• Larmes de crocodiles - Le Courrier
    https://lecourrier.ch/2020/08/06/larmes-de-crocodiles


    Trouvé sur le fil de Pierre Abi Saab

    La dévastation mardi de plusieurs quartiers de Beyrouth, capitale d’un Liban déjà enfoncé dans la pire crise économique de son histoire récente, provoque un élan de solidarité internationale bienvenu. Qu’elle soit populaire ou officielle, la mobilisation offre un message d’espoir aux Libanais sur lesquels le sort semble s’acharner. C’est déjà beaucoup.

    Pourtant, le numéro du président français, accouru jeudi à Beyrouth, a de quoi soulever le cœur. On ne peut s’empêcher de penser que la juteuse reconstruction de la capitale libanaise et de son port par Vinci, Bouygues, Bolloré et consorts importe plus que tout à Emmanuel Macron. Le VRP autoproclamé de l’industrie française n’a pas attendu que l’onde de choc soit pleinement dissipée pour appeler le Liban à des « réformes », dont celle du secteur électrique. Autrement dit, la privatisation d’Electricité du Liban (EDL), qui est attendue de pied ferme par Paris depuis 2002. Si M. Macron n’a pas osé évoquer l’avenir du port beyrouthin, le principal du Liban, celui-ci figurait dès avant la catastrophe sur la liste des biens publics qui pourraient être vendus pour rembourser la dette du pays.

    Quant aux appels macroniens à transformer le système politique confessionnel du Liban, ils plairont sans doute au mouvement social. Mais au-delà du caractère colonial de l’injonction, on remarquera que la France, alliée historique du camp chrétien et de la puissante famille sunnite Hariri, n’est sans doute pas la plus à même d’impulser ce changement. Pour mémoire, le Liban a subi à la fin du XXe siècle quinze ans d’une guerre civile largement alimentée par des puissances étrangères, dont Paris.

    Si les grandes et moyennes puissances voulaient réellement aider le Liban, elles laisseraient ces questions politiques aux Nations Unies et se mobiliseraient, par exemple, contre les sanctions économiques illégales imposées par Washington. Surtout, si leurs intentions étaient réellement altruistes, elles commenceraient par accueillir sur leur sol une partie des 1 à 1,5 million d’exilés syriens réfugiés dans ce pays de 5,5 millions d’habitants…

    A défaut, elles devraient avoir la décence de ne pas faire le déplacement de Beyrouth pour exhiber des larmes de crocodile.

    #liban

  • Géographies en mouvement - Faut-il supprimer les écoles de commerce ? - Libération.fr
    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/08/02/faut-il-supprimer-les-ecoles-de-commerce

    Chaque été, des milliers d’étudiants gambergent pour préparer leur rentrée en école de commerce. Mais l’écho de l’article de Martin Parker dans le « Guardian » résonne toujours. Cet enseignement au business et à la finance n’a-t-il pas sa part de responsabilité dans la crise économique actuelle ?

    Dans une tribune tonitruante, Why we should bulldoze the business school, datée du 27 avril 2018 parue dans The Guardian et accessible en français sur le blog de Paul Jorion, Martin Parker n’y va pas par quatre chemins : « Il existe 13.000 écoles de commerce dans le monde, c’est 13.000 de trop. Je sais de quoi je parle puisque j’ai enseigné dans ces écoles pendant 20 ans. »

    L’avènement du « nouveau monde » d’après Covid-19, avec les séquelles de plus en plus lourdes d’une crise aggravée par le réchauffement climatique, pose un dilemme à de nombreux étudiants : faut-il intégrer une business school ? Les témoignages d’anciens étudiants parus après l’article du blog de Jorion sont accablants.

    #écoles_de_commerce #enseignement_supérieur #économie #capitalisme

  • Émoi en Espagne après la mort par déshydratation d’un immigré dans une plantation
    https://www.lefigaro.fr/conjoncture/emoi-en-espagne-apres-la-mort-par-deshydratation-d-un-immigre-dans-une-plan

    Émoi en Espagne après la mort par déshydratation d’un immigré dans une plantation

    L’homme de 42 ans, sans papiers, était originaire du Nicaragua. Maltraité, il est décédé sous le coup de la chaleur et n’a été que très tardivement emmené aux urgences, relate le quotidien El Pais.

    En Espagne, les conditions de travail des migrants sont pointées du doigt après la mort d’un migrant, victime de déshydratation. L’homme de 42 ans, venu du Nicaragua, a été transporté dans une camionnette et déposé inconscient devant un centre de santé.

    C’est dans le sud de l’Espagne, à Murcie, que Eleazar Benjamín Blandón Herrera travaillait. Sans papiers, il avait vu ses démarches pour devenir demandeurs d’asile et pouvoir être employé légalement, bloquées par l’épidémie de coronavirus. Ce père de quatre enfants et dont la femme était enceinte de cinq mois, était venu en Espagne dans l’espoir d’y trouver une meilleure vie pour lui et sa famille. Dans les plantations, il a découvert l’envers du décor. Conditions de travail inhumaines, humiliations à répétition, maigre rémunération... « Ils me traitent d’âne, ils me crient dessus, ils me disent que je suis lent. Ils jettent la poudre sur votre visage lorsque vous êtes accroupi. Je n’ai pas l’habitude d’être traité comme ça », s’était-il confié en pleurant auprès de sa sœur. Au quotidien El Pais qui relate cette histoire, elle raconte les circonstances de la mort de son frère.

