• Le projet CARTE est la deuxième production propre à l’archive de la Mémoire Créative de la #révolution_syrienne. La #géographie ici n’est pas le but mais c’est le voyage proposé pour traverser vers “la mémoire de l’évènement et de l’homme”

    C’est un outil puissant et complexe lié à notre moteur de recherche substantiel et performant. le projet #CARTE relie notre #archive constitué de milliers de documents avec leurs emplacements géographiques dans toute la Syrie – environ 200 points entre les provinces, les villes, les banlieues, les quartiers, les rues, etc. et aussi avec les dates, les catégories, les mots-clés ou les auteurs. Il permet au lecteur de tracer les zones dans lesquelles les mouvements révolutionnaires pacifiques ont commencé, en plus de leurs expansions, leurs formes et leurs transformations dans chaque région, sur la base des initiatives et des activités de chaque région.

    C’est un voyage virtuel en #Syrie, au cours duquel les lecteurs peuvent facilement voyager et découvrir les syriens, leurs paroles, leurs rêves et leurs espoirs mais aussi leurs souffrances et leurs tragédies, et surtout la réalité à travers leurs écrits et productions.

    Ce projet a été lancé en Juin 2018
    https://creativememory.org/fr/map


    source : https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/chroniques-de-la-revolte-syrienne,3081

    • Merci pour ce lien.

      Je vais le consulter à petites doses. J’ai voyagé en Syrie il y a longtemps (1994, c’était la première année où on pouvait obtenir un visa « touriste »), profitant du fait qu’une amie travaillait à l’IFEAD (institut français d’études d’arabe de Damas). C’est un pays que j’ai bu, littéralement : je m’y suis plongé et il a plongé en moi... Tant de rencontres, d’échanges, de situations cocasses, le tout dans le cocon implacable d’un régime sans pitié (c’était le Hafez, le père donc, à l’époque, qui dirigeait le pays).

      La conscience de la surveillance omniprésente (4 ou 5 services de renseignement intérieur, je ne sais plus exactement, l’amie en question m’avait expliqué ça), du coup pour parler d’Hafez en public on parlait de « Raymond », c’était le code, et en même temps des rencontres extraordinaires, et pas cantonnées aux cercles intellectuels qui m’étaient faciles d’accès.

      Depuis les premières manifestations jusqu’à la situation cataclysmique d’aujourd’hui, j’ai eu des nouvelles, vu des photo, pleuré d’imaginer le devenir de tous ces gens que j’ai croisés et qui m’ont laissé souvenir, pour un rien ou pour beaucoup.

      Ça n’apporte rien ce que je dis là, mais en commençant à explorer ton lien @vanderling , tellement de choses remontent. Merci pour ça.

    • Dansé, c’est tout aussi bizarre.
      (description de la danse et du rythme dans le (très) court billet plus vidéos)

      Sandansko Horo - Санданско Хоро (Bulgaria) | Folk Dance Musings
      http://folkdancemusings.blogspot.com/2014/07/sandansko-horo-bulgaria.html

      The dance is from Sandanski in Pirin Macedonia.

      Dans l’extrait visible sur la page de recherche gg, je trouve cette phrase que je ne trouve pas dans le billet :

      The dance is also known as Bosarka and the Bulgarian variant is known as Nišavsko Horo.

    • Quant à Bulgarie ou Macédoine, ex-FYROM et depuis peu (12/02/2019) officiellement Macédoine du Nord, des régions appelées Macédoine se trouvent dans trois pays : Macédoine of course, Bulgarie (Macédoine du Pirin) et Grèce…

      Et, pour faire court, la #Macédoine_du_Pirin est la partie de Macédoine en Bulgarie…

      https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9bat_autour_du_nom_de_la_Mac%C3%A9doine#Accord_de_Prespa


      Macédoine physique et politique.

      L’aire géographique macédonienne est aujourd’hui divisée entre la Grèce (52,4 %), la république de Macédoine du Nord (35,8 %), la Bulgarie (10,1 %) et, selon les cartes, l’Albanie (1,4 %) et de la Serbie (0,3 %).

      • Macédoine grecque ou Macédoine égéenne (l’une des 9 régions traditionnelles de Grèce), partagée en 3 périphéries (régions administratives) ː
      – Macédoine-Centrale ;
      – Macédoine-Orientale-et-Thrace, qui comprend également la Thrace occidentale ;
      – Macédoine-Occidentale.
      • Macédoine du Vardar : appellation de la partie de la Macédoine qui forme aujourd’hui la Macédoine du Nord.
      • Macédoine du Pirin : partie de la Macédoine située à l’ouest de la ligne de crête de la chaîne de montagne du Pirin et à l’est de la montagne de Vlahina, de part et d’autre de la rivière Strouma. Elle se situe aujourd’hui en Bulgarie.

    • Merci @simplicissimus pour le lien vers les pas de danse. Effectivement faut s’accrocher ! (mais ça donne de bons renseignements sur la façon de faire groover le morceau).

      Effectivement, au vu de tes remarques géographiques, il ne serait pas surprenant que ça vienne du Pirin. Maintenant que tu m’as rappelé ça j’ai été fureter dans mes archives, j’ai d’autres morceaux qui viennent du Pirin et il y a comme qui dirait un parfum commun (sur les fin de phrases en particulier).

