Jacotte

poule aux yeux d’or

  • #Crise_climatique : vous ne souffrez pas d’éco-anxiété, mais de lucidité

    https://www.liberation.fr/societe/sante/crise-climatique-vous-ne-souffrez-pas-deco-anxiete-mais-de-lucidite-20260

    Chaque jour, je constate les conséquences de cette #canicule sur les humains. Les conséquences physiques, les conséquences psychiques. Et le gouvernement, enfermé dans le déni pervers de son inaction qui lui permet de s’absoudre de toute responsabilité, pond, non pas un numéro vert cette fois-ci, mais un laïus délirant sur sa page Instagram pour faire face aux angoisses face au changement climatique. « Comprendre cette souffrance, repérer les signaux d’alerte, agir. » On est au-delà de 1984, on est au-delà d’Orwell. Les mots n’ont plus aucun sens. « L’éco-anxiété est une réponse légitime au regard de la crise environnementale. Le problème apparaît lorsque cette inquiétude devient envahissante. » Traduit en français, cet élément de langage infect signifie : oui, vous avez raison de vous inquiéter parce que nous n’avons rien fait pour lutter contre le changement climatique, à part tirer au LBD sur des écoterroristes et gazer des pompiers que nous vous demandons aujourd’hui d’applaudir à vingt heures, MAIS cette inquiétude ne doit en aucun cas vous paralyser et affecter votre rendement au service du système qui vous envoie tous dans le mur en klaxonnant.

    Et le décompte qui suit est aussi lunaire que cet aveu de je-m’en-foutisme : 6,3 millions de Français seraient moyennement éco-anxieux, « avec de premiers symptômes à ne pas laisser s’aggraver » ; 2,1 millions seraient fortement éco-anxieux « avec des symptômes commençant à menacer leur santé mentale » ; 2,1 millions supplémentaires seraient « très fortement éco-anxieux, avec des symptômes intenses et chroniques, à risque fort pour leur santé mentale » ; enfin 420 000 « ont leur santé mentale en réel danger ». Je ne sais pas si on mesure le niveau scientifique et médical risible de cette énonciation probablement pondue par ChatGPT.

    https://justpaste.it/f3al4

    edit quoi qu’en ait le docteur, il arrive que le pessimisme de la raison ne s’abouche pas à l’optimisme de la volonté, que la lucidité accroisse l’anxiété, mécanique que ni l’oubli du présent (ça revient lorsqu’en ce moment on apprécie quelques degrés celsius en moins) ni le déni ne parviennent plus guère à éviter.

    #changement_climatique #contestation #écologie #psychiatrisation (douce)

  • Bouygues, Dassault, Tranchant… « En Sologne on se cache, on s’engrillage pour se livrer à des jeux macabres ». Enquête sur les chasses VIP
    https://www.challenges.fr/entreprise/green-economie/bouygues-dassault-tranchant-en-sologne-on-se-cache-on-sengrillage-pour-se
    #riches #chasseurs #écocide #sologne

    Les poteaux hauts de plus de deux mètres, des bardages opaques, parfois hérissés de barbelés… Sur les petites routes de Sologne ces murs infranchissables ponctuent fréquemment le paysage forestier. Dans cette région verdoyante – à cheval sur le Loiret, le Cher et le Loir-et-Cher, -, les grandes fortunes françaises ont l’habitude de vivre cachées. Les aristocrates viennent ici chasser depuis la construction de Chambord au XVIe siècles, rejoints depuis le XXe siècle par les plus grands capitaines d’industrie. Attirés par la proximité avec Paris, les très nombreux châteaux, la défiscalisation sur les forêts et un gibier foisonnant, les Bouygues sont aujourd’hui voisins des Dassault, Seydoux, Vuitton, Tranchant…

    Et depuis les années 1990, ces riches hommes d’affaires se claquemurent : 90 % du massif forestier local y est privé, quadrillé de plus de 3000 km linéaires de grillages, au bas mot, selon une évaluation des ministères de la Transition écologique et de l’Agriculture en 2019. Objectif : empêcher toute intrusion… et parquer le gibier. Derrière ces murs, les propriétaires, ou des entreprises commerciales, y organisent des parties de chasse qu’on dit gargantuesques – des témoins rapportent des centaines d’oiseaux, de sangliers ou de cervidés tués en une seule journée, entre le champagne et le caviar. « La Sologne est une danseuse, ironise Martine Vallon, directrice retraitée du musée de Sologne. Ce n’est pas une terre qui rapporte, mais ses domaines et ses parties de chasse font partie du standing, de la relation clients. »

    Et ce toute l’année. Car pendant longtemps, posséder un enclos hermétique permettait de déroger aux périodes de chasse réglementaires, encourageant les propriétaires à s’emmurer, quitte à morceler la forêt. Le cinéaste Nicolas Vanier, dont la famille vit en Sologne depuis un siècle, en subit de plein fouet les conséquences. Deux de ses voisins ont grillagé, encerclant plus de 50 % de ses terres, estime le réalisateur aux premières loges : « L’engrillagement a créé des tensions très fortes entre les propriétaires parisiens et les habitants qui sont contre à 99 %. On a transformé la Sologne en un grand zoo cynégétique. »

    • La journaliste Mona Chollet, liée par sa lignée maternelle à la région, dénonce la « politique de la ruine » mise en œuvre par Israël, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      [photo] Un abri temporaire en bois, construit par Alaa Jouda, un Palestinien de 38 ans, pour sa famille et ses enfants, sur les décombres de leur maison dans le camp de réfugiés d’Al-Chati, à l’ouest de Gaza, le 11 mai 2026. (Yousef Zaanoun/Activestills)

      Longtemps délaissée comme objet de pensée, la maison occupe une place centrale dans nos existences. Chérie, hantée, perdue, fantasmée, elle est une membrane qui tantôt nous protège, tantôt nous enferme, elle est traversée par les enjeux de l’époque et souvent les matérialise. C’est pourquoi, cet été, Libération a invité des philosophes, écrivains, anthropologues… à examiner le sujet sous divers angles.

      « Un lieu, je veux un lieu ! Je veux un lieu à la place du lieu pour revenir à moi-même, pour poser mon papier sur un bois plus dur, pour écrire une plus longue lettre, pour accrocher au mur un tableau, pour ranger mes vêtements, pour te donner mon adresse, pour faire pousser de la menthe, pour attendre la pluie. Celui qui n’a pas de lieu n’a pas non plus de saisons. Pourras-tu me transmettre l’odeur de notre automne dans tes lettres ? Emmène-moi là-bas, s’il reste encore une place pour moi dans le mirage figé. Emmène-moi vers les effluves de senteurs que je respire sur les écrans, sur le papier, au téléphone… »

      Ces lignes éperdues de nostalgie sont extraites d’une lettre du poète palestinien Mahmoud Darwich (1941-2008) écrite durant son exil à Paris, dans les années 1980, à son ami Samih al-Qassem (1939-2014) resté en Palestine, et publiée dans leur correspondance, les Deux Moitiés de l’orange. Je les ai citées dans l’un de mes premiers livres, il y a plus de vingt ans, bien avant de consacrer un essai – Chez soi (la Découverte) – aux multiples fonctions qu’une maison remplit pour nous.

      Pouvoir refermer une porte sur soi, mettre son corps à l’abri des intempéries, se protéger des intrusions, préserver son intimité, entretenir la vie au sens physiologique – dormir, se nourrir, faire ses besoins, se laver –, mais aussi au sens symbolique : exprimer son identité en conservant les objets que l’on aime, en exposant ses photos de famille… C’est tout cela que nous offre un lieu.

      Née à Genève d’un père suisse, je pourrais être intarissable sur les chalets des vacances de mon enfance, sur leur enivrante odeur de bois qui, à peine le seuil franchi, formait déjà un abri à elle toute seule. Mais c’est ma lignée maternelle – grand-père palestinien, grand-mère née en Egypte de parents syriens – qui me fait signe aujourd’hui, inévitablement, lorsqu’on parle de maisons.

      J’ai grandi dans un univers domestique à forte tonalité orientale : les courgettes et feuilles de vigne farcies de ma grand-mère, et tant d’autres plats et pâtisseries dont le souvenir me fait encore saliver ; l’eau de la fleur d’oranger qu’elle distillait elle-même en Egypte, qu’elle achetait en quantités industrielles en Suisse et dans laquelle elle nous noyait à moitié, mon frère et moi, à la moindre insomnie ; les mélopées de Fairouz, d’Oum Kalthoum, d’Abdel Halim Hafez ou d’Asmahan dans la cuisine, reprises à tue-tête par ma mère… Des bribes d’un art de vivre largement transfrontalier, si bien dépeint par les réalisateurs Marya Zarif, Syrienne exilée au Québec, et André Kadi, dans un film d’animation enchanteur, Dounia et la Princesse d’Alep (2022).

      Cet héritage rend d’autant plus douloureux le spectacle de la « politique de la ruine » – selon l’expression du politiste Ziad Majed – mise en œuvre par Israël, à une échelle invraisemblable, en Palestine ou au Liban, à travers la destruction systématique des maisons.

