gata

garçon blanc hétéro. de nationalité française.

  • Quelle crise de la masculinité ?
    En accès libre
    #Francis_Dupuis-Déri
    https://www.hors-serie.net/En-acces-libre/2018-09-08/Quelle-crise-de-la-masculinite--id325
    En accès libre , émission publiée le 08/09/2018
    Durée de l’émission : 83 minutes

    Entretien visible en ligne ou à télécharger :
    – en vidéo :
    http://v42.hors-serie.net/telecharger/DLTDupuisD2.mp4
    – en #audio :
    https://www.hors-serie.net/medias/mp3/288783675.mp3

    (En suivant le tag, y’a deux entretiens récents écrits
    https://seenthis.net/messages/757145
    https://seenthis.net/messages/749037
    et audio
    https://seenthis.net/messages/751544)

    Le jeudi 7 février (hier), les Éditions du remue-ménage annoncent :

    Aujourd’hui paraissent en Europe francophone (France, Belgique, Suisse) LA CRISE DE LA MASCULINITÉ de Francis Dupuis-Déri et LES FILLES EN SÉRIE de @MartineDelvaux Grâce à Hobo Diffusion (Makassar), la présence outre-mer de notre maison d’édition féministe ne fera que croître.

    https://twitter.com/remue_menage/status/1093642964621033472

    Pour info, Dupuis-Déri sera en France en février :
    – Paris, librairie Violette and co, le jeudi 21, 19h
    http://www.violetteandco.com/librairie/spip.php?article1181
    – Rennes, librairie La Nuit des temps, mercredi 27, 19h
    "Si vous souhaitez réserver une place assise, vous pouvez nous envoyer un mail à librairielanuitdestemps/at/gmail.com ou nous appeler au 02 99 53 37 95 . Si toutes les places assises sont réservées, pas de panique, vous pouvez tout de même assister à la rencontre debout ou assis.e par terre.
    https://www.facebook.com/events/247047939553888
    – Ailleurs ?

    En attendant, Slate publie des extraits du bouquin :
    http://www.slate.fr/story/173145/crise-masculinite-mythe

    #fan-club

    • Présentation de l’entretien sur Hors-série :

      La Une de l’Obs cet été a tiré la sonnette d’alarme : « Etre un homme après #MeToo » serait une affaire compliquée - laissant les mecs, comme sur la photo qui illustrait cette couverture, hagards, démunis et esseulés. Que l’on ne s’inquiète pas trop, cependant : depuis l’Antiquité romaine, chaque fois que la moindre revendication féministe se fait entendre, l’alerte est sonnée et les masculinistes sont sur le pont, annonçant que la masculinité est en crise et la société en péril. Bien sûr, à l’époque de Caton l’Ancien ça ne s’appelle pas comme ça : « féminisme » et « masculinisme » ne sont pas encore des notions en vigueur, mais ça n’empêche pas le-dit Caton de penser le phénomène en une vision tout à fait analogue à celle d’un Eric Zemmour : « Les femmes, écrit-il en 195 avant J.C., sont devenues si puissantes que notre indépendance est compromise à l’intérieur même de nos foyers, qu’elle est ridiculisée et foulée aux pieds en public ».

      C’est le livre de Francis Dupuis-Déri qui nous l’apprend, en nous offrant une très précieuse mise en perspective historique : la prétendue « crise de la masculinité » est vieille comme le patriarcat, et son expression connaît des périodes de recrudescence à travers les siècles, non pas lorsque les rapports de sexe tendent vers des formes d’égalité (par exemple au Haut Moyen-Âge en Europe) mais lorsqu’au contraire la domination masculine a repris des formes si radicales et si spectaculaires que les protestations des femmes se font plus vives - suscitant, à chaque fois, ce qu’on pourrait appeler une « Réaction masculiniste ». Laquelle en général ne se contente pas de s’inquiéter qu’il ne soit plus possible d’être « un homme, un vrai » : c’est une rhétorique qui associe toujours la différenciation des sexes à leur hiérarchisation tacite (le masculin se caractérisant par des propriétés qui le vouent à une suprématie « naturelle ») et cette hiérarchisation à la bonne santé de la société. Dès le XVIIIème siècle, le masculinisme est un nationalisme, assignant les femmes aux seules tâches reproductives afin de soutenir une démographie assez tonique pour assurer la suprématie nationale sur les nations rivales. Et si par malheur les nations connaissent des crises économiques ou des défaites militaires, c’est bien sûr à cause des femmes, ou de la « féminisation de la société ».

      Il faut le lire pour le croire, et le livre du politiste québecois est une hallucinante somme de citations, dont la lecture est aussi cocasse que terrifiante : il s’est vraiment trouvé, à toutes les époques à peu près, des masculinistes pour expliquer les malheurs du monde par les trop voraces conquêtes des femmes. Le génocide au Rwanda, les attentats du 11 septembre 2001, l’échec scolaire des garçons, le taux de suicide des hommes, ne cherchez plus : c’est à cause de l’émancipation des femmes et de la féminisation de la société.

      On le comprend peu à peu, la soi disant « crise de la masculinité » a bon dos : c’est une arme de dépolitisation massive, qui permet de produire des pseudo-analyses du monde parfaitement aveugles aux rapports de violence et d’exploitation réels, et niant que la domination masculine est encore, factuellement, partout en vigueur. C’est aussi, tout bêtement, l’expression d’un anti-féminisme assez bas du front, qui s’invite ici et là - par exemple aux prochaines Universités d’été du féminisme, où s’exprimeront Raphaël Enthoven et Elizabeth Levy - en se faisant passer pour un art de la nuance ou un éloge de la différence dont il ne faut pas être dupe. Pour la paix des hommes et des femmes, pour leur émancipation respective et mutuelle, le masculinisme est le problème - ce n’est jamais la solution.

      NB : Le livre de Francis Dupuis-Déri, « La crise de la masculinité, autopsie d’un mythe tenace », sorti au Québec (Ed. Remue Ménage), ne sera disponible dans les librairies françaises qu’à partir de janvier 2019.


  • « Les salariés à temps partiel ne tireront que peu, voire pas, d’avantage de la réforme de la prime d’activité », François Bourguignon, Paul Champsaur, ex-présidents du groupe d’experts sur le smic, et Gilbert Cette, le président actuel,
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/01/16/les-salaries-a-temps-partiel-ne-tireront-que-peu-voire-pas-d-avantage-de-la-

    Tribune. Le gouvernement a souhaité répondre à la demande de hausse du pouvoir d’achat exprimée ces dernières semaines par le mouvement des « gilets jaunes » en préférant la défiscalisation des heures supplémentaires et le relèvement de la #prime_d’activité à une hausse du smic.

    Le groupe d’experts sur le smic a souligné à plusieurs reprises que le salaire minimum n’était pas, en effet, un instrument efficace pour soutenir le pouvoir d’achat des personnes à bas revenus salariaux.
    D’une part, ses effets sur l’emploi risquent d’être contre-productifs.
    D’autre part, c’est un instrument mal ciblé pour lutter contre la pauvreté des travailleurs et, a fortiori, des personnes sans emploi. Une rémunération au smic ou à un taux proche ne signifie pas nécessairement que la famille concernée soit au-dessous du seuil de pauvreté. Il n’est pas rare en effet qu’un autre membre bénéficie d’un revenu supérieur, qui permet à la famille de dépasser ce seuil.

    Par ailleurs, divers transferts sociaux (prime d’activité, aides au logement, certaines aides locales) sont sous conditions de ressources ou diminuent avec la hausse du revenu d’activité : les effets d’une hausse du smic sur le revenu des ménages éligibles à ces transferts sont donc considérablement réduits.
    Ainsi, les simulations publiées dans les rapports du groupe d’experts ont montré qu’une hausse de 1 % du smic augmentait le revenu disponible moyen des 30 % des ménages les moins aisés de moins de 0,15 %, tandis qu’une hausse de la prime d’activité conduisant au même revenu agrégé de l’ensemble des ménages l’augmentait d’environ 0,4 %, la différence reposant essentiellement sur un meilleur ciblage de la prime d’activité vers le bas de la distribution.

    Bonus variable
    En revanche, ces mesures négligent les personnes et familles dont les revenus d’activité viennent d’un emploi salarié à #temps_partiel, souvent contraint, qui, par définition, ne font pas d’heures supplémentaires et qui sont peu, voire pas concernées par le relèvement de la prime d’activité.
    En effet, le relèvement annoncé de la prime d’activité, pour parvenir à une hausse de 100 euros du pouvoir d’achat au niveau du smic (une fois prise en compte la hausse réglementaire du smic au 1er janvier), ne concerne que la partie « bonification » de cette prime. Car la prime d’activité est constituée de deux parties distinctes.

    D’une part un montant forfaitaire : le montant de base est égal au RSA socle, soit 550 euros par mois pour un célibataire et plus selon la composition familiale, mais il est diminué de 38 % des revenus d’activité du ménage. Il s’amenuise donc au fur et à mesure de la hausse de ces revenus, jusqu’à disparaître lorsque le revenu atteint, pour une personne seule à temps plein, 1,2 smic.
    D’autre part, la prime d’activité comprend un bonus mensuel variable, destiné à inciter les salariés à travailler à plein-temps. Dans le barème de 2018, il est en effet versé à partir de 0,5 smic, atteint un maximum de 70 euros à 0,8 smic, puis diminue progressivement à partir de 1,2 smic pour disparaître à 1,3 smic.
    La nouvelle bonification est toujours nulle au-dessous de 0,5 smic, mais elle augmente fortement à partir de 0,8 smic. Le bonus atteint 90 euros au niveau du smic, puis reste constant avant de s’annuler progressivement entre 1,3 et 1,5 smic – il est encore de 45 euros à 1,4 smic. Les autres paramètres de calcul de la prime d’activité restent inchangés.

    Temps partiel contraint
    En conséquence, la hausse de pouvoir d’achat sera nulle pour les personnes qui ne travaillent qu’à mi-temps ou moins, et minime juste au-dessus. Les salariés à temps partiel réduit ne tireront donc que peu, voire pas, d’avantage de la réforme de la prime d’activité. Or, cette population est loin d’être négligeable : la proportion de l’emploi salarié travaillant à mi-temps ou moins pour qui la réforme n’apportera rien est de 11 % pour les femmes et de 4 % pour les hommes. Rappelons en outre que près de 45 % du temps partiel est contraint, et que ce chiffre est beaucoup plus élevé dans certains métiers – les caissières de supermarché par exemple.

    Il aurait été possible de jouer sur les autres paramètres de la prime d’activité pour atteindre l’objectif d’une hausse du pouvoir d’achat de 100 euros au niveau du smic, tout en améliorant celui des travailleurs à temps partiel. On aurait pu aussi simplifier l’ensemble du dispositif de la prime d’activité, dont la complexité et l’opacité contribuent sans doute à un taux encore élevé – environ 30 % – de non-recours.
    Souhaitons que ces limitations de la prime d’activité et plus généralement la complexité du système redistributif français figurent en bonne place parmi les questions à aborder dans le grand débat qui s’engage. Souhaitons aussi que, dans ce grand débat, ne soit pas oublié le fait que la France est l’un des rares pays développés à souffrir encore de chômage massif et que la priorité y reste la création d’emplois, la baisse du #chômage et celle de la #précarité.

