• Les réseaux du trading à haute-fréquence
    (mis ici pour archivage)

    Après les ouvrages 6/5, #Alexandre_Laumonier continue son exploration de la finance mondiale avec 4, un nouvel épisode de ses investigations qui vient de paraître. Ce livre est entièrement dédié à l’histoire et aux techniques des récents #réseaux de communication radio déployés par certains traders pour relier entre eux les marchés financiers. La raison ? Les ondes radio offrent la possibilité aux données de marché de passer d’une bourse à une autre deux fois plus rapidement qu’avec la fibre optique. Avoir une microseconde d’avance sur le concurrent garantit des gains dans ce qu’on appelle le trading à haute fréquence. Véritable enquête ethnologique et géographique, cette immersion au cœur des réseaux européens (courant principalement de Londres à Francfort) et américains (reliant le New Jersey, Washington et Chicago) se lit comme une histoire épique.
    Voici un extrait du chapitre 3 de 4, consacré au tout premier réseau en micro-ondes jamais réalisé aux États-Unis à destination d’une firme de #trading.


    https://www.visionscarto.net/enquete-reseaux-hft
    #HFT #trading_à_haute_fréquence #finance #livre #technologie #vitesse

    • 4

      « À quelques mois de la retraite, le commissaire-priseur ne s’attendait sans doute pas à vivre les enchères les plus épiques de sa carrière.

      « En cette grise matinée du 19 décembre 2012, dans une pièce du tout nouveau bâtiment hébergeant le Bureau fédéral de la province de Flandre-Occidentale, à Bruges, le bien public 38025/838 sv, décrit comme un « Gewezen militair domein met communicatietoren (hoogte 243,5-m) en acht ankerpunten », d’une superficie de 1 hectare, 31 ares et 66 centiares, sis au 1, rue du Héron, à Houtem, dans la région des Moëres, était mis aux enchères par son propriétaire, le ministère de la Défense du Royaume de Belgique, au prix de 250 000 euros.

      À 10 heures, et sans une seule microseconde de retard, onze personnes se regroupèrent autour d’une grande table rectangulaire. Le commissaire-priseur, son secrétaire et un représentant du ministère s’installèrent à l’une des extrémités de la table, tandis qu’en face d’eux trois groupes distincts prirent place, se regardant en chien de faïence : un Américain accompagné de deux avocats ; deux autres avocats travaillant pour un prestigieux cabinet belge mandaté par un acheteur potentiel ; et deux ingénieurs, qui restèrent silencieux tout au long de la matinée. Ils n’étaient pas venus pour acheter mais pour savoir qui allait l’emporter, information de première importance pour un certain nombre de personnes, notamment en France, au Canada, aux Pays-Bas et aux États-Unis.

      Même si la présence d’un cabinet d’avocats haut de gamme était plutôt inhabituelle étant donné la vétusté de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylône de communication de 243,5 mètres », dont le ministère souhaitait se débarrasser, la séance débuta sereinement. Le commissaire-priseur vérifia que les participants s’étaient bien acquittés des 1 000 euros de frais d’inscription, s’assura que tous avaient en leur possession les documents administratifs relatifs au domaine – y compris le relevé cadastral, sur lequel le domaine militaire apparaît en forme de croix –, puis il fixa le pas d’enchères à 5 000 euros et la vente démarra.

      Ce qui ne devait être qu’une formalité se transforma en une longue matinée pendant laquelle le commissaire fut mis à rude épreuve. Au bout de vingt minutes seulement, la meilleure offre était déjà de 700 000 euros, ce qui réjouit le ministère de la Défense (il estimait secrètement faire une bonne affaire à partir de 400 000 euros) mais déstabilisa le commissaire-priseur. Il décida alors de monter le pas d’enchères à 10 000 euros pour accélérer la vente, puis la meilleure offre atteignit rapidement 1 million d’euros, puis 1,1 million d’euros, 1,2 million d’euros, 1,3 million d’euros, 1,4 million d’euros… À 2 millions, une heure plus tard, le commissaire-priseur, qui transpirait de plus en plus, réclama une pause et se réfugia dans les toilettes pour se ressaisir. L’histoire ne dit pas quelles pensées furent les siennes devant l’image de son visage sidéré que lui renvoya le miroir. « Du côté des vendeurs, personne n’arrivait à comprendre ce qui se passait », raconte un témoin, lui-même d’autant plus surpris par le montant des offres que, dans d’autres circonstances, il aurait pu lui-même enchérir.

      Cette année-là, le Royaume de Belgique, en quête de liquidités, avait déjà revendu bon nombre d’installations démilitarisées pour un total de 12 millions d’euros. Parmi celles-ci : un vieux bunker cédé pour 350 euros à un paysan ravi de pouvoir le démolir car il se trouvait au milieu de son champ ; un ancien fort construit pour défendre la ville d’Anvers, racheté 287 000 euros par le riche pdg de Katoen Natie, une compagnie de logistique active dans les ports du monde entier ; un ancien hôpital militaire acheté 4 millions d’euros par la commune de Bruges pour être transformé en logements sociaux. À ces 12 millions s’ajouta, le 19 décembre 2012, le produit de la vente de l’« ancien domaine militaire comprenant un pylône de communication ». Au terme de plus de trois heures et demie de bataille acharnée, devant les représentants de l’État belge médusés, le bien 38025/838 SV fut finalement adjugé 5 millions d’euros, soit la meilleure affaire du ministère de la Défense pour l’année 2012.

      Alors que les silencieux ingénieurs sortaient précipitamment de la salle du Bureau fédéral (le ticket de stationnement de leur voiture, malencontreusement garée devant un commissariat, était dépassé depuis longtemps), l’un des avocats au service de ceux qui remportèrent la mise fut approché par l’un de ses confrères qui, lui, représentait le camp vaincu. Le perdant tendit au gagnant sa carte de visite : « If we can arrange, here is my phone number. » Le 9 janvier 2013, le ministère rendit public l’acte de cession du domaine militaire sans toutefois divulguer le nom du nouveau propriétaire. « Information confidentielle », selon les services ministériels. »

      Ainsi débute 4, la suite des investigations d’Alexandre Laumonier, alias Sniper, sur le trading à haute fréquence entamées avec 6 et 5. Ce nouvel épisode est un récit épique de la naissance et de la prolifération d’un récent mode de communication des données boursières : les faisceaux hertziens en micro-ondes constitués de réseaux d’antennes paraboliques, ces réseaux aériens offrant l’avantage d’être deux fois plus rapides que les fibres optiques souterraines. Cette nouvelle enquête est à la fois une ethnologie des infrastructures liées aux transactions boursières ainsi qu’une histoire économique des techniques et des territoires. Composé comme un techno-thriller à rebondissements et au rythme soutenu, 4 mêle enquêtes de terrain, interviews, témoignages, extraits d’archive et récits historiques afin de décrire dans le détail les raisons de cette course à la vitesse induite par l’informatisation des marchés financiers.

      http://www.zones-sensibles.org/alexandre-laumonier-4

    • Trading à haute fréquence dans les #Moëres

      À l’extrême ouest de la Belgique, se dresse une tour de 243,50 mètres d’acier. Là-haut, quand le ciel daigne se décoller du polder, on devine la mer du Nord. Trop vétuste pour l’armée américaine, trop coûteux pour la Défense belge, le pylône a été acquis à prix d’or et contre toute attente par une discrète firme de Chicago, en 2012. Spécialiste des transactions à haute fréquence, Alexandre Laumonier retrace le destin inattendu de cette tige plantée deux mètres sous le niveau de la mer. Une histoire de marécages qui commence avec Jules César et qui se termine sous une pluie de dollars.

      https://www.wilfriedmag.be/articles/trading-a-haute-frequence-dans-les-moeres
      #paywall

  • Alain Gresh revive/ravive Maxime Rodinson, un peu trop oublié.

    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/israel-fait-colonial-maxime-rodinson-met-ko-bernard-henri-levy,7337

    Les dirigeants sionistes surent, comme l’a démontré l’historien israélien Zeev Sternhell
    1
    , manipuler ces « vieilles passions communistes » pour créer des kibboutz très militarisés – « une main sur la charrue, l’autre sur le glaive » – dont l’objectif réel était le maillage du territoire palestinien, premier pas vers sa conquête.

