• Think Flock is bad? This new tech is coming to link license plates with your phone — and it could be another death knell for privacy
    https://www.techradar.com/vehicle-tech/think-flock-is-bad-this-new-tech-is-coming-to-link-license-plates-with-yo

    (...)

    How SignalTrace works

    Virtually every electronic device you use is broadcasting some kind of Bluetooth or Wi-Fi information. It’s how your phone stays connected to cell towers, how your fitness tracker syncs stats back to the web, and so on. SignalTrace scanners work in addition to license plate reader cameras to catch these signals and interpret them.

    (...)

  • Évolution récente et projection future de la ressource mondiale en eau souterraine, Maya Costantini ; Bertrand Decharme ; Jeanne Colin - La Météorologie, 129, 39-45, 2025 (publication : May 01, 2025)
    https://lameteorologie.fr/issues/2025/129/meteo_2025_129_39

    Résumé
    Cet article analyse l’évolution des ressources en eau souterraine à l’échelle mondiale, en se basant sur des simulations de modèles climatiques. Une méthode simple est proposée pour estimer les prélèvements non renouvelables d’eau souterraine utilisée pour l’irrigation. Les résultats montrent que dans des régions clés comme l’Inde, la Chine et les États-Unis, une grande partie de l’eau utilisée est non renouvelable, aggravant la dette hydrique mondiale. Cette étude souligne que la combinaison de la diminution de la recharge sous l’effet du changement climatique et de l’augmentation des prélèvements anthropiques menace la durabilité de la ressource en eau souterraine dans les aquifères de plusieurs régions du monde.

    [...]

    L’eau, source de vie, est omniprésente sur notre planète et recouvre environ 71 % de sa surface. Toutefois, cette ressource précieuse est loin d’être équitablement répartie : 97 % de l’eau terrestre est concentrée dans les océans et seulement 3 % sous forme d’eau douce sur les continents. L’eau douce continentale est donc rare sur Terre. La plus grosse partie de cette eau douce continentale, environ 70 %, n’est pas exploitable directement, car elle est stockée sous forme de glace dans les glaciers continentaux et les calottes polaires groenlandaises et antarctiques. Près de 29 % sont difficilement accessibles car localisés en profondeur dans les aquifères. Finalement, seule une infime partie de l’eau douce continentale, environ 1 %, est facilement accessible : elle se trouve dans les lacs naturels ou artificiels, les rivières, les marais et les couches superficielles du sol, tous ces réservoirs constituant les eaux de surface.

    (...) On estime que 70 % de l’eau douce prélevée est dédiée à l’agriculture, majoritairement pour l’irrigation, ensuite pour l’élevage. L’industrie utilise 20 % de cette eau et les 10 % restants servent à notre usage domestique.

    [...]

    Depuis le début du XXIe siècle, la demande en eau par secteur (agriculture, industrie, usage domestique) augmente dans toutes les régions du monde, si bien que la consommation d’eau présente une croissance 1,7 fois plus forte que la croissance démographique. Une grosse partie de cette augmentation est due au secteur agricole avec l’irrigation des cultures.

    #eau #eau_douce #climat #changement_climatique #eaux_souterraines #nappes_phréatiques #nappes_fossiles #réservoirs_continentaux #agriculture #irrigation #élevage #stress_hydrique #hydrologie #écologie

  • Error by AI scribe during medical appointment leaves patient devastated

    https://www.abc.net.au/news/2026-08-14/ai-medical-scribe-error-leaves-patient-devastated/107031672

    When Rebecca Green arrived for her first appointment with a urologist, she was asked whether she consented to having the appointment transcribed by artificial intelligence (AI).

    She said yes without hesitation.

    “I don’t want to be in her bad books or be that annoying patient who takes up more of her time,” she said.

    But that decision would cause her a lot of stress, with the AI scribe making up the serious but false claim that Ms Green was taking illegal drugs.

    I was gobsmacked and in tears … it made up that I take [psychedelic] mushrooms. I have never done mushrooms in my life,”

    she said.

    Doctolib :
    https://seenthis.net/messages/1181183#message1181332
    https://seenthis.net/messages/1182798

  • « On a rayé des cartes les petits cours d’eau, et la #sécheresse s’est répandue »
    https://reporterre.net/On-a-gomme-les-petits-cours-d-eau-des-cartes-et-la-secheresse-s-est-repa

    La France a longtemps été un pays de rivières mais aussi de « petits chevelus » qui irriguaient merveilleusement les paysages, rechargeaient les nappes phréatiques, nourrissaient les zones humides et les grandes vallées. Aujourd’hui, ce réseau fin de milliers de petits ruisseaux — rus, béals, filets d’eau de tête de bassin versant — se défait silencieusement, et alimente la terrible sécheresse que nous connaissons, tout autant que le déficit de pluie.

    [...]

    Pour comprendre cette disparition des petits cours d’eau, remontons un peu le temps. Le 30 décembre 2006, une loi sur l’#eau et les milieux aquatiques (Lema) était adoptée en France, qui transposait dans le droit une directive européenne visant à restaurer l’état écologique des masses d’eau douce d’Europe d’ici à 2015.

    Certains syndicats agricoles n’ont pas vu cette ambition d’un bon œil, notamment la #FNSEA, représentant majoritaire de l’#agriculture productiviste, désormais contrainte d’interdire les rejets de nitrates dans les cours d’eau. L’Union européenne condamnera d’ailleurs plusieurs fois l’État français pour son laxisme vis-à-vis de ces pratiques.

    Mais grâce au gouvernement socialiste de l’époque (Reporterre l’a raconté en 2017), un tour de passe-passe résolut le dilemme : de cours d’eau, les petits ruisseaux devinrent des « fossés », « canaux » ou « ravines », privés de la protection instaurée par la loi de 2006. Résultat : plus de bandes-tampons obligatoires pour les préserver des constructions et autres barrages hydrauliques, plus d’encadrement des épandages de pesticides. Sortis du droit, ils furent aussi effacés des cartes administratives hydrologiques que l’on commençait alors à réaliser. Dans certains départements, la moitié d’entre eux ont tout simplement été rayés des cartes.

    edit c’est assez général, on pense flux et stock, au mépris des trames.

    #hydrologie (et Lumières éteintes) #petits_chevelus

  • La plateforme des impôts victime d’une cyberattaque
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/13/la-plateforme-des-impots-victime-d-une-cyberattaque_6745830_4408996.html

    D’après le site spécialisé Fuites Infos, qui a révélé l’information, selon BFM-TV, la revendication de l’attaque affirme que celle-ci a permis aux auteurs de collecter l’identité des usagers concernés (nom complet, date et lieu de naissance, adresse postale, adresse e-mail, numéro de téléphone), leurs identifiants fiscaux, numéro de Siren pour les professionnels, leur situation familiale, l’historique des échanges avec les services fiscaux ou encore le montant de leurs impôts. D’après la même source, la revendication porterait sur des « dizaines de millions » de contribuables.

    L’ANTS, Bloctel, France travail et puis ça, on voit bien qu’il faut déléguer à des prestataires privés, non ?

    • On a l’impression qu’avec les IA la sécurité informatique est un fantasme. Ces grosses infrastructures centralisées sont hypervulnérables, ou bien cela deviendra extrêmement peu ergonomique, comme les sites des banques qui te demandent douze mots de passe, double vérification. C’est peut être là sécurité mais ça exclut complètement les personnes âgées, les pas doués informatiques, etc.

    • Filer au privé l’impôt, les pièces d’identité, le chômage, ils le feront pas. Faisant mine de gouverner, bien évidemment je galégeais. Même de leur point de vue, faire Docotolib partout est impossible.

      Mais quand même, il n’y a plus de voie de fuite, sauf pour nos données, allégrement collectées.

