• Incendier et revendiquer. Sur les émeutes en Suède
    http://sicjournal.org/incendier-et-revendiquer-sur-les-emeutes-en-suede

    D’un certain point de vue, cette ambivalence n’aurait rien de contradictoire : en luttant contre la poursuite de cette restructuration, on défendrait en même temps ce qu’elle n’a pas encore transformé. Mais on laisse alors de côté un produit essentiel de la destruction de l’identité ouvrière : la fin de l’existence politique du prolétariat en Suède qui, dans les zones les plus paupérisées, s’est accompagnée du développement d’émeutes sporadiques de 2008 à nos jours. En prenant en compte les pratiques de ces émeutes, l’ambivalence de l’activisme spécifique à Megafonen, qui consiste en ce qu’il tente de s’organiser sur la base des restes de l’identité ouvrière dans les conditions produites par la destruction de celle-ci, apparaît comme une contradiction entre les conditions sous lesquelles il existe et ses perspectives. À un moment où le prolétariat, dans la contrainte de vendre sa force de travail qui le définit, est structurellement exclu de la table de négociation collective, cet activisme affirme encore, par ses dénonciations de « l’État » et ses diverses institutions, la possibilité d’un dialogue et d’un avenir dans cette société – en un mot, il défend un État-providence qui n’existe plus.

    #Suède

  • De Foucault à Marx. Ébauche de cartographie d’un champ de bataille
    http://www.contretemps.eu/interventions/foucault-marx-%C3%A9bauche-cartographie-champ-bataille

    Foucault n’a cessé de penser à l’écart du marxisme (et souvent contre lui) et dans l’écart à Marx (et parfois avec lui). Prélever quelques moments de son trajet (jusqu’en 1979) permet d’en restituer la relative cohérence et de circonscrire l’espace d’une confrontation, à condition de laisser provisoirement les objections en retrait, plutôt que de laisser parler un marxisme ventriloque qui mesure tout savoir à son orthodoxie.

    #philosophie

  • Théorie et enquête. Entretien avec Asad Haider et Salar Mohandesi sur la revue Viewpoint
    http://revueperiode.net/theorie-et-enquete-entretien-avec-asad-haider-et-salar-mohandesi-sur-l

    Viewpoint Magazine est une revue de théorie marxiste en ligne basée aux États-Unis, initiée dans le cadre des débats autour des mouvements Occupy. Il s’agit d’une publication ouverte sur les nouvelles formes de radicalités et portée théoriquement sur les traditions révolutionnaires extraparlementaires, ultra-gauche et opéraïstes. Viewpoint Mag propose régulièrement des livraisons thématiques, sollicitant des contributeurs contemporains mais aussi traduisant ou republiant des analyses plus anciennes du mouvement révolutionnaire – en particulier la séquence rouge des années 1960 et 1970 en Italie, France et Allemagne. Dans cet entretien, les deux initiateurs de la revue nous expliquent leur projet théorique et politique et les défis de la pensée marxiste aux États-Unis. Ils nous mettent en garde contre (...)

    #Uncategorized #Althusser #enquête_ouvrière #opéraïsme

  • Faut-il conqué­rir les syndicats ou les détruire ?
    http://www.non-fides.fr/?Faut-il-conque-rir-les-syndicats

    Dans le siècle passé, au début du mou­ve­ment de la clas­se ouvrière, Karl Marx fut porté à con­s­idérer dans les or­ga­nis­mes syn­di­caux, les for­mes par les­quel­les la lutte de clas­se avait abou­ti à une lutte po­li­tique et révo­lu­ti­onn­ai­re. Les expéri­en­ces du ch­ar­tis­me en par­ti­cu­lier cont­ri­buèrent à étayer his­to­ri­que­ment l’opi­ni­on de Marx suiv­ant laquel­le les syn­di­cats, école du so­cia­lis­me, se­rai­ent l’arène de la Révo­lu­ti­on. Ce ju­ge­ment ne peut pas être con­damné si l’on con­s­idère la période his­to­ri­que, où il fut for­mulé. Mais si l’on se re­por­te à l’époque ac­tu­el­le, il faut cons­ta­ter que les syn­di­ca­lis­tes ont in­di­g­ne­ment spéculé sur l’an­ci­en­ne opi­ni­on de Karl Marx, pour at­tri­buer aux for­mes syn­di­ca­les l’ex­clu­si­vité du rôle révo­lu­ti­onn­ai­re. C’est un fait généra­le­ment ignoré en Fran­ce et en Ita­lie, que Marx, en ob­ser­va­teur scru­pu­leux du déve­lop­pe­ment de la lutte des clas­ses, et en ad­ver­sai­re in­las­sa­ble de toute con­clu­si­on dog­ma­tique n’a nul­le­ment manqué de réviser son point de vue à la lumière de l’expéri­ence his­to­ri­que. Il se ren­dit comp­te que les syn­di­cats enlisés dans les sa­bles de la résis­tan­ce éco­no­mi­que n’étai­ent plus les or­ga­nes na­tu­rels de la lutte de clas­se, comme l’af­fir­ment en­core les épi­go­nes de l’école léni­nis­te, (Trots­kis­tes, Bordi­gu­is­tes, Brand­le­ris­tes, etc.) mais que leur fonc­tion se li­mitait à résis­ter à la ten­dance des ca­pi­ta­lis­tes de réduire au mi­ni­mum pos­si­ble les frais d’exis­tence du ca­pi­ta­lis­me.

