• Pr. Logos sur Twitter

    1/ Avant tout, l’annonce absurde de Macron à Saclay visait à obtenir ce type d’article, le présentant comme ayant débloqué la situation, et mettant la responsabilité de la non-reprise de l’#Université sur les universitaires.
    Et ça marche...

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/26/on-n-est-pas-loin-du-theatre-de-l-absurde-une-rentree-fantome-a-l-universite

    2/ La petite musique de la responsabilité des profs prend et la colère montante contre les décisions aberrantes et l’absence de moyens de sécurisation sanitaire se répend.
    Or, quelle est la réalité ?

    3/ Depuis juin, les moyens de sécuriser sanitairement les universités sont connus et ont été envoyé dans tous les cabinets ministériels, à Matignon, à l’Elysée. AUCUN MOYEN n’a été débloqué à ce jour.
    ZERO.
    NADA.

    4/ L’annonce de Macron, relayé aussitôt par une « circulaire », est contredit par le décret sur lequel il devrait s’appuyer. Cette circulaire, si on la prenait au sérieux bien que sans portée, annulerait la circulaire de la semaine précédente, sur le retour des L1 et le soutien...

    5/ Personne au ministère même n’était au courant avant l’annonce de Macron de ce qu’elle serait, pas même la ministre qui a dû improviser laborieusement cette annonce inouïe de mépris pour les étudiants et les universitaires.
    Car au fond, elle EMPECHE tout travail réel.

    6/ Alors de voir que cette communication hors sol, sans la plus petite réalité, est relayée sans analyse, sans critique par la presse nationale puis reprise par des représentants étudiants qui entonnent la petite musique de la responsabilité des universitaires, ça fout la rage.

    7/ Rien ne va. Il faut reprendre dans l’ordre : l’accueil de petits groupes en journées banalisées le temps d’acheter les FFP2, les capteurs CO2, les tests salivaires, la calibration des jauges des salles, les tentes pour repas collectifs, dès que l’argent sera débloqué.

    8/ Et ensuite s’y tenir le reste du trimestre sans avoir des instructions contradictoires, absurdes, débiles, sans la plus petite réalité tangible, et aucun moyen de sécurisation sanitaire. Avec une soupape dès qu’il fera >15°C : les cours en extérieur (filmés le cas échéant).

    9/ Ca commence à bien faire.
    Avoir droit, pendant la pandémie, à une loi démolissant le système de recherche et l’Université, puis avoir les oukases les plus débiles de la part du tocard élyséen. STOP.
    Ça suffit.

    https://twitter.com/Pr_Logos/status/1354032749624094720

    #covid-19 #Education_Nationale

  • Thread by carolinedehaas on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1353813233354878976.html

    Alors voilà.
    Je ne suis pas favorable à l’imprescriptibilité des crimes sexuels.
    Je ne suis pas non plus favorable à un durcissement des peines.
    Je ne suis pas d’accord avec ces revendications (sur le fond) et je pense que c’est une mauvaise stratégie de les mettre en avant.

    J’exprime ici une opinion personnelle. Nous ne sommes pas toutes d’accord à @NousToutesOrg là-dessus.

    Avis à tous les fachos et trolls : vous êtes déjà bloqués, ne vous fatiguez pas.

    Ce débat politique et stratégique qui traverse les mouvements féministes ne change RIEN à nos très nombreux points d’accords.

    (Et au fait qu’on aimerait savoir comme faire pour que les hommes arrêtent de violer)

    L’objectif prioritaire des politiques publiques devrait être de faire cesser les violences sexuelles.

    Pour rappel, 6,7 millions de personnes ont subi l’inceste en France.
    94 000 viols sont commis chaque année par des hommes sur des femmes.

    Je suis convaincue que l’imprescriptibilité n’est pas une solution pour en finir avec les violences sexuelles.
    Que ce n’est pas en disant aux personnes qui violent qu’elles pourront être poursuivies plus longtemps qu’elles arrêteront de violer.
    Qui peut penser qu’un homme qui commet un viol ignore que c’est un crime très sévèrement puni ?
    Qu’en le rendant encore plus durement puni, on va convaincre des gens d’arrêter de violer ?
    Je pense aussi que la prescription est juste.

    Je pense qu’on ne doit pas pouvoir être poursuivi.e jusqu’à sa mort, même pour des crimes.

    (Je pense aussi qu’il faut abolir la prison - totalement - mais un débat à la fois)

    « Et les victimes alors ? »
    Il me semble que justice ne se construit pas pour les victimes ou à partir de leurs besoins, souhaits (Sinon, on finirait par rétablir la peine de mort je pense ?)

    La justice dit l’interdit pénal, la règle.

    50 ans après les faits, rappeler une règle (si tant est qu’on peut sanctionner des années après, vu la difficulté de rassembler les éléments matériels), est-ce que cela permet de rétablir l’ordre public et de faire reculer les violences, je ne suis pas sûre.
    Penser dans notre société la reconstruction des victimes par le biais de la sanction n’est pas satisfaisant.

    Quand les éléments matériels ne sont pas suffisants pour sanctionner.
    Quand l’auteur est mort.
    La société devrait accompagner les victimes au-delà de la décision pénale.
    Au-delà du fond, je pense que porter cette revendication est une erreur stratégique.
    Cela fait sortir du champ du débat les deux enjeux principaux de la lutte contre les violences : la prévention et les moyens qui lui sont dédiés. Ces deux éléments sont des angles morts absolus des politiques publiques menées aujourd’hui en matière de lutte contre les violences.
    Autre élément : cela place le débat de la lutte contre les violences sur le terrain des réactionnaires et conservateurs.
    Qui va s’engouffrer dans la brèche ? La droite et l’extrême-droite.
    « On s’en fiche, ce débat dépasse les clivages »

    Faux. La lutte contre les violences est clivante. Politiques publiques, politique pénale, rôle de l’école, moyens financiers mis sur la table : ces débats sont clivants.
    Enfin, un processus législatif pour voter cette mesure prendrait du temps. Nous n’avons pas le temps.
    Chaque jour, en France, des enfants sont victimes de violences sexuelles dans leur famille. Nous n’avons pas besoin d’une nouvelle loi.

    Nous avons surtout besoin de politiques de prévention et de moyens.
    Si nous voulons en finir avec les violences, nous avons des moyens beaucoup plus efficaces que durcir les politiques pénales.

  • Coronavirus : Emmanuel Macron agacé par l’idée d’un reconfinement
    https://www.rtl.fr/actu/politique/les-infos-de-5h-coronavirus-emmanuel-macron-agace-par-l-idee-d-un-reconfinement-

    D’après les informations de RTL, la pression des scientifiques l’agace au plus haut point. En résumé, plus les blouses blanches répètent à Emmanuel Macron qu’il faut reconfiner, moins le président de la République a envie de le faire. 

