enuncombatdouteux

NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

  • " Ramon " par Dominique Fernandez
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2019/01/je-lai-apercu-pierre-drieu-la-rochelle.html

    « Je l’ai aperçu [Pierre Drieu La Rochelle] pour la dernière fois, à Saint-Germain-des-Prés, quelques jours avant l’hallali : l’enterrement de Ramon Fernandez m’avait fait sortir du quartier où je me cachais. Nous n’avons échangé aucune parole. A-t-il compris ce que signifiait ma présence à une pareille heure, auprès de ce cercueil où la miséricordieuse mort avait étendu notre pauvre Ramon ? »

    François Mauriac, La Table ronde, juin 1949.

    5 août 1944. Samedi. Rue Saint-Benoît. Le cortège funèbre part de la porte du 5 encadrée d’un drap noir, remonte la rue, tourne à gauche par la rue de l’Abbaye, traverse la place Saint-Germain-des-Prés. En tête du cortège, le chef de famille, qui mène le deuil et marche seul en avant, est un garçon qui aura quinze ans dans trois semaines.

    Il est en culottes courtes, car on a dit à sa mère que les Allemands aux abois raflent les adolescents à peine sortis de l’enfance. Sur sa veste grise, on a cousu un brassard noir. Il garde les yeux baissés. Chagrin ? Peur ne pas se montrer à la hauteur de la situation, devant ces centaines de regards qui l’épient ? Ou confusion extrême des sentiments dans son cœur ?

    Celui qu’on sort maintenant du fourgon pour le transporter dans l’église a été un collabo, des plus notoires.

    (...)

    Son gaullisme s’étoffe d’une admiration passionnée pour la Russie et le courage des Russes. La carte de Russie, sur son mur, est beaucoup plus grande que celle de France. Il déteste les Allemands, le bruit des bottes sur la chaussée de la rue de Rivoli, les pancartes en allemand plantées aux carrefours. Déjà mélomane, il vomit le triomphalisme pangermanique de Wagner. Mais peut-il détester, peut-il vomir celui qu’on vient de déposer devant l’autel, dans le cercueil recouvert d’un drap noir ?

    Cet homme, c’est Ramon Fernandez, et ce garçon, c’est moi.

    Le RF brodé sur le drap du catafalque semble à l’orphelin une parodiecruelle de cette République française que le mort a trahie en se faisant le complice du Reich allemand de Hitler et de l’Etat français du maréchal Pétain. Je suis né de ce traître, se dit-il, je porte son nom, il m’a légué son nom, son œuvre, sa honte, je suis son héritier.

    (...)

    C’est au début de 1943 que Marguerite Duras, ayant opté définitivement pour son camp, s’en ouvrit franchement à mon père, avec une candeur qui prouve quelle confiance elle avait en lui. « Ramon descendait l’escalier. Je l’ai abordé. Je lui ai dit : “Ramon, nous venons d’entrer dans la Résistance. Il ne faut plus nous saluer dans la rue. Ne plus se voir. Ne plus téléphoner.” » Et de conclure, par cette phrase qui vaudrait absolution s’il pouvait y en avoir une : « Il a été un roi, dans le secret et dans la discrétion »

    (...)

    Il fit aussi un éloge funèbre d’Henri Bergson qui entraîna sa rupture avec Céline. De plus, il n’écrivit pas contre les Juifs pendant la guerre et avait à cœur, selon son fils, de monter dans le wagon de queue du métro, alors imposé aux Juifs.

    (...)

    « Combien de fois, en Allemagne, en 1932, un communiste et un nazi, discutant dans la rue, ont été frappés de vertige mental en constatant qu’ils étaient d’accord sur tous les points ! ». Simone Weil


  • Le lyonnais April sur le point d’être racheté par le fonds britannique CVC
    https://www.lesechos.fr/finance-marches/banque-assurances/0600431031052-april-sur-le-point-de-passer-sous-pavillon-britannique-223299

    Le français April est en passe de changer de mains. L’entrepreneur Bruno Rousset a confirmé samedi être entré en négociations exclusives avec le fonds britannique CVC Capital Partners pour lui céder sa participation majoritaire au capital de sa société, centrée sur le courtage en assurances. Celle-ci avait suscité l’intérêt de plusieurs fonds anglo-saxons mais, ces dernières semaines, seuls l’américain KKR et CVC restaient en lice .

    A Lyon, c’est un petit peu la boite que tout le monde admire... un bâtiment immense dans le centre d’affaires, des centaines d’employés, un patron un petit peu fantasque.

    Et donc... Il la revend à des britanniques.


  • Conférence Vincent Challet « Les Lieux de mémoire du Moyen Âge à Montpellier et en Languedoc - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Zx7NK_yGUBg

    Conférence Vincent Challet « Les Lieux de mémoire du Moyen Âge à Montpellier et en Languedoc : de l’ombre de Guilhem de Toulouse au soleil de Gaston Fébus » Cette conférence est la cinquième d’un cycle consacré à la présentation des principales conclusions de la nouvelle Histoire de Montpellier, publiée chez Privat, en janvier 2016, et aux lieux de mémoire du Midi, faisant écho au livre paru en 2016 aux Indes savantes Ombres et lumières du Grand Sud : les Lieux de mémoire du Midi. Dans une province morcelée qui ne s’invente réellement qu’à partir du début du XIVe siècle, les lieux de mémoire médiévaux sont aussi multiples et variés que les dynasties et les événements dans lesquels ils s’ancrent. C’est donc à un vagabondage entre ces divers lieux plus qu’à une exploration approfondie que l’on voudrait se livrer en commençant par la figure éponyme de ce Guillaume de Toulouse, propre cousin de Charlemagne et dont la dévotion populaire fit un Saint-Guilhem du désert et en terminant par celle du dernier grand prince méridional que fut le comte de Foix, Gaston Fébus. Mais ces lieux de mémoire ne sont pas liés qu’à de grands personnages, ils peuvent également s’appuyer sur des épisodes tragiques – le bûcher de Montségur en est un exemple brûlant – ou des batailles qui firent basculer le destin de la région tout entière, à l’instar de celle de Muret. Il leur arrive aussi d’être plus évanescents, presqu’intangibles, comme la poussière que soulevaient les pas des pèlerins en partance pour Compostelle ou pour Rome.

    @arno ca t’intéressera peut etre


  • " Davy Crockett et les Peaux-Rouges " par Tom Hill
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/12/davy-crockett-et-les-peaux-rouges-par.html

    Davy se réjouissait donc de retraverser ces belles contrées. Sans doute, d’autres aventures l’y attendaient. Bien plus palpitantes, assurément, que la vie scolaire et les plates besognes quotidiennes auxquelles il avait été astreint depuis qu’il était rentré de Virginie, après sa fuite de la ferme de Siler. 
    L’école ! Il ne l’avait fréquentée qu’une semaine. Huit jours seulement ! Une éternité !

    A la fin Davy ne put plus se contenir. Il bondit hors du groupe d’hommes et proposa de faire comme les Indiens : tirer à travers la flamme d’une bougie sans l’éteindre. Tous regardèrent Davy et se mirent à rire.
    « Ecoute, mon ami, il faudrait être presque un Indien pour réussir un coup pareil », dit un chasseur, un grand gaillard aux larges épaules qui passait pour un fusil hors ligne. Il n’avait pas pris part au concours. Comme il gagnait toujours, cela ne l’intéressait plus.

    Karen Brunés ( 1893-1977 ) est un écrivain danois. Sous le pseudonyme de Tom Hill, elle a publié la série des aventures romanesques de Davy Crockett. C’est lors d’un voyage aux Etats-Unis en 1956 qu’elle entend parler du héros populaire Davy Crockett et qu’elle découvre en lui un véritable défenseur des Amérindiens. Elle écrit une quinzaine de livres sur ce héros, publiés sous le pseudonyme de Tom Hill.


  • Cratère et spirales de glace, canyon long de 4 000 km... Sept photos à couper le souffle de la planète rouge capturées par la sonde Mars Express
    https://www.francetvinfo.fr/sciences/mars-curiosity/en-images-cratere-et-spirale-de-glace-canyon-long-de-4-000-km-sept-phot

    Korolev : un cratère de glace

    Ce cratère se nomme Korolev, du nom de Sergueï Korolev, le père de la technologie spatiale soviétique. Il mesure 82 kilomètres de diamètre, soit environ la distance entre Paris et Dreux. Il s’agit d’un exemple particulièrement bien préservé de cratère martien. Son centre abrite une couche de glace de 1,8 km d’épaisseur toute l’année.

    Pôle Nord : des spirales de glace

    Cette image a été composée à partir des nombreux survols réalisés par la sonde Mars Express et des données altimétriques laser de la mission Mars Global Surveyor de la Nasa. Les dépôts de neige du pôle Nord martien « sont les plus grands réservoirs d’eau présents à la surface de Mars. Leur volume total représente 2 à 3 millions de km3 », remarquait le CNRS en 2009. La forme en spirale de la calotte glaciaire est causée par le vent, indique Futura Sciences.

