• Le 13 décembre 2018, le tribunal correctionnel de Gap a déclaré les 7 de Briançon coupables d’aide à l’entrée sur le territoire d’une personne en situation irrégulière. Si la circonstance aggravante de bande organisée a été abandonnée, la lourdeur des peines prononcées (conformes aux réquisitions du parquet) marque un tournant dangereux dans la répression des personnes solidaires [1].

      Benoît, Théo, Bastien, Lisa et Eleonora ont été condamnés à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple. Juan a été condamné à 12 mois d’emprisonnement dont 8 avec sursis simple et 4 fermes et Mathieu à 12 mois d’emprisonnement dont 4 fermes et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve.

      Nos organisations sont scandalisées et indignées par ce jugement qui criminalise encore une fois et de manière inédite des militant·e·s agissant en faveur des droits des personnes migrantes.

      Le droit fondamental constitutionnel de manifester a donc été nié au profit d’une pénalisation toujours plus forte des personnes solidaires. Aussi, ce jugement va-t-il à l’encontre de l’obligation légale qu’a chacun·e de porter secours à une personne en danger. C’est un signal alarmant pour les défenseurs des droits humains en France qui font l’objet de pressions de plus en plus fortes de la part des forces de l’ordre et des autorités judiciaires.

      Nos organisations se dressent aux côtés de Bastien, Benoît, Eleonora, Juan, Lisa, Mathieu et Théo et continueront de les soutenir et de dénoncer la situation de péril imminent des personnes migrantes dans les Alpes.

      Lors de l’audience du 8 novembre 2018, les avocat·e·s et les prévenu·e·s ont pu dénoncer les violations quotidiennes des droits des personnes migrantes commises par les forces de l’ordre à la frontière franco-italienne, les agissements illégaux restés impunis à ce jour du groupuscule Génération Identitaire et les tentatives d’entraves au droit fondamental de manifester à la fois des prévenu·e·s mais aussi des personnes exilées.

      Le Ministère public avait demandé au tribunal de condamner respectivement à 6 mois d’emprisonnement avec sursis simple pour Bastien, Benoît, Eleonora, Lisa et Théo ; 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis simple pour Juan ; et 12 mois dont 4 mois d’emprisonnement ferme et 8 avec sursis avec mise à l’épreuve pour Mathieu.

      Au-delà de la condamnation des 7 solidaires, le tribunal est resté sourd aux témoignages et preuves apportées par la défense, faisant le jeu ainsi des pratiques illégales de l’administration, les violations des droits et la traque des personnes migrantes. Alors que des personnes exilées, auxquelles nous essayons de venir en aide, meurent sur les routes dangereuses de la frontière franco-italienne, le tribunal correctionnel de Gap a fait le choix de condamner la solidarité.

      Ce jugement est rendu alors que la Cour de cassation a annulé hier des décisions condamnant des militants pour « délit de solidarité ». L’occasion de rappeler que d’autres militants solidaires des personnes migrantes de Briançon sont convoqués devant la justice en janvier et en mars 2019.

      Par ailleurs, les associations alertent sur la militarisation de la frontière qui contraint les personnes migrantes à se mettre en danger en montagne dans le froid et la neige. La présence policière permanente entrave le déroulement des maraudes visant à secourir les exilé·e·s.

      Soutenues par près de 50 000 personnes qui ont signé la pétition, nos organisations demandent l’abandon de toutes les poursuites pour délit de solidarité contre les personnes, dans les Alpes et ailleurs, qui agissent dans un esprit de fraternité.

      13 décembre 2018

      https://www.gisti.org/spip.php?article6049
      #gisti



  • Big Oil Doubles Down On Shale Despite Price Drop | OilPrice.com
    https://oilprice.com/Energy/Energy-General/Big-Oil-Doubles-Down-On-Shale-Despite-Price-Drop.html

    According to Bloomberg, shale has become “a safe haven” for Big Oil amid the recent increased volatility in prices. The argument is that shale production costs are much lower than a few years ago and combine with the opportunity for a steady production increase and quicker returns than conventional projects.

    The recent assessment of the U.S. Geological Survey of the recoverable reserves in the Wolfcamp basin must have added fuel to Big Oil’s shale enthusiasm. The authority estimated that the Wolfcamp basin, together with the Bone Spring formation, also in the Permian, hold the largest reserves of oil and gas ever uncovered, at 46.3 billion barrels of crude and 281 trillion cu ft of natural gas. Great news for those who have the cash to expand in the area. Not all are so enthusiastic, however.

    #climat #etats-unis





  • Un brouillon de texte sur les gilets jaunes et l’écologie...

    Quelque chose du gilet jaune

    C’est bientôt Noël et c’est déjà l’overdose. Des pubs qui dégoulinent de rouge, des passant·es avec leurs gros sacs en papier remplis de cadeaux venus du cœur et d’usines où le travail est bon marché, des questions existentielles sur ce qu’on aimerait recevoir alors qu’il faut bien l’admettre, on n’a franchement besoin de rien… ou bien de tout. C’est la grande bouffe et il y a du monde à table. Des week-ends en avion dans une ville où on n’a personne à aller voir (à part un hôte AirBnB) aux changements d’équipement parce qu’un nouveau vient de sortir qui est tellement mieux (et pas parce que l’ancien ne marche plus), tout déborde.

    Et à côté de ça, les histoires de ces familles qui payent les activités de leurs enfants, vingt euros l’année grâce aux aides municipales, en trois fois sans frais ou de ce petit garçon qui raconte à ses copains de classe qu’hier il a dîné – parce que c’est pas tous les soirs que ça arrive.

    Je suis à peu près aussi en colère en écoutant ces histoires de misère sordide qu’en entendant des discours dans lesquelles elles sont censées représenter les fins de mois difficiles des 80 % que je croise dans les magasins en train de s’acheter des merdes (car même si une sortie en magasin me semble plus relever de la nécessité que du loisir, on m’y croise également). Depuis le mouvement des gilets jaunes, je suis sommée d’entendre des adultes sans enfant me tirer des larmes avec leur plein temps au Smic qu’ils doivent absolument compléter d’heures sup pour « [s’]en sortir » alors que notre mode de vie (le monsieur au Smic est tout près du revenu médian avec ses heures sup) est un désastre écologique et que j’ai passé quinze ans à promouvoir un mode de vie plus sobre, à m’organiser avec des gens dont beaucoup étaient aux minima sociaux pour vivre en coloc, manger bio, réparer nous-même nos vélos et ne pas avoir besoin d’autant que ce Smic, que ce soit pour libérer un peu de temps de cerveau disponible que pour penser autrement la vie dans cette société, de manière plus écologique, plus autonome et politiquement plus enthousiasmante. (Tout en acceptant les contraintes pas toujours agréables qui vont avec notre mode de vie.)

    Alors quand j’ai vu débarquer le mouvement des gilets jaunes, j’ai soufflé un bon coup. Les déçu·es du macronisme, il y a dix ans déjà déçu·es du sarkozysme (« travailler plus pour gagner plus » !) et à qui on n’allait pas la refaire, hein, prennent la rue pour défendre leur pouvoir d’économiser toute une année pour aller passer une semaine en club en Tunisie. Merde alors ! Pourquoi est-ce que mon ancien coloc David, fils d’ouvrier·es, vit correctement depuis des années avec son RSA alors que mon ancien coloc Nicolas, lui aussi fils d’ouvrier·es, a une pauvre vie avec ses plus de deux mille euros par mois ? Les yeux rivés sur le petit pavillon pour lequel il économise (et escroque ses colocs (1)), sur tous les objets de consommation qui lui passent devant les yeux (il a craqué l’an dernier pour un gros 4x4 BMW blanc qu’il a été contraint de revendre quelques mois plus tard), Nico pleurniche. Il a beau ne plus être au Smic, il transpire la frustration et le besoin de reconnaissance. Je doute que Nicolas soit sur les barricades, il croit encore pouvoir réussir seul, mais je l’imagine facilement sympathisant : il joue le jeu et c’est comme ça qu’il est récompensé ? Il a beau ne pas être le mec bien qu’il rêve d’être, il a, comme tout le monde, de bonnes raisons.

    Et ces raisons sont plus convaincantes que les arguments d’un gouvernement qui se fait passer pour le moteur de la « transition écologique » après avoir pleuré de joie lors de l’inauguration du plus grand porte-container de France, promu le car pour pauvres à la place d’un train écologique et attractif, gelé les aides aux paysan·nes qui ne pourrissent pas les nappes phréatiques, grassement subventionné l’industrie de l’extraction au cyanure en Guyane et j’en passe. (Non, je fais pas la liste, je me suis déjà assez fait chier en 2016 pour les camarades de CQFD avec le bilan écolo du précédent et ce sera à peu près la même chose.) Les discours (pro-)gouvernementaux qui mettent en scène l’écologisme de façade de la Macronie m’ont donné envie de revoir ma copie de bobo pauvre devant les perspectives ouvertes par les gilets jaunes.

    D’abord, depuis quinze ans que je bouffe bio, le seul truc qui s’est passé, c’est que c’est devenu un marché plus attractif pour la grande distribution et l’industrie agro-alimentaire. La première ouvre des magasins bio à tous les coins de rue un peu « bien fréquentés » pour fourguer les merdes industrielles que la deuxième nous vend sous l’étiquette rassurante de vrai bio pas industriel qu’elle rachète à des petits producteurs bien connus. Ça n’a servi à rien, d’être consom’actrice et de promouvoir tout ça – sauf à bien bouffer. Et bien bouffer, ça n’a jamais aidé à bien penser, que ce soit après une bonne soupe au potimarron ou après un gros Noël écœurant au foie gras qui pique un peu mais au moins il y en a plein.

    Entre les familles qui sont à vingt euros près et les Nicolas qui galèrent avec deux mille euros mensuels, il y a un monde. Mais entre eux et les bien-pensants qui refusent de comprendre leurs contraintes, il y a peut-être un fossé encore plus grand. Ces contraintes, elles sont de plusieurs ordres mais elles ont en commun de faire des vies pauvres. Les dépenses contraintes (2), justement, font diminuer le revenu disponible. La course à la métropolisation fait grimper en flèche les loyers des villes où on a une chance de trouver du boulot tandis que les autres deviennent d’abordables déserts dotés de services publics encore plus dégradés. Et je vais consacrer un petit développement à une autre de ces contraintes, qui a justement été au centre du débat : la bagnole. (Sans amour excessif pour cet objet puisque la lutte contre la culture de la voiture est mon premier engagement politique et que sur mon vélo je subis presque tous les jours négligence coupable et parfois violence routière gratuite.)

