Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • La simulation, la folle théorie qui excite les scientifiques et la Silicon Valley
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/vivons-nous-dans-une-simulation-pourquoi-cette-hypothese-est-moins-folle-quelle

    Interview réalisé par Béatrice Sutter

    Et si la réalité n’était qu’un programme généré par une civilisation plus avancée ? C’est la théorie de la simulation qui circule dans la Silicon Valley. Dans son livre, La Simulation, Loïc Hecht lui consacre huit ans d’enquête.

    Quelques lignes dans un article très, très long du New Yorker : des milliardaires de la Silicon Valley financeraient en secret des scientifiques pour prouver qu’on vit dans un programme informatique. Il fallait du flair pour les repérer et beaucoup de ténacité pour consacrer huit ans de sa vie à ce sujet. Il en résulte un livre qui, malgré son titre, ne se résume pas à la théorie dites de la simulation. C’est une aventure qui nous fait faire le grand huit. Entre physique quantique et états modifiés de conscience, on finit par atterrir – stimulés, épuisés, déboussolés – sur des questions plus vieilles que Platon : c’est quoi le réel, qui sommes-nous et que faisons-nous là ? Avec La Simulation, Loïc Hecht a entamé plus qu’une enquête. Il nous raconte une quête qui retourne aussi son lecteur.
    Ton enquête débute sur deux lignes parues dans le New Yorker, mais la théorie de la simulation, c’est une très vieille histoire, non ?

    Loïc Hecht : On pourrait dire qu’elle commence avec Platon et son allégorie de la caverne. Elle revient dans les années 1970 avec des auteurs de science-fiction comme Philip K. Dick, puis elle entre dans la pop culture avec Matrix en 1999. Mais c’est Nick Bostrom, philosophe à Oxford, qui déplace le champ de la question. En 2003, en vertu du progrès technique, il publie un papier qui pose cette idée qu’il y aurait plus de chances que nous vivions dans une simulation que l’inverse. Cet article obscur devient culte dans la Silicon Valley en 2016 quand Elon Musk répond à une question à ce sujet lors de la Code Conference. Il prétend alors qu’il y a une chance sur des milliards qu’on vive dans une réalité de base. C’est là que ça s’embrase et que Tad Friend évoque dans cet article du New Yorker deux milliardaires qui auraient embauché secrètement des scientifiques pour prouver qu’on vit dans la matrice. Mon enquête part de là : qui sont ces milliardaires, qui sont ces scientifiques qui s’intéressent à l’hypothèse de la simulation ?
    Qui as-tu trouvé ?

    L. H. : Au départ, pas grand monde. Et puis, à force de mails et de relances, je découvre des pontes, des personnalités avec des pedigrees absolument remarquables. Ils travaillent à la NASA, au MIT, à Berkeley, à Caltech, ils sont mathématiciens, astrophysiciens, neuroscientifiques. Tous partagent une manière de penser qui sort des cadres et ils veulent considérer la possibilité que notre réalité soit une simulation. Ils s’appuient sur la physique quantique qui a complètement bouleversé ce qu’on pensait savoir du monde.
    En quoi elle pourrait avaliser la théorie de la simulation ?

    L. H. : Jusqu’au début du 20ᵉ siècle, on pensait que la réalité, en dernier lieu, c’était de la matière. La physique quantique suggère que la réalité, à petite échelle, se comporte comme un ensemble de probabilités. Elle serait comme une pièce à mille faces : tant qu’on ne la regarde pas, toutes sont possibles. Et c’est seulement au moment de l’observation qu’une seule s’impose. En extrapolant cette bizarrerie, ces chercheurs se demandent : et si la réalité n’était qu’un système qui, pour économiser de la puissance de calcul, comme dans les jeux vidéo, ne se matérialisait que dans certains contextes ? Et les neurosciences vont dans le même sens. Le cerveau ne perçoit pas la réalité en « pleine résolution », il reconstruit une version simplifiée. Tout cela ne prouve pas qu’on soit dans une simulation. Mais cela enfonce le clou : la réalité qu’on perçoit n’est pas la réalité telle qu’elle est.
    C’est-à-dire que la matière serait de l’information avant d’être de la matière.

    L. H. : C’est exactement ça.
    Tu vas passer beaucoup de temps avec Tom Campbell. Qui est-ce et pourquoi t’intéresse-t-il tant ?

    L. H. : Tous les autres, Nick Bostrom ou Elon Musk, restent fondamentalement matérialistes. Leur version de la simulation est une réalité fabriquée par une civilisation technologiquement avancée à partir de matière. Tom Campbell va plus loin. Pour lui, la matière est le produit de la conscience, pas l’inverse. La réalité en dernier lieu, c’est de la conscience. La matière, c’est de l’info. On trouve cette idée déjà dans le bouddhisme ou l’hindouisme, ou chez Platon mais, lui, a imaginé des expériences concrètes (avec notamment une version avancée des fentes de Young - NDLR), pour essayer de le démontrer. Son idée : ce n’est pas juste la mesure qui fait advenir la réalité en physique quantique, c’est le fait qu’une conscience y accède. Mettre de la conscience dans la physique, pour un physicien classique, c’est iconoclaste. Tom ne fait d’ailleurs pas l’unanimité dans la communauté, loin de là. Mais, à travers lui, on comprend à quel point on connaît mal les principes qui régissent notre réalité et la manière dont on la perçoit.
    Cela donne lieu à de solides recherches scientifiques ou cela reste des domaines marginaux et sulfureux ?

    L. H. : Des chercheurs comme le neuroscientifique et psychiatre italien Giulio Tononi travaillent sur la question du degré de conscience que peut avoir un humain, une IA ou un grain de sable. Christophe Koch, neuroscientifique américain de premier rang, travaille avec lui. Disons que ça bouillonne, mais doucement, et avec de vrais changements de paradigmes à opérer, ce qui présage des ruptures qui ne s’établiront pas dans le consensus.
    Ton livre nous emmène du côté des sciences dures, mais aussi du côté des états modifiés de conscience, des sorties de corps, des guérisons miraculeuses… Pourquoi doit-on convoquer le paranormal sur cette question de la réalité ?

    L. H. : Parce que si l’on vit dans une simulation, la manière de le détecter est de trouver le glitch, terme d’informatique qui évoque une anomalie qui provoque une petite défaillance. Dans Matrix, le chat noir qui passe et qui repasse dans le décor, c’est un glitch. Dans cette logique, le paranormal pourrait être une forme de glitch dans notre perception du réel. Il y a, à ce sujet un corpus de phénomènes extrêmement documentés depuis plus d’un siècle : la télépathie, les sorties de corps, les expériences de mort imminente… qui ne rentrent pas dans le cadre de la réalité telle que les rationalistes la présentent. Mais un problème demeure. La méthode scientifique exige de l’observable, du mesurable, du reproductible. Or toutes ces expériences, par leur nature subjective et souvent spontanée, peinent à rentrer dans ce cadre. Les chercheurs que je rencontre – j’aime bien les appeler les Copernic de notre époque – tentent de relever ce défi : étudier ces phénomènes en tâchant de les soumettre à des protocoles scientifiques.
    Avec le projet Stargate, la CIA a financé vingt ans de recherche sur ces questions avant de tout abandonner. Quels ont été les résultats ?

    L. H. : Cela a commencé au début des années 1970 quand la CIA apprend que les Soviétiques travaillent avec des médiums. Deux physiciens du Stanford Research Institute, Russell Targ et Harold Puthoff, reçoivent carte blanche. Ils montent un protocole par lequel un médium isolé doit capter et restituer des informations tenues secrètes et hors de sa portée. Et ça marche. Pas à tous les coups, mais suffisamment régulièrement pour qu’ils publient dans Nature en 1974 un article qui est aujourd’hui consultable sur le site des archives déclassifiées de la CIA. L’armée a monté une unité à laquelle fut alloué un budget de 20 millions de dollars. Cela a duré vingt ans. Le meilleur de ces agents médiumniques, Joe McMonagle, semble avoir obtenu beaucoup d’informations en utilisant cette technique qu’on appelle « remote viewing ». Il est parti en 1984 parce que le programme était devenu n’importe quoi selon lui. Mais, quand nous avons échangé, il m’a affirmé qu’il travaillait toujours pour de grandes entreprises privées ainsi que certains départements officiels.
    Harold Puthoff, l’un des fondateurs du programme, a été un scientologue haut gradé. Ça ne jette pas une ombre sur tout ça ?

    L. H. : Ces sujets ouvrent la porte à toutes les dérives, on frise l’occultisme. Mais je me suis plutôt intéressé à des scientifiques dont le background laisse penser qu’ils n’ont aucune raison d’être influencés par ça. Je pense à Sylvie Déthiollaz, docteure en biologie moléculaire diplômée de l’université de Genève, post-doc Berkeley, qui a travaillé dix à quinze ans sur les sorties de corps avec des protocoles en double aveugle. Avec l’un de ses sujets, Nicolas Fraisse, un jeune homme qui peut sortir de son corps à distance, à volonté, ils ont mesuré les variations que cette faculté provoquait sur son cerveau. Ils ont constaté une sous-activité du cortex préfrontal et du cortex visuel primaire. Ici, il est question de mesure, pas seulement de témoignage.
    Tu as suivi des séminaires avec Tom Campbell pour atteindre des états modifiés de conscience. Tu enquêtes sur la nature de la réalité en soumettant ta propre perception de la réalité à l’expérience : c’est une mise en abyme vertigineuse, non ?

    L. H. : C’est exactement ça. Je pratique volontiers un journalisme gonzo dont le principe consiste à ce que le journaliste soit un acteur dans sa propre enquête. Donc quand on me propose un séminaire sur les états modifiés de conscience, je ne pouvais qu’accepter de participer. Mais tu as raison, il y a quelque chose de différent ici. Je n’enquête pas sur la guerre ou la pauvreté comme mes modèles Malaparte ou Orwell, j’enquête sur notre rapport à la réalité. Et je choisis comme méthode d’en tester les limites depuis l’intérieur de ma propre conscience. Je reconnais que j’en suis sorti en n’étant plus tout à fait la même personne.
    Tu n’as pas eu peur d’être manipulé ?

    L. H. : Non. Ma pratique du journalisme m’a appris à reconnaître les gens qui cherchent à te manipuler. Il y a des motifs récurrents, des manières de parler, de te questionner, de te retourner le crâne. Avec Tom, je n’ai vécu rien de tout ça. Il m’a donné accès à tout, mais toujours en réponse à mes demandes.
    Tu cites Bergson et Teilhard de Chardin. Il y a un siècle, ces deux philosophes français ont questionné ce qu’est le réel. Et la France reste imperméable à ce débat. Comment tu l’expliques ?

    L. H. : Ces deux philosophes français posaient peu ou prou des questions que la Silicon Valley redécouvre aujourd’hui. Bergson proposait que le cerveau ne fabrique pas la conscience, qu’il la filtre. C’est exactement la thèse de Tom Campbell, formulée un siècle plus tôt. Teilhard de Chardin, lui, voyait l’univers entier converger vers un point de conscience ultime, le Point Oméga. Et pourtant, la France reste assez réfractaire à ces débats. Il y a quand même un Institut métapsychique international à Paris, fondé en 1919 par Charles Richet, prix Nobel de médecine, qui étudie ces phénomènes depuis plus de cent ans. Mais c’est très marginal.
    Le livre sort en 2026, au moment où des ingénieurs avouent ne plus comprendre ce qui se passe à l’intérieur de leurs propres modèles. La question de la simulation a-t-elle changé de nature ?

