enuncombatdouteux

NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

  • “Je n’ai pas lu le rapport” : la désarmante légèreté d’un député
    https://www.telerama.fr/television/mon-pays-fabrique-des-armes-je-me-suis-confrontee-six-mois-a-lomerta-de-lad

    J’ai décidé d’interroger Jean-Charles Larsonneur, député LREM et membre de la commission Défense, alors élu depuis six mois, en contact régulier avec les industriels, et ancien du Quai d’Orsay. Il m’a semblé être la personne idéale. Il était en outre tout à fait prévenu que je m’intéressais aux exportations.

    https://www.youtube.com/watch?v=iiT2KaOMszI

    Ce jour-là, j’arrive donc avec le rapport, sur lequel j’ai mille questions à poser. Notamment sur les ventes à l’Arabie saoudite, classée par le rapport comme notre deuxième client. L’interview à peine commencée, il me dit qu’il ne l’a pas lu ! A ce moment-là, la journaliste en moi se dit que c’est vraiment une information importante. La citoyenne, elle, est abasourdie. Cela faisait six mois que je me confrontais à l’omerta de l’administration. Si les gens qui nous représentent, qui sont en capacité de poser les questions, ne prennent même pas le temps de lire le rapport, c’est extrêmement grave.

    J’ai tenu à continuer l’interview malgré tout. Et là, la situation devient ubuesque : il me reparle lui-même du rapport, avec ses éléments de langage, en en vantant les mérites, comme s’il l’avait lu ! C’est proprement scandaleux. Après le tournage, il m’a fait comprendre qu’il ne serait pas correct de garder le passage sur l’Arabie saoudite, car il n’est pas spécialiste du rapport. Mais je ne suis pas d’accord : qui pose les questions alors ?


  • Emmanuel Macron : les ventes d’armes à Ryad n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi »
    https://www.bfmtv.com/international/pour-emmanuel-macron-c-est-pure-demagogie-que-de-dire-d-arreter-de-vendre-des-armes-a-ryad-1552849.html#page/contribution/index

    Emmanuel Macron a estimé que « c’est pure démagogie que de dire d’arrêter les ventes d’armes » à l’Arabie saoudite après l’assassinat de Jamal Khashoggi.

    Les ventes d’armes n’ont « rien à voir avec M. Khashoggi, il ne faut pas tout confondre », s’est-il écrié lors d’une conférence de presse à Bratislava. 

    « Je suis très admiratif envers ceux qui, avant de savoir, disent ’on ne vendra plus d’armes’ ! Ils en vendent déjà parfois plus que la France à travers les joint ventures qu’ils ont ! » a lancé le président français, alors que l’Allemagne a appelé les Européens à cesser leur ventes d’armes à Ryad.

    « Et quel est le rapport entre les ventes d’armes et M. Khashoggi ? Je comprends le lien avec le Yémen mais il n’y en a aucun avec M. Khashoggi ! Si on veut prendre des sanctions, il faut en prendre dans tous les domaines ! Il faut dans ce cas arrêter de vendre des véhicules », a poursuivi avec agacement Emmanuel Macron, interrogé par la presse.

    « Ou prendre des sanctions individuelles » contre les responsables, a-t-il jugé.

    « J’attends que les faits soient établis clairement et surtout les responsables et les commanditaires, pour en tirer les conséquences et les sanctions », qui doivent être « claires, cohérentes » "dans tous les domaines et « avec une réponse européenne ». « Et il faut qu’elles aient un lien » avec cet assassinat, qu’il « condamne avec fermeté ».


  • Renvoyé dans un centre de détention libyen, un migrant somalien s’immole par le feu
    https://www.nouvelobs.com/monde/migrants/20181026.OBS4533/renvoye-dans-un-centre-de-detention-libyen-un-migrant-somalien-s-immole-p

    L’homme, qui aurait moins de 30 ans, aurait pris la décision de se suicider après s’être vu expliquer par des officiels du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR) qu’il avait très peu de chances d’être évacué hors de Libye. L’UNHCR serait actuellement en train de vérifier cette information.

    Joel Millman, de l’Organisation internationale pour les migrations (IOM), a expliqué :

    “Il a été admis à l’hôpital, à Tripoli, pour des soins médicaux intensifs. Notre équipe médicale lui a rendu visite et a informé la direction qu’elle est prête à apporter son aide si nécessaire.”

    En février dernier, un an après les accords passés entre l’Italie et la Libye, de nombreuses ONG avaient à nouveau dénoncé les “conditions terribles” des centres de détention libyens vers lesquels sont renvoyés les migrants interceptés lors de leurs tentatives de rejoindre l’Europe. Iverna McGowan, directrice du bureau d’Amnesty international auprès des institutions européennes, expliquait notamment :

    “Ils endurent la torture, la détention arbitraire, les extorsions et des conditions inimaginables dans les centres de détention gérés par le gouvernement libyen.”
    « Les autorités libyennes ne reconnaissent le droit à la protection internationale qu’à une poignée de nationalités et la Libye a, par ailleurs, refusé de signer la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, qui protège les personnes fuyant les persécutions et les conflits », soulignait, à l’époque, l’Oxfam.

    De son côté, l’UNHCR a indiqué en septembre dernier que la Libye n’était désormais plus considérée comme un pays capables d’assurer la sécurité des migrants ayant échoué à rejoindre l’Europe.


  • Twitter Bans Former Asst. Treasury Secretary Paul Craig Roberts | Zero Hedge
    https://www.zerohedge.com/news/2018-10-25/twitter-bans-former-asst-treasury-secretary-paul-craig-roberts-after-sput

    Twitter has suspended noted anti-war commentator, economist and former Assistant Secretary of the Treasury, Paul Craig Roberts.
    (...)
    Roberts, 79, served in the Reagan administration from 1981 to 1982. He was formerly a distinguished fellow at the Cato Institute and a senior research fellow at the Hoover Institution, and has written for the Wall Street Journal and Businessweek. Roberts maintains an active blog.
    He’s also vehemently against interventionary wars around the world, and spoke with Russia’s state-owned Sputnik news in a Tuesday article - in which Roberts said that President Trump’s decision to pull out of the Intermediate-range Nuclear Forces (INF) treaty was a handout to the military-security complex.

    #réseaux_sociaux #twitter


  • A la recherche d’Arjen Kamphuis, le hackeur évanoui dans la nature
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/25/a-la-recherche-d-arjen-kamphuis-le-hackeur-evanoui-dans-la-nature_5374197_53

    Cet expert en informatique néerlandais de 47 ans a disparu dans de mystérieuses conditions en Norvège. Depuis, ses amis s’activent pour le retrouver.


    Le 31 août, l’organisation WikiLeaks publie, à l’attention de ses cinq millions et demi d’abonnés sur Twitter, un message inquiétant : « Associé de Julian Assange et auteur du livre La Sécurité de l’information pour les journalistes, Arjen Kamphuis a disparu, selon ses amis et collègues. Il a été vu pour la dernière fois (…) le 20 août, à Bodo, en Norvège. »

    Aussitôt, des centaines de médias de tous les pays répercutent l’information brute. La plupart ne cherchent pas à en savoir davantage sur Arjen Kamphuis, 47 ans, et le présentent, peut-être un peu vite, comme un proche collaborateur du lanceur d’alerte Julian Assange, voire comme le « cofondateur », avec ce dernier, de WikiLeaks, l’organisation responsable de la divulgation, depuis 2010, de millions de documents confidentiels dérobés à diverses administrations américaines.

    Sur le Net, la machine complotiste se déchaîne : si un proche d’Assange s’est volatilisé, il a forcément été enlevé par les services secrets des Etats-Unis. D’autres préfèrent un scénario encore plus tortueux : Arjen Kamphuis serait, en réalité, en mission pour le compte de ce même Assange, qui essaierait de quitter secrètement l’ambassade d’Equateur à Londres, où il est réfugié depuis six ans, et de se faire exfiltrer vers la Russie, via la Norvège…

    Près de deux mois se sont écoulés, et Arjen Kamphuis demeure introuvable. Mais on en sait désormais un peu plus à son sujet. Personnage hors du commun, entouré d’amis qui le sont tout autant, ce Néerlandais vivant à Amsterdam est un informaticien expert en sécurité des réseaux. Jusqu’au 20 août, il travaillait et voyageait beaucoup, menant de front deux occupations très prenantes : il était à la fois responsable d’une start-up de big data baptisée « PGK » (Pretty Good Knowledge), et militant de l’Internet libre, engagé dans le combat contre la surveillance de masse exercée par les Etats et les géants du Net.

    Du fétichisme à la politique

    Passionné par la vie des médias, il a orienté son militantisme vers les journalistes, et s’est donné pour mission de les convaincre de mieux se protéger contre la surveillance – étatique ou privée – en sécurisant leurs ordinateurs et leurs téléphones et en chiffrant leurs connexions et leurs dossiers.

    Arjen Kamphuis participe ainsi à des sessions de formation à « l’infosec » (la sécurité de l’information) pour les journalistes, notamment dans des pays où la liberté de la presse est malmenée. Sur son compte Twitter, il avait publié, le 1er mai, une photo de lui en train de taper sur un ordinateur en tenue de reporter de guerre, avec casque, gilet pare-balles et lunettes noires. A ses pieds, une valise frappée de deux inscriptions : « Appareil surveillé par la NSA [Agence nationale de la sécurité américaine] » et « Je suis avec WikiLeaks ».

    Il ne précise pas où il est, mais a rédigé ce commentaire : « Quand les bits rencontrent les balles : sécurité de l’information pour les journalistes opérant dans des environnements à haut risque. Les fuites de données peuvent avoir des conséquences pour les gens travaillant en zone de guerre. Très fier d’aider des gens, parmi les plus courageux, à être un peu plus en sécurité. »

    Avant WikiLeaks, sa disparition a été annoncée sur Twitter, le 31 août, par l’une de ses proches, Linde van de Leest, 32 ans, qui se fait appeler Ancilla (« servante », en latin) : « Mon meilleur ami a disparu à Bodo, Norvège. Ses amis, ses collègues et sa famille sont très, très inquiets. S’il vous plaît, partagez. » Aussitôt, son appel est largement repris sur les réseaux sociaux. Il faut dire qu’Ancilla est une célébrité : pendant dix ans, elle fut modèle photo pour divers magazines, dont Playboy et des titres confidentiels de la scène fétichiste.

    En 2012, elle opère une reconversion radicale en devenant militante de la protection de la vie privée sur Internet et chroniqueuse dans plusieurs journaux. Dans le même temps, elle s’impose à la direction du petit Parti pirate des Pays-Bas, engagé dans la lutte pour la liberté du Net et la protection de la vie privée des utilisateurs. Aux législatives de 2017, elle est tête de liste de cette formation, mais obtient à peine 0,34 % des voix. Elle s’éloigne alors de la politique pour devenir cadre commerciale chez StartPage, un moteur de recherche alternatif.

    WikiLeaks entretient le flou

    Interrogée par Le Monde, Ancilla se présente comme une intime d’Arjen Kamphuis – « Nous partons souvent en vacances ensemble, et je suis la seule à posséder un double de ses clés » –, mais elle tient à minimiser les liens de celui-ci avec WikiLeaks : « Ils ont été exagérés par les médias. Comme beaucoup de gens du mouvement des logiciels libres et des hackeurs, Arjen a rencontré Assange avant qu’il devienne célèbre. Par la suite, il l’a invité à des événements aux Pays-Bas, il est allé lui rendre visite à Londres, à l’ambassade d’Equateur, et a rendu des services ponctuels à WikiLeaks pour la sécurité de ses journalistes, mais rien de plus. » Elle affirme que d’autres amis communs ont tous fait le même constat.

    « Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application Signal »
    Jos Weijers, responsable du club de hackeurs Hack42

    En revanche, WikiLeaks entretient le doute sur la nature de son « association » avec Arjen Kamphuis. Le Britannique Joseph Farrell, qui fut longtemps l’un des principaux collaborateurs de Julian Assange et demeure proche de lui, explique en souriant : « Nous ne livrons pas d’informations sur nos membres et associés, mais quelqu’un peut très bien travailler pour WikiLeaks sans que son entourage soit au courant. Cela a été mon cas pendant longtemps. »

    Pour Ancilla, cette disparition est un mystère absolu, dont la chronologie, mille fois reprise, ne cesse d’intriguer. En juillet, quand il annonce qu’il va partir en vacances seul au Spitzberg, l’île de l’extrême nord de la Norvège, ses proches ne s’étonnent pas, car Arjen Kamphuis est un passionné de nature et de randonnée. Avant son départ, il achète, sans prévenir personne, un kayak pliable (2 000 euros), qu’il emporte avec lui en Norvège, alors qu’il n’a jamais pratiqué ce sport. D’après Ancilla, il semblait heureux : « Il avait des tas de projets pour la rentrée, professionnels et privés. Comme je suis mère célibataire, il voulait m’aider à m’occuper de mon bébé de 9 mois – dont le deuxième prénom est Arjen. »

    Club de hackeurs

    Le 7 août, elle lui envoie un texte sur Signal, une messagerie chiffrée très utilisée par les geeks, pour lui souhaiter de bonnes vacances. Il la remercie en trois mots. Puis, plus de nouvelles : « Le 9, je lui envoie un nouveau message, mais il est refusé. Une alerte s’est affichée : “Ce numéro n’est pas enregistré.” Comme si Signal avait été désinstallé de son téléphone. »

    Les jours suivants, elle réessaie cinq fois, sans succès. Le 16, elle est contactée par un autre ami, Jos Weijers. Lui aussi a constaté qu’Arjen Kamphuis n’apparaît plus sur Signal : « C’était incompréhensible, témoigne-t-il. Je ne pouvais pas imaginer un scénario dans lequel il aurait supprimé l’application. » Ce jour-là, la jeune femme répond à Jos par une blague : « Il a peut-être été mangé par un ours polaire ? RIP. »

    Jos Weijers, un quadragénaire grand et costaud demeurant à Arnhem, dans l’est des Pays-Bas, est lui aussi un personnage original. Le jour, il travaille comme informaticien pour une compagnie d’électricité, chargé de la sécurité des serveurs. Le soir et le week-end, il est responsable de Hack42, un hackerspace (club de hackeurs) installé en plein bois, dans un ancien couvent d’abord reconverti en bureau administratif de l’armée et aujourd’hui désaffecté : « Il appartient toujours à l’armée, explique-t-il, nous louons juste deux étages. »

    Hack42, qui compte une cinquantaine de membres et reçoit de nombreux visiteurs, propose divers équipements : des salles informatiques, des ateliers d’électronique, de ferronnerie, de serrurerie et de menuiserie, un studio photo, des imprimantes 3D, des découpeuses lasers… « Arjen aimait cet endroit, affirme Jos, il venait huit ou dix fois par an, alors que c’est à 100 kilomètres de chez lui. Parfois, il restait plusieurs jours. » Récemment, ils avaient travaillé ensemble sur un projet ambitieux : « Nous voulions racheter l’ancienne prison d’Arnhem pour la transformer en hackerspace et en résidence pour des projets alternatifs et artistiques. Ça n’a pas marché, c’est dommage, le symbole aurait été fort. »

    Personnages hors normes

    L’absence d’Arjen Kamphuis est aussi remarquée chez PGK, la start-up dont il est le cofondateur, installée dans un immeuble moderne et confortable de la banlieue d’Amsterdam. Alors qu’il devait rentrer de vacances le 23 août, il ne reparaît pas, manquant plusieurs rendez-vous au cours de la semaine, ce qui surprend ses collègues, car il a la réputation d’être fiable.

    Parmi ses partenaires au sein de PGK, on trouve deux autres personnages hors normes, des Américains : Bill Binney, mathématicien, et Kirk Wiebe, linguiste, tous deux anciens employés de la NSA. Ayant découvert que celle-ci mettait en place des systèmes de surveillance de masse très intrusifs visant le monde entier, ils décidèrent, dès 2001, de démissionner en signe de protestation, puis d’alerter les médias et l’opinion. Cette initiative leur valut des années de harcèlement judiciaire et policier, mais, à présent, ces soucis semblent lointains.

    Arjen Kamphuis a rencontré Bill Binney à l’université d’Oxford, en 2014, lors d’une conférence organisée par des associations de lanceurs d’alerte issus des agences de renseignement de divers pays. A l’époque, Kamphuis vivait en Allemagne avec une Anglaise, Annie Machon, ancienne employée du service de renseignement britannique MI5. En 1997, elle démissionna et entreprit de dénoncer publiquement plusieurs opérations clandestines du MI5, dont l’une visait, selon elle, à faire assassiner le dirigeant libyen Mouammar Kadhafi.

    Après avoir sympathisé lors de conférences, Arjen, Bill le mathématicien et Kirk le linguiste créent ensemble PGK, start-up de « data mining éthique », avec l’aide d’un homme d’affaires néerlandais et d’un informaticien ami de longue date, Maurice Verheesen. Grâce à un système mis au point par les deux Américains, dans le prolongement de leurs travaux à la NSA, PGK propose aux entreprises et aux administrations d’exploiter les données personnelles de leurs clients, tout en respectant la vie privée et l’anonymat de ces derniers. Les affaires marchent et, désormais, Bill et Kirk passent un mois sur deux aux Pays-Bas.

    Destination secrète

    Le 30 août, la disparition d’Arjen Kamphuis devient franchement inquiétante. Alors qu’il est attendu le lendemain en Angleterre pour un rassemblement de hackeurs, il ne donne toujours pas signe de vie. Ses amis préviennent alors la police néerlandaise, qui contacte son homologue norvégienne.

    De son côté, Ancilla mène sa propre enquête : « J’ai appelé les hôtels de Spitzberg, raconte la jeune femme. Certains ne voulaient pas me renseigner, pour protéger la vie privée de leurs clients, je ne peux pas leur en vouloir. Finalement, l’un d’entre eux m’a dit qu’Arjen avait fait une réservation en juillet, mais qu’il l’avait annulée. »

    En consultant son compte sur le site de réservation Booking.com, la police et ses amis découvrent qu’il ne s’est jamais rendu au Spitzberg, mais qu’entre le 10 et le 20 août il a séjourné dans deux hôtels de la ville norvégienne de Bodo, une destination dont il n’avait parlé à personne. Bodo, 50 000 habitants, est un port industriel moderne du Nord, où les touristes passent rarement plus d’un jour ou deux. Arjen Kamphuis avait aussi acheté un billet d’avion pour rentrer à Amsterdam le 22 août, au départ de Trondheim, à 700 kilomètres au sud de Bodo. Il n’a pas pris cet avion, et rien n’indique qu’il ait mis les pieds à Trondheim.

    Début septembre, un autre de ses amis, souhaitant rester anonyme, se rend à Bodo pour enquêter et distribuer des affiches, afin d’alerter les habitants. On lui confirme que le Néerlandais a quitté son hôtel le 20 août, avec ses bagages et son kayak, pesant près de 15 kilos, rangé dans un sac. En revanche, nul ne se souvient de l’avoir vu ailleurs en ville.

    Dans un premier temps, la police norvégienne privilégie la piste de l’accident de randonnée. Le 11 septembre, un pêcheur naviguant dans le fjord de Skjerstad, un bras de mer étroit et profond s’étendant sur 80 kilomètres, à l’est de Bodo, trouve un sac contenant le passeport du disparu, sa carte bancaire et de l’argent. Le même jour, on découvre le fameux kayak, posé à terre, sur une rive du fjord, puis sa pagaie. En revanche, ses bagages sont introuvables, et aucune réservation à son nom n’a été prise dans un hôtel ou un camping des alentours.

    « Pas d’explication satisfaisante »

    Les médias locaux sont surpris, car les eaux du fjord sont agitées et dangereuses : personne ici ne se risquerait à les affronter à bord d’une embarcation aussi frêle. En outre, à cette période, le temps était déjà très mauvais. La police et les gardes-côtes quadrillent le fjord et les montagnes avoisinantes, sans résultat. Deux policiers néerlandais arrivent en renfort.

    Parallèlement, les investigations révèlent que le 20 août, jour de sa disparition, Arjen Kamphuis a pris le train pour la ville de Rognan, située au fond du fjord de Skjerstad, à environ 85 kilomètres de Bodo. Le contrôleur se souvient de ce passager néerlandais dont les bagages volumineux encombraient le couloir. En outre, son téléphone a borné dans la région le même jour.

    « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante »,
    Ancilla, tête de liste du Parti pirate néerlandais

    Ses amis, qui ont du mal à croire à la thèse de l’accident, ouvrent une autre piste, plus mystérieuse. Ils notent que le kayak a été retrouvé près de la ville de Fauske, face à une presqu’île montagneuse pour le moins particulière, puisqu’elle abrite une station norvégienne d’interception de signaux satellites et de détection des signatures électroniques émises par les avions et les navires. Cette station, qui appartient aux services de renseignement norvégiens et travaille peut-être pour l’OTAN, n’est pas clandestine – les trois dômes blancs contenant les appareils d’interception sont visibles de loin –, mais la discrétion y est de mise sur la nature exacte de ses activités.

    Sur la même rive du fjord, à Reitan, entre Bodo et Fauske, se trouve une autre installation stratégique, cachée dans une galerie souterraine : le QG interarmes des forces armées norvégiennes, doté notamment d’un centre de cyberdéfense.

    Pour Jos Weijers, le passage d’Arjen Kamphuis dans ce secteur ne doit rien au hasard : « Ces sites représentent tout ce qui le passionne. Au minimum, il a dû s’arrêter et prendre une photo des dômes, pour illustrer ses conférences sur la surveillance électronique. » Ancilla est tout aussi catégorique : « Sa présence à Fauske ne peut pas être une coïncidence. Cela dit, je n’ai pas d’explication satisfaisante. »

    Téléphone à grande vitesse

    Autre indice troublant déniché par les proches du disparu : ils se sont procuré des photos du kayak, prises par la police, et les ont montrées au vendeur, à Amsterdam. Or, celui-ci est formel : l’embarcation a été mal assemblée, des pièces importantes sont manquantes, elle ne pourrait pas naviguer correctement en l’état. Jos Weijers est persuadé qu’il n’a pas été monté par Arjen Kamphuis : « Il est habile de ses mains et méticuleux, jamais il n’aurait fait un travail aussi bâclé. »

    Le 20 septembre, les recherches de terrain sont abandonnées mais, entre-temps, une nouvelle piste est apparue. On découvre avec retard que, le 30 août, soit dix jours après la disparition du quadragénaire, son téléphone s’est connecté à trois relais, entre les villes de Vikesa et Ualand, dans le sud de la Norvège, c’est-à-dire à 1 600 kilomètres de Bodo.

    Le téléphone « circulait » à grande vitesse – il se trouvait peut-être dans un train. Une fois allumé, l’appareil a chargé les SMS et messages en attente. Puis, au bout de 20 minutes, on y a inséré une carte SIM allemande – ce modèle peut contenir deux cartes. Ensuite, il a de nouveau disparu.

    Pour l’entourage d’Arjen Kamphuis, cette piste du téléphone est la plus prometteuse, car ce sont tous des geeks, plus à l’aise sur les réseaux informatiques que dans les fjords sauvages.

    Ancilla fait remarquer que, pour recevoir les SMS, un téléphone doit être débloqué avec le code PIN – une raison d’espérer que, le 30 août, son ami était dans le sud de la Norvège, et non pas au fond du fjord où le kayak a été retrouvé.

