immédiats de la ville elle-même, mais se répercutant tout autour des États-Unis. Quels facteurs ont fait que la rébellion dans Ferguson soit particulièrement vaste ? Est-ce que cette éruption indique un changement dans le problème de la coordination entre prolétaires, à la lumière des luttes passées ? Qu’est-ce que cette éruption nous dit de notre place au sein de la crise actuelle du rapport de classe capitaliste ?

    #Ferguson #USA

  • Devenirs de l’operaïsme
    Situations, postérités et dérives d’une théorie critique
    http://grm.hypotheses.org/1333

    Jeudi 27 novembre

    10 h 30 – Accueil et ouverture
    11 h 00 – Andrea Cavazzini (Groupe de Recherches Matérialistes) : Constellation de l’opéraïsme
    12 h 00 – Fabrizio Carlino (Università del Salento/Sorbonne, Groupe de Recherches Matérialistes) : Acte et puissance comme forces autonomes : sur quelques effets de la disjonction de structure et conjoncture
    13 h 00 – Pause midi
    14 h 30 – Eva Mancuso (FNRS/Université de Liège, Groupe de Recherches Matérialistes) : Machiavel :Utopie et désutopie. Althusser et Negri
    15 h 30 – Diego Melegari (Centro Studi per la Stagione dei Movimenti-Parma) : Socialisation et dépendance. Théories de l’imperialisme chez Luciano Ferrari Bravo et Giovanni Arrighi
    16 h 30– Pause café
    17 h 00 – Sergio Bologna (consultant, chercheur indépendant) : Un opéraïsme sans ouvriers(-masse) est-il possible ? Prospérités et infortunes de l’opéraïsme dans le post-fordisme
    18 h 30 – échanges libres

    Vendredi 28 novembre

    9 h 30 – Jean-François Gava (PHI, Université Libre de Bruxelles) : Le triomphe contemporain de l’apostasie comme anomie normée. Crépuscule impérial du katechon et nostalgie eschatologique dans la dernière théologie politique de Massimo Cacciari
    10 h 30 – Frédéric Monferrand (Université de Nanterre/Sophiapol-ATER à l’université de Rouen) : Du jeune-hégélianisme au post-opéraïsme ? L’idée de critique ontologique du capitalisme de Marx à Negri
    11 h 30 – Pause café
    11 h 50 – Vincent Chanson (Université de Nanterre/Sophiapol) : Théorie critique “francfortoise” et opéraïsme : retour sur deux paradigmes
    12 h 50 – Pause midi
    14 h 30 – Werner Bonefeld (University of York) : The neoliberal theory of the state : Political theology and class struggle
    15 h 30 – Jean-Claude Paye (chercheur indépendant) : Le rapport capital/classe ouvrière au sein des Quaderni Rossi : l’opposition Panzieri/Tronti
    16 h 30 – Pause café
    17 h 00 – Salomé Frémineur (Université Libre de Bruxelles) : Opéraïsme XXIe siècle : work in progress ?

    #opéraïsme #Italie

  • Camarade prisonnier !
    http://revueperiode.net/camarade-prisonnier

    Le goulag n’existe plus, mais des millions d’humains pourtant travaillent dans des conditions qui ne sont pas très différentes. Ce qui a changé, c’est la logique judiciaire appliquée aux travailleurs et aux criminels.

    Au temps du goulag, les prisonniers politiques, classée dans la catégorie des « criminels » étaient relégués aux travaux forcés. Aujourd’hui des millions de travailleurs brutalement exploités sont relégués au statut de criminels.

    L’équation du goulag « criminel = forçat » a été reformulé par le néolibéralisme en ces termes « travailleur = criminel caché ». Tout le drame de la migration globale est exprimé dans cette nouvelle formule : ceux qui travaillent sont des criminels en puissance. Lorsqu’ils sont accusés, c’est donc d’être coupables de tenter de survivre à n’importe quel prix.

    #prison

  • « Qestion Kurde », Etat islamique, USA et autres considérations
    http://dndf.org/?p=13854

    « Kurdistan, dans l’œil du cyclone » a le mérite de présenter d’une façon claire le cadre des forces politiques qui interviennent dans la région kurde ; mais l’article appelle une série de questions qu’il faut souligner. Au-delà de la simple mise en valeur de l’intervention des milices du PKK dans leur soutien aux kurdes yezidi menacés par l’EI dans le nord de l’Irak, l’auteur procède à une véritable apologie de cette organisation et de son prétendu tournant d’ « ouverture » (le confédéralisme démocratique). De plus, l’absence d’une description des forces sociales et des organisations qui en sont les expressions politiques, tend à faire apparaître leurs interventions comme comme de simples choix subjectifs opérés par des individus socialement indéterminés. Enfin, entre autres questions, celles du financement du PKK ou des alliances qui caractérisent le Moyen-Orient sont trop rapidement évoquées.

