• Afirman que tres tanqueros con gasolina salieron de Irán rumbo a Venezuela
    https://www.elnacional.com/economia/afirman-que-tres-tanqueros-con-gasolina-salieron-de-iran-rumbo-a-venezue

    El régimen de Nicolás Maduro vuelve a poner todas sus esperanzas en Irán para abastecer de combustible a Venezuela. Al menos tres tanqueros habrían cargado gasolina en el puerto iraní de Shahid Rajaee, en el estrecho de Ormuz con destino al país.

    El cargamento de 825.000 barriles de gasolina estaría divido en los buques Forest, Faxon y Fortune. Esas embarcaciones estuvieron entre las que hicieron el viaje a Venezuela en mayo, según lo publicado por Primer Informe.

    Luego de cargar, los tanqueros apagaron sus transpondedores AIS (siglas en inglés para el Sistema de Identificación Automático). Ninguno ha transmitido una posición de AIS desde finales de agosto, según la consultora.

    De acuerdo con el portal Tanker Tracker, los tres buques “muy probablemente” se dirigen al canal de Suez, por lo que deberían transitar por el Mediterráneo para luego llegar a Venezuela a través del océano Atlántico

    Esta sería la tercera vez este año que Irán envía gasolina al régimen de Maduro.

  • Une fiction pour camoufler le racisme – L’image sociale
    http://imagesociale.fr/8941

    En bref, tous ceux qui rechignent à condamner l’hebdomadaire d’extrême-droite reprennent l’argument derrière lequel celui-ci s’est abrité : la mise en scène de Danièle Obono en esclave est une fiction.

    Cet argument est évidemment un sophisme, et il faut soit avoir tout oublié de Voltaire, soit penser qu’on peut librement se moquer de certaines catégories de personnes, pour accorder foi à cette fable.

    Les suites de l’affaire Obono (seenthis.net/messages/873832) : André Gunthert enfonce le clou.

    • pour ceux qui veulent encore des arguments sur le fascisme de Onfray, il défend valeurs actuelles et sa bd raciste sur LCI (video yt)

  • Le Soudan noyé sous les eaux du Nil
    https://www.courrierinternational.com/article/catastrophe-le-soudan-noye-sous-les-eaux-du-nil

    Et ces derniers jours, c’est du jamais-vu, le Nil a atteint “17,57 mètres, selon le ministre de l’Eau et de l’Irrigation, son plus haut niveau depuis que les mesures ont commencé, il y a plus d’un siècle”, explique le journal The National.

    Ces inondations records ont fait au moins 100 morts, noyé des quartiers entiers d’habitations, détruit des maisons et coupé l’approvisionnement en eau et en électricité. Au moins 500 000 personnes ont été affectées, selon les autorités qui ont décrété trois mois d’état d’urgence. “Le ministre de l’Eau prévoit que les inondations actuelles seront pires que celles de 1998, qui ont détruit des centaines de milliers d’habitations et fait plus d’un million de déplacés”, écrit The National.
    Inquiétudes autour du barrage

    “Beaucoup craignent que le pire soit encore à venir, poursuit le quotidien d’Abou Dhabi, de fortes pluies sont prévues pour septembre, tant au Soudan qu’en Éthiopie voisine.” Si c’est à Khartoum que le Nil Bleu et le Nil Blanc se rejoignent pour ensuite poursuivre leur route via l’Égypte jusqu’à la Méditerranée, c’est bien vers l’Éthiopie, en amont, que les regards se tournent. Alors que le Nil Bleu fournit 80 % des eaux du Nil en contrebas, Addis-Abeba vient de mettre en service son grand barrage de la Renaissance (GERD). Une infrastructure sans précédent située à moins de 20 kilomètres de la frontière soudanaise et qui suscite l’inquiétude du Soudan et de l’Égypte.

    Mais pour les USA la vraie question c’est l’éventuelle #normalisation du Soudan avec Israël...

  • Le chef du Hezbollah reçoit le chef du Hamas à Beyrouth
    https://www.lefigaro.fr/flash-actu/le-chef-du-hezbollah-recoit-le-chef-du-hamas-a-beyrouth-20200906

    Ils ont souligné « la solidité » des liens entre le Hezbollah et le Hamas, ainsi que la « stabilité » de « l’axe de résistance », terminologie utilisée pour désigner le mouvement chiite libanais et ses alliés, l’Iran notamment, dans leur lutte contre Israël.

    Ce qui est épatant avec les articles repris de l’AFP, c’est l’aspect « tout automatique » des tournures. Impossible apparemment de désigner le Hezbollah autrement que par « mouvement chiite libanais ». Mais du coup, dans l’article, à aucun moment il n’est signalé que le Hamas est un « mouvement sunnite palestinien ». C’est ballot, tout de même, alors qu’il s’agit explicitement de deux mouvements islamistes, et alors qu’on est censés croire que la rivalité religieuse entre sunnites et chiites est indépassable.

  • الميادين | ترامب يجلس الرئيس الصربي كـ"التلميذ" في المكتب البيضاوي
    https://www.almayadeen.net/news/politics/1420939/%D8%AA%D8%B1%D8%A7%D9%85%D8%A8-%D9%8A%D8%AC%D9%84%D8%B3-%D8%A7%D9%84%D8%

    Quelle image : Le président serbe en mauvais élève devant maître Trump ! On imagine la rigolade des mecs du protocole qui ont organisé ça !!!

    #clichés_arabes

    • apparemment, il doit en plus avaler quelques couleuvres…

      Le président serbe « piégé » par l’annonce de Trump concernant le déménagement de l’ambassade serbe à Jérusalem (VIDEO) – LA NATION
      http://journal-lanation.com/le-president-serbe-piege-par-lannonce-de-trump-concernant-le-demen

      J’ai promis quoi ? Le président serbe Vucic semble surpris après que Trump a annoncé que Belgrade déménagerait l’ambassade à Jérusalem

      https://www.youtube.com/watch?v=gUiMMs7qGS4

      ou encore,…

      Serbia-Kosovo summit’s surprise ending : diplomatic deals with Israel - Axios
      https://www.axios.com/serbia-kosovo-trump-agreement-recogize-israel-4fa14138-2a1d-4815-abad-0684153

      A White House summit between the leaders of Serbia and Kosovo ended with a twist on Friday: Both countries announced diplomatic breakthroughs not with one another, but with Israel.

      Driving the news: Serbia has agreed to move its embassy to Jerusalem “by July,” President Trump announced, while Kosovo and Israel will grant one another diplomatic recognition.

      Behind the scenes: To finalize that agreement, Trump called Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu during his meeting on Friday with Kosovo Prime Minister Avdullah Hoti, Netanyahu’s office said in a statement.
      • The Israeli statement said that Kosovo would establish an embassy in Jerusalem, making it the first Muslim-majority country to do so.
      • Israel had never recognized Kosovo — which declared independence from Serbia in 2008 — in part because it did not want to legitimize the recognition of Palestine. It’s unclear why Netanyahu’s position has shifted.
      • Serbia — which has waged a campaign to pressure countries not to recognize Kosovo — clarified that it did not approve of Israeli recognition of Kosovo, one of several indications that much remained unresolved following the summit.

      Between the lines: This unorthodox outcome of a summit between Balkan nations underlines the administration’s push to help Israel build deeper diplomatic links around the world, and its desire to score wins where it can before November’s election.

      The other side: Serbia ruled out what would have been a landmark achievement — mutual recognition with Kosovo — ahead of the summit, and reiterated on Friday that such an agreement was out of the question.
      • The countries did sign what Trump called an “economic normalization” agreement in the Oval Office.
      • But Serbian President Aleksandar Vucic told Serbian media that he had signed a bilateral deal with the U.S., not with Kosovo.
      • Richard Grenell, Trump’s envoy for Serbia and Kosovo, later clarified that Serbia and Kosovo had signed separate documents that were nearly identical, while Trump had signed a third document signaling his approval for the initiative.
      • Grenell traded barbs with reporters, whom he accused of failing to recognize the significance of the economic agreements.
      • National Security Adviser Robert O’Brien added that Serbia and Kosovo would freeze their de-recognition campaigns for a year, to provide “breathing room” for negotiations on that issue.

      Background: Along with Grenell, O’Brien and Senior White House adviser Jared Kushner have been involved in the Serbia-Kosovo process, U.S. officials say.
      • The three met with Vucic in Washington in March on the sidelines of the AIPAC conference and raised at the time the issue of moving the Serbian Embassy to Jerusalem.
      • In his AIPAC speech, Vucic stopped short of announcing that step but said Serbia would open a commercial office in the city.

      Accessoirement, le président serbe s’appelle Aleksandar Vučić (avec tous les signes diacritiques…)

    • Note que la partie serbe ne diffuse pas les accords signés, les qualifiants de confidentiels…

      Son dakika : Donald Trump’ın Kudüs kararı sonrası Aleksandar Vucic’in tepkisi gündem oldu - Sayfa 6 - Sabah
      https://www.sabah.com.tr/dunya/2020/09/06/son-dakika-trumpin-aciklamalari-sonrasi-vucicin-yuz-ifadesi-sosyal-medyada

      Kudüs mü? Ne Kudüs’ü?
      […]
      Bu arada, Kosova tarafı imzaladıkları anlaşmanın metnini paylaşırken, Sırbistan’ın anlaşmaya dair detay paylaşmaması dikkat çekti. Vucic, toplantı sonrası yaptığı açıklamada, anlaşma maddelerinin gizli olduğunu söyleyerek detay vermekten kaçınmıştı.

  • « Bientôt nous ne pourrons plus du tout » : une universitaire répond à #Frédérique_Vidal

    Je suis maîtresse de conférences dans une “petite” université hors des grandes métropoles. Comme la plupart de mes collègues, la plus grande partie de mes heures de travail consiste non pas à enseigner ou à chercher, mais à effectuer des tâches administratives. La mienne est d’être responsable d’une licence dont les enseignant·es sont, en grande majorité, des vacataires ou des contractuel·les.

    En cette semaine de rentrée universitaire à l’ère de la Covid-19, j’ai bossé 75 heures, de 5h à 23h certains jours, pour préparer une rentrée impossible. Aucun moyen humain supplémentaire ne nous a été alloué alors que nous devons, déjà en temps normal, nous surpasser pour tenir le coup. Mais pas de panique : des caméras sont en train d’être installées dans les amphithéâtres : les enseignant·es pourront doubler la capacité de leur cours en enseignant à la fois “en distanciel” et “en présentiel”, en répondant aux questions dans la salle et sur leur ordinateur par chat. Voici la fameuse révolution louée par Frédérique Vidal, car il faut dépasser “les cours magistraux traditionnels, où le professeur lit son cours face à un amphi d’étudiants qui ne posent pas de questions”. Non pas en nous permettant de privilégier les TD en petits groupes plutôt que les CM bondés, non pas recrutant des collègues qui permettront de nous donner plus de temps de suivi individuel des étudiant·es, non pas en nous rendant les heures d’enseignement volées à nos licences au fil des coupes de budget. Non : en mettant les étudiant·es chez eux face à un écran pour suivre les cours. Révolutionnaire comme pratique pédagogique ! Au passage, Frédérique Vidal nous insulte tou·tes et montre sa dangereuse méconnaissance de la réalité : cela fait bien longtemps qu’on a remisé l’image d’Épinal d’un·e mandarin·e monologuant face des étudiant·es qui prennent des notes sans lever la tête. Si la ministre veut voir de vraies “innovations”, qu’elle assiste donc à nos cours et découvre nos pratiques pédagogiques.

