Goom

Techno // Infos // Vidéo // Audio // Etc.

  • https://puzzlemontage.crevado.com/puzzle-montage-by-tim-klein

    Jigsaw #puzzle companies tend to use the same cut patterns for multiple puzzles. This makes the pieces interchangeable, and I sometimes find that I can combine portions from two or more puzzles to make a surreal picture that the publisher never imagined. I take great pleasure in “discovering” such bizarre images lying latent, sometimes for decades, within the pieces of ordinary mass-produced puzzles.


  • Une très intéressante étude sur les conséquences du mode de scrutin pour l’élection présidentielle en France en 2017 https://vote.imag.fr/results/online

    On y voit que la plupart des modes « alternatifs » auraient fait élire Mélenchon. (Évidemment, comme toutes les études de ce genre, cela dépend de comment les voteurs auraient réellement voté si le mode de scrutin avait été différent : les électeurs font de la tactique et on ne peut pas être sûr de ce qu’aurait été leur vote avec un autre mode des scrutin.)

    Par contre, aucun mode de scrutin n’aurait pu faire gagner Asselineau :-)

    #mode_de_scrutin #vote #démocratie


  • How To Kill Your Tech Industry, by Marie Hicks
    https://logicmag.io/05-how-to-kill-your-tech-industry

    In World War II, Britain invented the electronic computer. By the 1970s, its computing industry had collapsed—thanks to a labor shortage produced by sexism.

    JavaScript is for Girls, by Miriam Posner
    https://logicmag.io/01-javascript-is-for-girls

    Decades ago, men kicked women out of the programming profession just as it was taking off. Now that women are fighting their way back in, men are finding new ways to protect their status.

    Women in Computer Science: A 1983 MIT Report
    https://logicmag.io/women-in-computer-science-a-1983-mit-report

    In 1983, female computer scientists at MIT wrote a report on how sexism was pushing women out of their—historically female—field.

    These were their recommendations.

    In the age of Uber and VC sexual harassment and the Google memo... how much has changed? How many do we still need to start following?

    #informatique #sexisme

    • Merci @fil, ça donne des billes !
      Quand j’essaye d’expliquer sous le biais politique /ça me protège aussi/ comment le sexisme agit en informatique, c’est souvent pris par les hommes à titre personnel et on aboutit alors à une discussion défensive qui vise à déculpabiliser l’interlocuteur masculin et me rappelle à l’ordre du patriarcat (qui s’invite toujours sans crier gare).
      Ou bien, il y a toujours une femme qui leur a dit que cela ne la dérange pas.
      C’est comme si c’était du vent, ou pire, comme si je me retrouvais dans une situation où je dois rassurer l’autre, modifier mon discours et mon propre comportement pour aller me noyer dans le personnage féminin de la mère nourricière. J’en ai marre d’expliquer sans succès que le problème ne vient pas du comportement individuel des femmes. Il serait temps que la communauté des hommes qui constituent à plus de 80% le logiciel libre se sorte les doigts du cul pour au moins commencer à se questionner sur l’absence des femmes.




  • How Unpaywall is transforming open science
    https://www.nature.com/articles/d41586-018-05968-3

    After being kicked out of a hotel conference room where they had participated in a three-day open-science workshop and hackathon, a group of computer scientists simply moved to an adjacent hallway. There, Heather Piwowar, Jason Priem and Cristhian Parra worked all night on software to help academics to illustrate how much of their work was freely available on the Internet. They realized how much time had passed only when they noticed hotel staff starting to prepare for breakfast.

    That all-nighter, back in 2011, laid the foundation for Unpaywall. This free service locates open-access articles and presents paywalled papers that have been legally archived and are freely available on other websites to users who might otherwise have hit a paywalled version. Since one part of the technology was released in 2016, it has become indispensable for many researchers. And firms that run established scientific search engines are starting to take advantage of Unpaywall.

    https://chrome.google.com/webstore/detail/unpaywall/iplffkdpngmdjhlpjmppncnlhomiipha
    https://addons.mozilla.org/en-US/firefox/addon/unpaywall
    http://blog.impactstory.org/unpaywall
    https://www.chronicle.com/article/How-a-Browser-Extension-Could/239714
    http://www2.biusante.parisdescartes.fr/wordpress/index.php/unpaywall-libre-access-biu-sante
    https://www.nature.com/news/science-publishers-try-new-tack-to-combat-unauthorized-paper-sharing-1.21959
    http://openaccess.inist.fr/?Libre-Acces-des-outils-pour-vous

    #open_access #open_science #recherche #communs #intelligence_collective #Unpaywall



  • Qui diffuse le mieux les mythes autour du #podcast ? C’est la #radio ! Voilà que la #BBC sort les « Onze commandements du podcast » et que [edit] un journaliste de [/edit] #RFI les traduit, plus précisément de L’Atelier des médias... dont le producteur a aussi monté une école (gratuite) de production de podcasts (voir son manifeste là -> https://medium.com/@ziadmaalouf/manifeste-transmission-9a9cdf9d515d) :

    https://www.youtube.com/watch?v=4oKcLygAf94

    Pourquoi des mythes ? J’en cause ici : http://syntone.fr/il-etait-une-fois-le-podcast-1-faire-table-rase.

    Pourquoi la radio joue-t-elle ce rôle ? Le podcast semble être, bon gré mal gré, un bon outil marketing pour « accompagner » (justifier et couvrir) le démantèlement du service public radiophonique et la libéralisation de la production audio. On fait croire qu’on réinvente la création sonore, au moment même où on (parfois les mêmes personnes au sein de la radio, parfois d’autres) détruit les conditions communes de l’expérimentation, de l’invention, de l’ouverture à de nouvelles écritures (voir par exemple https://seenthis.net/messages/718381). On préfère d’ailleurs parler d’#innovation que de création.

    Ça fait longtemps que la radio diffuse des pièces dont le format et la durée sont dictées par le contenu, et pas simplement des 24 ou 52-minutes. Feue l’excellente émission Les passagers de la nuit sur France Culture (https://www.franceculture.fr/emissions/les-passagers-de-la-nuit-seine-saint-denis-1/speciale-derniere-des-passagers-de-la-nuit) offrait par exemple chaque semaine une splendide collection de formats différents.

    Faire de la #création_sonore, en rendre la production accessible à toutes celles et ceux qui veulent s’y frotter, la promouvoir, mille fois oui. Mais inutile de s’abriter derrière cette fausse opposition podcast / radio, parce qu’alors on parle de tout à fait autre chose.

    • Ah, le journaliste de RFI qui a fait la traduction ne partage pas mon avis :

      J’ai de fait rectifié mon raccourci erroné entre l’initiative d’un journaliste de RFI et RFI en tant que telle - mea culpa.

      Pour le reste, je ne change rien. Ça n’est pas, s’il est besoin de préciser, une charge contre L’Atelier des médias, dont j’apprécie régulièrement l’écoute même si je ne partage pas (preuve en est) forcément ses enthousiasmes ou ceux de ses membres. Je ne dis pas non plus que ce journaliste promeut activement le démantèlement du service public radiophonique : il a simplement relayé, pour défendre la création sonore, un discours sur le podcast dont j’ai précédemment relevé toute l’ambiguïté.

      Je dis, en revanche, qu’il est frappant de constater la concomitance et la complémentarité, plus ou moins consciente, de ces deux discours, aussi bien en Grande-Bretagne qu’en France : celui de la promotion du podcast et celui de la libéralisation de la production sonore. Comme je l’avais indiqué, ils ne sont pas forcément portés par les mêmes personnes au sein des antennes (mais parfois si, comme dans le cas de la direction de France Culture, qui utilise le podcast pour saborder la grille de création sonore), c’est-à-dire qu’il n’y a pas nécessairement de stratégie concertée (mais parfois si - je l’ai déjà dit ?).

      Que les artisan·es de la radio veuillent davantage de diversité dans les formats, c’est une très bonne chose. S’abriter derrière « l’innovation » que constituerait le podcast pour le faire me semble en revanche périlleux : c’est brouiller le discours (du coup compatible avec les visées managériales, qui suivent leur propre logique) et oublier l’histoire de la radio (qui a bien plus de ressources et de possibilités, dans le passé comme dans l’avenir, que ce qu’on nous serine à longueur de temps).

