• Message de soutien de Frédéric Lordon aux grévistes de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/010618/messages-de-soutien-au-2-juin

    Ainsi nous en sommes là ? Il faut maintenant mettre en jeu son intégrité physique, ou comme dans le film En guerre de Stéphane Brizé sa vie même, pour obtenir des pouvoirs qu’ils écoutent ? Que les gens qui soignent le mal en soient conduits à choisir de se faire du mal pour pouvoir faire convenablement leur métier, et d’abord pour être simplement entendus, c’est le signe d’une tyrannie oligarchique qui ne peut elle-même que mal finir. En attendant, ce sont les gens qui finissent mal. En tout cas quand ils se laissent maltraiter isolément. Mais au centre hospitalier du Rouvray, comme dans beaucoup d’autres endroits, la lutte s’organise : elle change d’âme quand elle devient collective. Sauf à ceux qui ne veulent pas voir, la forme qu’elle s’est choisie montre assez dans quel sens va la violence, d’où à où. Elle fait voir qui produit et qui détruit. Qui fait le travail et qui bousille les conditions du travail. Qui soigne les gens et qui abîme les gens qui soignent les gens. Pour tous ceux qui ne sont pas soignants mais sont dans la lutte, la lutte des soignants est doublement exemplaire : elle l’est en elle-même, par la force de son exemple, mais elle l’est aussi parce que le métier de soignant est l’un des plus respectés et des plus légitimes dans la société. C’est pourquoi la lutte des soignants, d’une certaine manière, prête sa propre légitimité à tous ceux qui luttent en parallèle à eux et avec eux. C’est donc peu dire que nous devrions tous être attentifs à ce qui se passe au Rouvray, mais aussi dans tous les hôpitaux et les Ephad, où d’autres luttes admirables ont lieu. On ne sait pas trop comment s’y prendre, mais on voudrait pouvoir leur dire à tous, ici spécialement à ceux et celles du Rouvray, que nous les regardons, que nous les admirons, et que nous savons ce que nous leur devons. Nous voyons leur lutte comme les nôtres. On ose à peine, car en entrant dans la grève de la faim, ce sont eux qui payent de leur personne et pas nous, mais nous voudrions leur dire, un peu contradictoirement sans doute : prenez soin de vous et tenez bon !

    #CH_du_Rouvray


  • La lutte de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray se poursuit. 11ème jour de grève de la faim. Une vidéo de Konbini où s’expriment deux des grévistes. Ça laisse une sale boule dans la gorge :
    https://twitter.com/konbininews/status/1002576566768033794

    52 soignant·es occupent les locaux de l’administration avec les grévistes de la faim. 52, c’est le nombre de soignant·es (infirmier·es et aide-soignant·es) qui manquent au #CH_du_Rouvray.

    https://twitter.com/LouvetSimon/status/1002490119465684992

    « Voilà ce que c’est, 52 soignants. Donnez-nous les postes et on rentre chez nous ✊ »

    Buzyn annonce qu’elle va embaucher... des psychiatres.

    https://twitter.com/F3htenormandie/status/1002471870615162881

    Réponse de l’intersyndicale à la « mission flash » de l’ARS : le CH du Rouvray, 3ème HP de France, a déjà connu deux audits qui ont coûté la bagatelle de 330.000 € pour aboutir... aux mêmes conclusions que les grévistes.
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/010618/reponse-de-lintersyndicale-au-communique-de-lars

    #psychiatrie #maltraitance #contention #isolement


  • Trois Belges accusées de trafic d’êtres humains après avoir aidé des migrants - Belgique - LeVif.be
    http://www.levif.be/actualite/belgique/trois-belges-accusees-de-trafic-d-etres-humains-apres-avoir-aide-des-migrants/article-normal-847207.html

    Le 20 octobre 2017 dernier, des agents de la police fédérale débarquent chez trois femmes, dont deux journalistes (Myriam Berghe et Anouk Van Gestel) pour une perquisition matinale. Elles apprennent qu’elles sont poursuivies pour « trafic d’êtres humains » sur 95 personnes, dont 12 mineurs, et considérées comme membres d’une « organisation criminelle ».

    Ces personnes hébergeaient depuis quelques mois des migrants chez elles dans le cadre de l’appel de solidarité lancé par les différentes plateformes citoyennes. Zakia, la troisième femme poursuivie n’a pas de lien avec les deux journalistes selon le magazine Politis. Elle a aidé, elle aussi, à plusieurs reprises des migrants du parc Maximilien à Bruxelles.

    #solidarité #criminalisation_de_la_solidarité #migration #violence_d'état


  • Les soignant·es en lutte de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray occupent l’administration depuis cette après-midi. Leur communiqué :
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/310518/communique-des-soignant-es-en-lutte

    Aujourd’hui, jeudi 31 mai à 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) occupent l’administration pour réclamer notamment 52 postes supplémentaires pour prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens. Ils appuient ainsi l’action de 7 de leurs collègues en grève de la faim DEPUIS 10 jours !!!

    Nous rappelons que le mouvement de grève a débuté depuis le 22 mars 2018. Et que nous recevons pour seule réponse que du mépris !

    Défendons un service public de Santé de qualité sur tout le territoire !!!

    Z’hôpital public A Défendre !

    L’intersyndicale : CFDT, CGT, SUD, CFTC, Comité de grève, #blousesnoires.

    Pour les Rouennais·es : appel à venir en masse samedi à 14 sur place.

    La direction, elle, avait décampé des lieux au préalable et préparé un autre bâtiment. Prévoyante, mais pas pressée de regarder en face le mouvement social qui la concerne au premier chef. Un article pas mal du tout sur l’après-midi :
    https://actu.fr/normandie/sotteville-les-rouen_76681/greve-faim-lhopital-rouvray-pres-rouen-locaux-direction-occupes_17059763.html

    Les sept grévistes de la faim sont unanimes sur les réponses données par le ministère et son pendant régional. Quand Agnès Buzyn estime que le problème de l’hôpital est le recrutement de psychiatres, ils estiment que ce n’est « pas la priorité et pas ce qu’on demande », résume Marc-Aurélien : « Plus de psychiatres, ça veut dire du rendement. Cela ne nous décharge pas, nous soignants. » Jean-Yves Herment, autre gréviste de la faim, explique :

    Structurellement c’est de soignants dont on a besoin, du personnel au quotidien, à proximité des patients. Sur du long terme, bien sûr, l’un n’empêche pas l’autre. Nous c’est l’urgence qu’on veut gérer, là.

    Julie, salariée simple gréviste, appuie son analyse : « Ils vont recruter des médecins étrangers, en leur disant qu’ils auront une place qu’ils n’auront jamais et feront du chiffre. » L’autre pendant de la « logique comptable » dénoncée par les grévistes est la création d’une « mission d’audit flash » par l’ARS, annoncée mercredi 30 mai. Ils fustigent cette décision, « le troisième audit en trois ans, qui ont coûté 330 000 euros, pour des problèmes connus ».

    #psychiatrie #travail #CH_du_Rouvray




  • «Gérard Collomb» par Megacombi (#Radio_Canut)
    http://audioblog.arteradio.com/post/3086013/gerard_collomb

    On allait com­men­cer une émission tran­quillou et bim, le scoop de la mort qui tombe ! Alors on est passé en mode brea­king News ! avec pla­teau en feu , repor­ta­ges, cor­res­pon­dant dans la ville et des spé­cial fea­tu­ring
    – Le cancer du col­lomb
    – Les pre­miè­res réac­tions de la rue
    – Coupure d’eau pour les rroms
    – L’hotel Dieu, de l’hopi­tal à l’hotel de luxe privé
    – Tu sais que je l’ai croisé déjà
    – Le reste de l’actua­lité
    – Des poules en manif antifa
    Durée : 1h04.

    http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/sons/3012947/3088287_MegaCombi361-PT254-30052018_Gerard_Collomb_est_mort.mp3

    #Gérard_Collomb #création_sonore #audio #radio

    • La Megacombi avait déjà eu l’info de la mort de #Jacques_Chirac avec pas mal d’années d’avance. Les #radios_libres, premières sur le #scoop !
      http://audioblog.arteradio.com/post/3073504/_chirac_est_mort

      On vous l’avait annoncé déjà l’année dernière (Emission du 23 septembre 2015), Christine Bouttin l’avait confirmé il y a quelques semaine alors on vous ressert ce scoop à travers
      une édition très spéciale !
      Les médias dominants resteront-ils muets cette fois ci ?