    Donc cette semaine, en 6 jours, j’ai bossé 75 heures. Il m’a fallu créer des groupes de TD adaptés aux nouvelles capacités de chaque salle et donc refaire les emplois du temps, recruter les 3 enseignant·es qui manquaient pour l’année, arriver à faire payer les vacataires non payé·es l’an dernier, rendre un dossier d’auto-évaluation de la licence pour l’HCERES, former les enseignant·es au numérique, assurer l’organisation et la tenue de 6 réunions de rentrée, faire soutenir 16 étudiant·es de M2 et, accessoirement, donner 8 heures de cours. Je ne parle pas de la recherche, qui redevient un horizon inatteignable : j’y ai consacré les congés d’été, seule période un peu calme où l’on peut se concentrer.

    Si les universités sont “prêtes” pour la rentrée universitaire comme le clame Frédérique Vidal, c’est à quel prix ? Beaucoup de fatigue bien sûr, énormément de culpabilité aussi de ne pas avoir été là pour la rentrée de mes enfants, que je n’ai retrouvé que vendredi soir. Ce sera comme ça tout le mois de septembre, sans doute un peu plus.

    Je ne me plains pas vraiment, parce qu’il y a pire comme boulot, parce que le mien m’apporte encore des satisfactions, parce que participer chaque jour pour à la production et à la diffusion de savoirs c’est bien loin d’être un bullshit job ou un travail aliénant. Parce que je gagne plus de 2000 euros et que, si ce n’est bien sûr pas du tout à la hauteur des salaires des enseignant·es-chercheur·es dans les autres pays européens, je ne galère pas à nourrir mes enfants en fin de mois. Ces 70 heures de travail, je les ai parfois faites le sourire aux lèvres, lorsque j’ai découvert les étudiant·es de première année de licence, lorsque j’ai retrouvé les enseignant·es que j’adore, lorsque j’ai fait soutenir des étudiant·es qui avaient mis tout leur cœur dans leur premier travail de recherche. On le sait, l’amour de notre métier et les bénéfices secondaires qu’il nous procure est aussi ce qui nous perd : nous sommes prêt·es à tout pour que l’université fonctionne.

    Mais quelle colère ! Quelle colère quand je découvre en fin de semaine l’interview de notre ministre Frédérique Vidal qui annonce qu’elle va « créer 30000 places supplémentaires dans les Universités », sans un seul recrutement !
    On fait comment ? Quelle est le secret de ces “places magiques” ? Vraiment, à la fin de cette semaine, la seule chose que je sais c’est que JE NE PEUX PAS FAIRE PLUS. Ce n’est plus possible. Il n’y a plus d’heure de sommeil ou de temps de famille à rogner.

    Attention : je suis bien évidement foncièrement favorable à l’ouverture de places supplémentaires. Je suis pour que tou·tes les bachelièr·es aient accès aux études supérieures, sans la sélection sociale et raciste mise en place par Parcoursup et l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es extra-européen·nes. Pour accueillir tous ces étudiant·es, il manque au minimum 60 000 postes d’enseignant·es-chercheur·es et probablement autant pour les personnels administratifs et techniques. Ces personnes sont à nos portes, en attente d’être recruté·es pour assurer ces 35 heures supplémentaires faites en une semaine. Ils et elles sont déjà à la fac, font quelques heures payées au lance-pierre, survivent avec un peu de chômage ou le RSA. Mais Macron nous l’a dit : recruter des enseignant·es “c’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays”. Voici donc 100 milliards d’euros pour les grandes entreprises et même pas quelques miettes pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui forme la jeunesse et produit des savoirs essentiels à notre avenir et à notre vie démocratique.

    Nous sommes épuisé·es par tant de mépris. Nous sommes épuisé·es que le gouvernement choisisse cette période où nous sommes à bout de souffle pour faire passer en force – “en procédure accélérée” – une LPPR qui détruit nos statuts et contre laquelle nous avons été en grève partout en France l’an dernier. Nous sommes à bout car tout s’effondre : un bout de bâtiment à l’université de Caen, les conditions de vie des étudiant·es, le volume d’heures dans les formations, la possibilité de produire de la recherche essentielle aux enjeux contemporains, le moral et les corps des collègues. Nos universités accueillent 300000 étudiant·es de plus qu’il y a 10 ans, et nous devons le faire avec moins de travailleur·ses titulaires, dans des bâtiments toujours plus vétustes.
    Tout ne tient plus qu’à un fil, l’université est au bord de l’effondrement.

    Cette rentrée sera plus douloureuse et plus inégalitaire que jamais. Aux exclu·es de Parcoursup vont bientôt s’ajouter celles et ceux qui verront leur université fermer, faute de véritables moyens humains et matériels pour assurer notre sécurité sanitaire à tou·tes et des conditions d’étude acceptables. C’est le service public de l’université et de la recherche que Frédérique Vidal et Emmanuel Macron assassinent.

    Si nos revendication ne sont pas entendues, nous serons des centaines à claquer la porte.
    Nous ne pouvons pas plus.
    Bientôt, nous ne pourrons plus du tout.

    https://universiteouverte.org/2020/09/05/bientot-nous-ne-pourrons-plus-du-tout-une-universitaire-repond-a-

    #ESR #enseignement_supérieur #facs #université #France #alarme #effondrement #tâches_administratives #précarisation #rentrée_2020 #rentrée_impossible #dédoublement_des_classes #moyens #manque_de_moyens #distanciel #enseignement_à_distance #coronavirus #covid-19 #présentiel #enseignement_mixte #pédagogie #travail #conditions_de_travail #colère #mépris #épuisement #témoignage

    ping @isskein

  • Exclusive: Ethiopia tried to silence its own citizens stuck in hellish Saudi detention centres
    https://www.telegraph.co.uk/global-health/science-and-disease/exclusive-ethiopia-tried-silence-citizens-stuck-hellish-saudi

    A document leaked to The Telegraph shows that the Ethiopian government tried to silence hundreds of its own citizens stuck in hellish detention centres in Saudi Arabia and cover-up allegations of horrendous abuse.

    The official document, which bears the stamp of the Ethiopian consulate in the city of Jeddah, warned Ethiopians of “legal repercussions” if they continued to upload photos and videos from the detention centres on social media.

    The statement warned migrants to stop sharing their accounts of the horrific conditions because it was causing “distress for families and the greater Ethiopian community.”

    The damning revelations come after an investigation by The Sunday Telegraph revealed that Saudi Arabia is keeping hundreds if not thousands of African migrants locked in detention centres flooded with raw sewage as part of a drive to stop the spread of coronavirus.

    Conditions in the centres are so bad that people are dying of heatstroke, disease or by suicide. Images sent to The Telegraph on encrypted channels have been shared around the world and compared to slave camps.

    #arabie_saoudite #migrants

  • Les jeunes face à l’emploi : méritocratie scolaire ou débrouillardise ?

    « Crise de l’emploi, fermeture ou contrôle des frontières, et un lot d’incertitudes face à un risque sanitaire que l’on maitrise mal : le covid pose un véritable défi aux jeunes entrants sur le marché du travail. Pour une fois, cette situation de précarité face à l’emploi englobe l’ensemble des vingtenaires. Le Plan pour l’insertion de 6, 5 milliards d’euros annoncé par le gouvernement fin juillet, composé de différents volets pour l’aide à l’embauche et pour la formation, vise tous les moins de 25 ans – la prime pour l’embauche concerne ceux qui sont recrutés pour au moins trois mois jusqu’à deux SMIC, un niveau de salaire qui concerne presque tous les nouveaux diplômés. Dans ce contexte inédit, sur quelles cartes miser pour atteindre le graal de l’insertion, des diplômes ou de la capacité à se réinventer dans le brouillard du monde ?

    (…)

    Un point de clivage essentiel a émergé dans ce marathon aux diplômes : entre les étudiants qui chassent dans les hautes sphères du système, qui poussent le plus loin leurs études, qui fréquentent les établissements prestigieux, et qui souvent multiplient les parchemins grâce aux passerelles édifiées entre les filières, d’une part, et tous les autres, d’autre part. Les bacs + 5 (et souvent davantage), les détenteurs d’un doctorat ou du titre d’une profession d’expertise fermée statutairement (avocat, médecin, journaliste, architecte) et plus largement les diplômés des grandes écoles d’ingénieur ou de management, forment un monde en soi assez éloigné des autres étudiants (des filières professionnelles, ou dans des secteurs moins porteurs) qui vont occuper des positions moyennes. La montée en gamme du niveau de diplôme a abouti à créer une « élite de masse » (le terme est d’Emmanuel Todd), ces premiers de cordée englobant environ 20-25 % des nouvelles générations. Cette élite de masse se distingue du reste de la société par une constellation de critères : une concentration résidentielle dans les grandes agglomérations, avec un espace qui se conforme à un imaginaire romantique de mode de vie – multiplication de services éducatifs et culturels, espaces de coworking, ateliers réhabilités, artisanat et nouveaux créateurs, essor de marques et services qui promettent une expérience humaine, alliance du luxe et du cheap, floraison de terrasses, d’espaces arborés et/ou dédié à l’agriculture urbaine, lieux événementiels, pistes cyclables, friches rénovées, etc. Chez elle prospère un ethos : la qualité de la vie dans sa dimension existentielle, voire spirituelle, se faire du bien à soi-même, s’améliorer. La célébration de l’individu électron libre dans tous ses choix de vie cohabite avec une vision enchantée du bonheur privé, un retour à un idéal familial new look qui concilie tradition et futurisme. Au fil du temps, les premiers de la classe ont embrassé avec enthousiasme le thème de la liberté et sont moins réceptifs à celui de l’égalité. Ces catégories bien diplômées forment l’aspirational class, une classe mue par une ambition éthique et esthétique pour elle-même, selon l’expression de la sociologue Elizabeth Currid-Halkett qui se fonde sur le modèle américain (voir mon article sur Telos du 6 avril 2018).

