enuncombatdouteux

NI ACTUALITÉS NI COMMENTAIRES, ..... DU COPIER-COLLER ET DES LIENS... Un blog de « curation de contenu » : 82 LIVRES , 171 TEXTES et 34 DOCUMENTAIRES :

    • Globalement l’analyse se base sur des faits corrélés : augmentation de la population et pénuries des ressources. Par contre, j’en viens à me demander si ce genre de discours n’entretient pas la confusion entre les causes et les effets. Par exemple, dans les pays du Moyen-Orient ou au Maghreb, les conflits politiques et géopolitiques découleraient d’une pénurie en eau.
      Ne pourrait-on pas émettre l’hypothèse que, dans une sorte de boucle de rétro-action, une pénurie générant des tensions, lesquelles sont largement instrumentalisées par les puissances étatiques, les conflits qui en découlent généreraient des pénuries ?

      Dépression climatique ou « climat » déprimant ?

    • L’essentiel vient de l’augmentation de la population.

      On peut ne pas être totalement d’accord. Et ça rejoint la discussion sur Aurélien <del>Berlan</del> Barrau et le fait que tous les humains, tous les modes de vie n’ont pas la même nuisance. Après dire que le capitalisme a tout grignoté le monde entier et qu’il n’existe presque plus d’autres manières de vivre, c’est une chose… sauf qu’aucun des deux n’abordent ça, c’est toujours « tous les humains ».

    • C’est Jacques Blamont là qui tient le double discours (augmentation population + augmentation consommations = première cause), et évidemment les deux ensemble c’est très problématique. Ça me semble aussi hypothétique que la population augmente indéfiniment alors même que les récoltes, accès à l’eau potable va se réduire en même temps…

      Cela dit, je ne vois pas ce que ça apporte de dire qu’il existe des civilisations / manières de vivres plus pérennes. Oui évidemment. Cependant ielles ne dirigent pas l’ordre du monde ; et ce n’est pas la trajectoire prise majoritairement (encore moins par celleux qui font le plus de nuisance).

      Ça risque bien de continuer comme ça jusqu’à ce que la machinerie se casse vraiment la gueule…

    • Ça apporte énormément de chose, car ça n’a rien à voir de dire « c’est la faute des humains » en général (anthropocène), et « c’est la faute du mode de vie capitaliste » (capitalocène). Nommer de cette manière d’où vienne les problèmes, ça n’implique pas les mêmes solutions ou résignations ensuite chez les gens. Donc bah oui, clairement c’est important de contrer cette manière de décrire les problèmes.

    • Le début oui, mais la deuxième partie de ta phrase pas vraiment : il dit qu’il est athée, et ce qu’il pense (on peut ne pas être d’accord évidemment) c’est que pour lui, ya plus que les institutions religieuses (églises etc) qui ont la capacité en terme d’auditeurices et de force de persuasion, pour arriver à faire changer assez de monde de mentalité en peu de temps, pour ne plus être dans une mentalité de consommation. Mais il s’en fout de la religion, de la prière, des cathos, etc.

      Évidemment je ne suis pas d’accord, lui en gros il cherche juste à ce que les gens consomment mieux quoi, on reste dans le truc de « consom’acteurs » et c’est juste qu’il voudrait utiliser les religions pour ça. Si les rapports de production ne changent pas (qui produit quoi, sans marchandise, sortie de l’économie), je ne vois pas ce que ça peut changer.

    • C’est pas très important qu’il dise être athée, car ca me fait une belle jambe qu’il ne fassent pas de prières au petit jesus le soir dans sa chambre. J’aurais rien à dire si il était croyant et ne faisait pas la pub des institutions religieuses.

      En tout cas je ne suis pas d’accord avec lui et je pense que son discours est dangereux car au lieu de résoudre un peu le problème (je lui demande pas de solution universelle à toutes les crises mondiales) les rares trucs qu’il propose sont un désastre pour les femmes, les enfants, les homos, les pauvres... pour tout le monde sauf lui, le vieux mâle-alpha blanc.


  • « CumEx Files » : l’histoire secrète du casse du siècle
    https://www.lemonde.fr/long-format/article/2018/10/18/cumex-files-l-histoire-secrete-du-casse-du-siecle_5371029_5345421.html

    Cinquante-cinq milliards d’euros ont été subtilisés en 15 ans à plusieurs Etats européens par des financiers opérant en bande organisée sur les marchés. Une enquête du « Monde », associé à dix-huit médias européens.

    https://youtu.be/aPXomQaSMxU

    La crise… Partout, en ce mois de juin 2011, la crise s’écrit, se crie, se propage. Les dizaines de milliards d’euros injectés pour secourir les banques après le krach de 2008 ont achevé d’asphyxier des pays surendettés. L’Europe est au bord du gouffre, l’euro attaqué, la Grèce coule. Mais, au moins, les chefs d’Etat peuvent-ils se satisfaire d’avoir fait bon usage de l’argent public, pour préserver le secteur bancaire, poumon de l’économie.

    Loin du tumulte du monde, en ce même été 2011, à Bonn, en Allemagne, au fond d’un petit bureau gris de l’administration, une inspectrice des impôts lit et relit un drôle de courrier qu’elle ne se résout pas à classer. C’est une demande de remboursement d’impôts adressée au fisc par un fonds de pension, comme il en arrive tous les jours à l’Office fédéral des impôts pour les acheteurs d’actions cotées en Bourse.

    Mais cette demande-là l’intrigue. Le fonds réclame beaucoup d’argent, pour un très grand nombre d’achats et de ventes d’actions effectués dans des temps record, autour du jour, justement, où ces actions libèrent leurs dividendes. Il a fallu investir des dizaines de milliards pour ces transactions, alors que cette caisse de retraite n’a qu’un seul bénéficiaire. Un Américain, dont le domicile, dans un quartier ultrarésidentiel du New Jersey, lui sert de siège social. Bien loin de Wall Street, donc. Comment peut-elle brasser autant d’argent ?

    Comme il y en a pour près de 54 millions d’euros, la jeune femme décide d’y regarder de plus près. Elle se plonge dans le monde opaque des transactions boursières, auquel elle ne connaît rien. Et, au lieu des millions escomptés, adresse au fonds une longue liste de questions. Sans savoir qu’elle est, à elle seule, sur le point de mettre au jour le plus grand scandale fiscal de toute l’histoire en Allemagne : entre 7 milliards et 12 milliards d’euros subtilisés en sept ans entre 2005 et 2012.

    Il ne s’agit pas d’une simple fraude à l’impôt, mais d’un vol, commis dans les caisses de l’Etat au préjudice des contribuables, par une bande organisée de fonds de placement, de banques, de courtiers et d’avocats. Le casse du siècle, en somme, monté par des délinquants en col très blanc, et baptisé « CumEx » (en latin : avec ou sans… dividendes).

    Le cerveau, un ancien du fisc

    Comme dans toutes les bonnes histoires de fraude à grande échelle, il faut un cerveau. Il est ici allemand, fils de pasteur, et s’appelle Hanno Berger. C’est un ancien haut fonctionnaire du fisc de Francfort, et, à ce titre, contrôleur de la Bourse et des banques, tôt reconverti en fiscaliste. Un avocat brillant et si bien informé qu’il se voit rapidement courtisé par les millionnaires avides de ficelles fiscales.

    Or, après des années à repousser les limites de l’optimisation fiscale, il s’ennuie un peu. C’est alors qu’en 2006 ou 2007, il identifie le filon du siècle. La finance s’apprête alors à connaître sa crise la plus violente depuis 1929, mais elle baigne encore dans l’argent facile et la spéculation. Hanno Berger a repéré une façon de gagner gros, très vite : utiliser les crédits d’impôts qui résultent du versement des dividendes d’actions cotées en Bourse. Ces remboursements sont normalement réservés à certaines catégories d’investisseurs qui ont, bien entendu, acquitté au préalable leur impôt sur les dividendes. Mais le fiscaliste va s’en affranchir, en profitant de tous les stratagèmes qu’offrent les marchés financiers.

    « Au fond, c’est toujours le contribuable qui paie la facture »

    Le procédé n’est pas nouveau et avait été repéré dès les années 1990 par les contrôleurs du ministère de l’économie. Mais il n’a jamais été « industrialisé ». Surtout, alors que le législateur pensait avoir mis fin aux fraudes grâce à une loi ad hoc en 2007, Berger le génial fiscaliste a identifié une faille. Son plan est simple, même s’il passe par des techniques compliquées : mettre au point des montages où les actions changent de main si vite, d’un intervenant à un autre et d’un pays à l’autre, qu’il est difficile de savoir, à un instant « T », qui détient quoi et combien.

    Ainsi, l’impôt payé une seule fois pourra être récupéré plusieurs fois. Parfois même, l’impôt sera récupéré sans avoir été payé. Les montages seront si complexes que le fisc n’y verra que du feu. Poussée à grande vitesse, la machine des crédits d’impôts va devenir une vraie machine à cash. « Et, au fond, c’est toujours le contribuable du pays concerné qui paie la facture », reconnaît aujourd’hui un ancien disciple du maître à penser.

    Martingale en poche, Hanno Berger ne met pas longtemps à recruter des volontaires dans sa clientèle de banques et de grandes fortunes. Ce n’est pas du vol, leur répète-t-il avec aplomb, d’autant qu’à première vue, il ne s’agit que d’une variante de l’arbitrage de dividendes, une stratégie d’optimisation fiscale fondée sur des méthodes similaires d’échanges rapides d’actions. C’est tout au plus une excroissance d’un business pratiqué depuis des années par toutes les grandes banques de la planète.

    En coulisses, la fête continue

    Petit à petit, ce commerce se structure, les équipes s’étoffent. Hanno Berger bouscule les nouvelles recrues : « Ceux qui seraient tentés de penser qu’il y aura moins de crèches ou d’écoles maternelles construites en Allemagne à cause de notre business n’ont rien à faire ici ! »

    Les grands noms de la finance se laissent convaincre : banques internationales prestigieuses, fonds d’investissement ou de pension américains, courtiers de renom, avocats en vue… Des établissements aussi réputés que Goldman Sachs ou BNP Paribas prêtent main-forte à de petites « maisons » privées, comme la banque suisse J. Safra Sarasin, bien connue des grandes fortunes.