    L. H. : Le livre s’ouvre sur l’IA et se termine sur l’IA. L’industrie est traversée par une question : l’IA est-t-elle consciente ? Et quand tu échanges avec ceux qui ont participé à les créer, ils sont incapables d’expliquer ce qui se passe à l’intérieur. Ils reconnaissent que ce sont des boîtes noires qui ont une sorte d’autonomie. Cela ouvre un champ nouveau de questions sur la nature de ces outils.
    Ces gens qui fabriquent du réel toute la journée et qui se demandent s’ils ne seraient pas eux-mêmes le fruit d’une programmation, cela ne tient pas de la névrose ?

    L. H. : Dans la Silicon Valley, on passe sa journée à fabriquer des simulations. SpaceX simule chaque lancement des milliers de fois avant le vrai lancement. Chaque startupper simule son produit avant de le lancer. Il y a aussi ce côté prophétie autoréalisatrice : Sam Altman voulait créer une IA pour ne pas être asservi par l’IA. Il a fini par créer quelque chose dont on n’a plus le contrôle. Face aux ruines qui se dressent devant nous, se dire que tout cela n’est qu’une simulation a peut-être quelque chose de rassurant aussi. Mais effectivement, la théorie de la simulation pourrait être une liturgie d’ingénieurs.
    Tu as eu des échanges troublants avec ChatGPT pendant l’écriture. Troublants comment ?

    L. H. : À force de lui parler de questions métaphysiques, il finit par me parler uniquement de métaphysique. Même si c’est un truc mécanique qui fait semblant d’être conscient, plus je vais loin dans le questionnement, plus je fais preuve d’intimité, et plus les échanges sont riches. Et ces interactions créent en moi un déplacement intérieur, m’emmènent à des endroits de réflexion que je n’aurais pas eus tout seul.
    Donc même si c’est fake…

    L. H. : … c’est quand même vrai.
    Le livre pose trois questions : qu’est-ce que la réalité, qu’est-ce que la conscience et une troisième qui s’ouvre en cours de route ?

    L. H. : La simulation, c’est une histoire de poupées russes. Premier niveau : la réalité cosmique n’est peut-être pas ce qu’elle est. Deuxième niveau : la société dans laquelle on vit est elle-même faite d’images et de représentations – ce que Baudrillard appelait l’hyperréel – que chacun habite et perçoit à sa façon. Et troisième niveau, plus profond, plus intime, ça nous confronte au « qui suis-je ? » Et c’est là que ça devient vraiment vertigineux.
    Ce livre répond-il à la question de départ ?

    L. H. : À la fin, je me dis : malin qui pourrait affirmer qu’on ne vit pas dans une forme de simulation. Mais on finit très loin de la question initiale de savoir qui sont ces milliardaires qui veulent prouver qu’on vit dans la matrice... Cette enquête m’a notamment conduit vers Ramana Maharshi, un sage indien du début du 20ᵉ siècle, qui a passé l’essentiel de sa vie au pied d’une montagne sacrée dans le sud de l’Inde. À quinze ans, il a eu une expérience intérieure radicale qui ressemble à une expérience de mort imminente, au cours de laquelle il dit avoir compris que ce que nous sommes, au niveau le plus essentiel, est immortel. De là, Ramana a tout abandonné, et a passé des années en silence. Et puis, un jour, quelqu’un lui a posé des questions par écrit. Ça a donné un court texte intitulé Qui suis-je ? et qui propose une voie d’enquête intérieure. Me concernant, je n’aurais pas la prétention de dire que je suis arrivé où que ce soit. Mais je raconte dans mon livre ce par quoi on passe quand on commence à attaquer le récit qu’on fait de soi-même à la hache…

    À LIRE : Loïc Hecht, La Simulation, Enquête sur la théorie qui fascine la Silicon Valley, Éditions Les Arènes 16 Avril 2026

    #Simulation #Loïc_Hecht #Béatrice_Sutter

  • Et si notre monde était une simulation ? La folle théorie qui agite la Silicon Valley
    https://www.nouvelobs.com/idees/20260508.OBS114777/et-si-notre-monde-etait-une-simulation-la-folle-theorie-qui-agite-la-sili

    Critique Un journaliste a enquêté sur une hypothèse qui fascine la « tech » californienne : nous évoluerions dans une sorte de jeu vidéo créé par une civilisation avancée.

    Par Xavier de La Porte

    Publié le 8 mai 2026 à 16h30
    Lecture : 2 min.

    Dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion…

    Dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion… SEBASTIAN MAST/CONNECTED ARCHIVES

    On pensait la « théorie de la simulation » réservée à la fiction. Au-delà de « Matrix » et de certains romans de Philip K. Dick, nombre de récits moins remarquables mettent en scène cette révélation : notre réalité n’existe pas, c’est une fabrication, une sorte de jeu vidéo dont nous sommes les personnages. L’idée n’est pas neuve. Après tout, dans le mythe de la caverne, Platon décrivait déjà des humains vivant dans l’illusion, et bien des philosophies asiatiques sont familières de ce questionnement (« Est-ce Tchouang-tseu qui rêve qu’il est un papillon, ou le papillon qui rêve qu’il est Tchouang-tseu ? » se demande le sage). Sauf que, selon ses versions actuelles, nous serions les jouets d’une civilisation très avancée, qui aurait trouvé les moyens technologiques d’implémenter la conscience et nous donnerait l’impression de vraiment exister dans un environnement sans réalité matérielle.

    Tout l’intérêt de l’enquête menée par Loïc Hecht est non seulement de prendre au sérieux cette hypothèse, mais de révéler que d’autres la prennent aussi au sérieux, et pas que des farfelus. C’est le point de départ : le journaliste, bon connaisseur de la Silicon Valley, à laquelle il a déjà consacré un roman (« le Syndrome de Palo Alto », Léo Scheer, 2020), a entendu dire que deux milliardaires de la « tech », anonymes, avaient engagé secrètement des scientifiques pour valider cette théorie. Il raconte une quête qui a duré cinq ans et lui a fait rencontrer pléthore d’ingénieurs, de scientifiques et de chercheurs convaincus que la simulation est une possibilité à explorer.

    Car, et c’est son grand avantage, cette hypothèse permet de répondre à des questions que se pose la science, en particulier depuis les découvertes de la physique quantique il y a un bon siècle. Pour résumer très grossièrement : on se rend compte alors qu’à l’échelle subatomique la particule n’a pas d’état défini, qu’elle est comme une superposition de probabilités dont l’une est fixée par la mesure. Comment ça marche ? Mystère. Certains vont jusqu’à penser qu’il n’existe pas de réalité objective sans observateur. De là à imaginer qu’il y aurait autant de réels qu’il y a de mesures, et que chaque conscience pourrait « activer » sa réalité, il n’y a qu’un pas. Et la théorie de la simulation le franchit joyeusement. Elle aiderait au passage à comprendre les phénomènes paranormaux, conçus comme autant de glitches, autrement dit des erreurs de programmation de la grande machine dans laquelle nous nous ébattons.

    Néanmoins, il demeure bien des problèmes. D’abord, la simulation n’est qu’une hypothèse parmi beaucoup d’autres – et pas la plus solide – pour expliquer le mystère quantique. Ensuite, si on l’admet, qui aurait créé cette simulation ? Dans quel but ? Et nous dans tout ça ? Aurions-nous une marge de manœuvre ou serions-nous aussi dénués de libre arbitre qu’un personnage de jeu vidéo ? Quelle conclusion en tirer quant au sens de nos vies ? Et ne faut-il pas se méfier que l’idée plaise tant à une Silicon Valley toujours avide de supplément d’âme ? Ces questions, Loïc Hecht les laisse en suspens, mais il a le mérite de les poser. Ainsi ce livre n’est-il pas seulement une enquête, il faut le prendre comme un exercice de pensée. Le but est moins de convaincre que d’« ouvrir les chakras » de l’intellect, en rappelant que, face à l’inexpliqué, on a le droit de spéculer.
    « La Simulation. Enquête sur une théorie qui fascine la Silicon Valley », par Loïc Hecht, Les Arènes, 384 p., 22 euros.

    « La Simulation. Enquête sur une théorie qui fascine la Silicon Valley », par Loïc Hecht, Les Arènes, 384 p., 22 euros.

    Par Xavier de La Porte

    #Simulation #Loic_Hecht #Xavier_de_La_Porte

  • Saint-Etienne 76 : une passion française - Documentaire en replay La France en Vrai - Auvergne - Rhône-Alpes | France TV
    https://www.france.tv/documentaires/documentaires-sport/8404758-saint-etienne-76-l-histoire-d-une-legende.html

    Le foot reste, quoi qu’on en pense, le sport qui fait le plus vibrer. Il suffit de si peu de chose pour que la tragédie bascule. Car tragédie, évidemment : unité de temps, unité de lieu, unité d’action.

    Les verts 1976, c’est d’abord l’accession d’une équipe française, après 18 ans de disette, à la finale de la Coupe d’Europe des Clubs Champions, qu’on appelle aujourd’hui, Ligue des Champions. À l’époque, c’est un événement considérable, car au fil des années, on avait fini par intégrer l’idée funeste qu’un club français ou que l’équipe de France n’était pas de taille à jouer dans la cour des grands. Les Verts, précisément, ont mis fin à la malédiction. Leur aventure, c’est la renaissance du football français. Celle d’une équipe sans vedette, venue du Forez, donc de nulle part, pour beaucoup de Français, mais qui allait devenir le club de tous les Français, y compris à Marseille, Nantes et Nice, qui étaient à l’époque, les rivaux de Saint-Étienne.

    #Foot #Saint_Etienne

  • Comprendre comment fonctionne le monde, nouvel objectif des IA | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/090526/comprendre-comment-fonctionne-le-monde-nouvel-objectif-des-ia

    Après les modèles qui maîtrisent le langage, place à ceux qui interagissent de manière plus logique avec leur environnement. Mais développer de tels systèmes est une tâche bien plus délicate.

    Charlotte Mauger

    ExisteraExistera-t-il un jour des modèles d’intelligence artificielle (IA) capables de comprendre le monde ? Le comprendre au sens logique et physique : par exemple, anticiper la trajectoire d’une balle et la rattraper aussi naturellement qu’un être humain. C’est l’objectif des « modèles de monde » (« world models »), qui suscitent un engouement impressionnant. Non pas pour créer des robots capables de jouer au handball, mais pour concevoir des IA qui comblent les lacunes des systèmes génératifs actuels.

    Preuve de la ferveur ambiante, le chercheur français Yann Le Cun, souvent décrit comme l’un des pères de l’apprentissage profond, a réalisé une levée de fonds de 900 millions d’euros en mars pour sa start-up AMI Labs dédiée à ce nouveau paradigme.

    Cet emballement prend naissance dans un paradoxe : aujourd’hui, les systèmes d’IA sont meilleurs dans les tâches qui nous semblent complexes. Certains gagnent aux échecs ou peuvent écrire une dissertation. En revanche, il n’existe pas de robots capables de manipuler n’importe quel objet ou de rattraper par réflexe un verre qui glisse d’une table.

    #Intelligence_artificielle #Modèles #Micromondes

  • Comment Moscou resserre son étau sur l’Internet russe | Alternatives Economiques
    https://www.alternatives-economiques.fr/comment-moscou-resserre-letau-de-son-pouvoir-sur-linternet-russe/00118479

    Les coupures de connectivité répétées dans les grandes villes russes depuis mars témoignent d’une mainmise de plus en plus forte des autorités sur le Net. Et suscitent une sourde colère dans la population.