    La dépendance à la bagnole est un trait regrettable des sociétés qui ont été riches et ont créé autour de la tonne de métal qui roule toute seule un monopole radical, c’est à dire une difficulté très forte à vivre sans, quand bien même on le voudrait, notamment parce que, tout le monde ou presque pouvant s’en payer une, les transports en commun sont tombés en déshérence partout où ce n’était pas embouteillé et les formes urbaines ont été adaptées pour devenir hostiles aux autres usages. Cette dépendance ne baisse pas et les budgets qu’elle pompe dans les ménages augmentent, sans rendre plus heureuses les personnes qui ont des bagnoles. La voiture dite « propre », qui semble être le seul argument écolo de la Macronie, est un bon prétexte pour envoyer à la casse une Seat de 1999 avec un contrôle technique toujours plus drastique alors qu’il est possible qu’en dix ans de modestes usages elle pollue moins qu’une Prius avant son premier kilomètre (3). Et cela fait deux ou trois décennies que nos brillants dirigeants, qui se flattent d’avoir une si longue vue, ne touchent pas à la fiscalité du diesel alors qu’on connaît sa nocivité et que plus les ménages sont pauvres, plus leurs investissements automobiles les engagent à long terme. Un terme dans lequel l’action politique, elle, semble incapable de s’inscrire. Une temporalité un peu décente qui donne au moins cinq ans – il en faudrait plus – aux personnes qui viennent d’acquérir un diesel en prenant comme repère les prix à la pompe en 2018. Moi aussi, je serais en rogne si je prenais la bagnole tous les jours, sans plaisir, pour mes obligations et sans véritable choix, si j’étais sommé·e de tirer la croissance avec mes dépenses automobiles et qu’en échange je me faisais traiter de seule responsable de l’état inquiétant dans lequel se trouve la planète.

    Certes, les ravages que l’économie inflige au climat, aux forêts tropicales ou aux sols prend comme prétexte les besoins des classes consommatrices. Des besoins dopés aux amphétamines publicitaires, aux efforts des départements de R&D qui s’emmerdent à trouver des trucs nouveaux à nous vendre et qui au fond ne servent qu’à concentrer les richesses. Les rêves des ménages sont toujours moins toxiques que l’activité économique que s’acharnent à défendre des dirigeants qui se payent ensuite des déclarations écologistes en pointant du doigt le consommateur final. Une écologie dévoyée est devenue le nouveau visage du mépris de classe et une nouvelle menace autoritaire. Ça suffirait presque à donner envie de se vautrer dans tout ce qu’on peut acheter, de se faire un beau Noël qui déborde de partout, de s’acheter la belle bagnole qui fait rêver. Être « rien », mais avoir. C’est le même mécanisme dans les autres classes qui n’ont pas la maîtrise de leur vie même si elles ont la ressource pas négligeable de pouvoir éditorialiser dessus. Et même si elles adoptent des manières de compenser (apparemment) plus immatérielles et plus sortables : le tourisme (4) et le loisir sont de nouvelles drogues qui nous font supporter d’habiter dans des métropoles saturées, de voir nos métiers et nos richesses collectives disparaître sous les politiques d’austérité, de voir les réflexes fascistes et racistes bridés par aucun « barrage démocratique » de la part des élites politiques de ce pays. Tout le monde se soigne comme il peut en compensant, à coups de distinction ou de distraction (et pas assez de révolution). Finalement, nous sommes nombreuses et nombreux à avoir quelque chose du gilet jaune.

    (1) Je remercie ici l’Atelier populaire d’urbanisme de Fives qui m’a permis de de faire valoir mon droit comme à tant d’autres de locataires démuni·es.
    (2) Loyer, énergie et toutes ces dépenses qui ne sont pas du « tiens, je vais m’offrir ça » mais qui font que la plupart des dépenses sont déjà fléchées, pré-dépensées.
    (3) J’exagère mais la part des nuisances écologiques à la fabrication ne cesse de croître et les voitures dites « propres » polluent plus que les autres avant leur premier kilomètre. Lire Airvore de Laurent Castaignède (Écosociété, Montréal, 2018) pour en savoir plus sur ce symbole du capitalisme verdi.
    (4) « Le tourisme est une industrie de la compensation : je souffre, je travaille toute l’année, donc je m’octroie ces quelques semaines de répit. » Rodolphe Christin dans CQFD n°167 de juillet-août 2018. Un mécanisme qu’il doit être possible de retrouver dans d’autres dimensions de nos vies, y compris les plus nobles…

    • C’est assez juste, mais il faut mettre en perspective effectivement l’organisation du territoire, avec la métropolisation qui colonise les zones rurales, c’est-à-dire qui les dépouillent de leurs ressources pour satisfaire les besoins exponentiels des grosses villes qui concentrent les jobs à valeur ajoutée, les services publics, les infrastructures, tout.
      Il faut voir que cette concentration, c’est aussi du contrôle de population comme jamais et que le plus gros contrôle, en dehors de l’emploi, c’est la voracité immobilière qui, elle transforme les classes moyennes un peu à l’aise en quasi-indigents.

      Qui se souvient de la fin des années 90 et le début des années 2000, quand déjà, les bicoques voyaient leur prix exploser partout et où le conseil aux locataires strangulés était : « si tu ne peux pas payer un loyer, achète ! ». Sauf que si tu es trop pauvre pour un loyer de proche banlieue, tu ne risques pas d’être assez riche pour un studio de centre-ville.

      Bref, les prolos ont acheté. Massivement. Portés par la propagande gouvernementale et par les émissions télé débiles qui faisaient de chaque petit proprio un millionnaire (en francs !). Et plus ils se sont éloignés des centres-villes bourgeois qui leur sont à présent définitivement interdits et plus on a fermé les moyens de transport qui les desservaient, les services publics, tout.

      La dette, c’est le pouvoir.

      Dans mon coin, il y a des usines qui se sont ouvertes. Vous savez pourquoi : parce que chez nous, les ouvriers sont une population captive . Ils sont prisonniers de leur crédit immobilier qui leur coute 4 fois la valeur réelle de leur bicoque de promoteur : ils ne peuvent plus partir et revendre, il n’y a plus d’acheteurs. Ils doivent rester et prendre ce qu’on veut bien leur donner. Du coup, ton usine, c’est les salaires au plancher et tout le monde qui ferme bien sa gueule, trop contents de ne pas devoir cumuler 3 jobs pour rembourser la banque.
      Ici, c’est banal de faire une heure de route aller et autant au retour pour bosser. 150 km/jour, 5 jours par semaine : je vous laisse sortir les calculettes.

      Oui, il est facile de se foutre de la gueule des Nicolas qui se font des 2000 €/mois et qui ont l’air de chialer la bouche pleine, mais faut voir la réalité en face : ils sont les cocus de la France des propriétaires et des travailler plus pour gagner plus de Sarko.
      Au final, ils sont juste locataires de leur banque pratiquement jusqu’à ce que mort s’ensuive. Le fric s’évapore dès qu’il arrive sur le compte en banque. Alors oui, ils ont l’air de bien vivre dans de petites maisons encore bien propres et récentes, mais en vrai, quand tu rentres chez eux, tu vois le petit poêle à pétrole planqué dans un coin qui puent et embrume l’atmosphère, parce que la clim’ réversible vendue avec la baraque, ça finit de leur casser les reins avec la note d’électricité, tu vois les patates, riz et pâtes comme aliments de base et des privations à n’en plus finir.
      Et tu vois aussi les iPhone, parce qu’il faut bien avoir l’air de vivre comme tout le monde, ne pas avouer qu’avec 4 fois plus de fric que les vieux parents retraités, tu vis encore et toujours comme un gueux.

      Le bout du chemin.

      Le pire, c’est que rien ne leur sera épargné, aux Nicolas. Leurs gosses grandissent et bientôt, ils découvriront que le ticket d’entrée dans les études supérieures (toutes concentrées dans les métropoles) est hors de leur portée. Déjà, les lycées sont rares et les options-clé encore plus. À résultats égaux, il y a nettement moins de collégiens des bleds qui continuent dans la filière générale que dans les villes, y compris les « quartiers ». Et ne parlons pas de la fac ou des grandes écoles.

      Et à la fin, quand Nicolas n’en pourra plus d’arquer comme un fou pour entretenir sa banque, il lui faudra payer une maison de retraite qui coute encore plus cher que son salaire qui avait l’air si bien.
      Alors, il vendra sa maison, cette source de tous les sacrifices, et il découvrira à ce moment-là à quel point elle ne vaut rien, à quel point, il s’est bien fait rouler dans la farine, toutes ces années.

      Alors ouais, ils sont pathétiques, les Nicolas avec leur « gros » salaire et leur vie de privations, mais ils sont aussi les plus escroqués de l’histoire et il conviendrait plutôt de s’intéresser à ceux qui leur ont fait les poches aussi méthodiquement et qui eux, vont très bien, merci !

    • Complètement d’accord avec toi @monolecte.
      Oui, je me souviens très bien de l’explosion du prix de l’immobilier, notamment quand l’encadrement du prix des loyers autorisait une augmentation annuelle de 5 % par les propriétaires ! 5% par an ! Et c’est que je rappelle toujours toujours autour de moi lorsqu’on aborde ces questions.

    • @odilon : c’est la quadrature du cercle. Quand je vivais à Paris, il en fallait un qui bossait pour le loyer et l’autre pour les factures… et ça ne suffisait pas… et c’était avant le grand boum. On a dû partir.
      Et maintenant, le ticket d’entrée dans les métropoles est le premier obstacle à ma recherche d’emploi. 98% des jobs auxquels je peux prétendre, c’est à Paris (quel manque d’imagination, merde ! Et comment ne pas y voir la cause de l’incapacité de penser le reste de la France !). Mais rien que la double résidence pendant la période d’essai, il faut vraiment un salaire conséquent pour ne pas se retrouver à 0.

