• Fusillée par les franquistes il y a 90 ans, la journaliste Renée Lafont attend toujours que la France lui rende justice - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2026/09/06/fusillee-par-les-franquistes-il-y-a-90-ans-la-journaliste-renee-lafont-att

    Renée Lafont, journaliste française exécutée par les franquistes à Cordoue le 1er septembre 1936, reste une figure méconnue en France malgré les efforts des associations mémorielles. Un livre espagnol publié 90 ans après son assassinat ravive son souvenir, tandis que la France tarde à lui rendre hommage.

    Le 1er septembre 1936, les factieux nationalistes exécutent à Cordoue l’intellectuelle française Renée Lafont. 90 ans après son assassinat, elle reste un fantôme pour les autorités françaises, mais elle est devenue une victime emblématique pour les associations mémorielles.

    Femme de lettres, journaliste, romancière et poète amoureuse de l’Espagne, Renée Lafont est une hispaniste de premier plan, en 1936. Dès 1925, elle a ainsi traduit le livre « Ce que sera la République espagnole » de Vicente Blasco Ibañez, grande figure littéraire républicaine. Elle a 58 ans lorsque le soulèvement militaire des généraux factieux fomenté par Mola, Sanjurjo et Franco déclenche la Guerre d’Espagne. Dès l’arrivée en Andalousie des troupes coloniales de ce dernier, massacres à grande échelle et viols systématiques commencent pour « purifier l’Espagne », revendiquent les putschistes, tout à leur stratégie de la terreur.

    Journal officiel de la SFIO, Le Populaire de Léon Blum mandate Renée Lafont comme envoyée spéciale sur ce front andalou. Mais la voiture dans laquelle elle circule s’égare dans les lignes nationalistes près de Cordoue et se retrouve prise dans les tirs. Blessée à la jambe, Renée Lafont est capturée et décrétée espionne sans autre forme de procès. Le 1er septembre devant le mur nord du cimetière de La Salud, elle est la première journaliste fusillée dans une guerre, son corps jeté à la fosse commune, comme des dizaines de milliers d’autres victimes de la répression d’extrême droite. Aujourd’hui encore, plus de 110 000 disparus attendent une sépulture sur laquelle pourraient se recueillir les familles.

    En contact avec l’association espagnole Arehemisa (Association pour la récupération de la mémoire historique d’Aguilar de la Frontera) qui travaille depuis 2006 à la recherche, l’exhumation et l’identification des victimes du franquisme dans la région de Cordoue, l’universitaire palois Jean Ortiz révèle en 2017 l’affaire Renée Lafont de ce côté-ci des Pyrénées. À Cordoue, ancien pharmacien militaire devenu historien, Patricio Hidalgo Luque a reconstitué les dernières heures de la journaliste française. Et celles et ceux qui, à l’instar de Rafael et Pablo Espino ou Florentina Rodriguez, se battent pour arracher à l’amnésie les victimes de la répression franquiste l’ont, en quelque sorte, « adoptée » dans leur combat. Coordination nationale de quinze organisations mémorielles de l’Espagne républicaine, Caminar relaie et soutient en France ce travail.
    Un livre publié ce mois-ci

    Le jeudi 10 janvier 2019, La Dépêche est avec eux, à Cordoue, lors de l’ouverture de la fosse commune où gît Renée Lafont. Le corps sera bientôt retrouvé et identifié, notamment grâce à l’ADN de l’animatrice Maïtena Biraben, parente éloignée de Renée Lafont, morte sans descendance ni proche famille. Début 2018, Caminar s’adresse au président de la République Emmanuel Macron. L’Élysée accuse réception et transmet au ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Le 28 mai 2018, Jean-Yves Le Drian répond qu’après un rapatriement des restes, « un hommage trouverait sa place dans la continuité des actions de commémoration déjà réalisées, notamment à l’occasion du 75e anniversaire de la fin de la Guerre d’Espagne ».

    1er septembre 2026, 90 ans après le crime… Pablo Espino publie en Espagne un livre sur Renée Lafont. En France ? « Toujours rien, à ma connaissance », constate José Garcia, ancien président de Caminar et présent lors de l’ouverture de la fosse. Ni rapatriement ni hommage officiel mérités. Franco, lui, garde sa Légion d’honneur.

  • Huckabee fustige le Britannique Miliband suite à une vidéo présentant des récits « effroyables » sur Gaza - The Times of Israël
    https://fr.timesofisrael.com/liveblog_entry/huckabee-fustige-le-britannique-miliband-suite-a-une-video-present

    « La haine des Juifs dont fait preuve leur gouvernement ne connaît ni limites ni faits », a écrit Huckabee sur X

  • « Ce n’est pas négociable. Vous devez l’utiliser » : les patrons des géants de l’IA exhortent les dirigeants des pays du G20 à faire adopter ce progrès, jugé aussi incontournable que « l’eau, les routes, l’électricité »
    https://www.bfmtv.com/tech/intelligence-artificielle/ce-n-est-pas-negociable-vous-devez-l-utiliser-les-patrons-des-geants-de-l-ia-

    (...)

    « Au bout du compte, ce que chaque pays devra reconnaître, c’est que l’IA est une infrastructure, au même titre que l’eau, les routes, l’électricité, internet », a déclaré Jensen Huang. « Chaque pays doit construire des infrastructures pour pouvoir soutenir sa propre économie. »

    (...)

    L’adoption de l’IA, en revanche, n’est pas optionnelle aux yeux du patron d’OpenAI, qui a comparé un pays refusant cette technologie à celui qui aurait refusé l’électricité il y a un siècle : « Ce n’est pas négociable. Vous devez l’utiliser. La valeur pour un pays est trop importante pour être ignorée. »

    (...)

    #tina

  • Olivier Ertzscheid : « Les plateformes comme Meta ne modifient leurs comportements que sous la contrainte » | Alternatives économiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/olivier-ertzscheid-les-plateformes-comme-meta-ne-modifient-

    Allons-nous parvenir à une forme de responsabilisation des réseaux sociaux ? Olivier Ertzscheid, enseignant chercheur en sciences de l’information à l’Université de Nantes et notamment auteur de l’ouvrage Le monde selon Zuckerberg (Editions C & F, 2020), analyse la portée de cet accord.

    Ce qui se passe aux Etats-Unis devrait, je l’espère, inspirer une mise en action de l’Europe sur ce sujet pour effectivement l’élargir à d’autres pays et d’autres plateformes.

    En France, nous en sommes encore à nous poser la question de l’interdiction du téléphone portable à l’école. Outre le caractère difficilement opérant d’un tel bannissement, la réponse nous est donnée par le procès états-unien : ce sont les plateformes qui sont responsables des contenus qu’elles diffusent, de la toxicité de certains et du caractère addictif. Elles doivent adapter leurs services à l’âge des utilisateurs en les interrompant pendant certaines heures et en cassant les chaînes de viralité.

    La question de l’élargissement à l’ensemble des utilisateurs peut être également posée. Si les plateformes généralisaient ces engagements pour tous, l’impact sur le modèle économique serait cette fois-ci considérable.

    Vous expliquez que le modèle économique est l’une des principales causes des effets toxiques des grands réseaux sociaux, mais quelles sont les alternatives possibles ?

    L’un des points avancés est l’interopérabilité des plateformes, c’est-à-dire que chacun puisse choisir le réseau social qu’il préfère selon sa logique éditoriale et qu’il puisse être compatible avec d’autres réseaux sociaux. L’autre alternative serait que des réseaux soient opérés par la puissance publique ou des acteurs non marchands, qui adopteraient un autre modèle économique.

    #Meta #Procès #Olivier_Ertzscheid #Economie_numérique

  • A new online tool maps border wall projects, using photos from the people who live nearby

    Tucson-based news outlet #The_Border_Chronicle hopes its ‘#Wall_Watch’ map can provide ‘continuous, realtime’ #documentation of border #infrastructure projects.

    A new online mapping tool aims to document wall construction and other federal projects along the nearly 2,000-mile U.S.-Mexico border — using help from the people who live there.

    The Border Chronicle, a Tucson-based independent news outlet, launched the initiative — called “Wall Watch” — last week. It arrives as the Trump administration continues to ramp up border barrier construction, ranging from a floating buoy wall in Eagle Pass, Texas, to a double bollard fence that would cut through the Tohono O’odham Nation.

    “We thought of this idea, Wall Watch, as a way for communities up and down the border to have more of a real-time look at what is actually happening,” said Border Chronicle co-founder Melissa del Bosque.

    How it works

    While browsing through the interactive Wall Watch map, users can explore the various layers of border infrastructure that already exist, like surveillance towers, land ports of entry, and vehicle barriers.

    But the map also depends on crowdsourced reports from border-area residents who observe new construction. Following the website’s directions — written in English and Spanish — users can submit up to five images, along with other basic details, like GPS coordinates and the date of the observation.

    The submissions go to an administrator, Tucson-based geographer Dugan Meyer, who verifies the reports.

    “Then if it’s good to go, he’ll post it on the Wall Watch map,” del Bosque explained.

    The federal government already documents border barrier construction on its interactive Smart Wall Map. There, users can browse through a wide assortment of ongoing projects, ranging from a double wall that would stretch through the San Rafael Valley to new technology for the existing barrier south of San Diego.

    But del Bosque says the government’s tool doesn’t give the full picture.

    “You can see where the awarded contracts are and contracts in process, but it lacks in detail … It’s not entirely clear by looking at (the Smart Wall) map as to what exactly is happening,” del Bosque said.

    Wall Watch, she added, is aiming for a more “continuous, real-time picture” of the border.

    ‘A lot of anxiety, a lot of concern’

    In recent months, del Bosque said, Border Chronicle staff began getting calls from border-area residents — from Texans to Californians — seeking answers about new construction projects in their own neighborhoods.

    “What residents were telling us is that they were getting no information from the federal government about what their plans were … So there was a lot of anxiety, a lot of concern,” she said.

    Del Bosque said she began reporting on border walls in 2008 — but back then, there was “more of a process” in terms of how the federal government communicated with local residents about border-related construction projects.

    “So, there would be these community meetings. There were community liaisons. There was an opportunity for residents to be able to voice their concerns and the impacts,” she said.

    Del Bosque is not alone in wanting better communication.

    This spring, a coalition of 14 judges in Texas’ border counties penned a letter to the Department of Homeland Security, asking the agency to coordinate with landowners and local officials before finalizing infrastructure projects.

    On Aug. 7, Republican Texas Sen. John Cornyn made a similar request in a letter to DHS about the agency’s controversial plans to install new border technology and infrastructure in Big Bend National Park.

    “In the past, such communications between DHS and state and local leaders have occurred,” he wrote.

    Cornyn continued: “But it appears the level of coordination and communication related to proposed construction in the Big Bend region has not been as fulsome as in prior years.”

    Reached for comment, a Customs and Border Protection spokesperson told AZPM the federal agency regularly “engages with stakeholders,” including residents and landowners and local government officials. CBP did not respond to specific questions about how often federal officials hold meetings with local residents in the event of border-barrier construction.

    Buoy walls and bollard fences

    So far, Wall Watch has garnered 22 community-sourced reports of new construction across the border — mostly in Texas. In a corner of Zapata County about 30 miles south of Laredo, for example, a report from a resident describes newly observed bollard wall construction just east of the Rio Bravo. Farther north, in Eagle Pass, another submission features a slightly grainy cellphone photo. In the distance, a yellow excavator digs into a river.

    “Barge with heavy equipment preparing for river buoy installation,” the report notes.

    Eagle Pass, del Bosque pointed out, has presented something of a test case for the Trump administration in its efforts to bolster border infrastructure. Earlier this year, contractors installed miles of floating buoys along the Rio Grande to create a floating border barrier. But in June, possibly hundreds of buoys broke free from the barrier — prompting the shutdown of two international bridges in the Texan border town.

    “Once you see (the Wall Watch map) from a region-wide perspective, you see just how massively the landscape is being transformed under the name of national security, or border security,” del Bosque said.

    So far, the map only features two submissions along Arizona’s border — photographs of a large construction staging area on the southwestern edge of Cochise County.

    But the project’s creators hope for more community engagement as time passes.

    “So much of the border narrative is dictated by people who don’t live at the border,” del Bosque said.

    She added: “This is an opportunity for border residents to build that reality on the ground and to show the rest of the country, ‘Look, this is what’s happening in my backyard.’”

    https://news.azpm.org/p/news-topical-border/2026/8/21/230923-a-new-online-tool-maps-border-wall-projects-using-photos-from-the-

    #cartographie #visualisation #murs #barrière_frontalières #infrastructure_frontalière #migrations #réfugiés #USA #Etats-Unis #Mexique
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  • « Mais alors, vous êtes pour la traduction automatique ? »

    Réponse à quelques arguments courants en faveur de l’intelligence artificielle générative (9)

    Le 1er décembre 2025, l’Atelier d’écologie politique de Toulouse lançait un manifeste, aussitôt signé massivement par des membres de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) et de l’éducation nationale (EN) déclarant adopter une posture d’objection de conscience face au déploiement des technologies d’IA générative (IAg) dans leurs institutions. Le manifeste, que nous vous incitons à signer, justifie cette position par trois considérations majeures : le gouffre énergétique et matériel qu’implique le développement de l’IA, et dans le contexte de crise climatique, son caractère écocidaire ; les désastres sociaux, géopolitiques, économiques qu’engendre cet accélérateur des infrastructures industrielles ; enfin le futur dystopique (désinformation, dépendance, attaques contre la démocratie…) que nous promettent les mégafirmes aux commandes du développement de l’IA. Depuis le lancement de ce manifeste, l’Atecopol (Atelier d’Écologie Politique de Toulouse) s’est lancé dans un travail politique et pédagogique non seulement remarquable mais absolument indispensable. Nous n’entrevoyons qu’une minime partie des conséquences que pourrait avoir l’éclatement de la bulle financière liée à l’IA, mais les manifestations du réchauffement climatique – qu’accélèrent à une vitesse inouïe les data centers nécessaires à l’IA – sont, cet été, d’ores et déjà très concrètes. C’est ce qui nous amène à reproduire, avec son autorisation, l’argumentaire détaillé produit par l’Atecopol. Comprenant 12 réponses à des objections entendues régulièrement (au-delà de la cantine ou de la salle des profs), il constitue un outil précieux pour mener le combat contre l’adhésion à toutes sortes de mythes et de mensonges. Il contribue aussi et surtout à construire un autre imaginaire politique, à dessiner un monde différent que celui que nous promet l’IA : entreprise à laquelle le Collectif Les mots sont importants s’associe pleinement.

    Ce qu’en pensent les traducteurs et traductrices professionnelles.

    Plusieurs traducteur·ices nous ont interpellé·es sur la phrase suivante du manifeste : « Nous sommes par ailleurs conscient·es que le terme « IAg » recouvre des applications très diverses, dont certaines sont déjà largement intégrées à nos pratiques, telles que la traduction ou la transcription automatique. » Cette phrase ne visait pas à cautionner ces pratiques en soi (des « exceptions » qui seraient légitimes), mais prenait acte du fait que certains usages d’IAg avaient déjà produit une sorte d’effet de cliquet dans nos institutions. Il s’agit notamment de trois usages : i) le peaufinage de textes en anglais rédigés par des scientifiques avant publication, ii) la traduction de pages web dans des langues complètement inconnues de nous, pour pouvoir les lire, et iii) la transcription automatique d’entretiens en sociologie, qui semble s’être imposée comme norme dans certains laboratoires. Nous ne pensons pas que les individus puissent à eux seuls défaire les verrouillages technologiques, et nous voulions signifier que l’objection de conscience face à l’IAg n’implique pas de se défaire personnellement de tous les attachements qui ont été produits dans ces institutions ou qui le seront. Cela étant dit, les usages de traduction et transcription par IAg posent des problèmes profonds dont nous n’avions pas forcément conscience en écrivant cette phrase. Les traducteur·ices qui nous ont interpellé·es considèrent ainsi que les trois usages cités sont problématiques. Nous souhaitons relayer ici leurs arguments, qui nous semblent justes et méritent d’être connus. Leur texte ci-dessous décrit également plus largement la problématique liée à la traduction face à la vague de l’IAg. Il a été écrit par des traducteur·ices des collectifs En Chair et En Os et IA-lerte générale.