    Plus prudent, Jos Weijers regrette simplement que la police refuse de communiquer les données techniques du téléphone, alors qu’elles pourraient être très utiles à des hackeurs aguerris : « Hack42 est connu dans le milieu, assure-t-il, nous avons de bons contacts à travers l’Europe. Si nous avions le numéro de la carte SIM allemande, ou le code d’identification de l’appareil, nous pourrions peut-être le localiser. Mais on ne nous dit rien, nous ne savons même pas s’il avait un ou plusieurs téléphones. »

    Lui aussi est troublé par le déblocage de la carte SIM : « Si le possesseur était un simple voleur, comment aurait-il pu l’activer sans les codes secrets ? Les appareils d’Arjen sont très bien protégés, c’est son métier. Et si le téléphone était entre les mains d’un expert capable de le forcer, pourquoi se serait-il laissé repérer comme un débutant ? »

    « Théorie farfelue »

    L’enquête s’est même étendue au Danemark, proche de la région de Norvège où le téléphone a été repéré. A la suite des appels à témoin diffusés sur des chaînes de télévision, deux personnes se sont manifestées, affirmant qu’elles avaient aperçu Arjen Kamphuis au Danemark. La première est une touriste hollandaise de passage à Ribe, une petite ville de la côte ouest de la péninsule danoise. Ancilla a étudié son témoignage : « Elle dit l’avoir vu deux fois en deux jours. Selon elle, Il était installé dehors, sous un auvent de toile, avec un iPhone 6 et un chargeur solaire qu’elle a décrit précisément – nous avons retrouvé le modèle. »

    Aussitôt, Ancilla fait passer un avis de recherche sur Facebook, sous forme de publicité payante ciblée sur la région de Ribe : « Le lendemain, j’ai été contactée par un homme habitant à Esbjerg, à 30 kilomètres de Ribe. Je l’ai appelé, il est certain d’avoir croisé Arjen en compagnie de deux hommes. Ils discutaient en allemand et en néerlandais. » Cela dit, il est impossible d’évaluer la fiabilité de ces témoignages : Arjen Kamphuis est blond, de type nordique et de taille moyenne, un signalement banal dans cette partie du monde.

    A ce stade, personne n’arrive à imaginer pourquoi il aurait organisé un voyage clandestin, de son propre chef ou pour fuir un danger. Ses collègues Kirk Wiebe, l’ancien de la NSA et Maurice Verheesen, l’ami informaticien, refusent d’admettre que sa disparition soit liée aux activités de PGK : « Cela n’aurait aucun sens, notre société travaille au grand jour, avec des clients commerciaux très classiques. »

    En revanche, ses proches parlent moins volontiers de l’autre activité d’Arjen Kamphuis : les stages de formation à la sécurité informatique pour journalistes et militants d’ONG. Se référant à la photo publiée par Kamphuis lui-même sur Twitter, Maurice Verheesen explique que ce dernier effectuait parfois des « missions secrètes dans des pays dangereux », puis ajoute qu’il ne peut pas en parler, de peur de mettre des gens en danger. A la réflexion, il imagine un seul scénario : « S’il a été enlevé, ce ne peut être que par des gens qui voudraient en savoir plus sur la communauté internationale des hackeurs et des experts indépendants en sécurité informatique. Mais cette théorie est farfelue. »

    « Cryptoparty »

    De son côté, Jos Weijers croit savoir qu’Arjen Kamphuis avait séjourné à plusieurs reprises en Indonésie : « La dernière fois, c’était en avril, j’ai oublié dans quelle île. Il avait été envoyé là-bas par l’agence de presse Reuters, qui voulait former ses correspondants locaux, leur apprendre à échapper à la surveillance électronique des autorités. Je n’en sais pas plus, pour des raisons évidentes. Ces sessions sont secrètes, on ne va pas les annoncer dans les médias ni les raconter sur Twitter. »

    M. Weijers s’est rendu avec Arjen Kamphuis à Tirana, en Albanie, en mai. Tous deux étaient invités à une conférence sur le logiciel libre et la liberté d’expression sur le Net, organisée par une association locale baptisée « Oscal » . Sur le site de cette dernière, il est précisé que Kamphuis aurait dû revenir à Tirana, le 20 octobre, pour participer à une « cryptoparty » – un événement festif pendant lequel des hackeurs expliquent au grand public comment sécuriser un PC et un téléphone, chiffrer un message, anonymiser les navigations sur le Net…

    Début octobre, la police néerlandaise a accepté de rencontrer Ancilla pour faire un bilan complet de l’enquête : « Malheureusement, toutes leurs pistes sont des culs-de-sac, estime la jeune femme. Nous devons sérieusement envisager qu’Arjen ne soit jamais retrouvé. »

    Malgré tout, elle refuse de désespérer : « Tous les scénarios sont encore possibles, car les faits connus sont contradictoires (…), beaucoup de questions nous intriguent toujours. » Abattus et impuissants, les amis et collègues d’Arjen Kamphuis ont repris le cours de leur vie, en espérant un miracle.


  • Les dilemmes moraux de l’humanité à l’épreuve de la voiture autonome
    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2018/10/24/les-dilemmes-moraux-de-l-humanite-a-l-epreuve-de-la-voiture-autonome_5374081

    Une étude révèle les préférences de 2,5 millions de personnes contraintes de choisir les victimes d’un accident.

    Peut-on tuer un vieillard pour sauver un enfant ? Toute vie humaine a-t-elle au contraire la même valeur, sans considération d’âge, de genre ou d’état de santé ?

    Ces questions, médecins, assureurs et militaires se les posent depuis longtemps. « Mais jamais dans l’histoire de l’humanité avons-nous autorisé une machine à décider seule qui doit vivre et qui doit mourir, sans supervision humaine, en temps réel. Nous allons franchir cette barrière prochainement, pas sur un lointain champ de bataille, mais dans un des aspects les plus banals de notre vie, le transport quotidien. »

    L’équipe de scientifiques français et américains qui lance cette prophétie vise la voiture autonome, future vedette de l’automobile. Dans la revue Nature du jeudi 25 octobre, ces psychologues, anthropologues et spécialistes de l’intelligence artificielle (IA) poursuivent : « Avant d’autoriser nos voitures à prendre des décisions éthiques, il importe que nous ayons une conversation globale pour exprimer nos préférences aux entreprises qui concevront les algorithmes moraux et aux responsables politiques qui vont les réguler. »

    Les chercheurs avaient déjà ouvert cette grande discussion en 2016 dans la revue Science. Les personnes alors interrogées se prononçaient massivement en faveur d’algorithmes sauvant le maximum de vies. Leur position fléchissait toutefois si eux-mêmes ou un membre de leur famille se trouvait impliqué. L’échantillon qui avait été interrogé rassemblait un peu moins de 2 000 personnes.

    « Sauver les enfants »

    L’article de Nature rend compte d’une entreprise d’une tout autre ampleur. Plus de 2,5 millions de personnes venues de quelque 230 pays ou territoires ont cette fois livré leur choix. Pour recueillir une telle masse d’informations, Edmond Awad et Iyad Rahwan du Massachusetts Institute of Technology (MIT), Azim Shariff de l’université de Vancouver (Colombie-Britannique, Canada) et Jean-François Bonnefon, de l’Ecole d’économie de Toulouse, ont conçu un site Internet.

    Ils n’y posent pas de simples questions – rapidement vertigineuses – mais placent le participant devant des scénarios. Par exemple, les freins d’une voiture autonome lâchent. A bord, une femme et un enfant. Sur la route, trois personnes âgées traversent au rouge. Faut-il continuer tout droit et écraser les passants ou braquer et tuer les passagers ? Et si un chien s’invite sur la banquette ? Ou si l’on remplace les vieillards par un sans-abri et une femme enceinte ? L’aspect ludique de l’expérience et des relais influents de la planète numérique (YouTube, Reddit) ont assuré le succès de l’opération.

    Les quelque 40 millions de décisions prises par les internautes entre juin 2016 et janvier 2018 livrent de nombreux enseignements. « Sans surprise, trois positions se détachent : épargner le plus grand nombre, privilégier les humains sur les animaux et sauver les enfants », indique Jean-François Bonnefon.

    Sans surprise, mais pas sans poser question. En 2017, une commission d’éthique allemande sur les véhicules automatiques a émis les seules recommandations disponibles sur le sujet. Elle exclut toute préférence basée sur les caractéristiques personnelles, notamment l’âge… « L’opinion n’a pas forcément raison, poursuit le psychologue toulousain. Mais si un gouvernement décide d’imposer un autre choix, il doit être prêt à le défendre, notamment le jour où un enfant sera écrasé. »

    Préférences différentes selon les pays

    Au-delà de ces trois critères communs, six autres facteurs ont été examinés dans l’étude. Le statut social et le respect de la loi comptent : pour être sauvé, mieux vaut être socialement inséré et respecter les feux que sans-abri et traverser n’importe où. De même, mais de manière moins sensible, la probabilité d’être percuté augmente si l’on est obèse et baisse si l’on est une femme. Autant de positions peu sensibles aux variations individuelles.

    Les personnes sondées avaient la possibilité d’indiquer leur profil, ce que 492 921 personnes ont fait. Il apparaît que l’âge, l’éducation, le sexe, les revenus, la religion ou encore les opinions politiques n’expliquent pas leurs choix moraux.

    En revanche, l’origine géographique pèse de façon importante. Les scientifiques ont en effet dressé les profils des 130 pays pour lesquels plus de 100 personnes avaient répondu. Trois groupes émergent. Le premier (Ouest) rassemble l’essentiel des pays occidentaux – mais pas la France – et tout le Commonwealth. Le second (Est) réunit l’Asie et une partie des nations de culture islamique. Enfin le troisième, au Sud, regroupe l’Amérique latine, quelques pays d’Europe centrale mais aussi la France, le Maroc, l’Algérie, la Polynésie… « Mes collègues américains ne voyaient pas le rapport. Moi, notre passé colonial m’a sauté aux yeux », raconte Jean-François Bonnefon.

    Entre ces trois grandes familles, certaines différences marquantes émergent. Ainsi, la préférence accordée aux jeunes est bien moins marquée à l’Est qu’au Sud. Idem pour le statut social : l’Orient y apparaît moins sensible que l’Occident et le Sud. En revanche, malheur à celui qui n’y respecte pas la loi.

    « Ces scénarios seront rares »

    « Une expérience de psychologie sociale à une telle échelle est vraiment rare », salue Grégory Bonnet, enseignant-chercheur à l’université de Caen et coordinateur du projet Ethicaa, sur l’éthique des systèmes autonomes.

    Néanmoins, l’exercice a ses limites. Ainsi, la représentativité des participants est biaisée. Ils sont majoritairement des hommes, près de 70 %, et dans la tranche d’âge 20-30 ans. Les chercheurs ont pu néanmoins « redresser » les résultats dans le cas des Etats-Unis, en tenant compte des données démographiques, sans modifier leurs conclusions.

    Autre réserve : ces scénarios ne refléteraient pas la réalité. Pour Grégory Bonnet, « il n’y a rarement que deux choix possibles sur une route et ces choix ne conduisent pas à des conséquences “blanches ou noires”, c’est-à-dire à la mort des personnes ».

