Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • « Métavers » : le nouvel Eldorado ?
    https://theconversation.com/metavers-le-nouvel-eldorado-169653

    Quelques « vrais » métavers ont pourtant vu le jour. En 1997 Canal+ lance le premier monde virtuel en ligne français « Le Deuxième Monde », l’utilisateur recevait par le poste un CD avec la carte de Paris (partiellement) numérisée en 3D, il pouvait sur son ordinateur installer le CD, créer un avatar et se promener dans la ville en très très bas débit !), faire des rencontres et se réunir en groupe, discuter via un chat texte, voir de la publicité. Nous retrouvons ici trois des quatre règles proposées par Stephenson, la dimension économique se résumait à de la publicité pour des produits du monde réel.

    En 2003, le très connu « Second Life » (SL) propose une version plus aboutie et grand public du métavers, reprenant les concepts fondamentaux y compris une monnaie locale le Linden Dollar (L$) qui eut une cotation officielle.

    Le Deuxième Monde et Second Life furent des étapes importantes, dont SL fut sans doute la plus belle réussite mais l’engouement du métavers s’est épuisé pour deux raisons : tout d’abord l’interface homme-machine (le trio écran-clavier-souris) est encore une barrière à l’immersivité de l’usager. Enfin, la bulle spéculative générée par SL a rebuté les puristes des métavers (l’engouement spéculatif des investisseurs est assez loin des rêves de F. Turner dans son ouvrage « aux sources de l’utopie numérique » et a ruiné les opportunistes. L’enrichissement de la valeur sociale (au sens de Holbrook) n’a pas tenu ses promesses finalement les réseaux sociaux émergeants dont un certain Facebook remplissaient les besoins sociaux sans avoir les contraintes de faible immersivité liée à l’interface. La microsegmentation des usages de SL (il existait des régions dédiées à toutes sortes d’activités) a créé une explosion du métavers en le rétrogradant à une sorte de MMORPG ultra spécialisé.

    Les grands acteurs chinois tels Tencent se lancent dans l’aventure. Chaque société dépose des noms de marques dédiées aux futurs métavers. Fortnite a pour sa part amorcé depuis quelques années la vente en ligne dans son univers de jeux, il dispose d’un vivier très vaste (environ 350 millions de comptes) et plus jeune que Facebook, les acheteurs de demain sont les joueurs communautaires d’aujourd’hui !

    Le concept de métavers imaginé en 1992 voit aujourd’hui une convergence d’éléments conduisant à une nouvelle renaissance : antécédents techniques (qualité et faible prix des connexions à haut débit, baisse du prix des casques de VR), antécédents sociaux (acceptation des relations humaines virtuelles, taux d’usage des réseaux sociaux et des jeux en ligne), le point capital sera l’offre de services proposée. Comment faire converger dans un monde virtuel le jeu (Fortnite), l’e-commerce (Alibaba), les relations sociales (Facebook), le travail (Teams) ? L’enrichissement de valeur a rarement bénéficié aux leader. On se souvient de l’échec de Google dans les réseaux sociaux, de Facebook dans l’email ou dans la vente en ligne. Les métavers verront peut-être apparaitre de nouveaux entrants réussissant la convergence des services.

    #Metavers #Réalité_virtuelle #Marché

  • PestiRiv, l’étude sur les pesticides qui inquiète les vins de Bordeaux
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/10/19/pestiriv-l-etude-sur-les-pesticides-qui-fait-trembler-les-vins-de-bordeaux_6

    L’étude n’a pas encore commencé, mais elle inquiète déjà la filière viticole. Au point que Bernard Farges, le patron du très influent Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux (CIVB) a pris sa plume, début octobre, pour s’en émouvoir auprès de la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, Fabienne Buccio. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) et Santé publique France (SPF) ont annoncé, mardi 19 octobre, le lancement de PestiRiv, la plus grande étude d’exposition aux pesticides des riverains d’exploitation viticole conduite à ce jour en France.

    Si la viticulture a été choisie, explique-t-on à SPF, c’est d’une part que « l’imbrication » entre habitations et parcelles cultivées est plus forte que pour d’autres types de culture, et d’autre part que « des remontées de signaux sanitaires [leur] parviennent de zones viticoles, avec notamment des cas de clusters de cancers pédiatriques proches de ces zones ». L’étude se déroulera en deux temps : d’octobre 2021 à février 2022, puis de mars à août 2022 pour inclure une période de traitements. Les résultats finaux ne sont pas attendus avant 2024.

    Et puis il y a cette phrase magnifique du représentant de la CICV :

    « Aucune discussion n’a été ouverte, ni sur l’échantillonnage, ni sur le protocole, ni sur la politique de diffusion des résultats à venir », déplore M. Farges dans sa missive. « Les parties prenantes sont informées, assure-t-on à SPF. Mais aucune, ni les professionnels viticoles ni les ONG, n’a son mot à dire sur le protocole. C’est la garantie de sa rigueur scientifique. »

    La « diffusion des résultats »... non, je n’y crois pas. Une étude scientifique dont les résultats devraient être cachés s’il ne plaisent pas à un groupement industriel. On est où là ? Les nostalgiques de Staline et Lissenko sont partout.

    #Pesticides #Controverses_scientifiques #Bordeaux #Diffusion_scientifique

  • Lettre à Kylian Mbappé | Livres Hebdo
    https://www.livreshebdo.fr/article/lettre-kylian-mbappe

    Le directeur des éditions Amphora, Renaud Dubois, adresse jeudi 14 octobre une lettre ouverte à Kylian Mbappé qui a récemment décidé de s’auto-éditer.

    « Cher Kylian,

    Si je vous adresse cette lettre ouverte, c’est que je connais et apprécie les valeurs qui vous animent, comme votre implication au sein de la fondation que vous avez créée, laquelle montre votre sens de l’altruisme.

    Je viens d’apprendre en lisant Livres Hebdo que vous avez décidé de publier votre roman graphique en autoédition.

    Afin de mettre un terme aux messages d’incompréhension que nous recevons, il me semble donc important de préciser publiquement que vous ne nous avez jamais sollicités. Je peux vous assurer que si tel avait été le cas, nous aurions trouvé un accord, et nous nous serions adaptés à vos souhaits.

    Sans doute votre démarche repose-t-elle sur une méconnaissance du monde de l’édition et de son économie, qui fait vivre plusieurs dizaines de milliers de personnes. J’imagine ainsi que vous suivez une tendance : celle de l’autoédition. Toutefois, si vous avez la possibilité d’imprimer votre livre à 300 000 exemplaires et de le vendre dans les différents réseaux de diffusion, c’est parce qu’il y a des éditeurs qui publient des livres et les alimentent. Il faut savoir que, sans les éditeurs, ces réseaux n’existeraient pas.

    L’éditeur a également une vocation, cher Kylian : celle de donner leur chance à des auteurs qui n’ont pas ni vos moyens financiers, ni votre renommée. Les Éditions Amphora, notre maison indépendante et familiale, sont leader en France dans le secteur du livre de sport, œuvrant depuis 1947 pour la valorisation et la promotion du sport et des sportifs.

    L’éditeur croit en eux, investit sur eux et leur permet de bénéficier d’une certaine visibilité dans les différents réseaux de vente. C’est ainsi que certains rencontrent le succès et vivent de leur passion, comme vous, dans le football, qui avez bénéficié des centres de formation pour vous épanouir et faire connaître votre talent.

    Comment les éditeurs peuvent-ils ainsi investir ? Notamment en publiant les livres de personnalités dont les bénéfices générés permettent de donner leur chance à des auteurs méconnus. C’est, cher Kylian, de cette façon vertueuse que je conçois mon métier. »

    #Auto_édition #Kylian_Mbappé

  • 🔷 Parler des fans, c’est aussi traiter de politique, de féminisme, de racisme, d’homosexualité, du corps, d’économie des médias, d’archivage du web... et surtout, le besoin de construire sa propre famille.
    https://mailchi.mp/numerama/langlais-nest-plus-la-langue-du-web?e=b99931d837

    Extrait de la newsletter Règle 30 de Lucie Ronfaut.

    Qu’il s’agisse de k-pop, de mangas ou de séries télévisées, on aime parler des fans, mais souvent pour les réduire à des personnes hystériques et obsessionnelles. Dans Les fans, publics actifs et engagés, Mélanie Bourdaa propose une introduction passionnante aux fan studies, un domaine de recherche dont elle est l’une des spécialistes en France. Elle y défend une vision beaucoup plus nuancée et optimiste des fans, et rappelle leur riche histoire. Pourquoi, et quand, devient-on un·e fan ? Les fandoms sont-ils nés avec internet ? Comment influencent-ils les médias, et la société en général ?

