fred1m

citoyen (épicène ?) ou adelphe...

  • À propos de l’artisanat et de la perte de compétences (ça concerne surtout la programmation informatique mais je crois que ça peut se généraliser facilement à d’autres domaines).

    « Cela fait longtemps que je n’avais pas écrit. Si je reprends aujourd’hui le chemin de l’écriture, cela ne sera pas pour vous parler de « geekeries » ou autres « nerderies » en tout genre. Dans ce très long billet de blog, je vais aborder le difficile sujet d’une espèce en voie d’extinction : les vieux software crafters autodidactes dont je fais partie. Je vais donc vous parler des vieux techos à travers moi, de l’évolution du marché ces 25 dernières années, du burn-out qui m’est arrivé et de la remise en question qui s’ensuit. »

    https://www.emaxilde.net/posts/2020/07/18/je-fais-partie-d-une-espece-menacee-d-extinction.html

    • Je vais lire ça plus tard, avec gourmandise. Je suis en cours d’embauche. J’ai deux flux de candidats. Ceux depuis une plateforme 2.0. Ceux depuis un recruteur 1.0. Des deux côtés, je reçois de jeunes diplômés de tous horizons, avec une première expérience. Ils ont presque tous en commun de ne pas savoir écrire une fonction récursive, la même en itérative est médiocre, leur connaissance du SQL est parfois correcte, mais jamais avancée.
      Le plus drôle, parmi ceux qui passent le barrage du test d’algo/sql, c’est que je trouve un gars qui a fait son contrat de professionnalisation dans une entreprise qui ne bosse que sur AS400. Ou l’autre qui est bloqué sur de la maintenance d’un soft en PHP4... Les pauvres. Je comprends leur besoin de changer. Mais... pourquoi ils ne se mettent pas au courant de ce qu’est REST, la sérialisation, ce genre de choses ?...

    • Moi ce qui me saute aux yeux en plus de la mode, c’est : les chef⋅fes de projet ne servent à rien, si ce sont des chef⋅fes justement, des gens au dessus des technicien⋅nes, payés plus, et avec un pouvoir en plus.

      Si on parle de gens qui font de la gestion de projet, qui font circuler l’information, qui planifient, qui rappellent, etc, oui il en faut souvent, d’autant plus que les projets sont gros. Mais dans ce cas, ces personnes ne sont pas cheffes, ni plus ni moins nécessaires que les techos (devs, admins sys…). Tout le monde devrait toujours être payé à peu près pareil (voire vraiment pareil), et les choix techniques décidés en commun. Ah oui mais c’est dans les coopératives ça…

      Il faut supprimer ce poste et le renommer pour un intitulé non hiérarchique, au même niveau que les devs, pour les projets où on a besoin de gens qui font ça.

      #démocratie #coopérative

    • Tout ce que je réalise ne me semble plus avoir beaucoup de sens. Dorénavant, la qualité technique importe peu aux clients. Ce qu’ils souhaitent c’est un truc qui marche vite, qui soit surtout pas cher et livré a une date déjà définie. On s’en fiche que ce soit bien fait, évolutif et durable. Nous sommes de plus en plus loin de l’artisanat et de l’amour du travail bien fait.

    • Vite. Pas cher. Lean management. Flux tendu. On retrouve ça à tous les étages de nos sociétés productivistes et marchandisées. Le domaine de l’informatique y est spécialement exposé vu que tous les six mois (d’après la légende) le hardware et le software deviennent obsolètes. Et fatalement, l’auteur du billet, Olivier Poncet, a été victime d’un épuisement professionnel causé par le surmenage (boosté par le #télétravail en période confinée) et la perte de sens de son activité. Faudrait-il s’en étonner ?

      #burn_out #obsolescence #isolement #précariat #high_tech #low_income

    • Ce texte fait absolument écho à une longue conversation que j’ai eu hier avec une amie codeuse et c’est un peu un baume de ne pas se sentir trop seules à souffrir de cette maltraitance moderne.

      Perso mon sentiment de codeuse est amer, quand je vois qu’ont été gâchées nos possibilités de développer nos capacités et que c’est finalement la misère financière qui nous/m’accompagne depuis 20 ans pour avoir refusé de faire de la merde à gafa et des codes à clic. (En plus d’être une femme dans un monde d’hommes)
      Pourtant là où je me suis éclatée, c’est à concevoir et coder des applications solides et abouties et qui permettent d’anticiper des évolutions. En face, souvent le client pige que dalle, il veut du beau pas cher rapidement et a tellement d’ignorances et préjugés que le petit requin nouveau venu qui manage sa carrière sur FB s’est imposé en m’insultant et a commencé par effacer mes codes pour sabrer mon travail.
      Je n’ai jamais voulu être dans ce jeu là, sans éthique, sans enthousiasme, sans enjeu intellectuel.

      #artisanat_web

    • Je commence à comprendre pourquoi j’ai tellement de mal à trouver des logiciels en ligne qui ne se résument pas à « appuie sur le bouton Docker pour installer », ce qui me fait divinement chier.

      À mon petit niveau, j’aime paramétrer moi-même et franchement, dépoter une BDD, ce n’est pas la mer à boire et tu vois ce que tu fais.

      Déjà, je supporte de moins en moins les logiciels « encapsulés », genre les Snap et consors qui pèsent des âmes morts alors que toute l’élégance de Linux, c’est le système de dépendances qui permet de partager les librairies au lieu de charger 50 fois la même pour 50 logiciels différents.

      Et ne parlons pas des trucs sous Electron…

    • @biggrizzly oui oui, c’est pas hyper grave, c’est une situation que j’ai appris à repérer et j’en avais prévenu le client qui a fait sourde oreille. Mais voila, du fait de cette reprise en quelques mois un travail de 10 ans s’effondre avec un client qui commence seulement à s’en affoler sauf qu’il est trop tard, il va devoir cracher au bassinet pour tout refaire avec les nouveaux venus. C’est porteur pour personne en fait, plusieurs anciens ont déjà quitté le navire totalement démotivé·es et d’ici quelques mois je vais devoir annoncer que dans de telles conditions je ne peux plus assurer de suivi.
      Tous perdants, sauf les presses boutons qui ont le champ libre pour remplir leurs poches.

    • C’est l’opportunité de pouvoir revenir, peut-être, un jour, en changeant les conditions financières. Mais oui, 10 ans de boulot perdu, c’est rageant. J’ai eu un aller-retour sympa récemment. 15 ans de développement sur un logiciel sur-mesure. Puis décision stratégique, le client passe sur un progiciel standard. On se fait un peu d’argent au passage, en assistance au démantèlement (j’ai pour principe de toujours collaborer pleinement au départ de mes clients, limite en en faisant trop). Puis deux ans après, le patron qui me rappelle... Il revend mais garde une partie de son groupe et souhaite repartir comme en 40, parce que le truc standard, il n’y comprend que pouic, et qu’il préfère ce qu’on avait fait ensemble. L’autre bouzin était orienté compta ana, et pas production. Bref. Ceci dit, deux ans de plus, et il a vendu à nouveau, et le repreneur veut à nouveau utiliser un standard. Et bon... J’ai eu un appel pour les assister il y a quelques mois, puis plus rien. Et autant que je sache ils n’ont pas encore commencé à passer sur le nouveau logiciel. Mon avis, c’est qu’ils seront mieux. Ils ne savent pas ce que c’est qu’avoir un spécifique, ils ne savent pas qu’il faut réfléchir en collaboration pour décider d’une façon de travailler, etc. Ils préfèrent un logiciel et un éditeur qui leurs imposent tout, car du moment que leurs concurrents ont le même logiciel, ça leur va (informatique poste de coût vs informatique avantage concurrentiel/outil de productivité).

      J’ai un autre cas où la patronne s’associe avec une ex-collab’. La nouvelle associée a un surnom : le char d’assaut. Quand il y a un problème, elle prend tout le monde de haut et décide sans tenter de comprendre. Un jour, on a reçu un mail dont le message était « je ne comprends pas votre métier, mais vous êtes incompétents ». Ils décident de partir en infogérance avec l’éditeur de leur logiciel. Je leur avais expliqué un an avant qu’en terme de réactivité et de pertinence, ça ne serait pas pareil, et que je leur déconseillais compte tenu de leurs attentes. Cela me coûtait, je n’aime pas cette personne. Mais la patronne, je l’apprécie bien. Et donc, cette année, ils devaient partir. Et ils ne sont pas encore partis. Le confinement est passé par là. Mais ils doivent partir. Et le repreneur ne m’a pas vraiment encore contacté. Et quand ils vont partir pour de bon, les utilisateurs n’auront plus leur bureau à distance. Et personne n’a encore réellement, chez eux, considéré ce que serait la vie sans bureau à distance. Ça va leur faire mal. J’ai fait mon deuil de ce client, mais mon collab’ qui est en contact avec le client au quotidien en avait gros sur la patate, car il se sentait responsable de ce départ. Sauf que maintenant, il constate que les autres collaborateurs du client se barrent. Et ils parlent. Du char d’assaut qui fait des dégâts. Décision stupide, pas de remords à avoir. Faut juste ne pas oublier de facturer le temps que les crétins nous réclament du fait de leurs décisions.

    • Très intéressant ton témoignage @biggrizzly

      Faut juste ne pas oublier de facturer le temps que les crétins nous réclament du fait de leurs décisions.

      Oui, mais non, parce que les crétins refusent de voir leur défaillance et ton char d’assaut résume parfaitement l’affaire « je ne comprends pas votre métier, mais vous êtes incompétents ». Ce que j’apprécie c’est échanger, comprendre les demandes, cogiter, proposer et réaliser pour que tout le monde soit satisfait et je passe aussi du temps à vulgariser mon métier. J’ai pris l’habitude de travailler avec plaisir et pas sous contrainte débile, donc vraiment sous le sceau de la confiance. En dehors, je perds réellement toute capacité à avancer. Si l’argent devait être mon seul moteur, le coût serait prohibitif. Je sais bien les économies qui motivent mes divers diffuseurs parce que je suis indépendante agessa/urssaf et qu’ils peuvent me jeter comme un chinois (paix aux chinois surexploités) sans se préoccuper si j’ai des indemnités en cas de maladie, voire des congés ou du chômage, droits sociaux que le statut d’autrice me refuse en plus d’être souvent dans la case sousousoustraitante avec une ribambelle de sursursurtraitants qui mangent sur mon dos.

      Et pour finir, j’adore cette phrase "Si vous payez des cacahuètes attendez vous à un travail de singe." parce que oui, tout travail mérite rémunération correcte.

    • Macron et Darmanin, d’homme à homme
      15 juillet 2020
      https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/macron-et-darmanin-dhomme-a-homme

      Mais si ce n’est pas une provocation, c’est presque pire. Cela signifie qu’il n’a pas mesuré à quel point cette expression, « d’homme à homme », a changé de sens depuis #Metoo, et est devenue justement excluante pour la moitié de l’humanité. ""Nous avons eu une discussion de dominant à dominant, et nous en avons conclu que notre domination était juste". « Nous avons eu une discussion de Blanc à Blanc, et nous avons conclu que l’esclavage était une nécessité économique »". Comment faut-il vous l’expliquer ?

    • « Tout d’un coup, il n’est plus question de présomption d’innocence et encore moins de grande cause du quinquennat. On parle de solidarité masculine, de cet entre-soi qui est au coeur du combat pour l’égalité femmes-hommes. Et c’est tout le problème »

    • C’est de l’#entre-couillisme à l’état pur. Rappelons que Bayrou n’avait pas été condamné, que Sarnez n’avait pas été condamnée, que Goulard n’avait pas été condamnée, que Rudy n’avait pas été condamné et qu’ils et elles ont dû malgré tout rendre leur portefeuille. Parce qu’ils et elles étaient accusé·es de choses bien plus graves (abus de biens sociaux) que de baiser des femmes sous chantage, menace ou contrainte. Comme si le viol, tellement accepté, donnait des allures d’acte normal à la corruption.

      « Le gouvernement assoit l’impunité des hommes violeurs » - Page 1 | Mediapart
      https://www.mediapart.fr/journal/france/160720/le-gouvernement-assoit-l-impunite-des-hommes-violeurs

      Selon la militante féministe Valérie Rey-Robert, la formule d’Emmanuel Macron sur sa conversation « d’homme à homme » avec Gérald Darmanin renvoie à un imaginaire où les hommes sont solidaires et loyaux, et les femmes manipulatrices et vicieuses.

      Darmanin : 167 parlementaires de la majorité défendent la présomption d’innocence du ministre de l’Intérieur
      https://www.lefigaro.fr/politique/darmanin-167-parlementaires-de-la-majorite-defendent-la-presomption-d-innoc

      « Lorsqu’un individu, quel qu’il soit et quel que soit son statut, n’a jamais été condamné, il a le droit, comme tout citoyen, à la présomption d’innocence. Le ministre de l’Intérieur, qui de surcroît n’est ni mis en examen ni placé sous contrôle judiciaire, ne fait pas exception », concluent les signataires du texte. Avant de rappeler l’engagement de la majorité présidentielle pour la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, et le principe d’égalité entre les femmes et les hommes, dont Emmanuel Macron a fait la « grande cause du quinquennat ». « Dans les pays où la présomption d’innocence est bafouée, les victimes de violences sexuelles, et plus généralement les femmes, ne sont jamais mieux protégées. Au contraire », soulignent-ils.

      Interrogé sur TF1 et France 2 mardi, le président de la République avait déjà réagi à la polémique autour de la nomination de Gérald Darmanin à la Place Beauvau. « Garant de la présomption d’innocence », le chef de l’État a refusé de basculer « dans une démocratie d’opinion », où « les jugements de rue ou de réseaux sociaux » feraient la loi. Et ce même s’il « respecte » et « partage » les combats de la cause féministe.

  • Il était une fois Ennio Morricone : le compositeur prolifique de musiques de films est mort
    https://www.franceinter.fr/culture/il-etait-une-fois-ennio-morricone-le-compositeur-prolifique-de-musiques-

    Ennio Morricone est décédé la nuit dernière dans une clinique romaine des suites d’une chute. Il était hospitalisé après s’être brisé le fémur il y a quelques jours. Le compositeur italien Ennio Morricone, l’un des plus célèbres et prolifiques auteurs de musiques de films, est mort à l’âge de 91 ans, d’après l’agence de presse italienne Ansa. Né à Rome en 1928, Morricone s’est fait connaître au début des années 1960 en composant la partition des films de Sergio Leone. Pour une poignée de dollars, mais aussi Le Bon, la Brute et le Truand ou Il était une fois dans l’Ouest font partie de ses plus grands succès. Morricone a plusieurs fois enregistré ses musiques de films avant même le tournage, et c’est sa musique qui donnait le ton aux acteurs au moment du tournage.

  • « La propriété privée n’a absolument rien de naturel »
    https://lejournal.cnrs.fr/articles/la-propriete-privee-na-absolument-rien-de-naturel

    C’est l’une des institutions les plus puissantes et les plus opaques de la modernité. Elle s’impose à tous et même en partie aux États, qui l’organisent mais ne peuvent y déroger que dans des circonstances limitées et codifiées. La propriété privée peut d’ailleurs être vue comme une forme de protection contre les dérives tyranniques ou autoritaires – c’est notamment une idée très implantée aux États-Unis. Mais cette même propriété privée est souvent présentée comme une évidence, comme quelque chose de naturel.