    Hebes Chasma : un canyon presque aussi haut que l’Everest

    Il fait quelque 8 000 mètres de haut (l’Everest culmine à 8 840 m), 315 km de long et 125 km de large. Il se situe près de l’équateur martien. Le site spécialisé Futura-Sciences attire l’attention sur « la longue coulée de matériaux sombres terminée, en contre-bas, par une étrange flaque d’encre noire ». Et de relever : « Il n’est pas exclu qu’une fonte brutale de glace ou l’épanchement de réservoirs souterrains en soient à l’origine. »


  • " Meeting Snowden " par Flore Vasseur
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/12/meeting-snowden-par-flore-vasseur.html

    Le temps d’une rencontre inédite, Edward Snowden, Lawrence Lessig et Birgitta Jónsdóttir, figures de la lutte pour les libertés, s’interrogent sur l’avenir de la démocratie.
    https://www.youtube.com/watch?time_continue=3&v=Q2yb6dyrsh0


    Députée islandaise depuis 2009, Birgitta Jónsdóttir se mobilise pour redonner le pouvoir au peuple. Professeur de droit à Harvard et pionnier de l’Internet libre, l’Américain Lawrence « Larry » Lessig dénonce sans relâche l’influence délétère de l’argent sur la politique et la collusion des élites, qui mine l’intérêt général. Quant à son compatriote Edward Snowden, ancien collaborateur de la CIA et de la NSA, il a révélé la surveillance généralisée de la population et des alliés des États-Unis, et vit désormais en Russie, où il a obtenu un asile politique d’autant plus précaire que les relations entre les deux pays apparaissent aujourd’hui illisibles.

    Tandis que, depuis Moscou, Vladimir Poutine règne en maître sur la scène internationale, son homologue américain Donald Trump, pur produit de la société du spectacle, s’installe aux commandes de la première puissance nucléaire avec autoritarisme… Cette nouvelle page de l’histoire signera-t-elle la fin de la démocratie ?

    Figures de proue d’un mouvement mondial de défense des libertés, ces trois compagnons de lutte, qui s’estiment et s’entraident à distance sur Internet, se sont rencontrés pour la première fois en secret à Moscou, à la veille de Noël. Ils ont autorisé les caméras de Flore Vasseur à capter cette conversation hors norme, au fil de laquelle émergent des questionnements essentiels : comment sauver la démocratie ? Qu’est-ce que l’échec ? Qui écrit l’histoire ?

    Documentaire complet de Flore Vasseur


  • Claude Lévi-Strauss, un anarchiste de droite
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/12/claude-levi-strauss-un-anarchiste-de.html

    - II y a des progrès, parce que c’est pour faire un progrès qu’on accepte une régression dans un autre domaine. Et l’un d’eux est incontestable, c’est la connaissance scientifique, que je tiens pour un progrès absolu. 

    – Mais quel est le coût de ce progrès ? Y a-t-il une contrepartie ?
     
    – La contrepartie, c’est que les trois quarts du progrès scientifique sont destinés à neutraliser les inconvénients qui résultent du dernier quart.

    - Je me sens une âme du XIXe siècle.

    – Pourquoi ?

    – Parce que c’était un siècle où, déjà, les moyens de communication étaient suffisants pour que, sans y passer des années entières, on pût se transporter d’une extrémité à l’autre de la Terre, et où, en même temps, continuait à subsister dans une large mesure tout ce qui avait fait la richesse et la diversité humaines.

    – Mais c’est un siècle scientiste.

    – S’il est un plan où je reconnais la supériorité absolue de la civilisation où je suis né, qui fait que j’y suis profondément attaché, c’est celui de la pensée scientifique. Alors, que le XIXe siècle ait péché par excès d’enthousiasme, qu’il ait été un siècle scientiste ne me gène pas du tout. C’était, surtout, un siècle merveilleux, dans la mesure où restaient tant de domaines encore inexplorés qu’il suffisait de se baisser pour ramasser des trésors.


  • Patrimoine scientifique : ces instruments sauvés de l’oubli
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/12/18/patrimoine-scientifique-ces-instruments-sauves-de-l-oubli_5399475_1650684.ht

    La science condamne à l’obsolescence les instruments qui lui permettent de progresser. Cet héritage, souvent menacé, est protégé par des passionnés et des institutions. Petit échantillon de machines oubliées, dont la forme et la fonction nous intriguent aujourd’hui.

    Un déménagement, la livraison d’une nouvelle machine, quoi de plus banal dans la vie d’un laboratoire scientifique ? Mais que faire des anciens instruments que l’on n’utilise plus ? Au mieux, ils moisissent dans quelque sous-sol, au pire ils disparaissent, jetés à la benne. Une pratique qui ne date pas d’hier : certains physiciens se désolent encore de la perte de centaines de magnifiques instruments d’optique en laiton et bois précieux lors du déménagement des laboratoires de la Sorbonne vers la toute nouvelle université de Jussieu dans les années 1960.

    Pourtant, au-delà de leur beauté, ces instruments scientifiques démodés sont de précieux témoins des évolutions des sciences et des techniques. Des amateurs passionnés et quelques institutions tentent de les préserver. Parmi les premiers, Christian Durix est l’organisateur de Bricasciences, un « salon des curiosités et antiquités scientifiques », qui se tient chaque automne à Bures-sur-Yvette (Essonne). On y trouve les objets les plus insolites, comme un appareil d’électrothérapie destiné à soigner le patient en lui envoyant des décharges électriques. « Ce salon a un double but : préserver le patrimoine et inciter aux vocations scientifiques, expose-t-il. Tous ces objets ont une histoire, on sent encore la main de leur inventeur ou de leur fabricant. Ces objets sont une clé d’entrée vers la science. Mais, dans certains cas, on ne comprend déjà plus à quoi ils servaient. » Hélas, la plupart des collectionneurs sont vieillissants, et la relève se fait attendre.

    « Mais que faire des anciens instruments que l’on n’utilise plus ? Au mieux, ils moisissent dans quelque sous-sol, au pire ils disparaissent, jetés à la benne »

    Heureusement, la sauvegarde du patrimoine scientifique ne repose pas uniquement sur la bonne volonté des passionnés. C’est même l’une des missions du Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), de « sensibiliser les laboratoires au fait qu’ils possèdent un patrimoine », souligne Cyrille Foasso, responsable des collections d’instruments scientifiques. Une sensibilisation plutôt réussie, puisque des dizaines de particuliers, entreprises et laboratoires contactent chaque année le conservatoire lorsqu’ils pensent détenir un objet scientifique à intérêt patrimonial. Mais seule une minorité de ces objets intégrera les collections. « Nous choisissons les instruments qui racontent l’histoire d’un métier, d’une technique, d’un passé industriel ou d’un fabricant », précise Cyrille Foasso. La beauté n’est pas un critère, mais le caractère unique d’un appareil, si. Tel ce calculateur analogique donné par la société Matra, un ordinateur répandu dans les années 1960, que plus personne ne sait utiliser aujourd’hui. Mais la place manque, et les choix sont cruels : c’est « le Panthéon ou la poubelle ! », résume Cyrille Foasso. D’autant qu’un objet qui entre dans la collection d’un musée peut difficilement être déclassé. Les choix engagent pour longtemps.

    D’autres acteurs comme les universités doivent aujourd’hui prendre le relais et sauvegarder leur passé scientifique et technologique. C’est ce qu’a fait l’Ecole polytechnique, qui a inauguré, en mai dernier, Mus’X, un musée retraçant plus de deux cents ans de recherche et d’enseignement. Près de 1 000 mètres carrés abritent une exposition temporaire chaque année (aujourd’hui consacrée au mathématicien Gaspard Monge) et une exposition permanente. Les appareils d’optique ou de magnétisme y côtoient les uniformes de polytechniciens et les lettres de scientifiques en Egypte avec Napoléon. Bien sûr, un tel musée a un coût : 2,2 millions d’euros, financé en grande partie par un appel au mécénat auprès d’anciens polytechniciens.

    Même avec peu de financements, il arrive que le patrimoine scientifique soit sauvé grâce à quelques passionnés. A l’université de Rennes, deux enseignants-chercheurs en physique, Dominique Bernard et Jean-Paul Taché, ont patiemment récupéré, rénové et inventorié les instruments oubliés dans les caves ou jetés. Un millier d’objets, essentiellement de la seconde moitié du XIXe siècle, ont ainsi été sauvegardés, et parfois remis en état de fonctionnement. Les plus beaux viennent de faire l’objet d’un livre, Un trésor scientifique redécouvert (éd. Rennes en science, 255 pages, 23 euros, sur commande), de Dominique Bernard. Mais cette collection, conservée dans une galerie au sous-sol d’un bâtiment de l’université, n’est accessible qu’à quelques occasions, faute de lieu public et de personnel pour l’exposer. Car mettre à l’abri ne suffit pas. « Il faut faire vivre ces objets, créer des animations qui racontent leur histoire », estime Christian Durix. La science progresse chaque jour, mais ne doit pas en oublier son passé.

