• À Téhéran, le régime raconte sa guerre sur les murs de la ville

    https://www.france24.com/fr/moyen-orient/20260808-%C3%A0-t%C3%A9h%C3%A9ran-le-r%C3%A9gime-raconte-sa-guerre-sur-les

    D’autres images trouvées un peu partout  :


    https://media.cnn.com/api/v1/images/stellar/prod/2026-01-24t070501z-702698059-rc2j7jaec961-rtrmadp-3-iran-trump-usa-military.JPG?c=original&q=w_1202,c_fill/f_avif

  • Le Quai d’Orsay supprime en douce une vidéo aux relents racistes

    https://www.lecanardenchaine.fr/politique/54578-le-quai-d-orsay-supprime-en-douce-une-video-aux-relents-racis

    Une vidéo ambiance « Tintin au Congo », mise en ligne par l’ambassade de France à Brazzaville, a discrètement été retirée d’Instagram sur demande du ministère des Affaires étrangères. Un dérapage lié, selon des diplomates, à la pression de Jean-Noël Barrot pour communiquer à tout va avec un « humour décalé ».

    https://www.youtube.com/watch?v=3aitehChhZc

    Accès libre chez Libé  : https://www.liberation.fr/societe/le-quai-dorsay-retire-une-video-raciste-publiee-par-lambassade-de-france-

  • A Civilian Plane Crashed in New Mexico. Was the Military’s Tech to Blame?

    https://www.wired.com/story/a-civilian-plane-crashed-in-new-mexico-was-the-militarys-tech-to-blame
    https://archive.ph/eR0QD

    But 100 miles to the west, an Air Force Unit called the 746th Test Squadron of the 704th Test Group was holding its annual NAVFEST event at the White Sands Missile Range. The event draws together electronic warfare units from across the armed services for two weeks of exercises, in which units test different technologies for disrupting GPS and dealing with adversaries’ disruption.
    [...]
    At midnight on May 14, eight minutes after Clark and Kawsara took off from Roswell, they told Albuquerque Center that they’d lost their GPS. Unable to navigate on their own, they asked that the controller give them a heading—a magnetic direction to fly in. The controller gave them a heading to fly west, and then, a minute later, to turn north.
    [...]
    In retrospect, tragedy might have been avoided if Albuquerque air traffic control had been able to pay closer attention to the young pilots in the King Air. But tonight they were busy. Three other aircraft also reported that they’d lost their GPS and needed help. One was struggling to get a bearing on a radio beacon.
    [...]
    As the King Air flew north, they were high enough to see the lights of Ruidoso’s airport 31 miles to the southwest. To the pilots in the cockpit of the King Air, a visual approach must have seemed a tantalizing prospect.
    [...]
    As they turned and descended toward Ruidoso’s lights, what the pilots couldn’t see was the 10,000-foot-high mass of the Capitan Mountains lying across their path. As they drew closer, the dark mass of rock appeared to rise up, swiping away the lights of the valley.
    [...]
    The pilots slowed their descent, even climbing a little, but it wasn’t enough. They kept flying straight toward the mountain.

    https://www.openstreetmap.org/#map=12/33.5080/-105.3764&layers=P

  • AI fuels more than half of cybercrime in Africa as digital scams surge, INTERPOL

    https://www.africanews.com/2026/08/04/ai-fuels-more-than-half-of-cybercrime-in-africa-as-digital-scams-surge-i

    Artificial intelligence is now powering more than half of reported cybercrime across Africa, allowing criminals to launch faster, more convincing and larger-scale attacks, according to INTERPOL’s African Cyberthreat Assessment Report 2026.

    The report found that 55% of cybercrime cases recorded across the continent involve the use of AI, raising concerns as Africa’s digital economy continues to expand.

    With more than 1.1 billion mobile subscribers in 2025, millions of people are relying on digital services, creating new opportunities for both innovation and cybercriminals.

    Based on data from 36 African countries, the 40-page assessment says cybercrime has evolved into a highly organised, cross-border industry that is becoming harder for authorities to detect and stop.
    [...]
    INTERPOL said cybercrime-related financial losses have risen sharply over the past year, climbing from $192 million in 2024 to $484 million. Investigators attribute the increase to AI-powered fraud, stolen login credentials and sophisticated social engineering attacks.

    Le rapport :
    https://www.interpol.int/fr/Actualites-et-evenements/Actualites/2026/INTERPOL-report-finds-AI-linked-to-more-than-half-of-cybercrime-in-Africa

  • La Banquise à Dunkerque – ARCHIPHOTOS
    https://blogarchiphotos.com/la-banquise-a-dunkerque

    Article de La Voix du Nord qui relate cet évènement : « Le jour où j’ai marché sur les eaux. » Le phénomène de « banquise » à Dunkerque ou Malo s’est produit plusieurs fois, notamment en 1954, 1963 ou plus proche, en 1997. Il y a la banquise à Malo les Bains ! La rumeur avait à peine franchi mes oreilles que ma décision était prise : aujourd’hui, je marche sur les eaux ! Cette aventure (car c’en fut une), remonte à janvier 1997. Un bulletin météo à la radio, l’annonce que la mer du Nord était prise par les glaces… Il n’en fallait pas plus pour vouloir y aller. Et en famille. Il faisait du genre – 12 ou – 15 C°. On s’était emmitouflés comme jamais. Arrivés à la digue, l’horizon d’habitude barré d’une bande opale était cette fois marqué d’une barre blanche sur laquelle évoluaient un tas de petits points noirs. C’était des milliers de curieux. Le spectacle était hallucinant et féerique. Très vite, on s’est retrouvé à marcher sur cette banquise qui atteignait facilement 1,2 m d’épaisseur par endroits. De gros blocs se détachaient, simulant des icebergs. On est restés là deux heures. Pas davantage car il faisait très froid. Ce jour-là, à Malo, il ne manquait plus que les ours blancs ! Photos © Didier Raux – Source La Voix du Nord

  • Au-delà des Canadair : au feu pour la France. Le briefing - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=5YI8kbD2FuA

    00:00 Cold open
    00:32 Pourquoi cet invité, et mes biais déclarés
    03:08 De la Corse au Mirage 2000, puis à l’entreprise
    08:41 Le Tracker retiré : le trou de l’attaque initiale
    14:58 Déconfliction : vingt aéronefs dans la même bulle
    19:45 Au-dessus des Landes, on parle quelle langue ?
    23:41 Thrush, Air Tractor, Fire Boss : ce que valent les avions légers
    28:26 Ce qui a manqué cet été : des avions d’attaque initiale
    30:47 Trente minutes pour tuer un feu : la doctrine de l’attaque massive
    35:33 Eau ou retardant, et le casse-tête des pélicandromes
    38:42 L’A400M face à la réalité des terrains
    42:40 Numériser le feu : cartographie, infrarouge et IA
    51:20 Saturer le chef ou le laisser commander
    58:27 Sécurité des pompiers et limites de la simulation
    01:02:23 « Si j’étais grand chef » : la décision qui coûte zéro euro
    01:07:07 Les Canadair promis, et ce qu’on peut vraiment avoir l’an prochain
    01:11:06 Souveraineté : Hynaero, Positive Aviation, Kepler Evolution
    01:19:05 Le vrai plafond, ce ne sont pas les avions, ce sont les pilotes
    01:23:02 Disponibilité, MCO et coût réel de l’heure de vol
    01:28:34 Quinze millions par an : l’assurance qu’on n’est pas prêt à payer
    01:34:54 Heures de vol, avitaillement, priorité à la pompe
    01:39:41 Largage de nuit et drones : pourquoi ce n’est pas pour demain
    01:47:34 Vingt ans de chasse, vingt ans de Canadair
    01:55:28 Le mot de la fin : moins de bruit, plus de réflexion à froid

    • hérétique et relapse, j’assume…
      longue interview (2h) par P.-H. ATE Chuet d’un professionnel (privé) de la lutte aérienne contre les incendies

      j’ai écouté un peu plus de la moitié (c’est long, mais très intéressant…) je pointe pour la partie sur la cartographie (42’ et suivant) avec l’option de produire une carte de situation (à partir des photos) en format kml, ce qui permet de la diffuser instantanément sur tous les téléphones des acteurs de la lutte contre l’incendie via gg:maps

  • L’ancien pilote de chasse et youtubeur Pierre-Henri Chuet « Ate Chuet » mis en examen pour trahison. Il était en fait à la solde du Parti Communiste Chinois ! Mais on aurait pu s’en douter en visionnant ses vidéos d’ultra-gauche à la gloire des préavis de grève des pilotes de canadair... ( https://seenthis.net/messages/1183587 )

    Son complice @simplicissimus serait toujours en cavale.

    https://france3-regions.franceinfo.fr/normandie/eure/un-ancien-pilote-de-chasse-et-youtubeur-normand-mis-en-ex

    D’après des révélations de Mediapart en 2023, le militaire se serait rendu en Chine, en 2018 et 2019, sans l’autorisation de sa hiérarchie, et y aurait vendu des services pour former des militaires chinois lors de conférences.

    Pierre-Henri Chuet assure n’avoir jamais divulgué de secret de la défense nationale. Il affirme que ses interventions portaient uniquement sur des aspects théoriques de l’aéronautique et étaient conformes à la réglementation.

    Médiapart (paywall) : https://www.mediapart.fr/journal/international/030423/les-discrets-mais-lucratifs-seminaires-d-un-pilote-de-chasse-francais-en-c

    • oui, j’ai vu passer dans la semaine
      la rumeur courrait déjà depuis un bout de temps, il me semble, certains de ses « collègues » insinuaient des choses comme ça

      son CV dit Marine nationale jusqu’en septembre 2018
      le même CV dit qu’il était chez Air Canada à partir de novembre 2017 (en formation)

    • Le youtubeur Até Chuet mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère – BFMTV
      https://www.youtube.com/shorts/_TV4Z9FY8Pc

      Pierre-Henri Chuet, alias Até Chuet, suivi par un demi-million d’abonnés sur YouTube, a été mis en examen pour intelligence avec une puissance étrangère. Ancien pilote de chasse de l’armée française, il est soupçonné d’avoir livré des informations confidentielles à la Chine. Deux voyages dans le pays sont dans le collimateur des enquêteurs.

  • (3) Quelque chose brouille le GPS en Europe : voilà ce qu’on a découvert - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=uUMsFUFqML8

    0:00 Qu’est-ce qui brouille le GPS en Europe ?
    4:43 Comment fonctionne le GPS ?
    10:46 Est-il facile de brouiller le GPS ?
    12:18 La chasse au brouilleur
    17:12 Qui sont les coupables potentiels ?
    20:06 L’enquête devient publique
    23:00 Ciblage du brouilleur
    25:15 Cosmos 2546
    28:25 Un service de messagerie secret ?
    29:19 Que se passe-t-il si nous perdons le GPS ?

