• La folle dérive sécuritaire du gouvernement des conflits d’intérêts
    par Etienne Raiga Clemenceau 27 novembre 2020
    https://www.lemondemoderne.media/la-folle-derive-securitaire-du-gouvernement-des-conflits-dinterets

    (...) Non, il n’est pas vrai que ce quinquennat est le premier du genre. Il est le dernier né d’un fond inéluctable semble-t-il des dérives associées au régime de la Ve République, qui a vu le jour comme on le sait, par temps de crise sécuritaire inédite depuis 1940, et qui n’a jamais su se réformer pour sortir du carcan rigide et stérile d’un monarchisme aussi archaïque qu’inefficace.
    De la longue descente du régime post Vichy, du CNR à l’Etat policier technologique

    Sans revenir aux années de Plomb du SAC, aux crimes de l’Etat français dans ses anciennes colonies, aux persécutions contre les minorités et autres citoyens les plus précaires, sans parler des assassinats de Maurice Papon, ni des répressions contre les Kanaks, des lois Pasqua ni des bruits et odeurs insupportables, les gouvernements successifs, jusqu’aux plus récents ont participé à envenimer, à préparer, à armer, de réflexes et d’habitudes, tant les dirigeants que les agents zélés d’un pouvoir archaïque et aux abois, de préserver ses affaires, et de se préserver par la même occasion de voir justement ses affaires révélées au grand jour… (...)

    Pour donner un aperçu des dégâts, cette liste pour illustrer les basses oeuvres de la macronie depuis son élection magique de 2017, à l’aide du précieux travail de recension du camarade Guillaume Quintin, et d’autres : (...)

  • #LoiSecuriteGlobale : Apaisement ? Mon cul ...

    Article 24 : la commission de réécriture met la majorité en ébullition - Libération
    https://www.liberation.fr/politiques/2020/11/27/article-24-une-commission-de-reecriture-qui-enerve-la-majorite_1806897

    Jean Castex pensait éteindre un feu, il en a allumé un nouveau. En annonçant jeudi soir la mise en place d’une commission indépendante « chargée de proposer une nouvelle écriture de l’article 24 » de la proposition de loi très controversée de « sécurité globale », le Premier ministre s’est attiré les foudres d’une partie du Parlement, notamment de sa majorité qui se sent au mieux contournée, au pire piétinée (!!!) . (Pauvres dépités piétinés de la "majorité")

    Du goudron et des plumes pour tous ces #connards malfaisants

    Voir aussi :

    https://seenthis.net/messages/888530
    https://seenthis.net/messages/888449

  • Deux mille enfants déclarent un cancer chaque année, et toujours aucune explication | Nolwenn Weiler
    https://www.bastamag.net/Cancers-pediatriques-Sainte-Pazanne-Saint-Rogatien-etudes-epidemiologiques

    Plus de 2000 enfants déclarent un cancer chaque année en France. Certains parents tâchent de savoir pourquoi, mais se heurtent à l’inertie, voire à l’hostilité des autorités sanitaires, et parfois de leurs élus. Le sujet est complexe, poser des questions semble dérangeant. Basta ! est allé à la rencontre de ces familles, pour raconter leurs quotidiens et s’interroger, avec elles, sur ce grave problème de santé publique. Source : Basta !

  • Paniques anticomplotistes
    par Frédéric Lordon, 25 novembre 2020
    https://blog.mondediplo.net/paniques-anticomplotistes

    Félix Vallotton. - « Paysage de ruines et d’incendies », 1915.

    Si Hold-up n’avait pas existé, les anticomplotistes l’auraient inventé. C’est le produit parfait, le bloc de complotisme-étalon en platine iridié, déposé au Pavillon de Breteuil à Sèvres. De très belles trouvailles, des intervenants dont certains ont passé le 38e parallèle comme des chefs : une bénédiction. Altérée cependant parce que, certes, on est content d’avoir raison et d’être la rationalité incarnée, mais quand même l’époque est sombre et on rit moins. La Terre plate et la Lune creuse, on veut bien, ça c’est vraiment drôle, mais QAnon beaucoup moins, ça fait de la politique, le cas échéant ça prend des armes ; aux fusils près et du train où vont les choses on pourrait bientôt avoir les mêmes à la maison. D’ailleurs, on commence à les avoir. Pour l’heure il n’est question que de masques et de vaccins, ce qui n’est déjà pas rien, mais on sent bien que tous les autres sujets sont candidats. Ce qu’on sent bien également, c’est le degré auquel le camp de la raison se voit lui-même démuni, et légèrement inquiet devant sa difficulté à élaborer des stratégies antidotes. Disons-le tout de suite, dans la disposition qui est la sienne, il n’est pas près d’en trouver la première.

    Le torrent de commentaires qu’a immédiatement suscité la diffusion du documentaire est sans doute le premier signe qui trahit la fébrilité — du temps a passé depuis le mépris et les ricanements. Si encore il n’y avait que la quantité. Mais il faut voir la « qualité ». C’est peut-être là le trait le plus caractéristique de l’épisode « Hold-up » que toutes les réactions médiatiques ou expertes suscitée par le documentaire ne font que reconduire les causes qui l’ont rendu possible. Les fortes analyses reprises à peu près partout ont d’abord fait assaut de savoirs professionnels par des professionnels : « la musique » — inquiétante (la musique complotiste est toujours inquiétante), le format « interviews d’experts sur fond sombre » (le complotisme est sombre), « le montage » (le montage… monte ?). C’est-à-dire, en fait, les ficelles ordinaires, et grossières, de tous les reportages de M6, TF1, LCI, BFM, France 2, etc. Et c’est bien parce que l’habitude de la bouillie de pensée a été installée de très longue date par ces formats médiatiques que les spectateurs de documentaires complotistes ne souffrent d’aucun dépaysement, se trouvent d’emblée en terrain formel connu, parfaitement réceptifs… et auront du mal à comprendre que ce qui est standard professionnel ici devienne honteuse manipulation là.

    • La chute de la Maison Média

      C’est que l’autorité des paroles institutionnelles n’a pas été effondrée du dehors par quelque choc exogène adverse : elle s’est auto-effondrée, sous le poids de tous ses manquements. À commencer par le mensonge des institutions de pouvoir. Les institutions de pouvoir mentent. Mediator : Servier ment. Dépakine : Sanofi ment. Bridgestone : Bridgetsone ment. 20 milliards de CICE pour créer un million d’emplois : le Medef ment. Mais aussi : Lubrizol, les pouvoirs publics mentent ; nucléaire, tout est sûr : les nucléocrates mentent. Loi de programmation de la recherche : Vidal ment (mais à un point extravagant). Violences policières, alors là, la fête : procureurs, préfecture, IGPN, ministres, président de la République, tout le monde ment, et avec une obscénité resplendissante qui ajoute beaucoup. Covid : hors-concours.

      Le capitalisme néolibéral a déchaîné les intérêts les plus puissants, or là où les intérêts croissent, la vérité trépasse. C’est qu’il faut bien accommoder la contradiction entre des politiques publiques forcenées et l’effet qu’elles font aux gens. Or pour combler ce genre d’écart, quand on a décidé de ne pas toucher aux causes de l’écart, il n’y a que le secours des mots. Alors on arrose généreusement avec du discours. Au début on fait de la « pédagogie », on « décrypte ». Et puis quand le décryptage ne marche plus, il ne reste plus qu’à mentir — à soutenir que ce qui est n’est pas (« la police républicaine ne se cagoule pas, elle agit à visage découvert »), ou que ce qui n’est pas est (on ferme des lits pour améliorer l’accueil des malades). Quand il n’est pas pure et simple répression, le néolibéralisme finissant n’est plus qu’une piscine de mensonge. Nous baignons là-dedans. C’est devenu une habitude, et en même temps on ne s’y habitue pas. Vient forcément le moment où l’autorité de la parole institutionnelle s’effondre parce que l’écart entre ce qu’elle dit et ce que les gens expérimentent n’est plus soutenable d’aucune manière.