      Gaza a été rasée ou endommagée à plus de 80 %

      A Jérusalem-Est, des Palestiniens sont expulsés pour laisser place aux colons, comme Asmahan Shweikeh, 72 ans, et onze membres de sa famille, qui ont eu une heure pour rassembler leurs possessions, le 9 novembre 2025. Sous le choc, la vieille femme a été sortie sur un brancard. Au même moment, son voisin Juma’a Odeh voyait ses meubles et ses ustensiles de cuisine jetés dans la rue. Le soir venu, des drapeaux israéliens flottaient sur le toit et les nouveaux occupants diffusaient de la musique à plein volume pour fêter leur triomphe (+ 972 Mag, 11 novembre 2025).

      D’autres Palestiniens sont sommés de détruire eux-mêmes les murs qui les abritent, sous peine d’une forte amende. « Mes larmes coulaient tandis que je le faisais », témoigne l’un d’eux sous couvert d’anonymat (RFI, 19 mai 2026). Fakhri Abu Diab, habitant sexagénaire du quartier de Silwan, s’y est refusé. Devant un tas de décombres, il désigne l’endroit où, enfant, il s’asseyait avec sa mère pour boire le thé en revenant des champs : « Ils ont démoli mon enfance, l’odeur de ma mère, tous mes souvenirs » (voir Middle East Eye, 22 janvier 2026).

      Rasée ou endommagée à plus de 80 % selon les Nations Unies, Gaza est évidemment la partie de la Palestine où cette politique a été poussée le plus loin. Avant le 7 octobre 2023, malgré l’enfermement, le blocus, le bourdonnement constant des drones, les bombardements réguliers, ses habitants s’arrangeaient – en particulier, grâce à leur front de mer si convoité – pour grappiller autant de plaisirs quotidiens que possible, comme l’a raconté le journaliste Mohammed Omer Almoghayer dans son livre On the Pleasures of Living in Gaza : Remembering a Way of Life Now Destroyed (non traduit) . Ce territoire autrefois vibrant a été transformé en paysage lunaire.

      Parmi les mots en « -cide » (urbicide, écocide, scolasticide, génocide…) qui peuvent s’appliquer à ce qu’y fait l’armée israélienne, il y a le « domicide », défini par l’ONU comme la « destruction de masse des habitations et des infrastructures civiles ».

      Une destruction menée au moyen de bombes, de tirs d’artillerie, de bulldozers, mais aussi de robots chargés de tonnes d’explosifs. « En novembre 2024, quinze robots ont été déclenchés dans deux rues du camp de Jabalia, relate l’infirmier Mohammed Tamous. Les explosions ont rasé des pâtés de maisons entiers. Des dizaines de personnes ont été tuées. Nous étions à cinq kilomètres et nous avons entendu les détonations comme si elles avaient lieu à côté de nous. » (The New Arab, 25 mai 2025).

      A Gaza, les maisons restées debout ont perdu toute capacité à protéger leurs habitants, en raison de la menace permanente d’un bombardement, mais aussi des quadricoptères (petits drones). Le 16 août 2025, Amal al-Khudari, 35 ans, étendait du linge sur son balcon, son fils de 4 ans à ses côtés, quand l’un d’eux l’a prise pour cible, la blessant mortellement. L’intimité aussi devient impossible. Une nuit de l’été 2025, M. F., 26 ans, dormait dans sa chambre quand, vers l’aube, elle a été réveillée en sursaut : entré par la fenêtre ouverte, un drone planait devant son lit (Middle East Eye, 22 août 2025).

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation

      Le meurtre et la destruction s’accompagnent d’une insistante volonté de profanation. Des soldats israéliens se filment dans les maisons de familles tuées ou déplacées, saccageant une cuisine, chevauchant un tricycle, fouillant dans les tiroirs à lingerie. Sans parler de la pratique consistant à déféquer dans les intérieurs (sur les tables, dans les marmites), documentée dès le siège de Beyrouth (The Washington Post, 28 septembre 1982), et encore signalée récemment en Cisjordanie par Amira Hass dans Haaretz (28 juillet 2025). Après la guerre de 2014, le Gazaoui Ahmed Owedat avait retrouvé sa maison dévastée, jonchée d’excréments et souillée de graffitis : « Brûlez Gaza », « Bon Arabe = Arabe mort » (The Guardian, 7 août 2014)…

      Le 20 mars dernier, la neurobiologiste franco-libanaise Samah Karaki, originaire du Sud-Liban, annonçait sur Instagram que sa famille avait dû fuir : « Les images vues de Gaza, des soldats vandalisant des maisons, retournant des objets, exposant des vies, finiront par concerner ma propre mémoire. Les draps à fleurs et à cœurs roses deviendront un décor ridiculisé dans des vidéos méprisantes. »

      La maison d’enfance de la journaliste gazaouie Ruwaida Amer a été détruite par un bombardement israélien en 2000, quand elle avait 7 ans. Avec passion, durant dix ans, elle a mené les travaux pour agrandir et embellir l’habitation que sa famille avait finalement pu retrouver : « Je ne voulais jamais quitter la maison. Je terminais mes tâches à l’extérieur au plus vite et je rentrais chez moi. Au début de la guerre, je disais que je pouvais tout supporter tant que notre maison subsistait. Déplacée au camp de réfugiés de Khan Younès, je m’asseyais seule lorsque je me sentais fatiguée et effrayée, et j’imaginais ma maison dans sa tranquillité : ma chambre, mon lit, chaque recoin. » Elle dit s’être « écroulée » en recevant la vidéo qui montrait l’objet de tant de soins et d’amour pulvérisé par une bombe (+ 972 Mag, 15 novembre 2025).

      Sa consœur Nour Aboaisha, elle, tente de fuir un présent dystopique en se remémorant les moments où elle se blottissait sur son lit avec un café et sa série préférée (Yaani, 11 mai 2026). Le blocus israélien interdisant l’entrée de matériaux de construction, elle vit désormais, comme de très nombreux Gazaouis, sous une tente glaciale en hiver et étouffante en été, envahie par les eaux usées lors des fortes pluies, où les rats dévorent les réserves de nourriture et mordent les bébés durant la nuit, où les amputés se traînent faute de prothèses, où des malades du cancer agonisent (le dernier centre hospitalier traitant le cancer a été bombardé le 15 mai 2025).

      La jeune autrice Nour Elassy, évacuée de Gaza il y a un an et désormais étudiante à Paris, publiera le 9 septembre un recueil de poèmes intitulé Ceci est ma maison : « Ceci n’est pas, et n’a jamais été /Des décombres. /Ceci est ma maison. »

      Réfugié en Italie, le journaliste Ahmed Dremly dit son émotion de renouer avec des luxes ordinaires, presque oubliés en deux ans et demi de cauchemar : de l’eau au robinet, une douche chaude, la possibilité d’allumer une lampe le soir (Middle East Eye, 4 juillet 2026)…

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien

      Parmi les moins mal lotis, dans ce lieu apocalyptique qu’est devenu Gaza, figure le charpentier Alaa Jouda. Sur les gravats de sa maison bombardée, il a édifié avec des matériaux de récupération un chalet doté de fenêtres où il vit avec sa famille (RFI, 14 juin 2026).

      D’autres Gazaouis exhibent sur Instagram des tentes rutilantes, en démontrant une parfaite maîtrise des codes du réseau social : rituels matinaux, tâches ménagères expédiées avec panache, pauses-café, couchers de soleil… Ils parviennent à cultiver quelques plantes et légumes aux abords de leur abri – en particulier, cette menthe qui symbolisait pour Darwich le quotidien heureux en Palestine.

      Samah (@samahsweedan) fait visiter sa tente décorée de tapis, de coussins, de plantes vertes et de lanternes, un drapeau palestinien aux couleurs éclatantes accroché à une paroi de toile. Laith Rashdan (@laithh.ra) se filme au réveil, jouant avec son chat avant d’émerger à l’extérieur en s’étirant. Mahmoud Shamalakh (@mahmoud.shamalakh) montre les plats simples et délicieux qu’il prépare pour sa petite sœur et son petit frère sur un réchaud de fortune.

      Contre cette dignité-là, toute la sophistication militaire du monde ne pourra jamais rien.

      Sur Facebook, le réalisateur Abbas Fahdel rend compte jour après jour, dans des publications saisissantes, de la destruction du Sud-Liban, où il vit. Le 19 juillet, il racontait comment les arbres bordant les routes de Bint Jbeil avaient été abattus un à un par des soldats israéliens. Et il concluait : « Un jour, les routes de Bint Jbeil retrouveront leurs alignements d’arbres. Les enfants marcheront de nouveau sous leur feuillage sans savoir que d’autres, avant eux, avaient voulu leur voler cette ombre. Ce sera peut-être la plus belle des réponses : planter là où l’ennemi avait arraché, faire grandir là où il avait voulu stériliser la vie. Car la véritable force n’appartient pas à celui qui détruit. Elle appartient à celui qui replante. »

  • La crise climatique est une question de nourriture plus que de température
    https://contre-attaque.net/2026/08/05/la-crise-climatique-est-une-question-de-nourriture-plus-que-de-tempe

    Prenons un produit de consommation courante, utilisé au quotidien par la plupart des gens : l’huile d’olive. Cet été des oliveraies ont brûlé en Grèce, en Italie et au Portugal. D’autres sont indirectement affectées par les émanations de fumée et par la sécheresse, provoquant une baisse de la production. Le bouleversement climatique favorise également la prolifération de parasites et de maladies. Résultat : le prix de l’huile d’olive, qui a déjà explosé ces dernières années, risque de monter massivement dans les mois à venir. Sarah Vachon, fondatrice du Citizens of Soil olive oil group, explique : « À moins que les conditions climatiques ne reviennent bientôt à la normale, il faut s’attendre à une augmentation du prix de l’huile d’olive dès cet automne ». Et le « retour à la normale » n’est pas prévu.

