• Conflits, pollution, délinquance… les bonnes surprises du coronavirus
    https://www.les-crises.fr/conflits-pollution-delinquance-les-bonnes-surprises-du-coronavirus-par-ca

    Source : Les Echos, Catherine Chatignoux, 30-03-2020

    Il est minuscule mais terriblement toxique. On le voit à l’oeuvre depuis quelques semaines, déversant son flot de malades dans les hôpitaux du monde entier débordés par l’ampleur de sa nocivité. Il a déjà assigné à résidence 3 milliards d’êtres humains, mis à l’arrêt des milliers d’usines et semble déterminé à plonger la planète dans une dépression économique sans précédent. Mais à toute chose malheur est bon : l’irruption du Covid-19 a aussi déclenché des bouleversements aussi surprenants qu’inédits. Ce que ni la diplomatie, ni la politique, ni les syndicats, ni les manifestations populaires, ni même les guerres n’ont obtenu ces dernières décennies, Covid 19 le fait, avec une radicalité et une efficacité toute scientifiques. Une spectaculaire chute de la (...)

  • Who is French Dr. Raoult ? Anti-Establishment Rebel or Unethical Megalomaniac ?
    https://www.les-crises.fr/who-is-french-dr-raoult-anti-establishment-rebel-or-unethical-megalomania

    These are difficult times. We are confronted with a virus whose characteristics we do not yet fully understand, and which is claiming the lives of hundreds of people every day. On our blog Les-Crises, we try to modestly contribute to the public debate, in order to make information as accessible as possible. The « race for Chloroquine » fever is causing intense controversy in France. As a result, chloroquine has drifted away from its original subject, namely medicine, to now invade the papers with political viewpoints, and self-proclaimed experts. True to our mission to inform with no taboos, and often against the mainstream, we would like to report a few facts about Professor Didier Raoult, the new star in social networks, and now in media too. The elements you are about to read in this (...)

    #Santé #Coronavirus #Covid-19 #SRAS-2 #Santé,_Coronavirus,_Covid-19,_SRAS-2

  • Coronavirus : « Nos établissements sont totalement vides », déplore la fédération de l’hospitalisation privée
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-nos-etablissements-sont-totalement-vides-deplore-la-federatio

    Source : France Bleu, Boris Hallier, 25-03-2020 Les cliniques peuvent accueillir des malades du coronavirus. Mais pour le moment, la fédération de l’hospitalisation privée déplore ne pas être sollicité. « Sur la région Ile-de-France, nous avons plus de 250 établissements privés. Nous sommes une force d’appoint. Mais nous ne sommes pas sollicités », s’emporte Lamine Gharbi, président de la Fédération de l’hospitalisation privée, invité de France Bleu Paris ce mercredi, alors que le cap des 1.000 patients graves atteints du coronavirus a été franchi en région parisienne. C’est un contre-sens, il faut que le public et le privé se parlent plus », assure-t-il. « Nous sommes encore dans les guerres de chapelle. » « Vous pouvez venir vous faire dépister »Lire la (...)

  • #Savoir et #prévoir. Première #chronologie de l’#émergence du #Covid-19

    Que pouvait-on savoir et prévoir de l’actuelle #pandémie et de son arrivée sur le territoire français ? Premiers éléments de réponse à partir d’un corpus bien défini : le très réputé magazine « Science », et les déclarations de l’OMS depuis fin décembre 2019.

    Depuis l’interview d’Agnès Buzyn au Monde mardi 17 mars, les critiques pleuvent de toutes parts sur le gouvernement français. La déclaration de l’ex-ministre de la santé, selon laquelle dès janvier elle aurait prévenu le Premier ministre de la gravité potentielle de l’épidémie de nouveau coronavirus – le mettant même en garde sur le fait qu’il faudrait peut-être reporter les élections municipales – a été interprétée comme un aveu terrible : la ministre de la Santé et le reste du gouvernement savaient ce qui risquait d’arriver, et pourtant ils n’auraient pas agi à la hauteur du risque. Depuis, chaque jour qui passe, avec son cortège d’informations sur la pénurie de tests de dépistage et de masque pour les personnels soignants, ne fait que renforcer le discrédit d’un pouvoir politique dont la cote de confiance était déjà largement entamée par la crise des gilets jaunes et la réforme des retraites.

    Le 19 mars, un collectif de plusieurs centaines de médecins a porté plainte au pénal contre Agnès Buzyn et Édouard Philippe, au motif qu’ils « avaient conscience du péril et disposaient des moyens d’action, qu’ils ont toutefois choisi de ne pas exercer ». Le lendemain, le président Emmanuel Macron a refusé de se prêter au jeu de l’auto-critique, suggérant que la crise touchant la France n’aurait pas pu être prévue : « Je félicite ceux qui avaient prévu tous les éléments de la crise une fois qu’elle a eu lieu ».
    Une histoire du présent

    Parlons-en. Ce texte se propose de contribuer par quelques données empiriques à une première chronologie de la crise du Covid-19. Il s’agit d’étudier ce que pouvaient en savoir les femmes et les hommes qui nous gouvernent, ce qu’elles et ils pouvaient prévoir, aussi. Il s’agit d’une histoire du présent, circonscrite aux trois derniers mois, quand bien même il apparaît clairement que dans le cas de la France, certaines décisions prises dans les dernières années, voire décennies – en termes de stockage de masques, et plus généralement de financement de l’hôpital public – jouent un rôle déterminant dans l’évolution de cette crise de santé publique.

    Depuis les premières informations fin décembre sur une mystérieuse maladie respiratoire à Wuhan, qu’a-t-on appris, et quand ? À chaque étape de cet apprentissage, quels scénarios d’évolution étaient sur la table ? Était-on vraiment obligé d’attendre jusqu’au moment où le confinement de toute la population, mesure mal ciblée par excellence, devienne incontournable pour permettre aux hôpitaux de soigner correctement les malades ?

    Le projet d’esquisser une telle chronologie à chaud peut sembler compliqué. Autour de la maladie Covid-19, les informations sont foisonnantes, de qualité inégale, partagées largement, et évoluent à une vitesse phénoménale. Sur le plan scientifique, on a souligné l’importance inédite prise par les preprints, les articles soumis à publication mais non encore revus ni acceptés, qui permettent un partage beaucoup plus rapide des données et des résultats, avec néanmoins le risque de prêter crédit à certaines publications bancales qui ne passeront pas le peer-review (« ‘A completely new culture of doing research.’ Coronavirus outbreak changes how scientists communicate », Kai Kupferschmidt, Science, 26 février 2020). La controverse autour de l’administration d’hydroxychloroquine aux malades du Covid-19

    a également illustré le conflit qu’il peut y avoir entre la logique de la rigueur scientifique (un résultat n’est pas vrai tant qu’il n’a pas été démontré dans les règles) et celle de l’urgence thérapeutique (dans une situation de vie ou de mort, on fait feu de tout bois tant qu’on ne nuit pas aux malades, et a fortiori s’il y a des signaux encourageants).

    Pour ne pas avoir à trancher sur ces débats, j’ai choisi un indicateur assez simple de l’état d’une pensée mainstream sur ce que l’on savait, ou croyait savoir, sur ce que l’on reconnaissait comme incertain, et enfin sur ce que l’on pouvait prévoir à chaque instant : les articles de synthèse dédiés au nouveau coronavirus parus dans un journal de réputation internationale, Science. Je crois ne pas trop m’avancer en suggérant qu’au ministère de la Santé, on lit Science.

    Le premier article de Science sur le sujet date du 3 janvier. Depuis, il en est paru une soixantaine (à la date du 21 mars). Ces articles, écrits par des journalistes scientifiques spécialisés (notamment Jon Cohen, Kai Kupferschmidt), ont tous une structure similaire : ils font le point sur le débat scientifique en cours sur certaines grandes questions (type de virus, transmission, durée d’incubation, symptômes, mortalité...), en se fondant sur les études publiées ou soumises à publication, et en se faisant également l’écho des décisions et recommandations des grands organes de gouvernance sanitaire – au premier chef, l’Organisation mondiale de la santé. Ce sont des articles accessibles à quiconque a une culture scientifique et médicale de base. A fortiori, à ceux qui gouvernent les risques sanitaires dans notre pays. Dans ces articles, les journalistes mettent en lumière aussi bien les consensus qui se dégagent que les incertitudes qui subsistent, ainsi que les différents scénarios d’évolution qui sont envisagés.

    Toutes les dates qui suivent sont celles des articles de Science. Dans ce texte, je me concentre sur quelques moments charnière dans la découverte d’aspects-clé de la maladie et les réflexions sur la prise en charge de l’épidémie. Du point de vue de la gestion politique de l’épidémie, j’identifie quatre grands moments : l’émergence de la maladie (première quinzaine de janvier), la prise au sérieux de la possibilité d’une pandémie (article du 5 février), la confirmation qu’il y a bien une pandémie (article du 25 février), les leçons à tirer de la gestion chinoise (2 mars).