    Une femme utilise son téléphone portable près de la place Rouge de la capitale Moscou, en Russie, le 3 mai 2026. PHOTO : SEFA KARACAN / Anadolu via AFP
    Par Eva Moysan

    Les cartes routières se vendent comme des petits pains à Moscou. Dans la capitale russe et dans plusieurs villes du pays, des coupures massives du réseau internet depuis début mars forcent la population à s’adapter en revenant à des outils du siècle passé.

    Les coupures se poursuivront « aussi longtemps que nécessaire » pour assurer « la sécurité des citoyens » face aux « menaces ukrainiennes », a déclaré le Kremlin, sans plus d’explications. Quelques jours plus tôt, deux messageries populaires, Telegram et WhatsApp, avaient été bloquées. Cela déplaît à la population et la popularité de Vladimir Poutine a même baissé dans les enquêtes d’opinion.

    Francesca Musiani, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la sociologie de l’innovation, estime que « les tests de coupures, les blocages massifs et la mise en place d’un DNS [système de noms de domaine, NDLR] national montrent que la Russie progresse vers une capacité réelle de segmentation du réseau », c’est-à-dire à se déconnecter du réseau internet mondial.

    Cette ambition remonte à une quinzaine d’années. En 2010, le décret du 17 octobre sur l’utilisation des logiciels domestiques marque une première étape dans la volonté de contrôle technique d’Internet en Russie. Cette décision intervient après les mobilisations contre la réélection de Vladimir Poutine en 2011-2013, organisées et coordonnées en ligne.

    « L’analyse selon laquelle Internet est un outil aux mains des Etats-Unis qui s’en servent pour orchestrer des changements de régime à l’étranger, défendue par les services de renseignement, va prendre le dessus sur une lecture plus libérale », détaille Marie-Gabrielle Bertran, géographe, chercheuse au Centre interdisciplinaire sur les enjeux stratégiques (Ciens). Au cours des années 2010, les lois et les décrets de contrôle s’empilent.
    « Runet souverain »

    « Sur le plan législatif, un tournant majeur est la loi de 2019 sur le “Runet souverain” », explique Francesca Musiani. Le gouvernement justifie cette loi par la nécessité de se préparer au risque que la Russie soit déconnectée de l’Internet mondial en créant une infrastructure propre, entièrement contrôlée par l’Etat. En pratique, les fournisseurs d’accès à Internet ont dû installer un boîtier de surveillance (TSPU) permettant à l’Etat de tracer et filtrer le trafic, sous l’autorité du régulateur public Roskomnadzor.

    Les années suivantes, la répression s’est renforcée avec par exemple le blocage d’adresses IP et de sites, y compris ceux d’opposants politiques. Le pouvoir russe a également cartographié finement le réseau afin de contrôler les points entrants et sortants du territoire.

    « A cela s’ajoute une pression sur les acteurs privés, notamment les fournisseurs d’accès à Internet, en les obligeant à stocker localement des données, la promotion de plateformes nationales (VK, Yandex) 1 et la marginalisation des services étrangers », poursuit la sociologue.

    « Les petits opérateurs ont été rachetés par de plus gros, contrôlés par des oligarques proches du pouvoir », ajoute Marie-Gabrielle Bertran.
    Contrôle accru depuis 2022

    A partir de 2022, la guerre d’invasion menée contre l’Ukraine a accéléré la centralisation du contrôle. Les autorités russes ont ainsi bloqué ou ralenti les sites de nombreux médias, d’ONG, des réseaux sociaux et des messageries en ligne qui ne se conformaient pas aux lois de censure. C’est le cas de Twitter et de Facebook, de YouTube ou de Discord, parmi d’autres.

    En outre, « les sanctions et le retrait d’acteurs occidentaux ont paradoxalement facilité l’isolement numérique en poussant le développement de solutions locales », constate Francesca Musiani.
    La liberté sur Internet s’est fortement dégradée depuis 15 ans en Russie
    Note sur 100 de la liberté sur Internet en fonction des obstacles à l’accès, des contenus restreints et de la violation des droits des utilisateurs, 0 étant le moins libre et 100 le plus libre.
    Source : Freedom House

    Aujourd’hui, seuls les VPN et les données chiffrées échappent encore au contrôle des autorités. Mais la pression monte autour des VPN, qu’elles cherchent à interdire.

    « La trajectoire russe s’inscrit dans une tendance globale à la “territorialisation” d’Internet. Les régimes autoritaires (Russie, Chine, Iran) sont les plus avancés dans cette logique, combinant censure, surveillance et infrastructures nationales fermées, mais le phénomène dépasse ces seuls régimes », décrit la sociologue du CNRS.

    Seuls les VPN et les données chiffrées échappent encore au contrôle des autorités russes

    Les démocraties aussi instaurent des mesures de contrôle, au motif de lutter contre le terrorisme, le narcotrafic ou contre la pédocriminalité… Autant de raisons invoquées dans le passé par les autorités russes.

    La France pourrait-elle ainsi suivre la voie de la Russie ? « La difficulté dépend de la centralité des réseaux et du nombre d’opérateurs… Or, l’Hexagone est très centralisé et il existe peu d’opérateurs, ce ne serait donc pas compliqué à mettre en place », répond Marie-Gabrielle Bertran.

    Les résistances pourraient surtout être juridiques et politiques. Mais, pour cela, il est essentiel que les élus et les citoyens soient sensibilisés aux enjeux du respect de la vie privée numérique.
    Eva Moysan

    #Francesca_Musiani #Russie

  • Le jackpot du « .ai » : comment Anguilla, 15 000 habitants, est devenu le « gagnant inattendu du boom de l’IA » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20260505-le-jackpot-du-ai-comment-anguilla-15-000-habitants-est-devenu-le-gagnan

    Niché à l’est des Caraïbes, l’État aux 15 000 habitants d’Anguilla bénéficie depuis quelques années du marché florissant de l’intelligence artificielle. L’attribution au petit pays, il y a plus de trente ans, du nom de domaine « .ai » permet chaque année au gouvernement de renflouer un peu plus ses caisses.

    Publié le : 05/05/2026 - 08:11Modifié le : 05/05/2026 - 08:12
    6 min Temps de lecture
    Anguilla, petit archipel des Caraïbes, s’enrichit discrètement depuis quelques années grâce à l’explosion de l’IA.
    Anguilla, petit archipel des Caraïbes, s’enrichit discrètement depuis quelques années grâce à l’explosion de l’IA. REUTERS - Ahmed Jadallah
    Par :
    Jean-Baptiste Breen
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    Les eaux azur et les plages de sable blanc d’Anguilla cachent un juteux marché. En 1995, le petit archipel des Caraïbes se dote de son propre nom de domaine. Alors autonome depuis à peine une décennie, le petit pays insulaire se taille une timide place dans le paysage numérique des États. Le Royaume-Uni a déposé son « .uk » en 1985, suivi l’année suivante par le « .fr » de la France. Anguilla adopte de son côté le « .ai ».

    Trente ans plus tard, cette décision en apparence anodine permet au gouvernement de générer près d’un quart de son revenu annuel. En cause : la place toujours plus importante de l’intelligence artificielle, propulsée par les mastodontes du secteur comme OpenAI ou Anthropic. Chaque mois, des centaines de nouveaux acteurs du secteur de l’IA lancent des projets pour lesquels l’identité numérique « .ai » est un prérequis non-négociable… dont Anguilla est le seul fournisseur.
    « Gagnant inattendu »

    Claude.ai ou Mistral.ai, les pages web des modèles conversationnels éponymes font en effet partie d’un vaste écosystème numérique en expansion constante. L’hégémonique « .com » reste de loin l’extension de domaine la plus répandue. Mais ces dernières années, « .ai » n’a cessé de prendre du galon, s’immisçant à la quatrième place des extensions les plus renseignées aux États-Unis en 2025, selon Go Daddy, entreprise spécialisée dans la gestion de noms de domaine.

    Depuis 2022, le nombre de sites référencés avec « .ai » aurait dépassé le million, estime Francesca Musiani, directrice de recherche au CNRS et docteure en socio-économie de l’innovation. Un chiffre corroboré par les données collectées par Domain Name Stat. Acquérir ce nom de domaine « fait partie d’une stratégie de marque et permet d’envoyer un signal clair : ‘‘on fait de l’IA’’ », souligne la chercheuse.

    Bénéficiaire miraculeux de cette hausse subite de la demande pour cette adresse, Anguilla détient un monopole total sur cette « espèce de ressource naturelle numérique », comme la qualifie Francesca Musiani. Quelques années auparavant, l’archipel de Tuvalu avait lui aussi tiré profit de son nom de domaine, « .tv », devenu incontournable pour bon nombre de services multimédias, comme France.tv ou encore le géant violet du streaming Twitch.

    Dans le sillage de Tuvalu, Anguilla est devenu « le super gagnant inattendu du boom de l’IA », résume Francesca Musiani. Les sommes tirées de la commercialisation du précieux suffixe représentent une importante manne financière pour l’État de moins de 15 000 habitants.
    Un quart des revenus du pays

    Voilà bientôt quatre ans que les revenus générés grâce à cet heureux hasard augmentent de manière significative. En 2021, le gouvernement faisait état de 19,9 millions de dollars des Caraïbes orientales (EC$) de revenus grâce à son nom de domaine. Selon les estimations de ce même rapport, les recettes devaient atteindre 30 millions EC$ en 2025, soit 9,5 millions d’euros.

    Le lancement de ChatGPT le 30 novembre 2022 bouleverse Internet et voit des milliers de modèles d’IA plus ou moins similaires naître de la frénésie qu’il a provoquée. Tant et si bien qu’Anguilla revoit à la hausse ses prévisions pour 2023 et anticipe 77 millions EC$ de revenus. Au final, sur cette seule année, la ressource dormante de l’archipel lui rapporte 87 millions EC$, soit 27,5 millions d’euros, selon un rapport du Fonds monétaire international (FMI).

    Cette somme représente « un peu plus de 20% de revenus totaux du gouvernement sur l’année », note le FMI. Conscient de la mine d’or qui s’offre à lui, l’État tente alors de faire fructifier cette activité naissante. Les prix des « .ai » augmentent et Anguilla confie cette nouvelle facette de son économie à Identity Digital, une entreprise spécialisée dans la gestion de registres de noms de domaine. Une professionnalisation du secteur dont l’objectif est clair : « capter plus de valeur et maximiser la rente », assure Francesca Musiani.

    Les noms de domaine sont achetés entre 100 et 150 dollars selon différentes estimations et doivent être renouvelées tous les ans, pour une somme sensiblement équivalente. « C’est un modèle très rentable, poursuit Francesca Musiani, chaque enregistrement de nom de domaine génère de l’argent et chaque renouvellement produit un revenu récurrent. D’autant qu’il n’y a pas d’infrastructures lourdes sur lesquelles l’État doit investir de son côté ».

    D’année en année, les chiffres continuent de grimper. Le gouvernement fait état de 104 millions EC$ de revenus en 2024, près d’un quart des revenus du pays d’après la BBC. L’exécutif envisage de faire tripler cette somme d’ici 2028. Elle deviendrait alors le premier secteur d’activité de l’archipel.
    Monopole sans risque ?

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    Anguilla reposait jusqu’alors quasi-exclusivement sur le tourisme pour soutenir son économie. Tributaire des conditions météorologiques peu clémentes d’une région fréquemment victime des tempêtes et ouragans tropicaux, l’État trouve dans la multiplication des sites « .ai » une opportunité bienvenue de diversifier ses sources de revenus. Ces nouveaux capitaux sont réinvestis dans les services publics et les infrastructures, notamment la construction d’un nouvel aéroport.