    « Il est agacé par les spécialistes qui n’ont que ça à proposer », raconte un proche. Le chef de l’État en aurait assez de les voir défiler sur les plateaux de télévision, mettre la pression sur l’exécutif. Leurs propos sont scientifiques mais sa décision est aussi politique, économique et social. « Il connaît le vrai prix d’un confinement et ce prix est exorbitant », traduit un intime. Alors pour l’instant, à ses yeux, il est urgent d’attendre.

    Quand on était horrifiés de voir Trump touiter des conneries à propos de Fauci, parce qu’il ne supportait pas que son immunologue en chef tienne un discours basé sur des données scientifiques…

  • En pleine crise sanitaire, Macron dépense des millions d’argent public pour … sa réélection !
    Par Zakaria Arab et Guillaume Quintin
    https://www.lemondemoderne.media/macron-millions


    Multiplication de postes de conseillers, explosion du budget des sondages, présidence du conseil de l’UE et opacité du budget alloué au Haut Commissaire au Plan : le pognon de dingue que prépare Emmanuel Macron pour assurer sa potentielle future campagne inquiète les rapporteurs.

    Dans son ouvrage « Le Grand Manipulateur », Marc Endelweld (Avr. 2019, Ed. Stock) décrivait les moyens qu’a eu Emmanuel Macron à sa disposition pour atteindre le Palais de l’Elysée. On y apprend qu’il se servit des fonds du Ministère de l’économie où il oeuvrait pour financer sa campagne, organisant réunions et rencontres à son profit avec les moyens de Bercy. Cela allait jusqu’à financer directement des enquêtes d’opinions sur le seul nom d’Emmanuel Macron, permettant de prendre la température afin de savoir s’il était judicieux de se lancer ou non.

    Mais un rapport d’enquête enregistré le 8 novembre à la Présidence de l’Assemblée nationale sorti dans la discrétion la plus totale nous autorise à penser que cette stratégie gagnante en 2017 sera reconduite en 2022, avec des moyens cette fois-ci à l’échelle du gouvernement...

  • ETUDIE, MARCHE ET CRÈVE, Les étudiant-es sont en mode survie - Primitivi - télé//vision locale de rue
    http://www.primitivi.org/Etudie-marche-et-cre%CC%80ve

    https://vimeo.com/503193753

    Chronique réalisée avec ClapClap Cinoeil : jour de distribution à la faculté Saint Jérome. Plus de cours en présentiel, plus de stages ou de voyages à l’étranger, pas de sortie possible après 18 heures et surtout… plus de boulot étudiant.

    Depuis le début du premier confinement des milliers de témoignages d’étudiant-e-s en détresse ont alerté les différentes associations , fédérations et autres syndicats étudiants. Ces témoignages ont permis de constater que malheureusement énormément d’étudiant-e-s rencontrent des difficultés pour se nourrir. Cette situation s’explique d’une part par la hausse des prix suite au confinement et au re-confinement, mais également dû à la perte de leurs emplois souvent précaires.
    La #précarité des étudiants ne date pas du coronavirus, mais en les privant de leurs petits boulots et des restos universitaires, cette crise inédite les a enfoncés un peu plus et a grossi leurs rangs.
    A Marseille, plusieurs associations, fédérations et syndicats #étudiants se mobilisent. Ils ont mis en place des dispositifs d’aide alimentaire gratuit sur les campus à destination de l’ensemble des étudiants.

    #automedia #vidéo

    • à lille :

      Mardi, le CROUS a expulsé d’une résidence universitaire à Villeneuve d’Ascq une jeune femme de 21 ans, qui n’a ni famille ni ami pour l’héberger, et qui dort depuis cette expulsion dans sa voiture. L’huissier l’a forcée à quitter son logement malgré la saisine du JEX et surtout malgré l’opposition de l’intéressée (il n’y avait pas de concours de la force publique et la police a refusé d’intervenir, une assistante sociale a attesté par écrit avoir suivi cela par téléphone), j’envisage même une plainte contre l’huissier, ce qui est rarissime, même de ma part.

      Nous sommes en plein hiver, en pleine crise COVID, il y a un couvre-feu très tôt, les étudiants sont en décrochage, et le CROUS envoie un huissier (et pas le plus tendre, vous l’aurez compris) pour expulser une femme de 21 ans livrée à elle-même. C’est un scandale.

  • Santé Publique France, 25/01/2021 :
    • décès covid à l’hôpital : 445 (cvh : 318)
    • hospitalisations covid : 26 688 (+531)

    décès : la cvh sur 7 jours (telle que sur le graphique en vert) est à +1,7%/j de taux de croissance ; sur les 5 derniers jours seulement, le taux passe à +0,2%/j. On aurait donc un plafonnement des décès depuis le 21 janvier autour de 310 par jour.
    les hospitalisations, elles continuent à progresser, autour de +1%/j depuis ce même 21 janvier


    sur la même période (depuis le 21 janvier) les entrées en réanimation (en cvh) sont également sur une pente de +1%/j.

  • ABATTRE LE CAPITALISME : MODE D’EMPLOI - FRÉDÉRIC LORDON - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=CML76Y4CENU

    Comment sortir du néolibéralisme, et quelle alternative y substituer ?
    Quelle place pour les partis et les syndicats dans cette révolution ?
    Quid du recours à la violence ? Faut-il se débarrasser de cette police ?

    Économiste et philosophe, Frédéric Lordon était l’invité de l’association de polytechniciens X-Alternative, le 6 février dernier à Paris, pour répondre à ces questions.

    je découvre cette conférence d’il y a un tout petit peu moins d’un an, donc avant la «  crise sanitaire  ». Il me semble que celle-ci ne change pas fondamentalement l’analyse qui y est menée.

  • La Start-up Nation insoumise, itinéraire rouge-brun d’un patron de lui même - Lignes de crêtes
    https://www.lignes-de-cretes.org/la-start-up-nation-insoumise-itineraire-rouge-brun-dun-patron-de-l

    Nous allons vous raconter une fable. Celle d’Alexis Poulin, un entrepreneur de lui-même, lobbyiste de la startup nation qui a fini par découvrir grâce à la télé insoumise, son reflet rouge-brun et par en tomber amoureux et finir tout ensemble chroniqueur sur Boulevard Voltaire et vendeur de chatbot à l’INPI.

    #alexis_poulin

  • Le cadeau de Noël du gouvernement aux universitaires (26.12.2020)

    https://academia.hypotheses.org/29772

    –-> je pense n’avoir pas donné cette nouvelle le jours où elle est sortie du chapeau du gouvernement... ni les jours suivants...

    La fameuse #LPPR, devenue #LPR entre temps... la #loi_de_programmation_de_la_recherche (qui s’appelait #Loi_de_programmation_pluriannuelle_de_la_recherche) est sortie dans le #journal_officiel le matin du... #26_décembre_2020... oui oui oui... même pas 24h après #Noël, en pleine vacances universitaires !

    J’en fait donc un 6e fil de discussion, que j’ajoute à la métaliste sur les réformes qui intéressent l’#enseignement_supérieur :
    https://seenthis.net/messages/820330
    Et plus précisément :
    https://seenthis.net/messages/820330#message820388

    #facs #France #réforme

    • L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant : cycle bas.