  • Les évêques fustigent une décision « irréaliste » et « inapplicable »
    https://fr.aleteia.org/2020/11/24/limite-de-30-personnes-les-eveques-fustigent-une-decision-irrealiste-et-

    La colère gronde chez les catholiques, alors qu’Emmanuel Macron a annoncé ce mardi 24 novembre que les cérémonies religieuses publiques pourraient reprendre dès ce samedi 28 novembre, « dans la stricte limite de 30 personnes ». Quelques heures seulement après cette déclaration, la CEF s’est dite « à la fois déçue et surprise ». « Cette annonce n’est pas du tout conforme aux discussions qui ont eu lieu ces dernières semaines avec les ministres concernés », regrettent les évêques dans un communiqué. Interrogé par Aleteia dans la journée, le porte-parole de la CEF, Vincent Neymon, indiquait que l’Eglise de France avait présenté un protocole très strict au gouvernement, prévoyant « un taux d’occupation d’un tiers de la capacité de chaque édifice ».

    C’est vrai que 30 à la fois, ça va être beaucoup trop long pour expédier les derniers vieux qu’on avait ratés sur les deux premières vagues ad patres.

    #plus_près_de_toi_mon_dieu

  • « Si le pouvoir interdit l’image, il fournit aussitôt, mécaniquement, l’image de cette interdiction. L’image se défend avec la force de l’image, et cette force est invincible. »
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/et-les-images-frapperent-darmanin

    Je sais reconnaître quand une liberté meurt. Aujourd’hui, pour la liberté de la presse, le pronostic vital est engagé nous dit Mathilde Larrère, dans une chronique particulièrement forte, qui revient sur la progression chaotique de cette liberté, en France, dans les deux derniers siècles.

    À première vue, l’évacuation par la police d’un camp de migrants, hier soir, place de la République, lui donne raison. Migrants jetés comme au vide-ordures hors des tentes où ils se reposaient, élus de gauche bloqués par la police, reporters malmenés, et empêchés de filmer : le compte-rendu de la nuit est à lire et regarder sur le site actuParis. Un nième épisode de l’offensive ignoble, et sans fin, de la police, pour rejeter les migrants dans l’invisibilité des périphéries, dans les tunnels et les terrains vagues, dans de lointains hôtels, sur les bordures des rocades et des autoroutes, n’importe où sauf sur les grandes places parisiennes à monuments symboliques. Cette nuit de la République va redoubler la vigilance des ONG comme Amnesty International, des grands journaux anglo-saxons, ou même de la Commission européenne, qui depuis quelques jours tiennent à l’œil la France de Macron, comme une sorte de Hongrie occidentale (au risque de quelques outrances et erreurs).

    Et pourtant les migrants et l’association organisatrice du campement de la République, Utopia 56, ont remporté une victoire. Cette victoire, c’est un tweet du ministre de l’Intérieur en personne, Gérald Darmanin, annonçant la commande d’un « rapport circonstancié » au vu de « certaines images de la dispersion du campement illicite ». Deux heures plus tôt, les représentants des journalistes mobilisés contre la proposition de loi sécurité globale avaient claqué la porte d’une réunion-simulacre au ministère de l’Intérieur, Darmanin refusant encore et toujours de supprimer le fameux article 24.

    « Certaines images » : celles-là même que Darmanin s’efforce de flouter, d’interdire, d’éteindre, celles-là même sont remontées jusqu’à ses yeux qui ne voulaient plus les voir. Peut-être que Mathilde Larrère a raison. Peut-être que le pronostic vital de la liberté de la presse est engagé en France. Il est probable que ce « rapport circonstancié » commandé pour « avant midi » au même préfet Lallement responsable de l’évacuation, ne sera qu’un subterfuge après tant d’autres. On peut aussi estimer que cette évacuation de la République démontre, au contraire, qu’aucun pouvoir ne gagne contre l’image. Si le pouvoir interdit l’image, il fournit aussitôt, mécaniquement, l’image de cette interdiction. L’image se défend avec la force de l’image, et cette force est invincible.

  • Loin des petitesses, loin de la violence de ce monde (violence dont il avait évidemment conscience et qu’il combattait), le géographe anarchiste #Élisée_Reclus avait le goût du #bonheur. Et il en donne. Quel plaisir de le lire : vraiment c’est bienfaisant.


    Thread de Ludivine Bantigny sur twitter :
    https://twitter.com/Ludivine_Bantig/status/1330647060522164224

    « Notre commencement de savoir, nos petits rudiments de connaissances historiques nous disent qu’il ne faut point tolérer de maîtres, à tout #ordre il faut répondre par la #révolte. L’histoire nous dit que toute #obéissance est #abdication, que toute #servitude est une mort anticipée »

    « Nous sommes révolutionnaires parce que nous voulons la #justice. » Sans intérêts d’argent, de caste, de position. Pour étudier le grand livre des connaissances humaines, vivre d’une vie libre, puissamment consciente et fraternelle, s’occuper des enfants et avec eux de la #nature.

    Et ce sera pour tous un bonheur dont nous n’avons aujourd’hui aucune idée, de vivre dans un monde où nous ne verrons […] point de faméliques demandant un sou, point d’hommes valides se faisant soldats ou même policiers, parce qu’ils n’ont pas d’autres moyens de gagner leur vie.

    « Puisque la nature est profanée par tant de spéculateurs précisément à cause de sa #beauté, il n’est pas étonnant que dans leurs travaux d’#exploitation les agriculteurs et les industriels négligent de se demander s’ils ne contribuent pas à l’enlaidissement de la terre. »

    Dans le souvenir de la #Commune : « Il me souvient, comme si je la vivais encore, d’une heure poignante de ma vie où l’amertume de la #défaite n’était compensée que par la joie mystérieuse et profonde, presque inconsciente, d’avoir agi suivant mon cœur et ma volonté… »

    Notre idéal de bonheur : une #communauté_d’égaux
    Quel est d’abord notre objectif révolutionnaire ?
    L’#affection_mutuelle, le #respect_de_soi et de la #dignité_d’autrui.
    Pour cela : supprimer l’#accaparement.
    [Que vienne un temps où les humains] pourront enfin se dire égaux sans ironie.

    « L’histoire d’un #ruisseau, même de celui qui naît et se perd dans la mousse, est l’histoire de l’#infini. »
    Reclus observe « les #champignons groupés fraternellement en petites assemblées », le « ravin et ses voûtes d’ombre ».
    Car chez Reclus la nature redonne courage pour les #luttes.

    Les petites ondulations que je provoque à la surface de l’eau se propagent au loin[…] jusqu’à l’espace indistinct. De même toute pensée vigoureuse, toute parole ferme, tout effort dans le grand combat de la justice & de la #liberté se répercutent[…] jusqu’au plus lointain avenir.

    Les gens de gouvernement désespérant de leur cause en sont venus à ne demander à leurs maîtres que la « poigne » leur seule chance de salut.
    À leur sujet le doute n’est pas permis : nul #préjugé ne les arrête pour la conquête du #pouvoir et des écus.
    É. Reclus Évolution et révolution.

    Si le #capital garde la force nous serons tous des #esclaves de ses #machines, cartilages rattachant les dents de fer aux arbres de bronze ou d’acier[…] C’est en vain que vous ferez appel à la #pitié. Le tigre peut se détourner de sa victime mais les livres de banque sont sans appel.

    Aux enfants : « Notre titre de parents ne nous fait en rien vos supérieurs et nous n’avons sur vous d’autres droits que ceux de notre profonde #affection. À vous, mes enfants, de dire si nous avons abusé de notre force pour vous maintenir dans la faiblesse ».

    #Elisée_Reclus #anarchisme #parentalité

    • Elisée Reclus est l’un de mes « maîtres à penser » si tant est qu’on ait besoin de tels personnages. C’est vraiment une personnalité remarquable et sa conception de l’anarchisme et des rapports entre l’homme et la nature sont plus qu’indispensables à connaître. Beau texte !