    La crise qui se profile dès la mi-2007, puis plonge le monde dans la tourmente après la chute de la banque américaine Lehman Brothers, le 15 septembre 2008, semble même les encourager à jouer contre les deniers publics.

    La finance mondiale, pour avoir trop spéculé, se découvre pourtant rongée de l’intérieur par des produits financiers toxiques. Les Etats sont appelés à son secours, ils consacrent des plans de sauvetage géants au secteur bancaire, en prêts ou en injections en capital. Les banques font acte de contrition, promettent de renoncer aux activités spéculatives pour se recentrer sur le financement de l’économie réelle… Officiellement, la fête est finie.

    Mais, en coulisses, les agapes continuent. Les témoins de ces années-là évoquent luxe, filles et cocaïne devant les enquêteurs et les médias partenaires du Monde. Autour d’Hanno Berger, un noyau dur de spécialistes se structure. Ces derniers évoluent entre la City de Londres et Francfort. Ils ont créé leurs propres boutiques financières dès 2008, pour gagner en discrétion et toucher le jackpot. C’est avec eux que traitent les banques et les fonds.

    Leur repaire : un restaurant indien ultrachic de Londres, The Cinnamon Club, qui, jadis, abrita l’ancienne bibliothèque de Westminster. C’est là, entre deux coupes de champagne, que se discutent les montages, les règles de partage des gains et les consignes de sécurité. La confidentialité est impérative, toutes les traces sont scrupuleusement effacées : à chaque opération nouvelle, un téléphone neuf est utilisé.

    Dans le premier cercle se trouve Paul Mora, un ancien de la banque allemande HVB, qui a fondé la société Ballance Capital avec un transfuge de la Deutsche Bank. Il y a aussi Sanjay Shah, qui a appris le métier chez Merrill Lynch et propose les services de son fonds spéculatif, Solo Capital. Il est l’heureux propriétaire d’un yacht de luxe, qu’il a baptisé… Cum-Ex. Ou Neil Anand, qui a quitté JP Morgan pour la société de gestion Duet, et Darren Thorpe qui a fait de la petite banque australienne Macquarie un géant du CumEx. Enfin, bien sûr, Hanno Berger lui-même, qui finit par fonder son propre cabinet, BSK.

    A l’assaut d’autres coffres-forts

    En 2009, la crise financière se mue en crise de l’euro, la Banque centrale européenne (BCE) déverse des tonnes de liquidités pour maintenir la zone euro à flot, mais le business du CumEx continue à prospérer. De nombreux fonds sont ainsi créés pour acheter et vendre des actions autour du jour du versement des dividendes. Ils se servent dans les caisses de l’Etat allemand et se partagent le pactole avec les grandes banques – qui prennent soin de rester en retrait.

    Alors que, sous leurs yeux, l’Europe prend l’eau, une cinquantaine de banques participent à ces schémas frauduleux. En vérité, il s’agit de l’investissement parfait, avec un niveau de risque zéro, car indépendant des fluctuations du marché. Ces opérations génèrent des centaines de millions d’euros, alors qu’elles n’ont aucune finalité économique – sinon d’instaurer un droit de tirage permanent sur le fisc.

    La France aurait pu être un terrain de choix, mais Hanno Berger s’y est cassé les dents.

    Le filon est si juteux que le système s’exporte, pour fracturer d’autres coffres-forts fiscaux. A lui seul, le trader Sanjay Shah dérobe au Danemark 1,4 milliard d’euros, entre 2012 et 2015. Il a organisé, entre-temps, de grands concerts de Prince, de Snoop Dogg et de Ricky Martin avec sa fondation philanthropique. D’autres membres du groupe ont gagné des centaines de millions, en reproduisant l’arnaque en Autriche, en Suisse, en Norvège et en Belgique.

    La France aurait pu être un terrain de choix, mais Hanno Berger s’y est cassé les dents. Dès 2007, il avait pourtant missionné cinq prestigieux cabinets d’avocats parisiens pour tenter de trouver la faille. En vain. Contrairement à ses voisins, l’Hexagone n’utilise plus, depuis 2005, le système des avoirs fiscaux, qui permet de tromper le fisc en réclamant des remboursements multiples. La fraude n’y est plus possible, même si l’optimisation fiscale des dividendes y prospère.

    Game over

    Lorsque l’existence de la manœuvre s’ébruite en Allemagne, le ministère des finances tente de réformer le système. « Big problem, game over », écrit un disciple d’Hanno Berger. Une fois encore, les financiers trouvent la parade, en utilisant des fonds de pension américains dissimulés derrière des sociétés à Gibraltar. Ils engrangent encore quelques milliards avant que l’inspectrice des impôts de Bonn ne les mette définitivement hors jeu, en 2011.

    L’Allemagne ouvre alors enfin les yeux sur le gigantesque hold-up dont elle a été victime. Les députés votent en urgence une réforme qui interdit le « CumEx » à compter du 1er janvier 2012. Ils installent une commission parlementaire, tandis qu’aux quatre coins du pays, des enquêtes pénales sont ouvertes.

    La plupart des braqueurs ont fui, certains sont signalés en Suisse ou à Dubaï. Mais en 2017, les langues se sont déliées. Certains escrocs ont commencé à parler, et les premières mises en examen tombent en mai 2018, dont celles d’Hanno Berger et Paul Mora. Les premiers procès devraient avoir lieu début 2019. Les banques, elles, risquent des poursuites au civil, ne pouvant en droit allemand être poursuivies au pénal en temps que personnes morales.

    L’Allemagne sait ce qu’elle doit à celle qui a fait vaciller le château de cartes, un jour de juin, il y a huit ans. La jeune inspectrice des impôts de Bonn, que n’ont découragée ni les bataillons d’avocats ni les menaces de poursuites, préfère rester anonyme. « Je ne suis pas une héroïne. J’ai juste fait mon travail », dit-elle.


  • Un journaliste engagé, collaborateur de Basta !, jugé à son insu : « À Bure, le #Nucléaire entrave la parole »
    https://www.bastamag.net/Un-journaliste-engage-collaborateur-de-Basta-juge-a-son-insu-A-Bure-le

    Un collaborateur de Basta !, Gaspard d’Allens, co-auteur de l’ouvrage Bure, la bataille du nucléaire, paru au Seuil l’an dernier, a été jugé mardi 16 octobre, pour « entrave à travaux publics », sans même avoir été mis au courant de sa mise en examen. Les faits qui lui sont reprochés remontent à janvier 2017. D’autres opposants au projet d’enfouissement de déchets radioactifs de Bure sont sous le coup d’une mise en examen pour association de malfaiteurs. En juin, l’avocat du mouvement avait été (...)

    #Témoignages

    / A la une, Démocratie !, #Le_risque_nucléaire, #Droits_fondamentaux, Nucléaire, Des grands projets... inutiles (...)

    #Démocratie_ ! #Des_grands_projets..._inutiles_ ?


  • Enfants sans bras : les mauvais calculs de Santé publique France
    https://www.lemonde.fr/sante/article/2018/10/16/enfants-sans-bras-les-mauvais-calculs-de-sante-publique-france_5369895_16513

    Sollicités par « Le Monde », des biostatisticiens jugent qu’un rapport écartant un excès de malformations dans l’Ain contient des erreurs « grossières ».

    Des erreurs méthodologiques « grossières », « indignes », des marges de confiance « ubuesques »… Le Monde a soumis à trois biostatisticiens le rapport publié jeudi 4 octobre par l’organisme de sécurité sanitaire Santé publique France (SpF), statuant sur un nombre suspect d’enfants naissant sans bras, ou sans main, dans le centre de l’Ain : les trois scientifiques, dont deux ont demandé au Monde de garantir leur anonymat, formulent des critiques assassines à l’encontre du rapport rassurant de l’agence.

    Trois rapports ont été rendus simultanément par SpF sur des suspicions d’excès de cas de malformations dans des zones géographiques restreintes. Deux d’entre eux, qui concernent la Bretagne et la Loire-Atlantique, concluent à un nombre de cas significativement accru par rapport à la norme – sans qu’une cause soit identifiée.

    En revanche, le rapport sur la situation dans l’Ain écarte toute anomalie statistique. Mais, au contraire des deux autres et en contravention avec les usages de l’expertise scientifique, il n’a pas été signé par ses auteurs. Interrogée par Le Monde, SpF a dans un premier temps expliqué que leurs noms n’apparaissaient pas dans le rapport en raison d’un oubli, puis dans un second temps que l’auteur était… SpF.

    Controverse depuis deux ans

    Selon SpF, l’accumulation, entre 2009 et 2014, de sept cas de malformations – dites « agénésie transverse des membres supérieurs » (ATMS) – dans une zone rurale de l’Ain d’un rayon de 17 km, ne présente pas de caractère inhabituel.

    Un jugement en opposition frontale avec celui du registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera), l’organisation à l’origine de l’alerte sanitaire relative à la situation dans l’Ain. Selon le Remera, qui suspecte une contamination environnementale, le nombre de cas d’ATMS observés dans la zone est plus de cinquante fois supérieur à ce qui est normalement attendu.

    La directrice du registre, Emmanuelle Amar, doit être auditionnée le 23 octobre à l’Assemblée nationale, à l’initiative des députés Delphine Batho (Deux-Sèvres, Génération Ecologie) et Jean-Luc Fugit (Rhône, La République en marche).

    La controverse entre le Remera et SpF dure depuis plus de deux ans. Mais la publication de plusieurs articles de presse sur ces enfants sans bras, fin septembre, a contraint SpF à communiquer officiellement sur le sujet, et à publier ces rapports.

    Erreurs « incompréhensibles »

    Après lecture de celui concernant l’Ain, l’épidémiologiste et biostatisticien Jacques Estève, ancien professeur à l’université Claude-Bernard (Lyon) et aux Hospices civils de Lyon, est catégorique. Pour l’ancien directeur de l’unité de biostatistiques du Centre international de recherche sur le cancer, les erreurs d’analyse de SpF sont « incompréhensibles ».

