• La vérité est dans les égouts !


    « On ouvre les bouches d’égout, on prend l’eau et ensuite, on la teste ! » Le procédé décrit par Alexandre Lacoste est d’une simplicité presque enfantine. Ingénieur, il dirige le Comete (Covid Marseille environnemental testing expertise) du bataillon des marins-pompiers (BMP). Depuis plus de six mois, ces militaires récupèrent, via les services d’assainissement de la ville, des échantillons d’eaux usées pour y déceler la présence du coronavirus. Ainsi, grâce à une technique PCR, ils peuvent, en fonction de l’évolution du taux de concentration, anticiper une recrudescence de l’épidémie sur Marseille. Ou encore définir des points chauds dans certains quartiers.

    La semaine dernière, le bataillon présentait au grand public une carte illustrant ses résultats et prévenait les autorités d’une reprise de l’épidémie sur la ville. Des alertes prises très au sérieux. Mais qu’en est-il de l’utilisation concrète de ces données hyper-localisées par les autorités ? Elle serait limitée, concèdent, à regret, ses initiateurs.

    https://twitter.com/MarinsPompiers/status/1347146449511993344

    https://www.mediapart.fr/journal/france/160121/covid-19-les-donnees-des-marins-pompiers-marseillais-restent-bloquees-dans

    • Le ministère de la santé prépare pour sa part un dispositif similaire sur le plan national. Le projet Obépine (Observatoire épidémiologique dans les eaux usées) vise à constituer un réseau de laboratoires sur le territoire afin de « promouvoir l’analyse des eaux usées pour y détecter d’éventuelles traces de virus SARS-CoV-2 dans le cadre d’un plan de lutte intégrée contre l’épidémie de Covid-19 ». Obépine vient d’obtenir la possibilité de publier en open data ses premiers résultats, et doit bénéficier d’un budget de 3 millions d’euros.

      « Bref, ils essayent de mettre en place un truc que nous faisons déjà », s’agace Alexandre Lacoste. Et cela alors que les données marseillaises ne sont « pas encore intégrées à proprement parler dans les indicateurs nationaux, ni dans nos indicateurs régionaux de suivi de l’épidémie à l’ARS (comme le sont les taux d’incidence et de positivité) », précise l’ARS à Marsactu.

      « L’État veut quelque chose d’unifié, avec le même process dans chaque labo, sinon il ne fait pas, mais il vaudrait mieux stimuler chaque initiative », regrette Alexandre Lacoste. Pour lui, il serait plus logique de demander des efforts en priorité aux populations des zones les plus touchées plutôt que d’imposer les mêmes règles sur tout le territoire. « Il faut une dynamique, nous ne sommes pas des robots à qui l’on peut demander des efforts à longueur de temps. Il faut cibler les gens, adapter des modules par zone. » Bref, partir du terrain pour agir. Une philosophie qui jusqu’à présent peine à être appliquée.

      comme d’hab, bloquage au niveau ARS

      Du côté de l’AP-HM, le sentiment d’urgence est le même. Et le dispositif des marins-pompiers est scruté de près. « C’est l’un des paramètres extrêmement importants, il donne presque une photographie à un instant T. Comme avec les passages aux urgences, on sait que ça monte quand il y a beaucoup de variations », considère le professeur Laurent Papazian, chargé de la coordination des services de réanimation dans la région. Mais ce dernier n’a pas directement accès aux informations des marins-pompiers, qui transitent d’abord par l’ARS.

    • Genome Sequencing of Sewage Detects Regionally Prevalent SARS-CoV-2 Variants | mBio
      https://mbio.asm.org/content/12/1/e02703-20

      COVID-19 : Séquencer les eaux usées pour suivre le virus et ses variantes à la trace | santé log
      https://www.santelog.com/actualites/covid-19-sequencer-les-eaux-usees-pour-suivre-le-virus-et-ses-variantes-la

      Si la technique est éprouvée, il reste néanmoins difficile de distinguer le signal génétique du SRAS-CoV-2 des milliards de bactéries et de virus que les humains excrètent chaque jour. Les chercheurs doivent pouvoir identifier le SRAS CoV-2 au milieu d’un mélange complexe d’autres matériels génomiques. Les chercheurs proposent donc tout un protocole permettant de préparer les échantillons pour le séquençage : au lieu de séquencer directement l’échantillon, ils commencent par amplifier l’ARN du coronavirus qui les intéresse. Ils combinent à cette amplication, une nouvelle approche d’analyse bioinformatique suffisamment sensible pour détecter une seule différence nucléotidique.

      #variant

  • Covid-19 : le défi des nouveaux variants – Réalités Biomédicales
    https://www.lemonde.fr/blog/realitesbiomedicales/2021/01/18/covid-19-le-defi-des-nouveaux-variants

    Outre le Royaume-Uni (13018 sur 13699 séquences déposées), ces pays qui ont transmis le plus grand nombre de séquences sont, par ordre décroissant, le Danemark, les États-Unis, le Portugal, les Pays-Bas, Israël, l’Irlande, l’Italie, l’Australie, la Norvège, l’Espagne, la Nouvelle-Zélande, la France, la Finlande, Singapour, la Suède, la Slovaquie, l’Allemagne, l’Inde, la Suisse, la Belgique, le Brésil, la Jamaïque, la Grèce, le Luxembourg, Hong Kong, la Corée du Sud, le Pakistan, l’Équateur, le Canada, le Mexique, la Roumanie, le Sri-Lanka, Oman, le Liban. Au Danemark, le variant anglais B.1.1.7 représente actuellement 3,6 % des virus SARS-CoV-2 séquencés.
    Carte des vols internationaux en provenance des principaux aéroports de Londres (Heathrow, Gatwick, Luton, City, Stansted, Southend) au mois d’octobre 2020. L’épaisseur des traits est fonction du nombre des vols en partance depuis Londres. Publiée le 13 janvier sur le site virological.org, une équipe de recherche internationale, dirigée par Áine O’Toole (université d’Edimbourg) et Moritz Kraemer (université d’Oxford) a analysé les liaisons aériennes entre les principaux aéroports londoniens et chaque pays. Il ressort que 16 pays ayant reçu plus de 5 000 voyageurs en provenance de Londres ont rapporté la présence du variant anglais par le séquençage.
    Cartographie mondiale de la transmission du variant anglais VOC 202012/01 (lignage B.1.1.7). Source : OMS

    #Covid-19#migrant#migration#sante#variant#diffusion#volaerien#circulation#mondialisation

  • Can I be re-infected with the new #variant if I’ve had #COVID-19? | NICD
    https://www.nicd.ac.za/can-i-be-re-infected-with-the-new-variant-if-ive-had-covid-19

    The blood samples from half the people we tested showed that all neutralizing activity was lost. This suggests that they may no longer be protected from re-infection. In the other half, the levels of antibodies were reduced and so the risk of re-infection is not known.

    #afrique_du_sud #réinfection #anticorps #immunité

  • Faut-il redouter l’extrême droite allemande ?
    https://laviedesidees.fr/Rechte-Bedrohungsallianzen.html

    À propos de : Wilhelm Heitmeyer, Manuela Freiheit et Peter Sitzer, Rechte Bedrohungsallianzen, Berlin, Surhkamp. En #Allemagne, depuis quelques années, la pensée d’extrême droite se normalise et s’intellectualise. Le débat rationnel est dévalorisé, la démocratie remise en cause, et les idéologèmes nazis se diffusent. Un état des lieux préoccupant.

    #International #genre #nazisme #extrême_droite
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20210120_nazideretour.pdf
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20210120_nazideretour.docx

    • Deuxième vague en Allemagne

      [...] « C’est vers la fin septembre-début octobre que la deuxième vague, qui avait commencé à se former début août, s’est mise à croître de façon exponentielle (...). A partir de là, tout s’est emballé au point qu’il est devenu impossible de contrôler les chaînes de contamination, contrairement à ce qui avait été fait au printemps. »

      [...]

      Le 1er octobre, la chancelière affirme que le nombre de cas quotidiens pourrait atteindre 19 200 à la veille de Noël. « Fin juin-début juillet, il y avait 300 nouveaux cas par jour. Nous en sommes aujourd’hui à 2 400. Cela signifie que leur nombre a doublé trois fois en trois mois. De 300 on est passé à 600, puis à 1 200 et finalement à 2 400. Si on continue à ce rythme, cela veut dire qu’on passera à 19 200 contaminations par jour dans trois mois », assure-t-elle.

      Sur le moment, tout le monde admire l’aisance avec laquelle la docteure en physique qu’est Mme Merkel jongle avec les chiffres. Mais l’incrédulité domine, notamment parmi les chefs des Länder. « Nous ne devons pas inquiéter la population. (…) Nous avons les instruments qui nous permettent de faire face [à l’épidémie]. (...) Pas d’hystérie là-dessus, s’il vous plaît ! », a déclaré, par exemple, le ministre-président de la Saxe, Michael Kretschmer, le 14 octobre, dans un entretien au Spiegel.

      [...] Quelques heures après la sortie de M. Kretschmer, la chancelière réunit les seize ministres-présidents des Länder afin d’adapter les mesures de lutte contre l’épidémie, comme elle le fait une à deux fois par mois depuis le printemps. Or, ce 14 octobre, la discussion est plus tendue que jamais. Après huit heures de pourparlers, une seule mesure nouvelle est annoncée : la fermeture des bars et restaurants à partir de 23 heures.
      Pour Mme Merkel, cela ne va pas assez loin. « Ce qui a été décidé hier ne suffira pas », déclare le secrétaire général de la chancellerie, Helge Braun, le lendemain, sur la chaîne publique ARD. « Il nous faut des mesures plus fortes que celles sur lesquelles les chefs des Länder se sont mis d’accord », ajoute ce médecin de formation, d’ordinaire très discret dans les médias.

      Deux semaines plus tard, le 28 octobre, une nouvelle visioconférence est organisée avec les chefs des Länder. Ce jour-là, un accord est trouvé pour fermer les restaurants, les bars, les salles de concerts, les musées, les cinémas et les théâtres. Cette fois, Mme Merkel se montre satisfaite. « Grâce à ces mesures, nous devrions pouvoir retrouver une vie normale en décembre », déclare-t-elle à l’issue de la réunion.

      [...] En réalité, le virus continue de circuler, et même beaucoup plus vite que ne l’avait prévu Mme Merkel, puisque la barre des 20 000 cas quotidiens est dépassée dès la mi-novembre, soit plus d’un mois avant ce qu’elle avait imaginé. Ce n’est pourtant que le 13 décembre que de nouvelles restrictions seront adoptées, parmi lesquelles la fermeture des écoles et des commerces non essentiels. A peu de choses près, l’Allemagne se retrouve soumise aux mêmes règles qu’en mars-avril.

