• « Aujourd’hui, les plateformes de médias sociaux ne sont plus axées sur les activités sociales. Au contraire, la plupart nous offrent un média de diffusion et nous incitent à apprendre à manipuler les algorithmes afin de créer, nous aussi, des actifs pour les grandes entreprises. Puisque la taille est valorisée dans cette économie de plateforme, nous sommes encouragés à nous mettre en scène pour rechercher la célébrité et l’attention. En théorie, nous pouvons toujours créer du contenu pour nos 15 amis, mais rien ne garantit qu’ils verront nos publications. Pour être vus, il faut faire des efforts. » Qu’importe si nous ne savons plus lesquels.

    Pour danah boyd, « nous vivons désormais dans un monde de médias parasociaux ».

    « Les relations parasociales sont des connexions unilatérales où l’on suit la vie et les activités de personnes – comme des célébrités – qui ne nous connaissent pas et pour lesquelles on ne ressent aucune obligation de réciprocité. Dans un monde parasocial, on consacre son attention et ses émotions au suivi des péripéties d’individus qui évoluent à distance. Les relations parasociales peuvent être intenses émotionnellement, mais elles ne créent pas le tissu social qui nous soutient dans les moments difficiles. »

    https://danslesalgorithmes.net/2026/05/13/les-medias-sociaux-nen-sont-plus

  • Les #LLM dégradent profondément vos documents

    On avait déjà attiré l’attention sur les grandes #limites de l’IA pour produire des #synthèses (https://danslesalgorithmes.net/stream/manipuler-la-synthese-de-document), au risque de valoriser certaines informations sur d’autres. Microsoft Research vient de publier un article et un benchmark : ils ont proposé 52 documents à 19 modèles concurrents dont les modèles de pointe. Chaque modèle reçoit un document et une série d’instructions de modification, une vingtaine maximum. A la fin de la série d’instruction, 25% à 50% du contenu se retrouve dégradé (analyse faite en comparant simplement les contenus des documents). Si on étend encore les instructions à une centaine, la courbe de la dégradation continue. Les chercheurs parlent de « #déclin_monotone ». Ils constatent également que les performances à court terme ne prédisent pas la fiabilité à long terme. « Deux modèles qui semblaient presque identiques après deux interactions (91,5 % contre 91,1 %) ont divergé de façon spectaculaire au fil du temps (48,3 % contre 64,1 %). » La dégradation est parfois brutale. Sur les 50 domaines d’activité testés auxquels ils ont confié des documents pour des tâches d’#édition, le seul domaine qui fonctionne reste le code #python : la dégradation est très faible, les contenus restent stables sur 17 des 19 modèles, à 98%. Mais par exemple, sur un tableur, seulement 50% des lignes d’origine sont encore présentes après 20 itérations : l’ordre des lignes, les noms de colonnes et le nombre de lignes sont plus dégradées encore.

    La démonstration permet de montrer que l’usage des LLM risquent de n’être fonctionnels que pour le code, car le code à une définition mécanique, c’est-à-dire qu’il existe une spécification lisible par machine permettant de vérifier la sortie (mais la démo montre que quand il s’agit de structure des bases de données SQL, les résultats sont déjà beaucoup moins parfaits). « Partout où la correction exige de la #compréhension, les modèles s’effondrent », explique le développeur norvégien Christian Ekrem sur son blog. Pire : la #corruption est invisible par conception, « silencieuse ».

    « Le plus inquiétant, c’est la manière dont ces #erreurs se produisent. Elles sont rares, mais graves. Le modèle ne transforme pas votre document en charabia. Il y apporte de petites #modifications, assurées (!), qui paraissent inoffensives au premier coup d’œil. Un détail déplacé. Une précision omise. Un sens subtilement altéré. Une phrase réorganisée pour en modifier l’ordre. Il faudrait lire attentivement l’ensemble du document, en le comparant à l’original, pour s’en apercevoir. Et personne ne le fait. »