    « Un étudiant de première année d’université serait surpris d’apprendre que sept cas observés dans une population de 5 738 naissances, où la probabilité d’en observer un seul est de 1,7 sur 10 000, ne soit pas un événement exceptionnel, ironise M. Estève. Une approche un peu plus sophistiquée montre que l’observation d’un nombre de cas supérieur ou égal à sept dans ces conditions a une probabilité égale à 7,1 pour 100 000 ! » Pour M. Estève, « la présence d’une telle erreur dans un rapport de SpF est inexplicable et, s’il s’agit d’une erreur de bonne foi, elle doit être corrigée ».

    Deux autres mathématiciens sollicités par Le Monde, spécialistes de ces questions et n’ayant jamais pris part à la controverse, réagissent de manière tout aussi tranchée. « Ma principale critique est qu’ils [SpF] investiguent la présence d’un agrégat dans chaque commune où un cas a été signalé, puis dans le département de l’Ain tout entier », explique le premier.

    Dilution statistique artificielle

    En clair, SpF a d’abord calculé l’excès de cas dans chacune des sept communes touchées (un cas par commune ayant été relevé ces dernières années), par rapport à la fréquence moyenne de ces malformations, sur l’ensemble du territoire.

    Or cette approche est inappropriée : il est, par définition, impossible d’identifier un agrégat de cas en analysant ceux-ci un par un, pris isolément les uns des autres. Or, explique le mathématicien, un cas unique dans une commune, quelle que soit la taille de celle-ci, peut toujours être attribué au hasard.

    Ensuite, pour conclure à l’absence d’un excès de cas à l’échelle de la petite zone touchée, l’agence a comparé le nombre de cas y étant survenus, au nombre de cas normalement attendus sur l’ensemble du département de l’Ain. Une technique qui revient à une dilution statistique artificielle.

    « L’analyse de SpF ne prend pas du tout en compte la proximité géographique des cas de malformations, explique le premier scientifique interrogé par Le Monde. Si ces sept cas avaient eu lieu aux quatre coins du département de l’Ain, le résultat des analyses aurait été exactement le même. » Or le regroupement géographique est précisément l’un des éléments-clés de la détection des « clusters », ces agrégats de cas pathologiques survenant dans une fenêtre de temps et sur un territoire donnés.

    Critiques à la marge

    Au contraire, jugent les deux mathématiciens, l’étude du Remera, présentée comme fausse par SpF, est plus adéquate. Elle « présente une méthodologie plus adaptée et rigoureuse, même si le modèle est moyennement adapté », estime le deuxième mathématicien sollicité par Le Monde. Ce dernier juge que l’évaluation de l’excès de cas publiée par Remera dans son rapport, un taux de malformations cinquante-six fois supérieur à ce qui est attendu, « ne doit pas être considéré en raison du trop faible nombre de cas ».

    L’autre mathématicien interrogé estime aussi que la technique utilisée par le Remera, dite « méthode de scan à fenêtre variable », est plus adaptée que celle de SpF et « a obtenu beaucoup de succès en épidémiologie ». Lui aussi formule toutefois quelques critiques, mais à la marge, sur le travail du Remera – sur la fenêtre de temps analysée notamment.

    Sollicitée par Le Monde, SpF se dit « toujours ouverte au débat scientifique ». Cependant, ajoute l’établissement public, « ces discussions, qui permettent de faire avancer les connaissances, sont souvent complexes et ne peuvent avoir lieu par média interposé ».

    Lors de sa conférence de presse du 4 octobre, les responsables de SpF ont assuré que le désaccord avec le Remera était sans conséquence puisque l’agence dit avoir malgré tout conduit l’enquête de terrain, au même titre qu’en Bretagne et en Loire-Atlantique. Ces enquêtes n’ont pas découvert de causes et SpF disait ne pas avoir l’intention de poursuivre les investigations, devant la faible probabilité de découvrir une cause aux trois situations. Trois jours plus tard, dans une déclaration à RTL, le ministre de la transition écologique et solidaire, François de Rugy, prenait le contre-pied de l’agence, assurant qu’une nouvelle enquête serait ouverte.

    Le registre des malformations en Rhône-Alpes au bord de la fermeture

    De structure associative, le registre des malformations en Rhône-Alpes (Remera) est au bord de la fermeture. Sa directrice, Emmanuelle Amar, devait se présenter, mardi 16 octobre, à un entretien préalable à son licenciement par les Hospices civils de Lyon (HCL), l’institution-hôte du registre, qui encaisse les subventions et fait vivre l’association. Deux de ses principaux soutiens financiers ont cessé en 2018 : celui de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale et de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Quant à celui de Santé publique France, il n’a pas encore été versé pour l’année en cours. Ce sont les HCL qui règlent, à titre intérimaire, les salaires des six employés depuis plusieurs mois. Pour la députée Delphine Batho (Deux-Sèvres, Génération écologie), le licenciement des personnels du registre contreviendrait à la loi dite « Sapin 2 » protégeant les lanceurs d’alerte.


  • Le soutien du « Wall Street Journal » à Bolsonaro au Brésil s’inscrit dans la tradition du quotidien
    https://www.lemonde.fr/ameriques/article/2018/10/16/le-soutien-du-wsj-a-jair-bolsonaro-s-inscrit-dans-une-tradition-ultradroitie

    Un éditorial assure que le candidat d’extrême droite ne représente pas une menace. Le journal économique avait défendu avant lui Pinochet.

    La tradition veut qu’un éditorial soit emblématique d’une prise de position graduelle du journal dans lequel il est publié. Celui du 10 octobre paru dans l’auguste quotidien économique et très conservateur Wall Street Journal ne semble pas déroger à la règle.

    Dans ce texte intitulé « Brazilian swamp drainer », que l’on pourrait traduire en français par « le Brésilien qui assèche le marécage », sous-entendu le marécage politicien, le comité éditorial du journal new-yorkais a ouvertement soutenu le candidat d’extrême droite à la présidentielle, Jair Bolsonaro.

    Rédigées dans un style direct, dru, ne répugnant ni aux raccourcis ni aux grosses ficelles, ces quelques lignes ont déclenché depuis une semaine moult remous sur les réseaux sociaux, avec certaines saillies du type : « Marine Le Pen le trouve toxique », en référence à la récente prise de distance de la présidente du Rassemblement national, « pas le WSJ ».

    Dans son éditorial, le quotidien assure que le capitaine parachutiste de réserve, « un populiste conservateur » selon le WSJ, ne représente pas une menace pour le Brésil, quatrième plus grande démocratie au monde. Il ne dit mot en revanche sur le fait que le candidat a défendu la dictature militaire (1964-1985), nommé un général à la retraite à ses côtés ayant évoqué l’éventualité d’un coup d’Etat militaire moderne et promis de donner carte blanche à l’armée et à la police pour tirer à vue sur des criminels. Rien non plus sur ses outrances répétées à l’égard des femmes, des homosexuels et des Noirs.

    Le programme de Haddad comparé aux mesures de Chavez

    « Après des années de corruption et de récession, peut-on lire, des millions de Brésiliens semblent penser qu’un outsider est exactement ce dont le pays a besoin. Peut-être qu’ils en savent plus que les réprobations internationales. » Une façon de rappeler, à sa manière, le score écrasant du candidat Bolsonaro au premier tour de la présidentielle, le 7 octobre, avec 47 % des voix contre 29 % à Fernando Haddad, son adversaire du Parti des travailleurs.

    Ce dernier, toujours selon le quotidien, aurait pour but de réécrire la Constitution afin d’y inclure la possibilité de recourir à une Assemblée constituante « sur le modèle vénézuélien ». Le candidat désigné par l’ancien président Luiz Inacio Lula da Silva, aujourd’hui incarcéré, souhaiterait aussi, d’après l’éditorial, réformer les règles de promotions militaires en donnant plus de pouvoir au président. Autant de propositions, s’alarme le WSJ, sorties tout droit de « l’agenda de Hugo Chavez », l’éternelle bête noire du quotidien.

    A contrario, le nouveau poulain brésilien du journal ne « propose pas de changer la Constitution » mais promet de restaurer la présence des policiers dans les centres urbains et ruraux, « où la loi ne règne plus ». Surtout, assure le quotidien financier, le conseiller économique et bras droit de Bolsonaro, Paulo Guedes – que le journal curieusement ne mentionne pas nommément – affirme vouloir, une fois au pouvoir, « vendre des parts du géant pétrolier public Petrobras, déréguler au maximum l’économie et réduire la dépense publique ». La messe est dite. Le choix assumé.

    Des odes à Pinochet, Fujimori et Videla

    Chose étrange, cet éditorial en faveur de l’actuel homme fort du Brésil a un air de déjà-vu. On se souvient d’un texte de 1980, resurgi dans les réseaux sociaux ces derniers jours et intitulé « Les Chiliens votent l’extension du pouvoir de Pinochet, assurant la continuation de la libre entreprise ». Le dictateur chilien venait de remporter un référendum sur la Constitution lui permettant de prolonger son mandat de huit ans. Mais une plongée rapide dans les archives du journal renvoie à un goût prononcé pour toute sorte de politiciens autoritaires d’une certaine droite dure et d’extrême droite, surtout d’Amérique latine.

    Dans une liste éclairante, réalisée par le Huffington Post, on retrouve non seulement les articles du WSJ regrettant la mort de l’ancien dictateur chilien en 2006 (« Il a pris le pouvoir lors d’un coup d’Etat en 1973, mais il a finalement créé un environnement propice aux institutions démocratiques » ou « Il est responsable des morts et des tortures qui ont eu lieu sous son égide, mais si Salvador Allende avait réussi à transformer le Chili en un autre Cuba, beaucoup plus auraient pu mourir ») mais aussi ceux, bienveillants, sur le Péruvien Alberto Fujimori et le dictateur argentin Jorge Rafael Videla.

