Articles repérés par Hervé Le Crosnier

Je prend ici des notes sur mes lectures. Les citations proviennent des articles cités.

  • affordance.info : L’homme qui a vu des données. Nuit de la publication et brouillard de l’intentionnalité.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/10/homme-qui-a-vu-des-donnees.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef0263e9707839200b-600wi

    Tout tient dans ces quelques lignes. Plus de quinze ans de débat sur la responsabilité éditoriale des plateformes. Tout tient dans ces quelques lignes. La solution et le problème. Zuckerberg n’a pas décidé de bannir les discours de négation ou de remise en question de l’Holocauste parce qu’ils étaient contraire à la morale ou démentis par la vérité de l’Histoire. Il l’a décidé. Seul. Parce qu’il avait vu, seul, « des données ». Tout tient dans ces quelques lignes. Le problème Mark Zuckerberg. Le problème de 2,5 milliards d’utilisateurs. Et la solution Mark Zuckerberg. La solution d’un seul.

    Quelles données ? Nul le le sait sauf Zuckerberg lui-même. Que disaient elles ces données ? Que les violences antisémites augmentaient.

    Mais ce choix de Zuckerberg est aussi et avant tout une épiphanie. Celle de ce qu’Antoinette Rouvroy nomme « gouvernementalité algorithmique » : « La gouvernementalité algorithmique est l’idée d’un gouvernement du monde social qui serait fondé sur le traitement algorithmique des données massives plutôt que sur la politique, le droit et les normes sociales. » Quelle preuve plus éclatante - et alarmante - que celle là ?

    Zuckerberg est à la responsabilité éditoriale ce que le chat de Schrödinger est à la mécanique quantique. Il est responsable et en même temps il ne l’est pas. Au nom du premier amendement et du modèle économique de sa plateforme il doit garantir que tout puisse être dit et il doit rassurer sur le fait que tout ne peut pas l’être, en tout cas publiquement. Et toute la mécanique quantique de cet équilibre tient dans ces 12 lettres. « Publiquement ».

    Au final, plus la bulle Facebook gonfle et plus celle de l’espace public authentique et sincère se dégonfle. Ce n’est pas un hasard si cette plateforme se demande en Octobre 2021 s’il faut bannir les comptes négationnistes. Pas un hasard non plus si à chaque attentat ou crime terroriste - et celui de Samuel Paty vient encore de nous le rappeler - la frénésie médiatique sombre dans la même pantomime ridicule où l’on s’écharpe sur le non problème de l’anonymat et sur la capacité de censure directe et discrétionnaire comme alpha et oméga d’un débat qui évite soigneusement de mettre en cause les fonctionnalités techniques des plateformes qui produisent des conditions d’énonciation dégradées et toxiques au même titre que les conditions de production chez Marx produisent et fabriquent et déterminent des conditions d’exploitation.

    #Olivier_Ertzscheid #Facebook #Espace_public

  • SonarSource Blog » For secure code, maintainability matters
    https://blog.sonarsource.com/for-secure-code-maintainability-matters

    Author Robert Collier said that “Success is the sum of small efforts repeated day in and day out.” That’s especially true when it comes to security. By now we all understand that securing your systems isn’t as simple as installing a firewall and calling it a day. Instead, it’s multiple actions and strategies in concert, implemented consistently over time. And believe it or not, one small but important strategy is simply writing code that’s reliable (bug-free) and maintainable (easy to understand). Yes, I know that sounds too simple, and possibly even self-serving. So in this post I’ll lay out some of the evidence for how writing reliable and maintainable code means you’re inherently writing more secure code.

    In fact by one count, about 60% of CWEs aren’t vulnerabilities at all. CWE-699 is the Software Development view. It “organizes weaknesses around concepts that are frequently used or encountered in software development”. It contains 40 sub-categories, including Complexity Issues, Numeric Errors and Bad Coding Practices. Of the 59 leaf listings under Bad Coding Practices, the first is the beautifully emblematic CWE-478, Missing Default Case in Switch Statement.

    This is not a rule most people see as important for Code Security. At SonarSource, we don’t even class it as a Bug, but as a Code Smell / Maintainability problem. But its inclusion in the CWE says that experts in the field see it as important for security. Because the small consistent efforts like providing default clauses help you write “code that is obviously right”.

    #Scurité_informatique #Codage #Maintenance #Programmation #Heartbleed

  • Une enquête pour percer les bulles de filtres sur les réseaux sociaux
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/ia-machine-learning-iot/enquete-decrypter-algorithmes-facebook-youtube

    Pendant plusieurs mois, le site d’information The Markup va analyser les contenus proposés par les plateformes à 1 200 personnes.

    On sait que les réseaux sociaux utilisent nos informations, nos likes et nos recherches pour mieux nous cerner, nous conforter dans des bulles de filtres et nous proposer certains types de contenus et publicités. Mais malgré les nombreuses enquêtes sur le sujet, nous connaissons encore mal tous les rouages des algorithmes utilisés.
    Un navigateur fait-maison pour mener l’enquête

    Pour tenter d’y voir plus clair, The Markup, un site d’information à but non lucratif, a lancé le 16 octobre un navigateur baptisé The Citizen Browser. 1 200 personnes de différents âges, origines ethniques, genres, opinions politiques, ont été choisies (et seront payées) pour l’utiliser pendant plusieurs mois lors de leurs visites sur Facebook et YouTube. Il s’agit d’un panel représentatif de la population américaine, souligne The Markup.

    Le but est de savoir quel contenu est proposé à quelle personne. Les journalistes derrière ce projet pourront faire des connexions entre le profil démographique des participants et les contenus qui apparaissent sur leurs fils. Les données des panélistes seront anonymisées, précise le site.

    Selon Julia Angwin, rédactrice en chef de The Markup interrogée par Fast Company, cette enquête menée en partenariat avec le New York Times permettra de savoir si les plateformes proposent les même contenus à une personne noire et une personne blanche par exemple, ou si certaines informations (ou fausses informations) sont davantage mises en avant sur le fil d’un conservateur versus celui d’un libéral. On sait déjà, grâce à une récente enquête de Radio France, que Facebook ne propose pas les mêmes offres d’emplois aux hommes et aux femmes. Il est donc possible que d’autres différences existent.
    Percer les bulles de filtres

    « Les réseaux sociaux dictent les informations que le public consomme grâce à des algorithmes “boîtes noires” conçus pour maximiser les profits au détriment de la vérité et de la transparence. Le Citizen Browser Project est un puissant moyen de contrôler la responsabilité de ce système, de percer les bulles de filtres et d’orienter le public vers un discours plus libre et démocratique », expose Julia Angwin sur le site de The Markup. La vérité d’un algorithme ne réside pas tant dans la manière dont il est écrit, mais dans les résultats qu’il produit, considère la journaliste qui a mené plusieurs enquêtes sur le sujet.

    Les résultats de cette grande investigation au procédé inédit seront publiés l’année prochaine.

    #Facebook #Bulle_filtre #Algorithme #Enquête #Individualisation

  • « Pour les élèves des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence » par Cloé Korman
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/10/21/pour-les-eleves-des-quartiers-populaires-la-possibilite-de-s-exprimer-est-ba

    Une excellent tribune, à lire absolument.

    Tribune. Conflans-Sainte-Honorine, 78, ce contexte précis : il y a une ironie redoublée dans l’horreur de ce qui s’est produit, qui tient à la sociologie de l’endroit, puis à son traitement médiatique. Le nom de cette ville, je l’ai vu apparaître des dizaines de fois dans les phares de ma voiture, vers 7 h 30 du matin, en allant enseigner juste à côté, dans le lycée d’Herblay (Val-d’Oise) où je faisais mon stage de professeure de français. J’ai rarement vu un lieu, en France, aussi équilibré sur le plan social et ethnique que ce petit lycée de région parisienne.

    L’équilibre entre les origines de mes élèves, les professions des parents, les couleurs de peau : quiconque veut contempler le visage idéal, et quand même assez rare de la République, devrait se précipiter avec sa voiture, ou la ligne J, en direction de la Patte-d’Oie d’Herblay, et rencontrer les élèves de mon ancien lycée. Ou ceux du collège du Bois-d’Aulne de Conflans – les visages des élèves de Samuel Paty.

    Constater que le terrorisme a pu y trouver des complices, trouver ici un parent suffisamment fanatisé pour faire alliance, met au désespoir. Depuis ce 16 octobre, il y aura donc une preuve que « même là » et qu’« ici aussi », l’islamisme aura pu faire la publicité de son emprise avec sa signature, celle de caricaturer l’islam.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Le fanatisme remplace Dieu par un objet fini et croit ainsi pouvoir le posséder »
    La séduction du cours

    En outre, si je n’étais moi-même si mécréante, j’aurais l’impression d’entendre une deuxième fois le rire du diable en voyant le glissement qui se produit entre Conflans, « une banlieue », et bien d’autres banlieues. C’est un bord de Seine arboré et tranquille, où les enseignants vivent presque tous (ce qui est loin d’être le cas ailleurs) dans le voisinage de leurs élèves, et où ils se retrouvent le week-end pour le club de randonnée. Il n’a pas grand-chose à voir avec les cités à forte immigration où certains médias semblent situer les faits, ajoutant une nouvelle fois, pour leurs habitants, les stigmates aux stigmates.

    « Je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent »

    Je n’enseigne plus à Herblay, mais dans un de ces quartiers de Seine-Saint-Denis où la violence est monnaie courante. Je sais qu’ici, j’ai beaucoup plus d’élèves qui se sentent légitimement marginalisés et déconsidérés, et combien il faut réfléchir pour qu’un cours sur la religion, sur la liberté d’expression ou sur le racisme soit perçu comme l’occasion d’un dialogue et non un moment de violence symbolique.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Beaucoup d’enseignants redoutent d’être jugés pour des difficultés rencontrées en classe »

    Si la liberté d’expression existe, si ce n’est pas une simple posture, je crois qu’il serait bon de créer les conditions pour que les élèves expliquent ce qu’ils pensent. Or ces conditions ne leur sont pas offertes et, réciproquement, le contexte rend difficile pour moi l’expression du doute, de l’hésitation, que je considère pourtant comme essentiels à cet échange intellectuel.

    Cet aspect tâtonnant de l’acte d’enseigner est remarquablement décrit dans un essai paru à la rentrée, L’Ecole de la vie (Flammarion, 288 pages, 19 euros) du philosophe Maxime Rovere. Espièglement sous-titré, « érotique de l’acte d’apprendre », son livre raconte l’espace discursif relâché, mouvant, l’espace de perpétuelle improvisation de la salle de classe.