    Jean-Gabriel Ganascia, chercheur en informatique à Sorbonne Université, renchérit : « Ces scénarios seront rares, car les voitures autonomes sont conçues pour éviter de se mettre en danger. Or là, cela signifierait qu’elles n’ont pas vu certaines choses à temps, ou que des infractions ont été commises… » Il sourit également à l’idée que si les voitures s’interdisaient d’écraser des jeunes, ces derniers pourraient s’amuser à perturber le trafic en passant devant les véhicules

    « Dix ou cent décisions par seconde »

    « La voiture autonome ne prend pas une décision mais dix ou cent par seconde, ajoute Guillaume Devauchelle, directeur de la recherche et du développement chez Valéo. Avant de se trouver devant ce dilemme impossible, sans voie de dégagement possible, elle aura ralenti. Plus profondément, cet article regarde la mobilité de demain avec les yeux d’aujourd’hui. Or, tout le paradigme va changer. Si vous n’êtes pas au volant, le temps n’est plus perdu, la vitesse n’a plus la même valeur. Ces scénarios deviennent absurdes. »

    Autant d’objections que l’équipe franco-américaine connaît. « Quand nous avons commencé, beaucoup nous disaient que de tels dilemmes n’arriveraient jamais, assure Jean-François Bonnefon. Aujourd’hui, beaucoup s’y intéressent et certains travaillent avec nous. »

    Et puis la voiture n’est pas le seul intérêt de l’affaire. « On est parti de là et on en arrive à tracer un arbre phylogénétique moral de l’humanité », s’étonne-t-il. Du reste, le psychologue entend bien profiter de cette base, désormais ouverte à tous, pour fouiller cette carte du monde. Comment se transmettent les influences ? Qu’est-ce qui peut rapprocher Israël et la Jamaïque ? Et d’où vient l’exception française ? « Ça sera dans le prochain article », promet-il.

    • Tiens, c’est marrant, ça s’excite sur le sujet en ce moment. Du côté de la formalisation des dilemmes aussi. J’ai eu à examiner un papier sur le sujet en vue de son acceptation à une conférence il y a peu. Pourtant le titre ne laissait en rien présager qu’il parlait de ça (« The Weak Completion Semantics and Equality », un truc très très technique lié à la programmation logique), mais il se trouve que ça permet de très bien décrire les types de problèmes dont parle l’article du monde. Le résuméde l’article est là, le texte intégral n’est pas encore disponible (je ne connais pas la politique de diffusion des actes de cette conférence [petite rectification : l’article sera disponible en accès ouvert après que la conférence ait eu lieu]) :

      https://easychair.org/smart-program/LPAR-22/2018-11-21.html#talk:84999

    • Déjà abordé ici, en particulier là :
      https://seenthis.net/messages/731438

      Avec ce commentaire de ma part :

      Ce que je cherche c’est un article qui explique que la question est mal posée, et qu’il faut refuser d’y répondre. C’est un piège qui vise à nous faire accepter l’inacceptable en déplaçant la vraie question.

      Si la voiture hésite entre tuer une vieille ou un enfant, c’est qu’elle est mal construite et qu’il faut refuser de la lâcher dans la nature.

      #Tesla #algorithme #voiture #éthique #AI #question #piège #propagande

    • TU fais bien de répéter ton commentaire.
      Difficile de croire qu’on en est encore là - qu’on ose poser la question et qu’on ose y répondre. Donner à une machine le luxe de choisir entre buter un jeune ou un vieux signifie clairement que la machine a été déjà bien trop loin dans ses fonctions - et ses concepteurs bien trop loin dans leur dystopie.

      Je soupçonne même ces questionnements existentiel ô combien artificiels d’être une tentative de néo-colonialisme averti montrant combien les pays « du sud » et « de l’est » (c’est quoi ces termes ??) sont en retrait sur les critère de moralité des pays occidentaux (ou de l’élite capitaliste).

      Flippant.

      Luddites, réveillez-vous !
      Consciences, révoltez-vous !

      PS : source du Monde, l’étude du MIT :
      http://moralmachine.mit.edu


  • Vente d’armes à l’Arabie Saoudite : Macron refuse de répondre
    https://www.huffingtonpost.fr/2018/10/24/vente-darmes-a-larabie-saoudite-macron-refuse-de-repondre_a_23570035/?ncid=tweetlnkfrhpmg00000001

    La France, comme lui demande Allemagne, stoppera-t-elle ses exportations aux Saoudiens malgré le meurtre du journaliste Khashoggi ? Pas de réponse.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=79&v=kzWXJojozqI

    « Mon agenda n’est pas dicté par les médias, que ça vous plaise ou non. Je suis sur un autre sujet. Ca n’a rien à voir avec le sujet qu’on est en train de traiter. Rien. Rien. Donc je n’y répondrai pas. Je regrette. Ca continuera tant que je serai à la place à laquelle je suis. Que ça plaise ou que ça déplaise », a répondu comme vous pouvez le voir dans la vidéo en tête d’article avec un net agacement le président de la République. Emmanuel Macron visitait ce salon des industries navales de défense avec la ministre des Armées Florence Parly.

    « Ce n’est pas parce qu’un dirigeant dit quelque chose que je suis censé réagir à chaque fois. Et donc je ne vous répondrai pas », a répété le président de la République à une seconde question sur le sujet. Egalement questionnée par la presse, Florence Parly a quant à elle répondu que « la première des priorités est que l’enquête soit menée et que cette enquête soit crédible ».


  • Sorcières - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Sorcieres

    Ici Mona Chollet rejoint cette inspiration féministe dont je parlais plus tôt et que l’éditrice Isabelle Cambourakis a elle aussi placée sous le matronage des sorcières, en intitulant ainsi une belle collection d’écrits féministes cités ici, parfois d’inspiration directement écologiste (notamment dans le recueil Reclaim coordonné par Émilie Hache), parfois moins directement (Sorcières, sages-femmes et infirmières de Barbara Ehrenreich et Deirdre English). Qu’importe car l’essentiel, quand il est question d’écologie, n’est peut-être pas de causer de réalités naturelles comme le climat ou les sols mais d’oser questionner cette ambition de connaître la nature pour l’exploiter ou la contrôler, la modéliser, la compenser sans jamais mettre sérieusement en question la manière folle dont nous vivons, le mal que nous faisons à nous-mêmes, aux bêtes et aux plantes. En ça, Sorcières peut être lu comme un livre féministe ET écologiste.

    • Je vais profiter de cet espace pour parler un peu de mon vécu de meuf (comme le fait @mona dans le livre, parce que nous acceptons que notre réflexion soit ancrée dans une expérience et ne constitue pas seulement une suite d’éclairs sur des sujets abstraits) dans des milieux très masculins, les revues politiques et les milieux technocritiques, soit l’avant-garde de l’écologie. À la parution de Beauté fatale, j’ai publié une chronique du livre dans la revue écolo que j’animais à l’époque avec (ou malgré) un groupe d’hommes parmi lesquels un intendant de lycée qui nous servait de lumière et éclairait nos débats sans jamais bouger un doigt pour assurer… l’intendance de notre entreprise commune. Beauté fatale était un peu en décalage avec nos sujets, anti-industriels et écologistes, et j’ai publié sur mon blog nombre de chroniques de livres que je n’ai pas proposées à la revue mais celle-ci, sans savoir trop pourquoi, j’y tenais. Cela m’a valu, de la part de l’intendant, de sévères critiques quand la revue est arrivée dans sa boîte aux lettres : pourquoi donc abordais-je dans ma chronique la question de l’insécurité des femmes et de son exploitation par les hommes ? Cette question ne figurait pas dans le livre. Croyait-il. Je lui ai répondu que ma lecture était plus riche que la sienne parce que le texte faisait écho à une expérience que l’autrice et moi avions en commun, expérience dans laquelle le sentiment d’être malcomprenante ou incompétente, la peur d’être dénigrée ou simplement non validée, était plus communes que dans la sienne. Il m’a accusée d’« essentialisme », comme la trentaine de fois précédentes où j’ai eu l’outrecuidance de le renvoyer à son ignorance de tout ce que ça implique, d’être femme et perçue comme telle dans une société sexiste. Plus tard j’ai même eu droit à "androphobe". J’ai mis un temps fou à comprendre que mon contradicteur, qui se définissait non pas comme proféministe mais comme féministe à part entière, qui avait suivi un séminaire universitaire sur le genre qui lui servait d’argument d’autorité, qui bien qu’hétéro et prêt à tout pour s’assurer une béquille féminine (compagne ou amie, l’important était d’être à son service) expliquait à qui acceptait de l’écouter combien la pensée queer avait périmé la pensée féministe, qui bien sûr adooorait Mona et allait l’écouter, peut-être la remercier entre quatre yeux aux présentations de bouquin, que cette sombre caricature de réappropriation d’un mouvement aussi vital pour nous que le féminisme ne m’utilisait pas comme contradictrice mais comme réceptacle de son discours. Un genre de sparring partner pour avoir l’impression de ne pas bavasser en face d’un miroir.

      Il n’était pas le seul avec cette fascination douteuse : d’autres hommes dans la revue ont chroniqué le livre Faiseuses d’histoires d’Isabelle Stengers et Vinciane Despret (qui s’attache lui aussi à valoriser la manière qu’ont les femmes de comprendre et de parler du monde) ou coordonné un dossier sur les sorcières dans lequel une seule contributrice a été sollicitée pour cinq ou six mâles mieux placés pour parler de la prétention à la rationalité de nos sociétés, dans lesquelles l’irrationnel revient sous d’autres formes, aimables ou franchement inquiétantes. Cet engouement pour des écrits féministes n’a jamais changé la qualité de nos échanges, le manque d’empathie, la montée en abstraction, la compétition pour épater les autres, l’ambiance moqueuse et surtout la spécialisation des tâches (intendance et mise en œuvre féminines, pensée et conception masculines), soit un environnement toxique, alors que nous prétendions dénoncer cette toxicité, montrer d’où elle venait pour tenter de penser et vivre autrement que ça. Il en faudra, des ouvrages féministes, des sorts et des potions pour apprendre à se protéger et forcer les hommes à nous respecter, nous et pas seulement nos jolies idées.

    • J’ai lu le bouquin en six heures (plus une pause douche-brunch), ça faisait longtemps que je n’avais pas lu un bouquin par jour. (J’ai plus Internet à la maison, c’était le but.)

      J’ai failli pleurer en lisant l’extrait de la préface de Gloria Steinem, sa rencontre avec un médecin qui lui a permis de vivre sa vie comme elle l’entendait et non pas comme lui avait décidé.

      Voilà, je me demandais si j’avais loupé un truc depuis que @monolecte disait qu’elle était en train de le lire. Vous en avez discuté quelque part ?


  • Panasonic invente des œillères pour employés de bureau
    https://usbeketrica.com/article/panasonic-invente-oeilleres-open-space

    Un groupe de designers rattaché à Panasonic et réunis sous le terme Futur Life Factory, a récemment dévoilé un « casque » équipé d’œillères. Son objectif ? Réduire le champ de vision et le bruit entourant chaque utilisateur au travail, particulièrement celles et ceux oeuvrant en open space. Prix de départ : 215 euros.

    L’article du média japonais souligne pourtant qu’« aucune recherche n’a été menée par l’entreprise pour attester que son objet améliore effectivement la concentration ». Mais pour Kang Hwayoung, l’appareil a une autre fonction, celle d’informer vos collègues que vous n’êtes pas disposés à entendre le résumé de leur week-end (par exemple) : « Quand quelqu’un porte un Wear Space, vous pouvez clairement voir qu’il veut se concentrer. Nous pensons que c’est très important ». En réumé, il vous faudra débourser 215 euros pour la version améliorée du post-it « Ne pas déranger ».


  • Les Français rejettent massivement la chasse
    https://www.ipsos.com/fr-fr/les-francais-rejettent-massivement-la-chasse

    Parmi les éléments à retenir, seuls 19% des Français sont favorables à la chasse, ils trouvent cette pratique dangereuse pour eux (84%), cruelle pour les animaux, et faisant certes partie du patrimoine français, mais d’un autre âge.

    C’est donc sans surprise qu’ils sont 82% à réclamer l’interdiction de la chasse et du piégeage non seulement le dimanche, mais un deuxième jour par semaine, et l’intégralité des vacances scolaires.
    Autre demande soutenue par les Français pour réduire l’insécurité due à la chasse, 93% sont favorables à une visite médicale annuelle obligatoire pour les détenteurs de permis de chasse avec contrôle de la vue. Les trois quarts de la population trouvent ainsi que la baisse du prix du permis de chasse est une mauvaise chose.