    • Fuite Piratage d’impots.gouv : « Les réductions des dépenses publiques conduisent aussi à plus de vols de données fiscales »
      https://www.liberation.fr/economie/economie-numerique/piratage-dimpotsgouv-les-reductions-des-depenses-publiques-conduisent-aus

      Après l’attaque du portail du fisc fin juin, le syndicat Solidaires finances publiques s’agace de la réaction « tardive » de Bercy. Il déplore une priorisation des investissements vers le déploiement de l’IA. De son côté, la DGFIP dit avoir fait face à une attaque « sophistiquée ».

      « Cette nouvelle attaque n’a rien d’étonnant », s’agace Sandra Demarcq, secrétaire générale du syndicat Solidaires finances publiques. Fin juin, le portail du fisc, impots.gouv.fr, a été victime d’un piratage informatique et d’une fuite de données de contribuables particuliers et professionnels. Un vol officialisé par Bercy seulement jeudi 13 août, dans un succinct communiqué, une fois confronté à la revendication du hackeur, mercredi 12 août, et à la publication d’articles de presse sur le sujet. Le ministère a précisé, vendredi 14 août, que les données extraites concernaient 678 000 comptes particuliers et professionnels confondus.

      Le syndicat majoritaire de l’administration avait pourtant donné l’alerte dès le 18 juin, en interpellant par courrier la patronne de la Direction générale des finances publiques (DGFIP), Amélie Verdier, au sujet d’une « mise en vente sur le darkweb, le 12 juin, de données concernant le portail France services », réseau des services administratifs. Parmi ces données, « potentiellement » celles d’agents de la DGFIP dont l’obtention par un cybercriminel pourrait « faciliter des tentatives de piratage, d’usurpation d’identité ou d’hameçonnage ciblé » pour accéder au système d’information du fisc.

      https://justpaste.it/gyr3c

  • Électricité nucléaire et dérèglement climatique ne font décidément pas « bon ménage » ...
    Chaleur, manque d’eau, méduses : l’énergie nucléaire devient impilotable
    https://reporterre.net/Le-climat-met-le-nucleaire-europeen-a-sec-Le-nucleaire-rattrape-par-la-q

    Canicules, sécheresses, fleuves trop chauds ou trop bas : depuis juin, les centrales nucléaires européennes multiplient baisses de puissance et arrêts. Une question devient difficile à esquiver : le nucléaire est-il encore pilotable dans un monde qui se réchauffe ?

    Le 12 août, peu avant 10 heures, un cinquième du parc nucléaire français manquait à l’appel. Exactement 20,4 % de sa capacité de production est indisponible pour des « contraintes environnementales » ou des « causes externes liées à l’environnement », un record depuis 2015 calculé par l’AFP à partir des données d’EDF. Treize réacteurs sont concernés : 8 complètement à l’arrêt, 5 au ralenti. D’un côté, des fleuves trop chauds ou trop maigres après cinq vagues de chaleur ; de l’autre, à Gravelines (Nord), plusieurs tonnes de méduses venues boucher les prises d’eau de la plus grande centrale nucléaire d’Europe occidentale. Le nucléaire est pilotable, certes, mais encore faut-il pouvoir le refroidir.

  • AI Software Development – What Does The Data Say ? – Codemanship’s Blog
    https://codemanship.wordpress.com/2026/08/12/ai-software-development-what-does-the-data-say

    I’m currently pulling together a bunch of sources – that are mostly recent – on the topic of LLMs and their use in software development.

    Some are peer-reviewed studies. Some are industry studies that haven’t been peer-reviewed.

    One is statistical physics. Expect more from that angle. Wanna’ know the limits of a technology? Ask a physicist.

    One is just a blog post, but very useful information about the effect of context size.

    Most are corroborated by personal experiments and also observations on teams. As time goes on and more data comes in, my picture comes more into focus.

    Before I cite the sources, a quick executive summary for all you busy executives out there:

    Truly autonomous and reliable long-horizon agentic software development is so highly improbable using LLMs that it’s essentially science fiction.

    (...)

    – Large/long-scale industry studies show a clear trend – output is up (more code, more commits, bigger diffs), but outcomes don’t reflect that trend. If anything, the average team is taking longer to ship worse software. If ever we needed proof that software development isn’t a production process… (...)

    (...)

    Le reste est à l’avenant. Encore un luddite qui n’a rien compris, comme on dit.

  • I’m done using AI – Brett Codes
    https://brettcodes.com/im-done-using-ai

    I’ve been programming for 20 years. It started as a hobby as a teen, making fansites and little video games. Then it turned into a career. And it’s something I’ve largely enjoyed doing. I like learning, I like problem solving, and I like making things, which is a lot of what programming is. Over the past 18 months, my career, my hobby, and my craft have been drastically changed by the introduction of LLM-powered coding harnesses (e.g., Claude Code) and what’s often referred to as “agentic programming.” Because of its negative impacts on the environment, society, and my mental health, I’ve decided to stop using it.

    Un luddite de plus qui n’a rien compris.

  • Pierre Raiman, George Orwell × Raoul Peck : 2×-2=-4,
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/08/11/raiman-orwell-peck
    https://desk-russie.eu/2026/04/06/george-orwell-x-raoul-peck-2x-2-4.html
    https://seenthis.net/messages/1169133

    Une dure recension du dernier film de Raoul Peck.

    Dans 1984, Winston Smith posait un axiome sur lequel reposait tout l’édifice de la résistance intérieure : la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre [3]. Or le film de Peck prend l’équation orwellienne et produit un résultat négatif. Orwell multiplié par Peck, ce n’est pas quatre : c’est moins quatre. Le cinéaste ne manque pas de talent, mais sa grille de lecture – anti-impérialiste, anticapitaliste, héritière d’une tradition marxiste qui n’a jamais admis et compris le concept de totalitarisme – le conduit à retrancher d’Orwell ce qui en constitue le cœur. Le spectateur en sort plus confus qu’il n’était entré. C’est ce rendez-vous manqué qu’il faut examiner : il dit quelque chose de la difficulté de l’intelligentsia occidentale à nommer le monde dans lequel nous vivons.

    […]

    Ce que Peck retient de Loznitsa prolonge l’effacement : pour l’immense majorité des spectateurs, le nom de Babi Yar n’évoquera rien ; ils verront des nazis allemands pendus par des bourreaux soviétiques devant une foule, sans savoir que cette foule regarde mourir les assassins de dizaines de milliers de Juifs. La séquence est vidée, par couches successives, nazie, soviétique et cinématographique de sa réalité juive.

    Traiter cette scène comme la variation d’un même thème qui relierait la justice rendue aux bourreaux de Babi Yar et la pantomime séditieuse du Capitole, c’est abolir toute distinction entre la justice, la terreur et la farce sinistre. Le fossé entre l’usage qu’en fait Loznitsa – patient, contextuel, hanté par le devoir de mémoire – et celui qu’en fait Peck – illustratif, instrumentalisé, dépouillé de sa substance – indique la distance entre un cinéaste qui donne à penser et celui qui assène. En laissant les images « parler d’elles-mêmes », Peck dissimule l’intervention la plus décisive – celle du monteur qui choisit l’ordre, le rythme et le voisinage.

    […]

    En dégradant les putschistes espagnols du rang de fascistes à celui de conservateurs, Peck les rapproche du présent américain. Ce glissement quasi imperceptible, est un cas d’école de ce qu’Orwell dénonçait : le langage politique imprécis ne reflète pas une pensée confuse, il la fabrique. Orwell, qui avait pris une balle dans la gorge sur le front d’Aragon pour combattre le fascisme, et qui avait risqué sa vie une seconde fois en échappant à la police stalinienne de Barcelone, méritait mieux qu’un euphémisme destiné à servir une analogie partisane.

    […]

    Peck ouvre l’œuvre d’Orwell comme une « boîte à outils » – la formule revient dans ses entretiens [20]. L’expression semble modeste ; elle est en réalité ruineuse. Une boîte à outils suppose des instruments utilisables séparément. On prend le tournevis « novlangue » pour la propagande trumpiste, le marteau « doublepensée » pour Fox News, la clé à molette « Big Brother » pour les caméras chinoises. Chaque outil est arraché au système qui lui donne sens. Le résultat est un film où tout se vaut : l’Empire britannique et le Goulag, la Silicon Valley et Pyongyang – bref l’abolition des distinctions.