    L’huile d’olive n’est qu’un exemple. Les élevages ont été durement touchés par la chaleur, et le secteur de la volaille a perdu entre 2,5 et 3 millions de têtes rien que lors de la première vague de chaleur dans l’ouest. Une hécatombe qui se répercutera sur les prix. Un produit aussi banal que la salade aussi devient une denrée rare. Le Parisien explique que les producteurs ont subi des pertes massives, un maraîcher du Finistère dit n’avoir pu récolter une seule salade depuis plusieurs semaines, faute d’irrigation. Un autre cultivateur explique sur TF1 avoir perdu la moitié de sa production. Chez Carrefour, le prix d’une salade fraîche a augmenté de 50%.

    Dans un bulletin du 10 juillet, le syndicat de producteurs Légumes de France, lié à la FNSEA, estimait qu’entre 25 et 30% du potentiel de récolte serait perdu. Cette chute de la production atteint 30% des récoltes de fraises, 20 à 30% des carottes, y compris pour les productions d’automne car les semis ont brûlé, 50% des poireaux de printemps, 20 à 30% en navets, 30 à 40% des pois et haricots. Et ce n’est qu’un bilan provisoire, ce bulletin date d’il y a un mois, et il n’a toujours quasiment pas plu une goutte sur la majorité des terres cultivables françaises. D’autres légumes de base, comme les oignons, sont aussi concernés. Les vignes sont aussi touchées, ce qui se répercutera sur le prix du vin dès cet automne.

  • Virginie Despentes, Cher Connard, Grasset
    page 72

    On supporte très bien l’idée que les femmes soient tuées par les hommes, au seul motif qu’elles sont des femmes. Sauf si elles sont de petites filles ou de vieilles dames. Ce qui veut dire qu’on supporte très bien l’idée qu’une femme soit victime d’un homme tant qu’elle est en âge d’avoir une sexualité active. Même si elle est mariée, même si elle est maman, même si elle est bonne sœur - à partir du moment où elle est pubère et jusqu’à ses soixante quinze ans - elle est une victime acceptable.
    Et je crois que c’est parce qu’elle est éventuellement sexuelle. La société comprend l’assassin. Elle le condamne, évidemment. Mais avant tout elle le comprend. C’est plus fort que lui. Que ce soit sa femme ou une inconnue.
    Imagine qu’à la place des femmes qui sont tuées par les hommes, il s’agisse d’employés tués par leurs patrons. L’opinion public se raidirait davantage. Tous les deux jours, la nouvelle d’un patron qui aurait tué son employé. On se dirait, ça va trop loin. On doit pouvoir aller pointer sans risquer d’être étranglé ou criblé de coups ou abattu par balles. Si tous les deux jours un employé tuait un patron ce serait un scandale national. Pense à la gueule des gros titres : le patron avait déposé trois plaintes et obtenu un ordre d’éloignement mais l’employé l’a attendu devant chez lui et l’a abattu à bout portant. C’est quand tu le transposes que tu te rends compte que le féminicide est bien toléré. Les hommes peuvent te tuer. Ça flotte au-dessus de nos têtes. On le sait. C’est comme si on te recommandait de jouer à la roulette russe. Je n’ai jamais eu envie de mourir mais j’ai aimé les drogues dures, les hommes violents et la vitesse. On m’aura beaucoup plus sermonnée sur les drogues dures que sur les hommes.

    #transposition #féminicide #violences

    • faites donc cher sombre, trollez, il en restera toujours quelque chose

      Mais ce n’est pas que grasset et grobollet qui chie sur les auteurices. Ce sont les intellectuelles et les artistes que cette société maltraite en leur expliquant concrètement qu’ils ne servent à rien.

      Il faudrait que je liste ici tous les modes d’abandon mis en place pour que les auteurices ne puissent plus survivre financièrement. Alors que ces métiers étaient considérés comme à protéger et bénéficiaient de quelques protections exceptionnelles. Les auteurices sont devenues des entreprises indépendantes reliées à l’urssaf qui n’ont ni chomage, ni congés et bossent quand on daigne leur acheter leur production ou leur faire une commande. Quant aux factures electroniques avec recapitulatif trimestriel cela ne va pas aider.

    • Le terrain était bien préparé, socialement et philosophiquement par les libéraux. On est bien domestiqué avec des œillères Travail, l’obligation tacite de ce commerce de la sueur à la monnaie passe par le salariat employé/patron. Et surtout ne pas avoir le temps de penser. Continuité de l’esclavage dans le sens ou même ton avenir rendu plus glorieux et même joyeux dans l’acceptation de ce deal se concrétise dans une vie de non homme libre . Puis on ratisse tout autour et on fait tomber les têtes des « libres » : chomeurs, précaires, artistes, auteurices ...
      Je fréquente pas mal de gens qui ont vécu ou vivent dans la rue, oui c’est dur et violent mais ce sont de vraies personnes pas du chiqué baratineur cochon d’inde dans sa roue que beaucoup devienne une fois intégré au monde du travail où il n’y a pas plus le temps de revenir à Ah mais keskejefaila ?
      Le process des politiques des hypermarchés. On accepte le contrat car on le croit pratique et plus économique jusqu’à ce que l’idée même du paysan disparaisse de nos mœurs, remplacé par nos chaines en bétons.
      Je perds mon sang froid, tatatata.
      Ma vue me joue des tours, j’ai lu le macronisme est un traumatisme , c’est bien la réalité.

  • Devenir une « ville éponge » : la solution de Berlin face à la sécheresse
    https://reporterre.net/Devenir-une-ville-eponge-le-combat-de-Berlin-contre-la-secheresse

    Tu vois, à Toulouse où ces 2 derniers mois le thermomètre est resté biens souvent la nuit au-dessus de 30 degrés, le service de l’urbanisme ne savait pas il y a 8 ans ce qu’est une toiture végétalisée. Je ne suis pas allée vérifier, mais vu la politique du maire actuel ils n’ont pas du beaucoup changer d’optique. Les touristes de passage trouvent qu’il y a beaucoup d’arbres en ville, merveilleux. C’est sur que plantés il y a 240 ans les platanes des canaux sont de belles cathédrales d’ombre mais si maltraitées… Ça n’empêche pas les grosses bouses (qui sait si ce ne sont pas les services de la ville d’ailleurs) de leur avoir coupé les magnifiques lierres qui montaient jusqu’à leurs cimes et les protégeaient de la chaleur en assurant gites et couverts à des tas d’animaux.

    Et pour la végétalisation des rues, aujourd’hui la ville installe très fière de ridicules bacs en metal sur une ou deux places de stationnement ou le sol bitumé n’est même pas retiré. Aaaah Berlinois, j’ai pleuré d’émotion là-bas à observer les habitants prendre soins des "mauvaises herbes" qui poussaient sur les trottoirs.

    La mairie de quartier s’est fixé entre 1 000 et 5 000 m² de désimperméabilisation par an. Cela paraît peu. Mais c’est beaucoup : « Un égout végétalisé de quelques mètres carrés conduit 20 % de l’eau dans les canalisations, mais en infiltre 80 % dans la terre et peut drainer une surface de plus de 500 m2 », précisent les services de l’Agence pour l’eau de pluie.
    Les voisins acteurs d’initiatives

    Ingénieur agronome, Jochen Flenker croit dur en l’avenir de la capitale-éponge. Mais il sait que Berlin en est à ses débuts : « C’est un combat incessant qui doit conduire à un changement de perspective à tous les niveaux. Prenez la question de la maintenance des sols de l’espace public. Mon quartier reçoit de la ville 3 euros par an pour 1 m² d’asphalte ou de béton, mais seulement 0,72 euro pour 1 m² d’espace vert. Ce devrait être l’inverse. Heureusement qu’il y a de nombreuses associations locales qui nous facilitent la tâche et ouvrent parfois le chemin », explique-t-il.

    Il évoque notamment l’initiative Fritschestrasse, lancée par deux voisins et copains hauts en couleur : Jörg Winners, producteur de films, et Hans Jürgen Zschäbitz, corniste retraité de l’orchestre du Deutsches Oper.

    Coupée en deux par le grand boulevard de la Bismarckstrasse, le segment nord de la Fritschestrasse, où l’on retrouve quelques immeubles wilhelminiens, est un microcosme bien rafraîchissant. « Notre projet est parti de rien, pendant le Covid. Nous avons décidé de verdir les parterres d’arbres de la rue, de les entourer avec des pierres et d’installer des bancs ici et là. Mais aussi un “mini-parc” dégoulinant de verdure qui occupe deux places de parking », se rappelle Jörg Winners.

