• C’est un sujet sur lequel j’ai été alertée par des précaires ruraux et on en parlait hier avec @reka. D’un côté le gouvernement veut faire baisser le coût du travail, donc la rémunération de la plupart des salarié.es de ce pays (salaire direct et indirect, sans compter le renchérissement des services auparavant publics et accessibles) et de l’autre il fait des mesures pour les empêcher de rouler dans les vieilles voitures qu’ils et elles peuvent se payer.

      Le prétexte : l’écologie et la sécurité. Pour la sécurité, on repassera : aujourd’hui, rien n’est fait contre la culture du risque en bagnole alors qu’on a bien travaillé contre l’alcool au volant, le facteur humain n’est pas réglé et pas une campagne sur la conduite agressive et dangereuse. Pour l’écologie aussi : produire une voiture propre, c’est dégueulasse. L’eau, le métal et l’énergie à la construction font le gros de l’impact d’une voiture. À l’usage, c’est super d’avoir des voitures sobres mais au niveau de l’analyse des cycles de vie, c’est mieux d’avoir une voiture qui dure longtemps, réparable et pas fichue à la casse pour #obsolescence_programmée. Cette loi est un faux nez #anti-pauvres et il faut absolument faire connaître cette saloperie.

    • @aude_v je me fais l’avocat du diable mais j’apporte un bémol : la limitation à 80km/h a ligué tous les beaufs et crétins du volant de ce pays contre elle. Ça participe quand même d’un message contre une conduite agressive. Je pensais d’ailleurs que le pouvoir reculerait mais finalement non (enfin pour le moment...), le seul point positif donc dans tout ce marasme.

    • @alexcorp " : « la limitation à 80km/h a ligué tous les beaufs et crétins du volant de ce pays contre elle. » C’est malheureusement vrai.
      Par contre, cette limitation va avoir pour conséquence l’énervement des conducteur·rices sus-cité·es. qui vont effectuer des dépassements dans des conditions plus que limite ou refuser la priorité aux véhicules qui se traînent. Donc générer encore plus d’accidents. C’est déjà le cas lorsque tu respectes le 90. Tous les jours ma compagne risque sa vie en allant à son travail. Se rajoute à cela l’effet « vieille-petite voiture » : une Peugeot 205 diesel très économe et facilement réparable car low-tech. Donc pour le « seul point positif », j’ai comme un doute ...
      Ceci dit, en roulant moins vite, on aura tout le loisir de consulter peinard son smart-faune et partant, d’aller au décor ou de percuter d’éventuels usagers moins rapidement, donc d’occasionner des dommages moins « graves » car l’énergie cinétique dissipée dans le choc sera moins importante (ces mathématiciens schizophrènes qui nous gouvernent). Sinon, pour le glyphosate, tout est sous contrôle ...

    • Si la conduite à 80 va mécaniquement apaiser (pour l’un) ou rendre plus agressif (pour l’autre) le paysage routier ? Je ne sais pas, à 50 km/h je me fais régulièrement doubler par des gens qui font passer ma distance de sécurité d’un mètre à 30 cm... Il y a un manque flagrant de communication institutionnelle sur l’agressivité et le droit à doubler au mépris de la sécurité des autres, on s’en rend compte à l’étranger quand on voit la com des autres, ceux qui n’ont pas de voitures à vendre.

    • J’avoue que j’hésite à prendre ma voiture, ça devient du grand n’importe quoi. J’ai eu mon permis à 20 ans et j’ai toujours conduit régulièrement depuis, juste pour dire que j’ai une bonne expérience de la conduite. Or quand je prends ma caisse en ville (Toulouse) caisse qui a 20 ans, je suis toujours klaxonnée ou houspillée. J’ai systématiquement le droit à des insultes putophobes ou sur les parties génitales de ma mère accompagnées de menaces et de gestes en harmonie avec le reste.
      Bon, je joue les grandes gueules, et je souris en demandant très fort pourquoi le conducteur est si pressé d’aller au cimetière.
      Mais je me questionne sur ces agressions de la route, comment on peut en arriver là ? qu’est-ce qui motive ces conducteurs à se transformer en monstres alors que dans la rue il y a plus de retenue ?
      L’autre fois, parce que je râlais qu’un type me siffle la place sur un parking de supermarché alors qu’il y en avait d’autres, mon pneu a été percé d’une vis et j’ai du changer les deux arrières.
      Et malheureusement je suppute que le seul fait que je sois une femme au volant ne plait pas à tout le monde et pire
      au volant d’une bagnole cabossée.

    • C’est une sale culture violente et machiste.

      Mais j’oubliais de demander : quid des autoroutes, toujours à 130 ? Parce que le paquet écolo, il prévoit de passer à 110, de privilégier le train, etc. et je ne suis pas sûre que ce soit dans l’esprit de cette loi.


  • «Il-n’y-aura-pas-de-programme-spécial»... par Daniel Schneidermann | Arrêt sur images
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/il-ny-aura-pas-de-programme-special
    https://api.arretsurimages.net/api/public/media/msbnc-enfants-new-york/action/show

    "IL-N’Y-AURA-PAS-DE-PROGRAMME-SPÉCIAL"...
    pour réunir les familles séparées.

    Cette histoire d’enfants confisqués à leurs parents, à la frontière mexicaine des Etats-Unis. Je vous en parlais hier. Et au début de la semaine. Et ce n’est apparemment pas fini. Donald Trump, apprend-on ce matin, vient d’apposer sa signature au feutre épais en bas d’un texte qui, parait-il, stipule que les enfants ne seront plus séparés de leurs parents, mais incarcérés avec eux (comme en France), pour une durée indéterminée. Soupir de soulagement général. « Des gens vont être heureux aujourd’hui », a déclaré Trump, en montrant aux caméras sa signature au feutre épais.

    Tout finit donc par s’arranger, se dit-on machinalement. La monstrueuse parenthèse est refermée. Mauvais rêve. Allégresse générale. Quant aux quelque 2000 enfants confisqués avant la signature, ils ne vont pas tarder à retrouver leurs parents. Admis ou refoulés des Etats-Unis, les familles se retrouveront. Tout finira le moins mal possible. Voilà ce que se dit, tout seul, le cerveau.

    Sauf que non. Ce matin par exemple on lit, noir sur blanc (en moins gros titres, néanmoins, que la nouvelle de la signature de Trump), qu’il « n’y aura pas de programme spécial pour réunir les familles séparées ». Je demande votre attention. Relisez cette phrase : il-n’y-aura-pas-de-programme-spécial-pour réunir-les-familles-séparées. Vous la voulez encore une fois ? Il-n’y-aura-pas-de-programme-spécial-pour-réunir-les-familles-séparées.

    De ce que l’on comprend, lors de la séparation des familles, quand elles sont interceptées à la frontière, parents et enfants sont pris en charge par deux administrations américaines distinctes, qui ne communiquent pas entre elles. Dans le meilleur des cas, les parents se voient remettre un formulaire, avec le mail et le numéro de téléphone d’une administration à contacter. Dans un de ces cas au moins, le numéro de téléphone était erroné. Ensuite, les parents sont internés quelque part. Ou expulsés. Avec leur formulaire, s’ils ne l’ont pas perdu.

    Les policiers qui, devant les tribunaux américains, viennent résumer le dossier des illégaux poursuivis, ne savent pas si ces personnes ont été arrêtées avec leurs enfants. Cette information ne figure pas au dossier judiciaire des poursuivis. C’est un avocat d’El Paso (Texas), Erik Hanshew, qui le raconte, dans un témoignage au Washington Post, que je vous recommande de lire jusqu’au bout. Il arrive que les procureurs s’opposent à ce que la question soit posée, à l’audience, aux policiers. « Si l’on vous prend votre portefeuille, en prison, on vous donne un reçu. Là, on vous prend vos enfants, et on ne vous donne pas une feuille de papier ? » a demandé un juge, stupéfait.

