• Kate Brown : « Nous n’avons tiré aucune leçon de Tchernobyl » | AOC media - Analyse Opinion Critique
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    Le 26 avril 1986 survenait la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, le 11 mars 2011 celle de Fukushima… C’est d’une certaine manière ce double anniversaire des 35 et 10 ans qui invite ces jours-ci à se poser la question : qu’a-t-on appris de ces événements ? Peu de choses, à en croire Kate Brown, professeure de « Sciences, Technologies, et Société » au MIT. Pour cette spécialiste de l’histoire environnementale, l’ampleur de ces catastrophes continue d’être sous-estimée, et notamment les effets des faibles doses d’irradiation. Avec Tchernobyl par la preuve, elle livre les résultats de dix années d’enquête.

    Dans sa version originale, le nouvel ouvrage de Kate Brown, Tchernobyl par la preuve : vivre avec le désastre et après (paru en mars aux éditions Actes Sud), s’intitule Manual for Survival : A Chernobyl Guide to the Future (W. W. Norton & Company, 2019), un manuel et un guide donc pour survivre dans un monde marqué par la catastrophe nucléaire. C’est l’apport essentiel de Kate Brown, professeure au MIT, connue pour son travail en histoire environnementale comparée, et pour ses études des réactions de différentes communautés humaines aux effets transformateurs de l’industrie et des technologies : montrer que nous subissons tous sur la planète l’effet des retombées radioactives de plus d’un demi-siècle de choix nucléaires. Après dix ans d’enquête sur le terrain, entre l’Ukraine, la Biélorussie et la Russie, dans plus de 25 fonds d’archives, cette russophone a pu montrer que, contrairement à ce que le pouvoir soviétique mais aussi les instances internationales comme l’ONU ont cherché à faire croire, les conséquences de l’accident du 26 avril 1986 ne sont absolument pas circonscrites à la « zone d’exclusion » qui entoure l’ancienne centrale nucléaire. Or, le débat fait rage sur l’effet à long terme d’une exposition dite à des « faibles doses » de radioactivité. Cela touche en effet au sujet sensible de la dangerosité des choix politiques qui ont été faits en matière civile comme militaire, de l’énergie aux essais nucléaires, dont Kate Brown remet en cause la sacro-sainte distinction. RB
    De quoi Tchernobyl est-il le symptôme ? Pourquoi est-il si important d’y revenir, 35 ans après la catastrophe ?
    Le désastre de Tchernobyl est important car c’est un indicateur à l’échelle mondiale, en tant que pire accident nucléaire que l’humanité ait connu, au cours duquel X personnes sont mortes. Ce nombre X a été instrumentalisé, politisé jusqu’à devenir un argument à la fois des partisans et des détracteurs de l’énergie nucléaire. Si vous partez sur la base des 33 à 54 victimes et les 2 006 décès à long terme avancés par l’ONU [1], vous pouvez en conclure que, comme plus de gens meurent dans les mines de charbon ou en installant des panneaux solaires sur les toits, l’énergie nucléaire est tout ce qu’il y a de plus sûre, et que nous pouvons accepter les risques qui l’accompagnent. À l’inverse, lorsque d’autres avancent le chiffre de 93 000 à 200 000 morts – ce sont les projections de Greenpeace –, alors les risques sont inacceptables et l’énergie nucléaire devrait être abandonnée progressivement. Tchernobyl est donc une sorte de point d’appui, bien plus par exemple que Three Mile Island, la centrale située en Pennsylvanie (États-Unis) où un accident nucléaire est survenu en 1979. Cet événement plus petit et beaucoup plus limité dans son ampleur, qui n’a pas fait de victimes humaines directes, a pourtant conduit les États-Unis à cesser toute construction de centrales nucléaires. Même Fukushima, plus récent, ne tient pas ce rôle emblématique bien que les rejets nucléaires pourraient s’avérer aussi importants que ceux de Tchernobyl. Le bilan de cette catastrophe est toujours en cours, car les fuites de la centrale japonaise continuent à ce jour.
    Vous avez pu consulter des archives qui n’avaient jusque-là jamais été exploitées. À quel type de matériel avez-vous pu avoir accès et qu’avez-vous trouvé ?
    Pour vous répondre, il faut revenir un peu en arrière. Je me suis lancé dans ce projet alors que j’écrivais un livre intitulé Plutopia, qui traite de l’histoire comparée des deux premières villes du monde à produire du plutonium : la ville américaine de Hanford, dans l’État de Washington, et la ville soviétique de Mayak (ou Plant Mayak) en Sibérie [2]. En travaillant sur ce livre, je ne m’intéressais pas à la santé ou aux effets des radiations, mais à la sécurité nucléaire. Cependant, les agriculteurs vivant en aval de ces deux lieux ne cessaient de me parler de leurs problèmes de santé. Ceux-ci étaient minimisés par les scientifiques, qui se moquaient des agriculteurs, en les accusant d’être stupides et « radiophobes », d’exagérer en attribuant tous leurs problèmes de santé aux radiations.
    Après avoir terminé Plutopia, je me suis dit que cette histoire devait être racontée et que Tchernobyl pourrait être un bon point de départ pour enquêter de par l’ampleur de cet accident, avec un rejet de radiations de l’ordre de 50 à 200 millions de curies, et d’autre part parce que le site était public, dirigé par une puissance civile. J’espérais donc trouver plus d’informations que si cela avait été un site militaire. Je me suis d’abord rendu aux archives de Kiev, en Ukraine, et j’ai demandé les dossiers du ministère de la Santé sur Tchernobyl. L’archiviste m’a d’abord répondu que je ne trouverais rien car le sujet avait été occulté par l’Union soviétique. J’ai insisté et il se trouve que nous avons exhumé une énorme collection de documents étiquetés en ukrainien : « Les conséquences médicales de la catastrophe de Tchernobyl ». J’ai commencé à lire ces gros volumes reliés et j’ai rapidement réalisé qu’il s’agissait d’une véritable mine d’or. En fait, l’archiviste n’avait pas essayé de me mentir. C’est juste que personne n’avait jamais demandé ces documents auparavant… le personnel des archives ne savait donc même pas qu’ils existaient.
    Mais en supposant qu’ils n’existaient pas ou en supposant que l’on ne trouverait rien parce que c’était la période soviétique ?
    Peut-être que les gens ont cru les archivistes sur parole, peut-être que la question n’était pas intéressante à l’époque, parce que tout le monde était satisfait des rapports de l’ONU qui sont sortis dans les années 2000 et qui minimisaient les conséquences médicales de l’accident… Je ne sais pas pourquoi. Lorsque j’ai examiné ces rapports à Kiev, j’ai vu qu’ils étaient très étroitement axés non seulement sur les personnes qui recevaient des rayons gamma dans l’environnement ambiant, mais aussi sur les personnes qui mangeaient et buvaient cette radioactivité dans leurs aliments et leurs sources d’eau. C’est pourquoi je me suis dirigée vers les documents du ministère de l’Agriculture. Ce qui est pratique avec les gouvernements communistes, c’est que tout est centralisé : toutes les entreprises qui produisent de la nourriture sont enregistrées auprès du ministère de l’Agriculture, car elles appartiennent toutes à l’État. Là-bas, j’ai trouvé des tonnes de preuves qui montraient que les aliments radioactifs se retrouvaient tout au long de la chaîne alimentaire. J’ai tout de suite pensé que j’avais intérêt à ne pas me tromper si je voulais dévoiler cela, contre le récit communément admis. Après avoir travaillé sur les sources nationales, je suis donc descendue à l’échelle de l’oblast (communauté territoriale) de Kiev, dans lequel se situe le site de Tchernobyl et, de là, aux archives locales, celles des raïons (districts). Je suis ensuite partie en Biélorussie puis en Russie poursuivre mes recherches dans les archives fédérales soviétiques.
