• Enver Hoxha — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Enver_Hoxha

    En 1930, il obtint une bourse d’État pour étudier les sciences à l’université de Montpellier

    Il n’en branle pas une, ne passe pas son diplôme, zone un peu en Europe, et, en 1939,

    Il revient alors à Tirana et devient bistrotier et marchand de tabac.

    .
    Après guerre, sa carrière prend enfin son essor et il pique la place vacante du roi Zog (lookalike du roi de Syldavie).
    Et tout ça, grâce à la ville de Montpellier.
    Merci Montpellier !

  • Steve Bannon et la croisade des « déplorables » - Page 3 | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/international/090918/steve-bannon-et-la-croisade-des-deplorables?onglet=full

    Bannon se souvient de ses années d’étudiant à la Harvard Business School, en 1983, lorsqu’un groupe de professeurs avait eu l’idée radicale de la maximisation de la valeur pour les actionnaires, « une idée prêchée comme une théologie » selon laquelle toute valeur devait revenir aux actionnaires, et qui a conduit à la financiarisation et à la crise de 2008. Et Bannon de dénoncer la corruption de la finance. Et pas seulement la corruption de Bernie Madoff, arrêté et inculpé par le FBI pour avoir réalisé une escroquerie de 65 milliards de dollars américains et condamné depuis à 150 ans de prison.

    « Je parle de la pourriture systémique. Les banques qui ont regardé ailleurs, les cabinets d’avocats qui ont regardé ailleurs, les cabinets comptables qui ont regardé ailleurs. Les médias d’affaires qui ont détourné les yeux. Tout le monde a regardé ailleurs. Ils sont toujours en train de regarder ailleurs. »

    Qui dit ça ? C’est Steve Bannon. Et qui c’est, Steve Bannon ? Le mec qui dirigeait Breitbart et qui a été le directeur de campagne de Trump.

    Et vous vous étonnez que Trump ait gagné ? Avec des propos pareils (et le story-telling associé), il ne pouvait que gagner. Qui tient des propos pareils à gauche ? Personne. On préfère regarder ailleurs et dire que le mal, c’est pas bien. Comme si ça pouvait enthousiasmer qui que ce soit.

    Alors d’accord, il (Bannon) articule ça avec un discours anti-immigrés dégueulasse et tout moisi. Mais qu’est-ce qui empêcherait d’articuler ça avec un truc du genre « faire payer les riches et les faire payer au centuple ». Ca, ce serait aussi du story-telling efficace.

    Oui, je sais. C’est simpliste. Mais d’une part, j’aimerais bien qu’on me dise où est la vraie complexité (et pas simplement une raison pour baisser les bras) et d’autre part, pour pouvoir faire quelque chose, il faut être au pouvoir et pour pouvoir y être, il faut être élu. Et puis, si, par essence, les promesses sont destinées à être jetées à la poubelle une fois le volant en main, autant mettre la barre haute pour qu’il reste un petit quelque chose à la fin.

    Soyons clair : il n’y a pas de projet à gauche ; d’ailleurs la gauche, c’est celui qui fera le plus de croche-pieds à l’autre. EELV ? Faire de l’écologie en ne touchant de préférence à rien et/ou en mécontentant le moins de gens possible. Merde : on a affaire à des gens qui savent servir de bonnes histoires, qui donnent un but ; il faudrait être capable d’en faire autant ou on se condamne à faire de la figuration et de se lamenter que le monde est trop cruel.

    Parce que soyons clairs (et désolé si j’en choque certains mais j’ai ça sur le coeur depuis trop longtemps). La grève, là, maintenant, c’est du spectacle. Des gens qui se mettent en scène et adorent ça. Les hakas, les ballets dans la rue, c’est très joli, ça fait plaisir, on se fait plaisir, mais en face, on s’en branle.

    Macron s’en branle. Mais complètement. Il ne lâchera pas l’affaire. Parce qu’il se rêve en Maggie Tatcher et que cette réforme, c’est son doudou. Il n’hésitera pas à tirer dans la foule si le besoin s’en fait sentir. Il a son Castaner de garde pour ça. Il a le parti de l’ordre derrière lui.

    Il faut laisser tomber la jouissance du spectacle et de la supériorité morale, l’illusion de la magie du symbolique. Il faut des histoires qui tiennent la route et que les gens aient envie d’entendre. Ne pas laisser le monopole de la narration à la droite dure.