    Le cabinet d’Erik Hanshew, à El Paso, a mis en place une cellule spéciale, chargée de contacter les administrations susceptibles de donner des nouvelles des enfants. On peut imaginer la tâche, de chercher sur tout le territoire des Etats-Unis une fillette de cinq ans, qui ne sait pas épeler son prénom, ni son nom. A qui aucune administration n’a seulement passé un bracelet ou un collier avec ces informations, comme en portent, dans les pays civilisés, les animaux de compagnie. Un bracelet. Ou un collier.

    Je dis « sur tout le territoire », parce qu’on apprend également ce matin que 239 (au moins) de ces enfants confisqués ont été retrouvés à New York, à quelques milliers de kilomètres d’El Paso. Le maire, Bill de Blasio, n’était pas au courant. La chaîne MSNBC a retrouvé et filmé une poignée de ces enfants, dans une rue de New York. Pour acheminer les enfants, un policier avait assuré au stewart d’une compagnie aérienne qu’il s’agissait d’une équipe de foot. Trois compagnies aériennes ont décidé de cesser d’embarquer des enfants de migrants. Je m’arrête là pour aujourd’hui ?

    Il n’y a rien à reprocher aux medias américains. Ils font magnifiquement le travail. Il n’y a rien à vous reprocher à vous, qui avez lu cette chronique jusqu’au bout. Tous ensemble, nous allons maintenant tenter d’intégrer ce que nous avons lu. Comme l’avait dit le juge Frankfurter à Jan Karski en 1943, « je ne vous crois pas. Je ne dis pas que vous mentez, mais mon cerveau se refuse à vous croire ». Il va falloir reformater nos cerveaux.

    • « Time magazine’s major mistake on the crying-girl cover »
      https://www.washingtonpost.com/news/the-fix/wp/2018/06/22/time-magazines-major-screw-up-on-the-crying-girl-cover

      There are examples of children separated from parents who immigrated illegally playing out nationwide. And well-meaning people across the political spectrum have taken a stand and forced change.

      Unfortunately, they made their most iconic image something that wasn’t a family being separated — and ultimately undermines their cause.

      The photo of a nearly 2-year-old Honduran girl crying as her mother is being patted down quickly went viral. It has also been used for a Facebook fundraiser to raise more than $18 million to help reunite families who have been separated. And the whole thing culminated in its placement in a photo illustration on the cover of Time magazine. The image features the girl against a red background, with President Trump towering over her and the words “Welcome to America.”

      The implication was clear: This was a girl who, like 2,500 other children, was being separated from her mother. Time and many others made a decision to suggest that this was an example of Trump uprooting our American ideals.

      But that’s not what it was. As The Washington Post’s Samantha Schmidt and Kristine Phillips report, the girl’s father says the child and her mother were never separated. U.S. Customs and Border Protection confirmed it, as did the Honduran deputy foreign minister.

      The image is a sad one, but it is of a rather standard occurrence at the border: A mother and her daughter attempted to immigrate illegally and were apprehended. The mother, in fact, had tried this before and was deported in 2013. The photo says virtually nothing about Trump’s now-aborted policy. In fact, it’s an example of how not all young children were separated from their parents.

      « Du document dans le symbole (ou pourquoi la photo est devenue la reine des images) »
      http://imagesociale.fr/6275

      Face à la polémique, Time annonce qu’il maintient son choix de couverture, arguant de la valeur de symbole de la photo. Mais cette position ne rencontre guère de soutien, et le message de l’image est visiblement affaibli. Comme le font remarquer plusieurs internautes, s’en tenir à une lecture strictement allégorique revient à dire qu’on aurait pu utiliser n’importe quel cliché de gamine pleurant. Une photo de stock d’une petite fille en larmes aurait-elle eu le même impact que le reportage de John Moore ?


  • J’ai le plaisir de vous annoncé la mise en ligne de deux nouvelles webapps grâce à Fil
    Merci @Fil :)
    Ce sont deux dessin de la série « Le Tartare » qui font suite à celui sur les réseaux sociaux #zuckerberk alias Satan Trismégiste ( http://www.madmeg.org/zuckerberk )


    –—

    Le premier s’intitule « Le Sabbat des Erinyes » - inspiré de l’affaire #DSK, #Weinstein, #Metoo et #balancetonporc
    http://www.madmeg.org/weinstein

    Le second « L’Axe du Mâle » - sur l’ #armement, le #nucléaire , l’ #armée , le #mâle-alphisme, Trump, St Cyr, les viols de guerre...
    http://www.madmeg.org/axe

    #shameless_autopromo #mad_meg #tartare


  • "« La galère s’amuse » : quand la #radio escamote la #prison"
    http://syntone.fr/la-galere-samuse-quand-la-radio-escamote-la-prison

    En 2014 était créées au sein de la prison des #Baumettes, à Marseille, cinq histoires sonores qui détonnaient – et détonnent toujours – par rapport aux productions radiophoniques couramment réalisées en milieu carcéral. À l’occasion de leur mise en ligne intégrale sur le site de l’Oufipo et du démarrage de notre dossier radio et prison, retour sur Hey Jo, comment tu vois le problème ? , de #Radio_Baumettes.

    À écouter sur le site de l’#Oufipo
    http://oufipo.org/hey-jo

    Le premier épisode : "Imagine"
    http://oufipo.org/IMG/mp3/1-Hey%20Jo-Imagine_%20Episode%201-%204mn49s.mp3

    La radio en milieu carcéral
    http://oufipo.org/la-radio-en-milieu-carceral

    Longueur d’ondes aime à faire connaître la radio là où on ne l’attend pas. La douzième édition du festival de la radio et de l’écoute s’est intéressée à la radio en milieu carcéral. Avec pour invités #Elisa_Portier, reporter, réalisatrice et productrice, intervenante à la Maison d’arrêt des Baumettes, et #Nicolas_Frize, compositeur, qui accompagne depuis 1991 des détenus de la Maison centrale de #St-Maur à la formation aux métiers du son, à la numérisation d’archives sonores et à travers des ateliers de culture et de création musicale.

    http://oufipo.org/IMG/mp3/LDO%20Radio%20en%20milieu%20carc%C3%A9ral.mp3

    #radio_et_prison #création_sonore #audio


  • "Parution du n°14 de la revue de l’Écoute et lancement du dossier « radio et prison »"
    http://syntone.fr/parution-du-n14-de-la-revue-de-lecoute-et-lancement-du-dossier-radio-et-pris

    Traversant volontiers les plus hautes murailles et les barreaux les mieux scellés, la #radio entretient des liens multiples avec la #prison – mais qu’en dit-elle exactement, qu’en sort-elle, qu’y apporte-t’elle, comment la prison la questionne-t’elle et comment cette relation s’est-elle construite ? Nous travaillons à le comprendre au fil d’un dossier « radio et prison », qui commence dans le numéro 14 de la revue de l’Écoute et qui se poursuivra en juin puis à l’automne sur Syntone.fr.

    La radio sur la prison : chroniques de créations sonores centrées sur l’univers de l’enfermement. La radio en prison : évocation de ces situations où le dispositif s’inverse, où le studio s’installe à l’intérieur de l’enceinte pour émettre vers l’extérieur. La radio contre la prison : quand la parole circule, d’autres réalités apparaissent, qui mettent à mal le récit institutionnel sur la vie incarcérée – un rôle de relais et de lancement d’alerte qui se voit essentiellement assuré par des antennes associatives.

