• A propos des contrôles kafkaïens liés aux autorisations de sortie en période de confinement :

    Rappel des faits des dernières semaines :

    Les flics se croient tous permis, et surtout d’utiliser leur intelligence imaginaire pour interpréter la loi, et décider de la punition qui s’impose.

    Je résume : il y a des gens verbalisés parce qu’ils avaient des gâteaux, jugés non essentiels. La même chose s’est reproduite avec du coca, du shampooing, mais aussi avec des serviettes hygiéniques et des tests de grossesse. Inutile de dire que pour un gros con de gendarme, il n’a aucune idée à quoi ça peut servir. Parfois il décide d’interdire la laverie ou la Poste. Mais en revanche, si le barbecue est organisé par des collègues, il se contente de faire des gros yeux...
    https://twitter.com/isAshPsy/status/1242556982042791942
    https://www.elle.fr/Societe/News/Coronavirus-tests-de-grossesse-et-protections-periodiques-ne-seraient-pas-des-p
    https://www.marianne.net/societe/je-vois-trop-de-monde-dehors-en-mode-vacances-la-semaine-de-mickael-gendar

    Une femme a été tasée parce qu’elle n’a pas montré son attestation, un mec psychotique a été verbalisé parce qu’il avait mal rempli son attestation... Et que faire si on écrit mal, ou pas, ou pas le français ? Et que faire si on est Noir ou Arabe, parce que dans ce cas là, peu importe l’attestation, on a tort de toutes façons...
    https://actu.fr/ile-de-france/aubervilliers_93001/coronavirus-seine-saint-denis-est-tasee-frappee-ne-pas-avoir-montre-attestation
    https://www.liberation.fr/debats/2020/03/30/la-policiere-l-attestation-et-les-gens-comme-ca_1783580
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280320/confinement-dans-les-quartiers-populaires-attention-aux-controles-sous-ten

    Il y a aussi d’autres questions autour de cette attestation : doit-elle être imprimée ou peut-elle être manuscrite ? Si manuscrite, doit-on recopier les mentions utiles ou toutes les mentions ? Peut-on la remplir au crayon ou au stylo ? Tous ces cas ont donné lieu à des verbalisations... (on peut alors remarquer que si chaque Français remplit une déclaration, deux fois par semaine, pendant trois mois, on approche déjà le milliard d’attestations, soit 60.000 arbres... bonjour le respect des normes écologiques...).
    https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13952
    http://www.leparisien.fr/societe/coronavirus-doit-on-recopier-tous-les-motifs-sur-l-attestation-30-03-2020

    Il y a les dispositifs dignes de la traque de l’ennemi public numéro un (hélicoptères avec vision de nuit à infra rouge), mais aussi les questions du nombre de sorties par semaine, de durées de sorties, de distances maximales parcourues, du mode de transport, de l’évaluation sportive... toute la place à l’arbitraire qui fait la joie du petit con de flic qui n’a que ça dans la vie.... Il y en a même qui ont exigé que les mamans laissent leurs enfants seuls à la maison ou dans la voiture pendant qu’elle faisait des courses !
    https://www.nantes-revoltee.com/confinement-delire-totalitaire-un-helicoptere-nocturne-avec-vision-
    https://n.survol.fr/n/verbalise-parce-que
    https://www.letelegramme.fr/coronavirus/quand-faire-ses-courses-coute-cher-en-pv-27-03-2020-12532845.php

    Au total, on en est à plus de 360.000 verbalisations en deux semaines, qui ont rapporté plus de 50 millions d’Euros à ces escrocs qui nous "gouvernent"...
    https://www.lci.fr/sante/en-direct-coronavirus-covid-19-en-france-pres-de-500-deces-le-nombre-de-morts-de

    Si c’était ça le but, mieux valait rétablir l’ISF, non ? Ou au moins de ne pas "suspendre la lutte contre la fraude fiscale" ?
    https://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/coronavirus-les-controles-fiscaux-suspendus-incertitudes-sur-la-declaration

    Une fois l’argent récolté, la répression continue, des heures « de travaux d’intérêt général » (pour un homme qui vivait à sept personnes dans un deux-pièces) ou carrément de la prison ferme :
    https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-un-homme-condamne-a-105-heures-de-travaux-d-interet-general
    https://actu.orange.fr/france/condamne-a-deux-mois-de-prison-ferme-pour-avoir-viole-a-repetition-le-co

    Pour se défendre de notre police, aussi bête que rendue puissante :

    Comment contester une amende pour non respect du confinement ?
    Marseille Infos Autonomes, le 30 mars 2020
    https://mars-infos.org/comment-contester-une-amende-pour-4952

    Les gestes barrières face au Coronapolice
    Marseille Infos Autonomes, le 31 mars 2020
    https://mars-infos.org/les-gestes-barrieres-face-au-4954

    Télécharger le “Point droit” sur l’inspection visuelle, la fouille des bagages, de vos sacs ou de vos poches :
    https://www.ldh-france.org/wp-content/uploads/2019/04/POINT-DROIT-Fouille-des-sacs-produits-de-1%C3%A8re-n%C3%A9cessit%C3%A9.p

    Un appel afin de ne plus présenter l’attestation de circulation
    https://www.lasemainedespyrenees.fr/2020/03/31/bigorre-renaud-de-bellefon-ne-veut-plus-presenter-son-attestati

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

    #fascistovirus #coronavirus #stratégie_du_choc #contrôles_kafkaïens #violence_policière #violences_policières #France #solidarité (manque de) #verbalisations #Banlieues #Quartiers_Populaires #racisme

  • À l’air libre (10) Profs et élèves face aux cours en ligne, la double peine des quartiers populaires
    https://www.youtube.com/watch?v=7-YummRG-mQ

    C’est un peu long mais j’attire votre attention sur le timing à 1h ce que dit Stephane Bonnerie maitre de conf à paris VIII
    Il explique la feinte de Blanquer qui consiste à laisser pourrir la situation pour incriminer les éléves de ne pas avoir assez préparé leurs examens et imposer alors sa réforme à base de contrôle continu. Puis avoir des facs vidée d’étudiantes car il n’y en aura que très peu en première année en sept 2020 !
    cc @heautontimoroumenos

  • un appel afin de ne plus présenter l’attestation de circulation

    https://www.lasemainedespyrenees.fr/2020/03/31/bigorre-renaud-de-bellefon-ne-veut-plus-presenter-son-attestati

    N’abandonnons pas notre dignité dans une attestation de circulation
    Parce que notre parole a autant de valeur que notre stylo ;

    parce que nous imposer à chaque contrôle de présenter un papier qui ne dit rien d’autre que ce que nous pouvons déclarer oralement ;

    parce que ce contrôle tatillon nie notre responsabilité et notre sens de l’intérêt commun ;

    parce que la rédaction quotidienne, ou presque, de cette attestation normalise à terme un contrôle permanent ;

    parce que présenter systématiquement ce document aux forces de l’ordre nous fait incorporer ce geste, tend à en faire une habitude ;

    parce que l’absence, l’oubli de ce document ne peut pas faire de nous un délinquant (la ministre de la justice ne voulait-elle pas que la non-présentation de l’attestation soit justement un délit ?)* 1 ;

    parce que stigmatiser une partie des citoyens, c’est instaurer la suspicion généralisée ;

    parce que créer des boucs-émissaires, mauvais Français qui sortent sans raison, c’est détourner des vraies responsabilités, des manquements du gouvernement dans cette crise ;

    parce que cette obligation va à l’encontre des demandes de plus de transparence, de démocratie qui montent dans la société ;

    parce qu’instaurer un Etat policier n’incite pas à la responsabilisation mais à l’évitement, au « jeu » du chat et de la souris, aux réactions mesquines et individualistes ;

    parce que la normalité de demain qui nous est proposée, et imposée désormais – un monde policier et de contrôle encore plus quotidien – n’est pas celle que nous espérons ;

    parce qu’accepter de se soumettre, c’est cautionner un autoritarisme aveugle, et les dérives usurpant nos codes de valeurs ;

    parce que c’est une manière de dire que nous refusons la soumission, la servitude volontaire, et de le dire en acte, de prendre conscience et refuser d’être la grenouille dans l’eau qui chauffe ;

    parce que ce refus participe à l’ébauche d’une autre normalité demain, une normalité d’après la crise ;

    parce qu’aussi il y a aujourd’hui de nombreuses personnes, notamment parmi les populations les plus en difficulté déjà, qui sont devenues des délinquantes pour rien ;

    parce que refuser de présenter une attestation n’est pas refuser un confinement responsable ;

    Refusons en nombre, au moins une fois, de présenter l’attestation de circulation.

