• Feux du Diois, autoorganisation | En reportage permanent
    https://p-node.org/broadcasts/enreportagepermanent

    Début juillet 2026, un feu à deux têtes se déchaine sur la montagne au-dessus de Die dans la Drôme.L’un des villages concernés est Barsac, l’endroit où je vis. J’ai enregistré les deux jours précédant l’évacuation, les 5 et 6 juillet 2026. A Barsac, la protection des maisons s’organise entre pompiers et volontaires du village. Les habitants improvisent aussi une base arrière à la salle des fêtes. Source : PiNode

  • https://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Mujica?wprov=sfla1

    José Alberto Mujica Cordano (/xoˈse muˈxika/[1]), dit Pepe Mujica, est un homme d’État uruguayen, né le 20 mai 1935 à Montevideo et mort le 13 mai 2025 à Rincón del Cerro. Il est président de la république orientale de l’ #Uruguay de 2010 à 2015.

    Guérillero des #Tupamaros dans les années 1960-1970, il est détenu en tant qu’otage et torturé sous la dictature militaire. Après le rétablissement de la démocratie, il participe à la création du Mouvement de participation populaire (MPP) avec le Mouvement de libération nationale Tupamaros (MLN-T).

    [...]

    Il se distingue, à l’échelle internationale, par son mode de vie, très éloigné du faste habituel de la fonction présidentielle. Il délaisse le palais présidentiel pour habiter la petite ferme de son épouse, « au bout d’un chemin de terre » en dehors de Montévidéo. Il continue à y cultiver avec son épouse des fleurs à des fins commerciales et donne environ 90 % de son salaire présidentiel à un programme de logement social, conservant pour lui-même l’équivalent du salaire moyen en Uruguay (environ 900 € par mois). Le couple présidentiel bénéficie de la protection de deux policiers à la ferme.

    [...]

    Politique sociétale

    En octobre 2012, le Parlement vote la légalisation de l’ #avortement. Contrairement à son prédécesseur, qui avait mis son veto à cette légalisation, Mujica fait approuver la loi[30]. L’Uruguay devient ainsi le deuxième pays d’Amérique latine à autoriser l’avortement après Cuba[29]. En avril 2013, les parlementaires approuvent définitivement une loi ouvrant le mariage aux couples de même sexe[2].

    En juin 2012, le gouvernement propose de légaliser et réguler la vente de #marijuana. Malgré des critiques venues du monde entier[31], la revue britannique Monocle[32] salue cette décision, et le magazine américain Time se demande ensuite si ce n’est pas un exemple à suivre pour le reste du monde[33]. Le 6 mai 2014, Mujica signe une loi légalisant le cannabis et régulant toute sa chaîne de production sous l’autorité de l’État[34].

    [...]

    Politique économique et sociale

    En termes généraux, il s’inscrit dans la continuité de la politique de la mandature précédente. La part des dépenses sociales dans le total des dépenses publiques passe ainsi de 60,9 % à 75,5 % entre 2004 et 2013[21]. Selon le sociologue Denis Merklen, lorsque José Mujica rend le pouvoir à son successeur, l’Uruguay est à nouveau « champion de l’Amérique latine en matière sociale. En décembre 2013, le #chômage représente 6,3 % de la population active. L’emploi non déclaré concerne seulement 16 % des salariés. La #pauvreté passe de 40 % en 2005 à 11,5 % de la population et elle est inférieure à 3 % dans les zones rurales. L’indigence touche 0,5 % des personnes. Sur la totalité de ces indicateurs, l’Uruguay est alors le pays le mieux placé de l’Amérique latine[22]. » Le #salaire minimum est rehaussé de 250 %[23].

    Il soutient par ailleurs le renforcement des #syndicats. D’après la Confédération syndicale internationale, l’Uruguay est devenu le pays le plus avancé d’Amérique en matière de respect « des droits fondamentaux du travail, en particulier la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et le droit de grève »[21].

    [...]

    Documentaires

    Emir #Kusturica réalise en 2018 pour Netflix El Pepe, una vida suprema, documentaire sur son parcours où il tient le premier rôle, avec son épouse Lucía Topolansky.

    En 2023, le cinéaste haïtien Arnold Antonin [53]a sorti un documentaire d’une heure, « Pepe Mujica, Nelson Mandela et Haïti »[54], consacré à cet ancien président hors

    du commun.

  • Human computers - Une histoire de l’Informatique Laborieuse

    https://uveditions.com/human-computers-une-histoire-de-linformatique-laborieuse

    Qu’est-ce que l’Informatique Laborieuse ? C’est le nom que RYBN.ORG donne à l’Intelligence Artificielle et aux processus informatiques qui incorporent du travail humain, faisant de cette industrie le nouveau laboratoire du management.

    C’est l’une des conclusions de l’enquête Human Computers, que le collectif mène depuis 2013, et qui vise à démêler l’enchevêtrement qui s’est noué entre informatique et capitalisme, avec l’organisation du travail pour prisme d’analyse principal. L’hypothèse est la suivante : le travail humain n’est ni obsolète, ni même une béquille provisoire dans l’attente de cette autonomie, partielle ou totale, dont l’informatique nous fait la promesse, mais se trouve structurellement au coeur des processus automatisés, et ce, depuis la toute première manufacture de calcul de Gaspard de Prony en 1793 jusqu’aux grands modèles de langage actuels.

    En contrepoint, Six protocoles d’autodéfense permacomputationnelle face l’Informatique Laborieuse propose une boîte à outils d’expérimentations visant à rompre avec l’IA, en s’attaquant à sa géopolitique extractiviste, sa logique algorithmique, ses formes d’apprentissage réductionnistes et sa technovlangue.

    Un cahier iconographique central présente les formes artistiques issues de la recherche Human Computers : expositions, performances, activation des protocoles d’autodéfense sous la forme d’ateliers.

    Enfin, l’ouvrage incorpore également la traduction de l’article de Francis Hunger « Unhype Artificial ‘Intelligence’ ! A proposal to replace the deceiving terminology of AI »

  • Not your negroes
    https://lundi.am/NOT-YOUR-NEGROES

    Le 11 mars dernier le Sénégal adoptait une nouvelle loi criminalisant l’homosexualité et son “apologie”. L’auteur de ce texte interroge le silence du "camp décolonial" et en examine les ressorts théoriques et analytiques ; les postures qui surplombent le réel comme les bavardages qui le nient.

    Des silences qui se proclament experts dans l’art de nommer toutes les dominations et qui, depuis plus d’un mois, laissent prospérer l’une d’elles sous leurs yeux, parce qu’elle dérange leur paresseuse cartographie binaire du monde, incapable de penser dominations croisées et violences endogènes.

    #Sénégal #homophobie #LGBT #décolonial

    • Lorsqu’une pensée se contente d’inverser les signes du pouvoir qu’elle combat, elle demeure dépendante de lui. Elle continue d’en suivre le rythme, le joug.
      Si l’Occident condamne, il faudrait relativiser. S’il applaudit, il faudrait siffler. S’il récupère une cause juste, il faudrait abandonner celles et ceux qui en vivent la nécessité concrète. On croit rompre avec l’adversaire ; on continue d’habiter son calendrier mental.

      Cette pensée réactive forme une captivité retournée.
      En me lisant, je vous imagine déjà cherchant à savoir si je suis homme ou femme, noir ou blanc, diasporique ou continental, cis queer ou trans, gay bi lesbienne ou hétéro, mormon, musulman ou athée.
      Contrôler les #identités plutôt que les pouvoirs de contrainte est devenu l’un des réflexes de notre temps, réflexe né de siècles d’universalisme raciste, où le prétendu neutre parlait toujours depuis un lieu situé sans jamais se nommer.
      Cette méfiance possède son histoire. Elle fut nécessaire ; elle ne saurait suffire. Lorsqu’elle se fige en contrôle généralisé des paroles, elle fabrique un nouvel aveuglement. L’argument cède au casting. La pensée cède au contrôle douanier. La discussion cède à la vérification d’origine.
      Pendant ce temps, les prisons se remplissent, la peur travaille, des associations VIH se replient pour survivre, des médiateur.ice.s disparaissent, des personnes renoncent au dépistage, aux soins, au suivi. Des artistes s’exilent, des étudiant.e.s apprennent à mieux mentir, des familles redoublent de surveillance, des amours s’enfoncent dans une clandestinité plus dure encore.
      Le voici, le réel. Les silences font déjà des morts.

      #gauche #Sud #virilisme

  • Communication publique à l’attention des soutiens de la Chapelle

    https://fr.squat.net/2026/03/22/toulouse-communique-de-la-chapelle

    La Chapelle n’est pas seule concernée par ce que cherchent aujourd’hui à mettre en place la mairie et la préfecture. Il s’agit d’une politique nationale, comme le démontre le récent rapport de l’Observatoire des libertés associatives, qui documente de nombreux cas où les pouvoirs publics utilisent l’arme des subventions, directes ou indirectes, pour museler des opinions contestataires ou freiner des activités dérangeantes. Il s’agit d’une véritable injonction à la dépolitisation sur l’ensemble du territoire.

  • Iran : pour en finir avec le campisme
    https://frustrationmagazine.fr/campisme

    Somayeh Rostampour est sociologue et ses recherches portent sur le Kurdistan, l’Iran, le Rojava et la Turquie. Elle est l’autrice de Femmes en armes, savoirs en révolte. Du militantisme kurde à la Jineolojî (Agone, 2025) et poursuit son engagement en tant que chercheuse, Kurde et féministe. Elle est membre active de plusieurs collectifs internationalistes, féministes […]

    #International

    • ... l’#Iran a été, et demeure, la cible d’une agression impérialiste et coloniale. Cela implique au contraire de lire cet assaut dans sa fonction politique profonde : d’une part, une entreprise de destruction meurtrière des vies civiles, des corps, des infrastructures et des territoires (menée sous de faux prétextes), prolongeant l’entreprise génocidaire menée à Gaza et la destruction du Liban ; et, d’autre part, la mise à disposition, pour la République islamique, de nouvelles ressources au service de sa reconstitution.