    Si l’apprentissage est une rencontre physique, avant toute chose un temps partagé dans une salle, cette érotique invite à s’interroger sur les aspects sociologiques et matériels du savoir. La séduction du cours peut-elle agir dans un lieu où les sanitaires puent ? Le charme s’opère-t-il quand on a déjeuné en cinq minutes, après avoir attendu une heure dans le chahut ? Il n’est pas sûr que Platon tiendrait son banquet, que Rabelais installerait Thélème dans un collège du 93. Les débats auxquels nous assistons ces jours-ci sur la liberté d’expression semblent bien trop loin de la réflexion nécessaire sur la pauvreté à l’école.
    Préjudices sociaux

    Les établissements scolaires des quartiers défavorisés sont loin d’être les lieux protégés qu’ils devraient être, à cause de décisions politiques dévastatrices. Il n’y a pas assez de recrutements de professeurs, pas assez d’adultes pour y assurer le calme et la sérénité. Il faut s’imaginer ce que sont des journées sans CPE [conseiller principal d’éducation] ou sans médecin scolaire, sans assistante sociale. Il faut s’imaginer les couloirs livrés à la bousculade et l’hypocrisie qui redouble ces cris, par temps de Covid-19. Ces choses-là constituent une atteinte permanente à la paix, à la concentration nécessaire pour apprendre.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Attentat de Conflans : « Comme de nombreux professeurs, je me sens honteux d’appartenir à une institution si faible »

    A cela s’ajoutent des préjudices sociaux très aigus, qui sont de l’ordre de la discrimination : dans ces quartiers, la distribution des filières est ainsi faite que les élèves sont orientés en grande partie vers des métiers subalternes. Il m’arrive régulièrement de me rendre compte que des élèves tout à fait doués, capables de faire un bac général, sont en route pour un bac technologique : par habitude, par manque d’encouragement, et surtout faute de places, ils sont envoyés pendant ces années cruciales vers un enseignement restreint à la fois sur le plan intellectuel (l’enseignement de l’histoire-géographie, par exemple, y a été réduit), et sur le plan des débouchés professionnels.
    Lire aussi « Dans les quartiers populaires, nos enfants n’ont droit qu’à un enseignement de moindre qualité »

    Pour les élèves pauvres des quartiers populaires, la possibilité de s’exprimer est bafouée en permanence. Elle est bafouée physiquement, dans ces lieux de brutalité et de bruit, d’absence de soins et d’hygiène, que sont leurs établissements scolaires. Elle est bafouée dans cette orientation limitée et dans un personnel insuffisant. Elle l’est enfin sous l’angle conceptuel, quand on stigmatise les élèves de banlieue, les élèves musulmans ou ceux des quartiers parce qu’ils refusent d’être Charlie, qu’ils expriment leur désarroi devant l’expression du blasphème, ou quand les représentations médiatiques les réduisent à ces attitudes, quand elles ne montrent pas tous ceux qui pensent de façon plus complexe.

    Dans le feu de cette actualité où la liberté d’expression apparaît une fois de plus comme une liberté mortelle, il me semblerait utile et juste d’en parler aussi comme d’un droit, et d’envisager les moyens d’exercice de ce droit. Sans cela, on ne parle pas aux élèves de liberté d’expression, pas de cette force collective, mais on leur adresse un vain mot, un simple « cause toujours ».

    Cloé Korman est écrivaine et professeure de français. Dernier titre paru « Tu ressembles à une juive » (Seuil, 108 pages, 12 euros).

    #Conflans #Radicalisation #Ecole #Enseignement #Pauvreté #Service_public

  • La place du numérique à l’école relève de la place de l’école dans la société – Framablog
    https://framablog.org/2020/10/21/la-place-du-numerique-a-lecole-releve-de-la-place-de-lecole-dans-la-socie

    Début septembre, nous avons été contacté par Hervé Le Crosnier, éditeur de (l’excellente) maison d’édition C&F éditions. Il demandait si nous accepterions d’écrire un court texte sur la façon dont Framasoft avait vécu ses interactions avec le milieu éducatif pendant ce moment très particulier qu’était le confinement (entre le 17 mars et le 11 mai 2020). Ce texte servirait à alimenter l’ouvrage « L’École sans école : ce que le confinement nous apprend sur l’école » à paraître en décembre 2020 chez C&F éditions.

    Nous avons déjà énormément écrit et partagé pendant le confinement. Nos quatorze « carnets de bord du confinement » représentaient déjà pas loin de 200 pages (indispensables mèmes inclus). Cependant, il est vrai que nous n’avions évoqué qu’en pointillé nos rapports avec l’école pendant ces deux mois. Quasiment quatre ans jour pour jour après notre « billet de sécession« , et à quelques jours de la tenue des États Généraux du Numérique Éducatif, il nous a paru important de prendre un peu de recul et de documenter cette période là, et de mettre à jour notre positionnement.

    C’est Pierre-Yves Gosset, co-directeur de l’association, qui s’est chargé de la rédaction du texte qui suit. Réputé pour ses bilans trimestriels de quarante pages, il aura transformé ce qui devait être un « court texte » en un document d’une quinzaine de pages (et encore, il s’est retenu, paraît-il). La raison en est assez simple : pour comprendre les décisions et actions de Framasoft pendant le confinement, il faut non seulement avoir un contexte des relations entre l’association et « l’institution Éducation Nationale » depuis près de vingt ans, mais aussi avoir la possibilité de déployer une pensée qui s’écarte du simple solutionnisme technologique.

    La période de confinement aura été, pour Framasoft, comme pour une large partie de l’humanité, une période marquante. Pour nombre d’élèves, elle aura été une période traumatisante. Avant de parler de « continuité pédagogique » ou de « numérique éducatif », qui sont évidemment des sujets importants, il nous semblait important de donner un éclairage certes partiel, mais donnant à la fois une dimension historique et une dimension prospective. Les outils ne sont pas que des outils, comme l’écrivait Stph, un autre membre de Framasoft, dans son billet « Connaître les machines ». L’éducation aux médias et à l’information (EMI), le développement de la littératie numérique sont les véritables enjeux du numérique à l’école. Et la place de l’école – avec ou sans murs – est le véritable enjeu de notre société.
    La place du numérique à l’école est à l’image de la place de l’école dans la société.

    #C&F_éditions #Framasoft #Ecole_sans_ecole #Pierre_Yves_Gosset

  • Facebook va laisser les utilisateurs désactiver son algorithme de sélection de contenus
    https://www.bfmtv.com/tech/facebook-va-laisser-les-utilisateurs-desactiver-son-algorithme-de-selection-d

    En fait, l’important est là :

    Même si l’utilisateur opte pour un affichage chronologique, il retombera sur le fil d’actualité personnalisé à chaque nouvelle ouverture de l’application. Pour définitivement se passer de l’algorithme du réseau social, il faudra donc renouveler l’opération à chaque fois.

    Comme Twitter quoi... donc inutile.
    En design, cela s’appelle un « dark pattern » : on vous fait croire que vous avez la liberté, mais en fait vous retombez dans les rêts à chaque fois.

    Le réseau social déploie une nouvelle option dédiée au fil d’actualité, qui consiste à remplacer la sélection de Facebook par un affichage chronologique bien plus basique.

    Retour aux sources pour Facebook. Face aux nombreuses critiques liées à l’opacité de ses algorithmes de sélection de contenus sur le fil d’actualité des utilisateurs, l’entreprise californienne propose une nouvelle option de personnalisation, détaille Alexandru Voica, en charge de la communication de l’entreprise.

    Depuis quelques heures, la firme californienne déploie une fonction laissant un plus grand choix aux utilisateurs concernant l’affichage des publications sur leur fil d’actualité. Ils peuvent notamment opter pour une disposition sans sélection algorithmique, qui se contente d’afficher les publications par ordre chronologique (avec les plus récentes en haut de page). Une mise en page déjà accessible, mais sur une page différente du fil d’actualité.
    Retour aux Facebook des débuts ?

    En optant pour l’option “Récents”, les utilisateurs retomberont donc sur un fil d’actualité fonctionnant sur les mêmes bases que celui du Facebook des débuts, avant la création d’algorithmes chargés de n’afficher que les contenus les plus “pertinents”, susceptibles de maximiser le temps passé sur le réseau social - et ses revenus publicitaires.

    En choisissant cette option, qui devrait arriver dans les prochains jours en France, l’utilisateur pourrait ainsi voir apparaître des publications issues “d’amis” Facebook que l’algorithme choisissait de ne plus afficher, les jugeant trop éloignés de ses centres d’intérêts.

    La fonction "Récents" devrait être proposée dès l’ouverture de l’application ou du site du réseau social. Il sera également possible de l’activer dans l’onglet "Préférences du fil d’actualité", accessible depuis le menu "Paramètres et confidentialité".

    Pour Facebook, il n’est toutefois pas question d’abandonner sa sélection algorithmique. Même si l’utilisateur opte pour un affichage chronologique, il retombera sur le fil d’actualité personnalisé à chaque nouvelle ouverture de l’application. Pour définitivement se passer de l’algorithme du réseau social, il faudra donc renouveler l’opération à chaque fois.
    https://twitter.com/GrablyR
    Raphaël Grably

    #Facebook #Algorithme #Personnalisation #Foutaise

  • Does Facebook Have a Secret Paper Fetish? | Collectors Weekly
    https://www.collectorsweekly.com/articles/facebook-secret-paper-fetish
    /uploads/2012/02/hackposter_01%2B400x400.png

    On February 1, 2012, at exactly 5:02 p.m., the day Facebook announced it was finally going public, the company’s CEO, Mark Zuckerberg, posted a photograph of his desk on his personal Facebook page. Along with a MacBook Air, dry-erase marker, and bottle of G Series Gatorade, Zuck’s work station featured a plain white poster bearing the all-caps red message, “STAY FOCUSED & KEEP SHIPPING.”

    “Posters give us something to share back to Facebook.”

    Earlier that day, at 11:48 a.m., Ben Barry posted an image of the same poster on the Facebook Analog Research Lab’s Facebook page with this message: “New posters in the Building 16 2nd floor micro kitchen (by the bridge). Stay focused.”

    How did Barry get the jump on his boss? Well, he printed the poster. As co-founder of the Analog Research Lab, Barry is one of several people at Facebook who carve out time from their other duties to spread Facebook’s grassroots gospel around the company’s campus.

    Since the summer of 2010, when he and another Facebook designer Everett Katigbak (they were hired on the same day in 2008) began filling a Palo Alto warehouse space with printing presses, a darkroom, and even a few woodworking tools, Barry has been letterpressing and screenprinting posters with simple, propaganda-style messages like “DONE IS BETTER THAN PERFECT,” “MOVE FAST AND BREAK THINGS,” and “WHAT WOULD YOU DO IF YOU WEREN’T AFRAID?”

    #Facebook #Usage_art #Ben_Barry #Posters #Fred_Turner

  • Assassinat de Samuel Paty : “Il faut trouver un moyen de limiter les partages pulsionnels sur les réseaux sociaux” | Interview d’Olivier Ertzscheid
    https://www.telerama.fr/idees/assassinat-de-samuel-paty-il-faut-trouver-un-moyen-de-limiter-les-partages-

    Spécialiste en sciences de l’information et de la communication, Olivier Ertzscheid pointe l’incapacité politique à comprendre les enjeux des échanges numériques, et la propension structurelle des réseaux sociaux à diffuser la haine. Il appelle à une réflexion large, des concepteurs aux régulateurs et aux utilisateurs des outils de communication virtuels.

    Huit jours. C’est le temps qui s’est écoulé entre l’allumage de la mèche et l’explosion de la charge. Entre le virtuel et le réel. Entre la vidéo d’un parent d’élève prenant nommément à partie Samuel Paty, le professeur d’histoire-géo de sa fille, et l’assassinat barbare de celui-ci, décapité près de son collège de Conflans-Sainte-Honorine par un individu qui, il y a deux semaines encore, ignorait jusqu’à son existence.
    Abonné Assassinat de Samuel Paty : “Être musulman, c’est respecter l’autre dans sa dignité absolue” Youness Bousenna 8 minutes à lire

    Pendant ces huit jours, jusqu’à leur épouvantable culmination, l’enseignant a été la cible d’une campagne de dénigrement, à l’intensité centuplée par les réseaux sociaux, en public et en privé, en messages et en boucle. Avec l’aide de Facebook, WhatsApp ou Snapchat, la vindicte populaire a même franchi les frontières géographiques pour arriver jusqu’en Algérie. On n’en a rien su. Ou trop tard. Qu’aurait-il fallu faire pendant ces huit jours, aussi courts qu’interminables ?