    Marx écrivait qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui-même. On ne peut évaluer non plus un mouvement sur l’idée qu’il se fait de lui-même. Il ne s’agit pas de nier la sincérité de cette « passion communiste » qui animait (certains) émigrants juifs, mais d’analyser leur pratique politique réelle, nombre de massacres et de crimes se sont fait au nom du Bien et de « la civilisation ». Rodinson a bien mis en lumière le point aveugle de ces colons :

    La suprématie européenne avait implanté, jusque dans la conscience des plus défavorisés de ceux qui y participaient [à l’émigration en Palestine], l’idée que, en dehors de l’Europe, tout territoire était susceptible d’être occupé par un élément européen. Le cas de l’utopie sioniste n’était pas, de ce point de vue, différent de celui des utopies socialistes du type de l’Icarie de Cabet
    2
    . Il s’agit de trouver un territoire vide, vide non pas forcément par l’absence réelle d’habitants, mais une sorte de vide culturel. En dehors des frontières de la civilisation (…), on pouvait librement insérer, au milieu de populations plus ou moins arriérées et non contre elles, des « colonies » européennes qui ne pouvaient être, pour employer anachroniquement un terme récent, que des pôles de développement.

    Ce sentiment de supériorité n’était pas propre au seul mouvement sioniste, on le retrouve dans le mouvement ouvrier à la fin du XIXe siècle et au cours du XXe siècle. Ainsi, les communards en Algérie qui se réclamaient de la Commune de Paris de 1871, saluaient la répression de l’insurrection des indigènes, qui embrasait alors le pays
    3
    . Les fédérations algériennes de la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) votèrent massivement l’adhésion à l’Internationale communiste au congrès de Tours en 1920, tout en dénonçant le nationalisme indigène « rétrograde » et en prônant l’assimilation. Tous ces socialistes chantaient pourtant « L’Internationale », se réclamaient de « la dictature du prolétariat », appelaient au soulèvement des « damnés de la Terre » réduits aux seuls ouvriers européens. Il fallut la création de l’Internationale communiste pour que s’impose, non sans obstacles, le mot d’ordre « prolétaires de tous les pays et peuples opprimés unissez-vous », et pour rompre en paroles et parfois en actes avec les vieilles tendances coloniales de la social-démocratie.

  • « La symphonie algérienne inachevée » chronique de Omar Zelig.

    C’est dans les têtes qu’il s’est passé quelque chose de libérateur, comme s’il était devenu soudain possible de devenir les acteurs de nos destinées après des décennies passées à nous taire.

    Une chronique d’Omar Zelig, réalisateur et producteur radio

    Cette publication a bénéficié du soutien de Rosa Luxembourg Institute. Ce texte peut être reproduit entièrement ou partiellement à condition de citer sa source.

    Si, pendant plus d’un an, le mouvement populaire a mobilisé des foules dans les grandes villes d’Algérie, à partir du 22 février 2019, et s’est arrêté pour cause de crise sanitaire, il est temps de faire le point sur ce qui s’est passé en nous dans ces journées particulières, de voir ce qu’il en reste quand on a l’impression d’avoir tout oublié, et de recenser les traces qu’il a laissées dans nos imaginaires, nos manières d’être, de créer et d’espérer, de se convaincre que ce n’était pas pour rien.

    Déjà il y a eu quelques livres collectifs, quelques films diversement appréciés, il y en aura d’autres, mais c’est dans les têtes qu’il s’est passé quelque chose de libérateur, comme s’il était devenu soudain possible de devenir les acteurs de nos destinées après des décennies passées à nous taire.
    Peut-être se mêlera-t-il un zeste de mélancolie à ces réminiscences, l’ambiance actuelle étant plus aux règlements de comptes, aux arrestations de dizaines de ses animateurs, aux débats idéologiques et aux divisions sans grandeur, mais il faut quand même se livrer aux retours en arrière pour ne pas désespérer de l’avenir radieux.

    https://justpaste.it/cn6fd

    Et musique : Ouled El Bahdja | La Casa Del Mouradia
    https://yewtu.be/watch?v=kHZviPhZQxs&local=true&quality=medium&dark_mode=true

  • The Coming Arab Backlash : Middle Eastern Regimes—and America—Ignore Public Anger at Their Peril
    https://www.foreignaffairs.com/israel/coming-arab-backlash

    Je n’ai repris que la fin de cet article exceptionnellement important. A mes yeux, Marc Lynch est un des tous meilleurs analystes étasuniens sur le monde arabe. Ces analyses sur les révoltes arabes de 2011 ont démontré leur pertince.

    The Arab media, which had been badly fragmented and politically polarized during the previous decade’s intraregional political wars, has largely reunited in defense of Gaza. Al Jazeera is back, reliving its glory days through round-the-clock coverage of the horrors there, even as its journalists have been killed in action by Israeli forces. Social media is back, too—not the corpse of Twitter or the woefully censored Facebook and Instagram, so much as newer apps such as TikTok, WhatsApp, and Telegram. The images and videos emerging from Gaza overwhelm the spin offered by Israel and the United States and easily bypass soft-pedaled coverage by Western news outlets. People see the devastation. Every day they confront scenes of unbelievable tragedy. And they know victims directly. They do not need the media to understand WhatsApp messages from terrified Gazans or to view the horrifying videos widely circulating on Telegram.

    Arab activists and intellectuals have been developing powerful arguments about the nature of Israel’s domination of the Palestinian territories and these are entering the Western discourse in new ways. The case South Africa brought to the International Court of Justice, alleging an Israeli genocide in Gaza, introduced many of those arguments into circulation across the global South and within international organizations. It did so by referencing not only the statements of Israeli leaders but also conceptual frameworks about occupation and settler colonialism developed by Arab and Palestinian intellectuals. The war of ideas that the United States sought to wage in the Muslim world after 9/11, claiming to bring freedom and democracy to a backward region, has reversed course, with the United States on the defensive because of its hypocrisy in demanding condemnation of Russia’s war on Ukraine while supporting Israel’s war on Gaza.
    A REGION ADRIFT

    This is all happening in an era characterized, even before the Israel-Hamas war, by the declining primacy of the United States and the rising autonomy of regional powers. Leading Arab states have increasingly sought to demonstrate their independence from the United States, building strategic relations with China and Russia and pursuing their own agendas in regional affairs. The willingness of Arab regimes to defy U.S. preferences was a hallmark of the previous decade, as Gulf states ignored American policies toward democratic transition in Egypt, flooded weapons into Syria despite Washington’s caution, and lobbied against the nuclear agreement with Iran. This willingness to flout the United States’ wishes has become even more apparent following Russia’s invasion of Ukraine. The past two years have seen most Middle Eastern regimes refusing to vote with Washington against Russia, and Saudi Arabia declining to follow the United States’ lead on oil pricing.

    Washington’s unblinkered support for Israel in its devastation of Gaza, however, has brought long-standing hostility toward U.S. policy to a head, and triggered a crisis of legitimacy that threatens the entire edifice of historic U.S. primacy in the region. It is difficult to exaggerate the extent to which Arabs blame the United States for this war. They can see that only U.S. weapons sales and United Nations vetoes allow Israel to continue its war. They are aware that the United States defends Israel for actions that are the same as those the United States condemned Russia and Syria for. The extent of this popular anger can be seen in the disengagement of a large number of young workers in nongovernmental organizations and activists from U.S.-backed projects and networks built up over decades of public diplomacy, a development cited by Annelle Sheline in her principled resignation from her post as a foreign affairs officer at the State Department in March.

    The White House is still acting as if none of this really matters. Arab regimes will survive, anger will fade or be redirected to other issues, and, in a few months, Washington can get back to the important business of Israeli-Saudi normalization. That is how things have traditionally worked. But this time may well be different. The Gaza fiasco, at a moment of shifting global power and changing calculations by regional leaders, shows how little Washington has learned from its long record of policy failures. The nature and degree of popular anger, the decline of U.S. primacy and the collapse of its legitimacy, and Arab regimes’ prioritization of their domestic survival, as well as regional competition, suggests that the new regional order will be much more attentive to public opinion than the old. If Washington continues to ignore public opinion, it will doom its planning for after the war ends in Gaza.

  • Un peu de pub (580) : Court, toujours !
    http://courttoujours.hautetfort.com/archive/2024/03/05/un-peu-de-pub-580-6487485.html

    MIKRODYSTOPIES
    par François Houste

    330 contes ultrabrefs (jamais plus de 280 caractères) qui mettent à mal la robotique, la domotique, les objets connectés, les voitures autonomes, sans oublier l’IA. Ça fait rire autant que ça fait peur. Un excellent recueil ! Merci à l’ami Pascal Weber de me l’avoir signalé.

    Un extrait ici.