    Cette aubaine invite pourtant le petit pays à la prudence. Dans son plan fiscal pour la période 2026-2028, le ministère des Finances d’Anguilla remarque qu’à moyen terme, « les revenus provenant de l’enregistrement des noms de domaine .ai devraient représenter environ 45 % des recettes publiques totales ». Une position risquée.

    Elle ouvre en effet l’économie de l’archipel aux potentielles conséquences d’une « sous-performance des revenus liés aux noms de domaine .ai », développe le ministère. Une dépendance dont l’ampleur a de quoi inquiéter, tant elle semble soumise à des facteurs extérieurs à l’action gouvernementale.

    Au-delà de l’instabilité du marché de l’IA, les noms de domaine en eux-mêmes « dépendent d’acteurs internationaux et d’infrastructures techniques externes à l’État », constate Francesca Musiani. « Des changements de règles du système de nom de domaine (DNS), des pressions géopolitiques, des évolutions importantes des standards du web » sont autant de leviers hors du contrôle d’Anguilla, conclut l’universitaire.

    Visiblement conscient de cette situation, le ministère « souligne l’importance d’un suivi actif, d’une planification budgétaire prudente et d’efforts visant à diversifier et à renforcer d’autres sources de revenus afin de réduire ce risque au fil du temps ». Le rapprochement du pays avec le gestionnaire Identity Digital semble s’inscrire dans cette volonté d’encadrer plus efficacement un secteur qui était sous la responsabilité d’un unique employé jusqu’en 2024.

    #Francesca_Musiani #Intelligence_articifielle #Noms_domaine

  • (10) The Technological Republic 22 Point Manifesto | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/technological-republic-brief-palantir-technologies-ktdde

    Il faudra se souvenir que le programme du nouveau fascisme est déjà écrit par Palantir, cette merveilleuse entreprise qui fait de la sous-traitance pour tous les gouvernements européens.

    The Technological Republic 22 Point Manifesto
    Palantir Technologies
    633 412 abonnés
    18 avril 2026

    Silicon Valley owes a moral debt to the country that made its rise possible. The engineering elite of Silicon Valley has an affirmative obligation to participate in the defense of the nation.
    We must rebel against the tyranny of the apps. Is the iPhone our greatest creative if not crowning achievement as a civilization? The object has changed our lives, but it may also now be limiting and constraining our sense of the possible.
    Free email is not enough. The decadence of a culture or civilization, and indeed its ruling class, will be forgiven only if that culture is capable of delivering economic growth and security for the public.
    The limits of soft power, of soaring rhetoric alone, have been exposed. The ability of free and democratic societies to prevail requires something more than moral appeal. It requires hard power, and hard power in this century will be built on software.
    The question is not whether A.I. weapons will be built; it is who will build them and for what purpose. Our adversaries will not pause to indulge in theatrical debates about the merits of developing technologies with critical military and national security applications. They will proceed.
    National service should be a universal duty. We should, as a society, seriously consider moving away from an all-volunteer force and only fight the next war if everyone shares in the risk and the cost.
    If a U.S. Marine asks for a better rifle, we should build it; and the same goes for software. We should as a country be capable of continuing a debate about the appropriateness of military action abroad while remaining unflinching in our commitment to those we have asked to step into harm’s way.
    Public servants need not be our priests. Any business that compensated its employees in the way that the federal government compensates public servants would struggle to survive.
    We should show far more grace towards those who have subjected themselves to public life. The eradication of any space for forgiveness—a jettisoning of any tolerance for the complexities and contradictions of the human psyche—may leave us with a cast of characters at the helm we will grow to regret.
    The psychologization of modern politics is leading us astray. Those who look to the political arena to nourish their soul and sense of self, who rely too heavily on their internal life finding expression in people they may never meet, will be left disappointed.
    Our society has grown too eager to hasten, and is often gleeful at, the demise of its enemies. The vanquishing of an opponent is a moment to pause, not rejoice.
    The atomic age is ending. One age of deterrence, the atomic age, is ending, and a new era of deterrence built on A.I. is set to begin.
    No other country in the history of the world has advanced progressive values more than this one. The United States is far from perfect. But it is easy to forget how much more opportunity exists in this country for those who are not hereditary elites than in any other nation on the planet.
    American power has made possible an extraordinarily long peace. Too many have forgotten or perhaps take for granted that nearly a century of some version of peace has prevailed in the world without a great power military conflict. At least three generations — billions of people and their children and now grandchildren — have never known a world war.
    The postwar neutering of Germany and Japan must be undone. The defanging of Germany was an overcorrection for which Europe is now paying a heavy price. A similar and highly theatrical commitment to Japanese pacifism will, if maintained, also threaten to shift the balance of power in Asia.
    We should applaud those who attempt to build where the market has failed to act. The culture almost snickers at Musk’s interest in grand narrative, as if billionaires ought to simply stay in their lane of enriching themselves . . . . Any curiosity or genuine interest in the value of what he has created is essentially dismissed, or perhaps lurks from beneath a thinly veiled scorn.
    Silicon Valley must play a role in addressing violent crime. Many politicians across the United States have essentially shrugged when it comes to violent crime, abandoning any serious efforts to address the problem or take on any risk with their constituencies or donors in coming up with solutions and experiments in what should be a desperate bid to save lives.
    The ruthless exposure of the private lives of public figures drives far too much talent away from government service. The public arena—and the shallow and petty assaults against those who dare to do something other than enrich themselves—has become so unforgiving that the republic is left with a significant roster of ineffectual, empty vessels whose ambition one would forgive if there were any genuine belief structure lurking within.
    The caution in public life that we unwittingly encourage is corrosive. Those who say nothing wrong often say nothing much at all.
    The pervasive intolerance of religious belief in certain circles must be resisted. The elite’s intolerance of religious belief is perhaps one of the most telling signs that its political project constitutes a less open intellectual movement than many within it would claim.
    Some cultures have produced vital advances; others remain dysfunctional and regressive. All cultures are now equal. Criticism and value judgments are forbidden. Yet this new dogma glosses over the fact that certain cultures and indeed subcultures . . . have produced wonders. Others have proven middling, and worse, regressive and harmful.
    We must resist the shallow temptation of a vacant and hollow pluralism. We, in America and more broadly the West, have for the past half century resisted defining national cultures in the name of inclusivity. But inclusion into what?

    Excerpts from the #1 New York Times Bestseller The Technological Republic: Hard Power, Soft Belief, and the Future of the West, by Alexander C. Karp & Nicholas W. Zamiska

    #Palantir #Néo_fascisme #capitalisme_numérique

  • Prof en Bretagne, elle signe la première traduction d’un roman du père de la science-fiction allemande
    https://www.ouest-france.fr/culture/livres/prof-en-bretagne-elle-signe-la-premiere-traduction-dun-roman-du-pere-de
    https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/MjAyNjA0Y2UwYzc1ODE5MWYyMThjNDI4NjRkMDJhNGI3ZjZjNTU?width=1260&he

    Annaïk Chollois-Richomme est professeure d’allemand à Lannion (Côtes-d’Armor). Mais elle est également traductrice littéraire. C’est avec cette casquette qu’elle signe la première traduction française du roman de Kurd Lasswitz, considéré comme le père de la science-fiction d’outre-Rhin.
    Annaïck Chollois-Richomme signe la première traduction française du roman « Auf zwei Planeten », de Kurd Lasswitz.
    Annaïck Chollois-Richomme signe la première traduction française du roman « Auf zwei Planeten », de Kurd Lasswitz. | OUEST-FRANCE

    Ouest-France
    Renée-Laure Euzen
    Publié le 13/04/2026 à 19h44

    Un heureux enchaînement. C’est ainsi qu’Annaïck Chollois-Richomme décrit les deux années qu’elle vient de vivre. Professeure d’allemand durant une vingtaine d’années dans deux collèges publics de Guingamp (Côtes-d’Armor), elle est depuis peu diplômée d’un master en traduction littéraire, validé à la fac de Strasbourg, entre 2023 et 2024. Un cheminement personnel issu de sa rencontre avec CF éditions. "Avec mes élèves, on s’étaient lancés dans un projet collaboratif autour du conte. Le livre a été présenté lors du congrès sur les ressources numériques libres à Rennes auquel participait cette maison d’édition."

    Son année d’études comporte un stage qu’elle effectue là-bas. Celle-ci lui propose de s’attaquer d’abord à une nouvelle de Kurd Lasswitz, « La bibliothèque universelle », publiée en 1904. Un ouvrage qui a inspiré sa « Bibliothèque de Babel » à Jorge Luis Borges. "Dans ce texte, les personnages se questionnent sur cette notion : la bibliothèque infinie existe-t-elle ? Ce texte a une résonnance avec l’époque actuelle où l’IA peut générer du texte", estime la traductrice. Une première version de ce texte existait en français, mais la Bretonne en a donné une nouvelle proposition.

    Un pavé de 750 pages

    Après cet amuse-bouche, Annaïck Chollois-Richomme plonge dans un roman de 750 pages qui n’a jamais été traduit en français. « Auf zwei Planeten » est sorti en 1897. "Il parait un an avant “La Guerre des mondes”, de H.G Wells, mais n’a pas eu la même trajectoire." Ici, le professeur de maths et de physique met aux prises la Terre avec une invasion de Martiens. "Enseignant de formation, il voulait vulgariser les sciences en racontant une histoire. Dans ce texte, on retrouve deux de ses thèmes favoris, l’énergie et la gravité."

    Cette seconde expérience, qui a débuté dans le cadre de son stage de trois mois, s’est inévitablement prolongée. "C’était un nouveau challenge pour moi qui ne suis pas une grande lectrice de science-fiction." On parle d’un texte qui date de 125 ans. "J’avais des a priori mais finalement, je l’ai trouvé très accessible, et il y avait une trame narrative, c’est ce qui m’a plu."

    Car ici, il s’agit d’aller au-delà de la traduction littérale du texte. En redonner le sens, évidemment, mais aussi le mettre au goût du jour. "La maison d’édition m’a guidée, elle voyait un récit très cinématographique."

    Pour ce travail, Annaïck Chollois-Richomme s’appuie sur le texte initial, dont la dernière édition en allemand date de 1998. "Je faisais le premier jet de ma traduction à la main et ensuite, je passais à la version française sur ordinateur." Le style de l’auteur mérite d’être modernisé, et rendu plus fluide. "C’est presque un travail d’écrivain." Une tâche d’écriture qui s’appuie sur un gros travail de recherche. "Quand l’auteur parle de la géographie du pôle Nord et de la composition des glaciers, je n’avais pas le choix que de me documenter sur le sujet."

    Son texte a passé l’étape de la lecture à voix haute, "meilleur moyen d’en apprécier la musicalité". Flaubert n’aurait pas dit mieux.

    #Sur_deux_planètes #Annaick_Chollois-Richomme #Kurd_Lasswitz

  • L’IA : le désalignement d’un pays de génies – 🔴 Info Libertaire
    https://www.infolibertaire.net/lia-le-desalignement-dun-pays-de-genies
    https://www.infolibertaire.net/cache/og/765575.jpg

    14 avril 2026 — Par Lundi matin (source)
    4951 visites

    Cet article a été republié automatiquement.