    #syndicalisme #conseillisme #communisme

  • L’urbanisme d’Alger et les pérégrinations intellectuelles de Le Corbusier
    http://www.contretemps.eu/interventions/urbanisme-alger-p%C3%A9r%C3%A9grinations-intellectuelles-corbusier

    Dans ses rapports au pouvoir, ce qui est rappelé par cette actualité éditoriale, les multiples critiques soulignent sa fascination pour le pouvoir. Toute sa vie, il restera fasciné par le pouvoir et l’autorité, même si, comme lui-même l’avoua dans un documentaire diffusé par la chaine franco-allemande Arte, la politique dont il se fait une idée assez flou, ne l’intéresse pas. Ce qu’il a toujours cherché en réalité c’est une autorité qui lui permette de construire sa ville radieuse. Et quand il croit avoir trouvé l’occasion de la réaliser, il adhère aveuglément au régime qui est près à l’écouter. C’est pourquoi il sera fasciné par l’URSS sous Staline et « attendra pendant quelque temps, à l’hôtel Carlton de Vichy, que Pétain l’appelle », note Michel Ragon. Mais ni Staline, ni Pétain n’ont été convaincu par ses théories. Seul Nehru l’a pris au sérieux et il l’a introduit pour diriger la construction de la ville de Chandigar.

    #architecture #modernisme #Algérie #Alger

  • Philosophie, #aliénation et néocapitalisme : entretien avec Stéphane Haber | Période
    http://revueperiode.net/philosophie-alienation-et-neocapitalisme-entretien-avec-stephane-haber

    Considérés par les uns comme la pièce centrale de la #critique du #capitalisme, rejetés par les autres pour l’"essentialisme dont il serait porteur, le concept d’aliénation fait partie de ces notions qui polarisent la théorie marxiste. Dans cet entretien, Stéphane Haber revient sur les enjeux d’une critique sociale formulée en termes d’aliénation, dont la spécificité serait de penser d’un même mouvement l’autonomisation des rapports sociaux et les expériences négatives qu’elle suscite. Ainsi définie, l’aliénation dessinerait les contours d’un cadre théorique suffisamment souple pour éclairer le présent historique tout en dégageant les caractéristiques essentielles du capitalisme comme forme de vie sociale insatisfaisante.

  • Du spirituel dans l’homme et dans le prolétaire en particulier. Autour de Houellebecq et de “Soumission”
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=470

    Que faire ? Ne pas rester isolé est la seule possibilité de ne pas sombrer et la crise met en valeur ce qui manque : parents, amis, voisins, là où pourraient subsister quelques possibilités d’entraide. A défaut, diverses communautés de substitution assurent un semblant de santé mentale aux individus isolés que sont les prolétaires. Dans la pauvreté, le choix est abondant : foot, militantisme, AMAP, djihad, groupe de réflexion, jeux en réseaux, pétanque, ZAD, bénévolat humanitaire, réseaux sociaux, céramique, etc.
    Cela ne suffit évidemment pas. Alors, comme les grands mythes mobilisateurs qu’ont pu être le socialisme ou le nationalisme sont passés de mode, seule la religion offre une réelle efficacité avec l’illusion d’un supplément spirituel. Le « lien social » défait, la religion le restaure par la transcendance : lien avec dieu et, à travers lui, avec tous les hommes, centralité de la famille et communauté des croyants. Dire la shahâda suffit à rejoindre celle des musulmans : devenir anarchiste ou marxiste n’est pas si simple et apporte en retour bien moins de sérénité.

