• Je dois avouer que je suis un peu surpris par l’indécence crasse des éditorialistes venant défendre la légitimité de la théorie du grand remplacement au lendemain du massacre de Christchurch. Non pas le fait qu’il y ait des islamophobes en roue libre dans nos médias (ça, dirais-je, on a l’habitude), mais le fait qu’au lendemain d’un massacre aussi horrible, ils viennent se lâcher aussi ouvertement dans leurs émissions et sur leurs flux Twitter, sans même faire semblant d’attendre ne serait-ce qu’une petite période symbolique de respect pour les victimes. Le fait qu’il ne semble y avoir aucune vague d’indignation vertueuse de l’intérieur du système après un tel niveau de dégueulasserie fait partie, également, de l’aspect insupportable de ces interventions (on se souvient, à l’inverse, des interminables commentaires indignés quand tout le monde n’était pas au garde-à-vous après le massacre de Charlie Hebdo) – l’idée qu’on vienne défendre ouvertement la théorie du « Grand remplacement » au lendemain même d’un massacre que l’assassin justifie lui-même par la théorie du « Grand remplacement », ça n’a pas l’air de provoquer une large indignation médiatique.

    Pour le coup, je suis sidéré par cette attitude aussi ouvertement et immédiatement dégueulasse et irrespectueuse.

    Je vais te dire : j’y vois un marqueur de suprématisme blanc, cette façon de cracher à la gueule des « autres » en affichant sciemment son mépris raciste. Une signe des temps typiquement MAGA. Je veux dire que l’affichage du mépris raciste n’est pas un élément secondaire de leur comportement raciste, mais c’est l’élément central de leur communication. Il ne s’agit pas simplement de dire une saloperie raciste (ce qui se fait déjà très bien depuis longtemps dans notre culture), il s’agit désormais de le faire ostensiblement, avec la « fierté blanche » d’un facho bas du front.

    Dans le racisme ambiant usuel, on passe à la télé 7 jour sur 7 pour balancer les phrases codées du genre : « non mais on a bien le droit de critiquer l’islam ». Dans le suprématisme blanc en voie de banalisation, on passe spécifiquement à la télévision au lendemain du massacre d’une cinquantaine de fidèles dans une mosquée pour commenter l’évènement sous l’angle « ça ne doit pas nous interdire de critiquer l’islam et le grand remplacisme ».


  • Les forcenés, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 8 janvier 2019)
    https://blog.mondediplo.net/les-forcenes

    propos recueilli d’un « haut responsable des forces de maintien de l’ordre » : « c’est nous, l’institution, qui fixons le niveau de violence de départ. Plus la nôtre est haute, plus celle des manifestants l’est aussi ». Voilà ce qu’on ne lira jamais dans la presse mainstream.


  • Pollution de l’air : de premiers signes d’Alzheimer chez des adolescents - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/pollution-de-l-air-de-premiers-signes-d-alzheimer-chez-des-

    Liée à la pollution de l’air, notamment aux particules fines, la maladie d’Alzheimer pourrait apparaître très tôt chez les citadins les plus exposés, ceux vivant dans de grandes métropoles. Publiée dans le Journal of Alzheimer’s Disease, une étude menée à Mexico révèle même de premiers signes biologiques chez des enfants et adolescents.

    #paywall
    l’étude en question : https://content.iospress.com/articles/journal-of-alzheimers-disease/jad180853
    #Alzheimer #pollution


  • Des « jardins-forêts » comestibles au coeur des villes face au réchauffement et à l’effondrement de la biodiversité
    https://www.bastamag.net/Des-jardins-forets-comestibles-au-coeur-des-villes-face-au-rechauffement-e

    Imaginer des villes où le béton laisserait progressivement la place à des « jardins-forêts comestibles » : c’est le pari lancé à Budapest, grâce à l’autogestion et à des initiatives spontanées. « Dès le premier jour les habitants du voisinage se sont rapidement appropriés le lieu, témoignent Paloma de Linarés, coordinatrice du projet et Vincent Liégey, co-auteur d’Un projet de Décroissance. « Réduire la consommation des espaces urbains pour ouvrir des espaces verts et comestibles permet de réduire notre (...)

    #Témoignages

    / #Alimentation_et_agriculture_biologique, Economie partagée et gratuité, Biodiversité

    #Economie_partagée_et_gratuité #Biodiversité


  • Jérôme Laronze, paysan mort pour avoir dit non à l’agriculture industrielle

    L’éleveur Jérôme Laronze a été tué de trois balles tirées par un gendarme en mai 2017. Il fuyait les représentants d’une administration au service, selon lui, de l’industrialisation de l’agriculture. Enquête :

    « Sa mort est plus un problème politique qu’un problème d’éleveur. On l’a fait taire parce qu’il avait une grande gueule. » « On l’a abattu en disant qu’il avait la rage, comme un chien », insiste Lydie. Ses sœurs ont la même interprétation : « Le but de l’administration n’était pas dissimulé, ils voulaient l’amener à arrêter son activité », rappelle Martine. « Ils ont commencé en se focalisant sur les pertes de traçabilité ; mais à quel moment cela va-t-il empoisonner quelqu’un ? » interroge Marie-Noëlle. « Par ailleurs, ça bloquait avec la contrôleuse responsable de son dossier, cela devenait une affaire de personnes. Quand un autre agent venait, les procès-verbaux étaient beaucoup plus mesurés. S’ils n’ont pas changé l’interlocuteur, c’est qu’ils ne voulaient pas que les choses s’arrangent. »

    https://reporterre.net/Jerome-Laronze-paysan-mort-pour-avoir-dit-non-a-l-agriculture-industriel

    En octobre 2018 une lettre-témoignage de #Jerome_Laronze datant du printemps 2017 a été publiée. On y lit l’acharnement du contrôle et la montée en puissance de la violence des conditions dans lesquelles il s’execute :
    https://nantes.indymedia.org/articles/43144

    @karacole avait fait des lectures des textes du Collectif contre les Normes qui s’est monté suite à sa mort, en hommage. Ces textes m’ont énormément marquée et donné à réfléchir dans le cadre de la lutte pour la #zad #nddl. La mauvaise reception du dernier texte sur zone, à cause de la critique du choix en force du « mouvement » pour négocier, et envoyée à l’occasion des un an du décès de Jérôme Laronze et surtout le texte de certain-e-s habitant-e-s méprisant-e-s qui lui a été répondu, a été une énorme déception, une de plus qui m’a eloignée de cette lutte à laquelle j’avais consacré tant de temps ces dernières années
    https://archive.org/details/Agriculture_Collectif-contre-Normes

    #normes et #capitalisme ou #violencespolicières


  • Les blessés éborgnés par les forces de l’ordre ne le sont pas par accident | Reflets.info
    https://reflets.info/articles/les-blesses-eborgnes-par-les-forces-de-l-ordre-ne-le-sont-pas-par-accident

    Le LBD 40 doit être retiré de la liste des armes de maintien de l’ordre

    Selon le décompte partiel du collectif Désarmons-les, douze personnes ont perdu un œil dans la répression du mouvement des gilets jaunes. Quatre ont perdu une main. Les tirs de balles en caoutchouc avec les LBD 40 ne sont pas, contrairement à ce qu’affirme la police, imprécis. Enquête.

    Une série de description insoutenables (je vous épargne les photos).

