L.L. de Mars

Créations artistiques et critiques, spectre large et désordonné

  • Italie : ses violeurs sont acquittés car elle est trop « masculine »
    https://www.rtl.fr/actu/international/italie-ses-violeurs-sont-acquittes-car-elle-est-trop-masculine-7797189017

    Cette affaire scandalise les associations de défense des droits des femmes. Elles sont nombreuses à avoir manifesté lundi 11 mars devant la cour d’appel d’Ancône en Italie, où 2 hommes ont été acquittés du viol d’une femme, survenu en 2015.

    Ces 2 Péruviens avaient été acquittés en 2017, au motif que la victime était « trop laide » et « masculine » pour qu’ils aient pu être attirés par elle. Des motifs dévoilés seulement vendredi 8 mars. Ce jugement de la cour d’appel, rendu par 3 magistrates, n’a pas tenu compte du fait que les 2 hommes avaient déjà été reconnus coupables de ce viol en 2015. « Une honte ! », ont crié les 200 manifestantes, qui ont accusé le système judiciaire de misogynie et de « chasse aux sorcières », selon une video publiée par des médias italiens.

    La victime, une Péruvienne, affirme avoir été violée après qu’ils aient mis une drogue dans son verre. L’un surveillait les alentours pendant que l’autre la violait. Des médecins avaient établi que les blessures correspondaient bien à celles d’un viol, et avaient retrouvé des traces de drogue dans son sang.

    #viol #culture_du_viol #impunité #insensé


  • (1) « Bon cul », « salope », « pétasse »… A « Vice », des mecs plus qu’ultras - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2019/03/12/bon-cul-salope-petasse-a-vice-des-mecs-plus-qu-ultras_1714627

    Dans la filiale française du média nord-américain, des hommes, en grande partie des journalistes, ont longtemps dénigré, insulté et harcelé leurs collègues femmes. « Libération » a recueilli les témoignages de victimes de ce système sexiste généralisé dans l’entreprise.

    « Bon cul », « salope », « pétasse »… A « Vice », des mecs plus qu’ultras

    « Mitard Party. » C’est le nom d’un événement privé, organisé sur Facebook le 1er juillet 2017, par l’ancien directeur de la rédaction française de Vice. D’un ton badin, plein de forfanterie, Sébastien C. invite dans un bar parisien quelques collègues du média d’information et de divertissement, filiale hexagonale du géant nord-américain Vice Media, en ces termes : « Lundi 3 juillet à 9 heures […], je passe en jugement pour "violences volontaires avec arme" suite à une affaire ultranulle survenue l’été dernier et dont pas mal d’entre vous sont déjà au courant. Comme c’est pas tous les jours qu’on a une chance de se retrouver en taule - une chance mince, selon mon avocate, mais sait-on jamais -, j’aimerais fêter ça en buvant des trucs avec vous et en échangeant des regards virils qui en disent long comme dans les clips de rap. » En illustration de l’événement : une photo du rappeur américain Gucci Mane, plusieurs fois emprisonné pour violences et possession de drogue.

    #sexisme #culture_du_viol

    • A lire les titres des articles du violeur présumé on découvre des fantasmes et dadas bien maculins.
      https://motherboard.vice.com/fr/contributor/sebastien-chavigner

      Il m’a quand même eu avec un truc assez gros :

      Toutankhamon possédait un poignard forgé avec du fer extraterrestre
      https://motherboard.vice.com/fr/article/53ybzk/toutankhamon-possedait-un-poignard-forge-avec-du-fer-extraterrestr

      C’est qu’on a tous les deux vu Le Cinquième Élément , cette oeuvre de l’autre homme qui aimait les femmes qui depuis a été écarté du cercle des immortels pour cause d’avances inopportuns faites à ses contemporains féminins, enfin c’est ce qu’on m’a raconté sur Besson, je n’ai pas suivi l’affaire de près.

      Natalie Portman Audition for Léon (1994)
      https://www.youtube.com/watch?v=VQsas1ST33Y

      A son age Natalie Portman ne se rendait sans doute pas compte de tout ce qui se passait, aujourd’hui elle comprend et explique très bien les mécanismes qui mènent au viol :
      https://seenthis.net/messages/766958

      Luc Besson and the Disturbing True Story Behind ‘Léon : The Professional’
      https://www.thedailybeast.com/luc-besson-and-the-disturbing-true-story-behind-leon-the-professional

      ... the film was a critical and commercial hit, grossing $46 million worldwide against a $16 million budget and elevating Besson to the A-list.

      What many were—and still are—unaware of was that Léon was a creepy example of art imitating life.

      According to The Washington Post, Besson met the child actress Maïwenn when she was 12, the same age as Mathilda in the film. He was 29. They claim to have started seeing each other romantically when she turned 15. Maïwenn gave birth to their daughter when she was 16 (and Besson was 33), and subsequently relocated to Los Angeles. She appears briefly during the opening sequences of Léon as “blonde babe”—her listed character name—lying naked in bed, her body wrapped in sheets, having just serviced a middle-age crime boss.

      “When Luc Besson did Léon, the story of a 13-year-old girl in love with an older man, it was very inspired by us since it was written while our story started. But no media made the link,” Maïwenn said.

      In an interview with the French publication L’Express, Maïwenn claimed that Léon was “this love story between a 12-year-old girl and a 30-year-old man [that] was still very much inspired by ours,” and explained how she attempted to write a book about her relationship with Besson and years rubbing shoulders with movie stars in Los Angeles. But when the publisher gave it the title Beverly Hills or Lolita Love, she banned its publication. (Maïwenn did not respond to requests for comment for this story, while a representative for Besson issued the following statement to The Daily Beast: “Luc Besson has never commented [on] his private life, his approach remains unchanged.”)

      During the filming of Besson’s follow-up movie, The Fifth Element, wherein Maïwenn portrayed the memorable blue opera-singing alien Diva Plavalaguna, the director left her for the film’s lead actress, Milla Jovovich. “I had my daughter very young, so I had fulfilled my dream, and then… he left me. Everything then collapsed for me,” Maïwenn recalled. She moved back to France with their young daughter and gradually evolved into a gifted filmmaker.

      Her most acclaimed film to date is the 2011 drama Polisse, about a photographer (Maïwenn) assigned to shadow a Child Protection Unit that tracks down pedophiles and rescues sexually exploited children.

      Bon, fini les histoires anciennes, voici les parents moderndes de futures stars de cinéma :
      https://www.youtube.com/watch?v=hMgZ4kAt6PA

      #misogynie #pédophilie


  • RECIT. « Personne n’a compris quoi que ce soit » : comment Tim Berners-Lee a créé le web il y a 30 ans
    https://www.francetvinfo.fr/internet/recit-personne-na-compris-quoi-que-ce-soit-comment-tim-berners-lee-a-cr

    Super article, avec des insights que je ne connaissais même pas !

    En tout cas, c’est clair, avec cette histoire, il devrait y avoir moyen de fêter les 30 ans du web tous les jours pendant quatre ou cinq ans...

    « Il m’arrivait d’avoir 50 comptes ouverts sur différents logiciels et sur différents ordinateurs pour échanger des données avec des collègues. » L’ingénieur français François Flückiger, qui a fait sa carrière au Centre européen pour la recherche nucléaire (Cern), a encore des sueurs quand il se souvient des difficultés à partager des informations avant la création du web, qui fête ses 30 ans mardi 12 mars.

    A la fin des années 1980, il fait partie de la poignée de scientifiques à être sur internet. Le Cern est connecté au réseau dès 1988. Cette année-là, le campus suisse situé entre le lac Léman et le massif du Jura est en pleine effervescence. Un immense chantier touche à sa fin : les équipes composées de scientifiques du monde entier ont enfin relié les 27 km de tunnel du grand collisionneur électron-positron (LEP), l’accélérateur de particules qui a précédé le LHC.
    De la difficulté d’échanger des données

    Pour avancer, cette communauté de chercheurs dispersée aux quatre coins de la planète a besoin de partager une immense masse de données disparates. « Les physiciens doivent échanger tous les documents de travail qui permettent aux collaborations de fonctionner. Ce sont les notes de réunion, les articles écrits en commun, mais surtout les documents de conception et de réalisation des détecteurs » du LEP, explique François Flückiger, alors chargé des réseaux externes au Cern.

    Mais les échanges sont lents et fastidieux. Avant chaque action, les utilisateurs doivent s’identifier. Puis, pour que les échanges aient eu lieu entre deux machines, un premier ordinateur doit en appeler un autre et ce dernier doit rappeler son homologue. « Partager de l’information, à l’époque, c’était compliqué et ça marchait mal », résume François Flückiger, évoquant la « tyrannie des logins » et la « guerre des protocoles ».

    C’était extrêmement complexe d’utiliser internet. C’était infernal.François Flückigerà franceinfo

    Aujourd’hui, dans le langage courant, les termes « internet » et « web » sont devenus interchangeables. Mais il convient de les distinguer. Internet, qui est né dans les années 1970, est, en résumé, l’infrastructure qui permet d’interconnecter des ordinateurs et des objets. Le web, lui, n’est que l’une des applications qui utilisent ce réseau, comme, entre autres, la messagerie électronique, la téléphonie ou la vidéophonie.

    Et avant l’arrivée du web, l’utilisation d’internet relève du parcours du combattant. Face à ces difficultés, des membres du Cern cherchent des solutions. Parmi eux se trouve Tim Berners-Lee. Ce Britannique, physicien de formation et autodidacte en informatique, fait partie d’une équipe qui déploie la technologie Remote Protocol Control, permettant d’appeler depuis son ordinateur des programmes se trouvant sur d’autres machines.
    Au commencement était un schéma

    Il n’y a pas eu de « moment Eureka », comme le raconte la légende concernant Isaac Newton sous son pommier, répète souvent Tim Berners-Lee. Mais à la fin de l’année 1988, le physicien de 34 ans fait part à son supérieur, Mike Sendall, de sa réflexion sur l’amélioration du partage de données. Il lui parle d’un système fondé sur internet et l’hypertexte, autrement dit les liens tels que nous les connaissons toujours aujourd’hui (comme ce lien qui renvoie vers les mémoires de Tim Berners-Lee). En réalité, le Britannique lui propose une version améliorée d’Enquire, un système qu’il avait mis au point quelques années auparavant. Ce système, lui aussi fondé sur l’hypertexte, liait les noms des chercheurs à leurs thèmes de travail.