      – A la recherche de Jacques Chirac (Quête by Garbote)
      – Les premières réactions de la rue lyonnaise (Micro trottoirs by Combi et Méga) et parisienne (by Flobé)
      – La réaction du PCF du Rhône (coup de fil by Flobé)
      – Devant l’hôtel particulier du mort et dans les rassemblements spontanées parisiens (correspondances by Collaps)
      – Romain, 31 ans, admirateur de Jacques Chirac (Rencontre by Collaps & Combi)
      – Débat sur l’héritage avec le député Chiraquien Georges Chacal et la droitologue Alice Couturier.
      – Le reste de l’actualité (Journal by Kobri)
      – Les pommes (Carte postale by Gribish)

      Pour terminer, une visite inattendue, celle du chanteur Renaud qui profite de l’évènement pour faire son grand retour et il a choisit Radio Canut.

      http://sons-audioblogs.arte.tv/audioblogs/sons/3012947/3075778_MegaCombi290-PT182-12102016_PAD_redif_chirac.mp3


  • #CH_du_Rouvray : comment réagit l’#Agence_régionale_de santé au 9ème jour d’une grève de la faim de 7 salarié·es en #psychiatrie et après plus de deux mois de #grève_illimitée du personnel ? Elle se dépêche très lentement d’instaurer une « mission flash » qui commencera dans une semaine et rendra ses conclusions dans quatre.
    http://www.paris-normandie.fr/rouen/l-ars-lance-une-mission-d-appui-flash-au-centre-psychiatrique-du-rou

    La directrice générale de l’ARS de Normandie lance une mission d’appui qui aura pour objectifs, à partir des données disponibles et travaux préalablement engagés au sein de l’établissement, d’analyser et de quantifier de manière précise les besoins humains et immobiliers nécessaires pour garantir la délivrance de soins de qualité, dans des conditions de sécurité optimales, sur la base de critères objectifs prenant en compte notamment les besoins de soins et la pertinence des hospitalisations.

    Réaction des grévistes de la faim, à qui l’on suggère donc de jeûner un mois de plus ou de se taire :
    https://www.facebook.com/GREVE-de-la-FAIM-au-Rouvray-389132238239225

    C’EST PLUS QUE DE LA PROVOCATION : C’EST UNE MANIÈRE DE NOUS SIGNIFIER QUE LE MINISTÈRE SE FOUT DE 7 PERSONNES QUI CRÈVENT DE FAIM, SE FOUT DES PATIENTS ET DES SOIGNANTS.

    Pour les Rouennais·es : les grévistes appellent à une présence massive aujourd’hui (jeudi 31 mai) à 14h à l’hôpital
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/300518/video-assemblee-generale-du-personnel-le-30-mai

    #hôpital_psychiatrique


  • Qu’est-ce qu’un riche ?, dessin de L.L. de Mars

    Je voudrais revenir sur cette idée de la violence.

    La violence j’ai toujours été contre. Et je comprends aujourd’hui à quel point cela fait de moi un bon bourgeois. J’ai enfin compris. Il m’a fallu le temps. Et pourtant cela faisait des années que je remâchais sans cesse une citation de Jean-Luc Godard à propos du cadrage, mais à vrai dire j’ai tellement de mal, chaque fois que je veux la produire, d’en retrouver l’originale, au point même de douter de l’avoir jamais lue ― sans parler que chaque fois que je la cherche sur Internet, je retrouve des traces de mes citations précédentes, je crois que je devrais m’interroger à propos de cette citation dont Godard n’est peut-être pas l’auteur véritable pas plus que de Vent d’Ouest, passons ―, c’est une citation à propos du cadrage, mais dont l’exportation dans tant de champs est possible. À propos du cadrage donc, Godard aurait dit, pensé ou écrit, que l’on parle souvent de la violence des crues et nettement moins souvent de celle des berges qui enchâssent le fleuve dans son lit le reste de l’année. Et il me semble qu’avant même de parler de cadrage cette citation de Godard parle surtout de violence.

    Or la violence des berges n’a jamais été aussi violente, féroce même.

    Mais, la violence des berges est invisible, par définition, en grande partie parce qu’elle est quoti-dienne. Mais ce n’est pas parce qu’une chose est invisible qu’elle n’existe pas, a fortiori si elle est quotidienne.

    Je donne un exemple. Le premier mai, le cortège de tête aurait été violent. C’est possible. On doit pouvoir chiffrer la chose avec la comptabilité de quelques factures de vitrier, c’est-à-dire pas grand-chose, je ne sais même pas si on peut parler d’une crue, une vaguelette est passée au-dessus des berges. Or, au même moment ― et il y a une certaine violence dans ce au même moment ― les berges, elles, ont été d’une violence inouïe (et je ne parle pas, même pas de la violence policière ce jour-là, qui, nul doute, a sans doute été le déluge habituel), non : Macron a annoncé sa volonté de supprimer l’exit-tax, dispositif fiscal qui lutte contre l’évasion fiscale, veillant à poursuivre celles et ceux qui s’en rendent coupables, d’une part, mais aussi de leur faire payer leurs éventuelle velléités de relocaliser leurs capitaux échappés ― au motif, sans doute, qu’on ne peut pas se contenter de dépenser tout ce bel argent dans les pays pour lesquels l’argent n’a pas d’odeur, ou dit autrement, on peut seulement manger autant de chocolat et avoir autant de montres à ses poignet, pour les voitures de courses, on est coincé, le pays hôte ne semble pas en fabriquer. Il m’arrive de demander ce qu’il se passe dans la tête des adeptes de la grande théorie du ruissellement, se pourrait-il qu’ils et elles en soient convaincues elles-mêmes ? Des fois il est étonnant de voir comment tous ces penseuses et penseurs de droite parviennent surtout à se convaincre eux-mêmes. Passons. Dans le cas de l’annulation future de l’exit-tax, ce n’est plus une facture, voire des factures, de vitriers, ce sont carrément des millions, possiblement des milliards que l’on dérobe à des personnes qui en ont besoin, nous tous et toutes, certaines parmi nous, qui en ont crucialement besoin pour être logées, nourries soignées, autant dire des besoins tout ce qu’il y a de fondamentaux, et l’argent de ce rapt des berges est ensuite dirigé vers des organismes, des corps et des institutions qui d’une part n’en ont pas vraiment besoin, mais qui en plus n’en feront rien de bien, rien d’utile, rien de nourrissant, sauf pour eux-mêmes, mais plus j’y pense et plus je me demande qui sont-ils et elles celles et ceux qui effectivement y ont intérêt. En fait c’est toujours devant ce seuil infranchissable que ma compréhension des raisonnements économiques cesse, parce que cela devient littéralement abstrait, ce que j’en perçois c’est que cela relève du systémique, que le système profite au système, lequel ruisselle, en fait, le moins possible et dans des écuelles parfaitement désignées qui sont celles de celles et ceux les seuls vraiment affairés à travailler à cette limitation du ruissellement tout en expliquant à quel point il est vital. Bref pour singer Edouard Levé dans Autoportrait, je comprends le début de la fin et la fin du début, le début du début de la fin et la fin du de la fin du début, ou encore la fin du début de la fin et le début du début de la fin, c’est après que je ne comprends plus.

    Et jusqu’à maintenant, je me tenais hésitant sur ce seuil, puisque ma compréhension ne parvenait pas à aller plus loin quelle était ma légitimité à me joindre à celles et ceux qui elles et eux ont compris depuis longtemps, d’une part qu’il y a duperie, c’est entendu, un ruissellement vers l’amont et non vers l’aval n’est pas un ruissellement mais une captation, mais d’autre part aussi que pour rétablir le cours naturel du ruissellement, il n’y avait qu’une seule solution, le renversement, et étant donné la taille du plateau, cela ne se ferait sans doute pas sans violence.

