• Marie Curie, la pionnière aux deux Nobel
    https://lejournal.cnrs.fr/billets/marie-curie-la-pionniere-aux-deux-nobel

    Il y a tout juste 150 ans, le 7 novembre 1867, naissait Marie Curie. Alors que de nombreux événements sont prévus cette année pour célébrer cette scientifique de génie, dont une grande exposition au Panthéon, l’historien Denis Guthleben revient sur son parcours marqué, entre autres, par l’obtention de deux prix Nobel dans des disciplines différentes.


  • Quetzalcóatl ou l’apôtre incrédule

    Georges Lapierre

    http://lavoiedujaguar.net/Quetzalcoatl-ou-l-apotre-incredule

    L’essai de Georges Lapierre Vierge indienne et Christ noir,
    une « petite archéologie de la pensée mexicaine », paraît en feuilleton, deux fois par mois, sur « la voie du jaguar ».

    Dès la fin du XVIIe siècle et tout au long du XVIIIe, nous assistons à un phénomène intéressant mais, comme tout phénomène de psychologie sociale, infiniment complexe : le lent processus de formation d’une société, qui se détache peu à peu de la société métropolitaine pour apparaître en tant que collectivité à part entière, différente de la société mère, dont elle est issue et dont elle a hérité certains traits, et se présentant désormais comme une entité nouvelle. Ce long travail de maturation, de parturition, a été décrit et analysé avec acuité par Jacques Lafaye dans son livre désormais classique, du moins au Mexique, intitulé Quetzalcóatl et Guadalupe, la formation de la conscience nationale au Mexique. (...)

    #Mexique #histoire #religion #mythologie #Église #peuples_originaires #Quetzalcóatl


  • Facebook, un mois dans la machine à infos - Libération
    http://www.liberation.fr/futurs/2017/03/12/facebook-un-mois-dans-la-machine-a-infos_1555220

    L’impact énorme de la fachosphère

    L’outil de Linkfluence permet de mesurer le nombre d’interactions sur une page Facebook. Ce chiffre agrège les partages, commentaires, « j’aime » et réactions en tout genre. A ce jeu-là, les médias traditionnels restent les plus puissants : pendant les vingt-huit jours étudiés, BFM TV a produit 7,1 millions d’interactions, contre 5,2 millions pour le Figaro et 4,7 millions pour le Monde. Avec 2,7 millions, France Info est talonné par un autre média public, mais financé par Moscou, RT France. Beaucoup plus indulgent avec le FN, Fillon et Bachar al-Assad qu’avec les habitants de banlieues, les migrants et l’UE, le « site en français de la chaîne d’information internationale russe RT », au service revendiqué de la stratégie d’influence du Kremlin, a généré la somme hallucinante de 2,2 millions d’interactions. C’est à peine moins que le plus grand journal régional français, Ouest-France, mais davantage que Mediapart et Libé. Et beaucoup, beaucoup plus que le Point et Valeurs actuelles (environ 650 000 chacun). Les deux hebdos de droite, fondés il y a plus ou moins cinquante ans, sont à la peine face à leurs nouveaux concurrents exaltés, souvent radicalisés, et forts de militants prosélytes : TV Libertés, FdeSouche et Actu 17 font deux à trois fois mieux qu’eux.
    Les pro-russes sont les plus actifs

    Le cas de RT France interpelle. Comment le média russe peut-il atteindre ce niveau très élevé ? Au-delà de son utilisation intelligente de la plateforme qu’est #Facebook et de sa ligne hyper polémique, le média russe, qui dessine dans ses articles un monde au bord de l’apocalypse, arrose à tout va. Sur la période observée, il a publié plus de 1 700 posts sur sa page, soit une soixantaine par jour. Vertigineux. Il est le plus actif de notre liste, devant le Monde, le Huff Post et… Sputnik France, un autre média abondé par le Kremlin, avec la même direction éditoriale (environ 1 500 posts chacun). De quoi prendre conscience de la force avec laquelle la Russie a décidé de déployer son soft power…

    Juste derrière ce trio, pas de Figaro, BFM TV ou Ouest-France, mais l’usine FdeSouche et ses 1 300 publications. Sans surprise, la #fachosphère, alimentée par une multitude de pages Facebook, a beaucoup plus d’impact que les autres catégories de notre échantillon.

    #PhoneStories #Linfiltré #FN



  • Law Enforcement Using Facebook and Apple to Data-Mine Accounts of Trump Protest Arrestees | Alternet
    http://www.alternet.org/activism/law-enforcement-using-facebook-and-apple-data-mine-accounts-trump-protest-

    Law enforcement is compelling Apple and Facebook to hand over the personal information of users who were mass arrested at protests against the inauguration of Donald Trump in Washington, D.C., AlterNet has confirmed. The tech giants appear to be complying with the data-mining requests, amid mounting concerns over the heavy-handed crackdown against the more than 200 people detained on January 20, among them journalists, legal observers and medics.

    “This is part of an increasing trend of law enforcement attempting to turn the internet, instead of technology for freedom, into technology for control,” Evan Greer, the campaign director for Fight for the Future, told AlterNet. “This trend started long before Trump and seems to be escalating and growing in scale now."

    Lacambra said the investigation raises disturbing questions. “Why is the Department of Justice trying to intrude into the digital lives of people exercising their rights to protest?” she asked. “Is this to intimidate, silence or threaten people for exercising their constitutional rights? When you arrest 230 people, some of whom are medics and legal observers, and try to systematically get to the content of their digital life, that is troubling."

    In recent weeks, Republican lawmakers across the country have introduced state-level bills aimed at criminalizing protests. One piece of proposed legislation in Washington state calls for certain acts of civil disobedience to be classified as “economic terrorism.” North Dakota lawmakers introduced a bill that would make it lawful for motorists to hit and kill protesters staging acts of civil disobedience obstructing highways, as long as the cause is “negligence.” The legislation is clearly aimed at the Black Lives Matter movement, which has staged acts of civil disobedience across the country.

    "Tech companies are building business models based on collecting large amounts of personal information and then failing to protect that information from the government and others who attempt to access it,” said Greer, who attended the January 20 protests in Washington, D.C. “People should be paying close attention and be concerned.”

    Que peut signifier le besoin de disposer d’accès aux informations déposées sur les médias sociaux ou par mail ? On va demander le compte Facebook pour entrer aux État-Unis. Les juges décident « en masse » de fouiller les comptes internet d’activistes (eh oui, il y a bien demande d’un juge...car la collaboration justice/police est aussi une réalité). Espèrent-ils trouver quelque chose ? Je ne crois pas. Mais que cette intimidation soient une manière de montrer qu’on peut entrer dans votre vie privée est une menace. C’est comme si on demandait de se mettre tout nu pour un interrogatoire... la nudité numérique.

    Outre que cela vise à mettre mal la personne concernée, cela impacte aussi le réseau des amis... c’était la logique de la police de l’URSS des années 60 contre le Samizdat : plus que l’auteur (irrécupérable), ce sont ses contact qui sont la réelle cible.

    #surveillance #médias_sociaux #vie_privée


  • #Infographie. #Armes : les principaux acheteurs et vendeurs dans le monde

    “Les ventes globales de systèmes d’armement ont augmenté ces cinq dernières années, pour arriver au volume le plus important depuis la fin de la guerre froide”, annonce The Guardian le 20 février, au lendemain de la parution du rapport du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri). Entre 2012 et 2016, le nombre d’armes vendues dans le monde a fortement progressé.


    http://www.courrierinternational.com/article/infographie-armes-les-principaux-acheteurs-et-vendeurs-dans-l

    #armement #commerce_d'armes #monde #statistiques #chiffres


  • Reporterre sur France Inter : Le plus grand herbier du monde passe au numérique
    https://reporterre.net/Reporterre-sur-France-Inter-Le-plus-grand-herbier-du-monde-passe-au-nume

    Lundi 20 février 2017 - Le Museum d’histoire naturelle abrite ce qui est sans doute le plus grand #herbier du monde, avec plus de 6 millions de spécimens de plantes et de champignons. Il en a entrepris la #numérisation, ce qui permettra une meilleure circulation des informations entre les chercheurs et avec le public. Mais au fait, à quoi sert un herbier ? Et comment cela aide-t-il à protéger la biodiversité ?

    Chouette :)


  • Comment un téléviseur peut vous espionner
    https://www.letemps.ch/economie/2017/02/07/un-televiseur-espionner

    Le fabricant de téléviseurs Vizio a reconnu avoir récolté des données sur les habitudes de ses clients. Swisscom utilise aussi certaines données depuis le 1er février – mais permet à ses clients de désactiver leur envoi C’est une affaire d’espionnage d’une ampleur jamais vue qui vient de trouver son épilogue aux Etats-Unis. Durant des années, le fabricant américain de téléviseurs Vizio a enregistré tout ce que ses clients visionnaient, pour transmettre ensuite ces données à des régies publicitaires. Ce (...)

    #Swisscom #TV #publicité #marketing #profiling #FTC #Vizio #géolocalisation #UPC #données

    ##publicité


  • Toute la pornographie est une vengeance contre les femmes | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2017/02/09/toute-la-pornographie-est-une-vengeance-contre

    il est important de comprendre que l’abus du « consentement », ainsi que l’humiliation et la dégradation, sont les caractéristiques principales de l’industrie de la pornographie.

    D’abord, les inégalités que subissent les femmes – sur le plan économique, social, politique et sexuel – contribuent à une sorte de contrainte culturelle à leur participation à l’industrie de la pornographie. Il est insensé de laisser entendre que la pornographie commerciale est une question de « libre choix », comme si le consentement pouvait exister à l’extérieur d’une culture pornographique capitaliste et patriarcale.

    Ensuite, il y a la représentation des femmes. La violence sexuelle et l’agression sexuelle contre les femmes sont extrêmement courantes dans la pornographie commerciale. La façon dont certains groupes de femmes y sont représentés démontre que l’humiliation et la dégradation accompagnent la violence sexuelle la plus évidente.

