• Richard Horton, patron du « Lancet » : « Le Covid-19 montre une faillite catastrophique des gouvernements occidentaux »

    Dans un livre publié au Royaume-Uni, le rédacteur en chef de la revue médicale dénonce l’impéritie de nombreux pays face à la menace pourtant annoncée de la #pandémie. Il revient sur la rétractation récente d’une étude publiée dans ses colonnes.

    Richard Horton est une figure incontournable de l’édition scientifique. Patron depuis un quart de siècle du journal médical britannique The Lancet, il vient de publier un ouvrage dans lequel il dénonce la faillite des exécutifs occidentaux face à la pandémie ( The COVID-19 Catastrophe : What’s Gone Wrong and How to Stop It Happening Again , Polity, non traduit).

    Dès janvier, le Lancet avait publié cinq articles qui permettaient d’appréhender ce qui attendait la planète si rien n’était entrepris pour contrer la diffusion internationale du SARS-CoV-2. Plus récemment, sa revue a elle-même été mise en cause pour avoir publié un article qui mettait en évidence une surmortalité chez les patients hospitalisés pour Covid-19 et traités à l’#hydroxychloroquine ; avant de devoir rétracter cette étude, faute d’avoir pu accéder aux données fournies par une obscure société américaine, Surgisphere. Richard Horton tire aussi les leçons de cet épisode.

    Vous venez de publier un livre dans lequel vous êtes très sévère sur la façon dont la pandémie a été gérée, en particulier dans votre pays, le Royaume-Uni…

    La raison pour laquelle mes mots sont durs, c’est que nous avons publié à la fin du mois de janvier dans le Lancet cinq articles qui décrivaient parfaitement cette nouvelle maladie pour laquelle il n’y avait ni traitement ni vaccin, qui présentait une assez forte mortalité, et qui se transmettait entre humains.

    Pour reprendre les mots de Gabriel Leung (université de Hongkong), « ce mode de transmission indiquait une forte probabilité de pandémie mondiale ». On savait tout cela le 31 janvier. La veille, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) avait déclaré une urgence de santé publique de portée internationale.

    Et, pendant les six semaines qui ont suivi, la plupart des pays occidentaux n’ont absolument rien fait. C’est une erreur impardonnable.

    La question est : pourquoi le président [français Emmanuel] Macron, le président [du Conseil italien Giuseppe] Conte, pourquoi le premier ministre [britannique Boris] Johnson, pourquoi le président [américain Donald] Trump n’ont-ils rien fait ? Ne comprenaient-ils pas ce qui se passait en Chine ? Ne croyaient-ils pas les Chinois ? N’ont-ils pas demandé à leurs représentations diplomatiques à Pékin d’enquêter ? Je ne comprends pas. Les preuves étaient très claires, dès fin janvier. Donc je pense que les politiciens vont devoir s’expliquer.

    Et ce n’est pas correct de blâmer l’OMS ou la Chine, comme le font Johnson ou Trump, dans une mystérieuse théorie du complot. L’OMS et la Chine ont expliqué dès janvier ce qui était en train de se passer. Mais il y a une défaillance systématique des gouvernements occidentaux qui n’ont pas pris ces messages au sérieux. Etait-ce du #racisme envers les Chinois ? C’est une faillite catastrophique des exécutifs occidentaux. Cette pandémie est un désastre que nous avons nous-mêmes créé.

    Des commissions d’enquête parlementaires ont-elles été mises en place au Royaume-Uni afin d’évaluer la gestion de la pandémie par le gouvernement ?

    Non. La France a un temps d’avance sur nous. Nos politiciens nous disent que ce n’est pas le bon moment. Ce que je trouve dément. Si nous avons une seconde vague plus tard cette année, nous ferions mieux d’avoir tiré les leçons de notre mauvaise gestion de la première.

    Nous devons être très clairs à ce sujet. Je ne veux blâmer aucun individu. Il n’y a pas une personne en France ou dans aucun autre pays européen qui soit responsable à elle seule d’une faillite nationale. C’est le système qui a failli, le système de conseils scientifiques qui a failli dans votre pays comme dans le mien. Le système de riposte politique a failli dans votre pays comme dans le mien.

    En quoi la France a-t-elle failli, selon vous ?

    Lorsqu’il y a eu proclamation d’une urgence de santé publique de portée internationale, le 30 janvier, pourquoi la ministre de la santé [d’alors, Agnès Buzyn] n’a-t-elle pas immédiatement envoyé un message à l’ambassade de France à Pékin pour lui demander son aide pour comprendre ce qui se passait à #Wuhan, quel était ce virus, à quel point il était inquiétant, s’il était aussi préoccupant que l’indiquaient des articles dans The Lancet ?

    Si l’ambassade avait fait correctement son travail, elle aurait rassemblé en quarante-huit heures les informations du bureau de l’OMS à Pékin, de la Commission nationale de santé du gouvernement chinois. Elle aurait compris la nature de la menace, l’aurait immédiatement transmise au ministère de la santé et au Palais de l’Elysée et, à la fin de la première semaine de février, le gouvernement aurait disposé d’une vision très claire du danger.

    Si cela ne s’est pas produit, c’est une faillite catastrophique du gouvernement français et les Français doivent demander pourquoi le gouvernement n’a pas protégé les près de 30 000 vies qui ont été perdues, comme nous en avons perdu 40 000. C’étaient des morts évitables. Ces personnes devraient être en vie aujourd’hui.

    Pourquoi les gens ne sont-ils pas davantage en colère à ce sujet ? J’ai vu les manifestations des « gilets jaunes » dans les rues de Paris. Elles m’ont frappé. Pourquoi les « gilets jaunes » ne manifestent-ils pas dans la rue contre l’échec du gouvernement français à protéger les vies des près de 30 000 de ses citoyens ? Qui demande des comptes au gouvernement ?

    Tant qu’il n’y aura pas un vaccin disponible pour tous, le virus ne s’en ira pas de lui-même. Nous devrons vivre avec lui dans le futur proche. Selon toute probabilité, il reviendra cet hiver sous la forme d’une seconde vague. Et il est possible lorsque nous assouplissons le confinement que nous ayons des flambées de la première vague.

    Donc, il n’y aura jamais un bon moment pour mener des enquêtes. Nous avons besoin d’une enquête qui démontre clairement qu’il ne s’agit pas de blâmer des individus, mais de comprendre ce qui n’a pas marché.

    Certains comparent ce qui s’est passé dans un laps de temps très court pour le Covid-19 avec le sujet du changement climatique, pour lequel nous savons ce qui va arriver mais n’agissons pas. Cela vous paraît-il pertinent ?

    C’est un peu différent. Dans une pandémie, nous parlons de la faible probabilité d’un événement à haut risque. Le changement climatique est en train de se produire, qui provoque une urgence si nous n’agissons pas.

    Je ferais plutôt la comparaison avec la protection contre les séismes. Si vous habitez à Los Angeles ou à San Francisco, on vous demande de vous préparer à un événement qui se produira à coup sûr mais à un moment inconnu. C’est très difficile de faire des plans pour ce type de situation.

    Au Royaume-Uni et, j’en suis sûr en France, une pandémie grippale figurait en tête de liste dans l’évaluation nationale des risques. Nous savons que nous avons une épidémie saisonnière tous les ans, que la grippe de 1919 fut une catastrophe et nous savons qu’un jour nous serons confrontés à un virus grippal beaucoup plus sévère même s’il l’est moins que celui de 1919. Et nous nous y préparons.

    Nous ne nous étions pas préparés à quelque chose du type #SRAS [syndrome respiratoire aigu sévère]. C’était une erreur, car le SRAS de 2002-2003 était un prototype de ce que nous avons aujourd’hui. Nous savons qu’au cours des vingt ou trente dernières années, la fréquence des infections chez l’animal qui passent à l’homme a augmenté. La raison en est connue : urbanisation massive, taudis urbains, marché avec des animaux vivants dans les villes, mauvaises conditions d’hygiène…

    Ces virus ne viennent pas par accident de Chine. Elle a connu l’industrialisation et l’urbanisation les plus rapides de la planète. Nous savions que nous étions en train de créer les conditions d’incubation d’une pandémie, mais nous ne savions pas exactement quand elle surviendrait. C’est sur ce point que nous avons trahi nos citoyens en ne nous préparant pas comme il fallait.

    En 2016, le Royaume-Uni a fait une simulation – l’exercice Cygnus – afin d’évaluer l’impact d’une pandémie grippale. Elle a montré que nous n’étions pas prêts pour une pandémie. Et nous nous retrouvons aujourd’hui dans une pandémie à laquelle nous n’étions pas préparés. Un nouvel exemple d’échec gouvernemental et de la santé publique. Nous savions qu’il y avait un problème, nous ne l’avons pas réglé.

    En France, il y avait un plan pour une situation pandémique, mais il semble qu’il soit resté dans un placard…

    Exactement. Mais ce ne sont pas seulement les politiciens qui sont responsables. Votre pays comme le mien ont la chance d’avoir certains des meilleurs scientifiques au monde. L’Institut Pasteur est un réseau de classe mondiale d’institutions de recherche sur les maladies infectieuses. Où étaient les voix de l’Institut Pasteur pour pousser le gouvernement à se préparer à une pandémie, dès février ?

    Il faut poser ces questions sur les scientifiques, au Royaume-Uni comme en France, pour savoir pourquoi l’élite scientifique ne faisait pas valoir ces signaux d’inquiétude.

    Cette élite scientifique a parfois été divisée sur l’importance de cette menace pandémique, même assez tardivement, en France. Peut-être ces contradictions compliquaient-elles la tâche des politiques pour savoir à quoi on faisait face ?

    Je comprends cela. Mais, ce que je dis, c’est que les choses étaient claires en janvier. Quiconque disait en mars qu’il n’y avait pas un danger immédiat avec cette pandémie montrait une incompétence incroyable. En mars, le virus faisait rage en Italie du Nord.

    En France, des conseils scientifiques ont été créés pour éclairer le gouvernement. Quelle articulation peut-il y avoir entre la science et le politique ?

    Je connais Jean-François Delfraissy, le président d’un de ces conseils scientifiques. Vous ne pouviez avoir un meilleur scientifique pour conseiller le gouvernement.

    Je ne le critique pas. La responsabilité du système était de comprendre ce qui se passait exactement en Chine dès janvier. Je ne comprends pas pourquoi dès ce moment on n’a pas indiqué au gouvernement qu’il fallait prévoir des protections individuelles, être prêt à tester, à tracer et à isoler, éviter les rassemblements, envisager de fermer les écoles, pour se préparer à cette épidémie. Et ce n’est pas de la perspicacité. Relisez ces articles de janvier : tout y figurait déjà. Et rien ne s’est passé. Votre gouvernement a mieux répondu que le mien. C’est déjà ça…

    Autre question : où était l’Union européenne (UE) ? Une des raisons de l’échec britannique est le Brexit, l’exceptionnalisme, la mentalité îlienne : c’est un défaut psychologique classique en Grande-Bretagne, la croyance que nous sommes meilleurs que tous les autres. Eh bien on a prouvé tout le contraire dans la façon de gérer cette pandémie.