    • Lui non plus, il ne t’a pas contactée d’abord pour s’assurer de vos divergences avant de te traiter de menteuse devant des centaines (milliers ?) de personnes... Quel sale procédé ! D’autant que ton message, que j’avais lu en passant, ne me semblait vu de loin pas du tout personnalisé et prenait soin de parler d’une tendance, observable dans des milieux très différents avec des motivations très différentes. C’était rien de perso. Et en échange : « JV est une menteuse. » Merde alors ! Et tout mon soutien, Juliette.

    • Merci @aude_v. C’est la forme des « échanges » sur twitter, à ce que j’ai compris - c’est pour cela que je n’y suis pas, mais que je poste des billets argumentés ici.

      De fait, il n’y avait rien de personnel, je ne connais pas ses positions sur la casse du service public, qui ne changeraient rien à mon analyse. Pour tout dire, je pense même que l’Atelier des médias, avec son école gratuite, tente de repenser la façon dont la radio publique peut démocratiser l’accès à la production audio. Ce qui n’empêche pas que le marketing autour du podcast est très ambigu et à double tranchant.

      Après, le coup de "les contacter pour savoir le vrai du faux" , ça me fait rigoler : je n’ai pas à demander la permission à RFI pour analyser le podcast et le rôle qu’on lui fait jouer dans les radios publiques européennes. Aucun fact-checking ici, juste de la tentative de délégitimation à l’ancienne. Enfin bref, sans rancune non plus :P.

    • Je ne rentrerai pas dans le débat « les anciens versus les nouveaux », il y a un nouvel appétit pour le son tant du côté des producteurs que du côté des auditeurs, cela devrait être, à mon avis, une fête et pas un motif de grogne ou d’opposition. Que des dirigeants de chaines prennent des décisions injustes et souvent stupides quand à la création sonore me révolte mais je ne vois pas le rapport. Quand la BBC (sur sa page de soumission de programme par des amateurs) dit « la radio n’est pas du podcast... » elle le fait, peut-être, avec démagogie mais elle a surtout le courage de dire à l’amateur ne cherche pas à faire la même chose que nous, ne te mets pas la pression, nous ne faisons pas la même chose. Encourager la création plutôt que de l’étouffer, il me semblait que c’était plutôt vos propos. Je passe rapidement sur le raccourci fait entre « diffusion des mythes » et « étouffement du service public » qui est tellement rapide qu’on dirait un point godwin. Vous utilisez ma production non pas pour en débattre (comme j’avais appelé à le faire sur mon profil) mais pour étayer des propos qui ne sont pas liés directement. Je réitère donc ici ma proposition, apportons une touche française à ces 11 commandements. Je précise que je ne suis pas journaliste, mais réalisateur, que Ziad n’a rien à voir dans cette traduction, que j’ai dévoré « Contrôle » au moment de sa sortie, et que non Aude, je n’ai pas « traiter » Claire de menteuse, mais vous avouerai que les informations concernant ma personne et l’intention sont juste fausses comme je viens de l’écrire.

    • Bonjour @simondecreuze et bienvenu sur Seenthis.

      Je ne vous ai pas contacté parce que je fais une analyse générale, pas une attaque personnelle comme vous semblez le penser. Je ne parle pas de vous. Je pointe un symptôme, une tendance générale que vous n’êtes pas du tout le seul à porter, loin s’en faut : c’est même la tendance dominante, de la BBC au milieu de la production francophone.

      Qu’aurait-il fallu que je vérifie auprès de vous ? Votre opinion sur la casse du service public ? Mais je ne dis nulle part que vous y êtes favorable.

      Quant à l’injonction à ne pas critiquer le podcast pour la seule raison qu’il y a une vraie ébullition en ce moment autour de lui, elle est un peu... étonnante.

      Savez-vous que j’ai écrit plusieurs dizaines de milliers de signes sur cette question, avec un tantinet plus de nuance que cela ?

      « Il était une fois le podcast. 1 : Faire table rase ? »
      http://syntone.fr/il-etait-une-fois-le-podcast-1-faire-table-rase

      Un vent de fraîcheur, une nouvelle vague, le début d’un âge d’or, une renaissance, que dis-je : une révolution ! L’enthousiasme qui anime le milieu du podcast francophone s’est visiblement transmis, ces derniers mois, aux médias qui le couvrent. Ce, d’autant plus aisément que le milieu du podcast et celui des médias se recoupent : le premier accueille nombre d’exilé·es du vieux monde radiophonique et journalistique, tandis que dans le second, ceux qui ne maniaient jusque là que l’écrit et la vidéo se sont depuis peu avisés de l’existence du son. Une révolution gagnante-gagnante en somme. Mais une révolution qui, pour asseoir sa légitimité, prend un soin particulier à oublier le passé et à brouiller le débat. De l’invention il y en a, mais pas forcément chez celles et ceux qui crient le plus fort, et elle ne date pas d’aujourd’hui. S’il est réjouissant d’assister à une ouverture du paysage de la production sonore, à un questionnement de ses formes et à un intérêt nouveau pour elle, il reste fondamental de ne pas perdre pour autant – voire refuser – toute mémoire sonore.

      Savez-vous qu’il existait en France dès 2005 une cérémonie des Podcasts d’or ? Que la même année, l’on trouvait déjà des articles de la « grande presse » pour s’émerveiller du potentiel de cette nouvelle pratique, en même temps que des billets de blogs qui craignaient que le podcast amateur ne soit sur le déclin ? Que l’on s’étripe depuis tout ce temps sur ce qu’est et n’est pas le podcast ? Que la rediffusion sur Internet d’émissions de radio remonte à une vingtaine d’années ? Que les premières fictions sonores réalisées exclusivement pour le web datent de l’an 2000 ? Et même, que l’on écoutait des histoires mises en scène ou des informations sur son téléphone il y a… cent trente ans ? Tentative impossible de définition du podcast et contribution à son histoire culturelle.

      « Au cœur du bouillonnement podcastique »
      http://syntone.fr/au-coeur-du-bouillonnement-podcastique

      Les contenus et les passerelles évoluent rapidement sur la planète podcast, tant et si bien que trois petits mois après vous avoir proposé une première cartographie de ces espaces de création et de diffusion, issus du bouillonnement actuel ou plus anciens, Syntone y apporte une importante mise à jour. Plusieurs outils de veille ou de sélection ont en effet émergé depuis.

      « Webradios et plateformes de création sonore et radiophonique »
      http://syntone.fr/webradios-et-plateformes-de-creation-sonore-et-radiophonique

      Une intense actualité autour des plateformes de podcasts, une webradio expérimentale qui naît, celle d’un festival radiophonique qui fait peau neuve : la période semble idéale pour proposer une sélection de webradios et de fournisseurs de podcasts « natifs » (c’est-à-dire diffusés d’abord et avant tout sur Internet) consacrés, naturellement, à la création sonore et radiophonique.

    • Comme vous avez modifié votre commentaire depuis ma réponse ci-dessus, en voici une nouvelle.

      Je pense au contraire que les mythes autour du podcast le déservent - et que de manière générale, on ne promeut jamais bien une pratique, un objet, une idée, en les faisant paraître autre qu’elles ne sont.

      Je me réjouis autant que vous de l’ouverture de la production sonore, je l’ai suffisamment écrit dans @syntone, milité pour cela, et cela a modifié mes pratiques d’écoute (dans lesquelles j’accorde plus de temps aux créations ou émissions indépendantes qu’aux programmes de grandes radios). En revanche, la façon dont les directions d’antenne utilisent le podcast pour détruire les grilles et pour ubériser la production sonore me paraît préoccupant. Or elles se servent des ambiguïtés et des mythes pour le faire, c’est bien pour cela qu’il me paraît essentiel de les démonter : pour démasquer, notamment, le libéralisme sous les nouveaux atours dont elles le parent. On est bien d’accord : le podcast n’est pas cela - ou plutôt, pas uniquement cela, car les tenant·es du libéralisme sont bien libres de faire elles et eux aussi du podcast ou de la radio.

      Je réitère donc ici ma proposition, apportons une touche française à ces 11 commandements.

