• Une poupée Barbie coincée entre deux livres de C&F éditions
    https://cfeditions.com/red-mirror

    On apprend aujourd’hui dans Actulitté que Mattel, le fabricant des poupées Barbie vient de publier (avec succès) une poupée à l’effigie de la militante africaine-américaine et autrice Maya Angelou, au sein d’une collection Barbie de "femmes inspirantes" (qui comporte par exemple déjà Rosa Parks). https://actualitte.com/article/98429/insolite/mattel-commercialise-une-poupee-barbie-a-l-effigie-de-maya-angelou

    Cette annonce m’a évidemment fait bondir par son cynisme... mais il surtout significatif qu’elle entre en écho avec les deux derniers livres publiés par C&F éditions.

    Dans "L’usage de l’art", Fred Turner parle longuement des posters de militantes syndicalistes affichés sur les murs à l’intérieur des bureaux de Facebook.
    https://cfeditions.com/usage-art

    Et de s’étonner : « Les portraits de figures telles que Dolores Huerta, célèbre syndicaliste s’étant battue pour les droits des ouvriers agricoles aux États-Unis, ou de Shirley Chisholm, première Africaine-Américaine élue au Congrès sont affichés dans les bureaux de Facebook du monde entier. [...] Lorsque l’Analog Research Lab affiche une photo de Dolores Huerta sur les murs d’une entreprise dont les ingénieurs ne sont pas syndiqués, il montre son pouvoir de transformer les mouvements politiques les plus incarnés et institutionnalisés en actes d’expression décontextualisés. Sur une affiche, l’image de Dolores Huerta devient un signe, vidé de son histoire, et dès lors redéfini. Une image qui a autrefois pu inspirer des ouvriers agricoles précaires à descendre dans la rue pour manifester offre dorénavant aux ingénieurs des classes moyennes et supérieures une opportunité de célébrer la diversité d’identité au sein de leur entreprise. »

    En écho, Mattel proclame que la collection "Inspiring Women" réunit « des héroïnes incroyables de leur temps, des femmes courageuses qui ont pris des risques, changé les règles et ouvert la voie à des générations de femmes, les invitant à rêver au-delà des limites imposées ».

    Un même discours qui sacralise l’individu, mais noie son action collective derrière un gloubi-boulga marketing sur la liberté... Une liberté que Facebook comme Mattel sont loin d’offrir à leurs salarié·es.

    Dans un rapport publié en novembre 2020, plusieurs ONG dénoncent les humiliations, l’absence de droits et le harcèlement sexuel... dans les usines chinoises qui fabriquent les poupées Barbie "inspirantes". (https://admin.actionaid.fr/uploads/downloadFile/413/Mattel-factory-report-2020.pdf )

    « Salaires indignes, charge de travail infernale, logements insalubres, et parfois même travail forcé... Des détails choquants sur les conditions de travail en Chine ont été exposés les uns après les autres depuis les années 1980. [...] Cette année, nous publions les résultats d’une nouvelle enquête de plusieurs semaines dans une autre usine chinoise de Mattel, dont les résultats sont une fois de plus inquiétants. [...] Mattel a refusé de communiquer sur sa politique de lutte contre le harcèlement sexuel et n’a annoncé aucune mesure visant à éradiquer le harcèlement sexuel. »

    Ceci nous amène à parler du prochain livre publié par C&F éditions, qui va paraître le 1 février : « Red Mirror : L’avenir s’écrit en Chine ».
    https://cfeditions.com/red-mirror

    Cet ouvrage de Simone Pieranni, que nous avons traduit de l’italien, s’intéresse à la manière dont la Chine est devenu le pôle principal de l’avenir du numérique et de l’intelligence artificielle. Il montre les ressorts de ce capitalisme numérique débridé... et notamment les conditions de travail dans les usines de fabrication du matériel informatique, comme dans les bureaux des ingénieures ou le travail à la tâche des "Turcs mécaniques" qui nourrissent l’ogre de l’intelligence artificielle. Un chapitre entier est consacré aux conditions de travail... et nous averti : ce qui se passe là-bas s’étend maintenant dans toutes les usines possédées par les multinationales chinoises. Une analyse confirmée par un article du 13 janvier 2021 sur les employé·es de Huawei en Europe (https://netzpolitik.org/2021/wolf-culture-how-huawei-controls-its-employees-in-europe - en anglais ).