    Mais l’UE avait une opportunité de s’assurer que non seulement les pays soient préparés, mais aussi coordonnés. Une des choses les plus marquantes est d’avoir vu vingt-sept Etats avoir vingt-sept stratégies différentes.

    Pourquoi l’UE n’a-t-elle pas réuni ses Etats membres pour qu’ils apprennent les uns des autres, coopèrent et s’aident d’une façon bien plus coordonnée ? Je sais que la réponse est que la santé est une responsabilité nationale. Mais on s’en fout ! C’était une pandémie, une urgence, une menace à la sécurité nationale ! L’UE aurait dû avoir une part bien plus active pour unifier les pays dans ces circonstances.

    Parlons du « Lancet », qui a dû rétracter le 4 juin un article publié le 22 mai. Que s’est-il passé ?

    Il semble qu’il s’agisse d’une fraude monumentale, par le fondateur de la société Surgisphere, Sapan Desai. Il y a une enquête en cours par le Brigham and Women’s Hospital (Boston) dont dépend l’auteur principal, Mandeep Mehra, pour comprendre ce qui s’est passé. Ce dont nous sommes sûrs, c’est qu’il n’y a pas de données vérifiées ou validées de façon indépendante pour appuyer ce qu’avance l’article.

    Personne ne peut dire si ces données existent, à part Sapan Desai lui-même, qui a refusé de les partager avec Mandeep Mehra et les autres auteurs, et il a refusé de les montrer à des auditeurs indépendants. Si bien que personne ne connaît le statut exact de ces données.

    Cette affaire en évoque une autre, quand le « Lancet » avait dû rétracter en 2006 un article du Norvégien Jon Sudbo après que celui-ci avait admis avoir inventé des données. Quelles leçons peut-on tirer de ces épisodes ?

    Il va nous falloir être plus méfiants. Aujourd’hui, nous faisons confiance à ce que nous disent les auteurs des articles scientifiques. S’ils nous disent qu’il y a une base de données et qu’ils signent une déclaration affirmant qu’elles sont fiables, nous leur faisons confiance, tout comme les reviewers extérieurs à qui nous demandons d’évaluer leurs travaux.

    Clairement, il va falloir élever notre niveau de méfiance à propos de ces bases de données pour avoir plus de chance d’identifier des cas de fraude. Mais il faut être très clair : c’est une perte pour la science, qui s’appuie sur la confiance. Quand vous perdez la confiance, parce que des gens malintentionnés mentent, c’est mauvais pour tout le monde.

    Pourrait-on imaginer des préenregistrements de ces données, comme dans les essais cliniques ?

    Il y a aussi de la fraude dans les essais cliniques : des patients et des données ont été inventés, et on ne s’en est aperçu qu’après la publication des résultats…

    La seule façon d’être 100 % certain de ne pas publier des travaux frauduleux serait que les éditeurs et les reviewers se rendent sur place et qu’ils examinent chaque élément des données sur lesquelles s’appuie l’étude publiée dans la revue. Mais c’est clairement une tâche impossible, grotesque. Donc on ne peut se passer d’une part de confiance, sinon la science cessera de fonctionner.

    Pourrait-on imaginer des tiers de confiance qui vérifieraient une part de ces données, de façon aléatoire, comme c’est le cas dans l’industrie pharmaceutique, avec un effet dissuasif – un peu comme les contrôles routiers ?

    Les revues scientifiques ne peuvent être la police de la science, ce n’est pas notre rôle. Mais on pourrait envisager d’être plus attentif si une nouvelle base de données apparaît, comme c’était le cas avec celle de Surgisphere. Mandeep Mehra n’a lui-même pas eu accès aux données.

    Donc nous allons désormais demander aux auteurs de signer une déclaration qui dise explicitement qu’ils ont eu accès aux données et qu’ils les ont effectivement vues. On peut avoir des demandes plus strictes vis-à-vis des auteurs.

    Dans le sport, le dopage semble avoir toujours une longueur d’avance sur les contrôles. Y a-t-il un parallèle avec l’activité scientifique ?

    C’est très vrai. A chaque fois, on essaie de tirer les leçons, mais la fraude continue : c’est assez facile pour les fraudeurs, précisément parce que l’activité scientifique est fondée sur la confiance. Mais pourquoi devrait-elle être différente d’autres secteurs de la société où des personnes malintentionnées se distinguent aussi.

    Avec Surgisphere, on a affaire à quelqu’un qui a pu mentir à ses coauteurs, dans une publication dans le New England Journal of Medicine, dans le Lancet, et peut-être d’autres revues. C’est assez incroyable qu’il ait pu tromper tant de gens en tant d’occasions. Cela ne veut pas dire que la science a failli, mais que le système sur lequel elle est fondée peut facilement être subverti.

    Mais faut-il, à cause de ces rares occasions où cela se produit, changer tout le système ? Il y a une expression anglaise qui dit « bad cases make bad law » – les mauvais exemples conduisent à de mauvaises lois. C’était un cas extrême, on doit en tirer les leçons, mais cela ne veut pas dire qu’on doive instituer un système bureaucratique énorme fondé sur l’idée que chaque article peut être l’objet d’une fraude.

    Peut-être pourrait-on avoir des incitations, du côté des « reviewers », en rendant publiques leurs évaluations afin de les responsabiliser plus encore ? Car, dans ce cas précis, il n’a pas fallu longtemps à des observateurs extérieurs aux revues pour voir que quelque chose clochait dans les résultats…

    C’est vrai. Nous envisageons de poser une question très directe aux reviewers : pensez-vous qu’il y ait des problèmes d’intégrité scientifique dans cet article ? Y a-t-il une possibilité, même infime, de fraude ? Cela concentrerait leur attention sur cette question d’une façon inédite. Une des leçons est aussi qu’on ne peut faire confiance d’emblée aux bases de données. A l’avenir, si on a affaire à une base de données dont on n’a jamais entendu parler, il faudra être méfiant, et peut-être demander – dans cette situation – à ce que les reviewers aient accès aux données brutes.

    L’urgence à publier en temps de pandémie a-t-elle pu vous faire baisser la garde ?
    Non, cela serait arrivé même hors Covid-19. Si quelqu’un est déterminé à tromper son monde, on ne peut pas y faire grand-chose. Cet individu a tenté de tromper ses collègues, des institutions, des journaux et pour finir le public. Il a essayé et il a échoué.

    Certains observateurs estiment que les données de Sapan Desai pourraient exister, avoir été aspirées dans les registres électroniques des hôpitaux sans que les autorités soient au courant. Pensez-vous que ce soit le cas ?

    Je n’en sais rien, pour être honnête. Ce que Mandeep Mehra m’a dit, c’est que quand les auditeurs indépendants ont demandé à Sapan Desai de leur transférer les données, ils ont eu une discussion par Zoom, et il s’est contenté de leur montrer son écran d’ordinateur. Donc, à ma connaissance, personne n’a vu les données de Surgisphere.

    On pourrait croire que les coauteurs ont travaillé avec lui sur les données, mais ce n’est pas le cas. Quand Mandeep Mehra demandait des données, Sapan Desai lui fournissait des tableaux récapitulatifs, mais jamais les données brutes. Je ne sais pas quelle proportion de ces données a été inventée, mais suffisamment pour qu’il n’ait pas voulu les partager avec ses coauteurs.

    L’épisode ne donne-t-il pas raison à ceux qui plaident pour un système de prépublication qui permettrait une revue par les pairs qui soit publique ?

    Dans ce cas particulier, un preprint aurait pu permettre de découvrir la fraude – je peux le concevoir. Mais un des dangers des preprints est qu’ils peuvent gagner beaucoup d’attention avant d’avoir été relus.

    Nous avons signé une déclaration lancée par le Wellcome Trust reconnaissant qu’en période de pandémie les chercheurs peuvent souhaiter exposer leurs résultats dans le domaine public plus rapidement que d’habitude, et que s’ils choisissent de les prépublier, cela ne compromettra pas leur chance de les voir publiés dans une revue. Je soutiens fortement l’idée des preprints, en théorie. Mais il y a des problèmes aussi avec eux : certains ont donné lieu à l’exposition de théories complotistes sur l’origine du nouveau coronavirus, et il a fallu les retirer… Les preprints peuvent aussi être trompeurs. Ils ont leur place, mais ne sont pas la panacée pour ces problèmes.

    Pour revenir à la confiance que vous évoquiez, centrale dans le processus scientifique, le grand public ne va-t-il pas voir sa propre confiance envers la science érodée par cette crise ? Il a découvert que la vérité médicale était très labile. Est-ce une bonne ou une mauvaise chose ?

    Je pense que c’est bien si le public comprend que la science ne produit pas des vérités. Ce qu’elle fait, c’est se diriger vers la vérité, qu’elle n’atteint jamais complètement. Cela signifie qu’il y a toujours de la place pour l’erreur, l’incertitude et le doute.

    C’est toujours mauvais quand les politiciens disent avoir pris des décisions en accord avec la science. Cela ne veut absolument rien dire. De quelle science parlez-vous ? Quelles preuves, quelle incertitude, à quel point êtes-vous sûr des résultats ? La « science » dans ce sens-là est une invention des politiciens pour se protéger des critiques. Donc nous devons expliquer qu’une telle chose, « la vérité » ou « la science », cela n’existe pas. Il y a seulement des probabilités, et des possibilités.

    Si le Covid-19 a détruit l’illusion que la science délivre la vérité, c’est une bonne chose. Mais – et c’est un grand mais – cela ne devrait pas engendrer une perte de confiance dans la science. Bien au contraire : montrer la réalité de ce qu’est la science, la montrer dans son humilité, devrait renforcer la confiance que le public devrait avoir envers elle.

    Ce que nous faisons, humblement, est de faire de notre mieux dans des circonstances difficiles. Si nous le racontons, je pense que le public nous fera confiance. Si nous faisons des promesses infondées, le public, de façon compréhensible, ne nous croira pas.

    Cette crise est une opportunité pour la communauté scientifique de réécrire le contrat entre la science et la société. C’est très important. Et c’est le moment de le faire.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2020/06/20/richard-horton-le-covid-19-montre-une-faillite-catastrophique-des-gouverneme

    #Coronavirus

  • #Népotisme et #conflits_d’intérêts au sommet de la recherche

    Le roi Macron aime à placer ses proches. Voulant imposer par tous les moyens son conseiller personnel à la tête du #HCERES, il prend aussi le risque de malmener l’indépendance et l’intégrité de la #recherche française, au moment où elle en a le plus besoin.