      J’espère alors que la "touche française" permettra de soutenir et d’encourager l’ouverture de la production sonore de façon moins brouillonne que la BBC, sans discours marketing, avec davantage de mémoire de la création sonore. Pour prendre l’exemple d’un autre de ces "commandements", après celui sur les formats qui auraient été magiquement libérés par le podcast et dont je parle dans mon billet initial : la fameuse "intimité" qui serait propre au podcast. Yann Paranthoën parlait déjà de l’intimité de la voix radiophonique et a beaucoup travaillé dessus, théorisant l’usage de la mono pour capter la voix, jouant merveilleusement des timbres et des souffles dans ses montages... et il a commencé sa carrière à la Radiodiffusion française dans les années 1950. Ça n’a pas besoin d’être nouveau et d’occulter toute l’histoire de la radio pour être une bonne idée - au contraire : je pense qu’on ne peut véritablement inventer qu’en ayant connaissance du passé.

    • Rhââ, les querelles des réseaux sociaux arrivent jusqu’ici avec un nouvel abonné qui vient exprès pour expliquer la vie à notre copine. Vous n’avez pas traité « Claire » Volcler de menteuse mais de diffuseuse de « bêtises » et de discours « faux ». La nuance entre les deux, ce serait de l’imbécilité ou un manque de crédibilité féminine, ne vous enfoncez pas plus ! Les propos de Juliette (c’est son nom) ne parlent pas de votre nombril et même en lisant vite je ne m’y suis pas trompée. Faut-il en remettre une couche et recommencer à parler complaisamment du dit nombril pour que votre ego retrouve sa satisfaction habituelle ? Votre invitation à écrire ensemble ressemble à un vieux procédé de vampirisation : aucune femme n’a vocation à mettre son travail à votre disposition pour un écrit dit « collectif » que vous valoriserez mieux qu’elle. Merde, tout ça pue l’ego froissé et de vieux réflexes machos.


  • Tu aimes les formations de #crop_circles dans les champs, grâce au multivers tellurique à cordes associé à la physique quantique spatiale à vortex fractal ? Quelques vidéastes (Hygiène mentale, Défékator, La Tronche en Biais, AstronoGeek, Un Monde Riant) se sont pris au jeu. Bravo !

    La vidéo de ► Hygiène mentale :
    https://youtu.be/iB6gcSyl6Fs

    La vidéo de ► Astronogeek :
    https://youtu.be/XtO_KLxb2Mk

    La vidéo de ► Un Monde Riant :
    https://youtu.be/VrXnZsNcLuI

    La vidéo de ► Defakator :
    https://youtu.be/XYKs5HxhHRQ

    La vidéo de ► La Tronche en Biais :
    https://youtu.be/-CK4pLMn8-s

    #zététique

    • Il y avait eu d’excellentes (oups) études de ce dessin tout de même, par exemple https://web.archive.org/web/20180817052827/http://cropcirclegeometrie.com/index.php/2018/07/01/la-colonne-vertebrale-de-sarraltroff

      1) Que sa structure de base repose sur un alignement d’un même cercle étalon provenant du Fruit de vie centré SUR le CARRE de la 3ème quadrature (= 3ème niveau de conscience = conscience universelle). Je rappelle qu’en géométrie sacrée, le carré représente tout ce qui est en rapport avec la Matière, la Réalité, le Concret, le Tangible… Nous sommes donc en présence d’un motif qui inter-agit uniquement avec les hautes vibrations du 3ème niveau, en vue de rendre plus tangible et plus concrète la réalité de ce niveau de conscience, qui symbolise notre prochain stade d’évolution. [...]

      Si encore ça s’arrêtait à la symbolique du dessin…

      Il semble que Umberto Molinaro, le pape des crop circles en France, un poil chatouillé du coup par ces vidéos ait réagit https://www.facebook.com/umberto.molinaro.5/posts/2308264425855449

      Ils disent faire du land art, que nenni, le land art est une expression artistique originale et pas une escroquerie ou une imitation lamentable pour simplement satisfaire un ego malsain en croyant faire tomber les gens dans leur piège. Les crop circles véhiculent des messages d’amour [...]

      Alors, si on avait fait des analyses de terre et des investigations on aurait pu s’en rendre compte, mais c’est comme avec les faux billets de banque, il faut un peu de temps. Ce que nous devons comprendre c’est qu’on n’a plus de temps à perdre avec ça, soyons responsables, réveillons-nous, les crop cela fait près de 30 ans que la désinformation existe, avec les faussaires de 1991, et ils ont des moyens car derrière tout cela, posons les bonnes questions, qui tirent les ficelles de ces marionnettes. Qui a intérêt a tout salir ! Et nous qu’avons nous à faire, être dans le juste, et être enfin libres de penser par nous-mêmes. Oui, qui sont les cagoulés dans la vidéo, et ce ton arrogant et méprisant, à quoi cela sert-il ?

      Bah oui, lui il vend des bouquins et des voyages sur les crops circles… faudrait pas trop enquiquiner ses affaires !

      Cela dit après tout, ces humains qui ont fait le coup sont, comme nous tous des extra-terrestres… un amas d’atomes issus de l’origine de l’univers et presque aussi vieux que lui, non ? :)

      Dans cette histoire, je me demande quand même si et comment vont réagir les quelques médias qui en ont parlé.

      Le Républicain Lorrain a sorti un petit papier, bien plus intéressant que ses précédents : https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2018/08/24/le-crop-circle-etait-l-oeuvre-d-une-bande-de-youtubeurs

      Pour eux [les vidéastes expérimentateurs], ne pas en révéler l’origine faisait partie de la méthode scientifique. L’objectif était de constater si leur crop circle était identifié ou pas comme étant d’origine extraterrestre par les pontes autoproclamés du genre

      [...] Sur le plan scientifique, cette expérience a donc une double valeur. Tout d’abord, elle prouve que ce crop circle est d’origine humaine. Mais elle montre aussi que les arguments avancés pour parler de signes extraterrestres (blés coudés, insectes morts, etc.) sont en fait fallacieux puisqu’ils ont été utilisés pour définir l’origine extraterrestre de ce crop circle humain.


  • Mon Chaperon - Copiétonnage
    https://www.monchaperon.fr


    Donc, la RATP te propose de payer pour marcher… tellement #startup_nation
    Et puis le nom… ou les gens n’ont aucune culture générale ou ils affichent leur cynisme et leur paternalisme.

    LE COPIÉTONNAGE

    DONNE DE LA CONVIVIALITÉ À VOS TRAJETS

    Vos trajets ne seront plus une perte de temps et un facteur de stress, au contraire, chaque trajet devient une nouvelle occasion de rencontrer de nouvelles personnes,

    de partager, d’échanger !

    • ouch mais ça le fait pas du tout ce mot de chaperon…

      (Par extension) Diriger, contrôler

      Elle a chaperonné la com’ de Dominique Strauss-Kahn et du président gabonais Ali Bongo ou mis en scène les aveux télévisés de Jérôme Cahuzac. — (Outsch des colonels à la gendarmerie, Le Canard Enchaîné, 19 juillet 2017, page 4)

      #déprimant

    • #pédibus, c’est une pratique qui se fait dans les écoles. Les parents se mettent ensemble pour que l’un.e d’entre elles et eux chaperonne (pour le coup) un groupe de petit.es voisin.es qui vont à la même école. À noter, que les pédibus non autogérés ont moins de succès.

      On parlait aussi de ça avec des potes quand on quitte un lieu en même temps dans l’idée de faire un peu de chemin ensemble. Bref, c’est des pratiques dont il semble nécessaire qu’elles restent low-tech et autogérées pour être conviviales mais on arrive à les faire payer.

      Il y a un propos genré sur qui ressent le besoin d’être accompagnée ?

    • Donc en fait, si tu es une femme seule et que tes ami·e·s n’ont pas que ça à foutre (de t’accompagner pour tes déplacements à pied), tu vas avoir la chance inouïe de pouvoir te payer un « garde-du-corps » pour marcher sans stress (ou sans t’ennuyer). Il faut reconnaître à l’économie marchande un grand pouvoir de s’infiltrer dans les moindres interstices de peur et d’angoisse créés par nos problèmes sociétaux, en l’occurrence le #sexisme et la #culture_du_viol. Dingue ... Mais quand cela va-t-il s’arrêter ?