    C&F éditions
    136 pages
    15 €
    Le blog de l’auteur
    Le site de l’éditeur

    #Mikrodystopies #François_Houste

  • La guerre des mots - Selim Derkaoui, Nicolas Framont, Antoine Glorieux -
    https://www.avoir-alire.com/la-guerre-des-mots-selim-derkaoui-nicolas-framont-antoine-glorieux-crit

    Dans un petit livre presque rouge, les auteurs appellent à la révolution. La prise de conscience suffit-elle à renverser la tendance ? Cet ouvrage tantôt militant, tantôt caustique, adopte un point de vue sans nuances, mais assurément contemporain.
    Résumé : Les auteurs réhabilitent la lutte des classes à travers la bataille du vocabulaire. Avec des exemples concrets, ils établissent les contours d’une domination politico-médiatique visant à asseoir leur pouvoir.
    Critique : Prendre la parole est en soi une forme de lutte, de revendication, d’incarnation. Le choix des mots revêt un sens particulier pour soutenir la pensée que l’on exprime. C’est ce que l’on appelle l’idéologie. Avec ce petit livre simple et rapide à lire, les auteurs cherchent à rétablir un équilibre : face aux expressions trop lisses et par là même éloignées de la réalité, ils dénoncent ces mots qui ont envahi les discours et qui offrent, selon eux, une vision déformée. Appeler un riche un riche et un pauvre un pauvre ne change rien à leur condition intrinsèque, mais cette dénomination témoigne d’une vision plus brute de la réalité, préférable, selon les auteurs, à une partition entre l’"entrepreneur qui a pris des risques" par rapport à celui "qui n’en prend pas".
    Les « lunettes » que nous proposent les auteurs, selon la métaphore employée par le couple Pinçon-Charlot dans la préface – référence à l’excellent film de Carpenter Invasion Los Angeles – cherchent à convaincre, mais la démonstration ne parviendra pas à séduire ceux qui ne le sont pas déjà. Nous sommes donc face à un argumentaire, davantage destiné à aiguiser la conscience de ceux qui partagent le point de vue des auteurs qu’à démontrer scientifiquement l’omniprésence du vocabulaire bourgeois.

    Le livre ne fait pas dans la nuance
    L’ouvrage dénonce la classe « politico-médiatique », qui serait forcément à la botte du néolibéralisme. Les auteurs reviennent aussi sur des termes employés aujourd’hui qui leur paraissent dévoyés (on ne parle plus de « salariés » mais de « collaborateurs »). Par ailleurs, ils reprennent des concepts chers à Bourdieu, par exemple les catégories socio-professionnelles, en analysant comment elles se déterminent et pourquoi cette approche demeure pertinente. Enfin, l’ouvrage évoque la dévalorisation monétaire du travail manuel, la question de la « résilience » qui, selon les auteurs, constitue une forme de violence pour culpabiliser les individus.
    Mais le texte tend aussi vers une subversion qui légitime le recours à la violence, ce qui peut sembler contradictoire, lorsqu’on appelle à prendre le pouvoir par les mots. (« C’est en ce sens que la lutte des classes est nécessairement violente » (p.226). Enfin, le dernier chapitre se consacre à la gauche, d’où elle vient, ce qu’elle devrait incarner.

    Le livre est bien évidemment un manifeste politique, militant, et l’on regrette qu’il ait renoncé à l’humour, ce qui aurait permis de retenir l’attention des non convaincus. La guerre des mots est donc à découvrir si l’on veut aiguiser son esprit critique, réfuter un argumentaire ou y adhérer, réfléchir aux concepts contemporains de nos sociétés. Après la lecture, on porte une attention plus forte aux discours médiatiques. Mais corriger notre langage suffit-il à changer les pensées ? Les auteurs veulent y croire…

  • Technoféodalisme : pour Yanis Varoufakis, Apple, Facebook et Amazon ont tellement modifié l’économie qu’elle ressemble désormais au système féodal médiéval de l’Europe
    https://www.developpez.com/actu/356335/Technofeodalisme-pour-Yanis-Varoufakis-Apple-Facebook-et-Amazon-ont-tell

    Dans une interview exclusive dans laquelle il a discuté de son livre Technofeudalism : What Killed Capitalism, l’économiste et ancien ministre des Finances grec, Yanis Varoufakis, nous plonge dans une réflexion profonde sur la nouvelle phase économique à laquelle nous sommes confrontés. Il décrit cette ère comme celle du « technoféodalisme », un concept qui remet en question les fondements mêmes du capitalisme. Mais qu’est-ce que le technoféodalisme et comment impacte-t-il notre société moderne ? Analysons les points clés de cette vision audacieuse.

    On en parle depuis longtemps, ici, par exemple :
    https://seenthis.net/messages/99512

  • L’anthropologue palestinienne Ruba Salih qui enseigne à l’université de Bologne a accepté de confier à l’équipe visionscarto, la traduction en français et la publication de deux textes importants qui portent sur les événements du 7 octobre et de ses conséquences.

    C’est ce que nous avons lu de plus subtil et intelligent sur cet enchainement tragique. Nous avons accompagné les textes de Ruba Salih par une série de cartes contextuelles et éclairantes.

    Les Palestinien·nes peuvent-iels parler ?
    https://www.visionscarto.net/les-palestinien-nes-peuvent-iels

    Gaza entre traumatisme colonial et génocide
    https://www.visionscarto.net/gaza-entre-traumatisme-colonial-et-genocide

    « L’attaque menée par le Hamas dans le sud d’Israël le 7 octobre 2023, au cours de laquelle des milliers de personnes ont été tuées, est constamment présentée comme le début d’une violence « sans précédent », tout en effaçant doublement, physiquement et épistémiquement, les plus de 5 000 Palestinien·nes tué·es, jusqu’en 2022, dans les bombardements de Gaza. Le 7 octobre devient ainsi le point de départ d’une épistémologie israélienne d’un temps supposé universel, tout en marquant une escalade dans la criminalisation de la contextualisation et du refus de l’historicisation. »

    « Ce n’est pas avec les outils de celles et ceux qui vivent dans la « paix » que nous pouvons comprendre et analyser ce qui se passe aujourd’hui ; cela n’est envisageable (à supposer que cela soit même possible pour ceux qui ne vivent pas à Gaza ou dans les territoires palestiniens occupés) qu’à partir d’un espace défini par les effets de la violence et des traumatismes coloniaux. »

    #palestine #gaza #génocide #colonisation

  • 🧶•٭𝔏𝔢 𝔣𝔦𝔩 𝔯𝔬𝔲𝔤𝔢 ٭•〰️ sur X :
    https://twitter.com/_fil_rouge/status/1765142164625932782

    David Miller était professeur de sociologie à l’université de Bristol, au Royaume-Uni. Il ne cachait pas ses positions antisionistes, et il a beaucoup travaillé sur...la propagande sioniste islamophobe en Occident.

    Les sionistes se sont donc ligués autour et contre lui pour le faire licencier. Pour antisémitisme, of course. Ligués contre lui jusqu’au plus haut sommet de l’État britannique.

    David Miller a tenu bon. Il a entamé une procédure contre son université pour discrimination et licenciement abusif. Contre toute attente, il y a tout juste un mois, le tribunal lui a donné raison.

    Mais au-delà de toute cette affaire, David Miller est surtout un spécialiste du lobby sioniste, salué par Noam Chomsky, pour ne citer que lui, dont il a d’ailleurs eu le soutien.

    Je vous offre une interview d’un David Miller, décidé à déballer sans concession ce qu’il sait du lobby sioniste, et notamment, sur le travail qui est fait sur l’islamophobie et la qualification terroriste en Occident. Et ça vaut le coup d’œil !

    https://video.twimg.com/amplify_video/1765132872321785856/vid/avc1/360x270/bqOZPGBoe6F4UWsC.mp4?tag=14

  • Grille des salaires informatique 2024
    https://www.externatic.fr/grille-des-salaires-2024

    L’année 2023 a marqué un tournant pour l’économie informatique, avec une stabilité salariale, des défis croissants pour les startups et des changements notables dans les pratiques de recrutement.

    A force, vous finissez par le savoir que je cherche à embaucher, et que c’est compliqué. J’ai à peu près déblatéré sur tous les airs. Les candidats sont nuls, veulent tous des salaires de dirigeant du CAC40 dès la sortie de l’alternance... et j’en passe.

    Je tombe sur cette grille de salaire, et merci à eux de formaliser ce bidule. Parce que c’est un de mes problèmes.

    J’ai des « 5, 10 et 20 ans d’expérience » dans l’équipe. Il y a 5 ans, on avait une pyramide de salaires presque logique. Et les covids+startups sont arrivés. Et là, j’ai donc les candidats à 5 ans d’expérience qui demandent les mêmes salaires que les 20 ans d’expérience (avec 5 jours de télétravail). Cela fait 3-4 ans que je tente de remonter tout le monde, et on se retrouve désormais avec qq chose d’à peu près conforme.

    Le truc, c’est qu’une fois les salaires octroyés, faut gagner l’argent qui les paie. Et là, c’est la même affaire. Il faut augmenter les prix de vente si on ne veut pas se retrouver en burn out collectif. Même effort, augmentation progressive des prix de vente.

    Mais c’est en quelque sorte sans fin. Le candidat 5 ans d’expérience me donne son salaire actuel. Je lui propose +7%. Il me répond qu’il ne viendra pas à moins de +14%. Ça me saoule, tant pis pour moi, pour l’équipe, hors de question de devoir augmenter toute l’équipe de 10 à 20% juste parce qu’il y a un candidat qui décide que c’est le salaire qu’il « mérite ».

