LieuxCommuns

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  • Revue de presse « normale » du 10.02 au 16.02.19
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Contre le Petit Mouton et son Monde

    Aide française au développement : vers une hausse inédite des crédits

    Nous avons rencontré Marcel Gauchet

    L’État coule le transport fluvial

    Algérie : des femmes en campagne contre le port du voile

    Ce que la Ligue du LOL nous dit de notre monde

    « Les Gilets jaunes représentent la France des catégories populaires et des petits salaires »

    Pourquoi la technologie n’est pas démocratique et comment peut-elle le devenir ?

    Exodus, de Paul Collier

    « L’idée de l’oppositionentre un centre et laprovince ne s’affirme que sous Louis XIV »

    « En Belgique, l’immigration est subie et l’intégration, ratée »

    Le chaos moyen-oriental

    Bonus

    (...la suite...)

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  • Qu’est-ce que l’Occident ? (1/2)
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Qu-est-ce-que-l-Occident

    Recension de Qu’est-ce que l’Occident ? de Philippe Nemo [2004] Puf 2016 La question de la définition de l’Occident, de sa nature, de son #Histoire, de ses valeurs, de sa singularité, bref de sa quiddité, s’est imposée – ou plutôt rappelée à nous – depuis deux ou trois décennies par plusieurs voies. La question de l’Occident La première est ce que l’on appelle la « mondialisation », c’est-à-dire d’abord la fin de la rivalité Est-Ouest puis le regain des identités non-occidentales et l’émergence d’un monde (...)

    #Notes_de_lecture

    / #Lieux_Communs, Histoire, #Géopolitique, #Politique, #Religion, #Relativisme, #Article, #Grèce, (...)

    #Revolution


  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    « Gilets jaunes » : un antisémitisme imaginaire ?

    « Gilets jaunes » : à La Réunion, le mouvement a été « pire qu’un cyclone »

    La voie de l’épée : Le mouvement des Gilets jaunes comme conflit asymétrique

    « Gilets jaunes » : les effets du conflit secteur par secteur

    Gilets jaunes et manipulations étatiques de la violence : une vieille histoire

    « Les gilets jaunes, symptôme d’un peuple qui refuse un monde en perpétuelle accélération »

    Attentat de Strasbourg, mort de Lady Di, grand remplacement : les « gilets jaunes » plus perméables que la moyenne aux théories du complot

    Grand débat : la « parole libérée », ce n’est pas pour les Français...

    « Gilets jaunes » : les grandes villes demandent une « réunion d’urgence »

    « Gilets jaunes » : les grandes villes demandent une « réunion d’urgence »

    « Les gilets jaunes sont des êtres substituables »

    Lyon : affrontements entre groupuscules dans le cortège des “gilets jaunes”

    (...la suite...)

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  • Le pur et l’impur
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?754-le-pur-et-l-impur

    Chapitre éponyme du #Livre de P. Nemo « La régresison intellectuelle de la France », Texquis, 2011, pp. 77-87. Ce qui frappe en effet dans la police des idées qui a été mise en place depuis quelques années en France, c’est son caractère crypto-religieux. Aux personnes qui énoncent des faits et arguments au sujet de l’immigration, des mœurs familiales et sexuelles, de l’école, de la sécurité, de la #Politique pénale, des politiques sociales, de la fiscalité, etc., n’allant pas dans le sens de l’orthodoxie (...)

    #Les_fausses_subversions

    / Nemo P., #Psycho-sociologie, Politique, #Gauchisme, #Progressisme, Livre, #Immigration, #Parti_médiatique, (...)

    #Nemo_P. #Totalitarisme

    • Un extrait d’un livre de Philippe Nemo, néoconservateur notoire.

      La publication sans commentaires de l’extrait en question laisse une porte de sortie : on peut toujours prétendre le glisser comme pièce apportée au débat...

    • Lorsque les croyances collectives sont en jeu, les individus n’ont pas le réflexe de chercher à penser par eux-mêmes et de se forger leur propre opinion en examinant la réalité objectivement, indépendamment du jugement des autres. Leurs idées sont le fruit de l’imitation craintive d’autrui.

    • « Voilà un passage qui décrit parfaitement la mécanique de la dérive sectaire »

      C’est ce qui est fait sur l’entièreté du texte. N’est-ce pas suffisant pour « prétendre le glisser comme pièce apportée au débat » ?

      Pour répondre à la question directement : Je n’ai pas choisi le texte. Je le découvre dénigré sur sa provenance et non sur son fond donc je remets en avant le fond.

      Alors, doit-on nous passer des analyses de Bernanos (royaliste d’extrême-droite), Weil (nationaliste catho), Ellul (protestant).. J’entends certains penser « je ne les lirait jamais ». « L’ignorance c’est la force » aurait dit Orwell (franchement homophobe ce mec d’ailleurs.)

      Il me semble qu’un « naufrage » intellectuel est d’avantage dans la résignation : à voir se développer la mécanique sectaire et s’acculturer volontairement que dans une recherche de ce fut-elle par des chemins impurs de la vérité.

    • Si vous pensez que le texte de Nemo permet d’éclairer notre époque avec le même intérêt que ceux de Weil ou Ellul, et que de plus ni les uns ni les autres ne nécessitent de commentaires (y compris sur leurs « provenance »), alors la discussion s’arrête là, justement sur la bifurcation dans la dérive sectaire.

    • Oui, la discussion semble s’arrêter avant d’avoir commencé. Le sous-texte semble être « je ne parle pas aux fafs ».
      Cela dit. J’ai repensé à votre phrase dans les transports. Je la décompose façon technicien qui voyage en absurdie.

      Si vous pensez que :

      1) « le texte de Nemo permet d’éclairer notre époque avec le même intérêt que ceux de Weil ou Ellul »

      La technique est celle de « l’homme de paille » travestir ma position en une autre, plus facile à réfuter ou à ridiculiser.

      Cf. Item n°10
      https://cortecs.org/materiel/moisissures-argumentatives

      Réponse :
      a) Nemo je ne connais pas du tout (et a priori je m’en fout). Je ne parle que de ce texte.
      b) Je n’ai pas comparé Nemo et Weil/Ellul par rapport au niveau de l’intérêt mais par rapport à leurs « impuretés » (un comble de qualifier ainsi S.Weil)

      2) "et que de plus ni les uns ni les autres ne nécessitent de commentaires (y compris sur leurs « provenance »)"

      Je ne me suis pas non-plus prononcé sur le sujet (cf. homme de paille) passons. Y a aussi du fond dans cette question. Voir même une proposition peut-être à Lieux Commun ?
      – Mettre un CV idéologique des auteurs
      – Lister le pts de désaccord sur tous les points
      => Ceci à faire avant chaque publication d’article.
      // Mais, je doute que ça suffise pour sortir rescapé du « naufrage » //

      3) « alors la discussion s’arrête là, justement sur la bifurcation dans la dérive sectaire. »

      Alors là le fond n’est pas clair. Je suis obligé d’extrapoler. Comme je ne veux pas retomber moi même dans le piège de l’homme de paille, je suis obligé de supposer :

      a) Que c’est nous qui bifurquons dans une dérive sectaire (et pas vous).

      b) Que si 1) et 2) sont vrai alors y a dérive sectaire.

      Réponse :
      Sur le fond c’est un peu comique (puisque publier un article contre les dérives sectaires c’est une dérive sectaire) mais admettons :
      Certes vous n’avez pas dit ça mais ça renvoie vers ces 2 pensées :

      >> Si nous nous intéressons plus aux fond qu’aux provenances des textes nous sommes sectaire. Je pense l’inverse. Je trouve ça illogique.

      Plus réaliste.
      >> Trahir son « camps » (celui les gauchistes) c’est s’exclure soi-même du parti (du bien). Donc se prendre les foudres des gardiens (auto-proclamés) du temple. Donc se condamner à être un paria. L’excommunié se retrouve donc condamné à recréer sa petite secte. Ça me fait penser au trotskistes de LO qui se sont enfoncé dans le sectarisme pour éviter de se faire tabasser par les staliniens de l’époque.
      Sur ce dernier point je suis d’accords avec vous ; la discussion est fini :

      « n’allant pas dans le sens de l’orthodoxie régnante, on n’oppose pas d’autres faits ou d’autres arguments, mais une fin de non-recevoir. On ne veut pas discuter avec elles, on veut qu’elles disparaissent purement et simplement de l’espace public. On veut que la société soit purifiée de leur présence »

      Finalement ce petit texte apporte pas mal au débat.

    • >> Si nous nous intéressons plus aux fond qu’aux provenances des textes nous sommes sectaires. Je pense l’inverse. Je trouve ça illogique.

      Ouais... Et en même temps, est-ce que la logique, c’est pas un peu un truc de blancs cishet phallo-occidentalo-capitalisto-centré, tu vois ? Le fascisme, en fait, c’est quand on ne peut plus raconter n’importe quoi. Du coup... Tu serais pas un peu #facho @aktivulo1 ?


