enuncombatdouteux

NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

  • Internet : face à « l’utopie déchue », « débrancher les machines »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/140919/internet-face-l-utopie-dechue-debrancher-les-machines

    Dans "L’Utopie déchue. Une contre-histoire d’Internet", le sociologue et hacktiviste Félix Tréguer tire les conséquences de l’échec des mouvements nés des contre-cultures numériques et propose de renouveler la technocritique. « Ce qu’il nous faut d’abord et avant tout, c’est débrancher la machine », affirme-t-il.

    #LIBERTÉS_PUBLIQUES #société_de_contrôle,_informatique,_vie_privée,_Internet,_Numérique,_Surveillance

  • #Portfolio | Maintien de l’ordre, le délire autoritaire de Macron
    Avec une #photo de Ricardo Parreira hallucinante de la personnalisation de son holster par un membre de la BAC : en plus d’être « non-réglementaire », l’utilisation de la figure du croisé en dit très très très long sur la vision que se fait de son rôle ce policier...
    https://www.lamuledupape.com/2019/09/06/maintien-de-lordre-le-delire-autoritaire-de-macron |+ http://archive.is/EsK3F

    Le reste des illustrations, du même photographe-auteur, rappelle où en est non-pas le #maintien_de_l'ordre mais bien la #guerre menée contre la contestation politique...

    Ce petit portfolio a pour but de montrer que les violences d’État ou les mécanismes de répression psychologique que nous condamnons en Ukraine, en Israël ou en Russie, sont dans les faits pratiqués en France, masqués derrière les exigences de la République et du maintien de l’ordre public.

    #violences_policières #armes

  • Facebook anéantit l’audience d’une partie de la gauche radicale
    https://www.mediapart.fr/journal/france/290819/facebook-aneantit-l-audience-d-une-partie-de-la-gauche-radicale

    Confrontée à une soudaine chute du nombre de vues de leurs publications, plusieurs pages Facebook de collectifs de la gauche radicale cherchent à comprendre ce qui leur est arrivé. Censure politique, économique, algorithmes ? Leurs questions, et celles de Mediapart, restent sans réponse.

    #INTERNET #Facebook,_gauche_radicale,_Censure,_algorithmes

    • La même chose est arrivé à la page de Nantes Révoltée qui a communiqué sur twitter ce soir :

      Comme d’autres pages militantes, nous vous annonçons ce soir que Nantes Révoltée vient d’être totalement déréférencée de facebook. 99% de chute d’audience d’un coup.
      On vous invite donc à suivre notre site internet, en attendant qu’on trouve une solution.
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1167175023699877891
      Quelques stats. Depuis ce soir, on passe donc de, entre 30 et 300 000 personnes touchées par article à ... 52 personnes touchées pour notre dernière publication. Audience quasiment divisée par 1000.
      https://twitter.com/Nantes_Revoltee/status/1167181464338911232

      bon, ce qui est ballot c’est de ne pas avoir mis l’adresse du blog https://www.nantes-revoltee.com dans le message et que la bio du compte renvoie vers la page facebook. Mais au moins, depuis plusieurs moins, Nantes Revoltée utilisait enfin son blog de manière de plus en plus active hors facebook pour renvoyer vers ses articles...

      Lorsque je faisais partie de l’équipe de gestion de la page de soutien à la zad NDDL, nous avions déjà remarqué des soucis, mais c’était surtout dû au fait que nous ne correspondions pas aux attentes commerciales de facebook, avec beaucoup de publications automatisées depuis les blogs de la lutte et des liens qui incitaient donc à sortir de facebook. Il y a eut quelques cas pendant lesquels on a soupçonné une censure, mais extrêmement rares et improuvables. Je me permets de "libérer" l’article complet de médiapart :

      Facebook anéantit l’audience d’une partie de la gauche radicale
      Par Géraldine Delacroix

      Confrontée à une soudaine chute du nombre de vues de leurs publications, plusieurs pages Facebook de collectifs de la gauche radicale cherchent à comprendre ce qui leur est arrivé. Censure politique, économique, algorithmes ? Leurs questions, et celles de Mediapart, restent sans réponse. Ils s’appellent Lille insurgée, Bretagne noire, Collectif Auto Média énervé, Cerveaux non disponibles, Groupe Lyon Antifa…

      Plusieurs collectifs qui administrent des pages Facebook font état depuis quelques jours de la chute libre du nombre de vues sur leurs publications, alors qu’elles touchaient jusque-là des milliers de lecteurs, souvent des dizaines de milliers, parfois des centaines.
      Pour ces groupes qui partagent des informations sur les mouvements sociaux et se présentent comme très à gauche, le soupçon est fort d’une censure politique, pour les uns avant le G7, pour les autres après qu’ils ont partagé, en début de semaine, un article d’Indymedia Nantes. Le site affirme qu’une militante bien connue des mouvements de « gilets jaunes », notamment à Toulouse, et des organisations présentes au contre-sommet de Biarritz serait en réalité une policière infiltrée.

      Cerveaux non disponibles
      Paul* est fondateur et administrateur des Cerveaux non disponibles, « collectif qui a pour ambition de relayer des contenus (articles, vidéo, photos) alternatifs mais aussi d’en produire ». Après une époque où la page Facebook du collectif se contentait de partager ses lectures, les choses ont changé avec le mouvement des gilets jaunes : « On a rapidement pris position, écrit des textes, on est globalement marqués à gauche, gauche radicale, on a appelé à rejoindre les gilets jaunes… On est sortis du cadre, on a écrit nous-mêmes. Aujourd’hui, on est entre un média et un relais d’infos. »
      La chute du nombre de vues des publications de la page Cerveaux non disponibles.
      Quand un utilisateur ou une utilisatrice se connecte sur son compte Facebook, il ou elle voit apparaître dans son « fil d’actualités » une sélection algorithmique des
      publications de ses ami·e·s, des groupes auxquels il ou elle appartient, des pages qu’il ou elle suit. Depuis le mercredi 22 août, explique Paul, « [la]page [des Cerveaux non disponibles] a perdu la quasi-totalité de son audience : 200 personnes touchées par post, alors qu’on est habituellement sur une moyenne de 20 000 par post (avec des pics à 300 000) ». « Ce n’est jamais arrivé », ajoute-t-il.
      Dans un billet de blog publié dès le 23 août sur Mediapart, Zazaz, lectrice habituelle de la page, témoigne de la disparition des Cerveaux non disponibles : « Ça faisait plusieurs jours que je ressentais un vide, quelque chose me manquait, mais je n’arrivais pas à déterminer vraiment de quoi il s’agissait. Ce matin, j’ai compris, la disponibilité de mon cerveau à une autre information était censurée. » L’administrateur envisage une explication possible : « Il y a 10 jours, quelqu’un a fait une réclamation sur une vidéo pour atteinte au droit d’auteur. »
      « Forcément, on se demande ce qui se passe. Est_ce que d’autres ont ce même problème ou est-ce que c’est seulement des pages militantes ? Le silence de Facebook alimente les questions, c’est hyper opaque et très difficile, s’interroge Paul. On peut aussi se dire que ç’a été discuté en interne puisqu’on sait qu’ils discutent avec le gouvernement. Il suffit d’un employé de Facebook qui a eu des consignes orales… »

      L’administrateur de la page a bien tenté de contacter Facebook et posé cette question : « Depuis quelques jours, et surtout hier, nous avons constaté une très forte baisse de la visibilité de nos posts (près de 95 % de moins qu’en moyenne !). Pourriez-vous nous expliquer les raisons de ce changement brutal ? Et nous dire comment y remédier ? Notre média étant particulièrement axé sur le traitement de l’actualité médiatique, il est très problématique pour nous de ne pas pouvoir toucher notre public au moment d’un événement aussi important que le sommet du G7.
      Merci d’avance pour votre compréhension et votre retour. »
      Réponse : « Votre avis sera utilisé pour améliorer Facebook. Merci d’avoir pris le temps de nous envoyer votre signalement. »« Une réponse automatisée », « qui n’est même pas adaptée… », souligne Paul. « L’idée d’être moins dépendant de Facebook » avait déjà conduit le groupe à créer son propre site : « Pour nos textes importants et nos vidéos : on n’a pas envie de tout perdre si la page est supprimée. »
      Jeudi 29 août, alors que Mediapart avait contacté Facebook la veille pour obtenir des explications, la page commençait à reprendre des couleurs, et des abonnés témoignaient de ce que ses publications étaient réapparues dans leur fil. Faut-il y voir un lien de cause à effet ? « Cela semble revenir depuis ce matin. Pas autant qu’avant le 22 août, mais largement mieux que depuis une semaine. Sans raison ni explication », nous dit un membre du collectif.