    #littérature #religion

  • Logic or History? The Political Stakes of Marxist-Feminist Theory
    https://viewpointmag.com/2015/06/23/logic-or-history-the-political-stakes-of-marxist-feminist-theory

    When I first started writing this series of remarks in Italian (Riflessioni degeneri), subsequently collected into a single piece for the English version, my aim was twofold. The first was to make a complex debate – one that has unfolded over the course of several decades – accessible to a public of activists and people interested in gender, race, and class politics. The second was to contribute toward reopening this crucial debate about how we should conceptualize the structural relationship between gender oppression and capitalism. This is why I am deeply grateful to Oksala, Farris, and Manning for accepting to respond to my piece and for articulating powerful and illuminating critiques, and which have helped me think through these complicated matters more carefully and rigorously. Specifying the relationship between the logical and historical dimensions of capitalism is one of the most controversial problems in Marxist theory, and one about which I am very uncertain. But, as this is the point of contention between Oksala, Farris, Manning and myself, I will address a set of concerns pertaining to this problem which is relevant to the central issues at stake: whether or not we can claim that gender oppression is a necessary feature of capitalism and, if so, at what level of abstraction can we make that claim. While there is an array of further criticisms in their responses to my essay, this issue is the focus of all three. Hence I will spend most of the limited space at my disposal addressing it. In the appendix, I will respond to two of Manning’s misrepresentations of my position. It is likely that these misrepresentations are misunderstandings caused by the ambiguity of some of my initial formulations. However, as they are connected to political issues, it is important to clarify them for the sake of advancing our discussion and marking the real points of dissent.

    #genre

  • Famille nucléaire ? Non merci !
    http://cdarmangeat.blogspot.fr/2015/06/une-contribution-dans-lhumanite-propos.html#more

    Ce foisonnement de formes – dont on pourrait allonger la liste à loisir – s’explique aisément. Si, malgré l’irruption de la science et de la technique modernes, la procréation est fondamentalement restée un phénomène naturel nécessitant l’intervention d’un individu de chaque sexe, la #famille, en revanche, cette unité socio-économique chargée en particulier d’élever les enfants, est un phénomène social ; c’est ce qui explique son étonnante plasticité. Quant à la remarquable constante qui lui fait partout rassembler des hommes et des femmes, cela fait bien longtemps qu’elle ne doit plus rien à la nature, si jamais ce fut le cas. L’hétérosexualité de la famille est le produit de la division sexuelle du #travail, un autre phénomène social qui se trouve également au fondement de la domination masculine.

    #genre

  • Brochure : Les camps de travailleurs vietnamiens en France (1939-1952)
    http://www.non-fides.fr/?Les-camps-de-travailleurs

    Au total environ 20 000 Vietnamiens furent enrôlés de force comme ONS et quelque 20 000 comme tirailleurs ont été expédiés vers la France de fin 1939 à début 1940. À leur arrivée, les tirailleurs sont envoyés aussitôt rejoindre les unités sur le front de l’Est où la plupart d’entre eux laisseront leurs os, ou disparaîtront comme prisonniers. Les ONS, eux, seront enfermés au fur et à mesure de leur arrivée à la prison des Baumettes, à Mazargues (Marseille) gardée par des sentinelles sénégalaises.
    Tout se passe sous le contrôle du tristement célèbre Service de la main-d’œuvre indigène (MOI), qui est une administration totalement autonome formée par des colons et des officiers coloniaux à la retraite. Sous son égide, les ONS sont ensuite dirigés vers le Sud-Est et le Sud-Ouest, pour être livrés aux usines, aux poudreries de Bergerac, Toulouse, Chamas, de l’Yonne et autres centres de fabrication d’obus à Marseille, Sorgues, Lodève. Dans les salines de Girod, dans les fabriques de textiles artificiels et des engrais chimiques, les ONS doivent accomplir des tâches aussi dangereuses que pénibles. Et bien que les ONS soient des civils, le règlement est celui de la discipline militaire.

    #histoire #France #colonisation #Vietnam #Indochine

  • Iaata : L’ordre règne dans la ville rose !
    http://cqfd-journal.org/Iaata-L-ordre-regne-dans-la-ville

    Le site « Information anti autoritaire Toulouse et alentours » (Iaata) est dans le viseur des autorités depuis le début du mois de mai. Surprise ! c’est par la presse que l’équipe apprend que la plateforme d’infos qu’elle anime est poursuivie en justice et que son prétendu administrateur a été placé (...) — CQFD n°133 (juin 2015), Médias, Iaata, 1, 2, 3, iaata.info, Rebellyon, paris-luttes.info, La Rotative

  • Y a-t-il un « autre » mouvement ouvrier ? (Mattick, 1975)
    https://bataillesocialiste.wordpress.com/2015/06/16/y-a-t-il-un-autre-mouvement-ouvrier-mattick-1975

    La parution récente d’une traduction partielle de l’ouvrage de K. H. Roth, « L’autre mouvement ouvrier », nous offre l’occasion de faire connaître aussi aux lecteurs français le compte-rendu que Paul Mattick fit de ce livre en 1975.