    Il y a assez peu de doute que #Thierry_Coulhon sera nommé ce 28 juillet à la présidence du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (HCERES). Mais ce sera, une fois de plus, au prix de l’indépendance de cet organisme, qui a justement le statut d’« autorité administrative indépendante ». Car le prix à payer sera très élevé, aussi bien pour le conseiller #Coulhon que pour l’Elysée, et plus encore pour toute la recherche. Qu’on en juge :

    1. Après qu’un appel à candidature a été lancé courant décembre 2019 pour assurer la succession de Michel Cosnard à la présidence du HCERES - son mandat s’était achevé fin octobre -, des échanges et des « auditions » informelles se déroulent : plusieurs candidats sont entendus par la ministre mais aussi par le conseiller enseignement supérieur et recherche du président, à savoir Thierry Coulhon. Or Thierry Coulhon est également candidat à cette fonction. Un conseiller assurément très particulier, doué de cette aptitude au dédoublement qu’exige la politique dite d’excellence : il aura été l’auteur de sa propre audition. Pour protester contre cette candidature politique qui rend manifeste une situation de conflit d’intérêts et pour se réapproprier le contrôle des valeurs et du sens des métiers de la recherche, le collectif RogueESR lance le 20 janvier une candidature collective à la présidence du HCERES, qui sera rejetée par le ministère malgré les 5400 signatures de soutien.

    2. Le conflit d’intérêts est si évident et les protestations si vives que la ministre Frédérique Vidal en est réduite à saisir début mars le Collège de déontologie de son ministère, lequel rend son avis le 29 mai. On peut le lire ICI. Dans un langage poli et avec de multiples pincettes, nos savants déontologues reconnaissent ceci : « une apparence de conflits d’intérêts peut naître de la candidature, à une nouvelle étape de la procédure, d’une personnalité qui avait, à un stade antérieur, reçu, dans le cadre de ses attributions, les candidats alors déclarés. » Et ils ajoutent : « L’éventuelle nomination à la tête d’une autorité administrative indépendante d’une personne qui exerçait immédiatement auparavant des responsabilités auprès des autorités du pouvoir exécutif est également de nature à susciter des hésitations ». C’est peu dire ...

    3. Contrainte par les recommandations du Collège de déontologie, la ministre lance un nouvel appel à candidatures. Parmi les 160 candidatures déposées, dont une majorité suscitée à nouveau par le collectif RogueESR qui a invité les collègues à procéder cette fois à des candidatures individuelles, la haute administration du Ministère parvient à sélectionner en moins d’une semaine quatre candidats qui seront auditionnés mardi 28 juillet. Thierry Coulhon, dont on aurait pu imaginer qu’une fois le masque tombé il serait sagement resté confiné en son palais, a présenté à nouveau sa candidature. Il fait partie des quatre sélectionnés, lesquels doivent être départagés par une commission de quatre membres, dont deux sont possiblement en situation de conflit d’intérêts. Je joins à ce billet un communiqué de RogueESR qui résume bien la situation à la veille du grand oral.

    Macron aime privatiser le pouvoir autant que les services publics. Les situations de conflits d’intérêts se multiplient dans l’ESR depuis le lancement de la "Loi liberté et responsabilité des universités" en 2007, dont Thierry Coulhon, il convient de s’en souvenir, avait piloté la mise en application, au cabinet de Valérie Pécresse. Treize ans après, minés par des potentats locaux et parfois de véritables petites mafias, les universités et les organismes de recherche du service public sont devenus un terrain de chasse privilégié pour les cabinets de consultance en tous genres et pour les petites et grandes entreprises du secteur privé. Avec Macron, le sommet de l’Etat est, de ce point de vue, une véritable école du vice. Mais l’école a aussi ses ratés. Depuis bientôt un an, Macron patine à imposer son conseiller personnel à l’ESR à la tête du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur.

    Les 17-18 septembre 2019, le HCERES organisait un colloque sur le thème « Bilan et perspectives de l’évaluation de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation : 2015-2025 ». Cedric Villani devait ouvrir le colloque. Empêché pour cause d’élections municipales, il fut remplacé, au pied levé, par Thierry Coulhon. Convenant que sa prise de parole était contraire à son état de conseiller politique du président qui l’oblige à la mutité, il concéda « le plaisir d’une très légère transgression » (26 :30 dans la vidéo ci-dessous). Plaisir qui se prolongea par un authentique discours de candidat, alors même que Michel Cosnard n’avait pas encore achevé son mandat. Il est vrai qu’en Macronie, où l’impunité rivalise avec l’indécence, le conflit d’intérêts n’est rien de plus qu’une « très légère transgression ». Et le népotisme un pur divertissement.

    https://blogs.mediapart.fr/pascal-maillard/blog/270720/nepotisme-et-conflits-d-interets-au-sommet-de-la-recherche
    #université #facs #France

    • HCERES: le principe d’#indépendance bafoué

      Chères et chers collègues,

      La présidence du Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (HCERES) est vacante depuis le 30 octobre 2019. Un premier appel à candidatures avait été annulé sur avis du collège de déontologie de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, du fait de l’opacité du processus et des critères d’évaluation et de sélection des candidatures et du fait des conflits d’intérêts notoires de l’un des candidats, Thierry Coulhon, conseiller auprès du président de la République.

      Lors du second appel, le ministère a reçu 160 candidatures en plus de celle de Camille Noûs, soutenue par RogueESR. Il est surprenant que tant de candidatures aient pu être examinées en si peu de temps, sans rapporteurs scientifiquement compétents pour lire les travaux et évaluer leur qualité. Il est très surprenant que Thierry Coulhon se présente à nouveau à cette fonction, malgré l’avis du collège de déontologie de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation. Il est encore plus surprenant que la commission d’audition soit présidée par Claire Landais, secrétaire générale du gouvernement. Le Haut Conseil de l’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur français (HCERES) est une Autorité administrative indépendante, c’est-à-dire une institution qui agit au nom de l’État et dispose d’un réel pouvoir, sans pour autant relever de l’autorité du gouvernement. L’idéal régulateur de la recherche et de l’Université est fondé sur l’autonomie du monde savant vis-à-vis de tous les pouvoirs — politique, religieux et économique. Les libertés académiques sont ainsi garanties par le préambule de la constitution. Conformément à ce principe, le HCERES est supposé définir « les mesures propres à garantir la qualité, la transparence et la publicité des procédures d’évaluation ». Aussi, un organisme comme le HCERES ne peut se concevoir comme un instrument de pilotage politique. Sous la direction de Jacques Toubon, le Défenseur des droits a montré ce que devait être la liberté de fonctionnement d’une Autorité administrative indépendante. Il devrait en être de même pour la présidence du HCERES, qui aurait dû être choisie par une instance scientifique indépendante, composée de membres extérieurs. Au contraire, le comité d’audition (Jean-François Bach, Christine Clerici, Suzanne Fortier et Alain Schuhl) comporte deux membres dont les institutions seront évaluées par le HCERES et qui sont donc en conflit d’intérêt notoire.

      Quatre candidats seront auditionnés le 28 juillet : Jean-Luc Autran, Véronique Chanut, Thierry Coulhon et Catherine Dargemont. Jean-Luc Autran a été signataire de la tribune parue le 20 janvier 2020 dans le journal Le Monde, qui rappelait les conditions minimales de l’autonomie de la recherche. Il aura la lourde tâche de défendre les principes fondateurs de la recherche et de l’Université, mis à mal depuis bientôt deux décennies.

      L’audition par la représentation nationale de la personne choisie, qui précède sa prise de fonction, devrait avoir lieu à l’automne. Nous faisons un appel aux collègues juristes pour fournir une aide dans la rédaction d’une question prioritaire de constitutionnalité et attaquer le décret de nomination devant le Conseil d’Etat pour irrégularité de procédure, au cas où la personne nommée ne soit pas conforme au principe d’indépendance du HCERES et, surtout, de la science et de l’Université.

      Le collectif RogueESR

      PS : Le projet de loi de programmation de la recherche modifie le fonctionnement du HCERES en son article 10. Il ne s’attaque pas au principe d’indépendance dont on redoute qu’il soit bafoué. Il réaffirme en revanche le fait que l’évaluation par le HCERES, avec possiblement un retour des « notes », conditionnera fortement la répartition moyens entre les institutions.

      Message reçu via la mailing-list Rogueesr, le 24.07.2020

      #présidence #présidence_HCERES

    • L’évaluateur évalué… 5. La candidature-alibi ?

      Au cours du mois de juillet, nous avons appris que quelques candidats à la présidence de l’HCERES avaient été auditionnés. « Appris » est certainement un grand mot : lu à l’occasion d’un tweet de #Jean-Luc_Autran, professeur à Aix-Marseille Université, , qui nous apprenait qu’il y avait défendu un programme.

      https://twitter.com/JeanLucAutran/status/1286207735894364160?ref_src=twsrc%5Etfw%7Ctwcamp%5Etweetembed%7Ctwterm%5E12

      Autran était-il le seul candidat auditionné ? Nul ne le sait. Enfin, rien d’officiel n’est apparu sur le site du MESRI.

      https://www.aefinfo.fr/acces-depeche/632264

      Interrogé par Newstank1 et par Academia, Jean-Luc Autran a accepté de présenter les différents points du programme présenté devant un comité dont on ne connaît à cette heure la composition2.

      Jean-Luc Autran indique avoir déposé sa candidature à la présidence de l’Hcéres à l’occasion de l’initative #NousSommesCandidat.

      « Cette candidature, qui n’était pas prévue dans mon parcours d’enseignant-chercheur, est motivée par la situation et l’évolution de l’ESR que je juge très préoccupante sous bien des aspects, dont le sujet majeur de l’évaluation ».

      L’évaluation tient une place centrale dans l’ESR, mais, pour ce collègue qui observe l’évolution préoccupante de l’ESR depuis 20 ans, elle pose problème :

      elle est devenue très bureacratique, chronophage – ce qui ne laisse pas d’inquiété
      elle est désormais pilotée par une technocratie composée de « professionnels de l’évaluation », déconnectés des réalités du terrain, obéissant à ses propres règles, à ses propres indicateurs, sans que, en retour, les chercheurs de terrain puissent avoir leur mot à dire.

      Pour Jean-Luc Autran,

      « la contestation est une première étape, comme un cri d’alarme fort et parfois désespéré mais, à mon sens, elle ne peut s’éterniser car elle porte un grave préjudice à toute la communauté dont le niveau d’exaspération est de plus en plus élevé ».

      Sa candidature est ainsi un moyen, peut-être moins radical que ce qui pourrait être, de proposer un autre projet pour l’enseignement supérieur et la recherche par rapport à ceux qui existent3 . L’évaluation doit être un moye, non une fin, pour conduire l’ensemble des collègues et des collectifs à progresser, non une sanction qui a pour effet principal de démobiliser.

      « Si je sollicite aujourd’hui la direction du Hcéres, c’est pour un mandat de mission extrêmement clair : garantir l’autonomie du processus d’évaluation du monde universitaire et de la recherche, et dans ce cadre, opérer un véritable choc de simplification et un choc de confiance en redonnant tout son sens à l’évaluation, pour que celle-ci soit une « évaluation de progrès », de nouveau partagée et acceptée par toute la communauté et à tous les niveaux.
      Car l’Hcéres doit avant tout garantir l’autonomie et l’indépendance du monde universitaire et de la recherche sur les sujets essentiels de l’évaluation et de l’intégrité scientifique ».