      Collectif Auto Média énervé
      Basé à Toulouse et « fondé en 2016 pendant la loi travail », le Collectif Auto Média énervé s’appelait il y a encore deux semaines le Collectif Auto Média étudiant. C’est mardi 27 août que ses difficultés ont commencé, « une forme de censure », regrette Léon*, un des animateurs du groupe. « On a publié l’article sur l’indic à Toulouse et au contre-sommet, suite à ça on a été de suite déréférencés de Facebook…, nous explique-t-il. D’un coup, on n’apparaît plus sur le fil d’actu des personnes, même moi je ne vois plus les posts qu’on fait… »
      Confronté à la disparition de ses lecteurs pour la première fois, le collectif a tenté de contacter Facebook, puis « supprimé le post qui pouvait poser problème » : « Si jamais ça pouvait résoudre le problème… On s’est dit que c’est peut-être des algorithmes… »
      Jeudi 29, Léon a trouvé un message de Facebook daté du 27 et titré : « Your page has a breach » (« Votre page est en infraction »), dans lequel le réseau social explique qu’un contenu a été supprimé car il allait à l’encontre des « standards de la communauté », mais sans préciser de quel contenu il s’agit. Le collectif n’avait pas eu de problème pendant le G7 : « On a vachement produit sur le G7 en photos ; on a écrit des petits articles, qui ont fait plusieurs centaines à plusieurs milliers de vues. Le dernier truc, c’est quatre personnes ! Les stats ont été constantes jusqu’au G7, puis en hausse parce qu’on a couvert le G7, puis c’est redescendu après et aujourd’hui on n’a plus rien… »
      « On reste radicaux », admet Léon, mais le groupe se veut sérieux et prudent : « On partage de l’info, on recoupe, on vérifie, on floute les visages, que ce soit ceux des flics ou des manifestants ; on fait attention, on travaille avec des avocats. »

      Lille insurgée
      Léon ne voit plus les publications de Lille insurgée. Car le groupe lillois rencontre les mêmes difficultés : « Avant, on faisait plusieurs dizaines de milliers de personnes (28 000 vues, 68 000 vues) et là, on passe à 400 vues depuis les 22-23 août », témoigne un membre du collectif, Camille*. La rencontre Macron-Poutine, « c’est la dernière publication qui fait pas mal de vues ».
      La chute du nombre de vues des messages de la page Lille insurgée. Fataliste, le collectif a « juste interrogé le compte Twitter de Facebook. On sait pas trop quoi faire, on sait pas trop comment faire pour les contacter, je vois pas l’intérêt ».
      En l’absence de justification, d’éléments de compréhension, les hypothèses fleurissent : « Une possibilité, c’est que Facebook ait envie de nous inciter à faire de la pub. Donc ils nous coupent notre audience pour qu’on prenne de la pub. » Mais « si c’est une censure délibérée, il y a un lien avec le G7, forcément ».
      Sur Twitter, le Groupe Antifa Lyon relaie les Lillois et fait le même constat :
      Bretagne noire, habitué à ce genre de traitement, a invité dès le 25 août à se rendre sur sa deuxième page :
      « [INFO] Vous l’avez peut-être remarqués, cette page-ci est une nouvelle fois censurée, nous vous invitons donc à rejoindre notre 2nde page
      Merci à vous tous pour vos messages de soutien. »
      Contacté par Mediapart mercredi après-midi, Facebook nous a fait savoir le lendemain en début de soirée ne pas être en mesure de donner une réponse précise dans ce délai, et réserver les explications circonstanciées aux administrateurs des pages concernées.

      Boite noire
      Cet article a été mis à jour après sa parution avec la réponse de Facebook.
      Nos interlocuteurs ont été joints par mail et téléphone mercredi 28 et jeudi 29 août.
      * Certains prénoms ont été modifiés.

    • Ce n’est pas tout à fait pareil : #Google a exclu de la liste des sites web qu’elle consultait pour faire sa revue de presse les sites qu’elle considérait comme non-fiable, dont des sites d’extrême gauche. C’est scandaleux, mais c’est « officiel ». #Facebook a modifié son algorithme secret qui fait que des pages disparaissent sans aucune justification...

    • Je ne suis pas étonnée et je n’ai toujours pas compris comment on peut se revendiquer de gauche et utiliser facebook. C’est confondre la maison des associations avec la place beauvau. Et je désespère de voir encore des groupes organiser des actions sur Gmail ou ne pas retirer leur batterie de téléphone lors des réunions.

      #boycott_facebook

    • Article, même on peut dire communiqué, de Nantes Révoltée sur le sujet : https://www.nantes-revoltee.com/facebook-censure-t-il-les-medias-independants

      Nantes Révoltée n’est pas seule : il semble que cette invisibilisation touche d’autres pages facebook de médias indépendants : Lille Insurgée, ou Cerveaux non Disponibles, entre autres. C’est une censure qui ne dit pas son nom, une manœuvre ambivalente et sournoise. La page n’est pas supprimée, il ne s’agit donc pas d’une véritable censure. Elle est « déréférencée » : elle n’apparaît plus sur les comptes de ses abonnés. C’est comme couper l’électricité d’un concert mais dire au chanteur qu’il peut continuer sans micro : il ne sera plus entendu que par le premier rang. Le concert ne sera pas pour autant interdit. La sournoiserie est la marque du régime en place.

    • analyse de Benjamin Bayart sur la question :

      Un certain nombre de pages militantes, ancrées très à gauche, ont perdu quasiment tout leur lectorat (chute de 99,9% dans au moins un cas) autour de la période du G7. (L’article de Mediapart est intéressant à lire). Analysons un peu...
      La baisse d’audience (les messages postés sur les pages en question ne sont plus affichés, ou quasiment plus) est un fait.
      On peut décider d’y voir des choses, des explications, des interprétations.
      Le plus évident est de se dire « Ah les salauds, c’est la censure ». Soit à supposer que le Gouvernement a demandé à Facebook de couper. Soit à supposer que Facebook a décidé tout seul de couper. Cette une analyse possible, mais elle est tout sauf certaine, et hasardeuse à prouver.
      En effet, l’autre piste est que ce soit (plus ou moins) automatique : l’audience des pages très à gauches monte en flèche autour du G7, or au-delà d’une certaine audience Facebook coupe/ralenti et demande des sous pour diffuser (faut bien vivre...)
      Mais ce qui m’intéresse là-dedans, c’est le rôle de l’intermédiaire technique. Vis-à-vis des pages en question, et vis-à-vis des lecteurs. Donc, on découpe ça en deux temps.
      Du point de vue des gens qui font la page Facebook en question, on peut les considérer comme un média, un journal militant. Facebook est alors leur diffuseur. Je ne suis pas certain du tout que le contrat de service, même implicite, soit clair.
      Genre un contrat qui dit « jusqu’à XXX objets affichés chez vos lecteurs, c’est gratuit, au-delà il faut payer X euros pour Y affichages ». Ce serait un contrat de diffusion, clair, piloté, affiché. Où du coup Facebook aurait tout intérêt à être clair.
      Or les animateurs de ces pages se posent la question de « pourquoi ça coupe ? ». Ça montre bien que le contrat n’est pas clair, ou n’est pas clairement compris. On est dans une relation malsaine de dépendance, mal affichée, donc impossible à traiter sereinement.
      Prenons maintenant le point de vue des lecteurs. Ce sont des particuliers, des quidams, qui ont cliqué sur « je souhaite recevoir ce que diffuse cette page pour me tenir informé ». Le contrat qui les lie à Facebook est encore plus flou que celui entre Facebook et la page.
      Ce contrat implicite dit « En échange de ta vie privée, et du droit de te manipuler en permanence pour le plaisir de mes clients publicitaires, je te donne accès aux contenus que les autres publient et que tu as envie de voir ».
      Or ce contrat tacite est rompu : les lecteurs ont souhaité recevoir ces flux d’information, et ne les reçoivent plus, sans la moindre petite explication. Juste, curieusement, le silence. Mais du silence pas trop visible, rien qui dise « On a coupé tel fil ».
      Si on suppose que c’est une censure « politique » (qu’elle soit gouvernementale, ou d’entreprise), on a atteint un sommet, cette censure est le fait d’une décision silencieuse, non affichée, donc impossible à contester. L’exact contraire de la notion d’état de droit.
      C’est ce qui me fait douter que ce soit une censure politique. Qu’une trace, n’importe laquelle, sorte dans la presse, et ça va être la java des tribunaux pour les fonctionnaires impliqués.
      Une censure de l’entreprise ? Moui. Techniquement possible
      Si c’est une coupure technique, genre un quota de diffusion et Facebook veut des sous, c’est épouvantablement malsain, parce que ce n’est pas assumé, pas affiché, pas négocié. C’est le contraire d’un contrat, en fait.
      Un contrat, c’est un truc théoriquement négocié, entre deux parties qui peuvent en choisir les termes, et accepter ces termes librement. Bon, de nos jours un contrat c’est un truc que t’impose un fournisseur avec qui tu ne peux pas discuter.
      Essayez de discuter les termes de votre contrat d’abonnement à EDF, par exemple.
      Mais... ce contrat est connu, affiché, assumé. Revendiqué, même.
      Quand une entreprise normale fait une offre gratuite jusqu’à XX, puis payante au delà, elle est ravie de vous envoyer une facture en PDF tous les mois disant « c’est gratos, t’as vu, ch’uis gentil ». Et donc, par là, affiche les limites et le fait honnêtement.
      Comme je suis plutôt gentil, je suppose que ce n’est pas une censure gouvernementale (ce serait trop grave), ni d’entreprise (quel serait leur intérêt ?), mais bien la relation pourrie d’une entreprise sans morale avec le monde qui l’entoure.
      C’est pas que ce soit nouveau.
      Mais c’est intéressant quand ça se voit bien.
      Ils vous méprisent. Vous lecteurs, qui êtes leur marchandise. Vous auteurs, qui attirez les lecteurs. Ils vous méprisent. Et vous maltraitent. Et cependant vous restez... piégés.
      Triste monde.
      On a proposé au Gouvernement une porte de sortie de ce monopole piégeux et malsain : l’interopérabilité.
      La réponse du ministre : il craint que ce ne soit trop agressif pour le modèle économique des grands groupes américains concernés.
      Voilà.

      https://twitter.com/bayartb/status/1167478087031906306
      cc @stephane @hlc

    • https://www.businessinsider.fr/facebook-est-aussi-nefaste-pour-vous-que-fumer-selon-experts-tech

      « Ça crée une dépendance, ce n’est pas bon pour vous, il y a des gens qui essaient de vous faire utiliser ce réseau, même si vous ne comprenez pas ce qui se passe », avait-il déclaré (Marc Benioff ).

      Depuis, Facebook a continué à être utilisé comme un outil d’ingérence démocratique et a été au centre de scandales mondiaux liés aux données, notamment la fuite de Cambridge Analytica. Et les personnes à qui Benioff donne du mérite pour l’avoir aidé à se faire entendre sont plus convaincus que jamais que Facebook est aussi néfaste pour la démocratie que fumer l’est pour la santé, et que des mesures s’imposent.