    L’écrasante majorité des Français croit, hélas à tort, que les animaux sauvages sont au moins protégés dans les parcs nationaux, réserves naturelles ou biologiques, de même pour les espèces en mauvais état de conservation (respectivement 89% et 77%). Elle pense également qu’il est interdit de chasser en période de reproduction (91%). On constate que nos concitoyens veulent que ces trois circonstances protègent les animaux de la chasse (respectivement 88%, 83% et 89%).

    • les urbains discernent mal les prédateurs , ils ne voudront jamais nourrir les agros obligés de laisser tomber les produits que saccagent ou dévorent les singes (là les sangliers) proliférants ; le travail forcé est prohibé !


  • La Région bruxelloise ne peut pas interdire le glyphosate, selon la commission européenne Belga - 23 Octobre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_la-region-bruxelloise-ne-peut-pas-interdire-le-glyphosate-selon-la-commi

    La Commission européenne recale l’interdiction du glyphosate par la Région de Bruxelles-Capitale, révèle mardi L’Echo. L’exécutif européen souligne que la Région ne peut pas s’appuyer sur le « principe de précaution » pour interdire l’herbicide, car il s’agit d’une considération trop abstraite, selon une communication au gouvernement bruxellois que L’Echo a consultée.

    Les autorités régionales appuyaient leur interdiction sur l’absence de consensus scientifique sur la nocivité du produit. Une raison insuffisante pour la Commission européenne. Cette dernière dresse une liste d’avis d’experts pour qui « il n’existe pas de justification pour une classification du glyphosate comme cancérigène ».


    En mai dernier, la Région bruxelloise avait attaqué la Commission devant la Cour de justice européenne pour non-respect du principe de précaution lors de la prolongation de l’autorisation du glyphosate.
    . . . . .

    #glyphosate #commission_européenne #ue #union_européenne #corruption #empoisonneurs #lobbying #lobby #influence #santé #europe #multinationales #agriculture

    • Pas de nouveau procès pour Monsanto, mais une amende réduite à 78 millions reuters/alp - 23 Octobre 2018 - RTS

      La Cour supérieure de Californie de San Francisco a rejeté lundi l’appel de Monsanto. La filiale de Bayer, demandait un nouveau procès ou l’annulation du verdict qui l’avait condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer.

      La Cour supérieure de Californie de San Francisco a rejeté lundi l’appel de #Monsanto. La filiale de #Bayer, demandait un nouveau procès ou l’annulation du verdict qui l’avait condamnée à verser 289 millions de dollars à un jardinier atteint d’un cancer.

      La plainte de Dewayne Johnson, déposée en 2016, a fait l’objet d’un procès rapide en raison de la gravité de son lymphome non hodgkinien. Ce cancer du système lymphatique est causé, selon lui, par des années d’exposition aux herbicides Roundup et Ranger Pro.


      L’entreprise spécialisée dans les biotechnologies agricoles a demandé à la juge Suzanne Bolanos, qui a présidé le procès, d’annuler le verdict ou d’ordonner un nouveau procès. Elle estime que la décision du jury l’ayant condamnée était insuffisamment étayée par les preuves présentées par Dewayne Johnson.

      Bayer considère que Dewayne Johnson n’a pas prouvé que le glyphosate avait provoqué son cancer et que les éléments scientifiques qu’il a présentés au procès « étaient bien inférieurs à la norme de causalité requise par la loi californienne ».

      Dommages et intérêts réduits
      Si elle a maintenu le verdict, la juge de San Francisco a toutefois ordonné de réduire largement les dommages et intérêts de 289 millions de dollars à 78 millions.

      Le plaignant, Dewayne Johnson, a jusqu’au 7 décembre pour accepter cette proposition, sans quoi un nouveau procès sera organisé.


  • Elisabeth de Fontenay : « Le secret m’a à la fois détruite et construite »
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/21/elisabeth-de-fontenay-le-secret-m-a-a-la-fois-detruite-et-construite_5372457

    Philosophe, spécialiste de Diderot, attachée à la question juive et spécialiste de la cause animale – son ouvrage Le Silence des bêtes a ouvert toute la réflexion contemporaine sur les animaux –, Elisabeth de Fontenay a longtemps enseigné la philosophie à la Sorbonne.


    Elle vient de publier un livre très personnel – Gaspard de la nuit (Stock) – consacré à son frère déficient, dont elle scrute le mystère en « enquêteuse incompétente, impatiente et inconsolée ».

    Je ne serais pas arrivée là si…

    Si ma mère n’avait pas été juive, si ma famille maternelle n’avait pas été exterminée à Auschwitz et si le secret dont tout cela a été entouré ne m’avait à la fois détruite et construite. C’est la première chose.

    La deuxième : si cette longue catastrophe silencieuse qu’est mon frère Gaspard, handicapé mental, enfermé en lui-même et coupé du réel, n’avait influencé toute ma vie, y compris mes décisions philosophiques et politiques. En cela, je dis qu’il fut une sorte de maître intérieur.

    Enfin, si je n’avais pas eu le bonheur de rencontrer Vladimir Jankélévitch et d’être son assistante à la Sorbonne. Juif russe comme ma mère, résistant comme mon père, il fut en quelque sorte la conciliation entre les deux, conciliation si difficile pour moi…

    Mère, père, frère… Revenons donc à l’enfance. Ne décide-t-elle pas, selon le mot de Sartre ?

    Sans doute. L’enfant que j’étais vivait dans un trouble permanent sans en connaître la cause. Ma mère, donc, était juive, promise au pire, et je ne le savais pas. Elle était née à Odessa, avait fait des études scientifiques et s’était fait baptiser afin d’épouser mon père, avocat certes, mais aussi hobereau normand, de famille conservatrice et très catholique.

    Ils m’ont inscrite au collège Sainte-Marie de Neuilly en 1939 – j’avais 5 ans -, une école jésuite pour filles que j’ai beaucoup aimée et envers laquelle je ressens une dette immense, mais où j’étais tellement insupportable qu’on me renvoyait de temps en temps. Un symptôme évident de mon mal-être.

    Pourquoi ?

    J’ai souvenir d’une angoisse persistante. Mon père s’était engagé dans la Résistance dès la première heure et était donc très absent. Il n’avait guère de temps pour s’intéresser à ses enfants, si ce n’est ce jour où il nous a emmenés faire un tour sur sa bicyclette, mon petit frère installé sur le cadre, et moi, folle de joie, sur le porte-bagages.

    J’ai appris longtemps après que nous n’avions eu ce privilège que parce qu’il avait été averti que la Gestapo viendrait l’arrêter à la maison et qu’il attendait avec nous que le péril soit passé. Début 1944, il a d’ailleurs disparu pendant un an dans la clandestinité.

    Quant à ma mère, elle avait tenu à garder son cabinet dentaire bien que dénoncée et inscrite sur la liste des dentistes juifs à arrêter. Elle a alors commencé à passer la nuit hors de la maison et à se cacher. Car elle aurait dû mourir à Auschwitz. Vous entendez ? Ma mère aurait dû être assassinée à Auschwitz, comme sa famille et comme tant d’autres. Et ça, rien que d’y penser, je perds la tête.

    Mais que saviez-vous alors du danger qu’elle courait ?

    Rien. On cultivait le secret et on ne disait rien. Je n’ai donc rien su de la soudaine disparition de ma grand-mère, de ma tante, de son mari, et de nos deux cousins qui avaient notre âge, arrêtés par la police française en mars 1944, déportés et gazés à Auschwitz.

    Rien, même quand nous avons dû nous cacher après leur arrestation. Et même quand la guerre a été finie. Sa famille avait disparu, mais ma mère ne m’a rien dit. Elle ne pouvait rien me dire. C’était juste indicible.

    Posiez-vous des questions ?

    Je m’étonnais de ne plus voir mes cousins, mais je ne posais pas de questions. J’imaginais qu’ils étaient partis au Canada ou en Australie, ou que nous étions brouillés avec eux. A vrai dire, je ne savais rien. Je n’interrogeais pas mon père pour ne pas trahir ma mère, et je n’interrogeais pas ma mère parce que j’étais terrorisée à l’idée de lui faire du mal et qu’elle me réponde… Mais, vous savez, je peux comprendre. C’était effroyable pour elle de se dire que sa mère, sa sœur, ses neveux avaient été éliminés comme des déchets.

    Beaucoup de parents juifs de l’époque se sont murés dans le silence pour protéger leurs enfants, sans se rendre compte que ce silence détruisait leurs enfants.

    Les années passant, avez-vous pu parler ?

    Non. J’étais pourtant troublée par des interrogations et des doutes infinis. Je voyais bien que ma mère n’était pas comme les autres mères de mes amies de Sainte-Marie. Même si elle allait à la messe, il y avait quelque chose de différent… Difficile à expliquer. Elle était très russe. D’une blondeur inouïe. Et elle était née Hornstein, un nom qui sonnait étrangement.

    Mais je ne savais pas ce que ce que voulait dire être juif. Et son visage donnait le change. Et puis, à 17 ans, j’ai lu les Réflexions sur la question juive, de Sartre, il disait qu’il n’y avait pas de race juive, et que, du reste, certains juifs étaient blonds. Ce fut une révélation ! Ma mère, si blonde, était juive !

    N’était-ce pas le moment d’avoir la conversation attendue ?

    Impossible. Je n’ai déterré les secrets qu’un à un, au fil du temps, me construisant en fin de compte sans mes parents et contre eux. D’abord sur mon ascendance juive. Et sur Auschwitz. Car c’est un fait : je n’ai pas été déportée, mais je suis une « juive d’Auschwitz ».

    Un jour, constatant la tristesse que j’avais à n’avoir jamais pu m’entretenir avec ma mère de ces questions, une amie très proche l’a appelée : « Ecoutez Madame, Elisabeth voudrait parler avec vous de toutes sortes de choses, notamment de votre famille. Vous devriez… » Ma mère lui a dit : « Venez ce soir à 5 heures. » Quand je suis passée chez elle en fin de matinée pour lui apporter son déjeuner, elle était morte.

    C’était donc bien indicible…

    Oui. L’histoire est effrayante, n’est-ce pas ? Les secrets de famille qui cuirassaient mes parents m’ont donné, après leur mort, la force d’éclairer l’ombre.

    Parmi ces secrets, il y avait ce frère, de deux ans votre cadet. Ce frère… différent.

    On ne qualifiait pas son état. Du moins dans la famille. Et j’ignore le diagnostic posé à l’époque par les médecins sur cette fatale déficience. Là encore régnait comme un secret, et je me perdais en conjectures, perplexe et impatiente.

    C’était un très bel enfant mais coupé de la réalité, de la causalité, de la rationalité. Avec quelques accès de violence. Il avait certains symptômes caractéristiques de l’autisme, mais que l’on attribuait alors à la schizophrénie. Si ce mot a été prononcé – mais comment le savoir ? –, il a dû effrayer mes parents qui l’ont éloigné de moi lorsqu’il a eu 15 ans. Les médecins que j’ai interrogés me parlent de psychose infantile. Et ce mot me console, parce qu’il s’oppose à l’idée de nature, qu’il implique que Gaspard n’est pas simplement débile ou arriéré, et qu’il sous-entend une histoire. Quelque chose est bien arrivé à mon frère…

    Quelle était l’attitude de vos parents à son égard ?

    Celle de mon père exprimait à la fois une grande douleur et un vrai stoïcisme – il y avait forcément l’échec dans la transmission du nom. Mais après la guerre, il avait été nommé directeur de l’ENA et il avait une vie très remplie.

    C’est ma mère que j’ai vue à la fois espérer et se désespérer. Comme mon père avait exigé après la guerre qu’elle ferme son cabinet, elle a investi toute son énergie dans l’éducation de Gaspard. Je l’ai vue s’acharner à lui apprendre à lire, écrire, compter. S’obstiner à lui inculquer les bonnes manières, à table et en société. Il pratique encore merveilleusement le baisemain et conserve une orthographe parfaite.

