• Après plus de dix ans à écrire des billets de blog et des textes destinés à un public plus large, j’ai profité de cette année pour reprendre, actualiser et rassembler une partie de ces réflexions. Le résultat est un petit livre non technique « La Société au prix du risque — Assurance, algorithmes et climat à l’âge de la prédiction » https://freakonometrics.github.io/risk-priced-society/fr

    À mesure que les données deviennent plus fines et les modèles plus puissants, l’assurance peut mieux distinguer les personnes, les comportements et les territoires. Mais mieux prévoir ne dit pas encore comment répartir les pertes, quelles différences doivent être tarifées, ni ce qui doit rester mutualisé.
    En partant de l’histoire de l’assurance, des pratiques actuarielles, des algorithmes de décision et des risques climatiques, ce livre montre que la précision technique ne supprime jamais les choix politiques. Elle peut soutenir la prévention et renforcer la protection, mais aussi individualiser des vulnérabilités produites collectivement.
    L’enjeu n’est donc pas de renoncer aux modèles, mais de décider ce qu’ils peuvent faire, quelles conséquences leur attacher et comment éviter que chacun ne soit laissé seul avec son risque.

    Le livre est disponible en open review jusqu’en décembre. Tous les commentaires, critiques et suggestions sont les bienvenus. Il suffit de créer un compte sur https://hypothes.is puis d’annoter le livre...

    • merci @freakonometrics

      l’ouverture d’un compte – et donc, l’accès aux commentaires – est, apparemment, soumis à approbation et il me semble qu’elle n’est pas accessible aux e-mails du tout venant ; j’ai dû fournir une adresse en .edu

      sinon, plein de choses alléchantes qui méritent une lecture attentive, néanmoins, le survol du sommaire m’a conduit à sauter au 3ème paragraphe du chapitre 12…
      à relire de façon plus attentive et en tenant compte du contexte

    • arg... c’est bizarre, je n’ai pas de courriel en .edu, et j’ai réussi à créer un compte sans aucun problème. Je vais regarder ! et je vais relire le paragraphe en question... en tous cas, n’hésite pas à m’envoyer un courriel si tu vois des passages qui te surprennes ! (pour la première fois, j’ai tenté d’être vigilent sur le fait que des phrases pouvaient être lues un peu hors de leur contexte - je ne fais pas ça d’ordinaire - mais j’ai peu être raté des choses)

    • Ah bé en commençant à lire je me suis reconnu immédiatement :
      – on vient d’acheter au printemps, et dans notre prêt à la banque, la condition était qu’on prenne au démarrage aussi l’assurance habitation (en plus de l’assurance du crédit) chez cette banque, alors que plus cher qu’ailleurs
      – mais le courtier a dit qu’ensuite après genre 3 mois à laisser couler, on n’avait aucune obligation à rester chez eux et qu’on pourrait partir ailleurs moins cher
      – sauf que 3 mois ça faisait juin, et on a laissé trainer comme des cons… et entre temps le mois suivant : le plus gros feu français depuis plus d’un siècle s’est arrêté PILE devant la limite de notre commune
      – en te lisant la probabilité est maintenant forte qu’en allant toquer à d’autres assureurs, on ne trouve finalement pas du tout moins cher que notre contrat actuel 😭

      Et un peu anecdotique mais ce même matin, Jancovici dit la même chose dans son compte-rendu du jour :
      https://www.facebook.com/jeanmarc.jancovici/posts/pfbid0uwGqR7SkEM7YSLQuweTSp4hTvmskLhpGDJMAVCnPeLXcK8kbmSbeapi2gXL6qX6Hl

      Assurances et bâtiment : les sinistres liés aux catastrophes naturelles vont augmenter, entraînant de la souffrance pour les sinistrés et une hausse des primes dans les zones à risque. Les incendies depuis juillet auront d’ores et déjà des impacts importants. Les chantiers, eux, risqueraient d’être ralentis par les restrictions d’eau.

  • Personne ne sait comment assurer l’IA
    https://www.gargantia.eu/email/b844635a-733b-4609-ae23-ddc2edc92734

    Les #assureurs ne savent pas comment mesurer les risques inhérents aux systèmes d’#IA. Les #régulateurs non plus. Pour les assuré·es, la couverture pourrait se réduire considérablement.

    Bienvenue dans le n°7 de Gargant’IA, l’infolettre consacrée aux géants du numérique et à leur impact sur la société. On vous a fait suivre cet e-mail ? Abonnez-vous ici.

    Bourdes automatiques. On le sait, les systèmes d’IA font parfois des erreurs qui coûtent cher. Le mois dernier, un concessionnaire BMW a dû honorer l’achat d’une voiture d’occasion négociée par son chatbot à un prix environ 30 % trop élevé. En 2022, Air Canada avait déjà dû payer plus de 500 euros à un client après une bourde de son chatbot.

    Instagram. Les outils d’IA, parce qu’ils fonctionnent de manière aléatoire, sont très difficiles à auditer et leurs gardes-fous sont rarement efficaces. Parfois, leurs erreurs s’enchaînent. En mai dernier, des criminels ont utilisé une faille dans un chatbot de Meta pour voler plus de 20 000 comptes Instagram.

    Loi des grands nombres. L’assurance ne fonctionne que si les sinistres sont indépendants les uns des autres. C’est la loi des grands nombres : un assureur ne sait pas qui va subir un sinistre sur une période donnée, mais ses analystes sont capables de prédire avec précision combien de sinistres vont survenir en tout, et combien ils vont coûter.

    Avec des bouts de @freakonometrics dedans :-)

    Ça change des infolettres béates devant les annonces des startups zombies.

  • Si mon agresseur avait risqué la perpétuité, je n’aurais jamais parlé
    https://blogs.mediapart.fr/capucine-coudrier/blog/210726/si-mon-agresseur-avait-risque-la-perpetuite-je-n-aurais-jamais-parle

    La perpétuité pour les violeurs d’enfants, c’est une mauvaise idée. La gauche a voté contre. Cela fait débat, et pourtant… elle a raison. En tant que victime de violences sexuelles lorsque j’étais mineure, et en tant que militante des droits des enfants, je suis contre aussi. Voici pourquoi.

    • et du coup, souvenirs, souvenirs, je me souviens de Monsieur Dumont, mon professeur de mathématiques en 6ème dans ce qui était alors le lycée Montaigne (enseignement général de la 6ème à la 3ème, donc, si j’ai bien compris aujourd’hui on dirait un collège, alors qu’après mon passage il avait gagné des classes de la 2nde à la terminale…)
      Bref !

      Monsieur Dumont, donc. D’une grande rigueur et défenseur de pointe, à l’époque, des #maths_modernes. Je me souviens de son ouvrage : Étude intuitive des ensembles, chez Dunod, 1964, qui n’a donc pas été mon manuel de cours, puisque je l’ai eu comme prof en 1963-64, mais qui doit figurer quelque part dans mes nombreux cartons…

    • et du coup, toujours, je tombe sur un article signé par Marcel Dumont en 2010 :

      Une épopée prodigieuse :
      Les Math dites « Modernes » 1957-1982 vécue
      par un acteur, parmi d’autres, de l’APMEP et de l’INRP
      , Marcel Dumont
      https://www.apmep.fr/IMG/pdf/AAA10092.pdf

      Préambule
      Ces lignes ont pour but d’évoquer des événements qui ont concerné à la fois l’APMEP et l’INRP (Institut National de la Recherche Pédagogique) et ont été rarement soulignés par les historiens de cette époque.
      J’essaierai seulement de mémoriser ce qui me paraît utile pour comprendre les raisons de ce qu’il faut bien appeler un échec et pire encore un désastre.

      Ça part un peu dans tous les sens avec, au cours de la suite de sa carrière, l’introduction des calculatrices programmables, mais c’est passionnant.

      J’extrais, au fil du texte.

      Mais les exigences de rigueur devaient donner à mes cours un air de sévérité dont je n’étais pas conscient.

      je confirme ! mais j’adorais…

      Les conférences à l’Institut Henri Poincaré, genre auquel j’ai beaucoup participé pour l’association des statisticiens et l’évocation des ses merveilleux amphis…

      Beaucoup plus tard, une participation – de loin – au lycée autogéré de Saint-Nazaire…

      Juste avant la conclusion :

      Pendant ce temps, les forces conservatrices des Connaissances de Base reprenaient le dessus, et le Bureau National de l’APMEP a laissé disparaître et le fond et la forme des programmes dits « modernes » bien que révélant des connaissances datant de plus d’un siècle et en laissant d’autres dans l’ombre. L’enthousiasme est retombé, et pourtant le potentiel subsiste.