    Les analyses de Roth, comme plus généralement celles du courant dit « opéraïste », entendent se situer du point de vue « d’en-bas », celui des travailleurs les plus exploités et les plus opprimés ; ceux dont la résistance entraine le capital à répondre a la fois par la violence ininterrompue, la répression ordinaire et extraordinaire, et le progrès technologique. Elles se proposent donc de mettre en relief les conduites présentes et passées d’un sujet révolutionnaire méconnu ou dénigré ( "l’ouvrier-masse’’), et de restaurer la signification radicale de ses luttes sauvages, spontanées, autonomes, comme de son hostilité à l’idéologie du travail, productiviste et pro-capitaliste, qui anime les courants dominants du marxisme établi. Perspective qui débouche par conséquent sur une critique également radicale des organisations ouvrières traditionnelles, réformistes ou révolutionnaires, et des séparations dont elles vivent : l’économique et le politique, la conscience et l’action, la théorie et la pratique.

    #théorie #opéraïsme #conseillisme #communisme

  • Precarity Rising
    https://viewpointmag.com/2015/06/15/precarity-rising

    Under these conditions, it is no surprise that many socialists, seeking to defend a more or less classical orientation, have sought to deny that any such radical recomposition of the working class has taken place. Despite a mainstream consensus that employment is becoming more precarious, these socialists defend their views by insisting that there is nothing fundamentally new in the contemporary condition of the working class. If anything, they claim, we are returning to the sort of capitalism that prevailed during the laissez-faire era. Thus, in their view, the old strategies should apply more, not less.

    #précarité

  • Théorie sociale et mondialisation : l’avènement de l’État transnational | Période
    http://revueperiode.net/theorie-sociale-et-mondialisation-lavenement-de-letat-transnational

    Le plus souvent, la #mondialisation est présentée comme un processus qui se joue indépendamment voire contre les nations. Dans cet article classique, William Robinson remet en cause ce diagnostic, qui repose sur une séparation entre l’#État et le #marché ou entre le national et le mondial. Il propose à l’inverse de reconstruire une théorie marxiste du rapport de l’État à la mondialisation capitaliste. Il émet ainsi l’hypothèse de la formation d’un État transnational dans le cadre de la restructuration néolibérale du #capitalisme initiée dans les années 1970. L’État transnational est l’institution d’une nouvelle #classe capitaliste transnationale, qui reconfigure le rapport capital-travail à l’échelle mondiale. Loin de disparaître, les États nationaux se voient intégrés à cet appareil étatique émergent qui dessine l’horizon des luttes émancipatrices contemporaines.

  • La lutte Autonome
    http://vosstanie.blogspot.fr/2015/06/la-lutte-autonome.html

    La force de travail est la seule marchandise dont la valeur s’établit à travers la lutte sociale.

    Alors que l’ouvrièr(e) / le prolétaire cherche à incorporer le maximum de temps de travail dans une marchandise, qu’il vend au capitaliste afin d’en augmenter sa valeur, le capitaliste recherche quant à lui à réduire ce temps au minimum.

    Cette lutte a un caractère très particulier dans le capitalisme. Tout d’abord parce que c’est un facteur déterminant du système, ensuite parce que c’est le processus économique lui-même qui détermine la fixation de la valeur de la force de travail, qui trouve dans le salaire son expression juridique.

    #communisme #autonomie

  • Confessions marxistes
    http://ddt21.noblogs.org/?page_id=441

    Je ne me souviens plus à quel propos ce fut, mais Laura se rappela au cours de l’une de nos conversations sur Marx — sans doute avais-je exprimé le regret que son père eut laissé si peu de documents subjectifs purement personnels — qu’elle avait, avec sa sœur, posé un jour par jeu à leur père une série de questions dont les réponses devaient constituer des sortes de confessions. Elle réussit à retrouver ces confessions, les réponses ayant été ainsi intitulées dans l’original. Et c’est justement ces confessions de Marx par questions et réponses que j’offre aujourd’hui à l’attention du lecteur. Laura Lafargue m’en donna une copie. Les questions et les réponses étaient rédigées en anglais.