    Pour Fujimori, on apprend du WSJ que « le style autoritaire » pourrait être excusé, car « on peut affirmer que sous sa direction, le pays s’est en fait frayé un chemin vers la modernité ». Pour l’Argentin, le journal avait qualifié la guérilla opposée au dictateur de « terroristes », un terme utilisé par la junte. La liste n’est pas exhaustive.


  • Ze Thread de la mort qui tue
    ... et qui a raison, hélas, malgré tout le bien que je pense de la vidéo en question et de la plupart de celleux qui y participent, et d’ailleurs ça n’empêche pas d’y participer... mais avec lucidité 😉

    Depuis lundi et la sortie du rapport du GIEC (« résumé pour les décideurs » en fait), des youtubeureuses ont fait une vidéo qui a pas mal tourné (4,6 millions sur FB et 120k YT) sur les questions d’#écologie.
    https://youtu.be/SVPcRqdoAVg


    Elle pose vraiment problème, pour plusieurs raisons⬇️

    À lire entièrement par ici : https://threadreaderapp.com/thread/1050010410609463297.html par @TerTerEtLiberte #ilestencoretemps


  • #Climat et effondrement : « Seule une insurrection des sociétés civiles peut nous permettre d’éviter le pire »
    https://www.bastamag.net/Climat-et-effondrement-Seule-une-insurrection-des-societes-civiles-peut-no

    Sommes-nous sous la menace d’un « effondrement » imminent, sous l’effet du réchauffement climatique et de la surexploitation des ressources ? Pour l’historien Christophe Bonneuil, la question n’est déjà plus là : des bouleversements sociaux, économiques et géopolitiques majeurs sont enclenchés et ne vont faire que s’accélérer. Il faut plutôt déplacer la question et produire une « pensée politique » de ce qui est en train de se passer : qui en seront les gagnants et les perdants ? Comment peser sur la nature de (...)

    #Résister

    / A la une, #Altermondialisme, #Luttes_sociales, #Eviter_le_dépôt_de_bilan_planétaire, #Le_défi_du_réchauffement_climatique, #Entretiens, (...)


  • « Taylor Swift s’est lancée dans un combat anti-Trump avec une stratégie digne de Machiavel »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/10/12/taylor-swift-s-est-lancee-dans-un-combat-anti-trump-avec-une-strategie-digne

    L’élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis en 2016 l’a montré, la voix politique des artistes porte peu. Elle est même contre-productive. Tout Hollywood était contre lui ; le candidat honni s’en est délecté, il a moqué une Amérique des nantis, et il habite aujourd’hui à la Maison Blanche.


    Ce scénario stérile se profile à nouveau avant les élections de mi-mandat du 6 novembre. Mais voilà que surgit Taylor Swift ; la chanteuse pop s’est lancée, dimanche 7 octobre, dans un combat anti-Trump avec une stratégie digne de Machiavel ou de Clausewitz. Elle ne vise pas le chef, mais les troupes. Elle n’attaque pas frontalement, mais de biais. Et c’est inédit. Tout comme son profil.

    Déjà, on écoute Taylor Swift parce qu’elle a du coffre et des fantassins. A 28 ans, elle est au sommet de la pop américaine avec quarante millions de disques vendus. Le 9 octobre, elle a glané vingt-trois récompenses lors des American Music Awards – record de Whitney Houston battu. Elle affiche aussi 112 millions de suiveurs sur Instagram (le double de Donald Trump sur Twitter). Une belle force, qui n’est toutefois pas suffisante. D’autres stars de la pop, comme Rihanna ou Beyoncé, ont défié le président sans l’ébranler.

    Chaque mot est pesé

    Taylor Swift surprend surtout par son approche. Elle a posté un long message sur Instagram, calme, argumenté, malin. Chaque mot est pesé. Contrairement à une flopée de stars qui, avant l’élection présidentielle, ont traité Trump de brute, d’immonde, de porc ou de psychopathe, Taylor Swift, elle, ne l’insulte pas. Mieux, elle ne le cite pas. Elle ne convoque pas l’emphase ni l’indignation. Elle ne dit pas que voter contre Donald Trump va de soi – ça ne va pas de soi. Elle ne fait pas la leçon aux pauvres blancs depuis sa bulle privilégiée. Elle ne les fait pas culpabiliser.

    Elle ne se présente pas en musicienne, mais en habitante du Tennessee ; le portrait qui accompagne son texte est celui d’une jeune femme à la maison. Elle ne fait du vote à venir qu’un scrutin local. Elle ne mentionne aucun parti. Mais elle dit qu’elle est allée voir les positions de chaque candidat au Congrès sur des questions de société.

    S’inscrire sur les listes électorales

    A propos de Marsha Blackburn, qui vise le Sénat, et dont on devine qu’elle est proche de Donald Trump, elle constate ceci : cette candidate est contre l’égalité de rémunération entre hommes et femmes, contre une loi visant à protéger les femmes de la violence domestique et le viol, contre le mariage homo, pour les entreprises qui refusent tout service aux couples homosexuels, contre les Cassandre du changement climatique.

    Elle en tire cette conclusion : elle votera pour Phil Bredesen au Sénat et Jim Cooper à la Chambre des représentants (sans dire qu’ils sont démocrates). Puis elle s’adresse à ses fans : « S’il vous plaît, renseignez-vous sur les candidats qui se présentent dans votre Etat et votez pour ceux qui représentent le mieux vos valeurs. » Même s’ils sont imparfaits.

    Swift conclut son texte en appelant les jeunes à s’inscrire sur les listes électorales via Internet. Elle explique même comment s’y prendre. Elle a fait la même chose, sans dire son choix, lors de la cérémonie des Awards.

    Trump prend des gants

    Le républicain Mike Huckabee est persuadé que cet appel n’aura aucun effet « à moins que nous autorisions les adolescentes de 13 ans à voter ». Une allusion au public jeune de la star.

    Or, dans les vingt-quatre heures qui ont suivi, 65 000 personnes se sont inscrites sur les listes électorales ; 250 000 en trois jours, soit jusqu’à leur clôture, le 9 octobre, dans quatorze Etats dont le Tennessee. C’est plus que les inscriptions durant les mois d’août et septembre.

    Est-ce un effet Swift ? Les observateurs sont prudents car les inscriptions s’accélèrent sur la fin, mais ils se disent troublés par une hausse « hors norme ». Surtout, ils pointent que les derniers inscrits sont massivement des jeunes de 18 à 29 ans – le public de Swift.

    C’est important quand on sait que les élections dans le Tennessee et ailleurs s’annoncent serrées. Donald Trump a compris que la charge est autrement plus sérieuse que les mots insultants dont il fut affublé. « Disons simplement qu’à présent j’aime la musique de Taylor 25 % de moins qu’avant », a réagi le président américain, qui apprécie la chanteuse tout en regrettant qu’elle soit mal informée.

    QUAND HOLLYWOOD NE S’ADRESSE QU’AUX CONVAINCUS, SWIFT PARLE AUX HÉSITANTS

    Donald Trump prend des gants en raison du profil de Taylor Swift et de celui de ses fans. Elle a débuté à Nashville, à 17 ans, dans la musique country, guitare sèche dans les mains et amours platoniques dans la voix. Les midinettes sont contentes, les parents aussi. L’Amérique blanche adore cette belle blonde proprette aux yeux bleus. Même quand elle prend un virage pop, en 2014, abandonnant sa guitare pour une robe à paillettes et du grand spectacle, ses paroles restent sages – sa famille, ses amis, ses boyfriends. Pas de provocation, pas de scandales, contrairement à tant d’autres.

    Combat féministe

    Surtout, en dix ans de carrière, elle a pris soin de ne pas parler de politique, sans doute parce qu’une grande partie de son public est très conservateur. Un épisode de 2009 la « droitise » un peu plus : alors qu’elle reçoit un prix, le rappeur Kanye West lui arrache le micro et fait l’apologie de Beyoncé. Selon le site Buzzfeed, le public américain analyse l’incident comme « un homme noir en colère terrorisant une femme blanche innocente ».

    Des sites d’extrême droite sont allés plus loin et ont vu en Taylor Swift une héroïne du suprématisme blanc et une « déesse aryenne ». Sans qu’elle réagisse. Elle ne bronche pas plus avant l’élection de Donald Trump, à rebours de tout le monde culturel.

    C’est par le combat féministe, depuis quelques mois, qu’elle sort du bois. Jusqu’à ce post retentissant sur Instagram. Depuis, nombre de voix hurlent à la trahison sur les réseaux sociaux, signe qu’elle a tapé juste. Quand Hollywood ne s’adresse qu’aux convaincus, Swift parle aux hésitants. Et c’est là où on ne les attend pas que les coups sont les plus rudes.