      Pourquoi avoir attendu si longtemps ? Pour Elmar Wiesendhal, professeur émérite de science politique à l’université de la Bundeswehr, la clé de l’explication tient dans la « bataille de pouvoir » qui s’est nouée, au début de l’automne, entre Berlin et les Länder. « Face à Merkel, qui s’est mise dans le rôle d’une Cassandre alertant sur la gravité de la situation, les ministres-présidents des Länder ont tenu à défendre leurs prérogatives et à montrer qu’ils n’étaient pas à la botte de la chancelière. En particulier dans l’est du pays où, jusqu’à début novembre, le nombre de cas était beaucoup plus faible qu’ailleurs. » A cela s’est ajouté le contexte politique local, poursuit M. Wiesendahl. « Dans ces régions où l’AfD [extrême droite] est puissante et mobilisée contre ce qu’elle qualifie de “coronadictature”, les élus n’ont pas voulu brusquer les choses. »

      Rétrospectivement, cette stratégie s’est révélée catastrophique sur le plan sanitaire. En Saxe, par exemple, le taux d’incidence a été multiplié par huit entre fin octobre et fin décembre. Il est actuellement supérieur à 300, soit le double de la moyenne nationale, ce qui en fait aujourd’hui la région la plus touchée par l’épidémie après avoir été longtemps l’une des plus épargnées. « Le fait d’avoir pratiquement échappé à la première vague nous a fait croire que ce serait pareil avec la deuxième. Nous avons mis du temps à réaliser la gravité de la situation », confie Alexander Ahrens, maire social-démocrate de Bautzen, près de Dresde.

      [...] « Le virus a circulé de deux façons : par les frontaliers tchèques, qui sont nombreux à travailler chez nous, surtout dans la santé ; et par les habitants d’ici, qui vont souvent faire leurs courses de l’autre côté de la frontière car les prix sont plus bas. La combinaison a été explosive », explique M. Ahrens.

      « Rectifier le tir d’urgence »

      Samedi 9 janvier, le ministre-président de Saxe, Michael Kretschmer, a regretté de ne pas avoir imposé plus tôt des restrictions drastiques, « même si cela n’aurait pas été compris par la population ». Deux jours plus tôt, son homologue de Thuringe, Bodo Ramelow, avait été encore plus direct. « Je me suis laissé porter par des espoirs qui se sont révélés être de graves erreurs », a-t-il reconnu, avant de déclarer, à propos de Mme Merkel : « C’est elle qui avait raison, et moi qui avais tort. » Un aveu inattendu de la par d’un élu du parti de gauche Die Linke, d’habitude en désaccord sur presque tout avec la chancelière conservatrice…

      Désormais, la Saxe et la Thuringe sont en tête des Länder qui veulent prolonger voire durcir les restrictions. Mme Merkel, qui est sur cette ligne, pourrait d’ailleurs avancer d’une semaine sa prochaine réunion avec les chefs des Länder, initialement prévue le 25 janvier. Une piste à l’étude serait la réduction drastique des déplacements dans les transports en commun. Une autre serait la généralisation du télétravail, qui n’est pour l’instant que recommandé. « Maintenant que les rassemblements privés sont réduits au strict minimum et que les écoles, la plupart des magasins et les lieux qui accueillent du public sont fermés, les principaux endroits où les gens risquent encore de se contaminer sont les bureaux. Là-dessus, il y a une vraie marge de progression », explique Markus Scholz, de l’université de Leipzig.

      A ses yeux, néanmoins, renforcer les restrictions ne suffira pas. A côté de l’accélération de la campagne de vaccination – 842 000 personnes avaient reçu une première dose, jeudi, outre-Rhin –, le chercheur cite deux priorités. La première est le dépistage, alors que le nombre de tests PCR par semaine a chuté d’1,6 million à 800 000 entre mi-décembre et début janvier. « L’Allemagne, qui était en avance sur les tests au début de l’épidémie, prend maintenant du retard », s’inquiète-t-il. La seconde concerne l’identification du variant britannique grâce au séquençage des génomes viraux. « Sur ce point, l’Allemagne est totalement à la traîne par rapport notamment au Royaume-Uni, déplore M. Scholz. Il faut d’urgence rectifier le tir. Compte tenu de ce qu’on sait de la contagiosité de ce variant, ce doit être aujourd’hui un objectif absolu. »

      Après l’analyse Bundeswehr, le Spiegel.

      ALLEMAGNE : EN BAVIÈRE, LE MASQUE FFP2 DEVIENT OBLIGATOIRE DANS LES TRANSPORTS
      https://www.bfmtv.com/international/allemagne-en-baviere-le-masque-ffp2-devient-obligatoire-dans-les-transports_A

      Selon des informations du Der Spiegel, la chancelière allemande Angela Merkel réfléchirait de son côté également au port obligatoire du masque FFP2 dans certains lieux, pour tout le pays.

  • Ils ont reçu des soins… et un virus | La Presse
    https://www.lapresse.ca/covid-19/2021-01-18/ils-ont-recu-des-soins-et-un-virus.php

    Un patient sur sept hospitalisé avec la #COVID-19 a reçu son premier test positif plus de sept jours après son admission à l’hôpital, et est donc considéré par l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (INESSS) comme un cas « #nosocomial présumé », c’est-à-dire que la maladie a probablement été contractée à l’hôpital.

    Depuis plusieurs mois, ce chiffre est stable : autour de 15 % des patients COVID hospitalisés sont considérés par l’INESSS comme des cas de maladie nosocomiale présumée. En chiffres absolus, ces patients représentent une vingtaine de cas par jour. Entre 2000 et 3000 personnes sont hospitalisées chaque jour au Québec. Le « risque » de contracter la COVID-19 en se rendant à l’#hôpital demeure donc faible, souligne Mike Benigeri, directeur du Bureau des données clinico-administratives à l’INESSS.

  • Amazonie détruite, violences contre les minorités : le bilan calamiteux de deux ans de Bolsonaro au Brésil - Basta !
    https://www.bastamag.net/Bresil-Bolsonaro-barometre-situation-droits-humains-amazonie-populations-a

    L’expansion de l’#agrobusiness se traduit aussi par l’intensification des #pollutions. « L’importation et l’utilisation de produits #phytosanitaires est en constante augmentation, faisant du #Brésil le premier pays consommateur de #pesticides par hectare au monde, note le baromètre. 674 nouveaux pesticides ont été approuvés sous le gouvernement #Bolsonaro, un record. Approuvés sans débat ni consultation, 88 % de ces nouveaux produits sont pourtant considérés comme dangereux pour l’environnement (...), entraînant un appauvrissement des #sols, une #contamination des cours d’eau, la disparition de la #biodiversité et des risques pour la santé des populations (empoisonnements, développement de maladies et malformations, etc.). »

  • En Inde, l’Andhra Pradesh se convertit à l’agroécologie
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/01/19/en-inde-l-andhra-pradesh-se-convertit-a-l-agroecologie_6066806_3234.html

    A rebours de la « révolution verte » indienne et de ses dégâts, cet Etat du sud tente de rallier 6 millions d’agriculteurs à des méthodes naturelles pour nourrir la totalité de ses habitants d’ici à 2027.

    Les champs de Rama Krishna, à Nandi Velugu (district de Guntur), une dizaine d’acres, sont verts et luxuriants. Ce fermier de l’Andhra Pradesh, un Etat du sud-est de l’Inde, cultive principalement en cette saison hivernale du curcuma, une racine goûteuse et vertueuse, prisée dans le sous-continent. Mais ses rangs alternent avec des papayes, car les deux plantes se protègent.

    #péage 😒

    • A rebours de la « #révolution_verte » indienne et de ses dégâts, cet Etat du sud tente de rallier 6 millions d’agriculteurs à des méthodes naturelles pour nourrir la totalité de ses habitants d’ici à 2027.

      Les champs de Rama Krishna, à #Nandi_Velugu (district de #Guntur), une dizaine d’acres, sont verts et luxuriants. Ce fermier de l’#Andhra_Pradesh, un Etat du sud-est de l’Inde, cultive principalement en cette saison hivernale du curcuma, une racine goûteuse et vertueuse, prisée dans le sous-continent. Mais ses rangs alternent avec des papayes, car les deux plantes se protègent. Le curcuma a des propriétés antibiotiques pour la papaye et les hautes tiges de cette dernière apportent de l’ombrage au curcuma, comme les cocotiers, les manguiers et les bananiers plantés ici et là. Plus loin, son champ présente une farandole de légumes, bitter gourd - un légume très amer -, baby corn, piments rouges, lady finger, tomates. Des marigold (oeillets d’Inde) ont été semés pour éviter certains virus. Salades et cornichons, menthe et radis partagent une autre parcelle. Le mariage des cultures ne tient pas du hasard. Chacune est sélectionnée pour ses qualités et les services qu’elle peut rendre.

      Le paysan n’irrigue qu’une demi-heure par jour et ne possède pas de tracteur. Sur sa propriété, aucune substance chimique ne rentre, seulement des produits naturels, confectionnés à partir de l’urine et de la bouse de ses cinq vaches, de race locale. Il en enrobe ses semences. Pour nourrir la terre, il ajoute à ces deux ingrédients de l’eau, du sucre, de la terre et de la farine de légumineuse. S’il faut traiter des parasites ou des ravageurs, le paysan associe aux déchets de ses vaches des piments verts et des feuilles de goyave.

      Les champs de Rama ont des airs de jardin d’Eden et c’est un miracle car, fin novembre, une tempête a violemment frappé la région et noyé les terres sous des pluies diluviennes. Ses plants n’ont pas plié, la terre a absorbé le surplus d’eau. Rama en est convaincu, sa pratique de l’agroécologie a sauvé ses cultures. « C’est toute ma famille qui a été sauvée. Nous sommes vingt à travailler ici », explique-t-il.

      Détresse profonde

      Le fermier a rejoint le programme « agriculture naturelle à zéro budget » (ZBNF) développé par le gouvernement de l’Andhra Pradesh, le plus gros projet d’agroécologie au monde. Lancé en 2015-2016, et piloté par Vijay Kumar, un ancien haut fonctionnaire et conseiller à l’agriculture du gouvernement, ce programme soutenu par l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) a déjà séduit 700 000 paysans et travailleurs agricoles, soit 190 000 hectares répartis dans 3 011 villages, qui cultivaient auparavant en agriculture conventionnelle.

      D’ici à 2027, l’objectif du gouvernement régional est de convertir 6 millions d’agriculteurs et 8 millions d’hectares, pour nourrir ses 53 millions d’habitants, la totalité de l’Etat. L’enjeu est crucial dans cette région agricole où 62 % de la population travaillent dans l’agriculture. Le secteur représente 28 % du PIB de l’Andhra Pradesh. « Notre but, c’est que notre région soit complètement libérée des produits chimiques et contribue ainsi à la bonne santé de la population et au bien-être des paysans », explique Vijay Kumar, qui s’est inspiré de Subhash Palekar, le père de l’agriculture naturelle en Inde.