  • Restrictions sur l’eau à Antibes  : le maire plie face au préfet concernant la coupure des douches de plages

    https://www.nicematin.com/societe/fermeture-des-douches-a-antibes-apres-le-rappel-a-l-ordre-du-prefet-jean-

    Alors je vous rassure tout de suite, ça ne concerne que les pauvres sur les plages publiques.

    Pas de restriction pour les douches de plages privées (ni pour les douchettes sur les yachts ah ah ah).

    Pas de restriction pour mettre à niveau vos piscine (sauf la remplir de zéro, et sauf qq communes... mais bien sûr il n’y aura aucun contrôle).

    Petite restrictions sur les golfs ! Et oui, il faudra attendre la nuit pour les arroser dans la moitié des communes. Il y a bien des communes où c’est interdit, mais bien sûr on a gerrymandérisé la carte pour que ça ne concerne aucun golf.

    https://www.alpes-maritimes.gouv.fr/Actualites/Espace-Presse/2026/JUILLET/Secheresse-mesures-de-restriction-des-usages-de-l-eau

    Et sinon, ça n’a rien à voir avec l’eau, mais je souhaitais quand même rassurer les nombreux milliardaires sur le site, si vous voulez faire des aller retours en hélico toute la journée de Monaco à St Trop, pas de problème, et en plus vous pourrez péter les oreilles des connards en dessous en continu, surtout en vous y mettant à 3 hélicos en simultané. Si si, c’est du vécu.

  • Il fait 18 mois de prison... pour un underscore manquant (et pour hystérie anti-pédophile)  !

    https://arstechnica.com/tech-policy/2026/07/police-missed-one-underscore-and-sent-the-wrong-man-to-prison

    Police were looking for a man using the Kik messaging service under the name “fus__ro_dah” (two underscores after “fus”), but they accidentally requested records for the username “fus_ro_dah” (one underscore after “fus”). This one-character difference led them not to the perpetrator but to a Canadian man named Brandon Klayme.
    [...]
    The cops then obtained a search warrant for Klayme’s residence and took phones and laptops from his bedroom. Searching these devices produced no evidence relevant to the case. Nothing linked Klayme to the girl. No intimate images were found. Klayme did have a Kik account, but cops couldn’t even show that he had accessed the service during the period in question.

    Still, Klayme was arrested and hit with three charges:
    - Luring a person under 14 years of age by means of telecommunication
    - Providing sexually explicit material to a child
    - Possession of child pornography

    • Unitree’s AS2-W wheel-leg robot carries 150 kg, costs half of Boston Dynamics Spot
      https://gagadget.com/en/719768-unitrees-as2-w-robot-dog-carries-150-kg-hits-22-mph-and-does-breakd


      The AS2-W uses articulated wheel-legs to navigate slopes, stairs, and rough terrain at up to 6 m/s.
      Source: Unitree Robotics

      Chinese robotics firm Unitree has unveiled the Super Athlete AS2-W, a wheel-legged quadruped priced at around $36,700 — roughly half the base cost of Boston Dynamics’ Spot. The robot weighs 25 kg, packs 16 low-inertia motors, and can carry a 150 kg payload across terrain that would stop most industrial machines. For smaller operators who’ve been priced out of Spot’s $75,000–$375,000 range, that gap matters.

      The machine
      AS2-W combines articulated legs with wheels at each joint, letting it handle both open ground and rough terrain without switching modes. It climbs slopes up to 45°, clears 80 cm obstacles, and tops out at 6 m/s. Unitree says real-time reinforcement learning — an AI approach where the robot refines its movement continuously based on live sensor data, rather than following pre-programmed rules — handles terrain adaptation on the fly. That’s a different philosophy from Spot’s decade-old model-based control system, though no independent field tests comparing the two have been published yet.

      Navigation kit includes 64–128 line lidar, a high-resolution camera, GPS, Wi-Fi 6, 4G, and Bluetooth 5.2. The robot operates between -20°C and +55°C with IP54 dust and water resistance. A 15,000 mAh battery delivers more than three hours of runtime unloaded (around 33 km range), dropping to roughly two hours with a 16 kg load. Third-party developers can extend behavior via a built-in SDK.

      Unitree pitches it at cargo transport in difficult terrain, search-and-rescue, scientific expeditions, and outdoor logistics. It also does breakdancing — the company trained it to demo agility with b-boy moves.


      Onboard sensors include 64–128 line lidar, GPS, Wi-Fi 6, and a high-resolution camera array.

      The risk
      The price is genuinely competitive, per Startup Fortune (July 2026), but Western enterprise buyers should weigh one significant concern. Unitree’s commercial platforms — including the Go2 and B1 — have appeared in Chinese People’s Liberation Army exercises equipped with rifles, according to Foundation for Defense of Democracies (May 2026). Unitree signed a non-weaponization pledge in 2022 alongside Boston Dynamics, but enforcement remains an open question. UK and US export controls could restrict future sales or software updates, creating supply-chain uncertainty for any organization that builds workflows around the platform.

      No official UK or US retail availability has been confirmed. US robotics dealers list the AS2-W as pending official release at approximately $36,700 before tax and freight. European pricing has not been announced.

    • Les États-Unis interdisent les robots humanoïdes chinois, au nom de la sécurité nationale - Numerama
      https://www.numerama.com/cyberguerre/2303731-les-etats-unis-interdisent-les-robots-humanoides-chinois-au-nom-de


      Unitree/Numerama

      La FCC a ajouté les robots humanoïdes et les onduleurs électriques fabriqués à l’étranger à sa liste noire des équipements jugés dangereux pour la sécurité nationale américaine. Une décision qui vise sans le dire la Chine, leader mondial de la robotique avancée.
      La liste s’allonge au gré des nouveaux usages.

      Le 28 juillet 2026, la Federal Communications Commission (FCC), le régulateur américain des télécommunications, a publié un communiqué annonçant l’ajout de deux nouvelles catégories d’équipements à sa « Covered List » : les robots avancés, humanoïdes ou quadrupèdes, ainsi que les onduleurs électriques connectés, dès lors qu’ils sont produits à l’étranger.

  • MMR Nmd - Mastodon
    https://todon.eu/@MMRnmd/116982757561711780

    C’est pas récent, mais, le 15 juin 2026, la procureure #Alexandra_Bravo a été assassinée en plein jour et en plein centre de Manta, ville balnéaire très fréquentée.

    Alexandra BRAVO avait été désignée par le ministère Équatorien de la justice pour enquêter sur :

    1. Les frappes par des missiles US sur 3 bateaux de pêche équatoriens, suspectés d’être des passeurs de drogue sans aucune preuve, causant des dizaines de morts.
    2. Le fait que nombre de survivants (36) à ces frappes extra-judiciaires, de retour en Équateur ont été kidnappés par la police, puis torturés afin de s’assurer de leur silence lors des auditions.

    À plusieurs reprises, elle avait été menacée de mort au point que son ministère lui avait conseillé de clore le dossier ; devant son refus, une protection policière permanente était censée veiller sur elle.

    Lors de son ’assassinat par des hommes en moto, aucune trace de la supposée escorte.
    Le parquet national a ouvert une procédure pour enquêter sur une « éventuelle » (lol) complicité interne de la police lors de ce meurtre.

    #equateur

    • Prosecutor Investigating U.S. Boat Strikes and Claims of Torture Was Murdered in Ecuador
      https://www.dropsitenews.com/p/prosecutor-investigating-ecuador-boat-strikes-murdered

      #QUITO, #Ecuador—Alexandra Bravo, the prosecutor assigned to investigate U.S. strikes on three Ecuadorian boats and the 36 survivors’ subsequent accounts of torture and kidnapping, was shot dead in the coastal city of Manta last month. According to police, on June 14 a hitman aboard a black motorcycle opened fire on Bravo as she and her sister were leaving a café at about 11 a.m. Bravo’s sister, who jumped to protect her, was also killed in the attack.

      Upon arriving at the crime scene, officers say they found five 9mm shell casings and Bravo’s injured driver, but no sign of the police detail that had been assigned to protect her. The Police Directorate, which operates entirely under the executive branch, has launched a probe to determine if there’d been an internal security breach.

      Bravo is the 26th member of Ecuador’s justice system to be assassinated since 2020 and the second individual investigating state crimes murdered that week. Besides her usual caseload of homicide and organized crime, Bravo had been working the Fiorella, Negra Francisca, and Don Maca cases—a series of drone attacks on civilian fishing ships exposed by Drop Site in April. Two of the boat’s crews returned home and reported being abducted, blindfolded, and starved for eight days by American gunmen in U.S. military uniforms aboard a U.S.-flagged patrol ship, before being abandoned in El Salvador. The UN Committee on Enforced Disappearances endorsed the calls for an investigation, demanding that the U.S. provide information on the whereabouts of the eight still-missing men and any involvement in the matter by April 27. To date, the United States has not responded.

    • Una fiscal de Manta, Alexandra Bravo, fue asesinada a tiros junto a su hermana el domingo. El hecho constituye el tercer ataque contra funcionarios vinculados a la Fiscalía de esta ciudad costera en tres años, en un contexto de violencia asociada al crimen organizado. Especialistas denuncian la falta de protección para la rama judicial y señalan sospechas incluso en los niveles más altos del Estado.

  • recherches et pistes sur l’ #impact_climatique des guerres

    – 2001 Conséquences de la guerre en Yougoslavie pour l’environnement de l’Europe du sud-est
    https://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/X2H-Xref-ViewHTML.asp?FileID=9143&lang=fr#P185_24065

    – 1961 Les effets biologiques des armes nucléaires
    https://www.monde-diplomatique.fr/1961/10/ESCOFFIER_LAMBIOTTE/24452

    – 2020 Liste des événements analysés dans le cadre de la synthèse « Accidentologie industrielle déclenchée ou aggravée par les fortes chaleurs » 130 pages. https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/wp-content/uploads/2020/06/Annexe-synthese-fortes-chaleurs.pdf

    – 2026 « 45 °C sous les tentes » : Israël restreint l’accès des Palestiniens à l’eau et à la fraîcheur en pleine canicule
    https://seenthis.net/messages/1183530

    – (dont follow me)

    #guerre #génocide #pyrotoxines #explosion #Écocide #bombes #environnement #ecologie #industries_militaires #politique

  • Archéologie Ferroviaire - Atlas des lignes de chemins de fer disparues
    http://archeoferroviaire.free.fr/v31/spip.php

    Le réseau ferroviaire français, qui a atteint son apogée au milieu des années 1920, a donné lieu à de nombreuses publications, mais à notre connaissance n’a jamais fait, dans son extension maximale, l’objet d’une cartographie précise systématique, de l’ordre du 1/10.000 ème. A titre indicatif, les anciennes cartes Michelin sur lesquelles ces réseaux sont encore représentés ne sont quant à elles qu’au 1/200.000 ème.