    • Gloire à notre bon maitre du mépris et de la récompense.

      Perso je n’ai rien contre les indigents, mais pour les opposer aux travailleurs, il faudrait quand même savoir où est la classe des indigents ? elle existe vraiment ? c’est un peu facile quand même d’opposer les indigents aux travailleurs, distribuer le mépris et les récompenses.
      Et c’est pourtant ce qu’à fait Macron dans son dernier discours : créer une scission dans la distribution des bons points qui à l’air de bien marcher, ainsi on ne tape plus sur les véritables responsables qui sont devenus inatteignables. (au-dessus de 200.000€, on décroche par réflexe de protection ?)

      Tu peux avoir un indigent du CAC40 ou loueur de logement merdique (30 ans à payer des locations insalubres pour permettre aux propriétaires de payer leurs crédits, j’en sais quelque chose)
      Mais de l’autre côté des indigents, tu as aussi, et ce ne sont pas des exceptions, les précaires qui ne partent jamais en vacances, artist·e, écrivain·e, penseur, ouvrier·e, agriculteurice, chomeur·se ou punk à chien ou la nana qui croit choisir sa décroissance bio en yourte pour sauver le monde. (J’en ai fait partie, aussi)

      Et le droit à la paresse bordel ?

      J’ai du travailler un temps pour Pierre&Vacances (2 mois au service photo), le réflexe pavlovien des loisirs/vacances est très très bien entretenu. C’est la base même du système consumériste dans lequel nous sommes et où les 80% de personnes que tu croises dans les magasins vont se récompenser en achetant des merdes. C’est un peu naïf de penser que donner l’exemple en bouffant bio et en se chauffant au solaire va modifier ces positions. J’y ai quand même gagné la haine du travail salarié et j’ai ensuite fait le choix de la pauvreté, pour être « indépendante » (quelle blague sémantique). Il est très bien entretenu le mythe de la récréation/vacance qui doit suivre le travail/souffrance. Chez P&V (ce n’est qu’un exemple) tout est fait pour te faire croire que tu es libre pendant 15 jours dans un monde idéal et sans voitures (de grands parkings aux portes de ces cités du bonheur), que les autres vont te servir, que tu grimpes dans l’échelle sociale et que l’argent n’existe pas (tu payes en collier) pendant ce laps de temps ou tu claques tout pour oublier que tu vas retourner bosser. Il ne faut pas s’étonner que les beaufs si bien éduqués depuis l’école de la république (8h sur un banc pour 30min de récréation) visitent la belle planète des autres pauvres pour 30€ l’aller/retour et en rammène les trophées de leurs souffrances. Faut-il encore qu’ils aient les 30€ et le temps dans la course à chacun pour soi et surtout où chaque individu ne doit surtout pas se sentir responsable du bordel créé, ben oui, ça a été construit sciemment. Depuis Giscard, avec ce que rappelle @monolecte, la maison individuelle tout comme la voiture individuelle c’était la suprème récompense, prime à l’appui, le livret A à 6%, et cela au prix de la destruction du sentiment de communauté, de solidarité, de politique. (tu as vu comment les syndicats vendus lui lèche les chaussettes à force d’avoir cirer ses pompes)

      Et là, ça rediscute de politique aux ronds-points, mais c’est génial, tant mieux ! Aujourd’hui, pour aller se prendre des coups, se faire gazer, revenir estropier par les flics, faut vraiment avoir envie d’en démordre, être dans la merde et ne plus avoir à manger. Et pour ceux qui restent devant la télé ou qui rechignent à rejoindre les GJ ne serait-ce que pour leur apporter du thé chaud, ben, faites un peu acte de solidarité avant que ce mot ne disparaisse totalement des dictionnaires.


  • Bac : « L’Education nationale ne pourra pas assurer une offre raisonnable sur tout le territoire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/13/bac-l-education-nationale-ne-pourra-pas-assurer-une-offre-raisonnable-sur-to


    Déjà, l’enseignement exploratoire que voulait suivre ma fille n’existe pas sur le département → deux heures de route, 4 en transports en commun, pensionnat, le tout dans une contexte de grèves à répétition. En ce moment, je ne peux plus rien programmer, à tout moment, je peux recevoir un SMS qui m’indique que je dois aller la chercher. C’est déjà arrivé 3 fois depuis le début de l’année.
    Et encore, c’est une chanceuse, avec des résultats au plafond, elle a eu le droit à la formation de son choix. C’est à peu près la seule de sa classe. Tous les autres ont eu des choix par défaut et pour une copine qui voulait la même chose qu’elle, c’est vraiment beaucoup d’amertume. La gosse est bonne élève, mais il n’y avait de places que pour les excellents. On va te faire bouffer l’égalité des chances, mais ça veut dire quoi de réserver quelques places aux excellents du bled alors que les centrurbains peuvent se contenter d’être moyens ?

    Prosaïquement, la division entre « classique » et « spécifique » obéit en fait à une logique de pénurie. Dans un contexte de réduction du nombre de postes et de dévalorisation continue de la carrière d’enseignant, l’éducation nationale ne disposera tout simplement pas de suffisamment d’enseignants pour assurer une offre « raisonnable » sur tout le territoire à la fois en maths/physique/chimie et en SI/NSI. Selon les données de l’OCDE, un enseignant débutant du deuxième cycle du secondaire en France est deux fois moins rémunéré que son homologue en Allemagne, un quart de moins qu’en Espagne et autant qu’en Italie, trois pays qui ont pourtant des besoins bien moindres du fait d’une natalité déprimée.

    #éducation #inégalités #ruralité #périphéries


  • Algorithmes partout, intelligence nulle part. A propos de Gillian Brockell.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2018/12/algorithmes-partout-intelligence-nulle-part-.html

    L’histoire est de celles qui font monter les larmes. En tout cas moi j’ai eu les yeux qui piquent en la lisant. C’est celle d’une femme qui à perdu son enfant à la naissance. Un enfant mort-né. Une femme qui écrit aux patrons des GAFA, aux patrons des « Tech Companies », pour leur demander d’arrêter de lui proposer des liens publicitaires sur une maternité dont elle doit faire le deuil.

    Cette femme s’appelle Gillian Brockell. Et voici la lettre qu’elle a publié sur Twitter (ma traduction)

    « Chères entreprises technologiques,

    Je sais que vous avez su que j’étais enceinte. C’est ma faute, je n’ai pas pu résister aux Hashtags #30weekspregnant et #Babybump sur Instagram. Et j’ai été tellement stupide que j’ai même cliqué une fois ou deux sur des publicités que me proposait Facebook pour des vêtements de maternité.

    Vous avez certainement vu ma lettre de remerciement à toutes mes amies qui sont venues pour la fête prénatale et à mes soeurs qui ont pris un vol depuis l’Arizona et qui m’ont tagué dans leurs photos. Vous m’avez certainement vu taper sur Google “robe de vacances maternité” et même “barrière de sécurité pour lit bébé”. Et je parie qu’Amazon vous a même donné ma date de terme, le 24 Janvier, lorsque j’y ai créé ma liste de voeux de cadeaux de naissance.

    Mais ne m’avez vous pas vu également taper “est-ce que c’est une contraction de Braxton Hicks ?” et “bébé qui ne bouge pas” ? N’avez vous pas remarqué les trois jours de silence, très inhabituels pour une utilisatrice très connectée comme moi ? Et puis n’avez-vous pas vu non plus l’annonce avec les mots-clés “coeur brisé” et “problème” et “mort-né” et les 200 émoticônes larmes de mes amis ? Cela ne fait-il pas partie des choses que vous pouvez surveiller ?

    Et lorsque des millions de gens avec le coeur brisé cliquent sur “je ne veux pas voir cette publicité”, et que là encore votre réponse est “pourquoi ?” avec le cruel mais vrai “ce n’est pas pertinent pour moi”, vous savez, vous, les entreprises technologiques, ce que votre algorithme décide ? Il décide que vous avez accouchée, il suppose que tout s’est bien passé, et il vous inonde de publicités pour les meilleurs soutien-gorge d’allaitement (j’ai des feuilles de chou sur mes seins parce que c’est que la médecine offre de mieux pour stopper la montée de lait), il vous inonde de trucs et astuces pour endormir bébé (je donnerai n’importe quoi pour pouvoir l’entendre crier la nuit), et d’annonces pour les meilleures poussettes pour ses premières années de croissance (le mien pèsera pour toujours 1 kilo et 800 grammes)

    S’il vous plaît, entreprises technologiques, je vous en supplie : si vous êtes assez intelligentes pour comprendre que je suis enceinte, que j’ai accouchée, alors vous êtes également suffisamment intelligentes pour comprendre que mon bébé est mort et pour me diffuser des publicités appropriées, ou peut-être, peut-être, pour ne pas me diffuser de publicités.

    Sincèrement

    Gillian. »


  • Secret des affaires : un journaliste allemand poursuivi pour avoir révélé une énorme fraude fiscale
    https://www.bastamag.net/Secret-des-affaires-un-journaliste-allemand-poursuivi-pour-avoir-revele-un

    Mi-octobre, 18 médias européens, dont Le Monde en France, révélaient à l’issue d’un travail d’enquête commun l’ampleur du scandale de fraude fiscale CumEx. Il s’agit d’un montage financier organisé par des traders pour permettre à des investisseurs et des actionnaires de sociétés de se faire rembourser par des États européens des impôts sur les dividendes qu’ils n’avaient en fait jamais payés. Et ce, pendant des années. Bref, un gigantesque système de siphonnage des finances publiques de plusieurs États (...)

    En bref

    / Indignés de tous les pays..., #Europe, #Finance, Santé , #Droits_fondamentaux

    #Indignés_de_tous_les_pays... #Santé_

    • Journalismus ist kein Verbrechen
      https://correctiv.org/top-stories/2018/12/11/journalismus-ist-kein-verbrechen

      Offener Brief
      Brief unterzeichnen!
      Essen, 11. Dezember 2018

      Sehr geehrte Frau Justizministerin Katarina Barley,
      sehr geehrter Herr Finanzminister Olaf Scholz,

      vor wenigen Wochen haben wir die CumEx-Files veröffentlicht. Gemeinsam mit Medienpartnern aus ganz Europa haben wir enthüllt, wie Banker, Aktienhändler und Steuerberater unsere Staatskasse geplündert haben.