    • Une lecture de la revalorisation du « bonus individuel » de la prime d’activité proposée par Ankhôlie @reventoline sur l’oiseau bleu
      https://twitter.com/reventoline/status/1090073920852684800

      C’est aujourd’hui que les bénéficiaires à temps partiel de la prime d’activité découvrent avec amertume - surtout ceux entre 0,5 et 0,6 smic - le montant pathétique de leur "gain"... bien loin des 90€ réservés à celles et ceux gagnant au moins 1203,60€ soit 1 smic net (ou +).

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      @loic_jeune En réponse à @le_pape_alain @stephaneeti @MalikAcher_RTFr : Et pourquoi j’ai 2,40€ de prime d’activité en plus maintenant ? C’est vrai, avec 695€ net de salaire je fais partie des privilégiés
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      Oui c’est normal (enfin façon de parler, c’est injuste mais normal en regard du mode de calcul :) La "hausse" de la prime passant par la revalorisation du #bonus_individuel qui en est une composante, et celui-ci croissant proportionnellement aux revenus plus on se rapproche du niveau de revenu plancher = 591,77€ ou le bonus=0, plus le gain est faible et inversement plus on va vers 1 #smic net, plus le Graal des 90 euros est proche. A 615 euros de revenus, le gain est de moins d’un euro. 😬

      Je dois retourner travailler là mais fav si tu veux que je te prédise ce soir la hausse pour chaque tranche de revenu entre 0,5 et 1 smic. Je suis un simulateur de gain vivant :) (et je te révèle mon secret aussi :)

      Le montant du gain pour les temps partiel, donc. Eh bien c’est assez simple, la "hausse de prime" se résumant en fait comme je vous le disais à un gain de bonus individuel, le gain est égal à la différence entre le montant (variable en fonction des revenus) du nouveau bonus « augmenté » de 2019 et celui de l’ancien bonus en 2018 (pour une personne hein, s’il s’agit d’un couple les montants s’additionnent, le bonus étant individuel, et le gain peut aller jusqu’à 180 euros par foyer).

      180 euros si les deux gagnent au moins un smic et jusqu’à 2,4 smic pour un couple avec 2 enfants. A côté de ça le gain d’une mère isolée à mi-temps payée au smic est de : nada.

      J’avais fait un thread expliquant la raison pr laquelle AUCUN temps partiel ne toucherait la hausse de 90€ : à cause du choix du Gouvernement de passer par une revalorisation du montant max. de la bonification individuelle et d’élever le niveau de revenu à partir duquel on l’atteint de 0,8 smic à 1 smic dc (ce qui permet à la fois de réduire la hausse entre 0,5 et 0,8 smic et d’exclure au passage les tps partiels entre 0,8 et 1 smic du gain maximal qu’ils atteignaient en 2018 et dc de limiter les frais, mon 1er tir était le bon)

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      https://twitter.com/reventoline/status/1083840877527748608

      Je viens de comparer les décrets du Gouvernement sur la revalorisation de 20 euros de la prime d’activité en octobre (Décret n° 2018-836 du 3 octobre 2018) et celui de la revalorisation exceptionnelle de 90 euros pour le 1er février (Décret n° 2018-1197 du 21 décembre 2018)...

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      Ça a pu paraître technique à certains mais au-delà du fait que tout (s’)est (et était) vérifié, les choix techniques c’est politique vous savez :)

      Mais qu’est-ce au juste que cette "bonification individuelle" ? (Petite présentation avant l’estimation des gains :) Créée au départ avec un objectif unique d’incitation à l’emploi, mais fonctionnant davantage jusqu’à présent comme compensation de la décrue de la prime d’activité avec les revenus (le bonus individuel commence et croît en effet au moment où la prime décroît), la bonification est établie individuellement pour chaque travailleur(se) membre du foyer en fonction de ses revenus professionnels (plus ils sont hauts, plus elle est élevée) et est calculée selon des règles énoncées à l’article D. 843-2 du code de la sécurité sociale, modifié par le décret n°2018-1197 du 21 décembre 2018 dit de « revalorisation exceptionnelle de la prime d’activité » (en fait du bonus individuel) https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=E5DDAD269F25C078B37CFA0E4FD390A0.tpl

      Depuis le Décret du 21 décembre (prise d’effet en janvier 2019), le montant maximal de la bonification s’élève donc à 29,101 % du montant forfaitaire applicable à un foyer composé d’une seule personne (contre 12,782% du montant de ce forfait de base auparavant), soit à désormais 160,49€ contre 70,49€ avant la réforme, ce qui correspond bien une hausse de 90 euros… mais du montant maximal du bonus par rapport à 2018 et non du montant forfaitaire de la prime, montant maximum que seules les personnes d’un niveau de rémunération désormais égal ou supérieur à un smic (au lieu de 0,8 smic avant la réforme) peuvent percevoir, les autres percevant un bonus proportionnel à leur revenu dans le rapport de ce nouveau montant maximum : leur bonus augmente donc aussi p/r à celui de 2018, mais pas de 90 euros.

      Composante du calcul de la prime (rappel de sa formule de calcul : montant forfaitaire éventuellement majoré selon la composition du foyer + 61% des revenus pro + BONUS INDIVIDUEL – total des ressources du foyer dont revenus pro), cette bonification modulable est donc octroyée à chaque membre du foyer bénéficiaire dont les revenus professionnels sont supérieurs à 59 fois le smic horaire soit 591,77€ (et donc nulle pour les niveaux de revenu inférieurs ou égaux à ce seuil), et croît à partir de ce seuil de façon proportionnelle avec les revenus jusqu’à un certain plafond (désormais élevé au niveau d’un smic, donc) où elle atteint alors son maximum sans plus augmenter pr les revenus situés au-dessus.
      Comme son nom l’indique, la bonification individuelle majore la prime à titre INDIVIDUEL et non pas familial comme c’est le cas du montant forfaitaire (majoré de son côté en fonction de la composition du foyer), et la part des foyers comportant au moins une personne éligible à une bonification individuelle est de 87,4% selon la Cnaf.

      La bonification concerne donc 2,4 millions de foyers sur les 2,8 millions actuellement bénéficiaires de la prime d’activité, et dc au minimum 2,4 millions de personnes sur les 2,66 millions d’adultes au total responsables du dossier (sans compter les conjoints éligibles au bonus) à quoi il faut ajouter 100% des 1,2 millions des nouveaux foyers éligibles à la prime d’activité (chiffres du Gouvernement), puisque précisément (c’est le but) ils entrent ds le dispositif grâce à leur bonification maximale dont l’augmentation les rend mécaniquement éligibles.

      Ce qui nous fait 2,4 + 1,2 = 3,6 millions de foyers au total comportant AU MOINS une personne percevant un bonus individuel, dont 1/3 dc de foyers du haut ++ du panier, privilégiés par le Gouvernement ds l’arbitrage entre incitation et soutien aux plus modestes des "bonifiés".

      C’est - je le répète - un choix politique très clair du côté du renforcement du versant incitatif de la prime et un "soutien" (quasi symbolique pr certains) du pouvoir d’achat des classes moyennes au lieu des petits temps partiels au smic, considérés sûrement comme déjà bien assez aidés par la prime (dégressive avec les revenus, contrairement au bonus individuel), et pourtant de l’avis de certains rapports qui mettent en garde contre le risque de délaisser la lutte contre la pauvreté pas assez redistributive relativement au RSA activité qu’elle remplace.

      L’idée, c’est de calmer les classes moyennes qui n’ont pas droit aux aides sociales et se considèrent lésées par rapport aux plus pauvres alors qu’elles bossent (bien plus) dur. Bien au delà des stricts smicards, on privilégie ceux qui ont le moins besoin et exclut ceux qui ont le plus besoin de la revalorisation de la prestation et à qui elle aurait été vraiment salutaire, dans un but d’incitation au travail et dans le cas des couples, à la « biactivité ». C’était d’ailleurs dans le programme En Marche, si on s’en souvient : « Nous augmenterons encore plus le pouvoir d’achat de tous ceux qui travaillent davantage » par une « revalorisation des dispositifs d’incitation au travail tels que la prime d’activité ».

      Bon, les chiffres (j’ai creusé le sujet et vous ai même concocté des graphiques et tableaux, s’il vous plaît :). La bonification individuelle étant une fonction croissante sur l’intervalle de 591,77 à 1203,60 euros nets avec un bonus augmentant proportionnellement aux revenus de 0 à désormais 160,49 euros (nouveau montant maximum du bonus), le gain de toutes celles et ceux en-dessous de 591,77 euros est donc de 0 (on ne le répètera jamais assez, y’a pas je ne m’y fais pas).

      En dessous ou au niveau de 591,77 euros donc (c’est le seuil) : pas de bonification.
      Pour 602 euros net de revenus soit 0,5 smic en 2019, c’est moins d’1 euro de « gain ». Si vous êtes à 0,6 smic (720 euros environ), comptez la miette de 8 à 9 euros de hausse de bonus.

      A 0,7 smic (840€ net environ), vous devriez percevoir autour de 17 euros, et 26 euros si vous êtes à 0,8 smic. Pour celles et ceux qui gagnent dans les 1080 euros nets (0,9 smic), la miette tombée de la Macron-croquette de 90€ devrait être un peu plus grosse : autour de 58€.

      Et à partir de 1203,60 euros de revenus (très précisément, oui, car c’est le niveau de revenu où est attribué le bonus maximum fixé par décret) et jusqu’aux anciens plafonds (au-delà, c’est plus compliqué), le gain est maximal, soit de 90 euros,
      Cela pour une personne.



  • (A Bruxelles pour 5 euros)
    20e Séminaire International d’Études Féministes 2018-2019
    « Violences et oppression des femmes : stratégies des institutions et revendications féministes »
    http://www.universitedesfemmes.be/events-universite-des-femmes/a-ne-pas-manquer/214-module-10-violences-et-oppression-des-femmes-role-de-l-etat-

    Module 10 : jeudi 31 janvier 2019 14h :
    Allers féministes et retours sexistes : le traitement judiciaire
    Retour sexiste : dépolitiser le privé
    – Le corps des femmes dans le patriarcat post-moderne, Patrizia ROMITO, professeure Université de Trieste

    – Autour du livre « Intouchables ? People, justice et impunité », Lise BOUVET, politiste et philosophe

    Dans le cadre des activités d’éducation permanente soutenues par la Fédération Wallonie-Bruxelles.