    Au final, j’ai travaillé dans vingt-sept départements des archives. Je l’ai fait parce que je savais que, lorsque je publierai un livre sur ce sujet dans des pays partisans du nucléaire, comme la France, de nombreuses personnes haut placées et très diplômées viendraient remettre en question mon travail. J’ai donc croisé les données provenant des hôpitaux locaux et j’ai suivi la trace des rapports au fur et à mesure qu’ils remontaient la chaîne de commandement. Je me suis rendu compte que les médecins locaux ne savaient pas qu’ils vivaient dans un territoire radioactif – et ils ne le sauraient pas avant 1989, à la publication des rapports dans le cadre de la glasnost, la politique de transparence initiée par Mikhaïl Gorbatchev. Jusque-là, les responsables leur avaient assuré qu’ils avaient contenu les radiations à l’intérieur de la zone de Tchernobyl – ils avaient mis une clôture autour de la zone et c’était tout. La vie continuait. Cependant, parce que les données de santé locales avaient été dûment enregistrées – toujours dans le cadre de la politique communiste –, ces médecins ont pu les consulter et en faire une sorte d’épidémiologie de tous les jours. C’est à ce moment-là qu’ils ont découvert des taux croissants de maladies dans cinq catégories principales concernant la fertilité des femmes et la néonatalité : plus d’enfants présentant des malformations congénitales ; plus de fausses couches ; une mortalité infantile très élevée durant les deux premières semaines de vie ; des problèmes du système immunitaire, des troubles de l’appareil digestif, de l’appareil respiratoire, du système endocrinien ou de la circulation sanguine.
    Il y avait donc une conscience locale de la gravité des conséquences sanitaires malgré les discours officiels ?
    Les responsables locaux, inquiets, commençaient à voir grimper la fréquence des maladies que je viens de citer, et ne sachant pas ce qui se passait, ils ont rédigé des rapports en 1988. Lorsque ceux-ci ont été transmis à l’échelon supérieur, le chef de l’oblast a eu des décisions difficiles à prendre, car les résidents de l’URSS étaient soumis à la propagande selon laquelle leur nation était de plus en plus heureuse et en meilleure santé chaque jour, chaque année. La communication de mauvaises nouvelles étant fortement déconseillée, les responsables de la santé publique ont décidé de « faire le ménage », c’est-à-dire d’enjoliver les résultats des dossiers avant de les remettre à l’échelon supérieur. Même chose au niveau gouvernemental : les fonctionnaires du ministère de la Santé de l’Ukraine ont fait en sorte que les dossiers soient modérés avant de les envoyer à Moscou. Certaines personnes ont toutefois commencé à s’inquiéter et à soulever des questions : il s’agissait de contrôleurs des radiations, d’inspecteurs de la santé publique au niveau local, de personnes chargées de surveiller l’eau potable et les réservoirs etc. La trace de ces controverses se retrouvent dans les archives, certaines personnes affirmant que tout allait bien, d’autres disant qu’elles commençaient à s’inquiéter. J’ai donné plus de poids à ces dernières parce qu’il était politiquement déconseillé de tirer l’alarme. Les preuves sont à nouveau dans les archives des raïons : ces personnes, ces lanceurs d’alerte, étaient réprimandées au travail, certaines étaient rétrogradées, d’autres licenciées après s’être plaintes, et d’autres encore étaient éliminées sur ordre de Moscou.
    Tout s’est précipité en 1989 lorsque les cartes de radiation ont été publiées. Les médecins ont soudain réalisé que, depuis trois ans, ils vivaient dans une terre tout aussi contaminée que celle située juste à côté de la centrale de Tchernobyl, et que, à cette lumière, leurs données de santé n’étaient absolument pas étonnantes. C’est là que le chaos s’est installé. Les ministères de la Santé de Biélorussie puis d’Ukraine ont déclaré officiellement l’existence d’une catastrophe de santé publique. Ils ont entrepris deux choses : premièrement, il a fallu déplacer deux cent mille personnes supplémentaires – c’est-à-dire en plus des cent vingt mille personnes déplacées juste après l’accident – des zones hautement contaminées qui l’étaient tout autant que celle de Tchernobyl. Deuxièmement, ils ont planifié une étude sanitaire à long terme similaire à celles réalisées à Hiroshima et à Nagasaki sur les survivants des bombardements, mais en tenant compte du fait que les habitants n’avaient pas seulement été exposés à une large et courte dose de rayons (comme dans le cas des bombes atomiques), mais aussi à des doses chroniques de radiation sur une longue période.
    Votre livre est très précis et honnête, ce qui vous amène à reconnaître qu’il est parfois difficile de relier ces maladies à la radioactivité lorsqu’il s’agit de faibles doses. C’est, comme le montre Naomi Oreske dans Les Marchands de doute, la difficulté lorsqu’on travaille sur un sujet où s’opposent deux régimes de preuves scientifiques [3]. Qu’est-ce qui vous fait croire qu’une petite quantité de radioactivité est plus dangereuse qu’on ne le pense ?
    Parce que ceux qui prétendent le contraire négligent le fait que les expositions puissent être éloignées du point de contamination dans le temps et dans l’espace. Il faut tenir compte de la météo qu’il faisait à l’époque, de la nature et des lieux des cultures alimentaires et du déplacement de ces aliments d’un lieu à l’autre par les humains. Dans les endroits qu’ils savaient hautement radioactifs, les fonctionnaires payaient les agriculteurs pour qu’ils ne produisent pas de nourriture et qu’ils achètent des aliments « propres » dans les magasins. Mais ces fermiers ont pris l’argent, et sont allés vendre leur propre production sur les marchés un peu plus loin ! La nourriture contaminée était donc consommée par les acheteurs dans un autre lieu. Voilà les effets de la dislocation dans l’espace et la dislocation dans le temps : les gens mangent des aliments contaminés et mettent du temps à développer une maladie – il faut entre 12 et 25 ans pour qu’un cancer apparaisse – sans compter les effets aléatoires. Les malformations congénitales peuvent survenir ou non avec le même degré d’exposition, cela dépend de facteurs individuels. Mais je suis convaincue qu’il y a suffisamment de preuves dans ces archives pour qu’une véritable étude épidémiologique puisse être réalisée, au-delà de ma seule évaluation. L’analyse de ces documents serait très précieuse, car aujourd’hui nous n’avons toujours que peu d’informations sur les conséquences du nucléaire.
    Cinq années se sont écoulées après le bombardement de Hiroshima avant que les études de la Commission des victimes de la bombe atomique ne commencent. Jusqu’à la catastrophe de Tchernobyl, il n’existait donc pas de dossiers sur les suites d’un événement nucléaire aussi important durant les cinq années qui l’ont suivi. Mais ici, les Soviétiques ont constitué une base de données sur les aliments contaminés, sur l’effet des radiations sur le corps humain et sur les problèmes de santé à long terme. Toutes ces informations sont là pour être corrélées – et c’est ce que j’ai fait avec le concours de mes deux assistants de recherche. Nous avons constaté une augmentation de la fréquence des maladies. Prenons l’exemple des enfants : en 1986, 80 % des enfants d’un raïon étaient considérés comme sains, tandis que 10 à 20 % souffraient d’une ou de plusieurs maladies chroniques. En 1989, les chiffres s’inversent : 80 % ont une maladie chronique et seulement 10 à 20 % sont considérés comme sains. Les enfants, en effet, sont plus vulnérables aux radiations. Leur corps est en pleine croissance et leurs cellules se reproduisent rapidement.
    Diriez-vous que c’est une erreur de considérer Tchernobyl comme une catastrophe uniquement soviétique ? Vous montrez dans votre livre l’implication de l’ONU et de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Comment ces organisations internationales et les puissances nucléaires ont-elles été impliquées dans les suites de la catastrophe ?
    En 1989, alors que les responsables soviétiques publiaient les premières cartes de radiation, les populations locales ont fait le rapprochement avec les problèmes de santé allant croissant. Elles sont descendues dans la rue et ont commencé à protester en Union soviétique. Le gouvernement soviétique a compris qu’il avait besoin d’aide et s’est tourné vers les agences de l’ONU pour obtenir la confirmation de leurs déclarations, selon lesquelles tout allait bien. Ils ont demandé à l’OMS de procéder à une évaluation indépendante avec des experts étrangers. Des mots magiques : les experts étrangers seraient objectifs. L’OMS a envoyé trois hommes, dont le Français Pierre Pellerin [4]. Ces trois physiciens, ayant tous des liens avec l’industrie nucléaire, ont voyagé sur les territoires de Tchernobyl pendant dix jours durant lesquels ils ont parlé à des citadins et des villageois et se sont entretenus avec des médecins biélorusses. Au terme de ces dix jours, ils ont publié une déclaration dans laquelle ils ont proclamé n’avoir constaté aucun problème local de santé. Ils ne voyaient aucune raison de s’inquiéter. Ils ont déclaré que le seuil de dose de rayonnement à vie que les Soviétiques avaient établi pouvait être facilement doublé ou triplé, et que les scientifiques biélorusses devaient être réprimandés pour leur incompétence.