    A travers ce site, nous nous proposons de tenter de réparer cet oubli. Il y a en effet urgence : nombre de petites lignes ont été fermées puis déferrées depuis des décennies, parfois près de cent ans, et les traces qu’elles ont laissées se font de plus en plus rares. Dans le meilleur des cas, certaines emprises ont été conservées sous forme de routes, chemins ou voies vertes, où subsistent parfois des ouvrages d’art et d’anciens bâtiments de gare. Mais bien souvent, elles ont totalement disparu, victimes du remembrement, de l’urbanisation, et d’une manière plus générale, de l’aménagement du territoire.

    Notre démarche s’appuie donc avant tout sur une recherche cartographique et photographique. A ce titre, les sites de l’Institut Géographique National (Géoportail et Remonter le temps) donnent accès à des informations particulièrement intéressantes : cartes et vues aériennes actuelles pour les emprises encore repérables sur le terrain, et pour celles, en majorité, qui ne le sont plus, plans cadastraux et surtout, vues aériennes anciennes. Et lorsque toutes les sources de renseignements sont épuisées, il reste l’intuition ...

    Bon voyage !

  • En octobre, l’ICJP (International Centre of Justice for Palestinians) attaquait en justice un soldat israëlo-britannique en invoquant le Foreign Enlistment Act de 1870.

    https://www.middleeastmonitor.com/20251024-palestinian-justice-group-seeks-uk-prosecution-of-britis

    The individual is accused of serving first on the Lebanese border and then in the illegally occupied West Bank as a member of the Israel Defense Forces (IDF). ICJP alleges that the engagement constitutes an offence under Section 4 of the Foreign Enlistment Act (FEA), which prohibits British subjects from enlisting in the military of a foreign state that is at war with a state friendly to the UK. [...] As Palestine is considered a “friendly state” under the terms of the Foreign Enlistment Act, ICJP argues that British citizens who engage in hostilities against it through service in the IDF are in breach of UK law.

    ... et ça s’est mal passé. Commentaire de l’ICJP sur le verdict en avril :
    https://www.icjpalestine.com/2026/04/17/icjp-statement-on-foreign-enlistment-act-case

    In a detailed ruling dated 8 April 2026, the Court declined to issue a summons, finding that the application was legally misconceived and that it would constitute an abuse of process. The Court also expressed concerns regarding the evidential basis of the application and aspects of the material presented to it.

    ICJP acknowledges the Court’s decision. The ruling reflects a restrictive interpretation of the scope and operation of the Foreign Enlistment Act in the context of modern conflicts, including findings that the Act does not apply to dual nationals serving in the armed forces of their other state of nationality, and that questions relating to the existence of a “state of war” and the status of foreign states are matters reserved to the Executive rather than the courts.

    Frais de justice à rembourser au soldat poursuivi  : £82,130
    https://www.jpost.com/diaspora/article-902589

    UK judge orders ICJ Palestine to pay full legal costs of £82,130 to a British-Israeli dual national it tried to prosecute for serving in the IDF.
    [...]
    In simple terms, the judge found that because the prosecution seriously failed in its duty to be honest and open with the court, it should pay Soldier A’s legal costs on a more generous basis than usual.

    Goldspring ordered the ICJP to pay the total sum of £82,130, which he said was “entirely reasonable and proportionate given the complexity of the response forced upon Soldier A.”

    Goldspring noted that the ICJP did “recognize the systemic failures of candor” following his prior ruling. He also said that the ICJP issued an apology to both the Court and Soldier A for “its failures to comply with its core duties of candor.”

    Dernier communiqué de l’ICJP  : https://www.icjpalestine.com/2026/07/14/our-application-for-a-summons-under-the-foreign-enlistment-act-1870

  • ‘Everyone’s afraid to die’: Struggle to recruit soldiers in #Ukraine turns violent
    https://www.bbc.com/news/articles/cr7k5ngde3vo

    Ukraine’s military ombudswoman says such attacks are now “regular” and “a major problem” as the country struggles to mobilise men to fight in the fifth, draining year of Russia’s full-scale invasion.

    It’s not a topic people here care to discuss much, wary of feeding Russian propaganda.

    But the latest National Police Service report recorded more than 600 assaults on recruitment officers to date and warned that the aggression has become “increasingly threatening”.

    The first big alert came in April when several recruiters were stabbed, one fatally. Then this month in Lviv, some 200 protesters surrounded officers attempting to detain a suspected draft dodger and smashed and overturned their car.

  • Ghost Font

    https://www.mixfont.com/ghost-font

    What is Ghost Font?
    Ghost Font is an anti-AI font that writes a message using motion. Using a combination of motion, video, noise, and decoys, it’s a unique way to share a message with other real humans. I suppose technically, it’s not a font in the traditional sense of a TTF font file. But, Ghost Font is an experiment of a way to graphically communicate in writing in a format that AI cannot easily understand. While it’s not as legible as regular text, the letters are still immediately readable to a human eye, but even leading AI models can’t decipher it easily.

    https://static.mixfont.com/assets/20260711-084945-only-a-human-y7t5vjh2.mp4

  • New York City moves to adopt ban of deceptive subscription practices

    https://www.theguardian.com/us-news/2026/jul/10/new-york-city-deceptive-subscriptions-ban

    New York City has adopted a rule that bans companies from using deceptive subscriptions to trap customers into paying for gym memberships, streaming services and other recurring charges, the city’s consumer protection office said.

    The rule, which will start on 1 October, promises hefty fines and aggressive enforcement for violators. Companies that do not provide a simple way to cancel could pay $525 per user subscription, back fees and additional fines.

    The city is also proposing a separate rule targeting so-called “junk fees” that raise the final price of everything from apartments to sporting events, with a proposed rule that requires sellers to “advertise the total price for any good or service, including all mandatory additional charges and fees, up front”, according to a release.

    New York City would be the first US city to implement such a ban.

  • The End of Reading Is Here

    https://www.theatlantic.com/magazine/2026/08/reading-crisis-postliterate-age/687618

    [...]
    Some 2,000 years later, under very different circumstances, the darkness is gathering again. Americans, once members of a proudly literate society, read much less than they used to. According to the National Endowment for the Arts, which conducts the most comprehensive survey of the nation’s reading habits, fewer than half of all adults reported having read a book of any kind in 2022. Only 38 percent read a novel or short story. A study analyzing 236,000 responses to the American Time Use Survey found that the proportion of Americans who read for pleasure on any given day fell from 28 percent in 2004 to 16 percent in 2023. (The study looked at people who had read a book, magazine, or newspaper; listened to an audiobook; or read an e-book.) Gambling has become a more common leisure activity than reading a book: Last year, 57 percent of Americans placed a bet.
    [...]
    In 2024, in a national test, just 35 percent of high-school seniors were “proficient” at skills such as analyzing complex fictional themes and evaluating the effectiveness of an author’s argument. About the same number scored below “basic,” meaning that they may struggle to draw conclusions from concepts explicitly included in a text, or to use context clues to determine the meaning of an unknown word. Adult-literacy scores have also dropped: Nearly 30 percent of American adults cannot paraphrase or make inferences from a multipage text. In 2017, that number was less than 20 percent.

    And yet, strangely, Americans are probably reading more words than ever before. What has changed is what they read, and how. People are bombarded with emails, text messages, X posts, Reddit threads, Instagram captions. This explosion of textual fragments has come at the expense of devoting sustained attention to longer written works that convey rich and complicated information. Maryanne Wolf, a cognitive neuroscientist at UCLA, argues that people are losing the ability to think deeply about writing. That doesn’t mean they are forgetting how to decode individual words. Rather, they are losing the higher-order abilities of comprehension and synthesis. America, in other words, isn’t illiterate. It’s postliterate.
    [...]
    Reading has come to seem extraneous even to some of the best-educated members of society. Margaret Rennix, Harvard’s assistant director for humanities and social-sciences support, told me she’d spoken with a student who was struggling to read a book written in Old English. The culprit: Anthony Burgess’s 1962 novel A Clockwork Orange. (The student used ChatGPT to “translate” the book into easier language.)
    [...]
    Samuel D. Lougheed served in the 8th Regiment of the Union’s Missouri Volunteer Infantry, which fought at Shiloh and the Siege of Vicksburg. In October 1862, he wrote to his wife: “Tis hard to lie down covered with your own gore on a battle field and die. Tis hard to see the mighty prancing war horse, trampling the dying and dead beneath their merciless feet. No dear wife, near to speak a word of comfort. No living sister or Mother to administer relief in that hour the most sad in the history of humanity. O the humanity. O the horrors of war.”
    [...]
    If Trump is the first postliterate president, he won’t be the last. The political strategist David Plouffe, an architect of Barack Obama’s presidential campaigns, recently argued that candidates should focus each day on content creation. He advised shrinking every idea into something short enough for screen-addled voters to concentrate on. “If it can’t be communicated in an Instagram post or 10-second TikTok, go back to the drawing board,” Plouffe wrote in a New York Times op-ed. That may very well be good advice on how to campaign for office in the postliterate era. As a way to practice informed self-government, it portends disaster.
    [...]
    I haven’t even mentioned artificial intelligence yet. A number of digital technologies have hijacked attention and made focused reading all but impossible. Generative AI is the first tool to threaten the continued existence of writing.
    [...]

  • Symétrie et antagonisme

    Deux photos avec beaucoup de similitudes et autant de différences.

    Celle de gauche, je viens de tomber dessus ce weekend, dans une expo, et elle m’a sauté aux yeux en me rappelant celle de droite. Elle est prise par Adrien Vautier en mars 2025, qui suit des artilleurs ukrainiens, au nord du front dans le Donbass.

    https://www.amnesty.fr/actualites/quatre-annees-de-guerre-en-ukraine-photographiee-par-adrien-vautier

    Celle de droite, elle m’avait touché par le cadrage, les sujets et le sort réservé à son auteur. Je n’ai pas trouvé d’informations précises, mais je déduis qu’elle a été prise en mai 2014 au sud de la ligne de front par Andy Rocchelli qui sera assassiné par l’armée ukrainienne quelques jours plus tard avec son fixeur.

    On la retrouve sur le blog ouvert par ses proches : https://www.andyrocchelli.com
    mais aussi, et surtout, sur sa notice Myrotvorets, le site de doxxing issu des services de renseignement ukrainiens qui liste les ennemis de l’Ukraine à abattre  :
    https://myrotvorets.center/criminal/rokkelli-andrea

    On la trouve archivé comme pièce à conviction, à coté de sa photo barrée d’un liquidé, pour le crime d’avoir franchi la frontière et collaboré avec les terroristes russes.

    Il y aura une grosse polémique en Italie par la suite, avec un premier procès qui condamnera le commandant italo-ukrainien ayant ordonné l’attaque, puis appel et cassation qui le libéreront suite à un vice de procédure, son supérieur n’ayant pas témoigné sous le status de témoin assisté.