      Eine unglaubliche Summe von mindestens 55 Milliarden Euro wurde in Europa gestohlen – Steuergelder, die unserer Gesellschaft zu Gute kommen sollten, ob für Kitas, Krankenhäuser oder Bildungseinrichtungen.

      Wir erwarten, dass die Strafverfolgungsbehörden die Täter verfolgen und das Geld zurückholen. Der größte Teil der gestohlenen Milliarden bleibt jedoch weiter verschwunden.

      Zugleich werden nun diejenigen verfolgt, die den Skandal aufgedeckt haben. Gegen Oliver Schröm, Chefredakteur von CORRECTIV, ermittelt die Staatsanwaltschaft Hamburg wegen des Verdachts auf „Anstiftung zum Verrat von Geschäfts- und Betriebsgeheimnissen” nach §17 UWG (Gesetz gegen Unlauteren Wettbewerb).

      Es ist das erste Mal, dass dieser Paragraph auf einen Journalisten angewendet wird.

      Die Hamburger Ermittler stützen sich auf ein Gesuch der Schweizer Behörden, die aufgrund einer Anzeige der Schweizer Bank Sarasin tätig wurden. Eine der Banken, die tief in den Skandal um die gestohlenen Steuergelder verstrickt ist.

      Oliver Schröm soll einen Mitarbeiter dazu angestiftet haben, die Cum-Ex-Geschäfte der Schweizer Bank öffentlich zu machen. Das stelle eine Verletzung des Bankgeheimnisses dar.

      Dieser Vorwurf ist absurd: Oliver Schröm hat seine Arbeit als Journalist gemacht und einen erheblichen Missstand in unserer Gesellschaft aufgedeckt.

      Es ist erschreckend, dass deutsche Behörden sich von den Tätern instrumentalisieren lassen. Der Versuch, einen Journalisten und eine ganze Redaktion mundtot zu machen, ist ein Missbrauch des Strafrechts.

      Umso mehr besorgt uns das neue Gesetz zum Schutz von Geschäftsgeheimnissen (GeschGehG), das der Bundestag derzeit berät. Der aktuelle Entwurf gefährdet den Informantenschutz und somit die Grundlage investigativer journalistischer Arbeit. Dieser Angriff auf die Pressefreiheit muss abgewendet werden.

      Sehr geehrter Herr Finanzminister Olaf Scholz,
      wir fordern Sie auf, gemeinsam mit Ihren Kollegen in Europa endlich unsere Staatskassen vor Ausplünderung zu schützen.

      Sehr geehrte Frau Justizministerin Katarina Barley,
      wir fordern Sie auf, investigative Recherchen von Journalisten nicht zu kriminalisieren. Sorgen Sie dafür, dass Journalisten nicht wegen Verrats von Betriebs- und Geschäftsgeheimnissen strafrechtlich verfolgt werden können.*

      Der Rechtsstaat muss sich auf die Verfolgung der Täter konzentrieren.

      Steuerraub ist ein Verbrechen. Journalismus nicht.

      Die CORRECTIV-Redaktion


  • C’est sans doute le secret le plus étonnant de l’histoire de l’humanité. Nous ne serions pas devenus agriculteurs pour nous nourrir, mais pour nous saouler.

    Le plus important, c’est que toutes ces activités - le fait de raconter des histoires, d’échanger des ragots et des blagues, et de chanter - déclenchent la production d’endorphines dans le cerveau, dit-il. « À leur tour, les endorphines engendrent un sentiment positif, un peu comme la morphine. Donc on se sent bien. Et surtout, l’alcool active aussi le système des endorphines, ce qui, en soi, renforce les liens sociaux entre ceux qui boivent ensemble. »

    En d’autres termes, l’alcool joue un rôle essentiel dans la consolidation des liens sociaux et le dépassement des inhibitions - et il en va ainsi depuis les premiers temps de notre évolution. Il est plus que certain que nous maîtrisions l’art d’en produire longtemps avant de fabriquer ces cuves de pierre et ces récipients en poterie il y a dix mille ans. Prenons l’exemple de l’agriculture. On a toujours considéré que nous nous étions tournés vers l’exploitation des végétaux et des sols afi de faire du pain et donc de nous assurer une source de nourriture durable. Or, d’après les chercheurs, le genre de céréale que l’on cultivait à l’époque, l’engrain, ne fournit qu’un pain de piètre qualité. En revanche, il permet de faire une excellente bière.

    « Ce qui nous amène à formuler la grande théorie de l’histoire de l’humanité, à savoir que nous nous sommes mis à l’agriculture non parce qu’on voulait manger - de la nourriture, il y en avait en quantité partout, ironise Mark Forsyth dans son livre A Short History of Drunkenness [’Une brève histoire de l’ivresse’, non traduit en français]. On a commencé à cultiver parce qu’on voulait se murger . »
    Courrier international, no. 1467 /HISTOIRE, jeudi 13 décembre 2018 1062 mots, p. 51. Dix mille ans de soirées arrosées -The Guardian (extraits) Londres. Robin McKie
    #alcool #agriculture #biere

    • La nourriture, avant tout une histoire de société Reporterre
      https://reporterre.net/La-nourriture-avant-tout-une-histoire-de-societe

      Bouffes bluffantes. La véritable histoire de la nourriture, de la préhistoire au kebab, de Nicolas Kayser-Bril , éditions Nouriturfu, mai 2018, 120 p., 14 €.

      L’engouement pour le caractère « traditionnel » de la cuisine et de ses recettes est à tempérer, nous explique Nicolas Kayser-Bril, auteur de « Bouffes bluffantes », une petite histoire culinaire de l’Europe farcie d’anecdotes passionnantes et édifiantes. Au menu : pâtes, épices, camembert et bouillabaisse.

      L’histoire de l’alimentation, c’est un peu comme une étiquette de plat préparé : on nous raconte une belle histoire, en gros caractères, sur le devant de l’emballage. Mais la liste des ingrédients, en petites lettres derrière le paquet, nous apprend que le hachis parmentier au canard contient en fait pas mal de porc et d’additifs. C’est ce que tend à démontrer le petit ouvrage fort instructif du journaliste et apprenti cuisinier Nicolas Kayser-Bril, publié en mai 2018 chez la jeune maison d’édition Nouriturfu. Le titre, avec son assonance, vous en met déjà plein la bouche : Bouffes bluffantes. La véritable histoire de la nourriture, de la préhistoire au kebab.

      L’ambition du sous-titre peut paraître, en revanche, démesurée, comparée à l’épaisseur de la tranche que l’on nous met dans l’assiette — à peine une centaine de pages. Mais, plutôt qu’un menu gastronomique, c’est une dégustation de tapas soigneusement choisies que nous sert l’auteur : une série d’anecdotes documentées, parlantes, démonstratives. « Dans les livres de cuisine, on trouve plein de choses sur le comment — comment préparer, cuire et présenter les aliments. Dès qu’arrive le pourquoi, on nous renvoie à la tradition, qu’importe qu’elle soit vraie ou complètement inventée », introduit Nicolas Kayser-Bril.

      On apprend ainsi que les débuts de l’agriculture ont été plutôt très difficiles, et que les premières céréales étaient probablement réservées à la confection de boissons alcoolisées destinées à certaines personnes ou cérémonies particulières. Ce sont finalement les puissants qui ont favorisé le développement de l’agriculture. Au XVIIe siècle, encore la moitié de la population vivait de chasse et cueillette ! On découvre aussi comment les pâtes sèches sont devenues un plat national italien (grâce au développement de la banque à la Renaissance), d’où vient vraiment le foie gras (pas du Sud-Ouest), comment la bouillabaisse est devenue marseillaise et la brandade nîmoise (alors que cela aurait pu être le contraire), on apprend encore le lien entre l’adoption du beurre comme matière grasse quotidienne et la réforme protestante, pourquoi et comment la patate a sauvé l’Europe au XIXe siècle, les conséquences gastronomiques de la grande peste noire de 1348.
      L’histoire de l’alimentation est étroitement liée à l’histoire économique et politique

      Présentées dans un ordre chronologique, ces « petites » histoires nous dessinent à grands traits le développement de l’agriculture en Europe, permettent de comprendre comment périodes de bombance et de disette se sont succédé, puis comment l’industrialisation et le marketing ont ces dernières décennies remodelé nos habitudes et notre culture alimentaires. Or, les décrire permet utilement de s’en détacher.

      Autre rappel salvateur : l’histoire de l’alimentation n’est pas secondaire, elle est étroitement liée à l’histoire économique et politique. Les aliments n’ont pas toujours été choisis pour leurs qualités nutritives ou la facilité avec laquelle on les obtient, tant s’en faut, mais aussi — et surtout ? — parce qu’ils sont faciles à taxer par le pouvoir, à transporter pour les armées, à cacher de l’ennemi, qu’ils permettent de se distinguer socialement, qu’ils sont rémunérateurs pour ceux qui les produisent, etc. Bref, chaque exemple nous rappelle à quel point l’alimentation est à la fois conditionnée par la société et source de liens sociaux.

      Facile à lire, l’ouvrage s’engloutit aussi vite que des petits fours. Mais, à la fin, ce que l’on prenait pour un apéritif se révèle nous avoir bien nourris, et nous avoir ouvert de nouvelles perspectives culinaires.

      #Alimentation

    • toujours intéressant d’apprendre que « Au XVIIe siècle, encore la moitié de la population vivait de chasse et cueillette ! ». Je me demande quel est le pourcentage actuel. Forcément pas autant mais sans doute plus que 0... j’avoue pratiquer la cueillette et le glanage régulièrement...


  • Baisse récente de la fécondité en France : tous les âges et tous les niveaux de vie sont concernés - Insee Focus - 136
    https://www.insee.fr/fr/statistiques/3675496

    La fécondité diminue légèrement en France depuis 2015. Cette baisse est générale : elle n’est pas centrée sur une classe d’âge en particulier. Tous les niveaux de vie sont concernés. La baisse de la fécondité touche aussi bien les femmes qui n’avaient pas encore d’enfant que celles qui en avaient déjà. Elle ne concerne toutefois pas les immigrées, dont la fécondité reste stable. Leur contribution à la fécondité globale se maintient à 0,1 enfant par femme.