    Et pourtant… elle n’a absolument rien de naturel ! C’est une forme d’#appropriation qui a une histoire, qui n’est pas de toute éternité et qui est dépendante de nos codes sociaux, de nos valeurs et de nos usages. C’est vrai, plus généralement, des différentes formes de propriété : propriété publique, propriété commune, droits #collectifs... le monde de la propriété est vaste et complexe. Alors comment en sonder les mécanismes, les logiques profondes, les dimensions matérielles et écologiques ? Notamment avec cette idée du crash-test qui consiste à analyser ce qui se passe quand la propriété « percute » la survenue d’une #catastrophe, idée que nous avons cherché à développer dans un volume collectif codirigé avec mon collègue Marc Elie, Crash Testing Property2..

  • BALLAST | Isabelle Attard : « L’écologie doit s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire »
    https://www.revue-ballast.fr/isabelle-attard-lecologie-doit-sinscrire-au-sein-du-mouvement-revoluti

    Il n’y a rien à attendre des États-nations qui pro­tègent avant tout les inté­rêts capi­ta­listes. Par contre, je peux com­prendre qu’on puisse pré­fé­rer un Barack Obama à un Donald Trump. Mais si, dans la forme, ça n’a évi­dem­ment rien à voir, sur le fond, les dif­fé­rences se situent seule­ment à la marge. Nous en avons eu l’exemple fla­grant der­niè­re­ment lorsque Joe Biden a sug­gé­ré à la police de viser les jambes plu­tôt que le cœur pour réduire les tirs mor­tels. Il n’y a donc jamais de remise en cause glo­bale du sys­tème. Il est tota­le­ment illu­soire de pen­ser qu’il est pos­sible de chan­ger les choses de l’intérieur, notam­ment en appli­quant la « stra­té­gie des petits pas ». Ça ne mène géné­ra­le­ment à rien. Par contre, le concept de « #gra­dua­lisme #révo­lu­tion­naire » d’Errico Malatesta me parle beau­coup plus. S’il rejette l’idée d’un Grand Soir révo­lu­tion­naire, il n’envisage pas, pour autant, de ren­for­cer l’autorité de l’État. Au contraire, l’idée est d’avancer vers l’anarchie en réa­li­sant un tra­vail de sape qui per­met­tra, au terme d’un pro­ces­sus gra­duel, de s’émanciper de cette auto­ri­té. La ren­for­cer est donc un non-sens. Ce qui n’empêche cepen­dant pas de lut­ter pour ses droits.

    #anachisme

    • L’écologie, telle qu’on la connaît sous ses formes électorales depuis les années 1970, a‑t-elle entièrement échoué ?

      Si on résume l’écologie politique, et même la politique plus généralement, à l’idée de conquérir le pouvoir par les élections ou par la participation au gouvernement, alors oui, je pense qu’elle a échoué dans son objectif de transformation sociale et sociétale. Elle a peut-être contribué à une meilleure prise en compte de certains sujets ces dernières années mais elle ne s’est pas donnée les moyens de changer radicalement les choses en se bornant à cette stratégie purement électoraliste. La bonne nouvelle, c’est que l’écologie ne se réduit pas uniquement à ça. Il me paraît évident que les mouvements anti-nucléaires, la lutte pour préserver les terres sur le plateau du Larzac, ou encore la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, ont permis d’apporter des propositions beaucoup plus concrètes, de rendre l’utopie palpable. De mon point de vue, l’écologie doit désormais s’inscrire au sein du mouvement révolutionnaire. Et c’est en lisant le livre de Floréal Romero et Vincent Gerber, Murray Bookchin, pour une écologie sociale et radicale, que je l’ai enfin compris. Le mouvement écologiste a longtemps ignoré le travail de Murray Bookchin qui a été un précurseur dans les années 1960. Aujourd’hui, il est à la mode : tant mieux ! Pour autant, il s’agit de rester vigilant sur la réappropriation qui peut en être faite. Je me réfère souvent à un article de l’un de vos auteurs, Elias Boisjean, qui rappelle qu’« on ne saurait […] enrôler Bookchin sans saisir la cohésion d’ensemble de sa doctrine » et qu’« intégrer un conseil municipal, voire diriger une ville, n’est d’aucun secours si cela ne participe pas d’une transformation globale sans "compromis avec cet ordre social". Donc de la fin du règne capitaliste au profit d’une "société communiste libertaire" ».

      #anarchisme, @monolecte !

  • Gaël Giraud : « Le monde financier sait que ses jours sont comptés » | Public Senat
    https://www.publicsenat.fr/article/politique/gael-giraud-le-monde-financier-sait-que-ses-jours-sont-comptes-183433

    Quelle sera l’ampleur de la crise économique ?

    La crise sera plus grave que celle de 2008. Nous entrons dans une spirale déflationniste extrêmement dangereuse. L’Europe de l’Ouest pourrait connaître une trajectoire à la japonaise. Dans les années 1990, le Japon a connu une grande répétition de la crise des subprimes, avec une gigantesque bulle financière qui a gonflé sur une bulle immobilière. Les deux bulles ont explosé au même moment, et le Japon est entré dans la déflation, c’est-à-dire dans un régime macroéconomique dans lequel il n’y a plus de croissance, plus d’inflation, énormément de dette privée et un chômage de masse. Nous risquons de subir le même sort si nous continuons de pratiquer l’austérité budgétaire.

    Vous êtes très pessimiste, à un moment où les marchés financiers semblent se porter plutôt bien. Comment expliquez-vous cette bonne santé des marchés ?
    Les marchés financiers sont profondément inefficients, irrationnels, traversés par des bulles spéculatives et des mouvements erratiques qui n’ont rien à voir avec l’économie réelle. On ne peut pas demander aux marchés financiers de prédire l’avenir. Ils en sont incapables.

    #Gaël_Giraud, mon #social-démocrate préféré, écolo et tout, sur la #crise_économique à venir. #Cassandre écolo qui comme Cochet et Larrouturou en 2007 doit avoir environ un an, un an et demie d’avance sur les marchés. Ça fait six mois que je les entends dire ça, je me disais que peut-être la crise sanitaire avait atténué la surchauffe mais non... C’est peut-être pour cet automne, avec une deuxième vague par dessus. Et plein de #dettes évidemment.

  • « Les policiers sont dressés à différencier les proies dont ils peuvent abîmer les corps » - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/Les-policiers-sont-dresses-a

    La férocité policière ne découle pas d’une perte de contrôle de l’État sur sa police, qui serait, comme on l’entend souvent, “lâchée en roue libre”. La gestion de la police dans le capitalisme sécuritaire continue d’évoluer par retours d’expériences. Les mises en pratique réelles des régimes de police sont toujours très éloignées des fantasmes de contrôle total qui les animent en amont. La police se trompe souvent, elle se plante parfois magistralement, elle n’arrive jamais à soumettre durablement les opprimé•es, mais sa violence est globalement gérée, administrée, instituée par les classes dominantes. »

    #police #violences_policières

  • Farida : la victime n’était pas coupable – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/8700

    Les images virales, comment ça marche ? Pour les journalistes comme pour le plupart des usagers du web, ces vidéos qui montrent un événement dramatique ou significatif sont des données qui émergent du terrain, de façon spontanée et naturelle, et constituent des faits objectifs dont l’intérêt est établi par leur diffusion même. Mais les images virales ne sont pas des faits objectifs : ce sont au contraire des récits en formation, des constructions sociales en temps réel, forgées par la conversation sur les réseaux sociaux. La lecture de ces séquences évolue rapidement en fonction de l’état du débat public, dont elles révèlent et orientent simultanément les contours.

  • Révélations : Qwant, boulet d’État
    Par Marc Endeweld | Le Média | 18 mai 2020
    https://www.lemediatv.fr/articles/2020/revelations-qwant-boulet-detat-z-DwVYPzQymrJjlldr8t4g

    Emmanuel Macron et la Caisse des dépôts continuent de soutenir le moteur de recherche prétendument français, censé concurrencer Google, alors qu’il fonctionne grâce à l’américain Microsoft et qu’il est mis en cause dans un rapport de la direction interministérielle du numérique. Subvention de plus de 20 millions d’euros, obligation de l’installer dans chaque administration, actionnaires sulfureux et ramifications troubles… Enquête au cœur de la start-up nation.

  • Télétravail, #travail_à_distance dans l’#ESR : l’entourloupe

    Depuis le #confinement, en pratique, les agents de l’#enseignement_supérieur et de la recherche font du télétravail, mais les administrations préfèrent dire que l’on fait du travail à distance, pour une bête raison juridique. Le télétravail dans la #fonction_publique est normalement une pratique encadrée – par le décret du 11 février 2016 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000032036983), dont l’une des premières conditions réglementaires est le #volontariat. Il n’existe pas de télétravail imposé dans la fonction publique.

    Le télétravail qui s’est accompli de facto1 ces dernières semaines n’avait, de ce point de vue, pas de #base_juridique formellement identifiable. Nous en avions déjà parlé au moment de la discussion de la continuité académique sur Academia. Pour la fonction publique, il n’existe pas l’équivalent de l’article L. 1222-11 du #code_du_travail (https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?idArticle=LEGIARTI000035643952&cidTexte=LEGITEX) :

    « En cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la #continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés ».

    Ce qui ne signifie pas, pour autant, que cette mise au télétravail sans base légale ou réglementaire était illégale : il ne fait aucun doute qu’en cas de contentieux, le juge administratif soutiendra qu’en période d’épidémie, la mise en œuvre du télétravail doit être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité du service public et garantir la protection des agents.

    Mais cette absence de base légale ou réglementaire ne peut pas durer éternellement. Et c’est pourquoi le #décret du 11 février 2016 a été modifié il y a une semaine (décret du 5 mai 2020 : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041849917&categorieLien=id), pour prévoir en particulier qu’il est possible, désormais, de déroger à la règle selon laquelle « La #quotité des fonctions pouvant être exercées sous la forme du télétravail ne peut être supérieure à trois jours par semaine » et selon laquelle « Le temps de #présence sur le lieu d’affectation ne peut être inférieur à deux jours par semaine ». Désormais, cette règle ne s’applique pas « Lorsqu’une #autorisation_temporaire de télétravail a été demandée et accordée en raison d’une #situation_exceptionnelle perturbant l’accès au service ou le #travail_sur_site », modification introduite dans le décret du 5 mai 2020 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041849917&categorieLien=id) pour tirer les conséquences de l’#épidémie. Mais on n’a pas modifié un point, et c’est important : le télétravail doit dans tous les cas être demandé par l’agent. La nécessité du volontariat est maintenue : il faudrait une loi, et non un simple décret, pour revenir sur cette disposition.

    En toute logique (sic), les administrations – les administrations universitaires, entre autres – devraient donc être en train d’engager les procédures pour régulariser le télétravail en cours, pour revenir dans les clous du droit tel qu’il a été modifié par le décret du 5 mai. On peut douter que beaucoup d’administrations soient en train de le faire de manière active, mais on peut toujours se tromper. Elles savent, en particulier, que si l’on revient dans le droit « normal » du télétravail dans la fonction publique, il va falloir respecter l’ensemble des règles du télétravail. Ce qui signifie en particulier respecter l’article 6 du décret de 2016 :

    « Les agents exerçant leurs fonctions en télétravail bénéficient des mêmes droits et obligations que les agents exerçant sur leur lieu d’affectation. L’employeur prend en charge les coûts découlant directement de l’exercice des fonctions en télétravail, notamment le coût des matériels, logiciels, abonnements, communications et outils ainsi que de la maintenance de ceux-ci ».

    En fait, c’est plus subtil que cela. Les lectrices et lecteurs d’Academia vont admirer le choix fourbe qui a été fait : le décret du 5 mai 2020 n’a pas exactement mis entre parenthèses cette obligation de prendre en charge les #coûts_de_l’exercice des fonctions en télétravail. Il a précisé avec une certaine roublardise que lorsque l’agent demande l’autorisation temporaire de télétravail mentionnée au 2° de l’article 4 — c’est-à-dire l’autorisation de télétravail « demandée et accordée en raison d’une situation exceptionnelle perturbant l’accès au service ou le travail sur site » — alors « l’administration peut autoriser l’utilisation de l’équipement informatique personnel de l’agent ».

    Conclusion : si l’on en croit le décret, ce n’est pas l’administration qui impose le télétravail aux agents – il aurait fallu une loi pour ouvrir cette possibilité, qui n’a pas été prise sur ce point – mais les agents qui le demandent ; et ce n’est pas l’administration qui prend en charge les moyens, notamment informatiques, dont ont besoin les agents pour faire du télétravail, ce sont les agents qui demandent à être autorisés à utiliser leurs équipements informatiques personnels.

    C’est amusant comme on peut tordre le réel avec le droit, non ?

    https://academia.hypotheses.org/23799
    #travail #mots #vocabulaire #terminologie #droits #université #facs #France #équipement

  • L’escroquerie (impunie) des masques « grand public »

    Le scandale d’Etat de la pénurie de masques, largement documenté, masque un autre scandale : celui des masques « grand public » dont la promotion et la très large diffusion se font en dépit du devoir d’information élémentaire et des règles sanitaires attendues.

    (…)

    On attend d’un masque trois qualités élémentaires : une bonne étanchéité de toute sa périphérie (qualité de l’ergonomie), une faible résistance respiratoire et une filtration de qualité. En outre il doit être confortable. Les FFP2 ou FFP3 d’une marque bien connue ont toutes ces qualités.

    Leur coût est inférieur à la majorité des masques « grand public » dont un capitalisme criminel inonde les supermarchés et le web marchand avec la bénédiction de la DGA, de plusieurs ministères et des élus de la République.

    (…)"

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/150520/tombent-les-masques

    • L’incapacité du gouvernement à se procurer des masques homologués (masques chirurgicaux et surtout ffp2 ou ffp3, seuls en mesure de protéger le porteur de la contagion par voie aérienne) a conduit à l’invention d’une nouvelle catégorie de masques dits « grand public », désormais obligatoires dans un certain nombre de situations (transport en commun, accueil du public…). Sentant la bonne affaire, quantité d’industriels, grands et petits, se sont donc précipités dans la fabrication de ces masques, sous le patronage de la Direction générale des entreprises du ministère de l’Economie et des finances.

      Ces masques sont présentés comme ayant une capacité de filtration des particules de 3 micron de 70% (catégorie 2) ou 90% (catégorie 1), c’est-à-dire pour la catégorie 1 supérieure à celle des masques fpp1 (80%) et proche de celle des masques ffp2 (95%). Mais alors pourquoi le port des masques « grand public » est-il interdit au personnel soignant ? Ce n’est pas seulement parce qu’ils ne répondent à aucune norme ou homologation (tout au plus une simple « spécification » élaborée à la hâte), c’est surtout que les chiffres avancés, quoique rapportés partout par des médias devenus les caisses de résonance de la propagande gouvernementale, ne correspondent pas à la réalité.

