• Maintenant il va falloir le dire, par Frédéric Lordon (Les blogs du Diplo, 30 novembre 2021)

    Que Stéphane Foucart écrive pareilles malséances dans Le Monde, par excellence le journal de la confiance capitaliste (puisqu’en plus du reste, le-capitalisme-c’est-la-démocratie), est en soi un petit événement

    https://blog.mondediplo.net/maintenant-il-va-falloir-le-dire

    On n’en sortira qu’avec une idée claire des causes, et même ici : de la cause, celle à laquelle tout le mouvement de pensée de Stéphane Foucart devrait conduire, et qu’il ne parvient pourtant pas à atteindre, une idée du reste parfaitement disponible et cependant intouchable, à proportion de ce que tout ce qui fait profession d’alimenter le débat public en « idées » la rend inaccessible, étant le plus souvent incapable de la penser lui-même. L’idée, c’est le capitalocène — et non l’anthropocène —, c’est que l’écocide est capitaliste, qu’il n’y aura pas de solution capitaliste à l’écocide capitaliste, par conséquent que la seule réaction de défense à monter doit être dirigée contre le capitalisme.

    #Lordon

  • Israël ou le harcèlement d’État
    30 nov. 2021 - Salah Hamouri
    https://blogs.mediapart.fr/salah-hamouri/blog/301121/israel-ou-le-harcelement-d-etat

    J’avais 16 ans lorsque les autorités israéliennes m’ont emprisonné pour la première fois. Ce n’était que le début d’un long chemin tracé par une occupation militaire qui, en me condamnant sans preuves, a jeté l’opprobre sur moi. Du mur d’apartheid jusqu’aux logiciels espion en passant par la criminalisation des ONG, Israël exporte son modèle autoritaire testé sur nous. Cette impunité doit cesser.

  • Riad Salamé : la chute du banquier du #Liban
    https://www.parismatch.com/Actu/International/Riad-Salame-la-chute-du-banquier-du-Liban-1772665

    « … rongés par la culpabilité d’avoir aveuglément profité du système » au lieu de « par la rage d’avoir perdu leur argent » ; les gens de Paris Match savent se montrer #farceurs.

    Un consortium de journalistes l’accusait de détournements de fonds et des Libanais décidèrent de saisir la justice, furieusement déterminés après l’explosion tragique du port de Beyrouth. Ils sont une vingtaine, souvent issus de la diaspora, des initiés, juristes, financiers, diplômés de Polytechnique, de HEC… tous rongés par la culpabilité d’avoir aveuglément profité du système puis perdu eux aussi.

    #voleurs

    • Oui, mais en même temps que je trouve que la formule alambiquée de Match suggère encore plus qu’on a affaire à des gens qui vivaient en France et planquaient une bonne partie de de leurs revenus au Liban, en profitant du secret bancaire pour ne pas payer leurs impôts en France. Sinon je ne vois pas le sens de « culpabilité » ici.

      On comprend du coup de manière assez transparente qu’il s’agit d’« initiés, juristes, financiers, diplômés de Polytechnique, de HEC » installés en France qui ont placé leur fric dans un paradis fiscal notoirement corrompu, et que maintenant il y a comme un hic.

      Ce qui serait rigolo, c’est qu’ils se prennent un contrôle fiscal ici, histoire de tester leur sens de la « culpabilité ». (Ah mais tiens : « Ils veulent rester anonymes, se vivent comme un “commando de résistants”. »)

      (Alors peut-être qu’ils ont « investi » leur fric au Liban après voir dûment payé leurs impôts en France. Ah ah ah.)

    • Sinon le charme orientaliste de l’écriture façon Match :

      Le grand Jacques appréciait ce petit Oriental cultivé, toujours bien mis, gominé, cigare au bec, qui lui avait été présenté par son ami Rafic Hariri.

  • Le retour de la Syrie à Interpol, un signal inquiétant pour les anti-Assad
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/11/26/le-retour-de-la-syrie-a-interpol-un-signal-inquietant-pour-les-anti-assad_61

    Etrange, le jour même de la nomination d’un très discutable officiel des Emirats à la tête d’Interpol, la Syrie réintègre cette organisation. C’est à croire qu’il y aurait eu un marchandage !...

    La montée en puissance de la Chine et des Emirats arabes unis au sein d’Interpol coïncide avec la réintégration dans les rouages de l’organisation d’un pays dont le bilan en matière de droits de l’homme est encore plus accablant : la Syrie. Depuis le mois d’octobre, Damas peut de nouveau accéder au système d’échange d’informations d’Interpol, qui permet aux Etats membres de s’envoyer des messages directement entre eux.

    L’élection du général de police émirati Ahmed Naser Al-Raisi, jeudi 25 novembre, à la présidence de l’Organisation internationale de police criminelle, plus connue sous le nom d’Interpol, est le meilleur symbole du fait que l’« ère des autoritaires » est loin d’être terminée.

    #syrie #interpol #émirats

  • Des Syriens brûlent des manuels turcs avec des illustrations du prophète de l’islam - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1282720/des-syriens-brulent-des-manuels-turcs-avec-des-illustrations-du-proph

    #syrie #révolution

    Un manuel religieux du ministère turc de l’Education distribué jeudi dans le nord de la Syrie a suscité la colère de la population locale à cause d’illustrations représentant le prophète Mahomet contenues dans ses pages, poussant certains à brûler les livres.

    Bien qu’elles ne soient pas spécifiquement interdites dans le Coran, de nombreux musulmans désapprouvent les représentations visuelles du prophète Mahomet considérées comme une forme de blasphème.

    Dans le manuel religieux, conçu spécifiquement pour les enfants vivant dans les régions syriennes sous contrôle turc, une image montre notamment un homme barbu, vêtu d’un pull rose et d’un pantalon bordeaux, s’agenouillant pour accueillir sa fille alors qu’elle descend d’un autobus scolaire. « Le prophète reçoit sa fille Fatima », peut-on lire sur la même page, bien que la phrase ne soit pas explicitement associée à l’image.

    Dans la ville de Jarablos près de la frontière turque, les habitants ont brûlé toutes les copies du manuel qu’ils ont pu trouver, selon des images publiées sur les réseaux sociaux et des témoignages d’habitants à l’AFP.

    « Nous avons été surpris ce matin de trouver ces manuels (...) qui contiennent des représentations visuelles du prophète » et « nous avons brûlé tous les livres », a dit Moustapha Abdulhaq, résident de Jarablos.

  • DeclassifiedUK : La mission secrète des SAS pour s’emparer de l’artère pétrolière du Moyen-Orient
    https://www.les-crises.fr/declassifieduk-la-mission-secrete-des-sas-pour-s-emparer-de-l-artere-petr

    Des dossiers britanniques consultés par DeclassifiedUK révèlent des détails choquants sur la torture lors d’un épisode pratiquement inconnu de l’histoire militaire britannique, lorsqu’en 1970 les forces spéciales ont envahi et annexé la plus importante route d’approvisionnement en pétrole du golfe Persique. Source : Declassified UK, Phil MillerTraduit par les lecteurs du site Les-Crises Il y […]

  • Des soldates auraient été « prostituées », admet le chef de la prison de Gilboa Par Times of Israel Staff 24 novembre 2021
    https://fr.timesofisrael.com/le-chef-de-la-prison-gilboa-semble-admettre-que-des-soldates-aurai

    Des geôlières ont raconté avoir été mises en contact avec des détenus afin d’être reluquées ou agressées en échange de concessions ; l’enquête a été classée et les plaintes enterrées.


    Le commandant de la prison de Gilboa, Freddy Ben Shitrit, arrive pour son témoignage devant le comité d’inspection du gouvernement pour enquêter sur l’évasion des prisonniers de sécurité de la prison de Gilboa, à Modiin, le 24 novembre 2021. (Crédit : Flash90)

    Le commandant de la prison de Gilboa, Freddy Ben Shitrit, a semblé confirmer mercredi des informations rendues publiques en 2018 qui avaient laissé entendre que des soldates qui effectuaient leur service militaire en tant que gardiennes dans la milieu carcéral avaient été « prostituées » et contraintes à avoir des relations sexuelles avec des terroristes palestiniens.

    Plusieurs anciennes gardiennes de la prison ont déclaré avoir été utilisées comme monnaie d’échange avec les détenus et délibérément mises en danger par leurs supérieurs afin d’obtenir des concessions de la part des prisonniers.

    M. Ben Shitrit a déclaré que la prison « faisait du proxénétisme avec les soldates » et « qu’elle remettait des femmes soldats à des terroristes à des fins sexuelles », faisant apparemment référence à une pratique présumée consistant à placer les femmes soldats en contact étroit avec les prisonniers comme des objets sexuels à reluquer, voire à agresser.

    « L’incident de proxénétisme a été un incident massif », a-t-il déclaré.

    Ce drame aurait eu lieu avant l’arrivée de Ben Shitrit à la tête de la prison.

    Ces accusations avaient été rapportées pour la première fois en 2018 par la Vingtième chaîne et fermement démenties par le service pénitentiaire. Une première enquête a été classée en raison d’un manque de preuves, ont rapporté les médias israéliens mercredi soir.

    Ben Shitrit a tenu ces propos alors qu’il témoignait devant un panel du gouvernement concernant les défaillances qui ont permis l’évasion de terroristes palestiniens, au mois de septembre. L’évasion a révélé des défaillances généralisées dans la prison, essentiellement liées à la pénurie de ressources humaines et matérielles.

    L’une des soldates qui a déclaré avoir été agressée sexuellement lors de l’incident a réclamé mercredi la réouverture de l’enquête.

    La soldate, dont le nom n’a pas été révélé, a déclaré à Walla qu’elle et d’autres gardiennes avaient été agressées sexuellement par un terroriste palestinien nommé Muhammad Atallah. Les gardiens ont affirmé que la direction de la prison était au courant de ces abus et les a couverts jusqu’à ce que des reportages médiatiques sur l’affaire les révèlent en juin 2018.


    Un gardien de prison dans une tour de surveillance à la prison de Gilboa, dans le nord d’Israël, le 6 septembre 2021. (Crédit : Flash90)

    Selon ces informations, un agent de renseignement de la prison aurait placé des gardiennes dans le quartier de sécurité de l’établissement à la demande du terroriste.

    La Douzième chaîne a déclaré que trois soldates étaient impliquées dans cette affaire.

    La soldate qui a témoigné a déclaré qu’elle avait reçu l’ordre d’accompagner Atallah dans l’établissement, ce qui lui donnait l’occasion de l’agresser, notamment en lui tripotant les fesses, tandis que ses supérieurs fermaient les yeux.

    En échange, Atallah, une figure puissante parmi les autres prisonniers, assurait la tranquillité de l’établissement pour le personnel de la prison, selon la Douzième chaîne.