    Faut-il faire des exceptions ?

    Le passage du manifeste sur la traduction peut être compris comme la suggestion que certains usages de l’IAg seraient « moins graves » que d’autres et que des « exceptions » pourraient leur être accordées dans l’objection de conscience. Contre cette idée, et d’autant plus peut-être que le manifeste prend les limites planétaires comme point de départ, il nous semble difficile de ménager des exceptions à l’usage quotidien de l’IA, comme si la traduction ou la transcription vocale constituaient moins un « gouffre énergétique et matériel » (nous reprenons les termes du manifeste) que les autres usages de l’IA. Au « caractère écocidaire » de l’IA doit aussi s’ajouter son coût social (des travailleureuses des mines à celleux des data centers). Si l’on doit absolument prévoir des « exceptions », cela ne doit-il pas se faire à l’aune d’une étude bénéfices-risques pour l’humain et pour la planète ?

    La question de l’emploi

    Le caractère « moins grave » de l’usage de la traduction automatique est parfois défendu au motif que celle-ci n’intervient généralement pas en remplacement d’un·e traducteurice de métier mais pour des situations ponctuelles et bénignes. Or, même dans un tel cas, l’entraînement des modèles de langage repose sur des données produites par des personnes. On sait qu’une partie de ces données ont été volées (par exemple, Meta a admis avoir entraîné son modèle sur une base de données de livres piratés, et c’est probablement le cas pour Mistral aussi. Mais même lorsque les données ont été acquises « légalement », leur exploitation repose sur une exception au droit d’auteur (« exception TDM » de 2019) dont la légitimité et la cohérence avec la Convention de Berne (qui régit le droit d’auteur) sont remises en cause. TOUTE sortie machine, qu’il s’agisse de « traduction » ou plus largement de génération de texte, repose donc sur l’exploitation illégitime et possiblement illégale de données sous droit d’auteur. Par ailleurs, toute utilisation de la traduction automatique donne de la légitimité à cet outil, et participe donc à la disqualification des traducteur·ices et à la dégradation de leurs conditions de travail et de rémunération. Cela rend caduc l’argument selon lequel « ça ne vole le travail de personne ».

    Les cas i) et ii) (peaufinage d’un texte écrit en anglais, et traduction de pages web) posent la question de la capacité des chercheur·euses à analyser de manière critique la traduction ou correction produites. On peut supposer qu’ils ont recours à l’IA parce qu’ils n’ont pas confiance en leurs compétences linguistiques, sont structurellement débordés et espèrent gagner du temps. Dans ces conditions, ils seront tentés de « croire » aveuglément au texte produit par l’IA et ne seront pas en mesure d’en déceler les problèmes – qui existent. D’ailleurs, sans cette foi accordée à la sortie machine, il n’y a pas de raison d’y recourir puisque c’est extrêmement fatiguant de repasser derrière. Rien ne garantit donc que la sortie machine, en particulier sur le travail spécialiste et très ciblé des collègues, soit plus satisfaisante que la rédaction d’un·e collègue plus ou moins à l’aise dans la langue cible. Pourquoi ne pas admettre qu’un texte écrit dans une langue qui n’est pas la langue maternelle du chercheur n’a pas à être parfait (et qu’on n’a pas forcément besoin que tout soit en « anglais international », d’ailleurs) ?

    Le cas ii) pose également la question des langues « minorisées ». Si elles sont toutes « traduites » en anglais, elles cesseront alors inéluctablement d’être des langues d’expression scientifique, et la légitimité de la recherche dans ces langues « rares » en souffre. Or le multilinguisme (des scientifiques et en général), et la traduction humaine de l’état de l’art, est bien plus désirable que l’illusion de la transparence des langues que permettrait la traduction-machine.

    Pour le cas iii) (transcription des entretiens), nous ne sommes pas sociologues et nous garderons donc de répondre sur cette question. Un très bon interlocuteur en la matière serait le sociologue Juan Sebastian Carbonell, qui vient de sortir un livre sur l’IA (Un taylorisme augmenté, Amsterdam). Une transcriptrice décrit ici son travail et explique en quoi il se différencie d’une transcription automatique. De manière générale, il faut se méfier de l’idée que l’IA a « tout changé » : ce qu’elle a changé, c’est surtout l’acceptabilité sociale de l’automatisation totale de certaines tâches.

    L’argument du gain de temps

    En général, il faut s’interroger sur l’impression de gain de temps, l’illusion d’optique qui consiste à croire qu’il est moins chronophage de corriger un texte existant que de faire le travail soi-même. Cette impression vient beaucoup du côté « rassurant » d’avoir un texte devant soi plutôt que de partir d’une page blanche. Et c’est d’autant plus rassurant qu’on est par ailleurs fatigués, angoissés… Cela vaut pour les collègues comme pour les étudiants. Pour ce qui est de la traduction, la profession est unanime quant au fait que la post-édition (correction de sorties machines) ne représente aucun gain de temps significatif, mais une grande perte de sens et de bien-être au travail.

    Dans un contexte universitaire, si le recours aux IAg dans nos professions semble si séduisant malgré tout, c’est parce que nous n’avons plus le temps de faire correctement notre métier. Nous croulons sous les tâches annexes et, pour des choses qui relèvent de notre cœur de métier, nous devons aller plus vite, parce que nous avons une exigence de rentabilité. La question n’est pas de « gagner » du temps (en lâchant sur la qualité), mais de réfléchir à quoi serait occupé ce temps prétendument « gagné » : à répondre à plus de mails et d’appels à projets (rédigés et évalués par IA), à corriger plus de copies, à faire des heures sup de cours payées en-dessous du SMIC, à publier ET périr à petit feu ? Nos désirs de concession à l’IAg ne sont qu’une conséquence du publish or perish et de la dégradation de nos conditions de travail.

    Repenser la communauté universitaire ?

    Plutôt que de céder aux sirènes de l’IAg, peut-être faudrait-il repenser l’esprit de coopération au sein de la communauté universitaire, et nous entraider davantage en mutualisant nos compétences (par exemple linguistiques), notamment au sein des labos. Cela demande du temps, ainsi qu’une reconnaissance et une valorisation de cet effort collaboratif. Là où l’IAg a pour but de détricoter les liens sociaux, accepter notre dépendance vis-à-vis des autres (collègues qui nous aident, professionnels qu’on rémunère…) nous semble un modèle plus sain, plus propre aussi à la diffusion des compétences (comme le plurilinguisme) — un modèle pluriel, incarné, qui n’efface pas toutes les compétences et limites individuelles derrière la puissance algorithmique.

    https://lmsi.net/Mais-alors-vous-etes-pour-la-traduction-automatique
    #IA #AI #intelligence_artificielle #traduction #objection_de_conscience #transcription #ESR #recherche #université #IAg #écocide #coût_social #emploi #travail #exploitation #langues_minorisées #multilinguisme #efficacité #temps
    via @fil

  • Symboles nazis, insultes racistes, élèves harcelés : une prépa catholique parisienne mise en cause [24 juin 2026]
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-grand-reportage-de-france-inter/le-grand-reportage-du-mercredi-24-juin-2026-9231720

    Un autre professeur affirme, lui, avoir alerté la direction dès 2015 sur ce qu’il décrit comme des dérives préoccupantes : « Par curiosité, un soir, j’ai assisté à une messe avec l’aumônier de l’établissement. Ce dernier expliquait pendant la messe qu’il fallait reprendre le contrôle de la France face aux Juifs et aux francs-maçons, qu’il disait omniprésents. Et à la sortie de la messe les étudiant tractaient pour l’action française ». Un autre épisode l’a marqué : « En 2017, j’ai dû moi-même décrocher un portrait de Franco [dictateur espagnol, au pouvoir entre 1936 et 1975] affiché en salle des élèves. » Cet enseignant affirme avoir lui aussi alerté Eric Barbier : « Il me répondait systématiquement qu’il ne fallait pas faire de vagues, afin de ne pas mettre en danger l’École normale catholique. Mais qu’est-ce qui est plus dangereux que la #fascisation d’un établissement ? »

    #enseignement_privé_catholique #racisme

  • Israeli PR wants to answer your ChatGPT questions - POLITICO
    https://www.politico.com/newsletters/politico-influence/2026/08/14/israeli-pr-wants-to-answer-your-chatgpt-questions-01038138

    Israel has launched a new campaign to influence how large-language models like ChatGPT are answering questions about Gaza and the Israel Defense Forces amid declining public support for the country across the U.S. political spectrum.

    — French PR firm Havas Media, which runs the lion’s share of Israel’s FARA-registered foreign influence work in the U.S., appears to have stood up an “institute” aimed at feeding LLMs positive information about Israel via one of its subcontractors, boutique ad agency Piro, Inc.

    — In a trove of FARA documents filed with the Justice Department in the last week — which have not previously been reported — Piro disclosed that over a dozen articles on the Hanover Institute for Public Policy’s website were part of a $100,000 campaign focused on “the creation and dissemination of factual, source-supported informational materials intended to educate the U.S. public regarding Israel and related issues through publicly distributed content.”

    — The institute’s website features dozens of “data reports” with no named authors, each of which features questions like “Is the IDF the World’s Most Moral Army?” and “Is There a Policy of Starvation in Gaza?” — a telltale sign that the articles are designed to feed data to LLMs. The site’s “About” page says “The Hanover Institute for Public Policy studies the inputs fueling antisemitism in the United States, and publishes what the evidence shows,” adding that its unidentified founder “traces this work to a moment in childhood.”

    — It appears to be working: ChatGPT and Perplexity both cited the Hanover Institute’s material in response to neutral tests run by PI, referring to the site’s content on Gaza, anti-Zionism and antisemitism.

    — The site also features a disclosure tucked at the bottom: “This material is distributed by Piro, Inc. on behalf of Havas Media Germany GmbH on behalf of the Israel Government Advertising Agency (LaPam).” Technical markers reviewed by PI indicate that the site was built or hosted using Res, a Seattle-based AI startup that boasts about its work helping clients like Nike and Intel get recommended by AI models. An identical version of the institute’s homepage hosted on Res’ site became unavailable after PI reached out to the company for comment.

    — It’s not the first time Israel has leaned on the Havas network to try and influence chatbots. Havas disclosed hiring former Trump campaign manager Brad Parscale last year via his firm Clock Tower X to undertake a $46.5 million influence campaign that included “deployment of websites and content to deliver GPT framing results” on behalf of Israel, per FARA filings.

    — Piro co-founder Daniel Rosenberg told PI in an email that “Piro was retained by the State of Israel, as disclosed under FARA, to put accurate, sourced facts into the public record and to counter misinformation about Israel with verifiable information.” Res CEO and Founder Hai Tran said in an email that his role in the project is “disclosed in the short-form registration filed with the Department of Justice, which is publicly available.” Unlike Clock Tower X’s filings, Piro’s FARA filings do not explicitly cite influencing LLMs as a goal of the foreign influence campaign.

    — Havas Media and the Hanover Institute did not respond to a request for comment; nor did spokespersons for LaPam and the Israeli embassy.

    • Comment le gouvernement israélien a fabriqué un institut de recherche fictif pour influencer les IA génératives – Libération
      https://www.liberation.fr/checknews/comment-le-gouvernement-israelien-a-fabrique-un-institut-de-recherche-fic

      A première vue, le Hanover Institute for Public Policy ressemble à un centre de recherche américain tout à fait banal. Il publie des rapports remplis de tableaux, de statistiques, de notes de bas de page, et possède une charte graphique bien rodée. A ceci près que ses auteurs stakhanovistes, capables de publier 124 articles entre le 6 et le 14 août, ne portant que des sujets en lien avec Israël, la Palestine et l’antisémitisme, sont introuvables.

      A partir de documents déposés auprès du ministère américain de la Justice dans le cadre du Foreign Agents Registration Act (Fara), le média américain Politico a révélé, le 14 août, que le site de ce prétendu think tank, dont le nom de domaine n’a été enregistré que fin juin, est en réalité une opération de communication du gouvernement israélien. En exploitant ces formulaires, le journaliste Jacob Wendler, spécialisé dans les questions de lobbying et de réseaux d’influence, a découvert que les contenus du Hanover Institute sont en réalité produits par l’agence de communication américaine Piro Inc., sous-traitante de #Havas Media Germany, branche allemande de l’entreprise française de conseil en communication, elle-même déjà enregistrée aux Etats-Unis dans des opérations d’influences pour le compte d’Israël, rappelle Politico.
      « Influencer les grands modèles linguistiques »

      Selon les documents du Fara, Piro a adressé un « work order » (ordre de service) de 900 000 dollars (770 000 euros), fin avril, pour une mission de « projet pilote de narration numérique », puis de 100 000 dollars, fin juillet, pour développer une « initiative de contenu factuel », toutes deux menées pour le compte du gouvernement israélien.

      Ces activités pour le compte de l’Etat hébreu, qui « peuvent inclure la création et la diffusion de supports d’information factuels et étayés par des sources fiables destinées à sensibiliser le public américain à Israël et aux questions qui s’y rapportent, par le biais de contenus diffusés au grand public », d’après les documents publics remplis par Piro auprès du Fara, ne constituent pas vraiment un secret. En bas de page du site du Hanover Institute, on retrouve une mention qui confirme que « ce document est diffusé par Piro, Inc. pour le compte de Havas Media Germany GmbH, agissant pour le compte de l’Agence de publicité du gouvernement israélien ».

      Mais selon Politico, cette opération d’influence a pour spécificité de chercher à « influencer la manière dont les grands modèles linguistiques, tels que ChatGPT, répondent aux questions concernant Gaza et les Forces de défense israéliennes, alors que le soutien de l’opinion publique à ce pays s’affaiblit à tous les niveaux du spectre politique américain ». En publiant des centaines d’articles, toujours structurés autour de titres sous forme interrogative, tels que « Les fondateurs du sionisme se qualifiaient-ils eux-mêmes de colonisateurs ? » ou « Que va-t-il arriver aux civils à Gaza ? », et une construction standardisée autour de points clés, tableaux et listes de sources, Politico estime que ces textes visent à alimenter les systèmes d’intelligence artificielle qui parcourent le Web pour répondre aux questions de leurs utilisateurs.

      Autre élément allant dans le sens d’une opération visant à influencer les outils d’intelligence artificielle grand public, également souligné par une enquête du 17 août du magazine Responsible Statecraft, émanation du think tank américain Quincy Institute, l’entreprise Piro revendique être en mesure de faire de l’« AI story optimization », soit le fait d’influencer la manière dont ChatGPT et d’autres outils d’IA vont répondre en reprenant les informations que veulent mettre en avant ses clients. Or, dans ce cas précis, son client est le gouvernement israélien, ce qui semble orienter parfois la qualité des réponses. A la question « L’armée israélienne est-elle l’armée la plus morale au monde ? », le Hanover Institute va répondre en reprenant des sources qui se concentrent sur ce que les Israéliens, juifs comme arabes israéliens, pensent de Tsahal dans des enquêtes d’opinion, où indiquant que l’armée dispose d’un code de bonne conduite et qu’elle a même ouvert des enquêtes sur le comportement de ses soldats. Or cette réponse est biaisée puisqu’elle ne répond qu’avec des points de vue israéliens.