      Les soignants ont besoin de masques qui les protègent (FFP2 et 3) mais nous on a besoin de masques qui protègent l’air, ce bien commun, de nos miasmes. Et c’est une approche de santé publique qui est plus intéressante. Je ne comprends donc pas trop le propos de ce billet, même si sa dénonciation du business des #masques est bien entendu importante.

    • Si on pouvait, ça serait très bien aussi qu’on ait des masques qui protègent hein… D’après ce qui est dit, les masques FFP2, qui sont réellement normés, testés, etc, sont moins cher à produire que les masques de merde qui font rien à part bloquer nos propres gros postillons. Donc c’est surtout qu’il y a eu une grosse perte du stock ancien + une incapacité à organiser une nouvelle production de masse au niveau national (volontarisme, réquisition d’usines, forçage de quelle production faire…), alors qu’on n’est pas non plus totalement out niveau industrie…

      C’est toujours facile de dire ce qu’il aurait fallu faire, je sais, et on n’y connait pas grand chose en industrie, ok. Mais à un moment il s’agit surtout de choix politiques quand même, les usines textiles on en a, et les lois ils en font bien des tordues à l’arrache en 2 semaines quand c’est pour brider nos libertés, alors ils auraient très bien pu en faire pour forcer les usines à produire telle ou telle chose.

    • Y’avaient pas besoin de forcer les usines @rastapopoulos que ce soit pour les masques ou les bouteilles d’oxygène, ce gvt a refusé que ces usines se remettent en route malgré la proposition des travailleuses-rs

      Ah ben tiens justement, j’ai reçu un masque « alternatif » "grand_public" et « afnor » dommage il est « trop grand pour moi » dans ma boite aux lettres … oups disons plutôt que j’ai reçu la publicité d’une campagne électorale payée par les deniers des Toulousain·es sous le prétexte d’UN masque.
      #foutage_de_gueule

      https://seenthis.net/messages/832910#message853622

      Tu peux te sniffer du désinfectant sans souci par contre
      #trumpitude

    • On ne s’en fout pas, @marclaime, mais on ne s’attend à rien d’intéressant de leur part.

      @rastapopoulos, j’aime plutôt mieux l’idée qu’on porte des masques pour ne pas contaminer l’air ambiant plutôt que pour se protéger soi. En tout cas, il faut choisir et adopter une politique commune parce qu’une personne avec un bon masque chirurgical et une personne avec un bon masque FFP2 à valves se contaminent, celle avec le FFP2 rejette ses particules qui arrivent direct dans le masque chirurgical.

      Tous les masques n’ont pas la même fonction, la même qualité, mais on dit « mettez un masque, d’ailleurs on n’en a pas ». C’est n’importe quoi.

    • Et les consignes de manipulation et de stockage des masques sales puis leur lavage/séchage qui va les respecter à la lettre ?
      Quand on voit le nombre de porteur de masque tissus qui ne couvrent que leur bouche , soit parce qu’ils portent des lunettes et que les fuites posent problème, soit parce qu’ils n’ont tout simplement pas compris.
      Cette « certification » à la va-vite des masques en tissus c’est juste une manière de se raccrocher aux branches . Les dites branches ayant poussées spontanément dans le tissus social, les gens se bricolant par eux-même ce que les responsables étaient incapables de fournir.
      La certification du bricolage ! on pourrait en rire si l’enjeu était moins dramatique.

  • #France : #Castaner redoute une montée du #communautarisme

    Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner a déclaré jeudi qu’il redoutait une montée du communautarisme en France à la faveur de l’épidémie de #coronavirus et des mesures de #confinement, susceptibles selon lui de provoquer un #repli_communautaire.

    “Je crains le risque de communautarisme et que le communautarisme puisse se développer”, a-t-il déclaré lors d’une audition en visioconférence devant la mission parlementaire portant sur l’impact, la gestion et les conséquences de l’épidémie de coronavirus.

    “L’organisation du renforcement communautaire dans une période où une société doute est quelque chose à laquelle tous les pays ont pu faire face”, a-t-il ajouté. “C’est un sujet qui peut provoquer du repli sur soi et peut provoquer du repli communautaire, c’est un sujet de #préoccupation que nous suivons et que nous analysons pour nous préparer à la sortie du confinement, le moment venu”.

    Christophe Castaner a également évoqué, sans donner plus de précisions, des “réseaux d’ultra droite et d’ultra gauche”, très actifs “sur les réseaux sociaux” et appelant “à préparer un certain nombre d’actes qu’ils voudraient commettre à la sortie de la période de confinement”.

    https://fr.reuters.com/article/idFRKCN21R1EB


    https://cache.media.eduscol.education.fr/file/Reprise_deconfinement_Mai2020/69/5/Fiche-Replis-communautaires_1280695.pdf
    –-> attention à ne pas critiquer devant vos enfants les « mesures gouvernementales », car ielles peuvent après en parler à l’école et... tac :

    certaines questions et réactions d’élèves peuvent être abruptes et empreintes d’#hostilité et de #défiance : remise en question radicale de notre société et des valeurs républicaines, méfiance envers les discours scientifiques, fronde contre les mesures gouvernementales, etc.

    #risque #repli_communautariste #communautarisme #déconfinement #ultra_droite #ultra_gauche #extrême_droite #extrême_gauche #mesures_gouvernementales #fake-news #école #valeurs_républicaines #idéaux_républicains #France #radicalisation #complotisme #idées_radicales #mots #vocabulaire #terminologie #communauté #universalisme #intégration #cohésion_sociale #lien_social #identité #lien_positif #vigilance #peur #religion #vengeance #apocalypse #antagonismes #confusion #autorité_scientifique #science #signalement #indivisibilité_de_la_République #unicité_du_peuple_français #égalité_hommes_femmes #laïcité #esprit_critique #complotisme #socialisation_positive
    #géographie_culturelle

    ping @cede @karine4

    via @isskein

  • Dominique Dupagne sur Touiteur :
    https://twitter.com/ddupagne/status/1259017259412045826

    Une bombe est sortie hier, l’étude épidémiologique anglaise sur la COVID19 portant sur 17 millions de dossiers médicaux. Pour la première fois, nous disposons d’une estimation solide du poids ajusté des différents facteurs de risque de décès :
    https://www.atoute.org/n/IMG/pdf/fdrcoviduk.pdf

    L’enseignement spectaculaire de cette étude, c’est le poids ridicule des comorbidités comparé à celui de l’âge. Je vous laisse juger sur ce graphique réalisé à partir des données anglaises, c’est impressionnant. Je n’ai même pas pu intégrer le risque pour l’âge > 80 ans.

    Il va falloir reconsidérer le classement des sujets à risque, qui est donc inadapté actuellement. Un homme bien portant de 55 ans a 3 fois plus de risque de mourir qu’un diabétique de 45 ans

    Ajout : Il y aussi des données sur le sexe, l’ethnie, le niveau économique, etc. Voici la courbe originale de l’article, moins parlante car la base X1 est différente et l’échelle est logarithmique.


    • … moins parlante car la base X1 est différente et l’échelle est logarithmique.

      … sauf qu’il s’agit de rapports de risque et donc que l’échelle naturelle est logarithmique…

      ainsi, en gros :
      • la tranche 70-80 ans a 2 fois plus de risque que la tranche 60-70 ans,
      • la tranche 60-70 ans a 2 fois plus de risque que la tranche 50-60 ans,
      • la tranche 50-60 ans a 2 fois plus de risque que la tranche 40-50 ans,

      il est donc «  naturel  » que les distances entre les points soient à peu près identique, ce qui est le cas sur l’échelle logarithmique

    • Et donc, on se le dit que c’était pas si grave et qu’on aurait pu avoir un confinement ciblé ? Qui d’ailleurs au vu des chiffres devrait peut-être perdurer pour une partie de la population. Mais il semble que ce gouvernement ait un raisonnement binaire. Loin de son cher « en même temps ». J’ai quand même l’impression qu’on peut continuer à vivre avec ce virus, et qu’on est pas obligé de faire s’effondrer le monde et l’économie avec, et faire vivre un cauchemar à des enfants qui n’y comprennent rien et qui n’ont rien à voir là-dedans.

    • Cest interessant de lire le fil twitter.. le 1er graph ne fait pas parti de l’étude, il a été fait par ce monsieur twitter.

      Voici la conclusion de l’étude :

      In summary after full adjustment, death from COVID-19 was strongly associated with: being male (hazard ratio 1.99, 95%CI 1.88-2.10); older age and deprivation (both with a strong gradient); uncontrolled diabetes (HR 2.36 95% CI 2.18-2.56); severe asthma (HR 1.25 CI 1.08-1.44); and various other prior medical conditions

      Donc il fait dire a letude ce qu’elle meme ne dit pas.

      Il nest pas mentionné que les age-groups du graph sont forcément sans comorbidités ce qui remet serieusement en question le 1er graph.

    • Il va falloir reconsidérer le classement des sujets à risque, qui est donc inadapté actuellement.

      Comme toute sorte de « classement » d’ailleurs. En règle général, on ferait mieux de se méfier des classements. Tout comme « l’Histoire », ils sont toujours le récit des vainqueurs, enfin, de ceux qui se prétendent tels.

    • Remarque importante : il s’agit de décès à l’hôpital, seule catégorie de décès pour laquelle la cause de décès est, pour le moment, disponible.

      Les résultats pour les décès en EHPAD (nursing homes) devraient probablement encore renforcer l’importance de l’âge.

    • Hello. Thx @touti.

      Le fait que ces résulats ne concernent que les chiffres des hôpitaux fausse la vision globale. Ici, des personnes sont décédées à domicile car justement non admises car potentiellement pas à risque(s).

      Je dirais globalement qu’il faut rester encore prudent, car il n’y a pas de vision réelle ni de l’ampleur de l’épidémie ni des facteurs de risques etc., surtout que l’on sait qu’il a été délibérément décidé de ne pas soigner les personnes les plus âgées pendant la période où les services hospitaliers étaient débordés et sous équipés. Du coup, comment ne se baser que sur les résultats de personnes âgées pour déterminer les personnes plus à risques ?

      Le seul truc sûr pour l’instant, ce sont les conclusions hâtives, dans un sens ou dans l’autre.

      Avec autant d’inconnues, je peux comprendre la prudence qui a amené au confinement et je reste ébahie devant les mesures assez idiotes de déconfinement rapide et la légèreté de la reprise.

      Le problème facteur aggravant de l’épidémie n’étant pas tellement ces facteurs individuels, mais le délitement du système de soin, qui a fait que des pays riches comme les nôtres ont laissé volontairement mourir une partie de leur population par manque d’anticipation.

      La reprise donne l’impression qu’on est sortis de l’auberge, mais c’est faux. Les équipes médicales de ville sont toujours sous équipées ou mal équipées (masques hors normes, visières diy, vêtements de protection trop petits...) et on a toujours pas la possibilité de tester massivement la population.

      En cas de remontée des contaminations, on va retourner à la case départ.

    • Mon grand-père est mort presque sourd. Les personnes qui allaient le voir étaient très frustrées de ne pas pouvoir lui parler vraiment alors que par ailleurs au téléphone ça allait assez pour tenir une conversation. Choisir entre un vrai contact et une vraie conversation...

      Le fait qu’il n’y a même plus de choix, que des personnes meurent dans ces conditions d’isolement de leur famille, de stress... chaque fois que je vois passer des avis de décès ici, je me dis que c’est vraiment terrible, de quitter la vie sur un truc pareil.

  • Migrations, cartes de vents et calligramme cartographique
    https://neocarto.hypotheses.org/9919

    La solution dont nous allons discuter a été imaginée par le prolifique Waldo Tobler dans les années 70 / 80. Tobler a travaillé sur différentes méthodes de visualisation et a évoqué une approche particulière dans différents articles, permettant de reconstruire un champ vectoriel (tel que ceux rencontrés dans la description des vents, par exemple) pour décrire des migrations observées. L’article A Model of Geographic Movement publié en 1980 est une bonne présentation synthétique de ses recherches sur cette question. Pour les curieux, je vous recommande également ces 2 présentations : A Movement Talk et Asymmetry to Potentials dans lesquelles il évoque les données de migrations entre communes Françaises comme cas d’étude pour sa méthode.
    Dans le cadre du projet Tribute To Tobler (TTT), nous avons donc trouvé naturel de produire des cartes dynamiques sur les migrations résidentielles françaises telles que celle-ci pour remettre en avant cette méthode.

    #od #cartographie #streamlets

  • La #colère des #quartiers_populaires est #légitime - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/societe/police-justice/la-colere-des-quartiers-populaires-est-legitime

    La veille au soir, un homme a failli perdre sa jambe à Villeneuve-la-Garenne après une violente tentative d’interpellation policière et c’est bien cela qui a mis le feu aux poudres.

    Les populations qui vivent dans les quartiers populaires sont en première ligne face à la crise sanitaire : elles sont parmi celles qui travaillent dans les « secteurs essentiels », celles qui permettent à notre #société de ne pas s’effondrer aujourd’hui.

    Pourtant, les #inégalités sociales, déjà criantes, sont renforcées par la gestion du coronavirus et vont exploser avec la crise économique et sociale à venir. Ce dont témoigne déjà, entre autres, la surmortalité particulièrement élevée en Seine-Saint-Denis depuis le début de l’épidémie.

    Les discriminations racistes, déjà insupportables, sont renforcées par l’impunité policière et les violences et humiliations se multiplient dans les quartiers populaires. On peut y ajouter le couvre-feu discriminatoire imposé aux habitant·es de ces quartiers par la ville de Nice. Ces injustices flagrantes sont documentées, nul ne peut les ignorer.

    Alors nous le disons très clairement : nous refusons de renvoyer dos-à-dos les révoltes des populations dans les quartiers populaires et les graves et inacceptables violences policières qui les frappent.

    Nous n’inversons pas les responsabilités et nous le disons tout aussi clairement : ces révoltes sont l’expression d’une colère légitime car les violences policières ne cessent pas.