    Mais personne ne les a crus. Même les responsables soviétiques étaient mécontents – comment ces hommes pouvaient-ils conclure quoi que ce soit après seulement dix jours de discussion avec les villageois ? L’URSS s’est alors tournée vers l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) pour demander la même chose : une évaluation indépendante avec des experts étrangers. L’AIEA a accepté sans hésiter, mais elle a prévenu qu’elle était un lobby atomique dont le travail consiste, en somme, à promouvoir les utilisations pacifiques de l’énergie nucléaire dans le monde. Il a donc été décidé de créer une organisation factice appelée le Projet international sur Tchernobyl sous la direction d’Abel González, mais en réalité dirigée par l’AIEA. Ils ont également fait appel à du personnel d’autres programmes inter-agences, notamment des fonctionnaires de l’OMS, pour siéger au conseil d’administration. González et les scientifiques qu’il a nommés ont mis 18 mois avant de rendre leurs conclusions. Le programme a annoncé parfois avoir envoyé 100 scientifiques, parfois 200. Ce qui s’est réellement passé, c’est que toute la communauté scientifique était alors très curieuse de la situation à Tchernobyl, et des scientifiques étrangers de toutes disciplines étaient très enthousiastes à l’idée de partir en voyage d’étude là-bas. Chaque groupe partait deux semaines et revenait deux semaines plus tard, et puis d’autres personnes y allaient pour deux autres semaines. Les Soviétiques l’ont remarqué : à chaque fois, un groupe de personnes différent posait les mêmes questions que le précédent. Au bout de 18 mois, l’AIEA a déclaré que, bien qu’elle ait observé de nombreux problèmes de santé dans ces régions, elle ne pouvait pas affirmer que ceux-ci puissent être clairement reliés aux contaminants de Tchernobyl car, par rapport aux données de Hiroshima, les doses étaient trop faibles. L’agence en a déduit que les gens souffraient simplement de problèmes psychologiques dus au stress car ils s’inquiétaient constamment des radiations – alors qu’il n’y avait selon elle pas de raison le faire. En ce qui concerne le cancer de la thyroïde chez les enfants, les experts ont affirmé qu’il s’agissait de rumeurs, qui se sont avérées être de nature anecdotique.
    Comment comprendre de telles conclusions ?
    Ce qui s’était réellement passé en coulisses, c’est que quelques médecins ukrainiens avaient remis à Fred Mettler, le chef de la délégation, 20 biopsies d’enfants qui avaient eu un cancer de la thyroïde. Avant la catastrophe nucléaire, la proportion d’enfants atteints d’un cancer de la thyroïde était d’un sur un million. Tout d’un coup, une région comptant environ 200 000 enfants a vu 20 cas se développer – un pour 10 000, ce qui est le niveau d’une épidémie. Mettler a été témoin de cela mais il n’y a pas cru, c’était impossible compte tenu de ce qu’on savait. C’était trop, et trop tôt. Le groupe a emmené les échantillons au Nouveau-Mexique pour les analyser dans leur laboratoire. Même chose en Biélorussie : environ 30 enfants avaient un cancer de la thyroïde avant Tchernobyl ; en 1990, on décompte 100 cas à Minsk. C’était donc bien plus que des « rumeurs anecdotiques ». L’AIEA a refusé toute reconnaissance des effets de Tchernobyl sur la santé jusqu’en 1996, date à laquelle elle a été forcée d’admettre l’existence d’une épidémie. À cette époque, 4000 cas de cancer de la thyroïde pédiatriques avaient été découverts. Aujourd’hui, on en décompte environ 18 000. Ce cancer de l’enfant – dont la littérature médicale garantissait sa facilité de traitement – a été le seul effet sur la santé reconnu par les agences de l’ONU. Je ne sais pas si vous connaissez des enfants qui ont eu un cancer de la thyroïde. Ce n’est pas une belle chose à voir. Alors pourquoi l’ONU a-t-elle réagi ainsi ?
    Tout d’abord, l’AIEA, dont la mission est de promouvoir le nucléaire, craignait pour l’avenir de cette énergie. Tchernobyl était devenu un sujet qui effrayait le monde entier. Le ministère américain de l’énergie, qui gère les affaires nucléaires, a organisé une conférence de spécialistes en radioprotection à Washington, D.C., un an après Tchernobyl, en 1987. Au cours de celle-ci, un fonctionnaire du ministère a déclaré à ces scientifiques que la plus grande menace pour l’énergie nucléaire et son avenir n’était pas un autre accident comme Tchernobyl ou Three Mile Island, mais les poursuites judiciaires qui pourraient en découler. Ce qui se passait à l’époque, alors que la Guerre Froide touchait à sa fin, était que les archives étaient en train d’être déclassifiées et que des gens dans le monde entier apprenaient qu’ils avaient été exposés à des radiations lors de la production ou des essais d’armes nucléaires. Les États-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni – les grandes puissances de l’ONU, qui sont également les grandes puissances nucléaires mondiales – se sont soudainement retrouvées confrontées à l’éventualité de devoir payer des milliards de dollars en dommages et intérêts pour avoir exposé des millions de personnes à leurs expérimentations atomiques. Ainsi, si l’on pouvait prétendre que Tchernobyl, le pire accident nucléaire de l’histoire de l’humanité, n’avait fait que 33 morts, c’était une façon de tuer dans l’œuf ces poursuites. C’est exactement ce qui s’est passé. Je pense que c’est pour cela que Tchernobyl est un scandale bien plus grand que qu’on ne le dit. Ce n’était pas seulement une opération d’occultation soviétique, mais bien une initiative internationale. Et c’est pourquoi c’est si important pour nous aujourd’hui de nous pencher encore sur cette catastrophe.
    Ce qui est en jeu, c’est donc autant l’événement, la catastrophe de Tchernobyl après la fusion du cœur du réacteur 4, que le récit qui en est fait ?
    Oui, un accident, c’est une narration, un récit qui a un début, un milieu et une fin. En voyageant dans la zone de Tchernobyl, j’ai découvert que les environs de la centrale présentaient déjà un taux élevé de radioactivité 10 ans avant même le début des travaux de construction. Mon hypothèse, c’est qu’elle provenait d’essais nucléaires – soit les Soviétiques ont testé de petites armes atomiques dans les marais, soit il s’agissait des retombées des activités nucléaires mondiales qui ont saturé l’environnement avant Tchernobyl. J’ai aussi constaté que les grands incendies de forêt de 2017 ont réactivé la radioactivité qui était jusqu’alors enfouie dans la litière de feuilles qui recouvre le sol, donnant ainsi naissance à un nouvel événement nucléaire. Ce que les Soviétiques ont essayé de faire, puis ce que les agences des Nations unies ont essayé de faire, c’était de clore définitivement le chapitre de Tchernobyl, et de faire comme si le vrai problème était de penser la prochaine catastrophe. Mais je pense qu’il est bien plus pertinent de considérer ces événements nucléaires comme des moment d’accélération sur une frise chronologique des expositions aux radiations, qui a commencé avec Trinity, le premier essai d’arme nucléaire par les États-Unis en juillet 1945, et qui se poursuit jusqu’à ce jour.
    Vous dites que la zone d’exclusion autour de Tchernobyl est le meilleur endroit pour étudier les limites de la résistance humaine à l’Anthropocène. Qu’entendez-vous par là ?
    J’ai choisi de nommer ce livre en anglais Manual for Survival : A Chernobyl Guide to the Future : c’est un manuel de survie pour deux raisons. Tout d’abord, en référence aux archives soviétiques dans lesquelles se trouvent toutes sortes de manuels d’instructions pour gérer une situation très nouvelle dans l’histoire de l’humanité, à savoir : comment vivre dans un environnement radioactif ? Il existe un manuel pour les conditionneurs de viande (comment traiter la viande radioactive), un manuel pour les travailleurs de la laine, un manuel pour les agriculteurs, pour les transformateurs de produits alimentaires etc. L’autre raison est que, lorsque je réfléchissais à notre avenir dans l’Anthropocène, je me suis demandé : comment pouvons-nous parvenir à penser la survie aujourd’hui ? Comment acquérir les compétences nécessaires pour survivre dans un monde hautement contaminé ? J’ai remarqué que cette région située entre la Biélorussie et l’Ukraine a été l’épicentre de la plupart des grands conflits du XXe siècle. La guerre des tranchées s’est déroulée ici même pendant la première guerre mondiale – on peut encore trouver des crânes et des médailles des soldats et des fils barbelés enfouis dans la terre. Des guerres civiles ont été menées dans ces territoires – la guerre civile russe et la guerre soviétique polonaise. C’est la région où l’Holocauste a commencé, avant que les Allemands n’aient développé les processus industriels employés à Auschwitz, où les nazis ont exterminé toute la population juive lors de la « Shoah par balles ». Le massacre de Babi Yar et le camp de concentration de Syrets ne sont pas très loin de l’emplacement de la centrale.
