• Mouna aurait cent ans - Le Point

    https://www.lepoint.fr/sciences-nature/mouna-aurait-cent-ans-31-10-2011-1391081_1924.php

    Séquence Nostalgie pour celles et ceux qui datent de cette période :) (et qui se souviennent que Mouna était une belle personne - libre, sincère, gentille, subtile). Je l’ai rencontré assez souvent au quartier latin et je m souviens avoir eu des conversations marrantes avec lui.

    Mouna Aguigui aurait eu cent ans le 1er octobre dernier. Durant quatre décennies, ce personnage délirant, anarchiste et pacifique, écologiste avant l’heure et maître de l’absurde, a sillonné les rues de Paris, haranguant les passants. Toute personne qui a croisé sa route ne peut oublier son cri de guerre : « Hihi ! Aguigui, Aguigui à gogo, mais pas gaga, Aguigui Mouna, Aguigui Mouna ! »

  • De l’agglo à l’algo : bienvenue à Waze-city !
    https://www.listennotes.com/fr/podcasts/conversations/de-lagglo-%C3%A0-lalgo-bienvenue-bXF1nRQdI7g/#

    Comment l’application Waze reconfigure la perception de la ville et crée des tensions entre conducteurs et résidents. Discussion de l’article d’Eran Fisher, « Do algorithms have a right to the city ? Waze and algorithmic spatiality », Cultural Studies, mai 2020, p. 1‑22. Durée : 19 min. Source : Conversations

    https://cf-media.sndcdn.com/hpPF2qvs45nd.128.mp3

  • L’échec du CICE confirmé - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180920/l-echec-du-cice-confirme

    Outre son manque de pluralité, le dernier rapport d’évaluation du CICE confirme l’aspect médiocre en termes de résultats de cette mesure. Cet échec plaide pour un changement total de politiques de l’emploi.

    Depuis son lancement en 2013, l’efficacité du Crédit d’impôts compétitivité emploi (CICE) fait débat. Lancé sous le quinquennat Hollande, dont il marque le tournant « pro-entreprise », il a été pérennisé en 2019 par Emmanuel Macron lors de sa transformation en exonération de cotisations. Pourtant, aucun débat politique d’envergure n’a jamais été mené autour de l’évaluation de cette mesure. Or, ses effets sont très limités compte tenu des moyens engagés par l’État. Entre 2013 et 2017, 88,90 milliards d’euros ont été versés au titre du CICE aux entreprises. On devrait attendre un vrai débat démocratique face à un engagement aussi massif.

    Or, globalement, les évaluations restent non seulement incertaines et soumises au plus fort doute, mais surtout, elles ne parviennent pas à dégager un effet positif clair sur l’emploi, l’investissement et la compétitivité. Le 17 septembre, un nouveau rapport d’évaluation https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-2020-rapport-cice2020-16septembre-final18h.pdf a été publié par France Stratégie et a confirmé ces conclusions. France Stratégie, groupe de réflexion héritier de l’ancien commissariat général au plan, directement rattaché au premier ministre, peine d’ailleurs à défendre et le CICE et la solidité des analyses qu’il publie.

    L’évaluation repose sur deux piliers. Le premier est microéconomique et cherche à identifier comment les entreprises réagissent directement au CICE. L’étude utilisée par France Stratégie a été réalisée par l’équipe dite de « Théorie et évaluation des politiques publiques (TEPP) » du CNRS. Elle confirme son analyse précédente : environ 100 000 emplois créés entre 2013 et 2016 pour 66,75 milliards d’euros d’argent public distribué. Le gain est minime et le coût astronomique : 166 875 euros par emploi et par an.

    Étrangement, la méthode défendue par un autre laboratoire, le LIEPP de Sciences-Po, n’apparaît plus dans l’évaluation. Il est vrai que ses analyses étaient beaucoup moins favorables au CICE puisqu’en 2018, il indiquait ne pas être en mesure d’identifier un effet positif de cette mesure. Lors du précédent rapport, France Stratégie avait déjà tenté de réduire la valeur de cette analyse par rapport à celle du TEPP (Mediapart avait résumé le débat dans cet article https://www.mediapart.fr/journal/france/091018/cice-une-evaluation-biaisee?onglet=full ). Le groupe d’évaluation invitait néanmoins à poursuivre les recherches. Mais cette poursuite est donc apparemment passée par l’arrêt du travail du LIEPP, ce qui confirme le caractère profondément biaisé de cette évaluation. On ne peut que s’étonner de la disparition, dans une évaluation publique, du pluralisme. Elle tend à faire croire que les résultats présentés sont « la vérité », ce qui est loin d’être le cas. Contacté, France Stratégie n’avait pas répondu à nos sollicitations sur le sujet jeudi 17 septembre. Notons néanmoins que même en choisissant soigneusement les études les plus favorables, on reste sur un résultat très mitigé.

    La deuxième méthode est macroéconomique. Elle a été réalisée par l’OFCE grâce à un modèle mathématique permettant de mesurer l’impact global sur l’économie. Les différents choix des entreprises bénéficiaires sur les salaires, l’emploi, les prix ou l’investissement ont en effet des impacts sur d’autres entreprises. Par ailleurs, le financement de cette mesure par l’État a aussi un impact macroéconomique. L’idée est de tout reprendre en utilisant une méthode contrefactuelle, autrement dit en comparant une réalité reconstituée sans CICE à une réalité avec CICE.

    Évidemment, une telle méthode doit être prise avec beaucoup de prudence, même si le modèle de l’OFCE se veut précis et moins biaisé que les modèles habituels de macroéconomie. Celui-ci repose néanmoins sur l’idée d’une possible reconstitution contrefactuelle d’une période à partir de données passées, ce qui est assez hasardeux. Par ailleurs, il repose aussi sur des choix d’hypothèses forcément contestables. France Stratégie reconnaît, au reste, ses « limites ». Ces dernières ne discréditent pas les résultats de l’évaluation, mais on aurait aimé, comme dans le domaine microéconomique, d’autres évaluations concurrentes fondées sur des hypothèses différentes.

    Le résultat présenté par l’OFCE est très optimiste. L’institut évoque 400 000 emplois créés par le CICE au niveau macroéconomique entre 2013 et 2017, sans prendre en compte les effets de son financement. Cela peut sembler beaucoup, mais il faut rappeler que sur ces cinq années ont été engagés 88,90 milliards d’euros. Cela revient donc à afficher une moyenne de création d’emplois de 80 000 emplois par an, soit un coût par emploi et par an de 44 500 euros environ. Cela représenterait un coût de 3 700 euros par mois, ce sont donc des emplois encore assez coûteux.