    Une tout autre lecture est possible. 1984 n’est pas un répertoire de citations prophétiques mais un dispositif romanesque inédit, qui fonctionne comme un tout. La société d’Oceania n’est pas un hybride de l’Allemagne nazie et de la Russie stalinienne, mais un variant de deuxième génération [21] – un totalitarisme de laboratoire, épuré des scories de ses modèles et ramené à son essence. Orwell n’a décrit ni le passé ni le présent : il a inventé une machine à penser les totalitarismes futurs. Le noyau en est le pouvoir comme pure fin, une idée empruntée à l’oligarque Wickson dans Le Talon de fer de Jack London – le premier roman à avoir esquissé un système totalitaire [22].

    #film #documentaire #recension #Raoul_Peck #totalitarisme #autoritarisme #George_Orwell #le_cinéma_est_politique

    • Merci @rastapopoulos pour l’info. Je dirai quelque chose sur le film quand je l’aurai regardé.

      Pour le moment je ne peux que constater que les critiques citées partent d’un point de vue de l’idéologie du totalitarisme. C’est une idée confusionniste qui perturbe la réflexion quand on essaye de se faire une idée d’une oeuvre d’un auteur qui connaît bieden la philosophie dite marxiste ou socialisme scientifique.

      Le totalitarisme n’étant qu’une notion de propagande anticommuniste son utilisation nous mène nulle part. Elle est biaisée par son identification infondée du socialisme stalinien avec le nazisme allemand. Ce fond d’hypothèse axiomatique mène systématiquement toute réflexion à des résultats imprécis et floues dans le meilleur cas.

      Ceci vaut pour la grande oeuvre littéraire qu’est 1984. Orwell le voyant publie sa divination, son cauchemar lucide vise juste, mais il ne fournit ni analyse ni outil politique. Pourtant il se donne une allure plus politique que « Nous autres » (1920) de Evgueni Zamiatine et « Le Meilleur des mondes » (1932) d’Aldous Huxley parce qu’il décrit une organisation du monde en blocs ennemis tout à fait plausible pour ses contemporain et l’époque de la guerre froide.

      Aujourd’hui nous sommes confrontés à des défis plus importants qu’à l’époque d’Orwell. Les dernier développements mettent en cause profondément nos idées sur les systèmes politiques, l’éthique et la survie de l’espèce humaine.

      Alors si on veut avancer dans sa réflexion il faut aller plus loin et dépasser les systèmes de pensée anciens. Je viens de découvrir une approche intéressante dans « Le Problème à trois corps ». Liu Cixin y déconstruit systématiquement toutes les idées sur la raison d’être de l’humanité, sur les systèmes politiques et de société ou d’éthique qu’elles soient orientales ou occidentales y compris le positivisme, le libéralisme, le communisme et les religions du monde. Dans sa trilogie tout est un problème de taille et de physique. Les agissements et idées humaines ne sont que des réactions à la réalité matérielle qui impose ses lois.

      J’aime beaucoup Orwell, mais sa prose vient d’une époque révolue tout comme les idées qui tournent autour du totalitarisme et la confrontation entre le socialisme/communisme et le capitalisme/impérialisme. À notre époque et dans les prochaines décennies il faudra revoir l’humanisme et les idées sur le progrès, la justice sociale et l’organisation politique du monde. Orwell nous a fourni quelques indices qu’on doit analyser et situer dans le contexte du siècle présent.

      J’irai regarder le film de Raoul Peck afin de comprendre s’il contribue aux étapes nécessaires pour y arriver.

      Nous autres / Wir (traduction allemande)
      https://nemesis.marxists.org/samjatin-wir1.htm
      Nous autres dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Nous_autres

      Le Meilleur des mondes dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Meilleur_des_mondes

      Le Problème à trois corps dans Wikipedia
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Probl%C3%A8me_%C3%A0_trois_corps

      #1984 #Orwell #science_fiction #théorie_politique #film #philosophie

    • Merci pour ton commentaire. Je suis en partie d’accord sur les problèmes des anti-totalitaires par rapport aux marxismes. Mais je cite quand même des passages qui me semblaient intéressants et bien argumentés, concernant la manière de Peck de « manipuler » les concepts même sans parole par le montage uniquement, et du coup de faire de la propagande lui aussi, en rapprochant des types de gouvernements assez éloignés.

      Cependant je me suis dit la même chose pour l’auteur de l’article qui est totalement dans la mouvance libéral anti-totalitaire, et qui pourrait recevoir des critiques sur ce point.

      J’ai entendu récemment quelqu’un rappeler cette blague de l’URSS : qu’un journaliste de là-bas vient en occident et se dit effaré de toute cette propagande, et un collègue occidental est perdu, il répond mais enfin c’est vous qui venez de l’URSS, chez vous c’est bien pire, et l’autre de répondre « mais chez nous personne n’y croit ! »

      Jacques Ellul a bien analysé (avant Orwell il me semble) à quel point la propagande occidentale peut être pire (et bien plus assimilée par le public) que dans les régimes totalitaires. Peck ne doit pas être étranger à ce genre de critiques, sans compter aussi les fausses comparaisons « ici c’est le moindre mal », alors que les régimes occidentaux peuvent avoir fait autant ou plus de morts dans leurs guerres (en comptant toutes les guerres coloniales)… et on peut même aller plus loin avec Aimé Césaire, qui disait que le nazisme n’était en gros que la suite logique du colonialisme (des « bonnes » nations libérales donc).

      Bref plein de critique à faire sur le point de vue anti-totalitaire aussi (qui n’était pas forcément celui d’Orwell au point où le croit l’auteur de l’article ! il était plus fin que ça me semble-t-il, et très anti-colonialiste aussi !)

  • Bloctel piraté juste avant de fermer : 3 millions d’inscrits sont maintenant exposés
    https://www.clubic.com/actualite-625006-bloctel-pirate-juste-avant-de-fermer-3-millions-d-inscrits-

    Le service public Bloctel, qui a cessé son activité le 11 août 2026 dernier, a confirmé le piratage d’une base de données contenant 3 millions de numéros de téléphone inscrits sur la liste d’opposition au démarchage. Les données ont été mises en ligne gratuitement sur un forum cybercriminel.

    #lol

  • Moteurs de recherche alternatifs à Google
    https://tuta.com/fr/blog/alternative-search-engines-to-google

    Si vous souhaitez réduire votre dépendance à Google ou bénéficier d’une meilleure protection de votre vie privée lorsque vous effectuez des recherches sur Internet, vous êtes au bon endroit. Aujourd’hui, nous allons passer en revue les alternatives à Google Search.

    « Je vais chercher ça sur Google » est une expression que vous avez sans doute entendue maintes et maintes fois, et ce n’est pas sans raison : Google détient le monopole de la recherche. En effet, plus de 90 % de toutes les recherches effectuées dans le monde passent par Google. Si le moteur de recherche Google offrait autrefois les meilleurs résultats pour vos requêtes, il n’est plus ce qu’il était. Aujourd’hui, les internautes recherchent des alternatives à Google Search pour diverses raisons : de l’introduction par Google de la recherche par IA au suivi excessif et au manque de confidentialité. Bien que la majorité des alternatives à Google Search utilisent encore l’index de recherche de Google ou de Bing, elles valent tout de même la peine d’être utilisées car elles offrent une bien meilleure protection de la vie privée. Poursuivez votre lecture pour découvrir quelle alternative de recherche vous conviendra le mieux.

  • Trump se serait caché dans un conteneur de nourriture pour quitter la Turquie à bord d’un avion militaire - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260811-apr%C3%A8s-le-sommet-de-l-otan-trump-se-serait-cach%C3%A9-dans-un-conte

    Le voyage retour du président américain avait déjà été marqué par un changement de dernière minute : Donald Trump n’avait pas repris le Boeing 747 qui l’avait amené en Turquie, des inquiétudes ayant été émises sur la sécurité entourant ce cadeau du Qatar, censé remplacer l’ancien Air Force One.