  • Adorno et la discussion sur le prolétariat comme classe révolutionnaire
    http://dndf.org/?p=14239

    Pour Bonefeld, avec raison d’après moi, la classe n’est pas un concept affirmatif, mais « un concept entièrement négatif. La critique de la société de classe trouve sa résolution positive non pas dans des producteurs de plus-value mieux payés et employés à plein temps. Elle trouve sa résolution positive seulement dans la société sans classes. » De même que le prolétariat ne restaure pas un être de l’espèce qui a été perdu, ou une première nature, il ne crée pas une « république du travail », ni une société basée sur le pouvoir ouvrier, comme dans la vision du marxisme traditionnel, et même dans la gauche communiste historique. La praxis émancipatrice, selon moi, avance à travers l’abolition du travail, qui est la seule manière de renverser les rapports sociaux basés sur la forme-valeur. Cela entraîne une vision d’un métabolisme avec la nature basée sur des modes de poiesis distincts du travail tel qu’il s’est manifesté historiquement.

    On se trouve alors confronté tant théoriquement que pratiquement à la question : comment le prolétariat peut-il sortir de ces formes sociales perverties, ce fétichisme de la marchandise dans lequel il est embourbé, ces rapports sociaux réifiés qui ne sont pas simplement des modes de fausse conscience, des idéologies de la classe dominante, qui lui sont imposées par l’ennemi de classe, mais plutôt des rapports sociaux qui lui apparaissent comme le résultat de lois objectives, a-historiques, économiques et naturelles, et non comme le produit de l’activité du prolétariat lui-même. Cette dernière condition, véritable base du fétichisme de la marchandise et rempart des rapports sociaux capitalistes, doit être affirmée théoriquement pour qu’elle soit attaquée politiquement par les révolutionnaires et par la classe elle-même. Et ici la contribution d’Adorno, particulièrement sa vision de la praxis, me semble mériter toute notre attention.

    #philosophie #communisme #communisation

  • Violences policières : Quand la BAC frappe et dérape
    http://cqfd-journal.org/Violences-policieres-Quand-la-BAC

    Si le couple pense retrouver sans difficulté des personnes qui ont assisté à cette scène, en revanche, pour la suite, le trajet jusqu’au poste, il n’y a aucun témoin. C’est pourtant à ce moment-là que se seraient produits « les faits les plus graves ». Rabha raconte dans une désolation incendiaire  : « Ça criait dans la voiture, ils pétaient tous les plombs. La première chose qu’on me dit c’est “Gauchiste de merde” et même “Putain de merde”. J’étais plaquée sur le sol, la tête écrasée contre une grosse arme, une sorte de mitraillette, et les deux flics étaient installés sur moi. Les genoux du premier m’écrasaient les jambes, et les genoux du second, celui qui portait la veste Lonsdale, m’écrasaient la nuque. Celui-là essayait aussi de me mettre des claques et il me tirait les cheveux au point que, en arrivant au poste, ils sont tombés par grappes. » Entre les claques et les « Crève, crève  ! » qu’aurait lancés l’agent « Lonsdale », Rabha se retient de vomir et encaisse : « J’ai résisté dans la voiture, je me disais  : il ne faut pas que je lâche, sinon je vais laisser mes gosses, et dans ma tête y avait Idriss, surtout Idriss, qui sautait par terre, qui criait, qui pleurait et qui a suivi la voiture quand j’ai été embarquée. Et les insultes continuaient de pleuvoir : “Votre fille c’est de la merde”, “vos enfants, c’est de la merde”, “vous êtes une famille de merde”, “une famille de racaille”, “retourne dans ton pays”, “si tu n’aimes pas la France, t’as qu’à te casser”. »

    #répression #France #Nancy

  • Ventres asservis au capital
    https://www.ababord.org/Ventres-asservis-au-capital

    Qu’il est difficile de parler de la « production d’enfants », en cette ère et cette région du monde où la parentalité baigne dans un luxe romantique inouï ! C’est pourtant ce à quoi s’attelle l’essayiste italienne Silvia Federici dans Caliban et la sorcière. Le fait qu’elle évoque une autre époque facilite peut-être un peu les choses. On n’a pas l’impression qu’elle parle de nous, là, maintenant. Nous poussons de hauts cris devant la politique d’enfant unique de la Chine. Cela nous paraît barbare. Ici, c’est autrement plus civilisé : la mère est « glamourisée », l’enfant esthétisé. Or, n’est-ce pas la même logique qui y préside, mais articulée différemment ? Car entre avortements forcés et avortements interdits – ou difficiles d’accès –, stérilisation forcée et procréation assistée, prenons-en acte : la reproduction est bel et bien gérée, contrôlée, comme dans « contrôle des naissances ».

