• La journaliste Mona Chollet, liée par sa lignée maternelle à la région, dénonce la « politique de la ruine » mise en œuvre par Israël, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les décombres de leur maison dans le camp de réfugiés d’Al-Chati, à l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps délaissée comme objet de pensée, la maison occupe une place centrale dans nos existences. Chérie, hantée, perdue, fantasmée, elle est une membrane qui tantôt nous protège, tantôt nous enferme, elle est traversée par les enjeux de l’époque et souvent les matérialise. C’est pourquoi, cet été, Libération a invité des philosophes, écrivains, anthropologues… à examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? Emmène-moi là-bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figé. Emmène-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les écrans, sur le papier, au téléphone… »

      Ces lignes éperdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) écrite durant son exil à Paris, dans les années 1980, à son ami Samih al-Qassem (1939-2014) resté en Palestine, et publiée dans leur correspondance, les Deux Moitiés de l’orange. Je les ai citées dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la Découverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps à l’abri des intempéries, se protéger des intrusions, préserver son intimité, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identité en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille… C’est tout cela que nous offre un lieu.

      Née à Genève d’un père suisse, je pourrais être intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, à peine le seuil franchi, formait déjà un abri à elle toute seule. Mais c’est ma lignée maternelle – grand-père palestinien, grand-mère née en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inévitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique à forte tonalité orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mère, et tant d’autres plats et pâtisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-même en Egypte, qu’elle achetait en quantités industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait à moitié, mon frère et moi, à la moindre insomnie ; les mélopées de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises à tue-tête par ma mère… Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dépeint par les réalisateurs Marya Zarif, Syrienne exilée au Québec, et André Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet héritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en œuvre par Israël, à une échelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      Gaza a été rasée ou endommagée à plus de 80 %

      A Jérusalem-Est, des Palestiniens sont expulsés pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a été sortie sur un brancard. Au même moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetés dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israéliens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique à plein volume pour fêter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagénaire du quartier de Silwan, s’y est refusé. Devant un tas de décombres, il désigne l’endroit où, enfant, il s’asseyait avec sa mère pour boire le thé en revenant des champs : « Ils ont démoli mon enfance, l’odeur de ma mère, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      Rasée ou endommagée à plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est évidemment la partie de la Palestine où cette politique a été poussée le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgré l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements réguliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grâce à leur front de mer si convoité – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a raconté le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a été transformé en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, écocide, scolasticide, génocide…) qui peuvent s’appliquer à ce qu’y fait l’armée israélienne, il y a le « domicide », défini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menée au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargés de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont été déclenchés dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasé des pâtés de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont été tuées. Nous étions à cinq kilomètres et nous avons entendu les détonations comme si elles avaient lieu à côté de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restées debout ont perdu toute capacité à protéger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptères (petits drones). Le 16 août 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, étendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans à ses côtés, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimité aussi devient impossible. Une nuit de l’été 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a été réveillée en sursaut : entré par la fenêtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 août 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation. Des soldats israéliens se filment dans les maisons de familles tuées ou déplacées, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs à lingerie. Sans parler de la pratique consistant à déféquer dans les intérieurs (sur les tables, dans les marmites), documentée dès le siège de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalée récemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). Après la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvé sa maison dévastée, jonchée d’excréments et souillée de graffitis : « Brûlez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 août 2014)…

      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dû fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mémoire. Les draps à fleurs et à cœurs roses deviendront un décor ridiculisé dans des vidéos méprisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a été détruite par un bombardement israélien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a mené les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tâches à l’extérieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au début de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. Déplacée au camp de réfugiés de Khan Younès, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguée et effrayée, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillité : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’être « écroulée » en recevant la vidéo qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvérisé par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consœur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un présent dystopique en se remémorant les moments où elle se blottissait sur son lit avec un café et sa série préférée (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israélien interdisant l’entrée de matériaux de construction, elle vit désormais, comme de très nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et étouffante en été, envahie par les eaux usées lors des fortes pluies, où les rats dévorent les réserves de nourriture et mordent les bébés durant la nuit, où les amputés se traînent faute de prothèses, où des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a été bombardé le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, évacuée de Gaza il y a un an et désormais étudiante à Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poèmes intitulé Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais été /Des décombres. /Ceci est ma maison. »

      Réfugié en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son émotion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliés en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilité d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)…

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardée, il a édifié avec des matériaux de récupération un chalet doté de fenêtres où il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en démontrant une parfaite maîtrise des codes du réseau social : rituels matinaux, tâches ménagères expédiées avec panache, pauses-café, couchers de soleil… Ils parviennent à cultiver quelques plantes et légumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente décorée de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs éclatantes accroché à une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au réveil, jouant avec son chat avant d’émerger à l’extérieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et délicieux qu’il prépare pour sa petite sœur et son petit frère sur un réchaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le réalisateur Abbas Fahdel rend compte jour après jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, où il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient été abattus un à un par des soldats israéliens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-être la plus belle des réponses : planter là où l’ennemi avait arraché, faire grandir là où il avait voulu stériliser la vie. Car la véritable force n’appartient pas à celui qui détruit. Elle appartient à celui qui replante. »

  • Réarmement démographique : La ministre de la Santé enterre un rapport sur la #mortalité_infantile | Le Canard enchaîné
    https://www.lecanardenchaine.fr/sante/54583-la-ministre-de-la-sante-enterre-un-rapport-sur-la-mortalite-i

    Stéphanie Rist refuse de publier un rapport qui analyse les causes de la mort de milliers de nourrissons chaque année en France. A raison : ce document pourrait bien plomber l’optimisme du plan de lutte contre l’infertilité lancé par Emmanuel Macron.

    Redresser la courbe de la natalité  : c’était l’une des priorités du second quinquennat d’Emmanuel Macron. En février, un plan de lutte contre l’infertilité a été lancé, assorti de 16 mesures, dont l’une (le nouveau congé de naissance) est applicable depuis le 1er juillet. Encore faudrait-il que les promoteurs de ce «  réarmement démographique  » ne cachent pas les réalités du «  désarmement infantile  »  !

    Car le constat est désolant  : selon les chiffres publiés le 7 juillet par l’Institut national de la statistique, le taux de mortalité infantile a ­grimpé à 4,1 pour 1 000 naissances en 2024. Ainsi, sur un total de 661 822 naissances, 2 709 enfants sont morts avant leur premier anniversaire. Cette dégradation, due principalement à des décès de bébés au cours de leurs 27 premiers jours, fait rétrograder la France à la 23e place des 27 pays de l’Union européenne.

    edit @allanbarte.bsky.social

    • Un rapport interroge les causes de la forte mortalité infantile en France et balaie la problématique des petites maternités
      https://www.liberation.fr/societe/sante/un-rapport-interroge-les-causes-de-la-forte-mortalite-infantile-en-france

      Le document a dormi dans les tiroirs de l’exécutif pendant huit mois, puis a été publié discrètement le 4 août après un article du « Canard Enchaîné » révélant son existence. Il dresse quelques pistes, et ne juge pas pertinent de poursuivre la politique de fermeture des petites structures, suivie depuis plusieurs décennies.

