• Covid-19 : la technologie ne nous sauvera pas Technosolutions pour détourner l’attention
    Par le collectif Unit

    Traduit de l’italien par Cabiria Chomel, Lucile Dumont et Claire Feasson

    Alors qu’en cette rentrée, les dernières illusions de sortie de crise sanitaire s’évanouissent, chacun⋅e est invité⋅e à reprendre travail, école et loisirs. Qu’importe si les capacités de tests et de soin restent insuffisantes, et si les directrices d’école et les chefs d’entreprise espèrent ne pas avoir bientôt à déclarer un nouveau cluster. Pour (un peu) se rassurer, il faudrait compter sur la nouvelle grammaire numérique testée à grande échelle pendant le confinement : visioconférences, téléconsultations, applis de traçage, etc. Un collectif de hackers italien⋅nes passe en revue quelques-uns des écrans de fumée digitaux qu’on nous sert sur un plateau.

    https://www.jefklak.org/covid-19-la-technologie-ne-nous-sauvera-pas

  • « La clé de cette grève des loyers est de l’étendre là où on ne l’attend pas. » Entretiens autour des mobilisations de locataires et de la grève des loyers aux États-Unis (3/3)
    Par Lucile Dumont

    Partout dans le monde, la pandémie de Covid-19 agit comme un puissant révélateur des inégalités sociales. Aux États-Unis elle s’articule notamment à la crise du logement que connaît le pays depuis de nombreuses années : la spéculation immobilière, la gentrification et la flambée des loyers ont conduit à une explosion du nombre de sans-abri ces dernières années. La crise sanitaire et les pertes d’emploi qu’elle a entraîné a mis de très nombreux⋅ses locataires dans l’impossibilité de payer leur loyer. Face à des mesures insuffisantes de la part des pouvoirs publics, les appels à la grève des loyers se sont multipliés, et les mobilisations autour des questions de logement ont nourri la dynamique existante des syndicats de locataires dans plusieurs grandes villes.
    Entretien avec Lexie Cook, de l’université Columbia à New York, et avec Lenora Hanson, de l’université de New York (NYU).

    https://www.jefklak.org/la-cle-de-cette-greve-des-loyers-est-de-letendre-la-ou-on-ne-lattend-pas/#fnref-9216-2

  • Garlic Lady vs. Draculords : résister aux propriétaires-vampires Entretiens autour des mobilisations de locataires et de la grève des loyers aux États-Unis (2/3)
    Par Lucile Dumont

    Partout dans le monde, la pandémie de Covid-19 agit comme un puissant révélateur des inégalités sociales. Aux États-Unis, elle s’articule notamment à la crise du logement que connaît le pays depuis de nombreuses années : la spéculation immobilière, la gentrification et la flambée des loyers ont conduit à une explosion du nombre de sans-abris. La crise sanitaire et les pertes d’emploi qu’elle a entraînées ont mis de très nombreux⋅ses locataires dans l’impossibilité de payer leur loyer. Face à des mesures insuffisantes de la part des pouvoirs publics, les appels à la grève des loyers se sont multipliés, et les mobilisations autour des questions de logement ont nourri la dynamique existante des syndicats de locataires dans plusieurs grandes villes.

    Entretien avec Corine Ombongo-Golden, locataire d’un appartement dans le Bronx à New York, membre de Right to Counsel et North West Bronx Community and Clergy Coalition (NWBCCC).

    https://www.jefklak.org/garlic-lady-vs-draculords-resister-aux-proprietaires-vampires

  • « L’arme la plus puissante des locataires est de ne pas payer leur loyer. » Entretiens autour des mobilisations de locataires et de la grève des loyers aux États-Unis (1/3)
    Par Lucile Dumont

    Partout dans le monde, la pandémie de Covid-19 agit comme un puissant révélateur des inégalités sociales. Aux États-Unis, elle s’articule notamment à la crise du logement que connaît le pays depuis de nombreuses années : la spéculation immobilière, la gentrification et la flambée des loyers ont conduit à une explosion du nombre de sans-abris. La crise sanitaire et les pertes d’emploi qu’elle a entraînées ont mis de très nombreux⋅ses locataires dans l’impossibilitéde payer leur loyer. Face à des mesures insuffisantes de la part des pouvoirs publics, les appels à la grève des loyers se sont multipliés, et les mobilisations autour des questions de logement ont nourri la dynamique existante des syndicats de locataires dans plusieurs grandes villes.