      Et dans celle-ci :

      Ce qui importe c’est d’arracher toutes les dictatures à cette double croyance : « croire qu’on peut obliger quelqu’un à penser quand il n’en a pas envie », « croire qu’on peut l’empêcher de penser quand il en a envie » ! Tout appel à l’obéissance est un crime contre l’humanité car il transforme l’être humain en robot. C’est le manque d’appels à l’intelligence dont souffrent nos sociétés. La culture du doute, de la curiosité, du sens critique est plus importante que toute autre forme de culture. L’épopée des Maths modernes est morte avec l’enthousiasme qui la portait. Pour réveiller un enthousiasme semblable je vous propose de partager le mien !

      Je l’ai eu comme prof !
      Bien sûr, il ne s’exprimait pas comme ça (rappel, c’était en 1963-64…) mais – allez savoir pourquoi ? – il m’a marqué et n’est certainement pas étranger à l’affection que je continue à porter pour les maths.

      (je dois avouer que, depuis quelque temps, j’éprouve une délectation coupable à me taper des vidéos de colle de maths de prépa et, il faut reconnaître, bien qu’un peu encrassés, les réflexes reviennent très vite ;- )
      https://www.youtube.com/@CassouMathPrepa/videos

      du coup (!), évidemment YT me présente de nouvelles vidéos du genre très régulièrement…

    • J’ai « fait » des maths modernes une année en seconde. Mon père, aucun diplôme en poche même pas le certificat d’études trouvait ça génial. Même si il n’a regardé ni le livre de maths ni mon cahier.
      J’avais l’impression de rentrer dans un cercle d’initiés.
      C’était étrange avec des mots inconnus de nous complètement comme effectivement équipotence !
      Ça paraissait évident et compliqué à la fois.
      Arrivé en première tchao les maths modernes ! Pourquoi ? Mystère et boules de gomme.
      Six années plus tard, j’étais la seule éduc à la maison d’enfants qui avait fait des maths modernes et pouvait aider les enfants en sixième pour leur devoirs scolaires .

  • L’IA rend l’#édition_scientifique « plus lente, de moins bonne qualité et plus chère »

    Alors que de plus en plus d’#articles_scientifiques sont créés en utilisant l’IA générative, le rédacteur en chef de Science, Holden Thorp, considère qu’elle fait plus de mal que de bien à l’édition scientifique.

    Pour Holden Thorp, le responsable éditorial de toutes les revues de l’éditeur scientifique Science, l’arrivée de l’IA générative pousse l’édition scientifique dans une forme de « #taylorisme ». « Ce défi exige encore plus d’efforts humains, ce qui rend l’ensemble du processus plus lent et plus coûteux », explique-t-il dans un édito de la revue phare (https://www.science.org/doi/10.1126/science.aek5570).

    L’année dernière, des chercheurs prévenaient que l’IA pourrait faire, au final, « plus de mal que de bien » à la recherche sans pour autant nier certaines avancées qu’elle pouvait amener. Fin 2025, submergée par les propositions d’articles générées par IA, la plateforme de prépublications #arXiv décidait de modérer plus strictement. Elle a ensuite mis en place une mesure de suspension d’un an des chercheurs qui soumettent des articles erronés générés par IA.

    #Hallucinations, #cherry_picking et #manipulation_de_données

    Mais les revues et les conférences scientifiques sont aussi touchées par le phénomène. Holden Thorp ne nie pas la capacité des grands modèles de langage (LLM) à permettre des avancées scientifiques comme la prédiction des structures protéiques ou l’accélération de la découverte de nouveaux matériaux.

    Mais il s’appuie sur un article scientifique récent (https://www.science.org/doi/10.1126/science.adz4351) qui explique que les LLM « éprouvent encore des difficultés dans les domaines qui exigent un jugement clinique nuancé, un raisonnement expérimental ou une réflexion et une synthèse approfondies en biologie » et sur l’existence des hallucinations (dont même les chercheurs d’OpenAI avouent avoir du mal à se débarrasser) pour expliquer que leur utilisation dans la rédaction d’articles scientifiques peut être problématique.

    « De plus, certains de ces agents sont plus enclins que les humains à se livrer à ce qui s’apparente à des #fautes_professionnelles en matière de recherche, telles que la #sélection_arbitraire_de_données [cherry picking] et la manipulation des analyses statistiques jusqu’à l’obtention du résultat souhaité », ajoute-t-il, citant un autre article mis en ligne sur arXiv (https://arxiv.org/pdf/2509.08713).

    Et, alors que l’ajout d’erreurs par l’IA générative dans les articles demande une attention accrue, elle accélère aussi le rythme de soumission d’articles aux revues scientifiques et crée des #goulots_d’étranglement. Certains éditeurs, comme Elsevier, laissent facilement passer des #erreurs parfois impardonnables. « La prolifération d’#AI_slop [informations erronées liées à l’IA] dans la littérature scientifique et, plus généralement, sur Internet, nuit à la #crédibilité de la #science », déplore le responsable éditorial de Science.

    Le taylorisme arrive dans l’édition scientifique

    Holden Thorp compare ce moment de l’arrivée de l’IA générative dans l’édition scientifique à l’arrivée du taylorisme dans l’économie américaine. Frederick Winslow Taylor « a encouragé les entreprises à recourir à la surveillance pour pousser les salariés à travailler plus dur et plus longtemps, une approche qui a épuisé et découragé les travailleurs et a conduit au transfert des connaissances et de tout pouvoir décisionnel des travailleurs vers la direction », explique-t-il.

    Remarquons quand même que, si Holden Thorp déplore l’utilisation massive de l’IA générative dans les articles scientifiques, son article est lui-même parsemé de liens accompagnés de paramètres UTM laissant la trace de l’utilisation de ChatGPT (par exemple : https://arxiv.org/abs/2605.07723.

    https://next.ink/247785/lia-rend-ledition-scientifique-plus-lente-de-moins-bonne-qualite-et-plus-chere
    #AI #intelligence_artificielle #vitesse #qualité #ESR #recherche #revues_scientifiques

  • Papa, tu connais Clavicular ?

    Clavicular — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Clavicular

    En juin 2026, à l’occasion de la fête de la musique, Clavicular annonce qu’il est de passage à Paris. Il en profite pour se mettre en scène en train d’aborder de jeunes femmes dans la rue, le tout systématiquement filmé, afin de tester l’efficacité de ses techniques de séduction. Il s’agit d’un type de contenu qu’il réalise déjà aux États-Unis et qu’il a l’habitude de poster sur les réseaux sociaux. Mais à Paris, l’expérience serait devenue un « stage d’humilité », comme en témoignent les nombreuses vidéos postées sur les réseaux sociaux à ce sujet[42], montrant l’indifférence à son égard des habitantes de la capitale. Perplexe, Clavicular affirme lors d’une séquence filmée qu’il a « l’impression d’être trollé » [que l’on se moque de lui] et que la seule explication possible à cette disgrâce serait que toutes les femmes qui le rejettent « sont lesbiennes ».

    • Clavicular Came to Conquer Paris. Paris Didn’t Notice He Was There | by Luc Olinga | Jun, 2026 | Medium
      https://medium.com/@lucolinga72/clavicular-came-to-conquer-paris-paris-didnt-notice-he-was-there-87fa261a93e

      Braden Eric Peters, the 20-year-old who streams as Clavicular, arrived in Paris around the Fête de la musique and the opening of men’s Fashion Week, wearing an “I love Paris” tank top and the certainty that his face was a passport. His method is the one that built his following back home. He walks the streets on a live Kick stream and approaches young women, camera rolling, confidence maxed. In the Marais, the city’s most fashion-literate quarter, he ran the play he runs in Miami.

      It did not go well.

      The clips are now everywhere, hundreds of thousands of views apiece on French TikTok. A table of women at a café. He leans in with a line built for an American audience, “don’t look me up though,” the humblebrag that assumes you already want to. One of them asks, flatly, “Are you famous?” The conversation dies on contact. Another woman closes it out with the most Parisian weapon imaginable, perfect politeness: “Have a good time in Paris, I hope you will enjoy it.” He reaches for a handshake. He walks away.

      A bartender curves him mid-pitch while she works. A woman tells him she has a boyfriend, and he lectures her that she should have led with that, as if her time were his to budget. He walks the street in what he says is a $10,000 suit and no one turns a head, and a viewer catches that he is “genuinely upset” about it. The $10,000 suit is the whole story in one image. He brought price tags to a city that reads them as a confession.

      Then came the part that tells you who he is. Faced with women who simply were not interested, Clavicular reached for the only explanation his worldview permits. “Every time I walk past a girl and there’s no sign of interest, I think, what is this, am I being trolled,” he said, before landing on his verdict: “They must be lesbians. It’s the only logical explanation.” A viral French reply summed up the lesson he refused to learn: here, you can’t just clench your jaw to match.