    Dans vos slides, votre « environ 30% » va devenir « 30% »… puis « 20% ». Dans un contrat, « sous certaines conditions » s’efface. « Après signature » devient « avant signature »… Non seulement les erreurs s’accumulent, mais elles interagissent : « une corruption précoce modifie le contexte, ce qui décale les résultats suivants, et ainsi de suite ». Vous continuez à travailler sur une version corrompue qui ne dit déjà plus ce que vous pensiez. « Si cela ne vous terrifie pas, je doute que ayez déjà travaillé avec des documents importants. (…) Lorsque vous déléguez la maintenance documentaire à un LLM, la théorie meurt doublement. Premièrement : vous n’avez pas acquis la compréhension, car vous avez délégué au lieu de vous impliquer directement dans le sujet. Deuxièmement : le LLM a insidieusement altéré le document lui-même. Vous vous retrouvez donc sans modèle mental ni représentation écrite précise. Vous avez, pour ainsi dire, perdu à la fois la carte et le territoire. »

    https://danslesalgorithmes.net/stream/les-llm-degradent-profondement-vos-documents
    #qualité #dégradation #LLMs #IA #AI #intelligence_artificielle

    • LLMs Corrupt Your Documents When You Delegate

      Large Language Models (LLMs) are poised to disrupt knowledge work, with the emergence of delegated work as a new interaction paradigm (e.g., vibe coding). Delegation requires trust - the expectation that the LLM will faithfully execute the task without introducing errors into documents. We introduce DELEGATE-52 to study the readiness of AI systems in delegated workflows. DELEGATE-52 simulates long delegated workflows that require in-depth document editing across 52 professional domains, such as coding, crystallography, and music notation. Our large-scale experiment with 19 LLMs reveals that current models degrade documents during delegation: even frontier models (Gemini 3.1 Pro, Claude 4.6 Opus, GPT 5.4) corrupt an average of 25% of document content by the end of long workflows, with other models failing more severely. Additional experiments reveal that agentic tool use does not improve performance on DELEGATE-52, and that degradation severity is exacerbated by document size, length of interaction, or presence of distractor files. Our analysis shows that current LLMs are unreliable delegates: they introduce sparse but severe errors that silently corrupt documents, compounding over long interaction.

      https://arxiv.org/abs/2604.15597

  • Dans les algorithmes | Tokenmaxxing : l’IA par abonnement touche à sa fin
    https://danslesalgorithmes.net/stream/tokenmaxxing-lia-par-abonnement-touche-a-sa-fin

    Après Anthropic, Microsoft va faire passer les utilisateurs de GitHub Copilot à une facturation par jetons, rapporte Ed Zitron (le coût hebdomadaire d’exécution de GitHub Copilot ayant presque doublé depuis janvier). La tokenisation, c’est-à-dire le fait de payer l’IA selon sa consommation de token va devenir un peu partout la règle. Et c’est déjà le cas dans les entreprises.

    Chez Uber, par exemple, les coûts de l’IA explosent. Un employé de Meta, lui, a créé de son propre chef un classement qui suivait le nombre de tokens utilisés par les plus de 85 000 employés de l’entreprise, rapporte Fortune. Baptisé « Claudeonomics », en référence au modèle d’IA d’Anthropic, ce classement affichait les 250 employés dépensant le plus de tokens.

  • Kit d’opposition aux data centers
    https://danslesalgorithmes.net/stream/kit-dopposition-aux-data-centers

    Aux Etats-Unis, l’AI Now Institute lance une boîte à outils pour s’opposer au projets et aux déploiements de centres de données. L’AI Now Institute fait le point sur les multiples recours possibles, en fonction des politiques locales, étatiques et fédérales et des différentes réglementations sectorielles (sur le développement économique, l’énergie, la pollution, la transparence, l’usage […]

  • War Isn’t Working for American Workers
    https://jacobin.com/2026/04/military-arms-industry-workers-labor

    Un peu d’économie politique

    23.4.2026 by Lorah Steichen - While Pentagon budgets have steadily increased in recent years, the arms industry has become more consolidated, more automated, and less labor-intensive. The warfare state is not an effective economic development strategy for working people.

