enuncombatdouteux

NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

  • Des Français de plus en plus préoccupés par les questions environnementales
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/11/13/une-opinion-de-plus-en-plus-sensibilisee-aux-questions-environnementales_538

    A quelques mois des européennes, l’enjeu écologique est en passe de devenir la préoccupation numéro un des électeurs, devant l’emploi ou le pouvoir d’achat.

    « Ça bascule. » L’expression pour parler de la conscience écologique des Français est devenue un leitmotiv ces derniers mois. Qu’ils soient sondeurs, responsables d’associations environnementales ou sociologues, tous constatent que « quelque chose est en train de se passer », même si aucune étude d’ampleur n’est venue encore mesurer ce mouvement d’opinion. « Depuis l’été, l’enjeu écologique remonte vite et fort dans les préoccupations quotidiennes », explique le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier.

    Parmi les sujets de préoccupation des Français, le défi climatique est en train de devenir numéro un, devant le pouvoir d’achat ou l’emploi, observe le spécialiste des sondages. « Chez les moins de 35 ans, les CSP + et ceux vivant dans les centres urbains, c’est net et ça continue de monter. Pour ceux-là, c’est devenu un enjeu prioritaire et c’est nouveau », ajoute M. Teinturier.

    C’est aussi l’analyse du directeur du département opinion de l’IFOP, Jérôme Fourquet. « Tous nos indicateurs montrent que, pour la population urbaine et diplômée, la problématique environnementale est devenue cardinale. Il y a quelques années, la conscience du changement climatique progressait, mais les Français avaient le sentiment d’avoir encore quelques années devant eux. Ce n’est plus le cas, ils ont compris que cela se joue maintenant », assure-t-il.
    « Le gouvernement n’est pas à la hauteur »

    A la fin de l’été, la démission du gouvernement de Nicolas Hulot, qui multipliait les mises en garde contre une « tragédie annoncée », a provoqué un choc et touché bien au-delà des cercles écologistes. L’été caniculaire, les incendies dans le sud de l’Europe et les récentes inondations ont également marqué les esprits. Les appels des scientifiques pour la planète et le dernier rapport alarmant du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) ont légitimé un peu plus la nécessité de changer de mode de production et de consommation.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Européennes : Macron redoute une fuite de ses électeurs vers les écologistes
    Par ailleurs, de nombreuses initiatives citoyennes ont pris le relais. Les vidéos des youtubeurs expliquant les conséquences d’une hausse de température ont connu un succès immédiat – plus de sept millions de vues. Le 8 septembre et le 13 octobre, les deux marches pour le climat ont rassemblé en France des dizaines de milliers de personnes dans 80 villes et villages. Cette mobilisation inédite a surtout été portée par un public jeune, primo-manifestant, mais radical dans ses attentes.

    Un constat corroboré par les associations. « Sur le terrain, on est passé d’une pratique individuelle, locale, à un engagement collectif. Le dérèglement climatique est devenu pour beaucoup la boussole pour évaluer les politiques », souligne le porte-parole climat d’Attac, Maxime Combes. Le site « Il est encore temps », mis en place après l’appel des youtubeurs, a vu ainsi affluer 160 000 inscriptions de citoyens désireux de s’investir concrètement. « On est clairement sorti du stade où on sentait les gens écrasés par l’ampleur de l’enjeu. Il y a une envie d’agir collectivement sans attendre les politiques », renchérit Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org.

    Non encore publiée, une enquête sur la composition des participants aux marches pour le climat, coordonnée par le sociologue Yann Le Lann, maître de conférences à l’université de Lille, vient corroborer ce constat. « Alors qu’on a largement présenté les défilés comme apolitiques ou du moins consensuels, notre enquête montre que ceux qui étaient dans la rue, pour la moitié des moins de 35 ans, ont une conscience très claire des ruptures à opérer et ne se contentent pas des petits pas. Même les électeurs d’Emmanuel Macron rencontrés, minoritaires, estiment que le gouvernement n’est pas à la hauteur », note M. Le Lann.

    Les spécialistes de l’opinion et les responsables associatifs observent toutefois que ce sentiment d’urgence n’est pas unanime. Les études d’opinion indiquent en effet que les catégories populaires et peu diplômées restent davantage préoccupées par le pouvoir d’achat. « L’enjeu environnemental passe après l’urgence quotidienne », résume Brice Teinturier, qui note néanmoins une sensibilité aux questions environnementales accrue chez ces catégories de la population.


  • La collapsologie : un discours réactionnaire ? | #Jean-Baptiste_Fressoz
    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/07/la-collapsologie-un-discours-reactionnaire_1690596

    Le thème de l’#effondrement de la civilisation industrielle, très présent dans les années 70, revient actuellement en force. Depuis la parution du best-seller Collapse de Jared Diamond en 2006 (Effondrement, Gallimard), il ne se passe guère un mois sans qu’un nouvel essai, un article ou une tribune, nous prédise un « effondrement » à court terme des grandes structures productives et politiques du monde industriel. Cette vogue de l’effondrement - à laquelle ne se réduit pas la pensée écologique contemporaine - est bien entendu liée à la crise environnementale : la sixième extinction des espèces, le réchauffement prévisible de 3 °C en 2100, et, plus généralement, la perturbation des cycles biogéochimiques, bref, ce que les scientifiques du système Terre appellent « l’#anthropocène ». Mais « effondrement » est-il le bon mot ? Est-ce la bonne manière de désigner et donc de penser ce qui nous arrive ? Sans avoir une opinion tranchée, j’y vois au moins quatre problèmes.

    Premièrement, le terme d’effondrement est beaucoup trop anthropocentrique. Car de quel effondrement parle-t-on ? Celui de la nature est déjà largement consommé : les humains et leurs bestiaux représentent 97 % de la biomasse des vertébrés terrestres ; il ne reste que de 10 % des poissons de grande taille par rapport à l’entre-deux-guerres ; en Allemagne, les insectes ont diminué de trois quarts en trente ans. En se focalisant sur l’effondrement à venir de la civilisation industrielle, le risque est de se rendre aveugle à tous les effondrements de la nature qui sont en cours et même déjà très avancés.

