• Être ou ne pas être, qu’est-ce qu’un déchet ? - Ép. 1/4 - Du mode d’existence des déchets
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/les-chemins-de-la-philosophie-du-mardi-30-novembre-2021

    Comment expliquer une telle présence des déchets mais une telle absence de réflexion sur ceux-ci ? Comment le #déchet nous permet-il de comprendre la place des objets dans nos vies ? Faut-il remettre en question la pensée de Platon, comme l’a fait le philosophe Dagognet : l’objet a-t-il une essence ?

  • Courrier de la CRIIRAD à l’ASN à propos de Taischan :
    « les éléments recueillis suggèrent que les ruptures des gaines de combustible radioactif proviendraient en particulier d’un défaut de conception de la cuve de l’EPR : il entrainerait une mauvaise répartition du flux hydraulique et par voie de conséquence des vibrations très importantes sur les assemblages, conduisant à des ruptures de gaines, une usure anormale des grilles de maintien des crayons, la dispersion de débris radioactifs dans le cœur du réacteur, avec de lourdes conséquences en terme de sûreté et de radioprotection pour les travailleurs et les riverains. »
    211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_sureté_EPR_VF.pdf
    https://balises.criirad.org/pdf/211125_Courrier_CRIIRAD_ASN_suret%C3%A9_EPR_VF.pdf
    #nucléaire #défaut_de_conception

  • Le chant choral : retrouver une relation naturelle à la voix
    https://www.franceculture.fr/emissions/affaire-en-cours/le-chant-choral-retrouver-une-relation-naturelle-a-la-voix

    En effet, autour de moi on chante... (moi j’ai chanté jeune)

    Les français aiment de plus en plus chanter en chœur. Olivier Brault, directeur de la fondation Bettencourt Schueller défend le chant choral comme pratique artistique accessible à tous.

    #chant #chorale

  • SPIP - Le droit à la décompilation des logiciels - « Le livret du petit goûteur » ⋆ Cause Commune - Paris - 93.1 FM
    https://cause-commune.fm/podcast/libre-a-vous-123

    SPIP – Le droit à la décompilation des logiciels découvrir, en savoir plus sur SPIP (logiciel libre destiné à la création de sites web) avec Arnaud Martin (de 23Forward), Anne-lise Martenot (touti) et Jean Galland (chankalan), qui a contribué à la mise en place des sites Libre à vous ! et Libre à lire !

    #spip_blog et bravo @touti @arno et @chankalan :)

  • Au Chili, des montagnes de vêtements usagés en plein désert
    https://www.novethic.fr/actualite/environnement/dechets/isr-rse/jeudi-photo-au-chili-des-montagnes-de-vetements-usages-en-plein-desert-1503

    Des dunes de vêtements en plein désert. Cette photo prise fin septembre par le photographe de l’Agence France Presse (AFP) Martin Bernetti a des allures surréalistes. Elle montre pourtant une réalité bien palpable, celle d’une décharge sauvage de textile située dans le désert d’Atacama près la commune d’Alto Hospicio au nord du Chili.

    Plusieurs décharges comme celle-ci existent dans la région, comptabilisant environ 39 000 tonnes de déchets. Le Chili s’est spécialisé depuis une quarantaine d’années dans le commerce de vêtements de seconde main. Mais la quantité croissante d’habits à bas coût provenant d’Asie engorge son circuit de revente et nourrit de manière exponentielle ces montagnes de textile.

    « Le problème est que ces vêtements ne sont pas biodégradables et contiennent des produits chimiques, ils ne sont donc pas acceptés dans les décharges municipales », explique Franklin Zepeda, qui a fondé en 2018 EcoFibra, une entreprise de recyclage en mesure de traiter jusqu’à 40 tonnes de vêtements par mois. Un effort bienvenu mais largement insuffisant pour résoudre l’ensemble du problème.

  • #Nucléaire : un cadre de la centrale du Tricastin dénonce une « politique de dissimulation » d’incidents de sûreté
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/11/12/nucleaire-un-cadre-de-la-centrale-du-tricastin-denonce-une-politique-de-diss
    #criirad

    L’accusation n’émane ni d’une organisation #antinucléaire ni d’une association de défense de l’#environnement. Pour la première fois, c’est un cadre d’EDF, ancien membre de la direction d’une centrale nucléaire française, celle du Tricastin (Drôme), qui a décidé de briser le silence et de saisir la justice pour dénoncer ce qui, selon lui, s’apparente à une « politique de dissimulation » d’incidents et d’écarts en matière de sûreté. Une démarche inédite dans un milieu tenu au secret. Selon les informations du Monde, une plainte a été déposée au début d’octobre devant le #tribunal_judiciaire de Paris. Elle vise #EDF et la direction de la centrale du Tricastin aux chefs de « mise en danger de la vie d’autrui », « #infractions au code pénal, au code de l’environnement, au code du travail et à la #réglementation relative aux installations nucléaires » et « harcèlement ».

    Le plaignant espère que la justice reconnaîtra son statut de #lanceur_d’alerte. En attendant, toujours #salarié d’EDF, il souhaite garder l’anonymat – nous l’appellerons Hugo. Le Monde a pu le rencontrer, à plusieurs reprises. D’emblée, et malgré la gravité des faits qu’il dénonce, Hugo se présente comme « un amoureux du nucléaire ». Mais un amoureux aujourd’hui « tiraillé », « déchiré », qui tente de cacher sa nervosité derrière un large sourire. Cet homme d’une quarantaine d’années apparaît profondément éprouvé par les événements dont il a été témoin, puis #victime : il affirme, en effet, avoir subi un #harcèlement pendant plusieurs années en raison, notamment, de son refus de « couvrir » certaines tentatives de dissimulation.

    Sa plainte fait figure de dernier recours après qu’il a essayé, en vain, de parvenir à une solution en interne, en alertant la direction de la centrale, celle du groupe ainsi que l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Contactés par Le Monde, EDF explique ne pas « faire de commentaires s’agissant des propos rapportés par un salarié » et l’ASN conteste toute dissimulation. La direction de la centrale du Tricastin n’a pas souhaité réagir.

    « Cette plainte rappelle que le lanceur d’alerte est une #vigie_démocratique plus que jamais indispensable lorsque l’opacité qui règne dans le nucléaire sert d’alibi pour dissimuler des graves atteintes à l’intérêt général et à l’environnement », expliquent les avocats William Bourdon et Vincent Brengarth, qui accompagnent Hugo dans sa démarche avec l’association franco-américaine de soutien aux lanceurs d’alerte The Signals Network.

    Le parcours d’Hugo est celui d’un pur produit du nucléaire français. Entré chez EDF au début des années 2000, il gravit très vite les échelons jusqu’à prendre, à moins de 35 ans, la tête du service sûreté de l’une des dix-huit centrales du pays. Preuve de la reconnaissance de ses qualités professionnelles, c’est lui qu’on envoie représenter l’entreprise lors de réunions de l’Agence internationale de l’énergie atomique ou de salons internationaux. Fin 2016, bardé d’états de service élogieux, il est nommé au sein de la direction de la centrale du Tricastin.

    Cette centrale, mise en service en 1980, est l’une des plus vieilles de France. Se profile alors la quatrième visite décennale du réacteur numéro un, programmée en 2019. L’enjeu est de taille pour EDF : ce réacteur est le premier des trente-deux réacteurs de 900 mégawatts (MW) du parc à passer sa « visite des 40 ans », qui doit permettre de prolonger son activité de dix ans – si la réglementation française ne prévoit pas de durée de vie maximale des réacteurs, une partie des équipements a été conçue, à l’origine, selon une hypothèse de quarante ans de fonctionnement.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Nucléaire : l’ASN pose ses conditions pour une prolongation de la durée de vie des réacteurs

    Pour EDF, rappelle Hugo, il est « inenvisageable » de rater ce rendez-vous, qui s’accompagne d’une enquête publique. Or, la centrale du Tricastin est dans le collimateur de l’ASN depuis quelques années en raison de la multiplication d’incidents, au point d’avoir été placée sous « surveillance renforcée » en 2017. Chaque centrale est, en effet, classée en fonction de ses résultats en matière de sûreté, d’environnement, de radioprotection, d’accidentologie et de production : celle du Tricastin est dans les dernières places. Au premier trimestre 2017, un nouveau directeur arrive avec pour mission de redresser la barre. « La pression était maximale, dit Hugo. Il a fallu mettre en œuvre tous les moyens pour améliorer les résultats en vue de la validation de la visite du réacteur numéro un. » Quitte à passer sous silence ou à minimiser certains incidents au mépris des règles fondamentales de sûreté.