    Et il aura fallu un dessin de mon ami L.L. de Mars pour que je comprenne qu’il n’y avait justement plus rien à comprendre. Ce dessin c’est celui que j’ai mis en tête de cet article. C’est ce dessin, comme aucun graphique, aucune courbe, aucun fait, qui décrit, avec précision, la violence des berges qui est normalement invisible, transparente.

    Un dessin vaut parfois de longs discours.

    #pendant_qu’il_est_trop_tard

    • On dit d’un fleuve emportant tout qu’il est violent
      Mais on ne dit jamais rien de la violence
      Des rives qui l’enserrent

      Je comprends bien l’idée, mais.
      A part lorsque les rives sont fabriquées par les aménageurs des territoires, ce sont le plus souvent les fleuves qui creusent leur propre lit et de fait, s’enserre dans des rives créés par eux-mêmes. Sont-ce les pauvres qui s’enserrent dans des lois qu’ils auraient dictées ?

    • @philippe_de_jonckheere ça doit paraitre salement autocentré de relayer un article avec un dessin dedans, mais c’est pas le dessin qui me motive, j’ai quelques potes qui ne vous suivent pas dont j’aimerais qu’ils lisent l’article . Je crois que les processus de décillement sont des faits politiques moins observés et commentés que les autres, et pourtant vraiment passionnants (si quelqu’un a des références de travail là-dessus, ça m’intéresse). J’ai très brièvement évoqué je-sais-plus-où le long fondu enchaîné qui m’a conduit de gros con d’un tropisme socio-culturel misogyne à féministe, et de plus en plus, c’est ces moments rarement décrits qui m’intéressent (mes amitiés politiques, désormais, ne sont pas les choses les moins étranges au regard de mon espèce d’apolitisme misanthropique et de mon horreur apriorique du militantisme des années 80, celles de mon adolescence) ; en substance, quelque part, ils doivent contenir les modalités d’une action politique possible, d’un mouvement qui par le partage de l’expérience pourrait assez favorablement remplacer la tentative de conviction militante, l’argumentaire politico rationnel etc., utiles sans doute mais peu efficaces. Et même si l’efficacité est une notion dangereuse - je pense que devant la violence extrême qui « nous » est faite, nous avons besoin d’efficacité.

    • @philippe_de_jonckheere question, Phil : qu’est-ce qui dans ce faite précis -la décision de Macron de supprimer l’exit tax - s’est combiné à d’autres choses ( et auxquelles si ça vous revient) a rendu ce fait assez décisif pour que vous puissiez formuler plus clairement que jamais cette intériorisation nouvelle, cette clarté subite sur un truc auquel vous étiez confronté sans l’avoir jusque là compris de telle façon ? Dans un faisceau de choses quotidiennes (invisibles, donc), quel fait nouveau, ou quelle nouvelle combinaison déclenche leur nouvelle lecture ? Qu’est-ce qui nous change ? (obsession du moment, pardon)

    • Laurent

      Question plus difficile à répondre qu’une autre. Et je me la posais avant que vous ne me la posiez, c’est d’ailleurs le point de départ de cette rubique de « Pendant qu’il est trop tard ».

      La bascule complète, cela ne vous étonnera pas de trop, c’est le plan autisme du gouvernement avec cette parole délirante du premier sinistre, faut qu’on s’occupe des autistes parce que ce serait bête de passer à côté de leur force de travail future. Ca commençait déjà à craquer de partout, mais là, tout d’un coup j’ai vu au travers, j’ai vu ce qu’il y avait derrière (et d’ailleurs il n’y a rien derrière, et là autant vous dire cela rejoint la fin du Secret, votre merveilleux album de bandes dessinées).

      C’était comme si j’avais toujours su que cette histoire de travail était un mensonge, en plus d’être une aliénation, mais que chaque fois que je tentais de me le démontrer à moi-même, je butais sur un dernier petit doute, qui n’était pas toujours le même, et que ces petits doutes s’amalgamant les uns aux autres, m’empêchaient de bien voir, et puis cette parole délirante, on va coller les autistes au travail. Et là j’ai ma preuve, définitive, irréfutable.

      Et depuis que je sais ça, je m’emploie à rechercher et agrandir les coutures qui craquent, en espérant inviter d’autres à regarder par ces interstices. Mais je remarque que c’est très difficile à faire, parce que c’est comme le conte enfantin du roi nu. Moi-même j’ai refusé un temps d’admettre que le roi était et est nu, même quand on me le faisait remarquer (notamment vous ou certaines de mes lectures) et en cela j’ai souvent le sentiment honteux et rétropescitf d’avoir participé à l’aveuglement collectif en refusant d’admettre cette évidence.

      D’ailleurs pour moi l’exemple de l’aveuglement c’est les Papers. A chaque nouveau Papers, Paradise papers, Panama Papers, leaks etc..., on se dit cette fois c’est bon, on ne va pas pouvoir nous raconter de carabistouilles et c’est au même moment qu’on nous explique la théorie de ruissellement qui est naturellement une insigne fumisterie et pendant ce temps-là après les journaux ont fait coup double, à la fois en vendant du papier et s’achetant une nouvelle virginité, on oublie justement le contenu des Papers (une information insignifiante en chassant une autre, surtout si cette dernière était signifiante) et autres fuites d’informations parfaitement avérées, elles, au contraire des constructions et théories folles.

      Donc pour synthétiser la réponse, un jour que je portais mes lunettes, qu’elles étaient propres, que je venais de boire mon café que j’étais bien réveillé, le jour s’est fait au travers d’une déchirure de la toile de fond de scène, j’ai eu une vue imprenable sur les coulisses et depuis je tente de provoquer d’autres occasions d’être décillé et de déciller.

      Et pourquoi l’exit-tax et les casseurs-cueilleurs du premier mai, parce que c’était en même temps, les deux articles étaient l’un à côté de l’autre dans la un du Monde et qu’il n’y avait qu’un geste à faire, celui #de_la_dyslexie_créative en somme.

    • @intempestive @odilon je trouve votre interprétation limitative, elle rend la métaphore contreproductive.

      la légitimité de la berge en tant que contrainte ne découle pas du fait qu’elle ait été générée par le fleuve, elle en est tout autant le résultat d’une contrainte géologique. D’ailleurs, quelle part de décision, de libre arbitre dans la création des berges par le fleuve ? L’un n’est pas plus ni moins responsable que l’autre, susceptible d’être étudié que l’autre.

      Si la crue du fleuve est dangereuse, elle est aussi vitale : qu’en saurait-il été de l’agriculture égyptienne sans le dépôt des limons fertiles ?

      la métaphore est juste la aussi, si quelques âmes émoustillent leur sens artistique en satisfaisant une sorte d’exhibitionnisme, nombreux sont ceux qui ont besoin de tâtonner, de faire leurs erreurs ou leurs approximations dans leur coin sans publicité avant de montrer le fruit d’un travail « personnel ». Bien sûr qu’un besoin excessif de contrôle est dangereux pour l’innovation, la créativité (sur la zad de nddl ce n’est même plus métaphorique), bien sûr que c’est une violence et elle n’est pas plus acceptable ni légitime que la violence du fleuve.

      Le plus violent c’est justement qu’elle se prétende non susceptible d’être remise en question, tout en jugeant et condamnant le fleuve, et que bien des personnes y croient !

      There is no alternative !

      Alors, oui, parlons en des crues ! Mais oui, parlons aussi des berges ! Enfin, c’est mon point de vue, ma lecture, du coup la vôtre m’a fait tiquer ;)



  • « Grève de la faim à Saint-étienne-du-rouvray. La colère monte... »
    https://rouendanslarue.net/greve-de-la-faim-ser

    https://www.youtube.com/watch?v=16RYPo_VNYw

    Le personnel de l’#hôpital_psychiatrique de Saint-Etienne du Rouvray est en grève depuis le 22 mars. L’intersyndicale dénonce la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge des patients et demande la création de postes, l’ouverture d’une unité spécialisée pour adolescent puisque à l’heure actuelle des jeunes de 14 ans peuvent se retrouver sur un lit de camp dans la même chambre que des adultes. Elle demande aussi l’agrandissement de l’unité accueillant des personnes incarcérées. Le conflit a démarré par une grève reconductible et ils ont multiplié les actions comme par exemple l’occupation des locaux de l’ ARS, l’agence régionale de santé, d’où ils ont été délogés par les CRS. Organisés en intersyndicale, des syndiqués et des-non syndiqués se sont réunis dans le collectif « les blouses noires ».