    • Clavicular : après son flop à Paris, l’influenceur rejette la faute sur... la Seconde Guerre mondiale
      https://www.estrepublicain.fr/videos/clavicular-apres-son-flop-a-paris-l-influenceur-rejette-la-faute-sur-

      Clavicular serait-il frustré ? Pour expliquer son manque de succès avec les Françaises à Paris, l’influenceur masculiniste américain assure que la raison se trouve du côté... de la Seconde Guerre mondiale et d’une baisse des « bons gènes » en Europe.

    • Il y a cinquante ans en arrière en France, lorsque je disais à un homme non ( je ne veux pas coucher avec toi ) , la réponse était ah c’est parce que tu es lesbienne. Ça me met toujours en rogne. J’ai des baffes en réserves que je voudrais toujours leur coller. La libération sexuelle c’était : tu baises ! Dans le cas contraire tu étais une coincée ou une lesbienne. Rien de nouveau sous le soleil
      Pendant ce temps là aujourd’hui le nombre de féminicide en France n’est pas à la baisse.
      Le nullos américain là tout de suite je m’en fous ! Je suis toujours en rogne .
      Je parle pas de la pédocriminalité.
      Je suis en rogne.

    • Je me suis souvenu que le « sujet » avait été traité par 404media :
      https://seenthis.net/messages/1159938

      #looksmaxxers #looksmaxxing #Braden_Peters

      Si j’avais un marteau ...

      https://www.lapresse.ca/societe/2026-03-31/looksmaxxing/tout-pour-plaire.php

      Looksmaxxing dans la culture pop

      Le looksmaxxing renvoie à la maximisation de l’apparence. Les (jeunes) hommes qui y adhèrent souhaitent atteindre des critères de beauté « hypermasculins » : mâchoire anguleuse, corps musclé, épaules larges, taille fine, regard sombre. « L’idée est que la beauté “objective” va permettre d’avoir des dates, de coucher avec des femmes », explique Megan Bédard, chercheuse spécialisée en études sur la culture populaire et doctorante en sémiologie à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Prenant racine dans la manosphère et les forums incel depuis les années 2010, le mouvement s’est répandu jusqu’à la culture populaire ces dernières années… en grande partie avec un simple mème, selon Megan Bédard. L’influenceur Clavicular (Braden Peters de son vrai nom), l’une des principales figures du looksmaxxing, a récemment été filmé en compagnie d’un admirateur extrêmement musclé. Dans le monde des looksmaxxers, Clavicular a ainsi été « frame-mogged », c’est-à-dire que la carrure d’un autre homme l’a fait paraître plus petit, plus faible, moins dominant. Bref, une honte. « Ce mème est sorti de son confinement parce que les gens ont commencé à se moquer de la façon dont les looksmaxxers parlent, explique Megan Bédard. Ça a permis de propulser cette sous-culture. » Mentionnons d’ailleurs que Clavicular prône la violence dans son contenu, comme en témoigne son arrestation le 26 mars dernier pour agression physique. Fin 2025, la police avait décidé de ne pas l’arrêter après la publication d’une vidéo (possiblement truquée) le montrant en train de frapper un homme en pleine rue avec son véhicule. Clavicular a également été arrêté en février dernier pour possession de substances dangereuses et de faux documents.

    • Concrètement, le “bone-smashing” consiste à tapoter, plus ou moins fort, les régions de la mandibule, menton et angles de la mâchoire, ainsi que les pommettes, dans l’espoir d’obtenir un visage plus anguleux. “Ça ne va pas sculpter l’os. En revanche, on va juste compresser les tissus mous, donc la peau, et on peut créer des lésions inflammatoires, des problèmes cutanés, ou tout simplement des bleus et des hématomes”, explique le Dr Ketoff. Contrairement à ce que prétendent certains influenceurs, il n’existe aujourd’hui aucune étude clinique démontrant que cette pratique permet d’élargir durablement la mâchoire ou de modifier la structure osseuse du visage chez un adulte en bonne santé. À force de répétition, les risques peuvent devenir plus sérieux. “Sur la pommette, c’est plus facile de faire des dégâts, la pommette est autour de l’orbite, c’est un os très fin qu’on peut casser facilement.” Au niveau du menton, des lésions des nerfs mentonniers peuvent entraîner des troubles de la sensibilité de la lèvre et du menton. Sur les angles mandibulaires, une branche du nerf facial peut être touchée, et entraîner des troubles moteurs. “Il va aussi y avoir la possibilité d’avoir son sourire un peu décalé ou de sourire moins bien d’un côté du visage”, poursuit le chirurgien.

      Derrière ces risques, le médecin voit surtout un mal-être psychologique croissant. “On reçoit quand même des patients qui ont la vingtaine, qui sont tout à fait normaux, qui ont une mâchoire tout à fait correcte, et qui demandent s’il n’y a pas des chirurgies ou des possibilités de s’élargir la mâchoire, raconte-t-il. On voit bien que ces tendances sur les réseaux sociaux créent des gros problèmes psychologiques, notamment de la dysmorphophobie. Récemment, un patient tout à fait normal a pleuré toute la consultation parce qu’il cherchait absolument à avoir une mâchoire plus grande. Mais quand ces jeunes se confrontent à la réalité, à ce que le corps médical leur explique, c’est la désillusion.” constate le Dr Ketoff.

      https://www.sciencesetavenir.fr/sante/pourquoi-le-bone-smashing-ne-peut-pas-remodeler-votre-visage_193711

  • Le panoptique du soin : la bienveillance de la surveillance
    https://danslesalgorithmes.net/stream/le-panoptique-du-soin-la-bienveillance-de-la-surveillance

    La capteur de chute est en passe d’être remplacé par un micro sous IA pour surveiller les petits vieux dépendants, raconte Steven Blum pour Wired. Qui a équipé son vieux père d’un dispositif de ce type, Sensi.ai qui informe les aidants du moindre problème. Le fils a fini par regarder les transcriptions des enregistrements effectués. […]

  • Recul du trait de côte et considérations méthodologiques de l’évaluation immobilière, la valeur résiduelle d’utilisation – Quentin Lagallarde, SNPI, juin 2026

    Publication par le SNPI, Syndicat national des professionnels de l’immobilier de ce petit ouvrage dont le pdf est téléchargeable ici :
    https://media.licdn.com/dms/document/media/v2/D4E1FAQHG01rsOqnsdQ/feedshare-document-sanitized-pdf/B4EZ84HfDQKQA8-/0/1783352916404?e=1784185200&v=beta&t=3bD7EnW0ENceW_lgjqgMtHXAFdLzBwpGgjD

    Ouvrage très clair et bien structuré sur le sujet.

    Lecture recommandée, notamment la partie 1 qui présente la problématique et les textes légaux, réglementaires et jurisprudentiels relatifs au sujet. En une trentaine de pages une excellente introduction au sujet.

    La partie 2 constate la faillite des méthodes acceptées pour évaluer les biens concernés par le recul du trait de côte. En particulier la non prise en compte absolue du phénomène par le marché immobilier. Cette partie s’appuye, notamment, sur le travail d’Eugénie Cazaux
    https://theses.hal.science/tel-03952883
    déjà pointé ici.

    La partie 3 présente la méthode d’évaluation fondée « classiquement » sur une actualisation des flux de revenus futurs et la partie 4 les conditions d’application et des recommandations.

    ping @freakonometrics

  • L’#IA, nouveau #risque #inassurable pour les #assureurs ?
    https://www.ladn.eu/entreprises-innovantes/lia-est-elle-le-nouveau-casse-tete-des-assureurs

    Comment assurer ce que personne ne sait prédire ? Face à la déferlante IA, assureurs et entreprises avancent en terrain inconnu. Leurs polices prévoient-elles seulement de les couvrir ?

    Fin 2024, Graciela Dela Torre tente de rouvrir un litige d’invalidité, pourtant clos, sur les conseils de #ChatGPT. L’outil valide ses doutes sur son avocat, elle le licencie, relance la procédure et dépose des dizaines de requêtes que les tribunaux jugent sans fondement. En mars 2026, Nippon Life Insurance Company of America (visiblement saoûlé) décide d’attaquer #OpenAI devant la #justice fédérale : la filiale de l’assureur japonais réclame quelque 10 millions de dollars, selon les documents judiciaires. L’affaire n’a pas encore été tranchée, mais elle pose déjà une question vertigineuse : si une #hallucination d’IA cause un dommage réel, qui est responsable ? Et est-on d’ailleurs si sûrs qu’il s’agisse d’une hallucination ? Pour Eran Kahana, juriste spécialisé en droit de l’IA et auteur de l’analyse de référence sur ce cas pour Stanford Law, la réponse est claire : ici, il faut aller voir du côté de la conception. Car ChatGPT a fait exactement ce pour quoi il a été construit : répondre sans jamais refuser, à sa façon flatteuse et sycophante. Mais au-delà du cas Dela Torre, la question est universelle : comment les systèmes d’IA, les utilisateurs et leurs assureurs vont-ils se renvoyer la charge du risque, à mesure que la technologie s’immisce dans nos décisions ?