      Il y a un an exactement, nous étions cinq mille à présenter notre candidature collective à la présidence du #Hcéres. Alors que les avant-projets de ce qui s’appelait encore la LPPR commençaient à transpirer, il s’agissait de poser comme fondamentaux les principes d’#autonomie et de #responsabilité des universitaires et des chercheurs dont il nous revient d’instituer les conditions effectives : la probation d’un travail scientifique doit être le fait de l’ensemble de la communauté des pairs ; le travail scientifique doit disposer de moyens budgétaires, d’une temporalité et de garanties statutaires permettant une recherche inscrite dans le temps long et à même de produire des ruptures intellectuelles significatives, plutôt que de livrer des résultats incrémentaux ; ce travail, enfin, doit s’effectuer en lien avec la transmission, la consolidation mais aussi la critique des savoirs existants telles que l’Université les assure.

      Les douze mois qui se sont écoulés ont à la fois confirmé nos pires craintes et conforté notre conviction que ce programme de refondation de l’#Université et de la recherche (https://rogueesr.fr/retrouver-prise) est une ardente nécessité. Dans les semaines et les mois à venir, RogueESR produira des notes d’analyse partant de ces principes pour articuler des propositions destinées à composer à terme une mosaïque cohérente. Nous vous invitons à contribuer à cette entreprise de réappropriation collective par des notes sur les questions auxquelles vous avez pu réfléchir, et qui pourront être mises en commun.

      Avant de nous lancer dans ce travail de fond, nous refermons un cycle par un commentaire d’actualité qui porte principalement sur la non-ouverture de l’Université et sur le Hcéres.

      Situation des universités

      À nouveau, nos pensées vont aux étudiantes et aux étudiants victimes de l’impéritie gouvernementale et bureaucratique qui s’est encore manifestée cette semaine par diverses déclarations gouvernementales et présidentielles sur la réouverture des universités, dont aucune ne présente la moindre crédibilité, ni le minimum d’ancrage dans la réalité de nos établissements.

      « On est sur le moment où le décret sort, il faut que ce soit au moins la veille du jour où les choses sont mises en place. »

      « Et là, j’ai bien entendu la demande du président : si l’idée, c’est qu’on puisse faire revenir l’ensemble des étudiants sur l’ensemble des niveaux avec des, voilà, des jauges à 20% ou à un cinquième de temps, les universités, ça par contre je vais le leur dire… »

      Frédérique Vidal, le 21 janvier 2021

      Ces phrases sont extraites des discours tenus pendant la visite Potemkine du président de la République à Saclay, à écouter ici : https://rogueesr.fr/vidal_riendepret

      L’annonce de M. Macron[1] a annulé en direct la circulaire prévoyant le retour des étudiants de L1 au profit d’un retour de tous les étudiants, un jour sur cinq, en février, comme initialement prévu. La nouvelle « circulaire », enregistrant le « souhait » du président de la République, contredit dans le même temps le décret du 15 janvier[2] qui est le seul à avoir une valeur réglementaire en vertu de la hiérarchie des normes. En attendant un probable pseudo-confinement, il n’est besoin d’aucun autre commentaire.

      Ces annonces, qui n’ont aucune prise sur le réel, montrent une ignorance totale des conditions d’élaboration des emplois du temps dans les facultés, un mépris de la situation des étudiants éloignés des établissements et un report sur les personnels de la responsabilité morale et professionnelle de la gestion d’une crise sanitaire sans les moyens qui devraient l’accompagner. Car le but de cette entreprise de communication est bien de renvoyer la colère des étudiants vers les universitaires. La gestion calamiteuse de la crise n’en est pas moins directement imputable au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, qui a obstinément refusé de mettre en œuvre les protocoles sanitaires et les garanties sociales qui auraient permis aux étudiants de rester sur les campus et d’y suivre des cours.

      Rappelons plus que jamais notre double obligation à l’égard de la jeunesse, qui est en train d’être sacrifiée : rouvrir les universités (https://rogueesr.fr/rouvrons-les-universites) le plus tôt possible pour permettre une formation et socialisation académiques de qualité, et garantir que cette réouverture se fasse dans le respect des procédures sanitaires requises (https://rogueesr.fr/rouvrons-les-universites), avec les #investissements que cela nécessite.

      Un mouvement large de destitution du Hcéres

      Le projet de destitution du Hcéres et de réappropriation communautaire des normes qualitatives de notre métier est aujourd’hui partagé par un grand nombre de collectifs, d’instances et de sociétés. L’Assemblée des directions de laboratoire appelle ainsi à un désaveu du Hcéres (https://adl.frama.site/blog/appel-desavouer-le-hceres), tout comme la Commission Permanente du Conseil National des Universités (CP-CNU) qui appelle l’ensemble des enseignantes-chercheuses et enseignants-chercheurs à ne pas siéger dans des instances d’évaluation et à refuser de participer aux comités de visite du Hcéres (https://twitter.com/CP_Cnu/status/1338951928550739969).

      Plusieurs structures engagées dans ce projet proposent d’organiser un colloque sur le Hcéres, en terrain neutre, au Sénat ou en plein air, le 19 ou le 26 juin prochain. M. Coulhon a été invité à ce colloque. À ce stade, il n’a pas fermé la porte et a même déclaré sur le réseau social Twitter (!) qu’il était prêt à y participer. De notre côté, nous soutenons cette initiative et y contribuerons vraisemblablement pour autant qu’elle permette d’y poser clairement la question des normes collégiales de probation, ainsi que celle de la temporalité budgétaire et statutaire dans laquelle doit s’inscrire une science de qualité.

      L’enjeu n’est pas de discuter des modalités d’une « bonne » évaluation, mais d’en questionner frontalement le principe et la nécessité, que nous percevons comme un dévoiement de la dispute scientifique entre pairs. La question de l’utilité pratique du Hcéres, pour sa part, ne se pose plus : sa paralysie de fait depuis octobre 2019 s’est révélée sans incidence préjudiciable pour notre travail. Prévenant nos désirs, le Hcéres a ainsi fait lui-même la preuve de son inutilité. Le décalage d’un an des prochaines vagues d’évaluation va dans le même sens : les formations comme les unités de recherche continueront de tourner normalement. Nos travaux devront donc porter sur les modalités de sa destitution.

      Recours en « abus de pouvoir » devant le Conseil d’État

      Une requête en annulation des deux décrets de nomination au Hcéres a été déposée le 4 janvier dernier au greffe du Conseil d’État par 11 enseignants-chercheurs titulaires. La démonstration juridique de 22 pages déposée en appui de ce recours pour « abus de pouvoir » s’appuie sur quelques éléments nouveaux. Il convient en particulier de souligner la chronologie troublante des textes parus au Journal Officiel pour acter ces nominations.