    Amid the United States’ illegal, costly, and broadly unpopular war in Iran, the Trump administration recently asked Congress to approve a record-breaking $1.5 trillion military budget — the largest military spending proposal in US history. The administration claims that record war spending will pay for a “once-in-a-century revival of American industry,” while hawks in Congress argue that the spending spree will “revitalize” the military industrial base by investing in a “skilled, patriotic defense workforce.”

    But new research from Transition Security Project suggests that military spending increases are unlikely to translate into broad gains for American workers.

    While Pentagon budgets have steadily increased over recent decades, the arms industry has become more consolidated, more automated, and less labor-intensive — upending the idea that the warfare state is an effective economic development strategy for working people, and strengthening the case for a state-led shift toward a civilian industrial base focused on green manufacturing.

    Half of the Pentagon budget is funneled to private weapons manufacturers, but higher spending has not produced more jobs. Employment in military industries has fallen significantly since Cold War peaks, from an estimated 3.2 million workers during the 1980s to about 1.1 million in 2020, despite Pentagon budgets growing by roughly 22 percent over the same period. Meanwhile, job quality in the sector has also deteriorated: wages have declined, pensions cut, and unionization collapsed to roughly 10 to 14 percent on average across major military contracting firms, while company revenues from military contracts have grown substantially.

    Taken together, these trends challenge a persistent assumption in Washington policymaking that military spending is an effective jobs program for American workers. In reality, rising Pentagon budgets have become increasingly decoupled from employment growth, delivering diminishing returns to workers even as they enrich a small group of military contractors, executives, and shareholders.

    Today weapons production is highly capital-intensive, meaning the war industry is one of the least effective ways to create jobs. This dynamic has been reinforced by long-term changes in how the workforce is organized: subcontracting and strategic relocations to lower-wage, weaker-union regions have fragmented the workforce and eroded collective bargaining power.

    Emerging trends in automation, low-cost and expendable “attritable” weapons, new defense tech companies, and corporate consolidation are likely to further weaken organized labor in the sector and reduce the availability of stable jobs. At the same time, the rise of a new cohort of Silicon Valley military tech firms like Anduril, Palantir, and SpaceX is only accelerating this shift. Backed by venture capital and growing political influence, these firms are helping to remake the defense industrial base around speed and scalability over cost or even performance, incorporating “just-in-time” manufacturing and distributed supply chains.

    Flush with multibillion-dollar Pentagon contracts for AI systems, drone swarms, and autonomous platforms, these companies are poised to join the top tier of military contractors — whether by displacing the legacy firms or expanding alongside them as budgets bulge.

    Military tech firms are already reshaping the sector. Citing “increased pressure from non-traditional entrants,” Northrop Grumman recently told its workers to expect a “culture change,” announcing plans to “fail fast, learn faster,” using artificial intelligence to automate manufacturing processes. The company — one of the “Big Five” weapons profiteers, deriving roughly 85 percent of its revenue from US government sales — is a key contractor in Donald Trump’s flagship Golden Dome missile defense initiative, a project Pentagon watchdogs and even some engineers have characterized as technologically unfeasible, while warning that it could ultimately heighten rather than reduce nuclear risk, undermining the national security rationale used to justify what could amount to a trillion-dollar taxpayer expense.

    The growing influence of military tech barons in defense procurement reflects a long-standing pattern in which weapons contractors exert outsize political influence to secure sustained military funding, further consolidating corporate power while continuing to erode the unionized jobs that once defined the sector.

    In other words, the US war industry is a dead end for workers.

    But the solution isn’t to expand military spending or attempt to reform the war industry; it is to build a new industrial base focused on green manufacturing instead of military production — redirecting skills, infrastructure, and state capacity away from war and toward socially beneficial sectors that actually deliver stable, broadly shared gains for working people.

    It’s not a new idea. In fact, military-industrial conversion was an oft-debated topic in Cold War–era labor and peace politics, when unions, activists, and some policymakers argued that military spending could be redirected toward civilian production to strengthen employment, reduce pervasive militarization, and better align public investment with social needs.