      QU’EST-CE QUE LE CAMPISME ?

      L’agression israélo-américaine renforce la militarisation de l’Iran, la répression et l’écrasement des soulèvements venus d’en bas. Elle accentue, en prime, une polarisation politique mortifère. D’un côté : une partie de l’opposition, notamment monarchiste, a salué les bombardements impérialistes au nom de son hostilité au régime théocratique. De l’autre côté : une partie des forces politiques est retombée dans l’orbite de la République islamique au nom de l’anti-impérialisme et du refus de la guerre.

      Une impasse, donc.

      Si la nature réactionnaire du premier courant pro-Israël et pro-génocide fait relativement consensus, celle du second demeure bien plus rarement interrogée. Elle est pourtant tout aussi réactionnaire. L’ambiguïté n’en persiste pas moins. C’est dans cette impasse que la question du #campisme resurgit avec une acuité toute particulière.

      #anti-impérialisme_des_imbéciles

  • La destruction créancière du capital fictif. Bulle de l’intelligence artificielle et mystère de la rentabilité - CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/destruction-capital-fictif-bulle-intelligence-artificielle-mystere-renta

    Quelques signes peuvent être annonceurs une bulle financière : des investissement disproportionnés par rapport aux revenus, des valorisations déconnectées, un recours massif aux leviers financiers, et enfin une narration collective qui rend ces excès acceptables.

    Ce que nous observons semble correspondre à ce schéma. Les jeunes entreprises du secteur se valorisent vingt à trente fois leurs revenus, les montants investis dépassent de très loin les profits existants, les fonds souverains et les caisses de retraite se repositionnent agressivement, et une idée s’impose comme une évidence : l’intelligence artificielle serait la prochaine révolution industrielle. Il ne s’agit pas simplement d’un emballement irrationnel, mais de la traduction d’un problème plus profond : dans un contexte où les rendements de l’économie réelle s’affaiblissent, le capital se reporte sur la promesse de profits futurs.

    C’est précisément ce qu’on appelle capital fictif[13], des masses de liquidités cherchant à se valoriser dans la capitalisation de revenus espérés plutôt que dans des revenus effectivement produits. Les grandes firmes de la tech en donnent une illustration nette : elles ont accumulé depuis dix ans des centaines de milliards d’épargne interne, souvent logée dans des filiales irlandaises pour échapper à l’impôt fédéral sur les sociétés[14].

    Le Tax Cuts and Jobs Act de 2017 leur a finalement permis de rapatrier une partie de ces liquidités. Et l’IA leur offre enfin une soupape de décharge : des centres de données colossaux, des cycles d’investissement lourds et un récit d’expansion. La dynamique actuelle n’est pas tirée par les profits réalisés mais par l’existence de capitaux en excès cherchant une valorisation. La disproportion entre revenus et valorisations cesse alors d’être un problème et devient un pari sur le futur.

    On aurait tort de penser qu’il s’agit là d’une aberration. Le capital se tourne vers l’IA parce qu’il ne trouve plus d’opportunités suffisantes ailleurs. La machine d’accumulation rencontre ses limites. Les taux de profit réels stagnent, les gains de productivité plafonnent et la planète n’offre plus de nouvelles zones de pillage. Alors il investit dans la promesse d’une valeur à venir. L’IA sert de terrain d’atterrissage pour des masses de capital qui ne peuvent plus se valoriser dans la production réelle. Cette logique n’est pas nouvelle : les subprimes hier, internet avant eux, puis les cryptomonnaies ont déjà joué ce rôle de recyclage du capital oisif à divers degrés et avec des spécificités propres.

    La bulle n’est donc pas un accident mais une forme normale de régulation dans un régime en saturation. L’IA ne provoquera pas la crise à venir : elle en est une manifestation anticipée. Le signe qu’à mesure qu’avance le processus d’automatisation, la capacité à produire de la valeur réelle se raréfie et qu’il ne reste plus que la spéculation sur l’avenir pour maintenir la fiction de la croissance. Les valorisations actuelles (50 à 100 fois supérieures aux revenus, afflux massif de capitaux sans retour tangible) ne sont pas une anomalie : elles reflètent la stratégie de survie d’un capital qui ne peut plus se valoriser autrement que dans la fiction.

    Mais une telle dynamique ne peut durer qu’aussi longtemps que la croyance tient. Il suffit d’un retournement, d’un ralentissement des flux, d’une déception pour que la spirale s’inverse. Le scénario sera : un, la chute des cours de la tech ; deux, l’évaporation des valorisations de start-up ; trois, la coupure des dépenses d’investissement. Et derrière, en chaîne courte : des fonds sautent, le crédit se retire, l’État vient à la rescousse des géants[15].

    L’État américain est déjà positionné pour cette intervention : les géants de la tech sont profondément intégrés aux fonctions régaliennes. Par ses contrats de défense, de renseignement, d’infrastructures critiques avec Palantir, Google, Microsoft, il garantit en permanence un socle de revenus publics, c’est-à-dire une demande administrée, indépendante des cycles du marché. Ce maillage institutionnel fait des géants technologiques des quasi-extensions de l’appareil d’État[16] ; lorsque la bulle éclatera, il ne s’agira plus de sauver des entreprises, mais de maintenir les maillons critiques de celui-ci. Cette immunité anticipée nourrit la prise de risque, l’envolée des valorisations et, en dernier ressort, la bulle elle-même.

    • Épilogue : la mort du progrès

      Le moment IA révèle un point de tension centrale du capitalisme numérique. Si la machine est conçue pour nous remplacer, elle n’engendre pas pour autant une valeur nouvelle : elle augmente la production potentielle, mais sans acheteurs solvables supplémentaires. L’IA est donc prise dans un paradoxe : indispensable pour maintenir le rythme de l’accumulation, mais destructrice pour la logique même de la valorisation.

      Ce qui se joue est l’avenir de la croyance dans le progrès technologique comme moteur du capitalisme. Alors oui, on automatise des diagnostics, on prédit des pannes, on optimise des flux : autant d’avancées réelles, susceptibles d’apporter des bénéfices collectifs. Mais la masse de capitaux engagés excède de plusieurs ordres de grandeur la valeur effectivement créée, tandis que le réel fournit juste assez d’usage pour donner corps au récit. La rentabilité sera massive, nous dit-on, mais plus tard. Plus tard, c’est-à-dire peut-être jamais, mais d’ici là les récompenses auront été distribuées.

      La fièvre est une élévation de température d’un système qui lutte. L’emballement de capitaux, les visions messianiques, l’euphorie boursière confinent à l’hallucination : tout cela ressemble moins à un moment de prospérité qu’à un état pathologique, une hyperthermie qui dit quelque chose de la maladie de fond de l’organisme porteur. L’intelligence artificielle n’est pas la solution du capital à sa crise de valorisation : elle en est un symptôme sophistiqué. Le capital ne valorise plus le travail : il valorise la promesse qu’un jour le travail sera remplacé, et qu’il touchera quand même les dividendes.

      Lorsque la température retombera, il faudra cesser de confondre la fièvre et la maladie. Et reconnaître que le délire n’annonce pas un avenir radieux, mais l’impasse d’un modèle économique qui lui demande plus qu’elle ne peut offrir. Faute de quoi il ne restera de cette révolution cognitive qu’une montagne de serveurs, des factures d’électricité, et un long silence.

  • Propriété d’usage et communs fonciers
    https://topophile.net/rendez-vous/propriete-dusage-et-communs-fonciers

    Soirée publique sur le *thème de la Propriété d’usage et des communs fonciers, le vendredi 16 janvier 2026 de 19h à 22h.* Voici le programme : 17h00 - 18h00 : Accueil et discussions informelles 18h00 : Mot d’introduction, présentation du cadre et du lieu accueillant 19h05 - 19h35 : Présentation des initiatives invitées : [Le CLIP](https://clip.ouvaton.org), Réseau de... Voir l’article

  • La Silicon Valley est-elle devenue fasciste ? - Conférence
    https://conference.sciencespo.fr/content/2025-11-17/la-silicon-valley-est-elle-devenue-fasciste_MP4XZkEZOF89Zg8Db9

    Pendant trente ans, la Silicon Valley a incarné un imaginaire libertaire et progressiste. Aujourd’hui, une partie de ses élites soutient Donald Trump et son agenda nationaliste et autoritaire. Pourquoi ce renversement spectaculaire ? Dans un entretien inédit pour Conférence, Fred Turner et Olivier Alexandre, deux des meilleurs spécialistes mondiaux de la Silicon Valley, dévoilent les ressorts idéologiques et économiques de cette mutation.

    https://www.youtube.com/watch?v=ujsG4mfSUhM&t=1248s

    La fin de l’idéologie californienne

    Fred Turner, dans l’esprit de son ouvrage Aux sources de l’utopie numérique : de la contre-culture à la cyberculture (C&F Éditions), rappelle que la Silicon Valley s’est construite sur l’« idéologie californienne » : mélange de cybernétique et de spiritualité New Age. Une vision où la technologie devait libérer les individus des institutions et de la politique. Ce récit fondateur s’effondre aujourd’hui. L’industrie n’est plus animée par le rêve de connexion, mais par une logique de l’extraction : extraction massive de données, d’énergie, de ressources foncières pour soutenir l’infrastructure du numérique.
    Un déplacement géographique vers le Texas

    Avec l’arrivée d’immenses fermes de serveurs et des industries énergivores de l’IA et de la crypto, une partie de la tech se tourne vers le Texas. Or l’ « idéologie texane » est bien différente de l’idéologie californienne : nationalisme chrétien, conservatisme, extractivisme pétrolier et héritage industriel. Ce déplacement coïncide avec le rapprochement avec Trump, figure politique qui incarne ce modèle économique et offre aux entreprises la permissivité réglementaire qu’elles recherchent.
    Une Silicon Valley fracturée : « rouge » contre « bleue »

    Olivier Alexandre, dans la lignée de son ouvrage La Tech (Seuil, 2023) insiste sur le fait la Silicon Valley n’est pas un bloc. Il propose de distinguer deux camps : une technologie « rouge », tournée vers la culture du hardware, résolument plus conservatrice ; et une technologie « bleue », héritière de la culture du software, qui reste attachée au progressisme de l’utopie californienne. Entre ces deux camps, la tech est devenue un champ de bataille idéologique.
    Une idéologie qui s’exporte : le risque d’un alignement européen

    Fred Turner souligne que les imaginaires de la Silicon Valley se propagent largement : la croyance que l’IA pourrait devenir une superintelligence autonome influence déjà les dirigeants et hauts fonctionnaires européens. Cette adoption sans réserve ni critique des récits californiens pousse l’Europe à suivre l’agenda techno-politique américain, au détriment de ses propres valeurs et son propre modèle numérique.