      #The_Great_Hack

  • Le Groenland, dernier caprice de Donald Trump
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/08/22/le-groenland-dernier-caprice-de-donald-trump_5501593_3232.html


    I promise not to do this to Greenland!
    @realDonaldTrump

    Le président américain a annulé à la dernière minute sa visite au Danemark après le refus du pays de lui vendre l’île. Si l’intérêt pour ce territoire n’est pas illégitime, la manière dont Trump s’y est pris a été désastreuse.

    L’affaire pourrait paraître burlesque si elle n’émanait pas de l’homme le plus puissant de la planète. L’épisode du Groenland, que le président Donald Trump a très cavalièrement proposé d’acheter avant de provoquer un incident diplomatique avec le Danemark, l’un de ses plus solides alliés au sein de l’OTAN, est en réalité un concentré de tout ce qui rend ce président américain ingérable : narcissisme, irrationalité, susceptibilité et, pour finir, infantilisme.

  • L’Akademik Lomonosov, centrale nucléaire russe, prête à larguer les amarres
    https://www.france24.com/fr/20190821-russie-akademik-Lomonosov-centrale-nucleaire-flottante-russe-sibe


    L’Akademik Lomonosov, la première centrale nucléaire flottante au monde, photographiée en mai 2018.
    Reuters (archives)

    Qualifié de « Titanic nucléaire » par ses détracteurs, l’Akademik Lomonosov, première centrale nucléaire flottante russe, unique au monde, va entamer, vendredi, son voyage vers la Sibérie orientale pour entrer en fonction avant la fin de l’année.

    Dans l’imaginaire collectif, depuis la catastrophe de Tchernobyl en 1986, une centrale nucléaire russe a toujours quelque chose d’angoissant. Un sentiment que le succès récent et planétaire de la série « Chernobyl » n’a pas dissipé, alors que la centrale nucléaire flottante russe l’Akademik Lomonossov, une première mondiale, s’apprête à entamer, le 23 août, un voyage de 5 000 kilomètres d’une durée d’un mois et demi.

    Sa destination finale se situe en Sibérie orientale. Précisément dans la ville de Pevek, une cité de 5 000 âmes dans le district autonome de Tchoukotka, à 350 km au nord du cercle arctique, où la centrale flottante doit en remplacer deux autres, l’une nucléaire, à Bilibino, et l’autre thermique, à Chaunskaya, à partir de décembre 2019

    Baptisée le « Tchernobyl sur glace » par ses détracteurs, cette centrale, construite à partir de 2006 par le conglomérat étatique nucléaire russe Rosatom à Saint-Pétersbourg, a été chargée en combustible nucléaire dans le port de Mourmansk, dans le nord-ouest de la Russie.

    • Courte vidéo du Monde sur l’Académicien Lomonossov ou Akademik Lomonosov si on préfère la transcription simple

      La Russie lance la première centrale nucléaire flottante du monde
      https://www.youtube.com/watch?v=ZqM87JPDinU

      Construite par le géant du nucléaire russe Rosatom, l’Akademik Lomonosov est une centrale nucléaire de 140 mètres de long sur 30 mètres de large. Si sa capacité électrique est relativement limitée (2X35 mégawatts contre 1 000 mégawatts pour une centrale française, par exemple), elle a cependant une particularité : elle flotte.

      Commencée à Saint-Pétersbourg en 2006, achevée en 2019 à Mourmansk, cette centrale d’un genre nouveau est en effet juchée sur une barge. Elle doit partir le 23 août pour un périple de 5 000 kilomètres afin de rejoindre, par la mer, la ville reculée de Pevek, au nord du cercle arctique. L’objectif : alimenter la bourgade en électricité, mais aussi les plates-formes d’extraction qui devraient voir le jour prochainement dans la région.

      Une telle entreprise est-elle réellement sans danger ? Même si le constructeur assure que la structure est « invincible », le projet inquiète les associations de défense de l’environnement, comme Greenpeace, qui le qualifie de « Tchernobyl flottant ». Explications en vidéo.

    • Eueueuh : faire se promener du combustible nucléaire dans des zones fragiles

      Combien y-a-t-il de sous-marins nucléaires en vadrouille dans l’Océan Arctique ? À titre de comparaison, la propulsion d’un SNLE de la classe Triomphant emploie une centrale nucléaire de 150 MW de puissance soit un peu plus du double de la puissance embarquée par le Lomonossov (2 tranches de 35 MW).

      Sans parler des sous-marins nucléaires ex-soviétiques qui pourrissent quelque part en mer de Barents…

  • L’aura intacte de Djamila Bouhired, héroïne de l’indépendance algérienne
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2019/08/16/l-aura-intacte-de-djamila-bouhired-heroine-de-l-independance-algerienne_5500

    En Algérie, les manifestations du printemps 2019 ont vu ressurgir une figure aussi discrète qu’emblématique : Djamila Bouhired. L’octogénaire a rompu un long silence pour apporter son soutien aux jeunes Algériens.

    Comment rester en vie quand on a été condamnée à mort à 22 ans et graciée à 24 ? Comment écrire son histoire quand votre nom est le titre d’un livre ? Comment se faire sa place quand un film vous a élevée au rang d’héroïne éternelle dans tout le monde arabe ? Comment porter son prénom quand il est devenu l’hommage de toute une génération ? Comment former une famille quand votre mari, le père de vos deux enfants, a disparu du jour au lendemain sans un mot d’explication pour réapparaître sept ans plus tard ? Comment ressusciter quand on vous a rendu un hommage national après l’annonce erronée de votre mort ? Comment faire deux révolutions en une seule vie ? Et, pour finir, comment échapper au mythe Djamila quand on écrit sur Mme Bouhired ?

    Le nom de Djamila Bouhired résume à lui seul la guerre d’Algérie, la bataille d’Alger, la torture, l’infamie, l’héroïsme, la liberté.
    Il est des êtres dont le personnage est plus fort que la personne, des individus entrés dans l’Histoire avant même de devenir adultes. C’est très rare, c’est le cas de Djamila Bouhired, dont le nom résume à lui seul la guerre d’Algérie, la bataille d’Alger, la torture, l’infamie, l’héroïsme, la liberté. La vie, qui est injuste, n’a jamais distribué également ses bienfaits ni ses épreuves : certains en ont trop, sans avoir rien demandé.

    Un quart de la vie de Djamila Bouhired suffirait à remplir bien d’autres existences. Peut-être eût-elle préféré. On ne lui a pas demandé. De toute façon, elle n’a jamais été du genre à se confier ni à raconter ses souvenirs. Djamila Bouhired est en béton armé, sans faille et sans reproche. Elle est, au sens propre, une légende vivante, une énigme.

    Le verbe haut

    Djamila Bouhired est un peu l’Hibernatus de l’histoire algérienne. Elle a disparu en 1962, au lendemain de l’indépendance, on la retrouve dans les rues d’Alger en mars 2019, avec les manifestants contre le cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, l’aura intacte, le verbe haut et fort, les idées droites comme un fil à plomb.

    Entre ces deux dates, rien ou presque, aucune activité publique, aucun mandat, aucune tournée de conférence. La moudjahida est restée fidèle à son mythe : inflexible, inoxydable. Sa seule présence, si rare, dans les manifestations est bien le signe que c’est une révolution qui est alors en marche, pas une simple révolte.

    Plus de cinquante-six ans de silence et puis, le 1er mars 2019, une apparition aussi inattendue que lourde de sens. C’était le deuxième vendredi de mobilisation contre la perspective d’une nouvelle candidature d’Abdelaziz Bouteflika, quasi impotent depuis une attaque cérébrale, en 2013, et au pouvoir depuis deux décennies. La rumeur court la foule qui se répète, ravie : « Djamila est là, Djamila est là ! »

    La plupart des jeunes ne connaissent pas son visage, mais son nom leur est familier. Ils l’ont appris dans les livres d’histoire. La vieille dame, cheveux courts et lâchés, coquette derrière ses lunettes aux verres fumés, se laisse fêter : « Je veux marcher avec mon peuple pour notre dignité. » Elle descend, portée par le tsunami humain qui déferle vers le centre d’Alger, la rue Didouche-Mourad jusqu’au monument à la mémoire de Maurice Audin, le militant communiste torturé à mort par les paras français en 1957 et porté disparu.

    Avant de quitter à regret ce bain de jouvence démocratique, la jeune vieille dame, hilare, confie au quotidien El Watan : « C’est une seconde indépendance qui est en marche. » Le mot est lâché. Le coup est rude pour le pouvoir. Seconde indépendance, comme si le pays était encore occupé par des étrangers, des colons, des usurpateurs.

    une banderole affichant : « On ne libère pas un pays si on ne libère pas la femme. ». Djamila Bouhired prend part à une manifestation, à Alger, le 8 mars.

    Pour enfoncer le clou, Djamila Bouhired publie, le 13 mars, une tribune adressée à ses « chers enfants et petits-enfants » dans Le Matin d’Algérie : « Je voudrais vous dire toute ma gratitude pour m’avoir permis de vivre la résurrection de l’Algérie combattante, que d’aucuns avaient enterrée trop vite. » Elle évoque l’été 1962, celui de toutes les duperies : « Alors que les Algériens pleuraient leurs chers disparus dans la liesse de la dignité retrouvée, les planqués de l’extérieur avaient déclaré une nouvelle guerre au peuple et à ses libérateurs pour s’installer au pouvoir. »

    Et d’ajouter : « Au nom d’une légitimité historique usurpée, une coalition hétéroclite formée autour du clan d’Oujda, avec l’armée des frontières encadrée par des officiers de l’armée française et le soutien des “combattants” du 19 mars, a pris le pays en otage. Au nom d’une légitimité historique usurpée, ils ont traqué les survivants du combat libérateur, et pourchassé, exilé, assassiné nos héros qui avaient défié la puissance coloniale avec des moyens dérisoires, armés de leur seul courage et de leur seule détermination. »

    Lettre ouverte aux jeunes

    Tout est dit, de la manière la plus crue et directe. Tout ce que tout le monde sait mais ne peut dire de cette manière sous peine de finir ses jours à l’étranger, comme Hocine Aït Ahmed, héros de l’indépendance qui voulait faire de l’Algérie une démocratie, ou de mourir d’une balle dans le dos, tel Mohamed Boudiaf, rappelé d’exil au pays pour le présider aux heures graves de 1992, juste après l’interruption du processus électoral, et assassiné six mois plus tard par un membre de sa garde.