    (…)

    Face à la démonétisation de la méritocratie, une autre valeur a vu sa côte se hausser : celle de la débrouillardise. Comme la figure inversée de la méritocratie scolaire, celle-ci est synonyme de capacité à déjouer le sort et à s’abstraire des logiques et déterminations sociales. Elle valorise l’audace, le goût de risque, l’aptitude à gérer des situations complexes, à surmonter les obstacles, le sens de l’opportunité quitte à malmener des règles établies. Bref loin de l’effort de connaissances et d’approfondissement sur le long terme qu’implique la méritocratie (scolaire ou autre d’ailleurs), elle porte au pinacle l’ingéniosité du moment, une malice à agir rapidement, à prendre des chemins de traverses, à innover et oser, quitte à s’abstraire de toute maturation réflexive ou parfois de morale – du startuper au dealer. La culture managériale californienne, innovation à tous crins et économie du winner takes all, est ancrée dans le culte de la débrouillardise.

    Mais la débrouillardise peut s’emboiter à une autre perspective, celle de l’aventure personnelle – se lancer dans la permaculture, opter pour la bohème artistique, ouvrir une boutique de pain bio, changer de vie, changer de décor – et offrir les clefs à un défi existentiel. Dans un contexte socio-historique de changement de paradigme pour la production et la consommation, une friche s’ouvre aux audacieux (...)

    https://www.telos-eu.com/fr/les-jeunes-face-a-lemploi-meritocratie-scolaire-ou.html

  • Une nouvelle grave : Salah Hamouri est menacé d’expulsion - Association France Palestine Solidarité
    https://www.france-palestine.org/Une-nouvelle-grave-Salah-Hamouri-est-menace-d-expulsion

    Ce jeudi 3 septembre 2020, Salah Hamouri a été convoqué au centre d’interrogatoire de Moskobiyeh, à Jérusalem. Une lettre du ministre de l’intérieur israélien, Aryé Deri, membre du parti ultra-orthodoxe Shas, lui a été remis. Par cette missive, le ministre indique sa décision de retirer purement et simplement la carte de résidence permanente de Salah Hamouri, seul papier officiel lui permettant de vivre, chez lui, à Jérusalem. A cette fin, il invoque incroyablement une loi de 1952 sur « l’entrée en Israël » alors que Salah est né et vit à Jérusalem depuis 1985.

    Cette révocation aboutirait à une expulsion définitive de Salah. Elle est arguée pour des faits supposés, et jamais prouvés, pour lesquels néanmoins il a déjà effectué plus de 8 années de prison (5 incarcérations). Le ministre de l’intérieur israélien, par cette lettre supplante le système judiciaire, ainsi que le droit de chaque "accusé" à se défendre. Nul ne peut être puni deux fois et encore moins par simple décision d’un ministre !

    Il prend une décision politique et uniquement politique, une décision par ailleurs arbitraire, inhumaine et extrêmement rare : celle de déchirer, en quelque sorte, la carte de résident de Salah Hamouri afin de procéder à son expulsion de sa terre natale.

    @loutre

    • ElsaLefort
      @ElsaLefort
      ·3h
      https://twitter.com/ElsaLefort/status/1301753193714638849

      1- Bafouer le droit international, harceler les Palestiniens
      2- Chouiner à la moindre réaction de la communauté internationale

      La méthode ne prend plus, tout comme @francediplo
      , on vous voit

      Un ministre qui juge un individu ≠ indépendance de la justice ≠ démocratie
      https://pbs.twimg.com/media/EhDBoXuWoAAwvr2?.jpg

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      Ambassade d’Israël
      @IsraelenFrance
      https://twitter.com/IsraelenFrance/status/1301567102499852288
      Surpris que @francediplo
      apporte son appui sur twitter à LibertéPourSalah qui incrimine Israël des pires maux et remet en cause l’indépendance de la justice et l’Etat de droit israéliens. Le dialogue entre nos 2 démocraties suppose une confiance entre nos institutions mutuelles.
      7:05 PM · 3 sept. 2020·Twitter for iPhone
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      C’est : l’ @ambfranceisrael qui avait retwitté hier le message du Comité de soutien de Salah Hamouri, depuis la réprimande israélienne, il l’a effacé.
      #Salah_Hamouri

    • Israël entame des démarches pour expulser le franco-palestinien Salah Hamouri
      Par Le Figaro avec AFP
      Publié hier à 22:18
      https://www.lefigaro.fr/flash-actu/israel-entame-des-demarches-pour-expulser-le-franco-palestinien-salah-hamou

      Les autorités israéliennes ont entamé des démarches pour expulser l’avocat franco-palestinien Salah Hamouri, au cœur d’un différend entre Israël et la France, a indiqué jeudi à l’AFP le ministère israélien de l’Intérieur. Salah Hamouri, un militant de la cause palestinienne accusé par Israël -malgré les dénégations de l’avocat- d’être un membre actif du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), un mouvement jugé terroriste par l’Etat hébreu, avait été arrêté le 30 juin à Jérusalem, puis libéré après une semaine de détention.

      D’après l’ambassade d’Israël en France, l’avocat, qui défend des prisonniers palestiniens, avait été arrêté « dans le cadre d’une opération policière antiterroriste ». Pour être libéré, Salah Hamouri a dû payer une caution, s’engager à ne pas parler pendant trois mois à certaines personnes et se tenir prêt à se rendre « disponible pour d’éventuelles convocations de la justice », avait indiqué en juillet le Quai d’Orsay qui avait suivi le dossier. Mais, jeudi, le ministre israélien de l’Intérieur Arié Dery, figure de proue du parti ultra-orthodoxe Shass, a informé Salah Hamouri de « son intention (...) de révoquer son statut permanent en Israël », selon les services du ministère.

      Né à Jérusalem de mère française et de père palestinien, Salah Hamouri avait été emprisonné entre 2005 et 2011, un tribunal israélien l’ayant reconnu coupable de projet d’assassinat d’Ovadia Yossef, ancien grand rabbin d’Israël et fondateur du parti Shass, décédé en 2013. Les Palestiniens nés à Jérusalem, ville dont la partie orientale a été annexée par l’Etat hébreu en 1967, n’ont pas la nationalité israélienne, à moins d’en faire la demande, mais un permis de résidence permanent les autorise à vivre et travailler sur le territoire israélien. Sans ce permis, Salah Hamouri ne pourrait donc plus rester à Jérusalem ou sur le territoire israélien, ce qui conduirait à son expulsion.

      « Israël n’ayant pas réussi à le contraindre (...) à quitter la Palestine, il entend maintenant l’expulser purement et simplement de sa terre natale », a réagi jeudi dans un communiqué l’ONG France-Palestine qui a demandé aux autorités françaises et européennes d’intervenir. Après l’arrestation de Salah Hamouri en juin, la France avait demandé des « éclaircissements » sur les raisons de son arrestation et déclaré tout mettre en oeuvre pour que sa situation soit « réglée au plus vite ».

  • Exclusive: French reform proposal for Lebanon delves into details | News | Al Jazeera
    https://www.aljazeera.com/news/2020/09/exclusive-french-reform-proposal-lebanon-delves-details-200902111359654.h

    La feuille de route pour le nouveau Protectorat français au Levant selon Al-Jazeera...

    Here are the main points:

    COVID-19 and the humanitarian situation

    The government will prepare and disseminate a coronavirus pandemic control plan “that includes support for the most vulnerable people”.
    It will strengthen social safety net programmes for the population.

    Aftermath of the Beirut explosion

    The government will facilitate the distribution of humanitarian aid - provided by the international community and coordinated by the United Nations - in an “expeditious, transparent and effective manner”.
    It will put in place governance mechanisms to allow the disbursal of aid in a “transparent and traceable manner”.
    It will begin reconstruction based on a needs assessment by the World Bank, EU and UN that estimated the value of damages caused by the explosion at up to $4.6bn.
    The government will rapidly launch tenders for the reconstruction of Beirut’s port according to “neutral” standards.
    It will conduct an “impartial and independent investigation” into the port explosion “that enables the full truth to be established regarding the causes of the explosion, with the support of Lebanon’s international partners ... within a reasonable timeframe”.

    Reforms
    The government will regularly exchange views with civil society regarding its programme and the reforms it entails.
    It will immediately resume stalled negotiations with the IMF and rapidly approve measures requested by the lender, including a capital controls law and a “full audit” of the Central Bank’s accounts.
    The French proposal also called for the approval of a timetable for working with the IMF within 15 days of the government gaining confidence.

    It goes on to propose time limits for sector-specific reforms.
    Electricity sector
    Within one month, the government will:
    Appoint officials to the National Electricity Regulatory Authority according to Law 462/2002 “without amendments”, and provide the Authority with the resources to carry out its work.
    Launch tenders for gas-fired power plants to plug Lebanon’s massive energy gap.
    “Abandon” the controversial Selaata power plant project in its current form. The project is one President Michel Aoun and his Free Patriotic Movement party have insisted on.
    Within three months, the government will:
    Announce a timetable for raising the price of electricity, “provided that this will first affect the most financially wealthy consumers”.

    Capital controls
    Within one month:
    Parliament should finalise and approve a draft law on capital control that should “immediately be implemented for a period of four years” after it is approved by the IMF.

    Governance, judicial and financial regulations
    Within one month, the government will:
    Hold a meeting to follow up on the 2018 donor conference in which the international community pledged $11bn in soft loans, and launch a website dedicated to following up on projects, financing and related reforms.
    Complete judicial, financial and administrative appointments, including members of the Supreme Judicial Council, the Capital Markets Authority and regulatory bodies in the electricity, telecommunications and civil aviation sectors, “in accordance with transparency and competency-based standards”.
    Approve in Parliament a law on the independence of the judiciary.
    Launch a study on Lebanon’s public administration by an “independent international institution” such as the World Bank or the Organisation for Economic Co-operation and Development (OECD) “with a specialised office”.

    Fighting corruption and smuggling
    Within one month, the government will:
    Appoint members of the National Anti-Corruption Commission and grant it the resources to launch its work.
    Launch the track to accede to a 1997 OECD treaty on combating corruption.
    Implement customs reforms with immediate effect.
    Within three months, the government will:
    Establish “control gates” and strengthen oversight at the Beirut and Tripoli ports and at the Beirut airport, as well as at other border crossings.

    Public procurement reform
    Within one month:
    Parliament will prepare, adopt and implement a bill on public procurement reform.
    The government will grant the Higher Council for Privatization the human and financial capabilities necessary to carry out its tasks.

    Public finances
    Within one month:
    Prepare and vote on a “corrective finance bill that explicitly clarifies the status of accounts for the year 2020”.
    By the end of the year:
    Prepare and approve a “harmonised” budget for the year 2021.

    Elections
    “The government will ensure that new legislative elections are organised within a maximum period of one year.”
    "The electoral law will be reformed with the full inclusion of civil society, allowing Parliament to be more representative of the aspirations of civil society."

    Dans sa généralité, le dernier point résume la modestie des réformes fondamentales : "The electoral law will be reformed with the full inclusion of civil society, allowing Parliament to be more representative of the aspirations of civil society."

    #liban

  • Ceci devrait faire la Une des journaux (mais j’en doute) : International Criminal Court officials sanctioned by US
    https://www.bbc.com/news/world-us-canada-54003527

    The Hague-based ICC is currently investigating whether US forces committed war crimes in Afghanistan.