    Il est vrai que pour aborder ces questions de manière plus complète il faudrait écrire plusieurs livres. Bien entendu, les notes qui suivent ne manqueront pas de rester lacunaires. Mais nous pensons qu’elles peuvent éclairer sous un axe différent aussi bien les récentes évolutions de la « question kurde » que les conflits qui enflamment, encore une fois, le Moyen-Orient. Sans oublier que si cela peut avoir une utilité quelconque pour nous ou pour d’autres, leur intérêt réside dans le fait de saisir, non la question de l’ « autonomie » (quoi qu’elle puisse signifier), mais celle du communisme.

    #Kurdistan #PKK #Rojava

  • À propos du livre de Silvia Federici : « Caliban et la Sorcière »
    http://www.contretemps.eu/lectures/%C3%A0-propos-livre-silvia-federici-caliban-sorci%C3%A8re

    Caliban et la sorcière, de Silvia Federici, est un livre intéressant et discutable. Il faut donc le lire et le discuter. Paru en anglais en 2004, il vient d’être publié en 2014 (Entremonde). Contretemps a d’ailleurs récemment publié un entretien avec l’auteure qui annonce sa sortie. À cette occasion, de nombreux articles sont d’ailleurs parus.

    Dans ce livre, Silvia Federici traite de l’histoire dite de « l’accumulation primitive » (en gros fin XVè siècle jusqu’à fin XVIIIè) pour, tout à la fois, faire apparaître ses effets sur les classes populaires, en premier lieu les paysans, les dynamiques de conflits, en intégrant non seulement en détail l’histoire des femmes issues de ces classes, mais aussi la réorganisation complète du statut des femmes à travers un procès d’asservissement et d’enfermement dans la famille moderne, afin de produire et reproduire la force de travail.

    #histoire #féminisme

  • Entremonde soutient la grève des employés des Transports publics genevois :
    http://www.20min.ch/ro/news/geneve/story/11089730

    Si la grève pose de nombreux problèmes logistiques aux usagers des TPG, qui grognent, certains Genevois s’amusent de la situation. Un habitant de la Jonction est ainsi venu visiter le piquet syndical, les bras chargés de gâteaux aux pruneaux confectionnés par sa compagne. « Je suis solidaire de leur colère », a-t-il lancé.

    Un chauffeur gréviste, actif depuis plus de 30 ans au sein de la régie, s’étonne aussi de la certaine clémence des usagers. « Je roulais mardi et certains passagers sont venus me voir pour me dire "Bonne chance pour demain". Je suis assez étonné de leur compréhension. »

    #grève #Suisse #Genève

  • La théorie du système-monde et la transition au capitalisme : perspectives historique et théorique
    http://revueperiode.net/la-theorie-du-systeme-monde-et-la-transition-au-capitalisme-perspectiv

    Les éléments précédents peuvent être appliqués à ce que Wallerstein appelle l’économie-monde moderne – la division internationale du travail qui a émergé aux XVIe et XVIIe siècles. Nous affirmons (1) qu’on ne peut expliquer son origine par la seule nécessité de dépasser la « crise générale des XIVe et XVe siècles » par un système de production supérieur, comme le fait Wallerstein ; (2) que, pendant l’époque moderne, ni la périphérie (représentée par la Pologne) ni la semi-périphérie (représentée par la France) n’ont eu une dynamique capitaliste ; (3) que dans la mesure où les régions périphériques et semi-périphériques ont aidé à constituer l’économie-monde, cette économie est restée largement féodale ou pré-capitaliste ; (4) que c’est précisément parce que la majeure partie de « l’économie-monde moderne » de Wallerstein était pré-capitaliste, qu’elle s’est embourbée, au XVIIe siècle, dans ce qui doit être considéré comme une crise féodale et non pas capitaliste ; (5) que là où la percée du capitalisme s’est produite, en particulier en Angleterre, ce processus est inexplicable par l’essor de la division internationale du travail et de la place de l’Angleterre dans celle-ci mais nécessite une référence à la transformation des rapports sociaux de production.

