• Le rire du dominant par André Gunthert
    http://imagesociale.fr/9342

    Xavier Gorce a rendu un fier service au Monde en mettant fin de lui-même à la collaboration qui le liait depuis près de vingt ans au journal du soir. Le dessin de trop aura été celui où il se hasardait à se moquer des victimes d’inceste, publié sur la newsletter du quotidien, qui a provoqué la colère de nombreux lecteurs. Mais cela faisait déjà plusieurs années, notamment depuis la crise des Gilets jaunes, que le mépris de Gorce était devenu plus visible que son humour.

    Le rire peut être l’arme de l’imposition de la norme, d’une rare violence sociale. Libérateur lorsqu’il représente la voix des faibles, il devient le plus effrayant instrument d’oppression lorsqu’il leur impose le silence...

    https://blogs.mediapart.fr/andre-gunthert/blog/210121/le-rire-du-dominant
    https://www.acrimed.org/Dessine-moi-un-gilet-jaune-le-mepris-selon-Xavier

  • Faire la fête, un enjeu politique en temps de Covid-19
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/01/19/faire-la-fete-un-enjeu-politique-en-temps-de-covid-19_6066738_3224.html


    A la free-party du Nouvel An à Lieuron (Ille-et-Vilaine), le 1er janvier 2021.
    JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP

    La free-party de Lieuron au Nouvel An est devenue une affaire d’Etat. Si prompts à condamner et à sanctionner, les responsables politiques n’offrent aucune alternative ou perspective alors que les espaces festifs légaux sont fermés depuis presque un an.

    « Un comportement totalement irresponsable », qui « fait honte à notre pays », des « voyous »… Le 1er janvier, plusieurs responsables politiques se sont indignés : une free-party rassemblant près de 2 500 personnes avait lieu dans un hangar à Lieuron (Ille-et-Vilaine), bravant le couvre-feu en pleine pandémie de Covid-19.

    Filmée en direct par les caméras de télévision, la fête est devenue une affaire d’Etat. Réunions de crise au ministère de l’intérieur, renforts de gendarmerie, saisies de matériel, live-Tweet de Gérald Darmanin… Le gouvernement a voulu faire de ces contrevenants un exemple. La fête qui devait durer tout le week-end a finalement pris fin le samedi matin, après 1 645 verbalisations, dont 1 225 pour non-respect des gestes barrières.

    Quatre personnes ont été mises en examen, notamment pour mise en danger de la vie d’autrui. Parmi eux, un homme de 22 ans, soupçonné d’être l’organisateur du rassemblement illicite mais sans antécédents judiciaires, est en détention provisoire depuis le 4 janvier. Une première pour ce genre d’affaires, selon son avocat. « Pour le droit à la culture » et contre la « répression disproportionnée », des adeptes des free-parties ont manifesté, samedi 16 janvier, à Paris et en province aux côtés des opposants à la proposition de loi relative à la sécurité globale.

    Manque d’alternatives
    Au vu de la situation sanitaire, se retrouver à plusieurs milliers dans un hangar était bien sûr inconscient : le risque de contamination y était élevé, les masques rarement portés. Celles et ceux qui se sont privés de réveillon peuvent légitimement s’interroger et demander des comptes. Mais c’est aussi faute d’alternatives, insistent des organisateurs qui se sont depuis exprimés anonymement, que des gens sont venus de toute la France pour danser par – 2 °C le soir de la Saint-Sylvestre.

    Ce ne sont pas uniquement des « punks à chiens », des « zadistes » ou des « délinquants », comme ont voulu faire croire certains responsables politiques : ce sont pour la plupart des jeunes et des moins jeunes, souvent socialement insérés, se retrouvant autour d’une même passion, une communauté.

    Le milieu des free-parties s’est construit dans l’illégalité depuis les années 1990, parallèlement, et parfois en opposition, à la musique électronique grand public, devenue une industrie musicale majeure. On y rejette « la logique capitaliste » à coups de fêtes gratuites et autogérées, où les battements par minute sont bien plus rapides et abrupts qu’en boîtes de nuit.

    #paywall

    • Certes, l’emballement politique et médiatique contre les free-parties n’a rien de nouveau. En 2001 déjà, Jacques Chirac déplorait des problèmes de « sécurité » et l’« agression forte sur l’environnement due à l’intensité de la musique ».