    « Ils m’ont envoyée faire des missions que je n’étais pas censée faire pour être un objet sexuel afin d’obtenir des renseignements », a déclaré l’une des victimes présumées à la Douzième chaîne. « L’un des prisonniers de la sécurité a agi comme il le voulait envers moi. Insultes, offenses sexuelles, agressions verbales. Chaque fois que je venais prendre mon service, j’étais déprimée. »

    Elle a dit qu’elle était utilisée « comme un objet, comme une jolie fille, comme une tentatrice. Pour être juste un objet sexuel pour obtenir des informations d’eux ».

    « Mes commandants ne se souciaient pas de ce que je ressentais ou de ce que je vivais », a-t-elle déclaré.


    Une gardienne de prison avoir été utilisée par ses supérieurs comme monnaie d’échange avec les détenus. (Capture d’écran/Douzième chaîne)

    L’officier a reconnu avoir mis des gardiennes avec le prisonnier après que celui-ci a réclamé leur présence spécifique, a rapporté Walla.

    L’officier a été suspendu, mais a depuis réintégré l’administration pénitentiaire.

    L’ancienne soldate qui a demandé une enquête a déclaré : « J’attends du ministère public et de la police qu’ils rouvrent le dossier d’enquête. Ils doivent déposer un acte d’accusation contre l’officier de renseignement qui nous a livrées à des terroristes et contre tous ceux qui étaient au courant et se sont tus, et il y avait beaucoup de gens comme ça dans la prison. Nous nous sommes plaints que le prisonnier nous agressait sexuellement et on nous a dit de ne pas faire de commentaires. »

    L’avocate de la soldate, Galit Smilovitch, a déclaré que les commentaires de Ben Shitrit mercredi confortaient les accusations de sa cliente.

    « Il s’agit essentiellement d’un aveu indiquant que tout était planifié », a-t-elle déclaré. « Le ministère public doit s’occuper du problème à sa racine et ordonner la réouverture du dossier et le dépôt d’actes d’accusation contre toutes les personnes impliquées. »

    L’administration pénitentiaire a déclaré mercredi que les allégations ravivées étaient une tentative de détourner l’attention du témoignage de Ben Shitrit sur la mauvaise gestion de la prison.

    L’affaire a été « instruite sous la direction d’un précédent commissaire et classée par le bureau du procureur de l’État », a déclaré l’administration pénitentiaire dans un communiqué.

    « Si Ben Shitrit a entre les mains de nouvelles informations qui justifient la réouverture de l’enquête, il doit immédiatement les transmettre aux autorités chargées de l’application de la loi. »

    La ministre des Transports, Merav Michaeli, a qualifié les propos de Ben Shitrit de « choquants » et a déclaré que le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, avait formé une commission chargée d’enquêter sur cette affaire.

    « Je suis sûre que tous les manquements et toutes les atrocités qui se sont produits dans la prison ces dernières années seront découverts et rectifiés », a-t-elle déclaré.

    #femmes #israël #Palestine #prison #prisons #soldates #proxénétisme  #prostitution #culture_du_viol #sexisme #exploitation #patriarcat #violence
     #femmes_soldats #objets_sexuels #atrocités

  • #Palestine Lives in My Heart Forever’: Greek Contestant Withdraws from Miss Universe Pageant in Israel - Palestine Chronicle
    https://www.palestinechronicle.com/palestine-lives-in-my-heart-forever-greek-contestant-withdraws-f

    In a separate post, Plastira expressed her admiration for the Palestinian people, writing: “I may not live in Palestine but Palestine lives in my heart forever”.

    Earlier this month, the South African government announced in a statement that it has withdrawn its support for the Miss South Africa Pageant, following calls from various South African organizations to boycott the event and show solidarity with the Palestinian people.

    #BDS

  • ANA MAGHRIBI.A – أنا مغربي.ة
    https://concoursanamaghribi.org

    Surprise ! l’Institut français du Maroc, opérateur du ministère chargé des Affaires étrangères et du ministère chargé de la Culture pour l’action culturelle extérieure de la France, est un fervent partisan de l’écriture inclusive en arabe, avec une variante du point médian…
    (y compris en translittération française)

  • Migrants : #Decathlon retire les #kayaks de la vente à #Calais et #Grande-Synthe pour éviter les traversées de la #Manche

    Des kayaks pouvant être utilisés par des migrants pour traverser la Manche ont été retirés de la vente dans les magasins Decathlon de Calais et Grande-Synthe, a indiqué l’enseigne mardi. Une décision prise « en réaction avec le contexte actuel », déclare le service presse, notant que ces articles « peuvent servir d’#embarcations pour traverser la Manche ».

    Éviter de nouveaux drames. Des kayaks pouvant être utilisés par des migrants pour traverser la Manche ont été retirés de la vente dans les magasins Decathlon de Calais et Grande-Synthe, a indiqué l’enseigne mardi, confirmant une information de la Voix du Nord. « L’achat de ces kayaks ne sera plus possible » dans les magasins de Calais (Pas-de-Calais) et Grande-Synthe, près de Dunkerque (Nord), « en réaction avec le contexte actuel », a déclaré le service de presse de Decathlon. Ces articles sont « détournés de leur usage sportif » et « peuvent servir d’embarcations pour traverser la Manche » selon l’entreprise, qui indique que « ce n’est pas la conception qui est donnée à ces produits, ni leur utilité première ».

    Toujours disponibles à la vente en ligne

    L’enseigne spécialisée dans les articles de sports justifie ce retrait par un usage qui « pourrait mettre en danger la vie des gens qui les utilisent dans le cadre d’une traversée. » Elle indique que la décision a été prise « au magasin » et « validée par l’entreprise ». Elle ajoute que ces kayaks restent disponibles à la vente en ligne et dans les autres magasins, et précise que « les produits qui permettent d’améliorer la sécurité en mer comme les gilets, les rames ou la protection thermique seront, eux, toujours disponible à la vente » à Calais et Grande-Synthe.

    Vendredi, trois migrants avaient été portés disparus après avoir tenté de traverser la Manche sur des kayaks pour gagner l’Angleterre, dans un contexte de nouveau record des traversées de la Manche à bord de petites embarcations. Deux kayaks avaient été trouvés à la dérive au large de Calais jeudi, et deux naufragés secourus par la gendarmerie.

    https://www.europe1.fr/sante/migrants-decathlon-retire-ses-kayaks-de-la-vente-a-calais-et-grande-synthe-4

    #retrait #vente #migrations #asile #réfugiés

  • Relancer le #nucléaire ne coûte pas moins cher que d’en sortir | Alternatives Economiques 10 Novembre 2021
    https://www.alternatives-economiques.fr/relancer-nucleaire-ne-coute-cher-den-sortir/00101081

    « Si nous voulons payer notre énergie à des tarifs raisonnables et ne pas dépendre de l’étranger, il nous faut tout à la fois continuer d’économiser l’énergie et d’investir dans la production d’énergie décarbonée sur notre sol », a déclaré Emmanuel Macron dans son « adresse aux Français » mardi soir. C’est indiscutable. Très contestable en revanche est la conclusion qu’il en tire, habillée des apparences du raisonnement logique : « C’est pourquoi nous allons relancer la construction de réacteurs nucléaires. »

    Construire de nouveaux réacteurs et, pour commencer, lancer un programme de mise en chantier de six EPR 2 durant cette décennie, est-ce indispensable pour garantir l’approvisionnement électrique de la France ? A chaque seconde de chaque heure de chaque journée de chaque année, y compris par une nuit d’hiver glaciale et sans vent ? Sur un plan technique et industriel, la réponse est tout simplement non.

    C’est ce qu’a démontré l’étude publiée en janvier dernier par RTE, le gestionnaire du réseau public de transport de l’électricité en France et l’AIE (l’Agence internationale de l’énergie). D’autres analyses tout aussi solides parviennent à la même conclusion : celles de l’Ademe, l’une déjà parue en 2015 et l’autre à paraître mi-novembre, celles, depuis 2010, de l’association négaWatt, dont l’actualisation a été publiée fin octobre et, enfin, celle d’une équipe de chercheurs du Cired fin 2020. Les mésaventures d’Homer Simpson, dont l’éolienne ne fournit pas de courant quand il en a besoin, font bien rire, mais ce n’est pas comme ça qu’un système électrique 100 % renouvelable fonctionne dans la réalité. En revanche, le mettre en oeuvre n’en sera pas moins un défi.

    Qu’en est-il sur un plan économique ? Rester dans le nucléaire coûte-t-il moins cher que d’en sortir ? C’est une conclusion qu’il est possible de tirer hâtivement de l’analyse économique produite par RTE fin octobre à la suite de son étude technique de janvier. Six scénarios ont été étudiés de façon approfondie. Trois avec relance du nucléaire plus ou moins importante et prolongement poussé des réacteurs du parc historique (les scénarios « N », qui nécessitent également un développement très important des énergies renouvelables). Et trois autres (les scénarios « M ») avec sortie plus ou moins rapide du nucléaire et une accélération très poussée du déploiement des capacités renouvelables (quadruplement de la puissance installée des éoliennes terrestres1, par exemple).

    Le nucléaire (un peu) moins cher

    Il ressort de cette analyse que le scénario le plus nucléarisé (dit « N03 », avec quatorze nouveaux EPR en service en 2050, quelques petits réacteurs modulaires dits SMR et un prolongement du parc historique souvent au-delà de 60 ans) est économiquement moins coûteux pour la collectivité qu’un scénario de sortie du nucléaire, lequel impose beaucoup de moyens de stockage de l’électricité pour gérer la forte pénétration des sources renouvelables.

    Si l’éolien et le solaire présentent des coûts imbattables par rapport au nucléaire neuf, ils ont l’inconvénient de ne pas être pilotables et il faut mettre en face des capacités qui coûtent cher (gaz vert produit à partir d’hydrogène en particulier) pour gérer leur variabilité et faire coller la production à la demande d’électricité.

    Ainsi, le scénario où le nucléaire est poussé au maximum imaginable des capacités industrielles (N03) représente pour les Français, à l’horizon 2060, une facture d’électricité de 58 milliards d’euros par an hors taxes, tandis qu’un scénario de sortie rapide du nucléaire, en trente ans (scénario M0), représenterait un coût annuel de 77 milliards d’euros. Soit environ 20 milliards d’euros d’écart, pas loin d’un point de PIB. Une différence finalement très contenue (cela ne fait jamais que 84 centimes par jour et par Français), mais qui donne des arguments aux partisans de la construction de nouveaux réacteurs.

    Car, quoi que l’on fasse, il va falloir disposer, à partir de 2035, de capacités nouvelles de production bas carbone pour remplacer progressivement l’actuel parc dont les 56 réacteurs arrivent en fin de vie, et pour accroître la production électrique, la neutralité carbone imposant une électrification très importante des usages. Surtout dans la perspective souhaitable où l’on chercherait à relocaliser des activités industrielles, puisqu’aujourd’hui, la France externalise ses émissions de CO2 en faisant produire en Asie une grosse partie de sa consommation de biens manufacturés ou de produits intermédiaires très émissifs comme l’acier et le ciment.