    Voir aussi le texte de François Ruffin sur le site du comité de soutien aux grévistes
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/290518/communiques-et-lettres-de-soutien-aux-grevistes-du-rouvray-au-30-mai

    Nous avons joint le délégué CFDT, Jean-Yves Herment, par téléphone :

    "Nous sommes obligés de faire dormir des patients dans des lits de camp, de les installer dans les couloirs, dans des bureaux. Des jeunes ados, de douze ans, se retrouvent dans des services adultes, faute de place. Mais ça n’est pas le pire. Le pire, c’est que j’en ai marre d’enfermer des gens parce qu’on manque de personnel. On met des malades en #chambre_d'isolement, pas pour des raisons médicales, pas pour leur apporter un soin, mais juste pour des raisons administratives, par manque de temps. On ne soigne plus, on enferme, et je n’ai pas choisi ce métier pour ça.
    Depuis le 22 mars, on a tout essayé, mais ni la direction, ni l’Agence Régionale de Santé, n’ont répondu à nos demandes. C’est le mépris. Alors, ça a suscité une telle colère, on s’est dit : ’Il ne nous reste plus que ça, la grève de la faim, nous mettre en danger."

    À Amiens, à l’hôpital Philippe Pinel, la situation, pourtant déjà critique, s’est encore dégradée : deux psychiatres viennent de démissionner, laissant les services médicalement exsangues. Près de quarante postes sont aujourd’hui vacants. Et les mêmes causes produisent (à peu près) les mêmes effets : « Par manque de places, des patients doivent parfois dormir en chambre d’isolement, en contradiction avec tous les protocoles. »

    #vidéo #psychiatrie #contention #maltraitance_institutionnelle #CH_du_Rouvray


  • https://www.dailymotion.com/video/x6fbpd1

    Ce soir Camille Emaille jouait aux Instants chavirés entre Arnaud Rivière et Nina Garcia et il y a eu quelques moments de pure grâce. Autant ses deux partenaires de ce soir aux Instants , je l’es avais déjà écoutées quelques fois, autant elle je n’en avais jamais entendu parler, et c’est bien dommage.

    Prick up your ears ! Comme ils disent

    #les_oreilles_qui_trainent




  • Le film « Bécassine » ravive de mauvais souvenirs en Bretagne | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162324/bretagne-film-becassine-boycott

    On est donc très loin du commentaire social que les membres de Dispac’h aimeraient voir. Pour eux, ce n’est qu’à cette condition que le personnage offensant de Bécassine devrait être utilisé, comme ils l’expliquent dans leur communiqué : « Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s’applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l’écran laissez-la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes ». Podalydès rétorque : « Mais Bécassine, ce n’est pas la Marianne de la Bretagne ! ». Défendant logiquement son film, le réalisateur estime que le boycott dessert sa propre cause. « Il n’y a rien contre la Bretagne dans le film, insiste-t-il. Ce qui est dommage avec ces réactions un peu braquées, c’est que ça réveille des vieux trucs pas terribles. Comme quelqu’un qui m’a dit : “Ils sont cons ces Bretons”. Je trouve que ce n’est pas un service rendu à la Bretagne. »

    Néanmoins, le réalisateur reconnaît dans l’affaire un point positif : l’appel au boycott a permis de faire parler de l’histoire des migrant E s breton NE s. Soit déjà une petite victoire pour Dispac’h. « En Bretagne, comme en Corse ou au Pays Basque, on ne nous apprend pas l’histoire de nos territoires, conclut Ewan Thébaud. On apprend seulement l’histoire de France. Ainsi, beaucoup de Bretons ne connaissent pas l’histoire de cette migration. C’est aussi l’occasion pour nous d’en faire parler. »

    #sexisme #classissme #parisianisme #paysannerie #cinema

    • En cherchant le docu j’ai trouvé ceci :
      http://fresques.ina.fr/ouest-en-memoire/fiche-media/Region00371/les-employees-de-maison-a-paris.html
      archives #ina 1962 #migration

      A la fin du XIXe siècle, une première vague d’émigration bretonne arrive sur Paris. La pression démographique exercée sur les campagnes bretonnes, à l’époque très catholique, est énorme. En effet en 1872 la population en Bretagne s’élève à 3 millions de personnes et la population rurale y représente au minimum 70 % dans les quatre départements, jusqu’à 91 % dans les Côtes-du-Nord. Ainsi face à l’exiguïté des exploitations agricoles qui ne peuvent nourrir toutes les bouches, il est nécessaire pour certains de se résoudre au départ pour trouver un emploi.

      Cet exode coïncide avec les premiers travaux de désenclavement de la région et l’arrivée du train dans les années 1870. Ainsi de 1872 à 1891, on compte pas moins de 126 000 départs, et plus de 200 000 de 1891 à 1911. Une émigration rurale, plutôt qu’un véritable exode dont le mythe a pourtant longtemps perduré, se met alors en place. Une émigration temporaire tout d’abord vers le bassin parisien, où les bretons peuvent trouver des travaux saisonniers dans l’agriculture puisqu’ils sont réputés pour leur robustesse et leur faible coût de main d’œuvre, ou encore vers les chantiers de construction de Saint-Nazaire et du Havre.

      Mais cette émigration temporaire, notamment vers la capitale, devient souvent définitive. D’après les estimations de l’abbé Cadic, un religieux originaire de Vannes, en 1905, 150 000 bretons habiteraient dans l’agglomération parisienne alors qu’ils n’étaient environ qu’une dizaine de milliers sous la Monarchie de Juillet. Cette émigration concerne fortement les femmes et particulièrement les jeunes filles encore un peu naïves et dures à la tâche, recherchées par les famille bourgeoises de la capitale. Un phénomène qui devient rapidement une image d’Épinal avec la création en 1905 du personnage de Bécassine dans le premier numéro de La semaine de Suzette. Ce personnage, né de l’imagination de Jacqueline Rivière suite à une bévue commise par la bonne bretonne de sa créatrice est dessinée par Joseph-Porphyre Pinchon. Quoique empreinte de nombreux clichés, cette image traduit néanmoins une réalité de l’époque. En effet au début du XXe siècle des milliers de jeunes filles montent à la capitale pour travailler en tant que « bonne à tout faire » dans les familles aisées parisiennes.

      Dans ce document, cette émigration des jeunes bonnes bretonnes est traitée de façon très positive et n’aborde pas l’histoire difficile de ces jeunes filles, notamment à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. Par exemple, en 1926, Geneviève de Blignières, une Bretonne montée à Paris pour se consacrer à des œuvres sociales, s’aperçoit que 30 à 40 % des détenues de la prison Saint-Lazare sont bretonnes. Aussi décide t-elle, suite à ce constat, de créer en 1933 une maison d’accueil dans la gare Montparnasse afin d’aider et d’orienter ces jeunes filles vers un emploi et éviter les risques de la pauvreté et de la prostitution. Une structure qui deviendra en 1960 le Centre Social Breton et qui existe toujours mais dont la mission a bien évidemment changé depuis la fin des années 1960 car il est aujourd’hui un foyer de jeunes travailleurs spécialement dédiées aux jeunes filles d’origine bretonne. Cette émigration des jeunes bretonnes se poursuit donc tout au long de la première moitié du XXe siècle et même au lendemain de la guerre, comme en témoigne ce document. Cependant l’émigration bretonne vers le bassin parisien et notamment la seconde vague importante dans les années 1950 et 1960 va progressivement se modifier. La capitale a toujours besoin de main d’œuvre mais plus qualifiée et plus diplômée. Les bretonnes qui arrivent à la gare Montparnasse ne sont plus automatiquement accueillies et orientées vers le métier d’employée de maison. Elles investissent de nouveaux emplois dans la fonction publique, à la SNCF, la Poste ou encore la RATP. Ces femmes joueront aussi un rôle dans la modernisation de la région lors de leur retour en Bretagne, où elles contribueront à propager le style de vie citadin.