  • Un « Hold Up » de notre capacité d’agir : sur le film de Pierre Barnérias – Eunomia
    https://eunomia.media/2020/11/20/hold-up-de-notre-capacite-dagir

    #Neoclectic a totalement raison : le complotisme est le dernier allié des pouvoirs.

    La semaine passée a été marquée par la publication sur les réseaux sociaux de Hold Up, un film présenté par ses concepteurs comme un documentaire sur la crise du Covid 19 et sa gestion politique, notamment en France. Mélangeant images d’actualité, interviews et paroles d’anonymes, Hold Up a très vite rencontré un public massif parmi tous.tes les « antisystèmes » du pays, ce qui est somme toute logique dans notre période de sidération et de vide critique. Problème : le contenu du film délivre une lecture falsifiée et conspirationniste de la crise sanitaire, appelant avant tout à l’émotion et invisibilisant les sujets les plus urgents. Explications.

    « Il est abject, ce documentaire, Hold Up. Il exploite avec une rare perfection la détresse, la tristesse, les fantasmes et la peur des gens en superposant des images-choc et en leur racontant n’importe quoi. Sans rire, c’est extrêmement bien fait et extrêmement pervers. Et c’est assez flippant pour couper toute envie de se battre. Voilà un bâton entouré de fils barbelés. Une toile d’araignée bien utile pour occulter un danger bien réel : la crise économique qui arrivera après la pandémie et la politique d’austérité qui en découlera. Ce film porte bien son nom : c’est un hold-up de l’esprit critique. Rendez-nous Marx ! »

    Il est alors difficile, en tant que non-spécialiste, de démêler le vrai du faux, d’autant que la Macronie s’est faite elle-même experte en confusion, mixant allègrement propagande politique et discours scientifique depuis le début de la gestion de cette épidémie. Il en ressort une impression de chaos. Toutes ces images enchaînées font l’effet d’une drogue sur le cerveau, elles ne vont nulle part, n’expliquent rien mais fascinent, et finalement annihilent le sens critique. On se sent très vite démuni face à cette grosse machine qu’on nous présente, sorte de rouleau-compresseur que rien ne peut arrêter. De ce fait, nombreux.ses sont celles et ceux qui, après avoir vu Hold Up, tentent d’en sauver les meubles, c’est-à-dire d’affirmer que « tout n’y est pas à jeter ». Le problème de cette posture, c’est qu’elle oublie que le mélange du vrai et du faux ne peut produire que du faux. Or, mentir est dangereux, même si le but avoué est de faire se lever les foules. Surtout avec une conclusion annonçant l’arrivée d’un « gouvernement mondial », topos répandu de l’extrême droite antisémite converti dans la bouche de Marine Le Pen en « mondialisme ».

    Lorsqu’on doute de la crédibilité d’une source, le premier réflexe à mobiliser est de se demander qui parle et dans quel but. Pierre Barnérias, Nicolas Réoutsky et Christophe Cossé, les trois producteurs de Hold Up, on ainsi un CV pour le moins intrigant. Le premier est un journaliste proche de la Manif Pour Tous ayant réalisé plusieurs documentaires bidonnés, dont l’un (M et le 3ème secret, 2014) traite d’un complot mondial (encore un !) animé par les communistes et les francs-maçons.

    Il partage avec le second, Nicolas Réoutsky, une passion pour les expériences de mort imminente. Quant à Christophe Cossé, il est connu dans le civil pour être « maître praticien » en Hypnose Ericksonienne et en Programmation Neuro Linguistique (PNL). A priori, rien ne disposait ces trois hommes à s’adonner à l’épidémiologie, encore moins à la critique sociale. Hold Up ne vient pas de nulle part : pour le comprendre, il est nécessaire de replacer ce document dans le temps long. Dès le début de la pandémie de Covid 19, des voix se sont faites entendre pour remettre en question la véracité de la pandémie.

    Dans de nombreux médias, on a pu voir des journalistes, mais aussi des politiciens, des personnalités affirmer que le Covid 19 n’était qu’une « grippette » ou affirmer leur scepticisme quant à son existence. Sans connaître la suite et sans être spécialiste, ces doutes étaient de l’ordre du raisonnable. Or, à la mi-mars, après des gesticulations inconséquentes du gouvernement français, nous avons été confinés pour deux mois. Pour certains.nes, le confinement s’est déroulé sans trop de difficultés, mais pour d’autres, notamment celles et ceux qui n’ont pas l’habitude d’être mis au repos forcé si longtemps, il s’est vite transformé en calvaire. Je pense que des idéologues représentant un groupe d’intérêts particuliers s’en sont rendu compte très tôt et se sont engouffrés dans la brèche de la peur et du déni massifs qui se sont installés durant ces mois de solitude confinée.

    Toute crise débouche sur des situations de flottement intellectuel favorables à l’irruption de ce type d’énergumènes qui semblent apporter des réponses neuves et simples à des problématiques complexes. La popularité nouvelle de ces quatre beaux-parleurs a entraîné dans son sillage l’irruption dans le débat public de toute une horde d’ « alternatifs » plus ou moins sérieux résolus à mettre à bas la pensée rationnelle et les acquis originels de la médecine occidentale. De la défiance anti-laboratoire (légitime, au vu des nombreux scandales sanitaires comme celui du Mediator ou de la Dépakine), nous sommes alors rapidement passés à une défiance plus générale contre les médecins puis les soignant.tes, accusés de prendre part à des mensonges sanitaires comme s’il s’agissait d’un groupe homogène partageant les mêmes intérêts.

    On oublie les oppressions réelles, déjà existantes, la souffrance au travail, les licenciements, la pauvreté, les inégalités qui s’accroissent. Passées à la moulinette du « complot mondial », celles-ci passent pour quantité négligeable, elles paraissent secondaires, presque normales. On oublie que nous plongeons dans une crise économique effroyable qui a déjà causé la paupérisation d’un million de personnes en un an en Franceet des cas de détresse psychologique chez la moitié des travailleurs.euses du pays. On oublie la politique d’austérité qui s’en suivra, avec certainement de nouvelles attaques contre notre modèle social en lambeau, encore une fois contre les plus faibles. On oublie que désormais, occuper un bâtiment universitaire sera passible d’une peine de prison, que publier une photo non-floutée d’un flic ne sera plus possible pour un journaliste, que des réflexes d’obéissance absurdes sont en train d’être intériorisés par les populations subissant la gestion catastrophique de cette crise sanitaire avec un stress soutenu. On oublie que le lien social s’étiole, que le capitalisme s’étend, et avec lui les dominations sociales, patriarcales, raciales, écologiques et sexuelles. Et on oublie surtout de parler des solutions qu’il nous reste pour affronter cet avenir. Nous nous laissons paralyser, et nous en oublions nos principes, jusqu’à glisser vers des chemins que nous n’aurions jamais dû emprunter.

    Pour terminer, je pose une question qu’adorent poser ceux et celles que l’on appelle les conspirationnistes : à qui profite le crime ? Dans le cas de Hold Up, la réponse paraît désormais évidente : au gouvernement sur le court terme, et sur le long terme à des forces militantes qui ne sont pas les nôtres. Des personnes se lèvent aujourd’hui pour mettre à bas la pensée rationnelle en exploitant ses failles. Des forces issues du monde du privé, tout à fait compatibles avec le macronisme et ses vérités alternatives, qui pourraient tout à fait souscrire à une politique d’austérité, du moment que celle-ci s’attaquerait au régime de Sécurité Sociale et déboucherait sur une médecine à deux vitesses dans le cadre de laquelle ils pourraient se lancer dans de nouveaux marchés. Toute crise provoque du brouillard, surtout lorsque la défiance est au plus haut. Les exemples historiques sont nombreux. Pour rappel, les sociaux-démocrates de la République de Weimar avaient été si infâmes qu’ils ont permis à l’une des pires dictatures de l’Histoire de s’installer dans les années 30, après avoir écrasé les marxistes allemands et dans un bouillonnement intellectuel européen réactionnaire intense qu’on a appelé le fascisme. Camarades marxistes, anarchistes et révolutionnaires, nous n’avons désormais plus le droit à l’erreur et sommes placés face à une responsabilité écrasante. Grève, blocages, occupations, désobéissance civile : il devient urgent de nous ressaisir de tous les moyens de lutte à notre disposition. Vite, car il est minuit moins une.

