• L’invention du #capitalisme : comment des paysans autosuffisants ont été changés en esclaves salariés pour l’industrie (par Yasha Levine) – Le Partage
    https://www.partage-le.com/2018/10/linvention-du-capitalisme-comment-des-paysans-autosuffisants-ont-ete-cha

    La doctrine économique de notre culture stipule que le capitalisme est synonyme de liberté individuelle et de sociétés libres, n’est-ce pas  ? Eh bien, si vous vous êtes déjà dit que cette logique était une belle connerie, je vous recommande la lecture d’un livre intitulé The Invention of Capitalism (L’invention du capitalisme, non traduit), écrit par un historien de l’économie du nom de Michael Perelman, contraint de s’exiler à Chico State, une université perdue dans la Californie rurale, pour son manque de sympathie envers l’économie de marché. Perelman a utilisé son temps d’exil d’une des meilleures manières possibles, explorant et fouillant les travaux et la correspondance d’Adam Smith et de ses contemporains afin d’écrire une histoire de la création du capitalisme allant au-delà du conte de fées superficiel qu’est La Richesse des nations  ; il nous propose ainsi de lire les premiers capitalistes, économistes, philosophes, prêtres et politiciens dans leurs propres mots. Et ce n’est pas beau à voir.

  • Des révolutions du capitalisme

    Louis

    https://lavoiedujaguar.net/Des-revolutions-du-capitalisme

    « La bourgeoisie ne peut exister sans révolutionner constamment les instruments de production, ce qui veut dire les rapports de production, c’est-à-dire l’ensemble des rapports sociaux. […] Ce bouleversement continuel de la production, ce constant ébranlement de tout le système social, cette agitation et cette insécurité perpétuelles distinguent l’époque bourgeoise de toutes les précédentes. » Karl Marx, Manifeste du parti communiste , 1848

    S’il est devenu un lieu commun de constater que le capitalisme n’existe pas sans révolutionner en permanence les rapports de production, il est une conséquence qui est malgré tout restée dans l’ombre : la révolution parallèle de la représentation sociale, la transformation parallèle de l’intelligence et de la pratique du fait social, la métamorphose parallèle de la conscience historique de l’aventure humaine dans sa globalité.

    Cette citation du Manifeste de 1848, quand bien même elle met l’accent sur une dynamique continue de transformation du capitalisme n’est pourtant généralement comprise que comme conséquence de la mise en œuvre d’une unique logique historique, celle de l’accroissement des performances, des richesses matérielles (et des inégalités sociales), pour culminer dans le processus de la marchandisation généralisée du monde, mais pourtant sans transformation qualitative, dialectique, fondamentale, de sa rationalité. Cette dynamique est décrite comme un approfondissement d’une structure essentiellement invariante du capitalisme : les révolutions internes qu’il met en œuvre sont comprises sous l’angle d’une continuité du capitalisme, que ce soit sous un aspect structurel ou sous une approche conceptuelle. (...)

    #capitalisme #Marx #révolutions #continuité #histoire #économie #sensibilité #guerre #schizophrénie #mutation

  • Lire une littérature pédophile : le cas des études littéraires sur Gabriel Matzneff | Malaises dans la lecture
    https://malaises.hypotheses.org/1238

    Automne 2010, j’assiste avec petite vingtaine de lycéen·nes à un festival organisé autour de deux prix littéraires dans une ville de province. L’invitation étant liée à la participation à un concours scolaire et non à notre initiative personnelle, nous découvrons tou·te·s avec probablement un certain émerveillement un monde de lectures de poésie, de débats littéraires et d’échanges avec des écrivain·es en chair et en os. Le dernier jour, la clôture de notre séjour sous la forme d’un échange avec le président de l’association qui finance l’initiative donne lieu à un épisode inattendu. À une participante qui demande s’il est possible de garder contact avec certain·es des écrivain·es présent·es et de correspondre, cet homme fait une réponse positive et factuelle avant de marquer un temps d’arrêt. Il raconte alors que quelques années auparavant, un écrivain avec qui une lycéenne – invitée dans les mêmes conditions que nous – avait correspondu, a entretenu avec celle-ci une relation qui a eu d’importantes répercussions psychiatriques, pour elle et pour la compagne de l’auteur. Celui-ci, conclut le président de l’association, est désormais exclu du jury. Ce récit, qui tranche avec l’atmosphère générale du festival où trônent naturellement les écrivain·es, ne figure pas dans le compte-rendu que je fais de ce séjour pour mon lycée mais est pourtant présent dans ma mémoire avec une grande netteté. La littérature, c’est aussi ça.

    2019, à la veille de Noël, la presse annonce la publication du livre Le Consentement de Vanessa Springora.

    • À la suite de cet article, c’est surtout un extrait de l’émission Apostrophes en 1990 qui fait le tour des réseaux sociaux, ainsi que diverses citations des œuvres de l’auteur, parmi les plus crus ou explicites (généralement sans avertissement ni analyse), déclenchant une série de réactions diverses – reléguant parfois au second plan la prise de parole de Vanessa Springora et la nécessaire prise de conscience de la prévalence de la pédocriminalité dans la société au profit dans certains cas d’un certain populisme opposant le bon sens commun à une “intelligentsia” pro-pédophile, d’un conservatisme profitant de l’occasion pour déplorer la libération sexuelle2 ou d’une critique de la médiocrité d’une littérature narcissique et autocentrée3.

  • Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/snowden-constant-et-le-sens-de-la-liberte-a-lheure-du-desastre

    Aurélien Berlan

    Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

    A propos d’Edward Snowden, Mémoires vives, Seuil, Paris, 2019.

    Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des Etats sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte1. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix.