  • « Homme/Animal : une frontière fragile ? (1/4) Les animaux sont-ils moins intelligents que nous ? », par La série documentaire (#France_Culture)
    https://www.franceculture.fr/emissions/lsd-la-serie-documentaire/hommeanimal-une-frontiere-fragile-14-les-animaux-sont-ils-moins-intell

    L’#intelligence sert souvent à comparer les #animaux aux hommes. Cette hiérarchisation est-elle justifiée par la science ou faut-il nous libérer de notre #anthropocentrisme ? Et si chaque animal était doté d’une intelligence façonnée par l’évolution en fonction de l’adaptation à son environnement ?

    http://rf.proxycast.org/1439571107198799872/10177-28.05.2018-ITEMA_21692875-0.mp3

    #audio #radio



  • Hôpital psychiatrique du Rouvray : « Lettre ouverte des salarié·es en lutte à la Ministre de la Santé »
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/290518/lettre-ouverte-des-salarie-es-en-lutte-la-ministre-de-la-sante

    Cette lettre ouverte a été écrite au premier jour de la grève de la faim à l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray (près de Rouen). Depuis, le nombre de grévistes de la faim s’est porté au nombre de 7.

    Sotteville Les Rouen, le 22 mai 2018.

    Madame la Ministre,

    Depuis ce matin, mardi 22 mai 2018, cinq agents du Centre Hospitalier du Rouvray ont fait le choix, difficile, de mettre leur vie en jeu !

    Ces cinq personnes se sont déclarées en grève de la faim illimitée !

    Cette situation gravissime est le fruit de la rigidité et du mépris de vos services...

    En grève reconductible depuis le 22 mars 2018, les agents du CH du Rouvray se sont heurtés, depuis, à la ‟surdité” de leur Directeur, de la Directrice de l’ARS Normandie et même de votre Directeur de Cabinet Adjoint...

    La situation est insupportable :

    • Sur occupation chronique, avec lits de camps et accueil indigne d’un établissement de santé !

    • Besoin impérieux de la création de deux unités de soins :

    - Unité d’hospitalisation adolescents

    - Unité d’Hospitalisation Spécialement Aménagée

    • Manque criant de personnel dans les UF intra comme dans les UF extras hospitalières

    • Fermeture progressive des Unités de soins ambulatoires par manque de personnel (le contraire du virage ambulatoire préconisé par notre Ministère !)

    Les ‟non réponses” obtenues auprès de nos tutelles sont désarmantes :

    • On nous assène des chiffres et des moyennes pour nous démontrer ‟qu’il y a pire que nous” !

    • On ‟nous entend” mais personne ne semble nous écouter !

    • Demain, peut-être, il se passera quelque chose.... (on y travaille)

    Aujourd’hui, mardi 22 mai 2018, cinq personnes ont fait le choix de mettre leur vie en danger pour enfin se faire entendre dans un système de santé sourd à la souffrance de son personnel, broyé par des logiques comptables et des plans d’austérité !

    Madame la Ministre nous sollicitons votre intervention, rapide, afin de négocier, enfin, une sortie digne de ce conflit social. Cinq vies sont en jeu aujourd’hui...

    Veuillez agréer, Madame la Ministre, nos sentiments amers mais respectueux.

    Les syndicats :

    CGT

    CFTC

    CFDT

    SUD

    Le Comité de Grève du #CH_du_Rouvray

    Les agents non syndiqués du CH du Rouvray

    –—

    Contact du comité de soutien : soutienrouvray@netcourrier.com.

    Page Facebook des grévistes de la faim : https://www.facebook.com/GREVE-de-la-FAIM-au-Rouvray-389132238239225.

    Caisse de grève : https://www.lepotcommun.fr/pot/4og8ztsh.

    #psychiatrie


  • Une lutte très dure est en cours au sein de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray, près de Rouen. Au point que sept salarié·es sont aujourd’hui en grève de la faim. Selon le personnel, il y a l’équivalent d’une unité « fantôme » de patient·es, accueilli·es sur des lits de camp ou dans des bureaux, et pas plus de salarié·es pour autant.

    Le blog du comité de soutien
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/280518/comite-de-soutien-aux-grevistes-de-la-faim-de-lhopital-psychiatrique

    Après deux mois de grève illimitée pour l’obtention :
    – d’une véritable unité pour adolescent.es
    – 52 postes soignants
    – Une réelle remise à niveau des effectifs qui permettrait d’accueillir de façon digne les pa-tients au CH du Rouvray
    – La suppression des lits supplémentaires (lits de camp)
    – Une U.H.S.A
    Aucune réponse de la direction, ni de l’ARS.
    Depuis le 22 Mai, 7 salarié.e.s de l’hôpital ont décidé de commencer une grève de la faim illimitée.
    Le personnel toutes catégories confondues (soignants, techniques, logistiques, administratifs) ne supporte plus d’accueillir des personnes vulnérables, en grande souffrance dans des conditions indignes du service public.
    Les agents hospitaliers souffrent de sous-effectif chronique, entrainant des accidents du travail, une usure professionnelle.
    Rappelés sur leurs jours de repos, on les culpabilise au nom de la continuité des soins.

    Ils et elles sont victimes de maltraitance institutionnelle, de perte de sens du travail.
    Parfois en grand précarité, recrutés sous contrat de trois mois renouvelables sur plusieurs années, et donc malléables à merci.
    La politique hospitalière favorise une course à l’activité avec toujours moins de moyens.
    L’Agence régionale de santé (ARS) refuse toute augmentation des effectifs soignants, méprisant totalement les témoignages des soignants et leurs revendications.
    Qu’attendent les tutelles, les financeurs, le gouvernement… un drame ?

    La page FB des grévistes de la faim
    https://www.facebook.com/GREVE-de-la-FAIM-au-Rouvray-389132238239225

    #psychiatrie #santé #service_public #CH_du_Rouvray


  • La #Fondation_Lagardère propose une bourse de #journalisme (notamment). Et c’est une certaine conception du journalisme qui y est promue...
    https://twitter.com/justinebrabant/status/1000046696548782080

    Tiens, c’est rigolo cette petite clause du dossier de candidature de la bourse Lagardère destinée aux jeunes journalistes.

    #Jean-Luc_Lagardère #censure #respect_du_nom_du_financeur #uh_uh


  • La Bibliothèque Publique de Boston a décidé d’ouvrir au public ses collections de gravures par M.C. Escher, célèbre pour ses perspectives impossibles, en les faisant numériser dans une excellente qualité.

    On peut ainsi zoomer très fortement et observer les traits, les textures et la précision de l’artiste.

    https://www.digitalcommonwealth.org/search?f%5Bcollection_name_ssim%5D%5B%5D=M.+C.+Escher+(1898-197

    ping @mad_meg & @fil

    via http://www.laboiteverte.fr/des-gravures-descher-numerisees-en-haute-resolution


  • Benjamin Griveaux, pêcheur à la dérive

    https://blogs.mediapart.fr/romaric-godin/blog/270518/benjamin-griveaux-pecheur-la-derive

    Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, a, ce dimanche dans Le Parisien, remis une couche de cette justification philosophique. Dans une tribune où, selon une technique de communication bien connu, il inverse l’accusation à son profit et déclare que « l’homme pauvre est au cœur du combat » du gouvernement et où donc, par la grâce de son bras droit, Emmanuel Macron devient le « président des pauvres », il s’appuie sur une citation de Confucius.

    Cette citation est un lieu commun de la pensée libérale. Elle déclare que si un homme a faim, il lui est plus utile de lui apprendre à pêcher que de lui donner un poisson.

    Citer Confucius n’est pas anodin. Le penseur chinois n’est pas qu’une aimable référence d’une « philosophie orientale » à la mode, c’est le pilier du conservatisme de la Chine impériale. C’est une pensée du respect des hiérarchies et de l’ordre.

    Or, rien n’est plus contestable, en vérité. Apprendre à pêcher, est-ce vraiment la solution contre la faim ? S’il n’y a plus de poisson (parce qu’il y a eu de la pêche intensive, par exemple), s’il n’est pas possible légalement de pêcher (parce que la zone de pêche a été privatisée par exemple), servira-t-il à celui qui a faim de pêcher ? Et s’il peut pêcher, celui qui a faim pourra-t-il vivre de sa seule pêche ou devra-t-il vendre à vil prix le produit de sa pêche à celui qui lui a appris à pêcher, de sorte que lui et sa famille risque d’avoir encore faim malgré son savoir ?

