• À peine remise du dôme de chaleur au cours duquel il y a eu trois fois plus de morts subites qu’à la normale, la Colombie-Britannique se prépare à subir une nouvelle vague de températures extrêmes.

    Environnement - Canada a lancé mercredi de nouveaux avertissements de chaleur pour plusieurs régions de la province, notamment le Grand Vancouver, la vallée du Fraser, la côte Sunshine et l’île de Vancouver.
    Nouvelle canicule aux portes de la Colombie-Britannique https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1812427/canicule-dome-chaleur-815-morts-cb-changement-climatique

  • Le code QR a été créé par Masahiro Hara, ingénieur de l’entreprise japonaise Denso-Wave, en 1994 pour suivre le chemin des pièces détachées dans les usines de Toyota.
    Il est rendu public en 1999 : Denso-Wave publie le code QR sous licence libre ; cela a contribué à la diffusion du code au Japon. Par la suite, il prend un réel essor avec l’avènement des smartphones. https://fr.wikipedia.org/wiki/Code_QR

  • Forget build back better - what if crisis is the new normal?
    New disasters are materialising in the form of deadly floods in Western Europe, India and China; forest fires are burning out of control around the Mediterranean, the West Coast of the USA and even Siberia; serious droughts are affecting Brazil, Madagascar and Mexico.

    High-temperature records are broken in Canada and other places. The human fatalities from these disasters may be smaller compared to those of the pandemic but the impact on lives, livelihoods and infrastructure is significant and growing.

    Polycrisia
    Welcome to “Polycrisia”, the period of human history when there is a succession of crises, one after another but also overlapping, straining the assets meant for emergency response and forcing a different kind of planning and implementation cycle on public administrations, private companies and individual households alike; or so it should.

    In Siberia, volunteers wage war on Russia’s wildfires with shovels and saws
    Spain’s emergency services hope rain will help extinguish Catalonia forest fires
    There is remarkable inertia, though, and hope against hope that the world will soon be able to get out of these continuous and interconnected crises. Thus, the talk about returning to strong GDP growth, with recovery and rehabilitation at all levels, “normalcy” eventually settling back and everybody going about their usual business like before. Comforting as this may sound, it is a fallacy and the sooner we turn our minds away from it the better.

    Political and economic thinking and decision-making are still done with a quick return to normalcy fixation in mind
    There is a huge difference between contemplating a “normal” world without pandemics, climate catastrophes and financial collapses, and a world that prepares itself for more of the above and even other calamities. In the first, “normal” world, one would try to restore global supply chains, move to industrial-scale renewable energy sources as a growth strategy, and rely again on the global financial system to provide the necessary resources with an emphasis on efficiency and profits.

    In the second world, one would ensure minimum local supply of key goods, promote energy communities that establish local energy sufficiency via locally relevant renewable energy sources, and would readjust finance to cater to the needs of small and medium enterprises, individuals and communities.

    In this second, “Polycrisian” world, there would be a lot more tolerance for positive inefficiencies, like undeveloped natural spaces and other adaptation measures to secure homes and key infrastructures against floods, local food production to minimise carbon footprint and ensure survival in case of supply cut-offs, water stocks in case of droughts.

    Adaptation would thus be on a par with mitigation, instead of remaining the neglected child of the international climate action regime and of commitments made by state and non-state actors.

    In the spirit of preparedness one should also ensure resilience against multiple other crises looming in the horizon, such as small or big telecommunication and internet disruptions, due to infrastructure problems or cyberattacks. Among the worst and most difficult potential crises to plan around are those associated with the apparent cracks in the fabric of societies, including authoritarian measures by governments, civil disobedience and “culture wars”. With the successive crises and the globalised economic system marginalising more and more people, exacerbating their precarious situation and increasing relative inequalities, the crisis of democratic governance will be a major challenge to tackle even in previously stable countries and regions.

    Unfortunately, despite the clear alarming signs and the prolific talk about resilience, the sense is that political and economic thinking and decision-making are still done with a quick return to normalcy fixation in mind.