    Entretien avec Rob Wohl, qui participe à la campagne Stomp Out Slumlords à Washington, et Julian Francis Park, membre du Tenant and Neighborhood Councils à Oakland, dans la baie de San Francisco.

    https://www.jefklak.org/larme-la-plus-puissante-des-locataires-est-de-ne-pas-payer-leur-loyer

  • Que faire de la police ? Les fonctions du maintien de l’ordre social en question

    Par Jef Klak

    Lamine Dieng, Babacar Gueye, Adama Traoré… La liste est longue des personnes racisées tuées par la police en France. Impunité des forces de l’ordre, contrôles au faciès, insultes répétées, omerta au sein des services de police… Les pléthoriques injustices à l’œuvre dans le « maintien de l’ordre » sont avérées par de nombreuses études. Maintenir un ordre social injuste, telle est la doctrine de la police ; et partout l’on supprime des postes (dans la santé, l’éducation, le travail social), pendant que les moyens alloués au ministère de l’Intérieur ne font qu’augmenter. La logique est claire dans l’histoire néolibérale des quarante dernières années : transférer les budgets pour la prévention et l’émancipation dans les secteurs de la répression et de l’enfermement. C’est contre ce choix de société que nombre de citoyen·nes des États-Unis se battent en faveur d’une abolition de la police. Et c’est pour un autre modèle social qu’est né le mouvement « Defund the police » (« Couper les vivres à la police ») à la suite du crime policier qui a tué Georges Floyd en mai 2020. L’allocution du sociologue d’Alex S. Vitale (auteur de The End of Policing, Verso, 2017) traduite ici rappelle ce travail de base des militant·es abolitionnistes pour changer de modèle. Plutôt que budgétiser une police contre la population et d’essayer de rendre sympathique celles et ceux qui sont payé·es pour terroriser, nous devrions refuser la légitimité de leur fonction et rediriger l’argent public dans des missions sociales : le logement, le soin, l’entraide. Jef Klak a décidé d’accompagner ce texte de la traduction d’un tableau réalisé par le groupe Critical Resistance pour détailler les mesures qui ne font qu’élargir les pouvoirs de la police sous couvert de réformes humanistes, au lieu de repenser en profondeur une organisation sociale au service des plus riches et du racisme systémique.

    https://www.jefklak.org/que-faire-de-la-police

  • Devant Moria 2/2 « Je n’ai même pas fait mes valises. »

    Par Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot

    Ouvert en 2013 sur l’île de Lesbos en Grèce sur le site d’une ancienne base militaire, le camp de Moria accueille et retient les réfugié·es qui cherchent à rejoindre l’Europe. L’un des cinq centres d’enregistrement et de contrôle situés en mer Egée, il se double d’un centre de détention, témoignant d’une gestion sécuritaire et d’une criminalisation de ces migrations. Coercition, détention arbitraire, expulsions, refoulements massifs et violations des droits fondamentaux sont au rendez-vous. Prévu pour loger 3 000 personnes, on dénombre en janvier 2020 plus de 20 000 personnes vivant à l’intérieur du camp et à ses abords.

    En septembre 2018, Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot mettent en place des ateliers de radio hébergés dans un accueil de jour situé en marge du camp. Emportant des enregistreurs avec elles et eux, les participant·es des ateliers racontent, interviewent d’autres habitant·es, captent la vie du camp et inventent leur radio (voir à ce sujet la première partie de cette publication, « Une radio face au camp de réfugié⋅es de Lesbos »). À l’heure où la crise du coronavirus et le défaut de protection sanitaire les vulnérabilisent encore davantage, retour sur le parcours de quatre réfugiés de Moria, partis d’Iran, du Cameroun ou d’Afghanistan. Portraits.

    https://www.jefklak.org/devant-moria-2-2

  • Devant Moria. Une radio face au camp
    Par Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot
    Photographies par Ahmad Ebrahimi

    Ouvert en 2013 sur l’île de Lesbos en Grèce sur le site d’une ancienne base militaire, le camp de Moria accueille et retient les réfugié·es qui cherchent à rejoindre l’Europe. L’un des cinq centres d’enregistrement et de contrôle situés en mer Egée, il se double d’un centre de détention, témoignant d’une gestion sécuritaire et d’une criminalisation de ces migrations. Coercition, détention arbitraire, expulsions, refoulements massifs et violations des droits fondamentaux sont au rendez-vous. Prévu pour loger 3 000 personnes, on dénombre en janvier 2020 plus de 20 000 personnes vivant à l’intérieur du camp et à ses abords.