    Mike Sendall lui demande de rédiger une note à ce sujet. Tim Berners-Lee la lui remet le 12 mars 1989. Le document de 16 pages, disponible sur le site du Cern (PDF), est sobrement intitulé « gestion de l’information : une proposition ». Il montre un schéma buissonnant avec des ronds, des rectangles et des nuages, tous reliés par des flèches. L’idée est de lier entre eux des documents variés du Cern qui, à l’origine, n’ont rien à voir entre eux. « Vague but exciting » (« vague mais excitant »), écrit laconiquement Mike Sendall en haut de la première page de ce document, aujourd’hui considéré comme l’acte fondateur du web.

    Aperçu de la note de Tim Berners-Lee déposée en mars 1989, présentant le principe du web, avec le commentaire écrit de son supérieur Mike Sendall \"vague but exciting...\"
    Aperçu de la note de Tim Berners-Lee déposée en mars 1989, présentant le principe du web, avec le commentaire écrit de son supérieur Mike Sendall « vague but exciting... » (CERN)

    « En 1989, je peux vous assurer que personne n’a compris quoi que ce soit », affirme François Flückiger, qui travaillait dans le même bâtiment que Tim Berners-Lee, à un étage de différence. Et d’insister : "Mike Sendall a écrit ça ["vague but exciting"] mais c’était vraiment incompréhensible." « Je ne pense pas que quelqu’un ait dit que c’était fou », commente dans le documentaire The Web, Past and Future Peggie Rimmer, l’une des supérieures de Tim Berners-Lee.

    Vous devez d’abord comprendre quelque chose avant que vous puissiez dire que c’est fou. Nous n’avons jamais atteint ce point.Peggie Rimmerdans « The Web, Past and Future »

    Aussi incompréhensible soit-elle, cette proposition n’est pas totalement isolée. La même année, sur le même campus, à un kilomètre d’écart, Robert Cailliau a une intuition proche de celle de Tim Berners-Lee. « J’ai écrit une proposition pour étudier les hypertextes par les réseaux du Cern parce que je voyais beaucoup de physiciens qui transportaient des disquettes ou les envoyaient les uns aux autres alors qu’en fait il y avait un réseau », a-t-il expliqué en 2016 lors d’une conférence donnée à l’université de Fribourg (Suisse).

    Mais le Belge met rapidement de côté son projet et se joint au Britannique. Selon ses explications, la proposition de Tim Berners-Lee, « fondée sur internet », « était beaucoup plus ouverte, beaucoup plus utilisable ». Si Tim Berners-Lee fait un premier converti, ses supérieurs l’ignorent poliment. Ils ne peuvent lui allouer de moyens : son idée concerne d’abord l’informatique et non la physique, l’objet premier du Cern. Cela n’empêche pas son supérieur de l’encourager passivement en le laissant faire sur son temps libre.
    Un puissant ordinateur et un nom temporaire

    Le tandem britannico-belge se met au travail. Le Britannique se penche sur l’aspect technique, tandis que le Belge, présent au Cern depuis longtemps, fait marcher ses réseaux et joue les évangélistes au sein de l’institution. « Il a beaucoup œuvré à formuler la pensée de Tim Berners-Lee avec des mots simples et compréhensibles par d’autres communautés », explique Fabien Gandon, directeur de recherches en informatique à l’Inria, qui connaît Tim Berners-Lee. Selon François Flückiger, Robert Cailliau est un « excellent communicant » contrairement à Tim Berners-Lee qui, à l’époque, est plutôt perçu comme un « professeur Tournesol ». Pour lui, l’apport de Robert Cailliau est crucial.

    Robert Cailliau n’est pas le co-inventeur du web, comme cela a pu être écrit, mais il n’y aurait pas eu de web sans lui.François Flückigerà franceinfo

    Au début de l’année 1990, un ordinateur NeXT – la marque fraîchement lancée par Steve Jobs – arrive au Cern. Tim Berners-Lee, impressionné, demande à son supérieur la possibilité d’en acquérir un. Cet outil, particulièrement puissant pour l’époque, est idéal pour développer son projet. Mike Sendall valide : il justifie cet achat en expliquant que Tim Berners-Lee va explorer les éventuelles utilisations de cet ordinateur pour l’exploitation du LEP.

    Tim Berners-Lee et Robert Cailliau posent avec l\’ordinateur NeXT sur lequel le Britannique a codé les premiers outils du web, à Genève (Suisse), le 13 mars 2009.
    Tim Berners-Lee et Robert Cailliau posent avec l’ordinateur NeXT sur lequel le Britannique a codé les premiers outils du web, à Genève (Suisse), le 13 mars 2009. (MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA)

    En attendant que l’ordinateur arrive, la réflexion de Tim Berners-Lee progresse. En mai 1990, il fait une seconde proposition (PDF) et y évoque le vocable de « mesh » (« filet ») pour désigner son idée. Le même mois, en compagnie de Robert Cailliau, il se penche sérieusement sur le nom du projet. Le Belge raconte dans une note (en anglais) vouloir écarter d’emblée les références à des dieux grecs ou à la mythologie égyptienne, une habitude à la mode chez les scientifiques. « J’ai regardé dans la mythologie nordique mais je n’ai rien trouvé qui convenait », précise-t-il auprès du New York Times (en anglais) en 2010.

    Tim Berners-Lee, lui, a plusieurs pistes. Il pense donc à « mesh » mais l’écarte rapidement car il trouve que la sonorité ressemble trop à « mess » (« bazar »). La possibilité de l’appeler « Mine of information » traverse également son esprit mais il trouve que l’acronyme MOI est trop égocentrique. Même réflexion pour « The information machine » dont l’acronyme TIM résonnerait comme une autocélébration. Le Britannique affectionne également « World Wide Web » (« la toile d’araignée mondiale »). Ses collègues sont sceptiques. Ils soulignent que l’acronyme « www » est long à prononcer en anglais : « double-u, double-u, double-u ».

    Dans ses mémoires, Tim Berners-Lee précise que pour Robert Cailliau, qui parle flamand, et comme pour ceux qui parlent des langues scandinaves, « www » se prononce simplement « weh, weh, weh ». « World Wide Web » finit par figurer sur la proposition commune des deux hommes déposée le 12 novembre 1990 (PDF). Mais il ne s’agit, pensent-ils, que d’une solution temporaire.
    Il ne fallait surtout pas éteindre le premier serveur

    Entre temps, l’ordinateur NeXT a fini par être livré, en septembre 1990. De quoi ravir Tim Berners-Lee, se souvient Ben Segal, le mentor du Britannique. « Il m’a dit : ’Ben, Ben, c’est arrivé, viens voir !’ Je suis allé dans son bureau et j’ai vu ce cube noir sexy. » Tim Berners-Lee peut enfin donner forme à son projet. Il s’enferme et propose, à quelques jours de Noël, le 20 décembre, la première page web de l’histoire et un navigateur appelé lui-même World Wide Web. Ce premier site, visible à cette adresse, pose l’ambition encyclopédiste du web et affirme que le projet « entend fournir un accès universel à un large univers de documents ». Il propose, entre autres, une présentation, une bibliographie et quelques liens.

    Capture d\’écran de la reproduction du premier site web mis en ligne en décembre 1990 par Tim Berners-Lee.
    Capture d’écran de la reproduction du premier site web mis en ligne en décembre 1990 par Tim Berners-Lee. (CERN)

    L’ensemble tient grâce aux trouvailles imaginées et développées par le Britannique : le protocole HTTP (grâce auquel des machines peuvent échanger entre elles sans les lourdeurs jusqu’alors nécessaires), la notion d’URL (qui donne une adresse précise à chaque document disponible sur le réseau) et le langage HTML (langage informatique qui permet d’écrire et de mettre en forme les pages web).

    Si le protocole HTTP et le langage HTML marchent si bien ensemble, c’est parce qu’ils proviennent d’un seul et même cerveau.François Flückigerà franceinfo

    Le fameux ordinateur NeXT de Tim Berners-Lee sert de serveur à ce web embryonnaire. Autrement dit : sans lui, pas de web. Pour que personne ne l’éteigne par mégarde, il colle dessus une étiquette et écrit en rouge « Cette machine est un serveur. NE PAS ÉTEINDRE !! »
    Le web tisse sa toile

    Dix-huit mois après la première proposition, la donne change totalement. François Flückiger le concède sans détour : ce n’est qu’à partir de cette première mise en ligne qu’il est convaincu par l’innovation de Tim Berners-Lee, anticipant au moins un succès au sein de la communauté scientifique. Le projet séduit également le Français Jean-François Groff. Ce jeune ingénieur en télécom de 22 ans vient de débarquer au Cern, dans le cadre de son service civil, « pour travailler sur l’acquisition de données ». « Tim Berners-Lee était un voisin de bureau et c’est un collègue qui nous a présentés assez vite à mon arrivée », raconte-t-il. Aussitôt, c’est l’entente parfaite. « J’avais la culture nécessaire pour comprendre ce qu’il faisait. Et étant exposé au succès du minitel en France, j’ai tout de suite saisi la portée que pourrait avoir son sytème », ajoute-t-il.

    Le jeune Français fait rapidement part de ses idées à celui qui travaille alors seul au développement du projet. Pour lui, le système doit tourner sur tout type de plateforme. « Tim était d’accord. Mais il nous fallait un peu de temps et de ressources pour transférer ce prototype », relate Jean-François Groff. Ce dernier se met alors à travailler « en sous-marin » avec Tim Berners-Lee pour « écrire une librairie de logiciels ». Au cœur de l’hiver, il ne compte pas les heures supplémentaires à coder en écoutant à la radio les dernières nouvelles de la guerre du Golfe.

    Souvent, je terminais vers 17 ou 18 heures ma journée normale. Je rentrais chez moi, je mangeais et je rejoignais Tim à 21 heures jusqu’à 2 ou 3 heures du matin.Jean-François Groffà franceinfo

    Avec le travail accumulé, l’ouverture s’accélère. En mars, le logiciel est mis à disposition à des collègues sur des ordinateurs du Cern. A la même période, Jean-François Groff bascule, de façon non officielle, à plein temps avec Tim Berners-Lee.