    La sphère céleste

    Richement ouvragée, cette sphère céleste, dite sphère de Bürgi, a été construite par l’horloger et fabricant d’instruments scientifiques suisse Jost Bürgi en 1580. Il était également ­mathématicien et l’astronome officiel du comte Guillaume IV de Hesse-Cassel, avant de se mettre au service de l’empereur Rodolphe II à Prague, où il travailla avec Kepler. Cette sphère, chef-d’œuvre de l’orfèvrerie de style Renaissance allemande, ­illustre la vision de l’époque de l’Univers, héritée des Grecs : la Terre est située au centre et entourée par les constellations. L’ensemble reproduit les principaux mouvements célestes tels qu’on les voit depuis la Terre. La sphère est mobile, elle effectue un tour complet en une journée. C’est avant tout une ­horloge qui donne l’heure, les ­minutes, sonne les quarts d’heure. Elle comporte un ­calendrier perpétuel qui précise même les années bissextiles.

    L’électroscope de Curie

    Cet instrument porte un nom ô combien prestigieux : « Electroscope de M. P Curie/Sté Centrale Matériel Scientifique/44 rue des Ecoles, Paris » indique l’inscription gravée à l’intérieur. Il s’agit d’un électroscope, un appareil ­inventé par l’abbé Nollet en 1750, destiné à mesurer la charge électrique d’objets. Son principe : deux feuilles métalliques très fines – souvent de l’or – sont ­suspendues à une électrode. Lorsque ces feuilles se chargent électriquement, elles se repoussent. Mesurer leur séparation permet d’en déduire la charge. Pierre ­Curie a adapté cet instrument pour déterminer le taux de radioactivité d’une substance. En effet, les rayonnements ­radioactifs ionisent les gaz de l’air, les rendant conducteurs. En présence d’un objet radioactif disposé sur un plateau ajouté à l’électroscope, les feuilles métalliques perdent leurs charges électriques, d’autant plus vite que l’air est très ionisé (donc d’autant plus vite que l’objet est radioactif). Il suffit de mesurer la vitesse à laquelle les feuilles métalliques se rapprochent, à l’aide d’une lunette microscopique et d’un chronomètre, pour ­connaître la radioactivité. C’est l’ancêtre des ­compteurs Geiger !

    Le gyroscope de Foucault

    On connaît le pendule de Foucault, dont un des exemplaires est présenté au Panthéon, et qui permet de visualiser la rotation de la Terre. Mais ce n’est pas le seul dispositif imaginé par Léon Foucault (1819-1868). Ce ­gyroscope sert lui aussi, comme le pendule, à montrer que la Terre tourne sur elle-même. Son principe : c’est une toupie, dont la roue tourne très vite (de 150 à 200 tours par minute), créant un effet étonnant : la toupie reste dans sa position, même instable, comme si elle n’était plus soumise à son poids. Cet effet est dû à la conservation du moment angulaire, une loi fondamentale de la physique. Mais, en fait, le gyroscope n’est pas tout à fait immobile dans notre référentiel Terre : la Terre tourne, mais notre gyroscope est ­immobile par rapport aux étoiles fixes, et on observe donc un léger mouvement de rotation du gyroscope à condition de mesurer suffisamment longtemps (une dizaine de minutes suffisent). Ce ­gyroscope a été fabriqué par la maison Gustave Froment, fondée en 1844. Aujourd’hui, de nombreux smartphones sont équipés de gyroscopes, très utiles pour les jeux.

    Le diapason de Koenig

    Seriez-vous capable d’entendre les sons émis par ce diapason géant de 1,30 mètre de hauteur ? Tout dépend de votre âge. En effet, ce diapason crée des sons à des fréquences variables entre 16 et 32 hertz, à la limite de l’audition humaine des sons graves. Or, si les jeunes entendent généralement à partir de 20 hertz (et jusqu’à 20 000 hertz dans les aigus), cette capacité diminue avec l’âge. Ce diapason a été construit par Rudolf ­Koenig, un physicien allemand spécialisé en acoustique (1832-1901), qui a notamment été l’élève du célèbre luthier français Jean- Baptiste Vuillaume. Ce diapason a la particularité d’être réglable : à l’aide de poids que l’on déplace sur ses branches, on modifie la fréquence de vibration. Plus les masses sont hautes, plus les branches vibrent lentement, et plus le son est grave. Rudolf Koenig a construit d’autres instruments acoustiques, comme des résonateurs de Helmoltz, permettant de dire si une fréquence est présente dans un son (elle fait alors résonner ces résonateurs, qui sont des sortes de sphères en laiton d’une fréquence propre bien précise). Il a également inventé un étonnant « analyseur harmonique à flamme », où les vibrations sonores renforcées par les résonateurs de Hermoltz mettent de l’air en mouvement, ce qui agite une flamme. On peut ainsi réellement visualiser les différents sons selon leur fréquence !

    Les bâtonnets de Neper

    Bâtonnets de Neper, bâton de Napier, ­réglette de Neper… cette invention possède de multiples appellations, à l’instar de son concepteur, le mathématicien et physicien écossais John Napier (1550-1617), connu sous le nom de Jean Neper en français. Ces bâtonnets servent à effectuer facilement des multiplications, des divisions, des ­calculs de puissances et même de racines carrées. C’est l’année de sa mort, en 1617, que John Napier publie un ouvrage intitulé Rabdologie, dans lequel il explique comment calculer à l’aide de ces bâtonnets. Ceux-ci sont gravés de nombres et disposés sur un plateau. En haut du bâtonnet est ­indiqué le nombre principal et, en dessous, tous les nombres de sa table de multiplication. Ainsi, le bâtonnet 8 comporte les nombres 16, 24, 32, etc. Pour une multiplication par un nombre à un chiffre, la lecture ­s’effectue directement, mais il faut faire quelques additions en plus pour les multiplications plus complexes. Ce système de calcul sera peaufiné au XIXe siècle, grâce à l’introduction de bâtonnets inclinés, ­facilitant la lecture. Ces bâtonnets de Neper font partie de la grande famille des abaques, les instruments mécaniques facilitant le calcul, dont le plus connu est le boulier. Même si les abaques sont ­toujours utilisés, ils ont été détrônés par les moyens automatiques de calcul, nés avec la Pascaline, la machine à calculer de Blaise Pascal, en 1646.

    Le goniomètre à cercle divisé

    Cet appareil, comme tous les goniomètres, sert à mesurer les angles. Il a été construit par les frères Emile (1834-1895) et Léon Brünner (1840-1894), fabricants parisiens d’instruments astronomiques et de cartographie. Il permet de mesurer très précisément les angles des cristaux, et la manière dont ils dévient ou réfléchissent la lumière. On peut en déduire de nombreuses propriétés, comme la longueur d’onde d’une lumière, l’indice de diffraction d’un cristal (sa capacité à dévier la lumière) ou l’épaisseur d’une lamelle de cristal. Il est composé d’un collimateur qui permet d’obtenir un faisceau de rayons de lumière parallèles, d’une ­lunette de visée et d’une plate-forme sur laquelle on place le cristal. Ces trois dispositifs tournent autour d’un même axe vertical. Un cercle muni de graduations (d’où le nom de goniomètre à cercle divisé) et deux oculaires permettent d’observer précisément ces graduations. On atteignait ainsi une grande précision : il était possible de mesurer des angles de 2 secondes d’arc (2/3600 degrés) avec une précision de 0,2 seconde d’arc.

    La machine à calculer universelle

    Cette machine à calculer universelle est un prototype développé par Louis Couffignal, mathématicien français (1902-1966). Mais sa production industrielle ne verra jamais le jour. Pourtant, Couffignal est un de ceux qui défendent le système binaire, aujourd’hui utilisé dans tous les ordinateurs, au détriment du système décimal. A la tête du Laboratoire de calcul mécanique de l’Institut Blaise-Pascal du CNRS à Paris, il reçoit pour mission de réaliser une « machine universelle », c’est-à-dire le premier ­ordinateur français. Cette maquette expérimentale réalisée entre 1947 et 1952 se heurte à plusieurs difficultés, notamment celle de l’approvisionnement en composants suffisamment fiables, et le manque de chercheurs formés. Mais surtout, Louis Couffignal confie la réalisation du calculateur à la société Logabax, qui connaît à ce moment de grandes difficultés financières et renonce à cette fabrication. Aucun constructeur ne souhaite prendre le relais, et le projet est définitivement abandonné en 1953. Le CNRS se cantonne dès lors aux mathématiques appliquées pour le calcul électronique, et ne s’occupe plus de construction de machines.

    L’œuf électrique

    L’œuf électrique permet de reproduire des aurores boréales en laboratoire. Conçu en 1862 par le savant genevois Auguste de La Rive ­(1801-1873), il est généralement constitué d’une sphère de verre munie d’un ­robinet permettant de faire le vide. Celui-ci, construit avant 1864 par le Suisse Eugen Schwerd, comporte deux sphères. A l’intérieur de chaque œuf figure une tige en fer doux, reliée à une bobine d’induction qui produit des décharges électriques lumineuses. Auguste de La Rive observe que, si l’on aimante la tige de fer, les décharges forment un anneau ­coloré semblable à une aurore boréale, qui se déplace dans un sens ou dans l’autre selon la direction du courant dans la tige de fer. Tous les ­travaux sur œufs électriques, débutés par l’Anglais Francis Hauksbee (1666-1713), puis l’abbé Nollet (1700-1770) en France et ­l’Anglais ­Humphry Davy ­(1778-1829), ont permis l’émergence, quelques décennies plus tard, de nos ampoules électriques.