  • La théorie de l’évolution est mal comprise : est-ce un problème de langue, de vocabulaire ou de psychologie ?
    https://theconversation.com/la-theorie-de-levolution-est-mal-comprise-est-ce-un-probleme-de-lan

    Je me suis rendue compte qu’effectivement, les processus adaptatif sont mal compris : un organisme individuel ne va pas s’adapter à un changement de son milieu et transmettre son « adaptation à sa descendance.
    C’est carrément l’inverse : quand un changement du milieu intervient, il y a des individus qui sont porteurs d’anomalies génétiques qui s’expriment dans leur phénotype et vont leur permettre de continuer vaguement à vivre et surtout à se reproduire (et donc à transmettre l’anomalie qui permet de survivre) et d’autres qui ne sont pas équipés d’origine pour cette nouvelle donne et vont claquer sans se reproduire.

    C’est ça, la sélection naturelle et le processus adaptatif : ça se fait à travers des moissons générationnelles et ça accompagne un changement qui s’étale bien au-delà des durées de vie individuelles. Pour les individus, c’est pile ou face, ça passe ou ça casse.

    Ce processus est inopérant sur des changements brutaux et courts : si on atteint les limites de l’espèce dans une génération, l’espèce disparait.

    C’est pour ça qu’ils me fatiguent les chantres de l’adaptation au changement climatique : on est très loin d’un changement plurigénérationnel, ça se fait en très peu d’années.

    Et surtout, on est presque tout de suite aux portes des limites supérieures de la vie carbonée en générale, des organismes à protéines en particulier.
    Le seuil, c’est 40°C en température interne. Là, t’as en gros 2 heures pour trouver un moyen de baisser ta tempé, après tu es très littéralement cuit.
    Il y a 0 processus adaptatif, 0 négociation ou échappatoire.

    Le degré d’après n’est pas un conquête des meilleurs, des plus forts et des plus compétitifs : c’est Mars.
    Un monde stérile, mise à part quelques bactéries qui aiment le super chaud.

    Quant au verbe « s’adapter », avec son pronom réfléchi, il évoque une action volontaire, une capacité à modifier consciemment son comportement face aux circonstances. Pourtant, le discours de la biologie évolutive exclut toute intentionnalité. En effet, le vivant n’a pas décidé d’être ce qu’il est, et encore moins dans une optique d’adaptation. Dans une même population, les individus montrant certaines caractéristiques avantageuses dans un écosystème donné laisseront davantage de descendants. D’un point de vue évolutif, le vivant ne s’adapte pas : il est adapté.Ces glissements de sens ne relèvent pas d’un simple malentendu lexical. Ils révèlent une manière spontanée de penser le vivant. Comme le montre la psychologie cognitive, nous sommes enclins à attribuer des intentions à des phénomènes naturels qui n’en possèdent aucune. Nous voyons des projets là où n’opèrent que des mécanismes physiques. Nous prêtons des stratégies à ce qui résulte de processus aveugles. Nous avons des intuitions et nous les prêtons aux choses.

  • Nous relayons le film : « Ordre des médecins : bas les masques » - SMG, Syndicat de la Médecine Générale
    https://syndicat-smg.fr/nous-relayons-le-film-ordre-des-medecins-bas-les-masques
    https://www.youtube.com/watch?v=aw2Whp2FH7U

    Ce film est produit par le REPPEA (Réseau des Professionnels pour la Protection de l’enfance) avec le réalisateur Philippe Radault.
    Il s’agit d’extraits commentés de l’audition du 16 avril 2026 du Conseil national de l’Ordre des médecins par l’enquête parlementaire sur le traitement judiciaire des violences sexuelles incestueuses parentales et la situation des parents protecteurs, notamment des mères protectrices.
    Les commentaires en voix off dénoncent les allégations mensongères du Président de l’Ordre et de sa collègue Présidente de la section éthique et déontologie de l’Ordre ; ils s’appuient sur le parcours devant les instances juridictionnelle de l’Ordre de 3 pédopsychiatres (principalement sur celui d’Eugénie Izard, présidente du REPPEA) qui ont été condamnées injustement par les tribunaux de l’Ordre suite à des signalements de maltraitance à enfants.
    Le film est aussi particulièrement intéressant dans sa dénonciation du soit-disant « Syndrome d’aliénation parentale » qui n’a jamais été validé au niveau scientifique.
    C’est pourtant sur ce syndrome (qui est opposé à la mère quand elle dénonce violence ou inceste du père) que s’appuient les « experts » psychiatres choisis par l’Ordre pour intervenir dans ses tribunaux.
    Ce film est à faire connaître car il est un outil dans la lutte pour la suppression du tribunal d’exception de l’Ordre des médecins.

  • Intelligence is not that important. Neither is AI. Hear me out.
    I have been exposed to plenty of narcissists in my professional life that ran on intelligence. Some of the cruelest people. Now they are at the forefront of teaching us how to be more intelligent with AI - or be left behind.

    Intelligence does not create empathy.
    Intelligence does not create ethics.

    Think for a moment of people more intelligent than you.
    Are they more human?
    Are they more present?
    Are they more caring?

    We have monumental issues. With climate change, economic inequality, politics. Are these problems solved with intelligence?

    And if intelligence is not the solution, what is?

    I come to think that the solution is culture.
    It is social change.
    It is shared values.
    It is heart.
    It is solidarity.

    Intelligence is not what’s holding us back. AI is not solving an actual problem. Intelligence is not the solution. Humanity is.

    #AI #IA #intelligence #humanity #impact

  • Inacceptable, la sanction de l’Université Lyon 2 contre Julien Théry porte un coup majeur à la liberté des universitaires

    Le 24 juin 2026 l’université Lumière Lyon 2 affichait la décision disciplinaire qui frappe un de ses enseignants, Julien Théry : 18 mois de suspension d’exercice sans traitement.
    Julien Théry, professeur d’histoire et chercheur respecté, en France et à l’étranger, pour ses travaux sur le Moyen Âge, était accusé d’antisémitisme ; il est cependant sanctionné non à ce titre, mais pour avoir nui à l’image et au fonctionnement de son université de rattachement. Les faits qui lui sont imputés n’ont pas eu lieu dans ledit établissement, et le contenu des cours de J. Théry n’est nullement en cause : on reproche à l’enseignant ses interventions à titre personnel sur les réseaux sociaux, et comme animateur sur des médias militants classés à gauche. À la suite d’autres intellectuels, Julien Théry s’est ainsi volontairement exposé et rendu vulnérable pour des causes qu’il a estimées juste de défendre, telle que celle des Palestinien·nes.
    https://framaforms.org/inacceptable-la-sanction-de-luniversite-lyon-2-contre-julien-thery-porte

    ***

    Dans une tribune, plus de 200 universitaires apportent leur soutien à l’historien Julien Théry, suspendu 18 mois de ses fonctions. Ils estiment que cette décision crée un précédent inquiétant pour l’ensemble de l’enseignement supérieur.
    https://regards.fr/tribune-inacceptable-la-sanction-de-luniversite-lyon-2-contre-julien-thery-p

  • Des enregistrements en 2017 (11)

    Des disques et des musiques récentes. Prendre le temps de s’arrêter, d’écouter des albums. S’éloigner des critères privilégiés par des commerçants, rarement disquaires, ou des productions des majors. Ne pas céder aux propositions des algorithmes…
    De multiples éditeurs nous permettent d’écouter des musiques et non de la programmation « profitable ». Quelques disques enregistrés, ici en 2017, au hasard des écoutes.

    chronique de 9 cd

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/08/des-enregistrements-en-2017-11/#more-105190

    #musique #jazz

  • Et toi peuple de seenthis indépendants qu’as-tu choisi pour la facturation électronique ?

    Comment s’applique la réforme de la facturation électronique pour les artistes-auteur·ices ? - CAAP
    https://caap.asso.fr/spip.php?article1202

    Le choix de la plateforme agréée est libre ; vous pouvez choisir une ou plusieurs plateforme(s) agréée(s). Nota Bene : certaines plateformes incluent le service de facturation électronique dans un forfait gratuit, comme par exemple : Indy (option « L’essentiel » à 0€), Abby, Henrri, Qonto (0 € sans compte pro), etc. D’autres plateformes proposent uniquement des forfaits payants, dont le tarif varie en fonction des services offerts.

    • J’en parlais la semaine dernière :
      https://seenthis.net/messages/1180079

      SuperPDP a l’air de répondre au besoin avec uniquement l’intention de répondre au besoin. Seulement, ces braves gens ont vendu Captain’Train et l’ont laissé devenir ce qu’il est, un bidule merdifié sans intérêt, et il n’est pas certain que leurs intentions avec SuperPDP ne soient pas les mêmes... :-/

      Je leur ai posé la question par email, sans réponse depuis la semaine dernière.

      Ce qui signifie que de mon côté, je ne sais tjs pas quelle PA choisir.

      #facturation_électronique #PDP #PA

    • Mes échanges avec #SuperPDP sont très cordiaux. Des geeks, comme il se présente, pas une startup. Il m’indique que le plan gratuit restera gratuit, tant que ça ne prendra pas de temps au support. Et si ça doit prendre du temps, le changement de tarif restera anecdotique. Ils n’ont aucune intention de vendre les données, il me dit on ne sait même pas comment s’y prendre.

      Ceci dit, on n’est pas à l’abri qu’ils se vendent à l’avenir, et ce jour-là, il sera toujours temps d’en changer. Je vais pour ma part, dans l’immédiat, créer un compte, et considérer que j’ai répondu au besoin du 1er septembre 2026. Il y aura ensuite le 1er septembre 2027, l’envoi de mes factures à mes clients. Je me laisse la possibilité de changer de solution ou d’en avoir une autre (on peut avoir plusieurs PA, une pour les fournisseurs, une autre pour les clients...).