    Volonté de la direction

    De nombreux documents, que Le Monde a pu consulter, témoignent de la volonté de la direction de dissimuler à l’ASN des événements, ou en tout cas d’atténuer leur ampleur, ou de les déclarer avec retard – comme l’avait révélé en partie Mediapart en 2019. L’exemple le plus spectaculaire date de l’été 2018. Dans la nuit du 29 au 30 août, le chef d’exploitation fait état, dans un e-mail, d’une « inondation interne dans plusieurs locaux et sur trois niveaux » survenue dans l’un des bâtiments électriques de la centrale, et atteignant 10 centimètres d’eau. Il explique que les prélèvements réalisés ne contiennent pas d’activité radioactive, « sauf dans un local », et que « du matériel sensible au niveau sûreté est présent ». Il s’agit notamment de vannes de l’alimentation de secours des générateurs de vapeur, l’un des systèmes de sauvegarde les plus importants en cas d’accident. Selon son compte rendu, l’incident n’est « toujours pas soldé vingt-quatre heures après sa découverte » et « les moyens humains et surtout matériels ne sont pas à la hauteur de l’enjeu », ce qu’il juge « inacceptable ». C’est avec de simples raclettes et un aspirateur emprunté à un prestataire de nettoyage que les agents d’EDF tentent de résorber l’inondation.

    Hugo découvre cet e-mail, ainsi que des photos et vidéos prises pendant la nuit, le lendemain matin. « Mon supérieur vient me voir et me dit : “Mais c’est quoi ce con de chef d’exploitation qui envoie un e-mail à la Terre entière ?” », rapporte-t-il. Le 31 août a lieu une inspection de l’ASN, prévue de longue date. Alors qu’Hugo s’apprête à expliquer ce qui s’est passé, son chef lui demande de quitter la réunion. Il découvrira seulement plus tard ce qui a été dit aux inspecteurs, en lisant le compte rendu de l’Autorité de sûreté nucléaire daté du 16 octobre : celui-ci fait état non pas d’une inondation mais de « quelques écoulements » qui ont été « immédiatement arrêtés ». Pour Hugo, il est clair, à la lecture de cette version, que la durée de l’événement, sa gravité et le manque de moyens pour y faire face ont été largement minimisés.

    « Le compte rendu du chef d’exploitation a été écrit à chaud dans la nuit, explique aujourd’hui Christophe Quintin, inspecteur en chef à l’ASN. Si j’enlève le facteur [de son] “énervement”, les présentations qui sont faites de l’événement sont cohérentes. » En 2019, l’ASN avait toutefois reconnu que le « manque de moyens de nettoyage n’avait pas été évoqué lors de l’inspection ». Depuis 2017, le « gendarme du nucléaire » avait également demandé à deux reprises à EDF de résoudre le problème de l’étanchéité des joints entre les bâtiments, considérant ces derniers comme « importants pour la protection de l’environnement afin d’éviter toute dispersion d’effluents et de produits dangereux ». En vain.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Le président de l’Autorité de sûreté nucléaire s’inquiète d’un « recul de la rigueur dans l’exploitation des centrales »

    Non-respect des #procédures généralisé

    Deux semaines après la fuite, un autre incident intervient, lié à la non-fermeture d’une vanne. Ce jour-là, comme le veut la procédure, le chef d’exploitation de permanence et l’ingénieur de sûreté, une sorte de « gendarme du nucléaire » local, confrontent leurs analyses : tous deux conviennent qu’il s’agit d’un « événement significatif de sûreté », qui doit donc être déclaré automatiquement. Malgré leur accord, la direction demande une deuxième « confrontation », contrevenant ainsi aux règles. Les deux responsables maintiennent leur position, mais les directeurs persistent et ne déclareront pas l’incident. L’ASN affirme ne pas avoir retrouvé de traces d’échanges avec EDF concernant cet événement. « Si on n’a rien trouvé, c’est qu’on ne l’a pas vu en inspection », commente Christophe Quintin.

    Ce non-respect des procédures semble relever de pratiques généralisées, plutôt que de situations isolées. Un responsable des ingénieurs sûreté s’inquiète auprès d’Hugo des pressions de la direction : « Les ingénieurs sûreté en ont marre que les chefs d’exploitation baissent leur pantalon pour éviter [de déclarer] des événements significatifs de sûreté. » Ainsi, en décembre 2017, le repli d’un réacteur – la pression et la température de son circuit primaire sont abaissées en raison de l’indisponibilité d’une pompe – n’est pas déclaré. L’ASN a toutefois la possibilité, a posteriori, de revenir sur la caractérisation des incidents : en mars 2018, elle affirme ainsi que ce repli aurait dû être déclaré « sans ambiguïté » et demande à l’exploitant de le faire « dans les plus brefs délais ». S’il paraît anodin, ce retard de déclaration de quelques mois ne l’est pas : signalé en 2018, il n’apparaît pas dans le bilan annuel 2017 du #Tricastin. Dans la même note, l’ASN s’interroge officiellement sur « l’écoute de la filière indépendante de sûreté par les représentants de la direction lorsque ceux-ci doivent arbitrer le caractère déclaratif ou non de certains événements ».

    Un autre exemple, encore. Le 15 juin 2017, le réacteur numéro un fonctionne au-delà de la puissance maximale autorisée pendant quarante-cinq minutes. Une situation qui aurait dû être signalée dans les quarante-huit heures – c’est le cas dès que la surpuissance excède six minutes. Elle ne sera déclarée que le 2 août. Pourtant, la direction de la centrale du Tricastin connaît bien le problème : alors que les cas de surpuissance sont rares à l’échelle du parc français, la centrale en a déjà connu deux cette année-là, le précédent ayant même duré six heures. En cas de répétition d’un même événement significatif, l’exploitant peut être amené à déclarer ce dernier en niveau 2 sur l’échelle INES, graduée de 0 à 7 en fonction de la #gravité. Les événements de #niveau_2 sont très rares.

    « Quand il y a un nouvel événement de surpuissance le 15 juin, ce n’est même plus qu’on serre les fesses, se remémore Hugo. La direction nous dit clairement qu’il est hors de question qu’on ait un incident de niveau 2. » Le Monde a pu consulter un SMS envoyé par un supérieur d’Hugo, le 3 juillet. La consigne ne laisse pas de place à interprétation : « Il faut démonter ce qui s’est passé ce jour-là en mesurant sans prendre l’EC [soit la valeur du capteur utilisé dans le calcul de puissance thermique] pour démontrer que moins de six minutes. »
    Lire aussi : Article réservé à nos abonnés Dans la centrale nucléaire du Tricastin, un problème électrique a accru le risque d’accident grave
    Recours à l’intimidation

    Pour tenter de minimiser les écarts de #sûreté, la direction de la centrale du Tricastin peut également avoir recours à l’intimidation, rapporte Hugo. En juillet 2018 a lieu une visite de l’inspection nucléaire (IN), une unité spécifique chargée d’évaluer le niveau de sûreté des centrales, tous les trois ans environ, par le biais d’un audit d’envergure appelé « évaluation globale d’excellence » et pouvant durer plusieurs semaines. Ordre aurait alors été donné de mettre toute la pression possible sur l’un des inspecteurs pour le « pousser à bout et le dégager », raconte Hugo. Il reconnaît d’ailleurs avoir « participé au jeu » : un soir, le rendez-vous avec l’inspecteur s’éternise au lieu d’être expédié en une demi-heure.

    Un SMS témoigne du fait que la direction a donné rendez-vous à Hugo pour « traiter son cas au gars de l’IN ». « On te donne un ordre, tu le fais. Le fonctionnement d’une centrale, c’est très militaire, le directeur est le seul maître à bord. J’ai dû me montrer dur avec quelqu’un qui faisait juste son boulot », regrette Hugo.

    Au-delà de la gravité potentielle des différents incidents, ces pratiques remettent en cause le principe même de la sûreté. Le « gendarme » du nucléaire n’étant pas présent en permanence dans les centrales, le système est fondé sur le processus de déclaration par EDF et sur la transparence. « La sûreté, ce n’est pas qu’une question d’événements ou de valeurs qu’on dépasse, insiste Hugo, c’est une culture. On a tellement bien dissimulé certains incidents que l’ASN ne les a pas vus, c’est très grave. »

    L’ASN, de son côté, conteste cette analyse. « Il est normal qu’il y ait, à certaines périodes, des écarts d’appréciation entre l’ASN et l’exploitant, assure Christophe Quintin. Au Tricastin, il y a effectivement eu en 2017 et 2018 pas mal de divergences, mais elles ont été portées à la connaissance de l’ASN et n’ont pas été mises sous le tapis. Pour tous les événements qui n’avaient pas été déclarés, l’exploitant avait des explications rationnelles. » Egalement contacté par Le Monde, EDF se contente de rappeler que la sûreté des centrales est « la priorité » du groupe et que « la transparence et le respect de la réglementation sont scrupuleusement appliqués et respectés sur tous les sites ».