    L’image fait par ailleurs penser au discours de Porochenko quelques mois plus tard, promettant aux enfants du Donbass de vivre l’enfer terrés dans leur cave du fait de la sécession.

    Un même cadrage, une même situation, des cibles qui se terrent face à un ennemi plus puissant, des soldats et des enfants, une même région mais des côtés opposés, une même guerre mais deux phases renversées, une même réutilisation pour deux propagandes irréconciliables.

  • Un nuevo partido árabe-judío concurrirá a las elecciones israelíes de octubre: ¿esperanza o ’bluf’? | Público
    https://www.publico.es/internacional/nuevo-partido-arabe-judio-concurrira-elecciones-israelies-octubre-esperanza-

    Extraits d’un article très complet sur le vote arabe en Israël.

    Se llaman Makom Lekulanu –Un lugar para todos– y el pasado 16 de junio presentaron oficialmente su candidatura para concurrir a las elecciones al Parlamento de Israel, el Knéset, que se celebrarán el próximo mes de octubre. «Nuestra visión se basa en la igualdad entre judíos y árabes en Israel, la paz y la oposición a la guerra y la ocupación, y un fuerte enfoque en la justicia social y climática», dijo a la prensa Rula Daood, una de las líderes de la formación, el día de la presentación.

    La formación ha aparecido en escena tres meses antes de que Israel vuelva a acudir a las urnas a renovar a sus representantes en el hemiciclo, actualmente el más conservador de la historia del país. (...) Makom Lekulanu dice querer acabar con esta espiral de violencia bajo la máxima de que «solo a través de la paz habrá seguridad». La formación nace de Standing Together, una organización fundada en 2014 por activistas árabes y judíos unidos por el espíritu de las movilizaciones de 2011, conocidas como la Primavera Árabe.

    (...) Una de las pistas sobre esta distancia cultural, señala el experto, está en los silencios de la formación en lo relativo al retorno de los palestinos refugiados en el extranjero, a sus territorios. Esta cuestión ha sido una de las reivindicaciones básicas de los palestinos que residen dentro y fuera del país.

    (...) Estas fisuras pueden observarse en la manera en la que Makalum Lekulanu se dirige a sus votantes: «Si te fijas, se refieren al 7 de octubre como un ’ataque terrorista’. Ningún partido árabe se referiría así al 7-O». Barreñada matiza que eso no significa que los grupos palestinos del hemiciclo israelí apoyen a Hamás, pero sí que la entienden su lucha armada como parte de la resistencia anticolonial del nacionalismo palestino.

    Para Sonia Boulos, aquí es fundamental tener en cuenta el momento en el que se crearon los partidos árabes clásicos. Mientras que Hadash surgió con el objetivo de «agrupar corrientes comunistas, mizrajíes [judíos de Oriente Medio], socialistas y sectores de izquierda no afiliados a ningún partido en torno a la paz, la igualdad, los derechos de los trabajadores y la oposición a la ocupación». Este partido estaba liderado además por «ciudadanos palestinos de Israel (...) como Emile Habibi o Tawfik Toubi». Por el contrario, Makalum Lekulanu «surge como una respuesta de base al fracaso de los partidos tradicionales para frenar la deriva antidemocrática de Israel».

    (...)
    En este hostil entorno electoral los medios progresistas interpelan a la responsabilidad del votante, a la par que acusan a Makon Lekulanu de «dividir a la izquierda». Barreñada comparte este análisis: «Hay que tener en cuenta que las formaciones necesitan superar el umbral del 3,25% de los votos para acceder al Parlamento», por lo que «los 20.000 o 50.000 votos de judíos progresistas que les apoyen van a perderse».

    "A ello hay que sumarle el profundo desencanto de la población palestina de Israel con el Estado y su sistema electoral. Sonia Boulos, de CEARC, lo explica así: «Muchos ciudadanos palestinos de Israel consideran (...) que participar en las elecciones solo beneficia a Israel al ocultar el régimen de supremacía racial». Este desencanto se habría profundizado tras el genocidio en Gaza.

    • Élections législatives en Israël : des militants pacifistes créent un parti pour faire front à Benyamin Netanyahou

      Cette formation politique, baptisée « Une place pour nous tous », veut « offrir un nouveau foyer politique aux Juifs et aux Arabes qui œuvrent pour la paix ». Elle appelle à une coopération avec l’opposition pour barrer la route du Premier ministre israélien.

      Ouest-France. Publié le 17/06/2026
      https://www.ouest-france.fr/monde/israel/elections-legislatives-en-israel-des-militants-pacifistes-creent-un-par

      « Une place pour nous tous ». C’est le nom du nouveau parti politique fondé par des militants israéliens pour la paix. Cette formation, dont la création a été annoncée mardi à Nazareth, porte l’idée d’un partenariat entre Israéliens juifs et Israéliens d’origine palestinienne, à l’approche des élections législatives prévues avant le 27 octobre 2026.

      Selon un communiqué, ce parti vise à « offrir un nouveau foyer politique aux Juifs et aux Arabes qui œuvrent pour la paix, l’égalité, la justice sociale ainsi que la lutte contre la violence et la criminalité ». Il sera dirigé par Rula Daoud et Alon-Lee Green, les deux codirecteurs du mouvement israélo-palestinien « Standing Together ».Selon le parti, Rula Daoud est actuellement la seule femme à diriger un parti politique en Israël.

      « Dire ce que nous défendons »

      Les Arabes israéliens représentent environ 21 % de la population et s’identifient pour une grande majorité comme des Palestiniens. Descendants de la population arabe de Palestine s’étant retrouvée en territoire israélien après la création d’Israël en 1948, ils se disent fréquemment victimes de discrimination vis-à-vis de la majorité juive.

      « C’est le dernier moment pour sauver notre société », a déclaré Rula Daoud.
      Un appel lancé à l’opposition

      Dans un communiqué, le parti a indiqué qu’il concentrerait son action sur « la lutte contre la violence et la criminalité […], le coût élevé de la vie, la crise du logement », ou encore la promotion d’« un accord de paix israélo-palestinien ».

      Alon-Lee Green a appelé à une coopération entre les forces d’opposition qui cherchent à remplacer la coalition de Benyamin Netanyahou. Le Premier ministre israélien, qui occupe le pouvoir presque sans discontinuer depuis 2009, a réaffirmé son intention lundi de se présenter aux prochains.

    • Les dirigeants de Standing Together lancent le nouveau parti arabo-juif Makom Lekulanu
      Par Ariela Karmel 17 juin 2026, - The Times of Israël
      https://fr.timesofisrael.com/les-dirigeants-de-standing-together-lancent-le-nouveau-parti-arabo

      . Les candidats de Makom Lekulanu, le nouveau parti arabo-juif issu du mouvement Standing Together, ont été présentés le 16 juin 2026. La présidente, Rula Daood, est la troisième à partir de la gauche. (Crédit : Inas Osrof Abu Seif/Makom Lekulanu)

      (...) Rula Daood et Alon-Lee Green, les dirigeants du mouvement de gauche arabo-juif Standing Together, ont lancé mardi un nouveau parti politique arabo-juif baptisé Makom Lekulanu (« Un endroit pour tous ») en vue des prochaines élections nationales. Une formation qu’ils présentent comme « un nouvel espace politique dédié aux Juifs et aux Arabes qui œuvrent pour la paix, l’égalité, la justice sociale et la lutte contre la violence et la criminalité ».

      À la tête de ce nouveau parti siègent les co-directeurs nationaux de Standing Together, qui ont décidé de prendre un congé du mouvement pour se consacrer pleinement à leur nouvelle fonction. Makom Lekulanu décrit Rula Daood comme la première femme palestinienne à diriger un parti national en Israël. (...)

    • Le mouvement judéo-arabe « Standing Together » se lance dans la course à la Knesset avec un parti fondé sur une « politique de l’espoir »
      Vera Weidenbach • 16 juin 2026 - Haaretz
      https://www.haaretz.com/israel-news/israel-politics/2026-06-16/ty-article/.premium/jewish-arab-movement-standing-together-launches-knesset-run-with-new-party/0000019e-cb84-d45a-ab9e-cfee31570000


      Green et Rula Daood lors de la conférence marquant le 10e anniversaire de « Standing Together ». Les deux anciens dirigeants du mouvement dirigeront le nouveau parti judéo-arabe « A Place for Us All ». Crédit : Rami Shllush

      (...) Chaque parti doit franchir le seuil électoral de 3,25 % pour obtenir des sièges à la Knesset, faute de quoi ses voix sont perdues. Ainsi, « Une place pour nous tous » pourrait prendre des voix aux Démocrates de centre-gauche ou au parti arabo-juif Hadash, s’il entre en concurrence pour les mêmes électeurs.

      « Tout changement significatif dans la politique israélienne a commencé par une idée qui semblait autrefois impossible », affirme Daood. Les dirigeants du parti espèrent que le caractère radical de leurs idées, qui, selon eux, font actuellement défaut dans le système politique et le discours israéliens, attirera les électeurs désabusés.

      « Depuis des années, on propose aux Israéliens toujours la même chose : les mêmes partis, les mêmes querelles et la même impasse. »
      « Nous espérons non pas diviser davantage le gâteau, mais agrandir le gâteau et attirer davantage d’électeurs, plutôt que de les détourner », souligne Weltmann, faisant référence à la stratégie principale de la campagne visant à mobiliser les électeurs, en particulier au sein de la population arabo-israélienne qui, selon les sondages, avait l’intention de s’abstenir.