    Dans cet embrasement, le problème n’est pas l’anonymat, déjà pris pour cible par certains responsables politiques désarmés, mais la foule et son viatique numérique. Comme un précipité des passions les plus tristes de l’époque, cet attentat vient rappeler que la raison voyage toujours moins vite que le bruit, et repose, dans les pires conditions possibles, cette question aussi vitale qu’indémêlable : comment rendre vivables nos conversations en ligne ? Comment faire pour que, a minima, on n’en meure pas ?

    Pour Olivier Ertzscheid, maître de conférences en sciences de l’information et de la communication à l’université de Nantes, auteur du Monde selon Zuckerberg (éditions C&F, 2020), la solution s’écrit lentement : à l’urgence omnipotente des plateformes, il faut réussir à opposer un peu de friction et une certaine lenteur.

    En de pareilles circonstances, pourquoi accuse-t-on systématiquement les réseaux sociaux ?
    Il y a un effet de visibilité sur les réseaux sociaux, particulièrement dans la temporalité d’un attentat : ce que les gens disent de l’événement en ligne est immédiatement observable. Par un effet de raccourci intellectuel paresseux, il est facile de se raconter cette fable selon laquelle les réseaux sociaux seraient seuls responsables. C’est ainsi qu’on remobilise en catastrophe la loi Avia contre les discours de haine, alors qu’elle a été censurée par le Conseil constitutionnel et ferait plus de mal que de bien.
    Hommage à Samuel Paty : un pays sur une ligne de crête
    Valérie Lehoux 3 minutes à lire

    Quel regard portez-vous sur les déclarations de certains responsables politiques, notamment Xavier Bertrand, qui saisissent ce moment pour réclamer la fin de l’anonymat en ligne ?
    Il faut d’abord rappeler qu’il est totalement hors sujet de convoquer l’anonymat par rapport à ce qui s’est passé à Conflans-Sainte-Honorine. En dehors du compte Twitter qui a publié la photo de la tête décapitée de Samuel Paty, tous les acteurs de la chaîne sont identifiés. En vérité, ce réflexe pavlovien traduit deux choses : une incapacité politique à comprendre ce qui se joue sur les espaces numériques, et la tentation d’un discours liberticide, la volonté d’une prise de contrôle, d’une hyper-surveillance. À cet égard, certains de nos responsables politiques ne sont visiblement pas sortis du syndrome sarkozyste, qui décrivait Internet comme un « Far West » à civiliser.

    Difficile toutefois d’escamoter la part de responsabilité des réseaux sociaux. Le problème ne se situe-t-il pas dans leur architecture ?
    La finalité de ces espaces est de générer une rente attentionnelle, d’être un réceptacle publicitaire pour déclencher des actes d’achat, qu’il s’agisse de produits ou d’opinions. Je considère aujourd’hui les réseaux sociaux comme des espaces « publicidaires », c’est-à-dire qu’ils tuent toute possibilité d’un discours qui ne soit pas haineux. Tant qu’on ne changera pas ce modèle, économique et politique, on ne résoudra rien. Revenons vingt ans en arrière : quand Sergey Brin et Larry Page, les fondateurs de Google, ont créé PageRank, l’algorithme de leur moteur de recherche, ils ont expliqué leur démarche, en arguant que les autres moteurs – contrairement au leur – étaient biaisés et dangereux pour la démocratie. Regardons où ça nous a menés…
    “La vidéo du parent d’élève qui a déclenché cette spirale infernale a été partagée par de grands comptes, très suivis. Pas nécessairement parce qu’ils adhèrent au fond, mais parce que c’était facile.”

    Qu’aurait-il fallu faire pendant les huit jours qui ont séparé la mise en ligne de la première vidéo d’un parent d’élève et l’assassinat de Samuel Paty ?
    Dans un monde idéal, où les plateformes seraient soucieuses de produire des espaces de discours régulés, nous aurions pu mettre en place des mécanismes de friction afin de briser les chaînes de contamination. La vidéo du parent d’élève qui a déclenché cette spirale infernale a été partagée par de grands comptes, très suivis. Pas nécessairement parce qu’ils adhèrent au fond, mais parce que c’était facile. Ça ne coûte rien cognitivement et ça rapporte beaucoup socialement.

    Ces partages sont perdus dans un brouillard d’intentionnalité. Prenons l’exemple de la mosquée de Pantin : elle a d’abord diffusé la vidéo du père de famille puis, quelques heures après l’attentat, l’a finalement supprimée en exprimant ses regrets et en appelant aux rassemblements de soutien. Le temps de l’éditorialisation a complètement disparu, plus personne ne sait pourquoi tel ou tel contenu est relayé. Or les réseaux sociaux mettent en proximité des communautés qui ne s’entendent pas. Et parfois, ce mécanisme d’hystérisation déclenche chez quelqu’un une pulsion.
    “Dans une démocratie de deux milliards d’habitants comme Facebook, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de haltes, de ralentissements.”

    Faudrait-il renvoyer les discours de haine dans la sphère privée, au risque de favoriser un phénomène de balkanisation, de morcellement, qui nous empêcherait de repérer les départs d’incendie ?
    Facebook et consorts ont fait le choix de mettre en avant le partage privé dans ce qu’on appelle le « dark social » [c’est-à-dire le trafic de l’ombre, constitué d’informations échangées hors de la sphère publique, NDLR]. Il y a chez les plateformes une volonté de capter les moments d’agitation de surface pour alimenter des conversations privées.

    Il y a une clé pour comprendre le problème de la hiérarchisation entre espaces publics et interpersonnels : le design d’interface. Comme le formulait Lawrence Lessig [professeur de droit à Harvard et théoricien de l’Internet libre, NDLR] en 1999, « le code, c’est la loi », et ceux qui le fabriquent ne peuvent pas faire l’économie d’une profonde réflexion éthique. Ce n’est pas anodin de voir aujourd’hui un très grand nombre d’ingénieurs de la Silicon Valley regretter leurs créations, qu’il s’agisse du bouton j’aime ou du scrolling infini.

    On le voit, ce débat oppose l’urgence de la réaction à la lenteur, salutaire. Comment les réconcilier ?
    Dans une démocratie de deux milliards d’habitants comme Facebook, il n’est pas normal qu’il n’y ait pas de haltes, de ralentissements. Je ne dis pas qu’il faut rationner le nombre de contenus qu’on peut relayer quotidiennement sur les réseaux sociaux, ou qu’il faut instaurer un permis à points, mais il faut trouver un moyen de limiter les partages pulsionnels. Dans mes cours, j’oblige par exemple mes étudiants à recréer des liens hypertextes pour qu’ils produisent un effort intellectuel même minime avant de les envoyer. Pour autant, on ne peut pas uniquement blâmer l’utilisateur.

    Nous sommes dans un espace-temps qui nous sort de notre posture lucide, et personne ne se regarde en train d’utiliser les réseaux sociaux, pas plus qu’on ne s’observe en train de visionner un film au cinéma. Il faut travailler sur un cycle, qui va de la conception des plateformes – le premier levier – à l’éducation, en passant par la régulation. À condition de ne pas tout attendre du design (design utilisateur, ou UX design, ndlr), du politique ou de l’internaute, on peut y arriver.

    #Olivier_Ertzscheid #Samuel_Paty #Médias_sociaux

  • Facebook’s Little Red Book | Office of Ben Barry
    https://v1.benbarry.com/display.php?id=4

    As the company of Facebook grew, we faced a lot of challenges. One of them was explaining our company’s mission, history, and culture to new employees. Over the years, a lot of formative company discussions and debates had happened in Facebook Groups, over email, or in person. Those who had been present at the time had context, but for new employees that information was difficult to find, even if you knew what you were looking for. We wanted to try to package a lot of those stories and ideas in one place to give to all employees.

    #Facebook #Little_Red_Book #Art #Silicon_Valley #Fred_Turner

  • Présidentielle américaine : « J’ai peur que nous allions au bord d’une guerre civile à cause de Facebook »
    https://information.tv5monde.com/info/presidentielle-americaine-j-ai-peur-que-nous-allions-au-bord-d

    Tim Kendall, un ancien dirigeant de Facebook, a témoigné devant des membres du Congrès le 27 septembre 2020. Mark Zuckerberg sera entendu à son tour le 28 octobre prochain. La question posée par les sénateurs consiste à savoir si Facebook crée de la division dans la population, au point de pousser à une potentielle guerre civile. Explications et entretien avec Dominique Boullier, sociologue et spécialiste de l’économie de l’attention.

    Tim Kendall : « Les médias sociaux nous déchirent »
    Tim Kendall a travaillé pour Facebook de 2006 à 2010 en tant que responsable de « la monétisation » du réseau. Il est donc un acteur important de la mise en place des outils incitatifs publicitaires, les fameux algorithmes et interfaces qui enferment chaque membre du réseau dans une « bulle informationnelle ». Ces systèmes renforcent les opinions, modifient les émotions et forcent chacun à rester connecté le plus possible, à prendre parti, à s’indigner ou à croire en des théories radicales.

    Kendall a donc témoigné le 27 septembre dernier (vidéo complète en anglais sur le site, Tim Kendall à 48:05) pour répondre aux préoccupations des responsables politiques face aux déchainements de haine et d’agressivité, de polarisation politique — uniques dans l’histoire américaine récente — qui font rage sur les réseaux sociaux depuis le début de la campagne électorale. Le titre de cette audition était sans ambiguïté : « Extrémisme dominant : le rôle des médias sociaux dans la radicalisation de l’Amérique. »

    Lors de cette audition, l’ancien cadre dirigeant de Facebook a établi un parallèle entre les procédés de l’industrie du tabac et ceux exploités par Facebook pour rendre les gens dépendants : « Les fabricants de tabac ont ajouté de l’ammoniac aux cigarettes pour augmenter la vitesse à laquelle la nicotine parvenait au cerveau. La capacité de Facebook à fournir du contenu incendiaire à la bonne personne, au bon moment, de la bonne manière ; c’est leur ammoniac. »

    Mais Kendall a aussi mis en garde sur les effets délétères que ces outils généraient dans la société : « Les services de médias sociaux, que moi et d’autres avons construits au cours des 15 dernières années ont servi à déchirer les gens entre eux à une vitesse et une intensité alarmantes. À tout le moins, nous avons érodé notre compréhension collective — au pire, je crains que nous nous poussions au bord d’une guerre civile. »

    Dans l’une de ses interventions, Tristan Harris finit par dresser un constat terrible : « Nous sommes passés d’un environnement technologique basé sur des outils à un environnement technologique de dépendance et de manipulation. Les médias sociaux ne sont pas des outils en attente d’être utilisés. Il ont leurs propres objectifs et il ont leurs propres moyens de les poursuivre, en utilisant votre psychologie contre vous-même. »
    L’implosion de la société par les réseaux sociaux ?

    Une possible implosion de la société — par une confrontation aveugle entre des franges de populations manipulées par les algorithmes — est donc l’une des issues que Tim Kendall et Tristan Harris envisagent sérieusement en conclusion du documentaire diffusé sur Netflix, tout comme lors de leur témoignage au Congrès américain. Cette possibilité d’implosion est prise très au sérieux par la plupart des observateurs et des spécialistes des réseaux sociaux, qui estiment qu’elle est probablement déjà en cours et craignent qu’elle ne se propage à travers le monde. Le réseau est global, les algorithmes sont les mêmes partout sur la planète et leurs effets sont similaires…

    TV5MONDE : Twitter et Facebook, par exemple, génèrent des effets similaires sur leurs utilisateurs, avec une montée en puissance de l’agressivité, des discours haineux et polarisés, sans nuances et souvent partisans. Comment l’expliquez-vous ?