    The US has criticised the court since its foundation and is one of a dozen states which have not signed up.

    […]

    President Donald Trump issued an executive order in June, which allows the US to block the assets of ICC employees and stop them entering the country.

    Addressing reporters on Wednesday, Mr Pompeo said Ms Bensouda and Phakiso Mochochoko, the head of the Jurisdiction, Complementarity and Cooperation Division, were to be sanctioned under this order.

    Dismissing the ICC as a “thoroughly broken and corrupted institution”, he said those who continued to “materially support those individuals risk exposure to sanctions as well”.

    Le plus grand shithole country du monde ne déçoit jamais.

  • Ussama Makdisi sur Twitter :

    "This image of the creation of “Grand #Liban” from 1920 sums up the tragedy of #Lebanon. And speaks volumes about the lasting legacy of French orientalism and colonialism: the idea that religious diversity in the Orient is inherently sectarian unless managed by Western power." / Twitter
    https://twitter.com/UssamaMakdisi/status/1300763848627154946

    The further tragedy is how many Arabs now accept this insidious myth. They ignore how much work and ideology goes into the creation of #sectarianism and its enabling structures. And they ignore how this region had a long history of #coexistence before Western colonialism.

    We need to study this #coexistence critically, but this does not mean we should denigrate one of the most important ecumenical aspects of our historical experience, namely the insistence and ability of so many people in ME to transcend religious difference for common purpose.

    #sectarisme #colonialisme #diviser_pour_régner

  • Amazon Drivers Are Hanging Smartphones in Trees to Get More Work
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2020-09-01/amazon-drivers-are-hanging-smartphones-in-trees-to-get-more-work

    Someone seems to have rigged Amazon system to get orders first Operation reflects ferocious rivalry for gigs in a bad economy A strange phenomenon has emerged near Amazon.com Inc. delivery stations and Whole Foods stores in the Chicago suburbs : smartphones dangling from trees. Contract delivery drivers are putting them there to get a jump on rivals seeking orders, according to people familiar with the matter. Someone places several devices in a tree located close to the station where (...)

    #Amazon #Lyft #Uber #smartphone #GigEconomy

  • Vers un gouvernement sous haute surveillance française - L’Orient-Le Jour
    https://www.lorientlejour.com/article/1231205/vers-un-gouvernement-sous-haute-surveillance-francaise.html

    L’Orient-Le Jour - faut-il le préciser ? - est un quotidien francophone « libanais » !

    Tel un maître de classe guidant des personnes manquant d’expérience, le président français Emmanuel Macron a réussi là où le pouvoir libanais s’est jusqu’ici montré défaillant. Le chef de l’Élysée est parvenu à arracher à l’ensemble des dirigeants politiques un engagement important : la formation en 15 jours d’un « gouvernement de mission », une formule sur laquelle il insiste, qui doit mettre en œuvre les réformes exigées par la communauté internationale.

    #liban

    • « Ce qui compte, c’est la feuille de route actée par l’ensemble des forces politiques, ce soir », a-t-il déclaré, avant de définir les grandes lignes du document en question. Il s’agit, bien entendu, de la gestion des conséquences de l’explosion, du soutien à la population et de la reconstruction du port. Une liste à laquelle s’ajoutent les réformes de l’électricité, la loi sur le contrôle des capitaux, la gouvernance juridique et financière, la lutte contre la corruption et la contrebande, ainsi que la réforme des marchés publics. « Sur tous ces points, l’accord de tous a été acté ce soir », a encore dit le président français.

      Rien sur la déconfessionnalisation de l’État et de la fonction publique ? C’est pourtant là que toute personne un peu sérieuse (comme l’a encore rappelé Charbel Nahas dans l’entretien d’Orient XXI) au Liban voit la source de toute la corruption, incompétence et déficit démocratique dans le pays. Même le Président libanais (Michel Aoun) a rappelé le besoin d’un « État civil » il y a quelques jours.

      Mais ça ne m’étonnerait pas : « la France » n’envisage généralement les « réformes » et les processus de démocratisation dans la région que sous l’angle de l’« équilibre » des confessions.

  • Sortir le Liban de l’ornière
    https://orientxxi.info/magazine/sortir-le-liban-de-l-orniere,4106
    Charbel Nahas interrogé par Dominique Eddé pour @OrientXXI

    La transition n’est pas une position politique volontaire ou arbitraire de l’ordre du « je veux mettre en œuvre un changement ». Quand toute l’institution, réelle et imaginaire, de la société tombe, ce n’est pas parce que les gens se sont rebellés contre elle. Elle tombe parce que les conditions assurant sa survie se sont effondrées, indépendamment des prouesses et des artifices des opérateurs. Ces conditions sont au nombre de deux : un afflux persistant de capitaux et une bienveillance régionale pour encadrer les tensions internes consubstantielles au modèle communautaire. L’équilibre est définitivement rompu.
    [...]
    Le principe de base est que personne n’appartient à aucune communauté. Dans un deuxième temps, chacun a la latitude de proclamer, par un acte positif, son désir de ne pas avoir de relation directe avec l’État, mais à travers sa communauté. En résumé, la validité d’un acte communautaire sera reconnue comme telle par l’État à deux conditions. La première est que cet acte procède du choix explicite des personnes. La seconde est que l’ordre communautaire ne contrevienne pas aux principes d’ordre public.
    [...]
    D. E. — Quelles missions en ce sens assignez-vous au gouvernement de transition pendant les 18 mois qui lui seront impartis ?

    C.N. — Il devra entreprendre trois actions immédiates :

    ➞ le recensement de la population existante complété par le recensement des émigrés. Ce recensement de la population, le premier depuis 1932, assignera à chaque habitant un lieu de résidence, mais aucune appartenance communautaire. Au-delà de ce qu’il signifie pour la gestion des politiques publiques, en matière de chômage, de fiscalité, de santé, etc., cette action a une portée fondatrice, parce qu’elle démantèle les relations de parentèles qui sont le socle sur lequel l’édifice communautaire politique est assis ;

    ➞ la mise en place d’un régime de droit personnel qui instaure dès le départ :

    les principes généraux du statut personnel qui s’appliquent à tout le monde ;
    le fait que chaque adulte aura le choix de rester par défaut citoyen en relation directe avec l’État, ou bénéficier de la tolérance dérogatoire qui lui est reconnue de s’affilier à un statut personnel communautaire ;
    les règles du statut personnel s’appliquant à ceux qui n’auront pas choisi, par un acte volontaire, de passer par l’intermédiation des communautés.
    ➞ La promulgation d’une loi électorale fondée sur le principe que les candidats quand ils se présentent et les électeurs au moment où ils votent auront le choix entre une représentation directe non communautaire, avec tous les effets que cela entraîne, et une représentation communautaire qui sera régie par des règles strictes empêchant que les communautés n’entrent en conflit les unes avec les autres.

    [c’est quand on passe aux modalités concrètes que les choses sont floues]

    D.E. — Comment constituer un front politique suffisamment fort et fédérateur pour avoir les moyens d’une telle négociation ? Les Libanais sont très impatients de voir les différents partis, tel que le vôtre, le Bloc national et bien d’autres, se fédérer.

    C.N. - La négociation, ça veut dire arriver avec des partenaires à un accord fondé sur des attentes différentes. Dans une transaction commerciale, l’acheteur et le vendeur veulent tous deux faire une bonne affaire. En politique, c’est la même chose. Une grande partie de la population continue d’être attachée aux chefs communautaires, mais ceux-ci, en particulier les plus forts d’entre eux, sont exposés à des risques énormes, et aujourd’hui incapables de faire face à cette situation pour des raisons fonctionnelles. Il ne s’agit pas d’aliéner les communautés confessionnelles, mais de les mettre face à la situation. La transaction consisterait donc à gérer la faillite générée par l’incompétence, et à provoquer une transition en rupture avec le mode actuel de légitimité sociopolitique. Les chefs communautaires pourront penser : « Ce sont des fous, nous les utiliserons comme des fusibles et nous reviendrons dans 18 mois ; s’ils réussissent, nous n’aurons que des pertes relatives ». C’est un double pari politique essentiel, et l’une des raisons pour lesquelles nous réclamons un gouvernement provisoire de 18 mois. Il s’agit de bâtir le premier État laïque de cette région du monde.

  • On s’en doutait, et on se doutait aussi que les preuves finiraient par sortir, même trop tard, alors les voici :

    Le rapport trompeur sur l’antisémitisme, qui a coulé Jeremy Corbyn
    Asa Winstanley – The Electronic Intifada – 24 août 2020
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/08/29/30754

    Ajouter à la liste des accusations d’antisémitisme contre #Jeremy_Corbyn :
    https://seenthis.net/messages/719714

    #Royaume-Uni #Grande-Bretagne #UK #Labour #Parti_Travailliste #antisémitisme #antisionisme #Palestine #censure

  • #Histoire du mot « musulman »
    https://laviedesidees.fr/Histoire-du-mot-musulman.html

    Que désigne le mot « musulman » ? Une #religion, une origine, une culture ? Pour envisager cette question complexe, il faut mesurer le poids historique du terme en contexte colonial, recouvrant stigmatisation et retournement du stigmate.

    #Société #islam
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200828_willems_musulman.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200828_willems_musulman.docx

    • Néanmoins, « musulman » revêt une signification plus ethnico-raciale et juridique que celle de mahométan. Selon la cour d’Alger en 1903, le terme « musulman » « n’a pas un sens purement confessionnel, mais désigne au contraire l’ensemble des individus d’origine musulmane qui, n’ayant point été admis au droit de cité, ont nécessairement conservé leur statut personnel musulman, sans qu’il y ait lieu de distinguer s’ils appartiennent ou non au culte mahométan » (Weil, 2004 : 354). Cette différenciation entre « des individus d’origine musulmane » et le « culte mahométan » reproduit la séparation entre « être musulman » (donc d’un statut ethnicoreligieux et politique) et « être mahométan ou non » (donc d’une confession). Les conversions religieuses vont singulièrement interroger ce droit : changer de religion, est-ce changer de statut juridique ? La réponse est donnée par le législateur : la conversion religieuse, notamment au catholicisme, n’a aucun impact du point de vue de la législation de l’État colonial. Peu importe la religiosité d’un individu, seule compte une représentation ethnique et raciale de l’appartenance dont les limites sont préalablement fixées.

      Tout l’article est à lire !

  • ضغوط على لبنان تدفعه الى الاعتذار عن استقبال اجتماع الفصائل الفلسطينية يوم الخميس المقبل.. ومصدر فلسطيني لـ"راي اليوم" : قد يعود لبنان عن اعتذاره والصورة تتضح خلال الساعات القادمة - رأي اليوم
    https://www.raialyoum.com/index.php/%d8%b6%d8%ba%d9%88%d8%b7-%d8%b9%d9%84%d9%89-%d9%84%d8%a8%d9%86%d8%a7%d9%8

    Une réunion des différentes organisations palestiniennes, prévue à Beyrouth jeudi prochain, brusquement annulée... Un « effet Macron » ?