    • Le Monde (avec AFP) reprend mot pour mot le communiqué de l’Insee, avec quelques différences :

      le titre, d’abord : La fécondité des Françaises baisse et reste stable pour les immigrées

      et « omet » quelques passages, sans doute sans intérêt,…

      La fécondité des Françaises baisse et reste stable pour les immigrées
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/13/la-fecondite-des-francaises-baisse-et-reste-stable-pour-les-immigrees_539689

      version Le Monde

      La fécondité des immigrées – personnes résidant en France nées à l’étranger et de nationalité étrangère à leur naissance – est en moyenne plus élevée que celles des non-immigrées. En 2015 et 2016, les femmes immigrées ont eu environ 0,8 enfant de plus par femme que les non immigrées.
      Leur indicateur conjoncturel de fécondité se maintient autour de 2,7 enfants par femme en 2015 et 2016, niveau comparable à celui des années 2012 à 2014. La contribution des immigrées à la fécondité totale en France reste toutefois limitée, de l’ordre de 0,1 enfant par femme, souligne l’Insee, et n’a quasi pas évolué depuis 2012.

      original INSEE

      La fécondité des immigrées est en moyenne plus élevée que celles des non immigrées. D’après les taux de fécondité par âge estimés en 2015 et en 2016, elles ont environ 0,8 enfant de plus par femme que les non immigrées. Ce phénomène est en partie lié à l’effet de l’immigration, qui décale souvent les naissances après l’arrivée dans le pays d’accueil. Les femmes ayant immigré avant l’âge de 15 ans ont une fécondité très proche des femmes nées en France [Toulemon, 2004].

      La fécondité a diminué parmi les femmes non immigrées : environ 1,8 enfant par femme en 2015 et 2016, contre 1,9 en 2012 ou 2013 (figure 4). Elle est en revanche restée plus stable pour les femmes immigrées : leur indicateur conjoncturel de fécondité se maintient autour de 2,7 enfants par femme en 2015 et 2016, niveau comparable à celui des années 2012 à 2014.

      La contribution des immigrées à la fécondité totale en France reste limitée, de l’ordre de 0,1 enfant par femme. Elle n’a quasiment pas évolué depuis 2012. En 2016, l’indicateur conjoncturel de fécondité est de 1,92 enfant par femme en moyenne pour l’ensemble des femmes résidant en France, et de 1,80 enfant par femme en moyenne pour l’ensemble des femmes non immigrées, soit un écart de 0,12 enfant par femme. En 2012, 2013 et 2014, avant la baisse récente de la fécondité, la contribution des immigrées à la fécondité totale était également de l’ordre de 0,1 enfant par femme.


    • Et combien pour faire taire les syndicats ?
      –----
      « Paradis pour les uns, pas un radis pour les autres. » lu au dos d’un gilet jaune

    • https://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/plans-sociaux/ford-annonce-un-plan-social-apres-avoir-ecarte-l-offre-de-reprise-pour-

      https://npa2009.org/communique/ford-blanquefort-meme-pas-mort

      Mais le scandale c’est sans doute aussi des pouvoirs publics (État, collectivités locales) qui ont déversé des millions d’euros d’argent public à Ford depuis son installation en 1974, sont aujourd’hui dépassés et condamnés à déplorer une décision qui révèle leur impuissance.

      Jour de victoire
      par Sorj Chalandon

      — Ne fermez pas la fenêtre, s’il vous plaît.

      J’avais dit ça comme ça, doucement, un simple murmure. Mais Svetlana m’a foudroyé. L’infirmière, c’était elle. Elle avait tous les droits sur cette pièce et le malade qui l’occupait. Le nombre d’oreillers, leur position sous sa tête, la couverture en plus, le couvre-lit en moins, c’était elle. Cette chambre d’agonie était devenue la sienne. Elle décidait du jour et de la nuit. Elle qui allumait le plafonnier ou la lampe de chevet. Elle qui s’emparait de la chaleur ou du silence. Elle qui avait confisqué la télécommande de la télévision.

      — Il y a trop de bruit dans la rue, a protesté Svetlana.

      — Il n’y en a pas assez, j’ai souri.

      Cela faisait dix ans que la vieille Moldave s’occupait de mon père. Il l’aimait bien, elle le supportait. Elle s’en débrouillait, comme la tante d’un parent arrivé à son crépuscule.

      Elle et moi, c’était autre chose. J’étais le fils en trop. L’écervelé. L’inconscient qui servait un verre de blanc frais au mourant. Celui qui lui tendait une cigarette pour une seule bouffée. J’étais l’empêcheur de mourir tranquille. Qui ouvrait les rideaux quand le soleil le réclamait. Qui remontait l’hiver avec une boule de neige pour qu’il y frotte ses lèvres de vieil enfant. Qui lui parlait de l’usine, encore et encore, même lorsqu’il fermait les yeux.

      — Vous le fatiguez, Henry !

      — Je le distrais, Svetlana.

      Depuis le début de soirée, la ville chavirait sous la Coupe du monde de football. Bonheur, joie, liesse. À la radio, à la télé, les journalistes puisaient dans leur dictionnaire pour trouver un mot plus haut que l’autre. De Bordeaux à Lyon, de Paris à Clermont-Ferrand, de Bayonne au plus petit bourg de Mayenne, les familles étaient dans les rues. Les boulevards chantaient, les chemins de campagne, les balcons bourgeois, les cités, les terrasses, les bords de mer, les villages de montagne. Une joie bruyante, insouciante, de klaxons de voitures, de rires de femmes, de cris d’hommes et de hurlements enfantins.

      — Je veux qu’il écoute ça, j’ai dit.

      Elle a lâché la poignée de la fenêtre. Et puis haussé les épaules avant de quitter la pièce.

      Je me suis assis sur le lit, penché sur mon père. Il fermait les yeux, respirait faiblement.

      — Tu entends ?

      La ville devenue folle.

      Il a hoché la tête. Son maigre sourire.

      Ce matin, je lui ai dit que l’usine vivrait. Que le gouvernement avait été ferme et que Ford renonçait à quitter le site.

      — Ferme ? Ferme comment ?, a demandé mon père.

      Je me suis rapproché de son oreille. Il avait les yeux fermés, alors j’ai fermé les miens. Deux aveugles lumineux. Et je lui ai raconté. Ce qu’il voulait croire, ce que j’aurais aimé entendre. Ford avait décidé de lancer la nouvelle boîte de vitesses chez nous, à Blanquefort.

      — La 8F-MID ?

      Il a souri, les yeux clos.

      Il connaissait. Il ne connaissait que ça. Enfant, il ne me racontait ni les princes ni les chevaliers, mais la mécanique. Son héros s’appelait Henri Depasse, importateur exclusif de Ford en France. C’est lui, en 1913, au 63 de la rue Fondaudège, qui avait ouvert le premier atelier de montage français de la Ford T. Francis, mon grand-père, avait travaillé pour Depasse boulevard Albert-Ier. Avec trois copains d’atelier, ils avaient même fait le chemin de Paris, jusqu’au stand 21 du Salon de l’automobile, pour voir la Ford T, leur « bordelaise », souriant aux bourgeois qui n’osaient approcher le diamant.

      — Henry ?

      Je me suis rapproché.

      Mon père m’avait donné tout à la fois les prénoms de Ford et de Depasse.

      — Ils ont trouvé l’argent ?

      Il avait ouvert les yeux. Déjà, son regard était ailleurs.

      — L’argent pour quoi ?

      — La comptabilité…

      J’ai souri à mon tour. Il parlait de la compatibilité des chaînes. Passer de la boîte 6F35 à la nouvelle technologie. Des millions d’euros.

      — Oui, bien sûr. Tout a été réglé.

      Il me regardait.

      — Je crois même qu’on va pouvoir continuer la 6F15. Les syndicats ont parlé de cent cinquante mille unités pour l’Europe.

      Il a levé une main, à peine. Sa paume détachée du drap. Il me regardait toujours.

      — Mais c’est sûr ? C’est certain ? L’usine est sauvée ?

      Je me suis levé, j’ai ouvert les fenêtres plus encore.

      — Tu n’entends pas ?

      La France fêtait le sauvetage de mon usine. C’est ce que je lui avais dit. Et l’honneur de mon grand-père, ouvrier chez Depasse. De mon père, mécanicien auto à l’âge de 17 ans. L’honneur de son fils, entré à Blanquefort en 1974, un an après son inauguration par Jacques Chaban-Delmas et Henry Ford II. L’honneur des huit cent soixante-deux salariés en lutte qui seront bientôt rejoints par deux mille autres, comme dans les années 2000. L’honneur du grand parking qui va être de nouveau plein à craquer. L’honneur de tous les gars au pied de la chaîne de montage, l’honneur des compagnons des zones de production, de montage, du traitement thermique. L’honneur des régleurs, des contrôleurs, du service achat des matières premières. L’honneur de tous ceux qui croient que le travail est le lieu de la dignité. L’honneur de nos aînés, qui montraient leur badge Ford pour rassurer le banquier. L’honneur de ceux qui croyaient l’ovale bleu un talisman à vie, sans savoir que Henry Ford avait dit : « Les hommes travaillent pour deux raisons : le salaire et la peur de perdre leur emploi. »

      L’honneur des femmes et des hommes qui ont refusé le salaire de la peur.

      — J’entends, a murmuré mon père.

      Il savourait les cris, les chants, les sifflets, les pétards.

      Une corne de brume l’a fait sursauter. Il a chuchoté. Mon front contre le sien.

      — On en parle à la télé ?

      J’ai allumé le poste. Je redoutais le retour de Svetlana. J’ai mis une chaîne de sport, la première, n’importe laquelle. Les Champs-Élysées étaient embrasés. Des dizaines de milliers, bras levés, sourires victorieux, une France d’avant les tourments.

      Mon père a ouvert les yeux. À peine. J’avais coupé le son. Il a observé l’écran, la liesse, cet enfant en gros plan, sur des épaules adultes. Le visage de papa était douloureux. J’ai éteint la télévision. Il boudait. Je connaissais bien ce visage. Il avait cette même moue, lorsque j’étais enfant et que je n’arrivais pas à répéter les mots savants qu’il m’apprenait.