    D.B : La polarisation n’est pas liée à la méchanceté intrinsèque des émetteurs, elle est liée à la valorisation par ces plateformes de certaines expressions pour des raisons de réactivité. Ces réseaux ont été positionnés comme ça. Il y a la partie algorithme qui est en jeu, mais il a aussi la partie design de l’interface en valorisant votre réaction, en vous facilitant votre réactivité. Je donne une exemple simple, lié à la captologie, avec Twitter : si on vous oblige à prendre un élément d’un tweet, à en créer un nouveau dans lequel vous devez coller votre élément pour pouvoir enfin reposter, vous avez tout un temps, plusieurs activités, qui ralentissent votre réaction et qui du coup introduisent un tout petit peu de réflexion et de hiérarchisation. Là, on élimine tout ça et on crée ce bouton retweet.

    J’ai travaillé longtemps dans les années 90 sur les interfaces numériques pour les améliorer et permettre leur appropriation par les utilisateurs, et aujourd’hui on se rend compte que ça a été retourné dans l’autre sens : les nouvelles interfaces ont facilité l’appropriation du comportement des utilisateurs par les plateformes. C’est une perversion de l’activité scientifique d’une part et de la finalité de tout ça d’une autre. Au bout du compte le principe qui a été retenu est « ne vous préoccupez de rien, laissez-nous vous guider ». En réalité, on vous emmène vers la posture cognitive qui est la plus rentable pour l’entreprise puisque c’est celle-là qui va augmenter les taux d’engagement pour les plateformes publicitaires.

    On a oublié les apéros Facebook, d’avant les années 2010, avec une horizontalité, une convivialité qui a disparu. Ce modèle a dérivé largement à cause de ses motivations économiques par les placements publicitaires. Il pourrait encore favoriser ces aspects là, même s’il le fait un peu avec les groupes Facebook, qui leur permettent d’organiser leurs activités, de se coordonner, comme ça a été le cas pour les printemps arabes. Ce qu’il faut mettre à bas c’est le modèle économique puisque le design est fait en fonction de ce modèle économique. Alors que si on organisait un espace de même type mais fait pour faciliter les rencontres, permettre de la modération, valoriser ceux qui présentent des contenus enrichis, ce serait totalement différent. Ce sont donc des finalités différentes.

    TV5MONDE : Y a-t-il des solutions pour éviter cette radicalisation via les plateformes et la possible implosion des sociétés ultra-connectées ?

    D.B : Il faut casser ce qu’on appelle les chaînes de contagion de ces réseaux. Il faut conserver bien entendu ces outils d’expression, on ne peut pas l’enlever aux gens. Les utilisateurs vont s’exprimer radicalement, dire des bêtises, il y aura des fake news, des propos de haine, on est bien d’accord, mais simplement il ne faut pas que ça se propage à la vitesse à laquelle ça se propage. On est donc obligé de mettre en place des mécanismes qui ralentissent cette propagation, qui obligent les gens à hiérarchiser. Il faut arrêter les réflexes, les réactions instantanées par retweet ou partage, like, etc. On pourrait par exemple dire « vous avez droit à 10 tweets et retweets dans la journée ou 24 heures », puis un seul, pareil pour les posts et partages Facebook ou les « j’aime ».

    A ce moment là vous allez avoir des individus obligés de choisir. Et quand on choisit — les gens ne sont pas complètement idiots — on évite le plus inutile.

    #Facebook #Médias_sociaux #Démocratie #Dominique_Boullier

  • NASA will pay for moon rocks excavated by private companies | MIT Technology Review
    https://www.technologyreview.com/2020/09/10/1008310/nasa-pay-moon-rocks-lunar-samples-excavated-private-companies/?truid=a497ecb44646822921c70e7e051f7f1a

    Any commercial mission that can prove it has collected lunar samples stands to make up to $25,000.
    by

    Neel V. Patel

    NASA announced today that it was seeking proposals from private companies interested in collecting samples from the moon and making them available for purchase by the agency.

    The news: As part of the new initiative, one or more companies will launch a mission to the moon and collect between 50 and 500 grams of lunar regolith from the surface. If they can store the sample in a proper container and send pictures and data to NASA to prove the sample has been collected and can be brought to Earth safely, NASA will pay that company between $15,000 and $25,000.

    The company would receive 10% of its payment after its bid is selected by NASA, 10% after the mission launches, and the remaining 80% upon delivering the materials to NASA. The agency has yet to determine exactly how it will retrieve the sample, but the exchange would be expected to happen “in place” on the moon itself—meaning any participating company is only obligated to figure out how to get to the moon. NASA would retain sole ownership of the material upon transfer.

    NEWS: @NASA is buying lunar soil from a commercial provider! It’s time to establish the regulatory certainty to extract and trade space resources. More: https://t.co/B1F5bS6pEy pic.twitter.com/oWuGHnB8ev
    — Jim Bridenstine (@JimBridenstine) September 10, 2020

    The samples could be from anywhere on the surface of the moon, and could possess any rock, dust, or ice materials. The agency wants to complete these exchanges before 2024.

    What’s in it for NASA: There’s an extremely high demand for lunar material among scientists. Nearly all the lunar material currently in NASA’s possession was collected during the Apollo program. While the initiative itself will only bring a small amount to Earth compared with the hundreds of kilograms gathered during Apollo, this could be the first step in establishing a new pipeline for lunar samples, in which NASA buys from the private sector instead of devoting resources to building and launching missions for that purpose.

    In a blog post published today, NASA administrator Jim Bridenstine said the new initiative is part of the agency’s larger goal with the Artemis program to bolster private-sector participation in space exploration. The agency is already working with several launch providers under its Commercial Lunar Payload Services (CLPS) program to deliver nearly two dozen scientific and technological payloads to the moon in the run-up to a crewed landing by the end of 2024. The 2024 landing itself is slated to utilize hardware built by private companies, most notably the lunar lander for taking humans to the surface.
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    What’s in it for the company: $25,000 is paltry compensation for such a mission, so any companies that participate won’t be in this for money. Instead, it’s an incentive to test out new technologies, including those that could be later used to extract resources like water ice from the moon. The mission outlined in today’s announcement will only involve collecting and storing material from the surface, but that’s still something no private company has done before.

    Legal questions: Lastly, many of America’s larger lunar ambitions focus on establishing a moon mining industry and developing a marketplace that allows excavated resources to be bought and sold by different parties. Bridenstine alludes to these plans in his blog post, referencing President Trump’s April 2020 executive order that encourages the recovery and use of resources in outer space. That order was a follow-up to a law passed in 2015 outlining America’s position that US companies are allowed to own and sell resources they’ve extracted from extraterrestrial bodies. There’s still debate as to whether such policies conflict with the 1967 UN Outer Space Treaty.

    #Lune #Communs #Enclosure #Traité_espace #NASA

  • « Ne dis rien », de Patrick Radden Keefe : sur un meurtre en Irlande du Nord
    https://www.lemonde.fr/livres/article/2020/10/17/ne-dis-rien-de-patrick-radden-keefe-sur-un-meurtre-en-irlande-du-nord_605639

    « Ne dis rien. Meurtre et mémoire en Irlande du Nord » (Say Nothing. A True Story of Murder and Memory in Northern Ireland), de Patrick Radden Keefe, traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Claire-Marie Clévy, Belfond, 432 p., 22 €, numérique 15 €.

    Elles habitaient Belfast, à quelques kilomètres l’une de l’autre. La première était veuve, mère de dix enfants. La seconde, une paramilitaire de l’Armée républicaine irlandaise provisoire (IRA provisoire, né d’une scission de l’IRA en 1969), grandie au sein d’une famille républicaine. Elles s’appelaient Jean McConville et Dolours Price. Leurs existences sont entrées en collision un soir de décembre 1972. Jean avait 37 ans lorsqu’elle a été enlevée à son domicile ; Dolours Price, qui a participé à son exécution, 21.

    Les restes de Jean McConville, l’une des 16 personnes disparues pendant les Troubles (1969-1998) – le conflit nord-irlandais aux 3 600 morts –, ont été découverts sur une plage en 2003. Dolours Price est décédée dix ans plus tard d’un excès d’alcool et de médicaments. Avec Marian, sa sœur cadette, elle avait participé à l’attentat à la voiture piégée devant le palais de justice londonien, Old Bailey, perpétré le 8 mars 1973. En prison, elles entreprirent une grève de la faim qui dura deux cent huit jours et fut interrompue par un nourrissage forcé d’une grande brutalité.
    Beaucoup ont hésité à lui parler

    En lisant sa nécrologie, l’Américain Patrick Radden Keefe, journaliste d’investigation à l’hebdomadaire The New Yorker, s’est lancé dans une vaste enquête publiée le 16 mars 2015 : « Where the Bodies Are Buried » (« Là où les corps sont enterrés »). 15 000 mots, l’article le plus long de sa carrière. « J’avais toutefois le sentiment qu’il restait des zones plus profondes à explorer, tant de riches personnages, de sous-intrigues et d’histoires parallèles que je pourrais développer dans un livre », détaille Patrick Radden Keefe, joint par « Le Monde des livres ».

    Le journaliste a rassemblé une documentation considérable : interviews publiées ou inédites, enregistrements audio, lettres, articles de journaux, déclarations, Mémoires, dossiers médicaux, rapports carcéraux. Durant quatre ans, il a procédé lui-même à une centaine d’entretiens qu’il a rigoureusement recoupés. Bien qu’il leur garantît l’anonymat, beaucoup ont hésité à lui parler ; d’autres ont catégoriquement refusé, tel Gerry Adams, leader du Sinn Fein entre 1983 et 2018. « Alors que mes questions portaient sur un meurtre commis avant ma naissance, les gens s’inquiétaient. Selon eux, il était encore dangereux d’évoquer le sujet. J’ai donc manœuvré lentement, essayant d’amener chaque personne qui acceptait de s’exprimer de m’aider à convaincre la suivante. Petit à petit, j’ai pu gagner leur confiance, en partie parce que j’étais un étranger, ce qui veut dire que je n’abordais pas cette histoire avec de grandes idées préconçues. »
    Lire aussi (octobre 2020) : Le Brexit reste un sujet toxique en Irlande du Nord

    Car l’Irlande du Nord est un petit territoire où tout le monde ou presque se connaît, et où le passé plane sur le présent comme une chape de plomb. « Cela signifie que si vous voulez raconter un événement survenu la semaine dernière à un type nommé Jim, vous devez aussi, pour le comprendre, raconter l’histoire de son grand-père et parfois remonter encore plus loin. »
    « La réconciliation et la révélation »

    Le titre de son ouvrage, Ne dis rien, résume la culture du silence qui a prévalu jadis et qui règne toujours plus de vingt ans après l’accord de paix signé le 10 avril 1998. L’omerta a été d’autant plus difficile à briser après le fiasco du « Belfast Project ». Intention louable que ce programme d’archives orales portant sur la violence politique en Irlande du Nord – il était censé être abrité par le Boston College, une université du Massachusetts. Le directeur de ce programme semi-officiel était le journaliste Ed Moloney, fin connaisseur du conflit, qui y associa un ancien membre de l’IRA provisoire, Anthony McIntyre. Ils menèrent des entretiens au long cours entre 2001 et 2006, sous le sceau d’un accord conclu avec leurs interlocuteurs : que leurs propos ne soient pas divulgués de leur vivant. D’anciens militants unionistes, ainsi que vingt-six ex-membres de l’IRA, acceptèrent de témoigner en toute franchise, dont Dolours Price et Brendan Hughes, ex-officier commandant de la brigade de Belfast de l’IRA provisoire.