      [...]
      La cause n’est pas unique, rappellent les trois auteurs, parmi lesquels l’ancien conseiller de François Hollande, Aquilino Morelle. Plusieurs facteurs jouent, sans savoir à quel point : l’âge de plus en plus tardif des grossesses, qui augmente le risque de complication, la hausse des grossesses multiples, souvent plus complexes… Et surtout les inégalités sociales et territoriales, dont le rôle est plus ou moins documenté. Le rapport rappelle que les régions d’outre-mer, généralement plus défavorisées, enregistrent les chiffres les plus préoccupants. La situation s’est aussi dégradée en Ile-de-France.

      Qu’en est-il du rôle de la fermeture des petites maternités, trajectoire entamée sujet bien souvent débattu ? Nombre d’élus locaux refusent d’arrêter les accouchements dans celles qui ne prennent en charge que quelques centaines de naissances par an, mesure qu’ils présentent comme cause d’une dégradation des soins. Tandis que les sociétés de médecins estiment que ces établissements, par manque d’activité, ne sont pas suffisamment sécuritaires pour les femmes enceintes et leurs bébés.

      L’#Igas ne suit aucun de ces arguments. La politique, suivie depuis des décennies, consistant à fermer les plus petites structures au profit de plus grands pôles « n’explique pas à elle seule cette dégradation ». Dans le même temps, « il ne semble pas qu’un modèle type d’organisation territoriale optimale des maternités puisse être mis en avant de façon convaincante ». Car des pays observent de meilleures performances tant en ayant, pour certains comme la Suède, concentré les naissances dans des grandes maternités que, pour d’autres comme l’Italie, en conservant de petits établissements. « Dès lors, proposer, en 2026 […] la seule hausse du seuil minimal d’activité des maternités », c’est-à-dire le nombre de naissances au-dessous duquel un établissement doit arrêter les accouchements, « constituerait une réponse mécanique, datée » à ce problème global de santé publique, estiment les auteurs du document.

      « L’essentiel de la réduction des risques de mortalité infantile se joue » d’abord lors de la grossesse, « dans la capacité à prévenir, détecter puis prendre en charge les situations à risque » et après l’accouchement, dans celle « à prendre en charge les jeunes enfants dont l’état le requiert dans les services de néonatalogie ».

      https://justpaste.it/aji6m

      #maternités #fermetures_de_maternités #soins_périnataux #sages-femmes

    • « Personne n’a soutenu que la taille d’une maternité détermine mécaniquement la mortalité infantile »
      https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/08/07/personne-n-a-soutenu-que-la-taille-d-une-maternite-determine-mecaniquement-l

      Trois gynécologues-obstétriciens dénoncent, dans une tribune au « Monde », la manière dont l’inspection générale des affaires sociales a négligé le rôle de la fermeture des petites maternités dans la hausse de la mortalité infantile en France.

      Un rapport de l’inspection générale des affaires sociales (IGAS) sur la mortalité infantile a été rendu public le 5 août, six mois après sa rédaction. Ce calendrier en dit plus sur sa nature que ses 300 pages. La France compte 4,1 décès pour 1 000 naissances vivantes. Elle est passée du troisième rang européen au vingt-troisième en moins de vingt-cinq ans. Si elle atteignait la moyenne européenne, 529 enfants ne seraient pas morts en 2025 ; 1 057 enfants ne l’auraient pas été non plus si elle avait atteint le niveau de l’Italie ou du Portugal. Ces chiffres figurent dans le rapport de l’IGAS.

      Le rapport de l’Académie nationale de médecine de 2023 [Yves Ville, l’un des signataires de cette tribune, est l’auteur principal du rapport 23-05 sur la planification de la politique de périnatalité en France] proposait deux volets indissociables : regrouper les maternités réalisant moins de 1 000 accouchements par an avec les structures de niveau supérieur, et transformer les sites libérés en centres de prise en charge dirigés par des sages-femmes, équipés de télémédecine, de dossiers partagés et de protocoles d’escalade vers l’obstétricien de référence. L’IGAS réduit cette proposition à une « fermeture sèche » des petites maternités. Elle extrait de notre rapport uniquement la partie sur la concentration, ignorant le réseau de proximité et la complémentarité ville-hôpital. Elle oppose à un prétendu projet de désert sanitaire sa propre proposition de centres périnataux de proximité, sans aucune recommandation opérationnelle.

      L’IGAS affirme que les restructurations de maternités n’ont pas d’effet démontrable sur la mortalité. Elle reconnaît pourtant elle-même que cette démonstration est « méthodologiquement inaccessible ». Elle omet de neutraliser les facteurs de confusion – précarité, âge maternel, obésité –, qu’elle identifie par ailleurs comme déterminants. Elle ignore que les maternités de haut niveau accueillent les grossesses les plus complexes, ce qui gonfle mécaniquement leurs taux bruts et masque leur effet propre.

      #paywall

  • Après plus de dix ans à écrire des billets de blog et des textes destinés à un public plus large, j’ai profité de cette année pour reprendre, actualiser et rassembler une partie de ces réflexions. Le résultat est un petit livre non technique « La Société au prix du risque — Assurance, algorithmes et climat à l’âge de la prédiction » https://freakonometrics.github.io/risk-priced-society/fr

    À mesure que les données deviennent plus fines et les modèles plus puissants, l’assurance peut mieux distinguer les personnes, les comportements et les territoires. Mais mieux prévoir ne dit pas encore comment répartir les pertes, quelles différences doivent être tarifées, ni ce qui doit rester mutualisé.
    En partant de l’histoire de l’assurance, des pratiques actuarielles, des algorithmes de décision et des risques climatiques, ce livre montre que la précision technique ne supprime jamais les choix politiques. Elle peut soutenir la prévention et renforcer la protection, mais aussi individualiser des vulnérabilités produites collectivement.
    L’enjeu n’est donc pas de renoncer aux modèles, mais de décider ce qu’ils peuvent faire, quelles conséquences leur attacher et comment éviter que chacun ne soit laissé seul avec son risque.

    Le livre est disponible en open review jusqu’en décembre. Tous les commentaires, critiques et suggestions sont les bienvenus. Il suffit de créer un compte sur https://hypothes.is puis d’annoter le livre...