      A l’entrée de la ferme de Rama Khrisna, un grand panneau affiche le portrait de ce paysan du Maharashtra, qui s’est élevé contre les méthodes de la « révolution verte » axées sur une utilisation massive d’engrais et de pesticides chimiques et sur une irrigation intensive. L’agriculture indienne consomme 83 % des ressources en eau disponibles, alors que la moyenne mondiale est de 70 %. Le recours systématique aux intrants a entraîné les agriculteurs indiens dans une logique fatale d’endettement et causé des dégâts irréversibles sur l’environnement, les sols et les nappes phréatiques.

      Sur le plan nutritionnel, la « révolution verte » a certes permis de mettre fin aux terribles famines qui décimaient le pays, mais elle a favorisé des cultures à hauts rendements, comme le riz et le blé, au détriment des légumineuses et des fruits et légumes. Les Indiens souffrent d’une alimentation carencée et les paysans d’une détresse profonde. Chaque jour, 28 personnes qui dépendent de l’agriculture, la plupart étranglées de dettes, se suicident en Inde, 10 281 personnes en 2019, selon le National Crime Records Bureau.

      La crise paysanne favorise également une forte migration vers les villes. Et ce n’est pas la réforme imposée par Narendra Modi, qui nourrit depuis plus de deux mois une immense colère chez les paysans indiens, qui changera quelque chose. Le gouvernement ne propose pas de faire évoluer le modèle de production, seulement de libéraliser la vente des produits agricoles.

      Foison de vers de terre

      A rebours de ce modèle, Subhash Palekar promeut depuis les années 1990 une agriculture économe, sans labourage, sans engrais chimiques ni pesticides et sans désherbage. Une agriculture qui ne craint ni les mauvaises herbes ni les insectes et fait confiance à la nature pour se régénérer et se réguler. A la demande du gouvernement d’Andhra Pradesh, il a formé des milliers de paysans dans des méga-cessions de formations. Satya Narayana, cultivateur dans le village d’Athota, dans le district de Guntur, a suivi ses préceptes. Sa récolte de riz est terminée et il a planté du millet sans se préoccuper des résidus de paille de riz qui jonchent son champ.

      Autrefois, comme beaucoup de paysans en Inde, il cherchait à se débarrasser au plus vite de ce chaume, en le brûlant pour passer à la culture suivante. Une catastrophe écologique. Depuis quelques années, il préserve ce couvert pour garder l’humidité dans le sol. Sa terre n’est pas compacte et elle abrite une foison de vers de terre. A la différence de l’agriculture industrielle, basée sur la monoculture, l’agriculture naturelle repose sur une grande variété de cultures, la couverture permanente des sols, et la stimulation des micro-organismes.

      Le fermier a planté des semences indigènes que lui a fournies gratuitement Bapa Rao, 36 ans, qui lui aussi s’est converti à l’agriculture naturelle. Il était designer graphique à Hyderabad, quand sa grand-mère a été emportée en 2011 par un cancer de l’estomac, lié à l’utilisation de pesticides. Il a abandonné son métier et travaille depuis cinq ans dans son village d’Athota avec son père, sur des terres qu’il loue et où il cultive riz et lentilles. Dans sa maison, Bapa Rao a constitué une banque de semences locales réputées pour leur qualité nutritionnelle et adaptées au climat, qu’il collecte toute l’année, notamment un riz noir, et qu’il partage avec les agriculteurs de son village. « Je fais cela parce que je suis convaincu que la nourriture est la seule véritable médecine », assure-t-il.

      Pour atteindre son objectif d’un Etat 100 % en agriculture naturelle, le gouvernement de l’Andhra Pradesh a créé une société publique à but non lucratif, le Rythu Sadhikara Samstha (RySS), chargée de convaincre les paysans de changer de modèle, de les former et de contrôler. Ce sont les agriculteurs eux-mêmes passés à l’agriculture naturelle qui vont diffuser les bonnes pratiques auprès de leur communauté. Autre point d’entrée, les groupes d’entraide de femmes, très actives. C’est un patient travail : l’organisme estime qu’un agriculteur a besoin d’un accompagnement entre trois et cinq ans pour se convertir totalement à l’agriculture naturelle. Parallèlement, le RySS mène auprès des travailleurs agricoles un programme de développement de jardins potagers, pour aider les familles pauvres à produire leurs propres denrées. Sarveswara Rao en est un des bénéficiaires.

      Avant, ce père de famille était obligé d’acheter sur les marchés. Les assiettes de ses deux enfants se réduisaient bien souvent à des portions de riz. Désormais, sa famille peut manger tous les jours des légumes et des fruits gratuits et sains. Le gouvernement indien, en butte à une crise agricole structurelle, s’est intéressé à l’expérience de l’Andhra Pradesh. Le 9 juillet 2018, le NITI Aayog (Institution nationale pour la transformation de l’Inde), qui a remplacé la Commission au plan en 2015 après l’accession au pouvoir de Narendra Modi, a invité Subhash Palekar à une présentation de l’agriculture naturelle.

      Selon Palekar, la majorité des participants - des scientifiques du Conseil indien de la recherche agricole et d’universités agricoles d’Etat et le ministre de l’agriculture - aurait convenu que l’agriculture naturelle était la seule alternative disponible pour doubler le revenu des agriculteurs d’ici à 2022, une promesse électorale que Narendra Modi avait faite à son arrivée au pouvoir en 2014.

      Lobbys industriels

      Mais c’était sans compter les lobbys industriels. Dans un livre à paraître en mars, aux Presses des Mines, Bruno Dorin, chercheur au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad), qui travaille depuis deux ans avec le RySS sur une « prospective à 2050 de l’agriculture naturelle en Andra Pradesh », raconte comment l’Académie nationale des sciences agricoles indienne a entravé la généralisation de l’agriculture naturelle en Inde.

      Dans un courrier de trois pages envoyé à Narendra Modi, en septembre 2019, le président de cette académie explique que, après une journée d’étude avec 70 experts comprenant des industriels, les participants ont conclu que « le gouvernement de l’Inde ne devrait pas investir inutilement des capitaux, des efforts, du temps et des ressources humaines pour promouvoir le ZBNF en raison de l’impossibilité technique du pays à explorer cette technologie non démontrée et non scientifique . Quelques semaines plus tard la presse rapportait que « le gouvernement Modi soutient le ZBNF mais n’a pas de budget pour le promouvoir . Vijay Kumar connaît toutes ces résistances et sait que sa « démarche est difficile », mais, dit-il, « si nous ne le faisons pas, nous allons vers une catastrophe .

      #agriculture #agro-écologie #agroécologie

  • L’énergie solaire se développe au détriment des sols naturels
    https://reporterre.net/L-energie-solaire-se-developpe-au-detriment-des-sols-naturels

    Pour atteindre les objectifs de la transition énergétique, la superficie consacrée au #photovoltaïque doit tripler, voire quadrupler. Mais la recherche du profit pousse les développeurs à privilégier les installations au sol, accentuant l’#artificialisation des #terres.

    #solaire

  • « Arrêtons de culpabiliser les pauvres »
    https://www.socialter.fr/article/arretons-de-culpabiliser-pauvres

    Ces politiques sociales sont pensées comme des dons ayant pour but d’aider les pauvres, mais uniquement pour certaines raisons et à certaines conditions. Leur objectif n’est pas de sortir les pauvres de leur précarité mais de les rendre disponibles pour le marché du travail. Le débat public se préoccupe moins de savoir si ces politiques améliorent concrètement leurs conditions de vie que de savoir s’ils sont incités à travailler. En somme, c’est moins la pauvreté qui est perçue comme un problème que les pauvres eux-mêmes. Ces derniers n’ont d’ailleurs pas voix au chapitre pour décider des politiques de lutte contre la pauvreté. Ainsi, l’aide sociale représente une sorte de prêt qui doit être rendu à la collectivité, comme le montre le débat sur l’utilisation de l’allocation de rentrée scolaire qui revient chaque année [en août 2020, un député Les Républicains a déposé un projet de loi pour contrôler que l’allocation de rentrée était bien utilisée par les bénéficiaires pour acheter des fournitures scolaires, ndlr]. Pourtant, aucune étude, aucun rapport, aucune mesure n’a jamais pointé de problème spécifique sur l’utilisation de cette allocation. En bref, il s’agit de dire aux pauvres : «  c’est notre argent  ». ­Simmel avait déjà bien identifié cet enjeu de pouvoir dans les politiques de lutte contre la pauvreté, quand il affirmait que le niveau de l’aide sociale est plafonné à celui qui permet la reproduction de la société et de ses inégalités. C’est pour cette raison que les propositions de revenu universel, défendu par ­Benoît ­Hamon en 2017, ou de «  salaire à vie  », prôné par Bernard Friot, se voient opposer l’argument classique : «  si l’on donne cet argent sans contrepartie aux pauvres, ils vont être conduits à l’oisiveté  ». Étonnamment, cet argument conduit surtout à ne pas vouloir donner d’argent pour régler la pauvreté.

    • La droite américaine met en place des coupons avec cette obsession de contrôler l’usage que font des aides les bénéficaires... Une des grand plus de l’allocation universelle est la rupture avec cette vision de contrôle social.

  • Le Liban informé d’une enquête suisse visant le gouverneur de la Banque centrale
    https://www.lefigaro.fr/flash-eco/le-liban-informe-d-une-enquete-suisse-visant-le-gouverneur-de-la-banque-cen

    Le Liban a reçu de la Suisse une demande officielle d’assistance juridique pour une enquête concernant des transferts d’argent présumés effectués par le gouverneur de la banque centrale Riad Salamé, a indiqué à l’AFP une source judiciaire. L’enquête porte sur 400 millions de dollars qui, malgré des restrictions bancaires draconiennes, auraient été transférés à l’étranger par Riad Salamé, son frère, son assistante et des institutions liées à la banque centrale, a indiqué la source libanaise, s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.

    Les services de Riad Salamé ont nié des « allégations », après des informations publiées mardi par le quotidien libanais Al-Akhbar. « Toutes les allégations de transferts d’argent présumés à l’étranger, qu’ils soient faits sous son nom (M. Salamé), ou sous le nom de son frère ou de son assistante, sont des informations infondées », selon un communiqué. Les autorités suisses n’ont pas réagi dans l’immédiat sur cette affaire.

  • Assessment of Day-7 Postexposure Testing of Asymptomatic Contacts of #COVID-19 Patients to Evaluate Early Release from Quarantine — Vermont, May–November 2020 | MMWR
    https://www.cdc.gov/mmwr/volumes/70/wr/mm7001a3.htm

    Seulement 3% des sujets contact ont eu un #PCR #sars-cov2 positif à J7,

    1,26% des sujets #contact #asymptomatiques étaient positifs à J7

    Aucun des négatifs à J7 ne s’est déclaré positif dans les 7 jours suivant.