    Selon l’annonce officielle, le président avait alors gagné l’ancien modèle, sous l’œil des caméras, pour quitter la Turquie. Citant un responsable américain anonyme, le Washington Post révèle désormais que Donald Trump aurait été secrètement débarqué dans un conteneur habituellement réservé à la restauration, pour ensuite emprunter un avion plus petit.

    Les trois avions ont ensuite volé jusqu’au Royaume-Uni. Sur place, il aurait alors retrouvé l’équipe de la Maison Blanche et les journalistes le suivant pour finir le trajet retour jusqu’aux États-Unis à bord de l’avion offert par le Qatar.

  • AASH : un nouveau métier face à la pénurie d’AESH et d’animateurs
    https://www.lagazettedescommunes.com/club-rh/aash-un-nouveau-metier-face-a-la-penurie-daesh-et-danimateurs.
    https://www.lagazettedescommunes.com/resizer/v2/VNWOCRAXENGVHJ36SL4KYPFKD4.jpg?smart=true&auth=d63f61ed4797eed

    Contrats précaires, temps partiel : les métiers d’animateur du périscolaire et d’accompagnant d’enfant en situation de handicap (#AESH) sont en tension. En 2024, la direction académique des Hauts-de-Seine, France Travail et le Greta (*) des Hauts-de-Seine ont donc imaginé former des demandeurs d’emploi aux compétences nécessaires à ces deux champs professionnels.

    Cela a permis de leur proposer deux contrats : 24 heures avec l’#Éducation_nationale pour accompagner individuellement des enfants en situation de handicap en classe, et 11 heures avec l’une des deux #villes des Hauts-de-Seine partenaires, Châtenay-Malabry (700 agents) et Asnières-sur-Seine (1400 agents), pour être animateur sur le temps de cantine, le mercredi et durant les vacances scolaires.

    Des employeurs publics qui collectivisent la gestion de leur cheptel d’employé.es précaires, ça permet d’approcher le SMIC mensuel. Un modèle.

    #animateurs_périscolaires

  • #Brésil : la #déforestation de l’#Amazonie atteint son plus bas niveau en dix ans, une victoire pour Lula - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260809-br%C3%A9sil-la-d%C3%A9forestation-de-l-amazonie-atteint-son-plus-bas-ni

    La déforestation dans l’Amazonie brésilienne avait fortement augmenté sous le mandat de son prédécesseur d’extrême droite Jair Bolsonaro (2019-2022).

    Après un pic à 10 278 km2 sur l’année civile 2022, elle a été réduite pratiquement de moitié en 2023, première année du mandat actuel du président de gauche, et la baisse s’est poursuivie les années suivantes.

  • Trump says he took Venezuela’s oil. Here’s what actually happened.
    https://reason.com/2026/08/07/trump-says-he-took-venezuelas-oil-heres-what-actually-happened

    President Donald Trump has always loved the idea of taking other countries’ oil by force. And he claims to have accomplished that goal in #Venezuela. The war there “lasted 48 minutes, and we paid for the war with what we’ve taken out many, many, many times. Where have you heard that before? You haven’t heard that before. That’s the old fashioned way, right? The old-fashioned way. To the victor belong the spoils,” Trump told a crowd in Las Vegas on Wednesday.

    That’s not how other officials advertised U.S. oversight of Venezuelan oil. “We’re the bankers, we don’t direct the funds,” Secretary of the Treasury Scott Bessent told the Economic Club of Minnesota in January. “This is the oil of the people of Venezuela,” Secretary of State Marco Rubio testified to Congress a few weeks later, claiming that the U.S. government was making sure that “the needs of the Venezuelan people can be met” through oil sales.

    In a way, they’re both right. Shortly after the U.S. military operation in Venezuela on January 3, 2026, the two countries cut a deal to put sanctioned Venezuelan oil revenues under the control of the U.S. Treasury. The money still belongs to Venezuela on paper, but it’s controlled by U.S. officials for all practical purposes—and trying to get any transparency on where it’s going has been like pulling teeth.

    The oil deal demonstrates the raw, unaccountable, and global power that economic sanctions give to the U.S. Treasury. Neither the American nor the Venezuelan people have a clear picture of what’s going on. The case of Venezuela also shows how, despite invoking Ronald Reagan’s anticommunism, the Trump administration is much more concerned with imposing direct economic control than nurturing free markets. After all, the Venezuelan oil deal is a U.S. partnership with a socialist dictatorship.

    Over the past two decades, the U.S. Treasury had imposed sanctions on the Venezuelan oil and banking sectors, preventing Venezuela’s state-owned oil company from exporting to North America and its socialist government from dealing in U.S. dollars. After the January 2026 operation, the Venezuelan leadership cut a deal. The Trump administration issued sanctions exemptions and even shielded Venezuelan money from U.S. lawsuits. In exchange, Venezuela began putting its oil revenues into bank accounts in the “custody” of the U.S. Treasury.

    At first, the money went into a mysterious account in Qatar. Rubio told Congress on January 28 that there was a “short-term mechanism” for the Venezuelan government to “submit every month a budget of this is what we need funded.” A week later, Bessent stammered and refused to answer while Rep. Sean Casten (D–Ill.) asked him what legal authority the Treasury was exercising or what written agreements were in place.

    On February 13, U.S. Secretary of Energy Chris Wright announced that the Qatari account was being closed after $500 million had passed through it. “Since Venezuela has so many creditors and they owe a lot of money, we had some risk if we put it into a U.S. bank account set up quickly that creditors could freeze that money,” he told NBC News. But now the administration was ready to move the money through a Citibank account controlled by the Treasury.

    The new Citibank account had slightly more checks and balances, in theory. Both the U.S. State Department and the Venezuelan government announced in April that they had hired outside auditors, and Rubio told Congress in June that it would be “an ongoing audit, so it’s not a once-a-year audit, it’s on every expenditure, every single disbursement is audited.” The Venezuelan government also created a website called Transparent Sovereignty to publish oil transactions.

    But as far as the public is concerned, it is still a big mystery. The State Department has not published either the written agreements or the results of the audits. Transparent Sovereignty only lists one transaction, a $300 million fuel oil sale from March 2026. The Financial Times estimated last month that Venezuela had sold more than $13 billion in oil under the new arrangement. Asked about the report, Trump bragged that it was “even more than that.”

    The administration simply hasn’t forked over all the information it promised. Despite promising in April to produce quarterly audit reports, the Trump administration hasn’t sent anything to Democrats on the House Foreign Affairs Committee, the Financial Times reported on July 22. Democrats on the House Oversight Committee wrote another letter on Wednesday demanding information. Even hawkish Republicans who supported the operation have started to get uneasy about the lack of transparency on the money.

    “We have never seen those [audit] reports…It’s been six months. I would like to see two reports, because it’s every three months,” Rep. María Elvira Salazar (R–Fla.) said during a July hearing. In response, Assistant Secretary of State Caleb Orr promised to give Congress “appropriate summaries” that would “protect relevant information that’s part of our foreign policy.” In other words, the fate of that money is a state secret.

    The administration has consistently named what the oil money will be used for: paying Venezuelan government employees’ salaries. Transparent Sovereignty, the Venezuelan website, also says that the $300 million from fuel oil went towards paying for the increase in minimum wages announced in April. But it’s impossible to actually evaluate those claims without a paper trail.

    Although the Venezuelan arrangement is uniquely secretive, it isn’t the only place where the U.S. government exercises dictatorial power over another country’s finances. After invading Iraq in 2003, the U.S. government redirected all of its oil revenues—which account for 90 percent of the Iraqi state budget—to the Federal Reserve Bank in New York. When the Iraqi parliament asked U.S. troops to leave in 2020, the Trump administration threatened to seize the account. U.S. officials privately threatened the Iraqi oil account after Iraqi elections in November 2025, telling the winning parties that the money would be cut off if they appointed the wrong people to his cabinet, Reuters reports.