    Certes, il faudrait intégrer à ce coût l’effet de la croissance issue du CICE sur les recettes fiscales, ce qui en réduirait le coût réel. Mais en tout état de cause, on est dans des emplois sauvegardés et créés à des coûts proches de ce qu’aurait pu faire directement l’État. On verra que cela n’est pas neutre. Soulignons, par ailleurs, que même France Stratégie appelle à la prudence face à ses résultats qui dépassent les espérances de la Direction générale du Trésor. « Ces simulations, indicatives, souffrent de nombreuses limites », précise le rapport.

    L’OFCE a cependant proposé une autre analyse, prenant en compte les effets du financement du CICE. Ce dernier s’est fait d’abord par des hausses d’impôts, puis par une baisse des dépenses. Rappelons qu’entre 2014 et 2017, la Sécurité sociale, notamment, a été mise à rude épreuve avec un régime particulièrement sec : réduction de l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie, gel des salaires dans la fonction publique, réduction de l’investissement public. L’OFCE conclut qu’en net, le CICE aurait alors créé ou sauvegardé près de 160 000 emplois sur cinq ans.

    Les conclusions de l’OFCE confirment que le CICE est une méthode assez médiocre pour créer des emplois. 160 000 emplois face à une masse de 3 à 6 millions de demandeurs d’emplois, on est loin d’une solution concrète au chômage. On l’est d’autant plus que seules un quart des entreprises bénéficiaires ont créé des emplois (on ne sait pas ce qu’il est advenu de l’argent versé aux trois quarts restants) et que le seul effet identifiable concerne le secteur des services, autrement dit celui qui est le moins soumis à la concurrence internationale.

    Le deuxième « C » du CICE, celui de « compétitivité », semble avoir été un échec patent. Comme lors des précédents rapports, les évaluations sont incapables d’identifier et de quantifier un effet sur les exportations et l’investissement. Ce n’est pas un détail dans la mesure où, sans investissement, les effets du CICE restent des effets de court terme. On s’expose donc, comme dans le cas Bridgestone ou d’autres, à ce que les entreprises qui ont bénéficié de ce CICE détruisent les emplois qu’elles ont créés et même en détruisent davantage, en cas de crise.

    Et c’est bien là la vraie question que soulèvent le CICE et ses évaluations. Un effet « financé » ne veut pas dire un effet neutre. Les près de 89 milliards d’euros versés aux entreprises ont été payés par d’autres, principalement les ménages et les services publics. C’est donc là un transfert gigantesque de moyens depuis le secteur public vers le secteur privé. Or, compte tenu de l’incapacité de ce dernier à investir pour obtenir des gains de productivité permettant à l’État de « rentrer dans ses frais », la croissance économique induite par le CICE est trop faible pour aider à financer les services publics, voire à les financer davantage. C’était pourtant cela le pari du CICE, qui est aussi celui du néolibéralisme et qui est aussi une forme de « ruissellement » : l’argent transféré aux entreprises par les fenêtres devait rentrer par les caves. Cela n’a pas été le cas. Dès lors, c’est une perte sèche pour le bien commun. Comme toujours, qu’elle passe par les entreprises ou les individus, la « théorie du ruisssellement » ne se vérifie pas.

    C’est bien pour cette raison que cette mesure globalement inefficace doit amener à se poser une question simple. Les priorités de l’époque et l’évolution du capitalisme doivent-elles s’appuyer sur ce type de transfert qui ne profite que très partiellement au bien commun ? N’est-il pas temps de changer entièrement la façon d’aborder l’emploi en abandonnant l’idée que seules les entreprises créent de « bons emplois » et que, de ce fait, le chantage à l’emploi soit une des plus puissantes lois non écrites de la République ?

    L’échec du CICE ne peut qu’être un argument en faveur des projets de « garantie de l’emploi » mis en avant dans le cadre du Green New Deal aux États-Unis, où l’État (et non des entreprises) crée directement des emplois correspondant aux besoins avec des salaires décents. Plutôt que de laisser le secteur public décider des emplois qu’il crée avec l’argent public ôté aux services publics, il serait plus utile sans doute de développer ces mêmes services publics. La transition écologique et les besoins en termes de santé semblent aujourd’hui imposer un changement de stratégie. Les fermetures de sites malgré le CICE et les différentes baisses d’impôts renforcent encore cette analyse. Et c’est bien pourquoi il faut davantage qu’une évaluation souvent biaisée. Il faut un débat sur ces évaluations.

    #CICE #exonérations #fiscalité #medef #profiteurs

  • La nouvelle #définition du « #terrorisme » de la #Suisse crée un dangereux précédent dans le monde, ont prévenu des experts de l’ONU en matière de droits de l’homme

    Le projet de #loi_antiterroriste de la Suisse contrevient aux #normes_internationales en matière de droits de l’homme en élargissant la définition du terrorisme et pourrait créer un dangereux précédent pour la #répression de la #dissidence_politique dans le monde, ont averti aujourd’hui les experts* de l’ONU en matière de droits de l’homme.

    Ils ont exprimé leur regret quant au refus des autorités suisses de modifier les sections controversées du projet de loi, actuellement devant le Parlement, mais ont plaidé pour un changement de dernière minute.

    « Aucune de nos recommandations n’a été mise en œuvre », ont-ils dit, faisant référence à une lettre officielle de 16 pages adressée au gouvernement, envoyée à la fin du mois de mai. « Aucune réponse satisfaisante n’a été donnée à nos principales préoccupations concernant l’incompatibilité du projet de loi avec les droits de l’homme et les meilleures pratiques internationales en matière de lutte contre le terrorisme. »

    Les experts ont été particulièrement préoccupés par le fait que, selon le projet de loi, la nouvelle définition de l’« #activité_terroriste » n’exige plus du tout la perspective d’un #crime. Au contraire, la définition pourrait même inclure des actes licites visant à influencer ou à modifier l’ordre étatique, tels que les activités légitimes des #journalistes, de la société civile et des #militants politiques.

    Selon les normes internationales, y compris le Conseil de sécurité des Nations Unies, le terrorisme comprend toujours l’intimidation ou la coercition d’une population ou d’un gouvernement par la menace ou la perpétration d’actes de violences causant la mort, des blessures graves ou la prise d’otages.