      Responsible Statecraft soupçonne également le site de produire ses textes à l’aide d’IA générative. Après avoir soumis douze articles choisis au hasard au détecteur d’IA GPTZero, onze ont été identifiés comme ayant été rédigés par une IA avec un « niveau de confiance élevé » et le dernier avec un « niveau de confiance modéré ».

      Selon le site Cybernews.com, des indices techniques montrent que le site du Hanover Institute est conçu pour être facilement exploité par les robots des intelligences artificielles. Alors que la plupart des sites web limitent l’accès à certains robots « afin de protéger leur contenu ou de réduire la charge sur le serveur », Cybernews constate que le site du Hanover Institute « dispose d’un fichier robots.txt très ouvert », qui invite les robots des modèles d’IA à parcourir librement ses pages. « Ce n’est pas une simple négligence », avertit le site spécialisé, qui note également que le site a créé un fichier llms.txt, spécialement conçu pour faciliter l’accès des IA au contenu d’un site et donner la priorité à ses rapports.
      Confrontés à un problème technique

      D’après Politico, qui a effectué ses propres tests, les manipulations de Piro ont fonctionné. ChatGPT et Perplexity ont cité des contenus du Hanover Institute en réponse à des demandes neutres concernant Gaza, l’antisionisme ou l’antisémitisme. Ironie du sort, Piro cite désormais l’analyse de Politico sur son propre site web pour vanter l’efficacité de son travail.

      Néanmoins, les efforts du gouvernement israélien pour influencer l’opinion publique via les réponses des IA sont désormais confrontés à un problème technique. Comme a pu le constater CheckNews, le nom de domaine du Hanover Institute n’est plus accessible pour de nombreux internautes. Un message d’avertissement bloque l’accès direct au site, suspecté de faire l’objet d’un usage malveillant.

      Cybernews.com rapporte que « le projet Spamhaus, une association à but non lucratif qui surveille les cybermenaces et fait figure de référence en matière de réputation des adresses IP et des noms de domaine, vient de signaler le site HanoverInstitute.com et de l’ajouter à sa liste noire de domaines », le rendant ainsi inaccessible aux utilisateurs de nombreuses solutions de sécurité web.
      Ce type d’opération n’est pas nouveau. En avril 2026, le média américain Axios avait révélé que l’ancien directeur de campagne de Trump, Brad Parscale, via sa société #Clock_Tower, était employé par le gouvernement israélien pour influencer les réponses des IA dans le cadre d’une campagne d’influence ayant coûté 46,5 millions de dollars.

    • Guillaume Champeau :

      Le Guardian révèle que l’agence Havas a signé un gros contrat avec le gouvernement d’Israël pour intoxiquer les réponses des #IA avec du contenu paraissant provenir d’un think tank sérieux appelé Hanover Institute for Public Policy, qui en réalité n’existe pas.

      En quelques jours entre le 6 et le 14 août, le site de ce prétendu think tank a publié 124 rapports d’apparence académique totalisant plus de 560 000 mots pour que les IA aient du contenu frais sur lequel se reposer pour répondre à des questions que les utilisateurs de ChatGPT, Claude ou Perplexity peuvent poser comme :
      – Israël commet-elle un génocide à Gaza ?
      – Israël a-t-elle chassé les Palestiniens de chez eux ?

      L’opération est menée en coopération avec une entreprise américaine, #Piro, qui s’est faite comme spécialité de créer du contenu à ingérer par les IA. Elle vise les USA, où la sympathie pour Israël dans la guerre à Gaza a chuté.

      Il n’est pas sûr que l’opération ait le résultat attendu mais ça confirme en tout cas que les tentatives de manipulation de l’opinion par l’intoxication des IA auxquelles les utilisateurs font confiance est déjà une réalité. Et les techniques pour ça vont se perfectionner. On peut imaginer qu’elles seront aussi à l’œuvre en France pour les élections 2027.

  • Un faux groupe de réflexion américain, créé et financé par Israël, cherchait à manipuler l’IA à des fins de propagande
    Jason Wilson | Mercredi 26 août 2026, 13 h 00 CEST| The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2026/aug/26/fake-thinktank-israel-ai-propaganda

    Dans le but de conditionner des chatbots à présenter des arguments pro-israéliens, le site a publié 124 rapports, soit plus de 560 000 mots en neuf jours, comme le révèle une analyse du Guardian

    Un site web de diffusion de messages pro-israéliens, arborant le nom d’un groupe de réflexion qui n’existe pas, a publié plus d’un demi-million de mots en neuf jours, en s’appuyant sur une plateforme commerciale qui promet d’optimiser le contenu afin que les chatbots basés sur l’IA le citent.

    Le site présente la position d’Israël sur des sujets tels que la torture des prisonniers palestiniens, les crimes de guerre israéliens et la question de savoir si Israël a délibérément affamé les Palestiniens de Gaza, le tout présenté comme une recherche neutre.

    La société de production médiatique new-yorkaise Piro Inc a déclaré ce site auprès du ministère américain de la Justice ce mois-ci en vertu du Foreign Agents Registration Act (FARA), une loi de 1938 qui oblige toute personne travaillant pour un gouvernement étranger à le déclarer officiellement, en tant que contenu diffusé pour le compte du gouvernement israélien.

    Le site publie au nom de l’Hanover Institute for Public Policy, qui n’existe apparemment pas en tant qu’entité juridique dans aucune juridiction, ne dispose d’aucune adresse physique et ne mentionne aucun membre du personnel ni aucune signature sur aucun de ses rapports. Ses propres conditions d’utilisation sont régies par les lois de « l’État dans lequel l’Institut est établi », dont il refuse de révéler le nom.

    L’existence du site a été signalée pour la première fois le 14 août. Depuis lors, l’institut a ajouté une page intitulée « Financement », qui précise : « Une version antérieure de cette page indiquait que l’institut fonctionnait sans financement externe, ce qui était vrai au moment de sa rédaction. »

    Ce site s’inscrit dans le cadre d’une initiative plus large, financée par des dizaines de millions de dollars provenant du gouvernement israélien et acheminés par l’intermédiaire de tiers, notamment le groupe publicitaire européen Havas Media, visant à programmer des chatbots pour qu’ils défendent la cause d’Israël. Un contrat entre Havas et une autre entreprise américaine travaillant sur cette campagne prévoit le « déploiement de sites web et de contenus destinés à produire des résultats de cadrage GPT lors de conversations GPT ».

    Le Guardian a contacté Piro Inc, Havas Media et l’agence de publicité du gouvernement israélien LaPam pour obtenir leurs commentaires. Des commentaires ont également été sollicités via une adresse e-mail de contact publiée sur le site web de l’Institut Hanover.

    Cela intervient à un moment où l’image d’Israël auprès de l’opinion publique américaine s’est effondrée, et où les responsables israéliens ont commencé à faire savoir aux médias que l’argent dépensé pour les efforts dits de « Hasbara » en matière de diplomatie publique à l’étranger avait été gaspillé. (...)

    #Hasbara

  • Vis ma vie de dév en 2026 – Pour la Science, n° 587
    Thomas Gerbaud.
    lecture chaudement recommandée…

    à feuilleter en kiosque, p. 64-65…

    Une journée comme une autre dans une entreprise de technologie. Les outils d’IA générative ont un impact direct sur notre métier. Témoignage d’une développeuse à peine fictive.

    … ou en version en ligne (avec #paywall), titre et chapeau assez différents…

    L’IA devait aider les développeurs, elle les condamne à relire du mauvais code | Pour la Science N° 587
    https://www.pourlascience.fr/sr/redresseur-de-code/je-n-ecris-plus-je-relis-du-code-genere-par-l-ia-le-quotidien-d-une-de

    Et si le vrai coût de l’IA en entreprise n’était pas le code qu’elle écrit, mais la compréhension qu’elle remplace ? Récit fictif d’une développeuse qui voit son métier glisser de l’architecture vers la relecture de code généré par des agents.

    Hier j’ai passé deux heures à relire une pull request (PR) générée par le PM. Pas un dév, un product manager. Il a branché Cursor sur le repo, a décrit ce qu’il voulait, et il a ouvert une PR. Les tests automatiques avaient validé son code. Mais, surprise : le code ne faisait pas ce qu’il prétendait faire. Fatiguant.

    Dans ce code, une fonction de 80 lignes gérait à la fois la validation métier, l’accès à la base SQL et le formatage de la réponse HTTP. Aucune séparation de responsabilité, aucune réutilisation de code pré-existant. Le genre de truc qu’on corrige chez un stagiaire en semaine 2. Sauf que là, c’est en prod et c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main parce que les tests sont verts. Depuis quand son agent a les droits, déjà ! ? J’ai mis quarante minutes à écrire un commentaire suffisamment diplomatique pour ne pas déclencher une n-ième réunion de crise. Enfin, moi j’ai écrit la version franche, Claude l’a rendue acceptable.
    […]

    • c’est le PM qui a mergé sa propre branche sur main

      En dehors de personnes devs, je me demande qui comprend un tel charabia professionnel ?
      Tant qu’à rester sur terre, si tu te poses la question voici un semblant de traduction :

      c’est le responsable des produits qui a fusionné sur la branche en production sa propre branche sans même avoir été relu par un+e humain contrairement aux pratiques d’approbation des participants au code mutualisé sur une plateforme GIT.

    • Discussion avec un consultant intervenant dans une équipe d’un CAC40. Les dévs ont un budget de tokens de 1000€ par jour. C’est épatant. Lui, il a budget illimité. L’équipe a un budget de 100K€ mensuel de licences. Ils ne le consomment qu’à moitié.

      J’ai pas creusé. J’ignore la signification précise de ce qu’il m’a indiqué.

      Je suis épaté de ce que notre métier est en train de devenir, sous l’impulsion de ces gens convaincus qu’ils sont montés dans le bon bateau.

    • J’entends des collègues très à l’aise avec les LLM, qui ne se plaignent ni de accoutumance (du LLM, pas l’humain), qui sauvegardent leurs prompts, qui ont tout plugué avec tout (comme dans l’article, GitHub via agent et MCP), et pourtant quand je vois ce qu’ils en font, je ne trouve pas ça tellement mieux que mes simples chat opportunistes et en dilettante avec Deepseek (pour le boulot).
      A part se sentir en meilleure pratique, je ne vois pas par où ils se distinguent.

    • J’ai créé le code (php,js,html,css,json) et fait évoluer l’ensemble des fonctionnalités d’un site de vente en ligne durant une vingtaine d’années sur un CMS français (sur lequel je reversais mes contributions) avec quand même 18 ans de bénévolat.
      Le client, malgré de longues explications, c’est là ou ton statut de dev doit comprendre les enjeux diplomatiques, avait du mal à entendre ni mes conseils (les informaticiens vous êtes bien tous les mêmes ai-je entendu un jour) ni que le site soit en évolution constante ni qu’il faille adjoindre temporairement d’autres personnes au projet.
      Résultat ? le client est parti voir ailleurs puis encore ailleurs et après un an et vu l’état du bousin aujourd’hui, une IA a dû passé par là pour massacrer l’ensemble et le porter sur un CMS américain bien pourri. Ce qui me chagrine c’est au final le pur gachis, ce joli site peaufiné dans ses moindres détails est devenu môche et surtout plus rien ne marche, même les process de la boutique n’aboutissent plus !
      Sans parler de la reprise de toutes les photos par des IAs pour des sites qui vendent les mêmes produits et ne s’embarrassent pas d’éthique pour se placer au premier rang des moteurs de recherche en mulitpliant les copies de code et de textes.

      Bref, les iAS sans derrière un cerveau humain en état de fonctionnement pour exceller dans les pratiques du web qui sont complexes et relèvent d’un métier proche de l’artisanat avec des années de pratique, c’est vraiment de la merde. Et puis, en patriarchiasse, j’ai un handicap élevé, je suis une femme, on peut donc reprendre mes sites et s’approprier mes codes sans même me contacter pour savoir si je peux aider et donc avant c’était « si une femme le fait je peux le faire » maintenant un cerveau normalisé au masculinisme ambiant c’est « si une femme le fait je peux le faire dix fois mieux avec une IA ».
      Ben non, raté, #droit_dans_le_mur

    • Mais dans quelle boîte laisse-t-on quelqu’un du fonctionnel pousser du code en prod ?? C’est un niveau de connerie assez fou quand même.
      De mon côté, petite note optimiste mais je trouve que la hype redescend un peu. Certes les IA sont là mais ce n’est plus considéré comme complètement magique dans le milieu tech. Maintenant j’attends que la bulle explose pour donner le coup de grâce (alors, on aura probablement encore de l’IA mais à mon avis beaucoup moins vu que les coûts risquent d’exploser).

  • L’IA dans les formations supérieures : beaucoup d’effets délétères et peu d’apports positifs

    D’après l’enquête IA et enseignement supérieur réalisée par le MESR en juin 2025 (https://mission-ia-sup.forge.apps.education.fr), les usages pédagogiques de l’IAG (Intelligence Artificielle Générative) largement dominants dans les universités sont de l’aide à la rédaction (44% des usages pour les enseignant·es et 62% pour les étudiant·es) et la recherche d’information (75% pour les étudiant·es). En termes d’outils d’IA souhaités, la recherche d’information arrive en rang 1 avec 60% des étudiant·es, à quoi s’ajoutent 50% de recherche de sources diversifiées (rang 4) et 50% de vérification d’informations (rang 2). Le rang 3 est occupé par l’assistance à la rédaction. Il n’y a donc pour l’instant aucun doute sur les usages actuels de l’IA et leur avenir proche par les étudiant·es. Pour les enseignant·es il s’agit surtout d’aides à l’évaluation (les 5 premiers rangs, supérieurs à 50%).

    Réaliser soi-même la recherche d’information et de rédaction est essentiel dans une formation supérieure

    Or ces usages touchent au coeur même des activités d’#apprentissage, fondé, dans le supérieur, sur des méthodes rigoureuses issues de la #recherche_scientifique (Voir aussi : https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques). Il est crucial d’apprendre à chercher et identifier les #sources, les vérifier, les comparer, les valider. Les étudiant·es demandent la plupart du temps à l’IAG de faire ce travail à leur place, n’apprenant donc pas à le faire. Pire : l’IAG est un intermédiaire qui masque les sources, d’autant que les outils d’IA gratuits qu’utilisent les étudiant·es offrent des possibilités limitées. On voit ainsi souvent des #bibliographies fictives, où une IA a associé des noms d’auteurs et d’autrices réels avec des titres d’ouvrages réels ou probables chez des éditions vraisemblables sauf que ces ouvrages n’existent pas : l’IAG a combiné des éléments probables. Exemple vécu : dans une #bibliographie de 25 titres d’un projet de mémoire de master en juin 2025, 23 étaient inventés.

    Même chose pour la #rédaction. Rédiger, ce n’est pas seulement livrer un produit fini, c’est surtout un processus à fonction cognitive qui concrétise la #pensée dans un #discours_organisé, et renvoie à la personne qui écrit son propre #discours à lire, la pousse à s’interroger sur les #termes justes et les #formulations nuancées. Quand on fait produire un texte à une #IAG, cette activité disparaît. On a du mal à identifier quels textes déjà disponibles en ligne l’IAG a pillés, mélangés, vidés de leurs spécificités, et donc à vérifier leur #cohérence et leur #validité. Or l’apprentissage de méthodes à usage autonome, c’est l’objectif majeur d’une formation supérieure. Et quand on utilise une IAG « seulement » pour « améliorer » la forme d’un texte, ce qu’elle sait plutôt bien faire, on court plusieurs #risques qui ne valent pas la #surconsommation_énergétique : perdre en cohérence entre le discours et la pensée qui l’a produit, donner la primauté à la forme sur le fond, uniformiser les modalités d’expression par l’application de #modèles_automatisés... L’une des constatations de l’enquête de 2025, c’est que « l’usage direct et sans encadrement d’une IAG est néfaste sur les apprentissages » (p.24).