    #Patrizia_Romito


  • L’OEIL DU CYCLONE-215 > Comme un poisson sans bicyclette
    https://vimeo.com/31140474

    COMME UN POISSON SANS BICYCLETTE, 1998
    Réalisation : Anais Prosaic
    Assistante de réal : Vanessa Lefebvre
    Documentation : Liliane Zekri
    Paint-box : Victoria Poynder
    Production éxécutive : Prospective Image/ Gérard Poitou
    Avec la participation du CNAP, Vidéothèque de Paris et CNC
    Production : Prospective Image/ Canal+

    Réal cyclonesque : Vincent Hachet/Jerôme Lefdup
    Assistant réal : Christophe Istier
    Chargée de production : christine Escudié
    Texte : Sybille Deluxe
    Phrase de fin : ma mère c’est une femme, une vraie

    #féminisme #misogynie


  • un site d’#autodéfense pour #enfants. Pas tout scanné mais ça n’a pas l’air super super développé (en tout cas, en ligne...). Si vous avez des liens le sujet m’intéresse.

    http://patouch.ch

    De nombreux jeunes sont victimes ou auteurs de violences ou d’abus. Beaucoup d’entre eux n’ont pas les outils nécessaires pour faire face correctement à ces menaces. C’est le constat fait par Bernard Jaquet et Jean-Luc Cavalera dans le cadre de leurs activités professionnelles.

    Les deux hommes ont alors conçu une formation pour sensibiliser les jeunes, basée sur de nombreuses expériences vécues, des récits de victimes et de professionnels de la sécurité. Afin de proposer ces cours au plus grand nombre possible d’enfants, Bernard Jaquet a créé l’Association Patouch en 2000, puis l’a fondée officiellement en 2004. Aujourd’hui, cette organisation non gouvernementale (ONG) à but non lucratif est reconnue d’utilité publique.

    La mission que s’est fixée Patouch est de développer ses actions de prévention et d’information auprès des enfants, des adolescents, des parents, des enseignants et des professionnels de l’éducation, de manière concrète et pratique.

    Il y a aussi ce classique, orienté violence sexuelles :

    une vidéo éducative réalisée par Moira Simpson et produite par l’ONF. Elle avait pour but de prémunir les enfants contre l’abus sexuel. Filmé en Colombie Britanique (Feeling Yes, Feeling No), c’est la version française de ce document qui a marqué toute une génération de Québécois[es]. Vous avez probablement déjà entendu quelqu’un chanter la fameuse chanson !

    https://www.youtube.com/watch?v=Ewr9PtwtJ8w

    • (Sur la video, de mémoire, c’est bien d’apprendre à dire non mais quand même une interrogation sur le fait de demander à la celle qui se fait brosser les cheveux de dire « non » alors que l’autre aurait pu s’en apercevoir par son langage non-verbal - et verbal aussi -, et on aurait pu lui dire de faire attention à ça aussi, sinon plus, je pense. Culpabilisation ?) (rajouts en regardant)

      @tintin, J’ai trouvé un fil que tu avais initié sur la situation au Québec, en juillet 2017 :
      https://seenthis.net/messages/613946

      Sur ce qui existe en France (interview audio, novembre 2017) :
      https://seenthis.net/messages/661300

      Atelier de prévention des agressions faites aux enfants
      Interview de l’association Tom Fifi et Compagnie, qui animet des ateliers CAP (Child Assault Prevention) à destination des enfants, et de leurs accompagnant-e-s.

      Des #ateliers_CAP existeraient aussi vers Nantes et le plateau de Millevaches, portés par ou liées à des pratiques féministes, parfois partenaires du Planning familial. En Belgique aussi.

      Je ne sais pas s’ils existent toujours, très exigeants en termes de temps et d’énergie (quand il s’agit de se confronter parfois à des institutions comme l’Education Nationale, par exemple), et très peu rétribués quand ils le sont.

      # Sur Nantes, La Trousse à Outils, « Association de lutte contre les discriminations, en particulier le sexisme, le racisme et celles faites aux personnes LGBT »
      https://fr-fr.facebook.com/la.trousse.a.outils
      Contact : trousse-a-outils(à)tao.herbesfolles.org
      (je ne retrouve pas mais j’avais vu passer l’info, et que ça s’arrêterait peut-être, faute de monde. - edit 10/01 : Retrouvé le post du 19 mai 2018
      https://www.facebook.com/la.trousse.a.outils/posts/2147791091914453
      Un des « secteurs d’activités » :
      « -> CAP - les ateliers de prévention des agressions faites aux enfants. Après une intervention dans une école il y a 2 ans, CAP cherche à réaliser les ateliers de préventions auprès d’écoles, de centre de loisir, centre de vacances, etc... Le programme est dans l’attente de l’agrément de l’Education Nationale qui nous permettra d’intervenir plus facilement au sein de l’école publique. »)

      # Sur le plateau de Millevaches,

      Autodéfense pour les enfants
      On se défend !
      Atelier pour enfants de primaire de 5 à 11 ans

      Inspiré du programme américain CAP Child Abuse Prevention et des mouvements d’autodéfense de femmes, l’atelier propose, sous formes de scénettes, de travailler les réactions pour faire face à différentes formes d’agressions : camarade de classe, adulte connu et adulte inconnu. Pendant l’atelier, les enfants partagent ensemble leurs idées pour faire face à ces situations.

      Mis en place dans une école de Saint Denis par la formatrice et lors d’un camp autogéré.
      La formatrice est travailleuse de l’éducation nationale, formatrice en autodéfense pour femmes et enfants, militante pédagogie populaire et coopérative et membre du collectif FELIS en faveur de l’autodéfense des femmes et des enfants.

      Associations Pivoine & La Bascule & FELIS & Planning Familial 19

      https://associationpivoine.wordpress.com/2018/10/17/autodefense-pour-les-enfants
      Contact : labascule(à)millevaches.net
      https://renouee.millevaches.net/actualites/atelier-on-se-defend-pour-enfants-de-primaire-24-10-18

      # Sur Bruxelles (et pas loin ?),

      Enfants CAPables
      Clés pour l’Autonomie et la Prévention
      http://www.garance.be/spip.php?rubrique88

      Une proportion significative d’enfants vit de la violence, parfois grave, qui peut nuire à leur développement et accroître leur vulnérabilité à l’âge adulte. Nous ne sommes pas à côté de nos enfants 24h sur 24, c’est pourquoi il est primordial de les munir d’outils concrets pour faire face à d’éventuelles agressions, qu’elles soient verbales, physiques ou sexuelles. Les adultes en contact avec des enfants ont également besoin d’outils pour pouvoir les soutenir dans ces situations.

      Garance est pionnière en Belgique dans la diffusion du programme CAP (Child Assault Prevention), créé il y a 40 ans et utilisé aujourd’hui dans une vingtaine de pays.

      via
      Les Promesses de l’Aube (janvier 2018)
      http://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/enfants-capables

      Ce matin, on recevait Laura Chaumont pour parler des ateliers Enfants CAPables proposés par l’asbl Garance

    • À Faux-la-Montagne, les enfants apprennent à réagir face à la violence grâce à un atelier (24 octobre 2018)
      https://www.francebleu.fr/infos/education/a-faux-la-montagne-les-enfants-apprennent-a-reagir-face-a-la-violence-gra

      Eux aussi ont le droit de dire non et de se protéger. Un atelier de défense était organisé pour les enfants à Faux-la-Montagne, en Creuse. Il s’agit du même genre d’atelier que les stages de self-défense pour les femmes, mais à destination des élèves de primaire.

      Et un entretien de 5 minutes avec l’intervenante, à cette occasion :
      Louise Chappa, animatrice d’ateliers de défense pour les enfants
      https://www.francebleu.fr/emissions/l-invite-de-france-bleu-creuse/creuse/l-invite-de-france-bleu-creuse-128
      http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/15344-25.10.2018-ITEMA_21866991-0.mp3

    • # Sur Grenoble

      Association de prévention des violences

      Créée en 2010, l’Ancrage (ex ASSPA) s’efforce de développer des outils d’autonomie et de prévention des agressions, prioritairement en direction des femmes, des adolescentes et des enfants.

      Pour cela, l’Ancrage développe actuellement deux actions : les stages d’autodéfense pour femmes et le programme de prévention des violences faites aux enfants, « Enfants CAPables ».
      (...)
      2. Le programme de prévention des violences envers les enfants

      L’Ancrage intervient dans les écoles élémentaires avec le programme enfants CAPables (Clés pour l’Autonomie et la Prévention). Il se base sur une approche pédagogique triple en incluant les enfants, les parents et le personnel scolaire.

      Le programme a pour but d’informer et de sensibiliser mais surtout d’accroître la confiance en soi et les ressources personnelles et collectives chez les enfants comme chez les adultes, en les munissant notamment d’outils concrets pour faire face à d’éventuelles agressions qu’elles soient verbales, physiques ou sexuelles, et en faisant en sorte qu’’ils puissent se renforcer mutuellement.

      Vous pouvez accéder à la plaquette de présentation du programme enfants CAPables
      http://ici-grenoble.org/user/mes-fichiers-a-moi/structure/492/plaquetteCAP-ASSPA-rv.pdf

      Pour plus d’informations sur cette action : cap-isere (at) protonmail.com

      http://ici-grenoble.org/infospratiques/fiche.php?id=492

    • (Sur Grenoble, ça s’organise)

      Intervenir publiquement contre l’oppression des mineurs ? – jeudi 6 et vendredi 7 décembre à Antigone
      https://www.bibliothequeantigone.org/?p=3518

      Les jeudi 6 et vendredi 7 décembre, de 9h à 18h à Antigone

      Deux jours de réflexion ouverte et collective (et tranquille et bienveillante) autour de la désolidarisation d’avec la domination adulte, autour du soutien à apporter à sa contestation…

      A l’initiative de Camille Pasquier (conférence gesticulée sur les violences éducatives), de Yves Bonnardel (livre sur la domination adulte), de Aurélien Pellegrinelli de Montpellier (éducateur populaire et conférence gesticulée sur la participation des mineurs en protection de l’enfance)

      Atelier ouvert à toute personne qui se préoccupe sincèrement de ces questions et qui a envie d’agir.

      Que faire de ces deux jours ? Propositions :

      – présentation mutuelle (quelle forme ?)
      – une entrée par le récit, par l’idée de se raconter.
      – brainstorming sur le contenu / la direction générale
      – partage matière (bouquins / articles / réflexions libres…)
      – à partir d’outils (tracts, livres, films, éduc pop, danse, théâtre forum…)
      – échange, réflexions sur la posture adulte pour traiter ce sujet
      – échange d’outils pour réflexion et/ou à utiliser potentiellement en public
      – idées de lieux d’immersion ?
      – toucher par d’autres biais que le discours et la réflexion (danse ?)
      – comment partager nos connaissances (historiques, théoriques) avec des mineur-es ?
      – comment être solidaires des mineur-es, soit lorsqu’ils s’en prennent plein la gueule, soit lorsqu’ils réagissent, se révoltent ?
      – comment faire en sorte d’inclure des mineur-es dans ce genre de débats ?
      – comment limiter et annihiler la domination adulte ?

      Ce sera un espace autogéré, avec des idées qu’on amène : on amendera collectivement l’organisation des deux jours. C’est possible de ne venir qu’un seul jour sur les deux, voire qu’une demi-journée (mais c’est sans doute moins bien ! )

      Participation libre aux frais.