    #Fred_Turner #Olivier_Alexandre #Silicon_Valley #Idéologie #Sciences_po

  • Communication de la Chapelle - Toulouse
    https://lachapelletoulouse.com/communications

    Bonne nouvelle : La mairie de Toulouse s’apprête a offrir #La_Chapelle à l’association qui fait vivre ce lieu mythique depuis 30 ans, et qui a été entièrement retapé pour le mettre en conformité : accessibilité, toiture, sécurité des espaces et des portes …

    Un pari assez génial en passe de se réaliser, racheter La Chapelle après la promesse de vente faite par la ville et auquel plus de 1000 personnes ont répondu par une aide financière.

    • Mais… car il faut bien qu’il y ait un « mais » dans ce beau conte de fées… Voilà que monsieur le Maire informe l’assemblée en début de séance qu’il retire du vote la délibération numéro 4.11… celle-là même qui concerne notre bien aimée Chapelle.
      Vous pouvez lire la délibération initialement prévue ici et voir le Conseil municipal là. On vous fait grâce du discours liminaire de notre cher Maire, vous pouvez avancer directement jusqu’à 2h01min pour constater le retrait expéditif de la délibération à l’ordre du jour.

      Qu’est-ce à dire ?
      Pourquoi retirer cette délibération ?

      Nous passons un coup de fil au service Culture de la Ville qui n’est au courant de rien. Nous appelons Francis Grass, élu en charge de la Culture, qui n’en sait pas davantage. Il nous renvoie vers son collègue Sacha Briand, élu en charge du patrimoine communal et immobilier, mais aussi des finances de la collectivité.
      Tiens, serait-ce une histoire de gros sous ?

      La Ville, émue par l’ensemble des travaux réalisés, voudrait-elle saluer l’engagement bénévole de tant d’entre nous et nous offrir la Chapelle, sans contrepartie financière ? Honni soit qui mal y pense et qu’à cela ne tienne !

      Nous avons contacté son cabinet et attendons impatiemment un rendez-vous avec lui.

      Suite au prochain épisode…

  • La #fraude aux #publications_scientifiques s’industrialise, alerte une étude américaine

    Dans un article publié lundi 4 août dans « PNAS », la revue de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis, des mathématiciens et des biologistes ont recensé des #pratiques_frauduleuses grandissantes dans les revues de recherche.

    C’est une étude en forme de cri d’alarme qu’une équipe pluridisciplinaire de chercheurs a publiée lundi 4 août dans PNAS, la revue de l’Académie nationale des sciences des Etats-Unis. « La #fraude_scientifique se développe beaucoup plus vite que la production scientifique dans son ensemble », lit-on dans cet article dont le premier auteur, Reese Richardson, est chercheur en biologie computationnelle à l’université Northwestern, dans l’Illinois.

    Pour cet imposant travail, ces mathématiciens et autres biologistes ont, par exemple, passé au crible 276 956 articles publiés entre 2006 et fin 2023 dans PLOS One, une revue en ligne à comité de lecture, et ont suivi 134 983 auteurs et 18 329 éditeurs relecteurs ayant validé ces articles. Cette revue américaine a été choisie non pas en raison de suspicions spécifiques, mais parce que les métadonnées associées aux articles qu’elle publie sont transparentes et exploitables.

    Qu’ont-ils constaté ? Que certains filtres censés garantir le processus de #relecture_par_les_pairs, principe au cœur de la confiance dans l’édition scientifique, étaient défectueux. Ou pire encore, étaient gagnés par des pratiques frauduleuses.

    Des résultats aberrants

    L’étude mentionne ainsi 45 éditeurs de PLOS One qui avaient un taux anormalement élevé de publications qu’ils avaient acceptées et qui ont été ultérieurement rétractées ou critiquées sur PubPeer, le site de référence en matière d’évaluation par les pairs après parution. Ces éditeurs (0,25 % de l’ensemble des éditeurs de la revue) « ont édité 1,3 % de tous les articles publiés dans PLOS One, mais 30,2 % des articles rétractés ». Information aggravante, plus de la moitié d’entre eux sont également auteurs d’articles publiés par PLOS One qui ont été ultérieurement rétractés. La #rétractation d’un article est le plus souvent motivée par les fautes professionnelles des auteurs (comme des données falsifiées ou le plagiat), ou les fautes des éditeurs, telles que l’absence de contrôle qualité minimal des travaux soumis.

    « Statistiquement parlant, nous ne pouvons pas dire si PLOS One est plus ou moins exposé à des risques que d’autres revues, précise Thomas Stoeger, enseignant-chercheur en biologie moléculaire et coauteur de l’article. Mais, ce qui se passe avec PLOS One est alarmant, car cela montre que même les revues basées aux Etats-Unis, et celles dans lesquelles nous publions nous-mêmes, peuvent être touchées. » La direction de PLOS One dit aujourd’hui que ces éditeurs ont depuis été renvoyés et que ses procédures de contrôle ont été renforcées.

    Dans un second volet de l’étude, les chercheurs se sont intéressés aux #images (graphiques ou photos d’expériences) dupliquées, qui sont souvent la signature d’usines à articles, ou « paper mills » (littéralement : « moulins à papiers »). En se servant des cas signalés sur PubPeer, ils observent d’abord que « bien que la duplication d’images implique que ces études ne se sont pas déroulées comme prévu, seulement 34,1 % d’entre elles ont été retirées ». Mais surtout, ils ont constaté, en reliant les études partageant un même schéma, qu’elles étaient souvent publiées dans un laps de temps court et par des éditeurs voisins. Bref, que c’était organisé.

    Ce que révèle l’étude des articles considérés comme suspects provenant de « #paper_mills », identifiés grâce à des contenus communs, est une forme d’#industrialisation_de_la_fraude. « Ces schémas anormaux concordent avec un mode opératoire dans lequel les usines à articles coopèrent avec des intermédiaires (…) qui contrôlent au moins certaines des décisions prises par les revues ciblées et peuvent garantir la publication simultanée de lots d’articles frauduleux dans une seule revue », écrivent les auteurs. Et lorsqu’une de ces revues dites « prédatrices », car non regardantes sur les articles qui lui sont soumis, est désindexée par des agrégateurs, ces courtiers en articles falsifiés se reportent sur une autre.

    Ce phénomène, que les auteurs appellent le « #journal_hopping » (« saut d’une revue à l’autre »), provoque parfois des résultats aberrants. Plusieurs titres indexés par l’Association pour la recherche et le développement universitaires (ARDA) ont été ainsi pris, pourrait-on dire, en flagrant délit, en publiant par exemple un article sur la torréfaction des noisettes dans une revue spécialisée sur le sida, ou un article sur la détection des logiciels malveillants dans une revue sur l’éducation spécialisée.

    Autre type de fraude à la qualité de la production scientifique : la publication d’articles issus de conférences pourtant labellisées. Là encore, un défaut de contrôle et des complicités sont évoqués par les auteurs, qui citent en exemple les conférences organisées par l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens (IEEE). Plusieurs centaines de conférences tenues dans ce cadre depuis 2003 ont eu un nombre anormalement élevé de leurs publications rétractées.

    Des mesures correctives timides et tardives

    Pris dans son ensemble, le phénomène de fraude reste marginal dans l’univers de l’édition scientifique. Mais la tendance est alarmante : « Le nombre d’articles rétractés et d’articles commentés par PubPeer double respectivement tous les 3,3 et 3,6 ans, tandis que le nombre total de publications double tous les quinze ans. Et les articles suspectés d’être issus d’usines à papier doublent tous les 1,5 an. » En outre, les pratiques frauduleuses ne sont plus le cas de chercheurs isolés, mais de systèmes bien huilés : « De larges groupes de relecteurs et d’auteurs semblent avoir coopéré pour faciliter la fraude à la publication. Des réseaux d’articles frauduleux liés suggèrent une production à l’échelle industrielle. Les organisations vendent des services de fraude contractuelle. »

    Face à cela, les mesures correctives ou punitives s’avèrent trop timides, sinon trop tardives. Seuls 28 % des articles identifiés dans cette étude comme étant issus d’usines à papiers ont été rétractés. Ce qui compromet la #qualité des #archives_scientifiques. L’une des explications avancées au développement de cette fraude est l’inégalité entre chercheurs pour l’accès aux financements. Or la #concurrence et l’#incertitude propre au travail de chercheur y contribuent. « Pourquoi risquer l’échec, mettant en péril sa #carrière, alors que, moyennant une somme relativement modique, on peut facilement obtenir des publications et des citations qui nécessiteraient autrement un travail considérable ? », interroge cette étude. De fait, le nombre d’articles publiés reste l’étalon. Pour David Sanders (Université Purdue, Indiana), qui n’a pas participé à l’étude, l’une des causes du mal est l’inflation du nombre d’articles, « ce qui empêche que des contrôles appropriés par les pairs puissent être mis en place ».

