L.L. de Mars

Créations artistiques et critiques, spectre large et désordonné

  • affordance.info : Fallait pas ... publier.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/03/fallait-pas-publier-.html

    Beaucoup de ces gens là ont simplement la trouille irraisonnée d’un média qu’ils ne comprennent pas et qu’ils vivent, parfois sincèrement et presque toujours hystériquement, comme une remise en cause de leur autorité et de leur légitimité. Ce sont ces fameuses aristocraties de la parole et de la publication qui ont peur du principe de réalité que Twitter leur assène quotidiennement comme autant de gifles au regard de la plupart de leurs pratiques discursives et de leur entre-soi habituel. C’est cette crainte là que je m’efforçais de remettre en perspective historique dans ce que je racontais à propos de la manière dont les Gilets Jaunes investissaient Facebook sous les invectives répétées d’une classe politico-médiatique incapable de voir ce qui s’y jouait :

    « A chaque étape de l’histoire de l’internet et du web, il y a toujours eu une aristocratie de la publication. Seuls certains, seuls les plus éduqués, seuls ceux disposant de suffisamment de temps libre, seuls ceux protégés par une institution ou une situation sociale stable se sont exprimés, d’abord sur leurs “forums IRC”, puis sur leur “Homepage”, puis sur leurs “blogs”. Et ainsi de suite. Et à chaque fois que l’on a essayé d’ouvrir l’espace discursif du web à un tiers-état de la parole, on lui a très rapidement claqué la porte au nez. On ne trouvait trop bruyant, trop bavard, trop indiscipliné, trop “troll”. »

    L’autre excuse la plus souvent brandie par les éditocrates, journalistes et personnalités publiques prises en flagrant délit d’effacement ou d’effarement, c’est celle d’un second degré que l’on n’aurait pas compris. Là encore au-delà du (vieux) réflexe de l’entre-soi discursif, il faut rappeler, à Jean-Michel Apathie par exemple, que oui, le second degré est bien mort et enterré, sur Twitter en tout cas. Car “le second degré” ou “l’ironie, un peu méchante” invoquée par le même Jean-Michel Apathie lorsqu’il traite Michele Bachelet de “sous secrétaire désoeuvrée”, suppose une connivence avec le destinataire qui est triplement impossible. Elle est impossible du fait de la posture d’autorité dont se prévaut la personnalité s’exprimant sur un compte public. D’autant que le compte public concerné comptabilise plus de 450 000 followers. Le second degré avec 450 000 personnes c’est compliqué (ou alors faut s’appeler Jean-Marie Bigard et faire le Stade de France mais même là un gros doute subsistera toujours ...) Elle est impossible du fait de ce que danah boyd appelle les “audiences invisibles” qui désignent l’impossibilité de (sa)voir si les gens à qui l’on s’adresse sont présents au moment où l’on s’adresse à eux. Et elle est impossible enfin dans l’architecture de ces agoras connectées dont l’architecture technique fabrique une polarisation qui se nourrit d’hystérisation (et réciproquement).



  • Le film sur Fukushima censuré à Cosne-sur-Loire par la centrale <span class="caps">EDF</span>
    https://reporterre.net/Le-film-sur-Fukushima-censure-a-Cosne-sur-Loire-par-la-centrale-EDF

    Un film sur la catastrophe nucléaire de #Fukushima a été censuré, dans la Nièvre. À #Cosne-sur-Loire, à l’occasion de la sortie du film Fukushima le couvercle du soleil, mercredi 6 mars, l’association Sortir du nucléaire avait prévu une rencontre/débat autour du film. « On a appris par le gérant du cinéma de Cosne la sortie nationale de ce #film. Donc évidemment, on a sauté dessus, raconte Françoise Pouzet, l’une des militantes. Avec la boîte de distribution, il a été possible d’avoir deux intervenants japonais, on avait tout calé. »

    L’association Sortir du nucléaire a déjà programmé des films dans ce petit cinéma de deux salles au bord de la Loire. Il paraissait donc normal, pour l’association antinucléaire, d’y commémorer les huit ans de la catastrophe de Fukushima.

    Les tracts sont imprimés, les affiches placardées. Mais dix jours avant l’événement, le gérant du cinéma est convoqué à la mairie. La centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire, à 15 kilomètres de là, a fait savoir qu’elle ne voulait pas de cette rencontre. « Cosne-sur-Loire reçoit, comme toutes les communes qui sont impactées par EDF, des subventions, notamment pour le festival des Avant-premières à Cosne et pour le projet de la municipalité de faire une troisième salle de cinéma à l’Eden », décrypte Françoise Pouzet.

    #censure #nucléaire #privatisation


  • 2 chercheuses de l’université de Stanford se sont posées la question des effets de cette interdiction sur le devenir des jeunes filles qui, après 2004 n’avaient plus le droit de porter le voile - baignant ainsi dans un environnement scolaire des plus « laïque »

    Political Secularism and Muslim Integration in theWest: Assessing the Effects of the French HeadscarfBan∗

    PDF : https://vfouka.people.stanford.edu/sites/g/files/sbiybj4871/f/abdelgadirfoukajan2019.pdf

    Do bans on religious expression affect minority integration? In this paper we system-atically investigate the effects of the 2004 French headscarf ban and show that theintegration of Muslim women was negatively impacted by the law along a number ofdimensions. Affected cohorts of Muslim women are less likely to complete secondaryeducation, more likely to drop out of secondary school after the law’s enactment, andmore likely to take longer to complete secondary education. Long-term socioeconomicoutcomes and attitudes are also affected. Treated cohorts have lower rates of labor forceparticipation and employment, and are more likely to have more children. A combina-tion of quantitative and qualitative evidence suggests that these results are primarilydriven by two mechanisms. The first one is discrimination, either through the policyitself or through negative attitudes surrounding and accompanying its implementation.This manifested in school, with direct consequences for educational performance andenrollment, but also in university and in the labor market. The second mechanism isthe strengthening of Muslim identity and the weakening of ties with France, which ledwomen affected by the ban to retreat into their communities and avoid interaction withthe broader society.