  • Au rectorat de Dijon on peut croiser Big Brother
    https://www.humanite.fr/au-rectorat-de-dijon-peut-croiser-big-brother-665400

    Une enseignante y est convoquée après avoir publié un texte ironique sur un site indépendant à propos de la prestation télévisée d’Emmanuel Macron de la semaine passée.


    Le rectorat de l’Académie de Dijon veille à ce que l’ordre règne en Macronie. Une professeure de Lettres au lycée le Castel de la capitale bourguignonne, Sophie Carrouge, y est convoquée par la direction des ressources humaines après avoir publié sur un site indépendant, Disjoncter info, un texte ironique après la prestation télévisée d’Emmanuel Macron la semaine passée. Datée du 13 décembre la convocation évoquant directement la publication de ce texte stipule laconiquement « Je vous demande donc de bien vouloir vous présenter à l’entretien prévu le jeudi 20 décembre à 15 heures 30 ». 
     
    « Le grand chef blanc, écrivait-elle, a parlé treize minutes pour apaiser le ressentiment de millions d’indiens. Le grand chef blanc, au début de sa palabre, a prévenu que si les millions d’indiens continuaient de lui courir sur le calumet, il allait être intraitable pour rétablir l’ordre. Il en va de l’autorité du grand tipi de l’Élysée. Le grand chef blanc accorde une part de bison fumé supplémentaire pour les fêtes et chaque mois, les vieux indiens recevront une galette de maïs et une bouteille d’eau de feu ». Et plus loin, « Emmanuel Macron pendant treize minutes a montré son vrai visage, mains sur la table, yeux rivés au prompteur avec l’empathie du dompteur pour le lion. Saute dans le cerceau, français en gilet jaune ou pas, et ferme ta gueule. »
     
    Au pays de Voltaire le rectorat ne goûte guère la charge. Ce qui a toutes les allures d’un véritable abus de pouvoir a vivement fait réagir les personnels enseignants, administratifs et les parents d’élèves du lycée concerné. Appelant à un rassemblement aujourd’hui à 15 h15 devant le rectorat. Ils écrivent dans un communiqué :

    « Nous, personnels de l’Éducation Nationale, parents d’élèves, représentants syndicaux du lycée le Castel, avons appris avec consternation la convocation de l’une de nos collègues par le rectorat, suite à l’écriture d’une tribune dans une publication dijonnaise. Nous l’assurons collectivement de tout notre soutien. Dans la période de mobilisation actuelle contre les différentes réformes dans l’Éducation nationale, une telle convocation apparaît comme une volonté de faire pression sur l’enseignante et de faire taire toute expression de contestation. Un tel contre-feu ne nous empêchera pas de nous mobiliser contre les réformes en cours. Où est la « liberté d’expression » dans « l’école de la confiance » ?

    • Voltaire, Voltaire, tout de suite les grands noms !

      On est aussi le pays de
      – louis IX, inventeur de l’étoile jaune,
      – henry III
      – napoléons I et III
      – adolf thiers
      – louis faidherbe
      – philippe pétain
      – jules moch
      . . . . . . . .
      Sans oublier quelques sociétés savantes, comme la société d’anthropologie de Paris.
      Une liste serait intéressante à constituer.

      En ce moment, on a un grenadeur, qui se pense comme mussolini enfant, et qui va lancer son métaplan national Post-it.

    • Une professeure de Dijon convoquée par son rectorat après avoir critiqué Emmanuel Macron

      L’enseignante a rédigé une tribune virulente en réaction à l’allocution du chef de l’Etat qui répondait à la colère des “gilets jaunes”.

      “Emmanuel Macron est terne, Emmanuel Macron est vieux, Emmanuel Macron n’est pas un président. Emmanuel Macron est un commercial arrivé au pouvoir par le pouvoir des urnes funéraires.” Cette attaque en règle contre le chef de l’Etat vaut à son auteure, Sophie Carrouge, une professeure du lycée Le Castel de Dijon (Côte-d’Or), d’être convoquée par son rectorat, jeudi 20 décembre. C’est ce qu’a appris franceinfo auprès de l’académie.

      Dans cette tribune publiée sur le site dijoncter.info mercredi 12 décembre, deux jours après l’allocution du président de la République, la professeure de lettres ironise sur la forme du discours présidentiel : “Hugh grand chef blanc, tu as bien parlé et tu as restauré l’autorité du conseil des anciens, tous ces chauves à grandes bouches qui parlent, parlent et comprennent qu’un bon indien est un indien mort ou grabataire.” Sophie Carrouge, qui milite pour la défense des lycéens sans-papiers, explique à franceinfo avoir réagi, “ivre de rage”, “au mot ’immigration’ lâché par Emmanuel Macron” dans son discours.
      “L’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve”

      “Je me doute que l’angle d’attaque possible, c’est le droit de réserve”, déclare Sophie Carrouge, qui fait valoir sa liberté d’expression. “Ils vont sans doute m’attaquer sur le fait que je mentionne ma profession et mon établissement.” « Mais chez les enseignants, ce droit de réserve n’est pas le même que dans la police par exemple, il est jurisprudentiel », affirme-t-elle.

      Et la professeure de dénoncer “un contexte très inquiétant”. Selon elle, le ministre de l’Education, Jean-Michel Blanquer, “serre la vis de manière très spectaculaire”. L’enseignante dénonce le projet de loi sur l’école en préparation et les sanctions disciplinaires qu’il prévoit à l’encontre des enseignants qui dénigreraient l’institution. “L’Etat est en train de bétonner le système pour restreindre la liberté d’expression de chaque fonctionnaire”, fustige ainsi la professeure.
      “C’est prendre le risque de sanctions disciplinaires”

      Laurent Rabbé, avocat au barreau de Paris, spécialiste du droit de la fonction publique, estime que l’enseignante aura du mal à faire valoir ses arguments. “Au titre de ses obligations statutaires, un professeur de la fonction publique d’Etat a un devoir de réserve sur la politique mise en œuvre par sa tutelle, a fortiori par le chef de l’Etat”, explique-t-il à franceinfo. Le juriste estime que le rectorat pourrait légitimement lancer des poursuites disciplinaires contre Sophie Carrouge pour manquement à cette obligation. “Tenir de tels propos publiquement en se présentant en tant qu’enseignante, c’est prendre le risque de sanctions disciplinaires, tranche le conseil. Individuellement, c’est un choix, c’est un risque à prendre”.

      En attendant, des collègues et des parents d’élèves du lycée Le Castel ont apporté leur soutien à Sophie Carrouge dans un communiqué. Ils appellent même à manifester devant le rectorat, jeudi après-midi, au moment où l’enseignante sera convoquée. Contactée par franceinfo, l’académie n’a souhaité faire aucun commentaire.
      Pas de sanction mais un rappel

      La convocation s’est soldée par “un rappel au devoir de réserve”, indique à franceinfo Isabelle Cheviet, secrétaire départementale du Snes-FSU de Côte d’Or. La teneur de l’entrevue était “une incitation à la plus extrême prudence”, confirme Sophie Carrouge. Pas de sanction donc pour l’enseignante. “Je peux continuer à écrire mais je n’écrirai plus : ’Je suis enseignante’”, commente la professeure. Le rectorat a rappelé qu’"un fonctionnaire ne doit pas critiquer sa hiérarchie et l’Etat employeur", confirme la syndicaliste. Mais de conclure : “Si elle avait seulement signer de son nom, sans mentionner sa profession et son établissement, ça passait.”

      https://www.francetvinfo.fr/politique/une-professeure-de-dijon-convoquee-par-son-rectorat-apres-avoir-critiqu




  • Algorithmes partout, intelligence nulle part. A propos de Gillian Brockell.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/algorithmes-partout-intelligence-nulle-part-.html

    L’histoire est de celles qui font monter les larmes. En tout cas moi j’ai eu les yeux qui piquent en la lisant. C’est celle d’une femme qui à perdu son enfant à la naissance. Un enfant mort-né. Une femme qui écrit aux patrons des GAFA, aux patrons des « Tech Companies », pour leur demander d’arrêter de lui proposer des liens publicitaires sur une maternité dont elle doit faire le deuil.

    Cette femme s’appelle Gillian Brockell. Et voici la lettre qu’elle a publié sur Twitter (ma traduction)

    « Chères entreprises technologiques,

    Je sais que vous avez su que j’étais enceinte. C’est ma faute, je n’ai pas pu résister aux Hashtags #30weekspregnant et #Babybump sur Instagram. Et j’ai été tellement stupide que j’ai même cliqué une fois ou deux sur des publicités que me proposait Facebook pour des vêtements de maternité.