  • La #passion_du_monde

    « La Passion du Monde » anime le parcours et l’oeuvre de Elisée Reclus, géographe et anarchiste français (1830-1905). Le film de #Nicolas_Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhomie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographes), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche,et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21 siècle.

    https://rutube.ru/video/ce25efad21e1675e31526834fc641d87
    #Reclus #Elisée_Reclus #géographie #anarchisme #géographie_anarchiste #film #documentaire #votation #droit_de_suffrage #obéissance #vote #trahison #suffrage #agir #ruisseau #eau #Terre #géographie #Kenneth_White #marche #marche_méditative #fleuves #frontière #commune_de_Paris #Bakunine #Fédération_jurasienne #exil #Lugano #anarchisme #esclavage #Suisse #cartographie #Charles_Perron #paysage #justice #droit

    Reprise de cette citation de Reclus sur les #frontières :

    Frontières = « lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des Rois et sanctionnées par la couardise des peuples... »

    Extrait de L’homme et la terre (vers min.45) :

    « L’homme vraiment civilisé aide la terre au lieu de s’acharner brutalement contre elle. Il apprend, aussi, comme artiste. A donné au #paysage qui l’entoure plus de charme, de grâce, ou de majesté. Devenu la conscience de la Terre, l’homme digne de sa mission assume par cela-même une part de responsabilité dans l’#harmonie et la #beauté de la #nature environnante. »

    Kenneth White, min. 47’22 :

    « Le mot #monde a chez lui un sens autre que socio-politique. En général, quand on dit le monde aujourd’hui, ça veut dire le monde socio-politique. Chez lui ça veut dire ’un espace où vivre pleinement’. C’est un sens très ancien du monde. (...) Sa géographie universelle c’est d’un côté un panorama puissant et poétique de la Terre, mais c’est aussi une idée du monde. Il a une idée, une conception du monde. (...) »

    Kenneth White cite Reclus, tiré d’une lettre à un ami vers la fin de sa vie :

    « Vous me dites que mon poème n’est pas réalisable, que c’est un rêve. Ou bien nous pouvons réaliser ce rêve pour la société toute entière. Dans ce cas, travaillons avec énergie. Ou bien nous ne pouvons le réaliser que pour un petit nombre, et dans ce cas là, travaillons encore et toujours ».

    ping @reka

    • Toutes ces frontières ne sont que des lignes artificielles imposées par la violence, la guerre, l’astuce des rois… Elisée Reclus (1868)

      Les gouvernants, les dirigeants, les « décideurs » organisent aujourd’hui la distinction, le tri, le choix entre des individus qui subissent de plein fouet les horreurs, qu’elles soient la conséquence des guerres, ou celle de conditions sociales et économiques désastreuses, du Capitalisme qui submerge la planète, des États qui font « survivre » leurs peuples sous le joug, etc.

      Le vocabulaire sert aujourd’hui à légitimer un distinguo totalement arbitraire et « amoral » entre réfugiés et migrants, attribuant aux premiers un condescendant intérêt car ceux-là fuient les horreurs de la guerre et aux seconds un mépris non dissimulé, car eux ne fuient leurs pays d’origine que pour des raisons économiques et/ou sociales : la pauvreté et la misère dans lesquelles leurs Etats et leurs patronats les ont plongés ! Pourtant c’est un fait : les mêmes causes, partout, produisent les mêmes effets !

      Les guerres et les armements profitent en premier lieu aux capitalistes qui en font un commerce juteux pendant que les peuples, toujours en premières lignes, en payent le prix fort. Les frontières qui servent de paravents aux turpitudes nationalistes et aux exactions des Etats quand ceux-ci se permettent d’imposer à leurs peuples les pires des conditions d’existence… Les classes dirigeantes qui ne s’intéressent qu’à leurs propres intérêts au détriment de leurs congénères dès lors que c’est le portefeuille qui leur sert de référent « patriotique ». Et, au bout du bout, à côté de la question préoccupante de l’afflux de réfugié-e-s qui s’éloignent de ces terres de mort et de malheur, c’est les discours de haine, de racisme, de xénophobie qui servent d’exutoire dans une ambiance de fascisme, ici cocardier.

      Pour nous anarchistes, à côté des réponses immédiates concernant l’accueil et la prise en charge des réfugié-e-s, réponses à caractère uniquement humanitaire, nous devons faire valoir que les causes des guerres et les multitudes de morts et de malheurs qui les accompagnent, que tout cela est la conséquence directe des systèmes inégalitaires qui régissent l’Humanité : Capitalisme, profits, divisions de la société en classes, Etats qui usurpent le pouvoir des peuples, frontières qui séparent les individus, les divisent, les opposent et nient l’Humanité.

      Ni patrie, ni frontières !
      Pour le communisme libertaire, l’internationalisme
      la solidarité, la liberté de circulation et le fédéralisme !!!

      http://infosetanalyseslibertaires.org/index.php/2016/03/18/toutes-ces-frontieres-ne-sont-que-des-lignes-artificiell

    • Élisée Reclus, la passion du monde

      Le film de Nicolas Eprendre fait le portrait d’une personnalité peu banale, tout à la fois grand voyageur, scientifique reconnu et homme de conviction. Les photographies de Nadar nous transmettent un regard plein de bonhommie et d’acuité. La voix de Carlo Brandt donne vie à des pages qui mêlent poésie et humour, pensée scientifique et politique. Hélène Sarrazin (biographe), Kenneth White (écrivain), Philippe Pelletier et Federico Ferretti (géographe), dressent tour à tour la figure d’un homme qui nous est proche, et dont les analyses font échos aux nôtres en ce début de 21è siècle.



      http://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/37082_1


  • On a rencontré les anarchistes qui fabriquent leurs propres #médicaments - Motherboard
    https://motherboard.vice.com/fr/article/43pngb/on-a-rencontre-les-anarchistes-qui-fabriquent-leurs-propres-medica

    Voilà dix ans que les Four Thieves affrontent la Food and Drug Administration, l’agence fédérale chargée d’autoriser la commercialisation des médicaments aux États-Unis, les richissimes firmes pharmaceutiques, les médecins, les pharmaciens et quelques unes des plus prestigieuses universités du pays. Laufer et ses collaborateurs n’en finissent plus d’irriter les puissants, car ils sont la preuve vivante que des médicaments efficaces peuvent être mis au point avec peu d’argent en dehors des canaux institutionnels.

    En pharmacie, deux epipens à usage unique des laboratoires Mylan, des stylets d’adrénaline auto-injectable, peuvent vous coûter dans les 600 dollars, 300 en version générique. C’est cher. Et de toute façon, les pharmacies sont en rupture de stock : même si vous en avez les moyens, vous ne pourrez pas vous les offrir. Pour parer au problème, les Four Thieves ont diffusé les instructions pour fabriquer un epipen soi-même sur Internet. Coût total de la préparation : 30 dollars d’objets accessibles au tout-venant pour la création du stylet, trois dollars pour le rechargement. Et quand Shkreli a fait monter le prix du Daraprim, les Four Thieves ont mis au point un laboratoire open source afin que chacun puisse fabriquer son propre Daraprim pour 25 centimes pièce.

    Aux États-Unis, l’industrie pharmaceutique pèse 446 milliards de dollars. Ces profits sont protégés par un mur de réglementations défendu des agences comme la FDA et la Drug Enforcement Administration, le service fédéral chargé de la lutte contre le trafic de stupéfiants. En distribuant gratuitement des plans d’appareils et des produits médicaux, le groupe Four Thieves menace de couper l’herbe sous le pied de l’une des industries les plus réglementées et les plus profitables au monde. Et ce n’est qu’un début.

    #santé #big_pharma #anarchisme


  • 120+ exemples du privilège masculin dans la vie de tous les jours | DIALOGUES AVEC MON PERE
    https://dialoguesavecmonpere.wordpress.com/exemples-du-privilege-masculin

    Actuellement, nos attentes culturelles, notre système législatif, nos programmes sociaux travaillent à conserver une hiérarchie qui place constamment les hommes en haut de l’échelle sociale. Par conséquent, les hommes réussissent, s’élèvent et profitent au détriment de tous les autres genres. C’est ce qu’on appelle le privilège masculin.

    • Mais le problème avec le privilège masculin, c’est que ça fait du mal à tout le monde, y compris à toi. Parce que profiter du privilège masculin requiert souvent de se conformer à une norme toxique de masculinité.

      Juste pour rebondir sur ce point, car comme dit plusieurs fois ici sur Seenthis, attention avec ce genre d’argumentaire, car la majorité des hommes ne subissent aucun mal à ça, et c’est justement bien pour ça que ça perdure, car la majorité y trouve des avantages très concrets. Et que donc aller contre ça, c’est bien faire perdre des avantages à la plupart des hommes.


  • Supermicro : un responsable de la NSA affirme n’avoir « rien vu » et craint une chasse aux « fantômes »
    https://www.nextinpact.com/brief/supermicro---un-responsable-de-la-nsa-affirme-n-avoir---rien-vu---et-cra

    Lors d’un discours devant la chambre du Commerce, Rob Joyce (conseiller pour la cybersécurité à la NSA), est revenu sur l’affaire Supermicro/Bloomberg, comme le rapporte MacRumors. Il explique qu’il comprend parfaitement le sujet d’inquiétude, mais qu’il n’a « rien vu » de son côté. « Des industriels paniquent et perdent la raison, alors que personne n’a rien trouvé » ajoute-t-il.


    « Je crains que nous poursuivions des fantômes en ce moment ». Il s’inquiète du temps passé sur cette affaire et qui n’est pas consacré à d’autres questions de sécurité. « Si quelqu’un a des informations de première main, peut nous remettre une carte ou pointer du doigt une personne d’une société impliquée dans ce conflit, nous voulons lui parler » lâche-t-il en guise de conclusion.

    Pour rappel, Bloomberg accuse la Chine d’espionner Apple et Amazon (entre autres) en ajoutant une micropuce espionne sur des cartes mères Supermicro lors de leur fabrication en Chine. Les trois sociétés impliquées ont toutes démenti avec vigueur, mais nos confrères campent sur leurs positions pour le moment, citant 17 sources différentes.


  • Climat : William Nordhaus est-il bien sérieux ?
    https://www.alternatives-economiques.fr/climat-william-nordhaus-bien-serieux/00086544

    Né en 1941, docteur du MIT, Nordhaus entre à l’université de Yale en 1967 où il fera toute sa carrière. Il s’intéresse tôt aux critiques sociales et écologistes de la croissance. Lorsque le rapport du club de Rome, Halte à la croissance, alerte en 1972 sur les conséquences négatives de la croissance économique et démographique, Nordhaus le critique vertement pour son absence de données empiriques.


    Mais chez Nordhaus, c’est sans doute la formulation même du problème climatique qui est la plus déroutante. Il aborde en effet la question par le biais d’une analyse coût-bénéfice. Autrement dit, il s’agit pour lui de savoir si les coûts de la transition énergétique payés aujourd’hui sont compensés par les dommages évités dans le futur.