    977 (44.9%) of these contacts had a specimen collected for testing on day 7. Among these, 34 (3%) had test results that were positive, 940 (96%) had results that were negative, and three (<1%) had results that were indeterminate (Table). Among the 34 contacts who received a positive SARS-CoV-2 PCR test result on day 7 after exposure, 12 (35%) were asymptomatic. The remaining 22 contacts with positive test results were symptomatic at the time of testing; approximately one half had developed symptoms on days 4–7 after exposure. Among the 940 contacts who received negative test results on specimens collected on day 7 after exposure, 154 (16%) had a subsequent test within the next 7 days (i.e., days 8–14); among these, 152 (99%) had tests that remained negative, and two (1%) had results that were indeterminate.

  • What we know about #covid-19 reinfection so far | The BMJ
    https://www.bmj.com/content/372/bmj.n99

    #Reinfection or #reactivation?
    [...]

    Research conducted at the Nuffield Department of Medicine at the University of Oxford purports that many of the cases of reinfection may actually be reactivation.5 Mossong points out that coronaviruses give long infections and their large genomic structures could cause them to remain in the body at low enough levels to remain undetected but ready to strike once more. “They could last longer in different parts of the body than respiratory areas,” Mossong told The BMJ, pointing to persistent loss of smell and taste as possible evidence that the virus remains within the body, replicating at a low level, for a long time.

    What do the new #variants mean for reinfection?

    SARS-CoV-2 variant B.117, first identified in the UK, has been shown to be more transmissible than previous variants, sparking a fresh wave of restrictions in the UK. But whether those who have already recovered from the virus are at risk is another unknown.

    “I don’t know how likely that is to increase the chance of reinfections,” Hunter told The BMJ. He assumes that reinfections will be more likely with the new strain because of an absolute increase in the number of infections in general but hopes they will be less likely and less virulent than first infections.

    Yet the emergence of a new SARS-CoV-2 variant, P.1, may throw that into question. A pre-print paper tracking the likelihood of being infected with the new variant, which emerged in #Manaus, Brazil, in late 2020, indicates that it “eludes the human immune response” triggered by previous variants. Reinfection is therefore likely.

    “The question is how much genetic drift or change can happen in the virus, such that your immune system doesn’t recognise it anymore and doesn’t mount a protective immune response,” says Tuite, who spoke before the P.1 variant surfaced. Vaccine manufacturers have made assurances that their vaccines will stand up to the new B.117 variant, which according to Tuite suggests it hasn’t changed enough to make people more prone to reinfection because of the virus itself. (Vaccine reactions can be different to natural immune responses, although it’s too early to say what the differences are in the case of covid-19. Vaccine triggered immune responses are more consistent and could even be more powerful than those triggered naturally according to some studies.6)

    #vaccins #vaccination

  • L’élamite casse le mythe, par Xavier Monthéard (Les blogs du Diplo, 5 janvier 2021)
    https://blog.mondediplo.net/l-elamite-casse-le-mythe

    Jusqu’au déchiffrement de l’#élamite linéaire ci-dessus clamé (hourra !), celui-ci, vivace aux alentours de 2200 avant Jésus-Christ, n’était pas formellement relié au proto-élamite, attesté au même endroit mille ans plus tôt. De ce proto-élamite isolé on ne savait trop que faire ; faute de mieux, on considérait qu’il était un peu postérieur à l’« invention » sumérienne ; que sans doute il dérivait de celle-ci ; puis qu’il avait disparu. Le déchiffrement de l’élamite linéaire — et c’est toute sa portée — permet non seulement d’établir une parenté certaine entre ces deux écritures ; mais aussi, mais surtout d’avancer les arguments les plus convaincants pour situer sur un même plan chronologique les #écritures sumérienne et proto-élamite.

  • « On a sous-estimé l’élément antisémite du soulèvement du Capitole », Pierre Birnbaum
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/01/19/pierre-birnbaum-on-a-sous-estime-l-element-antisemite-du-soulevement-du-capi

    Pierre Birnbaum, historien spécialiste de l’histoire des juifs de France, revient sur l’attaque du Capitole, à Washington, le 6 janvier, par des sympathisants du président Donald Trump.

    L’historien et sociologue Pierre Birnbaum, professeur émérite à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne et spécialiste de l’histoire des juifs de France, travaille à un ouvrage à paraître sur l’histoire de l’antisémitisme aux Etats-Unis. Il commente l’assaut du Capitole par des groupes d’extrême droite enhardis par la rhétorique du président Donald Trump.

    Quelle est la teneur antisémite du soulèvement qui a eu lieu à Washington ?

    On a sous-estimé l’élément antisémite de cette mobilisation. Nombre de personnes arboraient des pancartes antisémites, brandissaient The Turner Diaries , la « bible » de l’alt-right américaine qui prévoit la destruction de Washington, l’enfermement des juifs et des Noirs dans de gigantesques camps de concentration. Les néonazis du NSC-131 étaient présents tout comme les Proud Boys qui revêtent parfois des tee-shirts sur lesquels figure « 6MWE » pour « 6 Millions Wasn’t Enough » (« 6 millions ne suffisaient pas », en référence au nombre de juifs tués par les nazis).

    On trouve plusieurs signes d’une présence antisémite très forte qui s’est illustrée depuis vingt ans par tout un ensemble d’attentats. La logique du défilé de l’extrême droite blanche néonazie de Charlottesville (Virginie), en 2017, est poussée à son extrême, et a menacé, durant ces quelques heures dramatiques, d’emporter les symboles de la démocratie américaine et de réduire à néant son exceptionnalisme.

    En quoi consiste cet exceptionnalisme américain ?

    La rencontre entre le puritanisme et le judaïsme a été harmonieuse, les Américains se voient longtemps comme « sortis d’Egypte », c’est-à-dire d’Angleterre, ils se reconnaissent dans l’Ancien Testament. Les Pères fondateurs ont proclamé haut et fort leur identification à l’histoire juive. Dès lors, c’est essentiellement un antisémitisme social qui se fait jour dans cette société dominée par une classe supérieure peu sensible au sort des immigrés et attentive à défendre ses privilèges. Socialement, les juifs étaient exclus des clubs, des universités de l’Ivy League, des fraternités étudiantes, de certains hôtels, de plages…

    Il existait aussi une rivalité économique. Mais aucun massacre ne s’est produit, aucun pogrom, aucune remise en question de leur citoyenneté : on trouve depuis la fin du XIXe siècle des députés et de sénateurs juifs, leur intégration à la cité est entière. Aucune loi ségrégationniste à leur encontre. La dimension violente, le rejet de l’espace public et les préjugés liés à la sexualité qui ont existé contre les Noirs américains n’ont pas concerné les juifs. Présents aux Etats-Unis depuis des siècles, les juifs n’ont jamais été tués en tant que tels.

    A quand remonte la fin de cet exceptionnalisme ?

    Les années 1930 voient une explosion de l’antisémitisme. Le New Deal, surnommé le « Jew Deal », mis en place par Roosevelt, fait figure d’une nouvelle « République juive » contrôlée par les juifs. Des penseurs français, comme Edouard Drumont (1844-1917), vont inspirer ce renouveau de la pensée d’extrême droite. Adoptant la vision complotiste de l’auteur de La France juive , nombreux sont ceux qui dénoncent le pouvoir omnipotent d’un Etat juif dominant cette fois la société américaine. On assiste donc à l’émergence d’un antisémitisme européen, avec pour la première fois, transposé sur la scène américaine l’antisémitisme politique issu d’une tradition contre-révolutionnaire catholique française ignorée jusque-là aux Etats-Unis tant elle lui est étrangère.

    A l’importation des fantasmes d’Edouard Drumont succède celle des délires d’Hitler. De manière symbolique, l’attentat de 1958 contre une synagogue à Atlanta marque cette mutation profonde de l’antisémitisme qui mène tout droit à Charlottesville, en 2017 et, un an plus tard, au massacre de Pittsburgh. On n’assiste pas aux grands mouvements extrémistes de la France de la fin du XIXe siècle ou des années 1930 ou encore de l’Allemagne de l’entre-deux-guerres, ces mouvements et partis recrutent peu de monde, mais leurs militants partagent des valeurs extrêmes. Et ils sont dangereux. La preuve en est qu’à Pittsburgh, en 2018, pour la première fois, un véritable massacre se produit, et nombreux sont ceux qui le rapprochent du pogrom emblématique de Kishinev, en 1903, tant la stupeur et l’effroi des juifs américains sont grands. L’événement semble mettre un terme à l’exceptionnalisme américain.

    Ces groupes sont d’autant plus dangereux que ce terrorisme suprémaciste intérieur focalise beaucoup moins l’attention des services de renseignement, alors qu’il fait bien plus de morts sur le sol américain que le terrorisme islamiste par exemple…

    Bien sûr, il est responsable de très nombreux morts, pensez à l’attentat d’Oklahoma City, en avril 1995, dont l’auteur se réclame lui aussi des Turner Diaries. Et ils ne visent pas que les juifs, mais aussi les Latinos et les Noirs. Le 17 juin 2015, Dylann Roof, un Blanc suprémaciste brandissant le drapeau de la Confédération assassine neuf Noirs américains ainsi que leur pasteur lors d’une prière collective dans l’église African Methodist Episcopal, à Charleston (Caroline du Sud), la plus ancienne église épiscopalienne de ce Sud profond qui a connu tant de lynchages.

    Encore plus meurtrier, celui, en août 2019, d’El Paso (Texas), où un suprémaciste blanc, Patrick Crusius, ouvre le feu et tue 23 personnes originaires de l’Amérique du Sud au nom de la théorie du « grand remplacement » élaborée par Renaud Camus et importée aux Etats-Unis. Camus a donné à ces mouvements radicaux leur mot d’ordre : « You will not replace us » (« vous ne nous remplacerez pas »), c’est ce que proclament les extrémistes qui défilent en uniforme à Charlottesville, cette nation nous appartient. C’est un slogan qui se comprend tout de suite, il entraîne la conviction et donne l’impression d’appréhender ce complot qui vise à éliminer les Blancs. Quelle surprise de voir le nom de Renaud Camus si souvent cité par ces extrémistes !

    Comment l’élection de Trump a-t-elle agi sur l’expression de l’antisémitisme ?