    Contestons l’amende et nous défendrons notre position devant les tribunaux. Plus nous serons nombreux, plus notre démarche sera entendue, et plus nous regagnerons notre dignité

    #refus

  • Covid-19 : l’attaque des drones – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2020/04/01/covid-19-lattaque-des-drones

    À l’heure de la crise sanitaire, la France bascule dans un État policier. Et c’est l’occasion pour les forces de sécurité de déployer massivement leurs derniers gadgets sécuritaires. À travers le pays, la police déploie des drones pour contrôler l’application du confinement. Non seulement pour diffuser par haut-parleurs les directives du gouvernement, mais aussi pour surveiller la population, en orientant les patrouilles au sol et même en filmant celles et ceux qui leur échapperaient pour mieux les sanctionner après.

    Ce déploiement inédit ressemble à une gigantesque opération de communication des autorités, qui mettent ainsi en avant leur arsenal technologique. Cette crise est instrumentalisée pour banaliser l’utilisation d’un outil de surveillance pourtant extrêmement attentatoire à nos libertés. Et le tout dans un cadre juridique flou, voire inexistant. L’État profite ainsi de l’état de sidération pour imposer ses technologies policières.

    Christophe Castaner a la mémoire courte. C’est sans doute la raison pour laquelle il n’a pas hésité, la semaine dernière, à expliquer que, si le gouvernement français s’était pour l’heure abstenu de se livrer à une surenchère en matière de surveillance numérique au cours de cette crise sanitaire, c’était parce que le traçage des données « n’est pas dans la culture française ». Oubliés les bons et loyaux services de l’opérateur télécom Orange qui a illégalement livré aux autorités les données sur ses abonnés ? Oubliés aussi, les programmes de surveillance massifs des services de renseignement français ? Oubliés, le fichier TAJ ou les ventes d’armes numériques aux dictatures ?

  • Fake Off & révisionnisme

    Coronavirus : Attention à ces photos de manifestations de soignants qui datent de dix ans


    FAKE OFF Dans le contexte d’épidémie du coronavirus, attention à ces photos trompeuses de manifestation de personnels soignants, qui remontent à 2010

    Plusieurs photos de manifestations de soignants réprimées par les forces de l’ordre circulent sur les réseaux sociaux depuis quelques jours. « C’était le temps où l’on réclamait des moyens pour mieux prendre soin !! Qui avait raison ???? », indique notamment l’auteur de l’une de ces publications virales, suggérant ainsi que la récente mobilisation des soignants pour réclamer des moyens supplémentaires, avant la crise du coronavirus, était méprisée par l’exécutif et les forces de l’ordre.

    C’est assez fort cet article qui explique que l’executif et les forces de l’ordre qui réprimaient les soignantes c’était il y a 10 ans ! Comme si les seules photos dispo dataient de Sarko et comme si on avait pas exactement les mêmes avec plus de mains et d’yeux arrachés par la police et comme si les flics ne gazaient pas jusqu’à l’intérieur de l’hopital à la Salpêtrière le premier mai dernier.

    #révisionnisme #fake_news_au_carré

    • Bon rappel de ce qu’il y aura pas mal de monde sur le banc des accusés — pas seulement des marcheures.

  • Covid-19 et médias : où sont les femmes ?

    https://blogs.mediapart.fr/gaelle-p/blog/300320/covid-19-et-medias-ou-sont-les-femmes-0

    Depuis plusieurs semaines, et ce aussi bien dans le choix de ses communicants que de son style discursif, le gouvernement renvoie une image masculine de la crise. Au risque d’effacer le rôle et la parole des femmes.

    Qui sont les principaux acteurs politiques sur cette scène médiatique ? Qui sont ceux qui ont articulé les discours clés, les conférences de presse les plus commentées ? Le Président lui-même ; son premier ministre, Édouard Philippe ; Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé ; Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation Nationale et de la Jeunesse, parmi d’autres.

    Tandis que les quelques discours de la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, semblaient se limiter à quelques ‘bourdes’ et autres controverses, la prise de parole des femmes politiques a plus que jamais paru amoindrie.

    Par ailleurs, depuis le discours présidentiel du 16 mars 2020, une rhétorique guerrière s’est mise en place, qu’analysait ainsi le billet de Maxime Combes (« Non, nous ne sommes pas en guerre. Nous sommes en pandémie. Et c’est bien assez. », 20 mars 2020) :

    « Cette référence à la « guerre » convoque par ailleurs un imaginaire viril peuplé d’héroïsme masculin – bien que largement démenti par les faits – et du sacrifice qui n’a pas lieu d’être. Face au coronavirus – et à n’importe quelle pandémie – ce sont les femmes qui sont en première ligne : 88 % des infirmières, 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne. »

    Mais cette invisibilité, ce silence des femmes sont-ils les seuls faits de la communication du gouvernement ?

    En 2019, une étude de l’INA sur la place des femmes à la radio et la télévision[i] concluait qu’on les y entendait deux fois moins que leurs homologues masculins.

    Dans d’autres pays, tel que le Canada où on a dénoncé à multiples reprises la sous-représentation de la parole des femmes dans le discours public, des chiffres similaires ont été avancés et des plans d’action mis en place pour assurer que la perspective des femmes soient représentée équitablement aussi bien dans les médias[ii] que dans la société.

    Pourtant, encore trop peu d’expertes laissent entendre leur voix sur les ondes et dans les pages de nos quotidiens. Est-ce par timidité, par manque de confiance, par inertie, par manque de temps, de place ou de crédibilité ? Tout cela à la fois ?

    Pour trouver les raisons de leur mutisme ou de leur silence, faudrait-il aller voir ailleurs ? Par exemple, dans la manière dont ces femmes sont dépeintes dans les médias, dans les représentations affichées de leurs rôles.

    Ainsi, une des méthodes d’analyse de discours en linguistique consiste à regarder l’usage des mots dans un corpus de textes : leur répétition et le contexte dans lesquels ils apparaissent.

    Prenons, pour l’exemple, les occurrences du mot « femme » dans la première page des sites de trois grands quotidiens et leur environnement linguistique et thématique. On constatera que dans les pages du 29 mars, les sites du Monde et du Figaro n’en présentaient aucune. Sur les six occurrences comptées dans la première page du site de Libération, on trouvait :

    Un article reportant la plus grande vulnérabilité des hommes au Virus (« La vulnérabilité au Covid-19 : une affaire de sexe et de genre ? », tribune du 28 mars)
    Une tribune d’Un collectif de sénatrices et de sénateurs : « Coronavirus et confinement : femmes et enfants en danger » (28 mars 2020)
    Les autres occurrences apparaissant dans un dossier intitulé « Les Violences faites aux femmes »

    Notons que dans ces deux derniers cas, si les femmes sont le sujet de ces articles, elles n’en sont pas tout à fait sujets, puisqu’en tant que victimes, elles sont plutôt objets (de ces violences). S’il n’y a aucun doute qu’il est crucial d’informer sur ces points, il n’en demeure pas moins important de mettre de l’avant le(s) rôle(s) que les femmes jouent dans cette crise.

    Camille Froidevaux-Metterie, philosophe féministe invitée de Patricia Martin sur France Inter ce matin du 29 mars qu’elle interrogeait également sur les violences conjugales, a rappelé l’urgence de revaloriser les statuts et salaires des femmes assurant les métiers du soin, c’est-à-dire de celles qui prennent soin d’autrui (malades, personnes âgées, enfants), travailleuses invisibles grâce à qui la société « tient et s’entretient » et dont on réalise aujourd’hui le rôle vital. Je la cite en clôture ce billet :

    « Il faut que nous prenions en compte les données genrées de cette crise et que nous anticipions pour qu’au moment où nous sortirons de cette crise, nous n’oublierons pas les femmes dont nous avons parlé ce matin et qu’il va falloir continuer d’accompagner. »

    … et d’écouter.