    « A notre avis, la gravité de la situation exige une action urgente », écrivent en conclusion ces chercheurs. Ils déplorent que le travail de lutte contre ces fraudes reste trop souvent l’œuvre d’un petit nombre de bénévoles isolés.

    https://www.lemonde.fr/sciences/article/2025/08/10/la-fraude-aux-publications-scientifiques-s-industrialise-alerte-une-etude-am
    #édition_scientifique #recherche #revues_scientifiques #peer_review

    –-

    ajouté à la #métaliste sur la #publication_scientifique* :
    https://seenthis.net/messages/1036396

    • The entities enabling scientific fraud at scale are large, resilient, and growing rapidly

      Significance
      Numerous recent scientific and journalistic investigations demonstrate that systematic scientific fraud is a growing threat to the scientific enterprise. In large measure this has been attributed to organizations known as research paper mills. We uncover footprints of activities connected to scientific fraud that extend beyond the production of fake papers to brokerage roles in a widespread network of editors and authors who cooperate to achieve the publication of scientific papers that escape traditional peer-review standards. Our analysis reveals insights into how such organizations are structured and how they operate.
      Abstract
      Science is characterized by collaboration and cooperation, but also by uncertainty, competition, and inequality. While there has always been some concern that these pressures may compel some to defect from the scientific research ethos—i.e., fail to make genuine contributions to the production of knowledge or to the training of an expert workforce—the focus has largely been on the actions of lone individuals. Recently, however, reports of coordinated scientific fraud activities have increased. Some suggest that the ease of communication provided by the internet and open-access publishing have created the conditions for the emergence of entities—paper mills (i.e., sellers of mass-produced low quality and fabricated research), brokers (i.e., conduits between producers and publishers of fraudulent research), predatory journals, who do not conduct any quality controls on submissions—that facilitate systematic scientific fraud. Here, we demonstrate through case studies that i) individuals have cooperated to publish papers that were eventually retracted in a number of journals, ii) brokers have enabled publication in targeted journals at scale, and iii), within a field of science, not all subfields are equally targeted for scientific fraud. Our results reveal some of the strategies that enable the entities promoting scientific fraud to evade interventions. Our final analysis suggests that this ability to evade interventions is enabling the number of fraudulent publications to grow at a rate far outpacing that of legitimate science.

      https://www.pnas.org/doi/10.1073/pnas.2420092122

  • Code-source. Entretien avec Alexander Galloway
    https://lestempsquirestent.org/fr/numeros/numero-6/code-source-entretien-avec-alexander-galloway

    Très peu traduit en France, le travail d’Alexander Galloway est pourtant d’une importance décisive pour la compréhension de la culture algorithmique. Ses premiers travaux – la trilogie des allégories du contrôle, avec Protocol, Gaming et The Interface Effect – interrogeaient le devenir de la politique à l’âge de la rationalité informatique. Les protocoles TCP/IP, les jeux vidéo de gestion ou les interfaces digitales offraient autant d’entrées dans l’analyse du « contrôle après la décentralisation », pour reprendre le sous-titre de Protocol. Investigations sur les pouvoirs du code, sur son mode de lecture propre et sur ses failles potentielles, ces écrits informés à la fois par le marxisme jamesonien et par le vitalisme deleuzien ont renouvelé le champ de la théorie des médias en faisant entrer la dimension socio-politique dans l’analyse des formes de médiation. Réalisé par mail, l’entretien qui suit tente de retracer ce parcours critique.

    #sociétés_de_contrôle #rationalité_informatique

  • N’A PAS été victime de quoi que ce soit de sexuel durant son enfance. Elle écrit « N’A PAS » en majuscules parce qu’elle veut que ce soit bien clair : cette assertion ne souffre aucun doute ni la moindre ambiguïté, qui que ce soit ne lui a jamais fait quoi que ce soit de cet ordre-là, elle ne laissera personne prétendre le contraire. Elle N’A PAS, N’A PAS, N’A PAS, N’A PAS, N’A PAS, N’A PAS été, elle peut le répéter un milliard de fois, quiconque chercherait à lui faire dire l’inverse se lasserait avant elle.

    Elle N’A PAS.

    Mais.

    Parce qu’il y a un voire des « mais », comme vous êtes des lecteurices aguerri·e·s vous l’aviez certainement vu venir.

    Mais, donc.

    Mais après tout c’est vrai que ça aurait pu, il y a à travers le monde des millions, des dizaines de millions, des centaines de millions, sans doute des milliards de gosses qui ONT ou ONT EU — peut-être même est-ce et fut-ce le cas pour l’immense majorité, la plupart du temps dans des milieux « très bien » et par des gens proches et rigoureusement insoupçonnables. Des gens à qui l’on donnerait le bon pneu sans compression, des gens pour qui on préférerait se faire tuer plutôt qu’avoir la moindre suspicion les concernant, des gens dont on ne saurait mettre en doute la probité parce que de toute façon on ne nous croirait pas — et que soi-même on n’en a pas envie, parce que soi-même on ne se croirait pas et que malgré tout ces gens on les a parfois ou souvent aimés pour d’autres raisons et pour de bon.

    Elle N’A PAS été victime de quoi que ce soit de sexuel durant son enfance. Elle peut le jurer. Ou alors ce serait grave bien occulté. Ou alors elle était vraiment beaucoup trop jeune pour s’en souvenir. Ou alors ce n’est pas arrivé souvent. Peut-être une fois ou deux, comme ça, subrepticement, par accident. Pas plus. Une fois ou deux ou trois. Et encore, juste le temps de la stupeur. Or elle s’y connaît en stupeur ; la stupeur, c’est le maître-mot de toute sa vie.

    Elle N’A PAS été victime de quoi que ce soit de sexuel durant son enfance. Pourtant elle sent et a toujours senti comme un drôle de petit nénuphar qui pousse non pas dans son poumon mais dans son âme et elle a lu, beaucoup, surtout ces dernières années, et sans qu’elle le cherche jamais parmi ses lectures certaines faisaient parfois état de ce genre de choses. Elle ne peut évidemment pas comparer les faits, puisque dans son cas ils N’ONT PAS eu lieu et elle ne s’en rappelle pas. Pourtant dans ces livres, dans ces biographies, dans ces autobiographies, dans ces romans, dans ces témoignages, dans ces documents il y a des choses. Des choses qui lui parlent sans qu’elle sache d’où la voix provient. Alors bien sûr on va lui rétorquer — ou plutôt elle va se rétorquer toute seule — que c’est pareil pour tout le monde, qu’elle fait du bovarysme de rat d’égout, que comme elle est un peu faible d’esprit toutes ses lectures lui montent à la tête, et puis de toute façon elle est la première à dire que puisque l’on trouve toujours des preuves de ce dont on est persuadée on n’a qu’à se persuader de rien du tout et le tour est joué. Mais (encore un mais) elle se reconnaît de manière quand même rudement incroyable dans les récits des erratiques parcours ultérieurs des mioches qui n’ont pas eu autant de chance qu’elle puisqu’elle N’A PAS subi ce qu’iels ont subi. Mais en collant rétrospectivement des morceaux entre eux, de tout petits petits petits morceaux, de minuscules coïncidences troublantes, peut-être (peut-être) en réécrivant involontairement un tout petit peu l’Histoire elle obtient à l’insu de son plein gré quelque chose qui ressemble bigrement à un faisceau d’indices. Un GROS faisceau d’indices. Mais elle invente tout, n’est-ce pas, c’est de l’autosuggestion, c’est dans sa tête ? Ce n’est pas arrivé, jamais ? JAMAIS, fort heureusement, sinon elle s’en souviendrait. Alors pourquoi reconnaît-elle tant de similarités voire de similitudes entre ses angoisses, ses névroses, ses cauchemars, ses flashs bizarres depuis toujours, son rapport chaotique à son corps et son identité, sa libido incohérente, sa sexualité désordonnée, son incapacité à finalement aimer quiconque voulait la toucher... et ce que racontent de leurs vies ultérieures celleux à qui, enfants, c’est réellement arrivé ?

    Et puis d’ailleurs « même si », hein. Immodeste comme elle est elle ne se prend pas nécessairement pour la dernière des imbéciles, elle se réclame du matérialisme dialectique et du cartésianisme, il lui faut du factuel, alors « même si », comment pourrait-elle être assez stupide et odieuse pour penser que quelque chose dont elle n’a gardé aucun souvenir eût pu influer de quelque manière que ce soit sur de que fut le reste de sa vie ? Ce n’est pas possible, chez les autres peut-être mais pas chez elle ! Elle elle est trop... elle est trop... Enfin elle est, quoi ; elle N’A PAS, mais elle est !

    D’ailleurs « même si » elle ne pourrait pas ou plus s’en ouvrir à personne, d’ailleurs « même si » elle pourrait parfaitement pardonner ou au moins comprendre et n’en tiendrait grief à personne, d’ailleurs « même si » elle ne voudrait salir la mémoire de personne auprès de personne et encore moins d’elle-même, d’ailleurs « même si » elle ne voit pas pourquoi un souvenir inexistant aurait eu et continuerait d’avoir de telles implications, d’ailleurs « même si » elle sait très bien que les responsables de ce genre de choses ne font que reproduire ce dont elleux-mêmes furent en leur temps victimes. D’ailleurs durant toute son existence elle en a trop fait et a toujours été celle par qui le malheur arrive — elle n’a pas besoin d’en rajouter une couche, surtout pas maintenant que tout est presque fini, avoir des réponses ou des certitudes aujourd’hui ne lui apporterait plus rien. Un dédouanement pour avoir raté sa vie ? Pffff, à quoi bon ? Elle l’aurait ratée dans tous les cas de figure possibles et imaginables. La vie ce n’était pas un truc pour elle, elle n’était pas faite pour ça, la vie c’est quelque chose qu’elle aurait toujours dû se contenter de regarder passer au loin, comme ça, sans participer, comme une vache regarde passer les trains.

    Alors non, elle N’A PAS. Mais le fait qu’au fil des années elle ait trouvé suffisamment de matière pour « objectivement » pouvoir se poser la question la hantera désormais jusqu’au bout — qui fort heureusement n’est maintenant plus très loin.

    Vous dites ? « Encore dix à douze minutes ? » Ah oui, quand même, elle croyait que la fin finale serait plus proche que ça.

