• L’hédonisme sans les femmes - La méridienne
    http://www.la-meridienne.info/L-hedonisme-sans-les-femmes

    Ma lecture a cependant été largement gâchée par le sentiment d’être une intruse dans la grande fête de l’oisiveté couillue orchestrée par Hodgkinson. Il y a sans doute eu une époque de ma vie où j’aurais à peine ressenti une légère gêne en lisant ce genre de livre qui me signifie à chaque page, ou presque, qu’il ne s’adresse pas à moi ; aujourd’hui, ça m’exaspère. Ça me casse sérieusement les ovaires. J’ai l’impression de voir l’auteur me faire des bras d’honneur à répétition. Tous les paresseux que cite Hodgkinson sont des figures masculines ; visiblement, l’oisiveté n’est pas une affaire de gonzesse. Sa bibliographie compte 109 auteurs et 9 autrices (dont Barbara Ehrenreich, au moins monsieur a bon goût).

    #travail #sexisme




  • Libération.fr – 220 femmes : tuées par leur conjoint, ignorées par la société
    https://www.liberation.fr/apps/2017/06/220-femmes-tuees-conjoints-ignorees-societe

    Ils sont les grands oubliés des violences conjugales, mais y sont directement confrontés. Ces trois dernières années, d’après les calculs de Libération, 51 enfants mineurs (et huit enfants majeurs) étaient présents lors du meurtre de leur mère par celui qui était, le plus souvent, leur père. Onze d’entre eux ont perdu la vie en même temps que leur mère. La délégation aux victimes du ministère de l’Intérieur confirme cette exposition des plus jeunes à la violence conjugale : d’après ses chiffres, en 2015, 36 enfants ont été tués en France dans le cadre des violences dans le couple, dont 11 enfants tués par leur père en même temps que leur mère. 68 enfants, souvent en bas âge, étaient présents au domicile au moment des faits, dont 13 témoins directs du meurtre. Dans d’autres cas, c’est l’enfant qui retrouve le corps inanimé ou agonisant de sa mère, par exemple en rentrant de l’école. Il peut aussi assister au suicide de son père, ainsi qu’à l’intervention des secours et de la police et à l’arrestation de son père. Autant de scènes traumatisantes pour les enfants à l’issue desquelles ils deviennent orphelins d’un parent, voire des deux, et voient leur structure familiale définitivement explosée. Les professionnels sont unanimes : la présence des enfants n’est pas un frein pour l’auteur. L’enfant est même souvent l’élément déclencheur de la violence, explique Karen Sadlier, docteure en psychologie clinique qui a notamment écrit l’Enfant face à la violence dans le couple (Dunod) : « Les trois quarts des passages à l’acte violents dans le couple sont liés à la question de l’éducation des enfants : savoir quand il doit prendre son bain, s’il a fait ses devoirs, s’il a fini son assiette… » énumère-t-elle, tandis que l’enfant, de son côté, peut être pris dans un « conflit de loyauté », se sentant partagé entre ses deux parents.

    • « Je l’aimais tant, que pour la garder, je l’ai tuée ». Un peu comme dans la chanson Requiem pour un fou de Johnny Hallyday, la presse a souvent tendance à avoir recours au champ lexical de la folie quand elle traite d’un homicide conjugal. Ces actes de violence apparaissent souvent présentés comme incompréhensibles, insensés, et dû, forcément, au « coup de folie » (L’indépendant, 20 août 2014) d’un homme « rongé par la jalousie » (Le Progrès, 13 janvier 2016). L’« impensable folie d’un père », titre ainsi le Parisien après le meurtre d’une femme et de ses trois enfants en 2014 dans le Nord, La personnalité jalouse du meurtrier - voire de la victime - est souvent mise en avant, les médias évoquant de manière fréquente un « meurtre sur fond de jalousie », ou une « femme tuée par jalousie ». Si l’on en croit la presse, l’excès d’amour tue. A la lecture de ce genre d’articles, le lecteur n’a pas le sentiment d’être face à un récit décrivant un phénomène de société, mais à un fait divers isolé. On donne l’impression que rien de tout cela n’était prévisible ou évitable.

      Article du journal Le Parisien daté du 23 octobre 2015.