    Dans ce numéro, au milieu des voix et des sons partis à l’assaut des murs, en contrepoint ou en écho : des radios colombiennes qui osent dire que les paysans ne sont pas moins intelligents que les présidents, des canaris qui savent chanter comme des rossignols, des Martinets qui dansent, un son qui fait 0111011010, un autre qui coule de l’oreille à la bouche…


    Pour s’abonner, c’est ici :
    http://syntone.fr/la-revue-de-lecoute

    Et pour trouver la revue en librairie, là :
    http://syntone.fr/la-revue-de-lecoute/#librairies

    #radio_et_prison #création_sonore #création_radio


    • Merci @aude_v, tu as eu le courage de réfléchir à cette articulation de l’organisation du #sexisme. Je compatis mais pas seulement, tu as mis des mots sur un processus très profond qu’il est difficile de déconstruire.
      Parce que cela tient d’une espèce de masse portée en commun par les hommes comme un cercueil. Ah voila, le mot s’est imposé tout seul. Tu évoques à un moment un fantôme, c’est bien cela dont il faudrait se débarrasser. Un cercueil gonflé de traditions masculines, un objet intouchable, en plomb, un tank de certitudes sexistes pour imposer le silence aux femmes.
      Et cela résonne tellement avec ma triste expérience d’un « groupe de gauche » que ton texte me donne envie de reprendre le fil et montrer comment ce même fantôme a imposé un texte pour désavouer l’agression que j’avais subie et redorer le blason de mon agresseur. Double peine me laissant un peu plus meurtrie, véritable solitude, d’autant qu’aucune femme n’aura jugée bon dans ce groupe de prendre de mes nouvelles. Pour poursuivre dans l’analogie, ce fantôme est super balèze pour créer des canyons qui s’ouvrent d’un seul coup entre ce que tu investies d’idéal dans un groupe et ce qu’il s’avère être face à la réalité du sexisme. Il ne suffit plus pour les hommes d’adopter des mots ou une posture pour se défendre de se servir des femmes comme faire valoir, il leur faut reposer un couvercle sur celle qui a osé dénoncer.
      Et c’est très cru pour celle qui voit, qui parle, mais que personne ne veut plus écouter.

    • Merci à toi @touti ! J’ai essayé de ne pas taper sur les meufs (deux super féministes se sont alliées à mes agresseurs) parce qu’elles sont captives, sous emprise des mecs qui nous ont bien laissé croire qu’on était des personnes avant cet épisode ou j’identifie du sexisme (le boulot de trois meufs jeté à la poubelle par trois gars) et qu’on m’envoie chier. C’était insoupçonnable avant, c’est insoupçonnable après, c’est pour ça qu’il fait s’arrêter sur ce moment. Bon courage à toi !


  • La Diagonale du vide (#La_Revue_des_Podcasts #9)
    http://syntone.fr/la-diagonale-du-vide-la-revue-des-podcasts-9

    Pour ce neuvième numéro de La Revue des podcasts , un ovni : La Diagonale du vide , produit et réalisé par #Benoît_Girault alias bengir000 alias #ruralnormal, créateur de vitraux et de podcasts. Un « solocast », un « podcast géographique », une déambulation poétique et imprévisible à l’écoute des mille et unes manières de vivre, de parler, de songer et d’être ensemble dans les territoires ruraux, « moins densément peuplés » que les métropoles.

    https://soundcloud.com/larevuedespodcasts/lrdp-09-la-diagonale-du-vide

    Pour écouter La Diagonale du vide, c’est par là :
    https://diagonaleduvide.wordpress.com

    Le dernier en date, c’est « le retour de l’étoile filante » :
    https://diagonaleduvide.wordpress.com/2018/06/03/s02e09-le-retour-de-letoile-filante

    Nous retrouvons nos sujets du jour sous forme de hashtag cette semaine encore ils sont au nombre de 3 le #litterature #voyage #compteDauteur j’espère que vous continuerez à apprécier cette promenade dans un pays qui ( je le rapelle) n’existe pas !
    Et… que vous allez continuer à être bienveillant envers ses habitants.

    https://archive.org/download/S02e09LeRetourDeLtoileFilante/s02e09%20le%20retour%20de%20l%27%C3%A9toile%20filante.mp3

    #audio #podcast #ruralité #création_sonore #poésie


  • 1 « Si j’étais chômeur, je n’attendrais pas tout de l’autre, j’essaierais de me battre d’abord. »
    2 « Il y a dans cette société (Doux) une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. »
    3 « Vous n’allez pas me faire peur avec votre t-shirt, la meilleure façon de se payer un costard c’est de travailler.
    4 « Je ne suis pas là pour défendre les jobs existants »
    5 « Le chômage de masse en France c’est parce que les travailleurs sont trop protégés »
    6 « Je pense qu’il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. »
    7 Tous ses conseillers présentent le même profil, jeune et diplômé : "J’assume. Les maréchaux d’Empire étaient jeunes et ce n’étaient pas des paysans"
    8 « Certains au lieu de foutre le bordel feraient mieux d’aller regarder s’il peuvent pas avoir des postes »
    9 « Les salariés français sont trop payés »
    10 « Les salariés doivent pouvoir travailler plus, sans être payés plus si les syndicats majoritaires sont d’accord. »
    11 Le compte pénibilité ? « Je n’aime pas le terme donc je le supprimerais car il induit que le travail est une douleur »
    12 « Vu la situation économique, ne plus payer les heures supplémentaires c’est une nécessité »
    13 « Ceux qui défendent les emplois aidés sont ceux qui n’en voudraient pas pour eux »
    14 « Je vais faire un CICE durable »
    15 « La tranche d’impôt de Hollande à 75 % ? C’est Cuba sans le soleil »
    16 « Je n’aime pas ce terme de modèle social. »
    17 « Je suis pour une société sans statuts »
    18 « Je compte sur vous pour engager plus d’apprentis. C’est désormais gratuit quand ils sont mineurs »
    19 « Dans les motifs de rupture du contrat de travail, [la rupture conventionnelle] est aujourd’hui le premier »
    20 « Il faut des jeunes Français qui aient envie de devenir milliardaires. »
    21 « 35 h pour un jeune, ce n’est pas assez »
    22 « Les jeunes générations veulent être entrepreneurs, pas fonctionnaires »
    23 « Je dis aux jeunes : « ne cherchez plus un patron cherchez des clients »
    24 « Les pauvres d’aujourd’hui sont souvent moins les retraités que les jeunes »
    25 « Je ne veux plus d’ici la fin de l’année avoir des femmes et des hommes dans les rues, dans les bois ou perdus ».
    26 : « Je ne vais pas interdire Uber et les VTC, ce serait les renvoyer vendre de la drogue à Stains »
    27 « Une start-up nation est une nation ou chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ».
    28 « Les britanniques ont la chance d’avoir eu Margaret Thatcher »
    29. « Le libéralisme est une valeur de gauche »
    30 « Je ne céderais rien ni aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes, ni aux égoïstes, ni aux pessimistes » qui se dressent contre les ordonnances anti travail.
    31 « Dans les gares, vous croisez des gens qui réussissent et d’autres qui ne sont rien »
    32 « J’ai été élu par des gens qui ne m’ont pas choisi »
    33. « Être élu est un cursus d’un ancien temps. »
    34 « La démocratie ne se fait pas dans la rue »
    35 « Etre populaire ne m’intéresse pas, mon pays doit avant tout être réformé car nous avons 10 % de chômage ».
    36 Les fainéants ce sont « ceux qui n’ont pas fait les réformes pendant 15 ans pas les Français »
    37 « La France n’est pas un pays qui se reforme parce qu’on se cabre, on résiste, on contourne, nous sommes ainsi faits ».
    38 « Tu sais, quand tu es président de la République, ce n’est pas le moment où tu gagnes le plus d’argent »
    39 « La France est en deuil d’un roi »
    40 "Les révolutionnaires sont souvent des ratés du suffrage universel"
    41 : « La gauche classique est une étoile morte. L’idéologie de gauche classique ne permet pas de penser le réel tel qu’il est »
    42 : « C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne électorale » « La politique c’est mystique »
    43 « Le FN est, toutes choses égales par ailleurs, une forme de Syriza à la française, d’extrême-droite. »
    44 Il qualifie ceux qui, au sein du PS, s’opposent à sa 1° loi (308 articles dont le travail le dimanche, de nuit, ou la privatisation du don du sang) de « foyer infectieux » ou de « fainéants ».
    45 « Chaque candidat qui sera investi signera, avec moi, le contrat avec la Nation. Il s’engage à voter à mes côtés les grands projets, à soutenir notre projet." "Pas de frondeurs"
    46 « Quand des pays ont encore sept à huit enfants par femme, vous pouvez décider d’y dépenser des milliards d’euros, vous ne stabiliserez rien. »
    47 « Il n’y a pas de culture française mais des cultures »
    48 « Le kwassa kwassa pêche peu, il amène du comorien »
    49 A propos des critiques à la suppression de l’impôt sur la fortune « La passion triste de la France, la jalousie ».
    50 "Je crois à la cordée, il y a des hommes et des femmes qui réussissent parce qu’ils ont des talents, je veux qu’on les célèbre [...] Si l’on commence à jeter des cailloux sur les premiers de cordée c’est toute la cordée qui dégringole"