    Le racisme est également omniprésent dans la pornographie hétérosexuelle (et gay). Comme l’explique Gail Dines

    « Se cachant derrière la façade du fantasme et du divertissement inoffensif, la pornographie se permet de promouvoir des stéréotypes racistes réactionnaires qui seraient considérés comme inacceptables fussent-ils présentés dans n’importe quel autre type de média de masse. Cependant, la puissance de la pornographie est que ses messages agissent en profondeur, se maintiennent et résonnent toujours, à un niveau sous-textuel, avec l’idéologie de la suprématie blanche, qui continue de diriger les politiques tant sur le plan économique que social en discriminant contre les personnes de couleur. »

    Dines démontre comment le sexisme et le racisme sont inséparables des tropes régulièrement utilisés tels que : les femmes asiatiques sont fragiles et soumises ou les femmes noires sont pauvres, « du ghetto », et facilement influencées par les proxénètes. La pornographie non seulement renforce la domination masculine et la suprématie blanche, mais elle sexualise aussi les inégalités : l’inégalité est quelque chose qui aide les hommes à s’exciter sexuellement.

    Fondamentalement, l’industrie de la pornographie requiert l’objectivation sexuelle afin de fonctionner. Comme Kathleen Barry le fait valoir dans The Prostitution of Sexuality, la prolifération de la pornographie a été, du moins en partie, basée sur la réduction des femmes à des organes sexués disponibles pour le regard masculin. Elle affirme que, dans les sociétés post-industrielles :

    « Lorsque les femmes atteignent un potentiel d’indépendance économique, les hommes se sentent menacés par leur perte de contrôle sur elles, qui ne sont plus leur propriété juridique et économique dans le mariage. Pour reprendre le contrôle, la domination patriarcale se reconfigure autour du sexe en produisant une condition sociale et publique de subordination sexuelle qui suit les femmes jusque dans la sphère publique. »

    En ce sens, en termes de classes, toute pornographie est du revenge porn. Au lieu qu’un individu homme profite et abuse d’une individue femme – comme ce qui est entendu avec le revenge porn – ce sont les hommes en tant que classe qui tirent profit et abusent des femmes en tant que classe.

    #domination_masculine #pornographie #féminisme #racisme #sexisme #classisme


  • L’April demande la publication de la note de la DAJ de Bercy sur la priorité au logiciel libre | April
    https://www.april.org/lapril-demande-la-publication-de-la-note-de-la-daj-de-bercy-sur-la-priorite-a

    « Nous demandons au gouvernement la publication de la note juridique de la Direction des affaires juridiques (DAJ) de Bercy de manière à éclairer les citoyens et le débat parlementaire » a déclaré Frédéric Couchet, délégué général de l’April.

    De plus, la Direction générale des finances publiques vient d’annoncer que le code source du calculateur impôt sera mis à la disposition de tous à compter du 1er avril. Souhaitons que cette initiative, « acte de transparence et de gouvernement ouvert » selon les termes de l’annonce, serve d’exemple à la DAJ qui communiquera sa note, dans une logique de transparence, co-construction et modernisation de l’action publique (pour reprendre les objectifs du « Partenariat pour un Gouvernement Ouvert » dont la France est membre et dont elle prendra la présidence à l’automne 2016).

    https://www.etalab.gouv.fr/ogp

    #Logiciel_Libre



  • Violences policières : un rapport dénonce un risque d’impunité des forces de l’ordre
    http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/03/14/violences-policieres-un-rapport-denonce-un-risque-d-impunite-des-forces-de-l

    Au moment où l’Etat dote les brigades anticriminalité de la #police d’armes de #guerre, et alors que le Parlement discute d’un assouplissement des règles d’ouverture du feu par les forces de l’ordre, l’ONG française de défense des droits de l’homme Action des chrétiens pour l’abolition de la torture (#ACAT) publie lundi 14 mars un rapport cinglant sur les #violences_policières. « On s’est demandé si notre message serait audible dans le contexte post-attentats, reconnaît Aline Daillère, auteure du rapport « L’ordre et la force ». En réalité, le moment est propice, car nous craignons des dérives dans un cadre législatif où les forces de l’ordre ont des possibilités d’usage des armes élargies. »

    Au terme d’une enquête de dix-huit mois, l’ACAT dresse un état des lieux peu reluisant. Elle s’est en particulier penchée sur 89 cas de blessures graves survenues entre 2005 et 2015, et ayant entraîné la mort pour 26 d’entre eux. Ces affaires ont été recensées par le biais d’associations, d’avocats ou à travers des articles de presse, puisqu’il n’existe pas en France de recensement exhaustif et officiel.

    Leur analyse fait apparaître un changement dans la #doctrine_du_maintien_de_l’ordre. Pour Aline Daillère, « on glisse d’une conception où l’on maintenait à distance des manifestants à une conception où l’on vise ces manifestants. C’est flagrant avec le #Flash-Ball », capable de tirer des balles en caoutchouc « à la vitesse d’un TGV ».

    « Le recours de plus en plus important à des armes intermédiaires, à compter des années 1990, a entraîné un nombre important de blessés graves », relève l’ONG, en particulier à l’occasion de manifestations ou « d’opérations de sécurité dans des quartiers jugés sensibles ou des zones à défendre (Notre-Dame-des-Landes, Sivens) ». L’ONG dénombre depuis 2005 au moins 1 mort et 39 blessés graves par Flash-Ball, dont 21 ont perdu l’usage d’un œil.

    Trente pour cent de ces victimes sont mineures. Les risques, compte tenu notamment de l’impossibilité d’obtenir une visée précise sur une foule en mouvement, sont « totalement disproportionnés au regard des objectifs policiers », estime l’ACAT, qui recommande leur retrait total. (...)

    ... en 2014, sur 5 178 signalements reçus de la part de particuliers, seuls 32 ont donné lieu à des enquêtes de l’Inspection générale de la police nationale.

    L’ORDRE ET LA FORCE
    https://www.acatfrance.fr/rapport/l-ordre-et-la-force

    L’ACAT publie un rapport d’enquête sur les violences policières en France ces dix dernières années qui montre qu’il existe de graves défaillances dans les enquêtes administratives et judiciaires effectuées à la suite de plaintes pour violences policières, et souligne le lourd bilan humain de l’utilisation de certaines armes (Flashball, #Taser) et techniques d’interpellation.
    Rapport « L’ordre et la force »
    Dossier de présentation du rapport
    Visuels et infographies


  • Pigistes, enfer social : le déplorable exemple d’un média web français (Ijsberg) - Acrimed | Action Critique #médias
    http://www.acrimed.org/Pigistes-enfer-social-le-deplorable-exemple-d-un-media-web-francais-Ijsberg

    "C’est un journal qui arbore fièrement son « Prix Google/Sciences Po de l’innovation en #journalisme 2014 », mais qui ne risque pas de gagner le prix de l’excellence sociale. Ijsberg, média web (français), propose à ses lecteurs de prendre leur temps pour lire de longs reportages « calmement ». Du calme et de la patience, il en faut manifestement aussi pour les pigistes qui y travaillent : salaires payés très en retard (quand il sont payés), publication des mois après réception de l’article, paiement des piges sur factures (plutôt qu’avec des fiches de paie), etc.

    Emballés par la promesse, vendue par les fondateurs, d’un média qui se voulait novateur, faisant large place à des sujets non traités ailleurs et ouvert à la collaboration de journalistes débutants, certains pigistes d’Ijsberg ont payé cette (...)

    #travail


  • L’affiche est un scandale visuel : Cassandre et Raymond Savignac : interview post-mortem | Strabic

    Inaugurée mi-janvier à Paris, la troisième édition de la Fête du graphisme a été agitée par une vive polémique. L’affiche sélectionnée pour annoncer l’événement, pour beaucoup, ne semblerait pas à la hauteur. Elle ne remplirait pas le contrat… Afin de tirer au clair cette affaire, Strabic s’en est remis aux grands affichistes du XXe siècle. Nous avons sauté dans notre DeLoréan et nous avons décidé d’aller interroger Adolphe Mouron, dit A.-M. Cassandre. Le maître nous a reçus en compagnie de son disciple, Raymond Savignac, qui lui aussi avait son mot à dire. Interview croisée depuis l’au-delà.

    #affiche #graphisme #design #savignac
    http://strabic.fr/Cassandre-Savignac-L-affiche-un-scandale-visuel


  • Musée des Beaux-Arts Zanabazar d’Oulan-Bator : inauguration d’une nouvelle salle avec répliques des peintures murales de la tombe de #Choroon_Bumbagar
    УЛААН ХЭРЭМИЙН ШОРООН БУМБАГАРЫН БУНХАНТ БУЛШНЫ ХАНЫН ЗУРАГ
    http://mongolnews.mn/1fxm

    Булган аймгийн Баяннуур сумын нутгаас эрдэмтэд Улаан хэрэмийн шороон бумбагар хэмээх дурсгал илрүүлснээ 2011 оноод малтан судалсан. 43 метрийн урттай бунхны ханан дээрх зургийг хуулбарлах ажлыг Соёлын өвийн төвийнхөн “Түүхийн дурсгалан” компанийнхантай хамтран хийжээ. Тэд өнөөдөр Занабазарын нэрэмжит Дүрслэх урлагийн музейд хуулбар зургуудаараа үзэсгэлэн дэлгэсэн юм.

    La tombe, découverte en mars 2011 dans la province (aïmag) de Bulgan était intacte, contenait de nombreux objets et des peintures murales. Elle a été fouillée avec l’aide de l’Université d’Astana au Kazakhstan.

    Le toponyme Choroon Bumbarag signe « rotonde de poussière ». La datation des objets trouvés les rattache entre la fin du VIe et la fin du VIIe siècle.