    J’interprète ces bornes temporelles comme des dates-limites : lorsque l’information (qui peut être le constat d’une incertitude) est relayée par Science, c’est qu’elle a atteint un certain degré de consensus. Cela n’exclut pas des signaux plus faibles, moins consensuels, qui auraient circulé plus tôt, et qui auraient pu également informer l’action de responsables politiques mus par les principes de la prévision et de la précaution.
    Début janvier : l’émergence de la maladie

    3 janvier : Science fait le point sur une information qui circule depuis plusieurs jours déjà dans les milieux spécialisés (« Scientists urge China to quickly share data on virus linked to pneumonia outbreak », Dennis Normile, Jon Cohen, Kai Kupferschmidt, Science, 9 janvier 2020). Plusieurs dizaines de cas d’une pneumonie atypique ont été identifiés dans la ville chinoise de Wuhan.

    9 janvier : les autorités chinoises ont confirmé quelques jours plus tôt qu’il ne s’agit ni du SRAS ni du MERS, virus impliqués dans de précédentes épidémies (« Scientists urge China to quickly share data on virus linked to pneumonia outbreak », Dennis Normile, Jon Cohen, Kai Kupferschmidt, Science, 9 janvier 2020). Elles déclarent qu’elles ont isolé le virus – il s’agit d’un coronavirus – séquencé son génome, et déjà mis au point un test de dépistage (jamais dans l’histoire la connaissance sur un nouveau virus n’a progressé aussi rapidement). Les autorités chinoises annoncent également qu’il n’y aurait pas de transmission du virus d’humain à humain. Peter Daszak, un spécialiste des maladies infectieuses interrogé par Science, se montre circonspect sur ce point : « je ne comprends pas comment on peut avoir autant de cas sans une transmission d’humain à humain. (...) Je place un drapeau rouge (red flag) sur ce point
     » (quelques jours plus tard, de nouvelles données confirmeront qu’il a raison

    ).

    11 janvier : les chercheurs chinois ont déjà partagé la séquence génétique du virus avec le reste du monde, permettant la fabrication de tests de dépistage (« Chinese researchers reveal draft genome of virus implicated in Wuhan pneumonia outbreak », Jon Cohen, Science, 11 Janvier 2020).
    Début février : la possibilité d’une pandémie

    Avançons maintenant jusqu’à un article du 30 janvier (« Outbreak of virus from China declared global emergency », Kai Kupferschmidt, Science, 30 janvier 2020). Le monde a déjà bien changé. Science rapporte que l’OMS considère désormais le nouveau coronavirus comme une urgence de santé publique au niveau mondial (Public Health Emergency of International Concern). La maladie s’est déjà propagée à 18 pays. Près de 8000 personnes ont été dépistées positives dans le monde, et 170 d’entre elles sont mortes (toutes en Chine). La transmission « communautaire » (c’est-à-dire sans lien immédiat avec une personne rentrant du foyer chinois) est avérée en Allemagne, au Japon, en Thaïlande, et aux États-Unis. Comme l’explique le docteur Tedros, directeur de l’OMS : « la raison principale de cette déclaration n’est pas ce qui est en train d’arriver en Chine, mais ce qui est en train d’arriver dans d’autres pays.

     ». Ou plutôt ce qui n’est pas en train d’arriver : pour l’OMS, il faut que chaque pays se prépare. Science rapporte que pour beaucoup d’observateurs, cette annonce de l’OMS a tardé. Elle aurait pu être faite une semaine plus tôt, mais le comité de l’OMS était encore trop partagé.

    Le 5 février, le titre de l’article de Science explicite l’incertitude sur l’avenir : « Le nouveau coronavirus sera-t-il contenu – ou évoluera-t-il en pandémie ? » (« ‘This beast is moving very fast.’ Will the new coronavirus be contained—or go pandemic ? », Kai Kupferschmidt, Jon Cohen, Science, 5 février 2020). L’article fait le point sur trois tournants cruciaux dans la connaissance de la maladie et de la gestion de l’épidémie.

    Le premier tournant a trait à l’existence de patients asymptomatiques. Fin janvier, 565 citoyens japonais ont été rapatriés de Wuhan et ils ont tous fait l’objet d’un test de dépistage. C’est la surprise : parmi les 8 qui ont été dépistés positifs, 4 ne présentent aucun symptôme. Il s’agit d’un nouveau drapeau rouge pour les épidémiologistes : une maladie qui présente des formes asymptomatiques complique grandement les efforts pour contenir l’épidémie, parce qu’on ne peut savoir avec certitude où elle se trouve à un instant t sans dépister tout le monde.

    Non seulement il existe des patients asymptomatiques, mais ces derniers sont peut-être contagieux. Le même article de Science évoque une autre étude, réalisée en Allemagne, qui fait polémique depuis sa publication quelques jours plus tôt (« Study claiming new coronavirus can be transmitted by people without symptoms was flawed », Kai Kupferschmidt, Science, 3 février 2020) : les chercheur.es avaient d’abord conclu qu’une patiente asymptomatique avait un potentiel contaminateur (en anglais on dit poétiquement she sheds the virus, elle perd du virus, à la manière d’un serpent qui mue et perd sa peau...). Il a ensuite été révélé que la patiente n’avait pas fait l’objet d’un examen clinique en bonne et due forme, mais simplement d’un appel téléphonique, ce qui ne correspond pas aux standards habituels.

    Les auteurs se sont déjà excusés, la faute ne semble pas imputable à la fraude mais à la vitesse avec laquelle la science est faite en ces temps de crise. Quelques jours plus tard, ils apportent une nouvelle conclusion modifiée à l’article, tout aussi intéressante et inquiétante : il s’avère que oui, la patiente avait bien des symptômes, mais très modérés (au point qu’il serait possible pour un.e patient.e de ne pas s’en rendre compte). Ce qui est déjà en soi un obstacle majeur pour les stratégies visant à contenir l’épidémie.

    Le deuxième enseignement important de l’article du 5 février concerne l’avenir. Deux scénarios possibles alternatifs sont présentés : soit le containment réussit ; soit il ne réussit pas, et c’est la pandémie. Les experts interrogés avouent qu’il n’y a pas moyen d’éliminer l’un des deux scénarios avec certitude. Ils semblent même parier plutôt sur le second. Marc Lipsitch, épidémiologiste à l’école de santé publique de l’université Harvard, penche résolument vers la pandémie : « Je serais vraiment stupéfait si, dans deux ou trois semaines, il n’y avait pas une transmission en cours avec des centaines de cas dans plusieurs pays sur plusieurs continents.

     »

    Enfin, l’article du 5 février est également le premier dans Science à consacrer un paragraphe à l’un des grands défis dans la gestion de la maladie : la gestion des cas graves. À cette date, les études réalisées sur les patients en Chine ont établi un taux de mortalité aux alentours de 2 %. Mais un autre chiffre a émergé, et il est tout aussi préoccupant : plusieurs études montrent qu’environ 20 % des personnes infectées souffrent de formes graves de la maladie, nécessitant une hospitalisation. « Des cas graves en plus grands nombre mettraient plus de pression sur les systèmes de santé – les hôpitaux de Wuhan sont déjà saturés

     », soulignent les deux journalistes scientifiques.

    Le 11 février, un article de Science rapporte que dans les pays infectés, les laboratoires sont lancés dans une course effrénée pour dépister (« Labs scramble to spot hidden coronavirus infections », Jon Cohen, Kai Kupferschmidt, Science, 11 février 2020). « Aujourd’hui, il n’y a pas du tout assez de kits de dépistage disponibles pour le nombre exponentiel de cas

     », expliquent les auteurs. Dans certaines parties de la province de Hubei, des récits journalistiques témoignent d’une pénurie de dépistages.
    25 février : la pandémie l’a emporté

    Le 25 février, Science est formel, la pandémie l’a emporté : « Le coronavirus semble impossible à arrêter. Que doit faire le monde maintenant ? » (« The coronavirus seems unstoppable. What should the world do now ? », Jon Cohen, Kai Kupferschmidt, Science, 25 février 2020). L’Italie vient de confiner dix villes du nord. L’OMS n’a pas encore officiellement déclaré l’état de pandémie, elle continue de parler d’« épidémies dans différentes parties du monde
     », mais les raisons de cette timidité sont politiques plutôt que scientifiques. Le Dr. Tedros et ses collègues sont soucieux de la passivité de nombreux États dans le monde, comme si la menace n’était pas à prendre au sérieux. Les journalistes estiment que l’OMS souhaite différer le moment de déclarer officiellement la pandémie parce qu’elle a peur que le message soit interprété comme un aveu de défaite, et conduise les États à baisser encore davantage les bras face à un mal désormais invincible (l’OMS déclarera la pandémie le 12 mars

    ).

    Cependant, sur le plan scientifique, les experts du monde entier sont d’accord que la situation est déjà celle d’une pandémie. Christopher Dye, épidémiologiste à l’université d’Oxford, est interviewé par Science : « Il me semble que le virus s’est vraiment échappé de la Chine et est en train d’être transmis largement. (...) Je suis maintenant bien plus pessimiste quant aux chances de réussir à le contrôler.