    L’accord de confidentialité fut toutefois violé lorsque la Cour suprême des Etats-Unis ordonna à l’université de remettre des extraits de onze entretiens à la justice irlandaise dans le cadre de l’investigation sur le meurtre de Jean McConville. Les participants du « Belfast Project » se sont sentis trahis. Paradoxalement, estime Anthony McIntyre, qui a accepté de converser avec Radden Keefe dans le cadre de son enquête, « Ne dis rien pourrait aider à faire reconnaître ce que le projet détenait en tant que mécanisme de recueillement et de compréhension de la vérité (…). Dans le Nord [l’Irlande du Nord], la vérité concerne toujours la récrimination et le châtiment, rarement la réconciliation et la révélation », écrit-il le 9 décembre 2018 sur le site Thepensivequill.

    En Irlande du Nord, un accueil discret a été réservé à Ne dis rien, par ailleurs best-seller multiprimé aux Etats-Unis. « Il lui a fallu du temps pour trouver un public, constate Patrick Radden Keefe, en partie parce que les gens qui ont vécu cette histoire ne sont pas sûrs de vouloir aujourd’hui la relire. Il s’agit encore de problèmes très délicats et potentiellement explosifs. Mais, lentement, les gens ont commencé à faire circuler l’ouvrage. » Patrick Radden Keefe a même reçu des témoignages spontanés de personnes ayant connu l’un ou l’autre des protagonistes. « En République d’Irlande, il a été lu par des jeunes lecteurs, des milléniaux qui considèrent le Nord comme un pays étranger et qui, même s’ils habitent relativement près, à Galway ou à Dublin, ne connaissent pas intimement les Troubles. »
    Lire aussi « Les Troubles » : comprendre trente ans de guerre civile en Irlande du Nord

    Critique
    Les ressorts de la violence politique en Ulster

    Fusillades, bombardements, exécutions extrajudiciaires… Les années 1970 furent la décennie noire des « Troubles », nom donné au conflit nord-irlandais (1969-1998) qui opposa protestants et catholiques, unionistes et nationalistes.

    Patrick Radden Keefe, journaliste d’investigation américain, retrace les grandes lignes de cette meurtrière guerre civile – le Bloody Sunday, le mouvement des « Dirty Protest », la grève de la faim de Bobby Sands et d’autres détenus politiques – à travers le destin brisé de plusieurs personnages : Jean McConville, une veuve suspectée d’être une indic pour la police britannique ; les ex-paramilitaires de l’IRA provisoire, Dolours Price et Brendan Hughes, qui appartenaient à la « brigade des Inconnus », chargée de liquider les espions et les « balances » ; et Gerry Adams, ex-leader du Sinn Fein, qui a toujours nié son implication de donneur d’ordre pendant ces années-là.

    Lauréat du prestigieux prix Orwell aux Etats-Unis, Ne dis rien dissèque admirablement les ressorts, les méthodes et les séquelles de la violence politique en Ulster, sans simplifier l’extrême complexité de la situation. Richement étayé de témoignages, passionnant d’un bout à l’autre, l’ouvrage de Radden Keefe se distingue par son tressage d’intrigues au fil d’un demi-siècle. Un modèle de structure narrative et d’enquête journalistique au long cours.

    Extrait

    « Comme certains programmes gouvernementaux clandestins, il s’agissait d’une escouade sans existence officielle – une minuscule unité d’élite appelée les « Unknowns », les « Inconnus ». Elle était dirigée par un petit homme sérieux du nom de Pat McClure, que Brendan Hughes surnommait le « Petit Pat ». McClure avait la trentaine, un âge relativement avancé pour les volontaires de l’époque. Ayant servi dans l’armée britannique avant le début des Troubles [le conflit nord-irlandais], il possédait une véritable expérience du combat (et une connaissance inhabituellement approfondie de l’ennemi). Il faisait sciemment profil bas, mais ceux qui le fréquentaient le considéraient comme un soldat extrêmement compétent et dévoué. Les Inconnus n’avaient pas de place bien définie dans l’organigramme rigide des Provos [IRA provisoire]. Au lieu de cela, ils recevaient leurs ordres directement de Gerry Adams. »
    Ne dis rien, pages 113-114

    #Patrick_Radden_Keefe

  • Vers l’éclatement de la bulle de la publicité en ligne ? | LinkedIn
    https://www.linkedin.com/pulse/vers-l%25C3%25A9clatement-de-la-bulle-publicit%25C3%25A9-en-ligne-dominiqu

    Oui, Dominique Boullier a raison, nous ne sommes pas dans un marché biface traditionnel, mais dans un marché à trois têtes :
    – l’usager ou l’usagère
    – le client de la plateforme (celui qui paye, donc l’annonceur)
    – le marché symbolique qui se traduit par la variation du cours de l’action (et qui joue autant pour la plateforme que pour les annonceurs).

    Dans cet article de Wired (https://www.wired.com/story/ad-tech-could-be-the-next-internet-bubble), que m’a fait passer Guilhem Fouetillou, l’auteur montre bien comment aucun chiffre de taux de conversion ou de retour sur investissement ne permet de justifier le montant actuel des investissements publicitaires en ligne. Toutes les marques attendent de voir qui osera arrêter de payer les plates-formes pour des placements publicitaires opaques (on ne sait pas où elles sont placées), à des tarifs opaques (des enchères sophistiquées), pour des résultats indémontrables en termes de comportement client (voir les travaux de Jean Samuel Beuscart sur le sujet). Les marques (et les petites encore plus que les grandes) continuent à faire la fortune de Google, Facebook et Amazon pour se rassurer, au cas où ça marcherait selon les principes (au choix) du « ça ne peut pas faire de mal » ou « si on ne le faisait pas, on ne sait pas ce qui pourrait se passer » ou encore « si les autres le font, c’est qu’il y a une bonne raison ». Bref, de l’imitation pure et simple, du comportement moutonnier habillé de justifications savantes pour ne pas paraitre trop bête. Mais ce qui se passe est une arnaque pure et simple de la part des plates-formes, comme le font les traders vis-à-vis des investisseurs, qui là aussi, sous prétexte de « digital » et de « machine learning », font avaler toutes les couleuvres qu’ils veulent à leurs clients en prenant une marge d’intermédiaire invraisemblable.

    Que s’est -il passé ? Il se trouve que tout un chapitre de mon récent livre (« Comment sortir de l’emprise des réseaux sociaux ») l’explique, en montrant comment la publicité est devenue affaire de réputation vis-à-vis des investisseurs tout autant que vis-à-vis des clients ordinaires. Les indicateurs de l’activité en ligne sont toujours aussi peu pertinents et n’ont pas pris la force d’une convention (à la différence des mesures d’audience des mass médias) mais ils servent à envoyer des signaux aux marchés (financiers) sur l’attractivité de la marque. Tout ça pour ça. Car la publicité de maintenant est une publicité à haute fréquence comme le trading et elle est désormais à visée financière plus que marchande.

    Et comme mon éditeur, Le Passeur, est d’une grande bonté, il m’a autorisé à reproduire le chapitre de mon livre qui en parle. Une exclusivité pour mon réseau Linkedin ;-)) (mais tout le reste du livre mérite la lecture, je vous le garantis !)

    #Publicité #Marché_biface #Plateformes #Economie_numérique

  • Pourquoi le nombre de start-up est en plein boom aux États-Unis
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/creation-dentreprises-plein-boom-etats-unis

    Comme on ne peut plus être salarié, on crée une auto-entreprise pour vendre sa force de travail sous contrat. Le grand retour du XIXème siècle.

    Les gens ont donc eu à la fois le besoin (puisque sans emploi) et les moyens (en plus du chèque, certains ont bénéficié d’assurance chômage) de prendre le risque de créer une entreprise, analyse The Economist. Autre piste : les entreprises n’ayant pas pu se créer en mars et avril, au début de la pandémie, ont reporté leur projet. Cette raison n’est toutefois pas suffisante pour expliquer un boom de cet ampleur.
    Shopify-cation de l’économie

    Par ailleurs, cet essor témoigne d’une tendance de fond accélérée par la crise du Covid : la montée en puissance du travail indépendant et des micro-entreprises, favorisées par l’apparition de plateformes permettant de créer son business en ligne. The Hustles parle d’une Shopify-cation de l’économie. Un néologisme créé à partir de l’interface Shopify, qui permet à tout un chacun de créer son propre e-commerce contre abonnement mensuel et commission à chaque vente. La plateforme canadienne (qui existe aussi en France) est l’un des plus gros gagnants de la pandémie, selon le Wall Street Journal. Le nombre de nouveaux magasins créés via le site a bondi de 71% entre le premier et le deuxième trimestre 2020.

    #Travail #Auto-entreprise #Regression _sociale

  • How 17 Outsize Portraits Rattled a Small Southern Town - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/01/19/us/newnan-art-georgia-race.html

    But it turned out that only a few dozen white nationalists attended the rally, and the Newnan they had imagined no longer existed. Its population had more than doubled in less than 20 years, drawing an increasingly diverse collection of newcomers. Newnan was changing and many in the community wanted to embrace that change more openly. A year after the white nationalist rally, the town made an effort to do so by putting up 17 large-scale banner portraits, images of the ordinary people who make up Newnan.

    They hang from the perches of brick buildings around downtown. There’s Helen Berry, an African-American woman who for years worked at a sewing factory. Wiley Driver, a white worker who folded and packed blankets at a local mill before his death in 2017. Jineet Blanco, a waitress who arrived in Newnan carrying her Mexican traditions and dreams. And then there were the Shah sisters.

    A portrait of Aatika and Zahraw Shah wearing hijabs was displayed on the side of an empty building in downtown Newnan. The sisters were born in Georgia and had lived in Newnan since 2012, after they moved from Athens, Ga. They attended a local high school in the county. Their father, an engineer, moved to the United States from Pakistan, as did their mother.

    The reaction to their portrait was fast and intense. James Shelnutt was driving through downtown when he saw it. “I feel like Islam is a threat to the American way of life,” he said. “There should be no positive portrayals of it.” Mr. Shelnutt turned to Facebook, encouraging residents to complain. The thread quickly devolved into anti-Muslim attacks and name-calling. Some posters referred to Sept. 11 and argued that believers of Islam were violent.

    One woman said there were not enough Muslims in Newnan for the Shahs to be included in the art installation in the first place.

    The portraits were meant to be inclusive, upend stubborn preconceptions and unravel the cocoons people had created within the community. And they did — but they also exposed how immigration and demographic change have recast the racial dynamics that once defined America, adding new layers of anxiety on the old tensions that persist across the country and in small towns like Newnan.

    “Seeing Newnan,” as the art installation is called, was created by the photographer Mary Beth Meehan. Mr. Hancock and Chad Davidson, director of the University of West Georgia’s School of the Arts, were in Providence, R.I., for an art conference in 2015 when they saw one of Ms. Meehan’s installations.

    Mr. Hancock was drawn to the beauty of the portraits, but he was also thinking about his almost exclusively white world in Newnan. “My children told me, ‘Dad, you are so open, but your circle is not inclusive,’” he said. “When I thought about it, they were right.” So he reached out to Ms. Meehan and told her about Newnan.