    Sur les terrains de lutte ayant une dimension écologiste, là où des gens se mettent en danger pour empêcher tel ou tel projet désastreux de se réaliser, qu’il s’agisse d’un méga-transformateur électrique pour exporter de l’énergie prétendument verte (comme en Aveyron où l’Amassada vient d’être expulsée manu militari), d’une mine de lignite (à Hambach en Allemagne où l’intervention de la police a provoqué un mort) ou d’une poubelle nucléaire (à Bure où les militants font l’objet d’une répression judiciaire acharnée), c’est un autre son de cloche que l’on entend en général. Les militant-es ne se battent pas pour que les prérogatives de l’Etat soient encore renforcées après deux décennies de lois « antiterroristes » (utilisées contre la contestation écologiste lors de la COP 21) et cinquante ans de politiques « sécuritaires », mais pour reconquérir une liberté que le capitalisme industriel, avec la complicité des Etats, nous a selon eux ravie.

    Dans les deux cas, il ne s’agit bien sûr pas de la même liberté – notion dont on sait à quel point elle est polysémique. Dans le premier discours, c’est la conception (néo)libérale de la liberté qui est en ligne de mire, c’est-à-dire la liberté d’échanger et de faire des affaires sans entraves (« laisser faire, laisser passer »), sur les deux plans individuel (« je fais ce que je veux ») et entrepreneurial (« dérégulation des marchés ») – et l’on retombe dans les vieilles ornières du débat opposant les libéraux aux interventionnistes, qu’ils se disent socialistes, républicains ou écologistes. Dans le second discours, c’est une autre idée de la liberté qui est en jeu, que les militant-es désignent en général par la notion d’autonomie en un sens qui ne se réduit pas au fait de « se donner ses propres lois » (l’autonomie politique, au sens étymologique), mais implique aussi de pourvoir à ses propres besoins – c’est de cela dont il est question quand on parle d’autonomie matérielle en général, et en particulier d’autonomie énergétique, alimentaire, médicinale, etc.❞

    • Excellent article !

      Car le désir d’autonomie qui anime une partie du mouvement écologiste, et bien au-delà, invite à lire l’histoire autrement, à penser que si une conception de la liberté a triomphé, c’est l’aspiration à la délivrance – vieux rêve dont le transhumanisme incarne aujourd’hui la radicalisation high-tech : en promettant le dépassement de la mort et en faisant miroiter la colonisation de Mars aux riches qui s’inquiètent tout de même de leurs chances de survie sur la Terre dévastée, cette idéologie réactualise le fantasme d’être délivré des aspects négatifs de la condition terrestre. Or, ce fantasme s’est historiquement imposé contre les aspirations à l’autonomie des classes populaires qui, pendant des siècles, ne se sont pas battues pour être déchargées des nécessités de la vie, mais pour avoir libre accès aux moyens de subsistance, en premier lieu la terre, permettant de prendre en charge ces nécessités.

      […]

      En réalité, les révélations de Snowden n’en étaient que pour celles et ceux qui ne s’étaient jamais interrogés sur les tenants et aboutissants de l’informatisation de leurs activités, ou qui ne le voulaient pas. Pour les autres, elles ne faisaient qu’administrer les preuves irréfutables de ce qu’ils avaient déjà dénoncé, dans l’indifférence générale. Le rappeler, ce n’est pas amoindrir le mérite de Snowden, mais mettre en évidence sa véritable contribution au débat, absolument décisive : avoir permis de démasquer les béni-oui-oui de la High-tech, qui taxent toute critique de « conspirationniste » ou de « technophobe ». Grâce à Snowden, on sait désormais que les discours rassurants sur la révolution numérique sont le fait, au mieux de grands naïfs se voilant la face, au pire de marchands de sable cyniques que l’informatisation du monde renforce et enrichit.

      […]

      Si la sacralisation de la vie privée avait gardé de sa force, on aurait pu s’attendre – c’est ce qu’espérait Snowden – à ce que ses révélations provoquent une levée de boucliers de ce type. Il n’en fut rien. En France, la plupart des gens qui se disaient choqués n’envisageaient pas pour autant de modifier leurs pratiques de communication, comme s’il n’y avait rien d’essentiel à défendre ici, et donc aucune raison de se mobiliser ou de changer ses habitudes électroniques. Ce que l’affaire Snowden a révélé fut pour lui une cruelle désillusion : la liberté pour laquelle il avait pris tant de risques ne faisait plus vibrer grand monde11. Est-ce à dire que la liberté ne nous importe plus ? Ce n’est pas ce que suggère le matraquage idéologique persistant à vendre n’importe quelle réforme et n’importe quelle innovation dans l’emballage de la « liberté ». En réalité, l’indifférence suscitée par Snowden tient au fait que nous nous sentons toujours aussi « libres » qu’avant, comme si la violation de la vie privée n’affectait plus notre liberté. Mais alors, n’est-ce pas le mot liberté qui aurait changé de sens ? Si la véritable révélation de Snowden concerne la dissolution de la liberté des Modernes dans les réseaux de fibre optique, alors nous serions, comme Constant en son temps, à un tournant dans l’histoire du mot liberté, qu’il nous faudrait interroger à nouveau. Où en est-on dans l’histoire du sens de la liberté ?

      […]

      Nous pouvons dès lors reformuler le problème posé par Snowden. Si nous nous sentons toujours libres aujourd’hui, ce n’est peut-être pas que le sens de la liberté aurait fondamentalement changé, mais plus simplement que l’inviolabilité de la sphère privée n’était pas la seule chose qui faisait la valeur de la liberté aux yeux des Modernes, ou la chose principale qui faisait qu’ils se sentaient libres. Mais alors, quelle qualité constituait le cœur de la liberté bourgeoise ?

      […]

      Ce que signe l’affaire Snowden n’est donc pas tant la fin de la liberté des Modernes que celle de l’interprétation libérale qui la définissait par l’inviolabilité de la vie privée. En réalité, ce critère constitutionnel, effectivement bafoué aujourd’hui, masque le fait que les Modernes aspirent d’abord à autre chose, à la délivrance à l’égard des nécessités politiques et matérielles de la vie sur terre. C’est justement ce que suggère l’indifférence suscitée par les révélations de Snowden. C’est aussi ce que confirme une lecture attentive de Constant. Et c’est également ce qu’une histoire de la liberté moderne montrerait. Car face à la conception libérale de la liberté comme délivrance à l’égard des soucis matériels et politiques, le socialisme a souvent, dans ses tendances marxistes dominantes, surenchérit sur ce désir de délivrance en rêvant de surmonter le « règne de la nécessité » par le productivisme industriel et de dépasser la conflictualité sociale dans « l’administration des choses25 ».