    The assumption is that the mega-crisis we just faced (and are still facing) was a one-off phenomenon, a freak occurrence that will not repeat itself in any comparable way any time soon. So the talk about resilience is directed towards the past, dealing with unfinished business keeping us from returning to normalcy, or even “building back better”.

    Reality and the big picture, though, call for a much more cautionary approach in “building forward better”, which should be our goal. In the era of Polycrisia that has dawned, those who prepare – countries, regions, companies, people – will reap the benefits of resilience and decent survival, while the others will keep tormenting themselves and the world.

    Georgios Kostakos is Executive Director of the Brussels-based Foundation for Global Governance and Sustainability (FOGGS). He has been extensively involved in global governance, sustainability and climate-related activities with the United Nations and beyond.

    https://www.euronews.com/2021/07/27/forget-build-back-better-what-if-crisis-is-the-new-normal-view?utm


    https://pbs.twimg.com/card_img/1419979404575272963/6hiiwEkE?format=jpg&name=small

  • “L’Homme s’est toujours adapté”. Cet argument est très fréquemment utilisé, notamment par les rassuristes : ils admettent que le changement climatique est un problème, mais qu’il n’est pas si grave, car “l’Homme s’est toujours adapté”.

    Répondre à cet argument n’est pas si simple, et vous fera tomber dans la loi de Brandolini. Il n’y a effectivement jamais eu de disparition de l’humanité, et le changement climatique ne menacera pas la survie de l’espèce, en tous cas d’ici la fin du siècle. Même avec un climat qui se réchaufferait de 5°C, il est possible qu’il y ait encore quelques humains pour jouer en ligne grâce à la 16G sur leur Iphone 42. En revanche, certain(e)s oublient (sciemment ?) de préciser que la variabilité naturelle du climat a, dans le passé, provoqué des bouleversements majeurs pour les sociétés humaines, avec de très nombreuses victimes. Un détail.

    Il faut donc se poser les bonnes questions. Si nous ne pouvons pas parler de disparition de l’humanité, le changement climatique transforme et transformera profondément notre monde. Quelles en seront les conséquences, et pour qui ? Dans quel ordre de grandeur ? Tous les pays auront-ils les moyens de s’adapter assez vite pour y faire face ? Pourquoi sommes-nous en retard dans nos politiques d’adaptation, y compris en France ?
    Arrière-pensées électoralistes, techniques et immobilistes derrière le slogan https://bonpote.com/non-lhomme-ne-sest-pas-toujours-adapte
    #climate #climat #climatecrisis

  • « Tout pour l’industrie ! Ingénieurs et technocrates, au temps lointain de De Gaulle -1965- ont décidé de faire de l’estuaire de la Loire le paradis de l’industrie lourde et de l’air empoisonné. Saint-Nazaire et sa région ont été délibérément jetés dans les hauts-fournaux de la pollution extrême. La vérité sur les cancéreux est en train de surgir, mais personne ne veut bouger : ni l’administration ni les industriels, ni les politiques. Plongée dans la mort prématurée. »
    Dans #charlieHebdo ce mercredi trois pages d’enquête par Fabrice Nicolino et Riss : Le grand mystère de l’air qui tue à Saint-Nazaire. La mortalité générale chez les hommes nazairiens est supérieure de 18 % à la moyenne nationale. Total, Cargill, Airbus, Air Liquide, Les Chantiers de l’Atlantique... la basse Loire (Montoir de Bzh) abrite 28 installations classées -susceptibles de polluer... dont 2 Seveso seuil bas et 3 seuil haut. Donges, sept installations classées. Préfecture, Sous-préfecture, DREAL, Direccte, muettes du sérail habituelles, of course ! A lire.

    • Nantes Révoltée - CRIMINALITÉ ENVIRONNEMENTALE : L’USINE YARA A DÉPASSÉ 410 FOIS LES SEUILS AUTORISÉS DE POLLUTION DANS LA LOIRE ET DANS L’AIR EN 2020
      https://nantes-revoltee.com/criminalite-environnementale-lusine-yara-a-depasse-410-fois-les-seu

      L’usine Yara fabrique, près de Saint-Nazaire, en bord de Loire, des produits chimiques pour les engrais. Les fameux #Nitrates d’Ammonium, ceux qui ont dévasté la ville de Beyrouth en 2020. A l’époque, autour de 2000 tonnes d’engrais azoté avaient rasé une partie de la capitale du Liban. Près de Saint-Nazaire, #Yara fabrique 600 000 tonnes d’engrais chaque année. Il s’agit de l’un des 13 pires sites industriels de France, qui « font encore l’objet d’incidents ou de non-conformités récurrentes » selon l’État.