    La grille de salaire est pas mal parce qu’elle dit que le candidat demande le haut de la fourchette++, mais qu’il n’est pas totalement déconnant non plus, et elle montre une seconde chose.

    Observez les postes dit de « support » aux utilisateurs. Oui, les postes pénibles où il faut porter assistance, sur le poste de travail. Les postes du « care » de l’informatique. Oui, ce sont les moins bien payés. Parce que s’occuper des humains c’est facile et ça ne doit pas coûter cher. Par contre, s’occuper des machines et leur faire faire ce qu’on veut, c’est plus noble, et ça justifie de filer des salaires de fin de carrière à des débutants.

    Et là, je vous parle d’informatique. Mais on pourrait tenir le même raisonnement pour les ingénieurs qui bossent avec les industriels. Il y a ceux qui bossent pour l’industrie quelconque... salaires « normaux ». Et ceux qui bossent pour les pétroliers. La mention « industrie pétrolière » sur le CV, c’est de suite +30 à +40% sur le salaire à même niveau d’expérience et d’ancienneté.

    Plusieurs semaines que je rumine ce truc sans savoir par quel bout le prendre, parfaitement conscient du côté acrobatique du discours. Et à vrai dire, ça donne juste envie de lâcher l’affaire. Filer des salaires de fin de carrière à des gamins, ça me zut (les gamins ils veulent le même salaire que ce que je me paie, vous voyez le délire ? oui, j’ai pas un Porsche Cayenne sur le parking, c’est pas mon trip, on est des gagne-petits dans la boiboite, des crevards de l’informatique, on ne survend pas les prestations, on leur en donne pour leur argent à nos clients...).

    • Haha moi je me paye moins que le salaire « jeune diplomé » de mon poste après 20 ans d’expérience. À la limite là juste depuis un an je me paye ce premier palier parce que j’ai un CDD de 2 ans pour un projet précis avec une université publique (qui a une grille du coup). Mais à la fin de l’année rebelote pour redescendre.

      Sinon c’est beaucoup trop compliqué ces grilles : Bernard Friot il dit juste de 1 à 3 niveaux, voire de 1 à 5 grand maximum, et surtout quelque soit le métier !

      Et encore il dit que ça c’est parce qu’avec notre éducation libérale, l’état d’esprit des gens n’est pas prêt à assumer la responsabilité d’un salaire unique (= la responsabilité de participer ensemble à toutes les tâches, faciles ou complexes, ingrates ou pas, quelque soit notre revenu) et donc il faut garder des paliers dans un premier temps. Mais que à terme, au fil des années, le but est bien de glisser petit à petit vers un salaire unique quelque soit les tâches.

      C’est le cas dans le réseau Libre-Entreprise : certaines boites ont des paliers restreints (surtout pas de 1 à 10), et un certain nombre de boites ont choisi le salaire unique dès le départ : parce que les gens dès le départ ont tous (celleux qui ont fondé, et celleux qu’illes recrutent) l’état d’esprit communiste. Ah oui : et pour être dans le réseau faut obligatoirement une personne = une voix, quelque soit le statut (coopérative ou autre).
      https://www.libre-entreprise.org/charte

    • Je n’arrête pas de dire que ça vaut le coup de former soi-même les grands débutants, pas forcément des jeunes loups aux dents qui grincent : parce que les gus, en plus de les payer trop cher, faut se les fader 7 h/jour et là, t’as juste pas envie.

      Y a des gens qui cherchent une reconversion et qui seraient reconnaissant de ne pas avoir pour se faire une formation roulée sous les aisselles, dispensée sur un coin de table, au prix d’une année d’étude universitaire.

    • Bizarrement (enfin non) c’est souvent ceux qui se voient bien plus compétents qu’ils ne le sont qui demandent des salaires mirobolants. J’en ai un dans mon équipe qui m’a pondu un laïus de 20 lignes à sa gloire pour réclamer un salaire qu’il ne devrait avoir que dans 5 ans au moins (à mes yeux et s’il progresse parce que c’est pas trop ça là...).
      Et les candidats qui sortent de formation et qui réclament un 38K (et on est en province hein), ah ah...
      Mais oui le salaire unique ou la grille à paliers restreints ça règlerait pas mal de problèmes.

    • Et d’un côté quand le modèle de réussite vanté par nos dirigeants c’est de faire du pognon à tout prix, comment en vouloir vraiment à ces candidats/collègues qui pensent que tout passe par là ? Quand le patron gagne 10 fois ce qu’ils gagnent, ben oui je comprends que le refus d’augmentation ça passe pas toujours bien... (remarque, ça leur apprend ce que c’est le capitalisme tiens)

  • Commémorations musicales du massacre du 17 octobre 1961.

    https://lhistgeobox.blogspot.com/2024/02/commemorations-musicales-du-massacre-du.html

    "Le black out sur les événements de la nuit est total. Une version officielle s’installe : les Algériens ont été contraints par le FLN à manifester. Certains ont tiré des coups de feu et la police a été obligée de riposter. Mensonges ! Un communiqué de presse diffusé au cours de la nuit reconnaît trois morts. Mensonge encore. Ce sont en réalité des dizaines de victimes qui sont à déplorer.

    C’est d’abord l’incertitude qui plane autour des événements. La censure exerce un contrôle puissant sur la presse, même si les premiers témoignages surgissent (des médecins en poste dans les hôpitaux de la capitale, le 17 au soir, mais aussi des policiers). Au fil des jours, c’est la Seine qui témoigne, on y retrouve des corps d’Algériens pieds et poings liés. Les actions en justice tournent court, en raison notamment des lois d’amnistie adoptées lors des accords d’Evian. De la sorte, l’événement est invisibilisé, et ne survit qu’à l’état de rumeur.

    Moins d’un an après les faits, Kateb Yacine écrit un poème intitulé « Dans la gueule du loup ». En 18 vers libres adressés au peuple français, l’auteur rappelle qu’en dépit des efforts des autorités françaises pour invisibiliser l’événément, il a été "vu" (et même photographié par Elie Kagan). On ne peut l’occulter. Le titre du poème résonne aussi comme un reproche adressé aux responsables de la fédération de France du FLN et aux organisateurs qui auraient jeté les manifestants dans la gueule du loup. En 1998, les Têtes Raides donnent aux mots forts du poète l’écrin musical qu’ils méritaient. [« Peuple français tu as tout vu / Oui tout vu de tes propres yeux / Tu as vu notre sang couler / Tu as vu la police assommer les manifestants / Et les jeter dans la Seine / La Seine rougissante n’a pas cessé / Les jours suivants / De vomir / De vomir à la face du peuple de la commune / Les corps martyrisés / Qui rappelaient aux parisiens / Leur propre révolution / Leur propre résistance / Peuple français tu as tout vu / Oui tout vu de tes propres yeux / Et maintenant vas-tu parler / Et maintenant vas-tu te taire » ]"

  • L’histoire de Syd Barrett des Pink Floyd - Have You Got It Yet ? - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/115032-000-A/l-histoire-de-syd-barrett-des-pink-floyd

    La mythologie du rock s’est toujours nourrie de ses étoiles filantes, brûlées trop vite par la flamme de la gloire et de ses excès. Parmi ces figures tragiques, Roger Keith, alias « Syd » Barrett (1946-2006), membre fondateur et brillantissime leader des Pink Floyd de 1965 à 1968, jusqu’à son éviction du groupe en raison d’un comportement devenu totalement erratique, occupe une place à part.

    C’est la biographie la plus sensible et la mieux documentée que j’ai vu sur cet artiste.

  • Marvel at Hundreds of Mathematician Max Brückner’s Remarkably Precise Models of Polyhedra — Colossal
    https://www.thisiscolossal.com/2024/02/max-bruckner-polyhedra

    In 1900, Brückner collected many of his specimens into the book Vielecke und Vielflache, Theorie und Geschichte, or “Polygons and Polyhedra, Theory and History,” which dives into great detail about the mathematically exact, three-dimensional shapes. His discoveries include beautifully complex forms known as the final stellation of the iscosahedron and the compound of three octahedra, the latter of which M.C. Escher incorporated into his 1948 wood engraving, “Stars.”


    #Polyèdres #géométrie #maquette

  • LÉON LANDINI
    PANTHÉONISATION : COMMENT MACRON A REFUSÉ D’INVITER LE DERNIER CAMARADE VIVANT DE MANOUCHIAN - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=-Z9ixgPo36M

    Il y a quelques semaines, Ibrahim Benaissa et Hamza Chennaf sont partis à la rencontre de Léon Landini. Cet ancien résistant et membre de la FTP MOI (Francs-tireurs et partisans, main-d’œuvre immigrée) n’a pas perdu de sa combativité, malgré ses 97 ans. Pour Blast, il revient sur son histoire où se croise Jean Moulin, Charles de Gaulle, ou encore le nouveau locataire du Panthéon, Missak Manouchian.