    Et celle du jour :

    Le jour où tu veux faire la révolution, tu apprends d’abord à avoir un diplôme et à te nourrir toi-même, d’accord ? Et à ce moment-là tu iras donner des leçons aux autres

    Comme dirait l’autre : « on ne change pas une équipe qui gagne ! »


    • Cet art qui doit tant au labeur des artisans de tout l’Orient n’est pas l’expression de l’ « excellence française » mais d’un brassage millénaire de savoir-faire et il est particulièrement mal venu à l’heure où l’Occident se referme comme une huître pourrissante face aux migrations que son économie provoque, de s’instaurer en représentants d’une excellence nationale, quelle qu’elle soit.

      Bravo !

    • C’est pourquoi, en attendant le moment où la délicatesse de nos dessins et la beauté de nos fonds figureront sur les assiettes de banquets prolétariens, dans des fêtes de soutien aux grévistes, ou dans les repas de village, de quartier et de zad, nous avons décidé d’agir. Nous avons les moyens de saboter le Bleu Elysée et chacune de ses assiettes comportant un détail du plan du palais présidentiel. Le bleu virera-t-il au rouge quand Erdogan le touchera de sa fourchette et lui explosera-t-il au visage pour lui rappeler son travail de boucher en Syrie et dans son propre pays ? La céramique se brisera-t-elle en morceau pour faire sentir à Poutine ce que nous souhaitons à son empire ? L’assiette émettra-t-elle une odeur nauséabonde à l’instant où Trump l’approchera de ses doigts boudinés ? Nous n’allons évidemment pas vous dire exactement comment nous comptons saboter les dîners d’apparat dont le péteux petit président français voudra régaler les dirigeants les plus infects de la planète. Tout ce que nous pouvons promettre, c’est que nous allons nous employer à mettre des défauts dans les ors, les lustres et les platines.

    • Hier, me promenant. Vu l’espace public squatté par le privé, m’a fait pensé que c’est dès Louis XIV qu’il eut fallut trancher, car son héritage de petit nantis de province perdure encore.
      J’ai vérifié que le parc Raymond VI restait ouvert jusqu’à 20h30 tous les jours. Pourtant les grilles d’accès le long de la Garonne sont fermées, celles vers la Grave aussi. De loin on voit bien un groupe de pingouins qui pérorent au soleil sur l’esplanade de la Garonne et se goinfrent de petits fours tandis que s’affaire une armée de serveurs autour de tables dressées pour l’occasion. Ils montent et descendent les escaliers avec des plateaux, un cordon entoure leur forfait. Il faut vous dire qu’il y a à cet endroit un musée d’art, une sorte d’extension de la royauté qui recompose sans cesse son adoration contemporaine du veau d’or, un entre soi culturel loin du peuple mais avec son argent.
      Leurs voitures rutilantes sont d’ailleurs garées dans la cour du musée, en épi comme il se doit. Et le petit personnel de toute sorte ne manque pas. A l’entrée principale du parc, dont les grilles sont à peine entrouvertes, sont postées en faction des femmes habillées d’un même uniforme, juchées sur des talons pour que leurs fesses paraissent plus galbées, carnet en main pour recevoir les invités. Tout cela donne l’impression que le parc, en sus de la partie musée, a été privatisé pour une réception de haut vol. Mais en fait, pas du tout, il me suffit de pousser la grille pour entrer. Sauf qu’il faut faire ce geste rapidement et avancer d’un pas assuré, être prête à défendre ce petit espace public de promenade, je m’étonne d’avoir le cœur qui bat la chamade. Je m’attends à me faire arrêter par les hôtesses, rien de rien, je passe. Dans l’herbe il y a quelques inconscients, l’intimidation a réussi, le monsieur qui promène d’habitude son petit chien dans les allées du parc a poursuivi par le trottoir et n’a pas osé entrer.


  • #Felix_Blume continue son beau travail d’appropriation sonore de la #ville par des personnes aveugles et malvoyantes, cette fois à #Haïti :

    https://vimeo.com/275543418

    Cette vidéo propose une déambulation sonore à travers les rues de #Port_au_Prince. Nos guides sont des personnes mal ou non-voyantes, équipée de leur canne à laquelle un micro a été ajouté. Un “leit motiv” accompagne les déplacements de chacun des personnages, choisi par les participants à l’atelier. Kán ak son (canne à son) dresse une topographie sonore de la ville, partant de son centre, nous emmenant au large.

    contre - #urbanisme_sonore #vidéo #création_sonore


  • Après l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray, c’est celui de #Pierre-Janet, au Havre, qui bataille fermement pour obtenir des moyens pour le soin
    https://actu.fr/normandie/havre_76351/a-bout-soignants-hopital-psychiatrique-pierre-janet-passent-action_17255366.htm

    « Pire Janet ». À bout, les soignants de l’hôpital psychiatrique Pierre-Janet du Havre (Seine-Maritime) tirent la sonnette d’alarme depuis des mois pour alerter sur leur incapacité à accueillir correctement leurs patients faute de moyens. Une « maltraitance » involontaire qui cause un grand mal-être au sein des équipes.

    Mardi 12 juin 2018, à l’appel d’une intersyndicale CGT, Sud et CFDT, ils se sont réunis devant l’établissement pour faire entendre leur voix et envisager les actions à venir. Au programme du jour : le blocage de la voie publique pour demander « de la dignité pour les patients et les soignants ».

    La lutte dure là aussi depuis très longtemps :
    https://actu.fr/normandie/havre_76351/greve-a-lhopital-psychiatrique-au-havre-les-employes-reclament-dix-psychiatres_

    Depuis plusieurs années déjà, les personnels de l’établissement havrais dénoncent ce manque d’effectifs, sans que la situation ne s’améliore. L’annonce, dans les tous derniers jours, de la démission d’un nouveau médecin, a mis cette fois-ci le feu aux poudres :

    "On court à notre perte. Ce départ pourrait vite annoncer l’effondrement total de toute la psychiatrie au Havre et un secteur entier pourrait fermer » , se désole le représentant syndical, au nom de l’intersyndicale.

    Une intersyndicale qui estime que dix médecins manquent à l’hôpital Pierre Janet, pour garantir un fonctionnement normal des différents services.

    "Lors de notre assemblée générale organisée lundi 7 mars, la direction générale est venue tenter de nous rassurer en annonçant une politique active de recrutements de psychiatres. Deux ont d’ores et déjà rejoint, l’un la psychiatrie adulte, le second la pédopsychiatrie, et d’autres contacts seraient établis. La direction évoque le chiffre de huit recrutements possibles. Mais ce ne sont que des pistes. Nous, nous voulons rapidement des résultats » , poursuit Yann Adreit.

    "Dimanche 28 février, nous avons accueilli 41 patients sur des matelas posés à même le sol. Nous n’en pouvons plus. Du fait de tous ces manquements, nous soignons dans l’urgence, sans plus de possibilités de traitement de fond », s’indigne le professionnel."