  • Revue de presse « normale » du 03.02 au 09.02.19
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Réforme de l’islam : la guerre des chefs

    Transition énergétique : le nucléaire capte la moitié des dépenses publiques en R&D

    La Chine veut promouvoir un modèle degouvernance alternatif à celui des Occidentaux "

    Pic pétrolier probable d’ici 2025, selon l’Agence internationale de l’énergie

    Ces musulmanes qui osent retirer le voile

    Comment Internet a bouleversé la manière de se forger une culture politique

    L’Afrique du Sud face au déclin constant du secteur minier

    Argenteuil, Rennes, Lunel… Les 17 nouveaux « quartiers de reconquête républicaine »

    Interdiction de l’avion, couvre-feu thermique… le scénario noir pour vraiment limiter le réchauffement climatique

    En Afrique, la corruption sape les bases de la démocratie

    “Taxe attentats” : pourquoi elle a de fortes chances d’augmenter

    Les 5 chiffres clés de l’immigration en Ile-de-France

    Bonus

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  • Quand la terre brûle dans la zone
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?366-Quand-la-terre-brule-dans-la-zone

    Chapitre 10 du #Livre d’Alexandre Soljenitsyne « L’archipel du Goulag » (Tome III, 1973), que Claude Lefort considérait comme aussi édifiant que les récits de l’insurrection de la Commune de Paris de 1871. Non, si l’on doit s’étonner de quelque chose, ce n’est pas de l’absence de révoltes et de soulèvements dans les camps, c’est qu’il y en ait tout de même eu. Comme tout ce qui est indésirable dans notre #Histoire, autrement dit les trois quarts de ce qui s’est vraiment passé, ces révoltes ont été à leur tour (...)

    Expériences pratiques : Les leçons du passé

    / #Paléo-marxismes, Histoire, #Totalitarisme, Livre, Soljenitsyne A., #Émeutes, (...)

    #Expériences_pratiques_:_Les_leçons_du_passé #Soljenitsyne_A. #Revolution


  • Revue de presse continue spéciale gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Les gilets jaunes sont avant tout en mouvement

    « Je viens manifester pour le pouvoir de vivre. Vous comprenez, le pouvoir de vivre ! »

    Gilets jaunes à Toulouse : un membre de l’Observatoire des pratiques policières blessé en pleine manifestation

    Liberté de la presse, de manifester, de l’action syndicale : l’inquiétante dérive autoritaire de Macron

    Comment les médias ont détourné les « revendications » des gilets jaunes

    Puy-de-Dôme : les gilets jaunes se mobilisent en faveur de l’écologie à Thiers

    Les « gilets jaunes », une transition populiste de droite

    « Gilets jaunes » à Perpignan : Excédé, le monde économique pose un ultimatum au préfet

    Lanceurs de balles de défense : urgentistes et chirurgiens décrivent les blessures

    Honfleur : les gilets jaunes prennent leurs quartiers d’été sur le Plateau

    Christophe Guilluy : « Les Gilets jaunes ont gagné la bataille, les élites ne pourront plus faire comme si cette France n’existait pas »

    Valence : Deux gilets jaunes condamnés à une amende avec sursis pour détention de produits explosifs

    (...la suite...)

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  • Revue de presse « normale » du 27.01 au 02.02.19
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Algérie : le jour où les « Afghans » sont rentrés

    Pourquoi je quitte la France Insoumise

    Bilan du dédoublement des CP/CE1 : positif dans les classes concernées, mais les autres souffrent

    « Théories décoloniales » : un professeur de Limoges conteste son « exclusion » en justice

    La technocratie macronienne, du rêve de l’administration des choses au cauchemar populiste

    Musée juif de Bruxelles : le dossier volé chez un avocat en plein procès

    Lettre d’une mère d’élève

    « L’intolérance s’enracine dans les corps »

    RDC : l’ONU sollicitée pour « contrecarrer » un projet de déstabilisation du Rwanda

    Laurent Bouvet : « Prétendre que la loi de 1905 est libérale, c’est une fable »

    Mise en garde d’un homme de gauche contre la censure qu’exerce la gauche

    Les Etats-Unis fabriquent une mini-bombe nucléaire

    Bonus

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  • Putsch gauchiste à Commercy
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Putsch-gauchiste-a-Commercy,964

    Les 26 et 27 janvier 2019 s’est déroulée « l’assemblée des assemblées » à Commercy (Meuse), censée regrouper les mandatés des toutes les assemblées de gilets jaunes de France. Il s’agissait donc d’un embryon de structuration sur des principes d’auto-organisation d’un mouvement atypique né il y a plus de deux mois et demi sur les rond-points et qui réussit pratiquement à échapper à toute #Récupération #Politique et idéologique. Mais aucun observateur depuis une semaine ne semble surpris du virage opéré à (...)

    #Analyses

    / #Lieux_Communs, Politique, Gilets jaunes (2018-2019), #Gauchisme, #Paléo-marxismes, #Avant-gardisme, #Compte-rendu, #Assemblée, #Démocratie_directe, #Institutionnalisation, #Immigration, (...)

    #Gilets_jaunes_2018-2019_
    https://fr.scribd.com/document/398246816/Synthese-Des-Revendications-Des-Groupes-Locaux-AdA-GJ-Commercy-26-27-Janv
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2019/01/28/97001-20190128FILWWW00094-melenchon-l-assemblee-des-assemblees-l-initiative


  • Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/01/26/apres-dix-semaines-de-mobilisation-comment-la-police-analyse-le-mouvement-de

    Semaine après semaine, ils ont été au contact des « gilets jaunes », ils ont coordonné le maintien de l’ordre ou ils ont bénéficié des remontées d’information des services de renseignement : alors que l’acte XI de la protestation doit avoir lieu samedi 26 janvier, Le Monde a interrogé des policiers, des gendarmes, des préfets pour comprendre les tendances de fond qui structurent depuis novembre 2018 ce mouvement inédit.

    Au-delà des analyses sociologiques et des chiffres de la mobilisation – imprécis et épars par nature –, nous avons cherché à identifier les grands pôles géographiques du mouvement et les différentes logiques de rassemblement à l’œuvre sur le territoire. Nous avons croisé le regard de gardiens de la paix proches du terrain, d’officiers issus de la hiérarchie intermédiaire, ou de fonctionnaires aux plus hautes responsabilités. Seules les sources syndicales ont toutefois pu être citées nommément, devoir de réserve oblige.

    Deux mouvements parallèles : un la semaine, un le week-end

    De l’avis unanime de nombreuses sources, deux mobilisations parallèles coexistent un peu partout en France, depuis le début du mouvement des « gilets jaunes », le 17 novembre 2018 : la première, la semaine, sur les ronds-points, avec des revendications très sociales ; la seconde, chaque samedi, lors des manifestations, avec des mots d’ordre beaucoup plus antisystème.

    Néanmoins, la mobilisation en semaine, sur les ronds-points, symbole politique initial du mouvement, a fortement évolué ces dernières semaines. « La bascule a été constatée après les fêtes de Noël », précise un fonctionnaire. Les annonces du chef de l’Etat le 10 décembre sur le pouvoir d’achat ont satisfait une partie du mouvement. Les manifestants ont aussi, en parallèle, été progressivement évacués par les forces de l’ordre en raison du caractère illégal de leur occupation. La mobilisation s’est donc reportée sur les rassemblements du week-end, dans les villes.

    Un certain nombre de « gilets jaunes » ont par ailleurs quitté les ronds-points, mais sont allés occuper des terrains de collectivités locales ou de particuliers ayant décidé de les soutenir. Ces « points de fixation », comme les appellent désormais policiers et gendarmes, sont très éparpillés. Ils réunissent un petit nombre de personnes et demeurent essentiellement le fait d’individus en recherche de lien social, parmi lesquels de nombreux retraités, affirme un haut gradé.

    A Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), par exemple, vingt à trente « gilets jaunes » qui étaient les plus engagés se sont installés sur un terrain privé, à une centaine de mètres d’un rond-point d’accès à l’autoroute A51, qu’ils avaient occupé presque sans discontinuer du 17 novembre au 7 janvier, selon Guillaume Ryckewaert, secrétaire national du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI). Des ronds-points ou des sorties d’autoroute sont encore occupés régulièrement dans le reste du département et il y a parfois des opérations « péage gratuit », à Peyruis et à Sisteron, avec dix ou vingt manifestants.

    Une protestation rurale qui s’est étendue aux villes petites et moyennes

    A l’origine, le mouvement des « gilets jaunes » part du monde rural. Faute de transports publics, la contestation de la hausse des taxes sur les carburants envisagée à l’automne par le gouvernement y a en effet trouvé un écho particulièrement fort. Mais, au fil des semaines, dans de nombreux départements, les forces de l’ordre ont constaté un report progressif de la mobilisation sur les petites et moyennes villes, avec une extension du conflit à des personnes issues du tissu périurbain.

    « De façon générale, la mobilisation parisienne a servi de prise de conscience, puis il y a eu un report sur la province », confirme un haut responsable de la sécurité intérieure.