    Quelle blague ! Comment est-ce possible de conclure par « continuer d’accompagner et d’écouter les femmes » alors qu’elle parle de leur effacement tandis que c’est elles qui sont « 88 % des infirmières, 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne. » Tu parle d’une écoute.

    #backlash #manspreading #invisibilisation_des_femmes #misogynie

  • Des réfugiés syriens aident des Suisses vulnérables face à l’épidémie de Covid-19

    Alors que les personnes âgées et les malades s’isolent, un réseau de Syriens restaure un lien vital vers le monde extérieur pour des Suisses qui en ont le plus besoin.

    En tant que médecin à la retraite vivant seule en Suisse, Marie-Claude était inquiète sur les moyens de minimiser son exposition au Covid-19. Puis son téléphone a sonné. C’était son ami Shadi Shhadeh, un réfugié syrien, qui lui demandait comment il pouvait l’aider.

    Quand le coronavirus a commencé, il m’a immédiatement appelé : « Tu as besoin de quelque chose ? Il est devenu presque un fils pour moi », raconte Marie-Claude, la soixantaine bien tassée et dont les enfants adultes vivent à des centaines de kilomètres de là, en Allemagne et en Autriche.

    En recherchant des moyens concrets de venir en aide à autrui, dans le pays où il a trouvé la sécurité, Shadi a rapidement mobilisé un réseau de #bénévoles à Genève et à Lausanne afin de faire des courses pour des #personnes_âgées, des infirmes et d’autres personnes parmi les plus exposées à la pandémie.

    Cette communauté des réfugiés syriens est passée à l’action, en s’appuyant sur un sens profond de la responsabilité envers ceux qui en ont le plus besoin et sur des années d’expérience à survivre au danger et à l’incertitude.

    « Nous avons vécu, et nous vivons encore, une crise en tant que réfugiés », déclare Shadi, 34 ans, originaire de Deraa, au sud de Damas, et arrivé en Suisse en 2013. « Cela nous aide probablement à comprendre plus rapidement qu’il y a une crise et comment aider. »

    La Suisse, avec une population de 8,5 millions d’habitants, compte plus de 11 000 cas confirmés de Covid-19, ce qui en fait l’un des dix pays les plus touchés au monde.

    « Nous sommes un groupe de réfugiés syriens, prêts à faire vos courses pour vous aider à rester chez vous. »

    Lorsque la pandémie a été déclarée, la femme de Shadi, Regula, qui est suisse et a des parents âgés, a réalisé que de nombreuses personnes auraient besoin d’aide. Elle s’est tournée vers Shadi pour enrôler ses amis syriens, qui ont commencé à afficher des prospectus dans les halls d’entrée des immeubles d’habitation et des supermarchés.

    « Nous sommes un groupe de réfugiés syriens, prêts à faire vos courses pour vous aider à rester chez vous », peut-on lire sur l’affichette colorée, qui fournit un contact par e-mail - aiderefugies@gmail.com - pour les personnes qui ont besoin d’aide. Shadi filtre les mails et affecte des bénévoles du quartier, qui se rendent plusieurs fois par jour dans les supermarchés pour faire des courses à la demande.

    « Une femme nous a appelés un jour en disant : ‘Je ne suis pas une réfugiée, puis-je quand même utiliser ce service ?’ J’ai répondu : ‘Bien sûr, nous sommes tous des réfugiés maintenant’ », explique Shadi, qui travaille pour une organisation humanitaire à Genève.

    Afin de minimiser le risque de contracter ou de propager le virus, il insiste pour que les volontaires suivent les directives de santé publique les plus strictes.

    « L’objectif de cette initiative, c’est d’aider les gens à rester dans leur propre zone protégée. Dans ce cas, la zone protégée est leur maison », dit-il. « C’est pourquoi il est important de mettre l’accent sur la sécurité. »

    Il ajoute : « Ces personnes se protègent, tout en protégeant aussi notre système médical de l’effondrement. Nous devons soutenir cela. »

    L’effondrement des services de santé est un phénomène que des millions de Syriens ont connu au cours des neuf années de guerre civile, surtout lorsque les hôpitaux sont devenus des cibles.

    « Nous savons donc ce qu’est un système médical en panne », déclare Shadi. « Nous connaissons des gens qui sont morts de blessures légères car ils n’ont reçu aucun traitement, et nous ne voulons pas en arriver là. Si nous sommes unis maintenant, nous soutiendrons le système médical. »

    Les volontaires de ce groupe ont pour consigne de se laver soigneusement les mains, de porter des gants de protection, de désinfecter les sacs de courses, d’observer une distanciation sociale minimale et de ne s’entretenir que par téléphone avec les bénéficiaires de l’aide.

    « Tout le monde peut le faire... j’invite les gens à copier cette idée et à la mettre en œuvre. »

    Le réseau compte 26 volontaires, dont 18 Syriens. Jusqu’à présent, le groupe estime avoir fait des courses pour 100 à 200 personnes à Genève et à Lausanne, et son réseau de bénévoles s’agrandit de jour en jour. Regula, une spécialiste de la communication qui en a eu l’idée, espère que cette initiative en inspirera d’autres.

    « J’espère que d’autres personnes actives pourront aider, afin que ceux qui devraient se soumettre à une stricte distanciation sociale restent chez eux », dit-elle.

    « Tout le monde peut le faire. Il suffit d’imprimer l’affichette et de l’accrocher dans votre immeuble ou au supermarché. »

    Shadi souhaite que tous les lecteurs de cet article agissent dans leurs communautés. « Je soutiens, j’encourage et j’invite les gens à copier cette idée et à la mettre en œuvre », dit-il.

    « Si, dans chaque bâtiment, il y a une personne qui peut aider, cela restera dans les mémoires des décennies plus tard. »

    https://www.unhcr.org/fr/news/stories/2020/3/5e7db258a/refugies-syriens-aident-suisses-vulnerables-face-lepidemie-covid-19.html
    #coronavirus #réfugiés #réfugiés_syriens #solidarité #Suisse #asile #courses #confinement #restez_chez_soi

    ping @thomas_lacroix

  • #Coronavirus : #métaliste thématique que je mettrai à jour :

    #fascistovirus, les atteintes à nos droits fondamentaux, au prétexte de nous protéger du virus :
    https://seenthis.net/messages/832825

    #solidarité nécessaire pour les plus vulnérables d’entre nous : personnes âgées, malades, handicapées, pauvres, femmes, Palestinien.nes, étudiant.s, mal logé.es, sans domiciles, migrant.es, sans statut, sans papiers, prisonnier.es :
    https://seenthis.net/messages/832826

    Conditions de #travail scandaleuses :
    https://seenthis.net/messages/832829

    Et pour finir, un peu d’humour et d’art quand même :
    https://seenthis.net/messages/832830

  • Coronavirus : pourquoi la France ne dépiste pas davantage
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/03/25/coronavirus-pourquoi-la-france-ne-depiste-pas-davantage_6034367_3244.html


    Des pompiers désinfectent du matériel après une intervention sur un patient atteint du Covid-19, le 24 mars à Paris.
    FRANCK FIFE / AFP

    Outil majeur de lutte contre l’épidémie de Covid-19, le dépistage a été jusqu’à présent pratiqué à petite échelle dans la population, en raison de difficultés techniques et logistiques présentes à toutes les étapes du processus.

    « Testez, testez, testez tous les cas suspects de Covid-19. » La recommandation en forme de supplique du directeur général de l’OMS est-elle tombée dans l’oreille d’un gouvernement français sourd ? « Nous ne pourrons pas stopper cette pandémie si nous ne savons pas qui est infecté », ajoutait le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus. C’était le 16 mars.

    Déjà asséné depuis plusieurs semaines, le message ne semblait pas jusqu’à présent avoir affecté le choix du gouvernement : ne tester que les cas sévères et les publics considérés prioritaires, comme les membres du personnel de santé présentant des symptômes ou des personnes déjà atteintes d’une pathologie. A raison de 5 000 tests par jour.

    Mais était-ce réellement un choix ou un pis-aller ? Difficile d’y voir clair, d’une déclaration à l’autre du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran, ou du directeur général de la santé, Jérôme Salomon. Mardi 24 mars, l’avis du conseil scientifique sur le Covid-19, fort attendu sur ce point, n’a apporté ni indice ni éclaircissement. « L’alternative d’une politique de dépistage à grande échelle et d’isolement des personnes détectées [n’est] pas pour l’instant réalisable à l’échelle nationale », s’est-il borné à déclarer.