      #Aurélien_Berlan #philosophie #liberté #libéralisme #démocratie #politique #capitalisme #anti-industriel #subsistance #autonomie #Edward_Snowden #Benjamin_Constant #vie_privée #privacy #Modernité #transhumanisme @antonin1

    • C’est un très beau texte, et bien écrit. Berlan reprend l’alternative de Constant sur les deux libertés, montre que la liberté individuelle ne peut exister sans liberté politique, collective, et qu’on nous vend la première, censée compenser la perte de la seconde, dans un contexte où celle-ci ne peut pas s’exercer. Et il étend la notion classique de liberté politique en liberté d’assurer et de contrôler ses conditions de vie matérielle, sa subsistance. Au final, c’est comme ça que je l’entends, nous avons accepté le « ou bien oui bien » de cette fausse alternative en prenant la seconde, dénuée de son sens et protégée par de bien maigres garde-fous et déclarations d’intention, parce qu’elle nous libère des nécessités de la vie en nous fourguant des biens et services bien « pratiques » (bagnole, télécom, bouffe produite par des spécialistes, objets à deux balles mais en nombre, la #poubelle_industrielle avec ses nuisances écologiques qu’on feindra de déplorer).

      Ce faisant, on comprendra pourquoi nous nous sentons toujours aussi « libres », en dépit des révélations de Snowden : parce que le système étatico-industriel, si liberticide soit-il, nous délivre toujours plus des limites et des contraintes liées à la vie humaine sur terre.

      Mais depuis, il est devenu clair que la liberté effective ne dépend pas seulement des droits fondamentaux et de l’agencement des institutions, mais aussi de conditions sociales et matérielles. Si l’on dépend d’une instance supérieure pour assurer ses besoins, on se retrouve « à sa merci » et donc potentiellement en situation d’impuissance et d’oppression

      Et si la quête de délivrance à l’égard des nécessités de la vie sur terre, le désir d’un allègement de nos conditions de vie jusqu’à l’apesanteur, jusqu’à l’idée de quitter la terre pour mener une vie extra-terrestre, a fait le lit du capitalisme industriel et du saccage de la planète, il faut rompre avec cet imaginaire et revaloriser l’autonomie comme une manière de revenir sur terre, de revenir à une vision terrestre de la liberté, compatible avec la préservation de nos conditions de vie sur notre planète fragile. En tout cas, c’est une perspective plus enthousiasmante que celle d’un état d’urgence écologique qui conduirait à une restriction draconienne du peu de libertés qui nous reste.

      Merci @rastapopoulos pour l’appel !

  • Matthieu Amiech : « Le numérique devient le cœur de la catastrophe écologique »
    https://reporterre.net/Matthieu-Amiech-le-Numerique-devient-le-coeur-de-la-catastrophe-ecologiq

    On perturbait également le milieu universitaire et le mouvement de scientifiques Sauvons la recherche. On leur demandait s’il était décent d’avoir un mot d’ordre de sauvetage de la recherche scientifique au vu de sa contribution à l’ordre social existant, au vu des sommes déjà dépensées dans les nanotechnologies, le nucléaire, les OGM… On avait par exemple bloqué la fête de la science à Orsay, en faisant sortir le directeur du campus. On s’était déguisés en Indiens, avec des plumes et des arcs, et on avait attaqué le petit train de la science en leur demandant de quitter la terre de nos ancêtres. On s’amusait en faisant des choses sérieuses.

    […]

    N’y aurait-il pas eu du sens de mener cette réflexion et ces luttes au sein du système ?

    Si, mais j’étais attiré par la possibilité de me consacrer à des tâches plus matérielles ; et touché par le fait que nous n’arrivions pas à susciter une remise en cause des chercheurs et des universitaires, dans les années 2000. À ce moment-là, notre réflexion sur l’impasse de la société industrielle et capitaliste n’intéressait pas grand-monde. Certains d’entre nous sont quand même restés enseignants, et ils font des choses très bien. Le contexte à l’université a un peu changé. À partir de 2010, il y a eu les travaux menés par François Jarrige, Jean-Baptiste Fressoz, Christophe Bonneuil ; plus récemment, l’émergence de l’Atelier d’Écologie politique à Toulouse. Les lignes bougent, même si c’est encore largement insuffisant.

    […]

    Nous suivons un fil rouge : le divorce entre le progrès technique et le progrès humain. Le progrès technique a pendant longtemps semblé en tant que tel porteur de justice sociale et de liberté. Nous pensons que c’était déjà en bonne partie une illusion aux XIXe siècle, mais, au fil du XXe, on observe carrément un divorce : les outils de la technologie ont facilité le démontage des droits sociaux, des solidarités et considérablement restreint la liberté. Les livres de La Lenteur documentent, de manière assez variée je crois, ce divorce.

    #Matthieu_Amiech #critique_techno #informatisation #numérisation #écologie #science

  • « Les ravages des écrans » : un traité de savoir-vivre pour les générations futures
    https://usbeketrica.com/article/ravages-ecrans-traite-savoir-vivre-generations-futures


    https://www.lechappee.org/collections/pour-en-finir-avec/les-ravages-des-ecrans

    « L’idée de vouloir former les enfants aux nouvelles technologies dès la maternelle est à peu près aussi intelligente que celle qui consisterait à les habituer, dans les mêmes murs, à l’alcool »

    #addiction

    • Après l’écho considérable de son livre Digital Demenz outre-Rhin, le psychiatre et neurologue allemand #Manfred_Spitzer revient avec une #critique globale des écrans et de la relation pathologique que nous entretenons avec eux. À l’heure où son compère français Michel Desmurget expose la « fabrique du crétin digital » en cours, soulignant les dangers des #écrans pour les enfants, Manfred Spitzer élargit le spectre en présentant la « cyberdépendance » comme une « maladie de civilisation ».