    Le 6 août, le Britannique fait part de son innovation à l’extérieur du Cern. Il partage sur un groupe de discussion un texte présentant les grandes lignes de son projet. « Nous sommes très intéressés par le fait de propager le web dans d’autres endroits. (...) Les collaborateurs sont les bienvenus », écrit-il. C’est avec cette annonce que le web commence à intéresser du monde, à tisser sa toile sur d’autres campus et à se répandre sur la planète. Le début d’une révolution historique qui connaît un coup d’accélérateur déterminant lorsque le Cern verse le web dans le domaine public en avril 1993.

    Mais aujourd’hui Tim Berners-Lee se dit « dévasté » par ce qu’est devenu le web. Il regrette la toute puissance d’une poignée de géants comme Google, Amazon ou encore Facebook, et déplore l’utilisation qui est faite des données des utilisateurs. Le Britannique, qui a été anobli en 2004, milite désormais pour un web décentralisé. Avec son nouveau système baptisé Solid (en anglais), il souhaite que les internautes « reprennent le pouvoir » sur leurs données personnelles. « Il n’y aura plus de streaming reposant uniquement sur la publicité, a-t-il anticipé lors d’une conférence, en octobre 2018. Du point de vue des développeurs, leur seule préoccupation sera de construire des services utiles pour les utilisateurs. » Une ambition qui renverse en grande partie le modèle économique du web actuel, et renoue avec l’idéal des débuts.

    #Histoire_numérique #Web #Tim_Berners_Lee

    • MESH !!! C’est aussi le nom qui avait été donné à une application géniale qui transformait ton smartphone en talkie-walkie. J’en attendais beaucoup mais ça n’a jamais pris et j’ai jamais compris pourquoi. J’ai voulu le re-tester récemment et j’ai vu que l’application demandait l’autorisation d’accéder à un paquet de données, je sais plus trop quoi en penser... Bref, là n’est pas le sujet : #merci @hlc pour cette super trouvaille qui ne nous rajeuni pas !

    • y a pas à dire, ça ne nous rajeunit pas tout ça. Mais dites-moi, vous autres, ça fait combien de temps que vous êtes accro à Internet ? Moi perso, ma première connexion (en RTC puisque habitant dans un bled d’à peine 200 habitants) remonte à 2002. J’avais 45 ans. Mon premier PC ? Acheté en 1999 (4,3 Go de disque dur, 64 Mo de RAM, processeur AMD K6-2 cadencé à 350 Mhz). On commençait à parler de Google qui se définissait comme un « méta-moteur » (de recherche) et certains se la pétaient en prétendant pouvoir télécharger des trucs copyrightés sur Napster. Les gosses utilisaient eMule et ça prenait plusieurs jours pour télécharger un film (56 kbps oblige). J’arrivais même pas à visionner des vidéos sur Youtube. Le FAI que j’avais choisi : Free, car assez compétitif sur les offres bas-débit (15 €/mois pour 50 h de connexion). Après, 4 ans plus tard, quand l’ADSL est arrivé jusque chez moi, je suis passé obligatoirement chez Orange vu que l’opérateur « historique » n’avait pas encore ouvert ses tuyaux à la concurrence pour les bouseux.
      Et sinon, je naviguais avec Internet Explorer (navigateur par défaut installé sur Windows 98). Quelques années plus tard je suis passé à Firefox en commandant un CD-ROM d’installation avec le manuel utilisateur (en anglais) arrivé dans une belle pochette tout droit des États-Unis. J’avais pas dû comprendre assez rapidement qu’on pouvait l’avoir gratos en le téléchargeant en ligne mais vu le débit que j’avais sur ma connexion RTC, je me dis que j’ai pu gagner du temps en soutenant financièrement la Mozilla Foundation ...

    • Ah, c’est beau d’être jeune... Ma première navigation sur le web, c’était en 93, sur un terminal VT 220 (caractères oranges sur fond noir, 25 lignes de 80 colonnes). Les liens étaient en surbrillance, entre crochet avec des numéros... et il fallait faire « escape + le numéro » pour suivre le lien. Comme dans Lynx quoi ;-) Le modem à 9600 bauds était un champion de course par rapport au modem à 300 bauds et écouteurs sur lesquels on plantait le téléphone pour la porteuse qui fut ma première connexion (transpac, hein, pas internet... en 1984, fallait vraiment être un geek comme @Bortzmeyer pour avoir un accès internet...)

    • Ma première page web (en mode local, je n’avais pas de serveur) était en 94. Je devais faire une présentation à une conférence. J’avais insisté pour avoir un vidéoprojecteur. A l’époque, c’était des machines énormes, 1,5m de long !!! Mais les gens étaient enthousiastes : depuis des heures les bavards parlaient de l’internet, mais dans la salle personne n’avait jamais rien vu... alors autant dire que ma démo a soulevé les foules.
      Evidemment, c’était une copie locale de chose existant sur le web... mais c’est la magie du spectacle : faire croire qu’on est en direct live alors qu’on fait du playback.
      Bon, la fin de l’histoire, c’est que ça a tellement plu qu’on m’a invité à une conférence à Moscou en 94. Valab !
      Faut dire aussi que tout avait failli mal tourner : le disque dur externe de 10Mo (oui Mega) sur lequel j’avais préparé ma démo est tombé de mon bureau la veille... tout éclaté. J’ai couru dans le labo d’informatique pour faire ressouder... et quand je suis arrivé, les techniciens n’avaient pas vraiment envie de toucher à ça. J’ai fait la soudure moi même. Et hop, c’est reparti !!!

    • en 91, pendant l’organisation d’un festival d’art contemporain avec quelques amis ( https://www.le-terrier.net/albums/acte_festival/index.htm ), nos recherches de jeunes artistes dans les écoles d’art et ailleurs nous avaient conduit au départ de notre périple à rencontrer, aux beaux arts de Nantes Pierre Giquel et Joachim Pfeufer, qui y enseignaient. On a assisté pendant notre séjour à une drôle d’expérience qui les tenaient en haleine depuis pas mal de temps (je ne sais pas si c’était lié ou non au projet Poïpoïdrome ou pas, je crois que oui, faudrait leur demander) : tenter d’échanger entre trois pôles géographiques très éloignés (mes souvenirs me disent Japon et USA, mais hmmm...) des images (façon de parler) simultanément.
      Je trouvais si disproportionnés les efforts techniques mis en place et le résultat, que je ne voyais pas du tout l’intérêt de ce bordel, et moins encore artistiquement.
      Cinq ans après, la toute première version du Terrier apparaissait sur Mygale et me tenait éveillé des nuits entières à bricoler des pages HTML et je considérais que j’étais en train de vivre l’aventure artistique la plus excitante depuis l’invention de la video.

    • Ben non j’étais aux Arts Déco, sur la date je suis à peu près sûr que c’était en deuxième année, donc 87-88. Le cours d’histoire de l’art de Don Foresta. Ou alors en vidéo. Puisqu’il donnait des cours de vidéo aussi, certains auxquels j’ai assisté quand bien même je n’étais pas en vidéo. Il faudrait que je demande à une amie qui y était aussi et avec laquelle je suis encore en contact.

      En tout cas je suis sûr que ce n’était pas aux États-Unis, où je n’ai jamais entendu parler de connexion pendant les trois ans où j’y ai étudié (88-91).

      Et je suis sûr que ce n’était pas au Japon où de fait je ne suis jamais allé.

    • Et sinon j’ai le souvenir de connexion entre des postes connectés des deux côtés de l’Atlantique entre Paris et les Etats-Unis dans une école de photographie où j’ai accompagné Robert Heinecken qui y donnait un stage. Il y avait une sorte de partage d’écrans à distance, mais cela ne fonctionnait pas bien du tout. L’école en question était rue Jules Vallès à Paris et ça c’était en 1991 ou 1992.

    • Première connexion en 1992, j’étais en DEA au Canada (Guelph), mais je n’avais qu’un seul correspondant, un copain qui faisait sa thèse à Orsay.

      Retour à Paris, à Jussieu, je demande à créer un nom de domaine pour mon labo, mais je suis le seul à l’utiliser, les autres ne comprenant pas à quoi ça peut servir. Mes correspondants ne sont encore que des copains scientifiques étudiant dans des universités.

      Je crois qu’il faut attendre 1995, mon post-doc aux USA, pour que je commence à avoir des correspondants qui ne sont pas des scientifiques. A l’époque mes mails sont en fichier texte et j’archive tout. Jusqu’en 2005, une année de mail « pèse » à peine 10 Mo...

    • Alors ça ! Je suis impressionnée par les croisements de liens que contiennent ces commentaires. Je sais pas par où commencer, donc autant le faire chronologiquement :

      – en 1987/88 j’ai eut un prof de math, remplaçant, très jeune, et tellement passionné qu’il a réussi en quelques semaines à élever le niveau de la classe de premières littéraires dont je faisais partie. Je me rappelle particulièrement de son cours où il nous avait expliqué et fait découvrir sa passion : ce truc qui s’appelait ordinateur et faisait plein de trucs à partir du 0 et du 1 ! Je revois très bien ce machin, bizarre, cette sorte de télé sans image. Je me rappelle m’être dit que c’était complètement loufoque de tout « coder » en 0 et 1 et que c’était assez surréaliste pour me plaire...

      – je me rappelle quelques années plus tard, 1992/93, de l’émulation et de l’électricité qui régnait dans le sous-sol de l’école des Beaux-Arts de Nantes autour de Joachim Pfeufer et des quelques écrans, toujours squattés, que je n’avais jamais vraiment pu approcher. Du coup j’avais feint le dédain, mais surtout, c’était l’autre labo, celui de photo, qui m’attirait. (Bon en fait j’ai fini par m’embrouiller avec quasi tous les profs, donc j’ai pas gardé de supers souvenirs de cette seule année passée dans ce lieu qui m’avait tant fait rêver pendant toute ma scolarité...)

      #mon_premier_ordinateur_à_moi, avec accès immédiat à internet puisque c’est pour ça que je l’avais acheté, ça a été quelques années plus tard, mais j’arrive plus à me rappeler précisément, je dirai 1998 ou 99. Je l’avais pris en leasing chez Ooreka et ... ça a bouleversé ma vie, ça m’a permis d’apprendre, de comprendre, de travailler... à tel point que lorsque mon appartement a été incendié en 2000, c’est une des premières choses que j’ai voulu récupérer (après mes négatifs et mon appareil photo, bien sûr !)