    Concernant plus particulièrement le Tricastin, l’entreprise souligne que le nombre d’événements significatifs déclarés par la centrale est « stable depuis plusieurs années » et que les bilans sûreté réalisés par l’ASN « ne font aucun état de non-respect du principe de transparence ».
    Entretien avec le physicien Bernard Laponche : Article réservé à nos abonnés « L’état du parc nucléaire français est préoccupant »
    Accidents de travail avec arrêt non transmis

    Un autre aspect de ce que Hugo qualifie de stratégie de dissimulation repose sur la non-déclaration des accidents de travail avec arrêt. Le mode opératoire est souvent le même : si un salarié se voit remettre une déclaration d’accident avec arrêt, signifiant que son état de santé ne permet pas une reprise du travail, la direction met la pression sur ses chefs pour que l’arrêt ne soit pas transmis. Il est alors demandé au salarié de rester chez lui le nombre de jours prévus par le médecin. En cas de suspicion par l’inspection du travail, la direction a la parade : elle explique que le salarié a accepté un « aménagement de poste ».

    L’aménagement de poste sous-entend que celui-ci soit prévu en amont de la délivrance d’un accident du travail avec arrêt, que les conditions dudit poste soient validées par un médecin et, bien entendu, que le poste en question ne soit pas fictif. Hugo indique avoir été témoin d’événements fréquents pour lesquels ces conditions n’étaient pas respectées.

    Ces derniers s’intensifient avant la visite décennale. Le samedi 9 juin 2018, un technicien est victime d’un malaise alors qu’il intervient en salle des machines. Sa tenue vapeur est insuffisamment ventilée pour faire face aux très fortes températures. Selon le médecin qui l’examine, le diagnostic vital aurait pu être engagé : la température corporelle du salarié a atteint 41 °C. Il lui remet un certificat d’accident du travail avec arrêt. Pourtant, deux jours plus tard, la direction déclare l’accident auprès de la Caisse primaire d’assurance-maladie (CPAM) sans arrêt de travail et explique que le salarié a été mis au repos le dimanche avant de reprendre son activité le lendemain.

    Le 18 septembre, un autre accident se produit au sein de la même équipe. Un salarié heurte violemment une vis qui dépasse d’une vanne et est amené aux urgences avec une plaie à la jambe. « Peux-tu suivre avec attention le blessé sur cette fin d’après-midi ? Je suis persuadé que dans le pire des cas un maintien dans l’emploi peut répondre à la situation », demande par SMS un membre de la direction, alors que l’agent n’a pas encore été examiné. Nouveau SMS en fin de journée du supérieur hiérarchique d’Hugo : « L’agent est sorti de l’hôpital sans déchirure grave. Huit jours d’arrêt. La balle est dans votre camp pour le poste aménagé, pas de problème pour tout aménagement. » Le lendemain, la direction transmet à la CPAM une déclaration d’accident du travail sans arrêt.

    Parfois, la stratégie échoue. Le 11 janvier 2018, une chute, un séjour à l’hôpital, un arrêt de travail d’une semaine. Mais le salarié a aussitôt transmis l’arrêt au médecin-conseil. La pression est mise sur les équipes pour rattraper le coup. « On a essayé de faire modifier au médecin de l’hôpital la déclaration, mais il refuse pour question de déontologie. J’ai fait tout ce que l’ai pu », commente, contrit, un adjoint du service d’Hugo dans un échange de SMS. « On va se faire allumer ! », répond un autre. « Attention, un jour, cela apparaîtra que la pression pour ne pas déclarer est démesurée. Il faudra assumer », ajoute un chef de service délégué.

    Cette stratégie de non-déclaration répond à un objectif : l’accidentologie, et plus précisément le taux de fréquence des accidents du travail avec au moins un jour d’incapacité de travail, est un paramètre pris en compte, avec une pondération importante, dans le classement des centrales. Un classement à soigner pour réussir la visite décennale. En 2018, le taux de fréquence du Tricastin est particulièrement bas : 2,7. Plus de deux fois moins que celui d’un secteur comme la banque et l’assurance (6,8), pourtant beaucoup moins à risque.
    Mise à l’écart brutale

    Le refus d’Hugo de « collaborer » à l’ensemble de ces dissimulations va entraîner, selon lui, sa mise à l’écart brutale. Le 25 septembre 2018, peu après l’inondation, il est convoqué par son supérieur, qui lui demande de rédiger un e-mail expliquant qu’il quitte ses fonctions pour raisons personnelles. Hugo refuse, mais, le lendemain matin, son départ est annoncé publiquement devant le personnel. Progressivement, Hugo n’est plus invité aux réunions, disparaît de l’organigramme de la direction, est retiré des listes de diffusion des chefs de service… A bout, il est victime d’une crise de spasmophilie dans son bureau, le 4 octobre, et mis en arrêt de travail. Le premier d’une longue série. « Là, j’ai compris qu’ils allaient me faire taire, dit aujourd’hui Hugo, les nerfs toujours à vif. On a voulu me détruire. »

    Le harcèlement que Hugo évoque passe aussi par des « intimidations » (« une connerie et t’es tondu », envoyé par SMS en pleine réunion) et des « insultes » répétées (« petite nature », « triple nul »). Hugo informe sa direction de la situation. « Ne te mets pas une pression démesurée. Tu n’es pas harcelé », tranche celle-ci, dans un SMS. Il informe les syndicats, saisit l’inspection du travail. Dans le nucléaire, les inspecteurs du travail sont les inspecteurs de l’ASN. Une enquête est diligentée. Elle conclura, en mars 2019, à l’issue d’une soixantaine d’entretiens, que « la pratique de harcèlement moral (…) n’a pas été établie », tout en pointant « des dysfonctionnements au niveau collectif ». « Ces situations sont traitées avec attention, car il n’y a jamais de fumée sans feu et les torts sont toujours partagés, assure Christophe Quintin. L’ASN a proposé un certain nombre d’actions de management à la direction de la centrale au terme de son enquête. »

    Trois jours avant sa date de reprise prévue le 10 décembre, Hugo apprend par un SMS que la direction a l’intention de lui proposer une autre « mission » : un poste de « chef de projet senior ». Il conteste, veut retrouver son poste. Las. Les syndicats l’informent que la direction envisage désormais une « mutation d’office ». L’argument ? « Protéger » sa santé. L’état physique et mental d’Hugo se dégrade. Il est de nouveau arrêté, mais toujours déterminé à retrouver son poste. Le 2 avril 2019, le médecin-conseil de l’Assurance-maladie valide sa reprise du travail. Lorsqu’il se présente, le 4 avril, à la centrale, son employeur le redirige vers le médecin du travail. Ce dernier confirme l’aptitude, mais dans un « contexte professionnel » hors de son service. Depuis, Hugo, qui a contesté en vain ledit certificat médical devant les prud’hommes, attend toujours de reprendre le travail.

    Que savait la direction d’EDF de la situation au Tricastin ? En octobre 2018, Hugo obtient un rendez-vous avec la direction du parc nucléaire. Il expose, une nouvelle fois, les « pratiques dangereuses » qu’il avait déjà relatées par e-mail et SMS. « Tout serait tellement plus simple, et probablement moins douloureux, si tu acceptais un autre poste », lui rétorque-t-on par SMS. Le 23 mai 2019, son avocat alerte le président d’EDF, Jean-Bernard Lévy. Le courrier est clair : il mentionne des manquements graves au principe de sûreté nucléaire, de transparence nucléaire ou au regard des normes environnementales, la volonté de la direction de la centrale du Tricastin de cacher certains événements et la situation de harcèlement moral dont est victime son client. La réponse parvient le 8 juillet 2019 : pour la direction du groupe, « aucun début d’éléments » ne permet de « caractériser l’existence » des faits dénoncés.