    Luminescence dating of mortar and terracotta from a Royal Tomb at Ulaankhermiin Shoroon Bumbagar, Mongolia - ResearchGate [abstract]
    http://www.researchgate.net/publication/264047680_Geochronology_of_the_Royal_Tomb_at_Ulaankhermiin_Shoroon_Bum

    A breathtaking discovery took place in 2011, at the Royal tomb “Ulaankhermiin Shoroonbumbagar” in Bayannuur somon Bulgan province, Mongolia (N:47057’305”; E:104032’340”). It features 117 clay figurines, 150 gold and stone wares, ancient coins and altogether over 550 items (Ochir A., et al. 2013) at a depth of 7 meter below the ground. A slope of over 40 meters long leads down to the chamber; the walls were covered by mortar and chalk with paintings which are unique and more or less influenced by the style in the early Tang Dynasty (618-907).
    (…)
    The ages obtained on different materials using pIRIR150 and pIRIR180 are from 685±85AD to 580±77AD; which are in good agreement with the historically expected age of the Royal tomb at Ulaanhermiin Shoroon Bumbagar (Mongolia).

    L’annonce le 24/08/2011
    Historical findings have been discovered : InfoMongolia.com
    http://www.infomongolia.com/ct/ci/1582

    The Institute of History of the Mongolian Academy of Sciences (MAS) in association with the Centre of Turkic languages and Altai studies at Astana University, Republic of Kazakhstan have discovered a unique historic finding while conducting a digging in “Shoroon Bumbagar” Ulaan Kherem monument  in Bayannuur sum, Bulgan aimag, informed MAS on August 24, 2011.
     
    Shoroon Bumbagar is like ger shaped earth structure with a 4.2m in height and 25m in diameter. The archeologists first discovered the vestibule, and as they were digging further they had noticed different kinds of paintings in black and red on the 2 sides of the wall; paintings of 2 dragons, figures of 8 people, 2 figures leading horses, a temple, flags, lotus and the head of a cow.
     
    This new discovery comes as a surprise to the archeologists as it has never been discovered before in Mongolia. According to the experts, these findings are connected to the ancient Turkic people living in Mongolia in the VI-VIII centuries. The vestibule is a very rare historical value with a 32m in length, 7m deep and 1.85m in width. The digging process is still being continued.
     
    Turkic peoples and related groups migrated west from Turkestan and what is now Mongolia, towards Eastern Europe, Iranian plateau and Anatolia and modern Turkey in many waves. Later, Turkic peoples included the Avars, Karluks (mainly 8th century), Uyghurs, Kyrgyz, #Oghuz (or Guz) Turks and Turkmens. As these peoples were founding states in the area between Mongolia and Transoxiana, they came into contact with Muslims, and most of them gradually adopted Islam. Small groups of Turkic people practice other religions, including Christianity, Jewish (Khazars), Buddhism and Zoroastrians.

    En 2012, exposition d’objets (et photos des fouilles)
    Photo news : Over 500 valuable findings of ancient aristocrats found : InfoMongolia.com
    http://www.infomongolia.com/ct/ci/3654

    The project was conducted under the supervision of professor A.Ochir, where around 570 valuable findings of Turkish aristocrats were found from the Shoroon Bumbagar tomb, related to the VII century. Over 300 of these findings are shown at the exhibition in the sequence they were found, where these historical findings are categorized into substantial archeological finds, antiques, photography, maps, art pieces, printed pictures, models and copies. The most interesting find from this tomb are the tomb wall pictures. 
    There are a total of over 40 pictures, where 24 male and female persons with swans, birds, tigers, dogs and horses are illustrated dancing, singing, holding ceremonies and entertaining themselves. There were no cases of such underground tombs with wall pictures to have been previously found in Mongolia, where these types of tombs were found only in China, Japan and Korea. This tomb is 42 meters in length and 1.8 meters in width and located 8 meters underground, and was organized with 4 ditched entrances, 2 small holes and a main tomb. Very valuable findings were found from the tomb, including 134 gold wares, 117 clay wares, and 41 golden coins, possessions made of silver and other metals and 30 wood wares. Also, there are many other interesting findings as well as golden earrings, rings, bracelets and vessels, 4 clay made tomb protectors, clay horseman playing music and golden coins with Rune and Latin scripts with signs of Byzantine craft. The owner of the tomb is not yet identified, although it is certain the person was of a significant position in society.

    Interview de l’archéologue A. Ochir en août 2012
    A.Ochir : The Shoroon Bumbagar Tomb is under the state protection | The UB Post
    http://ubpost.mongolnews.mn/?p=771

    -I heard that the Shoroon Bumbagar Tomb has been found. How old is this tomb?
    –The joint exploration team from the Institute of History of the MAS and the Centre for Turkic and Altaic Studies of the National Eurasia University at Astana in Kazakhstan, has conducted an excavation for archaeological purposes. They discovered a complete tomb of an aristocrat from an ancient nomadic tribe at Shoroon Bumbagar of Bayannuur Soum in Bulgan Province in 2011. We are assuming the tomb dates back to the 7th Century AD. As no finds have been discovered from this area, the tomb is drawing special attention from experts and scientists.

    Présentation de la collection au Musée des Beaux-arts Zanabazar (pas de galeries de photos)
    The Fine Arts Zanabazar Museum
    http://www.zanabazarfam.mn/index.php?language=english&section=collections&page=new-discovery

    In this room you can find exhibits from an escavation carried out recently during which a 7-8th century tomb came into surface from the Turkish period. The creators dug 6 meters deep for a tomb of 4.5m x 5.6m x 2.8m in size with a dirt foundation 5 m high and 30 m in diameter, with a wall 110m x 96m to protect the tomb. It has entry hall way of 25 meters and covered by dirt but still noticeable from outside. The archeologists found the entry hall way first, cleaned out the overlying dirt and then reached the tomb. They have discovered wooden crafts, ceramic dolls of soldiers on horses with flags in their hands, and also ceramic dolls, horses, camels, cows, lions, fish, pheasants, pigs, male and female figures. Also, discovered were two blue square stones 75cm x 75cm, on top of which was written a biography of the person who was buried, and kept it near the tomb’s entry door. It had been long time, since archeologists discovered a stone with so many writings. It said that all the animals and dolls were created for the person’s next life (reincarnation), and represented his future wealth and good life and dedicated to his soul and pride.

    Quelques peintures (ou leur reproduction ?) (sous le premier lien du billet)


  • Les Inrocks - Qui est Donna Haraway, la pionnière du cyberféminisme ?
    http://www.lesinrocks.com/2016/01/31/actualite/qui-est-donna-haraway-la-pionniere-du-cyberfeminisme-11800683

    Philosophe et primatologue américaine, Donna Haraway mène bataille depuis les années 1970 contre l’hégémonie de la vision masculine sur la nature et la science. Ses travaux, qui appellent à saisir les possibilités d’émancipation offertes par les technosciences, ont largement inspiré les mouvements cyberféministes. Portrait par Usbek et Rica.(Permalink)

    #féminisme



  • Pour une histoire du mouvement ouvrier féminin en Russie
    http://revueperiode.net/pour-une-histoire-du-mouvement-ouvrier-feminin-en-russie

    Alexandra Kollontaï (1872-1952) est la plus célèbre théoricienne et militante féministe bolchévique. Dans ce texte, extrait d’une brochure publié en 1920, à l’époque où elle forme avec Alexandre Chliapnikov l’Opposition ouvrière au sein du Parti communiste, Kollontaï retrace une histoire du mouvement ouvrier féminin en Russie depuis le dernier quart du XIXe siècle jusqu’à 1908, année du premier Congrès pan-russe des femmes. Conférant un rôle décisif à la révolution de 1905, elle poursuit à travers cet essai historiographique un objectif théorique et politique clair : montrer que l’émancipation des femmes du prolétariat est inatteignable par les voies du « féminisme » (bourgeois) et qu’émancipation ouvrière et émancipation féminine, sans se confondre, sont organiquement (...)

    #Uncategorized #féminisme #révolution_russe


  • Marseille : La Plaine, quartier libre

    par Bruno Le Dantec

    http://cqfd-journal.org/Marseille-La-Plaine-quartier-libre

    La rumeur courait les étals et les comptoirs depuis quelque temps  : une restructuration radicale de la place Jean-Jaurès était dans les cartons de la mairie de Marseille. C’est alors que les plans, jusque-là tenus secrets, sont tombés entre les mains de la plèbe. Aïe !

    « Ce ne sont pas les grandes gueules habituelles qui ont mené cette contestation très remarquée durant les séances de concertation, constate avec un plaisir non dissimulé Chris, membre actif de l’assemblée. Ce sont des gens qu’on a croisés une fois ou deux, qu’on connaît plus ou moins, voire pas du tout. C’est cette dynamique-là qu’il m’apparaît important de reconnaître et de soutenir. » Face à l’adversité, les rapprochements entre habitants, habitués, épiciers, patrons de bars, forains, clients du marché et des cafés, malgré des points de vue souvent kaléidoscopiques, ont permis de voir refleurir un sentiment d’appartenance et de fierté. Autour d’un des derniers bancs encore en place dans cette ville, une bande de jeunes scande un rap à la nuit tombée  : « La Plaine, ils n’y arriveront pas, c’est trop pas possible, elle est trop là, c’est trop elle, elle bougera pas  ! » Yvou, un ancien de l’association La Plaine sans frontières, qui se mobilisa en son temps contre la pose de grilles autour des jardins et fut à l’origine de la jeune tradition du carnaval indépendant, reprend la balle au bond, hilare : « La Plaine sera la place Tahrir de Gaudin  ! »


  • Up against the #paywall | The Economist
    http://www.economist.com/news/business/21678799-many-publishers-still-see-little-alternative-continual-cutbacks-

    What can newspapers do to save themselves, besides finding billionaire owners able to withstand years of losses? For most of them, one possible saviour, getting readers to pay for online news, has not worked well. Two years after introducing a paywall for the Sun, its biggest British title, News Corp said last month that it would be scrapped. “Metered” paywalls, which let readers see a few free articles before asking for payment, have worked at some large and prominent papers like the New York Times, and specialist ones like the Financial Times (which pioneered the idea). But for most general-interest papers people tend to read the freebies, then leave. Mr Chisholm says a typical American personal-computer user spends just 228 seconds on each visit to a news website.