  • HYPOCRIZIE — Le #metoo de la pub n’aura pas lieu

    https://medium.com/@wtflapub/lundi-4-mars-le-journal-le-monde-balance-une-bombe-sur-le-secteur-de-la-pub-

    Lundi 4 mars, le journal Le Monde balance une bombe sur le secteur de la pub : harcèlement, #sexisme au quotidien et culture du Boys Club seraient la règle dans les agences cool. L’article, à charge, rappelle les plus belles heures des abattoirs version vidéo de L214. Alors ? Surchauffe des Slacks ? Annulation des commandes de petits fours surgelés des Grand Prix Strat’ ? Tweet de Pascal Nessim ? Non, pire encore : rien. Mais sérieux

    En préambule : ce billet est écrit grâce aux efforts conjugués de cinq publicitaires, femmes et hommes. Le propos n’est pas de faire un travail journalistique. Nous nous basons ici uniquement sur le travail du Monde, sur nos expériences respectives et sur les histoires glanées dans nos entourages. Ces faits exposés par le Monde servent de point de départ à la dénonciation d’un système. Car au-delà d’un cas particulier, c’est toute une industrie qui doit faire son #metoo.
    Le billet se déroule en 3 points :
    I : le résumé de l’affaire Herezie pour ceux qui seraient passés à côté
    II : un point sur ce qui pourrit la pub
    III : un tuto sur la manière de lutter contre les boys club au quotidien

    #femmes #travail #communication #marketing

    • En clair, les postes à fort “prestige moral et social” sont noyautés par les hommes. Welcome to the boys club. Et pour vous convaincre du caractère endémique de la chose, je vous rappellerai ces mots que prononce avec un grand sourire l’un des dirigeants d’une de ces “agences cool” :

      “J’évite d’embaucher des femmes, ça perturbe trop mes créas.”

      #discrimination, ça s’appelle, et le problème n’est peut-être pas l’employée potentielle mais le regard de merde qu’on pose sur elle...

      Très bon tuto pour #proféministe et lien vers une émission qui explique comment demander pardon.
      https://soundcloud.com/lescouilles-podcast/tuto-comment-bien-sexcuser

      Que pense Coca-Cola du fait d’être cité dans un article sur le harcèlement sexuel ?
      Que pensent les associations humanitaires collaborant avec Herezie de cet article ?
      Le jour où les patrons d’agence auront peur de perdre des budgets, ils n’embaucheront plus ces types dangereux. N’oublions pas que l’exemple cité par le Monde n’est qu’un exemple parmi des dizaines. Nous tous, publicitaires, connaissons les noms d’autres personnes, parfois plus prédatrices encore.

      Il suffirait de dire ce que tout le monde sait.

      Tout le monde sait, personne ne dit rien.


  • #Algérie. La rue contre le régime
    https://www.cetri.be/Algerie-La-rue-contre-le-regime

    En trois semaines, l’Algérie s’est soulevée comme jamais contre son président. Abdelaziz Bouteflika, 82 ans, invisible dans la vie publique depuis 2012 et surtout la camarilla qui l’entoure et qui est responsable de la paralysie du pays depuis si longtemps, ont cru qu’un cinquième mandat à la tête du pays passerait sans difficulté, comme les précédents. Ils se sont lourdement trompés. Désormais, c’est le sort du régime qui est en jeu. La fronde a d’abord gagné les stades. Au stade du 20-Août à Alger, le (...)

    #Le_Sud_en_mouvement

    / #Le_Sud_en_mouvement, Algérie, #Mobilisations_populaires, #Orient_XXI


  • « Gilets jaunes » : l’ONU demande à la France d’enquêter sur « l’usage excessif de la force »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/06/l-onu-demande-a-la-france-une-enquete-sur-l-usage-excessif-de-la-force-penda

    La haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, Michelle Bachelet, a demandé instamment à la France, mercredi 6 mars, une « enquête approfondie » sur les #violences_policières pendant les #manifestations des « #gilets_jaunes ».

    Mme Bachelet, qui s’exprimait devant le Conseil des droits de l’homme, à Genève (Suisse), a déclaré :

    « Nous encourageons le gouvernement [français] à poursuivre le dialogue et demandons urgemment une enquête approfondie sur tous les cas rapportés d’usage excessif de la force. [...]

    enjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement, a réagi en début d’après-midi, se disant étonné de voir la France « cité[e] dans une liste entre le Venezuela et Haïti, où il y a eu des morts ». « Est-ce bien raisonnable ? », s’est demandé le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, sur Twitter, rappelant qu’il y a eu « 41 morts » en Haïti et que le président vénézuélien « Nicolas Maduro refuse l’aide humanitaire à son peuple ». »


  • Le hijab, la ministre et le marche-pied - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Hijab-ministre-marche-pied

    Est-ce que le fait qu’en France des femmes voilent leurs cheveux fait autre chose que de nous piquer les yeux ? Ou bien : ces femmes qui se voilent les cheveux font-elles du mal aux autres femmes, au point qu’il faille leur interdire de se voiler, de faire du sport voilées, de faire des études voilées, de sortir de chez elles voilées ? Il est des branches du féminisme qui postulent que tout choix effectué librement par une femme est un choix féministe et interdisent à toutes les personnes qui ne sont pas « les premières concernées » de s’exprimer sur ce choix. Les réponses que chacune fait au sexisme ambiant méritent d’être respectées, qu’elle porte des talons hauts ou un hijab, car rien ne justifie que des femmes subissent non seulement les injonctions mais également les condamnations quand elles y obéissent.

    Cela dit, je fais partie de celles qui pensent que l’injonction à se voiler est une pression de plus (et de trop) sur les femmes.

    • Hé hé ! Ceci dit, depuis hier j’ai l’impression de ne pas avoir été aussi claire que ce que je voulais en opposant ces universalistes dont le féminisme ne part pas de l’expérience des femmes, de toutes les femmes, mais de préjugés racistes propres à donner envie au populo de voter contre elles aux prochaines élections (#en_marche_vers_le_fn comme disait @sinehebdo qui s’est bien mis le doigt dans l’œil puisque le FN a changé de nom avant) et ces féministes du choix, super radicales-super libérales qui ont entendu trois meufs racisées parler d’empowerment et qui en ont déduit que le hijab n’était que liberté pour les femmes.

      Et oui, quel sujet, comme si on n’avait pas mieux à faire...

      On l’a bien compris, la sape était une affaire de gonzesses et comme toutes les affaires de gonzesses, il s’agissait là d’un truc inintéressant qui ne concernait pas les hommes.
      Ce qui fait, qu’en théorie, nous aurions pu nous habiller avec des impers transparents et des culottes sur la tête, puisqu’il s’agissait là de quelque chose sans importance… sauf quand il s’agissait, en fait, de contrôler les corps, ceux des soumis, des subalternes et, parmi eux, surtout celui des femmes.

      Il est vachement bien écrit, ce texte, @monolecte ! Et drôle (en effet, pourquoi aussi peu de remarques sur les raies du cul des mecs dès qu’ils se penchent ?) et salutaire (oui, la pudeur est dans l’œil qui regarde). Mais je pense que le vêtement reste un truc social, hyper codé, et qu’il s’est libéralisé en même temps que notre société, mais que la liberté absolue (à San Francisco on a le droit de se balader à poil) est synonyme d’une certaine #anomie comme on l’expérience parfois dans des sociétés plus au nord que la nôtre, où tu peux crever habillé·e comme tu veux.