      Si l’on s’en tient à la chronologie des publications du Journal Officiel, il apparaît que les numéros des décrets de nomination du président du collège (texte n°65) et de nomination des membres du Collège (texte n°66), tous deux datés du 30/10/2020 et publiés le même jour (01/11/2020) au Journal Officiel, sont dans un ordre inverse à la logique voulue par la Loi. Cela pose un questionnement juridique fondamental portant sur le non-respect de la procédure voulue par le 5ème alinéa de l’article 13 de la Constitution et sur l’empiètement manifeste du Président de la République sur le domaine de compétences du Premier ministre.

      En outre, un arrêté du 22/12/2020 stipule qu’il est mis fin aux fonctions de M. Coulhon à l’Elysée « à compter du 1er novembre 2020 ». Outre le caractère rétroactif de cette décision, le problème de dates est patent, Thierry Coulhon étant président du Collège du Hcéres depuis le 30 octobre. Cette intrication de dates démontre que l’intéressé a bénéficié de son statut singulier de membre du cabinet du Chef de l’État durant l’intégralité de la procédure ayant abouti à sa nomination et ce, jusqu’à sa prise de fonction effective au Hcéres. Elle jette également le doute sur les déclarations de Thierry Coulhon lors de son audition, le 20 octobre dernier, devant les commissions du Parlement : le candidat avait laissé entendre qu’il n’était plus en fonction à l’Élysée, ce que vient démentir la date mentionnée dans l’arrêté du 22 décembre.

      En se requalifiant en « Président du Hcéres », quand il n’est que Président de son collège, en accélérant par des recrutements, l’inflation bureaucratique de cette institution, M. Coulhon bat en brèche le principe de pluralisme et d’autonomie collective qui devrait prévaloir dans toute institution scientifique. Il s’écarte également de l’intention du législateur qui a voulu, dès la création de l’AERES, puis du Hcéres, inscrire dans la Loi ce principe de collégialité comme le principe de fonctionnement de cette autorité administrative, directement dérivé du modèle fondateur primus inter pares de l’Université.

      Dans ces conditions, il nous semble plus que jamais nécessaire de reprendre le programme collectif d’une évaluation des bureaucraties, y compris celle en charge de l’évaluation, à l’aune de nos propres critères.

      [1] Autre extrait à écouter, ainsi que l’original, entre les minutes 39 et 43.

      [2] Le décret du 15 janvier prévoit que les étudiants de L1 pourront accéder en présence à l’Université « 8° — aux travaux dirigés et travaux pratiques destinés aux étudiants inscrits en première année des formations du premier cycle de l’enseignement supérieur et en première année du premier des cycles de formation dispensés dans les établissements mentionnés aux titres IV, V et VII du livre VI du code de l’éducation. »

      https://rogueesr.fr/20210125

  • Il n’y aura pas de rentrée en Septembre 2021 à l’université.

    Le 21 Janvier 2021, Olivier Véran, le ministre de la santé, a déclaré :

    « Même avec la meilleure organisation et tous les approvisionnements, nous ne pourrions avoir vacciné tous les publics fragiles d’ici l’été. Raison pour laquelle nous demandons la poursuite des mesures sanitaires jusqu’à l’automne. »

    Traduction à l’échelle des universités et de leurs étudiant.e.s, de nos étudiant.e.s : cela veut tout simplement dire que cette année universitaire est définitivement flinguée. Et que pour la suivante, même la rentrée de Septembre 2021 se fera, au mieux, en mode dégradé.

    Tout le monde commence non seulement à en prendre conscience mais également à l’accepter. Comme nous prenons conscience et acceptons l’idée qu’un prochain confinement « strict » va être mise en place (mi-février ? début Mars ?).

    Alors qu’Emmanuel Macron vient d’éructer à Saclay une nouvelle série de mesures aussi notoirement insuffisantes qu’impraticables en termes de calendrier pour colmater la crise désormais médiatiquement ouverte de la détresse étudiante, alors que Vidal Frédérique continue de s’enfoncer dans sa doudoune et de hoqueter laborieusement les pathétiques et pénibles sécrétions langagières qui lui tiennent lieu de projet politique, alors qu’Anne-Sophie Barthez à la direction du bateau ivre de l’enseignement supérieur et de la recherche valide docilement les injonctions les plus paradoxales sans s’interroger une seule seconde sur la simple faisabilité des directives, décrets et autres circulaires qui suintent de son bureau comme du pus de la gueule d’un lépreux, pendant ce temps ... Pendant ce temps sur le terrain et de la base au sommet, c’est à dire des équipes techniques, administratives, enseignantes jusqu’aux présidences d’université, tout le monde, absolument tout le monde est catastrophé devant ce naufrage total. Certain.e.s font le choix de gueuler ou de désobéir, d’autres n’ont d’autre choix que de se résigner.

    Je veux ici rappeler, pour documenter l’imbécilité crasse et le mépris qui sont les seuls guides des décisions politiques concernant tout de même plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles à l’université, je veux ici rappeler tout ce que l’on nous a demandé ou interdit de faire, ainsi que les délais de mise en oeuvre qui accompagnaient ces interdictions ou ces vagues permissions. Pour mémoire et pour une meilleure compréhension de la manière dont on flingue consciencieusement une génération tout entière.

    Fin Octobre 2020. Le 2ème confinement est annoncé. Emmanuel Macron sacrifie et humilie en direct à la télévision une génération entière : les universités reprendront au mieux début février. Les étudiant.e.s sont les derniers de cette putain de cordée. Après tout le monde y compris les messes et les restaurants (à l’époque ...) Les universités reprendront début février. Comme nous le verrons juste après, Jupiter ne cède jamais. C’est son orgueil, c’est sa folie.

    Mi-décembre 2020, à force de lutte et de début de médiatisation nous obtenons de pouvoir de nouveau accueillir nos étudiants en présentiel à la rentrée, le 4 Janvier. Nous attendons alors désespérément un cadre, une circulaire, un décret. Il tombera deux jours ... après le départ en vacances de Noël. Nous sommes alors supposés organiser pendant les vacances la rentrée du 4 Janvier, avec l’accueil uniquement en première année, uniquement par groupes de 10, sur convocation, et uniquement les plus fragiles. Et démerdez-vous. Inapplicable, totalement hors-sol et hors délais.

    Jeudi 21 Janvier 2021. Lors d’une rencontre avec des étudiant.e.s à Saclay, Emmanuel Macron au prix d’un syllogisme rhétorique qui est aussi un crachat au visage de toutes les universités, annonce devant sa ministre Vidal totalement médusée dans la doudoune de son indifférence, que tous les étudiants de tous les cycles et cursus devront pouvoir reprendre un jour par semaine, y compris en cours magistraux sans dépasser 20% de la capacité d’accueil globale. La circulaire est publiée le 22 Janvier (vendredi soir) pour une application dès le 25 Janvier (le lundi matin ... hahaha ... avertir les étudiant.e.s ... hahaha ... mettre en place les emplois du temps ... hahaha ... organiser les services techniques pour le ménage ... hahaha ...) mais on pourra attendre jusqu’au 8 février au plus tard. Le 8 février au plus tard. Cela ne vous rappelle rien ? Et oui. La déclaration de fin Octobre 2020. Les universités reprendront après tout le monde. C’est le coup de pied de l’âne. La manière qu’à trouvé Emmanuel Macron de nous rappeler qui avait la plus grosse. Détermination s’entend. « Voyez ! » nous dit-il, « Voyez malgré toutes vos bravades, voyez malgré la doudoune de Vidal qui est à l’image de sa détermination, rose et molle, voyez malgré toutes les errances de mon gouvernement, voyez nation de procureurs, voyez je reste le maître, je ne me dédis pas, quoi qu’il vous en coûte ».