    Déposé devant un centre de santé

    Ce jour-là, il fait 44 degrés. Eleazar Benjamín Blandón travaille depuis 5 heures du matin, sans eau pour se rafraîchir. Il commence à se sentir mal puis s’évanouit, selon le récit fait par les autres travailleurs. Mais les secours ne sont pas prévenus et il faut attendre que la camionnette qui les a amenés à la plantation revienne. Or même quand elle arrive, les migrants sont sommés de finir leur journée de travail avant que le Nicaraguayen puisse enfin être pris en charge. Aucune ambulance n’est appelée. Il sera finalement déposé, inconscient, devant un centre de santé à Murcie, précise encore ses proches cités par El Pais.

    Une enquête a été ouverte par la justice espagnole qui tente de remonter la chaîne de tous les protagonistes impliqués dans cette affaire. Un homme, un Équatorien de 50 ans, a pour l’instant été interpellé mais il n’aurait été que l’entremetteur entre Eleazar Benjamín Blandón et la plantation. Trois ans plus tôt, le père du quadragénaire est mort dans des circonstances similaires, alors qu’il travaillait dans la construction au Texas.

    #migrants #esclavage

  • « La réalité de l’agriculture française, ce sont des hommes et des femmes qui se cassent le dos »
    https://reporterre.net/La-realite-de-l-agriculture-francaise-ce-sont-des-hommes-et-des-femmes-q

    Main-d’œuvre à bas coût, logements indignes... Un avocat et un sociologue spécialistes du travail agricole détaché détaillent à Reporterre comment, en glorifiant le made in France, « on promeut alors des marchandises qui ne sont pas produites de manière différente qu’en Espagne ou au Maroc ».

    [...]

    "Certains travailleurs sont sédentaires en France, qu’ils soient Français ou d’origine étrangère. D’autres viennent d’ailleurs pour compléter les effectifs, parce qu’il y a une pénurie de main-d’œuvre en France. Dans ceux-ci, deux types de profils se dégagent : ceux employés dans des conditions tout à fait normales, qui viennent pour une mission et puis repartent. Et ceux qui ne sont pas en mesure de dire non à une proposition beaucoup plus floue. Ils sont souvent à la disposition d’une société intérimaire [étrangère] mais également des exploitants français et travaillent dans les conditions qu’on leur désigne, là où on leur dit, avec parfois des journées de plus de douze heures, des conditions d’hébergement déplorables et un salaire en-dessous du minimum légal, sans revendication possible."

    [...]

    "Les conditions de travail des saisonniers ne se sont pas améliorées et j’aurais tendance à dire que ça a empiré avec la concurrence exacerbée qui existe entre les zones de production, entre le sud de la France, le sud de l’Espagne, le sud de l’Italie et le Maroc notamment. Par ailleurs, la mécanisation dans le secteur a très peu avancé, parce qu’il y a accès à de la main-d’œuvre pas chère. L’arbitrage capital-travail est toujours le même : ça me coûte plus cher de mettre une machine que de mettre un homme au travail."

    #agriculture #exploitation

  • "On les a condamnés avant même qu’ils ne soient contaminés" : ces résidents d’Ehpad qui ont été privés d’hôpital au plus fort de l’épidémie de Covid-19
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/on-les-a-condamnes-avant-meme-qu-ils-ne-soient-contamines-ces-residents


    Forcément, si on commence par ne pas te soigner, tu as de plus fortes « chances » de faire partie d’une population à risques.

    Cette « quasi-inaccessibilité à l’hôpital pour les personnes âgées n’est pas tombée du ciel », estime auprès de franceinfo Astrid Petit, déléguée CGT Santé. Elle en veut pour preuve les consignes et recommandations du ministère de la Santé, communiquées le 31 mars. Dans cette note ministérielle, il est précisé que « la prise en charge des cas suspects et confirmés ne présentant pas de critères de gravité doit être assurée en priorité au sein des Ehpad afin de ne pas saturer les établissements de santé, en respectant les mesures d’hygiène et de protection. » Selon Astrid Petit, cette circulaire aurait fermé la porte des hôpitaux aux personnes âgées. Contactée de nombreuses fois pour répondre à cette mise en cause, la direction générale de l’offre de soins (DGOS), qui dépend du ministère, n’avait toujours pas répondu à nos demandes au moment de la publication de cet article.