    Des hypothèses incertaines

    Les coûts indiqués par l’étude RTE ne peuvent toutefois être utilisés sans une claire compréhension des hypothèses qui les sous-tendent, et de toutes les incertitudes qui les entourent.

    Une première hypothèse structurante est le niveau de la demande projetée en 2050, date à laquelle doit être atteinte la neutralité carbone. Dans l’étude publiée en octobre, RTE ne présente hélas ses analyses de coûts que pour son hypothèse centrale de demande, celle d’un accroissement de 35 % de la consommation d’électricité par rapport au niveau actuel. Un sous-jacent est que les habitudes des Français restent inchangées, leur usage de la voiture individuelle notamment. RTE a étudié des scénarios de demande alternatifs, notamment celui dit de sobriété, mais n’en a pas encore détaillé les coûts, qui seront publiés ultérieurement.

    Toutefois, en première analyse, indique RTE, l’écart entre les scénarios avec et sans sobriété, toutes choses égales par ailleurs, est de l’ordre de 10 milliards d’euros en 2050. Cette sobriété, un terme qui suscite passions et crispations, n’est imaginée dans aucun scénario de décarbonation comme un mode de vie « amish ». Sous ce terme, RTE met des changements sociétaux qui n’ont rien de délirant. En particulier, le nombre de voitures en circulation serait ramené à son niveau de 1990 et la température de chauffage des logements, devenus bien isolés, serait diminuée de 1 °C. « Ce n’est ni un scénario du Moyen-Âge, ni un scénario dans lequel les trains s’arrêtent lorsque la production d’éolienne est faible. C’est un scénario dans lequel le pacte de société est différent », insiste Thomas Veyrenc, directeur de la stratégie et de la prospective à RTE.

    Un autre paramètre très important est le temps. Si la France ne parvient à ne mettre que huit EPR en service en 2050 (scénario N1) et non quatorze, la facture annuelle du système électrique grimpe à 66 milliards d’euros au lieu de 58 milliards (scénario N03). Car il faudra en contrepartie accroître les renouvelables (qui atteindront alors 74 % du mix électrique au lieu de 50 % dans N03) et donc les moyens de flexibilité2.

    Ce scénario N1 apparaît comme le plus réaliste au regard des retards déjà pris dans le programme « nouveau nucléaire » et des contraintes industrielles. L’EPR 2 n’en est qu’au stade du « basic design » et les études détaillées, qui représentent une vingtaine de millions d’heures d’ingénierie, ne pourront pas être finalisées par EDF avant 2025. Ce n’est qu’au vu de ces études de sûreté que l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) pourra donner son feu vert, vers 2027 au mieux, au premier chantier. Ou pas. Car rien n’est pour le moment acquis.

    Du côté des trajectoires sans construction de nouveau nucléaire, RTE scénarise une hypothèse de fermetures plus lentes des réacteurs (une sortie vers 2060) et où la pénétration des technologies les plus compétitives est optimisée (parcs éoliens terrestres et offshore, notamment). Coût de ce scénario (dit M23) : 71 milliards d’euros par an.

    Si on compare les scénarios M23 et N1, la différence entre les deux options tombe à 5 milliards d’euros. Soit 0,2 % du PIB ou 20 centimes par Français et par jour. Voire encore moins si l’on ajoute de la sobriété dans l’option sans nucléaire. Bref, on est dans l’épaisseur du trait. Et il ne faut pas perdre de vue que dans un scénario de neutralité carbone, la facture énergétique des Français (30 milliards d’euros par an d’importations dans les bonnes années) disparaît.

    Ce n’est pas tout. Les études de RTE reposent sur un coût moyen pondéré du capital uniforme pour toutes les technologies décarbonées, alors qu’aujourd’hui, les coûts de financement du nucléaire – un investissement très risqué comme l’illustre les désastres des chantiers de l’EPR de Flamanville et celui d’Olkiluoto en Finlande – sont beaucoup plus élevés que pour les renouvelables. Ce n’est pas un hasard si, en 2020, 256 GW de capacités renouvelables (solaires et éoliennes essentiellement) ont été ajoutées dans le monde, contre 0,4 GW de capacités nucléaires. Les investisseurs n’aiment pas le risque et veulent être sûrs que leur argent rapporte.

    Ce choix de RTE d’un coût de capital uniforme (4 % en l’occurrence) est logique : il exprime l’idée que l’Etat va garantir la rentabilité de l’investissement dans le nucléaire au même titre qu’il le fait déjà pour les renouvelables, puisqu’il s’agit d’une énergie décarbonée. D’où l’énorme enjeu de la discussion européenne sur la « taxonomie verte ». Si, comme le souhaite la France, le nucléaire peut être admis dans la catégorie des investissements bons pour la transition écologique, alors ce soutien public sera légitime et ne pourra pas être attaqué pour distorsion de concurrence. Cette bataille est loin d’être gagnée et Emmanuel Macron devrait profiter de la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, que la France prendra à partir du 1er janvier, pour faire avancer ses pions.

    Mais, dans l’hypothèse, tout à fait vraisemblable, où le nucléaire ne parviendrait pas à se financer au même coût que les renouvelables, alors l’équation économique change du tout au tout. Avec un coût de 4 % du capital pour les renouvelables et de 7 % pour le nucléaire, les scénarios médians de RTE avec nouveau nucléaire et sans nouveau nucléaire (N1 et M23) font jeu parfaitement égal (71 milliards d’euros par an).

    CQFD : un scénario électrique 100 % renouvelable n’est pas nécessairement plus cher qu’un scénario avec construction de nouveaux réacteurs. Et, quoi qu’il en soit, les écarts de coûts sont très limités d’un scénario à l’autre.

    L’analyse de RTE ne démontre pas que rester dans le nucléaire est moins cher que d’en sortir. Elle démontre que l’argument économique est un critère de décision très insuffisant pour engager la France pour de longues décennies dans un choix lourd de risques, qu’il s’agisse de l’accident majeur ou de l’insoluble problème de gestion des déchets.

    Un choix aussi grave mérite un débat public et non une décision autocratique annoncée en deux phrases et 42 secondes dans un discours à la nation brassant pêle-mêle vaccination Covid, durcissement des conditions d’indemnisation des chômeurs et annonce de nouvelles mesures sécuritaires.

    Compter sans conter
    Les écologistes brandissent souvent les coûts imbattables du solaire et de l’éolien au nez de leurs adversaires pronucléaires. L’écart varie en effet au moins du simple au double. Selon RTE, sur la base d’un taux annuel moyen de rémunération du capital investi de 4 % par an, le nucléaire neuf pourrait revenir à environ 70 euros du mégawattheure en 2050 contre environ 40 euros pour l’éolien (terrestre et posé en mer avec son raccordement au continent) et environ 30 euros pour une centrale photovoltaïque au sol. De telles comparaisons sont pertinentes quand un investisseur peut choisir entre telle ou telle technologie. Ce qui est le cas aujourd’hui car il y a de la marge avant que le niveau de pénétration des énergies renouvelables variables atteigne le seuil à partir duquel des adaptations conséquentes du système électrique ne deviennent nécessaires (ce seuil se situe vers 50 %). Et ce qui explique pourquoi le nucléaire a si peu de succès aujourd’hui par rapport aux renouvelables dont les coûts de production sont beaucoup moins élevés.

    En revanche, dans un mix décarboné 100 % renouvelable dominé par les technologies les moins chères mais qui ne sont pas pilotables (l’éolien et le solaire), il faudra intégrer des moyens de flexibilité (batteries, hydrogène, barrages…) bien plus importants que dans un mix décarboné qui intègre des capacités nucléaires. C’est la raison pour laquelle il ne faut pas se contenter de regarder les seuls coûts de production d’une technologie, mais l’ensemble du coût du système électrique pour la collectivité : moyens de production, moyens de flexibilité et réseaux de transport et de distribution (en intégrant le coût du capital). C’est à cette aune que l’on peut comparer entre eux les coûts de différents mix électriques.

    1. Ce qui correspond grosso modo, compte tenu de l’augmentation de la puissance des éoliennes à 22 000 mâts, près du triple de leur nombre actuel (8 000)... et nettement moins qu’en Allemagne, qui compte 29 600 éoliennes terrestres.
    2. On note au passage que, même avec du nucléaire poussé au maximum, il est impossible d’avoir moins de 50 % de renouvelables dans le mix de production, avis aux partisans irresponsables du gel du développement des renouvelables.

  • Qatar Connection : la France, le Qatar et El-Assad, mise au point | Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-la-france-le-qatar-et-el-assad-mise-au-point-fd3Wr1wXSLS

    Notre enquête sur l’implication du Qatar et de la France dans la guerre en Syrie a généré des incompréhensions. Explication de texte.

    En publiant vendredi dernier un nouveau volet de la Qatar Connection consacré au plan du Qatar et de la France pour renverser le dictateur Bachar El-Assad en Syrie, nous ne pensions pas déclencher une telle « tempête » sur les réseaux sociaux.

    Pour faire court, nous sommes accusés de vouloir exonérer le dictateur Bachar El-Assad du bain de sang dans lequel il a plongé sa population.

    Evidemment, ce n’était pas notre intention. Nous dévoilions, avec un document émanant du Qatar, un compte-rendu d’une réunion entre le président du conseil des ministres qatari, Sheikh Hamad Bin Jassem Bin Jabr Al-Thani, et Bernard-Henri Lévy, présenté comme le représentant du président de la République Nicolas Sarkozy. Sa lecture fait apparaître les intentions très cyniques des deux pays pour utiliser les massacres de masse perpétrés par les sicaires d’El-Assad pour justifier en retour la militarisation de son opposition et son renversement.

    Tout au long de ce compte-rendu dont nous livrions de longs passages, le Premier des ministres qatari (également ministre des Affaires étrangères en titre) démontre par les propos rapportés qu’il ne se soucie pas de ces massacres en tant que tels. Et ce d’autant qu’il s’agit sur le moment d’écrire le scénario d’une histoire à venir. La protection de la population syrienne n’apparaît jamais comme une préoccupation pour lui. Il s’agit de tirer profit des crimes commis par le dictateur de Damas pour le faire tomber.

    Les crimes commis par Bachar El-Assad excusent-ils le cynisme du Qatar et de la France ? Nous ne le pensons pas. D’autant plus quand on sait comment toute cette histoire s’est poursuivie : l’aide du Qatar (et d’autres pays du Golfe), de la France et des Etats-Unis (opération Timber Sycamore) s’est traduite par la prise de pouvoir au sein de l’opposition syrienne des groupes jihadistes les plus extrémistes - le Front Al-Nosra (filiale locale d’Al Qaeda) et, surtout, Daech.