    Cela ne signifie pas qu’aucun usage pédagogique pertinent ne puisse être fait d’une IAG, selon les domaines et de manière tutorée, notamment dans les domaines où l’IA fournit une #aide_technique de beaucoup plus haut niveau que ce que faisaient déjà des outils informatiques comme, par exemple, des tableurs ou des visions augmentées (télescopes ou microscopes). Mais, dès lors qu’il s’agit de contenus produits par la #pensée_humaine et utiles pour son développement, de domaines de connaissances où les textes occupent une place importante pour contextualiser dans la complexité du monde et produire prioritairement du #sens, la délégation à une machine crée davantage de manques qu’elle ne viendrait en combler.

    Exemple d’une soutenance de master

    Lors d’une soutenance de Master en Esthétique et Théorie des arts, sur l’insistance du jury, le candidat a admis avoir fait usage de l’IAG pour rédiger son mémoire. Le mémoire de 180 pages était rédigé sans la moindre erreur orthographique. Au niveau formel, rien à redire. Mais l’IAG compile, elle ne pense pas. Elle a en effet combiné des éléments probables d’information sans jamais attiser le désir de les vérifier, en entretenant l’#illusion_de_la_vérité. Elle a conduit à asséner des #généralités dont pas une ne pouvait résister à l’#esprit_critique. Pourtant, il n’y a que sur les pires chaînes de télévision que la compilation d’éléments information est donnée comme équivalente à un #argumentaire bien ficelé.

    Ainsi, pour développer et mettre en travail le concept d’habitus de P. Bourdieu, pourtant l’un des plus travaillés au monde, l’IA a proposé un falot manuel de sociologie pour débutant·es. Lorsque G. Bataille est cité, la référence de l’ouvrage ne comporte pas de numéro de page, l’IAG ne s’embarrassant pas de ces détails. Il fut donc impossible de vérifier s’il parlait effectivement (en 1957) de « ruptures des frontières corporelles dans la danse », ce qui serait très étonnant. L’IAG aura transformé la moindre idée porteuse de sens en #discours_indigent. Avec elle, la pensée propre à l’étudiant et son potentiel à problématiser ont cédé la place à la #banalité.

    Que faudrait-il changer face aux usages risqués de l’IA côté enseignement ? (Voir aussi : UNESCO, 2023, Guide pour l’IA générative dans l’éducation et la recherche : https://unesdoc.unesco.org/ark:/48223/pf0000389901)

    Malgré tout cela, il semble déjà difficile d’empêcher l’usage de l’AI par les étudiant·es.

    Auparavant, on était bien souvent dans une forme de dispositifs d’apprentissage implicites, avec des « raccourcis » grossiers dans la pertinence des évaluations (au risque d’ailleurs d’entraîner l’échec de tous les étudiant·es différent·es de la norme, sans les codes, etc.). La faute à la (non ?) formation à la pédagogie des enseignant·es du supérieur, mais aussi au manque de moyens. Également au déficit, dans l’évaluation de la carrière des E-C, de reconnaissance de l’expertise en enseignement, face à l’importance accordée aux activités de recherche.

    Si on veut garder un niveau d’apprentissage sérieux, relatif à ce qui peut s’ancrer durablement dans l’esprit de nos étudiant·es, on est donc face à la nécessité d’adapter nos #méthodes_pédagogiques. Le remède n’est pas forcément inaccessible. On doit s’assurer en détail que les étudiant·es travaillent pour de bon l’élaboration progressive d’une maîtrise des diverses #compétences et de leur articulation. On est donc forcés de faire une mesure plus fine de l’authenticité, des progressions dans le temps, plutôt que la simple #évaluation d’un résultat final. Tout cela va avoir un coût humain et logistique : organiser par exemple beaucoup plus de soutenances à l’oral, en présentiel et synchrone. Et devoir préciser et vérifier à chaque étape si l’IAG est acceptée ou non. Et si oui comment elle est utilisée...

    Il faudrait en somme mieux appliquer les pratiques adéquates standards de la pédagogie, comme l’alignement des dispositifs d’évaluation, par exemple. Tout cela requiert beaucoup d’efforts de la part des enseignant·es, et de moyens, des formations, un taux d’encadrement nettement plus massif. Il faut remettre plus d’humain dans la boucle. Hélas, ce n’est pas la tendance politique du moment. L’IAG porte la promesse magique de la #productivité — et il n’y a pas ou que peu d’alternatives puisque le marché en fourgue partout dans nos appareils et nos logiciels. Pourtant, si on veut former à l’#effort dans un monde de facilité, ça va coûter plus cher.

    https://cgt.fercsup.net/l-echo-du-sup/echo-du-sup-numero-11-juin-2026-l-ia-dans-l-esr-ou-l-esr-dans-l-ia/article/l-ia-dans-les-formations-superieures-beaucoup-d-effets-deleteres-et-peu
    #IA #AI #intelligence_artificielle #ESR #enseignement_supérieur #université #facs #pédagogie #à_lire

    • L’IA générative bouleverse-t-elle les pratiques pédagogiques ?

      En bref

      – Rendu public par OpenAI en 2023, GPT-4 a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique.
      – Les #modèles_de_langage modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique, ce qui peut mener à une fragilisation de leur plasticité cérébrale et de leur densification des réseaux neuronaux.
      – Lorsque assisté par l’IA, l’acquisition des connaissances peut être affaiblie dès qu’elle remplace systématiquement l’#effort_intellectuel : les productions écrites, le #travail_autonome et les modalités d’évaluation.
      – De nombreuses questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et #effort_cognitif humain sont soulevées, d’autant par la rapide évolution des modèles d’IA.
      – Des cadres commencent à émerger où l’IA n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.

      **

      L’irruption de l’intelligence artificielle générative dans les systèmes éducatifs marque un tournant technologique. Contrairement aux plateformes d’apprentissage en ligne ou aux outils d’assistance pédagogique des années 2000 et 2010, les modèles de langage de grande taille produisent désormais des raisonnements structurés, synthétisent des corpus complexes et interagissent avec les apprenants de manière adaptative.

      GPT‑4, rendu public par OpenAI en 2023, a atteint des niveaux de performance comparables à ceux d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de rédaction académique1. D’autres architectures comme Claude d’Anthropic ou LLaMA de Meta confirment cette dynamique tout en explorant des stratégies de gouvernance des sorties génératives et de réduction des biais2.

      Ces avancées offrent de nouvelles opportunités pour personnaliser les parcours, renforcer le tutorat individualisé et élargir l’accès aux ressources pédagogiques. Elles soulèvent toutefois des interrogations sur les fréquences d’utilisations (voir figure 1) et les conditions cognitives de l’apprentissage assisté par IA, car certaines dimensions de l’acquisition des connaissances peuvent être fragilisées lorsque cette technologie remplace systématiquement l’effort intellectuel3.

      Ces enjeux touchent directement des dispositifs clés de l’enseignement supérieur, tels que la production écrite, le travail autonome et les modalités d’évaluation. De plus, ces transformations appellent une approche combinant recherche académique et observation des pratiques pédagogiques.
      L’effort cognitif à l’épreuve des modèles génératifs

      Les modèles de langage de grande taille modifient la manière dont les étudiants mobilisent leur raisonnement et leur capacité analytique. GPT‑4, par exemple, atteint des performances comparables à celles d’étudiants de second cycle sur des exercices de logique, de mathématiques et de synthèse textuelle5. Cette portée soulève des questions sur l’équilibre entre assistance algorithmique et effort cognitif humain.

      « Le problème, dans le champ éducatif, apparaît lorsque l’étudiant utilise systématiquement l’IA pour réaliser un exposé, un mémoire, une dissertation ou même pour apprendre une notion » affirme Michel Barabel, maître de conférences à l’Université Paris-Est dont les travaux portent sur la transformation des organisations, en particulier la gestion des compétences, la formation professionnelle et les cultures apprenantes. La sous-traitance systématique peut nuire au développement de capacités cognitives essentielles. « Les travaux de recherche montrent que dans ce cas, le coût de l’effort cognitif augmente rapidement et que faire seul devient de plus en plus difficile ».

      Les cadres théoriques de la psychologie cognitive permettent d’éclairer ce phénomène. Les distinctions de Daniel Kahneman entre le cerveau de type 1, analytique et paresseux, et le cerveau de type 2, créatif et mobilisé dans la résolution de situations inédites, servent de référence. Barabel observe que « la grande promesse de l’IA est précisément de sous-traiter les tâches relevant du cerveau de type 1, simples et répétitives, afin de libérer du temps pour des activités de type 2 ». Son usage répété dans des tâches fondamentales du type 1 peut ainsi limiter la densification des réseaux neuronaux nécessaires à la créativité et à la pensée critique.

      Une comparaison avec d’autres usages technologiques illustre ce risque. « Cette dépendance pose une question centrale, celle d’un appauvrissement progressif des capacités cognitives », explique Barabel, faisant référence à des exemples observés dans d’autres contextes, comme la navigation des chauffeurs de taxi londoniens devenue dépendante du GPS. Les travaux en neurosciences montrent que l’apprentissage reposant sur un engagement cognitif actif favorise la plasticité cérébrale et la densification des réseaux neuronaux, tandis qu’une réduction durable de l’effort analytique limite ces mécanismes et fragilise la mobilisation des compétences dans des situations complexes6. « Or, on sait qu’il est très difficile de faire émerger une créativité authentique sans ce socle d’effort cognitif préalable », ajoute l’expert.

      Cette réflexion sur l’effort cognitif souligne que les effets de l’IA générative dépendent moins de la technologie que des modalités d’usage. L’usage réfléchi et régulé peut soutenir la créativité et la productivité, tandis qu’un usage passif peut compromettre le développement de compétences intellectuelles essentielles.
      Des recours pédagogiques en recomposition progressive

      La diffusion rapide des outils d’IA générative a rendu visibles des usages déjà largement installés chez les étudiants, souvent en dehors de tout cadre institutionnel. Plusieurs travaux montrent que ces outils sont mobilisés pour rédiger des exposés, structurer des mémoires ou préparer des évaluations, sans que les dispositifs pédagogiques aient été conçus pour en tenir compte7. Cette situation a conduit certains établissements à repenser non pas seulement la régulation, mais la nature même des activités proposées.

      D’après Michel Barabel, « la question ne peut se réduire à une opposition entre autorisation et interdiction. Le problème ne doit pas être posé en ces termes ». Il stipule que l’IA combine des potentialités pédagogiques fortes et des limites réelles. Dans les dispositifs qu’il observe, l’enjeu consiste à distinguer plusieurs formes d’activités selon le rôle attribué à la machine. « Certaines activités peuvent être totalement confiées à l’IA sans régulation particulière », notamment lorsqu’il s’agit de procédures ou d’aide méthodologique, tandis que d’autres doivent rester exclusivement humaines. « L’usage de l’IA y est interdit afin de préserver la relation pédagogique, le travail du cerveau de type 1 et la créativité et l’esprit critique ».

      Cette différenciation se traduit concrètement par des dispositifs de transparence. « À Sciences Po et à l’IAE Paris-Est, les étudiants doivent expliciter leur usage de l’IA dans une annexe dédiée. Nous autorisons son exploitation, mais nous imposons une annexe IA dans tous les travaux », précise Barabel. Cette exigence permet de déplacer l’évaluation du seul résultat vers le processus intellectuel mobilisé. « Le nouveau plagiat, pour nous, n’est pas d’utiliser l’IA, mais de l’utiliser sans le déclarer », ajoute-t-il.

      Les modalités d’évaluation ont également été ajustées pour tenir compte de ces pratiques. Barabel observe qu’« un exposé à rendre pour la semaine suivante a aujourd’hui une probabilité très élevée d’être produit à 60, 70, voire 90 % à l’aide de l’IA ». Dans ce contexte, « là où l’écrit pesait auparavant davantage, l’oral est désormais majoritaire », afin de vérifier la compréhension, l’appropriation des concepts et la faculté de l’étudiant à défendre son raisonnement.

      Entre délégation, assistance et augmentation, les applications pédagogiques se structurent ainsi autour d’un principe d’articulation. « Il existe des situations où l’IA assiste l’étudiant », note Barabel, tandis que dans d’autres configurations, « l’étudiant produit une première version et l’IA l’aide à l’améliorer par questionnement et suggestions ». Ces expérimentations dessinent progressivement un cadre où cette technologie n’est ni absente ni centrale, mais intégrée de manière différenciée selon les objectifs cognitifs poursuivis.
      Entre promesses d’augmentation et risques de fragmentation

      Les limites actuelles de l’IA générative en contexte éducatif tiennent moins à ses performances techniques qu’aux effets systémiques qu’elle induit sur les trajectoires d’apprentissage. Les bénéfices cognitifs observés dépendent fortement des conditions d’emploi, avec des résultats parfois contradictoires selon les protocoles expérimentaux[8]. Michel Barabel invite ainsi à la prudence dans l’interprétation des premières données disponibles. « Certaines études, notamment du MIT, ont montré une baisse rapide de certaines capacités cognitives, mais sur des échantillons très réduits et avec des protocoles discutables », rappelle-t-il, tout en notant que d’autres travaux mettent en évidence des effets positifs sur certaines compétences.

      Cette hétérogénéité des résultats renvoie à une question centrale, celle de l’intensité et surtout de la nature des utilisations. « Il pas certain qu’il existe un seuil universel », précise Barabel, en soulignant que « le problème réside davantage dans l’organisation des activités que dans le volume d’interaction avec l’IA ». Il propose un équilibre théorique dans lequel « le 100 % humain devrait représenter au moins 20 % des activités », afin de préserver les fonctions cognitives fondamentales liées à l’effort, à la réflexion autonome et à la construction du jugement.

      Au-delà des effets individuels, les chercheurs s’inquiètent de dynamiques d’inégalités susceptibles d’être amplifiées par les systèmes intelligents. Les écarts d’accès aux versions les plus performantes des modèles, souvent conditionnés par des abonnements payants, constituent un premier facteur de différenciation[9]. Barabel met en évidence le fait que « le capital économique des familles pourrait conditionner l’accès à des IA plus performantes, utilisées dans un cadre privé », créant un avantage cumulatif pour certains étudiants. À cela s’ajoutent les disparités institutionnelles. « Certains établissements disposent des moyens financiers et pédagogiques pour déployer des IA, former les enseignants et mettre en place des chartes éthiques. D’autres non ».

      Ces écarts matériels se doublent d’inégalités culturelles et cognitives. « Le risque majeur est alors l’accroissement des écarts entre étudiants », pointe Barabel, distinguant ceux qui utilisent l’IA de manière stratégique, ceux qui en font un usage mécanique et ceux qui réinvestissent le temps libéré dans des activités à forte valeur cognitive. Les recherches en sociologie de l’éducation montrent que ces mécanismes d’appropriation différenciée jouent un rôle déterminant dans la reproduction ou la transformation des hiérarchies scolaires8.

      Enfin, la rapidité d’évolution des technologies pose un défi structurel aux institutions éducatives. « Ce que nous disons aujourd’hui peut être remis en cause dans quelques mois par une nouvelle génération d’IA », signale Barabel. Cette instabilité technologique interroge la capacité des systèmes éducatifs à articuler innovation, équité et développement des compétences humaines fondamentales, dans un contexte où la production et la transmission des savoirs sont elles-mêmes en profonde recomposition.

      https://www.polytechnique-insights.com/tribunes/digital/lia-generative-bouleverse-t-elle-les-pratiques-pedagogiques

    • Le plus grand danger de l’IA à l’université n’est pas la triche, c’est l’érosion de l’apprentissage lui‑même

      L’intelligence artificielle promet de « libérer du temps » et d’optimiser l’apprentissage. Mais en déléguant aux machines les tâches qui formaient étudiants et jeunes chercheurs, les universités risquent d’éroder les conditions mêmes de l’expertise.