    En réalité, si « l’homme pauvre » a faim, ce n’est pas parce qu’il ne sait pas pêcher, c’est parce qu’on a rendu son savoir de pêcheur inutile. Et qu’il ne peut plus vivre de l’activité qu’on lui propose. Pendant trente ans, ceux qui se sont repus de dépenses fiscales et d’avantages fiscaux, ceux qui ont exfiltré leur richesse à l’étranger, ceux qui ont délocalisé, ont détruit des savoirs-faire et n’ont pas investi dans la population française. Et puis ils se tournent maintenant vers le pauvre en le jugeant responsable et en lui faisant la leçon.


  • Les États-Unis séparent désormais les parents migrants de leurs enfants | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162252/etats-unis-separent-parents-migrants-enfants

    Avant l’élection de Donald Trump, les familles de migrants et demandeurs d’asiles qui étaient interpellées à la frontière mexicaine étaient détenus ensemble dans des centres de rétention, en attente de jugement. Mais les directives du gouvernement ont changé : maintenant, les parents et enfants sont détenus séparément, parfois dans des villes différentes, et même dans le cas d’enfants très jeunes.

    Depuis plusieurs mois, des centaines de cas de séparations ont été rencensés par les associations de défense des droits civiques.

    « Ce qui se passe ici est sans précédent. Ici en Arizona, nous avons vu plus de 200 cas de parents séparés de leurs enfants. Certains de ces enfants sont très jeunes, nous voyons régulièrement des enfants de deux ans, et la semaine dernière, il y avait un enfant de 53 semaines sans ses parents », expliquait Laura St. John de l’organisation The Florence Project, sur MSNBC.

    L’association de défense des droits civiques ACLU a engagé une procédure légale contre cette pratique du gouvernement, qu’ils considèrent comme une violation de la Constitution des États-Unis.

    Sur Twitter, le journaliste Chris Hayes a partagé des extraits de la plainte dans lesquels sont décrits plusieurs cas de séparation, comme celui de Miriam, venue du Honduras, qui dit avoir été séparée de son bébé de dix-huit mois et ne pas l’avoir vu pendant plus d’un mois. En mars, un procès de l’ACLU avait permis de réunifier une mère congolaise demandeuse d’asile avec sa fille de sept ans. Elles avaient été séparées pendant quatre mois.

    La nouvelle approche, introduite par le ministère de la Justice, consiste à condamner les personnes qui ont traversé la frontière illégalement à des crimes, et non plus à des infractions civiles, comme c’était le cas auparavant. Les adultes sont donc placés en prison, et non en centre de rétention, alors que les enfants sont gérés par une autre entité administrative, qui détient habituellement les mineurs qui traversent seuls la frontière.

    Interviewé par MSNBC, un avocat de l’ACLU a dit que c’était « la pire chose » qu’il avait vue en 25 ans de travail sur les droits des immigrés.

    « Je parle à ces mères et elles décrivent leurs enfants qui hurlent "maman, maman, ne les laisse pas m’emmener". »

    Il y a quelques jours, le chef de cabinet de la Maison Blanche John Kelly a défendu la pratique en disant qu’il s’agissait d’une dissuasion efficace et que les enfants seraient « placés dans des foyers ou autres ».

    • « The feds lost – yes, lost – 1,475 migrant children »
      https://eu.azcentral.com/story/opinion/op-ed/ej-montini/2018/05/22/immigration-children-separate-families-lost-kirstjen-nielson/631627002

      The Trump administration recently announced a new, get-tough policy that will separate parents from their children if the family is caught crossing the border illegally.

      It was a big news story. So big it overshadowed the fact that the federal government has lost – yes, lost – 1,475 migrant children in its custody.

      Cela suscite visiblement quelques réactions aux États-Unis
      https://twitter.com/hashtag/WhereAreTheChildren?src=hash

      En français, derrière un paywall dont le chapô m’a seulement permis de récupérer les deux liens ci-dessus : « Le sort des enfants migrants enflamme les Etats-Unis »
      https://www.mediapart.fr/journal/international/280518/le-sort-des-enfants-migrants-enflamme-les-etats-unis

      À sa frontière avec le Mexique, l’administration Trump commence à séparer les familles. Une façon, dit-elle, de « dissuader » l’immigration illégale. Ses services sont pourtant incapables de suivre correctement les mineurs placés en foyers.

    • New York (États-Unis), de notre correspondant.- « Les fédéraux ont perdu, oui, perdu, 1 475 enfants migrants. » L’éditorial de The Arizona Republic a révolté les réseaux sociaux. Des Américains se sont pris en photo avec cette question : « Où sont les enfants ? » (#wherearethechildren), devenue en quelques jours un mot-clé populaire. « L’inhumanité doit cesser », explique Joaquín Castro, représentant démocrate du Texas, qui appelle à une manifestation cette semaine à San Antonio.

      À l’origine de cette indignation, l’information rapportée par The Arizona Republic est, de fait, assez spectaculaire. Le 26 avril, Steven Wagner, un responsable du Département de la santé américain chargé de la gestion des réfugiés, a annoncé au cours d’une audition au Sénat que ses services, alors qu’ils tentaient de prendre contact avec 7 635 mineurs placés chez des proches ou dans des familles d’accueil, se sont révélés « incapables de localiser 1 475 » d’entre eux, soit 19 % de l’échantillon contacté.

      9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters 9 mai 2018. Cette famille vient de franchir la frontière entre le Mexique et les États-Unis près de McAllen, Texas. © Reuters

      Il s’agit de mineurs non accompagnés, la plupart originaires du Honduras, du Guatemala et du Salvador, des pays d’Amérique centrale ravagés par les violences. Placés quelques semaines en foyer après avoir tenté de traverser la frontière avec les États-Unis via le Mexique, ils sont ensuite confiés par les autorités à des proches, des parents ou des familles d’accueil en attendant l’examen de leur dossier par les services de l’immigration.

      Les 1 500 enfants manquant à l’appel ne sont pas forcément aux mains de trafiquants, exploités à vil prix ou livrés à eux-mêmes. « On ne sait pas combien d’entre eux n’ont pas été localisés parce que eux ou leurs proches, qui peuvent très bien être leurs parents, sont partis sans laisser d’adresse pour réduire les risques d’être renvoyés dans leur pays », explique la journaliste Dara Lind, spécialiste des questions migratoires sur Vox.com.

      Mais l’incertitude qui pèse sur leur sort a de quoi inquiéter : plusieurs médias, comme Associated Press et la chaîne PBS, ont révélé des cas de violences sexuelles, de travail forcé ou de mauvais traitement.

      « Vous êtes la plus mauvaise famille d’accueil du monde. Vous ne savez même pas où ils sont », a lancé à Steven Wagner la sénatrice Heidi Heitkamp. L’accusation de l’élue démocrate tape juste, sauf que sous l’administration Obama, qui avait dû faire face à une explosion du nombre de mineurs non accompagnés, le suivi était tout aussi défaillant.

      En 2014, les procédures de vérification des familles d’accueil avaient même été allégées pour faciliter les placements, livrant les enfants à des dangers accrus. En 2016, le Sénat avait préconisé des mesures de suivi renforcées, qui n’ont jamais été mises en place, faute de ressources et de volonté politique : le département de la santé considère en effet qu’une fois placés, les mineurs ne sont plus de sa responsabilité…

      Il y a un mois, l’« aveu » de Steven Wagner devant le Sénat n’aurait ainsi pas fait beaucoup de bruit. Mais tout a changé depuis que le président Trump, frustré de ne pas voir avancer son projet de mur avec le Mexique, en colère contre sa propre directrice du Département de la sécurité intérieure (DHS), a autorisé des mesures d’une extrême sévérité contre l’immigration irrégulière.

      Au nom de la « tolérance zéro », Jeff Sessions, “attorney general” (l’équivalent du ministre de la justice), un dur de dur connu pour sa hargne contre les clandestins, a annoncé le 7 mai la poursuite systématique des étrangers qui « traversent la frontière de façon illégale », une façon de décourager les candidats à l’immigration – au rythme de 40 000 personnes « appréhendées » chaque mois, on voit mal comment les procureurs vont suivre. Il a surtout déclaré que les enfants « clandestins » seront désormais « séparés » de leurs parents. De quoi susciter l’indignation générale. Au vu de la façon dont les mineurs non accompagnés sont traités dans les familles d’accueil, cette annonce sonne comme une provocation.