    Labor unions, in particular, have long served as a crucial entry point for dialogue around industry reform and alternatives, in part because their members often have greater protections to express views at odds with their employers without risking being fired over speech. During the Cold War, the International Association of Machinists and Aerospace Workers — the largest union in the defense sector — advocated for worker-led economic conversion efforts amid a widening gap between the spiraling Ronald Reagan–era military budget and the economic realities of everyday Machinists and working-class communities.

    Though conversion efforts waned after the Cold War, its central premise remains highly relevant as the need for a large-scale green industrial transformation becomes increasingly urgent. And while it doesn’t go as far as calling for economic conversion, the Machinists’ 2024 Climate Jobs Agenda articulates a role for its membership in “climate and clean energy industries,” stating that the union is “poised to push for solutions that protect our planet while building union power.”

    And while modern efforts to build coalitions toward industrial conversion must contend with the nonunion majority of the military contracting workforce, with its high turnover and fractured subcontractor networks, these structural realities also make worker organizing and cross-sector alliances all the more important. This, in turn, creates a critical window for workers and their unions to advance coordinated transition strategies that align job security with broader public priorities and societal goals.

    The case for economic conversion of military industries is pragmatic: for one, most military contracting firms already produce civilian goods and services alongside military technologies, reinforcing that military industrial sites can be used to produce far more than weapons. At the same time, public investment yields far greater employment and economic returns when directed toward areas like clean energy, infrastructure, health care, or education than when funneled into Pentagon spending. Shifting funding toward these sectors would not only increase overall employment, it would also reduce emissions and, most importantly, the violent loss of life embedded in military strategy, prioritizing universal safety over the profits of military contractors.

    Redirecting public procurement power toward these sectors would mean using the state’s purchasing and contracting capacity to scale up renewable energy, green transit, and other essential infrastructure, steadily channeling investment into communities and industries that support decarbonization, job creation, and long-term economic stability.

    While antiwar sentiment is arguably at its highest level in decades and war profiteering remains broadly unpopular across political parties, preferences for civilian public investment consistently outweigh calls for expanded military spending. Support for increasing the military budget is marginal; only one in ten Americans think the United States should spend more on war, while demand remains strong for investments that produce stable, socially necessary jobs. And for workers in military industries, planned conversion offers not a loss but the prospect of more secure employment in sectors that meet public needs while generating broader social benefit.

    The task ahead is to align public policy with popular will: curbing militarism while delivering the jobs, stability, and public goods that people deserve.

    #USA #armement #travail #économie

  • La colère contre l’IA est-elle en train de dégénérer ?
    https://danslesalgorithmes.net/stream/la-colere-contre-lia-est-elle-en-train-de-degenerer

    C’est la thèse que soutient l’historien Brien Merchant, qui documente, comme nul autre et depuis longtemps, l’opposition à l’IA. Quelques faits divers à quelques jours d’intervalles, où deux individus isolés se sont attaqués à la maison de Sam Altman et un autre a tiré des coups de feux sur la maison d’un conseiller municipal d’Indianapolis […]

    • Pourquoi croire une seule seconde qu’une entreprise d’IA qui dépense des millions pour saper la capacité des États à exercer leur démocratie, qui s’efforce de faire échouer une loi californienne exigeant que les chatbots soient testés et reconnus sans danger pour les enfants, qui tente de se soustraire à toute responsabilité quant aux dommages que ses produits pourraient causer dans d’autres projets de loi étatiques, et qui collabore avec l’administration Trump pendant que celle-ci bombarde des écoles primaires et perpètre des actes de terreur contre les immigrés, pourrait sérieusement investir le moindre capital politique pour autre chose que ses propres intérêts financiers ?

  • ChatGPT : OpenAI officialise la surveillance de vos conversations dans un billet de blog surréaliste - Les Numériques
    https://www.lesnumeriques.com/intelligence-artificielle/chatgpt-openai-officialise-la-surveillance-de-vos-conversations-dans-


    MAIS QUELLE SURPRISE !!!