    En septembre 2018, Clément Aadli, Adrien Chevrier et Amélie Perrot mettent en place des ateliers de radio hébergés dans un accueil de jour situé en marge du camp. Emportant des enregistreurs avec elles et eux, les participant·es des ateliers racontent, interviewent d’autres habitant·es, captent la vie du camp et inventent leur radio. Retour en deux parties sur cette expérience radiophonique à l’heure où la crise du coronavirus et le défaut de protection sanitaire vulnérabilisent encore davantage les réfugié·es de Moria.

    https://www.jefklak.org/devant-moria

  • Virus global, misère locale. La pandémie et la rue à Strasbourg
    Par Justine Partout

    « Restez chez vous ! » Deux mois que le mot d’ordre est asséné par les médias à destination des foules prétendument irresponsables. Mais comment faire quand de chez soi, justement, on n’en a pas, ou quand il ne permet pas de mettre en œuvre les gestes barrières les plus élémentaires ? À Strasbourg comme ailleurs, les sans-abri et les habitant⋅es de squats sont rendus encore plus vulnérables par les mesures de confinement, qui les privent d’accès au droit, à l’eau, à l’hygiène la plus élémentaire. Dépassées, incapables de penser des solutions à long terme pour les plus fragiles, les municipalités laissent le virus creuser des inégalités pourtant déjà criantes.

    https://www.jefklak.org/virus-global-misere-locale

    • La semaine du 17 mars, la première du confinement, une femme âgée de 59 ans, habitante du squat Bugatti et présentant des symptômes, se rend deux fois à l’hôpital. Son état ne suscitant pas d’inquiétude, elle est renvoyée « chez elle ». Elle sera finalement hospitalisée le dimanche 22 mars, de même qu’un autre résident du squat. Toustes deux seront testé·es positif·ves au Covid-19. Au moins deux autres personnes seront hospitalisées les jours suivants. Parmi elles, un homme, père de 9 enfants vivant au squat, mourra début avril des suites du coronavirus.

      Le 25 mars, un homme, qui a été brièvement hospitalisé et testé positif au Covid-19 est ramenée en ambulance au squat. Il n’y restera que quelques heures, mais son retour suscite colère et anxiété. « J’ai très peur. Si quelqu’un est malade, pourquoi l’inviter là où il y a beaucoup de personnes qui essayent de se protéger ? », interroge un résident.

      Sur place, l’ennui monte aussi. Un résident raconte : « Ça me rend fou de rester assis à rien faire ». Certain·es font des allers-retours en ville, notamment pour se rendre aux rares distributions alimentaires maintenues et à la rencontre des maraudes qui se mettent en place pour pallier la fermeture de presque tous les accueils de jour.

      Une opération menée du 26 au 28 mars au squat Bugatti par Médecins du monde, qui était prévue avant les premières hospitalisations, permet de détecter douze cas supplémentaires 2. Comme seules les personnes jugées vulnérables et présentant des symptômes ont été testées, de nombreux cas ont échappé au diagnostic. Parmi les personnes qui ne sont pas considérées comme à risques et qui n’ont pas été dépistées, celui qui joue le rôle de référent du squat, qui distribuait les masques livrés par l’ONG, les repas et colis apportés par les associations et qui détenait le thermomètre utilisé pour le suivi quotidien des personnes, tombera très malade début avril.

      C’est pas la première ligne, c’est malades pour rien, par négligence des autorités, par pauvreté et promiscuité. Lien vers cette question d’une société qui accepte d’avoir des maillons faibles par manque d’humanité et manque de compréhension de ce qu’est la santé publique.

    • @seenthis on avait déjà noté (avec @sombre) que modifier un commentaire long entraînait le renvoi vers la page d’accueil. Mais depuis quelques semaines quand on revient depuis la page d’accueil sur la page du com’, on a la vieille version de la page qui s’affiche sans le com, il faut la mettre à jour et ça demande un clic de plus pour pouvoir modifier le com en question.

  • Milan, guide rouge

    Mode, précarité et biosyndicats

    Par Ferdinand Cazalis

    https://www.jefklak.org/milan-guide-rouge

    Enquêter sur cette petite bourgeoisie déclassée permet d’en apprendre beaucoup sur la forme moderne de l’exploitation, car c’est en passe de devenir la forme majoritaire du travail, dans une universalisation de la précarité. Aujourd’hui, tu passes ta vie dans la précarité, pas seulement ta jeunesse. Ce n’est plus le triste sort de quelques malchanceux, ou de paresseux, c’est au contraire le modèle, la matrice de l’emploi contemporain, expérimenté dans les secteurs les plus immatériels, mais ensuite décliné à l’ensemble de la production. Si l’on n’arrive pas à penser ce problème, on ne peut pas développer une politique et un parcours d’émancipation.