      Les paroles de la police ou des avocats alimentent aussi cette idée, et sont ensuite retranscrites telles quelles dans les pages du journal. « Rien ne laissait présager que cela pouvait arriver », commente ainsi un commissaire dans L’Indépendant en 2016. « On n’est pas dans le cadre de violences conjugales » affirme même le gradé à propos de l’affaire (une femme tuée par son mari). « La jalousie à l’origine du drame », peut-on lire là encore dans le titre. Les proches, eux, voient souvent dans le geste fatal du conjoint violent un acte romantique, une preuve ultime d’amour. « J’ai l’impression qu’il a voulu protéger sa famille », justifie par exemple la sœur d’un auteur. L’homme, âgé de 26 ans, a égorgé sa femme et ses deux enfants de 10 mois et 6 ans. « Quand un homme a un chagrin d’amour, il est capable de tout », défend un voisin dans une autre affaire, survenue en Guadeloupe en 2015. Souvent, les membres de la famille ou les amis justifient l’acte par l’impossibilité supposée pour l’auteur de vivre sans sa compagne, et d’accepter la rupture. « Il ne se voyait pas vivre sans elle, c’était un couple très uni », commente un proche après le meurtre d’une femme puis le suicide de son mari à Pornichet. « Il ne pouvait tout simplement pas imaginer vivre sans elle », lit-on à la fin d’un papier de l’Est Républicain, dans lequel un proche réagit au meurtre d’une quinquagénaire par son compagnon, qui s’est ensuite suicidé. Là encore, l’homme « n’aurait pas supporté l’idée de la voir partir ».
      Insister sur la personnalité du suspect, un « homme bien »

      Le geste semble d’autant plus incompréhensible que l’auteur est souvent présenté comme un homme bien sous tous rapports, qui n’avait rien à se reprocher, et qui formait avec sa compagne un « couple sans histoire ». Les commentaires sont souvent élogieux : « c’est un garçon serviable, le locataire modèle », vante le voisin d’un homme accusé d’avoir poignardé à mort sa compagne à Auch en 2016. A propos d’un homme ayant tué son épouse et sa fille avec son fusil de chasse avant de se suicider la même année, dans la Vienne cette fois, la Nouvelle république décrit un « ex-gardien de château sans histoire, ancien combattant plusieurs fois décoré, chasseur émérite ».

      Les antécédents judiciaires de l’auteur sont également souvent occultés ou minimisés. « Il était quasiment inconnu de la justice » détaille ainsi la Voix du Nord à propos d’un infirmier qui a tué trois personnes dont son ex lors d’un réveillon près d’Arras, avant de préciser que le casier judiciaire de l’auteur portait « une seule mention pour violence conjugale dans le cadre d’un divorce en 2013 ». « Il était le premier à rendre service. Il était très correct et cordial », affirme le voisin d’un sexagénaire qui a tué son ex-compagne avant de se suicider dans l’Orne en 2016. L’homme avait pourtant déjà été placé en garde à vue pour menace de mort envers la victime. Les articles, souvent rédigés dans l’urgence après les faits, ne sont pas forcément fidèles à la personnalité de l’auteur, aucune enquête n’ayant encore eu lieu. En août 2014, un retraité tue son épouse à coup de hache près de Rennes, après 56 ans de vie commune. Ouest France décrit alors l’auteur comme « un homme rigoureux et travailleur, avec qui tout le monde avait des relations courtoises ». Lors de son procès, l’homme est pourtant dépeint comme « un tyran domestique », à la « détermination monstrueuse ».

      Plus la victime est d’un milieu social favorisé, plus l’on parle d’un notable, plus la presse se montre prudente et a tendance à dresser un portrait flatteur du meurtrier présumé, quitte à occulter totalement sa victime. Le Parisien relaie ainsi le témoignage d’un maire, incrédule après le meurtre d’une épouse par son mari qui s’est ensuite suicidé, un « drame » d’autant plus incompréhensible que le couple habitait un « beau pavillon avec de belles tourelles ».

      Un fait divers survenu en 2015 à Paris est particulièrement éloquent. Le meurtrier, Charles Lüthi, était secrétaire général de l’Automobile Club de France, un club très sélect - et interdit aux femmes. Lui et son épouse Marie-France vivaient dans le cossu XVIe arrondissement. Le dimanche 7 juin, on retrouve le corps de Marie-France Lüthi, le corps criblé de coups de couteau, dans l’appartement familial, ainsi que celui de son époux, défenestré du huitième étage de leur appartement - un témoin racontera très rapidement qu’il a vu l’homme sauter. Dans les principaux articles de presse sur le sujet, on assiste à un effacement de la victime, au profit du meurtrier. On remarque aussi une curieuse formulation dans l’AFP, reprise par plusieurs médias : « Le secrétaire général de l’Automobile club de France défenestré, sa femme poignardée ». Ce titre laisse entendre que nous serions face à un double meurtre commis par une tierce personne, alors même que l’enquête s’est très vite orientée sur l’hypothèse du meurtre de l’épouse par son mari, suivie de son suicide. Plusieurs articles gomment aussi la personne de Marie-France Lüthi pour se concentrer uniquement sur la mort du prestigieux époux, comme le prouve ce délicat communiqué de l’Automobile Club de France, qui ferait presque croire à un accident arrivé au seul époux : « Le président Robert Panhard, tous les membres et le personnel de l’Automobile Club de France, très peinés d’apprendre le grand malheur qui vient d’affecter la famille Lüthi, tiennent à saluer la mémoire de Charles Lüthi, secrétaire général de l’ACF, qui vient de décéder à son domicile dans des circonstances personnelles tragiques. » Le JDD rapporte de son côté les propos d’un ami du meurtrier, abasourdi, et en fait le titre même de l’article : « Je n’arrive pas à imaginer Charly un couteau à la main ».