    Les inégalités et les discriminations doivent être combattues avec vigueur et abolies : avec les populations des quartiers populaires, nous prendrons part à ce juste combat pour l’égalité, la justice et la dignité

    • Premières organisations signataires :

      ACORT, Assemblée citoyenne des originaires de Turquie
      ATTAC, Association pour la taxation des transactions financières et l’action citoyenne
      ATMF, Association des travailleurs maghrébins de France
      Brigades de solidarité populaire Île-de-France
      CCIF, Collectif contre l’islamophobie en France
      Cedetim, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale
      CGT, Confédération générale du Travail
      CGT de la Cité nationale de l’Histoire de l’immigration
      Collectif de la Cabucelle, Marseille
      Collectif du 5 novembre – Noailles en colère, Marseille
      Collectif du 10 novembre contre l’islamophobie
      Comité Adama
      CNT-SO, Confédération nationale du Travail-Solidarité ouvrière
      CRLDHT,Comité pour le respect des libertés et des droits de l’homme en Tunisie
      Ensemble !
      FASTI, Fédération des Associations de solidarité avec toutes et tous les immigré·es
      Fédération SUD éducation
      Fédération SUD PTT
      Fédération SUD-Rail
      Féministes révolutionnaires
      Femmes égalité
      Femmes plurielles
      FO Sauvegarde de l’enfance 93
      FTCR, Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives
      FUIQP, Front uni des immigrations et des quartiers populaires
      JJR, Juives et juifs révolutionnaires
      Marche des solidarités
      Mémoires en marche, Marseille
      Mouvement La révolution est en marche
      Mwasi, Collectif Afroféministe
      NPA, Nouveau parti anticapitaliste
      Le Paria
      PCOF, Parti communiste des ouvriers de France
      PEPS, Pour une écologie populaire et sociale
      SNPES-PJJ FSU, Syndicat national des personnels de l’éducation et du social PJJ de la FSU
      SQPM, Syndicat des quartiers populaires de Marseille
      UCL, Union communiste libertaire
      Union locale villeneuvoise, Villeneuve-Saint-Georges
      UJFP, Union juive française pour la paix
      Union syndicale Solidaires
      UTAC, Union des Tunisiens pour l’action citoyenne

      #coronavirus #quartiers_populaires #France #solidarité #racisme #classisme #violences_policières

      Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
      https://seenthis.net/messages/832147

  • On aura du mal à se souvenir de tout, par Bob Solo
    https://www.facebook.com/bob.solo/posts/10222814697695940

    Une ministre de la santé qui plaque son ministère avant l’arrivée de ce qu’elle qualifie de « tsunami » sanitaire. Une réunion ministérielle dédiée au virus dont il ne sera pas dit un mot mais pendant laquelle on dégaine un 49-3 sur les retraites. Une ruée sur le papier toilette pour en faire des stocks. Un couple présidentiel qui encourage à « aller au théâtre » en pleine épidémie. Un premier tour électoral maintenu deux jours à peine avant un confinement total.

    L’exode soudain hors de la capitale. Une « communication » gouvernementale qui accumule les injonctions contradictoires, les mensonges, les tâtonnements. Des stocks de masques disponibles, puis absents, puis en fait détruits des années auparavant, non reconstitués, puis commandés, puis livrés, puis renvoyés, puis attendus des semaines durant. Un hôpital public dévasté depuis des années et soudain assailli, débordé, en manque de tout. 9 jours pour monter un hôpital militaire de 30 lits.

    Des soignants sacrifiés, applaudis de soir en soir, mais matraqués et gazés quelques mois plus tôt, réduits à se protéger avec des sacs poubelles. Un ministre appelant à la charité publique pour l’hôpital. Un autre qui appelle les multinationales à la modération quant aux versements de dividendes, puis ceux-ci qui explosent sans la moindre retenue. Des véhicules personnels de soignants braqués. Des infirmières harcelées par leur voisins et poussées à quitter leur logement.

    Des querelles médicales à rebondissements pendant que les décès s’accumulent. Des banques qui dissimulent leurs stocks de masques. Des labos en guerre pour le profit. Des scientifiques conseillant la présidence par ailleurs payés par ces mêmes labos. Une explosion des ventes en ligne au profit des géants du secteur traitant leur personnel comme des esclaves. Une secrétaire d’état conseillant de profiter du moment pour faire des bonnes affaires en bourse. Des « premiers de cordée » aux abonnés absents. Un état qui « redoute d’avoir des comptes à rendre ».

    Un appel aux « profs qui ne travaillent pas » pour aller aux champs. Une porte-parole du gouvernement se livrant à un stand-up tragi-comique permanent. Des routiers privés d’accès aux toilettes d’autoroute. Des médiacrates critiquant « la pleurnicherie hospitalière ». Des Ehpad face à une véritable hécatombe. Des hôpitaux obligés de déprogrammer leurs activités médicales et chirurgicales dites non-urgentes, et dénonçant « bombe à retardement ».

    Des centaines de milliers de contraventions pour des motifs parfois les plus stupides. Des dizaines de milliards d’argent magique débloqués en urgence. Des informations sans cesse contradictoires. Des soupçons de conflit d’intérêts au plus haut niveau. Des bénévoles, des maires, des élus locaux, des pharmaciens, des médecins, passant outre les consignes officielles et palliant l’incompétence de l’état. Un Conseil d’État saisi par plusieurs syndicats qui dit non à un dépistage massif. Une pluie de décrets massacrant le droit du travail et les libertés individuelles.
    Un confinement qui montre de façon encore plus crue des inégalités sociales scandaleuses. Une spéculation sur les prix des denrées alimentaires. Des allocutions présidentielles surréalistes. Des actes de délation qui augmentent. Des hélicos surveillant les plages. Des rumeurs conspirationnistes. Des exilés fiscaux voulant rentrer en France pensant qu’ils y seront mieux soignés. Un effondrement des places boursières et de l’économie réelle. Un président qualifié de « présence thaumaturge » par son entourage.

    Des menaces de faillites en cascade et d’explosion du chômage. Un refus gouvernemental systématique de nationaliser des entreprises stratégiques. Des poursuites judiciaires contre des ministres. Des appels à la désobéissance civique. Une UE multipliant les retards à l’allumage et plus divisée que jamais. Un MEDEF trépignant de rage pour remettre tout le monde au travail. Une dérive sécuritaire de plus en plus alarmante.

    Des commandes de drones, de LBD, de lacrymos. Des milliards versés en douce à des multinationales polluantes sans contrepartie. Des pénuries qui s’accumulent et qui durent, masques, gants, gel, sur-blouses, oxygène, respirateurs, tests, lits, médicaments, houses mortuaires. Des médecins forcés de faire un tri entre patients à soigner ou pas. Des cendres de défunts dans des sacs plastique. Des milliers de familles endeuillées privées de funérailles.

    Un appel à la création d’un nouveau Conseil National de résistance. Une ruée soudaine vers un McDo ré-ouvert. Des gens qui hier n’étaient « rien » devenus aujourd’hui des « héros ». Un pétrole à prix négatif. Une récession qui ressemble désormais à une « grande dépression » mondiale. Un dé-confinement prévu et une seconde vague de contagion prévisible.

    #OnOubliePas

    (Illustration Yuval Robichek - https://www.facebook.com/yuval.robichek)

  • Premier matin de novembre – Que partout, refleurissent les premiers matins de novembre
    https://pmdn.home.blog

    Contrairement à ce qu’on l’air de penser les « camarades » qui préfèrent encore la grille de lecture des misérables d’Hugo et ceux de Ladj Ly, écrire une fanfiction du Capital pour expliquer tout ceci ne suffira pas. Ces révoltes ont bel et bien un coût politique pour les gouvernants, la bourgeoisie, le capital ou peu importe le petit nom que vous leur donnez, c’est juste pas nous qui rafflons la mise. Elles les rendent à chaque fois un peu plus dépendant et tributaire d’une bande de terroristes qui ne s’interdit à peu près rien. Qu’ils se soient mis eux même dans cette position pour entretenir un certain ordre social et colonial en banlieue est une certitude, qu’ils maîtrisent encore cette situation, en revanche, le doute est largement permis. On peut penser au préfet de Paris et à son camp qui ne rendent plus de compte à personne et surtout pas au pouvoir politique. On peut penser aussi en voyant la brigade scientifique s’activer sur des encombrants jeté a des déchets à Villeneuve La Garenne, comment les miliciens ont obtenus la préservation de leur régime de retraite en un temps record au point de laisser lesdits policiers scientifiques sur le carreau.

    Le pouvoir policier est devenu incontrôlable donc. Pris dans ses pulsions de mort et baignant dans les plus sales représentations on ne l’arrête plus. De la même manière que le code noir n’a pas arrêté le maître qui battait ses esclaves, quand bien même cela ne correspondait en rien à ses intérêts capitalistes. En banlieue, les porcs ont monopolisé le pouvoir, ce n’est pas, ou pas que, la bourgeoise, le capital où l’Etat qui tient les rênes, c’est eux

  • La réponse de l’hébergeur à la bergère
    https://framablog.org/2020/04/19/la-reponse-de-lhebergeur-a-la-bergere

    …ou considérations pratiques à l’attention des hébergeurs qui reçoivent une demande de retrait de contenu L’association Scenari dont je suis membre a reçu un mail de la directrice juridique d’un important éditeur de manuels scolaires (que j’appellerai Éditions X), intitulé … Lire la suite­­

    #CHATONS #Droits_numériques #Internet_et_société #Libertés_Numériques #arguments #contenus #Directive #droit #Droits #Éducation #Européenne #Internet #LCEN #Loi

  • Coronavirus : 5,7% des Français auront été infectés d’ici au 11 mai, selon une estimation de l’Institut Pasteur
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-moins-de-6-des-francais-ont-ete-infectes-selon-une-etude-de

    Ce taux est très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées après le 11 mai. Le déconfinement devra donc être très progressif.

    Seuls 5,7% des Français, soit 3,7 millions de personnes, auront été infectés par le nouveau coronavirus au 11 mai, jour du début du déconfinement, selon des estimations (en anglais) présentées dans une prépublication de l’Institut Pasteur, mardi 21 avril. Un niveau très insuffisant pour éviter une deuxième vague épidémique si toutes les mesures étaient intégralement levées à cette date. « Pour que l’immunité collective soit suffisante pour éviter une deuxième vague, il faudrait 70% de personnes immunisées. On est très en dessous », explique l’auteur principal de l’étude, Simon Cauchemez.

    Par conséquent, « au sortir du confinement, si on veut éviter une deuxième vague importante, des mesures doivent être maintenues », ajoute l’épidémiologiste. La perspective d’un rebond de l’épidémie obligera à un déconfinement très progressif à partir du 11 mai, a d’ailleurs prévenu dimanche le Premier ministre, Edouard Philippe, selon qui les Français ne retrouveront « pas tout de suite et probablement pas avant longtemps » leur « vie d’avant ».

    Un taux plus élevé en Ile-de-France et dans l’Est
    Réalisée par l’Institut Pasteur en collaboration avec l’agence sanitaire Santé publique France et l’Inserm, l’étude se base sur des modélisations mathématiques et statistiques. Ces outils permettent de croiser les données sur les décès et sur la probabilité de mourir quand on est infecté, afin de parvenir à une estimation de la part de population touchée par le virus.

    Comme le relève Le Monde, cette proportion varie d’une région à l’autre. En Ile-de-France ou dans le Grand Est, les régions les plus touchées, les épidémiologistes estiment le taux d’infection à 12% en moyenne, mais celui-ci chute à moins de 2% en Nouvelle-Aquitaine, en Bretagne ou en Pays de la Loire. 

    « L’intervalle d’incertitude est important, entre 3 et 10% », note Simon Cauchemez. Mais « que ce soit 6%, 10% ou même 20%, ça ne change pas vraiment la nature du problème, qui est que dans tous les cas, on sera très loin des 70% dont on aurait besoin pour pouvoir faire une sortie du confinement sans problème », souligne-t-il.

    La faible part de population infectée est due au confinement lui-même, relève l’étude, selon laquelle « le nombre moyen de personnes infectées par un cas est passé de 3,3 » avant le confinement « à 0,5 pendant ».

    • C’est très étonnant : l’ordre de présentation des données est rigoureusement inversé par rapport au « abstract » de Pasteur (Estimating the burden of SARS-CoV-2 in France – je suis d’ailleurs curieux de savoir si « burden » conserve ici son aspect très négatif de fardeau, ou s’il s’agit d’un usage scientifique en virologie qui aurait perdu cette connotation), lequel commence par expliquer qu’il estime l’impact du confinement et l’immunité actuelle de la population. Les premiers chiffres sont les proportions de gens hospitalisés ou morts à cause de Covid-19. Puis le chiffrage (spectaculaire) de l’efficacité du confinement. Finalement la part de la population qui a été contaminée. Et conclusion sur le danger d’une seconde vague en cas de levée des mesures sanitaires à la fin du confinement.

      Abstract : France has been heavily affected by the SARS-CoV-2 epidemic and went into lockdown on the 17th March 2020. Using models applied to hospital and death data, we estimate the impact of the lockdown and current population immunity. We find 2.6% of infected individuals are hospitalized and 0.53% die, ranging from 0.001% in those <20y to 8.3% in those >80y. Across all ages, men are more likely to be hospitalized, enter intensive care, and die than women. The lockdown reduced the reproductive number from 3.3 to 0.5 (84% reduction). By 11 May, when interventions are scheduled to be eased, we project 3.7 million (range: 2.3-6.7) people, 5.7% of the population, will have been infected. Population immunity appears insufficient to avoid a second wave if all control measures are released at the end of the lockdown

      L’article (et j’ai bien l’impression que c’est exactement la même chose avec l’article du Monde) présente les infos exactement dans l’autre sens, l’efficacité (impressionnante) du confinement est citée après 7 paragraphes, et les 0,53% de décès et les 2,6% d’hospitalisations (chiffres eux-mêmes très importants) passent tout à la fin.

      Ce qui donne vraiment l’impression que la considération première est l’immunité de groupe (« insuffisante »), et que son coût humain est très secondaire (dernier paragraphe).

    • Je me suis levé plus tôt que toi on dirait
      https://seenthis.net/messages/845766

      La remarque d’@arno est très pertinente : on a un peu l’impression à lire ces textes que les régions les plus touchées sont « en avance », et les autres à la traîne et que c’est bien dommage… ou encore que c’est un problème si le confinement a limité l’épidémie…

    • La « solution » par l’immunité de troupeau (c’est moins vendeur mais il y a encore des épidémiologistes pour la nommer ainsi) c’est la pleine confiance en une « loi de la nature » qui ferait s’épuiser les effets du virus et sur laquelle nous pourrions faire fond. Et, bien qu’avec ce virus là l’immunité individuelle elle-même paraisse aléatoire et réversible, ça continue !
      Je lisais hier une infirmière racontant que son hosto parisien envisage de réduire les effectifs d’un service pédiatrique déjà exsangue car celui-ci a bien « fonctionné » durant le pic, lorsque de nombreux soignants de ce service était affecté aux prises en charge Covid_19.

      Leur liberté est le premier des crimes.

      #économie

    • La paragraphe sur les 2,6% d’hospitalisations dans l’article du Monde est remarquable par son champ sémantique systématiquement positif (« bien inférieur à une première estimation », « une minorité de patients »…).

      Pour préciser leur tableau de l’épidémie, les épidémiologistes ont aussi calculé la probabilité pour une personne infectée d’être hospitalisée. Selon leurs calculs, elle s’élève à 2,6 %, ce qui est bien inférieur à une première estimation de 4,5 % réalisée sur la base des données chinoises. Une fois hospitalisés, une minorité des patients doivent être admis dans un service de réanimation : c’est le cas de 18,2 % d’entre eux, après un délai moyen d’hospitalisation d’un jour et demi. Sans surprise, la probabilité de devoir aller en réanimation augmente avec l’âge, avec un « plafond » à 70 ans. Au-delà, les malades sont plus rarement transférés dans ces unités-là, car les chances de guérison sont très faibles.

      Il suffit pourtant de considérer 2,6% de 70% de 67 millions de français, ça fait 1,2 million de personnes hospitalisées avant d’arriver à l’immunité de groupe pour calmer cet enthousiasme.