      — Trains épicycloïdaux, c’est pas compliqué quand même !

      Comme son père avant lui, il m’avait élevé à la Ford T.

      — L’ancêtre des boîtes automatiques !

      Son royaume était un monde de leviers, de pédales, de sangles de commande. Ses joyaux s’appelaient Consul, Zodiac, Zephyr, mais aucun d’entre nous n’a jamais pu s’offrir une voiture née de notre travail. « On trime pour les rupins », disait mon père.

      Ni amer, ni triste, ni en colère de rien. Ford était son travail, pas son loisir.

      Il avait refermé les yeux. Il boudait. Ses lèvres mortes retombées.

      — Ça va, papa ?

      Vague haussement d’épaules. Sa voix, épuisée d’âge et de tabac.

      — Il n’y a pas de drapeau rouge. Pas de banderoles syndicales. Ils se croient où ? À un match de foot ?

      Je lui ai caressé les cheveux. Ça, c’était Paris. Ils sont comme ça, à Paris. Dommage qu’il ne puisse se lever, venir jusqu’à la fenêtre, parce que chez nous, place Pey-Berland, il n’y avait que ça, des drapeaux rouges. De la joie ouvrière. De la fierté, de la dignité, de la beauté.

      Il a ouvert les yeux une dernière fois.

      — Alors on a gagné, mon fils ?

      Je lui ai pris la main.

      — On a gagné, papa.

      Et puis il s’est rendormi, le sourire aux lèvres.

      Lorsque Svetlana est arrivée, je prenais mon sac. Elle avait les yeux mauvais.

      — Vous ne me l’avez pas fatigué, j’espère !

      Je l’ai embrassée sur la joue. Un geste comme ça, furtif, inhabituel. Le baiser d’un papillon. Elle a haussé les épaules en faisant du vent avec les mains. Je crois bien qu’elle a ri.

      Je suis sorti dans la foule. Les joues étaient peintes en tricolore, des gamins portaient des maillots aux couleurs de l’équipe de France. La ville dansait et chantait la victoire jusqu’au vertige. Alors voilà, j’ai plongé au milieu de cette joie qui n’était plus la mienne. J’ai marché jusqu’à la cathédrale, j’ai ouvert mon sac et enfilé le maillot blanc des copains de Ford sur ma chemise, « Luttons tous ensemble pour sauver les emplois ».

      Et puis je suis monté sur le socle de la statue de Chaban, poing levé.

      Un enfant m’a imité, sa mère avec lui.

      Puis un homme qui passait.

      Et puis un jeune.

      Et puis un autre…

      Sorj Chalandon
      Journaliste et écrivain. Ce texte est extrait du livre collectif Ford Blanquefort même pas mort !, publié aux éditions Libertalia (Montreuil, 2018) sous la direction de Béatrice Walylo et Philippe Poutou, en soutien à la lutte des ouvriers de l’usine automobile Ford de Blanquefort. Les droits d’auteur seront reversés à l’Association de défense des emplois Ford.


  • Le Parlement européen appelle à la #Censure automatisée et privatisée du Web à des fins sécuritaires
    https://www.laquadrature.net/2018/12/12/le-parlement-europeen-appelle-a-la-censure-automatisee-et-privatisee-d

    Comme nous le redoutions lundi dernier, le Parlement européen vient d’adopter un rapport proposant, au prétexte de la lutte contre le terrorisme, de déléguer la censure du Web européen à Facebook et Google.

    Pour rappel, ce…


  • Cette année, la personnalité de l’année du magazine Time, ce sont « les défenseurs de la vérité » (the guardians and the war on truth). Sans surprise aucune, ni Snowden ni Assange ne sont considérés comme des défenseurs de la vérité ayant payé un prix exorbitant pour cette cause.


  • Saudi Arabia Declares War on America’s Muslim Congresswomen – Foreign Policy
    https://foreignpolicy.com/2018/12/11/saudi-arabia-declares-war-on-americas-muslim-congresswomen

    The rise of politicians like El-Sayed, Omar, and Tlaib also undermines a core argument advanced by dictators in the Middle East: that their people are not ready for democracy. “People would not have access to power in their countries but they would if they leave; this destroys the argument by Sisi or bin Salman,” El-Sayed said, referring to Egyptian President Abdel Fattah al-Sisi and Saudi Arabian Crown Prince Mohammed bin Salman. “What’s ironic is there is no way I would aspire to be in leadership in Egypt, the place of my fathers.”

    American allies in the region also fear that the Democratic Party’s new Arab leaders will advocate for political change in their countries. Having spent millions of dollars for public relations campaigns in Western capitals, the Persian Gulf countries feel threatened by any policymakers with an independent interest in and knowledge of the region. They have thus framed these officials’ principled objections to regional violations of human rights and democratic norms as matters of personal bias. One commentator, who is known to echo government talking points and is frequently retweeted by government officials, recently spread the rumor that Omar is a descendent of a “Houthi Yemeni” to undermine her attacks on the Saudi-led war on Yemen.

    The most common attack online by the Saudi-led bloc on the Muslim-American Democrats has been to label them as members of the Muslim Brotherhood, or more generally as ikhwanji, an extremist catch-all term. These attacks started long before this year’s elections. In 2014, the UAE even announced a terror list that included the Council on American-Islamic Relations (CAIR) for its alleged links to the Muslim Brotherhood.

    The attacks attempting to tie Omar and Tlaib to the Muslim Brotherhood started in earnest after CAIR publicly welcomed their election to Congress. One UAE-based academic, Najat al-Saeed, criticized Arabic media for celebrating the two Muslim women’s victories at the midterms, and pointed to CAIR’s support for them as evidence of their ties to the Brotherhood.


  • Mort de Thomas Sankara : la France transmet un premier lot d’archives au Burkina
    RFI - Par RFI Publié le 11-12-2018
    http://www.rfi.fr/afrique/20181211-burkina-faso-archive-mort-thomas-sankara-france-justice

    Le président français Emmanuel Macron avait promis de mettre à la disposition du Burkina Faso les documents d’archives dans le cadre de l’enquête sur la mort du président Thomas Sankara en 1987. Environ un an après la promesse du président français, la justice burkinabè vient de recevoir un premier lot de documents d’archives, comprenant les dossiers des ministères français concernés, notamment de l’Europe et des Affaires étrangères, et qui a été transmis au juge burkinabè en charge du dossier.


  • 15-Minute Walking Distance from a Train Station: Spatial Inequality in Paris Banlieues - THE FUNAMBULIST MAGAZINE
    https://thefunambulist.net/architectural-projects/15-minute-walking-distance-from-a-train-station-spatial-inequality-i

    he map presented above was made in the continuity of the four previous ones that established an inventory of Paris Banlieues’ Cités (July 2014) and a cartographic alternative to our geographical imaginary of Paris (January 2015). This map consists in a simple graphic (and probably too approximate) exercise: tracing a rough 15-minute walking distance radius around each train station (Metro/RER/Regional train) of the “Greater Paris” — a notion only in formation at the administrative level. In such a centralized city, the connection to its center is fundamental in order to exercise a potential “right to the city.” As this map and the others show, the train lines are all oriented so to reach the center of Paris, which admittedly allows a more direct path to it; yet reinforces the pre-eminence of “fortified Paris” (see past article) to the detriment of banlieue-to-banlieue exchanges. A few tram lines allowing such displacements recently opened to support the bus system; yet, these vehicles are not comparable to the trains’ speed in any way.

    #cartographie #gare #chemin_de_fer #ville


  • Israeli Government Sends Letter to German Chancellor Requesting the Country Cut Funding to Jewish Museum in Berlin
    https://hyperallergic.com/475315/israeli-government-sends-letter-to-german-chancellor-requesting-the-c

    Earlier this year, the Israeli government sent an official letter to the office of Chancellor Angela Merkel demanding Germany cut its funding of the Jewish Museum in Berlin over an ongoing exhibition, Welcome to Jerusalem, which is said to probe Jerusalem’s “extraordinary political tensions, claimed as the capital city by both Israelis and Palestinians.”

    i24NEWS - #Israël exhorte l’Allemagne à cesser de financer le musée juif de Berlin
    https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/diplomatie-defense/190653-181210-israel-exhorte-l-allemagne-a-cesser-de-financer-le-musee-juif-

    De son côté, le Musée juif de Berlin a déclaré dans un communiqué qu’il estimait « qu’un dialogue ouvert sur des questions controversées est crucial pour permettre aux visiteurs (du musée) de se faire leur propre idée sur la question et de la juger par eux-mêmes".


  • « #Gilets_jaunes » : une #enquête pionnière sur la « révolte des revenus modestes »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/12/11/gilets-jaunes-une-enquete-pionniere-sur-la-revolte-des-revenus-modestes_5395

    Une équipe de 70 #universitaires mobilisée
    Collectif d’universitaires, nous avons lancé, dès la fin du mois de novembre, une enquête de terrain pour comprendre le mouvement des « gilets jaunes ». Nous sommes allés les rencontrer dans différentes régions de France, dans les manifestations et sur les ronds-points. Nous livrons ici les premiers résultats sur les profils et les motivations qui apparaissent derrière les « gilets jaunes ».

    Le 21 octobre, Priscillia Ludosky crée une pétition en ligne « Pour une baisse des prix du carburant à la pompe ! ». Rapidement et massivement diffusée sur les réseaux sociaux, relayée par les médias, la pétition atteint 200 000 signataires en quelques jours, et plus de 1 million aujourd’hui.

    Une journée d’action est prévue le 17 novembre, avec pour mots d’ordre la baisse des taxes et du prix des carburants. Cette mobilisation est préparée de manière décentralisée et autonome par des groupes locaux et nationaux, qui s’organisent notamment sur la plate-forme Facebook. Le 17 novembre, ce sont plus de 280 000 personnes, vêtues d’un gilet jaune, qui participent à cette mobilisation dans la France entière, principalement à travers des actions de blocage des routes, au niveau des ronds-points ou péages. A Paris, une manifestation a lieu sur les Champs-Elysées et certains manifestants tentent de se rendre au palais de l’Elysée, avant d’être bloqués par la police. Dans les jours qui suivent cette journée de mobilisation, les blocages continuent et d’autres journées de manifestations sont lancées pour les samedis suivants.