    Aux crimes commis par Bachar El-Assad ont répondu ceux perpétrés par Daech. En Syrie, en Irak, et un peu partout dans le monde. Y compris le 13 novembre 2015 à Paris.

    L’histoire est toujours écrite par les vainqueurs. En l’occurrence, en Syrie, il n’y a pas de vainqueurs, la guerre est toujours d’actualité. Pour autant, nous devons toute la vérité aux victimes. Notre document y contribue.

    Des fois que...

    #Blast #Syrie #BHL

  • Not even 500 Palestinians in Israeli high-tech can hide the #exploitation - Opinion - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/opinion/.premium-not-even-500-palestinians-in-israeli-high-tech-can-hide-the-exploi

    The press release from the spokesman of the Regional Cooperation Ministry, headed by Esawi Freige, deserves a firm pat on the back. Freige succeeded in obtaining a quota of 200 work permits for Palestinian workers in the high-tech sector in Israel for 2022, 200 more for 2023, and another 100 for the year after that.

    What a pleasant shiver down the spine. It turns out there are Palestinians who really work in high-tech, and not just in picking olives, building homes for settlers, smuggling fuel and committing terrorist attacks – they even know how to program computers.

    This is especially happy news for Israel. Because of these permits, “the Israeli high-tech sector, which suffers from a serious shortage of skilled workers in recent years, will receive a significant reinforcement,” says the ministry announcement. But there’s even more: According to the plan, the salary of a Palestinian employee in high-tech will be no less than 150 percent of the average wage in Israel. My knees are about to give – but let’s just wait a minute with the champagne.

    High-tech Nation employs some 345,000 people in the industry. The drizzle of 500 Palestinian workers over three years is not a “significant reinforcement,” it is nothing more than a mannequin in a window display. Why not completely open this market to Palestinians, and why not give them the entire quota already, especially when it is a benefit to economy and security?

    At the beginning of the month, Defense Minister Benny Gantz said he planned on recommending the entry of 3,000 Palestinian workers into Israeli high-tech. How did this recommendation shrink to only 500, and even then only over three years? After all, today some 20,000 Palestinians are employed in high-tech in the Palestinian Authority, and it is possible to estimate that at least half of them will want to and can work in Israel.

    According to data from the Central Bureau of Statistics, the average salary in high-tech is over 26,000 shekels ($8,400) a month, while the average Israeli wage is just 11,700 shekels a month. So based on this plan, a Palestinian high-tech worker will earn at least some 17,000 shekels a month. A marvelous salary, without a doubt – but still far from the average salary of the Jewish high-tech worker. No big deal. After all, what options does the Palestinian have? And isn’t the fact that he can pride himself on a resume that includes work in an Israeli high-tech firm worth money? So why be picky? Instead of praise and glory, once again a sour face.

    The reason for it is that these 500 happy Palestinian workers in high-tech will not hide even a small part of the injustice caused to the “regular” Palestinian workers. According to research conducted by the Bank of Israel in 2019, about a third of all Palestinian workers in Israel – around 27,000 – were forced to pay under the table to middlemen and employers to receive a work permit, because they were unable to navigate the suffocating bureaucracy themselves. These are illegal work permits, and the workers paid 1,500 shekels to 2,200 shekels for each one. In total, Palestinian workers paid some 480 million shekels just to receive work permits that don’t even guarantee them a job.

    In December 2020, the reform in employing Palestinian workers in Israel took effect after four years of delay. It was intended to put an end to the buying of permits and the use of middlemen. But research done by Kav LaOved – Worker’s Hotline for the Protection of Worker’s Rights in April makes it clear how much this reform is only partial, cumbersome and still far from granting Palestinians their full rights.

    Those who carry the banner of economic peace and see it as an appropriate detour to a diplomatic solution and those who gussy themselves up with the high-tech breakthrough paved in honor of the Palestinians should first try to play snakes and ladders with the authorities who grant the permits. They should spend a day at a checkpoint. They should prove they are capable – without going crazy – of passing through the wall of restrictions, conditions, examinations, checkpoints and transportation that every Palestinian worker must go through before they receive the piece of paper that only allows them to participate in the competition. Only then will they be able to understand the sham that is called economic peace.

  • Au Soudan, une mathématicienne invente un diagnostic pour une maladie tropicale négligée
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/11/08/au-soudan-une-mathematicienne-invente-un-diagnostic-pour-une-maladie-tropica


    La mathématicienne et chercheuse Hyam Ali dans son laboratoire de l’Hôpital universitaire de Soba, à Khartoum, en octobre 2021.
    ELIOTT BRACHET

    Les sciences changent la vie des Africaines (1). Hyam Ali, scientifique de 28 ans qui travaille à Khartoum, a obtenu le prix Jeunes Talents 2021 du programme For Women in Science Africa.
    […]
    Si l’invention de Hyam Ali concernait une maladie de l’hémisphère Nord, le fruit de ses recherches serait déjà exploité et à disposition des malades. Mais la santé des plus pauvres de la planète intéresse peu les grands laboratoires. Et même si Hyam Ali, 28 ans, a mis au point un outil, aucun industriel n’est venu la courtiser parce que les maladies tropicales « se développent dans les zones reculées de pays déjà marginalisés », explique l’universitaire. Celle sur laquelle Hyam Ali travaille, le mycétome, vient d’ailleurs tout juste d’être ajoutée à la liste de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) des maladies tropicales négligées tandis que la scientifique vient d’être distinguée par le prix Jeunes Talents 2021 du programme For Women in Science Africa de l’Unesco et de la Fondation L’Oréal.

    Le mycétome est une maladie inflammatoire chronique qui provoque de graves déformations, jusqu’au handicap. La combattre implique de la détecter et de repérer la souche d’origine. Or, pour permettre cette avancée, Hyam Ali a mis au service de la lutte contre la maladie ses compétences mathématiques, ravie de se rendre utile à son pays, elle, la mathématicienne à qui on a longtemps reproché de ne pas choisir de devenir médecin ou ingénieure.

  • Lebanon’s crisis: Exodus of doctors and nurses amid medical meltdown - The Washington Post
    https://www.washingtonpost.com/world/middle_east/lebanon-crisis-healthcare-doctors-nurses/2021/11/12/6bf79674-3e33-11ec-bd6f-da376f47304e_story.html
    https://www.washingtonpost.com/wp-apps/imrs.php?src=https://arc-anglerfish-washpost-prod-washpost.s3.amazonaws.com/public/ZTPCN2SD5EI6ZFAEKCRIVCFZZU.jpg&w=1440

    The World Health Organization estimated in September that nearly 40 percent of Lebanon’s doctors and 30 percent of nurses had departed since October 2019. The majority of the nurses who left did so this year, according to Lebanon’s Order of Nurses.

    #liban

  • Díaz, Colau, García, Oltra y Hamed paran el reloj de la política en un «aquelarre» feminista que dibuja nuevas alianzas | Público
    https://www.publico.es/politica/diaz-colau-garcia-oltra-hamed-paran-reloj-politica-aquelarre-feminista-dibuj

    De quoi faire rêver en France... Déjà pour une femme politique de stature nationale qui peut apparaître en public avec un signe musulman visible (voile musulman en l’occurrence). Plus fondamentalement, parce qu’il s’agit de 5 femmes, de partis politiques différents, bien décidées à faire alliance, y compris électoralement, notamment contre la montée de l’extrême droite espagnole.

    Et pas un homme (politique) à l’horizon !

    #espagne #féminisme

    • Pardon, les protagonistes

      la líder de Más Madrid, Mónica García, al comienzo del acto que ha protagonizado en València con la vicepresidenta segunda del Gobierno, Yolanda Díaz; la alcaldesa de Barcelona, Ada Colau; la vicepresidenta de la Generalitat Valenciana, Mónica Oltra; y la portavoz del Movimiento por la Dignidad y la Ciudadanía en Ceuta, Fátima Hamed

  • Berlin, capitale européenne de la culture arabe | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/allemagne-berlin-culture-arabe-refugies-festivals-librairies-syrie-pa

    Version anglaise https://www.middleeasteye.net/discover/berlin-germany-europe-capital-arab-culture

    7.11.2021 par Par Matt Unicomb - La crise des réfugiés de 2015 a fait de la capitale allemande une plaque tournante pour les communautés arabes et un espace sûr d’expression culturelle

    Un vendredi après-midi à Berlin, vous trouverez peut-être Fadi Abdelnour en train de rouler une cigarette sous un arbre dans une arrière-cour du quartier de Schöneberg.

    Entre deux appels téléphoniques et deux gorgées de thé tiède, il fait signe aux jeunes Syriens et Égyptiens qui traversent la cour pour se rendre dans sa boutique, Khan Aljanub, une librairie arabophone qu’il a ouverte avec deux amis en février 2020.

    Khan Aljanub se situe dans une portion quelconque de la Potsdamer Straße, un axe majeur qui traverse Berlin-Ouest et relie l’historique Potsdamer Platz au Tiergarten, l’un des plus grands parcs d’Allemagne. Malakeh, l’un des restaurants syriens les plus connus de Berlin, se trouve à quelques mètres de là.

    Pour accéder à la librairie, les clients sonnent au niveau d’une grande porte en bois bleue avant de pouvoir entrer. Ils passent ensuite par l’entrée arrière du restaurant marocain voisin avant d’être accueillis dans la cour par Fadi Abdelnour ou son collègue Mohammed.

    Khan Aljanub renferme 3 500 livres issus des quatre coins du monde arabe, acheminés pour la plupart depuis Beyrouth ou Le Caire, qu’ils soient expédiés par des distributeurs ou remis en main propre par des amis après des voyages à l’étranger. Il y a des ouvrages de philosophie, de sociologie, d’histoire, des classiques et des fictions modernes et expérimentales – autrement dit, tout l’air du temps de la littérature arabe.

    Les best-sellers actuels sont Al-Mawt fi Haifa (Mort à Haïfa) de l’auteur palestinien Majd Kayyal, Die Erfindung der deutschen Grammatik (L’invention de la grammaire allemande) de Rasha Abbas et Tareekh Alehat Misr (Histoire des dieux d’Égypte) de Mohammad Rabie, le cofondateur égyptien de la librairie.
    « Des fêtes comme au Liban »

    Un coin accueille une petite section anglophone et germanophone avec une poignée de traductions d’ouvrages depuis l’arabe. Derrière le comptoir se trouvent une machine à café et un réfrigérateur rempli de bières que Fadi Abdelnour et Mohammad Rabie ouvrent le vendredi soir.

    Fadi Abdelnour explique que la boutique compte plusieurs centaines de clients et que ce chiffre ne cesse de croître. Environ 30 % sont des visiteurs réguliers qui ont entendu parler de la boutique par le bouche-à-oreille ou qui l’ont découverte sur ses pages exclusivement en arabe sur les réseaux sociaux.