    #histoire

  • Le Monstre Festival commence aujourd’hui. Nous serons présents à la convention samedi et dimanche
    http://www.lemonstre.ch/agenda.html

    Tu vois, je suis de retour ! De retour comme chaque automne depuis quatre ans. Tu te souviens de moi, le Monstre ? Je reviens pour te faire découvrir ou revivre un autre monde. Un monde de papiers, rempli de couleurs, d’expérimentations, d’utopies et de rêves. Un monde de dessins, de découpages et d’impressions certes, mais un monde où tout est possible. Du moins sur le papier.

    Quatre ans que je remets le couvert et dans le fond je n’ai pas changé. Toujours à sec, pas un copeck dans mes poches. Tu me diras qu’il y a des subventions si c’est tellement gênant. Mais je continue à m’en passer. Je ne veux pas dépendre d’un autre monstre que diverses parties de mon être ne supportent pas. Et si je suis ce que je suis, c’est aussi pour cela ! Je n’augmenterai pas mon prix d’entrée, le prix libre reste trop précieux à mes yeux et du reste, il fonctionne. Et c’est ça qui est magique ! Dans ce monde de fric ou chacun marche pour soi, je sais que durant ce week-end, je serai plein et que je pourrai compter sur NOUS. Je suis généré par un énorme rassemblement de gens, d’aides et de générosités mélangés. Sans NOUS, pas de logements gratuits un peu partout en ville, pas de super repas durant le festival, pas de bar, pas d’expos et de concerts, pas de festival tout court !

    Cette année encore je t’ouvre mes entrailles et te donne accès aux plus profonds de mes désirs. Oui, ce sera bruyant, ça ne sentira pas toujours très bon, tes rétines pleureront d’émotions et de couleurs saturées. Tu te sentiras parfois perdu, parfois bousculé, mais jamais abandonné. Tu me parcourras de long en large, tu profiteras de moi comme si c’était la dernière fois. En bref, je reviens avec une envie furieuse d’avancer autrement. De proposer et de vivre différemment et surtout ensemble. Je suis une grande rencontre, je suis joyeux, je suis fragile et surtout pas immortel. Je reviens pour la quatrième fois en force et au service du désordre !

    Tendrement, le Monstre

    #édition #sériegraphie #Suisse #Genève

  • Le genre dans les sociétés égalitaires
    http://revueperiode.net/le-genre-dans-les-societes-egalitaires

    La maxime la plus couramment exprimée dans les écrits anthropologiques contemporains est sans équivoque : l’égalitarisme généralisée des sociétés non stratifiées ne s’applique qu’imparfaitement aux femmes. Les anthropologues s’accordent à dire que dans ces sociétés les femmes n’étaient aucunement opprimées de la façon dont elles l’étaient dans les sociétés patriarcales classiques du monde méditerranéen et d’Orient. Cependant, aux yeux de la plupart des anthropologues qui écrivent sur le sujet, les femmes ont toujours été, à un degré ou à un autre, subordonnées aux hommes. D’où ce genre d’affirmations : « C’est une vérité sociologique commune que dans toutes les sociétés l’autorité appartient aux hommes et non aux femmes » ; « Les hommes tendent généralement à dominer les femmes » ; « La subordination des femmes se produit avec une remarquable constance dans une grande variété de cultures » ; « Les hommes ont toujours dominé les femmes politiquement et économiquement » ; « Quelle que soit la structure sociale, les hommes ont toujours l’ascendant sur les femmes ». On admet que l’institution largement répandue de la matrilinéarité – reconnaissance de la descendance par les femmes – renforçait le statut des femmes, mais on soutient aussi que la matrilinéarité substituait simplement à l’autorité des maris et des pères celle des oncles maternels et des frères aînés. Une égalité des sexes très rudimentaire est généralement admise en ce qui concerne nos ancêtres, mais on soutient néanmoins que les hommes avaient un statut légèrement plus élevé. « Les activités masculines font toujours l’objet d’un plus grand intérêt culturel et bénéficient de plus de prestige… Les femmes ne peuvent exercer une influence hors de leur famille qu’indirectement, à travers l’influence qu’elles exercent sur leurs parents ». Par conséquent, quelle que soit l’importance que revêt le travail féminin dans l’économie domestique, il ne suscite pas l’estime publique accordée au travail masculin. On prétend que le rôle des femmes est toujours « privé », celui des hommes « public ». Le travail féminin est limité au cadre domestique, il concerne les domaines familial et privé de la société. Les rôles dans la sphère publique sont l’apanage des hommes et la sphère publique est le lieu du pouvoir et du prestige. En effet, quelle que soit la nature du travail féminin, ou sa valeur économique, il n’est jamais considéré comme source d’attraction, d’enthousiasme ou de prestige. Les études contemporaines sur les femmes dans l’histoire et la société promettent d’imposer la révision de telles conceptions. La thèse selon laquelle une étape d’organisation économique et sociale égalitaire – le communisme primitif – a précédé l’émergence de la stratification dans l’histoire humaine n’a que récemment été largement acceptée par les anthropologues. Il n’y a pas si longtemps on se moquait d’une telle idée, qualifiée de « naïveté du XIXe siècle ». Une analyse approfondie révèle l’influence dont jouissaient les femmes dans de telles sociétés et la très large autonomie avec laquelle elles exerçaient leurs fonctions. On peut donc espérer qu’au cours de la prochaine décennie, la description stéréotypée, reposant sur le cliché de la domination masculine, du rôle des femmes dans de telles sociétés sera discréditée.