    Les discours de Trump sont émaillés d’allusions antisémites : dans son ultime discours de campagne présidentielle, il dénonce « le pouvoir global qui vole la classe ouvrière, dépouille le pays de ses richesses ». Dès son élection, des militants se réunissent à Washington, crient « Heil Hitler », font le salut nazi. Richard Spencer, l’un de leurs chefs lance : « Heil Trump, Heil au peuple, Heil à la victoire ». Puis il y a le 12 août 2017, le choc de Charlottesville. Dans cette région du Sud profond attaché à la Confédération, au [Ku Klux] Klan, plusieurs centaines de militants d’extrême droite se rassemblent pour protester contre le déboulonnement de la statue du général Robert Lee, un héros sudiste et esclavagiste qui menait les armées confédérées durant la guerre de Sécession. Ils crient « Jews will not replace us » (« les juifs ne nous remplaceront pas ») et « White lives matter » (« les vies blanches comptent »).

    Le renforcement impensable d’une extrême droite américaine reprenant ouvertement le flambeau des années 1930 éclate au grand jour. Le Klan est là mais aussi les groupes néonazis, les Confederate White Knights, ceux du Blood and Honor Club, de la Christian Identity, on distribue le Daily Stormer conçu sur son modèle hitlérien, on brandit les drapeaux nazis avec les svastikas. Le président Trump trouve qu’il y a des « gens bien » des deux côtés à Charlottesville et, peu après, lance un « Je vous aime » aux envahisseurs extrémistes du Capitole.

    Les actes antisémites avaient déjà explosé sous Obama. Pourquoi son élection avait-elle réactivé une rhétorique antisémite ?

    Pour ces mouvances extrémistes blanches, le choc de l’élection d’Obama est indescriptible. Il symbolise, aux yeux de l’alt-right, l’alliance entre les Noirs américains et les juifs qui renforcerait leur domination sur le gouvernement américain et leur règne sur la race blanche. Le New York Magazine l’a surnommé « le premier président juif », dénomination qu’il reprend à son propre compte. Il souligne « qu’il est le plus juif de tous ceux qui se sont assis dans le bureau Ovale ». Lorsqu’il met en place l’Obamacare, accentuant le rôle de l’Etat dans la gestion de l’économie, nombreux sont ceux à dénoncer, comme à l’époque du « Jew Deal », la présence à ses côtés de plusieurs conseillers juifs, la naissance d’une nouvelle « République juive ».

    On ne peut comprendre ce qui s’est passé à Charlottesville ou au Capitole, deux événements dramatiques liés étroitement l’un à l’autre, qu’en fonction de la réaction d’une Amérique blanche marginalisée par le Nord, dont les valeurs se trouvent remises en question. Une longue tradition ancrée dans le Sud n’accepte pas ce capitalisme du Nord, cosmopolite, symbolisé par « Jew York ». Le jour de l’attaque contre le Capitole, un drapeau confédéré flotte d’ailleurs sur le Museum of Jewish Heritage de New York !

    C’est toute l’ironie de cet assaut mené contre le Capitole au nom des emblèmes du Sud de se produire au moment même où, en Géorgie, un Noir et un juif viennent d’être élus au Sénat. Tous deux ont battu deux candidats réactionnaires dont l’un, David Perdue, a fait campagne à l’aide d’une rhétorique antisémite extrême, se moquant du nez de Jon Ossoff, le candidat juif démocrate, qui, symboliquement, fait basculer la majorité au Sénat. Au moment où le Sud se transforme socialement et abandonne peu à peu sa dimension hostile aux juifs et aux Noirs, ces militants s’emparent du Capitole et plantent le drapeau confédéré. Alors que Joe Biden a nommé beaucoup de juifs dans son administration, on peut craindre que l’histoire se répète.

    USA #extrême_droite #suprémacisme #antisémitisme

    • Lynchage antisémite en Géorgie
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Leo_Frank

      Leo Max Frank, né le 17 avril 1884 et mort lynché le 17 août 1915, est un directeur d’usine américain de confession juive. En 1913, une adolescente de 13 ans qui travaillait dans l’usine qu’il dirigeait à Atlanta, est retrouvée violée et assassinée. Il est interpellé comme suspect, ainsi que deux de ses employés. L’un de ces derniers, Jim Conley, avoue le crime et désigne Frank comme son complice. Frank est alors condamné à la peine capitale. Très médiatisé à l’époque, le jugement est également controversé, tandis que Leo Frank fait l’objet d’une campagne de haine à teneur antisémite.

      La peine de Leo Frank est commuée en réclusion criminelle à perpétuité par le gouverneur de Géorgie, convaincu de son innocence, mais un commando armé parvient à l’extraire de sa prison et l’exécute par pendaison à Marietta en Géorgie. Les chercheurs contemporains estiment dans leur majorité que Conley était seul coupable. Leo Frank fait l’objet d’une grâce posthume en 1986.

      Cette affaire conduit à la création de l’Anti-Defamation League en réaction à l’antisémitisme que ses fondateurs estiment régner alors aux États-Unis1.

      était-ce suprémacisme ordinaire, socialisme des imbéciles ?

    • Antisémitisme aux États-Unis
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Antisémitisme_aux_États-Unis

      Le 17 décembre 1862, pendant la guerre de Sécession, le général nordiste Ulysses Grant promulgua son ordre n° 11, qui expulsait les Juifs, considérés comme des colporteurs importunant les troupes et des contrebandiers, des régions qu’il avait conquises dans le Sud. Le président Abraham Lincoln révoqua l’ordre le 21 janvier 1863. L’ordre n° 11 reste la seule décision officielle antisémite de l’histoire de l’administration américaine.

      1913, lynchage de Leo Frank

      L’accusation se rapproche des leitmotiv de l’antisémitisme : le meurtre rituel d’enfant chrétiens, et la lubricité juive.

      Le véritable meurtrier n’était autre que Jim Conley qui avoua son crime à son propre avocat. Il y avait un autre témoin mais qui ne parle qu’en 1982 : Alonzo Mann, employé de l’usine qui n’avait que 13 ans à l’époque des faits.
      (...)Comme il était alors habituel, on fit des cartes postales des photos prises lors du lynchage, qui se vendirent très bien. Ce lynchage, en 1915, resta un des rares cas de violence sur des Juifs aux Etats-Unis, ayant provoqué la mort de la personne concernée, au xxe siècle, même s’il y eu les décennies suivantes des expulsions d’universités, de clubs, d’hôtels, etc.4, et des discours haineux.

      (...) Frank, grâce à la déposition d’Alonzo Mann (1982), fut définitivement innocenté et réhabilité en 1986 par la justice géorgienne.

      [...]

      Turner Diaries

      Il manquait à l’antisémitisme américain un ouvrage de référence. Le chef et fondateur de la National Alliance (un mouvement suprématiste blanc ouvertement raciste et adorateur d’Adolf Hitler) le lui donna en écrivant une nouvelle : les Turner Diaries (littéralement les Carnets de Turner). Le livre s’inscrit dans la plus pure tradition hitlérienne, en présentant les Juifs comme le deus ex machina du monde cherchant à éradiquer la race blanche. Pour l’auteur, il convient donc de les tuer tous.

      Le livre est interdit en France. Écrit en 1978, il ne connait qu’une diffusion limitée aux cercles d’extrême-droite jusqu’en 1994, quand une petite maison d’édition le réimprime. Le livre est un succès de librairie, qui atteint les 500 000 ventes (en l’an 2000).

      2018, fusillade de la synagogue de Pittsburgh
      Article détaillé : Fusillade de la synagogue de Pittsburgh.
      Le samedi 27 octobre 2018, pendant l’office matinal de chabbat, un tueur fait irruption dans la synagogue « Tree of Life » de Pittsburgh10. Selon KDKA-TV, le suspect est entré en criant : « Tous les Juifs doivent mourir » avant d’ouvrir le feu11, tuant ainsi 11 personnes. C’est la pire attaque antisémite de l’histoire des États-Unis.

      2019, fusillade de la synagogue de Poway et attaques dans le New-Jersey et l’état de New-York

      Le samedi 27 avril 2019, pendant l’office matinal de Chabbat et du huitième jour de Pessah, un tueur fait irruption dans la synagogue Chabad de Poway en Californie, dans la banlieue de San Diego, tue une fidèle qui s’était interposée entre le tueur et le rabbin, et blesse trois personnes.

      En décembre 2019, une fusillade contre les clients d’un supermarché cachère de Jersey City (en) (New-Jersey) et une attaque à l’arme blanche au domicile d’un rabbin de Monsey (état de New-York) font plusieurs morts et plusieurs blessés.

  • Rumeurs de décès après le vaccin contre le Covid-19 : ce qui est vrai, ce qui est faux, ce que l’on ignore encore
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2021/01/18/rumeurs-de-deces-apres-le-vaccin-covid-ce-qui-est-vrai-ce-qui-est-faux-ce-qu


    Selon l’agence des médicaments novégienne, les effets indésirables peuvent être fatals chez les plus âgés et vulnérables. Mais toutes les rumeurs de morts du vaccin ne sont pas vraies pour autant.
    POOL / REUTERS

    Norvège, Mauricette, obstétricien en Floride… Notre guide pour faire le tri entre signalements officiels, rumeurs propagées par des groupes antivaccins et enquêtes en cours.

    • Vaccins contre le Covid-19 : en Norvège, prudence chez les sujets âgés
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/01/19/vaccins-contre-le-covid-19-la-norvege-joue-la-prudence_6066734_3244.html

      (...) « Dans cette première phase, le vaccin a été proposé à tous les pensionnaires, sans exception. Or, beaucoup sont très malades. Ils souffrent d’insuffisances cardiaques ou rénales, de démence, des conséquences d’AVC… » [...]

      A Oslo, l’Institut de la santé public a donc mis à jour ses directives. Sur son site Internet, il précise que « pour la plupart des personnes âgées et fragiles, les effets indésirables éventuels du vaccin sont plus que compensés par le risque réduit d’être gravement malade du Covid-19 ».

      Toutefois, « pour les personnes les plus fragiles, même les effets secondaires relativement légers du vaccin peuvent avoir des conséquences graves », est-il précisé. L’institut constate également que pour les patients en fin de vie, « les bénéfices du vaccin peuvent être marginaux ou sans importance » et recommande donc d’ « évaluer prudemment les avantages et les inconvénients ».

      Dans les prochains jours, la Norvège va commencer à vacciner les plus de 85 ans, puis les personnes de plus 75 ans, en dehors des maisons de retraite. Pour elles, les recommandations ne changent pas. En revanche, la seconde dose du vaccin pourrait ne pas être administrée, dans les établissements de type Ehpad, aux personnes les plus fragiles : « Ce sera aux médecins de faire des recommandations, au cas par cas », déclare M. Madsen. Les pensionnaires et leurs proches décideront.

      Observations similaires dans d’autres pays scandinaves

      Si pour le moment, la Norvège est le seul pays à avoir modifié ses directives, des décès similaires ont été observés dans les autres pays scandinaves. La Suède en rapporte treize. « Le point commun est qu’ils concernent tous des personnes âgées, souffrant d’une ou plusieurs pathologies », commente Veronica Arthurson, directrice de la sécurité du médicament, auprès de l’Agence Läkemedelsverket.