    OpenAI s’arroge une fonction habituellement réservée aux services de renseignement étatiques. L’entreprise évalue elle-même la crédibilité et l’imminence d’une menace, puis décide souverainement de contacter les forces de l’ordre. Elle recourt à des psychiatres et des spécialistes du comportement pour jauger la dangerosité de ses propres clients, le tout sans mandat judiciaire, sans juge, sans obligation légale de transparence mentionnée nulle part dans le billet.

  • En #santé, la maîtrise des dépenses se fait au détriment des plus démunis
    https://theconversation.com/en-sante-la-maitrise-des-depenses-se-fait-au-detriment-des-plus-dem

    Premièrement, les gains d’efficience – autrement dit une meilleure maîtrise des coûts pour atteindre un certain niveau d’espérance de vie – s’accompagnent d’un creusement des #inégalités de santé. Cet effet n’est toutefois observé que dans les pays où l’offre de soins est majoritairement opérée par le secteur privé. Deuxièmement, la réduction des inégalités de santé produit l’effet inverse. Lorsqu’elle a lieu, elle améliore de façon systématique l’efficience du système, que les soins soient fournis par des acteurs publics ou privés.

    Ces résultats suggèrent donc que, contrairement à ce qui est régulièrement avancé, c’est l’équité qui est un préalable à une meilleure performance globale des systèmes, et non l’inverse.

    #pauvreté

  • Pourquoi il nous faut davantage d’arrêts maladie
    https://frustrationmagazine.fr/arrets-maladie

    La prescription des arrêts de #Travail pour maladie augmente partout dans le pays. Une étude de l’assureur Axa, reprise sans grand recul par tous les médias, indique une hausse de 50% des arrêts prescrits et effectivement pris depuis 2019. N’importe qui en déduirait que le travail, en France, rend de plus en plus souvent malade, […]

  • Ne fais pas cette erreur : pour réussir dans la vie, il ne faut pas « traverser la rue ». L’essentiel, c’est de ne pas craquer.

    Olivier Dussopt, un ancien ministre condamné mais finalement épargné
    https://www.mediapart.fr/journal/france/150426/olivier-dussopt-un-ancien-ministre-condamne-mais-finalement-epargne

    Définitivement condamné pour favoritisme en 2025, Olivier Dussopt a demandé un mois plus tard le relèvement de la sanction prononcée, car il lui était interdit de diriger des entreprises candidatant à des marchés publics. L’ancien ministre a expliqué avoir trop de mal à trouver un emploi. Un tribunal lui a accordé cette faveur.

    #statusmaxxing #merci_arno

  • Le vrai du faux du #chômage : quatre idées reçues qui brouillent le débat public
    https://theconversation.com/le-vrai-du-faux-du-chomage-quatre-idees-recues-qui-brouillent-le-de

    Début 2026, Jean-Pierre Farandou, ministre du travail et des solidarités, mettait en avant l’idée que les personnes au chômage frauderaient et déclarait souhaiter suspendre les allocations chômage en cas de « suspicion sérieuse de fraude ».

    Le ministre annonce alors que le montant des fraudes détectées était, en 2025, de 146 millions d’euros. En comparaison, en 2024 (les chiffres de 2025 ne sont pas encore sortis), l’Unédic a dépensé 36 617 657 070 d’euros (36 milliards d’euros) d’indemnisations.

    Cela signifie que la fraude représente 0,40 % du total des allocations.

    À l’opposé, environ une personne sur trois avec des droits à l’assurance-chômage ne les a pas demandés.

    Cela représente de 390 000 à 690 000 personnes qui ont cotisé, mais qui ne demandent pas leurs allocations.

    Il est difficile de savoir la somme que cela représente, mais il est sûr que cela représente un montant bien supérieur aux fraudes.