    • merci @freakonometrics

      l’ouverture d’un compte – et donc, l’accès aux commentaires – est, apparemment, soumis à approbation et il me semble qu’elle n’est pas accessible aux e-mails du tout venant ; j’ai dû fournir une adresse en .edu

      sinon, plein de choses alléchantes qui méritent une lecture attentive, néanmoins, le survol du sommaire m’a conduit à sauter au 3ème paragraphe du chapitre 12…
      à relire de façon plus attentive et en tenant compte du contexte

    • arg... c’est bizarre, je n’ai pas de courriel en .edu, et j’ai réussi à créer un compte sans aucun problème. Je vais regarder ! et je vais relire le paragraphe en question... en tous cas, n’hésite pas à m’envoyer un courriel si tu vois des passages qui te surprennes ! (pour la première fois, j’ai tenté d’être vigilent sur le fait que des phrases pouvaient être lues un peu hors de leur contexte - je ne fais pas ça d’ordinaire - mais j’ai peu être raté des choses)

    • Ah bé en commençant à lire je me suis reconnu immédiatement :
      – on vient d’acheter au printemps, et dans notre prêt à la banque, la condition était qu’on prenne au démarrage aussi l’assurance habitation (en plus de l’assurance du crédit) chez cette banque, alors que plus cher qu’ailleurs
      – mais le courtier a dit qu’ensuite après genre 3 mois à laisser couler, on n’avait aucune obligation à rester chez eux et qu’on pourrait partir ailleurs moins cher
      – sauf que 3 mois ça faisait juin, et on a laissé trainer comme des cons… et entre temps le mois suivant : le plus gros feu français depuis plus d’un siècle s’est arrêté PILE devant la limite de notre commune
      – en te lisant la probabilité est maintenant forte qu’en allant toquer à d’autres assureurs, on ne trouve finalement pas du tout moins cher que notre contrat actuel 😭

      Et un peu anecdotique mais ce même matin, Jancovici dit la même chose dans son compte-rendu du jour :
      https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid0uwGqR7SkEM7YSLQuweTSp4hTvmskLhpGDJMAVCnPeLXcK8kbmSbeapi2gXL6qX6Hl

      Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d’ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d’être ralentis par les restrictions d’eau.

  • INSOLITE - L’île des Faisans sur la Bidassoa passe sous pavillon français - PresseLib
    https://presselib.com/article/insolite-l-ile-des-faisans-sur-la-bidassoa-passe-sous-pavillon-francais-2

    Ce petit bout de terre de 6.820 m² chargé d’Histoire et labellisé vit une souveraineté alternée. Du 1er août au 1er février, elle dépend de la France, le reste du temps de l’Espagne.

    Connue pour avoir été le théâtre de rencontres royales et diplomatiques – dont la signature du traité des Pyrénées en 1659 – l’île basque conserve aujourd’hui encore un statut unique au monde.

    Lors du traité de Bayonne, le 2 décembre 1856, il a été décidé qu’elle aurait un statut de condominium, soit un espace sur lequel les deux pays sont souverains. Dans les relations internationales contemporaines, une particularité s’ajoute concernant l’île des Faisans : elle est le seul exemple de condominium en Europe où la souveraineté est exercée de manière alternée sur un même territoire. Une originalité qui faisait dire à Paul Morand que « ici, les poissons ont deux pays. »

    Chaque été, une cérémonie officielle scelle la passation. Pauline Potier, vice-reine de l’île des Faisans, prend ainsi la gouvernance de la zone pour les six prochains mois. Elle assure donc la responsabilité de cette enclave diplomatique jusqu’au 1er février 2026, date à laquelle la souveraineté retournera aux autorités espagnoles.

    En mai dernier, le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères a distingué ce site pour son rôle historique dans le rayonnement de la France. L’objectif de ce label est de valoriser et de transmettre l’histoire des lieux ayant accueilli des rencontres diplomatiques majeures sur le sol français.

    À la découverte de cette île pas comme les autres…

    L’automobiliste qui longe la frontière espagnole, côté Hendaye, ne la distingue pas, cachée par des bâtiments industriels et des immeubles d’habitation. Dommage, il faut alors redevenir piéton et emprunter le chemin de la Baie pour la découvrir.

    En fait, ce n’est qu’une fois passée la frontière, en partant vers Irun qu’on la distingue sur sa droite. Quoi ? Ben la fameuse Ile aux Faisans, chargée d’Histoire. On vous en narre certaines.

    Au fait, inutile de chercher là des faisans. Il n’y en a d’ailleurs jamais eus ! Le nom vient du vieil espagnol « faceros », signifiant avoir la main sur une tractation. Et des tractations, ce n’est pas ce qui manque en ce lieu.

    A commencer, en 1526, par un échange d’hommes : celui de François I, fait prisonnier à Pavie par Charles Quint (d’Allemagne, et Charles I d’Espagne) contre ses deux fils, le dauphin François et son cadet, le futur Henri II (8 et 7 ans). Il faudra attendre quatre ans pour que, sur le même lieu, une rançon de deux millions d’écus d’or soit remise au roi d’Espagne, en échange des deux petits princes et de leur future belle-mère, Eléonor d’Autriche.

    Naturellement, chacun a surtout en mémoire l’événement qui a marqué l’Ile. Le mariage, le 9 juin 1660, de Louis XIV, alors âgé de vingt-et-un ans, avec la fille aînée de Philippe IV, l’infante Marie-Thérèse en l’église de Saint-Jean-de-Luz, suivi d’une fête somptueuse rassemblant cours espagnole et française, sur les huit mille m² de l’île. Qui l’espace de quelques jours n’en est plus une, puisque l’on a fabriqué un pont temporaire, fait de bateaux serrés les uns contre les autres. Elle a pour la circonstance été divisée en deux, avec au centre une salle mitoyenne où la frontière entre les deux pays est délimitée par des tapis. Rouge pour l’Espagne, à motifs pour la France.

    Depuis, l’île a rapetissé. Elle faisait alors 120 mètres sur 34, aujourd’hui moins de 80 sur 5. Même Flaubert s’en étonnait, n’y voyant « qu’une petite touffe d’herbe dans un fleuve. » Encore qu’on ait tenté de la solidifier. Ainsi tant Napoléon III qu’Isabel II la surélèvent, consolident ses rives avec de la pierre, font planter des arbres. Lui redonnent un peu d’allure, si l’on veut.

    On vous a donné envie de la visiter ? Navré, mais le lieu est sauvegardé, pas de touristes, pas de curieux, pas de sapajous. Et pas de passe-droit pour le lecteur de Presse Lib’, malgré nos relations… Désolé !