      Merci pour tous ces compléments en tout cas.

  • Je continue à penser qu’à chaque fois qu’un politicien ou un commentateur se lance dans un commentaire sur l’islam, il suffit de mettre « juif » à la place de « musulman » pour se rendre compte, immédiatement, que toutes les digues morales ont déjà sauté depuis longtemps, et que ces discours sont rigoureusement indéfendables.

    Prenez Yves Thréard et son bus… Dans le débat « Kippa : le gouvernement est-il ambigu ? » (80e débat télévisé sur la place du judaïsme dans la République de la semaine), le gars te balancerait « Il m’est arrivé, en France, de prendre le bus ou un bateau où il y avait quelqu’un avec une kippa, et je suis descendu. » Le journaliste demande à préciser le vocabulaire : « une simple kipa, pas le grand chapeau ? ». L’autre explique : « Oui, mais avec tout l’habillement, la chemise blanche et les tsitsit qui allaient avec. »

    Et de poursuivre (parce que sinon on n’a plus le droit de rien dire) : « Ces problèmes-là on va les traîner combien de temps ? », hein, parce qu’« On se fait grignoter » avec tous ces « Ghettos enjuivés ». Parce que tous ces juifs et tous ces idiots-utiles du complot juif, qui se prennent pour des victimes, là, ça va bien : « L’antijudaïsme, ça n’existe pas. » Et Yves de se lancer dans cette magnifique thèse : « Je déteste la religion juive […] On a le droit de détester une religion, on a tout à fait le droit de le dire. »

    Je te le mets une des nombreuses sources des citations de l’islamophobe décomplexé :
    https://www.lesinrocks.com/2019/10/15/actualite/medias-actualite/je-deteste-la-religion-musulmane-yves-threard-du-figaro-en-roue-libre-su

    Et comme tu le sais : ça a été à l’avenant sur toutes les chaînes, au parlement, dans les instances régionales, pendant deux semaines. Juste parce que le Monde a décidé que désormais Macron, il fallait qu’il assure sur les « sujets régaliens ».

    • Je lis Maus avec mon gamin. Et il découvre combien toutes ces brimades d’alors faisaient système (brimades et au-delà évidemment). Et encore, finalement, Maus, c’est un point de vue très particulier, singulier. Mais quand même. Un point de vue large. Il me demandait « pourquoi le choix des souris » ? Et une citation odieuse d’un idéologue abject de l’époque a répondu a sa question.

      On se rapproche en terme d’abjection de ce qui nous faisait doucement sourire quand on était jeune, en pensant que c’était tellement caricaturale, qu’on ne pourrait plus jamais atteindre un tel niveau... Et finalement. On n’en est pas encore à dire que les musulmans sont des rats puants. Mais. Pour le reste... :-/

    • Communiqué de l’UJFP
      « À y regarder de plus près, nos concitoyen.ne.s de religion ou de culture musulmane ne sont pas les seul.e.s que Zemmour insulte. Ce genre de comparaison vulgaire et haineuse participe d’une relativisation de la violence antisémite constitutive de l’idéologie nazie, et par là même des soubassements de la destruction des JuifVEs d’Europe, ce qui relève sans équivoque du négationnisme le plus crasse. Cette phrase, et plus encore son acceptation enthousiaste, est l’illustration manifeste que l’islamophobie et l’antisémitisme sont les revers d’une même pièce, et que toutes les formes de racisme font système, rendant illusoire la prétention de lutter contre l’une sans s’attaquer à toutes les autres. »

    • A l’heure où on devrait trouver des solutions ensemble pour arrêter la natalité, pour stopper net les émissions de gaz à effet de serre, pour supprimer les inégalités... à l’heure ou chaque être humain devrait passer son temps libre à planter des arbres pour tenter d’absorber les excès de CO2 produits depuis 2 siècles… à l’heure ou tout notre génie devrait être consacré au cycle de l’hydrogène… A l’heure où nous devons choisir entre appuyer sur la pédale de frein ou se prendre un mur en pleine poire, ces débats sur l’islamophobie me paraissent un peu ridicules et déplacés…

    • Ces débats « sur l’islam », voulais-tu dire ?

      Parce que ces débats « sur l’islamophobie », on voit mal ce qu’il y a de déplacer à en parler sachant que les victimes se font agresser, ne trouve pas de boulot, de logement, se font humilier partout… (ce qui serait déplacé, ça serait de trouver déplacer de parler de cette incroyable violence sans retenue - comme le montre parfaitement Arno* en remplaçant par « juif » - en étant soi-même blanc, bien nourri, avec un travail, un logement…)

    • Non, je confirme, ilslamophobie (vs provoc). Il y a tellement plus d’autres sujets plus importants à traiter. Même si c’est important de parler des souffrances des minorités maltraitées (ou vues comme telles), quand on aura plus d’eau à boire ni d’air à respirer on sera bien TOUS dans la merde. Les femmes, les gays, les arabes, les français, les mongols... on doit tous plancher sur des solutions ENSEMBLE sans se préoccuper individuellement de nos petites gueules.