    #financement #journalisme


  • Où l’on apprend, au détour de quelque recherches historique, que le premier journal anarchiste français, dans lequel écrivait Louise Michel, étaient financé et dirigé en sous-main par le préfet de police de Paris.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/La_R%C3%A9volution_sociale

    Le préfet Louis Andrieux le raconte avec délectation dans ses mémoires :

    On ne supprime pas les doctrines en les empêchant de se produire, et celles dont il s’agit ne gagnent pas à être connues.

    Donner un journal aux anarchistes, c’était d’ailleurs placer un téléphone entre la salle des conspirations et le cabinet du préfet de police. On n’a pas de secrets pour un bailleur de fonds, et j’allais connaître, jour par jour, les plus mystérieux desseins. Le Palais-Bourbon allait être sauvé ; les représentants du peuple pouvaient délibérer en paix.

    Ne croyez pas, d’ailleurs, que j’offris brutalement aux anarchistes les encouragements du préfet de police.

    J’envoyai un bourgeois, bien vêtu, trouver un des plus actifs et des plus intelligents d’entre eux. Il expliqua qu’ayant acquis quelque fortune dans le commerce de la droguerie, il désirait consacrer une partie de ses revenus à favoriser la propagande socialiste.

    Ce bourgeois qui voulait être mangé n’inspira aucune suspicion aux compagnons. Par ses mains, je déposai un cautionnement dans les caisses de l’État, et le journal la Révolution sociale fit son apparition.

    C’était un journal hebdomadaire, ma générosité de droguiste n’allant pas jusqu’à faire les frais d’un journal quotidien.

    Mme Louise Michel était l’étoile de ma rédaction. Je n’ai pas besoin do dire que « la grande citoyenne » était inconsciente du rôle qu’on lui faisait jouer, et je n’avoue pas sans quelque confusion le piège que nous avions tendu à l’innocence de quelques compagnons des deux sexes.

    Tous les jours, autour d’une table de rédaction, se réunissaient les représentants les plus autorisés du parti de l’action on dépouillait en commun la correspondance internationale on délibérait sur les mesures à prendre pour en finir avec « l’exploitation de l’homme par l’homme » ; on se communiquait les recettes que la science met au service de la révolution.

    J’étais toujours représenté dans les conseils, et je donnais au besoin mon avis.

    Mon but était surtout de surveiller plus facilement les honorables compagnons, en les groupant autour d’un journal.

    Cependant la Révolution sociale me rendait encore quelques petits services accessoires. Vous croyez que j’y attaquais les adversaires de mon administration ? En vérité, puisque je
    fais une œuvre de bonne foi et puisque les erreurs qui s’y peuvent glisser ne sont jamais volontaires, j’en fais l’aveu je n’ai pas été étranger aux articles publiés contre M. Yves Guyot et contre ses amis au moment des élections municipales. J’aurais certainement préféré avoir pour conseillers municipaux les rédacteurs du Prolétaire plutôt que ceux de la Lanterne.

    De tous temps, l’administration, dans les questions électorales, a été du côté des candidatures socialistes, quand elle a dû choisir entre celles-ci et les candidatures radicales.

    Ma tâche eût été certainement plus facile si j’avais eu au pavillon de Flore une douzaine de bons anarchistes traitant les radicaux de réactionnaires et discréditant leurs collègues par leurs propres excentricités.

    Mais la Révolution sociale faisait mieux que d’attaquer mes adversaires et de prêcher l’abstention au profit des candidatures les plus modérées elle m’adressait à moi-même les outrages les plus véhéments.

    Je le rappelle, en passant, afin de montrer à mes adversaires combien ils perdent leur temps, leur encre, leur imagination et leur peine quand ils croient m’être désagréables en inventant sur mon compte des anecdotes bien innocentes, si on les compare à celles que j’ai payées à la ligne. Ici doit se placer le récit d’une aventure dont je ris encore.

    Le héros s’appelle Clauzel ou Clozel. Je ne me rappelle pas très exactement l’orthographe de
    son nom.

    Quant à lui, il n’avait jamais oublié l’orthographe, par cette bonne raison qu’il ne l’avait jamais sue.

    Il était d’ailleurs officier d’académie s’il eût été complètement ignorant en l’art de lire et d’écrire, on l’eût fait officier de l’Université. Clauzel était un personnage important de ma circonscription électorale c’était un politicien de village, comme tous les députés en ont connu un borgne parmi les aveugles.

    Ce brave homme avait porté ses armes et ses bagages à un conseiller général, appartenant au grand parti des « remplaçants ».

    Donc, il occupait ses loisirs à démolir le crédit du député à Tassin-la-Demi-Lune, à l’Arbreale, et dans les autres lieux circonvoisins.

    La population électorale de nos cantons ruraux, dans le département du Rhône, est très
    radicale mais elle n’est pas partageuse et l’anarchie y compte peu de partisans.

    J’envoyai à Clauzel un journaliste qui avait envers moi quelques obligations. On lui récita quelque chose comme la fable du Renard et du Corbeau

    Eh bonjour, monsieur du Corbeau,
    Que vous êtes joli, que vous me semblez beau !

    Eh ! bonjour, monsieur l’officier d’académie, comme ce ruban violet sied bien à votre boutonnière, et comme vous êtes éloquent lorsque vous vous écriez, dans les réunions privées « Jusques à quand, ô Catilina, abuseras-tu de notre patience ? » Mais pourquoi vos catilinaires contre le député Andrieux ne se produisent-elles que sur un théâtre de province ? Je suis à votre service pour livrer votre éloquence à tous les échos de la presse parisienne.

    A ces mots, le corbeau Clauzel ne se sent pas de joie.

    Il ouvre un large bec et laisse tomber plusieurs pages de diatribes contre le député-préfet de police.

    Je fis insérer l’article, signé Clauzel, dans la Révolution sociale, entre un morceau oratoire de Mme Louise Michel et une recette pour la fabrication de la dynamite.

    Je fis envoyer le numéro à tous les maires de ma circonscription.

    Comment dirent-ils, Clauzel écrit dans le journal de Louise Michel ? Il veut faire sauter le Palais-Bourbon ? Il veut nationaliser la propriété ? Ah ah nous le connaissons maintenant ; qu’il vienne nous dire du mal de notre député, il verra comme il sera reçu !

    Pauvre Clauzel je lui fais ici mes excuses, et je souhaite bien sincèrement qu’il trouve dans l’estime de son conseiller général la réparation du tort que je lui ai causé.

    http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65129d

    #journal #journalisme #anarchisme #anar #agent_provocateur


  • Molenbeek, un nid de terroristes ? Ce quartier de Bruxelles est le lieu d’une belle alternative
    http://www.reporterre.net/Molenbeek-un-nid-de-terroristes-Ce-quartier-de-Bruxelles-est-le-lieu-d-u

    Molenbeek, près de Bruxelles, est présenté comme un repaire de terroristes. Comme toujours, la réalité n’est pas si simple. Car dans ce grand quartier de Bruxelles, une initiative de parc urbain autogéré est devenue un exemple extraordinaire de mixité et de tolérance.

    @supergeante

    • A Molenbeek, dans la spirale de la misère et de l’islam radical

      « Molenbeekistan », « nid de djihadistes ». Depuis les attentats de Paris, Molenbeek, commune de Bruxelles, est sous les feux de l’actualité, considérée comme la plateforme du terrorisme européen. Plongée dans ce quartier qui a sombré et où l’Arabie saoudite a massivement financé l’émergence d’un islam wahhabite.

      http://www.mediapart.fr/journal/international/201115/molenbeek-dans-la-spirale-de-la-misere-et-de-lislam-radical?onglet=full

    • De notre envoyée spéciale à Molenbeek-Saint-Jean (Bruxelles, Belgique). Quand elle a appris que deux des fils Abdeslam étaient impliqués dans les tueries de Paris – l’un, Brahim, s’est fait sauter devant un bar du XIe arrondissement « comme s’il était à Kaboul » et l’autre, Salah, est en cavale –, Souad s’est effondrée en larmes et en prières. Elle « sentait que le malheur se rapprochait encore une fois du quartier ». Déjà, l’été dernier, pendant les vacances dans le village natal, dans le nord du Maroc, elle avait demandé à son mari, un retraité de la Stib, la RATP bruxelloise, de convaincre les enfants de rester au pays. « Au Maroc, c’est une dictature mais je préfère la dictature à l’anarchie, là-bas les policiers font peur, nos petits-enfants seront biens tenus. Pas comme à Molenbeek où tout est permis et les gosses à la rue nuit et jour. »

      Souad était déjà « traumatisée, dépassée » par l’histoire de la famille N. Ces lointains cousins, immigrés en Belgique comme eux, avaient organisé une « talba », une récitation du Coran, pour un de leurs gamins qui s’était radicalisé sans que personne s’en aperçoive et qui avait rejoint la Syrie, cédant à « l’appel du Cham » de Daech. Il était mort quelques mois plus tard, « shuhada », « martyr », selon un bref message de l’organisation qui avait plongé la mère dans la folie et le père dans la dépression. Souad, la soixantaine, voyait souvent les femmes de cette famille autour d’un thé à la menthe pour passer les après-midi « mais depuis cette tragédie, elles ne fréquentent plus personne, le djihad est un sujet tabou, les familles ont honte, comme si Satan les avait frappées ».

      Ce mercredi, dans son salon oriental, sous une photo de La Mecque où elle est allée en pèlerinage, Souad se demande « quelle drogue on donne à nos enfants pour qu’ils deviennent des monstres », un chapelet à la main. Elle raconte qu’elle ne sort plus de peur d’être harcelée par les journalistes « qui nous prennent pour des animaux » et pleure les victimes de Paris, « les musulmans d’Europe qui vont être encore plus stigmatisés » mais aussi « l’enfer que doit vivre la mère Abdeslam ». « Ici, c’est un village, on se connaît tous », dit-elle, scotchée sur Maghreb TV, une télé belge communautaire qui diffuse en arabe et qui a dépêché ses caméras sur la place communale de Molenbeek.