  • Six ans après la pandémie, que deviennent les malades du Covid long ? | RTS
    https://www.rts.ch/info/sante/2026/grand-format/six-ans-apres-la-pandemie-que-deviennent-les-malades-du-covid-long-29290579.html

    Le 19 février dernier, un jeune Autrichien de 22 ans, Samuel, fait appel au suicide assisté pour mettre fin à sa « souffrance inimaginable » causée par le Covid long. Plus de six ans après le début de la pandémie, en Suisse aussi, nombreux sont ceux et celles qui souffrent encore de cette maladie dans l’indifférence quasi générale.

  • ‘We’re up against forces that have all the money in the world’: Erin Brockovich on her battle against AI datacentres | Energy | The Guardian
    https://www.theguardian.com/environment/2026/jun/29/were-up-against-forces-that-have-all-the-money-in-the-world-erin-brocko


    Fighting on … Erin Brockovich at her home in Los Angeles.
    Photograph: Jessica Pons/The Guardian

    In 1993, she squeezed a $333m settlement from a Californian energy company in a scandal over contaminated water. Three decades later, she has a new target in her sights – and it’s global

    When Erin Brockovich woke to find 30 emails from people from the same town, she realised something was going on. People email Brockovich all the time because of what happened in 1993, when she was instrumental in suing Pacific Gas and Electric Company (PG&E) on behalf of residents of the town of Hinkley, California, whose groundwater had been contaminated. The case resulted in a settlement of $333m – then the largest ever payout for a direct-action lawsuit. When she was immortalised by Julia Roberts in the 2000 film Erin Brockovich, she became the hero we didn’t know we needed, a modern day Joan of Arc. She had won against PG&E with no formal legal training.

    The emails she received a few weeks ago were about datacentres. In April, she put a callout on her website asking for anyone with concerns about one near them to get in touch. Within a month, 3,862 people had replied. Tech companies have needed datacentres to power their technology “for ever”, she says, but the new ones being built to power AI? “This feels like Hinkley on steroids.”

    This isn’t a story about AI, she says. “That genie is out of the bottle: it’s here, it’s an effective tool, you can use it or not,” Brockovich says matter-of-factly. This is about the massive structures being built to house the vast computing facilities AI requires. These datacentres, she says, stretch over “hundreds and hundreds of acres”. In May, Utah gave approval to a centre twice the size of Manhattan.

    Some of the emails Brockovich gets from people near datacentres express genuine bafflement: “Why did I not know about this? How did this construction just start? Why am I now getting a notice from the city council that this has already passed when I didn’t even have a voice in it?” Others reflect concerns about the impact of the centres: “What about our resources? What’s happening to the water? Who’s paying for all this energy and am I going to foot that bill? What will the future impact on health be from these monstrosities? What’s going to happen to the wildlife?”

    From the emails, Brockovich built a map of significant AI datacentres in the US that are either operational or under construction, overlaid with locations where community members have emailed in concerns. This open-source document is chilling: as of 24 June, 33 AI datacenters have been completed and are operational, 68 are under construction and 41 are proposed. And there had been 7,005 reports submitted through the online form, which is to say, all that is known about them is what people have seen. As a post on her Substack blog is headlined: “If data centers are so great, why are they being built in secret?”


    The map of data centres in the US created by Erin Brockovich.

  • Avec Diala, on vient de livrer le site du Quadrilatère, le centre d’art contemporain de Beauvais :
    https://www.lequadrilatere.fr

    C’est évidemment du SPIP.

    – On retrouve nos habituelles formes longues :
    https://www.lequadrilatere.fr/Enterrer-le-soleil
    https://www.lequadrilatere.fr/Cecile-Bart-Peu-importent-les-ressemblances

    – Pas mal de micro-animations (au scroll, au survol), y compris le logo animé du Quadrilatère, qui se désactivent lorsqu’on configure l’accessibilité de son appareil en « prefers-reduced-motion ».

    – L’entête de navigation en haut de page qui se décroche avec le scroll. C’est désormais assez habituel, mais j’aime bien comment on l’a traité, avec le changement éventuel de couleur et le logo qui change discrètement de taille.

    – Les changements de couleurs selon les rubriques et les pages. (Ça a toujours été mon truc.)

    – Si les webmestres oublient de renseigner le champ « alt » des images, j’utilise l’API de ChatGPT pour renseigner ce champ alt. Ça donne des résultats étonnamment précis.

    – Ça a été l’occasion de retrouver une vielle connaissance, Omer Pesquer :
    https://psqr.fr
    qui assurait l’AMO avec Michel Kouklia :
    https://psqr.fr/kmnop

    – Sinon, si vous passez à Beauvais, la visite du Quadrilatère, juste à côté de la cathédrale, ça vaut vraiment le coup. Le bâtiment d’André Hermant est magnifique (1976) et les espaces intérieurs ont été entièrement refaits en 2023 (le musée a rouvert l’année dernière). Les expos sont spectaculaires, avec des œuvres qui généralement profitent des espaces impressionnants des salles.

    #shameless_autopromo #spip

  • Le Jardin des Plantes à fleur de fil
    https://www.visionscarto.net/jardin-des-plantes-brode

    Et si l’on pouvait lire un jardin autrement qu’avec les yeux ? Au Jardin des Plantes, des cartes brodées révèlent les formes, les matières et les gestes qui façonnent cet espace. Du parterre de broderie aux uniformes des jardiniers, le fil relie le paysage à celles et ceux qui l’entretiennent. Une cartographie sensible d’un jardin où la beauté visible repose aussi sur un travail souvent invisible. par Par Ana Cristina Torres Ici le crédit complet. Ce projet a bénéficié d’un financement (…) Billets

    #Billets_

  • Why are Indian Students Protesting? | A. Patel
    https://brownhistory.substack.com/p/why-are-indian-students-protesting

    On the morning of July 20th, New Delhi, India’s capital city, woke up to rallying cries of “Chalo Sansad” – Come, March to the Parliament. An over ten thousand-strong swell of protestors gathered at Jantar Mantar, a historical observatory that serves as a site for public demonstrations, setting out to march to the Indian National Parliament. The crowd was met with armed anti-riot police, barricades welded together, and threats of violence. Source: Brown History

  • Canicules : la rage et la tristesse. Et l’espoir, malgré tout | Quatrième internationale
    https://fourth.international/fr/771

    Les impacts sanitaires sont nombreux et dramatiques : troubles respiratoires dus notamment à la formation d’ozone (à partir des émissions d’oxydes d’azote des moteur thermiques – le taux de dangerosité de l’ozone a été dépassé en juin pour 300 des 450 millions d’Européen·nes) ; accidents cardio-vasculaires ; maladies infectieuses ; insuffisances rénales aiguës ; pollution de l’air par les fumées des feux de forêts. Ces conséquences viennent encore aggraver les inégalités sociales liées aux conditions de logement, de transport, de travail et de revenu. Les décès supplémentaires se comptent en milliers. Les régions les plus pauvres, où les possibilités de se protéger de la chaleur et de la pollution sont les plus faibles, connaissent des taux de surmortalité proches de 80%, similaires à ceux de la période COVID-19.