    En désaccord total, Hugo s’interroge quant à son avenir, qu’il continue malgré tout à imaginer dans le nucléaire. Le futur du #parc français est, lui aussi, en pleine redéfinition. Le président, Emmanuel Macron, a confirmé mardi 9 novembre vouloir lancer la construction de nouveaux réacteurs. En février, l’ASN a également ouvert la voie à la poursuite de l’exploitation des réacteurs les plus anciens au-delà de quarante ans. Cet avis générique doit être complété par des réexamens au cas par cas de chacun des trente-deux réacteurs, qui ont commencé en 2019 et doivent se poursuivre jusqu’en 2031. La quatrième visite décennale du #réacteur numéro un du Tricastin, qui a mobilisé près de 5 000 intervenants pendant six mois, a été jugée « assez satisfaisante » par le « gendarme du nucléaire ». Une nouvelle enquête publique doit avoir lieu au premier trimestre 2022 à propos de sa prolongation, avant que celle-ci ne soit validée officiellement.
    Lire aussi Article réservé à nos abonnés Emmanuel Macron acte son choix en faveur du nucléaire à cinq mois de la présidentielle

    Stéphane Mandard et Perrine Mouterde

    • merci @ant1 (et merci @vanderling pour le lien vers le seen).

      [...] jusqu’à prendre, à moins de 35 ans, la tête du service sûreté de l’une des dix-huit centrales du pays

      Ok donc le gars était ce qu’on appelle un ISR (ingénieur sûreté radioprotection). L’article présente ça comme une évolution fulgurante alors que ce n’est qu’un truc assez bateau dans le milieu (de jeunes ISR j’en ai croisé quelques uns quand je bossais dans la boîte). Ça ne retire rien à la valeur de l’article, qui synthétise très bien le problème des réacteurs vieillissants c’est juste pour préciser que ça, ce n’est pas un scoop.

  • Campagne de prévention inceste de la FCPE | FCPE Départementale
    https://26.fcpe-asso.fr/campagne/campagne-de-prevention-inceste-de-la-fcpe


    Illustration de Pavo

    Nous savons toutes et tous combien un telle violence sexuelle pèse sur la vie et de facto sur la scolarité d’un enfant et c’est bien collectivement en sensibilisant les adultes en posture d’éducation autour des enfants et en informant les enfants de leurs droits à la parole et au respect de leur corps et de leur personne qu’elles et ils pourront sortir de cette violence et d’un conflit de loyauté.

  • Brève | Pando, un des plus grands organismes vivants sur Terre, se meurt
    https://www.futura-sciences.com/planete/breves/nature-pando-plus-grands-organismes-vivants-terre-meurt-70


    (article de 2018)

    Dans l’Utah, États-Unis, une immense colonie de peupliers faux-trembles, appelée Pando, est en danger. Elle pourrait s’effondrer en quelques décennies à cause d’un manque de protection. C’est une tragédie car cette forêt exceptionnelle, constituée de 40.000 arbres, tous des clones issus de la même racine, est considérée comme un individu unique. Elle couvre 43 hectares et serait âgée de 80.000 ans au moins. C’est le plus grand organisme vivant de la planète par sa masse (6.000 tonnes) et l’un des plus anciens.

  • La colère gronde contre la chasse meurtrière
    https://reporterre.net/La-colere-gronde-contre-la-chasse-meurtriere

    À la veille de la présidentielle, les débats autour de la chasse pourraient prendre de l’ampleur. Depuis le début de la saison, de nombreuses initiatives appellent à réguler cette activité alors même que les accidents se sont multipliés ces derniers jours. Samedi 30 octobre, un automobiliste était blessé près de Rennes. Touché au cou par une balle de gros calibre, l’homme de 67 ans est mort jeudi 4 novembre. Quelques jours plus tôt, le 28 octobre, en Haute-Savoie, une autre personne était grièvement blessée d’une balle dans le thorax, alors qu’elle se promenait sur un sentier.

    Au total, plus d’une vingtaine d’accidents ont été recensés ces deux derniers mois. En septembre, une cyclotouriste a notamment reçu du plomb dans la cuisse en Dordogne ; une automobiliste a pris une balle dans l’épaule en Corse ; un homme de 60 ans a aussi été blessé à la tête dans le Var, avant de mourir une semaine plus tard à l’hôpital.

    Face à la répétition de ces drames, l’émoi est palpable. Sur le site du Sénat, une pétition portée par le collectif Un jour un chasseur, créé à la suite de la mort de Morgan Keane en décembre 2020, exige la mise en place d’une réforme en profondeur des pratiques cynégétiques. Ses soutiens ne cessent d’augmenter : le 6 novembre au matin, la pétition comptait plus de 65 000 signataires. Si le chiffre dépasse les 100 000 avant mars prochain, le Sénat pourra décider d’y donner suite en créant une mission de contrôle ou en inscrivant le texte à l’ordre du jour en séance publique.

  • Notre condition. Essai sur le salaire au travail artistique – Aurélien Catin – Riot Éditions
    https://riot-editions.fr/ouvrage/notre-condition
    « Avec cet essai sur la condition des artistes-auteur·es, nous allons jeter en pleine lumière toute une production de valeur maquillée en passion et en amour de l’art. En nous posant comme des travailleur·ses, nous allons déborder du champ de la culture pour entrer dans celui de la lutte. Au-delà de la question de notre rémunération, l’enjeu du salaire se situe au niveau du rapport politique que nous entretenons avec les structures économiques et sociales qui déterminent notre activité. À l’heure d’un durcissement du capitalisme qui se traduit par l’uberisation de la société, et dans nos milieux par la prise de pouvoir des fondations d’entreprise et des groupes d’édition, il est temps que le travail artistique soit rendu visible afin que nous puissions l’émanciper des puissances d’argent. Derrière le cas des artistes-auteur·es, c’est bien la question d’un devenir commun qui transparaît, car à force de régressions et de renoncements, le travail a été ravalé au rang de mal nécessaire nous entraînant vers une catastrophe anthropologique et environnementale. En nous organisant pour transformer notre condition, nous allons apprendre à déjouer cette prétendue fatalité. »

    (...) Plutôt que de dénoncer les spéculateurs du marché de l’art ou les actionnaires de l’édition, il est nécessaire d’outiller celles et ceux qui ont choisi de faire de l’art un métier. Bien qu’ils·elles produisent ici et maintenant des œuvres de référence, qui s’agrègent pour former quelques-unes des couches de notre culture la plus officielle, la majorité d’entre eux·elles passent le plus clair de leur temps à remplir des dossiers de subvention, à compléter des déclarations en ligne, à gratter le RSA, à jober avec le couteau de la survie sous la gorge.
    Cette situation les expose à tous les compromis, si bien qu’avant d’être une puissance autonome ou un ensemble de pratiques au service d’un discours ou d’une intuition, l’art est une bête carrière où tous les moyens sont bons pour agripper le barreau du dessus.
    Plongé·es dans un milieu investi par les puissances d’argent, les artistes sont mis·es en concurrence, domestiqué·es, exploité·es, et pour finir, spolié·es.(...)

    (pas lu)
    #Art #artiste #rémunération

  • « Tri des patients », « perte de chance »… Un collectif alerte sur la situation « #catastrophique » en #pédiatrie
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/10/28/tri-des-patients-perte-de-chance-un-collectif-alerte-sur-la-situation-catast

    « Nous sommes donc aujourd’hui à la croisée de deux chemins : soit le politique décide d’abandonner l’#hôpital_public, soit il prend enfin le problème à bras-le-corps et engage une réforme de fond (financement, recrutement, gouvernance) qui garantira un accès aux soins pour tous de qualité », a jugé Mme Hentgen.

    La situation est d’autant plus « grave » pour Christophe Marguet, chef de service au CHU de Rouen, que « l’hôpital public est le seul recours en médecine pédiatrique ». « A terme, on constate une perte de chance pour l’enfant qui a besoin de soins, pour les parents confrontés à la maladie chronique, et un #épuisement des #soignants », a expliqué Isabelle Desguerre, chef du service de neuropédiatrie à l’hôpital Necker-Enfants malades.

    Elisabeth Ouss, pédopsychiatre au sein du même établissement, a fait état de « conditions inéthiques, suscitant une charge mentale, une responsabilité terrible, qui ne suscitent pas de vocations et contribuent à éloigner de l’hôpital de jeunes praticiens ». Laurent Rubinstein, infirmier aux urgences et en réanimation, dit arriver à l’hôpital « la boule au ventre car [les soignants] ne sav[ent] pas s’[ils sont] en nombre suffisant ».