      Mes parents m’ont raconté que lors des premières affaires du voile, vers 1989, les gens de droite s’en branlaient et ceux de gauche fantasmaient mais avaient plus d’empathie pour les filles voilées, craignaient plus pour elles.

      Et j’ai oublié de signaler ça dans mon billet, sur le mal que l’interdiction fait aux filles et aux femmes, surprise : https://seenthis.net/messages/764372.

    • Face à la polémique, Décathlon renonce à commercialiser un hijab de course - La Croix
      https://www.la-croix.com/France/Face-polemique-Decathlon-renonce-commercialiser-hijab-course-2019-02-26-12

      Première à s’exprimer sur le sujet, sur RTL mardi 26 février, la ministre de la santé Agnès Byzun a rétorqué que, si un tel produit n’est « pas interdit par la loi (…), c’est une vision de la femme que je ne partage pas. En tant que femme c’est comme ça que je le vis. Tout ce qui peut amener à une différenciation me gêne. J’aurais préféré qu’une marque française ne promeuve pas le voile. »



    • #cartographie

      Originally appearing on Vivid Maps, the animated timeline contains no information about the how, who, or why of things. But we know that since it only accounts for those who were counted, the numbers of people actually living within the borders is often much higher. “Not only did the population boom as a result of births and immigrants,” writes Jeff Desjardins at the site Visual Capitalist, “but the borders of the country kept changing as well.” This change, and the fact that indigenous people were not recorded, leads to an interesting visualization of westward expansion from the point of view of the settlers.


  • Les « mecs de gauche ». Réflexions sur nos amis dans l’ère #Me Too | Sylvie Tissot
    http://lmsi.net/Les-mecs-de-gauche

    #MeToo est comme une vague immense, qui ne cesse de se gonfler à partir des minuscules gouttes-d’eau-qui-font-déborder-le-vase, qui font qu’il n’est plus possible de se taire, que le spectacle d’hommes paradant dans leur coolitude, voire leur féminisme, à coup de rouge à lèvres comme D. Baupin, ou de ralliement bruyant et intéressé à la cause des femmes, est soudainement insupportable. Chacun ses moments. Source : Les mots sont importants

    • Les machos, c’est les autres : le beauf des campagnes, le musulman des banlieues, le bourge du 16ème arrondissement, les masculinistes organisés. Pas eux. La cause est entendue, quel plus beau remède au sexisme que le capital culturel. D’ailleurs n’ont-ils pas lu Judith Butler ?

      Un homme à qui je reprochais son comportement sexiste (sur l’estrade de l’amphithéâtre où il m’avait invité à parler de ma recherche, pour aussitôt commenter mon maquillage) s’est contenté de répondre : « Je ne suis pas comme ça, je suis complètement étranger à ça. »

      Leur feminist-friendliness ne tolère aucun questionnement. Les représailles sont immédiates.

      Du « je ne suis pas comme ça », à « ce n’était pas moi » ou encore « et toi t’es pas mieux », voire « c’est toi qui as une vue sexiste » (et « essentialiste » bien-sûr) : il y a très souvent un refus net et brutal, et parfois une disqualification en retour [2].

      Aveuglés par leur colère, ils ne comprenaient même pas qu’ils confortaient, par leurs fins de non-recevoir, par leurs réponses naïves (comme si on allait leur courir après !) et par leur bombage de torse, les mises en question dont ils faisaient l’objet. Je suis dominant et je le reste. Et j’ai raison.

      La fameuse idéologie win/win dont tant d’homme « radicaux » se gaussent, ils en sont en fait pétris. D’accord pour que les femmes conquièrent des droits, mais faisons ça en réformistes de bonne compagnie : tout le monde peut y gagner. D’ailleurs quand les hommes perdent, est-ce que les femmes n’en subissent pas, elles aussi, les conséquences ?

      Dans une conversation consacrée à la « grève du sexe » comme arme politique, un homme très de gauche explosa un jour de colère : « Mais les femmes se punissent elles-mêmes, c’est complètement con ! » (La punition par le manque de bite, quoi de plus horrible en effet). Si on lui avait fait valoir qu’un ouvrier gréviste se sanctionne lui-même en perdant des journées de salaire, sans doute aurait-il éclaté de rire.

      L’ère post #Me Too devrait être bénéfique pour tout le monde. Pourtant, comme le rappelait Christine Delphy, « les hommes ont à perdre ».

      Ce texte est super, c’est du vécu (le sien et le mien : #MeToo les accusations d’essentialisme par le lecteur de Butler).

      http://blog.ecologie-politique.eu/post/Un-profeminisme-toxique

      #proféministe #déni #distinction


  • Sous la pression, l’Institut du monde arabe déprogramme une chanteuse sahraouie - RFI
    http://www.rfi.fr/afrique/20190304-chanteuse-sahraouie-deprogrammee-institut-monde-arabe-aziza-brahim-maro

    Selon une source bien informée, tout est parti d’un article paru le 29 janvier dernier sur un site marocain réputé proche du palais, le 360. Il s’émouvait de la programmation à l’Institut du monde arabe (IMA) d’#Aziza_Brahim, la qualifiant d’activiste du Front Polisario.

    Dans la foulée, l’ambassade du Maroc à Paris appelle l’Institut pour demander des explications. L’IMA se justifie en expliquant que la chanteuse a toute sa place dans le cadre du festival Les Arabofolies, qui a pour thématiques les femmes et les résistances. Des explications qui ne convainquent pas les diplomates marocains en poste à Paris.

    Ces derniers font alors pression sur les mécènes marocains qui financent régulièrement les projets de l’Institut, et qui finissent par menacer l’IMA de se désengager si le concert prévu initialement le 10 mars était maintenu.

    Son président, Jack Lang, tente bien d’intervenir, en expliquant que la chanteuse n’est nullement une activiste du #Polisario mais seulement une artiste qui chante l’histoire de son peuple. Rien n’y fait : le président de l’institution cède finalement sous la pression. Résultat, le 7 février, l’Institut annonce que « pour une raison indépendante de la volonté de l’artiste », le concert est annulé.

    Aziza Brahim - Lagi
    https://www.youtube.com/watch?v=kG4OX8uQpI0

    #musique #chanson #pression #diplomatie #Maroc #Sahara_occidental


  • http://denaturarerum.fr/les-topographies-de-meduse-la-suite-histoires-naturelles

    Les Topographies de la méduse, exposition collective (Olivia Rosa-Blondel, L.L. de Mars, François Ely, Gilles Magnin, Anne Pellegrini et Philippe De Jonckheere à la galerie De Natura Rerum en Arles, jusqu’au 30 avril.