      Article du journal Le Figaro daté 7 juin 2016.

      On ne saura pas grand chose non plus de Christelle Delval, épouse de Frédéric Delval, figure locale d’Anglet, au Pays basque. Son époux est accusé de l’avoir tué, elle et leurs deux filles, en juin 2016, avant de se suicider. Sud Ouest rend hommage dans plusieurs articles à un « homme complexe et torturé », « qui pouvait se montrer attachant avec un désir quasi obsessionnel de justice ».

      Ce mécanisme n’est pas nouveau. Déjà, en 1980, dans le cas de Louis Althusser, dont il fut question plus haut, la personnalité publique du philosophe, figure intellectuelle marquante des Trente Glorieuses, semblait compter davantage dans le récit du meurtre que celle de la victime. Dans le premier numéro de la revue Perspectives critiques, un autre philosophe, André Comte-Sponville, assumait ainsi son absence d’empathie pour Hélène Rytmann, l’épouse de Louis Althusser : « L’annonce du meurtre, le 16 novembre 1980, nous bouleversa tous, élèves et amis, même si notre compassion, il faut le dire, allait davantage à lui qu’à son épouse. C’était injuste et compréhensible. Il était notre maître ; nous ne la connaissions presque pas. Puis mourir est le lot commun. La folie, non. L’homicide, non. L’enfermement, non. »

      Dans un texte publié sur le site Les mots sont importants, le professeur de science politique François Dupuis-Déri écrit : « Althusser a donc été l’objet de bien des théorisations quant à son profil et ses motivations psychologiques, y compris par des personnes qui ne l’ont jamais rencontré et qui n’ont jamais pu consulter son dossier médical ». Et d’expliquer qu’un processus « similaire » a été à l’œuvre dans le cas du terroriste qui a tué 14 femmes à l’École polytechnique de Montréal en 1989. Un massacre à l’évidence antiféministe (le meurtrier l’a dit à plusieurs reprises pendant la prise d’otages, et on a retrouvé sur lui une liste de femmes à abattre). Cependant, la grille de lecture de cet attentat, que ce soit par la presse ou par les autorités locales (la Ville de Montréal, par exemple) fut d’abord psychologique. Pour la sociologue Mélissa Blais, « les comparaisons des différents crimes commis spécifiquement contre les femmes et les analyses cherchant à trouver des explications dans les rapports sociaux sont mises de côté ou se trouvent submergées par les commentaires […] dans le domaine de la psychologie ».
      Minorer les faits ou mal les qualifier

      Un « couple retrouvé mort », « un couple tué par balles », « deux morts par balles » : à la lecture de ces titres, rien n’indique que l’on a affaire à un homicide conjugal - formulation quasiment absente des médias - suivi d’un suicide de l’auteur. Comme pour le cas du couple Lüthi évoqué plus haut, ce type de titres, qui laissent penser qu’il s’agit d’un double meurtre, commis par un tiers, est fréquent. Il faut parfois lire plusieurs lignes pour comprendre qu’une femme a en fait été tuée par son compagnon, qui s’est ensuite donné la mort. Certaines militantes féministes épinglent régulièrement sur les réseaux sociaux les médias qui, avec ces titres trompeurs, qui participent à « minimiser les violences patriarcales ». Les homicides conjugaux ne sont pas les seuls concernés : la presse a tendance à minorer toutes les formes de violences faites aux femmes, qu’elles soient physiques, psychologiques ou sexuelles, souvent en les qualifiant de manière erronée. Ce qui relève de la tentative d’agression sexuelle doublée de coups et blessures deviendra par exemple de la séduction dans les colonnes du journal Paris Normandie, qui titrait encore récemment le récit d’une audience d’un « l’apprenti séducteur condamné ».

      Autre exemple, également relevé par le Tumblr Les mots tuent (« compilation d’articles pour dénoncer le traitement journalistique des violences faites aux femmes »), un article du Berry Républicain consacré à « Pascal de Vierzon ». « Que voulez-vous, c’est l’amour vache », commente le journaliste, qui s’amuse : « On picole, on rigole chez Pascal… Enfin, on rigole… Faut pas trop le chatouiller non plus, le Vierzonnais. Il a des fusils non déclarés plein les pognes, des cartouches en haut de l’armoire et le poignet souple pour la détente. Toutefois, il ne chasse ni le garenne, ni la poule d’eau. Mais, avec sa poulette régulière, il n’est pas très tendre. »

      Alors qu’elles ne reposent sur aucun fondement juridique, les expressions « drame conjugal », « drame de la séparation », ou « crime passionnel » reviennent également régulièrement sous la plume des journalistes. Nous avons recensé plus d’une cinquantaine d’utilisation du mot « drame » - le plus souvent « drame passionnel » ou « drame conjugal » - sur les 220 cas traités par la presse entre 2014 et 2016. « Ces affaires [...] suscitent le sentiment que la mort violente est un des risques naturels, objectifs, d’une rupture d’initiative féminine, et que personne n’y peut rien », écrivait Libération en 2004 lors d’un recensement du nombre de femmes tuées par leur conjoint.
      Culpabiliser la victime