      Inscriptions : contrelordreadulte(à)riseup.net
      (je ne mets pas le numéro de téléphone, dispo sur la page)

      via
      Que fait on des violences infantiles du côté des libertaires et féministe de ce nouveau siècle ? (29 décembre 2018) sur @indygrrr
      https://grenoble.indymedia.org/2018-12-29-Que-fait-on-des-violences

      En commentaire :

      Il y a eu un groupe de réflexion sur ce sujet à Grenoble le mois dernier (décembre 2018), qui devrait se rassembler de nouveau deux jours aux alentours du 18 janvier. De plus, des textes/brochures devraient paraître à la suite du travail fait pendant la première rencontre. L’évènement sera normalement annoncé à l’avance, donc l’info devrait être sur ce site prochainement !

    • (Au sujet de la thune et du soutien officiel, en Belgique)
      Le Gouvernement soutient le programme ’Enfants CAPables’ contre les violences envers les élèves (10 novembre 2016)
      http://www.agers.cfwb.be/index.php?page=27976&ne_id=4907

      Le Gouvernement a décidé sur proposition de la Ministre de l’éducation d’octroyer une subvention de 25.000 euros à Garance ASBL dans le cadre du programme de prévention ’Enfants CAPables’ des violences envers les élèves pour l’année scolaire 2016-2017.


  • À Paris, les migrants jouent à la #loterie leur place dans un centre d’accueil
    https://www.franceinter.fr/societe/une-place-au-chaud-jouee-a-la-loterie-pour-des-migrants-a-paris

    Dans un centre d’accueil de jour parisien, les places sont désormais jouées à la loterie. L’association France Horizon se désole de devoir faire face à beaucoup plus de demandes qu’elle ne peut en proposer. Les travailleurs sociaux organisent donc un tirage au sort tous les matins à 9 heures.

    [...]

    Tous les jours je viens ici, mais je n’ai pas gagné. Du coup je dors dans la rue". Aboubakar ne pourra donc pas entrer s’abriter.

    [...]

    Pour l’association France Horizon, qui gère cet accueil de jour, cette loterie permet de limiter les violences et les phénomènes de campement devant le centre. Jean-Brice Muller, le responsable de communication estime que ce n’est pas plus injuste que le système du « premier arrivé, premier entré » ou des listes d’attentes. "Je comprendrais que ça puisse choquer si, ce tirage au sort, c’était le destin d’un homme qui va se jouer à pile ou face, alors que ça n’a rien à voir. Le temps d’attente pour une personne qui revient chaque jour est estimé entre deux et quatre semaines. Ça peut être plus, ça peut être moins. Un temps d’attente équivalent à un autre système. Ce n’est pas moins juste et on gagne en sérénité".

    #accueil_de_merde #travail_antisocial ? #boulot_de_merde ?



  • Vie quotidienne : ce qui change au 1er janvier
    http://www.caf.fr/allocataires/vies-de-famille/accident-de-vie-precarite/difficultes-financieres/vie-quotidienne-ce-qui-change-au-1er-janvier

    Autre nouveauté : un système de bonus-malus est prévu pour inciter les personnes à décaler leur date de départ à la retraite. Jean-Baptiste Oliveau poursuit : « Ceux qui décident de partir dès qu’ils réunissent les conditions pour une retraite à taux plein se voient appliquer un malus de 10 % pendant trois ans – et au maximum jusqu’à 67 ans. Ceux qui décident de décaler leur départ d’un an, n’ont ni malus ni bonus. Quant à ceux qui décident de décaler d’au moins deux ans, ils ont droit à un bonus de 10 % à 30 % (pour quatre années). Ce bonus est accordé pendant la première année de versement de la #retraite. »


  • #Pôle_Emploi se transforme pour mieux accueillir les usagers
    https://www.ladepeche.fr/article/2018/12/31/2932887-pole-emploi-se-transforme-pour-mieux-accueillir-les-usagers.html

    « Deux personnes effectuant un service civique sont également affectées à l’accueil des usagers, souligne Florence. Elles sont là pour orienter et conseiller. »

    #service_civique, qui devient la norme dans le service public (également vu en préfecture, par exemple), après les associations...

    Ce n’est pas un emploi mais du #volontariat :

    6.2.6. Est-ce que le Service Civique ouvre droit au chômage ?
    Non, le Service Civique n’étant pas un emploi salarié, il n’ouvre pas droit au chômage.

    7.1. Service Civique et emploi
    7.1.1. Est-ce que le Service Civique est un emploi ?
    Non, une mission de Service Civique n’est pas assimilable à un emploi salarié. Le Service Civique ne relève pas du code du travail, il obéit à des dispositions propres définies dans le code du service national. En particulier, vous n’êtes pas dans une relation de subordination avec votre organisme d’accueil mais dans une relation de collaboration. Par ailleurs, votre action en tant que volontaire ne doit pas se substituer à l’action des professionnels mais la compléter.

    3.1.1. Quel est le montant de l’indemnité de Service Civique ?
    Le Service Civique ouvre droit à une indemnité financée par l’Etat de 472,97 euros net par mois quelle que soit la durée hebdomadaire du contrat.
    En plus de ces 472,97 euros, vous pouvez percevoir une bourse de 107,66 euros si :

    vous êtes bénéficiaire du revenu de solidarité active (RSA) au moment de la signature du contrat de Service Civique ou si vous appartenez à un foyer bénéficiaire du RSA ;
    vous êtes titulaire d’une bourse de l’enseignement supérieur du 5ème, 6ème ou 7ème échelon au titre de l’année universitaire en cours. Ce critère ne vous concerne donc que si vous poursuivez vos études en même temps que votre mission.

    Enfin, les organismes d’accueil doivent vous verser une prestation nécessaire à la subsistance, l’équipement, l’hébergement ou au transport. Elle peut être servie en nature, au travers notamment de l’allocation de titre-repas, ou en espèces. Le montant minimal mensuel de cette prestation est fixé à 107,58 euros.

    La foire aux questions des volontaires
    https://www.service-civique.gouv.fr/faq-volontaire

    –-
    Rajout
    Je sais que ce n’est pas nouveau mais ça m’hallucine à chaque fois, déjà que y’ait pas eu plus de réaction que ça dans les assos.

    En suivant #service_civique :

    Un article de Mediapart (février 2018)
    « #Pôle_Emploi fait toujours plus de place au #service_civique »
    https://seenthis.net/messages/668765
    Je rajoute le début visible de l’article :

    Fin janvier, Julie a reçu un drôle de message de sa conseillère Pôle emploi. Cette Toulousaine de 25 ans, diplômée d’un master, cherche un travail. Pourtant, ce jour-là, ce n’est pas un contrat de travail que Pôle emploi lui propose, mais une « mission ». Un service civique, plus exactement, au sein même de son agence locale, qui cherche trois personnes « pour une #mission (service civique) d’accompagnateur dans l’utilisation des nouveaux outils numériques de Pôle emploi » , à partir du 1er mars. « Si la mission vous intéresse et que vous pensez avoir le profil, merci de m’envoyer votre C.V. par mail » , propose la conseillère. « Je reçois souvent des offres complètement à côté de la plaque, par exemple pour devenir chauffeur de poids lourd, mais cette proposition m’a fait bondir, raconte la jeune femme. En proposant à ses demandeurs d’emploi de postuler, Pôle emploi reconnaît qu’elle considère le service civique comme un emploi pas cher ! En plus, j’ai déjà effectué un service civique, dans la communication au service culturel d’une mairie. »

    Un article de La Rotative (mars 2016)
    « A Pôle Emploi, des services civiques sous-payés et non-formés pour accueillir les chômeurs »
    https://seenthis.net/messages/474741

    Et dès 2015, @colporteur relayait les infos.

    –-
    Ce début d’année, annonce de la préfecture de Creuse :
    « Appui et soutien d’actions polyvalentes de prévention et sensibilisation du public »
    https://www.service-civique.gouv.fr/missions/appui-et-soutien-dactions-polyvalentes-de-prevention-et-sensibi

    Quoi ?
    Le volontaire du service civique assiste les services de l’Etat dans les missions de la direction des services du cabinet et plus particulièrement au service départemental de la communication interministérielle. Dans ce cadre, il sera amené à :
    - participer aux opérations de valorisation de l’action de l’Etat (plan départemental d’actions de sécurité routière, journée européenne du patrimoine, rencontres de la sécurité intérieure, campagnes des actions gouvernementales...),
    - apporter un soutien aux actions de sensibilisation du public en lien avec le milieu associatif,
    - rencontrer les partenaires (sécurité routière, sécurité civile et sécurité intérieure) afin de mettre en oeuvre des actions communes, grâce à la création notamment d’outils de mise en partage et de diffusion,
    - participer à la communication à destination des élus en matière de prévention et d’information.
    Le volontaire du service civique vient compléter le dispositif existant et apporte un point de vue et une expérience extérieure à l’institution. Le volontaire investira les champs partiellement ou non couverts par les services de l’Etat.
    Cette mission exige des qualités d’écoute, un sens développé du contact et du service public, de la discrétion, une bonne présentation ainsi qu’une facilité pour communiquer ou s’exprimer en public. De même, seraient appréciées des connaissances de l’outil informatique (libre-office) et de rédactions.
    Quand ?
    À partir du 25 février 2019 (10 mois, 28 h/semaine)


  • Refuser de parvenir - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Refuser-de-parvenir

    Dans ce qui m’apparaît comme le texte le plus éclairant de ce riche recueil, parce qu’il aide à saisir ce qui différencie l’âge d’or des luttes ouvrières et l’héritage des Trente Glorieuses, Anne Steiner revient sur la démocratisation puis la massification de l’enseignement supérieur. Le système scolaire discriminant les classes populaires, il n’offrait aucune, ou si peu, possibilité de parvenir. En se démocratisant, l’école inaugure un « ascenseur social » qui propose d’élever quelques éléments des classes dominées pour résoudre à moindres frais la question de l’exploitation, n’en faisant plus que le sort mérité de qui n’a pas pu se hisser dans les classes dominantes grâce à son talent et à ses efforts. « L’école démocratique, en privatisant les biographies, en faisant de chacun le responsable de sa destiné, a affaibli la perception des rapports de classe. » Après cette démocratisation (qui produit une « classe moyenne » difficilement identifiable mais dotée d’une force certaine d’inertie politique), l’accès à l’université va jusqu’à se massifier. Comme le besoin d’emplois d’encadrement ne justifie plus une telle production de diplômé-e-s, nous sommes revenu-e-s au point de départ et « d’autres critères [que le diplôme] rentrent en compte [pour la lutte des places] comme le capital social (les relations), les compétences linguistiques, l’apparence physique. » Les déclassé-e-s que l’université met sur le marché ont un diplôme dévalué ou bien ils et elles se savaient déjà inemployables par la machine productive et ont investi des disciplines qui ne donnent pas accès à des emplois bien rémunérés (arts, lettres, etc.). Ces derniers pourront-ils se rendre utiles dans d’autres champs ? Quitte à ce que l’université ne joue plus son rôle de sélection dans des sociétés inégalitaires, Steiner remet en cause le « monopole radical » (1) qu’elle exerce et en appelle à une redéfinition de son rôle social, soit que l’institution devienne moins inutile, soit que les savoirs se partagent dans d’autres structures moins rigides.

    Y’a des livres, comme ça.