    Jim venait pour sa par de l’île d’Oléron, avec sa femme, pour participer à la manifestation du 8 décembre à Bordeaux. « On ne connaissait pas la ville. On a essayé de partir par les petites rues mais les policiers en civil bloquaient et nous tiraient dessus. J’ai voulu protéger ma femme, indique-t-il. Après… Je ne me souviens plus de rien ». Il a été victime d’un tir de LBD 40 au visage et a perdu un œil tandis que l’autre a perdu en acuité. « On m’a fait une piqûre d’adrénaline. Je me rends compte que j’ai failli y passer. Je me suis réveillé le dimanche. J’ai 15 fractures au visage et désormais, j’ai une plaque en titane sur le côté droit ». Tout comme Franck, qui a eu le crâne ouvert d’une oreille à l’autre pour passer sa plaque en titane.

    Selon les tests du bureau de l’armement de la police nationale effectués avec un LBD 40 muni de ce viseur, le cercle de dispersion, l’écart constaté entre deux tirs à 25 mètres est de 14 centimètres. On peut en conclure que pour être parfaitement précis, il faudrait utiliser cette arme à moins de 10 mètres, distance minimale retenue par la police pour un tir sur une personne si l’on veut éviter des lésions graves. Quoi qu’il en soit, la doctrine impose un tir dans les membres inférieurs, le thorax ou les membres supérieurs. C’est à dire des parties du corps qui sont à plus de 14 centimètres de la tête et plus particulièrement des yeux.

    Au cours des dernières manifestations, nous avons pu constater que les tirs de LBD ne se font pas dans les jambes ou le torse, mais toujours à hauteur de visage ou au mieux, de plexus.

    #Police #Violences


    • Cet art qui doit tant au labeur des artisans de tout l’Orient n’est pas l’expression de l’ « excellence française » mais d’un brassage millénaire de savoir-faire et il est particulièrement mal venu à l’heure où l’Occident se referme comme une huître pourrissante face aux migrations que son économie provoque, de s’instaurer en représentants d’une excellence nationale, quelle qu’elle soit.

      Bravo !

    • C’est pourquoi, en attendant le moment où la délicatesse de nos dessins et la beauté de nos fonds figureront sur les assiettes de banquets prolétariens, dans des fêtes de soutien aux grévistes, ou dans les repas de village, de quartier et de zad, nous avons décidé d’agir. Nous avons les moyens de saboter le Bleu Elysée et chacune de ses assiettes comportant un détail du plan du palais présidentiel. Le bleu virera-t-il au rouge quand Erdogan le touchera de sa fourchette et lui explosera-t-il au visage pour lui rappeler son travail de boucher en Syrie et dans son propre pays ? La céramique se brisera-t-elle en morceau pour faire sentir à Poutine ce que nous souhaitons à son empire ? L’assiette émettra-t-elle une odeur nauséabonde à l’instant où Trump l’approchera de ses doigts boudinés ? Nous n’allons évidemment pas vous dire exactement comment nous comptons saboter les dîners d’apparat dont le péteux petit président français voudra régaler les dirigeants les plus infects de la planète. Tout ce que nous pouvons promettre, c’est que nous allons nous employer à mettre des défauts dans les ors, les lustres et les platines.

    • Hier, me promenant. Vu l’espace public squatté par le privé, m’a fait pensé que c’est dès Louis XIV qu’il eut fallut trancher, car son héritage de petit nantis de province perdure encore.
      J’ai vérifié que le parc Raymond VI restait ouvert jusqu’à 20h30 tous les jours. Pourtant les grilles d’accès le long de la Garonne sont fermées, celles vers la Grave aussi. De loin on voit bien un groupe de pingouins qui pérorent au soleil sur l’esplanade de la Garonne et se goinfrent de petits fours tandis que s’affaire une armée de serveurs autour de tables dressées pour l’occasion. Ils montent et descendent les escaliers avec des plateaux, un cordon entoure leur forfait. Il faut vous dire qu’il y a à cet endroit un musée d’art, une sorte d’extension de la royauté qui recompose sans cesse son adoration contemporaine du veau d’or, un entre soi culturel loin du peuple mais avec son argent.
      Leurs voitures rutilantes sont d’ailleurs garées dans la cour du musée, en épi comme il se doit. Et le petit personnel de toute sorte ne manque pas. A l’entrée principale du parc, dont les grilles sont à peine entrouvertes, sont postées en faction des femmes habillées d’un même uniforme, juchées sur des talons pour que leurs fesses paraissent plus galbées, carnet en main pour recevoir les invités. Tout cela donne l’impression que le parc, en sus de la partie musée, a été privatisé pour une réception de haut vol. Mais en fait, pas du tout, il me suffit de pousser la grille pour entrer. Sauf qu’il faut faire ce geste rapidement et avancer d’un pas assuré, être prête à défendre ce petit espace public de promenade, je m’étonne d’avoir le cœur qui bat la chamade. Je m’attends à me faire arrêter par les hôtesses, rien de rien, je passe. Dans l’herbe il y a quelques inconscients, l’intimidation a réussi, le monsieur qui promène d’habitude son petit chien dans les allées du parc a poursuivi par le trottoir et n’a pas osé entrer.



  • #Jindi_Mehat : L’horreur de la chasse aux sorcières demeure omniprésente dans la culture moderne.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/05/20/lhorreur-de-la-chasse-aux-sorcieres-demeure-omnipresente-dans-la-

    Samedi soir le 13 mai, au SFU Harbour Center de Vancouver, l’historienne féministe et fondatrice des Archives d’histoires supprimées, Max Dashu, a livré une puissante présentation sur les chasses aux sorcières qui ont balayé l’Europe au Moyen-âge, en exposant la raison d’être, les méthodes et les résultats de cette période de féminicide religieux et laïque. Bien qu’il soit tentant de considérer ce long spasme de misogynie meurtrière comme un incident historique isolé qui ne pourrait jamais survenir de nouveau, cela équivaudrait à ignorer que notre oppression continue à être ancrée dans le contrôle patriarcal des corps féminins. Cela passerait également sous silence les motifs de chasse aux sorcières qui résonnent encore tel un écho dans le mouvement de ressac aujourd’hui opposé à un féminisme centré sur les femmes.

    Max Dashu a méthodiquement guidé son auditoire à travers des siècles d’histoire européenne, alors que des milliers de femmes ont été torturées et brûlées comme sorcières, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne. Elle a parlé de villages où des massacres avaient éliminé toutes les femmes sauf deux. Les victimes comprenaient des guérisseuses, des adultères, des femmes qui avaient leur franc-parler ou des talents extraordinaires, et des femmes qui avaient simplement élevé la main pour se protéger quand des hommes les battaient. Toute femme qui défiait les attentes patriarcales devenait une cible de féminicide.

    Le contexte sexué de la chasse aux sorcières est impossible à ignorer. Des jurys entièrement composés d’hommes décidaient quelles femmes allaient vivre et quelles femmes allaient mourir. Les femmes étaient enchaînées dans des positions qui tordaient leur corps dans des positions facilitant l’accès à leurs organes sexuels. Elles étaient systématiquement violées avant d’être immolées. Leurs tortionnaires utilisaient des outils spécialement conçus pour leur enlever les seins, brûler la vulve et déchirer le vagin. Ces horribles atrocités visaient à contrôler et éradiquer spécifiquement les corps féminins, et le fait que cette lecture soit aujourd’hui qualifiée de controversée démontre combien de femmes ont oublié, ou n’ont jamais appris, les leçons de l’hystoire (herstory).