    Voilà des « lits » à Pierre-Janet :
    https://twitter.com/LouvetSimon/status/1008655780122329089

    Naturellement, le #CH_du_Rouvray soutient celui du Havre


    et les #cheminot·es également. Mardi dernier, beau blocage du pont de Normandie
    https://twitter.com/blousesnoires/status/1006947430099832835

    La situation n’est pas plus brillante à #Philippe-Pinel à Amiens

    https://www.youtube.com/watch?v=VtqJYJ64viI

    Elle n’est brillante nulle part en fait. C’est la psychiatrie toute entière qu’il faut soigner.

    #HP #psychiatrie


  • « Les supercheries littéraires » et « Les supercheries financières », par #Studio_4, qui produit des #webséries et #animations pour #France_4
    https://www.dailymotion.com/LesSupercheries

    Une série d’animation de 8 x 2’ [chacune] sur les plus grandes #escroqueries financières et littéraires à l’international.

    https://www.dailymotion.com/video/xy20lx

    #vidéo #histoire #supercherie #littérature


  • Morts à la suite d’interventions policières - une enquête de Basta Mag
    https://bastamag.net/webdocs/police

    Les forces de police et de gendarmerie ont pour mission d’assurer la sécurité des personnes, des biens et des institutions. À ce titre, elles disposent du pouvoir de recourir à la force et d’utiliser leurs armes à feu, dans des circonstances précises. Ce pouvoir, conféré par l’Etat, occasionne des morts. Source : Basta !


  • Les Chasseurs de trains | Les sons créatifs
    http://www.radiogrenouille.com/programmes-radio/grille/michael-filler-les-chasseurs-de-train

    « Les chasseurs de trains » est une pièce sonore sur les passionnés de trains, les ferrovipathes, les ferroviphiles, les trainspotters, les compteurs de wagons et les modélistes ferroviaire. Ce projet a démarré par une rencontre, dans une gare naturellement, et il est venu faire un petit tour le long de la ligne de chemin de fer, à l’Atelier-Studio Euphonia à Marseille. Entretien avec son auteur, Michael Filler, suivi de la pièce. Durée : 50 min. Source : Radio Grenouille

    http://media.radiogrenouille.com/2017-02-19_les-sons-creatifs_chasseurs-de-train_michael-fille


  • Un article de l’Huma sur la lutte du Rouvray, qui date des quelques heures précédant la victoire des grévistes, juste pour relever deux moments forts : « Silence de mort à l’hôpital du Rouvray »
    https://www.humanite.fr/silence-de-mort-lhopital-du-rouvray-656535

    Un silence de mort. Pas un slogan, pas un geste, pas un mot. Rassemblés à l’entrée de leur établissement, les personnels de l’hôpital du Rouvray de Sotteville-lès-Rouen (Seine-Maritime) ont réservé un accueil glacial à la directrice générale de l’agence régionale de santé, Christine Gardel, sommée le matin même de reprendre les négociations avec l’intersyndicale par la préfète Fabienne Buccio.

    Précisons que la directrice de l’ARS avait annoncé qu’elle viendrait à condition d’avoir des garanties qu’il ne lui serait fait aucun mal. Gageons que cette haie du déshonneur, sa colère glaciale, sa détermination nombreuse, lui trotteront encore longtemps dans la tête.

    Et par ailleurs :

    Marie, jeune infirmière en pédopsychiatrie, se réjouit d’avoir contribué à paralyser la circulation pendant plusieurs heures. «  Ce n’est pas dans les habitudes des blouses blanches de bloquer des axes routiers. Les actions coup de poing nous font peur mais avec l’aide des cheminots nous avons osé. Il faut que l’on nous entende, que l’on nous écoute  », insiste-t-elle. Hier matin, soignants et cheminots se sont retrouvés sur le pont Mathilde pour bloquer la circulation et distribuer un tract commun. «  Cheminots, hospitaliers, nous avons le même problème. Alors logiquement nous agissons ensemble  », explique Gilles Chuette, de la CGT cheminots. «  Voir des cheminots et des blouses blanches côte à côte, cela me réjouit. Ça devrait être comme ça partout  », juge Bruno. Ce gréviste de la faim a tenu à participer.

    Et dans la magnifique manif du 4 juin dans Rouen, les deux formes de lutte avaient également trouvé comment s’adapter l’une à l’autre de façon inattendue : les cheminot·es, pour donner plus de voix au cortège, faisaient exploser des « bombes » qui ont au départ surpris voire gêné les autres manifestant·es par l’ampleur de la déflagration. À la suite de quoi, chaque allumage de bombe était annoncé au préalable, donnant à voir une foule joyeuse, se bouchant les oreilles avant les explosions et lançant des hourras juste après.

    #hôpital_psychiatrique #CH_du_Rouvray #psychiatrie


  • « A l’hôpital psychiatrique du Rouvray, les grévistes fêtent leur victoire » : un très bon article, qui remet enfin cette lutte dans le contexte plus général de la dégradation de la #psychiatrie depuis des décennies. Les politiques de restriction budgétaire ont été des moyens extrêmement efficaces pour casser les alternatives à ou dans la psychiatrie qui avaient émergé après la deuxième Guerre Mondiale. Il est peut-être temps de repartir dans l’invention...
    https://www.mediapart.fr/journal/france/090618/l-hopital-psychiatrique-du-rouvray-les-grevistes-fetent-leur-victoire

    Après deux mois de mobilisation et quinze jours de grève de la faim menés par sept salariés, les personnels de l’#hôpital_psychiatrique de Saint-Étienne-du-Rouvray [en fait de Sotteville-lès-Rouen], en Normandie, ont obtenu la création de trente postes. Et surtout, ont fait bouger les lignes de leur hôpital.

    Saint-Étienne-du-Rouvray (Normandie), de notre envoyée spéciale.- Faut-il désormais mettre sa vie en danger pour obtenir la possibilité d’exercer son travail dans des conditions décentes ? La mobilisation et les journées de grève de la faim menées depuis le 22 mars par les salariés de l’hôpital psychiatrique de Saint-Étienne-du-Rouvray, près de Rouen, ont fini par payer. Le personnel a obtenu de l’agence régionale de santé (ARS) la création d’une trentaine de postes sur les 52 exigés, la création d’une unité pour les adolescents, et d’une autre pour les détenus. L’ARS n’a pas confirmé à cette heure le contenu de l’accord, mais a promis de le révéler par un communiqué.

    Durant deux mois, quoi qu’ils fassent – manifestations, occupations, interruption de la visite présidentielle du CHU de Rouen –, les salariés se sont heurtés au silence de leur tutelle, l’agence régionale de santé. De guerre lasse, le 22 mai, sept salariés encartés dans quatre syndicats (CGT, CFDT, CFTC, SUD) ont entamé une grève de la faim. L’évacuation par le Samu de trois d’entre eux, lundi 4 juin, a fait encore monter la tension d’un cran. Le 7 juin au matin, une manifestation mêlant soignants et cheminots a bloqué la zone industrielle et le pont Mathilde jusqu’à ce que Christine Gardel, directrice de l’ARS, accepte de revenir à la table des négociations.

    « Depuis hier, le ton de l’ARS a un peu changé, et c’est déjà une petite victoire. Nous allons maintenant accueillir Mme Gardel par le même silence que celui qu’elle nous réserve depuis deux mois », annonçait jeudi 7 juin Lydia Muis, déléguée CGT, lors de l’AG précédant les négociations. La délégation mêlant syndiqués et non syndiqués est revenue régulièrement devant l’assemblée générale pour faire état de l’avancement des négociations, qui se termineront le lendemain à 15 heures.