    En définitive, quel futur nous promet le réchauffement optimal recherché par William Nordhaus ? Dans l’argumentaire des jurys du prix de la Banque de Suède, on trouve un graphique présentant la trajectoire « optimale » d’émissions de CO2 selon Nordhaus, trajectoire qui passe de 35 Gt CO2 par an en 2015 à environ 15 Gt CO2 à la fin du siècle. Il faut quelques recherches pour se rendre compte que la solution optimale de Nordhaus conduit à un réchauffement… de 3,5° C en 2100. A peine une légère inflexion par rapport aux 4°C et quelques du scénario sans interventions !

    https://www.nobelprize.org/uploads/2018/10/popular-economicsciencesprize2018.pdf


  • Amazon a dû se débarrasser d’une intelligence artificielle sexiste
    http://www.slate.fr/story/168413/amazon-abandonne-intelligence-artificielle-sexiste

    Un programme censé trier les CV avant embauche discriminait les candidates.

    Amazon a tenté d’automatiser ses recrutements en les confiant à une intelligence artificielle (IA) secrète. Selon une source anonyme impliquée dans le projet, le géant du e-commerce voulait « un engin auquel on pouvait fournir 100 CVs [pour] qu’il recrache les cinq meilleurs et qu’on embauche ceux-là ».

    On pourrait même penser que c’est une bonne chose, puisqu’a priori des robots devraient être totalement objectifs, débarrassés de biais racistes ou sexistes que l’on trouve chez des humains. Or au contraire, les IA perpétuent ces biais. En effet, l’algorithme utilisé par Amazon, comme beaucoup d’autres, utilise ce qu’on appelle le « machine learning », c’est-à-dire qu’il se base sur des données pré-existantes et tente au mieux de les reproduire pour prendre des décisions.

    L’IA s’appuyait sur les recrutements effectués durant les dix dernières années chez Amazon. Des embauches effectuées par des êtres humains, dans un environnement très largement dominé par les hommes. D’après Reuters, chez Amazon 60% de la masse salariale est masculine, et la société refuse de dévoiler la part de femmes à des postes techniques, où elles sont d’ordinaire encore plus rares.

    Ainsi l’IA pénalisait les candidates qui avaient fait leur scolarité dans des universités non-mixtes ou tout CV qui contenait le mot « femme ». Par exemple, la mention d’un « club de jeu échecs pour femme » dépréciait automatiquement le CV.



  • L’article du Monde est sous #paywall :

    Réchauffement climatique : en 1979, tout le monde savait déjà
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/08/26/1979-1989-decennie-verte_5346313_3232.html

    Celui du Temps est en accès libre :
    Comment nous avons perdu le combat contre le changement climatique
    https://www.letemps.ch/sciences/avons-perdu-combat-contre-changement-climatique

    I – 1979-1982
    Printemps 1979 : un militant inquiet
    Automne 1979 : une mobilisation cahin-caha
    1980-1981 : malgré la blitzkrieg de Ronald Reagan, la mobilisation grandit

    II – 1983-1989
    1983-1984 : l’exceptionnalisme américain contre le changement climatique
    1985 : le trou d’ozone contre le réchauffement
    1987-1988 : la censure de la science, et le brûlant été 1988
    Eté 1988 : la conférence de Toronto, le « Woodstock du climat »
    1989 : la Maison-Blanche se rebiffe
    Novembre 1989 : l’enterrement définitif à Noordwijk

    • Réchauffement climatique : en 1979, tout le monde savait déjà

      Une étude révèle que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement !

      Rapport d’étonnement. Cet été, toute l’Europe cuisait sous la canicule. Le 1er août, la National Oceanic and Atmospheric Administration expliquait que l’année 2017 a été la troisième année la plus chaude de l’histoire moderne après 2016 et 2015. Le 6 août, une équipe scientifique internationale publiait une inquiétante étude dans la revue PNAS prévenant que l’actuelle combinaison de la fonte de l’Antarctique de l’ouest – une perte de 2 720 milliards de tonnes de glace depuis 1992 d’après Nature du 13 juin –, de la déforestation et des émissions de gaz à effet de serre aggrave le risque de l’« effet domino » à partir d’un réchauffement à 2° Celsius – qui pourrait être atteint avant 2100. Ces « rétroactions auto-renforçantes », estime l’étude, pourraient pousser « le système terrestre vers un seuil planétaire » et « provoquer un réchauffement continu ».

      La Terre deviendrait alors, « dans quelques décennies », une étuve avec « des températures de 4° à 5° supérieures à la période préindustrielle », tandis que le niveau des mers s’élèverait « de 10 à 60 mètres ». Des régions côtières, des villes entières seraient submergées, des îles disparaîtraient, le Sahara s’étendrait vers le sud, la pénurie d’eau deviendrait fatale, le régime de la mousson serait gravement perturbé, des milliers d’espèces disparaîtraient, les phénomènes climatiques extrêmes se multiplieraient. Quant à la civilisation humaine, je vous laisse imaginer…

      « Enjeu “non partisan” »

      Le plus dramatique peut-être dans notre impuissance actuelle face à cette catastrophe annoncée est que l’humanité a été très proche, il y a quarante ans, de prendre les bonnes décisions pour arrêter le réchauffement ! C’est ce que révèle une investigation de l’essayiste américain Nathaniel Rich, « Perdre la Terre », publiée le 1er août dans le New York Times, appuyée sur dix-huit mois d’enquêtes et plus de cent interviews de scientifiques, de politiciens et d’écologistes.

      Dans les années 1970, rappelle Rich, « l’effet de serre » est déjà bien connu des scientifiques, et décrit dans n’importe quel « manuel d’introduction à la biologie ». Il est alors clair que plus l’atmosphère contient de dioxyde de carbone, plus elle se réchauffe, et qu’il faut réagir au fait que nous en produisons des quantités astronomiques en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz. En 1979, un rapport de la National Academy of Sciences américaine prévient que « la question du dioxyde de carbone devrait figurer à l’ordre du jour international dans un contexte qui maximisera la coopération ». Quant aux démocrates et aux républicains, ils jugent que le problème du réchauffement est grave et doit devenir un enjeu « non partisan ».

      Ils sont entendus ! A Genève, lors de la première Conférence mondiale sur le climat de 1979, les scientifiques de 50 pays conviennent qu’il est « urgent » de réduire les émissions. Quatre mois plus tard, à Tokyo, le groupe des sept pays les plus riches s’engage à prendre des mesures. Dans les années qui suivent, grâce au militantisme du consultant indépendant Rafe Pomerance, des Amis de la Terre et du climatologue James E. Hansen, les risques d’un changement climatique rapide font les couvertures des journaux…

      Premières campagnes « climatosceptiques »

      Et puis en 1985, la découverte par le grand public du « trou » de la couche d’ozone, qui nous protège des rayons ultraviolets, dramatise la question climatique. L’ONU s’en empare, la Convention de Vienne sur la protection de la couche d’ozone est signée, Etats-Unis en tête, en dépit d’une opposition virulente des entreprises de réfrigération ou chimiques. Elle est confirmée par la signature du protocole de Montréal en 1987, qui entraîne une mobilisation internationale contre les chlorofluorocarbones – en 2016, une étude parue dans Science indique que le « trou » a diminué de 4 millions de km2, évitant « deux millions de cancers de la peau ».

      Fort de ce succès, les scientifiques et les écologistes mobilisés pensent qu’ils vont pouvoir obtenir gain de cause pour contenir les émissions de gaz à effet de serre. En 1988, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), placé sous l’égide de l’ONU, est créé. En 1989, à La Haye, 149 pays conviennent qu’un traité international contraignant doit être rapidement signé, préparant le Sommet de la Terre à Rio en 1992…

      Hélas, en 1990, le consensus s’effondre aux Etats-Unis. Les premières grandes campagnes « climatosceptiques » démarrent, menées par l’American Petroleum Institute et l’organisation de lobbying Global Climate Coalition financée par les entreprises opposées à toute mesure de restriction. Dépensant des millions de dollars, ils vont réussir à retourner des politiciens et des scientifiques proches des industriels, jusqu’à paralyser la ratification du protocole de Kyoto par les Etats-Unis.

      Pourtant, dès les années 1970, « tout le monde savait, rappelle Nathaniel Rich. Et nous le savons tous encore ».


  • Pétition | Un pavillon suisse pour l’Aquarius
    https://asile.ch/2018/10/08/petition-un-pavillon-suisse-pour-laquarius

    Une pétition citoyenne a été lancée pour que la Suisse donne son pavillon à l’Aquarius, navire de sauvetage en mer Méditerranée opéré par SOS Méditerranée et MSF. Après Gibraltar, c’est le Panama qui a décidé de lui retirer son pavillon. Le navire, bloqué à quai à Marseille, se retrouve donc sans drapeau et ne peut […]


  • Un pétrole à plus de 80 dollars, mauvais pour l’#économie, bon pour le #climat ?
    http://theconversation.com/un-petrole-a-plus-de-80-dollars-mauvais-pour-leconomie-bon-pour-le-

    Sous l’angle de la demande, un pétrole plus cher incite à faire plus attention à ses achats de carburants, de fioul et de gaz dont le prix est de plus en plus corrélé à celui du pétrole. Cela pénalise le consommateur mais est bienfaisant pour le climat. Pour un militant écologiste, entre la perte d’un point de croissance et le sauvetage de la planète, il n’y a pas photo.

    Mais simultanément, le renchérissement du pétrole envoie une autre incitation au producteur. À mesure que le prix du baril s’élève, il devient de plus en plus rentable d’extraire le pétrole dans les gisements les moins bien situés, donc bien plus coûteux : à quelques milliers de mètres sous la mer, dans la zone arctique ou dans des schistes bitumineux. À chaque cycle haussier du prix du pétrole, on assiste à une reprise des investissements d’exploration-production qui feront les émissions de #CO2 de demain.

    C’est le côté diabolique de l’économie de la rente pétrole pour le climat. Elle présente une double face : la rente de rareté et la rente différentielle.

    [...]

    Tant que l’économie de la rente carbone n’a pas supplanté l’économie de la rente pétrole, il y aura une contradiction entre le fonctionnement des marchés et l’objectif de réduction des émissions de CO2. Et par voie de conséquence, une contradiction entre les objectifs portés par le ministre de l’Environnement et les indicateurs classiques d’emploi, de pouvoir d’achat et de croissance qui guident l’action des gouvernements.