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/05/15/horror-witch-hunts-remains-ever-present-modern-culture

    #gynocide #violences_masculines #histoire

    • L’article a l’air très intéressant (je n’ai pas encore eu le temps de le lire), mais il me semble que dès le premier paragraphe il y a une grosse erreur :

      Max Dashu, a livré une puissante présentation sur les chasses aux sorcières qui ont balayé l’Europe au Moyen-âge

      Les chasses au sorcière ont eu lieu en masse pendant la Renaissance au moment où les prémisses de l’État moderne se mettaient en place (contrôle accru des territoires et des populations, imposition étatiques de monopoles professionnels, développement du système juridique)

    • Je me souviens de cet article, à propos de Caliban et la sorcière, de Silvia Federici, https://blogs.mediapart.fr/helene-duffau/blog/080416/caliban-et-la-sorciere-femmes-corps-et-accumulation-primitive

      Au Moyen Âge, les femmes étaient artisanes, elles avaient leur place dans les corporations. Paysannes, elles produisaient dans les communs une agriculture vivrière. Elles étaient guérisseuses, accouchaient les parturientes et faisaient aussi « passer » les grossesses non désirées. Elles disposaient d’un savoir ancestral transmis de génération en génération. L’histoire omet aussi de rappeler que les paysan-nes d’alors vivaient en lien avec la Nature, instance supérieure à laquelle ils devaient respect et bienveillance.
      La chasse aux sorcières qui débute alors et persécute les femmes durant deux siècles est historiée comme une période de superstition collective née dans l’Église qui, jetant son dévolu sur les femmes, brûle les impies. Pas si simple.

      [...]

      Pour Silvia Federici, cette période marque le moment où la classe dominante se procure, à l’extérieur, les moyens de développer sa richesse et de réprimer les luttes. Les savoirs ancestraux doivent êtres dénigrés : l’État officialise une connaissance qui se théorise, s’étudie, s’écrit. Les femmes qui soignaient doivent être réprimées au profit des pratiques des médecins et de la science officielle qui se déploient. Les croyances impies en les signes de la nature doivent être méprisées, rendues dangereuses : la croyance culpabilisante et asservissante de la religion prend le pas sur l’animisme et les croyances naturalistes.

      ...

      Les 13e et 14e siècles sont pour l’historienne des temps de découverte politique forts. Les fabliaux rapportent des portraits de femmes combattives, exprimant leurs désirs, à mille lieues de l’iconographie suivante de femmes faibles, discrètes et soumises à l’autorité paternelle puis maritale.

      Au Moyen Âge se développe le principe d’une société monétaire tournée vers le commerce et l’exportation de denrées. Dans une société rurale, agricole, dont les terres sont cultivées par la communauté — femmes et hommes dans les communs — le peuple est en lien et en lutte : refus de la taxation, de la mise à disposition des denrées…

      https://blogs.mediapart.fr/helene-duffau/blog/080416/caliban-et-la-sorciere-femmes-corps-et-accumulation-primitive

      Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive est publié aux éditions Entremonde.
      Publié le 8 avril 2016 par Hélène

      #silviafederici #sorcières #Federici

    • 1233 - Vox in Rama, première bulle contre la sorcellerie.

      Le pape Grégoire IX "institua l’Inquisition en 1231, et en confia l’exécution aux frères prêcheurs (franciscains et dominicains). Ainsi, il enleva au pouvoir laïque le pouvoir doctrinal de juger, mais faute d’effectifs suffisant, l’Inquisition devra s’appuyer sur les princes locaux, qui trouveront les moyens de renforcer leurs pouvoirs. À le demande de son inquisiteur exerçant en Allemagne Conrad de Marbourg, il édicta en 1233 la première bulle de l’histoire contre les sorcières, la Vox in Rama décrivant le sabbat des sorciers et leur culte du diable. Parmi ses nombreuses particularités, cette bulle considère le chat, comme le crapaud, comme une incarnation du Diable et déclare que toute personne abritant un chat noir risque le bûcher.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Gr%C3%A9goire_IX

      Jean XXII publia, en août 1326, la bulle Super illius specula, assimilant pratiquement la sorcellerie à l’hérésie. Une voie que suivirent ses successeurs de Benoît XII à Alexandre V en pérennisant la chasse aux sorcières.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_XXII

    • Les chasses au sorcière ont eu lieu en masse pendant la Renaissance au moment où les prémisses de l’État moderne se mettaient en place (contrôle accru des territoires et des populations, imposition étatiques de monopoles professionnels, développement du système juridique)

      en effet @apichat c’est vrai que l’inquisition a surtout persécuté les femmes à la renaissance mais ca à quant même commencé au moyen age ; sur le lien donné par @eoik http://books.openedition.org/pup/2664?lang=fr

      1326 : Le pape Jean XXII autorise par sa constitution Super illius specula l’emploi de la procédure inquisitoriale contre les sorcières."
      et sur wikipédia la fin du moyen age est associé à la fin du XVeme et debut du XVIeme
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Fin_du_Moyen_%C3%82ge

      Mais en voyant l’article sur la Renaissance, c’est vrai qu’on pourrait parlé de pré-renaissance
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Renaissance
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pr%C3%A9-Renaissance

    • L’occasion de découvrir le site des Archives d’histoires supprimées, fondé par #Max_Dashu
      http://www.suppressedhistories.net

      The Suppressed Histories Archives uncovers the realities of women’s lives, internationally and across time, asking questions about patriarchy and slavery, conquest and aboriginality. About mother-right, female spheres of power, indigenous philosophies of spirit— and the historical chemistry of their repression. Even more important, their role in resisting oppression.

      A global perspective on women’s history offers fresh and diverse conceptions of women’s power, as well as of men and gender borders. It overturns stereotypes of race and class, and the structures of domination that enforce them. It digs under the usual story of lords and rulers, looking for hidden strands, and reweaves knowledge from the divided fields of history, archaeology, linguistics and folk tradition.

      So we cast a wide arc, looking for patterns and gaps and contradictions which, where vested power interests are at stake, are trigger points for controversy. Some of the flashpoints are women’s power; neolithic female figurines; gender-egalitarian mother-right cultures; patriarchy; witch-hunts; “heresies” such as goddess veneration or shamans; and the rise and fall of empires, including the doctrines of supremacy that prop up all systems of domination.