    Dans l’Est, par exemple, les grandes villes, comme Besançon, Strasbourg, Metz, ou Reims, sont restées plutôt à l’écart de la crise des « gilets jaunes ». Des tensions sont bien progressivement apparues à Mulhouse. Mais elles sont restées très inférieures à ce qu’ont connu de plus petites villes comme Bar-le-Duc, Dole, Forbach et Thionville, dont certaines sont très paupérisées et marquées au fer rouge par la désindustrialisation. Charleville-Mézières en particulier, a été confrontée à plusieurs épisodes de violences urbaines. Cette montée des tensions tiendrait notamment aux effectifs de police et de gendarmerie. A l’exception de la Moselle, les départements de la région sont moins bien dotés pour faire face à des événements impromptus.

    Dans ce paysage, Nancy, qui est un grand pôle urbain, fait figure d’exception. Les violences ont débuté dès le 17 novembre 2018 et ont eu lieu ensuite chaque week-end. Le 22 décembre 2018, quelque 2 000 manifestants se sont rassemblés, et des fusées de clous et de billes ont été jetées sur les forces de l’ordre. Cette exception nancéienne pourrait s’expliquer par la position centrale de l’agglomération : une ville entourée de territoires plus enclavés, comme la Meuse ou les Vosges, d’où sont venus une partie des manifestants. Cette « régionalisation » du mouvement façon vases communicants a surtout été constatée dans l’Est à partir du 5 janvier.

    Beaucoup de régions ont aussi observé un afflux de manifestants qui avaient initialement pris l’habitude de venir à Paris. Des personnes motivées à l’idée d’agir désormais plus localement, ou contraintes financièrement. Ainsi les autorités ont constaté des niveaux de mobilisation baissant par endroits, tandis que d’autres villes ont pris le relais, comme Nantes ou Rennes, entrées dans le mouvement plus tardivement.

    Toulouse et Bordeaux : deux exceptions épicentres des violences

    Si, en région, les petites et moyennes villes concentrent désormais la mobilisation et les dérapages, deux métropoles échappent aujourd’hui à cette règle : Toulouse et Bordeaux. Les forces de l’ordre sont certes habituées à la « tradition contestataire » d’extrême gauche de la première. Toulouse attire, qui plus est, tous les manifestants des villes lui étant périphériques ainsi qu’un certain nombre de jeunes issus des quartiers sensibles comme le Mirail. Mais le niveau de violence qui se cristallise inquiète désormais au plus haut niveau. Chaque samedi, la mobilisation toulousaine se scinde généralement en deux, avec d’un côté l’action des « gilets jaunes » « classiques », et en deuxième rideau, un « sur-appel à manifester » de l’extrême gauche, qui se prolonge parfois très tard dans la nuit.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : « Un terreau contestataire » fait de Toulouse une « capitale de la colère jaune »

    A Bordeaux, davantage connue pour son flegme bourgeois que pour ses éruptions de fureur, la récurrence des dégradations a davantage surpris les autorités. Le scénario se répète inlassablement chaque semaine depuis le 1er décembre. Le nombre de « gilets jaunes » ne faiblit pas et « pourrait continuer d’augmenter », anticipe même un haut gradé : ils étaient encore 4 000 pour l’acte X, samedi 19 janvier.

    Parmi les casseurs récurrents identifiés par la police, les plus actifs sont les groupes d’extrême gauche, antifascistes et black blocs. Les interpellations montrent que Bordeaux agit comme un aimant pour tout le Sud-Ouest. La plupart des manifestants ne sont pas bordelais et viennent plutôt des départements alentour : des Landes, de Dordogne, de Charente-Maritime, et même des Pyrénées-Atlantiques, à deux ou trois heures de voiture.

    « Chaque fois, c’est pareil, raconte un policier spécialisé dans le maintien de l’ordre en Gironde. Ils se regroupent, ils défilent, en passant par les quartiers les plus favorisés, et vers 17 heures, à la tombée de la nuit, les plus violents arrivent place Pey-Berland, où se situe la mairie. Ils font face aux forces de l’ordre et se mettent à tout dégrader. Ils s’attaquent à ce que représente la ville : un centre riche, entièrement rénové et un maire, Alain Juppé, qui a soutenu Macron. »

    Bordeaux, symbole parfait d’un affrontement de classes qui sous-tendrait le mouvement des « gilets jaunes » ? « L’exclusion, ces dernières années, des petites et moyennes classes sociales a contribué à un sentiment antibourgeois qui se caractérise de temps à autre par des réflexions faites aux habitants aisés du centre de l’agglomération », note un officier de police, pointant les loyers devenus inaccessibles pour les salaires moyens, notamment sous l’effet de l’arrivée, à l’été 2017, de la ligne à grande vitesse, qui place désormais la ville à seulement deux heures en train de Paris.

    Le Sud plus agité que le Nord

    Même si certains militants « gilets jaunes » s’y essayent, difficile d’établir une cartographie très précise du mouvement, aux yeux de nombreuses sources policières. Seule chose évidente : de façon globale, la mobilisation apparaît nettement plus forte dans le sud de la France qu’au nord. Ainsi serait en train de se former une sorte d’arc méditerranéen très virulent, allant des « contreforts pyrénéens à la vallée du Rhône », en passant par Tarbes, Perpignan, Narbonne, Montpellier, Nîmes et Avignon, résume Christophe Rouget, secrétaire général adjoint du SCSI.

    Une mobilisation parfois violente, qui peut passer inaperçue dans les médias, regrettent certains fonctionnaires. Comme à Nîmes, le 12 janvier, où se sont rassemblés tous les « gilets jaunes » d’Occitanie, soit plus de 1 250 manifestants dont 250 motards. Beaucoup de dégâts matériels ont été à déplorer, notamment sur des banques. C’est dans la région qu’a aussi eu lieu, dans la nuit du 18 au 19 décembre 2018, le spectaculaire incendie de la barrière de péage d’Agde-Bessan (Hérault) sur l’A9. Depuis, plus de 45 personnes ont été interpellées, 18 ont été mises en examen et 12 placées en détention provisoire.

    A l’inverse, le nord de la France, et plus précisément la région des Hauts-de-France, qui cumule sur le papier tous les indicateurs socio-économiques de précarité, apparaît plus en retrait du mouvement. Même si la mobilisation n’y est pas absente – des rassemblements ont lieu régulièrement à Calais (Pas-de-Calais), Laon ou Soissons (Aisne) – « le Nord bouge moins que ce que l’on pouvait imaginer, il y a une forme de “paradoxe” du Nord », confirme David Le Bars, secrétaire général du Syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN). « A Amiens, il y a eu deux ou trois manifestations dures, mais depuis, c’est le retour à la normale. »

    Le calme de Roubaix apparaît aussi comme une curiosité à de nombreux observateurs. Ils n’étaient qu’une quinzaine de « gilets jaunes », le 1er décembre, pour leur premier rassemblement… Deux hypothèses pourraient expliquer ce constat, aux yeux d’un cadre des services de renseignement. D’abord le fait que le département du Nord soit globalement assez urbain. Seconde explication possible selon lui : la précarité y est telle que les aides sociales peuvent jouer un rôle d’amortisseur. Le mouvement des « gilets jaunes » demeure majoritairement le fait d’actifs issus de la classe moyenne inférieure.

    Une mobilisation qui demeure très « sporadique »

    S’il donne l’impression d’une grande continuité depuis le début, le mouvement des « gilets jaunes » se traduit localement par un aspect très sporadique et une forte éruptivité. Certaines villes sont ainsi apparues dans les radars des autorités, avec parfois de soudains pics de violences, comme à Saint-Etienne, puis ont disparu, sans véritables explications. A l’ouest, des villes comme Tours, Le Mans, Caen ou Quimper font parler d’elles seulement depuis peu.

    Au Puy-en-Velay, l’attaque de la préfecture le 1er décembre a ainsi laissé de profondes traces. « On ne comprend toujours pas ce qu’il s’est passé, raconte un officier de police local. On s’était préparé pour du maintien de l’ordre, mais on a eu une scène de guérilla urbaine. Et en face de nous, on avait nos voisins ! Il y avait quelques mecs d’extrême gauche et d’extrême droite, mais c’était surtout des quidams, des gens modestes venus de la campagne environnante. Il y a eu un effet de meute, un peu d’alcool aussi sans doute, mais ça ne justifie pas tout. »

    La ville, qui a reçu des renforts en gendarmerie mobile importants par la suite, n’a plus connu de tels épisodes depuis. Les manifestants n’étaient plus que 200 à 300 pour l’acte X, le 19 janvier, alors qu’ils étaient 4 000 le 1er décembre 2018. Les groupuscules des extrêmes se sont eux déplacés dans d’autres villes. « Dans cette région où on a besoin de la voiture pour vivre, la revendication sur les carburants était légitime, mais maintenant il y a une lassitude, sans compter les dégâts économiques pour les commerçants », explique ce policier.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Au Puy-en-Velay, des « gilets jaunes » écœurés mais combatifs après l’incendie de la préfecture

    L’ultragauche et l’ultradroite, plus aiguillons que moteurs

    Depuis le début du mouvement, les groupes d’ultragauche et d’ultradroite sont visibles dans la plupart des rassemblements qui dégénèrent. Parfois, ils s’affrontent aussi entre eux. Le matin du 1er décembre, jour de l’apogée des violences à Paris, des militants d’extrême droite ont ainsi été vus en train de monter une barricade dans une avenue voisine de l’Arc de triomphe, tandis que des profils identifiés à l’extrême gauche tenaient le pavé sur le terre-plein central. Au fil des week-ends, ces individus se sont toutefois éparpillés sur le territoire, notamment à Nantes, Toulouse et Dijon – où existe un foyer anarchiste historique.