  • ’Contre la #présomption de #légitime_défense pour les forces de l’ordre’ : l’Assemblée classe la pétition, qui ne sera donc pas débattue
    https://lcp.fr/actualites/contre-la-presomption-de-legitime-defense-pour-les-forces-de-l-ordre-l-assemblee

    La commission des lois de l’#Assemblée_nationale qui se penchait, ce mardi 21 juillet au soir, sur la suite à donner à la #pétition « Contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre » a décidé de la classer, considérant qu’elle n’avait pas vocation à faire l’objet d’un débat dans l’hémicycle. Elle avait recueilli plus de 720.000 signatures sur la plateforme du Palais-Bourbon dédiée aux pétitions citoyennes.

    #pan

    https://petitions.assemblee-nationale.fr/initiatives/i-6334

    Tu te disais à une époque qu’une pétition à 500K signatures, tout de même, ça avait de la gueule. Ça permettait de se compter. Et puis quoi, le Parlement n’allait pas s’asseoir dessus. On allait pouvoir avoir un vrai débat, puis-qu’apparemment, il n’avait pas pu avoir lieu. Et puis... Voilà, même à 2 millions de signatures, tes pétitions, elles sont classées, sans autre effet qu’une réunion en commission.

    https://seenthis.net/messages/1182904#message1182911

  • En #Norvège, l’amertume des survivants de l’attentat d’#Utoya : « Les idées du #néonazi #Breivik se sont banalisées dans l’espace public »
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2026/07/19/en-norvege-l-amertume-des-survivants-de-l-attentat-d-utoya-les-idees-du-neon

    Il y a quinze ans, le terroriste #Anders_Behring_Breivik assassinait 77 personnes à #Oslo et sur l’île d’Utoya. Le 22 juillet, la Norvège commémore ces attentats, les plus meurtriers de son histoire depuis la seconde guerre mondiale, en inaugurant un mémorial et un centre d’exposition. Mais les rescapés se désolent de voir que les idées d’extrême droite gagnent du terrain.

  • C’est l’hiver en Argentine…
    Nahel Belgherze / X - @WxNB_
    https://x.com/WxNB_/status/2079255486545748448

    I’ve never seen anything like it.

    Salta, Argentina, has just recorded its hottest night on record during the climatologically coldest time of the year. The minimum overnight temperature did not fall below 26°C (78.8°F), pulverizing the previous monthly record by 7°C.

  • Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030726/le-combat-acharne-d-une-mere-isolee-privee-du-rsa-pour-9-euros-de-depassem

    [Sabrina Laubisse] a engagé, en mai, une bataille contre les institutions pour permettre aux #mères_isolées de ne pas être pénalisées par la perception d’#allocations et d’aides de soutien familial.

    Car, martèle-t-elle, ces prestations ne sont pas son salaire, et elles sont avant tout destinées à ses enfants. « Pourtant, dans le calcul du RSA, l’administration les requalifie en mon revenu personnel. Elle prend l’argent des enfants, l’inscrit sur la ligne de la mère et conclut que la mère est trop riche pour être aidée. » Pour elle, cela relèverait du détournement des règles de procédure.

    La mère de famille de 48 ans considère avoir mis le doigt sur un dysfonctionnement structurel. « Ce sont les mères isolées que l’on range du côté des riches. À moins que la loi n’ait organisé une discrimination systémique. » Car huit familles monoparentales sur dix ont des femmes à leur tête. À sa place, souligne-t-elle, un homme seul à revenu professionnel strictement nul, percevrait 635 euros de RSA.
    Contactée par Mediapart, la Caisse nationale d’allocations familiales (Cnaf) confirme que « la composition familiale détermine un montant forfaitaire de RSA fixé par décret. Ce montant peut être majoré, sous certaines conditions, pour une personne isolée ayant des enfants à charge, notamment lorsqu’un enfant est âgé de moins de 3 ans ou en cas de séparation datant de moins d’un an au moment de la demande. Le montant du RSA se calcule en fonction des #ressources du foyer, des prestations familiales ainsi que d’un forfait logement ».

    Sabrina Laubisse a saisi le tribunal administratif de Paris pour obtenir l’annulation du refus qui lui a été opposé. Après le rejet de son recours en septembre 2025, elle souhaite toujours que la justice reconnaisse son droit à percevoir cette aide. En parallèle, elle a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (#QPC), déposée le 5 mai 2026 également devant le tribunal administratif de Paris. Cette procédure permet à tout justiciable de contester la conformité d’une loi.

    La requérante conteste la constitutionnalité de deux articles du Code de l’action sociale et des familles qui encadrent le revenu de solidarité active (#RSA). Elle développe quatre griefs : l’incompétence négative du législateur, qui a délégué au pouvoir réglementaire le soin de définir ce qui compte comme « ressource » ; la violation du droit à des moyens convenables d’existence, garanti par le onzième alinéa du préambule de la #Constitution de 1946 ; la discrimination indirecte fondée sur le sexe, prohibée par l’article 6 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789 ; et la rupture d’égalité devant les charges publiques.

    #calcul_des_ressources #revenu #allocataires #contentieux

    • Elle chiffre en tout son préjudice à 200 000 euros. Car, outre le RSA, à cause de ces 9,62 euros de dépassement, la mère perd simultanément l’accès à la complémentaire santé solidaire (#C2S), aux aides pour le logement (APL), à la [so called] prime de Noël, aux tarifs sociaux pour les transports, ou aux bourses scolaires. Elle a donc demandé au tribunal administratif que toutes ces aides soient prises en compte dans le calcul de sa #réparation_financière, en plus des sommes de RSA non versées.