    Dans les pays et les régions où il a été réalisé, le testing systématique a montré qu’une proportion importante d’individus qui contractent le virus ne manifeste pas de symptômes ou des symptômes légers. Or ces contaminés invisibles contribuent massivement à la dispersion du virus. Alors pourquoi ne fait-on pas ces tests pour contenir la progression du Covid-19 ? La question figure dans nombre de critiques adressées aux pouvoirs publics, mais aussi dans les esprits des Français confinés. Le gouvernement semble désormais envisager une politique de dépistage massif, afin de préparer la sortie du confinement d’ici à quelques semaines et d’éviter un rebond de l’épidémie. Encore faut-il qu’il s’en donne les moyens.

    #encore_faut_il_s'en_donner_les_moyens
    Le Monde serait-il prêt à demander des comptes,…
    la suite derrière le #paywall

    • Entre complications dans la chaîne logistique, reproches d’impréparation et rumeurs de pénurie de produits nécessaires aux tests, Le Monde a tenté d’identifier les obstacles à une montée en puissance des capacités de tests en France, en explorant chacune des étapes de leur réalisation.

      Effet ramonage
      La première est le prélèvement. Un technicien de santé recueille un échantillon de mucus – plus connu sous l’appellation familière de morve – dans lequel est tapi le virus. Pour cela, il se sert d’un écouvillon, cet objet qui ressemble à un coton-tige, mais en beaucoup plus long et beaucoup plus fin : il faut pouvoir le glisser dans l’arrière du nez et le faire remonter sur plusieurs centimètres jusqu’au nasopharynx. L’effet ramonage, notoirement désagréable, peut entraîner projections et crises d’éternuements et, donc, une contamination. Le technicien doit ainsi être muni d’un équipement de protection individuelle : masque, surblouse, charlotte et lunettes.

      Deux problèmes se présentent dès ce stade. D’abord la pénurie de masques, qui a eu un effet ralentisseur certain sur le nombre de tests pratiqués dans les hôpitaux. Mais aussi en ville. Dans le pays, en effet, entre 400 et 500 laboratoires d’analyse médicale privés seraient théoriquement à même d’effectuer ces prélèvements. Mais « on a été oubliés dans tous les arrêtés listant les professionnels prioritaires » pour se voir distribuer des masques, s’indigne François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes, lesquels ne figurent pas dans le dernier arrêté pris le 23 mars par Olivier Véran. « On en a marre de se battre contre du vent. On en a trouvé en demandant dans les entreprises, les mairies, au Rotary. C’est la démerde. »

      L’écouvillon, ensuite. Si les laboratoires privés disent ne plus en avoir et si de nombreux hôpitaux ont rapporté des pénuries ponctuelles, ce problème semble plus ou moins résolu aujourd’hui. Les usines des principaux fabricants tourneraient désormais jour et nuit pour répondre à la demande, selon le réseau de soins américain Kaiser Permanente. Le numéro un, Copan, possédait une capacité de production de 720 000 écouvillons par jour… avant de se retrouver en plein épicentre du drame italien, à Brescia, en Lombardie.
      Cet écouvillon est ensuite inséré dans un tube fermé et envoyé à un laboratoire. Là, trois phases attendent l’échantillon : inactivation, extraction, amplification. C’est alors qu’entrent en scène les tests de dépistage du SARS-CoV-2 à proprement parler. Mais d’abord l’inactivation. Une opération, appelée lyse, détruit la couronne de lipides qui rend le virus contagieux et dont il tient son nom de « corona ». Le processus présentant un danger, seuls les laboratoires médicaux de sécurité biologique de niveau 2 y sont habilités, ce qui n’est pas le cas de tous.

      Vient ensuite l’extraction du matériel génétique du virus, son ARN en l’occurrence. Comme tous les coronavirus en effet, le SARS-CoV-2 est un virus à ARN (acide ribonucléique), une version inversée de l’ADN (acide désoxyribonucléique), à la manière du négatif d’une photo sur pellicule. Cette opération est réalisée de manière groupée par des automates appelés des extracteurs. Les échantillons n’y sont insérés qu’après avoir reçu, un à un, une petite onction de produits chimiques – les « réactifs ».

      Manque de moyens humains
      Une fois isolé, à l’issue de ce processus, l’ARN est plongé dans un autre mix de produits, puis enfourné dans un thermocycleur, ou machine PCR (pour polymerase chain reaction). Cet appareil fonctionne grâce à un phénomène chimique reposant sur un principe connu de tous : le bain-marie. C’est ici que le négatif de l’ARN est « développé » par une enzyme, appelée transcriptase inverse, et transformé en ADN. Plusieurs copies sont réalisées, d’où le terme « amplification » pour nommer cette ultime étape. Si le virus se multiplie, c’est que l’échantillon est positif au SARS-CoV-2. A noter que, pour diverses raisons, au fil de tout le processus depuis le moment du prélèvement, on peut rater le virus. Ainsi, des patients pourtant contaminés présentent un résultat négatif : ce sont des « faux négatifs ».

      Qui dit multiplicité d’étapes, de produits et de systèmes dit aussi multiplicité de goulots d’étranglement possibles. La plupart d’entre eux tournent autour des machines. Certains automates réalisent les deux opérations – extraction et amplification – en même temps. Le laboratoire suisse Roche propose ainsi deux modèles de sa Cobas, une machine « aussi grande qu’une voiture », avance un porte-parole du fabricant pour justifier le mystère autour de son prix, que l’on dit prohibitif (entre 100 000 et 400 000 euros, selon les sources et les « ristournes » accordées), mais sur lequel il refuse de communiquer.

      Le service de presse de Roche vante des capacités théoriques – bien moins en pratique – allant jusqu’à 1 000 tests en huit heures. Mais ces plates-formes sont des systèmes « fermés » : elles ne fonctionnent qu’avec les tests estampillés Roche. Or, le fabricant n’a obtenu l’autorisation de commercialiser son test « Cobas SARS-CoV-2 » dans l’Union européenne que le 13 mars. Les Cobas sont donc restées inactives sur le front des tests Covid-19 jusqu’alors. « Quarante-huit CHU et laboratoires de recherche ont des plates-formes ouvertes, c’est ce qui nous a sauvés », explique Pauline Londeix, cofondatrice de l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament. Combien de laboratoires publics et privés sont-ils équipés de ces machines fermées – également fournies par Abbott, engagé dans une joint-venture avec Roche ? Personne à ce jour ne dispose de ces informations, pourtant cruciales, pour déterminer la capacité de tests en France.

      Seul acteur français présent sur les tests Covid-19, bioMérieux est un des derniers à proposer deux tests, l’un pour ses plates-formes fermées, l’autre pour les plates-formes ouvertes. Ce dernier, qui n’a pas encore obtenu l’autorisation européenne, bénéficie d’une autorisation dérogatoire de l’ANSM depuis le 19 mars. Assez pour faire s’envoler son cours en Bourse mardi 25 mars au matin.

      Professeur de virologie émérite de l’université Paris-Descartes, Christine Rouzioux a fait basculer l’activité de son laboratoire de recherche à l’hôpital Necker du HIV vers les tests SARS-CoV-2. Avec ses machines ouvertes, le labo réalise « 4 × 80 tests par jour minimum ». Mais « tout ne se résume pas à des problèmes de machines et de réactifs », ajoute-t-elle. Chaque échantillon doit être dûment enregistré « pour qu’on ne rende pas le résultat de Dupont à Durand ». Rentrer 300 à 600 noms dans un ordinateur, voilà qui mange aussi des moyens. Ces moyens humains qui manquent par endroits autant que les enzymes…

      « Du temps, on n’en a pas »
      Autre problème majeur : celui des réactifs, ces « kits » de produits chimiques utilisés pour traiter le virus, que l’on dit en rupture de stock. En particulier la SuperScript III, une enzyme commercialisée par le groupe américain Thermo Fisher. D’après nos informations, il ne s’agirait pas, malgré l’explosion de la demande, d’un problème de production, mais plutôt de tensions sur l’acheminement à travers le monde. Fabriquée aux Etats-Unis, en Chine, mais aussi en Europe, à Vilnius (Lituanie), vendue sous la forme de kits de 100 (604 euros) ou 500 (2 590 euros) réactions, l’enzyme est d’ordinaire livrée sous vingt-quatre ou quarante-huit heures. Les délais atteignent désormais plusieurs jours, dus aux transporteurs, dont le travail est affecté par la pandémie, et à des priorités déterminées en fonction des zones les plus touchées.