    #cononavirus #psychopathes

  • Conquérir le droit à la #ville pour penser la #propriété autrement
    https://lvsl.fr/conquerir-le-droit-a-la-ville-pour-penser-la-propriete-autrement

    Comme l’écrivait Henri Lefebvre dans son ouvrage Le Droit à la Ville en 1967, la société urbaine, qu’il différencie de la ville, est la finalité de l’industrialisation – « l’urbanisation et l’urbain contiennent le sens de l’urbanisation » –, et la ville est le lieu d’expression de la lutte des classes. Cinquante ans plus tard, on voit comment la classe dominante – la bourgeoisie propriétaire associée à l’aristocratie stato-financière[1] – a façonné une ville comme Paris : privatisation du patrimoine immobilier et des lieux de culture (déchus en lieux de consommation), gentrification et ségrégation socio-spatiale, évacuation de la classe ouvrière (que l’on entendra au sens marxiste comme réunissant aujourd’hui les prolétaires, ceux qui n’ont que leur force de travail à vendre pour subsister), concurrence des usages et standardisation des commerces et de l’architecture, diktat des rythmes urbains – la proximité de la ville du « quart d’heure[2] » relevant bien souvent d’un « luxe », qui se paye à prix fort sur le marché de l’immobilier.

    Les classes populaires, ainsi évacuées du centre de la métropole, se retrouvent exclues trois fois : par la distance-temps (éloignement domicile-travail), par la distance-coût (l’enjeu de la gratuité des transports se pose, la hausse des tarifs de stationnement – sans parler de péage urbain – étant un facteur de ségrégation puissant), et par le coût de « consommation » de la ville (activités de loisir, culture, divertissement, restaurants). En effet, la ville capitaliste, à la fois lieu de consommation et consommation du lieu, comme la définissait Henri Lefebvre, promeut la valeur d’échange – consommation des espaces et produits de la ville – contre la valeur d’usage – la fête, le droit à l’œuvre, le « théâtre spontané » – au point de la contester partout, voire de la résorber dans l’échange. Or, cette valeur d’usage résiste, irréductible, constitutive de l’urbain, enjeu du droit à la ville. Ainsi, comme l’écrit Henri Lefebvre :
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Fichier:Henri_Lefebvre_1971.jpg
    Le philosophe, géographe et sociologue Henri Lefebvre © Bert Verhoeff

    « Le droit à la ville se manifeste comme forme supérieure des droits : droit à la liberté, droit à l’individualisation dans la socialisation, à l’habitat et à l’habiter. Le droit à l’œuvre (activité participante) et le droit à l’appropriation (bien distinct du droit à la propriété) s’impliquent dans le droit à la ville. »

    #logement #transport

  • Une histoire de vaccin qui utilise la « thérapie génique » : mais que faire de « l’ARN-messager » (ou mARN pour les anglophones) qui viendra squatter vos cellules ?

    https://blogs.mediapart.fr/franck-noir/blog/300720/covid19-les-vaccins-marn-seraient-inefficaces-et-potentiellement-dan

    Les dangers de l’intégration dans l’ADN de l’ARN messager

    Les conséquences d’une intégration ratée de l’ARN messager dans votre ADN peuvent être dramatiques, et c’est là le principal danger de cette forme de vaccination.

    En effet, un gène invalidé par une intégration en son sein peut tout à fait gêner la synthèse de protéines essentielles au bon fonctionnement de l’organisme. Pire, il pourrait toucher un gène dont l’altération provoquerait un comportement cellulaire cancéreux. Vous développeriez alors une tumeur. On estime en effet aujourd’hui qu’un cancer sur six serait dû à un virus. Et la principale raison est justement que ces virus viendraient perturber le fonctionnement génétique de nos cellules.

    (mais pas que ...)

  • Malgré ses annonces, l’État pourrait laisser Amazon construire des entrepôts à gogo
    https://reporterre.net/Malgre-ses-annonces-l-Etat-pourrait-laisser-Amazon-construire-des-entrep

    Dix jours après l’annonce d’un éventuel moratoire, l’idée semble, déjà, enterrée : aucun gel temporaire n’a été décidé alors que la multinationale prévoit de doubler le nombre de sites en France d’ici 2021. Au sein du gouvernement, la cacophonie règne et les prises de position sont timides face à ce « modèle destructeur pour l’emploi et l’écologie ». Au sein du gouvernement, le laps de temps entre une annonce et son désaveu semble de plus en plus rapide. Les discours verdoyants s’enchaînent mais peinent à se (...)

    #Amazon #consommation #écologie #domination #lobbying #urbanisme

  • Professeur G., enseigne la géo du lundi au jeudi, sur rendez-vous. – LEXTERNE
    https://lexterne.wordpress.com/2020/07/25/professeur-g-enseigne-la-geo-du-lundi-au-jeudi-sur-rendez-vous

    Dans le pays de Fernand, les enseignants ont obtenu, grâce à une lutte sans merci de leur syndicats de défense de l’enseignement libéral, un statut protégé d’enseignants libéraux. Ils ont le droit de s’installer où ils veulent dans le pays, et certains ont même le droit de fixer les honoraires qu’ils veulent, sous certaines conditions. Comme l’Education est un service public auquel tout le monde doit avoir accès dans la République de Fernand, les cours dispensés sont remboursés par la sécurité sociale (branche Assurance Education). Bon… Certains professeurs secteurs 2 ne sont pas entièrement remboursés, mais il est possible de souscrire à une mutuelle pour rembourser le reste à charge (si vous n’êtes pas trop vieux ou trop pauvre). Certes, cela peut être compliqué d’avancer les frais pour les cours des trois enfants en septembre en attendant le remboursement. Mais c’est ainsi que la liberté d’enseigner survit.