    #Complotisme #Extrême-Droite #Hold_up

  • Le choix de l’#obscurantisme | PrototypeKblog
    https://prototypekblog.wordpress.com/2020/11/19/le-choix-de-lobscurantisme

    En 2020, en France, le discours sur les « règles sanitaires » permet de tout justifier, et il est organisé principalement de manière à pouvoir être contrôlé par la police. À faire planer et justifier une répression policière omniprésente. L’ « autorisation de sortie », techniquement intitulée « attestation de déplacement dérogatoire », familièrement appelée chez moi « Ausweis » en hommage à Gérard Jugnot, est unique au monde.

    Le « deuxième confinement » (également appelé « arraisonnement ») est largement bidon pour toutes sortes de raisons (notamment l’ouverture des garderies, anciennement appelées « établissements scolaires »), mais les « Ausweis » de tous types sont plus que jamais omniprésents. Et la propagande du régime multiplie les signaux, les images, les exemples. Le préfet des Bouches-du-Rhône a même indiqué, sans rire, que lorsque des trafiquants de drogue et leurs clients sont interpelés, les agents n’oublient pas de contrôler leurs « Ausweis ».

    L’objectif n’est pas de continuer la vie, il est de continuer le travail, c’est-à-dire plus exactement la production de profits. Tout ce qui peut concourir à la production de profits est maintenu, tout le reste est interdit. On contrôle, on verbalise ce qui n’est pas conforme, et on tape sur tout ce qui bouge.

    Madame la Ministre du Travail n’a pas arrêté de le proclamer : On ne se contamine pas au travail. Monsieur le Ministre de l’Éducation n’a pas arrêté de le proclamer, en falsifiant éhontément ses statistiques : On ne se contamine pas à la garderie.

    Et, symétriquement, tous répètent en chœur : on se contamine dans les restaurants, les bars, les cinémas, les repas de famille, dans tous les lieux de vie personnelle. Ce qui propage le virus, c’est les mauvais comportements des gens, et rien d’autre. Ils adorent culpabiliser les gens. Ils adorent prendre les gens pour des cons. Ils adorent considérer les gens comme bêtes, sales et indisciplinés – et ça justifie l’usage de la force pour les discipliner. Les gens sont cons, et c’est dangereux, donc il faut dicter leur conduite. Il faut leur imposer des contrôles de police au nom des règles sanitaires. Unique au monde, ou presque.

    Et ils sont fiers de leurs chiffres, leurs millions de contrôles d’ « Ausweis », leurs millions d’amendes distribuées, et tout le reste ! Si vos seuls outils sont des marteaux, vous êtes très fier de vos clous !

    Ils gèrent une crise sanitaire avec leur flicaille. C’est leur choix.

    • En France, pendant l’été 2020, Monsieur le Ministre de l’Education a principalement fait le guignol devant les caméras, jouant au football, faisant de l’escalade, et autres avatars du concept jupitérien de « vacances apprenantes ». Puis il a remis son costume, sa cravate et son air viril, fin août, pour s’afficher à la une d’un des organes officiels du régime : « Nous sommes prêts ». Et quelques semaines plus tard, quand il a fallu commencer à admettre que, sur la filtration, il n’avait rien fait, il a juste trouvé bon de dénigrer les études allemandes que la gentille journaliste osait lui suggérer.

      Ce n’est qu’un exemple, il y en a d’autres. C’est un état d’esprit. C’est l’état d’esprit de ce régime. Beaucoup de communication, beaucoup de gesticulations, mais in fine rien de substantiel. Parce qu’on ne veut pas. On ne veut pas investir. On ne veut pas dépenser. Ni dans du matériel, ni dans des locaux, ni dans des enseignants, ni dans rien du tout. Le fin mot de la pensée complexe du régime Macron sur les enseignants a été rapporté fin août par Le Canard Enchaîné :

      C’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays.

  • La feuille Charbinoise
    http://www.lafeuillecharbinoise.com

    19novembre2020
    Poivre, cabane et confinouilleries diverses

    Posté par Paul dans la catégorie : au jour le jour....

    Dauphinois de souche, je suis, sans doute magnaud comme on dit par ici. Plus exactement anarcho rural dauphinois apatride, ça me convient mieux. Cheu nous dans la province profonde, c’est le pays du gratin, de la pétafine et… des noix. Autrefois, dans nos humbles masures campagnardes, les anciens passaient la saison d’automne et le début de celle d’hiver à trier des noix… C’était long, plutôt rasoir mais ça aidait les conversations et ça permettait de meubler les longues soirées à l’époque bénie où l’on ne pouvait pas se gaver d’idioties à la télé. De nos jours, avec la mode de diversifier les cultures dans les jardins d’agrément, et surtout d’accorder une place de plus en plus importante aux plantes nourricières y compris exotiques, v’la que de nouveaux travaux remplissent les plannings de veillées. Nous on a trouvé un truc terrible pour s’occuper les mains, c’est le poivre du Sichuan.

  • Nantes Révoltée - la France vue d’Allemagne : un « absurdistan autoritaire »
    https://nantes-revoltee.com/la-france-vue-dallemagne-un-absurdistan-autoritaire
    https://www.zeit.de/politik/ausland/2020-11/corona-regeln-frankreich-lockdown-polizei-quarantaene-attest-joggen-sport

    Le grand hebdomadaire allemand Die Zeit, qui tire à 500 000 exemplaires par numéro, dresse un portrait de la France aussi réaliste que cauchemardesque. Derrière le titre « Absurdistan autoritaire », le journal allemand décrit de façon détaillée un Régime de privation de liberté incohérent, stupide et inquiétant. Attestations et amendes, mesures contre-productives, décisions « monarchiques », extrême droite, tout y passe. Quelques extraits :

    « Attestations pour quitter la maison ou courir devant chez soi, vigiles pour surveiller les jouets : le verrouillage de la France est tellement répressif que même les règles sensées sont déconsidérées.

    […]

    Le déploiement policier contre une poignée de seniors sur une plage de Biarritz, longue d’un kilomètre, est l’une des conséquences des nombreuses règles autoritaires décidées par le gouvernement. Les citoyens doivent rédiger une attestation auto-signée expliquant pourquoi ils sortent à chaque fois qu’ils quittent leur maison. Par exemple, une attestation pour emmener les enfants à l’école, une deuxième pour obtenir du sirop contre la toux à la pharmacie, une troisième pour acheter des baguettes, une quatrième pour aller travailler.

    […]

    Plus de 60% des Français déclarent ne plus adhérer aux règles – deux fois plus que lors du premier confinement. Une personne sur deux se dit plus déprimée depuis le reconfinement. […] La confiance de la population envers le gouvernement est la plus basse d’Europe. Deux personnes interrogées sur trois pensent que le président Macron gère mal la crise du Coronavirus. Le bilan français est catastrophique : bien que le pays ait donné l’une des réponses les plus autoritaires à la crise sanitaire, le nombre de morts est maintenant plus élevé qu’en Suède, où les mesures ont été beaucoup moins dures.