    Ou on est foutus.

    • Aux États-Unis, avec HRC, évidemment que c’était torché. Si les démocrates refont le coup avec Biden, re-échec assuré. Mais pour l’aspect « manque de discours à gauche », sans aller trop trop à gauche, Bernie, AOC et quelques autres tiennent ce genre de discours dont tu sembles regretter l’absence. Pour le coup, c’est plus le déséquilibre du porte-voix qui me semble pertinent, que l’absence de voix : d’un côté, une discours d’extrême-droite (les Républicains depuis des années) totalement banalisé, et pour seule alternative, le libéralisme économique des Démocrates mainstream. De l’autre côté, des gens qui tweetent (j’exagère : Sanders lève des sommes pas du tout ridicules pour sa campagne).

      En Angleterre, les interventions de Corbyn donnaient tout de même dans le story-telling de gauche assez sympathique.

      En France, tu prends les principaux représentants Insoumis, ce sont des gens qui causent bien dans le poste, avec de la critique sociale, économique et politique, qui me semblent largement tenir la route, en tout cas comparé à ce que tu cites de Bannon.

      La réaction de la FI au mouvement des Gilets jaunes, ben je trouve qu’il y a plutôt eu du boulot pour donner un argumentaire structuré et mobilisateur à un mouvement au départ assez purement contestataire, et d’éviter de jeter ces gens dans les bras de l’extrême-droite.

      Je ne suis pas forcément fan de tous ces gens que je cites là, mais c’est pour dire que du discours « à gauche » avec du story-telling et de la dénonciation de la corruption systémique, moi je trouve que ça ne manque pas. À la rigueur, on pourrait avancer que c’est même pour ça que les accusations de complotisme ou d’antisémitisme leurs sont opposées avec une régularité d’horloge. Ou si le Monde met sur exactement le même plan l’extrême-droite et la gauche un peu de gauche de Mélenchon (rituelle incantation contre « les populismes »).

      Après, l’autre aspect est que je pense qu’on ne peut pas isoler le discours « social » des fachos de leur fondement raciste (aussi bien en France qu’aux États-Unis). Le discours social repose chez eux fondamentalement sur le racisme ; et l’efficacité électorale repose également sur le racisme. Le discours Républicain et de Trump, sur l’économie, les injustices sociales, la corruption des élites, c’est très très fluctuant ; mais sur le racisme et les références white power, c’est très constant. Et la foule MAGA reste fidèle.

    • Alors, pour Bernie, je suis d’accord. Il y a un vrai discours articulé, du vrai story-telling. En plus, c’est du story-telling à la fois qui promeut une vision et sincère (car il faut pas croire, les gens comme Bannon sont sincères, c’est ça le drame).
      En France, sorry, mais queude. Même la FI de 2017 n’y était pas vraiment avec certains flous artistiques dommageables. Maintenant, j’en parle même pas ; c’est le combat des chefs (un peu partout à gauche d’ailleurs).
      Et l’important, c’est pas la dénonciation de la corruption. On s’en tamponne et c’est même contre-productif. Si on articule pas ça avec un projet d’avenir, ça sert à rien. Bannon articule l’anti-élite avec l’immigration, c’est son job, et de toute façon, c’est la seule solution qu’il a. Sinon c’est dénonciation des élites et socialisme (ce qui devrait être fait à gauche).
      Quand aux fondements racistes de l’alt-right (ou plutôt de l’électorat), je suis sceptique et te renvoie à l’excellentissime bouquin de Thomas Frank chez Agone. Croire ça, c’est prendre la posture morale a priori, un des trucs les plus gonflants du gauchisme (et des plus improductifs : elle - la posture morale - a peut-être fait plus pour la montée du RN que la/les crises. C’est aussi ce que pensent des mecs comme Frank ou Graeber, je suis en bonne compagnie).
      Et de toute façon, c’est pas là le problème. Le problème c’est l’absence de story-telling et/ou de vision d’ensemble à gauche. Si j’étais méchant, je dirais que la position de la gauche est confortable, puisque déplorer le monopole des méchants est finalement sans grand risque (et offre des bonus moraux non négligeables). Mais c’est mon côté vieux stal de derrière les fagots.