      Pour ce faire, Jean-Luc Autran entend procéder, à la tête d’une équipe de direction entièrement renouvelée, à une analyse en profondeur des procédures d’évaluation en cours et définira une nouvelle méthodologie dans le respect des textes, plus proche des acteurs et actrices de la recherche, en vue d’établir un « dialogue constructif, enrichissant, positif, entre évalués et évaluateurs, c’est-à-dire entre pairs ».

      Ainsi, pour résumer le changement d’approche de l’évaluation, je proposerai que le nouveau slogan du Hcéres ne soit plus « évaluation et qualité » mais « évaluer pour progresser ».

      Jean-Luc Autran se dit très attentif à deux choses :

      - la collégialité des décisions et l’harmonie de travail entre les équipes et au sein de la directions, toujours à l’écoute des personnels, comme il a pu le faire ces dernières années dans mon laboratoire.
      – aux moyens accrus à l’Office français de l’intégrité scientifique pour qu’il remplisse pleinement sa mission essentielle englobant les problématiques d’intégrité, d’éthique et de déontologie.
      – l’ajustement permanent des procédures, condition indispensable de réappropriation par la communauté de son système d’évaluation.
      – nouer un dialogue avec les partenaires européens.

      Par ailleurs, le candidat se préoccupera de :

      – l’utilisation du crédit impôt recherche dont il faut expertiser les résultats,
      - le bien-être étudiant et la lutte contre la précarité étudiante dont il faut faire un critère politique dans le suivi des établissements ;
      – ou encore les politiques de développement durable des établissements.

      Pour conclure, Jean-Luc Autran a listé une série de propositions dans un programme de travail qu’Academia reprend ici.

      13 propositions de Jean-Luc Autran pout la présidence du Hcéres

      – Expertiser les résultats du Crédit d’Impôt Recherche ;
      - Utiliser les prérogatives du Hcéres pour mener à bien un audit des besoins matériels et humains ainsi qu’un bilan social de l’ESR à tous les niveaux ;
      - Faire du bien-être étudiant et de la lutte contre la précarité étudiante un critère politique dans le suivi des établissements ;
      - Proposer la suppression de la commission des titres d’ingénieurs et évaluer la qualité des formations privées délivrant ce titre ;
      - Évaluer systématiquement les présidences et vice-présidence des établissements du supérieur ;
      – Mettre en place une évaluation permanente des membres des strates administratives par les personnels, destinés à les faire progresser dans l’exercice de leurs fonctions, sur la base des meilleures pratiques ;
      - Mettre en place une procédure d’institution des normes d’évaluation, discipline par discipline, par la communauté académique elle-même ;
      – Limiter le nombre de pièces prises en compte dans les dossiers de candidature et de carrière (articles, livres, etc) pour en finir avec la course au chiffre ;
      – Interdire dans les évaluations de valoriser les pratiques académiques qui supposent des voyages en avion ou des déplacements coûteux ;
      - Refondre totalement les procédures, calendriers et organisations des comités de visite en simplifiant à l’extrême le formalisme en vigueur, la durée et le travail en amont demandé aux structures évaluées.
      – Limiter drastiquement la longueur des documents à fournir pour les évaluations des unités de de recherche, des formations, des écoles doctorales et des établissements ;
      - Interdire l’utilisation du tableur Excel, des diagramme SWOT et des diagrammes de Gantt dans toutes les procédures d’évaluation ;
      - Limiter la longueur des rapports d’évaluation à une page recto-verso pour les unités de recherche, les écoles doctorales, les formations et à cinq pages pour les établissements.

      ’audition de Jean-Luc Autran est-elle un alibi à la consécration du calife ? Sans doute : le candidat ne semble guère se faire d’illusions sur le caractère vicié de la procédure MESRI. Sa candidature, en revanche, s’avère très sérieuse et une alternative intéressante à la suppression pure et simple de l’HCERES. L’absence d’ambition carriériste, politique ou vénale4. du candidat, son inscription dans la démarche collective #NousSommesCandidatE, la rend même dangereusement crédible. Il propose même un programme véritable neuf, venant compléter — on devine en coordination — le rôle du Conseil national des universités et du Comité national de la Recherche scientifique.

      Espérons que la représentation nationale fera valoir l’intérêt qu’il y a à nommer une personnalité universitaire toujours active, soucieuse du progrès scientifique, connaissant parfaitement la gabegie, en temps et en argent, du système actuel.

      https://academia.hypotheses.org/25327

    • La nomination à la présidence du HCERES entachée d’une #faute_déontologique et d’une atteinte au principe de #séparation_des_pouvoirs

      Lettre ouverte du 11 octobre 2020

      La crise sanitaire a mis en évidence l’existence d’une crise de la recherche scientifique, dans son fonctionnement institutionnel comme dans son rapport à la société. En effet la pandémie n’a pas seulement pris en défaut les instances de pilotage qui avaient renoncé ces dernières années à accorder des financements décisifs à la recherche sur les coronavirus. Les controverses relatives aux mesures sanitaires ont aussi confirmé que l’acceptation démocratique de mesures fondées sur des diagnostics scientifiques était conditionnée à la confiance de la population envers une recherche indépendante et intègre, aux antipodes des bureaucraties cooptées et toujours soupçonnées de conflits d’intérêts.

      L’un des enjeux de cette crise touche au pilotage de la politique scientifique en France. Depuis quinze ans, ces politiques font abstraction d’une évidence simple : une science au service de la démocratie et des citoyens requiert disputatio, collégialité, autonomie et temps long. A contrario, le pilotage stratégique de la science par l’évaluation quantitative et par une mise en compétition réglée de tous contre tous porte atteinte à la confiance que les citoyens peuvent placer dans une science soucieuse de l’avenir de nos sociétés. C’est pourtant l’optique qui guide toutes les réformes de ces dernières années et qui anime l’actuel projet de loi de programmation de la recherche (LPR). Au cœur de cette évolution qui concourt à faire dévier la science de sa logique d’intérêt général, on trouve une instance : le Haut Conseil de l’Évaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (HCERES), l’autorité administrative indépendante en charge de l’évaluation de l’ensemble des structures de l’enseignement supérieur et de la recherche.

      Le 2 octobre dernier, les services de l’Élysée ont officialisé par un communiqué de presse le choix d’Emmanuel Macron de proposer la nomination d’un de ses conseillers à l’Élysée, M. Thierry Coulhon[1], à la tête de cette autorité censée être « à l’abri de toute pression […] des autorités gouvernementales » comme le précise, le plus sérieusement du monde, le HCERES sur son site internet. Cette décision vient clore un processus de nomination long et litigieux, engagé fin 2019, après que le mandat du président précédent, M. Michel Cosnard, eut pris fin.

      L’appel à candidatures avait suscité une mobilisation massive de la communauté de l’enseignement supérieur et de la recherche française, soucieuse de contribuer activement à la définition des normes de probation de son travail, garantes de son intégrité, de façon responsable et en toute indépendance vis-à-vis des pouvoirs politiques, économiques et religieux. Une candidature collective avait ainsi été déposée à l’initiative du collectif RogueESR en janvier 2020, rassemblant 1378 volontaires mobilisés sous la bannière #NousSommesCandidat. Le sens de cette candidature collective à la présidence du HCERES était très clair : garantir l’autonomie et l’indépendance absolue du processus d’évaluation par les pairs du monde universitaire et de la recherche.

      Si elle était avalisée par les commissions compétentes de l’Assemblée Nationale et du Sénat, la nomination de Thierry Coulhon serait de nature à aggraver la crise de confiance que traverse actuellement le monde scientifique, et ce au pire moment. Car cette proposition de nomination est entachée de deux problèmes graves, sur le plan de la déontologie professionnelle et sur celui de l’éthique de la vie politique.
      Une faute déontologique

      En tant que conseiller du Président de la République, M. Coulhon intervient dans les arbitrages sur les politiques publiques et les nominations en matière d’enseignement supérieur et de recherche. Il exerce de facto une autorité réelle sur les administrations et établissements publics qui se trouvent dans son champ de compétences et sur ses dirigeants. Or, à plusieurs reprises au long du processus de désignation du président du HCERES, M. Coulhon s’est placé en position de juge et partie. Le collège de déontologie du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche ne s’y est d’ailleurs pas trompé ; dans son avis du 29 mai 2020, il écrivait dans la langue feutrée qui le caractérise : « L’éventuelle nomination à la tête d’une autorité administrative indépendante d’une personne qui exerçait immédiatement auparavant des responsabilités auprès des autorités du pouvoir exécutif est également de nature à susciter des hésitations. »

      M. Coulhon s’est de nouveau porté candidat lors du second appel à candidature publié en juin dernier. Le conseiller du Président, qui n’a pas jugé opportun de quitter ses fonctions dans l’intervalle, a été auditionné le 28 juillet 2020 comme trois autres candidats servant de faire-valoir, par une commission d’examen présidée par la Secrétaire générale du Gouvernement et composée de quatre personnalités ès-qualités, dont une présidente d’université et un directeur général d’organisme de recherche. Ces derniers sont soumis à l’autorité directe de l’HCERES en matière d’évaluation, ainsi qu’à l’autorité indirecte du conseiller élyséen dans leurs mandats respectifs. Les conflits d’intérêt sont tellement flagrants qu’on a du mal à croire qu’une telle composition de la commission d’examen ait pu paraître judicieuse à qui que ce soit.

      Des auditions publiques auraient pourtant permis de lever le voile sur la teneur des échanges et d’apprécier l’équité de traitement des différents candidats.
      Une atteinte au principe de séparation des pouvoirs

      Si le candidat ne semble pas troublé par sa position de conseiller à l’Élysée, ce conflit d’intérêt manifeste est cependant en totale contradiction avec l’ambition d’une « République exemplaire », que défendit lors de la campagne de 2017 l’autorité de nomination, à savoir le Président de la République. En matière d’exemplarité républicaine, cette nomination d’un conseiller élyséen à la tête d’une autorité « indépendante » est d’une tout autre teneur que celle, par exemple, de Jacques Toubon au poste de Défenseur des droits par François Hollande. Les propos du collège de déontologie furent véritablement inspirés et prémonitoires : tout ceci est bien « de nature à susciter des hésitations. »

      Précisons pour finir que cette alerte ne vise en rien la personne de M. Coulhon, mais cette volonté tenace de passer outre le principe d’indépendance de l’instance en charge des normes de la science en France. Si l’indépendance n’est pas une condition suffisante pour garantir l’exercice d’une science autonome et désintéressée, telle que la société la souhaite, elle en est cependant une condition nécessaire. Cette nomination à la tête d’une autorité indépendante constituerait un redoutable précédent et assurément une grave infraction au principe de séparation des pouvoirs. Toute notre société pourrait bientôt en payer le prix. C’est pourquoi nous appelons les députés et sénateurs membres des commissions compétentes à rejeter la nomination de M. Coulhon à la présidence du HCERES.

      https://rogueesr.fr/presidence_hceres

  • Première combattante Kataëb en 1975, Jocelyne Khoueiry est décédée à l’âge de 64 ans - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1227873/lex-combattante-kataeb-jocelyne-khoueiry-decede-a-lage-de-65-ans.html

    Jocelyne Khoueiry, l’une des premières combattantes (sinon la première combattante) du début de la guerre civile au Liban, en 1975, qui faisait partie de la milice Kataëb durant la première phase de la guerre libanaise, est décédée vendredi à l’âge de 64 ans des suites d’une longue maladie, à l’hôpital Notre-Dame de Secours à Jbeil, rapportent les médias locaux.