      Si la SuperScript manque, pourquoi ne pas la remplacer par une autre enzyme ? Lorsqu’on emploie des technologies aussi sophistiquées et que les enjeux sont aussi vitaux, le bricolage rencontre vite ses limites. Directeur du laboratoire Production et analyse des données en sciences de la vie et en santé (Sorbonne Université-Inserm), Stéphane Le Crom compare le protocole d’un test à une recette. « Prenez la mousse au chocolat de Cyril Lignac. On peut faire une mousse au caramel s’il n’y a plus de chocolat, mais encore faut-il adapter la recette pour que la mousse soit bonne. » Cela demande un peu de temps. « Et du temps, on n’en a pas. »
      Pour Christine Rouzioux, « le gouvernement doit créer un accès plus fluide aux réactifs et passer à une échelle supérieure ». Cette impréparation à des pénuries prévisibles laisse perplexe Pauline Londeix, ancienne vice-présidente d’Act Up. « Pourquoi n’y a-t-il pas eu de réflexion à partir de janvier [au moment de l’émergence du virus en Chine] au gouvernement pour fabriquer ces réactifs, qui ne sont protégés par aucun brevet ? »

      Au sein des organismes de recherche publique, c’est le branle-bas de combat pour recenser « matériels et réactifs que les unités peuvent mettre à disposition pour les tests Covid-19 en dehors de leurs besoins à court et à moyen terme » – des masques aux machines PCR. Dans un courriel envoyé dimanche 22 mars, les directeurs des cinq organismes de recherche publique français (CNRS, Inserm, Inrae, Inria, CEA) demandent aux équipes de relever moyens matériels et humains. D’après nos informations, il s’agit de leur initiative propre, et non d’une demande du gouvernement.

      « Entre l’état de l’hôpital et celui de la recherche publique, on n’arrivait déjà plus à faire le travail normalement, ironise Christine Rouzioux. Alors ça ne sert à rien de dire qu’on n’était pas prêts pour une pandémie, on n’était prêts à rien ! »
      Au soir du 24 mars, le directeur de la santé, Jérôme Salomon, annonçait que la France avait désormais une capacité de 9 000 tests par jour, et que l’achat d’automates allait permettre de grimper à 29 000 tests d’ici à la fin de la semaine prochaine.

  • « De nombreux patients ne seront plus soignés » : le désarroi des hôpitaux psychiatriques face au coronavirus

    Le secteur de la santé mentale s’organise comme il peut, dans l’urgence, afin de maintenir les soins pour les cas les plus difficiles et éviter la propagation du Covid-19 au sein des établissements.

    Par Catherine Vincent

    Pas de masques, nulle part ou presque. Pas même au Groupe hospitalier universitaire (GHU) psychiatrie et neurosciences de Paris, qui regroupe les hôpitaux Sainte-Anne, Maison-Blanche et Perray-Vaucluse – soit 70 000 patients par an et un millier de lits. « Dans la distribution, nous avons tout simplement été oubliés par les autorités sanitaires, constate le docteur Raphaël Gaillard, chef de pôle à l’hôpital Sainte-Anne. Comme si la psychiatrie était une spécialité accessoire, un luxe que l’on peut se permettre en temps de paix. » Dans le secteur de la santé mentale, parent pauvre d’un système hospitalier lui-même dégradé, la crise sanitaire actuelle suscite les pires inquiétudes. Pour les soignants, et plus encore pour les malades.

    Partout, que ce soit dans les services de psychiatrie des hôpitaux généraux ou dans les établissements psychiatriques de secteur, le confinement en vigueur depuis le 17 mars entraîne les mêmes réorganisations. Avec deux objectifs : éviter au maximum le rapprochement des personnes et libérer des lits. La sortie des patients dont l’état est jugé satisfaisant est accélérée, la plupart des consultations reportées ou effectuées par téléphone. « J’avais entre 70 et 100 patients à voir dans les trois prochaines semaines, j’ai demandé à seulement deux d’entre eux de venir », précise Matthieu Gasnier, du service de psychiatrie de l’Hôtel-Dieu (Paris). On s’adapte dans l’urgence. Et non, parfois, sans une certaine amertume.

    « Une médecine humanitaire, en plus difficile »
    Janine Carrasco travaille à l’hôpital psychiatrique Etienne-Gourmelen, à Quimper (Finistère). Si le centre médico-psychologique (CMP) y est resté ouvert, les structures ambulatoires, elles, ont fermé. Dans cet important établissement (1 000 salariés, 250 lits), une partie des personnels a été réaffectée pour renforcer les structures d’accueil des patients atteints du Covid-19. « En prévision de l’absentéisme des collègues qui vont tomber malades, ils ont déjà fermé les structures de jour qui assurent les urgences. De nombreuses personnes ne seront plus soignées. Une fois de plus, c’est la psychiatrie qui doit diminuer la voilure », déplore cette éducatrice spécialisée.

    Familière des missions de Médecins sans frontières, avec qui elle a longtemps travaillé, la pédopsychiatre Marie Rose Moro, qui dirige la maison des adolescents de l’hôpital Cochin, à Paris, évoque quant à elle « une médecine humanitaire, en plus difficile, car [ils n’ont] jamais connu ça ici ». En quelques jours, tout a dû être réorganisé : plus de visites des parents et des enseignants, activités de groupe réduites à l’extrême, mesures d’hygiène draconiennes. « On recentre tout sur l’essentiel pour pouvoir soigner ceux qui vont le plus mal. »

    Globalement, la vingtaine d’adolescents hospitalisés dans cet établissement réagissent plutôt bien au confinement et à la réduction des visites. « Ils comprennent ce qui se passe, et le fait d’avoir des consignes claires – se tenir à un mètre les uns des autres, ne pas se toucher – les aide à contrôler leurs angoisses internes. Mais cela peut aussi précipiter leur décompensation. Il y a quelques jours, deux jeunes se sont mis à délirer. »

    « Montée des tensions et de l’angoisse »
    Comprendre ce qui se passe : un luxe que tous les malades psychiatriques ne peuvent pas s’offrir. Sarah Iribarnegaray, psychiatre à l’hôpital de la Pitié-Salpétrière, à Paris, travaille dans l’unité des patients difficiles. « Pour beaucoup d’entre eux, délirants ou très déprimés, l’épidémie est très loin de leurs préoccupations. Ce qui les touche directement, c’est l’absence de visites et la suppression des permissions de sortie », relate-t-elle.

    « Pour les patients les plus fragiles ou les plus difficiles, le confinement risque, sur la durée, de faire monter les tensions et l’angoisse », renchérit Marie-Victoire Ducasse. A l’hôpital Sainte-Anne où exerce cette jeune psychiatre, les malades mangent désormais en chambre et non plus dans la salle commune. L’accès au parc est fermé. La salle de télé, en revanche, est restée accessible. « Certains patients comprennent qu’il faut faire respecter les gestes barrières, mais pour ceux qui sont très désorganisés, c’est compliqué, reconnaît-elle. On ne va pas non plus les enfermer 24 heures sur 24 dans leur chambre, ça n’a aucun sens. »

    Pour la plupart des psychiatres, les bouleversements qu’entraîne la gestion de l’épidémie laissent craindre deux types de risques. Le premier concerne le suivi et la qualité des soins, critère particulièrement essentiel pour ces populations au psychisme fragilisé. « Les consultations par téléphone, pour le moment, se passent plutôt bien, constate Raphaël Gaillard. Mais pour combien de temps ? L’expérience que nous avons tirée de l’explosion de l’usine AZF, à Toulouse, en 2001, qui avait soufflé un hôpital psychiatrique situé juste à côté, c’est que, dans les situations aiguës, nos patients se comportent plutôt de façon remarquable. Mais il y a forcément un effet rebond. »

    « Un afflux de patients »
    Déjà, la tension se fait sentir pour certains d’entre eux. « Toutes les structures extra-hospitalières ferment, et nous assistons à un afflux de patients isolés, qui pètent les plombs. Les schizophrènes paranoïdes notamment, qui ont tendance à se sentir persécutés », constate Delphine Rousseau, psychologue à l’hôpital psychiatrique de Ville-Evrard (Bondy, Seine-Saint-Denis) et dans le service addictologie du Centre hospitalier intercommunal André-Grégoire de Montreuil (Seine-Saint-Denis). Privés de leurs recours habituels, les plus vulnérables, ceux qui sont à la rue ou zonent de place en place, risquent fort d’atterrir aux urgences psychiatriques.