    […]

    Il y a des panneaux d’avertissement ou des vigiles devant les étagères avec des ours en peluche afin que les clients n’achètent rien d’interdit. […] De plus, à part l’extrême droite du Rassemblement national, la France n’a guère d’opposition audible […] à terme, le Rassemblement National va profiter des décisions solitaires prises au sommet de l’État. La gestion sanitaire de Macron est presque monarchique. Les décisions majeures concernant un confinement ou un couvre-feu sont prises dans un « conseil de défense » composé de quelques ministres, fonctionnaires administratifs et officiers. […] Le président de 42 ans a annoncé sa décision sans qu’aucune question ne soit autorisée. L’urgence sanitaire a été votée pour cinq mois et elle donne au gouvernement des pouvoirs [très étendus] ».

    Et encore, la presse allemande n’a sans doute pas vu que les lycéens était tabassés et gazés par la police et que des lois ultra-liberticides allaient être imposées en plein confinement !

    #autoritäres_absurdistan #macronie

  • Après le double-meurtre de Cholet, je vois passer une grosse soixante d’articles dans Gougougle Niouzes. Et c’est intéressant :

    – seulement deux titres mentionnent le terrorisme, mais pour indiquer que « la piste terroriste est écartée » ;

    – seulement deux titres mentionnent que l’auteur est catholique :
    Agressions à Cholet. Le suspect se dit catholique et tient un « discours de haine des non-croyants »
    https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/agressions-mortelles-a-cholet-le-suspect-tient-un-discours-de-haine-des
    Cholet : l’homme interpellé se décrit comme un prophète catholique pour punir les incroyants
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/maine-et-loire/cholet-homme-interpelle-se-decrit-prophete-catholique-p

    Est-ce que je suis devenu totalement paranoïaque, parce que je absolument certain que, si le gars (même avec un parcours psychiatrique) avait expliqué qu’il était un prophète musulman chargé de punir les incroyants, on aurait les mots « terrorisme » et « musulman » dans chacun des 60 titres de Gougoule ?

    • Le pays choletais fut un haut lieu des batailles livrées par l’armée catholique et royale aux « bleus » républicains. En 1793, tout le département de Maine-et-Loire s’était rallié à la Vendée militaire. Apparemment, certains autochtones ont eu du mal à s’adapter et n’en démordent pas de leur fidélité à Dieu et au Roy.

    • Le premier détail qui saute aux yeux sur la photo de l’article de Fouette Rance :
      Tiens ? Un cul-béni qui porte son masque sous le pif ! Signe de ralliement de la nouvelle armée catholique et royale ?

      à force de prêcher la bonne parole, il a dû chopé le corona.

      En fait, #Jésus_le_petit l’aurait plutôt refilé à ses disciples. Et comme les #catholicistes sont de super-contaminateurs, voilà le résultat ... Cornegidouille ! Là, on est mal !

      https://www.youtube.com/watch?v=o_IT-TywXKw

    • Les mous de la fesse. Dans un article de fouette-rance, ce communiqué du diocèse de Vannes, région de terre sainte en basse Bretagne.

      https://www.vannes.catholique.fr/diocese-communique-du-30-octobre-2020

      La pratique liturgique n’est pas le tout de la vie chrétienne qui ne s’épanouit que dans l’exercice d’une authentique charité, charité des ministres du culte vis-à-vis des fidèles désemparés, charité de ces derniers qui pourra se traduire et s’accroître par toute activité en faveur du prochain, visites aux malades avec les précautions nécessaires, appels téléphoniques, aide aux courses des personnes en situation de nécessité, permanence dans les églises pour une écoute et un accompagnement spirituel, organisation de maraudes en ville , en lien avec la diaconie diocésaine, encouragement aux associations caritatives (Secours catholique, Conférence st Vincent de Paul, hospitalité diocésaine…), participation aux associations non confessionnelles (Resto du Cœur, Banque alimentaire,…).

      Je confirme pour le secours alimentaire, dans mon coin, ces associations sentent très fort l’eau bénite.

      #fous_de_dieu #molles_de_la_fesse

    • Meurtres à Cholet. Garde à vue levée : le suspect hospitalisé d’office en psychiatrie
      Ouest-France Vincent DANET. Modifié le 16/11/2020 à 18h09 Publié le 16/11/2020 à 17h20
      https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/cholet-49300/meurtres-a-cholet-garde-a-vue-levee-le-suspect-hospitalise-d-office-en-

      La garde à vue d’un Choletais de 35 ans, interpellé samedi 14 novembre à Cholet (Maine-et-Loire) à la suite d’une double agression ayant notamment causé la mort de deux hommes, a, selon nos informations, été levée à la suite d’une incompatibilité avec son état de santé.
      (...)
      Signée par le préfet, une hospitalisation suspend de fait la procédure judiciaire en vue d’une mise en examen. Qui ne pourra être décidée que le jour où le Choletais sortira de l’hôpital.

      Dimanche, sans rentrer dans les détails, le procureur a confirmé que celui-ci avait effectué un séjour « sous contrainte » en hôpital psychiatrique en 2018.

      Cet homme est soupçonné d’avoir violemment frappé un couple d’octogénaires et un homme d’une cinquantaine d’années. Seule la femme, grièvement blessée, a échappé à la mort.

  • Guerres et terrorisme : sortir du déni
    https://www.nouvelobs.com/idees/20201114.OBS36086/guerres-et-terrorisme-sortir-du-deni.html
    TRIBUNE. Le lien entre les interventions militaires occidentales et certains attentats n’est jamais interrogé, déplore ce texte signé notamment par Virginie Despentes, Adèle Haenel, Annie Ernaux, Jean-François Bayart et Alexis Jenni.

    Par Collectif Publié le 14 novembre 2020 à 12h00

    Il ne fait pas bon avancer quelques arguments posés au pays de la liberté d’expression. Celle-ci est brandie à cor et à cris par ceux-là mêmes qui, dans le même temps, stigmatisent, injurient, intimident et menacent quiconque tenterait d’éclairer sous un jour différent la situation terrible que nous traversons.

    Cette situation, qui a vu se succéder plusieurs assassinats abjects faits pour nous épouvanter, est de fait épouvantable. Mais au-delà de l’épouvante, il ne faudrait rien dire : aux yeux de ces détracteurs, les attentats commis par des terroristes fanatiques ne mériteraient aucune autre explication que cette tautologie : ils sont commis par des terroristes fanatiques. Toute personne proposant des éléments d’analyse et de compréhension est aussitôt vouée aux gémonies sur les réseaux sociaux, par des commentateurs et dans certains journaux qui se repaissent des attentats pour achalander leur boutique raciste et fourbir leurs appels à la guerre comme au choc de civilisations. (...)

    #liberté_d’expression

  • L’œil et la main de Darmanin (14 septembre 2020)

    https://www.la-srf.fr/article/l%C5%93il-et-la-main-de-darmanin-2

    La SRF tient à réagir à la déclaration du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, d’exiger aux télévisions et aux réseaux sociaux de flouter les « images montrant les visages » des policiers en opérations. La raison avancée serait de protéger les policiers d’éventuelles représailles. En cela, Gérald Darmanin est le continuateur d’une logique instaurée depuis les attentats de 2015 et qui consiste à sacrifier toujours plus la liberté sur l’autel de la sécurité.

    Mais derrière cette raison publique, difficile de ne pas débusquer une raison cachée : faire disparaître dans un grand trou noir les violences policières. Ces dernières, longtemps invisibilisées par l’absence de preuve malgré les témoignages des victimes, ont explosé devant les yeux du grand public grâce à la force des images filmées par des citoyens et diffusées sur les réseaux sociaux.

    « Et qui nous protège de vous ? » Alors que la célèbre formule de La Haine s’est répandue dans les consciences de tout un pays, des quartiers populaires aux régions des Gilets Jaunes en passant par les exilés du Calaisis, de la région parisienne, de la Roya et d’ailleurs, Gérald Darmanin n’hésite pas à sous-entendre, dans un retournement spectaculaire des responsabilités, que c’est à la police de se protéger d’une population regardée uniquement comme menaçante.

    Si Gérald Darmanin ne l’a pas précisé, on se rappelle que la proposition de loi d’Eric Ciotti prévoyait 15 000 euros d’amende et un an d’emprisonnement pour les contrevenants, transformant ainsi en criminels ceux qui filment pour se protéger.