     »

    Quant à Marc Lipsitch de Harvard, il insiste sur l’importance d’une stratégie qui sera résumée ensuite par la phrase « aplatir la courbe » (flatten the curve) : retarder la maladie peut être vraiment payant, estime l’épidémiologiste. Cela signifiera une contrainte moins forte exercée sur les hôpitaux, plus de temps pour former les professionnels de santé vulnérables sur comment se protéger, plus de temps pour que les citoyens se préparent, plus de temps pour tester des médicaments qui pourraient potentiellement sauver des vies et, à plus long terme, des vaccins. « Si j’avais le choix entre attraper le Covid-19 aujourd’hui ou dans six mois, je préfèrerais clairement l’attraper dans six mois.

     »

    L’article de Science cite une étude co-signée par Christopher Dye qui montre qu’en Chine, ce sont la suspension des transports publics, la fermeture des lieux de loisir, l’interdiction des rassemblements qui semblent avoir été les mesures les plus efficaces pour ralentir la progression de la maladie. Ne pas faire cela, ne pas fermer les écoles et les entreprises, ne pas entourer les foyers d’infection d’un cordon sanitaire, « c’est une décision assez importante en matière de santé publique, » estime Dye. « Ça revient à dire, au fond, bon, on laisse ce virus se propager.

     »

    Dans le même article, Bruce Aylward, l’un des principaux experts de l’OMS sur le Covid-19, estime qu’il y a une leçon principale à apprendre de la Chine : « Tout est question de vitesse » (speed is everything). Plus les mesures seront prises tôt, plus elles seront efficaces (on estime alors qu’en l’absence de toute mesure préventive, le nombre de cas réels dans un foyer double tous les six jours environ

    ).
    Début mars : la réussite de la stratégie chinoise

    Le 2 mars, Science présente les conclusions d’un important rapport du 28 février rédigé par l’équipe de l’OMS qui, sous la direction de Bruce Aylward, a passé deux semaines en février à visiter les foyers de Covid-19 en Chine (« China’s aggressive measures have slowed the coronavirus. They may not work in other countries », Kai Kupferschmidt, Jon Cohen, Science, 2 mars 2020). Ce rapport est un tournant majeur, comme l’a fait remarquer dès sa publication le journaliste de Science Kai Kupferschmidt sur son fil Twitter

    .

    Le principal résultat : les Chinois ont réussi à contenir l’épidémie. Les chiffres qui montrent une diminution du nombre de nouveaux cas quotidiens dépistés et de nouveaux décès quotidiens ne sont pas faux. Tim Eckmanns, épidémiologiste à l’Institut Robert Koch qui a fait partie du voyage, le reconnaît : « Je pensais qu’il n’y avait pas moyen que ces chiffres soient réels.

     » Il a changé d’avis. Il y a de plus en plus de lits vides dans les hôpitaux.

    Je m’appuierai ici sur le contenu détaillé du rapport public de l’OMS, un document PDF de quarante pages qu’un lien dans l’article de Science permettait de télécharger. Le contenu de ce rapport a également été bien résumé par Bruce Aylward dans une interview au New York Times le 4 mars.

    Le rapport insiste en particulier sur la qualité, la rapidité et l’extensivité de la politique de dépistage et de traçage des contacts des personnes positives.

    Assez tôt dans l’épidémie, la Chine a mis en place une politique de tests généralisés de la température corporelle des individus à l’aide de thermomètres infrarouges, jusqu’à arrêter systématiquement les voitures pour de tels tests. Certes, cela n’est pas très précis : on rate les porteurs asymptomatiques ou les individus qui ont fait baisser leur température avec des médicaments, alors qu’on attrape dans son filet les individus qui ont la fièvre pour d’autres raisons que le Covid-19. Mais cela permet un premier tri. En parallèle, toute la population des foyers de contagion est sommée de porter des masques et de se laver les mains très régulièrement.

    Les individus potentiellement positifs, du fait de leurs symptômes ou de leurs contacts avec des malades, sont dépistés. Les tests de dépistage sont réalisés en quatre heures, pendant lesquelles les personnes dépistées doivent attendre leurs résultats. En l’absence des tests biologiques de dépistage (il y a des cas de pénurie) ou en complément, on réalise des scanners rapides, qui permettent de mettre en évidence les opacités pulmonaires qui sont considérés comme des signes cliniques de la maladie. Chaque machine de scanner en effectue jusqu’à 200 par jour (5 à 10 minutes par examen).

    À Wuhan, il existe plus de 1800 équipes d’épidémiologistes (avec un minimum de cinq personnes par équipe), qui sont occupées à plein temps à tracer les contacts des personnes positives. Selon la région, 1 à 5 % des contacts identifiés sont ensuite eux-mêmes dépistés positifs au virus, et on recommence l’enquête de traçage des contacts avec elles et eux. Chaque fois qu’un agrégat (cluster) est identifié, on ferme les écoles, théâtres et restaurants, on confine les personnes-contacts. Seule la métropole de Wuhan, où est née l’épidémie, est placée en confinement total.

    La durée moyenne entre les premiers symptômes et l’hospitalisation/l’isolement est prodigieusement réduite, d’environ 15 jours au début de l’épidémie à 2 jours, ce qui permet de réduire le potentiel contaminateur d’une personne malade.

    Dans son interview par le New York Times, Bruce Aylward raconte que les hôpitaux vus par l’équipe de l’OMS sont équipés massivement en respirateurs artificiels et en machines ECMO, qui permettent une oxygénation du sang lorsque les poumons n’y parviennent plus. Les experts invités sont stupéfaits, les hôpitaux semblent mieux équipés que des centres spécialisés en Suisse ou à Berlin.

    La conclusion du rapport de l’OMS est sans appel : « Ces mesures [prises en Chine] sont les seules à l’heure actuelle qui ont prouvé qu’elles pouvaient interrompre ou minimiser les chaînes de transmission chez les humains. Au fondement de ces mesures est la surveillance extrêmement proactive, afin de détecter immédiatement les cas, de procéder à des diagnostics très rapides et à un isolement immédiat des patients positifs, au traçage rigoureux et à la mise en quarantaine des contacts proches.

     » Le rapport insiste aussi sur l’importance de la compréhension et l’acceptation de ces mesures par la population.

    Dans l’article de Science du 2 mars, deux experts, Lawrence Gostin et Devi Sridhar, mettent néanmoins en garde : le caractère autoritaire du régime chinois et les entorses aux droits humains ont certainement joué un rôle dans l’efficacité de la politique de gestion de l’épidémie. Jeremy Konyndyk, expert en santé publique dans un think tank à Washington, invite à regarder plutôt du côté de Singapour et de Hong Kong, deux régimes démocratiques qui seraient de meilleurs exemples à suivre : « Il y a eu un degré similaire de rigueur et de discipline, mais appliqué d’une manière beaucoup moins draconienne.

     »

    Remarquons que le rapport de l’OMS du 28 février n’encourage à aucun moment la mise en quarantaine de toute la population du pays, solution de dernier ressort. Les experts suggèrent qu’il y a encore le temps d’une politique plus ciblée et efficace en ressources, à base de dépistage massif et de traçage et isolement des contacts.
    Conclusion

    Cette brève esquisse permet de décrire quatre moments dans l’appréhension de l’épidémie du coronavirus Covid-19 pour qui lit Science. Début janvier 2020, on apprend l’existence de cette nouvelle maladie dont les caractéristiques sont inconnues. Début février, on doit se rendre à l’évidence : les spécialistes ne peuvent exclure le scénario de la pandémie, voire semblent penser que ce scénario est le plus probable des deux (l’autre étant la réussite du containment). Le 25 février, il est désormais établi que la pandémie l’a emporté. Le 2 mars, l’analyse du rapport de la visite de l’OMS montre deux choses : il est possible d’arrêter la course folle du virus ; la manière de le faire est de procéder à des dépistages massifs et ultra-rapides, avec traçage et isolement immédiat des contacts des personnes positives.

    Soulignons au passage que dès le 11 février, les lecteurs de Science sont alertés sur la possible pénurie de tests biologiques de dépistage. Le rapport de l’OMS du 28 février confirme qu’il existe d’autres techniques, à allier ou à substituer aux tests biologiques de dépistage en fonction des circonstances : la prise régulière des températures, l’examen des poumons par scanner.

    Cette chronologie appelle à être complétée. Il sera intéressant, notamment, de retracer l’historique en se plaçant à l’intérieur de l’espace de la France, en regardant par exemple ce qu’ont dit et écrit les institutions spécialisées en maladies infectieuses telles que l’Institut Pasteur, ou encore les chercheuses et chercheurs spécialistes de ces questions en France.

    D’autres travaux permettront aussi, je l’espère, de mettre en regard cette esquisse de chronologie avec ce qu’a fait et ce que n’a pas fait le gouvernement français. Je me permettrai une seule remarque sur ce point.