      Au-delà de la QPC et de son recours administratif individuel, Sabrina Laubisse a saisi, fin mai, le Défenseur des droits pour qu’il rende des observations devant le tribunal sur la discrimination indirecte sexuée, la Fédération syndicale des familles monoparentales (FSFM), plusieurs parlementaires au Sénat et à l’Assemblée nationale, ainsi que le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale (CNLE).
      Le 12 juin, elle a aussi interpellé le ministre de la justice, Gérald Darmanin, pour une demande de saisine de l’Inspection générale de la justice (IGJ), « pour un signalement de faits susceptibles de qualification pénale, et [un] appui à une inspection du traitement du RSA des familles monoparentales et des personnes malades », ainsi que pour une « demande de révision législative ». Elle demande au ministre de saisir l’IGJ afin que celle-ci examine le fonctionnement des juges aux affaires familiales et juges des enfants. Et ce, en vue de permettre l’accès des #familles_monoparentales aux #droits_sociaux.

      Sabrina Laubisse compte adresser au Conseil d’État une requête distincte, pour lui demander « de soutenir, au sein du gouvernement, une révision de ces dispositions afin que les prestations destinées aux enfants cessent d’être comptées comme un revenu personnel de leur parent pour l’appréciation du droit au minimum social ». De manière plus générale, la mère de famille ne peut s’empêcher de penser que les pouvoirs publics alimentent « un circuit de précarisation ».

      À l’issue de cette première étape de sa QPC, Sabrina Laubisse entrevoit une forme de satisfaction. « La route est longue et le combat doit se maintenir, réagit-elle. Le tribunal estime la question sérieuse, fondée, et les dispositions réglementaires non conformes à l’égalité. Il me donne raison sur le fait que le législateur ne peut laisser choisir le gouvernement sur ce qui doit être compté ou pas comme ressources, et ainsi créer des discriminations. » Mais surtout, elle s’autorise à rêver – « au-delà de [s]a situation de maman » – à la possibilité que sa QPC obtienne une réponse favorable. « Et là, ça signifierait que tant d’enfants vont voir leur vie un peu changer ! »

      #arbitraire

    • Bravo, mille bravos, c’est tellement épuisant comme situation. Bravo d’en faire une question politique.

      Pis, tu vois, c’est récurrent, juste le titre de l’article, pourtant là pour la défendre.

      Le combat acharné d’une mère isolée privée du RSA pour 9 euros de dépassement de ressources

      relis bien

      une mère isolée

      est-ce que jamais on te parle du père isolé ? mais c’est graave, elle est isolée par qui ? par la société, les médias, les journalistes, le monde des hommes et du patriarcat !
      Très bien, et c’est quoi une mère pas isolée ? une femme qui n’est pas seule ? en couple ? avec ? un homme ? Voila.
      Et donc merci madame monsieur la journaliste qui reprend de quoi recréer l’imaginaire d’une personne triste et vulnérable ISOLEE parce qu’elle ne reprend pas les codes de l’hétéronormalité. Alors qu’il existe un terme qui est cheffe de famille monoparentale pauvre , mais non, faut encore diminuer les rôles féminins possibles à deux termes : en couple ou isolée. Mère isolée, si vulnérable et avec personne pour la soutenir financièrement, si le terme existe, pas besoin d’aider cette femme, on va juste la désigner pour lui faire comprendre qu’il faut qu’elle se trouve un compagnon qui lui répare son frigo et sa télé et la pénètre au moins une fois par semaine, le samedi par exemple.

    • merci @mfmb je discutais ce matin avec une maman cheffe de famille monoparentale qui a 3 enfants, on se disait aussi que femme isolée est violent et incorrect (et pourquoi pas sorcière ?) et que c’est plutôt la société (patriarcale) qui est isolante et destructrice de liens d’entraide, d’amitié, de soutien etc

  • Breaking the Silence sur X : « 🔴The IDF’s Yellow Line in Gaza has shifted again, despite the so-called “ceasefire.” Since it came into effect, the IDF’s effective control has expanded from 53% to up to 70% of the Gaza Strip. Almost all of Gaza’s population is forced into less than a third of its territory🧵 https://t.co/iOUCvHYpvQ » / X
    https://x.com/BtSIsrael/status/2072649108855148995

    The IDF’s Yellow Line in Gaza has shifted again, despite the so-called “ceasefire.” Since it came into effect, the IDF’s effective control has expanded from 53% to up to 70% of the Gaza Strip. Almost all of Gaza’s population is forced into less than a third of its territory

  • Misogynie et botanique : comment le patriarcat s’est infiltré dans nos jardins

    Des savoirs effacés et des #noms de #plantes sexistes : une balade organisée par l’association Les Mutines indigènes, dans le Gard, a permis de mesurer les biais qui parcourent encore le monde de la botanique.

    Sac sur le dos, chaussures aux pieds, et loupe botanique pendue au cou, les randonneurs sont prêts à partir. Mais Angeline Julien, l’animatrice, les invite à former un cercle. Au sol, un tableau plastifié présentant des catégories : « figure de la sorcière », « stéréotypes de genre », « culture du viol »… Drôle d’introduction pour une balade dédiée à l’observation du règne végétal.

    La guide du jour explicite le thème : misogynie et botanique. Car « en Europe, la domination des femmes s’est aussi perpétuée via les plantes », explique-t-elle. « Et chacune de celles que nous allons rencontrer aujourd’hui peut être associée à une ou plusieurs de ces notions. » Passionnée de botanique, elle propose régulièrement des promenades sur divers thèmes avec son association, Les Mutines indigènes.

    Soleil radieux de printemps et fraîcheur du matin s’équilibrent, la météo est parfaite pour déambuler entre les bosquets, les prairies fleuries et les parties cultivées des jardins ethnobotaniques de la Gardie, à Rousson (Gard). Six hectares dédiés au patrimoine floristique sauvage et domestique des basses Cévennes. Dans le petit groupe qui se met en marche, il n’y a quasiment que des femmes.

    Des symboles de #chasteté

    Quelques pas plus tard, nous voici déjà à la recherche d’un premier arbuste : l’#aubépine. Ses petites fleurs blanches ont déjà fané. « On disait qu’elle assurait le bonheur conjugal en assurant la chasteté des femmes attendant le mariage », dit Angeline. Les significations données aux plantes reflètent parfois moins leurs véritables propriétés que ce que l’on attend des femmes. Autre exemple croisé au cours de la balade : celui de la #marguerite commune. Là encore une fleur blanche qui, « portée en couronne, était symbole de #virginité pour les jeunes filles », explique-t-elle.

    Signe que les fleurs sont sans cesse associées aux femmes, il n’est pas difficile de trouver une longue liste de plantes nommées d’après #Vénus. Angeline nous invite à quitter le sentier pour s’aventurer dans une prairie labourée par les sangliers. Là, d’étranges fleurs séchées dressent leurs picots. À leur base, leurs feuilles incurvées retiennent l’eau de la dernière pluie. Il s’agit de #cardères_sauvages (Dipsacus fullonum), aussi connue sous le nom de cabaret des oiseaux, ou… baignoire de Vénus.