      Cependant, elle assure qu’ « il n’y a aucune indication d’un lien de cause à effet entre le vaccin et le décès ». D’ailleurs, l’agence n’a pas changé ses recommandations : « Nous partons du principe que le personnel de santé a les compétences pour juger si une personne est suffisamment en bonne santé pour supporter le vaccin, avec un risque de fièvre, par exemple, et si elle peut en tirer profit. Ce sont des décisions qui sont prises chaque année avant la vaccination contre la grippe », rappelle Mme Arthurson.

      L’Islande a, elle aussi, enregistré plusieurs décès post-vaccinaux, de même que le Danemark, où l’Agence du médicament (Lægemiddelstyrelsen) faisait état, lundi 18 janvier, de onze morts sur 168 345 personnes vaccinées. Cinq de ces décès ont déjà fait l’objet d’une enquête approfondie. Pour chacun, l’Agence du médicament affirme qu’ « il est moins probable qu’il y ait un lien avec le vaccin et qu’il est extrêmement probable que les décès soient dus à d’autres raisons ».

      Comme ses homologues scandinaves, sa directrice, Tanja Lund Erichsen, a fait savoir qu’elle non plus n’était pas surprise : « Il est tout à fait normal qu’il y ait des décès lorsque nous vaccinons d’abord les personnes âgées et les plus faibles, ce qui ne veut pas forcément dire que c’est dû aux vaccins. » Elle encourage à « peser le risque des effets du vaccin contre celui de tomber malade, en n’étant pas vacciné », en admettant que « pour les plus fragiles, les deux peuvent avoir des conséquences graves. »

      #vaccin

  • IHU : comment on traque les variants (et les visons) à Marseille

    « Le foyer initial italien, du nord de l’Italie, est associé de manière géographique, très nettement, avec des élevages de visons. Il est possible que cela ait été un amplificateur du début de l’épidémie en Europe. »

    « Personnellement, je pense que les élevages de visons sont un réservoir incontrôlable », ajoute Didier Raoult.

    « Il y a, semble-t-il, un virus prélevé de cet élevage éliminé en France [1 élevage sur les 4 existants en France à été détruit], qui est séquencé ou en cours de séquence, mais qui n’est pas disponible, ce qui est très regrettable », dénonce le spécialiste des maladies infectieuses.

    « Je le regrette, car on a besoin de savoir quelle est l’origine de ce variant tellement différent. Je pense que toutes les données devraient être disponibles tout le temps, nous c’est ce qu’on fait à l’IHU. Je ne comprends pas que les autres ne le fassent pas. Cela nous permettrait de voir si ce mutant que nous avons ici provient des élevages français ».

    https://france3-regions.francetvinfo.fr/provence-alpes-cote-d-azur/bouches-du-rhone/marseille/covid-19-comment-ihu-mediterranee-infection-marseille-t

  • Emergence du SARS-CoV-2 : les soupçons sur les élevages d’animaux à fourrure s’accumulent - Page 1 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180121/emergence-du-sars-cov-2-les-soupcons-sur-les-elevages-d-animaux-fourrure-s

    Mais la faune sauvage, présente sur le marché de Wuhan où a été repéré, en décembre 2019, le premier homme infecté par le coronavirus, n’est peut-être pas la seule en cause. De fait, la thèse du pangolin a été rapidement écartée, le virus retrouvé sur ces animaux présentant des divergences par rapport à celui trouvé sur les malades du #Covid. C’est plutôt du côté des #élevages_intensifs d’animaux à #fourrure que plusieurs chercheurs se tournent aujourd’hui -même si d’autres hypothèses comme la fuite d’un laboratoire ou la transmission directe de la chauve-souris à l’homme ne sont pas définitivement écartées par les scientifiques. C’est en tout cas ce que suggèrent deux articles parus le 8 janvier dans la revue Science, qui portent sur les élevages de #visons – une industrie devenue massive en #Chine ces dernières années -, ainsi qu’une enquête publiée par Reporterre la semaine dernière.

    • Le premier des deux articles relate une étude conduite par des chercheurs néerlandais, qui ont observé la circulation du SARS-CoV-2 dans 16 élevages de visons aux Pays-Bas. Non seulement ces élevages ont été contaminés par le coronavirus, mais les travailleurs agricoles l’ont été également. À la fin juin 2020, 68 % des employés des fermes concernées étaient testés positifs au Covid-19 ou présentaient les anticorps de la maladie.

      En comparant les génomes et les moments de contamination, les chercheurs parviennent à établir « une preuve de transmission de l’animal à l’humain ». Ils en arrivent à la conclusion que si le virus a été introduit dans les élevages par les travailleurs, il a évolué parmi les visons et a ensuite à nouveau contaminé des humains. Ils remarquent en outre qu’au sein des fermes étudiées, le rythme de transmission du virus est sans doute plus rapide qu’au sein de la population humaine. Ce qui n’est guère étonnant : ce sont des élevages intensifs, où les bêtes grandissent, en intérieur, dans une grande promiscuité…

  • Three-quarters attack rate of SARS-CoV-2 in the Brazilian Amazon during a largely unmitigated epidemic | Science
    https://science.sciencemag.org/content/early/2020/12/07/science.abe9728.full

    our data show that >70% of the population has been infected in Manaus approximately seven months after the virus first arrived in the city. This is above the theoretical herd immunity threshold. However, prior infection may not confer long-lasting immunity (…). Manaus represents a “sentinel” population, giving us a data-based indication of what may happen if SARS-CoV-2 is allowed to spread largely unmitigated.

  • Thousands of #Covid-19 vaccines wind up in the garbage because of fed, state guidelines
    https://www.nbcnews.com/news/us-news/thousands-covid-19-vaccines-wind-garbage-because-fed-state-guidelines-n1254

    A hospital Covid-19 vaccination team shows up at the emergency room to inoculate employees who haven’t received their shots.

    Finding just a few, the team is about to leave when an ER doctor suggests they give the remaining doses to vulnerable patients or nonhospital employees. The team refuses, saying that would violate hospital policy and state guidelines.

    Incensed, the doctor works his way up the hospital chain of command until he finds an administrator who gives the OK for the team to use up the rest of the doses.

    But by the time the doctor tracks down the medical team, its shift is over and, following protocol, whatever doses remained are now in the garbage.

    Isolated incident? Not a chance, Dr. Ashish Jha, dean of the Brown University School of Public Health, told NBC News.

    #absurdités #états-unis #leadership

  • Coronavirus : Manaus, l’exemple de l’échec de l’immunité collective non vaccinale
    https://fr.news.yahoo.com/coronavirus-manaus-lexemple-de-lechec-de-limmunite-collective-non-vac

    L’idée d’atteindre une immunité collective via les infections naturelles montre ses limites. L’exemple de Manaus, au Brésil, est le plus flagrant. Selon une étude publiée en septembre, 66% de la population de cette ville de plus de deux millions d’habitants a été atteinte par le Covid-19 en juin dernier.

    Une autre étude, publiée le 8 décembre dans la revue scientifique Science estime ce chiffre à 76% de la population en octobre. De quoi, dans les deux cas, atteindre l’immunité collective, estimée à 60%, et permettre de stopper la diffusion incontrôlée de la maladie.

    Les hôpitaux de Manaus débordés

    Pourtant, la situation sanitaire est de nouveau alarmante sur place. L’État d’Amazonas, où se trouve Manaus, a annoncé ce jeudi 14 janvier l’instauration d’un couvre-feu de dix jours en raison de la saturation des hôpitaux débordés par l’afflux permanent de patients atteints du Covid-19. Certains hôpitaux de Manaus n’ont plus d’oxygène pour les patients.

    Les voyageurs brésiliens sur lesquels le Japon a détecté un nouveau variant sont originaire de cet État d’Amazonas. Le taux élevé de contaminations au sein de la population de Manaus pourrait avoir joué un rôle dans l’apparition du variant.

    Seuls les anticorps qui ciblent la protéine S bloquent le virus

    “Lorsqu’on est infecté par le SARS-COV-2, notre système immunitaire va générer tout un répertoire d’anticorps très différents, qui sont dirigés contre les différentes protéines du Covid-19”, rappelle Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg.

    L’Inserm rappelle que la protéine Spike (ou protéine S) est celle qui permet au Covid-19 de pénétrer dans les cellules humaines. Seuls les anticorps qui ciblent la protéine S sont neutralisants, c’est-à-dire qu’ils empêchent le virus d’entrer dans les cellules. Ils apparaissent jusqu’à 45 jours après l’infection.

    “Les vaccins concentrent la production d’anticorps contre la protéine S”

    “Contrairement à une infection par le virus, les vaccins vont permettre la production d’anticorps dirigés uniquement contre la protéine S. La diversité et l’abondance de ces anticorps est donc autant voire plus importante lorsqu’on est vacciné que lorsqu’on est immunisé après avoir été infecté”, ajoute le chercheur, membre du collectif Du Côté de la Science.

    Une étude menée à Sienne (Italie) durant plusieurs mois et rapportée dans la revue Nature a consisté “à cultiver le SARS-CoV-2 en présence de faibles niveaux de sérum de convalescence d’une personne”, c’est-à-dire en présence d’un faible niveau d’anticorps. L’objectif de l’étude était de sélectionner des mutations du virus qui échappent aux différents anticorps que le système immunitaire a généré en réponse à l’infection.

    Une étude montre l’apparition du variant au bout de plusieurs semaines

    L’étude a permis d’observer que, en 90 jours, 3 mutations étaient apparues et rendaient les virus qui les portaient insensibles aux anticorps. Parmi ces mutations : E484K, que l’on retrouve dans les mutations détectées en Afrique du Sud et au Japon, chez des voyageurs revenant du Brésil.

    “À Manaus, comme partout ailleurs, il y a eu des infections avec des niveaux de sévérité différents, donc les malades ont eu une diversité et des niveaux d’anticorps différents. Chez un individu atteint du Covid et ayant une faible réponse immunitaire humorale (anticorps), le virus peut parvenir à s’adapter et sélectionner une mutation qui lui permet d’échapper aux anticorps présents”, simplifie Eric Billy. C’est ce que montre l’étude menée à Sienne. Ce phénomène s’appelle l’#adaptation et l’#échappement viral.

    C’est ce qui pourrait expliquer la nouvelle flambée de cas à Manaus malgré l’immunité collective atteinte, avec 66% de la population infectée selon l’étude. "Dans une zone avec beaucoup de malades et des mesures barrières faibles, l’exposition au #Covid-19 est élevée et prolongée. Ce qui peut augmenter les possibilités du virus de muter”, ajoute le chercheur en immuno-oncologie.