    En effet, on ne peut plus faire démarrer l’analyse sur l’ancienne classe ouvrière, ça ne veut presque plus rien dire. Ma fille par exemple a commencé en travaillant comme réalisatrice de film il y a 20 ans et elle gagnait le double par rapport à maintenant. Il y a eu une énorme dégradation des salaires, et si l’on veut gagner le minimum pour vivre, on doit faire des journées de travail de 14 à 15 heures pour gagner 150 euros. La concurrence permet d’expliquer cela, avec la saturation des candidats dans ce secteur, bien sûr, mais c’est surtout que les gens sont de plus en plus disposés à travailler pour rien. C’est assez incroyable. Ils ne parviennent pas à se regrouper, à se fédérer…

  • Covid-19 : Mesures minimales

    https://paris-luttes.info/covid-19-mesures-minimales-13655

    Les conséquences de cette crise sanitaire étant dues aux politiques libérales des 40 dernières années, soyons déterminé·es à nous battre de toutes nos forces pour que rien ne retourne à la normale une fois qu’on en aura fini avec ce virus.

    Affiche à télécharger.

  • Copos de memoria. Souvenirs d’exilé⋅es de la guerre d’Espagne

    Par Émilie Mousset

    Le 8 février 1939, plus de trois cents réfugié⋅es de la guerre civile d’Espagne arrivent dans le petit village de Miramont-de-Comminges. Parties dans l’extrême urgence pour fuir les troupes du général Franco, ces familles, comme tant d’autres, voyaient leur périple prendre fin non loin des Pyrénées. Barrière naturelle traversée à pied en plein hiver et ultime obstacle d’un parcours qui, pour certain⋅es, a duré près de quatre ans. Quatre années d’errance et de dérive dictées par les mouvements du front de la guerre. De 2015 à 2017, lors d’un projet d’installation sonore et plastique, Émilie Mousset et Delphine Lancelle ont recueilli des flocons de mémoire (copos de memoria) la parole des enfants d’alors, survivant⋅es de cet exode sinueux dont on se souvient sous le nom de Retirada.
    Cet article est initialement paru dans le cinquième numéro de la revue papier Jef Klak, « Course à pied », encore disponible en librairie.

    https://www.jefklak.org/copos-de-memoria

  • « Chase those crazy baldheads out of town »
    De 1986 à 2020, histoire et actualité des luttes en Haïti

    Par Kolektif Anakawona
    Traduction par Unai Aranceta et Ferdinand Cazalis

    Le 7 février 1986, après trois ans de luttes populaires, Haïti mettait enfin un terme à la dynastie des Duvaliers. Poussé à l’exil, le tyran Jean-Claude Duvalier laissait le pays avec une dette de 844 millions de dollars envers des institutions internationales. Une histoire sans fin : en 2019, le président Jovenel Moïse et des élites du pays furent accusées d’avoir détourné quelque deux milliards d’aides internationales. Aujourd’hui encore, le peuple prend la rue et multiplie les blocages économiques. Entre catastrophes naturelles, misère institutionnalisée et condescendance de la communauté internationale, une jeune génération de révolté·es s’organise pour reprendre en main son destin politique.

    https://www.jefklak.org/chase-those-crazy-baldheads-out-of-town

  • Sur jefklak.org : Pour une grève permanente des loyers
    Locataires en lutte et auto-organisation des sans-abri en Californie

    Par Julian Francis Park

    La baie de San Francisco subit une crise du logement sans précédent. La hausse vertigineuse des loyers et les incendies monstres qui ravagent la Californie ont conduit 29 000 personnes à dormir dans la rue, tandis que presque la moitié des habitant·es envisage de quitter la région en raison du coût élevé des locations.