    « L’élargissement de la définition du terrorisme à toute campagne non violente impliquant la propagation de la peur va bien au-delà de l’actuel droit national suisse et contrevient aux normes internationales », ont-ils déclaré. « Cette définition excessivement large crée un dangereux précédent et risque de servir de modèle aux gouvernements autoritaires qui cherchent à réprimer la dissidence politique, notamment par la torture et d’autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. »

    Les experts ont également mis en garde contre certains articles du projet de loi qui donneraient à la #police_fédérale un pouvoir étendu pour désigner des « #terroristes_potentiels » et décider de #mesures_préventives à leur encontre sans #contrôle_judiciaire significatif.

    « Tout en reconnaissant les graves risques sécuritaires posés par le terrorisme, nous regrettons vivement que les autorités suisses aient décliné l’opportunité de bénéficier de notre assistance technique et de notre expertise sur la manière de combiner des mesures préventives efficaces et le respect des droits de l’homme », ont dit les experts.

    Les experts ont appelé les parlementaires à garder à l’esprit l’engagement traditionnellement fort de la Suisse en faveur des droits humains et à rejeter une loi qui « est appelée à devenir une tache sérieuse dans l’héritage par ailleurs fort de la Suisse en matière de droits de l’homme ».

    Les experts se sont en outre déclarés préoccupés par les modifications complémentaires proposées du #code_pénal envisageant l’incrimination du soutien aux organisations terroristes, qui, selon eux, risquait de mettre en danger la longue et remarquable tradition humanitaire de la Suisse. Ils ont donc exhorté le Conseil national à valider une récente proposition du Conseil des Etats d’exempter expressément l’action humanitaire impartiale de la criminalisation.

    « La protection des droits humains et les mesures efficaces de lutte contre le terrorisme ne sont pas des objectifs antagoniques, mais devraient être considérés comme des intérêts complémentaires et se renforçant mutuellement dans toute société démocratique », ont-ils conclu.

    https://www.ohchr.org/FR/HRBodies/HRC/Pages/NewsDetail.aspx?NewsID=26224&LangID=F
    #droits_humains

    ping @cede

  • Le « progrès » fait rage ...

    https://www.my-angers.info/09/17/flashn-shop-la-machine-qui-desinfecte-les-chariots-au-supermarche-auchan-a-avrille/91583

    Cela fait désormais une semaine que Flash’n shop, la machine qui désinfecte les chariots, a été installée à l’entrée du supermarché Auchan, à Avrillé. Philippe Berland, responsable de l’entreprise Asthéo explique le fonctionnement de cette machine efficace pour la crise sanitaire en cours, « le fonctionnement est très simple, on introduit notre chariot dans la machine, les portes se ferment et pendant 20 secondes, un éclairage à base d’UV de type C élimine les bactéries et les virus qui peuvent se trouver sur l’intégralité du chariot« . Cette machine peut désinfecter les chariots en fer ou en plastique et son utilisation est entièrement sécurisée.

    #désinfection #UV-C

    • Bon, le mec il inventé une grosse boite remplie de lampes à UV. Ok... Trop fort... Ah, il a ajouté une minuterie, balèze.

      On devait accélérer la commercialisation de notre produit. L’objectif, au vu de la crise sanitaire, n’était pas de lancer un projet pour le sortir dans 2 ans.

      Ben oui tu m’étonnes, c’est maintenant que tu veux te gaver sur le dos de la trouille, pas dans 2 ans.

      Ah oui merde ça s’appelle l’esprit d’entreprise, et il faut l’encourager, parait-il.

    • Parce que le mouvement de jonction avec l’extrême-droite identitaire d’Onfray devrait être à l’opposé de la position politique et progressiste du Diplo.

      Voir par exemples les remarques du Groupe J.-P. Vernant :
      https://twitter.com/gjpvernant/status/1270985038918713344

      Le moment post-fasciste du néolibéralisme approche à grands pas, maintenant, en reproduisant à l’identique la trajectoire états-unienne.
      A gauche le Front National d’Onfray
      A droite Macron

      Même discours « libertarien ».

      Ce discours est EXACTEMENT celui qui a permis la jonction falsciste aux Etats-Unis en créant un trait d’union entre néolibéraux et bloc national-identitaire.

      On devrait bientôt voir la nièce Le Pen tenter à nouveau la jonction falsciste entre l’extrême-centre radicalisé et le bloc nationaliste, identitaire, climato-négationniste, en utilisant le Printemps Réactionnaire de Bouvet, le Front National d’Onfray et Raoult, etc.

      Le mouvement émancipateur en miette a une responsabilité : étudier comment cela s’est passé aux Etats-Unis pour éviter d’en reproduire les erreurs, puisqu’on sait à quoi elles aboutissent.

      Ce n’est pas une question de liberté d’expression (le monsieur « peut » de lui-même choisir d’écrire où il en a envie). Mais côté Diplo, la question se pose de continuer à apporter le crédit progressiste du journal à quelqu’un qui ensuite transfère ce crédit à un média dont le but même est de faire basculer toute une partie de la gauche vers la réaction identitaire.

  • L’histoire des #compositrices à travers des siècles : de l’Antiquité à la Renaissance

    https://www.francemusique.fr/musique-classique/l-histoire-des-compositrices-travers-des-siecles-de-l-antiquite-la-ren

    Alors qu’elles ont toujours fait partie de l’histoire de la musique, les traces des compositrices ont été systématiquement effacées de la mémoire collective. Afin d’en comprendre les raisons, Anne -Charlotte Rémond remonte le fil de l’histoire depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours.

    #musique

  • La justice européenne consacre « la neutralité du Net » dans l’UE
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2020/09/15/la-justice-europeenne-consacre-la-neutralite-du-net-dans-l-ue_6052269_440899

    L’arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne consacre mardi le principe d’égalité de traitement et d’accès des contenus en ligne. La Cour de justice de l’Union européenne a consacré dans un arrêt, mardi 15 septembre, le principe d’égalité de traitement et d’accès des contenus en ligne, dit de « neutralité du Net ». La cour considère dans sa décision qu’un fournisseur d’accès ne peut pas privilégier certaines applications ou certains services en leur accordant un accès illimité, quand les services (...)

    #Telenor #neutralité #AccessNow #CJUE

    ##neutralité

  • Faire respecter le droit du travail dans le monde agricole devient de plus en plus dangereux | Sophie Chapelle
    https://www.bastamag.net/Faire-respecter-le-droit-du-travail-violences-zone-rurale-secteur-agricole

    « De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes », s’était ému Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, en décembre dernier. Mais ni l’administration, ni la justice ne s’émeuvent des menaces et des violences quand elles ciblent les agents de l’inspection du travail venus vérifier si les droits sont respectés sur une exploitation. Enquête en Bretagne. Source : Basta !