    • ADDENDUM : À la différence de la plupart des autres dazibaos celui-ci n’a pas été rédigé en deux coups de cuillère à pot. Il m’a coûté. J’ai essayé d’en peser tous les mots un à un. Je ne suis pas certaine que ce soit une bonne idée de le publier, a fortiori ici entre deux blagues Carambar® et trois photographies de petits chats mignons. Mais c’est fait. Ai-je bien eu raison de mettre par écrit ces interrogations de toujours ? Je n’en sais rien. Vais-je rapidement effacer ce texte ? Je n’en sais rien non plus. En reparlerai-je un jour ? Probablement pas, je ferai ce que j’ai toujours fait depuis bientôt cent ans, je garderai cette (petite ?) partie de mes angoisses et de mes introspections pour moi. Dans la vie il n’y a jamais de bonnes réponses à quoi que ce soit et je crois qu’au fond je n’en cherche pas. Que celleux qui me lisent peut-être depuis l’au-delà pardonnent mes doutes qui ne sont en aucun cas des accusations ni même (je l’espère) des insinuations et gisent en paix, tout va bien — du moins à ce sujet, du moins autant que quelque chose puisse aller bien vu d’ici-bas.

      Là-haut ce sera différent, là-haut on recommencera tout à zéro, on côtoiera exactement les mêmes personnes mais avant de redevenir zinzins on saura se dire à temps tout le bien qu’on pense les un·e·s des autres et toustes ensemble on rira des vivant·e·s tout en dansant sur les nuages.

  • Antideutsch’ contre anti-impérialistes
    https://laviedesidees.fr/Antideutsch-contre-anti-imperialistes

    En #Allemagne, le #conflit_israélo-palestinien divise notamment les sympathisants et militants de la #gauche radicale. Parmi eux, le courant « anti-allemand » se distingue par son soutien inconditionnel à l’État d’Israël et une critique de l’anti-impérialisme majoritaire à gauche.

    #International
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20250513_antideutsch.pdf

  • À #Bordeaux, une chercheuse engagée pour l’#écologie se voit interdite de labo

    De plus en plus de centres de recherche sont soumis à un #régime_administratif_spécial, qui conditionne leur #accès à une #autorisation. Les #refus – jamais motivés – sont de plus en plus nombreux.

    Ada* aurait dû commencer le 3 mars son travail postdoctoral au Laboratoire bordelais de recherche en informatique (LaBRI). Mais quatre jours plus tard, alors qu’elle s’étonne de n’avoir toujours pas signé son contrat, un couperet imprévu tombe : l’accès au laboratoire lui est refusé.

    Le #LaBRI est en effet classé #zone_à_régime_restrictif (#ZRR). On ne peut y pénétrer sans l’accord du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche. Et ce dernier a donné un avis défavorable, sans motivation.

    C’est cette décision – exceptionnelle pour une personne de nationalité française – qu’Ada contestait pour « #excès_de_pouvoir » jeudi 15 mai devant le tribunal administratif de Bordeaux. L’affaire a été mise en délibéré.

    Les zones à régime restrictif ont été créées par un #arrêté du 3 juillet 2012 relatif à « la protection du potentiel scientifique et technique de la nation ». Lorsqu’un laboratoire est classé en ZRR, il devient impossible d’y accéder sans autorisation du chef d’établissement, lequel est tenu de suivre l’avis rendu par le haut fonctionnaire de défense et de sécurité du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.

    Quatre risques justifient l’interdiction de pénétrer dans une ZRR : l’atteinte aux #intérêts_économiques de la nation ; le renforcement d’arsenaux militaires étrangers ; la prolifération d’#armes_de_destruction_massive ; le #terrorisme.

    L’#impact_environnemental de l’#intelligence_artificielle

    Ada ne rentre dans aucune de ces catégories. Elle est de nationalité française. Son casier judiciaire est vierge. Elle ignore ce qui lui est reproché, réduite aux suppositions. Sa participation aux manifestations contre la réforme des retraites en 2023, durant lesquelles il lui arriva d’être prise dans une nasse policière ? Ses engagements écologistes au sein de divers collectifs, comme l’Atelier paysan ?

    L’itinéraire intellectuel d’Ada est en cohérence avec son engagement. Sa thèse de doctorat, soutenue fin 2024, comprend deux parties distinctes, correspondant à l’évolution de sa réflexion en cours de thèse : la première de mathématiques, sa formation d’origine ; la seconde d’analyse du rôle politique du numérique inspirée de la philosophie critique des technologies.

    Le postdoctorat qu’elle aurait dû commencer à Bordeaux prolongeait cette réflexion par un travail de sociologie des controverses sur l’impact environnemental de l’intelligence artificielle.

    Ada ne s’attendait absolument pas à se voir, de fait, interdite de laboratoire. « Quand je l’ai appris, je me suis dit : alors ce ne sont pas que des mots lorsque les militants écologistes sont qualifiés d’écoterroristes. » Elle est à présent au chômage, et ses droits expireront bientôt.

    Sollicité par Mediapart, le directeur du LaBRI renvoie prudemment vers le service de presse de l’#université_de_Bordeaux, une des tutelles du laboratoire, qui se montre quelque peu gêné. Formellement, c’est le président de l’université qui a pris la décision d’interdire à Ada l’accès au LaBRI, et c’est donc lui qui était assigné devant le tribunal administratif.

    Mais même à l’issue de l’audience, l’université reconnaissait ne pas savoir encore totalement ce qui est imputé à la jeune chercheuse. « Ces dispositifs sont volontairement flous et opaques, dans le but d’empêcher les personnes mises en cause de se défendre, puisqu’elles ignorent ce qui leur est reproché », observe Ada.

    Les #sciences_humaines_et_sociales concernées

    L’#opacité entourant la mise en place des ZRR est manifeste. La liste n’en est pas publique mais leur nombre ne cesse clairement de s’accroître. En 2019, un rapport de l’Office parlementaire des choix scientifiques et techniques relevait déjà que « le rythme d’augmentation du nombre de ZRR, d’environ 20 % par an, ne laisse pas d’interroger ».

    En 2024, une commission d’enquête sénatoriale sur les politiques publiques face aux ingérences étrangères recensait 931 ZRR en France, dont 201 créées en 2023. L’année prochaine, la totalité des laboratoires de l’Institut national de recherche en #informatique et en #automatique vont être classés en ZRR.

    Et depuis l’arrêté du 24 octobre 2024, certaines sciences humaines et sociales sont également concernées. On voit pourtant mal en quoi des recherches en psychologie comme les « sciences et techniques des activités physiques et sportives » ou encore l’ergonomie devraient être protégées d’un risque d’espionnage.

    Dans le même temps, les refus d’accès sont devenus de plus en plus fréquents : 1,7 % jusqu’en 2019, 2,7 % en 2023 selon les rapports parlementaires précédemment cités… et 7 % en 2024 pour les 6 000 demandes d’accès gérées par le CNRS, d’après les chiffres communiqués à Mediapart par l’organisme, qui n’a pu nous préciser le nombre, parmi eux, de ressortissant·es français·es.

    Le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche n’a pas donné suite à nos demandes de chiffres récents sur le nombre de ZRR et de refus d’y accéder.

    Pour Baptiste Pagnier, de la CGT des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, « il y a beaucoup de refus à bas bruit, concernant très majoritairement des étrangers. Les contestations en justice sont peu nombreuses, et rarement gagnantes ».

    Christine Buisson, de SUD Recherche, estime que « l’extension des ZRR pose un problème de #conditions_de_travail, parce qu’elle génère des complications pour les recrutements, même de stagiaires, avec des refus réguliers qui perturbent le fonctionnement des laboratoires déjà contraints de recruter beaucoup de précaires ».

    Les deux syndicats ont fait parvenir au tribunal administratif de Bordeaux des mémoires en intervention, au côté de la Ligue des droits de l’homme et de l’Assemblée des directions de laboratoire, elle aussi inquiète des contraintes administratives et des atteintes aux libertés académiques que portent en elles les ZRR.

    Tous estiment que la confirmation par le tribunal administratif de l’interdiction faite à Ada d’accéder à son laboratoire postdoctoral créerait un précédent extrêmement grave.

    https://www.mediapart.fr/journal/france/160525/bordeaux-une-chercheuse-engagee-pour-l-ecologie-se-voit-interdite-de-labo
    #ESR #recherche #université #France #justice #SHS #it_has_begun

    • avec un extrait de l’émission sur Nelly Arcan
      youtube.com/watch ?v=pn5tS7JfUVY

      Attention, paroles insupportables de Clothilde Coureau.

      –-

      L’écriture féminine de la sexualité serait coupable de dévoyer la littérature, de « ramener à l’intime, aux petites choses, et contrairement au je masculin qui est neutre, de ne pouvoir être un je universel », selon Lilas Bass.

  • La nuit, tous les chats noirs ne sont pas anars !
    https://bsky.app/profile/antifouchiste.bsky.social/post/3lkeoyyagkc2l