    • Le livre blanc de Dolibarr : https://seenthis.net/messages/1184393

      Pour moi-même je ne m’inquiète pas : la coopérative CAE chez qui je suis s’occupe de tout, c’est justement pour ça que je suis en CAE (et qu’un pourcentage de mon CA finance la coopérative) : ne surtout pas avoir à m’occuper de comptabilité et de comment suivre les lois finance etc.

      @b_b nous on utilise Endi (https://endi.coop) mais le problème n’est pas quel ERP tu utilises (Dolibarr, ou autre, libre ou pas) : c’est à quel service obligatoirement payant on t’oblige à adhérer pour pouvoir envoyer et recevoir tes factures. Chaque CAE décide de son prestataire, donc ensuite les entrepreneurs-salariés n’ont pas à s’en occuper. Mais par contre pour les indépendants et petites boites… ouille ouille ouille le casse tête.

      J’ai dû récemment faire une petite recherche pour un client qui vend des choses par internet dans son site SPIP, et donc ce n’est pas lui fait manuellement des factures une par une : c’est automatique suivant les commandes (plugin Commandes et plugin Factures).

      Et c’est un peu le bordel. Ce que j’en ai retenu, SI je me trompe pas, c’est :
      – Il y a deux choses très différentes : l’e-facturation et l’e-reporting.
      – L’e-facturation ne concerne que le B2B : seulement quand on facture à d’autres entreprises ou associations qui ont un SIREN.
      – Pour le B2C, à des particuliers : l’État ne demande que du e-reporting : c’est une opération comptable qui n’est pas de la facturation électronique : il s’agit de rapporter mensuellement tout ce qu’on a facturé dans un format qui agrège jour par jour le total découpé par type de TVA. Il n’y a donc aucun détail des numéros de facture et à qui on a facturé précisément !
      – La manière de faire l’e-reporting doit encore bouger dans le courant de l’année 2026 (notamment le format attendu etc) : difficile de savoir quoi faire du coup !
      – L’e-facturation ne concerne donc pas SPIP si les commandes sont toujours à des particuliers. Dans ce cas il faudrait « juste » que SPIP sache générer le bon format agrégeant les totaux jours par jours pour envoyer à l’e-reporting.
      – Mais ça peut l’être si on vend à des entreprises directement en commande autonome, et dans ce cas SPIP devrait savoir dialoguer avec au moins une (ou plus) plateforme d’e-facturation.

      Merci de me dire si j’ai dit des conneries. :p

  • Nucléaire : le CNRS confirme des #fuites_radioactives au large de La Rochelle
    https://passion-aquitaine.ouest-france.fr/nucleaire-cnrs-fuites-radioactives-charente-maritime

    Le 2 juillet 2026, le CNRS a confirmé ce que personne n’avait mesuré depuis quarante ans. À 1 200 kilomètres au large de La Rochelle, certains fûts radioactifs déversent déjà leur contenu dans l’océan l’Atlantique. Ces barils devaient tenir vingt-cinq ans. La France ne les a pas surveillés pendant quarante. À Marennes-Oléron, premier bassin ostréicole de France, 40 000 tonnes d’huîtres sortent chaque année des parcs de Charente-Maritime. Pourtant, ni le Département ni la Région Nouvelle-Aquitaine n’ont encore réagi à ces résultats.

    #nucléaire


    • Hop, coco, tu mets tes gants blancs et tu me jettes ça pardessus bord.

      Dans ces deux opérations, la contribution française est écrasante. D’après l’inventaire officiel de l’Andra, la France représente à elle seule plus de 46 000 fûts métalliques. Ces déchets, d’environ 14 200 tonnes, provenaient principalement du site nucléaire de Marcoule. La pratique était alors légale. Elle a cessé en 1993, quand la Convention de Londres l’a définitivement interdite. Ce qui n’a pas cessé, en revanche, c’est le silence.

      * Fûts de déchets radioactifs avant leur immersion, sur le pont du navire britannique GEM, en 1978 © Greenpeace / Tony Marriner

    • Les pratiques étrangères d’immersion ont eu un impact réel en France, comme l’attestent les témoignages de marins-pêcheurs en Atlantique de l’époque, au large de La Rochelle, de Guilvinec ou de Concarneau , déplorant remonter dans leurs filets des déchets radioactifs immergés dans leurs lieux de pêche.

      https://passion-aquitaine.ouest-france.fr/nucleaire-cnrs-fuites-radioactives-charente-maritime

      –> https://theconversation.com/dans-les-mers-des-tonnes-de-dechets-radioactifs-laisses-a-labandon-

      –> https://www.persee.fr/doc/afdi_0066-3085_1965_num_11_1_1847

      Le rejet à la mer de déchets radioactifs [article]
      Jean-Pierre Queneudec
      Annuaire Français de Droit International Année 1965

      (...)
      Page 753

      Aussi l’on comprend l’inquiétude des marins-pêcheurs, qui ramènent parfois dans leurs filets ou leurs chaluts des barils renfermant des résidus nucléaires. C’est ainsi qu’en 1960 des marins-pêcheurs de La Rochelle, de Concarneau et de Guilvinec avaient, à différentes reprises, relevé des fûts de 200 litres enrobés de béton et contenant chacun 20 litres de déchets radioactifs. Selon la réponse faite le 6 mai 1964 par M. Gaston Palewski à une question écrite de M. Manceau, l’enquête effectuée avait révélé qu’il s’agissait de déchets d’origine étrangère, immergés dans des eaux françaises peu profondes à la suite d’une erreur de navigation (10). En mai et juin 1964, des chalutiers bretons, péchant à environ 50 milles au sud de la Pointe de Penmarch, relevaient à nouveau plusieurs barils d’acier dont les extrémités étaient bétonnées et qui portaient des inscriptions en langue anglaise. L’examen de ces fûts par les laboratoires désignés par le ministère de la Santé publique permit cependant d’établir qu’ils ne présentaient aucun risque de radioactivité (11). Il s’agissait en faits de fûts contenant des terres contaminées en provenance d’une usine britannique installée à Smarten (comté de Kent) et qui devaient être transportés par mer à un point situé à 125 milles au nord-ouest de l’Espagne et coulés par des fonds de 2 000 brasses (12). Néanmoins, l’émotion extrêmement vive soulevée à l’époque dans les ports bretons par ces événements devait montrer combien le public est sensibilisé sur ce sujet. En effet, en plus des dommages ainsi causés aux engins de pêche, n’y a-t-il pas un risque plus grave encore : celui de voir les eaux de la mer contaminées à plus ou moins long terme ?

      L’étendue du danger.

      Selon certains, la pratique consistant à rejeter à la mer les déchets radioactifs et notamment les déchets liquides « ne peut se généraliser sans risquer de représenter un début de contamination des eaux du globe » (13) . Quant aux déchets solides, de nombreux spécialistes n’ont pas manqué de souligner que, lorsque des résidus de haute activité sont enfermés dans des containers de dimensions insuffisantes, la chaleur de fission peut provoquer un accroissement de pression susceptible d’entraîner l’explosion du container (14) . En outre, les fûts immergés à de grandes profondeurs peuvent s’ouvrir sous l’effet de la pression de l’eau. D’autre part, on connaît le pouvoir destructeur de la mer et l’on peut aisément penser que les barils d’acier que l’on immerge à présent seront tôt ou tard rongés par l’eau de mer. Certes, les radioisotopes pourront alors avoir perdu leur radioactivité et ne présenter aucun danger.

      Le doute est néanmoins permis quand on sait que la période d’activité de certains éléments est assez longue, puisque le strontium 90, par exemple, met 28 ans pour perdre la moitié de son activité. Or, il ne semble pas que l’on ait mis au point des emballages inaltérables, capables de résister à l’action combinée de la corrosion marine, de la pression de l’eau et de la forte chaleur dégagée par les déchets à haute activité et à longue période. L’éventualité d’une destruction des emballages n’est donc pas à écarter ; ce qui provoquerait un accroissement notable de la radioactivité des eaux, de nature à apporter des modifications écologiques dans la faune et la flore marines et susceptible d’entraîner une rupture des équilibres biologiques et d’avoir des conséquences importantes sur la productivité des océans.

      (10) J.O.R.F., Débats, Ass. nat., 7 mai 1964. p. 1126. (11) te Monde, 12 juin 1964. (12) Selon le journal maritime anglais, Lloyd’s List Shipping Gazette, du 10 juin 1964. (13) Bertrand Goldschmidt, L’aventure atomique, Arthème Fayard, 1962, p. 214. (14) Conférence internationale des Nations Unies sur l’utilisation pacifique de l’énergie atomique, Genève, 1958, vol. 9 : Considérations fondamentales sur la diffusion de grandes quantités de déchets radioactifs sur terre et dans la mer.

    • Avocat du diable : c’est facile d’attribuer ces tonnages à la France, sachant que certains déchets transitent ou sont retraités en France, mais proviennent de pays qui ne se sont pas dotés de moyen de retraitement.