    A Rennes, ville habituée aux soubresauts avec un fort noyau d’extrême gauche, le mouvement des « gilets jaunes » s’est ainsi déroulé dans le calme, les premiers temps. « Ça ne s’est radicalisé que depuis quinze jours, constate David Leveau, secrétaire régional Unité SGP Police FO, l’un des principaux syndicats de gardien de la paix. On a vu ressortir les nids d’ultragauche et les black blocs, alors qu’ils ne se mêlaient pas aux “gilets jaunes” au début. » Les revendications liées au prix des carburants ne correspondaient pas à leur logiciel idéologique, note une source policière haut placée, qui estime que leur ralliement au mouvement est un effet d’opportunité.

    Une évolution sur le terrain dont témoigne aussi un policier de la brigade anticriminalité (BAC) : « Au départ, pendant les premiers samedis, c’était plutôt calme, on avait des contacts avec les manifestants, il y avait même un dialogue : ça nous a surpris vu le climat habituel à Rennes. Mais, maintenant, il y a une montée en puissance de la violence, avec des groupes d’extrême gauche virulents qui profitent de ça pour foutre le bordel. Ils viennent au contact, caillassent et vont se réfugier dans la foule en mettant des gilets jaunes. »

    Une radicalisation préoccupante d’une partie des manifestants

    La polémique sur les violences policières et l’usage du lanceur de balle de défense 40 mm (LBD 40) a également accentué les heurts sur le terrain, témoigne le même policier de la BAC à Rennes : « La violence augmente contre nous parce qu’il y a eu des blessés graves. Il y a beaucoup de “gilets jaunes” qui ont l’impression de ne pas être entendus ou d’être victimes d’interventions policières qu’ils ont du mal à comprendre. Alors ils s’en prennent à des organismes représentant l’Etat, à l’immobilier qui incarne la richesse ou à l’institution police. »
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    Une contestation de l’action des forces de l’ordre qui touche l’ensemble du pays, même dans les zones n’ayant eu à déplorer aucune violence, ni d’un côté ni de l’autre. En Ardèche, par exemple – « où aucune grenade lacrymogène n’a été tirée depuis le début du mouvement », d’après une source policière –, le mouvement, principalement animé par des retraités, s’est durci, rapporte un gardien de la paix présent sur les ronds-points. « Au début, on discutait avec eux. Je me souviens d’une femme âgée à qui j’ai parlé pendant près de deux heures un samedi. Je la recroise un mois plus tard, elle ne me reconnaît pas, et elle se met à m’insulter de tous les noms… »

    David Le Bars, patron du SCPN, le principal syndicat des commissaires, regrette aussi « cette espèce d’accoutumance à la violence verbale » ainsi que « le développement d’une rancœur nourrie d’une semaine sur l’autre dans l’affrontement avec les policiers ». « Beaucoup de violences physiques sont commises par des gens lambda », note un cadre des services de renseignement, qui estime cependant que ceux qui sont le plus actifs aujourd’hui étaient déjà souvent dans une forme de radicalité avant le début du mouvement, avec, par exemple dans le Sud, des pratiques issues des mouvements agricoles ou viticoles.

    Les autorités craignent par-dessus tout que cette radicalisation n’aboutisse à des dérapages fatals. L’interpellation d’un « gilet jaune » équipé d’un pistolet chargé, mercredi 23 janvier, à La Ciotat (Bouches-du-Rhône), et la découverte chez lui d’un arsenal d’armes ont réactivé la peur d’un passage à l’acte grave.

    Des tentatives de récupération politique mais pas de lien direct avec le vote RN ou LFI

    Le mouvement des « gilets jaunes » est, depuis ses débuts, l’objet de diverses tentatives de récupération politique. Qu’elles soient locales ou le fait de responsables nationaux. Un certain nombre de mots d’ordre du mouvement sont en effet en adéquation avec les thèses de La France insoumise (LFI) ou du Rassemblement national (RN). « Certains militants sont clairement là pour encourager la mobilisation, mais les “gilets jaunes” restent majoritairement un mouvement de citoyens, rappelle un haut fonctionnaire. Ce n’est ni l’ultradroite ni l’ultragauche qui structurent le mouvement. »

    Dans le Sud, il a par exemple été constaté à plusieurs reprises sur des ronds-points que des personnes venant de bords politiques très opposés (RN et LFI) discutaient ensemble sans aucune difficulté, le tout en débattant de leur vote lors du scrutin présidentiel. Un constat qui fait dire aux forces de l’ordre ayant pu assister à ces échanges que les raisons les unissant étaient bien supérieures à leurs divisions politiques.

    Dans certaines régions, récemment, les choses sont certes allées plus loin, avec des tentatives ponctuelles de « phagocytage » du mouvement par des représentants syndicaux ou issus de LFI. Mais celles-ci ont surtout contribué à attiser les tensions et à diviser la mobilisation, estime un commissaire de police parisien qui a travaillé à centraliser les nombreuses informations venant de ses collègues sur le terrain.

    De même, la carte de France du vote RN ou LFI ne se superpose pas clairement avec le mouvement des « gilets jaunes », estiment la plupart des observateurs. La seule zone où cet emboîtement apparaît très visible concerne l’arc méditerranéen, ainsi que Bordeaux, où de nombreux manifestants viennent chaque week-end du Médoc voisin : un territoire très marqué par le vote RN.

    Ce constat général n’empêche pas de trouver des concordances à l’échelle locale. Dans le Pas-de-Calais, début décembre, La Voix du Nord a ainsi réussi à rapprocher la carte des votes RN et LFI au premier tour de l’élection présidentielle 2017 avec celle des rassemblements de « gilets jaunes » dans le département. Aucun systématisme ne se dégageait pour autant.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Gilets jaunes » : le Rassemblement national fait le pari de l’infusion des idées

    Un mouvement citoyen qui cherche à se structurer politiquement pour durer

    Le mouvement des « gilets jaunes » a compris, avec l’hiver, les vacances scolaires, et les annonces du chef de l’Etat début décembre, qu’il devait s’organiser s’il comptait durer et obtenir plus. D’où son rapprochement récent, par exemple, avec les milieux syndicaux et l’appel à la grève générale, le 5 février, de la CGT. « On est passé d’une logique de sincérité à un besoin de fédération politique, abonde un cadre de la sécurité intérieure. Il ne faut toutefois pas forcément voir dans la structuration actuelle quelque chose d’organisé politiquement. »

    Il y a surtout un besoin « d’auto-justification » du mouvement, selon ce fonctionnaire. Celle-ci passerait aujourd’hui par le besoin de fédérer les rancœurs autour de « personnalités politiques », telles que le président Emmanuel Macron ou le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner. Cette nécessité de resserrer les rangs passerait aussi par l’utilisation de la « victimisation », avec un vecteur tout trouvé : les violences policières. Cette « deuxième phase » du mouvement s’appuie enfin beaucoup sur le soutien affiché de l’opinion. Un soutien qui risque de s’effriter mais va sans doute durer sur le long terme, estime un haut responsable de la gendarmerie.

    Une mobilisation très dépendante du charisme des leaders locaux

    Si quelques profils ont crevé l’écran au niveau national, comme Eric Drouet, Maxime Nicolle ou Priscillia Ludosky, ou encore Ingrid Levavasseur, notamment par le biais des réseaux sociaux, le mouvement des « gilets jaunes » doit également sa réussite à l’émergence, parfois éphémère, de leaders ultra-locaux.

    « Souvent, un abcès de fixation prend parce qu’il y a une ou deux personnes qui agrègent les autres et prennent de manière implicite la tête du dispositif », témoigne un policier chargé de dégager des ronds-points.

    Quand l’un de ces chefs de file disparaît, le noyau se disloque en général assez rapidement. Ce cas de figure s’est présenté récemment à Béziers (Hérault), autour de la figure d’une femme. « Depuis son interpellation et sa condamnation à une forte peine de prison avec sursis, il y a un gros flottement sur le secteur », décrypte M. Ryckewaert, du SCSI.

    Mais si certains policiers constatent un étiolement de ce type de blocages, d’autres estiment qu’après avoir atteint son étiage, la mobilisation des « gilets jaunes » est partie pour durer. Un enkystement et une détermination que le lancement du grand débat national par M. Macron ne semble pas encore avoir entamés. « C’est une grande séance de thérapie collective ce débat, c’est bien, mais quand les gens vont se rendre compte à la fin qu’ils ne sont toujours pas soignés, il va y avoir de la frustration », prédit une source policière de haut rang. Si le mouvement des « gilets jaunes » passe l’hiver et notamment la période actuelle de grand froid, les autorités craignent qu’il bourgeonne de plus belle au printemps.