    Vous avez certainement vu ma lettre de remerciement à toutes mes amies qui sont venues pour la fête prénatale et à mes soeurs qui ont pris un vol depuis l’Arizona et qui m’ont tagué dans leurs photos. Vous m’avez certainement vu taper sur Google “robe de vacances maternité” et même “barrière de sécurité pour lit bébé”. Et je parie qu’Amazon vous a même donné ma date de terme, le 24 Janvier, lorsque j’y ai créé ma liste de voeux de cadeaux de naissance.

    Mais ne m’avez vous pas vu également taper “est-ce que c’est une contraction de Braxton Hicks ?” et “bébé qui ne bouge pas” ? N’avez vous pas remarqué les trois jours de silence, très inhabituels pour une utilisatrice très connectée comme moi ? Et puis n’avez-vous pas vu non plus l’annonce avec les mots-clés “coeur brisé” et “problème” et “mort-né” et les 200 émoticônes larmes de mes amis ? Cela ne fait-il pas partie des choses que vous pouvez surveiller ?

    Et lorsque des millions de gens avec le coeur brisé cliquent sur “je ne veux pas voir cette publicité”, et que là encore votre réponse est “pourquoi ?” avec le cruel mais vrai “ce n’est pas pertinent pour moi”, vous savez, vous, les entreprises technologiques, ce que votre algorithme décide ? Il décide que vous avez accouchée, il suppose que tout s’est bien passé, et il vous inonde de publicités pour les meilleurs soutien-gorge d’allaitement (j’ai des feuilles de chou sur mes seins parce que c’est que la médecine offre de mieux pour stopper la montée de lait), il vous inonde de trucs et astuces pour endormir bébé (je donnerai n’importe quoi pour pouvoir l’entendre crier la nuit), et d’annonces pour les meilleures poussettes pour ses premières années de croissance (le mien pèsera pour toujours 1 kilo et 800 grammes)

    S’il vous plaît, entreprises technologiques, je vous en supplie : si vous êtes assez intelligentes pour comprendre que je suis enceinte, que j’ai accouchée, alors vous êtes également suffisamment intelligentes pour comprendre que mon bébé est mort et pour me diffuser des publicités appropriées, ou peut-être, peut-être, pour ne pas me diffuser de publicités.

    Sincèrement

    Gillian. »


  • Scientists identify vast underground ecosystem containing billions of micro-organisms
    https://www.theguardian.com/science/2018/dec/10/tread-softly-because-you-tread-on-23bn-tonnes-of-micro-organisms

    Global team of scientists find ecosystem below earth that is twice the size of world’s oceans

    The Earth is far more alive than previously thought, according to “deep life” studies that reveal a rich ecosystem beneath our feet that is almost twice the size of all the world’s oceans.

    Despite extreme heat, no light, minuscule nutrition and intense pressure, scientists estimate this subterranean biosphere is teeming with between 15bn and 23bn tonnes of micro-organisms, hundreds of times the combined weight of every human on the planet.

    Researchers at the Deep Carbon Observatory say the diversity of underworld species bears comparison to the Amazon or the Galápagos Islands, but unlike those places the environment is still largely pristine because people have yet to probe most of the subsurface.

    One organism found 2.5km below the surface has been buried for millions of years and may not rely at all on energy from the sun. Instead, the methanogen has found a way to create methane in this low energy environment, which it may not use to reproduce or divide, but to replace or repair broken parts.

    Lloyd said: “The strangest thing for me is that some organisms can exist for millennia. They are metabolically active but in stasis, with less energy than we thought possible of supporting life.”



  • Comment la France multiplie les déchets nucléaires dangereux
    https://reporterre.net/Comment-la-France-multiplie-les-dechets-nucleaires-dangereux

    Selon la communication officielle, le retraitement ne génère pas de contamination, seulement des « rejets autorisés ». Ils sont crachés par les cheminées, déversés au bout d’un tuyau enfoui dans la Manche. En réalité, selon l’expert indépendant Mycle Schneider, « l’usine est autorisée à rejeter 20.000 fois plus de gaz rares radioactifs et plus de 500 fois la quantité de tritium liquide qu’un seul des réacteurs de Flamanville situés à 15 km de là ». Elle contribue pour « près de la moitié à l’impact radiologique de toutes les installations nucléaires civiles en Europe ».

    #nucléaire

    • C’est ce qui a été dénoncé depuis longtemps par la Criirad, le « retraitement » n’est qu’un faux-nez qui sert avant tout à récupérer du plutonium à usage militaire.
      Le second sous-produit, le fameux MOX étant censé assuré une valorisation des combustibles usés...
      En réalité ce cycle de « recyclage » produit encore plus de déchets, qui plus est bien plus toxiques que les déchets initiaux.
      Et puis le Mox presque personne n’en veux...
      Mais bon on vous le dit et vous le répète la France est championne du monde dans ce domaine. Position prochainement incontestable puisque seule concurente !


  • Face aux enfants tyrans, des parents en détresse se forment à la non violence
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/12/11/face-aux-enfants-tyrans-la-resistance-non-violente_5395979_1650684.html

    Au CHU de Montpellier, un programme inspiré de Gandhi aide les parents à désamorcer les comportements agressifs de leur enfant.

    « Mon fils, il se sent propriétaire de la maison, c’est comme si c’était nous qui vivions chez lui. Il voit déjà comment déshériter sa sœur, mettre des appartements en location… », raconte une femme, dont la lassitude perce dans la voix. « Ma fille, c’est un peu pareil. Elle dit : “c’est Ma partie de canapé. Mon chat. Mon assiette.” Si je veux entrer dans sa chambre, elle m’attaque », soupire une autre.
    Dans une grande salle de réunion du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Saint-Eloi, au CHU de Montpellier, ils sont une dizaine, femmes seules ou couples. Devant chacun, une étiquette avec un prénom, celui de leur enfant, devenu pour certains leur « bourreau ». « C’est sa chambre, mais c’est aussi chez vous, rebondit le docteur Nathalie Franc, praticien hospitalier, qui coanime cette réunion. Les parents doivent reprendre leur territoire, et c’est pour cela que faire un sit-in dans la chambre de l’enfant est intéressant. C’est un moyen pacifiste de dire : je suis là, je n’ai pas peur. »
    Hiérarchie familiale inversée

    « Reprendre le territoire », mais aussi « présence parentale », « réseau de soutien », « réagir à froid »… Autant de mots-clés avec lesquels ces parents apprennent ici à se familiariser. Depuis des mois, voire des années, ils avaient vu la hiérarchie familiale s’inverser, leur enfant ou adolescent prendre le pouvoir par la violence, les menaces, les manipulations. Ces familles sans antécédent de problème éducatif ont souffert le plus souvent dans le secret, d’autant plus facile à garder que les comportements tyranniques de ces jeunes sont en général ­concentrés au sein de la famille, et quasi inexistants à l’extérieur.
    Depuis six semaines, chaque jeudi à l’heure du déjeuner, ils se retrouvent pour une séance de groupe d’une heure trente, animée par Nathalie Franc et Florence Pupier, une autre pédopsychiatre du service.

    Objectif de ce program­me, quasi unique en France : désamorcer la violence, éviter l’escalade, et reprendre l’autorité grâce à une approche de résistance non violente (RNV). Inspiré des actions politiques de Gandhi et de Martin Luther King, le concept a été décliné et validé pour des jeunes violents ou autodestructeurs par le psychothérapeute israélien Haim Omer. Depuis trois ans, l’équipe de Montpellier l’a adapté pour des accompagnements parentaux en groupe, en treize séances. Une étude scientifique est en cours sur une soixantaine de familles, avec une comparaison sur un groupe témoin placé sur liste d’attente.

    Dans les premières séances, les deux animatrices ont donné beaucoup d’informations sur ce phénomène méconnu des enfants tyrans, posé les bases de la stratégie RNV. « Si on ne prend pas ce temps, ils ont l’impression que l’anxiété de l’enfant ou d’autres troubles psychologiques peuvent excuser son comportement. Il faut bien expliquer qu’aucun diagnostic ne justifie la violence de l’enfant », souligne Nathalie Franc.

    L’une des premières actions consiste en une déclaration solennelle, où les parents signifient au principal intéressé qu’ils ne vont plus tolérer ses comportements et vont – c’est l’un des points fondamentaux de la méthode – se faire aider d’un réseau de soutien.

    Avant d’aborder le menu du jour, la gestion des crises et le réseau de soutien, Florence Pupier et Nathalie Franc demandent aux participants ce qu’ils ont pu ou pas mettre en place depuis la précédente séance. Certains prendront souvent la parole, d’autres resteront mutiques. Tous n’en sont pas au même stade. Une maman n’a pas commencé, car « il faut trouver un moment où il n’a pas les écouteurs sur la tête ». Un couple dit avoir « préparé psychologiquement » son fils à la déclaration, mais qu’il n’était « pas content ». « Et vous, vous vous êtes sentis comment ? », interroge Florence Pupier. « J’ai réussi à mieux éviter l’escalade de la violence, mais maintenant le numéro trois recopie son frère. En tout cas j’évite de rentrer dans des discussions interminables », raconte la mère. « Désormais, elle gère mieux les crises que moi », acquiesce son mari. Plus tard dans la séance, il reconnaîtra qu’il en était arrivé à frapper son garçon, en se retenant pour ne pas y mettre les poings.