      Plus dans mon mode de pensée : c’est un problème commun. Surtout à une époque où le prix de électricité monte facticement en France à cause de réglementations européennes qui profitent aux non producteurs nucléaires (je suis pour l’équilibrage collectif, mais pas sans le dire, et pas sans donner des droits à ceux qui abondent le plus). Même si certains choix négligents sont le fruit d’une politique et de cerveaux français.

  • La financiarisation est-elle le « remède » qui rend l’hôpital plus malade ?
    https://theconversation.com/la-financiarisation-est-elle-le-remede-qui-rend-lhopital-plus-malad

    Faute de ressources suffisantes et compte tenu d’aides de l’État bien en deçà des besoins, les établissements se sont retrouvés dans une spirale d’endettement, contraints d’emprunter non seulement pour investir, mais aussi pour rembourser des dettes passées.

    Comme le montre le graphique ci-dessous, la dette des hôpitaux est passée de moins de 15 milliards d’euros au début des années 2000 à environ 30 milliards d’euros en 2024-2025, soit plus du double.

    Entre 2005 et 2024, ils ont versé près d’un milliard d’euros par an en intérêts, soit environ 20 milliards d’euros sur la période (en euros constants de 2024). Autant de ressources qui ne financent ni les soins ni l’investissement, mais les revenus d’acteurs financiers.

  • Maurice Rajsfus, pour mémoire – Les Ami.e.s de Maurice Rajsfus
    https://www.mauricerajsfus.org/2025/05/06/maurice-rajsfus-pour-memoire

    Militant antifasciste, rescapé de la rafle du Vel’ d’Hiv à 14 ans, historien de la répression, Maurice Rajsfus (1928-2020) a traversé le siècle dernier les yeux grands ouverts. Tout au long de sa vie, il a collecté et conservé les traces de la violence d’État, partout où il l’a croisée. Aujourd’hui, ses archives personnelles sont stockées à la bibliothèque-musée La Contemporaine (Nanterre). Elles s’y étalent en mètres. Pour Index, Clara Menais est allée s’y plonger.

  • Arundhati Roy - L’écrivaine rebelle de l‘Inde - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/124447-000-A/arundhati-roy
    https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/toqsWJsgcnhwwT9YJCYo93/1920x1080?type=TEXT&watermark=true

    Autour d’un entretien au long cours, réalisé à l’occasion de la parution de son dernier livre, ce documentaire tissé d’archives et de témoignages brosse le portrait d’une écrivaine engagée, dont les combats, notamment pour la défense de l’environnement, la lutte contre l’exclusion et le nationalisme hindou, lui ont valu à plusieurs reprises d’être poursuivie en justice.

  • Misogynie et botanique : comment le patriarcat s’est infiltré dans nos jardins

    Des savoirs effacés et des #noms de #plantes sexistes : une balade organisée par l’association Les Mutines indigènes, dans le Gard, a permis de mesurer les biais qui parcourent encore le monde de la botanique.

    Sac sur le dos, chaussures aux pieds, et loupe botanique pendue au cou, les randonneurs sont prêts à partir. Mais Angeline Julien, l’animatrice, les invite à former un cercle. Au sol, un tableau plastifié présentant des catégories : « figure de la sorcière », « stéréotypes de genre », « culture du viol »… Drôle d’introduction pour une balade dédiée à l’observation du règne végétal.

    La guide du jour explicite le thème : misogynie et botanique. Car « en Europe, la domination des femmes s’est aussi perpétuée via les plantes », explique-t-elle. « Et chacune de celles que nous allons rencontrer aujourd’hui peut être associée à une ou plusieurs de ces notions. » Passionnée de botanique, elle propose régulièrement des promenades sur divers thèmes avec son association, Les Mutines indigènes.

    Soleil radieux de printemps et fraîcheur du matin s’équilibrent, la météo est parfaite pour déambuler entre les bosquets, les prairies fleuries et les parties cultivées des jardins ethnobotaniques de la Gardie, à Rousson (Gard). Six hectares dédiés au patrimoine floristique sauvage et domestique des basses Cévennes. Dans le petit groupe qui se met en marche, il n’y a quasiment que des femmes.

    Des symboles de #chasteté

    Quelques pas plus tard, nous voici déjà à la recherche d’un premier arbuste : l’#aubépine. Ses petites fleurs blanches ont déjà fané. « On disait qu’elle assurait le bonheur conjugal en assurant la chasteté des femmes attendant le mariage », dit Angeline. Les significations données aux plantes reflètent parfois moins leurs véritables propriétés que ce que l’on attend des femmes. Autre exemple croisé au cours de la balade : celui de la #marguerite commune. Là encore une fleur blanche qui, « portée en couronne, était symbole de #virginité pour les jeunes filles », explique-t-elle.

    Signe que les fleurs sont sans cesse associées aux femmes, il n’est pas difficile de trouver une longue liste de plantes nommées d’après #Vénus. Angeline nous invite à quitter le sentier pour s’aventurer dans une prairie labourée par les sangliers. Là, d’étranges fleurs séchées dressent leurs picots. À leur base, leurs feuilles incurvées retiennent l’eau de la dernière pluie. Il s’agit de #cardères_sauvages (Dipsacus fullonum), aussi connue sous le nom de cabaret des oiseaux, ou… baignoire de Vénus.

    Le début d’une longue série. Lors de cette promenade, d’à peine plus d’un kilomètre, nous croisons également le sourcil de Vénus (surnom de l’achillée millefeuille, Achillea millefolium L.), le peigne de Vénus (Scandix pecten-veneris L.), le nombril de Vénus (Umbilicus rupestris), le miroir de Vénus (Legousia speculum-veneris), la capillaire cheveux de Vénus (Adiantum capillus-veneris) et l’églantier (Rosa canina), surnommé le bouquet de Vénus.

    Autant de noms qui perpétuent l’idée que « l’on attend des femmes qu’elles soient belles comme les fleurs », dit Angeline. Et aussi celle que « les femmes sont une ressource, au même titre que la nature ». Celles-ci se doivent aussi d’être chastes, et l’idée a été longtemps entretenue que les plantes se reproduisaient sans #sexualité. Au point que plusieurs mythes grecs racontent comment des jeunes femmes ont été transformées en plantes pour s’assurer de leur abstinence, rappelle notre guide.

    Ainsi, la nymphe Daphné, poursuivie par Apollon et appelant son père à l’aide, a été transformée par celui-ci en laurier. « Le fait qu’il soit toujours vert est un symbole de chasteté », souligne Angeline.

    Puis, vers la fin du XVIIᵉ siècle, les naturalistes européens reconnaissent enfin que les plantes ont une sexualité. « Le #pistil est décrit comme la partie femelle des fleurs, et les #étamines comme la partie mâle », nous rappelle Angeline. Au XVIIIe siècle, le naturaliste suédois #Carl_von_Linné, créateur du système de classification des espèces vivantes, propose à partir de cette description sexuelle une #classification des plantes. Et ce sont évidemment les caractéristiques mâles d’une plante qui déterminent son niveau dans la classification. Ce faisant, Linné « amène la #hiérarchie traditionnelle des genres dans les sciences », écrit au début des années 2000 la chercheuse Londa Schiebinger.

    Les premières botanistes invisibilisées

    Pour Léa Richard, botaniste spécialiste de la place des femmes dans sa discipline, ce système de classification basé sur les organes reproducteurs des plantes a contribué à les en exclure : « On disait que c’était une botanique obscène à laquelle les femmes ne devaient pas avoir accès. Or, pour Linné, un botaniste, c’est quelqu’un qui sait classer les plantes, faire de la taxonomie. En refusant d’apprendre aux femmes la classification sexuelle des plantes, on les empêche de fait d’accéder à cette science. »

    Au XVIIIe siècle, c’était pourtant une discipline à la mode pour les femmes. Mais les ouvrages qui leur étaient spécifiquement destinés veillaient à ne pas leur apprendre les bases scientifiques de la discipline, se concentrant par exemple sur la fabrication de bouquets. À la fois par pudeur et parce que les femmes étaient considérées comme moins intelligentes...

    Si quelques femmes deviennent malgré tout botanistes à cette époque, elles sont des exceptions, sont souvent formées par un homme — père, mari, amant — et « sont des aristocrates », note Léa Richard. « Elles se sont aussi beaucoup intéressées aux plantes sans système reproducteur apparent, les plantes cryptogames telles que les algues, les mousses, les lichens. Cela évitait d’utiliser le système de Linné, et c’étaient des champs peu explorés avec moins de concurrence des hommes. »

    Par ailleurs, « ces femmes ont été invisibilisées », souligne Angeline. Comme symbole de cet effacement, elle nous invite à chercher une plante commune des friches et des chemins : l’#urosperme_de_Daléchamps (Urospermum dalechampii), nommée en hommage à cet auteur d’une histoire des plantes au XVIe siècle. « En revanche vous trouverez très peu de plantes portant le nom de botanistes femmes », déplore-t-elle.

    Léa Richard lui donne raison, et note une autre cause potentielle : « Très peu de femmes nomment des plantes. » Seulement 3 % des plantes de la nomenclature linnéenne ont été baptisées par des femmes.