    Deuxième crainte grandissante des psychiatres : la propagation du coronavirus au sein d’un établissement. Aucun foyer de contamination n’a pour le moment été déclaré, mais la perspective est plausible, et très inquiétante. « On sait que certains malades voient leurs familles et que les familles véhiculent le virus. Nous allons avoir des malades Covid +, et il sera particulièrement difficile de les prendre en charge, prévoit le docteur Norbert Skurnik, psychiatre hospitalier et président du comité d’éthique du GHU de Paris, qui rappelle que, « lorsqu’un schizophrène délirant a un infarctus, c’est déjà l’abomination pour trouver des soins ».

    Que fera-t-on de ces malades contagieux, s’ils sont en détresse vitale ? Il n’y a pas de service de réanimation dans les hôpitaux psychiatriques. « On est en train de chercher des solutions un peu partout. Mais on n’a aucune directive, aucune consigne claire, se désole le docteur Skurnik. C’est le far west. »

    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/25/les-hopitaux-psychiatriques-en-plein-desarroi-face-au-coronavirus_6034308_32

    #santé #santé_mentale #psychiatrie #far_west_néolibéral #maladie #coronavirus #covid19 #HP

  • On me précise ça, peut-être utile pour certain.es :

    Comme vous le savez l’#Assurance_Maladie a mis en place un dispositif d’#arrêt_de_travail indemnisé pour les salariés contraints de rester à domicile suite à la fermeture de l’établissement accueillant leur enfant, sans possibilité de télétravail.

    Ce dispositif est étendu, à compter du 18 mars aux personnes dont l’état de santé conduit à les considérer comme présentant un risque de développer une forme sévère de la maladie Covid-19.

    Ces personnes sont, conformément à un avis rendu par le Haut Conseil de la santé publique :
    -les femmes enceintes ;
    -les personnes atteintes de maladies respiratoires chroniques (asthme, bronchite chronique…) ;
    -les personnes atteintes d’insuffisances respiratoires chroniques ;
    -les personnes atteintes de mucoviscidose ;
    -les personnes atteintes d’insuffisances cardiaques (toutes causes) ;
    -les personnes atteintes de maladies des coronaires ;
    -les personnes avec antécédents d’accident vasculaire cérébral ;
    -les personnes souffrant d’hypertension artérielle ;
    -les personnes atteintes d’insuffisance rénale chronique dialysée ;
    -les personnes atteintes de Diabète de type 1 insulinodépendant et de diabète de type 2 ;
    -les personnes avec une immunodépression :
    personnes atteintes de pathologies cancéreuses et hématologiques, ou ayant subi une transplantation d’organe et de cellules souches hématopoïétiques,
    personnes atteintes de maladies inflammatoires et/ou auto-immunes recevant un traitement immunosuppresseur,
    personnes infectées par le VIH ;
    -les personnes atteintes de maladie hépatique chronique avec cirrhose ;
    -les personnes présentant une obésité avec un indice de masse corporelle (IMC) égal ou supérieur à 40.

    Conformément aux décisions gouvernementales, ces personnes doivent impérativement rester à leur domicile, en arrêt de travail, si aucune solution de télétravail n’est envisageable. Elles peuvent désormais se connecter directement, sans passer par leur employeur ni par leur médecin traitant, sur le site https://declare.ameli.fr pour demander à être mises en arrêt de travail pour une durée initiale de 21 jours.

    Aussi, si vous êtes concernés :
    –avant de faire la déclaration, merci de prévenir votre manager et le service RH
    –une fois la déclaration effectuée il faudra l’envoyer par mail au service RH pour que nous puissions faire le nécessaire en paie.

    #coronavirus

    • Dans une situation où normalement je télétravaille en indépendante, vu la récession actuelle, je peux faire une croix sur une quelconque rémunération, que ce soient les aides ou le travail, télétravail or not, no taf = no money.

  • Les courbes déprimantes du samedi 21 mars…

    Les décès quotidiens (non cumulés, axe des ordonnées logarithmique) en Italie, France et Espagne :


    Les trois pays suivent toujours une progression clairement exponentielle. L’italie dépasse les 4800 morts.

    La superposition des courbes italiennes et françaises (décès cumulés, 11 jours de décalage) :

    Sources :
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie_de_maladie_à_coronavirus_de_2020_en_France
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Pandémie_de_maladie_à_coronavirus_de_2020_en_Italie
    https://es.wikipedia.org/wiki/Pandemia_de_enfermedad_por_coronavirus_de_2020_en_España

  • Covid-19 : La mairie de #Montpellier instaure un couvre-feu entre 22h et 5h
    https://lemouvement.info/2020/03/21/covid-19-la-mairie-de-montpellier-instaure-un-couvre-feu-entre-22h-et-

    – L’instauration d’un couvre-feu, dès ce soir, avec interdiction de sortir de 22h à 5h du matin
    – La fermeture de tous les marchés alimentaires de la ville, dès dimanche 22 mars 2020
    – La mise à disposition du Gymnase Bernard Gasset (Avenue Laurice Planès) pour organiser l’aide alimentaire aux plus démunis
    – Les transports publics seront dédiés seulement aux personnes autorisées (en application de l’article 1er du décret du 16 mars 2020 portant réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus Covid-19)

    Le dernier terme n’est pas bien clair : c’est qui les personnes autorisées ? Selon l’article 1 du décret, c’est en gros tout le monde avec sa déclaration sur l’honneur :
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000041728476
    Si c’est bien ça, je ne vois pas ce que ça change : puisque sinon tu n’as déjà pas le droit de sortir de chez toi.

    Sinon, le couvre-feu, figure-toi que le supermarché le plus proche de chez nous est un des rares qui sont ouverts 24h/24. Normalement je n’y vais pas en dehors des horaires usuels, mais pour le coup, je me disais que pour éviter de croiser d’autres zombies, ça pourrait valoir le coup de faire la grosse commission aux alentours de minuit. Bon ben finalement non.

  • Confinement : Rien n’a vraiment changé, tu sais (c’est juste pire)

    Alors que certains médias nous vendent le #confinement comme un instant bien-être ou un temps de ressourcement, tandis que les 1er journaux intimes de confinement fleurissent dans la presse laissant présager d’une rentrée littéraire difficile, le confinement est avant tout un gigantesque révélateur (et accélérateur) des #inégalités.
    Recension.

    Journaux de confinement, la lutte des classes (Mathilde Serrell, France Culture, 20.03.20)
    https://www.franceculture.fr/litterature/latheorie-journaux-de-confinement-la-lutte-des-classes

    Le confinement et l’explosion des inégalités sociales (Cathy Billard, NPA, 17.03.2020)
    https://npa2009.org/actualite/social-autres/le-confinement-et-lexplosion-des-inegalites-sociales

    À toutes ces questions, pas de réponse dans les discours de Castaner et autres ministres spécialistes du service après-vente. Pas non plus de visibilité dans les médias. Ces femmes, ces hommes, ces enfants passent sous les radars. Le confinement va évidemment aggraver de manière majeure les #discriminations, les moins pauvres vont vivre le confinement en régions, les #pauvres dans leurs logement plus ou moins exigus et insalubres et les plus pauvres confinéEs dans la rue, les parkings. Pas besoin d’être très perspicace pour mesurer le caractère explosif de ce qui ne fait que commencer : explosif pour la circulation du virus dans ces cadres où les mesures de distanciations ne sont que de lointaines incantations, explosif dans les confrontations qui ne manqueront pas d’advenir aussi bien entre les personnes, qu’avec les représentants du « maintien de leur ordre ».