    • Avant même le livre de Ronen Bergman, le terrorisme israélien au Liban avait été relaté :

      – avant 1982,

      Indeed, before Israel’s invasion of Lebanon in 1982 Yigal Sarna and Anat Tal-Shir, two reporters for the Israeli daily Yediot Ahronot, had investigated the possibility that Dagan had “led a secret unit across the border whose mission was to instigate terrorist events that would justify an incursion.” Remnick adds: “Military censors killed the story, Sarna told me. Dagan acknowledges the censorship but denies the thrust of the story.”

      – en 2012 :

      Remnick adds: “Military censors killed the story, Sarna told me. Dagan acknowledges the censorship but denies the thrust of the story.”

      https://www.newyorker.com/magazine/2012/09/03/the-vegetarian

      – en 2016,

      another profile of Dagan published in Haaretz in 2016 presented a more detailed account of the story and, this time, explicitly mentioned the FLLF.

      Before the invasion of Lebanon in 1982, military correspondent Amir Oren reported, an officer who served under Dagan “claimed that on orders from the IDF, under cover of the Front for the Liberation of Lebanon from Foreigners, deadly strikes were being carried out against Palestinian targets, and the casualties included innocent civilians.” That anonymous complaint “reached the press,” he said, “and from there – even though the military censor forbade publication – it reached Begin.”

      https://www.haaretz.com/israel-news/.premium-dagan-s-most-daring-war-was-the-one-he-helped-prevent-1.5420039

      Mais le silence #MSM a toujours été complet.

      https://mondoweiss.net/2019/10/it-is-time-to-break-the-silence-on-israeli-terrorist-campaign-in-lebanon

  • Classe, quoique complexe.
    Le pitch est dans le sous-titre.
    J’ai pas encore atteint le boss de fin de niveau, mais je pressent que ça va mal finir.
    Le gusse a aussi publié un autre livre sur « formation et ruine de l’économie nazie », ce qui ne peut que réjouir l’érudit qui sommeille au fond de moi (et pour un titre aussi claquant, je lui vote des félicitations).

  • Internet, cette révolution qui n’en était pas une : les désillusions de l’activisme numérique
    http://www.internetactu.net/2019/05/07/internet-cette-revolution-qui-nen-etait-pas-une-les-desillusions-de-la

    Et la sociologue de nous prévenir. L’utopie de l’horizontalité des réseaux ne reviendra pas en nous débarrassant de Trump ou de Facebook. La technologie n’est pas magique. Elle demeure prise dans l’étau de structures sociales plus larges. Dans sa conclusion, Schrardie explique que la technologie n’a pas disrupté, aplati ou révolutionné les hiérarchies. « Internet est un outil qui favorise les gens qui ont le plus d’argent et le plus de pouvoir ». L’activiste en ligne ressemble plus à un membre du Tea-party ou un employé d’un think tank conservateur qu’à un étudiant de gauche ou qu’à un ouvrier. Pire, souligne-t-elle, ce qu’elle a vu en Caroline du Nord, c’est que l’imbrication des facteurs idéologiques, sociaux et organisationnels renforce et accélère les avantages que les conservateurs détiennent déjà. En Caroline du Nord, sans bots, sans fake news, sans interventions Russes… les messages conservateurs se sont bien plus diffusés que les messages progressistes. Sa conclusion est très sombre : « L’âge de l’utopie numérique semble être à son crépuscule. Dans la longue nuit qui s’annonce, les activistes de tout bord vont essayer de se saisir du potentiel d’internet pour leur cause. Si la fracture de l’activisme numérique continue de s’élargir, l’aube va nous amener à un âge ou seulement quelques citoyens pourront se faire entendre. Cela n’éteindra pas seulement le rêve que la technologie puisse être une force de progrès, cela éteindra aussi la possibilité d’une société purement démocratique ».

  • Comment #Big_Pharma pénalise-t-il le traitement de l’épidémie des opiacés ? - Actualité Houssenia Writing
    https://actualite.housseniawriting.com/sante/2017/08/09/comment-big-pharma-penalise-t-il-le-traitement-de-lepidemie-des-opiaces/23013

    Traduction d’un article de The Conversation par Robin Feldman, professeure de propriété intellectuelle à l’université de Californie.

    Les grandes entreprises pharmacologiques (Big Pharma) utilisent de nombreuses tactiques pour retarder l’arrivée des #génériques et on peut prendre l’exemple des traitements contre l’épidémie des #opiacés.