    Perte de contrôle

    A chaque occasion, les deux animatrices décryptent les mécanismes, rappellent les conseils fondamentaux du programme. Puis Florence Pupier fait un topo sur les crises émotionnelles. « Quand une crise a commencé, c’est trop tard, on ne peut plus raisonner l’enfant. L’idée, c’est de ne pas rester dans le rôle du punching-ball, sinon c’est comme s’il vous invitait à un match de boxe », explique-t-elle. « Ils ont perdu le contrôle et cherchent à ce que le parent se mette en crise lui aussi. La seule stratégie, à ce moment-là, c’est de se mettre à l’écart, voire de partir de la maison », complète Nathalie Franc.

    En fin de journée, les deux médecins passeront une heure à faire le bilan de la séance. Si elles connaissent bien les situations, elles n’ont pas toujours vu ces enfants tyrans en consultation, ceux-ci refusant souvent un suivi médical. La prise en charge et le contexte sont assez différents des émissions de télé-réalité comme « Super Nanny » ou « Ma famille a besoin d’aide ». « Ce sont des émissions intéressantes, mais qui axent sur le tout-éducatif, sans prendre en compte la vulnérabilité psychologique sous-jacente des enfants, pointe le docteur Franc. En outre, le profil n’est pas le même : dans ces deux programmes, ce sont souvent des familles avec des carences éducatives, ce qui n’est pas le cas avec les enfants tyrans. »
    Selon la pédopsychiatre, qui a une expérience sur 150 familles, tous ont des troubles psychologiques, même si un diagnostic précis n’est pas toujours posé.

    « Il y a souvent un trouble déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH), une anxiété. Ces enfants, souvent issus de milieux favorisés, font de gros efforts pour s’adapter à l’extérieur et explosent en rentrant à la maison. »

    Quasiment seule en France à proposer ces prises en charge pour ces situations dont la prévalence reste inconnue, l’équipe de Montpellier croule sous les demandes. « Si les résultats de notre étude sont positifs, cela nous donnera des moyens et de la crédibilité pour que d’autres équipes nous suivent », pronostique Nathalie Franc.
    De façon générale, l’implication des familles est l’une des marques de fabrique de ce service dirigé par la professeure Diane Purper-Ouakil. « On lutte pour positionner les parents et travailler avec eux », insiste la pédopsychiatre, dont l’équipe propose des programmes d’entraînement aux habiletés parentales validés comme la métho­de Barkley pour le TDAH, et plus récemment « Incredible Years », une stratégie destinée aux parents d’enfants (de 3 à 6 ans) avec des troubles du comportement. Des projets de recherche sont aussi en cours pour développer des programmes innovants.


  • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2018/12/10/un-principe-d-innovation-porte-par-l-industrie-chimique-pourrait-entrer-dans

    Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

    Ce « #principe_d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’#innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

    « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des #pesticides, des #OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.

    et #paywall

    https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/17579961.2018.1455023?journalCode=rlit20

    • Un « principe d’innovation » porté par l’industrie chimique pourrait entrer dans le droit européen

      En apparence anodin, le concept a été imaginé pour neutraliser le principe de précaution par un think tank issu de la pétrochimie et du tabac.

      Instaurer un « principe d’innovation ». L’idée sonne comme une belle promesse, innocente comme le bon sens. Elle pourrait pourtant gravement saper la protection de l’environnement et de la santé publique. Car ce concept qui s’apprête à faire une entrée officielle dans la législation européenne n’a pas été élaboré par des responsables publics. Il a été imaginé par des industriels soumis à des réglementations très strictes : tabac, pesticides, substances chimiques ou pétrole.

      Ce « principe d’innovation » figure en effet en préambule du texte établissant le prochain programme de recherche de l’UE qui distribuera près de 100 milliards d’euros en six ans. Appelé « Horizon Europe », il doit être discuté et mis au vote mercredi 12 décembre au Parlement européen en séance plénière. Que dit ce « principe » ? En des termes très généraux, que « l’impact sur l’innovation devrait être pleinement évalué et pris en compte » à l’occasion de chaque initiative législative.

      « Aucune personne sensée ne pourrait s’y opposer. C’est le génie de cette opération de lobbying », décrypte Kathleen Garnett, une chercheuse indépendante, coauteure d’un article sur le sujet dans une revue académique de droit. Mais ce que ce concept, flou et consensuel en apparence, cible en réalité, explique-t-elle, ce sont les réglementations environnementales de l’UE, et en particulier celles qui encadrent l’usage des produits chimiques – comme le règlement Reach –, des pesticides, des OGM ou encore des nano et biotechnologies. Intégré à la loi, le « principe d’innovation » permettrait de faire contrepoids à ce que ces industriels estiment être un obstacle majeur à leurs affaires : le principe de précaution.
      « Porte dérobée »

      Pour Geert Van Calster, professeur de droit à l’Université de Louvain (Belgique) et coauteur de l’article, « il est tout simplement extraordinaire de voir les institutions européennes se faire complètement avoir par un lobby de l’industrie pour introduire cela dans le droit communautaire ». A ce jour, ce « principe d’innovation » n’est rien qu’un slogan de lobbying : contrairement au principe de précaution, inscrit, lui, dans les traités européens, il n’a aucune existence légale. Or son entrée dans un texte officiel « par une porte dérobée » le « légitimerait ». « Et c’est là le véritable danger : si, en tant que fait accompli, il acquiert le statut de principe, il sera alors très difficile de revenir en arrière », déplore M. Van Calster.

      Le « cerveau » de cet outil d’influence est un think tank bruxellois au fonctionnement opaque, l’European Risk Forum. Créé en 1996 par British American Tobacco (Lucky Strike, Dunhill…), il avait pour objectif initial d’entraver la mise en place de l’interdiction de fumer dans les lieux publics, en intervenant sur la conception des politiques de gestion des risques par l’UE. La science documentait alors la nocivité du tabagisme passif. En 2010, le minutieux travail d’enquête d’une équipe de politologues de l’université de Bath (Grande-Bretagne) avait montré comment le cigarettier s’était entouré d’autres industriels, alliés naturels dans la vente de produits dangereux, en particulier le secteur chimique.

      Article réservé à nos abonnés Lire aussi Comment le lobby des implants médicaux a fait plier la Commission européenne
      Au début de l’année, le Risk Forum comptait une vingtaine de membres, comme le numéro un mondial de la chimie, BASF, Bayer (qui vient de racheter Monsanto), le fabricant de détergents Henkel, Philip Morris ou encore les organisations de lobbying des secteurs des énergies fossiles et du plastique. A ses membres, le Forum propose de « contribuer à l’élaboration des règles et procédures utilisées par les institutions de l’UE pour déterminer comment les décisions réglementaires sont prises », en ciblant « les leaders d’opinion et les décideurs » au sein des institutions, ainsi que l’indique son site.

      « Aversion au risque »

      L’histoire publique du « principe d’innovation » a commencé en octobre 2013, quand, à l’initiative du Risk Forum, une vingtaine de PDG de grandes firmes adressaient une lettre aux présidents de la Commission, du Parlement et du Conseil européen. Bruxelles était alors le théâtre d’une offensive de grande ampleur menée par les lobbys des pesticides et de la chimie contre la réglementation des perturbateurs endocriniens. Offensive à laquelle le think tank avait participé.
      Dans ses rapports et livrets publiés au fil des années, les mots du Risk Forum ne trompent pas. Il s’agit bien de systématiquement « soumettre le principe de précaution à une étude d’impact », expliquait-il en 2011. La manière de procéder en Europe actuellement, précisait-il quatre ans plus tard, est « empreinte d’une aversion au risque » et aurait empêché le développement de « la locomotives à vapeur, du four à micro-ondes, du téléphone mobile et de la radiographie ».
      Depuis 2013, le Risk Forum a multiplié les actions de lobbying pour imposer son idée dans les cercles du pouvoir européen. C’est ce que montre un rapport de recherche publié lundi 10 décembre par l’ONG Corporate Europe Observatory. Par le biais d’une demande d’accès aux documents administratifs à la Commission, cette ONG spécialisée dans la surveillance du lobbying à Bruxelles s’est procuré de nombreux documents que Le Monde a pu consulter. « Cet exemple montre bien de quelle manière les intérêts des firmes essaient de capturer les processus de décision européens, analyse Nina Holland, auteure de ce travail. Il fait ressortir un niveau exceptionnel d’accès privilégié » auprès des décideurs.