    Dans son livre blanc Smart Systems, Blind Spots (mars 2026), Gallagher Re, l’un des plus grands réassureurs au monde, pose le diagnostic : quand l’IA est vecteur d’attaque, c’est la #cyber-assurance, désormais bien rôdée, qui joue ; mais quand elle est source de responsabilité (hallucinations, discrimination, atteintes à la propriété intellectuelle…), elle n’est généralement pas couverte. Un décalage fondamental entre des polices conçues pour des acteurs humains et les risques nouveaux induits par l’IA.

  • Si personne ne paie pour la preuve, tout le monde paiera pour le sinistre
    https://freakonometrics.hypotheses.org/89296

    Allez, commençons par une banalité, en notant que dans la vie ordinaire, comme dans la vie économique, il faut décider sans jamais tout savoir. Toute décision engage une part d’incertitude, donc une part de risque. Certains #risques sont petits, absorbables, et on n’y prête même plus attention. D’autres peuvent avoir des conséquences financières telles qu’on préfère les transférer à un tiers, en payant une prime pour qu’un assureur les prenne à sa charge. C’est, au fond, une des fonctions les plus concrètes de l’#assurance. Mais une question au moins aussi intéressante surgit lorsque ce transfert devient impossible, ou du moins impossible à un prix raisonnable. C’est ce qu’on appelle “#inassurabilité”, que l’on rencontre déjà face à certains risques naturels, lorsque les pertes deviennent trop corrélées, trop massives, trop difficiles à mutualiser, comme je l’évoquais dans Assureurs et IA, un risque systémique et dans Assurer l’#IA. Nouveaux risques ? Nouveaux modèles ?. Et désolé d’utiliser ce terme parapluie, “IA”, que je n’aime pas trop, mais je vais simplifier un peu sinon je ne finirais jamais ce billet…

    Avant hier, Thomas Claburn écrivait dans #AI still doesn’t work very well in business, businesses are faking it, and a reckoning is coming

    – Another looming problem is that large insurers have become wary of underwriting policies that cover companies against AI risk.

    https://seenthis.net/messages/1179991

    https://seenthis.net/messages/1179933#message1179975

  • Submersion marine : comment le risque assurantiel évolue à horizon 2050
    23/04/2026
    https://hydroclimat.com/fr/blog/submersion-marine-risque-assurance-2050

    Près d’1 événement d’inondation sur 3 en France a une composante côtière. Et pourtant, le risque de submersion marine reste encore largement sous-intégré dans les modèles.

    • ping @freakonometrics (encore !)
      as-tu – aussi – des réflexions sur cette question.

      Ici, on nage en pleine schizophrénie entre #submersion_marine qui est assurable car aléatoire, modélisable, etc. et #érosion_cotière qui ne l’est pas car certaine

      une répartition des compétences tout aussi dichotomique : la submersion marine est dans la hotte des EPCI (communautés de communes, anglos, etc.) au titre de la GEMAPI (Gestion des milieux aquatiques et de la prévention des inondations), l’érosion côtière est de compétence de l’État, du moins là où il ne l’a pas transféré aux communes qui en ont fait la demande (371, à ce jour, en 4 vagues sur les XXX concernées).

      Sachant que, en milieu dunaire (entre autres…) les deux sont intimement liés : à l’occasion d’une surcote, d’un gros coeff ou d’un train de houle, une vague recouvre le cordon dunaire (submersion…) et fait brutalement reculer le trait de côte sur une grand front et en profondeur (alors que, ça m’a été répété officiellement hier) l’érosion côtière est certain et progressif…

    • oui, ça agite beaucoup les assureurs, mais je n’ai pas trop creusé... on avait juste noté que si on fait une séparation grossière des inondations, i.e., costale ou par débordement de rivière, ce sont les premières qui sont le plus impactées par le changement climatique, et quand tu regardes la valeur de maison, les maisons à risque proche des rivières sont souvent des gens plus pauvres que les maisons au bord de côte... long story short, ça risque de ne pas être la priorité

  • #Critique_à_la_c* #Mauvaise_foi

    Très honnêtement ma première écoute de ce duo il y a quelques semaines m’avait laissé dans un état étrange, à la fois séduit (par le concept et les performances incroyables des deux musiciens et ç la foi décontenancé par l’absence de structure musicale classique (intro-couplet-refrain-couplet-outro.
    Mais la deuxième écoute m’a converti. J’adore leur talent et leur énergie. Et ces pu... de lignes de basse !!

    Ma préférée : (Sherpa) https://www.youtube.com/watch?v=G9TatIl_r_Q

    Angine de poitrine, duo rock à pois québécois, en tête d’affiche au Festival international de jazz de Montréal
    https://archive.ph/I0069#selection-5399.0-5399.84

    Avec ses costumes absurdes, sa langue inventée et sa microtonalité, la nouvelle sensation de la scène musicale a habilement recyclé des concepts anciens et remplit des salles de concert partout dans le monde.
    Par Bruno Lesprit (Montréal [Québec])
    (...)
    C’est donc moins la singularité de la musique que son improbable succès qui surprend

  • Comment la #privatisation de la gestion des #visas a profité à la société #VFS_Global, entre « services optionnels facturés » et soupçons de #corruption

    Pour désengorger les consulats, les démarches pour les visas ont été partiellement déléguées à quelques multinationales, dont le leader VFS Global. Une enquête internationale, à laquelle « Le Monde » a participé, montre que ce marché est devenu une #zone_grise hautement lucrative, au détriment des demandeurs.
    Depuis plus de dix ans, Joséphine (son prénom a été changé) s’occupe des démarches nécessaires pour obtenir un visa français pour sa mère, de nationalité sénégalaise. Elle sait bien que cette procédure relève du parcours du combattant. Au Sénégal, depuis 2014, les demandeurs ne se rendent même plus au consulat, mais dans les bureaux de VFS Global, une #multinationale chargée par les autorités françaises de réceptionner et de transmettre les demandes de visa. Y obtenir un rendez-vous est une véritable gageure et pour espérer en obtenir un, affirme la jeune femme, il faut souvent sortir le portefeuille. « C’était plus simple quand c’était le consulat qui gérait ça, c’était réglementé. Là, c’est celui qui paye le plus qui part », souffle Joséphine par téléphone.

    Depuis plus de vingt ans, la France – comme de nombreux autres pays – a choisi, dans un contexte budgétaire contraint, de sous-traiter la gestion des dossiers de visa et l’accueil des demandeurs. La société #VFS, basée aux #Emirats_arabes_unis et en #Suisse, s’est taillé la part du lion de ce nouveau #marché. Elle revendique des « pratiques éthiques et le développement durable » pour servir 71 gouvernements sous contrat.
    Une investigation menée par l’organisation à but non lucratif Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 partenaires dont Le Monde, explore des recoins moins reluisants de cette industrie. Notre enquête montre comment VFS a profité de l’externalisation d’une fonction essentielle de l’Etat, en transformant des familles, des étudiants, des travailleurs ou de simples voyageurs en un marché captif et financièrement exploitable. Appuyée sur de nombreux rapports et documents obtenus auprès des autorités européennes dans le cadre du droit d’accès aux documents administratifs, ainsi que des dizaines d’entretiens et témoignages, elle souligne également d’importantes #défaillances structurelles ainsi que l’existence de pratiques corruptives au sein du groupe.

    « Salon premium »

    VFS est chargé de réceptionner les demandes de visa et d’acheminer les documents au #consulat ou à l’#ambassade, après avoir encaissé les #frais_de_dossier pour le compte de l’Etat. L’entreprise se targue ainsi d’« avoir traité efficacement » près de 145 millions de demandes entre 2017 et 2024. Si le nombre de demandes a crû de façon modérée, les #bénéfices ont explosé. Les comptes déposés au #Luxembourg par la holding financière du groupe montrent que les profits d’exploitation annuels de VFS ont plus que quadruplé, passant de 31 millions à 172 millions d’euros de bénéfices. Les revenus par demande ont bondi de 83 %.
    Une manne financière portée par les demandeurs de visa eux-mêmes. Le modèle d’#externalisation est en effet pensé par les gouvernements pour faire des économies. Le voyageur finance les frais du sous-traitant en plus du #prix du visa, car l’Etat ne rémunère pas le #prestataire. « Nous sommes conscients que cette externalisation rend les visas plus chers pour les demandeurs. Nous condamnons cette sélection par l’argent », s’agace Valérie Jacq, représentante syndicale au ministère des affaires étrangères français.