    La plupart ne sont pas nés en Allemagne : il s’agit notamment d’Arabes qui se sont réinstallés à Berlin au cours de la dernière décennie, en particulier à partir de 2015.

    Ces arrivées relativement récentes sont à l’origine d’une multiplication tangible des événements arabophones dans tout Berlin. Ce coup de fouet se traduit également par des représentations théâtrales, des soirées poésie, des conférences culturelles et politiques, des fêtes gay, des drag shows, des raves et des festivals de cinéma.

    Cette explosion de l’activité a donné naissance à ce qui est sans doute la scène culturelle arabophone la plus dynamique d’Europe. Cependant, si cette scène est plus animée que jamais, elle n’est que l’aboutissement d’un mouvement vieux de plusieurs décennies, qui prend racine dans des restaurants locaux et des résidences étudiantes auparavant dans l’ombre.

    Les Allemands prennent note de cette tendance. En juillet, Renate Künast, ancienne ministre fédérale issue des Verts, s’est arrêtée dans la librairie Khan Aljanub pour afficher son soutien. Des journalistes locaux sont passés pour interviewer Fadi Abdelnour.

    « Lorsque je suis arrivé en 2002, il y avait beaucoup d’activité, mais il n’y avait pas de lieu de rencontre central », raconte à Middle East Eye Fadi Abdelnour, adossé à une chaise de jardin en bois.

    « Il y avait 300 visages et on en retrouvait une cinquantaine un peu partout : rendez-vous politiques, conférences, événements musicaux. Certains organisaient des fêtes comme au Liban, par exemple : des rencontres avec du dabkeh et des discours politiques. Puis il y avait des rassemblements plus intellectuels, comme des conférences. »
    Au grand jour

    Alors que ces événements étaient autrefois relégués dans des lieux excentriques que les participants trouvaient par l’intermédiaire de leurs amis et de leur famille, comme le bar Al Hamra à Prenzlauer Berg, ils se déroulent désormais au grand jour et bénéficient de financements officiels de plus en plus conséquents de la part d’institutions universitaires et culturelles allemandes.

    Le département du Sénat de Berlin pour la Culture et l’Europe et la fondation à but non lucratif Rosa Luxemburg parrainent des festivals de cinéma et des événements musicaux et littéraires arabophones, ainsi que des conférences sur des questions relatives au Moyen-Orient.

    Cette activité a été analysée dans des thèses, des conférences et des documentaires à Berlin et à l’étranger, notamment par le sociologue australien d’origine égyptienne Amro Ali, dont l’essai de 2019 intitulé On the need to shape the Arab exile body in Berlin a finalement donné un nom à un feu qui couvait depuis des années.

    « Les chiffres sont trop importants pour que rien ne se produise », explique Amro Ali par téléphone à MEE. « Les exilés arabes qui vivent ici bénéficient d’un soutien institutionnel plus important que, disons, à Londres ou à New York. Indépendamment de leur programme, de leurs intentions ou des questions de racisme, il est facile d’obtenir un financement. Il y a un gouvernement favorable aux arts et aux sciences sociales. »

    Ces mêmes points forts qui attirent depuis des décennies des artistes, musiciens, écrivains et intellectuels internationaux à Berlin – loyers accessibles, ouverture à la créativité – attirent également des dizaines de milliers de personnes en provenance du monde arabe.

    Il s’agit notamment de réfugiés initialement envoyés dans d’autres villes allemandes, mais qui, à force de détermination, parviennent à rallier la capitale.

    « Traditionnellement, La Mecque des Syriens était Paris », confiait la dramaturge syrienne Liwaa Yazji à Exberliner en début d’année. « Mais maintenant, j’ai l’impression que la jeune génération vient à Berlin. »

    Comme l’a écrit Amro Ali, de nombreux nouveaux arrivants en Allemagne apportent avec eux leur amour de la musique et de la littérature et finissent par créer leurs propres événements ou initiatives. Parmi ces initiatives, on retrouve l’Arabic Music Institute, une école de musique qui enseigne des instruments du Moyen-Orient comme le oud et la darbouka, ainsi que la théorie musicale arabe et le chant choral.

    En 2016, un trio d’activistes et de musiciens originaires de Syrie et de Jordanie a également fondé Baynatna, une bibliothèque et un centre culturel en langue arabe.

    Il y a aussi AL.Berlin, un bar-café dans le quartier branché de Kreuzberg. Son cofondateur, Muhammad Jabali, est un Palestinien de Haïfa. Il s’est installé à Berlin il y a trois ans, lorsque son épouse a été affectée à une université locale. À son arrivée dans la ville, il a fondé une initiative permettant à des musiciens arabes de se produire dans des concerts.
    Une population croissante à satisfaire

    En 2019, la première édition du festival de musique AL.Berlin a rassemblé la chanteuse égyptienne Maryam Saleh, le chanteur palestinien Tamer Abu Ghazaleh et le chanteur égyptien Maurice Louca sur la scène du YAAM, un club de plage situé en bord de rivière, plus connu pour son ambiance reggae et hip-hop. AL.Berlin a organisé neuf autres événements au cours de l’année, avec 28 performances qui ont attiré au total 1 800 personnes.

    Le collectif a ouvert le bar AL.Berlin en février 2020, quelques semaines avant les premières mesures de confinement liées au COVID-19, qui ont entraîné la fermeture de tous les espaces culturels en Allemagne (la plupart des gens du milieu se souviendront à jamais de ce triste 14 mars).

    Malgré les pertes financières, le collectif est parvenu à rester à flot et accueillera la deuxième édition du festival AL.Berlin depuis le 2 novembre.

    Aujourd’hui, alors que la scène culturelle de Berlin revient à la normale, AL.Berlin gère un café-bar qui devient parfois une sorte de club, comme lors de ses soirées de pop arabe organisées un vendredi soir par mois.

    Un samedi soir typique, les employés échangent des anecdotes sur la fête de la veille, qui s’est prolongée bien au-delà de minuit, tandis que la salle se remplit lentement de clients parlant un mélange d’allemand, d’anglais et d’arabe. Les clients, dont beaucoup ont à peine 20 ans, d’autres la quarantaine bien tassée, commandent des bières, des Aperol spritz et parfois de l’arak, un spiritueux levantin, tandis que la file d’attente au bar ne cesse de s’allonger.

    Au bar AL.Berlin, des jeunes Syriens côtoient des Tunisiens, des Égyptiens rencontrent des Palestiniens – un véritable Mischung, comme le disent les Allemands.

    Avec une capacité d’environ 70 personnes, AL.Berlin est vite rempli. L’ambiance musicale est profonde et groovy, un mélange de jazz et de broken beats, diffusé depuis une cabine de DJ en bois dans le coin de la salle par DJ Ioana, une cliente de longue date invitée à présenter son premier set ici à l’occasion de la visite de MEE.

    Le lendemain soir, un stand de restauration éphémère sur le thème de la Tunisie est proposé avec des briks – des chaussons farcis et frits – servis par un cuisinier, tandis qu’un DJ se produit dans la cour.

    Le dimanche, avant la pandémie, des cours d’arabe étaient même proposés aux enfants, principalement ceux des fondateurs et leurs amis. « L’un des seuls cours d’arabe laïcs pour enfants à Berlin », confie Muhammad Jabali en esquissant un sourire, recroquevillé sous un parapluie à l’extérieur du bar.

    Avec ses cheveux longs et sa moustache épaisse, il est facile de l’imaginer derrière les platines. Également auteur de livres pour enfants, il a organisé des fêtes pendant plusieurs années à Haïfa. Tout comme le libraire Fadi Abdelnour, il est convaincu que son bar n’est que le prolongement de fondations établies il y a des années et affirme que des villes comme Bruxelles et Amsterdam connaissent également un essor des événements arabophones.

    « Il y a tout simplement plus d’Arabes à Berlin aujourd’hui, donc c’est plus vaste et plus perceptible », indique-t-il. « C’est élitiste de dire que ce que nous faisons est nouveau et que ce qui se passait avant n’avait rien de culturel. »
    Au moins 40 000 Berlinois ont la nationalité syrienne

    Pourtant, pendant des années, ces événements ainsi que la langue arabe ont été cachés à la vue du public et se cantonnaient principalement au secteur de Sonnenallee, une rue célèbre pour son identité arabe.

    Mirvat Adwan, cofondatrice avec un compatriote syrien de Kalamon, la première école d’arabe privée de Berlin, a été témoin de ce changement. Berlinoise depuis 2007, elle a vu la population arabophone de la ville exploser, en particulier depuis 2015.

    « Par le passé, l’arabe était généralement réservé aux mosquées et aux communautés religieuses » , indique-t-elle. « Les autorités n’ont pas essayé de faire grand-chose pour la communauté arabe ici, c’est pourquoi les arabophones ont commencé à organiser des événements eux-mêmes. »

    Même si les autorités berlinoises ne publient pas de statistiques linguistiques détaillées, le nombre d’arabophones pourrait être supérieur à 150 000. Au moins 40 000 Berlinois ont la nationalité syrienne, ce qui les place en troisième position derrière les Turcs et les Polonais.

    Parmi eux figurent certains des plus d’un million de réfugiés principalement originaires de Syrie qui ont demandé l’asile en Allemagne rien qu’en 2015. Ce que l’on sait moins, c’est que 80 000 de ces personnes sont arrivées en Allemagne entre 2011 et 2014 et que beaucoup se sont réinstallées à Berlin. Au cours de ces années, le gouvernement allemand recherchait des personnes qu’il jugeait persécutées, notamment de nombreux écrivains, journalistes et artistes.

    Des activistes arabes de premier plan comme le Saoudien Ali Adubisi, la Syrienne Wafa Mustafa, le Syrien Anwar al-Bunni ainsi que d’innombrables Palestiniens et Égyptiens se sont installés à Berlin.

    « Je ne glorifierais pas Berlin comme un refuge », concède Marwa Fatafta par téléphone depuis Hambourg.

    Cette journaliste et activiste palestinienne s’est installée dans la ville portuaire allemande il y a quelques mois après avoir vécu sept ans à Berlin.

    Actuellement responsable des politiques pour la région MENA au sein de l’organisation à but non lucratif Access Now, qui s’intéresse aux droits numériques, elle est arrivée dans la capitale allemande en provenance de Ramallah pendant la guerre de Gaza de 2014.

    Elle est devenue depuis lors une conférencière et une commentatrice en ligne renommée. Toutefois, même à Berlin, une ville que l’on pourrait qualifier de capitale européenne de la culture arabe, il y a des limites.