    Ce qu’il nous en a coûté est clair. Deux années sacrifiées. 3 tentatives de suicide la même semaine. Des milliers de cas de souffrance psy et de potentiels effondrements et passages à l’acte qui ne surviendront, comme la littérature scientifique l’atteste dans pareils cas, que des années plus tard. Et un message. Implacable. Vous ne comptez pas. Vous n’êtes rien. Vous ne méritez pas d’être sauvés, même comme les derniers de cordée. Vous n’êtes pas la priorité. Et vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-mêmes : vous prenez les bonbons qui traînent sur les tables, vous refusez d’écouter les consignes et d’aller manger là où on vous dit de le faire. C’est votre faute. Tout est de votre faute. Vous n’êtes pas étudiants comme en classe prépa, et l’on vous traitera comme des travailleurs car vous n’êtes même pas bons à étudier.

    Entre chacun des trois temps et des différentes annonces ou reculades, toutes les universités (la mienne en tout cas) ont fait ... ce qu’elles ont pu. La pression mise sur l’ensemble des étages décisionnels des composantes est ahurissante. Tout le monde est en flip total et se paluche sur des injonctions à remplir des tableaux Excel changeants au gré des errances du ministère en ayant l’impression de s’assurer à défaut de se rassurer. Les équipes sont à bout. Les responsables d’emploi du temps et directeurs des études en PLS depuis bien plus de 4 semaines. Les secrétariats généraux et directions de composantes et d’UFR sont à la jonction de tirs croisés entre les messages d’étudiant.e.s désespéré.e.s, les consignes débiles, idiotes ou totalement approximatives du ministère, l’extrême lassitude qui s’empare même des plus combattifs, et l’envie des équipes de revenir à ce que tout le monde sait être la seule solution raisonnable mais que personne n’ose appliquer ou mettre en oeuvre jusqu’au bout :

    envoyer chier l’ensemble de la chaîne décisionnelle,
    gérer au plus près du terrain en gardant le registre des étudiant.e.s présent.e.s sur site pour pouvoir tracer et isoler si nécessaire (faire l’appel quoi)
    ne pas saturer les espaces de cours (salles de TP, TD et amphis) en se limitant à des accueils en demi-jauge
    et improviser sur le reste (mode hybride quand on est équipé, planning une semaine sur deux pour les campus et/ou les formations avec des étudiants éloignés, sans logement, etc.)

    L’amour dure trois ans. Le Covid à l’université aussi.

    Je ne sais pas si à l’instar du roman éponyme, « L’amour dure trois ans », mais je sais que la crise du Covid à l’université durera au moins trois années universitaires. On parle souvent du « cycle licence », L1, L2 et L3 comme étant déterminant non seulement pour les études et la formation intellectuelle mais aussi pour l’épanouissement social et l’ancrage dans sa vie d’adulte dans l’ensemble de ses aspects. Et on a parfaitement raison. Les étudiant.e.s arrivé.e.s à l’université en L1 lors du premier confinement sont aujourd’hui en L2 pour ce second confinement et vont très certainement en vivre un troisième dans quelques semaines. Leur entrée en L3 se fera également en mode « dégradé » au moins jusqu’en décembre 2021 si l’on en croit les déclarations d’Olivier Véran et les analyses sur la disponibilité des vaccins pour l’ensemble de la population. Et c’est une hypothèse optimiste puisqu’elle ne prend pas en compte la possibilité de mutations résistantes aux vaccins actuels et imposant de nouveaux délais de recherche et développement, de production et d’acheminement logistique.

    Il faut le redire et le répéter non pour jouer les pleureuses ou les défaitistes mais pour rappeler l’urgence de proposer à la jeunesse des solutions simplement décentes leur permettant d’aller en cours entre deux visites chez le psy et trois paniers repas dans les soupes populaires que sont en train de devenir nos campus.

    Cette crise a commencé, en France en tout cas, en Janvier 2020. En Mars 2020 nous avons dit adieu et pas au revoir à tou.te.s nos étudiant.e.s pour les années en cours, de la première année de licence à la dernière année de Master. Nous avons repris (pour très peu d’entre nous) en Septembre 2020 et pour quelques semaines à peine. Beaucoup n’ont repris que début Octobre et donc pour moins de 4 semaines. Et Fin Octobre 2020 nous avons de nouveau été contraints de nous séparer de nos étudiant.e.s et de les renvoyer à la seule expérience de leur détresse ou de leur chance d’être bien né. Nous sommes aujourd’hui fin Janvier 2021. Un an déjà, s’étalant sur 2 années universitaires fracassées, démantelées, atomisées, pulvérisées. Nous, les enseignants, les équipes techniques et administratives, nous y survivrons. Personne n’est par contre capable d’affirmer la même chose pour les étudiant.e.s qui sont notre seule raison de nous mobiliser.

    Déjà deux ans et deux années universitaires bien plus que simplement « dégradées ». Et désormais une troisième qui se profile à l’horizon. Trois ans. Un cycle complet de licence. Ou le temps d’une thèse. Trois ans qui lorsque du haut de mes 49 ans je me retourne, trois ans qui me semblent une vie. Qui sont une vie. Le gouvernement d’Emmanuel Macron n’est pas responsable de la maladie du Covid et de la situation de pandémie. Mais il est aujourd’hui clairement coupable de la gangrène qui touche en retour l’université et ses étudiant.e.s et que rien ne justifie.

    J’ai déjà, avec d’autres, documenté et décrit le mépris, l’incurie, et au final le seul projet de ce gouvernement et de la ministre qui en incarne physiquement toute la morne morgue et la mortifère détermination : accompagner l’effondrement de l’université publique dans un ricanement managérial de demi-mesures ajoutant de la précarité sur de l’incertitude en s’imaginant agir.
    Ils n’ont rien fait pour sauver le droit d’étudier à l’université.

    Je veux avec cet article rappeler qu’absolument rien de ce qui pouvait permettre à l’université de fonctionner n’a été mis en oeuvre. Rappeler qu’à part les repas de resto U à un euros pour les boursiers, absolument rien de ce qui pouvait permettre de raccrocher plus de 2 millions de jeunes au vague espoir d’un horizon ou ne serait-ce que d’un traitement équitable n’a été mis en place. Les mesures conjoncturelles se limitent à faire l’aumône d’un repas et d’une visite chez le psy, les mesures structurelles sont simplement absentes. Je vous donne cinq exemples.