    Face aux expulsions massives dues à cette double catastrophe sociale et écologique, les sans-abri se sont regroupé⋅es en campements autogérés et les locataires ont créé des syndicats pour déclarer la grève des loyers. Retour sur ces pratiques de lutte contre la gentrification et la spéculation immobilière, où les plus précaires – en grande partie non blanc⋅hes – s’auto-organisent, au grand dam des élites économiques et politiques.

    https://www.jefklak.org/pour-une-greve-permanente-des-loyers

    • Covid-19 : « On veut inciter les New-Yorkais à faire la grève des loyers avec nous »
      https://www.liberation.fr/planete/2020/04/29/covid-19-on-veut-inciter-les-new-yorkais-a-faire-la-greve-des-loyers-avec

      A New York, [la grève des loyers] avait notamment été utilisé dans les années 30 : des locataires de Harlem et du Bronx s’étaient battus avec succès contre le gonflement des loyers et la négligence des propriétaires, en refusant collectivement de payer. Près d’un siècle plus tard, ce sont plus de 400 foyers à travers la ville, selon Housing Justice for All, la coalition d’organisations qui chapeaute l’action, et qui s’apprêtent à faire de même pour le mois de mai.

      Ils appellent à une annulation totale des loyers pendant quatre mois, et l’assurance que chaque locataire verra son bail renouvelé au même montant. Des initiatives similaires sont organisées à Chicago, Los Angeles, San Francisco, Seattle ou Austin. Environ un tiers des locataires du pays, 13,4 millions de personnes, n’ont pas pu payer leur loyer d’avril. Jusqu’à 40 % à New York, selon les estimations, ville peuplée majoritairement de locataires. Avec la hausse inédite de 26 millions de chômeurs en cinq semaines aux Etats-Unis, ils pourraient être beau- coup plus nombreux à ne pas pouvoir payer leur loyer de mai.

      [...] Selon un rapport du New School’s Center for New York City Affairs publié mi-avril, l’économie de la ville n’a pas été dans une situation aussi précaire depuis les années 70. « La crise actuelle de santé publique et économique dépasse de loin la dévastation personnelle, psychologique, et économique du 11 septembre, de la grande récession de 2008-2009 ou de l’ouragan Sandy », s’alarment les auteurs de l’étude. Ils évaluent à 1,2 million le nombre de New-Yorkais qui se retrouveront au chômage début mai, dans une ville de 8,5 millions d’habitants.

      « Depuis bien longtemps, la majorité des New-Yorkais consacrent plus de 30 % de leurs revenus à leur loyer, rappelle Ava Farkas, du Met Council on Housing, une organisation de défense des droits des locataires. Les propriétaires exploitent les failles de la législa- tion pour faire grimper les loyers. On assiste à des phénomènes de gentrification ultrarapides, et il est de plus en plus difficile de trouver un logement abordable. La crise sanitaire et économique du coronavirus est venue s’ajouter à cette réalité, avec des milliers de gens qui se retrouvent sans emploi, sans ressources, du jour au lendemain. Ce sont pourtant les propriétaires qui devraient prendre les coups : ils sont beaucoup mieux outillés que les locataires pour absorber le choc. » A New York, le propriétaire moyen possède 20 immeubles.

      Cartographie USA : Anti-Eviction Mapping Project
      https://seenthis.net/messages/844889

    • ‘CANCEL THE RENTS’ CAR CARAVANS PROTEST IN 40 CITIES -Party for Socialism and Liberation
      https://popularresistance.org/cancel-the-rents-car-caravans-protest-in-40-cities

      From Los Angeles to San Francisco to Chicago to New York and more than 40 cities across the country. On April 25 cars rolled through neighborhoods and shopping districts, stopped in front of jails, and drove by the homes of local politicians to demand that all rents and mortgages be canceled. Every car caravan took extensive precautions to conform to physical distancing requirements.

      Here is some of the national press coverage of the socialist-led protests demanding the cancellation of rents and mortgages for the duration of the pandemic from Liberation News.

      Liberation News reports: “The fightback has begun! It’s perverse that the government, after shutting down the whole economy, won’t now cancel rents and mortgages. Make the bailed-out banks absorb the cost. The buildings won’t collapse, but millions of unemployed families will if they’re forced to pay.”

      Car protests took place in over 40 cities including San Francisco, Los Angeles, Sacramento, San Diego, Fresno (California); Seattle, Spokane, Vancouver and Pasco (Washington state); Salt Lake City, Provo and Cedar Springs (Utah); Dallas, Houston and San Antonio, (Texas); Denver, Colorado Springs (Colorado); Milwaukee and Madison, (Wisconsin); Albany and Queens, (New York); Dayton and Cincinnati, (Ohio); Albuquerque, New Mexico; Anchorage, Alaska; Atlanta, Georgia; Boise, Idaho; Boston, Massachusetts; Chicago, Illinois; Columbia, South Carolina; Jackson, Mississippi, Knoxville Tennessee; Manchester, New Hampshire; Minneapolis, Minnesota; Newark, New Jersey. New Haven, Connecticut; Reno, Nevada; and Springfield, Missouri.