    #France #sabotage #criminel

    • La France aime beaucoup les violences sur les enfants. Y a qu’a voire comme ce sujet indiffère. La justice des mineurs sert seulement à en envoyé subir des viols en prison ou/et en maison et famille d’accueil. L’inceste et les violences sexuelles c’est ok alors le tri des enfants malade le gouvernement se dit pourquoi pas. Ce gouvernement ne donne pas de congé aux parents pour le deuil des enfants, ca coute trop cher à l’entreprise qu’ils disaient. Alors des moyens pour l’hopital je pense que Macron et son épouse pedocriminelle, donnera plutot de l’argent à l’interieur pour gazer les enfants et les soignants.

  • A Berne, un vélo-cargo pour le dernier voyage
    https://www.letemps.ch/suisse/berne-un-velocargo-dernier-voyage

    Une entreprise de pompes funèbres bernoise propose de transporter les dépouilles à deux-roues. Une démarche qui s’inscrit dans un projet de la ville pour lever le tabou sur la mort

    Son corps se fige, yeux braqués sur le vélo-cargo au format inhabituel qui passe devant lui. « Il y a un mort, là-dedans ! » s’exclame l’ouvrier sur le trottoir, en dialecte bernois, dans un mélange de surprise et de stupeur. Aucun doute possible : la structure, ouverte, dévoile le cercueil porté par l’engin.

    Le véhicule électrique de l’entreprise de pompes funèbres Aurora ne laisse pas indifférent, alors qu’il traverse Berne pour le dernier voyage de Margrit (£), une dame âgée, décédée en EMS. Le convoi conduit par Alessandro, employé d’Aurora, a quitté un peu plus tôt le sous-sol de l’hôtel du quartier de Lorraine où il est parqué d’ordinaire, au milieu des rangées de cercueils.

    Son chargement encore vide, il a traversé l’un des ponts surplombant l’Aar, puis il a glissé sur la piste cyclable devant la gare, avant de s’arrêter à un feu rouge. Il accroche le regard des passants. Intrigués. Parfois amusés. Vaguement inquiets. Ou gênés. Certains détournent les yeux. D’autres en restent bouche bée.

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    Quelques kilomètres plus loin, le vélo-corbillard s’est arrêté devant l’entrée de l’EMS. Alessandro et son collègue sont allés chercher Margrit. Puis ils sont remontés avec son cercueil, qu’ils ont déposé, délicatement, sur le plateau du vélo-cargo, devant les yeux écarquillés d’une résidente.

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    Le convoi silencieux a poursuivi son chemin, provoquant encore quelques sourires énigmatiques sur son passage. Enfin, le vélo est arrivé au cimetière. Sous un soleil resplendissant, il a parcouru les derniers mètres le séparant du crématoire, sa course paisible rythmée par le cliquetis à peine perceptible des roues et le chant des oiseaux.

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    Le vélo-cargo interpelle, et c’est bien là son but. C’est ce qu’explique un peu plus tôt ce matin-là, le responsable de l’entreprise de pompes funèbres Aurora, Gyan Härri, dans son bureau. La démarche, dit-il, s’inscrit dans une volonté de briser le tabou autour de la mort, pour instaurer un rapport plus ouvert avec les rituels de départ.

    « Aujourd’hui, nous passons par la porte principale »
    « Lorsque j’ai commencé à faire ce métier, en 2010, nous allions chercher les personnes décédées dans les EMS tard le soir. Nous passions par le garage pour que les autres résidents ne nous voient pas. C’était une situation tendue pour tout le monde. Aujourd’hui, nous venons de jour, par l’entrée principale. Les défunts sont célébrés, avec une bougie, ou une photo. Cette visibilité facilite le rapport à la mort des autres résidents. Elle rend aussi notre travail plus agréable. » Si les pratiques évoluent, la mort reste encore bien souvent invisible. C’est aussi lié au fait que souvent, elle survient entre les murs d’une institution de soin : « Aujourd’hui, dans 50% des cas, nous allons chercher les défunts dans un EMS ou un hôpital. Nous nous sommes deshabitués à leur présence dans notre quotidien », explique Gyan Härri.

    Le professionnel de la mort compare le vélo funéraire aux calèches d’antan, qui transportaient les cercueils à travers la ville, sous le regard des passants. Qui sait, peut-être que le vélo-corbillard s’installera durablement dans le paysage. Pour l’instant, c’est une option laissée au choix des familles, qui préfèrent, la plupart du temps, un mode de transport plus conventionnel : « En ce moment, nous réalisons un à deux voyages par semaine à vélo-cargo », souligne Gyan Härri.

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=2&v=1WMpod4PgIs

    L’idée du corbillard sur deux roues lui est venue peu après son mariage. Gyan Härri transportait son épouse enceinte à vélo-cargo au marché. « J’ai beaucoup aimé l’idée de porter ma famille, comme on se soutient les uns les autres dans l’existence. J’avais envie de proposer à mes clients de porter leurs proches défunts dans cette dernière étape de la vie. » Gyan Härry évoque une anecdote, chargée d’émotions. Pour l’enterrement de leur enfant de 5 ans, un couple a souhaité pouvoir se servir du vélo-cargo afin d’emmener le corps jusqu’à la tombe. « Nous avons placé le petit cercueil au milieu de la plateforme et neuf enfants venus pour la cérémonie se sont assis tout autour. C’était une scène extrêmement forte. »

    Et récemment, l’un de ses clients a souhaité prendre lui-même le guidon du vélo-cargo pour transporter le cercueil de son épouse au cimetière. « Un geste très fort, du point de vue symbolique. » Contacté par téléphone, Gerhard Röthlin explique : « Je roule souvent à vélo, j’adore cela. J’ai trouvé beau de pouvoir accompagner mon épouse de cette façon, plutôt que dans une de ces voitures corbillards sombres et anonymes, purement fonctionnelles », raconte le Bernois. Son épouse Barbara est décédée trois mois après avoir appris qu’elle était atteinte d’un cancer, à l’âge de 60 ans. « Ce trajet, c’était une sorte d’événement. Il fait partie de mon travail de deuil. Et je suis sûr qu’elle aurait trouvé cela cool, elle aussi. »

    Une initiative soutenue par la ville
    Le vélo-cargo d’Aurora porte le logo « Bärn-treit » (« Berne soutient », en dialecte). Un slogan de la ville de Berne, qui s’engage à soutenir les personnes mourantes ou endeuillées. Elle a élaboré une charte et lancé depuis un an une série d’initiatives pour susciter des discussions autour de la mort, dans les écoles, au travail, au musée ou au théâtre. La ville offre par exemple une série de cours grand public de quelques heures, dans lesquels une thérapeute explique comment soutenir une personne qui vient de perdre un proche. Ou encore une formation, appelée « derniers secours », qui donne des clés pour accompagner une personne mourante.

    Berne espère ainsi promouvoir une « culture de l’entraide », pour atténuer la détresse, la solitude, ou l’exclusion liées à la mort. Elle s’inscrit dans un réseau de « compassionate cities », aux côtés de Cologne en Allemagne, Plymouth en Angleterre ou Ottawa au Canada : ces villes entendent, sous ce label, améliorer l’approche collective de la mort.

    « Avec la professionnalisation des soins, nous avons perdu certains savoir-faire liés à la mort. Nous devons faire appel à notre mémoire collective », observe Gyan Härri. Ne dites pas au croque-mort qu’il exerce un métier difficile. Lui préfère le mot « intensif ». « Il y a de la douleur, bien sûr. Mais c’est tellement plus que cela. Il y a aussi des rires, souvent. » Avant de devenir croque-mort, il travaillait dans la gastronomie et le cinéma. « Un univers dominé par le paraître et l’apparence. Aujourd’hui, au quotidien, mes rapports avec les autres sont empreints de sincérité et de profondeur. »

    £ Prénom d’emprunt
    #Mort #décès #vélo #cyclisme #vélo-cargo #voyage #ehpad #deux-roues #tabou

  • L’enquète publique de la DUP de CIGEO est gérée par une société d’évenementiel
    CDV Évènements Publics 17, rue Lepic 75018 Paris - 5, impasse Boudeville 31100 Toulouse - www.registre-numerique.fr
    avec des méthodes... comment dire :

    Validation du dépôt de votre contribution sur le registre numérique d’enquête publique
    PROJET DE DÉCLARATION D’UTILITÉ PUBLIQUE (DUP) DU PROJET DE CENTRE DE STOCKAGE EN COUCHE GÉOLOGIQUE PROFONDE DES DÉCHETS RADIOACTIFS DE HAUTE ET DE MOYENNE ACTIVITÉ À VIE LONGUE (CIGÉO) EMPORTANT MISE EN COMPATIBILITÉ DES DOCUMENTS D’URBANISME SUIVANTS : LE SCOT DU PAYS BARROIS, LE PLUI DE LA HAUTE-SAULX ET LE PLU DE GONDRECOURT-LE-CHATEAU
    Votre contribution à bien été enregistrée :

    Sauf que si tu ne vas pas jusqu’en bas du mail en te disant « c’est bon » (comme te le laissent penser les mots « validation » et « enregistrée »
    et ben tu loupes le bouton « Valider » tout en bas et hop ta contribution passe à la trappe !
    #privatisation #dématérialisation du #service_public #cigeo

  • affordance.info : Le Resto U n’est pas rentable. Alors on le ferme.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/10/le-resto-u-nest-pas-rentable.html
    https://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef026bdef9b92e200c-600wi

    Ce matin sur France Inter, alors que la réalité de la situation dans les universités c’est que désormais chaque campus est devenue une succursale des restos du coeur (merci à eux d’ailleurs puisqu’eux, ils filent à bouffer à nos étudiant.e.s), ce matin sur France Inter j’ai appris que le resto U de l’université Paris 8 en Seine Saint-Denis, plus précisément celui de l’IUT de Montreuil, n’avait pas ouvert depuis un an et ne réouvrirait probablement pas. Parce que ce n’était pas "rentable. La présidente de l’université y était rapidement interviewée et elle avait l’air presque aussi résignée que désabusée.