    Les femmes, leur spécificité reproductive, ont été asservies au projet capitaliste des nations et tous les événements et discours qui ont concouru à cet objectif ont eu des effets collatéraux sur la définition de la féminité. C’est là la thèse essentielle de Federici dans son livre Caliban et la sorcière. Si l’histoire des sorcières, de leur chasse et des horreurs qu’on leur faisait subir – on les brûlait réellement, ce n’est pas une métaphore tirée d’un conte pour enfants – est tout de même assez bien connue, la raison qui motivait cette histoire restait sans ancrage.

    #histoire #féminisme

    • #Travail_reproductif et oppression des mères isolées
      (relevé sur twitter)
      https://twitter.com/feeskellepeut/status/641730041051746304

      donc j’ai bien lu « la childfree sera toujours plus opprimée que la mère » et je ne m’en suis toujours pas remise, ne me parlez pas.
      Nous allons étudier ensemble comment l’oppression est une condition MATERIELLE et pas une condition psychiatrique.
      si l’oppression, mon brave twitto, consistait à se faire reprocher par sa maman le dimanche autour d’une dinde cuite de ne pas avoir procréé alors nous serions TOUS opprimés. il se trouve que l’oppression, c’est PAS ça. ça c’est la NEVROSE. ta maladie ton combat ta tare.
      l’oppression c’est MATERIEL. étonnamment l’oppression n’est PAS un ressenti. l’oppression est constituée de FAITS. des faits assez DESAGREABLES, même.
      l’oppression c’est des faits économiques, des faits politiques, des faits sociaux que tu prends dans la gueule. pas des ressentis.des FAITS. demande aux racisés de toutes couleurs ils sauront t’expliquer la différence entre UN FAIT et un RESSENTI de babtou fragile. il en va à peu près de même entre un childfree et UNE DARONNE. le childfree se sent opprimé, pauvre bichon, parce que sa maman lui reproche de ne pas l’avoir faite mamie. PLEURONS. c’est un peu comme le blanc qui se sent opprimé parce qu’il ne sait pas twerker et qu’il n’a absolument pas de fesses. la mère isolée se sent opprimée parce qu’elle n’a pas accès au travail, au logement, et parce que politiquement on lui chie dessus PARTOUT. un peu comme on chie sur l’immigré qui soi disant se gave d’allocs fout rien et coûte un bras. étonnamment c’est les mêmes ressorts tavu. le ou LA childfree ne subit AUCUNE oppression. iel n’est pas gêné dans sa carrière pas pénalisé sur son budget ni empêché de se loger. et à vrai dire je ne vois pas comment 1 femme childfree pourrait ouvrir sa gueule elle ne fait que VIVRE COMME UN MEC DANS UN MONDE POUR MECS. paie ton oppression, connasse, tu IMITES l’oppresseur. ferme la donc. le mépris des vrais pauvres vrais opprimés dans ce pays ne connaît aucune limite.

      je suis mère et ce n’est ni une concession au patriarcat ni une position privilégiée loin s’en faut. la reproduction est UN TRAVAIL. c’est un travail POLITIQUE. de PREMIERE IMPORTANCE. il n’est pas question de « faire des baybays », bande de courges !! il est question de FABRIQUER ET EDUQUER DES HUMAINS, des êtres politiques. c’est une partie du combat tout aussi honorable que les autres. (dis le contraire et je t’envoie te faire enculer par un parpaing). la reproduction c’est un TRAVAIL extrêmement prenant, fatigant, BENEVOLE, primordial et très mal considéré. je ne te permets pas, petite connasse toute fière de NE PAS LE FAIRE, de me chier dessus. OK ? bien. pas ok ? rinatapé.
      je FABRIQUE deux humains POLITIQUES je les éduque je les INSTRUIS je TRAVAILLE à l’avenir de ce monde de merde. je suis déconsidérée pour ça, sous payée pour ça, BANNIE du monde des humains politiques ACTUELS, traitée comme un DECHET.
      je vous demande de vous interroger une bonne fois sur la reproduction humaine son rôle et son action POLITIQUE.
      réveille moi quand tu seras au niveau et apte à piger ce que je fais, ce que ta mère a fait, ce que NOUS, mères, faisons, gratos, pour VOUS.