      Sign The National Petition
      To Cancel All Rents And Mortgage Here!

      https://www.canceltherents.org/petiton-to-cancel-the-rents
      National Petition To Cancel All Rents And Mortgages
      President Donald Trump:

      People all across the United States are experiencing the most unimaginable and devastating crisis of COVID-19. More than 26 million people have lost their jobs, millions more stand to lose their incomes in weeks and months to come. One of the most critical issues is housing.

      The CARES Act and other Congressional bills are not nearly enough to address this massive crisis. Hospitals don’t have enough resources. A one time $1200 payment for individuals does not go far enough and too many people are excluded from the benefits altogether.

      At least 30 percent of renters were unable to pay their rent on April 1st. The rent moratoriums implemented in several states will require that the rent be paid at some point in the future but with the loss of jobs and cuts to income, many will be unable to pay a debt so large.

      #manifestation_en_voiture

  • Il n’y a pas de crise du logement Le syndicat des locataires de Los Angeles en 101 points

    Par Tracy Jeanne Rosenthal
    traduction Unai Aranceta

    1. Tout d’abord, il n’y a pas de crise du logement.

    2. Le logement n’est pas en crise.

    3. Le logement n’a pas besoin de cellule de crise.

    4. Le logement n’a pas besoin d’avocat·es. Le logement n’a pas besoin de camarades ou d’ami·es. Le logement n’a pas besoin de représentant·es. Le logement n’a pas besoin de coordinateur·ices.

    5. Quand on appelle cette crise « crise du logement », cela sert les intérêts de ceux et celles qui conçoivent les logements, les font construire et en tirent profit. Cela ne sert pas les intérêts de celles et ceux qui vivent dedans.

    6. Parler de crise du logement nous encourage à penser par abstractions, par nombres, par « unités » interchangeables, et non à penser aux personnes, ou aux logiques de pouvoir.

    7. Nous ne vivons pas de crise du logement. Nous vivons une crise des droits des locataires.

    https://www.jefklak.org/il-ny-a-pas-de-crise-du-logement

  • « Demande-toi ce que tu peux faire pour t’en sortir. » Le monde du développement personnel. Entretien avec Nicolas Marquis
    Par Romain André

    Les livres de développement personnel se vendent comme des petits pains, particulièrement en ces temps de bonnes résolutions. Depuis leur essor, qu’on les perçoivent comme symptômes d’un malaise culturel ou comme une nouvelle technique de pouvoir, ils suscitent dédains, moqueries et inquiétudes. Pourtant, de nombreux.ses lectrices et lecteurs considèrent que ces écrits leur ont sauvé la vie. Dans Du bien-être au marché du malaise (PUF, 2014), le sociologue Nicolas Marquis a pris le soin de partir de ces expériences de lecture pour réinterroger le monde qui les rend si désirables.

    Cet article est issu du cinquième numéro de la revue papier Jef Klak, « Course à pied », encore disponible en librairie.

    https://www.jefklak.org/demande-toi-ce-que-tu-peux-faire-pour-ten-sortir

  • Sur jefklak.org : Strasbourg, capitale de la clôture.Chronique d’un campement précaire
    Par Justine Partout

    Un peu partout, des gens dans la misère s’installent et vivent dans des campements de fortune. Parfois aussi, ils y meurent. C’est ce qui s’est passé le 25 mai 2019 à Strasbourg, dans le campement du parc des glacis, à proximité de la rue du rempart, où précarité sociale et transformation urbaine se télescopent.

    Cet article est issu du sixième numéro de la revue papier Jef Klak, Pied à terre , disponible en librairie.
    https://www.jefklak.org/strasbourg-capitale-de-la-cloture
    #campement #migrants #Strasbourg

  • Catalogne : les luttes dans la lutte Récit des Marches pour la Liberté – octobre 2019

    Par Berta Camprubí

    Traduit du catalan par Adrià Girona et Ferdinand Cazalis

    Alors que le dictateur Franco vient d’être exhumé en grandes pompes par la monarchie et le gouvernement espagnols, la Catalogne pro-républicaine brûle de rage. Neuf dirigeant·es de partis ou d’associations indépendantistes, accusé·es d’avoir aidé l’organisation d’un référendum en 2017, viennent d’être condamné·es pour sédition envers l’État à des peines allant de 9 à 13 ans ferme. En contrechamp des images de guerilla urbaine et de violences policières qui tournent en boucle sur les réseaux sociaux et les grands médias, le peuple catalan multiplie les actions symboliques et renforce les liens de solidarité. Le 15 octobre 2019, cinq marches parties de diverses villes du pays ont rassemblé des milliers de personnes appelées à rejoindre l’appel de grève générale trois jours plus tard à Barcelone. L’ambiance et les discours qui animaient ces cortèges permettent de se faire une idée du sens d’une lutte qui en contient mille autres.