    #Arnaquisme

    Action Antifouchiste
    9h
    Puisqu’il semble que personne n’est au courant on va tirer les choses au clair quant au réseau dégueulasse qui se cache derrière @infolibertaire.net
    Ce site pille littéralement tout contenu militant dans le but d’agréger un maximum de trafic et afin d’attirer les internautes dans un réseau mis en place et géré par un seul mec basé au canada.
    Plus de 30 sites constituent le réseau fondé par un certain"Anarchoi".
    Le plus connu c’est le site de VPC Ni Dieu Ni Maître qui semble faire des profits mirobolants.
    Mais attention hein une part des profits sert la cause. T’achète pas un tee-shirt dégueulasse, produit à bas coût dans des conditions lamentables. Non tu achètes un acte de solidarité !
    C’est plus qu’un simple teeshirt c’est un acte de solidarité chaque achat permet de lever des fonds pour faire des dons aux mêmes causes que vous défendez
    Car une partie du pognon est reversée à une organisation appelée No Gods No Masters (gerée par le même petit malin), orga qui reverse ensuite sous forme de dons à différentes causes en toute opacité bien sûr.
    Or... Il se trouve que parmi les causes financées on retrouve la galaxie de sites fondée et administrée toujours par Anarchoi.
    Votre teeshirt financé plus de 100 groupes militants Chaque achat récolte des dons mensuels à des initiatives comme info libertaire offrant un hébergement web non commercial sur des serveurs écologique et aidant les militants à construire une présence en ligne
    Soutenez la scène punk Nos teeshirt soutiennent financièrement les plus grandes communautés punk et plateforme de streaming musical comme pirate punk et d’autres outils essentiels aidant les groupes à promouvoir leurs albums
    Site qui pille le contenu d’artistes des scènes indépendantes (ou pas) qui ont un grand succès chez les "jeunes ados rebelles", très friands des tee-shirts vendus par Ni Dieu Ni Maître.
    C’est l’économie circulaire. Tu ratisses un max des visiteurs sur tes sites en pillant le monde militant et les artistes, pour flécher ton public vers ton site de VPC qui en retour finance l’infrastructure de ton réseau.
    Afin de pouvoir offrir gratuitement des milliers de téléchargement là communauté devait trouver un moyen de payer ses frais d’opération sans recourir à des publicités
    Anarchoi est célèbre pour son management toxique de ses équipes de modération comme pour l’agressivité légendaire contre toute personne qui ose remettre en cause ses pratiques dégueulasses. En bref fuyez tout ces sites de merde.
    Avec le pognon engrangé, ce faux collectif annonce héberger un centaine de sites militants (c’est faux) qui se révèlent pour tous ceux qu’on a pu trouver en tout cas, être les vitrines du même anarchoi.
    Il va jusqu’à se faire passer pour les fédérations anarchistes locales.
    Dans le réseau on retrouve notamment :
    anarcho-punk net
    Pirate punk
    Quebec underground
    Forum libertaire
    Punk download
    Punks and skins
    Anarchist quotes
    Et tout un tas de faux website de fédération anarchiste reproduit en un dizaines de langues.
    Anarcho-Punk.net - Crust Punk Community & Music Download Ⓐ/Ⓔ FREE MUSIC ALBUMS DOWNLOADS ! Crust Punk Online Community - Music, Activism & Anarchism ! www.anarcho-punk.net
    On sait pas si le montage juridique de son réseau lui permet de défiscaliser les dons. Ou au moins de faire baisser ses bénéfices. Bref tout ça mériterait une enquête approfondie. Si y a des motivé·es hésitez pas à nous contacter.
    Merci à @doujar.bsky.social
    Liste des sites du réseau Anarchoi.
    https://www.nogodsnomasters.org https://www.no-gods-no-masters.com https://forum.anarchistfederation.net https://www.anarcho-punk.net https://www.libertaire.net https://www.pirate-punk.net https://www.ni-dieu-ni-maitre.com https://www.quebecunderground.net https://www.punkdownload.com https://www.punksandskins.com https://www.anarchistfederation.net https://www.infolibertaire.net https://www.federacionanarquista.net https://www.federacaoanarquista.com.br https://www.anarchistischefoderation.de https://www.rivoluzioneanarchica.it https://www.anarquia.cat https://www.anarxiki-omospondia.gr https://www.anarsisthaberler.net https://www.anarchistischefederatie.nl https://www.vegan-news.net https://www.anarchistimages.com https://www.propagande-anarchiste.org https://www.anarquismo.net https://www.anarchistmemes.org https://www.ni-dios-ni-amo.com https://www.sem-deuses-sem-mestres.com https://www.keinegotterkeinemeister.de https://www.defendanimals.com
    Ne vous étonnez donc pas de trouver des contenus antisémites, transphobes, ou du HB. Y a zéro filtre tout est automatisé. Anarchoi la politique c’est juste son business.
    Screen du site info libertaire L’idéologie de l’identité de genre est profondément mysogine et homophobe
    Le réseau Ni Dieu Ni Maître / No Gods No Masters s’articule autour de plusieurs sites web multilingues qui constituent la plateforme de vente en ligne. Chacun reprend le slogan anarchiste « Ni Dieu ni Maître » dans une langue différente. On dénombre cinq sites principaux interconnectés
    Ces sites présentent un contenu similaire (catalogue de vêtements, même modèle économique) adaptés à chaque langue, avec une promotion commune : « Livraison gratuite/Free shipping », « coopérative de vêtements éthiques », « chaque vente contribue à des dons pour des causes », etc..
    Un visiteur peut naviguer dans sa langue sans être redirigé vers un autre domaine, chaque version étant sur un domaine dédié
    Aucune redirection externe apparente n’est visible pour l’utilisateur lors de la commande, mais en back-end les commandes sont transmises à la plateforme Spreadshirt
    Ces sites sont de simples vitrines : ils proposent des designs et gère le site web, mais n’a pas de stock propre ni d’atelier d’impression. Ce fonctionnement « zéro inventaire » est assumé dans leur communication (« zero inventory, zero waste »)
    Concrètement, lorsqu’une commande est passée sur un des sites, c’est Spreadshirt qui la prend en charge en coulisses : Spreadshirt assure l’impression des t-shirts, la livraison au client et gère également les paiements. 100% dropshiping
    En 2010 un t-shirt était vendu 14,99 $ via la boutique Pirate-Punk/No Gods No Masters, dont 8,90 $ revenaient à Spreadshirt, laissant environ 6 $ de bénéfice net par t-shirt pour “Anarchoi"
    La "coopérative" se présente comme « à but non lucratif » et met en avant ses dons, mais il n’y a pas de statut légal clair affiché (pas de n° d’association ou coopérative déclaré publiquement sur le site, ni de rapport financier détaillé).
    Elle recueille des fonds sous l’étiquette “non-profit” sans cadre légal : les acheteurs pourraient croire à une obligation formelle de donation, là où il s’agit d’un engagement moral unilatéral.
    Autant vous dire...
    Le catalogue de No Gods No Masters puise largement dans l’iconographie militante, les logos de mouvements, les images d’artistes ou de groupes de musique engagés... Un “pillage” culturel contraire à l’éthique DIY
    ... Pillage généralisé des petites distro, artistes indépendants, etc, sur les plateformes de téléchargement illégaux qui servent de produits d’appel pour les boutiques.
    Évidemment aucun site ne comporte de mentions légales, pas de noms de société, et le whois protégé par des services d’anonymisation.
    Les sites de VPC affichent des labels du type « 100% vegan – PETA Approved » sur ses produits. Il faut noter que ces certifications proviennent en réalité de... Spreadshirt
    La réalité les teeshirt de marque "fruit of the loom" sont fabriqués au Honduras...

    Comme le dit anarchoi "plus qu’un simple teeshirt", une arnaque bien ficelée.
    Il existe une possibilité que derrière ce modèle se cache un schéma, hypothétique, d’optimisation fiscale.

    Le site de VPC (NGNM) génère des revenus via la vente de t-shirts. Ces revenus sont normalement imposables s’ils sont déclarés en tant qu’activité commerciale
    NGNM effectue des “dons” à des associations militantes affiliées.
    → Ces dons sont enregistrés comme des charges d’exploitation ou dépenses caritatives, ce qui peut potentiellement réduire le bénéfice imposable
    L’asso "militante" reçoit les fonds et les utilise pour financer ses propres projets ou ses sites web.
    Si l’asso est déclarée comme organisme d’intérêt général au Canada, elle peut délivrer un reçu fiscal permettant au donateur de déduire ce montant de ses impôts.
    L’argent revient indirectement dans le réseau géré par Anarchoi. Si ces associations financent des sites du réseau notamment en payant l’hébergement (Pirate-Punk, Libertaire . net, etc...), alors l’argent circule sans réellement quitter le contrôle du même groupe
    Là on est dans le domaine de l’hypothèse, mais cependant vu l’opacité organisée par l’administrateur de cette galaxie de sites, on peut s’attendre à tout.
    Et puis c’est pas comme si par le passé il avait pas déjà été pointé du doigt pour ramasser des dons afin de payer l’hébergement et les serveurs de ces sites de piratage de contenus, alors que les fichiers étaient stockés sur megaupload où d’autres plateformes..

  • Mise au point à propos du texte de Tsedek paru dans Le Média et l’Humanité - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/en-debat/lutte-contre-lantisemitisme/mise-au-point-a-propos-du-texte-de-tsedek-paru-dans-le-media-et-lhumanite

    La seule vérité qui nous unit et nous désigne comme cibles par #Tsedek c’est que nous n’entendons pas nous taire face au déferlement de haine antisémite. Nous dénonçons tous les discours qui criminalisent non seulement l’ensemble du peuple israélien, décrété coupable, mais également l’ensemble des Juifs, jugés complices. Houria Bouteldja, l’alliée de Tsedek, l’a clairement exprimé, déclarant à l’occasion de l’élection de Miss Provence qu’ « on ne peut pas être Israélien innocemment » _1. Sur le site de l’ UJFP, son indéfectible partenaire, on peut lire que « L’étoile de David est devenue un symbole de suprématie et de fascisme » 2.

    Ainsi les kippas désigneraient les enfants juifs comme complices de la politique criminelle de l’État d’Israël3. Sans surprise, ces groupes ont régulièrement dénoncé la solidarité avec les Juifs, y compris face à l’assassinat de vieilles dames et d’enfants (Sarah Halimi, Mireille Knoll, Ilan Halimi, les enfants de Toulouse, etc.), comme relevant d’une « instrumentalisation ». Dans un étonnant sophisme, ils ont aussi rendu coupables de ces meurtres, non leurs auteurs mais… la politique israélienne. Non l’antisémitisme ce n’est pas « la faute des Juifs », pas plus que le racisme ne serait imputable à ceux qui le subissent, les militants antiracistes, féministes ont démenti cette affirmation réactionnaire qui vise à considérer que les opprimés sont coupables de leur propre malheur.

    Nous ne considérons pas non plus l’antisémitisme comme un inéluctable dans le soutien aux Palestiniens. C’est le contraire qui est vrai. Ceux qui affirment sur un camion d’Urgence Palestine lors d’une manifestation récente : « Quel révolutionnaire n’a pas pleuré de joie le 7 octobre ?  sont les fossoyeurs et non les alliés du peuple palestinien. L’antisémitisme a toujours été un poison pour la solidarité avec la cause palestinienne. Et un alibi pour l’extrême droite israélienne. Les déclarations irresponsables de ces groupes, leur soutien affiché à ceux qui twittent des hommages à Nasrallah ou à Yaya Sinwar4, ou dénoncent les luttes des femmes iraniennes comme des « agents de l’impérialisme en guerre contre l’Iran », en font des adversaires politiques qui ont fait de la lutte pour l’émancipation leur principal ennemi.