      https://www.revue-projet.com/comptes-rendus/2019-12-marry-les-ravages-des-ecrans/10440

      Il la dissèque à travers ses impacts, protéiformes. Le « cyberstress » est distingué de la « cyberangoisse » ou de la « cyberchondrie » (qui renvoie au fait que l’hypocondrie va croissant à mesure que l’on se renseigne en ligne sur nos symptômes). Au gré des chapitres, tous les maux sanitaires et cognitifs liés à l’usage excessif des écrans sont évoqués, avec force études à l’appui : surpoids, baisse du sommeil, de la mémoire, de la vue, du quotient intellectuel… Les conséquences psycho-sociales et sociétales sont, elles aussi, mises en exergue : la baisse des résultats scolaires, l’impact des contenus violents et pornographiques, la hausse des dépressions, la perte de l’empathie et même le risque que présente la collecte des données personnelles pour nos vies privées.

      Dans sa révolte, Manfred Spitzer n’hésite pas à incriminer les responsables politiques qui ignorent ces « ravages » (pourtant évidents) et encouragent « l’école numérique », dont toutes les études sérieuses montrent l’inanité. Il dénonce aussi le discours des lobbies de l’industrie numérique qui poussent au « tout digital » et produisent des études visant à semer le doute quant aux conséquences d’une telle orientation. Ainsi, outre la prise de conscience et l’effort de sensibilisation auxquels ce livre espère contribuer, l’auteur appelle à oser les interdictions là où cela s’impose, par exemple dans le cadre scolaire. La véritable solution, selon lui, réside dans l’expérience que chacun fera des bienfaits de la « déconnexion ». L’accumulation de chiffres et d’études dans des champs très divers laisse parfois le lecteur étourdi ; mais peut-être est-ce la gravité du diagnostic qui génère ce malaise… Manfred Spitzer va jusqu’à juger « l’implosion culturelle » en cours aussi dramatique que le réchauffement climatique. Il appelle ainsi les États européens à réagir tant qu’il en est encore temps.

      Yves Marry 3 décembre 2019
      #cyberchondrie #livre

  • Was ist SchloR? • Schöner leben...
    https://schlor.org/schlor/was-ist-schlor-2

    Das Projekt SchloR hat zum Ziel, in Wien langfristig abgesicherte und leistbare Räume für selbstverwaltetes und gemeinschaftliches Arbeiten und Wohnen zu schaffen. Unser Selbstverständnis beruht neben der Selbstverwaltung auf Inklusion, Solidarität, sowie der Idee des Nutzungseigentums (statt Privateigentum) und der Kapitalneutralisierung. Selbstverwaltet bedeutet, dass wir uns selbst organisieren und unsere Räume gemeinsam gestalten.
    Um unser Projekt zu realisieren, planen wir gemeinsam mit dem Dachverband habiTAT den Kauf einer Immobilie in Wien Simmering. Durch das Rechtsmodell des habiTAT wird die Immobilie vergesellschaftet und dauerhaft dem Immobilienmarkt entzogen. Außerdem fallen Personen, die Profite aus dem Grundrecht auf Wohnen schlagen, weg.
    Solidarität zeigt sich z.B. dadurch, dass jeder Person – fernab von sozialen Status & Eigenkapital – eine gleichberechtigte Teilhabe, (Mitbestimmungs-)möglichkeiten & Rechte gegeben werden. Somit sollen soziale Ungleichheiten ausbalanciert werden ohne dabei Hierarchien einzuziehen.

    Verein zur Förderung kollektiven Wohnens und kreativer Lebensvisionen (ZVR 236108850)
    Rappachgasse 26
    A-1110 Wien

    Anfragen: contact at schlor punkt org

    #Autriche #Vienne #logement

  • Panthère Première » L’horizon sans les hommes

    Et si la lutte contre les inégalités entre hommes et femmes passait non pas par une redistribution des ressources, mais par une remise en question directe des fondements socio-culturels de la masculinité et de la féminité ?

    par #Mélusine

    "Je ne crois pas en l’égalité entre les hommes et les femmes. Dans le discours autorisé, la revendication d’égalité tient aujourd’hui lieu d’abrégé consensuel des luttes féministes, devenue à la fois l’objectif institutionnel des politiques publiques et le slogan résumant — et limitant — les exigences émancipatrices des femmes. Elle a cela de confortable qu’elle paraît seulement exiger la réalisation effective d’un principe politique et philosophique dont la légitimité est depuis longtemps reconnue, inscrite aux frontons des codes et des bâtiments. Toute la radicalité potentielle d’une telle exigence, jamais nulle part réalisée, s’éteint pourtant dans ce vocable figé. Que voudraient donc les femmes ? L’égalité avec les hommes : rien de trop, rien de plus qu’avoir ce qu’ils ont, rien de plus que faire ce qu’ils font. Cette revendication n’est pas seulement timide, elle n’a aucun sens : elle contient une impossibilité logique qui se révèle lorsqu’on se demande sérieusement ce que recouvre chacune des deux catégories qu’on prétend faire s’équivaloir, celle des hommes et celle des femmes. En effet, toute l’énergie performative du monde ne permettrait pas d’inscrire un signe égal entre des valeurs intrinsèquement dissemblables. L’égalité hommes-femmes est une contradiction, un oxymore qui n’a aucun espoir de réalisation : parce qu’il ne peut exister ce qu’on appelle aujourd’hui « des hommes », et qu’ils soient les égaux de celles qu’on appelle « des femmes »."

    https://pantherepremiere.org/texte/lhorizon-sans-les-hommes

    #féminisme #inégalités #masculinité #genre

  • La fabrique des « #indésirables », dans les sociétés européennes hier et aujourd’hui

    Le 80e anniversaire des décrets-lois Daladier a servi de prétexte au comité scientifique des Voix d’exils pour engager une réflexion collective sur la fabrique des « #étrangers_indésirables » hier et aujourd’hui, manière de s’interroger sur le processus de #criminalisation des personnes migrantes par les autorités des différents états européens.