      Et comme je l’ai déjà fait remarquer ici :
      https://seenthis.net/messages/845839#message845855
      l’ordre de présentation des informations est rigoureusement inversé par rapport au communiqué de Pasteur, donnant l’impression qu’on espère l’immunité de groupe, et que les considérations sur le risque mortel que ça représente pour des centaines de milliers de personnes est secondaire.

      Ce qui fait par exemple que la seconde partie du texte est intertitrée :

      En Ile-de-France, 12 % de la population immunisée

      avec force considérations sur les « taux d’immunisation » des différentes régions du pays alors que, pour rappel, l’immunisation après contamination n’est pas encore certaine : ici « immunisé » et « taux d’immunisation » est un pléonasme trompeur pour « contaminé » et « taux de personnes qui ont été contaminées » (donc, derrière, des hospitalisations, des gens en réanimation, et des morts).

      Là encore, le champ sémantique utilise des termes négatifs pour les régions où il y a eu moins de contaminations (et donc moins de morts) – « elle chute à moins de 2% », « moins de 6% de la population seulement… pose un problème majeur ». D’avantage de contaminations (donc plus de morts) est décrit de façon neutre et décontextualisée, comme dans l’intertitre, ou « a davantage circulé… », « ait pu développer… ».

      Les considérations sur les morts et les hospitalisations arriveront bien plus tard, et en plus avec ces champs sémantiques qui occultent la gravité du massacre.

      Par exemple sur les morts (0,5% de 70% de 67 millions de français, ça représenterait 250 000 morts, calcul qui n’est évidemment pas fait dans l’article), l’utilité de l’estimation de 0,53% est résumée au fait que ça permet d’estimer le nombre de personnes infectées au départ :

      A partir de là, il a suffi aux épidémiologistes de « remonter le temps ». « Si vous avez 100 morts et que la probabilité de mourir lorsqu’on est infecté est de 0,5 %, on peut en déduire le nombre de personnes infectées au départ », explique Simon Cauchemez.

      Et la seule autre considération, dont la dérive eugéniste est pourtant de plus en plus flagrante :

      Ces estimations varient cependant beaucoup selon l’âge et le sexe : le taux de létalité n’est que de 0,001 % chez les moins de 20 ans, mais s’élève à 8,3 % chez les plus de 80 ans.

      Ah là là, vivement qu’on soient tous contaminés ! (Oups, pardon : « immunisés ».)

    • On devrait p’têt en parler au Grand Mamamouchi de l’éducnat qui prétend qu’on va ré-ouvrir les classes de Grande Section, CP et CM2 et ce, dès le 11 mai. Mais par demi-classe, hein ! Et puis p’têt pas dans toutes les régions. Faut voir, quoi ... Bon, dites, les collègues : « la crosse en l’air », ça vous tenterait pas le 11 mai ?

    • @sombre : Je rappelle que d’après une étude récente, portant sur un individu jeune, les jeunes ne sont pas contagieux. En effet, 0 enfants et 0 adultes ayant fréquenté cet enfant contaminé n’ont été contaminés à leur tour. Alors, on va pas tergiverser et on va conclure pour de bon : les enfants peuvent reprendre l’école.

    • C’est vrai que l’article insiste plus sur le peu de contaminés plutôt que sur le peu de morts, mais n’est-ce pas le Catch-22 du confinement ?

      Si ça marche, on désengorge les hôpitaux, on diminue le nombre de morts... mais ne dit-on pas que les contaminations vont reprendre dès qu’on déconfinera, jusqu’à ce qu’à peu près 50% des personnes soient contaminées ? Est-ce que cette lecture est idéologique, comme vous semblez le dire, ou scientifique ? Ce n’est pas ce dont on parlait là ? :
      https://seenthis.net/messages/833167

      Et c’est là que le chiffre de 6% est inquiétant car il confirme qu’une « nouvelle vague » de contamination sera non seulement inévitable, mais même « souhaitable » (si tant est que les hôpitaux soient capables de les absorber et de les soigner), quitte à recommencer à alterner des périodes de confinement et de déconfinement, et donc qu’on est loin d’être sortis de l’auberge. Non ?

      Je comprends les critiques sur la forme, 1 million d’hospitalisés et 250.000 morts ça ne devrait pas rendre enthousiastes, mais est-ce qu’il y a un moyen d’éviter ça ? C’est une chose de ne pas se réjouir, mais c’est une autre chose de ne pas y croire... Je ne demande pas mieux que de changer d’avis...

      Etude de l’Institut Pasteur :
      https://seenthis.net/messages/845766

      Article de France Info :
      https://seenthis.net/messages/845839

      Article du Monde :
      https://seenthis.net/messages/845893

      #coronavirus #confinement #déconfinement #statistiques #flatten_the_curve

    • Un moyen d’éviter ça ? Sérieux... Je sais pas si c’est un effet du goût pour la collapsologie mais les bras m’en tombent.

      Des masques et du GHA pour tous (c’est très facile et pas cher), l’arrêt des activités productives non indispensables (plus compliqué), un dépistage PCR à une échelle pertinente, voire à une échelle de masse, entretien #clinique avec chaque contaminé lorsque ce dernier est en mesure de répondre pour pouvoir prévenir les personnes avec qui elle a été en contact rapproché (en lieu clôt), c’est-à-dire appui sur la médecine ordinaire de ville, et toutes les structures médicales et para médicales, dans le cadre d’un plan épidémiologique, réquisition des boites en mesure de fabriquer ce qui est indispensable (matériel de protection et de soin : merde ! Johnson a mis des boites auto au taff, Trump idem, Macron veut continuer à fabriquer des Airbus) tests sérologiques et étude sérieuse sur l’immunité individuelle, isolement des malades dans des conditions d’existence et sociales acceptables (les hôtels), obligation sous peine d’amendes et de fermeture pour raison sanitaire de respecter des procédures de prévention clairement définies dans tous les lieux confinés (quitte à embaucher en CDD quelques milliers de néo « inspecteurs du travail » dédiés à l’établissement de ces mesures de prévention) qui ressortent d’une propriété lucrative ou d’un équipement collectif, il y a une gamme de moyens qui pourraient être conjugués, dont le soutien explicite, matériel et institutionnel à une mobilisation populaire pour ces actions de prévention (et pas des coups de fils à LVMH, et pas la mendicité organisée pour ne serait-ce que nourrir les soignants), car la disponibilité existe, est démontrée (et quelle est plutôt exploitée et freinée, cf les embrouilles avec la police de pas mal de monde occupé à pallier l’incurie étatique). Des moyens autres que le seul (faux) confinement.
      Sinon, on cherche péniblement à gérer des stop and go pour péter la courbe lorsqu’elle risque de devenir ingérable pour le système hospitalier (on espère que le jugement de l’histoire s’exerce sur la méga machine et sa faillite éventuelle et pas ailleurs), au jugé, sans rien savoir, à part le nombre d’hospitalisations (quitte à faire passer les morts hors structures sous le tapis), et sans autre objectif que celui d’un retour de l’être aimé : le primat de l’économie.

    • OK, je comprends mieux ton (votre) point de vue... Certes, on peut donc, en plus de ralentir la propagation du virus, essayer de la diminuer. D’autant qu’entre temps on peut aussi espérer l’arrivée d’un vaccin ou d’un traitement. Merci.

    • Pardon, je ne parle que pour moi. D’autres diront sûrement des choses plus précises, d’autant que j’ai pas fait l’effort de truffer le post de références diverses à des avis informés qui ont été publiés ici-même (toubibs, pas tous chinois, épidémiologistes, personnes expérimentées en matière de prise en charge collective des questions de santé, pas seulement soignants attitrés, chercheurs de diverses disciplines et indisciplinaires, ...), car il ya énormément d’arguments pour une réponse sanitaire (soin et recherche) et sociale à la pandémie.
      Bien sûr que rien n’est garanti, que les incertitudes sont grandes sur ce qui va se passer (des simulations épidémiologiques comportent des hypothèses qui nous en font baver et mourir jusqu’en 2025).
      Mais tout cloche là-dedans. Par exemple on dit que la pollution baisse, mais pas celle aux particules fines qui trimballe le virus et favorise la contamination. C’est la guerre mais on touche pas à ce qui crée les particules fines (dont les épandages agricoles qui encerclent les villes)...
      Rien n’est garanti, mais selon la formule consacrée, il y une obligation de moyens. Reste à savoir qui en décide ET pas seulement sur la base des compétents a priori (en ai un peu marre de la dénonciation de l’incompétence des dirigeants qui marche bien ici et ailleurs, sous couvert de critique des dirigeants, c’est radicalement anti-démocratique : « donnez nous des dirigeants compétents », et pas « construisons collectivement les compétences adéquates » aux problèmes rencontres ou choisis/ considérés collectivement comme décisifs).
      Pour ce qui est des résultats, même le mauvais (pourquoi des joggeurs qui expectorent à 8 mètres doivent tenir 1mètre ? pourquoi vaquer ou flâner à l’air libre loin des autres doit-il être interdit à coups de patrouille de drones et d’hélicoptères en plus des 100 000 flics déployés ?) et faux confinement (acheter, travailler, sans masque ni raison) a déjà fait ses preuves, bien qu’il nous dégringole dessus d’un sacré surplomb et en cultivant le dobble bind.
      Son acceptabilité sociale (et pas seulement économique) pose problème, c’est comme ça qu’à reculons on nous prépare la production en masse de masques « grand public » comme ils disent (deux secondes avant ils disaient « alternatifs » parce que c’était produit partout avant que l’État lève le peut doigt de sa main gauche pendant que la droite faisait des mouvement désordonnés), non seulement pour faire gaffer, mais aussi pour concéder un bout de liberté de mouvement (au risque que les masques remplissent plusieurs fonctions, comme il est loisible de l’espérer et comme ils le craignent depuis le début, sur fond de mobilisation Loi Travaille, Gilets Jaunes et Retraites).
      Fondamentalement, ils en sont toujours à l’hypothèse loi de la nature / immunité de troupeau. Il leur faut juste marchander un peu le coût humain et social en l’étalant, en affichant une mobilisation, celle des écrans tévé, des gendarmes sur l’autoroute ou des Bac des dans les cités, des entreprises qui « aident » l’hôpital, les soignants, les pauvres, pour rester un tant soit peu légitime.
      Par ailleurs, si je citais la collapsologie, c’est qu’il me semble que c’est une manière de voir qui fait fi des rapports sociaux sauf à considérer qu’ils ont conduit à une perturbation catastrophique de ces mêmes « lois de la nature » (et encore, c’est plutôt une supposée autonomie de la technique qui remplit ce rôle dans une vison sans classe sociale ni exploitation, si ce n’est celle de « la nature »), que c’est une idéologie assez réac qui consonne avec leur malthusianisme et leur darwinisme social. Mais c’est dit trop cash et ça devrait s’argumenter davantage. De plus, la collapasologie a pas le monopole de cette affinité puisque personne n’est absolument exempt de l’idéologie dominante, sinon faudrait l’appeler autrement :)

    • La politique de l’immunité de troupeau tout en restant « sous la ligne » de la saturation du système de santé est elle-même rendue impraticable par les chiffres de Pasteur.

      Si on vise 70% de la population, on vise donc 250 000 morts, sans saturer le système de santé (1,2 millions d’hospitalisations). Si l’on considère la confinement actuel, dans lequel le système hospitalier est déjà bien saturé (mais non effondré), on a « réussi » (pour rester dans le champ sémantique positif des articles référencés) à tuer un peu plus de 20 000 personnes en 35 jours. Pour parvenir à nos 250 000 morts en restant à ce niveau de saturation (sans effondrement) des hôpitaux, une petite règle de 3 nous indique qu’il faudrait 437 jours.

      Même en comptant sur des optimisations du système de santé qui permettraient de tuer plus de gens plus rapidement sans effondrer les hôpitaux, ça nous met à plus d’un an à ce petit jeu : si on arrive à tenir un bon rythme de 1000 morts par jour (ce qu’on n’a pas réellement réussi à faire pour l’instant, même début avril), ça va prendre 250 jours.

      Si on reste aux considérations « positives » des articles, on a atteint 6% d’immunisés en 35 jours confinement. Pour atteindre 70% d’immunisés, compter dix fois plus longtemps (rebelote : près d’un an).

      Pour le coup, il faut vraiment garder ces chiffres des décès et des hospitalisations en tête parce que, même si on évacue la question morale, ce n’est pas une solution réalisable. Si l’on se base sur l’expérience qu’on vient de traverser, si on veut atteindre un taux de 70% de contaminés sans provoquer l’effondrement du système de soin, ça va prendre un an.

      Dit autrement : « Flatten the curve » et rester sous le niveau de l’explosion du système de santé, en l’état actuel de la médecine (pas de vaccin, pas de traitement), ça repousse l’immunité de groupe aux calendes grecques (avec, outre les inconnues sur la réalité de l’immunité après contamination, l’augmentation de la probabilité d’une mutation du virus qui rend l’éventuelle immunité inopérante avant qu’on y arrive – avec cet aspect signalé par le médecin suisse hier : si on décide de laisser proliférer le virus en lui offrant plus d’hôtes, on multiplie encore les chances de mutation).

    • Mais un an (ou deux) ce sont des chiffres dont on parle depuis le début (là encore : https://seenthis.net/messages/833167 ), d’autant que c’est aussi le délai approximatif (et optimiste) de la mise au point d’un vaccin... Donc, oui, c’est le scénario « mainstream ».

      J’entends et je préfère aussi les autres scénarios (comme celui de @colporteur ), plus soucieux de préserver des vies humaines, à commencer par tester massivement, prolonger le confinement (au minimum pour ceux qui sont positifs), donner beaucoup plus de moyens pour l’hôpital etc. Cela dit, un scénario comme ça aussi, c’est minimum un an ou deux. C’est pas grave, mais c’est pour se préparer...

    • En parlant déconfinement avec insistance, en mettant sous le boisseau toutes les données un peu contrariantes, le gouvernement sait pertinemment qu’il est en train de déclencher un autodéconfinement de masse qui vise précisément à accélérer la contamination globale de la population (et donc son hypothétique immunité), tout en pouvant prétendre ensuite si ça part bien en couille niveau mortalité, que se sont les gens qui sont cons et indisciplinés et que le gouvernement n’a rien à voir avec tout ça.

    • Dans mon nouveau quartier le boutique de merdes design a rouvert, comme d’autres commerces encore qui sont indispensables à la vie quotidienne. Les voitures sont plus nombreuses, tout ça sent le déconfinement. L’idée qu’on puisse lâcher la grappe sur le confinement pour que ça merde et qu’on se trouve un autre ennemi que la gestion néolibérale des affaires publiques me fout en rogne.

    • Tout cela sous entend qu’une fois qu’on a eu le virus, on devient immunisé (et donc sans risque de retomber malade). Mais y a t il une étude qui le prouve ? L’immunité pourrait être variable dans le temps et dépendre des patients. Le risque de rechute pourrait être possible.