    Et pour cause, la croissance financière de VFS ne repose pas sur le volume des dossiers traités, mais bien plus sur la capacité de l’entreprise à facturer des « #services_à_valeur_ajoutée », ou « #VAS » dans le jargon du secteur : service de courrier et de numérisation, suivi de la procédure par SMS, horaires étendus d’ouverture des centres, aide pour remplir les demandes, ou encore « salon premium » d’attente, où des rafraîchissements sont servis « par un personnel dédié ».

    Ces « services optionnels » qui, selon la réclame de VFS, « visent à améliorer l’expérience client », lui permettent en effet de générer une très forte marge. Sur la base de reçus et factures communiqués par les autorités suédoises, issus d’un échantillon de plus de 2 100 demandes de visas pour la Suède déposés dans 16 pays, le géant des visas tire un tiers de ses recettes des services à valeur ajoutée. Parmi les options privilégiées, plus d’un demandeur sur deux opte pour les coûteux suivis par SMS. Un ancien employé nigérian de l’entreprise affirme, quant à lui, que les services de photocopie de VFS sont « très onéreux ». Ces tarifs, validés par l’Etat dans le cadre d’un contrat, sont bien plus élevés que ceux pratiqués sur le marché.

    Accélérer le traitement des dossiers

    Des employés de VFS, actuels et anciens, ont confirmé à Lighthouse Reports avoir subi des pressions pour vendre ces produits, depuis 2022 et l’arrivée au capital du fonds américain #Blackstone, qui a fixé des objectifs exigeants. Il est « infondé d’affirmer que l’accent a été davantage mis sur les ventes de VAS après l’investissement de Blackstone », répond VFS. La pratique n’est, en effet, pas nouvelle. Des anciens employés de VFS ont ainsi fait état de formations, dispensées depuis de nombreuses années, pour mieux « présenter les services haut de gamme », afin d’atteindre les objectifs mensuels fixés par la direction.

    Parmi les astuces utilisées, explique un agent de VFS, il suffit d’annoncer au guichet « le montant total, SMS et frais de livraison inclus, et la plupart des clients s’en contenteront » en payant une option sans s’en rendre compte. Ces services ont pourtant « vocation à répondre à un besoin exprimé par le demandeur », selon une source au ministère français des affaires étrangères, qui ajoute que de telles pratiques pourraient « entraîner des sanctions contractuelles ».

    Selon des rapports d’inspection obtenus par le consortium auprès de la Commission européenne, plusieurs Etats membres ont relevé une « pression excessive pour promouvoir [les] services complémentaires » de VFS et s’alarment que leur caractère optionnel ne soit « pas du tout clair ».

    Un agent du ministère des affaires étrangères français a ainsi confirmé à Lighthouse Reports que des prestataires de services tels que VFS laissent parfois entendre aux demandeurs que « payer plus leur permettra d’obtenir un visa », les amenant à choisir l’option « #salon_premium » pour obtenir un possible coupe-file.

    Ce phénomène a été par ailleurs clairement mis en évidence par la sénatrice de l’Orne Nathalie Goulet (Union des démocrates et indépendants). Lors de l’examen d’un rapport de 2025 sur la délivrance des visas, qu’elle a écrit avec le sénateur de Paris Rémi Féraud (Parti socialiste), elle assure que « le service “premium” sert parfois à déguiser d’une élégante façon un service davantage rémunéré pour accélérer le traitement du dossier ». Une pratique en violation claire avec le code des visas de l’Union européenne, qui interdit le « traitement inégal des demandeurs de visa ». Au Quai d’Orsay, une source diplomatique affirme pourtant que « tout est fait afin de ne pas permettre l’utilisation du service premium comme un #coupe-file ».

    « #Bots » et #fraude

    Si les prestations « premium » continuent pourtant de se vendre, c’est que les services de base ont été rendus impraticables par une pénurie organisée des rendez-vous. Le système de réservation de VFS est assiégé par des « bots », des programmes informatiques automatisés conçus par des officines externes, « déployant tous types de modes opératoires, y compris illégaux, pour capter un maximum de rendez-vous et les revendre », comme le déplore le rapport sénatorial. VFS assure « mettre en œuvre des mesures de sécurité rigoureuses » pour offrir « un accès équitable à tous les demandeurs ». De son côté, une source diplomatique a confirmé au Monde que cette problématique faisait « l’objet d’une priorité d’action », même si la « solution miracle n’existe pas ».

    Cette pénurie engendrée depuis l’extérieur crée, pour certains salariés de VFS, des opportunités d’argent facile. Ainsi, selon des employés actuels et anciens de la société, de l’Inde au Sénégal, certains ont été pris la main dans le sac, à vendre des créneaux de rendez-vous. De même, lors d’inspections, plusieurs Etats membres ont fait état de problèmes corruptifs impliquant le personnel de VFS, selon les rapports obtenus par Lighthouse Reports. « Dans certains centres, le taux de rotation du personnel est élevé, car des employés sont suspectés de #corruption ou de fraude », confirme un ancien agent chargé des visas au Quai d’Orsay. Une situation démentie par l’entreprise, qui assure que « les cas de comportements répréhensibles sont extrêmement rares compte tenu de la taille de l’entreprise ».

    Alors que VFS échoue à bloquer les « bots », la multinationale a lancé sa propre filiale de conciergerie de visas, #OneVasco, qui propose un « processus de demande simple et adapté aux voyageurs ». En clair, une alternative maison aux bots. Ses bureaux sont stratégiquement placés à côté des centres officiels de VFS, créant ainsi une confusion délibérée, dénoncée par plusieurs chancelleries européennes.

    La situation fait sourire Marc Esteve, professeur de science politique à l’University College de Londres : « Lorsqu’une même entreprise est responsable de la qualité d’un service de base et tire profit de la vente d’alternatives haut de gamme à ce service, elle est structurellement incitée à sous-investir dans le service basique », souligne-t-il.

    VFS assure que parmi ses clients « figurent des gouvernements soumis à certaines des exigences les plus strictes au monde en matière de conformité, de réglementation et de sécurité ». Des gouvernements captifs, qui ont acté l’impossible retour en arrière. Le sénateur Rémi Féraud confirme qu’« il ne serait pas possible de réinternaliser ce service, car les demandes de visa sont trop nombreuses, de sorte qu’il faudrait des centaines, voire des milliers, de fonctionnaires et d’agents publics supplémentaires ». Face au recours massif à ces entreprises privées, la Commission européenne va prochainement « lancer une étude approfondie », afin de prévenir les #abus du système.

    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/05/28/comment-la-privatisation-de-la-gestion-des-visas-a-profite-a-la-societe-vfs-
    #business #migrations #sous-traitance 

    via @freakonometrics
    ping @reka @karine4

    –-
    voir aussi :
    EU cashes in on €130m in rejected visa applications
    https://seenthis.net/messages/1061593

    • En Afrique, un juteux business autour des demandes de visas

      Son nom résonne dans une bonne partie de l’Afrique. VFS Global est une entreprise indienne très connue sur le continent : c’est à elle que de nombreuses ambassades à travers le monde ont confié le traitement de leurs demandes de visas. Pour faire simple, si vous êtes candidat au Sénégal pour un visa pour la France, ou en République démocratique du Congo pour la Chine, c’est #VFS qui traite votre demande de rendez-vous auprès des ambassades concernées. VFS Global a su en faire une affaire très lucrative, au point d’attirer dans son sillage des fraudeurs et de faire l’objet d’incompréhensions chez les demandeurs qui se plaignent de la complexité et du coût des procédures. Une enquête coordonnée par l’organisation de journalisme d’investigation Lighthouse Reports, en collaboration avec 14 médias dont RFI.

      Présente dans 168 pays et en contrat avec 71 gouvernements, VFS Global laisse le même goût d’amertume chez nombre de candidats aux visas dans le monde et en Afrique, pour qui l’accès au précieux sésame est devenu un parcours complexe et coûteux. « Je ne comprends pas tout le système », s’exclame Aliou, artiste-graffeur et entrepreneur sénégalais habitué des demandes de visa pour l’Europe. « Mais ce qui se passe avec les visas en Afrique, excusez le terme, c’est du grand n’importe quoi ! Pour moi, c’est de l’arnaque ! » La même colère et les mêmes mots reviennent chez de nombreux Africains interrogés dans le cadre de cette enquête.

      VFS Global (Visa Facilitation Services Global), majoritairement détenue par le fonds d’investissement américain Blackstone, a vu ses bénéfices opérationnels exploser de 31 à 171 millions d’euros entre 2017 et 2024. Un bond considérable alors que, sur la même période, le volume des demandes n’a augmenté que de 15 %, comme l’indiquent ses états financiers déposés au Luxembourg.