    Pas un mot, ni même une allusion, sur le rôle de ladite milice dans les massacres de civils durant la guerre du Liban.

    #l'orient-le_jour #liban #crimes_de_guerre

  • Covid-19 : première plainte criminelle pour « délaissement » de personnes vulnérables
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/07/29/covid-19-premiere-plainte-criminelle-pour-delaissement-de-personnes-vulnerab

    Un enseignant trentenaire, souffrant de dépression, contraint d’appeler une demi-douzaine de fois le SAMU en une semaine avant de parvenir à être hospitalisé. Il y mourra, des suites du Covid-19… « Les gens qui sont vraiment en grande détresse, en gêne respiratoire, ils parlent beaucoup moins bien », lui avait répondu le SAMU. Arrivé à l’hôpital, il sera directement envoyé en réanimation, au vu de sa détresse respiratoire.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Coronavirus : des personnes âgées écartées des hôpitaux pendant la crise sanitaire en France

    Un couple de septuagénaires dans un Ehpad. La femme tente désespérément d’alerter le personnel sur l’état de son mari. L’établissement, jugeant son attitude « alarmiste » et « nuisible », propose de la renvoyer chez ses enfants pour la « séparer » de son époux. La famille finit par obtenir, de haute lutte, l’hospitalisation du vieil homme, atteint du Covid, puis de la femme, également malade. Les deux finissent par en mourir, à quinze jours d’intervalle.

    Une nonagénaire autonome, en Ehpad, présente de graves symptômes du Covid-19. Son fils demande instamment l’hospitalisation. Une infirmière sollicite le SAMU et s’entend dire : « Elle a 93 ans, c’est ça ? (...) Donc elle ne sera pas hospitalisée. (…) Il y a beaucoup de gens qui ne comprennent pas, mais elle n’ira pas aux urgences. (…) Il faut contacter le médecin, qu’il vous donne des consignes pour qu’elle évolue dans le confort. »

    Ces épisodes glaçants – et dix autres – sont consignés dans la plainte contre X avec constitution de partie civile pour « délaissement ayant provoqué la mort », « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », « discrimination » et « entrave aux soins » dont vingt-huit parents ou ayants droit de treize personnes décédées du Covid-19 ont saisi, avec l’association Coronavictimes, vendredi 24 juillet, le doyen des juges d’instruction du tribunal judiciaire de Paris.

    « En raison de leur âge, de leur isolement ou de leur condition physique ou psychique préexistante, ces treize personnes n’ont pas eu accès à des soins adaptés qui auraient pu les sauver », explique Me Anaïs Mehiri, l’avocate qui a déposé cette plainte collective.

    Dans le document de 32 pages que Le Monde a consulté, les plaignants dénoncent une « stratégie » consistant, selon eux, à « laisser les personnes souffrantes à leur domicile ou dans une structure d’accueil [Ehpad] jusqu’à ce qu’elles atteignent un état de santé critique ». Ils reprochent ainsi « un tri » opéré envers leurs proches.

    #refus_de_soin #Covid #hôpital #plainte #responsabilité_légale #délaissement

  • #Pandémie : Le déchainement ! Vaccination en Marche (...forcée) Stratégie du choc
    Grâce aux travail de l’#OMS de la #banque_mondiale et de #bill_gates, tout passe et devient crédible dans la bouche du pire personnage de l’histoire.
    On se croirait dans le bunker qui abrite la cellule de crise de l’Élysée. Le narratif de ce qu’on vit réellement actuellement.
    Je veux qu’ils se jettent sur le vaccin, comme un passager du Lolita Express lorsqu’il voit passer un enfant.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=5&v=4kfCJjDBGAA

    #propagande #enfumage #manipulation #histoire #médias #vaccins #internet #réseaux_sociaux #médias #merdias #masques #muselière #Didier_Raoult #Lancet #argent #santé #gros_sous #capitalisme #big_pharma #laboratoires_pharmacetiques #confinement #pandémies #pandémie #grippe #covid-19 #coronavirus #panique #big_pharma #épidémie #EnMarche

    • Le Bunker de la dernière rafale

      https://www.youtube.com/watch?v=FFbyNaAAfZw

      Le Bunker de la dernière rafale est un court métrage français réalisé par Marc Caro et Jean-Pierre Jeunet, sorti en 1981.

      Synopsis : Une équipe de militaires dérangés est confinée dans un bunker. Lorsque l’un d’eux découvre un compteur qui défile à rebours, tous sont affolés. Que se passera-t-il à la fin du décompte ? C’est dans cette ambiance lourde de tension qu’ils sombreront tous, peu à peu, dans la plus profonde des folies.Métaphore de la peur inconsidérée qu’a l’homme de l’inconnu, le très peu de paroles de ce court-métrage, lui confère une certaine universalité.

      Fiche technique :
      Réalisation : Marc Caro & Jean-Pierre Jeunet
      Scénario : Gilles Adrien, Marc Caro & Jean-Pierre Jeunet
      Production : Zootrope
      Son : Marc Caro
      Photographie : Marc Caro, Jean-Pierre Jeunet & Spot
      Montage : Marc Caro & Jean-Pierre Jeunet
      Pays d’origine : France
      Format : noir et blanc - 1,66:1 - mono - 35 mm
      Genre : court métrage, science-fiction
      Durée : 26 minutes
      Date de sortie : 1981 (France)
      Distribution : Jean-Marie de Busscher - Marc Caro - Patrice Succi - Gilles Adrien - Spot - Vincent Ferniot - Thierry Fournier - Zorin - Eric Caro - Jean-Pierre Jeunet - Bruno Richard - Hervé di Rosa

      #Cinéma #court_métrage

  • Malheureusement, « l’esprit Charlie » signifie toujours la même chose :
    https://video.twimg.com/amplify_video/1288579578592665601/vid/1280x720/H5LUylX30PLeRabe.mp4

    Après la crise du Covid, tu le savais, toi, que la priorité des médecins urgentistes de France, c’était la défense de la laïcité et la lutte contre le séparatisme islamiste ? (Et le soutien au gouvernement Macron, dont on ignorait à quel point il était respecté par le monde hospitalier.)

  • La Grande Interview : Georges Corm — RT en français
    https://francais.rt.com/magazines/la-grande-interview/77224-georges-corm

    George Corm, ancien ministre libanais des finances, pense que le Liban est « dans une situation d’inflation accélérée » où seules « les associations caritatives tentent d’aider les plus pauvres ». L’auteur du livre Le Proche-Orient éclaté explique que pour « un pays qui été un modèle de liberté économique, se retrouver sous un dirigisme économique » lui est difficile. Très acerbe sur le rôle qu’a pu jouer la famille Hariri aux plus hautes fonctions de l’Etat, il apporte son analyse sur la possibilité des aides que pourraient apporter certaines instances internationales. Pour l’universitaire, « le pays est scindé en plusieurs morceaux et chacun essaie tant bien que mal à faire se relever le pays. Le système est bloqué et les différentes communautés sont impactées. Chacune d’entre elles souhaite tirer ces crises à son avantage ». George Corm parle aussi du cynisme de l’Union européenne sur la question des réfugiés syriens où l’Europe demanderait au Liban de « recevoir les réfugiés ». Selon lui, « le Liban a le potentiel pour s’en sortir même si ce potentiel fut anéanti par les nombreux accords de libre-échange ». Conscient des multiples défis que le Liban doit relever, il estime que « le pays devra forcément revoir un certain nombre de points stratégique et économique pour se remettre debout ».

    #liban #corm

  • Cuando España intentó exterminar al pueblo gitano | Blog Diario de España | EL PAÍS
    https://elpais.com/politica/2020/07/29/diario_de_espana/1596044128_177571.html

    Dans « l’histoire noire » de l’Espagne, la mal connue « solution finale » imaginée au milieu du XVIIIe siècle pour se débarrasser des gitans.

    La operación se diseñó en secreto por orden del Monarca, al que convenció Gaspar Vázquez Tablada, obispo de Oviedo y gobernador del Consejo de Castilla. El religioso pensaba que habían fracasado en el intento de someter a los gitanos a la uniformidad del reino, por lo que era preciso expulsarlos. Para conseguirlo debían establecer una prisión general, algo que impedía la inmunidad eclesiástica a la que solían acogerse los gitanos. El escollo se salvó en 1748 con un acuerdo con la Santa Sede. La pérdida de asilo eclesiástico dejó a esta etnia sin sitio donde ocultarse. No obstante, algunos religiosos, como el capellán del convento de Los Mínimos, en El Puerto de Santa María (Cádiz), les ocultaron e impidieron la entrada de las tropas en los templos. El arzobispo de Sevilla incluso protestó enérgicamente y exigió garantías para que los detenidos no fuesen castigados. En cambio, en otras ciudades, como Vélez Málaga, los gitanos se entregaron voluntariamente ante el asombro de los soldados.

    La intención inicial del Consejo de Castilla era arrestarlos y enviarlos a las provincias de América, donde trabajarían como mano de obra esclava en fábricas y minas. El fracaso de Portugal en esta misma empresa un año antes abortó la operación. En su lugar, se acordó el exterminio biológico: si se separaba a hombres y mujeres no podrían reproducirse y se extinguirían. “Ya no existían galeras donde mandarlos, así que se quiso atajar el asunto aplicando métodos ilustrados. Pensar en un holocausto como el que perpetraron los nazis contra los judíos sería absurdo”, reconoce David Martín.