      « Il aurait fallu qu’elle parte. Qu’elle quitte ce foyer où la violence écrasait tous les mots. Elle en avait eu l’occasion l’année dernière quand son concubin a été incarcéré pour avoir exercé sur elle des violences conjugales mais elle ne l’a pas fait. C’était à l’été 2013 : Carole Stepien avait été sérieusement blessée par son concubin, elle avait dû être hospitalisée pendant plusieurs jours... mais n’avait pas porté plainte. Comme deux ans auparavant, en mars 2011, Jean-Noël Hannebicque avait été rattrapé par la justice et condamné. On avait alors entrevu une porte de sortie pour sa concubine mais elle l’a toujours ignorée ». Ainsi, un article de La Voix du Nord relatant l’histoire de Carole Stepien, 47 ans, assassinée en 2015 près de Douai par son conjoint, insiste lourdement sur le fait que si la victime était partie, on n’en serait pas là. Alors même que la question de l’emprise psychologique se pose dans de nombreux cas, alors même que les choses ne sont pas si simples, alors même que le plus important n’est pas qu’une femme aurait dû ou non quitter le foyer conjugal afin de ne pas mourir, mais sans doute qu’elle ne soit pas tuée en premier lieu.

      « Mais bon sang, pourquoi n’est-elle pas partie ? », semble se dire le rédacteur de l’article. Culpabiliser la victime, même après sa mort : le procédé n’est pas rare. Lorsque ce n’est pas la coupable léthargie de la victime qui est évoquée, on s’interroge : après tout, si elle avait répondu favorablement aux avances du meurtrier, si elle n’avait pas voulu le quitter, peut-être tout cela ne serait-il pas arrivé. « Amoureux éconduit, il écrase son ex-copine », ont ainsi titré plusieurs médias dont le Figaro après le meurtre d’une jeune fille de 17 ans à Marseille en 2014, renversée volontairement en voiture par son ex-petit ami. Elle l’avait quitté quelques jours plus tôt. Si elle ne l’avait pas « éconduit », que se serait-il passé ? Et quel sens revêt le mot « éconduire », sachant que dans la bouche de certains rédacteurs d’articles de faits divers, il correspond à « repousser une tentative de viol ou d’agression sexuelle » ? « Le criminel est excusé en raison du caractère imprévisible de son acte, mais, de plus, la contribution de la victime à la genèse du crime est fréquemment invoquée », écrit Marie-France Hirigoyen dans Femmes sous emprise.

      La femme, pourtant victime, est aussi tenue, après sa mort, pour responsable du sort de son conjoint violent. « Une femme décédée. Un homme derrière les barreaux. Une véritable catastrophe humaine », s’émeut ainsi dans la République du Centre le maire d’une commune du Loiret théâtre d’un homicide conjugal. Dans Midi Libre, un avocat insiste sur la souffrance de son client, accusé d’avoir tué sa petite amie de 20 ans à Nîmes, en 2016 : « Il craignait qu’elle le trompe et avait une véritable passion pour cette jeune fille. Aujourd’hui, il y a deux familles brisées », déplore l’avocat, avant de décrire le suspect comme « totalement anéanti ».
      Former les journalistes dans les écoles et les rédactions

      Comment les médias sont-ils sensibilisés à ces questions ? En 2014, le collectif de femmes journalistes Prenons la une* publiait une tribune intitulée « Le crime passionnel n’existe pas », rappelant que l’Espagne a adopté dès 2001 une charte de bonnes pratiques médiatiques pour évoquer les violences faites aux femmes. Si les écoles de journalisme ont également un rôle à jouer, elles sont rares à intégrer la question des violences faites aux femmes, par exemple lors de leurs sessions sur le journalisme judiciaire. Et de manière générale, les violences de genre ou les inégalités femmes-hommes sont assez peu abordées.

      Dans les Côtes-d’Armor, l’IUT de Lannion est l’une des rares écoles de journalisme françaises à évoquer le traitement des inégalités femmes-hommes dans ses cours. Sandy Montanola, responsable pédagogique du DUT journalisme, fait en sorte que les étudiants réalisent des dossiers sur une thématique différente chaque année. « Cette année, ils ont travaillé sur "la violence gynécologique". Nous insistons sur le fait que les mots sont porteurs de sens et surtout symbolisent les luttes discursives portées par des acteurs ou des mouvements sociaux. Ainsi, certains termes permettent d’invisibiliser des acteurs, de rejeter la faute sur d’autres etc. Notre objectif est d’amener les étudiants à comprendre le mécanisme pour ensuite être en mesure de l’appliquer sur l’ensemble des thèmes. » Elle poursuit : « Les étudiants ont des cours sur les stéréotypes et des interventions de chercheurs sur le thème des assignations (de genre, classe, âge) et sur les mouvements sociaux (histoire du féminisme, des sexualités, des luttes, les violences symboliques). En licence professionnelle, nous leur demandons d’identifier leurs représentations sociales pour anticiper par exemple, l’effet dominant/dominé dans les interviews, mais également le choix du sexe des interviewés, les désignations... ». Il y a quelques années, le collectif Prenons la Une avait proposé à la Conférence nationale des écoles de journalisme (qui regroupe 14 écoles) afin de leur proposer des interventions sur ce thème - sans succès.