    Comme eux, même si elle n’a pas leur dimension politique, Djamila Bouhired est une véritable héroïne de l’indépendance, pas une bureaucrate de l’anti-impérialisme. Son réquisitoire est d’autant plus cruel pour le clan d’Oujda (ou clan de Tlemcen), qui désigne les chefs de l’armée des frontières, Houari Boumediene et Abdelhafid Boussouf, assistés entre autres de Bouteflika, qui passèrent le plus clair de la guerre à Oujda, au Maroc, tout près de la frontière algérienne, et qui s’opposaient aux accords d’Evian qui les laissaient de côté.

    Djamila Bouhired explique, en clair, que Bouteflika et son parrain, Boumediene, ont volé l’indépendance dès l’été 1962 en éradiquant les maquisards, exsangues après huit années de guerre. Boumediene, chargé d’alimenter les maquis en armes, n’était d’ailleurs pas étranger à leur dénuement…

    Pendant un premier temps, l’illusion d’une victoire de la révolution fut entretenue par Ahmed Ben Bella, principal dirigeant historique du FLN ayant accepté de pactiser avec le clan d’Oujda. Avant d’être lui-même chassé en 1965 par un coup d’Etat de Boumediene qui régna jusqu’à sa mort, en 1978. Depuis, c’est l’armée, une armée d’inspiration et de formation coloniale, qui dirige le pays, ou plutôt l’occupe. C’est d’ailleurs pour occulter sa faible contribution à la guerre d’indépendance que Boumediene a inventé un slogan (« un seul héros, le peuple ») destiné à faire taire les pères fondateurs du FLN et les héros du maquis.

    C’est ce même slogan que les manifestants, ironie de l’histoire, ont retourné contre Abdelaziz Bouteflika, principal héritier politique de Boumediene, devenu président en 1999 après deux décennies de disgrâce. Bouhired contre Bouteflika, révolutionnaires contre militaires, c’est une pièce qui se donne depuis cinquante-sept ans en Algérie, comme si le pays n’arrivait pas à dépasser ce péché originel, cette usurpation d’identité à la naissance.

    Dans la suite de son message, Djamila Bouhired trace la feuille de route de la jeunesse qui a pris la rue : « Vous avez ressuscité l’espoir, vous avez réinventé le rêve, vous nous avez permis de croire de nouveau à cette Algérie digne du sacrifice de ses martyrs et des aspirations étouffées de son peuple. Une Algérie libre et prospère, délivrée de l’autoritarisme et de la rapine. Une Algérie heureuse dans laquelle tous les citoyens et toutes les citoyennes auront les mêmes droits, les mêmes devoirs et les mêmes chances, et jouiront des mêmes libertés, sans discrimination aucune. »

    Elle termine en mettant en garde les contestataires contre les manœuvres de récupération que ne manquera pas de lancer le pouvoir : « Ne laissez pas ses agents, camouflés dans des habits révolutionnaires, prendre le contrôle de votre mouvement de libération. Ne les laissez pas pervertir la noblesse de votre combat. Ne les laissez pas voler votre victoire… » Une mise en garde suivie à la lettre par les manifestants, qui « vendredisent » sans discontinuer depuis le 22 février. Au risque d’enfoncer le pays dans une dangereuse impasse.

    Renouer avec la mémoire

    Mais l’heure n’est pas encore aux sombres prédictions. Pour une fois, Bouteflika a perdu et Bouhired a gagné, même si la partie est loin d’être terminée. Tout un pays s’en réjouit : « Elle a un langage qui va droit au cœur des gens », explique l’historien Mohammed Harbi, dont les livres, le parcours impeccable et le savoir encyclopédique font référence.

    Pour l’écrivain Mohamed Kacimi, la réapparition de l’icône de la révolution est une « chose miraculeuse ». « Elle a permis aux jeunes de s’approprier ce moment totalement occulté de l’histoire algérienne qu’est l’été 1962, ajoute-t-il. Il y a eu une transmission sous-jacente, invisible de cette mémoire brisée de génération en génération. »

    L’historien Benjamin Stora voit dans ce retour « le fil renoué avec l’histoire de l’indépendance ». « C’est reprendre l’histoire là où elle s’est arrêtée, explique-t-il plus longuement dans le numéro de l’été de Politique internationale. Ces jeunes manifestants estiment que l’histoire s’est figée en 1962. Ils connaissent très mal l’histoire de la guerre d’indépendance. Il n’y a pas eu de transmission d’une histoire réelle, mais plutôt d’un récit héroïsé. Ils veulent renouer avec l’aspect lumineux de leur passé. Ils ont le sentiment que les pouvoirs qui se sont succédé depuis 1962 ne sont pas légitimes et qu’ils ont trafiqué l’Histoire. Ou qu’ils ne l’ont pas restituée dans toute sa vérité. Alors, ils vont chercher dans les révolutions passées les raisons d’espérer au présent. » Et Djamila Bouhired cherche dans le présent des raisons de se consoler de sa révolution confisquée.

    Née en 1935 dans une famille de la classe moyenne de la Casbah d’un père algérien et d’une mère tunisienne, Djamila Bouhired n’est pourtant pas une pionnière de la guerre d’indépendance. Elle rejoint le FLN après la grève, en mai 1956, des étudiants de l’université d’Alger, où elle est elle-même inscrite, et sous l’influence de son oncle Mustapha. Dès l’automne éclate la bataille d’Alger, dont le déclencheur – il est important de le rappeler – est un attentat aveugle des extrémistes pro-Algérie française de la Main rouge dans la Casbah, quasi exclusivement habitée par des Arabes.


    Le journaliste Jean Lartéguy rend visite à Djamila Bouhired à la prison de Maison-Carrée en avril 1958, un an après son arrestation.

    Yacef Saadi, l’adjoint de Larbi Ben M’Hidi, le chef militaire du FLN pour la zone autonome d’Alger, crée un réseau de poseuses de bombes qui ne tarde pas à endeuiller la ville européenne : le Milk Bar, la Cafétéria, le Coq hardi, l’Otomatic, les explosions meurtrières se multiplient. Djamila Bouhired joue surtout le rôle d’agent de liaison et de recruteuse. Lors de son procès, la justice militaire française accusera la jeune femme d’avoir commis des attentats. C’est faux, elle reconnaîtra plus tard n’avoir posé qu’une seule bombe, qui n’a pas explosé, dans le hall de l’Hôtel Mauritania.

    En janvier 1957, le général Massu débarque dans la capitale avec ses 8 000 parachutistes. Tout est mis en œuvre pour démanteler les réseaux du FLN à Alger : couvre-feu, torture, chantage, manipulation, exécutions sommaires et disparitions. En mars, Larbi Ben M’Hidi est pendu en secret par l’unité du commandant Aussaresses. Djamila Bouhired est capturée dès avril. Blessée à l’épaule par balle lors de son arrestation, elle est interrogée à peine sortie de la table d’opération car les documents qu’elle transporte prouvent ses contacts avec Yacef Saadi, qui a succédé à Ben M’Hidi et qui est activement recherché.

    La rencontre avec Jacques Vergès

    Soumise à des séances de torture, notamment à l’électricité, qu’elle décrit par le menu dans une déclaration écrite, « l’idiote au beau visage », comme la qualifie la presse pro-Algérie française, donne des caches d’armes et de bombes, mais pas ses chefs. Au terme d’une parodie de procès, tenu devant un parterre de parachutistes, la moudjahida est condamnée à mort, ainsi que Djamila Bouazza, le 15 juillet 1957. A l’énoncé du verdict, elle éclate de rire.

    C’est à cette occasion qu’elle rencontre celui qui va devenir son mari, maître Jacques Vergès, engagé comme avocat par la famille. Cette affaire le fait immédiatement connaître du grand public. Empêché de plaider par le juge, Vergès se venge en cosignant avec Georges Arnaud, l’auteur du Salaire de la peur, un essai intitulé Pour Djamila Bouhired (Les éditions de Minuit, 1957).

    La première rencontre entre l’avocat anticolonialiste et la militante indépendantiste algérienne, dans le bureau du juge d’instruction, le 26 avril 1957, y est ainsi racontée : « La voyant en cette occasion pour la première fois, son défenseur fut effrayé de ne déceler sous le bleu des coups qu’un visage déjà déserté par tout désir de vivre. Elle ne vit en lui que, sans doute, un ennemi de plus ; d’entre ses ennemis, seulement le dernier venu. Tout fut changé pour Djamila Bouhired dès les premiers mots échangés entre son défenseur et son juge. Aux lisières de l’altercation, leur dialogue lui apprenait qu’elle n’était plus seule. »


    La couverture du livre de Jacques Vergès.

    Le livre a beaucoup contribué à la renommée de Djamila Bouhired en France, mais sa dimension internationale, elle la doit surtout à une campagne lancée par le FLN contre sa condamnation à mort. Elle n’est, à l’époque, ni la seule condamnée à mort, ni la plus ancienne, ni la plus aguerrie des moudjahidat. Sur les 11 000 combattantes officiellement recensées après la guerre, Bouhired est loin d’être la figure la plus emblématique. Mais c’est celle que les dirigeants de la future Algérie indépendante veulent mettre en avant, à cause peut-être de son charisme, à cause aussi de son courage pendant le procès.