    Las instrucciones estipulaban que las diligencias debían abrirse en todas las localidades en la medianoche del día señalado. La carta ordenaba arrestar sin demora a todos los gitanos y separarlos en dos grupos. Los varones de hasta siete años permanecerían con sus madres para aprender oficios útiles hasta los 15, cuando serían destinados a los arsenales de la Marina para desarrollar trabajos forzosos, como el resto de hombres. Las mujeres, en cambio, serían obligadas a tejer en fábricas textiles. De esta manera, el Estado absolutista se garantizaba mano de obra barata. La operación sería financiada con los bienes de los detenidos, confiscados y subastados para pagar la manutención de los reos, el alquiler de carretas y barcos para el viaje.
    Indulto

    “La envergadura del proyecto estaba muy por encima de los medios de la época. La situación se desbordó. Fue un caos porque las autoridades no sabían dónde meter a los detenidos y su manutención era cara”, afirma Manuel Martínez, autor de Los gitanos y las gitanas de España a mediados del siglo XVIII: el fracaso de un proyecto de exterminio. Este historiador señala que las autoridades dieron marcha atrás pasados unos meses, el 28 de octubre. “Cuando comprobaron el gran error que habían cometido, liberaron a los gitanos que podían demostrar una buena forma de vida”. La redada, que debía afectar a “vagos y maleantes”, se cebó con los gitanos más integrados y con oficio reconocido. Estos, a diferencia de los nómadas, estaban empadronados y contribuían a las economías locales, que se resintieron, por lo que muchos vecinos y alcaldes exigieron su liberación.

    #gran_redada #gitans #roms "génocide

  • Palestinien fais-toi naturaliser ouïghour !
    https://www.legrandsoir.info/palestinien-fais-toi-naturaliser-ouighour.html

    La campagne actuellement conduite par les Etats-Unis, et ses idiots utiles, pour nous inquiéter sur le sort des Ouïghours est détestable car elle nous oblige à rejoindre le coin, celui des méchants. Ne pas accepter sans preuves les propos tenus par les chargés de propagande de Trump devient une complicité de crime. Pourtant, pour avoir été le témoin de tant de faux drames, inventés pour le seul maintien du monopole colonialiste étasunien sur le monde, que je me sens obligé de faire part de mon expérience du mensonge.

    Surprenante cette campagne « en soutien au peuple Ouïghour » le jour où, avec l’approbation de Falstaff-Dupond, l’aigle qui couve le nid de la Justice depuis la colonne Vendôme, l’Assemblée vient de voter une sorte d’annulation à vie des droits de tout condamné pour terrorisme. Libéré, peine purgée, l’abruti de vingt ans qui a cru libérer la Syrie en rejoignant Daech, restera à jamais un homme sans liberté. Mais remarquons que les députés qui viennent de voter ce texte, réhabilitant la « relègue » et la double peine, sont par ailleurs des amis de la liberté. Liberté pour la minorité ouïghoure essentiellement de culture musulmane chinoise, mais pas de liberté possible en France pour celui que la justice qualifie de « terroriste ». Si Pékin a la fasciste audace de demander des comptes aux très nombreux Ouïghours qui ont rejoint, eux aussi, Daech et al Nosra en Syrie, puis sont rentrés à la maison : c’est un crime contre l’humanité. En revanche, quand Dupond-Moretti et ses amis sécuritaires applaudissent à leur loi toute neuve et honteuse, c’est l’expression « d’une avancée du droit ». Bon : le Chinois est jaune et très méchant, le Français est blanc et très gentil. D’ailleurs ce n’est pas lui qui crèverait des yeux à coup de LBD.


    Longtemps la désignation officielle, par les EU ou l’OTAN, d’une minorité opprimée m’a bien énervé. J’étais surpris que des citoyens généreux et intelligents, ne soient pas étonnés que des humanistes du calibre de Nixon, Reagan, les deux Bush, puis Trump et Netanyahou leur désignent un ennemi à combattre, un oppresseur de minorités. Dans ma vie prolongée, il m’est assez facile, pour l’avoir constaté, de compter ce genre d’utilisation de la misère et de l’oppression comme un outil de guerre de l’impérialisme.

    La dernière mouture remonte à la supercherie des « Printemps Arabes ». C’est dans un entretien avec le New York Times , qu’un haut diplomate EU en a livré le secret : « Plutôt que de dépenser des milliards en cadeaux et en armement, il suffit d’investir 500 millions auprès d’internautes d’un pays dont on veut changer le régime pour que monte en force une révolte, souvent légitime. C’est une grosse économie en dollars et en sang versé. » La recette ? Former des jeunes (arabes par exemple), ou des « ONG », à toutes les subtilités de l’Internet et à celles aussi des réseaux sociaux. Actuellement la pendule étasunienne est donc calée à l’heure de Pékin. Très bien. Mais retrouvons la mémoire pour nous rappeler que l’opposant maximo à la Chine, avant les JO de 2008, n’était autre que Robert Ménard et sa déshonorante association Reporters Sans Frontières. Une engeance recevant des fonds de la NED, instrument de propagande de Washington.

    Repartons plus loin dans le temps. Qui se souvient des petits Biafrais atrocement maigres, montrés (déjà) aux journaux par Kouchner qui, aidé d’intellectuels espions du SDECE, mettait au point une idéologie qui allait conduire à la fin des guerres de libérations, non oblitérées par l’Occident : « Le droit d’Ingérence ». Ah les Biafrais ! Cette ethnie englobée dans l’odieux Nigéria ! S’ériger en république autonome était tout à fait légitime. Pourtant le nerf de la révolte n’était pas la liberté mais le pétrole, le sous-sol biafrais est d’un noir d’huile. Faute de derricks à Colombey, De Gaulle ne s’est pas honoré en activant là-bas une sécession conduite par des généraux corrompus. Et nous avons pleuré ces enfants mourant pour « la liberté de leur peuple ». Alors qu’on les faisait crever pour obtenir de terribles photos qui, au bout de l’horreur entraîneraient la baisse du prix du litre de « super ». De 1962 à 1975, Johnson et Nixon ont soutenu la liberté des Méos et de leurs combattants, armés (par eux). Coincés entre Chine, Vietnam et Laos, ces royalistes étaient très utiles pour lutter contre le communisme. Le Vietnam tombé, cette cause naguère essentielle, celle des Méos a disparu des programmes. En Afghanistan viendra, plus tard, la déification de l’islamiste puis le soutien apporté à un incontestable combattant de la démocratie : Ben Laden.

    La recette reste bonne, activer une ethnie comme on met une bûche au feu. Cette pratique marche d’autant mieux qu’entre-temps le droit-de-l’hommisme, concept néo-libéral, a été forgé sous le marteau de Kouchner. Avec une telle arme le scrupule de détruire un État disparaît. Au nom du droit, le leur, les démolisseurs peuvent bombarder sans mauvaise conscience, comme ils le firent en Serbie. L’épisode historique des valeureux « rebelles tchétchènes », dont on nous a longuement loué mérites et qualités dans les journaux, au tournant de 1990, a finalement érigé la charia en 1999. Ce qui indique un amour sans murailles pour la démocratie et la liberté. Des journalistes ont alors crapahuté dans les montagnes, de concert avec ces fous de Dieu, mais en oubliant de prévenir les lecteurs de leur véritable but : le califat. Nous avons donc pleuré là aussi. Constater la nature mortifère de ces rebelles justifie-t-il les crimes de guerre commis contre eux ou contre la population ? Atrocités commises par des Russes ou par le dictateur Bassaïev ? Non. Mais que l’on vienne alors nous expliquer pourquoi la France est en guerre pour préserver l’Afrique de l’ouest des mains de Daech... Alors que Poutine, lui, était prié de faire bon ménage avec la charia, dans un état de la Fédération de Russie ?

    Mon métier a voulu que, pour un temps plus ou moins long, mais toujours « sur le terrain », j’ai vu l’Occident dénoncer les crimes des autres sans jamais regarder les siens. Deux exemples de massacres, utilisés comme arme de propagande, ont été pour moi l’objet de reportages éclairants sur la puissance du mensonge. Le premier se déroule en février 1991 dans le Kurdistan irakien. Sous l’effroyable feu de « la coalition internationale », Saddam Hussein se retire du Koweït. Dans le nord de l’Irak les peshmergas, combattants kurdes, prennent en main la population et parviennent aisément à convaincre les familles que l’heure du crime est de retour : Saddam va se venger sur leur peuple. En liaison avec Washington, avec James Baker, mais aussi l’immanquable Kouchner et la naïve Danielle Mitterrand, les peshmergas poussent la population vers les montagnes. Puis la confinent là-haut dans des conditions de survie difficiles. Ainsi créé, l’abcès de fixation qui est un « drame humanitaire » justifie une zone d’interdiction de vol pour les avions du raïs et un opprobre international. Heureusement « le génocide » annoncé n’a jamais eu lieu et, selon de dignes témoins, jamais envisagé par Saddam. Les Kurdes, une fois de plus dans leur interminable errance, ont été utilisés comme un argument cynique de géopolitique. Le fond n’étant pas de leur donner un meilleur avenir. C’est depuis Bagdad, Erbil, Kirkouk, Souleymanieh que j’ai vécu, les yeux ouverts, ce moment où l’on faisande l’histoire.

    Un ultime exemple avec l’escroquerie médatico-politique, celle du Kosovo. En 1999, le « monde libre » nous annonce que le Kosovo, province serbe majoritairement peuplée d’Albanais, est un lieu de martyre. Avec tueries de masse, camps de concentration et toutes horreurs de la barbarie. Edwy Plenel, alors directeur du quotidien Le Monde , nous annonce « 700 000 fantômes » au Kosovo. Pour parler sans métaphore, 700 000 morts. Selon le porte-parole de l’Otan le stade de Pristina, la capitale de la province, a été transformé en camp comme Santiago sous Pinochet. La propagande se nourrit de clichés.

    Arrivant par miracle jusqu’à ce Stadium, j’ai la surprise de le voir éclairé par des phares de voitures, avec des joueurs de foot à l’entrainement. Pendant des jours, du matin au soir, j’ai cherché les 700 000 morts de Plenel. Pas de trace. L’essentiel des victimes étaient mortes sous les bombes et missiles de l’Otan, tirés par des avions de chasse confondant des files de tracteurs avec des colonnes de chars serbes. Qui n’existaient d’ailleurs pas.

    En dehors de leur mortelle incursion au sein de Daech en Syrie, je ne connais rien des Ouïghours, je n’en dirai donc rien. Au contraire de ceux qui parlent mais ne savent rien. Je rappelle seulement la litanie de quelques mensonges, forgés à Washington au nom de l’America First. Un maître du monde soucieux de ne rien perdre de sa force coloniale bétonnée par le mensonge démocratique. Pour conclure, comment peut-on croire en une rumeur mondialisée, celle des Ouïghours martyrisés alors que les Palestiniens, niés, volés, bafoués, emprisonnés, torturés, continuent de l’être dans l’indifférence de ceux qui attaquent aujourd’hui Pékin. Nous laissant croire que démocratie et liberté ne sont pas leur objectif premier. Souvenez-vous enfin d’une autre offensive, avec BHL, Clooney et toute la troupe d’Hollywood sur le « drame du Darfour », l’objectif étant de détourner la douleur de l’opinion de la Palestine vers un morceau du Soudan. Que les amis droit-de-l’hommistes se souviennent, s’ils sont en panne de noble cause : en 1982 l’ONU a déclaré que le massacre de Sabra et Chatila était un "acte de génocide"... et rien n’est c’est passé après ce crime imprescriptible. Si j’étais un citoyen de Gaza je demanderais ma naturalisation ouïghoure, et mon sort intéresserait enfin le monde. Celui qui compte.