      Le quartier est l’un des poumons de la ville, à quelques mètres du métro Comte de Flandre et à moins d’un quart d’heure à pied de la Grand-Place de Bruxelles, épicentre touristique de la capitale européenne. S’y tient tous les jeudis un marché « qui donne l’impression d’être à Tanger », dit un commerçant. Il se présente comme « un des rares Blancs » à tenir encore un commerce dans ce qui a muté, au fil des décennies, en « un laboratoire de ville à 90 % musulmane », « un ghetto ethnique ». « Maroc-enbeek », 97 000 habitants sur six kilomètres carrés : plus de la moitié sont des immigrés marocains ou descendants, concentrés dans la partie basse de la ville, le triangle « Comte de Flandre-Étangs noirs-Ribaucourt ».

      Décrochage scolaire, chômage (jusqu’à 60 % chez les jeunes dans les quartiers est), discriminations de l’école à l’embauche, familles nombreuses sans revenus du travail entassées dans des logements minuscules dont un quart ne possède pas encore le confort minimal (W.-C., douche), trafic de cannabis importé par des Rifains, banditisme… Molenbeek, « Petit Manchester » ouvrier florissant dans les années 1960, a été foudroyé par la désindustrialisation. Le quartier est devenu, un demi-siècle après le premier accord bilatéral de recrutement de main-d’œuvre entre la Belgique et le Maroc (puis avec la Turquie), l’emblème du croissant pauvre et délinquant de Bruxelles qui tourne autour du canal. Tous les indicateurs sociaux sont au rouge, à quelques kilomètres du rond-point Schuman et des institutions européennes.

      Depuis samedi, les médias du monde entier cherchent à comprendre comment cette commune, que le ministre de l’intérieur belge Jambon, de la très droitière N-VA, veut « nettoyer » (et Zemmour « bombarder »), s’est muée en « nid à djihadistes ». Ils occupent la place communale avec leurs fourgons satellites, enchaînent les duplex, vont et viennent du dôme de la « maison communale » (la mairie) accolée au commissariat de police, au numéro 30, à l’autre bout de la place, une petite maison de trois étages au-dessus d’un Pakistanais qui vend des tissus orientaux. C’est ici, dans un logement social, que vit la famille Abdeslam, sous pression médiatique maximale.

      Lundi, en fin d’après-midi, sur le pas de la porte de l’immeuble, Mohamed, frère aîné des deux terroristes présumés, employé au service « population » de la commune depuis dix ans, s’est exprimé sous les flashs après une arrestation musclée et plusieurs heures de garde à vue : « J’étais accusé d’acte terroristes (…) mais en aucun cas je n’ai été lié de près ou de loin à une intervention à Paris. (…) Les gens de la commune savent de quoi je suis capable et de quoi je ne suis pas capable. Je n’ai jamais eu d’ennuis avec la justice. J’avais un alibi. » « Momo », comme l’appellent ses collègues, assure n’avoir « rien remarqué » chez ses frères. Comme tous ceux qui connaissaient Salah et Brahim Abdeslam.

      « Bienvenue à Hollywood, la plus grande fabrique de films »

      « Pas inconnus de la justice, les deux frères avaient commis des délits de droit commun mais ils appartiennent à une famille modérée, ouverte, originaire de Tanger, au Maroc, qui n’avait jamais fait parler d’elle sur le plan religieux », dit un travailleur social sous couvert d’anonymat. « Je les connais depuis qu’ils sont petits et je ne les ai jamais vus à la mosquée », renchérit Jamal Habbachich, à la tête d’un comité consultatif qui fédère seize mosquées de Molenbeek. Abdel, 26 ans, qui alterne périodes de chômage et d’intérim, passait ses journées et ses soirées aux « Béguines », le café qui appartenait à Brahim Abdeslam et que gérait Salah. C’était un bar d’hommes dans cette ville où les femmes sont pour la plupart voilées et où « tu n’en verras jamais une dans un bar, ni dans la rue le soir sauf si elle sort d’un mariage », dit Abdel.

      Le café a été fermé le 5 novembre par les autorités, pour « consommation de substances hallucinogènes prohibées » après une descente de police en août. On y menait une vie de bamboche, fumait du shit, buvait un verre de thé à la menthe ou des Jupiler (bière belge), en jouant aux dés et en regardant les matchs de foot. « C’était tout sauf des radicaux qui voient la vie en "haram" (illicite) ou en "halal" (licite). Ils ne faisaient pas la prière à ma connaissance. Leur "trip", c’était les filles, les discothèques, la fête », raconte Abdel.

      Abdel ne croit « pas du tout » ce qui tourne en boucle sur les chaînes d’information, sur les fils Abdeslam et le cerveau présumé des attentats de Paris, Abdelhamid Abaaoud, Molenbeekois bien connu, mort dans l’assaut lancé ce mercredi dans un appartement à Saint-Denis. « C’est des montages. Comment on peut tenir un coffee-shop et se faire sauter quinze jours après ? Comment on peut être Abaaoud l’homme le plus recherché du monde planqué en Syrie et revenir à Paris incognito en passant les frontières dans un contexte ultra-sécuritaire même en empruntant la route des réfugiés syriens ? », dit le jeune homme en prenant à témoin ses copains.

      Tous lisent là « encore un complot de la Grande Puissance, l’Amérique, la France pour salir les musulmans ». « Si j’envoie par SMS à mon répertoire la question, "croyez-vous aux événements dont les médias nous matraquent depuis vendredi", 95 % va me répondre "Non" », assure sans ciller Samir, 28 ans et déjà dix de chômage. Ils ne sont pas allés ce mercredi au rassemblement sur la place communale en mémoire des victimes de Paris où 2 500 personnes, dont le frère Abdeslam depuis un balcon, se sont recueillies, allumant des bougies, des lumières contre les ténèbres.

      Karim, qui a quitté l’école à 16 ans et vit de « petits deals », ne se sent « pas concerné » : « On n’était pas "Charlie" en janvier parce qu’on ne peut pas rire de tout et se moquer de la religion, du prophète comme il le faisait. On ne va pas être "Paris" en novembre. Il y a eu des morts, O.K., qu’ils reposent en paix, mais on ne croit pas au "terrorisme", c’est une invention de l’Occident. Chaque fois, qu’il y a "un attentat" ou "une tentative", cela passe toujours comme par hasard par Molenbeek et les quartiers où il y a des musulmans concentrés. C’est la seule fois de l’année où on parle de nous dans les journaux, jamais pour parler du racisme, du chômage, de la misère, des violences policières que nous subissons avec nos parents. Du jour au lendemain, on découvre qu’untel avec qui on était à l’école, jouait au foot, à la boxe, est devenu un bourreau et pose avec une kalach sur Facebook au milieu de cadavres. Mais que fait la police alors si nous sommes un foyer du djihadisme mondial depuis tant d’années ? »

      Devant l’un des deux derniers établissements scolaires de Bruxelles qui accepte le port du foulard (tous deux à Molenbeek), des jeunes filles, voilées ou cheveux lâchés, sortent de cours, oscillant entre « c’est faux, c’est un complot », « c’est vrai, c’est bien fait pour la France qui bombarde la Syrie ». À « Molen », nombre d’habitants rencontrés, dont beaucoup de jeunes, refusent de croire que la ville est un foyer de l’islam radical européen, une base arrière des cellules djihadistes notamment françaises. Les théories du complot circulent à la vitesse du « téléphone arabe », révélant l’étendue de la fracture entre la population de ces quartiers bannis et le reste de la société.

      Depuis l’offensive médiatique, « la parano » a gagné les habitants qui voient « des agents extérieurs », « des espions au service du roi du Maroc », « des flics belges déguisés » partout, jusque dans les rangs des journalistes. « Bienvenue à Hollywood, la plus grande fabrique de films. Moi, je vole mais je ne suis pas un terroriste, je suis incapable de tuer une mouche », rigole un sans-papiers algérien. Tout de contrefaçon vêtu – jeans, blouson en cuir, montre, besace –, il fume un joint sur la chaussée de Gand, le grand axe de drague et commerçant de la ville, essentiellement des boutiques « ethniques » à bas prix, boucheries et snack halal, magasins de meubles, vaisselle et gadgets orientaux, vêtements islamiques, « jilbabs » et « kamis » sombres, « made in China »...

      « Molenbeek est en train de payer des décennies de harcèlement religieux »

      Pourtant, la réalité est là, impressionnante. Quand ils ne sont pas des enfants du cru, les islamistes radicaux se forment, se cachent, se lèvent derrière les murs, les caves et les garages des petites maisons en briques rouges de Molenbeek. Malgré le durcissement de la législation antiterroriste belge, le démantèlement de filières de recrutement depuis les années 1990, les chemins du terrorisme ne cessent de mener à cette commune parmi les plus pauvres de Belgique, lui valant le retour du surnom « Molenbeekistan ».

      « La religion poussée à l’extrême par les obscurantistes est devenue l’occupation principale des chômeurs qui n’ont plus que le choix entre le trafic de drogue ou le djihad. Tu n’as pas de travail ? Fais la prière cinq fois par jour et attends l’appel de l’imam au café en fumant un joint. Tu n’es pas marié, tu es frustré sexuellement, socialement ? On va te donner 70 vierges si tu te fais sauter », soupire un commerçant musulman qui aimerait bien « un peu de diversité, de Blancs ».

      Aujourd’hui, ce sont Abdelhamid Abaaoud, les frères Abdeslam, le Français Bilal Hadfi qui s’est fait exploser devant le Stade de France et qui vivait à Bruxelles… qui font la une des journaux. Hier, et la liste n’est pas exhaustive, c’était Hassan el-Haski, l’un des cerveaux des attentats de Madrid de 2004 (191 morts, 1 800 blessés) ; Mehdi Nemmouche, l’auteur de la tuerie du Musée juif de Bruxelles en mai 2014, originaire de Roubaix ; Ayoub el-Khazzani, qui a raté l’attaque du Thalys Bruxelles-Paris en août dernier ou encore des protagonistes de « la cellule de Verviers » démantelée lors d’un assaut policier mortel au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo, de Montrouge et de l’HyperCacher en janvier.