    Les Soviétiques ont ainsi décidé de faire de cette région meurtrie un symbole du progrès en implantant sur le site ce genre de programmes de développement d’après-guerre que nous connaissons si bien partout dans le monde. Ils ont asséché de grandes parties du marécage à des fins d’agriculture, où beaucoup de pesticides et d’engrais artificiels ont été utilisés. Une autre partie du marais asséché a été consacrée à la centrale de Tchernobyl – une technologie fantastique qui devait envoyer toutes sortes d’énergies électriques à des communautés qui n’en avaient pas encore ! Ce site a été un lieu de destruction et de guerre, mais aussi un lieu de désir et d’efforts, une sorte de refoulement de la destruction passée grâce aux progrès qui rendront le monde meilleur grâce à ces grands projets de développement modernistes.
    Et c’est là que nous en arrivons à cette question de l’Anthropocène, parce que se pose aujourd’hui la question de la place de la technologie nucléaire dans la lutte contre le réchauffement climatique. C’est une énergie produite sans émission de CO2 qui peut apparaitre comme une solution, ou en tout cas une partie de la solution. Que répondez-vous à ceux qui considèrent le nucléaire comme la technologie la plus sûre pour lutter contre le réchauffement climatique ?
    Le réchauffement climatique est un aspect très important de l’Anthropocène, mais ce n’est qu’un élément parmi d’autres. Nous devons examiner l’ensemble des moyens qui nous permettent de maintenir un environnement sain. L’énergie nucléaire pourrait être une technologie formidable si nous savions quoi faire des déchets et si nous décidions, en tant que société humaine, d’abandonner les territoires après les accidents – et de ne pas continuer de telle façon que certaines personnes soient exposées et sacrifiées, tandis que d’autres vivent de cette énergie. De plus, je reste perplexe quant à son efficacité économique. Les réacteurs nucléaires sont très chers, et cette énergie est beaucoup plus chère que celle fournie par les éoliennes ou les panneaux solaires. Par ailleurs, nous devons disposer de sources d’énergie propres et sans carbone tout de suite. Aujourd’hui, la mise en place d’une centrale nucléaire aux États-Unis se prévoit sur 20 ans – en réalité, cela prend beaucoup plus de temps. En comparaison, vous pouvez installer des panneaux solaires sur le toit d’un bâtiment en une seule journée. Enfin, il existe aujourd’hui environ 400 réacteurs dans le monde. Si nous devions privilégier uniquement l’énergie nucléaire, il nous faudrait passer à un total de plus ou moins 2000. C’est loin d’être le cas. C’est pourquoi, en termes de temps, d’argent et d’énergie produite, se concentrer sur l’énergie nucléaire serait à mon avis faire fausse route.
    Ce « manuel », cela signifie-t-il aussi que nous ne sommes pas prêts pour la prochaine catastrophe ? 10 ans après Fukushima, il semble que le même schéma de déni et de non-dit se répète…
    Oui, je pense que c’est ce que Fukushima nous montre : nous n’avons tiré aucune leçon de Tchernobyl. Avant Fukushima, les ingénieurs et les météorologues avaient averti que le prochain tsunami d’importance serait plus grand que le mur qui avait été construit devant la centrale de Fukushima. TEPCO, l’entreprise gestionnaire de la centrale, a balayé ces conseils du revers de la main, et après la catastrophe la multinationale a mis deux mois pour admettre que trois réacteurs avaient fondu, pas trois jours, deux mois ! Exactement comme les Soviétiques, ils ont multiplié par 20 la dose minimale d’exposition aux radiations acceptable pour les civils, étant dans l’incapacité d’appliquer les réglementations sanitaires après la catastrophe. Ils ont testé les aliments et déclaré qu’ils pouvaient être consommés. Lorsque des cas de cancers de la thyroïde sont apparus chez les enfants, le gouvernement japonais a annoncé qu’il allait cesser de tester et de surveiller la thyroïde des enfants. Le même schéma se reproduit. L’argument facile, longtemps mobilisé, qui renvoyait Tchernobyl aux spécificités de la situation soviétique, au socialisme, ou même à la paresse supposée des slaves, tout cela ne tenait pas vraiment debout mais s’est définitivement écroulé quand le Japon, une démocratie qui étaient censé être si compétente sur le plan technique, a subi et géré un accident nucléaire de cette façon.
    C’est pourquoi vous dites que l’énergie nucléaire a quelque chose de fondamentalement politique ?
    Mon livre se termine par le sujet des essais nucléaires, car je ne pense pas que l’énergie nucléaire civile puisse être dissociée de l’histoire de la fabrication des armes nucléaires. La seule raison pour laquelle les Américains se sont d’abord intéressés à la promotion de l’énergie nucléaire, c’est parce qu’ils étaient accusés par les Soviétiques, pendant la guerre froide, de détenir l’atome, d’être la seule puissance à avoir lancé des armes nucléaires sur un autre pays. Le programme « Des Atomes pour la paix » d’Eisenhower en 1953 était une façon de résoudre ce problème : il s’agissait de distribuer des isotopes radioactifs et des réacteurs nucléaires à l’étranger, pour pouvoir mieux les promouvoir aux États-Unis. Cela a ouvert, bien sûr, la voie à la prolifération nucléaire. C’est ainsi que d’autres pays ont obtenu eux-mêmes des armes atomiques. Le réacteur de Tchernobyl produisait de l’électricité, mais il avait aussi la capacité de fabriquer une charge de plutonium pour les bombes nucléaires. La distinction faite traditionnellement entre nucléaire militaire et nucléaire civil ne tient pas à mon avis. Si vous comparez la quantité relative de radiations libérées par Tchernobyl avec les rejets durables des essais nucléaires qui circulent dans l’hémisphère Nord, ces derniers sont d’un ordre de grandeur supérieur. Ainsi, il faut comparer les 45 millions de curies d’iode radioactif de Tchernobyl avec les 20 milliards de curies d’iode radioactif provenant uniquement de deux années d’essais soviéto-américains dans les années 1960. Ces événements sont tous très liés.
    La confiance dans la science est une question fondamentale aujourd’hui. Après ce que vous venez de dire, après avoir lu votre livre, pourquoi devrions-nous encore croire une science qui est si déterminée par la contingence et les circonstances politiques ? Ne craignez-vous pas de susciter plus de doutes que de confiance ?
    Naomi Oreskes, que nous avons déjà citée, a récemment publié un livre intitulé Why Trust Science ?. Elle y insiste sur le fait que la science est avant tout un processus, le produit de contestations permanentes : les scientifiques sont toujours en train de se battre entre eux, ils examinent le travail des autres, le remettent en question et, ce faisant, ils construisent étape par étape ce qui se rapproche le plus possible de la vérité à un moment donné. Ce processus nécessite une science indépendante, et non une science parrainée et contrôlée ou dictée par une industrie, une entreprise ou un État. Ce n’est absolument pas le cas de la science nucléaire, surtout lorsqu’il s’agit de radioprotection : la plupart des physiciens de santé employés dans le monde travaillent pour des industries nucléaires ou pour des gouvernements. En outre, les agences nucléaires financent elles-mêmes une grande partie de la science. Dans mon cas, mes recherches ne sont financées que par des sources ordinaires comme les Fondation Carnegie ou Guggenheim, qui soutiennent les chercheurs. Ce n’est pas le cas en général de mes détracteurs, qui sont généralement ce que j’appellerais des scientifiques de l’industrie. C’est fondamental lorsque nous traitons de ces sujets scientifiques controversés : suivre l’argent. Lorsque la recherche est vraiment indépendante, alors je pense que nous pouvons lui faire confiance.
    Raphaël Bourgois
    Journaliste, Rédacteur en Chef d’AOC