    Le début d’une longue série. Lors de cette promenade, d’à peine plus d’un kilomètre, nous croisons également le sourcil de Vénus (surnom de l’achillée millefeuille, Achillea millefolium L.), le peigne de Vénus (Scandix pecten-veneris L.), le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), le miroir de Vénus (Legousia speculum-veneris), la capillaire cheveux de Vénus (Adiantum capillus-veneris) et l’églantier (Rosa canina), surnommé le bouquet de Vénus.

    Autant de noms qui perpétuent l’idée que « l’on attend des femmes qu’elles soient belles comme les fleurs », dit Angeline. Et aussi celle que « les femmes sont une ressource, au même titre que la nature ». Celles-ci se doivent aussi d’être chastes, et l’idée a été longtemps entretenue que les plantes se reproduisaient sans #sexualité. Au point que plusieurs mythes grecs racontent comment des jeunes femmes ont été transformées en plantes pour s’assurer de leur abstinence, rappelle notre guide.

    Ainsi, la nymphe Daphné, poursuivie par Apollon et appelant son père à l’aide, a été transformée par celui-ci en laurier. « Le fait qu’il soit toujours vert est un symbole de chasteté », souligne Angeline.

    Puis, vers la fin du XVIIᵉ siècle, les naturalistes européens reconnaissent enfin que les plantes ont une sexualité. « Le #pistil est décrit comme la partie femelle des fleurs, et les #étamines comme la partie mâle », nous rappelle Angeline. Au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois #Carl_von_Linné, créateur du système de classification des espèces vivantes, propose à partir de cette description sexuelle une #classification des plantes. Et ce sont évidemment les caractéristiques mâles d’une plante qui déterminent son niveau dans la classification. Ce faisant, Linné « amène la #hiérarchie traditionnelle des genres dans les sciences », écrit au début des années 2000 la chercheuse Londa Schiebinger.

    Les premières botanistes invisibilisées

    Pour Léa Richard, botaniste spécialiste de la place des femmes dans sa discipline, ce système de classification basé sur les organes reproducteurs des plantes a contribué à les en exclure : « On disait que c’était une botanique obscène à laquelle les femmes ne devaient pas avoir accès. Or, pour Linné, un botaniste, c’est quelqu’un qui sait classer les plantes, faire de la taxonomie. En refusant d’apprendre aux femmes la classification sexuelle des plantes, on les empêche de fait d’accéder à cette science. »

    Au XVIIIe siècle, c’était pourtant une discipline à la mode pour les femmes. Mais les ouvrages qui leur étaient spécifiquement destinés veillaient à ne pas leur apprendre les bases scientifiques de la discipline, se concentrant par exemple sur la fabrication de bouquets. À la fois par pudeur et parce que les femmes étaient considérées comme moins intelligentes...

    Si quelques femmes deviennent malgré tout botanistes à cette époque, elles sont des exceptions, sont souvent formées par un homme — père, mari, amant — et « sont des aristocrates », note Léa Richard. « Elles se sont aussi beaucoup intéressées aux plantes sans système reproducteur apparent, les plantes cryptogames telles que les algues, les mousses, les lichens. Cela évitait d’utiliser le système de Linné, et c’étaient des champs peu explorés avec moins de concurrence des hommes. »

    Par ailleurs, « ces femmes ont été invisibilisées », souligne Angeline. Comme symbole de cet effacement, elle nous invite à chercher une plante commune des friches et des chemins : l’#urosperme_de_Daléchamps (Urospermum dalechampii), nommée en hommage à cet auteur d’une histoire des plantes au XVIe siècle. « En revanche vous trouverez très peu de plantes portant le nom de botanistes femmes », déplore-t-elle.

    Léa Richard lui donne raison, et note une autre cause potentielle : « Très peu de femmes nomment des plantes. » Seulement 3 % des plantes de la nomenclature linnéenne ont été baptisées par des femmes.

    Ainsi mises sous la tutelle des hommes dans ce domaine, à partir du XVIIe siècle, « les femmes ont été dépossédées de leur savoir sur les plantes », poursuit Angeline, « notamment avec l’invention de la sage-femme, qui agit sous la coupe d’un médecin ». Alors que la connaissance des plantes et de leurs propriétés faisait partie des tâches dévolues aux femmes, chargées du soin de leur famille, ce savoir est repris en main. Il y a « une volonté masculine de limiter l’autonomie des femmes dans les pratiques liées à leur fécondité, écrit l’historienne Émilie-Anne Pépy. Les femmes herboristes font l’objet d’une double #disqualification en raison de leur #genre et de leur origine sociale. »

    La figure de la #sorcière a aidé à disqualifier ce savoir. En exemple, Angeline prend la #verveine_officinale. « Il était dit que les sorcières s’en servaient pour provoquer une attraction immédiate. Elle est associée à la sphère sexuelle, du désir », dit-elle.

    Tout au long de la promenade, Angeline multiplie les exemples de plantes aux propriétés utiles aux femmes, « mais dont on a perdu les usages précis, les posologies », explique-t-elle. Tandis que l’on déambule, on croise ainsi la salsepareille, la rue officinale, l’armoise commune, connues pour leurs propriétés abortives, mais qu’on ne sait plus utiliser.

    « Un domaine encore dominé par les hommes »

    Sur le bord du chemin, elle nous arrête devant une plante aux impressionnantes tiges vertes, semblable à du fenouil géant : la #férule_glauque (Ferula glauca L.). Là où la tige est fendue, un suc abondant en sort. « C’est cette sève qui était utilisée », montre-t-elle. « Des textes d’Hippocrate et Pline disent qu’elle avait une action sur la fertilité des femmes, elle aurait notamment la propriété de stimuler les règles, mais il n’y a pas d’études contemporaines qui le certifient. » Elle fait aussi partie de la famille des herbes de sorcières : « Il était dit qu’elles l’utilisaient pour rendre les hommes impuissants », indique Angeline.

    Puis, au milieu d’un jardin en carrés organisé comme à l’époque médiévale, elle attire notre regard vers de petites fleurs bleu électrique presque au ras du sol. « Les plantes méritent qu’on se mette à genoux », dit-elle, nous invitant à observer les poils sur les feuilles, visibles uniquement à la loupe botanique. Il s’agit du #gremil_officinal (Lithospermum officinale). « Elle aurait été utilisée comme pilule contraceptive par les Amérindiens », dit-elle.