    Le 28 février est publié le rapport crucial de l’OMS sur ce qui a été fait en Chine. Il montre que seule une mobilisation de « tout le gouvernement » (all-of-government) et « toute la société » (all-of-society) permet de vaincre l’épidémie. On se souviendra sans doute longtemps du fait que le lendemain, le samedi 29 février d’une année bissextile, le premier ministre Édouard Philippe a décidé de détourner un conseil des ministres « exceptionnel dédié au Covid-19 » pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Alors que l’OMS démontrait l’urgence de l’action collective et solidaire face à une pandémie bientôt incontrôlable, le gouvernement s’est dit que le plus urgent était de profiter de la dernière fenêtre de tir pour faire passer son projet de loi tant décrié.

    Lorsque le temps de la justice et des comptes sera venu, il nous faudra comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle : une pénurie absolue de masques, ne permettant pas de protéger convenablement les soignant.es qui sont au front – qui sont infecté.es, et infectent à leur tour –, bien trop peu de tests de dépistage (ce qui semble avoir été une décision assumée, y compris aux temps où l’épidémie était encore balbutiante en France, et n’est pas une fatalité en Europe, comme le montre l’exemple de l’Allemagne), et finalement la décision de dernier ressort de confiner toute la population pour une période indéterminée, une arme non discriminante qui est terriblement coûteuse en termes humains, sanitaires (santé mentale) et économiques.

    https://laviedesidees.fr/Savoir-et-prevoir.html
    #coronavirus

    ping @simplicissimus @fil @reka

    • 28 janvier 2020 dans ma boîte aux lettres...

      Mesdames, Messieurs, Chères et Chers Collègues,

      Suite à la dégradation de la situation liée à l’épidémie du coronavirus 2019-NCov en République Populaire de Chine (fermeture des universités, engorgement des hôpitaux publics, difficultés de transports), la Direction de l’INALCO a décidé de prendre les mesures suivantes à compter d’aujourd’hui :

      – Suspension de toutes les mobilités sortantes des étudiants - et de toutes les missions des personnels administratifs et enseignants-chercheurs - vers le territoire de la Chine continentale, Hong Kong et Macao compris.
      – L’Inalco demande à tous les étudiants et personnels actuellement en mobilité ou mission sur le territoire de la Chine continentale, Hong Kong ou Macao d’interrompre leur mission ou mobilité, et de rentrer instamment en France.

      Tous les étudiants et personnels de retour de Chine doivent observer scrupuleusement les mesures suivantes :

      – Vous signaler à l’arrivée à l’aéroport et également au 15 si vous avez voyagé ou séjourné dans la province du Hubei. Un médecin conseil du SAMU (composer le 15) vous orientera.
      – Signaler tout symptôme d’infection respiratoire - fièvre, toux, difficultés respiratoires - en appelant le 15 (ne pas aller chez votre médecin).
      – Observer, pour protéger votre entourage, des mesures d’hygiène strictes - s’isoler, rester à distance, se protéger la bouche lors de la toux au besoin par un masque, d’utiliser des mouchoirs jetables et de bien se laver les mains - la période d’incubation du virus étant de 14 jours.
      – Ne pas vous rendre à l’INALCO durant les 2 semaines qui suivent votre retour.

      Je vous remercie de bien vouloir accorder une grande attention à ces recommandations sanitaires.

      Bien cordialement,

      Je rappelle que l’Inalco, c’est une école de langues... visiblement mieux informée que les « connards » qui vont s’abriter les uns derrière les autres (en effet, peu de pays européens ont brillé dans leur gestion de la crise) ou dire avec leur morgue « zézayante » habituelle que personne ne savait.

    • #le_sens_des_priorités, encore :

      Le 28 février est publié le rapport crucial de l’OMS sur ce qui a été fait en Chine. Il montre que seule une mobilisation de « tout le gouvernement » (all-of-government) et « toute la société » (all-of-society) permet de vaincre l’épidémie. On se souviendra sans doute longtemps du fait que le lendemain, le samedi 29 février d’une année bissextile, le premier ministre Édouard Philippe a décidé de détourner un conseil des ministres « exceptionnel dédié au Covid-19 » pour annoncer l’utilisation de l’article 49.3 de la Constitution afin d’adopter sans vote la réforme des retraites. Alors que l’OMS démontrait l’urgence de l’action collective et solidaire face à une pandémie bientôt incontrôlable, le gouvernement s’est dit que le plus urgent était de profiter de la dernière fenêtre de tir pour faire passer son projet de loi tant décrié.

      #49.3 #quaranteneuftroisvirus #salops #qu'ils_chopent_tous_Ebola

    • " Je ne laisserai personne dire qu’il y a eu du #retard sur la prise de décision s’agissant du confinement" Édouard Philippe.
      Tout est « en retard », et la décision de confiner résulte elle même du retard sur tout ce qui compte et qui est éludé jusqu’à une levée du confinement, l’arrivé de millions de masques chinois (20 millions d’ici la fin du mois ? 600 millions annoncés)
      https://seenthis.net/messages/835160
      toujours sans dépistage de masse, lits de réa, matériel de protection pour les soignants
      10 000 blouses pour le CHU de Dijon
      https://seenthis.net/messages/835629

      soignants (l’Allemagne embauche hors de ses frontières, ici on met les élèves infirmières au taff à un euro de l’heure, sous peine de ne pas valider leur formation). Pourtant hier encore je ne sais quel responsable politique osait vanter à nouveau l’agilité de la start-up nation.

      #attardés #criminels #crime_d'État

  • Le Covid-19 transmis par les particules fines ? L’étude italienne « n’est pas une démonstration scientifique »
    https://www.les-crises.fr/le-covid-19-transmis-par-les-particules-fines-l-etude-italienne-n-est-pas

    Source : Marianne, Louis Nadau, 24-03-2020 La corrélation avancée par une équipe de chercheurs italiens entre pollution de l’air et transmission du Covid-19 est accueillie avec un certain scepticisme par plusieurs spécialistes français. L’hypothèse a de quoi séduire ceux qui voient dans l’épidémie de Covid-19 une punition de dame nature : selon un article de la Société italienne de médecine environnementale, les particules fines serviraient “d’autoroutes” pour la transmission du coronavirus. Fondée sur le croisement des mesures de pollution atmosphérique en Italie du nord et le recensement de cas de Covid-19, la corrélation avancée par l’équipe de douze chercheurs des universités de Bologne, Bari, Milan et Trieste laisse toutefois plusieurs spécialistes français dubitatifs. UN « BOOSTER » DE L’ÉPIDÉMIE ? Les (...)

  • Covid-19 : le nombre de cas au rassemblement évangélique de Mulhouse largement sous-estimé
    https://www.les-crises.fr/covid-19-le-nombre-de-cas-au-rassemblement-evangelique-de-mulhouse-largem

    Source : France culture, Laetitia Cherel, Abdelhak El Idrissi et Cellule investigation de Radio France, 28-03-2020 Enquête | Contrairement aux premières estimations, ce ne sont pas une centaine mais un millier au moins de fidèles qui ont été contaminés après le rassemblement évangélique de Mulhouse en février dernier. Un des principaux foyers du virus qui a contribué à le propager en France.  Comme chaque année depuis 25 ans, les fidèles se pressent au rassemblement évangélique à Mulhouse, dans le quartier de Bourtzwiller. Cette année, l’événement a lieu du lundi 17 au vendredi 21 février et réunit près de 2 500 fidèles venus de la région mais aussi de toute la France dont des départements d’outre-mer tels que la Guyane. Cinq jours de prière et de jeûne organisés par l’une des plus grandes associations (...)

  • Interdit d’interdire – Joël Blanchard et Pascal Froissart sur les conséquences de l’épidémie
    https://www.les-crises.fr/interdit-dinterdire-joel-blanchard-et-pascal-froissart-sur-les-consequenc

    Source : Russia Today France, Interdit d’interdire, 26-03-2020  Frédéric Taddeï reçoit : – Joël Blanchard, historien – Pascal Froissart, enseignant-chercheurLire la suite

  • EXCLUSIF. Coronavirus : plusieurs cas mortels d’usage de la chloroquine en France - Le Point
    https://www.lepoint.fr/sante/exclusif-coronavirus-plusieurs-cas-mortels-d-usage-de-la-chloroquine-en-fran

    Nouveau rebondissement dans la controverse planétaire autour de la chloroquine (commercialisée sous le nom de nivaquine) et de l’hydroxychloroquine (Plaquenil) pour traiter l’infection au coronavirus. Le pharmacien d’un grand CHU français, correspondant du Centre de pharmacovigilance de sa région, a lancé l’alerte vendredi 27 mars auprès de médecins infectiologues et pharmaciens de son établissement. « Des cas de patients Covid-19 positifs [c’est-à-dire dont l’infection a été validée par un test] présentent, sous hydroxychloroquine associée ou non à l’azithromycine [un antibiotique], des troubles du rythme ou de la conduction cardiaque, des arrêts cardiaques dans d’autres centres hospitaliers français. » Certains de ces arrêts se révèlent « fatals ».