    #maintien_de_l'ordre


  • Revue de presse continue spéciale gilet jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Drôme : un salarié d’Amazon licencié pour avoir soutenu les “gilets jaunes” contre son entreprise

    Morlaix : les Bonnets Rouges appellent au rassemblement des Gilets Jaunes samedi 2 février

    Info et intox sur le droit de manifester

    Des Gilets jaunes lancent le « vrai débat » pour « un vivre ensemble bénéfique à tous »

    Gilets jaunes : les ronds-points de Saint-Etienne évacués par la police

    L’incendie à France Bleu Isère revendiqué sur un blog anarcho-libertaire

    Les « gilets jaunes » peuvent-ils faire comme le Mouvement 5 étoiles en Italie ?

    Sentiment d’injustice et révolte sociale

    Des gilets jaunes azuréens empêchés de payer leurs amendes en petite monnaie

    Grand débat : Les secrets d’un hold-up

    Qu’y a-t-il dans la tête des « gilets jaunes » ?

    Des Gilets jaunes infiltrent les Foulards rouges pour les « ridiculiser »

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  • Démocratie en sous-traitance ou démocratie directe

    بالوكالة‬ ‫الديمقراطية‬
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?%E2%80%ABبالوكالة%E2%80%AC,963
    ‬‬

    I. تقديم :

    هذا الكتاب هو خلاصة حوار وتعاون بيننا وبين مجموعة التفكير الفرنسيّة : « مواقع مشتركة » (Lieux Communs)وهو ثمرة حوارات تونسية-فرنسية-يونانية-إسبانية. بعد الانتفاضة التونسيّة وانتفاضة الشّعب المصري واليوناني والإسباني (وقد لحق بها الشّعب البلغاري والبرازيلي والتركي) طرحت قضايا عديدة لعلّ أهمّها قضيّة الديمقراطية وقضايا أخرى مثل قضايا البيئة والتّعليم والثقافة والتنمية. لقد كانت هذه الانتفاضات فرصة للتعرّض لجملة هذه المسائل علما بأنّه رغم الخصوصيّات الثقافيّة لكلّ بلد وتفاوت مستوى المعيشة فهناك قضايا مشتركة ترتبط بحاضر ومستقبل البشريّة جمعاء.

    هذا الكتاب هو مدخل متواضع لقضيّة الدّيمقراطيّة وقد أردنا من خلاله دحض فكرة الدّيمقراطيّة التمثيليّة التي أصبحت تعيش أزمة في عقر دارها والتعرّض إلى أزمة المجتمعات المعاصرة لنخلص إلى بعض الرؤى والتوجّهات التي نعتبرها قابلة للمراجعة في أيّ وقت. لن ننطلق من أية أيديولوجيا بل سنسائل الواقع المعاش للبحث في كيفيّة تجاوزه دون أن يعني ذلك أنّنا ننصّب أنفسنا أوصياء على الشّعوب أو رسل لسعادة موعودة. نرجو أن يكون هذا الكتاب عنصر إثارة ودفع للتّفكير في القضايا التي تشكّل تحديّات لكلّ شعوب العالم.


  • Revue de presse continue spéciale gilet jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Qu’y a-t-il dans la tête des « gilets jaunes » ?

    Des Gilets jaunes infiltrent les Foulards rouges pour les « ridiculiser »

    « On est dans la même galère ! » : Journaliste pigiste, ma vie sur les ronds-points avec des gilets jaunes

    « Qui enquêtera sur la violence de l’extrême-gauche ? »

    Grand débat : le « Macron tour » est illégal

    Après dix semaines de mobilisation, comment la police analyse le mouvement des « gilets jaunes »

    Mélenchon : l’« assemblée des assemblées », « l’initiative la plus captivante » des « gilets jaunes »

    « La défiance envers les médias est juste et saine »

    La France insoumise : halte à la violence, mais seulement celle de l’extrême droite !

    Quand un député mis en examen pour violences enquête sur... la violence des « groupuscules d’extrême-droite »

    En Ardèche, la mobilisation des “gilets jaunes” trouve un second souffle

    Gilets jaunes : Macron a peur d’être « lâché » par les policiers

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  • Échecs et sens stratégique
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?809-echecs-et-sens-strategique

    Texte extrait du bulletin de Guy Fargette, « Les mauvais jours finiront », n°5 – Janvier 1988 I Clausewitz, dans son introduction à De la #Guerre, explique modestement qu’il ne saurait donner de conseils aux praticiens de cet art, le flair du général se situant sur un plan tout autre que celui de l’argumentation méthodique. En revanche, pour la lutte sociale où chacun doit être un peu général afin qu’il n’y ait pas d’état-major auto-proclamé ou incontrôlable, il peut être particulièrement utile de rappeler (...)

    Fargette G.

    / Fargette G., #Politique, #Insurrectionnalisme, #Émeutes, #Article, Guerre, #Mouvements_sociaux, #Pseudo-subversion, (...)

    #Fargette_G. #Revolution


  • Revue de presse « normale » du 20.01 au 26.01.18
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Le monde en proie à une « fragmentation » inquiétante, dit le chef de l’ONU

    Racisme anti-asiatique : pourquoi une telle omerta ?

    La violence d’une dépossession

    La France débordée par l’explosion du nombre de mineurs isolés étrangers

    Bure, des hiboux face aux autruches

    Censuré en France, pourquoi Salafistes sort aux Etats-Unis

    La méthanisation, l’usine à gaz qui séduit les gros agriculteurs

    Aux États-Unis, la question de l’antisémitisme fait imploser la Women’s March

    Rendre le pouvoir aux citoyens ? Louviers 1965-1983

    Comment expliquer l’insolente popularité du gouvernement italien ?

    Le navigateur Web de Microsoft inclut désormais un outil anti « fake news »

    « Siniser » l’Islam, le nouveau projet chinois

    Bonus

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  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Gilets jaunes : « Je n’ai jamais vu autant de blessés graves »

    En pleine crise des « gilets jaunes », Bruno Le Maire alerte sur les inégalités

    Vincent Glad, journaliste « expert » en gilets jaunes

    Besançon : le grand débat dégénère après l’intrusion de “gilets jaunes”, le patron de LREM pris à partie

    Bruno Le Maire clôt le débat : le gouvernement ne changera pas

    La CGT appelle à faire grève pour « l’urgence sociale » le 5 février

    La loi « anti-casseurs » prépare la criminalisation des manifestants

    Quand le vent se lève, s’envole le décor libéral

    « C’est ça, la justice ? Eh ben vivent les gilets jaunes, ils ont raison ! » comparutions immédiates, Paris, 14 janvier

    Les Gilets jaunes sont le premier mouvement social écologiste de masse

    Macron : sa grande campagne nationale est-elle légale ?

    Granddebat.fr : le site Internet pas si neutre du grand débat national de Macron

    (...la suite...)

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  • Les gilets jaunes entre le bistrot et le parti
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?Les-gilets-jaunes-entre-le-bistrot,962

    [Remarque sur l’image d’illustration : le slogan « Tout le pouvoir aux soviets ! » de Lénine en 1917 a été la première phrase de Novlang prononcée dans l’histoire, puisque dans la réalité le pouvoir bolchevique ôtait simultanément toute liberté à ces assemblées populaires...] Le mouvement des gilets jaunes est né sur les ronds-points, les péages, les parkings. Il perdure, élargissant considérablement sa palette d’actions directes, scandé par les grandes manifestations du samedi et tente de se structurer dans (...)

    #Analyses

    / Gilets jaunes (2018-2019), #Lieux_Communs, #Politique, #Gauchisme, #Organisation_politique, #Article, #Assemblée, #Récupération, #Institutionnalisation, Démocratie (...)

    #Gilets_jaunes_2018-2019_ #Démocratie_directe


  • Revue de presse continue spéciale Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Vers une forte hausse de la facture d’électricité début 2019

    Le spectre de la déconsommation plane sur les commerçants

    « Débattre de l’immigration c’est bien, se donner les moyens d’agir c’est mieux ! »

    Manifestation des gilets jaunes à Paris le 19 janvier 2019

    Un milicien du Donbass au service d’ordre des gilets jaunes

    CFDT : le mouvement des « gilets jaunes » « n’a rien inventé »

    Face à Macron, les sénateurs de l’opposition se posent en « gilets jaunes des institutions »

    En Saône-et-Loire, les Gilets jaunes dénoncent Amazon, « une infamie sur le plan social et environnemental »

    En immersion numérique avec les « gilets jaunes »

    Autocritique des médias : l’examen de confiance

    Retour de la lutte des classes ou retour de l’antiparlementarisme ?

    Jean Quatremer, grand pourvoyeur de « fake news » sur les gilets jaunes

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  • Introduction à la brochure n °23 : « L’horizon impérial »
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?923-Introduction-a-la-bochure-no23

    Ce texte fait partie de la brochure n°23 « L’horizon impérial » Sociétés chaotiques et logique d’empire Elle est en vente pour 3 € dans nos librairies. Les achats permettent notre auto-financement et constitue un soutien aux librairies indépendantes (vous pouvez également nous aider à la diffusion). Sommaire : Introduction — ci-dessous (In)Actualité de la démocratie directe L’horizon impérial — bientôt disponible Quatrième de couverture « Ce serait curieux s’il y avait des militants d’un type nouveau, un (...)