    « Il est très difficile de trouver un espace sûr pour discuter publiquement des questions qui affectent notre présent et notre avenir », explique-t-elle. « Qu’il s’agisse d’Israël ou de la vie de migrants arabes dans un climat de racisme et d’islamophobie en Allemagne. Il y a souvent des perturbations, comme des pressions exercées sur les organisateurs pour qu’ils réduisent des financements ou annulent des interventions. »

    Il est également impossible d’ouvrir une librairie sans voir ses opinions politiques être remises en question, comme l’a découvert Fadi Abdelnour lorsqu’un journaliste l’a interrogé au sujet de la position reflétée par ses livres sur la question israélo-palestinienne.

    Ces limites ne s’appliquent pas seulement aux livres et aux conférences politiques sur le Moyen-Orient. Même des organisations artistiques bien intentionnées ont tendance à avoir une vision creuse des films du monde arabe à présenter, par exemple, puisque la priorité va souvent à ceux qui correspondent à une vision eurocentrique de la région, en particulier sur des sujets comme la guerre et l’oppression des femmes.

    Pendant plusieurs années, Fadi Abdelnour a participé à l’organisation d’ALFILM, un festival du cinéma arabe qui se tient chaque année depuis 2009. ALFILM a tenu sa 12e édition en ligne en avril et organisé plusieurs projections estivales du film palestinien 200 mètres et du long-métrage tunisien L’Homme qui a vendu sa peau dans des cinémas en plein air.

    Fadi Abdelnour, qui s’est retiré de l’organisation mais continue de concevoir les flyers du festival, a lancé ALFILM avec des amis afin d’arracher le discours aux conservateurs et organisations eurocentriques.

    « À l’époque, de nombreux contenus étaient très orientalistes ou concentrés sur le réalisme social », explique-t-il. « Ils ne voulaient pas voir, par exemple, une histoire d’amour égyptienne, car pour eux, ce n’est pas authentique. L’absence de cette diversité est ce qui nous a poussés à lancer notre propre festival. »
    « Nous sommes ici chez nous »

    Là où ALFILM est tourné vers l’extérieur et projette des films en langue arabe sous-titrés en anglais ou en allemand, la librairie Khan Aljanub ne suit pas ce schéma. Toute la communication en ligne est en arabe et les visiteurs voient très peu de livres en allemand ou en anglais une fois à l’intérieur. Les non-arabophones ne trouveront pas grand-chose dans la librairie, ce qui témoigne de l’ampleur de la clientèle potentielle de la boutique.

    Jusqu’à présent, il s’avère difficile d’attirer l’ancienne communauté arabe de Berlin, principalement libanaise et palestinienne, qui fait partie du tissu social de la ville depuis des décennies.

    Selon Fadi Abdelnour, cela s’explique par plusieurs raisons, notamment le fait que ces arabophones et leurs enfants parlent probablement très bien l’allemand et ne recherchent généralement pas de livres en arabe. Et s’ils s’intéressent à la littérature arabe, il n’est probablement pas question de la littérature contemporaine vendue dans sa boutique.

    « La plupart des livres n’intéressent pas les personnes qui vivent ici depuis des décennies », explique-t-il. « Ils demandent des livres qui ne sont plus édités depuis 50 ans. »

    Cette période, dans une ville pleine de nouveaux arrivants apportant avec eux les questions, la musique et le discours qui déferlent sur le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, ne durera pas éternellement. Dans cinq, dix ou vingt ans, les enfants de ces activistes, écrivains, musiciens et universitaires installés à Berlin parleront couramment l’allemand et seront peut-être plus intéressés par le hip-hop ou la techno que par les nouveautés en matière de musique dansante égyptienne.

    Le sociologue Amro Ali y voit une raison de plus pour s’enraciner durablement. « Les activités du moment ont tendance à être très éphémères », explique-t-il à MEE. « J’aime les expositions d’art et les conférences, mais elles ne font que passer. Nous avons besoin d’espaces physiques, de points d’appui. Et si vous voulez faire partie de ce mouvement, il faut venir à Berlin. »

    Dans les années à venir, à mesure que la scène culturelle arabophone se développera, son influence gagnera encore davantage la vie courante allemande, que ce soit par la reconnaissance progressive des films et de la musique arabes ou à travers les questions politiques plus profondes abordées lors des conférences et tables rondes de plus en plus nombreuses organisées chaque année. La librairie Khan Aljanub publiera bientôt un livre trop politique pour sortir dans le pays d’origine de son auteur, l’Égypte.

    De nombreux élèves de l’école d’arabe Kalamon sont des Allemands sans aucun lien avec le monde arabe. Et comme la clientèle de Khan Aljanub, leur nombre ne cesse de croître.

    La professeure d’arabe Mirvat Adwan constate que l’État reconnaît de plus en plus sa culture, comme en témoigne le nombre croissant d’écoles élémentaires proposant des cours d’arabe aux jeunes élèves, qui sont désormais au nombre de douze dans toute la ville.

    « Si les enfants l’apprennent pendant dix ans, leur arabe devrait être assez bon », estime-t-elle. « Ce mouvement va se poursuivre. Il ne s’arrêtera pas. »

    Marwa Fatafta, l’activiste palestinienne des droits numériques, se rend encore souvent à Berlin et, malgré les limites, apprécie la façon dont la communauté arabe et la scène culturelle de la ville se sont développées. « Vous ne voyez pas cela ailleurs en Allemagne », affirme-t-elle. « C’est réel et c’est organisé par des gens de la région, pas par de grandes institutions. »

    De la musique électronique aux arts visuels, Berlin est à la pointe de la culture moderne depuis des décennies. Les musiciens, gérants de clubs, lecteurs, écrivains et activistes du monde arabe qui s’installent ici font en sorte que cette tendance s’étende à leur propre coin de la ville.

    Au fil du temps, d’autres librairies, d’autres écoles de musique et de langue ouvriront leurs portes et étaieront une scène qui existe sous une forme ou une autre depuis l’arrivée de la première vague de Palestiniens à Berlin dans les années 1970.

    « Je n’ai pas le luxe de pouvoir prendre mon passeport et partir aux États-Unis ou au Royaume-Uni », explique Marwa Fatafta. « Si vous êtes ici, vous devez faire en sorte que ça marche. Nous sommes ici chez nous. Cela peut être pénible, mais nous pouvons peut-être faire évoluer positivement les choses. »

    #Berlin #Syrie #culture

  • Ces apicultrices palestiniennes qui font le buzz sur les toits de Jérusalem-Est Par Sue Surkes
    https://fr.timesofisrael.com/ces-apicultrices-palestiniennes-qui-font-le-buzz-sur-les-toits-de-

    En deux ans, le projet Sinsila a enseigné à près de 100 femmes comment élever des abeilles, faire du miel commercialisable et à cultiver des plantes et des légumes à domicile


    Zahia Abu-Armeilah avec sa ruche dans le quartier Abu Tor de Jérusalem-Est. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

    Les allées bétonnées qui mènent à l’habitation de Zahia Abu-Armeilah, située dans la partie palestinienne d’Abu Tor, sont trop étroites pour y faire pousser des plantes. Mais il suffit de monter sur le toit de son logement de Jérusalem-Est pour découvrir un véritable jardin d’Eden, riche de végétaux, de jeunes arbres fruitiers qui s’épanouissent dans une cacophonie provoquée par le bourdonnement de centaines d’abeilles.

    C’est par hasard, il y a deux ans, qu’Abu-Armeilah, âgée de 51 ans, a vu un post sur Facebook qui avait été publié par Muslala, une organisation à but non-lucratif de Jérusalem-Ouest qui combine l’art, l’activisme social et le développement durable. Le groupe avait construit une oasis sur le toit du bâtiment Clal, dans un centre commercial délabré installé à proximité du marché Mahane Yehuda – un paradis vert constitué de ruches, de plantes, de légumes et d’arbres fruitiers.

    Sur la publication figuraient les coordonnées de Sinsila – un mot qui signifie « terrasse agricole » en arabe – une nouvelle organisation qui s’efforçait alors d’établir un groupe à peu près similaire pour les Palestiniens.

    Après avoir initialement pensé que c’était « majnun, » une folie, de garder des abeilles chez soi, Abu-Armeilah s’est inscrite au premier cours d’apiculture dispensé par Sinsila et elle en a suivi d’autres là-bas sur la création de jardins végétalisés, sur le développement durable et sur l’hydroponie, qui est l’art de faire pousser des plantes hors-sol. Mère au foyer dans le passé, elle enseigne dorénavant les sciences environnementales à des petits garçons, du CE1 au CM2, qui fréquentent une école du quartier d’A-Tor, à Jérusalem-Est. C’est le tout premier emploi qu’elle a obtenu dans sa vie.

    Que lui a apporté cette expérience ? « La confiance en moi-même », s’exclame-t-elle, « et un bel espace où la famille peut s’installer et se divertir. Ce jardin, c’est mon bébé. Je suis si heureuse quand je m’y trouve ».

    Avant, le toit était nu – et il ne servait que d’espace de stockage.


    Une partie du jardin de Zahia Abu-Armeilah, perché sur les toits, dans le quartier Abu Tor de Jérusalem-Est. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

    Avec la ruche que Sinsila l’a aidée à mettre en place, Abu-Armeilah fait du miel pour sa famille et pour ses amis. A terme, espère-t-elle, elle pourra commencer à le vendre et contribuer ainsi aux revenus du foyer.

    La ruche requiert peu d’attention, explique-t-elle, les abeilles se prenant en charge majoritairement de manière autonome – « mais je vais les voir tous les jours », ajoute-t-elle en riant.

    A l’arrivée d’une guêpe, elle montre avec enthousiasme comment les abeilles se rassemblent pour défendre la ruche et écarter l’intruse. Plus tard, elle montre le pollen jaune que ramènent les abeilles à la ruche après avoir butiné.

    Pendant les confinements entraînés par le coronavirus, l’époux d’Abu-Armeilah, qui n’avait pas caché son dédain, à l’origine, à l’égard du projet d’apiculture de son épouse, s’est affairé à construire des rayonnages pour les plantes qui ornent dorénavant le toit – et il y a de tout, des plantes d’ornement, des piments, des aubergines, des tomates, même du citron et des mandariniers. Les restes de fruits et de légumes sont jetés dans un vermicomposteur, qui utilise les vers de terre pour créer un compost de haute qualité.


    Travaux d’apiculture dans le quartier d’al-Thuri-Abu Tor à Jérusalem-Est. (Autorisation : Sinsila)

    « Et maintenant, mon mari est très heureux », note Abu-Armeilah. « Il s’installe là, le soir, pour profiter du grand air ». Son fils, âgé de 26 ans, qui vit encore chez elle parce qu’il ne s’est pas encore marié, vient là avec ses amis pour fumer la chicha. Les abeilles, qui sont plus intéressées par les plantes, ignorent en général les invités.