      M. Weltmann a déclaré que, d’après les sondages réalisés par un institut externe pour le compte du parti, « nous sommes actuellement crédités de près de trois sièges à la Knesset », précise-t-il, soit un siège de moins que le nombre nécessaire pour franchir le seuil électoral. « C’est un excellent début pour un parti qui n’a pas encore lancé sa campagne électorale et qui ne fait pas encore campagne dans la rue ni sur les réseaux sociaux. »
      Les militants du mouvement à travers tout le pays sont prêts à se mobiliser, et le programme électoral est sur le point d’être dévoilé. « La date limite pour déposer officiellement la liste des candidats est dans trois mois », précise M. Weltmann. « C’est une éternité en politique israélienne, et beaucoup de choses peuvent encore se passer. »
      Weltmann affirme que le nouveau parti restera fidèle à l’objectif stratégique du scrutin : évincer le gouvernement d’extrême droite de Netanyahu, même si cela implique d’accepter une coalition de centre-droit dirigée par Naftali Bennett, Yair Lapid et Gadi Eisenkot. « Nous ne voulons pas faire perdre des voix inutilement », déclare-t-il. « Nous ne nous présenterons pas aux élections si nous ne sommes pas certains que le soutien des électeurs arabes et juifs se traduira par la fin du règne de Netanyahu. »

  • L’Ukraine face à la génération Azov
    https://revue21.fr/article/ukraine-face-generation-azov

    De part et d’autre du Hub 4308, ce café épuré au sol de béton ciré et tables de designers où Beyrouth m’a donné rendez-vous, de jeunes hommes robustes, à la barbe longue, comme lui, pianotent sur leurs MacBook tandis que des jeunes femmes à la pointe de la mode discutent en sirotant des matcha lattes ; dans un coin, un petit groupe concentré s’applique à reproduire les gestes de la cérémonie du thé tout comme au Japon. Il y a aussi Anna Vriadnik, l’éditrice de Plomin, qui, plus tôt, m’a guidée entre les portants de merchandising en pointant un t-shirt floqué d’un soldat d’Azov sous les traits du célèbre Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich. Le Hub 4308, appelé ainsi « pour éviter la censure de Meta » – les chiffres évoquent АЗОВ, Azov en cyrillique – est un « lieu public, pop et stylé », dit-elle, qui permet à tous de contribuer au financement de la brigade. « Azov n’a pas d’ambition politique, ponctue Beyrouth en hochant du menton vers les passants. Nous sommes des soldats. Ce qui nous concerne, c’est la guerre et la défense de notre pays. De toute façon, ce serait interdit par la loi martiale. La preuve, c’est que des gens de tous bords nous rejoignent. »

    Quatre ans de guerre, des mobilisations massives et le calcul pragmatique de jeunes recrues – préférant intégrer volontairement une unité d’élite plutôt que d’être arrêtés et conscrits d’office – ont profondément bouleversé la composition de ces deux formations au destin étroitement lié. De fait, qu’il s’agisse du 1er corps Azov ou du 3e corps d’armée, le même son de cloche résonne un peu partout : « Même des antifascistes les ont rejoints ! » m’assure Michael Dark, un activiste engagé auprès des syndicats anarchistes étudiants.

    #Ukraine

    • comme il faut s’inscrire et recevoir de la pub... ci-bas, il manque les photos.

      Écrit par Iris Lambert
      10 juillet 2026

      Il y a dix ans, c’était un sulfureux noyau paramilitaire, amalgame de hooligans, d’ultranationalistes et de néonazis engagés contre Poutine. Aujourd’hui, ses fondateurs dirigent des unités d’élite au sein de l’armée ukrainienne et de la garde nationale, que les volontaires de tout bord rejoignent en masse pour combattre la Russie. Des régiments high-tech qui cultivent une image à la fois guerrière et cool, et dont les idées droitières percolent dans toute la société. Jusqu’au sommet de l’État.

      Droit dans ses rangers, « Sashko » examine le pneu de notre voiture et déclare, formel : « Crevé. » [balèze le gars] Le flanc de caoutchouc n’a pas résisté aux assauts de l’asphalte défoncé, creusé par les contractions de l’hiver et les drones qui hantent l’arrière-pays de Kharkiv, au fin fond de cette Ukraine orientale blessée, usée par le froid et la peur. Par chance, Sashko – son nom de guerre – connaît un mécanicien établi au coin de la rue, au bout de ce petit village taillé dans la brique et la tôle du côté d’Izioum. C’est ici qu’il vient se reposer des atrocités de la ligne de front, aujourd’hui repoussée à plusieurs dizaines de kilomètres, où il se bat comme sergent de l’unité d’assaut du 3e corps d’armée ukrainien – une réalité « hardcore », dit-il simplement en s’enfonçant derrière un portail de fer tavelé par la rouille.

      Au travers de sa cagoule, on ne distingue que le fragment d’un tatouage qui lui barre l’arête du nez. Se découvrir peut être dangereux dans ces contrées – surtout pour un volontaire étranger venu de Finlande. Deux pistolets et un poignard ballottent à sa taille. Un chiot, prénommé Lipton, s’est hissé sur ses genoux de colosse tandis que sa voix cagneuse, économe en confessions, fend le silence pour justifier sa présence si loin de chez lui. Voilà deux ans qu’il est arrivé pour combattre la « Russie terroriste » qui menace également son pays. Il n’a pas choisi cette unité par hasard. Il croise ses gants de combat et me lance : « La corruption est omniprésente dans l’armée. Moi, je voulais servir dans une véritable force ukrainienne, sous le commandement d’Andriy Biletsky. La guerre est toujours une affaire de politique. Et nous, nous sommes un mouvement politique : celui des vrais nationalistes ukrainiens. »

      Bon père de famille ultranationaliste

      Le visage de l’homme dont parle Sashko est l’un des plus reconnaissables d’Ukraine – et sans doute l’un des plus redoutés du Kremlin. Ses yeux clairs fixent les passants du haut d’immenses affiches étalées de part et d’autre du territoire, appelant les volontaires à rejoindre ce corps d’armée devenu, au fil des batailles, l’une des formations les plus respectées du pays. Tantôt présenté en bon père de famille, tantôt en simple civil sous un slogan le décrivant comme un « commandant compatissant », Andriy Biletsky, 46 ans, doit pourtant sa notoriété à un tout autre passé. Militant ultranationaliste dès les années 2000, fondateur du sulfureux « #bataillon_Azov » avant de prendre la tête du 3e corps d’armée, il est depuis longtemps l’une des figures favorites de la propagande de Vladimir Poutine, brandie comme pièce à conviction de la prétendue « nazification » de l’#Ukraine que le président russe clame vouloir purger par salves de missiles balistiques. Une accusation qui n’a pas empêché le commandant Biletsky et ses proches de se muer en icônes de la résistance, dont l’influence et l’héritage trouble pourraient bien sculpter, en creux, le visage de l’Ukraine de demain.

      Depuis le sillon de terre qui court le long de la maison de Sashko, les voix de ses frères d’armes l’interrompent soudain dans son récit : notre voiture est réparée, et il est temps pour lui de retourner à l’entraînement. Le conflit ne tolère pas de répit. « On tient près de cent cinquante kilomètres de ligne de front, assure-t-il en reposant Lipton au sol. On va au contact en menant des opérations d’assaut efficaces, grâce à nos équipements de pointe. » L’homme déplie son corps immense, palpe ses flancs pour vérifier son attirail et s’excuse de devoir repartir si tôt. Tandis qu’il s’éloigne à pas de géant, ses semelles soulevant des volutes de poussière, il plisse les yeux et assure, ferme et serein : « Ne t’inquiète pas, on est des durs. Notre brigade est la meilleure ! »

      L’académie des drones

      À près de six cents kilomètres de là, c’est précisément cette réputation d’élite qui attire chaque semaine davantage de recrues à la Killhouse Academy, dissimulée derrière les hauts murs dévorés par le lierre d’une usine désaffectée dans les marges de Kyiv. Penchés sur des écrans d’ordinateur, les muscles raidis par la concentration, quelques apprentis s’efforcent, joystick en main, de piloter une ribambelle de petits drones au travers de pneus, de cerceaux et de vieux bidons métalliques empilés dans ce vaste hangar réhabilité. Lancés en avril 2024 par le corps d’armée d’Andriy Biletsky, ces entraînements « accessibles dès l’âge de 15 ans pour les civils avec l’autorisation des parents » ont déjà permis à « près de 6 000 personnes de se former », s’enthousiasme « Tokyo », surnommée ainsi pour sa vague ressemblance au personnage culte de La Casa de papel et déjà instructrice malgré ses 26 ans.

      C’est que « les drones, c’est l’avenir… jusqu’à ce que la guerre nucléaire éclate », lâche, fataliste, un commerçant fauché qui envisage de rejoindre l’unité, déjà forte de plusieurs dizaines de milliers de soldats – pour des raisons de sécurité, les chiffres exacts ne peuvent être divulgués. Un peu plus loin, deux combattants amputés à la recherche d’une réaffectation, stabilisés par leurs prothèses, fument des cigarettes dans le vacarme des générateurs. Des soldats de tous bords viennent ici « pour apprendre auprès des meilleurs », confie, franchement admiratif, un officier des forces spéciales Omega, une autre unité d’élite.

      En quelques jours, ils découvrent comment monter de A à Z ces engins FPV – pour first-person view, en raison de la minuscule caméra embarquée qui donne au pilote l’illusion d’être à bord –, comment les manier, puis comment y fixer « 700 grammes de charge explosive pour en faire des drones kamikazes », déroule Tokyo, comme de rien, avec ses airs de gameuse et son anglais fauché. Originaire de Lviv, près de la frontière polonaise, elle voulait avant tout rejoindre « une brigade qui sait pour quoi elle se bat et des commandants qui prennent soin de leurs gars ». Une image que Biletsky et ses fidèles auront mis près de douze ans à forger.

      La nation ukrainienne doit diriger les nations blanches du monde dans la dernière croisade contre les sous-humains.
      Andriy Biletsky, en 2007

      Leur ascension prend racine à quelques stations de métro de là. À Kyiv, sur la place de l’Indépendance, dite Maïdan, une mer de drapeaux jaune et bleu frémit comme une prière dans le vent. « Leur claquement est le murmure des héros qui continuent de nous parler », glissent ceux qui viennent panser la mémoire des milliers de combattants tués depuis que la Russie a lancé son invasion à grande échelle, le 24 février 2022.

      L’air, grisant et triste, est chargé d’autres fantômes. Entre novembre 2013 et février 2014, là où s’étend aujourd’hui ce mémorial à ciel ouvert, des citoyens de tous bords déferlent comme une marée pour contester la décision du président prorusse, Viktor Ianoukovitch, de substituer un partenariat économique avec Moscou à un accord d’association avec l’Union européenne. Au milieu de la foule, des hooligans et des membres des groupuscules d’extrême droite – l’Assemblée sociale-nationale, Tryzoub, Sitch 14, Patriotes d’Ukraine –, tous légataires des convulsions identitaires qui avaient secoué le pays au moment de son indépendance au tournant des années 1990, prennent position, barres de fer et cocktails Molotov en main, face aux Berkout. Cette police militaire, qui brutalisait les manifestants à coups de matraque avant de mobiliser ses snipers, trouve en eux une résistance organisée : le Secteur droit.

      De cette alliance des ultras et des intellectuels patriotes naît une force horizontale et alouvie, bien décidée, selon ses militants, à arracher aux nostalgiques de l’empire bolchevique tout ce que ce dernier a pillé, écrasé, terni, saccagé de l’identité ukrainienne. Après la victoire de l’Euromaïdan et la fuite de Ianoukovitch le 22 février 2014, le Parlement passe une loi sur la libération des « détenus politiques ». Parmi eux, on retrouve Andriy Biletsky, détenu sans jugement depuis vingt-huit mois par le gouvernement déchu pour « vol avec violence et brigandage » – des accusations « politiquement motivées », clame-t-il. Et aussi l’idéologue aux inclinaisons racialistes, voire carrément néofascistes, avec qui il pilotait les Patriotes d’Ukraine : Oleg Odnorozhenko. En 2007, sur le site de l’organisation, Biletsky affirmait que « la nation ukrainienne doit être une communauté basée sur la race et le sang », puis que sa « mission historique » est de « diriger les nations blanches du monde dans la dernière croisade » contre « les sous-humains dirigés par les Sémites ».