    Trump wants to use the ongoing war in the Middle East to expand these arrangements even more. “We’re doing the same thing, by the way, in the lovely Islamic Republic of Iran. We’re knocking the hell out of them,” he said in his Vegas speech.

  • Echanger sa maison plutôt que la louer : Home Exchange, une vraie alternative collaborative à Airbnb ? | Alternatives économiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/echanger-sa-maison-plutot-que-la-louer-home-exchange-une-vr

    A l’opposé d’Airbnb, le site français HomeExchange continue de miser sur une vision non marchande du séjour touristique, via l’échange de maisons. Un modèle d’économie collaborative qui résiste… jusqu’à quand ?

    Thomas Lestavel, le 4 août 2026

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    Des boîtes à clés entourent des sonnettes, sur la porte d’un immeuble de Saignon, dans le Vaucluse. Face aux dérives d’Airbnb vers un modèle mercantile, la plateforme HomeExchange mise sur un modèle plus « authentique ». © REA/Pierre GLEIZES

    Père de famille qui habite dans l’agglomération lilloise, Géry s’est abonné il y a quelques années à HomeExchange, un site d’échange de maisons entre particuliers. Il utilise régulièrement la plateforme pour organiser ses vacances en famille. « Nous sommes allés en Bretagne, sur la côte landaise, dans la région des lacs en Italie, à Heidelberg en Allemagne… et même à New York hors saison », raconte-t-il.

    Outre les économies réalisées sur les réservations de logement pour les vacances, le quadragénaire apprécie l’esprit de la plateforme. « Ce n’est pas un business déshumanisé avec des réservations en un clic. On s’appelle avant pour faire connaissance, présenter la maison, et il n’y a pas d’argent », poursuit l’utilisateur. Les échanges ne donnent en effet lieu à aucune rémunération.

    Propriété de la startup parisienne éponyme, HomeExchange se présente comme le plus grand site d’échange de maisons au monde. Il revendique plus de 550 000 annonces dans 155 pays, contre 300 000 pour son rival américain Kindred. Ses 290 000 membres souscrivent un abonnement annuel de 175 euros donnant accès à des échanges illimités. La start-up annonce plus de 10 millions de nuitées en 2025 et un objectif de 15 millions cette année.

    Depuis sa création, elle a levé 54 millions de dollars et effectué huit rachats de concurrents dans cinq pays, notamment celui du Britannique Love Home Swap. Enfin, le nombre de nuitées aurait triplé en quatre ans. Bref, une entreprise à succès.

    « Notre clientèle est essentiellement européenne et nord-américaine. La majorité des échanges se font entre logements dans un même pays », résume le cofondateur Charles-Edouard Girard. Unique source de revenus de la PME, qui emploie 150 personnes, les abonnements lui permettent de dégager des profits depuis 2020.

    « Nous avons toujours refusé de faire payer au séjour. Le membre paie 175 euros par an, mais ensuite fait autant d’échanges qu’il le souhaite », poursuit le cofondateur.

    De l’échange réciproque au gain de points

    L’échange de maisons est né dans le monde universitaire occidental dans les années 1950. À l’époque, des enseignants proposent sur un catalogue papier d’échanger leur logement pendant les vacances. En 1992, la communauté HomeExchange apparaît aux Etats-Unis, puis passe au numérique et devient à cette occasion une entreprise à la fin de la décennie.

    Longtemps, les échanges de logement sont restés réciproques : une famille A prêtait son logement à une famille B et se rendait dans la maison de cette famille B. Mais le site Guest To Guest voit le jour en France en 2011, et lance une innovation majeure : un système de points permettant de dissocier les séjours.

    Les membres gagnent des points lorsqu’ils accueillent des voyageurs chez eux et les dépensent ensuite pour séjourner dans d’autres logements, sans avoir à faire coïncider les calendriers.

    En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles

    Concrètement, si une nuit dans une maison A vaut 150 points, et que celle-ci accueille un voyageur pendant deux nuits, son propriétaire reçoit 300 points. Il peut ensuite utiliser ce crédit pour séjourner dans un autre logement, par exemple valorisé à 100 points par nuit, où il pourra passer trois nuits. En supprimant l’obligation d’un échange réciproque et simultané entre deux membres, le système de points a décuplé les séjours possibles.

    Principal bémol : cela a un peu affaibli le lien de confiance, car on est encore plus précautionneux quand on sait que l’autre loge chez soi au même moment. « Pour contrecarrer cela, nous avons mis en place un système de notation et d’avis », explique Charles-Edouard Girard.

    Fait rare dans l’écosystème européen des start-ups, le français Guest to Guest a racheté en 2018 HomeExchange, alors même que l’entreprise américaine était plus grosse que lui, et a repris sa marque.

    « Nous avons eu un peu de chance. Les deux fondateurs approchaient des 70 ans et souhaitaient transmettre leur société. Avec le soutien de notre actionnaire, la Maif, nous avons réussi à trouver un accord », raconte Charles-Edouard Girard.

    Pour le cofondateur, la « gratuité » des échanges garantit une expérience authentique. « Les rapports sont différents. Les membres se parlent avant et pendant le séjour. Il n’y a quasiment jamais de dégâts dans les logements », estime le cofondateur.

    L’économie collaborative fait de la résistance

    L’échange de maisons relève de l’économie collaborative. Ce mouvement, encore en vogue il y a une dizaine d‘années, visait à mieux utiliser les ressources existantes tout en créant du lien social. On y trouve des sites comme BlaBlaCar (covoiturage), Communauto (autopartage), AlloVoisins (services et prêt de matériel) ou encore l’iconique Wikipédia (échange de connaissances).

    « Deux start-ups de l’économie collaborative ont réussi à grandir à partir de la France : BlaBlaCar et HomeExchange. La première comble les manques du réseau ferroviaire, car il n’y a pas de lignes TGV partout. La seconde a bénéficié de l’attractivité de l’Hexagone, une des premières destinations touristiques au monde », décrypte Antonin Léonard, associé du fonds Asterion Ventures et cofondateur de l’association OuiShare, qui promouvait l’économie collaborative.

    Mais le concept est en perte de vitesse, comme en témoigne la fermeture en 2024 de OuiShare. Pour payer leurs salariés, les plateformes de partage ont rapidement facturé leur service en prenant une commission sur chaque transaction, tournant le dos à l’esprit initial et adoptant les recettes classiques de l’économie numérique.

    En 2020, pendant la pandémie de Covid-19, le site pionnier Couchsurfing, qui permettait de trouver quelqu’un chez qui dormir gratuitement, a instauré un abonnement payant obligatoire. Cette décision a suscité la contestation de la communauté, estimant qu’elle trahissait l’esprit originel du projet.

    Airbnb illustre la dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel

    Airbnb illustre à l’extrême cette dérive vers un modèle mercantile. La location s’est professionnalisée au point que des membres achètent des logements et les louent toute l’année en embauchant du personnel. Les pouvoirs publics ont d’ailleurs régulé cette activité qui concurrence les hôtels, et appliqué une taxe de séjour.

    HomeExchange semble pour l’heure protégé de telles dérives. Le système de points fonctionne comme une monnaie virtuelle, mais celle-ci ne peut être cédée, vendue ou convertie en euros.

    L’éventualité d’une imposition fiscale du site semble improbable, « car cela signifierait qu’une taxe de séjour s’appliquerait aussi quand vous recevez des amis chez vous », argumente Charles-Edouard Girard.

    Le principal risque est ailleurs : qu’Airbnb lance une activité similaire à HomeExchange… ou le rachète. « Si ça devient gros, ça pourrait les titiller », conclut Antonin Léonard.