  • L’appel de la cagette - Agnès Stienne - Visionscarto
    https://visionscarto.net/l-appel-de-la-cagette

    Et moi je regardais les cagettes. Avec soudain un regard nouveau. Quelle industrie peut bien se cacher derrière cet emballage anodin qu’on jette d’un geste négligé ou que l’on brûle après un unique usage ? Et les palettes ? Et les allumettes ?

    J’allais faire de ces cagettes, si pratiques mais si maltraitées, des boîtes précieuses enrichies de graines récoltées à l’automne dernier, des écrins, des œuvres d’art. Puis vint le temps de se pencher sur leur production.

    #peuplier #arbre #recyclage #emballage #écologie #environnement #art #cagette_qui_en_jette :)

  • En 2017, ce n’est pas la parole des femmes qui s’est libérée, c’est nous qui avons commencé à écouter

    Les victimes d’Harvey Weinstein parlaient depuis des années. Pourquoi n’ont-elles pas été prises au sérieux ?

    https://www.buzzfeed.com/fr/mariekirschen/ce-nest-pas-la-parole-des-femmes-qui-sest-liberee-cest-nous

    « 2017, l’année qui a libéré la parole des femmes », « L’année où la parole des femmes s’est libérée », « Et la parole des femmes se libéra ». L’affaire Weinstein et ses suites, selon l’expression consacrée, ont provoqué un ouragan, à l’échelle mondiale. On sait déjà qu’il y aura un avant et un après Weinstein. Mais « l’année de la libération de la parole », vraiment ? A force de voir l’expression martelée en titre de journaux — y compris sur BuzzFeed – on finirait par croire qu’avant ce fameux article du New York Times révélant les accusations contre le producteur hollywoodien, les femmes préféraient se murer dans le silence.

    Pourtant, les femmes n’ont pas attendu ce mois d’octobre 2017 pour dénoncer les viols, le harcèlement sexuel au travail, ni pour tweeter sur le sujet. En France, on se souvient, entre autres exemples, des grandes mobilisations féministes contre le viol dans les années 1970 et 1980, des mobilisations au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn puis de l’affaire Denis Baupin. Aux Etats-Unis, le témoignage d’Anita Hill avait secoué la société américaine et mis sur le devant de la scène la question du harcèlement sexuel au travail en 1991… soit il y a bientôt trente ans !
    Nous n’avons pas su écouter

    Plus récemment et sur internet, les hashtags #YesAllWomen, #EverydaySexism, #rapeculture ou encore #StopHDR avaient déjà vu passer leurs lots de tweets décrivant des agressions. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil à des Tumblr comme Paye ta shnek, Paye ton taf ou Coupable de mon viol pour voir que la parole des femmes était bien libérée. Quant au désormais célèbre #MeToo, on s’est rapidement souvenu qu’il avait été lancé, non pas par Alyssa Milano cet automne, mais onze ans auparavant, par Tarana Burke, une militante afro-américaine qui travaille sur les violences sexuelles. Alors pourquoi un tel changement de perspective médiatique ? Qu’est-ce qui a fait la différence cette fois-ci ?

    Si #MeToo et #balancetonporc ont eu un tel impact, c’est surtout parce que l’écoute a changé. À plusieurs reprises aux cours de ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de discuter avec des militantes féministes qui, bien qu’agréablement surprises par le traitement médiatique actuel, ne pouvaient s’empêcher d’être un peu étonnées : « On nous dit que les femmes "parlent enfin". Mais les femmes ont toujours parlé ».

    C’est nous qui n’avons pas su écouter.

    Cela fait des années que les victimes de Harvey Weinstein parlent : la mannequin italienne Ambra Battilana Gutierrez s’est rendue à la police. L’actrice Rose McGowan, a expliqué qu’elle avait confié au responsable des studios Amazon que Harvey Weinstein l’avait violée. « Je l’ai dit, encore et encore », a-t-elle tweeté. Mira Sorvino en a parlé à ses proches et notamment à son compagnon de l’époque, Quentin Tarantino, qui a continué à travailler avec Harvey Weinstein, et a reconnu de lui-même : « j’en savais assez pour faire plus que ce que j’ai fait ». Dans cette affaire – comme dans de nombreuses autres – si « tout le monde savait », c’est bien que des femmes l’avaient dit.

    Dans l’affaire Charlie Rose, une de ses anciennes assistantes, qui dit avoir été victime de harcèlement sexuel de la part du célèbre journaliste américain, a spécifié qu’elle en avait parlé à la productrice executive, qui lui a répondu « c’est juste Charlie qui fait du Charlie ». Quand le duo de comédienne Min Goodman et Julia Wolov ont raconté autour d’elles que Louis C.K. s’était masturbé devant elles sans leur consentement, le manager de ce dernier leur a fait passer le message d’arrêter.

    On retrouve des situations similaires de notre côté de l’Atlantique. Libération a récemment publié une enquête sur des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de Thierry Marchal-Beck, un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (qui s’est dit « sidéré » par ces accusations et a prévenu se « réserver le droit d’engager toute procédure »). Le journal évoque des « années d’omerta et de duplicité » au MJS : « Pendant des mois, les alertes vont sonner dans le vide ».

    Une plainte pour agression sexuelle a été déposée (puis classée sans suite pour cause de prescription) contre Éric Monnier, l’ex-ponte de France 2 aujourd’hui à LCI, qui nie les faits qui lui sont reprochés. Plusieurs journalistes ont raconté à BuzzFeed News que « tout le monde était au courant » de son comportement avec les femmes. Autre exemple : Astrid de Villaines, qui a récemment porté plainte contre le journaliste de La Chaîne parlementaire (LCP), Frédéric Haziza, en avait déjà à l’époque discuté avec sa rédaction, qui n’avait pourtant adressé qu’un simple « avertissement » à l’accusé.
    « Pour avoir parlé, j’étais soudainement devenue radioactive »

    Très souvent, les femmes parlent. Elles se confient à leurs proches, à un-e ami-e, à des collègues… Mais, fréquemment, leur parole n’est pas bien accueillie. Comme quand l’actrice Mira Sorvino prévient une employée de Miramax, l’entreprise cofondée par Harvey Weinstein, du comportement de celui-ci. « Sa réaction c’était comme si j’étais soudainement devenue radioactive pour avoir osé en parler, ce qui ne m’a pas vraiment encouragée ».

    Lors du rassemblement MeToo à Paris, le 29 octobre 2017.

    C’est parce que les femmes sont reçues par de l’embarras, de la suspicion, voire une franche hostilité, qu’elles vont arrêter de parler. Les victimes intègrent très rapidement que la société n’a pas envie de les écouter et qu’il sera moins coûteux pour elles, désormais, de se taire.

    Il serait extrêmement naïf de croire que, alors que nous avons grandi dans une société imprégnée par la culture du viol, nous savons bien réagir face à une personne qui nous confie avoir été victime d’une agression sexuelle. Personne ne nous apprend à le faire. Nous avons peut-être les meilleures intentions du monde, mais cela ne suffit pas.

    Il est très fréquent que, même malgré nous, on minimise. Qu’on se dise qu’il n’y a rien à faire – « de toute façon c’est connu qu’il est comme ça ». Qu’on rejette la responsabilité sur la victime – « quelle idée, aussi, d’aller aussi tard chez cet homme vu sa réputation ». Qu’on immisce le doute dans son esprit sur sa légitimité à parler – « franchement le mieux pour toi, c’est encore de passer à autre chose ». D’où l’importance, comme Sandrine Rousseau tentait de l’expliquer sur le plateau d’« On n’est pas couché » seulement six jours avant que l’affaire Weinstein éclate, de former des gens pour savoir « accueillir la parole ».