      « Cette horreur est insupportable, a twitté Walter Schaub, ancien directeur sous Obama et Trump du Bureau pour l’éthique gouvernementale, une agence fédérale anticorruption. Décider d’arrêter encore plus d’enfants alors même qu’on sait déjà que ce qui leur arrive est une violation immorale des droits humains. »

      « C’est de la torture », commente l’ACLU, une grande organisation de défense des libertés publiques, qui a engagé une action en justice collective contre le gouvernement. « La pire chose que j’ai vue en vingt-cinq ans, dit Lee Gelernt, l’avocat de l’ACLU, interrogé sur la chaîne MSNBC. Ces mères vous racontent leurs enfants qui crient “maman ! maman !”, “ne les laisse pas m’emmener !”, des enfants de cinq ans, de six ans. On va traumatiser ces enfants pour toujours. »

      « Cette pratique viole les droits des demandeurs d’asile inscrits dans la Constitution », ajoute Eunice Lee, codirectrice du centre de recherche sur le genre et les réfugiés Hastings College of the Law à San Francisco (Californie).

      Reuters Reuters

      Fin avril, le New York Times, citant des données officielles, a révélé que cette pratique est en réalité d’ores et déjà en place. Entre octobre et avril, écrit le quotidien, 700 enfants, dont 100 tout-petits de moins de quatre ans, ont été privés de leurs parents. Le département de la santé refuse de dire combien de ces familles restent aujourd’hui éclatées.

      Au vu des positions de l’administration Trump, qui cherche à lutter contre l’immigration mais aussi à décourager par tous les moyens l’exercice du droit d’asile, cette politique n’est guère surprenante. Elle avait été évoquée quelques semaines après l’investiture de Donald Trump par John Kelly, alors directeur de la sécurité nationale. Aujourd’hui chef de cabinet de Donald Trump, Kelly a affirmé à la radio publique NPR que non seulement la séparation des familles n’est « pas cruelle », mais qu’elle est aussi un « puissant moyen de dissuasion » contre l’immigration.

      Pendant sa campagne, et depuis son entrée à la Maison Blanche, Donald Trump a promis de « stopper » l’immigration illégale. Il s’en est pris aux Mexicains « violeurs » et « criminels », aux « pays de merde », a taxé publiquement des immigrés d’« animaux ». Il a annoncé l’envoi de la garde nationale à la frontière et a attisé sa base en s’en prenant à une « caravane » de réfugiés d’Amérique centrale qui cherchaient à obtenir l’asile aux États-Unis.

      Depuis son arrivée à la Maison Blanche, son administration s’est employée à détricoter les dispositifs protégeant les jeunes migrants. Trump lui-même a estimé que les mineurs qui passent la frontière « ne sont pas tous innocents » et nourrissent la violence des gangs.

      « Les enfants seront pris en charge, placés dans des foyers ou autre », a promis John Kelly. En l’occurrence, le « ou autre » pourrait désigner des bases militaires. Selon le Washington Post, des enfants séparés de leurs familles pourraient être bientôt placés dans des centres de l’armée, au Texas ou dans l’Arkansas.


  • En cherchant le nom d’une académicienne j’ai été faire un tour sur wikipédia.
    Je découvre une fiche intitulée « les femmes de l’AF » et cette fiche comporte une courte liste d’académiciennes et une longue liste de "candidates malheureuses"https://fr.wikipedia.org/wiki/Femmes_%C3%A0_l%27Acad%C3%A9mie_fran%C3%A7aise#Les_femmes_membres_de_l
    Car c’est interessant de garder le nom des femmes qui ont osé proposé leur candidature et qui se sont fait rembarrées. Du coup je me dit qu’il doit y avoir une liste de 8000 km des hommes qui se sont fait refoulé de l’académie suite à une candidature. Puisque ces messieurs ont 4 siècles d’avance en « candidaturs malheureuses » à l’AF. Je vais voire la page « les hommes de l’AF » bien sur elle n’existe pas. Je me rabat sur la fiche « AF » puisque par défaut si il n’y a pas écrit « femme » c’est qu’on parle des hommes. Or sur la fiche « AF » pas de liste des « candidats malheureux » mais une liste des « Refus de sièges » 100% masculins.

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Acad%C3%A9mie_fran%C3%A7aise#Refus_du_si%C3%A8ge_propos%C3%A9

    Voila comment on fait la mémoire des femmes et des hommes.

    #wikipédia #af #sexisme #historicisation


  • Que reproche-t-on a Parcoursup ?

    Les éléments contestés sont notamment :
    – Le fait que les formations choisissent dorénavant les étudiants et non plus les étudiant·e·s qui choisissent leur formation. C’est donc l’introduction officielle de la sélection à l’Université.
    – Le fait que les critères de sélection propres à chaque formation sont opaques et éventuellement problématiques éthiquement.
    – Le fait que les étudiant·e·s ne peuvent plus hiérarchiser leurs choix comme dans #APB, ce qui généralise l’incertitude y compris stratégiques même pour les élèves ayant eu des réponses positives mais pas à la formation qui a leur préférence.
    – Le manque de moyens des formations pour réellement étudier les différents éléments du dossier, notamment les informations qualitatives (lettre de motivation, fiche avenir).
    – Le fait que les éléments du dossier dépendent du lycée, voire des enseignant·e·s, du type de notation. L’évaluation sur laquelle est basée la sélection est donc en partie arbitraire et le baccalauréat, évaluation nationale, intervient après le classement algorithmique des candidat·e·s.
    – Les dysfonctionnements induits comme la tentation pour certaines formations moins prisées de pratiquer l’overbooking.
    – Le fait que le réel problème, “l’insuffisance de places et de moyens”, disparait des analyses médiatiques et du traitement politique alors même que le boom démographique des générations 2000 était (pré)visible depuis au moins leur arrivée en petite section de maternelle, il y a 15 ans…

    Comment les élèves ont été classés dans Parcoursup (Faïza Zerouala, Médiapart)
    https://www.mediapart.fr/journal/france/220518/comment-les-eleves-ont-ete-classes-dans-parcoursup

    Si le ministère a rendu public l’algorithme de classement, les critères utilisés en amont dans les universités pour ordonner les dossiers restent opaques.

    Parcoursup, une certaine vision de la société (Louise Tourret, Slate.fr)
    http://www.slate.fr/story/162111/parcoursup-certaine-vision-societe

    L’ancien algorithme attribuait les places en fonction du classement des élèves et des places disponibles. Tout le monde n’était pas content, des élèves étaient en attente au moment de passer le bac ; il y a eu des tirages au sort pour certaines filières. Les mécontents et mécontentes étaient minoritaires, mais ce choix de sélection, avec le hasard comme juge de paix, a largement scandalisé.
    Le nouveau système met tous les acteurs dans une logique totalement différente.
    […]
    Du côté des universités, Parcoursup instaure, en creux, une sorte de sélection en obligeant les facs à regarder qui s’inscrit dans leurs cursus. Sans beaucoup de moyen et sans beaucoup de transparence parfois, celles-ci ont mis en place leur propre système de classement.
    […]
    Parcoursup n’est finalement qu’un avater de la numérisation de notre société. Tout était censé être plus simple mais tout est plus compliqué pour les individus, vous, moi, nos enfants. Il faut se conformer à un mode d’organisation numérique et s’y adapter en étant non pas plus réflexif mais plus connecté, et surtout, plus patient. Parcoursup est pleinement un outil contemporain : c’est nous qui nous adaptons à la « machine » au système, et devons en fluidifier le fonctionnement.
    […]
    En organisant ainsi l’orientation et donc la vie des élèves, l’institution prend une énorme responsabilité. Et en montant au front pour défendre leur plateforme, les ministres Vidal et Blanquer ont surtout défendu une vision du monde, une manière d’organiser la vie et l’avenir.