    • On devrait boycotter ces sites de merde qui font leur blé sur l’entraide ou la mise en relation de deux personnes, ils ne produisent rien et ils font payer très cher la désagrégation sociale.
      D’autant que dans ce cas, ce n’est pas un garde du corps mais juste une autre personne qui n’est pas formé pour te défendre du tout. Et puis quand une agression survient c’est souvent dans une situation imprévisible /ça voudrait dire prévoir toute sortie/ voire au milieu de la foule et en 20 secondes, j’en ai fait l’expérience désagréable, et personne n’a les moyens d’empêcher ça. Bon, le gars a quand même reçu mon poing dans sa gueule mais ça l’a fait rire.
      Vaudrait mieux éduquer à la non violence, voire se former à l’auto-défense.

    • Oui c’est pas simple, il faudra un·e chaperon·ne pour protégé les chapronné·es de leurs chaperon·nes et un·e chaperon·ne pour raccompagné·e lea chaperon·ne ainsi qu’un·e chaperon·ne pour protégé lea chaperon·ne de son/sa chaperon·ne de retour....

    • Oui je me disait qu’avec cette histoire tu fait disparaitre le chômage super facilement. @fil faut qu’on fasse l’appli « 7 milliards de chaperon·ne » ; l’échange de contacte pour un trajet ne serai possible qu’une fois lea chaperon·ne de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, de la chaperon·ne, (7 milliards de fois environ) ...... est trouvé.


  • From Atoms to Cells : Using Mesoscale Landscapes to Construct Visual Narratives - ScienceDirect
    https://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0022283618305850

    Abstract

    Modeling and visualization of the cellular mesoscale, bridging the nanometer scale of molecules to the micrometer scale of cells, is being studied by an integrative approach. Data from structural biology, proteomics, and microscopy are combined to simulate the molecular structure of living cells. These cellular landscapes are used as research tools for hypothesis generation and testing, and to present visual narratives of the cellular context of molecular biology for dissemination, education and outreach.

    ça a l’air sympa mais pas trouvé sur sci-hub


  • En 40 ans, 478 morts à la suite d’interventions policières : une base de données inédite en France
    https://www.bastamag.net/En-40-ans-478-morts-a-la-suite-d-interventions-policieres-une-base-de-donn

    Les forces de police et de gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. À ce titre, elles disposent du pouvoir de recourir à la force et d’utiliser leurs armes à feu, dans des circonstances précises. Ce pouvoir, conféré par l’Etat, occasionne des morts. Qui sont-ils, pourquoi et comment sont-ils tués ? Dans quelles conditions l’action des forces de l’ordre se révèle-t-elle fatale ? Pour accéder à notre visualisation cliquez ici ou sur l’image ci-dessous (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Enquêtes, #Grands-formats


  • Propaganda - La fabrique du consentement - ARTE

    Comment influencer les foules ? À travers la figure d’Edward Bernays (1891-1995), l’un des inventeurs du marketing et l’auteur de “Propaganda”, un passionnant décryptage des méthodes de la “fabrique du consentement”.

    https://www.youtube.com/watch?v=FPbxJV4QKso

    Si les techniques de persuasion des masses apparaissent en Europe à la fin du XIXe siècle pour lutter contre les révoltes ouvrières, elles sont développées aux États-Unis pour convaincre les Américains de s’engager dans la Première Guerre mondiale. Peu connu du grand public, neveu de Sigmund Freud, l’auteur du livre de référence Propaganda et l’un des inventeurs du marketing, Edward Bernays (1891-1995) en fut l’un des principaux théoriciens. Inspirées des codes de la publicité et du divertissement, ces méthodes de “fabrique du consentement” des foules s’adressent aux désirs inconscients de celles-ci. Les industriels s’en emparent pour lutter contre les grèves avec l’objectif de faire adhérer la classe ouvrière au capitalisme et transformer ainsi le citoyen en consommateur. En 2001, le magazine Life classait Edward Bernays parmi les cent personnalités américaines les plus influentes du XXe siècle. Ce documentaire riche en archives retrace, à la lumière d’une analyse critique – dont celle du célèbre linguiste Noam Chomsky –, le parcours de celui qui, entre autres, fit fumer les femmes, inspira le régime nazi, accompagna le New Deal et fut l’artisan du renversement du gouvernement du Guatemala en 1954.

    Source : Arte, Jimmy Leipold, 29-05-2018
    Réalisation : Jimmy Leipold - France - 2017
    https://www.arte.tv/fr/videos/071470-000-A/propaganda-la-fabrique-du-consentement
    Proposé par https://www.les-crises.fr/video-propaganda-la-fabrique-du-consentement-par-arte

    #propagande #propaganda #manipulation #médias #edward_bernays #comportementalisme #freud #adam_curtis #psychologie #chomsky #noam_chomsky #relations-publiques #capitalisme


  • « 1984 » ne fait plus peur aux jeunes Marie-Michèle Sioui - 17 décembre 2016 - Le Devoir
    Un monde #postorwellien
    https://www.ledevoir.com/societe/education/487335/orwell-en-2016-des-jeunes-qui-boudent-georges-orwell

    Notre époque semble parfois donner vie aux prévisions cauchemardesques du roman d’anticipation #1984 de #George_Orwell. Dans ce bilan de fin d’année, voyons comment la guerre devient la paix, la liberté un esclavage, et l’ignorance une force politique majeure. Autant de menaces (#Big_Brother vous regarde !) auxquelles plusieurs jeunes ne semblent plus croire.

    Pour la première fois en 20 ans, cette année, l’enseignant au secondaire Jocelyn Lapointe a retiré l’ouvrage 1984 de sa liste de #lectures obligatoires.

    Parce que l’an dernier, le prof d’anglais de cinquième secondaire a fait face à une petite insurrection.

    Quiconque serait passé dans sa classe au fil du temps, quiconque y aurait observé les affiches des élèves sur le thème de l’allégorie de la caverne aurait pu croire que

    Jocelyn Lapointe compose très bien avec un peu de rébellion.

    Dans ses cours, il enseigne d’ailleurs à ses élèves que l’école a deux fonctions. « Et la deuxième fonction, ils ne la trouvent pas drôle », raconte l’enseignant de 57 ans autour d’un café partagé avec Le Devoir. « Je leur dis : l’école est là pour t’instruire, mais elle est surtout là pour fabriquer l’#obéissance. Pour que tu sois un bon travailleur, que tu n’arrives pas en retard, que tu respectes l’autorité. »

    Aux jeunes ébahis en classe, il fournit des exemples. « Pourquoi, quand la cloche sonne sur l’heure du midi, vous salivez ? Pourquoi, quand la cloche sonne, vous vous levez ? »

    Jocelyn Lapointe, avec ses 25 années d’expérience d’enseignement, admet pourtant avoir aujourd’hui « un peu baissé les bras ». À l’école privée Mont-Saint-Sacrement, à Saint-Gabriel-de-Valcartier, il avait l’habitude d’enseigner l’anglais et la philosophie, une option qu’il a créée dans une autre école de Québec, en 1994.

    Tous les ans, sans interruption, il obtenait assez d’inscriptions pour former un groupe (ou deux), qui discuterait avec lui de Sénèque ou de Platon et du livre VII de La République. Pas cette année. Huit élèves seulement ont choisi l’option philosophie, et elle a donc été annulée.

    Confortables dans l’ombre

    Dans ses cours d’anglais, ses élèves ont protesté l’an dernier. Protesté pour maintenir l’ordre établi.

    Ils lui ont fait comprendre qu’ils se satisfont pleinement de ce qu’ils ont, de ce qu’ils sont, de ce qu’ils savent. Ils lui ont dit que les « ombres » de la caverne de Platon leur suffisent. Qu’ils ont trouvé un certain confort dans le fond de l’antre. L’an dernier, ils ont été 50, sur un total de 175 élèves, à refuser de lire 1984, de George Orwell. L’acte de contestation était sans précédent.

    En 1995, quand il a commencé à enseigner l’ouvrage, Jocelyn Lapointe évoquait les banques, les dépanneurs, ces « deux ou trois endroits » dans lesquels la #surveillance était continue. En 20 ans, une douzaine de caméras de sécurité se sont installées à l’intérieur de son école. Les cellulaires, puis les iPad ont fait leur entrée dans les classes. Les exemples d’une société orwellienne ont semblé s’accumuler.