  • La géographie est-elle une discipline de combat ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/affaires-en-cours-du-mercredi-16-septembre-2020


    https://www.editions-lepommier.fr/voyage-la-sierra-nevada-de-sainte-marthe

    L’anarchisme en tant que tel, est réellement élaboré en tant que doctrine au cours des années 1880, à partir de la Première Internationale et après la mort du philosophe russe qui inspira cette pensée, Bakounine. Ce corps de doctrine a été constitué largement de géographes, parmi lesquels Elisée Reclus.
    Derrière l’idée du rapport philosophique entre #géographie et #anarchisme, il y a deux éléments :
    Le premier est que la géographie n’est pas une philosophie de l’histoire et que l’anarchisme, par essence, ne donne pas de sens à l’histoire.
    Le deuxième est que la géographie est un moyen d’étudier les milieux et les ressources pour pouvoir faire régner la justice sociale.
    #Philippe_Pelletier

    #Élisée_Reclus #livre

  • L’UE va « abolir le règlement de Dublin » concernant le pays d’entrée des migrants - Libération
    https://www.liberation.fr/direct/element/lue-va-abolir-le-reglement-de-dublin-concernant-le-pays-dentree-des-migra

    « Je peux annoncer que nous allons abolir le règlement de Dublin et le remplacer par un nouveau système européen de gouvernance de la migration […]. Il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité », déclare la cheffe de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, devant le Parlement européen.

    Selon le règlement de Dublin, adopté par l’UE en 2013, le premier pays qui contrôle un migrant est responsable de sa demande d’asile. En l’application de ce règlement, la France expulse des demandeurs d’asile vers leur premier pays d’arrivée en Europe.

    Difficile de savoir si c’est pour faire encore pire.

  • Covid-19 : 81 établissements et « un peu plus de 2 100 classes » actuellement fermés en France, annonce Jean-Michel Blanquer
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/direct-covid-19-la-pandemie-s-accelere-en-inde-qui-depasse-les-cinq-mil

    Deux semaines après la rentrée, il dresse un nouveau bilan. Le ministre de l’Education nationale, Jean-Michel Blanquer, a annoncé, mercredi 16 septembre, que 81 établissements scolaires et « un peu plus de 2 100 classes » étaient actuellement fermés en France à cause de cas de coronavirus. « Ce sont des chiffres qui restent très limités », a-t-il pondéré, sur LCI, rappelant que le pays compte 60 000 établissements. Suivez l’évolution de la situation dans notre direct.

    Il y a cinq jours, ils annonçaient 32 établissements et 524 classes fermées. Bon gros progrès…
    https://seenthis.net/messages/875440
    (et l’école de mes enfants n’apparaît toujours nulle part, donc je pense que les chiffres officiels sont déjà largement sous-estimés).

  • « Ce rapport retrace l’ensemble des problématiques économiques, énergétiques, foncières, sanitaires, d’usages et géopolitiques autour de la 5G. » Bon, en pratique, c’est unilatéral, côté anti-5G mais c’est plutôt raisonnable (par exemple au chapitre de la santé, il ne mentionne pas les maladies imaginaires comme l’électrosensibilité) et c’est plein de faits et de références donc ça sera utile à tout le monde.

    https://gauthierroussilhe.com/fr/projects/controverse-de-la-5g

    Parmi les principales faiblesses, je vois surtout, au chapitre sur l’usage, la vision très étroite comme quoi on doit décider ou pas de déployer une technologie d’infrastructure en fonction des usages prévus. Mais ce n’est pas comme cela que marche l’innovation. C’est une fois que l’infrastructure est disponible que les utilisateurs trouvent les usages. Avec son raisonnement, on n’aurait jamais déployé Internet, dont le principal usage prévu était seulement de se « loguer » sur des ordinateurs distants.

    Comme beaucoup d’anti-5G, il annexe parfois sous l’étiquette 5G des techniques qui ne sont pas réellement dépendantes de la 5G. La vidéosurveillance, par exemple, existe depuis longtemps, et n’a pas besoin de la 5G (tout comme les objets connectés).

    • Ce n’est pas parce qu’une technologie n’a pas obligatoirement besoin d’une autre, qu’après cette deuxième en place ça ne va pas augmenter drastiquement l’utilisation de la première (parce que plus disponible, plus modulaire, plus de débit, plus de ceci ou de cela). Donc ce serait aussi un peu fallacieux de dire inversement que ce n’est pas lié.

  • « Le château de cartes va s’écrouler » : malgré la priorisation, les tests PCR au bord de la rupture | LCI
    https://www.lci.fr/sante/depistage-covid-19-malgre-la-priorisation-les-tests-pcr-coronavirus-au-bord-de-l

    Pour lui, la priorisation évoquée par Jean Castex ne réglera pas la question. « Les laboratoires essaient déjà de prioriser », poursuit le président du Syndicat national des jeunes biologistes. « C’était envisageable lorsque la France pratiquait 300.000 tests par semaine. À un million, c’est désormais très compliqué, nous sommes au maximum de nos capacités. » En cause, la pénurie de réactifs que subissent de nombreux laboratoires, mais aussi des moyens humains insuffisants. « Il y a un manque de personnel », déplore Lionel Barrand, qui évoque également « des grèves qui se préparent, car tout le monde craque. Le château de cartes est en train de s’écouler complètement ».

  • Rentrée 2020 : les clusters se multiplient malgré les cours à distance - Educpros
    https://www.letudiant.fr/educpros/actualite/rentree-2020-les-clusters-se-multiplient-malgre-les-cours-a-distance.html

    La rentrée commence tout juste dans les établissements d’enseignement supérieur et plus d’une dizaine de clusters ont déjà été identifiés, comme à Sciences Po Lille, sur le campus de Reims de Sciences Po Paris, à l’université de Nantes, à l’université Rennes 1, à l’université d’Amiens, à l’université catholique de Lille, à l’IAE de Marseille, à l’Ecole des Mines de Nancy, à Centrale Lyon ou encore à l’ICAM de Toulouse.

    (L’Unef) pointe par ailleurs le manque de budget des universités et la précarité de certains étudiants. “42% des étudiants renoncent à se soigner faute de moyens.