    Elle incarne une Algérie jeune, déterminée, indépendante et moderne. Peut-être a-t-elle été choisie aussi parce qu’elle n’est pas une politique de haut rang. Mohammed Harbi, qui était à l’époque chargé de la propagande du FLN, a coordonné cette campagne avec les relais internationaux du parti. L’organisation indépendantiste sait que la bataille d’Alger est en train d’être perdue : Yacef Saadi s’est fait prendre en septembre 1957 avec Zohra Drif ; deux semaines plus tard, Ali la Pointe est tué dans son repaire de la Casbah. Il faut donc se battre sur le terrain médiatique, diplomatique et international.


    L’affiche tchèque de « Djamila l’Algérienne » (1958), du cinéaste égyptien Youssef Chahine. La militante est le visage de la guerre d’indépendance algérienne aux yeux du monde entier.

    La campagne réussit au-delà des espérances du FLN. Dès 1958, l’Egypte de Nasser produit un film à la gloire de Djamila Bouhired : Youssef Chahine réalise en un temps record Djamila l’Algérienne, qui n’est pas son meilleur long métrage. L’héroïne est incarnée par l’actrice Magda Al-Sabahi et l’Algérie y ressemble beaucoup à l’Egypte, mais peu importe, le film est un succès immédiat, suscitant des manifestations devant l’ambassade de France au Caire.

    « Partout où je suis allé dans le monde arabe, on m’a parlé d’elle, assure le journaliste Akram Belkaïd, auteur de plusieurs livres sur l’Algérie, dont L’Algérie, un pays empêché (Tallandier, 2019). Elle est le visage de la guerre d’indépendance, plus encore que dans son propre pays. » La campagne porte ses fruits : en mars 1958, René Coty finit par gracier les condamnées à mort et commuer leur peine en travaux forcés à perpétuité. En 1959, la chanteuse libanaise Fayrouz enregistre Lettre à Djamila Bouhired. Les prisonnières, détenues à Marseille, sont libérées dans le cadre des accords d’Evian qui organisent l’indépendance en juillet 1962.

    A Pékin reçue par Mao

    A sa libération, Djamila Bouhired, restée proche de Zohra Drif, est chargée avec son amie de faire des tournées à l’étranger pour représenter le jeune pays et récolter des fonds destinés à la reconstruction. On la voit, sur les photos d’époque, en robe blanche de collégienne, serrer la main au grand Nasser au Caire, au Koweït entourée de cheikhs ou à Pékin reçue par Mao avec Jacques Vergès.

    Avec la liberté, Djamila a retrouvé son avocat, qui se convertit à l’islam pour l’épouser. Il doit choisir un prénom musulman pour l’occasion : Jacques devient Mansour. Ce dernier, intime des nouveaux dirigeants algériens, s’installe dans sa patrie d’adoption, où il est chargé des relations avec l’Afrique par le jeune ministre des affaires étrangères, Mohammed Khemisti. Lorsque son protecteur meurt dans un accident d’avion, il fonde Révolution africaine, une revue anti-impérialiste. Djamila et son amie Zohra collaborent avec le journal.

    Mais, déjà, les luttes de pouvoir font rage. Bouhired et Drif, qui appartiennent à la faction Mohamed Khider-Rabah Bitat du FLN, sont mises à l’écart dès le printemps 1963. Ahmed Ben Bella expulse Vergès de Révolution africaine, qu’il confie à Mohammed Harbi. Le couple Vergès-Bouhired séjourne à Paris, suscitant des articles vengeurs des nostalgiques de l’Algérie française.


    En 1960, exilé à Genève, l’avocat Jacques Vergès (au centre) écrit avec deux de ses confrères, Maurice Courrégé et Michel Zavrian, défenseurs du FLN algérien comme lui, « Le Droit et la Colère » (Les Editions de Minuit), dans lequel ils critiquent la nouvelle organisation judiciaire instituée par la France en Algérie.

    Au-delà de quelques visites plus ou moins longues, notamment pour des soins dûs aux séquelles de la torture, Djamila Bouhired n’a jamais souhaité vivre sur le sol de l’ancienne puissance coloniale : « Elle reste très méfiante et hostile envers la France, confie une femme qui l’a bien connue. Le pays est toujours resté l’incarnation de l’ennemi. » Paradoxalement, elle s’exprime plus volontiers en français qu’en arabe, comme les personnes de sa génération.

    Après le coup d’Etat de 1965, le couple se réinstalle à Alger, mais Djamila Bouhired se retire totalement de la vie politique et publique, elle s’éloigne même de Rabah Bitat et de Zohra Drif. « Le régime lui a donné un petit pécule, avec lequel elle a monté un business d’importation de cosmétiques, se souvient une source qui a bien connu le régime de l’intérieur. Elle s’est associée à Boualem Oussedik, un ancien officier de l’Armée de libération nationale (ALN) qui n’a jamais été dans les petits papiers du pouvoir. Le régime a cherché à les apprivoiser avec une petite rente, faute de pouvoir les acheter. »

    Comme dans un donjon

    Ce n’est pas le cas de son ancien chef, Yacef Saadi, qui a prospéré dans l’immobilier et dans la production cinématographique (La Bataille d’Alger). Il n’y avait pas de place pour les femmes une fois la guerre finie : même Warda, la diva adulée qui chanta Djamila en son honneur, a dû cesser de se produire en public après son mariage avec un héros de la guerre. « Ben Bella leur a dit en substance : mes sœurs, vous êtes fatiguées, vous avez beaucoup souffert, rentrez à la maison maintenant ! », résume l’écrivain Mohamed Kacimi.


    Le visage de Djamila Bouhired brandi dans les rues du Caire, le 4 avril 1958.

    « Car Djamila Bouhired a toujours veillé à ne pas être récupérée », confie une proche. Contrairement à son amie Zohra Drif, que son mariage avec Rabah Bitat a hissée dans la nomenklatura et qui a accepté un siège – honorifique – de sénatrice sous Bouteflika. Elle n’a pas non plus publié ses mémoires d’ancienne combattante. Même après 1988, quand la presse s’est libéralisée, on ne l’a pas vu asséner ses vérités et son passé, là où la plupart des moudjahidine occultés ont rattrapé le temps perdu et le silence imposé.

    Le journaliste Slimane Zeghidour, qui a tourné un film sur les femmes combattantes de la guerre d’Algérie, n’a jamais obtenu son accord : « Elle s’est enfermée dans un mutisme presque misanthropique. C’est une femme taciturne, mais encore coquette. » Elle s’est retirée dans son appartement, dans une tour d’El Biar, sur les hauteurs d’Alger, comme dans un donjon. Inutile donc d’espérer un entretien, a fortiori pour un quotidien français. « C’est une femme très secrète qui n’a rien demandé à personne », explique l’écrivaine Wassyla Tamzali.

    Une vie compliquée

    Il est vrai que sa vie de famille n’a pas été facile. Son couple avec Jacques Vergès s’est vite délité malgré la naissance de deux enfants, une fille puis un garçon, Meriem et Liess. A partir de 1965, le régime, désireux d’écarter l’encombrant avocat aux accointances chinoises trop marquées, le missionne pour défendre des militants palestiniens. Cela tombe bien car Jacques Vergès s’ennuyait, ne se voyant pas passer le restant de ses jours à plaider des cas de divorce ou des différends commerciaux entre pêcheurs.

    Il voyage de plus en plus entre le Proche-Orient, Paris, Alger… et Genève, où il se lie avec le banquier du FLN, François Genoud, un nostalgique du IIIe Reich. Un jour du printemps 1970, Vergès disparaît sans prévenir ni donner d’explication. L’absence durera sept ans. « Meurtrie », « blessée », « trahie » : les témoignages sont unanimes sur la façon dont Djamila Bouhired a ressenti cette fuite. Elle se retrouve à élever seule deux enfants encore en bas âge et obtient le divorce unilatéralement pour absence du mari.

    « Elle a dû subir l’opprobre envers une femme mariée à un étranger dans un pays resté très conservateur, puis la curiosité malsaine et narquoise de la bonne société algéroise pour l’épouse abandonnée », raconte une proche. Au retour de Vergès, les ponts sont rompus avec Djamila, seuls les enfants renoueront avec leur père, non sans mal. Elle ne se rendra pas aux obsèques de l’avocat, en août 2013 à Paris, ni à l’hommage qui lui a été rendu à Alger, en octobre de la même année.

    Jusqu’à son retour fracassant sur la scène publique en 2019, Djamila Bouhired se tient à un silence d’une constance remarquable. On ne l’entend ni à la mort de Boumediene, en 1978, ni durant les printemps berbère et noir de 1980 et 2001 en Kabylie, ni après les émeutes d’octobre 1988 réprimées dans le sang par l’armée, ni au moment de l’annulation des élections législatives reportées par le FIS en janvier 1992, ni après l’assassinat de Boudiaf, en juin de la même année, a fortiori pendant la guerre civile (1992-2000) qui causa de 100 000 à 200 000 morts. « C’est une patriote qui est entrée dans la lutte armée par patriotisme juvénile, pas une idéologue, une politique ou une intellectuelle », justifie Slimane Zeghidour.

    Une parole aujourd’hui relayée

    Ses rares prises de position se font plutôt en réaction à des demandes précises. En 1984, elle signe, avec d’autres combattantes historiques, une lettre demandant au président Chadli Bendjedid de surseoir à l’adoption d’un code de la famille rétrograde par l’Assemblée nationale populaire. En vain. « Il ne faut pas penser que ces femmes, parce qu’elles ont fait preuve d’un courage extraordinaire pendant la guerre, l’ont fait pour revendiquer des droits accrus pour les femmes », met en garde la militante féministe Wassyla Tamzali, qui se méfie des anachronismes.