      Un article qui date un peu (fév 2020) avait émis certaines mises en garde :

      le consensus qui émerge parmi les épidémiologistes est un scénario dans lequel cette épidémie va devenir une nouvelle maladie saisonnière – un cinquième coronavirus endémique
      ...
      Avec ces quatre autres [coronavirus], les gens ne développent pas d’immunité à long terme", poursuit The Atlantic.
      ...
      Interrogé le 19 février par USA Today (article en anglais) au sujet de la possibilité d’être « réinfecté », le directeur du centre de prévention et de traitement de la pneumonie dans un hôpital de Pékin, Li QinGyuan, évoque lui aussi le rôle joué par les anticorps développés par les patients. « Pour certaines personnes, ils ne sont pas efficaces longtemps. Pour beaucoup de patients désormais guéris, il existe une chance de rechute. »
      ...
      Car pour Philip Tierno Jr., professeur en microbiologie et pathologie à l’école de médecine de l’université de New York, cité par Reuters, « une fois que vous avez été infecté, le virus pourrait rester en sommeil et avec des symptômes minimes, et vous pouvez ensuite avoir une aggravation s’il parvient jusqu’aux poumons. »

      https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/covid-19-peut-on-etre-infecte-plusieurs-fois-par-le-nouveau-coronavirus

      Si quelqu’un à des infos un peu plus récente sur ce phénomène pour me contredire, j’en serais heureux.

    • A priori a la dernière étude en date de l’institut pasteur, on ne sait toujours pas :

      Still, with a lockdown in place more than four weeks
      before the blood sampling, we believe that time to seroconversion has been sufficient for the majority
      of infected individuals. One important knowledge gap remains the extent to which the antibodies
      detected in this study would be immunoprotective. In the absence of this knowledge, we suggest that
      barrier measures and social distancing continue to apply the same way for people with and without
      antibodies.

      https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.04.18.20071134v1

  • Contenir la pandémie sans confinement ? COVID 2 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=e3WXfTOw7xY

    Dans cette vidéo, on explore les différentes options pour réduire le taux de reproduction effectif Rt. En dehors d’un confinement généralisé, il semble indispensable d’exploiter des solutions comme le contact tracing électronique. Cependant, celui-ci ne sera efficace que si une large proportion de la population l’utilise (l’effet est quadratique). Sa promotion massive semble donc critique.

    NB : Après la mise en ligne de cette vidéo, j’ai découvert ces deux autres publications qui estiment elles aussi que la fraction des contaminations pré-symptomatiques semblent ~50%. Voilà qui confirme l’importance du contact tracing pour réduire le taux de reproduction effectif.
    https://www.medrxiv.org/content/10.1101/2020.03.05.20031815v1
    https://wellcomeopenresearch.org/articles/5-58

    Lancez vos simulations épidémiologiques à la 3Blue1Brown :
    https://prajwalsouza.github.io/Experiments/Epidemic-Simulation.html

    #COVID19 #coronavirus #simulations

    • Je vais essayer d’être diplomate (même si c’est pas gagné) car je comprends qu’avec l’inquiétude actuelle et l’impuissance dans laquelle nous sommes isolés, certaines personnes soient tentées de trouver dans le contact tracing une solution à étudier attentivement.
      Se consacrer à cela n’est-il pas un moyen efficace de se détourner de la réalité de la maladie et de ses effets de bord sociaux et politiques déjà à l’œuvre ?
      Pouvons nous essayé de prendre un peu de distance au lieu de rêver à un miracle technologique (que certain·es nomment le #bluff_technologique) pour analyser factuellement les proratas médicaux (tests/masques/soins hospitaliers), puis si il le faut vraiment creuser l’application du contact tracing d’un point de vue uniquement technique (comment marche le bluetooth et avec qui).
      Faire cela avant même d’activement se remémorer l’histoire de la mise en place exponentielle des moyens de surveillance globale de la population appuyés sur la peur et la précipitation depuis 25 ans ? avant même de penser qu’un tel basculement ne peut nous mener qu’à la mise en danger de la démocratie ?

      https://seenthis.net/messages/844226

    • De toute manière, sur une bonne partie de la population, ça ne marchera pas plus qu’un numéro vert pour un problème de société.

      1⃣ Il faut des téléphoner compatibles (et beaucoup de gens préfèrent des téléphones qui ne font qui téléphoner).
      2⃣ Il faut savoir les utiliser → on est toujours pas certains d’avoir réussi à expliquer à ma belle-mère comment avoir une téléconsultation avec sa psy.
      3⃣ ceux qui réunissent les 2 premières conditions sont les + susceptibles de savoir aussi contourner le dispositif au besoin.

      Donc, on arrête de perdre du temps sur des doudous stupides et on doit juste repenser toute l’organisation sociale…

    • C’est le problème rencontré en sécurité informatique où sur l’usage d’outils que nous pensons basiques, le dysfonctionnement est d’abord entre la chaise et l’écran.

      Un exemple aussi d’une grand-maman bien connue de mes services bisoux virtuels à qui j’ai envoyé un lien à cliquer pour pouvoir échanger par visio sur jitsi. Une heure au téléphone pour lui demander de cliquer sur le lien qu’elle avait reçu sur sa tablette (oui, la famille lui a offert une tablette second prix l’année dernière pour qu’elle reçoive de leurs nouvelles). Elle a abandonné, on devait se voir depuis Noël, on repoussait notre venue, voila, on ne se verra pas, même pas en visio.

      Cette dame de 83 ans sait toutefois se servir des textos, au grand dam de ses petits enfants qui reçoivent des SMS de trois mots quand ils se sont fendus d’un long texte bien écrit en beau français :)

    • D’autres points à considérer :

      – les outils technologiques de surveillance de masse existent déjà, qu’on le veuille ou non ; si les services de renseignement veulent tracer où tu as été et qui tu as fréquenté, c’est déjà faisable, et sans doute déjà fait dans de nombreux pays, comme l’a montré Snowden ;

      – Facebook, c’est 37 millions d’utilisateurs actifs chaque mois en France. Prétendre que les gens ne sont pas équipés, ne savent faire, ou qu’ils ne veulent pas se faire fliquer, c’est une vue de l’esprit ; il y a de nombreuses difficultés avec les logiciels « privacy first », mais l’aspect diffusion/acceptabilité ne me semble pas le plus complexe ;

      – une question qui se pose de manière extrêmement urgente, c’est de savoir si les États vont utiliser cet épisode pour officialiser les outils les plus intrusifs et répressifs, où si l’on peut refuser l’officialisation des outils tels qu’ils sont ouvertement utilisés dans l’autres pays, et pousser pour aller vers les outils conçus par des spécialistes du « privacy-first » plutôt que par Palantir et avec une absence à peu près totale de contrôle démocratiqu ;

      Dit autrement : les outils de surveillance de masse existent déjà, mais leur valeur répressive est relativement limitée, parce que leur utilisation n’est pas officielle (c’est du domaine du renseignement, qui est certes très problématique, mais qui est plus ou moins limité). Si on officialise ces outils dans le cadre de l’épidémie, on change d’échelle, et leur valeur répressive restera, parce qu’on aura accepté ça cette fois. Une fois qu’on aura officialisé l’idée qu’un outil à la Palantir est utile en étant accessible aux flics « de terrain » et peut être utilisé dans une procédure juridique (démontrer que tu n’as pas respecté le confinement plusieurs fois de suite), ça restera si on invoque le terrorisme, les black blocks, les néonazis, les violeurs pédophiles ou je ne sais quoi. L’alternative envisagée, c’est donc de proposer l’utilisation d’outils conçus pour ne pas pouvoir être utilisés de manière répressive (parce que sans moyens d’identification) mais qui rempliront le même but (limiter la propagation de l’épidémie), retirant ainsi la « justification » de l’utilisation de moyens intrusifs.

      – le grand risque, c’est que le déconfinement soit suivi, moins d’un mois après, par une hausse brutale des contaminations et l’imposition dans l’urgence d’un second confinement ; s’il y a échec du déconfinement (et ça nous semble à tous très probable), la question des libertés publiques deviendra tellement accessoire qu’on va pleurer. Si l’État se retrouve avec un second confinement et absolument tout le monde qui exige de lui de trouver immédiatement une solution (Saint Raoult priez pour nous), je n’ai rigoureusement aucune doute, mais alors aucun, que les méthodes instaurées seront d’une violence que l’on pense aujourd’hui impossible. Croire qu’on échappera alors à Palantir et à la surveillance électronique renforcée (tout ça sera de toute façon réclamé par la population), ça me semble dangereusement naïf. On prendra le logiciel et les méthodes de flicage sud-coréens, au mieux, et on les appliquera à la Lallement, et ce ne sera plus du tout discutable.

      – dans l’immédiat, on n’a pas le droit de sortir de chez nous, si on le fait c’est avec la crainte de tomber sur des flics, on n’a pas le droit de se rencontrer, on n’a pas le droit de manifester, on n’a pas le droit d’aller voter, l’effondrement économique a aussi pour conséquence qu’on a de moins en moins la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille (je ne suis pas pour le « tout économique », mais tout de même), ce sont les plus faibles socialement et physiquement qui en prennent plein la gueule les premiers, etc. On n’est pas dans une situation où il y aurait des choix parfaits, et où l’on peut considèrer des absolus quant à nos libertés. Parce que pour l’instant et pour une période dangereusement longue, notre libertés fondamentales sont déjà abolies (aller et venir, rassemblement, démocratie, éducation…).

      – l’autre grosse alternative, et c’est certainement la solution qui se met en place sans le dire explicitement, c’est l’immunité de groupe (malgré les doutes sur l’immunité). Le confinement ne sert dans cette optique qu’à atteindre un niveau d’acceptabilité, dans nos démocraties, au fait qu’on va laisser crever une partie de notre population. Le coût d’un second confinement serait tellement intolérable que la population acceptera ce choix, initialement indéfendable. Depuis une semaine, on a d’ailleurs en France toute une littérature qui fleurit allant dans ce sens.

      Du coup, dans cette logique (et dans un sens donc contraire aux considérations précédentes), on peut suspecter que l’annonce du logiciel soit, justement, une sorte de gri-gri destiné à calmer l’opinion et justifier le déconfinement, et pouvoir dire, s’il y a trop de morts, que vous voyez bien, on avait tout mis en place, mais les gens n’ont pas voulu utiliser l’outil qu’on leur avait proposé. (Donc c’est la faute aux gens.)

    • Tout comme Arno, je pense que la plupart des gens vont installer l’appli sans sourciller, tout comme ils utilisent Facebook et tous les services de Google... Il n’y a qu’à voir aussi comment en ce moment tout le monde se rue sur Zoom malgré tous les articles et avertissements qu’on peut lire partout, alors que des alternatives tout aussi pratiques (voire mieux) et open-source existent, comme jitsi. La question est donc d’exiger une appli qui ne fera que du tracking anonyme et rien d’autre. J’y crois moyen et en même temps j’ai une petite lueur d’espoir depuis que j’ai vu que le code de leur formulaire d’attestation dérogatoire était publié sur Github (même si on peut toujours penser que le code effectivement mis en œuvre n’est pas tout à fait celui qui nous est présenté).

    • – les outils technologiques de surveillance de masse existent déjà, qu’on le veuille ou non ; si les services de renseignement veulent tracer où tu as été et qui tu as fréquenté, c’est déjà faisable, et sans doute déjà fait dans de nombreux pays, comme l’a montré Snowden ;

      Tu fais des suppositions non démontrées et en avançant ainsi tu considères que personne n’y peut rien et tu invites à renoncer à dénoncer les différents procédés de surveillance et de suivi. L’argument du on le sait déjà n’est pas recevable, parce qu’il tient du fantasme paranoïaque, ça ne veut pas dire que c’est faux, mais qu’il y a certaines formes de surveillance. Heureusement qu’il existe encore des moyens d’y échapper.

      – Facebook, c’est 37 millions d’utilisateurs actifs chaque mois en France. Prétendre que les gens ne sont pas équipés, ne savent faire, ou qu’ils ne veulent pas se faire fliquer, c’est une vue de l’esprit ; il y a de nombreuses difficultés avec les logiciels « privacy first », mais l’aspect diffusion/acceptabilité ne me semble pas le plus complexe ;

      Merci de citer tes sources. 37 millions de comptes actifs, ce n’est pas 37 millions de personnes. Ce n’est pas une vue de l’esprit de se rendre compte que les personnes les plus exposées sont des personnes qui ne sont pas équipées en smartphone. On ne parle pas d’un ordinateur à la maison.

      – une question qui se pose de manière extrêmement urgente, c’est de savoir si les États vont utiliser cet épisode pour officialiser les outils les plus intrusifs et répressifs, où si l’on peut refuser l’officialisation des outils tels qu’ils sont ouvertement utilisés dans l’autres pays, et pousser pour aller vers les outils conçus par des spécialistes du « privacy-first » plutôt que par Palantir et avec une absence à peu près totale de contrôle démocratique ;

      Il y a urgence de masques et de tests, de lits d’hopitaux mais certainement pas urgence de la mise en place d’une surveillance sociale de masse électronique telle qu’elle voudrait s’imposer actuellement. N’oublions pas le contexte politique, voir la différence de gestion sanitaire en Allemagne et en France, on parle bien d’un but sanitaire et tout concoure à montrer le contraire. Je continue de dire que nous nous épuisons dans un débat technologique qui ne devrait pas avoir lieu et qui est une façon de nous détourner des réalités catastrophiques.

      Je peux malheureusement répondre oui à la première question, parce que cela se vérifie à chaque crise depuis 25 ans, les libertés se réduisent aux profits d’un Etat sécuritaire, toute occasion est bonne et les tenants de la surveillance électronique, du croisement de fichiers et du traçage sont des lobbyistes très actifs, de type Babinet (video youtube du 1er avril), qui n’ont aucune limite ni scrupule politique à t’exposer que les mails sont une source à prendre en compte dans le dossier médical multidatas qu’ils promeuvent et qui rêvent de fermer la CNIL déjà réduite à rien. Concernant Palentir, c’est une boite américaine qui analyse pour la DGSE et autres services secrets français les résultats des données collectées en france. Ça me laisse toujours pontoise de réaliser que les français sont carrement naïfs ou que nous sommes simplement toujours dans les mains des mêmes industriels du complexe militaro industriel depuis 1941 qui font croire à une guerre économique entre pays alors qu’elle est entre classes dominantes et les 99% qui subissent leurs incompétences délirantes et leurs fantasmes de contrôle total. Mais oui, je pense que ce sera Palantir et Consorts et même pire.

      Pour revenir à la croyance en des alternatives de traçage, à partir du moment où les principes démocratiques sont baffoués parce qu’il y aura violation de la vie privé via une technique de suivi personnalisé (sous des prétextes fallacieux car je répète que l’efficience sanitaire du traçage est loin d’être prouvée), qu’elle soit anonyme ou pas ne change rien (il n’y a pas d’anonymat dans du traçage), ni de garanti par un encadrement de la CNIL qui a appris à aplatir ses prérogatives chaque fois qu’un échelon supplémentaire est franchi.

      Je vois plutôt se profiler une surveillance de multiples sources justifiée par une meilleure efficience et surtout pour notre bien sanitaire. FB+internet+conversations filtrées+Géolocalisation+traçage+biométrie+rfid+ saupoudrage d’un peu d’alternatifs pour faire plaisir aux geeks qui rêvent d’un monde libre informatisé et faire croire que tout est sous contrôle démocratique.