  • Pierre Abi-Saab à propos d’une chanson méconnue de Fairouz, qui circule beaucoup en ce moment :
    https://video.twimg.com/amplify_video/1761713267074838528/vid/avc1/480x270/t6hYQ2fD9C0rJJ7v.mp4

    أغنية خاصة جدّا لـ #فيروز يتم تداولها بكثافة هذه الأيام على المجموعات ومواقع التواصل. يكتشفها كثيرون بدهشة فهي غير معروفة، وغير موجودة في أي اسطوانة لفيروز بحدود معرفتي وإطلاعي (1). غنتها مرة واحدة في #الجزائر، العام 1968 اي بعد #النكسة! ثم اختفى أثرها. لكنها حسب بعض المراجع اقدم بكثير… ألفها #الأخوان_رحباني العام 1956، عاماً قبل أغنية «راجعون». لا يحتاج المرء إلى أن يكون ناقداً متخصصاً، كي يلاحظ أن هذا النص النثري المباشر، لا يشبه أي أغنية أخرى للرحبانيين: «كان القضاةُ تعبوا… أتعبَهُم طول النقاش/فأغلقوا الدفاتر وذهبوا للنوم/ وكان في الخارج صوتُ شتاء وظلامْ/ وبائسون يبحثون عن ســلامْ/ والجوعُ في ملاجىْ المشرّدين ينامْ/ وكانتِ الرياحُ ما تزالْ/ تقتَلعُ الخيامْ»… الأغنية تعكس عبقرية الأخوين ورؤيويّتهما. أم أن العالم الخاضع للهيمنة الاستعمارية الغربية لم يتقدّم قيد أنملة طوال 75 عاماً؟ وقضية فلسطين لا تزال جرحاً راعفاً في وجدان الانسانية؟

    (1) بعض المعلومات تحتاج إلى تدقيق. آلو، #محمود_الزيباوي؟

    • سافرت القضيه
      سافرت القضية تعرض شكواها في ردهة المحاكم الدولية
      وكانت الجمعية قد خصصت الجلسة للبحث في قضية القضية
      وجاء مندوبون عن سائر الأمم جاؤوا من الأمم
      من دول الشمال والجنوب
      والدول الصغيرة والدول الكبيرة
      واجتمع الجميع في جلسة رسمية
      وكانت الجمعية قد خصصت الجلسة
      للبحث في قضية القضية
      وخطب الأمين العام حكى عن السلام
      وبحث الأعضاء الموضوع
      وطرح المشروع عدالة القضية

      وقف إطلاق النار إنهاء النزاع
      التصويت التوصيات البت في المشاكل المعلقة الإجمـــــاع
      وصرحت مصادر موثوقه نقلا عن المراجع المطلعه
      ودرست الهيئة وارتأت الهيئة
      وقررت الهيئة إرسال مبعوث
      وصرح المبعوث بأنه مبعوث
      من قبل المصادر وأن حلا مـــا
      في طريق الحل وحين جاء الليــــل
      كان القضــاة تعبــــوا أتعبهم طــــول النقاش
      فأغلقوا الــدفاتر وذهبـــوا للنـوم
      وكان في الخــارج صوت شــتاء وظلام
      وبائســون يبحثون عن ســلام
      والجوع في ملاجى المشردين ينام
      وكانت الرياح ماتزال
      تقتلع الخيــــام

  • PALESTINE : LES SILENCES ÉLOQUENTS DE L’ALGÉRIE OFFICIELLE.
    Caustique.
    https://contredit.blogspot.com/2023/12/palestine-les-silences-eloquents-de.html?m=1

    Les Algériens sont de ce fait entraînés à leur corps défendant dans un renoncement à ce qu’il subsistait de l’engagement du pays aux côtés d’une cause qui ressemble tant à celle de leur mouvement national. Ils sont réduits à en assumer les conséquences dans la passivité qui leur est imposée par les appareils de répression. Et, à ce propos, l’explication fournie par Attaf à l’absence de manifestations algériennes pour la Palestine relève de ce comique involontaire qui fait rire aux dépens de son auteur : « il n’y a pas chez nous une tradition de la manifestation », a-t-il osé dire alors que le régime n’en a pas fini de maltraiter les militants du Hirak !

  • Meetup Eric Mauvière - Avec DuckDB, gavez-vous d’open data ! - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=ajo0VBXT6ho

    Nouveau venu parmi les moteurs de requêtes, le « canard » bluffe les habitués par sa vélocité et sa simplicité d’usage. Avec un SQL moderne et amical, il écume tous les formats : CSV, Parquet, JSON et bien d’autres, y compris en ligne. Il se joue de vos dataframes R, Pandas ou Polars et se régale aussi avec les données spatiales.

    Pour vous donner envie de « quacker », rejoignez-nous pour cette présentation basée sur des cas d’usage concrets : elle vous ouvrira de nouveaux espaces et de belles envolées.

    00:00 Introduction
    05:49 Comment utiliser DuckDB
    36:45 Quelques points forts de DuckDB
    47:24 DuckDB, D’ou ça sort ?
    49:43 Savoir utiliser les nouveaux formats orientés colonnes..
    1:00:05 Perspectives et limites

  • Questions structurelles : le coût des matériaux et la valeur du travail
    https://topophile.net/savoir/questions-structurelles-le-cout-des-materiaux-et-la-valeur-du-travail

    Dans un avenir alternatif, les taxes protègent le travail humain et pénalisent l’utilisation excessive de matériaux pour mettre fin aux pratiques de gaspillage. Dans ce futur possible, il y a davantage d’emplois mais la production industrielle est en baisse. La réduction des déchets engendre moins d’exploitation de la matière et de l’énergie, en échange d’une... Voir l’article

  • Contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles.
    https://www.change.org/p/contre-l-entr%C3%A9e-de-l-approche-par-comp%C3%A9tences-dans-les-%C3%A9coles

    La « compétence » entre aujourd’hui dans les écoles – et les universités. Un grand nombre d’enseignantes et d’enseignants sont, comme on sait, hostiles au néolibéralisme et à son entrée dans l’école. Comment expliquer que contre la compétence aucun front de résistance, pourtant, ne se constitue ? Que font, que disent, les enseignants et enseignantes hostiles au néolibéralisme quand est employé en leur présence le mot de « compétence » ou quand on les invite à le relayer ? Le sens de cet appel est de faire exister simultanément dans tous les établissements scolaires (de la maternelle à l’université) une prise de parole d’opposition, apte à dessiner sur le terrain une ligne de front suffisamment nette autour de ce « concept » : car les implications de l’entrée de la compétence dans les écoles sont absolument considérables. La compétence est elle-même envisagée comme ressource et elle fonctionne par exploitation – ou mobilisation – de ressources. Par elle, l’élève comme le futur salarié devient ressource ; l’enseignant devient ressource ; et le monde même (s’il ne sert plus qu’à acquérir ou faire acquérir des compétences) devient ressource.
     
    *
     
    Appel des enseignantes et des enseignants à lutter contre l’entrée de l’approche par compétences dans les écoles – de la maternelle à l’université.
     
    ou

    Appel de Villejean –
    janvier 2024.
     