    Ayant moi-même baigné dans la fan-culture depuis l’adolescence, je n’avais pas besoin de beaucoup d’arguments pour me jeter sur cet essai (édité par C&F, qui m’ont gentiment envoyé un exemplaire, merci à elles et eux !). Il reste cependant accessible aux néophytes, si tant est qu’on a déjà allumé sa télévision ou vaguement entendu parler de Game of Thrones. Chapitre après chapitre, Mélanie Bourdaa démonte les clichés et défend son sujet d’étude, loin d’être niche. Car parler des fans, c’est aussi traiter de politique, de féminisme, de racisme, d’homosexualité, du corps, d’économie des médias, d’archivage du web... et surtout, le besoin de construire sa propre famille.

    Les fans : publics actifs et engagés, de Mélanie Bourdaa, éditions C&F
    Lucie Ronfaut est journaliste indépendante spécialisée dans les nouvelles technologies et la culture web.

    #Fans #Mélanie_Bourdaa

  • ​​An FDA First : Vaping Product Gets the Go-Ahead

    Peut-on avoir confiance dans les organisme de régulation des médicaments pour faire face aux lobbies. L’argument mensonger de l’usage des cigarettes électroniques qui serviraient à lutter contre le tabac a fait long feu... et pourtant.
    On verra peut être dans quelques temps le responsable de cette décision à la FDA rejoindre un groupe de cigarettier... comme cela fut le cas pour les opioides.

    The US FDA authorized a vaping product for the first time yesterday, greenlighting marketing of Vuse Solo tobacco-flavored e-cigarettes and cartridges.

    The agency’s rationale: Tobacco-flavored products could help adult smokers cut back on traditional cigarettes, Reuters reports (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=072850f558&e=).

    Marketing authorization was denied for certain flavored products most popular among teens.

    The decision is part of a sweeping review of e-cigarette products, which have been on the US market for over a decade with minimal regulations or research, AP reports.

    A decision about mega-popular Juul products is still pending.

    Meanwhile in Australia, new laws require a prescription for nicotine-containing vaping products, The Guardian reported earlier this month.

    According to Emily Banks, an Australian National University epidemiologist whose research informed the law, says the data don’t back up the claim that e-cigarettes are effective smoking cessation tools.

    “You hear these vaping advocates saying, well, all those people using e-cigarettes out there are using them to quit smoking,” Banks said. “It simply isn’t true.”

    Known unknowns: New research (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=a9ba418dc6&e=) has also shown that e-cigarette aerosols contain thousands of unknown chemicals that haven’t been disclosed by manufacturers and may carry a host of health risks that aren’t yet well understood, The Hub reported last week.

    ICYMI: FDA misses deadline for deciding which e-cigarette products should be removed from the market – STAT (https://globalhealthnow.us14.list-manage.com/track/click?u=eb20503b111da8623142751ea&id=fa871b2c84&e=)

    #Tabac #Cigarette_électronique #FDA #Scandale_sanitaire

  • Machination politique et policière contre les anarchistes en Grèce : un nouveau scandale d’Etat

    Une information par mail de Maud et Yannis Youlantsas. La dérive vers l’extrême-droite de la Grèce ne peux que nous inquiéter.

    Bonsoir,

    Deux très bonnes nouvelles de Grèce aujourd’hui :

    1- les deux militants politiques qui risquaient la prison à vie semblent sur le point de gagner leur procès !

    2- le pouvoir qui avait fabriqué de toutes pièces l’acte d’accusation, est tombé dans son propre piège !

    On se dirige tout droit vers un nouveau scandale politique en Grèce !

    LES TÉMOINS À CHARGE LORS DU PROCÈS DÉVOILENT LA MACHINATION DE L’ÉTAT
    CONTRE LES ANARCHISTES !

    Ce qui vient de se passer aujourd’hui à Athènes est énorme ! C’est un événement à faire savoir à toutes celles et ceux qui n’ont pas encore compris ce qu’est l’État et comment il traite ses ennemis.

    Ce matin, deux militants du groupe anarchiste Rouvikonas étaient poursuivis pour meurtre, dans un début de procès absurde et kafkaïen. Giorgos Kalaitzidis et Nikos Mataragkas risquaient la prison à vie !

    À la mi-journée, le premier témoin à charge était une habitante du quartier de Kifissia qui fréquentait autrefois Exarcheia "dans le camp des trafiquants de drogue" (sic), non loin du dealer assassiné en 2016. Mais, coup de théâtre, au lieu d’accuser Giorgos et Nikos, elle a subitement démasqué la police ! Elle a tout d’abord dévoilé qu’elle n’était pas du tout à Exarcheia le jour du meurtre et que ce qu’elle devait dire dans ce procès lui avait été dicté. Elle a précisé que la police lui avait promis de l’aider dans ses affaires personnelles (poursuites pour trafic de drogue) si elle témoignait contre les deux accusés. Elle a ajouté qu’elle n’avait jamais vu les deux anarchistes. Dès lors, le procès est apparu comme fabriqué de toutes pièces — ce que nous vous avions annoncé depuis plusieurs semaines.

    Pourquoi et comment cette machination a-t-elle été organisée ? Qui est derrière tout cela ? Est-ce le sinistre personnage qui, au sommet de l’État, avait promis "par tous les moyens" d’en finir avec "les anarchistes d’Exarcheia" en citant, en premier lieu, le célèbre groupe Rouvikonas* ? Mitsotakis est-il mouillé dans cette sale affaire ? C’est la question que beaucoup se posent ce soir.

    Après ce témoignage accablant sur la façon dont le complot a été organisé par la police grecque, les deux autres témoins à charge ont abondé dans le même sens que l’intervenante précédente, en enfonçant le clou, l’un après l’autre. Tout d’abord, une infirmière d’EKAB (le samu grec) a dit qu’elle ne savait absolument rien. Puis, le troisième témoin a fait savoir qu’il ne reconnaissait ni Giorgos ni Nikos, alors qu’il était sur les lieux du crime : le principal témoin oculaire !

    Après cette première étape calamiteuse, le procès a été ajourné au vendredi 29 octobre à 11h00. D’ici là, les débats vont aller bon train sur l’origine de cette machination et sur la responsabilité du gouvernement, ennemi juré de Rouvikonas et du puissant mouvement anarchiste en Grèce.

    Mais attention : « rien n’est encore gagné » répètent plusieurs de nos compagnons de lutte, « car le pouvoir est capable de tout ! »

    À suivre…

    Solidairement,

    Maud et Yannis Youlountas

    *Présentation vidéo de Rouvikonas en français :
    https://www.youtube.com/watch?v=342ZzVVCm70

  • Frama, c’est aussi des humain·es qui s’associent – Framablog
    https://framablog.org/2021/10/12/frama-cest-aussi-des-humain%c2%b7es-qui-sassocient

    Au cœur de l’éducation populaire, des enjeux du numérique ou de la culture des communs, il y a des personnes. Derrière les actions de Framasoft, il y a une association loi de 1901, avec ses 37 membres dont 10 salarié·es. Ces personnes dédient une partie de leur vie et de leur énergie à se retrouver et à contribuer au projet associatif.

    C’est quelque chose qu’on n’évoque que trop peu dans nos milieux, mais faire collectif pour faire ensemble, cela demande du temps, du soin, de l’écoute… et donc tout un travail en coulisses que nous voulions, pour une fois, mettre en avant au travers de quelques exemples concrets.

    #Framasoft #Campagne_dons

  • L’architecture du Whole Earth Catalog - Nonfiction.fr le portail des livres et des idées
    https://www.nonfiction.fr/article-10998-larchitecture-du-whole-earth-catalog.htm

    En dépit de ces indices concordants, il manquait encore des clés pour comprendre le phénomène. La première clé est venue de la formidable biographie extensive que le journaliste et universitaire Fred Turner a consacrée à Stewart Brand
    . En suivant son parcours dans une société américaine en pleine mutation durant la seconde moitié du XXe siècle, le spécialiste des médias a mis au jour les liens forts existants entre des mondes intellectuels qu’on aurait pu croire séparés. Brand circule ainsi des communautés hippies à la cybernétique de Norbert Wiener et à la théorie des médias de Marshall McLuhan, des Trips Festivals à la systémique postculturaliste de Gregory Bateson, et surtout, de Drop City à la pensée architecturale globale de Richard Buckminster Fuller, et inversement – des liens qui s’avèrent inextricablement entrecroisés, comme le réseau internet et le cyberspace qu’ils annoncent.