    #Tchernobyl #énergie_nucléaire #radioactivité #risques_industriels
    #anthropocène #science_et_politique #asservissement_technoscientiste

  • Les nouveaux mots du Petit Larousse et du Petit Robert 2021 : Que disent-ils de nous ? - Orthographe et Projet Voltaire
    https://www.projet-voltaire.fr/divers/nouveaux-mots-petit-larousse-petit-robert-2021-disent-de

    Le terme covid a bien entendu fait son entrée. C’est, rappelons-le, un acronyme anglais, abréviation de coronavirus disease. Dépourvu de majuscule, il peut être masculin ou féminin , indique Le Robert, qui ne suit pas les recommandations de l’Académie française qui l’a fait féminin.

  • L’histoire du gazon, symptôme de nos contradictions face à la nature
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-journal-de-lhistoire/lhistoire-du-gazon-symptome-de-nos-contradictions-face-a-la-nature

    Une pelouse verte parfaitement tondue serait le symbole du contrôle de la nature par la loi du marché. Peut-on encore domestiquer son environnement à sa guise, sans remords, alors que la conscience écologique grandit dans nos sociétés ?

  • L’ozone et les plantes, histoire d’une relation toxique
    https://theconversation.com/lozone-et-les-plantes-histoire-dune-relation-toxique-158039

    L’ozone O3 est une substance chimique formée de trois atomes d’oxygène. Présent dans l’atmosphère jusqu’à 35 km d’altitude, il se répartit en deux couches : l’ozone stratosphérique, qui représente environ 90 % du total et est bénéfique (il protège du rayonnement ultraviolet) et l’ozone troposphérique qui nous intéresse ici. [...]

    Les effets de l’#ozone sur les #arbres et les #plantes de grande culture furent d’abord identifiés aux États-Unis entre 1960 et 1990 puis en Europe à partir des années 1980 grâce à différents programmes de recherche, dont #Eurosilva.

    Tous ces travaux ont permis de montrer que de fortes concentrations d’ozone créent des dommages visibles (#chloroses et #nécroses des feuilles), tandis que des concentrations plus faibles, mais délivrées de manière chronique, altèrent la croissance sur le long terme.

    La principale fonction touchée est la photosynthèse, qui transforme le carbone atmosphérique CO2 en sucres, protéines et lipides.

    À côté de la réduction de cette fonction essentielle à la croissance de la plante, les processus respiratoires augmentent pour la défendre contre l’ozone. C’est-à-dire qu’au lieu de la nourrir, ils vont lui fournir l’énergie et les ingrédients nécessaires à la synthèse des composés antioxydants, qui s’opposent à l’action toxique de l’ozone.

    Le résultat est un déséquilibre par épuisement des ressources carbonées, qui sont détournées de leur participation à la croissance vers une fonction de défense.

  • Et pendant ce temps là, le ministère de l’éducation nationale via les rectorats, demande aux enseignants d’organiser des "bacs blancs" y compris dans des matières qui ne donneront pas lieu à une épreuve sur table. Juste pour le plaisir de leur mettre une pression supplémentaire en fait…
    Au lieu de leur dire la simple vérité :
    « Ne vous en faites pas, on fait un devoir sur table pour pouvoir mettre une note dans chaque matière sur votre bulletin de troisième trimestre. C’est pour que le ministre n’ai pas l’air trop ridicule avec sa réforme censée permettre aux terminales de faire une année pleine alors que dans la réalité tout est déjà joué sur Parcoursup à la fin du second trimestre"
    Le bachotage, l’examen, la sanction les trois piliers de l’Education Nationale :-(

  • Usbek & Rica - Le dérèglement climatique est en train de perturber l’axe de rotation de la Terre
    https://usbeketrica.com/fr/article/le-dereglement-climatique-est-en-train-de-perturber-l-axe-de-rotation-d

    Ainsi de l’axe de rotation de la Terre, dont on sait désormais qu’il est perturbé depuis la fin du siècle dernier… par la fonte massive des glaciers de l’Arctique et de l’Antarctique, elle-même largement causée par le dérèglement climatique. D’après un récent rapport de l’Académie des sciences chinoise, la perte de « plusieurs milliards de tonnes de glace par an » dans ces zones a ainsi contribué, par ricochet, à pousser les deux pôles terrestres « vers de nouvelles directions ». Depuis 1980, la position des pôles Nord et Sud du globe a été modifiée d’environ 4 mètres du sud vers l’est, à raison d’une trajectoire de perturbation « 17 fois plus rapide entre 1995 et 2020 qu’entre 1981 et 1995 », notent les chercheurs.

  • En Allemagne, le tribunal constitutionnel inflige un sérieux revers à Angela Merkel sur le climat
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/04/30/en-allemagne-le-tribunal-constitutionnel-inflige-un-serieux-revers-a-angela-

    A cinq mois des élections législatives allemandes du 26 septembre, c’est un coup de semonce juridique qui a tout d’une petite bombe politique. Dans un arrêt publié jeudi 29 avril, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a retoqué la loi de 2019 sur la protection du climat, estimant qu’elle ne contient pas d’exigences suffisantes pour réduire les émissions de gaz à effet de serre après 2030 et que, ce faisant, elle conduit à « restreindre pratiquement et potentiellement toute forme de liberté » pour les générations futures.

    #paywall

  • Hundreds report abnormal menstruation after being teargassed during Portland protests | Portland | The Guardian
    https://www.theguardian.com/us-news/2021/apr/29/teargas-protest-menstrual-cycles-health-impact

    More than a thousand people reported lasting health effects after being exposed to teargas during protests in Portland, Oregon, last summer, according to a newly published scientific study.

    Nearly 900 people reported abnormal menstrual cycles, including intense cramping and increased bleeding, that began or persisted days after their initial exposure to the teargas. Hundreds of others complained of other negative health impacts, including severe headaches, nausea, diarrhea, and mental health concerns.

    #lacrymo #armes_toxiques #santé #femmes #menstrues

  • Saccager la montagne pour des canons à neige : le désastre des retenues collinaires
    https://reporterre.net/Saccager-la-montagne-pour-des-canons-a-neige-le-desastre-des-retenues-co

    Grimper en haut du plateau de #Beauregard, à 1 741 mètres d’altitude, sur les hauteurs de la station de #La_Clusaz (Haute-Savoie), c’est bénéficier d’un splendide panorama sur le massif des #Aravis et sur le majestueux mont Blanc. Cette vaste prairie, où l’on peut croiser des chamois, des renards voire le rare tétras-lyre, est aujourd’hui menacée par les pelleteuses qui vont y construire une #retenue_collinaire. Un réservoir d’#eau pour abreuver les #canons_à_neige et maintenir le manteau neigeux de la station, chaque année plus fragile sous l’effet du dérèglement climatique. La mairie assure que cette retenue d’une capacité de 150 000 m3, la cinquième de la commune, permettra également de sécuriser l’alimentation en eau potable.

    Mais les opposants, réunis au sein de l’association #Nouvelle_Montagne, s’indignent du « #saccage d’un sanctuaire de #biodiversité ». Sur le site de leur pétition, qui a récolté quasiment 50 000 signatures, ils rappellent que le site est classé #Natura_2000 et que cette retenue collinaire mettra en danger l’#équilibre_hydrologique et détruira des #écosystèmes, lieu de vie de sept espèces d’#oiseaux.

    #neige_de_culture.

  • Eva Joly sur Twitter :
    https://twitter.com/EvaJoly/status/1385555252783484928

    Nous sommes proches d’un accord sur la transparence fiscale en Europe, et la France bloque, à la demande du @medef, alors que l’optimisation fiscale des entreprises nous font perdre chaque année plus de 11 milliards d’euros. Je demande ici à @EmmanuelMacron de choisir son camp.

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1385555062219489284/pu/vid/720x720/ysSjGwXuS2xTL2vI.mp4


  • Covid-19 : au Brésil : Bolsonaro menace d’envoyer l’armée pour mettre fin au confinement
    https://www.rfi.fr/fr/am%C3%A9riques/20210425-covid-19-au-br%C3%A9sil-bolsonaro-menace-d-envoyer-l-arm%C3%A9e-pour-me

    C’est lors d’une visite à Manaus - durement éprouvée par la pandémie - cette fin de semaine, que le président brésilien a évoqué le rôle de l’armée pendant la pandémie, rapporte notre correspondant à São Paulo, Martin Bernard. Dans une interview à une télévision locale, il a affirmé que « nos forces armées », c’est son expression, pourraient bien patrouiller les villes pour garantir le droit d’aller et venir et en finir avec cette « lâcheté de couvre-feu », pour garantir le droit au travail, et la liberté religieuse… Depuis plusieurs semaines, les mesures de restriction ont commencé à être levées dans de nombreux Etats, notamment ceux de São Paulo et de Rio de Janeiro.

  • Les enfants de Tchernobyl - Commémorations des 35 ans de la catastrophe
    https://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/03J1_Commemorations_35ans.php

    Le 26 avril 1986, le réacteur n°4 de la centrale de Tchernobyl (Ukraine) explosait.