    Plus récemment, en 2013, Djamila Bouhired a accepté de présider une nouvelle association, Les Amis de la Casbah, pour la protection du quartier où elle a grandi, aujourd’hui menacé par la ruine et les projets immobiliers. En 2011, elle a participé à la manifestation des médecins qui préfigurait le soulèvement actuel. En 2009 déjà, elle avait exprimé son hostilité au troisième mandat de Bouteflika, puis, en 2014, elle avait appelé à manifester contre le quatrième. Mais sa voix ne porte pas très loin à l’époque, alors que les médias sont étroitement contrôlés par le pouvoir. Elle est tellement « inaudible » que lorsque le Parlement tunisien lui rend un hommage posthume à la suite de l’annonce erronée de sa mort par une députée, personne ne s’en étonne.

    Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Depuis sa lettre ouverte de mars, sa moindre parole est relayée religieusement, reprise en boucle sur les réseaux sociaux. Toutes les tentatives pour la faire taire ont échoué, qu’il s’agisse des menaces d’un mystérieux islamiste algérien de Londres enjoignant les femmes de rentrer chez elles au lieu de manifester ou des insultes d’une députée pro-pouvoir, Naïma Salhi, l’accusant d’agir « à la solde de la France ». Un comble.

    Fin juillet, des rumeurs sur sa mort ont encore circulé. La semaine précédente, elle avait été citée, sans être consultée, semble-t-il, comme membre d’un « panel » chargé de dialoguer avec le pouvoir. Elle s’est empressée de démentir, arguant de la présence de personnes ayant participé au pouvoir dans ce « panel » ainsi que de la détention de Lakhdar Bouregaa, 86 ans, ancien combattant de la guerre d’indépendance, arrêté fin juin pour « outrage à l’armée » après avoir critiqué le chef d’état-major, Ahmed Gaïd Salah. Surtout, Djamila Bouhired sait que quiconque dialoguera avec le pouvoir aujourd’hui sera rejeté par la rue.

    L’épisode du « panel » avorté résume bien l’impasse dans laquelle se trouve aujourd’hui l’Algérie : « Il y a, d’un côté, un pouvoir qui veut dialoguer avec n’importe qui mais n’est prêt à rien négocier avec personne et, de l’autre, une rue qui répète en boucle “Partez tous !” sans dire ni qui, ni comment, ni pour quoi faire après », résume le journaliste Slimane Zeghidour, fataliste. Entre les deux, Djamila Bouhired est l’une des rares – pas la seule – figures acceptables et respectées par les deux parties. Mais, à 84 ans, il est tard pour se mettre à faire de la politique.

  • Trump voudrait acheter le Groenland, l’île rétorque qu’elle n’est pas à vendre
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/08/16/trump-voudrait-acheter-le-groenland-l-ile-retorque-qu-elle-n-est-pas-a-vendr

    Aaja Chemnitz Larsen, députée groenlandaise, met en garde : les inégalités ne feraient que grossir ­encore sur cette île, qui en souffre déjà beaucoup. « Je ne sais pas comment on peut, en 2019, avoir l’idée d’acheter 50 000 citoyens danois. La preuve ultime que Donald Trump est devenu fou », s’est offusqué Soren Espersen, porte-parole du parti danois d’extrême droite DF. Avant d’ajouter un peu plus tard : « C’est une façon grossière de traiter un allié fidèle et le peuple groenlandais. »

  • Mort de Steve Maia Caniço : le témoin « oublié » de l’IGPN
    https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2019/08/01/mort-de-steve-maia-canico-un-nantais-denonce-les-lacunes-de-l-enquete-de-l-i

    Romain G., présent sur les lieux du drame, raconte l’intervention et reproche à la police des polices de ne pas avoir pris en compte ses récriminations.

    Son prénom et l’initiale de son nom suffiront : Romain G., Nantais de 33 ans, se méfie « des tempêtes médiatiques ». Sa discrétion ne relève pas de la couardise. Son patronyme, les policiers peuvent le consulter à loisir. Il figure sur le rapport relatif à l’enquête administrative de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) selon lequel « il n’y a pas de lien » établi entre l’intervention controversée des forces de l’ordre, la nuit de la Fête de la musique, le 21 juin, à Nantes, et la disparition de Steve Maia Caniço, dont le corps a été retrouvé dans la Loire, lundi 29 juillet.

    Ce que dit le rapport de l’IGPN sur la mort de Steve Maia Caniço

    Au cœur de ce rapport, un chapitre liste les auditions qui ont permis de rédiger les conclusions de l’enquête. Sont ainsi convoquées les déclarations d’agents de sécurité d’une société employée par la ville de Nantes, celles d’agents de la protection civile mandatée par la mairie et celles de huit fonctionnaires de police.

    Première surprise : aucun point de vue d’un des 89 participants à la soirée techno ayant porté plainte pour « mise en danger de la vie d’autrui et violences volontaires par personnes dépositaires de l’autorité publique » n’est ici relayé.

    Seconde surprise : le rapport note qu’un témoin, présent quai Wilson à proximité des sound systems, s’est signalé auprès de l’IGPN « pour se plaindre des jets de lacrymogènes de la part des forces de l’ordre, durant dix minutes, ayant entraîné des chutes et autres malaises », mais que l’intéressé n’a pas donné suite aux sollicitations de l’IGPN.
    Ce témoin-là, « le seul à avoir transmis un message sur la plate-forme de signalement de l’IGPN », selon la police nationale, c’est Romain G. L’homme, photographe de profession, ne décolère pas et qualifie la procédure de « mascarade ».

    « N’avancez pas, il y a la Loire »

    Exhibant le récépissé du signalement qu’il a effectué auprès de la police des polices le 27 juin (enregistré sous le numéro S-2019/2565), Romain G. crie au « mensonge » et à la « dissimulation ». Conformément aux recommandations de l’IGPN, il a porté plainte, le même jour, au commissariat central pour « mise en danger d’autrui par personne morale ». De l’avis de spécialistes du code pénal, un tel libellé, « assez exceptionnel », laisse à penser que la plainte, ainsi formulée, aurait pu cibler « la mairie de Nantes » et non les policiers.
    Dans le procès-verbal de sa plainte, dont Le Monde s’est procuré une copie, Romain G. indique être arrivé vers 3 heures du matin sur le quai Wilson avec sa compagne et la jeune sœur de cette dernière.

    « Il y avait beaucoup de monde et moi-même je m’inquiétais de voir ces gens si près du quai alors qu’il y en avait pas mal d’alcoolisés », énonce-t-il au brigadier de police qui lui fait face, soulignant que « la zone n’est pas protégée par des garde-corps ».

    La suite, Romain G. la raconte directement : « Côté bunker, le son a été coupé puis un morceau est reparti. On était tous contents, car l’ambiance était joyeuse. L’embrouille a dû démarrer un peu plus loin, à hauteur du son installé près d’une tonnelle. Je n’ai rien vu venir. Un fumigène a atterri à mes pieds. Tout de suite, on a suffoqué, on a compris qu’il s’agissait de lacrymo. Je me suis accroupi pour être sous le nuage. Tout le monde courait n’importe où. J’ai cherché ma compagne et je l’ai vue dans sa robe verte qui se dirigeait vers la Loire. Je l’ai rattrapée à 50 cm du fleuve. C’est terrible, car, à ce moment-là, on a croisé des gens, j’ai crié : “N’avancez pas, il y a la Loire.” On n’a rien pu faire, j’ai entendu les cris et le bruit des corps qui tombaient dans l’eau. »

    Romain G. explique avoir retrouvé la sœur de sa compagne « prise d’une crise de tremblements » et l’avoir mise « en PLS [position latérale de sécurité] ».

    Modus operandi « pas des plus clairs »

    Son dépôt de plainte, dit-il, n’a pas été aisé. Il évoque deux heures d’attente, « des ordres et des contre-ordres », et relève : « On m’a dit que l’IGPN était dans les locaux, mais c’est un brigadier qui a pris ma plainte. » Elle a été transmise au procureur de la République. Qui indique l’avoir jointe à celles des 89 fêtards ayant intenté une action.
    Le service d’information et de communication de la police nationale récuse toute manœuvre dilatoire, et note : « Il faut cesser avec cette défiance permanente vis-à-vis de l’IGPN. La plainte judiciaire ne peut pas être intégrée dans une procédure administrative, ce sont deux procédures distinctes. » Un officier confesse en coulisses que le modus operandi « n’est pas des plus clairs », arguant : « Une procédure, quelle qu’elle soit, c’est toujours compliqué. Mais, le droit, ce n’est pas nous qui le faisons. »

    La police assure avoir relancé Romain G. « par e-mail, le 28 juin, à 8 h 56 et 30 secondes », afin qu’il apporte une éventuelle contribution à l’enquête administrative. Sans résultat. « Je n’ai jamais reçu ce mail, sinon je me serais présenté pour raconter tout ce que j’avais à dire, rétorque le Nantais. Ce serait stupide d’entamer une démarche et d’y renoncer. La preuve : je suis allé porter plainte. »

    « Tout est délirant dans ce dossier »

    Romain G. sera entendu ultérieurement dans le cadre de l’enquête judiciaire confiée à l’IGPN, tout comme les autres plaignants. « Tout est délirant dans ce dossier, affirme son avocat, Pierre Huriet, dans les colonnes du quotidien nantais Presse Océan, jeudi 1er août. De la présentation des conclusions de l’enquête administrative de l’IGPN le jour même de l’identification du corps de Steve Maia Caniço à cet oubli “opportun” de mon client. De fait, un mensonge s’est glissé dans le rapport qui a servi de base à la déclaration du premier ministre. »
    L’avocat annonce qu’il va adresser un signalement au Défenseur des droits – ce dernier s’est saisi d’office d’une enquête sur la disparition de Steve Maia Caniço –, ainsi qu’au magistrat instructeur chargé de l’information judiciaire contre X du chef d’« homicide involontaire » afin que son client « soit entendu par leurs soins ».