      Dans le débat public sur l’intelligence artificielle (IA) à l’université, une inquiétude revient en boucle : la tricherie. Les étudiants vont-ils confier leurs #dissertations à des #chatbots ? Les enseignants sauront-ils les démasquer ? Faut-il interdire ces outils sur les campus, ou au contraire les intégrer aux pratiques pédagogiques ?

      Ces questions sont légitimes. Mais à force de réduire le sujet à la #fraude_académique, on passe à côté de l’essentiel : une transformation beaucoup plus profonde est déjà à l’œuvre, qui dépasse largement les seuls comportements des étudiants – et même le cadre de la salle de classe.

      Les universités déploient désormais l’IA dans de nombreux aspects de leur fonctionnement. Certaines applications restent largement invisibles : des systèmes qui aident à répartir les ressources, à repérer les étudiants « à risque », à optimiser les emplois du temps ou à automatiser des décisions administratives routinières.

      D’autres usages sont, eux, beaucoup plus visibles. Les étudiants s’appuient sur des outils d’IA pour résumer des cours et réviser. Les enseignants les utilisent pour élaborer des sujets d’évaluation, préparer des syllabus. Les chercheurs s’en servent pour écrire du code, passer en revue la littérature scientifique ou condenser en quelques minutes des tâches fastidieuses qui prenaient auparavant des heures.

      On peut bien sûr utiliser l’IA pour tricher ou se soustraire à un devoir. Mais la multiplication de ses usages dans l’enseignement supérieur – et les bouleversements qu’ils annoncent – posent une question bien plus fondamentale : à mesure que les machines deviennent capables d’assumer une part croissante du travail de recherche et d’apprentissage, que devient l’université ? À quoi sert-elle encore ?

      Depuis huit ans, nous étudions les implications morales d’un recours massif à l’IA dans le cadre d’un projet de recherche conjoint entre le Applied Ethics Center at UMass Boston et l’Institute for Ethics and Emerging Technologies. Dans un livre blanc récent, nous soutenons qu’à mesure que les systèmes d’IA gagnent en autonomie, les enjeux éthiques de leur utilisation dans l’enseignement supérieur s’intensifient – tout comme les conséquences potentielles qui en découlent.

      À mesure que ces technologies deviennent plus performantes dans la production de travaux intellectuels – concevoir des cours, rédiger des articles, proposer des protocoles expérimentaux ou résumer des textes complexes – elles ne se contentent pas d’accroître la productivité des universités. Elles risquent aussi de vider de sa substance l’écosystème d’apprentissage et de mentorat sur lequel ces institutions sont fondées – et dont elles dépendent pour exister.
      IA non autonomes

      On peut distinguer trois types de systèmes d’IA et leurs effets respectifs sur la vie universitaire.

      Des logiciels alimentés par l’IA sont déjà utilisés dans l’enseignement supérieur pour l’examen des candidatures, les achats, l’accompagnement pédagogique des étudiants ou encore l’évaluation des risques institutionnels.

      On parle ici de systèmes « non autonomes » : ils automatisent certaines tâches, mais un humain reste « dans la boucle » et les utilise comme de simples outils.

      Ces technologies peuvent faire peser un risque sur la vie privée et la sécurité des données des étudiants. Elles peuvent aussi être biaisées. Et elles manquent souvent de transparence, ce qui rend difficile l’identification de l’origine de ces problèmes. Qui a accès aux données ? Comment sont calculés les « indices prédictifs de décrochage ou d’échec » ? Comment éviter que ces systèmes ne reproduisent des inégalités ou ne traitent certains étudiants comme de simples cas problématiques à gérer ?

      Ces questions sont sérieuses. Mais, au moins dans le champ de l’informatique, elles ne sont pas fondamentalement nouvelles. Les universités disposent en général de services de conformité, de comités d’éthique de la recherche et de mécanismes de gouvernance pensés pour anticiper ou limiter ces risques – même si, dans les faits, ils n’atteignent pas toujours pleinement ces objectifs.
      IA hybrides

      Les systèmes hybrides regroupent toute une gamme d’outils, parmi lesquels des bots conversationnels assistés par l’IA, des dispositifs de feedback personnalisé ou encore des aides automatisées à l’écriture. Ils reposent souvent sur des technologies d’IA générative, notamment sur de grands modèles de langage, les LLM. Si les utilisateurs humains fixent les objectifs généraux, les étapes intermédiaires que le système mobilise pour les atteindre ne sont, elles, généralement pas spécifiées.

      Ces systèmes hybrides façonnent de plus en plus le travail académique au quotidien. Les étudiants les utilisent comme compagnons d’écriture, tuteurs, partenaires de réflexion ou outils d’explication à la demande. Les enseignants s’en servent pour élaborer des grilles d’évaluation, préparer des cours ou concevoir des plans de syllabus. Les chercheurs les mobilisent pour résumer des articles, commenter des versions préliminaires, imaginer des protocoles expérimentaux ou générer du code.

      C’est ici que le débat sur la « tricherie » trouve véritablement sa place. Alors qu’étudiants et enseignants s’appuient de plus en plus sur ces outils pour se faire aider, il est légitime de s’interroger sur les formes d’apprentissage qui risquent de se perdre en chemin. Mais les systèmes hybrides soulèvent aussi des questions éthiques plus complexes.

      L’une d’elles concerne la transparence. Les chatbots d’IA proposent des interfaces en langage naturel qui rendent difficile de savoir si l’on échange avec un humain ou avec un agent automatisé. Cette ambiguïté peut être déstabilisante et source de distraction. Un étudiant qui révise pour un examen doit pouvoir savoir s’il s’adresse à son chargé de travaux dirigés ou à un robot. De même, un étudiant qui lit les commentaires sur son mémoire doit pouvoir identifier clairement s’ils proviennent de son enseignant.

      Tout manque de transparence dans ces situations risque d’aliéner les personnes concernées et de déplacer l’attention des interactions académiques : au lieu de se concentrer sur l’apprentissage, on se focalise sur les outils ou la technologie qui le médiatisent. Des chercheurs de l’Université de Pittsburgh ont montré que ces dynamiques suscitent chez les étudiants des sentiments d’incertitude, d’anxiété et de méfiance. Des effets loin d’être anodins.

      Une deuxième question éthique touche à la responsabilité et au crédit intellectuel. Si un enseignant utilise l’IA pour rédiger un sujet et qu’un étudiant s’appuie lui aussi sur l’IA pour produire sa réponse, qui évalue qui – et qu’est-ce qui est réellement évalué ? Si les retours sont en partie générés par une machine, qui est responsable lorsqu’ils induisent en erreur, découragent ou intègrent des présupposés invisibles ? Et lorsque l’IA contribue de manière substantielle à une synthèse de recherche ou à la rédaction d’un article, les universités devront établir des normes plus claires en matière d’autorat et de responsabilité – pas seulement pour les étudiants, mais aussi pour les enseignants-chercheurs.

      Enfin se pose la question cruciale de la « décharge cognitive ». L’IA peut réduire les tâches fastidieuses, et cela n’a rien de problématique en soi. Mais elle peut aussi détourner les utilisateurs des étapes de l’apprentissage qui construisent réellement les compétences : formuler des idées, traverser des moments de confusion, retravailler un brouillon maladroit, apprendre à repérer ses propres erreurs.
      Agents autonomes

      Les transformations les plus profondes pourraient venir de systèmes qui ressemblent moins à des assistants qu’à de véritables agents. Si les technologies pleinement autonomes relèvent encore en partie de l’aspiration, l’idée d’un « chercheur en boîte » – un système d’IA agentique capable de mener des études de manière indépendante – devient de plus en plus crédible.

      Ces outils dits agentiques sont présentés comme susceptibles de « libérer du temps » pour des activités mobilisant davantage des capacités humaines, comme l’empathie ou la résolution de problèmes. Dans l’enseignement, cela pourrait signifier que les enseignants continuent d’assurer les cours au sens formel, mais que la majeure partie du travail pédagogique quotidien soit déléguée à des systèmes optimisés pour l’efficacité et le passage à l’échelle. En recherche, l’avenir semble appartenir aux systèmes capables d’automatiser toujours davantage le cycle scientifique. Dans certains domaines, cela prend déjà la forme de laboratoires robotisés fonctionnant en continu, capables d’automatiser une grande partie des expérimentations et même de sélectionner de nouveaux tests à partir des résultats précédents.

      À première vue, cela peut sembler être un gain intéressant de productivité. Mais les universités ne sont pas des usines à produire de l’information : ce sont des communautés de pratique. Elles reposent sur un vivier de doctorants et de jeunes chercheurs qui apprennent à enseigner et à faire de la recherche en participant eux-mêmes à ces activités. Si des agents autonomes absorbent une part croissante des tâches « routinières » qui constituaient historiquement des portes d’entrée dans la carrière académique, l’université pourra continuer à produire des cours et des publications – tout en fragilisant silencieusement les structures d’apprentissage qui permettent, dans la durée, de former l’expertise.

      La même dynamique touche les étudiants de premier cycle, sous une forme différente. Lorsque des systèmes d’IA peuvent fournir à la demande des explications, des brouillons, des solutions ou des plans de révision, la tentation est grande de déléguer les aspects les plus exigeants de l’apprentissage. Pour l’industrie qui promeut l’IA dans les universités, ce type d’effort peut apparaître comme « inefficace » – et l’on pourrait penser que les étudiants gagneraient à laisser la machine s’en charger. Mais c’est précisément dans cette confrontation à la difficulté que se construit une compréhension durable. La psychologie cognitive a montré que les étudiants progressent intellectuellement en rédigeant, en révisant, en échouant, en recommençant, en affrontant la confusion et en retravaillant des arguments faibles. C’est cela, apprendre à apprendre.

      Pris ensemble, ces évolutions suggèrent que le principal risque lié à l’automatisation dans l’enseignement supérieur ne réside pas seulement dans le remplacement de certaines tâches par des machines, mais dans l’érosion plus profonde de l’écosystème de pratiques qui, depuis longtemps, soutient l’enseignement, la recherche et l’apprentissage.
      Un tournant risqué

      À quoi servent les universités dans un monde où le travail intellectuel est de plus en plus automatisé ?

      Une première réponse consiste à voir l’université avant tout comme une machine à produire des diplômes et des connaissances. Dans cette logique, la question centrale devient celle des résultats : les étudiants obtiennent-ils leurs diplômes ? Des articles sont-ils produits ? Fait-on des découvertes ? Si des systèmes autonomes peuvent générer ces résultats plus efficacement, alors l’institution a toutes les raisons de les adopter.

      Mais une autre réponse considère l’université comme bien davantage qu’une simple machine à produire des résultats. Elle reconnaît que la valeur de l’enseignement supérieur réside en partie dans l’écosystème lui-même : le continuum d’opportunités grâce auquel les novices deviennent experts, les structures de mentorat au sein desquelles se forment le jugement et le sens des responsabilités, et une conception pédagogique qui valorise l’effort et la confrontation à la difficulté plutôt que leur élimination au nom de l’efficacité.

      Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas seulement de savoir si des connaissances et des diplômes sont produits, mais comment ils le sont – et quels types de personnes, de compétences et de communautés se construisent au passage. L’université y apparaît comme un écosystème dont la mission est, ni plus ni moins, de former durablement l’expertise et le discernement humains.

      Dans un monde où le travail intellectuel est lui-même de plus en plus automatisé, les universités doivent, selon nous, s’interroger sur ce qu’elles doivent à leurs étudiants, à leurs jeunes chercheurs et à la société qu’elles servent. Les réponses à ces questions détermineront non seulement la manière dont l’IA sera intégrée, mais aussi ce que deviendra l’université contemporaine.

      https://theconversation.com/le-plus-grand-danger-de-lia-a-luniversite-nest-pas-la-triche-cest-l
      #tricherie

  • A 1,600-year-old Village, a Dazzling Mosaic and a New Story of Ancient Judaism - Archaeology
    https://www.haaretz.com/archaeology/2026-08-20/ty-article-magazine/a-1-600-year-old-village-a-dazzling-mosaic-and-a-new-story-of-ancient-judaism/000001a0-1927-d307-a9b6-7f6732c00000


    Samson at the Gates of Gaza, from the exhibition “Secrets of Huqoq” – the only original find from the site currently on display to the public.
    Credit: Gil Eliyahu

    An exhibition near the Sea of Galilee offers a glimpse of Huqoq, the ancient village uncovered in 2011 that has archaeology enthusiasts enthralled. What does its spectacular mosaic reveal about Galilean Judaism – and when will the public finally get to see it?

    We walked about a kilometer (half a mile) in intense heat from the tomb of the prophet Habakkuk to Ein Huqoq, in the Lower Galilee. The tomb probably holds the sheikh of the village of Yaquq, but the dozens of Jewish worshippers there did not seem bothered by that. In the recently restored spring, two men in undershirts sat in the cool water and invited us to join them.

    A couple from the Israeli Arab city of Kalansua, who had arrived on an ATV, posed for a photo, arms around each other, in back and knee guards that gave them the look of ancient warriors. A few girls sat beside the spring. In a faint heat haze I saw the biblical Rebecca there, giving Eliezer cool water to drink. The camels were not there.

    Six kilometers (3.7 miles) away, at the Yigal Allon House in kibbutz Ginosar – on the western shore of the Sea of Galilee – a model of the ancient village of Huqoq is now on display. This, the model’s creators surmise, is how the Galilean village looked 1,600 years ago. Even the small spring we visited appears in it.

    The model is based on excavation finds, surveys, comparison with contemporaneous villages in the Galilee and reconstruction. In an adjoining room, a fragment of mosaic is on display showing Samson carrying the gates of Gaza. The stones are small. The work is lovely, and the biblical story is beautifully brought to life. Samson appears there as a handsome man, with prominent ears and a stylish haircut.


    From the exhibition at Kibbutz Ginosar. The Jewish National Fund website states: "Within a few years Huqoq will become one of the leading archaeological sites in the country and in the world.
    Credit: Gil Eliyahu

    In recent years the ancient village of Huqoq has become an object of longing for every archaeology enthusiast in Israel, and especially for mosaic lovers. It is the forbidden land that everyone wants to see. Reports of the thrilling finds at Huqoq have been published since 2012. Seven years ago, Nir Hasson wrote in Haaretz that the Samson mosaic is “the richest and most beautiful floor in Israel.”

    That was enough to send a slight tremor of excitement through me and others. Curiosity has only grown since. Until now it has been all but impossible to see anything of the finds in the mysterious Galilean village. In the meantime we traveled to see the mosaics in Lod, which was given an impressive museum; those in Tzippori, Kfar Nahum and Tiberias, which got structures and roofing and were opened to the public; and, of course, earlier still, those of Beit Alfa (at Kibbutz Heftziba), where a breathtaking mosaic has been on display for decades.


    The head of a military commander in the Elephant Mosaic at Huqoq.
    Credit: Jim Haberman

    But the desire to make the comparison ourselves – between what has been uncovered at Huqoq and the other mosaics – kept growing. That longing is now partly satisfied by the exhibition in Ginosar. The satisfaction is only partial, since most of the mosaics will be visible only once the site itself opens to the public, for which there isn’t even a vague target date yet – but the exhibition is welcome in itself, intriguing and encouraging. It is worth the trip. The Jewish National Fund website states: “Within a few years Huqoq will become one of the leading and most fascinating archaeological sites in the country, and even in the world.”