    Abu-Armeilah est l’une des dizaines de femmes palestiniennes de Jérusalem-Est qui, grâce à Sinsila, élèvent aujourd’hui des abeilles et font pousser des légumes sur leur toit, économisant ainsi l’argent dépensé dans les épiceries et s’assurant, dans quelques cas, un revenu supplémentaire.

    C’est Tariq Nassat, architecte, qui est à l’origine du projet. En seulement deux ans, il a transformé le toit et deux grandes terrasses d’une bibliothèque municipale du quartier Wadi Roz de Jérusalem-Est en école d’apiculture, de jardinage et d’agriculture urbaine. Ce sont 95 femmes, jusqu’à présent, qui ont suivi ses cours.


    Hanan, architecte et membre de Sinsila, montre à une étudiante en architecture de l’Académie des arts Bezalel de l’université hébraïque la culture des concombres s’appuyant sur l’hydroponie sur le toit de Sinsila, le 6 septembre 2021. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

    Sur une terrasse, une grande ruche et un vermicomposteur. Sur l’autre, des bacs en bois avec des fleurs et des herbes, qui s’épanouissent grâce à divers systèmes d’hydroponie qui permettent de cultiver des légumes avec de l’eau fertilisée.

    Au mois d’août, l’ONG a organisé une fête sur le toit de la bibliothèque et elle a lancé une coopérative de femmes, avec un café en ligne et un point de vente pour commercialiser le miel et d’autres produits à base de cire d’abeille.

    Plusieurs femmes ont transformé leurs activités d’apiculture en affaire et trois d’entre elles – notamment Abu-Armeilah – enseignent le développement durable dans des écoles de Jérusalem-Est. Le groupe crée aussi le lien entre ses diplômées et certains événements. Au début du mois, elles ont par exemple fourni des rafraîchissements lors d’une cérémonie au cours de laquelle les tout premiers arbres d’un verger communautaire ont été plantés sur un terrain surplombé par l’école Hand in Hand, dans le sud de la ville, qui accueille des petits Juifs et des petits Arabes.


    Un atelier de fabrication de panier sur le toit de Sinsila. (Autorisation, Sinsila)

    Nassar tente actuellement d’obtenir le feu vert pour transformer un jardin délabré de la bibliothèque en nursery pour les petits arbres fruitiers. Ailleurs, il a créé un jardin sur un toit qui est cultivé par les jeunes Palestiniens en difficulté et il prévoit d’ouvrir, l’année prochaine, une branche de Sinsila dans un nouveau bâtiment municipal à Abu Tor. Il travaille aussi avec des experts des toits végétalisés et avec des employés municipaux pour redonner vie aux toits de six bâtiments publics – des centres communautaires et des écoles.

    Nassar, 37 ans, le plus jeune d’une fratrie de dix enfants, élevé dans une famille musulmane conservatrice, a grandi dans le quartier Ras el-Amud de Jérusalem-Est et il a fréquenté ce qu’il appelle « une école très médiocre » de la Vieille Ville.


    Tariq Nassar. (Autorisation)

    Nassar, un élève brillant, a étudié l’architecture à l’université Bir Zeit, en Cisjordanie. Il a travaillé aux États-Unis et aux côtés de l’UNRWA – agence de l’ONU des réfugiés palestiniens – en Jordanie. Il a ensuite suivi un programme d’urbanisation intégrée et de conception durable à l’université de Stuttgart, en Allemagne.

    Mais il dit avoir finalement réalisé que la conception était bien davantage que de simples plans esquissés sur le papier : elle est aussi question plus largement de culture et de société.

    « J’ai réfléchi à la manière de développer des quartiers de façon durable. Mais pour ça, il faut travailler avec les locaux. Tout s’entremêle », dit-il.

    Après être revenu en 2015 à Jérusalem, Nassar s’est marié ; il a eu deux enfants et il a travaillé à Jérusalem et ailleurs dans le secteur de la création d’espace – qui mobilise les communautés locales pour qu’elles décident elles-mêmes comment tirer le meilleur des espaces publics où elles vivent.

    S’il a grandi en haïssant les Juifs, il n’a eu l’occasion de parler avec un Juif qu’à l’âge de 17 ans seulement alors qu’il se trouvait dans un vol en direction des États-Unis pour rendre visite à l’un de ses frères. « Ce type, dans l’avion, était sympa et j’ai commencé à me poser des questions », se souvient-il. « A partir de ce moment-là, beaucoup de choses ont changé ».

    Pendant une rencontre d’activistes communautaires en provenance de tout Jérusalem, Nassar a rencontré Matan Israeli, artiste et cofondateur de Muslala.

    « J’avais les toits en tête en permanence », dit Nassar, en raison de l’absence d’espaces vacants à Jérusalem-Est, au sol. Il a également compris que les Palestiniennes de Jérusalem-Est – qui, pour la plupart, ne travaillent pas pour des raisons sociales et culturelles – étaient la force dominante dans le foyer et, en conséquence, les partenaires parfaites pour végétaliser les toits de la ville. Il souligne que les revenus issus de leur implication dans le projet représentent également, pour elles, une opportunité économique.

    Nassar a aussi rencontré l’expert en apiculture biodynamique Yossi Aud, qui cherchait à mettre en place des cours en direction des femmes de Jérusalem-Est.

    Il a trouvé une salle de classe au sein de la bibliothèque de Wadi Joz, créé un prospectus qu’il a envoyé dans les centres communautaires palestiniens. En deux semaines, cent femmes se sont portées candidates au cursus.



    Les apiculteurs du quartier de Jabel Mukaber, à Jérusalem-Est. (Autorisation : Sinsila)

    Amassant à la hâte et à grand peine des donations, Nassar a lancé un premier programme de trois mois qui a réuni 15 femmes au mois d’avril 2019. Ont suivi six mois de supervision des travaux réalisés sur leur toit par chaque participante, sur place. Les cours sont réservés aux femmes et il n’a autour de lui que des assistantes.

    “Yossi, Matan et moi-même avons passé ce mois de juillet à circuler dans tout Jérusalem-Est pour livrer des ruches », explique Nassar qui, jusqu’à une date récente, était le seul salarié employé par Sinsila.



    Tariq Nassar, fondateur de Sinsila, à la ruche de Sinsila. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel) _

    Il a dorénavant de quoi financer deux postes à plein-temps – celui de Hanan, une architecte, et celui de Hashem, un habitant de Jérusalem-Est qui a obtenu un diplôme en études environnementales à l’université Ben-Gurion, dans le sud du pays.

    « La jeune génération de Palestiniens n’a pas d’espoir et c’est dangereux », estime Nassar. « Nous avons besoin d’espoir, mais il faut aussi qu’il soit combiné à l’action. Sinsila aide à redonner de l’espoir et c’est novateur. »

    #Femmes #palestine #israël #gaza #israel #bds #palestine_assassinée #occupation #colonisation #apartheid #miel #apiculture #abeilles

  • Avec une radio en hébreu, les Palestiniens parlent aux Israéliens | Arabnews fr
    https://www.arabnews.fr/node/163686/monde-arabe

    RAMALLAH : "Il est six heures du soir et voici les informations du jour", lance en hébreu Rima Moustafa, présentatrice d’une nouvelle radio basée à Ramallah, en Cisjordanie occupée, qui tente de faire découvrir aux Israéliens le quotidien des Palestiniens.

    Dans un studio lumineux équipé de technologies de pointe, l’équipe de "Jerusalem 24" ne diffuse pas en arabe à destination des Palestiniens, mais en hébreu et en anglais, pour les Israéliens.
    1(Photo, AFP)

    Objectif : donner une voix à la jeunesse palestinienne pour présenter sa propre vision de l’actualité aux Israéliens.

    "Le public israélien entend les médias qui s’adressent à lui, mais il n’entend pas l’autre voix", résume Rima Moustafa, journaliste originaire de Haïfa (nord).

    Elle est employée depuis trois mois par cette radio qui a commencé à diffuser en septembre, et met l’accent sur le conflit israélo-palestinien et ses répercussions sur la société.

    Au cours des dernières semaines, la chaîne et son site web en anglais ont consacré une grande partie de leurs programmes aux six ONG palestiniennes désignées "groupes terroristes" par Israël, à la colonisation israélienne à Jérusalem-Est, mais aussi à des pièces de théâtre ou des concerts de musique arabe.

    « Enorme fossé »

    "Nous voulons combler le vide sur ce qu’il se passe à Jérusalem et dans les zones marginalisées", explique Mai Abou Assab, rédactrice en chef aux cheveux courts et blonds. A Jérusalem, "il y a des expulsions (de Palestiniens) mais le monde fait la sourde oreille".
    1Mai Abou Assab. (Photo, AFP)

    Seule radio palestinienne à émettre aujourd’hui en hébreu, "Jerusalem 24" n’est toutefois pas la première. À partir du milieu des années 1930, à l’époque de la Palestine sous mandat britannique, la radio Huna al-Quds émettait en trois langues : anglais, arabe et hébreu.

    À Tel-Aviv, métropole israélienne située à 65 km de Ramallah, David Haliva, un préparateur physique pour agents de sécurité, s’est mis à écouter cette nouvelle radio.

    "Les Israéliens ne connaissent pas la société palestinienne (...) Il y a un énorme fossé entre ce que nous pensons savoir et la réalité", reconnait-il.

    "Il y a des choses que nous avons en commun, il y a une pénurie (...) de logements et de permis de construire", estime-t-il auprès de l’AFP.

    Mais s’il est impressionné par le "professionnalisme" des bulletins d’information et le rejet affiché de la violence, il tique sur certaines expressions comme le terme "occupation" pour décrire la réalité à Jérusalem-Est.

    L’Etat hébreu occupe depuis 1967 cette partie palestinienne de la Ville Sainte, ensuite annexée, et dont les Palestiniens veulent faire la capitale de l’Etat auquel ils aspirent.

    Fin 2017, les Etats-Unis de Donald Trump avait reconnu l’ensemble de Jérusalem comme la capitale d’Israël, ce qui avait ulcéré les Palestiniens au point de couper les ponts avec Washington, avant un rapprochement sous Joe Biden.

    Si "Jerusalem 24" n’hésite pas à critiquer la politique du gouvernement israélien, elle n’épargne pas pour autant l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas, qui exerce un pouvoir limité sur la Cisjordanie occupée.

    La musique pour unir ?

    "Nous critiquons l’Autorité et Israël, mais nous le faisons avec professionnalisme", assure Mohammed Hamayel, l’un des présentateurs de la chaîne, qui se dit "insatisfait" du paysage médiatique israélien où le point de vue des Palestiniens peine, selon lui, à s’imposer.

    L’idée de cette radio a commencé à germer en 2015 alors que la Ville Sainte était le théâtre d’une vague d’attaques au couteau par des Palestiniens sur des Israéliens, et de tirs, parfois meurtriers, par les forces de sécurité israéliennes sur des assaillants réels ou présumés, raconte Mai Abou Assab.
    1(Photo, AFP)

    Pour réaliser le projet, l’équipe a contacté des donateurs étrangers, dont l’ONG danoise Church Aid qui apporte aujourd’hui des financements dans le cadre d’un programme visant à faire découvrir de jeunes voix.