    Aucune action concrète n’a pour l’instant été annoncée, et une autre rencontre avec le ministère est prévue la semaine prochaine. “Ce que je peux faire concrètement, c’est appeler à leur responsabilité. Cela fonctionne, ce sont des adultes capables de comprendre. Il faut faire confiance aux étudiants”, a assuré Frédérique Vidal.

  • ENEDIS rappelle LINKY : DANGER pour les PERSONNES
    https://ricochets.cc/ENEDIS-rappel-LINKY-DANGER.html

    ENEDIS admet ce jour (15 septembre 2020) des failles de sécurité sur les disjoncteurs Linky. Les Pieds Nickelés se prennent les pieds dans le tapis. N’importe qui - sauf les Gourous de la religion des « hautes technologies », 5G, IA et autres baudruches gonflées comme des crapauds, comprend que plus c’est complexe, moins c’est fiable. Et ce n’est qu’un début ! Sans vergogne, ENEDIS précise : Ce message vous est personnel, il n’a pas vocation à être transféré.!!! Ben voyons : la sécurité publique est en (...) #Les_Articles

    / #Médias_et_expressions, #Technologie

  • Sous les masqué·es, la rage !

    Je rentre de la journée d’intégration des L1 du département de SHS de l’Université Gustave Eiffel (Marne-la-Vallée). J’aime bien cette journée. Retour devant les étudiants et étudiantes, le café avant avec les collègues, la bouffe après. Mais cette année, c’est dur… Pourtant, on a bien fait les choses. Pas d’accueil en amphi (pas de distanciation possible), mais en petits groupes avec un·e enseignant·e. On dépasse juste de quelques étudiant·es la « jauge covid » qui a été établie pour chacune de nos salles afin de garantir le fameux mètre de distanciation. On ouvre tout, portes, fenêtres. Enfin, quand il y a des fenêtres qui s’ouvrent… Je ne vois pas leurs sourires s’il y en a, iels ne voient pas ceux que je leur fais. On n’a pas pris de café avant, la salle des profs est trop petite. Et puis ça fait 15 jours qu’on se voit, parfois en réunion, parfois en zoom, parce qu’on essaie d’assurer cette p***** de rentrée.

    On ne va pas trop se plaindre. On a plus de moyens que dans d’autres établissements. En SHS, un gros volet d’heures en plus, 2300 heures, et deux ATER. Une aubaine ! On a certes moyennement apprécié la lettre de rentrée de la présidence qui nous menaçait de sanction pour « faute professionnelle » en cas de non-port du masque (qui n’est fourni qu’aux titulaires, et puis ce sont ces fameux masques en tissu avec lesquels on ne peut pas faire cours sans s’étouffer…) tout en expliquant qu’il faut assurer la distanciation « dans la mesure du possible » (ben voyons). Mais bon… On s’est pris à rêver de tutorat individualisé des étudiant·es par les enseignant·es pour l’encadrement pédagogique, de dédoublement des TD et CM pour que les conditions sanitaires soient les meilleures… oui mais… oui mais encore faut-il des salles. Qu’on n’a pas. Et des personnels. Qu’on n’a pas non plus. D’autant que, c’est merveilleux les heures sup, mais seul·es les titulaires peuvent se les faire payer. Or pour certaines disciplines (la géographie notamment), il y a plus de précaires que de titulaires. On ne va pas leur demander de faire des heures qu’iels ne pourront pas toucher. Mais les titulaires ne peuvent pas non plus tout prendre… certain·es en sont déjà à 18 h par semaine. Des vacataires me direz vous ? Encore faut-il en trouver. Et franchement, vu comment les collègues du secondaire souffrent cette année, je comprends qu’iels n’aient pas envie de se rajouter un TD – ce d’autant qu’en lycée avec la réforme Blanquer, les emplois du temps ne permettent souvent plus de dégager des demi-journées pour faire des vacations. Et puis on se bat pour des recrutements pérennes, pas pour précariser plus encore le personnel enseignant.

    Donc on réduit avec regret la voilure en nombre de TD (en L1 on en aura 12 lorsque d’habitude on en a 10, mais plus, les locaux ne le permettent pas). Et on garde le tutorat.

    Ah oui mais le problème, c’est qu’on sort des « jauges covid » car les TD sont trop pleins. Flute. Comment faire ? Idée, la moitié de l’effectif en présence, l’autre à distance, une semaine sur deux. Pour le groupe qui est à distance, on donne des travaux, on fait un rendez-vous zoom, on assure la « continuité pédagogique ». Double travail donc, mais à nouveau, on ne se plaint pas car la fac paye les heures de suivi du distanciel. Problème, ça ne règle pas notre problème d’heures sup et de personnel ça. Idée, on pourrait essayer de faire un zoom du TD en présence pour les abstentiels ? (Joie des néologismes. Se souvenir du temps béni où ces mots nous étaient inconnus). Heu, non en fait, la connexion est mauvaise dans plus de la moitié des salles. On est tiraillé·es entre le désir d’assurer les meilleures conditions pédagogiques et sanitaires aux étudiant·es, et le souci de ne pas se surcharger de travail, pire, de ne pas imposer de travail non rémunéré aux enseignant·es. Pendant ce temps, les secrétariats souffrent sur les emplois du temps, les changements de tactiques. Certain·es profs voudraient passer tout à distance, d’autres tenter le dépassement de jauge (allez, avec un masque ça va le faire !). On s’engueule (alors qu’on s’entend bien chez nous). Bon au moins, on en discute, on débat, on cherche. Je sais bien que ce n’est pas le cas partout.

    Au terme de dizaines et dizaines de mails, réunions, zoom, on s’est mis d’accord sur le dédoublement des CM en L1, et la division des effectifs de TD en présence/à distance. Pour trouver des amphis pour dédoubler les CM de fondamentales, on a du supprimer trois enseignements de découverte et récupérer leur créneau. Dommage pour les cours d’ethnographie, de géographie ou d’histoire extra-européenne. On a fait du démerdentiel, mais au mieux. Et pour se préparer au distanciel, une collègue nous fait une merveilleuse formation sur l’enseignement à distance et les stratégies pour éviter qu’il ne renforce les inégalités de genre et de classe.

    Ce matin j’explique donc tout ça aux jeunes gens devant moi. Certain·es semblent rassuré·es. Moi je vois les collègues, les secrétaires déjà épuisé·es alors qu’on n’a pas repris les cours. Ah, on vient d’apprendre qu’il n’y a plus de repro… rentrée sans fascicule donc. Joie.