      C’était aussi les prédicateurs Jean-Louis Denis dit le Soumis, Fouad Belkacem aujourd’hui derrière les barreaux (il a pris douze ans en février). Ce dernier, à la tête de Sharia4Belgium, prônait le djihad armé entre Anvers et Bruxelles. En 2012, une quinzaine de membres de son groupuscule salafiste ont provoqué des émeutes avec la police de Molenbeek en réaction au contrôle d’identité d’une femme en niqab dans le tram (cette dernière s’était rebellée et avait cassé le nez d’une policière).

      « La ville est pour eux un arrondissement de Paris comme Anvers, une annexe des Pays-Bas. Ils peuvent s’y procurer facilement des armes, des faux papiers grâces aux filières criminelles, se planquer grâce à la densité de logements et se fondre dans la population de type arabo-musulmane », analyse l’anthropologue et militant associatif Johan Leman. Il a suivi toutes les mutations de la commune, de l’arrivée des premières générations d’immigrés venus travailler dans les mines, creuser le métro bruxellois aux premières radicalisations de leurs enfants nés sur le sol belge. C’est ici aussi que les Tunisiens Dahmane Abd el-Sattar et Bouraoui el-Ouaer ont fomenté l’assassinat du commandant afghan Massoud tué deux jours avant le 11 septembre 2001 sur ordre de Ben Laden.

      El-Sattar était l’époux de Malika el-Aroud, « la veuve noire », muse du djihadisme belge, deux fois femme de martyrs (elle s’est remariée avec Moez Garsallaoui, un Belgo-Tunisien tué par un drone au Pakistan en 2012). Fille d’ouvrier marocain, condamnée en 2008 à huit ans de prison et désormais sous le coup d’une procédure de déchéance de nationalité, elle avait envoyé vers l’Afghanistan des dizaines de jeunes.

      Le Franco-Syrien Bassam Ayachi, « cheikh » sulfureux, doyen des terroristes belges en Syrie où il est retourné en 2013, avait présidé à l’époque son mariage religieux avec el-Sattar. Il a dirigé pendant vingt ans, avec son fils (mort en Syrie en 2013), le Centre islamique belge (CIB) de Molenbeek. Un sanctuaire du salafisme radical, démantelé seulement en 2012 par la justice, qui a envoyé de nombreux combattants vers l’Afghanistan, l’Irak et la Syrie.

      « Molenbeek est en train de payer des décennies de harcèlement religieux et de laxisme politique. On a laissé des fous de Dieu, des salafistes et des Frères musulmans, payés par le Qatar, l’Arabie saoudite, l’Égypte, le Maroc, semer le malheur, la pagaille, le foulard. Ils ont fait de l’islam des sectes qui imposent un Coran de la terreur, sur des individus fragiles, ignorants, des gamins qui ont décroché du système scolaire dont les parents sont analphabètes, qui ne parlent ni l’arabe ni la langue des imams. » Rue Ribaucourt, le gérant de la librairie El-Itra (l’être originel en arabe) fulmine dans son local désert en lisant Grabovoï, « un grand penseur russe qui peut sortir nos consciences de la déchéance ». Sans concession, le libraire, « un musulman laïque », met « dans la même poubelle » le terroriste Bassam Ayachi et l’islamologue Tariq Ramadan qui tient régulièrement conférence dans la ville.

      Trois anciens, barbes longues et fournies, anoraks sur djellabas jusqu’aux genoux, passent devant sa vitrine : « Il y a trente ans, ils buvaient de l’alcool, fumaient, mais on leur a lavé le cerveau, les voilà singes. » Pas un client depuis samedi dans sa boutique, « que des journalistes qui ne connaissent rien à l’islam ». « À ce rythme, je vais fermer. Je tiens la seule vraie librairie de la ville qui propose du sacré et du profane face aux innombrables librairies coraniques, toutes affiliées à un groupuscule, salafistes, frères musulmans », râle le commerçant. Il raconte qu’un jour de campagne électorale, « un politicien » est rentré dans sa librairie : « Il m’a demandé ce que je voulais. Je lui ai dit : ferme les mosquées et je voterai pour toi. Il m’a pris pour un fou musulman et il a tourné les talons. Mais il est là le grand problème de Molenbeek. »

      « Un week-end comme celui-ci flingue tout le boulot des travailleurs sociaux »

      La ville compte officiellement 24 mosquées, organisées par pays, dont quatre seulement sont reconnues par la région de Bruxelles-Capitale (les imams y sont payés par les autorités). Elle compte aussi des dizaines de lieux de cultes ou associations privés, dans les anciennes maisons ouvrières, que personne ne sait vraiment chiffrer ni surveiller. Seize des 24 mosquées sont contrôlées par un conseil consultatif (onze sont arabophones, deux pakistanaises, une africaine, une turque, une bosniaque).

      Jamal Habbachich, 59 ans, un Belge originaire du sud marocain, est à la tête de ce conseil. Il donne rendez-vous dans la mosquée Attadamoune, 500 fidèles le vendredi, près des Étangs noirs, et appelle « la communauté à se remettre en question » : « Nous sommes à l’image de la Belgique, divisés, communautarisés dans nos mosquées. Chacun son pays, sa tribu, ses mentalités. Le Maghreb, c’est l’anarchie totale à l’inverse de la Turquie ou le Pakistan qui sont très structurés. Aucun de leurs jeunes ne part au djihad contrairement à nos fils du nord du Maroc et d’Afrique du Nord qu’on retrouve dans tous les dossiers de terrorisme avec les convertis. »

      Pour lui, « le mal vient des monarchies du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, qui versent leurs pétrodollars sur l’Occident et imposent dans nos quartiers des courants dangereux et une lecture très rigoriste et binaire de l’islam, "halal", "haram", sans nuances de gris. Chez les Marocains, c’est très fort et c’est un terreau fertile pour les recruteurs radicaux qui veulent décerveler nos jeunes ». Ce jeudi, dans les médias, Rachid Madrane, ministre PS de l’aide à la jeunesse à la Fédération Wallonie-Bruxelles, a reconnu « le péché originel » : « On a confié les clés de l’islam en 1973 à l’Arabie saoudite pour s’assurer un approvisionnement énergétique (…) Le résultat, c’est que la pratique de l’islam apaisé qui était celle des personnes qu’on a fait venir du Maroc a été infiltrée par du wahhabisme, du salafisme. »

      Le Royaume belge découvre ainsi qu’il a trop longtemps fermé les yeux sur l’emprise wahhabite. La Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles, financée dans les années soixante par la Ligue islamique mondiale, une ONG musulmane au service du régime saoudien, est emblématique de cette liaison dangereuse. Rachid Madrane souhaite plus d’imams formés en Belgique, qui prêchent en français, en néerlandais, plus d’arabophones dans les services de renseignements.

      « Les mosquées sont moins problématiques qu’internet. Cela l’était il y a encore dix ans mais aujourd’hui, elles sont surveillées. Les islamistes le savent et opèrent à l’extérieur, en privé, sur internet. On voit peu de jeunes dans nos mosquées faute d’imams qui savent répondre en phase avec leurs préoccupations », constate Jamal Habbachich.

      Professeur de religion musulmane dans des établissements professionnels du réseau officiel (les Belges ont une définition de la laïcité radicalement différente des Français), Jamal Habbachich a toutes les peines du monde à convaincre des gamins déboussolés par les prédicateurs du Web. « L’autre jour, une élève de cinquième m’a demandé si j’étais d’accord avec l’imam de Brest, Rachid Abou Houdeyfa, la nouvelle coqueluche des jeunes, pour dire que les faux ongles, c’était "haram". J’ai passé quarante minutes à lui expliquer qu’il n’y avait rien de mal à se rajouter une couche d’ongles ! Les discours de ce type me font peur. J’ai passé deux semaines aussi à rappeler à un ado qui étaient les femmes de Mahomet, Aicha, guerrière, cavalière, infirmière, etc. Il me disait que suivant les préceptes d’un cheikh égyptien sur Youtube, sa femme ne travaillerait jamais. Il m’a soutenu que les femmes ne doivent sortir que trois fois : du ventre de leur mère, du joug parental au joug marital, puis du foyer au cimetière. »

      Dans son bureau à la commune, sous une affiche de lutte contre les contrôles au faciès, l’écolo Sarah Turine, échevine (adjointe) déléguée à la jeunesse, à la cohésion sociale et au dialogue interculturel, islamologue de formation, partage les mêmes craintes et la même analyse : « La logique manichéenne wahhabite a causé beaucoup de dégâts à Molenbeek. Après les attentats du 11-Septembre et la première vague d’islamophobie, les jeunes de la deuxième et troisième génération, ne se sentant pas reconnus comme des Belges à part entière, surtout les garçons, ont hissé en étendard leur identité musulmane. On prend en peine figure aujourd’hui les conséquences du repli religieux qu’on a laissé s’installer en achetant la paix sociale. »

      Depuis samedi, les politiques se renvoient les responsabilités, notamment les bourgmestres Philippe Moureaux, le baron socialiste qui a régné pendant plus de 20 ans sur la commune, et la nouvelle bourgmestre de droite Françoise Schepmans (Mouvement réformateur) qui a raflé la commune en 2012, grâce à une coalition mêlant son parti, le centre-droit (CDH) et les écolos.