    He told her about the town’s race and class tensions, about the old Newnan versus the new Newnan, how residents who grew up here have watched the population explode. And yet, “I just felt like we were living apart,” Mr. Hancock said. “We were in these little bubbles. I thought this project could pierce the bubbles.”

    Ms. Meehan arrived in Newnan in 2016 as part of the Artist in Residence program. She had done similar portraiture projects in her hometown, Brockton, Mass., and most recently in Silicon Valley. In Newnan, she was met with both open arms and some suspicion — she was a white liberal from the North who had not spent much time in the South.

    Ms. Meehan was in Newnan for the big moments and the small. A fall high school homecoming. The reunion of a class from 1954 who attended an all-black high school. Sunday morning services at a church attended by descendants of early settlers. The 2016 election night that ushered in President Trump.

    She spent more than two years visiting Newnan, witnessing the kind of moments that offer hints about a community’s identity. Newnan was the right place for the project. “Newnan was ready to begin this conversation, and the evidence is that despite the tensions and difficulties, the people ultimately didn’t shut me down,” she said. “They kept inviting me back.”

    The post drew nearly 1,000 responses, most of them defending the sisters and accusing Mr. Shelnutt and others of being out-of-touch racists who were resistant to change and religious freedom. Mr. Shelnutt, who grew up in Newnan and owns a small construction company, denied being racist. “I do not feel like the two women in the photo are radical or dangerous,” he said. “I just do not think Newnan should be pushed to embrace Islam.”

    The backlash made the sisters realize that much of Newnan didn’t know Newnan. They said it felt especially painful to be singled out. “We have been here seven years,” said Aatika Shah, 22, “and now because they have never seen us and then saw our picture, they somehow think we don’t belong.”

    Ms. Meehan’s portraits, which will come down in June, have already had a lasting effect on the town. They have prompted deep conversations between people who had never met. “The truth is, these conversations are hard and uncomfortable and awkward but we need to lean into it,” said the Rev. David Jones II, the pastor of Newnan Presbyterian Church, who plans to use the art installation to organize a retreat about race, gender and identity this year. “We need to talk about who lives in our community and if they are different, why does that make us uncomfortable?”

    #Mary_Beth_Meehan #Newnam

  • Lecture critique : Hervé Le Crosnier, Valérie Schafer (dir.), La Neutralité d’internet. Un enjeu de communication
    https://journals.openedition.org/lectures/6929

    Publié dans la collection des Essentiels d’Hermès (CNRS éditions), La neutralité de l’Internet est un ouvrage qui répond à une question simple : quelles sont les bases du débat sur la neutralité d’Internet ? Valérie Schafer et Hervé Le Crosnier répondent à cette question en moins de 200 pages tout en établissant un panorama exhaustif des différentes réalités concernées par ce débat. À l’instar des collections 128 ou Que sais-je ?,l’esprit des Essentiels d’Hermès est de fournir des dossiers récapitulatifs sur des questions de sciences de l’information et de la communication en compilant extraits de texte et synthèses.

    2Le débat sur "la neutralité d’Internet" est un objet sociologique à la rencontre entre un principe défendu par les concepteurs du réseau informatique et les intérêts des fournisseurs d’accès pour assurer un service aux usagers et une conformité aux exigences politiques nationales. La neutralité d’Internet peut être définie comme le principe selon lequel toutes les communications doivent être traitées de façon égale quelque que soit l’information, le destinataire ou la source. L’idée maîtresse est qu’Internet ne devrait avoir ni contrainte politique, ni technique. À partir de cela, en fonction des raisons pratiques, économiques et politiques mais aussi selon les conceptions variables de la liberté individuelle, des débats émergent en conséquence des mesures prises par certains acteurs pour défendre leurs intérêts. Le principal problème abordé par l’ouvrage est de présenter comment Internet se retrouve au cœur de débats selon des logiques technique et sociale.

    3Le débat sur la neutralité d’internet émerge surtout à partir de son architecture technique. L’histoire d’Internet est matériellement une histoire de tuyaux entre des usagers et des contenus. Une des origines du débat est la volonté des acteurs techniques de vouloir optimiser la répartition des coûts dans l’acheminement de l’information. Le débat sur le “peering” est de cet ordre. Il s’agit de savoir qui du fournisseur d’accès ou du fournisseur de contenu doit payer pour assurer les exigences d’une qualité de service. Par exemple, en 2009, un tel conflit a eu lieu Orange et YouTube. Par un truchement d’intermédiaires et d’échanges commerciaux, les contenus vidéos de YouTube ne pouvaient plus profiter d’un traitement privilégié et se sont vus victimes de leur propre demande. De tels arrangements pratiques soulignent les intérêts économiques et l’infrastructure commerciale permettant l’accès à Internet mais sont conflictuels avec le principe de neutralité.

    4A cela se greffent des intentions politiques. L’exemple français le plus célèbre reste HADOPI et la protection du système de droit d’auteur français. L’Etat français intervient directement en instituant la possibilité de définir des règles conduisant à la limitation en plusieurs étapes de l’accès à Internet à certaines personnes. Si les discours reposent sur un raisonnement économique de protection des industries culturelles, le fond du débat reste la territorialisation de l’accès à certains contenus ainsi que la possibilité d’un acteur politique d’en définir les règles. L’interférence entre les politiques locales et les accès techniques montre que le principe de neutralité est surtout inscrit dans l’esprit des créateurs et promoteurs du réseau alors que les autres acteurs n’hésitent pas à le négliger. Ces derniers n’hésitent donc pas à proposer des solutions ayant un impact technique important et suscitent donc des débats indépendants de la faisabilité des mesures préconisés. Cela n’empêche pas les lois d’être votées et de susciter des controverses.

    5Comme le soulignent les auteurs, Internet en lui-même est complexe et véhicule un imaginaire composite. Dans les sociétés occidentales contemporaines, Internet est devenu plus qu’omniprésent. Il est à la fois potentiellement le lieu d’une nouvelle forme de démocratie et le lieu d’un nouveau marché. À force de volontarisme et de "démocratisation", Internet subit un discours vulgarisateur qui peut parfois nuire à sa compréhension scientifique. Cependant cet ouvrage se permet justement d’échapper aux simplifications. Les auteurs présentent avec patience et précision les différentes couches techniques, juridiques, commerciales et sociales au coeur des considérations pratiques et idéologiques.

    6A cause de sa nature mondiale et technique, parler d’Internet est également problématique du point de vue langagier. Les choix de traduction et l’introduction d’un vocabulaire précis sont invisibles, importants et souvent négligés. L’atout de cet ouvrage est de présenter à la fois le cadre juridique et le cadre technique sans donner l’impression de jargonner. Sans ressembler à de la vulgarisation, les auteurs prennent peu de liberté sur la sémantique et se permettent de ne pas rendre simpliste la présentation d’un espace de communication qui rendrait obscure la compréhension du débat sur sa régulation.

    7Il est également à souligner l’important effort d’introduction de sources bibliographiques hétérogènes dans la présentation du débat. La présence de voix provenant d’acteurs économico-politiques divers permet de mesurer la globalité sociale en jeux. L’ouvrage est donc à la fois synthétique mais laisse de nombreux pointeurs pour prolonger l’investigation. Les lecteurs pourront facilement naviguer et se faire leur propre bibliographie sans négliger certains aspects ou parti-pris. Sur ce point, l’ouvrage fait lui-même preuve d’une neutralité remarquable, ne s’avançant que discrètement et permettant ainsi aux lecteurs d’être amenés aux conclusions propres à leurs inclinations.

    8La neutralité de l’internet est un débat complexe qui demande une compréhension à la fois sociologique, économique et technique de cet espace de communication. L’ouvrage au contraire pose les bases d’une présentation simple et structurée des problèmes posés par la volonté de régulation d’un réseau de communication devenu incontournable. La lecture de l’ouvrage ne serait donc pas négligeable pour toute personne voulant se faire une image précise de l’articulation entre une infrastructure technique de communication, ses imaginaires et ses tentatives de contrôle. Sans rentrer dans un discours simpliste, La neutralité de l’internet permet de comprendre les débats politiques à propos d’Internet à travers une contribution modeste mais solide. La mise en place d’un cadre de discussion n’est pas aisée et manquait sérieusement dans la bibliographie des sciences sociales.
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    Pour citer cet article
    Référence électronique

    Tam-Kien Duong, « Hervé Le Crosnier, Valérie Schafer (dir.), La Neutralité d’internet. Un enjeu de communication », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, mis en ligne le 05 décembre 2011, consulté le 13 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/lectures/6929 ; DOI : https://doi.org/10.4000/lectures.6929

    #Valérie_Schafer #Hervé_Le_Crosnier #Neutralité_internet

  • Lecture critique : Mélanie Dulong de Rosnay, Hervé Le Crosnier (dir.), Propriété intellectuelle : géopolitique et mondialisation
    https://journals.openedition.org/lectures/11700

    Souvent conçue comme un problème des plus obscurs mais qui ne relèverait des compétences que des historiens du livre et de la technique, d’un côté, et des juristes spécialisés, de l’autre, la question de la propriété intellectuelle, dont le droit d’auteur n’est que l’un des avatars, est pourtant au centre des préoccupations actuelles, dans les cercles de la recherche, certes, dans les bureaux des industries, indubitablement, mais dans la société surtout, au cœur de l’espace public : c’est ce que démontrent les deux auteurs de ce livre salutaire qui mériterait d’être placé entre toutes les mains. Or, si la propriété intellectuelle est une préoccupation politique majeure, il importe d’en assurer à tous les citoyens une compréhension aussi complète que possible : c’est le projet du livre, qui entend allier, et allie en effet, précision et clarté.

    2L’ouvrage est divisé en sept parties. La première (« Une géopolitique de la propriété intellectuelle ») détaille le cadre du propos et les deux dernières (« L’accès aux savoirs » et « Construire un droit équilibré qui favorise l’expansion et le partage des cultures et des connaissances ») précisent le projet. Le cadre est celui d’une course à la propriété intellectuelle largement dominée par les pays développés, qui imposent leur propre mode de gestion aux pays émergents et se constituent de facto en seuls détenteurs d’une connaissance protégée par des ressources juridiques inextricables. Le projet est celui d’une pratique alternative du droit d’auteur, qui ne soit pas nécessairement indexée sur la propriété, qui favorise le partage, la circulation et la réutilisation des idées et des données, pratique loin d’être utopique, puisqu’elle se fonde sur des expériences déjà anciennes et toujours effectives. Les quatre parties centrales de l’ouvrage proposent une exploration systématique de la question, à l’intérieur de ce cadre (la propriété intellectuelle comme enjeu géopolitique) et avec le souci de ce projet (le partage des connaissances).

    3La place de la partie « Domaine public », en tête de l’ouvrage après la présentation générale, est programmatique. Les auteurs font un constat inquiétant : au regard de la course à la propriété intellectuelle, le domaine public n’est plus juridiquement défini qu’en creux, comme l’ensemble des productions de l’esprit qui échappent à l’administration juridique. De fait, c’est la propriété qui se trouve naturalisée. Il existe pourtant des définitions positives du domaine public, sur des critères de durée de la propriété, de nature de la production protégée et du public qui en a l’usage : ces critères positifs attestent bien qu’en principe, c’est la propriété qui est une exception à la communauté des connaissances.