    En 2021, 35 années plus tard, la catastrophe sanitaire se poursuit. Elle concerne en particulier la seconde génération d’« Enfants de Tchernobyl » et les femmes enceintes.

    Dans un entretien exclusif réalisé depuis Kiev (Ukraine), le Professeur Yuri Bandazhevsky répond à 7 questions posées par Thierry Meyer, Président-fondateur de l’association française « Les Enfants de Tchernobyl ».

    Docteur en médecine, professeur, fondateur et premier recteur de l’Université médicale d’État de Gomel (1990-1999), expert principal du projet de la Commission européenne en Ukraine sur les programmes sanitaires et environnementaux liés à la zone d’exclusion de Tchernobyl, le Professeur Yuri Bandazhevsky dirige actuellement le Centre ukrainien « Ecologie et Santé » d’Ivankiv situé à proximité de Tchernobyl.

    https://www.lesenfantsdetchernobyl.fr/Telechargements/08_Presse/06A4_Reportages_Filmes/BV_Banda.mp4

    ENTRETIEN
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    1. MT :« 35 années se sont écoulées depuis l’explosion de la centrale de Tchernobyl le 26 avril 1986. Beaucoup disent, écrivent et pensent que c’est du passé. Que leur répondez-vous ? »

    > YB : « Tchernobyl n’est allé nulle part. Des éléments radioactifs à vie longue sont présents dans le sol et dans les plantes à une distance considérable de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Un grand nombre de personnes y sont constamment exposées, mangeant des baies sauvages et des champignons, de la viande d’animaux sauvages, des produits agricoles. Il est également dangereux pour la santé humaine d’utiliser du bois contenant des radionucléides pour les besoins domestiques. Il convient de noter les énormes conséquences que la catastrophe de Tchernobyl a déjà laissées et laisse maintenant dans la population humaine sous forme de malformations congénitales et de maladies oncologiques, de troubles cardiaques. Vous avez juste besoin de regarder et d’analyser objectivement. »

    >

    > 2. MT :« Vous travaillez depuis une trentaine d’années sur les conséquences sanitaires de Tchernobyl sur les populations, en particulier sur les effets des contaminations internes en césium 137 chez les enfants. Pourriez-vous nous informer des principaux résultats de vos travaux scientifiques ? »

    > YB : « Tous mes travaux « Tchernobyl » étaient liés à l’étude de l’influence des radionucléides incorporés sur les systèmes les plus importants du corps. Il s’agit d’un modèle naturel d’interaction humaine avec le facteur de rayonnement. L’ingestion de radionucléides dans le corps des enfants et des adultes avec de l’air, de l’eau, de la nourriture, même en quantités relativement faibles, endommage les organes et systèmes vitaux. Le plus vulnérable est l’organisme de l’enfant, dans lequel se forment des processus pathologiques qui se manifestent à l’état adulte sous la forme de maladies graves. Nos études cliniques et expérimentales ont montré la vulnérabilité du système cardiovasculaire du corps d’un enfant aux effets des radionucléides Cs-137 incorporés. Des concentrations élevées de ces radionucléides ont été trouvées lors d’une autopsie dans le myocarde d’enfants et d’adultes vivant dans la région de Gomel dans les dix premières années après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Chez les enfants, une relation directe a été trouvée entre la teneur en radionucléides Cs-137 dans le corps et les arythmies, ainsi que les cataractes.

    >
    Sur la base des résultats de nos études, nous avons identifié une cardiomyopathie induite par le Cs-137.
    > Compte tenu de l’incorporation du Cs-137 par les organes vitaux, nous avons isolé le syndrome des radionucléides incorporés à vie longue (SIDR), qui survient chez les personnes résidant en permanence dans une zone contaminée par des radionucléides à la suite de l’accident du nucléaire de Tchernobyl centrale électrique. Elle se caractérise par la destruction simultanée de plusieurs organes et systèmes par des éléments radioactifs. Dans le même temps, dans le corps, il y a un affaiblissement des liens régulateurs entre les organes, ce qui contribue à l’émergence de processus pathologiques génétiquement déterminés.
    > Dans des études expérimentales sur des animaux de laboratoire, nous avons montré le rôle provocateur des radionucléides Cs-137 dans la survenue de malformations congénitales du groupe multifactoriel.
    > Même 30 ans après l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl, de graves troubles métaboliques ont été détectés chez des enfants de la deuxième génération de Tchernobyl (taux élevés d’homocystéine dans le sang) vivant dans les territoires touchés. Ces troubles entraînent la survenue de maladies cardiovasculaires et oncologiques. Nous avons montré le rôle des feux de forêt contenant des radionucléides dans la survenue de ces perturbations. Une situation similaire se présente lors de l’utilisation de bois contenant des radionucléides pour les besoins domestiques - cuisiner et chauffer la maison.

    >
    Ainsi, l’un des principaux facteurs étiologiques de la morbidité cardiovasculaire et oncologique dans les régions touchées par l’accident de la centrale nucléaire de Tchernobyl a été identifié. Dans le même temps, il est très important de souligner que le développement de ces maladies commence dans l’enfance, ce qui prédétermine la mise en œuvre de mesures préventives appropriées.
    > Sur la base des études réalisées, on peut conclure que les victimes de la catastrophe de Tchernobyl doivent être considérées comme des personnes qui entrent régulièrement en contact avec des radionucléides d’origine Tchernobyl. »

    >

    > 3. MT : « Vous avez publié récemment plusieurs articles scientifiques à propos des liens entre les radionucléides incorporés par les populations et les modifications constatées de certains processus métaboliques. Est-il possible de résumer vos observations sans utiliser un vocabulaire scientifique ? »

    > YB : « Les radionucléides Cs-137 minent le potentiel énergétique des cellules des organes vitaux. Cela peut être le plus clairement enregistré du côté du système cardiovasculaire. Il a été possible d’établir une relation entre la quantité de radionucléides dans l’organisme et l’incidence des troubles métaboliques dans le système cardiovasculaire, le système hématopoïétique et le développement physique des enfants. De plus, cela se produit même avec des quantités relativement faibles de radionucléides de césium incorporés dans le corps. »

    >

    > 4. MT :« Vos travaux scientifiques des dernières années mettent en évidence une modification des taux sanguins d’homocystéine chez les populations qui vivent dans les régions du nord de l’Ukraine contaminées par les retombées radioactives de Tchernobyl. Pourriez-vous nous expliquer ce qu’est l’homocystéine et pourquoi vos découvertes sont importantes ? »

    > YB : « L’homocystéine est un acide aminé, un produit de transformations dans l’organisme de l’acide aminé essentiel méthionine. Une augmentation de son contenu dans le sang indique le développement de processus pathologiques dans le système circulatoire et pas seulement. Ce sont les maladies oncologiques, la pathologie de la grossesse et le développement fœtal. Nous avons trouvé des niveaux élevés d’homocystéine dans le sang d’un grand nombre d’adolescents vivant à proximité de la centrale nucléaire de Tchernobyl. Et cela est très dangereux du point de vue du développement de maladies graves chez eux à l’avenir. »

    >

    > 5. MT : « En 2020, la région de Tchernobyl fut victime d’immenses incendies durant près d’un mois. Selon vous, cela a-t-il conduit à des conséquences sanitaires pour les populations qui vivent à proximité, et si oui lesquelles ? »

    > YB : « Les incendies dans la zone d’exclusion de Tchernobyl sont très dangereux pour la santé humaine. Après les incendies de 2015, nous avons enregistré une augmentation des taux d’homocystéine sanguine chez la plupart des enfants examinés. C’est très mauvais pour leur santé. Les incendies de 2020 étaient plus importants et dangereux pour la santé des personnes vivant à proximité de la zone d’exclusion de Tchernobyl. »

    >

    > 6. MT : « Sur la base de résultats déjà obtenus, vous proposez la mise en œuvre de nouvelles perspectives pour la prévention du cancer du sein auprès des femmes susceptibles d’être contaminées par la radioactivité. Pourriez-vous expliquer à celles et ceux qui vous regardent cette proposition ? »

    > YB : « Nous avons trouvé un niveau élevé de prédisposition génétique chez les filles vivant dans les zones bordant la zone d’exclusion de Tchernobyl à l’apparition de maladies oncologiques, y compris le cancer du sein. Des taux élevés d’homocystéine ont été enregistrés dans le sang des enfants. Ainsi, même dans l’enfance, des conditions se présentent pour le développement de maladies oncologiques.
    > Nous pensons que la prévention du cancer du sein dans les zones touchées par les rayonnements devrait commencer dès l’enfance. Dans le même temps, une attention particulière doit être portée aux enfants présentant des changements génétiques appropriés dans le cycle des folates et un taux élevé d’homocystéine dans le sang. Ces enfants doivent être répartis dans le groupe à risque. Dans ce groupe, il convient de surveiller particulièrement attentivement et régulièrement la teneur en radionucléides dans le corps des enfants et les produits alimentaires que ces enfants consomment. »