    Nouvelle exposition à partir du mardi 27 février, lancement le dimanche 3 mars à 16h dans le cadre d’Arles se livre : Lectures autour de la figure et du mythe de Méduse, avec la présence d’Olivia Rosa-Blondel, l.l. de mars, Gilles Magnin et Anne Pellegrini. Exposition présentée jusqu’au 30 avril.

    Il en est parfois des voyages comme d’une incroyable Odyssée. Que cherche-t-on quand on part et quelle garantie nous offre la perspective des départs ? Aucune, si ce n’est que ce que nous voyons et ce qui, du coup, nous regarde, participe pleinement de cette économie d’échange au monde, où l’émerveillement le plus fécond se mêle à nos peurs les moins enfouies, que le travail de l’histoire ne cesse tragiquement de remâcher. Sous l’algue brune se déploie le masque opaque et clairvoyant de Méduse, dont les efforts de fuite tracent les multiples parcours, entre terre et océan, lente ou vive, parfois criarde, pétrifiée, murmurant aussi comme dans un souffle la part d’éternité de nos histoires naturelles.

    Les topographies de Méduse se présentent cette fois comme une cartographie improbable, réunissant des œuvres que tout semble éloigner, si ce n’est ce lien par lequel tout déplacement du regard devient envisageable, parce qu’envisagé, pour que chacun tisse sa toile ou son parcours, c’est selon.

    Autour des collages-peintures d’Olivia Rosa-Blondel, sont invitées les oeuvres des artistes suivants : l.l. de mars, François Ely (peintre), Philippe de Jonckheere (photogrammes), Gilles Magnin (photographie), Anne Pellegrini (autrice).


  • Étienne Davodeau, Chute de vélo , éditions Dupuis, collection Aire Libre

    Ce livre (je pourrais étendre à : « ce genre de livres  ») et l’étrange attachement qu’on semble lui porter éclairent plutôt bien les paradoxes qui hantent l’édition de bande dessinée et la critique : c’est cadré comme une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi, c’est monté comme une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi, c’est écrit comme une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi, c’est passionnant comme une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi. Et, aussi bizarre que ça puisse sembler, c’est également coloré comme une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi. Si le dessin était virtuose, étrange, flamboyant ou au minimum incongru, ça pourrait être ce qu’on appelle atonalement un « livre de dessinateur ». Mais le dessin de Davodeau n’est ni laid ni beau, ni vif ni mort, ni honteux ni glorieux, ni élégant ni disgracieux. Il fait ce qu’il a à faire en s’excusant d’être là.
    Autrement dit, si ce livre avait été ce à quoi tous les signes qu’il emprunte le disposent — une comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi — personne n’en aurait remarqué l’existence au-delà de la séance de repassage ou du demi-coma d’après le digestif. Mais incarnée dans un récit en bandes, cette histoire translucide comme toutes celles de Davodeau qui me sont arrivées entre les mains, est élevée au rang d’œuvre de caractère, à tonalité forte, au sujet exigeant.
    Nous en arrivons au paradoxe évoqué plus haut : ce que nous méprisons ailleurs (la comédie dramatique télévisée du dimanche après-midi devant les exigences attendues du cinéma), nous sommes capables de le louer dans une bande dessinée. Pourquoi ? Parce que nous en méprisons le cadre A PRIORI. On pourra dire « c’est bien, pour une bande dessinée », avec le même ton repoussant qu’on entend dans « il est intelligent pour un ouvrier » (cultivé pour un noir, poli pour un jeune des cités, honnête pour un juif, doué pour un trisomique, élégant pour un paysan, etc.)
    C’est quand une bande dessinée est la moins exigeante et la plus timide possible dans l’approche de ses singularités opératoires qu’elle rencontre un succès d’estime et un succès critique. Il faut qu’elle sorte d’elle-même pour qu’on commence à l’aimer. Il faut qu’elle se fasse la plus discrète possible sur sa honteuse nature. Moins il y a de bande dessinée dans la bande dessinée, plus on en plébiscite l’apparition comme merveille de la bande dessinée. Pour l’aimer, nous devons donc imaginer qu’il faut la détester.

    #bande_dessinée

    • Mmmm, autant Chute de vélo n’est pas ma came, je te trouve un peu dur sur l’auteur. Un homme est mort et, surtout, Les mauvaises gens m’ont vraiment parlé. Son documentaire Les Ignorants est également un petit bijou.

      Alors, d’accord, Le chien qui louche et Chute de vélo sont plus anecdotiques et pas vraiment transcendants. De là à qualifier toutes les histoires de Davodeau comme étant translucides, c’est un peu sévère.

      #My_two_cents




  • L’Izostat - 1re partie : les statistiques picturales

    http://centremlm.be/-L-Izostat-

    http://centremlm.be/L-Izostat-1re-partie-les-statistiques-picturales

    De 1931 à 1940 exista en URSS un Institut pan-union de statistiques picturales de la construction et de l’économie soviétiques, connu sous le nom d’Izostat. Cet organisme d’État avait comme but d’informer les masses soviétiques du développement du pays, au moyen d’images particulièrement travaillées.

    Ce travail – avec ses succès et ses échecs - est le fruit d’une intense recherche par l’Autrichien Otto Neurath, qui développa la méthode dite viennoise, au sein du Parti Ouvrier Social-démocrate en Autriche, qui fut particulièrement puissante dans cette ville et véritablement ancrée dans des valeurs socialistes.

    Otto Neurath participa directement à l’Izostat ; à cet effet, il fut présent au moins deux mois (et au maximum neuf mois) par an en URSS de 1931 à 1934. Voici des images d’un ouvrage soviétique de 1932 présentant sa démarche. Intitulé Statistiques picturales et la méthode viennoise, on retrouve dans 52 pages les explications des principes développés par Otto Neurath, visant la simplicité et l’accessibilité directe de l’information.

    #otto_neurath #neurath #izostats


  • #Harcèlement sexuel au #travail: 5 années de travail, en accéléré | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/carolinedehaas/blog/270219/harcelement-sexuel-au-travail-5-annees-de-travail-en-accelere

    En 2016, 2017, on a commencé avec les collègues à intégrer la question du harcèlement sexuel au travail dans toutes nos interventions. A chaque fois, il se passait la même chose. C’était devenu une sorte de comique de répétition, mais en version pas drôle.

    On savait qu’à chaque fois, on allait assister à la même scène.

    La formatrice : « On va parler du harcèlement sexuel au travail »

    Les stagiaires : « On n’en n’a pas chez nous »

    La formatrice : « Les harcèlement, c’est … (définition pénale, un peu indigeste) »

    En face : « Non, non, chez nous, y en a pas ».