    • En 2015, 80 % de la croissance des bénéfices des 20 plus grandes entreprises technologiques provenaient de l’augmentation des prix. Et les médicaments aux États-Unis sont largement plus chers que dans d’autres pays. Par exemple, le Syprine, un médicament contre l’insuffisante hépatique, coute moins de 400 dollars pour un an de traitement dans de nombreux pays. Aux États-Unis, ce médicament coute 300 000 dollars. Sovaldi, le médicament contre l’hépatite C de Gilead, coute environ 1 000 dollars à l’étranger. Aux États-Unis, il coute 84 000 dollars.

      Il faudra un motif d’inculpation pour trainer les gens qui décident cela devant la justice. Un truc du genre crime contre l’humanité.

    • Un des aspects intéressants des câbles diplomatiques américains, publiés par Wikileaks, c’était justement qu’une des activités principales des ambassades ricaines dans monde consiste à défendre les intérêts des grands groupes pharmaceutiques américaines.

      Par exemple (quasiment au hasard), ce câble de 2005 à ce sujet au Brésil :
      https://wikileaks.org/plusd/cables/05BRASILIA1567_a.html

      1. (C) Summary. Ambassador Hugueney of Brazil’s Foreign Ministry (Itamaraty) told Ambassador June 6 that U.S. pharmaceutical companies should improve their offers on pricing and/or voluntary licenses for AIDS treatment drugs so as to avoid compulsory licensing by the Ministry of Health (MoH). Hugueney believed movement in the Chamber of Deputies of legislation that would deny patentability to AIDS drugs was likely intended to provide greater leverage to the Ministry of Health in its negotiations with the pharmaceutical companies. The bill’s broad political backing, he observed, makes a presidential veto unlikely should the legislation pass. On the WTO Doha Round of trade negotiations, Hugueney said Brazil will submit a “substantially improved” revised services offer the week of June 6. Hugueney expects to take up the post of Brazil’s Ambassador to the WTO by late August or early September. Hugueney confirmed Brazil’s plan to attend the June 21 to 22 US-EU International Conference on Iraq. End Summary.

      2. (SBU) On June 6, Ambassador met with Clodoaldo Hugueney, Itamaraty’s Under Secretary for Economic and Technological Affairs, to discuss a number of trade issues, principally, pending legislation that would render drugs to prevent and treat AIDS un-patentable, and the continuing threat of compulsory licensing facing the U.S. pharmaceutical companies Gilead Sciences, Abbott Laboratories, and Merck, Sharp & Dohme for their AIDS treatment drugs (ref A). Hugueney was accompanied by his assistant, Miguel Franco, and Otavio Brandelli, Chief of the Ministry’s IPR Division. Ecouns, Commoff, and Econoff accompanied Ambassador.

      AIDS Drugs - Compulsory License Threat and Patent Legislation

      3. (C) Hugueney, who had just returned from Doha negotiations in Geneva, said Itamaraty is following MoH negotiations with the pharmaceutical companies closely and described them as boiling down to issues of pricing or voluntary license/royalty payments. He noted the intense pressure the GoB is under from civil society, particularly NGOs, to issue compulsory licenses. Hugueney agreed the best outcome would be to avoid compulsory licenses, but opined that to do so would require improved offers on price or voluntary licensing from the companies. (Upon relaying this message to the companies, the Merck representative here told us his company was in the process of preparing a more detailed offer, although he did not say that it would be more forthcoming on prices. As for Gilead and Abbott, they have taken Hugueney’s suggestion “under advisement.”) Hugueney further advised the companies to maintain a dialog with the MoH to forestall precipitous, politically motivated action by that Ministry, and encouraged them to explain/present their proposals to a wide array of GoB interlocutors.

  • En fait, le 20 mai 1919, la chambre des députés votent le suffrage universel, vraiment universel, dit « intégral », c.a.d, en pratique, incluant les femmes, par 344 voix contre 97.
    Le sénat fait traîner l’affaire durant 3 ans et rejette finalement la loi le 21 novembre 1922.
    Ce qui est bien normal, le sénat ayant été créé au début de la IIIe république pour être un ramassis des vieux cons les plus conservateurs possible. Pour éviter les idées les plus radicales, donc.
    (A noter que cette loi sera revotée plusieurs fois avant guerre - sous sa forme complète ou minimisée, et à chaque fois le sénat y mettra son veto).