    La fin de la promenade approche. Sous les chênes verts, Angeline ressort ses fiches plastifiées. Les promeneuses ont bien travaillé : les colonnes du tableau de départ se sont remplies de multiples plantes, messagères involontaires du patriarcat. Et si cette sortie témoigne d’une prise de conscience dans le milieu botanique, elle reste une exception, rappelle Léa Richard. « On a fait les calculs à la Société linnéenne de Provence, à laquelle j’appartiens, raconte-t-elle. Il y a autant de femmes que d’hommes adhérents, mais seulement 20 % des conférences et 10 % des ateliers sont faits par des femmes. La botanique reste un domaine dominé par les hommes. »

    –-

    Des pionnières malgré les interdits :

    #Marie-Anne_Libert (1782-1865) : « C’est un exemple de femme s’intéressant aux plantes cryptogames », explique Léa Richard. Elle a été la première à décrire le champignon responsable de la maladie de la pomme de terre, le mildiou. « Elle a décrit de nombreux agents pathogènes », souligne la botaniste.

    #Clémence_Lortet (1772-1835) : Elle a cofondé la Société linnéenne de Lyon. Elle a laissé plusieurs herbiers issus de ses promenades botaniques autour de la ville. « C’est un exemple du fait que les femmes n’étaient pas citées : elle a publié notamment sous le nom de son fils », dit Léa Richard.

    #Elisabeth_Julienne_Dugage_de_Pommereul (1733-1782) : Elle vivait et étudiait aux jardins du roi. Elle était spécialisée dans les graminées, sur lesquelles elle a publié un ouvrage et « elle avait une correspondance avec Linné lui-même », souligne Léa Richard, qui aime citer comment l’un de ses confrères, Jean-Baptiste Cotton des Houssayes, saluait le travail de cette scientifique : « Je déclare qu’elle n’est femme que par son sexe, mais qu’elle est homme, et homme même très célèbre, par le talent, la qualité et la richesse de son savoir. »

    https://reporterre.net/Misogynie-et-botanique-comment-le-patriarcat-s-est-infiltre-dans-nos-jar
    #botanique #misogynie #patriarcat #femmes #dépossession #invisibilisation

  • Cartographie sensible et participative de la rue Très-Cloîtres à Grenoble
    https://www.visionscarto.net/cartographie-sensible-rue-tres-cloitres-Grenoble

    Octobre 2024 : « Alice raconte », illustratrice et carnettiste, expose au 26 rue Très-Cloîtres de Grenoble un travail réalisé en 2021. C’est un carnet de voyage qui retrace en mots et en croquis aquarellés l’ambiance perçue de différents lieux du quartier Alma Très-Cloîtres. Que les lieux racontés soient emblématiques du quartier ou plus anecdotiques, le carnet traduit une vision sensible et personnelle de ces rues qui composent le vieux centre de la ville. Même mois, même année, même (…) Billets

    #Billets_

  • Les vaccins à ARNm sûrs, efficaces et pérennes [The Lancet]
    https://lejournaldumedecin.pmg.be/fr/viewer/newsletter/EAKbe2627E05/article/EAKbe2627S27_00

    Une étude du Lancet confirme la sécurité et l’efficacité des vaccins à ARNm, ainsi que leur rôle majeur en santé publique Une étude menée par des chercheurs canadiens, anglais et à Singapour montre que les éléments de preuve accumulés depuis le covid confirment que les vaccins à ARNm constituent une technologie sûre et efficace, appelée à jouer un rôle durable en santé publique. https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(26)00512-X/abstract

    -- Permalien

    #santé #médecine

  • Arundhati Roy - L’écrivaine rebelle de l‘Inde - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/124447-000-A/arundhati-roy
    https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/toqsWJsgcnhwwT9YJCYo93/1920x1080?type=TEXT&watermark=true

    Autour d’un entretien au long cours, réalisé à l’occasion de la parution de son dernier livre, ce documentaire tissé d’archives et de témoignages brosse le portrait d’une écrivaine engagée, dont les combats, notamment pour la défense de l’environnement, la lutte contre l’exclusion et le nationalisme hindou, lui ont valu à plusieurs reprises d’être poursuivie en justice.

  • Maurice Rajsfus, pour mémoire – Les Ami.e.s de Maurice Rajsfus
    https://www.mauricerajsfus.org/2025/05/06/maurice-rajsfus-pour-memoire

    Militant antifasciste, rescapé de la rafle du Vel’ d’Hiv à 14 ans, historien de la répression, Maurice Rajsfus (1928-2020) a traversé le siècle dernier les yeux grands ouverts. Tout au long de sa vie, il a collecté et conservé les traces de la violence d’État, partout où il l’a croisée. Aujourd’hui, ses archives personnelles sont stockées à la bibliothèque-musée La Contemporaine (Nanterre). Elles s’y étalent en mètres. Pour Index, Clara Menais est allée s’y plonger.

  • Egypt Is Building a New Nile Delta
    https://www.theb1m.com/video/egypt-is-building-a-new-nile

    BENEATH the desert west of the Nile, a network of tunnels is being carved through the sand. They are among the first visible signs of one of the most ambitious infrastructure projects in Egypt’s modern history, an attempt to create a new agricultural landscape and relieve mounting pressure on the Nile Delta.

    For thousands of years, the delta has sustained Egypt’s population, but that system is now under strain. After decades of intervention, shifting river dynamics and rising demand, the fertile land that once fed the country is approaching its limits. The government’s response is the New Delta project, a vast plan to recycle water, move it across the desert and bring new land into cultivation on a scale rarely attempted anywhere in the world. Early satellite images suggest rapid progress, with hundreds of new fields appearing across previously barren terrain, but questions remain about how sustainable this transformation will be.

  • Mohammed El-Kurd sur X : « NEW: The Board of Directors at the Committee to Protect Journalists (CPJ) will formally change its definition of who qualifies as a journalist, to broadly exclude slain Palestinian and Lebanese journalists who worked for government-funded media outlets. Israeli, American, and » / X
    https://x.com/m7mdkurd/status/2071305701524406285

    The Board of Directors at the Committee to Protect Journalists (CPJ) will formally change its definition of who qualifies as a journalist, to broadly exclude slain Palestinian and Lebanese journalists who worked for government-funded media outlets. Israeli, American, and Ukrainian journalists who work for state-funded outlets or are embedded with the military will remain recognized as journalists, of course.

    The move was catalyzed to appease the right-wing Zionist rag The Free Beacon, which has repeatedly accused Palestinian and Lebanese journalists of being undercover militants or used their political opinions or affiliations as justification for their killing by the IOF.

    This is a racist scandal of massive proportions for everyone involved, and it makes a mockery of the purported mission of the organization. It is absolutely abhorrent that the organization’s resources are wasted on this cowardly witch-hunt, at a moment in history that is the deadliest for journalists, especially in Palestine and Lebanon.