    https://lecpa.hypotheses.org/1103

    Pour télécharger le numéro de la revue en pdf :
    https://lecpa.hypotheses.org/files/2019/11/saufconduit_n1-novembre-2019.pdf

    #catégorisation #asile #migrations #réfugiés

  • via Terres Communes

    ‼️ 😡😡 Sus aux précaires, aux roms, aux gens du voyage, aux immigrés, aux zadistes, aux plus pauvres, aux personnes ayant choisi ou non d’habiter dans des habitats légers hors PLU, c’est en somme ce que l’assemblée nationale a votée le Jeudi 21 Novembre 2019 via l’article 14 dans le cadre de la Loi Engagement et Proximité !

    https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/11/22/loi-engagement-et-proximite-les-maires-pourront-mettre-des-amendes-pour-cons

    200 euros par jour d’amende jusqu’à 25 000 euros possible au total pour les personnes occupant des logements non inscrits dans les schémas d’urbanisme, c’est à dire que lorsque le décret d’application sortira, les personnes habitant dans des caravanes, yourtes, cabanes, camions et bus aménagés, tentes, etc... pourront être soumis à des amendes exorbitantes et impossibles à payer par simple décision du Maire qui acquiert ainsi un pouvoir de police et de justice à la fois !

    Quasiment aucune mobilisation à ce jour en France contre cet article de loi (excepté à Paris via l’appel de plusieurs associations le jour du vote de la loi), tandis que les médias ne l’ont quasiment pas relayé.
    Lors de la loi LOPPSI 2 qui prévoyait l’expulsion des habitats légers, une forte mobilisation nationale avait permis l’annulation de l’article de loi visant les habitats légers.
    Il est peut-être temps de s’y mettre à nouveau ?... 🤔

    Le gouvernement précarise à tout va et montre également sa volonté de supprimer toute possibilité de vivre de manière alternative !

    A partir du 5 Décembre, ce n’est pas seulement contre la réforme des retraites que nous nous battrons, c’est également contre le rouleau compresseur de lois liberticides, répressives, discriminantes, anti-pauvres, anti-écologiques, etc... que nous devons nous soulever !

    Et nous espérons également que comme pour la LOPPSI2, les associations HALEM et DAL appelleront à des occupations de centre-ville pour stopper cette marche en avant vers la mise au pas de toute la société et la précarisation des déjà précarisés ! ✊

    Il est temps d’en finir avec cet imaginaire du petit colibri qui peut changer le monde de manière individuelle ou en communautés retranchées « hors du système », cette loi et tant d’autres nous montrent que même si créer des alternatives est nécessaire, la lutte collective contre ce système mortifère est vitale pour préserver notre avenir commun !
    Nous n’en sommes plus à simplement nous battre pour un autre futur désirable, nous en sommes à nous battre tout simplement pour notre liberté et notre survie !

  • Astuce seenthis + uBlock origin

    Si vous trouvez le blocage de seenthis (https://seenthis.net/messages/788742) par trop poreux, il est relativement simple de réellement bloquer un compte à peu de frais avec l’extension uBlock origin.

    1) Trouvez l’id du compte en question.
    Pour la trouver, inspectez le html d’un de ses billets. Cherchez l’attribut ’data-id-auteur’. C’est un nombre. Disons XXXX

    2) Ajoutez les deux filtres suivants à uBlock :
    seenthis.net##.auteurXXXX
    seenthis.net##:xpath(//li[@class=’reponse’]/article/div[@data-id-auteur=’XXXX’]/../..)

    Vous ne verrez plus ni ses billets ni ses réponses.

    Ça fonctionne même sans être connecté, et aussi sur le téléphone portable.

  • Ce que nous avions à dire à ceux qui bâtissent la technopolice
    https://www.laquadrature.net/2019/09/27/ce-que-nous-avions-a-dire-a-ceux-qui-batissent-la-technopolice

    Rappel : La reconnaissance faciale s’apprête à déferler en France. Pour documenter et résister à ces déploiements, rendez-vous sur technopolice.fr et son forum ! Mardi 24 septembre, La Quadrature était conviée à la « vingt-quatrième journée technico-opérationnelle de la sécurité intérieure », qui se tenait dans un amphithéâtre bondé de la Direction générale de la gendarmerie nationale. Ces rencontres sont organisées tous les six mois par le ministère de l’intérieur, et celle-ci avait pour thème : « (...)

    #algorithme #AliceM #CCTV #biométrie #facial #vidéo-surveillance #surveillance #étudiants #LaQuadratureduNet (...)

    ##CNIL

  • Richard Stallman, précurseur du logiciel libre, démissionne du MIT et de la Free Software Foundation

    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2019/09/17/richard-stallman-precurseur-du-logiciel-libre-demissionne-du-mit-et-de-la-fr

    NB : Le Minksy dont il est question dans l’article se prénomme Marvin et non pas Mark...

    Richard Stallman n’y prend à aucun moment la défense de Jeffrey Epstein, mais celle de Mark Minsky, un spécialiste de l’intelligence artificielle mort en 2016 qui était une figure marquante du MIT. Un témoignage recueilli par les enquêteurs travaillant sur le dossier Epstein affirme qu’une jeune femme a eu une relation sexuelle avec M. Minsky, alors qu’elle avait 17 ans et M. Minsky 73, à la demande de Ghislaine Maxwell, la proche associée de M. Epstein.

    Le 14 septembre, Richard Stallman a publié un nouveau message sur son blog, doublé d’un message d’excuses sur la liste de diffusion du MIT. « [Les médias] ont totalement déformé mes propos », y écrit-il. « Ils écrivent que je défends Epstein. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité. J’ai écrit qu’il était un violeur en série et que sa place était en prison. […] Je regrette de ne pas avoir pu empêcher cette incompréhension. »

    Eh bien, moi, je regrette que Stallman ne puisse tout simplement pas envisager que Minsky soit un gros connard, ou même, tout simplement, un homme dont le comportement est critiquable

    N.B.2 : l’article réussit tout de même à faire en sorte que la personne à blâmer dans l’affaire Epstein/Minsky soit une femme...