  • Covid-19 : chute surprise des naissances prématurées – {Sciences²}
    https://www.lemonde.fr/blog/huet/2020/07/23/covid-19-chute-surprise-des-naissances-prematurees

    L’affaire démarre avec un article de médecins irlandais. Il n’a pas encore passé toutes les étapes de validation, mais ses données sont simples comme une comptine enfantine. Il relate la chute spectaculaire, parfois drastique, du nombre de bébés nés avec un poids trop bas durant la phase de confinement des populations, destinée à lutter contre la propagation du Sars-Cov-2, le virus responsable de la Covid-19.


    (...)

  • L’ensauvagement du monde - Le Monolecte
    https://blog.monolecte.fr/2020/07/26/lensauvagement-du-monde

    Hier matin, mon père est allé faire ses courses à la supérette du coin. Depuis le début de l’épidémie, il ne va plus que là. Parce qu’il peut y aller à pied, ce qui est important pour un vieux monsieur qui a laissé tomber la voiture et ses nuisances depuis une bonne vingtaine d’années déjà. Il allait bien de temps à autre au grand centre commercial de la métropole d’à côté, mais c’était toute une expédition qui le rendait dépendant de la disponibilité et de la gentillesse de son amie motorisée. Pendant le confinement, ils auraient pu obtenir une dérogation de déplacement pour assistance à vieux chnoque, mais très vite, mon père m’avait écoutée et avait compris qu’en cas de contamination, il aurait été bon dernier de la liste des gens pouvant prétendre à des soins un peu consistants pour sauver sa peau.

    #épidémie #patriarcat #domination #culture_du_viol

  • Un policier révèle des centaines de cas de maltraitance et de racisme dans les cellules du tribunal de Paris | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1595760037-policier-revele-centaines-cas-maltraitance-racisme-dans-tgi-

    Tribunal de grande instance de Paris (75) – L’immense bâtisse de verre se dresse sur 38 étages en direction du ciel. Et, on le sait moins, trois niveaux souterrains. Le plus grand tribunal d’Europe où chaque jour se pressent près de 9.000 personnes. C’est au premier et second sous-sol que se cache le dépôt (1), théâtre de la plupart des faits que révèle cette enquête. Une enfilade de cellules aux murs blancs privées de lumière naturelle où les déférés sont enfermés avant et après leurs passages devant le juge. Au total près de 200 fonctionnaires de police sont chargés de surveiller jour et nuit les 120 cellules. C’est dans ce sous-sol aseptisé, mais aussi précédemment dans celui insalubre de l’ancien tribunal qu’une vingtaine de fonctionnaires en poste la nuit ont fait régner la terreur pendant plus de deux ans.

    #police #tribunal #dépôt #racisme #racisme_institutionnel #justice #violences_policières #prison #prisonniers #Valls #Lallement

  • La police prédictive progresse en France. Exigeons son interdiction !
    https://technopolice.fr/blog/la-police-predictive-progresse-en-france-exigeons-son-interdiction

    Pendant que les dispositifs de police prédictive (comme PredPol) commencent à être interdits ou abandonnés aux États-Unis, la police française et plusieurs collectivités continuent à acheter et utiliser des équivalents français, à l’image de « Map Révélation » proposé par l’entreprise angevine « Sûreté Globale ». Cela au détriment des risques de discriminations qu’impliquent ces logiciels de surveillance, et en l’absence même de toute preuve de leur intérêt. Comme pour la reconnaissance faciale, les logiciels de (...)

    #algorithme #Predpol #police #racisme #technologisme #données #prédiction #biais #BigData #discrimination #CNIL #LaQuadratureduNet (...)

    ##Technopolice

  • SNCF : un syndicaliste licencié pour s’être « mis à genoux » en signe de protestation - Le Parisien
    https://www.leparisien.fr/economie/sncf-un-syndicaliste-licencie-pour-s-etre-mis-a-genoux-en-signe-de-protes

    Menacé de licenciement depuis des mois après s’être agenouillé devant sa hiérarchie en signe de protestation, le syndicaliste Eric Bezou vient d’apprendre que la SNCF avait décidé de le radier.

    Le cheminot de 53 ans, qui compte « plus de 28 ans d’ancienneté à la SNCF », a été prévenu lundi soir par « un cadre de l’entreprise, responsable du secteur de Mantes-la-Jolie » (Yvelines), où travaille le syndicaliste, a précisé ce dernier.

    #répression_syndicale #sncf

  • Sihame Assbague
    @s_assbague
    19 juillet 2020
    https://twitter.com/s_assbague/status/1284788457387233280

    Dans la nuit du 13 au 14 juillet 2020, Faly, 16 ans, a été sévèrement blessé par un tir de LBD. D’après son père, « son œil gauche a été détruit et sa mâchoire fracassée ». Il est actuellement hospitalisé à Paris.

    Ce soir-là, le mineur était sorti fêter l’obtention de son BEP
    Flèche vers le bas

    Il était 00h20 au moment des faits. Faly, qui habite dans le 18e, rentrait chez lui après avoir mangé au resto avec ses potes. « Je lui ai donné 40€ pour son BEP & l’ai autorisé à sortir avec ses amis » raconte son père. Avant de rentrer, Faly fait un crochet par la Goutte d’Or.