    Une inquiétude partagée par le bioanalyste Samuel Mondy : "Plus il y a de cas, plus le risque qu’un mutant ayant un avantage apparaisse est élevé. Donc avec le nombre de cas enregistré à Manaus, et plus globalement dans toute région à forte circulation du virus, la probabilité pour le virus de muter y était plus élevé" nous explique l’ingénieur de recherche en bioinformatique.

    [...]

    "Les variants qui inquiètent aujourd’hui sont apparus au Brésil et au Royaume-Uni. Deux pays qui ont décidé de laisser circuler le virus, au début de la pandémie, ce qui a pu permettre l’apparition de ces nouveaux variants en augmentant la circulation et donc le nombre des mutations" observe Samuel Mondy.

    [...]

    “Le cas de Manaus montre qu’espérer une immunité collective par une infection virale naturelle, avec ce coronavirus, n’est probablement pas possible sans un coût humain économique et social très élevé”, estime Eric Billy “et sans certitude que l’#immunité_collective naturelle empêche l’apparition de nouveau variants résistants, comme la #mutation E484K”, ajoute le chercheur en immuno-oncologie.

    “Le vaccin, lui, devrait fortement réduire ce risque d’échappement viral, car il optimise la réponse immunitaire en générant un répertoire beaucoup plus large d’anticorps et ciblant seulement la protéine S. Cela devrait offrir une meilleure protection contre les variants, et diminuer l’émergence de variants à risque", conclut Eric Billy, chercheur en immuno-oncologie.

    Des arguments qui renforcent l’urgence de la #vaccination, débutée fin 2020, pour éviter l’apparition d’un variant qui rendrait inefficace le vaccin actuel. "Plus on vaccinera de monde, plus on réduira les risques d’apparition d’un nouveau variant", abonde Samuel Mondy.

    #réinfection

    • Coronavirus : [peut-être] « Plus de formes sévères » liées au variant sud-africain, dit Launay
      https://va.news-republic.com/a/6917227605888336390?app_id=1239&gid=6917227605888336390&impr_id=69

      « Pour l’instant on n’a pas de données précises (...) Il semble qu’il soit susceptible d’entrainer plus de formes sévères », rapporte Odile Launay. En effet, le variant sud-africain serait plus contagieux, comme le variant britannique, mais semble être aussi plus virulent. C’est-à-dire « qu’il entrainerait dans un nombre plus important de cas des manifestations sévères de la maladie », précise l’infectiologue, membre du comité vaccin Covid-19.

    • Ma coiffeuse me parlait ce matin de son bof (qui bosse à l’hôpital) qui avait fait 3 coviiiiiiid (donc 2 re-infections) ; dont la 3e qui l’a bien séché. Ptet 3 versions de la bête ?

    • New #coronavirus #variants could cause more reinfections, require updated vaccines | Science | AAAS
      https://www.sciencemag.org/news/2021/01/new-coronavirus-variants-could-cause-more-reinfections-require-updated-v

      How these new variants are affecting the course of the pandemic is still unclear. In #Manaus, for example, P.1 might have nothing to do with the new surge in infections; people’s immunity might simply be waning, says Oxford epidemiologist Oliver Pybus. In a press conference today, WHO’s Mike Ryan cautioned that changes in human behavior are still the major driving force for the resurgence. “It’s too easy to just lay the blame on the variants and say it’s the virus that did it,” he said. “Unfortunately, it’s also what we didn’t do that did it.”

    • « Si vous avez de l’oxygène, s’il vous plaît, apportez-le ! » : la ville brésilienne de Manaus sans moyens face à une seconde vague brutale
      https://www.lemonde.fr/international/article/2021/01/16/au-bresil-manaus-affronte-sans-moyens-une-seconde-vague-brutale-si-vous-avez

      Il est autour de 13 heures à Manaus, ce jeudi 14 janvier, et sur Instagram une jeune femme au masque bleu ciel éclate en sanglots. « Les gens, j’implore votre miséricorde. C’est épouvantable ! Il n’y a plus d’oxygène dans toute l’unité de soin ! Beaucoup de gens meurent là-dedans ! Si vous avez de l’oxygène, s’il vous plaît, apportez-le ! », supplie cette psychologue, Thalita Rocha, dans une série de vidéos, tournées aux abords d’un hôpital de la ville et postées sur les réseaux sociaux.

      L’image de cette femme paniquée, dont la belle-mère est alors hospitalisée en soins intensifs et en grave difficulté respiratoire – elle a fini par mourir le 15 janvier –, a fait le tour du Brésil et ému le pays entier. Elle est devenue en quelques heures le véritable cri de détresse de la plus grande ville d’Amazonie, déjà fortement endeuillée par le Covid-19 en 2020, et aujourd’hui confrontée à une brutale seconde vague, doublée d’une grave pénurie d’oxygène qui met en danger la vie de milliers de malades.

      Tous les indicateurs sont aujourd’hui repassés au rouge. Pour la seule journée du 14 janvier, 2 516 nouveaux cas ont été décomptés dans la ville, soit 800 de plus que pour la pire journée précédente enregistrée, en mai. Plus de 93 % des lits en soins intensifs sont désormais occupés. Le nombre de décès oscille, quant à lui, de 50 à 60 victimes quotidiennes : des niveaux comparables à ceux d’il y a huit mois.

      Les récits de ce qu’il advient sur place sont glaçants. Jeudi, alors que le nombre d’admissions explosait, une bonne partie des hôpitaux publics de la ville s’est brutalement retrouvée à court d’oxygène. « C’est devenu le chaos, le vrai, l’absurde, le surréel », raconte Gabriela Oliveira, médecin dans l’un des grands établissements de soin de Manaus (dont elle préfère taire le nom).

      « On s’est sentis désarmés »

      Alors que les nouveaux patients affluent en nombre aux urgences, les couloirs et les salles des unités de soin se remplissent de malades, souvent au bord de l’asphyxie, partageant des bonbonnes d’oxygène à moitié ou trois quarts vides. « On a été forcés de les ventiler manuellement, à l’ancienne, ou d’utiliser en urgence des toutes petites bouteilles de secours, utilisées normalement pour le transport en ambulance », relate Mme Oliveira.

      Vite, de premiers malades succombent. Certains médecins craquent, fondent en larmes. « On s’est tous sentis désarmés. On regardait de tous les côtés et on voyait des gens en train de mourir. Ils avaient besoin de la seule chose qu’on n’avait pas : de l’oxygène », poursuit la jeune femme. En désespoir de cause, de la morphine est injectée à certains malades « pour les tranquilliser et qu’ils se sentent moins angoissés par la suffocation », explique-t-elle, avant de souffler : « On a eu beaucoup de morts… »

      A l’extérieur, les familles patientent sans nouvelles devant les portes closes des hôpitaux. « On ne reçoit aucune information, les infirmiers sont débordés. Ils n’admettent plus personne », confie par téléphone Marlon Pontes Medeiros, 35 ans, dont les deux parents ont été admis in extremis en début de semaine dans un hôpital de Manaus. « L’ambulance n’a même pas pu venir les chercher, on a dû les emmener nous-mêmes. Mes parents ont failli y rester… Et quand on est arrivés, ils les ont mis dans une salle avec 150 autres malades et seulement deux médecins pour s’occuper d’eux ! »

      Marché noir de bonbonnes d’oxygène

      Dans la « capitale mondiale de la pandémie », comme certains la surnomment désormais dans la presse, l’air vaut de l’or, et un lucratif trafic de bonbonnes s’est développé au marché noir. Jeudi soir, la police a appréhendé un camion transportant trente-trois cylindres remplis de précieux oxygène. Il y a de quoi faire des profits : les besoins de la ville ont augmenté de 150 % par rapport au pic de 2020. Pour garder la tête hors de l’eau, Manaus a besoin de 76 000 mètres cubes d’oxygène par jour. Ses fournisseurs locaux ne peuvent lui en fournir qu’à peine la moitié…

      Prises de court, les autorités locales, longtemps négligentes, ont décrété en urgence un couvre-feu de dix jours et appelé le monde à l’aide. « Notre région produit de grandes quantités d’oxygène [grâce à la forêt], mais aujourd’hui, c’est notre population qui a besoin d’oxygène », a déclaré le gouverneur de l’Amazonas, Wilson Lima (droite). Signe des temps de détresse : ce dernier est allé jusqu’à implorer l’aide du Venezuela, pourtant lui-même plongé dans une gigantesque crise humanitaire.

      La logistique est complexe : ville de 2,2 millions d’habitants édifiée au milieu de la forêt tropicale, Manaus n’est accessible que par bateau et par voie aérienne.

      Le gouvernement de Brasilia, tout à son « coronascepticisme », regarde la situation de loin, voire de haut. Le ministre de la santé, Eduardo Pazuello, a ainsi expliqué que le principal responsable du drame à Manaus était selon lui… la météo. « Dans une période de pluie, l’humidité devient très élevée et vous commencez alors à avoir des complications respiratoires », a indiqué M. Pazuello. « Nous avons déjà fait notre part », a pour sa part balayé le président, Jair Bolsonaro.

      L’armée a malgré tout finalement été mobilisée pour une « opération oxygène », afin d’acheminer par avion des bonbonnes et d’évacuer une partie des malades, transférés vers des régions voisines. La logistique est complexe : ville de 2,2 millions d’habitants édifiée au milieu de la forêt tropicale, Manaus est très isolée.

      Variant local

      Un temps, pourtant, la ville s’est crue sortie d’affaire : en décembre 2020, une étude publiée dans la revue Science concluait que les trois quarts des habitants possédaient des anticorps contre le SARS-CoV-2. Mais l’immunité collective a vécu, et le responsable pourrait être à chercher du côté d’un variant local, détecté début janvier chez quatre passagers brésiliens débarqués au Japon. « Cette souche de Manaus est probablement beaucoup plus contagieuse. On ignore cependant encore si elle peut résister aux vaccins », explique Jessem Orellana, épidémiologiste à la fondation Fiocruz (équivalent local de l’Institut Pasteur) dans l’Amazonas.

      Sur le terrain, nombreux sont les médecins témoignant d’une aggravation substantielle de l’épidémie. « On le voit chez les patients à l’hôpital : le virus est devenu plus agressif. De plus en plus de jeunes de 18 à 30 ans, sans comorbidités, développent des formes graves de la maladie. Les hospitalisations sont aussi plus longues, et durent parfois un mois, bien au-delà de quatorze jours », commente la docteure Gabriela Oliveira.

      Alors que la plus grande confusion règne au sujet d’une campagne de vaccination, c’est le #Brésil tout entier qui est aujourd’hui confronté à une deuxième vague. La barre des 200 000 morts a largement été franchie et chacun craint de voir le « variant de Manaus » s’installer sur tout le territoire. « On est l’un des Etats les plus négligents au monde dans cette pandémie et il est très probable que ce variant se diffuse vite dans tout le pays, et malheureusement, sur le reste de la planète », redoute Jessem Orellana.