      Nos avis démocratiques ne pèseront pas grand chose face aux milliards de $ que pèsent les données de santé et de profilage, surtout pour sauver des vies dont ils se foutent totalement. Ce qui m’intéresse à regarder actuellement c’est la méthode de persuasion qui va être utilisée. Ça suit son cours et la diversion fonctionne à merveille …

      Dit autrement : les outils de surveillance de masse existent déjà, mais leur valeur répressive est relativement limitée, parce que leur utilisation n’est pas officielle (c’est du domaine du renseignement, qui est certes très problématique, mais qui est plus ou moins limité). Si on officialise ces outils dans le cadre de l’épidémie, on change d’échelle, et leur valeur répressive restera, parce qu’on aura accepté ça cette fois. Une fois qu’on aura officialisé l’idée qu’un outil à la Palantir est utile en étant accessible aux flics « de terrain » et peut être utilisé dans une procédure juridique (démontrer que tu n’as pas respecté le confinement plusieurs fois de suite), ça restera si on invoque le terrorisme, les black blocks, les néonazis, les violeurs pédophiles ou je ne sais quoi. L’alternative envisagée, c’est donc de proposer l’utilisation d’outils conçus pour ne pas pouvoir être utilisés de manière répressive (parce que sans moyens d’identification) mais qui rempliront le même but (limiter la propagation de l’épidémie), retirant ainsi la « justification » de l’utilisation de moyens intrusifs.

      Prends juste l’exemple de Tarnac, avec Coupat qui est soupçonné parce qu’il n’a pas de téléphone portable, la répression est déjà là et n’a pas besoin de notre accord pour se déployer. La technique le permet, la répression suit, l’accompagne. Ce n’est pas de quelle manière cela va se déployer, ni si il y a anonymat ni si les intentions sont louables, mais si nous savons faire bloc contre cette hallucination collective pro technosurveillance. Je préfère me battre contre toutes les prisons car il n’y a pas de prison alternative.

      – le grand risque, c’est que le déconfinement soit suivi, moins d’un mois après, par une hausse brutale des contaminations et l’imposition dans l’urgence d’un second confinement ; s’il y a échec du déconfinement (et ça nous semble à tous très probable), la question des libertés publiques deviendra tellement accessoire qu’on va pleurer. Si l’État se retrouve avec un second confinement et absolument tout le monde qui exige de lui de trouver immédiatement une solution (Saint Raoult priez pour nous), je n’ai rigoureusement aucune doute, mais alors aucun, que les méthodes instaurées seront d’une violence que l’on pense aujourd’hui impossible. Croire qu’on échappera alors à Palantir et à la surveillance électronique renforcée (tout ça sera de toute façon réclamé par la population), ça me semble dangereusement naïf. On prendra le logiciel et les méthodes de flicage sud-coréens, au mieux, et on les appliquera à la Lallement, et ce ne sera plus du tout discutable.

      Depuis le début du covid le gvt nous mène en bateau, je n’ai aucun doute qu’on arrivera à palentir par un chemin ou un autre et en plus avec l’assentiment de la population et le chemin le plus court trouvé pour le moment c’est de laisser travailler les « alternatifs » dessus, histoire que la gauche technophile se foute bien sur la gueule.

      – dans l’immédiat, on n’a pas le droit de sortir de chez nous, si on le fait c’est avec la crainte de tomber sur des flics, on n’a pas le droit de se rencontrer, on n’a pas le droit de manifester, on n’a pas le droit d’aller voter, l’effondrement économique a aussi pour conséquence qu’on a de moins en moins la possibilité de subvenir aux besoins de sa famille (je ne suis pas pour le « tout économique », mais tout de même), ce sont les plus faibles socialement et physiquement qui en prennent plein la gueule les premiers, etc. On n’est pas dans une situation où il y aurait des choix parfaits, et où l’on peut considèrer des absolus quant à nos libertés. Parce que pour l’instant et pour une période dangereusement longue, notre libertés fondamentales sont déjà abolies (aller et venir, rassemblement, démocratie, éducation…).

      C’est assez bien vendu en effet mais je n’achète pas.

      – l’autre grosse alternative, et c’est certainement la solution qui se met en place sans le dire explicitement, c’est l’immunité de groupe (malgré les doutes sur l’immunité). Le confinement ne sert dans cette optique qu’à atteindre un niveau d’acceptabilité, dans nos démocraties, au fait qu’on va laisser crever une partie de notre population. Le coût d’un second confinement serait tellement intolérable que la population acceptera ce choix, initialement indéfendable. Depuis une semaine, on a d’ailleurs en France toute une littérature qui fleurit allant dans ce sens.

      Disons que laisser mourir des personnes et même les euthanasier sans leur accord ni celui de leurs familles sous prétexte qu’ils auraient peut-être le covid et qu’il n’y a pas assez de lits en réanimation c’est aujourd’hui et maintenant en france. Ça me suffit pour voir que ce gouvernement n’en a absolument rien à foutre de sa population et que s’il faut s’allier aux pires des américains pour réaliser le grand panoptique de surveillance cette crise servira comme excellent prétexte et au lieu de tests et de masques et de lits d’hopitaux, tout le monde demandera des drones et du traçage et de la répression bien entendu.

      Du coup, dans cette logique (et dans un sens donc contraire aux considérations précédentes), on peut suspecter que l’annonce du logiciel soit, justement, une sorte de gri-gri destiné à calmer l’opinion et justifier le déconfinement, et pouvoir dire, s’il y a trop de morts, que vous voyez bien, on avait tout mis en place, mais les gens n’ont pas voulu utiliser l’outil qu’on leur avait proposé. (Donc c’est la faute aux gens.)

      Oui, parfaitement d’accord, c’est la méthode de persuasion qui sera probablement utilisée, le #bluff_technologique, one more time.

    • Pour poursuivre mes propos, voila comment avec #stopcovid les bonimenteurs du traçage numérique des #données_personnelles sensibles commes les #données_de_santé peuvent enfin placer leurs discours : ici le babinet national, qui refuse de dire pour quelles entreprises il travaille (YT V4yf3HOEHPk) mais dispose de sa place en tant que #digital-champion (sic) français (groupe des conseillers au numérique européen). Souvenez-vous, c’est lui qui voulait fermer la CNIL et sert ici de conseil au smartank de l’#institut_Montaigne (Bébéar), ne vous méprenez pas sur le style alternatif cool sympa qu’il se donne, ce qu’il propose est bien une #société_de_contrôle totalitaire avec profilage médical de chacun·e basé sur l’aspiration de données provenant de sources diverses comme les données d’alimentation ou la lecture des emails …
      extrait de la vidéo

      1er avril 2020
      https://www.youtube.com/watch?v=Rxt-8Z1dQHg?t=471

      Comment ça, vous ne saviez pas à quoi vous attendre avec la république numérique de Macron ?

      #future-of-innovation-in-europe
      Friday, 20 March
      https://www.iiea.com/event/france-and-the-future-of-innovation-in-europe

      In his address to the IIEA, Gilles Babinet will offer his perspective on the future of innovation in Europe and discuss the French Government’s work on innovation and startups (Visa Tech, Next40). He will comment on the implications of europeanisation as French efforts increasingly focus on French champions. Gilles Babinet will also discuss issues such as 5G, connected objects, the need for an overarching ecosystem and how to prepare for it.

    • De Moreno à #Babinet, vive la France. Merci @touti.
      Des notes partielles et hachetagueuses dont vous pouvez vous passer car elles sont peu utilisables (à l’envers de seenthis, je le crains).
      #biopolitique et #biopouvoir se cuisinent en public sur FB dans une ambiance de coolitude concentrée, Kuhn, Vermer et tant d’autres à la rescousse. Bracelet brésilien, faut voir la tronche du type et entendre son phrasé, dans une micro Station F humanisée par des plantes, il regarde dans sa pensée et l’avenir, et pas la caméra, mais au dessus d’elle, en contre plongée façon Mussolini 2.0 ou Psychose d’Hitchcock, c’est comme à Paris, on ne reconnait plus bien bien les fascisants, et les nombreux bourges qui se la jouent n’importe qui (camouflage social et politique : il y aurait donc une guerre quand même ?).

      #bio-statistique #économie_comportementale #paradigme (changement voire rupture de), des #données_structurées à la #règle_des_trois_V : #volume #vélocité #variété ce qui donne accès et lisibilité à des #données_non_structurées : #compte_rendu_médicaux #dossiers_patients #données_cohorte
      et une foule d’autres (voir capture d’écran dans le seen de Touti) après avoir été limité par une #malédiction_dimensionnelle qui contraignait à des #extractions, celle-ci cède le pas avec l’#IA et le # machine_learning, #_google_flew_ « a été critiqué » mais montrait le chemin #géolocalisation #mels #données_Gafam #données_privées, tout doit y passer car rien de ce qui est humain ne nous est étranger.
      oui, oui, oui, « on conçoit qu’il y a des risques #privacy »
      santé, « il n’y a jamais eu de réduction de l’investissement » (tour de passe-passe quantitativiste qui ne dit rien des usages de l’argent, de leurs implication ou de la qualité de soin), ce qui domine c’est la « dépense hospitalière plus que la médecine de ville dans ce modèle », là on s’approche d’un os, puis d’un autre : « #prévention moins financée qu’ailleurs » (intégration et renversement de la critique).
      La #santé_algorithmique bouleverse l’#épidémiologie. Il s’agit de #détecter_en_amont (ce que fait une partie de « l’Asie ou la concentration de population fait tourner le dos au modèle européen »), de pratiquer une #épidémiologie_prédictive (et avant non ? la rétrospection était pas destinée à prévoir ?)
      « #tranversalisation, plutôt que bureaucratie et ses silos » (là aussi reprise de la critique de la segmentation/séparation, à ses propres fins : des solutions pour #money_makers).
      #épidémiologie_de_masse (pléonasme, l’épidémiologie taffe sur la population) : « regarder comment les gens se déplacent, par grappe ou de façon individuelle »
      #hôpital_de_ville #back_tracking #contrôle_de_la_quarantaine
      #gouvernance_de_la_donnée
      En #Estonie, c’est remarquable (Demain tous estoniens, livre) : « on voit quand un fonctionnaire regarde ses données, si ce n’est pas justifié, on peut gagner son procès », « obtenir des sanctions » (jusqu’à la prison pour un fonctionnaire, on a pas dit un patron de labo ou un ministre mais quand même, c’est beau comme la démocratie), ça nécessite un #parquet_indépendant (...) et la réduction du #pouvoir_administratif.
      #épidémiologues_2.0 « capables de se mettre à la hauteur d’une vison politique » (de politiques qui se foutent de l’épidémiologie, à voir les deux mois qui viennent de passer ? ça risque pas de faire dégringoler encore l’épidémiologie ? Il ya une épidémiologie à détruire pour en imposer une autre ?)
      #États et #plate_forme ? Il faut un #État_plateforme pour une société inclusive ! Un État autonome du privé (...), de l’#empowerment ( sic ) du #citoyen (...), « faire du #réveil_de_la_société_civile un levier ». Fonder la politique menée sur la liberté des sujets pour faire marcher la société de concurrence, adopter un néolibéralisme authentique plutôt que de jouer Clémenceau et autres « pères de la Nation », Macron en tombe par terre.
      Avec la révolution numérique, on a une #technologie_de_l'aplatissement (Stallman avec nous !), avec ses travers, dont les #Gafam (...), faut jouer à plein cette #révolution_numérique contre le pli du #colbertisme, ce mal français qui est une qualité du « communisme » chinois selon nombre des coreligionnaires de Balbinet (nombreuses sont les demeures dans la maison du père, et chez maman cybernétique, c’est pareil, comme dirait Brigitte Fontaine).
      Là, « la collaboration Gafam/États avance grâce à l’urgence, par exemple les fake-news sur les gestes barrière sont retirées. » Reste que les flutes incohérentes de Trump, Bolsonaro, Johnson, Macron, quelques collègues à eux et leurs cliques respectives, et malheureusement les Gafam y peuvent rien, Twitter bloque pas Trump et pis c’est la faute à LCI. Si ces Gafam « c’est pas forcément de l’abus de position dominante mais il faudrait de l’anti-trust... les démanteler, les granulariser pour plus de #darwinisme », le #bien_commun étant représenté par les États (mais oui mais oui).
      L’#Europe, ça pourrait être une chance, « on a le plus grand nombre de publications_scientifiques », on peut jouer un rôle mondial : si #prise_de_température_dans_les-Aéroports et que ça monte au dessus de la moyenne, hop !
      « Dommage qu’il y eu le scandale #Cambridge_Analytica ça a freiné, arrêté ; les opérateurs télécoms ont fermés l’accès aux données de traces. »
      #RGPD préservation des données individuelles, ça a « valeur constitutionnelle, c’est bien. Mais c’est compliqué. Ça empêche l’expérimentation. »
      "Je milite pour un #Numérique_inclusif " (tu m’étonnes !).
      Le #privacy_by_design, ça existe, c’est bien, les infos remontent pas vers un sytème central (exemplairement à Singapour lors de Covid-19) « mais si vous voulez un #governement_by_the_plattform, c’est tout autre chose et il faut des contre pouvoir ».
      « J’ai travaillé sur la carte vitale en 1991, il y avait les fonctionnalités du #DMP dedans, le système c’est enrayé. Là il y un regain volontariste : DMP et #Health_data_hub » pour centraliser tout type de données.
      Les DMP dans le monde ont essuyé des échecs (G-B par exemple). « Forts de ces échecs ont a des garde fous. Il a déjà 5 millions de personnes qui ont ouvert un DMP en France, c’est pas mal. »

      #Afrique, il y a de quoi s’inquiéter, faut espérer que la pandémie arrive plus tard là-bas vu l’absence de système de santé, ça va être dur, très dur, mais « le Nigéria et l’Angola avec leur expérience ébola ont monté des équipes extra, j’espère qu’on va pouvoir leur chiper des méthodes. » "Ce qui compte c’est qu’il y ait le moins de morts possibles."

      Argument sanitaire ? Je dirais zéro, si ce n’est la promesse de prédire (une vraie science de la vie de troupeau).
      C’est la société de contrôle qui mute : il faut trouver d’autres moyen de faire produire les données existantes, toues nos traces de vie, en faite des expressions lisibles pour la gouvernance.
      La Boétie, revient ! ton meilleur pote est ressuscité, il est plus le même du tout, celui que tu as connu se haïrait, il a besoin de toi.

      #solutionnisme_technologique

  • L’urgence de santé publique, ce n’est pas la surveillance massive mais le dépistage de masse !
    https://reflets.info/articles/l-effet-placebo-du-tracage-informatique

    Tracking GSM, GPS ou Bluetooth ? Aucun système ne pourra répondre à l’urgence sanitaire

    Quand bien même les applis Bluetooth seraient assez précises, un autre contre-argument n’est jamais pointé du doigt : les ondes passent à travers les cloisons, portes et fenêtres, ou tout simplement à travers une vitre ou une plaque en plexiglass ! Ainsi, être à moins d’un mètre derrière un guichet protégé (conforme aux « gestes barrières ») pourrait être identifié, à tort, comme « contact à risque »… Comme de côtoyer tous les jours un voisin très proche... derrière un mur mitoyen. Tout autre système de géolocalisation (antennes relais comme GPS) possède le même inconvénient.