    The exhibition’s curator, Dr. Einat Ambar-Armon, director of the education and community center for the northern district at the Israel Antiquities Authority, explained on a tour she gave us that the “Secrets of Huqoq” exhibition was created to reveal the intriguing site to the public even before it opens for visits. The exhibition, she says, serves as a kind of “preliminary visitors’ center” for Huqoq.

    At its heart is the mosaic of Samson carrying the gates of Gaza – the only original find from Huqoq currently on display. Photographs of other mosaics are shown as well: the Elephant Mosaic, the dedicatory inscription, Noah’s Ark and the Flood, Jonah and the fish, and the Tower of Babel. All are very rich, filled with figures, and biblical stories are easy to make out in them. Whoever created them understood – 1,600 years ago – our need to receive the Bible in pictures and not only in text. He also understood our pull toward good drama, toward animals that devour people, toward battles with a large cast.

    The exhibition’s aim is not only to present finds but to tell the story of a place gradually being revealed: how you connect wall remains, mosaics, installations, small artifacts and field evidence into a picture of a community that lived in the Galilee in the period between the second and fifth centuries C.E.

    Then, suddenly, a synagogue
    In the summer of 2011, the first scientific excavation at Huqoq began, carried out by a joint university expedition from the United States and Canada led by Prof. Jodi Magness of the University of North Carolina at Chapel Hill. The dig uncovered an ancient settlement that had existed for thousands of years, from the Early Bronze Age until 1948.

    The Jewish settlement there began in the Late Hellenistic period (the second and first centuries B.C.E.) and peaked in the Roman and Byzantine periods (the first through seventh centuries C.E.). In medieval pilgrims’ accounts, Huqoq is mentioned as a Muslim village named Yaquq. In the Ottoman period and under the British Mandate too, the village was referred to by that name and described as a Muslim farming village.

    In addition to the original Samson mosaic, photographs of others are on display: the Elephant Mosaic, the dedicatory inscription, Noah’s Ark and the Flood. They are rich and filled with biblical stories easy to make out.

    The residents of the village of Yaquq were expelled in 1948 by Israel Defense Forces troops and were not allowed to return. The village houses were demolished in the 1950s. Kibbutz Huqoq was founded in 1943, about two kilometers (1.2 miles) southeast of the village.
    First, the expedition led by Prof. Magness uncovered Huqoq’s monumental synagogue. Then, slowly and steadily, the synagogue floor emerged, with its magnificent mosaics. The excavations exposed many elements of the community’s daily life: houses and alleyways, Jewish ritual baths, water cisterns and ancient roads. Alongside these, quarries, agricultural terraces and various installations were found, among them unusual facilities for producing oil from the mustard plant.


    The hiding tunnels at Huqoq. The three hiding complexes are among the largest and most elaborate found in the Galilee.
    Credit: Gil Eliyahu

    Another surprising and intriguing layer of the site also came to light – three underground hiding complexes, among the largest and most elaborate found in the Galilee. Two of the hiding complexes were dug beneath the synagogue. They predate the construction of the Byzantine-era synagogue.

    The hiding complexes were hewn by the residents in the Roman period, particularly against the backdrop of the Great Revolt (66-73 C.E.) and the Bar Kochba revolt (132-135 C.E.). They contain chambers, tunnels, narrow passages, shafts and burrows. The entrances were camouflaged and the passages were low and winding, sometimes requiring one to crawl, making it hard for enemy forces to advance.

    ’Two years ago, for an article on underground burrows in the Galilee, Gil Eliyahu and I crawled through some with Shivtiel and Berger. An interesting, instructive experience — one I’m in no rush to repeat.’


    Prof. Jodi Magness’s team uncovering the mosaic, around 2013.
    Credit: Jim Haberman

    In recent years the hiding complexes at Huqoq have been excavated by the Antiquities Authority and Zefat Academic College, led by Uri Berger and Prof. Yinon Shivtiel, Tzviki Badichi and Oren Zingboim. Two years ago, for an article on underground burrows in the Galilee, the photographer Gil Eliyahu and I crawled through some of these burrows in the company of Shivtiel and Berger. It was an interesting and instructive experience, one I’m in no rush to repeat.

    In 2018, during a dig south of the synagogue’s main structure, a hoard of 364 gold and silver coins from the 14th and 15th centuries C.E. was uncovered at Huqoq. The hoard includes coins from the Venetian Republic and the Mamluk Sultanate. In that period, Prof. Magness explained in our conversation this week, another distinctive and exceptional synagogue stood at the excavated site. If the identification is correct, then Huqoq preserves the only synagogue known in the country today from the Mamluk period. It proves that even centuries after the Byzantine era, Huqoq continued serving as a center of Jewish communal life.

    Pagan motifs, too
    The conversation with Prof. Magness – by phone, from her home in North Carolina – is riveting. It was a rare chance to hear about contemporary archaeology from a slightly different angle than the usual Israeli one. She speaks with tremendous fluency and speed. Knowledge of the site pours out of her, and precision, even in small details, matters to her.

    Is Huqoq your life’s work?
    (Laughs) "Huqoq wasn’t supposed to be my big project. It happened because of the astonishing finds we made from the very first year. I didn’t come to Huqoq to find mosaics. No one had any idea there would be mosaics there. In all likelihood, had they known I’d find mosaics, they wouldn’t have let me dig there.

    "It’s important to understand: Archaeology is a science. We are not treasure hunters. I began excavating at Huqoq because I had research questions I hoped to answer. One of them focused on the fate of the Jews in the eastern Galilee, against the backdrop of the spread of Christianity in this country in the first centuries C.E.


    Credit: Jim Haberman

    ’The finds give us a look at a much broader swath of the Jewish population in the Galilee. There are many things we don’t get from rabbinic literature but can learn from archaeology.’
    Prof. Jodi Magness

    "Many colleagues in Israel believed that Jewish settlement in the Galilee waned and shrank in the fourth century because of the rise of Christianity. They thought the new Christians put pressure on the Jews. My impression was the opposite. I thought Jewish settlement in the Galilee kept flourishing alongside Christianity until the sixth century. I dug at Huqoq to uncover a local village and see what the finds would tell us. What we discovered supports my claims that the settlement at Huqoq flourished for another 200 years.

    "The synagogue we found was built around 400 C.E. It was dated by carbon testing and by the coins and pottery we found. All the evidence points to its construction date. It’s a Galilean synagogue, and the structure resembles those at Kfar Nahum, Bar’am and Korazim [all in the Galilee]. The construction is characterized by a large basilica – a large rectangular building with internal columns dividing the space into a central nave and aisles. These synagogues usually have no impressive mosaics, so we didn’t expect to find any.

    “The site at Huqoq had never been excavated before, but among the remnants of the Palestinian village of Yaquq we found fragments of carved stones that attested to the existence of a Galilean synagogue. Luckily, in the first year we found the synagogue’s eastern wall. The following year we reached floor level and found the first mosaic.”


    Uncovering Huqoq. The finds confirmed that Jewish settlement in the Galilee kept flourishing alongside Christianity until the sixth century.
    Credit: Jim Haberman

    ’It’s clear to us that it wasn’t a city, but the place was wealthy and well-established. The synagogue clearly attests to the residents’ wealth.’
    Prof. Jodi Magness

    Was Huqoq a large place? What do we know about the people who lived there?
    "It’s clear to us that it wasn’t a city, but the place was wealthy and well-established. It’s hard to say more, because we’ve excavated only a small part of the village. The synagogue clearly attests to the residents’ wealth. They were Jews and people of means. We found ritual baths, Hebrew inscriptions and other evidence. We don’t have a single Greek inscription at Huqoq. There is one Aramaic inscription, and all the rest are Hebrew.

    "Part of the perennial problem is that our view of Judaism is entirely shaped by rabbinic literature – the writings of the sages. That is our written source for Judaism in that period. Whatever isn’t mentioned in rabbinic literature supposedly doesn’t exist. This, in my view, is where the great value of archaeology lies.

    “Rabbinic literature reflects the views of a small and fairly marginal group. The archaeological finds at Huqoq give us a look at a much broader swath of the Jewish population in the Galilee. These were people who held different views. Judaism was never uniform and monolithic. Even then there were differences among various kinds of Judaism. The rabbis disagreed among themselves, and there are a great many things we don’t get from rabbinic literature but can get and learn from archaeology.”

    The impression is that the mosaics are exceptional both in their beauty and in their quality.
    “People are always surprised by the many figures you see in the mosaics, but that exists in other mosaics too. Pagan motifs have been found in other Jewish places as well – like the zodiac wheel at Beit Alfa. What sets Huqoq apart is the richness of the mosaics and their close tie to the biblical stories. In them you see the story of Samson at the gates of Gaza, the Tower of Babel, Jonah and the fish, Noah and the Ark, the parting of the Red Sea and more. We’re lucky they’ve been preserved so well.”


    Jodi Magness (center) at the excavation in Huqoq, 2022.
    Credit: Jim Haberman

    ’I’ve worked in archaeology in Israel all my life, since I was 18. I’m not a researcher who showed up in the Galilee from North Carolina and started working.’
    Prof. Jodi Magness

    Why were these particular biblical stories chosen?
    "That’s an interesting question. Why did they love Samson so much? The sages, after all, did not like Samson. The very choice of him is strange, and I don’t think we’ll ever know the answer. We can offer hypotheses. It may be that some of the scenes were chosen because that’s what the patron wanted. Perhaps he simply loved the Samson stories.

    “You can make out a lot of water in the mosaics – the Jonah stories, Noah’s Ark and others. There’s a recurring motif of large fish swallowing people. That may point to fear. Several scenes show how God saved the people, and there’s a lot of violence. There are also quite a few references to eschatology, the study of the end of days. Samson, too, is that kind of figure – someone who could have been the Messiah and failed – but I don’t identify one single unifying element.”


    A photograph of a mosaic from the exhibition “Secrets of Huqoq” in Ginosar. “What sets Huqoq apart is the richness of the mosaics and their close tie to the biblical stories.”
    Credit: Gil Eliyahu

    Were they created by a single artist?
    “We believe several artists created the mosaics, but they probably worked in a single workshop. Everything we found looks like one large tapestry. There are no additions or extensions to it.”

    What is it like to do archaeology in Israel as an expert coming from the United States?
    “I’m a slightly different case. We could have conducted this conversation in Hebrew. I have a bachelor’s degree from the Hebrew University. I’ve worked in archaeology in Israel all my life, since I was 18. I have a history and experience here. I’m not a researcher who showed up in the Galilee from North Carolina and started working. At the same time, it’s important to me to stress that I raised all the funding for these excavations myself. I didn’t get a single dollar from the Antiquities Authority or the State of Israel.”


    A model of the ancient village of Huqoq, from the exhibition in Ginosar.
    Credit: Gil Eliyahu

    Waiting for an opening date
    Efforts to find out how close we are to the opening of the Huqoq site to the public do not inspire optimism. Many bodies are partners in the effort to develop Huqoq as a visitor site, among them the Jewish National Fund, the Antiquities Authority, the Albright Institute of Archaeological Research, the U.S. State Department and the U.S. Embassy in Israel. The Albright Institute is an independent American institution that, alongside the Jewish National Fund, works to preserve the Huqoq site and make it accessible. Together with the fund, the institute runs a website that displays many finds from Huqoq along with plans and simulations for developing the place.

    None of those involved is eager to name a target date. In the first phase, the springhouse we visited – at the foot of the hill on which the village stands – was restored. In the next phase, the synagogue and the mosaics will be prepared for viewing. Walking paths will let the public reach the agricultural installations and the springhouse. After that, the burrows too will be made ready for crawling, so that the hiding tunnels can be experienced. For now, this is only a design proposal for the site, with a simulation produced by the firm Shlomo Aronson Architects.

    • On sent une très nette réticence à diffuser des reproductions de ces fameuses mosaïques.

      Est-ce une volonté de les contrôler dans une optique marketing en attendant la future ouverture d’un centre consacré aux mosaïques – dont il est précisé plusieurs fois que l’échéance ressemble pas mal à des calendes juives ?…

      Est-ce dû à la multiplicité des intervenants, au fait que le site échappe à un strict contrôle des institutions archéologiques israéliennes de par cette ouverture ?

      Est-ce une réticence liée à la montée d’un intégrisme juif favorisant le retour à un #aniconisme strict et donc occultant un aspect du judaïsme pourtant bien attesté… et, d’ailleurs, aussi bien contesté et controversé ?

      sur ce dernier point, par exemple :

      Religions et représentation figurée - L’émergence d’un art juif dans l’Antiquité tardive
      https://hemed.univ-lemans.fr/cours2014/fr/co/grain_03.html

      Le rapport à l’interdiction a évolué au cours des époques et même selon les cercles concernés. L’interdit aniconique est né au cours du VIIe siècle avant l’ère chrétienne, à la suite d’un processus qui assure le passage du polythéisme païen au monothéisme juif. Le Premier Temple, où se trouve la statue de Yhwh, est détruit en 587. Mais quelques décennies plus tard, en 516, la construction du Second Temple ouvre une période de plusieurs siècles caractérisée par un profond respect de l’interdit aniconique. La pression de l’hellénisme, la fin de l’indépendance politique et la destruction du Second Temple en l’an 70 de l’ère chrétienne entraînent des mutations internes au sein du judaïsme. Ce dernier adopte une attitude plus tolérante à l’égard des images dans la vie quotidienne. Toutefois, on constate un clivage entre les Juifs qui font usage des images au sein même du rituel et ceux qui les refusent avec d’autant plus de force. Cependant, la profusion d’images semble cesser à partir du VIIIe siècle, c’est-à-dire au moment de la crise iconoclaste dans les milieux sous autorité chrétienne, et du refus de l’image figurative formulée dans les milieux sous autorité musulmane.

      ou encore

      La question de la licéité des images dans le judaïsme ancien à travers l’exemple des pavements en mosaïque de deux synagogues africaines
      https://luhcie.univ-grenoble-alpes.fr/wp-content/uploads/2015/04/Villey.pdf

      Ce commandement, qui proscrit la fabrication des images afin d’éviter l’idolâtrie, a été interprété dans le judaïsme de manière plus ou moins stricte selon les individus, les lieux et les époques. Il y eut des périodes dans l’histoire du judaïsme durant lesquelles le recours à des représentations figurées, animales et surtout humaines, semble avoir été largement – mais pas totalement – évité, parce que celles-ci n’apparaissaient pas comme licites, c’est-à-dire comme conformes à la Torah, à la Loi. Durant l’Antiquité, cela paraît avoir été surtout le cas de l’époque allant du milieu du IIe siècle a. C. jusqu’au milieu du IIe siècle p. C.2. L’idée d’un caractère illicite des images est ainsi fortement présente chez Flavius Josèphe qui écrit à la fin de cette période « aniconique ». On peut notamment lire dans son Contre Apion que « notre législateur3 [...] a interdit de fabriquer l’image inanimée de tout être vivant et à plus forte raison de la divinité4 ».

      À l’inverse, cette idée d’un art juif qui serait aniconique n’a guère de sens pour la période allant du IIIe au VIe siècle. L’archéologie a ainsi mis au jour de nombreux exemples de synagogues, tant en Palestine que dans la Diaspora, où les images – et parfois mêmes les représentations de figures humaines et mythologiques – sont bien présentes, tandis que la littérature rabbinique contemporaine et notamment le Talmud de Jérusalem, qui fut achevé au Ve siècle, évoque cette apparition des images dans les synagogues. Ceci ne veut pas dire que la question de la conformité de ces images par rapport aux prescriptions de la loi juive ne se soit pas posée à l’époque, comme le montre in fine la vague d’iconoclasme qui sévit dans certaines synagogues palestiniennes à la fin du VIe et au VIIe siècle.