    Parce que le numérique est dorénavant un moteur majeur de nos sociétés, il est devenu essentiel de comprendre les discours de ses entreprises de pointe. De mesurer combien ils servent avant tout à masquer l’émergence d’une forme nouvelle d’exploitation et de dépossession des outils collectifs au profits d’une sacralisation de l’individu... qui le laisse isolé face aux pressions sociales, politiques et culturelles du capitalisme numérique.

    Deux ouvrages en plein dans l’actualité.

    Bonne lecture,

    Hervé Le Crosnier

    Fred Turner
    L’usage de l’art. De Burning man à Facebook, art, technologie et management dans la Silicon Valley
    avec un cahier photo de Scott London et de l’intérieur de Facebook
    ISBN 978-2-37662-017-4 - 25 €
    https://cfeditions.com/usage-art

    Simone Pieranni
    Red Mirror : L’avenir s’écrit en Chine
    avec un cahier photo de Gilles Sabrié
    ISBN 978-2-37662-021-1 - 25 €
    https://cfeditions.com/red-mirror
    (pré-commande. Disponible le 1 février)

    #Chine #travail #Red_Mirror #Usage_art #Simone_Pieranni #Fred_Turner

  • *Fans Are Better Than Tech at Organizing Information Online*

    Archive of Our Own, the fanfiction database recently nominated for a Hugo, has perfected a system of tagging that the rest of the web could emulate.

    Archive of Our Own, the fanfiction database recently nominated for a Hugo, has perfected a system of tagging that the rest of the web could emulate.

    Kudos to the fans. One of the nominees for the Hugo Awards this year is Archive of Our Own, a fanfiction archive containing nearly 5 million fanworks—about the size of the English Wikipedia, and several years younger. It’s not just the fanfic, fanart, fanvids, and other fanworks, impressive as they are, that make Archive of Our Own worthy of one of the biggest honors in science fiction and fantasy. It’s also the architecture of the site itself.

    At a time when we’re trying to figure out how to make the internet livable for humans, without exploiting other humans in the process, AO3 (AO3, to its friends) offers something the rest of tech could learn from.

    Here’s a problem that AO3 users, like the rest of the internet, encounter every day: How do you find a particular thing you’re interested in, while filtering out all the other stuff you don’t care about? Most websites end up with tags of some sort. I might look through a medical journal database for articles tagged “cataracts,” search a stock photo site for pictures tagged “businesspeople,” or click on a social media hashtag to see what people are saying about the latest episode of “GameOfThrones”.

    Gretchen McCulloch is WIRED’s resident linguist. She’s the cocreator of Lingthusiasm, a podcast that’s enthusiastic about linguistics, and her book {Because Internet: Understanding the New Rules of Language} comes out in July from Riverhead (Penguin).

    Tags are useful but they also have problems. Although “cataracts,” "businesspeople," and “GameOfThrones” might seem like the most obvious tags to me, someone else might have tagged these same topics “cataract surgery,” "businessperson," and “GoT”. Another person might have gone with “nuclear sclerosis” (a specific type of cataract), “office life,” and “Daenerys”. And so on.

    There are two main ways of dealing with the problem of tagging proliferation. One is to be completely laissez-faire—let posters tag whatever they want and hope searchers can figure out what words they need to look for. It’s easy to set up, but it tends to lead to an explosion of tags, as posters stack on more tags just in case and searchers don’t know which one is best. Laissez-faire tags are common on social media; if I post an aesthetic photo of a book I’m reading on Instagram, I have over 20 relevant tags to choose from, such as book books readers reader reading reads goodreads read booksofig readersofig booksofinstagram readersofinstagram readstagram bookstagram bookshelf bookshelves bookshelfie booknerd bookworm bookish bookphotography bookcommunity booklover booksbooksbooks bookstagrammer booktography readers readabook readmorebooks readingtime alwaysreading igreads instareads amreading. “Am reading” indeed—reading full paragraphs of tags.

    The other solution to the proliferation of competing tags is to implement a controlled, top-down, rigid tagging system. Just as the Dewey Decimal System has a single subcategory for Shakespeare so library browsers can be sure to find Hamlet near Romeo and Juliet, rigid tagging systems define a single list of non-overlapping tags and require that everyone use them. They’re more popular in professional and technical databases than in public-facing social media, but they’re a nice idea in theory—if you only allow the tag “cataract” then no one will have to duplicate effort by also searching under “cataracts” and “cataract surgery.”

    The problem is rigid tags take effort to learn; it’s hard to convince the general public to memorize a gigantic taxonomy. Also, they become outdated. Tagging systems are a way of imposing order on the real world, and the world doesn’t just stop moving and changing once you’ve got your nice categories set up. Take words related to gender and sexuality: The way we talk about these topics has evolved a lot in recent decades, but library and medical databases have been slower to keep up.