      Non contente d’installer une #bombe_chimique dans l’Estuaire de la Loire, la firme qui est leader mondial des engrais de synthèse pollue massivement l’environnement, détruisant l’écosystème et mettant en danger nos vies. En 2020, Yara a déversé des quantités énormes de polluants dans la Loire. Alors qu’elle était déjà mise en cause depuis des années. L’usine a dépassé 410 fois ses seuils d’autorisation de pollution, un record. Un arrêté préfectoral mentionne 18 jours de #pollution à l’azote et 29 jours au phosphate venant des eaux industrielles ; pour les eaux pluviales, 256 jours à l’azote et 107 au phosphore.

      La multinationale sera-t-elle sanctionnée ? Pour ces 410 crimes environnementaux en une seule année, Yara va recevoir une amende de 61500 euros. Et encore, jusqu’à présent, elle n’avait même pas d’amende : impunité totale pour des années d’empoisonnement. 61 500 euros, c’est dérisoire pour l’entreprise qui affiche un chiffre d’affaire de 13 milliards. Autrement dit : pour Yara, il est plus rentable de saccager notre environnement vital que de ne pas polluer. Pendant que le discours ambiant appelle à faire des « petits gestes » individuels, des criminels qui font des maxiprofits sur la destruction du vivant reçoivent une gentille tape sur les doigts par les autorités.

      Bassin de Saint-Nazaire. Le fabricant d’engrais Yara de nouveau sanctionné pour pollution
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/saint-nazaire-44600/bassin-de-saint-nazaire-yara-encore-sanctionne-pour-pollution-61-500-de
      [paywal]

  • Paris Zoopolis (PAZ) association de protection des animaux liminaires (animaux sauvages vivant parmi nous en ville) réclame ce jour devant le Tribunal administratif de Paris l’arrêt de la chasse aux lapins de Garennes accusés de tous les maux, (l’inénarrable pullulants ah ah, rongeurs, trous dans les pelouses) au Jardin des Invalides https://www.cnews.fr/france/2021-07-21/paris-les-lapins-de-garenne-pourraient-ne-plus-etre-chasses-grace-une-associat

  • Comportement automobile, vente à emporter, alcool... Une étude montre que les hommes suédois ont un impact environnemental supérieur à celui des femmes (anglais)
    A new Swedish study, which was published in the Journal for Industrial Ecology, revealed that single men spent 16 percent more money on pollutive activities than single women. These findings, which were solely based on economic data, showed that men invested more in higher impact endeavors — like car travel, takeout, and alcohol. Women, on the other hand, spent more of their money on lower impact expenditures, such as: home décor, healthcare and clothing.
    https://www.greenmatters.com/p/men-climate-emissions
    (Je pense que la même étude en France et partout montrerait les mêmes résultats, les hommes ayant peu ou prou les mêmes comportements partout ;(

  • Le Parisien avec AFP
    Le 20 juillet 2021 à 19h16
    L’Allemagne et la Belgique ne sont pas les seuls à devoir affronter les caprices de la météo. En Chine, dans la province du Henan, les intempéries ont causé d’impressionnantes inondations. Dans la ville de Zhengzhou, des voitures ont même été emportées par les eaux, donnant lieu à des images à peine croyables https://www.leparisien.fr/international/chine-des-pluies-diluviennes-creent-le-chaos-dans-lest-un-barrage-menace-
    #climatecrisis

  • Avant Britney Spears (sous tutelle de son père à 40 ans) et Amy Winehouse (rentabilisée, vampirisée par sa famille), Sœur Sourire ! Qui a tué sa voix cristalline ? Le doc d’ARTE la charge, ce serait de sa faute. Elle a été vampirisée par le #patriarcat et ses représentants (couvent, évêques, impresarios et sa maison d’édition Philips en premier lieu) https://www.arte.tv/fr/videos/101396-000-A/soeur-sourire-qui-a-tue-la-voix-de-dieu