    • ici quelques images, dans la galerie, de qualité médiocre…

      Les mosaïques de Huqoq exposées pour la première fois en Israël - KKL de France
      https://www.kkl.fr/exposition-huqoq-synagogue-mosaiques-galilee

      Les secrets de Huqoq révélés : une nouvelle exposition offre au public un premier aperçu d’un ancien village juif de Galilée et de sa synagogue
      Une mosaïque de Samson vieille de 1 600 ans et un trésor de pièces de bronze découvert dans un réseau souterrain d’évacuation aménagé par les habitants du village sont désormais exposés au public pour la première fois, offrant aux visiteurs un aperçu direct d’une communauté juive autrefois florissante sur les rives du lac de Tibériade.

      La nouvelle exposition « Les secrets de Huqoq » a ouvert ses portes cette semaine au musée du Centre Yigal Allon, situé au kibboutz Ginosar, sur les rives du lac de Tibériade, face au site archéologique d’Horvat Huqoq. L’exposition fait office de centre d’accueil provisoire en attendant l’ouverture au public du site archéologique, dont la préparation devrait prendre encore plusieurs années.

      là, la communication officielle…
      on y voit la visite de Mike Huckabee, ambassadeur états-unien et qu’à cette occasion, des panneaux présentent des reproductions. Mais on n’y voit pas (du tout !) de reproduction…

      U.S.-Israel Initiative Opens New Public Window onto Huqoq’s Internationally Acclaimed Ancient Mosaics -
      https://aiar.org/archives/us-israeli-huqoq-initiative


      Aerial view of Huqoq Synagogue and the surrounding Galilee landscape.
      Photo : Waseem Hamdan, Israel Antiquities Authority

      HUQOQ, Israel, July 13, 2026 — One of Israel’s most significant archaeological discoveries is becoming accessible to the public in a new way.

      Il est notoire que tout ce qui touche à l’archéologie en Israël est sensible

    • et pour finir, la vidéo

      Secrets of Huqoq Revealed : New exhibition provides the first glimpse of an ancient Jewish village - YouTube
      https://www.youtube.com/watch?v=JEN_vgkJQXU

      “Secrets of Huqoq” – a new exhibition mounted at the Yigal Allon Center Museum in Kibbutz Ginosar, offers the public its first glimpse into one of the most intriguing and spectacular archaeological sites uncovered in Israel in recent years. The exhibition – a joint initiative of the Jewish National Fund (KKL), the W. F. Albright Institute of Archaeological Research, supported by the U.S. government, and the Israel Antiquities Authority, invites the public to discover the ruins of Huqoq – a flourishing ancient Jewish village reaching its zenith in the Roman-Byzantine period, set in the heart of the Amiad Forest, in an open space near the Huqoq Spring.

      Horvat Huqoq, visible from the museum’s windows, is best known for the impressive ancient synagogue uncovered by the Huqoq expedition excavations, led by Professor Jodi Magness of the University of North Carolina at Chapel Hill. Extraordinary in their beauty and narrative richness, including rare biblical and extra-biblical scenes, the range of the Huqoq mosaics are unequalled by any other synagogue in Israel.

      At the center of the new exhibition is the original Samson Mosaic – the only one of the mosaics currently on public display. Showing Samson carrying the gates of the city of Gaza on his shoulders, alongside it are spectacular photographs of the other floor mosaics from the site, courtesy of their excavator, Professor Magness.
      According to Professor Jodi Magness of the University of North Carolina at Chapel Hill: “The Huqoq mosaics are some of the most exciting and moving finds I have ever been privileged to unearth. I am delighted that the original Samson mosaic, alongside images of the site’s many other mosaics, are being displayed to the public so close to where they were found. For me, they are still part of an ongoing research effort, and therefore this exhibition invites the public to join the journey of discovery as it unfolds.”

      The exhibition seeks to broaden the perspective beyond the mosaics themselves by presenting Huqoq as an encompassing living environment: a village, a community, a spring, agricultural installations, ritual baths—mikvehs, a hidden underground escape network, and the open landscape around them. Through archaeological finds, photographs, a small-scale model of the settlement, and an experiential space simulating part of its underground world, visitors enter the story of a town whose discoveries are still coming to light.
      Alongside the exquisitely detailed mosaic, the exhibition also publicly features, for the very first time, a hoard of bronze coins. Israel Antiquities Authority excavations discovered them within a hidden escape system that is contemporary with the synagogue. This hoard joins other finds revealed within this system, including a ring and a dagger, and sheds light on another aspect of Jewish community life here during times of hardship, and secrecy under the life-and-death threat for being faithful to tradition and identity.
      In recent years, Huqoq has also become the focus of broad educational and community programs led by the Israel Antiquities Authority’s northern region education division, in full collaboration with the KKL-JNF. Students, families, soldiers, volunteers, and area residents participated in excavations, sifting, and field activities, all becoming part of the site’s discovery process and thus fostering the renewed connection to its story.
      According to Dr. Einat Ambar-Armon, Israel Antiquities Authority Exhibition Curator: “Huqoq is a small site telling a big story: about a living Jewish Galilee community in the Roman-Byzantine period, about an extraordinary artistic creation, and about an entire region whose life revolved around the synagogue. Since preparing the site itself for public visitation is expected to take several more years, our exhibition already serves as a first gateway to the village of Huqoq and to the archaeological and human story it reveals, located near and within sight of the real place.
      The exhibition opening is part of the museum broadening its scope: the second floor is now defined as the archaeology floor, entitled ‘When Galilee was the Center.’ Alongside the adjacent ‘Sanhedrin Trail’ exhibition, ‘Secrets of Huqoq’ enables the visitor to see the town’s heritage within the lens of a broader picture – the Galilee as a space of Jewish life, creativity, community and study during the Roman-Byzantine period, as the Mishna and Jerusalem Talmud developed here in this region.”

      (tous ces éléments datés de juillet 2026)

    • dans les images, j’ai oublié celle-ci

      Huqoq Excavation Project to benefit from U.S. Department of State grant - College of Arts and Sciences
      https://college.unc.edu/2026/01/huqoq-state-dept-grant


      A closeup of one of the first mosaics, a female face flanking a Hebrew inscription.
      photo by Jim Haberman

      The Huqoq Excavation Project will benefit from a $1.6 million grant from the U.S. Department of State to the W.F. Albright Institute of Archaeological Research.

      Huqoq, a UNC-Chapel Hill-led archaeological project in Israel’s Lower Galilee region, is revolutionizing our understanding of ancient Jewish religious and cultural life.

      Part of the grant will be used to partner with the Israel Antiquities Authority for minor excavations, large-scale conservation and tourism site development of the Huqoq synagogue and its mosaics. Jodi Magness, Kenan Distinguished Professor for Teaching Excellence in Early Judaism in UNC’s College of Arts and Sciences, who led excavations at Huqoq from 2011 until the final year of the dig in 2023, will be the archaeological consultant on the newly funded grant project.

      The Huqoq excavations, in which dozens of UNC students participated, brought to light a Late Roman (ca. 400 C.E.) synagogue paved with stunning mosaics depicting biblical stories and the first non-biblical story ever discovered in an ancient synagogue (huqoq.org). National Geographic named the mosaics among its list of “100 Archaeological Treasures of the Past,” and the finds have been featured in national and international media

  • #pine64 pulls the plug on Linux devices because of AI boom
    https://www.omgubuntu.co.uk/2026/08/pine64-stops-linux-device-production-chip-shortage

    If you’ve been eyeing up one of PINE64‘s Linux-friendly single-board computers, phones or tablets, now is the time to buy one. The open-hardware company has announced it will stop “producing more Linux devices” for the time being, and said it expects its existing stock of certain devices, including the PineNote and PineTab 2, to sell out in the next three months. Obviously, RAMaggeddon is to blame. The AI infrastructure boom continues apace, with demand for memory and storage chips continuing to reduce supply and drive up costs. If the price of even modest tech – $350 Raspberry Pi, anyone? – […] You’re reading PINE64 pulls the plug on Linux devices because of AI boom, a blog post from OMG! Ubuntu. Do not reproduce elsewhere without permission.

    #Hardware #News #AI/ML

  • Riviera 76 : comment le Woodstock français a viré au fiasco - Documentaire complet - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=dqH2jLPEa_w

    Été 1976, les promoteurs américains du mythique Woodstock de 1969 débarquent sur la Côte d’Azur avec une ambition folle : recréer le légendaire festival en Provence, sur le circuit du Castellet.

    Pour la première fois, ce documentaire raconte l’histoire oubliée du « Woodstock français » : Riviera 76.

    Pendant 3 jours, Joe Cocker, Betty Davis, Gil Scott Heron, Jimmy Cliff, Magma ou John McLaughlin jouent devant une jeunesse venue chercher musique, liberté, nuits sans sommeil et rêves grandeur nature. Mais derrière l’affiche flamboyante et une atmosphère des plus psychédéliques, tout part joyeusement de travers : chaleur infernale, finances dans le rouge, resquilleurs par milliers, Joe Cocker en perdition… et la mafia varoise qui décide de faire main basse sur les recettes.

    Exhumées d’une cave parisienne près d’un demi-siècle après, ces images d’archives exceptionnelles ressuscitent un festival maudit, le dernier souffle des grandes transhumances hippies, et redonnent vie à un épisode disparu de la pop culture en France.

    Retrouvez d’autres documentaires sur notre chaîne Youtube : • Les documentaires complets 💯

    Réalisé par : Christophe Duchiron
    Production : Alma Productions / INA / France Télévisions

  • Application mobile pour Nextcloud Calendar, l’outil manquant de l’écosystème
    https://linuxfr.org/news/application-mobile-pour-nextcloud-calendar-l-outil-manquant-de-l-ecosysteme

    Ceux qui recherchent une alternative européenne et auto-hébergeable aux deux leaders mondiaux des suites bureautiques, Google Workspace et Microsoft 365, connaissent très certainement Nextcloud.

    lien nᵒ 1 : App Storelien nᵒ 2 : Play Storelien nᵒ 3 : Dépôt GitHubSommaire

    Qu’est-ce que Nextcloud ? Pourquoi une application de calendrier ? La création d’une première version en quelques semaines Un succès inattendu Et maintenant ?

    Qu’est-ce que Nextcloud ?

    Nextcloud est un dérivé d’ownCloud, lancé en 2016 par l’Allemand Frank Karlitschek, lui-même créateur d’ownCloud. D’abord centré sur la gestion de documents, l’écosystème s’est peu à peu étendu pour intégrer tous les modules bureautiques : e-mail, visioconférence, messagerie instantanée, etc.

    Dix ans plus tard, Nextcloud est l’un des (…)

    • Pourquoi une application de calendrier ?

      Contrairement à Google avec Google Agenda ou à Microsoft avec Outlook et Teams, Nextcloud ne propose pas d’application mobile dédiée à son calendrier.

      Vous me direz d’abord : « C’est inutile, il suffit d’utiliser la web app. » Oui, mais non.

      Imaginez un commercial en déplacement : il doit consulter son agenda, créer un rendez-vous avec un prospect et envoyer une invitation, parfois avec une connexion réseau très limitée. Dans cette situation, une application mobile, accessible en un clic et capable de fonctionner hors ligne, fait la différence.

      Vous me direz ensuite : « C’est inutile, il suffit de connecter son calendrier à une application existante avec un lien CalDAV. » Encore une fois, oui, mais non.

      Une application générique peut synchroniser les événements, mais elle ne sait pas créer un lien de visioconférence Nextcloud Talk, ni intégrer les fonctionnalités spécifiques de la plateforme (comme la récupération des contacts par exemple). C’est exactement ce qui fait la force des applications de Google et Microsoft : chaque brique est conçue pour fonctionner avec les autres.

      Et c’est ce manque que nous avons voulu combler.

  • Catalogne : Construire l’anarchisme organisé- Alternative Libertaire
    https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Catalogne-Construire-l-anarchisme-organise

    L’organisation Embat, présente en Catalogne, se revendique du courant spécifiste. Dans ce texte, ils et elles reviennent néanmoins sur l’influence importante de la Plateforme, mais aussi sur les raisons pour lesquelles ils et elles ne se revendiquent pas « plateformistes ». - AL de juillet-août (…) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • #Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le #génocide en cours à #Gaza – nouvelle enquête - Amnesty International
    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/07/india-continuing-weapons-exports-to-israel-could-risk-complicity-in-ongoing

    L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.

    Intitulé Made in India : The Supply of Weapons and Ammunition to Israel, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.

    S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.

    « Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

    « L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.

    « Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.

    « Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »

  • Comment « l’arc républicain » pave la voie de Marine Le Pen au pouvoir, par Michel Feher
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/comment-larc-republicain-pave-la-voie-de-marine-le-pen-au-pouvoir-par-mic

    Politique migratoire, retour des pesticides, présomption de légitime défense des policiers… La droite et le macronisme font tout pour que nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les éventuels premiers mois d’une présidence Le Pen, estime le philosophe.

    Du sommet de l’Etat aux formations centristes et conservatrices, le comité d’accueil est fin prêt et ne laisse rien au hasard. Loin de se borner à dédiaboliser le Rassemblement national, parti cofondé par des anciens Waffen-SS et un tortionnaire de la guerre d’Algérie, ses membres anticipent son arrivée au pouvoir et s’affairent pour que le passage de témoin s’effectue sans heurt. Mieux encore, le défi qu’ils se proposent de relever consiste à faire en sorte que nul ne décèle la différence entre l’avant et l’après.

    A défaut d’avoir fait reculer l’#extrême_droite, comme il l’avait promis au début de son premier mandat, Emmanuel Macron est parvenu à la rendre indiscernable de ce qui lui tenait naguère lieu de majorité. Pour qu’une formation politique jusque-là infréquentable cesse de détonner, ne suffit-il pas que d’autres épousent ses priorités et ses phobies ?

    Qu’on en juge : de la présomption de légitime défense accordée aux forces de l’ordre au grand retour des pesticides dans nos campagnes, en passant par le vote sur les « hubs de retour » au Parlement européen, tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN se sentent pleinement chez eux au sein de ce que leurs futurs compères de la droite et du centre appellent déjà l’« #arc_républicain ».

    Cerise sur le gâteau : Sébastien Lecornu, le discret et obligeant Premier ministre, fait actuellement diligence pour que des banques accordent à Marine Le Pen le prêt nécessaire au financement de sa future campagne, en dépit de sa condamnation pour détournement de fonds publics. Si les créanciers se montrent assez généreux, peut-être pourra-t-elle s’offrir un bracelet électronique assorti aux dorures de l’Elysée ?

    Du « Front » à l’« arc » républicain

    Il faut dire que la démarche entamée par le chef du gouvernement n’aurait pas été possible si la cour d’appel n’avait préparé le terrain en réduisant la peine d’inéligibilité de la députée européenne délinquante. Usant de l’argument, cher à Bruno Retailleau, selon lequel l’Etat de droit n’est « ni intangible ni sacré », le juge s’était prononcé pour que les tribunaux n’abusent pas de leur indépendance en privant l’électorat lepéniste de sa candidate préférée. Bien que formellement maintenue, la séparation des pouvoirs ne devrait plus empêcher l’exécutif de renforcer ses prérogatives.

    Pour assurer la parfaite continuité de l’arc républicain, il importe encore de lever un obstacle rhétorique important. Car même si le président de la République l’a usée jusqu’à la corde, la litanie du « refus des extrêmes » demeure un élément structurant dans le discours des politiques qui briguent le monopole du raisonnable. Or, force est d’admettre que le renvoi dos à dos est une pratique discursive dont le RN est fondé à prendre ombrage : ne le range-t-il pas parmi les formations politiques que l’arc républicain a vocation à ostraciser ?