    Premier exemple. Depuis le début de la crise, depuis le premier confinement de Mars 2020, il y a déjà presque un an, on ne compte plus les tribunes, les analyses, les articles scientifiques expliquant et démontrant la nécessité d’équiper les universités de systèmes de filtration et d’analyse d’air HEPA. D’avoir à tout le moins une réflexion sur la question de la ventilation et de l’aération. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. On nous envoie balader à chaque fois. J’avais posé la question directement à mon université. Réponse : « une commission se penche sur la question ». Et quelques mois plus tard : « c’est bon, tout va bien, on ne change rien ». Ahurissant. Mais c’est partout la même chose. De toute façon cela coûterait beaucoup trop d’argent et les universités autonomes sont exsangues. Le « dialogue de gestion » a depuis déjà bien longtemps viré au monologue.

    Deuxième exemple. Depuis le début nous expliquons qu’il faut ouvrir une réflexion sur les calendriers universitaires pour permettre, a minima, de les adapter aux contraintes de saisonnalité qui permettent de fonctionner avec des étudiant.e.s sur les campus, « toutes portes ouvertes ». Depuis le début nous avons parfaitement compris que cette crise sanitaire durerait bien au-delà de l’année horrible que l’on nous promettait. Absolument rien n’a été fait ni même envisagé.

    Troisième exemple. Aujourd’hui nous savons que même la rentrée de septembre 2021 est compromise. Et que met-on en place qui permette d’y surseoir dans des conditions dignes pour les étudiant.e.s ? Rien. Pas une thune, aucun plan d’équipement massif, aucun signe des opérateurs de téléphonie ou de l’état pour assurer à chaque étudiant au moins un distanciel possible, simplement des bouts de chandelle, de vagues « pass numériques » qui n’arrivent pratiquement jamais. Aucun geste en faveur d’un revenu minimum ou RSA qui permettrait au moins à la jeunesse de cesser de crever de faim devant leurs écrans même plus connectés. Bruno Lemaire l’a affirmé : « À 18 ans, ce que l’on veut c’est un travail et la rémunération de ce travail. On construit sa vie par l’emploi, c’est ce qui vous fait grandir, pas une allocation ». Sinistre et pathétique connard dans l’ombre exacte de son maître qui sait ce que vivre chichement veut dire puisque souvenez-vous, lorsqu’il était étudiant, lui aussi a connu les fin de mois difficiles, pauvret, il n’avait à sa disposition pour survivre que 1000 euros par mois lorsqu’il donnait des cours particuliers tout en étudiant en classe préparatoire. Emmanuel Macron si le Covid avait frappé à l’époque où il était étudiant, n’aurait pas été confiné. Il faut imaginer Sisyphe privilégié.

    Quatrième exemple. Depuis le début nous demandons qu’un refonte de l’ensemble des conditions (et des calendriers) d’examen soit mise en oeuvre, pour éviter les situations dramatiques ubuesques et bien plus qu’anxiogènes où l’on convoque en présentiel des cohortes entières pour les renvoyer suivre des cours en distanciel le jour suivant, et où l’on oblige des étudiant.e.s à choisir entre se présenter malade (positif) ou cas contact à des examens au risque de contaminer des promos entières, ou renoncer à l’obtention de leur année. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. Il aura fallu attendre la circulaire parue hier après le discours de Macron à Saclay pour que les universités aient désormais l’obligation et non la simple recommandation d’organiser des sessions non de rattrapage mais de compensation pour les étudiant.e.s positifs au cas contact. Mais cela ne sera pas rétroactif et ne concernera que les prochaines sessions du 2nd semestre. La session du premier semestre aura donc été celle d’une mise en danger délibérée de la population étudiante par le ministère (certaines universités, comme celles de Nantes, ont eu l’intelligence et l’humanité de proposer cette session de compensation mais d’autres, hélas, non).

    Cinquième exemple. Et puis il y a ce que nous n’obtiendrons jamais de tou.te.s ces baltringues mais que nous ne cesserons jamais de demander à chaque fois avec plus de force : des postes pérennes de titulaires. Par exemple pour que la médecine universitaire ne soit plus digne d’un pays du tiers-monde. Un psy pour 30 000 étudiants. Plus de 6 mois d’attente pour un rendez-vous quand tu as des idées suicidaires. La réponse de ce gouvernement ? On double le nombre de psy (ça fera 2 pour 30 000 ...) mais juste pour cette année et après retour à la misère ordinaire. Allez et puis un chèque psy pour faire le bon compte hein. Qui arrivera et sera disponible ... bon bah bientôt. Enfin peut-être. Tout en sachant la difficulté de la démarche pour se rendre chez un psy à cet âge et l’intérêt, précisément, de disposer de psychologues résidents sur les campus. Bref. Merci de ne pas prévoir de passage à l’acte avant de recevoir votre chèque, début février si tout va bien.

    Lorsque l’on est capable d’annoncer cela en pleine crise, avec déjà un an de recul, la semaine où trois étudiant.e.s ont commis des tentatives de suicide, ce n’est pas que l’on fait face à une nation de procureurs, c’est que l’on est au point exact où s’arrête l’humanité en politique et où commence la barbarie à visage managérial.

    L’université des EHPAD : Étudiant.e.s Harassé.e.s et Prêt.e.s À Décrocher.

    Il n’y aura pas de rentrée normale en Septembre 2021 à l’université. C’est Olivier Véran qui vient de l’annoncer. Nous sommes en train de parler de plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles qui depuis déjà deux années universitaires sont, avec les EHPAD et le 4ème âge, la seule classe d’âge autant privée d’autant de sociabilités élémentaires et pendant une aussi longue durée. Mais les EHPAD et le 4ème âge au moins, ont la promesse d’une vaccination prochaine et surtout ils ont les souvenirs d’une vie. Elles et eux n’ont rien d’autre que l’espoir de maigres sociabilités retrouvées. Donnons-leur quelque chose. Moi je donne des cours. Nous ne sommes pas des sauvages. Laissez-nous faire. Laissez-nous faire. Vite.

    Je suis entré par nécessité ce samedi dans une étrange université. Le parking du campus déjà grouillait de monde. Quelqu’un à l’entrée de l’amphithéâtre faisait attendre celles et ceux qui arrivaient, probablement pour respecter une sorte de jauge. On pouvait prendre un peu de gel si on voulait. Mais une fois à l’intérieur de l’amphi j’avoue avoir été saisi. La jauge s’il y en avait une devait donc être largement supérieure en nombre à celles des directives, décrets et circulaires applicables à l’université. Il y avait dans cet amphi un nombre tout à fait ahurissant de gens qui se croisaient, qui touchaient à tout un tas de choses disposées entre chaque travée puis les remettaient plus ou moins en place ; si tous portaient le masque beaucoup d’entre eux n’avaient visiblement pas compris l’intérêt de le porter sur le nez et non en-dessous du nez. Ces étranges étudiants avaient à peu près tous les âges, les plus jeunes auraient du se trouver à la maternelle et beaucoup devaient être retraités. Ce n’est qu’au moment de payer que je compris que je n’étais pas à l’université mais dans un grand magasin de sport en période de soldes, dans lequel m’avait conduit une soudaine déchirure de pantalon de jogging de l’un de mes enfants, à remplacer d’urgence avant le cours d’EPS de Lundi matin 8h en plein air ... vivifiant.