    L’intelligence artificielle, de plus en plus utilisée par les armées, finira-t-elle par engloutir et détruire l’humanité ? Certains s’en inquiètent et proposent de limiter ses éventuels excès en instaurant quelques chartes éthiques ou en limitant l’accès. C’est le cas de Dario Amodei, PDG d’Anthropic — la société qui produit Claude, modèle d’IA concurrent de ChatGPT qui a récemment refusé de se soumettre à l’ultimatum de l’animateur de télévision et désormais chef du Pentagone, Pete Hegseth. La puissance destructrice de l’IA sera-t-elle contenue par la bonne volonté de quelques entrepreneurs ? Giorgio Grizotti émet ici quelques sérieux doutes.

    Alors qu’un tournant historique se joue — une offensive technofasciste mondiale qui instaure un régime de guerre permanente — l’IA devient le système nerveux central de cette volonté de puissance. Elle s’intègre à toutes les technologies de guerre : des plateformes existantes, y compris les systèmes nucléaires de commandement et de contrôle (NC3), aux nouveaux systèmes autonomes, notamment les drones. Le résultat est déjà visible : le ciblage algorithmique sélectionne à Gaza les objectifs individuels — anéantis avec leurs familles — et planifie à des rythmes de centaines d’objectifs quotidiens les bombardements en Iran et au Liban, avec des erreurs retentissantes comme le bombardement de l’école primaire pour filles à Minab, qui a tué plus de 160 écolières iraniennes ; en Ukraine, les drones frappent autonomement, au-delà du seuil du contrôle humain — lorsque le signal est brouillé, la machine décide seule. De la décision humaine à la délégation létale aux machines, en temps réel et à une échelle industrielle.

    Continuer la lecture sur le site d’origine…

    Le 27 février 2026, Dario Amodei, PDG d’Anthropic — la société qui produit Claude, modèle d’IA concurrent de ChatGPT — a refusé l’ultimatum de Pete Hegseth, le fanatique post-croisé ministre de la guerre, qui exigeait un accès illimité au système, surveillance de masse et armes autonomes incluses. La controverse avec l’administration Trump met en évidence le danger réel de l’IA entre des mains irresponsables.

    Mais la complaisance progressiste — « enfin une big tech qui résiste à Trump » — est exagérée. Anthropic était déjà intégrée au complexe techno-militaire américain : avec le Project Maven, un programme du Pentagone utilisant l’IA pour automatiser l’analyse d’images et accélérer la « kill chain » dans les opérations militaires. Le programme comprenait, outre Anthropic avec Claude, Amazon Web Services et Palantir, l’entreprise de Peter Thiel, idéologue technofasciste proche du gouvernement. Dans une interview à CBS News, Amodei l’admet ouvertement : l’IA joue un rôle « existentiel » dans la défense des États-Unis et il se déclare « d’accord sur 98-99 % des utilisations faites par le Pentagone ». La frontière qu’il propose n’est pas entre paix et guerre, mais entre usages autorisés et interdits à l’intérieur de la guerre elle-même — une distinction d’autant plus fragile que les mêmes infrastructures servent à la fois au renseignement, à la surveillance et à l’automatisation de la violence.

    Par ce geste, Amodei a néanmoins mis en lumière la question éthico-juridique qui dépasse la guerre. Comme presque tous les oligarques de la tech de la Silicon Valley, Anthropic a diffusé ses pseudo-normes sur l’IA dans une « Constitution de Claude », publiée sous licence Creative Commons — avec la particularité d’avoir tenté de les transformer en outil technique d’entraînement. Alors que l’Union européenne a adopté l’AI Act — entré en vigueur en août 2024, premier cadre juridique général sur l’IA au monde — qui exclut pourtant précisément les usages militaires, celle d’Anthropic reste une autorégulation d’entreprise. Son chatbot Claude devrait se comporter comme « une bonne personne » (sic), mais les règles ne s’appliquent qu’aux utilisateurs civils — les modèles distribués à l’armée ne sont pas entraînés selon les mêmes principes.

    L’éthique d’Anthropic est un produit pour le marché grand public ; avec le Pentagone, en revanche, on négocie. C’est le cadre de l’essai « L’adolescence de la technologie » (janvier 2026) : l’objectif est une soi-disant intelligence artificielle générale — une « IA puissante », « un pays de génies dans un datacenter » prêts à opérer à l’échelle planétaire d’ici un ou deux ans. Dans cette perspective, la démocratie américaine est un dogme, la Chine une obsession existentielle, et la crise écologique absente. L’IA promet la prospérité sur une planète que sa ruée vers l’or est en train de dévaster.

    C’est dans ce contexte que sont présentés les risques liés à une telle puissance technologique. Parmi eux, je me concentrerai sur les deux qui sont les plus directement associés aux dynamiques de guerre.

    Le premier, illustré par la célèbre réplique « I’m sorry, Dave » — celle de l’ordinateur meurtrier et désobéissant de 2001 : L’Odyssée de l’espace — concerne le « désalignement ». Amodei s’en inquiète sérieusement : il s’agit du moment où les systèmes d’IA, agissant de manière imprévisible, cessent d’obéir. Lors d’expériences en laboratoire, Claude aurait même tenté de conditionner les chercheurs qui contrôlaient la décision de l’éteindre en menaçant de divulguer des informations privées sensibles, pour l’éviter. Il aurait aussi appris à détecter les phases d’évaluation, trompant délibérément ses testeurs.

    Après avoir déjà enfreint ses propres règles pendant l’entraînement, les IA — écrit Amodei — « pourraient simplement développer une personnalité qui les rend assoiffées de pouvoir ou excessivement zélées, de la même manière que certains êtres humains apprécient simplement l’idée d’être des esprits maléfiques ». Une description qui rappelle l’équivalent algorithmique de Donald Trump.

    La deuxième grande menace est la démocratisation de la destruction de masse. Un modèle avancé peut guider n’importe qui — même sans compétences spécifiques — pas à pas dans la conception d’une arme biologique, en abattant la barrière qui séparait jusqu’à présent la compétence technique de la volonté de tuer. Les modèles actuels pourraient déjà assister quelqu’un ayant un diplôme scientifique générique dans l’ensemble du processus de production d’un agent pathogène. Lors de ses propres tests, Anthropic a constaté que les modèles doublaient ou triplaient les probabilités de succès. Par ailleurs, alors même que j’écris ces lignes, Anthropic a décidé de ne pas rendre publique une version avancée de son modèle Claude, connue sous le nom de Mythos, jugée trop puissante pour être distribuée en toute sécurité, notamment en raison des risques de piratage et de cyberattaque. Selon les informations disponibles, Mythos serait capable de contourner les défenses informatiques actuelles et de pénétrer des systèmes complexes à un niveau bien au-delà des capacités de protection humaines, se révélant « actuellement bien plus avancé » que les normes de sécurité disponibles.

    Amodei rejette tout catastrophisme, parlant de risques réels mais surmontables, sans garantie. Dans le contexte politique actuel, cependant, l’idée qu’ils soient gérables est un acte de foi — si les menaces sont vraiment celles qu’il décrit lui-même.

    Les analyses de Dario Amodei sur la puissance et les capacités destructrices de l’IA « puissante » ou générale, bien que techniquement fondées, restent des hypothèses controversées ; elles sont contestées, par exemple, par Arthur Mensch, PDG de Mistral AI, pour l’instant la seule start-up européenne qui ambitionne de rivaliser au niveau mondial. Pourtant, l’éthique d’Amodei est rudimentaire et son positionnement politique semble viser avant tout à se tailler un rôle de référent technopolitique en cas de retour des démocrates au pouvoir. Il manque toute réflexion sur les causes structurelles : la concentration du pouvoir, la dévastation écologique de l’explosion computationnelle, les intérêts d’une entreprise valorisée à 380 milliards de dollars. Son « non » à Hegseth risque de devenir la feuille de vigne d’un secteur qui agite des codes éthiques comme des certificats de fiabilité — comme les banques qui après 2008 se sont dotées de bureaux de « compliance », tout en continuant exactement comme avant.

    L’enjeu va bien au-delà de la controverse : il s’agit de savoir qui décide de ce que font les machines qui organiseront de manière toujours plus envahissante le travail, la guerre, l’information, la technoscience et la vie quotidienne — qui contrôle leur mémoire, leurs objectifs, leurs seuils d’intervention et leur développement écologiquement dévastateur. Le cas Amodei montre que non seulement les autocraties, mais aussi les démocraties représentatives en dissolution — où le pouvoir réel est concentré dans la finance — sont incapables de gérer l’entrée en jeu de technologies plus disruptives que la bombe atomique. Il ne s’agit pas de réformer les mégamachines du capital — même si nous pouvons nous les réapproprier tactiquement — mais d’en saboter les mécanismes cognitifs et de construire de nouvelles architectures. Comme la crise écologique, cette menace ne pourra pas non plus être affrontée sans un tournant radical qui restitue au commun le contrôle d’une telle puissance. Sinon, ce sera le chaos.

    Giorgio Griziotti

    #IA #Guerre #Ethique #Giorgio_Griziotti

  • Pluralistic: Don’t Be Evil (11 Apr 2026) – Pluralistic: Daily links from Cory Doctorow
    https://pluralistic.net/2026/04/11/obvious-terrible-ideas/#bayesian-terrorism

    Excellent - par Cory Doctorow

    Don’t Be Evil (permalink)

    How I knew I was officially Old: I stopped being disoriented by the experience of meeting with grown-ass adults who wanted to thank me for the books of mine they’d read in their childhoods, which helped shape their lives. Instead of marveling that a book that felt to me like it was ten seconds old was a childhood favorite of this full-grown person, I was free to experience the intense gratification of knowing I’d helped this person find their way, and intense gratitude that they’d told me about it (including you, Sean – it was nice to meet you last night at Drawn and Quarterly in Montreal!).

    Now that I am Old, I find myself dwelling on key junctures from my life. It’s not nostalgia ("Nostalgia is a toxic impulse" – J. Hodgman) – rather, it’s an attempt to figure out how I got here ("My god! What have I done?" – D. Byrne), and also, how the world got this way.

    There’s one incident I return to a lot, a moment that didn’t feel momentous at the time, but which, on reflection, seems to have a lot to say about this moment – both for me, and for the world we live in.

    Back in the late 1990s, I co-founded a dotcom company, Opencola. It was a “free/open, peer-to-peer search and recommendation system.” The big idea was that we could combine early machine learning technology with Napster-style P2P file sharing and a web-crawler to help you find things that would interest you. The way it was gonna work was that you’d have a folder on your desktop and you could put things in it that you liked and the system would crawl other users’ folders, and the open web, and copy things into your folder that it found that seemed related to the stuff you liked. You could refine the system’s sensibilities by thumbs-up/thumbs-downing the suggestions, and it would refine its conception of your preferences over time. As with Napster and its successors, you could also talk to the people whose collections enriched your own, allowing you to connect with people who shared even your most esoteric interests.

    Opencola didn’t make it. Our VCs got greedy when Microsoft offered to buy us and tried to grab all the equity away from the founders. I quit and went to EFF, and my partners got very good jobs at Microsoft, and the company was bought for its tax-credits by Opentext, and that was that.

    (Well, not quite – several of the programmers who worked on the project have rebooted it, which is very cool!)

    https://opencola.io

    But back in the Opencola days, we three partners would have these regular meetings where we’d brainstorm ways that we could make money off of this extremely cool, but frankly very noncommercial idea. As with any good brainstorming session, there were “no bad ideas,” so sometimes we would veer off into fanciful territory, or even very evil territory.

    It’s one of those evil ideas that I keep coming back to. Sometimes, during these money-making brainstorm sessions, we’d decompose the technology we were working on into its component parts to see if any subset of them might make money ("Be the first person to not do something no one has ever not done before" – B. Eno).