    « Ces cas sont en cours d’évaluation », a indiqué au Point ce pharmacien, et « seront ensuite transmis à l’ANSM [Agence nationale de sécurité des médicaments] ». L’information a vite circulé en direction d’infectiologues d’autres CHU, d’anesthésistes-réanimateurs, tous ces soignants en première ligne pour sauver des malades victimes de cette épidémie inédite et fulgurante.

    Dimanche 29 mars, l’agence régionale de santé de Nouvelle-Aquitaine a apporté des pièces supplémentaires. « Des cas de toxicité cardiaque ont été signalés dans la région à la suite de prises en automédication de Plaquenil [hydroxychloroquine] face à des symptômes évocateurs de Covid-19, ayant parfois nécessité une hospitalisation en réanimation. »

    • Communiqué de presse - Coronavirus : point de situation en Nouvelle-Aquitaine du 29/03/2020 | Agence régionale de santé Nouvelle-Aquitaine
      http://www.nouvelle-aquitaine.ars.sante.fr/communique-de-presse-coronavirus-point-de-situation-en-

      Des cas de toxicité cardiaque ont été signalés en Nouvelle Aquitaine suite à des prises en automédication de Plaquenil® (hydroxychloroquine) face à des symptômes évocateurs du Covid-19, ayant parfois nécessité une hospitalisation en réanimation. Face à ce constat, l’ARS Nouvelle-Aquitaine alerte sur les dangers de l’hydroxychloroquine qui ne doit en aucun cas être prise en automédication.

      L’hydroxychloroquine est indiquée aux personnes souffrant de lupus, de polyarthrite rhumatoïde ou encore, à titre préventif, pour les allergies au soleil (lucite), sur prescription médicale obligatoire uniquement. Cette molécule n’est pas anodine car elle peut provoquer des troubles du rythme cardiaque graves pouvant être fatals. La prescription de cette molécule est systématiquement accompagnée d’une surveillance médicale (notamment par monitoring cardiaque) permettant d’adapter son dosage et de limiter ainsi les risques. Associée à d’autres médicaments (ex : neuroleptiques, antidépresseurs, diurétiques, anti-arythmiques, macrolides dont l’azithromycine…) ou si le patient souffre d’une baisse de potassium dans le sang, ce risque est fortement majoré.

    • Plaquenil et Kaletra : les traitements testés pour soigner les patients COVID-19 ne doivent être utilisés qu’à l’hôpital - Point d’information - ANSM : Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
      https://ansm.sante.fr/S-informer/Actualite/Plaquenil-et-Kaletra-les-traitements-testes-pour-soigner-les-patients-COV

      En aucun cas ces médicaments ne doivent être utilisés ni en automédication, ni sur prescription d’un médecin de ville, ni en auto-prescription d’un médecin pour lui-même, pour le traitement du COVID-19 .

      Pourtant, des informations recueillies par les centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV) font état d’utilisation de hydroxychloroquine, seule ou en association, en ville. Nous alertons les professionnels de santé et les patients sur les risques connus liés à l’utilisation de ces médicaments, dont le risque cardiaque, qui, sans suivi médical approprié, peuvent conduire à une hospitalisation.

      Ce risque cardiaque pourrait être fortement potentialisé par l’association d’hydroxychloroquine avec d’autres molécules, comme l’azithromycine, ainsi qu’en raison de troubles métaboliques spécifiques à la maladie COVID-19 (hypokaliémie).

      Quelques cas d’effets indésirables graves nous ont été rapportés et sont en cours d’analyse.

  • Toulouse, la ville qui pue le caca à la menthe

    Mais non, la station d’épuration de Ginestous n’y est pour rien. Les Toulousains se marrent quand même en douce de voir les parisiens acheter des maisons dans le quartier des minimes, bd des suisses, barrière de paris et tout le nord ouest de Toulouse, au porte de l’usine de traitement des eaux usées et autres cacateries.
    Pour masquer ces flux, une désinformation perpétuelle et des promesses sans lendemain depuis plus de 10 ans, avec l’omniprésence de l’odeur de menthe chimique mélangé aux effluves malodorantes.

    #bienvenue_à_toulouse #caca_à_la_menthe #Véolia

    – 28/07/2015
    Toulouse. « Pas tenus de mesurer les odeurs »
    https://www.ladepeche.fr/article/2015/07/28/2151020-pas-tenus-de-mesurer-les-odeurs.html

    https://www.ladepeche.fr

    Publié le 22/08/2019 à 08:22
    Toulouse : pourquoi y a-t-il toujours de mauvaises odeurs autour de l’usine de Ginestous ?
    Environnement. « On se croirait dans une porcherie. » Guillaume, habitant du chemin des Sept-Deniers est agacé par la forte odeur qui flotte dans son quartier. « C’est un problème assez régulier. À des périodes...

    Lors de l’inauguration du parcours découverte le 8 juillet dernier, Jean-Luc Moudenc (maire) et son adjoint à la sécurité, Olivier Arsac, avaient été interpellés par des riverains « historiques » de Ginestous, lassés de leurs conditions de vie devenues déplorables.
    Publié le 10/09/2015 à 03:50
    Toulouse. Ginestous : « Ça pue et on n’en peut plus ! »
    Environnement. « Tout devrait rentrer dans l’ordre d’ici la fin du mois d’octobre », promettent de concert mairie de Toulouse et Véolia, concessionnaire de la station d’épuration de Ginestous. D’ici là, les...

    La station de désodorisation du site de compostage de Véolia à Ginestous./DDM Michel Labonne
    Publié le 08/08/2015 à 08:58
    Toulouse. Courrier bien senti à Ginestous
    Vie locale. Les riverains de l’usine d’épuration de Ginestous se plaignent d’odeurs nauséabondes depuis le début de l’été, en liaison avec un incendie sur le site de compostage au printemps et avec les travaux...

    Des boues bien encombrantes…
    Publié le 28/07/2015 à 07:35
    Toulouse. Des boues bien encombrantes…
    Environnement. La station d’épuration de Ginestous traite les eaux usées d’une partie de l’agglomération de Toulouse et de quelques communes avoisinantes. Ce traitement génère des boues (14 323 tonnes de matières...

    Difficile de profiter de son jardin sans se pincer le nez, selon un riverain, M. Giraudo, résidant à la Barrière de Paris./DDM-Michel Labonne
    Publié le 28/07/2015 à 03:48
    Cet été, Toulouse ne sent pas la rose
    Environnement. Des dizaines de riverains de la station d’épuration de Ginestous se plaignent d’odeurs nauséabondes depuis le début de l’été. Sur le périph, on se bouche le nez. La Ville rose, son parfum de...

    ça sent le mystère au nord de Toulouse
    Publié le 21/09/2013 à 03:55
    Odeurs nauséabondes : ça sent le mystère au nord de Toulouse
    Vie locale. Une seule certitude : des relents nauséabonds rappelant à la fois le lisier et le fumier se sont répandus jeudi soir sur les quartiers du nord de Toulouse. Plusieurs témoins olfactifs ont repéré...

    Lors de l’inauguration, les élus ont découvert les processus d’assainissement des eaux.
    Publié le 10/12/2010 à 03:52

    • Toulousain·es, #rentrez_chez_vous, pour la mairie ça tient du subjectif :)

      https://www.toulouse.fr/web/environnement/sante-environnementale/nuisances-sonores-et-olfactives

      Les nuisances olfactives

      Les composés odorants émis par un site peuvent provoquer une gêne pour les riverains. Cela dépend des seuils olfactifs des composés, de leur concentration, de la nature du mélange, de la direction et la vitesse du vent, mais aussi de la sensibilité des personnes.

      En effet, les messages olfactifs que nous recevons de notre environnement ont un impact affectif plus ou moins fort selon chacun. Le problème des nuisances olfactives prend alors une dimension subjective.

      Après le bruit, la pollution odorante est le deuxième motif de plainte. Elle peut être expliquée par l’importance donnée aux odeurs par le riverain. L’odeur est en effet associée à la notion de toxicité. Une association sans fondement dans la plupart des cas puisque les composés odorants peuvent être perçus par l’être humain à des niveaux de concentration très faibles.

  • Didier Sicard : « Il est urgent d’enquêter sur l’origine animale de l’épidémie de Covid-19 »
    https://www.franceculture.fr/sciences/didier-sicard-il-est-urgent-denqueter-sur-lorigine-animale-de-lepidemi

    D’un côté, déforestation massive et trafic d’animaux sauvages. De l’autre, désintérêt et financement anémique des recherches sur les virus hébergés par ces mêmes animaux… Tableau flippant d’un cocktail explosif par un spécialiste des maladies infectieuses
    #coronavirus

  • Pandémie de coronavirus : « Il n’y a rien à craindre de la globalisation tant que l’on connaît les effets secondaires », affirme Nassim Nicholas Taleb
    https://www.les-crises.fr/pandemie-de-coronavirus-il-ny-a-rien-a-craindre-de-la-globalisation-tant-

    Source : 20 minutes, David Blanchard, 13-03-2020 Le philosophe et statisticien américain Nassim Nicholas Taleb revient pour « 20 Minutes » sur la crise du coronavirus, qui entre en résonnance avec sa théorie du « Cygne Noir », mais aussi sur l’importance, selon lui, de la politique au niveau local Propos recueillis par David Blanchard Professeur à l’Université de New York, le philosophe et statisticien américano-libanais, Nassim Nicholas Taleb est l’auteur du Cygne Noir, la puissance de l’imprévisible, un essai vendu à plus de 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, dans lequel il théorise la survenue d’événements rares, qu’il juge imprédictibles. Selon lui, les hommes rationalisent a posteriori ces événements ayant bouleversé leur existence. Taleb a d’abord théorisé ces événements sur les marchés (...)