    
Tant qu’elle reste sélective l’indignation n’est rien.

    Jacques-Marie BOURGET

    #minorité #minorité_opprimée #oppression #ouïghours #ouïghour #minorités #Palestine #Palestiniens #Gaza #Daech e#al_nosra #Printemps_Arabes #internautes #ong #robert ménard #RSF #NED #Biafra #bernard_kouchner #Vietnam #Afghanistan #ben_laden #droit-de-l’hommisme #Serbie #daech #Irak #danielle_mitterrand #Kosovo #edwy_plenel #bhl #Darfour #propagande #enfumage #manipulation #histoire #médias

  • Madonna shares post on Instagram of ‘Coronavirus cure‘ from Trump-favored ‘demon sex’ doctor, swiftly gets the platform’s red flag — RT USA News
    https://www.rt.com/usa/496523-madonna-covid-cure-instagram

    Totalement incompétent sur ces questions médicales pour lesquelles les avis sont manifestement très controversés, il me reste assez de recul sociologique pour trouver malgré tout incroyablement étonnant le déchaînement de passions autour de la « vérité médicale »...

    Instagram has labeled as misinformation a post by Madonna that featured controversial preacher/doctor Stella Immanuel. Apparently, there is something in common between the pop queen and Donald Trump after all.

    In her Tuesday night Instagram update, the hyperwoke pop star called Immanuel her hero and embraced her message of standing up to greedy corporations hiding an effective cure for Covid-19 from the frightened masses. “The Truth will set us all Free!” the post said.

    Madonna posted the video of Dr. Stella Immanuel, the physician who falsely stated that hydroxychloroquine is a cure for Covid-19 and that masks don’t help to reduce transmissionIn her caption, Madonna says the so-called “Demon Sperm” Doctor is her heroIG has flagged the post pic.twitter.com/RISg6lMg5X
    — Yashar Ali 🐘 (@yashar) July 29, 2020

    Immanuel landed in the public limelight in the US after President Donald Trump and his supporters embraced her claims that antimalaria drug hydroxychloroquine (HCQ) has proven to be an effective cure for coronavirus. Unfortunately for them, it goes against the current medical consensus, which has ruled out HCQ as Covid-19 treatment.

    While critics of the president had a field day discovering Dr Immanuel’s past opinions on how dreaming about having sex with demons may cause gynecological problems, social media platforms cracked down on her medical proposals.

    #covid #stars

  • Proche&Moyen-Orient.ch
    https://prochetmoyen-orient.ch

    Situé à l’extrême sud-est de l’Iran – à seulement une centaine de kilomètres de la frontière pakistanaise – Chabahar est le seul port iranien échappant aux sanctions économiques américaines. C’est aussi le plus grand port de la côte sud de l’Iran en dehors du Golfe. En bordure de l’océan Indien, Chabahar s’est vu octroyer une dispense lui permettant d’échapper aux sanctions. Pour le département d’Etat, ce régime spécial est justifié par la nécessité de soutenir « l’assistance à la reconstruction de l’Afghanistan et le développement économique de ce pays ». Selon plusieurs sources officielles, Téhéran a investi un milliard de dollars dans le développement du port Chahid-Béhechti de Chabahar.

    Les autorités espèrent en faire une plaque tournante qui désenclaverait l’Afghanistan et permettrait à l’Inde de commercer avec ce pays en contournant le Pakistan, son voisin et rival. Les ambitions de la République islamique ne s’arrêtent pas là : à terme, l’idée est de créer une nouvelle route commerciale en reliant Chabahar à l’Asie centrale par le rail. Ce projet de voie ferrée a été baptisé « couloir Nord-Sud ».

    « Nous continuerons de développer ce port (…). Le réseau ferroviaire, le réseau routier et l’aéroport sont tous en train d’évoluer pour permettre la mise en oeuvre du couloir Nord-Sud, qui est d’une importance stratégique capitale pour nous », déclare à l’AFP le ministre du Transport et du Développement iranien, Mohammad Eslami.

    La première phase du projet d’agrandissement du port, situé entre océan et désert, a déjà permis de gagner plus de 200 hectares de terrain sur la mer et 17,5 millions de mètres cubes ont été dragués pour créer un tirant d’eau de 16,5 mètres, selon les données officielles. Les autorités affichent leur optimisme : au cours des 11 premiers mois de l’année iranienne 1397 (commencée le 21 mars 2018), le volume des marchandises chargées ou déchargées au port a augmenté de 56% par rapport à l’année précédente ».

    Encore : « nous avons une hausse de 25% du nombre de navires ayant relâché au port », ajoute – toujours pour l’AFP – Hossein Chahdadi, adjoint au directeur des affaires maritimes et portuaires de la province du Sistan-Baloutchistan, estimant que la « porte de Chabahar change la donne géopolitique du pays, sinon de l’ensemble de la région ».

    #iran #routes_de_la_soie #obor

  • « الإسلام السياسي » مصطلح ملتبس لغةً ومريب مضموناً
    https://al-akhbar.com/Opinion/291935

    Analyse, en arabe, de l’expression "islam politique". (Google translate atteint ses limites !)

    «الإسلام السياسي». شاعت هذه العبارة - المصطلح في العقود القليلة الماضية، حتى اكتسبت نوعاً من البداهة والحياد الاستعمالي بفعل التكرار والانتشار حتى من قِبل باحثين عرب لا غبار على توجهاتهم ومنهجياتهم الوطنية والتقدمية. غير أن تدقيقاً عميقاً ومتمهّلاً في ماهيتها لغةً واصطلاحاً تجعلها أهلاً للشكّ النقديّ بل وللريبة والشبهة.

    لغةً، تحيلنا هذه العبارة (الإسلام السياسي) إلى وصف «الإسلام» - كاسم علم لدين معروف، ومزجه بالسياسة على سبيل التخصيص ضمن التنويع، وكأن قائلها يؤمن بوجود أنواع من «إسلامات»، منها الإسلام الاقتصادي وليس «الاقتصاد الإسلامي»، وعلى هذا المنوال يُمكن اشتقاق عبارات من قبيل: الإسلام الصناعيّ والإسلام الزراعيّ والإسلام التلفزيونيّ.. إلخ، وهذه صيغٌ لا معنى ولا مسوّغاً لغوياً لها.

    أمّا مضموناً، فهذا المصطلح «الإسلام السياسي»، يعني توحيداً لجهة الماهية لاسم دين معروف ومحترم كسائر الأديان هو «الإسلام» بالسياسة بعُجرها وبجرها، وجعلها ماهية له مفردة به، لينتج عن ذلك شيء جديد هو دين سياسيّ خالص ومتفرّد في ذلك ومختلف عن سائر الأديان! فهل الإسلام هو دين سياسي، أم أنّه دين كسائر الأديان يستغلّه ويستلهمه السياسيّون وأهل السلطان وأهل الفكر والعقائد السياسية لخدمة مشاريعهم الخاصة؟
    المرجّح عندي، بصدد ابتكار هذا المصطلح، احتمالان: فإمّا أن يكون من منتجات الترسانة الإعلامية والاستشراقيّة الغربيّة العنصريّة المعادية للإسلام والمسلمين عموماً، أو أنّه هفوة من نِتاج لغة مبتكر المصطلحات السياسية العاجزة عن الابتكار الإصلاحيّ الصحيح من قِبل مؤلفين ومترجمين عرب، والاحتمال الأوّل قد يكون أقوى من الثاني! كيف ذلك؟

  • Ensauvager et #ensauvagement, des mots épouvantail | L’écume du discours
    https://ecumedudit.hypotheses.org/1866

    Ce qui concerne la sylva, le sauvage, s’oppose au domus, le domestiqué, qui, changeant d’échelle, deviendra le « civilisé » (Descola 2004). Le sauvage et le civilisé se pensent en réciprocité. La sauvagerie hante l’inconscient collectif et fait redouter un retour à un état primaire. De cette crainte jaillit le syntagme « l’ensauvagement de la France » (en écho à « l’ensauvagement de l’Europe » de Césaire), face à une montée présumée de violences, face à la montée de diverses violences urbaines, en particulier celles liées au mouvement des Gilets jaunes. Depuis 2017, le verbe ensauvager fleurit dans certains titres d’une presse souvent extrémiste, où l’idée sous-jacente est toujours le passage d’un état considéré comme supérieur à un état inférieur, apparenté à celui d’un monde sauvage et animal.

    On retrouve le verbe ensauvager dans le titre d’un billet de Riposte, La France s’ensauvage et se délite, à cause des immigrationnistes, publié le 31 juillet 2018 dans lequel foisonnent les termes alarmants (s’écroule, s’effondre, s’éclate, menacée), autant de mises en garde sur un péril qui menacerait la France

    • Plus récemment, le terme est mentionné par l’historienne Mona Ozouf qui parle d’« ensauvagement du langage » en relation au mouvement des gilets jaunes, en se référant à la Révolution française et au livre de Victor Klemperer sur la langue du IIIème Reich : « l’ensauvagement du langage non seulement annonce mais prépare, fabrique même l’ensauvagement des actes ».

      On retrouve le verbe ensauvager dans le titre d’un billet de Riposte, La France s’ensauvage et se délite, à cause des immigrationnistes, publié le 31 juillet 2018 dans lequel foisonnent les termes alarmants (s’écroule, s’effondre, s’éclate, menacée), autant de mises en garde sur un péril qui menacerait la France :

      Depuis que ces gens-là gouvernent, la France s’écroule. Elle s’effondre ! Elle s’éclate en ethnie. La France est menacée par les bandes, et à terme, par une libanisation. (Riposte, [en ligne])

      Le verbe ensauvager n’est pas repris dans l’article mais est précisé par les reformulations anaphoriques (« incivilités », refus d’obéissance aux forces de l’ordre, des agressions) et divers exemples prélevés dans la presse :

      Le tissage textuel du dérivé ensauvagement avec ces termes (fauve et racaille) est facilité par le fait que l’adjectif dont il est issu (sauvage) s’applique aussi bien à l’animal qu’à l’homme (distinction lexicographique).

      L’utilisation dans les titres d’articles du mot ensauvagement permet de qualifier les exemples égrainés dans les articles. Il évite de thématiser sur les auteurs des délits ou même sur les victimes, ce qui serait le cas avec d’autres substituts éventuels, comme délinquance.

      Dans un colloque intitulé « De la délinquance à l’ensauvagement ? », Marine Le Pen mentionne que la cité, dont elle rappelle l’étymologie (« civis »), n’est plus « synonyme de civilisation, de courtoisie » mais est devenu « un monde auquel on accole le terme d’incivilité » et où « la violence qui y régnait a évolué en ultra violence. » Le mot ensauvagement fait planer une menace, celle d’un monde qui se « décivilise », d’un monde qu’il faudrait policer, comme le suggère la photographie représentant des policiers (voiture et motards) qui illustre l’éditorial intitulé « Les violences gratuites augmentent, le monde s’ensauvage » (site de Sud Radio, mars 2019). L’ensauvagement serait tel que seul le recours à la police pourrait endiguer ce retour de barbarie.