  • La fabrique française d’“Ultra-Riches”

    Pour prolonger la réflexion sur le fait que “la France est le pays d’Europe qui compte la plus forte progression de #millionnaires en 2018” (cf. https://seenthis.net/#message733654)

    Comment les mesures budgétaires de Macron creusent les inégalités (David Bensoussan, Challenges, 11/10/2018)
    https://www.challenges.fr/economie/les-mesures-budgetaires-de-macron-creusent-les-inegalites_618772

    Selon les calculs de l’Institut des politiques publiques, les #classes_défavorisées sont désavantagées par les deux derniers projets de #loi_de_finances, tandis que les 1% les plus #riches voient leur #niveau_de_vie grimper.

    Les riches, grands gagnants des premières mesures de Macron, selon l’OFCE (Elise Barthet et Audrey Tonnelier, Le Monde, 15/01/2018)
    https://www.lemonde.fr/economie-francaise/article/2018/01/15/en-2018-la-politique-de-macron-avantagera-d-abord-les-ultra-riches_5241787_1

    D’après l’Observatoire français des conjonctures économiques, « les 5 % de ménages les plus aisés capteraient 42 % des gains » liés aux réformes.

    Budget : les 100 plus riches gagneront 1,5 million d’euros par an chacun (Lilian Alemagna, Libération, 26/10/2017)
    https://www.liberation.fr/france/2017/10/26/budget-les-100-plus-riches-gagneront-15-million-d-euros-par-an-chacun_160

    Un cadeau moyen de 1,5 million d’euros pour chacune des cent plus grandes #fortunes de France.



  • Que reste-t-il après avoir payé les factures ? Le pouvoir d’achat miné par les dépenses contraintes
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/11/14/que-reste-t-il-apres-avoir-paye-les-factures-le-pouvoir-d-achat-mine-par-les

    D’où vient le décalage entre ces chiffres, plutôt positifs, et la perception bien moins optimiste d’une partie croissante de l’opinion ? L’explication réside en grande partie dans le poids des dépenses contraintes, qui est proportionnellement très élevé pour les ménages les plus modestes.

    • Selon la Drees, les 10 % les plus modestes doivent ainsi se contenter en moyenne de 180 euros par mois pour financer transport, équipement, loisir ou habillement, alors que les 10 % les plus riches disposent en moyenne de 1 890 euros, c’est-à-dire au moins dix fois plus.

      Beaucoup de statistiques intéressantes.
      Ca devrait intéresser @simplicissimus, je pense.

    • #dépenses_pré-engagées #inégalités #pauvreté #propriété

      Les données présentées dans l’article mentionné ci dessus sont éclairantes. Un complément :

      Pouvoir d’achat : une exaspération à la mesure du décalage entre ressenti et « vérités » statistiques, Elise Barthet, Le Monde

      Les données statistiques sur les revenus et les prix ne permettent pas de saisir les difficultés des Français.

      Pour une fois, statisticiens, économistes et ministres étaient au diapason. Après un début d’année difficile pour les finances des ménages, la fin 2018 s’annonçait, dans les prévisions au moins, relativement faste. « C’est l’heure de la preuve, assurait le ministre de l’action et des comptes publics, Gérald Darmanin, au Journal du dimanche, le 28 octobre, – la preuve que nous tenons nos promesses. » Celles d’un pouvoir d’achat regonflé par la baisse de la taxe d’habitation et la suppression totale des cotisations salariales à l’automne.

      C’était sans compter la hausse intempestive des cours du pétrole et des taxes sur les carburants. Loin du satisfecit attendu, l’emballement des prix à la pompe a été le détonateur d’un mécontentement qui menace de virer au blocage si les « gilets jaunes » réussissent leur mobilisation, le 17 novembre. Une exaspération à la mesure du décalage entre le ressenti et les « vérités » statistiques. Rarement, l’abîme entre les chiffres et les maux a été aussi profond.

      Car l’Insee et les think tanks de tous bords qui se sont penchés sur la question sont formels : le pouvoir d’achat, passé dans le rouge au premier trimestre (– 0,5 %), devrait bel et bien progresser de 1,7 % au quatrième. Sur l’ensemble de l’année, il croîtrait même de 1,3 %, malgré le rebond de l’inflation, le ralentissement des créations d’emplois et un taux de chômage qui peine à passer sous les 8,9 %.

      Une moyenne qui ne reflète pas la diversité des situations
      Statistiquement parlant, Emmanuel Macron n’a donc pas tort d’affirmer que « le pouvoir d’achat total a augmenté ». Même mesuré par « unité de consommation », c’est-à-dire en tenant compte du fait que la vie en commun permet de partager les dépenses au sein des foyers, l’indicateur est orienté à la hausse. Comment, au vu des chiffres, expliquer le malaise exprimé par les « gilets jaunes » et leurs soutiens ?

      La réponse se trouve en partie dans la définition même du pouvoir d’achat. Calculé par l’Insee, il mesure l’évolution du revenu disponible brut (RDB) des ménages, corrigé du prix de la dépense. En d’autres termes, c’est un indicateur qui agrège les salaires, les revenus du patrimoine (loyers perçus, dividendes) et les prestations (retraites, allocations familiales), puis retranche de tout cela les impôts directs, les cotisations sociales et l’inflation.

      « Ce qui ressort de nos enquêtes, c’est que les difficultés commencent à moins de 1 400 euros de revenus par mois. En dessous, ça devient vraiment compliqué de faire certaines dépenses », observe Sandra Hoibian, directrice adjointe du pôle Evaluation et société au Credoc.

      Il s’agit d’une moyenne. Un curseur qui, par définition, ne reflète pas l’infinie diversité des situations personnelles des Français. Dans sa version courante, il ne fait pas la différence entre actifs, chômeurs ou retraités, vivant en ville, en périphérie ou à la campagne, en couple ou célibataire, cadres ou employés, locataires ou propriétaires… Et c’est là que le bât blesse. « Ce n’est pas parce que la France s’enrichit, que tout le monde s’enrichit », observe Sandra Hoibian, directrice adjointe du pôle Evaluation et société au Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Credoc).

      L’impact des mesures fiscales le montre. D’après les calculs de l’Institut des politiques publiques, les effets cumulés des réformes de 2018 et 2019 mènent à une perte de revenu disponible pour les 23 % de Français les plus modestes (les célibataires vivant avec moins de 14 370 euros par an et les familles avec deux enfants disposant de 29 960 euros ou moins). En cause, notamment, la hausse des taxes sur les carburants et le tabac, et la désindexation de certaines prestations sociales.

      Si les classes moyennes bénéficient, elles, d’une amélioration d’environ 1 %, leurs gains sont six fois moins importants que pour les très riches (les célibataires qui gagnent plus de 140 400 euros par an et les familles qui disposent de 294 830 euros ou plus). Ces derniers profitent de la réforme de l’impôt sur la fortune et, surtout, du plafonnement à 30 % de la taxation des revenus du capital.

      Mais la #fiscalité n’est pas la seule responsable de la fragmentation des perceptions. L’inflation, cette année, a progressé presque autant que les #salaires. Entre octobre 2017 et octobre 2018, les prix ont crû de 2,2 % en moyenne, avec des variations considérables selon les produits.


      Le beurre, par exemple, a augmenté de 10,9 % sur un an, les pommes de terre de 11,2 %, les légumes frais de 9 %, le tabac de 16,8 %, le gaz de 21 %, le fioul domestique de 30,4 %, le gazole de 22,6 %, l’essence de 14,6 %, les timbres de 8,6 %. Parallèlement, les prix des biens d’équipement, comme les fers à repasser ou les ordinateurs, ont baissé. Mais les lave-linge ne se mangent pas et ne permettent pas (encore) de rouler ou de se chauffer.

      L’Insee a raison de faire remarquer que les prix dans l’alimentation ou l’énergie sont très volatils, preuve en est le reflux actuel des cours du brut. Mais l’envolée des étiquettes sur les produits de consommation courante, même ponctuelle, joue à plein dans l’appréciation qu’a chacun de son pouvoir d’achat.

      Les dépenses « pré-engagées », 61 % des budgets modestes

      Jusqu’à 61 % du budget des plus modestes est, en effet, déjà absorbé en dépenses « pré-engagées » (frais de logement, assurances, cantines, forfaits téléphoniques et audiovisuels), selon une étude publiée en mars 2018 par la direction de la recherche, de l’évaluation et des études statistiques du ministère de la santé et des solidarités (Drees). Le reste à vivre consacré aux dépenses dites « arbitrables » s’en trouve fatalement réduit. D’où l’effet décuplé que peut avoir sur certains foyers la hausse des carburants.


      Il est d’autant plus prégnant qu’« un cercle vicieux s’est mis en place, selon Sandra Hoibian, du Credoc : « Pour accéder à la propriété, les gens ont dû quitter les centres-villes. Ils se sont éloignés de leur travail et dépendent donc de la voiture. » « Ce qui ressort de nos enquêtes, ajoute-t-elle, c’est que les difficultés commencent à moins de 1 400 euros de revenus par mois. En dessous, ça devient vraiment compliqué de faire certaines dépenses. Pour que les personnes interrogées évoquent une réelle amélioration de leur situation, il faut une progression moyenne du pouvoir d’achat de plus de 2 % plusieurs années de suite. » Une situation qui ne s’est plus présentée depuis 2007…

      Pour Jean-Claude Daumas, auteur de La Révolution matérielle, une histoire de la consommation (Flammarion, 2018), la rupture intervient même plus tôt. « Les mesures d’austérité adoptées en 1983, notamment la #désindexation_des_salaires sur les prix, marquent une véritable rupture dans l’évolution des revenus », écrit-il. Le renchérissement de l’immobilier a fait le reste. Il faudrait aujourd’hui 166 années à un ouvrier pour rattraper le niveau de vie d’un cadre supérieur, contre 36 en 1975. Pas étonnant que le pouvoir d’achat soit devenu un totem du mécontentement national.

    • Merci @aude_v. En fait, helloasso a fermé le compte après un an d’inactivité et j’ai fermé le compte bancaire de l’asso dans la foulée. J’ai décidé de faire une pause car je passe beaucoup de temps pour chaque sujet et assez peu de retour. Ça ne m’a pas ouvert non plus de porte pour des propositions de boulot en cartographie.

      En parallèle de mon dernier volet sur le palmier à huile, j’ai commencé une série de peinture « Déforestation-Plantation-Zad » pour monter une expo des œuvres originales. Mais comme ma situation est assez critique, j’ai fait un petit catalogue de ces œuvres (et celles de la série mycorhizes) et proposé à la vente sur l’oiseau bleu. Les photos de la première série sont d’assez mauvaises qualité mais on me dit que ça passe quand même.

    • J’ai rencontré les cinéastes d’un groupe de femmes qui disaient avoir été invitées dans des endroits où on ne les aurait jamais invitées seules mais parce que leur expérience (la solidarité !) était originale.

      Faire, c’est un truc, être reconnu·e, c’en est une autre. Et c’est un peu pour ça que tant de gens ne comprennent pas que l’absence de certaines catégories dans des milieux professionnels ne dépend pas de leur qualité propre mais de la réception qui leur est faite...