      Le premier aurait laissé « Marrakech devenir Peshawar », la seconde « n’aurait rien fait »… Sarah Turine ne veut pas « rentrer dans la polémique ». Quand elle a appris les fusillades de Paris, elle s’est dit « pourvu qu’il n’y ait pas de lien avec Molenbeek » : « Un week-end comme celui-ci flingue tout le boulot des travailleurs sociaux et va stigmatiser un peu plus les habitants de Molenbeek, des musulmans normaux, pacifistes qui encaissent déjà beaucoup d’injustices. » Elle rappelle que sur les cinq communes de la zone de police de Bruxelles-ouest, dont Molenbeek, une cinquantaine de jeunes ont rejoint des milices en Syrie depuis le début du conflit. Une cinquantaine sur des dizaines de milliers de jeunes qui essaient de s’en sortir.

      « Les journalistes ne parlent jamais des énergies dingues que dégage cette ville »

      « On surmédiatise un épiphénomène, certes d’une extrême violence et barbarie. À l’échelle belge, les djihadistes, c’est 500 personnes sur près de 600 000 musulmans. Les taux de chômage, de décrochage scolaire sont beaucoup plus affolants », appuie Corinne Torrekens, chercheuse à l’Université Libre de Bruxelles, spécialiste de la radicalisation. « Les journalistes ne viennent que lorsqu’il y a un attentat ou un gros tournage de film. Jamais ils ne parlent des énergies dingues que dégage cette ville, de son terreau associatif, artistique », s’indigne le comédien Ben Hamidou.

      Enfant de Molenbeek, « ma mère adoptive », dit ce natif d’Oran en Algérie, Ben Hamidou monte depuis quinze ans des pièces de théâtre, seul en scène ou avec des gens du quartier. Il joue dans Djihad, la pièce d’Ismael Saïdi qui tourne depuis 2014, tragi-comédie retraçant l’odyssée en Syrie de trois paumés de Molenbeek que l’oisiveté et la quête identitaire conduisent à la guerre sainte. Déclarée d’intérêt public au lendemain des attentats de Charlie-Hebdo par la ministre de la culture et de l’enseignement de Bruxelles, cette pièce est devenue un outil pédagogique dans les écoles des ghettos de riches et pauvres pour appréhender et dépassionner la folie du monde.

      « Les médias sont en train de faire de Molenbeek une zone plus terrible que les banlieues de Paris, où vous envoyez des CRS plutôt que d’y faire de bonnes écoles, quand nous, c’est une ville à taille humaine dans le centre-ville où il y a tout de même de l’investissement », déplore le professeur d’urbanisme Eric Corijn. On le retrouve dans « un endroit positif », la maison des cultures et de la cohésion sociale, théâtre d’initiatives et de diversités.

      « La ville change lentement, ses extrémités se gentrifient, le vieux Molenbeek est en pleine revitalisation, des hôtels ouvrent, on voit des boutiques avec des mini-jupes en vitrine chaussée de Gand, impensable il y a cinq ans ! », martèle-t-il lors de ses visites guidées de la ville comme samedi devant une trentaine d’eurocrates qui n’avaient jamais passé le canal. Près de la maison des Abdeslam, sur la place communale, une brasserie doit ouvrir à l’angle : « Il faut que la commune se débrouille pour que ce soit un lieu hybride où on peut boire du thé à la menthe et du vin. » Déghettoïser. Décommunautariser. « Faire ville ensemble. » C’est l’un des plus grands défis de Molenbeek, coupé en deux, le haut de la ville, bourgeois, branché, blanc, et le bas, populaire, misérable, arabo-musulman.

      « Cela va être difficile. Le mal est fait, l’intégration a échoué. Même si on donnait du travail à tous les chômeurs et ratés du quartier, les familles resteront repliées sur leurs tribus, à se marier entre cousins, à décourager les filles de faire des études. Les politiques ont laissé se mettre en place un petit Maroc du nord avec des élus, des policiers, des profs… tous marocains qui fonctionnent pour certains comme au bled avec des bakchichs. Les rues sont sales, le cannabis est partout dans la ville, dans des cafés légaux et d’autres clandestins derrière des rideaux de fer. Les autorités ne font rien, laisse la drogue détruire nos enfants. » Mounir est « déprimé ». Il veut « déménager avec sa famille dans un quartier tranquille, mettre ses filles dans une école avec des Blancs, car ici, il n’y a pas de mélange et le niveau est très bas ». Il veut « se sentir en Belgique ».

      À quelques rues de là, pas très loin de Ribaucourt, plaque tournante du trafic de drogue, un café aux vitres teintées. À l’intérieur, des habitués, des jeunes et des vieux, une odeur de shit, « cette odeur sans laquelle Molenbeek ne serait pas Molenbeek », dit Soufiane, deux télés, une branchée sur du football et l’autre sur de la “soul” aux clips suggestifs. Point de cendrier. On écrase ses joints au sol. Un sans-papiers algérien, qui tient le bar pour des Rifains, les patrons, balaie régulièrement les mégots. « C’est la technique pour rester propre si jamais la police faisait une descente », explique Soufiane. C’est son heure de détente après le travail, des missions d’intérim dans le BTP, « physiques ». Il y retrouve ses amis, originaires d’Oujda dans le nord marocain comme lui.

      Soufiane s’était rêvé une vie meilleure, des études longues, hors de Molenbeek mais ado, on l’a contraint aux filières professionnelles. « Ici, le système nous tire vers le bas, l’exclusion commence à l’école. On n’a pas le droit d’avoir de l’ambition. On nous veut dans les usines comme nos pères sauf qu’elles n’existent plus. » Dans son quartier, « une femme est partie en Syrie avec les gosses rejoindre son frère ». Sans rien dire à son mari qui a trouvé la maison vide en rentrant du boulot. Vendredi, il priera à la mosquée « pour les victimes de Paris ». En se demandant si ses voisins de prière ne sont pas de Daech : « On devient parano et on ne sait plus quoi penser. »

      De l’autre côté du canal, un commerce tenu par un Arménien qui visionne en boucle toujours les mêmes vidéos d’Abaaoud. Il dit que « tout ça, c’est la faute des politiques qui ont laissé les Arabes imposer leur culture à l’Europe » en sortant un tract de son tiroir. C’est la profession de foi du Vlaams Belang, le parti flamand d’extrême droite raciste et xénophobe. Dehors, un Syrien de Homs, passé par les Balkans, mendie quelques sous avec sa femme et leurs deux enfants. Ils ont peur d’être expulsés « à cause des terroristes »...

    • Merci @colporteur
      alors :

      Tous lisent là « encore un complot de la Grande Puissance, l’Amérique, la France pour salir les musulmans ». « Si j’envoie par SMS à mon répertoire la question, "croyez-vous aux événements dont les médias nous matraquent depuis vendredi", 95 % va me répondre "Non" », assure sans ciller Samir, 28 ans et déjà dix de chômage. Ils ne sont pas allés ce mercredi au rassemblement sur la place communale en mémoire des victimes de Paris où 2 500 personnes, dont le frère Abdeslam depuis un balcon, se sont recueillies, allumant des bougies, des lumières contre les ténèbres.

      Karim, qui a quitté l’école à 16 ans et vit de « petits deals », ne se sent « pas concerné » : « On n’était pas "Charlie" en janvier parce qu’on ne peut pas rire de tout et se moquer de la religion, du prophète comme il le faisait. On ne va pas être "Paris" en novembre. Il y a eu des morts, O.K., qu’ils reposent en paix, mais on ne croit pas au "terrorisme", c’est une invention de l’Occident. Chaque fois, qu’il y a "un attentat" ou "une tentative", cela passe toujours comme par hasard par Molenbeek et les quartiers où il y a des musulmans concentrés. C’est la seule fois de l’année où on parle de nous dans les journaux, jamais pour parler du racisme, du chômage, de la misère, des violences policières que nous subissons avec nos parents. Du jour au lendemain, on découvre qu’untel avec qui on était à l’école, jouait au foot, à la boxe, est devenu un bourreau et pose avec une kalach sur Facebook au milieu de cadavres. Mais que fait la police alors si nous sommes un foyer du djihadisme mondial depuis tant d’années ? »

      Ça c’est le discours majoritaire maroxellois. Je l’ai entendu en boucle depuis vendredi (dans la bouche d’hommes maroxellois de Molenbeek). Tu peux danser sur ta tête pour faire entendre un autre son de cloche, les complots ont la côte, c’est affolant, je suis effondrée, car même des personnes que je considère comme intelligentes versent dans ces raccourcis aveugles paranoïdes et victimaires. Les « rifains » sont tellement dans leur monde parfois, que, parfois, il ne reste plus rien qu’un pessimisme profond, car même si Molenbeek est plus complexe que les caricatures que l’on en fait, l’article de Mediapart est un des moins caricatural que j’ai lu jusqu’à présent.


  • Oh Gosh, le magnifique Claude Guillon quitte SPIP pour deux blogs Wordpress après des années d’amitiés. :(

    Le blog général :
    http://lignesdeforce.wordpress.com

    Le blog d’historien :
    https://unsansculotte.wordpress.com

    Le pire, c’est qu’il a vidé tout l’ancien site, en mettant à chaque article un message et un lien vers le nouveau site. Mais vers l’accueil du nouveau site, même pas vers le bon article.

    Quelqu’un lui demande pourquoi ? (Je trouve ça bien de savoir pourquoi les gens changent, si des utilisateurs de longue date s’en vont.)

    #SPIP #Wordpress #CMS #Claude_Guillon cc @spip

    • Je pense que la réponse est simple : il a changé de webmestre. Le nouveau ne maîtrisant que WP n’a trouvé d’autre solution que celle que tu décris. A mon avis il rend un mauvais service à son client côté moteurs de recherche et visibilité. Mais je ne fais que deviner ...