  • Bernard Jomier, sénateur et médecin : « gérer le Covid-19 comme ça, ce n’est plus possible »
    https://www.les-crises.fr/bernard-jomier-senateur-et-medecin-gerer-le-covid-19-comme-ca-ce-nest-plu

    Source : Twitter, Bernard Jomier, 14-03-2020 Je ne parle jamais de mon métier de médecin généraliste ici. Parce que j’exerce moins maintenant, et que beaucoup de soignants en parlent bien mieux que moi. Mais la, après mes consultations d’hier, gérer le #Covid_19 comme ça, ce n’est plus possible J’exerce dans un cabinet de groupe : 3 généralistes + 1 interne + 1 externe + moi le vendredi après-midi. J’ai trouvé mes collègues dépités et il y a de quoi. Les masques ? On en a reçu 50 pour tout le cabinet. Oui même pas 50/médecin. Alors qu’on reçoit 80 à 100 patients/j. Pourtant il y a 15 jours au sénat le Ministre de la santé m’avait assuré que les professionnels de ville seraient rapidement pourvus. Un kiné nous dit sa recette : il lave les masques pour les réutiliser. Et bien sûr aucun masque FFP2… Les patients (...)

  • Coronavirus : une famille décimée par la maladie émeut l’Amérique
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-une-famille-decimee-par-la-maladie-emeut-l-amerique

    Mauvaise nouvelle pour les États-Unis : le surpoids semble être un sérieux facteur de risque. Source : RTL, Philippe Corbé, 20-03-2020 Dans le New Jersey, aux États-Unis, l’histoire tragique d’une famille décimée par le coronavirus montre la viralité dévastatrice de l’épidémie. La Californie vient de décréter le confinement comme en Italie, en France ou en Espagne. Aux États-Unis, c’est l’état le plus peuplé et le plus riche, avec 40 millions d’habitants. La banque Goldman Sachs estime que plus de 2 millions d’Américains ont perdu leur emploi cette semaine. Pro Publica et le Washington Post ont aussi révélé cette nuit un potentiel scandale de délits d’initiés. Il est question de deux sénateurs qui auraient profité d’informations reçues en raison de leur poste, sur le danger réel du coronavirus, pour faire des (...)

  • La France mise sur l’« immunité de groupe » pour arrêter le coronavirus
    https://www.les-crises.fr/la-france-mise-sur-limmunite-de-groupe-pour-arreter-le-coronavirus-par-tr

    Source : Le Figaro, Tristan Vey, 13-03-2020 DÉCRYPTAGE – Sans le dire explicitement, le président de la République a opté pour une gestion au long cours de l’épidémie. C’est en lisant entre les lignes de l’allocution solennelle du président de la République jeudi soir que l’on peut se faire une idée du choix stratégique opéré en coulisse. En déclarant que l’épidémie de Covid-19 en cours était « la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis plus d’un siècle », Emmanuel Macron s’est évidemment projeté dans l’avenir. Car avec 3661 cas identifiés et 79 morts jeudi, ce n’est pas la situation actuelle qui est dramatique, mais bien celle qui nous attend : des millions de personnes infectées, des centaines de milliers de cas graves, et des dizaines de milliers de morts potentiels. En d’autres termes, décision a (...)

  • ENTRAIDE CORONAVIRUS : Traducteurs, Transcripteurs, Rédacteurs, Monteur son, RP, journalistes
    https://www.les-crises.fr/entraide-coronavirus-traducteurs-transcripteurs-redacteurs-monteur-son-rp

    Nous lançons un appel à l’entraide, car nous souhaitons développer notre couverture du Coronavirus. Nous comptons vraiment sur vous – Merci d’avance Traducteurs chinois, coréen et bilingues anglais Nous avons besoin de volontaires pour ces 3 langues. Transcripteurs Nous cherchons des volontaires pour transcrire par écrit des vidéos françaises Chercheurs d’informations Nous cherchons pour un […]

    #Divers

  • « Le Coronavirus dans la presse italienne » – Par Les Crises
    https://www.les-crises.fr/le-coronavirus-dans-la-presse-italienne-par-les-crises

    Chers lecteurs, lectrices, traducteurs et traductrices, Pour permettre à chacun de voir comment la crise du coronavirus a été vécue ses dernières semaines chez nos voisins italiens, voici plusieurs articles de la presse italienne, traduits en français par les lecteurs du site (un très grand merci à vous). Vous trouverez sous chacun des titres le […]

    #Revue_de_Presse

  • Coronavirus : ces entreprises qui tirent profit du chômage partiel
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-ces-entreprises-qui-tirent-profit-du-chomage-partiel-par-bera

    Source : Le Parisien, Bérangère Lepetit Des employeurs peu scrupuleux ont recours au dispositif exceptionnel de chômage partiel tout en demandant à leurs salariés de continuer à travailler à plein temps. Témoignages.

    « De nombreux salariés ont été scandalisés », confie Amanda (le prénom a été modifié), 29 ans. Un vent de révolte gronde depuis le début du confinement dans cette start-up d’une trentaine de salariés qui travaillent dans le domaine de la logistique et la livraison. Il n’y a pas que l’épidémie de Covid-19 qui cristallise l’émotion des salariés, tous en télétravail à domicile depuis le 16 mars. Mais aussi l’attitude de leur patron qui, ayant déclaré à l’Etat l’intégralité des salariés à 85 % en chômage partiel, va toucher des aides de l’Etat et de Pôle emploi… tout en demandant à chacun de continuer à (...)

  • Experts économiques sur Europe 1 : visionnaires jamais, faussaires toujours
    https://www.les-crises.fr/experts-economiques-sur-europe-1-visionnaires-jamais-faussaires-toujours-

    Source : ACRIMED, Denis Perais, Pauline Perrenot Dans un article du 4 novembre 2008, nous relevions qu’ « en pleine bourrasque financière, les gardiens médiatiques de la pensée, toujours les mêmes, ont la tête qui tourne. Ils sont obligés de se résigner et en appellent aujourd’hui à l’intervention massive de l’État pour sauver le marché dont ils acclament l’autorégulation bienfaitrice depuis des lustres. » Tellement prévisibles, ils reprennent le même refrain à l’occasion de la pandémie du Covid-19, qui, outre des conséquences sanitaires déjà dramatiques, aura pour corollaire une dépression économique dont il est encore difficile d’évaluer l’ampleur définitive. À commencer par le très médiatique Nicolas Bouzou – économiste néo-libéral et propriétaire-fondateur du cabinet d’analyse économique et de conseil Astérès (...)

  • BULLETIN D’INFORMATION SCIENTIFIQUE DE L’IHU

    Nous avons le droit d’être intelligents !
    Pr Didier Raoult, Directeur de l’IHU Méditerranée Infection.
    Toxicité des Traitements, Mortalité...

    https://www.youtube.com/watch?v=GFkUnJ46MVI

    Didier Raoult claque la porte du Conseil scientifique de Macron. En désaccord depuis des semaines avec la politique de confinement du gouvernement qu’il qualifie de moyenâgeuse, il martèle qu’il faut des moyens de dépistages massifs à l’échelle nationale pour détecter les cas suspects, isoler et traiter les patients positifs.

    https://www.lesechos.fr/idees-debats/sciences-prospective/exclusif-coronavirus-didier-raoult-claque-la-porte-du-conseil-scientifique-

  • Coronavirus : la barre des 1.000 morts officiellement franchie en France
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-la-barre-des-1-000-morts-officiellement-franchie-en-france-pa

    Source : Les Echos, 24-03-2020 L’épidémie de Covid-19 a depuis ce mardi coûté la vie à plus de 1.100 personnes en France. C’est le constat dressé ce mardi par le directeur de la Santé, Jérôme Salomon, à l’occasion de son point quotidien sur la situation française. Ces dernières 24 heures, 240 personnes ont perdu la vie, un bilan qui ne comprend que les personnes qui ont été admises à l’hôpital. Ces décès « ne représentent qu’une faible part de la mortalité », indique le professeur. « Les deux principaux lieux de décès sont l’hôpital et les Ehpad », a-t-il précisé, en annonçant la mise en place d’un « suivi quotidien de la mortalité » dans les établissements pour personnes âgées « dans les tout prochains jours ». 85 % des décès ont plus de 70 ans Les Ehpad, justement, suscite une inquiétude grandissante chez les autorités (...)