  • BAC de Marseille : encore une mort « accidentelle »
    http://cqfd-journal.org/BAC-de-Marseille-encore-une-mort

    Que s’est-il passé précisément ce 1er avril 2014 à Font-Vert ? Deux policiers de la Brigade anti-criminalité entrent dans la cité en se faisant passer pour des clients à la recherche de shit. Ils se dirigent vers le point de vente, un bâtiment à l’intérieur duquel se trouve Morad, un des vendeurs ce jour-là. L’un des policiers reconnaît Morad et vice-versa. Démasqué, l’agent décide de le courser pour récupérer la sacoche qu’il portait en bandoulière. Quant à Morad, pris en flagrant délit et décidé à ne pas se laisser attraper, il court se réfugier dans un appartement du deuxième étage. Le policier continue sa poursuite jusqu’au balcon, contrairement à ce qu’il déclarera dans sa première déposition à l’Inspection générale de la police où il affirme ne pas être entré dans l’appartement, avant de se raviser le lendemain et d’avouer qu’il a même tenté de le « retenir » par le poignet droit. À terre, après sa chute, Morad est pris de convulsions. Le deuxième agent prétend l’avoir mis en position latérale de sécurité, ce que contestent des témoins affirmant qu’il l’a secoué violemment dans le seul but de lui retirer la sacoche. Les secours ont d’ailleurs été prévenus par un habitant, car les policiers, préoccupés avant tout par leur propre sécurité, choisissent d’appeler des renforts et forment un cordon dans les minutes qui suivent.

    #France #Marseille #répression

  • Ricardo Flores Magón - La servitude volontaire
    http://www.non-fides.fr/?La-servitude-volontaire

    Juan et Pedro arrivèrent à l’âge où il est nécessaire de travailler pour vivre. Tous deux fils de travailleurs, ils n’eurent pas l’opportunité d’acquérir une instruction leur permettant d’échapper à la chaîne du salariat. Mais Juan était courageux. Il avait lu dans les journaux comment des hommes issus d’un milieu modeste étaient arrivés, à force de travail et d’épargne, à devenir les rois de la finance et à dominer les marchés et même les nations. Il avait lu mille anecdotes sur les Vanderbilt, les Rockfeller, les Rotschild, les Carnegie. Ces derniers, selon la presse et même selon les livres scolaires grâce auxquels on abrutit la jeunesse actuelle, étaient à la tête de la finance mondiale pour une seule raison : leur acharnement au travail et leur dévotion pour l’épargne (vil mensonge !).

    Juan se livra au travail avec une ardeur sans pareille. Il travailla pendant un an et se retrouva aussi pauvre qu’au premier jour. Au bout d’une autre année, il en était toujours au même point. Il s’acharna au travail sans désespérer. Cinq ans passèrent, au bout desquels — au prix de nombreux sacrifices — il put économiser un peu d’argent. Pour y parvenir, il dut réduire ses dépenses alimentaires au strict minimum, ce qui affaiblit ses forces. Il se vêtit de guenilles : la chaleur et le froid le tourmentèrent, épuisant son organisme. Il vécut dans de misérables taudis, dont l’insalubrité l’affaiblit encore plus.

    #anarchisme #Mexique

    • En voilà un qui a dû savoir travailler et épargner, pensa Juan, pour avoir pu ainsi sortir de la misère, pour arriver à cette hauteur et gagner autant de distinction !

      Ah ! Pauvre Juan ! Il n’avait pas pu oublier les histoires imbéciles des grands vampires de l’humanité. Il n’avait pas pu oublier ce qu’il avait lu dans les livres d’école où l’on abrutit volontairement le peuple !

      Pedro n’avait pas travaillé. Homme sans scrupules et doté d’une grande malice, il avait compris que ce qu’on appelle honneur n’est pas source de richesses. Par conséquent, il s’évertua à tromper ses semblables. Dès qu’il put réunir quelques fonds, il installa des ateliers et loua de la main d’œuvre à bas prix, de sorte qu’il commença à s’enrichir. Il agrandit ses affaires, loua de plus en plus de bras, au point de devenir millionnaire et grand seigneur, grâce aux innombrables Juan qui prenaient au pied de la lettre les conseils de la bourgeoisie.