    Ainsi, le livre de Fred Turner nous oblige à décloisonner la culture (populaire) et les sciences américaines. Il montre aussi qu’un architecte aussi atypique que Fuller a pu devenir un des grands maîtres à penser d’une génération contre-culturelle. Il nous parle des communautés sans oublier leurs architectes, mais l’architecture n’est pas au centre de son livre. Pour la trouver, et surtout, en comprendre le rôle, il nous faut une seconde clé. C’est l’enquête de Caroline Maniaque sur la conception et le contenu architectural du Whole Earth Catalog qui nous l’offre.

    #Fred_Turner #Stewart_Brand #Whole_Earth_Catalog #Architecture

  • Aya Nakamura arrive dans Fortnite
    https://lareclame.fr/epicgames-fortnite-aya-nakamura-254478

    Gang, dans le game.

    Après Travis Scott en 2020 et Ariana Grande cet été, c’est au tour d’Aya Nakamura d’entamer un tour de piste dans Fortnite.

    La chanteuse phénomène est la première artiste française à proposer une expérience interactive dans le jeu de tous les records. Dans le cadre d’un partenariat entre Epic Games, éditeur de Fortnite, et la maison de disque Warner Music France autour du lancement des Soudwave Series (Onde Sonore en VF), l’artiste féminine française la plus streamée en France et à l’international a été choisie pour participer à cet événement qui rassemblera 5 artistes internationaux.

    « Le gaming fait partie des nombreux axes de diversification et de développement sur lesquels Warner Music France travaille afin d’offrir à ses artistes un accompagnement toujours plus innovant », a expliqué Alain Veille, président de Warner Music France, dans un communiqué.

    🕹 pic.twitter.com/j41CJxLJpv
    — Aya Nakamura (@AyaNakamuraa) September 28, 2021

    La plateforme qui revendique 350 millions de gamers dans le monde ambitionne de devenir plus qu’un simple jeu vidéo, mais un véritable monde virtuel du divertissement. Le concert de Travis Scott avait établi un record de fréquentation simultanée avec 12,5 millions de joueurs connectés pour suivre son concert. Performance au cours de laquelle les fans et joueurs pouvaient acheter des « skins » (vêtements virtuels pour l’avatar du joueur) et des « emotes » (danses dans Fortnite), comme lors de la prestation d’Ariana Grande diffusée entre le 7 et le 9 août pour toucher un maximum de personne à travers le monde.

    Pour les artistes et maisons de disque, Fortnite représente une nouvelle source de revenus et de visibilité à intégrer à leur plan média et autres tournées promotionnelles. Quant à Epic Games, il pose les jalons de son futur metaverse – pour lequel il a levé un milliard de dollars en avril dernier : un lieu où les individus du monde entier se retrouvent pour discuter, échanger, acheter des objets divers et variés à l’effigie de marques ou de célébrités, voir des films et assister à des performances live.

    Le premier spectacle aura lieu le 1er octobre prochain à 20h et débutera avec « la superstar égyptienne » Mohamed Hamaki, précise un communiqué. Suivront au cours des prochains mois,la chanteuse Aya Nakamura, l’autrice-compositrice-interprète australienne Tones And I, le rappeur brésilien Emicida et l’artiste de pop japonais et producteur musical Gen Hoshino.

    #Metaverse #Fortnite

  • J’habite une tiny house : mini toit, maxi liberté ?
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/jhabite-une-tiny-house-mini-toit-maxi-liberte-6917865.php

    DRÔLES DE PASSIONNÉS 2/4 – Leur tiny house, minimaison transportable, est pour eux la clé d’une vie libre et écolo. À force de se serrer les coudes, les “tinystes” ont tissé un réseau d’entraide très actif sur le Net. Récupérer l’eau de pluie, optimiser l’espace, choisir le bon matériau… Leurs idées fusent et inspirent designers et architectes.

    #Habitat #Culture_numérique #Entraide #Micro-réseaux

  • Automobile : bataille autour de la future norme antipollution Euro 7
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/10/03/automobile-bataille-autour-de-la-future-norme-antipollution-euro-7_6096891_3

    Quand un ministre de l’économie admet que l’industrie de son pays est incapable d’innovation, sait depuis des années que ses produits sont toxiques, mais ne fait rien depuis des années.

    C’est un aveu majeur !!!

    En fait, ils sont donc là pour la « rente », un réflexe incroyable pour une start-up nation :-))))

    Le ministre de l’économie français, Bruno Le Maire, a déjà annoncé la couleur. « Des négociations sont en cours sur la prochaine norme Euro 7. Soyons clairs : à ce stade, cette norme ne nous convient pas. Certaines propositions qui circulent sont excessives. Nos constructeurs ne pourront pas suivre », avait-il annoncé, mi-avril, au quotidien Le Figaro dans un entretien croisé avec Carlos Tavares, le patron de Stellantis. La norme Euro 7 devrait, en effet, être beaucoup plus exigeante que le standard actuel (Euro 6), en vertu du pacte vert pour l’Europe qui vise le « zéro pollution » d’ici à 2050.

    #Pollution #Diesel #Automobile #Bullshit

  • L’actualité à hauteur d’enfant
    https://www.franceinter.fr/emissions/barbatruc/barbatruc-du-samedi-02-octobre-2021

    Comment parler de sujets d’actualité avec les enfants ? De quelle manière leur expliquer les évènements graves, et comment rester attentif à ce qui les intéresse, eux ? Barbatruc explore le sujet avec un journaliste et une professeure en sciences de l’information et de la communication.

    Le procès des attentats du 13 novembre fait ressurgir une question difficile : comment parler des événements graves avec les enfants ? Que faire de notre émotion d’adulte et de notre peur de les effrayer ? A quelle distance se placer ?

    Actualité politique, internationale, culturelle, sanitaire… est-ce le rôle des parents que d’expliquer l’actualité aux enfants et aux ados ? Comment les aider à s’informer ? Mais aussi, comment s’intéresser à la façon dont ils s’informent ?

    Et si on évitait de se placer dans une position de surplomb ? Et si on s’interrogeait avec eux sur l’actualité ?
    Nos invité.e.s

    Julien Moch, journaliste et fondateur du studio indépendant de podcast jeunesse “Billy the cast”, consacré à l’animation et au développement de contenus jeunesse. Il produit “Qui a inventé”, podcast d’Images doc à destination des 8-12 ans

    Anne Cordier, professeure en sciences de l’information et de la communication à l’Université de Lorraine, chercheuse au centre de recherche sur les Médiations et autrice de Grandir connectés : les enfants et la recherche d’information, éditions C&F

    Au téléphone, Antoine Devos, pédopsychiatre au centre hospitalier de Bayeux et membre du conseil scientifique de la fédération nationale de l’école des parents et des éducateurs.

    #Anne_Cordier #Podcast #France_Inter #Barbatruc

  • Netflix, des séries qui changent le monde
    https://tetu.com/2021/09/30/streaming-netflix-orange-new-black-sex-education-series-changent-monde

    Pendant longtemps, pour trouver la moindre représentation LGBTQI+ dans la pop culture, il fallait se contenter de sous-entendus homoérotiques, de regards furtifs entre deux personnages ou, au mieux, du "meilleur ami gay". Mais ça, c’était avant. En 2021, dans les séries télé, les récits résolument queers sont partout : Work in Progress, Pose, The L Word : Generation Q, Special, Love Victor, Gentleman Jack... “On constate aujourd’hui, quantitativement, une plus grande diversité de personnages LGBTQI+ dans les séries, au premier plan et dans des rôles récurrents”, confirme Mélanie Bourdaa, maîtresse de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Bordeaux-Montaigne.

    #Séries #Mélanie_Bourdaa

  • Hollywood taps into NFT craze with Anthony Hopkins movie, using blockchain for auction
    https://finance.yahoo.com/news/hollywood-taps-into-nft-craze-as-anthony-hopkins-movie-uses-blockchai
    https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/cHcICxzZD6QuadjToRz.uA--/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEyMDA7aD04Njc7Y2Y9d2VicA--/https://s.yimg.com/os/creatr-uploaded-images/2021-09/967437d0-2089-11ec-bbef-df0ad246172b

    Jennifer Schonberger
    Jennifer Schonberger·Senior Reporter
    Tue, September 28, 2021, 8:41 PM·3 min read

    Hollywood is seeking a new revenue stream in the hot market for non-fungible tokens (NFTs).

    With COVID-19 scaring away many moviegoers from theaters, and making blockbuster ticket sales harder to come by, a few entrepreneurs are getting more creative using blockchain technology.

    Enter a brand-new science-fiction movie starring Anthony Hopkins, which will be the first film to be auctioned off as an NFT. “Zero Contact” is being auctioned off by Vuele, an NFT film distribution platform that hopes to become a new model for the future of film distribution.

    Produced in 17 different countries (entirely virtually) during the 2020 COVID-19 pandemic, “Zero Contact” follows five characters based all over the world, connected only by their devotion to the late founder and tech titan Finley Hart, played by Hopkins.