    https://www.jefklak.org/catalogne-les-luttes-dans-la-lutte

  • « Nous avons besoin de vivre toute l’année. »

    Entretien croisé sur les luttes contre la touristification
    Par Alexane Brochard et Lucile Dumont

    Des responsables de la planification urbaine aux multipropriétaires, les protagonistes de l’économie touristique traitent les territoires comme des capitaux à faire fructifier. Dans une métropole ou dans un village côtier, l’augmentation des loyers, la réduction du parc locatif à peau de chagrin et les mutations des commerces affectent en premier les habitant·es. Jef Klak a rencontré les membres de trois collectifs de lutte contre la touristification  : Dispac’h en Bretagne, Droit à la (Belle) Ville à Paris et l’Assemblea de Barris per un Turisme Sostenible (ABTS 1) à Barcelone  ; l’occasion de comparer les situations qu’ils combattent, les manières dont ils y répondent et affûtent leurs stratégies.

    https://www.jefklak.org/nous-avons-besoin-de-vivre-toute-lannee

  • Le jour qu’on avait tou⋅tes perdu sauf Zinou

    Par Ferdinand Cazalis et Camille Potte

    https://www.jefklak.org/le-jour-quon-avait-tou%e2%8b%85tes-perdu-sauf-zinou

    Zinou était très organisée, mais ne gagnait pas un rond.
    C’est que, dans ce monde-ci, il n’y avait pas de temps à perdre.

    Cette bande dessinée a été imprimée en risographie à 270 exemplaires par Maison Riso en juin 2019. Elle accompagnera les membres de Jef Klak partout où iels se rendront, ainsi que tous les envois aux nouveaux et nouvelles abonné⋅es.

  • « Parler des lois scélérates aujourd’hui, c’est donner des outils politiques pour les contester. »
    Entretien avec Raphaël Kempf
    Par Mathieu Rivat et Thibaut Willems

    Depuis le samedi 14 septembre et la tragi-comique affaire du homard à Nantes, on sait que la fabrication d’un crustacé en papier mâché peut valoir une garde à vue et une tentative d’inculpation pour « association de malfaiteurs ». Néanmoins, pas de quoi jouer les surpris⋅es, tant les lois liberticides s’enchaînent en France à une vitesse croissante depuis une vingtaine d’années.
    Pour comprendre cette dérive, l’avocat Raphaël Kempf nous propose de nous plonger dans le moment historique qui pourrait bien en être la source. Dans Ennemis d’État, paru aux éditions La Fabrique, il analyse comment le vote des lois scélérates en 1893 et 1894 a permis à la République, sous prétexte de lutter contre les anarchistes, d’arrêter des personnes non plus pour des actes commis, mais sur la base de simples soupçons ou d’une dangerosité présumée. Soit exactement la logique juridique qui ne cesse de prévaloir aujourd’hui.En s’appuyant sur les textes d’une brochure de l’époque mêlant le jeune juriste Léon Blum, le journaliste modéré Francis de Pressensé et l’anarchiste Émile Pouget, il nous offre de précieux outils pour mieux analyser et combattre la répression juridique galopante.

    #repression #loisliberticides
    https://www.jefklak.org/parler-des-lois-scelerates-aujourdhui-cest-donner-des-outils-politiques-pou

  • C’est la rentrée de Jef Klak

    L’École de la Grève de Burston
    1914-1939

    Par Anonyme

    La plus longue grève de l’histoire d’Angleterre ne fut pas une grève de mineurs, quoiqu’à ses débuts, en 1914, ses acteurs et actrices principales n’avaient pas encore atteint l’âge de la majorité légale. À Burston, petite bourgade anglaise, suite au renvoi d’un couple de profs par une alliance d’élites locales et de propriétaires terriens à la tête de l’école communale, les enfants et les familles de la classe ouvrière ont initié un boycott qui a duré vingt-cinq ans…

    #greve #ecole #rentree #Burston #Angleterre

    Traduit de l’anglais par Judith Chouraqui et Lucile Dumont
    Texte original : « The Burston Strike School, 1914-1939 », paru sur The Hitchhiker’s Guide to the Galaxy : Earth Edition.

    https://www.jefklak.org/lecole-de-la-greve-de-burston

  • Oyé ! Oyé !
     ?
    « Chez Josette » : un nouveau café-librairie ouvrira le 14 septembre à Charleville-Mézières !