      #historicisation #histoire


  • A propos de #post-vérité, un autre angle, les études de #neurosciences sur la #mémoire :

    La fabrique du #souvenir
    Kheira Bettayeb, Le Journal du CNRS, le 9 décembre 2016
    https://seenthis.net/messages/549854

    Pourquoi s’offusquer de la post-vérité ? C’est le mode par défaut de notre #cerveau
    Peggy Sastre, Slate, le 4 janvier 2017
    http://www.slate.fr/story/133049/post-verite-mode-defaut-cerveau

    #Dormir pour se souvenir
    Marine Corniou, Québec Science, le 2 janvier 2017
    http://www.quebecscience.qc.ca/10-decouvertes-2016/5-Neurosciences-Dormir-pour-se-souvenir


  • « Pourquoi l’islamisme ne peut pas être expliqué à partir de la religion », par Norbert Trenkle - 16 Novembre 2015

    http://www.palim-psao.fr/2015/05/pourquoi-l-islamisme-ne-peut-pas-etre-explique-a-partir-de-la-religion-pa

    Une confrontation sérieuse avec le phénomène du fondamentalisme islamique requiert un changement de point de vue et une critique conséquente des spéculations culturalistes. Pour aller à l’essentiel, vouloir expliquer l’islamisme à partir de l’islam est à peu près aussi insensé que tenter de faire dériver le national-socialisme de l’épopée des Nibelungen ou de l’Edda poétique. Évidemment, les islamistes fanatiques se réclament avec une insistance aussi provocante que lassante du Coran et du prophète, mais en réalité ils se moquent totalement des discussions et spéculations théologiques ; pour eux, l’islam, c’est ce qu’ils en font, c’est-à-dire exactement ce qui correspond à leur besoin identitaire et subjectif. Les récits religieux transmis ne sont rien d’autre pour eux que des chiffres et des codes culturels dont ils se servent pour consolider leur statut-sujet précaire. Les islamistes sont tout sauf des religieux traditionalistes qui auraient manqué le train de la modernité ou refuseraient de sauter dedans. Il s’agit bien plus d’individus tout à fait modernes, marqués par le capitalisme, qui en tant que tels cherchent un appui dans un collectif en apparence puissant, auquel ils puissent s’identifier.

    Cette soif d’identification à un sujet collectif n’a rien de nouveau. Il fait partie de l’équipement de base constitutif de l’individu moderne formaté pour la société marchande et accompagne l’histoire de la modernisation depuis le début du XIXe siècle. Cela ne peut guère surprendre. Car la gageure de devoir se rendre socialement actif comme sujet particulier isolé, toujours soucieux de défendre ses intérêts privés et de ne considérer finalement les autres membres de la société que comme des instruments pour atteindre ce but, cette gageure engendre le besoin pressant de se fondre dans une communauté imaginaire, au sein de laquelle cet isolement et cette instrumentalisation réciproque seraient abolis en apparence. Cette identification à un grand sujet apaise en même temps le sentiment d’impuissance devant son propre rapport à la société, qui fait face à l’individu comme contrainte collective chosifiée, car cela offre la surface de projection idéale pour des fantasmes compensatoires de toute puissance. Si au cours de l’histoire de la constitution du capitalisme ce sont en premier lieu les grands sujets classiques comme la nation, le peuple et les classes qui se sont trouvés sur le devant de la scène, ce sont pourtant les communautés religieuses qui ont depuis bien trois décennies le vent en poupe – et certainement pas seulement dans l’espace estampillé islamique mais également sous la forme du fondamentalisme protestant, des sectes évangéliques en Amérique Latine et en Afrique ou du nationalisme hindou. Au macro niveau de la société, les causes de cette « mégatendance » globale se trouvent certainement dans le déclin des grandes religions séculières de l’époque bourgeoise, avant tout du socialisme et du nationalisme. Car dans la foulée de la mondialisation engluée dans la crise, soit l’État est largement privé de son pouvoir de contrepoids régulateur face aux impératifs du marché, soit – comme dans de nombreuses régions de l’ancien tiers monde – il a été complètement broyé, tandis que dans le même temps la croyance quasi religieuse dans le progrès qui régnait au début tout comme au moment culminant du capitalisme se voit démentie tous les jours par les catastrophes écologiques de plus en plus aigues ainsi que l’exclusion sociale grandissante.

    • Très intéressant, l’article comme le site de manière plus générale.
      Deux petites réserves : le terme générique d’islamisme manque un peu de précision, à mon avis : on y subsume habituellement trop de choses pour que tout ce que dit l’article sur l’islamisme soit valable.
      Par ailleurs cette assertion me semble très fausse et être une erreur très commune dans une certaine gauche radicale européenne :

      S’ajouta à cela le conflit israélo-palestinien, qui a été chargé, au sein du monde arabe et de l’idéologie anti-impérialiste, d’une énorme signification symbolique largement au-delà de son véritable caractère de problème territorial limité et relativement mineur, et transformé en une surface de projection du ressentiment antisémite, dont l’islamisme recueillit également l’héritage.

      Sans partir dans de grands développements, je pense que l’auteur sous-estime grandement d’une part la projection de puissance israélienne dans le monde qui va bien au-delà des territoires occupés voire de son environnement proche-oriental immédiat, d’autre part sa capacité d’influence sur les politiques étrangères au Moyen-Orient de plusieurs Etats occidentaux. J’ajoute que la singularité radicale d’Israël, qui n’est ni un classique Etat-nation, ni une puissance coloniale, ni même un régime d’apartheid, semble échapper à l’auteur. J’en veux pour illustration ce que dit l’auteur du thème du choc des civilisations, popularisé par Huntington, phénomène perçu par l’auteur comme symptôme du fait que l’Occident en général avait besoin de se trouver un nouvel ennemi à la fin de la guerre froide. Ce à quoi je veux bien souscrire. Mais l’auteur semble ignorer qu’en même temps ce thème n’a pas été inventé par Huntington mais par son mentor l’orientaliste Bernard Lewis (double national américano-israélien) qui a été une des référence principale des néo-conservateurs pour dépeindre le Proche-Orient.
      De plus ce passage reprend une représentation commune des Arabes, panarabistes ou islamistes, obsédé par Israël et les complots, et donc antisémites. Ce n’est pas entièrement faux mais il faut voir aussi qu’en « Occident » il y a une doxa officielle qui agit dans les médias et le champ universitaire (par intimidation/répétition) qui consiste à minorer tout cela et à écarter d’un revers de main toute explication historique recourant à la thèse du complot comme si l’histoire politique au vingtième siècle de cette région n’en était pas remplie...

      Bref, quelqu’un qui s’y connaît pourrait-il me dire s’il existe un ouvrage clair et accessible en français qui permette de s’initier aux enjeux théoriques de la critique de la valeur ? Perso je n’ai lu que le « Debord » de Jappe (qui n’aborde pas la question) et le bouquin de Kurz « les Habits neufs de l’empire ».

    • Texte intéressant trouvé sur le site signalé et écrit par le petit groupe post-situ des Amis de Némésis :
      http://www.palim-psao.fr/2015/03/etat-islamique-inc-par-les-amis-de-nenemis.html