    Deuxièmement, le discours de l’effondrement est très « occidentalocentré ». Dit plus simplement : c’est une #écologie de riches. Ce que nous vivons est infiniment plus pervers : le changement climatique accentue les autres formes de violence et d’inégalités. Suprême injustice, il est causé par les riches et persécute surtout les pauvres des pays pauvres. Et c’est d’ailleurs cette caractéristique qui explique l’apathie générale. Quand on voit l’océan d’indifférence dans lequel se noient des dizaines de milliers de réfugiés en Méditerranée, comment espérer mobiliser en invoquant le paysan du Bangladesh chassé de chez lui par la montée des eaux ? La « pédagogie de la catastrophe » est une illusion démentie par l’histoire : qui, à part dans les pays concernés, se souvient du cyclone Bhola (au moins 300 000 morts au Bangladesh en 1970), du typhon Nina (170 000 morts en Chine en 1975) ou du cyclone Nargis (130 000 morts en Birmanie en 2008) ? Et en Europe, qu’est-ce qu’ont changé les 70 000 morts de la canicule de 2003 ? Il faut reconnaître au capitalisme sa résilience extraordinaire face aux désastres de tout ordre.

    Troisièmement, le discours actuel de l’effondrement mélange deux choses : la perturbation du système Terre et la sixième extinction, qui sont avérées, et l’épuisement des ressources fossiles qui est sans cesse repoussé à plus tard. Le problème est que ces deux phénomènes jouent à des échelles temporelles très différentes : selon les climatologues, pour ne pas dépasser + 2 °C en 2100, il faudrait laisser sous le sol les deux tiers des réserves de pétrole, de gaz et de charbon économiquement exploitables (1). Dit autrement, le capitalisme fossile se porte à merveille, il est dans la force de l’âge, son effondrement est peu probable, et c’est bien là le tragique de la situation.

    Quatrièmement, le discours de l’effondrement dépolitise la question écologique. Un peu comme les intellectuels marxistes des années 70 attendaient l’effondrement du capitalisme sous le poids de ses contradictions internes (la fameuse baisse tendancielle du taux de profit), il ne faudrait surtout pas attendre l’effondrement du capitalisme fossile parce que « la nature » le décidera. La lutte écologique ne doit pas mobiliser contre, mais pour l’effondrement, du moins celui du capitalisme fossile.

    Tous ces problèmes, l’effondrement les doit à ses origines intellectuelles et politiques. Au début du XIXe siècle, les élites libérales issues de la Révolution française utilisent déjà ce discours pour réprimer les usages de la nature - les communs forestiers en particulier - des masses paysannes libérées des obligations féodales. Au même moment, en Angleterre, Malthus expliquait qu’il fallait couper les aides aux pauvres pour éviter qu’ils ne prolifèrent dangereusement. Tout au long des XIXe et XXe siècles, l’effondrement est avant tout porté par les chantres de l’industrie et de l’Empire : c’est l’économiste Stanley Jevons qui s’inquiète pour la domination de la Grande-Bretagne à court de charbon ; c’est Paul Leroy-Beaulieu qui justifie le pillage des ressources coloniales au nom de l’effondrement prévisible de l’Europe ; c’est la commission Paley établie par Truman qui organise le drainage des matières premières du tiers-monde ; et c’est encore le Club de Rome, un assemblage d’industriels et de savants de la guerre froide qui a curieusement séduit la contre-culture (2), et dont les travaux ont joué un rôle certain dans l’élaboration du programme chinois de l’enfant unique (3). Remarquons pour finir que dans les années 90, quand la question climatique émerge dans l’espace public, le discours de l’effondrement a d’abord fait turbiner une clique de consultants travaillant pour le Pentagone, des néomalthusiens affolés par leurs fantasmes racistes - des hordes brunes de réfugiés climatiques - et voulant aussi prévoir les nouveaux terrains de déploiement de l’armée américaine dans un Global South en proie au collapse généralisé. Si en France on connaît surtout la « #collapsologie » de gauche, celle d’Yves Cochet, de Pablo Servigne et de Raphaël Stevens qui tentent de construire une politique post-apocalyptique émancipatrice, il ne faut pas oublier que l’effondrement a, au cours de sa longue histoire, nourri les passions politiques les plus nauséabondes.

    « Mal nommer un objet, disait Camus, c’est ajouter au malheur de ce monde. » En étant optimiste, on pourrait dire de l’effondrement que sa fonction politique est encore indécise. Il pourrait devenir le clairon d’une mobilisation générale pour le climat, mais il pourrait aussi renforcer l’option nucléaire et demain, qui sait, la géoingénierie. L’effondrement disparaît et réapparaît, recule ou revient en force en s’ajustant aux futurs successifs. En attendant, les catastrophes se multiplient partout, et surtout en dehors d’une civilisation occidentale qui depuis deux siècles n’a cessé d’admirer sa puissance au prisme de son effondrement.

    (1) « Unburnable Fossil-Fuel Reserves », de Michael Jakob et Jérôme Hilaire, Nature, vol. 517, 2015, p. 150-152.
    (2) Le Club de Rome est financé par la famille Agnelli (la Fiat), piloté par l’industriel Aurelio Peccei et Jay Forrester, l’inventeur de l’ordinateur numérique pour les besoins du programme nucléaire américain, y joue un rôle central.
    (3) Fatal Misconception : The Struggle to Control World Population, de Matthew Connelly, Heron and Crane, 2008.



  • Travailler, une arnaque ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/travailler-une-arnaque

    Travailler, une arnaque ?

    Khedidja a suivi une formation de cuisinière proposée par Pôle emploi. Laurent a été embauché comme poseur de compteurs électriques intelligents. Les deux ont été formés dans des conditions déplorables et ont déposé une plainte. Ils racontent.

    https://www.franceculture.fr/player/export-reecouter?content=3a5297f3-e1a9-421b-8791-3a0d4ab84dbf

    D’un côté, la #bullshit_formation par excellence,
    de l’autre, la réalité des mercenaires précaires du #Linky.