  • Bétonisation des berges, permis de construire accordés sur les abords, même sur plusieurs dizaines de mètres au large, ce sont les petites rivières qui ont débordé. Depuis celles de 1962, qui avaient fait 315 morts à Hambourg, l’Allemagne n’avait pas connu d’inondations aussi meurtrières. Cette fois, c’est la Rhénanie qui a été touchée, et en particulier la région située au sud-ouest de Bonn, où les pluies diluviennes des derniers jours ont fait monter de parfois près de huit mètres le niveau de plusieurs petites rivières. Comme à Ahrweiler et Euskirchen, deux cantons viticoles littéralement engloutis par les eaux, qui concentraient à eux seuls plus de la moitié des morts dénombrés jeudi soir dans le pays https://www.lemonde.fr/international/article/2021/07/16/des-inondations-meurtrieres-frappent-l-ouest-de-l-allemagne_6088419_3210.htm
    #inondations #Allemagne #climatecrisis

  • Ce n’est pas parce qu’on est dans l’espace, endroit hostile à toute forme de vie, humaine ou animale, qu’on va arrêter d’exploiter les animaux - Thomas Pesquet est parti avec des calamars (et aussi des grenouilles à qui il fait des « cicatrices » mot euphémisant pour ne pas dire qu’il les blesse exprès pour voir si elles cicatrisent :(( https://www.leprogres.fr/science-et-technologie/2021/06/04/thomas-pesquet-et-ses-collegues-de-la-station-spatiale-rejoints-par-des-ca
    #animaux #ExploitationDesAnimaux

    • La joyeuse équipe d’éditocrates sont : Louis de Raguenel, Jean Quatremer, Géraldine Woessner et en invitée Dominique Leglu. (Directrice éditoriale du pôle Sciences du groupe Challenges).
      Un microcosme parisien dont Pujadas change les ronds de serviette toutes les 24 heures.

  • Une plaque Samuel Paty, pour rappeler qu’un professeur de la République peut mourir assassiné dans l’exercice de ses fonctions. La cérémonie de dévoilement de la plaque « Samuel Paty » a lieu ce vendredi à 16h30 en présence de la sœur de la victime, Mickaëlle Paty. Une cérémonie sous haute surveillance policière.

    Celle-ci s’est d’ailleurs exprimée sur le sujet : « pour que le courage de mon frère ne soit jamais oublié et que son nom demeure au côté des devises de la République : liberté, égalité, fraternité. »

    « les élèves ne sont pas plus en danger que les enfants qui étaient sur la promenade des Anglais le 14 juillet 2016, qui mangeaient une glace en regardant un feu d’artifice et qui se sont fait assassiner par un terroriste. Le danger est partout en matière de terrorisme. »
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/alpes-maritimes/menton/cap-d-ail-une-ecole-maternelle-rebaptisee-samuel-paty-l

  • Lundi prochain, Laurent Wauquiez veut autoriser la reconnaissance faciale dans les trains et les gares
    https://www.laquadrature.net/2021/07/16/lundi-prochain-laurent-wauquiez-veut-autoriser-la-reconnaissance-facia

    Cet article a été publié à l’origine sur notre blog Technopolice Lundi 19 juillet prochain, Laurent Wauquiez présentera à l’assemblée de la région Auvergne-Rhône-Alpes un projet de délibération pour lui permettre de déployer la reconnaissance faciale…

    #Surveillance

    • Ce que dit l’investiture de Laurent Wauquiez sur son second mandat
      latribune.fr

      Aussitôt élus, aussitôt réinstallés, ou presque. Ce vendredi, la séance d’installation du nouveau conseil régional s’est soldée avec, sans surprise, la réélection de Laurent Wauquiez. Sa liste avait réuni l’un des meilleurs scores de la droite à l’échelle française (55,17%), malgré une forte abstention. Une occasion, pour le président réélu de tenir un discours axé sur la Région, rien que la région. Avec toujours, quelques mots pour la sécurité, qu’il compte bien mettre à son programme.