      Soleils noirs et croix gammées

      Odnorozhenko, sombre et volubile, aujourd’hui revenu à ses activités d’historien traumatisé par les réécritures soviétiques du passé, exhale encore la ferveur qui les animait alors : « Le jour même de notre libération, nous avons commencé à nous organiser pour libérer nos régions du contrôle par les agents russes. Nos structures nationalistes avaient déjà des composantes paramilitaires. Nous savions qu’une guerre serait inévitable. C’est comme ça que, de manière fluide et logique, les Patriotes d’Ukraine sont devenus Azov. » Propulsés par l’annexion de la Crimée et les soulèvements chaperonnés par la Russie dans le Donbass, au printemps 2014, ces centaines de volontaires tisonnent leur rancœur et montent à l’assaut des séparatistes appuyés par l’armée russe.

      Le bataillon Azov, unité d’hommes en noir fiers et agités empruntant leur nom à la mer voisine, vient alors suppléer une armée régulière à bout de souffle, cette « vieille machine délabrée de l’ère post-soviétique », crache presque Oleksiy Kovzhun, qui, dès le départ, s’attelle à lisser l’image du groupe. Il faut dire que, dans ses rangs, d’étranges symboles ont attiré l’œil du Kremlin : des emblèmes SS – soleils noirs et croix gammées – s’étirent sur les corps et les drapeaux des combattants, et des runes inversées typiques des insignes néonazis sont brandies en emblèmes du mouvement. Les porte-parole tentent de convaincre le monde qu’il s’agit en fait d’un monogramme des lettres I et N pour « Idée de Nation », mais Kovzhun, en communicant professionnel, flaire vite le danger : « J’ai rencontré les gars d’Azov à Marioupol, juste après qu’ils ont eu libéré la ville, en juin 2014. C’était une sacrée bande. Je leur ai dit : les gars, vous avez un problème de réputation, laissez-moi vous aider avec ça ! »

      Transformer les codes esthétiques

      Le conseiller en communication d’Azov sait y faire : espiègle et provocateur sous son chapeau de feutre, il méprise la bienséance compassée des « gauchistes libéraux », vogue volontiers – pas toujours sobre – dans les cabarets de drag-queens, savoure autant Billie Eilish que de vieux 33 tours pressés dans l’Allemagne des années 1930, et se délecte de voir les yeux de ses interlocuteurs se noyer dans la confusion. Depuis une terrasse ombragée de Kyiv, dans la cour intérieure d’un immeuble où se dresse également, sans que personne n’y prête attention, une immense volière à corbeaux, il déroule sa stratégie : « On a créé le tout premier service de relations presse d’Azov. D’abord, on a travaillé à transformer les codes esthétiques, parce que rien ne collait : il y avait des vieux bedonnants en uniforme parfaitement repassé et boutonné, et des jeunes d’une vingtaine d’années en t-shirt, couverts de tatouages douteux. » Mais alors, que comprendre de cette iconographie aux airs d’apologie de crimes contre l’humanité ? « Que les gars d’Azov disposent d’un humour mordant ! Les Russes les traitent de nazis, eux répondent : Très bien ! » balaie Kovzhun, pas effrayé par les contorsions. Un ange passe.

      L’affaire est pourtant jugée suffisamment sérieuse pour que le Congrès américain vote en juin 2015 un amendement prohibant les livraisons d’armes et les formations à destination d’Azov. Entre-temps, le bataillon s’est transformé en régiment et a été intégré à la garde nationale ukrainienne, sous la supervision du ministère de l’intérieur, dans l’administration du président Porochenko élu après la fuite de Ianoukovitch. À l’époque, le poste est occupé par un proche de Biletsky, Arsen Avakov.

      En interne, les cadres continuent à instaurer des règles et de la doctrine. Malgré les sanctions imposées par les États-Unis, ils bénéficient du savoir-faire de vétérans américains conciliants qui les guident pour incorporer les standards de l’Otan à leurs pratiques. Et surtout, ajoute Oleksiy Kovzhun avant de filer sur sa trottinette électrique, « nous avons instauré deux documents programmatiques : la Prière et le Décalogue ». Soit l’équivalent des Dix Commandements pour les combattants, hérités des partisans radicaux, clandestins et controversés de l’Organisation des nationalistes ukrainiens (OUN).

      Traditions cosaques

      Au tournant des années 1930, tentant de tenir tête, d’un côté, à l’écrasement de l’identité ukrainienne par la Pologne et, de l’autre, aux exactions de masse orchestrées par Moscou – dont 3 à 5 millions de morts pendant la campagne d’extermination par la famine de l’Holodomor entre 1932 et 1933 –, les dirigeants de l’OUN s’organisent pour défendre une Ukraine indépendante. En 1940, l’organisation se divise, quelques mois avant la rupture du pacte germano-soviétique. Sous l’impulsion de Stepan Bandera, partisan d’une lutte insurrectionnelle, les militants de la faction OUN-B finissent par tendre la main au IIIe Reich et collaborent activement aux pogroms nazis avant de faire eux-mêmes l’objet d’une féroce répression – les deux frères de Bandera mourront à Auschwitz.

      Dans l’entre-deux-mondes ouvert avec les tranchées du Donbass en 2014, les penseurs d’Azov, agrégés autour d’un certain Mykola « Kruk » Kravchenko, idéologue central du mouvement et mort au combat en 2022, ont ainsi puisé dans les traditions cosaques réactivées par l’OUN avant d’être élevées en nationalisme de combat, mélancolique et résistant – et qui, arc-bouté sur son besoin d’exister face au bulldozer russe, s’accommode des compromissions passées de ses héros. Leurs faits d’armes sont enseignés lors de formations jamais rassasiées de rituels mi-païens mi-straight-edge-punk, au cours desquelles les combattants célèbrent une nouvelle société ukrainienne, fraternelle et conservatrice, pour qui, dit le premier commandement du Décalogue, « il faudra vaincre ou périr ».

      Loup empaillé

      Pour certains cadres d’Azov, ce combat idéologique doit dépasser le front et s’appliquer à « former la jeunesse pour lui inculquer une vision du monde nationaliste », raconte Serhii Filimonov, aujourd’hui commandant du bataillon Da Vinci Wolves. Joint en visio, il apparaît barricadé dans des conteneurs enfouis sous la terre du côté de Pokrovsk, déambulant dans son baraquement sans un regard pour le loup empaillé, coiffé d’une casquette de garde-frontière russe, qui trône au détour d’un couloir. Dès 2016, cet ancien ultra du club de foot Dynamo Kyiv, « engagé pour la protection des animaux, du patrimoine historique et de la langue ukrainienne », devenu star de cinéma sous la direction d’Oleg Sentsov dans son film Rhino, projeté à la Mostra de Venise en 2021, participe à l’élaboration de la branche civile d’Azov dans la capitale. Bientôt transformée en véritable formation politique sous le nom de Corps national, officiellement dirigée par Andriy Biletsky, elle avait clairement pour objectif – « comme tout parti politique », insiste Filimonov – « de conquérir le pouvoir par les urnes ».

      Ainsi, démissionnaires de leurs fonctions militaires pour se consacrer au militantisme, la loi ukrainienne interdisant le cumul, des cadres d’Azov se mobilisent à nouveau autour d’une idée de la nation racialiste – « ethnique », dans leur propre terminologie – à laquelle les étrangers pourraient éventuellement « s’assimiler », précise l’idéologue Oleg Odnorozhenko. Ils prônent également, sur le plan économique, une version du marché libre qui s’opposerait à « tout ce qui est de gauche et centralisé », et préfèrent une alliance avec les pays baltes, au sein du projet dit « Intermarium », aux institutions de Bruxelles. Ce volet est notamment piloté par la philosophe Olena Semenyaka, secrétaire internationale du Corps national et ancienne élève d’Alexandre Douguine, le célèbre théoricien moscovite d’extrême droite, grand promoteur de l’impérialisme russe, avec qui la rupture sera consommée après l’annexion de la Crimée en 2014.

      Soirées ciné et combat au couteau

      Inlassablement, les activistes nationalistes organisent dans leur QG des soirées cinéma, des formations au combat au couteau, ou encore des clubs lecture autour de textes spécialement traduits « pour aider à penser les effets de la guerre sur notre identité. Avec par exemple les ouvrages d’Ernst Jünger [soldat de la Wehrmacht et fervent défenseur du nationalisme allemand, pourtant opposant d’Adolf Hitler, ndlr] », sourit doucement Anna Vriadnik, de la maison d’édition Plomin, en haussant le ton pour se faire entendre par-dessus les bruits de percolateur dans un coffee-shop de Kyiv. Du côté des lettres françaises, elle invite, admirative, ses lecteurs à se plonger dans « les mémoires de Dominique Venner », ancien de l’OAS et héraut des thèses de la Nouvelle Droite, qui s’est donné la mort d’une balle dans la tête au pied de l’autel de Notre-Dame de Paris, en 2013, pour crier son angoisse face au « péril du grand remplacement ».

      Ces activités culturelles et sportives devaient permettre, pierre après pierre, d’édifier un « État dans l’État », comme l’espérait Mykola « Kruk » Kravchenko. Mais la greffe peine à prendre : si Biletsky était parvenu en 2014 à se faire élire député indépendant, les Ukrainiens n’ont accordé aux candidats du Corps national – coalisés au sein d’une liste nationaliste – que 4 % des suffrages lors des élections locales de 2020.

      Comme un tigre

      Avachi dans son fauteuil, les pieds croisés sur son bureau dans les locaux du Snake Island Institute, son think tank spécialisé en paradiplomatie avec les institutions américaines, Vladislav Sobolevsky joue à faire virevolter son couteau à cran d’arrêt. Il revoit les embuscades tendues du côté de Brovary, l’encerclement d’Irpin et les cadavres de la rue Yablonska à Boutcha, ces corps de civils exécutés par les Russes dans les premiers jours de l’invasion. « Ça a été des jours très durs, mais je crois que c’était le moment le plus fort de ma vie. Toute la nation s’est levée et s’est battue comme un tigre », s’émeut-il. Le 24 février 2022, à 3 h 48 du matin, des colonnes de blindés russes percent les frontières ukrainiennes saisies par la rigueur de l’hiver. À l’est, au nord, le retentissement des missiles qui s’écrasent fige les corps dans la nuit. Déjà, la capitale est menacée.