    #Brochures

    / #Lieux_Communs, #Histoire, #Politique, #Prospective, #Empire, #Article, #Oligarchie, #Création_sociale-historique, (...)

    #Guerre


  • Revue de presse « normale » du 13.01 au 19.01.19
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Subvention de Paris à une asso indigéniste : Griveaux dénonce une atteinte « aux valeurs de la République »

    Bangkok veut réduire la pollution de l’air en créant des pluies artificielles

    L’incroyable gâchis des 700 millions d’euros d’aides européennes alloués à la France pour le développement rural

    La persécution des chrétiens progresse le plus en Algérie

    « Ralentissement de la démographie française : pour une prime territorialisée de natalité »

    Berlin : Un conseiller de l’armée interpellé en Allemagne, soupçonné d’espionnage pour l’Iran

    Doléances : retour de l’ISF, revalorisation des retraites, immigration... ce que demandent les Français

    Le Ghana invite sa diaspora à « rentrer à la maison »

    Nucléaire – Quand la science ignore l’ignorance

    « Le véganisme est le cheval de Troie des biotechnologies alimentaires »

    En matière de diversité, la télé est encore très éloignée des réalités

    La moitié des adultes qui croient avoir des allergies alimentaires n’en ont pas

    Bonus

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  • Revue de presse continue Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Ni misérabilisme, ni populisme : comprendre la France populaire

    Accusé de censurer les groupes de gilets jaunes, Facebook plaide une simple mise à jour

    Che Mélenchon et Jean-Luc Guevara : cinquante nuances de violence

    À Montceau-les-Mines, les Gilets jaunes veulent « sauver la planète et sauver des emplois »

    L’humiliation des maires de France

    Clermont-Ferrand : des gilets jaunes s’invitent au grand débat national

    Gilets jaunes : un policier met en cause le gouvernement

    Collectif Autonome des Policiers Île de France

    Grand débat national : les quartiers prioritaires ne veulent pas être oubliés

    Drôme. Des employés d’Amazon risquent le licenciement pour avoir soutenu les Gilets jaunes

    Gilets jaunes : après eux, le chaos !

    Le « grand débat » lancé dans un département qui interdit les manifestations de Gilets jaunes

    (...la suite...)

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  • Le délabrement de l’Occident
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?730-le-delabrement-de-l-occident

    Entretien avec Cornelius Castoriadis publié dans la revue Esprit en décembre 1991, puis repris dans « La montée de l’insignifiance. Les carrefours du labyrinthe IV », Seuil 1996, rééd. 2007. Propos recueillis par Olivier Mongin, Joël Roman et Ramin Jahanbegloo Esprit - L’actualité immédiate, avec la #Guerre du Golfe et la fin du communisme, nous semble poser la question de la valeur du modèle démocratique. Ne doit-on pas dire qu’il y a somme toute une forme de relativisme dans l’ordre international ? Y (...)

    #Crises_économique,_sociale,_politique

    / #Libéralisme, #Démocratie_directe, #Politique, Guerre, #Insignifiance, #Entretien, #Oligarchie, Castoriadis C., (...)

    #Castoriadis_C. #Géopolitique


  • Revue de presse continue Gilets jaunes
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    Grand débat national : les quartiers prioritaires ne veulent pas être oubliés

    Drôme. Des employés d’Amazon risquent le licenciement pour avoir soutenu les Gilets jaunes

    Gilets jaunes : après eux, le chaos !

    Le « grand débat » lancé dans un département qui interdit les manifestations de Gilets jaunes

    Grand débat : la rencontre entre Macron et les maires soigneusement préparée

    Gilets jaunes. En Isère, un site internet pour engager le débat et choisir des représentants aux élections européennes

    Les Gilets jaunes de l’Orne en réunion publique : justice, écologie, fraternité

    Journaliste, viens voir la vie en vrai

    Méfiance des Français envers les députés : ce que révèle l’étude choc sur la transparence

    Les gendarmes ont levé le blocage des Gilets jaunes devant une usine de Monsanto

    Lyon : les gilets jaunes se concertent hors micro et caméra

    Lutte contre les « fake news », ou quand les gilets jaunes font leur apprentissage médiatique

    (...la suite...)

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  • « Gilets jaunes » : la révolte des ronds-points
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2018/12/15/sur-les-ronds-points-les-gilets-jaunes-a-la-croisee-des-chemins_5397928_3224

    Adélie a 28 ans, employée aux pompes funèbres, sa vocation. A ceci près que la spécialité est verrouillée dans le coin et travailler plus loin revient trop cher en essence, en garde d’enfant, en temps. Bref, chômeuse. En fait, à cet instant précis, Adélie s’en fout. Depuis quand sa vie ne lui avait pas semblé si excitante ? Laisser le téléphone allumé en rentrant à la maison. Ne plus regarder les dessins animés avec la petite, mais les infos. Parler à des gens auxquels elle n’aurait jamais osé adresser la parole, Stéphane par exemple, avec sa barbichette tortillée en deux tresses et sa dégaine de gouape. Un routier, en fait, adorable. « Sinon, on fait quoi de nos journées ? », dit Adélie. Etre au cœur du réacteur, cette fois au moins.

    #Florence_Aubenas #Paywall

    • La grande reportrice Florence Aubenas et le photographe Edouard Elias racontent cette France qui se retrouve depuis un mois sur les carrefours giratoires.

      Deux bâches sont tendues en plein vent sur une charpente en bois récupéré. Un coin fait cuisine, Butagaz, table bricolée. Deux canapés occupent le fond, un générateur, quatre drapeaux français et le sapin de Noël, apporté par un club de motards. C’est « la cahute », appellation officielle : combien y en a-t-il aujourd’hui en France, posées sur le bord des ronds-points ? Celle-là est à côté du Leclerc, à l’entrée de Marmande (Lot-et-Garonne). « On dirait un campement roumain », jubile Adélie. Des flammes s’élancent de trois gros bidons.

      Adélie a 28 ans, employée aux pompes funèbres (...) au cœur du réacteur, cette fois au moins.

      On est le 6 décembre, il est midi. Trois semaines que le mouvement a démarré, avec l’impression, ici, que tout ne fait que commencer. Un noyau de 150 « gilets jaunes » occupent par roulement le rond-point Leclerc. « Macron, nous te retirons ta Légion d’honneur », proclame la pancarte.

      A la ronde, deux autres ronds-points sont aussi occupés, chacun avec son identité et sa cahute : celui du Leclerc est le plus gros, la vitrine locale du mouvement, le rond-point VIP, baptisé « le QG ». Là se brassent les nouvelles, vraies ou fausses. Bruxelles ne veut plus d’agriculteurs en France, vous êtes au courant ? Les banques vont faire faillite, l’argent sera bloqué, retirez tout ce que vous avez. Quelqu’un a vu l’adjudant de la gendarmerie, celui qui est beau gosse ? Le seul sujet dont personne ne parle, c’est le moratoire pour la taxe sur les carburants, que vient juste d’annoncer le gouvernement. La hausse de son montant avait déclenché le mouvement, mais ça n’intéresse plus personne. Trop tard. Tant pis. Déjà ailleurs. Certains ne sont même pas au courant.

      Trois dames, employées dans une grande surface – dont l’une tricote aussi des bonnets pour 2 euros –, rangent des fromages dans une glacière. La plus jeune a sauté le déjeuner. Trop cher. Il faut s’habituer à entendre l’expression, elle revient sans cesse sur le rond-point. « Moi, c’est pareil, sauf le dimanche de la Fête de la mère », précise la tricoteuse. « Mais ici, c’est gratuit, on pourrait manger », glisse la troisième. La plus jeune râle : « Ah non, j’ai peur d’y prendre goût. »

      Les syndicats de routiers FO-transports et la CGT ont annoncé une grève illimitée. Les paysans devraient les rejoindre, les lycéens aussi. La France pourrait être paralysée. Devant la cahute, les gendarmes boivent le café. « Vous défendez tout le monde ou quoi ? », risque un gradé. « On ne défend pas tout le monde, on défend M. et Mme Tout-le-Monde. Vous
      voyez la nuance ? »

      Vendredi 7 décembre, rond-point de la Satar, 9 heures

      Coralie arrive la première. A son mari, apiculteur, certains sont allés dire : « On a vu ta femme sur le #rond-point avec des voyous et des #cas_soc’. » « Moi aussi, je suis un cas social », constate Coralie, 25 ans. Elle a mis un temps à digérer le mot, mais « objectivement », dit-elle, c’est bien celui qui pourrait la définir. Elle vient de déposer à l’école ses deux fils d’un premier mariage. Garde le souvenir amer d’un élevage de chevaux catastrophique. Aimerait devenir assistante maternelle. Il fait très froid, il faudrait rallumer le feu éteint dans le bidon. « Qu’est-ce que je fais là ? », se demande Coralie. Et puis, un grand gars arrive, qui voudrait peindre un slogan sur une pancarte. « Je peux écrire “Pendaison Macron” ? », il demande.