    >

    > 7. MT : « Au regard de votre expérience, de vos constats et de vos travaux sur la situation sanitaire des populations qui continuent de vivre en Ukraine, Biélorussie et Russie sur des territoires contaminés par Tchernobyl, que pensez-vous qu’il faudrait faire aujourd’hui en 2021 ? »

    > YB : « La prévention, ou prévention de l’apparition et de la propagation des maladies, est un terme extrêmement important pour les habitants de toute la planète. Aujourd’hui, il est associé à l’expansion virale. Cependant, en ce qui concerne l’exposition aux rayonnements, ce terme est pleinement applicable. Une surveillance radiologique constante de la population vivant dans les zones souffrant des conséquences de la catastrophe de Tchernobyl (détermination de la teneur en radionucléides dans le corps humain et les aliments) est nécessaire. La surveillance sanitaire doit être continue et approfondie, y compris une évaluation de l’état du métabolisme, y compris la détermination du taux d’homocystéine dans le sang. Il ne faut pas oublier que les enfants de la deuxième génération de Tchernobyl sont très sensibles à l’exposition aux rayonnements, même à petites doses. À cet égard, il est nécessaire de réfléchir à la protection des générations futures. »

    Association LES ENFANTS DE TCHERNOBYL
    > 14 rue des Dahlias F-68740 ROGGENHOUSE (France)
    lesenfantsdetchernobyl@gmail.com
    www.lesenfantsdetchernobyl.fr
    https://www.facebook.com/lesenfantsdetchernobyl

    Youri Ivanovitch Bandajevsky (aussi orthographié Yuri Bandazhevsky), né le 9 janvier 1957 en Biélorussie, est un scientifique travaillant sur les conséquences sanitaires de la catastrophe de Tchernobyl de 1986.

    Fils unique, son père était un officiel du Parti et sa mère une enseignante. Il a fait ses études à l’Institut médical de Grodno et a obtenu un doctorat en 1987. Il est ensuite devenu directeur du Laboratoire central de recherche scientifique de Biélorussie.

    En 1999, Youri Bandajevsky est un scientifique réputé, professeur d’anatomo-pathologie et recteur depuis 10 ans de l’Institut de médecine de Gomel, ville du sud-est de la Biélorussie où il avait décidé de s’installer, préférant travailler au cœur des zones contaminées afin d’étudier l’impact de la catastrophe de Tchernobyl et de répondre aux besoins des victimes.

    Sa recherche concerne la détérioration de l’état de santé des enfants, il a pris des positions engagées. Il a ainsi publiquement critiqué le gaspillage des fonds publics consacrés à la recherche sur les conséquences de Tchernobyl, s’en prenant à un institut dépendant du ministère de la Santé. Il a également décidé de publier le résultat de ses recherches sur les effets délétères des incorporations chroniques de produits radioactifs. Par différentes approches (expérimentations, examens cliniques, autopsies), il a mis en évidence les processus pathologiques induits par la contamination chronique des enfants.

    Ses recherches ont notamment porté sur la corrélation entre le taux de césium 137 mesuré dans leur organisme et les altérations cardiaques révélées par l’électrocardiogramme (problèmes d’arythmie par exemple). Il est arrivé à la « conclusion que l’action prolongée d’éléments radioactifs, en particulier le césium 137, sur des organes et systèmes vitaux comme le système cardio-vasculaire, le foie, les reins, le système reproducteur, produisent des modifications pathologiques lourdes liées essentiellement à des atteintes au niveau des gènes, de l’information génétique. »

    Le professeur Bandajevsky a été arrêté le 13 juillet 1999 dans le cadre des mesures d’urgence destinées à combattre le terrorisme, arbitrairement détenu, finalement accusé de corruption, puis condamné le 18 juin 2001 à 8 années de prison — malgré la rétractation publique de son accusateur, au terme d’un procès qui a violé la plupart des règles de droit. Amnesty international considérait le professeur Bandajevsky comme prisonnier d’opinion jusqu’à sa libération conditionnelle survenue le 5 août 2005. Progressivement la mobilisation s’était étendue au niveau international : la libération de Bandajevsky avait ainsi été intégrée dans les négociations entre la Biélorussie de Loukachenko et l’Ukraine.

    A sa sortie de prison en avril 2006, il séjourne un an et demi à Clermont Ferrand (où il a reçu une bourse de recherches d’un an financée par le Conseil régional d’Auvergne), puis va fonder en Ukraine un Centre Ecologie et Santé où il continuera ses travaux. Il y conduira, soutenu par le Parlement européen et la commission, un programme de protection et suivi de la santé des femmes enceintes et de plusieurs milliers d’enfants.

    Suite aux interventions de Yuri Bandazhevsky , entre 2013 et 2017, l’Union européenne a accordé cinq millions d’euros à plusieurs projets destinés à améliorer les conditions de vie des populations des zones contaminées autour de Tchernobyl : le rééquipement d’un hôpital, une serre où produire des aliments sains et un incinérateur pour brûler le bois radioactif de la zone interdite.

    En 2021, le professeur Bandajevsky poursuit ses travaux et continue de publier ses résultats dans des revues scientifiques internationales. Exception faite de très rares aides privées ponctuelles, il ne dispose d’aucun soutien matériel ni financier depuis la fin du projet d’aide européen. L’association française « Les Enfants de Tchernobyl » dont le siège se situe à Roggenhouse (Haut-Rhin) reste l’un de ses derniers fidèles soutiens.

    Thierry Meyer - www.lesenfantsdetchernobyl.fr

    #nucléaire #Tchernobyl

  • Parce qu’elle dénonce la culture du viol dans l’équitation, Amélie Quéguiner est poursuivie en diffamation
    https://www.madmoizelle.com/parce-quelle-denonce-la-culture-du-viol-dans-lequitation-amelie-queguin

    « On se demande pourquoi on fait tout ça. Moi, mon histoire est réglée, je vis avec, ce que je fais c’est pour faire entendre les autres, pour que mon sport avance. Et quand on voit que ça n’avance pas, c’est décourageant. »

    Au téléphone, la voix d’Amélie Quéguiner laisse entendre sa grande détermination. En dénonçant les violences sexuelles qu’elle a subies enfant, la cavalière ne s’attendait sûrement pas à se retrouver attaquée en diffamation par sa propre fédération sportive… Elle va pourtant devoir se présenter devant le tribunal de Périgueux le 28 avril suite à la plainte déposée par Serge Lecomte, président de la Fédération française d’équitation (FFE).

    • Suite aux révélations d’Amélie Quéguiner début 2020, la FFE avait annoncé des mesures pour lutter contre les violences sexuelles et pour améliorer la prise en compte des témoignages des victimes. Mais depuis quelques mois, l’organisation sportive semble vouloir la faire taire.

      #backlash

    • Si Amélie Quéguiner se mobilise autant, c’est aussi parce que l’équitation représente la troisième fédération en France en nombre de licenciés, derrière le football et le tennis. « Les trois quarts sont des filles mineures, et quand on sait qu’une fille sur cinq va être concernée par les violences sexuelles, on se dit qu’il faut les protéger », rappelle-t-elle auprès de Madmoizelle.

      Pour elle, la FFE n’est pas réaliste en voulant résoudre les affaires de violences sexuelles « avec discrétion », « en catimini ». Au contraire, il faut informer les licenciés, être transparent avec les familles :

      « Tout se sait, mais par des bruits de couloir, et ça ne sert à rien. Tant qu’il n’y a pas de cadre déontologique, tant qu’on ne définira pas des sanctions, on aura beau sensibiliser dire que ce n’est pas bien, ça ne servira à rien. Former les gens, les nouveaux encadrants, c’est le minimum. »

      #toctoc

  • Depuis le début de mon auto-confinement, y’a +/- 3 ans, j’essaie de me ré-approprier le bleu. Heureusement quand j’arrive à saturation y’a toujours les couleurs de cadeaux à offrir pour varier un peu !