    • Les femmes, les gays, les arabes, les français, les mongols... on doit tous plancher sur des solutions ENSEMBLE

      Merci pour elles et eux, mais... toutes celles et ceux que tu énumères sont déjà en première ligne des catastrophes que tu vois poindre à l’horizon et qu’elles et ils se prennent déjà, majoritairement, dans la gueule. Elles et ils n’attendent pas que ça déboule sur le dernier pré carré pour se mobiliser.

      Le « débat » dont les islamophobes saturent l’espace public, c’est, comme déjà évoqué par ailleurs, un moyen de désigner ici et maintenant les surnuméraires dont ils souhaitent se débarrasser à terme pour, justement, ne pas avoir à assumer les conséquences de cette catastrophe.

      quand [...] on sera bien TOUS dans la merde

      Ça me fait bien marrer. Ce n’est que lorsque la perspective devient totale qu’il faut trouver des raisons de se mobiliser ? L’universalisme abstrait, c’est toujours un point de vue particulier (et privilégié)...

    • La maison brûle... on fait quoi ? On éteint l’incendie ? Ou on discute pour savoir qui sera brûlé en premier, ou si ça fait plus mal se de faire brûler le mollet ou la cuisse. Je sais pas vous, mais pour moi la cause des minorités passe après la cause de la globalité.

    • Oui, mais concrètement là, imagine, tu vois des musulmans se faire bruler vifs. Tu fais quoi ? Tu regardes ailleurs et tu fais un sit-in sur le périph’ pour réclamer qu’on fabrique des éoliennes ?

      C’est comme les nanas dans les partis d’extrême-gauche... elles râlent parce qu’elles se font traiter comme des objets, et t’as le militant à qui on ne la fait pas qui leur explique que bon, elles font chier avec leur point de vue bourgeois, la priorité c’est la lutte contre le capitalisme.

      #troll

    • En fait, le même raisonnement va s’appliquer assez immédiatement contre lui-même : si on considère qu’il est impossible de survivre à la crise climatique dans le cadre du capitalisme, alors on peut tout aussi bien prétendre que la lutte pour le climat est subordonnée à la sortie du capitalisme, et c’est à cela que Cym devrait se consacrer exclusivement, au lieu de perdre son temps a planter des arbres. Et houla-hup, Barbatruc.

      Rions un peu : on peut légitimement soutenir que le capitalisme ne survit que par l’exploitation des mains d’œuvres racisées et par la prédation de ressources de pays habités par des populations commodément racisées elles aussi. Et que donc le racisme est indispensable à la survie du système capitaliste. Et donc pour sauver le climat il faut d’abord faire s’effondrer la capitalisme, lequel repose sur un racisme systémiques. Ergo, l’antiracisme est la priorité qui devrait nous occuper prioritairement.

      Je te fais pas le topo sur le patriarcat, le virilisme, l’exploitation du travail des femmes, comme fondement du capitalisme (avant même que ce capitalisme exige le racisme pour sa survie), sinon tu risquerais de considérer que le féminisme est la lutte prioritaire et exclusive...

    • Je reviens avec ma citation. Le capitalisme est bien mal en point pour une nouvelle fois n’avoir comme derniers gardiens les mêmes dégueulasses que la fois précédente. Et s’en est inquiétant. Donc. Et on se pince. Et on se demande quand on va se rendre compte de la filiation. Quand on va les virer de leurs tribunes.

      Mickey Mouse est l’idéal le plus lamentable qui ait jamais vu le jour... De saines intuitions incitent tous les jeunes gens indépendants et toute la jeunesse respectable à penser que cette vermine dégoutante et couverte de saletés, le plus grand porteur de bactéries du monde animal, ne peut être le type animal idéal... Finissons en avec la tyrannie que les Juifs exercent sur le peuple ! A bas Mickey Mouse ! Portez la croix gammée !

      Article de journal allemand du milieu des années 30

      J’évoquais les bus, que certains journalistes quittent désormais, quand ils sont mal fréquentés. Et j’ai pensé à Rosa Parks. De quelques côtés qu’on prenne leurs éructations, les références sont nauséabondes et il est déconcertant que certains milliardaires mettent publiquement toute leur influence pour les soutenir.

  • “Researchers find bug in #Python script may have affected hundreds of [scientific] studies [in biology]”

    https://arstechnica.com/information-technology/2019/10/chemists-discover-cross-platform-python-scripts-not-so-cross-platform

    #Willoughby_Hoye” scripts used OS call that caused incorrect measurements on some platforms.

    The paper showing the problem: https://pubs.acs.org/doi/full/10.1021/acs.orglett.9b03216

    The original paper with the bug: https://www.nature.com/articles/nprot.2014.042

    #bug #science

  • Le couple ou les convictions, une féministe hétéro aura difficilement les deux | Slate.fr
    http://www.slate.fr/egalites/le-feminisme-lepreuve-du-couple-hetero/episode-1-repartition-inequitable-taches-genre

    D’après un sondage de l’institut Ipsos mené en avril 2018, 55% des Français·es « considèrent que les inégalités hommes/femmes en matière de répartition des tâches ne sont plus vraiment un problème au sein du foyer ». Mais les chiffres de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) sont formels : selon les enquêtes « Emploi du temps », encore en 2010, les femmes s’acquittaient des trois quarts des tâches domestiques et y passaient en moyenne très exactement quatre heures et une minute quotidiennes contre deux heures et treize minutes pour les hommes ; si l’on zoome sur les tâches parentales, les femmes supplantent également les hommes en les prenant en charge à 65% (quarante-cinq minutes journalières, contre dix-neuf minutes pour les hommes).