    Les manquements de la presse

    Dans ce refus d’accorder une écoute attentive aux victimes de violences sexuelles, les journalistes ont leur part de responsabilité. Ces dernières décennies, on ne peut pas vraiment dire que la presse française a brillé par sa volonté de couvrir le sujet des agressions sexistes, hormis les habituels papiers un peu paresseux tous les 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’éradication des violences contre les femmes. Les médias ont longtemps fait la sourde oreille. Ils ont peu enquêté. Et quand ils se sont intéressés au sujet, le résultat a parfois été catastrophique.

    Pour avoir une petite idée de ce que pouvait donner la couverture journalistique du harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma il y a une quinzaine d’années, il suffit de regarder le traitement de l’affaire Brisseau. Aux débuts des années 2000, Noémie Kocher et Véronique H., qui ont fait des essais pour le film Choses secrètes, portent plainte pour harcèlement sexuel contre le réalisateur, Jean-Claude Brisseau. Elles sont rejointes dans leur plainte, dans un second temps, par deux autres comédiennes. En 2005, le réalisateur de Noce blanche est condamné pour harcèlement sexuel à l’égard de Noémie Kocher et de Véronique H., les deux autres femmes sont déboutées. L’une d’elles, qui lui reproche notamment de lui avoir mis un doigt dans le vagin, fait appel, et Jean-Claude Brisseau est condamné l’année suivante pour atteinte sexuelle.

    Lors de l’enquête, comme le rappelle L’Obs qui a eu la bonne idée de se repencher récemment sur l’affaire, plusieurs témoignages, comme ceux de Marion Cotillard ou de Hélène de Fougerolles, vont dans le sens des plaignantes. La mère de Vanessa Paradis aussi, qui mentionne « un incident » lors du tournage du film qui a fait connaître sa fille, Noce blanche.

    Pourtant, la presse se fait bien tendre avec Brisseau, et cruelle envers ses accusatrices, qui n’auraient rien compris à l’art délicat du « tournage cinématographique comme sanctuaire artistique ». Les Inrocks tacle « les différentes parties [qui] dissimulaient leur ignorance profonde de ce qu’est le cinéma ». Un journaliste de Libération, Louis Skorecki, se fend d’une tribune intitulée « Brisseau, le faux coupable », et se lamente : « On n’aurait jamais dû juger Brisseau. » À la sortie de son film suivant, le critique Antoine de Baecque s’indigne : « Je ne crois donc pas une seconde à la vérité des accusations dont il a fait l’objet quand je vois Les Anges exterminateurs [...] Il est pour moi, c’est mon intime conviction, aux antipodes d’un harceleur, d’un violeur, d’un homme agressant une femme. [...] Jean-Claude Brisseau a été sauvé et blanchi par son cinéma. »

    « A quelques rares exceptions, la presse a été terrible, commente Noémie Kocher dans "L’Obs". Je n’imaginais pas le tsunami qui en découlerait. Notre parole a été niée, décrédibilisée. C’était violent. Et ce que j’ai vécu, à ce moment-là, ça a été presque pire que le harcèlement en lui-même. Voilà pourquoi je redoute tellement de parler. »

    Un sujet imposé parole après parole, tweet après tweet

    On est très loin des reportages de 2017 sur le cinéma, désormais qualifié de « milieu très exposé au harcèlement sexuel ». Douze ans plus tard, plus de 80 femmes ont accusé le magnat hollywoodien Harvey Weinstein. Il a fallu qu’elles soient aussi nombreuses pour qu’on écoute. Le scoop venait des vénérables New York Times et New Yorker. Bien sûr, si le retentissement médiatique a été si considérable, c’est parce que d’autres affaires ont pavé la voie. DSK, Baupin en France. Le journaliste Bill O’Reilly, l’acteur Bill Cosby et le chanteur R-Kelly aux Etats-Unis.

    Désormais, les médias ont bien intégré que ces affaires font partie de la couverture qu’ils sont tenus d’avoir. Sites, télés, radios n’ont pas hésité à reprendre l’information du New York Times, puis à apporter leur propre grain de sable à la déferlante. L’affaire Weinstein montrait à tous qu’il existait des informations à sortir, des affaires à raconter. Que, pour raconter le monde dans sa globalité, les journalistes devaient se pencher sur la question des violences sexuelles, et qu’il fallait le faire avec autant de sérieux que pour une grande enquête politique ou économique.

    Devant cet intérêt soudain, des victimes qui avaient renoncé à parler ont pris de nouveau la parole. Cette fois, elles ont été entendues. Les réseaux sociaux écoutaient. Les médias écoutaient. Les lecteurs écoutaient. Les journalistes ont enquêté, vérifié, recoupé. Et les articles se sont multipliés.

    Il ne s’agit pas, ici, de nier le choc qu’ont constitué les hastags #metoo et #balancetonporc. En 2017, les femmes ont parlé avec force et chaque témoignage a permis à d’autres victimes de se sentir un peu plus légitimes pour dire « moi aussi ». Ces dernières années, grâce à leurs paroles, ce sont les femmes – et les associations féministes – qui ont imposé, petit à petit, tweet après tweet, ces sujets sur la place publique. Mais les médias ne devraient pas s’exempter d’une autocritique sur leur difficulté à s’emparer de ces questions, alors que le grand continent des violences sexuelles était juste sous leurs yeux. L’affaire Weinstein a fait bouger les lignes du traitement journalistique. Mais ce changement s’inscrira-t-il seulement dans la durée ?
    Des oreilles décidées à ne pas tout entendre

    Il ne faudrait pas idéaliser ce moment et sous-estimer les réticences. Certaines oreilles sont bien décidées à ne pas tout entendre. Comme ces commentateurs qui, plutôt que de parler des violences sexuelles, ont insisté sur la « violence » du terme « balancer ». Comme Raphaël Enthoven qui s’est permis de demander à celles qui tweetaient leurs agressions d’aller plutôt porter plainte – alors que l’on sait que les victime de viol sont souvent mal accueillies dans les commissariats. Ou encore comme ce député La République en marche qui s’est inquiété qu’on finisse par « émasculer tous les hommes ».

    Seulement quatre petits jours jours après le premier tweet sur #balancetonporc, on atteignait déjà le point Godwin en comparant ces victimes qui osaient décrire des délits et des crimes sur les réseaux sociaux aux monstres qui ont dénoncé des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

    Jusqu’à cette séquence lunaire où, sur BFM-TV, le 26 novembre, la journaliste Anna Cabana a coupé Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, pour lui demander, visiblement inquiète : « Mais, aujourd’hui, vous pouvez nous dire : vous aimez les hommes ? » Quand une femme ose prendre la parole contre les violences sexistes, le soupçon de misandrie n’est jamais très loin. Curieuse inversion des rôles. A l’heure où se multiplient les révélations sur des hommes qui font acte de cruauté envers des femmes, on s’étonne pourtant de ne jamais avoir entendu la question inverse posée à ces derniers.

    L’article date de 2018 et ca n’a pas changé, c’est toujours la prétendue « libération de la parole des victimes » et cela permet de maintenir le système en place. Si c’est la première fois que vous en entendez parler alors on ne peu pas vous reprocher de n’avoir rien fait auparavant.

  • La marionnette géante Amal, symbole des enfants réfugiés, arrive à Paris
    https://www.rfi.fr/fr/culture/20211014-la-marionnette-g%C3%A9ante-amal-symbole-des-enfants-r%C3%A9fugi%C3%A9s-

    Elle fait 3,5 mètres de haut et parcourt 8 000 km et 8 pays - de la Turquie jusqu’en Angleterre - à travers un festival itinérant baptisé « The Walk » (« La Marche »). Amal (espoir en arabe), une marionnette géante qui représente une petite fille syrienne, est le symbole de tous les enfants réfugiés dans le monde. Née au cœur de la « jungle » de Calais, le camp de migrants au nord de la France, à partir d’une pièce de théâtre en 2015, Amal débarque ces jours-ci à Paris et en Seine-Saint-Denis.