    Avec le coronavirus et le confinement, le scandale des inégalités sociales éclate (Anne Lambert, Le Huffington Post, 19.03.20)
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/avec-le-coronavirus-et-le-confinement-le-scandale-des-inegalites-soci

    Soignants, fonctionnaires, prolétariat urbain endiguent l’#épidémie tandis que les classes supérieures fuient. Il faudra s’en souvenir. Il faudra que justice se fasse.

    Les riches à la maison, les pauvres envoyés au front ? Le sentiment d’injustice monte chez les non-confinés (Sibylle Laurent, LCI, 18.03.2020)
    https://www.lci.fr/population/certains-vont-bosser-la-boule-au-ventre-ces-salaries-qui-ont-l-impression-d-etre

    Avec les mesures de confinement, se dessinent deux réalités pour les travailleurs : ceux qui peuvent se préserver, en télétravail, et ceux qui sont sur le terrain. Avec parfois, le sentiment d’y risquer leur #santé.

    Pourquoi des personnalités publiques sont-elles dépistées alors que les tests sont limités ? (Nina Le Clerre, CNEWS, 20.03.20)
    https://www.cnews.fr/france/2020-03-20/pourquoi-des-personnalites-publiques-sont-elles-depistees-alors-que-les-tests-

    Les tests sont réservés notamment aux personnes présentant des signes de complication. Pourtant, de nombreuses personnalités annoncent régulièrement sur les réseaux sociaux avoir été testées positives au virus, sans présenter de signes de gravité apparents. […] Des annonces surprenantes alors même qu’une politique très restrictive en matière de tests s’applique à la majorité des Français et est censée s’appliquer à tous de la même manière. […] Dans ces conditions, la multiplication des annonces a révolté de nombreux internautes faisant enfler la polémique, notamment sur les réseaux sociaux. […] Le soignant a dénoncé des « passe-droits insupportables » alors que certains de ses confrères ne parviennent à se faire tester.

    Éducation

    École à la maison : « Le coronavirus ne crée pas les inégalités, il les révèle » (entretien avec Rodrigo Arenas, Le Télégramme, 20.03.2020)
    https://www.letelegramme.fr/dossiers/lecole-a-distance-comment-ca-marche/ecole-a-la-maison-le-coronavirus-ne-cree-pas-les-inegalites-il-les-reve

    Avec l’école à la maison, les inégalités scolaires risquent-elles de se creuser ?

    Enseignement à distance : "On peut craindre un élargissement des inégalités" dans l’éducation (Pierre Ropert et Louise Tourret, France Culture, 13.03.2020)
    https://www.franceculture.fr/societe/enseignement-a-distance-peut-craindre-un-elargissement-des-inegalites-

    Emmanuel Macron a annoncé la fermeture des établissements scolaires, « jusqu’à nouvel ordre ». Une mesure de santé publique nécessaire, mais qui soulève de nouvelles problématiques : comment assurer un enseignement égal pour tous les élèves ?

    SDF

    Coronavirus : les sans-abri sur le carreau du confinement (Sandrine Arrestier, La Voix du Nord, 17.03.2020)
    https://www.lavoixdunord.fr/727820/article/2020-03-17/les-sans-abri-sur-le-carreau-du-confinement

    Les #SDF errent nombreux dans les rues, davantage précarisés qu’avant le confinement, faute de trouver les moyens de manger, exposés au virus. Les travailleurs sociaux font comme ils peuvent. Les préfectures travaillent encore à des solutions.

    Coronavirus : des SDF verbalisés pour non-respect du confinement (AFP via Le Parisien, 20.03.20)
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/coronavirus-des-sdf-verbalises-pour-non-respect-du-confinement-a-paris-ly

    Des cas ont notamment été recensés à Paris, Lyon et Bayonne, une situation ubuesque que dénoncent des associations.

    Violences familiales, violences conjugales

    Coronavirus : pendant le confinement, le 3919 ne répond plus (Camille Sarazin, BFMTV, 20.03.2020)
    https://www.bfmtv.com/societe/coronavirus-pendant-le-confinement-le-3919-ne-repond-plus-1878887.html

    La période de confinement fait craindre une augmentation des #violences_conjugales. Alors que de nombreuses femmes doivent rester à leur domicile avec un conjoint violent, le numéro d’écoute est coupé depuis plusieurs jours.

    « C’est totalement explosif » : l’Aide sociale à l’enfance dans la tourmente de l’épidémie due au coronavirus (Julie Carriat, Le Monde, 20.03.2020)
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/20/c-est-totalement-explosif-l-aide-sociale-a-l-enfance-dans-la-tourmente-de-l-

    Les foyers pour mineurs accusent le coup de la crise sanitaire. Au nom des 60 000 enfants qui leur sont confiés, les professionnels du secteur refusent qu’on les oublie.

    Confinement : l’inquiétude monte pour les femmes victimes de violences (Virginie Ballet, Libération, 20.03.2020)
    https://www.liberation.fr/france/2020/03/20/confinement-l-inquietude-monte-pour-les-femmes-victimes-de-violences_1782

    Certaines associations réclament la mise en place d’un plan d’urgence pour faire face à la crise actuelle. Le gouvernement dit « tout faire pour que les femmes confinées puissent se sentir en sécurité ».

    Confinement : une situation "dangereuse" pour les femmes victimes de violences (Audrey Dumain, France Inter, 19.03.2020)
    https://www.franceinter.fr/societe/confinement-une-situation-dangereuse-pour-les-femmes-victimes-de-violenc

    Cela pourrait être l’une des conséquences les plus dramatiques du confinement en France : l’explosion des violences faites aux femmes. Si le gouvernement dit maintenir au mieux les dispositifs de lutte, pour les associations, cela ne suffit pas. À situation exceptionnelle, dispositif exceptionnel ?

    Le confinement provoque des inquiétudes sur la maltraitance des enfants (Agnès Leclair, Le Figaro, 19.03.2020)
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/le-confinement-provoque-des-inquietudes-sur-la-maltraitance-des-enfants-202

    Le système public de #protection_de_l’enfance, déjà sous tension, peine à faire face à la crise engendrée par le Covid-19.

    Coronavirus : face à la pandémie, les femmes en première ligne ? (Isabelle Mourgere, TV5 Monde, 17.03.2020)
    https://information.tv5monde.com/terriennes/coronavirus-face-la-pandemie-les-femmes-en-premiere-ligne-3517

    Les femmes en première ligne du coronavirus ? C’est en tout cas ce que constatent plusieurs enquêtes publiées dans la presse britannique. Et ce à plusieurs niveaux : largement majoritaires parmi les personnels soignants, elles font partie des populations qui risquent le plus d’être contaminées. Autre crainte : l’augmentation des violences conjugales liées au confinement à domicile.

    • Sur confinement et école, Caroline De Haas a fait un tweet bien sympa qui liste toutes les manières qu’elle a trouvées d’occuper ses enfants en continuant leur éducation. C’est bien, je ne critique pas, mais personne n’a une pensée pour les gosses dont les parents n’ont pas le capital immatériel nécessaire pour faire tout ce boulot, tout le monde est super positif, dans sa bulle petite-bourgeoise. Je comprends, j’ai la même, mais quand même... pas un mot ?

      https://twitter.com/carolinedehaas/status/1239435632394547200

    • @philippe_de_jonckheere à ce propos aujourd’hui :
      http://desordre.net/blog

      Comme je disais précédemment il y a confinés et confinés. Il y a les confinés dont je parlais et qui sont plus entassés que confinés, il y a même celles et ceux qui ne peuvent pas se confiner, et puis celles et ceux pour lesquels le confinement est une aventure plaisante, tellement elle est le lieu même de la récréation, et donc de la création, croient-ils et elles. En ces périodes de confinement la télévision de soi va bon train, le mot-dièse confinement devient le refuge de tous ces petits oiseaux bleus qui vivent, en fait, le reste de l’année, parfaitement repliés sur eux-mêmes et qui tiennent là leur chance, tellement enviable, à la célébrité wahrolienne. Florilège. En cette période de confinement je mets en téléchargement gratuit mon roman de science-fiction — je ne suis pas parvenu jusqu’au bas de la première page, ceci dit la science-fiction ce n’est pas ma tasse d’Earl Grey. Confinement oblige, notre maison d’édition en ligne met l’entièreté de son catalogue — d’invendus — à la disposition de toutes et tous. « Lisez » qu’il disait à l’Élysée (ne l’élisez plus, pitié !) — ce sera ma contribution à ce confinement de la générosité, je fais don de ce slogan publicitaire. Et puis c’est toute la cohorte de ces toi-tubeurs qui habituellement nous parlent depuis leur salon, leur chambre ou leur garage, qui s’imaginent habituellement passer à la téloche, mais qui, en fait, parlent habituellement à un miroir pas du tout grossissant, celles et ceux-là s’en donnent à cœur joie de désormais nous entretenir de tous les aspects insoupçonnés de leur vie pleine de trous et qui s’imaginent sans doute que le confinement est leur chance ultime de percer. Zéro multiplié par zéro égale zéro. Désolé.