    “What we’re setting up to do is prove that there’s a revenue stream in Hollywood that’s never existed before,” Rick Dugdale, director, producer & Vuele Co-Founder, told Yahoo Finance Live in an interview.

    NFTs use blockchain technology to create secure transactions to authenticate digital art from movies to music and artwork. The NFT-based film will run on the CurrencyWorks blockchain, which has cross-chain capabilities with Ethereum.

    “The future of the film business is blockchain…This could be a scenario where prior to theatrical release or home entertainment a film is released as an NFT,” Dugdale added.

    According to Dugdale, movie makers could make a few hundred thousand dollars off an NFT release, and then the film could continue on its traditional pathway to theaters.

    In addition to offering a potential new revenue stream for the industry that offers movie buffs a chance to own a piece of a film, it also represents an opportunity for deeper fan engagement that a traditional release wouldn’t include.

    Two NFT auctions initially offered the film on OpenSea, the world’s largest NFT marketplace, with a bonus auction just added for Tuesday night on the platform.

    The first auction closed Monday night featuring a grouping of a “10 of 10” elite edition NFTs; though reserves were not met. Vuele is now offering a second rapid fire auction Tuesday night, where bidders will have another chance to bid on the film NFT offering from 5 pm to 7 pm Eastern.

    The bid price will start at 3 ethereum digital coins (ETH-USD), roughly $8,500 as of Tuesday’s spot rates.

    As a bonus, Vuele is also raffling off an NFT of the film to one bidder as a raffle prize, and a special auction will let one winner join the cast in a walk-on role for the Zero Contact Universe also closes Tuesday night. Fans also will have an opportunity to be edited into the feature film itself.

    An added feature is that the NFTs offer puzzles that fans can compete to solve and win prizes, building camaraderie.

    “It’s all designed around engaging fans and getting them to come back,” Dugdale told Yahoo Finance. “When people see a movie on screen in theaters that can be the end of it. So we’re looking at this as a way to engage them and have them come back into our universe.”

    #NFT

  • Quand un artiste se fait rouler dans les NFT
    https://www.nextinpact.com/lebrief/48199/quand-artiste-se-fait-rouler-dans-nft

    Les Non Fungible Tokens sont à la mode ces derniers temps, surtout depuis que des startups lèvent des millions en misant sur ces jetons numériques particuliers. Stéphane Bortzmeyer en avait présenté le concept il y a quelques mois.

    Mais les histoires qui en découlent ne sont pas toujours idylliques. Framasoft se fait l’écho de la complainte d’un artiste adepte de la culture libre, David Revoy, qui propose le webcomic Pepper&Carrot alors qu’un tiers a gagné 10 000 euros « grâce » à son travail ou plutôt « en parasitant son travail, grâce à de la blockchain ».

    Il invite donc à ne pas acheter de NFT de ses œuvres, qui n’ont pas été créées dans le but d’être privatisées sous une forme présentée comme « unique ».

    « Les personnes qui gloseront sur la « bonne » ou la « mauvaise » licence pour le protéger d’une telle mésaventure risquent de passer à côté d’un élément central de ce témoignage : ceci n’est pas un dilemme légal, mais un dilemme artistique » ajoute Framasoft.

    « Que cette spéculation soit légale ou non, ne change rien au fait que ce soit immoral. Ouvrir une partie de ses droits au public (par le biais d’une licence libre), ce n’est pas s’interdire de gueuler lorsqu’on trouve qu’un usage de son œuvre est nul, moche, qu’il salit nos valeurs » ajoute l’association qui a traduit le propos initial de l’artiste (avec son accord).

    #NFT

  • Les spipolliens, ces paparazzi... d’insectes !
    https://www.telerama.fr/debats-reportages/les-spipolliens-la-secte-des-mitrailleurs-dinsectes-6924418.php

    DRÔLES DE PASSIONNÉS 3/4 – Certains comptent les chauves-souris. D’autres, les oiseaux. Les “spipolliens”, eux, se piquent d’insectes pollinisateurs. Ils répertorient tout spécimen croisé au jardin. Leurs photos, classées avec soin sur le site Internet du Spipoll, forment un riche inventaire au service des scientifiques.
    Au nord de Rennes, derniers immeubles avant les champs, tout le monde descend. Derrière l’abribus, les herbes hautes. « Quartier de Beauregard, ciel couvert, 20 °C, vent léger », note Barbara sur un petit bout de papier, avant de regarder sa montre. Il est 14h55 et Barbara sort son appareil photo. Top départ. Sur les centaurées mauves qui bordent le macadam, elle guette la petite bête. À peine la butineuse a-t-elle le temps de se poser sur la fleur, que, clic-clac, Barbara, en vraie paparazzi des insectes, lui a tiré le portrait. « C’est une mégachile, une abeille sauvage », précise-t-elle, ravie. Vous repérez tout juste l’insecte en question que Barbara en est déjà à sa quatrième bestiole observée, « cinq ! » s’exclame-t-elle en pointant un fin scarabée, un œdémère vert. « Regardez ses fémurs enflés, c’est un mâle ! »
    À voir Barbara voleter en K-way au-dessus des corolles violettes, on en vient presque à se demander si notre accompagnatrice ne posséderait pas un superpouvoir : « Je ne sais pas si mes gènes ont muté, s’amuse celle-ci, mais c’est vrai qu’avec le temps j’ai développé une attention particulière aux mouvements légers : je suis paramétrée pour repérer de loin les insectes en vol. » Ce mois de juillet 2021, Barbara, alias Barbara Mai, son pseudo de photographe ès bestioles, fête ses 11 ans de « Spipoll ». Spipoll ? Le petit nom du « Suivi photographique des insectes pollinisateurs ». Lancé en 2010 par le Muséum national d’histoire naturelle et l’Office pour les insectes et leur environnement (Opie), c’est l’un des nombreux programmes de sciences participatives qui permettent aujourd’hui au citoyen d’aider la recherche scientifique en récoltant des données de terrain.
    Barbara est loin d’être seule à s’être prise de passion pour la chose. Au dernier comptage de l’Observatoire national de la biodiversité (ONB), plus de 100 000 Français participaient à l’une de ses initiatives, au nombre de plusieurs centaines dans l’Hexagone. Un engouement, et une profusion de projets, que n’aurait pu imaginer à ses débuts, il y a deux décennies, le réseau
    Vigie-Nature. Porté par le Muséum, l’organisme encadre les programmes suivant un protocole strict, qui génère de grosses bases de données. Et que l’on s’intéresse aux algues ou aux papillons, il y en a vraiment pour tous les goûts. Parmi les nouveaux objets d’étude, les météorites, que le projet Vigie-Ciel tente de localiser après leur chute, et qui le 1er janvier 2020 a récupéré son premier caillou.

    Deux photos de spipolliens. À gauche, une osnie mâle (abeille sauvage). À droite, un œdémère et un syrphe ceinturé butinant une cupidone.
    Prisca/Spipoll | M. de FLORES/Spipoll
    Quant aux sujets « anciens », comme les oiseaux, ils n’ont pas fini de mobiliser les bénévoles : en mai 2021, le programme de Suivi temporel des oiseaux communs (Stoc), le plus ancien participatif français, a fait le point sur plus de trente années de comptage. Parmi les dizaines d’opérations suivies par Vigie-Nature, c’est d’ailleurs l’Observatoire des oiseaux des jardins qui comptabilise le plus grand nombre de participants en exercice, 14 000 en 2019. Un chiffre monté à 22 000 en pleine pandémie mondiale. Car la science participative ne semble pas avoir souffert du Covid-19, bien au contraire : de nouveaux venus, arrivés au fil des confinements, ont souvent découvert les joies de la collecte de données pas plus loin que dans leur jardin.
    750 photos par jour

    Succès aussi pour le petit Spipoll, « qui a multiplié son nombre de participants par trois », soit quelque 968 observateurs en 2020, selon Mathieu de Flores, chargé de mission à l’Opie. Une montée en puissance permise par l’application lancée en 2020 alors que le projet venait de fêter son 10e anniversaire. Un saut de plus vers le très grand public ? Désormais, chacun peut participer à l’aventure muni d’un simple smartphone. « Il y a dix ans, lorsque nous avons conçu le site Internet, la photographie numérique n’était pas si répandue. Les insectes sont rapides, il faut un bon appareil photo : les gens en possèdent désormais un à l’intérieur de leur téléphone, ce dont nous n’aurions osé rêver en 2010 », s’enthousiasme Mathieu de Flores. Car, à l’heure de la crise de la biodiversité, l’entomologiste amateur 2.0 n’épingle plus le scarabée dans une boîte vitrée. Il le photographie, puis le laisse s’envoler.
    Qui veut « spipoller » se place donc tout simplement au-dessus d’une plante en fleur : « On vous demande de photographier tous les insectes qui s’y posent, puis de poster une photo, exploitable, par type d’insecte observé, précise Mathieu de Flores. Nous vous fournissons ensuite les outils aidant à le ranger dans l’une des 630 catégories d’insectes. » Résultat, cela n’a jamais autant mitraillé coquelicots et pissenlits. Sur spipoll.org, plus de 57 610 tranches de vie de plantes et de petites bêtes ont été postées. « En 2020, nous avons frôlé les 10 000 collections en un an, ce qui signifie environ 750 photos par jour. » Des images déposées 24 heures sur 24, validées en moins de deux heures, parfois au cœur de la nuit, par des spipolliens insomniaques.
    “Un petit univers parallèle s’est créé, très investi, très bienveillant.” Grégoire Loïs, à Vigie-Nature