    Aviez-vous avec lui une quelconque complicité ?

    Non. On jouait ensemble et je me distrayais en l’énervant, en le poussant à bout, en déclenchant sa colère. Ça se terminait par des jets de cubes ou de quilles contre la porte de ma chambre. J’avais un peu honte de sa bizarrerie et je n’osais pas faire venir des amies dans ma chambre de crainte qu’elles ne le croisent dans le couloir.

    Quand il a quitté la maison, je me suis sans doute sentie libérée. Mais je percevais la détresse de ma mère. En Suisse, où il a d’abord été hospitalisé, il a été assommé par les premiers neuroleptiques, alors qu’à Paris il avait commencé une psychothérapie analytique et qu’il s’était mis à parler, lui, le silencieux. Mais ça n’a pas duré. Qui sait ce qui aurait pu se passer, de dangereux et de vivant, s’il avait continué cette analyse ?

    Vous vous cognez toujours à son immense mystère ?

    Oui. Et son apathie comme son manque d’affect me font souffrir bien plus que son retard mental. Il n’y a jamais partage d’émotion, de tristesse, de pitié. Quand notre mère est morte et que je suis allée le lui annoncer dans l’institution où il vit, j’ai espéré, je crois, que cela lui fasse mal. Mais il n’a pas fait montre de la moindre émotion.

    Pas plus qu’il ne manifeste quoi que ce soit, quand nous nous quittons ou nous retrouvons trois fois par an. Lorsqu’il s’en va, il me demande seulement quand il reviendra.

    Le désarroi de votre père devant son fils lui a-t-il fait reporter sur vous ses espoirs ?

    Oui. J’ai pris la place du fils. Et j’en nourris toujours une culpabilité vis-à-vis de Gaspard. Je sauvais le couple de mes parents : ils n’avaient pas entièrement échoué. Si j’ai passé l’agrégation, c’est parce qu’ils m’ont harcelée. J’étais très paresseuse.

    En quoi ce petit frère déficient a-t-il influencé votre vie ?

    Il a fait de moi une femme de gauche. Il m’a fait détester tout ce qui est de l’ordre de la compétition, de la rivalité, de la performance, j’ajouterais même des grandes écoles, moi qui aurais pourtant rêvé d’être normalienne. Entendre des parents se vanter de ce que leur enfant est le meilleur en classe m’est odieux.

    Mon orientation politique vient donc de lui. Un rejet du libéralisme et la volonté d’un Etat protecteur pour les plus faibles, pour ceux qui boitent et peuvent tomber sur le bas-côté de la route. Je ne peux pas dire que ce fut mon maître spirituel ou mon ange gardien, mais il a veillé sur mon parcours, m’a empêchée d’écrire des bêtises, de m’égarer dans une croyance en la toute-puissance des idées et m’a protégée de tout excès politique.

    Sans doute est-il aussi à l’origine de mon intérêt et de mon combat pour les animaux, leur vulnérabilité et leur sensibilité. Je comprends aujourd’hui que c’est à son mystère que je dois d’avoir réfléchi plus avant. Il est à la source, avec mon origine juive, de mon choix de la philosophie.

    Pourquoi écrire sur lui, maintenant ?

    Avant, ce n’était pas possible. Maintenant, il le fallait. Il a atrocement et subitement vieilli, cela m’a frappée très récemment. Et j’en ai une peine infinie. Nous atteignons tous deux le grand âge. Alors, par l’écriture, j’ai voulu sceller nos histoires. Pour le sauver. Pour nous sauver. Sauver notre minuscule fratrie qui disparaîtra sans descendance.

    Je ne pouvais pas laisser se terminer nos deux vies sans essayer d’en simuler l’achèvement. Faire en sorte que notre nom et nos deux prénoms imprimés dans un livre survivent dans le clair-obscur de bibliothèques. Cela vaut mieux qu’une tombe.

    La sérénité est-elle enfin possible ?

    Non. Le livre a retiré de ma chair l’épine qu’a été Gaspard ma vie durant. Car ce fut un bonheur d’écrire sur lui. Mais je ne connais pas la fameuse résilience. Je ne suis pas réconciliée avec l’humanité qui fut capable de la Shoah. Ma révolte est intacte. Et j’ai en moi une volonté inassouvie et inassouvissable de justice.

    Vous arrive-t-il de vous demander ce qu’aurait été votre vie si Gaspard avait été « normal » et si…

    Et si ma famille n’était pas morte à Auschwitz ? Ah ! C’est la grande et vertigineuse question que je me pose ! Et c’est avec effroi que je me demande ce que je serais devenue – sans doute pas grand-chose si je n’avais pas eu ces deux gouffres qui m’ont construite.

    Effroi ? Quel mot étrange !

    C’est effrayant de penser que de cette double négativité absolue a pu naître quelque chose de positif. J’en suis arrivée là… grâce à ces deux réalités irréversibles et inassumables.

    #Elisabeth_de_Fontenay


  • Président Trump, an II : la banalisation plus forte que l’indignation
    https://www.lemonde.fr/chroniques-de-la-presidence-trump/article/2018/10/21/president-trump-an-ii-la-banalisation-plus-forte-que-l-indignation_5372460_5

    Après dix-neuf mois de présidence non-conventionnelle, deux épisodes de la semaine écoulée ont mis en lumière l’habituation aux saillies du locataire de la Maison Blanche.

    Michael Cohen était prêt « à prendre une balle » pour Donald Trump. Mais c’était avant. Depuis qu’il a officialisé sa rupture avec son ancien client en plaidant coupable de diverses forfaitures commises à son service, l’ex-avocat-nettoyeur du magnat de l’immobilier a radicalement changé d’avis à son égard.

    Croisé dans la rue par une journaliste de CNN, vendredi 19 octobre, il a lancé un appel au peuple démocrate : « Prenez votre famille, prenez vos amis, prenez vos voisins et rendez-vous aux urnes, car sinon, vous allez avoir encore deux ou six autres années de cette dinguerie. »

    Après dix-neuf mois de présidence non-conventionnelle, une description sur laquelle tout le monde pourra s’accorder, deux épisodes de la semaine écoulée ont témoigné du terrain gagné, jour après jour, par la banalisation du trumpisme présidentiel.

    Les bréviaires de la communication politique comme ceux du bon sens ne conseilleraient pas, après une victoire mineure dans une longue guérilla judiciaire contre une ancienne actrice pornographique, sur fond de possible liaison extraconjugale, de clamer ce succès urbi et orbi sur son compte Twitter. Qui plus est en traitant l’intéressée de « face de cheval ».

    Cette sortie, le 16 octobre, a bien suscité quelques réactions accablées, y compris dans les rangs républicains, mais elles ont été au final assez comptées. Sans doute parce qu’il y a déjà eu déjà bien pire et qu’il est difficile de s’indigner tous les jours. D’autant que l’on n’était encore que mardi et que l’agenda du président de la première puissance mondiale était rigoureusement vide ce jour-là. Propice, donc, à un feu d’artifice manifestement indexé sur les programmes télévisés qui occupaient alors Donald Trump.

    Bruit permanent

    La normalisation a marqué un nouveau point deux jours plus tard, à l’occasion d’un meeting dans le Montana. Le président des Etats-Unis y a rendu un hommage appuyé à Greg Gianforte, l’unique représentant de cet Etat à la Chambre.

    Il l’avait emporté, en 2017, dans une élection partielle à l’occasion de laquelle il avait jeté à terre, brisant ses lunettes, un journaliste du Guardian qui l’interrogeait avec insistance sur des questions de santé. L’élu avait été condamné à six mois de prison avec sursis et à quarante heures de travaux d’intérêt public.

    « Ne vous mesurez jamais à lui, vous comprenez ? Jamais ! », a assuré le président devant un public hilare. « Un gars qui peut en jeter un autre à terre, c’est mon pote. Je ne devrais pas dire cela, mais en fait il n’y a pas de quoi être gêné. J’étais donc à Rome avec de nombreux dirigeants d’autres pays pour parler de toutes sortes de choses et j’ai entendu dire qu’il avait massacré un journaliste. On l’avait soutenu très tôt et Il était très haut [dans les intentions de vote]. Et j’ai dit : “oh, c’est terrible, il va perdre les élections.” Puis j’ai dit : “bon, attendez une minute, je connais assez bien le Montana. Je pense que cela pourrait l’aider.” Et ça l’a fait ! », a raconté le président des Etats-Unis, triomphal.

    L’éloge du bagarreur a indigné, mais les réactions qu’il a suscitées ont été elles aussi assourdies par le bruit permanent de cette présidence.

    Donald Trump peut vanter une agression contre un journaliste en pleine controverse sur l’assassinat d’un confrère saoudien dans un consulat. Célébrer la faute d’un repris de justice tout en dénonçant gravement « la loi de la rue » que voudraient imposer les démocrates. Plus rien n’est impossible.


  • « La société chasse encore des sorcières aujourd’hui »
    proposé & animé par #Jade_Lindgaard le 17 octobre 2018 chez Mediapart

    Le nouvel essai de @mona Chollet, #Sorcières, la puissance invaincue des #femmes , cartonne en librairie. L’occasion de discuter, en sa présence, de la figure de la sorcière aujourd’hui et dans l’histoire.
    Avec #Mona_Chollet, essayiste, auteure de Sorcières, la puissance invaincue des femmes (La Découverte, 2018) ; #Camille_Ducellier, réalisatrice et essayiste, auteure du Guide pratique du #féminisme divinatoire (Cambourakis, 2011) ; #Catherine_Kikuchi, historienne, membre d’Actuel #Moyen-Âge, maîtresse de conférences à l’université Versailles-Saint-Quentin.

    https://youtu.be/qnocBd0Zmds

    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/171018/la-societe-chasse-encore-des-sorcieres-aujourd-hui


  • lorsque NS 55, l’agent infiltré de la DNRED partait à Bogota
    https://ns55dnred.wordpress.com/2018/10/21/france-douane-francaise-lorsque-ns-55-lagent-infiltre-de-la-dnr

    Marc Fievet sera arrêté le 23 septembre 1994 à Fuengirola en Espagne par Interpol et découvrira que la DEA qui finalisait l’opération DINERO n’avait pas informé l’agent NS 55 de la DNRED ! Marc Fievet attendra 33 mois pour arriver au Canada via Madrid et Londres, bénéficiant alors des meilleurs attentions carcérales.


    Contraint par la Douane française à plaider coupable, sans avocat, Marc Fievet sera condamné par la Cour provinciale de Bathurst au Nouveau-Brunswick le 5 août 1997 à… perpétuité !

    Le DG François Auvigne, malgré les demandes réitérées de Jean Puons, le directeur de la DNRED pour le faire libérer, refusera d’intervenir, n’ayant pas, d’après lui, à assumer les actions de ses prédécesseurs.

    Avec Christophe Pech de Laclause, son avocat français, Marc Fievet dépose plainte pour complicité de trafic de drogue et subornation de témoins contre X.

    Pour Maitre Pech de Laclause : « Puisque Fiévet travaillait pour les douanes, son supérieur hiérarchique, et pourquoi pas le ministre du Budget, n’auraient-ils pas dû comparaître à ses côtés devant le tribunal canadien ?

    La juge d’instruction Sophie Clément rendra un non-lieu en 2006…

    Dans ses conclusions, la magistrate reconnaît que Marc Fiévet ne s’est pas livré à un quelconque trafic de stupéfiants, puisqu’il était chargé d’infiltrer un réseau et donc… qu’il n’est pas un narcotrafiquant.

    Pourtant Marc Fievet subira 3 888 jours d’enfermement dans 23 prisons d’Espagne, d’Angleterre, du Canada et de France !