  • La réponse de la baleine à bosse | Par Ouï-dire
    https://www.rtbf.be/auvio/detail_par-oui-dire?id=2536045

    Où nous entrons en dialogue musical avec les baleines à bosse. Ce documentaire est le fruit d’un projet art-science qu’Aline Pénitot mène depuis 2012 avec le bioacousticien Olivier Adam et le CNRS. Elle a en effet découvert des analogies sonores stupéfiantes entre les baleines à bosse et le basson. À partir de là, elle a développé une interface sous-marine d’échanges sonores humain-baleine. A la Réunion, elle a enregistré chaque situation, chaque sortie, chaque chant, chaque souffle de baleine et surtout chaque réponse aux stimulations sonores. Car, oui, il y a eu réponse. Et cette enquête sonore va le montrer. Durée : 1h13. Source : RTBF - La (...)

    http://rtbf-pod.l3.freecaster.net/pod/rtbf/geo/open/c/cpM1pUxJiw.mp3

  • Féminisme : revenir à l’émancipation

    tribune d’Estelle Ferrarese

    https://www.liberation.fr/debats/2019/08/29/feminisme-revenir-a-l-emancipation_1748090

    [L’idée d’émancipation] suppose de se soustraire, individuellement et collectivement, aux statuts, aux rôles et aux parts auxquels nous sommes assigné·e·s. Son horizon est une autonomie qui ne saurait être octroyée, ni n’est susceptible de se développer spontanément. On ne peut espérer s’émanciper par l’accumulation mécanique des avancées techniques comme la contraception, par la lente sédimentation de textes juridiques protecteurs des droits, encore moins par un progrès économique qui ne bénéficie de toute façon qu’à certain·e·s.

    Il faut aussi admettre et analyser la possibilité que la libération se retourne en son contraire, comme lorsque le discours sur l’émancipation est absorbé et neutralisé dans la célébration de la simple « possibilité de la possibilité » (expression de Roswitha Scholz), dans l’offre qui nous est faite par la technique, le capital, le droit ou encore les réseaux sociaux de choisir parmi de multiples kits identitaires, postures éthiques, trajectoires de vie, sexualités, et mobilisations parfaitement compatibles avec l’ordre existant.

  • Le Monde en pièces, pour une critique de la gestion, Volume 2 : Informatiser, Groupe Oblomoff, 2019
    https://sniadecki.wordpress.com/2019/08/25/oblomoff-monde2

    Nouvelle publication des éditions La Lenteur de cette année.

    L’informatisation, voilà ce qui caractérise avant toute chose notre époque. Chacun d’entre nous dédie aux ordinateurs une part considérable, et sans cesse croissante, de son temps ; de manière directe ou indirecte, libre ou contrainte, pour produire ou pour consommer, durant le temps de travail comme durant les loisirs. L’ampleur du phénomène est difficile à nier ; son impact écologique a été démontré ; ses conséquences sur la santé sont l’objet de rapports inquiets des médecins ; ses effets sur la vie sociale documentés par les sociologues, sur les enfants par les pédagogues, etc., etc. Les conditions effroyables dans lesquelles ces machines sont produites sont connues. Et cependant, l’informatisation n’est jamais appréhendée de manière globale. On ne fait en quelque sorte qu’empiler des faits de société (Parcoursup, l’intelligence artificielle…), qui peuvent certes susciter de légitimes inquiétudes, mais dont on pourrait éviter les aspects nuisibles par un usage approprié. Les journaux et la radio prodiguent de sages conseils d’utilisation. N’exposez pas vos enfants aux écrans. Cet été, apprenez à ne pas consulter 25 fois par jour votre messagerie… Certaines vedettes – des Michel Serres, des Serge Tisseron – se sont placées sur ce marché en pleine expansion : la vente de tranquillisants à destination du public, en attendant que l’administration se charge elle-même de protéger sa population, instaure le « droit à la déconnection » et organise ses propres « semaines sans écrans ».

    #critique_techno #Éditions_La_Lenteur #livre #informatisation #gestion #Groupe_Oblomoff

  • A propos de la flic infiltrée débusquée au contre-sommet du #G7

    source instable :
    https://nantes.indymedia.org/articles/46321
    sauvegardes :
    http://web.archive.org/web/20190827073324/https://nantes.indymedia.org/articles/46321
    http://archive.is/kWZEJ
    https://iaata.info/A-propos-de-la-flic-infiltree-debusquee-au-contre-sommet-du-G7-3547.html
    https://sansattendre.noblogs.org/post/2019/08/27/de-toulouse-a-bayonne-a-propos-de-la-flic-infiltree-debusquee-

    Sur le camp du contre-sommet, lors d’une assemblée assez sensible portant notamment sur l’organisation du départ de la manif de Bayonne, cette femme a été remarquée (par des personnes la connaissant du mouvement GJ à Toulouse) en train de prendre discrètement, avec son téléphone portable, des photos des gens participant à l’AG. Ces personnes ont décidé d’intervenir et de se confronter à elle, à l’écart de l’AG.

    Nous sommes donc loin d’avoir affaire à une simple indic de la police, comme il y en a bien sûr ici et là. Cette personne organisait, impulsait et poussait à des actions ; elle mettait en relation des gens afin que la police puisse procéder à des arrestations. C’est l’État qui organisait ses coups de filet...