    [...]

    3. Rony Brauman affirmait en 2016 sur Europe 1 que « porter la kippa, c’est faire allégeance à la politique de l’État d’Israël  »_ ↩︎

    #antisémitisme

    • https://blogs.mediapart.fr/sophie-ernst/blog/180116/rony-brauman-et-la-kippa-ses-explications

      Le port de la kippa, comme celui de signes religieux visibles, revêt des significations diverses et ne peut en lui-même être confondu avec un manifeste politique. En l’occurrence, je suis conscient que la kippa n’a rien à voir en elle-même avec l’Etat d’Israël, que nombre de ceux qui la portent le font par fidélité à une tradition, par adhésion à des obligations religieuses ou d’autres raisons personnelles et non pour véhiculer un message politique. Plus généralement, je m’inscris dans une conception libérale, et non anti-religieuse, de la laïcité : celle qui accorde à toutes les religions le droit inaliénable d’exister librement, et à tout citoyen celui d’arborer des signes religieux dans un espace public neutre.

      Il n’en est pas moins vrai que des institutions juives, le Crif en premier lieu, ne cessent d’affirmer au contraire que la « communauté juive » de France est « inconditionnellement solidaire » de l’Etat d’Israël et donc de sa politique. Je tiens à rappeler qu’il n’en a pas toujours été ainsi : c’est en 1988 que le Crif a fait irruption sur la scène de la diplomatie française en protestant, au nom de la « communauté juive », contre la visite d’Arafat au Parlement européen et sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères (http://www.ina.fr/video/CAB88036449). Jusqu’alors, cette organisation se tenait à distance de la politique israélienne, et il est permis de déplorer cette rupture. La proximité avec Israël s’est renforcée avec le temps pour devenir une véritable fusion au cours des années 2000. Elle a culminé avec la manifestation de juillet 2014 en soutien à l’attaque de Gaza assortie de demandes d’interdiction des manifestations de solidarité avec les Palestiniens (http://tempsreel.nouvelobs.com/le-conflit-a-gaza/20140729.OBS4966/le-crif-appelle-a-un-rassemblement-pro-israelien-jeudi.html). Revendiquer l’identification des juifs à la politique israélienne, voilà ce qui contribue à confondre critique de la politique israélienne et critique des juifs en tant que tels. Le Crif entretient activement cette confusion, tout en la dénonçant avec virulence quand d’autres la reprennent à leur compte. Mes propos hâtifs sont allés dans le même sens, ce que je regrette vivement. J’adresse mes excuses à ceux qui s’en sont sentis blessés. Je redis que je ne suis l’ami ou l’ennemi d’aucun peuple mais que ma sympathie politique va vers les occupés et non vers les occupants.

    • https://www.tenoua.org/golem-on-cree-ensemble-pour-lutter-contre-lantisemitisme

      NOÉ Dès la classe de seconde, en 2012, au moment où Soral et Dieudonné évangélisaient à tour de bras et où leurs diatribes antijuives affectaient la vie de beaucoup de Juifs de mon âge, personne à gauche n’a pris la parole. Enfin personne sauf Manuel Valls, c’est dire si la gauche antiraciste avait déserté.

      En effet, le commentaire d’inadvertance est bien tordu.

  • Collecte pour racheter L’HYDRE ensemble, pour faire de ce lieu autogéré un bien commun « immortel » - Campagne pour sortir ce lieu associatif du marché immobilier

    A vous qui fréquentez L’HYDRE pour une heure ou toute l’année...
    A vous qui aimez l’autogestion et la propriété d’usage, hors de la marchandisation et de la spéculation immobilière ! (...)

    https://ricochets.cc/Collecte-pour-racheter-L-HYDRE-ensemble-pour-faire-de-ce-lieu-autogere-un-

  • Il faut « sortir » du capitalisme mais je ne vous dirais pas comment
    https://ecologiesocialeetcommunalisme.org/2024/12/11/il-faut-sortir-du-capitalisme-mais-je-ne-vous-dirais-

    Dans la Préface à la deuxième édition allemande du Capital en réponse au reproche de s’être « borné à un simple démontage critique du donné » Marx, disait ne pas « formuler des recettes pour les gargotes de l’histoire ». Qu’est-ce que tu proposes ? J’ai publié un certain nombre de billets sur mon blog qui proposaient des analyses de […] L’article Il faut « sortir » du capitalisme mais je ne vous dirais pas comment est apparu en premier sur Atelier d’Écologie Sociale et Communalisme.

    • Ou encore très récemment, lors d’un séminaire que je donnais à l’université d’Evry au département d’économie, c’est l’incrédulité et l’incompréhension qui ont été les réactions les plus nombreuses, ces (jeunes), économistes n’imaginant pas que la société puisse fonctionner autrement qu’elle le fait actuellement alors que s’accumulent pourtant les preuves de ses dysfonctionnements. Et c’est évidemment ce que pensent la plupart des gens et tout particulièrement les plus pauvres qui aspirent à une vie meilleure qui leur apparaît être celle de ceux qui n’ont pas de problèmes de fin de mois. D’où leur réticence à accepter les discours sur la « sortie » du capitalisme qu’ils assimilent au renoncement à leurs espérances (légitimes) d’amélioration de leur sort. Une grande majorité de gens semble penser que la consommation ne peut exister que sous les formes où elle existe aujourd’hui. Et il en est de même pour la production qui repose sur une division du travail tellement poussée que tout autre système d’organisation semble impossible, en particulier en ce qui concerne la hiérarchie, se traduisant notamment pas l’idée répandue que des chefs seront toujours nécessaires. Une idée complaisamment entretenue par les « élites » qui y voient à peu de frais une justification de leur domination.

      Avé la source : https://blogs.mediapart.fr/gilles-rotillon/blog/021224/il-faut-sortir-du-capitalisme-mais-je-ne-vous-dirai-pas-comment

    • Enfin, il faut bien comprendre que lutter contre le capitalisme, c’est agir pour changer son rapport social, en particulier en remettant en cause la propriété privée des moyens de production.

      C’est un peu court comme perspective de sortie du capitalisme. Une économie faite d’entreprises autogérées dont les travailleurs coopérant et possédant ensemble les outils de production ne nous ferait pas sortir du rapport social dans lequel on est actuellement pris.

      Lire contre le mythe autogestionnaire par exemple.
      https://infokiosques.net/spip.php?article805

    • Nous ne proposons pas de plan détaillé de la société communiste de l’avenir, mais le fait est que ce rêve de tous les êtres humains qui ont ressenti fortement le besoin de vivre ensemble, d’être débarrassés à tout jamais de l’argent, des bourgeois, de la nécessité de se vendre et de devoir tout acheter est toujours présent.
      (...)
      L’essence du capitalisme est la valorisation du capital par la production de marchandises dans le cadre d’unités productives autonomes. Cette valorisation est rendue possible par l’exploitation d’une marchandise particulière, la force de travail, capable de transformer des matières premières, d’utiliser des machines... pour créer de nouvelles marchandises dotées d’une valeur supérieure, une survaleur ou plus-value. Ensuite il faut que cette plus-value se réalise, que les marchandises se vendent. Le marché mondial est l’espace où les échanges s’opèrent : la vente doit s’effectuer pour que la plus-value extorquée au travail vivant se concrétise, se convertisse en argent. Ceci explique que chaque unité productive lutte pour elle-même contre les autres car dans ce mouvement de concurrence c’est à celle qui réussira le mieux à évincer les autres.

      Ce que ces autogestionnaires ne comprennent pas ou ne veulent pas comprendre c’est que toucher un salaire implique un échange : ma force de travail contre le fric sans lequel je peux crever dans ce monde où l’argent est roi. Le salaire est infamant de par son existence même, il veut dire que nous sommes en train de vendre notre vitalité humaine, de la broyer dans une vie étriquée, enfermée entre quatre murs, à produire pour le marché qui impose sa dictature. C’est se laisser totalement dominer par le processus infernal de la valorisation. Ce qui est absent de tout le verbiage de ces autogestionnaires c’est l’abolition du salariat.

      https://infokiosques.net/spip.php?page=lire&id_article=805

    • Bonjour Rastapopoulos et deum, c’est TerKo de l’Atelier, merci pour vos commentaires, je vous propose néanmoins de les porter directement sur notre site dans la zone prévue à cet effet en fin d’article... ainsi vous contribuerez à l’objectif de ce dernier qui est d’ouvrir des débats, des réflexions et de faire des propositions... dans l’attente de votre retour, bien à vous ! TerKo

  • En Russie, des feux de forêt gigantesques dans l’indifférence des pouvoirs publics
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2024/07/13/en-russie-des-feux-de-foret-gigantesques-dans-l-indifference-des-pouvoirs-pu

    Actifs plus tôt cet été à cause d’une vague de chaleur précoce et intense, ces feux ne cessent de se multiplier avec, depuis le début de l’année, 6 000 foyers ayant détruit près de 3,5 millions d’hectares – l’équivalent de la superficie de la Normandie. Un décret gouvernemental avait fixé à 5,1 millions d’hectares le maximum pour l’ensemble de 2024. Au rythme actuel, ce seuil pourrait être dépassé dès le 20 juillet.