    #HomeExchange #Economie_collaborative #Economie_numérique

  • Tout le monde déteste l’algorithme - Par Thibault Prévost
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/clic-gauche/tout-le-monde-deteste-lalgorithme

    En 2026, le mouvement de contestation contre l’IA, les centres de données et le projet mortifère de la Silicon Valley devient (enfin) mainstream, dans les Suds globaux mais désormais aussi en Occident. Avant la présidentielle, la gauche doit se saisir de l’enjeu technocritique.

    Nous sommes en juillet 2026, en l’an 4 après ChatGPT, et tout le monde déteste l’intelligence artificielle. Partout, dans tous les secteurs du corps social, les gens en ont marre de l’IA, cette soi-disant « révolution technologique » qui salit et dégrade tout ce qu’elle touche. Partout, le délire transhumaniste de la Silicon Valley est mis en pièces, déchiqueté par une population qui lui oppose l’expérience concrète et quotidienne de la violence techno-fasciste

  • MatrAIx : l’IA qui simule 8,3 milliards d’humains virtuels pour les tests - Numerama
    #Persona_BB
    https://www.numerama.com/tech/2308727-ces-chercheurs-ont-cree-83-milliards-dhumains-virtuels-pour-tester

    Avec MatrAIx, des chercheurs ont constitué une population virtuelle de 8,3 milliards de profils. Des modèles d’IA peuvent les incarner pour tester un chatbot, un site ou une application comme le feraient de véritables utilisateurs

    Imaginez pouvoir lancer un produit devant 8,3 milliards de personnes aux âges, régions, compétences et situations très variés. Chacune clique, hésite, abandonne ou accepte de payer. Quelques heures plus tard, le verdict tombe.

    C’est, en substance, la promesse de MatrAIx. Présenté le 4 août 2026 dans un article de recherche déposé sur arXiv, le projet est signé par un vaste collectif de chercheurs affiliés notamment à Harvard et au MIT.
    […]
    Le papier annonce une population de 8,3 milliards de fiches, mais la base publiée et téléchargeable se limite à un échantillon filtré de 999 847 profils : 599 847 sont construits à partir de données humaines et 400 000 sont entièrement synthétiques.

    Ce n’est que lorsqu’une fiche est associée à un grand modèle de langage, à une interface et à une mission qu’elle devient véritablement un « agent persona ». Autrement dit, MatrAIx n’allume pas vraiment une planète virtuelle entière : il pioche les habitants dont il a besoin.
    […]
    Ce résultat doit toutefois être manié avec précaution. Les 400 comportements ont été évalués par Claude Opus 4.8, et non par des humains. Les six évaluateurs humains mobilisés dans une autre partie de l’étude ont jugé la qualité de 100 fiches de personas, pas la capacité des agents à reproduire fidèlement une personne dans la durée.

    Surtout, les réponses dépendent fortement du modèle placé derrière le masque. Face aux mêmes profils et aux mêmes offres de Notion, 75,8 % des agents animés par GPT-5.5 ont choisi une formule payante. Ce taux tombe à 23,2 % avec Claude Opus 4.8 et grimpe à 93,9 % avec Claude Haiku 4.5.

    Sur un test de sensibilité au prix, l’écart est encore plus spectaculaire : 98,3 % des personas sous GPT-5.5 hésitent après l’augmentation, contre 27 % avec Claude Opus et 83,3 % avec Claude Haiku. Le faux consommateur ne reflète donc pas seulement le profil qu’on lui attribue : il conserve aussi une part importante des préférences, des biais et des stratégies de réponse du modèle qui l’incarne.

    • MatrAIx: Simulating the World with 8.3 Billion Persona Agents
      https://arxiv.org/html/2608.04205v1

      Abstract
      Human evaluation of Artificial Intelligence (AI) systems and digital products is costly, slow, and difficult to scale. Offline evaluations are more scalable but often abstract away human diversity and interactive behavior. We therefore introduce MatrAIx, a population-scale simulated-user evaluation infrastructure for testing AI systems and digital products with heterogeneous users. MatrAIx has three core components: First, Persona 8B contains 8.3 billion persona records represented through a schema of 1,290 categorical dimensions. Records are either sampled from a dependency graph that preserves correlated attributes or derived from human-authored profiles. We release a quality-filtered coreset of approximately 1 million personas, comprising 599,847 human-grounded and 400,000 synthetic records. Second, the MatrAIx Playground provides four environments in which diverse users evaluate and interact with digital products: Survey, AI Chatbot, Web, and App. Third, MatrAIx provides 1,010 application tasks spanning more than 25 domains, including Commerce, Software, Finance, and Healthcare. We conducted 18,189 evaluation trials across eight representative tasks. Persona agents were powered by three large language models: Claude Opus 4.8, GPT 5.5, and Claude Haiku 4.5. The resulting feedback captures how decisions and preferences vary across persona backgrounds, including hesitation after a price increase, willingness to continue after an AI assistant fails, and latency tolerance. We conducted two main validation studies: First, a 400-trial controlled study evaluated persona adherence across ten behavioral attributes and all four environments. The declared behavior was expressed or correctly suppressed in 366 trials (91.5%). Second, human and large language model (LLM) judges evaluated the extraction quality of human-grounded personas. Overall, MatrAIx provides an end-to-end infrastructure for evaluating AI systems and digital products with diverse simulated human users.

  • « C’est du délire » : tollé mondial pour BMW qui affiche une pub Spider-Man au démarrage de ses voitures
    https://www.lesnumeriques.com/voiture/c-est-du-delire-tolle-mondial-pour-bmw-qui-affiche-une-pub-spider-man

    En 2023, BMW promettait que l’écran de bord resterait « un espace privé ». En 2026, une publicité pour le film Spider-Man : Brand New Day s’y affiche au démarrage, dans 70 pays, sans que les propriétaires aient rien demandé.

    Sache-le, tout écran que l’on te vend ne t’appartient pas tout à fait. On t’imposera de la publicité, que tu le veuilles ou non, y compris quand tu es un pingouin persuadé qu’avoir une BMW te rend meilleur (que les autres).

  • Il y a une question qui me poursuit depuis l’adolescence.

    Pourquoi mon père n’est-il pas mort ?

    Pourquoi, lorsqu’il a été arrêté en 1944, torturé, la tête plongée à plusieurs reprises dans une baignoire jusqu’à suffoquer, n’est-il pas mort comme tant d’autres ?

    Pourquoi, lorsqu’on l’a entassé, déjà extrêmement affaibli, dans un train à bestiaux en direction de l’Autriche, n’est-il pas mort ?

    Pourquoi, arrivé à Mauthausen, alors qu’il était destiné à la chambre à gaz, un de ses codéportés, électricien, l’a-t-il désigné comme son apprenti, lui sauvant ainsi la vie ?

    Pourquoi n’est-il pas mort de froid, de faim, d’épuisement ou de maladie pendant seize mois de déportation ?

    Pourquoi lui ?

    Je suis née parce que mon père est revenu. Cette phrase est d’une banalité presque décevante. Nous sommes des millions à devoir notre existence à une succession de hasards. Mais certains hasards résistent. Ils refusent de devenir de simples probabilités.

    Je suis née parce qu’un homme, un jour, a désigné mon père comme son apprenti. Il suffit parfois d’un geste presque insignifiant pour séparer deux destins. L’un rentre chez lui. L’autre disparaît. Je ne crois pas au destin. Je ne crois pas que mon père ait été sauvé parce qu’il avait une mission à accomplir. Je ne crois pas davantage que les six millions de Juifs assassinés soient morts parce qu’il fallait qu’ils meurent. Et pourtant, malgré tout ce que j’ai lu, malgré tout ce que je sais, cette question continue de me poursuivre.

    J’ai consacré une partie de ma vie à essayer de comprendre les génocides. J’ai lu des historiens, des juristes, des philosophes, des psychologues. Je connais les mécanismes de la propagande, de la déshumanisation, de l’obéissance, de la violence de groupe. Je sais comment une société peut basculer. Mais il reste toujours un point aveugle. Je comprends comment un génocide devient possible.