  • Macron : « Il faut séparer le Pétain qui a fait fusiller des mutins du Pétain qui a fait déporter des Juifs »
    http://www.legorafi.fr/2018/11/08/macron-il-faut-separer-le-petain-qui-a-fait-fusiller-des-mutins-du-petain-q

    Paris – Emmanuel Macron a tenté de nouveau de séparer Philippe Pétain en deux entités bien distinctes, entre un Philippe Pétain bien identifiable qui a collaboré avec les nazis et un Philippe Pétain qui se montra très impartial pour stopper les mutineries de 1917.


    « C’est très difficile, tout est très lié » a-t-il après dix heures d’opération de communication. « J’ai peur que le sujet ne résiste pas mon opération de com’ et que tout sa bile de haine, d’antisémitisme et de racisme qui était très ancrée dans la personne ne créé une dramatique hémorragie incontrôlable ». Il reconnaît cependant que l’autre partie n’est pas plus reluisante. « On a quelqu’un dont le rôle était de calmer les mutineries, il y a de nombreux soldats fusillés pour l’exemple, c’est très difficile à justifier » souligne-t-il « Oh puis zut » ajoute-t-il, appuyant sur un un levier qui fait basculer la table d’opération, renvoyant Philippe Pétain aux Enfers.


  • La limule, « fossile vivant » au sang bleu menacé de disparition
    https://www.lemonde.fr/big-browser/article/2018/11/03/la-limule-fossile-vivant-au-sang-bleu-menace-de-disparition_5378484_4832693.

    Vieux de 450 millions d’années, cet animal est prisé par l’industrie médicale pour les propriétés uniques de son sang bleu.

    Cet arthropode, qualifié de « fossile vivant », moins populaire qu’un tigre ou un panda, a été placé sur la liste des animaux vulnérables de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=4&v=zLXxEa4gB4U


    La limule a en effet une caractéristique peu commune : son sang bleu contient des cellules réagissant au contact de bactéries, qui le rend particulièrement utile pour détecter une éventuelle contamination de matériel chirurgical, de dialyse, ou d’autres médicaments… La demande est telle que ce liquide est devenu l’un des plus chers du monde, à plus de 10 000 euros le litre, selon le Guardian.


  • Bayer, dans l’enfer du mariage avec Monsanto
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/11/02/bayer-dans-l-enfer-du-mariage-avec-monsanto_5377800_3234.html

    Depuis la fusion effective des deux groupes, en juin, la valeur du nouvel ensemble ne cesse de fondre. Les investisseurs s’inquiètent du risque environnemental que constitue le glyphosate.

    Ce jour-là, l’action Bayer a décroché, pour ne plus jamais se relever. Le 9 août 2018, Dewayne Johnson, un ancien jardinier en phase terminale de lymphome non hodgkinien, obtient gain de cause dans son procès contre Monsanto, qui ne l’a pas informé des risques qu’il courait en utilisant son produit phare, le Roundup. Le célèbre herbicide à base de glyphosate, le plus utilisé dans le monde, est pour la première fois rendu responsable d’un cancer par un tribunal, qui condamne Monsanto à verser au plaignant 289 millions de dollars (253 millions d’euros) : 39 au titre du préjudice moral et financier et 250 millions au titre des dommages.

    L’allemand Bayer, qui a racheté le semencier Monsanto au mois de juin, accuse le coup : 10 milliards d’euros de valeur boursière s’évaporent en quelques heures. Le « risque Monsanto » correspond désormais à un chiffre, monstrueux. Et la descente aux enfers commence.

    Bayer, ébranlé par la sanction, se défend. Il assure aux investisseurs que le procès sera cassé en appel, que la peine sera allégée et que le juge se rendra aux conclusions des « 800 études scientifiques » prouvant l’innocuité de la molécule. L’action reprend des couleurs. Mais lundi 22 octobre, le couperet tombe : la juge Suzanne Bolanos ne rouvrira pas le procès. Elle maintient le jugement mais allège la sanction financière, la ramenant au total à 78,5 millions de dollars. L’action s’effondre à nouveau, pour atteindre son plus bas niveau depuis cinq ans. Le 1er novembre, Dewayne Johnson a accepté – dans le but d’éviter le poids d’un nouveau procès – les dommages et intérêts réduits.

    Branle-bas de combat

    Depuis le rachat de Monsanto, Bayer a perdu la somme gigantesque de 30 milliards d’euros de valeur boursière, alors que le groupe a opéré une augmentation de capital de 9 milliards d’euros pour boucler la fusion. Le « mariage du siècle » au sommet de l’agrochimie mondiale était-il une erreur ? Déjà condamné par les écologistes, voilà qu’il est aussi remis en cause par les marchés.

    Tout, dans cette alliance, est démesuré : le prix de la transaction (63 milliards de dollars) ; la taille du nouveau groupe, devenu le premier producteur de glyphosate du monde et le champion mondial de l’agrochimie ; la réputation de Monsanto, un nom si chargé négativement que Bayer a prévu de le faire disparaître. Mais c’est surtout l’ampleur du nouveau risque judiciaire qui affole les investisseurs : 7 800 procès sont actuellement intentés contre Monsanto aux Etats-Unis, soit plusieurs milliards de dollars de dommages et intérêts potentiels.

    Dans le groupe Bayer consolidé, l’herbicide Roundup pèse 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

    « Les activités de Monsanto apportent des risques élevés en matière environnementale, sociale et de gouvernance, » juge Ingo Speich, gestionnaire de fonds chez Union Investment. Bayer a-t-il suffisamment mesuré les risques ? Les actionnaires sont d’autant plus inquiets que les autres activités du groupe affichent des signes de faiblesse : le département des médicaments sans ordonnance a vu ses résultats reculer au dernier semestre. En pharmacie conventionnelle, plusieurs brevets Bayer arrivent bientôt à échéance, et les nouvelles molécules en cours d’homologation ne pourront pas compenser la perte de chiffre d’affaires.

    En interne, depuis le mois d’août, c’est le branle-bas de combat. « L’ambiance est désastreuse. Beaucoup avaient déjà eu du mal à avaler la décision de racheter Monsanto, vu l’image qu’ils en ont. Mais là, la situation n’est pas tenable à long terme. Si un hedge fund veut nous racheter, il peut le faire à bon compte », s’inquiète une source interne. Pour sauver la fusion, même les bijoux de famille sont examinés. Fin septembre, la presse allemande rapporte que Bayer étudie de près une cession de ses activités en santé animale, qui pourrait rapporter 6 à 7 milliards d’euros. Une information non confirmée par le groupe.