    La formatrice : « Par exemple, un collègue qui vous fait des remarques sur vos fesses toutes les semaines, ou des collègues qui racontent des « blagues » sexuelles à voix haute dans les bureaux »

    En face, un blanc. Gêné. Suivi de : « Ça ? Ça, c’est du harcèlement sexuel ? Mais non, ça, c’est tous les jours »

    A chaque formation, ça recommençait. Encore et encore. Partout où on allait, on faisait prendre conscience aux femmes et aux hommes que ces comportements quotidiens n’étaient pas normaux.

    On voyait très clairement les conséquences du harcèlement. Les violences sexuelles au travail sont dévastatrices. Elles peuvent faire disparaître l’estime de soi. Elles peuvent stopper des carrières. Elles peuvent briser des gens. Les violences peuvent détruire.

    Et quand bien même le harcèlement n’était pas nommé, il était là. Et il abîmait.


  • Quand l’Allemagne, qui refuse de dédommager les Grecs victimes de la Wermacht, verse des pensions aux fascistes espagnols de cette même Wermacht ! Yorgos MITRALIAS - 6 décembre 2015 - cadtm.org
    http://www.cadtm.org/spip.php?page=imprimer&id_article=12682

    https://www.legrandsoir.info/quand-l-allemagne-qui-refuse-de-dedommager-les-grecs-victimes-de-la-we

    A l’occasion de la révélation du scandale des pensions que l’Allemagne continue de verser à des étrangers ayant servi le Troisième Reich, nous (ré)publions l’article qui suit, écrit et publié en décembre 2015, en tant que contribution au débat concernant les responsables de l’actuel réveil des pires démons de l’entre deux-guerres.)

    C’était la deuxième semaine d’octobre passé quand la nouvelle est tombée en Espagne comme une bombe : l’Allemagne paye – encore aujourd’hui (!) – des pensions aux fascistes espagnols qui ont combattu aux côtés de la Wehrmacht à Stalingrad ! À la suite de cette révélation, l’un après l’autre, presque tous les journaux espagnols déterraient des semaines durant le passé douloureux et consacraient nombre d’articles à l’infâme Division Azul (Division Azur) et ses 37 000 volontaires qui, avec la bénédiction du dictateur Franco, se sont trouvés il y a 73-74 ans en Russie pour prêter main forte à l’Allemagne nazie et à sa tentative d’écraser le... bolchevisme !

    Le protagoniste, mais aussi le responsable de ce retour inattendu à un passé qu’on croyait définitivement exorcisé, est Andrej Hunko, le député de Die Linke, qui a révélé le scandale par son initiative de demander des explications à la Chancelière Merkel. Connaissant les combats de l’ami Andrej pour la défense des droits du peuple grec, nous osons dire que la motivation première de ses questions parlementaires au gouvernement allemand n’était pas de faire révéler au grand public un, mais plutôt deux scandales : celui, bien visible, du paiement, par l’État allemand, des pensions aux fascistes espagnols, mais aussi d’un autre moins visible, celui du refus permanent de l’État allemand de dédommager les citoyens grecs victimes des atrocités nazies !

    Malheureusement, la nouvelle que le gouvernement allemand paie les fascistes espagnols qui se sont battus aux cotés de l’armée nazie (1) en même temps qu’il refuse obstinément de payer des dédommagements aux victimes grecques de la même armée nazie, ne semble pas avoir provoqué l’émoi tant des autorités que des médias grecs. Aucune réaction, et pire, absolument rien pour informer l’opinion publique grecque. Seulement un silence total et assourdissant...

    Pourtant, ce scandale des scandales ne peut pas rester sans suite. Alors, puisqu’il concentre et combine en lui tous les problèmes de nos temps, le passé cauchemardesque avec un présent et un avenir non moins menaçants, c’est à tous ceux, citoyens grecs, allemands et espagnols qui se sentent directement intéressés, de lui donner la suite qu’il mérite. Et le premier pas vers cette direction est l’interview qui suit. En donnant la parole à Andrej Hunko nous espérons que, cette fois, le mur du silence sera brisé et les réactions seront à la hauteur des circonstances si critiques...
Interview de Andrej Hunko, député de Die Linke, qui a révélé ce scandale.

    Yorgos Mitralias : Quelles ont été les questions parlementaires que tu as adressées au gouvernement allemand concernant les pensions qu’il continue de payer aux anciens combattants espagnols de la Division Azul et quelle a été la réponse officielle de ce gouvernement ?

    Andrej Hunko : Nos questions au gouvernement allemand sur les paiements à des anciens membres de la Division Azul concernaient la somme versée et le nombre des gens qui en ont bénéficiée. Nous voulions savoir la somme d’argent que l’Allemagne paye à ces collaborateurs des nazis et quelle a été l’évolution de cette somme depuis que l’accord bilatéral relatif à cette affaire a été signé en 1962 et ratifié en 1965.

    Les réponses ont mis en lumière le fait que l’Allemagne continue jusqu’à aujourd’hui à payer plus de 100 000 euros par an à 41 anciens membres de la Division Azul ainsi qu’à neuf survivants de leurs familles. Il est très probable que cette somme a été bien plus importante dans le passé, puisque la Division Azul a existé il y a plus de 70 ans et plusieurs de ces guerriers sont morts depuis. Pourtant, le gouvernement ne nous a pas donné les sommes précises pour toute cette période. Il va falloir faire des recherches dans les archives publiques pour pouvoir connaître les sommes exactes.

    Le Gouvernement Allemand nous a dit aussi qu’il ne compte pas mettre fin à ces paiements.

    Y.M. : Nous savons maintenant que l’accord concernant l’attribution des pensions aux vétérans de la Division Azul a été conclu en 1962 entre l’Allemagne fédérale du chancelier Adenauer et le gouvernement du dictateur Franco, lequel, en échange, a accepté de faire de même, c’est-à-dire payer des pensions aux vétérans de la Légion Condor nazie, responsable de plusieurs crimes de guerre durant la guerre civile espagnole, dont la destruction de la ville basque de Guernica. Maintenant, c’est-à-dire seulement quelques jours après le 40ème anniversaire de la mort de Franco (20 novembre 1975), il serait utile de se rappeler que le même régime de Franco, qui a signé cet accord avec l’Allemagne fédérale en 1962, a offert l’asile à des nazis notoires comme, par exemple, #otto_skorzeny ou #léon_degrelle (2) jusqu’à leur mort. Crois-tu que l’accord de 1962 est emblématique des « affinités éclectiques » existant entre le régime de Franco et l’Allemagne fédérale d’après-guerre ?