    Un immense album photo, donc, où l’abeille côtoie le scarabée, et qui se feuillette en famille. Chez les spipolliens, tout le monde regarde les photos de tout le monde. Protocole oblige, leur validation est en effet collaborative, avec des photos visées successivement par trois personnes. « Sous les images, nous avions laissé un espace de commentaires qui a été investi par les participants. Ça a pris tout seul, d’un coup, sans qu’ils aient besoin de nous », se souvient, encore surpris, Colin Fontaine, chercheur au CNRS, qui utilise les données du Spipoll pour étudier les communautés plantes-pollinisateurs. Communauté, c’est le mot. Car en s’extasiant sous la photo de l’araignée-crabe, on tisse des liens.
    Par la magie des commentaires, le trombi de coléoptères et consorts se mue dès lors en embryon de réseau social. « Un petit univers parallèle s’est créé, très investi, très bienveillant, constate le directeur adjoint de Vigie-Nature, Grégoire Loïs, lui-même spipollien assidu. Je ne crois pas qu’il y ait d’équivalent : les gens qui participent au suivi des chauves-souris sont passionnés de chauves-souris, mais les spipolliens sont fans du programme en lui-même. » Les fans, ils vont de Marie, 25 ans, étudiante dans le Finistère nord, à Nicole, la doyenne, 87 ans, retraitée en Dordogne. Et, après avoir échangé virtuellement, ils ont rapidement traversé la France pour aller « spipoller » ensemble. « Le format idéal, c’est deux personnes, estime ainsi Marie, qui à son arrivée en Bretagne a contacté Barbara. Comme ça, on peut discuter, et cela ne fait pas peur aux insectes ! » Aux premières rencontres officielles, en 2013, lorsque le noyau dur se présente, un mot revient donc sans cesse : « Accro, se souvient Barbara. On s’était surnommés les spipolliens anonymes. »
    Compréhension fine de l’écosystème

    Accro, d’abord à la « vraie vie » des insectes floricoles. Pas besoin d’aller loin, il se passe toujours quelque chose sur les inflorescences, même sur une carotte sauvage de la périphérie rennaise. Butinage bien sûr, mais aussi accouplement, deux téléphores fauves, monsieur sur madame qui butine, ou prédation, une araignée-crabe qui a kidnappé un andrène. Mais pour les humains, il s’agit surtout d’une parenthèse dans un quotidien trépidant. Avec ses longues observations hors du temps, le Spipoll rend zen, paraît-il. À tel point que certains n’hésitent pas à affirmer qu’il devrait être remboursé par la Sécu, à l’instar de Gilles. « J’ai un appareil photo assez gros, alors je dois retenir ma respiration pour que les photos ne soient pas floues : se concentrer, respirer, c’est une sorte d’exercice de méditation. »
    Face à autant d’enthousiasme, le projet échappe un peu à ses concepteurs : « Peu après le lancement de l’appli, j’ai été invité en Bourgogne, s’amuse Mathieu de Flores. Quand l’animateur du projet est convié à une rencontre non officielle, c’est bon signe ! » Et si le Covid-19 freine aujourd’hui les interactions, les spipolliens comptent bien rattraper leur retard rapidement. En 2022, Albert, pseudo Ber, 71 ans, espère ainsi pouvoir fêter ses 10 ans de Spipoll en « famille », dans l’Insectodrome. Un jardin qu’il a créé au milieu d’une truffière d’Uzès et dont les sculptures de nidification accueillent une multitude de petites bêtes. Pour lui, il ne s’agit plus seulement d’une rencontre avec la garrigue, ses chênes verts, ses abeilles sauvages, mais avec beaucoup d’autres choses : « Ce n’est pas simple de s’y mettre quand on part de rien, sans connaissances entomologiques. J’ai rencontré des gens qui m’ont aidé, apporté énormément et que je considère aujourd’hui comme des amis. »

    Une rencontre nationale de fous d’insectes dans les Cévennes en 2019. Être spipollien,
    ça crée des liens !
    Spipoll
    Du côté du Muséum, les données récoltées par les spipolliens rendent de fiers services à la science. Hospitalité des milieux agricole et urbain, homogénéisation biotique, pollinisation du châtaignier, les études se multiplient, et ce n’est que le début. « Le chercheur a toujours besoin de plus de données », sourit Colin Fontaine. Quant à l’aspect humain, c’est très gratifiant. « Cela rend les participants capables de comprendre les enjeux environnementaux de façon éclairée », conclut-il, se souvenant d’Albert, au départ dépité par les lézards faisant dînette dans ses nichoirs : « Il en est arrivé à la conclusion que cela montrait combien le milieu était hospitalier, avec une compréhension fine de l’écosystème, et ça c’est super ! » À l’avenir, le site du Spipoll, en cours de traduction, s’apprête à faire d’autres émules, plus loin, en Grande-Bretagne, aux Pays-Bas, même en Scandinavie. Pour toucher la Méditerranée, cela s’annonce plus compliqué, car les insectes changent lorsque l’on descend vers le sud. « Il faut faire vite, alerte Barbara, que les actualités récentes épouvantent. Plus cela m’effraie, plus je spipolle. » Devant son immeuble, elle a affiché ses photos sur un panneau explicatif. Depuis, le service des espaces verts ne lui coupe plus ses pissenlits.

    #Sciences_participatives #Insectes #Vigie_Nature

  • « Franc-tireur », « manifeste » hebdomadaire contre l’obscurantisme
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/09/21/franc-tireur-manifeste-hebdomadaire-contre-l-obscurantisme_6095415_3234.html

    Quand je lis que Christophe Barbier ou Caroline Fourest vont faire de « l’anti-extrême-droite » sous la houlette de Daniel Kretinsky, je me marre. Ou bien j’ai envie de pleurer sur la dérive morale du pays. L’extrême-centre a un parfum peu ragoûtant.
    En tout cas, nous avons dans ces quelques lignes un concentré de tout le discours "néo-républicain" qui ne sert qu’à masquer le rejet et l’intolérance au nom du principe bien orgueilleux "l’universalisme, c’est nous". Foutaises.

    De toute façon, aujourd’hui quand un titre se dit "Franc-tireur", ou encore "Front populaire", on sait que c’est pour mieux salir les originaux.

    Plutôt qu’un newsmagazine, ce sera « un libelle, un manifeste ». Un arsenal de papier proposant « un armement intellectuel, journalistique, pour lutter contre la progression de l’obscurantisme ». Lorsque Christophe Barbier présente la publication qu’il s’apprête à diriger, le verbe est haut, le vocabulaire, choisi. « Dès qu’on prononce le mot centrisme, ça fait mou, tiède. Alors qu’on veut faire quelque chose de très puissant, de très offensif », expose l’éditorialiste de BFM-TV, ancien directeur de la rédaction de L’Express.

    Annoncé de longue date, le projet de magazine politique voulu par le financier tchèque Daniel Kretinsky, fondateur du groupe de presse Czech Media Invest (CMI) et actionnaire indirect du Monde, entre dans sa dernière ligne droite. Nommé Franc-tireur, le titre sera porté sur les fonts baptismaux numériques le 6 octobre. Qu’importe le combat que livre M. Kretinsky aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) : un « événement Facebook » lancera une souscription auprès de membres fondateurs, ainsi qu’une campagne de préabonnements (le budget alloué par CMI reste confidentiel).
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Aux origines de la fortune de Daniel Kretinsky

    Un temps pressentie à la direction du titre, l’essayiste Caroline Fourest, membre du conseil de surveillance du groupe de presse, se contentera du rôle de conseillère éditoriale. Elle aura « une posture de muse », euphémise M. Barbier, qui pilote le projet aux côtés du journaliste Eric Decouty, passé par Le Parisien, Le Figaro, Libération ou encore Marianne. L’arrivée en kiosques de cette publication de huit pages est prévue pour la première quinzaine de novembre.
    « Enquêtes au long cours » et « tribunes à charge »

    La polémique qu’avait déclenchée le philosophe Raphaël Enthoven début juin, lorsqu’il avait affirmé qu’il préférerait voter pour Marine Le Pen plutôt que pour Jean-Luc Mélenchon en cas de duel au second tour de l’élection présidentielle d’avril 2022 (une position peu compatible avec la ligne « anti-extrêmes » du titre), ne l’empêchera pas d’assurer chaque semaine un éditorial à la « une ».