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      « Mais bon sang, pourquoi n’est-elle pas partie ? »
      quant elles partent le juge donne la garde partagé des enfants à leurs tortionnaires parcequ’il ne faut pas séparé les enfants de leur tortionnaire. Les impôts l’obligent à être en contacte avec leur tortionnaire car c’est lui qui reçoit et détiens les avis d’imposition sans lequel aucune démarche administrative n’est possible. Enfin la plus part des femmes assassinée par leur conjoint, l’on été parce qu’elles essayait de partir.

    • @mad_meg, il me semble que « l’abandon de domicile » est toujours puni par la loi. J’ai une amie qui en a fait les frais il y a 25 ans, le père lui tapait dessus et la violait, coquard sur l’œil elle part se réfugier chez des potes et dépose une main courante, mais ça ne suffit pas car le père a obtenu la garde de l’enfant devant le juge (ça a été super dur pour elle de se défendre car elle parlait mal le français).
      Elle m’a raconté cette histoire longtemps après, en pleurant, le père était mon frère.


  • Une épave de l’expédition Franklin retrouvée dans l’Arctique | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/062223-000-A/une-epave-de-l-expedition-franklin-retrouvee-dans-l-arctique

    En 1845, deux navires britanniques, partis à la recherche du mythique passage du Nord-Ouest, sont coincés par les glaces de l’Arctique. Plus d’un siècle et demi plus tard, des archéologues ont retrouvé l’une des épaves. Ce documentaire captivant retrace leurs travaux et la tragique expédition.

    Ce qui devait être un coup d’éclat de l’Empire britannique tournera en hécatombe. En 1845, alors que les guerres de territoires se gagnent via l’exploration scientifique, la Royal Navy envoie deux navires, commandés par sir John Franklin, en terres arctiques. La Couronne ambitionne de dresser la carte de l’impénétrable passage du Nord-Ouest, zone inconnue censée relier l’Atlantique au Pacifique par le nord du Canada. Malgré l’équipement moderne des navires, la glace emprisonne le convoi, contraignant les marins à passer deux hivers sur place. Les hommes y périssent les uns après les autres. Le 22 avril 1848, 105 survivants partent en quête de secours. Affamés, ils finissent par dévorer leurs morts. Aucun d’entre eux ne survivra. Les deux bateaux sont engloutis par les glaces.

    Énigme maritime
    En septembre 2014, après des années de recherche, des équipes d’archéologues de l’agence gouvernementale Parcs Canada, assistées par des navires de la garde côtière canadienne, sont finalement parvenues à découvrir l’un des deux navires, l’Erebus, reposant par 11 mètres de fond dans le golfe de la Reine-Maud. Des images de synthèse, générées à partir de sonars, ont permis de créer une simulation en 3D de l’épave, jusque dans ses détails les plus étonnants. Le documentaire nous entraîne dans ce fascinant périple et montre en parallèle le destin atroce des marins et les recherches complexes des équipes actuelles. Combinant iconographie, témoignages d’historiens, reconstitutions historiques autour du fil rouge de la quête de l’épave, ce film captivant livre la clef d’une énigme maritime vieille de plus d’un siècle.

    #Cannibalisme



  • Une analyse du Saint-Suaire prouve que Jésus était alcoolique
    http://secretnews.fr/2017/08/02/analyse-saint-suaire-prouve-jesus-etait-alcoolique

    Jésus Christ était alcoolique. Cette étonnante information provient d’une étude publiée dans la revue scientifique américaine Plos Two et été relayé par le quotidien italien La Scampa sur son site internet. Une équipe de scientifiques qui dépend de l’université de Rome affirme que le Saint Suaire a bien été en contact avec le corps d’un homme souffrant d’alcoolisme.

    Pour étayer leur propos, les savants ont extrait une fibre intacte de l’ensemble, et l’ont soumise à une technique sophistiquée au microscope. Dans des propos rapportés par BFMTV, Elvis Gardino, scientifique impliqué dans les recherches, a expliqué : « Nous avons accompli une étude à la résolution atomique sur la fibre pour étudier les nanoparticules organiques.