      Une fois de plus, la Maison Blanche veut rassembler une coalition mondiale contre l’Axe du Mal. Trois années de guerre devaient suffire, et la première campagne inclut des frappes aériennes en Syrie, ainsi qu’un budget exceptionnel de 500 millions USD. Il s’agit à présent d’aider les « rebelles syriens modérés », après avoir aidé avec les monarchies du Golfe une opposition syrienne comprenant toute une série de milices islamistes, dont l’EI. Ces prétendus « modérés » sont en réalité eux-mêmes dirigés par des islamistes concurrents de l’EI, comme l’alliance baptisée Front Islamique, fortement liée au groupe djihadiste Al-Nosra. Ces groupes islamistes issus d’Al-Qaida essaient de se différencier de l’EI, qui les a défaits militairement, et s’entraînent désormais en Arabie saoudite. En résumé, l’Occident est à nouveau en train d’armer des islamistes contre d’autres islamistes, en espérant servir ainsi ses intérêts géostratégiques et abattre le régime d’elAssad. La radicalisation successive des groupes instrumentalisés n’est qu’une affaire de temps. La personnalité autoritaire est le profil commun entre le fascisme et l’islamisme. Dans les deux cas, il s’agit de se soumettre à un destin inamovible, atemporel, dans les deux cas la haine de celui qui ne se soumet pas (l’infidèle, le chômeur, le marginal, le librepenseur) exprime la souffrance de celui qui a décidé de se soumettre mais ne veut pas avouer que son fétichisme consenti le mutile, dans les deux cas (le lecteur est renvoyé à Psychologie de masse du fascisme de Wilhelm Reich). Les nombreuses et terribles exactions sexuelles au Proche-Orient en sont un exemple pesant. Une vie sexuelle libre y est aussi impossible que la fondation d’une famille tant la misère l’interdit. En même temps, l’imposition du voile et d’autres rituels aux femmes traduit l’échec complet des tentatives d’occidentalisation de ces pays. Rappel de la théorie de l’Abspaltung et du fait que la dégradation capitaliste de l’ordre patriarcal et agricole, qui avait pris des siècles en Europe, se présente brutalement dans les pays arabes et y engendre une peur terrible des femmes, et donc une haine décuplée contre elles. Les autres points sont identiques avec l’article précédent.

      Notes :

      [1] http://www.konicz.info/?p=2929

      [2] http://www.exit-online.org/textanz1.php?tabelle=aktuelles&index=9&posnr=622

      [3] [1. L’expansion par la conquête est une constante dans l’histoire, à commencer par la guerre menée par le Prophète aux débuts de l’Islam. De même, la guerre a toujours été une entreprise rationnelle et son succès dépend largement de cette qualité. Ce n’est donc pas en cela que l’EI se singularise forcément. Note des Amis de Némésis]

      [4] [2. Samuel Laurent, dans son livre hâtivement concocté L’Etat islamique, s’étend à juste titre sur la présence massive de l’Etat islamique sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook, qui leur assure une visibilité mondiale, mais ne mentionne même pas la publication des bilans « al-Naba ». Note des Amis de Némésis]

      [5] [3. Chiffres qui pour l’occasion semblent assez ridicules. Note des Amis de Némésis]

      [6] [4. Cette différence semble moins évidente que cela : d’une part l’EI ne se livre à ses horribles destructions que pour mieux accumuler et dominer des pays à exploiter, tout comme l’avait fait le nazisme, et d’autre part sa mainmise sur les ressources (notamment pétrolières) peut très bien produire un return on equity, direct ou indirect, pour ses commanditaires et sponsors. Note des Amis de Némésis]

      [7] [5. Ce qui est sûr, c’est que dans les deux cas, ces massacres génocidaires ont effectivement lieu et sont proclamés comme des objectifs supérieurs à tout le reste : les deux aspects paraissant du coup parfaitement cohérents ; il n’en reste pas moins que, 4 dans un cas comme dans l’autre, ces massacres répondent au souci de s’accaparer les richesses des étrangers ainsi dépossédés (les juifs étant considérés comme des étrangers de l’intérieur) et la « politique » nazie (ou islamiste) traduisant ainsi une « économie » de pillage. Note des Amis de Némésis]

      [8] [6. La formule reste elliptique. Nous supposons qu’il s’agit d’une récession à l’échelle mondiale de la socialisation par le travail, à laquelle répondent des formes de socialisation barbares. Dans ce cas, la formule s’applique aussi bien aux pays condamnés à une guerre civile ininterrompue, comme l’Iraq, la Syrie, la Libye, le Liban, l’Afghanistan, le Yémen, et aux zones « de non-droit » dans les pays occidentaux. Note des Amis de Némésis]

      [9] [7. Cette nouvelle armée en expansion permanente, prête à exécuter les basses œuvres un peu partout où ses chefs, connus ou cachés, lui disent d’aller semer la destruction, est dirigée comme on sait par un certain Abou Bakr al-Baghdadi, de son vrai nom Ibrahim Awad Ibrahim Ali al-Badri, natif de Samarra (d’autres sources disent Fallujah ou Diyala) en Iraq. Selon certaines sources (Samuel Laurent, op. cit., Seuil 2014, p. 121 à 124), qui sont contredites par d’autres, lui ainsi que l’Etat-Major qui l’entoure (une dizaine d’hommes), aurait été faits prisonniers par les Américains en 2004, en raison de nombreux crimes déjà commis à cette époque. Ce qui leur était reproché justifiait donc de très longues périodes de détention. Or, ces hommes auraient tous été libérés en bloc quelques mois plus tard, sans aucun motif visible. Donc, avec des motifs invisibles. De là à imaginer que se répète ici la politique secrète et absurde qui avait déjà présidé à la création d’Al-Qaida, il n’y a pas très loin : mettre en place des organisations criminelles pour les utiliser contre un ennemi commun (à l’époque les Soviétiques en Afghanistan, aujourd’hui les régimes iranien, iraquien et syrien) et pour s’assurer d’une main mise directe sur les champs pétrolifères. Laisser une armée de criminels détruire des pays entiers en se disant que le moment venu, on les remettra dans leur boîte. Pour d’autres sources, comme Wikipedia, les dates ne sont pas les mêmes – arrestation en 2005 et libération en 2009 – et il est avancé qu’al-Baghdadi aurait été arrêté par erreur, et donc relâché sans problème au bout de quatre ans. Note des Amis de Némésis

    • @souriyam en français, c’est surtout Jappe du coup, donc il y a Les aventures de la marchandise, en 2003. Je ne crois pas qu’il y ait de brochure plus courte avec uniquement les trucs de base, sans rentrer dans les détails. @ktche une idée d’un ouvrage ?

      M’est-avis que les participants aux groupes de critique de la valeur feraient bien de s’associer avec des spécialistes de l’éducation populaire, pour vulgariser les théories dans un langage commun, avec des exemples, des schémas, ou que sais-je encore…

    • M’est-avis que les participants aux groupes de critique de la valeur feraient bien de s’associer avec des spécialistes de l’éducation populaire, pour vulgariser les théories dans un langage commun, avec des exemples, des schémas, ou que sais-je encore…

      Oui surtout Clément :-p


  • Avant que la droite israélienne ne se réjouisse des événements de Paris - mardi 17 novembre 2015 par Gideon Levy - Traduction française Robert Zimmerman
    http://www.ujfp.org/spip.php?article4518

    Avant que la droite en France et dans toute l’Europe ne commence à se réjouir, nous devons leur dire : ne dansez pas non plus sur le sang répandu. Le nationalisme, la haine des étrangers, le racisme, l’expulsion des réfugiés, l’isolationisme et la guerre contre l’islam – vos solutions magiques – ne résoudront rien du tout. Les appels réjouis du « nous vous l’avions dit » venant d’Israël et de la droite européenne résonnent déjà.

    Le premier ministre Benyamin Netanyahu et Marine le Pen sont à nouveau ceux à qui profitent le plus la terreur. Nous ne devons pas tomber dans leur piège.