    C’est d’autant plus la déprime qu’on sait bien qu’alors qu’on sera tou·tes à la fac pour inscrire pédagogiquement les étudiant·es, la LPPR passera devant l’Assemblée nationale. Alors qu’on s’était bien mobilisé·es avant le confinement. Petite fac de banlieue, en sous effectif, avec les cours de L1 assurés parfois à plus de 60% par les précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, alors qu’on croule sous les tâches administratives, qu’on perd un temps fou, déjà, à chercher des financements pour nos recherches, on est toutes et tous parfaitement conscient·es de ce que nous avons à perdre avec cette loi. On se l’est dit, on a fait des motions, on a cessé les cours pour faire des ateliers alternatifs, on était dans la rue en janvier, février, mars. Mais là, la rage au ventre, on va assurer la rentrée.

    Pour mieux faire, il aurait fallu investir. Ce qu’ils ont fait à Science po Paris. J’y suis vacataire. Depuis… 25 ans. La très grande majorité des enseignant·es qui interviennent en première année (en histoire du moins) le sont aussi. Quand nous peinons à Marne-la-Vallée à trouver des vacataires, pas de problèmes à l’IEP. Mieux payé, plus prestigieux. La veille de la journée d’intégration j’avais une formation « prendre en main les salles hybrides ». Kesako ? Et bien l’IEP a équipé toutes ses salles de grands tableaux numériques tactiles, de caméras, de capteurs de son, d’ordinateurs tout neufs, de rétroprojecteurs. Tous les TD (on dit « conférences » à sciences po) qui déjà ont l’effectif délicieux de 20-21 élèves sont dédoublés. Chaque semaine, 10 étudiant·es face à soi, 10 en zoom. Un zoom qui s’affiche sur le grand écran de la classe, pendant qu’iels voient le ou la prof et les autres étudiant·es sur leur portable. On peut partager à tou·tes le PowerPoint, le tableau blanc numérique sur lequel chacun·e peut intervenir. Le son est excellent, la connexion tient le choc. Il a même été décidé de lever la règle d’assiduité : difficile de pénaliser les étudiant·es pour trois absences dans ce contexte. Certain·es collègues craignent que les étudiant·s n’en profitent pour sécher ! Je reste convaincue quant à moi qu’il faut leur faire confiance et cesser de les traiter comme des collégien·nes à fliquer. En attendant, on nous forme sur les outils numériques, formation tableau blanc interactif, formation zoom (utile), formation moodle. Alors certes, pas d’heures salariées en plus pour ces « conférences » où il va falloir un sacré niveau de concentration pour gérer dix étudiant·es face à soi et dix derrière leur écran. Et d’aucun·es s’inquiètent que cela servent progressivement à augmenter le nombre d’étudiant·es en TD. En attendant, le virus circulera peut-être moins, et tout le monde réfléchit à la pédagogie. Vous me direz, c’est Science po, ils ont du fric. Mais dans plusieurs universités italiennes, c’est aussi ce choix d’équipement qui a été fait. Pour ça, il aurait fallu en France un véritable plan d’équipement des universités… Je ne vous apprend pas que ce n’est pas à l’ordre du jour. Si déjà on avait pu réparer les fenêtres pour être en mesure de les ouvrir…

    Je vous décris ici deux situations finalement privilégiées, clairement à l’IEP mais aussi à Gustave Eiffel. Je sais que ce n’est pas du tout la même affaire dans d’autres facs. Je suis triste, en colère pour tou·tes les travailleur·ses et étudiant·es qui galèrent ailleurs. Le 21 septembre nous serons devant l’Assemblée, pour défendre nos facs et nos labos. En attendant, je masque mes sourires mais les yeux pleurent.


    https://universiteouverte.org/2020/09/15/sous-les-masque%c2%b7es-la-rage
    #rentrée_2020 #université #facs #France #Mathilde_Larrère #témoignage #coronavirus #covid-19

  • Pas bêtes les plantes
    https://laviedesidees.fr/Florence-Burgat-plante-vie-vegetale.html

    À propos de : Florence Burgat, Qu’est-ce qu’une plante ? Essai sur la vie végétale, Seuil. Par cette phénoménologie de la vie végétale, la philosophe Forence Burgat nous rappelle que les plantes se définissent avant tout par ce qu’elles n’ont pas : sans conscience intentionnelle ni monde vécu, comment pourraient-elles mener la vie secrète que leur prêtent certains ouvrages populaires ?

    #Philosophie #animaux
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/202009_burgatplantes.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/202009_burgatplantes.docx

  • Mirage de l’excellence et naufrage de la recherche publique | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/analyse/2020/09/15/le-mirage-de-lexcellence-menera-t-il-au-naufrage-de-la-recherche-publique

    C’est pourtant l’orientation que semble prendre le projet de LPPR, qui s’inscrit dans la continuité d’un entêtement à faire entrer dans le moule néolibéral de la compétitivité la manière de gérer et de faire de la recherche publique, c’est à dire une recherche tournée vers le bien commun. Cela équivaut à imposer à des champions du 100m haies de porter des palmes sous prétexte qu’on nage mieux avec. Une fausse bonne idée, comme on va le voir.

    L’idéologie actuelle de la recherche se définit par l’excellence et la compétitivité. Le Président Macron le rappelle régulièrement : il nous faut retenir les talents, attirer ceux qui sont loin, faire revenir ceux qui sont partis afin d’avoir les laboratoires les plus performants face à la concurrence internationale. Il faut un système d’évaluation qui permette « la bonne différenciation et l’accélération de notre excellence en matière de recherche » (voir l’intervention du Président lors des 80 ans du CNRS, à 40’). Telle une religion, cette idéologie s’étend à tout dans l’enseignement supérieur et la recherche (ESR).

    Ainsi depuis quelques années, tout nouveau venu dans ce monde doit s’appeler « excellent » : les Idex (Investissements d’excellence), les Labex (laboratoire d’excellence), les Equipex (Equipement d’excellence), etc. Comme naguère les « ix » dans Astérix, les « ex » doivent dans l’ESR conclure le nom de chacun des protagonistes ; et sur les excellents l’argent pleuvra, sous forme de subventions, projets financés, bourses, etc. À terme, à l’horizon des réformes type Parcoursup à venir, des universités d’excellence pourront sans doute surpayer leurs professeurs (excellents) en faisant payer leurs étudiants (excellents), et les autres pourront gérer tranquillement leur délabrement matériel, financier, intellectuel.