    Mais dans son cours, l’an dernier, ses élèves en ont eu assez, relate Jocelyn Lapointe. « Ils ont dit : “On est tannés de se faire dire qu’on est surveillés tout le temps. On n’en a rien à foutre. Et si on est heureux comme ça, nous autres ?” »

    Devant la question, l’enseignant s’est senti désarmé. « Tu as beau expliquer la double ignorance, expliquer qu’à partir du moment où tu penses que tu sais tout, parce que tu as accès à tout avec Internet, tu ne cherches plus », avance-t-il, les élèves sont « convaincus » que leurs #désirs, ils les ont choisis.

    L’argumentaire, donc, n’a rien donné. Dans la tête du prof, un constat a émergé : « le dispositif, le processus, le programme fonctionnent ».

    L’école n’est pas un lieu pour apprendre « ça » , lui ont dit ses élèves, en évoquant 1984. « On va à l’école pour avoir une bonne job », ont-ils déclaré.

    Dans sa classe, les pourcentages ont commencé à mener une lutte contre la réflexion. « Ils savent que ça leur prend 80 % pour être admis à tel endroit. Et ils sont attentifs à ça : le chiffre, le chiffre », s’inquiète l’enseignant.

    Mais il n’abandonne pas pour autant. Il a présenté une courte entrée de blogue au sujet de 1984 à ses élèves il y a quelques semaines, et ils ont manifesté l’envie d’explorer l’oeuvre. Au pire, s’il doit faire sans Orwell, Jocelyn Lapointe enseignera Salinger (Catcher in the Rye) ou Bradbury (Fahrenheit 451). Et puis, il attendra la rébellion.

    George Orwell, « 1984 »
    Ils ne se révolteront que lorsqu’ils seront devenus conscients et ils ne pourront devenir conscients qu’après s’être révoltés

    • Surtout, lire :
      « 1984 » à l’indicatif présent Frédérick Lavoie - 2 juin 2018 - Le Devoir
      https://seenthis.net/messages/699696

      La ré écriture de Georges Orwell a été faite pat galimard.

      Traductions comparées
      . . . . .
      Le slogan
      1949  : War is peace. Freedom is slavery. Ignorance is strength.
      1950  : La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force.
      2018  : Guerre est paix. Liberté est servitude. Ignorance est puissance.

      La mentopolice
      1949  : How often, or on what system, the Thought Police plugged in on any individual wire was guesswork.
      1950  : Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir.
      2018  : À quelle fréquence et selon quel système la Mentopolice se branche sur un individu donné relève de la spéculation.

      Le néoparler
      1949  : “You haven’t a real appreciation of Newspeak, Winston”, he said almost sadly. “Even when you write it you’re still thinking in Oldspeak.”
      1950  : — Vous n’appréciez pas réellement le novlangue, Winston, dit-il presque tristement. Même quand vous écrivez, vous pensez en ancilangue.
      2018  : — Tu n’apprécies pas le néoparler à sa juste valeur, commente-t-il avec un air de tristesse. Même quand tu écris, tu continues à penser en obsoparler.

    • #brain_police

      https://en.wikipedia.org/wiki/Who_Are_the_Brain_Police%3F

      “Who Are the Brain Police?” is a Frank Zappa song, performed by The Mothers of Invention, released on the Mothers’ debut album, Freak Out!. It was released by Verve Records as a single in 1966. Zappa stated that the song was one of religious theme.[1]

      Zappa wrote about the song on the Freak Out! liner notes: “At five o’clock in the morning someone kept singing this in my mind and made me write it down. I will admit to being frightened when I finally played it out loud and sang the words.”[2]

      In a 1988 interview, Zappa added:

      A lot of people police their own brains. They’re like citizen soldiers, so to speak. I’ve seen people who will willingly arrest, try and punish their own brains. Now that’s really sad. That’s vigilante brain policism. It’s not even official, it’s like self-imposed. ... It’s hard to pin it down to one central agency when you realize that so many people are willing to do it to themselves. I mean, the people who want to become amateur brain police, their numbers grow every day – people who say to themselves, ’I couldn’t possibly consider that’, and then spank themselves for even getting that far. So, you don’t even need to blame it on a central brain police agency. You’ve got plenty of people who willingly subject themselves to this self-mutilation.[3]

      https://www.youtube.com/watch?v=DuABc9ZNtrA

    • Je veux remercier mon prof de français au lycée, Mr Brunshweig qui en 3em nous a mis sur la voie de la critique et du rêve avec l’étude du Meilleur des Mondes d’Huxley, de 1984, ou de Johnatan Livingston Le Goëland. Plus tard, j’ai eu aussi la chance d’avoir des cours de philo avec un prof qui nous emmenait voir Brecht au théatre pour en discuter longuement ensuite.
      A l’époque, je ne me rendais pas compte combien ces enseignements furent de formidables appels d’air.

    • Tu as certainement fréquenté une école moins « ancienne » que moi @touti. Les lectures que tu mentionnes, je les ai découvertes grâce à mes ami·es du lycée ou de la fac et non les profs. Tes études dateraient-elles des années 80 ou 90 ? Hélas, depuis le ministère d’un certain Claude Allègre (celui qui voulait dégraisser le mammouth) à l’éducation nationale en 2000, tout est allé de mal en pis.

    • Je ne sais pas #sombre, c’était, au propre et au figuré la fin des années 70 :)
      Il n’y avait alors pas de portable, au collège certain·es lisaient libé, je portais une longue veste en cuir rapé trouvée aux puces, un pantalon rouge gribouillé des signes politiques que j’apprenais, après L’Argent de poche Georges Desmouceaux était devenu ado, on fumait dans la cour en discutant de tout et surtout de rien. On sautait la grille quand on voulait sécher les cours sans que personne n’y trouve trop à redire. / et j’ai eu mon bac très jeune /
      #le_bon_temps


  • « 1984 » à l’indicatif présent Frédérick Lavoie - 2 juin 2018 - Le Devoir
    https://www.ledevoir.com/lire/529253/entrevue-1984-a-l-indicatif-present

    C’est l’un des romans les plus traduits et retraduits de la littérature anglo-saxonne, avec plus de 65 langues au compteur. Depuis la parution originale de 1984 il y a près de sept décennies, des millions de lecteurs ont frémi en suivant la descente aux enfers de Winston Smith, fonctionnaire au ministère de la Vérité (ou « Miniver » en #novlangue) qui, par une journée froide et claire d’avril, entame l’écriture d’un journal intime dans lequel il confie sa haine de #Big_Brother, le guide suprême et omniscient du Parti.

    En Océania totalitaire, Winston le sait bien, son « crimepensée » lui vaudra tôt ou tard d’être arrêté par la Police de la pensée afin d’être rééduqué ou « vaporisé ».

    Jusqu’à maintenant, les lecteurs francophones n’avaient pu découvrir le monde #dystopique imaginé par George Orwell qu’à travers une seule traduction, parue chez Gallimard en 1950 et sans cesse rééditée. Pour une raison qui demeure inconnue, la traductrice Amélie Audiberti avait choisi de conserver en anglais le Big Brother de la version originale, pourtant devenu Gran Hermano, Großer Bruder, Wielki Brat et Büyük Birader dans d’autres langues.

    La force du propos d’Orwell et son actualité sans cesse renouvelée, du stalinisme aux « faits alternatifs » de Trump et sa bande, ont fait en sorte qu’on s’est peu attardé à la qualité littéraire de la traduction d’Audiberti. Or, en y regardant de plus près, elle apparaît plutôt bancale et truffée d’inexactitudes et d’approximations.


    Alors que l’oeuvre d’Orwell s’apprête à entrer dans le domaine public en France en 2020 (elle l’est déjà au Canada depuis 2001, mais aucun éditeur québécois n’a semble-t-il saisi l’occasion pour la rééditer), #Gallimard a voulu prendre de l’avance sur ses concurrents en offrant une nouvelle traduction.

    Dans son appartement lumineux du XVIIIe arrondissement de Paris, la traductrice Josée Kamoun, à qui a incombé la tâche de revisiter le classique, raconte s’être résignée très tôt à conserver le Big Brother de sa prédecesseure. Le personnage était trop ancré dans l’imaginaire collectif pour soudainement se transformer en Grand Frère. « Je savais que ça ne passerait plus. »

    Big Brother est toutefois demeuré le seul intouchable d’une traduction à l’autre. Dans le 1984 de Kamoun, Winston Smith travaille désormais au « Minivrai » et habite en « Océanie », où son « mentocrime » risque d’être puni par la « Mentopolice », dont la tâche est de s’assurer que les membres du Parti respectent les principes du « Sociang » (et non de l’« #Angsoc »).