    « Une lente et timide “réduction des inégalités” si l’on songe qu’entre 1986 et 2010 les femmes ont bel et bien consacré une heure de moins au ménage [et aux courses], tandis que les hommes n’y consacraient pour leur part que sept minutes de plus... Bref, si les femmes doivent remercier quelqu’un pour cette heure de corvée en moins, c’est peut-être leur lave-vaisselle, le magasin de surgelés d’à côté ou leur femme de ménage... mais sans doute pas leur conjoint », relate dans son ouvrage L’éducation vraiment positive la journaliste Béatrice Kammerer.

    Et il ne faudrait pas croire, dans un regain d’optimisme, que la situation s’est miraculeusement améliorée depuis.

    Via @mona.

    • (quarante-cinq minutes journalières, contre dix-neuf minutes pour les hommes)

      ça fait plusieurs fois que je vois passer cette stat’ avec des chiffres différents, mais toujours très, très loin du temps que moi ou ma compagne passons avec notre fille... Du coup soit on s’y prend comme des branques, soit les stats s’étalent sur, genre, les 18 années qu’on passe avec un enfant, soit tout le monde à une nounou d’enfer à la maison, soit une stat ok, mais c’est juste le matin, soit il y a une réserve de grand-parents, caché quelque part loin, très loin de chez moi... Je sais pas comment vérifier une stat en deux secondes, si quelqu’un à une piste...

    • C’est l’enquête Emploi du temps 2010 de l’Insee, il faut voir ce qu’elle compte comme du soin aux enfants et ce qu’elle compte comme du ménage et activités domestiques, on peut avoir des surprises. Mais grosso modo, comme la répartition des tâches est merdique, c’est facile pour un gars de faire beauuuucoup mieux que la moyenne !

  • The US military is trying to read minds

    A new #DARPA research program is developing brain-computer interfaces that could control “swarms of drones, operating at the speed of thought”. What if it succeeds?


    https://www.technologyreview.com/s/614495/us-military-super-soldiers-control-drones-brain-computer-interface
    #armée #USA #Etats-Unis #drones #cerveau

    #paywall

  • ’It’s a crisis, not a change’: the six Guardian language changes on climate matters

    A short glossary of the changes we’ve made to the Guardian’s style guide, for use by our journalists and editors when writing about the environment
    In addition to providing updated guidelines on which images our editors should use to illustrate the climate emergency, we have updated our style guide to introduce terms that more accurately describe the environmental crises facing the world. Our editor-in-chief, Katharine Viner, said: “We want to ensure that we are being scientifically precise, while also communicating clearly with readers on this very important issue”. These are the guidelines provided to our journalists and editors to be used in the production of all environment coverage across the Guardian’s website and paper:

    1.) “climate emergency” or “climate crisis” to be used instead of “climate change”

    Climate change is no longer considered to accurately reflect the seriousness of the overall situation; use climate emergency or climate crisis instead to describe the broader impact of climate change. However, use climate breakdown or climate change or global heating when describing it specifically in a scientific or geophysical sense eg “Scientists say climate breakdown has led to an increase in the intensity of hurricanes”.

    2.) “climate science denier” or “climate denier” to be used instead of “climate sceptic”

    The OED defines a sceptic as “a seeker of the truth; an inquirer who has not yet arrived at definite conclusions”. Most “climate sceptics”, in the face of overwhelming scientific evidence, deny climate change is happening, or is caused by human activity, so ‘denier’ is more accurate.

    3.) Use “global heating” not “global warming”
    ‘Global heating’ is more scientifically accurate. Greenhouse gases form an atmospheric blanket that stops the sun’s heat escaping back to space.

    4.) “greenhouse gas emissions” is preferred to “carbon emissions” or “carbon dioxide emissions”. Although carbon emissions is not inaccurate, if we’re talking about all gases that warm the atmosphere, this term recognises all of the climate-damaging gases, including methane, nitrogen oxides, CFCs etc.

    5.) Use “wildlife”, not “biodiversity”
    We felt that ‘wildlife’ is a much more accessible word and is fair to use in many stories, and is a bit less clinical when talking about all the creatures with whom we share the planet.

    6.) Use “fish populations” instead of “fish stocks”

    This change emphasises that fish do not exist solely to be harvested by humans – they play a vital role in the natural health of the oceans.

    Since we announced these changes, they have been reported widely, shared across social media channels, and even prompted some other media outlets to reconsider the terms they use in their own coverage.

    The update to the Guardian’s style guide, originally announced earlier this year, followed the addition of the global carbon dioxide level to the Guardian’s daily weather pages – the simplest measure of how the mass burning of fossil fuels is disrupting the stable climate. To put it simply, while weather changes daily, climate changes over years and decades. So alongside the daily carbon count, we publish the level in previous years for comparison, as well as the pre-industrial-era baseline of 280ppm, and the level seen as manageable in the long term of 350ppm.