      « Vas-y, fais-toi plaisir », dit Coralie. Personnellement, elle ne voit aucune urgence à pendre Macron. Et alors ? On affiche ce qu’on veut. Le gilet jaune lui-même sert à ça, transformer chacun en homme-sandwich de son propre message, tracé au feutre dans le dos : « Stop au racket des citoyens par les politiques » ; « Rital » ; « Macron, tu te fous de ton peuple » ; « Non au radar, aux 80 km/h, au contrôle technique, aux taxes, c’est trop » ; « 18 ans et sexy » ; « Le ras-le-bol, c’est maintenant » ; « Marre d’avoir froid » ; « Fatigué de survivre » ; « Staff du rond-point » ; « Frexit » ; « Le peuple en a assé, Macron au buchet. »

      Depuis des mois, son mari disait à Coralie : « Sors de la maison, va voir des copines, fais les magasins. » Ça a été les « #gilets_jaunes », au rond-point de la Satar, la plus petite des trois cahutes autour de Marmande, plantée entre un bout de campagne, une bretelle d’autoroute et une grosse plate-forme de chargement, où des camions se relaient jour et nuit.

      L’activité des « gilets » consiste ici à monter des barrages filtrants. Voilà les autres, ils arrivent, Christelle, qui a des enfants du même âge que ceux de Coralie, Laurent, un maréchal-ferrant, André, un retraité attifé comme un prince, 300 chemises et trois Mercedes, Sylvie, l’éleveuse de poulets. Et tout revient d’un coup, la chaleur de la cahute, la compagnie des humains, les « Bonjour » qui claquent fort. Est-ce que les « gilets jaunes » vont réussir à changer la vie ? Une infirmière songeuse : « En tout cas, ils ont changé ma vie. »

      Le soir, en rentrant, Coralie n’a plus envie de parler que de ça. Son mari trouve qu’elle l’aime moins. Il le lui a dit. Un soir, ils ont invité à dîner les fidèles du rond-point. Ils n’avaient jamais reçu personne à la maison, sauf la famille bien sûr. « Tu l’as, ton nouveau départ. Tu es forte », a glissé le mari. Coralie distribue des tracts aux conducteurs. « Vous n’obtiendrez rien, mademoiselle, vous feriez mieux de rentrer chez vous », suggère un homme dans une berline. « Je n’attends rien de spécial. Ici, on fait les choses #pour_soi : j’ai déjà gagné. »

      Rond-point Leclerc, 11 heures

      Une clameur au bout de la rue, 150 #élèves débarquent du lycée Val-de-Garonne, à Marmande, vers le rond-point Leclerc. Ils ont longtemps hésité à faire grève, les classes comptent une majorité de #boursiers, anxieux pour leurs subsides.

      Depuis les années 1990, Marmande et ses riches terres agricoles se sont abîmées dans le croissant de la pauvreté. « Si je vois mon fils dans le cortège, ça va barder : il est censé préparer le bac S », dit Antoine, un ancien de la pub et fervent « gilet jaune ».

      D’un pas traînant d’ados, les lycéens embraient vers le Centre Leclerc, en face de la cahute. « On va faire des pillages, comme à Paris ? », se renseigne l’un, pas étonné. Ici, Leclerc, c’est bien plus qu’un hypermarché, un empire battant sa propre monnaie et tenu par une famille surnommée « les nababs de Marmande ». Très haut par-dessus les pompes, le prix du gasoil clignote en rouge : 1,39 euro aujourd’hui. On le consulte comme ailleurs le Dow Jones. En général, les autres grandes surfaces s’alignent.

      Au début, ça se passait au mieux entre Leclerc et les « gilets jaunes », l’hyper leur avait même livré une palette de bouteilles d’eau. Puis le patron a estimé que la contestation avait assez duré et a envoyé des employés détruire la cahute pendant la nuit. « On est restés deux jours sans abri : plus personne ne venait. Sans cabane, le mouvement disparaît », dit un « gilet jaune ». Une autre a été construite de l’autre côté du rond-point.

      Voyant arriver les lycéens, vigiles et gendarmes s’approchent. La jeune troupe a déjà fait demi-tour, traînant un unique chariot pour #butin. Christophe, dit « Kéké », les accueille entre deux pins parasols, au milieu du rond-point. Employé à la SNCF, motard, prof de handball, syndiqué Sud Rail, un gros charisme et une petite barbe, Kéké est une des figures des « gilets jaunes » : « On vous applaudit, les jeunes, mais que ce soit clair : si vous faites les cons, nous, les adultes, on se retirera et on vous laissera seuls avec les gendarmes. Vous vous ferez gazer, ce sera plié en une heure. »

      Les lycéens sont contre la réforme du bac, contre Parcoursup, contre la pause déjeuner qui dure quarante-cinq minutes seulement. « Il faut faire un tract », propose l’un. « Un quoi ? »

      Un « gilet jaune » passe parmi eux avec des gâteaux sur un plateau. Installée depuis peu dans la région, Cécile se présente : « Je suis une vilaine mélenchoniste. Je suis zadiste, j’ai fait Notre-Dame-des-Landes. » Des cèpes poussent dans sa cuisine, elle a son propre potager. Demain, le 8 décembre, un samedi annoncé « noir », elle compte manifester à Paris. « Ce sera violent, mais le monde a besoin d’images de violence pour se réveiller. Il faut un référendum pour renverser Macron. »

      Trois lycéennes parlementent : « C’est très dangereux, madame, Marine Le Pen va passer. Vous êtes dans le Lot-et-Garonne, il y a une majorité de personnes blanches qui vivent là depuis des générations. » Cécile, abasourdie : « Tu ne veux pas destituer Macron ? » Les lycéennes : « Vous ne venez pas de province, vous ne comprenez pas. »

      Samedi 8 décembre. Rond-point Leclerc, 14 heures

      Finalement, personne n’ira manifester à Paris. A Bordeaux non plus, et même Agen paraît soudain bien loin. La veille, Dorothée aussi était tentée « de monter au front » : « Je sais que ce ne sera pas la féria, mais j’ai besoin de voir par moi-même. » Finalement non.

      Dorothée, 42 ans, monteuse-câbleuse, 1 100 euros net, est l’une des deux porte-parole des « gilets » de Marmande. « Ça faisait des années que je bouillais devant ma télé, à me dire : “Personne ne pense comme moi, ou quoi ?” Quand j’ai entendu parler des “gilets jaunes”, j’ai dit à mon mari : “C’est pour moi.” »

      A l’autre bout du rond-point, Yohann, l’autre porte-parole, est en train de se faire traiter de « traître » : il a négocié avec le maire (Constructifs/Agir) de Marmande, Daniel Benquet, et certains agriculteurs pour éviter le blocage de la ville. « On doit être des “gilets jaunes” exemplaires, aucune dégradation », sermonne Yohann, ton de bon pasteur. D’autres se mettent à l’accuser de viser une carrière politique, la pire insulte sur le rond-point. Lui, plus fort : « Je veux juste faire chier, je le jure. »

      Kéké propose une action : tout le monde rentre dans le Leclerc « en civil » – c’est-à-dire sans gilet jaune –, remplit un chariot, puis se dirige vers les caisses. Coup de trompette, on enfile les gilets et on abandonne les courses en criant : « On est le 8 du mois, et, désolés, on n’a déjà plus d’argent ! » Quelques petites voix se font entendre. Ici, tout le monde a plus ou moins un lien avec Leclerc, des proches qui y travaillent ou bien comme client, tout simplement. « Je ne suis pas assez culottée pour y aller », murmure quelqu’un.

      Une vingtaine de volontaires finissent par se disperser dans les rayons, sous les affiches célébrant la « foire au porc ». Aucune consigne n’a été donnée sur la façon de remplir les chariots. Mais sans se concerter, tous – ou presque – y entassent la même chose : leurs fantasmes. L’une accumule des #cadeaux de Noël démesurés pour les enfants (« J’en ai trois à charge et 25 euros de budget pour chacun »). Béret et allure de rentier bonhomme, Christian rafle des dessous féminins par brassées, bas et culottes exclusivement. Un couple s’offre les courses dont il rêve, que de la marque, même pour les boîtes de thon, et sans regarder les prix. C’est la première fois : « D’habitude, on a la calculatrice à la main, ça prend des heures. » Martine est perdue, elle ne va plus au Leclerc depuis longtemps. « Trop cher. »

      Aujourd’hui, les virées dans les hypermarchés ont changé de goût. Fini la grande fête innocente des années 1980, avec son sentiment d’opulence et de liberté. « On y va, bien obligé, mais humilié. Un jour, ça pétera aussi. La rage n’est plus très loin », dit quelqu’un. Coup de trompette. Les gilets sortent, en même temps qu’une Marseillaise. Certains photographient le chariot qu’ils ne prendront pas. « C’est déjà ça. »

      Dimanche 9 décembre. Rond-point de Samazan, 15 heures

      On se croirait à un barbecue en famille, ça discute par groupes, un gobelet à la main. « Au début, on ne savait pas où on mettait les pieds », raconte une retraitée. Des gens arrivaient de partout, seuls en général, sans se connaître, pas très sûrs de rester. Personne n’osait vraiment se parler, certains n’ont rien dit pendant longtemps, dos courbé dans un coin. On les a vus peu à peu se redresser.