    M. Huriet bat en brèche l’argument d’une séparation totale entre enquêtes administrative et judiciaire. « On joue avec les mots, fait-il valoir. Lorsqu’il s’agit d’instruire des dossiers d’assignations à résidence, par exemple, procédures qui relèvent de la police administrative, les autorités intègrent évidemment des éléments judiciaires. »

    L’IGPN, note-t-il encore, « n’a pas fait beaucoup d’efforts » pour tenter de contacter Romain G. « Il y a un manque de zèle criant. Car ce n’était pas à mon client de vérifier en cours d’enquête le travail de l’IGPN. » Et ce d’autant que le fameux accusé de réception envoyé le 27 juin par l’IGPN se conclut ainsi : « Votre signalement va faire l’objet d’une transmission à la direction départementale de la sécurité publique de Loire-Atlantique. Il conviendra, le cas échéant, de vous adresser à cette direction pour toute demande d’information complémentaire. »

    Romain G. n’en démord pas : l’IGPN, à ses yeux, a tenu à présenter des conclusions qui ne visent « qu’à mettre la police hors de cause ». « Je suis indigné comme citoyen. Mais j’irai jusqu’au bout de mes droits et de mes devoirs. La vérité doit éclater. Pour Steve, pour sa famille. »
    Depuis mercredi 31 juillet, de nombreux messages diffusés sur les réseaux sociaux appellent à un rassemblement samedi 3 août dans l’après-midi, à Nantes, en hommage à Steve Maia Caniço.

  • « Un homme qui dort. » par Georges Pérec
    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/07/un-homme-qui-dort-par-georges-perec.html

    Tu n’es pas mort et tu n’es pas plus sage.

    Tu n’as pas exposé tes yeux à la brûlure du soleil.

    Les deux vieux acteurs de seconde zone ne sont pas venus te chercher, ne se sont pas collés à toi formant avec toi un tel bloc qu’on n’aurait pu écraser l’un d’entre vous sans anéantir les deux autres.

    Les volcans miséricordieux ne se sont pas penchés sur toi.

     Quelle merveilleuse invention que l’homme ! Il peut souffler dans ses mains pour les réchauffer et souffler sur sa soupe pour la refroidir. Il peut saisir délicatement, s’il n’est pas trop dégoûté, n’importe quel coléoptère entre pouce et index. Il peut cultiver des végétaux et en tirer sa nourriture, son habillement, quelques drogues, et même des parfums qui serviront à masquer son odeur désagréable. Il peut frapper les métaux et en faire des casseroles (ce qu’un singe ne saurait faire).

    Combien d’histoires modèles exaltent ta grandeur, ta souffrance ! Combien de Robinson, de Roquentin, de Meursault, de Leverkühn ! Les bons points, les belles images, les mensonges : ce n’est pas vrai. Tu n’as rien appris, tu ne saurais témoigner. Ce n’est pas vrai, ne les crois pas, ne crois pas les martyrs, les héros, les aventuriers !

    Seuls les imbéciles parlent encore sans rire de l’Homme, de la Bête, du Chaos. Le plus ridicule des insectes met à survivre une énergie semblable, sinon supérieure à celle qu’il fallut à l’on ne sait plus quel aviateur, victime des horaires forcenés qu’imposait une Compagnie à laquelle de surcroît il était fier d’appartenir, pour traverser une montagne qui était loin d’être la plus haute de la planète.

  • « Paroles volées à l’écoute » par Aline Fromentin ( 1938 )
    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/07/paroles-volees-lecoute-par-aline.html

    — Raconte encore l’Ours Niapole, grand-père.

    -- Il s’est doucement étendu dans la neige, t’ai-je dit hier soir, comme avec des précautions pour ne pas froisser son blanc manteau de fourrure. Et il est mort.

    -- Mort pour la vie entière ? Mort jusqu’à toujours ?

    -- Oui, mon Angelot… peut-être…

    -- La voix de l’aïeul s’est faite soudain lointaine, s’est tue. Un long silence. Sans doute l’enfant songe-t-il à Niapole étendu sur la neige, blanc comme elle, glacé autant. Il demande :
    -- grand-père, ne peux-tu faire revivre le grand ourse blanc ?

     La réponse ne vient pas aussitôt.
    -- Peut-être, dit enfin le vieillard de sa voix assourdie, brisée. Peut-être…
     Mais ce n’est plus à Angelot qu’il parle. Il cesse même de parler. Les histoires pour enfants sont des histoires de grandes personnes, inventés par et pour elles.

  • Du « transidentitaire » à l’enfant-machine : entretien avec Fabien Ollier
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=1152

    A l’occasion de la parution de son livre, L’Homme artefact. Indistinction des sexes et fabrique des enfants (Editions QS ?) voici un entretien avec Fabien Ollier, précédé de rappels et considérations sur le sujet. Fabien Ollier publie des ouvrages de critique de l’idéologie sportive (entre autres) depuis 20 ans. Il dirige les éditions Quel Sport ? et suit de près toutes les métamorphoses du corps-marché à l’ère technologique. (Ouvrir le document ci-dessous). Lire aussi : Manifeste des Chimpanzés du futur contre le transhumanisme, Pièces et main d’oeuvre (Editions Service compris, 2017) ; Reproduction artificielle « pour toutes » : le stade infantile du transhumanisme Ceci n’est pas une femme (à propos des tordus « queer ») La reproduction artificielle de l’humain (...)

    #Nécrotechnologies
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/entretien_avec_fabien_ollier.pdf

  • Guardian accused of ‘vendetta’ for ignoring Chomsky’s Labour anti-Semitism comments — RT UK News
    https://www.rt.com/uk/463581-guardian-criticized-chomsky-silence

    The Guardian is coming under fire for not reporting on renowned intellectual Noam Chomsky’s comments on Labour’s anti-Semitism row, with social media users accusing the outlet of hypocrisy.

    Chomsky said that the allegations of anti-Semitism against party leader Jeremy Corbyn and MP Chris Williamson are a “disgrace” and an “insult to the memory” of Holocaust victims.

    The Guardian has in the past reported on many of Chomsky’s comments, but has chosen to ignore his latest take on a current issue, leaving many wondering if it is conveniently selective about which of his comments it deems newsworthy.

    Independent journalist Matt Kennard noted that RT, the Morning Star, and the Canary were the only news organizations to cover the esteemed intellectual’s remarks. “The mainstream media is running a campaign where contradictory information is just erased from record. The Guardian is at the forefront of this campaign,” he said.

    Numerous people questioned the Guardian’s silence on the issue, with some accusing it of “censorship by omission” and having a “vendetta” against Chomsky and Corbyn. Kennard also noted that Chomsky’s previous comments on Venezuela’s Hugo Chavez and the Palestinian Boycott Divestment and Sanctions movement, were reported by the newspaper.

    Social media users also asked why other media outlets like the BBC hadn’t covered Chomsky’s comments.

    La fabrique du consentement : vérification par l’absurde ! #chomsky #omerta

  • La grande question sur la vie, l’univers et le reste par Douglas Adams
    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/07/la-grande-question-sur-la-vie-lunivers.html

    La grande question sur la vie, l’univers et le reste (en anglais : The Ultimate Question of Life, the Universe and Everything) est – dans l’œuvre de science-fiction de Douglas Adams Le Guide du voyageur galactique – la question ultime sur le sens de la vie. 


    Une réponse est proposée : le nombre 42, mais le problème est que personne n’a jamais su la question précise. Dans l’histoire, la réponse est cherchée par le super-ordinateur Pensées Profondes (Deep Thought en version originale1 et Grand Compute Un dans les anciennes éditions).

    « Quarante-deux ! cria Loonquawl. Et c’est tout ce que t’as à nous montrer au bout de sept millions et demi d’années de boulot ?
    -- J’ai vérifié très soigneusement, dit l’ordinateur, et c’est incontestablement la réponse exacte. Je crois que le problème, pour être tout à fait franc avec vous, est que vous n’avez jamais vraiment bien saisi la question . »

    Pensées Profondes informa les chercheurs qu’il construirait un deuxième ordinateur plus puissant, qui inclurait des êtres vivants dans son processus, pour leur dire quelle est la question. Cet ordinateur s’appelait la Terre et était si grand qu’on le confondait souvent avec une planète. Les chercheurs eux-mêmes prirent l’apparence de souris pour faire fonctionner le programme. Mais la question fut perdue cinq minutes avant le moment où elle devait être trouvée, à cause de la démolition de la Terre par les Vogons, soi-disant pour construire une voie hyperspatiale. Plus tard dans la série, on apprend que les Vogons ont été engagés pour détruire la Terre par une association de philosophes et de psychiatres qui craignaient de perdre leur travail, une fois que tout le monde connaîtrait le sens de la vie.

  • Bob Morane a 100 ans !
    http://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/06/bob-morane-100-ans.html

    Bob Morane cultive aussi un certain nombre d’amitiés féminines. Les plus importantes sont celles qu’il entretient avec la journaliste au Chronicle de Londres Sophia Paramount, avec Tania Orloff, nièce de l’Ombre Jaune, ainsi qu’avec la mystérieuse et capiteuse Miss Ylang-Ylang, cheftaine omnipotente de la terrible Organisation Smog.

    Si la totalité de ces relations sont tendres ou condescendantes (d’où son irrépressible habitude d’appeler toutes les jeunes filles qu’il rencontre « petite fille ») et toujours intégralement chastes, elles laissent deviner le goût de Morane pour le sexe féminin. Le grand amour romantique de sa vie est Tania Orloff, la nièce de l’Ombre Jaune, qui fait d’eux une sorte de couple à la Roméo et Juliette à jamais séparé par l’oncle de cette dernière auquel tous deux sont opposés, mais que la nièce respecte.