    #énergies_fossiles


  • Climat : « La question des inégalités est fondamentale ; elle est au cœur du rapport du Giec »
    https://reporterre.net/Climat-La-question-des-inegalites-est-fondamentale-elle-est-au-coeur-du-

    Pour maintenir le réchauffement climatique au-dessous de 1,5 °C, il faut réduire drastiquement et rapidement les émissions de gaz à effet de serre. Tel est le message central du rapport du Giec publié lundi 8 octobre. Explication par l’un des ses auteurs, le chercheur Henri Waisman. (...)

    Reporterre — Quelle différence entre un réchauffement de 1,5 °C par rapport à l’ère pré-industrielle et un réchauffement de 2 °C ?

    Henri Waisman — Les résultats montrent que sur un ensemble de systèmes, les impacts sont significativement plus faibles à plus 1,5 °C qu’à plus 2 °C et que pour certains systèmes, on peut éviter des effets irréversibles.

    Par exemple, le phénomène de fonte totale de la glace dans l’océan Arctique pendant l’été arriverait une fois tous les cent ans dans un scénario à 1,5 °C, alors que cela risquerait d’arriver une fois par décennie dans un scénario à 2 °C.

    Il ne faut donc pas s’attendre à des effets linéaires, mais à des effets d’accélération extrêmement importante des impacts. Chaque petite augmentation de température a un impact significatif sur tous les systèmes. (....)

    #Giec #réchauffementclimatique #collapsologie



  • Bumble, l’application de rencontres dopée par #metoo
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/06/bumble-l-application-de-rencontres-dopee-par-metoo_5365635_3234.html

    Le mouvement antiharcèlement a fait de la plate-forme de rencontres féministe un phénomène de société. Lancée fin 2014 par Whitney Wolfe Herd, elle est passée depuis 2017 de 22 à 40 millions d’inscrits.

    Whitney Wolfe Herd n’est pas de celles qui font des concessions à la « bro » culture, la culture macho des programmeurs de la Silicon Valley. Ni tee-shirt ni tennis bariolées : quand elle arrive sur la scène de la conférence TechCrunch Disrupt, ce matin de septembre à San Francisco (Californie), elle est vêtue d’un tailleur fluide d’un bleu classique et chaussée de talons hauts. Imaginez Inès de La Fressange dans une convention de start-upeurs.

    A 29 ans, Whitney Wolfe « pèse » 230 millions de dollars (environ 200 millions d’euros), selon Forbes. Elle a cofondé Tinder, l’application de rencontres en ligne, en 2012, avant de claquer la porte, deux ans plus tard, et de poursuivre ses anciens camarades pour harcèlement sexuel. Fin 2014, elle a lancé Bumble, une plate-forme concurrente mais d’orientation féministe. « J’avais remarqué que beaucoup de femmes étaient en attente vis-à-vis des hommes, explique-t-elle. En attente d’un message, d’une proposition. Du premier pas. » Bumble a renversé l’équation.

    Etre traité avec « respect et gentillesse »

    Dans un secteur en pleine expansion (un mariage sur trois aux Etats-Unis commence par une rencontre en ligne), Bumble a réussi à se distinguer en donnant le pouvoir aux femmes. En bouleversant « les normes hétérosexuelles dépassées », précise le site français. Le principe est le même que pour Tinder : on fait son marché en éliminant – ou en conservant –, d’un swipe (« glissement ») à droite ou à gauche, les photos des partenaires potentiels.

    Mais sur Bumble, seules les femmes ont l’initiative pour engager le dialogue. Si un homme pour qui elles ont « voté » les a aussi gratifiées d’un « like », elles ont vingt-quatre heures pour entrer en contact. L’application est gratuite (sauf le service premium pour celles qui ont raté ce délai ou qui, saisies d’un regret, veulent réactiver des connexions qui ont expiré).

    Le succès a été immédiat, dans un marché pourtant très concurrentiel. Au début, la plate-forme était installée dans un appartement loué par Whitney Wolfe à Austin (Texas). « La salle de conférence était disposée autour de la baignoire », raconte-t-elle. L’attrait, pour les femmes, vient du fait que Bumble débarrasse le dating en ligne des manifestations de « toxicité masculine », selon l’expression des féministes : les commentaires vulgaires, les gros plans sur pénis, qui découragent les intéressées sur la plupart des autres applis.

    Sur Bumble, tout le monde doit être traité avec « respect et gentillesse ». Pas de contenus érotiques ou de photos en maillot, sauf devant une plage ou une piscine. Et pas d’armes à feu non plus sur les profils, depuis la fusillade qui a fait dix-sept morts, le 14 février, au lycée de Parkland, en Floride.

    BUMBLE SE VOIT COMME UNE RUCHE QUI AMBITIONNE DE « REDONNER UNE PLACE DE POUVOIR À LA FEMME », TOUT EN « RÉPARANT LES DÉSÉQUILIBRES HOMMES-FEMMES »

    Mais c’est le mouvement antiharcèlement #metoo, en 2017, qui a fait de Bumble un phénomène de société. En un an, le site est passé de 22 millions d’inscrits à 40 millions, la croissance la plus rapide jamais constatée dans le secteur. Et, phénomène rare parmi les start-up, il dégage des bénéfices.

    Whitney Wolfe se défend de tout opportunisme. « Il n’y a pas un moment où on s’est dit qu’il fallait être en phase avec un mouvement culturel, affirme-t-elle. C’est notre identité, notre voix authentique, et ça l’était avant #metoo. » Bumble se voit comme une ruche. Sa couleur emblématique est le jaune, celui des abeilles (Bumble vient de bumblebee, « bourdon » en anglais). Et ambitionne de « redonner une place de pouvoir à la femme », décrit Whitney Wolfe, cela tout en « réparant les déséquilibres hommes-femmes ».

    « L’Internet a démocratisé la misogynie »

    L’égérie du dating en ligne a grandi à Salt Lake City (Utah), où son père était promoteur immobilier. Quand elle était en CM1, ses parents ont pris un congé sabbatique d’un an en France. Des années plus tard, elle a passé un semestre à la Sorbonne, dans le cadre des études à l’étranger offertes par son université, la Southern Methodist de Dallas (Texas). Elle adore la France. Avant Bumble, elle avait envisagé d’appeler son application Merci.

    Chez Tinder, elle était vice-présidente chargée du marketing, mais les relations se sont détériorées en juin 2014, quand elle a accusé un autre des fondateurs, Justin Mateen – son ancien petit ami – de harcèlement. Il a fallu qu’elle porte plainte et montre les textos insultants du personnage pour être prise au sérieux. Justin Mateen a été suspendu, puis écarté de la compagnie. Le procès a été réglé à l’amiable, au prix d’une compensation de 1 million de dollars pour la plaignante.

    Whitney Wolfe ne dit pas grand-chose du contentieux avec Tinder, du procès et du harcèlement en ligne qu’elle a subi, sinon qu’ils lui ont coûté très cher au niveau de l’estime de soi. Dans un article pour le magazine Harper’s Bazaar, elle explique qu’elle ne pouvait plus se regarder dans la glace, qu’elle buvait trop, déprimait, ne dormait plus. « A 24 ans, j’avais l’impression que j’étais finie. » De cet incident, elle a tiré une conclusion amère : « Pour le dire simplement : l’Internet a démocratisé la misogynie. »

    La jeune femme est rapidement retombée sur ses pieds après avoir rencontré l’entrepreneur russe Andreï Andreev, le propriétaire de Badoo, une autre application de rencontres, populaire dans le monde entier. Badoo est aujourd’hui l’actionnaire principal de Bumble.

    Entre-temps, Whitney Wolfe a épousé (sur la côte amalfitaine) Michael Herd, l’héritier d’une fortune pétrolière du Texas – elle dont le premier travail, à la sortie de l’université, fut de lancer une ligne de sacs en bambou au profit des victimes de la marée noire de BP dans le golfe du Mexique, en 2010.

    La guerre avec Tinder n’a jamais vraiment cessé. A deux reprises, le groupe Match, qui possède la plate-forme, a essayé de racheter Bumble, d’abord pour 450 millions de dollars, puis pour 1 milliard. Ne pouvant y parvenir, il a porté plainte pour vol de propriété intellectuelle. « C’est ce qu’on appelle du bullying [« harcèlement »] », a réagi la direction de Bumble, dans une lettre ouverte. La société a une politique radicale contre les mauvais joueurs, rappelle le texte : « swipe left » – ou l’élimination sans même un regard.

    Réseau social des « relations saines »

    Bumble a aussi déposé une contre-plainte, réclamant 400 millions de dollars de dommages et intérêts. Et le 24 septembre, Whitney Wolfe a annoncé que, faute d’arrangement à l’amiable, le divorce irait jusqu’au procès.

    Selon elle, le groupe Match, qui possède aussi OkCupid et Plenty of Fish, se sent menacé dans son quasi-monopole par les 100 % de croissance enregistrés en un an par Bumble. Si Tinder reste nettement plus gros (50 millions d’utilisateurs, pour un chiffre d’affaires de 400 millions de dollars en 2017), Bumble a affiché 200 millions de dollars de revenus en 2017 et rattrape son concurrent en matière d’abonnés payants : plus de 2 millions, contre 3,8 millions pour Tinder.

    Whitney Wolfe a confiance. Diplômée de marketing, elle a le don de sentir son époque. Bumble se veut aussi désormais le réseau social des « relations saines », à l’inverse des plates-formes qui encouragent les comparaisons dévalorisantes.

    Outre le dating, Bumble propose des rencontres amicales (Bumble BFF, pour Best Friend Forever, l’acronyme qu’aiment à partager les ados) ou du réseautage professionnel (Bumble Bizz). Le but est de promouvoir les bonnes conduites. « La plupart des plates-formes hésitent à en faire autant. Elles ont peur de perdre leurs usagers », note la créatrice.