    « Franc-tireur » assurera « une présence quotidienne sur les réseaux sociaux », sous forme écrite ou en format vidéo. Le prix de vente devrait être fixé autour de 2 euros

    Outre des « enquêtes au long cours » fournies par des journalistes free-lance, la publication fera la part belle à « des tribunes à charge ». Au nombre des plumes attendues figurent celles de l’ancien secrétaire général de Force Ouvrière Jean-Claude Mailly, de l’actrice et juriste Rachel Khan (très critique envers la pensée décoloniale), de l’économiste Philippe Aghion (qui avait apporté son soutien à Emmanuel Macron en 2017), du fondateur de l’Observatoire du conspirationnisme Rudy Reichstadt, et de l’écrivain (elle tient au masculin) Abnousse Shalmani, entre autres.

    « Nous serons contre tout ce qui menace l’universalisme républicain », scande Christophe Barbier. Il s’agit de « ne pas laisser aux populistes le monopole de l’émotion, de la révolte », corrobore Denis Olivennes, patron de Libération et membre du conseil d’administration de CMI (Marianne, Elle, Télé 7 jours…), revendiquant sa part dans l’avènement de ce journal « passionnément raisonnable ». Voire relativement conservateur, pointent certains. Franc-tireur – qui se veut « anti-Zemmour, anti-extrême droite, anti-extrême gauche, anti-antivax, anti-complotistes, anti-cancel culture… », selon l’énumération non exhaustive de M. Barbier – assurera « une présence quotidienne sur les réseaux sociaux », sous forme écrite ou en format vidéo. Le prix de vente devrait être fixé autour de 2 euros.

    Aude Dassonville

  • Sur TikTok, des profs changent de tactique
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2021/09/17/sur-tiktok-des-profs-changent-de-tactique_6094965_4500055.html

    En classe, ce sont des enseignants comme les autres. Mais sur ce réseau social ultrapopulaire chez les 13-24 ans, ils se lâchent : sketchs, défis, quiz, leçons en accéléré… Un moyen de désacraliser leur métier sans le décrédibiliser.

    #Education #TikTok

  • La Chine continue de resserrer son étau sur les géants de la tech
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/09/14/pekin-continue-de-resserrer-son-etau-contre-les-geants-de-la-tech_6094582_32

    Les applications sur smartphone des géants du commerce en ligne chinois sont bien pratiques. En quelques clics, vous pouvez commander le bien dont vous rêvez et obtenir un crédit pour l’acquérir. Cela ne devrait pas durer. Selon le Financial Times du lundi 13 septembre, Pékin va obliger les e-commerçants à scinder leurs applications : une pour les achats, une pour les activités de crédit.

    Une décision dans la droite ligne de la stratégie mise en œuvre depuis décembre 2020 visant à les contraindre de cesser d’être à la fois commerçants, banquiers, intermédiaires financiers et évaluateurs de risques de crédit, le tout sans avoir à respecter les ratios prudentiels imposés aux banques traditionnelles. A l’avenir, les demandes de prêts déposées auprès d’Ant, la filiale financière d’Alibaba, devront être traitées par une société spécifique dont l’Etat sera actionnaire. Une nationalisation partielle qui devrait faire jurisprudence. Plus question de laisser à quelques conglomérats high-tech le monopole du crédit à la consommation.

    Outre la régulation financière, le pouvoir politique s’attaque en effet à d’autres caractéristiques du secteur auxquelles l’opinion publique est sensible : la concurrence entre les plates-formes, la collecte des données et les conditions de travail des employés. Le 10 septembre, les pouvoirs publics ont convoqué les dix grandes entreprises de livraison à domicile et les sociétés de taxi, leur enjoignant de signer des contrats écrits avec leur personnel, d’améliorer les revenus offerts et de prévoir des temps de pause. L’enjeu est majeur. Selon un rapport de l’Organisation internationale du travail paru à l’automne 2020, 78 millions de personnes, soit environ 10 % de la population active, sont employées dans le commerce en ligne et les plates-formes de livraison. Mais une infime minorité de ces 78 millions – 8 % seulement – bénéficient d’un réel contrat de travail.

    Dans le même ordre d’idée, le gouvernement a publié, en août, une loi qualifiant les données d’atouts « stratégiques de la nation ». Jugeant que les informations concernant les Chinois doivent rester dans l’empire du Milieu, le gouvernement entend limiter les introductions en Bourse des entreprises nationales à l’étranger, lorsque les autorités du pays veulent également avoir un droit de regard sur ces données, ce qui est le cas des Etats-Unis. Pour s’être introduit au Nasdaq fin juin, en croyant pouvoir se dispenser d’obtenir le feu vert des autorités chinoises, Didi, le « Uber chinois », a, quarante-huit heures plus tard, été interdit de recruter de nouveaux clients en Chine. Message reçu cinq sur cinq : deux autres sociétés, l’application de fret Full Truck Alliance et la société de recrutement en ligne Kanzhun ont renoncé à se faire coter aux Etats-Unis.

    Allant encore plus loin, la ville de Tianjin (environ 10 millions d’habitants) a ordonné à ses entreprises publiques de stocker leurs données dans un cloud public et de ne plus travailler avec les géants privés comme Alibaba ou Tencent. Ceux-ci ne sont pas les seuls dans le collimateur du Parti communiste. Cet été, le secteur de l’éducation privée en ligne a été prié de rejoindre le secteur associatif. Et dans le domaine des jeux vidéo, les mineurs ne peuvent plus se connecter que trois heures par semaine, les sociétés devant auparavant vérifier l’identité et l’âge des utilisateurs. Enfin, une réécriture « positive » de certains algorithmes doit mettre moins en valeur les « contenus pernicieux ».

    Autant de mesures jugées « liberticides » par certains, mais que d’autres, comme le sinologue François Godement de l’Institut Montaigne, pourtant peu suspect de complaisance envers Pékin, estime « correspondre à ce que l’on pourrait attendre de gouvernements sociaux-démocrates ».

    #Chine #Données #Banques

  • Considerations in boosting COVID-19 vaccine immune responses - The Lancet
    https://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS0140-6736(21)02046-8/fulltext

    Où l’on voit que la science médicale a également à voir avec la sociologie...

    A new wave of COVID-19 cases caused by the highly transmissible delta variant is exacerbating the worldwide public health crisis, and has led to consideration of the potential need for, and optimal timing of, booster doses for vaccinated populations.1
    Although the idea of further reducing the number of COVID-19 cases by enhancing immunity in vaccinated people is appealing, any decision to do so should be evidence-based and consider the benefits and risks for individuals and society. COVID-19 vaccines continue to be effective against severe disease, including that caused by the delta variant. Most of the observational studies on which this conclusion is based are, however, preliminary and difficult to interpret precisely due to potential confounding and selective reporting. Careful and public scrutiny of the evolving data will be needed to assure that decisions about boosting are informed by reliable science more than by politics. Even if boosting were eventually shown to decrease the medium-term risk of serious disease, current vaccine supplies could save more lives if used in previously unvaccinated populations than if used as boosters in vaccinated populations.
    Boosting could be appropriate for some individuals in whom the primary vaccination, defined here as the original one-dose or two-dose series of each vaccine, might not have induced adequate protection—eg, recipients of vaccines with low efficacy or those who are immunocompromised2
    (although people who did not respond robustly to the primary vaccination might also not respond well to a booster). It is not known whether such immunocompromised individuals would receive more benefit from an additional dose of the same vaccine or of a different vaccine that might complement the primary immune response.

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    Boosting might ultimately be needed in the general population because of waning immunity to the primary vaccination or because variants expressing new antigens have evolved to the point at which immune responses to the original vaccine antigens no longer protect adequately against currently circulating viruses.
    Although the benefits of primary COVID-19 vaccination clearly outweigh the risks, there could be risks if boosters are widely introduced too soon, or too frequently, especially with vaccines that can have immune-mediated side-effects (such as myocarditis, which is more common after the second dose of some mRNA vaccines,3
    or Guillain-Barre syndrome, which has been associated with adenovirus-vectored COVID-19 vaccines4
    ). If unnecessary boosting causes significant adverse reactions, there could be implications for vaccine acceptance that go beyond COVID-19 vaccines. Thus, widespread boosting should be undertaken only if there is clear evidence that it is appropriate.