    In order to keep below 1.5C of warming, the aspiration of the world’s nations, we need to halve emissions by 2030 and reach zero by mid century. It is also likely we will need to remove CO2 from the atmosphere, perhaps by the large-scale restoration of nature. It is a huge task, but we hope that tracking the daily rise of CO2 will help to maintain focus on it.

    Viner said: “People need reminding that the climate crisis is no longer a future problem – we need to tackle it now, and every day matters.”

    https://www.theguardian.com/environment/2019/oct/16/guardian-language-changes-climate-environment
    #terminologie #vocabulaire #journalisme #mots #presse #glossaire

    ping @fil @reka

  • http://www.contretemps.eu/gouvernement-gauche-lordon
    Gouvernement de gauche et « point L ». Extrait du dernier livre de Frédéric Lordon

    Le déchaînement, je veux dire l’accumulation indéfinie des conquêtes, l’enfoncement des acquis sociaux comme dans du beurre, l’encouragement constant de tous les gouvernements et de toutes les instances internationales, tout ça refait un habitus – un habitus de la position écrasante dans le rapport de force, donc un habitus qui a perdu toute disposition à transiger dans le compromis.

    On comprend qu’à remporter en longue période de si faciles victoires sur des choses aussi bénignes, on développe une intolérance radicale à tout «  recul  ». Imagine un peu ce que donneraient les «  reculs  » que nous sommes en train d’envisager. Ce que ça donnerait ? L’entrée en guerre du capital, immédiate, à outrance.

    Le point L tire les conclusions de cet état de fait, qui est un état de guerre – et c’est donc «  L  » comme Lénine. Dans les conditions de raidissement normatif du capital jusqu’à l’intransigeance extrême après trois décennies d’avancées ininterrompues, une expérience gouvernementale de gauche n’a que le choix de s’affaler ou de passer dans un autre régime de l’affrontement – inévitablement commandé par la montée en intensité de ce dernier, montée dont le niveau est fixé par les forces du capital.

    D’aucuns diraient qu’il s’agit d’un univers de type «  dictature du prolétariat  ». Aux réserves près quant à la signification du mot «  prolétariat  », ce ne serait pas faux. Il suffira de se rappeler en quels termes Lénine la définissait  : la démocratie, en principe, c’est la loi de la majorité, donc la dictature de la majorité (puisqu’elle impose ses vues à la minorité), et il se trouve au surplus que, dans les institutions distordues qu’elle se donne dans l’ordre capitaliste, la dictature démocratique ne fonctionne qu’au profit de la minorité (du capital). La dictature du prolétariat, ou dictature de la majorité, n’est donc rien d’autre que la «  démocratie  » ramenée à son concept.

  • Parution prochaine de Roswitha Scholz, Le Sexe du capitalisme. Masculinité et féminité comme piliers du patriarcat producteur de la marchandise
    http://www.palim-psao.fr/2019/10/parution-prochaine-de-roswitha-scholz-le-sexe-du-capitalisme.masculinite-

    Les essais rassemblés dans ce volume mènent une discussion critique de divers courants et auteures féministes – de Judith Butler, Nancy Fraser et Maria Mies à Silvia Federici – afin d’analyser l’essence de la modernité comme totalité sociale brisée, où les deux pôles de la « valeur » et de la « dissociation » reproduisent le rapport patriarcal du masculin et du féminin jusque dans la barbarisation postmoderne et l’effondrement du patriarcat producteur de marchandises. Ce dernier, déjà entamé, n’aura aucune portée émancipatrice.

    #livre #Roswitha_Scholz #critique_de_la_valeur #wertkritik #dissociation-valeur #féminisme #genre

  • Organiser le pessimisme
    Groupe Jean-Pierre Vernant | Le Blog
    http://www.groupejeanpierrevernant.info/#Falscisme

    La crise politique française peut se résumer à la partition du champ politique en trois blocs : le bloc modernisateur au pouvoir, qui mène une politique néolibérale, un bloc nationaliste et identitaire, issu de la normalisation de la vieille extrême-droite [2], et un bloc émancipateur fragmenté, qui tente de reconstruire un projet social intégrant la nécessité de juguler le réchauffement climatique et l’effondrement des espèces. Aucun de ces trois blocs n’est capable de s’assurer le soutien d’une majorité de la population. Seules, les institutions de la cinquième République ont permis à un parti comme LREM, disposant d’une base de 11% de l’électorat [3], d’obtenir 53% des sièges à l’Assemblée nationale, ce qui oblige ce bloc modernisateur à avoir recours à une répression violente et autoritaire du mouvement social pour pallier l’absence d’adhésion à son projet néolibéral [4].