      Les jours qui suivent, Sobolevsky ne dort presque pas. Cet ancien chef d’état-major d’Azov devenu militant du Corps national, accompagné de ses anciens frères d’armes rompus aux batailles du Donbass, épaule sa mitrailleuse et sort « défendre Kyiv ». Spontanément, il prend donc, derrière Andriy Biletsky, le commandement d’une nouvelle unité de volontaires, d’abord baptisée Azov-Kyiv avant de graduellement devenir la 3e brigade d’assaut, puis le 3e corps d’armée aujourd’hui, agrégeant d’autres unités aux parcours distincts. Le régiment originel, quant à lui, ferraille sur le front est, du côté de Marioupol, sous la direction de Denys Prokopenko, dit « Redis », un homme taiseux qui se refuse à toute interview et apparition publique.

      Odeurs de sang et de soufre

      Bientôt, un déluge de feu s’abat sur eux. Les trottoirs sont jonchés de corps brûlés, la quasi-totalité de Marioupol est rasée, et des colonnes de fumée n’en finissent plus de noircir le ciel de la ville, impuissant témoin du carnage de milliers de civils – entre 8 000 et 22 000 selon les sources. Totalement assiégées, les unités d’Azov sont forcées de se replier dans les entrailles de l’aciérie d’Azovstal, où l’odeur du sang se mélange à celle du soufre emmagasiné sous les hauts fourneaux. Là, Tetiana Tepliuk sent son cœur « se solidifier comme de la pierre ». Alors âgée de 69 ans, cette infirmière engagée auprès d’Azov depuis 2015 survit « comme un robot » dans le labyrinthe souterrain privé de tout, y compris d’outils et de médicaments, obligeant les chirurgiens à amputer les blessés au couteau ou aux ciseaux d’usine.

      Au même moment, à Kyiv, Vladislav Sobolevsky et les autres gradés de l’armée craignent de « peu à peu perdre le contact avec Marioupol et Azovstal ». Par chance, « nos services de renseignement ont repéré une faille dans la défense aérienne des positions russes, ce qui nous a permis d’établir un itinéraire pour acheminer du ravitaillement », rembobine-t-il. Volant de nuit et à basse altitude, des hélicoptères « traversent plus de cent kilomètres de positions ennemies » et atteignent enfin l’aciérie, où ils déversent « des hommes, des armes antichars et des antennes Starlink ». De quoi retransmettre en direct le siège, et montrer au monde entier « que les soldats d’Azov ne sont pas des terroristes », se félicite le commandant. Quelques jours plus tard, cet assaut télévisé qui aura permis de conquérir les cœurs ne s’arrête que pour faire entrer les défenseurs dans un autre cercle de l’enfer : le 17 mai 2022, souffle Tetiana Tepliuk, « un ordre est donné de nous rendre et de partir en captivité ».

      Essorés de tristesse

      Quatre ans plus tard, juchées sur le terre-plein central de la rue Ivan Mazepa, à Kyiv, une dizaine de jeunes femmes aux profils sombres brandissent des pancartes de carton usé appelant à la « libération des défenseurs d’Azovstal ». Ce sont les mères, les sœurs, les compagnes des 700 soldats d’Azov toujours détenus par la Russie. Derrière elles, la cathédrale de la Dormition tire ses bulbes dorés vers le ciel luminescent, tandis que le carillon de ses cloches se mélange aux cris des klaxons lancés par le cortège de soutien à la manifestation. Un col clérical noir et blanc dépasse parfois sous l’uniforme de quelques soldats. Sur le côté, le regard dissimulé par ses lunettes de soleil, Evgenia espère voir apparaître le nom de son frère dans la liste des prisonniers qui doivent être échangés dans les semaines à venir. En quatre ans, elle n’a jamais eu d’autres nouvelles de lui qu’un « article dans la presse russe annonçant sa condamnation à des années de prison ». Là, dit-elle, unie aux autres proches essorés de tristesse, « il est parfois plus facile d’attendre sans savoir ».

      « Obtenir le retour des combattants d’Azov est une bataille en soi. Pour les Russes, leur valeur symbolique est immense, particulièrement depuis la bataille de Marioupol », prévient Nestor Barchuk, responsable des relations internationales et du plaidoyer pour les prisonniers de guerre chez Azov. Le premier échange d’envergure, en septembre 2022, en donne la mesure : deux cents membres de la brigade sont alors remis à l’Ukraine en contrepartie de l’oligarque ukrainien prorusse Viktor Medvedtchouk. Ce jour-là, leur leader Denys « Redis » Prokopenko, élevé au rang de héros de la résistance ukrainienne, retrouve lui aussi la liberté. Mais l’obstacle dépasse la seule dimension politique. « Depuis que la Cour suprême russe a désigné notre unité comme une organisation terroriste, nos soldats sont privés du statut de prisonniers de guerre. Pourtant, nous faisons officiellement partie de l’armée ukrainienne et cette décision est en contradiction avec les conventions de Genève », souligne Nestor Barchuk.

      « Je n’étais plus qu’un sac d’os »

      Face à eux, l’ennemi se déchaîne. Tetiana Tepliuk, l’ancienne infirmière d’Azov faite prisonnière, se souvient surtout « des yeux des jeunes femmes criant de faim ». Et puis des gémissements de ses camarades « attachés au mur et torturés dans la pièce juste à côté [d’elle] » dans le centre d’Olenivka, dans l’oblast occupé de Donetsk. Peut-être a-t-elle entendu ceux de Dmytro Morozov, un autre ancien soldat d’Azov, qui me raconte des séances de sévices « de plus de cinq ou six heures en continu, pour obtenir des aveux forcés », les peaux brûlées par les Russes « pour effacer les tatouages », et la propagande balancée en continu dans les haut-parleurs de la prison. Blessé par des shrapnels avant sa détention, ses plaies s’infectent : « Quand on m’a libéré, je pesais quarante kilos. Je n’étais plus qu’un sac d’os. »

      La nuit du 28 au 29 juillet 2022, des explosions ravagent le baraquement 200 de la prison d’Olenivka, où avaient été transférés uniquement des combattants d’Azov. Selon les autorités ukrainiennes et plusieurs enquêtes internationales, elles auraient été orchestrées par les forces russes. Cinquante-trois prisonniers meurent sur le coup ; soixante-quinze autres, brûlés ou mutilés, agonisent sous le regard d’abord impassible des geôliers. « À mes yeux, le but était de tuer le plus grand nombre possible de combattants d’Azov », souffle Tepliuk.

      Ils sont nés au sein des milieux nationalistes, mais les qualifier de néonazis revient à adopter le cadrage russe.
      Le politiste américain Francis Fukuyama

      « La bataille de Marioupol a été une véritable bascule : nous avons été contraints de plaider activement à l’étranger pour nos prisonniers de guerre, et cela a marqué le début de nos campagnes internationales », me raconte « Beyrouth », ainsi surnommé en raison de sa thèse de doctorat portant sur « la place du religieux dans le conflit israélo-arabe ». Le crâne lisse et la barbe longue, le chef adjoint de la communication stratégique d’Azov déroule dans un phrasé technique, précis, les étapes de la réhabilitation du groupe aux yeux du monde : « Il y a d’abord eu une rencontre entre les femmes de détenus et le pape François, au Vatican. Nous avons compris que, pour contrer la propagande russe, si puissante, nous devions cibler certains cercles : les politiciens, les diplomates, mais aussi les chercheurs. Par exemple, l’université de Stanford pilote un programme appelé le Mapping Militants Project où ils collectent des informations sur les groupes terroristes du monde entier. Et Azov se trouvait là, entre Al-Qaïda et les talibans. »

      Il rit, puis enchaîne : « On a pu rencontrer les étudiants de Stanford lors d’une conférence à laquelle participaient aussi Michael McFaul, l’ancien ambassadeur des États-Unis à Moscou, et Francis Fukuyama. » Ce dernier, conquis, se dit alors « fier de les soutenir ». Face au tollé qui suit, le politiste superstar tranche : « Ils sont nés au sein des milieux nationalistes ukrainiens, mais les qualifier de néonazis revient à adopter le cadrage russe de ce qu’ils représentent aujourd’hui. » Et, ainsi, les efforts finissent par payer : le 11 juin 2024, le département d’État américain annonce publiquement la levée des interdictions de transfert d’armes à destination d’Azov. En avril 2025, le régiment devient le 1er corps de la garde nationale, supervisant ainsi plusieurs autres brigades.

      Pop et stylé

      De part et d’autre du Hub 4308, ce café épuré au sol de béton ciré et tables de designers où Beyrouth m’a donné rendez-vous, de jeunes hommes robustes, à la barbe longue, comme lui, pianotent sur leurs MacBook tandis que des jeunes femmes à la pointe de la mode discutent en sirotant des matcha lattes ; dans un coin, un petit groupe concentré s’applique à reproduire les gestes de la cérémonie du thé tout comme au Japon. Il y a aussi Anna Vriadnik, l’éditrice de Plomin, qui, plus tôt, m’a guidée entre les portants de merchandising en pointant un t-shirt floqué d’un soldat d’Azov sous les traits du célèbre Voyageur contemplant une mer de nuages de Caspar David Friedrich. Le Hub 4308, appelé ainsi « pour éviter la censure de Meta » – les chiffres évoquent АЗОВ, Azov en cyrillique – est un « lieu public, pop et stylé », dit-elle, qui permet à tous de contribuer au financement de la brigade. « Azov n’a pas d’ambition politique, ponctue Beyrouth en hochant du menton vers les passants. Nous sommes des soldats. Ce qui nous concerne, c’est la guerre et la défense de notre pays. De toute façon, ce serait interdit par la loi martiale. La preuve, c’est que des gens de tous bords nous rejoignent. »

      Quatre ans de guerre, des mobilisations massives et le calcul pragmatique de jeunes recrues – préférant intégrer volontairement une unité d’élite plutôt que d’être arrêtés et conscrits d’office – ont profondément bouleversé la composition de ces deux formations au destin étroitement lié. De fait, qu’il s’agisse du 1er corps Azov ou du 3e corps d’armée, le même son de cloche résonne un peu partout : « Même des antifascistes les ont rejoints ! » m’assure Michael Dark, un activiste engagé auprès des syndicats anarchistes étudiants.

      La coolitude de droite

      En permission entre deux déploiements au front, « Franz » abonde en ce sens : « On va pas se mentir, Azov c’est quand même un peu de droite, mais j’ai des amis gays et de gauche qui se sont engagés avec nous – ils ne le crient peut-être pas sur tous les toits, mais y a pas de problèmes. » Lui a grandi en France, fait des études de marketing et passé deux ans à la section culture de la mairie d’Avignon avant de se décider à prendre les armes. Il loue « leur professionnalisme » adoubé par les capitales européennes – au point d’être invités au salon mondial de l’armement Eurosatory, en Île-de-France. Et vante « l’absence de hiérarchie : on se tutoie tous, c’est pas vieux et rigide comme les unités soviétiques ». Au fond, il y voit aussi un peu de cool – de quoi alimenter son Instagram où il se déclare « From Côte d’Azur to Côte d’Azov ».