    Je ne comprends toujours pas comment un homme lève une machette sur la femme qui le soignait encore quelques jours auparavant.

    Je comprends les mécanismes. Je ne comprends pas le geste. Une rescapée du génocide des Tutsi disait : « C’est le jour où Dieu a détourné les yeux du Rwanda. » Je suis athée. Pourtant cette phrase m’habite depuis longtemps. Non parce qu’elle invoque Dieu, mais parce qu’elle accepte qu’il existe une part d’irrémédiablement opaque. Une part que l’intelligence ne suffit peut-être pas à atteindre.

    C’est avec cette question que je suis partie au Rwanda. Je croyais partir pour comprendre un autre génocide. Je n’avais pas compris que j’emportais avec moi celui qui avait traversé toute mon enfance. Avant de partir, je pensais savoir ce qu’était un génocide. J’en connaissais les dates, les chiffres, les responsables. Je pouvais expliquer les étapes qui conduisent une société à exterminer une partie de sa population. Je pensais que comprendre relevait essentiellement de l’intelligence.

    Le Rwanda m’a appris autre chose. Le Rwanda montre les morts. Pas seulement leurs noms. Pas seulement leurs photographies. Pas seulement leurs vêtements. Les morts eux-mêmes. Avant le voyage, cette décision me paraissait avant tout politique. Je pensais qu’elle constituait une réponse au négationnisme. Montrer les corps, c’était rendre le crime impossible à nier. Sur place, j’ai compris que ce choix produisait quelque chose de beaucoup plus profond. Dans chaque mémorial, les morts sont encore présents.

    À Nyamata, ce sont d’abord les vêtements qui frappent. Ils sont empilés les uns sur les autres, encore imprégnés de la terre rouge du Rwanda. Il y a des robes, des chemises, des pantalons, des chaussures. Des vêtements d’adultes. Des vêtements d’enfants. Des vêtements de bébés. Il n’y a pas besoin de légende. Les tailles racontent déjà toute l’histoire.

    Ici et ailleurs, ce sont les ossements. Les crânes portent encore les traces des coups. Certains sont percés d’un trou parfaitement circulaire. D’autres sont fendus en deux. D’autres encore ont éclaté sous la violence des impacts. Je me suis surprise à les regarder longtemps. Non par fascination. Parce qu’ils avaient cessé d’être des chiffres. Un crâne n’est plus une statistique. Une mâchoire brisée n’est plus un pourcentage. À ce moment-là, j’ai repensé à Auschwitz. J’ai repensé aux chambres à gaz. Aux fours crématoires. Les nazis n’ont pas seulement voulu tuer les Juifs et tziganes d’Europe. Ils ont voulu faire disparaître jusqu’à la matérialité de leur mort. Brûler les corps. Effacer les traces. Détruire les preuves. Notre mémoire de la Shoah est devenue, en partie, une mémoire de cette absence. Nous racontons les morts. Nous montrons leurs photographies. Leurs lettres. Leurs chaussures. Leurs cheveux. Mais nous ne les voyons presque jamais. Je comprends pourquoi. Je comprends les raisons religieuses. Je comprends les questions éthiques. Je comprends la volonté de préserver leur dignité.

    Et pourtant, en parcourant les mémoriaux rwandais, une question s’est imposée à moi. Que se passe-t-il lorsqu’une mémoire accepte de montrer les morts ? Je ne parle pas d’images volées. Je ne parle pas d’une fascination pour l’horreur. Je parle de corps que le pays a choisi de conserver parce qu’ils continuent, trente ans plus tard, à témoigner.

    Je connaissais déjà l’histoire de Murambi. En avril 1994, des dizaines de milliers de Tutsi y sont conduits avec la promesse d’y trouver refuge. On leur dit qu’ils y seront en sécurité. Ils sont près de cinquante mille. Ils seront presque tous massacrés, à la grenade, à la machette, à coups de gourdin ou de barre de fer, parfois par balles. Les corps sont jetés dans d’immenses fosses communes.

    Lorsque les soldats français de l’opération Turquoise arrivent plusieurs semaines plus tard, de nombreux cadavres sont encore à l’air libre. Ils creusent une nouvelle fosse, y rassemblent les corps restants et les recouvrent de chaux. Le conservateur du mémorial nous raconte qu’à quelques mètres de ce charnier, les militaires avaient aménagé un terrain de volley-ball. Lorsque le ballon sortait du terrain, il arrivait qu’il roule jusqu’au-dessus de la fosse.

    Après le génocide, les fosses sont ouvertes. Les familles veulent retrouver leurs proches. Une partie des corps recouverts de chaux s’est conservée de manière inattendue. Le Rwanda décide d’en préserver certains. J’avais regardé des photographies avant de partir. Je pensais que cela me préparait. Les photographies mentent. Ou plutôt elles simplifient. Elles retirent le poids des corps. Elles écrasent les volumes. Elles suppriment le silence. Elles retirent surtout l’odeur. Elles donnent l’impression que nous savons ce que nous allons voir. Nous ne savons pas. Nous entrons dans un premier bâtiment. Les salles sont petites. Elles sont presque entièrement occupées par de grandes claies en bois sur lesquelles reposent les corps. Ils sont si proches que je pourrais tendre la main et les toucher. Je suis frappée par une contradiction immédiate. Ces corps sont profondément humains. Et, dans le même temps, ils ne ressemblent plus à des êtres humains. Le cerveau oscille sans cesse entre ces deux perceptions. Il reconnaît une main, un pied, une chevelure. Puis il ne voit plus qu’une forme blanchie par la chaux. Puis il reconnaît de nouveau un visage. Ou ce qu’il en reste.

    Les corps sont restés figés dans la position que la mort leur a donnée. Certains semblent encore protéger leur tête. D’autres ont les jambes repliées. D’autres paraissent simplement s’être effondrés. Il ne reste que la peau sur les os. Quelques mèches de cheveux sont parfois la seule trace de couleur dans cette blancheur de craie. Je m’étais préparée à voir des cadavres. Je ne m’étais pas préparée à rencontrer des personnes.

    Puis il y a eu l’odeur. Elle est presque impossible à raconter. On peut se dissocier d’une vision. Pas d’une odeur. Une photographie reste devant vous. Une odeur entre en vous. Elle cesse d’appartenir au lieu. Elle vous accompagne. Elle mange avec vous. Elle s’assoit dans la voiture. Elle revient au moment où vous vous brossez les dents. Elle transforme votre propre corps en lieu de mémoire.

    Devant une image, il est toujours possible de détourner le regard, de fixer le plafond, une fenêtre, le sol. Une odeur, elle, entre en vous malgré vous. Elle traverse toutes les protections que vous croyiez avoir construites. C’est elle qui m’a fait vaciller.

    Ma première réaction a été le dégoût. Pas un dégoût moral. Un dégoût physique. Celui d’un corps vivant confronté à un corps mort. Je m’en suis voulu immédiatement. J’aurais voulu ne ressentir que du recueillement. Que de la tristesse. Que de la compassion. À la place, mon propre corps me rappelait qu’un cadavre reste un cadavre. Cette réaction m’a fait honte. J’avais l’impression de manquer de respect à ces hommes, à ces femmes et à ces enfants qui avaient déjà tout perdu. En sortant, une pensée presque absurde m’a traversé l’esprit. La prochaine fois, j’apporterai du baume du tigre. Car il y aura une prochaine fois. Traverser la moitié du monde avec un petit pot de baume dans un sac pour réussir à rester plus longtemps auprès des morts. Et pourtant, c’était exactement cela. Je voulais revenir. Pas parce que cette visite m’avait fascinée. Parce que j’avais le sentiment de ne pas leur avoir rendu l’hommage que je leur devais.