    Pour preuve de rigueur intellectuelle, cette politique a prévu les critères externes de son évaluation, pour autant qu’elle n’en soit pas le symptôme : l’excellence des mesures qu’elle préconise doit être validée par la progression des ESR français dans le classement de Shanghaï, pot-pourri scientometrique qui agrège de manière arbitraire une série d’indicateurs « standards » de la production scientifique.

    Curieusement, le système actuel de la recherche excellente avait déjà été rêvé par le physicien théoricien Leo Szilard, père de nombreuses choses dont d’importantes théories de l’information ; pour lui c’était plutôt un cauchemar.

    Également écrivain, il imaginait dans un texte des années 50, un milliardaire, Mark Gable, posant la question suivante : « le progrès scientifique va trop vite, comment le ralentir ? »

    La réponse que lui apportait son interlocuteur est on ne peut plus actuelle :
    « Eh bien, je pense que cela ne devrait pas être très difficile. En fait, je pense que ce serait assez facile. Vous pourriez créer une fondation, avec une dotation annuelle de trente millions de dollars. Les chercheurs qui ont besoin de fonds pourraient demander des subventions, à condition d’avoir des arguments convaincants. Ayez dix comités, chacun composé de douze scientifiques, nommés pour traiter ces demandes. Sortez les scientifiques les plus actifs des laboratoires et faites-en des membres de ces comités. Et nommez les meilleurs chercheurs du domaine comme présidents avec des salaires de cinquante mille dollars chacun. Ayez aussi une vingtaine de prix de cent mille dollars chacun pour les meilleurs articles scientifiques de l’année. C’est à peu près tout ce que vous auriez à faire. Vos avocats pourraient facilement préparer une charte pour la fondation … »

    Devant l’incrédulité de Mark Gable sur la capacité de ce dispositif à retarder le progrès scientifique, son interlocuteur poursuivait :
    « Ça devrait être évident. Tout d’abord, les meilleurs scientifiques seraient retirés de leurs laboratoires et siégeraient dans des comités chargés de traiter les demandes de financement. Deuxièmement, les scientifiques ayant besoin de fonds se concentreraient sur des problèmes qui seraient considérés comme prometteurs et conduiraient avec une quasi-certitude à des résultats publiables. Pendant quelques années, il pourrait y avoir une forte augmentation de la production scientifique ; mais en s’attaquant à l’évidence, la science s’assècherait très vite. La science deviendrait quelque chose comme un jeu de société. Certaines choses seraient considérées comme intéressantes, d’autres non. Il y aurait des modes. Ceux qui suivraient la mode recevraient des subventions. Ceux qui ne le feraient n’en auraient pas, et très vite, ils apprendraient à suivre la mode. »

    Szilard avait mille fois raison, et nous voulons appuyer sur un seul point de sa démonstration : la détection de l’ « excellence » du chercheur. Nous soutenons que c’est aujourd’hui une vaste fadaise, fadaise sur laquelle on construit l’ESR de demain.

    Quel est donc ce problème fondamental ? Pensons un instant au football. L’attaquant, Lionel Messi ou Cristiano Ronaldo, marque un but. On le célèbre, il a fait gagner son équipe. Mais quel était exactement son apport causal ? Parfois, il aura simplement poussé du bout du pied un ballon qui se trouvait être au bon endroit – et s’il l’était, au bon endroit, ce fut justement à cause de trois ou quatre de ses coéquipiers. Mais marquer le but est bien l’épreuve décisive qui sépare l’équipe gagnante de l’équipe perdante, et ultimement les premiers des derniers du classement. L’attaquant, statistiquement le plus à même de marquer des buts, remporte donc les lauriers : de fait, le « ballon d’or » de l’UEFA récompense le plus souvent des attaquants. Ce prix repose sur ce qu’on appelle parfois une « fiction utile » : on fait comme si l’apport de tous les autres n’était pas si déterminant, et on concentre toute la grandeur sur le vecteur final de la victoire, afin de pouvoir distinguer et célébrer certains joueurs (et fournir au Mercato une échelle de prix).

    On retrouve en science un phénomène analogue : qui exactement a découvert la structure de l’ADN ? Crick et Watson, qui eurent le Nobel ? Rosalind Franklin qui a révélé les premières contraintes auxquelles devait se soumettre tout modèle de l’ADN, mais décéda 4 ans avant ce Nobel sans avoir pu cosigner les articles phares (possiblement écartée de la signature parce que c’était une femme) ? Que dire même des premiers chercheurs qui conçurent des modèles de la molécule, comme Linus Pauling (certes deux fois Nobel pour d’autre travaux) ? Comme le ballon d’or, le Nobel efface la contribution causale des autres acteurs.

    De tels dispositifs résolvent ainsi la question du crédit intellectuel, qui pourrait se formuler de la sorte : « à qui doit-on une idée ? » Mais ils la résolvent en la dissolvant, de la même manière que le ballon d’or dissout les innombrables contributions qui sous-tendent les centaines de buts de Messi. Pour la science, « l’excellence », mesurée au h-index ou un autre de ses substituts, récompensée par des dispositifs qui vont de la subvention post-doctorale au prix Nobel (peut-être moins sensible, justement, à l’excellence du h-index, mais représentant pour le présent propos un bon exemple didactique), est donc exactement le même type de fiction utile : le « publiant » apparaît seul auteur d’une masse de contributions à la science, comme Lionel Messi semble, lorsqu’il reçoit sa récompense, avoir porté tout seul des centaines de fois un ballon dans les filets adverses.

    Par ailleurs, si pour publier beaucoup, il est plus facile de viser des thématiques en vogue, comme l’indiquait déjà Szilard, alors il y aura sur-inflation de publications sur ces questions et pénurie sur le reste, ces voies intéressantes mais dans lesquelles on se risquera peu. Pour le dire à la manière des écologues, le système de l’excellence donne une prime à l’exploitation (creuser toujours le même filon, on est sûr d’avoir un certain rendement, même si il diminue) au détriment de l’exploration (aller voir d’autres sillons au risque de ne rien trouver). L’exploration induit une perte de temps (se familiariser avec de nouveaux sujets, etc.), laquelle se paye en nombre de publications et ainsi diminue les chances de remporter la compétition.

    #Science #Evaluation #Recherche_scientifique #Revues_scientifiques #Publications_scientifiques #H-index

  • Politique | Coronavirus : Raoult en solo devant les sénateurs après avoir refusé le format table-ronde
    https://www.laprovence.com/actu/en-direct/6110413/coronavirus-raoult-en-solo-devant-les-senateurs-apres-avoir-refuse-le-fo

    La commission d’enquête du Sénat sur le coronavirus a entendu aujourd’hui le Pr Didier Raoult seul, après son refus de participer à une table-ronde avec deux autres chercheurs comme initialement prévu. « C’est au-dessus de mes forces » de « discuter sereinement avec des gens qui m’insultent », s’est justifié le directeur de l’Institut hospitalo-universitaire en maladies infectieuses de Marseille, en ouverture de son audition.