    Mais avec une petite équipe de six journalistes, "Jerusalem 24" se rabat sur de longues plages musicales pour remplir les ondes et tenter d’attirer de nouveaux auditeurs.

    En conduisant à Tel-Aviv, David Haliva tapote le volant de ses doigts en écoutant un tube de la pop-star britannique Dua Lipa.

    "J’aime la diversité musicale" de cette radio, lance David, qui se félicite d’un autre atout de cette chaîne : l’absence de pub !

    #israël #palestine #médias

    • Pour réaliser le projet, l’équipe a contacté des donateurs étrangers, dont l’ONG danoise Church Aid qui apporte aujourd’hui des financements dans le cadre d’un programme visant à faire découvrir de jeunes voix.

      On verra à l’usage si la radio, devenant trop critique, se voit retirer ses financements comme cela est déjà arrivé de nombreuses fois pour des projets similaires...

  • Qatar Connection : Quand la France et le Qatar programmaient la guerre en Syrie
    05.11.2021 | Thierry Gadault et Bernard Nicolas | Blast,| Blast,
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/qatar-connection-quand-la-france-et-le-qatar-programmaient-la-guerre-en-s

    (...) Assad doit donc porter le costume du méchant pour justifier la suite, et sa chute. Entre le bien et le mal, la partition doit être claire - c’est une condition de réussite. Le compte-rendu de cette rencontre laisse par ailleurs entrevoir d’autres cartes, dans le jeu des adversaires du raïs syrien : « La dernière solution pour anéantir Assad, poursuit Sheikh Hamad Bin Jassem Bin Jabr Al-Thani selon le compte-rendu, est de soutenir l’armée libre et les rebelles avec les armes, notamment les armes qualitatives, pour créer un équilibre de dissuasion et leur envoyer du renfort par des combattants et des djihadistes étrangers très expérimentés ; ainsi que par la création de camps militaires dans les pays frontaliers, notamment en Israël, pour entraîner les militants armés et former les volontaires et leur apporter un soutien logistique comme c’est le cas en Turquie, et leur ouvrir des couloirs d’accès en Syrie en toute sécurité. » (...)

    #Syrie #Lybie #Sarkozy #Qatar #BHL

  • ’The job wasn’t completed in 1948. The land wasn’t emptied of Arabs’ - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/.premium.HIGHLIGHT.MAGAZINE-the-job-wasn-t-completed-in-1948-because-the-la

    Veteran Israeli filmmaker Avi Mograbi’s latest documentary draws on soldiers’ damning testimonies to expose the Israeli occupation. Don’t expect to see it on Israeli TV or at any local film festival

    #sionisme

  • Humeurs de Marissé : Je finance des groupes terroristes
    http://humeursdemarisse.blogspot.com/2021/10/je-finance-des-groupes-terroristes.html

    Je finance des groupes terroristes

    Amira Hass

    Alors que 25 ONG israéliennes de défense des droits de l’homme ont condamné l’annonce israélienne de l’interdiction de 6 associations majeures de la société civile israélienne, Amira Hass publie dans Haaretz un article soulignant que les vrais terroristes se trouvent au sein de l’Etat d’Israël.

    J’annonce et j’avoue ici que je finance le terrorisme. Une partie de l’argent des impôts que je paie au gouvernement israélien est transférée à ses activités terroristes et à celles de ses représentants, les colons, contre le peuple palestinien. Si par « terrorisme » on entend imposer la terreur et la peur – alors que font les commandants de l’armée et des services de sécurité du Shin Bet lorsqu’ils envoient des soldats masqués pour piller les maisons des Palestiniens nuit après nuit ? Accompagnés de chiens et fusils braqués, les militaires réveillent les familles de leur sommeil, renversent le contenu des placards, confisquent les biens et frappent les adultes devant les enfants.

    Que font les inspecteurs de l’ « Administration Civile » (administration en charge des territoire palestiniens occupés NDLR) lorsqu’ils se promènent parmi les communautés de bergers, et vérifient s’il y a peut-être une tente ou un toboggan pour les enfants qu’il faut démolir ? Que font les caméras de surveillance collées à chaque poste de contrôle à la sortie d’une ville palestinienne, sinon intimider et régimenter ? Et les hommes et les femmes de la police des frontières à Jérusalem qui arrêtent tous ceux qui ont l’air arabe, et les soldats et les policiers qui donnent un coup de pied ici, une gifle là, à quiconque ose leur tenir tête, ou récolter des olives – quel est leur travail sinon d’instiller la peur ?

    Et les gangs de colons masqués, torses nus, franges sacrées, fusils et armes « non létales » – comment appellerons-nous leurs orgies d’attaques contre les gens et les arbres sinon la terreur ? Des fractions de pourcentage des impôts que je paye leur parviennent certainement : peut-être finissent-ils par aller aux comités de colons qui accueillent les voyous, peut-être à leurs fonctionnaires et aux fonctionnaires du ministère de la Défense qui, ensemble, ont planifié et mis en œuvre le modèle réussi des « avant-postes » coloniaux.

    Dans toute la Cisjordanie, les avant-postes fonctionnent selon le même schéma : une famille de colons chevronnés s’empare d’une parcelle de terre palestinienne, reçoit un troupeau de moutons ou de chèvres et de bétail, puis, à l’aide de fusils, de pierres, de chiens, et de drones, menace les Palestiniens et empêche leurs troupeaux d’atteindre leurs pâturages.

    Le concept de « terreur » a depuis longtemps dépassé les limites de la simple intimidation et inclut également les actes de destruction et de meurtre. Mes impôts, et ceux de tous les citoyens et résidents israéliens, les financent. Une partie de mes impôts est allée au bombardement de structures résidentielles et au meurtre de leurs habitants palestiniens, y compris de jeunes enfants et de femmes. Mes impôts financent les balles qui tuent et blessent des manifestants dans le village cisjordanien de Beita et à Gaza. Nos impôts subventionnent les colonies et couvrent le coût de la démolition des maisons palestiniennes par l’administration civile et la municipalité de Jérusalem.

    Sous le camouflage d’un pays respectueux des lois et au moyen de notre financement, Israël a perpétré tous ces actes de terreur et bien d’autres. Au jour le jour. Heure par heure. Ceux qui contrôlent les centres de pouvoir ont toujours essayé et essaient d’assumer aussi le monopole de la langue, afin de perpétuer leur suprématie. Le patriarcat a dérivé le terme médical « hystérie » de la racine grecque de l’utérus, comme un moyen de cimenter le statut inférieur des femmes. Les Anglais se sont assurés que « Irlandais » serait synonyme de stupide, et plus tard de paresseux et d’ivrogne, pour expliquer leur colonisation de l’Irlande. « Stupide », « noir » et « terroriste » étaient aussi des synonymes chez les Blancs d’Afrique du Sud, utilisés pour justifier l’exploitation, la ségrégation raciale et l’oppression terroriste.

    Et c’est ainsi que l’occupant israélien décide ce qu’est le terrorisme, et y inclut six autres ONG palestiniennes. La raison de leur persécution est si claire : ces organisations de la société civile ont enregistré plusieurs réalisations impressionnantes dans leur opposition à la cruelle occupation israélienne. Ce sont eux qui ont agi et agissent pour poursuivre les Israéliens responsables de crimes de guerre et de crimes d’apartheid devant la Cour pénale internationale de La Haye, et ont exhorté l’Autorité palestinienne à emprunter cette voie. Ce sont eux qui dénoncent le système israélien de détention massive, y compris de mineurs, et le scandale appelé tribunal militaire. Ce sont eux qui soutiennent les agriculteurs palestiniens contre le harcèlement de l’administration civile et des colons. Ils nourrissent les valeurs de gauche et féministes, et critiquent également les autorités palestiniennes.

    Ils (et pas seulement eux) sont dans une bataille constante contre la terreur de l’occupation. Et l’occupation, par la persécution de ces organisations, aspire à terroriser d’autres Palestiniens et à les dissuader d’organiser toute résistance.

    Source : Haaretz

    #israël #ong #terrorisme

  • La Turquie va expulser sept Syriens accusés de se moquer des Turcs – Site de la chaîne AlManar-Liban
    https://french.almanar.com.lb/2178937

    Se filmer en train de manger des bananes : une manière pour les #Syriens en #Turquie de se tenir à distance de la société turque.

    La Turquie a annoncé jeudi qu’elle allait expulser sept Syriens qu’elle avait arrêtés pour s’être moqués des Turcs dans une vidéo partagée sur les réseaux sociaux où ils se filment en train de manger des bananes.

    La vidéo a été considérée comme « provocante » et les Syriens, accusés de « se moquer des Turcs », seront renvoyés dans leur pays malgré la guerre, a prévenu la Direction des migrations, un organisme qui dépend du ministère turc de l’Intérieur.

    Tout a commencé par une vidéo diffusée le 25 octobre sur les réseaux sociaux, montrant une altercation entre une jeune Syrienne et des citoyens turcs, dans un quartier d’Istanbul.

    Surgit un homme qui lance à la jeune femme : « Vous vivez de manière plus aisée que nous. Moi je ne peux pas m’offrir de bananes et vous, vous en achetez par kilos sur les marchés ! ».

    « Exactement », renchérit une autre femme qui tente de faire taire la Syrienne et reproche aux migrants d’aller « tous les jours chez le coiffeur ».

    La jeune réfugiée syrienne tente d’expliquer que les migrants, comme elle, achètent ce qu’ils peuvent avec leur argent. En vain. « Va-t’en en Syrie ! Va te battre là-bas. Nous, nous ne fuyons pas notre pays, vous non plus vous ne devriez pas ! », crie la femme.

    Aussitôt après la diffusion de cette vidéo, des réfugiés syriens en Turquie se sont filmés, en signe de protestation, en train de manger des bananes, avec la vidéo de l’altercation en fond sonore.

    Le mouvement, qui vise à dénoncer les clichés et les discours de haine envers les Syriens, a suscité la controverse.

    Certains comptes Twitter ont présenté ces vidéos comme « se moquant des difficultés économiques des citoyens turcs », confrontés à une inflation galopante et une baisse de la valeur de la monnaie nationale turque.

    La Turquie accueille près de quatre millions de réfugiés syriens. Elle a connu des épisodes de tensions xénophobes ces dernières années, souvent déclenchés par des rumeurs propagées sur les réseaux sociaux et les messageries instantanées.

    Ces tensions sont exacerbées par la crise économique. En août, des attaques ont visé des commerces et des logements occupés par des Syriens à Ankara, la capitale turque, des incidents qui sont restés limités

    #réfugiés #réseaux_sociaux