    Dans Les faiseurs de déserts, Henri Vernes anticipe les débats autour des OGM et l’angoisse d’une guerre bactériologique. Le « cycle du temps » amplifiera ces craintes. Bob Morane y est en effet plongé dans une dystopie qui montre la manière dont les hommes se sont laissés réduire au rang d’esclaves par les ordinateurs censés les servir (Les bulles de l’Ombre Jaune, 1970).

    Il choisit alors de ne pas respecter pas les lois de la Patrouille du Temps, qui prescrivent de ne pas intervenir dans le déroulement de l’Histoire, détruit le monstre informatique et libère le peuple des enfants de la Rose, qui constitue l’utopie d’une humanité qui, débarrassée de ses démons, retrouverait l’innocence des origines.

  • #Féminicide en Haute-Savoie : Gülçin, terrifiante chronique d’une mort annoncée - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/feminicide-en-haute-savoie-gulcin-terrifiante-chronique-d-une-mort-annonc

    « On parle de cinq plaintes ? Mais c’est cinq fois par semaine qu’elle se rendait à la police !, fulmine Malika. Une fois où ils n’avaient pas voulu la recevoir, elle était ressortie et son mari l’attendait devant. Il l’avait poursuivie. Elle était revenue au commissariat, et elle s’était fait engueuler d’y être retournée… »

    « Il y a encore beaucoup de méconnaissance de ce type de violences, analyse pour sa part Delphine Devigny. C’est comme si Gülçin n’avait pas eu le bon profil. Comme si sa colère, légitime, avait laissé penser aux représentants de l’Etat qu’elle était vindicative, et que tout cela n’était qu’un banal conflit lié à la séparation. » Un manque d’appréciation fatal, tant il a pu donner à son ex-compagnon un sentiment d’impunité. « Pour que la police intervienne, il fallait qu’elle fasse appeler les riverains, accuse Malika. Elle était constamment dans la crainte, et personne n’a levé le petit doigt pour elle. »

  • #Milena_Jesenska, le feu vivant (Prague 1896-Ravensbrück 1944)

    https://www.franceculture.fr/emissions/une-vie-une-oeuvre/milena-jesenska-le-feu-vivant-prague-1896-ravensbruck-1944

    Il disait d’elle qu’elle était un « feu vivant ». Milena Jesenska est connue pour avoir été la destinataire des plus belles lettres de Franz Kafka, les Lettres à Milena. Elle fut aussi traductrice, journaliste et résistante.
    Milena Jesenská
    Milena Jesenská

    Leur histoire d’amour, passion dévorante qui échoua au bout de quelques mois, est sans doute l’une des liaisons les plus fascinantes de la littérature. Son itinéraire à elle, si singulier, et si symptomatique de la Mitteleuropa du XXè siècle, l’est autant - si ce n’est plus. Mais c’est une histoire qu’on ne raconte jamais. Milena est restée un prénom.

    Elle fut pourtant dès les années 1920 l’une des journalistes tchèques les plus en vue, signant les chroniques cruellement justes d’un monde en train de disparaître. Féministe, communiste, résistante, elle fut arrêtée dès 1939 et déportée à Ravensbrück. Elle y rencontra la résistante allemande Margarete Buber-Neumann, avec qui elle vécut ce qui fut probablement sa dernière histoire d’amour, avant de mourir dans le camp en 1944. Margarete deviendra sa première biographe.

    L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites. Tentons aujourd’hui, malgré tout, d’entendre Milena Jesenska.

    #résistance

    • L’engagement systématique de Milena, son insoumission, mais aussi la force de son œuvre ont été jusqu’ici méconnus ou méprisés - peut-être parce qu’elle demeure dans les esprits la femme aimée par Franz Kafka, une femme invisible et dont on n’entend pas la voix. Car les réponses de Milena ont toutes été perdues, ou détruites.

      Tu peu être une journaliste brillante et il suffit qu’un homme t’aime pour que tu sois dissoute dans l’acide, toi et tout ce que tu as accompli.
      #invisibilisation #femmes #historicisation #hétérosexualité #amour

  • La modernisation des forces nucléaires se poursuit malgré une diminution globale du nombre d’ogives
    http://obsarm.org/spip.php?article324

    (Stockholm, 17 juin 2019) - Le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) publie aujourd’hui les conclusions du SIPRI Yearbook 2019 qui fait état de la situation actuelle en matière d’armement, de désarmement et de sécurité internationale. La modernisation des forces nucléaires se poursuit Selon le président du conseil d’administration du SIPRI, l’ambassadeur Jan Eliasson, ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies : « Une conclusion clé est que, malgré la diminution globale du (...)

    Actualités

    / #Armes_nucléaires, #Prolifération_nucléaire

  • Aigle géant de Haast — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Aigle_g%C3%A9ant_de_Haast

    L’Aigle de Haast (Hieraaetus moorei, anciennement Harpagornis moorei) est une espèce éteinte d’oiseau de la famille des Accipitridae.

    Cet aigle de Nouvelle-Zélande est le plus grand rapace connu a avoir existé. Sa taille était proportionnelle à celle de sa proie, le moa, dont la plus grosse espèce pouvait peser 230 kg. L’espèce a disparu au XVe siècle, en même temps que le moa.

    C’est peut être l’oiseau Roc de Sinbad le marin
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Rokh


    http://morbius.unblog.fr/2011/07/05/creatures-fantastiques-au-cinema-loiseau-roc

    #nos_ennemis_les_bêtes #extinction

  • Megan Rapinoe, la footballeuse qui dit « fuck you » à Trump
    https://www.nouvelobs.com/sport/20190619.OBS14636/megan-rapinoe-la-footballeuse-qui-dit-fuck-you-a-trump.html

    Dans un monde du foot où l’engagement politique d’un joueur ou d’une joueuse relève de la rareté, Megan Rapinoe dénote : l’hymne américain, elle l’a boycotté pour la toute première fois en posant un genou à terre il y a un peu plus de deux ans, lors d’un match disputé entre son équipe de Seattle et Chicago. Un geste de soutien au joueur de foot américain Colin Kaepernick, le premier athlète à s’être agenouillé de la sorte afin de protester contre les violences policières commises contre les Noirs américains.

  • Crash du MH-17 : trois Russes et un Ukrainien sont poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais
    https://www.lemonde.fr/international/article/2019/06/19/vol-mh17-les-pays-bas-vont-juger-trois-russes-et-un-ukrainien-pour-meurtre_5


    Les débris de l’avion de la Malaysia Airlines en Ukraine, en juillet 2014.
    MAXIM ZMEYEV / REUTERS

    Les suspects russes, liés aux services secrets, risquent de ne pas être extradés pour le procès prévu en mars 2020.

    Ils seraient attendus le 9 mars 2020, à 10 heures précises, devant le tribunal hautement sécurisé de Schiphol : trois Russes et un Ukranien sont, selon l’équipe d’enquête internationale (JIT) conduite par les Pays-Bas, les responsables du tir de missile qui, le 17 juillet 2014, a entraîné le crash du vol MH-17 et causé la mort des 298 passagers et membres d’équipage. Le Boeing de la Malaysia Airlines devait relier Amsterdam à Kuala Lumpur.

    Lors d’une conférence de presse à Nieuwegein, les enquêteurs néerlandais, australien, malaisien, belge et ukrainien qui continueront à mener de longues et complexes investigations ont livré, mercredi 19 juin, les noms des Russes Igor Guirkine, Sergueï Doubinski et Oleg Poulatov, ainsi que de l’Ukrainien Leonid Karchenko. Tous les quatre sont poursuivis pour meurtre par le parquet néerlandais, qui ne se fait toutefois guère d’illusion : ces quatre suspects ne seront très probablement pas présents l’an prochain.

    D’autant moins que la Russie n’extrade pas ses citoyens et que les autorités ukrainiennes ignorent où séjourne leur ressortissant. Un traité prévoyant que le procès des responsables présumés se tiendrait aux Pays-Bas a été signé l’an dernier par La Haye et Kiev – qui n’extrade pas non plus, en principe.

  • Les #Gilets_Jaunes face à une justice d’exception

    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-15-juin-2019

    Superbe émission, je recommande chaudement

    Depuis le début du mouvement, près de 2 000 Gilets Jaunes ont été condamnés par la justice et 40% d’entre eux ont écopés de peines de prison ferme. Une sévérité inédite pour des prévenus au casier bien souvent vierge.
    Manifestation Gilet Jaune à Besançon, Bourgogne Franche-Comté.
    Manifestation Gilet Jaune à Besançon, Bourgogne Franche-Comté. © Radio France / Sylvain Prégaldiny

    Qu’elle soit policière, judiciaire ou administrative, la répression qui touche le mouvement des Gilets Jaunes est d’une ampleur inédite. Moins visible que les violences policières, le traitement judiciaire réservé à ceux qui se sont retrouvés, bien souvent pour la première fois, devant les tribunaux marque une volonté affichée de « faire des exemples ».

    Car si les magistrats sont indépendants, les consignes de fermeté du gouvernement ont largement été suivies : 40% des Gilets jaunes déférés devant la justice, la plupart du temps au cours de procédures expéditives de comparutions immédiates, ont écopés de peines de prison ferme (soit 800 personnes, selon les chiffres du parquet communiqués fin mars 2019), et 313 mandats de dépôts ont été prononcés, pour des peines qui, selon les dispositions prévues par le Code pénal, seraient normalement aménagées. Ce qui conduit le Syndicat des Avocats de France (SAF) à dénoncer une justice d’exception, devenue le bras armé du maintien de l’ordre.

    À Besançon, Frédéric Vuillaume et sa famille ont subi un véritable acharnement, multipliant gardes à vue, perquisition, contrôle judiciaire et prison ferme. Militant de longue date, Fréderic est l’un des piliers de la contestation à Besançon et participe au mouvement des Gilets jaunes depuis le début. Jamais il n’avait connu une telle répression auparavant.

    #gj #répression #violence_policière