      Et puis, que s’est-il passé ? Comment tout le monde s’est soudain retrouvé à déballer devant de parfaits inconnus – « Des gens à qui on aurait marché dessus chez Leclerc à peine deux semaines plus tôt, sans les saluer » – les choses les plus profondes de sa vie ? Des choses si intimes qu’on les cachait soigneusement jusque-là, « sauf parfois entre amis, mais c’était gênant ». La cahute est devenue le lieu où « les masques tombent ». Plus de honte. « Ça fait dix ans que je vis sans sortir, à parler à ma chienne. Aujourd’hui, les digues lâchent », dit une infirmière.

      Chacun a son histoire, toujours très compliquée, mais toutes se ressemblent au fond, un enchevêtrement de problèmes administratifs, de santé, de conditions de travail. Pris à part, chacun des éléments paraît logique, voire acceptable, mais placés bout à bout, ils finissent par former une infernale machine à broyer.

      Il est question, par exemple, de ces trois frères, placés dans trois centres aérés différents à cause des écoles, mais il est impossible de payer les trois notes et de les convoyer tous le mercredi : alors il a fallu choisir lequel resterait à la maison. Ou bien ce laboratoire de biotechnologie végétale, un des quatre en France, qui n’arrive pas à recruter : Marmande, c’est trop loin, disent les écoles, on préfère envoyer nos stagiaires au Kenya.

      Vous voyez ces maisons en bord de route, que les voitures frôlent en passant ? Eux, c’est là qu’ils habitent. La mairie et l’école sont à 2 km, la poste à 7 km, le médecin et les impôts à 8 km, Intermarché à 9 km, l’hôpital à 25 km. Le travail de monsieur à 26 km. Ils ont une seule voiture. La suite du feuilleton dure une bonne heure. Mais dans la cahute, tout le monde la réclame.

      « Ici, il n’y en a pas un plus haut que l’autre, personne pour te juger. » Un jeune homme en fauteuil roulant continue : « Dépendre de la société, c’est ce qui pouvait m’arriver de pire. On a une espèce de fierté, lâchons le mot. » Cet autre, un petit costaud, joue le Père Noël dans les écoles et les supermarchés, payé en nature. « Je vis au black, en fait. » La voiture de celui-là roule sans contrôle technique. « On est tous passés hors la loi, sans même le vouloir. On n’a même plus peur des gendarmes. Qu’est-ce qu’on va devenir ? »

      Le rond-point de Samazan se trouve entre le péage de l’autoroute – dont les « gilets jaunes » ouvrent régulièrement les barrières sans faire payer – et le village du même nom, 883 habitants. Si les maires des alentours soutiennent en général le mouvement, l’édile de Samazan est un des seuls à porter le gilet jaune. Cette année, deux agriculteurs de la commune se sont fait saisir les terres. Quatre tracteurs de la Coordination rurale viennent parfois tourner sur les carrefours, solidaires, mais avec leurs propres problèmes. Finalement, les routiers ne feront pas grève, revendications acceptées. Les lycéens non plus : pas de transport collectif, et les parents renâclent à les conduire au rond-point.

      Lundi 10 décembre. Rond-point Leclerc, 20 heures

      On est quel jour ? Le 10 ? Celui où Emmanuel Macron doit prendre la parole ? Non, celui où les #retraites sont versées, voilà la grande attente qui occupe les conversations.

      Ça y est, le président s’est mis à parler, on le regarde dans la cahute sur une tablette. « Il annoncera son départ », pronostique Kéké. Macron est l’unique homme politique dont le nom est prononcé sur les ronds-points de Marmande, jamais aucun autre.

      La politique est prohibée : un militant communiste a bien essayé de tracter, puis un petit couple – lui en costume, elle en blouson de cuir –, se disant France insoumise. Tous ont été chassés. Le seul discours commun évoque les « privilégiés de la République », députés, énarques, ministres, sans distinction, à qui « on ne demande jamais de sacrifices ». En fait, c’est à eux qu’on en veut, bien davantage qu’aux multinationales ou aux patrons.

      Fabien attend un coup d’Etat militaire, « restaurer la discipline et le respect ». Un autre est sûr qu’Emmanuel Macron va lever une armée de migrants, « qui sont tous des guerriers », pour mater les pays récalcitrants dans l’Union européenne. Cette armée pourrait finir par le renverser. Chacun s’écoute sans broncher, personne ne contredit personne. « On va vers la troisième guerre mondiale », conclut quelqu’un. Puis ça rigole quand même. « Vous vous imaginez dire ça à table, en famille ? Tout de suite, ça déraperait. »

      L’allocution est finie. Macron est toujours président. « Il nous a servi du flan, ou quoi ? », demande Nico, interloqué. Silence général. Dehors, un gendarme monte la garde. « Des gens qui n’auraient jamais dû se rencontrer se mettent ensemble. Ça fait peur. »

      Mardi 11 décembre. Rond-point Leclerc, 8 heures

      Des « gilets » du rond-point de Samazan sont venus en visite. On échange quelques mots.

      « A votre rond-point, vous avez des gens de couleur ?

      – Pourquoi ?

      – On dirait que le mouvement ne les arrange pas. Ici, il n’y a que des gens comme moi, des purs Français.

      – Attention, je ne suis pas raciste. Je vais prendre leur défense.

      – Moi non plus, je ne suis pas raciste, sauf pour une tranche d’âge, les 12-25 ans. Pas plus. En tout cas, c’est la première fois que je parle avec quelqu’un qui soutient les migrants. »

      Le premier samedi où elle est venue, cette présidente d’association a failli s’en aller. « J’étais à la torture. Ils se lâchaient sur les Arabes qui profitent. » Puis elle s’est dit : « On est là, il faut essayer. » Curieusement, son mari, fonctionnaire, ne s’est pas mis en colère comme avec leurs amis qui votent Marine Le Pen. Il discute. Oui, ici, c’est possible, chacun fait en sorte que tout se passe bien. La conversation a repris. « Certains Arabes peuvent être méchants, ça dépend de leur degré de religion. »

      Comme par miracle, Zara et Fatma apparaissent à cet instant précis, en foulards imprimés léopard, pour offrir un grand plat de couscous. « Trop timides pour se faire voir », disent-elles, en repartant sur la pointe des pieds. Tout le monde mange du couscous. Un gendarme passe. La direction de #Leclerc vient de couper ses dotations aux associations et à certaines communes : trop d’argent perdu à cause des « gilets jaunes ».

      Mercredi 12 décembre. Rond-point Leclerc, 17 heures

      Mathieu, un routier, gare son camion sur le terre-plein. Il annonce avoir reçu un message du maire de Marmande, Daniel Benquet : « Je souhaiterais avoir les doléances des “gilets jaunes” pour en faire part au premier ministre. » Mathieu a immédiatement répondu : le référendum d’initiative citoyenne, visant notamment certains personnages politiques quand le peuple ne se sent plus représenté. Emmanuel Macron, par exemple. Le maire – qui n’avait pas l’air emballé, selon Mathieu – a demandé s’il y en avait d’autres.

      « Je me suis permis de dire que c’était la seule », dit Mathieu. Sous la cahute, Yohann vient d’arriver. « Moi, je vais monter à Paris. Il faut les attaquer intra-muros : aller marcher sur les bobos. » « Les quoi ? », demande quelqu’un. « Les gens de la métropole qui nous qualifient de sauvages, qui nous méprisent parce qu’on ne pense pas et qu’on ne vit pas comme eux. » Yohann bombe le torse, en mimant des « Bonjour », lèvres pincées. Il est lancé : « Oui, je me suis durci. J’ai une haine, ça me bouffe, ça me réveille la nuit. Je me retiens depuis si longtemps. »

      Il irait même tout de suite, s’il pouvait. Mais il y a celle qui vient de lui téléphoner et qu’il appelle « Madame », puis cette maison pour laquelle il s’est endetté et qui est sa « revanche à prendre ». Dehors, ça pleut dru. Il remet son manteau. Le père de Yohann est employé à la blanchisserie de l’hôpital. Sa mère est femme de ménage. Lui travaille dans les pièces détachées pour automobiles. Classe moyenne, dit-il. Les mains se serrent. Ça va aller ? Il s’excuse. « Je ne sais pas ce qui m’a pris. »

      Un « gilet jaune » demande qu’on le raccompagne à sa voiture : celle des gendarmes est à côté, on ne sait jamais. Lui, c’est un petit retraité qui se met soudain à raconter sa guerre d’Algérie. Puis s’arrête. « Est-ce qu’on va nous laisser respirer ? » Alors, un gendarme : « La lutte continue. » A la demande d’un hôtel cette fois, la cahute a dû être à nouveau déplacée.

      #ouvrières #ouvriers #mobilisation #rencontre


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    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

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