  • Rapport 2026 sur Parcoursup et Mon Master : la machine à tri social accélère chaque année
    https://www.revolutionpermanente.fr/Rapport-2026-sur-Parcoursup-et-Mon-Master-la-machine-a-tri-soci
    https://www.revolutionpermanente.fr/IMG/logo/sans_titre-132.jpg?1776253073

    Le dernier rapport du Comité éthique de Parcoursup et Mon Master confirme une réalité brutale : de la licence au master, la sélection s’intensifie, excluant chaque année davantage d’étudiants. Un processus vise à adapter toujours davantage l’université publique aux intérêts du patronat, que le rapport propose d’intensifier.

  • Hugo Desprez, Est-ce que l’IA tombe du ciel ?, 2026 – Et vous n’avez encore rien vu…
    https://sniadecky.wordpress.com/2026/04/14/desprez-ia

    L’approche de cet intervenant est un peu plus fine que la précédente. Pas de slides avec des robots mignons. On va parler factuel. Pendant une heure, on nous fait du chaud/froid, du positif/négatif, c’est bien, mais c’est mal, mais c’est bien. En mode pervers narcissique. D’emblée la question est posée sur la table : « qui dans cette salle est au courant que l’IA, ça pollue ? » Pas de doute, dans cette conférence, ça va dénoncer. Grégory Varenne nous confirme : l’IA, ça pollue, et même énormément. En fait, ce qu’on appelle à tort le « monde virtuel », le « cloud », c’est très physique, ce sont des infrastructures lourdes, et c’est un peu la cata niveau « environnemental ». Il développe rapidement sur la consommation d’eau, d’électricité, de terres rares.

    MAIS, alors qu’on pourrait penser que c’est un désastre écologique, il existe en fait des technologies qui, grâce à l’IA, permettent de réduire l’impact carbone de l’humanité. Donc, en fait, l’IA, ça peut polluer, mais ça dépend de ce que l’on fait avec. Voyez plutôt : dans une smart city, l’IA permet une meilleure gestion des déchets, une meilleure gestion de l’énergie, ou encore du trafic, et donc permet des gains d’efficacité qui sont bons pour l’environnement. L’agriculture intensive est nocive, mais grâce à l’IA, on gère mieux la consommation d’eau, on pulvérise le strict nécessaire de produit écocidaire, bref, on évite toute surconsommation, donc c’est bon pour l’environnement. Globalement, comme il dit, « l’IA peut servir de pansement numérique pour l’environnement ». On est bien rassurés.

    MAIS, Grégory nous prend encore à revers, et annonce la sentence : en fait, à bien y regarder, les problématiques environnementales liées à l’IA sont plus nocives que ce qu’elle permet de compenser… et de se lancer dans une liste – plutôt exhaustive, il faut l’admettre – des nuisances écologiques et sociales qu’entraînent ces technologies. Dans l’audience, pour ceux qui ne sont pas en train de scroller sur leur téléphone, c’est le coup de massue. Les chiffres sont sans appel, les images sont effrayantes, le constat est alarmant. On sait maintenant combien de ml d’eau coûte l’envoie d’un courriel ou d’une photo, on ne peut plus faire semblant d’ignorer notre impact.

    MAIS, notre entrepreneur de la tech a une solution. Il nous parle de sa « philosophie de l’usage ». Il a choisi d’adopter « une utilisation frugale de l’IA », et on pourrait faire pareil, si on se formait correctement – d’ailleurs il faut se former, puisqu’on est obligé d’utiliser l’IA ; d’ailleurs – ça tombe bien – son entreprise propose des formations. Il nous partage quand même gracieusement tout un tas de petits gestes du quotidien, de « comportements » et de compétences à acquérir et mettre en place pour réduire au maximum l’impact obligatoire de notre utilisation obligatoire. Ce qu’il nous demande enfin de vraiment retenir, c’est que « ne pas utiliser l’IA, ce serait une erreur » alors autant l’utiliser le mieux possible.

    Pour résumer, Grégory Varenne est payé pour dire, devant des centaines de lycéens, que l’Intelligence Artificielle (mais en fait le numérique en général) est une catastrophe sociale et environnementale sans précédent, que quel que soit les usages que l’on puisse en faire, il y a toujours un impact minimum qui est déjà intolérable ; MAIS QUE, comme c’est l’avenir et qu’on ne peut pas s’en passer, il faut qu’ils se forment pour maîtriser au mieux les outils et réduire leur petit impact personnel. Ya pas de problème, puisqu’ya des solutions.