    Le plus étrange est arrivé ensuite. Nous avons repris la route. Nous avons parlé. La vie continuait. Le Rwanda était toujours aussi beau. Les collines défilaient derrière la vitre. Des enfants jouaient au bord de la route. Des femmes portaient des régimes de bananes sur la tête. Des hommes rentraient des champs. Le génocide n’avait pas suspendu la vie. La vie avait repoussé dessus. Le soir, devant mon assiette, j’ai compris que quelque chose résistait encore. Je pouvais manger. Je n’avais pas perdu l’appétit. Mais chaque fois que je portais une bouchée à ma bouche, je retrouvais l’odeur de Murambi. Elle n’était plus là. Et pourtant elle était toujours là.

    C’est à ce moment-là que j’ai compris que ce voyage ne m’avait pas appris davantage de faits. Il m’avait appris autre chose. Pendant des années, j’avais essayé de comprendre les génocides avec mon intelligence. À Murambi, j’avais découvert que certaines choses ne se comprennent qu’avec le corps.

    En quittant Murambi, je n’arrêtais pas de penser à Claude Lanzmann. Pourtant, pendant tout le trajet du retour, c’est Shoah qui revenait sans cesse dans mon esprit. Lanzmann y refuse les images d’archives des cadavres et les reconstitutions. Il choisit de faire entendre la parole des survivants, des témoins. Les morts, eux, ne parlent plus ; ils ne peuvent être approchés qu’à travers celles et ceux qui leur ont survécu. J’ai longtemps partagé cette conviction. Elle me semblait d’autant plus évidente que les nazis avaient précisément voulu faire disparaître les corps, réduire les victimes en cendres, effacer jusqu’à la preuve matérielle du crime.

    Je ne suis plus certaine de penser la même chose aujourd’hui. Je ne crois évidemment pas que les corps puissent remplacer les témoignages. Sans les rescapés, une immense partie de l’histoire aurait disparu avec eux. Ce sont eux qui rendent leur nom aux victimes, qui racontent leurs vies, leurs familles, leurs gestes quotidiens. Sans leur parole, les morts resteraient silencieux. Mais je crois désormais que les corps disent quelque chose que les témoignages, aussi essentiels soient-ils, ne peuvent pas dire.

    Un témoignage raconte un événement. Un historien l’explique. Un corps, lui, n’explique rien. Il atteste. Il oppose à toute tentative de négation sa simple présence. Il ne nous apprend rien sur les motivations des bourreaux, sur les mécanismes de la propagande ou sur les décisions politiques qui ont rendu le génocide possible. En revanche, il rappelle avec une force presque insoutenable que chaque victime était un corps vivant avant d’être un nom gravé sur une stèle ou une ligne dans un livre d’histoire.

    Je crois que c’est cela qui m’a le plus bouleversée. Pendant des années, la Shoah a existé dans mon esprit sous la forme de récits, de photographies, de films et d’archives. J’avais le sentiment de connaître cette histoire. En réalité, je connaissais sa représentation. À Murambi, pour la première fois, je me suis trouvée devant ce qui échappe à toute représentation : les morts eux-mêmes. Non pas leur image, non pas leur souvenir, mais leur présence physique.

    C’est peut-être pour cette raison que je me suis sentie apaisée, et je mesure à quel point cette phrase peut paraître paradoxale. Cet apaisement ne venait évidemment pas des corps, encore moins du lieu. Il venait de la sensation, très difficile à décrire, que ma quête avait cessé d’être exclusivement intellectuelle. Pendant des années, j’avais cherché à comprendre les génocides en lisant, en regardant des films, en accumulant des connaissances. À Murambi, j’ai découvert qu’il existait une autre forme de compréhension, infiniment plus modeste, qui ne passe plus seulement par l’intelligence mais aussi par le corps.

    Depuis mon retour, je me demande si notre mémoire européenne de la Shoah n’est pas aussi façonnée par cette absence des corps. Nous parlons de six millions de victimes. Nous savons ce que signifie ce chiffre. Pourtant, à force de ne plus voir les morts, nous avons peut-être fini par les imaginer de moins en moins. À Murambi, cette abstraction disparaît. Un seul corps suffit à rendre le génocide concret. Il n’y a plus besoin de statistiques, plus besoin de commentaire. La réalité est là, devant vous, et elle ne demande aucune interprétation.

    Les corps continuent eux aussi à témoigner. Ils ne répondent à aucune de mes questions. Depuis mon retour, pourtant, j’ai le sentiment étrange d’avoir trouvé des réponses. Je ne sais simplement pas encore à quelles questions.

    Je vous remercie sincèrement de prendre le temps de lire cette lettre hebdomadaire. Votre soutien et votre confiance sont précieux à mes yeux. Si vous avez des commentaires, n’hésitez pas à me les envoyer par email ou à me contacter sur Instagram. Si vous en avez l’occasion, partagez ma newsletter avec d’autres

    https://perdrepieds.kessel.media/posts/pst_061f4ce92f644b209044239c6dfbf5ad?source_type=share_article

  • This A.I. Just Created Viruses Not Found in Nature
    https://www.nytimes.com/2026/08/06/science/ai-viruses-bacteria-arc.html

    Instead of training it on text, they trained it on genetic sequences drawn from millions of animals, plants, microbes and #viruses. All told, #Evo scanned about nine trillion nucleotides.

    Evo eventually recognized patterns common across the tree of life and used them to generate blueprints for new genes encoding proteins that could perform specific jobs. These results led the team to wonder if Evo could master not just single genes but also an entire genome.

    As the A.I. would be able to handle only small genomes at first, the scientists decided to try to make viruses. While a human genome contains over three billion nucleotides, many viruses have genomes just a few thousand nucleotides long.

    It just felt like the obvious next step,” said Samuel King, a graduate student at Stanford University and an author of the new study. He and his colleagues gave Evo another round of training, this time on the 11 genes of Phi X-174 and about 15,000 of its closest relatives.

    They made this choice in part because scientists know Phi X-174 intimately, having studied it for close to a century. And because it’s a bacteriophage that infects only E. coli, they knew that viruses similar to it would be safe.

    Once Evo got familiar with the genomes of Phi X-174 and its kin, the researchers prompted the model to write new versions of its own. Evo generated 700,000 potential versions; the scientists pursued only the ones that looked as if they had the best odds of succeeding.

    [...]

    The potential dangers were already on the minds of the researchers as they trained Evo. They did not provide the model with data about viruses that infect humans, and they excluded similar viruses that infect other animals, plants and fungi.

    As a result, Evo can’t generate genomes of viruses that could threaten humans. “We just wanted to be extra careful,” said Brian Hie, a computational biologist at Stanford University and an author of the new study.

    Dr. Hanke credited Dr. Hie and his colleagues for taking that precaution. “I think that’s quite commendable,” he said, because they don’t get any guidance from anywhere on what they should be doing.”

  • Riviera 76 : comment le Woodstock français a viré au fiasco - Documentaire complet - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=dqH2jLPEa_w

    Été 1976, les promoteurs américains du mythique Woodstock de 1969 débarquent sur la Côte d’Azur avec une ambition folle : recréer le légendaire festival en Provence, sur le circuit du Castellet.

    Pour la première fois, ce documentaire raconte l’histoire oubliée du « Woodstock français » : Riviera 76.

    Pendant 3 jours, Joe Cocker, Betty Davis, Gil Scott Heron, Jimmy Cliff, Magma ou John McLaughlin jouent devant une jeunesse venue chercher musique, liberté, nuits sans sommeil et rêves grandeur nature. Mais derrière l’affiche flamboyante et une atmosphère des plus psychédéliques, tout part joyeusement de travers : chaleur infernale, finances dans le rouge, resquilleurs par milliers, Joe Cocker en perdition… et la mafia varoise qui décide de faire main basse sur les recettes.

    Exhumées d’une cave parisienne près d’un demi-siècle après, ces images d’archives exceptionnelles ressuscitent un festival maudit, le dernier souffle des grandes transhumances hippies, et redonnent vie à un épisode disparu de la pop culture en France.

    Retrouvez d’autres documentaires sur notre chaîne Youtube : • Les documentaires complets 💯

    Réalisé par : Christophe Duchiron
    Production : Alma Productions / INA / France Télévisions