    À la Goutte d’Or, Faly passait simplement récupérer un jeu de PS chez un proche. C’est le 14 juillet, donc sur la route il croise des jeunes qui lançaient des feux d’artifice.
    Et la police, forcément.
    D’un coup, alors qu’il marchait, il sent « une forte lumière » sur son visage.

    Un coup retentit. « Ce coup a fracassé le visage de mon fils » raconte le père de Faly qui détaille les blessures : « l’œil gauche est foutu & la mâchoire cassée. Il doit encore être opéré début août. Il sortait juste fêter sa réussite & se retrouve avec des blessures à vie. »

    La famille de Faly, qui évoque un tir de LBD « non-réglementaire », « dangereux », « à bout portant », cherche des témoignages/vidéos pour étayer la plainte qui va être déposée dans les prochains jours. « J’irai jusqu’au bout » annonce le père « parce que c’est inhumain ».

    « Les policiers ne se sont même pas donnés la peine de venir le voir alors qu’il baignait complètement dans le sang » rajoute le père de Faly, « il y a donc en plus non-assistance à personne en danger ».

    C’est un restaurateur voisin qui a appelé les secours.


    #violences_policières

  • « Le Bureau des légendes », miroir repoussant du monde arabe
    Akram Belkaid > 20 juillet 2020
    https://orientxxi.info/lu-vu-entendu/le-bureau-des-legendes-miroir-repoussant-du-monde-arabe,4028

    Le succès de la série française Le Bureau des légendes ne s’est pas démenti tout au long des cinq saisons. Beaucoup d’éléments expliquent un engouement qui n’est pas seulement français. Mais la vision des personnages « arabo-musulmans » a du mal à échapper aux poncifs.

  • Ella Cara Deloria, l’indispensable Sioux de Franz Boas
    https://www.telerama.fr/idees/ella-cara-deloria-lindispensable-sioux-de-franz-boas-6658728.php

    Née en 1889 dans une réserve dakota, Ella Cara Deloria fut, pour le fondateur de l’anthropologie moderne américaine Franz Boas, une indispensable traductrice de la langue et des coutumes sioux. Qu’elle s’employa à défendre et à faire connaître sa vie durant. Pourtant, son travail n’a jamais été reconnu…

    Dans les années 1930, lorsqu’elle résidait à Manhattan, l’Américaine d’origine sioux Ella Cara Deloria (1889-1971) avait l’habitude de déjeuner tous les jeudis avec les représentants éminents des sciences humaines américaines, soit le Pr Franz Boas (1858-1942) et ses élèves, Ruth Benedict et Margaret Mead. Le premier, enseignant à l’université Columbia, spécialiste des Amérindiens, est considéré comme le fondateur, au début du XXe siècle, de l’anthropologie américaine moderne. Les secondes, ses émules, domineront la discipline à sa suite. Ella Cara Deloria, quant à elle, a été la collaboratrice du maître, rencontré dans cette même université en 1914 alors qu’elle étudiait à l’école normale pour devenir institutrice et éducatrice. Elle parle couramment tous les dialectes des communautés sioux sur lesquels il travaille : une « perle rare », comme le lui écrira Boas plus tard.

    Reste que son nom ne dit pas grand-chose aux États-Unis, hormis dans les communautés concernées, et encore moins en Europe. Figure de l’ombre, Ella Cara Deloria a pourtant réalisé durant quinze ans des enquêtes sur le terrain et effectué de nombreuses traductions, cheville ouvrière indispensable aux recherches de Boas. Elle a ensuite continué avec Ruth Benedict, tout en menant des travaux personnels sur la culture traditionnelle et les langues autochtones. Formée sur le tas mais non diplômée, femme, et de surcroît indienne — autant de freins importants, à l’époque, à une pleine reconnaissance —, elle est la première ethno-linguiste de terrain à avoir étudié de l’intérieur sa propre communauté.

    « Belle comme le jour », ou Anpetu Washte-win, son nom en langue dakota (un des trois groupes dialectaux sioux), est née dans la réserve de Yankton, Dakota du Sud, terre ancestrale des Indiens des plaines — les Sioux, de leur nom générique. Ella a 2 ans lorsque l’armée attaque, un petit matin de décembre 1890, un campement dans la réserve voisine de Pine Ridge. Les Sioux y sont réunis autour du chef Big Foot pour une danse rituelle interdite par les autorités. Trois cent cinquante personnes, dont beaucoup de femmes et d’enfants, sont tués. Tragédie historique, le massacre de Wounded Knee marque la fin de plus d’un siècle de guerres indiennes. Parqués dans des réserves qui se réduisent comme peau de chagrin, les autochtones s’étiolent, leur population tombe, fin XIXe, à trois cent mille personnes, voire cent cinquante mille selon les estimations les plus basses ; ils sont cinq millions aujourd’hui. Les enfants sont envoyés dans des pensionnats où il leur est interdit de parler leur langue. Objectif du gouvernement : l’assimilation forcée.