  • Coronavirus : le conseil scientifique propose un confinement de six semaines
    https://www.les-crises.fr/coronavirus-le-conseil-scientifique-propose-un-confinement-de-six-semaine

    Source : Les Echos, Grégoire Poussielgue, 24-03-2020 Les Français n’en ont pas fini avec le confinement , entré ce 24 mars dans sa deuxième semaine. Dans un avis rendu ce mardi soir, le conseil scientifique – instance mise en place par le gouvernement pour l’aider dans ses choix dans la lutte contre l’épidémie de coronavirus – plaide pour un confinement de six semaines à partir de sa mise en place. Ce qui signifie que le confinement durerait jusqu’au mardi 28 avril. Présidé par Jean-François Delfraissy , ce conseil scientifique a déjà rendu plusieurs avis depuis sa mise en place et le début de l’épidémie. Ce mardi, il plaide aussi pour un renforcement de ce confinement. « Il est indispensable de renforcer les conditions dans lesquelles est mis en oeuvre ce confinement », a-t-il précisé. Il propose deux (...)

    • Aussi transparent que le sont des masques revendus.

      Conférence de presse du ministre de la santé, Olivier Véran
      https://www.lemonde.fr/planete/live/2020/03/21/epidemie-due-au-coronavirus-le-premier-week-end-de-confinement-en-direct_603

      Je veux me livrer aujourd’hui a un exercice de transparence absolue et vous présenter la situation telle qu’elle est :

      Suite a de premières alertes serieuses (...) les pouvoirs publics ont décidé il y a une dizaine d’années d’équiper la France de nouveaux masques. Quels que soient les processus de décision qui ont conduit à ce que ces stocks ne soient pas renouvelés, ils se sont réduits année après année. Il ne restait notamment aucun stock d’Etat de masque FFP2.

    • Ces 50 masques par foyer qui nous manquent, ou l’affaire du rapport enterré

      Un rapport remis en mai 2019 à Santé publique France recommandait de fournir, en cas de pandémie, une boîte de 50 masques par foyer, soit un milliard d’unités au total. Dix mois plus tard et faute de stocks suffisants pour faire face au Covid-19, le gouvernement dissuade les citoyens de se couvrir le visage, y compris dans un magasin. En revanche, veuillez remettre vos exemplaires en pharmacie messieurs-dames !

      « On ne peut pas dire qu’il y a eu un défaut d’anticipation de cette crise, bien au contraire », défendait la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, sur CNews, lundi 23 mars. Pourtant, cette semaine encore, la pénurie de masques, de tests et de réactifs pèse sur la capacité de la France à lutter correctement contre l’épidémie de coronavirus Covid-19, dont le nombre de victimes dépassera probablement les 2.000 d’ici 24 ou 48 heures.

      Devant la représentation nationale, le ministre de la Santé concédait d’ailleurs mardi que des marchandises étaient encore attendues en provenance des Etats-Unis et de Chine.

      De l’aveu même d’Olivier Véran, interrogé le 17 mars sur France Inter, l’Etat ne dispose alors plus que de 110 millions de masques chirurgicaux dans ses stocks stratégiques, malgré les réquisitions annoncées quatre jours plus tôt par le premier ministre.

      Pis, aucun masque FFP2, plus performant, ne traîne dans ses greniers. Jusqu’en 2011, un milliard de masques chirurgicaux et 700 millions de FFP2 étaient entreposés en permanence à travers le pays.

      Des instructions ministérielles passées à partir de 2011, sous les mandats de Nicolas Sarkozy puis de François Hollande, ont causé ce désarmement. L’après-H1N1 est marqué par de vives accusations de gabegie visant Roselyne Bachelot. Les gouvernements successifs mènent une politique de réduction des dépenses publiques, qui conduit l’Etat à transférer la charge des équipements de protection vers les employeurs.

      Les pouvoirs publics misent sur la capacité des usines chinoises à irriguer le marché en cas de crise. Sans anticiper l’effet qu’aurait une pandémie apparaissant précisément dans ce pays !

      Les responsabilités sont collectives, mais Emmanuel Macron ne peut toutefois pas se défausser sur ses prédécesseurs. Il était informé du problème. L’actuel directeur général de la santé, Jérôme Salomon, avait remis une note de cinq pages au futur candidat à la présidentielle le 5 septembre 2016.

      « Le risque doit être considéré comme important »

      Une alerte encore plus récente aurait pu, ou dû, amener le gouvernement à revoir sa doctrine.

      Un rapport commandé par la Direction générale de la Santé (DGS) [1] en 2016 et remis à l’agence nationale de santé publique en mai 2019 établi noir sur blanc la nécessité d’équiper la population en masques.

      Le groupe d’experts présidé par le Pr Jean-Paul Stahl formule plusieurs recommandations. Celles relatives aux masques sont exprimées en deuxième position, immédiatement après la question des antiviraux.

      « En cas de pandémie, le besoin en masques est d’une boîte de 50 masques par foyer, à raison de 20 millions de boîtes en cas d’atteinte de 30 % de la population. » Cela équivaut donc à un milliard de masques. Le même nombre qu’il y a dix ans.

      « Le risque [de pandémie] doit être considéré comme important », soulignent les scientifiques, qui alertent dès la quatrième page de leur rapport sur la nécessité de faire primer les enjeux sanitaires sur les considérations d’ordre économiques.

      « Un stock peut arriver à péremption sans qu’il y ait eu besoin de l’utiliser. Cela ne remet pas en cause la nécessité d’une préparation au risque. La constitution d’un stock devrait être considérée comme le paiement d’une assurance, que l’on souhaite, malgré la dépense, ne jamais avoir besoin d’utiliser. Sa constitution ne saurait ainsi être assimilée à une dépense indue. »

      « Rapidité d’intervention »

      Ils ne précisent cependant pas la taille de ce stock, estimant qu’elle est « à considérer en fonction des capacités d’approvisionnement garanties par les fabricants ». Capacités qui, on l’a vu, se sont révélées pour le moins défaillantes, la production ayant été délocalisée en Asie. Ce rapport ne propose pas de modélisation médico-économique, en l’absence des données nécessaires, selon ses auteurs.

      Plus loin, les professionnels insistent sur la « rapidité d’intervention ». L’exemple de nos voisins helvètes guide leur préconisation.

      « La Suisse a recommandé à ses habitants de constituer un stock de 50 masques disponibles en préventif au domicile. Pour cela, la Suisse a dû créer le marché et nouer un accord avec l’industrie pour réduire les coûts d’achat (pour le fixer à environ 7 centimes). Cette recommandation a été relativement bien suivie par la population. »

      Loin d’écouter ce conseil, la France demeure en situation de pénurie plus de deux mois après la première alerte de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) concernant le Covid-19. Bien que le pic épidémique ne soit pas encore atteint et que le bilan officiel fasse déjà état, au 26 mars, de 1.696 morts dans l’hexagone, le gouvernement demande aux Français de remettre leur stock personnel en pharmacie afin d’équiper les soignants.

      Sur l’île de La Réunion, ce sont des matériels de protection périmés et parfois même moisis qui ont été livrés dans les officines par l’Agence régionale de santé.

      Autre écueil identifié par les rapporteurs, le manque de coordination entre pays voisins. Leur septième principe préalable concerne en effet « le besoin d’une collaboration européenne ». C’est pourtant tout le contraire qui s’est produit, la Commission en étant toujours à l’élaboration d’un « marché public conjoint » au 26 mars, bien après que le vieux continent est devenu l’épicentre mondial de la pandémie.

      Les pays asiatiques absents du rapport

      Ces recommandations auraient pu être encore plus strictes, mais le rapport n’est lui-même pas dépourvu de biais.

      Il s’appuie en effet sur une comparaison internationale des performances, un « benchmark », qui ne s’appuie que sur cinq pays occidentaux : le Canada, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l’Allemagne et la Suisse.

      Le tableau comparatif ne comporte aucun pays d’Asie, zone pourtant confrontée au premier chef par l’épidémie de Sras en 2003-2004. Aujourd’hui, les données montrent que la Corée du Sud, Taïwan, Singapour, le Japon et même la Chine savent bien mieux répondre à la crise que les pays choisis par le sous-groupe d’experts.

      Le compte rendu de l’audition du Pr Fabrice Carrat est en cela révélatrice. S’il estime, au regard d’un faible corpus d’études, que « peu d’éléments factuels permettent d’affirmer que le masque est une protection très efficace dans la communauté » [l’ensemble de la population, NDR], il observe aussi que « le port du masque n’est pas culturellement admis en Europe, contrairement à ce qui est observé en Asie ».

      Notre #prophylaxie déficiente nous mène au confinement

      « L’adoption du masque diffère donc de façon très significative suivant les zones géographiques, contrairement à l’utilisation de la solution hydro-alcoolique qui est désormais mieux admise en communauté, poursuit-il. De ce fait, les recommandations devront être assorties de mesures sociales en vue d’inciter les personnes à rester à leur domicile. »

      En d’autres termes, notre prophylaxie déficiente et en particulier l’absence de campagne de prévention nous mène au confinement. Avec son cortège de défaillances économiques.