    En janvier dernier Emmanuel Macron avait déclaré ne pas vouloir utiliser le terme de violence policière, considérant que la violence était « d’abord dans la société ». Après le langage, c’est donc au tour de l’image d’être attaquée au plus haut sommet de l’État, d’être restreinte, en partie effacée, et avec elle tout un pan de la réalité. La disparition de l’expression « violences policières » ne suffisant visiblement pas, il faudrait encore en anonymiser les auteurs. Car dans cette proposition de floutage, il y a autre chose qu’un simple déni de la réalité : parce que l’image peut valoir pour preuve en justice, son floutage est le commencement de l’impunité. Dans le cas de violences, flouter le visage des policiers, reviendrait alors moins à les protéger qu’à les couvrir.

    Si une telle mesure était adoptée, non seulement il deviendrait impossible de filmer ou montrer des images de manifestations, mais combien d’oeuvres représentant les forces de l’ordre devraient alors être amputées ? Jusqu’où iront les ciseaux du ministère de l’Intérieur ? Car dès lors que nous laissons ce dernier décider à la place de la société civile de ce qui est montrable et de ce qui ne l’est pas, c’est de censure dont on parle. En tant que cinéastes et filmeurs nous déplorons radicalement ce projet de restriction de la liberté d’expression et d’information. La loi sur le droit à l’image avait pris le soin de le préciser : filmer les forces de l’ordre dans l’exercice de leur fonction relève de la liberté d’information et celle-ci « prime sur le droit au respect de l’image et de la vie privée ».

    Alors que le mouvement Black Lives Matter déferle encore sur tout l’Occident, et avec lui une demande d’apaisement des relations entre la police et les citoyens, Gérald Darmanin n’a pas autre chose à proposer qu’un blanc-seing à l’impunité policière. Du matricule RIO que les policiers ont progressivement fait disparaître de leur uniforme au port banalisé de la cagoule, d’ordinaire réservée aux équipes d’interventions spéciales, ce floutage viendrait parachever l’installation d’un état d’exception permanent pour une police qui assumerait alors tous les atours d’une milice sans loi et sans garde-fou.

    Nous rappelons au ministre de l’Intérieur que la police n’est pas un corps secret mais un service public qui doit pouvoir rendre des comptes aux citoyens, qu’il a pour mission première de protéger et de servir. Par-dessus tout, nous demandons au ministre de l’Intérieur de ne plus mettre son oeil et sa main dans nos images, et de laisser nos libertés fondamentales en paix.

    • « Police partout, images nulle part » Par la Société des réalisateurs de films (SRF), des cinéastes, organisations et collectifs — 11 novembre 2020 à 20:56 (mis à jour à 22:14)

      https://www.liberation.fr/france/2020/11/11/police-partout-images-nulle-part_1805319

      Face à la proposition de loi, de nombreux cinéastes revendiquent le droit des citoyens d’opposer leurs images à celles de l’Etat.

      Le 14 septembre, les cinéastes de la Société des réalisateurs de films, à travers un texte intitulé « l’Œil et la main de Darmanin », dénonçaient la volonté du ministre de l’Intérieur d’exiger que les médias et les réseaux sociaux floutent les visages des policiers en opération. Cette volonté s’est transformée en une proposition de loi au titre glaçant : « Sécurité globale. » Passée en commission des lois la semaine dernière, elle sera débattue à l’Assemblée le 17 novembre. En trois articles (21, 22, 24), le gouvernement se propose de déréguler l’utilisation des caméras mobiles portées par les forces de l’ordre, de permettre la reconnaissance faciale en temps réel, d’étendre la surveillance par drone, d’interdire au public de diffuser l’image de policiers. Cette loi, dont le rédacteur principal est l’ancien chef du Raid, préfigure une société gouvernée par la peur où les citoyen·ne·s, privé·e·s du droit de porter un regard sur les agissements de la police, verraient en retour leurs corps exposés sans limite à la surveillance des forces de l’ordre. Elle dessine un paysage asymétrique, sorte de panoptique géant, où nos libertés fondamentales sont gravement menacées, en premier lieu le droit à la vie privée et la liberté d’information.

      Après avoir progressivement entravé les manifestations de rue et grièvement blessé ou mutilé des dizaines de personnes, il s’agit désormais de systématiser l’identification, la surveillance, le fichage des individus souhaitant exercer ce droit fondamental. Après avoir nié et invariablement refusé de sanctionner les violences policières, il s’agit d’en effacer toute preuve, dans la mesure où seules les images tournées par des filmeurs anonymes permettent aujourd’hui d’en témoigner. Pour nombre de cinéastes, cette loi constituerait une censure pure et simple. Un film tel que le récent Un pays qui se tient sage de David Dufresne ne pourrait voir le jour, la majorité des sources d’images qu’il utilise tombant sous le coup de la loi. A l’hégémonie grandissante des images du pouvoir, les cinéastes, les photographes, les journalistes, ainsi que tou·te·s les habitant·e·s de ce pays doivent être en mesure d’opposer leurs propres images. Rappelons que l’Etat de droit tire avant tout sa légitimité du droit de porter un regard sur ce que fait l’Etat.

      Mesdames et messieurs les député·e·s, nous ne voulons pas d’un monde de surveillance généralisée, régi par un œil tout puissant sur lequel aucun regard ne pourrait se porter. Ne votez pas pour une loi qui rendrait les contre-pouvoirs aveugles, ils sont les garants de notre démocratie.

      Tribune initiée par la Société des réalisateurs de films (SRF), soutenue par 40 organisations et collectifs et signée par plus de 800 cinéastes et professionnel·le·s du cinéma et de l’image.

  • « Amazon et Apple sont pourvoyeuses d’emplois en or pour des hauts fonctionnaires français »
    https://www.marianne.net/economie/economie-internationale/amazon-et-apple-sont-pourvoyeuses-demplois-en-or-pour-des-hauts-fonctionna

    Dans son dernier livre "Ces Français au service de l’Étranger", Clément Fayol, notre collaborateur, analyse comment les puissances étrangères, entreprises comme pays, recrutent au sein de l’intelligentsia tricolore pour gagner des positions de pouvoir. Selon lui, Amazon est un cas typique. Marianne :Avec le confinement et les fermetures administratives de nombreux commerces, Amazon est devenu en France, une sorte de grand satan. Pourtant, comme vous le montrez dans votre livre “Ces Français au (...)

    #Apple #Amazon #lobbying

  • Confinement : veillée d’armes avant un nouveau tour de vis ? - Libération
    https://www.liberation.fr/france/2020/11/11/confinement-veillee-d-armes-avant-un-nouveau-tour-de-vis_1805244

    Officiellement, tout est donc sur la table comme l’a exposé, mardi, le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal à l’issue du Conseil des ministres : « Soit le maintien des règles telles que nous les connaissons aujourd’hui, soit un éventuel durcissement sur certains points […], soit un éventuel assouplissement. »

    Deux jours avant que le chef du gouvernement nous annonce les nouvelles décisions, le porte-parole du gouvernement communique sur le fait que ce sera soit le maintien, soit un durcissement, soit un assouplissement ? Deux jours avant, ils ne savent pas ?

    Nan mais c’est quoi ces branques ? Castex attend que Macron demande à Brigitte si elle a eu Raoult récemment au téléphone ?

    Tu m’étonnes que les gens ne leur fassent pas confiance, avec cette impression permanente que soit ils gèrent la Covid au pifomètre, soit ils se foutent ouvertement de notre gueule.