      Je vois que nulle part n’est mentionné le #minitel, mais pour moi il fait partie de l’histoire, un peu, aussi ;)

    • @val_k oui, le minitel a pas mal pris de place également dans l’histoire pour moi également ; j’ai pu y découvrir toute la fécondité de l’hétéronymie : un ami avait monté un serveur en 88, à Rennes, qu’il avait appelé Factel. J’y passais des nuits entières à composer des textes/images, sous divers hétéronymes, que je postais sur le forum, tirant des réponses des autres connectés la matière pour les réalisations suivantes ; j’ai quelque part dans mon bordel des pages imprimées sur une matricielle à aiguilles, sans doute très délavées, de ces espèces de calligrammes électroniques. Tout ça a été la matière première de ce qui allait devenir dans les newsgroups (frap, essentiellement) les newsgroup-poems de Olivier Wattez.
      celui-là jouait avec le tempo des expéditions (comme pas mal de gens causaient sur frap, des messages hétérogènes pouvaient s’insérer à tout moment dans une tentative de filer des messages)

      https://www.le-terrier.net/lestextes/wattez/wattezpoemes/pli/pli.htm

      celui ci sur les imbrications de messages produisant des changements de sens

      https://www.le-terrier.net/web_art/heraclite/heraclite.htm

      celui-ci sur les limites de l’ascii imposées par les contraintes de cadre formel des newsgroup

      https://www.le-terrier.net/web_art/menines/01/index.htm


  • FESTIVAL HORS SUJET « APPEL À PROJETS & MANIFESTE »
    https://laspirale.org/texte-597-festival-hors-sujet-appel-a-projets-manifeste.html

    FESTIVAL HORS SUJET « APPEL À PROJETS & MANIFESTE »Paris s’éveille, Paris s’agite, Paris revit. Encore une fois, au travers d’une nébuleuse de lieux atypiques et généreux, hors-castes, hors business, hors-normes, qui pensent et entreprennent autrement, différemment, ravivent la flamme et impulsent un autre art de vivre.

    Ce qui nous donne l’occasion de relayer ce premier appel à projet de nos amis du Festival du Documentaire Expérimental de la Gare XP, dont la première édition se tiendra du 29 mai au 1er juin 2019.

    Leur équipe veut visionner vos films documentaires, au sens le plus large du terme. Que ceux-ci s’avèrent contemplatifs ou sans moyens, pour adultes, performatifs ou hors sujet, voire même qu’ils tirent sur la fiction et quelques dimensions indicibles.

    Il ne vous reste plus qu’à jouer et (...)

    #laspirale




  • Je connais pas le gars, Pablo Servigne, mai je suis assez ravi que, tout en douceur, se soustrayant au bête jeu de fight de Sky, il lui fasse abdiquer cette espèce d’arrogante hauteur sarcastique (gagnée sur quoi ? Mystère... Mais qui lui dégage une place bien au-dessus « des gens », catégorie fumeuse qui n’a pas d’autre propriété que d’offrir de s’en extraire) dont il teinte tous les entretiens : https://www.youtube.com/watch?v=5xziAeW7l6w


    j’ai peu de goût en général pour la collapsologie, mais le type tient bien et souplement sa position (on partage au minimum quelques certitudes, notamment sur la question de l’échelle des assemblages sociaux)

    @val_k @arno (je suppose que cette fois-ci le lien est bien placé, mais j’imagine que l’entête est trop long)

    • Non, pour moi c’est parfait ! De toute façon depuis quelques jours, le pont #Seenthis > #IFTTT > #Twitter est complètement cassé et ne donne plus de lien vers seenthis, je suis obligée de tout refaire à chaque fois !

      Je ne sais pas si tu sais que la petite flèche sombre à côté de ton lien youtube signifie que cette vidéo a déjà été seenthissée. Quand tu cliques dessus, tu tombes sur les occurences précédentes (uniquement des commentaires : dans l’une des #metalistes de @sinehebdo et initialement pour compléter la publication native du site de #ThinkerView par @ant1 (et si tu cliques sur le tag thinkerview, tu verras que je me suis bien pris la tête avec eux depuis, ils m’ont carrément bloquée sur twitter !)

      J’en profite pour mettre un autre lien relatif à la même vidéo : celui du site dédié aux vérifications d’infos, #CaptainFact : https://captainfact.io/videos/GO1J : pas mal d’assertions de Pablo Servigne y sont décortiquées... qui est une des rares personnes que j’apprécie dans cette nouvelle discipline devenue mode puis dogme, hélas, oubliant trop rapidement ce pourquoi elle est née : faire face à l’angoisse de la Fin (y’a toujours un monde qui s’effondre, un jour ou l’autre) et trouver le moyen de s’y mouvoir, encore, sans espoir, mais avec savoir.

    • @val_k amerde, j’avais pas fait gaffe à la flêche (c’est pas la première fois que j’oublie de regarder ce détail) ; bon, un doublon, donc. Tanpiche. Voilà qui m’aura au moins fait découvrir par tes soins captainfact , c’est plutôt chouette ce truc.
      Pour Thinkerview, clairement, les poses condescendantes de Sky (à base de « les gens », et de « moutons », fin analyste comme un chansonnier) sont ridicules et sa façon de couper la parole à ses interlocuteurs par des stupides petites blagues, des recours à une espèce d’entresoi embarrassant (on se connait, hein, on sait des trucs, hein, je dis pas tout, mais j’en pense pas moins, hein), sa volonté maladroite de conduire opiniatrement l’interviewé à ses petites marottes, ses positions arrêtées, tout ça me gonfle ; et il faut vraiment prendre une bonne respiration à chaque entretien pour ne pas envoyer bouler Thinkerview une bonne fois pour toutes et écouter quand même les invités.



  • Quimper. Une vidéo montre un #Gilet_jaune à terre recevant de multiples coups de matraque
    https://www.ouest-france.fr/bretagne/quimper-29000/quimper-une-video-montre-un-gilet-jaune-terre-recevant-de-multiples-cou

    Pour Lionel Botorel, le « street médic » qui a filmé la scène, « ce n’était pas lui (Max, ndlr) qui était visé par la charge des gendarmes, mais des personnes qui se sont enfuies en courant ». « Max s’est fait attraper par la deuxième charge, les gendarmes l’ont matraqué assez violemment, ça a duré au moins 45 secondes », raconte le « street medic » de 37 ans, qui était sur place depuis une vingtaine de minutes avant de filmer la scène.

    La charge a probablement été provoquée, selon lui, par une bouteille jetée sur les forces de l’ordre de ce côté de la rivière « qui ne venait pas de Max ».

    « Je lui ai soigné un énorme hématome au niveau du mollet, du côté droit de la tête, des saignements au nez et au niveau du cuir chevelu. Ils lui ont aussi mis le doigt dans les yeux », poursuit le vidéaste amateur, ajoutant qu’un gendarme avait également « craché dans la chaussure du Gilet jaune avant de la jeter à l’eau ».

    Contactée par l’AFP, la préfecture du Finistère n’a pas souhaité faire de commentaire. Dans un communiqué publié samedi, elle avait fait état de 9 interpellations, et condamné l’action de « nombreux casseurs provenant de départements voisins ».

    #gj #violences_policières et on peut appliquer le hashtag #lâcheté #illégalité


  • Il y a quelques mois, une conversation sur Seenthis a conduit les participants au fil à s’échanger ce qu’ils pensaient être les bonnes suggestions de lectures de bandes dessinées, les trucs à ne pas rater, les livres d’exception.
    Cette conversation, en me propulsant d’une certaine manière trente ans en arrière, m’a attristé à un point difficilement descriptible (un peu comme si une conversation à vingt sur la musique avait conduit à réécrire le palmarès hebdomadaire de nrj).
    Ne sachant même pas par où commencer une réponse ici, j’ai décidé de me désinscrire de Seenthis, pensant que je n’avais sans doute pas grand-chose à y faire : puissant et nécessaire organe de construction politique, Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.
    Après avoir quitté les lieux pendant tout ce temps, j’ai vaqué à mes occupations, dessiné beaucoup, écrit copieusement sur les bandes dessinées (je vous en causerai peut-être), et oublié seenthis.
    Et puis j’ai décidé de revenir en commençant simplement par publier des articles que j’ai écrit pour Pré Carré , que la plupart d’entre vous ne connaissent pas, et qui pas à pas vont dessiner les contours politiques, éthiques, artistiques, d’une position, de ma position. C’est à partir de ces publications que quelque chose, pour moi, pourra commencer à être échangé sur les bandes dessinées si le cœur vous en disait. C’est la solution que j’ai trouvée pour que, d’une manière ou d’une autre, ma présence ici continue à avoir du sens. Je commence donc par l’article ci-dessous, publié dans le Pré Carré 12, qui répond très directement à la quasi totalité des suggestions de lecture et des raisons qui les motivaient, quand il fut question sur Seenthis de constituer une bibliothèque de bd :

    " La création d’une collection au Lombard appelée Petite bédéthèque des savoirs entérine un changement de paradigme du mépris pour la bande dessinée tel qu’il s’amorce déjà depuis quelques années par la multiplication de publications pédagogisantes ou documentarisantes.
    Que quelques humiliés de classe culturelle s’imaginent, et avancent, qu’on sauve la bande dessinée du regard condescendant porté sur elle par la pédagogie, par les grands sujets historiques ou sociaux, ceci ne fait qu’exposer la parfaite nullité de leur regard sur notre discipline et sa puissance propre : il y a mille fois plus à apprendre dans deux pages de Bertoyas, de Bicéphale ou de Musturi, PAR la bande elle-même comme pratique du monde sur lui, que dans l’intégralité des pensums thésards qui rougissent de fierté d’aborder des grandes questions .
    Moyens archaïques de narration, placés, toujours, dix crans au-dessous de tout plan de recherche, ils en sont le reflet timoré, désuet et lourd à l’encre, ce qui est tout-à fait, hélas logique, puisque les bandes sont invitées à l’illustrer et non à en être le cadre expérimental ou déictique.
    Ce rapport instrumentalisant aux bandes est hanté par l’objet , le faisant déborder toute la sphère discursive. Faye et bien d’autres ont pu dire dans les années 70 qu’un tel rapport à la forme atteignait vite cette aporie : il n’y aurait de roman plus moderne que de science-fiction... Mais c’est qu’on pouvait être soucieux de ce qu’une forme prise pouvait faire et changer du monde, probablement parce qu’on n’y méprisait pas le fait même d’écrire .
    Il faudrait être fou, pense-t-on à juste titre, pour consacrer sa vie à une pratique dont on a honte. Et pourtant, nos publieurs de bande dessinée la méprisent plus encore que ceux auxquels leur mode de réévaluation est censé répondre. S’il s’appliquait au cinéma, ce principe éditorial reviendrait à sanctifier le journal de vingt heures en exigeant de Kerrigan, de Maddin ou d’Ishii un bon sujet ancré . Mais c’est exactement sur des valeurs inverses que s’est bâtie l’histoire du cinéma, et c’est devant Fellini ou Tarkovski que les documentaristes ont eu tant de peine à exister ; c’est seulement parce qu’ils accordent un supplément de puissance à leur discipline que Epstein, Franju, Le Tacon, Massart, Ruiz, Pelechian, ou Lucien Castaing-Taylor et Verena Paravel apparaissent là où les autres documentaristes sont minorés.
    S’imaginer qu’on sauve (comme si elles devaient l’être) les bandes par l’Histoire, le social, la pédagogie, « les grands sujets », c’est croire que ce qui sauve la peinture du XXe siècle c’est le réalisme socialiste ou que le meilleur de la littérature du XXe, c’est Maurice Druon.