    Nous, soussignés enseignantes et enseignants des écoles maternelles, primaires, secondaires (collèges, lycées), ainsi que du supérieur (universités et grandes écoles), nous déclarons ensemble solennellement et fermement opposés à l’entrée de l’« approche par compétences » dans nos classes et nos amphithéâtres : nous récusons cette approche comme faisant violence à l’enseignement que nous avons à donner, et comme modifiant de façon nocive le rapport ayant à exister, en cet enseignement, entre nous, nos élèves, et le monde dans lequel nous vivons.
     La compétence est une notion qui vient du management de l’homme par l’homme, dont les effets sont destructeurs, partout dans la société. Les sciences de l’éducation, ces vingt-cinq dernières années, ont contribué à acclimater la notion dans le champ pédagogique : en prétendant dépasser les polémiques, elles se targuent d’avoir bâti un concept de compétence « pédagogique » qui n’a plus rien à voir avec le concept managérial. Ce faisant, les sciences de l’éducation ont endormi notre vigilance ; elles ont surtout organisé une immense confusion (en employant le même mot). Or quel est le sens qui s’impose finalement : dans parcoursup ? dans les bilans de compétences qui attendent nos élèves tout au long de leur cursus, voire tout au long de leur vie ? Est-ce si sûr que ce soit le sens des pédagogues ? N’est-ce pas (aussi) (plutôt) le sens des gestionnaires de la ressource humaine ? Même adaptée au milieu seulement scolaire et prétendument libérée de son origine managériale (par les préconisations et efforts de pédagogues possiblement sincères), la notion de « compétence » ne peut être déconnectée du schéma néolibéral avec lequel elle est liée : l’individu mis au centre ; et la logique du développement de soi (de soi comme ressource)... 
     La compétence est un concept. (Ce n’est pas qu’un mot.) On ne la relaie pas innocemment.
     Le problème de la compétence n’est donc pas seulement qu’on puisse la mettre au service du management néolibéral (et que les compétences des référentiels scolaires soient en fait destinées à devenir, sans rupture ou presque, les compétences requises sur un marché du travail néolibéralisé) ; le problème de la compétence est la compétence elle-même. Cette notion, en effet, contient un renversement et une subversion ou destitution de l’enseignement.
     Pour le dire en quelques mots : en enseignant par compétences, nous cessons de livrer (de désigner) un monde à nos élèves (un monde, donné chaque fois par le biais de la ou des disciplines, qu’il nous est donné d’enseigner) ; à la place, nous avons la mission de munir un petit individu autocentré de « capacités » (abilities, skills) pour se défendre dans une « vie » (possiblement hostile, complexe, concurrentielle et angoissante). Or ceci n’est pas donner un monde ; c’est seulement reproduire la vie (permettre au petit moi la survie en un milieu de plus en plus hostile). Enseigner par compétences implique nécessairement qu’on ne rencontre plus le monde que dans un deuxième temps : le monde, les objets du monde (le poème, le théorème, le petit animal), n’entrent plus dans la salle de classe que comme matériaux pour servir à l’acquisition et à l’exercice des compétences des petits « moi ». Les objets enseignés n’entrent plus dans la salle de classe pour eux-mêmes et parce qu’ils vaudraient la peine d’être vus, montrés, enseignés, accueillis… mais pour être mis au service de l’augmentation de mes habiletés, de mes ressources. L’approche par compétences fait fond sur un oubli du monde. Le but de l’enseignement est tout autre. Et il est double : car l’enseignement n’a pas seulement pour but de munir un individu de ce qui possiblement lui manquerait (pour vivre ou survivre) en un milieu et en un monde ; le but de l’enseignement est de donner le monde à l’élève ; et de continuer à faire exister ce monde (qui est fragile) (qui disparaît, s’il n’est transmis). La pédagogie de la compétence destitue l’intentionnalité de l’enseignement. En cela, elle est contraire à tout enseignement.

    #Management #école #enseignement #compétence

  • Vingtième et dernière partie : le commun et la non-propriété « Enlace Zapatista
    https://enlacezapatista.ezln.org.mx/2024/01/08/vingtieme-et-derniere-partie-le-commun-et-la-non-propriete

    Et tout ça à cause d’un foutu papier. Même si le papier date de l’époque de la Nouvelle Espagne, le papier ne vaut rien pour celui qui a le pouvoir. C’est une tromperie. C’est pour que tu aies confiance, que tu restes tranquille, jusqu’à ce que le système découvre que, en-dessous de ta pauvreté, il y a du pétrole, de l’or, de l’uranium, de l’argent. Ou qu’il y a une source d’eau pure, car maintenant il se trouve que l’eau est devenue une marchandise qui s’achète et se vend.

    Une marchandise comme le furent tes parents, tes grands-parents, tes arrière-grands-parents. Une marchandise comme tu l’es toi, et comme le seront tes enfants, tes petits-enfants, tes arrière-petits-enfants et ainsi, pendant des générations.

    Alors ce papier, c’est comme les étiquettes des marchandises sur les marchés, c’est le prix de la terre, de ton travail, de tes descendants. Et tu ne te rends pas compte, mais tu fais déjà la queue à la caisse et tu es sur le point d’arriver. Et il se trouve que non seulement tu vas devoir payer, mais que tu vas sortir du magasin et que tu vas voir qu’ils t’ont pris la marchandise, que tu n’as même pas le papier pour lequel tu t’es tant battu, toi et tes ancêtres. Et que tu vas peut-être léguer à tes enfants un papier, mais peut-être même pas. Les papiers du gouvernement sont le prix de ta vie, et tu dois payer ce prix avec ta vie. C’est-à-dire que tu es une marchandise légale. C’est l’unique différence avec l’esclavage.

    Alors les plus vieux te racontent que le problème, la division, les discussions et les disputes sont arrivés quand sont arrivés les papiers de propriété. Ce n’est pas qu’avant il n’y avait pas de problèmes, c’est qu’ils se résolvaient en faisant un accord.

    […]

    Qu’en a-t-il été dans notre histoire de lutte de ce qu’on appelle « base matérielle » ?

    Et bien, d’abord il y a eu l’alimentation. Avec la récupération des terres qui étaient aux mains des grands propriétaires terriens, l’alimentation s’est améliorée. La faim a cessé d’être l’invitée dans nos maisons. Ensuite, avec l’autonomie et le soutien de gens qui sont des « bonnes personnes », comme nous disons d’elles, ce fut le tour de la santé. Là, ce fut et c’est très important le soutien des docteurs fraternels, comme nous les appelons, parce qu’ils sont comme nos frères qui nous aident, et pas seulement pour les maladies graves mais également et surtout dans la préparation, c’est-à-dire dans le savoir lié à la santé. Ensuite, l’éducation. Ensuite, le travail de la terre. Ensuite, ce qui concerne le gouvernement et l’administration des propres pueblos zapatistes. Ensuite, ce qui concerne le gouvernement et la coexistence pacifique avec ceux qui ne sont pas zapatistes.

    […]

    La base matérielle ou de production de cette étape va être une combinaison du travail individuel-familial, du collectif et de cette chose nouvelle que nous appelons « travail en commun » ou « non-propriété ».

    Le travail individuel-familial se base sur la petite propriété individuelle. Une personne et sa famille travaillent leur lopin de terre, leur petite boutique, leur moyen de locomotion, leur bétail. Le gain ou le bénéfice revient à cette famille.

    Le travail collectif repose sur l’accord entre compañeras et/ou compañeros pour effectuer des travaux sur des terres collectives (attribuées comme telles avant la guerre et élargies après la guerre). On répartit les travaux selon le temps, la capacité et la disposition. Le gain ou bénéfice est pour le collectif. On l’utilise généralement pour les fêtes, les mobilisations, l’acquisition de matériel de santé, la formation des promoteurs de santé et d’éducation et pour les déplacements et les frais de fonctionnement des autorités et des commissions autonomes.

    Le travail commun commence, maintenant, par la possession de la terre. Une partie des terres récupérées est déclarée pour « le travail commun ». C’est-à-dire qu’elle n’est pas morcelée et qu’elle n’est la propriété de personne, qu’elle n’est ni petite, ni moyenne, ni grande propriété. Cette terre n’est à personne, elle n’a pas de propriétaire. Et, en accord avec les communautés proches, on se « prête » mutuellement cette terre pour la travailler. On ne peut ni la vendre, ni l’acheter. On ne peut pas l’utiliser pour la production, le transfert ou la consommation de stupéfiants. Le travail se fait « à tour de rôle » en accord avec les GALs et les frères non zapatistes. Le bénéfice ou le gain revient à celles et ceux qui travaillent, mais la propriété n’en est pas une, c’est une non-propriété qu’on utilise en commun. Peu importe si tu es zapatiste, affilié à un parti, catholique, évangéliste, presbytérien, athée, juif, musulman, noir, blanc, brun, jaune, rouge, femme, homme, autre. Tu peux travailler la terre en commun, avec l’accord des GALs, CGAL et ACGal, selon le village, la région ou la zone, qui sont ceux qui veillent à ce que les règles d’usage commun soient respectées. Que tout serve au bien commun, que rien n’aille contre le bien commun.

    […]

    P.S. QUI DÉCLARE SOUS SERMENT À aucun moment ou étape de la délibération qui a conduit à la décision que prirent les pueblos zapatistes n’ont surgi des citations, des notes de bas de pages ou encore des références, même lointaines, de Marx, Engels, Lénine, Trotski, Staline, Mao, Bakounine, le Che, Fidel Castro, Kropotkine, Flores Magón, la Bible, le Coran, Milton Friedman, Milei, le progressisme (pour autant qu’il ait des références bibliographiques qui ne soient pas celles de ses gratte-papiers), la Théologie de la Libération, Lombardo, Revueltas, Freud, Lacan, Foucault, Deleuze, ce qui est à la mode – ou au mode – dans les gauches, ni n’importe quelle source des gauches, des droites ou des centres inexistants. Ce n’est pas tout, je sais aussi qu’ils n’ont lu aucun des ouvrages fondateurs des ismes qui alimentent rêves et défaites de la gauche. Pour ma part, je donne un conseil non sollicité à celles et ceux qui ont lu ces lignes : chacun est libre de faire le ridicule, mais je vous recommanderais qu’avant de commencer avec vos niaiseries du type « le laboratoire de la Lacandone », « l’expérience zapatiste », et de cataloguer cela dans un sens ou dans un autre, vous y pensiez à deux fois. Parce que, en parlant de ridicules, vous le faites en grand depuis presque 30 ans à vouloir « expliquer » le zapatisme. Peut-être que vous ne vous en souvenez plus maintenant, mais ici, ce qui ne manque pas, à part la dignité et la boue, c’est la mémoire. C’est comme ça.