    #liban #palestine

  • Comment l’enquête Trajectoires et Origines a changé la donne sur les #statistiques ethniques en #France

    Alors que la polémique a repris en juin 2020 autour de statistiques « ethniques » qu’il faudrait interdire ou permettre, un retour sur la mise en place de l’enquête TeO dans les années 2000 permet d’illustrer toute la complexité de ce « débat » trop souvent polarisé. Dans ce numéro d’été de De facto, Catherine Guilyardi, journaliste, nous éclaire sur la genèse et la réception de cette enquête qui a donné lieu à de vifs débats non seulement entre chercheurs mais aussi entre les chercheurs et certaines associations anti-racistes.

    Alors que l’épidémie de Covid 19 continue à sévir, Le Monde s’interroge, dès le 29 mai 2020, sur la surmortalité observée en Grande-Bretagne parmi les « minorités ethniques ». Si cette « troublante surmortalité » a pu être détectée si tôt par les chercheurs britanniques, c’est notamment parce que « la tenue de registres par ethnies [a] permis de mettre en lumière des facteurs de risque difficilement détectables en France, où ces identifications sont interdites ». Au même moment, dans De facto, les chercheurs Solène Brun et Patrick Simon confirment « l’invisibilité des minorités dans les chiffres du coronavirus » en France. En Seine-Saint-Denis où la surmortalité est avérée, la pauvreté est un facteur identifiable, mais « les discriminations ethnoraciales », elles, ne sont responsables « qu’en toute vraisemblance ».

    Le manque de données ethnoraciales pour mesurer les discriminations est également relevé à l’occasion des manifestations contre les violences policières en juin 2020. Sibeth Ndiaye, alors porte-parole du gouvernement, met en avant ses origines sénégalaises dans une tribune où elle propose de « poser de manière apaisée et constructive le débat autour des statistiques ethniques ». Le « débat » est en effet relancé, mais peu apaisé. Le président de la République se positionne contre et affirme en off que les statistiques ethniques sont un « bon filon » pour les chercheurs, sans préciser en quoi.

    S’il est interdit en France de poser la question de l’origine et de la couleur dans des fichiers de gestion (fichiers de salariés, d’élèves, de locataires, des patients, des électeurs), comme cela se fait en Grande Bretagne, des enquêtes de chercheurs posent ces questions. La plus importante d’entre elles en nombre de sondés est l’enquête « Trajectoires et Origines » menée en 2008-2009 par l’Insee et l’Ined. Depuis juillet 2019, une nouvelle édition de l’enquête est sur le terrain : près de 600 enquêteurs de l’Insee interrogent 24 000 personnes sur « la diversité des populations, notamment en fonction de l’origine ». Cet échantillon représentatif de toutes les origines en France doit répondre à des questions telles que « Au-delà de votre expérience personnelle, pensez-vous appartenir à un groupe qui subit des traitements inégalitaires en raison de l’origine ou la couleur de peau en France aujourd’hui ? » ou « Au cours de votre vie avez-vous été victime d’insultes, de propos ou d’attitudes ouvertement racistes ? ».

    On y évoque donc ouvertement l’origine et la couleur de peau, mais peut-on parler de statistiques ethniques ou ethnoraciales ? Les débats enflammés qui ont accompagné la mise en place de cette enquête sur les discriminations et le racisme dans les années 2000 montrent comment la recherche se construit sur des sujets encore sensibles – ici, les immigrés et leurs descendants - dans la société.
    L’origine en soi, un facteur d’inégalités ?

    L’enquête, souvent appelée par son acronyme TeO, est imaginée dès 2005 par les chercheurs de l’Institut national d’études démographiques (Ined) et les administrateurs de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) pour mesurer le processus d’intégration, les discriminations et le racisme subis dans toutes les situations de la vie sociale : à l’école, dans les administrations, sur le marché du travail ou du logement, à l’hôpital, etc. Son but est d’« appréhender dans quelle mesure l’origine est en soi un facteur d’inégalités ou simplement de spécificité dans l’accès aux différentes ressources de la vie sociale ». Son ambition : fournir des statistiques pour « analyser les processus d’intégration, de discrimination et de construction identitaire au sein de la société française dans son ensemble ». L’originalité de TeO est d’articuler l’origine avec d’autres « catégories de distinction » telle que le genre, la religion, la classe, la couleur de peau, l’âge, le quartier, etc.

    Invités à intervenir en juin 2020 dans les médias, Patrick Simon, l’un des concepteurs de TeO, et François Héran, directeur de l’Ined à l’époque et aujourd’hui directeur de l’ICM, rappellent l’avancée considérable qui ont été réalisées dans ce domaine depuis une douzaine d’années. La statistique publique sur les immigrés et leurs descendants a évolué depuis que les chercheurs tentent de mesurer les inégalités en fonction de l’origine en France.

    « Ce fut une conquête », se souvient aujourd’hui François Héran. Patrick Simon, Christelle Hamel et Cris Beauchemin, les trois coordinateurs de la première édition de TeO, s’attendaient, en conclusion de l’ouvrage présentant les travaux issus de l’enquête en 2016, que « le débat qui [avait] entouré le démarrage de l’enquête TeO [soit] inéluctablement reposé ». Certaines données qui aident à « penser l’égalité » manquent toujours, notamment la couleur de peau des enquêtés.
    Faut-il proposer une liste de catégories ethnoraciales ?

    Cette question est âprement discutée en 2006-2007 dans l’unité de recherche Migrations Internationales et Minorités (MIM) de l’Ined lors de l’élaboration du premier questionnaire de l’enquête. Faut-il proposer une liste de catégories ethnoraciales (noir, asiatique, arabe, blanc…), comme cela se pratique aux États-Unis ou en Grande-Bretagne, ou laisser la question ouverte pour que la personne se définisse elle-même ? Patrick Simon, qui participe déjà en 1993 à l’exploitation de la première grande enquête sur l’immigration, Mobilité géographique et insertion sociale (MGIS), conduite par Michèle Tribalat, sait qu’« une révision des catégories implique nécessairement une modification du regard que la nation porte sur elle-même ». Dans cette enquête pionnière, la catégorie de « Français de souche » est choisie pour définir les personnes non immigrées. Au milieu des années 1980, la grande enquête de l’Ined sur l’origine des Parisiens demandait aux personnes interrogées : « Êtes-vous Parisiens de souche ? », sans que personne n’y voit à mal. Hervé Le Bras proposait d’étendre cette interrogation à l’ensemble de la population française. Mais la vive controverse sur l’enquête MGIS change la donne et « Français de souche » devient idéologiquement marquée et sera abandonnée par la recherche.

    Certains chercheurs contestent l’utilisation de catégories qu’ils jugent subjectives, car construites socialement. Le démographe Alain Blum, spécialiste de la Russie stalinienne et de l’histoire de la statistique, critique appuyé de l’enquête TeO (et de MGIS à la fin des années 1990), constate aujourd’hui « qu’il y a beaucoup de groupes de pression qui revendiquent clairement l’usage de ce type de catégories ethnoraciales pour lutter contre les discriminations. Si le chercheur doit analyser les discours et les pratiques de ces personnes qui se reconnaissent et utilisent ces catégories, cela ne veut pas dire qu’il doit les prendre à son propre compte. » Il ne participe pas à l’élaboration de TeO, pas plus que le démographe Hervé le Bras qui reste opposé à toute statistique « ethnique » jusqu’à aujourd’hui.

    Patrick Simon assume la complexité de ce type d’approche : « Au sein de l’équipe, on sait qu’il est compliqué de définir le contenu des catégories parce qu’il faut qu’elles correspondent à la façon dont les personnes s’identifient. Elles réduisent la complexité des identités, notamment parce qu’il y a du métissage. Cela ne veut pas dire que c’est impossible à faire pour le chercheur. Les débats portent en permanence sur la légitimité même de faire des catégories, alors qu’il faudrait plutôt s’intéresser au contenu des catégories, c’est une question épistémologique et méthodologique. »
    La complexité disparaît souvent au profit d’un « débat » polarisé

    Lorsqu’il s’agit de statistiques sur l’immigration, la complexité disparaît souvent au profit d’un « débat » polarisé, où il faut se prononcer pour ou contre ce qui n’est pas toujours très bien défini. La polémique n’est pas circonscrite aux couloirs de l’Ined. À l’Insee, les statistiques sur l’immigration provoquent toujours des tensions. En 2007, l’identification de la couleur, de la religion et l’origine des enquêtés prévue dans TeO émeut les syndicats de l’institut de la statistique qui craignent que leur travail ne donne des outils « à celles et ceux qui rêvent de construire une représentation "ethnoraciale" de la France ». Ils évoquent le fichier juif que la statistique publique aurait aidé construire pendant la Seconde Guerre mondiale.

    La polémique atteint son apogée lorsque SOS Racisme, visant expressément le projet d’enquête TeO, lance une pétition en octobre 2007 invitant chacun à refuser que son « identité soit réduite à des critères d’un autre temps, celui de la France coloniale, ou de Vichy ». Alors que des chercheurs émettent des réserves à l’égard de la pétition, elle réunit 100 000 signatures en quelques jours. Il est vrai que le contexte politique est tendu. Nicolas Sarkozy, élu président 5 mois plus tôt, se présente comme le chantre des statistiques ethniques, mais il mélange les registres entre sécurité et lutte contre les discriminations. La loi « relative à la maîtrise de l’immigration, à l’intégration et à l’asile » propose de faciliter la collecte des statistiques ethniques dans son article 63. Fourre-tout, elle veut autoriser le recours aux tests ADN pour prouver la filiation des candidats au regroupement familial. Un mélange des genres qui provoque l’annulation de l’article 63 devant le Conseil constitutionnel.

    Au moment de tester le questionnaire de TeO sur le terrain fin 2007, François Héran, alors directeur de l’Ined, les coordinateurs de TeO et l’Insee décident de maintenir les questions sur la religion mais retirent celles sur la couleur de peau. Dans le questionnaire, il n’y a pourtant pas de catégories « figées » qui favoriserait l’établissement d’un « référentiel ethnoracial », comme le craignaient les détracteurs de l’enquête. Les personnes étaient invitées à exprimer leur ressenti d’appartenance en répondant aux deux questions suivantes : « De quelle couleur de peau vous diriez vous ? » et « De quelle couleur de peau les autres vous voient-ils ? ». Elles disparaissent définitivement de l’enquête. Elles ne sont toujours pas présentes dans la seconde enquête TeO (TeO2), dix ans plus tard.