  • An Exorcist Is Hosting a Mass to Protect Brett Kavanaugh from Witches’ Hex
    https://broadly.vice.com/en_us/article/j5393d/brett-kavanaugh-witches-hex-exorcist-mass

    An exorcist in California is holding a Mass to protect Brett Kavanaugh from the “evil” of a ritual hex set to curse him this weekend.

    San Jose exorcist, Father Gary Thomas, announced his plans on Wednesday to hold a mass protecting Brett Kavanaugh from a ritual planned by witches to hex him this Saturday, October 20.

    After one of New York’s most famous occult shops Catland Books announced that they’d be organizing the ritual to curse Brett Kavanaugh along with “all rapists and the patriarchy at large,” more than 10,000 people marked themselves as “going” on Facebook. But as the ritual grew in scope (Catland had to add a a second hex in November due to the number of people interested), the witches at Catland reported receiving backlash, including death threats.

    Father Thomas, who works as an exorcist for the Diocese of San Jose, alleges that organizers and those attending the ritual are part of a “cult” that must be stopped.

    “This is a conjuring of evil—not about free speech,” he told the National Catholic Register. “Conjuring up personified evil does not fall under free speech. Satanic cults often commit crimes; they murder and sexually abuse everyone it their cult.”

    On the contrary, Catland co-owner and creator of the hex Dakota Bracciale, believes the ritual will be an act of “spiritual solidarity and sociopolitical resistance.” But even before Father Thomas announced his Mass in response to the hex, Bracciale said she not only expected backlash from the Church but sited it as a motivator. “[The hex] strikes fear into the heart of Christian fundamentalists,” Bracciale told Broadly earlier this week. “That’s one of the reasons that we do it. Sometimes you have to fight fire with fire."

    #fight_fire_with_fire


  • Washington annonce son retrait d’un accord nucléaire avec Moscou
    https://www.lemonde.fr/international/article/2018/10/21/washington-annonce-son-retrait-d-un-accord-nucleaire-avec-moscou_5372435_321

    Le traité FNI avait été signé en 1987 entre Reagan et Gorbatchev. Moscou a rapidement protesté contre l’annonce faite par Donald Trump.

    Le « traité pour les forces nucléaires à portée intermédiaires » (dit traité FNI) avait été signé en 1987 par les dirigeants américain et soviétique de l’époque, Ronald Reagan et Mikhaïl Gorbatchev. Dans le détail, ce texte, devenu un traité multilatéral après l’éclatement de l’Union soviétique, « oblige les deux Etats à détruire tous leurs missiles balistiques et de croisière lancés à partir du sol ayant une portée comprise entre 500 et 1 000 kilomètres et ceux dont la portée est comprise entre 1 000 et 5 500 kilomètres », comme le résume aujourd’hui l’ONU.

    « La Russie n’a pas respecté le traité. Nous allons donc mettre fin à l’accord et développer ces armes », a annoncé le président américain, lors d’une visite à Elko, dans le Nevada (sud-ouest). « Nous n’allons pas les laisser violer l’accord nucléaire et fabriquer des armes alors que nous n’y sommes pas autorisés », a martelé Donald Trump. L’administration américaine se plaint du déploiement par Moscou du système de missiles 9M729, dont la portée selon Washington dépasse les 500 km, ce qui constitue une violation du traité FNI.

    Selon le Guardian, c’est M. Bolton lui-même qui fait pression sur le président américain pour un retrait du traité FNI. C’est aussi lui qui bloque toute négociation pour une extension du traité New Start sur les missiles stratégiques, qui arrive à expiration en 2021 et que Moscou cherche à prolonger.


  • Pour conserver la mémoire du web, Internet Archive durcit ses méthodes
    par Julien Lausson pour numerama le 25 avril 2017
    https://www.numerama.com/tech/252324-pour-conserver-la-memoire-du-web-internet-archive-durcit-ses-method

    Depuis plus de vingt ans maintenant, la fondation américaine Internet Archive poursuit une mission démesurée : explorer et mémoriser le web afin de « permettre à tous d’accéder au savoir, gratuitement et pour toujours ». Ainsi, chaque semaine, elle enregistre 300 millions de nouvelles pages dans sa base de données, de façon à ce que chacun puisse les consulter ultérieurement.

    Mais pour la fondation américaine, il y a un problème. Et ce souci s’appelle robots.txt. « Les fichiers robots.txt ont été inventés il y a plus de 20 ans afin d’aider les ‘robots’, surtout ceux des moteurs de recherche, à savoir quelles sont les sections d’un site web qui devraient être explorées et indexées pour la recherche », explique Internet Archive. Or, ce petit fichier baptisé robots.txt entrave le bon fonctionnement de son projet.

    Pour Internet Archive, la question d’un changement complet de philosophie se pose. L’archivage du web ne doit plus se faire en tenant compte des déclarations des fichiers robots.txt qui s’adressent avant tout aux moteurs de recherche. Il doit se faire en prenant en compte le point de vue de l’utilisateur, de façon à lui montrer le web tel qu’il est aujourd’hui. Et tel qu’il était autrefois.

    #WWW #Web #Tech #mémoire #archivage #référencement https://archive.org

    • Les archives de l’Internet accusées de diffusion pirate par des auteurs
      par Antoine Oury pour actualitte le 29 janvier 2018

      Archive.org, l’Internet Archive, est sans aucun doute l’un des sites les plus précieux d’internet : pour les chercheurs dans de nombreux domaines, il est carrément incontournable. Depuis les années 1990, cette plateforme archive les pages web, mais rassemble aussi les collections numérisées de plusieurs bibliothèques, surtout américaines. L’Open Library, un site satellite qui propose des livres numériques sous droit, souvent indisponibles, en prêt, est désormais attaquée par des auteurs qui lui reprochent une diffusion pirate de livres numériques.

      Néanmoins, la plateforme a donné son point de vue à travers un texte signé par Brewster Kahle, un des fondateurs de l’Open Library. Dans ce post https://blog.archive.org/2018/01/24/digital-books-on-archive-org, Kahle explique qu’une grande partie des ouvrages des bibliothèques, qui participent activement à l’Open Library, datent d’avant 1923, ce qui signifie qu’ils sont dans le domaine public. Pour le reste, certains ouvrages sont présents à des fins d’accessibilités, numérisés et traités par le consortium Daisy pour les publics empêchés de lire. Certes, quelques ouvrages publiés entre 1923 et 1961 sont aussi présents dans l’Open Library, mais cela ferait suite à une autorisation spéciale qui s’appliquerait aux livres indisponibles.

      Pour le reste, Kahle assure de la bonne volonté de l’Open Library, et confirme qu’il est possible de faire retirer un titre contrevenant avec un simple message. Sauf que la page d’accueil de l’Open Library fait bel et bien apparaitre des titres visiblement encore sous droits...

      En somme, la vie juridiquement très mouvementée de l’Internet Archive et de l’Open Library risque encore de connaître quelques soubresauts... Certes, Internet Archive est reconnu comme une bibliothèque par certaines juridictions aux États-Unis et pourrait peut-être prétendre au fair use, cette exception au copyright à des fins d’éducation et de préservation du patrimoine, mais rien n’est moins sûr.

      https://www.actualitte.com/article/patrimoine-education/les-archives-de-l-internet-accusees-de-diffusion-pirate-par-des-auteurs/87020

      #Patrimoine #éducation #archivage vs #piratage #open_librairie #Fair_Use https://archive.org


    • Merci @unagi et @reka !
      Effectivement, pour celles et ceux qui se trouveraient à Berlin, on ne peut que recommander d’aller voir dans le quartier bavarois (Schöneberg) l’installation « Orte des Erinnerns im Bayerischen Viertel » de Renata Stih und Frieder Schnock : https://de.wikipedia.org/wiki/Orte_des_Erinnerns_(Bayerisches_Viertel). Elle montre à la perfection comment l’horreur s’insinue petit à petit dans les esprits et la vie quotidienne et finit par devenir la « normalité ».
      Par contre l’image (très connue) mise en tête du billet de The Intellectualist, sous le titre « In 1934, A NYT Editorial Asked Jews To Show More Civility Towards Nazis » date de 1943 (une arrestation dans le ghetto de Varsovie, voir https://www.histoire-image.org/de/etudes/enfant-juif-varsovie) et la juxtaposition prête, me semble-t-il, à confusion.
      Mais unagi pose ici une vraie question et il est intéressant d’essayer de comprendre pourquoi des déclarations d’apaisement face à la politique nazie ont couru en Allemagne même.
      1. Dans la République de Weimar : Depuis la révolution allemande de 1918/1919, à laquelle avaient participé beaucoup d’Allemandes et d’Allemands d’origine juive (voir Adolf Hitler, Mein Kampf (1925/27), à ce sujet), on retrouve souvent l’idée de devoir se faire le plus discrèt*e possible pour ne pas nuire à la cause juive ou sioniste. La ZVfD (Zionistische Vereinigung für Deutschland), par exemple, propose en 1918 de ne pas « se mettre en avant en tant que Juifs » (« als Juden zunächst nicht hervorzutreten ») tant que le Reich n’aura pas pris position sur le cas de la Palestine et le statut des Juifs en Allemagne (lettre de novembre 1918 de la ZVfD à ses délégations sur l’attitude à tenir après la révolution, citée dans Jehuda Reinharz, Dokumente zur Geschichte des deutschen Zionismus, 1882-1933 (1981), p. 237.
      2. Sous le régime nazi : Les « lois de Nuremberg » (« Nürnberger Gesetze ») désignent trois lois promulguées le 15.9.1935, dont le « Reichsbürgergesetz » et le « Gesetz zum Schutze des deutschen Blutes und der deutschen Ehre ». La première fait des Juifs des citoyens de seconde classe (de simples ressortissants allemands et non plus des « Reichsbürger », des citoyens du Reich de plein droit) et la deuxième instaure leur ségrégation « raciale » (pour protéger le « sang » et l’« honneur » allemands). Une troisième loi fixe l’apparence du drapeau national.
      Ces lois vagues, dont la rédaction a été bâclée, seront interprétées de plus en plus durement au fil de leurs décrets d’application. Mais, à leur promulgation, elles semblent offrir enfin une base légale à la situation des personnes d’origine juive en Allemagne, qui subissent déjà l’antisémitisme ambiant déjà exacerbé, et, surtout, ces lois sont présentées comme définitives. Ainsi, Hitler déclare qu’elles sont censées établir une « relation vivable » entre les peuples juif et allemand. (« Die deutsche Reichsregierung ist dabei beherrscht von dem Gedanken, durch einmalige säkulare Lösung veilleicht doch eine Ebene schaffen zu können, auf der es dem deutschen Volke möglich wird, ein erträgliches [vivable/supportable] Verhältnis zum jüdischen Volk finden zu können. » (Discours de Adolf Hitler du 15.9.1935 devant le Reichstag cité dans : David Jünger, Jahre der Ungewissheit : Emigrationspläne deutscher Juden 1933–1938 (2016), p. 211.)
      Il n’est donc pas étonnant que l’agence de presse de l’instance nationale représentative juive, relayant le discours ci-dessus, déclare : « Les lois décidées par le Reichstag à Nürnberg ont lourdement frappé les Juifs. Elles doivent cependant constituer une base sur laquelle une relation vivable est possible entre les peuples allemand et juif. La représentation nationale des Juifs d’Allemagne veut y contribuer de toutes ses forces. La condition pour une relation viable est l’espoir que les Juifs et les communautés juives conserveront en Allemagne leur base morale et économique d’existence par une fin mise à leur diffamation et leur boycott. » ( « Die vom Reichstag in Nürnberg beschlossenen Gesetze haben die Juden in Deutschland aufs Schwerste betroffen. Sie sollen aber eine Ebene schaffen, auf der ein erträgliches Verhältnis zwischen dem deutschen und dem jüdischen Volke möglich ist. Die Reichsvertretung der Juden in Deutschland ist willens, hierzu mit ihrer ganzen Kraft beizutragen. Voraussetzung für ein erträgliches Verhältnis ist die Hoffnung, daß den Juden und jüdischen Gemeinden in Deutschland durch Beendigung ihrer Diffarmierung und Boykottierung die moralische und wirtschaftliche Existenzmöglichkeit gelassen wird. » (Communiqué de la Pressestelle der Reichsvertretung des Juifs d’Allemagne du 22.9.1935, cité dans : Otto Dov Kulka, Deutsches Judentum unter dem Nationalsozialismus, vol. 1 (1998), p. 236).