    Cette tripartition du champ politique [5] est le fruit de la lente émergence d’un bloc centriste modernisateur, décomposant la gauche de gouvernement par prélèvement de la classe moyenne éduquée [6], attirée par l’adhésion au projet européen, et décomposant en même temps la droite conservatrice par prélèvement des “CSP+”, cadres du secteur privé et professions libérales, par adhésion au projet néolibéral. Il s’agit là d’une stratégie délibérée [7], explicite dans les desseins de M. Giscard d’Estaing et de M. Barre, ainsi que dans ceux de la deuxième gauche de M. Rocard, de M. Delors puis de M. Strauss-Kahn, théorisés par des groupes de réflexion comme Terra Nova [8] ou les Gracques. Or, cette recomposition du paysage politique ne permet de constituer aucun bloc social majoritaire, ce qui est la caractéristique première d’une crise d’hégémonie. Les tentatives d’élargissement des blocs autour de partitions binaires inopérantes (écologiste vs productiviste, souverainiste vs globaliste, nationaliste vs européiste, libéral vs autoritaire, cosmopolite vs identitaire, progressiste vs populiste, rationaliste vs obscurantiste, etc.) ne font qu’accroître la fragmentation de l’offre politique, empêchant la coalition de groupes sociaux aux intérêts distincts autour d’un même projet politique et d’un même imaginaire social.

  • Cédric O : « Expérimenter la reconnaissance faciale est nécessaire pour que nos industriels progressent »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/10/14/cedric-o-experimenter-la-reconnaissance-faciale-est-necessaire-pour-que-nos-

    Il ne faut pas avoir une vision exclusivement nihiliste de la reconnaissance faciale : il y a beaucoup d’usages qui, s’ils sont bordés juridiquement et techniquement, ne posent aucun problème et apportent de la simplification – par exemple, pour tout ce qui nécessite aujourd’hui de se présenter à un guichet ou pour valider une formation en ligne. Expérimenter est également nécessaire pour que nos industriels progressent.

    #reconnaissance_faciale #techno_neuneus #saloperie #flicage #fichage #liberté

  • This economist has a plan to fix capitalism. It’s time we all listened | WIRED UK

    https://www.wired.co.uk/article/mariana-mazzucato

    The idea that made Mariana Mazzucato one of the most influential economists in the world came to her in early 2011. It had been three years since the financial crisis of 2008 and, in the UK, the coalition government of Conservatives and Liberal Democrats had chosen to pursue a fiscal policy of austerity that was forcing councils to cut back public services and leading to a rise of homelessness and crime. “In my neighbourhood after-school clubs, youth centres, public libraries, policing and mental health budgets were all cut, affecting the most vulnerable people in society," she recalls. "It was very sad.”

    What particularly infuriated Mazzucato was the prevailing narrative that such cuts were necessary to boost competitiveness and innovation. In March 2011, Prime Minister David Cameron gave a speech excoriating civil servants working in government, labelling them “enemies of enterprise”. Later that year, in November, he visited the Truman Brewery in east London to announce his plans for a new technology cluster called Tech City. “They were hyping up entrepreneurs and dismissing everyone else,” Mazzucato says. “There was this belief that we didn’t have European Googles and Facebooks because we didn’t subscribe to Silicon Valley’s free market approach. It was just ideology: there was no free market in Silicon Valley.”

    #capitalisme

  • Alicem : tout comprendre à l’app de reconnaissance faciale controversée du gouvernement
    https://www.numerama.com/politique/559511-alicem-tout-comprendre-au-dispositif-de-reconnaissance-faciale-cont

    Le gouvernement s’apprête à déployer en France Alicem, un système de reconnaissance faciale pour smartphone qui sert à se connecter aux services publics en ligne, en ayant un haut degré de certitude sur l’identité de la personne. Mais le dispositif est controversé. Numerama fait le point. Qu’est-ce que c’est ? Alicem, acronyme qui signifie « Authentification en LIgne CErtifiée sur Mobile » (la CNIL parle aussi d’une « application de lecture d’un citoyen en mobilité »), est un projet de traitement (...)

    #algorithme #smartphone #biométrie #facial #LaQuadratureduNet #CNIL #Alicem

    //c1.lestechnophiles.com/www.numerama.com/content/uploads/2019/10/alicem-1.png

  • Riposte à Nunez qui aimerait cacher ces violences policières qu’on ne saurait voir | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/david-dufresne/blog/101019/riposte-nunez-qui-aimerait-cacher-ces-violences-policieres-quon-ne-s

    Devant les sénateurs, le Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Intérieur a fustigé ce matin la « minorité bruyante [qui] a mis en cause, parfois systématiquement, parfois gratuitement, les forces de l’ordre ». Réponse.

    (...)

    A dire vrai, ce qui distingue la police d’une milice, c’est bien ceci, ce sont bien ces huit lettres : son caractère public, par et pour le peuple, pas contre ni sans lui. Sa force, c’est sa publicité. Sous le regard de tous et de chacun.

    #maintien_de_l'ordre #police

  • Hidden and unmarked: vivid photos from inside Russia’s former closed towns — The Calvert Journal

    https://www.calvertjournal.com/features/show/11396/christine-armbruster-photography-russia-hidden-unmarked-towns

    Hitchhiking across Russia, American documentary photographer Christine Armbruster recalls the times she’d camp beside rivers or sleep on the floors of friendly locals she’d met that morning. Except for one bed and breakfast near Lake Baikal, there were no hostels in the places she visited. In many cases, the towns themselves did not exist on a map. During the Soviet era, over 2,000 towns and cities were built. Armbruster visited and documented those cities that were closed or secret, which she found through dubious archive material online.