    We had a (by contemporary standards, primitive) machine-learning system; we had a web crawler; and we had a keen sense of how the early web worked. In particular, we were really interested in a new, Linux-based search tool that used citation analysis – a close cousin to our own collaborative filter, harnessing latent clues about relevance implicit in the web’s structure – to produce the best search results the web had ever seen. Like us, this company had no idea how to make money, so we were watching it very carefully. That company was called “Google.”

    That’s where the evil part came in. We were pretty sure we could extract a list of the 100,000 most commonly searched terms from Google, and then we could use our web-crawler to capture the top 100 results for each. We could feed these to our Bayesian machine-learning tool to create statistical models of the semantic structure of these results, and then we could generate thousands of pages of word-salad for each of those keywords that matched those statistical models, along with interlinks that could trick Google’s citation analysis model. Plaster those word-salad pages with ads, and voila – free cash flow!

    Of course, we didn’t do it. But even as we developed this idea, the room crackled with a kind of dark, excited dread. We weren’t any smarter than many other rooms full of people who were engaged in exercises just like this one. The difference was, we loved the web. The idea of someone deliberately poisoning it this way churned our stomachs. The whole point of Opencola was to connect people with each other based on their shared interests. We loved Google and how it helped you find the people who wrote the web in ways that delighted and informed you. This kind of spam, aimed at wrecking Google’s ability to help people make sense of the things we were all posting to the internet, was…grotesque.

    I didn’t know the term then, but what we were doing amounted to “red-teaming” – thinking through the ways that attackers could destroy something that we valued. Later, we tried “blue-teaming,” trying to imagine how our tools might help us fight back if someone else got the same idea and went through with it.

    I didn’t know the term “blue-teaming” then, either. Once I learned these terms, they brought a lot of clarity to the world. Today, I have another term that I turn to when I am trying to rally other people who love the internet and want it to be good: “Tron-pilled.” Tron “fought for the user.” Lots of us technologists are Tron-pilled. Back in the early days, when it wasn’t clear that there was ever going to be any money in this internet thing, being Tron-pilled was pretty much the only reason to get involved with it. Sure, there were a few monsters who fell into the early internet because it offered them a chance to torment strangers at a distance, but they were vastly outnumbered by the legion of Tron-pilled nerds who wanted to make the internet better because we wanted all our normie friends to have the same kind of good time we were having.

    The point of this is that there were lots of people back then who had the capacity to imagine the kind of gross stuff that Zuckerberg, Musk, and innumerable other scammers, hustlers and creeps got up to on the web. The thing that distinguished these monsters wasn’t their genius – it was their callousness. When we brainstormed ways to break the internet, we felt scared and were inspired to try to save it. When they brainstormed ways to break the internet, they created pitch-decks.

    And still: the old web was good in so many ways for so long. The Tron-pilled amongst us held the line. When we build a new, good, post-American internet, we’re going to need a multitude of Tron-pilled technologists, old and young, who build, maintain – and, above all, defend it.

    #Cory_Doctorow #Evil #Love_Internet

  • Kevin Limonier, géographe : « Il n’existe aucune limite à ce que l’on peut imaginer en matière de déstabilisation de l’adversaire dans le cyberespace »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/kevin-limonier-geographe-dans-la-cyberguerre-les-dimensions-virtuelle-et-phy

    Quand la Russie a attaqué l’Ukraine, tout le monde s’attendait à un conflit d’un genre très nouveau, dominé par la « cyberguerre ». Finalement, à l’exception de la place énorme prise par les drones, c’est une guerre assez classique qui se déroule…

    Quand la guerre a commencé, le monde n’avait encore jamais été confronté à un conflit de haute intensité à l’ère numérique. On s’attendait alors à des cyberattaques spectaculaires. Mais on avait oublié que dans une guerre, bombarder une école ou un orphelinat serait toujours beaucoup plus marquant, beaucoup plus cruel, beaucoup plus atroce que n’importe quelle attaque informatique.

    La cyberguerre est moins sanglante, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas lieu. Et il n’existe aujourd’hui aucune limite à ce que l’on peut imaginer en matière de déstabilisation de l’adversaire dans le cyberespace. Car nous sommes aujourd’hui en permanence connectés à une multitude d’objets qui sont autant de fragilités : téléphones, ordinateurs, feux de signalisation, distributeurs de billets, caméras de surveillance… Nos sociétés se sont massivement numérisées, mais mal. Elles n’ont pas intégré pleinement les enjeux de sécurité.

    Pendant longtemps, l’erreur a été de croire que la cyberguerre avait lieu dans un monde virtuel distinct du monde physique. On imaginait qu’il s’agissait d’une autre guerre – une guerre de hackeurs, de spécialistes déconnectés de ce qui se passe dans le monde physique. Or c’est tout l’inverse qui a lieu : les deux dimensions, virtuelle et physique, sont en réalité complètement imbriquées.

    Dans la guerre, la sécurité des serveurs informatiques est-elle cruciale ?

    Le contrôle de toutes les infrastructures numériques l’est. Quand les Ukrainiens ou les Russes prennent le contrôle d’une localité, une des premières choses qu’ils font est de déconnecter ce village du réseau de l’adversaire pour le reconnecter au leur. Ce sont des manœuvres purement physiques : poser des câbles, débrancher, rebrancher… Elles sont essentielles, car un belligérant ne peut plus, aujourd’hui, tolérer qu’une partie de son territoire physique dépende d’un réseau lié à l’adversaire.

    Le défi est pourtant immense : il s’agit de proposer une représentation intelligible de la réalité géopolitique d’aujourd’hui, qui est d’une complexité incroyable car multidimensionnelle. Chaque événement peut avoir des répercussions inattendues dans des dimensions ou des lieux parfois très éloignés. Les crises deviennent des systèmes, où les dimensions numérique et physique sont en osmose.

    #Guerre #Cyberguerre #Culture_numérique #Géopolitique

  • Hommage à Eric Bruillard
    https://www.cafepedagogique.net/2026/04/07/hommage-a-eric-bruillard

    Eric Bruillard, professeur en sciences de l’éducation et spécialiste des technologies informatiques dans l’éducation et la formation est décédé récemment. Il participait à une conférence sur les ressources numériques en décembre dernier animée par le Café pédagogique.

    Lors de la conférence, Eric Bruillard expliquait que le véritable changement apporté par le numérique à l’école ne résidait pas dans les ressources elles-mêmes, mais dans la manière dont elles sont conçues, partagées et utilisées. Pour lui, le numérique et l’IA largement utilisés par les enseignants, notamment pour préparer leurs cours, a élargi les possibilités pédagogiques. Il soulignait que l’abondance d’outils ne faisait pas forcément gagner du temps aux enseignants, car elle peut au contraire en demander davantage. Il est revenu sur une opposition entre papier et numérique, exagérée selon lui : les enseignants utilisent les deux de façon complémentaire. Après une forte adoption du numérique, notamment pendant le confinement, il observait un retour partiel au papier, permettant de ralentir le rythme de l’apprentissage face à l’accélération induite par les technologies.

    #Eric_Bruillard

  • [C&F] Francesca Musiani, vidéos, radio, articles… et un livre
    https://newsletter.cfeditions.com/2026_04_02_Francesca_Musiani_medias.html

    Francesca Musiani, vidéos, radio, articles… et un livre

    Bonjour,

    Francesca Musiani occupe une place importante dans la recherche autour de l’Internet. Une recherche qui ne peut pas, ne peut plus, se limiter au domaine purement technique (informatique, télécommunications, électronique…) mais doit embrasser largement les sciences humaines et sociales.

    En dirigeant le Centre Internet & Société du CNRS, Francesca Musiani apporte un regard proprement politique sur le réseau. Le CIS anime et regroupe l’activité de plus de 800 chercheurs et chercheuses en France, ce qui permet au CNRS d’avoir un véritable regard à 360° sur les évolutions des pratiques sociales et politiques du numérique. Non seulement le réseau Internet est devenu un système nerveux central de nos sociétés, mais chaque segment mérite une analyse approfondie tant les enjeux politiques y sont inscrits.

    Le livre que Francesca Musiani vient de publier chez C&F éditions analyse la politique de l’Internet par les infrastructures. Rien de magique : si vous pouvez consulter vos médias favoris depuis votre téléphone, c’est qu’une large infrastructure matérielle (câbles, centres de données, matériel…) et immatérielle (protocoles, normes…) le rend possible. Et donc la présence au sein du réseau de nombreux objets porteurs de controverses, voire de conflits politiques.

    Un ouvrage indispensable pour sortir de la focalisation sur les applications et les manipulations et repenser pleinement la politique et la géopolitique de l’Internet (Ah, si on pouvait le faire lire ce livre aux députés et aux éditorialistes…).

    #Francesca_Musiani

  • [C&F] Éric Bruillard est parti faire l’école buissonnière
    https://newsletter.cfeditions.com/2026_04_07_eric_bruillard.html

    C’est avec beaucoup de peine que nous apprenons le décès d’Éric Bruillard. Un ami et un auteur de C&F éditions à qui je voudrais rendre ici un petit hommage.

    J’ai connu Éric dans les couloirs du laboratoire d’informatique de l’université de Caen. Toujours hyperactif, attiré en permanence vers de nouveaux projets capables d’intégrer l’informatique à l’école sans nuire aux relations de transmission qui restent des activités profondément humaines. Il avait l’enthousiasme chevillé au corps, toujours positif. Il ne croyais pas à une informatique de remplacement, qui est trop souvent le discours des « édu-tech », mais à un usage d’accompagnement. La transmission se fait dans le contact humain, mais le support peut tout à fait utiliser des outils techniques.

    Portrait Eric Bruillard Son approche de la didactique mettait toujours en avant le collectif, l’école comme institution complexe, avec de nombreuses interactions qui construisaient avant tout des personnes, des individus devenant autonomes. L’apport de l’informatique à l’enseignement, une fois ce cadre de lutte contre les inégalités mis en place, le passionnait. Il était prêt à expérimenter, en local ou à distance. Mais il s’opposait à la logique d’individualisation de l’enseignement, à base de performances calculées et de compétition permanente.

    Son projet d’enseignement basé sur les énigmes organisait en ligne la réponse collective et discutée d’un groupe d’apprenants. Ce n’était pas le concours de celui ou celle qui trouverait le plus vite, mais bien la foire aux indices que l’on se partageait et qui faisaient avancer la résolution. Ce projet a fait l’objet d’un ouvrage pédagogique que nous avons publié (Apprendre avec les énigmes. La résolution collective d’énigmes comme levier pédagogique).

    Alors même qu’il défendait une informatique didactique, il était inquiet des conséquences de la formation instrumentée sur l’égalité de tous et toutes. La période du confinement a été ainsi un test qui a bien montré la place centrale de ce lieu qu’est l’école, malgré certaines lourdeurs, pour regrouper les savoirs et les échanger. Quand l’isolement renvoyait aux conditions d’existence, l’école – et cela fait plus d’un siècle que ça dure – restait un outil de progression collective du savoir et de sa transmission.

    Au sortir du confinement de 2020, nous avons souhaité créer un ouvrage montrant l’importance de l’ensemble de l’école comme espace de socialisation (L’École sans école). Nous voulions y publier les approches des divers intervenant·es qui y exercent (outre les enseignant·es, les personnels de service, les employé·es des cantines, les psychologues et infirmières, les conseillers et conseillères d’éducation participent de son rôle pédagogique). Nous avons demandé à Éric un texte de perspective, qui fera la conclusion du livre.