    « Le protocole de fin de grève a été adopté à l’unanimité par l’assemblée générale », constate vendredi le cégétiste Sébastien Ascoet. Les salariés ont interrompu leur grève de la faim sous les hourras de leurs collègues. « C’est vraiment une victoire. Ces trente postes ne sont pas pris sur le budget d’autres hôpitaux, ils sont pérennes et budgétés. On en fait ce qu’on veut, et le rapport de force sera au rendez-vous pour les attribuer dans les différents pavillons, et remettre les effectifs au niveau », récapitule le militant.

    Ces trente postes constituent une bouffée d’oxygène pour un établissement qui – là comme dans de nombreux autres endroits – croule sous la surcharge. « Quelques jours avant le 22 mars, l’accueil a commencé à nous envoyer des patients directement dans les services, alors qu’ils doivent normalement passer par un premier diagnostic avant d’être orientés », relate Sébastien Ascoet.

    Le fossé toujours grandissant entre les effectifs soignants (+ 0,5 % entre 2014 et 2016) et les hospitalisations (+ 8,4 % sur la même période) a abouti à une totale saturation du centre hospitalier. « Chaque matin, lorsque le service se réunit, on se demande lequel de nos patients est le moins malade, pour libérer un lit afin de pouvoir en faire entrer un autre. On les fait sortir alors qu’ils ne sont pas stabilisés… Et ils reviennent ensuite dans un état plus grave, mais dans l’intervalle, ils ont libéré un lit », explique une médecin qui tient à rester anonyme.

    Des pelouses de l’immense parc qui entoure l’hôpital psychiatrique, montent de terribles histoires, devenues pour les soignants d’une triste banalité. Ce jeune, laissé à l’isolement cinq jours de plus que nécessaire, faute de lit. Ces malades qu’on bourre de cachets parce que les personnels hospitaliers n’ont pas le temps de mener avec eux des entretiens de réassurance. Cette grand-mère, qu’on couche sur un lit de camp coincé entre deux autres, à trois heures du matin, lui ôtant la possibilité de se déplacer avec un déambulateur, ou encore le patient, qu’on met à l’isolement, pour être sûr qu’il ne se suicide pas pendant qu’on en prend d’autres, plus urgents, en charge… Le manque de moyens de la psychiatrie publique ne date pas d’hier. Mais pour les soignants, un seuil critique a été dépassé.

    La sur-occupation du CHU a commencé selon les « anciens » en 2012. Les baisses d’effectifs, elles, remontent à deux décennies. René Navarette a 58 ans, dont 37 de bons offices au Rouvray. Arrivé en 1974 comme agent des services hospitaliers, il est ensuite devenu infirmier de secteur psychiatrique. « Lorsque je suis arrivé, on pouvait emmener les patients se promener, et même en séjour thérapeutique à l’extérieur de l’hôpital, pour qu’ils renouent avec l’envie de la “vraie vie”, hors de l’enceinte du Rouvray. On pouvait jouer aux cartes, aux dominos, autant de supports de soins aujourd’hui disparus », se remémore l’infirmier. Il vit alors la « belle époque de la psychiatrie ».

    « Après l’hécatombe de la Seconde Guerre mondiale, émerge l’idée que la psychiatrie, ce n’est pas l’enfermement, qu’il faut sortir de la logique de l’asile, et que c’est le soignant qui doit aller à la cité, et non l’inverse. Commence alors le mouvement de “sectorisation”. On maille le territoire avec des unités de proximité : centre médico-psychologique, hôpitaux de jour, centre d’accueil et de crise. À chaque secteur géographique une équipe de soignants qui suivent le patient, qu’il fréquente l’hôpital ou ces unités », raconte Jean Vignes, infirmier psychiatrique et ancien secrétaire général de Sud Santé Sociaux. L’hôpital du Rouvray est précurseur en la matière et implante des structures dans les quartiers populaires. Cette politique porte ses fruits, et la fréquentation de l’hôpital psychiatrique diminue.

    « Les rapports de force ont bougé »

    Dans les années 1980, les restrictions budgétaires commencent, et on profite de cette baisse de fréquentation pour fermer des lits. Mais la diminution de moyens alloués à l’hôpital se poursuit, et les centres médico-psychiatriques (CMP) et autres structures locales deviennent les variables d’ajustement. « On a pompé sur ces équipes extra-hospitalières pour renforcer l’intra-hospitalier. Peu à peu, on a regroupé des CMP pour “mutualiser les moyens”, au détriment de la proximité des soins. Par exemple, le CMP du Petit-Quevilly a absorbé celui de Petit-Couronne. Je pense que l’on a gardé seulement un dixième des patients de Petit-Couronne », estime René Navarette. En l’absence de structure de proximité, les malades se soignent moins. Ils sont pris en charge par leur famille. Et ne consultent que lorsqu’ils en arrivent à la crise… les urgences de l’hôpital psychiatrique.

    Cette évolution est propre à l’organisation de la psychiatrie publique, domaine totalement abandonné depuis la fin des années 1990. À cela s’ajoutent les problèmes auxquels se heurtent tout le secteur hospitalier. Au nom de l’efficacité, du nouveau management, de la tarification, des économies, le monde hospitalier vit depuis des années sous tension. Les effectifs fondent comme neige au soleil à chaque réorganisation.

    Les dix secteurs adultes de l’hôpital du Rouvray et les trois secteurs de pédo-psychiatrie ont été réorganisés en trois pôles dans la foulée de la loi HPST (Hôpital patient santé territoire), en 2009. La concurrence a été organisée entre eux : chacun des trois pôles lutte pour obtenir le plus de moyens.

    À l’échelle supérieure, le combat pour les moyens se joue entre les hôpitaux du Havre, de Dieppe et du Rouvray. « Nous sommes les mieux dotés sur la Normandie, et l’ARS essaie chaque année de nous prendre des postes pour les affecter aux autres hôpitaux. Mais la Normandie est elle-même très mal dotée. Pour maintenir le service public en France, il faudrait une augmentation annuelle de 4 % des dépenses de santé publique. Elle est aujourd’hui en moyenne à 2,1 % au niveau national. Pour la Normandie, seulement de 1,4 % », explique encore René Navarette.

    La mobilisation des infirmiers et des aides-soignants a soulevé un autre problème, au sein de la communauté médicale. Car le débat sur la présence – ou pas – du président de la Commission médicale d’établissement (CME), Sadeq Haouzir, lors des négociations avec l’ARS a rendu leur déroulement plus complexe. Les syndicalistes ont refusé, mardi soir, d’ouvrir les négociations sans avoir la certitude que le « patron des médecins » de l’établissement n’y participerait pas. « Il a été signataire à la dernière minute de la pétition de soutien aux grévistes de la faim. L’ARS a essayé de l’imposer lors des négociations. Or nous n’avons pas besoin de lui pour négocier, nous ne savons pas à quel point ce soutien est sincère, ou opportuniste », explique Sébastien Ascoet. Ce dernier évoque le management très autoritaire du praticien hospitalier.

    L’homme a été élu en 2011, par ses pairs, à la tête de la CME. Selon ses détracteurs, il co-dirigerait l’hôpital avec le directeur général, dont les pouvoirs ont été renforcés par la loi HPST de 2009. Sadeq Haouzir aurait ainsi tout pouvoir sur les carrières de ses collègues et ne se priverait pas de le faire savoir. Une omerta s’est installée dans la communauté médicale : nombre de médecins n’ont pas voulu répondre à nos questions sans avoir une garantie d’anonymat. Aucun des postes d’internes dans son service ne serait pourvu pour ces raisons. Huit jeunes médecins ont quitté l’hôpital, las de l’ambiance délétère qui y régnerait.