    Andrej Hunko : Je crois que cette hypothèse est juste. Cependant, ça ne reflète pas seulement les rapports de l’Allemagne d’après-guerre avec le régime fasciste de Franco. Je pense qu’on peut y voir la preuve de la continuité du personnel nazi dans l’administration publique, les forces armées, et les services secrets de l’Allemagne d’après-guerre. Dans de nombreux cas la dénazification a été soit inexistante soit très limitée et plusieurs postes ont été occupés par des nazis notoires dans certains cas. Pour donner un exemple, un de ces cas le plus célèbre a été celui de #reinhard_gehlen qui a fondé le service secret BND de l’Allemagne fédérale.

    Vu sous cet angle, ce n’est pas une surprise que l’Allemagne du gouvernement Adenauer ait signé un tel accord avec l’Espagne de Franco. Naturellement, ceci ne le rend pas moins nauséabond.

    Y.M. : Quel a été en Allemagne l’impact de vos questions parlementaires et de la réponse du gouvernement allemand ? Est-ce qu’il y a eu des réactions faisant le rapprochement entre cette affaire scandaleuse et le refus permanent des gouvernements allemands de payer des réparations et des dédommagements à l’État grec et aux citoyens grecs victimes des atrocités nazies ?

    Andrej Hunko : Évidemment, nous avons essayé de faire ce rapprochement dans nos commentaires aux réponses du gouvernement allemand. Pour moi c’est un scandale que l’Allemagne d’aujourd’hui refuse de payer des dédommagements et des réparations aux victimes. Elle n’a même pas remboursé l’emprunt forcé que l’Allemagne a imposé à la Grèce durant l’occupation. Il suffit d’un coup d’œil aux arguments utilisés par le ministère allemand des affaires étrangères pour justifier le non remboursement, pour constater qu’ils sont scandaleux.

    De l’autre côté, des gens qui se sont battus volontairement aux cotés de la Wehrmacht dans la guerre d’extermination qu’elle menait en Europe de l’Est continuent encore aujourd’hui d’être payés par l’Allemagne. Ceci m’est incompréhensible.

    Pourtant, les réactions des médias allemands ont été bien limitées. On a parlé des réponses du gouvernement mais il n’y a pas eu de débat autour de cette question. Je crois que la réaction des médias espagnols a été bien plus importante. Une raison pourrait être que la dictature fasciste en Espagne soit terminée beaucoup plus récemment que celle en Allemagne.

    Y.M. : Que dirais-tu si des militants et des mouvements sociaux grecs, espagnols et allemands donnaient suite à cette affaire scandaleuse ? Est-ce que tu crois qu’il serait utile et possible d’entreprendre une telle initiative ?

    Andrej Hunko : Oui, certainement. Nous y avons fait un pas au niveau parlementaire en posant cette question au parlement européen en collaboration avec Josu Juaristi Abaunz du Pays basque, qui est membre du groupe parlementaire de La Gauche unie européenne-Gauche verte nordique (CUE/NGL). Nous travaillons toujours actuellement pour recueillir plus d’éléments concernant les paiements à des volontaires fascistes et l’absence des dédommagements aux victimes de la guerre et de l’occupation. Je crois pourtant fermement que l’association des militants à cette affaire serait non seulement un important symbole de solidarité internationaliste, mais qu’elle pourrait finalement contribuer à ce que justice soit rendue à tous ceux qui ont souffert de la tyrannie fasciste ou qui se sont battus contre elle.

    Yorgos Mitralias
    Journaliste, Giorgos Mitralias est l’un des fondateurs et animateurs du Comité grec contre la dette http://www.contra-xreos.gr , membre du réseau international CADTM et de la Campagne Grecque pour l’Audit de la Dette. Membre de la Commission pour la vérité sur la dette grecque http://www.cadtm.org/Discours-de-la-presidente-du et initiateur de l’appel de soutien à cette Commission.

    Notes :
    (1) Voir l’article (en grec) : http://contra-xreos.gr/arthra/928-1936-2015.html
    (2) Otto Skorzeny https://fr.wikipedia.org/wiki/Otto_Skorzeny était un officier des SS connu pour ses missions audacieuses, dont la libération de Mussolini en 1943. Léon Degrelle https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9on_Degrelle était le fondateur et le chef du mouvement fasciste belge #Rex, avant de prendre la tête de la Division SS Wallonie sur le front de l’Est.

    #Gréce #Wehrmacht à #Stalingrad #allemagne #espagne #division_azul #facisme #franco #atrocités_nazies #Adenauer #légion_condor #Gernica #atrocités #parlement_européen #Die_Linke


  • Le film « Ni juge, ni soumise » : du voyeurisme qui laisse un goût amer Luk VERVAET - 12 Mars 2018 - lukvervaet.blogspot
    https://lukvervaet.blogspot.com/2018/03/ni-juge-ni-soumise-du-voyeurisme-qui.html

    La 44e cérémonie des César récompense le documentaire belge qui a conquis 230 000 spectateurs en France...

    Comment faire un film de non-fiction sur la Justice, un documentaire, qui sera projeté dans les grandes salles de cinéma et rapportera du fric ? Rares sont ceux qui y sont parvenus. Le réalisateur et le cameraman (« légendaires » et « historiques » selon la RTBF) de Strip Tease et de Tout ça ne nous rendra pas le Congo y sont, eux, arrivés en produisant Ni juge, ni soumise . Le film fait un tabac et le grand public s’amuse.

    Avec un titre accrocheur, volé de l’organisation antifoulard « Ni putes, ni soumises », il met littéralement en scène une juge qui se veut atypique, sans complexes, face aux déchets humains de la société qui défilent dans son bureau, à visage découvert, avec, en trame de fond, le cold case étasunien à la belge de deux meurtres sur des prostituées.

    Le contenu est zéro, on n’apprend rien, mais ça marche.

    D’un côté l’image de la juge qui a tout vécu et qui n’est plus perturbée à la vue d’un cadavre, que ce soit en Belgique ou en Syrie. Son aspect bobo humour cynique, assaisonné de blagues sexuelles, sa voiture 2 CV musique classique incluse, la posture de femme libérée avec son rat blanc qui se promène sur son bras ou dans ses cheveux et pour qui elle cherche un escargot dans son jardin doivent nous suggérer son côté insoumis.

    En contraste la misère humaine de la société qui s’expose à la caméra dans son bureau, comme du temps d’ Elephant man.

    Une misère traitée avec un mépris invraisemblable, provoquant des rires incessants dans la salle. Pour ceux d’en bas, pour les dérangés, pour les drogués, pour ceux qui ont déjà fait dix ans de prison ou plus et qui récidivent, pour la "culture albanaise ou turque" des étrangers qui frappent leurs femmes (il n’y a que ça dans le film), pour les profiteurs du CPAS et de la mutuelle... Seules les deux prostituées assassinées s’attirent de la sympathie de la part de la juge. Pour les autres, sont de mise la manière méprisante de filmer et le discours moralisateur du genre « votre culture contre la nôtre », sur leur vie de ratés « trop chère pour être vécue » (une blague), les explications paternalistes (« ça se sait quand-même que les mariages au sein de la famille créent des déformations »).