  • Thread by pthibaut on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1324795895586660352.html

    #COVID19france « Süddeutsche Zeitung » "on peut parler d’une faillite de l’Etat. Les responsables français ont aussi perdu le contrôle des choses durant cette deuxième vague. Nulle part ailleurs, on ne voit un tel fossé entre les ambitions des élites et leur management de crise"
    « Le virus met cruellement en cause la manière dont les décisions sont adoptées et mises en place en France. Et cela dans un pays où l’Etat joue un rôle central pour l’identité nationale ».
    « L’erreur réside dans l’héritage de de Gaulle dont Macron invoque l’héritage 50 ans après sa mort. Les structures fondées en 1958 dans un esprit napoléonien ne peuvent répondre aux défis d’une pandémie et à une société complexe. Conclusion : il faut enterrer de Gaulle ».
    « Les Enarques sont peut-être des esprits brillants mais leur inceste élitaire produit trop souvent des décisions complexes et kafkaiennes et dans le pire des cas une mauvaise gestion de crise. »
    "le système est inefficient car sa compréhension de l’Etat et de ses citoyens est dépassée. Le sommet a toujours raison même quand il a tort. C’est pourquoi le système s’améliore peu et ne tire que trop lentement des leçons de ses erreurs. Trop lentement pour un virus".
    « Pour le combattre, Macron recourt à la mode gaullienne à des lois d’urgence et soumet le conseil des ministres au secret défense. La transparence et la démocratie sont perçes comme gênants. Mais cela ne favorise pas le soutien de la population. »
    correction : conseil de défense

  • Why is life expectancy in the US lower than in other rich countries? - Our World in Data
    https://ourworldindata.org/us-life-expectancy-low

    Why do Americans have a lower life expectancy than people in other rich countries, despite paying so much more for health care? 

    The short summary of what I will discuss below is that Americans suffer higher death rates from smoking, obesity, homicides, opioid overdoses, suicides, road accidents, and infant deaths. In addition to this, deeper poverty and less access to healthcare mean Americans at lower incomes die at a younger age than poor people in other rich countries.

    #états-unis #milliers_de_milliards

  • Si vous ne lisez pas le blog de Bret Devereaux, d’abord, vous devriez. C’est un historien de l’Antiquité qui écrit sur des sujets variés comme l’analyse des erreurs stratégiques de Saroumane dans le Seigneur des Anneaux.

    Il vient de terminer la série d’articles « Comment on faisait le fer autrefois », de l’Antiquité au Moyen Âge. Absolument tous les détails, la technique, la chimie, l’économie, les relations de pouvoir, la mondialisation, tout y est, sans jamais oublier les travailleurs qui faisaient tout cela. https://acoup.blog/2020/09/18/collections-iron-how-did-they-make-it-part-i-mining

    Sa série précédente, toute aussi géniale, était « Comment on faisait le pain autrefois ». https://acoup.blog/2020/07/24/collections-bread-how-did-they-make-it-part-i-farmers

    #fer #acier #pain #Histoire #Antiquité

  • #Gated_communities, le paradis entre quatre murs

    Sécurité, entre-soi, rêve de vacances perpétuelles. À l’heure où un supposé « sécessionnisme » envahit le débat public, quoi de mieux que d’évoquer les « gated communities », principal avatar des stratégies d’auto-enfermement gagnant le monde ?

    Comme le souligne l’excellent documentaire Bunker Cities, « le XXIe siècle sera celui des murs ». Murs entre pays bien sûr, mais également murs internes, notamment matérialisés par les fameuses gated communities, des communautés fermées plus ou moins coupées du reste de la ville et/ou de la société. Ce type d’habitat a le vent en poupe et contribue à détruire un des fondamentaux d’une société : la diversité. Raison qui rend la compréhension de ce phénomène indispensable.

    Ces quartiers privés, d’abord populaires dans des mégapoles très inégalitaires (Los Angeles, Rio de Janeiro, Johannesburg, etc.), se propagent peu à peu sur les cinq continents. Ils sont la plupart du temps facilement repérables puisque entourés de clôtures ou de murs et ne sont accessibles que via des points d’entrée plus ou moins surveillés selon l’environnement socio-économique (porte à digicode, caméras, vigiles, herses anti-intrusion). Leur présence peut cependant passer plus inaperçue, notamment dans les centres villes verticaux, où cette privatisation de l’espace se manifeste sous l’apparence d’un simple gratte-ciel mais dans lequel toute une série de services ne sont disponibles qu’aux habitants, encourageant ces derniers à minimiser tout contact avec la vie extérieure. Mais qu’est-ce qui rend si attractif ce genre d’habitat ? Et quelles sont les conséquences de ces quartiers fermés.
    Sécessionnisme sécuritaire

    Très souvent, l’argument phare est de procurer aux habitants un sentiment de sécurité qu’ils ne retrouveraient pas ailleurs. L’insécurité contre laquelle l’objectif est censé protéger peut être, selon les cas, réelle ou fantasmée. Il est clair que dans de nombreuses villes au sein desquelles les disparités sont fortes, les tensions sociales sont extrêmes et peuvent se traduire par des atteintes aux biens et aux personnes, en particulier les plus aisées. Ainsi, au Brésil ou en Afrique du Sud, les enlèvements suivis de rançons sont fréquents et contraignent de nombreux citoyens à vivre au sein de dispositifs de surveillance quasi militaires pour retrouver au moins un semblant de sérénité. La clôture traduit ainsi l’obsession de nombreux quartiers aisés à se retrancher et à dissimuler leurs richesses et leur style de vie[1].

    Si les risques sont évidemment moins élevés dans des villes plus petites et/ou moins inégalitaires, on remarque tout de même que cet argument sécuritaire fait bien toujours partie des motivations des habitants. Ce qui nous amène à bien distinguer la sécurité du sentiment de sécurité. Les gated communities se chargent le plus souvent de répondre davantage à ce dernier qu’à la sécurité en tant que telle. Il suffit de voir la faiblesse de nombreux dispositifs de surveillance quant à une hypothétique attaque de gens extérieurs. De l’aveu même de nombreux habitants, ces dispositifs visent ainsi à rassurer plus qu’à protéger. Il n’empêche qu’ils constituent pour beaucoup une échappatoire vis-à-vis du quotidien anxiogène très présent à l’ère des grands médias en concurrence et de réseaux sociaux toujours plus avides de sensationnalisme.

    À noter que cet argument sécuritaire revient également pour ce qui concerne la petite enfance. Vivre entre quatre murs permettrait ainsi une certaine insouciance quant aux risques d’accidents de la route et/ou de mauvaises rencontres que risquerait notre progéniture.
    Un entre-soi clôturé

    Autre argument souvent mis en évidence à la fois chez les promoteurs et chez les habitants des gated communities : une certaine homogénéisation sociale, voire ethnique, qu’autorise cette forme particulière de vivre-ensemble. Ces quartiers permettent en effet une vie entourée de ses semblables, souvent ni trop pauvres, ni trop différents culturellement, ce qui faciliterait un quotidien routinier très ordonné et de nouveau sans mauvaise surprise. La plupart des quartiers de ce type sont d’ailleurs très peu habités par des minorités, exception notable des pays du Sud où de nombreux expatriés en ont fait leur lieu de prédilection.

    Mais ne nous leurrons pas. Pour l’immense majorité des habitants, l’homogénéité dont il est question est avant tout socio-économique. En d’autres termes, importent moins la culture et la couleur de peau qu’un certain standing, sinon en termes de niveau de revenus, du moins en termes de mode de vie. Il faut d’ailleurs souligner que, contrairement à une idée reçue, les résidences fermées ne sont pas toujours des ghettos de riches. Dans de nombreux endroits, ce type d’habitat a tendance à se démocratiser et attire également une classe moyenne en perte de repères. Ce phénomène est particulièrement visible aux États-Unis, probablement car il permet la combinaison d’un mode de vie dans lequel l’esprit de communauté a une grande importance avec un fort individualisme, notamment résidentiel.