      Quelques mots selon La Tribune alors que c’était l’essentiel de son programme. Tous bords confondus, ils en ont tous parlé pendant
      la dernière campagne régionale. La sécurité (les flics, lardus et consort...) ne sont pas une prérogative des régions mais du ministère de l’intérieur. Par contre la police ferroviaire est en lien direct avec les conseils régionaux.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%BBret%C3%A9_ferroviaire

      le partage du gâteau pour le président d’Auvergne Rhône-Alpes :

      Dans ce nouveau conseil régional, le camp de Laurent Wauquiez aura néanmoins réussi à conforter fortement ses positions puisque sur les 204 conseillers,136 sièges sont attribués désormais à la droite (contre 85 lors de la précédente mandature). L’union de gauche compte désormais quant à elle 51 sièges (contre 50 lors de la précédente mandature) et le Rassemblement National, 17 (contre 31 précédemment).

      #Technopolice

  • Dans les rayons des supermarchés, c’est la surenchère : coq, drapeau tricolore, carte de France, adresse très locale... les industriels griment sans vergogne leur packaging même quand leurs produits n’ont quasiment rien de français. Avec nous, demandez aux ministres de l’Économie et de l’Agriculture une règlementation stricte et efficace sur l’usage des noms et symboles français sur la face avant des produits alimentaires. Stoppons ces arnaques sur l’étiquette.

    Des aliments « Made in France » qui viennent de... partout : Stop aux arnaques https://www.foodwatch.org/fr/sinformer/nos-campagnes/transparence-et-scandales/arnaques-sur-letiquette/aliments-made-in-france-stop-aux-arnaques/?utm
    #alimentation #arnaques

  • Les maltraitances animales peuvent signaler des violences domestiques

    Des hommes violents envers leur femme et leurs enfants le sont aussi envers les animaux du foyer. Ce lien, méconnu en France, apparaît régulièrement dans les affaires traitées par la justice. Il pourrait servir au dépistage des violences domestiques et à la mise à l’abri des victimes.

    Mai 2018, à Rennes. Un homme de 27 ans, ivre, débarque chez sa compagne. Il veut voir son fils, né quelques jours plus tôt. Mais le bébé est resté à l’hôpital. Le père s’énerve, frappe la jeune femme de 19 ans à coups de pied, puis la blesse avec un couteau. Le mois suivant, l’agresseur est condamné à trois ans et demi de prison. L’enquête révèle qu’il lui arrive aussi d’être cruel avec des animaux. Un jour, en pleine scène de violence conjugale, il tord le cou du chaton de la maison et l’éventre en le jetant sur le coin de la table.

    Il n’est pas rare qu’un homme violent envers sa famille le soit aussi envers les animaux du foyer. « Les violences sur les animaux sont des marqueurs de violence sur les humains. Cela fait longtemps déjà que la littérature scientifique le montre », souligne Laurent Bègue-Shankland, professeur de psychologie sociale à Grenoble et auteur de L’Agression humaine (Dunod, 2015). Peu connu de ce côté-ci de l’Atlantique, le continuum de violences envers les animaux et envers les humains a été théorisé et largement étudié dans les pays anglo-saxons, États-Unis et Canada en tête.

    Généralement inaperçu, ce lien apparaît régulièrement dans les affaires de violence traitées par la justice. « Nous le constatons chaque année, lors des dizaines de procédures pour cruauté envers les animaux où nous nous constituons partie civile », détaille Reha Hutin, présidente de la fondation 30 millions d’amis.

    Les maltraitances animales pourraient servir au dépistage des violences domestiques. © Photo Olivier Morin/AFP Les maltraitances animales pourraient servir au dépistage des violences domestiques. © Photo Olivier Morin/AFP

    Un exemple ? Cet homme de 38 ans, habitant Landrévarzec dans le Finistère, condamné à un an de prison pour des violences sur sa compagne et sur sa fille en mars 2019, et également poursuivi pour sévices graves sur des animaux. Habitué à bousculer, à frapper sa compagne et à la menacer de mort, l’agresseur s’en était également pris à leur enfant de 14 ans. Alors qu’elle tentait de protéger sa mère, il l’avait lancée contre un meuble. Un mois plus tôt, lors d’une scène de violences conjugales, il avait tué la tortue et le poisson de la maison, et jeté le lapin, après l’avoir sorti de sa cage.