    Ainsi mises sous la tutelle des hommes dans ce domaine, à partir du XVIIe siècle, « les femmes ont été dépossédées de leur savoir sur les plantes », poursuit Angeline, « notamment avec l’invention de la sage-femme, qui agit sous la coupe d’un médecin ». Alors que la connaissance des plantes et de leurs propriétés faisait partie des tâches dévolues aux femmes, chargées du soin de leur famille, ce savoir est repris en main. Il y a « une volonté masculine de limiter l’autonomie des femmes dans les pratiques liées à leur fécondité, écrit l’historienne Émilie-Anne Pépy. Les femmes herboristes font l’objet d’une double #disqualification en raison de leur #genre et de leur origine sociale. »

    La figure de la #sorcière a aidé à disqualifier ce savoir. En exemple, Angeline prend la #verveine_officinale. « Il était dit que les sorcières s’en servaient pour provoquer une attraction immédiate. Elle est associée à la sphère sexuelle, du désir », dit-elle.

    Tout au long de la promenade, Angeline multiplie les exemples de plantes aux propriétés utiles aux femmes, « mais dont on a perdu les usages précis, les posologies », explique-t-elle. Tandis que l’on déambule, on croise ainsi la salsepareille, la rue officinale, l’armoise commune, connues pour leurs propriétés abortives, mais qu’on ne sait plus utiliser.

    « Un domaine encore dominé par les hommes »

    Sur le bord du chemin, elle nous arrête devant une plante aux impressionnantes tiges vertes, semblable à du fenouil géant : la #férule_glauque (Ferula glauca L.). Là où la tige est fendue, un suc abondant en sort. « C’est cette sève qui était utilisée », montre-t-elle. « Des textes d’Hippocrate et Pline disent qu’elle avait une action sur la fertilité des femmes, elle aurait notamment la propriété de stimuler les règles, mais il n’y a pas d’études contemporaines qui le certifient. » Elle fait aussi partie de la famille des herbes de sorcières : « Il était dit qu’elles l’utilisaient pour rendre les hommes impuissants », indique Angeline.

    Puis, au milieu d’un jardin en carrés organisé comme à l’époque médiévale, elle attire notre regard vers de petites fleurs bleu électrique presque au ras du sol. « Les plantes méritent qu’on se mette à genoux », dit-elle, nous invitant à observer les poils sur les feuilles, visibles uniquement à la loupe botanique. Il s’agit du #gremil_officinal (Lithospermum officinale). « Elle aurait été utilisée comme pilule contraceptive par les Amérindiens », dit-elle.

    La fin de la promenade approche. Sous les chênes verts, Angeline ressort ses fiches plastifiées. Les promeneuses ont bien travaillé : les colonnes du tableau de départ se sont remplies de multiples plantes, messagères involontaires du patriarcat. Et si cette sortie témoigne d’une prise de conscience dans le milieu botanique, elle reste une exception, rappelle Léa Richard. « On a fait les calculs à la Société linnéenne de Provence, à laquelle j’appartiens, raconte-t-elle. Il y a autant de femmes que d’hommes adhérents, mais seulement 20 % des conférences et 10 % des ateliers sont faits par des femmes. La botanique reste un domaine dominé par les hommes. »

    –-

    Des pionnières malgré les interdits :

    #Marie-Anne_Libert (1782-1865) : « C’est un exemple de femme s’intéressant aux plantes cryptogames », explique Léa Richard. Elle a été la première à décrire le champignon responsable de la maladie de la pomme de terre, le mildiou. « Elle a décrit de nombreux agents pathogènes », souligne la botaniste.

    #Clémence_Lortet (1772-1835) : Elle a cofondé la Société linnéenne de Lyon. Elle a laissé plusieurs herbiers issus de ses promenades botaniques autour de la ville. « C’est un exemple du fait que les femmes n’étaient pas citées : elle a publié notamment sous le nom de son fils », dit Léa Richard.

    #Elisabeth_Julienne_Dugage_de_Pommereul (1733-1782) : Elle vivait et étudiait aux jardins du roi. Elle était spécialisée dans les graminées, sur lesquelles elle a publié un ouvrage et « elle avait une correspondance avec Linné lui-même », souligne Léa Richard, qui aime citer comment l’un de ses confrères, Jean-Baptiste Cotton des Houssayes, saluait le travail de cette scientifique : « Je déclare qu’elle n’est femme que par son sexe, mais qu’elle est homme, et homme même très célèbre, par le talent, la qualité et la richesse de son savoir. »

    https://reporterre.net/Misogynie-et-botanique-comment-le-patriarcat-s-est-infiltre-dans-nos-jar
    #botanique #misogynie #patriarcat #femmes #dépossession #invisibilisation

  • Quel modèle d’épicerie collective ouvrir ? - Revue Silence
    https://www.revuesilence.net/numeros/520-On-ouvre-une-epicerie-collective/quel-modele-d-epicerie-collective-ouvrir

    Silence520.pdf
    https://editions-libertaires.org/wp-content/uploads/2018/07/Silence520.pdf

    Les épiceries collectives se sont multipliées, passant d’une trentaine il y a 10 ans à plus de 300 aujourd’hui. Elles se sont développées suivant plusieurs modèles qui sont présentés dans ce dossier : Épis, supermarchés coopératifs, coopératives alimentaires autogérées,... Parallèlement, certaines Biocoop et certains magasins de vrac connaissent des difficultés. C’est pour comprendre où nous en sommes aujourd’hui que Silence est allé pousser de nouveau la porte des épiceries collectives, analyses et reportages à l’appui.

    https://www.revuesilence.net/auteur/jean-claude-richard

    Jean-Claude Richard
    Articles de cet auteur (5)

    Les Diony-Coop, c’est l’anarchie… la vraie !
    Éloge de la simplicité

    Quel modèle d’épicerie collective ouvrir ?
    Oser l’autogestion dans les coopératives alimentaires
    L’informatisation, une fausse bonne idée

    #epicerie_collective
    #simplicité
    #autonomie
    #autogestion
    #alimentation
    #alternative
    #gestion_alternative
    #groupes_libertaires
    #anarchie_au_quotidien

    • https://dionycoop.org
      Coopérative et AMAP autogéré de Saint-Denis

      Ce qui m’intéresse de voir ici c’est la proposition d’une organisation sans réunion pour simplifier les implications de toustes et de ne pas différencier les sachants des moins sachants et comment dans un groupe se méfier des rapports et postes de pouvoir, notamment de l’informatique.

      Dommage que ce soit en wordprss.

  • Inceste, le combat d’une vie - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/118653-000-A/inceste-le-combat-d-une-vie
    https://api-cdn.arte.tv/img/v2/image/fJics8QEnhVN5KfiJbQqHP/1920x1080?type=TEXT&watermark=true

    Inceste, le combat d’une vie

    L’impressionnant combat de Steffy pour protéger les enfants victimes de violences sexuelles. Violée pendant des années par son père, elle n’a pu préserver son petit frère. À travers des archives personnelles et des récits d’autres enfants victimes, le documentaire interroge les limites de nos institutions face à l’inceste.

    En 2021, à 24 ans, Steffy publie sur les réseaux sociaux une vidéo dans laquelle elle raconte l’histoire de son petit frère Carl, qui a subi un inceste de leur père. Elle-même l’avait été avant de trouver le courage, à 13 ans, de dénoncer ce qu’elle subissait. Condamné alors à trois ans de prison dont un seul ferme, ce père, désormais divorcé de leur mère, était pourtant parvenu à faire garantir par la justice ses droits parentaux sur le petit garçon. Ayant obtenu sa garde après le suicide de leur mère, Steffy s’était battue, en vain, pour le préserver de leur bourreau. Steffy perd son deuxième petit frère, Tim, âgé de 20 ans et malade depuis la naissance. Puis, six mois plus tard, Carl se suicide, à l’âge de 12 ans… Steffy a donné son prénom à l’association qu’elle a fondée. Celle-ci accompagne aujourd’hui les jeunes victimes de violences sexuelles, porte leur voix et lutte contre les insuffisances de la loi française, qui continue d’accorder à des parents pédocriminels des droits sur leurs enfants. Parmi ces jeunes victimes, Yanis, un adolescent que Steffy a soutenu et aidé à révéler la vérité à ses parents, avait été agressé par un de leurs proches. Il s’est suicidé au printemps 2025 après avoir appris, par hasard, que son agresseur venait de se réinstaller à quelques kilomètres de chez lui suite à sa libération anticipée.

    Loi « Yanis »
    Alors que le 12 mai dernier, les députés ont adopté à l’unanimité une loi dédiée à Yanis et à sa famille, destinée à prévenir de nouvelles tragédies semblables, ce documentaire suit le combat acharné de Steffy pour surmonter ce qu’elle et son frère ont subi et lui « donner un sens ». Tout en élevant seule sa fille et en poursuivant des études de droit, la jeune femme bataille sans trêve pour que les institutions prennent enfin en compte les blessures et les besoins des enfants ayant subi des violences sexuelles. Entre son récit et sa quête de justice, mais aussi ses archives personnelles et de bouleversants témoignages, dont celui de Yanis, le film interroge les insuffisances criantes de la protection de l’enfance face notamment à l’inceste. Avec pudeur, il laisse également entrevoir les souffrances profondes dans lesquelles se débattent des victimes trop souvent livrées à elles-mêmes.