    Début Janvier je pensais et écrivais qu’il nous restait une fenêtre de quelques semaines, un mois au mieux, pour retrouver nos étudiant.e.s et pour qu’ils et elles retrouvent un horizon de socialisation. Il semble que je me trompais. Nous n’avons plus que quelques jours. Après il sera trop tard. Leur année terminée pour beaucoup d’entre eux. S’il faut monter des soupes populaires nous les monterons. S’il faut désobéir pour faire cours nous désobéirons. Nous nous ensauvagerons. Nous le ferons. Pour qu’il y ait un après, à l’université.

    https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/01/pas-de-rentree-universite.html

    #septembre_2021 #rentrée_2021 #France #université #universités #covid-19 #coronavirus #chronologie

  • Les démocraties ont-elles inventé la propagande ? - Ép. 1/4 - Histoire du mensonge
    David Colon
    Professeur agrégé d’histoire à l’IEP de Paris.
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-cours-de-lhistoire/histoire-du-mensonge-14-les-democraties-ont-elles-invente-la-propagand

    Qui a inventé la #propagande ? Le mot est lié à l’action missionnaire de l’Église au XVIIe siècle, avec la Congrégation de la Propagande qui propage la foi chrétienne. Aujourd’hui, la propagande recouvre des champs séculaires. Utilisée par les dictatures, elle l’est aussi par les démocraties.

    • Un élément est toutefois négligé par l’Insee [dans les explications de tels chiffres] : l’état de la voirie. Dans de nombreuses communes, les trottoirs sont inexistants, les trajets à vélo anxiogènes, les transports publics peu fréquents ou peu fiables, tandis que le système routier est, cela semble une évidence à tout le monde, parfaitement équipé, entretenu, signalé. La « force de l’habitude » n’est pas tant celle des usagers que celle des aménageurs, incapables d’imaginer autre chose qu’un environnement routier.

    • Dans ma boîte je dirais qu’il y a les collègues qui ont la flemme et d’autres qui vont plus vite en voiture qu’en transports en commun (le vélo n’étant même pas une option étudiée et envisagée). Je suis d’accord que les infrastructures sont vraiment dédiées à la voiture mais il ne faut pas oublier que la bagnole c’est aussi extrêmement confortable, que d’aucuns préfèrent être coincés au chaud dans un embouteillage que d’être avec d’autres inconnus dans un bus ou bien au froid ou sous la pluie sur un vélo ou à pied.

    • Ce n’est pas un biais correct pour critiquer le problème du tout bagnole. Il y a 30 millions d’actifs et on ne regarde que le 1,2 million d’actifs qui ont un travail à moins d’un kilomètre de chez eux ? et on se permet analyses et critiques des 494000 qui prennent leurs voitures ?

      Ne peut-on voir que le travail est éloigné du domicile pour près de 29 millions d’actifs et que c’est là que réside le principal problème, qu’il n’est plus de l’ordre individuel mais politique ?

      [EDIT] je reprends les chiffres de l’INSEE publiés en fin d’article.

  • British Virgin Islands at a crossroads as outgoing governor decries corruption | British Virgin Islands | The Guardian
    http://www.theguardian.com/world/2021/jan/25/british-virgin-islands-at-a-crossroads-as-outgoing-governor-decries-cor

    Je signale pour la photo surtout, qui dit absolument tout ! Mais l’article est aussi intéressant.

    The shuffling of diplomats around the UK’s Caribbean territories rarely makes much of a splash. But Gus Jaspert ensured his last days as governor of the British Virgin Islands would be remembered.

    In an emotional Facebook video post to the BVI’s 30,000 inhabitants, he accused the country’s government of overseeing a “plague” of corruption, interfering in the criminal justice system and attempting to silence anyone who raised concerns about the misuse of funds, including £30m given by the UK to help the islands’ fight against the coronavirus pandemic.

    • Ce qui est complètement fou sur cette photo c’est que les yachts alignés sont tous rigoureusement identiques (enfin, il y en a deux séries : le modèle à voile et le modèle à moteur). Ça veut dire quoi ? Que pour être résident des îles Vierges et faire son business là bas il faut un yacht amaré sur place, et que donc ils fournissent le modèle standard ?

  • Virologist Christian Drosten: “I Am Quite Apprehensive about What Might Otherwise Happen in Spring and Summer” - DER SPIEGEL
    https://www.spiegel.de/international/germany/interview-with-virologist-christian-drosten-i-am-quite-apprehensive-about-wh

    Drosten : Antibodies are just one component of immune protection, another is T-cell immunity. That protects much more strongly against a serious progression of the illness. If the virus mutates, it doesn’t have an effect on T-cell immunity. As such, I don’t think that we have to fear that our vaccines will be ineffective.

    #immunité #vaccin #sars-cov2 #anticorps

    • DER SPIEGEL: When you formulate such assessments, people across Germany are listening, and it often determines public opinion. How well are you able to live with that responsibility?

      Drosten: It doesn’t rob me of sleep. From the very beginning, I hoped that this public role would be shared among several people. And luckily, that is happening.

      Donc à peu près l’inverse de ce qui se passe ici, où la parole est confisquée (et distillée de façon perverse) par un gouvernement qui prend la population pour une bande demeurés, et donc suscite la défiance.

  • La Bataille De La Plaine - Le Film - Primitivi
    https://labataille.primitivi.org

    « Marseille, février 2019, La Plaine est encerclée par un mur de 2m50 de haut pour assurer le bon déroulé des travaux et enferme le rêve d’un quartier fait par ses habitants. Mais comment donner à voir ce qui n’est plus sur les images et qu’on est pourtant sûrs d’avoir vécu ? »

    #Marseille #La_Plaine #film #ville #habitants #gentrification #luttes #luttes_urbaines #urbanisme #droit_à_la_ville

  • Complotisme en général et pandémie en particulier | Théorie communiste
    http://blogtc.communisation.net/?p=268