    4Au regard de ce domaine public, le cas étudié dans la troisième partie, celui du régime de « La propriété littéraire et artistique », est une première sous-catégorie de la propriété intellectuelle. Après en avoir proposé un bref historique à partir de l’expansion de l’imprimerie à caractères mobiles, les auteurs reviennent sur la distinction entre droits moraux incessibles, témoignages du rapport privilégié entre l’auteur et son œuvre, et droits patrimoniaux, relatifs à l’exploitation de la production. Ce premier dispositif juridique, qui règle la propriété artistique dans certains pays européens et en Amérique latine, par exemple en France, doit être distingué du système du copyright, qui permet une cession bien plus importante des droits de l’auteur à un tiers, l’exploitant. Ces deux dispositifs, stabilisés vers la fin du dix-neuvième siècle, subissent à l’heure actuelle des renégociations, du côté des auteurs aussi bien que des intermédiaires.

    5Le second sous-ensemble de la propriété intellectuelle, c’est bien entendu « la propriété industrielle » et son outil privilégié : le brevet. Les deux auteurs commencent par définir le brevet d’invention et la conception de l’innovation techno-scientifique dans laquelle il s’insère, avant de mettre en évidence le mouvement d’extension des brevets depuis quelques décennies, dans deux directions principales : le brevetage de méthodes commerciales et relationnelles (le one-click d’Amazon) et le brevetage du vivant (les semences). Or, ce mouvement, dans les pays en développement, constitue également une offensive à l’endroit des systèmes économiques et culturels de partage des connaissances, par exemple dans le monde agricole, et l’offensive prend les apparences d’un cadeau empoisonné, par les propositions de formation de juristes spécialisés en brevets, qui répandent le modèle.

    6C’est qu’il faut se garder, comme le précise l’antépénultième chapitre, « Les institutions et négociations internationales », de concevoir les droits d’auteur, les brevets et toute la technologie administrative et juridique de la propriété intellectuelle, comme un ensemble de dispositions objectives. Pour les pays dominants, l’imposition du système est la garantie de la protection d’une économie déjà fonctionnelle tandis que pour des pays émergeants comme l’Inde, qui a développé la production de médicaments génériques, ce système est dangereux et contraignant. Plus encore, les organismes de gestion des brevets sont privés et tirent leurs bénéfices de la multiplication des brevets : ils ont donc intérêt à ce que la pratique se diffuse, dans de nouveaux domaines de la connaissance et de nouveaux territoires géographiques.

    7Loin du pur catastrophisme, l’ouvrage s’attache cependant à souligner les pratiques existantes susceptibles d’enrayer la machine de l’appropriation intellectuelle. Ainsi les ONG tendent à devenir des partenaires indispensables dans les négociations internationales, même si le fonctionnement interne de ces ONG ne doit pas être dépeint, les auteurs le soulignent, sous les couleurs idylliques de la démocratie participative : il repose au contraire sur l’activité représentative d’individualités remarquables. D’autres initiatives de groupes, constitués ou en réseaux, comme la pratique de l’open access, celle de l’open data ou celle des archives ouvertes, participent également d’un mouvement de contestation efficace.

    8En somme, cet ouvrage offre un tableau général extrêmement pédagogique des problèmes qui, sans dissimuler l’opinion des auteurs sur les questions abordées, présente le débat dans sa complexité. Contrairement à certains ouvrages de la même collection, « Les Essentiels d’Hermès », dont il faut rappeler qu’ils sont constitués à partir d’articles publiés dans la revue Hermès, celui-ci se distingue par l’extrême actualité tant de ses exemples et cas d’études que des références qui composent la bibliographie de chaque section et la bibliographie générale. Un glossaire en facilite encore la consultation. Ses qualités de présentation, la richesse de son contenu, la diversité de ses exemples et l’urgence de ses problèmes, devraient donc faire de cet ouvrage une lecture en effet fort essentielle.
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    Pour citer cet article
    Référence électronique

    François-Ronan Dubois, « Mélanie Dulong de Rosnay, Hervé Le Crosnier (dir.), Propriété intellectuelle : géopolitique et mondialisation », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, mis en ligne le 09 juin 2013, consulté le 13 octobre 2020. URL : http://journals.openedition.org/lectures/11700 ; DOI : https://doi.org/10.4000/lectures.11700

    #Hervé_Le_Crosnier #Mélanie_Dulong #Propriété_intellectuelle

  • Le capitalisme de surveillance [La voix est libre]
    https://radio.picasoft.net/co/2020-04-24.html

    Émission réalisée à l’occasion de la publication du livre Affaires privées - Aux sources du capitalisme de surveillance de Christophe Masutti, aux éditions C&F Éditions.

    L’interview

    Christophe Masutti, docteur en histoire et philosophie des sciences et des techniques, chercheur associé à l’université de Strasbourg, chargé des affaires européennes au CHU de Strasbourg et co-administrateur de l’association Framasoft sous le pseudo Framatophe
    Pour quelles raisons as-tu choisi de ne donner ta définition du capitalisme de surveillance qu’à la fin de ton livre ?
    Le travail historique que tu as mené sur le capitalisme de surveillance, des années 60 à nos jours, t’a amené à montrer qu’il était d’ordre systémique. Qu’est-ce que ça veut dire ?
    Tu expliques qu’en France, on s’est beaucoup intéressé à la soumission individuelle à la surveillance, que l’on s’est limité à la surveillance du sujet, sans prêter plus d’attention aux impacts de la surveillance sur les collectifs. Pourquoi cette étude-là est-elle indispensable pour comprendre le fonctionnement du capitalisme de surveillance et défendre nos libertés collectives ?
    Quelles infrastructures techniques et, surtout, quelles organisations pouvons-nous mettre en place pour sortir du capitalisme de surveillance ?
    Pourquoi est-ce bien une société de la contribution que nous visons, et pas seulement une économie de la contribution ?
    Pourquoi lire un livre historique est-il un bon moyen de comprendre ce que nous vivons aujourd’hui ?
    Si dans les années 60 on pouvait craindre que la police installe des micros dans notre appart, aujourd’hui nous les installons nous-mêmes, avec par exemple les assistants personnels intelligents. Comment expliquer un tel changement ?
    Quels sont les différentes sortes de consentement vis-à-vis de la surveillance ?
    L’archipélisation peut-elle être une piste pour penser l’après-capitalisme de surveillance ?

    Enregistrement
    Émission enregistrée le 23 avril 2020 sur Mumble, dans le salon La voix est libre du serveur de Picasoft.

    #Christophe_Masutti #Capitalisme_surveillance #C&F_éditions #Affaires_privées #Radio

  • Vidéo - Replay webinaire « Surveillance et numérique » | Drupal | inno³ | Open Innovation, Open Source et Open Data |
    https://inno3.fr/actualite/replay-webinaire-surveillance-et-numerique

    Replongez dans le webinaire « Surveillance et numérique : quelle implication pour et par la recherche ? » du 26 Mai 2020 avec Christophe Masutti

    Historien des sciences et des techniques, Christophe nous a présenté son dernier ouvrage Affaires privées : aux sources du capitalisme de surveillance et la place prise par l’informatique et les données dans nos sociétés actuelles en tant que leviers d’une surveillance intimement reliée aux mécanismes capitalistiques.

    #Christophe_Masutti #Vidéo #Affaires_privées #Capitalisme_surveillance #C&F_éditions #Conférence

  • Vidéo : Rencontre avec Christophe Masutti, auteur de « Affaires privées : Aux sources du capitalisme de surveillance » - Qu’est-ce que Tu GEEKes ?
    https://peertube.qtg.fr/videos/watch/042551bb-8028-433f-9abd-9dea86774775
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    Les vidéos de Framasoft
    Par framasoft@framatube.org

    Librairie Kléber, Strasbourg (Salle blanche 20 mai 2020).

    Rencontre avec Christophe Masutti, auteur de « Affaires privées : Aux sources du capitalisme de surveillance » ; Caroline Zorn, avocate au barreau de Strasbourg ; animée par Hélène Michel...

    #Christophe_Masutti #Affaires_privées #Capitalisme_surveillance #C&F_éditions #Vidéo

  • « La lutte contre la surveillance est un anticapitalisme » par Romain Haillard | Politis
    http://www.politis.fr/articles/2020/04/la-lutte-contre-la-surveillance-est-un-anticapitalisme-41802

    Drôle d’époque. Des drones survolent nos têtes pour nous intimer de rester chez nous ; nos téléphones caftent nos déplacements aux opérateurs télécoms, qui eux-mêmes caftent aux décideurs ; des multitudes d’acteurs économiques trouvent des « solutions » technologiques aux problématiques liées au coronavirus ; les géants du numérique épaulent nos gouvernements pour mieux nous surveiller. À la manière de Michel Foucault, Christophe Masutti réalise une archéologie du capitalisme de surveillance dans Affaires privées, chez C&F Éditions. Selon le membre administrateur du réseau d’éducation populaire Framasoft, formuler une critique de la surveillance aujourd’hui ne peut plus se faire sans l’adosser à un anticapitalisme farouche.

    Est-il toujours pertinent de différencier surveillance d’État et capitalisme de surveillance ?

    Christophe Masutti : Les solutions développées par le capitalisme de surveillance deviennent des instruments de gouvernance. Ces marchands de la surveillance vont faire croire aux technocrates qu’il y aura un moyen d’automatiser des processus coûteux dans un moment où tout doit concourir à la réduction de la dépense, et donc à la réduction de l’État. Mais il y aura toujours besoin de -l’humain. Quand nous voyons l’état de l’hôpital aujourd’hui, l’utilité des machines se voit vite dépassée. Comme l’idée de faire un traçage des individus avec l’application StopCovid.

    C’est l’idée du solutionnisme technologique. Tout problème, économique ou politique, pourrait trouver une réponse technologique. Cette conception domine la Silicon Valley et a fait des émules – nos gouvernants n’y échappent pas. Cette idéologie qui ne se revendique pas comme telle affaiblit le pouvoir politique. Les décisions devraient s’enfermer dans des choix techniques dépolitisés. Macron et la startup nation se marient bien à cette dépolitisation. Mais quand nous dépolitisons, nous n’agissons plus par conviction – de droite comme de gauche. Ne reste plus que l’État seul, hors sol, plus que la technocratie.

    #Christophe_Masutti #Affaires_privées #Capitalisme_surveillance #C&F_éditions #Interview

  • [OpenESR] - Webinaire « Surveillance et Numérique » avec Christophe Masutti - CodiMD
    https://md.inno3.fr/gRmqcskHQ8W43LXl5WPblA#

    Intervention de Christophe MASUTTI

    Le webinaire dans son ensemble est disponible sur l’instance Libre Video
    C. Masutti propose de commencer par une contextualisation historique de la vie privée et de la surveillance, afin de prendre du recul sur ce que nous vivons et de retracer la longue histoire de la vie privée, de la privacy et des différents acteurs qui ont participé à leurs conceptualisations.

    Retour historique sur des notions intriquées : vie privée, privacy, surveillance

    À l’origine du travail de C. Masutti sur la vie privée et la surveillance, il y a la lecture de nombreuses réflexions qui, dès la fin des années 1960, font surgir une crainte de la société Orwellienne face aux grandes banques de données. Il procède à trois citations remarquables :

    Cette littérature grise (rapport, discours, etc.) est essentielle pour se saisir des enjeux inhérents à la vie privée et la surveillance, ainsi C. Masutti a noté un écart important entre les grands discours des livres et publications scientifiques et la « science en acte », la manière dont elle se confronte au réel et aux puissances décisionnaires.