    L’étude montre que la fibre est entièrement couverte de nanoparticules d’alcool, 20 à 100 nanomètres impliquant de petites nanoparticules, faites d’éthylène dégradé, typiques de la sueur des alcooliques. »


  • A Pontarlier, des collégiens font inscrire le nom d’une femme morte pour la France sur le monument de la Grande Guerre
    https://www.francebleu.fr/infos/education/pontarlier-des-collegiens-font-inscrire-le-nom-d-une-femme-morte-pour-la-

    Les élèves ont fait cette découverte de manière tout à fait fortuite, en consultant des registres ouverts au public. « La chose était connue depuis 1919 » souligne Anne Giacoma, une des enseignantes du collège qui a encadré ce projet. « Si elle n’avait pas été une femme, voilà longtemps que son nom aurait été écrit sur le monument aux morts » continue la professeure d’histoire-géographie.


  • 1914-1918 : quatre crises de la virilité
    https://www.franceculture.fr/histoire/1914-1918-quatre-crises-de-la-virilite

    « Différents liens d’amour peuvent se forger dans les unités des soldats, des relations homoérotiques, à un moment où le monde militaire reste imprégné de virilité et donc c’est quelque chose qui est absolument réprimé. Il y a aussi des relations maternelles avec des officiers qui prennent le rôle de mère pour certains soldats, des relations consentantes mais aussi des relations pas du tout consentantes, le monde militaire est un monde de frustration sexuelle et du coup de déclenchement de violences sexuelles. »


  • 1914-1918 - une étude inédite sur les prostituées dans le Finistère
    https://www.francebleu.fr/infos/culture-loisirs/1914-1918-une-etude-inedite-sur-les-prostituees-dans-le-finistere-1541685

    Au moins, 130 000 poilus bretons sont morts au front pendant la Première guerre mondiale. Les ouvrages sur le sujet foisonnent. En revanche, peu de choses ont été écrites sur les femmes en Bretagne pendant la Grande guerre. Certaines étaient munitionnettes dans les usines d’armement, notamment à Brest. D’autres ont repris vaille que vaille les commerces ou les lopins de terre cultivés par leurs maris partis au front. D’autres encore se sont prostituées. Ces dernières font l’objet d’une étude inédite menée par Apolline Arnal, étudiante en master 2 d’Histoire Contemporaine. Elle est publiée dans « 1914-1918, le Finistère dans la grande guerre » éditée par la société d’archéologie du Finistère.


  • William Seabrook — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/William_Seabrook

    En 1931, lors d’un voyage en Afrique de l’Ouest, William Seabrook rencontre une tribu d’anthropophages connue sous le nom de Guero1. Les membres de cette communauté mangent leurs ennemis tués au combat. Les guerriers Guero lui expliquent que les parties les plus appréciées sont le dos, le foie, le cœur et le cerveau. Un guerrier lui avoue que, pour lui, la paume des mains est le meilleur morceau2.

    Une fois revenu en France, William Seabrook se procure un morceau de chair humaine auprès d’un interne de la Sorbonne. Seabrook déclare qu’il s’agissait d’un homme récemment mort mais qu’il n’a pas été assassiné3. Dans la villa du baron Gabriel des Hons, à Neuilly, il cuisine la viande en un ragoût accompagné de riz et la goûte : « Cela ressemblait à de la bonne viande de veau bien développé, pas trop jeune mais pas encore un bœuf. C’était indubitablement comme cela, et cela ne ressemblait à aucune autre viande que j’aie déjà goûtée. C’était si proche d’une bonne pièce de veau à pleine maturité qu’à mon sens, aucune personne dotée d’un palais ordinaire et d’une sensibilité normale n’aurait pu faire la différence. »

    #cannibalisme


  • « Ça commence par moi », quelle blague (par Kevin Amara) – Le Partage
    http://partage-le.com/2018/10/ca-commence-par-moi-quelle-blague-par-kevin-amara

    Empiler les petites actions citoyennes n’est pas une forme de lutte. La lutte implique une opposition physique, un empêchement, une mise hors d’état de nuire de l’adversaire. « Nous ne consommons plus des oranges, mais de la vitalité  ! » écrivait Aldous Huxley dans Retour au meilleur des mondes. Et tous les Julien Vidal du monde de s’écrier à sa suite : « Nous luttons contre les machines du système industriel non pas les armes à la main, mais avec de la bonne volonté et de la bienveillance ». Tout nous démontre que cela ne fonctionne pas. Le film Demain fêtera bientôt ses quatre ans, et rien n’a changé. Rectification : rien n’a changé en mieux. Tout a empiré. Tout empire sans cesse.



  • Une mauvaise critique par une mauvaise personne qui a acheté le mauvais livre. Elle voulait sans doute un livre de cul, de la bonne vieille sorcellerie a l’ancienne avec des sabbats nues au clair de lune. déception.

    Change rien Mona, ton livre est une référence, pas une romance.