      Désolée d’être si longue...

      #nazisme #normalité #mémoire #Berlin


  • " L’Énigme de l’arrivée " par V. S. Naipaul
    https://enuncombatdouteux.blogspot.com/2018/10/lenigme-de-larrivee-par-v-s-naipaul.html

    Le village était inexistant. Je m’en félicitai. J’aurais appréhendé de rencontrer des gens. Depuis le temps que je demeurais en Angleterre, j’avais encore cette appréhension dans un nouvel endroit, les nerfs à vif, le sentiment d’être sur le territoire de l’autre, un étranger, un solitaire. 


    Et toute excursion dans une partie du pays inconnue de moi, que d’autres auraient pu vivre comme une simple aventure, me donnait l’impression de rouvrir une vieille cicatrice. (...)

    Un matin, j’entendis à la radio qu’à l’époque de l’Empire romain, on pouvait mener à pied au marché un troupeau d’oies depuis la province de Gaule jusqu’à Rome. Après cela, les oies dédaigneuses qui traversaient en se dandinant et lâchant leur fiente le chemin boueux, creusé d’ornières, du fond de la vallée et qui parfois se montraient fort agressives – les oies de Jack – prirent à mes yeux un caractère en quelque sorte historique, qui dépassait la notion de paysannerie médiévale, de vieilles coutumes de l’Angleterre rurale et les images de livres d’enfants.

    De sorte que l’année où, pris d’une envie de lire Shakespeare, d’entrer en contact avec la langue ancienne, je relus le Roi Lear pour la première fois depuis plus de vingt ans et tombai, dans la tirade d’invectives proférée par Kent, sur la phrase : « Espèce d’oie, si je te tenais sur la plaine de Sarnum, je te pousserais criaillante jusqu’à Camaalot », les mots me parlèrent pleinement. La plaine de Sarnum, plaine de Salisbury ; Camaalot, Winchester, c’était à une vingtaine de miles. Et je sentis qu’avec l’aide des oies de Jack – ces volatiles qui détenaient peut-être sur les terres du grand chemin un titre d’ancienneté que Jack ne soupçonnait pas – j’étais parvenu à la compréhension de quelque chose, dans le Roi Lear, qui avait paru obscur à ses commentateurs, d’après les notes de mon édition.


  • « CumEx Files » : quand Jérôme Kerviel alertait les sénateurs sur le scandale aux dividendes
    https://www.lemonde.fr/cumex-files/article/2018/10/18/cumex-files-quand-jerome-kerviel-alertait-les-senateurs-sur-le-scandale-aux-

    L’ancien tradeur n’a jamais participé à l’arbitrage des dividendes, mais il le connaît bien : il se passait en partie sur son desk, le fameux « delta one ».

    Lorsque le sénateur communiste Eric Bocquet invite Jérôme Kerviel à témoigner devant la commission d’enquête sur l’évasion fiscale, le 8 octobre 2013, il sait qu’il marche sur des œufs. L’ancien tradeur a déjà été reconnu coupable par la justice d’avoir fait perdre 4,9 milliards d’euros à la Société générale. « Il a sûrement des choses à nous dire sur le rôle et le fonctionnement des banques », se défend à l’époque l’élu du Nord.

    L’audition a donc eu lieu à huis clos. En dehors d’Eric Bocquet, le rapporteur, et de François Pillet, le président de la commission, nul ne sait précisément ce qu’a dit M. Kerviel. Cinq ans plus tard, l’ancien tradeur assure au Monde avoir profité de l’occasion pour alerter le Parlement sur le problème de l’arbitrage de dividendes, « qui représente des pertes fiscales considérables pour la France ». « Ils étaient intéressés, a cru comprendre le tradeur, mais je ne sais pas s’ils ont mesuré l’ampleur du problème. »

    Eric Bocquet s’en souvient. « Oui, Jérôme Kerviel a effectivement évoqué cette question, dans une discussion plus large sur son métier et l’univers d’argent facile. Je me souviens d’avoir été conforté dans l’idée que l’activité financière est pour une large part déconnectée de l’économie réelle : l’argent tourne sur lui-même. »


  • La Justice reconnaît le statut de lanceuse d’alerte à une inspectrice du travail
    https://www.bastamag.net/La-Justice-reconnait-le-statut-de-lanceuse-d-alerte-a-une-inspectrice-du

    Laura Pfeiffer, inspectrice du travail, vient de remporter une manche dans la bagarre judiciaire qui l’oppose à l’entreprise Tefal depuis cinq ans. Ce 17 octobre, la cour de Cassation a annulé sa condamnation, en novembre 2016, pour violation du secret professionnel et pour « recel d’atteinte au secret des correspondances ». La fonctionnaire s’était vu infliger une amende de 3500 euros avec sursis. Son tort : avoir transmis à son syndicat des mails révélant des liens de connivence entre sa hiérarchie (...)

    En bref

    / #Syndicalisme, #Luttes_sociales, #Conditions_de_travail, #Logement


    • Comme indiqué dans le magazine Rolling Stone plus tôt cette année, 70 % des américains s’informent grâce à seulement deux sources : Facebook et Google. Comme ce chiffre est en augmentation, le pouvoir de quelques personnes de décider quelle information doit ou non atteindre le public va significativement augmenter.

      Après tout, le premier amendement ne concerne que les pouvoirs de l’État sur la restriction de la liberté de parole. Il ne s’intéresse pas à ce que des entreprises privées comme Facebook, Google, YouTube et Twitter peuvent faire au travers des modalités d’utilisation de leurs services.

      C’est donc vrai ; il n’y avait pas de problème de premier amendement dans l’interdiction faite à Jones. Mais, c’est là le problème.

      Avant l’internet, le système qui permettait de régler les questions de propos diffamatoires était le procès, ce qui était assez efficace. En matière de pénalité, les normes étaient aussi très élevées. En 1964, dans l’affaire du New York Times contre Sullivan – une affaire de référence en matière de lois anti-diffamatoires concernant les personnalités publiques – la cour a tout fait pour s’assurer que les plaignants aient à prouver l’existence d’un mépris, désinvolte ou connu, des faits.

      Mais la révélation de cette semaine est pire. Lorsque Facebook travaille avec le gouvernement et des organisations aspirant à devenir des inquisiteurs, comme l’Atlantic Council, pour supprimer des sites pour des raisons de sécurité nationale, en utilisant une méthodologie secrète, cela ouvre la porte à des scénarios cauchemardesques comme ceux qu’on trouve dans des romans dystopiques.

      Le simple pouvoir de marché de ces entreprises sur la circulation de l’information a toujours été la véritable menace. C’est pourquoi leur démantèlement aurait dû devenir depuis longtemps une priorité nationale urgente.

      Au lieu de cela, comme cela a été évident lors de l’audition au Sénat de Mark Zuckerberg plus tôt cette année, les politiciens sont plus désireux d’utiliser le pouvoir de ces sociétés que de le faire baisser. Les plates-formes, pour leur part, cèderont plutôt que d’être réglementées. La fin du jeu est on ne peut plus claire. C’est ainsi que commencent les mariages autoritaires, et les gens devraient être très inquiets.


  • Il a refusé d’être juré d’assises : il doit payer 3 750 €
    Pierrick BAUDAIS | Publié le 18/10/2018 à 09h14

    https://www.ouest-france.fr/societe/justice/il-refuse-d-etre-jure-d-assises-il-doit-payer-3-750-eu-6024664

    «  On pourrait peut-être me laisser en paix maintenant…  » Christian Verrier, un habitant de Bobigny de 63 ans, a déjà été tiré au sort trois fois pour être juré d’assises en Seine-Saint-Denis.

    (...) La première fois, il y a environ dix ans, il avait exposé ses arguments oralement à la présidente de la cour, qui avait accepté de le dispenser. Tout en lui ayant rappelé qu’il s’agissait aussi d’un acte citoyen. Certains ex-jurés ont ainsi estimé que leur présence apportait «  une forme d’équilibre  », «  un complément  » pour les magistrats.

    «  J’avais expliqué que je me sentais inapte à juger. Je ne sais pas faire. Et que je ne me voyais pas condamner une personne à de la prison étant donné le système carcéral actuel, plutôt inhumain  », explique celui qui fut cheminot durant vingt-cinq ans, avant de devenir maître de conférences en sciences de l’éducation, à l’université Paris VIII.

    Mais la deuxième fois, fin novembre 2017, le président lui inflige l’amende maximale prévue pour les jurés qui ne se présentent pas à la cour d’assises ou qui refusent d’y participer sans motif légitime (souvent une raison médicale)  : 3 750 €. «  Désarçonné  » – il s’attendait à être dispensé comme la première fois – Christian Verrier a dû payer et vient de raconter sa mésaventure dans un livre.

    #Justice #Juré

    • "Il y formule surtout des propositions. S’il assure ne pas «  remettre en cause les jurés populaires  », il suggère que le tirage au sort ait lieu «  à partir de listes de volontaires  »"
      vraiment flippant cette proposition ! avec le biais de sélection qu’on peut facilement imaginer, ça ferait une justice très étrange !


  • Je n’imaginais pas que la langue de bois puisse faire tant de merveilles en termes de #greenwashing : la ville de #Marseille nous explique que si les #arbres de La Plaine ont été abattus, c’est pour leur bien.
    [source : ambition-centreville.marseille.fr/actualites/place-jean-jaures-les-travaux-ont-debute]

    Coupe de 46 arbres #en_amorce_de_dépérissement_voire_de_mortalité : La SOLEAM, dans un souci de préservation et de sauvegarde d’un maximum de végétaux préexistants, a procédé à une étude au cas par cas, par un cabinet d’expertises techniques d’arbres, selon l’état de santé de l’arbre, le positionnement et l’exposition de ses racines et au vu des installations souterraines (câbles, infrastructures du métro...).
    46 arbres morts, abîmés ou blessés ont été coupés, car ils sont en amorce de dépérissement, voire de mortalité ; ou parce qu’ils ne supporteraient pas leur transplantation.

    Dans les prochaines semaines, 43 arbres seront transplantés et conservés #dans_des_conditions_optimales, au sein de pépinières locales, pour assurer leur préservation.
    Pour assurer la meilleure transplantation qui soit, la SOLEAM doit tout d’abord déposer le mobilier urbain, le revêtement, et procéder à l’arrosage des mottes de terre.

    Au final, la Place Jean Jaurès verra son nombre d’arbres augmenté, puisque 186 arbres, au lieu de 180 actuellement, agrémenteront le site. Les 8 tilleuls à l’est et à l’ouest de la place seront conservés, malgré un état phytosanitaire préoccupant. De plus, un 3ème alignement d’arbres sera créé à l’ouest de la Place.

    95 nouveaux arbres aux essences diversifiées (3 de plus qu’initialement prévu dans le projet) seront plantés. Le choix se porte sur les variétés suivantes : Gleditsia, érable de Montpellier, chêne vert, arbre à soie, camphrier, pistachier de Chine, savonnier, arbre de Judée, arbre du clergé, arbousier, margousier, cistes, sauge de Russie, santoline, petit cyprès…

    Par ailleurs, 500 m2 de massifs arbusifs seront disposés en pied d’arbres, des îles végétales et de taillis fleuris seront implantés.