    Les violences contre les animaux s’inscrivent pleinement dans le patriarcat.

    Comment expliquer que la cruauté envers les animaux et la violence domestique soient régulièrement liées ? Ces violences relèvent en fait du même mécanisme. L’enjeu, c’est la domination des êtres vulnérables. « Il s’agit d’un être vivant qui en prend d’autres pour des objets, constate Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA (Société protectrice des animaux). L’agresseur veut se sentir tout-puissant lors de combats dont il sait qu’il sortira vainqueur. » Le monde entier est son terrain de jeu. Il a tous les droits sur les corps des autres : celui de sa femme, de ses enfants et des animaux.

    Dorothée Dussy, anthropologue, spécialiste de l’inceste et autrice de l’ouvrage Le Berceau des dominations (Éditions La Discussion, 2013), a pris l’habitude de poser la question des maltraitances animales aux victimes avec lesquelles elle s’entretient. « Je me suis rendu compte lors d’ateliers collectifs que le thème revenait souvent, rapporte-elle. Cela n’arrive pas dans toutes les familles incestueuses, mais c’est assez courant. Ce n’est pas étonnant. L’agresseur montre qu’il peut abîmer à loisir tout ce qu’il considère comme subalterne. »

    « Les violences contre les animaux s’inscrivent pleinement dans le patriarcat, appuie Bénédicte de Villers, docteure en philosophie, autrice d’une étude fouillée sur ce sujet. Il s’agit de démontrer la supériorité de l’homme, de rappeler que c’est lui le dominant, c’est lui qui dirige. » L’association de protection des animaux One Voice relève dans une analyse à propos des liens entre cruauté envers les animaux et violences contre les personnes que « près des trois quarts des femmes victimes de violences, parmi celles ayant un animal de compagnie, déclarent que leur agresseur les a menacées de blesser ou de tuer leur animal ».
    Lire aussi

    Joseph Andras : « Me coltiner le réel, c’est la seule chose que je sache faire » Par Ellen Salvi

    La violence exercée sur les animaux domestiques est un moyen très efficace pour terroriser la famille. « Un homme violent qui maltraite aussi les animaux domestiques sous-entend plusieurs choses, décrypte une accueillante de la Maison plurielle, lieu belge d’accompagnement de femmes victimes de violences. À savoir : “Je sais ce qui est important pour toi et je le détruis” et “ce que je lui fais, je peux te le faire aussi”. Et si la femme a trois chatons, l’agresseur choisira sciemment de faire mal à son préféré. »

    Dorothée Dussy cite l’histoire d’une femme victime d’inceste dont le père éviscère le chien de la maison sur la table, au cours d’un repas familial, parce qu’il n’a pas été entendu au moment où il demandait du pain. Chacun·e intériorise alors que l’agresseur est capable de cruauté radicale. Mais aussi que personne n’intervient pour sauver la victime. « Quand le patriarche maltraite l’animal de la famille, il y a réellement un contenu pédagogique pour les témoins : ils apprennent à avoir peur et à rester passifs face à l’exercice de la violence. »

    De leur côté, les agresseurs peuvent se sentir confortés par les très rares (et très faibles) peines dont ils écopent quand ils s’en prennent à des animaux. « Si le type a un casier vierge, il a droit à une réprimande du tribunal et une simple contravention, retrace Reha Hutin. Pour condamner pour cruauté, il faut prouver l’intentionnalité de l’agresseur. Le prévenu dit simplement qu’il n’avait pas l’intention et il est tranquille. Il reçoit le message qu’il peut continuer à être violent en toute impunité. »
    Une meilleure détection des violences grâce aux animaux

    Penser le lien entre les deux types de violence, même s’il n’est pas systématique, permettrait aux services de protection animale et d’aide sociale d’articuler leurs interventions, et de « se donner une chance supplémentaire de repérer les violences intrafamiliales », pense Laurent Bègue-Shankland. Depuis 2015, de nombreux États américains ont mis en place un partage d’informations : police, services de protection des animaux, vétérinaires et services sociaux se transmettent réciproquement des notifications en cas de suspicion de maltraitance envers des animaux ou des personnes. « Il y a certainement des enjeux éthiques importants et des garanties à offrir pour que ces données personnelles sensibles soient utilisées en conformité avec le droit des personnes », ajoute Laurent Bègue-Shankland.