    • Claude Guillon te répond en personne
      https://lignesdeforce.wordpress.com/2014/12/16/a-mes-charmantes-lectrices-gentils-lecteurs-inversement

      J’ai vu passer (la position du surfeur n’est pas idéale pour la lecture) sous le clavier d’un internaute une remarque d’étonnement mâtiné d’humour sur le fait que je « quittais » Spip, le logiciel gérant mon site, après tant d’années d’amicales relations… Je confesse que ça n’est pas sans une certaine nostalgie que j’abandonne un site (certes austère) dont j’ai consulté les statistiques et alimenté les rubriques pendant une quinzaine d’années. Pour autant je ne me suis jamais senti d’une famille (« spipeux », « spipophiles », « spipards » ?). J’ai accepté, avec reconnaissance (merci encore Xavier ! et Thierry aussi !) la possibilité d’avoir un site personnel et me suis accommodé du logiciel livré avec, sans en comprendre toutes les subtilités et en l’utilisant a minima (comme tous mes appareils électroniques). En créant mes deux blogues actuels, je n’ai pas le sentiment d’avoir trahi quiconque ou de m’être rallié à je ne sais quoi. J’ai simplement essayé de faire au mieux, et au plus vite (tout est relatif !) en fonction de mes (faibles) capacités.

    • Cette histoire (de crash et de bidouilles pour s’en sortir) me conforte dans l’idée qu’avoir une version « pur html » ou « pur texte » d’un site est quelque chose d’indispensable.

      #archivage_militant

    • Joue sans doute aussi le fait, pour qui ne souhaite pas passer trop de temps sur des choses techniques, que Wordpress soit non seulement un CMS, mais une plateforme d’hébergement. Quand on forme des gens à la mise en place d’un site indépendant, c’est l’une des choses que beaucoup de monde découvre, la question physique de l’hébergement, et comment ça s’articule avec le nom de domaine. Et qui, souvent, décourage un peu...

    • Une fois le blogue créé, le plus logique était de le remplir par transfert du site le plus rapidement possible (j’y ai consacré presque deux mois de travail).

      Enfin, la pérennité de l’ancien site était tout sauf garantie, tandis que la position de mon actuel hébergeur (des millions de blogues) est une relative garantie. J’en profite pour préciser que l’hébergement et les « modèles » de blogues que j’ai choisis sont gratuits. Je paye cependant une somme annuelle pour éviter que des publicités, aléatoires et intempestives, s’affichent sur les pages des blogues (ne me remerciez pas, c’est tout naturel !).

      J’ai vu passer (la position du surfeur n’est pas idéale pour la lecture) sous le clavier d’un internaute une remarque d’étonnement mâtiné d’humour sur le fait que je « quittais » Spip, le logiciel gérant mon site, après tant d’années d’amicales relations…

      Je n’ignore pas que pendant plusieurs mois (par groupes de douze ?) la fréquentation de ce blogue sera loin d’atteindre celle du site. Beaucoup d’internautes rechignent en effet à utiliser les liens sur lesquels ils/elles tombent. Il faudra beaucoup de temps pour que tous les liens pointant vers l’ancien site soient corrigés pour arriver ici, d’autant qu’ils pointent vers un article précis.

      Je lui aurais bien proposé un stage particulier de plusieurs mois pour que Claude Guillon ne perde pas son temps et qu’au lieu de recopier des liens bêtement d’un site à l’autre et perde ses visiteurs, il apprenne ce qu’est un logiciel libre, une communauté du web, un système wordpress, un site gratuit qu’il faut payer pour ne pas avoir de pub, une surveillance des internautes et tout ce qui va avec le nouveau pack, tout comme ce que cela implique socialement et politiquement. Tout cela je le mets sur le dos de l’#analphabétisme_numérique et pas d’un problème de recopie de textes, html ou je ne sais quoi technique derrière lequel se cacher, plus de 3 mois ??? sauf mon respect c’est n’importe quoi.
      Je m’en fous qu’on quitte SPIP ou pas, là n’est pas la question, l’exigence est qu’il faut savoir aujourd’hui pourquoi on utilise tel outil électronique et quels en sont les conséquences. C’est le fait que Claude Guillon ignore cela qui me chagrine, voire me mets presque en colère. De mon point de vue, ce serait comme si on pouvait encore ignorer le changement climatique, c’est faire preuve d’ignorance, c’est triste.

    • ben décidement, je ne comprends pas non plus ton tag @biggrizzly … car sortir les couteaux , c’est une phrase féministe de Christiane Rochefort et là je vois pas vraiment le rapport ??

    • @touti #autidacte n’était pas très gentil pour notre webmestre, mais je ne pouvais pas m’empêcher de sortir ce néologisme portmanteau (mot-valise en fr) après avoir lu l’info suivante :

      http://www.heise.de/ct/artikel/Perfektionisten-mit-Spezialbegabung-1913822.html

      Perfektionisten mit Spezialbegabung
      Softwareunternehmen rekrutieren Autisten als Fachkräfte

      Es sind wichtige Schritte hin zu mehr Offenheit im Umgang mit autistischen Menschen und ihren Fähigkeiten, wenn Unternehmen wie die SAP AG damit beginnen, Autisten in ihren Teams zu beschäftigen. Wer ihre Detailgenauigkeit und hohe Konzentration für IT-Aufgaben nutzen möchte, muss sich allerdings auf eine neue Art des Miteinanders am Arbeitsplatz einstellen.

      Er ist einsilbig, hingebungsvoll in die Dinge auf seinem Bildschirm vertieft, meidet den Kollegenplausch und schaut irritiert auf, wenn er angesprochen wird. Ein Typus, der im IT-Bereich keine Seltenheit ist, wie Bernd Herwig schmunzelnd berichtet. Herwig ist leitender IT-Projektmanager bei Auticon, einem Berliner Start-up mit Schwerpunkt Softwaretesting. Auch auf seine Mitarbeiter passt die obige Beschreibung. Es handelt sich ausschließlich um Menschen aus dem Autismus-Spektrum, genauer um Personen mit Asperger-Syndrom – einer leichteren Form des Autismus. Alle haben ein ausgeprägtes Interesse an Informationstechnik.

      En tant que nerds/bidoulleurs on est tous un peu comme ca - pas vrai ?


  • Le refus du travail aujourd’hui - Maurizio Lazzarato
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=7930

    Il y a, politiquement, deux partis, clairement distincts : un parti où l’on définit l’art comme révolutionnaire en soi, comme autonomie, indépendance, comme critique du capitalisme ; et un deuxième parti, où l’art se voit complètement intégré au capitalisme – tourisme, économie, aménagement du territoire. Dans le premier cas, les catégories sont fondamentalement marxistes, situationnistes. Elles remontent aux années 1960 : de l’École de Francfort à Marcuse ou Debord, tous ont une conception de l’art comme indépendance, autonomie. Puis, dans un second temps, ces catégories se voient intégrées par le capitalisme. Dès lors, on sait si peu comment les utiliser qu’on ne les utilise juste plus. Préserver l’autonomie de l’art, c’est très difficile. Au début des années 2000, cette question devient, véritablement, l’impasse que l’on doit dépasser. (...)

    ...de mon côté, ce concept du travail, j’ai essayé de le remobiliser. La question est celle, aussi, de la division : avant, il y avait une division entre art et capitalisme. Mais selon moi, la division n’est pas là ; la division, il faut la faire. Elle n’est pas « là », la division, il faut la produire. Il faut la produire par un acte, par une action. Et cette action, fondamentalement, c’est le refus du travail.

    Il y a, selon moi, deux manières d’aborder le capitalisme. On peut partir du #capitalisme en faisant l’analyse du travail, ce que fait Marx, entre autres. Ou bien, on peut partir du refus du travail. Ce n’est pas du tout la même démarche. Ce ne sont pas les mêmes catégories, ni la même méthodologie. Je pense qu’il faut partir du refus du travail. Et je vais, à l’appui de cette idée, introduire quelques concepts, et montrer pourquoi Duchamp, de ce point de vue, est particulièrement intéressant. En quoi Duchamp peut-il nous aider à comprendre ce qu’est le refus du travail aujourd’hui ?

    Le refus du travail est une catégorie qui a été élaborée dans les années 1960, en Italie. Elle renvoie surtout au comportement qu’avaient les ouvriers, dans l’industrie : refus du #commandement, de la subordination. Cette catégorie est à la fois théorique et politique, car elle implique, automatiquement, un #conflit. On ne peut pas parler de refus du travail sans conflit.

    #refus_du_travail


  • Cauchemars et facéties #4
    https://lundi.am/Cauchemars-et-faceties-4

    Balade sur l’internet

    « http://lci.tf1.fr/jt-20h/videos/2015/policiers-en-colere-insultes-et-violences-le-quotidien-des-fonctionnaires-86 »
    « http://www.liberation.fr/politiques/2015/10/11/la-justice-ouvre-grand-ses-nouvelles-oreilles_1401980 »
    « http://www.lesinrocks.com/inrocks.tv/xavier-mathieu-au-grand-journal-jai-ete-un-pacifiste-toute-ma-vie-mais-j »
    « https://www.francebleu.fr/infos/societe/rennes-lance-rencitezen-un-dispositif-dedie-la-tranquilite-publique-14434 »
    « http://metropole.rennes.fr/actualites/institutions-citoyennete/citoyennete/rencitezen-un-centre-dappel-tranquilite-publique »
    « https://e-demarches.rennes.fr/Rennes/workflow_url?ECITIZ_ACTIVITY_PATH=Demandeur&USAGER_PROCESS=SADP »
    « http://www.latribune.fr/technos-medias/les-fournisseurs-d-acces-a-internet-vont-enfin-chiffrer-les-emails-510951. »
    « http://www.liberation.fr/monde/2015/10/16/les-grecs-se-serrent-un-peu-plus-la-ceinture_1405320 »
    « http://www.liberation.fr/monde/2015/10/16/disney-cherche-stagiaire-pour-lutter-contre-le-terrorisme-maitriser-inter »
    « http://www.leparisien.fr/insolite/suede-un-club-de-barbus-confondu-avec-une-reunion-de-daech-12-10-2015-517 »
    « http://lci.tf1.fr/videos/2015/les-cabines-telephoniques-vont-disparaitre-d-ici-deux-ans-8671817.html »
    « http://www.lepoint.fr/monde/a-new-york-les-pauvres-vivent-11-ans-de-moins-que-les-riches-14-10-2015-1973 »