    Fin septembre, lors d’une réunion du personnel à Leverkusen, au siège de Bayer, Werner Baumann, patron du groupe, a évoqué la possibilité de se séparer de certaines parties de son département recherche en médicaments, un des cœurs traditionnels de Bayer. Les représentants des salariés sont alarmés.

    Sauver le soldat glyphosate

    Surtout, Bayer veut sauver le soldat glyphosate. L’herbicide controversé est d’une importance cruciale pour le groupe. Il représentait un quart des ventes de Monsanto. Dans le groupe Bayer consolidé, il pèse 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Alors Werner Baumann monte lui-même au créneau dans la presse. Dans le numéro du 23 septembre de Bild am Sonntag, version dominicale de Bild, le quotidien le plus lu d’Allemagne, il pose souriant dans un laboratoire du groupe. « Grâce au glyphosate, les gens mangent à leur faim », affirme-t-il, au risque de s’attirer les foudres des milieux écologistes.

    La sortie pro-glyphosate du patron de Bayer surprend. Car depuis début 2018, c’est un tout autre discours qui était mis en avant. Liam Condon, directeur du département Crop Science, a multiplié les interventions dans la presse et auprès d’associations environnementales pour expliquer la démarche du nouveau groupe. Il joue la carte du dialogue et de l’apaisement.

    Fin mars, dans le magazine Capital, une discussion est organisée avec le coprésident du parti écologiste allemand, Robert Habeck, sur la question de savoir comment nourrir la planète avec 10 milliards d’habitants en 2050. C’est la première fois qu’un tel débat est organisé dans le pays, symptomatique d’un double mouvement : la volonté de Bayer de trancher avec le passé de Monsanto, qui refusait systématiquement le débat avec ses contradicteurs, et la nouvelle orientation des Verts allemands, traditionnellement parti d’urbains très diplômés, qui ne veulent plus passer pour des ennemis de l’innovation.

    Les positions restent antagoniques, notamment sur la question des brevets sur les plantes, mais certains points d’entente sont identifiés. « Je ne veux pas revenir à une agriculture de carte postale avec trois cochons et deux poules, » dit M. Habeck, aujourd’hui une des personnalités politiques les plus en vue d’Allemagne. « Le glyphosate n’est pas notre avenir », assure de son côté M. Condon.

    La question est brûlante : dans le contexte d’une augmentation de la population, d’un réchauffement du climat et d’une extinction des espèces, comment augmenter la production agricole sans étendre les terres arables au détriment des espaces sauvages ? Comment adapter l’agriculture à la montée du niveau des mers ? Comment faire avec moins d’eau, moins d’engrais et moins de pesticides de synthèse ?

    Plus de technique, moins de chimie

    Liam Condon est l’arme de Bayer dans ce débat sensible. Mi-juin, dans l’hebdomadaire FAS, il laisse entrevoir à quoi pourrait ressembler l’agriculture du futur selon Bayer : davantage de technique et moins de chimie. Même s’il continue à défendre le glyphosate comme un herbicide « sûr ». « La grande solution qui va sauver le monde n’existe pas, explique-t-il. L’agriculture est trop variée. Mais il y aura une série de petits apports. »

    Il en nomme trois. Le premier est la technologie Crispr/Cas, ou « ciseau génétique » une technologie co-découverte en 2012 par la Française Emmanuelle Charpentier, qui permet de modifier l’ADN d’une plante de façon plus rapide qu’avant, sans avoir recours au matériel génétique d’une autre plante. Elle pourrait permettre de créer des organismes plus résistants à la sécheresse, capables de grandir dans l’eau salée, ou plus productifs, promettent les scientifiques, qui parlent de « révolution dans l’agriculture ». La méthode divise actuellement les écologistes allemands et le thème est très controversé en Europe. Un arrêt de la Cour de justice européenne, rendu fin juillet, a ainsi mis un coup de frein au développement de la technologie sur les sols européens. Les plantes traitées avec la méthode Crispr/Cas sont considérées comme des OGM et devront être dûment étiquetées.

    La deuxième technologie sur laquelle mise Bayer est l’agriculture numérique ou « digital farming », qui suppose par exemple l’utilisation de robots autonomes dans les champs qui repèrent les plantes nuisibles et les détruisent au laser. Ou celle de capteurs, capables de mesurer au plus près l’hygrométrie et la quantité d’intrants à utiliser. La troisième innovation repose sur une meilleure connaissance des micro-organismes ou microbes présents dans le sol et leur relation avec la croissance de la plante. Elle propose des solutions biologiques pour la fertilisation des sols ou la protection contre les maladies. Certaines préparations déjà sur le marché sont d’ailleurs utilisables en agriculture bio.

    Interrogées par le Monde, plusieurs sources des milieux écologistes conviennent, en off, que ces innovations sont « intéressantes » et qu’elles consacrent l’émergence d’une agriculture post-chimie. Mais elles maintiennent leur condamnation de la concentration du secteur de l’agrotechnologie. Pour les actionnaires, ces nouvelles méthodes ne promettent cependant pas de profits à court terme. Or la Bourse est cruelle : elle mesure le risque environnemental, mais ne veut pas renoncer aux profits sûrs. Pour Bayer, le défi est double : il doit convaincre que son modèle d’agriculture du futur est aussi « durable » qu’il le prétend, et qu’il peut générer autant de profits que le glyphosate.



  • Pourquoi faire analyser son ADN pour connaître ses origines est une très mauvaise idée
    https://www.numerama.com/sciences/436626-pourquoi-faire-analyser-son-adn-pour-connaitre-ses-origines-est-une

    Les tests d’ADN pour connaître ses « origines » explosent aux États-Unis. Mais les entreprises privées qui les réalisent revendent souvent ces données, pourtant si précieuses. Ils veulent savoir d’où viennent leurs épais sourcils, leurs tâches de rousseur ou leur teint olive. Un peu d’Irlande, de bassin méditerranéen ou d’Amérique centrale. Aux États-Unis, de plus en plus d’Américains choisissent de passer un test ADN afin de connaître leurs origines. Pour cela, nul besoin de se rendre dans des laboratoires (...)