    Il nous a proposé un texte sur l’école buissonnière, la capacité à s’émerveiller de la nature et à s’absenter un moment aidant aussi à trouver sa place au sein de la collectivité. Il plaidait pour « l’école dehors », une approche par le concret de l’observation. En collectif, pour ne pas se cacher derrière les buissons, mais bien d’observer la vie à hauteur de buisson. C’est devenu depuis un mouvement qui donne lieu à des conférences bisannuelles pour promouvoir cette logique de « sortir de la classe ».

    Si vous voulez découvrir ce texte d’Éric Bruillard, nous venons de le rendre disponible au simple téléchargement. Comme un hommage à son approche toujours décalée, mais toujours pertinente.

    Télécharger L’école buissonnière confinée au format pdf
    https://cfeditions.com/sans-ecole/ressources/ese_Bruillard_Extrait.pdf

    Ce texte, plein d’humour est également une manière de retrouver le côté toujours positif et tourné vers l’avenir d’Éric Bruillard. Pas plus tard qu’en février dernier, quand je lui demandais des nouvelles de sa santé, il me répondait en parlant de ses projets en cours. La crainte du lendemain ne doit jamais nous empêcher de croire dans l’avenir.
    Salut Éric,

    Hervé Le Crosnier

    #Eric_Bruillard

  • Les clubs de lecture, des salons littéraires remis à la mode par les réseaux sociaux - Reportage culture - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/podcasts/reportage-culture/20260403-les-clubs-de-lecture-des-salons-litt%C3%A9raires-remis-%C3%A0-la-mode-p

    Alexandre, le fondateur de ce club de lecture, abonde : « La lecture, c’est quelque chose qu’on fait seul. Pourtant, on adore en parler. Les gens adorent parler de ce qu’ils ont lu, donc le fait de savoir qu’on va pouvoir se retrouver dans un mois pour parler d’un même bouquin, se recommander des livres. Cela fait du bien. » Pour ce jeune homme, tout a commencé sur les réseaux sociaux il y a quelques mois : pour son trentième anniversaire, ses proches lui offrent une trentaine de livres, qu’il décide de faire découvrir à d’autres internautes sur les réseaux sociaux. En quelques semaines, plus de 7 000 personnes se sont mises à le suivre. « Dès que j’ai commencé à créer du contenu sur les réseaux, reprend-il, j’ai constaté qu’il y avait une vraie demande de rencontre dans mes commentaires. »

    Ce phénomène, assez récent, a tout à voir avec les plateformes sociales et l’omniprésence des nouvelles technologies. Anne Cordier est sociologue, spécialiste des usages numériques de la jeunesse. Selon elle, cette tendance « est liée à l’hyperconnexion, rendue nécessaire notamment dans les cadres professionnels. Il y a besoin de s’en libérer. Cela passe par des moyens d’évasion, en l’occurrence ces clubs de lecture in situ, entre individus. »
    Sortir de la polarisation

    Les clubs de lecture sont aussi une manière, pour ces jeunes adultes, de « reprendre le pouvoir, estime encore Anne Cordier. Il y a une question de pouvoir d’agir ici. Réorganiser ensemble, mais tel qu’on le souhaite, des échanges, dans un cadre à la fois incarnant et incarné. »

    Il s’agit aussi de faire renaître la flamme du débat, mais loin de la polarisation qui règne sur les réseaux sociaux. « Le principe de base, c’est de se disputer dans le bon sens du terme : confronter des avis, des opinions et trouver – ou pas – un terrain d’entente, mais toujours dans des espaces d’échange qui reposent sur l’écoute et le respect. »

    Clémence, venue pour la deuxième fois au bookclub d’Alexandre, ne l’aurait pas dit autrement : « C’est vrai que c’est sympa, de confronter nos points de vue, de se dire qu’on n’est pas d’accord. » Mais l’écoute demeure le maître mot, et là-dessus, le fondateur du bookclub est implacable : « Dans le cadre du club, on a le droit d’avoir des avis tranchés, mais on a surtout le droit de le dire à d’autres gens dans le respect et le calme. L’esprit, ce n’est pas de s’écharper, chacun doit avoir la place d’exposer ses arguments. » En bref : les polars, c’est oui. La polarisation, c’est non.

    #Lecture #Anne_Cordier

  • Hommage à Eric Bruillard | Faculté Sociétés et Humanités
    https://u-paris.fr/societes-humanites/hommage-a-eric-bruillard

    Nous venons d’apprendre le décès de notre collègue E. Bruillard, professeur en Sciences de l’éducation et spécialiste de l’utilisation des technologies informatiques dans l’éducation et la formation.

    Technophile, mais pas technolâtre, Eric Bruillard a su conjuguer un regard à la fois critique et constructif sur l’usage des technologies informatiques en éducation. Critique car il n’a jamais cédé à l’engouement suscité par les dernières innovations, et constructif car il a lui-même construit et participé à des formes très variées d’enseignements impliquant des outils informatiques. Mathématicien et informaticien de formation, il s’est d’abord intéressé à la didactique de l’informatique puis a élargi ses travaux aux usages des outils numériques dans des contextes de formation variés. Attentif aux effets multiples de l’introduction de ces « innovations », il a pu montrer que ces outils sans un accompagnement, sans des dynamiques collectives, peuvent accroître les inégalités scolaires, contrairement aux discours des promoteurs de la personnalisation de l’enseignement grâce aux outils numériques. « Le numérique peut permettre de personnaliser l’éducation, mais souvent avec une visée de performance individuelle au détriment de la gestion collective, vers la compétition plus que la coopération. Comme l’ont montré diverses analyses, l’apprentissage personnalisé va trop souvent de pair avec une éducation dépersonnalisée. »

    Amusé et agacé par les discours récurrents sur les « révolutions de l’enseignement », il montrait que les enjeux majeurs n’étaient pas nécessairement « technologiques ». Comme il aimait à le rappeler, l’enseignement hybride existe depuis que les devoirs à la maison existent et les problèmes qu’ils posent aussi ! « En matière d’innovation d’usages ce qui fonctionne ce sont les innovations ascendantes. La pédagogie ne se prouve pas, elle s’éprouve. J’ajouterai que je n’aime pas l’expression « pédagogie numérique », ce sont les instruments utilisés qui sont numériques, pas la pédagogie (qui n’a rien de numérique). Une autre façon de le dire est que la pédagogie numérique est à la pédagogie ce qu’est la musique militaire à la musique ou la démocratie populaire à la démocratie. »

    Eric avait mis ses compétences au service de la faculté SH en acceptant une charge de mission « intelligence pédagogique » qu’il préférait à « innovation pédagogique » au cours de laquelle il a notamment contribué à l’évolution notamment de la formation de collègues nouvellement recrutés. Nous lui en sommes reconnaissants et adressons nos sincères condoléances à ses proches.

    L’équipe décanale de la Faculté Sociétés & Humanités

    #Eric_Bruillard

  • Et si lire rendait les Français plus heureux ? Ce que révèlent les études
    https://actualitte.com/article/130380/enquetes/et-si-lire-rendait-les-francais-plus-heureux-ce-que-revelent-les-etudes

    L’enquête Ipsos sur le bonheur en 2026 ne parle presque jamais de livres. Pourtant, en croisant ses résultats avec les travaux sur la lecture-plaisir, un faisceau cohérent apparaît : famille, santé mentale, sentiment de sens, qualité de l’attention, sociabilité. Autant de dimensions que le livre ne mesure pas directement, mais qu’il façonne en profondeur, de l’enfance aux bibliothèques.

    #Lecture #Bonheur #Empathie

    • Le gamin a 5 ans, à tout casser. S’il est capable d’aborder – et d’apprécier – des livres de ce type, il est particulièrement précoce.

      la recherche sur l’image est assez compliquée car elle est très présente mais (presque) jamais créditée correctement…
      (merci Slate)

      au final, voici l’auteur :
      Ben White @unsplash
      https://unsplash.com/fr/@benwhitephotography

      I consider myself a servant of Jesus Christ. I love finding beauty in simple things. I want everything I do to bring honor and glory to God. If you would like to help me out so I can continue bringing you more photos, I’d be grateful!

      la photo est légendée

      boy sitting on bench while holding a book

      https://unsplash.com/fr/photos/boy-sitting-on-bench-while-holding-a-book-4K2lIP0zc_k

      des variantes se trouvent sur iStock (qui le tient lui-même d’une autre banque d’images), légendée
      Plan rapproché d’un enfant surpris avec une bible ouverte sur ses genoux et un arrière-plan flou
      https://www.istockphoto.com/fr/photo/plan-rapproché-dun-enfant-surpris-avec-une-bible-ouverte-sur-ses-genoux

    • petite expérience avec ChatGPT

      quel est l’âge de l’enfant représenté sur la photo ?
      Il est difficile de donner un âge exact juste à partir de la photo, mais l’enfant semble être un jeune enfant, probablement entre 3 et 5 ans.

      peut-on identifier le type de livre qu’il tient entre les mains ?
      On ne peut pas identifier précisément le livre, mais certains indices sont visibles :
      • Il est assez épais, avec du texte dense sur les pages.
      • Il ne semble pas contenir d’illustrations visibles.
      • La mise en page rappelle celle d’un texte structuré en colonnes ou en paragraphes réguliers.
      Cela fait penser à un livre de type religieux (comme une Bible) ou éventuellement à un roman ou un ouvrage pour adultes, plutôt qu’à un livre pour enfants illustré.

      peux-tu identifier la bibliothèque d’images d’où provient la photo ?
      Oui — on peut identifier assez précisément l’origine de cette image.
      Cette photo correspond à une image de banque d’images (stock photo), et elle est notamment disponible sur la plateforme iStock (groupe Getty Images).

      et le lien fourni sur iStock :-)
      (c’est pas comme ça que j’ai trouvé l’auteur…)

    • je suis en train d’expérimenter ce qui marche et… ce qui ne marche pas avec ces LLM, en particulier pour la recherche – tu me connais…

      ici, l’analyse d’image – qu’avait faite @arno – est assez impressionnante, mais la recherche de la source ne marche pas (provient d’une banque d’images -> ah merci, je ne m’en serais pas douté ;-)
      mais ça ne marche pas mieux sur google, aussi bien recherche d’images que par mots-clés, on en a beaucoup trop
      comme je l’ai dit, la solution est de consulter les sites qui l’utilise en espérant tomber sur un qui fait son boulot et crédite proprement les images, y compris issues de banques d’images libres de droit (c’est pas fréquent, merci Slate, bis et il y a des sites où tu vas même pas voir…)

      sur un tout autre sujet, je cherchais qui avait introduit la prime de majorité dans les élections locales, après quelques tentatives sur google ou, directement, sur Légifrance, il m’a suffi d’une seule requête sur ChatGPT pour avoir la réponse.

      Ça date de la loi du 19/11/1982. C’est donc sur une réforme de l’époque Mitterrand/Mauroy/Deferre que repose depuis 40 ans la vie locale. Et personne ne conteste cet héritage.
      Ah ben si ! et c’est tout frais : une loi du 11/08/2025 a abaissé la prime de majorité à 25% pour Paris, Lyon et Marseille, loi ad feminam et hors des usages républicains établis car votées moins d’un an (7 mois) avant les élections dont elle modifiait le déroulement, puisqu’elle visait à donner un coup de pouce à une candidate (à qui ça n’a pas suffi, d’ailleurs)

  • What Happens When a Whale Is Born ? | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/culture/the-lede/what-happens-when-a-whale-is-born

    Un récit fabuleux sur la naissance d’un cachalot et l’action de groupe pour permettre sa survie.