    #genre #anthropologie

  • Une analyse du mouvement étudiant au Québec
    http://www.zones-subversives.com/2014/11/une-analyse-du-mouvement-etudiant-au-quebec.html

    Un mouvement de révolte éclate au Québec en 2012 avec une grève étudiante et des manifestations populaires. « Du 13 février au 4 septembre 2012, le Québec est transfiguré : sept mois de grève étudiante, culminant avec la résistance aux mesures d’exception, la marée anonyme des casseroles et les émeutes quotidiennes », décrit le collectif de débrayage. Le livre collectif sur ce mouvement, intitulé On s’en câlisse, insiste sur la grève elle-même comme moyen et comme fin. Le mouvement dépasse le cadre de la question étudiante, même si le conflit est provoqué par une hausse des frais d‘inscription à l’université. La morgue du pouvoir et la créativité de ceux qui luttent déclenchent alors un mouvement d’ampleur. Ce mouvement de révolte demeure imprévisible et spontané.

    #grève #Canada #Québec

  • Anarchistes au XIXe siècle : la propagande par le fait
    http://paris-luttes.info/anarchistes-au-xixe-siecle-la

    Il faut que la bourgeoisie comprenne que ceux qui ont souffert sont enfin las de leurs souffrances ; ils montrent les dents et frappent d’autant plus brutalement qu’on a été brutal avec eux. Ce n’est pas aux assassins qui ont fait la semaine sanglante et Fourmies de traiter les autres d’assassins. Ils n’épargnent ni femmes ni enfants bourgeois, parce que les femmes et les enfants de ceux qu’ils aiment ne sont pas épargnés non plus. Ne sont-ce pas des victimes innocentes que ces enfants qui, dans les faubourgs, se meurent lentement d’anémie, parce que le pain est rare à la maison ; ces femmes qui dans vos ateliers pâlissent et s’épuisent pour gagner quarante sous par jour, heureuses encore quand la misère ne les force pas à se prostituer ; ces vieillards dont vous avez fait des machines à produire toute leur vie, et que vous jetez à la voirie et à l’hôpital quand leurs forces sont exténuées ? Ayez au moins le courage de vos crimes, messieurs les bourgeois, et convenez que nos représailles sont grandement légitimes.

    #anarchisme #histoire

  • Louis Althusser : Politique et Subjectivité – Appel à contributions pour le 7e Cahier du GRM
    http://grm.hypotheses.org/1251

    A l’occasion du cinquantenaire de la publication de Pour Marx et Lire Le Capital, le septième numéro des Cahiers du GRM sera consacré à la pensée de Louis Althusser, plus exactement à sa conception de la pratique politique en tant qu’elle est indissociable du type d’intervention qu’il s’est efforcé de théoriser et de pratiquer.

    Ce problème soulève une série de questions demeurées en arrière-plan des recherches menées, ces dernières années, sur l’œuvre d’Althusser – réévaluant l’ontologie esquissée dans ses écrits des années 1980, sa lecture de Marx et des philosophes classiques ou encore l’influence qu’il a exercée sur des théoriciens qui s’emploient aujourd’hui à repenser l’émancipation. Il s’agira de déployer pour elles-mêmes ces questions qui constituent pour la pensée d’Althusser tout à la fois des points focaux et des points-limite, c’est-à-dire des points où elle tend à se résumer tout en échouant à se maîtriser : du problème de la conjoncture à ceux de la transition et du communisme, du statut du sujet à celui de l’intervention intellectuelle.

    #théorie #philosophie #communisme