      « Evangéliste de l’innovation bien encadrée »

      Les courriels et notes internes ont permis à la chercheuse-militante de retracer précisément le parcours du « principe » : essentiellement des rendez-vous et interactions avec les hauts fonctionnaires de plusieurs directions générales (DG) de la Commission (recherche, industrie et santé). En juin 2015, la démarche était soutenue par Carlos Moedas, le commissaire à la recherche, et en février 2017 une « Task Force » dédiée était créée au sein de la DG recherche. Le Risk Forum a également ciblé les Etats membres ayant assumé la présidence de l’UE comme Malte, la Bulgarie ou les Pays-Bas. En janvier 2016, la présidence néerlandaise a même coorganisé une conférence sur le sujet avec le Risk Forum et les deux principales organisations industrielles, BusinessEurope et European Roundtable of Industrialists.

      Tous ces efforts d’influence ont également bénéficié de la bienveillance d’un homme-clé. Robert Madelin a exercé plusieurs fois la fonction de directeur général, poste parmi les plus importants dans la hiérarchie administrative de la Commission, avant de devenir conseiller spécial pour l’innovation du président Juncker en 2015. Le Britannique produisait l’année suivante une « note stratégique » faisant la promotion d’un « principe d’innovation ». Trois mois après sa publication, il basculait vers une activité de lobbyiste : M. Madelin est désormais consultant pour Fipra, un cabinet influent dont il est aussi président et qui est également… membre du Risk Forum. « Je suis un évangéliste de l’innovation bien encadrée, explique Robert Madelin, interrogé par Le Monde. Alors je pense que ce serait tragique d’oublier qu’on doit la soutenir en Europe à cause de l’historique d’un think tank. »


  • Centrafrique : Des gilets jaunes réclame la fin du Franc CFA et du système néocolonial de la France
    http://www.24jours.com/des-gilets-jaunes-reclame-la-fin-du-franc-cfa

    À Bangui, capitale de la République centrafricaine, un groupe de plus de 300 hommes vêtus d’un gilet jaune sur des motos sont allé dans la rue en criant pour la fin de la FCFA et du système néocolonial de la France. Cela vient après que le mouvement des gilet jaune en france ont revendiquent dans leur charte la fin du pillage de l’Afrique par la France

    #francafrique #giletsjaune #vive_internet



  • La peste, amenée par les migrations venues d’Asie n’est plus la responsable du déclin néolithique en Europe.

    Les chercheurs [venus de France, de Suède et du Danemark] ont identifié une nouvelle souche de Yersinia pestis, la bactérie à l’origine de la peste, dans l’ADN extrait de restes humains âgés de 5 000 ans. Leurs analyses [publiées le 6 décembre dans la revue Cell] suggèrent que cette souche est la plus proche jamais identifiée de l’origine génétique de la peste. Leurs travaux suggèrent également que la peste aurait pu être répandue parmi les colonies européennes du néolithique par les commerçants, contribuant ainsi au déclin des colonies à l’aube de l’âge du bronze.

    (...)

    Pour mieux comprendre l’histoire évolutive de la peste, Rasmussen et ses collègues ont fouillé dans les données génétiques accessibles au public provenant d’anciens humains, en recherchant des séquences similaires aux souches plus modernes de la peste. Ils ont découvert une souche qu’ils n’avaient jamais vue auparavant dans le matériel génétique d’une femme de 20 ans décédée il y a environ 5 000 ans en Suède. La souche avait les mêmes gènes qui rendent la peste pneumonique mortelle aujourd’hui et des traces de celle-ci ont également été trouvées chez un autre individu sur le même site de sépulture - suggérant que la jeune femme est probablement morte de la maladie.

    De multiples souches de peste à la fin du néolithique.

    Cette souche de la peste est la plus ancienne jamais découverte. Mais ce qui le rend particulièrement intéressant, c’est que, en le comparant à d’autres souches, les chercheurs ont pu déterminer qu’il s’agissait également de la souche la plus basale - c’est-à-dire que c’était la souche la plus proche de l’origine génétique de Y. pestis. Elle a probablement divergé par rapport aux autres souches il y a environ 5 700 ans, tandis que la peste qui était commune à l’âge du bronze et la peste qui est l’ancêtre des souches qui existent aujourd’hui ont divergé il y a 5 300 et 5 100 ans, respectivement. Cela suggère qu’il existait de multiples souches de peste à la fin du néolithique.

    Peste et migrations.

    Rasmussen pense également que cette découverte offre une nouvelle théorie sur la propagation de la peste. On sait que des migrations humaines massives de la steppe eurasienne vers l’Europe ont eu lieu il y a environ 5 000 ans, mais la façon dont ces cultures ont pu remplacer la culture agricole néolithique qui était présente en Europe à l’époque est encore débattue.

    Des chercheurs précédents ont suggéré que les envahisseurs avaient amené la peste avec eux, éliminant les vastes colonies de fermiers de l’âge de pierre à leur arrivée.

    Mais si la souche de peste découverte par les chercheurs suédois était différente du reste de Y. pestis il y a 5 700 ans, cela voudrait dire qu’elle a probablement dû évolué avant le début de ces migrations et vers le moment où les colonies européennes du néolithique commençaient déjà à s’effondrer.

    À l’époque, les méga-colonies de 10 000 à 20 000 habitants se généralisaient en Europe, ce qui rendait possible la spécialisation des emplois, les nouvelles technologies et le commerce. Mais elles peuvent aussi avoir été le terreau de la peste. « Ces méga-colonies étaient les plus grandes colonies d’Europe à l’époque, dix fois plus grandes que tout autre peuplement. Elles étaient composées des personnes, d’animaux et de denrées entreposées, et avaient probablement des installations sanitaires très médiocres. C’est l’exemple de ce dont vous avez besoin développer de nouveaux agents pathogènes », a déclaré Rasmussen.

    « Nous pensons que nos données sont bien ajustées. Si la peste évoluait dans les méga-colonies, alors, lorsque les gens commençaient à en mourir, les colonies auraient été abandonnées et détruites. C’est exactement ce qui a été observé dans ces colonies il y a 5 500 ans. La peste a aussi commencé à migrer le long de toutes les routes commerciales rendues possibles par le transport sur roues, qui s’était rapidement développé dans toute l’Europe au cours de cette période », a-t-il déclaré.
    Finalement, suggère-t-il, la peste serait arrivée par ces interactions commerciales dans le petit village suédois où vivait la femme que son équipe avait étudiée.

    Rasmussen soutient que [l’ADN de la jeune femme] fournit également une preuve supplémentaire de cette théorie : elle n’est pas génétiquement liée aux personnes qui ont envahi l’Europe depuis la steppe eurasienne, ce qui soutient l’idée que cette souche de peste est arrivée avant les migrations de masse. L’archéologie soutient également cette hypothèse, car il n’y avait toujours aucun signe des envahisseurs au moment de sa mort.

    Bien sûr, il existe certaines limitations à ce que les données de cette étude peuvent nous dire. Plus important encore, les chercheurs n’ont pas encore identifié la peste chez les individus des méga-colonies où elle a pu évoluer.

    "Nous n’avons pas vraiment trouvé la preuve, mais c’est en partie parce que nous n’avons pas encore cherché. Et nous aimerions vraiment le faire, car si nous pouvions trouver la peste dans ces colonies, cela soutiendrait fortement cette théorie , "dit Rasmussen.

    La peste n’était pas mortelle auparavant.

    Quoi qu’il en soit, il pense que cette étude est un pas en avant vers la compréhension du fait que la peste - et d’autres agents pathogènes - sont devenus mortels. « Nous pensons souvent que ces super-pathogènes ont toujours existé, mais ce n’est pas le cas », a-t-il déclaré. « La peste a évolué d’un organisme relativement inoffensif. Plus récemment, la même chose s’est produite avec la variole, le paludisme, Ebola et Zika. Ce processus est très dynamique - et il continue de se produire. Je pense qu’il est vraiment intéressant d’essayer de comprendre nous passons de quelque chose d’inoffensif à quelque chose d’extrêmement virulent. »

    #Préhistoire #Néolithique #5000BP #Peste #migration
    #Nicolás_Rascovan, Karl-Göran Sjögren, Kristian Kristiansen, Rasmus Nielsen, Eske Willerslev, Christelle Desnues, Simon Rasmussen.

    Emergence and Spread of Basal Lineages of Yersinia pestis during the Neolithic Decline. Cell, 2018 ; DOI : 10.1016/j.cell.2018.11.005

    https://www.cell.com/cell/abstract/S0092-8674(18)31464-8


  • " Le Pays où l’on n’arrive jamais " par André Dhôtel
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/12/le-pays-ou-lon-narrive-jamais-par-andre.html

    Les paroles qu’il avait entendues étaient tout à fait contradictoires. Certainement, elles ne pouvaient concerner que cet enfant qu’il avait vu, hagard et magnifique. Comment expliquer qu’il avait quitté son père pour rejoindre sa famille ? Peut-être que sa mère, pour quelque raison, avait dû s’éloigner de la maison ? Mais qu’il prétende en outre chercher son pays, cela n’avait pas de sens. Sur le signe du premier homme, Gaspard alla quérir le café. L’autre demanda un tilleul.
    « C’est bien ce que je ne m’explique pas », disait justement le marchand d’engrais buveur de tilleul. « Comment peut-il chercher un pays ?
    — Des idées d’enfant, dit l’autre.
    — On croit toujours que les enfants n’ont pas d’idées », concluait le premier.