    Une vie nomade et modeste

    L’histoire se répétera à Wounded Knee en 1973, deux ans après la mort d’Ella Cara Deloria, avec l’occupation, cette fois-ci pacifique, du site durant plus de deux mois par des militants autochtones en lutte contre la corruption des Affaires indiennes et la spoliation de leurs droits (Le Renouveau indien aux États-Unis, de Joëlle Rostkowski, éd. Albin Michel). Ella Cara a vécu entre ces deux dates symboliques, consciente que l’époque était en train de basculer. « Elle fait partie de cette génération qui a connu des transformations incroyables, alors elle s’est adaptée. Son idée a toujours été de faire valoir la pertinence de la culture et de l’histoire des siens pour qu’ils puissent se faire eux-mêmes une place moderne dans la société », explique son petit-neveu, Philip Deloria, professeur d’histoire à la prestigieuse université de Harvard, spécialiste de l’histoire indienne. Fils d’un activiste célèbre, Vine Deloria, lui-même neveu d’Ella, il a publié l’année dernière un livre sur une autre inconnue de la famille, Susan, la sœur de notre ethnologue sioux (Becoming Mary Sully : Toward an American Indian Abstract, de Philip Deloria, University of Washington Press, 2019, en anglais). 

    Sur les rares photos en noir et blanc, Ella Cara Deloria incarne les deux faces d’un même personnage complexe et fascinant. D’un côté l’intellectuelle new-yorkaise dynamique, robe à jabot et chignon impeccable, et de l’autre la Sioux dakota tout aussi élégante, robe de peau ornée de perles et de piquants de porc-épic, le front ceint d’un bandeau brodé retenant ses nattes. Le costume traditionnel lui sert surtout pour la promotion de ses conférences sur son peuple, qu’elle organise dans tout le pays, sillonnant les États-Unis en voiture. Elle y dort aussi parfois, et vend, pour gagner quelques sous, des artefacts en perles brodées. Ella vit avec sa sœur, Susan, qui a pris comme nom d’artiste « Mary Sully » pour signer les illustrations de couverture de ses livres et de superbes fresques colorées rappelant l’art brut. En parallèle à ses activités ethnographiques, Ella se fait aussi institutrice dans différents établissements du Dakota, prof de gymnastique et de danse au Texas, éducatrice au YMCA, consultante du Bureau des Affaires indiennes, pour lequel elle effectue des missions, notamment en pays navajo ou en Floride. Sa situation économique est compliquée, avec un père âgé et sa sœur à charge. La famille passant avant tout, elle renonce plusieurs fois à des propositions de travail de Boas.

    Une généalogie étonnante

    Remonter l’arbre généalogique des Deloria révèle les brassages nord-américains. Côté paternel, une arrière-grand-mère yankton a épousé un explorateur français, Philippe Des Lauriers, huguenot établi sur les rives du Missouri en 1822. Comme nombre de ses concitoyens à la charnière du XXe siècle, leur fils, Francis Deloria — version américanisée du patronyme français —, chaman célèbre et leader charismatique, se convertira à la fin de sa vie à la religion chrétienne épiscopale. Le fils de celui-ci, Francis junior, père d’Ella, est le premier Indien ordonné prêtre en Amérique — il a droit à une statue dans la cathédrale nationale de Washington. Côté maternel, la filiation s’avère tout aussi étonnante, avec un arrière-grand-père artiste, d’origine anglaise, Thomas Sully, portraitiste de La Fayette et de la reine Victoria, et un grand-père officier de cavalerie, héros de la guerre de Sécession puis de la conquête de l’Ouest et par conséquent tueur d’Indiens. Pourtant, sa fille épousera le fils du grand chaman Deloria…

    À la fin du XIXe siècle, le père d’Ella fonde une mission dans la réserve de Standing Rock, Dakota du Sud, où grandissent ses enfants. Ils étudient en anglais, mais à la maison tout le monde parle dakota, la langue des ancêtres, qu’Ella Cara étudiera toute sa vie, enregistrant et retranscrivant des milliers de légendes et de mythes, décortiquant la phonétique et la grammaire de dizaines de dialectes, publiant une Grammaire dakota épaisse comme un bottin. Son dictionnaire dakota/anglais, riche de cinq mille entrées, n’a jamais été édité. Rédigé au début des années 1940, son roman Waterlilly (Nénuphar) ne sera publié en anglais et en français par une maison d’édition canadienne que vingt ans après sa mort. Captivant et d’une écriture limpide — exactement comme parle la grand-mère du récit, qui tient en haleine les gamines en mocassins —, il raconte le destin de trois générations de femmes dakota dans la seconde moitié du xixe siècle. Et devient culte. Rendant enfin justice à Ella Cara Deloria, fascinante représentante d’une dynastie étonnante.