      #entreprise_de_soi


  • La gauche française devrait-elle se détourner davantage de minorités qu’elle n’a jamais choyées ?
    https://www.liberation.fr/debats/2018/10/12/la-gauche-francaise-devrait-elle-se-detourner-davantage-de-minorites-qu-e

    La gauche française n’a aucun discours, aucune revendication en direction des minorités, et tout particulièrement des minorités ethno-raciales. L’enjeu des discriminations pourtant systémiques qui pèsent sur la société française n’est tout simplement pas discuté par la gauche partisane, qui n’a aucune proposition à faire sur la question. L’enjeu pour la gauche française n’est donc pas tant d’en faire moins pour les minorités que d’en dire un peu plus, si elle veut reconquérir un segment de l’électorat qu’elle a pour partie perdu et qui constitue une population largement abstentionniste. Où sont passés le droit de vote des étrangers et le récépissé d’identité pour freiner les contrôles au faciès par la police promis en 2012 par François Hollande dans un programme pour le moins frileux sur la question ? Si la gauche ne parvient plus non plus à parler aux classes populaires blanches, ce n’est pas tant parce qu’elle a trop choyé les minorités que parce qu’elle s’est concentrée sur les classes supérieures, et a délaissé ses horizons égalitaires en adoptant une théorie du ruissellement qui n’a pourtant jamais marché.

    • (tribune entière)

      Par #Julien_Talpin , Chercheur en sciences politiques — 12 octobre 2018 à 10:35

      Pour le chercheur au CNRS Julien Talpin, opposer revendications sociales et défense des droits minoritaires n’est pas une nécessité pour l’emporter électoralement comme le défend l’historien des idées américain Mark Lilla dans son dernier essai, « la Gauche identitaire ».

      L’essai de l’historien américain Mark Lilla, la Gauche identitaire (Stock), rencontre un certain succès éditorial depuis sa sortie en France. Ce qui surprend n’est pas tant son constat relatif à la fragmentation de la gauche américaine, qui est réelle, que l’importation de ses thèses pour penser les conditions de reconquête du pouvoir par la gauche française. La gauche devrait abandonner les minorités pour se concentrer sur des revendications de classe – et encore, le mot n’est pas formulé en ces termes – seules capables de rassembler largement et de permettre la construction d’une majorité électorale. Or il n’y a rien à abandonner, puisque la gauche française ne propose rien en direction des minorités. Si bien que l’invitation de Mark Lilla à approfondir le sillon républicain ne semble pas en mesure d’infléchir l’éloignement de la gauche française de toutes les classes populaires. Une autre voie, pleinement égalitaire, serait pourtant possible.

      Aux Etats-Unis comme en France, la race ne joue pas contre la classe

      La thèse de Mark Lilla est simple. Si Donald Trump a gagné, c’est qu’Hillary Clinton a perdu. Sa défaite serait liée à une focalisation excessive sur le vote des minorités et les revendications sociétales : en courtisant les suffrages des Noir·e·s et des Latinos, des femmes et des minorités sexuelles, la candidate démocrate aurait oublié les mesures sociales. A l’inverse, un candidat comme Bernie Sanders aurait pu l’emporter car il avançait de réelles propositions en direction des classes populaires. Cette thèse est malheureusement trop simple et déforme la réalité. S’il ne fait aucun doute qu’Hillary Clinton était une candidate de l’Amérique qui va bien, et s’est peu adressée aux classes populaires, en faire un héraut des revendications minoritaires est pour le moins osé tant elle a été attaquée à ce sujet par un mouvement comme Black Lives Matter par exemple. A l’inverse, Bernie Sanders, s’il a aussi fait l’objet de critiques sur ses positions en matière d’égalité raciale avait sur ce point des positions beaucoup plus progressistes qu’Hillary Clinton. Ce qui ne l’a pas empêché d’obtenir de bons résultats dans la rust belt et auprès de la classe ouvrière blanche. Bref, opposer revendications sociales et défense des droits minoritaires n’est pas une nécessité pour l’emporter comme le défend Lilla. Barack Obama, en dépit de toutes les déceptions qui ont suivi, avait également réussi à forger une telle majorité électorale. La construction de majorités politiques, et plus encore d’une hégémonie, n’est en outre pas une simple question d’arithmétique électorale mais de travail politique et organisationnel pour façonner des intérêts communs entre des groupes sociaux qui se fréquentent peu.

      Quand la gauche française s’est-t-elle réellement préoccupée des minorités ?

      Tout n’est pas à jeter dans le livre de Mark Lilla. Il souligne à raison l’immense fragmentation de la gauche américaine et les difficultés de créer des alliances. Le problème essentiel vient davantage de sa réception française autour d’un message simple : ne prenez pas le même chemin que nous ! Attention à la politique identitaire ! Seule une politique républicaine, de défense du bien commun et d’invisibilisation de la question minoritaire permettra à la gauche de gagner les élections. Or ce parallèle est pour le moins discutable.

      Tout d’abord, les mouvements minoritaires pèsent bien moins auprès de la gauche française que ce n’est le cas aux Etats-Unis. Si le Parti démocrate a dans l’histoire pu être contraint de prendre en compte certaines revendications minoritaires – le droit de vote pour les Noir·e·s par exemple, la non-discrimination, la fin de la ségrégation, etc. – on en est loin en France. La gauche française n’a aucun discours, aucune revendication en direction des minorités, et tout particulièrement des minorités ethno-raciales. L’enjeu des discriminations pourtant systémiques qui pèsent sur la société française n’est tout simplement pas discuté par la gauche partisane, qui n’a aucune proposition à faire sur la question. L’enjeu pour la gauche française n’est donc pas tant d’en faire moins pour les minorités que d’en dire un peu plus, si elle veut reconquérir un segment de l’électorat qu’elle a pour partie perdu et qui constitue une population largement abstentionniste. Où sont passés le droit de vote des étrangers et le récépissé d’identité pour freiner les contrôles au faciès par la police promis en 2012 par François Hollande dans un programme pour le moins frileux sur la question ? Si la gauche ne parvient plus non plus à parler aux classes populaires blanches, ce n’est pas tant parce qu’elle a trop choyé les minorités que parce qu’elle s’est concentrée sur les classes supérieures, et a délaissé ses horizons égalitaires en adoptant une théorie du ruissellement qui n’a pourtant jamais marché.

      Refaire de l’égalité le cœur de la matrice à gauche

      Une façon de répondre à la désertion des classes populaires est de suivre la voie tracée par Mark Lilla, Laurent Bouvet ou Manuel Valls. Abandonner un peu plus les minorités, droitiser son discours pour tenter de reconquérir les classes populaires passées à l’extrême droite. Bref, choisir les bons pauvres contre les mauvais. Une autre option, celle de Jean-Luc Mélenchon, consiste à formuler une offre politique reposant essentiellement sur la classe : les problèmes sont essentiellement économiques et sociaux, c’est uniquement par un discours classiste qu’on pourra réunifier les classes populaires, majoritaires et minoritaires. Le problème d’un tel discours est qu’il a peu de chances de séduire ces dernières, qui verraient une nouvelle fois certains de leurs intérêts et de leurs problèmes passer à la trappe. Car si les pauvres minorisés sont (majoritairement) pauvres c’est certes pour des raisons sociales, mais également parce qu’ils sont discriminés à l’embauche, dans l’accès à des logements de qualité, par la police ou dans l’orientation scolaire. Les inégalités sociales et raciales ne s’annulent pas, elles se cumulent. Prendre en compte ces enjeux-là n’implique en rien de formuler des propositions particularistes ou « identitaires ».

      La troisième voie, alternative aux deux précédentes, consiste à défendre un discours d’égalité, sociale, territoriale et ethno-raciale. C’est à cette condition qu’une unification des classes populaires peut être possible, pas en choisissant les pauvres à qui l’on veut parler. Plus encore, croire que la reconquête des classes populaires n’est qu’une question d’offre politique et programmatique – c’est-à-dire de discours – c’est oublier un peu vite que la politisation est surtout une affaire pratique. Sans un travail politique, organisationnel et militant pour construire des intérêts communs, quelle que soit la voie choisie elle ne rencontrera que ce qu’elle a produit jusqu’à présent : le désintérêt et la résignation.

      #Mark_Lilla


    • Si le dernier nœud Tor est un serveur en France (je sais pas si on peut forcer le pays) alors oui elle sera reconnue comme française (ou allemande). Moi je fais l’inverse pour accéder à certains trucs qui sont accessibles ailleurs mais interdits en France à cause des droits (Kaamelott par ex :p). C’est plus facile car comme par défaut ça te fait un chemin Tor par hasard, tu as plus de chance que ce soit « n’importe où sauf tel pays », que l’inverse.

    • Avec Tor je suis souvent sortie en Autriche ou en Allemagne mais depuis Singapour je me demande ce que ça peut donner. Si c’est pour sortir depuis le Cambodge ou l’Indonésie, ça fera une belle jambe (et pas moyen de mater des trucs sur Viméo). Est-ce qu’on change de lieu de sortie à chaque ouverture du logiciel ?

      Merci @unagi et @rastapopoulos !

    • Oui ça change à chaque fois que tu relances, c’est le fonctionnement par défaut, et quand tu veux changer tu n’as pas besoin de tout éteindre, il y a un menu pour relancer le chargement de la page actuelle avec un autre chemin.

      Mais ce que je me demandais au premier message, c’est s’il y avait un moyen de forcer le pays du nœud de sortie, où s’il n’y avait vraiment que le mode aléatoire…


  • Qui aurait vu des infos claires, récentes, critiques et synthétiques sur la loi Elan ?

    Le DAL écrit des communiqués, dont le dernier, le 17 octobre, est là :
    https://seenthis.net/messages/729976

    Il existe aussi quelques articles sur Bastamag.

    Dans le réseau Mutu, un article dans le Numéro Zéro
    (https://seenthis.net/messages/717223 )
    et deux dans IATAA :
    Loi Elan acte 1, le bâton
    https://iaata.info/Loi-Elan-acte-1-le-baton-2751.html
    Loi Elan acte 2, la carotte
    https://iaata.info/Loi-Elan-acte-2-la-carotte-2752.html

    #loi_elan #elan #logement #hlm #squat


  • France : la #loi_ELAN a été adoptée… En marche pour la précarité des locataires !
    https://fr.squat.net/2018/10/18/france-la-loi-elan-a-ete-adoptee-en-marche-pour-la-precarite-des-locataire

    COMMUNIQUÉ / Droit Au Logement Paris le 16 octobre 2018 La loi ELAN adoptée au Sénat : En Marche vers la précarisation des locataires, la marchandisation des HLM, le renchérissement des loyers et de l’immobilier… La loi ELAN a été adoptée au Sénat cet après-midi, après un accord entre les conservateurs et LREM (La République En […]

    #lois

    • France : la loi ELAN a été adoptée… En marche pour la précarité des locataires !
      octobre 18th, 2018

      COMMUNIQUÉ / Droit Au Logement
      Paris le 16 octobre 2018

      La loi ELAN adoptée au Sénat : En Marche vers la précarisation des locataires, la marchandisation des HLM, le renchérissement des loyers et de l’immobilier…

      La loi ELAN a été adoptée au Sénat cet après-midi, après un accord entre les conservateurs et LREM (La République En Marche).