    Le premier d’entre eux, Fethi Brétel, en disponibilité depuis deux ans après un conflit avec Sadeq Haouzir, a posté sur le blog de Mediapart son analyse de la situation. « Je me suis vu reprocher mon refus de réduire mes entretiens à 15 minutes… Chef de mon service, Sadeq m’a envoyé de plus en plus de patients. J’ai pris rendez-vous avec les praticiens hospitaliers et je leur ai dit que je ne pouvais diriger mon service dans ces conditions. Le lendemain matin, un médecin à sa solde venait me remplacer à la tête du service », expose le psychiatre. Un autre de ses collègues, qui tient à rester anonyme, témoigne : « Il accepte la politique économique, et fait au mieux avec cette situation. Dans ce service, on préfère accorder des soins rapides, à un maximum de gens, quitte à ce qu’ils doivent revenir ensuite. C’est vrai qu’il peut y avoir une sensation de “vite fait”. »

    Contacté par Mediapart, le président de la CME réfute ces critiques. « La communauté médicale a soutenu depuis le début la grève sur le fond : avec 3 % d’augmentation de la file active tous les ans, on va dans le mur. Mais nous ne soutenons pas sur la forme. On ne voulait pas de blocage de l’hôpital comme il y a pu en avoir par le passé », avance Sadeq Haouzir. Selon lui, la directrice de l’ARS aurait exigé sa présence en négociation, contre son gré. Quant au conflit qui l’opposerait à une partie de médecins de l’hôpital, il assure « n’avoir aucun pouvoir ni sur les carrières, ni sur les primes », et dénonce les « fake news » lancées par ses adversaires. « Que nous accueillions un ou mille patients, le financement de notre hôpital est le même. La seule pression que nous subissons est celle de la population, qui consulte et se fait de plus en plus hospitaliser. J’essaie d’assurer le service dans ces conditions. C’est la vraie question. »

    « La grève a fragilisé la communauté médicale », constate Sébastien Ascoet. Alors que Sadeq Haouzir avait appelé à l’unité du corps médical, deux de ses confrères, Gilles Barthes et Basile Gonzales, ont lancé une pétition en soutien à leurs collègues infirmiers et aides-soignants, paraphée ensuite par 47 de leurs collègues. « Pour la première fois, un gros volume de collègues se sont soustraits à l’autorité de Sadeq Haouzir. C’est d’ailleurs comme cela que nous nous expliquons sa signature de la seconde pétition, lancée, elle, par les infirmiers et aides-soignants en grève. Il a senti le vent tourner », décrypte un de ses collègues sous le sceau de l’anonymat. « Les rapports de force ont bougé », commente Sébastien Ascoet.

    Sur Twitter, les dirigeants politiques qui ont soutenu la grève – Benoît Hamon, Éric Coquerel – partagent leur joie. Et aussi un peu leur inquiétude. Trente postes pour quinze jours de grève de la faim, c’est quand même cher payé. Pour l’heure, les grévistes ne veulent pas voir leur victoire assombrie. Ils fêtent cela avec du yaourt à boire.

    #CH_du_Rouvray #luttes_sociales


  • Collectif des mères solidaires
    https://www.facebook.com/Meres.Solidaires

    Nous sommes des mères de jeunes militants antifascistes, syndicalistes, libertaires et autres... portant radicalement leurs idéaux de justice sociale.
    Notre collectif est né de la nécessité de nous entraider suite à la répression ou à la violence que nos enfants ont eu à subir du fait de leur engagement.
    Il a vocation à rassembler tous les parents de jeunes militants exposés à subir les mêmes atteintes.
    Les solidarités développées depuis plusieurs années par les mères espagnoles et italiennes nous ont été précieuses et nous ont inspirées.

    La répression violente sur la jeunesse après les manifestations du 1er mai et du 22 mai derniers nous confirme malheureusement la nécessité de cette solidarité.

    « Agnès Méric et Geneviève Bernanos lancent un collectif de mères solidaires »
    https://www.streetpress.com/sujet/1528279686-agnes-meric-et-genevieve-bernanos-lancent-un-collectif-des-m

    Le 1er juin, à l’occasion de l’hommage à Clément Méric, sa mère Agnès a annoncé le lancement d’un « collectif d’auto-défense » des mères solidaires. À ses côtés, Geneviève Bernanos, mère d’Angel et d’Antonin, militants antifascistes un temps incarcérés.

    « Clément Méric : Connaît-on un jour ses enfants ? »
    https://www.vanityfair.fr/pouvoir/politique/story/clement-meric-connait-on-un-jour-ses-enfants-/2492

    On nous raconte que nos enfants nous seront fidèles et nous poursuivront. Parfois, les adultes n’ont pas d’autre choix que prolonger leurs enfants et mener leurs combats en leur absence.

    (...) En Espagne et en Italie, des parents s’organisent, dont les enfants meurent ou sont menacés. Ils veulent porter leurs voix et les protéger. Ils s’appellent en Italie Madri per Roma citta aperta, en Espagne Madres contra la represion… Leurs textes naissent de leurs larmes mais leurs mots ont la minéralité des idéologies. « Cher Clément, une mer de haine alimentée par les inégalités du capitalisme et incitée par des experts militants de l’extrême droite, a armé les mains de tes assassins », écrivent les madri dans une lettre que l’on trouve sur quelques sites d’ultra-gauche. Pour ces parents, le capitalisme et les gouvernements sont la continuité du fascisme. Ils citent le cinéaste Pasolini : « Pas besoin d’être forts pour faire face au fascisme dans ses formes folles et ridicules ; vous devez être très fort pour faire face au fascisme vu comme normalité… » Agnès et Paul-Henri rencontrent les madri et les madres. Ce langage n’est pas le leur, mais qu’importe le style ? Agnès m’a aussi écrit ceci : « L’action antifasciste, nous l’avons découverte après la mort de Clément et avons au départ été un peu décontenancés, voire perturbés, par les codes qu’elle véhicule (tenues, look, attitudes, slogans...) dans lesquels nous ne reconnaissions pas notre fils. Au fil du temps, nous avons appris à découvrir leurs engagements par-delà ces codes qui, évidemment, ne sont pas les nôtres. » C’est à ce prix que l’on s’éveille et qu’on honore son enfant.

    #mères_solidaires #Clément_Méric #Antonin_Bernanos #Angel_Bernanos #Geneviève_Bernanos #Agnès_Méric #antifascisme #répression #Renatto_Biagetti #Carlo_Giuliani #AFA



  • Hôpital psy en grève | Les pieds sur terre
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-pieds-sur-terre/hopital-psy-en-greve

    Depuis le 22 mars 2018, les agents du Centre Hospitalier du Rouvray, troisième hôpital psychiatrique de France, sont en grève. Face au silence de la direction, six hommes et une femme, tous soignants, ont ensuite entamé une grève de la faim. Durée : 28 min. Source : France Culture

    http://rf.proxycast.org/1443210861584850944/10078-07.06.2018-ITEMA_21704084-0.mp3



  • Hôpital psychiatrique de Rouen : trois grévistes de la faim hospitalisés - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/societe/hopital-psychiatrique-de-rouen-trois-grevistes-de-la-faim-hospitalises-05

    Trois grévistes de la faim de l’hôpital psychiatrique de Rouen ont été hospitalisés lundi « avec un caractère d’urgence » alors que le mouvement, qui vise à obtenir des postes supplémentaires, atteignait son quatorzième jour, selon l’intersyndicale.

    « Jean-Yves Herment, âgé de 40 ans, a perdu entre 13 et 14 % de sa masse corporelle, soit bien au-delà de la limite critique de 10 %, détaille Sébastien Ascoet, délégué syndical CGT. Il était déshydraté et très faible. Le Samu l’a évacué (lundi) matin, sur une civière, vers un service spécialisé du CHU de Rouen ».
    « Des risques de séquelles irréversibles »

    Un deuxième gréviste de la faim, âgé d’une trentaine d’années, a été également évacué en fin de matinée et une femme de 40 ans « dans une situation très préoccupante » l’a été dans l’après-midi, ajoute Sébastien Ascoet. Selon lui, les pronostics vitaux de ces trois personnes ne sont pas engagés mais ces salariés « présentent des risques de séquelles irréversibles ».