    Il y aurait là un vaste sujet possible de travail sur les malentendus entretenus par les acteurs de notre scène eux-mêmes, encore plus bêtes, bornés, aveugles à la beauté et à la force de la bande dessinée que ceux qui n’en lisent pas. Il suffit de se souvenir avec quels livres, les brandissant comme des emblèmes de leur jugement, s’est photographiée une ribambelle d’auteurs blessés dans je ne sais quelle représentation de leur amour-propre pour répondre à Finkielkraut  ; celui-ci ne leur en demandait pas tant quand il cracha publiquement ce jour-là sur une de ces milles petites choses dont il ignore tout, la bande dessinée. Nous avons eu le droit dans ces selfies vengeurs à tout ce qu’on pourrait imaginer de plus convenu comme petite bédéthèque des savoirs avant l’heure, inventaire mou, centriste, prof, cucul, honorable et diplômé, de bandes dessinées censément exemplaires.

    Pour défaire l’affirmation de la merdicité de la peinture et de son manque d’ampleur, vous gifleriez votre adversaire avec Bouguereau ou avec Sigmar Polke ? Vous hésiteriez une demi-seconde ? Et pourtant, ce jour-là, tous nos auteurs avaient sorti leur Bouguereau pour convaincre de la noblesse des beaux sujets. Sans doute parce qu’ils ignorent eux-mêmes l’existence, dans les bandes, de nos Polke.
    –--------
    références : Une bd pour Finkie :
    https://www.actualitte.com/article/bd-manga-comics/une-bd-pour-finkie-fluide-glacial-refait-l-039-education-du-philosophe/49036

    la sinistre PBS : http://www.lelombard.com/bdtk

    aimer, traquer, trouver : https://www.du9.org/dossier/angouleme-2019

    il y a dix ans : https://www.le-terrier.net/bibliographie

    #bande_dessinée #culture #petite_bourgeoisie_de_la_gauche_culturelle

    • Seenthis m’apparaissait comme un échec culturel total, au moins dans le champ disciplinaire auquel je consacre ma vie, celui de la bande dessinée.

      Ça c’est du « statement » comme on dit à l’ONU. Fichtre !

      Alors bonne arrivée [à nouveau] comme on dit à Ouaga (mais aussi à Bobo-Dioulasso), je me réjouis de te relire en espérant ne pas être - par mes choix culturels souvent très ringards, je reconnais à l’aise - à l’origine de ton prochain re-départ.

      J’espère aussi que tu sauras profiter de la belle et puissante intelligence collective qui sévit en ces lieux pour les thématiques qui ne te sont pas familières.

    • Toujours un mot aimable.

      Guillaume Trouillard, dessinateur et éditeur, a été sollicité il y a quelques années par La Revue dessinée pour proposer un reportage en BD, de ceux que tu dénigres. Il s’est plié à l’exercice avec son état d’esprit habituel : engagé, conciliant mais pas sur le dessin. Au bout du compte, un livre dont la forme étonne ses lecteurs et lectrices qui n’avaient peut-être pas à la maison un livre de dessin sans une bulle.

      Moi aussi j’ai été un peu étonnée par cette liste et peut-être déçue par les goûts de personnes avec qui j’ai des discussions aimables. Mais de là à leur vomir à la gueule... C’est une autre forme de laideur.

      Et pour revenir à Guillaume, c’est le seul artiste autour de moi qui ne se sent pas obligé de manquer d’empathie pour les autres et c’est la troisième raison pour laquelle nous sommes ami.es. Rien à voir avec ce stéréotype, étrangement vivace vu son grand âge, d’artiste au dessus de la basse humanité.

    • Et donc faisons des liens pour contextualiser :
      https://seenthis.net/messages/739053

      Pour continuer l’analogie, je ne mettrais pas toute cette liste sur NRJ : clairement certaines seraient plutôt sur FIP ou France Culture. Ce qu’on peut parfois critiquer aussi bien sûr, mais pour d’autres raisons que NRJ.
      Et en ce qui me concerne, je ne passe pas ma vie à écouter uniquement que de la musique bruitiste, expérimentale. Ça m’arrive quand même plus souvent d’écouter Mingus, Erykah Badu, Anouar Brahem ou pas mal de rap. Ce sont des choix de vie…

      Et allons plus en détail : certaines comme pour Fred et quelques autres, sont dans votre propre bibliographie du Terrier !
      https://www.le-terrier.net/bibliographie/fred.htm

      Alors il y a un peu de mauvaise foi dans le lot. :)
      (Et un peu de mépris aussi, en tout cas lorsque c’est formulé comme ça à l’écrit. Il faudrait en discuter à l’oral en plus.)

      #bande_dessinée #bd

    • @rastapopoulos pour le supposé mépris, on en reparlera dans 30 ans, quand la quasi intégralité des conversations, critiques, commentaires, études, qu’elles soient laudatives ou pas, bienveillantes ou pas, auront perdu ce mépris substantiel pour ma discipline et la façon pateline, ascendante, papamaman, sociocharcutière, de la tenir dans les instruments d’optique culturelle. Tous ceux qui parlent des bandes, à un moment ou à un autre, s’en excusent, parasitent la conversation de paralogismes culturels la subordonnant à autre chose, qu’il s’agisse de son histoire, de sa puissance à produire des mondes, des singularités de ses productions etc.
      Cette inversion tordue de l’axe de la condescendance, par exemple, est supposée m’édifier dans la belle histoire parfaitement hors-sujet de Aude, pur artifice rhétorique de bullshitage traditionnel, conte déconnecté de tout ce que l’article de Pré Carré pouvait dire de spécifique sur une guerre de position, storytelling pas du tout mais alors pas du tout petit-prof-bien-dans-son-éthique, celle de Guillaume Trouillard bossant honnêtement, si sincèrement et avec son bon coeur pour cette saloperie terminale que sont les Cahiers dessinés. Oh le vilain lldemars qui condescend grave. Ah ? Franchement, c’est ça, le sujet ? Je ne ferai même pas semblant de discuter de toutes ces conneries avec quelqu’un d’autre que Guillaume lui-même quand l’occasion se présentera.
      Franchement, on reparlera du mépris et de sa polarité si évidente, si évidemment distribuée, semble-t-il, quand, précisément, des entreprises comme celles des Cahiers dessinés et de la Petite Bédéthèque (mot pathétique, dévoré de refoulement, trahissant le mépris de soi de tous ceux qui font des bandes dessinées sans parvenir à les considérer elles-mêmes comme des livres) cesseront d’incarner un état adulte, accompli, noble, des bandes.
      Je considère que le fond invisible, non-dit, imperceptible à la majorité des intervenants de cette conversation qui m’avait fait fuir ici même, est précisément un mépris qui s’ignore (je n’imagine évidemment pas que tout le monde ici regarde les bds comme une paralittérature gentiment débile, hein, je parle de mouvements de fonds bien plus sournois que ça !) de la bande dessinée dans les plus grandes largeurs. Et c’est bien parce qu’il s’ignore, ce mépris, que ma position était si compliquée, et que je ne voyais même pas comment l’aborder ici (ou ailleurs, mais ici c’était plus douloureux).
      Je doute que la publication de quelques articles aille bousculer grand-chose d’un siècle de malentendus entretenus, mais je veux, par exemple, me rendre la vie possible sur Seenthis en signifiant ce à quoi je ne répondrai plus jamais à propos de bandes dessinées (très notamment les paraboles méritocratiques sur les humbles dessinateurs au service du Bien pour Tous de Aude et ses innombrables semblables ; les demandes de modestie de cette farine accompagnent toute vie de dessinateur de bd du jour où il dessine sa première planche jusqu’à sa mort. Fais pas l’artiste, coco, c’est la bédé, reste à ta place quand même, fais nous des beaux dessins et la ramène pas trop avec tes aspirations supérieures ). Et si au passage j’arrivais à rendre sensibles quelques aspects du traitement général critique paresseux réservé aux bandes, de ce manque constant d’exigences éditoriales et critiques dû à un problème fondamental de considération pour elles, hé bien je serais content.
      Voilà voilà. Bon.
      quand à la biblio du Terrier, elle a dix ans, elle est née dans un certain contexte et l’intro me semble assez claire sur ses objectifs très ciblés (ce qui explique l’absence de choses qui seraient évidentes à un lecteur déjà bien équipé, historiquement notamment). De ça aussi, de la demande elle-même comme de la façon de considérer certaines évidences de la réponse, il faudrait beaucoup dire (de n’importe quelle autre discipline ayant été soumise à la même demande, toute réponse aurait été précédée de mille précautions pour encadrer un minimum le dialogue. La bd, pas besoin, on s’en fout, allez hop, y’a pas besoin. C’est la bd, quoi ! et la bd, c’est la bd !)
      Quand à Nrj, c’est l’incarnation pour moi de l’esprit de palmarès et de tout ce que ça nous dit de rapport au monde, à une société, à l’idée statistique qu’on s’en fait etc. Manque effectivement à cette comparaison la conscience de classe culturelle de France Culture et les dégâts qui en résultent sur l’ouverture aux productions artistiques des marges (celles qui exigent un regard de marge, une attention de marge, pas celles qui sont destinées à pimenter exotiquement la construction culturelle du moment et mobilisent les mêmes outils de mesure que le reste. On se contentera d’y ajouter la petite étiquette « mauvais genres », sans autre soucis de ce que ça pourrait vouloir ne pas dire).