    Current evidence does not, therefore, appear to show a need for boosting in the general population, in which efficacy against severe disease remains high. Even if humoral immunity appears to wane, reductions in neutralising antibody titre do not necessarily predict reductions in vaccine efficacy over time, and reductions in vaccine efficacy against mild disease do not necessarily predict reductions in the (typically higher) efficacy against severe disease. This effect could be because protection against severe disease is mediated not only by antibody responses, which might be relatively short lived for some vaccines, but also by memory responses and cell-mediated immunity, which are generally longer lived.5
    The ability of vaccines that present the antigens of earlier phases of the pandemic (rather than variant-specific antigens) to elicit humoral immune responses against currently circulating variants6
    , 7
    indicates that these variants have not yet evolved to the point at which they are likely to escape the memory immune responses induced by those vaccines. Even without any changes in vaccine efficacy, increasing success in delivering vaccines to large populations will inevitably lead to increasing numbers of breakthrough cases, especially if vaccination leads to behavioural changes in vaccinees.

    The message that boosting might soon be needed, if not justified by robust data and analysis, could adversely affect confidence in vaccines and undermine messaging about the value of primary vaccination. Public health authorities should also carefully consider the consequences for primary vaccination campaigns of endorsing boosters only for selected vaccines. Booster programmes that affect some but not all vaccinees may be difficult to implement—so it will be important to base recommendations on complete data about all vaccines available in a country, to consider the logistics of vaccination, and to develop clear public health messaging before boosting is widely recommended.

    #Covid-19 #Vaccins

  • The Man Behind Critical Race Theory | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2021/09/20/the-man-behind-critical-race-theory

    Bell spent the second half of his career as an academic and, over time, he came to recognize that other decisions in landmark civil-rights cases were of limited practical impact. He drew an unsettling conclusion: racism is so deeply rooted in the makeup of American society that it has been able to reassert itself after each successive wave of reform aimed at eliminating it. Racism, he began to argue, is permanent. His ideas proved foundational to a body of thought that, in the nineteen-eighties, came to be known as critical race theory. After more than a quarter of a century, there is an extensive academic field of literature cataloguing C.R.T.’s insights into the contradictions of antidiscrimination law and the complexities of legal advocacy for social justice.

    For the past several months, however, conservatives have been waging war on a wide-ranging set of claims that they wrongly ascribe to critical race theory, while barely mentioning the body of scholarship behind it or even Bell’s name. As Christopher F. Rufo, an activist who launched the recent crusade, said on Twitter, the goal from the start was to distort the idea into an absurdist touchstone. “We have successfully frozen their brand—‘critical race theory’—into the public conversation and are steadily driving up negative perceptions. We will eventually turn it toxic, as we put all of the various cultural insanities under that brand category,” he wrote. Accordingly, C.R.T. has been defined as Black-supremacist racism, false history, and the terrible apotheosis of wokeness. Patricia Williams, one of the key scholars of the C.R.T. canon, refers to the ongoing mischaracterization as “definitional theft.”

    Republican lawmakers, however, have been swift to take advantage of the controversy. In June, Governor Greg Abbott, of Texas, signed a bill that restricts teaching about race in the state’s public schools. Oklahoma, Tennessee, Idaho, Iowa, New Hampshire, South Carolina, and Arizona have introduced similar legislation. But in all the outrage and reaction is an unwitting validation of the very arguments that Bell made. Last year, after the murder of George Floyd, Americans started confronting the genealogy of racism in this country in such large numbers that the moment was referred to as a reckoning. Bell, who died in 2011, at the age of eighty, would have been less focussed on the fact that white politicians responded to that reckoning by curtailing discussions of race in public schools than that they did so in conjunction with a larger effort to shore up the political structures that disadvantage African Americans.

    The historians Mary L. Dudziak, Carol Anderson, and Penny Von Eschen, among others, later substantiated Bell’s point, arguing that America’s racial problems were particularly disruptive to diplomatic relations with India and the African states emerging from colonialism, which were subject to pitched competition for their allegiance from the superpowers. The civil-rights movement’s victories, Bell argued, were not a sign of moral maturation in white America but a reflection of its geopolitical pragmatism. For people who’d been inspired by the idea of the movement as a triumph of conscience, these arguments were deeply unsettling.

    Crenshaw contributed what became one of the best-known elements of C.R.T. in 1989, when she published an article in the University of Chicago Legal Forum titled “Demarginalizing the Intersection of Race and Sex: A Black Feminist Critique of Antidiscrimination Doctrine, Feminist Theory and Antiracist Politics.” Her central argument, about “intersectionality”—the way in which people who belong to more than one marginalized community can be overlooked by antidiscrimination law—was a distillation of the kinds of problems that C.R.T. addressed. These were problems that could not have been seen clearly unless there had been a civil-rights movement, but for which liberalism had no ready answer because, in large part, it had never really considered them. Her ideas about intersectionality as a legal blind spot now regularly feature in analyses not only of public policy but of literature, sociology, and history.

    As C.R.T. began to take shape, Bell became more deeply involved in an ongoing push to diversify the Harvard law-school faculty. In 1990, he announced that he would take an unpaid leave to protest the fact that Harvard Law had never granted tenure to a Black woman. Since Bell’s hiring, almost twenty years earlier, a few other Black men had joined the faculty, including Randall Kennedy and Charles Ogletree, in 1984 and 1989. But Bell, cajoled by younger feminist legal scholars, Crenshaw among them, came to recognize the unique burdens that went with being both Black and female.

    That April, Bell spoke at a rally on campus, where he was introduced by the twenty-eight-year-old president of the Harvard Law Review, Barack Obama. In his comments, Obama said that Bell’s “scholarship has opened up new vistas and new horizons and changed the standards of what legal writing is about.” Bell told the crowd, “To be candid, I cannot afford a year or more without my law-school salary. But I cannot continue to urge students to take risks for what they believe if I do not practice my own precepts.”

    In 1991, Bell accepted a visiting professorship at the N.Y.U. law school, extended by John Sexton, the dean and a former student of Bell’s. Harvard did not hire a Black woman and, in the third year of his protest, Bell refused to return, ending his tenure at the university. In 1998, Lani Guinier became the first woman of color to be given tenure at the law school.

    The 2008 election of Barack Obama to the Presidency, which inherently represented a validation of the civil-rights movement, seemed like a refutation of Bell’s arguments. I knew Bell casually by that point—in 2001, I had interviewed him for an article on the L.D.F.’s legacy, and we had kept in touch. In August of 2008, during an e-mail exchange about James Baldwin’s birthday, our discussion turned to Obama’s campaign. He suggested that Baldwin might have found the Senator too reticent and too moderate on matters of race. Bell himself was not much more encouraged. He wrote, “We can recognize this campaign as a significant moment like the civil rights protests, the 1963 March for Jobs and Justice in D.C., the Brown decision, so many more great moments that in retrospect promised much and, in the end, signified nothing except that the hostility and alienation toward black people continues in forms that frustrate thoughtful blacks and place the country ever closer to its premature demise.”

    #Derrick_Bell #Critical_race_theory #Intersectionalité

  • As we may link - AWML #1 : La Bibliothèque des Origines - Serviceplan Blog
    https://serviceplan.blog/fr/2021/09/as-we-may-link-la-blibliotheque-des-origines

    Par François Houste

    À l’heure des algorithmes, et demain des intelligences artificielles, il peut sembler bon de parler à nouveau de l’HYPERTEXTE… et surtout de (re)prendre conscience de l’importance de ce concept dans notre quotidien. Une bonne occasion de se pencher sur les façons dont il a émergé, dont il a en fait toujours existé… et dont il peut encore aujourd’hui se réinventer pour enchanter notre quotidien.

    C’est parti donc pour une série de 8 petites histoires, que vous retrouverez sur ce blog chaque lundi au cours des prochaines semaines. Des billets qui vous feront – on l’espère – réfléchir et peut-être imaginer les usages digitaux du futur.