    #éducation #post-bac #Parcoursup #orientation #éducation_supérieure #algorithme #sélection

    • En guise de complément, il y a d’autres éléments problématiques :

      – Le moins évident, mais le plus criant, et qui commence à se faire sentir dans les lycées et aussi dans les écoles, c’est la gestion « à l’élève près » : on ferme des classes ou des sections une année parce qu’il manque des élèves, on ne permet plus les dédoublements. Lorsque les effectifs augmentent, bizarrement, les « structures » qui, il y a quelques années encore, évoluaient aussi dans ce sens-là, sont bloquées, et on dit aux établissements : « débrouillez-vous avec les moyens qu’on vous a donnés ».

      Au lycée, il y a deux types de filières : les filières « contingentées » (on dit « sélectives » dans parcoursup, mais c’est la même chose : cela concerne des filières très demandées ou où la partie technique/pratique nécessite de limiter le nombre d’élèves sur des TP), et les filières non contingentées, où un établissement est supposé accueillir tout le monde. Jusqu’à présent, si un établissement avait soudain une forte demande dans une filière non contingentée, on ouvrait une classe (mon établissement a ainsi régulièrement oscillé entre une et deux 1ères scientifiques). Le cas s’est produit plus récemment pour la filière littéraire, et on nous a mis face au dilemme suivant : accepter d’avoir 40 élèves dans une classe, ou refuser des élèves motivé.e.s par des options proposées exclusivement dans notre lycée (mais pas contingentées).
      C’est visiblement la même logique qui domine désormais à l’université, où un effectif maximal est prévu partout, alors qu’avant, on créait des groupes de TD en plus (avec les moyens qui allaient avec).

      – Dans les deux cas, on nous sort l’argument de « la fluidité des parcours », on nous explique que l’élève doit choisir un projet en adéquation avec ses capacités, au risque d’échouer. Quand je vois comme il est parfois difficile, en 2nde, de savoir ce que va donner la scolarité d’un(e) élève en première, et à quel point la motivation et le plaisir qu’il/elle aura à venir au lycée le matin sont déterminants, je m’interroge sur les critères des résultats scolaires, majoritairement retenus dans parcoursup, pour classer les candidat.e.s, faute de moyens humains pour lire et étudier les éléments qualitatifs (lettre de motivation, fiche avenir...) comme tu le disais.

      La « fluidité des parcours », c’est un joli mot qui recouvre en réalité une violence inouïe qui est qu’on case les élèves/étudiant.e.s plus hésitant.e.s ou qui ont eu le malheur de vouloir se réorienter non pas où ils/elles veulent aller, mais là où il reste de la place. C’est l’élève qui doit être fluide... Ce sera aussi le cas avec Parcoursup et la fameuse commission supposée en bout de course proposer aux candidat.e.s qui n’ont eu que des « non » des places là où il en restera.

      – cela nous amène au troisième point de friction de parcoursup, que tu évoques ci-dessus : APB avait beaucoup de défauts, et le tirage au sort n’était pas une solution acceptable pour les filières en tension. Mais l’algorithme qui soutenait le tout reposait sur le principe de l’amélioration maximale du vœu obtenu par rapport au classement établi par les candidat.e.s. Parcoursup ne fonctionne plus ainsi et ça va conduire à énormément d’orientations par défaut : https://zestedesavoir.com/billets/2527/reflexions-sur-parcoursup
      Certes, on se félicite au ministère que 458 376 candidat.e.s aient reçu au moins un « oui » parmi leurs vœux. Dans la plupart des cas, il s’agit de vœux par défaut. On peut s’en convaincre en voyant que 3 jours après le début de la moulinette seuls 82 377 élèves ont accepté une proposition. Dans le même temps, on a 30 000 jeunes sur le carreau (entre les « non » partout et celles et ceux qui ont déjà démissionné de la passerelle : futur.e.s services civiques, ou cadeau pour toutes les formations privées hors de prix).

      – L’autre aberration, qui existait déjà avec APB, est que les candidats sont classé.es par « groupes » dans l’application. Pour avoir été aussi en commission de classement, cela signifie qu’on choisit les critères de sélection selon les groupes (par exemple, la filière d’origine). Si on a 24 places à attribuer pour une classe de BTS, on va par exemple classer les candidats en trois groupes (terminale générale et technologique, terminale bac pro, « autres ») et déterminer combien d’élèves on prendra dans chaque catégorie. Dans « autres », on va à la fois avoir des profils « fantaisistes », mais également des profils d’élèves très motivé.es, qui ont parfois fait une année d’étude dans le supérieur, ou qui se réorientent de façon pertinente. Sauf qu’on ne sait lesquel.les veulent véritablement venir dans la formation. Alors on limite le nombre de candidat.es qu’on accepte et qui viennent du groupe « autres ». Il n’y a qu’à lire les témoignages sur le Hashtag #parcoursup de twitter pour comprendre comment on interdit à cette génération le droit à l’erreur.

      – ça panique sévèrement dans les lycées. Les jeunes sont plongé.es dans une angoisse pas possible juste avant le bac, sont souvent déçu.es, découragé.es. Ils et elles ont bien compris qu’on n’avait pas lu leurs belles lettres qu’il avait fallu pourtant écrire, en pesant chaque mot à cause de la limite de 1500 caractères. Beaucoup commencent à parler de redoubler pour pouvoir avoir mieux. Sauf que, cf premier élément évoqué ci-dessus, on ne pourra pas reprendre tout le monde.

      – Enfin la dimension perverse du système est de dire en temps réel, jour après jour, à celles et ceux qui sont sur liste d’attente, combien de candidat.e.s il reste devant eux. Présenté comme un dispositif transparent et humain, cela induit le sentiment d’être mis en concurrence les un.e.s avec les autres, et augmente pour les candidat.e.s loin dans les listes d’attente le sentiment d’être nul.le. Encore une fois, les réactions sur Twitter sont éloquentes, avec les références grinçantes à Hunger Games, les propositions de désistement moyennant finance (sur le ton de l’humour, mais tout de même...). Finalement, c’est une guerre des nerfs qui est en train de se jouer, pour savoir qui renoncera en premier à ses vœux.

    • L’analyse d’une sociologue https://www.lesinrocks.com/2018/05/24/actualite/parcoursup-nest-pas-seulement-dans-la-selection-mais-dans-lexclusion-111

      Ce système a-t-il des effets – dissuasifs ou incitatifs – sur les vœux formulés par les lycéens, sur les filières qu’ils choisissent ?

      Oui, c’est quelque chose qui a été anticipé par de nombreux sociologues qui travaillent sur les trajectoires scolaires et la construction des choix d’orientation, notamment à l’entrée dans l’enseignement supérieur. On sait déjà qu’il y a beaucoup de mécanismes d’auto-élimination et d’autocensure, notamment chez les filles et les élèves issus de milieux populaires. Même si nous ne disposons pas encore des données, on peut faire l’hypothèse que le système Parcoursup a tendance à accroître ces phénomènes. Quand vous devez justifier vos choix par des lettres de motivation – même si elles ne sont pas lues –, vous devez vous sentir légitimes. Le système APB permettait à des élèves un peu plus faibles en termes scolaires de tenter des filières, et il y avait plus de choix possibles : là il n’y en a plus que dix. Les sociologues Milan Bouchet-Vala et Marie-Paule Couto ont ainsi observé qu’avec Parcoursup, il y a moins de vœux formulés dans les licences publiques d’université, et plus de vœux dans les filières sélectives, type BTS, notamment dans des académies comme Créteil, où les élèves sont plus défavorisés. Cela semble dire que ces élèves ne se sentent pas légitimes à aller à l’université, et qu’ils ne formulent même pas de vœux dans ces filières.

    • Pendant ce temps-là, au rectorat de Créteil, on recrute du #contractuel pour les commissions académiques supposées aider les candidats recalés par Parcoursup. Les CO-PSY, en train de disparaître, apprécieront. Puisqu’on vous dit que tout avait été prévu ! D’après le tableau de bord de ce matin, on a en tout environ 60 000 candidats sur le carreau (en comptant seulement les démissionnaires et les refusés partout), dont 24 076 refusés. 6 284 candidats ont déjà saisi les fameuses commissions académiques. https://biep-recrute.talent-soft.com/offre-de-emploi/imprimer-fiche-emploi-gestionnaire-des-commissions-academi