    De la novlangue au néoparler
    Quant à la novlangue d’#Audiberti, Josée Kamoun s’est permis de la rebaptiser « néoparler ». Le souci d’exactitude a primé l’usage devenu courant du terme, principalement pour parler de la langue de bois des politiciens et autres décideurs. « Si Orwell avait voulu créer la Newlang , il l’aurait fait. Mais il a créé le Newspeak , qui n’est pas une langue mais une anti-langue. Il savait ce qu’il faisait, » justifie celle qui a plus d’une cinquantaine de #traductions à son actif, dont plusieurs romans de Philip Roth, de John Irving et de Virginia Woolf.

    Autre choix audacieux de Josée Kamoun : celui de narrer l’action au présent, un temps qui, selon elle, reproduit mieux l’effet de la version originale anglaise, pourtant écrite au passé. « Le traducteur est là pour traduire un effet, et non pas simplement des mots, explique l’enseignante de littérature et de traduction à la retraite. En anglais, le prétérit n’est pas un temps pompeux, contrairement au passé simple en français. C’est un temps ordinaire qu’on peut emprunter dans la langue parlée. »

    Dans la traduction de Josée Kamoun, les membres du Parti ne se vouvoient plus mais se tutoient, comme il était de mise entre camarades communistes à l’époque. Et Big Brother interpelle maintenant les citoyens d’Océanie à la deuxième personne du singulier. « Tu as beaucoup plus peur s’il TE regarde que s’il VOUS regarde », souligne la traductrice.

    Le corps dans tous ses états
    Lorsque Josée Kamoun a lu pour la première fois #1984 au début de la vingtaine, la #dystopie d’Orwell l’a « envoyée au tapis », se souvient-elle. « Ce livre va chercher nos angoisses les plus primaires, comme celles d’être kidnappé ou torturé. » En s’appropriant le texte pour mieux le traduire, elle dit avoir décelé une « colonne vertébrale » rarement ou jamais abordée dans les analyses qui ont été faites du roman : le thème du corps.

    « Winston représente cette conscience vulnérable, cette fragilité humaine qui passe par le corps. Il n’a que 39 ans, mais déjà, il est cuit. Il a un ulcère à la cheville, il ne peut plus toucher le bout de ses orteils. Tout est moche, tout pue autour de lui. Et voilà que par son geste de résistance [l’écriture de son journal], il enclenche un nouveau rapport au corps.

    Avec [son amante] Julia, il connaît l’explosion des sens. Tout d’un coup, le corps existe. Non seulement on fait l’amour, mais on mange du vrai chocolat, on boit du vrai café, et ça sent tellement bon qu’il faut fermer la fenêtre pour ne pas attirer l’attention. Après son arrestation, il subit toutes sortes de coups et d’électrochocs. Il n’habite plus du tout son corps. Puis, on le remplume afin de le rééduquer. Mais tout ce qui était désiré et désirable chez lui a disparu, comme l’appétit de vivre. C’est le corps de la trahison. »

    En exposant les joies et les souffrances physiques qui résultent des choix politiques d’un citoyen dans un système totalitaire, George Orwell rappelle qu’au-delà de notre volonté et de nos convictions les plus fortes, « l’homme, c’est d’abord un corps ».

    Traductions comparées
    L’incipit
    1949 : It was a bright cold day in April, and the clocks were striking thirteen.
    1950  : C’était une journée d’avril froide et claire. Les horloges sonnaient treize heures.
    2018  : C’est un jour d’avril froid et lumineux et les pendules sonnent 13 :00.

    Le slogan
    1949  : War is peace. Freedom is slavery. Ignorance is strength.
    1950  : La guerre c’est la paix. La liberté c’est l’esclavage. L’ignorance c’est la force.
    2018  : Guerre est paix. Liberté est servitude. Ignorance est puissance.

    La mentopolice
    1949  : How often, or on what system, the Thought Police plugged in on any individual wire was guesswork.
    1950  : Combien de fois, et suivant quel plan, la Police de la Pensée se branchait-elle sur une ligne individuelle quelconque, personne ne pouvait le savoir.
    2018  : À quelle fréquence et selon quel système la Mentopolice se branche sur un individu donné relève de la spéculation.

    Le néoparler
    1949  : “You haven’t a real appreciation of Newspeak, Winston”, he said almost sadly. “Even when you write it you’re still thinking in Oldspeak.”
    1950  : — Vous n’appréciez pas réellement le novlangue, Winston, dit-il presque tristement. Même quand vous écrivez, vous pensez en ancilangue.
    2018  : — Tu n’apprécies pas le néoparler à sa juste valeur, commente-t-il avec un air de tristesse. Même quand tu écris, tu continues à penser en obsoparler.

    Journaliste, Frédérick Lavoie est aussi l’auteur d’Avant l’après : voyages à Cuba avec George Orwell (La Peuplade), qui scrute les transformations cubaines par le prisme de 1984.

    #ministère_de_la_vérité #propagande #george-orwell #capitalisme


  • La Bibliothèque Publique de Boston a décidé d’ouvrir au public ses collections de gravures par M.C. Escher, célèbre pour ses perspectives impossibles, en les faisant numériser dans une excellente qualité.

    On peut ainsi zoomer très fortement et observer les traits, les textures et la précision de l’artiste.

    https://www.digitalcommonwealth.org/search?f%5Bcollection_name_ssim%5D%5B%5D=M.+C.+Escher+(1898-197

    ping @mad_meg & @fil

    via http://www.laboiteverte.fr/des-gravures-descher-numerisees-en-haute-resolution



  • Assis dans un McDonald’s : microportrait des USA

    Entretien avec le journaliste itinérant Chris Arnade

    Par Sam Jaffe Goldstein

    http://jefklak.org/assis-dans-un-mcdonalds-microportrait-des-usa

    Ancien de Wall Street devenu reporter atypique, Chris Arnade a une méthode propre à donner une leçon aux journalistes en herbe. Il arpente le territoire des États-Unis et se pose, au milieu des autres, sur les bancs des restaurants McDonald’s ou au coin d’une rue de banlieue, ouvert à la rencontre. Là, ce qu’il voit n’est ni révolutionnaire ni spectaculaire : des tranches de vie ordinaires, des groupes de parole et de communautés de quartier, des existences précarisées et banales. Les photos et témoignages qu’Arnade recueille dans les fast-foods – d’habitude méprisés – parlent de l’Amérique, de la pauvreté endémique de ses marginalisé·es et du soutien mutuel de ses habitant·es. Sam Jaffe Goldstein, libraire de Los Angeles, l’a interviewé – loin des sentiers battus de la gauche universitaire.


  • Secret history of classic TV’s laugh tracks / Boing Boing
    https://boingboing.net/2018/05/14/secret-history-of-classic-tv.html

    the rise of the laugh track was due to Charles Douglass (1910-2003), a Navy-trained electronics engineer/maker who went on to build a custom “Laff Box” of several dozen tape loops triggered by keys and dials. After its initial use on the Jack Benny Program, the machine, officially called the “Audience Reaction Duplicator,” took the TV industry by storm. Douglass “played” the Laff Box like a proto-sampler and for years had the monopoly on TV laugh tracks. It was a process that the TV show producers and Douglass himself liked to keep secret.