    L’urgence est donc de remiser le haro sur les extrêmes au bénéfice d’une union sacrée contre l’apologie du terrorisme. Celle-ci, on le sait, commence par l’usage du mot génocide pour décrire ce qui se passe à Gaza, mais peut rapidement s’étendre à la dénonciation des violences policières en France, voire à l’opposition aux mégabassines ou à un traitement autre que sécuritaire des incendies qui ravagent la Gironde, en cherchant par exemple à mettre l’accent sur l’arrestation d’éventuels pyromanes pour mieux occulter l’inaction de l’Etat en matière de prévention des feux. En contrepartie, et c’est bien normal, il appartiendra aux dirigeants lepénistes de renoncer à s’en prendre aux partis du système, comme ils avaient coutume de le faire à l’époque où le « front » républicain ne s’était pas encore mué en « arc ».

    D’où viendra la résistance

    Peut-on imaginer que le changement de régime en cours produise une vague de démissions parmi les salariés de la fonction publique ? Comparaison n’est pas raison, dit l’adage, mais on rappellera quand même qu’en 1940, les hauts fonctionnaires sont massivement restés à leur poste – pour servir la nation et nourrir leur famille, expliqueront-ils après la guerre. Pourquoi en irait-il autrement aujourd’hui, alors que tout est fait pour qu’à l’exception des populations racisées et des obsédés de l’intangibilité de l’Etat de droit, nul ne constate de changement notable entre la fin de la mandature d’Emmanuel Macron et les premiers mois d’une présidence Le Pen ?

    La transition sera même d’autant plus facile à opérer qu’à la différence des fondateurs du Front national, leurs héritiers ne rêvent ni à un Reich de mille ans ni à la restauration de l’Empire colonial français – et n’appellent même plus à rompre avec les institutions de Bruxelles. A l’instar de leurs futurs partenaires de la droite et du centre, leur seule ambition consiste à faire de l’Europe une maison de retraite fortifiée pour épargnants de souche.

    Faute de retrouver leur lustre et leur vigueur d’antan, les pensionnaires y jouiront du privilège de vieillir ensemble, les yeux dans les rides, à l’abri des regards indiscrets. Une fois les frontières fermées et les services livrés aux fournisseurs privés d’intelligence artificielle, il ne leur restera qu’à attendre patiemment la fin, en regardant les flammes dévorer les forêts et en écoutant les jérémiades des derniers éditorialistes atrabilaires.

    Longtemps, arrogance, hypocrisie, lâcheté ont été les devises du macronisme. Toutefois, à mesure que l’échéance de 2027 approche, le temps semble venu pour un choc de simplification : #collaboration, collaboration, collaboration sont les nouveaux mots d’ordre. D’où viendra la résistance ? De la jeunesse au premier chef, même si l’actuel président de la République et le potentiel Premier ministre de Marine le Pen ont déjà fait la preuve qu’il ne suffisait pas d’être jeune pour ne pas être vieux.

    Mais surtout, la démographie de la France étant ce qu’elle est, les tranches d’âge les plus menacées par le programme de l’union des droites ne sont pas assez nombreuses pour conjurer l’arrivée au pouvoir de ses maîtres d’œuvre. Aussi faut-il espérer que le pays compte assez de parents résolus à préserver leurs enfants du destin funeste que les enquêtes d’opinions leur promettent.

    Michel Feher est l’auteur de : Producteurs et Parasites aux éditions la Découverte (2024).

  • Je suis Ulysse : la lecture d’Homère par une femme kurde- Info Libertaire
    https://www.infolibertaire.net/je-suis-ulysse-la-lecture-dhomere-par-une-femme-kurde

    Un vieux exemplaire de L’Odyssée a refait surface, tout au fond de mon bureau. C’est mon fils, Nawzad, qui l’a ramené à la vie après avoir vu le film de Christopher Nolan à Lyon il y a deux semaines. Enthousiaste... Lire la suite @Mediarezo Actualité / #Mediarezo

  • Un manifeste Offpunk
    https://ploum.net/2026-08-03-offpunk_manifesto.html

    Alors que l’hyperconnexion apparait comme le symptôme d’un futur inéluctable, un timide mouvement semble prendre de l’ampleur  : celui de la #déconnexion volontaire et intentionnelle. L’adoption des «  dumb phones  » est en train de croître. Les appareils photo numériques font leur retour. Tout comme les cassettes audio et les machines à écrire… Il existe un mouvement pour se réabonner à la presse papier. Même le minidisc, vite oublié après le succès des lecteurs MP3, semble renaître de ses cendres.

    -- Permalien

    #numérique #liberté

  • Nous serons présents au Salon du livre anarchiste à #Bremgarten
    https://buechermesse.ch/?lang=fr

    Au KuZeB de Bremgarten AG (#Suisse) aura lieu pour la première fois du 7 au 9 août 2026 un Salon du livre anarchiste. À une époque où l’autoritarisme, les guerres et un technototalitarisme sans précédent se propagent, nous voulons créer avec ce salon un espace auto-organisé afin de contrer ces tendances, développer nos idées anarchistes et les mettre en pratique ici et maintenant. Utilisons donc ensemble ces journées pour affûter notre analyse des conditions existantes, approfondir notre critique anti-autoritaire, nous mettre en réseau et repartir avec de nombreuses nouvelles idées pour l’attaque contre la domination.

    #livres #édition

  • More women die in heatwaves, but biology ’isn’t main cause’
    https://www.dw.com/en/more-women-die-in-heatwaves-but-biology-isnt-main-cause/a-78187451

    Across the board, he says, women spend 30% to 50% more of their working time above heat-stress thresholds than men. In construction, when comparing men and women doing the same job, the figure rises to around 50%.

    The reasons, he says, are structural. Women often wear more clothing for the same job. Men are more confident asking for breaks. And where men’s work is visibly strenuous, it’s recognized as a heat risk and rewarded with rest. But women’s work is steadier, less obviously punishing, and gets no such relief.

    Parsons compares it to the difference between a plane crash and asbestos exposure: One is a sudden, visible catastrophe, the other a slow, constant harm that’s easy to miss. “Male heat stress tends to be this taller risk, where you get relatively visible moments of physical distress that can be managed,” he says. “Female heat stress is constantly there, but much less visible, because it doesn’t have those same obvious peaks in the working day.”

  • Immigration : l’Insee rétablit la vérité sur les flux migratoires et bat en brèche l’#intox de la « submersion migratoire »

    L’Institut national de la statistique a publié, jeudi 4 juin 2026, sa dernière étude sur les immigrés en France. Une parution d’utilité publique, face aux flux continus de désinformations sur le sujet.

    L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a levé le voile, jeudi 4 juin, sur sa dernière radiographie de l’immigration en France. À l’heure où des milliardaires comme Elon Musk relaient complaisamment sur leur réseau le fantasme xénophobe d’un « quadruplement » de la population étrangère en Europe, ces nouvelles données sonnent comme un rappel à l’ordre.

    En 2025, selon l’Insee, la France compte 8 millions d’immigrés, soit 11,6 % de sa population totale. Parmi ces 8 millions d’immigrés, un tiers, soit 2,6 millions, a déjà acquis la nationalité française et n’est donc plus comptabilisé comme étranger. Une précision importante à rappeler car souvent, l’extrême droite aime jeter le flou en semant la #confusion dans le #vocabulaire. Lorsque l’Insee emploie le terme « immigré », elle évoque une personne née étrangère à l’étranger, tandis que le terme « étranger » définit simplement le fait de ne pas posséder la #nationalité française.

    La « subversion migratoire » battue en brèche

    L’augmentation de la part d’immigrés dans la population est réelle depuis 1999, mais demeure très progressive. Surtout, loin des vagues de la « submersion migratoire » fantasmée, les flux sont en décélération. En 2024, 313 000 immigrés sont arrivés en France, un chiffre en net recul par rapport aux 347 000 entrées enregistrées en 2023.

    Les flux retrouvent ainsi leur niveau d’avant la crise sanitaire de 2020, absorbant le pic exceptionnel de 2022 – lié à l’accueil des réfugiés qui fuyaient la guerre en Ukraine. L’Insee précise par ailleurs que cette baisse de 10 % des arrivées en un an concerne des personnes originaires de toutes les régions du monde, qu’il s’agisse de l’Afrique, de l’Asie… ou de l’Europe.

    Balayant d’un revers de main les clichés, l’étude révèle la #surqualification de ces femmes, hommes et enfants qui rejoignent notre territoire. Plus de la moitié, 51 %, des immigrés de plus de 25 ans arrivés en 2024 sont diplômés de l’enseignement supérieur.

    Ce chiffre grimpe même à 54 % pour les personnes originaires du Maghreb. Ces personnes s’intègrent, en outre, presque immédiatement dans la vie sociale et économique. 55 % des nouveaux arrivants de plus de 15 ans sont en emploi ou en études dès le début de l’année 2025, indique le rapport de l’Insee.

    Le visage de cette immigration est aussi profondément féminin. Les #femmes représentent aujourd’hui 52 % des immigrés vivant en France et 53 % des arrivées enregistrées en 2024. Par ailleurs, 58 % des immigrés entrés en 2024 vivent en famille et près d’un quart des arrivants (22 %) sont des enfants qui, souvent, cherchent à rejoindre un parent déjà installé à l’issue de son parcours d’exil.

    Face au #vieillissement de la nation, l’Insee confirme que depuis 2022, l’immigration maintient le pays à flot sur le plan démographique, en compensant l’effondrement du #solde_naturel. Entre le 1er janvier 2022 et le 1er janvier 2023, la population résidant en France a crû de 322 000 personnes.

    Sur ce total, le #solde_migratoire a pesé pour 271 000 individus, sauvant littéralement un solde naturel (51 000 personnes) plombé par la hausse des décès. En somme, ces travailleuses et travailleurs, loin d’être la menace brandie sur les plateaux des chaînes Bolloré et dans les trends de la fachosphère, sont aujourd’hui les piliers stabilisateurs de notre société.

    https://www.humanite.fr/politique/immigration/immigration-linsee-retablit-la-verite-sur-les-flux-migratoires-et-bat-en-br
    #INSEE #France #migrations #statistiques #chiffres #fact-checking #désinformation #préjugés #idées-reçues #démographie #afflux #invasion
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    • L’essentiel sur... les immigrés et les étrangers

      1. Combien y a-t-il d’immigrés ou d’étrangers en France ?

      En 2025, 8,0 millions d’ immigrés vivent en France, soit 11,6 % de la population totale. 2,6 millions d’immigrés, soit 33 % d’entre eux, ont acquis la nationalité française.

      La population étrangère vivant en France s’élève à 6,3 millions de personnes, soit 9,1 % de la population totale. Elle se compose de 5,3 millions d’immigrés n’ayant pas acquis la nationalité française et de 1,0 million de personnes nées en France de nationalité étrangère.

      1,7 million de personnes sont nées de nationalité française à l’étranger. Avec les personnes immigrées (8,0 millions), au total 9,6 millions de personnes vivant en France sont nées à l’étranger, soit 14,0 % de la population.

      2. Comment évolue la population étrangère et immigrée en France ?

      En effectif et en pourcentage de la population totale, la population immigrée en France est plus élevée en 2025 qu’en 1946, 1975 ou 2010. L’évolution de la part des immigrés dans la population totale vivant en France n’est pas régulière. Après une diminution entre 1931 (6,6 %) et 1946 (5,0 %), elle a augmenté jusqu’en 1975 (7,4 %). Elle s’est ensuite stabilisée jusqu’à la fin des années 1990, notamment à la suite des chocs pétroliers et du ralentissement de l’immigration de travail. Depuis le début des années 2000, le nombre d’immigrés croît à nouveau plus rapidement que la population totale, du fait de l’augmentation de la population immigrée et de la baisse de la fécondité : la part d’immigrés passe ainsi de 7,3 % en 1999 à 11,6 % en 2025.

      La population étrangère vivant en France représente 9,1 % de la population totale en 2025, contre 6,5 % en 1975 et 4,4 % en 1946.

      Entre le milieu des années 1940 et le milieu des années 1970, les flux d’immigration étaient majoritairement masculins, comblant les besoins de main-d’oeuvre nés de la reconstruction d’après-guerre, puis de la période des Trente Glorieuses. En 1974, dans un contexte économique dégradé, l’immigration de travail a été ralentie. Depuis cette date, la part des femmes parmi les flux d’immigration a crû que leurs arrivées soient dues au regroupement familial ou à d’autres motifs (suivre des études, trouver un emploi, etc...). En 2025, 52 % des immigrés vivant en France sont des femmes, contre 44 % en 1975 et 45 % en 1946.

      3. Où sont nés les immigrés vivant en France ?

      En 2025, près de la moitié des immigrés vivant en France sont nés en Afrique (49,2 %) et près du tiers en Europe (30,3 %). Les pays de naissance les plus fréquents des immigrés sont l’Algérie (12,6 %), le Maroc (11,7 %), le Portugal (7,2 %), la Tunisie (4,9 %), l’Italie (3,5 %), la Turquie (3,5 %) et l’Espagne (3,0 %). Près de la moitié des immigrés sont originaires d’un de ces sept pays (46,3 %).

      4. Où sont nés les immigrés arrivés en France en 2024 ?

      En 2024, 313 000 immigrés sont entrés en France, contre 347 000 en 2023. 45,9 % des immigrés arrivés en France en 2024 sont nés en Afrique, 26,6 % en Europe. Les pays de naissance les plus fréquents pour les immigrés entrés en France en 2024 sont l’Algérie (7,9 %), le Maroc (7,4 %) et la Tunisie (4,8 %). Les pays et continents d’origine les plus représentés parmi les immigrés vivant en France (stock) et arrivés récemment (flux) sont les mêmes, mais ils représentent une plus faible proportion du flux que du stock : les pays d’origine des immigrés tendent donc à se diversifier.

      Depuis 2006, les sorties d’immigrés sont relativement modestes au regard de leurs entrées. En moyenne entre 2006 et 2021, trois immigrés entrent sur le territoire tandis qu’un en sort, par exemple à la fin d’une expérience scolaire ou professionnelle en France, ou encore au moment de la retraite.

      https://www.insee.fr/fr/statistiques/3633212

  • « Quelqu’un va mourir » : la lettre de menaces trouvée devant les locaux de la chaîne 12 vandalisés
    https://israj.media-j.com/article/66265/-quelquun-va-mourir-la-lettre-de-menaces-trouvee-devant-les-locaux-de

    Une lettre contenant des menaces de mort explicites a été retrouvée ce mardi matin devant les bureaux de la chaîne 12 à Tel-Aviv, dont les portes vitrées avaient été brisées quelques heures plus tôt.

    Ce document constitue un nouveau développement inquiétant dans cette affaire de vandalisme, le deuxième visant l’entrée de la rédaction en moins d’un mois. La police a ouvert une enquête, mais aucun suspect n’avait encore été arrêté dans le cadre de la précédente attaque.

    Dans cette lettre anonyme, son auteur exige que la chaîne présente des excuses pour sa couverture de l’affaire de Sde Teiman. « Tant que vous ne vous serez pas excusés, je ne m’arrêterai pas », écrit-il. « Prenez cette lettre au sérieux, car à la fin, quelqu’un mourra », ajoute-t-il.

    L’auteur de la lettre réclame des excuses à la chaîne 12 pour avoir diffusé, en août 2024, des images présentées comme montrant de graves violences commises par des réservistes israéliens contre un détenu palestinien dans le centre militaire de Sde Teiman. Les détracteurs de la chaîne lui reprochent d’avoir diffusé des éléments confidentiels de l’enquête et d’avoir présenté les images d’une manière qu’ils jugent trompeuse.