    Ou comment faire accepter l’inacceptable. Ou comment désamorcer toute remise en question de l’ordre des choses.

    Finalement, cet anecdotique évènement de propagande technophile peut servir de piqûre de rappel : aucune technologie ne tombe du ciel. Il y a des entreprises privées qui inventent, fabriquent et commercialisent ces technologies. Il y a des États qui poussent, par leurs directives, le déploiement de ces technologies. Il y a des intérêts financiers, stratégiques et de pouvoir au déploiement et à l’usage de ces technologies. Il y a de la propagande, de l’injonction, de la menace, de la séduction pour imposer l’hégémonie de ces technologies. Bref, c’est toujours le fait d’initiatives, de choix politiques.

    #acceptabilité #école #lycée #IA #critique_techno #écran_total

  • Kevin Limonier, géographe : « Il n’existe aucune limite à ce que l’on peut imaginer en matière de déstabilisation de l’adversaire dans le cyberespace »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/04/09/kevin-limonier-geographe-dans-la-cyberguerre-les-dimensions-virtuelle-et-phy

    Quand la Russie a attaqué l’Ukraine, tout le monde s’attendait à un conflit d’un genre très nouveau, dominé par la « cyberguerre ». Finalement, à l’exception de la place énorme prise par les drones, c’est une guerre assez classique qui se déroule…

    Quand la guerre a commencé, le monde n’avait encore jamais été confronté à un conflit de haute intensité à l’ère numérique. On s’attendait alors à des cyberattaques spectaculaires. Mais on avait oublié que dans une guerre, bombarder une école ou un orphelinat serait toujours beaucoup plus marquant, beaucoup plus cruel, beaucoup plus atroce que n’importe quelle attaque informatique.

    La cyberguerre est moins sanglante, mais cela ne veut pas dire qu’elle n’a pas lieu. Et il n’existe aujourd’hui aucune limite à ce que l’on peut imaginer en matière de déstabilisation de l’adversaire dans le cyberespace. Car nous sommes aujourd’hui en permanence connectés à une multitude d’objets qui sont autant de fragilités : téléphones, ordinateurs, feux de signalisation, distributeurs de billets, caméras de surveillance… Nos sociétés se sont massivement numérisées, mais mal. Elles n’ont pas intégré pleinement les enjeux de sécurité.

    Pendant longtemps, l’erreur a été de croire que la cyberguerre avait lieu dans un monde virtuel distinct du monde physique. On imaginait qu’il s’agissait d’une autre guerre – une guerre de hackeurs, de spécialistes déconnectés de ce qui se passe dans le monde physique. Or c’est tout l’inverse qui a lieu : les deux dimensions, virtuelle et physique, sont en réalité complètement imbriquées.

    Dans la guerre, la sécurité des serveurs informatiques est-elle cruciale ?

    Le contrôle de toutes les infrastructures numériques l’est. Quand les Ukrainiens ou les Russes prennent le contrôle d’une localité, une des premières choses qu’ils font est de déconnecter ce village du réseau de l’adversaire pour le reconnecter au leur. Ce sont des manœuvres purement physiques : poser des câbles, débrancher, rebrancher… Elles sont essentielles, car un belligérant ne peut plus, aujourd’hui, tolérer qu’une partie de son territoire physique dépende d’un réseau lié à l’adversaire.

    Le défi est pourtant immense : il s’agit de proposer une représentation intelligible de la réalité géopolitique d’aujourd’hui, qui est d’une complexité incroyable car multidimensionnelle. Chaque événement peut avoir des répercussions inattendues dans des dimensions ou des lieux parfois très éloignés. Les crises deviennent des systèmes, où les dimensions numérique et physique sont en osmose.