  • Quatre mythes sur la « classe des indépendants »
    http://www.contretemps.eu/socio-flashs/quatre-mythes-sur-%C2%AB-classe-ind%C3%A9pendants-%C2%BB

    Initialement paru dans le magazine Jacobin, cet article de Sarah Grey brise les mythes d’une certaine sociologie des travailleurs indépendants, selon laquelle ces derniers seraient à mi-chemin entre un vaste « précariat » et la petite-bourgeoisie. À partir de son expérience d’éditrice freelance, de la situation et des luttes des travailleurs indépendants aux États-Unis, elle établit que la plupart des travailleurs freelance sont bien des prolétaires. Source : Contretemps

    • Mais si un des critères qui définit une #classe est la conscience de classe, il devient alors de plus en plus clair que les travailleurs à bas salaires luttent pour 15 dollars, et que les étudiants commencent à refuser le fardeau de leur dette, que les #indépendants ne peuvent plus être exclus parce qu’ils s’aligneraint nécessairement, sur un plan idéologique, sur la petite-bourgeoisie. Les indépendants viennent de plus en plus de la classe ouvrière, travaillent pour des bas #salaires, et partagent les intérêts premiers – et la #précarité – de la classe ouvrière.

  • Les éditions Entremonde seront présentes au Petit salon du livre politique
    http://lelieudit.com/Le-petit-salon-du-livre-politique-8e-edition

    Ce salon réunit une vingtaine d’éditeurs qui tous, quelle que soit leur taille, consacrent une partie importante de leur catalogue à « la politique », c’est-à-dire à la critique de l’ordre existant et aux moyens d’en sortir.
    Histoire, sociologie, philosophie, ethnographie, la plupart des disciplines qu’on regroupe sous le nom bizarre de « sciences humaines » y sont représentées. Peu d’ouvrages académiques, davantage de livres subversifs (pour éviter de les appeler « militants » ou « engagés ».)
    Il y aura au Lieu-Dit comme chaque année, des débats, des rencontres, et surtout une atmosphère amicale qui fait de ce salon un événement qui ne ressemble à rien de ce que ce mot recouvre, en général.

    #livres #édition #Paris

  • Trapped at a Party Where No One Likes You
    https://cominsitu.wordpress.com/2015/05/21/trapped-at-a-party-where-no-one-likes-you

    These conditions outline the phenomenal contours of the present crisis of capital accumulation, which is at the same time a crisis of the reproduction of the capital-labor relation. Since the economic restructuring of the 1970s, deregulation has expanded the flexibility of labor markets and fundamentally reoriented the conditions of the class relation. While unemployment remained relatively abated during the postwar period – alongside the assurances of the welfare state – developments in capital accumulation since then have witnessed an unprecedented ascendance, in terms of duration and concentration, of both unemployment and underemployment. Since the early 1970s and through the dismantling of the Keynesian wage-productivity deal of the postwar period, the capitalist mode of production has been stumbling to combat the anguish of diminishing returns. Its recourse of economic restructuring consisted in the expansion of finance capital and increasing the rate of exploitation in an attempt to stabilize and defer its own inherent propensity to undermine the process of self-valorization. The 21st century thereby opened with a reign of labor-power devaluation that has only intensified its duress, which, alongside fiscal and sovereign debt crises expressed in austerity, continues to wield unrelenting immiseration.

    #théorie

  • Librairie : les tarifs postaux, frein au développement de la vente en ligne
    https://www.actualitte.com/les-maisons/librairie-les-tarifs-postaux-frein-au-developpement-de-la-vente-en-ligne

    Jusqu’à lors, les maisons profitaient d’une tolérance de la part de La Poste, et faisaient parvenir les ouvrages à la presse en appliquant le tarif Lettre. « Les libraires étaient déjà passés au tarif Colisimo, désormais en vigueur quand on doit envoyer des livres, bien avant les changements tarifaires opérés en janvier », nous précise Guillaume Husson, délégué général du SLF.

    Des tarifs, comme nous avions pu l’observer, qui passent du simple au double, selon le tarif Lettre ou Colisimo. Le changement ne concerne cependant pas tous les livres, systématiquement : juste les plis dont l’épaisseur dépasse 3 cm. Dès lors, un ouvrage grand format traditionnel devra se voir appliquer un prix plus élevé.

    Le SNE est entré en négociations avec La Poste, mais a besoin de déterminer ce que peut représenter le volume de livres expédiés tant par voie postale, et qu’avec d’autres moyens de transport, pour disposer d’éléments à mettre dans la balance. On le comprend : si les ouvrages expédiés en service de presse, ainsi que ceux envoyés aux particuliers, dans le cas de vente à distance ne représentent qu’une part minoritaire, La Poste aura moins de problèmes à accepter une tarification réduite.

    #livres #édition