    Sorcières, la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet : malaises dans le patriarcat – Cultur’elle
    https://leschroniquesculturelles.com/2018/10/24/sorcieres-la-puissance-invaincue-des-femmes-de-mona-cholle

    j’ai regretté que certains points ne soient pas davantage approfondis (toute la dimension sexuelle par exemple est trop peu analysée, je soupçonne Mona Chollet de ne pas être très à l’aise avec le sujet)

    • Vu le début de la phrase elle semble chercher la recette du « ciment du couple » :

      J’ai parfois été en léger désaccord (notamment sur le premier chapitre qui me semble un peu trop ramener le fait d’être en couple à une soumission aux diktats de la société et trop oublier l’amour),...

      #hétérocentrisme #amour



  • Entre 1858 et 1905, la France a envoyé 2 000 femmes dans ses colonies pénitentiaires de Guyane et de Nouvelle-Calédonie. Ce documentaire donne vie à ces grandes oubliées de l’Histoire.Ultime sentence, damnation par excellence, le bagne n’a pas concerné que les hommes. Condamnées pour meurtres,
    infanticides, crimes politiques, mais aussi pour des délits mineurs, des femmes ont, elles aussi, connu le pire des châtiments. Le destin de ces bagnardes est un épisode méconnu de l’histoire des bagnes coloniaux français, qui demeure particulièrement tragique.Le Second Empire, puis la Troisième République, entendent se débarrasser de ces indésirables, de peur d’une contagion sociale. Mais le dessein est aussi politique : la fin de l’esclavage en Guyane a pour conséquence immédiate le départ de la main d’oeuvre servile hors des plantations et l’effondrement de son économie.
    Parmi ces femmes, certaines étaient destinées à contracter des mariages avec des bagnards libérés et à fonder des familles. Aujourd’hui, leurs descendants portent encore le poids de ce tabou historique et familial.

    « Femmes au bagne » France Ô 2018 03 08 - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=OOV91K8JKLQ


  • En Andorre, l’avortement est interdit même en cas de viol ou de danger pour la santé - Sud Ouest.fr
    https://www.sudouest.fr/2018/09/28/en-andorre-l-avortement-est-interdit-meme-en-cas-de-viol-ou-de-danger-pour-

    Andorre, 85 500 habitants, est moins connue pour un triste record. La petite principauté pyrénéenne située entre la France et l’Espagne est l’un des derniers États européens – avec Malte, Saint-Marin et le Vatican – à interdire totalement l’avortement, même en cas de viol, inceste, maladie du fœtus ou danger de mort pour la mère. Un délit passible de 6 mois de prison.




  • Si tu veux m’atteindre,
    il faut d’abord qu’un pot de lait
    tu verses dans l’auge de mon cœur,
    car il y gîte un hérisson furieux
    et que la faim rend fou.

    Si tu veux m’atteindre,
    il faut d’abord qu’un cercle de feu
    tu poses autour de mon crâne,
    car un scorpion venimeux
    y promène ses petits.

    Si tu veux m’atteindre,
    il faut que, d’une formule très sacrée,
    tu conjures ma langue de pierre,
    car elle se rend neuf fois par jour
    aux enfers pour y brûler un mot.

    Quant tu auras réussi tout cela,
    tu seras le bienvenu sur la bouche et le front
    et le plus doux des cœurs t’attend
    dans le signe de la croix.

    Christine #Lavant (1915-1973) “ Les étoiles de la faim “

    Wikipédia :
    " #Écrivaine et artiste autrichienne.
    Sa biographie d’avant-guerre est encore peu renseignée. Neuvième enfant d’une pauvre famille de mineurs, elle souffre d’adénopathie tuberculeuse, de tuberculose pulmonaire, de pneumonie, d’otite moyenne aiguë, et de dépression. Elle ne peut achever sa scolarité secondaire, et vit à la maison familiale : lire, écrire, peindre, tricoter. Au cours d’un traitement médical à Klagenfurt, un médecin lui offre un livre de Rainer Maria Rilke, qui transforme sa vie.

    En 1939, après la mort de ses parents, elle épouse Josef Habernig, peintre, et ancien propriétaire terrien, son aîné de presque 35 ans.

    En 1945, l’éditeur allemand Viktor Kubczak découvre et publie sa littérature narrative, dont elle aurait détruit l’essentiel dans les années 1930, pour n’avoir pas pu être éditée.

    Son œuvre poétique lui vaut de nombreux prix littéraires dans son pays. "
    #Christine_Lavant #Autrice


  • Voici une petite promo pour les 17 événements qu’organisent une Compagnie théâtrale dans le 20e ardt de Paris.
    ( Je suis chargé de leurs RP pour l’occasion)

    Femmes Ordinaires Extraordinaires - Journées du #Matrimoine aux portes du 20ème les 15 et 16 septembre - Actualité Compagnie Pièces Montées
    http://actupiecesmontees.blog.free.fr/index.php?post/2018/09/05/Femmes-Ordinaires-Extraordinaires-Journ%C3%A9es-du-Matri

    Les 15 et 16 septembre, avec la compagnie Pièces Montées et ses 19 partenaires artistiques et associatifs, les « Journées du Matrimoine » prendront aux portes du 20e arrondissement de Paris une joyeuse forme ludique et interactive : deux créations de la Cie Pièces montées sous forme de « vraies-fausses visites », guidées par des comédien.ne.s et un danseur, des expositions, des projections, des spectacles de compagnies invitées, des ateliers participatifs…