    Au lendemain du 17 novembre, des chercheuses du Centre Emile-Durkheim (Bordeaux) lancent un appel à participation auprès de la communauté des chercheurs et chercheuses en science politique pour comprendre le mouvement. Le collectif compte aujourd’hui près de 70 personnes, qui sont des enseignants-chercheurs, des chercheurs au #CNRS et à l’#INRA, des docteurs sans poste, des étudiantes et étudiants. #Sociologues, #politistes et #géographes travaillent ensemble sur la base du volontariat.

    L’ampleur du mouvement et la rapidité avec laquelle il s’est constitué, en dehors des organisations syndicales et des partis, tout comme ses modes d’action et ses mots d’ordre interpellent. Qui sont les « gilets jaunes » ? Que souhaitent-ils ? Assiste-t-on à un renouvellement profond des modalités de la protestation et de la politique ? Faut-il y voir un retour de formes traditionnelles de révoltes populaires ? Comment un tel mouvement est-il susceptible d’évoluer dans le temps et comment comprendre sa portée ?

    166 #questionnaires analysés
    L’objectif de l’enquête « gilets jaunes » est de récolter des données pour saisir sociologiquement ce mouvement. Il s’agit de comprendre sa complexité, sa composition et son évolution, de recueillir les revendications de ses participants et participantes et de mesurer la variété de ses modalités d’organisation et de mobilisation. Des groupes de travail se sont mis en place à partir de différentes méthodes : observation sur le terrain, analyse lexicométrique des réseaux sociaux, questionnaires, entretiens, cartographie. Parallèlement à ce questionnaire, une équipe de géographes mène une enquête complémentaire en Normandie. Les données sont toujours en cours de décryptage. Les premiers résultats présentés ici sont basés spécifiquement sur l’analyse des questionnaires administrés dans les manifestations, sur les ronds-points et aux péages.

    • Nous partons du terrain pour établir nos résultats. La parole des personnes et leurs attentes sont au cœur de l’enquête, notre objectif a été de les récolter et de les restituer le plus fidèlement possible. Les données sont traitées selon des méthodologies croisées qui rendent compte du mouvement d’une manière plus approfondie et complexe qu’un seul point de vue ne permet de le faire.

      L’équipe « questionnaires » se compose de 13 personnes basées à Bordeaux et sa région, Marseille, Caen et sa région, Rennes, Montpellier, Grenoble et sa région. Pour cette enquête, nous avons décidé de nous concentrer sur les personnes actives dans le mouvement, ayant participé au moins à une manifestation ou un blocage, et avons pu analyser jusqu’ici 166 questionnaires diffusés les 24 novembre et 1er décembre. L’enquête est toujours en cours et se poursuivra dans les semaines qui viennent. Nous avons choisi de mener des entretiens en face à face, démarche qui permet de recueillir des témoignages plus riches, plus précis et plus longs que la passation de questionnaires indirecte ou en ligne. Le questionnaire compte en tout 28 questions, 5 d’entre elles sont ouvertes, et nous avons en outre pris soin de noter les commentaires sur l’ensemble des questions posées. Concernant les sujets abordés, 15 questions portent sur les motivations des participants, les réformes souhaitées, les modes d’action privilégiés et leur rapport au politique ; les 13 dernières portent sur le profil sociodémographique des personnes mobilisées.

      Les questionnaires ont été majoritairement administrés par les enquêteurs. Le temps requis à recueillir les réponses varie d’une dizaine de minutes à quarante minutes. L’administration de questionnaires en manifestation est un exercice délicat en raison de la mobilité et, dans ce contexte particulier, de l’incertitude sur le parcours du cortège et des dispositifs de maintien de l’ordre. Cette recherche est réalisée sans fonds spécifiques et n’a été rendue possible que par le travail de nombreuses et nombreux collègues, étudiantes et étudiants volontaires.

    • S’il n’y a pas de portrait type des manifestants, puisqu’une des caractéristiques du mouvement est sa diversité, les « gilets jaunes « sont d’abord des personnes, hommes et femmes, qui travaillent (ou, étant retraités, ont travaillé), âgées de 45 ans en moyenne, appartenant aux classes populaires ou à la « petite » classe moyenne.
      Les résultats, encore très provisoires, présentés ici s’appuient sur l’analyse de 166 questionnaires distribués auprès des participants aux actions sur les ronds-points et aux péages, ou lors des manifestations ayant eu lieu les 24 et 1er décembre, par une équipe d’une dizaine de chercheurs et d’étudiants. Le questionnaire a été élaboré de manière à recueillir des informations détaillées et précises sur les participants.

      • Une surreprésentation des employés et une sous-représentation des cadres
      Certaines catégories apparaissent comme particulièrement surreprésentées au sein des « gilets jaunes » qui nous ont répondu. C’est le cas des employés, qui constituent 33 % des participants (soit 45 % des actifs présents, contre 27 % de la population active française). Ils sont plus de deux fois plus nombreux que les ouvriers, qui représentent 14 % des participants. Les artisans, commerçants et chefs d’entreprise sont également particulièrement nombreux : 10,5 % des participants (14 % des actifs présents, contre 6,5 % de la population active française).
      A l’inverse, les professions intermédiaires et les cadres sont peu représentés : les premiers comptent pour 10 % des participants (13 % des actifs présents, contre 26 % de la population active française) ; les seconds sont à peine 5 % des participants (7 % des actifs présents, contre 18 % de la population active française) dans les cortèges et blocages qui ont eu lieu entre le 24 novembre et le 1er décembre. Un quart des participants au mouvement des « gilets jaunes « appartiennent à la catégorie « inactifs » ; pour la majeure partie, il s’agit de retraités.

    • • Des manifestants « d’âge moyen »
      Les « gilets jaunes » participant à l’enquête ont en moyenne 45 ans, un peu plus que l’âge moyen de la population française, qui s’élève à 41,4 ans. Les classes d’âge les plus mobilisées sont les 35-49 ans (27,2 %), puis les 50-64 ans (26,6 %) et les 25-34 ans. Les 18-24 ans représentent 6,2 % des participants ; les plus de 65 ans, 17,3 %.
      • Un mouvement mixte
      Les hommes (54 %) sont un peu plus nombreux que les femmes (45 %). Cependant, la forte proportion de femmes, appartenant souvent aux classes populaires, une catégorie sociale traditionnellement peu mobilisée politiquement, est un fait notable. On y lit une propension de femmes à manifester identique à celle que nous avons observée dans les cortèges des 24 novembre et 1er décembre. Un écart comparable (55 % d’hommes, 44 % de femmes parmi les répondants) était observé dans le questionnaire administré dans la Manif pour tous du 16 octobre 2016.
      Les femmes ont toujours manifesté, comme le montrent de nombreux travaux historiques. Elles sont en revanche ici plus visibles. A cela plusieurs raisons : sans porte-parole officiel, représentants syndicaux et politiques, qui sont habituellement des hommes, et en absence de structures, les médias sont contraints de tourner le regard vers les participantes et participants « ordinaires ». La forte dimension sociale du conflit et la centralité des revendications sur les conditions matérielles d’existence dans le mouvement social participent à la visibilité des femmes.
      • Une surreprésentation des bacheliers et des titulaires de CAP et BEP
      Quelque 20 % des personnes interrogées sont diplômées du supérieur (contre 27 % de la population générale, données Insee 2014) ; 5 % des participants ont un bac + 4 et au-delà, tandis que les deux niveaux de diplôme les plus représentés sont les détenteurs de BEP et CAP, qui sont 35 % (contre 24 % dans la population générale), et les bacheliers (29,3 % des répondants, contre 16,5 % de la population générale). Seuls 15,4 % des participants ont un diplôme inférieur au brevet (31,4 % de la population générale). Toutefois, le 8 décembre, nous avons reçu davantage de réponses de la part de personnes ayant un diplôme de master ou équivalent. Se dessine ainsi une population de participants ayant des niveaux de qualification intermédiaires.
      • Des mobilisés aux revenus modestes
      Quelque 55 % des répondants nous déclarent être imposables (une proportion presque identique à la population générale) et 85 % indiquent posséder une voiture. Le revenu médian du foyer déclaré représente 1 700 euros par mois, soit environ 30 % de moins que le revenu médian moyen déclaré de l’ensemble des ménages (enquête « Revenus fiscaux et sociaux » 2015 de l’Insee). Les participants aux actions des « gilets jaunes » sont donc pour la majorité d’entre eux des individus aux revenus modestes. Ils n’appartiennent pas aux catégories les plus précarisées économiquement : 10 % d’entre eux déclarent avoir un revenu inférieur à 800 euros par mois (contre 519 euros pour les 10 % des ménages français les plus pauvres).
      • Des primo-manifestants en nombre et des modes d’action variés
      Pour presque la moitié des répondants (47 %), le mouvement des « gilets jaunes » constitue leur première mobilisation. Seuls 44 % ont déjà participé à une grève. Il s’agit donc de participants peu rompus à l’action collective. Aux questions posées sur les formes d’action collective que la personne serait prête à accomplir ou à laquelle elle a déjà participé, la manifestation est le mode d’action le plus plébiscité (81 %), suivi par la pétition (69,4 % d’entre eux déclarent en avoir déjà signé une). Presque 9 participants sur 10 rejettent les modes d’action impliquant des violences aux biens, mais 58,8 % d’entre eux se déclarent par exemple prêts à occuper un bâtiment administratif. La moitié exclut également l’idée d’aller manifester à Paris, les répondants évoquant des raisons économiques, la violence et la nécessité de rester visible en province pour justifier ce choix. Sur le consentement à l’impôt, seuls 5 % des participants déclarent avoir déjà refusé de payer l’impôt, tandis que 58,4 % l’excluent complètement comme moyen d’action. Des analyses séparées ont d’ailleurs relevé très peu de différences entre les réponses des hommes et des femmes.
      • Un rejet des organisations représentatives traditionnelles et des orientations politiques atypiques
      Notre enquête confirme également le large rejet des organisations représentatives traditionnelles : 64 % considèrent que les syndicats n’ont pas leur place dans le mouvement, 81 % pensent de même pour tous les partis politiques.
      Ce rapport de distance ou de méfiance à l’égard du système de représentation institué se retrouve lorsque les répondants sont invités à se situer sur l’échelle gauche-droite. La réponse dominante consiste à se déclarer comme apolitique, ou « ni de droite ni de gauche » (33 %). En revanche, parmi ceux qui se positionnent, 15 % se situent à l’extrême gauche, contre 5,4 % à l’extrême droite ; 42,6 % se situent à gauche, 12,7 % à droite et, surtout, seulement 6 % au centre. En comparaison, un sondage conduit par Ipsos en avril montrait que 22 % des Français rejettent le clivage gauche-droite, quand 32 % se situent à gauche et 39 % à droite. Cette grande diversité du rapport au politique est un élément majeur de la singularité du mouvement.