    Réalisation

    Stéphanie Pillonca

    Pays

    France

    Année

    2025

  • J’ai pleuré hier
    Une simple sortie en centre ville et j’y croise près d’une dizaine de toxicos faméliques d’à peine 20 ans. Surtout un que je connais depuis quelques années. Il vient me taxer un peu de fric sans me voir, je le reconnais à ses yeux doux, mais c’est l’ombre de lui-même, il n’a pratiquement plus de dents, le visage émacié, la peau sur les os, une peau lisse qu’ils ont tous, même la toxe que je croise le lendemain, une armée de zombies.
    Sous nos yeux d’impuissance totale.
    Il fuit mon insistance., ma joie de le revoir, il se souvient un peu où j’habite du temps où il dormait chez moi, je l’avais accompagné chez le médecin pour avoir sa dose, aidé à déménager et à se réinstaller ailleurs. Initié à un peu d’informatique. C’est pas mon métier mais c’était qu’un gamin en grave crise de manque qui m’était tombé dans les bras en pleurant pour que je le console de sa vie. Que faire, putain de salopes de politiques d’abandon de celleux que leurs parents ont trahis, jetés dehors. Et ces dealers sans scrupules qui profitent de cette manne de désintérêt.
    Je sais que pour 5 euros iels trouvent de quoi se défoncer toute la journée, le temps d’oublier promesses et ami+es mortes d’une OD.
    Je l’écris ici, pour que les nantis arrêtent de bien dormir, pour que les services sociaux aient enfin des moyens dignes de ne pas embaucher des sadiques lassés, pour que les politiques arrêtent de lancer la police sur eux comme seules solutions.
    Pour que la france s’inspire des politiques de prévention qui marchent parce qu’elles considèrent l’humain avant tout.
    Je l’écris pour ne pas pleurer toute seule.

    • 1 article de S. Mercier dans le dernier CQFD illustré par Caroline Sury.

      Squat un jour, squat toujours ?
      – Né dans les années 2000 d’un squat marseillais et d’une évidence – soigner commence par loger –, le dispositif Un chez-soi d’abord entendait bousculer la prise en charge du sans-abrisme. Opportunistes, les gouvernements successifs s’en sont emparés, transformant cette initiative en vitrine de leur action publique.

  • Pourquoi l’endométriose devrait être considérée comme une maladie inflammatoire qui affecte l’ensemble de l’organisme
    https://theconversation.com/pourquoi-lendometriose-devrait-etre-consideree-comme-une-maladie-in

    Traditionnellement, l’#endométriose a été considérée comme une affection gynécologique. Cependant, de plus en plus de données indiquent que cette caractérisation minimise la complexité de la maladie. L’endométriose semble avoir des répercussions bien au-delà du système reproducteur. Selon un nombre croissant d’études, elle influence le fonctionnement du #système_immunitaire dans l’ensemble de l’organisme.

  • Terrorisme masculiniste : l’alerte du renseignement intérieur français | France Inter
    https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/revelations/revelations-du-vendredi-05-juin-2026-4252960

    Dans une interview exclusive à la cellule investigation de Radio France, la DGSI lance l’alerte sur la menace du courant masculiniste radical en France. Les profils sont plus jeunes qu’avant – de 14 à 15 ans – les contenus plus violents et les processus de radicalisation plus rapides.

    Juillet 2025, près de Saint-Etienne. Un jeune homme de 18 ans se dirige vers son lycée avec deux couteaux dans son sac. Son projet : s’en prendre à des camarades de son lycée, toutes des jeunes femmes. Il est arrêté avant de passer à l’acte et mis en examen pour “association de malfaiteurs terroriste criminelle”. Interrogé, le jeune homme se revendique d’une mouvance masculiniste radicale et violente : les incels.

    Ce courant est une préoccupation pour les services de renseignements français. La DGSI [Direction générale de la Sécurité intérieure] a accepté exceptionnellement de répondre aux questions de la cellule investigation de Radio France. Ils tirent la sonnette d’alarme face à une menace qui a “une potentialité terroriste forte”.
    Une radicalisation plus rapide

    Le masculinisme est né dans les années 1990 aux États-Unis. Les adeptes de cette idéologie considèrent qu’au nom de l’égalité, les droits accordés aux femmes ont supplanté ceux des hommes et que la société est aujourd’hui dominée par les femmes. Ce courant se présente en opposition au féminisme, pour redonner du pouvoir aux hommes. L’incelisme en est son émanation la plus radicale. Les “incels” considèrent que les femmes sont responsables de leur célibat et vont parfois jusqu’à commettre des tueries de masse pour se venger. C’est le cas notamment d’Eliott Rodger, qui a tué 6 personnes et en a blessé 14 en Californie en 2014.

    La DGSI constate un rajeunissement des jeunes masculinistes radicalisés, dès 13 ans. “Mais la majorité se situe plutôt vers 14 ou 15 ans. Nous en avons beaucoup”, explique Mathieu [pseudonyme], l’agent de la DGSI que nous avons rencontré. La porte d’entrée de cette radicalisation incel, ce sont des vidéos sur Tiktok ou Instagram qui traitent de santé mentale et peuvent accrocher des jeunes garçons qui ont “des pulsions assez auto-destructrices, mortifères, avec des failles psychologiques, des problèmes mentaux qui n’ont pas été diagnostiqués”. Les services de renseignement observent également une radicalisation plus rapide. “En quelques mois seulement, quelqu’un peut passer d’un adolescent dans une construction normale à quelqu’un de radicalisé et prêt à passer à l’acte”, précise Mathieu.
    Une idéologie qui infuse dans la société

    Pour détecter les signaux de radicalisation (consultation de vidéos gore pour se désensibiliser, publication de vidéo, usage de l’IA, fascination pour les tueurs de masse...), les services de renseignement et le parquet national antiterroriste se forment et sont mobilisés. “Au niveau parisien, cela représente une cinquantaine de personnes, incluant les 30 magistrats du Parquet national antiterroriste, ainsi que des magistrats du siège qui ont été spécifiquement sensibilisés à cette problématique”, explique Olivier Christen, le procureur du PNAT (Parquet national antiterroriste). À ce jour, plusieurs dizaines de profils de mineurs sont pris en charge par les services de l’État pour être déradicalisés.

    Si jusqu’ici seul un homme adhérant à cette idéologie a été mis en examen en juillet 2025 en France pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle”, l’idéologie masculiniste infuse dans la société et ses adeptes ont des cibles bien identifiées.
    Le féminisme en ligne de mire

    “Nique ta grand-mère sale pute de Femen”, “le seul mot féminin que tu dois connaitre c’est : cuisine”. “Au bûcher sorcière.” C’est le genre de message que Typhaine D. reçoit par milliers en 2022 après avoir participé à un débat en ligne ou elle défendait la féminisation de la langue française. Elle reçoit au total près d’un million de messages d’insultes misogynes, de menaces de mort, de viol et d’incitations au suicide...

    Ce déferlement de haine sort même de la sphère numérique. Dans les transports en commun, dans la rue, la jeune femme est menacée et se fait parfois cracher dessus. Elle reçoit aussi des lettres à son domicile. Face à cette violence, elle ne sent plus en sécurité et quitte Paris. La jeune femme a porté plainte et 9 hommes ont été condamnés en septembre 2025, pour harcèlement moral aggravé parce qu’ils visaient une femme.

    Les associations féministes sont également prises pour cibles. Le planning familial, symbole de la défense des droits des femmes à disposer de leur corps, a été visé en octobre 2025 par une menace d’attentat suicide de la part d’un homme opposé à l’avortement et qui se revendique de la branche radicale incel.
    "On sent qu’il y a un basculement”

    Ce retour d’idées misogynes, portées par une galaxie d’influenceurs, parle particulièrement à un jeune public. Louise-Marie Giacomuzzo intervient dans les collèges et les lycées dans le cadre de l’éducation à la vie relationnelle affective et sexuelle. Elle constate sur le terrain la porosité des discours masculinistes chez les jeunes hommes. “Quand je suis en classe et que je suis face à en moyenne 30 élèves, je dirais qu’il y a un tiers qui revendique ce discours, un tiers qui se tait, mais qui, par le silence ou par des clins d’œil, des sourires, valide et il y a un tiers qui s’y oppose quand il en a le courage. Avant, on avait des vraies oppositions, des personnes qui disaient : ‘Mais c’est scandaleux de penser comme ça !” Ou alors : ‘Mais tais toi, tu n’as pas à dire ça !’ Alors qu’aujourd’hui ils vont rigoler et ne vont plus s’opposer à ce discours. Donc on sent qu’il y a un basculement quand même.”

    Le Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes appelle le gouvernement à mettre en place une stratégie nationale de prévention et de lutte contre le masculinisme.
    Lire l’enquête intégrale sur franceinfo.fr

    "Plus jeunes et plus dangereux" : l’alerte de la DGSI sur la menace masculinisteOuverture dans un nouvel onglet par Laetitia Cherel

  • D’une école à une maisonnée d’architecture | Savoir | Topophile
    https://topophile.net/savoir/dune-ecole-a-une-maisonnee-darchitecture

    Voilà l’école dont je souhaiterai pouvoir faire partie, pour moi-même. Une école capable de troubler nos habitudes de genre, de classe, de race. Une école qui commence par se regarder elle-même, froidement, et se considère elle-même comme le premier champ de bataille à investir pour renverser le devenir (abo)minable de notre époque.