    Probingly gentle, the photographs in Made of Steel depict homemade delicacies, national celebrations, and large swathes of industrial areas: scenes of everyday Russia that will be familiar to many but remain hidden to many tourists. We asked the photographer to recount her journey. Here, she tells The Calvert Journal about the communities she encountered who have been left to survive on their own.

    #soviétisme #urss #ex-urss #urban_matter

    • Qu’est-ce que j’en ai marre de ce terme « une IA ». Je vais me répéter mais tant pis : cela supposerait qu’on ait réussi à inventer une entité autonome et intelligente (pour faire court), ce qui est évidemment absolument faux. Et en plus cela tend à dédouaner les coupables (Amazon en l’occurrence) de leur responsabilité (c’est pas moi c’est l’IA !)

      Pourquoi ne pas dire : Amazon utilise l’intelligence artificielle (champ disciplinaire de l’informatique, pas besoin de mettre ça évidemment), pour virer les ouvriers

      Il faut arrêter de prêter à ces techniques l’intelligence qu’elles n’ont pas. Surtout ces trucs à base de réseaux de neurones. Si on commence à croire que ces trucs sont intelligents c’est le début de la fin. (un réseau de neurone fait de la reconnaissance, point à la ligne, et aussi fine soit cette reconnaissance, on ne peut pas appeler ça de l’intelligence)

      Je précise en tout honnêteté que je suis enseignant-chercheur, et que mon champ de recherche c’est l’IA, mais pas celle là. Et je ne prétends pas « fabriquer des IA », je laisse ça aux petits démiurges (et ils sont nombreux) en manque de sensations.

      Comme le dit si bien un certain site cité ici : les mots sont importants.

  • VIDEO. Emmanuel Macron veut des explications après le rejet de la candidature de Sylvie Goulard

    https://www.francetvinfo.fr/politique/emmanuel-macron/video-emmanuel-macron-veut-des-explications-apres-le-rejet-de-la-candid

    Macron ne comprends pas :) il dit qu’il a besoin de comprendre ...

    Olivier Da Lage répond sur FB :

    « Il ne peut pas comprendre : des parlementaires élus ont exercé le mandat pour lequel ils ont été élus sans se plier aux injonctions de l’exécutif. »

    En fait Macron est un crétin qui s’ignore.

    La Française devait occuper le portefeuille du Marché intérieur à la Commission européenne, mais les eurodéputés ont rejeté sa candidature. Le président français a fait part de son incompréhension et de son agacement après le vote.

    La pilule semble difficile à avaler pour Emmanuel Macron. La candidature de la Française Sylvie Goulard a été retoquée par les eurodéputés à une large majorité, jeudi 10 octobre, alors qu’elle avait été désignée par le président pour prendre les rênes du Marché intérieur au sein de la Commission européenne. Entendue une première fois par les élus, la Française n’avait pas convaincu.

    • « Il ne peut pas comprendre : des parlementaires élus ont exercé le mandat pour lequel ils ont été élus sans se plier aux injonctions de l’exécutif. »

      Il n’y a effectivement rien à ajouter : tout le personnage est dans cette « incompréhension ».

      Mais en mettant les guillemets autour de « incompréhension » j’ai un doute : se peut-il qu’il le fasse exprès ? Est-ce que ça ferait partie de sa stratégie de sous-entendre qu’une instance élue puisse prendre une décision absolument incompréhensible pour une personne douée de bon sens, personnage qu’il affectionne ?

  • Scientists clash over paper that questions Syrian government’s role in sarin attack | Science | AAAS
    https://www.sciencemag.org/news/2019/09/scientists-clash-over-paper-questions-syrian-government-s-role-sarin-att

    Now, a manuscript questioning that conclusion has caused a heated dispute among U.S. scientists. Until this week, the paper was scheduled for publication by Science & Global Security (SGS), a prestigious journal based at Princeton University. But as Science went to press, SGS’s editors suspended publication amid fierce criticism and warnings that the paper would help Syrian President Bashar al-Assad and the Russian government. Both have denied that Syria is responsible.

    The paper’s most prominent author is Theodore Postol, professor emeritus at the Massachusetts Institute of Technology in Cambridge and a respected expert on missile defense and nuclear weapons. In blog posts and interviews, Postol has argued that the Syrian regime is not responsible for the Khan Shaykhun chemical attack and two others he has examined. Gregory Koblentz, a biological and chemical weapons expert at George Mason University in Fairfax, Virginia, says Postol has disregarded overwhelming evidence and has a pro-Assad agenda, which Postol denies. “I’m not trying to take sides,” he says.

    #syrie #fabrique_de_l'opinion

  • « Do you speak bullshit english ? » - Comment l’anglais d’entreprise renforce la classe dominante (Partie I) - FRUSTRATION
    https://www.frustrationlarevue.fr/do-you-speak-bullshit-english-comment-langlais-dentreprise-renfor

    « De toute façon, on a la même target », me dit le DRH. La porte de l’ascenseur de cette tour austère de la Défense se referme sur nous. « Pas vraiment », ai-je envie de lui répondre. Je défends les salariés, il gère une “masse salariale”. Nous n’avons donc pas la même « target », si je comprends bien ce qu’il veut dire par là car, pour moi, « target »(“cible” en français) est un mot anglais utilisé pour désigner la personne avec qui l’on espère finir la soirée. Là où l’anglais des cours de lycée permet d’euphémiser des termes liés aux relations humaines et notamment amoureuses – un crush, une target, un date – celui des entreprises françaises contemporaines accompagne et encourage les évolutions managériales qui ont considérablement affaibli le camp des salariés au cours des trente dernières années, notamment parce qu’il adoucit et masque les rapports de domination.