    En posant directement la question de la couleur, l’équipe de recherche voulait éviter d’utiliser une catégorie indirecte, que l’on appelle « proxy » en science statistique. « Catégoriser les personnes en fonction de leurs prénoms ou de leur lieu de naissance ou de ceux de leurs parents permet de produire des statistiques sur les discriminations racistes, explique Cris Beauchemin, mais cela demeure une approximation. On ne peut pas utiliser ces méthodes pour les personnes racisées dans la vie quotidienne, c’est-à-dire identifiées par leur couleur de peau, par exemple les petits-enfants d’immigrés. » Ces personnes « disparaissent » donc des statistiques qui tentent pourtant de mesurer les discriminations et le racisme en France.
    L’enjeu de la statistique sur l’immigration pour les chercheurs

    La collecte de données ethnoraciales pour mesurer les discriminations répond pourtant à une demande politique et sociétale forte depuis les années 1990. Le Haut conseil à l’Intégration (HCI), première institution du genre, propose en vain d’introduire l’origine nationale dans le recensement de la population. De nos jours encore, le recensement permet seulement de distinguer les étrangers des Français et les immigrés des natifs (car on peut être à la fois immigré et français).

    Le manque de statistiques ethnoraciales n’empêche pas des chercheurs de démontrer, dès les années 1980, l’existence de discriminations subies par les Français issus de l’immigration, notamment maghrébine. C’est le cas de l’étude pionnière du sociologue René Lévy en 1987 sur la police judiciaire, Du suspect au coupable, qui montre l’association faite par la police entre traits identitaires et présomption de culpabilité des suspects. Les statistiques ainsi recueillies, grâce à des entretiens individuels menés par un chercheur, ne concernent cependant qu’un faible échantillon (méthode qualitative). Quand la recherche collabore avec la statistique publique, comme c’est le cas pour MGIS ou TeO, des milliers de personnes sont interrogées. Un questionnaire fermé est construit par les scientifiques mais ils ne mènent pas eux-mêmes les entretiens. Le but est de créer de la statistique (méthode quantitative) pour les chercheurs — et aussi pour les administrations. Les résultats produits sont représentatifs à l’échelle du pays et permettent donc de tirer des conclusions à la fois plus larges et plus solides sur l’ensemble de la France.

    « Pour moi, le gros livre (https://www.ined.fr/fichier/s_rubrique/24668/grande.enquetes_teo_fascicule.fr.pdf) qui présente les travaux de l’équipe de TeO1 en 2016 est une sorte de bible multi-thématique, qu’on voit apparaître dans des réunions de recherche, mais aussi avec des acteurs plus institutionnels, témoigne Mathieu Ichou, coordinateur de TeO2 avec Patrick Simon et Cris Beauchemin. C’est un objet central dans la recherche quantitative sur l’immigration. » Élodie Druez, qui a soutenu sa thèse en juin 2020 sur la racisation et la politisation des diplômé.e.s d’origine subsaharienne à Paris et à Londres, aurait pu se passer de TeO, dit-elle, mais « cela m’a permis de voir que les rapprochements que je faisais n’étaient pas seulement le fruit de l’analyse des 80 entretiens individuels que j’avais réalisés, ni propres au groupe que j’avais interrogé. Par exemple dans ces entretiens, je vois qu’il y a un lien entre le fait de s’intéresser à la politique et le fait de déclarer des discriminations en France comme au Royaume-Uni. Les résultats quantitatifs me le confirment de façon très nette dans les deux pays pour des descendants d’immigrés de différentes origines. »
    La force politique de la statistique

    Le chiffre a un pouvoir important dans notre société. Christelle Hamel, coordinatrice sur TeO1, entre à l’Ined en 2005 pour « la force politique de la statistique ». « Le qualitatif ne suffit pas pour des sujets sensibles comme le racisme ou les violences faites aux femmes. Quand on regarde les choses à l’échelle de l’individu, on peut toujours trouver des particularismes, propres à une histoire ou à un comportement, et remettre en cause la parole de la victime. Avec les statistiques et la méthode quantitative, on est obligés de reconnaître qu’il y a un problème du côté des agresseurs. Les statistiques peuvent donc aider à résoudre un problème de régulation des comportements sociaux. » « En démocratie, obliger l’État à compter, c’est l’obliger à rendre des comptes », note François Héran dans son livre Avec l’immigration, consacré en partie aux statistiques ethniques en 2017. Être issu de deux mondes différents, la recherche et la statistique publique, est à la fois la force et la fragilité de l’enquête TeO.

    L’Insee, avec ses 5 600 salariés dans toute la France, est une direction générale du ministère de l’Économie et des Finances qui recrute ses « administrateurs » à la sortie d’une grande école : l’École nationale de la statistique et des études économiques (Ensae). « Ce sont des ingénieurs de très haut niveau, d’extraordinaires organisateurs », affirme François Héran, qui a également occupé des responsabilités à l’Insee. Les chercheurs, chargés de répondre à des questions de société sensibles, sont davantage dans l’imagination et plus provocateurs. Les statisticiens, plus prudents ». Mathieu Ichou, coordinateur depuis 2016 de la nouvelle enquête TeO avec Patrick Simon et Cris Beauchemin, reconnaît qu’il y a « à la fois un côté pratique pour les chercheurs à s’associer à l’Insee et une question de légitimité des résultats : produits par la statistique publique, ils engagent plus les autorités que si c’était l’enquête d’un chercheur isolé. C’est de la statistique publique, avec cette image de rigueur qui va avec. »

    En s’associant à l’Insee, les démographes de l’Ined passent sous le contrôle des organismes chargés de défendre les intérêts des usagers de la statistique, qui interviennent sur les activités du Système de la statistique publique (SNS) regroupant l’Insee et les services statistiques ministériels. Alors que l’Ined, en tant qu’institut de recherche, dépend du ministère de la Recherche qui garantit son indépendance, il ne peut pas travailler avec la même liberté en s’associant à la statistique publique. Le grand public confond d’ailleurs souvent l’Ined avec l’Insee. Nicolas Sarkozy essayera même de placer ses chercheurs sous la tutelle de son ministère de l’Immigration, de l’Intégration, de l’Identité nationale et du Développement solidaire, lors de l’élaboration de TeO, sans succès.

    « C’est un enjeu important pour nous de savoir si la 3e génération est discriminée »,
    Mathieu Ichou, coordinateur de TeO2

    Si les enquêtes MGIS et TeO provoquent autant de controverses par rapport aux enquêtes de chercheurs, qui peuvent pourtant aborder les discriminations et le racisme de façon plus frontale, c’est que les catégories et questionnements mis en place dans le cadre de la statistique publique peuvent devenir une référence utilisable dans les grandes enquêtes de l’Insee, sur l’emploi ou la famille par exemple, voire dans le recensement. C’est ce que craignent ceux qui veulent « débattre » des mal-nommées statistiques « ethniques ».

    Pourtant, chaque enquête de la statistique publique est visée par la Cnil, la Commission nationale informatique et liberté. Il lui incombe de veiller à l’application de la loi de 1978, qui interdit le traitement « des données à caractère personnel qui font apparaître, directement ou indirectement, les origines raciales ou ethniques, les options philosophiques, politiques ou religieuses, (...) ou qui sont relatives à la santé ». C’est elle qui accorde les dérogations nécessaires aux grandes enquêtes nationales sur ces sujets sensibles. Des exceptions sont en effet prévues si l’enquête est d’intérêt général, si les personnes personnes interrogées ont donné leur consentement et si les données, dûment anonymisées, sont correctement protégées, ce à quoi s’astreignent les enquêtes de la recherche et de la statistique publiques.

    Au préalable, les projets d’enquête sont examinés par le Conseil national de l’information statistique (Cnis). Moins connu du grand public, le Cnis est ouvert à tous ceux qui représentent les usagers et producteurs de la statistique publique. Son label est indispensable. Il évalue sa pertinence par rapport aux enquêtes existantes et examine en détail la méthodologie et le contenu du questionnaire. C’est lors des réunions du Cnis que les associations sont invitées à donner leur point de vue sur l’enquête.

    Mathieu Ichou est chargé en mai 2016 de présenter la deuxième enquête TeO au Cnis. Il raconte : « On voulait innover sur les questions posées, notamment pour identifier les minorités visibles ou racisées qui sont les premières victimes des discriminations. Comme le Cnis nous a finalement interdit de parler de « minorités visibles et qu’on souhaitait faire cette enquête avec la statistique publique, on a demandé l’inclusion et l’identification de la 3e génération. » Le Cnis ayant donné sont aval, cette méthode devrait permettre de comprendre pourquoi 15 % de la « population majoritaire », catégorie utilisée depuis Teo1 pour les personnes sans ascendance immigrée sur deux générations, s’est déclarée victime de racisme et de discriminations lors de la première vague de l’enquête. « C’est un enjeu important pour nous de savoir si la 3e génération est discriminée, explique le chercheur. Cela voudrait dire que si un petit-enfant de Sénégalais ou d’Algériens subit des discriminations, ce n’est pas parce que son grand-père est venu travailler en France, mais bien parce qu’il est perçu comme noir ou arabe. Il deviendra donc nécessaire de les identifier autrement que par l’immigration de leurs ascendants. »
    Une nouvelle approche dans l’étude des populations immigrées et de leurs descendants

    Le tour de table financier que l’équipe de TeO a réussi à organiser permet de disposer d’un échantillon de plus de 20 000 personnes représentatif de la diversité de la population. Les chercheurs peuvent donc travailler sur un nombre suffisant de personnes, même pour les minorités les moins nombreuses, comme les Africains subsahariens ou les Chinois, par exemple. Le plus coûteux a été d’identifier les enfants d’immigrés (et les petits-enfants dans TeO2). Il faut donc repérer ces descendants d’immigrés par leurs bulletins de naissance, avec l’autorisation des tribunaux administratifs, ce qui nécessite d’envoyer des agents de l’Insee dans toute la France pour examiner les registres en mairie. Ce fut « un véritable tour de force », écriront les concepteurs de TeO1 en 2016.