    « La taïga brûle… », se désole parmi d’autres Irina, habitante de la région d’Irkoutsk, où les incendies ont déjà dépassé le seuil prévu (+ 328 % de la superficie établie pour l’année). Jointe par Le Monde, la jeune femme, qui ne souhaite pas être identifiée, répète ce que les populations dénoncent été après été depuis des années. « Le problème est global, à commencer par l’effondrement de notre industrie forestière et des moyens de protection, aériens notamment, regrette-t-elle. Les forêts sont en train de disparaître. Mais le problème ne réside pas seulement dans la forêt et sa mauvaise gestion. Il est en grande partie dans la tête des gens et des autorités qui ne veulent ni le voir ni le combattre. »

    Des carences aggravées par le conflit en Ukraine
    Les moyens pour lutter contre ces feux manquent en effet cruellement, et le conflit en Ukraine a aggravé ces carences. Des entreprises produisant des équipements anti-incendie ont quitté la Russie ou ont réorienté leur production vers le complexe militaro-industriel. Par ailleurs, des hommes, habituellement mobilisés l’été dans ces régions pauvres pour la lutte contre les feux, se sont engagés sur le front en Ukraine, attirés par de généreuses soldes.
    Contre la gestion des feux, témoignages et critiques se multiplient sur les réseaux sociaux, dernier rare espace de liberté d’expression en Russie. Ainsi, par exemple, au nord du lac Baïkal, les habitants des villages de Chara, Novaya Chara et Ikabya, recouverts d’une épaisse fumée grise empêchant de respirer normalement, racontent comment ils en sont réduits à lutter eux-mêmes contre les flammes, avec des seaux, arrosoirs, bouteilles, pompes, camions-citernes et même pulvérisateurs de jardin. « Par désespoir, nous ferons n’importe quoi pour nous protéger, témoigne une mère de famille. Nous étouffons à cause des gaz de combustion, la visibilité dans les villages est nulle et les ours fuient la taïga ! Personne ne s’en soucie. » En retour, les enquêteurs ont menacé certains de ceux qui se sont exprimés en ligne de poursuites pénales pour « discréditation » des autorités.

    « Les incendies sont en grande partie causés par le facteur humain – touristes, bûcherons, brûleurs d’herbes sèches, assure Alexei Ekidin, chercheur à l’Institut d’écologie industrielle de Iekaterinbourg. Mais cela peut aussi être lié à des conflits entre propriétaires de différentes zones forestières. » Allusion à la désorganisation institutionnelle et son pendant, la corruption. Des groupes industriels liés aux responsables politiques locaux ont en effet investi la forêt, coupant les arbres, vendant le bois et construisant des lotissements dans les zones défrichées. Avec comme résultat un moindre respect des normes de sécurité. D’autant que l’administration anti-incendie, réputée pour son pointillisme, est aussi connue pour son haut niveau de corruption.

    D’autre part, si la réglementation prévoit certes des sanctions sévères contre les responsables d’incendies, elle favorise implicitement le recours clandestin au feu. En effet, le propriétaire d’une forêt poussant sans autorisation sur des terres agricoles est passible d’une lourde amende ; pour éviter cela, le moyen le plus simple consiste bien souvent à brûler les jeunes pousses et la vieille herbe sèche. Mais ces pratiques d’écobuage sont parfois mal maîtrisées.

    La réforme du code forestier de 2006 est aussi en cause. Elle a liquidé la fonction de protection de la forêt. Les postes de 70 000 gardes forestiers ont été supprimés. (...)

  • *Nouvelle ère du fascisme et société sans avenir*

    http://www.palim-psao.fr/2023/03/nouvelle-ere-du-fascisme-et-societe-sans-avenir-a-propos-du-livre-la-demo

    Préface de *La démocratie dévore ses enfants. Remarques sur les fascismes historiques et le nouvel extrémisme de droite*

    Dans un livre paru en 1993, Robert Kurz avertissait : l’extrémisme de droite est le fils légitime de la démocratie. Mais le l’extrémisme qui se renforce aujourd’hui est différent de celui qui existait durant l’entre-deux-guerres : réactionnaire et rétrograde, il est déjà un phénomène de la crise structurelle du capitalisme.

    Une réponse immédiate consiste à considérer le fascisme/nazisme comme une idéologie autoritaire toujours à l’affût, une menace pour la société démocratique qui se manifeste chaque fois que les tensions et les fragilités sociales sont exacerbées. [...] a faiblesse de ces interprétations est qu’elles fixent le fascisme comme une impulsion antisociale générale dépourvue de contenu historique, quelque chose de totalement extérieur aux institutions et faisant souvent partie d’une nature humaine instinctive et violente.

    L’opposition entre fascisme/nazisme et démocratie est erronée parce qu’elle saisit des moments ou des étapes distinctes d’un même processus historique, en maniant des catégories abstraites (démocratie, dictature, liberté) sans leur cadre temporel respectif. Le fascisme et le nazisme étaient des phénomènes typiques de la modernisation capitaliste dans des pays retardataires comme l’Italie et l’Allemagne, très différents des nations où les verrous des sociétés agraires prémodernes avaient déjà été surmontés (France, Angleterre) ou n’avaient jamais existé (États-Unis).

    « le national-socialisme apparaît comme un moment spécifique dans le processus de formation de la démocratie moderne d’économie de marché, comme l’un de ses stades préliminaires et de mise en œuvre ; et la crise de l’époque (guerre mondiale et crise économique mondiale) comme la plus grande de ses crises d’instauration. »

    Il est clair que cette formulation blesse l’oreille sensible des démocrates savants, qui ne peuvent admettre que leur forme idéale et la plus avancée de coexistence politique s’est développée à travers le fascisme historique, qui a servi d’instrument d’instauration de la « socialisation par la valeur », c’est-à-dire des formes de la marchandise, de l’argent et du capital. Mais la formulation de Kurz a encore un autre aspect qui la rend extrêmement actuelle pour expliquer la montée de l’extrême droite au sein des démocraties occidentales : le nouvel extrémisme de droite n’a plus rien à voir avec le fascisme dans sa manifestation historique de l’entre-deux-guerres, si ce n’est en termes symboliques et idéologiques secondaires ; c’est un phénomène non plus de progression mais de dissolution de la démocratie de marché.

  • Extrême-droite et producérisme

    Dans un ouvrage fondamental consacré aux droites radicales aux États-Unis, Chip Berlet et Matthew Lyons définissent le « producérisme » Le concept de producérisme est obtenu en francisant le terme anglais « producerism ». Nous préférons « producérisme » à « productivisme » ou « productionnisme » qui ont déjà d’autres significations comme « une des structures les plus élémentaires du récit populiste ». Le producérisme évoque l’existence « d’une classe moyenne noble et laborieuse constamment en conflit avec des parasites malveillants, paresseux et coupables au sommet et au pied de l’ordre social. Les personnages et les détails ont changé de façon répétée, ajoutent Berlet et Lyons, mais les grandes caractéristiques de cette conception des choses sont restées les mêmes pendant près de deux cents ans » C. Berlet et M. Lyons, Right-Wing Populism in America. Too close for comfort, New York, Guilford Press, 2000, pp. 348 et 349. On parle peu de producérisme en Europe et pourtant ce concept est potentiellement très utile pour décrire et qualifier des discours relevant de la démagogie, du populisme ou de l’extrême droite. Le producérisme renvoie premièrement et spécifiquement à l’idée du peuple qui produit. Le peuple des producteurs, c’est ceux qui sont à l’origine de la production de toutes les richesses de la nation. Les agriculteurs, les fermiers, les ouvriers, les artisans et l’ensemble des professions manuelles, c’est-à-dire tous ceux qui « vivent à la sueur de leur front », font partie du peuple producteur. Le producérisme se réfère ensuite à l’idée selon laquelle le peuple qui travaille est écrasé par un ensemble de « parasites » qui profitent du peuple et des fruits de son travail sans participer à la production des richesses en question. Il y a les « parasites d’en haut » et les « parasites d’en bas », les premiers correspondent aux « élites » c’est-à-dire aux banquiers, aux financiers, aux « mondialistes », aux bureaucrates, aux syndicalistes, aux intellectuels, aux académiques et à tous ces gens qui profitent du système sans travailler avec leur corps. Les parasites d’en bas, pour leur part, sont identifiés à une « clique » de paresseux qui profitent également de la situation. Ce sont les étrangers, les immigrés, les bénéficiaires de l’aide sociale, les « faux » chômeurs, mais aussi les « asociaux » en tous genres qui profitent également des ressources de l’État : les artistes, les homosexuels, les militants pour l’avortement, les féministes, les laïques… Le producérisme renvoie enfin à l’idée fondamentale selon laquelle il existe une solidarité, ou à défaut une sorte de connivence ou d’accord tacite, entre les « parasites » d’en haut et les « parasites » d’en bas pour spolier le peuple. Le discours producériste présente les parasites comme des alliés objectifs qui ne se connaissent pas mais qui ont des intérêts communs.

    https://www.revuepolitique.be/les-nouveaux-parasites

    Par exemple, au sein de la gauche par tradition et notamment par tradition marxiste l’antagonisme principal c’était capital-travail du coup il fallait permettre aux travailleurs de gagner des victoires face, au capital de ce point de vue là le Rassemblement National il joue sur un autre clivage que moi que j’ai beaucoup repéré également sur mon terrain qui est celui entre travailleurs et non-travailleurs et c’est et notamment avec le terme d’assisté, qui revient beaucoup.

    (...)

    Donc le producérisme, c’est-à-dire qu’en fait, une forme de valorisation des travailleurs actifs qui est opposée aux personnes qui soit ne travaillent pas, soit ne produisent pas de valeur économique intéressante qui va participer à l’économie. Les intellectuels, typiquement.

    https://www.sismique.fr/post/139-comprendre-les-%C3%A9lecteurs-d-extr%C3%AAme-droite-felicien-faury

    La rhétorique producériste mobilise la figure de l’Américain producteur et du fermier indépendant. Historiquement aux États-Unis, elle glorifie les « ruraux radicaux » (rural radicals) contre les « grands monopoles capitalistes » [16]

    (...)

    Le discours producériste ne récuse pas tant les gens pour ce qu’ils sont (racisme traditionnel) que pour ce qu’ils font, et il ne rejette pas tant l’égalité pour ce qu’elle représente mais pour les freins qu’elle peut potentiellement constituer à l’idéal méritocratique et à la juste répartition des richesses sur base du mérite et de la responsabilité. En d’autres termes, le producérisme glorifie les discriminations mais habilement, en fonction de critères qui ne sont pas interdits par la loi et qui à bien des égards sont même au cœur du libéralisme : le mérite, le courage, l’intelligence, la responsabilité, etc.

    https://www.cairn.info/revue-outre-terre2-2014-3-page-95.htm

    #extrême-droite