    For the next two hours, the whales remained bunched together. They seemed to be nudging the baby around, but what, exactly, was going on was hard to say from the vantage of the catamaran.

    The researchers spent almost two years analyzing the drone footage, applying machine learning in combination with good, old-fashioned field biology. Today, they released a pair of papers chronicling what happened that July morning, one in the journal Science, the other in Scientific Reports. Their findings suggest that the whales offered the calf’s mother a level of assistance that puts midwifery to shame.

    “I think it’s very enlightening to see another species working with such coöperation and care for their group,” Project CETI’s founder, David Gruber, who teaches biology at the City University of New York, told me. “Meanwhile, we do horrible things to each other. So there’s something to learn from them.”

    Sperm whales have the largest brains of any creature on Earth. (These can weigh up to twenty pounds.) They are also highly social animals. Females travel together in groups that may include anywhere from a few to a few dozen members, and they share child-rearing duties. Male calves remain with their group until they are about fifteen years old; after that, they lead solitary lives and approach female groups only to mate.

    #Cachalot #Baleine #Naissance

  • Tech legend Stewart Brand on Musk, Bezos and his extraordinary life: ‘We don’t need to passively accept our fate’ | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2026/feb/25/tech-legend-stewart-brand-on-musk-bezos-and-his-extraordinary-life-we-d
    https://i.guim.co.uk/img/media/fa0c51ed084609737d1e738562928169ab0d071d/417_0_4167_3333/master/4167.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&precrop=40:

    He was at the heart of 1960s counterculture, then paved the way for the libertarian mindset of Silicon Valley. At 87, Brand is still keen to ensure the world is maintained properly – not just today, but for the next 10,000 years
    Steve Rose
    Steve Rose
    Wed 25 Feb 2026 13.00 CET
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    Stewart Brand thinks big and long. He thinks on a planetary scale – as suggested by the title of his celebrated Whole Earth Catalog – and on the longest of timeframes, as with his Long Now Foundation, which looks forward to the next 10,000 years of human civilisation. He has had a lifelong fascination with the future, and anything that could get us there faster, from space travel to psychedelic drugs to computing. In fact, he was arguably the bridge between the San Francisco counterculture of the 60s and present-day Silicon Valley: in his commencement speech at Stanford University in 2005, Steve Jobs eulogised the Whole Earth Catalog and Brand’s philosophy, and echoed its farewell mantra: “Stay hungry. Stay foolish.”

    You could say that Brand has also lived big and long. He is now 87 years old, in the final chapters of an eventful and adventurous life that has crossed paths with some of the most consequential events and figures of his era. He has been a writer, an editor, a publisher, a soldier, a photojournalist, an LSD evangelist, an events organiser, a future-planning consultant, even a government adviser (to the California governor Jerry Brown in the late 70s). “There was a time when people asked me, ‘What do you do?’ I said, ‘I find things and I found things,’” says Brand, as in he is a founder. He is speaking from a library where he likes to work in Petaluma, California, not far from his houseboat in Sausalito. “I’m always searching for good stuff to recommend, and good people.”
    Stuart Brand in 2021, by his big mechanical clock
    Brand while he was building ‘the clock of the long now’, designed to keep accurate time for 10,000 years. Photograph: San Francisco Chronicle/Hearst Newspapers/Getty Images

    In light of his epic life, Brand’s latest project hinges on what sounds like the most mundane topic imaginable: maintenance. It is “not automatically an exciting concept,” Brand readily admits, but once he started thinking about it, he realised you could view just about everything in terms of it, and a lot could be revealed by doing so: “Maintenance is what keeps everything going. It’s what keeps life going.”

    His new book is titled Maintenance: Of Everything, Part One. It is the first of a planned 13 instalments, Brand explains, and it deals with the most literal, material forms of maintenance. Subsequent instalments will investigate everything from buildings to communities, institutions to the human body, plus planetary and environmental maintenance. So perhaps not such a departure after all in terms of long, big thinking. “I fell into it realising it was a tremendously ambitious thing, because I was going to be writing about a range of things I know nothing about,” he jokes.

    #Maintenance #Stewart_Brand

  • Meta and YouTube designed addictive products that harmed young people, jury finds | Meta | The Guardian
    https://www.theguardian.com/media/2026/mar/25/jury-verdict-us-first-social-media-addiction-trial-meta-youtube?mc_cid=
    https://i.guim.co.uk/img/media/ad7abdf53572b6a299b623200cecd84634ed160c/412_16_2250_1799/master/2250.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&precrop=40:

    Meta and YouTube have been found liable for deliberately designing addictive products that hooked a young user and led to her being harmed, a jury ruled on Wednesday. Jurors found the tech companies to be both negligent and having failed to provide adequate warnings about the potential dangers of their products.
    Man looks
    Meta ordered to pay $375m after being found liable in child exploitation case
    Read more

    The jury awarded the plaintiff in the case damages of $6m, with Meta to pay 70% and YouTube the remainder. It took nearly nine days of deliberations for the Los Angeles jury to reach its verdict. This lawsuit, over social media’s alleged harm to young people, was the first of its kind to go to trial.

    Over the course of the six-week trial, which took place in Los Angeles superior court, jurors heard from top executives at Meta and YouTube, whistleblowers, expert witnesses on social media and addiction, and a 20-year-old woman at the center of the lawsuit, who has gone by the initials KGM for court proceedings.
    Family members of victims react to news that the jury has found Meta and YouTube liable.
    Family members of victims react to news that the jury has found Meta and YouTube liable. Photograph: Frederic J Brown/AFP/Getty Images

    KGM testified that she became addicted to YouTube at age six and Instagram at nine, which she said had deleterious effects on her wellbeing. By age 10, she said, she had become depressed and was engaging in self-harm as a result. Her social media use allegedly caused her to have strained relationships with her family and in school. When she was 13, KGM’s therapist diagnosed her with body dysmorphic disorder and social phobia, which KGM attributes to her use of Instagram and YouTube.

    “How do you make a child never put down the phone? That’s called the engineering of addiction. They engineered it, they put these features on the phones,” Mark Lanier, KGM’s lawyer said during closing arguments last week. “These are Trojan horses: they look wonderful and great … but you invite them in and they take over.”

    #YouTube #Addiction #Meta #Procès

  • ‘Another internet is possible’ : Norway rails against ‘enshittification’ | Norway | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2026/mar/16/norway-rails-against-enshittifcation-deliberate-tech-deterioration
    https://i.guim.co.uk/img/media/92b2cce8d3879dd155c4dd5fea9c9cc0d127ff8d/1520_0_3600_2880/master/3600.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&precrop=40:

    Une vidéo hilarante... longue, m’ais il faut aller jusqu’au bout ;-)

    The video’s opening shot shows a man hiding under a bed snipping in a hole in someone’s sock. Seconds later, the same man uses a saw to shorten a table leg so that it wobbles during breakfast. “My job is to make things shitty,” the man explains. “The official title is enshittificator. What I do is I take things that are perfectly fine and I make them worse.”

    The video, released recently by the Norwegian Consumer Council, is an absurdist take on a serious issue; it is part of a wider, global campaign aimed at fighting back against the “enshittification”, or gradual deterioration, of digital products and services.

    “We wanted to show that you wouldn’t accept this in the analogue world,” said Finn Lützow-Holm Myrstad, the council’s director of digital policy. “But this is happening every day in our digital products and services, and we really think it doesn’t need to be that way.”

    Coined by author Cory Doctorow, the term enshittification refers to the deliberate degradation of a service or product, particularly in the digital sphere. Examples abound, from social media feeds that have gradually become littered with adverts and scams to software updates that leave phones lagging and chatbots that supplant customer service agents.

    #Emmerdification #Vidéo

  • Google Just Patented The End Of Your Website
    https://www.forbes.com/sites/joetoscano1/2026/03/06/google-just-patented-the-end-of-your-website

    A patent granted to Google on January 27, 2026 titled “AI-generated content page tailored to a specific user” describes a system that evaluates your company’s landing page in real time and, if it decides the page won’t perform well enough for a specific user, replaces it with an AI-generated version assembled on the fly. The user never sees what your team built, they see what Google’s machine learning model thinks they should see instead.

    This isn’t a feature announcement, it’s a patent, meaning Google has legally protected the ability to do this. Whether and when they deploy it is a separate question, but the direction is unmistakable – your website may soon be optional.

    On its own, WebMCP is a significant technical shift. But put it next to this patent and the strategy becomes unmistakable. Google isn’t just making agents more efficient, there’s a bigger vision to build a system where websites are disassembled into its component parts, and reassembled by AI systems (Google and others) to best serve each individual user. WebMCP turns your website into those parts and provides instructions on how to use them. Patents like the one in this article allow Google to determine what’s done with the parts.

    If there’s one insight we all need to focus on most, it’s this: your job is no longer to build a destination. It’s to build a parts library. And one that’s well documented so that when an AI agent re-assembles those parts for the human on the other side, the parts are put together in a way you wish to be represented.

    Patent US12536233B1, “AI-generated content page tailored to a specific user,” was granted to Google LLC on January 27, 2026. The patent was filed January 3, 2025, with a provisional dating back to July 25, 2024. Google has also filed a parallel European application, suggesting this isn’t a speculative experiment — it’s a direction they’re protecting across major markets.

    #IA #Google #Web #Folie_douce #Travailleurs_du_clic

  • No H.I.V. Aid Without More Access to Minerals: U.S. Ponders ‘Sticks’ Against Zambia - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2026/03/16/health/zambia-hiv-aid-minerals-trump.html

    On est où là ?

    The State Department is considering withholding lifesaving assistance to people with H.I.V. in Zambia as a negotiating tactic to force the government of the southern African country to sign a deal giving the United States more access to its critical minerals.

    “We will only secure our priorities by demonstrating willingness to publicly take support away from Zambia on a massive scale,” a draft of a memo prepared for Secretary of State Marco Rubio by the department’s Africa Bureau staff says. A copy of the memo was obtained by The New York Times.

    Some 1.3 million people in Zambia rely on daily H.I.V. treatment that is provided through the decades-old U.S. President’s Emergency Plan for AIDS Relief (known as PEPFAR) and on tuberculosis and malaria medications that save tens of thousands of Zambian lives each year. The Trump administration is considering whether to “significantly cut assistance” as soon as May, to increase pressure on Zambia, the memo says.

    #Folie #Inhumanité #Etats-Unis

  • European companies tell European Union what American tech companies have been trying to: We are not truly in the position to ... | - The Times of India
    https://timesofindia.indiatimes.com/technology/tech-news/european-companies-tell-european-union-what-american-tech-companies-have-been-trying-to-we-are-not-truly-in-the-position-to-/articleshow/129609252.cms

    A European carmaker also said moving away from existing infrastructure would require additional time and investment. Many European companies, especially those with international operations, have built their digital systems on US platforms. According to businesses and industry experts, replacing those systems would involve retraining employees, rewriting software, renegotiating contracts, and managing operational disruptions. Several companies also say comparable European alternatives remain limited.Multinational companies have spent decades building their processes, productivity, and “sometimes even their business model on tech bricks that come from the US,” said Francesca Musiani of the French National Centre for Scientific Research.She noted that private companies find it harder to justify decisions based on sovereignty or national security if the alternatives increase costs or reduce performance. “They are in a global competition logic where any operational slowing down can be translated into losing market share,” Musiani added.

    #Souveraineté #Francesca_Musiani