    • Je perçois la colère, la tristesse et la rancoeur. Dommage que cela t’amène à confondre ignorance et mauvaise foi, ou encore connaissance et autorité.
      #on_ne_convainc_pas_les_gens_en_les_engueulant
      Mais je suis content de ce retour vu que tes seens m’ont souvent permis de découvrir des mondes et pensées inconnu.e.s de moi jusqu’alors.

      Suske_qui_lit_tout_2semaines_plus_tard

    • @suske quand je suis en colère, je n’essaie de convaincre de rien d’autre que ma colère. Je pense que je t’en ai bien convaincu.
      Quand à l’ignorance avancée ici, je ne vois pas très bien comment prendre cette hypothèse au sérieux dans un cadre comme celui dont je parle : une série de conseils de lecture. Des conseils, donc. Depuis l’ignorance ? Ok. Cool. Et précisément, à part dans le cas où on ne suppose aucune espèce de connaissance à acquérir parce que le domaine est supposé léger léger léger, quand donne-t-on des conseils depuis l’ignorance ?
      Ce n’est pas avec de la mauvaise foi (notion qui apparait où, d’ailleurs, dans ce que je dis ?) que je confonds (tu le dis) l’ignorance, mais avec une subtile variété chromatique du mépris de classe culturelle dans un cas ou de subordination d’une pratique artistique à des objets supposés supérieurs à elle dans l’autre.
      Je ne fais pas appel à une autorité (inconstituable devant les exigences d’une matière en perpétuel mouvement) mais à une position (stratégique, spéculative, interrogative), à chercher, à constituer.
      Et ce que je dis, donc, c’est qu’une série de textes me permettront pas à pas de présenter la mienne (pas qu’ils établissent un quelconque modèle !). Pas forcément pour convaincre de la rejoindre ou d’y acquiescer. Juste, de la présenter.

    • Tu as raison, « mauvaise foi » était mal choisi. C’était une tournure pour mettre en balance une approche probablement légère avec une approche pointue. Passons à la suite :-). Je découvre ici des pans entiers de vie, d’arts et d’engagements que je ne connais que trop peu. Et je suis souvent assoiffé d’élargir mon cadre de références.


  • Nick Sousanis , Le Déploiement , Acte sud.

    Dès les premières pages, l’auteur nous donne un petit aperçu du sérieux théorique qu’il faudra attendre de sa thèse (car ce livre, effectivement, est sa thèse*) : nous serions (enfin, je dis nous , pas vraiment nous . Un nous-sans-lui , un nous mais pas avec lui dedans nous , lui dont le mode opératoire exige que nous souscrivions à son détachement de nous , que nous concédions à la hauteur surplombante depuis laquelle, dans un horizon dégagé, lui a su s’extirper de la terrible routine où le monde entier patauge sauf lui , c’est-à-dire où nous pataugeons), nous serions, disais-je, « piégés dans nos langages ».
    Ah. Mais comment pourrions-nous être piégés « dans nos langages » ? Je veux dire : de quoi parle-t-il, l’animal, quand il parle de « langages » dans lesquels nous pourrions nous trouver piégés ? Nos formulations ? (ce qui ne signifie pas « nos langages ») Nos représentations ? (ce qui ne signifie pas « nos langages ») Nos cultures ? (ce qui ne signifie pas « nos langages ») Voire nos langues (vieille antienne barthesienne branlante, mais ce qui ne signifie toujours pas « nos langages ») ? Effectivement, être piégés dans « nos langages », ça ne veut rien dire. Pas flou, pas approximatif, non non. Juste : rien. Les abeilles, qui ne parlent pas, sont peut-être construites, effectivement, par leur langage, dans cette acception latérale, éthologique – et au singulier – du mot « langage ». Mais « nous », il n’y a aucune chance.
    De ces prémisses notionnelles vasouillardes (qu’il ne suffira pas de renvoyer une fois de plus à l’ambiguïté anglo-saxonne du mot language pour en minimiser la nullité conceptuelle), il va falloir s’accommoder pour déberlificoter tout le reste. Et c’est gratiné.
    On aura droit, en guise de bande dessinée, si l’on écarte avec indulgence trois ou quatre pages qui sont effectivement des planches (c’est-à-dire qui produisent de la bande dessinée), à une bouillie académique hésitant – visuellement – entre le schéma pédagogique, les cours de dessin ABC des années 60, la découverte de son Moi créatif par tante Odile après la lecture du volume Marabout Poche consacré au surréalisme, et – méthodiquement – à une variation sur le plan de montage Ikea, l’allégorie pompière et le PowerPoint.
    Un sentiment de familiarité tenace se dégage de cet embarrassant patchwork mal foutu, nunuche, intellectuellement si confus ... Où diable a-t-on déjà vu une cochonnerie de ce genre ? Qui d’autre a traité le récitatif et la démonstration en bande dessinée avec les armes illustratives, le ton, la mythologie communicante et le goût de l’apostrophe énergique typique des séminaires sur le dépassement de soi pour businessmen ? Mais Scott McCloud, bien entendu !
    En effet, le montage des pages, bien qu’il prétende mettre en lumière la singularité et la richesse processuelles de la bande dessinée, y échoue quasi invariablement, incapable qu’il est de quitter le modèle du découpage allégorisé, point par point, dans lequel le dessin est bel et bien là pour aider à supporter un texte bavard, embarrassant de poésardie hors d’âge et d’accents libéraux.
    Le choix des allégories lui-même est tragicomique ; tragique par leur vulgarité – le labyrinthe de la pensée, les rails de la vie moutonnière – et comique par les notes dont il les accompagne pour nous renseigner sur les conditions difficiles de l’invention de l’eau tiède : page 44, un soleil dissipe les nuages. Ce sont ceux de la peur de l’inconnu. Il les chasse et vient éclairer la page par les flammes de l’analyse. Renversant. Brusque retour de l’Emblème, rétropropulsion au XVIe siècle. En note, l’auteur, nous convainc du travail harassant qui conduit à ces lieux communs antiques : il met à contribution Horkheimer, Adorno, Condorcet, Wilson, pour cette seule page ébouriffante où les flammes de l’analyse chassent les nuages de la peur de l’inconnu.
    La bibliographie générale de ce truc ni fait ni à faire me laisse un moment perplexe... Mais comment lit-il ? Comment peut-il, dans le même bouquin, par exemple, se réclamer de Deleuze et de Goodman sans se fendre en deux de haut en bas ? Il les lit comment, exactement, pour rendre cette cohabitation fonctionnelle ?
    C’est publié par Actes Sud - L’An 2, c’est-à dire par T. Groesteen. C’est postfacé par Smolderen. Ils sont visiblement très contents.

    * http://spinweaveandcut.com/unflattening-excerpt

    #bande_dessinée


  • LBD, grenades : ces armes dont les manifestants réclament l’interdiction - Libération
    https://www.liberation.fr/depeches/2019/01/31/lbd-grenades-ces-armes-dont-les-manifestants-reclament-l-interdiction_170

    Mâchoires cassées, yeux crevés, mains arrachées... La mobilisation des « gilets jaunes » intensifie le débat sur le lanceur de balles de défense (LBD) et sur deux grenades, défendus par le gouvernement mais jugés inutilement dangereux par les manifestants, qui réclament leur interdiction.

    Toutes trois sont des « armes de force intermédiaire » en principe non mortelles, que le gouvernement juge jusqu’ici essentielles pour éviter des contacts directs violents, et davantage de blessures, entre manifestants et force de l’ordre. Elles ne doivent en principe être utilisées qu’en « absolue nécessité et de façon proportionnée », dans des conditions proches de la légitime défense « des personnes et des biens ».

    #maintien_de_l'ordre


  • Violences policières : que risquent les membres des forces de l’ordre visés par une enquête ?
    https://www.bfmtv.com/police-justice/violences-policieres-que-risquent-les-membres-des-forces-de-l-ordre-vises-par

    Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, l’IGPN a ouvert 116 enquêtes concernant des soupçons de violences commises par les forces de l’ordre. Une fois ces enquêtes diligentées, les policiers font face à différents types de sanctions. BFMTV fait le point sur cet arsenal judiciaire.

    Si les violences des casseurs et de certains gilets jaunes sont régulièrement condamnées, celles des forces de l’ordre semblent plus délicates à appréhender. Après une marche en l’honneur des blessés samedi dernier, les gilets jaunes devraient à nouveau manifester un peu partout en France à l’occasion de cette treizième journée de mobilisation. Mais comment s’assurer que l’usage de force se fait de manière proportionnée et justifiée si la situation dégénère sur le terrain ? Et que risque un policier en cas de faute avérée ? Pour le troisième samedi consécutif, les forces de l’ordre dotées de « flash-ball », (un lanceur de balles de défense, connu sous le nom de LBD), seront équipées de caméras-piétons.

    Un outil qui a pour objectif de contextualiser les tirs du controversé LBD et de constater les possibles infractions, à l’heure où les opérations de maintien de l’ordre sont particulièrement scrutées et épinglées. Selon les derniers chiffres officiels communiqués le 1er février, l’Inspection Générale de la Police Nationale (IGPN), la « police de polices », enquête d’ailleurs sur 116 affaires concernant des soupçons de violences - verbales ou physiques - commises par les forces de l’ordre sur des gilets jaunes depuis le début des manifestations. Parmi elles, au moins 36 de ces investigations visent à déterminer si le LBD est en cause.
    Les missions de la « police des polices »

    Les policiers de l’IGPN, familièrement appelés les « boeufs-carottes », ont trois missions : ils doivent effectivement « veiller au respect, par les fonctionnaires de police, des lois et des règlements et du code de déontologie de la police nationale ». Au niveau judiciaire, l’IGPN peut soit s’auto-saisir, soit être saisie par un procureur de la République ou un juge d’instruction. Après avoir diligenté son enquête, le service rend des conclusions qui peuvent - ou non - être suivies par les autorités judiciaires compétentes.

    En 2017, 1108 enquêtes judiciaires ont été menées et transmises par l’IGPN. Les policiers sont aussi chargés d’enquêtes administratives. Comme pour le volet judiciaire, l’IGPN peut s’auto-saisir, mais également être saisie par le ministre de l’Intérieur, le directeur général de la police, le directeur général de la sécurité intérieure ou le préfet de police. Nouveauté depuis 2013, les citoyens peuvent également saisir l’IGPN depuis une plateforme en ligne, s’ils estiment avoir été « victimes ou témoins d’un comportement susceptible de mettre en cause un agent de la police nationale ».
    Des sanctions qui peuvent être lourdes

    Les policiers qui font l’objet d’une enquête dans le cadre administratif s’exposent alors à plusieurs types de sanctions. « Après saisie de l’IGPN et enquête, le policier visé est auditionné », explique David Michaux, secrétaire national CRS pour le syndicat UNSA Police.