    La droite israélienne dira : nous vous l’avions dit. Voilà comment sont les Palestiniens, voilà comment sont les Arabes et voilà comment sont les musulmans – des animaux assoiffés de sang. La conclusion : il n’y a aucun partenaire. Nous vivrons pour toujours par l’épée.
    L’Europe vit maintenant ce que nous vivons depuis des années. L’Europe fera maintenant des pas en direction d’une guerre contre le terrorisme – les mêmes pas qu’elle a condamnés lorsque nous les avons faits.
    L’Europe nous fichera peut-être maintenant la paix. Après tout, nous avons maintenant un ennemi commun. Voyons s’ils continuent à étiqueter des produits, voyons s’ils continuent à condamner les colonies de peuplement.

    Nos audacieux raids sur l’hôpital Al-Ahli à Hébron et sur l’école primaire à Silwan, à Jérusalem, font partie de la guerre de civilisation que mène l’Occident et à laquelle Israël est si fier de participer. Quiconque n’envahit pas Al-Ahli ne combat pas le terrorisme. Quiconque n’abat pas une jeune femme tenant un couteau à un check-point s’en prend à Paris. La loi pour Ahmed Manasra (le garçon israélien qui a poignardé un garçon israélien) est la même que pour John le djihadi. Le Hamas est l’organisation Etat islamique et la même chose s’applique au Hezbollah, Mahmoud Abbas, le Cheikh Raad Saleh (le dirigeant du Mouvement islamique), les membres de la liste conjointe à la Knesset Ayman Odeh et Ahmad Tibi – tous sont Daesh, tous les Arabes.

    Ceci est évidemment un château de cartes propagandiste qui est complètement déconnectée de la réalité. Le but de celui qui, à Hébron, brandit un couteau, est complètement différent de celui du jihadiste du Stade de France, tout comme l’est leur vision du monde. Ici, le Palestinien se bat pour sa terre et pour son pays, pour sa libération de l’occupation, pour l’autodétermination et pour la liberté – alors que là-bas le jeu consiste à détruire l’Europe et à en prendre le contrôle. Ici, le motif principal est national et politique. Là, c’est du fondamentalisme religieux.

    Seulement, la vérité est que la droite israélienne n’a pas complètement tort. En fin de compte, sa prophétie se réalisera d’elle-même. Si Israël poursuit sa politique, l’enfant au couteau de Hébron deviendra le kamikaze de Daech. Aujourd’hui déjà, il observe avec un regard ardent le succès de ses grands frères.

    Daech n’est pas encore là mais on peut compter sur Netanyahu consorts pour le faire venir. L’occupation a déjà donné naissance au Hamas et au Djihad Islamique. Une Cisjordanie désespérée et un Gaza emprisonné sont un sol fertile pour les faire pousser. Les sections d’assaut et les assassins dans les hôpitaux fournissent l’accélérateur de particules nécessaire pour attirer les djihadistes.(...)

    traduction française de l’article cité ici : http://seenthis.net/messages/429026


  • « Paradoxal : ceux dont la parole est attendue [les musulmans] ne sont pas invités [par les médias] » : Sihame Assbague - Cheek magazine

    http://cheekmagazine.fr/societe/attentats-paris-sihame-assbague-experts-musulmans-medias

    La communauté musulmane se sent-elle exclue du débat ?

    C’est compliqué de parler au nom de tous les musulmans, mais beaucoup m’ont contactée car ils sont extrêmement dépités de ne pas se voir représentés. Les invités ont toujours le même profil et personne ne leur apporte la contradiction quand ils disent des choses fausses. Les musulmans font en ce moment l’objet de beaucoup de discussions et ils aimeraient devenir des sujets.

    • Y compris chez les « amis » :

      TOUS AVEC LA-BAS AU LIEU-DIT !
      Enregistrement public
      Mercredi 18 NOVEMBRE À 18H
      http://la-bas.org/la-bas-magazine/au-fil-de-la-bas/mercredi-tous-au-bistro-tous-avec-la-bas-au-lieu-dit-enregistrement-public

      La prochaine émission de Là-Bas Hebdo sera consacrée au attentats de Paris. Avec, entre autres, autour de Daniel MERMET :
      – Alain GRESH, journaliste et auteur du blog « Nouvelles d’Orient »,
      – Laurence BLISSON, magistrate, Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature,
      – Julien SALINGUE, docteur en Science politique (Université Paris 8) et auteur du blog « À la recherche de la Palestine »
      – Patrick HAIMZADEH, ancien diplomate français à Tripoli (2001-2004), auteur de l’ouvrage Au cœur de la Libye de Kadhafi (JC Lattès, 2011).
      – Alain DENEAULT, Docteur en philosophie et auteur de La médiocratie (Lux, octobre 2015),
      – Gérard MORDILLAT,
      – Et le musicien Dgiz.


  • Ruée des jeunes français vers les armées
    http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/19/ruee-des-jeunes-francais-vers-les-armees_4813438_4809495.html

    C’est du jamais vu. Les jeunes français se ruent à la porte de l’armée, pour s’engager. Depuis les attentats du 13 novembre, les demandes reçues par le site internet sengager.fr de la défense ont triplé. « Je suis sur le c… ! », n’hésite pas à s’exclamer jeudi 19 novembre le colonel Eric de Lapresle, chef du bureau marketing et communication du recrutement pour l’armée de terre, « c’est un phénomène totalement inédit ».

    La défense n’a pas voulu communiquer sur ce phénomène durant la période de deuil national, gênée de pouvoir laisser penser qu’elle « surfait sur les morts du 13 novembre ». Aujourd’hui, elle donne ses chiffres : elle reçoit 1 500 demandes par jour contre 500 avant les derniers attentats.

    L’armée de terre, qui exprime traditionnellement les plus gros besoins en effectifs, vivait déjà en 2015 une année exceptionnelle. En effet, après les attentats de janvier contre Charlie et l’Hyper Casher, le président de la République avait décidé de sauver une grande partie des postes qui devaient être supprimés dans la défense, et les bureaux de recrutement avaient dû repartir en campagne. Les régiments auront embauché 15 000 jeunes d’ici à la fin 2015, contre 10 000 en 2014.

    Et pour être curé ? #misère #armée

    • Je venais de lire ça :

      Attentats de Paris : l’armée reçoit de nombreuses candidatures - France Inter
      http://www.franceinter.fr/depeche-attentats-de-paris-l-armee-recoit-de-nombreuses-candidatures

      Le centre d’information et de recrutement de l’Armée de terre à Limoges estime à 25 ou 30% supplémentaires le nombre de demandes de renseignement par téléphone ou sur internet. « Pour certains, les attaques ont été un élément déclencheur, donc certains candidats se renseignent pour une carrière en tant que militaire d’active, d’autres qui ont déjà une vie construite se renseignent pour aider dans la réserve » précise le major Patrick Davos, chef du CIRFA.

    • La défense n’a pas voulu communiquer sur ce phénomène durant la période de deuil national, gênée de pouvoir laisser penser qu’elle « surfait sur les morts du 13 novembre ».

      A Paris sur la ligne 5 du métro il y a de nombreuses affiches pour le recrutement militaire.
      ....
      #surf

    • Suffit de passer dans une gare, pub X25 (si il y’a assez de place, comme à Montparnasse dans les grand halls sous verrières) en 4X4, et dans les métros etc, un max de pub, depuis un bout de temps, pour les seules formes de garantie de #revenu un peu sûres : matons, armée, police.