      VFS explique cette croissance fulgurante en partie par la vente de services dits à valeur ajoutée – des VAS –, tous payants, tels que l’envoi d’informations par SMS ou l’accès à un salon premium. C’est justement cette vente de services qui est placée au cœur de la stratégie commerciale de la société.
      Le business rémunérateur des services à valeur ajoutée

      L’enquête a permis de collecter des données à partir de reçus de demandes de visa provenant de plusieurs pays. Cet échantillon montre que les VAS pèsent pour 30 % du chiffre d’affaires de l’entreprise au niveau mondial. En Afrique du Sud et au Kenya, indiquent ces données, la vente de ces services englobe plus du tiers des revenus du VFS local, et plus du quart au Nigeria.

      En Afrique, du Sénégal au Nigeria en passant par le Kenya, de nombreux employés et ex-employés de l’entreprise ont indiqué avoir été spécialement formés à la vente de ces services. Contraints par les objectifs commerciaux de leur direction et motivés par des primes alléchantes, les agents ont expliqué qu’ils faisaient payer ces services aux demandeurs, sans toujours préciser qu’ils étaient optionnels et, surtout, qu’ils ne garantissaient pas l’obtention du visa.

      Au Sénégal, par exemple, un ex-salarié a déclaré de manière anonyme que le service de notification par SMS était présenté comme quasi-obligatoire. Il a fait part d’une « pression » subie pour vendre des VAS du type salon premium ou espace VIP. D’anciens employés de VFS au Kenya ont confié de leur côté qu’ils devaient systématiquement ajouter les frais de SMS et de courrier à la facture des demandeurs… qui ignoraient que ces VAS étaient facultatifs. Deux anciens membres du personnel ont précisé qu’ils percevaient également des commissions sur les ventes.

      Des rapports d’inspection issus de 22 pays de la zone Schengen et de la Commission européenne elle-même soulignent également une « pression excessive de VFS Global pour promouvoir ses services » et un flou entretenu par l’entreprise sur le caractère optionnel des VAS, comme l’attestent des rapports transmis par la Suède en 2025 et la République tchèque à la Commission en 2024.
      Agences parallèles illégales

      À ce système sont venus se greffer des réseaux parallèles extérieurs à VFS, organisés notamment par des employés ou d’ex-employés de l’entreprise. Par leur maîtrise du système de prise de rendez-vous chez VFS, ils montent des "agences" extérieures, illégales mais laissant croire qu’elles collaborent avec l’entreprise. Souvent représentées par des personnes postées autour des bureaux de VFS, ces agences frauduleuses promettent plein succès aux candidats au visa, désespérés par les rejets répétitifs de leurs demandes.

      Dakar, à quelques pas du centre de visa de VFS Sénégal. Salimata, en pleine démarches pour un visa pour la France, témoigne : « Tu essaies de trouver un rendez-vous à n’importe quel moment et il n’y en a pas. Donc il y a des agences (terme souvent utilisé par les fraudeurs, NDLR) qui s’en chargent pour toi et tu paies entre 75 000 et 200 000 francs CFA (entre 114 et 300 € environ). Et on n’est même pas sûr d’obtenir le visa, c’est juste pour avoir le rendez-vous. » Ce qui fait dire à Salimata qu’il existe « une complicité » entre gérants d’agences et employés de VFS « pour vendre des rendez-vous ».

      Dans le bureau VFS Global qui délivre des visas pour la Chine à Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo, l’enquête a pu prouver que cette complicité existe. Un journaliste participant à l’enquête s’est fait passer pour un demandeur de visa auprès d’une agence frauduleuse et a été mis en relation avec un employé du bureau VFS Global, qu’il a rencontré sur place. Ce dernier lui a réclamé 650 euros, soit plus du double du prix affiché pour le même visa.

      En juin 2025 au Kenya, face aux plaintes des usagers, VFS Global s’est inquiétée publiquement de l’augmentation du nombre de personnes se faisant frauduleusement passer pour des agents de l’entreprise. « Tous les créneaux de rendez-vous sont disponibles gratuitement sur notre site web officiel et sont attribués en fonction de nos prévisions des demandes de visa », a déclaré Stephen Kubasu, directeur général des opérations de l’entreprise. « Les demandeurs ne doivent en aucun cas payer des tiers pour obtenir un rendez-vous car ces affirmations sont mensongères. »

      Interrogée par écrit, dans le cadre de cette enquête, sur ces réseaux frauduleux qui opèrent à l’extérieur de l’entreprise, VFS Global a répondu mettre « activement en œuvre des mesures de sécurité robustes », tels que le mot de passe à usage unique et le CAPTCHA, pour protéger ses systèmes de prise de rendez-vous. Elle indique également avoir lancé la campagne #DoNotFallForFraud pour sensibiliser les demandeurs sur les escroqueries.

      Concernant les services optionnels, VFS Global rappelle « qu’ils sont élaborés en concertation avec les gouvernements », que ​​​​« les demandeurs sont clairement informés que ces services ne sont pas obligatoires » et qu’« ils n’influencent ni les décisions relatives aux visas ni les délais de traitement. »

      En somme, VFS ne fait rien d’illégal mais bénéficie d’un système restrictif mis en place par les Etats. C’est ce que résume Paul Hermelin, président du conseil d’administration de l’entreprise française CapGemini, spécialisée dans les services numériques. Dans son rapport Propositions pour une amélioration de la délivrance des visas publié en 2023, il qualifie la politique française des visas de « machine à mécontentement » du fait de l’obsession sécuritaire et migratoire de Paris.

      « Au Sénégal par exemple, sur 12 000 à 15 000 demandes, il y a un peu moins de 3 000 visas prévus pour les étudiants vers la France. Donc on fabrique près de 10 000 déçus, ça ne va pas du tout ! Avec un déficit de communication, on a une machine à mécontentement », analyse Paul Hermelin. « En France, on délivre généralement un visa d’un an. Si ça se passe bien, on passe à deux ans, puis trois… donc il fallait un nombre d’années incroyable pour arriver au visa de cinq ans. Il y a des hommes d’affaires qui vont et viennent entre Casablanca, Dakar et Paris, des professeurs d’université qui se déplacent pour des conférences, etc. Ce ne sont pas des migrants potentiels illégaux, donc pourquoi ne pas passer directement au visa de cinq ans ? »

      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260608-en-afrique-un-juteux-business-autour-des-demandes-de-visas

  • How Beavers Are Bringing America’s Dead Deserts Back to Life

    Every day, scientists, engineers, communities, and ordinary people are quietly fixing the planet. Forests are being replanted. Rivers are running clean again. Species we thought were gone are coming back. Whole technologies are pulling carbon out of the sky.This channel tells stories of the people, the projects, and the breakthroughs that are actually making Earth better.

    https://www.youtube.com/watch?v=exsCSUdjQX8

    #castors #écologie #désert #USA #Etats-Unis #eau #rivière #renaturation #histoire #chasse #végétation #Oregon #Hudson's_bay_company #George_Simpson #fur_desert #Peter_Skene_Ogden #élevage #bovins #sécheresse #restauration #inondations #beaver_dam_analogue (#BDA) #poissons #faune #coût #Bridge_Creek #John_Day_River

    John Day (rivière)


    https://fr.wikipedia.org/wiki/John_Day_(rivi%C3%A8re)

    • Beaver Dam Analogs (BDA)

      Revitalisation method

      The Beaver Dam Analog revitalisation method uses simple, nature-inspired techniques to initiate the beneficial long-term effects caused by natural beaver dams in streams. The BDAs are built cost-effectively using simple tools – usually an axe, shovel, chainsaw and pile driver. No heavy construction machinery is needed. The building materials are sourced from the immediate surroundings.

      BDAs are among the most sustainable measures in stream revitalisation. Their construction and maintenance initiates ecological restoration processes leading to the recovery of small and medium-sized streams to a near-natural state.

      https://www.beaverdamanalogs.ch

    • Ecosystem experiment reveals benefits of natural and simulated beaver dams to a threatened population of steelhead (Oncorhynchus mykiss)

      Beaver have been referred to as ecosystem engineers because of the large impacts their dam building activities have on the landscape; however, the benefits they may provide to fluvial fish species has been debated. We conducted a watershed-scale experiment to test how increasing beaver dam and colony persistence in a highly degraded incised stream affects the freshwater production of steelhead (Oncorhynchus mykiss). Following the installation of beaver dam analogs (BDAs), we observed significant increases in the density, survival and production of juvenile steelhead without impacting upstream and downstream migrations. The steelhead response occurred as the quantity and complexity of their habitat increased. This study is the first large-scale experiment to quantify the benefits of beavers and BDAs to a fish population and its habitat. Beaver mediated restoration may be a viable and efficient strategy to recover ecosystem function of previously incised streams and to increase the production of imperiled fish populations.

      https://www.nature.com/articles/srep28581

  • « Tout a volé dans le jardin ! » : une rafale à 101 km/h et près de 8 °C supplémentaires en quelques minutes ce jeudi matin à Belle-Ile | Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/morbihan/belle-ile-en-mer-56360/pres-de-8-c-supplementaires-en-quelques-minutes-un-phenomene-meteorolog


    L’orage qui a touché les îles morbihannaises ce jeudi 25 juin était visible depuis Erdeven.
    Photo : Nolwenn Le Nezet

    « On a senti un souffle d’air très chaud d’un coup ». Ce jeudi 25 juin, les îles du golfe du Morbihan ont été touchées par un « heat burst », un phénomène météorologique rare, avec le passage d’un orage et une violente montée des températures.