    Au Royaume-Uni, les services de travail social se servent aussi de cet outil. Lors des entretiens avec les familles où des violences sont suspectées, ils posent des questions telles que : « Y a-t-il des animaux dans le foyer ? Comment chaque membre du foyer traite-t-il l’animal ? Craignez-vous que quelque chose puisse arriver à cet animal ? » C’est intelligent, estime Jacques-Charles Fombonne, président de la SPA, par ailleurs ancien officier de police judiciaire, car « un enfant, qui aura énormément de mal à dénoncer les violences commises par un parent, pourra dire plus facilement que l’animal de la famille est maltraité. Pour les professionnels qui l’écoutent, ce sera un signal ».

    En France, où deux foyers sur trois possèdent un animal de compagnie, ces pratiques ne sont que balbutiantes. « Quand on récupère un animal maltraité dans une famille, la police nous accompagne systématiquement, explique Reha Hutin. Par le biais des animaux, on arrive à entrer dans des foyers auxquels les autorités n’auraient pas accès. On alerte automatiquement les services sociaux. Après, à chacun de faire son travail. » Jacques-Charles Fombonne est certain que les collaborations pourraient aller plus loin : « En France, on estime trop que ce qui se passe dans l’intimité des maisons ne regarde pas les autres, renchérit-il. Et les autorités, les services sociaux et les associations sont encore trop frileuses pour partager des informations. »

    Les animaux ne peuvent d’ailleurs pas uniquement être considérés comme des sentinelles.

    Pourtant, des interventions coordonnées et précoces, avant la judiciarisation des dossiers, auraient beaucoup de valeur, pense Bénédicte de Villers, qui constate aussi que chacun a besoin « de dépasser de solides préjugés ». Du côté des associations de protection animale, beaucoup pensent que les violences domestiques n’ont lieu que dans les milieux précaires. Et dans les services sociaux circule encore l’idée que s’intéresser aux animaux risquerait de faire oublier les femmes et les enfants. « Mais aujourd’hui, je crois que le contexte est propice, poursuit Bénédicte de Villers. De plus en plus de mouvements inclusifs rapprochent féminisme et écologie. Les humains comprennent qu’ils n’ont rien à perdre à accorder de l’attention aux animaux. Il ne s’agit pas de choisir, au contraire. »

    En Belgique, à la Maison plurielle, l’équipe interroge systématiquement les femmes à propos de leurs animaux domestiques : « Elles n’osent pas en parler, car elles ont peur qu’on les trouve ridicules. Pourtant, l’animal peut réellement les empêcher de quitter leur domicile. Elles craignent qu’il soit tué après leur départ. Cette relation est importante pour elles, elle les maintient parfois en vie. »

    En France, contrairement aux États-Unis ou au Canada, il n’existe pas de foyers d’hébergement de femmes victimes acceptant aussi leurs animaux. Il faudrait aussi que les associations protectrices d’animaux soient mobilisées dès que la mise à l’abri d’une personne est décidée, suggère Bénédicte de Villers : « Aujourd’hui, a-t-on les moyens de promettre à un enfant que s’il dénonce son père violent et quitte son foyer, son chat sera récupéré ? Non. Les animaux doivent être recueillis. Et ils ne peuvent d’ailleurs pas uniquement être considérés comme des sentinelles, encore une fois instrumentalisés selon nos besoins d’humains. »

    Porter davantage d’attention aux animaux est efficace pour mieux dépister les violences domestiques, croit sincèrement la chercheuse. Mais elle tient à recontextualiser cet outil : « À chaque féminicide, on s’aperçoit que la femme tuée avait déjà alerté, signalé, parfois porté plainte. Pourquoi ne commence-t-on pas par écouter les femmes ? »

    #masculinité #violences #virilité #violence_masculine #nos_ennemis_les_bêtes