    Outre ces trois personnes, cinq salariés étaient toujours en grève de la faim lundi soir, selon la CGT. Le syndicat affirme par ailleurs que 600 à 800 personnes se sont rassemblées devant la mairie de Rouen pour une marche de soutien aux grévistes de la faim et au personnel de l’hôpital.

    52 postes d’aides-soignants et d’infirmiers

    Cette grève de la faim a été entamée le 21 mai par quatre personnes, rejointes progressivement par désormais quatre autres. Elle vise à obtenir la création de 52 postes d’aides-soignants et d’infirmiers.

    Les grévistes de cet hôpital dit « du Rouvray », situé à Sotteville-lès-Rouen, dans la banlieue de Rouen, dénoncent « une surpopulation chronique » et « une dégradation des conditions de travail et d’accueil ». Ils sont mobilisés à travers différentes actions depuis le 22 mars. Une cinquantaine de grévistes ont occupé les locaux de la direction de jeudi soir à dimanche soir, selon l’intersyndicale.

    Sollicitée lundi, la direction de l’hôpital n’a pas donné suite. Le 24 mai, elle avait estimé qu’il n’y avait « plus de suroccupation dans l’établissement à la suite d’un ensemble d’actions mises en place le 15 avril ». La direction avait notamment annoncé l’embauche de cinq contractuels, un chiffre jugé « ridicule » par les syndicats.

    « La comparaison des ressources d’assurance maladie par habitant montre un positionnement du CH du Rouvray au-delà de la moyenne nationale et de la moyenne régionale », avait aussi affirmé la direction.

    Le nombre d’hospitalisations a augmenté de 8,4 % entre 2014 et 2016, selon les données du dernier rapport d’activité de l’établissement. Dans le même temps, les effectifs en équivalent temps plein n’ont progressé que de 0,5 %, passant de 1 941 postes à 1 951.



  • Quelques informations factuelles sur la lutte au sein de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray, puisque ni les instances de tutelle ni les médias nationaux ne semblent en faire grand cas. Pourtant, son enjeu n’est pas du tout anecdotique.

    D’abord, le #CH_du_Rouvray, c’est ni plus ni moins que le 3ème HP de France. 2000 salarié·es (personnel médical et non médical) et 1000 lits selon la belle plaquette des « chiffres-clé » que son administration met en ligne :
    https://fr.calameo.com/read/0044637175cd97c4c8027

    Ensuite, pourquoi les soignant·es exigent-ils et elles avec autant d’urgence la création de 52 postes de soignant·es et d’une unité pour adolescent·es ? Parce que le manque de personnel et de places, voilà ce que ça signifie concrètement :

    "Aujourd’hui, telles que les choses sont faites, un garçon de 12 ans qui déprime peut très bien se retrouver dans la même chambre qu’un pervers sexuel de 40 ans. Sur la dernière année, on a eu quatre plaintes pour #viol_sur_mineur·e."

    "Le plus jeune qu’on ait eu, 9 ans, dans les services adultes. Tellement jeune qu’on est obligé de l’isoler dans ce qu’on appelle une #chambre_d'isolement. (...) Quatre murs et un lit. Et un seau pour chier."

    "Il y a des personnes de 80 balais qui dorment dans des placards, sur des matelas de quatre centimètres, ou dans des pièces qui ne ferment pas à clé…"

    "Moi j’ai un patient qui s’est pendu à 16h30 parce que ce jour-là, au lieu d’être quatre on n’était que trois, j’étais avec deux femmes enceintes, et la surveillance on n’a pas pu la faire. Et que voilà, on l’a retrouvé accroché 3/4 d’heure trop tard quoi. Mais j’ai dû assumer ça avec la famille le lendemain. J’y pense souvent à ça."

    "Moi y a des patients, je suis obligé de les enfermer. Je suis obligé de le faire parce que, à deux ou à trois, je peux pas m’occuper de tout le monde. J’ai enfermé quelqu’un qui est venu ici de son plein gré juste pour dépression. J’ai dû l’enfermer toute la nuit, avec un seau pour aller uriner ou pour aller à la selle. Forcément, quand je suis revenu le voir le lendemain matin, parce que je lui avait vendu que tout allait bien se passer et que j’allais être là pour lui, quand je suis revenu le revoir le lendemain matin, vous croyez qu’il m’a dit quoi le patient ? Que j’étais le pire des infirmiers, qu’il remettrait plus les pieds là-dedans... Il s’est énervé et du coup ça s’est terminé qu’on a dû le contentionner et lui faire une injection. Alors que ce monsieur-là venait juste pour une dépression."

    "Je fais de la maltraitance. Je ne suis plus infirmier. Je ne sais plus ce que je suis. Mais je ne fais pas du soin, ça c’est sûr."

    "Par rapport à l’année dernière, il y a eu une augmentation de 40% des arrêts maladie. Ça inclut les petits arrêts maladie de rien du tout, les classiques, mais aussi, évidemment, les dépressions, les troubles anxieux, les blessures physiques…"

    "Parfois, mon boulot consiste à parler toute une matinée avec un seul patient qui me répète en boucle qu’il est en pleine conversation avec Dieu. Quand il y en a 30 autres qui m’attendent derrière, forcément, je n’ai le temps de rien… J’ai arrêté de compter les collègues qui se sont fait casser la gueule par des patients qui sentent qu’on est de moins en moins capables de les aider."

    [Citations extraites des témoignages de Marc-Aurélien et Jean-Yves, grévistes de la faim, sur https://www.society-magazine.fr/cette-greve-de-la-faim-fait-de-moi-un-robot-sans-ame et la vidéo de Konbini sur https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/010618/revue-de-presse-au-2-juin-sur-la-lutte-du-rouvray ]

    Et ce ne sont là que deux témoignages. Il y a des centaines de salarié·es sur l’hôpital qui soutiennent les sept grévistes de la faim, des salarié·es d’autres hôpitaux psy, d’hôpitaux tout courts, d’associations de soin, d’associations de personnes psychiatrisées. Voilà donc ce qu’on trouve derrière les chiffres bien propres brandis par les #gestionnaires de la psychiatrie : la #contention (physique et médicamenteuse), l’#isolement, la #maltraitance, la #mise_en_danger des patient·es et une très grande #souffrance_au_travail. La start-up psychiatrie commence à ressembler drôlement à la vieille psychiatrie, celle d’il y a bien longtemps comme celle qui ne s’est jamais remise en question.

    Alors ce choix de la #grève_de_la_faim, qui semble échauder les bonnes âmes en haut lieu, comme si ce n’était vraiment pas une façon de demander les choses, comme si c’était de la comédie ou comme si c’était trop sale, ce choix de la grève de la faim, il s’est fait le dos au mur. C’est, paradoxalement, du pur instinct de survie - la survie des patient·es et la survie des soignant·es. La survie physique et la survie psychique. Notez bien qu’on ne parle pas de bien-être, tout le monde sait que ce n’est pas envisageable un instant, mais de survie pure et simple.

    Donc ces sept-là :

    ces sept-là sont en train de nous dire quelque chose de salement, en effet de salement, important.

    [Photos de Jean-Pierre Levaray
    https://blogs.mediapart.fr/776830/blog/020618/mon-hp-va-craquer-photos-de-la-lutte-du-rouvray ]


  • Les malfrats | Comme un bruit qui court
    https://www.franceinter.fr/emissions/comme-un-bruit-qui-court/comme-un-bruit-qui-court-02-juin-2018

    Rencontre avec des paysans qui tiennent tête à l’administration. Quand certains refusent de rentrer dans le moule au risque de tout perdre, d’autres ont fait le choix de disparaître. - Rouvray, un hôpital psychiatrique au bord de la crise de nerfs Durée : 54 min. Source : France Inter

    http://rf.proxycast.org/1441407356016529408/13947-02.06.2018-ITEMA_21699230-1.mp3