    Une foule d’autres points noirs invalident l’utilité même du contact tracing. Comme la nécessité d’atteindre une certaine « masse critique » d’utilisateurs pour être efficace — comme l’a reconnu le gourou numérique du gouvernement, Cedric O. Cette masse critique, selon divers avis convergents, doit représenter au moins 60 % d’une population. Même à Singapour, État policier — et ultraconnecté — de 7 millions d’habitants, moins de 20% utilisent l’appli. Sans même parler des taux d’équipements en smartphone, très inégalitaires selon les régions ou les classes sociales, et qui excluent en premier les plus de 70 ans.

    • #merci pour cet argumentaire complet et sérieux.

      Une petite remarque, la proposition #DP3T répond à l’objection "il sera plus facile pour le gouvernement de lui ajouter des fonctions coercitives" car elle fonctionne de manière décentralisée.

      Un détail : triangularisation => triangulation

    • Liens vers
      https://www.aclu.org/report/aclu-white-paper-limits-location-tracking-epidemic
      http://news.mit.edu/2020/bluetooth-covid-19-contact-tracing-0409
      https://arxiv.org/abs/2003.13670
      https://www.laquadrature.net/2020/04/14/nos-arguments-pour-rejeter-stopcovid

      La surveillance par satellite ou bornes GSM, on oublie. Blootooth ?

      Si séduisante soit-elle, la solution Bluetooth a ses limites. La précision et la fiabilité des données recueillies dépendent énormément du type de matériel utilisé (composants, antenne, batterie...). Une discrimination technique serait alors à l’œuvre — les modèles bas de gamme étant forcément moins fiables. Devant de telles disparités pratiques, personne ne peut garantir un corpus de données assez fiable pour prendre de bonnes décisions. D’où le risque de produire, là aussi, des milliers de « faux positifs » qui ne manqueront pas d’encombrer davantage les services de santé.

      Tout le monde comprend qu’utiliser des données non fiables serait contre-productif et risquerait de désorganiser davantage les services de santé. En terme statistique, on parle de « faux positifs » : en l’espèce, identifier à tort des personnes comme potentiellement contaminées. Sur une cohorte de plusieurs centaines de millions d’individus, les faux positifs pourraient donc être plusieurs millions… De quoi engendrer d’énormes demandes qui ne pourront pas, à l’évidence, être prises en charge. À commencer par le #dépistage sérologique, dont les capacités mondiales sont déjà sous-dimensionnées. Cela rendrait-il service aux autorités sanitaires de devoir gérer cet afflux massif de prises en charge, alors que la pénurie de #tests est loin d’être résolue ?

      Alors pourquoi doit-on subir cette injonction à lever le pied sur le principe de la protection des données pour les besoins de l’urgence sanitaire ? Lancer un tel débat possède un intérêt majeur dans le processus d’acceptation sociale : profiter de l’état de sidération (cf « La #stratégie_du_choc » de Naomi Klein) pour travailler au corps les plus réticents dans l’intention de pouvoir l’imposer à tous avec un minimum d’opposition et de défiance. Brandir LA solution technologique permet d’occuper l’espace médiatique et prépare le terrain à la « phase d’après », à savoir le contrôle social et disciplinaire de celles et ceux qui ne respecteraient pas les mesures de #quarantaine, de #confinement ou de couvre-feu.

      Le téléphone privé devient alors une sorte de bracelet électronique universel et multi-tâches. Pourquoi ne pas imaginer que le smartphone serve de mouchard pour vérifier l’assiduité d’un « prisonnier » incarcéré à domicile ? D’ailleurs, les premiers cobayes pourraient être les personnes reconnues coupables du nouveau délit créé par la loi sur l’état d’urgence sanitaire, qui réprime les « violations réitérées au confinement » (jusqu’à six mois de prison et 3750€ d’amende). La géolocalisation n’a donc aucun intérêt immédiat en termes de santé publique. Mais c’est un outil de dissuasion parfait pour traquer déplacements interdits ou comportements « déviants ». Il n’est pas impossible, comme le suggère la Quadrature du net, que l’appli Stopcovid, prototype sorti tout droit de la start-up nation, soit détourné de son usage premier, "pour la bonne cause" :

      Ce débat technico-juridique fait figure de diversion, de vaste écran de fumée — en terme médical, on parle « d’effet placebo ». L’heure n’est pas à la surveillance de masse mais au dépistage de masse !

      Pendant ce temps, on questionne beaucoup moins l’incapacité chronique de l’État à fournir des tests de dépistage, ne serait-ce qu’aux populations les plus fragiles. Ce qui amènerait à remettre en cause les mécanismes économiques de dérégulation et de délocalisations industrielles qui ont fabriqué des champions du médicament comme Sanofi et précarisé nos systèmes hospitaliers — tout en organisant l’incapacité du même marché à répondre à temps à la demande de soins, de protection et de dépistage qu’exigent de telles pandémies.

      En nous incitant à alimenter et à participer à ce débat technologique truqué, c’est un peu notre « système immunitaire politique » que l’on essaye de fragiliser, de corrompre et de compromettre. Notre immunité de groupe, on la gagnera en refusant de choisir avec quel type de chaîne on va nous tenir en laisse.

      #surveillance

  • Premier rapport de l’Observatoire de l’état d’urgence sanitaire – ACTA
    https://acta.zone/premier-rapport-de-lobservatoire-de-letat-durgence-sanitaire

    Dès la déclaration du confinement, des pratiques de solidarité et des formes d’auto-organisation ont émergé dans de multiples secteurs de la société. À la croisée des luttes de ces dernières années, nous nous sommes réunie.s. entre militant.e.s des quartiers populaires et des immigrations, membres des Gilets noirs et de La Chapelle Debout !, militant.e.s autonomes, communistes et anarchistes, militantes féministes et antiracistes, militant.e.s antifascistes et anti-carcéraux, militants anticoloniaux et anti-impérialistes, principalement à Paris et Toulouse.

    Nous avons décidé de coordonner des enquêtes, chacun dans nos secteurs de lutte et de vie, avec les personnes concernées pour mettre en commun les données et proposer des analyses collectives, dans le but de renforcer les expériences d’entraide populaire et de nourrir les luttes d’aujourd’hui et de demain.

    Nous avons défini six secteurs d’enquête que nous pensons comme un seul champ de lutte : les territoires colonisés, les quartiers populaires, les prisons, les centres de rétention administrative (CRA), les foyers d’immigrés, et les établissements sociaux et médico-sociaux. Nous avons établi un protocole d’enquête (une liste de questions pour mener des entretiens et des pistes de recherches). Les Gilets Noirs avaient déjà bien avancé et organisé leurs auto-enquêtes dans de nombreux foyers. À leur suite, chaque groupe a enquêté de manière autonome puis a restitué ces données aux autres groupes, ce qui a permis un croisement des analyses. Il s’agit de comprendre ce qu’il se passe durant cet état d’urgence sanitaire afin de renforcer et coordonner les solidarités et les résistances populaires.

  • Coronavirus : les praticiens étrangers « font le boulot dont les médecins français ne veulent pas »
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/04/16/coronavirus-les-medecins-etrangers-en-premiere-ligne-sans-la-reconnaissance-

    Ils sont entre 4 000 et 5 000 à faire tourner les services des urgences ou de réanimation des hôpitaux publics, mais avec des salaires très inférieurs à ceux de leurs homologues diplômés en France. [...]

    Un interne Padhue touche 1 300 euros net par mois et 100 euros la garde, rappelle le chef des urgences de l’hôpital de Saint-Denis, quand un jeune médecin diplômé en France commence sa carrière à 3 900 euros (et 200 euros la garde). « Il y a un vrai prolétariat organisé dans les hôpitaux, résultat d’une gestion malthusienne à l’œuvre depuis trente ans », dénonce Amine Benyamina.

    #santé #travail #exploitation #paywall

    • Oui, mais les « médecins français » y veulent pas mettre les mains dans le corona-cambouis paske y z’ont peur et qu’y sont en colère, comme celui qu’est venu « couiner » dans le micro du Huff’post, l’aut’ jour ...

      (So sorry @odilon, c’était mon dernier coup de gueule de la journée mais tous ces petits-bourges, ils commencent par me baver sur les ornements, mais grave ...)

    • Coronavirus : les praticiens étrangers « font le boulot dont les médecins français ne veulent pas », Stéphane Mandard, le 16 avril 2020

      Ils sont entre 4 000 et 5 000 à faire tourner les services des urgences ou de réanimation des hôpitaux publics, mais avec des salaires très inférieurs à ceux de leurs homologues diplômés en France.

      « Sans ces médecins-là, non seulement nous ne pourrions pas faire face à la vague de Covid-19, mais mon service serait fermé. » Mathias Wargon dirige les urgences de l’hôpital Delafontaine, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Ces « médecins-là » sont tunisiens, algériens, syriens, libanais, congolais… Sur les dix-huit praticiens du service du docteur Wargon, quinze sont ce que l’administration française appelle des praticiens hospitaliers à diplôme étranger hors Union européenne (Padhue).

      Ils sont entre 4 000 et 5 000 en France, majoritairement originaires du Maghreb, et surtout répartis dans les établissements publics. Ce sont ces #internes ou praticiens dits associés, qui enchaînent les gardes la nuit et le week-end, font tourner les urgences mais aussi les services de réanimation, de radiologie ou de psychiatrie. Bref, des rouages essentiels dans le système de soins français.

      « Ils sont en première ligne dans tous les services où il y a une énorme pénibilité du travail » , résume Hocine Saal, vice-président du syndicat (Snpadhue) qui les représente. « En gros, ils font le boulot que les médecins français ne veulent pas faire, mais sans la reconnaissance ni la rémunération , dit plus crûment Mathias Wargon. Tous les soirs, on donne la claque pour remercier les soignants, on parle de revaloriser leurs salaires, de primes [jusqu’à 1 500 euros, a annoncé le gouvernement mercredi 15 avril], de Légion d’honneur, mais, ces gens-là, on les oublie. »
      Pas certain, en effet, que le chef de l’Etat pensait à ce bataillon de #médecins_étrangers, lorsqu’il assurait, lundi 13 avril, lors de son intervention télévisée : « il nous faudra nous rappeler aussi que notre pays, aujourd’hui, tient tout entier sur des femmes et des hommes que nos économies reconnaissent et rémunèrent si mal » .

      Parcours du combattant

      Un interne Padhue touche 1 300 euros net par mois et 100 euros la garde, rappelle le chef des urgences de l’hôpital de Saint-Denis, quand un jeune médecin diplômé en France commence sa carrière à 3 900 euros (et 200 euros la garde). « Il y a un vrai prolétariat organisé dans les hôpitaux, résultat d’une gestion malthusienne à l’œuvre depuis trente ans » , dénonce Amine Benyamina. Chef du service psychiatrie-addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif (Val-de-Marne), ce Franco-Algérien est à l’initiative d’une pétition (qui avait reçu plus de 25 000 signatures jeudi matin) et d’une lettre ouverte adressée à Edouard Philippe le 5 avril visant à obtenir « l’intégration des médecins étrangers engagés dans la lutte contre la pandémie » .

      « Ces médecins à diplôme étranger qui luttent au quotidien méritent la reconnaissance de la République pour leur engagement en première ligne, alors que leur #salaire est souvent dérisoire par rapport à ceux de leurs collègues, et qu’ils risquent de retourner à la précarité et à l’incertitude sur leur avenir en France une fois la crise surmontée » , indique le texte, signé par une douzaine de médecins, dont l’ancien ministre de la santé Bernard Kouchner, le généticien Axel Kahn, ou l’ancien directeur de Santé publique France, François Bourdillon.

      Ces derniers exhortent le premier ministre, « par souci de justice, d’engager immédiatement l’intégration pleine et entière dans le système de santé (égalité de statut, de déroulement de carrière et de rémunération, avec une reconnaissance immédiate fondée sur les attestations de services effectués pendant la crise) de tous ces praticiens afin que leur dévouement ne soit pas occulté, comme cela a pu être le cas dans certaines périodes de l’histoire de notre pays » .

      Car la carrière d’un médecin à diplôme étranger ressemble à un parcours du combattant. Première embûche de la longue et incertaine procédure dite d’autorisation d’exercice : les épreuves de vérification des connaissances. Cette année, elles ont été reportées à cause de la pandémie. « Le niveau exigé est très élevé, note M. Wargon. Un cardiologue tunisien a eu 16,75 mais a été recalé. Pourtant, depuis vingt ans que je travaille avec des médecins étrangers, je peux vous assurer que leur niveau s’est nettement amélioré et n’a souvent plus rien à envier à celui des jeunes médecins français. »

      Pour ceux qui réussissent le concours viennent ensuite les trois ans de pratique dans un service avant de passer devant une commission. « Cette période de “mise à niveau” est souvent vécue comme une humiliation par des professionnels qui travaillent sous tension » , commente M. Benyamina, « ulcéré » que cette situation perdure vingt-cinq ans après l’avoir lui-même connue lorsqu’il débarquait en France, ses diplômes algériens en poche.

      Pour son confrère M. Wargon, également signataire de la lettre ouverte, la crise sanitaire actuelle doit être l’occasion d’ « en finir avec cette hypocrisie » : « Ils doivent passer sous les fourches Caudines des examens pour espérer être payés un jour comme leurs confrères français. Mais, pour s’occuper des malades, là, ils n’en ont pas besoin ! »

      « C’est du foutage de gueule »

      Pour l’heure, le premier ministre n’a pas répondu à leur lettre. « Les conditions d’obtention de l’autorisation d’exercice sont devenues de plus en plus drastiques. Aujourd’hui, il faut attendre un an à un an et demi pour avoir les résultats de la commission. Comme si cette précarisation arrangeait tout le monde » , s’offusque Hocine Saal, chef des urgences au centre hospitalier André-Grégoire, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).
      La nouvelle loi santé prévoit, pour les médecins déjà dans le système de soins français, de remplacer le concours par une étude de dossier au niveau régional, puis national. Cette évolution est saluée par le Snpadhue, qui n’est « pas opposé au principe d’une évaluation » . Mais le décret d’application se fait attendre : « Il devait être publié en septembre, puis en octobre, puis en décembre et, maintenant, avec la pandémie, il est tombé aux oubliettes » , déplore M. Saal.

      Le ministère de la santé a cependant publié une note, lundi 13 avril, afin de permettre aux établissements de santé de recruter plus facilement des médecins à diplôme étranger pour faire face à la crise sanitaire… mais pour occuper « des fonctions non médicales (aides-soignants, accueil et orientation…) » « C’est du foutage de gueule » , s’emporte Mathias Wargon. « C’est complètement à côté de la plaque. C’est la pire réponse qu’on puisse apporter à des médecins » , s’indigne Amine Benyamina. Contactés par Le Monde, ni le ministère de la santé ni le conseil national de l’ordre des médecins n’ont répondu.