    « Il n’y a pas de précédent à TeO, s’enthousiasme Cris Beauchemin, notamment dans cette richesse d’échantillonnage et le fait que ce soit absolument représentatif de la société française. C’est une exception internationale. Des chercheurs américains, qui travaillent en ce moment sur TeO, sont émerveillés car il n’y pas d’enquêtes statistiques aux États-Unis qui soient nationalement représentative, avec ce luxe de détails dans les questions, qui touchent à tous les domaines de la vie sociale. »

    TeO a permis de changer de prisme dans l’étude des populations immigrées et – surtout — de leurs descendants. Il ne s’agit plus seulement de mesurer leur capacité d’intégration dans la société française, mais plutôt la capacité de la société française à « faire égalité ». La question des discriminations « systémiques » est devenue centrale. Introduite dans le droit français sous la forme des « discriminations indirectes » par deux directives européennes en 2000, cette approche permet d’aller au-delà de la mesure des discriminations intentionnelles et individuelles, plus facilement identifiables. « Rien n’est moins accessible à l’attention que les discriminations », écrivait Patrick Simon avec son collègue Joan Stavo-Debauge en 2004. Si les discriminations « directes » sont facilement identifiables, comme un refus fondé explicitement sur un préjugé ou une « préférence discriminatoire » en raison de son appartenance à un groupe stigmatisé, « la mise en évidence des discriminations "indirectes" est bien plus complexe, expliquent les chercheurs, et nécessite la mise en place d’une ingénierie spécifique où les statistiques, comme raisonnement et comme dispositif, occupent une place prépondérante. »

    « Je trouve qu’il y a une sorte d’hypocrisie dans le système français à ne pas parler de race », remarque Élodie Druez, qui a pu montrer dans sa thèse en quoi les statistiques ethnoraciales sont un outil pour dénoncer le racisme dans le contexte britannique. « Je n’observe pas au Royaume-Uni que les statistiques sont utilisées pour stigmatiser plus ces populations. D’ailleurs, ces statistiques sont toujours couplées à une analyse en termes de racisme institutionnel. On est très mal à l’aise en France avec l’idée que les institutions, par leur fonctionnement, puissent entraîner des discriminations de façon intentionnelle ou non. Pourtant les statistiques ethnoraciales sont nécessaires, car on nie les injustices que vivent les personnes racisées, et la colère monte. »
    Une enquête qui peut servir de levier aux associations antiracistes

    Christelle Hamel, coordinatrice de la première édition de TeO, pense qu’il faut aller plus loin aujourd’hui et « parler des rapports de domination qui existent entre la population immigrante exposée au racisme et celle qui n’est pas issue de l’immigration qui soit commet des actes racistes, soit en bénéficie. Si quelqu’un est discriminé dans l’embauche, par exemple, une autre personne sera — de fait — favorisée dans son accès à cet emploi. Pourtant elle n’est, elle-même, responsable en rien de cette discrimination ; elle bénéficie seulement d’un traitement discriminant. » Cette analyse fait écho au concept de « privilège blanc », évoqué dans le débat public en France depuis les manifestations contre les violences policières qui ont éclaté à la mort de l’Africain-Américain Georges Floyd.

    « Le rejet des statistiques raciales renvoie au refus de se penser en tant que Blanc », ajoute le sociologue Éric Fassin. Acteur et observateur de la controverse de 2007 autour de TeO, il qualifie aujourd’hui l’épisode de « très violent ». « Pourtant, on était d’accord sur beaucoup de choses, puisque la bataille avait lieu au sein des sciences sociales entre antiracistes de gauche. Mais il y avait autre chose ; personne ne l’a fait remarquer à l’époque, mais nous étions presque tous blancs. La question raciale n’est pas extérieure au monde savant : ce n’est pas parce qu’on est entre Blancs qu’il n’y a pas de question raciale — bien au contraire ! Nommer la blanchité, c’est donc cela l’enjeu. »

    Dans la société française, « TeO a permis de lever beaucoup de stéréotypes et d’idées reçues grâce aux éléments de connaissance que l’enquête a apportés », constate Patrick Simon aujourd’hui. « Même si cela n’a rien changé du point de vue des politiques de lutte contre les discriminations, le débat sur les discriminations et la participation à la société des immigrés et de leurs descendants a évolué. L’enquête peut servir de levier à des associations de lutte contre le racisme et les discriminations. »

    Les questions sur la perception de la couleur de peau seront-elles posées dans une prochaine édition de TeO ? L’enquête s’installera-t-elle dans une périodicité de dix ans, évoluant avec le questionnement de la société sur les statistiques ethnoraciales ? En tout cas, conclue François Héran, « TeO a prouvé le mouvement en marchant : les polémiques des années 1990 sont désormais obsolètes. ». À ce jour, 220 travaux de recherche, dont plusieurs thèses, ont utilisé ses données sécurisées et anonymisées. TeO a ouvert la voie à d’autres enquêtes qui mobilisent des catégories ethniques et/ou raciales. Les dernières en date ont été menées en 2016 par le Défenseur des droits sous le titre général « Accès aux droits1 ».

    Contrairement à une idée encore largement reçue, les statistiques ethniques sont autorisées en France, à condition d’être dûment pensées et contrôlées. Elles restent exclues des fichiers administratifs mais peuvent être mobilisées dans les grandes enquêtes menées par les chercheurs et les statisticiens. Beaucoup de chercheurs pensent que des progrès restent à faire vers une interrogation plus précise sur la discrimination proprement raciale, en relation avec d’autres critères comme le sexe, le milieu social et la religion. Un défi pour la jeune génération.

    http://icmigrations.fr/2020/08/28/defacto-021-01
    #statistiques_ethniques #inégalités #données #origine #couleur_de_peau #TeO #enquête_TeO #racisme #xénophobie #discriminations

    ping @karine4 @isskein @cede

  • Macron revient au Liban, face aux chefs de clan

    Pour la deuxième fois en un mois, le président se rend à Beyrouth, où il espère arracher « un gouverne ment de mission » pour sauver le pays.

    Malbrunot, Georges
    https://www.lefigaro.fr/international/macron-revient-au-liban-face-aux-chefs-de-clan-20200830

    Pression multiforme

    Les chefs de parti ont compris que le serment de fidélité d’Emmanuel Macron était à double tranchant : amical certes, mais intimidant aussi. « Oui, on pense aux sanctions, mais il faut le faire avec les Américains pour que ce soit efficace » , nous confiait le chef de l’État, le soir de sa première visite à Beyrouth. « Brandir l’arme des sanctions a fait frémir beaucoup de gens , constate Alain Bifani. Il y a eu comme une onde de choc chez les politiques. » « Est-ce vrai qu’il vous a dit envisager de sanctionner des responsables, s’ils ne coopéraient pas ? » , téléphonait, inquiet, Simon Abiramia, un député proche du président de la République, Michel Aoun, peu après la mise en garde du chef de l’État français. De fait, « Macron a commencé de travailler avec Donald Trump sur un régime de sanctions avec déjà des noms » , confirme une source informée.

    Quelques jours après l’appel téléphonique du président de la République à Donald Trump, dans la foulée de son premier déplacement au Liban, la visite à Beyrouth le 13 août du secrétaire d’État adjoint pour le Proche-Orient, David Hale, s’inscrivait dans cette épure de sanctions à mettre en place. Oui mais lesquelles ? « Il faut que sur la première liste figurent des noms de toutes confessions et de toutes les mouvances, sinon elle ne sera pas crédible » , recommande un connaisseur du dossier.

    « La liste est facile à faire , confie un expert économique. Si vous dites à Gebran Bassil , (ex-ministre chrétien des Affaires étrangères et gendre de Michel Aoun), Nabih Berri (président chiite du Parlement) et à Saad Hariri (ex-premier ministre sunnite) que s’ils persistent à ne rien faire, ils ne pourront plus se déplacer dans aucun pays de l’OCDE et que leurs avoirs à l’étranger, financiers et immobiliers, seront gelés, ça devrait porter, car il n’y a qu’en tapant au portefeuille qu’ils comprendront » , ajoute cet expert, familier du Liban.

    Le message commence à être reçu par certains. « J’irai jusqu’au bout dans la lutte contre la corruption. Tous les responsables devront répondre de leurs agissements. La justice tranchera. Il n’y aura ni concession ni exception » , déclare le président libanais au Figaro. « Ce n’est pas Michel Aoun qu’il faut sanctionner c’est le clan, avertit l’expert économique : Gebran Bassil, Mireille et Claudine (deux filles du président, NDLR), Sélim Jreissati (ex-ministre des Affaires présidentielles) et surtout Cedrus Bank, la banque de leur parti, le Courant patriotique libre (CPL), c’est là que sont tous les comptes de la famille Aoun » .

    La pression multiforme porte ses fruits. Vendredi, après plus de deux semaines de tergiversations, la présidence libanaise s’est finalement décidée à fixer à lundi - soit quelques heures avant l’arrivée de Macron - la date des consultations parlementaires à l’issue desquelles devrait être désigné un nouveau premier ministre. C’est la première étape du processus de désignation du chef de gouvernement. Elle pourrait durer 48 heures, c’est-à-dire jusqu’au départ d’Emmanuel Macron. Arracher aux partis le nom d’un chef de gouvernement (sunnite) au cours de sa visite serait un premier succès. Le plus dur - composer un gouvernement - restera à faire.

    La fin des chèques en blanc

    L’ex-ministre de l’Intérieur, Mme Raya al-Hassan, est sur la liste, Tammam Salam et Najib Mikati, eux, ont décliné le poste, tandis que le Hezbollah s’oppose à Nawwaf Salam... mais verrait d’un bon oeil le retour aux affaires de Saad Hariri, ex-chef de gouvernement faible que le parti chiite pro-iranien contrôle ? L’intéressé a, lui, décliné un poste qu’il a déjà occupé à trois reprises, sans grand succès. Dimanche soir, les anciens Premiers ministres, dont Saad Hariri, ont annoncé à l’issue d’une réunion être parvenus à s’entendre sur le nom de Moustapha Adib, ambassadeur du Liban en Allemagne.

    « Saad Hariri a été chassé par le peuple avec la révolte d’octobre 2019 , rappelle un diplomate français, si Paris, qui assure écouter le peuple, le soutenait, ce serait à n’y rien comprendre » . Le fils de Rafic Hariri, l’ancien premier ministre assassiné en 2005, n’est plus en odeur de sainteté à l’Élysée, depuis le 20 septembre 2019, date de son dernier entretien en tête-à-tête avec Emmanuel Macron. Le chef de l’État venait de le sauver des griffes du prince héritier saoudien Mohammed Ben Salman qui l’avait détenu deux ans plus tôt à Riyad, et tança alors le premier ministre de n’avoir rien fait, depuis que la communauté internationale s’était engagée, seize mois plus tôt, à offrir 11 milliards de dollars à son pays, en échange de réformes. « Ils n’ont même pas été fichus d’établir un site internet » , fustige un autre diplomate, au coeur du dossier de financement de 280 projets au profit du Liban.

    Écoeuré par la prédation à laquelle les parrains du système ont à l’époque voulu se livrer, un autre expert témoigne, anonymement : « Ces 11 milliards promis au Liban ont fait l’objet d’un partage entre les partis politiques et les structures qui devaient en bénéficier. Des projets devaient aller à Amal, le parti chiite de Nabih Berri, d’autres au Courant du futur de Saad Hariri et d’autres enfin au CPL de Gebran Bassil. Ils se disaient : il y a onze milliards à la clé, on peut espérer en récupérer 20 % en surfacturant d’autant, et ces 20 % iront dans notre poche. Deux milliards que les trois grands partis devaient récupérer, donc 700 millions chacun . » Et dans les négociations face aux Français, l’homme de Saad Hariri ne se gênait absolument pas pour réclamer cette commission de 20 %. « Heureusement , se réjouit le témoin de ces manigances, la communauté internationale n’a pas marché dans la combine. » Emmanuel Macron n’ignore rien de ces turpitudes. Fini l’ère des chèques en blanc, initiée du temps de Jacques Chirac, grand ami du Liban et de Rafic Hariri. Mais le chef de l’État parviendra-t-il à imposer ses vues aux dinosaures libanais ? « Les partis ont toujours bloqué. Mais avec la menace de leur taper sur les doigts, ça pourrait marcher cette fois » , veut croire Alain Bifani.