      Il ne s’agit pas là d’un hasard : « Nous avons compris que nous devions investir le champ de la culture, des livres, du cinéma », m’explique Beyrouth. Avec Oleksiy Kovzhun, qui veut « faire des t-shirts Azov assez cool pour que les adolescents les portent, comme ceux de Metallica », ils puisent dans ce que les artistes du monde entier ont fait de mieux pour penser leurs campagnes de recrutement : « Il y a un peu plus d’un an, on a fait un court-métrage, intitulé Polemos, inspiré du Septième Sceau d’Ingmar Bergman. On a aussi une pièce de théâtre en préparation, à partir de l’Odyssée, et un film pour l’année prochaine. Le responsable de ce projet est même allé à Cannes. »

      « Mentalité start-up »

      Sur ce plan, le 3e corps d’armée n’est pas en reste. La filiation des deux unités se repère aussi à leur avant-gardisme en miroir. Au mois de mai 2026, les cinémas du pays ont accueilli le film Killhouse, réalisé par Lubomir Levitsky, et dont le personnage principal est un soldat de l’unité d’Andriy Biletsky – ce qui aura permis à l’organisateur du raid héliporté d’Azovstal, Vladislav Sobolevsky, d’y faire un petit caméo pour son plus grand plaisir. D’après « Alice », responsable du recrutement du 3e corps d’armée, le succès tient aussi à la « mentalité start-up » qui irrigue son unité.

      En bon reflet de l’époque, la jeune femme férue de yoga, qui a grandi en Europe et se pensait jusque-là « pacifiste », jongle avec les mots workflow, optimize, process, innovation, et la nécessité, pour toujours progresser, de penser « out of the box », hors des sentiers battus. Puisqu’il s’agit d’un corps de volontaires, et non d’une unité où les conscrits ont été intégrés d’office, chacun « vient comme il est », avec ses compétences et ses envies, et participe à la création d’une « nouvelle culture militaire » faite pour les « cool kids ». Car après tout, malgré la guerre, « il s’agit toujours de vivre et de s’amuser ».

      Mais la mort rôde, irrémédiablement. À six cents kilomètres de Kyiv, sur la colline Kremenets juste à la sortie d’Izioum, Anton se tord les mains. En contrebas, la ville-garnison semble asphyxiée par une interminable toile scintillante, tressée de milliers de filets de pêche tendus sur de hauts pylônes de bois sec. Ils protègent les habitants de la « kill zone » des drones FPV qui plongent en kamikazes sur les usines, sur les routes, sur les soldats et parfois même sur les enfants. Assis sur le rebord du monument de l’Assaut, un mastodonte de béton élevé à la gloire des soldats de l’Armée rouge tombés contre l’Allemagne nazie, Anton ne tremble pas lorsque, tout près de nous, les échos assourdissants des bombes planantes déchirent le ciel sans trêve. C’est ici qu’il se sent bien.

      Du rap militaire

      Ancien combattant d’infanterie du côté de Bakhmout face aux milices russes de Wagner – elles-mêmes cofondées par le néonazi Dmitri Outkine –, il se souvient de missions « à la Call of Duty » et de patrouilles de reconnaissance si dures qu’il continue de se demander « si le froid sous la peau s’en ira un jour ». Il a bien tenté, il y a quelques mois, de quitter l’armée, mais la sévérité des effets du stress post-traumatique a rendu son retour à la vie civile impossible. Le service de soutien du 3e corps d’armée décide alors de le réintégrer dans ses rangs, tout en lui interdisant le port d’armes. Anton ne tarit plus d’éloges pour ses supérieurs qui lui ont offert un refuge, ainsi que pour son ami « Kucher » qui, attentif à ses talents de rappeur, le pousse à écrire de la musique « pour le prochain album de l’armée ».

      « AB3 Music est le tout premier et unique label de musique militaire ! » se félicite Kucher en faisant défiler sur son iPhone les images de leur dernier clip. L’idée, iconoclaste, leur est venue naturellement : « Au début, nous avons demandé à des artistes d’écrire des chansons sur leur perception de la guerre. On a ensuite négocié avec leurs maisons de disques pour que l’argent des streams soit directement reversé au 3e corps d’armée. C’est comme ça qu’on a sorti le premier album, Epoxa, sur toutes les plateformes, Deezer, YouTube, etc. Pour le prochain, on produira tout en interne, avec les talents des soldats ! » Au-delà d’un simple moyen de collecter des fonds, Kucher, qui a longtemps traîné « dans le milieu des groupes indie » et organise aujourd’hui des concerts avec des artistes du label, y voit surtout un « service de soutien psychologique pour les combattants ». Mais aussi, rappelle-t-il avec sérieux, une façon de « produire de la musique ukrainienne de qualité pour les prochaines générations ». Car il ne s’agit pas seulement « de se battre les armes à la main sur le front, mais aussi de contrer l’influence des Russes et les effets de leur colonisation sur notre identité ».

      Mysticisme païen et pratique de la prière

      Ce combat pour la survie de la langue et de la culture ukrainiennes, qu’Azov menait seul hier et que beaucoup voyaient comme une périlleuse croisade identitaire, est devenu sous les bombes russes un enjeu existentiel, source inépuisable d’inspiration et de fierté. Et sur ce terrain, les nationalistes se sont mués en éclaireurs : dans le 1er corps Azov comme dans le 3e corps d’armée – tous deux composants d’un « même écosystème des nationalistes ukrainiens », dit Oleksiy Kovzhun –, des soldats dits khorunzhi sont chargés d’encadrer les troupes et de veiller à la préservation des traditions, comme c’était déjà le cas au temps des cosaques. Ils sont formés au sein du khorunzha service, où ils suivent « des conférences sur l’histoire ukrainienne et la préservation des traditions », détaille Vladislav « Dotsent » Dutchak, la moustache débonnaire et la carrure solide. Face à une assemblée de jeunes recrues avachies dans des poufs aux couleurs vives, cet ancien professeur de philosophie à l’université, devenu responsable de ces enseignements chez Azov, mime les gestes essentiels aux rituels nationalistes qui empruntent au mysticisme païen, tout en flambeaux, marches nocturnes, poings serrés sur le torse et drapeaux dans le vent.

      « On enseigne aussi la pédagogie militaire, les études religieuses, la conflictologie, les pratiques de la Prière et le Décalogue des nationalistes ukrainiens », m’énumère-t-il, jovial et pédagogue. Tout un programme façonné à partir des enseignements du khorunzhi originel, Mykola « Kruk » Kravchenko, l’ancien idéologue du mouvement qui rêvait de voir advenir la révolution conservatrice, fidèle compagnon de route d’Andriy Biletsky dans ses entreprises politiques. Depuis le début de l’invasion à grande échelle, ce système de formation longtemps circonscrit à Azov a progressivement essaimé : Vladislav « Dotsent » Dutchak multiplie les interventions dans « d’autres unités des forces armées ukrainiennes, de la garde nationale, des gardes-frontières, de la police et des troupes aéroportées ».

      « Combat contre l’ennemi intérieur »

      Mais la mue ne s’arrête pas aux casernes. En juin 2025, le cabinet des ministres confie ainsi les clés de l’Institut de la mémoire nationale à Oleksandr Alfyorov. Ancien attaché de presse de Biletsky à l’époque du Corps national, khorunzhi des premières heures au sein d’Azov et historien de formation suivi par plus d’un demi-million d’abonnés sur YouTube, il se félicite d’avoir déjà « renommé des dizaines de milliers de rues ». Il travaille également à l’édification d’un panthéon consacré aux « grandes figures ukrainiennes ». L’élan nationaliste gagne jusqu’aux plus hautes sphères de l’État : début juin 2026, le président Volodymyr Zelensky – dont une partie de la famille a été assassinée au cours de la Shoah – assistait à Kyiv à la réinhumation d’Andriy Melnyk, l’un des dirigeants historiques de l’OUN, dans le nouveau cimetière militaire national. Suscitant préoccupations et condamnations venues d’Israël et de Pologne.

      Côté jeunesse, l’organisation Centuria, adossée au 3e corps d’armée, s’est donné pour mission « d’entraîner et de préparer une nouvelle génération d’Ukrainiens » afin de « façonner dans la société une manière de penser juste et consciente », déroule « Danil ». Le jeune homme de 24 ans au verbe mystique, déjà vétéran, supervise la branche locale de l’organisation et forme tous ceux qui, « dès l’âge de 16 ans », souhaitent « reprendre le flambeau ». Car les fronts de la lutte sont multiples, dit-il : chacun doit se préparer à mener « combat contre l’ennemi extérieur, celui qui se trouve hors de nos frontières », mais aussi « contre l’ennemi intérieur », qui rôde « dans la tête de chacun » et empêche le peuple ukrainien de « cultiver sa propre fierté ». En attendant de pouvoir officiellement prendre les armes, les membres de Centuria patrouillent, observent, s’attaquent parfois aux trafiquants de drogue et, comme toute organisation paramilitaire qui se respecte, maintiennent l’ordre – ou du moins l’idée qu’ils s’en font. Ils se forment aussi à la « médecine tactique » pour pouvoir « être prêts » à porter secours le plus rapidement possible lorsque les Russes s’en prennent aux civils.

      Missile de croisière

      Dans les wagons du métro de Kyiv filant vers l’est de la ville, la nuit n’en finit plus de se faire sentir. Les épaules lasses et les cernes creusés, les passagers se frôlent, attentifs et solidaires, partageant en silence l’infinie tristesse des heures passées. La veille, dans la nuit du 13 au 14 mai 2026, les sirènes ont résonné beaucoup et longtemps, bien plus que d’ordinaire, alors que le ciel se striait de missiles. Les explosions se sont succédé, et personne n’a dormi. En sortant à la station Kharkivska, entourée d’immenses barres de HLM soviétiques, il me faut encore marcher quelques mètres avant de voir l’éperon de débris sur lequel s’affairent les pompiers.

      Serrés les uns contre les autres, agglutinés dans leurs vestes Adidas, quelques adolescents sidérés filment les corps qui apparaissent peu à peu sous les décombres d’un bâtiment effondré. Perçant la défense antiaérienne, un missile de croisière russe est venu frapper le bas de l’immeuble, pulvérisant les vies de vingt-quatre personnes, dont trois enfants. Dès l’impact, les vétérans du 3ᵉ corps d’armée et quelques membres de Centuria se sont organisés pour prodiguer les premiers secours, se plaçant ainsi en première ligne de la « protection du peuple ukrainien » – comme les militants nationalistes le faisaient déjà au temps de l’Euromaïdan et du Donbass. En douze ans, eux n’ont pas changé. C’est le monde autour.

    • Utiliser un mail bidon style yopmail.com marche aussi… et merci pour le partage  ; je sors d’une expo à Arles censée décrire la vie des ukrainiens pendant la guerre, en fait une grosse moitié des photos étaient de militaires. Aucune signe polémique en évidence, mais dès qu’on scrute un peu mieux, quelques symboles nazis discrets sur les uniformes…