    « C’est à l’issue de ce conseil de discipline que les sanctions sont décidées », poursuit ce membre des forces de l’ordre, qui a l’habitude de siéger lors de ce types de conseils.

    Parmi les sanctions administratives : le blâme, « qui correspond à un avertissement » ou à un « rappel à la règle », précise le CRS, mais également l’exclusion ferme ou avec sursis (avec ou sans salaire). « L’exclusion temporaire peut aller d’un mois minimum à 24 mois », ajoute David Michaux.

    « Dans la grande majorité des cas, les sanctions sont administratives », nous explique de son côté Yves Lefebvre, secrétaire général Unité SGP Police FO. Mais il existe aussi des peines pénales. Les policiers visés par une enquête peuvent donc être condamnés à des peines de prison, fermes ou avec sursis.

    « Si la peine est mineure et qu’elle est prononcée seulement avec du sursis, elle n’entraîne pas forcément une révocation définitive », souligne Yves Lefebvre.

    2070 membres de la police nationale ont fait l’objet d’un conseil de discipline en 2017

    Ce dernier ajoute cependant qu’il existe des « doubles peines », administratives et judiciaires, qui peuvent entraîner jusqu’à une interdiction définitive d’exercer. « Un policier condamné peut aussi être rétrogradé », indique le syndicaliste Force Ouvrière. Au niveau pénal, il existe donc trois sanctions : le rappel à la loi, le sursis et les sanctions plus lourdes, comme la prison et les amendes financières. David Michaux, rappelle qu’en 2016, 2054 membres de la police nationale sont passés en conseil de discipline et qu’en 2017, c’est 2070 de ses collègues qui ont dû faire face à ce type d’audition.

    Peu de chiffres sont cependant communiqués sur les sanctions policières. Une enquête réalisée en 2015 par l’Association des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture (ACAT), fait pour sa part état de 89 cas de violences policières alléguées sur la période 2005-2015. Sur ces 89 cas, l’ACAT affirme que seulement sept condamnations ont été prononcées.

    Concernant les signalements citoyens, il apparaît qu’en 2017, 4800 manquements ont été saisis sur la plateforme en ligne de l’IGPN ou par téléphone. Sur ces 4800 signalements, 8% ont fait l’objet d’investigations de l’IGPN et 58 policiers ont soit fait l’objet d’un rappel à la règle, soit ont été sanctionnés.

    Si aucune sanction de ce type n’a pour l’heure été annoncée concernant les violences policières présumées depuis le début de la crise des gilets jaunes, il en reste que le nombre d’enquêtes ouvertes par l’IGPN atteint aujourd’hui un niveau inédit. Sur les 116 dossiers en cours, une dizaine concerne des manifestants ayant subi de graves blessures aux yeux d’après une source policière consultée par l’Agence France-Presse (AFP). En tout, plus de 1900 manifestants ont été blessés depuis le 17 novembre 2018, et 1200 l’ont été du côté des forces de l’ordre.

    #maintien_de_l'ordre


  • Comment les violences policières ont (difficilement) percé le mur médiatique - Acrimed | Action Critique Médias
    https://www.acrimed.org/Comment-les-violences-policieres-ont

    Nous évoquions fin décembre, plus d’un mois après le début de la mobilisation des gilets jaunes, le « voile médiatique » sur les violences policières – pourtant largement documentées par ailleurs. À partir de la mi-janvier, on assiste cependant à un revirement subit : en quelques jours, cette question s’impose dans les grands médias, à travers des interviews, des débats, ou des émissions spéciales. Un réveil tardif qui révèle, par contraste, le désintérêt dont ces violences avaient fait l’objet dans les premières semaines du mouvement. Et qui pose question : comment et pourquoi les violences policières sont-elles (difficilement) passées de l’ombre à la lumière médiatique ?

    cet article est le premier d’une série consacrée au traitement médiatique des violences policières.

    #maintien_de_l'ordre #medias


  • Violences policières : Emmanuel Macron toujours sourd à la mobilisation anti-LBD
    https://www.marianne.net/societe/violences-policieres-emmanuel-macron-toujours-sourd-la-mobilisation-anti-l

    Plusieurs institutions internationales ont mis en cause la brutalité du maintien de l’ordre. Le gouvernement reste droit dans ses bottes. #LBD40 #GLIF4 #maintien_de_l'ordre



    • Je pense que Val K te suggérait de commencer ton message par du texte (ici le commentaire de Vanderling), plutôt que par l’URL Youtube.

      En effet, quand tu partages un message de Seenthis sur un autre réseau social, ça « exporte » automatiquement la première ligne de texte. Du coup, quand on essaie de partager ce message ailleurs que sur Seenthis, on se retrouve au mieux avec un partage qui commence par une URL toute moche, au lieu d’un petit intitulé sympa.

      C’est pour cela qu’il est généralement préférable de commencer par une petite phrase claire, ou au moins un titre d’œuvre, histoire d’avoir des partages bien propres quand on bascule vers l’empire du mal.

    • @philippe_de_jonckheere Je me disais qu’il faudrait plus clairement faire la distinction entre les deux grands types de vidéos qui circulent en ce moment :
      – les classiques images de pure violence policière, crânes fracassés, mains arrachées, yeux crevés, tabassages en règle, poubelles satellisées par une grenade…
      – et toute la collection, comme celle-ci, de « petites » violences inutiles et dégueulasses, généralement moins directement « violentes » : la dame insultée par un flic, le petit coup de pied dans la tête d’un immobilisé, la coup de matraque à l’arrière du crâne comme ça en passant, les lunettes écrasées ça t’apprendra, les lycéens humiliés et filmés on va les montrer à leurs profs…

      Parce que les images violentes, curieusement, c’est encore ce que le gouvernement arrive à justifier le mieux : (a) parce que bon, hein, faut voir qu’en face c’est pas des enfants de cœur, alors nos flics républicains ils font usage du monopole de la violence d’État de manière plutôt proportionnée, (b) et sinon, on est dans un État de droit, et il y a des enquêtes.

      Alors que toutes ces vilaines petites bassesses merdiques, qui désormais deviennent un genre à part entière sur Twitter, de la part des flics, le Castagneur, il peut bien s’accrocher pour les justifier.

    • @l_l_de_mars : HONTE SUR MOI ! J’avais pas vu ta modification ! Pardon pardon pardon. Pour ma peine, je laisse mon message tel quel afin que tout le monde sache que je peux être parfaitement injuste et sans la moindre pédagogie parfois. Na !

      Effectivement comme l’explique parfaitement @arno lorsqu’on partage, ce sont les premières inscriptions qui passent, et là, il n’y aurait qu’un lien, qui plus est non reconnaissable à cause des robots-racourcisseurs ! Du coup il faudrait juste quelques mots / une petite phrase avant le lien...

      Pour ma défense, le but n’est pas d’alimenter l’Empire du Mal, mais bien au contraire de rapatrier les allié-e-s par le biais de liens qui les en font sortir. Du coup, avec une bonne accroche, ça fait que des gens viennent découvrir seenthis (je fais la même chose avec d’autres medias libres sur d’autres galaxies maléfiques, même si je me suis auto-débarquée de gros vaisseaux...)
      Bref : #merci l’#Educ_Pop seenthissienne, encore une fois <3

    • @arno

      C’est pour cela qu’il est généralement préférable de commencer par une petite phrase claire, ou au moins un titre d’œuvre, histoire d’avoir des partages bien propres quand on bascule vers l’empire du mal.

      bon, tu t’en doutes probablement, mais je n’ai jamais eu aucun usage de ces trucs, et je n’ai pas l’intention d’en avoir (la décision de youtuber les bidules du Terrier a pris bien des années, et il aura fallu un dernier contrecoup technique épuisant pour que je cède, mais franchement, je suis très mal à l’aise avec ça) ; Phil (De Jonck) m’a limé patiemment les noix pour que j’abdique mon dégoût apriorique des réseaux sociaux pendant des semaines et que je vienne voir ici en me disant « vous verrez Laurent, vous verrez, it’s something completely different ». Et hop, je suis là, souvent perplexe sur les usages et les rapports humains particuliers que ça crée, mais plutôt ok pour dire que c’est sensiblement « autre chose ». De là à me soucier de la façon dont on fait rebondir les infos sur twitter, faut quand même pas déconner.
      sinon, pour la dernière partie de ton message à Phil, je pense comme toi que la puissance de ces « petites choses » est bien plus susceptible, correctement médiée, de provoquer un mouvement de rage collectif que des scènes de violence policières habituelles ; on peut l’accompagner, sur tous les forums bien conservateurs, dans tous les milieux cognophiles les plus aveugles, de ce commentaire : « , hey, tout le monde, je sais que vous êtes toujours plein de certitudes impeccables pour justifier toutes les actions policières. Alors, faites, faites-moi plaisir, allez-y, justifiez-moi ça, je serais heureux de vous entendre. »

    • @arno la mention assez rapide de Primo Levi fait référence à Naufragés et Rescapés , le chapitre intitulé la violence inutile. C’est une notion assez difficile à manier parce que naturellement on ne peut pas comparer, tenir dans le même regard, la violence extrême d’un camp d’extermination et celle de la police d’Etat en France aujourd’hui, il n’empêche c’est cette explication qui sous-tend ce que tu dis, qu’effectivement le gouvernement n’aura aucune difficulté à justifier la violence de masse en faisant trembler les braves gens avec le péril jaune en somme, en revanche ce qui relève de la violence inutile rentre justement dans le champ de l’injustifiable. Et ce qui est injustifiable nous fait rentrer de plain-pied dans des territoires fort obscurs. Toutes proportions mal gardées.