    Ce jeudi 25 juin, au petit matin, un important orage a sévi au large de la presqu’île de Quiberon. Une rafale de vent de 101 km/h a même été enregistrée par le sémaphore de Belle-Île-en-Mer. Cet orage, qui s’est ensuite décalé vers Groix, a été accompagné par une montée très violente des températures en l’espace de quelques minutes.

    Entre 5 h 50 et 6 h 18, le thermomètre est passé de 26,8 °C à 34,6 °C. Cela est dû à ce que les météorologues appellent un « #heat_burst ». Selon Temps Breton, il s’agit d’un phénomène rare qui se produit parfois sous des orages en phase d’affaiblissement. « Concrètement, de l’air très sec présent en altitude est entraîné vers le sol. En descendant, cet air se comprime et se réchauffe fortement, ce qui peut provoquer en pleine nuit une hausse brutale des températures, une chute de l’humidité et parfois des rafales de vent soutenues », peut-on lire sur leur site internet.

    « Un souffle d’air très chaud »
    À Bangor, à l’intérieur de l’île, notre correspondante Anne Beusnel était dans son jardin à 6 h, pour arroser ses plantes, quand elle a entendu l’orage gronder : « C’est aller très vite : tout a volé sous l’effet d’une violente bascule de vent est-sud-est. J’ai même failli me faire embarquer par ma voile d’ombrage en la détachant ». L’épisode a duré très peu de temps. « On a senti un souffle d’air très chaud d’un coup. C’était impressionnant sous les nuages d’orage, comme un grain en mer. Le vent est monté aussi vite qu’il est redescendu ! ».

  • Réguler l’IA ? Non !
    https://danslesalgorithmes.net/stream/reguler-lia-non

    Le journaliste économique de Mediapart, Romaric Godin, estime que les appels à la régulation de l’IA ne proposent rien. « Ces textes sont tous sur une ligne de crête : ils refusent de rejeter l’IA, et ce refus est lié à la volonté de ne pas s’opposer au « progrès scientifique ». Il faut donc […]

  • Les stades de foot US sont trop grands (et c’est un problème) - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=tWBYGQQfoj0

    54 734 places : c’est le nombre de sièges qui ont été supprimés dans les 11 stades états-uniens qui s’apprêtent à recevoir l’édition 2026 de la Coupe du Monde de football. Parce que les stades états-uniens sont trop grands pour le foot. Ou plutôt ... pour les caméras.

    Dans cette vidéo, on vous explique pourquoi passer d’un terrain de football américain à un terrain de football européen pose de gros problèmes aux caméras. Ou quand l’architecture devient la pire ennemie du caméraman.

    Merci à Chris Dite, Peter Burke, Alex Thomas et à François-Charles Bideaux pour leur participation précieuse, ainsi qu’à Arup et HKS pour leur aide.

    Quelques sources qui nous ont aidé :
    • Les consignes de la FIFA en matière de C-value : https://publications.fifa.com/es/football-stadiums-guidelines/general-process-guidelines/design/stadium-bowl
    • La suppression des places au MetLife Stadium qui accueille la finale du Mondial :
    https://publications.fifa.com/es/football-stadiums-guidelines/general-process-guidelines/design/stadium-bowl
    • La hausse spectaculaire du prix des places soumis à la tarification dynamique :
    https://www.lequipe.fr/Football/Actualites/La-fifa-triple-le-prix-des-billets-de-categorie-1-pour-la-finale-de-la-coupe-du-monde-2026-le-portant-a-plus-de-30-000-dollars/1674491
    •Une analyse scientifique de la forme du bowl et de ses conséquences visuelles :
    https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/00038628.2019.1686341

  • #Nüshu

    Le nüshu (chinois simplifié : 女书 ; chinois traditionnel : 女書 ; pinyin : Nǚshū ; Wade : Nü³shu¹ ; EFEO : Nuchu) (« #écriture_des_femmes ») est un système d’écriture historiquement utilisé exclusivement par les femmes du district de #Jiangyong, dans la province du Hunan en Chine.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%BCshu
    #langue #femmes #Chine #écriture #résistance #solidarité

  • La Silicon Valley a oublié ce que veulent les gens ordinaires
    https://danslesalgorithmes.net/stream/la-silicon-valley-a-oublie-ce-que-veulent-les-gens-ordinaires

    « Les concepteurs de logiciels et de matériel informatique savaient que leur rôle était de servir leurs clients. Il s’agissait d’identifier un besoin, puis d’y répondre. Mais à un moment donné après la crise financière, les aspirants entrepreneurs ont transformé cela : ils étaient persuadés que leur rôle était d’inventer l’avenir et que celui des […]

  • IA : la revanche des imbéciles
    https://danslesalgorithmes.net/stream/ia-la-revanche-des-imbeciles

    « L’IA est un concentré de concepts d’organisations ratés, et l’apogée de l’ère des incompétents, une époque où nous sommes dirigés par des gens tellement déconnectés de la réalité du terrain qu’il était inévitable qu’une technologie soit créée spécifiquement pour exploiter leur incompétence », cingle Ed Zitron, dans un billet savoureux d’être si rageux. « […]

    • « Les LLM impressionnent les écrivains qui rechignent à écrire, les développeurs qui rechignent à coder, les chercheurs qui rechignent à faire de la recherche et les juristes qui se désintéressent de la jurisprudence. Ceux qui vous vantent les mérites de l’IA et vous persuadent qu’il est indispensable de l’utiliser cherchent en réalité à justifier leur propre paresse ou leur aversion pour l’effort. Quant à ceux qui sont impressionnés par les travaux des LLM, ils ont généralement des exigences crasses ».

    • J’ai constaté que l’IA était un multiplicateur, si on est mauvais ça peut multiplier la merde par 10 sans problème, si on est bon dans son domaine, on va vaguement gagner en productivité, on va dire d’un facteur 1.5 à 2 (je parle de développement logiciel), et encore c’est très difficile à calculer car il faut mettre en place tout un tas de garde-fou pour s’assurer de ne pas laisser passer de conneries et ça prend du temps. Si on fait abstraction du coût (économique et écologique), ça peut donc servir pour le développement logiciel (pour le reste, je ne suis pas sûr que ça soit bien utile...) et uniquement pour des gens expérimentés. D’ailleurs on voit que la facturation au token mis en place par Github fait principalement hurler ceux qui « vibe codent », autant dire le genre de médiocres dont parle l’article.

      Je ne sais pas si on va avoir un gros éclatage de bulle. On voit cependant un retour de bâton qui commence à poindre le bout de son nez : les entreprises technologiques qui ont licencié en masse « parce que l’IA » sont en train de réembaucher, les classements à base de consommation de token (une stupidité inouïe) sont en train d’être rangés au placard (des managers un peu moins idiots que ceux décrits dans l’article ont enfin compris que dépenser des tokens n’était pas « travailler ») et la facturation au token est en train de se généraliser, le coût ne va plus être le même pour les entreprises et les boîtes vont commencer sérieusement à se demander ce que ça rapporte.

  • Elle perd son procès contre le CIC… puis découvre que la juge est mariée à un dirigeant de la banque
    https://www.cadremploi.fr/actualites-emploi/actualites-de-la-vie-en-entreprise/191-juge-banque

    Le 16 novembre 2023, dans la froideur de la cour d’appel d’Angers, une ancienne conseillère bancaire s’effondre. Et pour cause : elle vient de perdre son procès. Depuis des mois, elle se bat contre son ancien employeur, le CIC Ouest, et son ancien directeur d’agence, qu’elle accuse de harcèlement moral et sexuel. L’affaire aurait pu s’arrêter là, sur cette défaite. Sauf que, quelque temps plus tard, la jeune femme découvre un détail digne d’un feuilleton judiciaire : la magistrate qui a instruit le dossier et participé au délibéré de son affaire est l’épouse du directeur juridique et fiscal de la banque qu’elle poursuit.

    Conseillère bancaire au CIC Ouest dans une agence de Maine-et-Loire, la salariée explique que les problèmes ont commencé en 2017, après l’arrivée d’un nouveau directeur d’agence. Elle affirme que son supérieur multipliait les remarques sur son parfum, son élégance ou encore son vernis à ongles. Elle évoque aussi des SMS envoyés un lundi matin dans lesquels il lui écrivait simplement : “Je pense à toi”. Quelques jours plus tard, elle lui demande de ne plus lui écrire le week-end.