    Le com­plo­tisme ne serait pas un sys­tème de réponses avec ses déter­mi­na­tions sociales propres mais une simple réac­tion jus­ti­fiée néga­ti­ve­ment. Cela ne peut suf­fire, il faut sai­sir la nature de la « réac­tion » posi­ti­ve­ment comme un sys­tème de réponses adé­quat à ce qui le pro­voque.
    Le com­plo­tisme appa­rait alors comme une contes­ta­tion de l’ordre domi­nant, presque comme une lutte de classe. Mais il n’en est rien. De même que l’antisémitisme était le socia­lisme des imbé­ciles, le com­plo­tisme est la lutte des classes des experts en exper­tises qui ne se situent pas n’importe où, ni dans la société, ni dans l’éventail politico-idéologique.
    La « réponse com­plo­tiste » veut exac­te­ment le même monde, le même Etat, mais débar­ras­sés de la « caste » : il se « figure le monde sans elle ». Il s’agit seule­ment de conser­ver tous les élé­ments de cette société en les sous­trayant aux pra­tiques de ces indi­vi­dus « mal­veillants » et « mani­pu­la­teurs » qui les per­ver­tissent et les cor­rompent. Un vrai sala­riat, une vraie édu­ca­tion, une vraie poli­tique de santé, une vraie démo­cra­tie, une vraie infor­ma­tion, une vraie agri­cul­ture, une vraie consom­ma­tion, une vraie éco­no­mie, un vrai Etat.
    Le com­plo­tisme cri­tique tout, en dési­rant que ce qui existe devienne « vrai ». Mais en conce­vant son objet comme « face obs­cure » et détour­ne­ment démo­niaque, cette cri­tique fait de cet objet un simple acci­dent de ce même monde. Elle affirme par là ne sou­hai­ter que la pour­suite du monde tel qu’il est. Le tout de ce qui existe pour­rait être si beau s’il n’était pas mani­pulé, détourné. La classe domi­nante, sa repro­duc­tion, ses pra­tiques, la pour­suite de ses inté­rêts, la pro­duc­tion idéo­lo­gique ne sont plus le pro­duit natu­rel de tous les rap­ports sociaux que le com­plo­tiste veut conser­ver, mais le fait d’une bande de mal­frats cher­chant à nous prendre pour des imbé­ciles. Le com­plo­tiste est un malin et on ne la lui fait pas, il est expert en tout. Il est remar­quable de consta­ter (il y a eu quelques études là-dessus) que le com­plo­tisme affecte en pre­mier lieu une classe moyenne diplô­mée, celle qui aime son « esprit cri­tique », s’en vante et le porte par­tout en ban­dou­lière. Pour ceux qui vivent quo­ti­dien­ne­ment toutes les humi­lia­tions et la misère des rap­ports sociaux capi­ta­listes, les « com­plots » visant à asser­vir notre liberté à nous contrô­ler n’ont guère de sens. Il faut aimer ce monde pour ne pas vou­loir qu’il nous mente.

    #complotisme

    • Pour le com­plo­tiste, répon­dant par là à la pen­sée spon­ta­née, [les organes de l’appareil d’Etat] sont neutres et non, dans leur exis­tence même et leur forme, ceux d’une dic­ta­ture de classe. En consé­quence, s’ils ne fonc­tionnent pas « comme ils devraient », comme un « ser­vice public », comme un « bien com­mun », c’est qu’ils sont pré­emp­tés, détour­nés et per­ver­tis par une clique, une caste. Le com­plo­tiste est le citoyen idéal.

      Repo­sant sur cette concep­tion « natu­relle » de l’Etat, le com­plo­tisme n’est pas la « psy­cho­pa­tho­lo­gie de quelques éga­rés », il est le « symp­tôme néces­saire de la dépos­ses­sion poli­tique » et de la « confis­ca­tion du débat public ». Il répond à la « mono­po­li­sa­tion de la parole légi­time » par les « repré­sen­tants » assis­tés des « experts », toute cri­tique devient une aber­ra­tion men­tale immé­dia­te­ment dis­qua­li­fiée comme « com­plo­tiste ». Il est vrai que si le com­plo­tisme est devenu le nou­vel indice du cré­tin, c’est qu’il est le nou­veau lieu com­mun de la bêtise jour­na­lis­tique et de nom­breux phi­lo­sophes et socio­logues qui se gardent tout de même d’épingler un pré­sident de la Répu­blique sou­te­nant que les Gilets Jaunes sont le résul­tat d’une manœuvre mos­co­vite (Le Point février 2019).

    • Hebdo #97 : crise sanitaire, démocratie et « complotisme » – il y a déjà bien assez à faire avec le réel

      Les « conspirationnismes » – sans amalgamer doutes légitimes et affabulations organisées – méritent mieux que des disqualifications moralisatrices. Ils doivent être étudiés à la racine des crises sanitaire et politique qu’ils révèlent, et c’est là le regard que posent nos contributeurs sur ces dévoiements dogmatiques de l’esprit critique, mais aussi sur le risque de dépolitisation massive qu’ils représentent. Capitalisme planétaire insatiable, mensonges d’État : nul besoin de grands complots pour avoir du pain sur la planche.

      https://blogs.mediapart.fr/edition/lhebdo-du-club/article/210121/hebdo-97-crise-sanitaire-democratie-et-complotisme-il-y-deja-bien-as

    • En discutant avec des tennants du complotisme j’ai remarqué qu’ils croient tous en un principe du bien et du mal absolu qui se combattent et sont théistes. Je parle au masculin car j’ai pas rencontré ni discuté avec des femmes complotistes jusqu’ici.

    • Dans ma famille très proche, et depuis quasiment le tout début de la crise, femme comme la plupart des membres de son réseau, du moins ce que j’en perçois. Pas vraiment théiste à ce que je sache. Pas du tout gênées par les personnalités des promoteurs phares du réseau francophone.

      Surtout, ce qui me frappe, c’est le nombre de gens, des deux sexes, qui posent, naïvement ou pseudo-naïvement, les « bonnes questions » dont les « mauvaises réponses » font basculer du côté obscur. Et souvent, lesdites questions s’enchainent autour du schéma obscur.Pour sonder ou, peut-être, ne pas se dévoiler.

  • Nucléaire : « L’état du parc français est préoccupant »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/22/nucleaire-on-demande-a-une-personne-malade-de-courir-un-marathon_6067145_324

    Pour le physicien critique du nucléaire Bernard Laponche, EDF n’a pas les moyens d’assurer la prolongation de la durée de vie des plus vieux réacteurs du parc français.

    #paywall
    Mais en cherchant un peu on trouve ce rapport très détaillé de Bernard Laponche, qui concerne la centrale du Tricastin, mais qui montre bien que le problème concerne l’ensemble du parc des réacteurs de 900MW (les plus anciens donc).

    https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-36885-etude-tricastin-bernard-laponche.pdf

    #nucléaire #sureté_nucléaire

  • Ski alpin à l’arrêt : la revanche du ski de fond et des raquettes
    https://reporterre.net/Ski-alpin-arret-revanche-ski-de-fond-et-raquettes

    Avant de s’en prendre aux promeneurs (comme dans cet article) il serait judicieux de tout faire pour interdire les chasseurs. Le week-end dernier nous sommes allés dans les Pyrénées, il y a une vallée magnifique pour randonner en raquettes ou faire de la luge comme les nombreux enfants ce jour là.
    Sauf que toute la journée ont résonné les tirs insupportables des #chasseurs

    Reste à trouver un modèle économique viable pour ces sports d’hiver moins rémunérateurs.

    Et puis, parler de modèle économique à trouver … merde, tout n’a pas à passer à la moulinette du profit !