    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/51127291603

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    #Kolavalk, #talismans, #grigris & #oripeaux : frama.link/kolavalk
    Côté photos : vu.fr/ValK
    Côté audios : frama.link/karacole
    Sous côté : liberapay.com/Valk
    .
    #bleu #blue #azul #macramé #macrame #macrameornement #faitmain #handmade #hechoamano #travailencours #workinprogress #trabajoencurso #creation #pieceunique #pasàvendre #notforsale #nosevende #anartisanat #antidote #antidoto #soeurcellerie
    .
    View on Instagram instagr.am/p/CN4o4BVh9w9/

  • La demande énergétique mondiale est sous-estimée, et c’est un vrai problème pour le #climat
    https://theconversation.com/la-demande-energetique-mondiale-est-sous-estimee-et-cest-un-vrai-pr

    Parfois appelé « paradoxe de Jevons », du nom du premier économiste à l’avoir étudié au milieu du XIXe siècle, l’effet rebond correspond à l’ensemble des mécanismes économiques et comportementaux qui annulent une partie, ou la totalité, des économies d’#énergie résultant des gains d’efficacité.

    Par exemple, si les ingénieurs parviennent à diminuer de moitié la consommation d’essence nécessaire pour parcourir un kilomètre en voiture, les automobilistes peuvent dépenser deux fois moins d’argent pour parcourir la même distance, mais ils peuvent aussi parcourir deux fois plus de kilomètres avec le même budget ! L’histoire nous montre que c’est la seconde option qui a été suivie, en augmentant au passage le poids, le confort, la vitesse maximale et la puissance des voitures.

    Ainsi, en abaissant le coût d’un service donné – s’éclairer, se déplacer, se chauffer, se nourrir, se divertir –, l’efficacité énergétique engendre un surcroît d’utilisation de ce service : on s’éclaire plus, on se déplace plus, on se chauffe, on se nourrit et on se divertit davantage grâce aux gains d’efficacité énergétique.

    Mais disposer d’un éclairage ou d’une voiture plus économe peut aussi pousser les consommateurs à utiliser une partie de leurs revenus pour acheter autre chose que de l’électricité ou de l’essence : par exemple, un billet d’avion ou bien un nouveau smartphone. Il en va d’ailleurs de même pour les entreprises, qui peuvent allouer à de nouvelles activités les revenus épargnés grâce à l’efficacité énergétique.

    À terme, ces changements de comportement peuvent modifier les prix et les incitations à investir dans telle ou telle infrastructure (le système routier plutôt que le système ferroviaire par exemple), et ainsi modifier encore un peu plus la consommation d’énergie.

    L’ampleur des effets rebonds est difficile à quantifier, mais une tendance se dégage dans les connaissances que nous avons de ce phénomène. Dans une étude récente, nous avons montré avec mes collègues que les preuves d’effets rebonds très significatifs étaient de plus en plus nombreuses : plus de la moitié des économies d’énergie résultant d’une amélioration de l’efficacité énergétique semble ne jamais se concrétiser dans la réalité…

  • Ultra vénère de lire ce témoignage de Bruno Andreotti : #Covid19, #aerosolisation et responsabilité criminelle gouvernementale...

    Il y a un mois, je reçois un mail un dimanche après-midi de l’ANSES me demandant si je souhaite faire partie d’un comité groupe d’expertise collective en urgence (GECU) sur les risques de transmission par voie aérienne de la Covid 19, sujet sur lequel je travaille.

    Les questions posées au groupe de travail correspondent en tout point à un rapport de sécurisation sanitaire remis la veille —travaillant sur la dynamique des gouttes en aérosol dans les brumes et les nuages, me rendre utile à la société en travaillant sur la Covid était naturel.
    La lettre d’invitation me demandait une liste de noms pour compléter le comité de travail… Après avoir rempli un formulaire en ligne qui m’a pris 2h, je n’ai plus eu aucune nouvelle avant d’en demander ce soir.
    J’ai appris par retour de mail mon éviction de ce comité. Je ne crois pas que nous soyons nombreux en France à travailler sur le risque de transmission aéroportée.

    Au delà de l’incorrection, je ne comprends pas ce à quoi joue le ministère commanditaire du rapport de l’ANSES.

    J’ai passé mes jours et mes nuits à éplucher toute la littérature scientifique sur les courbes dose-réponse, les courbes de charge virale, la dynamique des aérosols qui portent les particules virales et j’aurais aimé discuté avec les virologues sur les données manquantes.
    Je suis très déçu ; travailler un mois dans un groupe multi-disciplinaire, cela m’enthousiasmait ; avoir enfin une ouverture vers l’appareil d’Etat, plutôt que les collectivités locales et les agents économiques non étatiques, cela m’enthousiasmait.
    Que le ministère ait changé le contour du groupe de travail sur le risque de contamination aéroportée en en supprimant… le risque ET la contamination aéroportée, pour le réduire aux données virologiques (dose réponse sur modèle animal et tissus cellulaires)…
    Bref.

    Pour bien apprécier la chose :
    • le milieu de la virologie a nié, partout dans le monde, la possibilité d’une transmission par voie d’aérosol.
    • le monde politique, les comités hospitaliers et les agences sanitaires ont 8 mois de retard sur l’état de l’art scientifique.
    • le milieu de la santé est très mal formé aux questions d’aérosol et d’hydrodynamique (ainsi, la responsable Covid de mon université a soutenu pendant des mois qu’ouvrir les fenêtres allait concentrer le virus…)

    On m’a fuité la composition du groupe : on n’y trouve personne qui ait travaillé sur la transmission aéroportée de Sars-Cov-2, personne qui connaisse la physico-chimie des aérosols, et nombre de collègues venus des domaines qui ont nié pendant un an la transmission aéroportée.

    Ce n’est pas comme lanceur d’alerte pénible qu’il me semblait avoir ma place, mais parce qu’objectivement, nous sommes peu à avoir, depuis une certaine discipline, avalé les centaines d’articles dans trois disciplines différentes permettant de construire.
    Les personnes qui m’ont fait évincer depuis le ministère (probablement comme lanceur d’alerte pénible) n’ont même pas conscience que le rapport sera décortiqué dès sa parution et mis en pièce s’il n’est pas à la hauteur (scientifique) des enjeux graves du moment.

    Quel type de conséquences dans le verrouillage de la composition de groupe de travail ANSES de ce type ? Par exemple de produire un rapport sur les purificateurs d’air intérieur qui… ignore les purificateurs d’air à filtre Hépa.
    –> https://www.anses.fr/fr/system/files/AIR2012SA0236Ra.pdf

    Le rapport ne dit rien de faux, bien sûr, mais passer à côté d’un système éprouvé en usage dans tous les trains, dans tous les avions, dans tous les immeubles modernes, cela conduit le politique à faire des erreurs aux conséquences très graves.
    –> extrait du 7/9 sur France Inter le 2 novembre 2020 avec J.M. Blanquer : "On a fait une étude sur les purificateurs d’air et ça n’est absolument pas probant. Mais chaque fois qu’on peut ouvrir les fenêtres, il faut le faire" : https://twitter.com/franceinter/status/1323171923203969026

    Je tiens pour vrai que la science repose sur des faits objectivés et des méthodes explicites, mais surtout sur l’invention de cadres régulés pour la confrontation critique. Plus un groupe de travail présente de diversité, et plus il a de chance de démêler savoirs et croyances.

    S’engueuler scientifiquement n’est jamais un problème et ne laisse aucune trace (autre qu’égotique) : quand on a tort, on a tort ; on en convient et on passe.

    Le contrôle politique de « l’expertise », je trouve que c’est l’abomination.

    Source https://twitter.com/Andreotti_B/status/1383116127652491265

  • La femme-objet ne fait pas vendre, elle rend malheureuse
    http://www.slate.fr/story/207608/publicite-vuitton-lea-seydoux-femme-objet-sac-nudite-vendre-nicolas-ghesquiere

    En mettant le corps parfait de #Léa_Seydoux dans une position lascive entre des draps pour vendre un sac, #Nicolas_Ghesquière fait comme s’il n’avait jamais entendu parler de « male gaze ».

    Avril 2021. On sait qu’on est encore loin de l’égalité mais on avance. Les femmes affirment leur parole, leur présence, leurs modes d’existence divers, leurs désirs de se représenter différemment.

    Et puis, un jour d’avril 2021, c’est l’accident. La sortie de route. Le déraillement complet. Brusquement, sur internet, on voit apparaître une nouvelle campagne de pub...

    « J’avoue que j’ai été un peu agacée par la pub avec Léa Seydoux qui se roule nue à côté d’un sac à main »
    Titiou Lecoq
    #regard_masculin