    Certes, ce sont des aspects de la personnalité d’Anne Gruwez. Mais où est le vrai côté rebelle d’#Anne_Gruwez ? En quoi réside l’aspect insoumis ? Elle qui s’est mobilisée contre la construction de la #méga-prison à #Haren ? Qui a ordonné la libération immédiate de détenus à Forest lors de grève des gardiens en 2016 ? Qui s’oppose aux longues peines de prison qui ne font que mettre l’auteur dans une douleur complète et qui rendent les détenus complètement désocialisés ? Qui défend les réfugiés ? Pourquoi un documentaire qui met « insoumis » dans son titre n’en dit-il pas un mot ? Là au moins, le documentaire aurait contribué à un vrai débat sur la justice.

    Je ne comprends pas que cette juge d’instruction a permis de filmer des accusés ou des témoins dans son bureau sans que ça lui pose un problème de déontologie, ou sans que les avocats s’y opposent. Mais, me direz-vous, les accusés ou les témoins étaient d’accord. Mettez-vous à la place de ces gens, souvent pauvres et en marge de la société, qui doivent dire oui ou non à la proposition de la juge qui a un pouvoir absolu sur eux ? Je suis sûr que la plupart d’entre eux ne se souviennent déjà plus qu’ils ou elles apparaissent dans ce film, et encore moins – étant en prison, en hôpital psychiatrique ou au CPAS – qu’ils auront l’occasion de le voir. Ce qui est sûr, c’est qu’ils n’ont pas reçu pas de prix d’interprétation au Festival de San Stebastian, à l’instar de la juge Gruwez. Et d’ailleurs, s’agissait-il d’un rôle de composition ou de la triste réalité de son bureau ?

    La scène avec la femme qui a tué son enfant, et que je connais personnellement, est particulièrement pénible. Une maman vient d’assassiner son enfant et sa première déposition, clairement prononcée dans un état psychotique, est filmée pour le grand public ! Sans que son avocat ( pro deo ) pipe un mot. Elle a donné la permission d’être filmée ? Etes-vous sérieux ? Est-il humain ou déontologique de poser cette question à une mère au lendemain d’un tel drame ? Mais au moins c’est la seule scène où la salle n’éclate pas de rire.

    Le rôle des avocats est d’ailleurs tout simplement zéro dans ce film. On se demande pourquoi ils sont là, à côté de leur client, parce qu’il n’y a personne qui ouvre sa bouche, sauf pour confirmer ce que madame la juge a dit, ou pour s’entendre dire par la juge qu’ils manquent du respect en prenant la parole ou en communiquant quelques mots avec leur client.

    Le manque de respect s’étale de long en long au fil des images. La famille de l’homme dont on déterre le corps pour prélèvement d’ADN a-t-elle aussi « donné son autorisation » pour que le cameraman s’attarde sur son cadavre, sur son découpage, alors que l’on peut encore reconnaître cet être qui fut humain ?

    Bref, ce film ne m’a pas fait rire. Il m’a laissé un goût amer, une tristesse profonde et la conviction que l’occasion d’un débat salutaire sur la justice a été manquée.

    #Documentaire #justice #misère #mépris #avocat #Luk_Vervaet


  • Loan Torondel : « Je n’ai commis aucun délit, j’ai juste voulu défendre les droits des gens » - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/refugies-et-migrants/actualites/loan-torondel-je-nai-commis-aucun-delit

    Le 1er janvier 2018, j’ai regardé les vœux du président Macron à la télévision. Il déclarait que pour toutes les personnes qui avaient des moments difficiles, la nation française serait là. En l’écoutant, je me suis dit qu’à Calais, les migrants allaient, eux aussi, avoir des moments difficiles. On allait leur retirer leurs couvertures en plein hiver, comme ils survivent dehors, ils tomberaient malades.

    J’ai voulu dénoncer le décalage entre les propos bienveillants du président et cette répression. Dans un tweet, j’ai donc repris la phrase de Macron en imaginant un dialogue fictif entre des policiers et des migrants.

    Que s’est-il passé suite à votre convocation au commissariat ?

    Le premier choc c’est l’audition, voir que si les policiers n’étaient jamais poursuivis pour leurs actes, ceux qui les dénonçaient pouvaient, à l’inverse, se retrouver dans les mains de la justice… pour un simple tweet.


  • Decathlon et le hijab : la France est-elle devenue folle ? | Ilyes Ramdani
    https://www.bondyblog.fr/opinions/decathlon-et-le-hijab-la-france-est-elle-devenue-folle

    Ce mardi 26 février, une polémique nourrie par des responsables politiques de La République en marche et du parti Les Républicains ont amené Decathlon à renoncer à commercialiser un « hijab de running ». Loin d’être anecdotique, cet événement en dit long sur la névrose d’une frange de la société française autour de l’islam et du voile. Source : Bondy Blog


  • Bordeaux : un « gilet jaune » condamné à deux ans de prison ferme
    https://www.europe1.fr/societe/bordeaux-un-gilet-jaune-condamne-a-deux-ans-de-prison-ferme-3863690

    Un « gilet jaune » de 36 ans, sans domicile fixe, a été condamné la semaine dernière pour avoir lancé des fumigènes, pavés et bouteilles sur les forces de l’ordre lors de l’"acte 13" à Bordeaux.

    Un sans domicile de 36 ans, hébergé par une amie, a été condamné à deux ans de #prison ferme en comparution immédiate à Bordeaux, en Gironde, pour des dégradations et des jets de projectiles sur les forces de l’ordre lors de l’"acte 13" des « #gilets_jaunes », rapporte Sud-Ouest lundi. 

    Des jets de projectiles sur les forces de l’ordre et des dégradations. Le « gilet jaune » a été identifié grâce aux images de vidéosurveillance de la place Pey-Berland de Bordeaux et des rues adjacentes mais aussi par celles diffusées sur les réseaux sociaux. Il faisait partie des manifestants qui ont provoqué les forces de l’ordre. Il a incendié un container de poubelle, lancé des fumigènes, des pavés et des bouteilles sur les CRS et les gendarmes mobiles avant de commettre des dégradations, détaille Sud-Ouest. 

    Déjà connu de la justice. Placé en garde à vue la semaine dernière, il a reconnu l’ensemble des faits. Déjà connu de la justice, il a été condamné à deux ans de prison ferme avec mandat de dépôt, une interdiction de manifester à Bordeaux pendant deux ans et celle de détenir une arme.

    Il ya aune semaine la presse des flics si le pléonasme est autorisé évoquait déjà 300 mises sous écrou depuis novembre...