    Semer le flou, première fonction de l’anglais d’entreprise

    Notre « target » commune, ce serait de comprendre et d’accepter le plan de licenciement qui va toucher la « holding » de la multinationale. Avant, on aurait dit « maison-mère », mais ça impliquerait un lien de maternité avec ses filiales, tandis que le terme « holding » en dit plus long sur la fonction de l’entité juridique centrale : elle détient d’autres entreprises et fait remonter les profits vers son sommet, où une armée de salariés qualifiés se chargent d’administrer l’ensemble pour contrôler la remontée de profit (le « controlling »), à rassembler les informations en provenance des filiales pour faire des bilans d’activité (le « reporting ») et à promouvoir l’image du groupe dans le monde et vis-à-vis de ses clients.
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    Préserver le français, un combat légal mais ô combien ringardisé

    Quand on évoque la question de l’usage de l’anglais auprès de la direction, le haussement d’épaule est de rigueur et les yeux écarquillés se multiplient. S’étonner de l’usage du bullshit english d’entreprise passe vraiment pour une posture préhistorique. Et pourtant, cet étonnement est justifié, car l’usage de l’anglais dans une entreprise française est en fait… illégal.
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    https://www.frustrationlarevue.fr/entrepreneurs-is-the-new-france-comment-langlais-dentreprise-renf

    Comment en est-on arrivé là ? Est-ce à partir du moment où des publicités « Do you speak Wall Street English ? » sont apparues dans les transports en commun de tout le pays, vantant aux cadres et salariés angoissés par leur niveau d’anglais de lycée des formations coûteuses mais aux résultats garantis ? Car, c’est connu, le Français moyen est « nul en anglais » et c’est une des nombreuses tares qui le rendent si « en retard à l’international »
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    « La langue des maîtres » ou l’anglais comme marqueur de classe

    Fascinés par le modèle américain de l’entreprise reine et de la finance sans frein, les patrons français se sont tous mis à parler leur langue, imités par l’ensemble de la classe bourgeoise. Cela lui a donné un supplément d’âme et un atout non négligeable, pas tant vis-à-vis de ses partenaires internationaux que de son propre peuple. L’anglais a ainsi accompagné un puissant récit de légitimation de la classe dominante française, des années 1990 à nos jours, qui lui a permis de repasser du bon côté de l’Histoire : les ouvriers seraient bornés, fermés d’esprit, repliés sur eux-mêmes, tandis que la bourgeoisie serait « ouverte sur le monde », « progressiste », favorable à la mondialisation et à l’intégration européenne.
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    Histoire du « management » ou comment l’anglais a semé les concepts les plus oppressants du XXIe siècle

    Marqueur de classe au sein de la société et à l’intérieur des entreprises, l’anglais ne se contente pas de semer le flou et de donner du style à des mots. Il est aussi un vecteur de diffusion de nouveaux concepts et a accompagné à lui seul la transformation du travail en France comme ailleurs. Prenons l’exemple du management. Une notion devenue tout à fait banale et intrinsèque à tout collectif de travail (sauf aux rares refusant ce genre de hiérarchie implicite) : « manager les gens ». On parle désormais même de « manager de proximité » qui, comme un commerce de proximité, se met au plus près de vos besoins de salarié… et à la plus précise des exigences patronales. Remplaçant les mots « chefs », « patron » ou encore « contremaître », « manager » fait partie de ces termes qui mentent sur la relation qu’ils désignent. A entendre les cadres de la holding où l’anglais est de mise, le manager serait une sorte d’ange-gardien dont on attend reconnaissance et protection (« Il m’aide à prioriser mes tâches »), et non plus un « chef » vis-à-vis duquel la conflictualité sociale serait possible.
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    « Entrepreneurs is the new France » ou comment l’utopie macroniste s’appuie sur l’anglais d’entreprise

    « Brave New France », l’utopie capitaliste d’Emmanuel Macron, a son propre langage. Un langage qui gomme les rapports de force, qui agresse sans en avoir l’air, qui ment sur qui domine, qui opprime et qui subit. Cette langue où l’on peut dire le contraire de ce que l’on fait et faire l’inverse de ce que l’on dit. Cette langue, qui n’est pas la langue de Shakespeare mais celle de Niel ou de Bernard Arnault, peut encore être combattue. Prenez le temps d’observer le visage de votre DRH quand vous lui demandez de traduire une expression qu’il emploie – la loi vous y autorise et lui donne tort. Observez le regard de vos collègues quand vous dites « ma hiérarchie » plutôt que « mon top manager ». Le capitalisme étant mondial, sa lutte tout autant, souvenons-nous que dans l’anglais notre classe dominante n’a puisé que ce qui l’arrange. A nous d’y faire notre marché : prenez le mot « strike » par exemple. Ça veut dire à la fois « combattre » et « faire grève ». N’est-ce pas charmant ?