    J’imagine qu’il va y avoir des enquêtes, en attendant y’a un appel à rassembler toutes les infos à l’adresse deratisation1312@riseup.net

    Ça rappelle l’affaire de flic infiltré qui avait été révélée en 2011 : Mark Kennedy / #Mark_Kennedy, espion dans les milieux politiques britanniques et européens... jusqu’à #Tarnac !
    L’occasion de ré-écouter la super émission de France Culture signalée par @davduf ici https://seenthis.net/messages/672015 . Y’avait aussi eut un article de @camillepolloni chez les inrock : https://www.lesinrocks.com/2012/03/13/actualite/actualite/mark-kennedy-la-taupe-de-tarnac
    et pour les passionné-e-s, un travail de titan sur lui est disponible sur la base anti-infiltration montée en angleterre suite au scandale : https://powerbase.info/index.php/Mark_Kennedy

    #NoG7 #G7EZ #g7welcometoparadise #infotraflicsG7 #police #infiltration #manipulation

  • Hong Kong : des anarchistes dans la résistance au projet de loi sur l’extradition

    via Agitations Autonomes :
    https://agitationautonome.com/2019/07/10/hong-kong-des-anarchistes-dans-la-resistance-au-projet-de-loi-sur
    Publié par CrimethInc. le 22 juin 2019.

    Au lieu de simplement retweeter cette interview, nous avons décidé de la traduire intégralement, car c’est de loin le papier le plus intéressant qui ait circulé sur le mouvement jusqu’à présent (même si l’une de ses qualités est justement qu’il ne soit pas encore figé dans un « mouvement »), de la part d’un groupe qui partage nos positions.

    #photo# Notre bannière dans les marches, qui se trouve habituellement à l’avant de notre escouade de tambours. « Il n’y a pas de « bons citoyens », seulement des criminels potentiels. » Cette bannière a été faite en réponse à la propagande diffusée par les groupes politiques pro-établistes de Pékin à Hong Kong, assurant partout aux « bons citoyens » que les mesures d’extradition ne menacent pas ceux qui ont une conscience tranquille et qui se mêlent de leurs propres affaires. Photo prise par WWS du Tak Cheong Lane Collective.

    Dans cette ville, tout type d’initiative personnelle est considéré comme une solution pour gagner sa vie, une tactique dans la lutte sans pitié pour survivre. Par conséquent, l’auto-entreprenariat et l’entreprise privée sont radicalement défendus. Ce lien sinistre entre la vie et la survie atteint même le langage : pour exprimer le fait de « travailler », nous employons « 搵 食 », ce qui signifie littéralement « rechercher le repas suivant ». On comprend pourquoi les manifestants veillent toujours à ce que les actions ne portent pas préjudice aux travailleurs, comme par exemple éviter le blocage d’une route par laquelle passent les bus qui ramènent chez eux les prolétaires courbaturés.

    #Hongkong #révolte #mouvement_social

  • Libra de Facebook : « Ce projet est très malsain et doit être combattu »
    https://www.marianne.net/economie/libra-de-facebook-ce-projet-est-tres-malsain-et-doit-etre-combattu

    Interview d’André Orléan

    L’ambition du Libra est bien plus vaste puisqu’il s’agit de promouvoir une monnaie véritable, destinée aux échanges de marchandises et de services, pour toute la planète.

    Bien que sans précédent, cet événement n’est en rien une surprise car l’expérience du bitcoin est passée par là. Elle nous a appris qu’il est désormais possible de concevoir une monnaie internationale, indépendante des États. Néanmoins, en raison de son instabilité chronique, le bitcoin a échoué à devenir un intermédiaire des échanges efficace. Il n’a pas réussi à instituer un espace stable et profond de transactions marchandes. De fait aujourd’hui, cette cryptomonnaie est bien plus un actif spéculatif qu’une véritable monnaie. Cependant, on ne pouvait douter que de nouvelles propositions viendraient, tirant les conséquences de l’expérience bitcoin. Parmi elles, l’idée d’une monnaie adossée à un géant de la Toile s’imposait comme la plus sérieuse dans la mesure où elle associe les trois forces qui sont au cœur du capitalisme d’aujourd’hui : outre la puissance du capital, la puissance de la technique et la puissance des réseaux. Telle est la signification du projet Libra : concevoir la nouvelle architecture institutionnelle qu’appellent les modalités présentes de la production capitaliste. Pour mesurer la vigueur du défi qui est ici lancé au vieux monde néolibéral, observons que, dès à présent, Facebook à lui seul compte 2,4 milliards d’utilisateurs mensuels, ce qui représente 30% de la population mondiale, auxquels il convient d’ajouter les utilisateurs des autres sociétés participant au groupement Libra comme Uber, Visa, Booking.com, eBay, Spotify ou Paypal. Malgré cette énorme puissance de feu, n’oublions cependant pas l’ampleur des obstacles qui rendent ce projet des plus incertains.

    C’est cela qui est déterminant : chercher à constituer un écosystème d’activités économiques intégrées par le fait qu’elles partagent une même monnaie. N’est-ce pas précisément ce qui est recherché par Facebook et ses partenaires ? Par exemple, inciter à utiliser un transport Uber pour aller en vacances avec Booking.com et écouter de la musique avec Spotify en faisant valoir que tous ces services sont libellés en libras et disponibles aisément sur son téléphone portable. Plus généralement, faire du libra le moyen de paiement de référence sur un maximum d’applications. On peut même aller plus loin et considérer qu’à terme les sociétés participant au projet Libra encourageront leurs milliers d’employés à voir leur salaire payé en libras. Si cette dynamique est conduite à son terme, on verra alors se constituer une vaste économie déterritorialisée, libellée en Libra, qui viendra de facto défier les espaces Dollar, Euro ou Yen.

    Comme je l’indiquais, les forces qui sont à l’œuvre pour faire advenir le projet Libra ne sauraient être sous-estimées. Elles plongent leurs racines au cœur de notre modernité. Face à elles, quels arguments peuvent faire valoir les monnaies étatiques pour justifier le maintien de leurs prérogatives ? Pour le dire brutalement, deux manières de concevoir la solidarité avec autrui s’affrontent : via les réseaux sociaux et le smartphone versus via la nation.