    #23andMe #AncestryDNA #GlaxoSmithKline #MyHeritage #santé #génétique #prédiction (...)

    ##santé ##BigData
    //c2.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2018/11/dna-test-slider.jpg


  • Et si on s’attachait davantage à la sangsue ?

    https://www.liberation.fr/france/2018/11/04/et-si-on-s-attachait-davantage-a-la-sangsue_1689425

    Aujourd’hui, on en sait davantage sur les véritables propriétés des hirudo. Leur salive contient des composés anti-inflammatoires et un puissant anticoagulant, l’hirudine. Une fois les sangsues retirées, un fin saignement continue pendant plusieurs heures, ce qui a un effet décongestionnant. Tendinites, hématomes ou encore arthrose sont traités par certains naturopathes grâce à ce type de thérapie. Même la médecine conventionnelle s’y est mise : presque tous les CHU mettent les sangsues médicinales à contribution. Utilisées en chirurgie réparatrice depuis une vingtaine d’années, elles permettent de drainer les accumulations de sang et d’accélérer la cicatrisation après des greffes de doigts coupés, de peau ou encore une reconstruction mammaire. Pour s’assurer que les bestioles auront faim, on les fait jeûner pendant trente jours avant. Rien d’insurmontable puisqu’elles sont capables de ne rien manger pendant près d’un an.

    « En France, nous utilisons 20 000 sangsues par an, essentiellement pour l’homme (mais pas pour la femme). Elles sont beaucoup plus populaires en Allemagne, où c’est 600 000. En Suisse, certaines mutuelles remboursent même l’hirudothérapie », souligne Emmanuel Lecoutey, docteur en biologie et hirudothérapeute. Il soigne les humains et les chevaux grâce à ces auxiliaires médicales. « Sur une tendinite, j’appose entre 4 et 6 sangsues pour un être humain, c’est 15 à 20 sur un cheval si le tendon est lésé sur une vingtaine de centimètres », précise celui qui est en train de se constituer son propre élevage de petites bienfaitrices.

    Face à ses patients, il doit défaire les fantasmes : non les sangsues ne vont pas se balader, elles resteront accrochées une vingtaine de minutes, non elles ne s’enfonceront pas sous la peau, non ça n’est pas douloureux. « C’est plutôt une légère gêne. On sent surtout la sangsue dans les premières minutes qui suivent l’apposition, lorsqu’elle incise la peau avec sa mâchoire. Les patients comparent souvent la morsure à une piqûre d’ortie ou à de petites décharges électriques. Une fois qu’elle a injecté sa salive qui contient des composés analgésiques, on ne sent quasiment plus rien », précise-t-il. Et de conclure : « C’est juste un cap psychologique à passer. »




  • Sommes nous dans les années 1930 ?
    https://noiriel.wordpress.com/2018/11/03/sommes-nous-dans-les-annees-1930

    Emmanuel Macron ayant affirmé, dans sa petite phrase du jour, qu’il était « frappé par la ressemblance entre le moment que nous vivons et celui de l’entre-deux-guerres », aussitôt les « décrypteurs » d’actualité ont ressorti leur manuel d’histoire pour noter la copie présidentielle. Mais la quasi totalité d’entre eux en sont restés à des considérations purement événementielles (centrées sur une comparaison des relations internationales entre les années 1930 et aujourd’hui). Ces réflexions superficielles ont permis à Zemmour et consort de dénoncer la « dramatisation » de la situation actuelle pour défendre les dirigeants d’extrême droite ayant conquis récemment le pouvoir. Hashtag : « Salvini n’est pas Mussolini. Orban n’est pas Hitler ».

    Nous avons là une nouvelle illustration des « cécités croisées » (comme disait Bourdieu) qui caractérisent ceux qui s’affrontent dans le champ politico-médiatique. Il est vrai que cette petite phrase de Macron s’inscrit dans une stratégie développée en vue des élections européennes, visant à mobiliser le camp libéral dont il est l’un des chefs de file contre le camp nationaliste. Mais n’en déplaise aux idéologues de l’extrême droite française, l’Europe est effectivement confrontée aujourd’hui à un engrenage dangereux pour la démocratie qui peut être comparé à celui des années 1930.

    La comparaison entre les deux époques doit partir d’une similitude majeure : de même que la crise du capitalisme (le « jeudi noir » de Wall Street en octobre 1929) a joué un rôle décisif dans la montée en puissance des forces réactionnaires en Europe, de même c’est la crise du capitalisme financier qui explique aujourd’hui l’accession au pouvoir de l’extrême droite dans plusieurs pays européens (sans même parler du Brésil et des Etats-Unis).

    • « Retour des années 30 » : Macron fait joujou avec l’histoire. Un président post-tragique, ça se trompe énormément »

      "Comme le montre sa dernière sortie sur « le retour des années 30 », le rapport du jeune Macron à la vieille histoire fonctionne comme un extraordinaire révélateur. Du conformisme des jeunes élites, de l’inaptitude à penser l’irréductibilité des événements sans recourir à des cadres pré-établis, et de l’hubris de l’hyper-contemporanéité.

      Petit-fils des Trente glorieuses et de l’après-68, Macron est un président post-tragique. Il appartient en effet à une génération qui n’a rien connu, ou presque, des cruautés de l’histoire : ni guerre, ni révolution violente, tout au plus des conflits extérieurs par procuration.
      Le président d’une société post-historique

      Notre Occident de paix est parvenu à son objectif : disjoindre histoire et violence, anesthésier les injustices par la consommation, libérer le citoyen du devoir sacrificiel, substituer toujours plus de confort aux grandes fatalités, oublier in fine la conflictualité des peuples. L’adoucissement est la marque de notre temps, de ses enfants et de ses mœurs. Macron ne représente rien d’autre que cette forme de Finistère, mais ce Finistère est un réduit qui du haut de sa solitude se trompe d’histoire, tant l’histoire l’a abandonné. Emmanuel Macron est le président d’une société post-historique pour laquelle les traumas de l’histoire ont été mis à distance, abolis, comme endoloris au profit d’un homme consommateur, spectateur, visiteur de ce grand parc d’attractions que semble être devenue une cité toute tournée vers les délices hypnotiques du divertissement. Externalisée toujours plus au sein d’un ordre techno-économique, la politique renonce peu à peu à sa fonction originelle qui consiste à opérer l’histoire, à en exprimer non seulement toute l’acuité de l’action mais à en incarner également au plus haut point la conscience. Ruse du destin, cet homme issu de l’ultime génération de l’après-Guerre froide, insensibilisée à l’inattendu, se trouve bien malgré lui confronté au retour de l’histoire…