    It wasn’t until 1992 that Douglass and his pioneering work at the intersection of media, psychology, and technology was recognized with a lifetime Emmy award for technical achievement.

    https://www.youtube.com/watch?v=tpY0Muy_1qI


  • Pour suivre la question de la #surveillance par #ultrasons, une émission qui fait une bonne synthèse : « Ultrasonic Tracking », par #20000_Hz (oui, c’est un ultrason, mais ici c’est surtout le nom du #podcast).
    https://www.20k.org/episodes/ultrasonictracking

    Did you know your phone is a really good listener? Apps on your phone might be sending and receiving data over ultrasound. Ultrasonic communication is used for everything from tracking your daily habits to enabling light shows at music festivals. We hear from Yale Privacy Lab’s Sean O’Brien and Michael Kwet, and privacy and technology counsel Katie McInnis. We also discuss the more positive uses of data over sound with LISNR CEO and co-founder Rodney Williams.

    http://traffic.megaphone.fm/TTH1759671785.mp3

    Vous y apprendrez notamment que lorsque vous entendez de la #musique_d'ambiance dans un magasin, ce n’est pas tellement elle que vous devez craindre (sa capacité à vous manipuler demeure très relative), mais l’ultrason (un son si aigu qu’il reste inaudible aux oreilles humaines) par lequel les #haut-parleurs du lieu dialoguent à votre insu avec votre #téléphone, par exemple pour vous envoyer un bon de réduction pour ce petit pull devant lequel vous être en train de passer. Dans un stade, la précision de ce dialogue entre machines est tel que, selon la façon dont votre téléphone reçoit les ultrasons émis par les différents haut-parleurs, il est possible de vous géolocaliser en temps réel.

    Tous les magasins ou lieux ne sont pas dotés de la technologie, cependant. Combien le sont exactement est difficile à dire parce qu’il n’y a aucune transparence sur cette nouvelle forme de #pistage.

    Autre intérêt de ce podcast : de relever la #stratégie_de_saturation des applications, qui rendent volontairement très difficile, très contraignant, voire impossible, de désactiver le pistage pour utiliser les fonctionnalités qu’elles proposent officiellement.

    #audio #géolocalisation #smartphone



  • http://www.multitudes.net/category/l-edition-papier-en-ligne/70-multitudes-70-printemps-2018

    Derrière ce #bloody_paywall se cache un excellent article de Yann Moulier Boutang que je copie-colle ici sans vergogne excessive, grâcieusement offert par quelque dysfonctionnement inopiné d’un agrégateur de flux rss.

    C’est assez clinique comme analyse et au delà de s’élever contre les futurs lois contre l’immigration, ça a le mérite supérieur de démontrer que cette politique est juste stupide, démonstration qui n’est finalement pas inutile.

    Je ne mets pas en citation pour éviter le rapetissement d’un texte inaccessible autrement

    Misère du monde ou misère des politiques migratoires  ?

    Pour repousser une régularisation massive (de quelques dizaines de milliers de sans-papiers), Michel Rocard, loin d’être le plus bête ou le plus pusillanime des hommes politiques de la gauche française, avait lâché la célèbre bourde  : «  Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde.  » Pourquoi une bourde  ? Parce que la misère du monde n’a pas la force physique et mentale de quitter son pays d’origine. Seuls ceux qui en veulent affrontent l’exil. Gérard Collomb, avec son projet de loi sur l’asile et l’immigration, vient de cumuler à peu près toutes les erreurs qu’on peut commettre en matière de migrations internationales  : les termes dans lesquels il a posé les débats, les catégories (donc les différenciations qu’il entend introduire), les solutions prônées, les résultats, le ton, la méthode, les propositions, tout est bon à jeter au cabinet, comme on dit chez Molière. La Présidence Hollande s’était enlisée dans le grotesque projet de déchéance de nationalité. Visiblement la leçon n’a pas été tirée.

    Gérard Collomb peut se consoler sur un point  : il est aussi nul que ses prédécesseurs de gauche et de droite passés, que les Insoumis, centristes, marinistes et autres philippotistes futurs . Au royaume des aveugles, les borgnes sont les rois. Les associations qui connaissent le terrain depuis plus d’un demi-siècle, quelques intellectuels pourtant conseillers ou soutiens d’Emmanuel Macron, comme Jean Pisan-Ferry, ont émis un timide «  Non possumus  ». Le Défenseur des droits, Jacques Toubon ; a mis les pieds dans le plat courageusement. Yann Moix a remis l’ancien maire de Lyon à sa place. Pour le reste, les critiques ou propositions de l’opposition interne ou externe au gouvernement ont été d’une rare insanité, y compris celles qui se réclament d’un «  peu plus de tendresse dans un monde de brutes  », confondant migrations et chocolat (Lindt)  !

    Demandez à n’importe quel expert réel en matière de migrations internationales en France et ailleurs1 (pas ces jeunes conseillers de l’administration aux dents acérées mais aux idées courtes). Tous ont souligné le niveau lamentable du débat. Il y a de quoi enrager  : répétez dix fois, vingt fois que s’abriter derrière la distinction entre réfugiés politiques, qu’on pourrait admettre, et migrants économiques, qu’il faudrait châtier et renvoyer séance tenante «  chez eux  », est une ânerie  ; quand le problème à traiter est celui des réfugiés économiques, vous verrez réapparaître ce distinguo éculé, qui est réaffirmé avec un mélange insupportable de naïveté et de morgue.

    Tuez-vous à rabâcher méthodiquement depuis cinquante ans, que le durcissement des conditions d’accès au permis de séjour est à la fois injuste et parfaitement inefficace. Mieux, démontrez que le système lui-même de permis de travail est une forme de travail forcé et d’esclavage temporaire moderne (y compris par une thèse de 500 pages De l’esclavage au salariat, 1998, PUF), vous aurez toujours l’inertie des gratte-papier et des officiers de police administrative qui opposent aux droits fondamentaux de la personne, l’application de la énième circulaire ou pire, la haïssable pratique de l’état de fait  : couper l’eau aux migrants puis la rétablir quand on a été désavoué par le Conseil d’État, à hauteur d’auges à cochons, gazer les couvertures de sans-abri, laisser mourir de froid des adolescents qui se lancent dans la traversée des cols des Alpes. On peut comprendre la rage qui saisit toute personne qui a vaguement une âme. Mais la rage contre des abrutis ou des canailles de petite volée n’est rien à côté de celle, métaphysique et purement intellectuelle, qui saisit le chercheur quand il voit un gouvernement s’asseoir sur tout élément de savoir rationnel.

    Prenons le grand argument de l’équilibre (à la française sans doute  ?) de la loi en gestation

    Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

    Les Tartuffes français de l’asile après avoir temporisé tout ce qu’ils pouvaient pendant 6 ans annoncent, avec un sérieux passablement comique, être prêts post festum à accueillir 150 000 réfugiés estampillés «  pur jus  », alors que l’Allemagne en a déjà reçu plus d’un million. Certes, la France peut trouver encore plus pingre qu’elle, du côté des Magyars, des Polonais et des pauvres Tchèques, dont on aurait pu penser que leur histoire ne les conduirait pas à une telle déchéance morale. Mais alors, que le coq gaulois étatique ne se dresse par sur ses ergots ni ne bombe le torse de la leçon. Seuls les humanitaires des associations nous sauvent de la honte nationale et européenne.

    Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an. Son refus d’accueillir un sang neuf la condamne au suicide démographique. Avis à l’Autriche, à la République Tchèque  ? Quant à la Pologne, la dégringolade de son taux de fertilité conduit ses hiérarques, obsédés par un nationalisme du XVIIIe siècle, à vouloir revenir sur le peu d’espace concédé à l’avortement.

    Mais il faut ajouter au manque risible de pertinence, la parfaite idiotie de ramer à contre-courant et à contretemps. La croissance économique repart dans toute l’Union Européenne. Chacun sait que pour le marché du travail banal et peu payé, ces centaines de milliers de migrants prêts à travailler n’importe où constituent une aubaine prodigieuse, ce que l’Allemagne a compris trois bonnes années avant la France. En revanche, les réfugiés politiques plus qualifiés, mieux dotés en argent, sont susceptibles d’entrer en concurrence avec les couches plus élevées de la main-d’œuvre. L’extrême droite, comme dans les années 1930, rejointe par ce qui reste des Républicains, pourrait ne pas tarder à réclamer des quotas pour protéger l’emploi «  qualifié-de-souche  ».

    Le réalisme censé équilibrer «  en même temps  » la générosité de l’asile n’est pas plus réaliste que l’asile concédé à dose homéopathique n’est humaniste et généreux.

    Demeure une question  : ce n’est pas faute d’avoir été avertis que les gouvernements répètent à satiété les mêmes erreurs. Sont-ils purement et simplement bêtes et incompétents  ? Ce serait trop simple. Nous avons suffisamment approché des hauts fonctionnaires de l’administration de la «  chose migratoire  » pour pouvoir avancer une autre explication. Les migrations internationales constituent pour eux un double défi culturel, à la fois pour le concept de souveraineté dont ils sont les produits défraîchis et pour la notion même de politique.

    Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet. Quant au migrant, il n’est pas un pur produit de la réglementation, alors que la réglementation en revanche réagit aux mouvements des migrants et cherche à l’assujettir à des impératifs économiques ou bien à s’en servir symboliquement pour des motifs purement électoraux. Casser du migrant (clandestin, sans papiers, terroristes), ça paie toujours.

    L’administration d’État se trouve donc confrontée au fait migratoire et au système migratoire, produit de l’interaction des mouvements humains, des réglementations mais aussi de toutes les variables instables qui rentrent dans l’équation (les catastrophes politiques, climatiques, le regroupement familial, les pressions économiques, les organisations communautaires). La mondialisation troue la souveraineté  : l’économique en est l’exemple toujours cité, mais les migrations humaines minent encore plus l’espace dévolu à la politique et à l’administration car, contrairement au marché, elles mettent en jeu des valeurs inconditionnelles que n’aime pas la loi «  nationale  » et encore moins la circulaire administrative.

    Pourtant, il est rigoureusement impossible de mélanger les ordres. La vie, le respect des personnes, la priorité des enfants et des femmes, sont des valeurs inconditionnelles. Aucune raison d’État ne peut avoir raison contre ces valeurs. Elles sont d’un autre ordre, dirait Pascal et approuverait Ricœur. La désobéissance civique est un impératif catégorique. Le respect de cette loi-là pose des problèmes mais pas ceux qu’on croit  : pas celui de l’assujettissement provisoire, dans une «  morale de provision  », de ces valeurs à la raison d’État, encore moins à la raison raisonnable appuyée sur les sophismes comme le passage à la limite  : mais si tout le monde désobéit... En fait, c’est à la politique de s’ajuster au corset de cette inconditionnalité. Le politique ne devrait s’aventurer sur ce terrain miné qu’avec une grande prudence et une humilité extrême. Et c’est ce bât-là qui blesse la haute fonction publique.

    Comme le «  gros animal  » de l’État n’a pas l’habitude de cet état de prudence, d’humilité, de modestie vis-à-vis de quelque chose qui le dépasse (quoi de plus étranger à l’État souverain qui régit un territoire que cette prétention des hommes sur la planète de traverser les pays, de changer de «  souverain  »  ?), il faut que d’autres organes se chargent de le lui rappeler (Cour Constitutionnelle, le Conseil d’État) et à défaut les associations.

    Ce serait évidemment à l’Union Européenne de rappeler à l’ordre les États membres, mais on voit que cela supposerait qu’elle en finisse avec le concept de souveraineté illimitée.

    Alors souhaitons à Emmanuel Macron de l’audace, encore de l’audace, fédéraliste pour l’Union  ; ce n’est pas avec la loi Collomb que le groupe de Visegrad va être mis au pas.

    Le projet de loi Collomb

    – Pénalisation croissante  : les migrants obligés de laisser leurs empreintes dans les «  hotspots  » des pays d’entrée (Grèce, Italie, Espagne) seront mis en centre de rétention dès leur arrivée en France  ; la durée de rétention administrative passera de 45 jours à 135 jours  ; le franchissement non autorisé des frontières extérieures de l’espace Schengen sera puni d’un an de prison  ; les déboutés de l’asile ne pourront plus demander d’autre titre de séjour.

    – Accélération des procédures  : 90 jours pour déposer une demande au lieu de 120 jours aujourd’hui  ; 15 jours pour déposer un recours au lieu de 30 jours aujourd’hui  ; la décision pourra être prise par ordonnance, sans entretien avec le migrant  ; le recours ne sera plus suspensif dans les cas de «  procédure accélérée  »  ; les personnes pourront alors être expulsées du territoire sans délai.

    Cf. www.lacimade.org/decryptage-projet-de-loi-asile-immigration

    1 Pensons à Catherine Withold de Wenden, Patrick Weil, Jean-Pierre Garson, Roxane Silberman, Patrick Simon ou François Héran par exemple.

    • #misère #asile #migrations #réfugiés #loi_asile #France #valeurs #souveraineté #Etat-nation

      Je mets en relief ici un passage sur la #catégorisation #catégories :

      Le couple humanisme-générosité pour l’asile versus réalisme-fermeté à l’égard des migrants économiques a été invoqué pour donner un fondement et un peu de hauteur à cette suite de bassesses indignes. Nous avons dit plus haut que cette dichotomie passait tout à fait à côté de la réalité. L’immense majorité des réfugiés politiques ne sont pas seulement des belles âmes à haute conscience politique et sans motivation économique. Croit-on que des familles d’Alep ou de la plaine de la Ghouta syrienne, qui croulent sous les bombes et prennent le chemin de l’exil vers la Turquie ou Lesbos, ne sont pas des réfugiés économiques  ; c’est parce qu’elles n’ont plus de toit, plus d’argent, plus de quoi manger, et également plus d’hommes armés pour les protéger qu’elles partent. Et quand bien même elles ne seraient pas politisées, juchées sur des barricades ou inscrites dans un parti d’opposition officielle, ne supportant plus une situation intenable sur tous les plans, à commencer par celui de savoir si elles vont manger le soir, ou si leurs enfants vivront demain, en seraient-elles pour autant des bandes de délinquants pour ne pas entrer dans la catégorie de sacro-saintes circulaires qui ajoutent à l’outrage de ne pas leur offrir l’asile, l’insulte de les culpabiliser  ?

      Et la question liée aux #préjugés sur l’ #afflux et l’#invasion :

      Au passage puisque quelques esprits paraît-il littéraires (les Renaud Camus, les Houellbecq) parlent d’invasion, de soumission, il faudrait redresser leur sens des proportions, sens aviné autant perverti et avili  : 550 millions d’Européens dans l’UE (je compte les Britanniques encore dans l’Union, car ils sont touchés eux aussi par le même syndrome) recevant 5 millions de réfugiés en un an, cela ne ferait que 0,9 % ou 9 pour 1 000. Pas grand-chose. L’UE pourrait recevoir sans problème 0,5 % de nouveaux arrivants soit 3 millions de personnes par an. Au terme de 10 ans d’entrées (en supposant qu’il n’y ait aucun retour ce qui est très irréaliste), ces trente millions d’entrants ne constitueraient que 5,4 % de la population totale actuelle. Dont au reste la natalité européenne a déjà bien besoin dans la plupart de ses États membres. La Hongrie est particulièrement touchée par ce syndrome paranoïaque, car la rançon de son refus depuis 1990 de toute immigration est que sa population diminue de 15 000 personnes par an.

      #idées-reçues

      Et pourquoi, même les #murs et #barrières_frontalières ne marchent pas ?

      Quiconque se frotte à la réalité des migrations internes ou transnationales s’aperçoit qu’elles ont une autonomie forte par rapport à leur inscription dans un espace institutionnel, aussi bien dans le pays de départ que dans celui d’arrivée. Adam Smith disait que de toutes les marchandises, la plus difficile à transporter, c’était l’homme  ; à la fois parce qu’il refuse de bouger où l’on voudrait qu’il aille, mais aussi et surtout, parce qu’il bouge quand on veut le fixer. On ne règle pas le volume des entrées et des sorties comme on le ferait d’un débit d’eau au robinet.

      et #merci à @philippe_de_jonckheere


  • Ressources naturelles : la France commence à vivre à crédit
    https://www.franceculture.fr/emissions/journal-de-8-h/journal-de-8h-du-vendredi-04-mai-2018

    Une seule Terre ne nous suffira bientôt plus. A partir de ce samedi 5 mai, la France va vivre à crédit. Comprenez : si le monde entier vivait comme les Français, l’Humanité aurait épuisé toutes ses ressources naturelles disponibles et renouvelables. C’est ce que révèle un rapport de WWF France.

    #environnement #écologie


  • Magnasanti: The Largest and Most Terrifying SimCity
    https://rumorsontheinternets.org/2010/10/14/magnasanti-the-largest-and-most-terrifying-simcity

    Vincent Oscala, a 22-year old architecture student from the Philippines, spent years decoding the formula for success in Sim City 3000.
    Sounds like lunacy…but his insane investment of effort into “beating” SimCity raises interesting questions about the urban landscapes we inhabit, and the ways in which they can go horribly wrong.