    Hélène expliqua qu’elle avait rencontré beaucoup d’obstacles. Personne ne voulait la croire. Enfin elle parla du livre d’images où il y avait écrit : Maman Jenny au grand pays.
    « Le grand pays ! s’écria maman Jenny. Toi et moi nous savions ce que cela signifiait. »
    Hélène lui avoua qu’elle ne comprenait pas encore quel était le grand pays. Jenny la regarda longuement :
    « Ce n’est pas étonnant que tu aies oublié cela. J’espérais que si tu l’avais oublié tu pourrais songer à moi.
    — J’ai oublié, mais je désirais revoir toujours le grand pays, dit Hélène. Explique-moi. Où est ce pays ? »
    Jenny demeura pensive quelques instants. Elle dit :
    « Je t’expliquerai demain.
    — Pourquoi demain ?
    — Demain, reprit Jenny. Nous avons tant de choses encore à nous dire ce soir.

    « Ce n’est pas tout, car il faut enchaîner avec la vie. Ne m’achetez pas une cravate, mais dix cravates, mais vingt cravates, et vous serez toujours sûrs d’avoir une cravate à votre goût, même si vous avez choisi en dépit du bon sens. Et, surtout, ajoutez à votre collection, pour le prix dérisoire et supplémentaire de soixante-quatorze francs, cette cravate lumineuse, étincelante et phosphorescente qui est la découverte du siècle, et où vous pouvez voir le soleil au milieu de la nuit et les étoiles en plein jour. »
    Mais quelles que soient les aventures nouvelles qui nous attendent en compagnie d’un cheval pie traversé par la foudre, JAMAIS NOUS NE QUITTERONS LE GRAND PAYS.


  • " Téléphonistes " par Henriette Valet ( 1933 )
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/12/telephonistes-par-henriette-valet.html

    La demoiselle du téléphone — Allo Mademoiselle ! Allo Mademoiselle, même si elle a douze enfants ! — pour les gens, c’est une demoiselle aguichante, ou bien un dragon terrifiant ou bien une vieille fille triste et vertueuse. Sa voix la classe dans un des trois types consacrés.

    Pour devenir téléphoniste, il a fallu pendant plusieurs années s’ahurir à l’école laïque et obligatoire. Pendant qu’on entassait dans sa cervelle des choses mortes et menteuses, les vieux parents — presque toujours des prolétaires ou des petits paysans — disaient réjouis : « Enfin ma fille, elle aura une bonne place, une sûre. Ça tombe tous les mois, et puis, y a la retraite ».

    Nous sommes machines parmi les machines, plus encore que ceux des usines peut-être — puisque c’est notre tête, c’est notre cerveau qui devient un lieu de croisement. Nos oreilles sont de simples relais. En sortant, quelle compensation trouvons-nous, qui puisse nous faire aimer notre tâche ? Qu’a-t-on prévu pour effacer le sacrifice de tant d’heures, pour nous délivrer, pour nous rendre à la vie ? Rien.

    Dès la sortie, beaucoup retrouvent les minuscules besognes, le ménage, la lessive, la cuisine, et les enfants qui réclament, les courses dans les magasins, les ravaudages. Les autres plus libres souhaiteraient lire des œuvres qui se rapprochent de leur vie, et pourtant souverainement belles. Elles voudraient des départs, des voyages. Presque toutes sont en proie à l’impossible. Combien parmi nous restent seules !

    Pendant ce temps, les vieux dans les villages se frottent les mains. Oui, la retraite on l’aura. Quand nous serons hors d’usage. Alors, nous aurons le temps de vivre. Avoir le temps de vivre ; mais nous serons près de la mort.


  • " Mes amis " par Emmanuel Bove
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/11/quand-je-meveille-ma-bouche-est-ouverte.html

    – Vous êtes donc marié ?
    – Non, en ménage seulement.
    Ma bonne humeur tomba tout d’un coup. Dix pensées traversèrent mon cerveau en même temps.


    Je me souvins de ma chambre, de Lucie, de ma rue. L’avenir me sembla fait d’une suite de journées monotones. Oui, j’en voulais à Billard qu’il eût une femme. Une amitié solide ne pouvait plus nous unir puisqu’une tierce personne la troublerait. J’étais jaloux. Aussi, pourquoi avais-je suivi cet inconnu ? Il m’avait désorienté. À cause de lui, la solitude me pèserait davantage.

    Toutes ces réflexions ne m’empêchèrent pas de me raccrocher à un dernier espoir. Peut-être sa maîtresse n’était-elle pas belle ! Il aurait suffi qu’elle fût laide pour que je me remisse.

    – Est-elle jolie ? demandai-je en m’efforçant d’avoir l’air distrait.

    Si, réellement, il me trouvait une femme, jeune et belle, qui m’aimât et qui ne fît pas attention à mon linge, pourquoi n’accepterais-je pas ?
    – Mais c’est difficile de trouver une femme jolie.
    – Pas aujourd’hui ; la mienne a quitté ses ardents pour moi. Je suis heureux avec cette jeunesse.

    Je voulais un ami malheureux, un vagabond comme moi, envers qui on n’est tenu à aucune obligation. J’avais cru que Billard était cet ami, pauvre et bon. Je m’étais trompé. À chaque instant, il m’entretenait de sa maîtresse – ce qui me plongeait dans une grande mélancolie.


  • Le secret des sept soeurs

    http://secretdes7soeurs.blogspot.com

    documentaire en quatre épisodes de 50 minutes.

    "L’histoire commence un soir d’août 1928, en Ecosse, au château d’Achnacarry, où sont réunis les hommes forts de l’industrie pétrolière de l’époque. Le Néerlandais Henri Deterding, cofondateur de la Royal Dutch Oil, propose alors aux autres convives « d’exploiter fraternellement et le plus profitablement possible les ressources pétrolières mondiales ». Zones d’exploitation, prix du transport et de vente… tout est débattu et distribué équitablement. Au petit matin, le pacte est scellé et le nouveau cartel, prêt à dominer le marché planétaire. D’autres compagnies vont bientôt rejoindre ce complot de milliardaires. Exxon, Shell, BP, Mobil, Chevron, Gulf et Texaco forment par la suite le groupe connu sous le nom des Sept Sœurs. Etabli dans le plus grand secret, l’accord informel de 1928 qui les lie ne tient aucun cas des pays consommateurs de pétrole, et encore moins des pays producteurs.

    "
    réalisation Frédéric Tonolli

    https://www.youtube.com/watch?v=RQ86f7Nsf2w


    il y a 4 pisodes

    #pétrole #documentaire #secret_des_7_sœurs


  • " L’amour « extrait de » Eloge de la fuite " par Henri Laborit
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/11/lamour-extrait-de-eloge-de-la-fuite-par.html

    Avec ce mot on explique tout, on pardonne tout, on valide tout, parce que l’on ne cherche jamais à savoir ce qu’il contient. C’est le mot de passe qui permet d’ouvrir les cœurs, les sexes, les sacristies et les communautés humaines. Il couvre d’un voile prétendument désintéressé, voire transcendant, la recherche de la dominance et le prétendu instinct de propriété. 


    C’est un mot qui ment à longueur de journée et ce mensonge est accepté, la larme à l’œil, sans discussion, par tous les hommes. Il fournit une tunique honorable à l’assassin, à la mère de famille, au prêtre, aux militaires, aux bourreaux, aux inquisiteurs, aux hommes politiques.

    Déçus ? Bien sûr vous l’êtes. Entendre parler de l’Amour comme je viens de le faire a quelque chose de révoltant. Mais cela vous rassure en raison même de la différence. Car vous, vous savez que l’esprit transcende la matière. Vous savez que c’est l’amour particulier, comme l’amour universel, qui transportent l’homme au-dessus de lui-même. L’amour qui lui fait accepter parfois le sacrifice de sa vie. « Parrroles, Parroles, Parroles », chuchote Dalida avec cet accent si profondément humain qu’il touche au plus profond du cœur les foules du monde libre.

    Vous savez, vous, que ce ne sont pas que des mots, que ce qui a fait la gloire des générations qui nous ont précédés, sont des valeurs éternelles, grâce auxquelles nous avons abouti à la civilisation industrielle, aux tortures, aux guerres d’extermination, à la déstructuration de la biosphère, à la robotisation de l’homme et aux grands ensembles.

    Ce ne sont pas les jeunes générations évidemment qui peuvent être rendues responsables d’une telle réussite.

    Au lieu de cela, vous découvrez un homme qui, suivant les critères qui sont les vôtres, vous dit que nous sommes tous pourris, tous vendus, qu’il n’existe à son avis ni amour, ni altruisme, ni liberté, ni responsabilité, ni mérite qui puissent répondre à des critères fixés d’avance, à une échelle de valeurs humainement conçue, que tout cela est une chienlit pour permettre l’établissement des dominances. Que les choses se contentent d’être, sans valeur autre que celle que lui attribue un ensemble social particulier.