      Entre autres mesures régressives au plan social, ELAN signe la précarisation des locataires du privé et des HLM :

      – Bail mobilité de 1 à 10 mois dans le privé appelé à remplacer dans les zones tendues et touristiques le bail commun renouvelable, afin d’alterner avec les locations touristiques (type Airbnb) plafonnées à 4 mois.

      – Bail HLM révisable tout les 3 ans, afin de vérifier les bonnes conditions d’occupation (exit l’hébergement de la famille ou d’amiEs en difficulté, …).

      Elle accélère l’expulsion des locataires les plus modestes qui sont dans l’incapacité de reprendre le paiement des loyers et seront dès lors exclus des dispositifs de prévention.

      Elle prévoit l’expulsion en un mois des habitants de quartiers informels en Guyane, sans jugement et sur décision du préfet, visant 20 ou 30 % des habitations en Guyane.

      Elle divise par 5 le nombre de logements neufs adaptés aux handicapés, réduit la qualité des logements construits, conforte les promoteurs, les spéculateurs et le BTP au détriment du logement social, des architectes ou de la qualité de la production…

      Droit Au Logement (DAL) se mobilisera contre cette loi qui ne contient aucune avancée pour les mal logés et les locataires, et constitue la loi logement la plus rétrograde au niveau social depuis 32 ans.

      DAL se réjouit néanmoins d’avoir empêché (sic) la criminalisation des squatters et d’avoir sauvegardé la trêve hivernale, grâce aux mobilisations unitaires du 1er et du 18 septembre, et à celles nombreuses du « collectif des 250 familles oubliées du logement » depuis le 4 juillet (blocus du ministère du Logement, campement à
      Champs-Élysées/Clemenceau, manif devant le logement de fonction de Benalla, …).

      UN TOIT C’EST UN DROIT !

      #DAL #logement


  • En Suisse, bataille autour de l’espionnage des bénéficiaires des aides sociales
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/10/11/en-suisse-bataille-autour-de-l-espionnage-des-beneficiaires-des-aides-social


    Surveiller les #pauvres, être complices des #riches : #démocratie nulle part !

    Pour prévenir la fraude aux prestations sociales, la Suisse veut se doter de tous les moyens. Le Parlement a voté une loi qui permet aux institutions de suivre secrètement les personnes soupçonnées de recevoir des aides de manière indue, d’enregistrer leurs conversations, voire de les filmer si elles se trouvent dans un lieu public ou sur leur balcon. L’employé de l’institution ou le détective privé en charge de cette mission pourra même utiliser des outils GPS, à condition d’obtenir une autorisation préalable.

    #guerre_aux_pauvres #rupture_d'égalité #sous-citoyens


  • Lacrymos
    Qu’est-ce qui fait pleurer les anarchistes ?
    https://ecosociete.org/livres/lacrymos
    Bouquin de 2010 écrit par #Francis_Dupuis-Déri

    Avez-vous déjà pleuré pour des raisons politiques ?

    Voilà la question qu’a lancé Francis Dupuis-Déri aux militants, tout au long de son travail de terrain pour analyser la pensée, l’organisation et l’action anarchiste. Il a alors reccueilli une série de témoignages, s’est livré lui aussi et a décidé de rassembler ces voix dans Lacrymos.

    Quelques individus masqués de foulards noirs courent, en criant des slogans altermondialistes et en brandissant des pierres, tandis que les policiers casqués avancent sur eux dans un rythme régulier, intraitable, une autorité rationnelle maîtrisant le chaos. La scène est si connue que les médias couvrant une manifestation la recherchent et la recréent sans aucun questionnement. Mais quel est le sens de ces confrontations ? Qui sont les humains cachés derrière les masques et les casques ? Qu’est-ce qui motive ces gens à prendre la parole, à s’exposer parfois à la répression brutale ? Qu’est-ce qui amène à l’engagement politique, sinon une émotion vive ?

    Après des années de travaux consacrés aux théories et aux pratiques militantes d’aujourd’hui, Francis Dupuis-Déri nous propose de toucher aux émotions des anarchistes, et plus particulièrement aux larmes. Pourquoi les anarchistes pleurent-ils ? Parce qu’une belle cause rassemble dans leur ville une foule bigarrée et inattendue, parce qu’une rencontre leur fait prendre conscience de leur propre violence. Parce qu’un ami a été tué.

    Ces témoignages variés font entendre des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des gens d’ici et d’Europe. Sensibles et idéalistes, ils sont guidés non seulement par des idées, mais par ces sentiments qui font déplacer des montagnes, mais qui ne trouvent pas toujours leur place dans le débat public.

    J’avais vu tant d’activistes verser des larmes dans les nuages de gaz lacrymogène, que les policiers lançaient sans retenue contre les contestataires du néolibéralisme et du capitalisme… Mais il y a aussi toutes ces larmes dont la source se cache dans l’expérience sensible, dans une vision du monde qui se heurte à un monde sans vision. C’est d’ailleurs souvent face à l’injustice que les larmes coulent des yeux des anarchistes. J’ai eu l’intuition que de questionner les militants sur leur rapport aux larmes permettrait d’ouvrir des fenêtres nouvelles sur l’expérience anarchiste d’aujourd’hui, d’ouvrir la voie à une réflexion intelligente et sensible dont me détournaient mes questions analytiques plus froides.
    On dira ainsi souvent que l’émotion nuit à la raison, la perturbe, la trouble ; à l’inverse, que la raison vient neutraliser les émotions. Quelques sociologues et politologues qui se sont penchés sur la place qu’occupent les émotions en politique sont arrivés à une toute autre conclusion : l’émotion et la raison vont de paire, participant ensemble à la construction de la pensée et de la volonté politiques.

    – Extrait

    Peut-être que ça pourrait intéresser @mona, sur la question de l’articulation entre émotions et activisme.


  • Le #développement_personnel est-il vraiment l’#arnaque du siècle ? (Jean-Laurent Cassely, Slate)
    http://www.slate.fr/story/166196/societe-happycratie-bonheur-developpement-personnel-pensee-positive

    Dans la période post-crise 2008, durant laquelle les #inégalités se creusent, les chances de #mobilité_sociale s’aménuisent, le fonctionnement du #marché_du_travail se durcit, l’appel à faire preuve d’#enthousiasme, de #positivité et d’#autonomie contribue à faire porter sur les individus la #responsabilité de tout ce qui dysfonctionne.

    Des phénomènes structurels lourds comme les variations du taux de #chômage ou la #dette des États peuvent passer au second plan ou même être occultés au profit de l’encouragement à devenir l’#entrepreneur de #soi-même, à rebondir et à faire de ses #échecs des #opportunités – autant de maximes qui forment un néo-bouddhisme absurde, une « #pornographie_émotionnelle » que les adeptes des fils d’actualité du réseau Linkedin ne connaissent malheureusement que trop bien.

    […]

    Le véritable débat concerne peut-être moins l’efficacité des techniques du mieux-être que la vision du monde qu’elles véhiculent. Sur le plan individuel, toutes celles et ceux qui ne parviennent pas à être riches, heureux, en bonne santé, épanouis et débordants d’énergie sont soupçonnés de ne pas avoir fait suffisamment d’#efforts –et donc quelque part de vouloir et de mériter leur sort. Ils cumulent leur #souffrance avec un sentiment de #culpabilité.


  • « On ne vit qu’une heure, une virée avec #Jacques_Brel »
    http://www.davduf.net/on-ne-vit-qu-une-heure-une-viree-avec-jacques

    ❝De Brel, on sait tout, ça ronronne au salon. Brel mérite mieux. Il mérite d’être bousculé comme lui-même défonçait la scène ; sinon, à quoi bon une nouvelle pièce à son Olympia ? Pour David Dufresne, Brel est tout à la fois un père de substitution, une icône, le chanteur qui braille et qui transpire, comédien de seconde zone, penseur hors-pair, et surtout l’âme-sœur qui aide à lever ses cent kilos, quand la vie se joue de drame en drame. Ses mots sont devenus devise pour la vie : « On fait ce qu’on peut mais (...)

    #Jacques_Brel #Brel #Livre #AutoPromo


  • Dépenses contraintes : le poids du logement
    http://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/logement-modevie/depenses-contraintes-le-poids-du-logement.html

    La part des dépenses contraintes dans le revenu des ménages est passée de 12 % dans les années 1960 à près de 30 % en 2017, selon l’Insee. Ces dépenses comprennent les frais de logement, les assurances et services financiers, les dépenses de télécommunications et télévision, ainsi que les frais de cantine scolaire 1. La hausse a surtout eu lieu par paliers, dans les années 1960, 1980 et à la fin des années 2000.

    Les niveaux de vie ont augmenté nettement en France jusqu’à la fin des années 2000. Le niveau de vie médian a été multiplié par deux depuis les années 1970, une fois l’inflation déduite. Une partie de cette hausse a été affectée à des postes que l’on ne peut guère modifier facilement. Cela ne veut pas dire qu’on ne vit pas mieux. Ces dépenses sont contraintes, mais elles financent l’accès à des biens et services qui améliorent le quotidien : les logements sont de meilleure qualité, on est mieux couvert par des assurances, on peut communiquer partout à tout moment (téléphone mobile), etc.

    Le problème des dépenses contraintes, c’est surtout que logement plombe le pouvoir d’achat. La part des assurances a augmenté dans les années 1970 et 1980 pour atteindre 6 % des revenus, puis elle est revenue à 3,5 %. Celle de la télévision et des télécoms s’est accrue jusque 3 % à la fin des années 2000, mais est retombée à 2,2 % en 2017 avec l’effet de la baisse des forfaits de téléphonie mobile. En revanche, les dépenses de logement n’ont quasiment jamais cessé de s’élever, de 10 à 23 %, du fait de la hausse des loyers mais aussi de l’électricité et du gaz ou de l’ensemble des autres charges. Cette progression correspond pour partie à une amélioration de l’habitat mais aussi à un enrichissement des bailleurs : à qualité équivalente, les loyers ont augmenté.


  • « On a suivi la formation pour être un mâle alpha ! ».
    https://www.explicite.info/articles/1034-on-a-suivi-la-formation-pour-être-un-mâle-alpha-
    (Pour info. Article complet, sans les photos, visible ci-dessous mais pas du tout bien édité. Je crois que la lecture est limitée à un article sur le site, avant inscription gratuite.)

    On a suivi la formation pour être un mâle alpha !
    Un ex-leader du FN se lance dans le coaching. Objectif de ce site masculiniste : transformer les « hommes fragiles » en mâles alpha. Explicite a suivi les cours en ligne.
    20 juin 2018 - par Matthieu Beigbeder

    Qu’est-ce qui est pire qu’un lundi au soleil ? Probablement un lundi au soleil à regarder Julien Rochedy disserter sur la masculinité.
    Hier, lundi donc, j’apprenais l’existence, à travers un énième clash twitteresque, du magazine « École Major », lancé début juin par l’ex-patron du Front National de la Jeunesse (FNJ), qui se définit aujourd’hui comme polémiste, écrivain ou encore influenceur, Julien Rochedy. Site Internet masculiniste, on peut y apprendre, entre autres, à « faire un voyage d’homme », « pourquoi il faut montrer ses intentions aux femmes », ainsi que quelques « conseils pour une alimentation saine et non fragile » pour, imagine-t-on, manger des salades comme un gros bonhomme.