      Exhumer des angoisses passées pour éviter de penser le présent

      Face à l’histoire, Macron apparaît nécessairement désemparé. Il semble parfois tenté d’en faire une matière communicante, élément parmi d’autres de son storytelling qu’il transforme en appel au sursaut. Mais ses appels à la mobilisation tiennent de la tentative maladroite. L’inexpérience que le président laisse transparaître est celle des élites de son époque. Tâtonnants, instables et trébuchants comme les aveugles de Brueghel, nos jeunes dirigeants n’ont d’autre choix que de convoquer le passé pour affronter l’avenir. Ce contre-sens est le produit d’une hypertrophie mémorielle, caractéristique de l’instrumentalisation politique de l’historiographie. La référence aux années 30 pour caractériser la situation actuelle a pour vocation de réactiver un imaginaire exacerbé, anxiogène, aisément identifiable, d’en référer à une crise, celle de l’avant-guerre qui littéralement fonctionne comme un moment fatidique de la conscience contemporaine. Cette fétichisation d’une séquence primordiale de notre histoire récente traduit d’abord une impossibilité à penser le présent.

      Inapte à comprendre la nature des menaces

      Ironie de la comparaison, le seul point commun entre nos années et celles qui précédèrent la déflagration de la Seconde guerre mondiale échappe au discours présidentiel : l’inaptitude à comprendre la nature des menaces, à les confondre dans la même généralisation hâtive qui incita en son temps par exemple les gouvernants d’avant-guerre à voir dans le nazisme une simple répétition de la volonté de puissance prussienne de toujours.

      En “absolutisant” la référence au second conflit mondial, le président s’empêche de saisir ce qui est au cœur des dynamiques historiques, leur incommensurable exclusivité. Il fait sien à mi-chemin seulement le mot fameux de Marx selon lequel « les hommes font leur histoire dans des conditions directement héritées du passé mais ne savent pas l’histoire qu’ils font ». Ainsi, Macron préfère le prêt-à-penser à une appréhension sans concessions du réel. Ce faisant, le président puise dans les ressources d’une historiographie aussi bien-pensante que dominante pour s’économiser une réflexion sur les impasses de l’Europe de Maastricht et les défis identitaires qu’il doit relever.

      Macron refait le match en noir et blanc

      Ce qui frappe à la porte du vieux continent est tout simplement évacué au prix d’un passé convoqué pour mettre en scène l’opposition entre « progressistes » d’un côté, « populistes » de l’autre. En somme, il s’agit d’une pure et simple manœuvre de communication politique.

      En rejouant un match en noir et blanc, le chef de l’Etat cède à ce réflexe hyper contemporain qui consiste à se réapproprier – pour mieux la juger et la dénoncer – une histoire qui ne nous appartient pas, en y plaquant une grille de lecture forcément anachronique. L’histoire selon Macron se décline sur le mode de la désapprobation, du ressentiment, de la repentance… et parfois de la pudibonderie. Ses déclarations sur la France en Algérie, loin d’épouser la complexité de la présence française de l’autre côté de la Méditerranée, repoussent le curseur toujours plus en direction des autorités d’Alger. On reconnaît la responsabilité de l’Etat dans la mort d’Audin, mais les massacres d’Oran en juillet 62 demeurent un no man’s land mémoriel… Sur un autre plan, les célébrations de la fin de la Première guerre mondiale préféreront voir dans le choc des nationalismes la forge de l’hécatombe alors que les alliances inter-étatiques étaient aussi mues par d’indiscutables intérêts capitalistiques.

      Un progressiste aussi caricatural que ses ennemis

      Sur le fond, Macron n’innove pas. Il confirme que l’histoire demeure d’abord un terrain de projection idéologique, un outil de mobilisation symbolique, une arme pour polir les imaginaires. Il l’incorpore dans son appareil communicant en la simplifiant, en la brandissant dans une acception sommaire, appauvrie et répétitive. À trop la caricaturer, il agit comme ses adversaires qu’il entend dénoncer et combattre, trahissant ainsi face aux événements qui montent d’un horizon digne du Désert des tartares ou du Rivage des Syrtes le crépuscule de cette résilience indispensable au repos des institutions. La com’ n’a jamais dissous l’histoire."

      Arnaud Benedetti


  • #Dworkin et la fête de l’#Halloween
    https://tradfem.wordpress.com/2018/10/31/dworkin-et-la-fete-de-lhalloween

    L’Halloween est le bon moment où prendre l’engagement de cette solidarité révolutionnaire. Cette nuit, nous nous souvenons de nos mortes. Cette nuit, nous nous souvenons ensemble que neuf millions de femmes ont été tuées parce que des hommes les ont qualifiées de charnelles, malicieuses et méchantes. Cette nuit, nous savons que ces femmes vivent aujourd’hui à travers nous.
    Redonnons ensemble à cette nuit le nom de Veille des Sorcières. Faisons-en ensemble un moment de deuil : pour toutes les femmes victimes de féminicide, mortes, en prison, en établissements psychiatriques, violées, stérilisées contre leur gré, brutalisées. Et consacrons ensemble nos vies, cette nuit, à élaborer la sororité révolutionnaire – les stratégies politiques, les actions féministes – qui mettront fin pour toujours à la violence dévastatrice exercée contre nous.

    Traduction :#tradfem
    #Andrea_Dworkin #féminicide #sorcières


  • Pour installer son siège berlinois, Google se voit proposer l’ancien QG de la Stasi
    https://www.bfmtv.com/economie/pour-installer-son-siege-berlinois-google-se-voit-proposer-l-ancien-qg-de-la-

    C’est un bâtiment gris et triste comme il s’en est construit des centaines dans le Berlin de l’après-guerre. Certains touristes ne s’aventurent dans le gigantesque quartier populaire de Lichtenberg que pour en visiter l’une de ses ailes où a été aménagé le musée de la Stasi. Et c’est dans ce même immense bâtiment qu’un élu berlinois suggère à Google d’installer son « campus ». Faute de mieux.