    The Archive of Our Own has none of these problems. It uses a third tagging system, one that blends the best elements of both styles.

    On AO3, users can put in whatever tags they want. (Autocomplete is there to help, but they don’t have to use it.) Then behind the scenes, human volunteers look up any new tags that no one else has used before and match them with any applicable existing tags, a process known as tag wrangling. Wrangling means that you don’t need to know whether the most popular tag for your new fanfic featuring Sherlock Holmes and John Watson is Johnlock or Sherwatson or John/Sherlock or Sherlock/John or Holmes/Watson or anything else. And you definitely don’t need to tag your fic with all of them just in case. Instead, you pick whichever one you like, the tag wranglers do their work behind the scenes, and readers looking for any of these synonyms will still be able to find you.

    AO3’s trick is that it involves humans by design—around 350 volunteer tag wranglers in 2019, up from 160 people in 2012—who each spend a few hours a week deciding whether new tags should be treated as synonyms or subsets of existing tags, or simply left alone. AO3’s Tag Wrangling Chairs estimate that the group is on track to wrangle about 2.7 million never-before-used tags in 2019, up from 2.4 million in 2018.

    Laissez-faire and rigid tagging systems both fail because they assume too much—that users can create order from a completely open system, or that a predefined taxonomy can encompass every kind of tag a person might ever want. When these assumptions don’t pan out, it always seems to be the user’s fault. AO3’s beliefs about human nature are more pragmatic, like an architect designing pathways where pedestrians have begun wearing down the grass, recognizing how variation and standardization can fit together. The wrangler system is one where ordinary user behavior can be successful, a system which accepts that users periodically need help from someone with a bird’s-eye view of the larger picture.

    Users appreciate this help. According to Tag Wrangling Chair briar_pipe, “We sometimes get users who come from Instagram or Tumblr or another unmoderated site. We can tell that they’re new to AO3 because they tag with every variation of a concept—abbreviations, different word order, all of it. I love how excited people get when they realize they don’t have to do that here.”

    Ça continue ici : https://www.wired.com/story/archive-of-our-own-fans-better-than-tech-organizing-information

    #Tags #tagging #nuage #themes #thématisation #nuage_de_tag j’ai du convertir en simple texte les tags cités en exemples dans l’article !

  • Projet familial en période de confinement : simulation de pandémie faite avec scratch, par mon fils Ulysse (10 ans).
    https://scratch.mit.edu/projects/382124593
    Au début, on choisit la taille de la population (en rose) et la contagiosité du virus entre 1 et 100. Une personne malade (en rouge) contamine alors les autres lors ses déplacements. Chaque jour un contaminé porteur sain (rouge) peut tomber malade (bleu) ou guérir (vert). Les malades s’immobilisent (à l’hôpital). Chaque jour, le malade peut guérir ou mourir (noir). Les malades, les guéris et les morts ne sont plus contaminants

  • Face au mépris des médias dominants, à leur traitement délétère des mouvements sociaux
    https://www.acrimed.org/Face-au-mepris-des-medias-dominants-a-leur

    « Nous lançons un appel à l’ensemble des forces politiques de la gauche de gauche, aux journalistes et à leurs syndicats, aux collectifs de journalistes précaires, aux médias alternatifs comme à l’ensemble des usagers des médias, pour contester les dérives médiatiques actuelles et penser urgemment la réappropriation démocratique des médias (des) dominants ! ... »

    • Mais on peut aussi penser qu’il est possible de s’affirmer comme sujet politique et de s’engager auprès de la classe ouvrière sans parler à sa place. Cette prise de parole peut contribuer à esthétiser et par là invisibiliser la pénibilité toujours subie par 6,3 millions d’ouvrières et d’ouvriers. Rappelons qu’en France, alors qu’un homme ayant un emploi sur trois est un ouvrier, seules 3% des personnes interviewées à la télévision sont des ouvriers.

  • Key functions of an ecosystem of collaborative software tools:


    Universal Construction Kit — a 3D printable set of hybrid pieces that allows you to connect Legos with Tinkertoys, Lincoln Logs and more. Each toy “system” is a fixed set of possibilities or paradigms, but with these hybrid connectors, you can create anything you can imagine using pieces from half a dozen different systems.

    https://medium.com/enspiral-tales/doing-more-together-together-seeding-a-collaborative-technology-alliance-822