    #Libra #Monnaie_numérique #Facebook

  • Un tout nouveau laboratoire CNRS a ouvert ses portes en janvier 2019 : le Centre Internet et société. À sa tête, deux femmes passionnées par l’architecture d’Internet et les questions de société qui en découlent.

    http://www.cnrs.fr/fr/cnrsinfo/internet-societe-et-gouvernance

    Une bonne nouvelle : la prise en compte des spécificités du numérique peut bénéficier du « détachement de l’ISCC ». Avec comme bonus une équipe pilotée par de jeunes chercheuses

    Une moins bonne nouvelle : la dimension historique moins présente risque de biaiser le regard porté sur « les initiatives de la société civile »

  • Et un autre article à lire ou relire, extrait de notre dossier consacré aux réflexions alternatives sur l’héritage.

    Matière à vies collectives
    Voyage à Muche : conditions, usages et enjeux d’une expérience d’ancrage

    https://pantherepremiere.org/texte/matiere-a-vies-collectives

    Comment une expérience concrète de vie communautaire, passant notamment par la propriété collective, intègre-t-elle la question des disparités économiques des membres qui y prennent part ? De la famille « biologique » à la famille politique, comment se réorganise la solidarité matérielle ? En février 2018, plusieurs membres d’une communauté politique composée d’une soixantaine de personnes ont pris le temps de revenir sur leur installation dans le village de Muche en abordant plus précisément les enjeux collectifs, notamment matériels, auxquels ils et elles font face.

    #héritage #patrimoine #communauté #solidarité

  • « La drague est anti-féministe » | StreetPress
    https://www.streetpress.com/sujet/1561380437-drague-anti-feministe-Valerie-Rey-Robert

    Depuis MeToo, on entend beaucoup que les hommes ne peuvent plus draguer. Est-ce mal ?

    Non. Je les trouve indécents. Des femmes racontent les souffrances par lesquelles elles sont passées. Et le fait que, en face, des hommes racontent : « Ouais mais moi j’ai envie qu’on me suce la bite » – c’est à ça que ça revient – c’est extrêmement indécent.

    Et, par ailleurs, ils ont raison d’avoir peur. Parce que certains ne vont plus pouvoir se comporter comme ils le faisaient. DSK, par exemple, avait visiblement des comportements de prédateur répétés – il était connu pour ça non ? – et continuait autant qu’il le voulait. C’est une question d’époque. Pour les femmes de l’âge de ma mère, c’était normal. Ma mère me racontait que dans les soirées étudiantes de droit et de médecine, il fallait savoir enlever ses talons hauts très vite, pour courir au bon moment. Et il ne fallait pas trop boire, sinon, comme elle le disait, « on y passait ». C’était totalement intériorisé par les femmes. Et une partie des hommes ne pourra aujourd’hui plus baiser non plus. Certains ont construit leur façon d’avoir des relations sexuelles sur l’acharnement, jusqu’à ce que les femmes cèdent. C’est fini ! Et comme certains sont trop inintéressants, moches, pas séduisants, sans humour, pas intelligents, et qu’ils ne pourront plus forcer, ces mecs-là vont rester sur le carreau. Ils vont devoir être ingénieux et plein d’humour au lieu d’insister comme des porcs.

    #hétérosexualité #harcelement #drague #espace_public #culture_du_viol #galanterie #sexisme

    • Je vous suis complétement dans votre raisonnement, et j’en profite pour partager vos mots autour de moi.
      Cependant, il reste une question qui me trouble un peu et que AOFobb soulève : quelle est la différence entre « rapports de séduction » et « drague » ?
      A part l’aspect linguistique, je ne vois pas bien.

    • Cette histoire d’appropriation du temps évoqué par Valérie Rey-Robert me semble assez pertinente pour faire la distinction. De manière globale, le privilège masculin correspond d’ailleurs à une forme ou une autre d’appropriation du temps et/ou de l’espace des autres, phénomène auquel les femmes sont les premières à devoir se soumettre.

      La drague, c’est du vol de temps : faire perdre son temps à une femme, optimiser indument celui du prédateur.

      La séduction serait alors un rapport humain où l’on envisage justement de « prendre son temps » et de surtout pas s’accaparer celui de l’autre.

    • Le temps est un paramètre intéressant ici, merci. Mais alors.. la drague est la séduction sont de même nature ?!
      Il s’agirait d’un degré différent d’implication dans le temps de l’autre ?

      La séduction c’est du slow-drague ?!

      (Je pense à voix haute, excusez l’apparent jeu de rhétorique..)

    • Non, la séduction n’est pas de la « slow-drague », car un rapport au temps différent définit un rapport social et humain d’une autre nature et non pas d’une autre « intensité »

      C’est la même chose pour le travail dans la société capitaliste qui - en tant que rapport social, et même forme de synthèse sociale - est fondé sur le temps abstrait (et plus précisément sur une dialectique abstrait/concret au sein d’une dimension temporelle sociale spécifique à la dynamique du capital cf. Postone), catégorie qui n’existe tout simplement pas dans les sociétés non-capitalistes.

    • La drague ca viens de la pêche, ca consiste à raclé tout ce qui traine au fond des mers. Dragué une femme c’est la traité de trainée, de moule sur patte, de morue, de thon, limande, balaine, étoile de mer.... Dragué c’est essayé de chopper TOUT CE QUI PASSE, même les espèces non comestibles. Le dragueur attrape tout et fait le tri après, tant pis si les 3/4 des organismes du fond des mers sont morts dans l’opération. Le dragueur n’aime pas vraiment les poissons, il cherche seulement à dominer. Dominer les morues qui passent à sa porté sans leur maquereau - les punir pour cela et essayé d’en bouffé le plus possible au passage, mais surtout le dragueur veux dominer les autres maquereaux à qui il veux montré qu’il à la plus grosse vessie natatoire.

    • Merci pour ces juteux éclaircissements. Ca vous dérange si je publie à un cercle amical cet échange ? Les tournures de Mad Meg, toujours à point me font rougir de vérité ! Et la réponse, merci, cette analogie pêcheresse, située tout à fait comme il faut, indiquant bien que d’un point de vue à l’autre il est question de volonté, finalement. C’est pas du Schopenahaeur. Ou alors si, en mieux, et ça mérite attention. Cimer.