      En revanche l’église fait campagne pour le « denier du culte » en expliquant qu’ils ont du mal à payer les curés.

      Vu le peu de #salaire disponible, ils n’ont pas de problème de recrutement de soldats, flics et matin mais de qualité de ce recrutement. Elle augmente, il s’agit de l’améliorer encore.

    • Campagnes de recrutement : 27% des engagés quittent l’armée dans les 6 mois, Lieutenant-colonel Frédéric Le Saint, chargé de com’, 2003.

      http://leplus.nouvelobs.com/contribution/787681-armee-francaise-nous-peinons-a-recruter-malgre-des-millions

      « Les jeunes qui viennent à nous veulent de l’action, de l’aventure. Ils veulent que ça bouge. Surtout ceux, en majorité des garçons, qui s’intéressent à l’armée de Terre ». (...) Bien que les effectifs du ministère de la Défense soient orientés à la baisse, les armées ont besoin d’attirer 30.000 jeunes hommes et femmes chaque année, dont 15.000 militaires du rang afin de maintenir une moyenne d’âge relativement basse (33 ans pour le personnel militaire). (...) Ainsi pour un poste de militaire du rang à pourvoir, ils sont à peine deux à se présenter dans les CIRFA, et seulement 1,5 pour l’armée de Terre, selon le 6e rapport annuel du Haut comité d’évaluation de la condition militaire de juillet 2012. Difficile, dans ces conditions, de sélectionner du personnel de qualité. (...) Les principaux freins à l’engagement rejoignent les préoccupations de la société française. Concilier activité professionnelle et vie privée semble plus difficile pour les militaires. Et l’incontournable exigence de mobilité rebute une part croissante des jeunes Français. Enfin, dans une société qui refuse la violence, et toujours selon l’étude de l’IRSEM, 26% des jeunes estiment que les métiers militaires sont trop dangereux. (...) Les exigences de disponibilité, de mobilité ne sont plus dans l’air du temps. Les jeunes rêvent d’aventure, d’action et d’autres horizons. Soit. Mais de là à risquer sa vie loin du pays…

      La mort est, en effet, devenue insupportable pour nos contemporains, surtout la mort violente.

      http://leplus.nouvelobs.com/contribution/787681-armee-francaise-nous-peinons-a-recruter-malgre-des-millions

      #démission


  • Ébriété guerrière
    http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2015-11-16-Paris

    Le 13 novembre 2015, une série de fusillades et d’explosions ont endeuillé Paris et Saint-Denis, provoquant la mort d’au moins 130 personnes. Les auteurs de ces attentats, souvent des jeunes Français musulmans, ont motivé leur acte en invoquant l’intervention militaire de leur pays en Syrie contre l’Organisation de l’Etat islamique (#OEI). Deux jours plus tard, Paris a procédé à de nouveaux bombardements contre les positions de l’OEI en Syrie, principalement dans la « capitale » de l’Organisation, à Rakka. Et, dorénavant, le gouvernement français comme l’opposition de droite s’accordent sur la nécessité de multiplier les « frappes » en Syrie. L’urgence de mener sur le front intérieur une « guerre » implacable ne les distingue pas davantage.


  • Jacques Ellul proteste contre sa mise au puits
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=767

    Des Bordelais, lecteurs et disciples de Jacques Ellul, nous envoient Du bluff technologique à l’esbroufe artistique : leur protestation contre un dispositif d’art contemporain censé honorer dans sa ville l’ennemi de la technologie et de l’art contemporain. Jacques Ellul, l’un des plus précoces, des plus tenaces et des plus lucides critiques du capitalisme technologique, est aujourd’hui victime à Bordeaux d’une tentative de noyade dans les eaux troubles de l’art contemporain. Il ne suffisait pas que la trissotine intelligentsia parisienne et universitaire ait ignoré, étouffé, enfoui ses travaux, sa vie durant, au profit des divaguants de la Rive gauche : communistes & cie. Il ne suffisait pas que cette même clique, convertie à la French theory après les catastrophiques vérifications historiques (...)

    #Faits_divers
    http://www.piecesetmaindoeuvre.com/IMG/pdf/Du_bluff_technologique.pdf

    • Cet art formaliste et théoricien joue un double rôle, contradictoire : il fait profession d’être une révolte contre notre culture hypermécanisée, hyperenrégimentée, mais il justifie en même temps les produits du système de puissance. Il acclimate l’homme à vivre dans ces villes, dans ce milieu, il le convainc que ce monde d’absurdités, de violence, d’anonymat est le seul monde possible. Il lui fait considérer comme normal, qui plus est, sommet du plus haut de l’art, la désintégration de l’homme, la vie dans les grands blocs (ceux que justement prépare la méga-technologie). Il lui fait considérer comme absurde toute protestation contre cet environnement. Il lui fait accepter comme l’être même ce qui est sa négation.

      #Jacques_Ellul #Bordeaux #art_contemporain #acceptabilité #cynisme


  • « Context-Free Coverage of Terror Helps Perpetuate Its Causes » (FAIR, 16/11/2015)

    “The outpouring of no-context, ahistorical sympathy after 9/11 helped pave the way for a violent reaction that killed in Iraq alone roughly 150 times as many people as died in Lower Manhattan that day — an opportunistic catastrophe that did more to mock than avenge those deaths. Coverage of the Paris attacks seems to be similarly skirting over political realities.”

    http://fair.org/home/context-free-coverage-of-terror-helps-perpetuate-its-causes

    Just as the question of Al-Qaeda’s motives in 2001 provoked more self-congratulation than serious inquiry (Extra! Update, 10/01), coverage of Paris in 2015 tends to skirt over political realities. Thus the New York Times (11/13/15) could report: “A stunned and confused French capital was again left to wonder: Why us? Once again?” The obvious answer was alluded to obliquely by a soccer stadium spectator: “With all the strikes in Syria, we’re not safe anymore.”

    Readers were presumed to know this referred to the French bombing campaign against ISIS in Syria, which began in September, following aerial attacks against ISIS’s positions in Iraq that started last year (CNN, 9/27/15). Just last week, France joined in intensified strikes against ISIS-controlled oil fields in Syria (New York Times, 11/12/15). By last summer, Western airstrikes against ISIS in both Iraq and Syria had reportedly killed at least 459 civilians, including more than 100 children (Guardian, 8/3/15).

    #France #Proche-Orient #Irak #Syrie #OEI #médias #US #attentats #conflit #dip


  • Etat d’urgence et article 16 : pourquoi Hollande veut-il réviser la Constitution ?
    http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/11/16/etat-d-urgence-et-article-16-pourquoi-hollande-veut-il-reviser-la-constituti

    Le chef de l’Etat a évoqué, lundi devant le Congrès, une vaste révision de la Constitution pour « permettre aux pouvoirs publics d’agir conformément à l’Etat de droit contre le terrorisme de guerre ». François Hollande veut réformer la Constitution en s’inspirant notamment du comité Balladur de 2007, qui proposait d’y inscrire l’état d’urgence. Une source gouvernementale a évoqué la création d’un régime constitutionnel d’« état de crise » et d’un « visa de retour » pour les Français ou résidents en France qui seraient « impliqués dans des activités terroristes à l’étranger ».