      Quelques mois plus tard, un amendement proposé par l’ancien député UMP Thierry Mariani imposait aux free-parties un régime de déclaration préalable en préfecture, assorti de sanctions en cas de non-respect, dont la saisie du matériel sonore, souvent extrêmement coûteux. Depuis, les collectifs se heurtent presque systématiquement à l’opposition des préfets.
      Ce durcissement législatif a conduit les organisateurs à un jeu de cache-cache permanent avec les autorités. Toute personne ayant déjà participé à ce genre de « teufs » sait à quel point elles supposent une organisation bien huilée et une grande autonomie. On n’y va pas comme on va en boîte. Il faut se prémunir contre le froid, prévoir un véhicule pour se rendre dans une zone rurale tenue secrète jusqu’au dernier moment, se rassembler souvent des heures avant sur le parking d’un département voisin pour ne pas alerter les autorités…

      Exutoire générationnel
      Mais clubs, bars et salles de concerts étant fermés depuis mars 2020, tout un public pourtant peu coutumier des free-parties y a trouvé musique, rencontres fortuites et danse libératrice dont il est privé depuis mars. Cet été, au bois de Vincennes, à Paris, on pouvait croiser chaque week-end des centaines de personnes réunies à l’improviste.

      Le 11 juillet, une free-party dans la Nièvre, la plus importante depuis le déconfinement, a même réuni plus de 6 000 personnes. A la répression, les autorités locales avaient préféré la prévention, s’appuyant sur l’association Techno +, spécialiste de la réduction des risques et très souvent présente dans ce genre de fêtes. Distribution de 20 000 masques et de gel hydroalcoolique, appels à s’isoler après la fête : le but de la préfète, Sylvie Houspic, était alors de « faire en sorte que la manifestation se passe aussi bien que celles qui sont autorisées ».

      Malgré le froid, des fêtes ont encore lieu tous les week-ends, à l’abri des regards. Tous les professionnels et les associations de la nuit ont tenté d’alerter les pouvoirs publics sur leur situation catastrophique, de trouver des alternatives, des espaces encadrés… en vain.

      « Il ne faut jamais oublier que l’on vit ensemble et je pense qu’il faut qu’on réussisse à réduire nos contacts un peu inutiles (…) – pardon de le dire comme ça – mais les plus festifs », disait Emmanuel Macron en octobre. « L’absence d’espaces de culture et de sociabilisation engendre de graves conséquences sur la population », semblaient lui répondre les organisateurs de la free-party de Lieuron, dans une tribune à Libération.

      Comme l’a noté l’anthropologue Emmanuelle Lallement dans un entretien au Monde, les fêtes sont bien « redevenues des objets politiques. On en fait un usage politique, du côté des fêtards, qui seraient alors dans des formes de résistance, voire de rébellion, comme du côté des autorités, qui exercent ainsi une forme de leur pouvoir »
      .
      Peut-on longtemps priver d’exutoire une génération dont la pandémie met en cause le bien-être social et économique ? Plutôt que des interdictions et des condamnations qui ne règlent rien, celles et ceux qui revendiquent la fête comme un geste politique attendent un geste politique en leur faveur.

  • Il problema non è solo la cosa in sé, e cioè l’infelice marketing #lamolisana che ammicca al tragico #colonialismo razzista. Il problema è che l’hanno fatta perchè a molti sarebbe piaciuta. Derubricare a folklore vuol dire normalizzare una schifezza infilandola nella banalità.

    https://twitter.com/PBerizzi/status/1346426468700725255
    #racisme #colonialisme #pâtes #Italie #marketing #La_Molisana #Molisana #racisme #Tripoline #Bengasine #Assabesi #Abissine #Italie

    –—

    Une des réponses :

    #Tripolini o #bengasini ?

    https://twitter.com/Fondoscala/status/1346439431901884422

    –-> à noter que Coop utilise un nom masculin (Tripolini) alors que La Molisana utilise un nom féminin (Tripoline).
    #genre

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    ajouté à la métaliste sur le #colonialisme_italien :
    https://seenthis.net/messages/871953

    • Car il ne s’agit pas, dans ce cas, de revendiquer une position puritaine, austère dans la sphère de la morale, de la politique ou de l’économie

      Ahhhh bon alors ça va… car on aurait pu le croire en voyant cette attaque ad hominem.