    « Ils rêvent tous que Zorro va une nouvelle fois arriver pour les sauver , tempère un diplomate français qui les connaît très bien. Comme dans le passé avec Jacques Chirac ou les pays du Golfe, ils pensent qu’un généreux bienfaiteur va débarquer. Maintenant ils misent sur le gaz découvert au large du Liban ou sur la géopolitique, en nous répétant que le Liban est central au Moyen-Orient et que sinon, tout va s’écrouler. Mais tout s’est déjà écroulé ! » , constate ce diplomate.

    #sanctions

    • asad abukhalil أسعد أبو خليل sur Twitter : “تعليقاً على مقالة مالبرونو: الذي يظنّ ان دول الغرب, باسم مكافحة الفساد, ستفرض عقوبات على أمثال جنبلاط وجعجع وميقاتي والحريري وبري والسنيورة والمرّ لا يفهم مقاصد ودوافع دول الغرب. اقصى ما يمكن ان يصدر عنهم باسم مكافحة الفساد عقوبات ضد محمد رعد وجبران باسيل.” / Twitter
      https://twitter.com/asadabukhalil/status/1300490400910647296

      Commentaire sur l’article de Malbrunot : quiconque pense que les pays occidentaux, au nom de la lutte contre la corruption, imposeront des sanctions à des gens comme Joumblatt, Geagea, Miqati, Hariri, Berri, Siniora et Murr, ne comprend pas les intentions et les motivations des pays occidentaux. Le maximum qu’ils peuvent faire au nom de la lutte contre la corruption : des sanctions contre Muhammad Raad [membre du hezbollah] et Gebran Bassil [du parti chrétien allié au Hezbollah].

    • https://middleeasttransparent.com/fr/macron-revient-au-liban-face-aux-chefs-de-clan

      (...) Dans une indiscrétion au Figaro à la fin de sa visite éclair, le 6 août dernier, le président français a brandi la menace d’imposer des sanctions aux leaders politiques, réfractaires aux réformes et au « nouveau contrat » qu’il appelle de ses vœux au Liban. Cette épée de Damoclès incitera-t-elle les parrains d’un système épuisé et miné par la corruption à enfin bouger ? Le déplacement du chef de l’État, qui commence ce lundi soir par une rencontre chez une icône, la chanteuse Fayrouz, s’annonce ardu.
      Capacité d’entraver les réformes

      La France veut « un gouvernement de mission », « un gouvernement propre, efficace, capable de mettre en œuvre les réformes souhaitées par les Libanais », dit-on à l’Élysée. Réforme des secteurs de l’électricité et des télécommunications (pompes à finances de certains partis), audit de la Banque centrale (boîte noire de la corruption), ouverture des négociations avec le FMI… La liste est longue au-delà même de la lutte anticorruption – création d’un Sénat, autorisation du mariage civil – dans un pays où la moitié de la population vit désormais sous le seuil de la pauvreté. Grâce à la majorité dont ils disposent au Parlement, les principaux chefs de parti ont encore la capacité d’entraver le chemin des réformes.

      Pour contourner cet obstacle – sans vouloir revenir sur le pacte national de 1943 qui partage le pouvoir entre confessions – l’idée d’Emmanuel Macron est de « geler le temps politique jusqu’au rendez-vous des prochaines élections législatives, que les partis traditionnels fassent un pas de côté pendant un temps nécessaire », selon l’entourage du chef de l’État. Il s’agit d’obtenir « un gouvernement de mission fort, d’une douzaine de techniciens avec des pouvoirs exceptionnels octroyés par le Parlement, afin de lui donner le temps de réaliser des réformes et d’engranger ensuite une victoire électorale », décrypte Alain Bifani, directeur général du ministère libanais des Finances, jusqu’à sa démission en juin.

      Ce sera l’objectif de la rencontre mardi soir à la résidence des Pins avec les chefs de ces principaux partis, qu’Emmanuel Macron a déjà houspillés, le 6 août. « Obtenir, à défaut de majorité au Parlement, une couverture politique pour avancer », ajoute une source libanaise à Beyrouth. « Macron n’est pas sorti de l’auberge, prévient-elle. Il va demander aux partis de se saborder alors qu’ils vont se faire cracher dessus au cours des prochains mois, car on est au fond de l’abîme. Son voyage est risqué. » « C’est vrai, répond un proche du chef de l’État, mais les leaders libanais n’ont plus le choix, ils couleront avec le Titanic, s’ils n’acceptent pas de mettre de l’huile dans les rouages. »

      Pression multiforme (...)

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      "Ce que vous avez fait est grave" : quand Macron s’emporte contre un journaliste français à Beyrouth
      OLJ / le 02 septembre 2020 à 17h51
      https://www.lorientlejour.com/article/1231244/ce-que-vous-avez-fait-est-grave-quand-macron-semporte-contre-un-journ

      L’Orient-Le Jour a pu obtenir confirmation que la colère du président français a été provoquée par un article de Georges Malbrunot daté du 30 août et dans lequel il évoque des sanctions françaises contre la classe politique libanaise.
      (...)
      « Surpris »
      L’Orient-Le Jour a pu obtenir confirmation que l’article qui a suscité la colère du président Macron est daté du 30 août et intitulé : Macron revient au Liban, face aux chefs de clans. Dans cet article, Georges Malbrunot, spécialiste du Moyen Orient et ancien otage de l’Armée islamique en Irak, affirme que « dans une indiscrétion au Figaro à la fin de sa visite éclair, le 6 août dernier, le président français a brandi la menace d’imposer des sanctions aux leaders politiques, réfractaires aux réformes (...) ».

      « Je suis très surpris de la virulence de cette attaque, qui est inacceptable et à laquelle j’ai répondu. Je me suis expliqué avec l’Élysée, pour moi l’incident est clos », a commenté Georges Malbrunot interrogé l’AFP. « Ce que le président lui a reproché, c’est de ne pas avoir donné à l’Elysée la possibilité de réagir à des informations qui le mettaient en cause », a de son côté réagi l’Elysée. « Nous avons échangé avec Georges Malbrunot et le Figaro. L’incident est clos ».

      Pendant la conférence de presse de mardi soir, Emmanuel Macron avait déjà épinglé l’article, sans le nommer, en critiquant ceux qui « écrivent les pires bêtises sur le sujet sans vérification aucune » et en les invitant à « lui poser directement la question ». Interrogé sur l’hypothèse de sanctions individuelles contre les leaders libanais, il a ensuite démenti cette hypothèse, sans écarter complètement, à plus long terme, « un mécanisme de sanctions plus large ».

      C’est la première fois que le président français s’emporte publiquement contre un journaliste. Emmanuel Macron s’est efforcé depuis des mois d’apaiser ses relations avec les journalistes, très tendues au début du quinquennat. A Beyrouth, interrogé sur le procès de l’attentat contre Charlie Hebdo, il a d’ailleurs répété mardi son respect pour la liberté de la presse.

      https://seenthis.net/messages/874008#message874248

  • Masque obligatoire en entreprise : Elisabeth Borne évoque des exceptions de « bon sens »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2020/08/30/masque-obligatoire-en-entreprise-elisabeth-borne-evoque-des-exceptions-de-bo

    Il y a également des activités professionnelles qui « par nature sont difficilement compatibles avec le port du masque. On va les recenser avec les partenaires sociaux et on verra les réponses qu’on peut apporter », a par ailleurs dit Elisabeth Borne.

    Il y a notamment « les ateliers », comme « les garages », où « vous êtes amenés à faire des efforts physiques » et où les salariés pourront être « dispensés du port du masque » si « l’atelier est bien ventilé », avec « les collègues [qui] sont loin », a-t-elle détaillé. La ministre a ainsi rappelé qu’un décret avait déjà été pris pour dispenser « les chanteurs d’opéra » du port du masque.

    Le bon sens près de chez nous ! #gorafi

  • Former ‘Arabic Booker’ Winners, Jury Members Call on Prize to Stop Taking UAE Gov’t Money – ArabLit & ArabLit Quarterly
    https://arablit.org/2020/08/30/former-arabic-booker-winners-jury-members-call-on-prize-to-stop-taking-uae-

    But, letter-writers argue, that independence is now in jeopardy, and the letter-writers “call on the current Board of Trustees to assume its historical cultural responsibility and protect the award by ceasing to take Emirati funding, in order to preserve the award’s credibility and independence, and also to allow it to continue playing its pivotal role in spreading and developing the Arabic novel. Moreover, the award should keep its distance from any official state funding from any country. We affirm that we make in this appeal from a position of cherishing the award and being keen on the interconnectedness of Arab culture and intellectuals in the face of the political devastation into which some regimes have descended, and it also stems from the recent move toward normalization in the UAE, and, according to statements by Emirati officials, this strategy of alliance with Israel will include all fields, not excluding the cultural one.”

    They finish the letter by stating that the award is facing “a difficult test, for which we need a bold stance from the Board of Trustees. And if, in these delicate circumstances, a courageous decision is not taken to shore up the independence of the award, then the Board of Trustees must prepare for the worst-case scenarios that might plague the award and its legal status, waste its historical balance, and undermine its position in the Arab cultural conscience. These dire scenarios are easy to imagine. Therefore, we appeal to the Board of Trustees to assume its responsibility in preserving this award, so that it remains clean, honest, and independent as it has always been, and for the International Prize for Arabic Fiction to remain one of the bywords of free and creative Arab creativity.”

    Très bonne initiative, mais on peut douter du résultat.

    #émirats #boycott

  • Jordan releases cartoonist held over UAE drawing
    August 30, 2020 at 2:43 pm – Middle East Monitor
    https://www.middleeastmonitor.com/20200830-jordan-releases-cartoonist-held-over-uae-drawing

    Jordan on Sunday decided to release a cartoonist held for drawing a cartoon mocking a recent deal to normalize relations between the United Arab Emirates (UAE) and Israel, Anadolu reports.

    Emad Hajjaj was arrested by Jordanian police on charges of insulting an Arab country after he drew a caricature that mocks UAE Crown Prince Mohammed bin Zayed Al Nahyan, as Israel refused to allow the UAE to buy F-35 warplanes from the US despite Abu Dhabi’s normalization deal with Tel Aviv.
    #Jordanie #IsraelEAU
    “The Judiciary has ordered Hajjaj’s release,” his lawyer Marwan Salem told Anadolu Agency.

    The lawyer, however, did not give any further details, and there was no comment from Jordanian authorities on the report.

    On Friday, Human Rights Watch (HRW) called on the Jordanian authorities to immediately release Hajjaj and to drop the charges against him.

    On Aug. 13, the UAE and Israel announced a US-brokered agreement to normalize their relations, including opening embassies in each other’s territory.

    Palestinian groups, including the Palestinian Authority, have denounced the UAE-Israel deal, saying it does not serve the Palestinian cause and ignores the rights of Palestinians.