    Le microbiologiste, connu pour sa défense de l’hydroxychloroquine dans le traitement contre le nouveau coronavirus, devait initialement échanger devant les sénateurs avec l’épidémiologiste Dominique Costagliola, directrice de recherche à l’Inserm, et l’infectiologue Yazdan Yazdanpanah, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Bichat. Ces deux médecins seront finalement entendus après Didier Raoult, à partir de 17 heures.

    « Je ne peux pas me retrouver à discuter avec des gens qui font une tribune pour dire que je fraude, ce n’est plus une discussion scientifique », a poursuivi le chercheur devant la commission d’enquête sénatoriale sur la gestion de la crise sanitaire du Covid-19.

    Oui, alors plus généralement, depuis le début du bazar, Raoult ne se produit jamais – par principe ? – avec un contradicteur compétent scientifiquement : il balance ses opinions sur Youtube, publie dans des revues qui appartiennent aux amis, n’accepte de se faire interviewer que par des journalistes complaisants, et à la première contradiction annonce qu’il va se lever et s’en aller.

    Et évidemment, le même qui refuse la confrontation expliquait bruyamment fin avril que « le consensus, c’est Pétain ».

    • Didier Raoult s’emporte devant le Sénat
      https://www.lefigaro.fr/politique/didier-raoult-s-emporte-devant-le-senat-20200915

      La recette est ensuite un peu toujours la même : prétendre qu’il est le seul en France (voire dans le monde…) à avoir observé vraiment les malades, à disposer de chiffres fiables sur l’épidémie et la symptomatologie, et à essayer de soigner les gens. Des milliers de médecins en France manquent de s’étrangler à chaque fois, ou le font sur les réseaux. À l’écouter, il serait le premier à avoir découvert que l’anosmie et l’agueusie sont de symptômes très spécifiques du Covid-19 ; que la maladie est liée à de nombreux problèmes de coagulation ; que l’hypoxie des patients ne s’accompagne souvent pas de la gêne respiratoire que l’on constate habituellement dans les syndromes de détresse respiratoire aiguë traditionnels ; etc.

      Sans personne pour le corriger ou le bousculer parmi les rapporteurs du Sénat, Didier Raoult développe son laïus, justifie de n’avoir pas mené d’essai en double aveugle sur son traitement « miracle », la combinaison hydroxychloroquine et azithromycine, au motif qu’il ne se verrait pas donner un potentiel placebo à un malade alors qu’il a un traitement qui marche. Sauf que ce traitement, justement, ne fonctionne pas si bien que ça.

      Le sénateur Bernard Jomier (PRG), médecin généraliste de formation, a tout de même le courage de poser la question qui fâche. Pourquoi les autorités sanitaires de si nombreux pays déconseillent-elles massivement l’hydroxychloroquine (États-Unis, Grande-Bretagne, Italie, Belgique, Allemagne Brésil, Portugal, Chine, Japon, Australie, Canada, Suisse, Corée du Sud) ? Raoult s’énerve. « Vous avez des informations avec lesquelles je ne suis pas d’accord. (…) Vous ne pouvez pas me dire à moi que vous savez mieux que moi. (…) Chacun son métier, les vaches seront bien gardées. »

    • Ohlala, quel manipulateur imbu de lui même, c’est un sacré acteur dans sa leçon de charisme forcé, il construit son personnage masque sous le nez, son bras sur l’autre chaise pour occuper plus d’espace, tentant de faire croire à un débat alors qu’il monologue. Même si il lui est rappelé que ce n’est pas un débat mais une commission chargée de comprendre, il débat avec lui même de la question du « suis-je un Dieu » il maintient le cap de son traitement qui a empêché d’avancer la recherche sur d’autres et donc potentiellement tué des patients. Son comportement outrancier plein d’assurance rend difficile l’écoute vu qu’il sait parfaitement mélanger les cartes et en jouer car il n’y a rien à débattre et personne pour lui mettre sa trottinette dans la gueule face aux 30.000 morts. Au tout début quand il prête serment et qu’il parle des erreurs relevées dans ses publications (qui en deviennent par sa magie des insultes) il dit qu’il peut se tromper comme tout être humain, et là tu piges qu’il s’absout déjà des autres turpitudes mensongères à venir car à cette tribune qui lui ait offerte au Sénat c’est éternellement la navigation entre « je suis un grand scientifique au-dessus de vous » et « je peux me tromper, c’est humain ». Qu’est-ce qu’il est possible d’entendre des jérémiades d’un être immature sur son Olympe et qui impose à l’assemblée cette théâtralité dichotomique : vous êtes pour ou contre moi.

    • Covid-19 : le président du Haut conseil de la santé publique dénonce le « populisme scientifique » | Public Senat
      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/covid-19-le-president-du-haut-conseil-de-la-sante-publique-denonce-le

      https://www.youtube.com/watch?v=Wu-V5UHQRZ0

      Dans cette période particulière, marquée par l’irruption du « populisme scientifique » qui « consiste à présenter les faits de façon à ce qu’ils confortent une opinion qu’on estime être majoritaire », selon ses termes, le HCSP a décidé de ne pas alimenter la controverse. Il a même fait état de « pressions » après la publication d’avis, sur Internet. « Au bout d’un moment, la décision qu’on a prise, c’est d’arrêter de communiquer. Dans ce contexte, la communication nous semblait plus délétère que bénéfique », a expliqué le professeur Chauvin, devant la commission d’enquête, outré que « le nombre de followers sur Twitter l’emporte sur l’expertise scientifique ».

      Son nom n’est jamais cité, mais on devine que le professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection, comptant près de 700.000 abonnés sur Twitter, est particulièrement visé pour ses déclarations de février. « Je me souviens d’interventions sur les plateaux de quelqu’un qui disait c’est une grippette. On a quand comparé cette épidémie en disant que ça ne ferait pas plus d’accidents que les accidents de trottinette. Et les vidéos sont disponibles. Et l’on peut se poser la question de savoir comment des chaînes d’information continuent à inviter des gens qui ont dit, par exemple : il n’y aura pas de deuxième vague ! »

      https://www.youtube.com/watch?v=tQWOKg9Ws5I