    En 2016, le géant américain Google a annoncé son intention d’installer à Kreuzberg, dans l’un des quartiers les plus « bobos » de la capitale allemande, 3000 m2 de bureaux et cafétérias au sein desquels le géant américain voulait installer ses équipes ainsi que des start-ups. A l’instar de ce qu’il a déjà fait à Londres, Madrid, Sao Paulo, Séoul, Tel Aviv et Varsovie. Las. Après deux ans de manifestations en tous genres, les opposants à ce projet ont fait plier Google. Le 24 octobre, le groupe a annoncé qu’il renonçait à son projet de campus.

    Une décision à laquelle ne se résolvent pas une partie des élus de la ville. L’un d’entre eux, membre de la CDU (parti chrétien démocrate d’opposition municipale), suggère donc à Google d’intégrer l’ancien siège de la Stasi.


  • " Une vision non­-euclidienne de la Californie comme d’un espace froid où être au monde. " par Ursula K. Le Guin
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/11/une-vision-non-euclidienne-de-la.html

    Ce que les blancs ont perçu comme un monde sauvage à « domestiquer », était en fait mieux connu des humains qu’il ne l’a été depuis. Chaque colline, chaque vallée, chaque crevasse, courbure, canyon, ravin, dessin, pointe, falaise, plage, rocher, chaque arbre de chaque sorte avait son propre nom et sa place dans l’ordre des choses.

    Peut-être que les utopistes devraient finalement tenir compte de cette nouvelle déroutante. Peut-être que les utopistes feraient bien de perdre le plan, de jeter la carte à la poubelle, de descendre de leur scooter, de se coiffer d’un chapeau complètement farfelu, de lancer trois aboiements stridents dans la nuit, de trotter sur leurs petites pattes maigrichonnes, beige et miteuses à travers le désert et de remonter au travers des pins.
    Je n’ai aucune idée de qui nous serons, ni de comment sera l’autre côté, bien que je crois qu’il y ait des gens là-bas. Ils y ont toujours vécu. Ils ont des chants qu’ils chantent là-bas. L’un d’entre eux s’appelle Dancing at the edge of the world*. Si, lorsque nous remonterons de l’abysse, nous leur posons des questions, ils ne traceront pas de cartes, démontrant leur complète impuissance, mais il se pourrait qu’ils montrent du doigt. L’un-e pourrait désigner la direction d’Arlington au Texas.

    J’habite là, dira-t-elle. Regarde comme c’est beau !
    C’est le Nouveau Monde ! Pleurerons-nous alors, déconcerté-e-s mais ravi-e-s. Nous avons découvert le Nouveau Monde !

    Et Coyote répondra : Oh non. Non, vous êtes dans l’Ancien Monde. Celui que j’ai créé.

    Vous l’avez créé pour nous ! Pleurerons-nous, émerveillé-e-s et reconnaissant-e-s.

    Je n’irais pas jusqu’à dire cela, dira Coyote*.



  • Sociologie du vote au Brésil.
    mathieu gallard https://twitter.com/mathieugallard/status/1049162148461654016

    Résultats quasiment définitifs (99,98% des bureaux de vote dépouillés) du premier tour de l’élection présidentielle au #Brésil :

    ➡️ #Bolsonaro (extrême-droite) 46%
    ➡️ #Haddad (gauche) 29,3%
    ➡️ #Gomes (centre-gauche) 12,5%
    ➡️ #Alckmin (centre-droite) 4,8%


    Qui a voté pour #Bolsonaro ? D’après les derniers sondages réalisés avant le premier tour, avant tout les classes moyennes et supérieures aisées et diplômés, même s’il est au coude-à-coude avec #Haddad parmi les catégories populaires.


    etc, etc...


  • Le Roman de Renard
    https://www.nova-cinema.org/prog/2018/168-filem-on/filem-on/article/le-roman-de-renard

    Irene Starevich & Ladislas Starev, 1941, FR, DCP, VO FR ,65’

    Dans le Royaume des Animaux, un renard rusé harcèle tous les autres animaux. Le Roi (un lion) décide de l’arrêter et de le faire comparaître devant la Cour. Mais une fois ce procès bizarre commencé, le Roi ne veut plus le punir. Au contraire, il lui donne le poste de Premier Ministre ! Avec cette histoire absurde et ludique basée sur Le Roman de Renart, un célèbre roman médiévale d’ancien français versifié, le duo Starevich-Starev a réalisé l’un des premiers et des plus beaux classiques en stop-motion (technique d’animation à partir d’objets réels), dont l’espièglerie et la satire sociale n’ont pas pris une ride !

    jeudi 1er novembre 2018 à (...)


  • Jean Ziegler explique le capitalisme à sa petite-fille (en espérant qu’elle en verra la fin)
    https://www.rtbf.be/info/dossier/la-prem1ere-au-bout-du-jour/detail_jean-ziegler-explique-le-capitalisme-a-sa-petite-fille-en-esperant-qu-el

    « Ce livre doit être une arme pour l’insurrection des consciences à venir. Notre #système_capitaliste tel qu’il est aujourd’hui est mortellement dangereux pour la planète et pour l’humanité. Nous devons le détruire, et nous pouvons le faire. Nous pouvons surmonter ce système pour ouvrir à une société, encore inconnue, mais plus juste pour tous les hommes ».


  • The Tragedy of Saudi Arabia’s War - The New York Times

    https://www.nytimes.com/interactive/2018/10/26/world/middleeast/saudi-arabia-war-yemen.html

    Chest heaving and eyes fluttering, the 3-year-old boy lay silently on a hospital bed in the highland town of Hajjah, a bag of bones fighting for breath.

    His father, Ali al-Hajaji, stood anxiously over him. Mr. Hajaji had already lost one son three weeks earlier to the epidemic of hunger sweeping across Yemen. Now he feared that a second was slipping away.