    #François_Houste #Hypertexte #Memex #Jose_Luis_Borges

  • « Tout le monde a envie d’y croire » : après deux années de crise sanitaire, l’espoir d’un retour « à la normale » à l’université
    https://www.lemonde.fr/campus/article/2021/09/07/tout-le-monde-a-envie-d-y-croire-apres-deux-annees-de-crise-sanitaire-l-espo

    Didier Delignières a les yeux fixés sur le trombinoscope de ses étudiants de licence de l’année dernière. « J’essaie de mémoriser les yeux de ceux que je retrouve en master prochainement, heureusement en présentiel, mais toujours masqués… », sourit ce professeur à la faculté des sciences du sport de l’université Montpellier-I. Comme nombre d’enseignants-chercheurs, il se réjouit de cette rentrée « la plus normale possible » promise par Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur, après un an et demi de crise sanitaire. Une rentrée en « 100 % présentiel », sans jauge ni passe sanitaire requis pour aller en cours. Didier Delignières dit avoir préparé les siens « comme jamais » pour ces retrouvailles en chair et en os avec ses étudiants…

    Terminé donc, la distanciation physique dans les amphithéâtres, les couloirs désespérément vides des facs, les laboratoires de recherche désertés, les cours à distance et la solitude derrière son écran ? « Tout le monde a aujourd’hui envie de croire à cette renaissance. Mais on se demande combien de temps cela va tenir », concède le professeur. Car la « terrible année 2020-2021 » avait elle aussi commencé par l’espérance d’un retour à la normale, avant que la situation sanitaire ne s’assombrisse à l’automne. Et, semaine après semaine, visio après visio, qu’elle ne vienne alimenter la déprime des étudiants, le sentiment d’usure des enseignants, et tout ce qui fait la vie des campus.
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    Si les enseignants-chercheurs sont nombreux à se rassurer devant le tableau de bord de la vaccination du ministère de la santé, selon lequel 85 % des 18-24 ans ont reçu au moins une dose de vaccin, pas question de baisser la garde donc. « Je me méfie. Je prépare ces jours-ci des cours en présentiel, mais en prévoyant un plan B à distance pertinent, au cas où. Si la crise sanitaire a appris une chose aux enseignants, c’est à prendre le temps de réfléchir à des formes pédagogiques différentes selon les contextes », commente Amélie Duguet, maîtresse de conférences en science de l’éducation rattachée à l’Institut de recherche sur l’éducation (Iredu) de l’université de Bourgogne Franche-Comté.
    Dispositifs vidéo

    Une souplesse et des compétences acquises par la force des choses, que les enseignants pourraient mettre à profit plus rapidement que prévu. Les étudiants cas contact non-vaccinés « poursuivront leur enseignement à distance. Une continuité pédagogique, basée sur l’hybridation des enseignements, sera proposée », peut-on lire sur certains documents de rentrée. La phrase alimente chez beaucoup la crainte de ne pas voir de sitôt s’éloigner ce distanciel qui a fait souffrir nombre d’étudiants et de professeurs. « Si on nous demande de rallumer pour cela les caméras zoom, on perdra à nouveau la moitié de l’amphi », redoute Eric Berr, maître de conférences en économie à l’université de Bordeaux.

    Pour l’avenir, il ne se fait pas d’illusions : « Les universités ont investi des millions d’euros pour équiper les amphithéâtres en dispositif de captation vidéo, j’ai du mal à croire qu’on ne nous incitera pas désormais à nous en servir, notamment pour faire face au manque de places. » Plus de 30 000 étudiants supplémentaires sont attendus dans l’enseignement supérieur pour cette rentrée. Si l’enseignant a envie de reprendre son « vrai métier, fait d’interactions et d’échanges en réel avec les étudiants », il sait que certains collègues ont trouvé leur compte avec le distanciel, et souhaitent le voir perdurer au moins en partie.
    Coopérations universitaires freinées

    Ce constat vaut selon lui aussi pour la recherche, au ralenti depuis deux ans. Car si les enseignants-chercheurs se satisfont tant bien que mal, ces derniers mois, du quasi-tout numérique « qui permet, de fait, d’assister facilement et à moindre coût à n’importe quel colloque à l’autre bout du monde », la crise a aussi mis un coup de frein aux coopérations universitaires « qui s’initient souvent lors de discussions informelles entre chercheurs, en marge des conférences ici ou là ». Si « leur retransmission vidéo va sans doute s’installer durablement, puisque le pli a été pris », Eric Berr espère que les semaines et mois qui viennent verront aussi se multiplier les rencontres « en vrai ». Comme l’impression que rien ne sera plus vraiment comme avant malgré le retour à la normale proclamé.
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    Reste que dans les amphis, au-delà de l’usage du numérique, la crise a « obligé nombre d’enseignants à se renouveler pédagogiquement, à proposer des choses différentes aux étudiants, notamment pour dynamiser les cours magistraux. Elle a accéléré une évolution latente, bienvenue, qui perdurera sans doute après cette rentrée », analyse Olivier Oudar, professeur et responsable de la filière sciences de la vie à l’université Sorbonne-Paris Nord.
    Remise à niveau

    Ce renouvellement pédagogique est, selon l’enseignant, d’autant plus important qu’il doit permettre de répondre aux possibles difficultés des étudiants cette année, qui inquiètent nombre de professeurs. « Il va falloir notamment s’adapter aux jeunes qui arrivent sur les bancs de la fac » après avoir étrenné les réformes du lycée et du bac dans ce contexte de crise sanitaire. Mais aussi remettre à niveau ceux des années supérieures.

    « Les étudiants qui entrent en troisième année de licence n’ont jamais connu une année normale, illustre François Sarfati, professeur de sociologie à l’université d’Evry. Certains contenus ont été allégés pendant leurs deux premières années. Nos étudiants n’ont par exemple pas pu mener les enquêtes de terrain prévues durant leur cursus. Il va falloir rattraper ce qui n’a pas été fait. » Un autre enseignant-chercheur va plus loin en expliquant, sous le couvert de l’anonymat : « Les établissements d’enseignement supérieur se sont assurés depuis deux ans que les taux de succès aux examens ne chutent pas trop, à l’image de ce qui s’est passé dans le secondaire avec le bac. Cela va nécessiter de s’adapter au niveau réel des étudiants que nous retrouvons aujourd’hui… »

    « Les étudiants vont-ils exiger plus de souplesse, d’individualisation, pour les cours, les examens, comme ce qu’ils ont eu pendant des mois ? », Aurore Chaigneau, UFR de droit de Paris Nanterre

    Parole d’enseignants, la relation avec les étudiants ne sera sans doute plus tout à fait la même après la période vécue. « Les étudiants vont-ils dorénavant exiger de l’institution et des enseignants plus de souplesse, voire d’individualisation, dans l’organisation des cours, des examens et de la relation pédagogique, à l’image de ce qu’ils ont eu pendant des mois ?, s’interroge Aurore Chaigneau, codirectrice de l’UFR de droit et sciences politiques de l’université Paris Nanterre.
    Détresse étudiante

    Et quid de tous les étudiants que la période a fragilisés économiquement et psychologiquement pour plus longtemps, faute de jobs étudiants et de socialisation digne de ce nom ? « Ce n’est pas parce que la crise sanitaire s’éloigne que la misère et la détresse étudiante vont disparaître en un claquement de doigts, prévient Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information à l’université de Nantes. Evidemment que ces éléments ont un impact pédagogique qu’il faut anticiper et prendre en compte en abordant cette nouvelle année », même si les leviers ne sont pas entre les mains des enseignants.

    Cela fait selon lui deux ans que les enseignants-chercheurs, loin de leurs missions premières d’enseignement et de recherche, « font aussi parfois du social » pour soutenir leurs étudiants en difficulté. Une évolution du métier dont il se serait bien passé, et qui lui fait espérer que « rien ne perdure de ces mois de crise », et que cette nouvelle année, normale, permette « d’oublier tout cela, et vite ! ».

    #Education #Université #Olivier_Ertzscheid

  • Le vision board : un outil pour le parcours avenir en collège | À l’école du partage
    https://ecole-partage.fr/blogposts/vision-board

    Adapté à l’enseignement, ce procédé peut, de premier abord, apparaître comme insignifiante, comme un outil parmi d’autre de développement personnel ou encore simpliste. Pourtant, j’ai constaté après l’avoir proposé à plusieurs reprises en classe, que grâce à ce photocollage les élèves verbalisent ce que bien souvent ils ont du mal à mettre en mot. Lorsque je leur demande leurs goûts, leurs qualités ou leurs défauts, ou encore au grès des séances d’EMI la manière dont ils s’informent, ce qu’ils savent faire, quel est leur talent ils me répondent trop souvent « Je ne sais pas… ». Je combats contre ces « je ne sais pas », parce qu’ils reflètent en réalité un sentiment d’impuissance qui génère des frustrations voire des replis de facilité. Les solutions sont, au contraire, à construire à travers l’élaboration de leur rapport à eux-mêmes, au monde et leur vie de citoyen en lien avec d’autres. Cela peut se concrétiser par le fait de leur faire prendre conscience de leur pouvoir d’agir sur leur propre environnement. Comme nous l’avons explicité dans l’ouvrage A l’école du partage : les communs dans l’enseignement, la connaissance et la conscience qu’a un élève de lui-même l’aide à orienter ses choix, et à développer son esprit critique.

    #Hélène_Mulot #Ecole #Vision_board #Pédagogie