    Cette homogénéisation peut dans certains cas prendre des allures caricaturales, à l’instar de la célèbre ville privée de Sun City, en Arizona (près de quarante mille résidents), exclusivement réservée aux retraités et dans laquelle le règlement n’a d’autre but que de faire profiter les habitants d’une certaine quiétude bien méritée après une vie de dur labeur. Règlement qui va jusqu’à fixer les heures de visites des petits enfants pour ne pas déranger le voisinage. Car pour bénéficier de cette quiétude, un des prix à payer est de se plier à un ensemble de règles strictes en vigueur dans toute gated community qui se respecte : absence de nuisances, calme, entretien de son environnement, contrôle de la venue de populations extérieures, etc. Tout un règlement visant à ne pas venir troubler la tranquillité du voisinage et garantir le fameux standing à ce qui reste, ne l’oublions pas, un produit commercial immobilier.

    À noter que d’autres gated communities basent leur existence sur l’orientation sexuelle (« villages gays » réservés aux populations homosexuelles en Floride ou en Californie) ou le caractère ethnique (quartiers privés réservés à une certaine couleur de peau).
    En vacances toute l’année

    Très souvent, le concept de gated community inclut également une panoplie de loisirs parfois dignes des meilleurs clubs de vacances qui foisonnent dans les régions ensoleillées. Piscine, golf, centre commercial, église, cours particuliers de sport, livraison de nourriture à domicile, animations musicales, bars et restaurants. Bref : tous les ingrédients pour constituer une réplique de ce que l’on peut trouver à l’extérieur mais dans un entre soi contrôlé. Le tout donnant l’impression aux habitants de vivre « en vacances toute l’année ». Cet aspect paradisiaque se ressent jusqu’aux mots composant l’appellation de nombreuses gated communities tels que palm, sun, falls, garden, resort, lake, wood, etc.

    À cet égard, on peut faire un parallèle avec les complexes hôteliers présents aux quatre coins du monde et qui vont jusqu’à former de véritables enclaves touristiques également déconnectées de l’arrière-pays et de ses réalités locales. Il est d’ailleurs significatif que nous retrouvons dans l’argumentaire marketing de ce type de tourisme les mêmes types d’« avantages » qu’offre le mur pour les gated communities : sentiment de sécurité, absence de mendicité et de rencontres indésirables, homogénéité culturelle (un comble dans un pays étranger…).
    Une nature artificielle

    Dernière motivation et non des moindres : la volonté de vivre dans un cadre agréable et un environnement préservé. Concrètement, cela implique une faible circulation automobile, des espaces verts, du calme et, quand le pays le permet, un climat agréable toute l’année. Et tant pis si cet environnement naturel est en réalité… tout à fait artificiel : fontaines ostentatoires, pelouses parfaitement tondues et bien vertes, même dans des zones arides, arbustes taillés à la perfection, parterres fleuris et colorés, étangs, cascades[2]. Tout est réuni pour fournir un idéal paysager, rassemblant d’ailleurs souvent davantage à un décor de parc à thèmes qu’à un vrai paysage. Que l’on se trouve à Karachi, au Caire ou à Mexico, un trait caractéristique de nombreuses gated communities est leur côté interchangeable et identique, ce qui peut sans problème les faire rentrer dans la catégorie de « non-lieux », à savoir des espaces standardisés et déshumanisés dépourvus de toute histoire sociale et collective.

    Bien souvent, cet intérieur très propret contraste avec l’extérieur des murs, en particulier dans les pays du Sud, où l’espace public est abandonné par un pouvoir défaillant et dépourvu de moyens. Ce type de quartier accentue ainsi la déconnexion des habitants avec le reste de la société (d’autant plus quand une partie significative des classes dirigeantes vit précisément du côté propre et sécurisé de la barrière).
    Des conséquences au-delà du mur

    Questionner le concept même de gated community vise à analyser ses impacts, notamment car ceux-ci se font sentir au-delà du quartier concerné. Cette logique d’emmurement volontaire est plus perverse qu’elle n’en a l’air car elle contribue, comme l’explique Stéphane Degoutin, à une « bipolarisation de la ville, dans laquelle tout est organisé pour qu’il n’existe aucune communication entre les « bons » et les « mauvais » quartiers »[3]. Pire encore, elle encourage chez les résidents le sentiment que « peu importe que le contexte se détériore tant qu’il est derrière les murs ». En ignorant son environnement, on contribue ainsi à sa dégradation. En d’autres termes, « y habiter, c’est renoncer à résoudre le problème de la société »[4].

    Cette homogénéisation choisie favorise ainsi une homogénéisation subie, celle des quartiers défavorisés, lesquels connaissent un désinvestissement croissant (transports et services publics, mobilier urbain, éducation) du fait de l’exode des ménages les plus fortunés, phénomène réduisant l’assiette fiscale du territoire. Comme l’explique Loïc Wacquant, c’est la première partie d’un cercle vicieux rendant ces quartiers encore plus propices à la misère et à la violence[5], renforçant leur mauvaise réputation et les stéréotypes sur leurs habitants.

    Cette gestion de l’espace à deux vitesses atteint son paroxysme dans des zones de guerres, à l’instar de l’Irak où des quartiers ultra sécurisés sont instaurés pour les fonctionnaires américains liés à l’occupation militaire du pays. Ces « zones vertes », raconte Naomi Klein, « ont leur réseau électrique, leur réseau téléphonique, leur réseau d’égouts, leur réserve de pétrole et leur hôpital de pointe équipé de salles d’opérations immaculées, le tout protégé par des murailles de cinq mètres d’épaisseur, tout cela au milieu d’une mer de violence et de désespoir »[6].

    Cette allégorie insulaire résume le succès des gated communities, jamais très loin de l’idéal paradisiaque qui gouverne nos imaginaires, nourris des mythologies religieuses dans lesquelles, rappelle Marie Redon, nous retrouvons souvent « la notion d’enclos et de jardin d’agrément, d’un espace limité et réservé à quelques heureux élus méritants »[7].

    [1] Davis Mike, City of Quartz. Los Angeles, capitale du futur, Paris, La Découverte, 1997, p222.

    [2] Paquot Thierry (sous la direction de), Ghettos de riches, Paris, Perrin, 2009, p160.

    [3] Degoutin Stéphane, Prisonniers volontaires du rêve américain, Paris, Éditions de la Vilette, 2006, p263.

    [4] Ibid, p161.

    [5] Wacquant Loïc, Parias urbains – Ghettos, banlieues État, Paris, La Découverte, 2006, p169.

    [6] Klein Naomi, La Stratégie du choc – La montée d’un capitalisme du désastre, Paris, Actes Sud, 2008, p638.

    [7] Redon Marie, Géopolitique des îles, Paris, Le Cavalier Bleu, 2019, p82.

    http://geographiesenmouvement.blogs.liberation.fr/2020/10/21/gated-communities-le-paradis-entre-quatre-murs
    #murs_intra-urbains #villes #urban_matter #géographie_urbaine #barrières #frontières

  • Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir leur dire, aux fachos du clan Pen, quand ils seront au pouvoir ? « Ah désolé, mais toutes ces lois de surveillance, de censure et de répression, on les a légitimées et on les a votées, mais c’était pas pour que vous les utilisiez, c’était seulement pour tant qu’on avait des gentils extrême-centristes au pouvoir. Quand on dénonçait les rayons casher et halal, les femmes voilées et les islamo-gauchistes, c’était pas pour que vous le fassiez aussi, hein, ça tenait que quand c’était nous les ni-droite-ni-gauche qui étions au pouvoir. Comment ça, vous aussi vous êtes ni-droite-ni-gauche ? Ah merde… »

  • Nombrilisme
    Anniversaire. Aujourd’hui je célèbre mai 68 à ma façon. Pour le dessert, une p’tite barricade en chocolat flambée au cognac ? Un p’tit drapeau noir et rouge en décoration ? Pas de petits nains verts, c’est pas Noël. En tout cas, ça ne me rajeunit pas. Heureusement que la tête fonctionne et les jambes aussi (Enfin... je crois !). En toile de fond, une actualité nationale et internationale vraiment pourrie. Pas la joie, heureusement qu’il y a les copains !