    • Ça y est, c’est officiel, je ne ferai pas de journal de confinement. Le premier mail, ça va, pour décrire mes conditions de confinement à des ami·es qui s’inquiéteraient de me savoir à l’isolement dans mon studio de 12 m2. Une fois signalé que tout va bien, que je suis chez des ami·es et qu’on profite d’un jardin, je n’ai vraiment rien d’autre à dire à part « portez-vous bien ». Ah, si, j’ai croisé par hasard un copain de Jek Klak et puis un autre en revenant de la Biocoop, la vie est belle des fois. Mais philosopher sur le monde en prétendant que c’est solo alors qu’en vrai on interagit avec un paquet de monde comme le montre @davduf dans son journal, qu’on est pris·es dans une circulation déchaînée d’idées, de rumeurs, de chiffres et autres, je laisse ça aux dépolitisé·es...

  • Stratégie d’autoconfinement de l’État et de l’économie

    Louis

    https://lavoiedujaguar.net/Strategie-d-autoconfinement-de-l-Etat-et-de-l-economie

    La mise en place d’un confinement de la population (incroyablement illisible par ailleurs) me semble une réponse, ou plutôt une tentative de réponse, a-économique pour faire face à la faillite des marchés dans l’incapacité d’aborder la problématique soulevée par l’émergence de la crise « sanitaire » du coronavirus.

    Il me semble que toutes les solutions alternatives à opposer au confinement sont des solutions qui, au final, comptent sur les mécanismes du marché et ses capacités industrielles pour gérer la crise : toutes les solutions alternatives (masques, gels, tests, médicaments, vaccins, etc.) supposent la continuité fonctionnelle de la machine économique, alors qu’elle est justement prise en défaut !

    Le confinement est une tentative de réponse de l’État à l’impéritie de l’économie face à la crise « sanitaire ». Il ne fait pour moi absolument aucun doute que si l’État avait pu mettre en scène et en œuvre une solution technique de type généralisation des masques, des tests, distribution massive de médicaments type chloroquine, etc., il n’aurait pas hésité une seule seconde. (...)

    #pandémie #État #marché #économie #confinement #crise #désorganisation #pilotage

    • Mais ce n’est pas parce que la technique du confinement est mise en œuvre autoritairement par l’État que le confinement n’est pas une méthode rationnelle et raisonnable. C’est du moins mon humble avis. Pour moi, toute alternative au confinement revient de facto à attendre une solution, à dépendre d’une solution, parfaitement aléatoire des forces du marché. Or, je n’accorde aucune confiance aux marchés : ne pas confiner en donnant des masques à tout le monde pour que rien ne s’arrête, ne pas confiner en prenant les gens pour des cobayes de l’industrie pharmaceutique pour que rien ne s’arrête, ne pas confiner sous prétexte que sa mortalité/létalité serait limitée et qu’il y aurait donc un nombre de décès acceptables par principe (on meurt bien de tas d’autres choses…), revient finalement à dédouaner le monde de l’économie de toute responsabilité dans ce qui se passe… Mais, de toute façon, ces solutions ne sont pas, à l’heure actuelle, opérationnelles. À l’inverse cela ne revient en rien à relégitimer l’État.

  • Coronavirus : pourquoi le taux de mortalité est-il aussi bas en #Allemagne  ?
    https://www.sudouest.fr/2020/03/19/coronavirus-pourquoi-le-taux-de-mortalite-est-il-aussi-bas-en-allemagne-734

    « Nous avons reconnu très tôt ici la maladie dans notre pays : nous sommes en avance en matière de diagnostic, de détection », affirme Christian Drosten, directeur de l’Institut de virologie à l’hôpital de la Charité à Berlin. Ce critère, associé à l’important maillage territorial de laboratoires indépendants en Allemagne qui dès janvier – alors que le nombre de cas positifs était encore très faible – ont commencé à tester les gens, aurait permis aux docteurs du pays de mieux diagnostiquer la maladie et d’écarter en quarantaine les cas les plus à risque.

    Ces nombreux laboratoires augmentent la capacité de dépistage, estimé à quelque 12 000 par jour par l’Institut Robert Koch (IRK), qui pilote la lutte contre l’épidémie. Se faire tester en Allemagne reste compliqué mais, aux dires des experts, plus simple que dans d’autres pays : l’apparition de symptômes couplée au contact avec un cas confirmé ou une personne revenant d’une zone à risque suffisent.

  • Face au #coronavirus les #GiletsNoirs s’organisent
    @gilets_noirs, Twitter, le 16 mars 2020
    https://twitter.com/gilets_noirs/status/1239521766705430529

    Voici une liste de produit dont nous avons besoins en grde quantité :
    – thermomètres
    – savon liquide
    – produits désinfectants
    – javel
    – paracétamol
    – nourriture non périssable
    – pr gel hydro-alcoolique : Alcool à 70° ou 90°/Gel d’aloe Vera Huile végétale

    #solidarité #migrants

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

  • Confinement : le gouvernement envisage le recours aux militaires de Sentinelle - Le Parisien
    http://www.leparisien.fr/faits-divers/confinement-le-gouvernement-envisage-le-recours-aux-militaires-de-sentine

    7000 soldats de l’opération Sentinelle pourraient être mis à contribution pour se substituer aux policiers et gendarmes appelés à contrôler les restrictions de circulation.

    Décision dans

    les prochaines heures

    #Coronavirus #CarnetDunConfiné #police #maintien_de_l'ordre

  • Interrogé sur l’abattoir Sobeval, Didier Guillaume perd ses nerfs et arrache le micro d’un journaliste
    https://www.lci.fr/politique/interroge-sur-l-abattoir-sobeval-agriculture-didier-guillaume-perd-ses-nerfs-et-

    https://video.twimg.com/ext_tw_video/1232736997749534721/pu/vid/1280x720/nTkt6zHsIzTpzZcF.mp4


    https://twitter.com/cavousf5/status/1232737100514066442

    C’est lorsqu’il a été interrogé sur ce double langage que Didier Guillaume a perdu son calme. Dans un premier temps questionné sur l’abattoir Sobeval, le ministre répond qu’il va « communiquer ». Puis le journaliste enchaîne en se concentrant sur son supposé « double langage », mis en avant par L214 mardi 25 février. Didier Guillaume lui arrache alors le micro des mains, tout en répondant, énervé : « Je n’ai pas de double langage ». Il vient ensuite rendre le micro au reporter de « C à vous » en se justifiant d’avoir agi ainsi car il lui mettait le micro « devant la bouche ».

  • L’appel de 1 000 scientifiques : « Face à la crise écologique, la rébellion est nécessaire »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/02/20/l-appel-de-1-000-scientifiques-face-a-la-crise-ecologique-la-rebellion-est-n

    Nous invitons tous les citoyens, y compris nos collègues scientifiques, à se mobiliser pour exiger des actes de la part de nos dirigeants politiques et pour changer le système par le bas dès aujourd’hui. En agissant individuellement, en se rassemblant au niveau professionnel ou citoyen local (par exemple en comités de quartier), ou en rejoignant les associations ou mouvements existants (Alternatiba, Villes en transition, Alternatives territoriales…), des marges de manœuvre se dégageront pour faire sauter les verrous et développer des alternatives.

  • It’s time to say goodbye to our most ambitious climate target ever | WIRED UK
    https://www.wired.co.uk/article/climate-crisis-temperature-target-paris-agreement

    For the last four years, avoiding 1.5 degrees of warming has been at the top of the climate agenda. But the goal is already out of reach. Where do we go next?

    #climat