    • « C’est une histoire qu’on refoule beaucoup. Moi-même, j’ai réalisé que je ne la connaissais pas. Quand on pense au sabbat, au pacte avec le diable, ces éléments nous paraissent fantaisistes ; ils nous amènent à penser que les chasses aux #sorcières elles-mêmes étaient fantaisistes, irréelles, alors que c’étaient des crimes de masse. Il y a un refus de regarder cette histoire en face et une bataille d’interprétation autour d’elle. Beaucoup d’historiens n’acceptent pas le fait qu’il s’est agi d’un crime de masse misogyne. »
      #féminicide #femmes

    • C’est drôle, je n’avais pas forcément relié ces phrases à cette démarche d’émancipation, mais c’est tout à fait juste. Ce qui m’a toujours agacée à propos de la soi-disant victimisation, c’est le discours qui veut nous faire croire que se dire victime de quelque chose va nous rendre faibles et va faire de nous des créatures gémissantes. J’ai toujours eu l’impression que c’était l’inverse. C’est en prenant conscience qu’on est victime, qu’on peut se libérer. Dire qu’il ne faut pas se victimiser, c’est dire en réalité qu’il ne faut pas se battre. Si on ne passe pas par cette étape, comment se libérer ?

      Mais tellement, ça m’agace à chaque fois que je vois (et donc y compris chez des réelles « victimes », de racisme, de sexisme, etc) ce mantra super présent de nos jours de se distinguer des victimes « non moi je suis pas une victime ».

    • Ouiii, merci ! Les gens qui daubent sur les victimes sont souvent du côté de ceux et celles qui leur marchent dessus. Quand j’entends le mot « victimaire » (comme ici récemment, hum hum), je sors mon revolver. C’est rien de dégradant, rien de génial non plus, c’est ce qu’on en fait, de cette réalité. Et on peut très bien partir de ce constat-là pour se battre (alors que partir de l’idée que tout va bien, c’est plus compliqué).

    • Vous dessinez les trois types de « sorcières » pourchassées : les femmes indépendantes, les femmes qui n’ont pas d’enfant, les vieilles femmes. Pourrait-on inclure, dans la femme indépendante, la femme qui ne se cantonne pas à la sphère domestique ? La sorcière, c’est aussi celle qui détourne les objets traditionnellement associés à la sphère domestique, comme le balai…

      Oui. C’est en quelque sorte la suite de mon ouvrage Chez soi — Une odyssée de l’espace domestique. La chasse aux sorcières correspond à un moment où les femmes sont chassées de nombreux corps de métiers, où on les assigne au rôle maternel et à la sphère domestique. L’indépendance des femmes et la participation à la vie sociale sont mal vues.

      #Mona_Chollet #Ballast #Sorcières #Femmes #childfree #no_kids #nullipare




  • Pourquoi la spiritualité est un enjeu afroféministe ? – Part. 1
    http://mrsroots.fr/2018/08/17/pourquoi-la-spiritualite-est-un-enjeu-afrofeministe-part-1

    Une série d’articles que je couve depuis plusieurs mois, après m’être demandée par quel pan je souhaitais l’aborder, avec quels mots, quelle approche… Celleux qui me lisent sur Twitter vont retrouver les bribes de réflexion déjà évoquées, et je vais pouvoir enfin aborder en long et en large ce thème, avec un peu plus de sérénité. Source : Mrs Roots

    • Grosso modo, quand on parle de spiritualité dans beaucoup pas mal de milieux féministes traditionnelles, on n’entend que “religion”, avec une lecture monothéiste de ce propos et tous les raccourcis qui vont avec (“religion => soumission de la femme” etc). Ces mêmes a priori nourrissent également une islamophobie non dissimulée dans plusieurs cercles féministes en France, et plus largement en Europe.

      Or, si on garde en tête une perspective féministe décoloniale, et le rôle du christianisme en tant qu’arme politique ayant servi à coloniser et asservir les plusieurs populations africaines notamment, il y a tout un pan de croyances précoloniales à étudier et à se réapproprier.

      En tant qu’afroféministe, j’ai le sentiment qu’il y a un carrefour où on a les choix de : soit se réapproprier des croyances précoloniales, soit de se réinventer, soit de s’émanciper de toute spiritualité. Et en Occident, il y a souvent le postulat d’un féminisme blanc qui sous-entend qu’être féministe et indépendante, c’est nécessairement s’affranchir de toutes croyances, spiritualité, etc.

      Je pense sincèrement que cette question peut alimenter un dialogue entre femmes noires, notamment avec celles qui ressentent que la question de la tradition n’est pas abordée dans le(s) milieu(x) afroféministe(s) français ; mais aussi qu’elle s’inscrit dans une réflexion sur le selfcare des femmes noires.