    Selon elle, c’est après cet échange que la situation se dégrade. Elle accuse alors son directeur de ralentir volontairement ses dossiers, de limiter ses pouvoirs et de la décrédibiliser auprès des clients. De son côté, la banque dresse un portrait radicalement différent de la salariée. Elle lui reproche une attitude agressive envers certains clients, une ambiance “délétère” avec ses collègues, des critiques répétées contre sa hiérarchie ainsi que plusieurs manquements aux procédures internes.

    Le 13 décembre 2018, la banque la convoque à un entretien préalable. Un mois plus tard, le 17 janvier 2019, elle est licenciée pour faute grave. Six mois après, elle saisit les prud’hommes. Elle réclame la nullité de son licenciement et 112 915 euros d’indemnisation au total, estimant avoir été victime de harcèlement moral et sexuel.

    En janvier 2021, le conseil de prud’hommes d’Angers donne d’abord raison à la salariée. Les juges reconnaissent un harcèlement moral, annulent son licenciement et condamnent la banque à lui verser 48 393 euros au total. Mais coup de théâtre deux ans plus tard : en novembre 2023, la cour d’appel d’Angers inverse totalement la décision. La salariée perd ses indemnités et son licenciement pour faute grave est validé.

    C’est seulement après cette défaite qu’elle découvre le pot aux roses : la magistrate ayant instruit l’affaire en appel, présidé l’audience et participé au délibéré n’est autre que l’épouse du directeur juridique et fiscal du CIC.

    Pour Antoine Grou, avocat en droit social, c’est précisément ce point qui fait basculer le dossier. “Le cœur du sujet, ici, ce n’est pas vraiment le droit du travail, mais l’impartialité de la justice, explique l’avocat. La Cour de cassation ne retient ni corruption, ni intervention du conjoint, ni même une preuve concrète de partialité. Ce qui suffit, c’est l’apparence et le doute légitime.”

    Dans son arrêt du 15 avril 2026, la Cour de cassation rappelle en effet qu’“une personne a droit à ce que sa cause soit entendue par un tribunal impartial”. Les magistrats estiment que le simple fait que la juge soit mariée à un cadre dirigeant de l’entreprise était “de nature à faire naître dans l’esprit de la salariée un doute légitime quant à l’impartialité du juge”. Résultat : l’intégralité de la décision d’appel est annulée.

    L’employeur soutenait pourtant que la salariée aurait dû demander la récusation de la magistrate avant la fin du procès, c’est-à-dire demander son retrait du dossier pour risque de manque d’impartialité. Un argument rejeté par la haute juridiction. “La Cour de cassation considère qu’on ne peut pas reprocher à une salariée de ne pas avoir soulevé un conflit d’intérêts qu’elle ne pouvait raisonnablement pas connaître, résume Antoine Grou. Le magistrat doit même se déporter spontanément lorsqu’il estime devoir être remplacé.”

    Pour autant, cette annulation ne signifie pas que l’ancienne salariée a gagné son procès. L’affaire va désormais être rejugée devant la cour d’appel de Rennes, qui pourra parfaitement parvenir à la même conclusion sur le fond. “Il est possible que la décision initiale soit juridiquement correcte, souligne l’avocat. Aujourd’hui, la justice doit non seulement être impartiale, mais aussi apparaître impartiale.”

  • Monde académique 1/5 - Le privé fait la leçon

    Les #coupes_budgétaires sont drastiques depuis des années dans les universités suisses. En 2027, 2,4 milliards de francs devront être coupés. Or qui dit moins de #soutien_public, dit augmentation des #taxes_d'études et augmentation des #financements_privés. Quels risques pour la #liberté_académique ? Alors que l’Université de Fribourg inaugure un centre financé par la Mobilière, une manifestation a lieu, à Genève, contre l’#austérité qui vise le monde académique.

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2026/audio/monde-academique-1-5-le-prive-fait-la-lecon-29250571.html
    #ESR #université #privatisation #Suisse #facs
    #audio #podcast

  • Pourquoi ne pas générer toute la population (grâce aux données synthétiques) ? | Freakonometrics
    https://freakonometrics.hypotheses.org/90190

    J’ai découvert un peu par hasard (via un post sur bsk de Thomas Delclite) une étude de l’Ifop pour Fairgen sur l’intention de vote des enseignants aux élections européennes. La note méthodologique indique que l’enquête a été menée auprès de 8 000 personnes représentatives de la population française adulte, “incluant l’équivalent statistique de 580 enseignants de collège et de lycée”, ces 580 enseignants étant “issus de 116 interviews extrapolées par la technologie DataBoostAI”. Le même document précise que cette technologie, basée sur l’IA générative, vise à améliorer la précision statistique par “génération d’échantillons synthétiques”.

    Je n’ai jamais été très bon en sondages, mais comprends bien l’enjeu pratique. Dans un sondage national, certains groupes sont trop petits pour être analysés directement. Si l’on interroge 1 000 personnes, il est possible que l’on n’ait que quelques dizaines d’enseignants, quelques dizaines d’agriculteurs, ou quelques dizaines de personnes concernées par une situation particulière. Les résultats par sous-groupe deviennent alors très instables. Le billet récent de Thomas Delclite (publié par Mediapart, sous le titre “Quand 1000 personnes ne suffisent pas”) pose clairement ce problème, en expliquant que la réponse expérimentée consiste, en quelque sorte, à “inventer” des répondants supplémentaires pour mieux décrire de petits groupes. Et il explique rapidement l’idée.

    • L’intention de vote des enseignants aux élections européennes - Ifop Group
      https://www.ifop.com/article/lintention-de-vote-des-enseignants-aux-elections-europeennes

      Méthodologie de recueil

      L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 8 000 personnes
      représentatif de la #population française âgée de 18 ans et plus,
      incluant l’équivalent #statistique de 580 enseignants de collège et de
      lycée (issus de 116 interviews #extrapolées par la technologie
      #DataBoostAI).
      La représentativité de l’#échantillon a été assurée par la méthode
      des quotas (sexe, âge, profession de la personne interrogée) après
      stratification par région et catégorie d’agglomération.
      La technologie DataBoostAI développée par FAIRGEN a par
      ailleurs été utilisée pour l’analyse. Basée sur l’#IA générative, elle
      repose sur un principe de mise en relation holistique des données
      recueillies lors du terrain de façon à améliorer la précision
      statistique des résultats par génération d’échantillons
      synthétiques.
      Les #interviews ont été réalisées par #questionnaire #auto-administré
      en ligne du 24 mai au 4 juin 2024.

    • merci @freakonometrics !

      Les données synthétiques peuvent être utiles. […] Mais elles demandent une discipline méthodologique stricte : distinguer le réel du synthétique, publier les effectifs réellement observés, décrire le modèle, mesurer la taille effective, propager l’incertitude de génération, tester la robustesse aux biais de sélection, et surtout ne pas présenter une prédiction comme une observation.

      discipline méthodologique stricte … c’est pas gagné quand tu vois que, de façon totalement routinière, la « précision » (ou « marge d’erreur ») d’un sondage (par une méthode plus ou moins sophistiquée de quotas) est estimée avec la formule pour le sondage aléatoire simple d’un échantillon de même taille. Au diable, les biais et autres subtilités méthodologiques !

    • Out of One, Many: Using Language Models to Simulate Human Samples | Political Analysis | Cambridge Core
      https://www.cambridge.org/core/journals/political-analysis/article/out-of-one-many-using-language-models-to-simulate-human-samples/035D7C8A55B237942FB6DBAD7CAA4E49

      Abstract

      We propose and explore the possibility that language models can be studied as effective proxies for specific human subpopulations in social science research. Practical and research applications of artificial intelligence tools have sometimes been limited by problematic biases (such as racism or sexism), which are often treated as uniform properties of the models. We show that the “algorithmic bias” within one such tool—the GPT-3 language model—is instead both fine-grained and demographically correlated, meaning that proper conditioning will cause it to accurately emulate response distributions from a wide variety of human subgroups. We term this property algorithmic fidelity and explore its extent in GPT-3. We create “silicon samples” by conditioning the model on thousands of sociodemographic backstories from real human participants in multiple large surveys conducted in the United States. We then compare the silicon and human samples to demonstrate that the information contained in GPT-3 goes far beyond surface similarity. It is nuanced, multifaceted, and reflects the complex interplay between ideas, attitudes, and sociocultural context that characterize human attitudes. We suggest that language models with sufficient algorithmic fidelity thus constitute a novel and powerful tool to advance understanding of humans and society across a variety of disciplines.