    #Guerre #Cyberguerre #Culture_numérique #Géopolitique

  • Réforme #Darmanin : le tournant sécuritaire de la #justice criminelle
    https://lvsl.fr/reforme-darmanin-le-tournant-securitaire-de-la-justice-criminelle

    Plaider-coupable criminel, détention provisoire, investigations génétiques… Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a déposé au Parlement un premier volet de réforme pénale, centré sur la #justice_criminelle. Face à ce projet qui ambitionne de modifier en profondeur la justice criminelle, la contestation s’organise. Une centaine de barreaux ont déjà annoncé la mise en place de grèves du zèle en ralentissant les audiences et une journée de mobilisation interprofessionnelle a lieu ce lundi 13 avril pour protester contre cette dérive répressive. Tour d’horizon de ce projet qui rassemble largement contre lui.

    #Société #ADN #criminalité #jurys_populaires #plaider_coupable #répression

  • Comment devenir un problème algorithmique ?
    https://danslesalgorithmes.net/stream/comment-devenir-un-probleme-algorithmique

    « Chaque fois que j’utilise mes appareils connectés, je participe à un contrat social algorithmique tacite », explique le chercheur José Marichal. « À l’instar du contrat social métaphorique qui lie les citoyens des démocraties libérales à leurs gouvernements, une grande partie de ma vie culturelle en ligne est régie par un système sociotechnique qui […]

  • « Nous vivons une contre-révolution »
    https://lundi.am/Nous-vivons-une-contre-revolution

    Nous vivons, nous, après la faillite de cette grande entreprise de changer les bases mêmes de la société pour créer des hommes nouveaux. Cette faillite a produit ce dont on parlait précédemment : la dissociation entre la science et l’effet qui en était attendu, le plaisir triste de tout comprendre sur la servitude sans que cela produise aucun effet de libération et finalement la crainte que le seul nouveau qui puisse advenir soit le pire. C’est là que le ressentiment rejoint le consentement à l’ordre sécuritaire. Il y a la fois la honte née de l’impuissance à changer les choses positivement et la crainte qu’elles ne changent négativement. Même si nos gouvernants exploitent à fond le thème de l’insécurité, ce n’est pas la passion pour la sécurité qui « verrouille le possible ». C’est plutôt le ressentiment né de l’impuissance. D’où le double jeu de nos gouvernants : ils cherchent à gagner les racistes en montrant qu’ils luttent contre la catastrophe de l’immigration qui les menace et les antiracistes en montrant qu’ils sont la seule alternative à la catastrophe raciste. Ils affichent en permanence un catalogue de tous les dangers contre lesquels ils nous protègent. Mais je ne suis pas sûr qu’ils nous fassent vraiment peur. En revanche ils donnent à la fois un alibi à notre impuissance et une cible à notre ressentiment.

    […]

    Du libertarianisme au dark Enlightenment en passant par l’accélérationnisme, des théories qui semblaient être l’apanage d’économistes ou de philosophes plus ou moins excentriques sont devenues le cœur de la pensée du Capital et de ses franges les plus « modernes ». Et le démarrage du second mandat de Trump a montré que derrière ce qui semblait être le simple appétit de pouvoir d’un malade mental, il y avait toute une offensive idéologique structurée. Mais si cette contre-révolution intellectuelle s’est imposée, c’est aussi parce que notre raison elle-même s’est trouvée de plus en plus confrontée à sa part d’obscurité et de superstition. Dans le complotisme aujourd’hui comme dans le négationnisme hier, elle a été amenée à reconnaître la caricature de ses propres présupposés : le principe de raison suffisante qui conduit à refuser de croire à l’existence d’un phénomène si l’ensemble de ses conditions n’est pas établi ; la méfiance de toute évidence donnée aux sens et l’idée que l’apparence des choses est faite pour dissimuler la vérité qui est toujours cachée en dessous ou par-derrière. Et je n’oublie pas la dénonciation de la raison cartésienne destructrice de la nature menée au nom de la défense du vivant contre la catastrophe écologique à venir. Peut-être est-ce le moment d’un nouvel examen des formes de rationalité qui gouvernent notre monde et nos têtes.

    #Jacques_Rancière #interview #contre-révolution #philosophie

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