    • 23 décembre 2020 : Brésil : à Manaus, le mirage de l’immunité collective contre le Covid-19, Bruno Meyerfeld (Rio de Janeiro, correspondant)
      https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/12/23/bresil-a-manaus-le-mirage-de-l-immunite-collective_6064323_3244.html

      Une étude estime que 76 % des habitants de la métropole amazonienne posséderaient des anticorps contre le coronavirus. Sur place, les médecins confrontés à la deuxième vague restent sceptiques.

      Des hôpitaux saturés remplis de mourants et de cadavres. Des infirmiers impuissants et des familles en larmes. Des corps entassés dans de petits camions frigorifiques, enterrés à la va-vite dans des fosses communes creusées à la tractopelle. Au pic de l’épidémie, Manaus, au Brésil, ville martyre du Covid-19, offrait au monde une certaine vision de l’apocalypse.

      Huit mois plus tard, la plus grande cité d’#Amazonie, serait-elle déjà tirée d’affaire ? Une étude, publiée mardi 8 décembre dans la revue scientifique Science , pourrait le laisser penser. Menée, entre mars et octobre, par une trentaine de chercheurs brésiliens et internationaux, issus d’institutions aussi prestigieuses que les universités d’Harvard, de Sao Paulo (USP) et d’Oxford, celle-ci aboutit à une conclusion stupéfiante : plus des trois quarts des habitants de Manaus (76 %) posséderaient désormais des anticorps contre le SARS-CoV-2. Un niveau suffisamment élevé permettant à la ville de pouvoir théoriquement bénéficier de l’immunité collective et stopper ainsi la diffusion incontrôlée de la maladie.

      L’étude vient confirmer des données préliminaires divulguées par le groupe de recherche, au mois de septembre, sur le site MedRxiv, et qui avaient à l’époque chiffré à 66 % le taux de positivité aux anticorps des habitants de Manaus. Au total, la capitale de l’Etat d’Amazonas déplorait plus de 3 100 morts au 8 décembre dus au Covid-19, soit un taux de mortalité de 144 pour 100 000 habitants, l’un des plus élevés du Brésil, près de deux fois supérieur à la moyenne nationale.

      Mais, après une période très difficile entre mai et juin, les chiffres de l’épidémie ont entamé durant plusieurs mois une baisse importante. Le nombre de cas détectés par semaine à Manaus a ainsi été divisé par trois entre mai et septembre, passant de 4 500 à seulement 1 380. Le nombre de décès hebdomadaire a quant à lui été divisé par huit : 292 au pic de l’épidémie en mai contre 33 début septembre. Autant de données qui laissent à penser que l’immunité de groupe aurait bel et bien été atteinte à Manaus.

      Rebond inquiétant

      La tentaculaire métropole amazonienne, vaste comme l’Ile-de-France et peuplée de 2,2 millions d’âmes, est-elle réellement devenue Covid safe ? Interrogés sur la question, la plupart des chercheurs se montrent sceptiques. « Cette étude a été menée par des scientifiques compétents et apporte des informations très intéressantes », réagit Guilherme Werneck, épidémiologiste brésilien de renom, avant de relever les lacunes de ce document.

      « Ce travail a été réalisé grâce à des échantillons venant de donneurs de sang. Or, les donneurs sont souvent issus de populations plus jeunes, qui se protègent moins contre le virus et ont donc plus de chances d’être contaminés : ils ne sauraient représenter la population de la ville dans son ensemble », prévient le chercheur.
      Par ailleurs, « Il faut faire la différence entre présence d’anticorps et immunité, note également M. Werneck. On ignore encore largement les capacités protectrices réelles des anticorps. On ne sait pas s’ils protègent complètement ou partiellement du Covid, si cette protection est de longue ou de courte durée, et si on peut être réinfecté, par exemple, au bout de quelques mois… »

      Pour preuve : depuis le « creux » du mois de septembre, l’épidémie a effectué un rebond inquiétant à Manaus. Un nouveau pic de contamination a été atteint en octobre, avec jusqu’à 3 300 malades détectés par semaine. Les décès, qui avaient marqué le pas, sont également, dans la même période, en augmentation, jusqu’à 132 victimes hebdomadaires.

      Depuis lors, l’épidémie s’est stabilisée à un niveau intermédiaire, mais toujours très élevé (autour de 2 000 cas et entre 40 à 70 morts par semaine). « Cette évolution est un indicateur que l’immunité collective, même si elle a pu un temps être atteinte, n’a pas été suffisante pour maintenir le taux de reproductivité R en dessous de 1, selon Luiz Gustavo Goes, virologue à l’USP. Chez les autres coronavirus déjà connus, on a des cas de #réinfection possibles en seulement quatre mois. Il me semble donc précipité d’affirmer que Manaus aurait déjà atteint l’immunité collective. »

      « Pas sous contrôle »

      Le Graal du « seuil des 60 % » permettant d’atteindre l’immunité de groupe est d’ailleurs une notion très critiquée par les spécialistes. « Admettons que Manaus ait réellement 66 % de personnes possédant des anticorps, et que ces anticorps soient vraiment protecteurs… Eh bien, ça ne signifie pas que l’épidémie soit stoppée pour autant ! La part des habitants possédant des anticorps varie énormément d’un quartier ou d’un milieu social à l’autre… On peut ainsi assister à des flambées locales de l’épidémie », insiste M. Werneck.

      Les prochaines semaines risquent sans aucun doute d’être de nouveau difficiles, voire catastrophiques, à Manaus. La ville n’est pas épargnée par la deuxième vague épidémique qui touche aujourd’hui tout le Brésil, deuxième pays le plus endeuillé au monde (derrière les Etats-Unis), qui a déjà fait ici plus de 188 000 victimes. Dans la grande cité amazonienne, les cas graves sont en hausse ces derniers jours, et plus de 80 % des lits en soins intensifs réservés aux malades atteints du Covid-19 sont désormais occupés.

      Les vacances d’été et les fêtes de fin d’année approchent, laissant craindre aux observateurs une nouvelle flambée des contaminations au sein de la métropole amazonienne. Pour ne rien arranger, le gouvernement de l’Etat d’Amazonas a mis fin, le 1er décembre, aux rares mesures restrictives instaurées jusque-là, et a proclamé la réouverture des bars, des restaurants et des salles de concerts, avec pour règle théorique de ne pas dépasser 50 % de leur capacité d’accueil habituelle.

      « La pandémie n’est pas sous contrôle », insiste Gulnar Azevedo e Silva, présidente de l’Abrasco, l’Association brésilienne de santé collective, qui appelle à ne pas baisser la garde : « Il faut continuer à respecter les mesures qui ont montré leur efficacité : masque, distanciation, hygiène des mains. Espérer que la pandémie sera contenue quand la population aura atteint cette immunité de groupe, c’est l’assurance que beaucoup plus de gens vont mourir. »

      Edit Une population sentinelle : Three-quarters attack rate of SARS-CoV-2 in the Brazilian Amazon during a largely unmitigated epidemic | Science (vers le 9 décembre 2020, bien que la page actuelle indique une date ultérieure)
      https://seenthis.net/messages/890563

  • Un peu de background, sur ce déferlement insensé de violence contre la ville de Jénine en 2002 par l’armée israélienne qui se croit tout autorisé après le 11 septembre 2001. Bien sûr la commission d’enquête n’aura jamais lieu, et c’est le film documentaire Jenin Jenin, de #Mohamed_Bakri, qui permettra d’en savoir plus, et surtout de diffuser ces images au plus grand nombre pour ne pas oublier.

    « Jénine, Jénine » : la vérité, rien que la vérité
    Gideon Levy, Haaretz, le 14 janvier 2021
    https://www.chroniquepalestine.com/jenine-jenine-la-verite-rien-que-la-verite

    aucun des soldats qui ont participé à l’attaque sur Jénine n’a été jugé pour ses crimes. Seul celui qui les a documentés – qui a donné à la douleur et à la souffrance une caméra et un microphone – a été cloué au pilori (...) et c’est le lieutenant-colonel de réserve Nissim Magnaji, qui va maintenant recevoir une indemnisation

    L’armée israélienne a tout de suite voulu interdire ce film, et c’est après une procédure de harcèlement judiciaire de 20 ans, sur des détails techniques, qu’elle a eu gain de cause ce mois ci. Comme partout, les auteurs de violence policière ou militaire espèrent qu’en interdisant les images on oubliera les faits.

    Par solidarité avec l’acteur et réalisateur Mohammed Bakri, revoyons son film, après la décision de la justice israélienne d’interdire toute projection de "Jenin, Jenin" et de le condamner à payer une amande de 45,000 euros pour avoir utilisé des images de soldats israéliens sans leur consentement !

    Jenin, Jenin, de Mohammed Bakri (Palestine, 2002), avec sous-titres en français :
    https://vimeo.com/500438426

    #Palestine #Jenin #cinéma #documentaire #censure #criminialisation_des_militants #justice #injustice

  • Donner des cours à distance, une visio d’horreur
    https://www.liberation.fr/france/2021/01/14/donner-des-cours-a-distance-une-visio-d-horreur_1817337

    Lorsque les étudiants se retrouvent seuls dans leur chambre à suivre la captation vidéo d’un cours, c’est l’absence de lien social qui constitue le principal obstacle à l’apprentissage. « Il existe dans le cerveau un circuit de la récompense associé à l’interaction sociale spontanée, explique Guillaume Dumas, professeur en psychiatrie computationnelle à la faculté de médecine à l’université de Montréal. En classe, c’est le rire en réaction à une phrase du prof qui rend l’expérience sociale. Et c’est cela que l’on perd à distance. »

    • Comment devenir un sujet libre, émancipé quand on est un étudiant ou un enseignant assigné à résidence et soumis à l’enfer numérique ? C’est ça la question centrale, de mon point de vue. Je ne pense pas que l’on puisse être un sujet libre et émancipé sans relation sociale, sans se voir, se rencontrer, sans faire des cours avec des corps et des voix vivantes. Un cours, c’est une incarnation, une voix, un corps donc, ce n’est pas le renvoi spéculaire de son image face à une caméra et devant des noms. Je refuse de faire cours à des étudiants anonymes. Aujourd’hui, j’ai donné rendez-vous à quelques étudiants de l’atelier de création poétique de l’université de Strasbourg. On se verra physiquement dans une grande salle, en respectant toutes les règles sanitaires. J’apporterai des masques FFP2 pour chacune et chacun des étudiants.
      Pascal Maillard

      « Frédérique Vidal devrait remettre sa démission » – Entretien avec Pascal Maillard
      L’hebdo du club de Médiapart
      https://seenthis.net/messages/896479#message896538