    It wasn’t for a lack of food in the area: The stores outside the hospital gate were filled with goods and the markets were bustling. But Mr. Hajaji couldn’t afford any of it because prices were rising too fast.

    “I can barely buy a piece of stale bread,” he said. “That’s why my children are dying before my eyes.”

    #arabie_saoudite #yémen #barbares


  • « La pensée, plus que jamais, n’existe que dans la confrontation »
    https://unphilosophe.com/2018/10/22/entretien-avec-serge-quadruppani-la-pensee-plus-que-jamais-nexiste-que

    Entretien avec Serge Quadruppani sur le site Un Philosophe à propos de son livre « Le monde des grans projets et ses ennemis »

    Je n’ai aucune idée de ce que sont les « penseurs de métier ». Aujourd’hui, on a des personnages médiatiques qui prennent des poses de penseurs, qui sont complètement déconsidérés, que plus personne ne prend au sérieux mais que les médias continuent à promouvoir. Leur fonction n’est évidemment pas d’aider leurs contemporains à penser, mais de les distraire de l’effort de penser, en leur fournissant des banalités de comptoir machinalement répétées (l’obsession du « c’était mieux avant » chez Finkelkraut ou Debray) ou des énormités tonitruantes (comme l’équation « Freud=nazi » chère à Onfray), ou pour s’offrir comme cibles à sarcasmes et dis-penser de prendre quoi que ce soit au sérieux (la dérision généralisée, arme de soumission massive). Parce que la pensée, plus que jamais, n’existe que dans la confrontation. On ne pense pas le monde suivant qu’on s’y soumet à travers les dispositifs spectaculaires et les parcours fléchés du discours dominant, ou qu’on s’y affronte sur le terrain, avec les zadistes, les soutiens aux migrants, les travailleurs en grève. S’il existe bien des chercheurs qui trouvent (comme Grégoire Chamayou, au hasard), c’est-à-dire des gens payés (plutôt chichement, en général) pour accumuler des données, rares sont les données qui donnent quelque chose à la lutte, mais celles-là sont évidemment précieuses. C’est aux gens qui luttent de construire un contre-savoir et un contre-imaginaire. Sur la Zad ou dans la vallée de Susa, et en bien d’autres lieux qui résistent au saccage de la planète, des gens s’y emploient. Ils ne font pas métier de penser, mais ils pensent.

    #grands_projets #grands_projets_inutiles #ZAD #NDDL #Val_Souza #autonomie #communs


  • Mimi, une voix qui compte pour le couple Macron
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Marchand

    Elle fait également de la détention provisoire pour chèques volés, faux en écriture et écope notamment de trois ans de prison avec sursis pour avoir transporté 500 kg de cannabis en compagnie de son mari, le braqueur Maurice Demagny.

    En 2017, elle se positionne comme l’une des communicantes de la campagne médiatique du couple Brigitte Macron et Emmanuel Macron pour sa campagne présidentielle, après avoir été présentée au couple Macron par Xavier Niel, au printemps 2016. Début juillet 2018, il lui aurait été proposé de s’occuper officiellement de la communication de la Première dame qui s’est liée d’amitié avec Mimi.

    Anciennement mariée à un gangster surnommé Hafed et à un braqueur, Maurice Demagny, qu’elle a rencontré pendant sa détention dans la prison de Fleury-Mérogis, elle a pour conjoint depuis 2015 un ancien commandant de police à l’Office central pour la répression du faux-monnayage, qui dirige la société Chouet’press, raison sociale de l’agence Bestimage.


  • “Je n’ai pas lu le rapport” : la désarmante légèreté d’un député
    https://www.telerama.fr/television/mon-pays-fabrique-des-armes-je-me-suis-confrontee-six-mois-a-lomerta-de-lad

    J’ai décidé d’interroger Jean-Charles Larsonneur, député LREM et membre de la commission Défense, alors élu depuis six mois, en contact régulier avec les industriels, et ancien du Quai d’Orsay. Il m’a semblé être la personne idéale. Il était en outre tout à fait prévenu que je m’intéressais aux exportations.

    https://www.youtube.com/watch?v=iiT2KaOMszI

    Ce jour-là, j’arrive donc avec le rapport, sur lequel j’ai mille questions à poser. Notamment sur les ventes à l’Arabie saoudite, classée par le rapport comme notre deuxième client. L’interview à peine commencée, il me dit qu’il ne l’a pas lu ! A ce moment-là, la journaliste en moi se dit que c’est vraiment une information importante. La citoyenne, elle, est abasourdie. Cela faisait six mois que je me confrontais à l’omerta de l’administration. Si les gens qui nous représentent, qui sont en capacité de poser les questions, ne prennent même pas le temps de lire le rapport, c’est extrêmement grave.

    J’ai tenu à continuer l’interview malgré tout. Et là, la situation devient ubuesque : il me reparle lui-même du rapport, avec ses éléments de langage, en en vantant les mérites, comme s’il l’avait lu ! C’est proprement scandaleux. Après le tournage, il m’a fait comprendre qu’il ne serait pas correct de garder le passage sur l’Arabie saoudite, car il n’est pas spécialiste du rapport. Mais je ne suis pas d’accord : qui pose les questions alors ?


  • Emmanuel Macron : les ventes d’armes à Ryad n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi »
    https://www.bfmtv.com/international/pour-emmanuel-macron-c-est-pure-demagogie-que-de-dire-d-arreter-de-vendre-des-armes-a-ryad-1552849.html#page/contribution/index

    Emmanuel Macron a estimé que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à l’Arabie saoudite après l’assassinat de Jamal Khashoggi.

    Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », s’est-il écrié lors d’une conférence de presse à Bratislava. 

    « Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent ’on ne vendra plus d’armes’ ! Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint ventures qu’ils ont ! » a lancé le président français, alors que l’Allemagne a appelé les Européens à cesser leur ventes d’armes à Ryad.

    « Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yémen mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines ! Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.

    « Ou prendre des sanctions individuelles » contre les responsables, a-t-il jugé.

    « J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être « claires, cohérentes » "dans tous les domaines et « avec une réponse européenne ». « Et il faut qu’elles aient un lien » avec cet assassinat, qu’il « condamne avec fermeté ».