    Un lieu de rencontre convivial pour faire avancer l’écologie politique, la lutte contre le sexisme, l’homophobie, le racisme et les injustices sociales.
     ?☕️ ?
    Un lieu ouvert à tou·tes pour inventer et mettre en pratique d’autres manières de vivre, de s’entraider et de créer collectivement.
     ?☕️ ?
    Chaque semaine : débats, projections, petits spectacles & ateliers pour petit·es et grand·es !
     ?☕️ ?
    Soutenez ce beau projet tourné vers l’édition indépendante ici :

    https://www.helloasso.com/associations/ardennes-initiatives-populaires/collectes/soutien-au-cafe-librairie-chez-josette-a-charleville-mezieres

    • Ouvert du mercredi au dimanche inclus, vous y trouverez aussi :

      En journée : des ateliers de bricolages, d’écriture, d’initiation au graphisme, à la vidéo, du soutien scolaire, une permanence d’aide aux démarches administratives et juridiques... ;

      Une grainothèque, une herboristerie ;

      Un lieu aussi pensé pour les associations locales : un espace de réunion, d’échanges et de créations communes ;

      Des ateliers et des livres pour les enfants ;

      Un soir par semaine, un débat avec un auteur ou une autrice, une projection de court-métrage, de documentaire, un petit spectacle, ou bien des lectures de poésie...

      À quelques lieues de là, un jardin collectif pour se rencontrer les mains dans la terre ;

      Et bien d’autres surprises... !

      Et le tout gratuitement, évidemment !

      Vous aussi, tout le monde, pourra proposer des événements, des ateliers, ajouter des livres en rayon, apporter ses idées et les rendre concrètes avec les autres.

      Un lieu de rencontre convivial pour faire avancer l’écologie politique, la lutte contre le sexisme, l’homophobie, le racisme et les injustices sociales.

      Un lieu ouvert à tou·tes pour inventer et mettre en pratique d’autres manières de vivre, de s’entraider et de créer collectivement.

      Et on y trouvera FORCÉMENT la collection de La Hulotte (installée dans les Ardennes) ! ;-)

  • Femmes du jazz | Ferdinand Cazalis
    http://cqfd-journal.org/Femmes-du-jazz

    La lecture, en tant qu’homme, de Femmes du jazz – Musicalités, féminités, marginalisations [1] de la sociologue Marie Buscatto vous apprend des choses le milieu du jazz français – aussi. On y apprend surtout sur soi, homme hors du jazz. Sur les barrières qu’on impose sans y penser, les violences qu’on exerce par habitude. Source : CQFD

  • Sur jefklak.org : « Nous venions de trois générations politiques différentes » Entretien avec Nanni Balestrini et Sergio Bianchi à propos de La Horde d’or, Italie 1968-1977
    Par le collectif de traduction de L’Orda d’oro

    Nanni Balestrini est mort lundi 20 mai dernier, à Rome, à l’âge de 84 ans.

    L’écrivain et poète milanais a largement contribué à la « la grande vague révolutionnaire et créative, politique et existentielle » de l’Italie d’après-guerre. Il avait ainsi participé en 1968 à la création du groupe opéraïste Potere operaio et consacré plusieurs romans au mouvement, dont les formidables Nous voulons tout, Les Invisibles, et L’Éditeur.

    À la fin des années 1980, Balestrini a orchestré, avec Primo Moroni et Sergio Bianchi, la publication de La Horde d’or, qui demeure à ce jour le seul livre qui évoque aussi complètement la foisonnante inventivité sociale, théorique, culturelle et langagière de l’Italie des années 1960-1970. Il aura fallu attendre le printemps 2017 pour découvrir cette histoire en français, grâce à une traduction parue aux éditions de l’Éclat.

    En guise d’hommage à Nanni Balestrini, Jef Klak publie ici un entretien où, en compagnie de Sergio Bianchi, il répond aux questions du collectif de traduction de L’Orda d’oro, initialement publié dans le nº 1 de leur Journal de traduction, en septembre 2008.

    #NanniBalestrini
    https://www.jefklak.org/nous-venions-de-trois-generations-politiques-differentes