    Sophie Cachon

    #peuples_premiers #native_american #anthropologie #linguistique #patriarcat #discrimination

    A propos de Franz Boas : https://fr.wikipedia.org/wiki/Franz_Boas

  • L’hélicoptère, la caméra thermique et les « chasseurs de morilles » | Jean-Sébastien Mora - CQFD, mensuel de critique et d’expérimentation sociales
    http://cqfd-journal.org/L-helicoptere-la-camera-thermique

    Les campagnes et les espaces naturels n’ont pas échappé à la surveillance qui a déferlé pendant le confinement. Cluster du coronavirus, Izaut-de-l’Hôtel a même pris des allures de laboratoire répressif. Dans ce village du piémont pyrénéen, au motif de l’injonction à « rester chez soi », les autorités ont encore accentué la militarisation du maintien de l’ordre public. Source : CQFD

  • L’Ours Tulipe de Sophie Guerrive

    Publié le 12 mai 2020 (lendemain du déconfinement) :

    L’ours « Tulipe », à fleur de peau

    Avec son héros solitaire et amoureux, #Sophie_Guerrive livre une merveilleuse fable philosophique qui renvoie le lecteur à ses propres tourments.

    https://next.liberation.fr/images/2016/11/25/l-ours-tulipe-a-fleur-de-peau_1531035

    #bd #bande_dessinée

  • Dans l’enfer des « aires d’accueil des gens du voyage » | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/william-acker/blog/090720/dans-lenfer-des-aires-daccueil-des-gens-du-voyage

    Depuis l’accident industriel de Lubrizol et la présence aux pieds de l’usine SEVESO d’une “aire d’accueil des gens du voyage”, j’ai décidé d’entreprendre un recensement critique de toutes les aires d’accueil françaises. L’aire de Petit Quevilly (76) n’est pas la seule à être située dans une zone dangereuse, pêle-mêle citons celles de Saint Menet (13) jouxtant l’usine SEVESO Arkéma, celle de Golbey (88) à proximité de l’usine SEVESO Norske Skog ou encore celle de Feyzin (69) dans la vallée de la chimie lyonnaise.

  • Etats-Unis : coup d’arrêt au projet d’oléoduc menaçant les Sioux
    https://www.bastamag.net/Etats-Unis-Trump-supension-exploitation-oleoduc-Dakota-Access-NoDAPL-victo

    Un tribunal vient d’ordonner la fermeture temporaire du gigantesque oléoduc du Dakota du Nord, gelé sous Obama puis relancé par Donald Trump. Les communautés amérindiennes sont à l’origine de cette victoire juridique fondée sur le respect de l’environnement. C’est un énorme revers pour l’administration Trump, mais surtout une immense victoire pour les tribus amérindiennes et les défenseurs de l’environnement. Un juge du District de Columbia aux États-Unis a ordonné, le 6 juillet, que l’oléoduc Dakota (...) En bref

    / #Accès_à_l'eau, #Droit_à_la_terre, #Multinationales

    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/standing_rock_sioux_tribe_v._army_corps_of_engineers.pdf

  • Le Défenseur des droits souligne « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre - France - Le Télégramme
    https://www.letelegramme.fr/france/le-defenseur-des-droits-souligne-l-urgence-de-faire-evoluer-le-maintien


    Jacques Toubon, Défenseur des droits.
    Martin Bureau / AFP

    Alors qu’il quitte ses fonctions au sein du Défenseur des droits dans une semaine, Jacques Toubon a adressé des recommandations au nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin.

    Un message opportun après le remaniement : dans une décision adressée au nouveau ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, le Défenseur des droits insiste sur « l’urgence » de faire évoluer le maintien de l’ordre, notamment en interdisant le LBD et le port de la cagoule chez les policiers.

    Jacques Toubon, qui quitte dans une semaine cette autorité indépendante après six ans passés à sa tête, semble vouloir faire entendre sa voix jusqu’au bout. Dans cette décision-cadre consultée par l’AFP, le Défenseur des droits actualise ses recommandations en matière de maintien de l’ordre, à la lumière des presque 200 réclamations qu’il a reçu pendant le mouvement des gilets jaunes.

    Interdiction des LBD dans les manifestations
    L’ancien ministre de Jacques Chirac souligne « l’urgence (…) à ce que les réflexions sur ces thématiques aboutissent », alors que Christophe Castaner a quitté Beauvau sans publier le schéma national du maintien de l’ordre promis pour tirer les enseignements du mouvement social, marqué par une grande violence.

    Avec cette décision, envoyée pour « être jointe à la définition » de ce schéma, Jacques Toubon reprend un bon nombre de recommandations déjà formulées par l’institution depuis début 2018 et son rapport dédié à la doctrine du maintien de l’ordre en France, qui proposait de révolutionner les pratiques policières.

    Le Défenseur des droits réclame ainsi toujours l’interdiction d’utiliser les lanceurs de balle de défense (LBD) dans les manifestations, une arme accusée de provoquer des blessures graves comme l’éborgnement.

    Il recommande aussi de mettre fin aux « nasses », cette technique d’« encagement » utilisée par les forces de l’ordre pour encercler les manifestants, et d’arrêter les « contrôles d’identité délocalisés », qui consistent à interpeller une personne dans la manifestation pour la contrôler ensuite en marge du défilé, parfois dans un commissariat.

    Ces pratiques conduisent « à priver de liberté des personnes sans cadre juridique », résume le Défenseur.

    L’institution s’interroge également sur le « cadre juridique » des « interpellations préventives » effectuées lors des manifestations de gilets jaunes.