      Deux des exemples donnés par Primo Levi. Pendant qu’il était détenu ses camarades et lui devaient faire très attention de ne pas perdre ou se faire voler leurs cuillères, ce que Primo Levi imagina, tout le temps de sa détention, comme justifié par le fait qu’il y avait une pénurie de temps de guerre de ces dernières, il avait intégré le raisonnement de ses geôliers, pour découvrir, à la libération du camp, qu’il y avait des montagnes d’ustensiles de cuisine au Kanada, il était donc inutile d’emmerder les détenus avec cette histoire de cuillère. L’autre exemple est celui du stalactite de glace avec lequel un détenu voudrait étancher sa soif, ce qu’on lui interdit et quand il demande pourquoi, tombe la fameuse réponse : « Hier ist kein Warum », (ici il n’y a pas de pourquoi)


  • 35 ophtalmologues de renom ont écrit à Macron pour réclamer un moratoire
    https://www.lejdd.fr/Societe/info-jdd-lbd-35-ophtalmologistes-de-renom-ont-ecrit-a-macron-pour-reclamer-un-

    Il y a un mois, au nom du principe de prévention, 35 ophtalmologues hospitaliers de renom, professeurs ou maîtres de conférence à l’université, ont écrit à Emmanuel Macron pour réclamer « un moratoire » dans l’utilisation des lanceurs de balles de défense (LBD) par les forces de l’ordre. Faute de réponse présidentielle, ils rendent aujourd’hui public ce courrier afin d’être certains que leur message d’alerte est parvenu à son destinataire. (...)

    En lien avec la Société française d’#ophtalmologie (SFO), les médecins signataires ont mis en place une cellule de veille, toujours active, afin de recenser précisément les blessures oculaires par #LBD. « On a demandé par mail à tous nos collègues hospitaliers de faire remonter, en prenant 2014 comme année de départ, les cas de lésion, avec le plus de détails possibles, explique Bahram Bodaghi, qui a analysé ces données statistiques. Sans surprise, l’essentiel des accidents concernent la période récente et, dans la majorité des cas, ce sont des lésions irréversibles. » Cette étude rétrospective, qui devrait donner lieu à la publication d’un article scientifique, a recensé une vingtaine de personnes éborgnées.

    La lettre des ophtalmologues
    Paris le 6 février 2019

    Monsieur le Président de la République,

    Le nombre inédit de contusions oculaires graves par lanceurs de balles de défense conduisant à la perte de la vision a légitimement ému un grand nombre de citoyens et d’Associations, et nous concerne particulièrement en tant qu’ophtalmologues. Ces contusions entrainent des lésions souvent au-dessus de toute ressource thérapeutique.

    Les blessures oculaires par balles de golf, une activité récréative bien différente des manifestations publiques, sont rares mais bien connues des ophtalmologues pour leur sévérité , conduisant dans la majorité des cas à la perte de la vision et dans un tiers des cas à l’#énucléation. La raison en est bien connue également : ces balles mesurent 40mm de diamètre et lorsqu’elles arrivent sur le visage avec une grande force de propulsion s’encastrent dans l’orbite, toute l’énergie cinétique étant transmise au globe oculaire. Les balles de LBD mesurent également 40 mm de diamètre, leur énergie cinétique est considérable puisqu’elle est encore de 220 joules à 40 m, bien supérieure à celle d’une balle de golf.

    Les blessures oculaires survenues ces dernières semaines ne sont pas dues au hasard ou à l’inexpérience. Le grand nombre de balles tirées avec une force cinétique conservée à longue distance et l’imprécision inhérente à cette arme devaient nécessairement entrainer un grand nombre de mutilations. Une telle « épidémie » de blessures oculaires gravissimes ne s’est jamais rencontrée. Nous, ophtalmologues dont la profession est de prévenir et guérir les pathologies oculaires demandons instamment un moratoire dans l’utilisation de ces armes invalidantes au cours des actions de #maintien_de_l'ordre.

    #violence_d'État #Violences_policières


  • « Gilets jaunes » : un maire interdit le LBD40 Le Figaro.fr avec AFP - 9 Mars 2019
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/03/09/97001-20190309FILWWW00025-gilets-jaunes-un-maire-interdit-le-lbd40.php

    Le maire de Phalsbourg en Moselle Dany Kocher a pris un arrêté interdisant ce samedi 9 mars l’utilisation par les forces de l’ordre du lanceur de balles de défense (LBD40) à l’occasion d’une manifestation annoncée des « gilets jaunes ».

    Selon ce document révélé par Le Républicain lorrain https://www.republicain-lorrain.fr/edition-de-sarrebourg-chateau-salins/2019/03/09/arrete-antilanceurs-de-balles-de-defense et le journaliste David Dufresne, le maire s’appuie sur la requête de l’ONU « qui sollicite une enquête sur l’usage excessif de la force dans le maintien de l’ordre en France ».

    L’arrêté municipal interdit de fait « les lanceurs de balles de défense sur le ban de Phalsbourg le 9 mars 2019 ». Ce texte est adressé au Commandant de la brigade de gendarmerie de la ville.
    . . . . . . . .

    #Giletsjaunes #violences_policiéres #enMarche #David_Dufresne #LBD40


  • Aujourd’hui, acte 17, par André Gunthert

    Dix-sept semaines d’un conflit social qui attend toujours sa résolution. Comment mieux dire, à l’heure où l’on évoque déjà les modalités de restitution du « Grand débat », que de #débat – c’est à dire de rencontre, de dialogue, de construction d’un consensus – il n’y en a pas eu ? Ou plutôt : il n’y en a pas eu avec Eux. Eux : les Gilets jaunes, les contestataires, les abrutis, les violents, les haineux. Les méchants. Ceux dont la #médiatisation a patiemment élaboré l’altérité. Macron, président de la politesse, a dicté la règle. On discute avec ceux qui disent bonjour, qui serrent la main, et qui ne coupent pas la parole au président. Les gentils. Ceux qui suivent les règles. Pas avec les Autres. Ceux qui les refusent. Comment contester cette équation repeinte aux couleurs du formalisme républicain ?

    C’est la magie performative du : « Vous ne m’avez pas serré la main ». Donc je suis légitimé à ne pas vous adresser la parole. Ne pas s’occuper du fond, répliquer sur la forme. Une technique de base du troll moyen. Je ne tiendrai pas compte de ce que vous venez d’énoncer, parce que vous n’avez pas respecté la bienséance. Magie d’une inversion qui glisse sous le tapis la colère. Et qui permet de dire : c’est de votre faute.

    On peut tourner et retourner dans tous les sens cette formule magique du formalisme : elle n’existe que pour faire taire. Débattre avec ceux qui sont déjà d’accord, ce n’est pas débattre. Ne pas écouter ceux qui protestent, et pire : les disqualifier justement parce qu’ils ont choisi de sortir du cadre qui étouffe toute #contestation, ce n’est pas un dialogue, mais un soliloque.

    Acte 17. On attend juste qu’ils s’essouflent. Logiquement, plus on se bouche les oreilles, plus ils se fatigueront. Ils vont bien finir par voir ça ne sert à rien. Cette attitude incarnée jusqu’au sommet de l’Etat n’a qu’un nom : le déni. Des violences policières, des blessés en pagaille, des malheureux fauchés sans la moindre raison ? Il est interdit d’en parler dans un Etat de droit, intime sans sourire le monarque républicain. N’ai-je pas été élu par tous les journaux de France ? Le débat c’est moi.

    Faire taire ceux qui crient et réserver la parole aux plus polis, est-ce encore la République ? Priver de #légitimité une partie du peuple parce qu’on est du bon côté de la caméra ou du fusil, ce n’est pas la démocratie, c’est la loi du plus fort. La démocratie ne résulte pas seulement d’un comptage des voix au moment du scrutin. Elle se construit fondamentalement sur l’élaboration d’une opinion commune, par les instruments du débat public : non pas le soliloque de l’autorité organisé pour annuler toute altérité, mais la libre expression de chacun répondant à chacun, armé de sa raison, et profitant d’un espace public qui est la condition du dialogue.

    La république de la politesse n’a plus de démocratique que le nom. Lorsqu’on refuse d’entendre ceux qui ont à se plaindre, lorsqu’on manipule la #violence tout en élevant un mur de #déni, lorsqu’on nomme débat le théâtre de la leçon magistrale du pouvoir, on se livre à une parodie autoritaire et méprisante. Souhaitons que l’Acte du jour ne soit pas obscurci par la barbarie de ceux qui portent le masque de l’Etat de droit.




  • https://www.arteradio.com/son/61661139/un_podcast_soi_ndeg16_du_pain_et_des_roses

    un numéro particulièrement chouette de «  Un podcast à soi »

    Depuis le début du mouvement des gilets jaunes, les femmes se mobilisent en nombre. Elles bloquent les ronds points, participent aux barrages, allument les feux. Elles créent aussi des groupes non mixtes, pour partager leurs expériences communes et manifester entre femmes. Elles sont travailleuses précaires, salariées dans le secteur du soin ou du nettoyage, commerçantes retraités, mères célibataires ou travaillant au foyer. Elles habitent les zones rurales, les centres villes ou les banlieues. Elles se mobilisent parce qu’elles représentent 70% des travailleurs pauvres et qu’elles ont toujours pris part à toutes les formes de résistances, partout dans le monde.
    A travers leurs témoignages, cet épisode propose d’interroger la valeur du travail, gratuit et salarié, et de penser l’articulation entre féminisme, lutte des classes et luttes antiracistes.


  • « Rape Day », autrement dit « la journée du viol », est un jeu vidéo disponible en ligne : « Vous devez harceler, tuer et violer des femmes ! »

    https://www.sudinfo.be/id105955/article/2019-03-07/rape-day-autrement-dit-la-journee-du-viol-est-un-jeu-video-disponible-en-lig

    « Rape Day », autrement dit « la journée du viol », est un jeu vidéo disponible en ligne : « Vous devez harceler, tuer et violer des femmes ! »

    Publié le Jeudi 7 Mars 2019 à 06h34

    Par Alison Verlaet

    Développé par un studio indépendant du nom de Desk Plant et disponible sur la plateforme de jeux vidéo Steam, l’objet au cœur de la polémique s’intitule « Rape Day ». Autrement dit, la « journée du viol ».

    #viol #culture_du_viol #vomir


  • L’#Allemagne découvre les #violences_sexuelles infligées aux #enfants en ex-RDA - Le Temps

    https://www.letemps.ch/monde/lallemagne-decouvre-violences-sexuelles-infligees-aux-enfants-exrda

    La commission indépendante sur le fléau de la #pédophilie sous le régime communiste a rendu son rapport. Trente ans après la chute du Mur, le sujet, autrefois tabou, sort de l’ombre

    #viol