    Julien Rochedy donnant une leçon de masculinité lors de sa « Session Alpha » (Capture écran Session Alpha)
    Surtout, « École Major » propose une formation, intitulée sobrement « Session Alpha ». Destinée à ceux qui en ont « marre de la société d’eunuques dans laquelle on vit », elle est censée « offrir toutes les bases culturelles et mentales qu’un homme doit connaître » pour la modique somme de 47€, tarif généreusement raboté de moitié pour le lancement. Me trouvant un peu mou en ce moment, j’ai donc décidé de participer à cette formation afin d’apprendre à être un homme, un vrai.
    La théorie masculiniste
    La Session Alpha se décompose en deux parties : théorique et pratique, composées d’une quinzaine de leçons vidéo (avec fichiers PDF inclus en guise de résumé), dont la durée s’étale de 8 à 25 minutes, soit approximativement quatre heures de pur bonheur en compagnie de Julien Rochedy. Une bonne soirée en perspective.
    La première chose qui frappe, c’est que les thèses de Rochedy ont cela de malin qu’elles cachent presque parfaitement (hormis quelques dérapages) le caractère misogyne, machiste et patriarcal des masculinistes. Les leçons théoriques s’articulent autour de plusieurs thèmes, à chaque fois enrobés de références à d’illustres penseurs et aux civilisations grecque et romaine : « savoir s’inspirer du passé », « comprendre la volonté de puissance », « les valeurs des forts contre les valeurs des faibles », « l’attitude virile du soi », etc.
    Rochedy truffe son argumentaire de comparaisons historiques, opposant les « anciens mondes » au nouveau, ce dernier étant jugé dégénérescent, en proie au déclin de l’homme.
    À chaque fois, l’argumentaire évolue dans un paradigme hétérosexuel, où hommes et femmes seraient attirés l’un par l’autre sans possibilité d’avoir de relations homosexuelles. En filigrane de toute leçon, c’est le moyen, pour l’homme, de séduire « la femme » et de la conserver. Et c’est plutôt bien fait. À chaque fois, Rochedy truffe son argumentaire de comparaisons historiques, opposant les « anciens mondes » au nouveau, ce dernier étant jugé dégénérescent, en proie au déclin de l’homme et des « valeurs masculines ». Les civilisations grecque et romaine y sont hissées au rang de modèles de virilité et de masculinité, car guerrières, cultivées et croyantes (mais certainement pas esclavagistes ni adeptes de l’homosexualité, faut pas déconner).

    Au long de sa démonstration, Rochedy dénonce pêle-mêle les « bobos des centres-villes » et le trop grand nombre de fonctionnaires (qui font souvent un travail de bureau assis sur une chaise, ce qui ne permet plus de les différencier des femmes, disserte-t-il). Affirmant qu’aujourd’hui, il n’y a plus d’"écoles" de formation (comme la famille, les Scouts, l’Eglise, l’armée, des écoles qui vous forment un gaillard à la vie, en somme), il nous incite à lire des biographies (« afin de vous imprégner de la vie des grands hommes ») et à trouver un modèle qui nous corresponde.
    Fidèle capitaliste libéral, Julien Rochedy prendra souvent, tout au long de ses leçons, la figure du chef d’entreprise comme exemple modèle. Tout en prévenant : « J’espère pour vous que vous n’allez pas les chercher dans les grandes stars des médias, parce que je vous assure que le monde des médias ne nécessite pas du tout les qualités viriles et masculines pour particulièrement réussir, et ce sont souvent des ‘semi-virs’, comme diraient les Romains ».
    « Les valeurs des esclaves ont totalement triomphé »
    Me sentant un peu insulté (« semi-vir toi-même oh »), j’enchaîne néanmoins sur les leçons suivantes en me sentant déjà un peu plus mâle. Les leçons théoriques qui s’en suivent sont un panier garni de namedropping en tout genre (Einstein, Schopenhauer, Michel Foucault, Nietzsche, Cicéron, Marc-Aurèle, Freud, Don Juan...), dont les citations sont supposées éclairer et justifier le raisonnement masculiniste.

    Julien Rochedy dissertant sur la pratique de la masculinité (©Capture d’écran Session Alpha)
    Julien Rochedy développe ainsi une argumentation basée sur le « struggle for life » de Charles Darwin afin de soutenir qu’"il n’y a que les plus forts qui parviennent à survivre". Ceci constituant « des vérités qui font mal aux oreilles », avant de dénoncer la « moraline » de certains (bobos de centre-ville, on imagine). Partant de ce constat, Rochedy dénonce l’inversion des repères de nos sociétés, où « les valeurs des esclaves (paix, amour, gentillesse, tolérance) ont totalement triomphé, c’est pour ça qu’en tant qu’homme on se sent mal à l’aise ».
    « Les valeurs féminines sont beaucoup plus vers la paix, la douceur et la non-violence »
    Mais au fait, c’est quoi un homme, et c’est quoi une femme ? Quelles sont les valeurs qui les distinguent ? Partie essentielle de son raisonnement, l’influenceur Rochedy définit les « valeurs » qui distinguent l’homme de la femme sans pratiquement aucune justification, hormis leur supposée prégnance dans les anciennes civilisations.
    Côté valeurs féminines, on est donc dans « l’acceptation de l’autre », tandis que chez les valeurs masculines, on est dans la « pénétration de l’autre ». Subtil. Selon Rochedy, la guerre et la violence sont des valeurs masculines, « tandis que les valeurs féminines sont beaucoup plus vers la paix, la douceur et la non-violence » (faudrait qu’on lui présente Cléopâtre ou Athéna, déesse grecque de la guerre, ou peut-être les Amazones ou les combattantes kurdes). Pêle-mêle ensuite, la tolérance et le dialogue c’est pour les meufs, tandis que l’autorité (« qui a fait beaucoup plus avancer les individus et les communautés que le dialogue ») c’est pour les mecs qui en ont dans l’caleçon.
    « Aujourd’hui, on est à 99% dans les valeurs féminines, conclut Julien Statistiques. C’est très mauvais, ça conduit les individus à la déprime, à la névrose et à l’incapacité de réussir. Ça conduit nos communautés à la destruction. Il faut retourner aux valeurs masculines ».

    S’en suivent deux dernières leçons sur la spiritualité. L’homme, le vrai, est vivement incité à se doter d’une spiritualité, l’athéisme y est très critiqué : « Ces individus sont amenés à être dépressifs et à mourir par nature. C’est une logique absolument certaine ». Pour finir sur l’amitié homme-femme : « Pour qu’une amitié entre un homme et une femme soit possible, il faut qu’il y ait une égalité parfaite, 50-50 entre ce qui chez cette femme vous dégoûte et ce qui chez cette femme vous plaît ».
    Pratiques masculines et anecdotes personnelles
    Me voilà un peu plus instruit sur ma condition de mâle alpha. Effaçant les numéros de toutes mes amies de sexe féminin, je profite d’être au bord de l’apoplexie cérébrale pour me concocter un bon gros plat de pâtes de bonhomme, avec du gros jambon qui sent encore le foin comme les vrais cochons alphas, et du gruyère bien sale qui sent sous les bras et qu’est certainement pas homo lui.
    Il est temps de passer à la pratique. Enfin, quand je dis « pratique », il s’agit plus d’une nouvelle partie théorique appuyée de plusieurs anecdotes personnelles afin d’énoncer des conseils présentés comme naturels. On apprend ainsi à « avoir de l’audace », « développer son courage » et « son charisme », évidemment « travailler son corps » (« Un patron tyrannique manquera beaucoup moins de respect à un type subordonné musclé qu’à un type subordonné pas musclé. C’est une expérience sociologique que vous pouvez faire »). Il faut également apprendre à développer un réseau, qui n’est que le reflet actuel du « clan » ancestral, nécessaire à l’épanouissement de chaque grand homme : « L’homme individualiste pur se retrouve complètement baisé, explique l’écrivain Rochedy, lorsqu’il affronte d’autres communautés qui elles restent organisées sur des points de vue ethniques, religieux ou idéologiques ».

    Valeur primordiale, l’homme alpha doit à tout prix apprendre à « se faire respecter ». L’ex-cadre frontiste raconte qu’on « a tous déjà vu » des hommes se faisant agresser dans la rue, « souvent des Français qui n’ont pas cette culture (masculiniste) », frappés par « d’autres communautés », des gens « élevés dans des notions purement masculines, même si pour le coup elles peuvent être brutales et barbares », et qui « n’estiment pas que l’on doit le respect à quelqu’un au prétexte qu’il est quelqu’un ». Parfois, les thèses du FN ne sont pas loin.
    Une pensée rétrograde
    En résumé, la formation de Julien Rochedy peut prêter à sourire. Elle ressemble, quoiqu’en (légèrement, très légèrement) plus long, aux vidéos de coaching où un soi-disant formateur vous explique les trois techniques à appliquer pour aborder et emballer à coup sûr une femme dans la rue.
    Mais sous couvert de références philosophiques permanentes, de comparaisons historiques bancales, d’anecdotes à la gloire des anciens mondes grec et romain, à la France d’avant où l’homme avait toute sa place et où la femme fermait sa gueule, à l’appui de thèses sociologiques au ras du plancher (« on a tous déjà vu… », « j’ai des amis qui… »), l’idéologie de Rochedy sent le soufre, la détresse d’un « mâle » élevé au rang de symbole, désorienté qui, faute d’arriver à se positionner dans le monde actuel, construit autour de lui un univers qui se veut « impertinent », « conservateur » et « anti-bobo », occultant son caractère profondément machiste et patriarcal.
    Le seul « oubli » volontaire, la seule différence entre l’ancien monde et le nouveau que Rochedy appréhende tant, c’est qu’aujourd’hui les femmes ont l’opportunité de parler, et surtout d’être entendues. Ce qui, visiblement, déplaît à certains.


  • Avec l’espoir que je vais enfin rencontrer un être humain,
    6 mois d’attente pour ce rdv,
    c’est la 4em gynéco que je vais voir,
    je veux seulement discuter avant de choisir qui me suivra après le machin.
    Ça lui parait saugrenu on dirait.
    Bon, ce sera pas celle-là en tout cas, 40 minutes en salle d’attente, 10 minutes à parler, elle prélève quand même les 30€ à la CMU, pas de petit profit n’est-ce pas.
    Mais surtout, cette phrase qui m’exaspère
    « Estimez vous heureuse, il y en a d’autres qui y laisse leur sein. »
    J’ai juste répondu que je ne faisais pas de compétition, que chacun avait son ressenti et que mon parcours avait été une grande souffrance car sans aide ni suivi correct.

    Elle a bien rempli toutes les cases de son dossier informatique voire plus, une deuxième fois après sa secrétaire qui me demande même si j’ai allaité, aaah le fichage médical … ça doit être pour lactalis surement. A peine dans la rue, je me rends compte qu’elle ne m’a pas donné l’ordonnance du tamoxifène, pas le courage de me retaper l’attente.

    #cancer_du_sein
    #gynécologie
    #maltraitance_médicale
    #keep_cool