      #langage #extrême_droite #racisme #illégalisme #déviance #insécurité

  • Libye : Bernard Henri Lévy empêché d’accéder à Tarhouna | L’express DZ
    https://www.express-dz.com/2020/07/25/libye-bernard-henri-levy-empeche-dacceder-a-tarhouna

    Des groupes armés dépendant du Gouvernement d’union national (GNA ) ont empêché ce samedi, Bernard Henry Levy de rentrer dans la ville de Tarhouna, rapporte le site RT Online .

    Plusieurs vidéos circulent sur les réseaux sociaux et sur le site RT online, montrant cette scène d’empêchement et les semonces adressées au cortège de celui que surnomment ironiquement les internautes libyens « le père de la révolution de février 2011 ».

    Bernard Henri Lévy serait en Libye pour rencontrer des personnalités militaires et politiques dans les villes de Khoms, de Misrata et de Tarhouna. Sa présence en Libye a enflammée la toile et a fait réagir même le Commandement général des forces armées libyennes qui a annoncé qu’il n’a eu vent de cette visite qu’à travers les réseaux sociaux.

    #les_cons_ça_ose_tout #libye

  • Ibrahim Maalouf
    6:14 AM · 25 juil. 2020
    https://twitter.com/ibrahim_maalouf/status/1286877341269078016

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    Ibrahim Maalouf relaxé
    8 juillet 2020 – Le blog de Marie-Monique Robin
    http://blog.m2rfilms.com/ibrahim-maalouf-relaxe

    Je viens d’apprendre que le trompettiste Ibrahim Maalouf a été relaxé en appel, de l’agression sexuelle envers une mineure qui avait effectué un stage dans son studio d’Ivry-sur-Seine en… 2013.

    Je mets en ligne un papier que j’avais rédigé avant l’audience de la cour d’appel, prévue initialement le 23 mars, et repoussée en raison du confinement. Aucun des journaux que j’avais contactés (Mediapart, Huffington Post, Les Jours, L’observateur, Le Monde, Libération) n’avait accepté de le publier, même en version courte. Je laisse aux lecteurs et lectrices toute liberté pour interpréter ce refus. (...)

  • Elijah J. Magnier ( ejmalrai) / Twitter
    https://twitter.com/ejmalrai

    Seyed Mohammad Marandi
    Either Israeli or US regime fighter jets threatened an Iranian passenger plane over Syrian airspace.

    In Iran it is widely believed that the objective was to cause Syrian air defences to mistakenly shoot down the plane or to force the pilot to make a catastrophic mistake.

    A propos de « l’inspection de routine » de l’avion civil iranien par l’aviation US au-dessus du territoire syrien.

  • « طهران » : آخر حيل اسرائيل « في حربها الناعمة » على ايران
    https://al-akhbar.com/Media_Tv/291913

    Tiens ! Encore un habile feuilleton de propagande israélienne !

    https://fr.timesofisrael.com/la-nouvelle-serie-israelienne-teheran-sera-diffusee-sur-apple-tv
    Apple TV+ a acheté les droits de « Téhéran », une série israélienne se déroulant dans la capitale iranienne, co-créé par Moshe Zonder, un scénariste de la série à succès de Netflix « Fauda ».

    La vente, qui se serait élevée à plusieurs millions de dollars, a été négociée par Cineflix Rights et Paperplane Productions, ainsi que par les producteurs de la série, Dana Eden et Shula Spiegel. Dana Eden, co-créatrice de la série, et Shula Spiegel ont déclaré qu’Apple avait déjà commandé trois saisons.

    « Téhéran » se concentre sur l’histoire de Tamar Rabinayan, incarnée par l’actrice israélienne Niv Sultan, une jeune hackeuse douée travaillant pour une unité de renseignement israélienne. Elle est appelée à rejoindre le Mossad et envoyée en mission périlleuse en Iran, où elle reçoit l’ordre de pirater un réacteur nucléaire.

    Lorsque sa mission ambitieuse échoue, Tamar Rabinayan est coincée sur la terre de son enfance, où elle découvre ses racines locales et se lie d’amitié avec les militants pro-démocratie locaux.

    « ‘Téhéran’ vise à jeter une nouvelle lumière sur le conflit israélo-iranien et à engager des luttes universelles autour de l’immigration, de l’identité et du patriotisme pour examiner s’il est possible de se libérer de ces contraintes », avait expliqué Moshe Zonder à Deadline l’année dernière.

    #israël #iran #feuilletons_poison

  • L’Europe opte pour le pipe-line EastMed, le projet israélien controversé
    Publié le 22 juin 2020 sur Palestina Solidariteit | Traduction : Jean-Marie Flémal
    https://charleroi-pourlapalestine.be/index.php/2020/07/21/leurope-opte-pour-le-pipe-line-eastmed-le-projet-israelien

    (...) En 2000, on a également découvert des gisements gaziers devant la côte de Gaza, lesquels, en théorie, ont un énorme potentiel économique pour les Palestiniens. Ces derniers pourraient en effet devenir indépendants vis-à-vis d’israël pour la satisfaction de leurs besoins en énergie.

    Les gisements pétroliers ont été de facto accaparés par Israël, en conséquence directe de l’occupation, et cela va à l’encontre du droit international. Juridiquement, les gisements gaziers gazaouis appartiennent aux Palestiniens, mais Israël exerce le contrôle de facto sur les réserves. En raison des restrictions imposées par Israël, le gaz palestinien n’a aucune valeur économique. La quantité de gaz contrôlée par Israël offre à ce dernier pays le potentiel de devenir une grande puissance de l’énergie et de consolider encore sa position internationale.

    L’EastMed Pipeline partira de la côte israélienne mais il est déjà certain qu’il traversera la Zone d’économie exclusive de Gaza, sans accord avec les Palestiniens, ce qui constituera une violation des directives des Nations unies. En outre, Israël n’a pas l’accord non plus des Palestiniens pour exploiter le gaz des régions frontalières maritimes, ce qui constitue une violation grave du droit international. L’extraction unilatérale, l’exploitation du gaz sans l’accord de l’Autorité palestinienne, viole la souveraineté du peuple palestinien sur ses ressources naturelles. Ceci comprend une violation du devoir d’Israël en tant que puissance occupante de protéger les biens immobiliers de l’État occupé. (...)

  • Au centre social de Amel à Haret Hreik : place à l’émotion ! - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1227057/au-centre-social-de-amel-a-haret-hreik-place-a-lemotion-.html

    Mais pour détendre l’atmosphère, Kamel Mehanna, qui sait alterner les moments de gravité avec des intermèdes plus légers, a raconté une anecdote selon laquelle Adam et Ève auraient finalement découvert qu’ils vivaient au Liban, puisqu’ils n’avaient ni eau ni électricité, alors qu’ils se croyaient au paradis. Le ministre français a répliqué dans un rire : « Mais ils ont quand même survécu et ils sont encore là... » Comme quoi même dans le quotidien le plus sombre, il y a toujours de l’espoir. Mais cette fois, c’est aux Libanais de le construire.

    #liban

  • L’Ours Tulipe de Sophie Guerrive

    Publié le 12 mai 2020 (lendemain du déconfinement) :

    L’ours « Tulipe », à fleur de peau

    Avec son héros solitaire et amoureux, #Sophie_Guerrive livre une merveilleuse fable philosophique qui renvoie le lecteur à ses propres tourments.

    https://next.liberation.fr/images/2016/11/25/l-ours-tulipe-a-fleur-de-peau_1531035

    #bd #bande_dessinée

  • Palestine/ Covid-19 : Israël démolit un centre de quarantaine à Hébron (Al-Khalil)
    https://www.aa.com.tr/fr/monde/palestine-covid-19-isra%C3%ABl-d%C3%A9molit-un-centre-de-quarantaine-%C3%A0-h%C3%A9bron-al-khalil-/1917864

    Les forces d’occupation israéliennes ont démoli, mardi, une structure utilisée comme centre de quarantaine pour les personnes susceptibles d’avoir contracté le coronavirus dans la ville d’Hébron, en Cisjordanie.

    Selon plusieurs habitants de la région, les autorités israéliennes ont prétendu que le centre de 700 m2 n’avait pas reçu de permis de construire.

    #palestine #pandémie
    « Le Centre était en cours de préparation depuis trois mois », a déclaré le propriétaire, Raed Mesawda, à l’agence Anadolu. Et d’ajouter que « l’occupation israélienne semble vouloir propager le coronavirus dans la ville. »

    Selon Mesawda, la démolition du centre est « la preuve que l’occupation israélienne ne se soucie pas de la propagation du virus, lequel ne fait aucune distinction entre les Palestiniens et les Israéliens ».

    Le ministère palestinien de la santé a annoncé, mardi, deux décès et 400 nouvelles infections dues au coronavirus en Cisjordanie au cours des dernières 24 heures, dont 119 cas à Hébron.

    Le bilan des contaminations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza s’élève maintenant à 10 923 cas confirmés, dont 67 décès.

  • L’impunité israélienne touche à sa fin
    Par Maureen Clare Murphy, le 19 juillet 2020| The Electronic Intifada | Traduction : CG pour l’Agence Média Palestine
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/21/limpunite-israelienne-touche-a-sa-fin

    (...) Une décision de la Chambre préliminaire sur la juridiction de la Cour en Palestine est attendue prochainement (la CPI vient d’ajourner ses travaux pour les vacances d’été et les reprendra mi-août) et le gouvernement israélien ne s’attend pas à ce que les juges tranchent en sa faveur.

    Le quotidien de Tel Aviv Haaretz a rapporté cette semaine qu’Israël dresse « une liste secrète de agents de l’armée et des services de renseignement qui pourraient être arrêtés à l’étranger », au cas où l’enquête de la CPI se poursuivrait.

    L’article indique que la liste « inclut maintenant entre 200 et 300 agents ».

    Le document reste secret parce que la CPI « verra probablement cette liste de noms comme un aveu officiel israélien de l’implication de ces fonctionnaires dans les incidents faisant l’objet de l’enquête », a ajouté Haaretz.

    Des suspects probables incluent des ministres importants et des hauts gradés de l’armée qui ont supervisé et exécuté l’offensive d’Israël sur la Bande de Gaza en 2014. Parmi les suspects potentiels de haut rang nommés par Haaretz figurent Benjamin Netanyahu et l’ancien chef de l’armée Benny Gantz, qui dirigent conjointement le gouvernement de coalition d’Israël.

    La liste pourrait aussi inclure des agents de rang moins élevé impliqués dans la construction des colonies en Cisjordanie.

    Le nombre de personnel passible de poursuites pour crimes de guerre ne fait que croître avec chaque exécution de rue d’un Palestinien par la police et l’armée israéliennes. (...)

    #CPI