    Souvent « motivées par la détention d’objets » comme des masques de protection pour les yeux, des lunettes de piscine ou de simples gilets jaunes, qui « ne représentent aucun danger », elles peuvent « priver un individu de son droit de manifester », estime-t-elle. Elle demande par ailleurs que le « cadre juridique » permettant aux policiers de confisquer des objets « soit clarifié ».

    Identifier les policiers
    Le Défenseur réclame également des mesures pour « garantir l’identification des forces de l’ordre » et proteste contre les « policiers en civil » qui portent des « casques intégraux » ou des « cagoules ».

    Des pratiques adoptées « en dehors de tout cadre légal ou réglementaire », rappelle l’institution, qui constate « une forme d’acceptation, de tolérance de la part de la hiérarchie » policière sur ce sujet.

    « La confiance que la population doit avoir en sa police repose sur la transparence de son action », estime-t-elle, en jugeant « difficilement admissible » que des plaintes soient classées parce qu’un fonctionnaire n’est pas identifié.

    Jacques Toubon préconise enfin que les forces de l’ordre accordent une « vigilance particulière » aux journalistes et aux observateurs associatifs, pour leur permettre d’exercer leurs missions pendant les manifestations, et à « une vigilance accrue » concernant l’emploi proportionné de la force lorsque les manifestants sont mineurs.

    La place Beauvau, où vient d’être nommé Gérald Darmanin, dispose de deux mois pour répondre à ce document consultatif.

    Lors de la passation de pouvoirs mardi, Christophe Castaner a indiqué que le nouveau schéma national de maintien de l’ordre, qui devait initialement être dévoilé en janvier, était « à disposition » du nouveau ministre. Il doit « placer la médiation et la baisse du conflit au cœur même de la gestion de l’ordre public », a-t-il promis.

    Gérald Darmanin doit mener à bien ce chantier dans un contexte délicat, alors que la recrudescence du débat sur les « violences policières », terme réfuté par l’exécutif, a poussé son prédécesseur à annoncer la fin de l’enseignement d’une méthode d’interpellation dite de la clé d’étranglement, provoquant la colère des policiers.

    Lors de son premier discours comme ministre de l’Intérieur, il a assuré mardi les forces de l’ordre de son « soutien total ».

    • En résumé, Toubon flingue l’ensemble des pratiques de la police auxquelles tout manifestant a été confronté depuis au moins 4 ans.

      Pour le nouveau ministre : soutien total aux FdO. Pas un mot sur l’illégalité des pratiques ou le recours aux armes moins létales. On peut donc s’attendre à ce que la «  doctrine  » ne bouge pas d’un iota.

  • Covid-19 en Seine-Saint-Denis (2/2) : comment le système de #santé accroît les #inégalités - Métropolitiques
    https://www.metropolitiques.eu/Covid-19-en-Seine-Saint-Denis-2-2-comment-le-systeme-de-sante-accroi

    En Seine-Saint-Denis plus qu’ailleurs, le « virage ambulatoire » qui structure les politiques de santé depuis une quinzaine d’années a tout du mirage (Juven et al. 2019, p. 41). La réduction constante de l’offre de soins en médecine de ville, conjuguée à la sous-dotation du département en lits hospitaliers, voire à la réduction de leur nombre comme notre enquête à Rouvil l’a montré entre 2012 et 2016, affecte la prise en charge médicale de la population. Le cas de la Seine-Saint-Denis impose d’inclure « l’offre et la qualité des soins – c’est-à-dire la manière dont s’organisent le système de soins et les professions de santé » (Gelly et Pitti 2016, p. 9-10) dans l’analyse des inégalités de santé. Les patient·es des hôpitaux séquano-dionysiens, dont la précarité économique et sociale complexifie la prise en charge pour les professionnel·les du médico-social qui peuvent les juger comme de « mauvais » patients, sont souvent tenus pour « non rentables » dans une économie hospitalière désormais construite sur la distinction entre patient·es qui rapportent et patient·es qui coûtent.

    Le département cumule ainsi un triple handicap : moins de médecins, généralistes ou spécialistes ; moins d’hôpitaux et moins de lits ; mais aussi moins d’accès et de recours aux soins. Une proportion très élevée de personnes y bénéficie de la couverture maladie universelle (devenue en 2016 protection maladie universelle), qui vise à permettre aux personnes sans emploi ou aux chômeurs et chômeuses non indemnisé·es de bénéficier d’une couverture sociale, et plus encore de la CMU complémentaire, complémentaire santé pour les personnes à faibles revenus. Début 2016, 7 % des habitant·es de Seine-Saint-Denis bénéficient de la CMU/PUMA contre 3,7 % en Île-de-France ; 14,4 % de la CMU-c contre 7,5 % en Île-de-France. Or, une étude récente du Défenseur des droits a montré que la CMU comme l’Aide médicale d’État pour les patients étrangers sans titre de séjour occasionnaient chez de nombreux soignant·es des refus de soin (Chareyron et al. 2019). Qui plus est, nombre de patient·es n’ont tout simplement pas de couverture et ne peuvent payer une consultation ; beaucoup n’ont pas de mutuelle et ne peuvent avancer les frais médicaux.