      Une étude portant sur ces différences culturelles rapidement balayées aurait-elle permis d’adapter nos méthodes ? Les experts insistent sur « l’impérieuse nécessité de communication et de pédagogie coordonnée, à destination du grand public ».

      L’intégration de spécialistes des sciences humaines et sociales dans le groupe d’experts aurait-elle corrigé cet angle mort ? On peut l’imaginer.

      Quoi qu’il en soit, il est surtout permis de douter des capacités du gouvernement à en tenir compte. Jean-Paul Stahl se demande lui-même dans Le Canard Enchaîné du 25 mars si son rapport « n’a pas servi à caler une table au ministère ». Le dogme libéral dominait toujours jusqu’au déclenchement de « la plus grave crise sanitaire qu’ait connu la France depuis un siècle ». Parole de président.

      https://ladeviation.com/agiter/rapport-masques-coronavirus-2019

  • La crise du coronavirus au Royaume-Uni « durera jusqu’au printemps 2021 et 7,9 millions de personnes pourraient être hospitalisées »
    https://www.les-crises.fr/la-crise-du-coronavirus-au-royaume-uni-durera-jusqu-au-printemps-2021-et-

    Source : The Guardian, Denis Campbell, 15-03-2020 Exclusif : Un document de la santé publique anglaise consulté par le Guardian indique que quatre personnes sur cinq « devraient » contracter le virus Une infirmière du NHS [Le National Health Service est le système de la santé publique du Royaume-Uni – NdT] tenant un kit de dépistage du coronavirus dans un site de dépistage du coronavirus sur un parking le 12 mars 2020 à Wolverhampton. Photographie : Christopher Furlong/Getty ImagesL’épidémie de coronavirus au Royaume-Uni durera jusqu’au printemps prochain et pourrait entraîner l’hospitalisation de 7,9 millions de personnes, révèle un document secret de Public Health England (PHE) [agence exécutive du département de santé – NdT] destiné aux hauts fonctionnaires du NHS. Dans ce document, dont le Guardian (...)

  • Coronavirus : Pourquoi il faut agir immédiatement | Tomas Pueyo (traduction collaborative en cours) - Google Docs
    https://docs.google.com/document/d/1m7jB9dE5WCjc3Cke1NkM2rEvpcxck9n_lxJlhSaYQbY/edit#

    Voici les questions que je vais aborder dans cet article, enrichi de nombreux graphiques, données et modèles provenant de multiples sources : Combien de cas de coronavirus allez-vous avoir dans votre région ? Que va-t’il se passer lorsque ces cas vont être avérés ? Que devriez-vous faire ? Et quand ? Source : Relevé sur le Net...

    • la même approche faite par des chercheur·es en épidémio (ça donne les même résultats mais encore plus flippant/convaincant)
      https://www.theguardian.com/world/2020/mar/11/research-finds-huge-impact-of-interventions-on-spread-of-covid-19

      if the interventions could have been brought in a week earlier, 66% fewer people would have been infected, the analysis found. The same measures brought in three weeks earlier could have reduced cases by 95%.

      The study suggests it was crucial to move fast with the interventions China used to contain the outbreak. If testing, isolation and travel bans were brought in one, two or three weeks later than they were, the number of cases could have rocketed three, seven and 18-fold respectively.

    • Je trouve ce débat intéressant. Nicolas Martin a raison de soulever des points effectivement problématiques dans cet article (et pourquoi pas dans le pédigree de son auteur, personnellement je ne suis pas allé chercher de poux dans la tête de ce Martin), mais il dit ça mais d’une manière cassante et supérieure qui n’aide pas vraiment (sur une chaîne qui programme Finkielkraut, un peu d’humilité ne serait pas superflue). Et quand ton argument c’est « déjà le ton », bon…

      Mais par ailleurs, sur le plan des données et des extrapolations, l’article de Pueyo n’est pas pire ou moins informé que beaucoup d’articles de presse (et de loin). Si on regarde un peu les différents modèles élaborés par divers scientifiques, on voit qu’il y a énormément de scénarios, avec des ordres de grandeur très variés car il y a tant d’incertitudes, mais en général assez catastrophistes.

      L’article de Pueyo est certes « alarmiste », au sens où il est dans la tranche haute très haute des courbes, et on l’espère (et on prie toutes les Vierge Marie de Nice et d’ailleurs), infondé. Le 13 mars, valait-il mieux avoir tort avec Pueyo que tort avec Macron-allez-y-les-petits-vieux-allez-voter ?

      PS : Le papier de Martin oublie toute une partie de l’article de Pueyo, qui donnait aussi un moyen d’évaluer le risque d’une réunion de x personnes dans une population où on sait qu’il y a eu n morts. Et ça c’était utile, et pas aberrant ni dans l’intention, ni dans la méthode proposée. On aurait aimé avoir ces conseils à la radio, plutôt qu’un « éloge du déni » (chronique de février sur FC).

      Sur la traduction collaborative, les traducteurs avaient déjà signalé :

      ATTENTION : l’auteur de ce texte n’est pas virologue, et certains de ses calculs ont été critiqués. Il porte aussi une position que certains, y compris parmi les traducteurs en Français, ont trouvée polémique. Il nous a néanmoins paru suffisamment stimulant pour mériter d’être traduit.

    • We’re Reading the Coronavirus Numbers Wrong - The New York Times
      https://www.nytimes.com/2020/02/18/opinion/coronavirus-china-numbers.html

      Some of the reporting has amounted to a set of contradictory pronouncements, confusing at best. Journalists could display more critical distance and a modicum of skepticism toward the data they relay, instead of turning the media coverage into a hall of mirrors.

      (encore un article scientifique rubriqué « Opinion »)

    • oui moi j’ai lu l’article de Pueyo avec la mise en garde des traducteurs, et les commentaires sur l’article d’origine (après quand t’es pas toi-même fort en maths, que t’as pas les compétences ou le temps de t’assurer du sérieux des graphes présentés, faut dire que voir qui parle inspire pas spécialement confiance)

    • La suite :
      https://medium.com/@tomaspueyo/coronavirus-the-hammer-and-the-dance-be9337092b56

      avec quelques erreurs qui me sautent aux yeux : il parle du président de l’Espagne, il dit qu’en France les loyers ont été supprimés (sans préciser que c’est uniquement … pour certaines entreprises)…

      Et de nouveau des projections très « alarmistes » (et donc crédibles hélas vu le train où ça va).

      Quant à la scientificité là aussi il va se faire taper sur les doigts ; il y a même un graphe qui dit :

      This chart is made up because it doesn’t exist today. Nobody has done enough research about this or put together all these measures in a way that can compare them.

      Mais ce qui est très positif dans cet article c’est, encore une fois, qu’il décrit et agence les enchaînements de causes et conséquences d’une façon très claire, en tenant compte des connaissances « grand public » qu’on trouve ici et là.

      Ça n’est pas super contrôlé, mais ça donne un récit plus ou moins cohérent qui aide à réfléchir aux options, y compris à ne pas être d’accord avec la stratégie qu’il suggère d’un tableau de bord coût/efficacité de mesures de confinement différenciées. C’est de la prospective-science-fiction.

    • C’est là que vous pouvez voir l’impact massif de politiques comme celles de Singapour ou de la Corée du Sud :

      – Si les personnes sont soumises à des tests massifs, elles peuvent être identifiées avant même d’avoir des symptômes. Quarantaine , Ils ne peuvent pas se propager quoi que ce soit .
      – Si les gens sont formés pour identifier leurs symptômes plus tôt, ils réduisent le nombre de jours en bleu, et donc leur contagiosité globale
      – Si les personnes sont isolées dès qu’elles présentent des symptômes, les contagions de la phase orange disparaissent.
      – Si les gens sont éduqués sur la distance personnelle, le port de masque, le lavage des mains ou la désinfection des espaces, ils propagent moins de virus tout au long de la période.

      Voila, voila, à l’encontre total de ce que les politiques en France préconisent. Est-ce faute d’avoir dépensé plus en LBD contre la population et les soignants que pour des masques ?

  • Cette maison de retraite constitue le foyer du coronavirus de Washington. Voici ce qu’un des premiers intervenants y a vu
    https://www.les-crises.fr/cette-maison-de-retraite-constitue-le-foyer-du-coronavirus-de-washington-

    Source : CNN, Jake Tapper, 08-03-2020

    (CNN) –Lorsque les premiers intervenants se sont rendus la semaine dernière dans une maison de retraite durement touchée de l’État de Washington, l’épicentre de l’épidémie nationale de coronavirus, ils ont trouvé un établissement en sous-effectif avec un équipement inadéquat qui essayait de secourir des dizaines de patients vulnérables à l’infection par le virus. Seuls trois membres du personnel se sont présentés au Life Care Center de Kirkland, Washington, entre mardi soir et mercredi matin pour servir environ 90 résidents, a déclaré à CNN un premier intervenant au fait de la situation. Cependant, ni le département de la santé du comté de King ni les centres de contrôle et de prévention des maladies n’ont envoyé de personnel jeudi pour apporter leur aide – bien que cela (...)