    À partir de cette littérature, qui cite fréquemment et amplement Orwell (auteur du roman dystopique 1984), la question a été de savoir ce qui avait changé depuis la fin des années 1960 jusqu’à aujourd’hui. La réponse, qui constitue l’objet de l’ouvrage de C. Masutti, est l’émergence d’un capitalisme de surveillance.
    Pour comprendre comment s’est opérée la mutation vers un capitalisme de surveillance, une voie possible consiste à revenir sur la façon dont le concept de vie privée, et celui plus large de privacy se sont structurés au cours du temps, en commençant par leur théorisation dans les travaux d’Alan Westin.

    Professeur de droit à l’université de Columbia, Alan Westin travaille sur la vie privée et la confidentialité dans les pratiques de consommation. Il définit la vie privée comme une exigence à décider soi même quand et comment les informations qui nous concernent peuvent être communiquées à d’autres.
    Avec d’autres juristes, A. Westin a initié aux États-Unis (et très vite de manière internationale) un mouvement de pensées sur la vie privée. Si la vie privée est un concept défini à la fin du XIXe siècle (par S. Warren et L . Brandeis) avec l’expression célèbre The right to be let alone, il faut comprendre qu’avec l’arrivée du substrat technologique des ordinateurs, des bases de données et des pratiques de communication, cette définition ne pouvait plus suffire. Et tout le champ de recherche à ce sujet est encore loin d’être épuisé : la vie privée est un concept mouvant, éternellement en adaptation aux contextes sociaux et technologiques.

    Un ami d’A. Westin, Daniel J. Solove, publiera en 2002 une tentative de généralisation de la Privacy qu’il définit en 6 points : 1) The right to be let alone, 2) l’accès limité à sa personne, 3) le secret, 4) le contrôle des renseignements personnels et 5) la vie privée.

    Dans les années 2000, privacy comme vie privée vont devenir des sujets phares du monde universitaire en questionnant leur évolution avec le développement de l’informatique. Ainsi deux lois clefs, datant des années 1970 sont particulièrement importantes à rappeler. Il s’agit du Fair Credit Reporting Act de 1970, qui réglemente la collecte, l’utilisation et la redistribution des données des consommateurs ; ainsi que du Privacy Act de 1974, qui donne un cadre à la collecte, la conservation, et l’utilisation d’informations personnelles identifiables par le gouvernement fédéral.

    Ces lois, qui entrent en vigueur aux Etats-Unis, sont une réponse aux pratiques de fichage informatisé mises en place par des banques pour en produire des listes secrètes et des analyses illicites qu’elles revendaient par la suite, sur un modèle d’affaire particulièrement lucratif. Aussi, grâce à ce cadre juridique, les institutions publiques ont dû obéir à un code de conduite ficelé.

    1974 est également une année charnière en France avec l’affaire du Système Automatisé pour les Fichiers Administratifs et le Répertoire des Individus (SAFARI). Ce projet d’interconnexion des fichiers nominatifs de l’administration française géré par le Ministère de l’intérieur rassemblait toutes les informations issues d’autres bases de données nationales pour pouvoir établir un grand fichage informatisé de tous les Français. Cette affaire a permis en France la création de la CNIL (Commission Nationale Informatique & Libertés) en 1978 bien que la question du consentement ait fait l’objet de quelques études depuis le début des années 1970 (en parallèle des recherches à l’œuvre aux Etats-Unis et au Royaume-Uni).

    Ce mouvement de réponse législative aux violations de la vie privée par les entreprises se développera également au Royaume-Uni, avec d’une part le rapport Younger sur le Right of Privacy Bill, et d’autre part les dispositions liées au scandale des procédures de recensement dont les questions invasives étaient posées afin que l’administration publique puisse créer des banques de données destinées à la revente.

    Le rôle de l’information dans nos sociétés

    Cette approche critique du capitalisme passe notamment par une critique de l’information comme valeur capitalistique et du développement en conséquence des technologies de l’information. C’est ainsi le rapport entre information et société qui est en jeu et qui n’a cessé d’être questionné depuis les années 1960 dès le début de l’informatisation.

    Cette vision, corroborée par les révélations de Snowden, pousse à envisager la question de la vie privée au regard du niveau technique et technologique d’une société. On ne peut pas faire l’histoire de la surveillance en faisant l’impasse sur les conditions technologiques dans lesquelles elle se développe.
    En effet, l’émergence d’une économie de la surveillance n’est pas seulement due à une mutation de l’économie (dans laquelle l’information devient un capital), mais est aussi fonction des évolutions technologiques qui l’ont rendue possible. Une société de l’information constitue en cela un terrain fertile pour le développement de la surveillance avec notamment le rôle majeur de l’information pour orienter les comportements de consommation.

    Issues des mouvements des années 1970 et représentées par les travaux de David Lyon, les surveillance studies constituent un champ dédié à l’étude du développement du phénomène de la surveillance massive, et tendent actuellement à montrer que le solutionnisme technologique s’est élevé au rang d’idéologie (Silicon Valley, startup nation), depuis notamment CyberSyn au Chili, entrainant avec lui de nouveaux moyens de surveillance auxquels consentent plus ou moins facilement les citoyens.
    L’exemple récent des débats autour de l’application StopCovid, et de l’utilisation des données captées par une application similaire aux USA aux fins de savoir qui participe à des manifestations, en sont des illustrations particulièrement frappantes.

    Solutions face au capitalisme de surveillance

    Privilégier le collectif et le local.
    Ne pas faire de concessions par rapport au chiffrement des données.
    L’utilisation des logiciels libres.
    Dispatcher les lieux de pouvoirs en autant d’instances locales que possible (instances en pair-à pair).

    #Christophe_Masutti #Affairs_privées #Capitalisme_surveillance #Conference

  • #Biblium2020.02 : Surveillance, jeux vidéo et Cyberpunk… | by François Houste | Sep, 2020 | Medium
    https://medium.com/@fhouste/biblium2020-02-surveillance-jeux-vid%C3%A9o-et-cyberpunk-8cc1a19f0d74
    https://miro.medium.com/max/925/0*LtPK1ptYsi52itz5

    AFFAIRES PRIVÉES, Christophe Masutti chez C & F Éditions
    AFFAIRES PRIVÉES (2020 chez C & F Editions) de Christophe Masutti, s’il fait référence à Cybersyn, va beaucoup plus loin dans son analyse de la société et du Capitalisme de la Surveillance. On y dresse l’historique du suivi informatisé des populations, portée des années 1950 à 1970 par les banques et les organismes de crédit américains. On y étudie ensuite la façon dont ces méthodes de notation et d’analyse de la population ont dérivé jusqu’à nos jours, portées par l’explosion des données accessibles (Big Data) et par l’invasion de notre quotidien par les outils numérique. Et on y dénonce enfin la façon dont les GAFAM, nourries de données, ont peu à peu supplanté les gouvernements dans leurs rôles régaliens. De passionnant historiquement dans ses premiers chapitre, AFFAIRES PRIVÉES devient rapidement effrayant au fil des pages avant d’ébaucher quelques pistes pour sortir de ce Capitalisme de la surveillance qui nous encercle. Lecture utile.

    #Christophe_Masutti #Affaires_privées #C&F_éditions

  • Internet en 2050 : du web ubiquitaire aux réseaux maillés - CNET France
    https://www.cnetfrance.fr/news/internet-en-2050-du-web-ubiquitaire-aux-reseaux-mailles-39910689.htm

    Internet est né en 1983, après avoir été développé sous le nom d’Arpanet pendant les années 1970 par l’armée américaine et des chercheurs de Stanford. Mais le réseau des réseaux est vraimenrt devenu accessible au grand public au début des années 1990, avec la naissance du Web ; un ensemble de pages en HTML mélangeant du texte, des liens, des images, adressables via une URL et accessibles via le protocole HTTP.

    Aujourd’hui, Internet et Web sont presque synonymes aux yeux des internautes, mais il faut bien garder en tête qu’il existe à la fois un “hardware” (le Net, un gigantesque réseau qui relie des millions de réseaux secondaires publics et privés) et un “software” (la Toile, le système de publication et de consultation de documents le plus utilisé). Et qu’il n’en sera pas forcément de même dans un avenir proche.

    À quoi ressemblera Internet en 2050 ? Plusieurs scénarios sont possibles, d’un Internet quantique et quasiment ubiquitaire, à un réseau engorgé qui s’effondrera et laissera place à tout autre chose. Découvrons donc ce qui nous attend dans à peine 30 ans. Du côté du hardware comme du software.

    Le risque d’un internet sous contrôle

    Seul l’avenir nous le dira, mais le risque, si rien ne change (dans l’architecture même d’internet, dans la domination du web par une poignée d’entreprises, et dans les usages des internautes), serait de voir se développer en 2050 un réseau des réseaux réellement dystopique. Où la vie privée ne serait plus qu’un très lointain souvenir (puisque nos appareils connectés sauront tout de nous et que des publicités ciblées seront notre lot quotidien). Où des États, en particulier ceux les plus autoritaires, prendraient le dessus et utiliseraient le Net à leurs propres fins, en détournant les réseaux sociaux et en utilisant la reconnaissance faciale et la collecte des données, par exemple.

    Finalement, au-delà des réseaux en tant que tel, le futur d’internet ne dépend que d’une chose : la façon dont nous, être humains, agiront ces 30 prochaines années face à cet outil qui promet d’être toujours plus surpuissant.

    Par Fabien Soyez
    @FabienSoyez mercredi 07 octobre 2020 à 18:52

    #Internet #Futurologie #2050

  • affordance.info : Tadata ou la prostitution comme business model
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/10/tadata-ou-la-prostitution-comme-business-model.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef026be41884ed200d-600wi

    C’est un frémissement si caractéristique de Twitter, une onde d’abord calme puis un déchaînement. L’objet du débat s’appelle « Tadata ».

    C’est une start-up. Qui permet à des jeunes, dès leur majorité numérique (fixée à 15 ans pour la France), à des jeunes de 15 ans donc, de vendre (oui oui) leurs données personnelles à des tiers et d’en tirer (plus que maigre) bénéfice à base de bons d’achats, coupons de réductions et - parfois seulement - contre (très peu) d’espèces sonnantes et trébuchantes.

    [Edit] La réaction à cet article de l’un des deux fondateurs du service est à lire en commentaire et à la fin du billet
    Se prostituer pour ses données.

    Le pitch est simple : « les méchants GAFAM te volent tes données ? Tu en as marre que ce soit gratuit et d’être le produit ? Deviens entrepreneur de toi-même et vends tes données pour te faire de l’argent de poche. » [vous pouvez vomir ici]

    Quand la CNIL devient un argument marketing des voleurs de données... on croit rêver.

    Cette entreprise de Data prostitution pour mineurs, la première en France, a été créé par Alexandre Vanadia et Laurent Leboucher Pomiès. Un temps justement cornérisée par la CNIL, elle se vante désormais d’avoir obtenu le feu vert d’icelle, ce qui m’avait passablement irrité avant que Lionel Maurel ne me rappelle justement que « le RGPD ne prévoit plus d’autorisation préalable par la CNIL ». L’application de prostitution de données pour mineurs s’est donc en effet « mise en conformité » sur quelques fondamentaux purement techniques et s’est ensuite empressée de communiquer par voie de presse sur ce « validé par la CNIL » qui n’a rien validé d’autre que le fait qu’elle existait.

    De fait, la CNIL avait initialement été saisie sur la base d’une plainte, et actuellement la CNIL ne fait « que » vérifier la validité du consentement recueilli et les conditions de désinscription du service. Et basta.

    #Tadata #Olivier_Ertzscheid #Affordance.info #Grosse_colère