    #justice #bouchers

    • Le zèle des juges à réprimer les gilets jaunes est à l’image de leur zèle à soulager les agresseurs sexuels.

      Affaire Besson : Le parquet de Paris a annoncé lundi le classement sans suite de l’enquête préliminaire pour viol visant le cinéaste. Il a par ailleurs indiqué avoir ouvert une autre enquête préliminaire, le 21 février, après avoir reçu « un signalement visant des faits d’agression sexuelle ».

      #présomption_d'innocence à deux vitesses
      Et ils osent dire :

      « La commission d’enquête du Sénat et le Sénat ont choisi de se livrer à une appréciation qui est, je crois, très politique, a indiqué Édouard Philippe, depuis le perron de Matignon. Je n’en suis pas surpris, mais comme j’ai un attachement très vif et très grand au principe de séparation des pouvoirs , j’en suis un peu déçu. » Jugeant « incompréhensibles et souvent injustes » les recommandations formulées par la chambre haute à l’égard des proches collaborateurs d’Emmanuel Macron, et en particulier du secrétaire général de l’Élysée, Alexis Kohler, le chef du gouvernement a rappelé que « traditionnellement les chambres ne se mêlent pas de l’organisation interne de la présidence de la République ».

      #séparation_des_pouvoirs à géométrie variable

      #obscénité #injustice

    • Ils auront passé une semaine derrière les barreaux. Alexandre Benalla et Vincent Crase ont été libérés mardi 26 février, à la suite d’une décision de la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Cette formation de la cour d’appel de Paris a infirmé la décision du juge des libertés et de la détention contre l’avis du parquet général.

      https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/02/26/alexandre-benalla-et-vincent-crase-obtiennent-leur-remise-en-liberte_5428550



  • La bibliodiversité est une notion qui s’augmente comme un bruit de fond depuis quelques années dans notre monde éditorial, celui de la bande dessinée ; nous sommes invités à y voir une sorte d’ordre naturel, dans lequel nous cohabiterions paisiblement en lapins jéhovistes à l’ombre des pattes de lions jéhovistes bienveillants. S’il fallait une raison de plus à l’évidente supercherie politique sur laquelle repose ce bavardage puéril pour ne pas y souscrire, trouvons-la dans cette phrase perfide de Benoit Mouchart - directeur éditorial des éditions Casterman - qui présentait la sortie de sa revue Pandora dans les pages de Télérama : « La BD n’est pas tenue d’être sérieuse, ni d’adopter des postures arty ».
    Ceci, glissé dans un bavardage mondain par lequel un camelot ordinaire dore à la feuille sa pacotille, nous expose en substance cela : ce qu’on est impuissant à représenter — symboliquement, financièrement, politiquement, socialement — il s’agira alors de le discriminer, de le dévaluer, en un mot, de nier son existence ou la légitimité de son existence par tous les moyens. Ainsi, une force majoritaire pourra passer du majoritaire au mirage du total, à l’illusion de tout représenter, de n’avoir aucune extériorité qui ne soit infiniment négligeable.
    Nous sommes bien conscients que Benoit Mouchart — pas plus que Casterman et que tous ses semblables — ne « craint » rien de ce qu’il dénigre : il ne s’agit ici que d’une manifestation de plus de cette violence qui jouit d’une autorité déjà acquise mais qui n’est pas encore assez générale pour satisfaire l’orgueil de celui qui en dispose ; dès que l’occasion s’en présente, ceux à qui le monde appartient déjà manifestent toute leur hostilité à ceux qui tentent de se soustraire à leur vision unifiante.
    Que nous dit encore cette condescendance d’un possédant ? Hé bien que nous pouvons compter sur lui pour renverser l’hégémonie du sérieux qui menace dans les publications de bandes dessinées. Ah... Vraiment ? Mais quand est-il rentré la dernière fois dans une librairie de bédées généraliste, Benoît Mouchart ? Parce que moi qui n’y fous presque plus les pieds à cause des injonctions à la rigolade qui dégueulent des étalages — la bédée, quand même, c’est rigolo, il faut bien garder ça en tête —, moi dont les yeux saignent devant l’acharnement académique à resucer de l’école belge ou du muscle luisant jusqu’à l’exsanguination de tout dessin, franchement, je me dis qu’il le fait exprès. Il le traque à l’échelle particulaire, le sérieux (il serait évidemment intéressant de forer cette coquille de chair pour comprendre ce qu’elle entend vraiment par « sérieux »). Et ceci, encore : c’est quand, la dernière fois qu’il a ouvert une de ces revues existantes que, visiblement, il tient à ne pas nommer pour ne pas bousiller sa thèsinette, auxquelles il lui semble urgent de répondre par ce coup éditorial ? Francky, Aaargh, Fluide glacial, rongées par l’esprit de sérieux et la pose arty, vraiment ? Parce que s’il s’agit de « la revue dessinée », aussi timide qu’emmerdante qui doit nous éclairer sur la conjonction arty/sérieuse, il faut nous rendre à cette étrange évidence qu’elle décrit à peu près toute la presse sociale-démocrate bon teint culturellement bourgeoise. Définition qui s’étendrait sans peine des Inrockuptibles à Pandora.
    Alors, forcément, on aimerait bien savoir ce que ça veut dire, la posture arty. Parce que Benoît Mouchart publie tout de même les jolies mignardises décoratives de Brecht Evens, dans son Pandora. C’est touchant mais c’est confus. Question de seuil ou question de classe ? La réinvention de l’eau tiède à couper l’aquarelle tous les trois mois par les uns, ou encore la peinture du dimanche admise tant qu’elle raconte des jolies histoires par les autres, ça, ce n’est pas du tout arty ? Non. On aura déduit, si on doit vraiment débroussailler ce bavardage, que ce qui est arty, c’est — d’une part — quand on ne comprend plus bien très bien la référence (a fortiori quand il n’y en a pas de connotative, par exemple, devant une invention, qui vous trouble ou vous terrasse, brouille vos certitudes, à laquelle rien ne vous prépare), et — d’autre part — quand on ne lit plus bien le dessin parce qu’on n’y est pas installé d’avance. Ça, c’est intenable, c’est arty tout plein.
    Publier des auteurs qui sont tellement connus qu’ils ont eu le temps de devenir eux-mêmes une référence ou leur propre mausolée, dont on n’a plus rien à craindre de nouveautés perturbantes, c’est la solution idéale pour repousser encore un peu plus loin l’art de vider de toute substance le mot « risque » dans un cadre éditorial. C’est pourtant le mot qui réjouit Benoît Mouchart d’avance : il va prendre des risques.

    (des détails sur cet entretien ici : https://www.du9.org/humeur/lettre-ouverte-a-benoit-mouchart )

    #bande_dessinée #bibliodiversité #pandora