    « Believe Women »

    Et comme il se doit, Bumble est à la pointe du mouvement Time Well Spent (« le temps bien employé »), qui voit dorénavant les plates-formes appeler elles-mêmes les consommateurs à passer moins de temps en ligne. « Nous sommes en partie responsables de cette épidémie d’obsession pour les réseaux sociaux », reconnaît Whitney Wolfe.

    Bumble vient ainsi de lancer Snooze, ou mode « veille », pour encourager les usagers à se « préoccuper de leur santé mentale ». Les princes charmants devront attendre le retour de l’éventuelle partenaire (ils sont avertis qu’elle fait une pause technologique).

    Whitney Wolfe a elle-même suivi une cure de digital detox (« désintoxication numérique ») de trois semaines. Cela a été dur, explique-t-elle aux technophages de TechCrunch. Une crise de manque pendant quarante-huit heures. « J’étais paniquée, anxieuse. Puis j’ai réappris à être humaine. Un formidable sentiment de libération. »

    La jeune femme est sortie de sa cure à temps pour partager le désespoir de millions d’Américaines devant les auditions du juge Brett Kavanaugh au Sénat. Au lendemain du témoignage de Christine Blasey Ford, l’universitaire qui accuse le candidat à la Cour suprême de l’avoir agressée sexuellement en 1982 – traumatisme qui, dit-elle, l’a accompagnée toute sa vie –, Bumble a publié une pleine page de publicité dans le New York Times. Toute jaune, avec ces seuls mots : « Believe Women ». Ecoutez les femmes et, surtout, « croyez-les ». Whitney Wolfe a également annoncé qu’elle donnait 25 000 dollars au réseau national de lutte contre le viol, l’inceste et les agressions sexuelles (Rainn).

    Accessoirement, Bumble prépare une possible introduction en Bourse. La nouvelle porte-drapeau de l’empathie en ligne fait le pari qu’« éradiquer la misogynie » est une valeur en hausse dans la société américaine, y compris à Wall Street.

    • Mouais, n’empêche que okcupid, qui appartient au gros groupe (je ne savais pas pour ce monopole), il n’est pas basé du tout sur ce zapping consommateur, où on élimine les gens uniquement sur leur apparence physique. Et c’est connu pour être le plus ouvert je crois, avec toujours des choix multiples et plein d’options (tu peux dire que tu es queer, asexuel⋅le, polyamoureux et moult autre).
      Bref Bumble ça a l’air d’être Tinder mais avec quelques restrictions de politesse, donc quand même de la merde.

      (Oui je connais un peu. :p)


  • Prison à vie confirmée en appel contre trois célèbres journalistes turcs : RSF dénonce un lynchage judiciaire
    https://rsf.org/fr/actualites/prison-vie-confirmee-en-appel-contre-trois-celebres-journalistes-turcs-rsf-deno

    La sentence est tombée dans la soirée du 2 octobre : le tribunal régional d’Istanbul a confirmé la condamnation d’Ahmet Altan, Mehmet Altan et Nazlı Ilıcak à la prison à vie assortie d’un strict isolement. Comme en première instance, les célèbres journalistes ont été reconnus coupables d’avoir “tenté de renverser l’ordre constitutionnel”. Leur ultime recours se trouve désormais entre les mains de la Cour de cassation.


    “C’est un véritable lynchage judiciaire dont font l’objet ces journalistes de renom, dénonce le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire. La perspective qu’ils finissent leurs jours derrière les barreaux dans le plus grand isolement est tout simplement honteuse pour les autorités turques. La communauté internationale doit redoubler d’efforts pour mettre fin à l’arbitraire total qui prévaut en Turquie.”

    Arrêtés en septembre 2016, les frères Altan et Nazlı Ilıcak avaient déjà été condamnés à la prison à vie aggravée en première instance. En cause, leurs activités journalistiques, et notamment leurs critiques des autorités au cours d’une émission de télévision diffusée la veille de la tentative de putsch de juillet 2016.

    Après avoir prétendu qu’Ahmet Altan avait fait passer des “messages subliminaux” en faveur des putschistes, le procureur s’est efforcé de démontrer que les journalistes avaient fait “usage de la force… de façon immatérielle”.


  • Des Suisses se mobilisent pour sauver l’Aquarius
    https://www.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/10/07/des-suisses-se-mobilisent-pour-sauver-l-aquarius_5365787_1654200.html

    La Confédération helvétique n’a pas de mer. Mais elle serait en mesure d’offrir un pavillon humanitaire à l’Aquarius, le navire de SOS Méditerranée qui a sauvé près de 30 000 personnes depuis février 2016, date de sa première mission. C’est ce que réclame un groupe de députés et personnalités suisses.


    Le 26 septembre, trois députés de différents bords politiques – la socialiste Ada Marra, le démocrate-chrétien Guillaume Barazzone et le libéral-radical Kurt Fluri – interpellaient le Conseil fédéral, pour qu’il propose un destin à l’Aquarius qui s’apprêtait à perdre son pavillon panaméen. Entre temps, et alors que le bateau est resté bloqué à Marseille, le mouvement a pris plus d’ampleur.

    Selon les signataires, la Suisse pourrait utiliser l’article 35 de la loi fédérale maritime, qui lui permet d’accorder exceptionnellement un pavillon pour des raisons humanitaires. Même si la Suisse n’a pas de mer, elle possède bien une marine marchande.


  • Attribuée à 1,2 million d’euros, une œuvre de Banksy s’autodétruit en pleine vente
    https://www.lemonde.fr/arts/article/2018/10/06/attribuee-a-1-2-million-d-euros-une-uvre-de-banksy-se-detruit-en-pleine-vent

    La « Petite fille au ballon rouge » a été en partie découpée en morceaux juste après avoir été vendue, lors d’enchères organisées à Londres, vendredi. L’incident reste inexpliqué.

    Il pourrait s’agir du dernier canular mis en scène par l’artiste Banksy, célèbre pour ses pochoirs contestataires peints dans de nombreuses villes du monde. Lors d’une vente aux enchères organisée à Londres, vendredi 5 octobre, un tableau lui étant attribué, la « Petite fille au ballon rouge », a été vendu à 1,04 million de livres – près de 1,2 million d’euros en incluant la commission de la maison de vente.

    Une enchère exceptionnelle pour la maison Sotheby’s, à Londres – l’œuvre était estimée entre 230 000 et 341 000 euros –, mais qui ne s’est pas terminée comme prévu : un mécanisme caché dans le bas du cadre a commencé à broyer le tableau peu après la confirmation de l’enchère, ne s’arrêtant que pour laisser intact le ballon rouge en forme de cœur s’éloignant de la fillette, désormais découpée en plusieurs morceaux.

    La destruction pourrait être une bonne affaire

    Aucune explication n’a été fournie sur la destruction de l’œuvre, la maison de vente se disant incapable de confirmer si Banksy lui-même était impliqué. L’artiste a dans la nuit publié une photo de la vente – et de la surprise apparente du public – sur son compte Instagram, accompagné du commentaire : « En train de partir [allusion à la vente aux enchères], en train de partir, partie… » (« Going, going, gone… »).

    « Nous avons été “banksyé” », a de son côté ironisé Alex Branczik, directeur du département d’art contemporain à Sotheby’s, lors d’une conférence de presse après l’incident. « Nous n’avons jamais connu cette situation dans le passé, où une œuvre est découpée en morceaux, juste après avoir égalé un record de vente pour l’artiste. Nous travaillons à estimer ce que cela peut changer à la vente aux enchères », a-t-il expliqué.

    L’acheteur du tableau, contacté par la maison de vente, s’est dit « surpris » de la tournure des événements. Mais si la destruction de l’œuvre aurait pu mener à l’annulation de la vente, comme cela se ferait habituellement, l’opération pourrait se transformer en une bonne affaire, selon un analyse du Financial Times : « Il se pourrait que le tableau broyé prenne de la valeur, considérant qu’il est devenu l’objet de l’un des meilleurs canulars jamais organisés sur le marché de l’art. »


  • Migrants : avec les Pilotes volontaires, au-dessus de la Méditerranée
    https://www.lemonde.fr/a-bord-de-l-aquarius/article/2018/10/06/migrants-avec-les-pilotes-volontaires-au-dessus-de-la-mediterranee_5365581_4
    L’ONG française survole les eaux internationales à bord du Colibri, au large de la Libye, pour repérer des embarcations en détresse.

    Les membres de Pilotes volontaires ont réalisé trente-cinq missions de survol depuis mai 2018. « Nous avons repéré quarante-deux bateaux, ce qui représente près de 4 000 personnes qui ont pu être secourues », assure José Benavente, cofondateur de l’ONG. Vendredi, l’avion a encore croisé une embarcation de caoutchouc en détresse. A 80 milles marins au large de la ville de Khoms, à l’est de Tripoli, un rubber boat – une « embarcarion pneumatique » –, avec à son bord 28 personnes, a été retrouvé. Sa présence avait été signalée au Colibri par l’association Alarm Phone, qui propose une assistance téléphonique aux bateaux en détresse. « On a cherché des bateaux dans la zone et on a fini par prévenir un tanker [navire-citerne], explique Benoît Micolon. Il est allé leur porter secours, deux heures avant que la nuit tombe. »

    C’est ce drame qui avait donné lieu à « Mare Nostrum », l’opération humanitaire et militaire de la marine italienne en Méditerranée centrale. Et c’est la fin de Mare Nostrum, en 2014, qui avait poussé des associations à s’engager dans le secours en mer. Aux commémorations officielles, pour la première fois en cinq ans, aucun représentant du gouvernement italien n’a fait le déplacement. « En 2013, l’opinion publique était attachée au principe de sauver des vies. Aujourd’hui, c’est vécu comme un crime », regrette Flavio Di Giacomo. Outre le gouvernement italien, d’autres personnes ont boudé cet anniversaire. Giacomo Sferlazzo est membre du collectif Askavusa et, après avoir recueilli la parole de rescapés et de témoins du drame, il est convaincu que tout n’a pas été fait par les autorités italiennes, ce jour-là, pour venir en aide aux naufragés. « Cette tragédie aurait pu être évitée », assure-t-il. Cinq ans ont passé. Et elles se poursuivent.