    Où qu’elle pose le pied, c’est le même accueil : « C’est la petite Amal ! - Amal, Amal, Amal... » Des yeux pétillants d’enfants et des visages émus de parents. D’où vient-elle ? « Je ne sais pas, mais ma maîtresse a dit qu’elle a fait le tour du monde. »

    Sa mission : sensibiliser l’Europe sur le sort des enfants migrants. « Elle cherche sa mère, répondent les enfants d’une seule voix. Elle est déjà allée en Turquie, Grèce, Italie, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique et là elle est en France. »

    Calais : la marionnette Amal, symbole des exilés, marchera au Fort-Nieulay ce dimanche

    Petite Amal, marionnette géante aux traits d’une enfant syrienne, est le symbole de l’exil des migrants à travers le monde. Dimanche après-midi, elle sera au Fort-Nieulay pour sensibiliser sur la crise de l’accueil des réfugiés. Un thème à la résonance forte à Calais et qui donne toujours lieu à des crispations. [...]

    À Calais, ville symbole de la crise migratoire où 1 500 migrants errent au gré des destructions de camps dans l’attente de rejoindre l’Angleterre, ce ne sera pas le cas. La maire (LR) ne souhaite pas entendre parler d’Amal et du message qu’elle porte. L’élue a refusé au Good Chance Theatre

    https://www.lavoixdunord.fr/1085050/article/2021-10-15/calais-la-marionnette-amal-symbole-des-exiles-marchera-au-fort-nieulay-

    • #Petite_Amal | #Marche en soutient des #réfugiés de la Turquie au Royaume-Uni

      Petite #Amal est la #marionnette géante au cœur de #La_Marche qui entame un voyage de 8,000 km pour soutenir les réfugiés. En 2021, la #marionnette_géante d’une jeune réfugiée syrienne va traverser la Turquie, la Grèce, l’Italie, la France, la Suisse, l’Allemagne, la Belgique et le Royaume-Uni à pied pour mettre en lumière le sort des jeunes réfugiés dans le monde. Du haut de ses 3,5 mètres, ‘Petite Amal’ n’est pas si petite que ça. Pour en apprendre plus sur son fonctionnement, consultez la page de #Handspring_Puppet_Company.

      L’histoire de la Petite Amal débute dans la pièce de théâtre primée The Jungle. Cette production Good Chance s’inspire de véritables histoires, que les fondateurs Joe Murphy et Joe Robertson, ont entendu alors qu’ils ont implanté leur premier dôme-théâtre dans la jungle de Calais en 2015. La Petite Amal est un des personnages de The Jungle. Elle représente les centaines de mineurs non-accompagnés à Calais. Suite au succès de la pièce, qui a contribué à un dialogue mondial autour de la crise d’accueil des réfugiés, l’équipe de Good Chance a senti que le Petite Amal avait encore beaucoup à dire.

      A présent, l’histoire de la Petite Amal s’est transformée en voyage épique : son personnage prend la forme d’une marionnette géante extraordinaire, fabriquée par les créateurs de War Horse Handspring Puppet Company. Au cours de son voyage depuis Gaziantep, près de la frontière turco-syrienne, à Manchester au Royaume-Uni, la Petite Amal va mettre en lumière les histoires des millions de personnes déplacés, y compris des mineurs isolés qui sont contraints d’entreprendre des voyages dangereux dans l’espoir d’une vie meilleure.
      Petite Amal va voyager 8,000 km pour mettre en lumière la crise d’accueil des réfugiés.

      La Marche est à la fois un festival international d’art et une véritable épreuve d’endurance. La Petite Amal, une marionnette de 3.5 mètres, de haut, traversera l’Europe à pied pour rappeler le sort des millions d’enfants et de jeunes déracinés. Elle voyagera à travers 8 pays, accueillie lors de centaines d’événements culturels dans les villes et villages tout au long de son parcours. L’ampleur de ce défi a déjà inspiré de nombreux partenaires. Elle marchera pour les enfants – certains isolés et séparés de leur familles, contraints d’entreprendre de dangereux périples. Elle marchera pour qu’on ne les oublie pas.

      “Alors que les débats publics se polarisent et que les voies légales d’accès vers l’Europe se ferment, l’art a un rôle essentiel à jouer : changer le regard sur la migration et rassembler les gens. Nous espérons que La Marche mettra en exergue les routes migratoires que les réfugiés sont contraints d’emprunter et qu’elle renforcera le mouvement de soutien pour des voies légales d’accès plus sûres.”

      https://asile.ch/2021/08/12/petite-amal-une-petite-fille-qui-fait-un-grand-voyage

      #solidarité

  • Musiques actuelles, musiques masculines - Yves Raibaud - AquileTube : Peertube Aquilenet.fr
    https://tube.aquilenet.fr/w/jedbZfvbASwQ5U9JgwgH2r

    Comme le sport, la musique a un genre. L’entre-soi masculin et l’exclusion des femmes dans l’économie des musiques actuelles en est l’exemple. Yves Raibaud montre comment des aides et des subventions publiques profitent majoritairement à des groupes de musiciens hommes qui y trouvent une prime à la professionnalisation. Toute l’économie de ce secteur fonctionne par cooptation genrée, recréant et diffusant ad libitum les stéréotypes de la masculinité, en direction d’un large public. L’auteur plaide au minimum pour une distribution égalitaire des ressources publiques dans ce domaine d’activité professionnelle.

    #UPB #université_populaire #Yves_Raibaud #musiques_actuelles #musique #femmes #hommes #inégalité #sociologie #genre

    • Super Conf, il parle à un moment de Adèle Heanel qui risque de se prendre le backlash d’avoir osé dénoncé un agresseur sexuel et voila ce que je trouve comme info ce matin :

      Affaire Adèle Haenel : la garde à vue de Christophe Ruggia annulée
      https://www.mediapart.fr/journal/france/151021/affaire-adele-haenel-la-garde-vue-de-christophe-ruggia-annulee
      –— Adèle Haenel qui ne voulait pas porté plainte se retrouve à devoir subir des interrogatoires de 21h, des confrontations au bout de la nuit et voila le résultat ....
      A mon avis la société à pas fini de lui faire payé l’affront d’avoir dénoncer un agresseur sexuel masculin.
      #backlash

    • La notion de lèse-majesté doit vraiment être examinée comme paradigme de ce backlash de + en + systématique à l’égard des femmes qui témoignent de leurs agressions. Dans un monde formaté par la pornographie et par le voyeurisme infligé aux femmes célèbres, le fait d’avoir commis de tels actes est maintenant perçu comme moins pire que le fait pour les agresseurs d’en être accusés.

    • C’est du lèse-couillons plutot que lèse-magesté, les hommes n’ont jamais apprecié qu’on dévoile au grand jour le complot qu’ils ourdissent entre eux contre les femmes (cf la maison des hommes).

      L’idée que la nouveauté en art serait une methode pour déclassé les personnes dominées m’a semblé interessante. Apparement c’est Geneviève Sellier qui as forgé cette idée par rapport au ciné de la nouvelle vague. Les femmes et les personnes racisées ont plus de mal à pouvoir tourner des films ou enregistrer de la musique, mais certaines et certains y arrivent à force, mais un peu en retard en moyenne vu les difficultées à se faire remarqué et prendre au sérieux par ce milieu. Une fois que des femmes ou des personnes racisées parviennent à émergé et se faire reconnaitre, les hommes s’organisent pour déclassé le mouvement et ces artistes, faire de la nouveauté qui sera difficile à investir pour les femmes et personnes racisées. En fait c’est probablement le fait qu’il y ai des femmes dans le ciné pré-nouvelle vague qui a dégouté les macho qui voulaient faire leurs films de queutards entre zobs, et ca les a motivé pour faire un truc nouveau car ce qui est féminin c’est nul et il faut niquer les femmes et les jetter hors de la maison des hommes.

    • 86 percent of Black artists in the UK experience barriers to progression, says new survey · News ⟋ RA
      https://ra.co/news/76213

      UK organisation Black Lives In Music (BLIM) has published a damning report on racism and discrimination in the modern music industry.

      2000 people responded to the survey, which launched in March. Those surveyed reported a range of discriminatory acts, barriers to progression based on their ethnicity, income inequalities and more. Here are some key findings:
      • 86 percent of all Black music creators agree that there are barriers to progression. This rises to 89 percent for Black women and 91 percent for Black creators who are disabled.

      • 88 percent of all Black music professionals agree that there are barriers to progression.

      • Three in five (63 percent) Black music creators have experienced direct or indirect racism in the music industry, and more (71 percent) have experienced racial micro-aggressions.

      • 35 percent of all Black music creators have felt the need to change their appearance because of their race or ethnicity, rising to 43 percent for Black women.

      • 38 percent of Black music professionals earn 100 percent of their income from music compared to 69 percent of white music professionals.