    #EZLN #zapatistes #autonomie #communs #propriété

  • Alma-Gare : la démolition, une vision dépassée
    https://topophile.net/savoir/alma-gare-la-demolition-une-vision-depassee

    Plus d’une vingtaine d’urbanistes, architectes et habitants organisés en collectifs, demandent aux pouvoirs publics, dans une tribune au « Monde », qu’une réflexion soit engagée afin de privilégier la réhabilitation plutôt que la destruction de logements sociaux dans le cadre de la politique de la ville. Cela aurait dû être une belle opération de réhabilitation.... Voir l’article

  • Bâtir Aussi : rêver au-delà de l’Antémonde
    https://friction-magazine.fr/batir-aussi-rever-plus-loin-que-lantemonde

    En ce mois de Mai 2018, alors que la grève dure, que le mécontentement se propage, que le Black Bloc crame des Mac Do et que des dizaines de lycéens sont en GAV, un livre assez inattendu (mais tombant drôlement à pic) vient de paraître : Bâtir Aussi, Fragments d’un monde révolutionné. A l’origine de l’ouvrage, Les Ateliers de l’Antémonde, un mystérieux collectif d’auteurEs composé « de personnes engagées dans les luttes anticapitalistes et féministes » et « passionnées par la bidouille ». 

    « Les haraks dessinent leur quotidien en fonction de leurs ressources et de leurs rêves. »

    Le livre est en fait un recueil de nouvelles d’anticipation qui partent d’une même hypothèse : en 2011, les printemps arabes ont inspiré d’autres révoltes et le Monde tout entier s’embrase — bienvenue à l’ère de l’Haraka, c’est à dire après ‘l’Antémonde’. « Les productions industrielles, les Etats et toutes les hiérarchies vacillent » explique la quatrième de couv. Un peu partout, des militants autonomistes tiennent tête à la police et aux fachos qui tentent de rétablir l’ordre.

    En 2012 mais aussi, surtout, en 2021, le collectif nous raconte donc sept courtes histoires : sept fragments d’un futur possible qui laissent imaginer à quoi ressemblerait le Monde si, demain, la ZAD se propageait partout. 

    Voir au-delà de notre Antémonde mais, surtout, plus loin que la simple révolte : tel est l’objectif des auteurEs qui tentent ici d’imaginer les nouveaux gestes quotidiens, les routines collectives, les questionnements émergents comme les problèmes à résoudre après ce soulèvement global : « Comment vivre avec l’héritage de l’Antémonde ? Comment faire le tri des objets et des savoirs d’une époque aux traces tenaces ? Les haraks dessinent leur quotidien en fonction de leurs ressources et de leurs rêves. »

    https://antemonde.org

    #science-fiction #anticipation #littérature #zad #communes #vivre_la_commune #Les_Ateliers_de_l’Antémonde

    • 2011, les printemps arabes ont donné le ton à d’autres révoltes. Un mouvement mondialisé s’étend, c’est l’Haraka. Les productions industrielles, les États et toutes les hiérarchies vacillent. Des dynamiques populaires s’entrechoquent pour répondre aux nécessités de la survie et dessiner un futur habitable.

      2021, les communes libres s’épanouissent sur les ruines du système. Comment vivre avec l’héritage de l’Antémonde ? Comment faire le tri des objets et des savoirs d’une époque aux traces tenaces ? Les haraks dessinent leur quotidien en fonction de leurs ressources et de leurs rêves. Des dynamos aux rites funéraires, des lave-linge aux assemblées, ces nouvelles d’anticipation politique racontent non pas une utopie parachutée, hors-sol, mais des routines collectives qui se confrontent à la matière, à ce qui résiste dans les têtes, bâtissant un monde qui s’espère sans dominations.

  • Enquête sur les #dérives du #business très lucratif des #revues_scientifiques

    Des éditeurs de revues scientifiques profitent de leur rôle central dans la diffusion du savoir pour s’enrichir, au détriment des universités et laboratoires, à bout de souffle. Les dérives se multiplient et menacent tant la confiance accordée à la science que la recherche elle-même.

    « C’est juste du racket », « ça me rend fou », s’insurge l’économiste de la décroissance, Timothée Parrique, sur X (ex-Twitter), début novembre. Pour consulter l’étude scientifique qu’il convoite, ce chercheur doit débourser pas moins de 30 euros. « Impossible d’accéder aux textes parce qu’ils sont soumis à des paywalls, par des éditeurs qui ne contribuent en rien à leur production », proteste-t-il.

    De fait, les éditeurs de revues scientifiques ne financent pas l’activité de recherche, pas plus qu’ils ne rétribuent les auteurs. Les scientifiques sont payés par les structures qui les emploient et le budget de la recherche est principalement supporté par l’Etat.

    Même l’étape de la « relecture par les pairs », phase essentielle au cours de laquelle des scientifiques contrôlent la pertinence et la rigueur d’une recherche avant publication, ne coûte rien aux éditeurs : les « pairs » travaillent pour les revues sur la base du volontariat.

    Les universités produisent la recherche… et paient ensuite des sommes colossales pour accéder aux publications. Rien qu’en 2020, les institutions françaises ont déboursé 87,5 millions d’euros en abonnement aux revues scientifiques.

    « Leur coût a explosé depuis les années 1980, c’est ce qu’on a appelé la crise des périodiques : les grands éditeurs ont augmenté les prix des abonnements de façon bien supérieure à l’inflation [entre 1986 et 2004, le prix des revues a augmenté 2,5 fois plus vite que le coût de la vie], explique Margaux Larre-Perrez, consultante science ouverte pour datactivist, société coopérative spécialisée dans l’ouverture des données. Ces journaux se le permettent car ils ont un prestige et ils répondent à un besoin. Donc les universités paient. »

    Ce fonctionnement permet au marché de l’édition scientifique, dominé par une poignée de sociétés, d’être particulièrement lucratif. Les six premiers éditeurs à l’échelle mondiale – Elsevier, Springer Nature, Wiley, Wolters Kluwer, Thomson Reuters et Taylor & Francis – ont présenté en 2015 un chiffre d’affaires cumulé de 7,5 milliards d’euros. Elsevier et Springer Nature ont réalisé des marges hors normes, frôlant les 40 %, soit plus qu’Apple (35 %).

    De l’autre côté, le monde académique étouffe. En juin 2023, le directeur général délégué à la science du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), Alain Schuhl, alertait sur le fait que le CNRS était « au bord du gouffre ».
    Paye ta publication

    Alain Schuhl dénonce un autre système, celui des frais de publications, ou APC (Article Processing Charges). Ceux-ci sont payés par les auteurs pour permettre une publication en accès libre immédiat. Les APC peuvent être importants : jusqu’à 9 750 euros par article pour les revues du prestigieux groupe Nature.

    « Les APC se sont développés dans les années 2000, ils étaient une alternative de financement pour les revues créées en opposition aux journaux classiques sur abonnement, développe Margaux Larre-Perrez. L’objectif était de construire un autre modèle économique : tous les articles sont accessibles gratuitement, et les auteurs prennent en charge les frais d’édition. »

    Flairant la bonne affaire, l’oligopole a progressivement intégré cette alternative dans son propre modèle économique, en développant notamment des revues « hybrides », fonctionnant à la fois sur abonnement et sur APC pour les articles en libre accès. « C’est devenu le modèle dominant dans les revues prestigieuses, comme Nature. Ces journaux récoltent de l’argent des deux côtés : les universités paient pour avoir accès aux revues, et paient des APC. »

    A l’échelle mondiale, les institutions ont donné plus d’un milliard de dollars en frais de publication à l’oligopole – aujourd’hui constitué d’Elsevier, Sage, Springer Nature, Taylor & Francis et Wiley – entre 2015 et 2018. Le montant payé pour les APC en France a triplé entre 2013 et 2020, passant de 11,3 millions d’euros par an à plus de 30 millions. La facture pourrait atteindre 50 millions d’euros en 2030 si la tendance se poursuit, voire 68 millions si elle s’accélère.

    En cause, la multiplication des APC, mais aussi l’explosion de leur coût : le CNRS a par exemple observé une hausse de 139 % des frais de publication chez Frontiers Media et de 746 % chez Mdpi entre 2017 et 2020.
    Publier ou mourir

    Si les éditeurs s’offrent tant de libertés, c’est parce que les scientifiques leur sont pieds et mains liés : dans le monde de la recherche, nul n’ignore la maxime « publier ou mourir ». Le mérite d’un chercheur – et donc l’avancée de sa carrière – est principalement déterminé à partir de la quantité d’articles qu’il publie, et du prestige des revues dans lesquelles il le fait.