    • • Les motivations : pour le pouvoir d’achat et contre une politique favorable aux riches
      Pour les répondants, il s’agit moins d’une révolte contre une taxe en particulier, ou pour la défense de l’usage de la voiture, qu’une révolte contre un système fiscal et de redistribution jugé inique. Une révolte contre les inégalités, mais aussi contre une parole politique qui les méprise et les infériorise symboliquement. Il s’agit à la fois de défendre leur pouvoir d’achat et leur accès à un standard de vie (notamment les loisirs, de plus en plus inaccessibles) et d’une exigence de respect à leur égard et de reconnaissance de leur dignité de la part du personnel politique (gouvernement et président de la République).

      Nous avons invité les participants à s’exprimer sur leurs motivations à travers une question ouverte en début du questionnaire (« Pourquoi manifestez-vous aujourd’hui ? »). Un pouvoir d’achat trop faible est le premier motif évoqué (plus de la moitié des répondants). Plusieurs personnes se plaignent de ne plus pouvoir s’offrir le moindre plaisir (« J’ai la vingtaine et j’ai pas une thune. Si je veux sortir, je dois me mettre à découvert »). Des mères de famille nous font part de leurs fins de mois difficiles (« J’aimerais bien que mes enfants puissent avoir à manger dans leurs assiettes, et pas que des patates les deux dernières semaines du mois »), qui entraînent parfois des difficultés de logement, dont ont témoigné aussi bien des jeunes étudiants (« Je n’ai pas les moyens de me loger, je vis dans la dépendance d’une amie ») que cette mère de famille (« Nous étions obligés de descendre dans le Sud pour vivre chez ma belle-mère »).
      Suit, dans la liste des motivations, le fardeau fiscal trop important (69 répondants, dont 18 qui pointent explicitement le prix élevé du carburant). Près d’un sur cinq déclare être là pour protester contre le gouvernement actuel et demande la démission d’Emmanuel Macron, évoquant l’« arrogance » de l’exécutif. Les termes de « monarchie », d’« oligarchie » ou de « dictature » reviennent pour souligner son caractère illégitime. On voit poindre le 24 novembre, puis se confirmer le 1er décembre, la demande de réformes institutionnelles. Un dixième des enquêtés demandent des réformes institutionnelles. Cette tendance semble accentuée chez les participantes et participants aux cortèges du 8 décembre.
      Une deuxième question ouverte portait sur les mesures que le gouvernement devrait prendre pour répondre aux revendications des « gilets jaunes ». La réponse la plus fréquente est sans surprise une baisse des taxes et impôts, évoquée spontanément par un tiers des répondants. Pour 48 enquêtés, des mesures pour augmenter le pouvoir d’achat sont également nécessaires. Parmi eux, 28 personnes demandent une augmentation du smic, voire des salaires en général, 14 une augmentation générale du pouvoir d’achat, 8 une augmentation des retraites. Des demandes de reditsribution des richesses reviennent dans les réponses de 36 participants : 19 demandent spontanément la réintroduction de l’ISF, 5 une répartition plus juste des impôts.

      « Une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales »

      Plus d’un cinquième des répondants demandent d’ailleurs tout simplement que le gouvernement écoute les citoyens, « qu’il se mette à [leur] place ». Il s’agit ainsi d’une des préoccupations principales des personnes rencontrées. Enfin, une des spécificités de ce mouvement est la présence de revendications institutionnelles, en plus des revendications sociales. Ainsi, 26 personnes ont déclaré que des réformes institutionnelles importantes seront nécessaires pour qu’elles puissent considérer que le mouvement est un succès : 18 en demandant des changements parfois fondamentaux (par exemple, en réclamant une « réforme totale de l’Etat », « un autre système politique »), 8 en demandant la fin des privilèges des parlementaires et 4 en se disant convaincus de la nécessité d’une VIe République.
      Il est à noter que seulement 2 des 166 personnes interrogées ont mentionné la gestion de l’immigration dans leurs réponses aux deux questions présentées. Cela invite à reconsidérer les analyses qui font du mouvement une émanation de l’extrême droite.

      « Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent comme étant une plus grande justice sociale et la demande d’écoute de la part du pouvoir »

      Les deux principales motivations des personnes mobilisées apparaissent donc comme étant une plus grande justice sociale (qu’il s’agisse d’un système fiscal faisant davantage participer les plus aisés, d’une meilleure redistribution des richesses ou encore du maintien des services publics) et la demande d’écoute de la part du pouvoir. Au contraire, les revendications nationalistes, liées notamment à l’identité ou à l’immigration, sont très marginales, démentant l’idée d’un mouvement qui serait noyauté par les électeurs ou les militants du Rassemblement national. Comme le souligne le sociologue Alexis Spire, auteur de Résistances à l’impôt, attachement à l’Etat (Seuil, 312 pages, 22 euros), c’est avant tout le sentiment d’injustice fiscale, plus prégnant chez les classes populaires, qui explique cette mobilisation.

      En résumé, cette révolte est bien celle du « peuple » – comme se revendiquent nombre de personnes interrogées – au sens des classes populaires et des « petites » classes moyennes, celle des revenus modestes. Dès lors, plusieurs éléments font des « gilets jaunes » une contestation singulière par rapport aux mouvements sociaux des dernières décennies. Outre son ampleur, la forte présence des employés, des personnes peu diplômées, des primo-manifestants et, surtout, la diversité des rapports au politique et des préférences partisanes déclarées font des ronds-points et des péages des lieux de rencontre d’une France peu habituée à prendre les places publiques et la parole, mais aussi des lieux d’échange et de construction de collectifs aux formes rarement vues dans les mobilisations.

      Camille Bedock, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Antoine Bernard de Raymond, Irisso, université Paris-Dauphine, INRA �Magali Della Sudda, Centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS �Théo Grémion, diplômé d’un master de géopolitique de l’université de Genève et d’une maîtrise d’urbanisme de l’université Paris-X �Emmanuelle Reungoat, Centre d’études politiques de l’Europe latine, université de Montpellier �Tinette Schnatterer, centre Emile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux, CNRS


  • Ces souffrances, je les ressens profondément et je veux que tous les Français sachent bien que leur adoucissement est l’objet constant de mes pensées.

    Je veux qu’ils sachent aussi que je comprends leur impatience, leur exaspération même devant l’insuffisance trop fréquente des remèdes apportés à leurs maux.

    Philippe Pétain, 13 août 1940

    Et, pour ajouter aux malheurs du temps, le site maréchal-petain.com, où l’on pouvait trouver ces fortes paroles compassionnelles est à vendre ($499, le nom de domaine est enregistré à Osaka…) je me vois donc contraint de recopier à partir de mon exemplaire du recueil de ses discours…

    EDIT (pour référence ultérieure)
    les messages jusqu’à celui du 12/08/1941 (et donc, la reprise exacte (mais commentée) du recueil), manquent les suivants, ici
    http://pages.livresdeguerre.net/pages/sujet.php?id=docddp&su=48



  • Sounding Nature - remixing the sounds of the natural world
    https://citiesandmemory.com/sounding-nature

    Sounding Nature is the biggest ever global exploration of the beautiful sounds of nature, covering 55 countries with almost 500 sounds. The sounds have been reimagined by 250 artists to reflect upon the damage being done to our natural world by human-generated sounds.

    #sons #nature


  • Comment la France multiplie les déchets nucléaires dangereux
    https://reporterre.net/Comment-la-France-multiplie-les-dechets-nucleaires-dangereux

    Selon la communication officielle, le retraitement ne génère pas de contamination, seulement des « rejets autorisés ». Ils sont crachés par les cheminées, déversés au bout d’un tuyau enfoui dans la Manche. En réalité, selon l’expert indépendant Mycle Schneider, « l’usine est autorisée à rejeter 20.000 fois plus de gaz rares radioactifs et plus de 500 fois la quantité de tritium liquide qu’un seul des réacteurs de Flamanville situés à 15 km de là ». Elle contribue pour « près de la moitié à l’impact radiologique de toutes les installations nucléaires civiles en Europe ».

    #nucléaire

    • C’est ce qui a été dénoncé depuis longtemps par la Criirad, le « retraitement » n’est qu’un faux-nez qui sert avant tout à récupérer du plutonium à usage militaire.
      Le second sous-produit, le fameux MOX étant censé assuré une valorisation des combustibles usés...
      En réalité ce cycle de « recyclage » produit encore plus de déchets, qui plus est bien plus toxiques que les déchets initiaux.
      Et puis le Mox presque personne n’en veux...
      Mais bon on vous le dit et vous le répète la France est championne du monde dans ce domaine. Position prochainement incontestable puisque seule concurente !


  • Why Aren’t Rich People Happy With the Money They Have? - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/family/archive/2018/12/rich-people-happy-money/577231

    Norton says that research regularly points to two central questions that people ask themselves when determining whether they’re satisfied with something in their life: Am I doing better than I was before? and Am I doing better than other people? This applies to wealth, but also to attractiveness, height, and other things that people fret about.

    [...]

    The research Norton has conducted illustrating this phenomenon is dispiriting. In a paper published earlier this year, he and his collaborators asked more than 2,000 people who have a net worth of at least $1 million (including many whose wealth far exceeded that threshold) how happy they were on a scale of one to 10, and then how much more money they would need to get to 10. “All the way up the income-wealth spectrum,” Norton told me, “basically everyone says [they’d need] two or three times as much” to be perfectly happy.

    #bonheur #possession #argent #riches