    #patriot_act #état_d'urgence



  • Réfugiés de La Chapelle : au marché de la misère - The Dissident - The Dissident
    http://the-dissident.eu/7043/refugies-de-la-chapelle-au-marche-de-la-misere


    Voilà comment on force des gens à vivre dans l’un des pays les plus riches du monde !

    Ils ont connu la faim, la crasse, le froid. Aujourd’hui expulsés, les quatre cents migrants réfugiés sous le métro aérien de La Chapelle (Paris 18e) ont survécu pendant des mois grâce au « système D ». The Dissident a vécu avec eux les derniers jours de cette économie de la débrouille, parfois surprenante d’inventivité… Reportage.


  • #Anti-terrorisme : arrestation à domicile de Pierre Stamboul [#UJFP] lors d’une descente de police à 1h30 du matin
    http://www.ujfp.org/spip.php?article4204

    le #Raid a débarqué au domicile de notre camarade Pierre Stambul, co-Président de l’Union Juive Française pour la Paix.
    Les forces de #police ont utilisé le protocole pour neutralisation de terroriste retranché armé : portes cassées, et devant les habitants pacifiques réveillés recherche immédiate de caches d’armes.

    #arrestation_nocturne #96hdeGàV (?)


  • Le resserrement de la cage d’acier
    http://www.lecourrier.ch/130349/le_resserrement_de_la_cage_d_acier

    Il y a plus d’un siècle, le sociologue Max Weber considérait que la modernité capitaliste se caractérisait par la progression d’une rationalité qui se concrétisait par l’enfermement de nos vies quotidiennes dans une cage d’acier faite de normes techniques. Où en sommes-nous face à une telle prévision ?

    La colonisation du monde vécu. Il ne semble pas que la prévision énoncée par Max Weber de l’enfermement des existences dans une cage d’acier, constituée de normes techniques, ait été démentie. Dès les années 1970, le philosophe Jürgen Habermas a utilisé pour décrire ce mouvement l’expression de « colonisation du monde vécu ». Cette expression désigne, chez cet auteur, le fait que le monde de la vie quotidienne se trouve enserré par la rationalité instrumentale du système qui se divise, selon lui, en deux sous-systèmes : économique et administratif. Le fonctionnement du marché et les normes juridiques constituent un maillage de plus en plus serré de nos existences, au point qu’il devient de plus en plus difficile d’imaginer et d’admettre que l’on puisse vivre sans cet encadrement de nos vies.
    La domination de la rationalité marchande et technocratique au travail. L’économiste Daniel Cohen, dans Homo economicus (2012) ou encore le philosophe Michael Sandel, dans Ce que l’argent ne saurait acheter (2014) ont mis en lumière les transformations que la domination de la rationalité marchande sont en train d’effectuer sur les comportements humains. Progressivement, ce sont des manières d’être traditionnelles, ancrées dans la vie quotidienne et des modes de relations sociales non marchands, qui perdent leur sens subjectif pour les personnes. Ainsi, il arrivera un temps où les cadeaux offerts lors des fêtes traditionnelles n’auront plus de valeurs symboliques ou affectives, mais uniquement la valeur marchande que l’on peut en tirer sur les sites internet de vente en ligne. C’est ce que Karl Polanyi dans La grande transformation (1944) avait déjà souligné en parlant du désencastrement de l’économie marchande par rapport au social.

    Mais ce ne sont pas seulement les relations de solidarité qui perdent leur sens au profit du calcul utilitaire. Cette rationalité technocratique atteint le monde du travail, provoquant, comme cela a été mis en valeur par les travaux du psychologue du travail Christophe Dejours, des psychopathologies et une souffrance psychique et physique. Notre activité de consommateur se trouve également soumise à des normes de rationalité imposées par la logique capitaliste, nous forçant au travail gratuit, comme le montre Marie-Anne Dujarier dans Le travail du consommateur (2014).

    La domination de la rationalité bureaucratique. Nombre de discours sociologiques, à la suite de ceux de Michel Crozier, avaient mis en valeur la critique de la bureaucratie, aussi bien dans le monde de l’entreprise que de l’Etat. Néanmoins, le travail de Béatrice Hibou vient relativiser cette thèse. Dans La bureaucratisation du monde à l’ère néolibérale (2012), elle montre comment notre quotidien se trouve au contraire quadrillé par des normes en tout genre : de qualité, d’hygiène... Cette rationalité technocratique étatique est également à l’œuvre dans l’emprise exercée par la surveillance et le contrôle des existences quotidiennes, comme l’a analysé entre autre Armand Mattelart dans La globalisation de la surveillance (2008), analyse qu’il a complétée, avec André Vitalis, dans Le profilage des populations (2014).

    La technocratisation de la vie quotidienne. Cet enserrement de la vie quotidienne n’est pas seulement à l’œuvre du fait de l’Etat et du marché. Il ne s’applique pas seulement aux travailleurs ou aux consommateurs que nous sommes. C’est l’ensemble de nos actions et de notre subjectivité qui se trouve transformé par le techno-capitalisme.

    On peut ainsi citer les analyses faites sur la transformation de notre rapport au temps, que ce soit par Paul Virilio ou Hartmut Rosa : l’accélération du monde vécu, qui a pour corollaire le rétrécissement de l’espace et l’augmentation du stress. Cette transformation du rapport au temps se traduit par une diminution du temps de sommeil, comme le souligne Jonathan Crary dans 24/7 - Le capitalisme à l’assaut du sommeil (2014). Cette colonisation technocratique du monde est à l’œuvre également dans l’espace urbain, comme l’analyse Elisabeth Pélegrin-Genel, dans Des souris dans un labyrinthe (2012). Cette emprise sur notre monde vécu est présente dans le moindre des objets standardisés de notre vie quotidienne, comme le met en lumière le philosophe Jean-Michel Besnier dans L’homme simplifié (2012). Elle est à l’œuvre enfin dans nos loisirs, en particulier dans ce que le philosophe Roberto Casati appelle le colonialisme numérique.

    Dans ce monde d’objets marchands et de constructions urbaines, pensées selon les logiques des politiques étatiques et de la rationalité capitaliste, quelle place reste-t-il encore pour la constitution de subjectivités individuelles et collectives qui échappent aux logiques du techno-capitalisme ?

    #idées #capitalisme #rationalisme #temps


  • Vice : Pourquoi les Français ne lisent-ils plus ?
    http://www.vice.com/fr/read/fin-de-la-lecture-en-france-203 ?

    La psychologie de l’auteur contemporain est massivement rythmée par la reconnaissance. Les écrivains qui ont mal à comprendre que la littérature est – et à toujours été – un truc archi-minoritaire. Si tu prends les chiffres de vente réels des auteurs du milieu du siècle passé, tu te rends alors compte que des livres séminaux, cultes et toujours lus, oscillaient entre 1 000 et 2 500 exemplaires vendus. C’est-à-dire précisément les mêmes chiffres qu’aujourd’hui. En gros, lorsque seulement 600 personnes passent en caisse avec ton livre, c’est désolant mais tout à fait normal.
    Donc les ventes n’ont pas baissé.
    C’est ça, les ventes n’ont jamais baissé. Il y a juste quelque chose qui s’est monté tout autour de la littérature. La vie littéraire répond à toute une série de rites, tableaux de vente, rentrée littéraire, prix, récompenses, soutiens publics, etc. Tout ça participe à une certaine métafiction de la littérature.