    Les universités ont elles aussi tout intérêt à encourager leurs chercheurs à publier beaucoup, et dans des revues reconnues : elles sont hiérarchisées à partir de ces critères, notamment dans le cadre du prestigieux classement annuel des meilleures universités, réalisé par l’Université de Shanghai.

    Répondre à ces exigences permet parallèlement aux établissements de débloquer de précieux fonds pour la recherche. Les plans d’investissement d’avenir (PIA), lancés en 2009 par l’Etat et dotés de 20 milliards d’euros en 2020, réservent une enveloppe pour les « initiatives d’excellence » portées par des universités.

    « Les dotations sont accordées par le ministère selon les dossiers déposés. Dans les critères, se trouve l’"excellence" de la recherche, précisent Claire Calvel et Victor Chareyron, normaliens de l’ENS Cachan et auteurs d’une synthèse sur le financement de l’Enseignement supérieur en France. Ainsi, la présence de chercheurs reconnus dans leur champ est un atout indéniable. Le nombre de publications et le prestige des revues jouent donc un rôle dans l’attribution de ces financements. »

    Les laboratoires de recherche sont soumis à la même logique de prestige quand ils cherchent des financements « sur projet », un mode de fonctionnement de plus en plus fréquent.
    Trottinette et hydroxycloroquine

    D’un côté, il y a donc des scientifiques contraints de publier, des Universités et des laboratoires sommés de prouver leur excellence, et de l’autre, des éditeurs qui s’enrichissent grâce à leurs poules aux œufs d’or. De quoi attirer le renard dans le poulailler.

    En 2020, une étude se fait remarquer parmi les nombreuses recherches sur l’épidémie de Covid-19. Un manuscrit affirme que la prise d’hydroxychloroquine – alors envisagée comme remède contre le Covid-19 – permet de prévenir les accidents… de trottinette.

    Parmi les auteurs : Didier Lembrouille, Otter F. Hantome (« auteur fantôme ») et Nemo Macron, en honneur au chien du Président. L’étude est une succession de farces, et pourtant, elle est publiée dans l’Asian Journal of Medicine and Health, après un paiement de 55 dollars.

    Les (vrais) chercheurs derrière ce canular ont un objectif : sensibiliser le grand public aux revues « prédatrices ». Ces journaux frauduleux ont l’apparence de revues scientifiques sérieuses, mais n’en respectent pas la déontologie. La relecture par les pairs y est par exemple partielle ou inexistante.

    Ces journaux sollicitent souvent directement les scientifiques pour les inciter à soumettre leurs recherches. Des mails de revues prédatrices ? « J’en ai plein, idem pour mes collègues, confirme Paule-Emily Ruy, doctorante à l’Atlantic Technological University, à Galway, en Irlande. J’ai commencé à en recevoir quand j’ai publié pour la première fois. Plus tu publies, plus elles te contactent. »

    Parmi les mails que Paule-Emilie Ruy n’a pas encore supprimés, figure une proposition de Mdpi. « Il est évident que certaines revues sont totalement frauduleuses, mais d’autres se situent dans une zone grise, comme Mdpi, atteste Margaux Larre-Perrez. Cet éditeur possède quelques dizaines de journaux avec une relecture par les pairs classique et publie parallèlement des milliers de numéros spéciaux, qui ne sont pas relus de façon rigoureuse, mais qui génèrent beaucoup d’APC. »
    Des usines à articles

    Attirés par ce marché lucratif, sont nés dans l’ombre de la production scientifique les paper mills, ou usines à articles. Ces entreprises produisent de faux manuscrits et proposent aux chercheurs d’acheter une place d’auteur – sans participer à l’élaboration de l’étude. La Science Publisher Company propose par exemple d’endosser le rôle de premier auteur de l’article « Obésité chez les hommes en âge de travailler : facteurs, risques hormonaux, métaboliques et hémodynamique d’arythmies cardiaques », pour 2 150 dollars.

    « Ces entreprises sont nées de la pression qui pèse sur les chercheurs, en particulier dans certains pays. Un doctorant chinois en médecine doit par exemple publier un article dans un journal reconnu pour obtenir son diplôme, explique Marie Soulière, senior manager chez l’éditeur Frontiers et membre du Comité d’éthique des publications (COPE). Vu cette "demande", des entreprises ont commencé à offrir la possibilité de payer pour ajouter son nom à un article. Avec la technologie, elles ont évolué pour vendre des articles complètement factices, bien plus rapides à produire. »

    Les paper mills œuvrent surtout en Chine, en Inde, en Russie, en Ukraine ou en Iran. L’impact de ces usines à papiers n’est pas anecdotique. Selon une étude publiée en 2022 par COPE et le syndicat des éditeurs scientifiques, STM, à partir d’une analyse de 53 000 articles scientifiques, les revues reçoivent entre 2 % et 46 % d’articles frauduleux. Au total, 457 faux articles sont passés entre les mailles du filet et ont été publiés.
    Changer les règles de l’édition

    Ces dérives prolifèrent au détriment de la confiance du public envers la science, et de la recherche elle-même, qui s’appuie sur les publications antérieures pour avancer. Des structures, comme le CNRS, appellent à faire bouger les choses. En 2021, il a modifié les critères d’évaluation de ses scientifiques, qui reposent désormais sur la qualité des résultats et non plus sur le nombre de publications et le prestige des revues.

    La structure a aussi conseillé à ses chercheurs de ne plus payer d’APC. La législation française permet de déposer son manuscrit dans les archives ouvertes 6 à 12 mois après publication, quel que soit le contrat passé avec l’éditeur.

    La loi de programmation de la re­cherche fixe parallèlement un objectif de 100 % de publications en accès ouvert en 2030. Pour y parvenir, un plan du ministère de l’Enseignement supérieur appelle notamment à développer les revues dites « diamant », en libre accès immédiat et sans frais pour les chercheurs.

    Celles-ci sont prises en charge par les universités et organismes de recherche. Si elles représentent 73 % des revues en libre accès dans le monde aujourd’hui, elles ne produisent que 44 % des articles en open access, en raison de leurs moyens limités.

    https://www.alternatives-economiques.fr/enquete-derives-business-tres-lucratif-revues-scientifiques/00109325
    #édition_scientifique #publish_or_perish

    –-

    ajouté à la métaliste sur l’éditions scientifique :
    https://seenthis.net/messages/1036396

  • Je pose ça là. Je ne sais pas trop quoi en penser, fond et forme.

    https://maghrebemergent.net/liberation-dihsane-el-kadi-des-personnalites-algeriennes-adressent-

    "Un groupe de journalistes, d’artistes et d’intellectuels algériens, ont adressé une lettre au président de la République, l’appelant à accorder la grâce présidentielle au journaliste Ihsane El Kadi, en détention depuis plus d’une année.

    Voici le texte intégral de cette lettre, avec la liste des signataires :

    Monsieur le Président de la République,

    Nous sommes des journalistes, artistes et intellectuels algériens qui croyons à la vérité et la justice, et qui aimons notre pays. Nous avons l’honneur de vous écrire pour attirer votre attention sur le sort d’Ihsane El Kadi. Certains d’entre nous le connaissent personnellement, d’autres ont suivi à distance son parcours brillant qui en fait une figure de proue dans la profession.

    Nous vous appelons à user de vos prérogatives pour lui accorder la grâce présidentielle, lui rendre sa liberté et lever le poids considérable qui pèse sur sa famille et ses proches. Et qui pèse aussi, nous le savons et le constatons, sur l’image de l’Algérie.

    Nous ne souhaitons pas revenir sur les raisons de sa détention et les procédures judiciaires qui ont abouti à sa lourde condamnation. Les voies de recours judiciaire étant désormais épuisées, vous êtes le seul à pouvoir mettre fin à cette pénible et douloureuse situation du fait des pouvoirs qui vous sont conférés par la Constitution.

    Fortement marqué par le parcours de son père, le moudjahid Bachir El Kadi, Ihsane a constamment eu les intérêts de l’Algérie à cœur. Son professionnalisme et son engagement lui valent un respect mérité dans notre pays comme à l’étranger. En empathie avec ses compatriotes, Ihsane El Kadi a toujours fait le choix, même si les conditions ont pu être difficiles, de travailler au pays et pour son pays.

    Monsieur le Président, le sort réservé à Ihsane El Kadi a provoqué un grand abattement chez beaucoup d’Algériens qui souhaitent voir la consécration des libertés dans notre pays. Nous espérons que vous userez de vos prérogatives constitutionnelles pour libérer Ihsane El Kadi, ainsi que d’autres détenus d’opinion et leur permettre de passer la nouvelle année auprès de leurs familles. Une telle grâce de votre part serait un signal fort pour la justice et la liberté.

    Respectueusement,